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Le blog de Lucien PONS

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GUERRE A LA TERREUR: HISTOIRE D'UNE FAILLITE LE COURRIER - MERCREDI 25 NOVEMBRE 2015 par Guy Mettan *

26 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La mondialisation, #Les transnationales, #AMERIQUE, #La Russie, #Europe supranationale, #Terrorisme, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -

GUERRE A LA TERREUR: HISTOIRE D'UNE FAILLITE
LE COURRIER - MERCREDI 25 NOVEMBRE 2015
par Guy Mettan *
Proclamée voici quatorze ans par Georges W. Bush au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, la guerre à la terreur vient d’entrer dans une nouvelle phase avec les proclamations bellicistes de François Hollande qui sont suivi le bain de sang parisien. La France est en train de tomber dans le même piège que les Etats-Unis: plus de bombes à l’extérieur, plus de lois répressives à l’intérieur, moins de libertés, moins de démocratie, et surtout moins d’intelligence.

Seul point positif, les Français ont enfin changé d’avis et se sont rapprochés du seul allié qui combat sérieusement les terroristes salafistes de Daech, à savoir la Russie de Poutine, et désormais, la Syrie d’Assad. Mais qui se souvient de l’exemple du regretté Helmut Schmidt, qui, à la fin des années 1970, était venu à bout de la Rote Armee Fraktion en refusant de restreindre les libertés publiques et en réaffirmant les fondements de la démocratie contre ceux qui voulaient l’abattre?

Et qui, dans l’avalanche d’«émotions» qui a submergé les médias, a jamais soulevé la question du pourquoi? Du vrai pourquoi, et pas du pourquoi qui reste à la surface de l’événement et surfe sur l’écume de l’émotion. La réponse est facile: cette question est taboue, et aucun média français (ni européen) ne se l’est sérieusement posée, parce qu’elle met à nu non seulement les incohérences, mais aussi la duplicité et la stratégie suicidaire pratiquées par les Etats occidentaux depuis trente ans. On se focalise sur les banlieues, les mosquées, la déréliction spirituelle et l’attrait de la radicalisation pour les jeunes, ou on profite de l’occasion pour faire monter la mayonnaise islamophobe, mais on épargne les vrais responsables.

Le terrorisme islamiste est dû à deux grands facteurs. Le premier est d’ordre civilisationnel et remonte à la fin des années 1970, quand les régimes laïcs arabes ont fait la preuve de leur incapacité à développer leurs nations, à les rendre plus justes, moins inégalitaires et plus démocratiques. Face à cet échec, facilité par un Occident soucieux de faire main basse sur les ressources pétrolières et de se créer des alliés fidèles en provoquant des coups d’Etat, comme en Syrie en 1949 ou en Iran en 1953, ou en soutenant des régimes à la fois corrompus et tyranniques, l’islam est peu à peu apparu, pour les jeunes générations en plein essor démographique, comme un recours et une alternative crédible, la violence des uns ne faisant que refléter celle des autres dans une transition impossible vers plus de liberté et d’autonomie.

Le deuxième facteur est l’instrumentalisation de cette frustration par les acteurs locaux et internationaux à des fins de pouvoir et de contrôle géopolitique. D’un côté, la répression aveugle des Frères musulmans pendant des décennies ne les a pas amenés à la modération. Et les milliards de dollars que l’Arabie saoudite déverse depuis 1973 sur l’Afrique sahélienne, la Bosnie, le Caucase et l’Asie pour y construire des mosquées et y promouvoir l’islam le plus réactionnaire est une tendance lourde qui remonte à quarante ans... Boko Haram et le Mali ne devraient surprendre personne quand on sait qu’on brûlait déjà des églises et des chrétiens dans le nord du Nigeria il y a vingt ans!

Tout cela avec la bénédiction de l’Occident qui voyait dans la religion un opium capable d’endormir les peuples et de leur faire oublier les vapeurs délétères de la mondialisation et de ses multinationales les plus prédatrices. Car l’Occident a instrumentalisé les extrémistes islamistes dès les origines. En Afghanistan d’abord, quand les Etats-Unis les ont armés et utilisés pour combattre les Soviétiques, puis en Bosnie et en Tchétchénie contre les Serbes et les Russes, en Irak pour financer les attentats contre le nouveau gouvernement chiite, en Syrie contre Assad. Je me souviendrai toujours de cette visite à Bagdad le 10 mars 2013, jour anniversaire de l’invasion américaine en Irak en 2003, marqué par 16 attentats et 58 morts. Une vraie industrie.

Comment s’étonner dès lors que la lutte contre Daech ait, jusqu’ici, relevé de la tartufferie? Quand ceux qui sont censés combattre l’Etat islamique le financent et le protègent, Turcs, Qataris, Saoudiens, avec la complicité d’Etats occidentaux qui les cajolent afin de leur vendre des avions F-18 ou Rafale, peut-on penser que la «guerre à la terreur» soit sérieuse?

Si l’on veut vaincre le terrorisme, il va falloir surveiller les imams des banlieues parisiennes, c’est sûr. Mais il faudra aussi faire le ménage chez ceux qui soufflent dans leurs voiles à partir de l’Elysée, de la Maison Blanche, d’Ankara et du Golfe...

* Directeur exécutif du Club suisse de la presse.

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Le deuxième pilote du Su-24 M exfiltré sain et sauf par un commando syrien

25 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La France, #La Turquie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #L'OTAN.

Le 25 novembre 2015

Le deuxième pilote du Su-24 M exfiltré sain et sauf par un commando syrien

Publié le 25 novembre 2015 par Strategika51

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Une unité de commando-parachutistes de l’armée de l’air syrienne s’est infiltrée derrière les lignes ennemies à l’extrême nord de la province de Lattaquié, a pénétré en territoire turc avant de se replier et longer le relief fort accidenté des confins frontaliers à la recherche du second pilote russe du Sukhoi Su-24 M (Fencer) abattu.
Ce dernier a été localisé par les forces aériennes russe grâce à sa balise Glonass (équivalent au système de radionavigation GPS)
Le pilote a été exfiltré de la zone par le commando et transporté sain et sauf à bord d’un hélicoptère vers la base aérienne Bassel Al-Assad (Hmeimim)
Les raids russes se poursuivent sans discontinuer depuis ce matin sur les zones au dessus desquelles le bombardier russe à été abattu hier par un missile AA tiré par un F-16 Falcon des forces aériennes turques.
Un autre pilote russe qui a reussi a s’ejecter lorsque l’appareil etait en feu, a été exécuté par balles au sol par une milice d’Ahrar Al-Sham relevant de l’organisation terroriste « Armée de la Conquête ». Le commandement des armées russes a promis d’annihiler « un par un » les coupables.
Moscou a suspendu tous les canaux de communications militaires avec la Turquie tout en annonçant une série de mesures spéciales destinées à mettre fin au rêveries turques relatives à la création d’une zone d’exclusion aérienne en Syrie septentrionale.
Parmi ces mesures figurent l’envoi de systèmes de missiles Sol-Air S-400 en Syrie, l’accompagnement systématique des bombardiers par des chasseurs de supériorité aérienne, la multiplication des opérations spéciales derrière les lignes ennemies, la destruction de toutes les voies de communication entre la Turquie méridionale et les zones sous contrôle terroriste.
Le croiseur Moskva doté du système Fort (96 missiles), un équivalent naval du S-300, assure depuis quelques jours la défense aérienne du littoral syrien.

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"Secret d'info" : Tout ce que vous devez savoir sur Daesh, les liens que l'organisation terroriste entretient avec l'Arabie saoudite et le Qatar, et l'amitié de "la France" avec les dirigeants de ces Etats. France Inter.

25 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #L'OTAN., #Daesch, #Politique étrangère

Publié par Jean Lévy

 

 

 

 "Secret d'info" : Tout ce que vous devez savoir sur Daesh, les liens que l'organisation terroriste entretient avec l'Arabie saoudite et le Qatar, et l'amitié de "la France" avec les dirigeants de ces Etats

Des images pour comprendre

Si’il n’y avait qu’un billet à lire sur les racines des attentats, c’est celui-ci, tout y est.

Mathieu Aron, Benoit Collombat et Jacques Monin, l’Honneur du journalisme français, chapeau bas !

Merci à tous ceux qui ont aidé à préparer ce billet INDISPENSABLE…

 

Matthieu Aron : Ce soir, enquête sur la fabrication du monstre Daesh, quel a été l’implication de pays comme l’Arabie Saoudite et le Qatar ? Nous allons voir dans une enquête signée Jacques Monin et Benoît Collombat que l’enjeu pétrolier a pu jouer un rôle considérable.

Hocham Daoud : “Tout le monde a joué avec Daesh. Tout le monde voulait jouer a travers Daesh pour s’imposer. En fait, on a créé Frankestein, aujourd’hui tout le monde essaye de trouver un moyen pour l’arrêter. Oui il y a des moyens, s’il y a une volonté politique.”

Matthieu Aron : Pour commencer cette émission, je vous propose d’écouter cet extrait d’interview :


extrait Marc Trévidic : Si l’Émir du Katiba en Syrie de l’EI demande a main levé a ses recrues “Qui veut aller faire un attentat en France ?” vous allez avoir 200 bras qui vont se lever en une demi seconde.


Matthieu Aron : 200 candidats au martyr. C’est le chiffre effrayant donné par le juge Marc Trévidic.Vous suivez l’enquête sur les attentats. Et ce qui nous a tous frappé, c’est ces opérations kamikazes qui se sont déroulées pour la première fois en France.Elodie Guéguen : Oui, encore qu’il soit plus juste de parler d’attentats suicides pour être très précis, le terme Kamikaze désignait ces pilotes japonais qui s’écrasaient volontairement sur des cibles militaires. Là, il s’agit d’autre chose, d’ailleurs Daesh a conceptualisé ce type d’attaques dès le début de la guerre en Syrie. Daesh a même créé un terme spécifique (inrimassi ?!), il désigne des combattants qui, les armes à la main, se rapproche de la foule ou de leur cible et qui déclenchent leur ceinture explosive. Soit quand ils sont encerclés soit lorsqu’ils n’ont plus de munitions. C’est donc précisément le scénario de vendredi dernier.Matthieu Aron : Et le juge Marx Trévidic, qui dans son cabinet d’instruction, a entendu des dizaines de terroristes, nous dit “il y a pléthore de candidats” et il n’est pas le seul à le dire…Elodie Guéguen : Non il s’agit malheureusement d’une réalité, ça semble presque inconcevable mais selon les experts, les candidats au martyr seraient même trop nombreux, c’est ce qu’a observé le chercheur le chercheur Romain Caillet. L’un des meilleurs spécialistes des milieux djihadistes.

Romain Caillet“C’est pas seulement de la propagande, c’est une réalité. Il y a même des listes d’attentes. En tout cas en Syrie et en Irak, il y a des listes d’attentes de gens qui sont prêt à faire des opérations martyr, des attentats suicides, aussi bien des jeunes qui viennent de quartiers sensibles en France ou des gens de bonnes familles, des ressortissants du Golfe qui sont fortunés ou des tunisiens issus de régions déshéritées du sud de la Tunisie”.


Elodie Guéguen : Les origines, les profils, sont variés, vous l’avez entendu. Mais ces kamikazes de l’EI ont un point commun, ils sont volontaires. Ce choix, ils le manifestent dès leur arrivée dans les camps d’entrainements. Deux filières existent et Daesh demande aux combattants de choisir leur filière, explique le journaliste David Thomson, auteur de livres “Les Français Djihadistes”.


David Thomson“Dès qu’on arrive en Syrie, on pose la question aux combattants au sein de l’EI : Est-ce que vous voulez être un combattant “normal” ou combattant “(inrimassi ?!)”, ça veut dire combattant, candidat, pour une opération kamikaze. Et ensuite ils suivent une sélection particulière parce que l’EI peut pas se permettre de voir au dernier moment un kamikaze flancher, c’est une question de crédibilité aussi pour eux.”


Matthieu Aron : Ils suivent une formation particulière, dit David Thomson, ça signifie quoi ?

Elodie Guéguen : Et bien ça veut dire qu’ils vont être isolés du reste du groupe, ils vont être placés dans un camp d’entrainement spécifique. Comme les autres, ils recevront une formation religieuse, théologique, ils suivront aussi un entraînement militaire, mais ils seront mieux encadrés psychologiquement, mieux encadrés ou plus endoctrinés.

Matthieu Aron : Est-ce qu’on sait en quoi consistent précisément ces techniques, parce qu’il faut les appeler comme ça, de lavage de cerveau ?

Elodie Guéguen : Alors ça dans les détails, malheureusement on l’ignore. Il n’existe pas à notre connaissance de témoignages de djihadistes de Daesh qui seraient passés par ces camps de kamikazes, qui auraient ensuite renoncés à commettre une attaque suicide, puis qui auraient raconté leur expérience. A l’image de ce qu’on fait certains repentis, comme on les appelle.

Matthieu Aron : Alors ce que l’on sait en revanche, c’est que ces candidats aux attaques suicides sont très très bien traités par les cadres de l’EI.

Elodie Guéguen : Oui c’est d’ailleurs une des raisons qui motivent certains djihadistes à se porter candidat pour commettre une action kamikaze selon le chercheur Roman Caillet.


Roman Caillet :Ils sont traités avec beaucoup plus d’égard que les autres combattants, ce qui fait que peut-être psychologiquement ils ont une dette envers ceux qui les ont accueillis dans ces centres. Et puis une certaine culpabilité, ils pensent ne pas avoir fait assez donc ils veulent se rattraper en faisant une grosse opération. On peut aussi penser, que certains veulent passer à la postérité. Être finalement, celui qui a permis de remporter la bataille, de prendre telle ou telle ville.”


Matthieu Aron : Vouloir passer à la postérité en se suicidant, pourtant le suicide, à ma connaissance, il est interdit par l’Islam.

Elodie Guéguen : Et bien pas dans l’esprit de ceux qui commettent ces actes au nom de Daesh. C’est ce que nous explique Fethi Benslama, il est professeur de psychopathologie à l’université Paris Diderot.


Fethi Benslama“Pour eux ce n’est pas un suicide, c’est un auto-sacrifice. Comme le dit le communiqué qui revendique les attentats. Il utilise le mot “divorcé du monde d’ici-bas”. Divorcé du monde d’ici-bas pour se marier avec l’autre monde. Dans l’autre monde, ils vivent, ils jouissent, et même ils sont une jouissance absolu, extrême, ce qui est le processus interne par lequel quelqu’un accepte d’aller jusqu’au bout de cet acte-là.”


Matthieu Aron : En conclusion, que sait-on ce soir sur ceux qui sont mort en martyr vendredi à Paris et ensuite à Saint Denis ?

Elodie Guéguen : Alors tous ou presque, on le sait, sont passés par des camps d’entrainements en Syrie. Maintenant il y a deux hypothèses. Soit c’est un groupe de terroristes dont les membres se connaissaient, qui se sont former et entrainés ensemble pour mener cette attaque. Soit, et c’est une hypothèse privilégiée, soit ils ont été soigneusement sélectionnés, “castés” les uns après les autres par Daesh, ce qui montrerait un degré de préparation encore plus sophistiqué.

François HollandeNotre ennemi en Syrie, c’est Daesh. Il ne s’agit donc pas de contenir, mais de détruire cette organisation. La Syrie est devenue la plus grande fabrique de terroristes que le monde ai connue et la communauté internationale est divisée et incohérente.


Matthieu Aron : Face au terrorisme, une communauté divisé et incohérente, dit François Hollande. Et bien nous allons revenir ce soir sur la fabrication du monstre Daesh. A-t-on fermé les yeux sur la montée en puissance de ce groupe terroriste ? Quelle est l’implication de l’Arabie Saoudite et du Qatar et quel rôle a joué la diplomatie française ? Avec Benoit Collombat, vous avez donc enquêté et pour bien comprendre il faut revenir au début de l’histoire. Tout part de la guerre en Irak.

Jacques Monin : Oui, de la chute de Saddam Hussein parce que lorsqu’ils le renversent, les Américains commettent deux erreurs. D’abord, ils mentent sur les armes de destructions massives et sur les liens supposés entre Saddam Hussein et al-Qaida. Mais surtout ils marginalisent les Sunnites pour mettre les Chiites au pouvoir et Paul Bremer, qui est alors le gouverneur américain à Bagdad, commet une faute qui va jeter des dizaines de milliers de soldats aguerris dans les bras du futur EI. Cette faute, un des hommes le plus mieux informés de France, Alain Juillet, l’ex patron du renseignement de la DGSE, nous la raconte.

Alain Juillet“Brener fait une erreur colossale. C’est qu’il donne l’ordre de licencier tous les militaires de l’armée irakienne. On envoie, je ne sais plus combien ils étaient, 200 000 ou 300 000 gens, qui vivaient avec une solde de l’armée. Ils partent avec leurs armes, ils n’ont plus rien. Et comme ils sont Sunnites et qu’on fait la chasse aux Sunnites, il va y avoir l’impossibilité pour eux de retrouver des emplois et autres. Donc ça va créer un ressentiment, une frustration, une haine terrible envers l’occupant et envers les Occidentaux.”


Matthieu Aron : Les Américains produisent donc un terrain de haine et un terreau sur lequel va se développer l’EI.

Jacques Monin : Oui. D’autant plus facilement qu’il n’y a plus de véritable État, les services publics n’existent plus, l’économie est moribonde, la corruption est devenue la norme. C’est donc effectivement sur ces cendres que le groupe EI va prendre racine et pour Myriam Benraad, qui est docteur en science politique et spécialiste de l’Irak, c’est un peu comme dans la jungle, ce sont les plus forts qui émergent dans ce chaos.

extrait Myriam Benraad : “Il y aura un certain nombre de groupes qui vont pulluler, les milices, les djihadistes, la tendance al-Qaïda, c’est une nébuleuse d’acteurs mais le fait est que les combattants d’al-Qaïda Irak deviendra l’EI sont les plus zélés, les plus déterminés. Donc l’État Islamique va faire le vide, va coopter un certain nombre de chefs de tribus, qui de fait parfois même quitte leur tribu pour rejoindre l’organisation. Donc d’une mouvance hétéroclite on a un processus d’unification et ils ont fait à mon avis fortune, bâti beaucoup de leur succès, sur cette unité qu’ils ont su construire dans un terrain qui était par ailleurs très divisé, très morcelé.”

Jacques Monin : Et sur ce terrain, une personnalité va émerger, c’est Abou Bakr al-Baghdadi qui règne toujours d’ailleurs aujourd’hui en maitre sur Daesh. L’autre groupe djihadiste dominant dans la région, c’est al-Nosra, qui est plus proche d’al-Qaïda.

Matthieu Aron : Et ces groupes qui montent en puissance, et bien on les voit dans un premier temps plutôt d’un bon oeil chez les voisins de la Syrie et notamment en Arabie Saoudite.

Jacques Monin : Oui parce que l’Arabie Saoudite est sunnite, elle a donc très mal vécu l’arrivé au pouvoir des chiites en Irak et l’avènement des groupes djihadistes, c’est un peu à ses yeux une manière de freiner un axe chiite (Liban Syrie, Irak, Iran) qui commence à prendre un peu trop d’espace à son gout. C’est ce qu’analyse Alain Chouet, un autre ex-patron du renseignement de la DGSE.

Alain Chouet : “L’Arabie Saoudite essaye de s’opposer à la création de ce que l’on appelle le croissant chiite au Moyen-Orient et de maintenir un axe sunnite à travers l’Arabie, la Jordanie et la Turquie. Ces mouvements salafistes, sunnites, sont le seul moyen actuellement pour l’Arabie de s’opposer à la création d’un vaste ensemble chiite qui lui serait évidemment hostile. Il y a aussi l’enjeu pour l’Arabie Saoudite de s’opposer à toutes possibilités de dérives démocratiques et nationalistes dans les pays arabes. L’État Islamique l’a dit x fois, la démocratie est une abomination.”


Matthieu Aron : Voilà donc pour le contexte géopolitique, mais ce qu’il faut préciser c’est que derrière cette toile de fond, il y a aussi des enjeux économiques absolument considérables.

Jacques Monin : C’est un aspect qui était assez peu évoqué jusqu’ici mais il y a effectivement en arrière-plan le pétrole et le gaz, parce que jusqu’ici l’Arabie Saoudite domine la production de pétrole et le Qatar celle du Gaz. Hors ces deux pays apprennent que l’Iran, leur plus farouche rival, projette de construire un pipeline qui traverserait l’Irak et la Syrie pour s’assurer un débouché vers la Méditerranée, alors ça redistribuait totalement les cartes du marché du pétrole et du gaz, et pour Alain Juillet c’est un des éléments qui vont pousser ces deux pays à déstabiliser Bachar el-Assad.




Alain Juillet :” L’Arabie Saoudite et le Qatar prennent très mal l’idée d’un pipeline qui pourrait aller depuis l’Iran jusqu’à la Méditerranée et qui pourrait donc concurrencer leurs livraisons de pétrole. Ils vont dire “mais dans le fond, le problème c’est Bachar, Bachar est en train de signer un accord qu’il ne devrait pas signer avec l’Iran, donc c’est un personnage extrêmement dangereux, donc il faut renverser Bachar. “



Jacques Monin : Et preuve qu’un mouvement se met en route, le prince qui dirige les services de renseignements saoudiens va alors voir Vladimir Poutine, chez lui en Russie, pour lui demander de ne plus soutenir Bachar el-Assad, vous comprenez qu’il sera éconduit sans ménagement.

Matthieu Aron : Avec ou sans l’appui des Russes, une opération de déstabilisation de Bachar el-Assad est donc lancée pour des raisons économiques liées à l’acheminement du pétrole, ça on l’a compris, mais pas uniquement.

Jacques Monin : Non, l’Arabie Saoudite et le Qatar financent aussi les rebelles pour faire tomber le régime laïc de la Syrie et pour y instaurer un régime islamique extrêmement sévère, explique encore Alain Juillet.


Alain Juillet : “Les opposants religieux, c’est-à-dire les Frères Musulmans, dont le Qatar est un des support reconnu hein, les Frères Musulmans et les saoudiens ne vont pas hésiter à financer des gens pour réinstaller dans ce pays laïque la vrai religion, la religion vue par les salafistes en définitive. Et c’est ça qui va se passer, donc on va voir le Qatar financer des mouvements, Jabhat al-Nosra en particulier, qui est proche d’al-Qaïda et qui va se battre au niveau religieux, en disant “il faut imposer l’islam”. Et puis il y a Daesh, là encore au départ c’est un groupement qui reçoit beaucoup d’argent, de la part, on le sait bien, de la part des saoudiens et des qataris. Mais qui n’a pas encore pris l’ampleur qu’il a pris, mais qui démarre.

Jacques Monin : Oui vous avez donc compris, on a deux mouvements terroristes principaux, Daesh et al-Nosra, qui sont financés par le Qatar et par l’Arabie Saoudite, et ça a d’ailleurs encore été relevé très récemment, c’était en mai 2015 dans un rapport du Congrès américain.

Matthieu Aron : Cela dit, le souci, Jacques Monin, c’est que ce financement, tout le monde en parle, mais que personne jusqu’ici n’a réussi à en apporter la preuve.

Jacques Monin : Alors plus ou moins, mais c’est très difficile parce que les circuits financiers sont compliqués à établir. Mais Pierre Conesa, qui lui est un ex haut-fonctionnaire du Quai d’Orsay, et donc un spécialiste de l’islam, croit savoir comment cet argent sort des comptes des haut dignitaires du Golfe pour arriver jusqu’aux groupes djihadistes.


Pierre Conesa : “L’Arabie Saoudite est poreuse, en terme financier, parce que l’argent public et l’argent privé n’existent pas, la distinction n’existe pas. Quand il manque de l’argent dans la caisse public, c’est le roi qui verse. Et quand il y en a trop, c’est lui qui ramasse. Et donc toutes les familles des 10 000 princes qui tournent autour, c’est exactement pareil. Et pourquoi c’est poreux ? Parce que si vous voulez, l’Arabie Saoudite, c’est une espèce de Disney World de l’islam, c’est-à-dire que tout est faux. Vous croyez que les gens sont religieux etc., en fait c’est une espèce de ghetto dans lequel il n’y a aucun cinéma, aucun théâtre. Et quand les Saoudiens sortent à l’étranger à ce moment-là ils s’éclatent, évidemment ils font tout ce qui est interdit là-bas. Et quand ils reviennent, comme ils se sentent coupable, ils achètent des indulgences. Et ces indulgences, ils ne disent pas “cet argent doit aller à al-Nosra” ou “il doit aller à Daesh”. Simplement cet argent va de fait vers ces groupes islamistes.


Jacques Monin : Vous avez compris, des indulgences. C’est en fait de l’argent qu’on donne a des fondations, des ONG saoudiennes, dont les objectifs sont parfois plus que discutables.

Matthieu Aron : L’Arabie Saoudite et le Qatar ont donc aidé des groupes djihadistes. Mais au même moment, nous aussi, la France, nous avons aidé des groupes rebelles.

Jacques Monin : Oui. L’ASL l’Armée Syrienne Libre, qu’on décrit alors à Paris comme une alternative démocratique possible, crédible, à Bachar el-Assad. Mais en fait, dès le départ, la France prend fait et cause pour les rebelles, contre le dictateur syrien. Rappelez-vous “le départ de Bachar el-Assad ce n’est qu’une question de semaines”, expliquait Laurent Fabius. Et en aout 2012, lors d’un déplacement a la frontière turque. Le ministre des affaires étrangères français prononcent ces phrases désormais célèbres.


Laurent Fabius : “Les personnes que je viens de voir, qui sont des syriens d’un village qui a été bombardé juste de l’autre côté de la frontière. Euh… Ces témoignages sont absolument bouleversants, j’ai dit à mes interlocuteurs que quand on entend ça, et je suis conscient de la force que je suis en train de dire. Monsieur Bachar el-Assad ne méritait pas d’être sur la Terre.


Matthieu Aron : “Ne méritait pas d’être sur la Terre.” Les mots sont terribles et ça justifie, et bien que l’on arme les rebelles.

OB : Je me permets de rappeler que c’est juste totalement illégal au regard du Droit International, qu’on est censé défendre en tant que membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU…

Jacques Monin : Effectivement, c’est ce qu’on pense à ce moment-là. Alors officiellement on livre des gilets pare-balles, des outils de cryptage pour les communications, des masques contre les armes chimiques, ou des lunettes de vue nocturnes, mais en fait ce sont bien des canon 20mm, des mitrailleuses, des lances roquettes et des missiles anti-char que nous avons livré à ces groupes.

OB : 90 000 morts à ce jour dans l’armée syrienne et les milices, à savoir des appelés du contingent et des volontaires comme vous ou moi…

Matthieu Aron : Ces armes, officiellement destinées à l’Armée Syrienne Libre, et pourtant dans les faits, on ne sait pas trop dans quelles mains elles sont tombées.

Ici, un islamiste de la brigade salafiste Ahrar al-Sham avec un missile Milanfrançais

Jacques Monin : Bah non. On le réalise aujourd’hui. L’ASL ne pesait rien. Ce qu’on appelle les rebelles, c’est une nébuleuse illisible. Certaines de ces armes sont donc effectivement passées dans les mains d’al-Nosra, le groupe proche d’al-Qaïda, et c’est ce qui fait dire à l’ex-patron du renseignement extérieur de la France, Alain Juillet, qu’on s’est planté sur toute la ligne.

OB : Robert Baer, l’ancien chef de région de la CIA au Moyen-Orient (dont le rôle est tenu par Clooney dans le film Syriana) a indiqué “Les États-Unis ont été incapables d’identifier le moindre groupe syrien dit « modéré » lorsque la guerre civile a débuté.” (Source : L’Humanité).

Dialogue Alain Juillet et Jacques Monin :
Alain Juillet : Moi je pense qu’il y a eu une faillite des services de renseignements dans ce domaine. Et ça se comprend, puisqu’une des premières réactions qu’on a faite, ça a été de couper les ponts, fermer l’ambassade. Une première réaction c’est de fermer l’ambassade en Syrie et de ne plus avoir de contact avec les services syriens. Mais dans ce genre de choses, il faut avoir des contacts en permanence.

Jacques MoninOn a livré des armes aux rebelles ?

Alain Juillet : Bien sûr.

Jacques Monin : La France a livré des armes à al-Qaïda ? A l’État Islamique ?

Alain Juillet : Les Américains ont livré des armes pour empêcher la progression de l’armée de Bachar contre Jabhat al-Nosra et Daesh. Les Américains ont livré des missiles anti-char encore récemment. La question, c’est qu’on entendait à ce moment-là “Nous soutenons les Syriens libres”. Mais quand on regarde sur le terrain ce que c’est que les Syriens libres, c’est rien du tout.

OB : Je rappelle que François Hollande a avoué en 2014

Matthieu Aron : La France se serait donc totalement trompée dans son évaluation de la situation. On a quand même du mal à le comprendre. Comment, au sommet de l’État français, on ait été aussi mal informé ? Comment on a pu croire que l’ASL pouvait peser face à ces groupes djihadistes ?

Jacques Monin : Alors, il y a plusieurs aspects dans cette question. D’abord, pour Pierre Conesa, qui lui connait bien les rouages du quai d’Orsay. C’est tout l’appareil diplomatique qui s’est laissé aveugler. C’est donc un système, un fonctionnement, le fonctionnement même du Ministère des Affaires Étrangères, qui dit-il, est à revoir.


Pierre Conesa“D’abord il y a eu un axe diplomatique qui a été dès le début extrêmement insistant sur le thème “notre ennemi c’est Assad”. À partir de ce moment-là, l’analyse de la crise a été monologiqueÇa allait dans le sens de ce qu’avait décidé Fabius, et pas en fonction de ce qu’était la réalité du terrain. C’était “qu’est-ce que dit notre chef ?” et on va effectivement conforter ce que dit notre chef. C’est-à-dire “c’est Assad, il faut se battre contre Assad”. Et donc pour ne pas subventionner les groupes islamistes, c’était “on va subventionner l’ASL”. Mais c’est vrai que c’est une faillite terrible.”

Matthieu Aron : Et cette faillite elle a peut-être aussi d’autres explications.

Jacques Monin : Oui. Économique par exemple. Là aussi, l’Arabie Saoudite et le Qatar, ce sont des partenaires économiques de la France. Et face à eux la Syrie ne pèse pas lourd. Alain Chouet, l’ancien patron du renseignement de la DGSE, qui s’est rendu plusieurs fois en Syrie, se souvient de ce qu’on lui répondait au début de la crise lorsqu’il alertait les autorités françaises sur la réalité de la situation sur le terrain.


Alain Chouet : “La réaction que j’avais en général, en rentrant de Syrie, où je venais un peu raconter ce que j’avais vu, ce que j’avais entendu, les messages qu’on avait essayé de me faire passer. La réaction, une fois, la plus caricaturale, a été “écoute tu ne vas pas nous embêter avec la Syrie, c’est même pas le PNB de la Slovénie, alors on a mieux à faire avec nos amis Qataris et Saoudiens !”

Matthieu Aron : Bon, sans commentaire… Et en plus Jacques Monin, ce n’est pas la première fois qu’on se trompe.

Jacques Monin : Non. Rappelez-vous, au moment de l’intervention en Libye. On a commis le même type d’erreur de jugement. Écoutez ce que raconte a ce sujet Patrick Haimzadeh, qui est un ancien diplomate à Tripoli [Patrick Haimzadeh a travaillé à l’ambassade de France à Tripoli durant de nombreuses années. Cet ancien officier de l’Armée de l’air française est un parfait connaisseur de la Libye], qui a rencontré Benoit Collombat. À l’époque, Paris s’engage contre Kadhafi, on s’en souvient. Mais c’est le Qatar qui tire les ficelles en s’appuyant sur sa chaine de télévision Al Jazeera.


Dialogue Patrick Haimzadeh et Benoit Collombat :


Patrick Haimzadeh : Dès le départ, l’objectif c’était effectivement de faire sauter Kadhafi. Al Jazeera avait dès le départ mis en place une cellule de désinformation, en tout cas pour relayer les paroles de libyens qui étaient en fait dans les studios d’Al Jazeera à Doha et qui ont évoqué notammentl’histoire des bombardements. Qui a été centrale, parce que l’histoire des bombardements c’est ce qui a été repris par Nicolas Sarkozy le 21 février, 4 jours après le début de l’insurrection, à Bruxelles, pour déclarer la logique de guerre contre Kadhafi. Mais les bombardements, il n’y en a jamais eu

.
Benoit Collombat : Des bombardements de populations civiles imputés aux kadhafistes ?
Patrick Haimzadeh : oui. Donc ça c’est le premier volet de l’intervention qatari, c’est l’intervention médiatique. La deuxième intervention, c’est le soutien à une certaine frange de l’insurrection, à certains courants islamistes, qui ne sont pas tous maintenant des gens qui se reconnaissent dans l’État Islamique, mais qui sont des gens qui ont été soutenus par le Qatar. Des livraisons d’armes, françaises d’ailleurs, par le Qatar, ça s’est fait.

Benoit Collombat : Est-ce que la France savait, selon vous, le jeu que jouait le Qatar ?
Patrick Haimzadeh : Bien sûr. On avait des hommes sur le terrain, on savait très bien. Il fallait que ça aille vite et l’objectif militaire premier c’était la chute de Kadhafi, donc à ce moment-là personne ne voulait voir ce qui commençait à se dessiner en Libye.

Matthieu Aron : Voilà pour la Libye donc. Retour maintenant en Syrie. On a un groupe, l’État Islamique, qui monte en puissance grâce à l’argent des Qataris et des Saoudiens, mais cette aide va peu à peu s’interrompre.

Jacques Monin : Oui parce que le groupe État Islamique devient de plus en plus dangereux, il va s’approcher des frontières saoudiennes, il devient si incontrôlable que ses alliés vont finir par couper effectivement les ponts avec lui. Et selon Alain Chouet, l’ex patron du renseignement de la DGSE. A la mi-2013, les Saoudiens prennent en fait conscience que ces rebelles, les rebelles qu’ils ont aidés, peuvent se retourner contre eux.

Alain Chouet : “A l’été 2013, le cabinet royal saoudien a coupé les vivres complètement aux frères d’Égypte, mais aussi aux mouvements violents qui agissaient aussi bien dans le nord de l’Irak qu’en Syrie. C’est là qu’apparait d’ailleurs l’État Islamique, parce que jusque-là, il n’existe pas l’État Islamique. Il y a un État Islamique en Irak, mais il n’y a pas d’État Islamique en Irak et au Levant. C’est important de le comprendre parce qu’à partir du moment où l’Arabie et le Qatar coupent les vivres au mouvement, il est obligé de sortir du bois. Et on le voit sortir du bois, sa première action, ça a été d’aller piller la banque centrale de Mossoul. Ils ont raflé 500 millions de dollars en billets et en lingots d’or avec lesquels ils se sont payés des chefs de tribus du nord de l’Irak. Qui paie, commande. N’étant plus payé par l’Arabie Saoudite, l’État Islamique échappe à son créateur et reprend la stratégie classique des Frères Musulmans, qui est de condamner la famille Saoud. Le monstre a échappé à ses créateurs.


Matthieu Aron : L’Arabie Saoudite prend donc conscience qu’elle a enfanté un monstre, et cette analyse, Jacques Monin, ce n’est pas simplement celle d’anciens patrons du renseignement français.

Jacques Monin : Non. À ce moment-là, même les plus hauts dignitaires d’Arabie Saoudite reconnaissent qu’ils ont commis des erreurs. Prenez par exemple le prince et homme d’affaires saoudien al-Walid Ben Talal. C’est l’un des plus grands investisseurs saoudiens en France, c’est la vingtième fortune du monde, il possède entre-autre le George V à Paris et plusieurs hôtels de DisneyLand. Et bien écoutez ce qu’il répond en octobre 2014 a une journaliste de CNN lorsqu’elle l’interroge sur le sujet.

journaliste de CNN et Al-Walid Ben Talal journaliste de CNN : Quand est-il du financement du terrorisme par des grandes fortunes saoudiennes ? Est-ce qu’il est autorisé ? Est-ce qu’on réprime le financement des groupes terroristes quels qu’ils soient ?
Al-Walid Ben Talal : Très honnêtement, je dois vous dire que oui, on avait une faiblesse de ce côté-là. Malheureusement quelques éléments extrémistes en Arabie Saoudite ont financé des éléments extrémistes en Syrie mais l’Arabie Saoudite a pris des mesures très sévères pour y mettre fin. Et maintenant tout ça c’est terminé.

Matthieu Aron : “C’est terminé.” Explique ce prince saoudien. Les choses sont peut-être un peu plus complexes.

Jacques Monin : Oui parce que comme souvent, il y a ce que l’on dit et ce que l’ont fait, ou plutôt en l’occurrence ce que l’on ne fait pas. Parce que si les Saoudiens ne font plus rien pour aider le groupe État Islamique, ils ne font plus rien non plus pour lutter contre lui. Et c’est ce que remarque l’ancien haut-fonctionnaire du quai d’Orsay Pierre Conesa

 Pierre Conesa : “L’Arabie Saoudite ne combat pas Daesh. En fait ce sont des pays de l’OTAN qui vont battre Daesh. Il y a 12 pays de l’OTAN, y compris l’Australie, plus 5 pays arabes. En fait surtout la Jordanie plus quelques pays du Golfe. Mais en fait quand on regarde la composition des forces aériennes, on s’aperçoit que l’Arabie Saoudite met autant d’avions que la Hollande et le Danemark additionnés. Mais par contre elle met 5 fois plus d’avions pour se battre au Yémen contre les Houthis, c’est-à-dire contre les chiites. Donc l’Arabie Saoudite fait la même politique que Daesh, c’est-à-dire la persécution des chiites, mais il n’y a aucune raison de se battre entre eux. La société saoudienne ne comprendrait pas pourquoi on va essayer de faire disparaitre une société qui leur ressemble autant, celle-là même qui décapite, qui crucifie, qui coupe les mains des voleurs, qui opprime les femmes et qui interdit les autres religions.

Matthieu Aron : L’Arabie Saoudite ne fait donc rien pour intervenir véritablement et en coulisse son rôle pourrait être encore plus trouble ?

OB : Mais qui aurait pu s’en douter ?

« Le rapport [de la Commission parlementaire que j'ai présidée sur les services de renseignement durant le 11 septembre] montre la participation directe du gouvernement saoudien dans le financement du 11 septembre. Nous savons au moins que plusieurs des 19 kamikazes ont reçu le soutien financier de plusieurs entités saoudiennes, y compris du gouvernement. Le fait de savoir si les autres ont aussi été soutenus par l’Arabie saoudite n’est pas clair, car cette information a été cachée au peuple américain. On nous dit que cela ne peut être fait pour des raisons de sécurité nationale, mais c’est exactement le contraire. Publier est important précisément pour notre sécurité nationale.

Les Saoudiens savent ce qu’ils ont fait, ils savent que nous savons. La vraie question est la manière dont ils interprètent notre réponse. Pour moi, nous avons montré que quoi qu’ils fassent, il y aurait impunité. Ils ont donc continué à soutenir Al-Qaïda, puis plus récemment dans l’appui économique et idéologique à l’État islamique. C’est notre refus de regarder en face la vérité qui a créé la nouvelle vague d’extrémisme qui a frappé Paris. » [Sénateur Bob Graham, ancien Président de la Commission du Renseignement du Sénat américain, Le Figaro02/02/2015]

Jacques Monin : Si l’on en croit des sources bien informées, comme on dit, l’Arabie Saoudite continuerait indirectement de financer Daesh en achetant son pétrole au marché noir avec la complicité de la Turquie. C’est ce que soutient en tout cas un fin connaisseur du sujet, l’ancien patron d’Elf, Loïk Le Floch-Prigent, qui a lui-même longtemps travaillé en Irak et en Syrie.


 Loïk Le Floch-Prigent et Benoit Collombat
Loïk Le Floch-Prigent : Le pétrole de Daesh ne peut sortir, ne peut être payé, que par des gens qui sont près a le payer et à étouffer son existence. C’est forcément un mélange de Turc et de Saoudiens. Il n’y a pas d’autres solutions. C’est-à-dire que c’est les deux pays qui sont en contact et qui ont la possibilité de le faire. 
Jacques Monin : Qu’est-ce qu’ils en font les Saoudiens de ce pétrole ? Ils le blanchissent ?
Loïk Le Floch-Prigent : Oh, ils l’utilisent forcément, ils ne peuvent pas le blanchir. Je vous rappelle qu’un pétrole a un ADN et par conséquent on sait d’où il vient si jamais il est sur le marché. Si jamais ils exportaient ce pétrole, ce serait su. Ce pétrole ne vient jamais sur le marché donc ils l’utilisent, c’est tout.La laverie s’appelle une raffinerie.


Matthieu Aron : Voilà donc pour les éléments qui jettent le doute sur l’implication du Qatar et de l’Arabie Saoudite. Et pourtant la France continue d’entretenir les meilleurs rapports avec ces pays.

Jacques Monin : Rappelez-vous, François Hollande s’est rendu dans le Golfe, c’était en mai dernier. il signe avec le Qatar un contrat qui porte sur la vente de 24 Rafales. Et puis il y a un mois, il y a un mois à peine, en octobre dernier, Manuel Valls se rend à son tour à Ryad pour signer des promesses de contrat et voilà d’ailleurs ce qu’il lance devant un parterre de dignitaires saoudiens.

Manuels VallsAvec l’Arabie Saoudite nous avançons en confiance, nous approfondissons une relation économique que nous tournons résolument vers l’avenir. Venez investir dans notre pays au coeur de l’Europe, c’est le moment, plus que jamais.”


Matthieu Aron : À ce stade de votre enquête, Jacques Monin, ce que l’on peut retenir c’est qu’en Syrie de très nombreux pays ont joué avec le feu.

Jacques Monin : Les États-Unis qui ont déstabilisé l’Irak, les pays du Golfe qui ont financé des mouvements djihadistes, la France qui a joué les rebelles contre le pouvoir syrien sans voir qui elle avait véritablement en face d’elle et la Turquie qui laisse prospérer les trafics sur son territoire. Bref, pour Hocham Daoud qui est anthropologue au CNRS, les responsabilités sont multiples.


Hocham Daoud : “Tout le monde a joué avec Daesh. Tout le monde voulait jouer à travers Daesh pour s’imposer. En fait, on a créé Frankestein, aujourd’hui tout le monde essaye de trouver un moyen pour l’arrêter. Oui il y a des moyens, on peut avoir des forces de coordinations pour venir à bout de Daesh s’il y a une volonté politique.”


Matthieu Aron : Une réponse politique, sans doute, mais en attendant c’est une réponse militaire qui est apportée.

Jacques Monin : C’est d’abord un signe adressé à l’opinion française, c’est un signe de fermeté et de détermination. Mais sur le terrain l’efficacité des frappes est limitée et rien ne dit d’ailleurs qu’elles n’auront pas des effets pervers. Écoutez ce que pense à ce sujet, l’ancien colonel de marine Michel Goya, toujours interrogé par Benoit Collombat.

Michel Goya et Benoit Collombat :
Michel Goya : Vous savez, les frappes françaises c’est 3 % du total de toutes les frappes de la coalition qui n’a pas détruit l’État Islamique. Des 200 et quelques frappes que nous avons réalisées, en réalité c’est un petit coup porté à l’État Islamique, donc on peut imaginer d’augmenter les doses je dirais, mais fondamentalement ça ne va pas changer grand-chose.
Benoit Collombat : Et est-ce que ça n’alimente pas le terrorisme encore un peu plus ?

Michel Goya : Oui, cette campagne de frappes c’est un sergent recruteur remarquable pour l’État I’IslamiqueLa campagne aérienne, la coalition dans son ensemble a peut-être tué 400 civils.Donc tout ça, ça alimente globalement le ressentiment sur place, ça alimente l’idée que ce sont toujours les arabes sunnites qui se prennent des bombes dessus. Le bilan de la coalition, on a tué 10 000 combattants, c’est un chiffre invérifiable en réalité. 10 000 combattants mais elle en a recruté aussi un certain nombre.


Matthieu Aron : Voilà, c’est ce que l’on appelle un cercle infernal, mais comment faire autrement ? Aucune solution simple ne semble, au moins à court terme, se dégager. Reste l’autre question, qu’il est peut-être aussi tant de poser. C’est celle de nos alliances, avec Jacques Monin, notamment le Qatar et l’Arabie Saoudite.

Jacques Monin : Oui, peut-on adopter une posture morale lorsqu’il s’agit de Damas et fermer les yeux sur ce que font Doha et Riyad ? Comment peut-on être crédible si l’on fait du commerce avec des pays qui soutiennent que l’on dénonce par ailleurs. Là-dessus le spécialiste du renseignement Alain Chouet est catégorique.


Alain Chouet : “On ne pourra pas continuer éternellement dans une politique schizophrène qui consiste à vouloir imposer la démocratie dans certains pays en maintenant une alliance entre nos démocraties et la démocratie qui est la plus grande du monde, et les états théocratiques les plus réactionnaires de la région. On a fermé les yeux sur l’idéologie prônée par ces pays, parce qu’on ne la voyait pas, parce qu’on n’en voyait pas les effets. On n’en mesurait pas les effets parce que rien ne se passait chez nous, ou s’il se passait des choses on ne les voyait pas, eh bien maintenant on les voit.


Jacques Monin : Oui alors question. La France va-t-elle évoluer de ce côté-là ? Rien n’est moins sûr, pour l’instant Matignon affiche un embarras prudent et préfère insister sur l’évolution de ses alliés, plutôt que sur ses turpitudes.

Matthieu Aron : Merci Jacques Monin pour cette enquête réalisée en collaboration avec Benoit Collombat. Enquête à retrouver sur notre site internet franceinter.fr et la page Facebook de Secret d’Infos.

Source : France Inter, Matthieu Aron, 20/11/2015

(merci de signaler les coquilles…)

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OB : C’est en bonne voie, puisque dès le 17 novembre, Hollande a agi :

 

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Les responsables de la tuerie du 13 novembre selon Macron. Par Gérard Le Puill dans l'Humanite.fr

25 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #Terrorisme, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Europe supranationale, #La lutte des classes, #Le grand banditisme

Les responsables de la tuerie du 13 novembre selon Macron

L'humeur de Gérard Le Puill
Gérard Le Puill
Mardi, 24 Novembre, 2015
Humanite.fr

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Photo : Charles Platiau/Reuters
Photo : Charles Platiau/Reuters
Devant les Gracques, le 21 novembre, le ministre de l’Economie a suggéré que les travailleurs qui défendent leurs conditions de vie et leur emploi avaient une part de responsabilité dans la radicalisation des auteurs de la tuerie du 13 novembre.

Grâce à Emmanuel Macron , nous savons désormais qui a armé mentalement les tueurs de la soirée du 13 novembre à Paris. Devant une assemblée des Gracques -ces sociaux démocrates plus libéraux que les sarkosystes en économie- il a suggéré le 21 novembre  que les hommes et les femmes qui se battent pour travailler dans des conditions dignes de l’époque dans laquelle nous vivons empêchaient certains jeunes de trouver leur place dans une  société où l’emploi devient chaque jour plus rare et plus précaire du fait des politiques gouvernementales de soumission au libéralisme.

Parlant des assassins, il a donc déclaré : « Nous avons une part de responsabilité, parce que ce totalitarisme  se nourrit de la défiance. Il se nourrit de cette lèpre insidieuse qui divise les esprits, et, si demain nous n’y prenons garde, il les divisera encore». Et le ministre dont la politique économique crée un peu plus de chômage chaque mois de plaider  pour « changer cette société en l’ouvrant ». Comment ?  « Je pense, a-t-il dit, que ce sont des fermetures dans notre économie, dans notre société, les pertes d’opportunités, les plafonds de verre qui sont mis, les corporatismes qui se sont construits  qui à la fois nourrissent de la frustration  sur le plan individuel et créent de l’inefficacité sur le plan économique».

Décoder le langage d’Emmanuel Macron est relativement facile en dépit de l’ambiguïté du propos. On peut raisonnablement penser qu’il ne visait pas un homme comme Philippe Varin  qui  a supprimé 11.000 emplois chez PSA Peugeot-Citroën , fermé l’usine d’Aulnay en 2012, jeté son personnel dehors  et fermé toute perspective d’embauche à bien des jeunes du 9-3  sur ce site  où travaillaient parfois leurs parents avant d’être licenciés. Non. Varin a été reclassé comme président du conseil d’administration d’Areva  en janvier 2005. Il a aussi été récompensé par les actionnaires, avec la caution  de Macron et des autres membres du gouvernement,  pour avoir supprimé ces 11.000 emplois dans l’industrie automobile. Il bénéficie à ce titre, d’une retraite chapeau d’un montant annuel brut de 299.000€ jusqu’à la fin de sa vie. Il a suffit pour cela, que son successeur,  Carlos Tavares , lui bricole un CDD de quelques mois  afin qu’il puisse justifier de 5 ans à la tête de Citroën, condition  d’ancienneté  permettant d’accéder à ce cadeau auquel il disait avoir renoncé en 2012.

Mais ce n’est pas ce « plafond de verre » que Macron visait devant les Gracques. En revanche, à supposer qu’un ouvrier d’Aulnay , licencié en 2012 ait utilisé ses indemnités de licenciement  et contracté un emprunt pour acheter une licence de taxis , on peut penser que, s’il a fait grève en 2015 pour tenter de préserver son métier contre la dérégulation engagée par Uber avec ses travailleurs précaires, ce chauffeur de taxis a, aux yeux de Macron, défendu « les corporatismes » qui « à la fois nourrissent de la frustration sur le plan individuel et créent de l’inefficacité sur le plan économique ».

Ainsi donc , le ministre le plus protégé de François Hollande , l’homme dont des journalistes de l’Express du Monde et de quelques autres titres ont dressés ces derniers jours des portrait ridiculement élogieux, se conduit de plus en plus comme un esclavagiste dont l’obsession permanente est  le nivellement par les bas de toutes les conquêtes sociales du siècle passé avec la volonté  de les faire disparaître dès le début du siècle en cours.
Faut-il s’en  étonner? Non dans la mesure où  cet homme a été le rédacteur final du rapport Attali remis au président Sarkozy  en 2009 par Attali lui-même. Au point que  Sarkozy, qui a plus de flair politique que Macron, n’osa point à l’époque reprendre à son compte les propositions les plus libérales du tandem Attali-Macron.

Voilà la réalité. A supposer qu’il subsiste encore des doutes sur les intentions actuelles de ce ministre, il est possible de l’interroger sur ses propos du 21novembre demain à l’Assemblée nationale, lors de question au gouvernement.

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résolution 2249 et guerre contre la Syrie.

25 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #l'ONU, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #Terrorisme, #Daesch

lundi 23 novembre 2015

résolution 2249 et guerre contre la Syrie

La résolution 2249 du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies, qui prépare la guerre contre la Syrie, vient d'être publiée. Votée vendredi 20, elle était sous embargo jusqu'à ce lundi 23, à 18h30 heure de New-York, mais s'avère foncièrement identique au projet rédigé et diffusé en anglais par la France.

Pour mémoire, sur ce sujet de la lutte contre le terrorisme en général et l'Etat Islamique en Iraq en au Levant en particulier, la Russie avait présenté un projet de résolution le 30 septembre, qui a été bien accepté par la plupart des membres du Conseil mais bloqué par le Royaume-Uni, soutenu par les Etats-Unis d'Amérique et la France, au motif que ce projet prévoyait une coordination des efforts de lutte contre l'Etat Islamique : coordination entre intervenants mais également avec les pays où cette lutte est menée, ce qui ne convenait pas aux pays membres de l'Alliance Atlantique.

Le projet de résolution russe, légèrement modifié en des termes tendant à ménager les pays ennemis de la Syrie, a été encore présenté dans le nouveau contexte après les attentats de Paris et du Sinaï, mais c'est alors que la France a présenté son propre projet, et la Russie voulant éviter une compétition des propositions ou une division du Conseil n'a finalement pas re-présenté son projet, et a voté celui de la France. Elle le regrettera, comme elle a regretté d'avoir laissé passer le 17 mars 2011 la résolution 1973 immédiatement brandie et outrepassée par la France et l'alliance islamo-atlantique pour attaquer la Libye.

La résolution 2249 ne se réfère certes pas explicitement au chapitre VII de la Charte de l'ONU, ce qui laisse certains commentateurs dire qu'elle n'autorise donc pas l'usage de la force. Elle mentionne cependant une menace mondiale à la paix et à la sécurité internationale, ce qui revient au même puisque c'est le sujet du chapitre VII, et appelle les pays qui en ont les moyens à "prendre toutes les mesures nécessaires" pour, entre autres, "éradiquer les sanctuaires" que l'EIIL s'est taillés en Iraq et en Syrie, ce qui ne laisse guère de doutes sur le type de moyens à mettre en œuvre. D'ailleurs elle ne condamne ni ne distingue les opérations militaires menées avec les résultats respectifs que l'on connaît de la part d'une soixantaine de pays conduits par les Etats-Unis depuis quinze mois en violation de la souveraineté de la Syrie (donc en violation de la charte de l'ONU), et de la Russie depuis deux mois à la demande de la Syrie (donc en accord avec la charte). Dans sa présentation du projet la France avait insisté pour qualifier les attentats mahométans de Paris d'acte de guerre, ce qui équivalait à une reconnaissance de l'Etat Islamique en Iraq et au Levant comme sujet de droit international. Elle n'a pas totalement obtenu gain de cause puisque cela a été requalifié en menace à la paix et à la sécurité internationale. Les Etats-Unis aussi ont perdu un point puisqu'ils s'étaient opposés récemment à un projet de résolution présenté par la Russie pour, notamment, qualifier le front Al-Nosra d'organisation terroriste, ce que les Etats-Unis refusaient formellement, et qui figure dans la résolution 2249, laquelle cite nommément le front Al-Nosra au même titre que l'EIIL.

Mais, surtout, la résolution 2249 suspend la souveraineté de la Syrie et de l'Iraq, puisqu'elle ne mentionne pas leurs gouvernements ni la nécessité de les associer à ce que l'on entreprendra sur leurs territoires nationaux. Les pays qui en ont les moyens sont encouragés à engager des campagnes militaires "dans les zones contrôlées par l'EIIL en Iraq et en Syrie" en ignorant totalement ces deux pays, leurs gouvernements et leurs frontières. Afin que les choses soient bien claires, dans son discours d'explication des raisons pour lesquelles les Etats-Unis votaient en faveur de cette résolution, l'ambassadrice états-unienne Michele Sison mentionne avec insistance l'urgence de procéder à un changement de régime en Syrie.

Voilà ce qui se cache réellement derrière la résolution 2249 du Conseil de sécurité de l'ONU : sous le prétexte de quelques attentats terroristes, c'est la reconnaissance de l'Etat Islamique en Iraq et au Levant comme acteur international, l'intensification de la guerre contre la Syrie, l'enregistrement de sa perte de contrôle d'une partie de son territoire, et la suspension de sa souveraineté sur l'ensemble de celui-ci.

Publié par Stratediplo à 16:25

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Le Front al-Nosra, dont Laurent Fabius estimait qu'"il faisait de bon boulot", soutient les attentats de Paris, par Alex MacDonald

25 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #La nation ., #La République, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch

Publié par Jean Lévy

 

 

 

Des combattants du Front al-Nosra brandissant une bannière sur laquelle il est inscrit : « Nous combattons en Syrie … et nos yeux sont rivés sur Jérusalem » (AFP)

Des combattants du Front al-Nosra brandissant une bannière sur laquelle il est inscrit : « Nous combattons en Syrie … et nos yeux sont rivés sur Jérusalem » (AFP)

 

 

Le Front al-Nosra, affilié à al-Qaïda en Syrie, s’est distingué des autres groupes d’opposition syriens en exprimant son soutien suite aux attaques sanglantes, survenues vendredi à Paris, malgré l’hostilité ouverte du groupe envers l’État islamique.

« Nous sommes heureux de constater qu’une secte déviante a été capable de mettre en œuvre une opération, couronnée de succès, à l’encontre des Kufaar (infidèles). »

Tels sont les mots figurant dans une déclaration publiée par le groupe (depuis un compte Twitter désormais supprimé) au cours du week-end, ajoutant que le Front al-Nosra aurait préféré être le groupe à l’origine desdites attaques.

«  Je me réjouis de leurs frappes contre Hizbou Shaytaan », a-t-il dit, en faisant référence au Hezbollah – dont les membres sont basés dans le district de Beyrouth qui fut bombardé jeudi – en utilisant le mot arabe signifiant Satan.

Les deux groupes, Jaish al-Islam et Ahrar al-Sham, ont combattu aux côtés d’al-Nosra en Syrie, dans le cadre de la puissante coalition Jaish al-Fatah qui s’est emparé de la province du nord d’Idleb en juillet.

Ahmed Shaheed, un combattant du Front al-Nosra, a dit à Middle East Eye que les attaques à Paris étaient prévisibles suite aux bombardements français contre l’État islamique en Syrie.

« Ce que vous avez vu à Paris, c’est une vengeance », a-t-il dit à MEE par le biais d’une application de messagerie sur mobile. « Alors, vous n’avez aucune raison d’être tristes. Si un pays décide d’en bombarder un autre, il doit s’attendre à des représailles. Rien de plus simple ».

Ahmed Shaheed, d’origine australienne, est, semble-t-il, basé à Alep, bien que cela n’ait pas été formellement vérifié.

Malgré la rivalité, de longue date, entre le Front al-Nosra et l’État islamique (IS), il a dit qu’ils pourraient unir leurs forces contre les « tyrans ».

« Voyez-vous, l’État islamique est engagé dans une guerre, depuis 10 ans. Malgré l’invasion américaine, le groupe continue de résister et ce, peu importe le nombre de bombes et d’attaques réussies, ou de tentatives. Que l’État islamique soit affaibli ou fort, il y aura toujours une menace si l’Occident ne met pas un terme aux agressions », a-t-il écrit.

« Vous avez désormais deux groupes qui s’affrontent pour savoir lequel des deux causera le plus de préjudices à l’Occident. Haha. »

En général, al-Qaïda est vu comme le groupe souhaitant le plus organiser des attaques dont les cibles sont situées en Occident, contrairement à l’État islamique dont la principale mission était de mettre en place les fondements du pouvoir en Irak et en Syrie.

Les attaques de janvier contre le magazine Charlie Hebdo à Paris ont été perpétrées par des militants ayant des liens avec al-Qaïda basé au Yémen dans la péninsule arabique.

En réponse aux questions relatives à d’autres attaques similaires éventuelles organisées par al-Nosra contre les pays occidentaux, Ahmed Shaheed a répondu qu’il était un « simple soldat ».

«  Si l’Occident continue de soutenir des dictateurs contre les musulmans et continue de les bombarder alors attendez-vous aux mêmes événements, sinon pires », a-t-il dit à MEE.

En 2013, Zahran Alloush, le leader charismatique du groupe Jaish al-Islam, a exprimé son désir de « nettoyer la saleté des Rafida et du Rafidisme » en Syrie, en utilisant des termes désobligeants pour parler des chiites et des alaouites.

Dans un autre discours de janvier 2014, il a également déclaré que le groupe Jaish al-Islam « dénonce clairement la démocratie ».

 Un groupe islamique sunnite dominant »

La position du groupe Ahrar al-Sham comme étant potentiellement la force rebelle la plus importante en Syrie signifie que son ouverture sur le monde occidental a été minutieusement suivie par des analystes y portant le plus grand intérêt.

Le groupe Ahrar al-Sham est allé jusqu’à publier un éditorial dans le Washington Post dans lequel il critiquait la classification globale des groupes d’opposition syriens en tant que groupes « modérés » ou « extrémistes ».

À ce jour, il semble qu’un accord mutuel ait été mis en place par les deux groupes visant à écarter les différends en matière d’idéologie.

« Nous n’approuvons en aucun cas le projet du groupe Ahrar al-Sham », a dit Ahmed Shaheed. « Car ils se bercent d’illusions dans la mesure où ils pensent pouvoir atteindre leur but en agissant avec diplomatie avec les kuffars [infidèles], alors que nous pensons que nous devons soumettre les infidèles avant qu’un quelconque processus politique puisse être mis en place. »

Il a reconnu, néanmoins, que les différences idéologiques devaient être mises de côté vu la conjoncture actuelle.

« Tant que nous aurons un ennemi commun, la guerre entre nos deux groupes sera suspendue » a-t-il dit, sans oublier d’ajouter que les objectifs divergents finiraient un jour par « poser problème ».

Traduction de l’anglais (original) par STiiL.

Source : middleeasteye, 17/11/2015

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Avion russe abattu par la Turquie : un pilote tué.

24 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La France, #La République, #La nation ., #L'OTAN., #l'ONU, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Turquie, #Terrorisme, #Daesch

Avion russe abattu par la Turquie : un pilote tué

VIDÉO. L'aviation turque a détruit un avion militaire russe qui aurait violé son espace aérien. Un pilote est mort, l'autre est porté disparu.

Source AFP

Publié le 24/11/2015 à 10:01 - Modifié le 24/11/2015 à 13:11 | Le Point.fr

 

Va-t-on assister à une grave crise diplomatique entre la Russie et la Turquie ? La question est sur toutes les lèvres, après le crash d'un avion de combat russe abattu par l'aviation turque à la frontière entre la Syrie et la Turquie. « C'est un incident très sérieux », a estimé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. « Quand il y aura davantage d'informations, ce sera plus clair », a-t-il ajouté. Moscou nie avoir violé l'espace aérien turc, contrairement aux affirmations d'Ankara. Selon les Turcs, l'avion, un Sukhoi 24, aurait violé l'espace aérien turc près de sa frontière avec la Syrie. Selon l'opposition syrienne, un des deux pilotes russes est mort, l'autre est porté disparu. Il aurait pu être capturé. Les chaînes turques ont diffusé des images de la chute d'un avion militaire en feu dans le ciel, s'écrasant dans les montagnes proches de la frontière turque, en face de la province de Hatay (sud de la Turquie).

Moscou dément

Immédiatement après, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu s'est entretenu avec son chef d'état-major, le général Hulusi Akar, et son ministre des Affaires étrangères Feridun Sinirlioglu et a décidé de saisir l'Otan, dont la Turquie est membre, et l'ONU, ont annoncé ses services. « Un avion russe Su-24 a été abattu conformément aux règles d'engagement après avoir violé l'espace aérien turc malgré les avertissements », ont indiqué des sources à la présidence turque.

« Aujourd'hui, sur le territoire syrien, à cause de tirs présumés venus du sol, un avion Su-24 appartenant aux forces aériennes russes déployées en Syrie s'est écrasé », a déclaré le ministère russe de la Défense dans un communiqué, ajoutant qu'il « se trouvait exclusivement dans l'espace aérien syrien » et que le sort des deux pilotes restait « à définir ».

Des tensions accrues entre Moscou et Ankara

Depuis le début de l'intervention militaire russe aux côtés du régime du président Bachar el-Assad fin septembre, les incidents de frontière se sont multipliés entre Ankara et Moscou. Le 3 octobre dernier, des chasseurs turcs avaient intercepté un avion militaire russe engagé en Syrie qui avait violé leur espace aérien et l'avaient forcé à faire demi-tour. Moscou avait alors mis en cause les « mauvaises conditions météo ».

La tension entre les deux pays s'est encore accrue ces derniers jours, après une série de bombardements russes qui ont, selon Ankara, visé des villages de la minorité turcophone de Syrie. La Turquie a convoqué vendredi l'ambassadeur russe pour le mettre en garde contre les « sérieuses conséquences » de cette opération.

 

 

 

Avion russe abattu par la Turquie : un pilote tué.
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Bifurcation.

24 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #L'OTAN., #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

samedi 14 novembre 2015

Bifurcation

 
C’est à présent confirmé : nous sommes en situation de survie. Nous rentrons dans ces phases très particulières de l’histoire où l’irréversible fait sentir sa pression sourde, où nous savons que chacune de nos décisions nous fera franchir un point de non-retour.
 
Beaucoup sont désorientés. Par quel combat faut-il commencer ? La précarité, la violence extrême, semblent venir de deux sources totalement différentes. Le terrain économique et social d’une part, n’est plus celui des problèmes simplement complexes ou préoccupants, mais celui des vies détruites, ravagées.
 
 
L’intégrité de l’individu est atteinte, le noyau sacré de la famille est disloqué, mis à terre, par les logiques économiques. Ceci ne touche plus une petite minorité de précaires, mais la très grande majorité des citoyens.
 
Pomper l’argent, vite, par tous les moyens, afin de continuer à survivre : voilà la bassesse à laquelle la société libérale a contraint les hommes et tous les corps de métier, du privé au public, en rajoutant la suprême indécence de prétendre qu’ils sont libres et l’ont fait par choix. Toute la société semble concourir à ce que chacun devienne le vampire de l’autre, à ce qu’il faille se dépêcher d’aspirer sa substance vitale avant que lui ne le fasse.
 
Notre identité, notre mémoire et notre histoire d’autre part, sont attaquées par deux sortes d’hommes, en apparence opposés, en réalité frères. Ceux qui veulent nous convaincre qu’il faut nous en déposséder parce que ce n’est ni moderne ni rationnel. Et ceux qui veulent imposer leur identité à l’exclusion de celle des autres, qui ne comprennent que les guerres de territoire, qui ne veulent pas respecter la loi mais leur loi.
 
Ils nous imposent une autre précarité, non économique cette fois, mais celle touchant à la sécurité immédiate à laquelle tout homme a droit dans une société civilisée, qui n’est plus assurée.
 
Un dirigeant véritable est celui qui partage la souffrance de ses hommes, même lorsqu’il ne vit pas toutes leurs précarités. Il les ressent pourtant dans sa chair, car il sait que derrière les ors de la république, le sens réside dans ce que vivent les gens simples. 

Les faux dirigeants enjoignent d’adhérer à de fausses valeurs, d'un prétendu humanisme qui ne masque qu’une situation de confort égoïste : l’humanisme véritable n’est présent que lorsque l’on a enduré soi-même toutes les épreuves de la précarité réelle, sans angélisme et sans idéalisation sur les hommes, mais que l’on trouve la force de se relever quand même.
 
Par des hasards qui n’en sont pas, l’actualité récente nous a offert plusieurs exemples de sites ou d’édifices historiques détruits, menacés de l’être, ou accaparés par des décisions lâches et falsificatrices de la mémoire de leurs véritables ancêtres.
 
Ces mensonges sur l’histoire ont été autant de lâchetés par lesquelles nous pensions acheter la paix auprès de ceux qui, aujourd’hui même, piétinent notre intégrité aussi bien physique que nationale.
 
Comment retrouver nos esprits, quel est le combat le plus important ? Le piège est justement de penser qu’il y en a plusieurs, car nous serons sans cesse renvoyés de l’un à l’autre, nous serons ballottés par cet incessant ressac hypnotique : démolition de l’identité ou exploitation économique ? Dépossession de l’histoire commune ou torture lente de la précarité matérielle ?
 
 
Leur trait commun est pourtant visible, et tient en un seul mot. Intimidation. L’arme de tous les caïds, de toutes les mafias. L’arme des lâches au demeurant, de ceux qui n’osent pas le combat frontal, l’engagement : elle ne possède la force que l’on veut bien lui donner.
 
 
Nous leur retirons leur monnaie, leur droit de vote, détruisons leur vie, leurs emplois et leurs familles et ils ne réagissent pas ? Très bien, nous allons pouvoir pousser un cran plus loin…
 
Nous crachons sur leur histoire, les stigmatisons s’ils l’aiment, nous allons jusqu’à l’effacer de la mémoire de leurs enfants par une parodie d’éducation et ils ne font rien ? Parfait, nous allons pouvoir serrer un peu plus.
 
Nous commençons par mille et un petits signes d’intimidation sur leurs biens, leurs voitures, leurs maisons, leur place dans la queue, puis s’ils ne réagissent pas les volons, brisons tout ce qu’ils ont, imposons notre loi et nos coutumes en leur interdisant celle de leur propre pays, jusqu’à les agresser physiquement, ainsi que leurs enfants à l’école ou leurs femmes et leurs filles pour les briser et les plier à notre volonté.
 
Ils ne se défendent pas ? Très bien, nous allons pouvoir continuer, d’autant plus que les autres mafieux, ceux de la haute société, nous donnent l’absolution, ne nous poursuivent pas, mais sont impitoyables avec eux s’ils ont le malheur d’oser se défendre contre nous.
 
 
N’est-il pas évident que nous avons affaire à la même sorte d’hommes, usant des mêmes méthodes, malgré les apparences, la modernité des uns et l’archaïsme des autres, les formules précieuses et creuses des premiers, et le proto-langage arriéré des seconds ? Intimidation, loi des caïds, extension du domaine de la lutte à toutes les couches de la société, jusqu’à toucher à la survie immédiate de chacun et de ses proches.
 
Une bifurcation majeure se présente devant nous. Si nous ne savons prendre le bon chemin, ce n’est plus uniquement une erreur d’appréciation dont nous devrons souffrir. C’est notre survie même qui en est l’enjeu, ainsi que l’existence de toute communauté nationale.
 
 
Existe-t-il encore une fierté et une dignité d’être citoyen français ?
 
La plupart des fonctions régaliennes de l’état ne sont plus assurées pour une raison unique : la lâcheté. L’ensemble de nos dirigeants politiques ne connaît plus qu’un seul mode d’action : la déculottée générale devant ceux qui crient le plus fort, grandes puissances économiques, commission européenne, islamistes avides de conquête qui sentent que le pays peut basculer entre leurs mains parce qu’ils imposent leur loi dans nombre de quartiers, sans que personne n’ose plus réagir, police comprise.
 
La logique est toujours semblable : être veule devant les prédateurs, impitoyables vis-à-vis du simple citoyen qui oserait se rebeller, afin de ne pas remettre en question son propre pouvoir personnel.
 
Acheter le silence à travers toutes les compromissions et toutes les soumissions n’est en rien l’action d’un véritable rassembleur, qui sait recadrer très durement ceux qui sortent du rang lorsqu'ils tentent d'imposer leur petite loi.
 
La seule façon de remonter ce courant de démission générale sera de redonner à la citoyenneté française toute sa valeur. Les cités grecques savaient donner une grande solennité au fait d’être l’un de ses citoyens, par un contraste net et marqué entre la dignité ou l’indignité d’y appartenir.
 
Pour cela, il faut redonner un sens ultime à la citoyenneté, aux droits et devoirs de l’appartenance à la cité. Le sens ultime, ce sont la vie et la mort qui le confèrent. Seul l’irréversible de la vie et de la mort est à même de vaincre à rebours la pente de la déliquescence.
 
Dirigeants français, arrêtez de montrer votre trouille en n’osant plus enseigner certains sujets à l’école, parce que vous craignez de froisser des susceptibilités. Parce que vous suivez le comportement si commun des lâches, qui est d’anticiper les désirs et les colères de ses futurs maîtres.
 
Craindre la réaction de quelqu’un, c’est se soumettre de façon certaine à lui, c’est se plier à son intimidation. L’ennemi sent toujours cette lâcheté, et en joue.
 
Le courage, c’est au contraire de mettre au centre délibérément et comme par provocation les sujets qui fâchent. De les poser devant l’ennemi, le caïd, comme un défi, comme pour lui dire « tu ne me fais pas peur », « force restera à la loi ». De lui faire comprendre que c’est lui qui devra se soumettre ou se démettre, qu’ici c’est la citoyenneté française qui fait loi et qu’il devra s’y plier.
 
L’enseignement de l’amour de la France n’est pas négociable au sein de l’éducation nationale. Toutes les périodes de l’histoire, tous les thèmes que nous devons et voulons traiter, ne prêtent pas à discussion. Au caïd qui défie cela, d’une voix traînante et semi-menaçante, il faut retourner brutalement et immédiatement le jeu de l’intimidation. Lui faire comprendre que s’il s’engage à l’escalade, c’est un combat physique à mains nues qui l’attend, avec un guerrier des plus aguerris. Aux violeurs de la République, que c’est la mort qui les attend.
 
« Ce que nous défendons, c’est notre patrie, mais c’est bien plus que cela, ce sont les valeurs d’humanité et la France saura prendre ses responsabilités », vient de dire François Hollande aujourd’hui même. Qui aura remarqué que derrière ces mots qui paraissent un bien, le président de la république n’est une fois de plus pas du tout à la hauteur de sa fonction ?
 
« Bien plus que cela » ( !) : voilà en quelle haute estime la patrie est tenue, par celui qui est censé en être le premier défenseur. Notre lignée historique est une fois de plus opposée à un universel abstrait, « les valeurs d’humanité ».
 
Que n’a-t-il dit : « ce sont les valeurs d’humanité que nous défendons à travers les valeurs de notre patrie ». Il ne s’agit plus d’opposer des valeurs essentielles à notre histoire commune et nationale, mais de montrer comment celle-ci est la réalisation concrète, charnelle et présente, de ces valeurs.

Il ne peut y avoir de dignité et de solennité dans ce qui ne porte pas l’histoire et la souffrance des hommes, mais un simple principe théorique, fade s'il n'est habité par une mémoire commune.
 
Nous ne pourrons à nouveau entonner le chant de la France, puissamment et clairement, qu’à cette condition. Elle suppose d’enterrer toute lâcheté : on ne peut faire ressentir le souffle de la mort que si l’on est soi-même prêt à mourir, ce que nous sociétés amollies ont cessé de cultiver.
 
Nous devons retrouver un sens du sacré lié à la citoyenneté, le sens des cérémonies que savaient mener les cités grecques, dans la célébration de la dignité comme dans la dureté implacable pour les manquements à la loyauté.
 
Il faut une autre trempe d’hommes pour mener de telles célébrations, leur donner toute leur beauté et leur puissance, parce qu’il faut savoir invoquer le terrible et le vivre soi-même.
 
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Zoom : Jean-Loup Izambert - L’Etat français protège les terroristes (18-11-2015)

22 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #Europe supranationale

Zoom : Jean-Loup Izambert - L’Etat français protège les terroristes (18-11-2015)

Journaliste d’investigation indépendant, Jean-Loup Izambert a publié le premier tome de son ouvrage, "56, l’Etat français complice de groupes criminels".
Il nous explique comment des filières terroristes bénéficient de la tolérance voire de la complicité et des financements des dirigeants français depuis plus de 25 ans… Il revient sur l’organisation des Frères Musulmans, colonne vertébrale du terrorisme islamiste dans le monde entier.

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Guerre, mensonges et vidéo. La guerre contre l'Irak, basée sur un énorme mensonge.

22 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #L'OTAN., #l'ONU, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Russie

Guerre, mensonges et vidéo

Dix ans après le déclenchement du conflit, François Bringer, journaliste spécialiste des États-Unis, explore la machine de guerre montée par les hauts responsables de l’administration américaine pour légitimer
à la fois juridiquement, politiquement et moralement l’intervention en Irak…


Ce documentaire retrace le cheminement de la stratégie néoconservatrice de l’administration Bush, avec ses retombées économiques et politiques, pour déclencher ce qui ressemble à une guerre d’agression.


Une coproduction LCP-Assemblée nationale / Point du jour

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