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Le blog de Lucien PONS

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Poutine pose la question : attentats à Paris, qui tire les ficelles ?

21 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #La Russie, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #L'OTAN.

Poutine pose la question :
attentats à Paris, qui tire les ficelles ?


Le 15 novembre 2015 – Source Deutsche Wirtschafts Nachrichten

Das Monument am Place de la République in Paris, am Samstag nach der Terror-Nacht. (Foto: dpa)Les attentats de Paris pourraient mener vers un engagement militaire massif de l’Otan en Syrie. C’est pourquoi Poutine, le président de la Russie, pose la question sur les instigateurs des intrigues. La question a un rapport avec les succès militaires russes en Syrie et avec l’intention des néoconservateurs étasuniens de se servir au plus vite des attentats afin de les instrumentaliser pour un élargissement de la guerre en Syrie.

 

Une fois de plus le président de la Russie Vladimir Poutine a posé la question juste : qui étaient les tireurs de ficelles des attentats de Paris ? Poutine, d’après l’agence de presse TASS, a offert sa pleine coopération aux Français pour «l’éclaircissement du crime, aussi bien en ce qui concerne les exécutants que les tireurs de ficelles».

Que savons-nous exactement ?

Basiquement en fait, nous ne savons pas grand-chose.

Frappant : aussi impréparées qu’étaient les forces de sécurité françaises avant les attentats, aussi rapides étaient ensuite les réponses à portée de main. L’auteur doit être la milice terroriste État islamique (ISIS). C’est ce qu’a constaté le président François Hollande et il a déclaré la guerre à ISIS qui vient de revendiquer les attentats. Mais Charles Winter de l’institution Quilliam, qui s’est spécialisé sur la Syrie et ISIS, fait remarquer qu’actuellement on ne peut pas juger si les attentats ont été directement organisés par ISIS ou s’ils ont été inspirés par les terroristes. Il est tout à fait concevable que ISIS, qui se trouve sous une pression énorme en Syrie, revendique les attentats simplement pour encourager ses propres adhérents.

Le New York Times cite Bruce Hoffman du Center for Security Studies à l’université de Georgetown : l’organisation des attentats porte plutôt la signature d’Al-Qaida.

Hoffman rappelle un message d’Oussama ben Laden, qui a exigé des partisans de la terreur qu’ils réalisent des attaques, comme a Mumbai,
sur des cibles molles au milieu de la société civile.

Les informations des chercheurs français sont à prendre avec prudence : un passeport syrien a été trouvé chez un terroriste qui s’est dynamité lui-même. Dans le milieu des service secrets, on tient pour improbable qu’un auteur d’un attentat suicide se promène avec un passeport dans la poche pour sa dernière action. En lien étroit avec ceci, on se souvient des attentats sur Charlie Hebdo. À l’époque, les tueurs avaient également oublié par hasard leurs passeports dans la voiture avec laquelle ils ont fui. Le flou persiste jusqu’à aujourd’hui sur l’identité des vrais tireurs de ficelles de ces tueurs. En même temps les services de sécurité grecs affirment que les tueurs seraient venus avec les réfugiés en Europe. Avec cela, on attise la peur des réfugiés – ce qui est vraiment dans l’intérêt de la Turquie qui peut faire monter ainsi les enchères.

Poutine appelle à la coopération étroite de la communauté mondiale en Syrie : il fait cela actuellement à partir d’une position de force militaire. Les Syriens, soutenus par la Russie et l’Iran, se trouvent, après une offensive couronnée de succès au sud d’Alep, à quelques kilomètres de Saraqib, au croisement décisif des autoroutes de Damas et de Lattaquié vers Alep.

D’ici quelques jours, les troupes de mercenaires américains, que l’on avait rassemblées pour l’assaut sur Damas et Lattaquié – où se trouve la base militaire russe – au nord de Hama et 50 kilomètres avant Lattaquié, seront encerclées. Il s’agit de quelques centaines de mercenaires, financés et conseillés par des militaires turcs et étasuniens.

La Turquie avait déjà au cours des dernières semaines mis les combattant de ISIS à l’abri des Russes.

Pour la retraite, il existe le modèle historique de l’encerclement des talibans au nord de l’Afghanistan. Bush avait toléré a l’époque un pont aérien des Pakistanais pour les chefs talibans et les conseillers militaires – 5 000 combattants mouraient plus tard dans la tempête militaire. Maintenant, un destin semblable menace ISIS entre Kweires et Alep.

Cette fois-ci il manque par contre un aérodrome convenable; c’est pourquoi les Américains devraient être actifs militairement très rapidement, si l’on veut éviter que les mercenaires et les conseillers ne soient annihilés par les Syriens et les Russes.

C’est pourquoi les néocons étasuniens, les généraux des États-Unis et de l’Otan ont très vite instrumentalisé les attentats de Paris pour mettre le président Barack Obama sous pression : Obama veut se retirer de Syrie. À la lumière des attentats à Paris, les néoconservateurs et les généraux analysent cela comme de la faiblesse. L’analyste militaire Jerry Hendrix du Center for a New American Century dit dans le magazine Time : «L’attentat parisien pourrait être un événement catalyseur qui poussera la communauté internationale à agir.»

William Kristol se joint dans Weekly Standard à la critique de la stratégie syrienne d’Obama contre ISIS et exige également une lourde répression – l’engagement des troupes au sol.

Kori Schake de Hoover Institution écrit dans Politico : «La stratégie d’Obama pour l’endiguement d’ISIS est mauvaise». Il exige la destruction d’ISIS, pas seulement son endiguement. Ce n’est possible qu’avec des troupes au sol.

Samedi, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, s’est déclaré prêt à intervenir, et invite franchement Paris à activer l’article 5 de la Charte de l’organisation.

Dans ce cas, tous les membres de l’Otan devraient aussi intervenir activement militairement en Syrie. C’est pourquoi, le journal Bild, dont les positions apparaissent étroitement accordées à celles de l’Otan, demande déjà : «Après la terreur à Paris – devons nous maintenant passer à la guerre ?». Le président de l’association des réservistes de la Bundeswehr et membre CDU du Parlement, Roderich Kiesewetter, a dit au journal Bild : «J’œuvre aussi pour que nous employions nos capacités militaires en Syrie. Nous pourrions soutenir nos alliés avec nos détachements de reconnaissance.» Le journal Bild résume les efforts de l’Otan sous le titre en gras : «La préparation à une intervention militaire se précise».

Au sommet de crise chez la chancelière, les représentants des services secrets qui augmentent leur puissance après chaque attentat terroriste étaient aussi présents.

Ils pourraient en savoir plus sur les coulisses mais ne donneront à ce sujet que les informations qui leur conviennent. Cela signifie la désinformation.

Un rôle particulier dans l’engagement de troupes au sol pourrait être joué par la Turquie. Elle fait depuis des mois sa propre guerre, une guerre extrêmement douteuse et illégale du point de vue des droits des peuples pendant qu’elle lutte sur les territoires de l’Irak et de la Syrie contre le PKK.
Erdogan disait que la Turquie connaissait le terrorisme et ses effets de par sa propre expérience. Le président turc Recep Tayyip Erdogan disait à propos des attentats parisiens : «Il faut maintenant arrêter les discours.» Il exige une action militaire massive.

La logique «mon terroriste est bon, le tien est mauvais» ne devrait plus être la règle : «Le terrorisme n’a aucune religion, aucune nation, aucune race, aucune patrie.» C’est exactement avec les mêmes paroles que Erdogan avait reproché à l’UE, il y a quelques semaines à Bruxelles, de ne pas l’avoir suffisamment soutenu dans la lutte contre le PKK.

Les avances des Russes en Syrie mettent Erdogan dans une situation difficile. Il a urgemment besoin d’une excuse pour défendre ses intérêts en Syrie. L’attentat pourrait lui procurer la légitimation, en tant que pays de l’Otan qui se tient fidèlement aux côtés de la France, pour entrer avec des troupes au sol en Syrie. Erdogan peut en tous cas se mobiliser plus vite que les États-Unis, qui sont encore soumis a certaines procédures démocratiques avant d’envoyer des troupes. Du fait de la longueur de ces procédures, il pourrait être trop tard à cause des succès des Russes. Vladimir Poutine lui même vient du milieu du renseignement. Il comprend comment le jeu se joue. Les Russes sont de facto actuellement les seuls qui luttent vraiment contre ISIS.

Il y aura certainement une rencontre entre Poutine et Obama au sommet du G20 en Turquie [elle a eu lieu et a duré 35 minutes, NdT].

Ironiquement, Poutine est l’allié le plus proche d’Obama, avant tout contre les néoconservateurs et les généraux US. Au cours de ce somment, on devrait aussi discuter de la crise des réfugiés avec laquelle Erdogan fait chanter l’UE et la chancelière fédérale, complètement dépassée par cette question.

Les réfugiés jouent simplement un rôle secondaire dans les origines de la tuerie parisienne.

Car quelques terroristes qui tirent autour d’eux-mêmes avec des Kalachnikovs à Paris n’ont, en réalité, pas besoin de se cacher «dans le flot des réfugiés».
Mais l’on attise davantage la peur dans l’UE devant la menace posée par les réfugiés avec des affirmations selon lesquelles deux des tueurs auraient voyagé avec les réfugiés en Europe . Ainsi l’UE pourrait être forcée à accepter une action militaire et à autoriser, avant tout, Erdogan à en être le fer de lance.

Il serait maintenant décisif que Poutine et Obama s’entendent sur un processus commun et que Obama réussisse à tenir les néoconservateurs en laisse.

C’est surtout John McCain qui a mis une pression énorme et exigé vendredi la destruction d’ISIS. Au contraire, le ministre des Affaires étrangères John Kerry a parlé seulement des terroristes en général et n’a pas désigné ISIS explicitement comme le responsable des attentats à Paris, selon l’analyse du New York Times.

La demande principale de Poutine que les instigateurs des attentats soient «dénichés et punis» pourrait cependant, dans la Syrie troublée par la guerre, n’aboutir a rien. Comme on l’a déjà vu dans le cas du crash de l’avion MH17 en Ukraine, il y a beaucoup moins d’intérêt à obtenir des éclaircissements qu’à profiter du crime à l’avantage de ses propres visées géopolitiques.

Traduit par Jefke, édité par jj, relu par Literato pour le Saker Francophone

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Tout comprendre sur l'attentat de Paris en 10 minutes avec Gearoid O Colmain

18 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

mercredi 18 novembre 2015

Tout comprendre sur l'attentat de Paris en 10 minutes avec Gearoid O Colmain (VOST FR.)

 

Le journaliste irlandais Gearoid O Colmain nous livre à chaud* une analyse sans tabous des terribles attentats qui ont ensanglanté la capitale française le vendredi 13 novembre 2015, les raisons qui y ont mené et les conséquences à prévoir.
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Syrie - "Opposition modérée" - Après daesh à Paris, ça vous concerne !

18 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Russie, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Daesch, #Terrorisme

Syrie - "Opposition modérée" - Après daesh à Paris, ça vous concerne !

Voici un texte de Vincent Parlier posté le 16 novembre 2015 avec une intéressante vidéo.

Syrie - "Opposition modérée" - Après daesh à Paris, ça vous concerne !

"On n'a pas assez agi contre daesh en Syrie", nous dit-on.
Mais que faut-il entendre par là quand on entend ce que déclare l'une des figures de la tant louée ASL ("Armée Syrienne Libre" selon l'expression en vigueur), popularisée par les médias occidentaux: le colonel Al-Okaïdi.

La vidéo.

https://www.youtube.com/watch?v=puP7nKTNwrg

Posons-nous donc la bonne question: Quand on vous dit "on s'est trop laissé faire", c'est hors sujet. Il vaut mieux se demander pourquoi depuis 2012 notre gouvernement nous mène au suicide après avoir contribué à tuer les minorités religieuses de Syrie. Après le 13 novembre, notre gouvernement vous doit des comptes, à vous aussi. Et il faut le comprendre de la bonne manière! Notre gouvernement soutient un tas de criminels dans le monde entier, il ne démissionnera pas et nous ne sommes qu'au début de nos malheurs. Mais ça ne l'empêchera pas de continuer à vous faire la morale...


A voir aussi (et surtout si vous n'êtes pas encore convaincus):

Quand les intervenants déballent dans les médias:
https://www.youtube.com/watch?v=hS1dULqmFmc


Syrie - Quand l'entêtement devient un crime:
https://www.youtube.com/watch?v=huCDdlycT0Q


Attention, la France choisit ses amis (Arabie Saoudite):

https://www.youtube.com/watch?v=AFxGu4uiYxY



Les exploits de l'Europe lors de la crise des migrants:
https://www.youtube.com/watch?v=kaOZKLS1dvs


Terrorisme et justice en France: un paradoxe schizophrène
https://www.youtube.com/watch?v=2xeiij38JcM

Un autre montage sur la guerre en Syrie et la propagande, vivement conseillé:
http://www.dailymotion.com/video/x14vcz5_un-autre-regard-sur-la-syrie_news


La vidéo.

https://www.youtube.com/watch?v=puP7nKTNwrg

Lectures conseillées:
http://www.les-crises.fr/syrie-comment-les-medias-francais-intoxiquent-lopinion-publique-i/

http://www.les-crises.fr/lidentite-du-mysterieux-fournisseur-darmes-et-dargent-aux-mercenaires-syriens-rebelles-revelee/

http://www.les-crises.fr/la-france-a-fourni-des-armes-aux-islamistes-syriens-des-2012-2/

http://www.les-crises.fr/alain-chouet-nous-sommes-allies-avec-ceux-qui-sponsorisent-depuis-trente-ans-le-phenomene-djihadiste/

http://www.les-crises.fr/attentats-de-paris-la-responsabilite-ecrasante-de-lexecutif-francais/

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Le tournant russe de François Hollande. LE MONDE | 18.11.2015.

18 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #La Russie, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #AMERIQUE

Le tournant russe de François Hollande

LE MONDE | 18.11.2015

Editorial du « Monde » Quelle rapidité ! A peine le président François Hollande avait-il annoncé, lundi 16 novembre devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles, son intention de former une coalition internationale contre l’Etat islamique (EI) – impliquant par là un rapprochement avec Moscou –, que la Russie, à son tour, changeait de pied pour s’inscrire dans cette nouvelle configuration.

Moscou a commencé par reconnaître officiellement ce que tout le monde savait, mais que le président Poutine refusait de dire à ses propres concitoyens : l’avion de ligne russe qui avait explosé en vol au-dessus de l’Egypte le 31 octobre, provoquant la mort des 224 personnes à bord, a bien été la cible d’un attentat. Cet attentat avait été revendiqué par l’EI. Désormais, Moscou, comme Paris, peut arguer de la légitime défense pour agir militairement contre l’EI en Syrie.

Puis, le chef du Kremlin a donné l’instruction aux forces armées russes de se coordonner « en tant qu’alliées » avec les forces françaises sur le théâtre de guerre syrien. Enfin, loin du Moyen-Orient mais sur un sujet crucial pour les relations russo-occidentales, la Russie a offert de restructurer, sous conditions, la dette de 3 milliards de dollars de l’Ukraine, dont elle exigeait jusqu’ici le remboursement le 6 décembre.

Lire aussi : Pour Poutine, la France est devenue une alliée en Syrie

Pas d’angélisme

Cet été, déjà, la Russie a pris tout le monde de court et s’est imposée comme un acteur incontournable dans la crise syrienne. Le président Hollande, qui avait refusé de livrer les deux navires de guerre Mistral vendus par Nicolas Sarkozy à la Russie, se méfiait des desseins russes au Moyen-Orient, tout comme les Etats-Unis. Mais les attentats du 13 novembre ont changé la donne. Coopérer avec la Russie contre l’Etat islamique, plutôt que de rivaliser, offre à la France de meilleures chances de combattre efficacement cet ennemi maintenant clairement identifié comme la priorité : M. Hollande s’est rendu à la raison et aux arguments de ceux qui plaidaient pour ce tournant – et pas seulement parmi les idolâtres français de M. Poutine.

Ce réalisme est justifié. Il ne doit pas, cependant, faire la part belle à l’angélisme. Si la Russie a subitement intensifié, mardi, ses frappes contre l’EI, cela ne fait pas oublier que 80 % des bombardements russes ont, depuis septembre, selon le Pentagone, visé les forces rebelles modérées de l’opposition à Bachar Al-Assad. La raison profonde pour laquelle la Russie est intervenue en Syrie est le désir de Vladimir Poutine d’imposer le retour de son pays dans le jeu des grandes puissances, un rôle qu’il a savouré lundi au sommet du G20 d’Antalya. Il voulait aussi empêcher l’effondrement de la Syrie, afin d’y préserver les intérêts russes. Tous ses récents discours le montrent : M. Poutine reste un dirigeant figé dans une logique de confrontation avec un Occident qu’il accuse d’avoir trompé la Russie à la fin de la guerre froide.

Le sort du président syrien, qui a tant divisé Russes et Occidentaux, sera au menu des discussions au sein de cette « grande coalition », si elle prend forme. On découvrira que les Russes ne tiennent pas plus que cela à ce dirigeant qu’ils considèrent comme un vassal, et qui peut être interchangeable. Mais il appartient aux Occidentaux, dans le donnant-donnant qui va s’engager avec Moscou, de ne pas sacrifier en contrepartie du soutien russe contre l’EI les principes qui les unissent et qui ont fondé leur soutien à l’Ukraine.

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Les pilotes américains et de l’Otan ont interdiction de bombarder les terroristes de Al-Aaïda et Al-Nosra, financés et armés par l’occident.

18 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #Terrorisme, #La République, #La Russie, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Turquie, #Daesch, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Le 8 octobre 2015
 
 
 

 
La machination euro-atlantiste apparaît au grand jour Les pilotes américains et de l’Otan ont interdiction de bombarder les terroristes de Al-Aaïda et Al-Nosra, financés et armés par l’occident.
 
L’hebdomadaire français « Le Canard Enchaîné » du 6 octobre 2015, repris par l’Agence russe Sputnik le 8 octobre, révèle que « Les pilotes américains et alliés de la coalition opérant en Syrie et en Irak ont reçu l’ordre de ne jamais frapper les terroristes du groupe Front al-Nosra, la filiale syrienne d’Al-Qaïda.».
 
L’hebdomadaire français confirme au passage ce que l’UPR n’a jamais cessé de dire depuis des mois.
À savoir que « la Turquie (membre de l’Otan), l’Arabie saoudite et le Qatar (alliés et clients des États-Unis et de la France) arment et financent cette Armée de la Conquête », une force « dirigée par le Front Al-Nosra (branche syrienne d’Al-Qaïda). »
 
(Le lecteur se rappelle peut-être que, pour avoir indiqué cela, je fus accusé de faire de « l’anti-américanisme primaire » par la pseudo-journaliste Léa Salamé lors de mon passage à l’émission « On n’est pas couché » de France 2 le 22 septembre 2014.)

Moscou révèle au monde l’infâme double-jeu occidental

Ainsi donc, tout l’édifice de propagande et de mensonges des dirigeants de Washington et de ses vassaux européistes est en train de s’effondrer sous nos yeux, à une allure vertigineuse.
 
L’entrée en scène de la Russie est décisive dans cet effondrement : car les pilotes russes et la marine russe ont commencé à balayer le terrain avec une telle efficacité qu’ils n’en font que mieux ressortir l’infâme double-jeu occidental.
 
Le prétendu « État islamique » et les terroristes d’Al Nosra-Al Qaïda sont combattus officiellement, mais en réalité soutenus discrètement, par Washington et ses domestiques.
 
C’est la raison pour laquelle les prétendues « frappes aériennes » occidentales contre tous ces mouvements ont obtenu si peu de résultats depuis plusieurs semestres, alors qu’elles étaient venus à bout de l’armada irakienne de Saddam Hussein en 3 semaines (la guerre contre l’Irak a été déclarée par George W. Bush le 20 mars 2003 et Bagdad est tombée le 12 avril).

Les motivations sordides du double-jeu occidental

Que cherche Washington en soufflant ainsi dans 2 directions opposées ? Plusieurs choses, et principalement :
a)- détruire l’État syrien et lui substituer une situation de chaos chronique, permettant à la fois de piller impunément les richesses de la Syrie (matières premières, trésors archéologiques…) et d’anéantir un État potentiellement adversaire.
 
b)- mettre en scène le « Choc des Civilisations » en présentant aux opinions publiques occidentales l’ensemble des musulmans comme des criminels fanatiques. Les atrocités commises par l’EI ou Al Nosra ne doivent surtout pas s’arrêter : elles doivent durer, encore et encore, pour encombrer les postes de télévision en Europe et en Amérique du nord afin d’entretenir la peur, l’effroi et la haine dans les opinions publiques.
 
c)- inciter les pays de l’Union européenne à partir en « guerre contre le terrorisme », en désignant des « ennemis intérieurs » et en supprimant les unes après les autres toutes nos libertés publiques. Pour installer cette dictature subreptice, il est également essentiel de maintenir en survie et de promouvoir médiatiquement l’EI et Al-Qaïda-Al-Nosra.
 
d)- préparer les opinions publiques occidentales au déclenchement d’autres guerres d’agression (contre l’Iran ? contre le Belarus ? contre la Russie ? ), au nom de cette « guerre contre le terrorisme ».

L’effondrement de l’Empire est en vue

Face à ces Docteurs Folamour de la Maison Blanche et du Département d’État, et face à l’asservissement honteux de la France, la Russie a décidé de frapper et de donner un coup d’arrêt au terrorisme occidental et à la volonté de totalitarisme planétaire états-unien.
 
Comme l’a écrit il y a quelques jours Paul Craig Roberts -ancien sous-secrétaire au Trésor de Ronald Reagan -, il faut se féliciter que Vladimir Poutine ait dit publiquement à la tribune de l’ONU : « Nous ne pouvons plus tolérer l’état actuel des affaires du monde » et qu’il intervienne.
 
Pour Paul Craig Roberts, c’est une excellente nouvelle car cela signifie que la fin de l’Empire apparaît à l’horizon. Espérons que cela ne tardera plus trop longtemps.
 
François Asselineau
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A Paris, "le front Al Nosra a fait du bon boulot" (Jean-Michel Vernochet)

17 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Politique étrangère, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #AMERIQUE, #L'OTAN.

A Paris, "le front Al Nosra a fait du bon boulot" (Jean-Michel Vernochet)

Le 17 nov. 2015

Jean-Michel Vernochet est revenu samedi 14 novembre d'un long périple en Syrie. Dans sa chronique habituelle pour Médias-Presse-Info (MPI-TV), il analyse les derniers évènements parisiens. Les responsables des massacres, ce sont ceux qui ont armé les rebelles syriens, qui trouvaient que Al Nosra avait fait du bon boulot, toute la clique politicienne et médiatique décadente qui prétend gouverner la France.

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Poutine démasque Obama et le force à bombarder les trafiquants de pétrole de l’EI

17 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La République, #La France, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #Terrorisme, #Daesch, #L'OTAN.

Poutine démasque Obama et le force à bombarder les trafiquants de pétrole de l’EI

Les États-Unis affirment qu’ils veulent frapper l’Etat islamique, mais, en un an de bombardements, ils n’ont jamais vraiment touché à l’une de ses plus grandes sources de revenus. Des centaines de camions citernes attendent tous les jours aux points de distribution de l’Etat Islamique pour amener du pétrole en Turquie et ailleurs. Un seul de ces points de distribution a été bombardé jusqu’ici et il l’a été par les forces de l’air irakiennes.

Lors de la réunion du G-20 en Turquie, le président russe Vladimir Poutine a dénoncé cet état de fait, et, miracle, voilà que le problème est résolu.

L’administration Obama a récemment déclaré qu’elle allait augmenter ses frappes sur les infrastructures pétrolières les plus coûteuses du gouvernement syrien qui sont contrôlées par l’EI. Mais il a dit qu’il ne lancerait pas encore de frappes sur les grands regroupements de camions.

La campagne aérienne dirigée par les Américains a lancé des frappes aériennes périodiques contre les raffineries de pétrole et d’autres installations de production dans la partie est de la Syrie que le groupe contrôle, mais les ingénieurs de l’organisation ont pu réparer rapidement les dégâts et continuer à écouler le pétrole, selon des officiels étasuniens. L’administration Obama a également hésité à attaquer la flotte de camions citernes de l’État islamique – son principal réseau de distribution – par crainte de faire des victimes civiles.

Mais maintenant, l’administration a décidé d’augmenter les attaques et de provoquer des dégâts qui prennent plus de temps à réparer ou qui nécessitent de commander des pièces, selon des officiels étasuniens.

Si l’on veut arrêter le commerce de l’huile, il est évident que ce sont les camions qu’il faut détruire. Sans camions, les autres infrastructures n’ont plus d’utilité pour IS puisque le pétrole ne peut plus être vendu. Si les camions sont détruits, ceux qui sont derrière la contrebande ne feront plus de profit et ils laisseront tomber. L’excuse des « victimes civiles » ne tient pas. Si l’on veut vraiment éviter les pertes humaines, il suffit d’annoncer l’attaque, mais on peut aussi considérer que ces trafiquants de pétrole font des affaires avec des terroristes et que, de ce fait, ils sont leurs complices. La vraie raison pour laquelle les États-Unis répugnent à s’attaquer à la contrebande du pétrole, est plutôt qu’ils veulent ménager le gouvernement turc qui profite de ces transferts de pétrole.

Puis la Russie est arrivée et Poutine, son président, a démontré, pendant le G-20 qui se tient en ce moment, que les Etats-Unis ne combattent pas sérieusement l’EI. Aujourd’hui, le journaliste turc Abdullah Bozkurt rapporte ce qu’a dit le président Poutine en marge du G-20 :

Abdullah Bozkurt@abdbozkurt

Poutine en #Turquie: J’ai fourni des exemples, basés sur nos données, sur le financement des différentes unités de #ISIL par des personnes privées.

«Cet argent, comme nous l’avons établi, provient de 40 pays et, il y a quelques membres du G20 parmi eux », a dit Poutine.

« J’ai montré à nos collègues des photos prises d’avion et dans l’espace qui montrent clairement l’ampleur du commerce illégal de pétrole ».

Poutine a communiqué ces informations et ces photos hier. Obama doit avoir été profondément embarrassé et contrarié. Car voilà que le jour qui a suivi la dénonciation par Poutine de la réticence des États-Unis à frapper là où c’est nécessaire, un grand regroupement de camions a été bombardé :

Intensifiant la pression sur l’Etat islamique, les avions de guerre des États-Unis ont, pour la première fois, attaqué, lundi, des centaines de camions utilisés par le groupe extrémiste pour passer en contrebande le pétrole brut qu’il extrait en Syrie, ont déclaré des officiels étasuniens. Selon une première évaluation, 116 camions ont été détruits dans l’attaque qui a eu lieu près de Deir al-Zour, une zone de l’est de la Syrie contrôlée par l’État islamique.

Jusqu’à lundi, les Etats-Unis s’étaient abstenu de frapper la flotte utilisée pour le transport du pétrole, qui se monte, croit-on, à plus de 1000 camions citernes, par crainte de faire des victimes civiles. Ce qui fait que le système de distribution de l’État islamique pour exporter le pétrole est toujours intact.

Il semble que Poutine ait réussi à pousser Obama à agir contre la contrebande du pétrole en lui faisant honte devant tout le monde. Espérons que cela aura le même effet sur les sources de financement dont il a parlé.

Moon of Alabama | 16 Novembre 2015

Article original : http://www.moonofalabama.org/2015/11/putin-names-and-shames-obama-into-bombing-is-oil-smugglers.html

Traduction : Dominique Muselet

Source: http://arretsurinfo

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Déclaration de François Asselineau.

17 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Ukraine, #Terrorisme, #Daesch

Francois Asselineau se mouille grave. Bravo à lui.


" François Hollande et son gouvernement ont totalement aligné la France sur Washington, ses guerres prédatrices illégales et terriblement meurtrières. Ce qui occasionne les tueries qui frappent la France et dont le gouvernement estime sans ciller qu’elles vont se poursuivre !
François Hollande et son gouvernement soutiennent des gouvernements ayant ouvertement des affinités avec des néo-nazis. Que ce soit en Estonie ou en Lettonie, mais aussi en Ukraine où le gouvernement de Kiev, imposé par les Américains, compte les mouvements néo-nazis Svoboda et Pravyi Sektor parmi ses alliés.
François Hollande et son gouvernement sont résolus à détruire ce qui reste des acquis sociaux des Français. La nomination d’Emmanuel Macron, imposée par les oligarques financiers qui tiennent le gouvernement, veille à ce qu’il en soit ainsi.
François Hollande et son gouvernement sont prêts à ratifier le traité transatlantique (TAFTA), qui aura pour effet de subordonner les peuples et les nations aux décisions des grands groupes industriels et financiers. Ce qui signe la fin de la démocratie.
François Hollande et son gouvernement veulent expressément marginaliser la langue française, avec l’enseignement massif de l’anglo-américain d’un côté, la relance de la Charte des langues régionales de l’autre. C’est la fin de la France qui est ainsi programmée.
François Hollande et son gouvernement veulent d’ailleurs expressément disloquer la France avec la suppression des départements, la création des « régions XXL », dotées de plus en plus de pouvoirs et traitant directement avec Bruxelles, et un afflux totalement incontrôlé de migrants. L’objectif final étant de détruire les États nations, de proclamer des « États-Unis d’Europe » fondés sur des régions ayant la taille de la Catalogne ou de l’Écosse.
La politique des euro-régions et la ratification de la Charte des langues régionales et minoritaires visent ainsi à supprimer purement et simplement la République française. Une fois brisées les solidarités nationales héritées des siècles, il sera plus aisé de transformer les peuples en esclaves.
Tous ces plans déments sont à l’œuvre. Seuls les naïfs, les inconscients, les lâches ou les complices, refusent de les voir, préférant hausser les épaules ou changer de sujet.
Mais, comme les résistances des peuples deviennent chaque mois de plus en plus manifestes et qu’un éveil se manifeste un peu partout – en France notamment -, l’idée semble désormais être le passage en force.
François Hollande et son gouvernement semblent ainsi résolus à supprimer ce qui reste des libertés publiques et de la démocratie en France. "

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Diplomatie française : improvisations, revirements et amateurisme…

17 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #Politique étrangère, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Diplomatie française : improvisations, revirements et amateurisme…

Source : Proche & Moyen-Orient, le 28 septembre 2015.

Quelques semaines avant l’élection de François Hollande, un groupe de hauts fonctionnaires français signait une tribune dans un quotidien parisien, appelant à rompre avec les postures médiatiques de Nicolas Sarkozy. Commentant les propositions du candidat socialiste, ce collectif écrivait : « on ne voit pas encore les axes structurants d’une politique réfléchie. Sans tabous ni autocensure, la première des préoccupations reste la non-prolifération nucléaire et le dossier iranien, mais aussi et peut-être davantage le Pakistan, ainsi que le réarmement d’autres puissances. Quelle est la meilleure politique au regard de nos intérêts? Est-ce pertinent de soutenir Israël quelles que soient les extrémités où l’on risque de nous entraîner? Quelles leçons tire-t-on de l’expédition libyenne – guerre déclenchée au nom des droits humains – dont on ne connaît toujours pas le bilan des victimes, ni l’ampleur des effets déstabilisateurs dans la sous-région sahélienne, sans parler de l’évolution inquiétante des libertés civiles et politiques? Et que penser de la politique de gribouille sur la Syrie, pouvant déboucher sur une militarisation accrue de la crise? L’appel au changement de régime est-il légitime, surtout lorsqu’il est porté par des pays comme le Qatar ou l’Arabie Saoudite? Ne reproduit-on pas ici les erreurs commises par les Américains et les Britanniques en Irak ? Cela ne ressemble-t-il pas à un vieux remugle de néo-colonialisme? Quant à l’Afghanistan, il restera à dresser un bilan de notre engagement militaire. Ces questions rompent avec le politiquement correct dominant. Il faut cesser de se gargariser des grands discours ridicules sur notre « diplomatie universelle » et de nier béatement le déclin de la France dans le monde. Il est temps d’élaborer une doctrine de redressement, fondée sur des analyses géostratégiques tenant compte de la réalité, de nos moyens d’agir, de nos intérêts ainsi que de ceux de nos voisins européens, méditerranéens et africains ».

Une fois élu, François Hollande – qui ne s’était guère intéressé aux relations internationales – nommait à la tête de la diplomatie française l’ « ancien plus jeune Premier ministre de la Vème République ». En confiant le Quai d’Orsay à Laurent Fabius, le nouveau président de la République cédait ainsi à son tropisme d’ancien premier secrétaire du PS : ménager les tribus de la rue de Solferino en considérant que Fabius serait moins nuisible à l’intérieur du gouvernement qu’abandonné à la direction d’un courant qui avait mené la bataille contre le projet de constitution européenne, notamment. Du grand art… et un signal fort adressé à nos partenaires européens. Condition de son acceptation du maroquin des Affaires étrangères, Laurent Fabius favorisait le choix d’un conseiller diplomatique faible pour l’Elysée, en l’occurrence le regretté Paul Jean-Ortiz – homme droit et affable, surtout spécialiste de l’Asie, – ne voulant pas s’encombrer d’un sherpa trop pointu, genre Jean-David Levitte qui géra les dossiers internationaux pour Sarkozy tandis que Bernard Kouchner amusait la galerie du Quai d’Orsay, multipliant les voyages et des affaires pas toujours très claires…

Cette inversion hollandaise du dispositif Sarkozy (sherpa fort/ministre faible) pour un ministre fort et un conseiller diplomatique docile ne changea pas grand-chose à une diplomatie qui accentua les évolutions impulsées par une « école française néoconservatrice » qui avait déjà commencé à sévir sous le deuxième Chirac finissant : retour dans le commandement intégré de l’OTAN, alignement sur Washington et Tel-Aviv ! Et l’un de nos grands ambassadeurs de commenter : « avec Laurent Fabius, c’est Guy Mollet, les néo-cons américains et la morgue en prime… » Sans appel, ce jugement s’illustre particulièrement sur les trois grands dossiers proche et moyen-orientaux.

La Syrie d’abord ! En mars 2012, Alain Juppé avait curieusement décidé de fermer l’ambassade de France à Damas, contredisant les fondamentaux de la diplomatie qui consistent, justement, à ne jamais perdre le contact avec les pays qui s’éloignent le plus de nos positions, sinon de nos intérêts… Cherchant à corriger les effets désastreux du soutien passé de Michèle Alliot-Marie au dictateur tunisien, Paris se devait de revenir dans le sens de l’Histoire : Ben Ali dégage, Moubarak dégage, Kadhafi idem… Avec Washington et Londres, Paris s’enferma dans le « Bachar dégage ! », personnalisant une situation syrienne, pourtant très différente des autres mal nommées « révolutions arabes ».

Sur la Syrie, inaugurant une « ligne Juppé consolidée », selon les propres termes d’un ancien ambassadeur de France à Damas, Laurent Fabius a été principalement inspiré par deux personnes : Eric Chevallier – un copain de Kouchner promu par ce dernier « diplomate professionnel », thuriféraire de Bachar jusqu’en juillet 2011, moment où il fut rappelé à Paris pour se faire expliquer que la suite de sa carrière dépendait d’un complet revirement anti-Bachar – et Jean-Pierre Filiu, un ancien diplomate – ayant quelque compte personnel à régler avec le régime baathiste – devenu professeur des universités et militant de la « révolution syrienne ». Fin août, lors de son discours devant la 70ème conférence des ambassadeurs, François Hollande a encore confirmé cette ligne « renforcée » du « ni-ni » – ni Bachar, ni Dae’ch – estimant que bombarder Dae’ch en Syrie pourrait renforcer le « boucher de Damas ».

Début Septembre survient la « crise des migrants », soulevant un mélange d’émotions et de craintes dans les opinions européennes, confirmant l’absence de véritable politique de l’Union européenne en la matière. La décision d’accueil massif d’Angela Merkel, qui pense ainsi combler ses déficits démographique et de main d’œuvre, embarrasse François Hollande qui doit pourtant afficher sa convergence avec la dirigeante de l’Europe. Opposée en Mai 2015 à des quotas migratoires contraignants au sein de l’UE, la France se met à en soutenir le principe en Septembre. Après avoir qualifié de « stupide » l’idée de rétablir un contrôle aux frontières, le gouvernement français affirme qu’il « n’hésitera pas » à le faire si nécessaire, après la décision allemande de fermer certaines de ses frontières. Improvisation totale, le regard rivé sur la ligne d’horizon des présidentielles de 2017, ce revirement pathétique s’opèrera naturellement sous la pression des sondages d’opinion.

Avec la crise des migrants, le Front national retrouve son « cœur de métier », mais récolte aussi les bénéfices d’une équation relativement simple : les migrants affluent pour fuir la guerre civile syrienne dont Dae’ch est l’un des principaux protagonistes. Deux corollaires s’imposent tout aussitôt : 1) il faut lutter plus efficacement contre l’organisation terroriste d’autant que le bilan d’une année de lutte de la Coalition anti-Dae’ch, regroupant les plus puissantes armées du monde, est particulièrement nul. En effet, comment expliquer aux électeurs que la Coalition n’arrive pas à venir à bout d’une organisation qui compte tout au plus 40 à 45 000 hommes, alors qu’elle signe aussi des attentats en Europe ? 2) il faut parler avec Bachar al-Assad. Les affirmations régulièrement répétées du Quai d’Orsay selon lesquelles le « dictateur de Damas » a enfanté Dae’ch tout seul font sourire depuis longtemps les connaisseurs du pays et de la région. Depuis plusieurs mois, l’Espagne, la Pologne, la Tchéquie et d’autres pays de l’UE, plus récemment l’Allemagne, disent de même. Moscou défend cette position depuis l’hiver 2011/2012 et Washington a commencé à nuancer la sienne à partir de mars 2015.

Le coup de grâce du « ni-ni » hollando-fabiusien intervient mi-septembre avec l’officialisation d’un engagement militaire russe accru afin d’épauler Bachar al-Assad pour éviter que les catastrophes d’implosion territoriale et politique, commises en Irak et en Libye, ne se répètent. Durant un déplacement de Laurent Fabius à l’étranger, Jean-Yves Le Drian, dont la compétence en matière de défense n’est plus à prouver, le général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées (CEMA), et le général Benoît Puga, chef d’état-major particulier du Président, finissent par convaincre celui-ci que la position française n’est plus tenable au risque de se trouver marginalisée dans la nouvelle donne inaugurée par l’accord sur le nucléaire iranien du 14 juillet dernier.

C’est le deuxième échec personnel de Laurent Fabius qui rejaillit sur l’ensemble de la diplomatie française : ne pas avoir accompagné la finalisation de l’accord sur le nucléaire iranien et n’avoir pas anticipé non plus ses conséquences régionales et internationales. Pire, Laurent Fabius s’est opposé pendant plus d’un an et demi aux progrès de la négociation en relayant systématiquement les critiques et les exigences… israéliennes ! Au nom de quels intérêts français ? On se le demande encore… La signature à peine sèche, le ministre français se précipite pourtant à Téhéran afin de devancer son homologue allemand : ce voyage est une telle catastrophe que lors de la dernière visite des patrons du MEDEF à Téhéran, il préfère se faire porter pâle et céder sa place au porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll. Au Quai d’Orsay comme au MEDEF, personne n’ose dire que son entêtement contre l’accord a plombé les grandes, moyennes et petites entreprises françaises pour pas mal de temps ! Heureusement que les Iraniens sont pragmatiques et qu’ils ne mettent jamais tous leurs œufs dans le même panier, mais tout de même ! Pourquoi avoir refusé si longtemps cet inéluctable début de normalisation avec l’une des grandes puissances régionales du Moyen-Orient ? La question reste entière…

Les yeux toujours rivés sur le baromètre intérieur, François Hollande demande instamment à Laurent Fabius d’organiser à Paris, le 8 septembre dernier, une conférence internationale pour venir en aide aux Chrétiens et autres minorités d’Orient. Celui-ci s’exécute à reculons, toujours partisan d’armer l’opposition syrienne « laïque et modérée » pour en finir avec Bachar, c’est-à-dire « les bons p’tits gars de Nosra », comme il l’affirmait en décembre 2012 lors d’un voyage au Maroc. Rappelons que Jabhat al-Nosra, c’est tout simplement Al-Qaïda en Syrie, qui achète et absorbe, depuis plusieurs années, les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) qui n’existe plus que sur le papier. Rien appris, rien oublié ! Laurent Fabius persiste et signe. Cette conférence est un fiasco absolu. Mais un autre dossier inquiète fortement le président de la République : le conflit israélo-palestinien et les gosses des banlieues françaises qui critiquent, d’une manière de plus en plus organisée, les choix inconditionnellement pro-israéliens du gouvernement français.

Laurent Fabius effectue donc plusieurs déplacements en Israël et dans les Territoires palestiniens occupés. Des projets de résolution pour le Conseil de sécurité des Nations unies sont mis en chantier. Mais là encore, l’improvisation va coûter cher. Le chef de la diplomatie française s’étonne de ne pas trouver un Benjamin Netanyahou enthousiaste et surtout redevable à la France éternelle d’avoir tout mis en œuvre pour faire échec à l’accord sur le nucléaire iranien ! Le 8 juillet 2015, Paris renonce à présenter devant l’ONU son projet de résolution concernant le conflit israélo-palestinien. En coulisses, Tel-Aviv et Washington ont torpillé le texte. « Je peux dire que le projet français de résolution du conflit devant le Conseil de sécurité n’est plus une priorité pour les dirigeants français », déplore le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad al-Maliki.

Au Liban, Paris tente de débloquer la situation politique pour l’élection d’un président de la République (chrétien selon la constitution). Le palais de Baabda est inoccupé depuis août 2014. A la demande de Laurent Fabius, le patron d’ANMO (Direction Afrique du Nord/Moyen-Orient) Jean-François Girault multiplie vainement les consultations au Pays du cèdre, en Iran, en Jordanie et en Egypte. En fait, Paris ne fait plus rien sans en référer au nouvel allié saoudien. A la « politique arabe » du général de Gaulle et de François Mitterrand s’est substituée une « politique sunnite » de la France ! Il faut dire que cette « évolution » pèse quelque 35 milliards d’euros pour les grandes sociétés du CAC-40. Quant aux droits de l’homme tellement sollicités afin de pouvoir « punir », sinon « neutraliser » Bachar al-Assad, ils n’empêchent guère les ronds de jambe et les courbures d’échine répétés devant les dictateurs du Golfe.

Aux dernières nouvelles, un jeune saoudien chi’ite, Ali Mohamed al-Nimr risque d’être décapité puis crucifié, pour avoir « manifesté » contre le régime saoudien – cet ami de la France qui nous achète nos matériels d’armement et finance les Rafale pour l’Egypte… Une diplomatie époustouflante, en effet !

Richard Labévière
28 septembre 2015

1. « Pour un changement de politique étrangère » – Libération du 13 mars 2012.

2. Eric Chevallier coule aujourd’hui des jours heureux à Doha comme ambassadeur de France. Ayant tellement mis de cœur à l’ouvrage dans son revirement anti-Bachar en faveur de « l’opposition » syrienne, financée par le Qatar, les autorités du petit émirat pétrolier sont intervenues directement auprès de François Hollande pour qu’il y soit nommé représentant de la France.


[2012]Pour un changement de politique étrangère

Source : Les amis d’Etienne Pellot, pour Libération, le 13 mars 2012.

Alors que l’éventualité d’une attaque israélienne des sites nucléaires iraniens préoccupe les chancelleries occidentales, les différents cercles qui conseillent François Hollande s’affrontent à fleuret moucheté. Les gaullo-mitterrandiens préconisent une ligne d’indépendance nationale et de refus d’alignement sur le camp occidental alors que les néoconservateurs se satisferaient d’une politique extérieure proche de celle de Nicolas Sarkozy. Dans son discours devant les ambassadeurs en 2008, celui-ci avait annoncé cinq ruptures : le rapprochement avec les Etats-Unis et l’Otan au sein de la «famille occidentale» ; une nouvelle politique au Proche-Orient reposant sur une amitié affichée avec Israël ; le retour de la France en Europe, appuyé sur la Grande-Bretagne pour équilibrer la relation privilégiée avec l’Allemagne ; un recentrage sur le «business» de notre relation avec l’Afrique ; enfin, les droits de l’homme comme alpha et oméga de notre politique étrangère. Ne parlons pas de Bernard Kouchner qui, à peine nommé, menaçait de déclarer la guerre à l’Iran.

Au-delà de ces ruptures proclamées, c’est en réalité une politique purement opportuniste et souvent incohérente qui a été menée, à coups de postures médiatiques, de volontarisme déclamatoire et d’arrogance, avec de bien piètres résultats. Pire, l’affichage du mépris pour les diplomates non seulement français mais étrangers, les conduites inconsidérées vis-à-vis de nos partenaires, les apparitions minutées dans des pays d’importance majeure tels l’Algérie, l’Inde et la Turquie, les gaffes magistrales au Sénégal, au Mexique ou en Chine, ont considérablement affaibli l’image et la réputation de la France.

Le défi pour François Hollande, s’il est élu, sera de reconstruire une politique cohérente, s’appuyant sur des priorités clairement affichées, des engagements crédibles de coopération à long terme ou encore une capacité à peser sur les crises. Pour redonner à notre pays sa juste place dans le monde, il lui faudra veiller à ce que l’intendance suive en restaurant les moyens de la diplomatie française, sabotés par la Révision générale des politiques publiques (RGPP) et par des réformes ayant tourné court. Les six propositions du candidat socialiste, trois sur l’Europe et trois sur les questions internationales, donnent des orientations mais sont loin d’épuiser le débat que nous réclamons.

L’Europe: au-delà de propositions de sortie de crise privilégiant la croissance et l’emploi, des programmes de réindustrialisation et des règles de réciprocité sociales et environnementales en matière commerciale, il manque une vision politique d’ensemble, d’autant que ce qui se passe en Grèce pose crûment la question de la démocratie et de la souveraineté. La poursuite d’une simple coopération intergouvernementale suffira à résoudre une crise structurelle liée à l’impuissance des Etats face aux marchés ?

Pour le reste – renouveau du multilatéralisme, politique méditerranéenne, abandon de la Françafrique, relance de la francophonie, Afghanistan, reconnaissance de l’Etat palestinien, vocation de l’Otan -, on ne voit pas encore les axes structurants d’une politique réfléchie. Sans tabous ni autocensure, la première des préoccupations reste la non-prolifération nucléaire et le dossier iranien, mais aussi et peut-être davantage le Pakistan, ainsi que le réarmement d’autres puissances. Quelle est la meilleure politique au regard de nos intérêts ? Est-ce pertinent de soutenir Israël quelles que soient les extrémités où l’on risque de nous entraîner ? Quelles leçons tire-t-on de l’expédition libyenne – guerre déclenchée au nom des droits humains – dont on ne connaît toujours pas le bilan des victimes, ni l’ampleur des effets déstabilisateurs dans la sous-région sahélienne, sans parler de l’évolution inquiétante des libertés civiles et politiques ? Et que penser de la politique de gribouille sur la Syrie, pouvant déboucher sur une militarisation accrue de la crise ? L’appel au changement de régime est-il légitime, surtout lorsqu’il est porté par des pays comme le Qatar ou l’Arabie Saoudite ? Ne reproduit-on pas ici les erreurs commises par les Américains et les Britanniques en Irak ? Cela ne ressemble-t-il pas à un vieux remugle de néocolonialisme ? Quant à l’Afghanistan, il restera à dresser un bilan sans concessions de notre engagement militaire.

Ces questions rompent avec le politiquement correct dominant. Il faut cesser de se gargariser des grands discours ridicules sur notre«diplomatie universelle» et de nier béatement le déclin de la France dans le monde. Il est temps d’élaborer une doctrine de redressement, fondée sur des analyses géostratégiques tenant compte de la réalité, de nos moyens d’agir, de nos intérêts ainsi que de ceux de nos voisins européens, méditerranéens et africains.

 

 

7 réponses à Diplomatie française : improvisations, revirements et amateurisme…

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Pourquoi l’état d’urgence et les mesures de haute sécurité ne réussiront pas à arrêter Daesh, par Patrick Cockburn.

16 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Le fascisme, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #Daesch

Pourquoi l’état d’urgence et les mesures de haute sécurité ne réussiront pas à arrêter Daesh

Par Patrick Cockburn le 16 novembre 2015

Nul doute que « l’Etat islamique », comme se nomme lui-même ISIS, se félicitera du résultat de ses attaques à Paris. Il a montré qu’il pouvait se venger, avec sa sauvagerie habituelle, d’un pays qui bombarde son territoire, et qu’il faut le craindre même quand il est soumis à une dure pression militaire. Les faits et gestes de seulement huit kamikazes et hommes armés d’ISIS dominent l’agenda international, jour après jour.

Il n’y a pas grand-chose qu’on puisse y faire. Les gens sont naturellement anxieux de savoir quelle chance ils ont d’être attaqués à la mitrailleuse, la prochaine fois qu’ils s’assiéront dans un restaurant ou qu’ils assisteront à un concert, à Paris ou à Londres.

Mais le ton apocalyptique de la couverture médiatique est exagéré : la violence dont Paris a été l’objet jusqu’ici n’est pas comparable à ce que Belfast et Beyrouth ont subi dans les années 1970, ni à ce que Damas et Bagdad vivent aujourd’hui. Contrairement à ce que la couverture massive de la télévision semble indiquer, le choc de s’apercevoir qu’on vit dans une ville où des bombes explosent, s’émousse rapidement.

La rhétorique excessive qui entoure le massacre est aussi un problème : au lieu que les atrocités ne conduisent à agir concrètement et efficacement, les paroles de colère deviennent un substitut à une véritable politique. Après les meurtres de Charlie Hebdo en janvier, 40 dirigeants du monde entier ont défilé en se tenant par le bras dans les rues de Paris* proclamant, entre autres choses, qu’ils allaient faire leur priorité de la défaite d’ISIS et ses collègues d’al-Qaïda.

Mais, dans la pratique, ils n’ont rien fait de tel. Lorsque les forces d’ISIS ont attaqué Palmyre en Syrie orientale, en mai dernier, les Etats-Unis n’ont pas lancé de frappes aériennes contre le groupe parce que la ville était défendue par l’armée syrienne et que Washington avait peur d’être accusé de vouloir maintenir le président Bachar al-Assad au pouvoir.

De ce fait, les Etats-Unis ont donné à ISIS un avantage militaire, que le groupe a prestement mis à profit pour se saisir de Palmyre, décapiter les soldats syriens capturés et faire sauter les ruines antiques.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré lors de la réunion du G20 en Turquie que « le temps des discussions était terminé » et qu’il devait y avoir une action collective contre le « terrorisme ».

Cela sonne comme une prise de position turque de première importance contre ISIS, mais M. Erdogan a expliqué que sa définition des « terroristes » était vaste et englobait les Kurdes syriens et leur Unités paramilitaires de Protection du Peuple (UPP) que les États-Unis considèrent comme leurs meilleurs alliés militaires contre ISIS.

La détermination de M. Erdogan à attaquer les insurgés kurdes en Turquie et au nord de l’Irak s’est avérée beaucoup plus forte que son désir d’attaquer ISIS, Jabhat al-Nusra et Ahrar al-Sham.

Il y a peu de signes que les dirigeants du G20 réunis en Turquie aient compris la nature du conflit dans lequel ils sont engagés. La stratégie militaire d’ISIS est une combinaison unique de terrorisme urbain, de tactiques de guérilla et de guerre conventionnelle. Dans le passé, de nombreux États ont utilisé le terrorisme contre leurs adversaires, mais, dans le cas présent, les escadrons kamikazes qui ciblent des civils sans défense, dans leur pays et à l’étranger, font partie intégrante de la stratégie de guerre d’ISIS.

Lorsque les UPP ont coupé la route transfrontalière qui allait de la Turquie vers ISIS, à Tal Abyad, en juin, le groupe terroriste a riposté en envoyant des combattants habillés en Kurdes dans la ville kurde de Kobani où ils ont massacré plus de 220 hommes, femmes et enfants.

Lorsque la Russie a commencé sa campagne aérienne contre ISIS et les djihadistes radicaux, le 30 septembre, ISIS a répondu en plaçant une bombe sur un avion russe en provenance de Charm el-Cheikh, faisant 224 victimes.

Une autre erreur que font les dirigeants du G20 est de persister à sous-estimer ISIS. David Cameron a déclaré que le groupe n’était pas digne d’être appelé « Etat islamique », mais malheureusement, c’est bien un état et, de surcroît, plus puissant que la moitié des membres de l’ONU, avec son armée expérimentée, sa conscription, ses impôts et son contrôle sur tous les aspects de la vie dans la vaste région qu’il gouverne.

Tant qu’il existe, il projettera sa puissance à travers des opérations-suicides comme celles que nous venons de voir à Paris. Parce que les cibles potentielles sont les populations civiles dans leur ensemble, on aura beau augmenter les contrôles de sécurité, cela ne changera pas grand-chose. Les kamikazes réussiront toujours à passer au travers.

La seule vraie solution est la destruction d’ISIS: seule une campagne aérienne américaine et russe, coordonnée avec ceux qui combattent vraiment sur le terrain, peut y parvenir.

L’US Air Force l’a fait très efficacement avec les UPP, ce qui a permis à ces derniers de vaincre ISIS à Kobani, et avec les Peshmergas kurdes irakiens, qui ont réussi à prendre la ville de Sinjar, la semaine dernière. Mais les Etats-Unis répugnent à attaquer ISIS quand le groupe se bat contre l’armée syrienne ou les milices chiites en Irak. Étant donné que ce sont les deux plus fortes formations militaires combattant ISIS, la force militaire étasunienne est bridée là où elle serait la plus utile.

Compte tenu de la sympathie internationale pour les Français après le massacre à Paris, il est inévitable qu’il n’y ait presque pas de critiques de la politique brouillonne de la France dans le conflit syrien.

Plus tôt dans l’année, lors d’une interview avec Aron Lund de la Fondation Carnegie pour la paix internationale, un des principaux experts français sur la Syrie, Fabrice Balanche, qui est actuellement à l’Institut de Washington pour la politique au Proche-Orient, a déclaré : « Nous avons en 2011-12 été victimes d’une sorte de maccarthysme intellectuel sur la question syrienne: si vous disiez qu’Assad n’était pas sur le point de tomber dans les trois mois, vous pouviez être soupçonné d’être à la solde du régime syrien ».

Il a fait remarquer que le ministère français des Affaires étrangères avait pris fait et cause pour l’opposition syrienne, tandis que les médias refusaient de voir la révolte syrienne autrement que comme la poursuite des révolutions tunisienne et égyptienne. Ils refusaient de voir les divisions sectaires, politiques et sociales qui montraient que la guerre civile syrienne n’était pas aussi simple que cela.

Du fait que l’administration, l’état-major de l’armée, et les services de sécurité de l’Etat regorgent d’Alaouites, il est presque impossible de se débarrasser de M. Assad et de son régime dont les dirigeants sont issus de la communauté alaouite, sans que l’Etat ne s’effondre, laissant un vide qui sera comblé par ISIS et ses homologues d’Al-Qaïda.

Malgré les récentes attaques terroristes, on ne voit toujours pas s’élaborer de politique à long terme pour empêcher que cela ne se reproduise.

Patrick Cockburn| 16 novembre 2015

Patrick Cockburn est l’auteur de La montée de l’Etat islamique: ISIS et la nouvelle Révolution sunnite.

Note du traducteur :

* Il semble qu’ils se soient en réalité contentés de se faire photographier à l’extérieur de la marche.

Attention la France choisit ses amis

CounterPunch

Traduction : D.B.

Source: http://arretsurinfo.ch/pourquoi-letat-durgence-et-les-mesures-de-haute-securite-ne-reussiront-pas-a-arreter-daesh/

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