Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

la syrie - la libye - l'iran -

François Hollande : « La France est en guerre ! » la prépare-t-il dans l'opinion ? [par Jean Lévy]

26 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La mondialisation, #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Terrorisme

François Hollande : « La France est en guerre ! » la prépare-t-il dans l'opinion ? [par Jean Lévy]
photo d'illustration - capture d'écran : I Télé

Lundi 26 septembre 2016

Les propos tenus avec frénésie par les journalistes, entre autres sur France Inter, concernant la situation militaire en Syrie, lors de ce dernier week-end, sont très inquiétants. 

En clair, nous serions en face d'un véritable génocide de la population d'Alep soumis à un déluge de feu d'une ampleur inédite, déversé par l'aviation syrienne (encore que on nous sous entend qu'il pourrait s'agir de bombardements effectués par des appareils russes...). Les immeubles s'écrouleraient comme des châteaux de cartes sur leurs habitants écrasés par les bombes et les missiles. Et cet enfer dure, nous dit-on, depuis quatre jours et quatre nuits...

Bilan annoncé : 180 tués en quatre jours, et l'info relaie qu'il s'agit de civils, femmes et enfants de préférence...  De quoi secouer les cœurs les plus endurcis. Si ces nouvelles étaient vraies, on pourrait se poser la question sur le professionnalisme des aviateurs syriens, qui négligeraient de viser les forces djihadistes adverses... 

Les journalistes, des radios et télés en particulier, décrivent donc un climat d'apocalypse programmé froidement par le gouvernement de Damas, particulièrement par Bachar al-Assad, comparé à "un boucher qui massacre son propre peuple", comme l'aiment à le répéter nos ministres.

Et l'ombre de Poutine plane comme maître d’œuvre de cette tragédie...

Les journalistes se désespèrent, en duo avec les plus hautes autorités de la République,  le président et son ministre des Affaires Étrangères, Jean-Marc Ayrault,  de la non réaction des Occidentaux, bloqués au Conseil de sécurité par le veto russe. 

Nos médias à l'unisson évoquent comme précédent historique l'écrasement de la ville espagnole de Guernica par l'aviation nazie en 1937, et aussi le siège de Sarajevo.

La volonté de trop prouver, en triturant l'histoire, peut se retourner contre ses accusateurs.

Rappelons-nous : le 18 juillet 1936, un coup d'état militaire est déclenché à partir du Maroc contre la République espagnole et son gouvernement légitime. La France, s'alignant sur la position britannique, déclare la "non-intervention", et refuse de livrer au gouvernement légal de Madrid les avions et les canons, que par contrat, elle avait  signé. 

A l'opposé, l'Allemagne de Hitler et l'Italie de Mussolini interviennent massivement en soutien décisif aux rebelles franquistes.  Hommes et matériel sont déversés en terre espagnole. La destruction de la ville basque de Guernica est rasée par les avions à croix gammée. Pablo Picasso en fera le symbole de la barbarie.

Alors, comparer  ces crimes avec les bombardements actuels effectués par le gouvernement légal de Syrie sur la zone occupée d'Alep par les rebelles, c'est faire un total tête-à-queue de l'histoire. Car, s'il y avait comparaison entre les deux situations, elle serait en faveur de la République syrienne qui se défend, comme hier celle d'Espagne, contre ses "rebelles", armés et secondés par l'étranger, 

A l'inverse, les volontaires des Brigades internationales pourraient être assimilés à ceux du Hesbollah libanais venant au secours de leur voisin, victime d'une agression internationale. Et Franco,de son côté, réunit des volontaires d'autres pays, de France entre autres, des éléments acquis au fascisme, qui deviendront peu d'années plus tard, les Kollabos de l'Occupant allemand. Tels les fanatiques de l'Organisation islamique rejoignant le camp anti-Assad... avant de s'occuper de la France...

Nos journalistes, et le gouvernement PS encore davantage, connaissent fort bien cette histoire.Et s'il la triture de la sorte, c'est en connaissance de cause. 

Alors pourquoi mènent-ils  cette campagne avec une telle violence ?

Par haine des Russes, de la Russie et de leur allié syrien ? 

Poutine - le diable - représente pour la gente politique aux Affaires, celui qui reconstruit la souveraineté d'un état menacé de dislocation après la défaite de l'Union soviétique. C'était du temps béni d'Elsine au Kremlin, le pantin des Occidentaux, alors qu'il vendait son pays aux plus offrants. Ceux-ci ne supportent pas aujourd'hui, que Vladimir Poutine y ait mis bon ordre et dote son pays d'une force militaire capable de faire face à toute provocation. 

Raison de vouer le président russe aux gémonies.

Pourquoi ce déferlement médiatique hystérique, téléguidé de l'Elysée, pourquoi une telle violence, de tels mensonges répandus dans l'opinion ?

Qui croirait à l'humanisme de nos dirigeants, qui seraient heurtés par le coût humain de ces opérations militaires ?

Nous devons nous rappeler, il y a trois ans, François Hollande se désespérait du refus de la Chambre des Communes britannique d'intervenir militairement en Syrie, et du peu d'empressement d'Obama de se lancer dans une nouvelle aventure. Pourtant, le président français, lui,  avait déjà le doigt sur le bouton pour lancer ses missiles sur Damas ...Peu soucieux à l'occasio n, des pertes civiles syriennes que ce geste aurait occasionnées. Et quand il vend des Rafales au gouvernement de l'Arabie saoudite, peu lui chaut des nombreux civils au Yémen assassinés par ces mêmes Rafales.

Alors, pourquoi cette déferlante campagne contre les dirigeants syriens et contre la Russie ?

On peut s'inquiéter des objectifs du pouvoir, à quelques mois d'une élection présidentielle plus que difficile. François Hollande aime parader comme "chef de guerre" au milieu des troupes françaises, engagées au Mali ou ailleurs. 

Mais il y a plus grave. 

La crise économique et sociale déferle et, en France comme au sein de l'Union européenne, des fissures, deviennent fractures. Le pouvoir oligarchique tremble sur ses bases. Aux États-Unis, un phénomène de même nature pousse au  rejet des "élites" et menace "establishment". Et cela au moment où la Chine est en passe de les détrôner sur le podium des puissances de ce monde...

Et on peut légitimement se demander si tout ce sinistre cirque médiatique ne s'inscrit pas dans un scénario de fin du monde, où la guerre mondiale serait le joker de l'impérialisme en perdition.

La guerre d'Espagne a précédé la Seconde guerre mondiale de six mois...

Soyons non seulement vigilants, mais aussi à l'initiative pour défendre la Paix.

Jean Lévy

 

sur son blog:

Lire la suite

La Russie n’a pas de partenaires a l’Ouest. par Paul Craig Roberts

26 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

La Russie n’a pas de partenaires a l’Ouest.
par Paul Craig Roberts

lundi 26 septembre 2016, par Comité Valmy

La Russie n’a pas de partenaires a l’Ouest.

Le gouvernement russe fait toujours la même chose en s’attendant à obtenir des résultats différents. C’est que le gouvernement russe ne cesse de conclure des accords avec Washington, qui finit indéniablement par les rompre.

 

Le dernier exemple de ce qu’Einstein aurait qualifié d’insanité est le dernier accord de cessez‑le‑feu en Syrie. Washington a rompu cet accord en envoyant l’US Air Force bombarder les positions des troupes syriennes, elle a tué 62 soldats syriens et en a blessé 100 autres, laissant ainsi le champ libre à Daesh pour reprendre ses attaques.

 

La Russie avait pris Washington de court en septembre 2015, lorsqu’elle a dépêché son armée de l’air pour bombarder les positions de Daesh, permettant ainsi à l’armée syrienne de reprendre l’initiative. La Russie était en train de gagner la guerre contre Daesh lorsqu’elle s’est retirée inopinément avant de terminer le boulot. Ce qui a permis aux USA ou à ses agents de réapprovisionner Daesh, qui a repris ses attaques.

 

La Russie se devait donc de retourner en Syrie. Dans l’intervalle, Washington a réussi a s’immiscer. Ce qui a rendu les attaques aériennes russes contre Daesh plus compliquées, tout comme l’espace aérien syrien d’ailleurs. La Russie avise Washington de ses attaques planifiées contre Daesh, puis Washington avertit Daesh et peut‑être aussi la Turquie, qui a d’ailleurs déjà abattu un avion russe. N’empêche que l’armée syrienne a gagné du terrain.

 

Sauf que chaque victoire est contrecarrée par des pourparlers de paix ou par un cessez‑le‑feu, au cours duquel les forces soutenues par les USA en profitent pour se regrouper. Par conséquent, une guerre que la Russie et la Syrie auraient pu déjà gagner se prolonge, avec l’arrivée d’un nouvel élément : une attaque directe de l’armée syrienne par Washington.

 

Les militaires étasuniens affirment qu’ils croyaient frapper Daesh. Donnons-nous une minute pour y penser. Les USA prétendent être une superpuissance militaire. Ils espionnent le monde entier, y compris les courriels personnels et les conversations par téléphone cellulaire de leurs vassaux européens. Mais pourtant, cette puissance en matière d’espionnage n’a pu faire la différence entre l’armée syrienne, dont la position est connue, et Daesh. Si nous croyons à cela, nous devons conclure à l’incompétence des USA sur le plan militaire.

 

Voici ce qui s’est produit. Avant le cessez‑le‑feu en cours [c’est déjà du passé au moment de traduire ces lignes, NdT], les Russes pouvaient attaquer les djihadistes soutenus par les USA, mais les USA ne pouvaient pas s’en prendre directement aux forces syriennes. Ils devaient passer par l’intermédiaire de leurs alliés djihadistes. Les USA ont utilisé lecessez‑le‑feu pour créer un précédent et ainsi leur permettre de s’attaquer directement aux forces syriennes.

 

Les Russes, qui avaient presque gagné la guerre, ont réorienté leurs priorités en faveur de pourparlers de paix et de cessez‑le‑feu qui ont entraîné la participation directe de Washington au conflit.

 

C’est un mystère que le gouvernement russe croie que Washington et Moscou ont un intérêt commun en ce qui concerne les résultats souhaités en Syrie.

 

L’intérêt de Washington, c’est de renverser Assad et d’établir en Syrie le chaos qui règne en Libye et en Irak. L’intérêt de la Russie, c’est de stabiliser la Syrie et de l’ériger en rempart contre la prolifération du djihadisme. Il est incroyable de constater que le gouvernement russe est tellement mal informé qu’il croit que Moscou et Washington ont un intérêt commun dans la lutte contre le terrorisme, qui est pourtant l’arme utilisée par Washington pour déstabiliser le Moyen‑Orient.

 

Comment les Russes peuvent-ils avoir la mémoire si courte ? Washington avait promis à Gorbatchev que s’il donnait son accord à la réunification de l’Allemagne, l’OTAN ne se déplacerait pas d’un mètre vers l’est. Sauf que le régime Clinton a placé l’OTAN aux frontières mêmes de la Russie.

 

Le régime de George W. Bush a quant à lui violé le traité ABM concernant la limitation des systèmes de missiles antimissiles balistiques en se retirant de ce traité, tandis que le régime Obama installe des bases de lancement de missiles à la frontière de la Russie.

 

Les néoconservateurs ont rejeté du revers de la main la politique de non‑recours en premier d’armes nucléaires, pour la remplacer par une doctrine guerrière étasunienne préconisant le recours à une première frappe préventive.

 

Le régime Obama a renversé le gouvernement ukrainien et installé un gouvernement fantoche sur une ancienne partie constituante de la Russie. Le gouvernement fantoche a déclenché une guerre contre les populations russes de l’Ukraine, créant ainsi des mouvements sécessionnistes qualifiés à tort par Washington « d’invasion et d’annexion russes ».

 

Malgré tout, le gouvernement russe considère Washington comme un « partenaire » avec qui il a des intérêts communs.

 

Allez comprendre.

Paul Craig Roberts

Le 19 septembre 2016
– Sources :
Strategic Culture Foundation

Lire la suite

Syrie : Nous sommes passés d’une guerre par procuration à une vraie guerre ! Par Bachar al-Jaafari

26 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Turquie, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Terrorisme, #Daesch

Syrie : Nous sommes passés
d’une guerre par procuration à une vraie guerre !
Par Bachar al-Jaafari

dimanche 25 septembre 2016, par Comité Valmy

Syrie : Nous sommes passés
d’une guerre par procuration à une vraie guerre !
Ce 21 septembre lors d’une énième session du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation en Syrie, Ban Ki-moon aurait déclaré :

« C’est l’occasion de rétablir la cessation des hostilités, faciliter l’aide humanitaire à Alep et dans tout le pays, maintenir au sol la force aérienne syrienne et voir une action militaire conjointe contre les groupes terroristes tels que Daech et Al Nosra… cela permettrait d’ouvrir la voie vers des négociations politiques » [*].


Maintenir au sol la force aérienne syrienne ! Pour quoi faire, sinon légitimer les mensonges, la cruauté et la rapacité de ses donneurs d’ordre ?

Pour mémoire, voici la réponse du Docteur Bachar al-Jaafari, délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies [NdT].


Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis dans cette salle alors qu’au dehors nombre de manifestants sur la 47ème rue exigent que certains membres de ce Conseil ne touchent plus à la Syrie [Hands off Syria !], cessent leurs frappes et arrêtent de soutenir les organisations terroristes ; de telles manifestations ayant lieu dans plusieurs villes américaines, en Californie et ailleurs.

 

Monsieur le Président,

Cette importante séance du Conseil de sécurité sur la situation en mon pays se tient à un moment extrêmement sensible où nous constatons de dangereux déséquilibres contredisant les signaux indicateurs d’un dénouement positif la semaine passée.

 

Ceci, à cause des dérobades des États-Unis à l’accord conclu avec la Fédération de Russie, le 9 septembre dernier, et de leur absence de volonté d’obliger les organisations terroristes soutenues par ladite « Coalition internationale » à le respecter, en notant au passage que le caractère prétendument international de cette coalition ne correspond pas à la réalité des faits, étant donné qu’elle s’est constituée en dehors du cadre de la légalité internationale, sans résolution du Conseil de sécurité et sans consultations préalables de la partie concernée ; en l’occurrence, le Gouvernement de la République arabe syrienne.

 

Ce qui nous rappelle d’autres « coalitions destructrices », évoquées par certains intervenants que nous remercions, lesquelles coalitions n’ont engendré que des catastrophes sur des États, comme l’Irak, la Libye et le Yémen.

 

Mesdames et Messieurs,

Il y a deux ans, quand l’Administration américaine a programmé son ingérence militaire aérienne unilatérale sur mon pays, les responsables américains sont venus nous trouver pour nous signifier l’engagement de Washington à ne pas cibler l’Armée syrienne et les infrastructures vitales du pays, assurant qu’ils ne s’en prendraient qu’aux terroristes de Daech. Ce sont là des paroles qui m’ont été confiées par la déléguée permanente des USA auprès des Nations Unies, au nom de son gouvernement, et que j’ai transmises à mon gouvernement.

 

Mais voilà que deux ans plus tard, les responsables américains oublient les engagements et les promesses faites au nom de leur pays, et que l’aviation américaine frappe les bases de l’Armée syrienne ainsi que les infrastructures du pays, après avoir déployé ses soldats sur le territoire syrien.

 

L’agression militaire américaine à l’est de notre pays, l’agression turque au nord et l’agression israélienne au sud signifient clairement que nous sommes passés de l’étape d’une guerre par procuration à celle d’une vraie guerre.

 

Mon pays avait accueilli favorablement les déclarations russo-américaines du 9 septembre, lesquelles soutenaient explicitement que les deux parties avaient réussi à trouver un accord concernant la lutte contre Daech et le Front al-Nosra, quel que soit le nom qu’ils se donnent ; un accord conclu à la connaissance et avec le consentement du gouvernement syrien.

 

Il n’empêche que la Communauté internationale, représentée par ce Conseil, est restée de marbre sans exprimer, ne serait-ce que par un bref communiqué, le moindre blâme ou inquiétude devant l’immense choc provoqué par l’agression barbare et injustifiée de l’aviation militaire des USA, de la Grande Bretagne, de l’Australie et du Danemark sur des positions de l’Armée syrienne, laquelle se battait contre l’organisation terroriste Daech sur le mont de Tharda autour de l’aéroport de Deir ez-zor.

 

Aucune condamnation et pas le moindre blâme face à cette agression caractérisée contre des unités de l’Armée syrienne, pourtant connues pour défendre depuis deux ans des dizaines de milliers de civils assiégés par Daech à l’intérieur de cette ville, avec pour résultat la mort de dizaines de soldats et d’officiers syriens : 82 martyrs et plus d’une centaine de blessés.

 

Une agression qui a duré cinquante minutes… cinquante minutes de frappes, précédées par le survol de drones ayant analysé la zone pendant deux jours.

 

Une agression qui a ouvert la route aux terroristes de Daech pour occuper ces positions militaires volontairement ciblées, avant que l’Armée syrienne ne réussisse à les reprendre.

 

Pire encore, ces soldats et officiers de notre Armée ont dû subir un deuxième tour de frappes aériennes par drones de combats, alors qu’ils se retiraient de leurs positions sur le mont de Tharda.

 

Avant cette agression délibérée, le gouvernement de mon pays accordait une grande importance à la séparation entre les diverses organisations armées conformément au contenu de la Déclaration de Vienne 2, du 14 novembre 2015, quant à la définition de qui était terroriste et qui ne l’était pas, qui était opposant et qui ne l’était pas. Désormais, il faut croire que dix mois n’ont pas suffi à l’identification des indices de cette embarrassante énigme, d’autant plus que certains semblent avoir été frappés d’un Alzheimer précoce.

 

Dans ce même contexte, Damas attendait que Washington respecte ses engagements consistant à mettre un terme aux agissements des régimes de certains États impliqués dans le soutien du terrorisme politiquement, médiatiquement, logistiquement, financièrement et idéologiquement. Nous attendions aussi que cesse l’afflux des terroristes et des armes à travers les frontières de pays voisins et que cesse l’utilisation du terrorisme comme arme de chantage politique.

 

Monsieur le Président,

Les avions de reconnaissance et les satellites espions américains, ainsi que tous les Services du renseignement de ladite Coalition internationale, n’ont pas réussi à distinguer entre Daech et ceux qui combattent Daech. Ce qui n’est pas étonnant puisqu’ils auraient échoué, depuis de longues années, à repérer les milliers de terroristes étrangers exportés en Syrie et en Irak à partir de différents pays ; sujet évoqué par le Premier ministre espagnol que nous remercions.

 

Ils ont échoué à repérer des éléments terroristes étrangers infiltrés en Syrie à travers notre frontière avec la Turquie et d’autres pays voisins, comme ils ont échoué à repérer les convois de véhicules armés et les milliers de terroristes de l’organisation Daech, partis de leurs bases irakiennes pour un long périple de deux cents kilomètres, en plein désert syrien, en direction de Palmyre.

 

Comme ils ont échoué à repérer les milliers de camions acheminant le pétrole syrien volé, vers la Turquie, avant de le vendre à Israël pour financer les opérations terroristes de Daech.

 

Comme ils ont échoué à mettre fin au financement et à l’armement des organisations terroristes, bien qu’ils connaissent la source du moindre dollar encaissé par Daech, le Front al-Nosra et autres organisations qui leur sont étroitement liées.

 

En revanche, leur grand succès a consisté en la fabrication d’accusations mensongères, d’événements falsifiés, de rapports politisés et de films frelatés dans le but de diaboliser le gouvernement syrien et ses alliés.

 

Le plus étonnant est d’entendre le ministre américain des Affaires étrangères se fonder sur le témoignage d’un « témoin oculaire » qui aurait remarqué la présence d’engins volants au dessus du convoi d’aide humanitaire détruit hier, [le 20 septembre], par des frappes aériennes. Cet unique témoignage d’un témoin issu de ladite opposition syrienne, génétiquement modifiée en opposition armée « modérée », a suffi à Monsieur Kerry pour étayer ses accusations impliquant la Syrie et la Russie !

 

D’où la question : est-il possible qu’une seule personne ait pu remarquer la présence d’avions de combat dans le ciel d’une région peuplée par des centaines de milliers de personnes, devenues toutes aveugles à ce moment précis ?

 

D’ailleurs, ce problème des « témoins oculaires » suscite désormais beaucoup d’ironie, notamment si l’on se souvient que le gouvernement syrien a été accusé d’avoir utilisé des armes chimiques sur la foi d’un témoin oculaire, toujours issu de ladite opposition modérée génétiquement modifiée, lequel a déclaré avoir aperçu un hélicoptère lancer quelque chose qui s’est transformé en fumée orange. Là aussi, un seul de ces témoins a suffi pour en arriver à incriminer le gouvernement syrien, comme si personne ne disposait d’hélicoptères dans la zone concernée, ni l’armée turque, ni l’armée américaine, ni même les terroristes ayant notoirement volé quelques hélicoptères des aéroports syriens.

 

Pour rafraîchir la mémoire des États membres de ce Conseil je rappellerai quelques incidents qualifiés d’« erreurs » par les responsables américains, qualification qui insulte notre intelligence et suggère qu’apparemment les États-Unis ne tirent pas les leçons de leurs erreurs.

 

Ainsi, les Forces américaines se sont trompées, plusieurs fois, depuis la formation de ladite « Coalition internationale » ; laquelle a bombardé, par erreur, une école primaire pour enfants sourds et muets à Raqqa ; a balancé, par erreur, des armes, des grenades à main et des missiles tombés entre les mains de Daech à Aïn al-Arab ; a tué, par erreur, des civils syriens près de la ville de Raqqa sous prétexte d’avoir voulu détruire une usine de fabrication d’armes dépendant de Daech.

 

Et puis, les avions américains et français ont commis une grosse erreur lorsque leur raid s’est soldé par la mort de deux cents civils dans la ville de Manbej, près d’Alep ; Alep, sur laquelle vient de pleurer l’un d’entre eux, ses avions ayant frappé et tué, par erreur, les deux cents civils de Manbej.

 

Monsieur le Président,

Les dernières accusations calomnieuses portées contre le gouvernement de mon pays et de ses alliés, tous engagés dans la guerre contre le terrorisme, pour leur imputer la responsabilité de la destruction du convoi d’aide humanitaire près d’Alep, sont arrivées dans le sillage d’une guerre médiatique sans précédent et d’une sale politique, menées par des parties bien identifiées, lesquelles continuent à exploiter les souffrances du peuple syrien dans le seul but de nourrir une propagande médiocre et un chantage politique odieux censés concrétiser leurs propres calendriers. Faisant fi du prix exorbitant payé par le peuple syrien, elles sont déterminées à prolonger la crise et à torpiller tout espoir d’une solution qui serait incompatible avec leurs agendas politiques.

 

Dès l’annonce de l’accord russo-américain et avant même sa mise en exécution, mon pays a prévenu et continue à mettre en garde contre les velléités de certaines forces régionales cherchant à torpiller cet accord.

 

À cet effet, il a alerté le Conseil de sécurité pour qu’il prête son attention aux agressions israéliennes caractérisées sur le territoire syrien tout au long des semaines passées, avec une fréquence dangereusement accrue depuis que l’accord russo-américain a révélé que les deux parties s’était entendues pour mener la guerre contre le Front al-Nosra au même titre que d’autres organisations terroristes, dont le Liwa’ chouhada’ al-Yarmouk.

 

Des agressions couvertes par le terrible silence du Département des Opérations de Maintien de la Paix [DOMP ou DPKO], en dépit d’une dizaine de lettres que nous avons adressées à son Secrétaire général et à vous-même, concernant le soutien d’Israël aux terroristes du Front al-Nosra sur la ligne de séparation au Golan et les soins prodigués aux blessés de cette organisation dans les hôpitaux israéliens.

 

Par ailleurs, j’attire l’attention du Conseil de sécurité sur les opérations guerrières illégales menées par les forces aériennes et terrestres de la Turquie en territoire syrien, sous prétexte de frapper Daech et sans coordination avec le gouvernement syrien ou la direction des opérations russe ; ce qui constitue en soi un « crime d’agression » selon la Charte des Nations Unies, le Droit international et les principes du Conseil de sécurité.

 

Monsieur le Président,

Mon pays est disposé à poursuivre le dialogue entre Syriens, sans conditions préalables, conformément aux résolutions, accords et principes fixés dès le départ en faveur d’une solution politique décidée par les seuls Syriens et sans ingérence étrangère. Je souligne en rouge un million de fois « par les seuls Syriens et sans ingérence étrangère ».

 

Une solution qui fera qu’ils décideront de leurs choix et de leur avenir sous direction syrienne, avec la volonté de préserver la souveraineté, l’unité et l’intégrité de la Syrie. Nous ne permettrons jamais que notre pays soit transformé en une autre Libye ou un autre Irak. Jamais !

 

À ce sujet, nous affirmons que tout processus politique en Syrie nécessite l’entière coopération et l’entière coordination avec le gouvernement syrien, en sa qualité de partenaire fondamental à tout point de vue et dans tous les dossiers en rapport avec ce processus.

 

Car, aucun comité, aucune réunion, aucun congrès prétendant aboutir à une solution de ladite crise syrienne ne peuvent réussir tant que certaines parties prenantes travaillent, volontairement ou involontairement, à soustraire le gouvernement syrien, à semer le doute sur sa réelle coopération avec les Nations Unies, à dénigrer le succès des ses efforts de réconciliations nationales fondées sur l’engagement volontaire des individus armés à abandonner leurs armes avant règlement de leur situation par une amnistie et, sinon, sur l’acheminement des récalcitrants vers d’autres zones pour assurer le retour à une vie normale dans les régions qu’ils quittent, et permettre aux institutions étatiques de réparer et de reconstruire dans le cadre de leurs missions respectives.

 

Monsieur le Président,

Je terminerai par une question. Est-il concevable que des centaines de groupes armés avec des dizaines de milliers de terroristes soient capables de mener, pendant plus de cinq ans, un tel terrorisme contre le gouvernement, le peuple, l’Armée et les infrastructures de mon pays, sans soutien de l’étranger ?

 

N’est-il pas venu le temps que certains admettent cette vérité au lieu d’égarer le monde en soutenant que ce qui se passe en Syrie est une guerre civile ?

 

Merci, Monsieur le Président

Dr Bachar al-Jaafari
Délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies
21/09/2016

Source : You Tube / Al-Fadaiya TV [Syrie]
https://www.youtube.com/watch ?v=ASxdzUu2yQ8

Transcription et traduction de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

[*] Syrie : Ban Ki-moon met le Conseil de sécurité face à ses responsabilités
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp ?NewsID=38103#.V-bIScnw_

Lire la suite

Le conflit au Moyen-Orient vu par un colonel russe du renseignement agissant en Syrie: En Syrie, nous combattons pour la Russie. Par Vladislav Chouryguine, expert militaire russe – Le 25 août 2016 – Source old.zavtra.ru

20 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

En Syrie, nous combattons pour la Russie


Le conflit au Moyen-Orient vu par un colonel russe du renseignement agissant en Syrie


Par Vladislav Chouryguine, expert militaire russe – Le 25 août 2016 – Source old.zavtra.ru

La cause principale de cette opposition en Syrie, si longue et si saignante, c’est en fait l’intervention en Syrie d’une internationale terroriste créée et soutenue par tout un groupe de pays, à savoir des monarchies du Golfe avec en tête l’Arabie saoudite, le principal client du soi-disant Printemps arabe, ce projet géopolitique de la dynastie des Séouds, à savoir le repartage wahhabo-salafiste du Grand Moyen-Orient réalisé depuis plus de quarante ans par les Saoudiens, leurs alliés du Qatar et la Turquie islamiste d’Erdogan qui s’y est jointe ces dernières années.

 

Après les tentatives échouées des années 1960 de rassembler l’Orient arabe et l’Afrique du Nord dans une formation géopolitique unie sous le drapeau du parti socialiste panarabe Baas, auxquelles la dynastie saoudite s’est opposée avec rage, y voyant une menace à son existence, Riyad lui-même s’est mis à l’unification du Moyen-Orient, mais sous son propre protectorat cette fois-ci.

Dans le cadre de ce plan, les Saoudiens ont établi, depuis le début des années 1970, des relations on ne peut plus étroites avec les États-Unis, en jouant le rôle d’alliés prodigues et généreux des Étasuniens au Moyen-Orient et prêts à les suivre partout. Deux générations de politiciens et diplomates étasuniens ont grandi grâce aux investissements et pots de vin de plusieurs milliards de dollars saoudiens. Avec leur soutien et par leurs propres actions, les Saoudiens, dans les années 1990-2000, ont d’abord affaibli et isolé, puis « nettoyé » les régimes laïques les plus puissants du Moyen-Orient, l’Irak et la Libye, et éliminé le parti Baas en tant qu’adversaire géopolitique.

L’étape suivante de l’expansion saoudite a commencé par le soi-disant «Printemps arabe» durant lequel des détachements et des armées entières d’extrémistes alimentés par l’argent de l’Arabie saoudite ont entrepris leur marche victorieuse à travers le Moyen-Orient en s’emparant des pays l’un après l’autre. L’Arabie saoudite et le Qatar sont les sponsors et les curateurs principaux de Daesh comme d’al-Nosra, cette fameuse al-Qaïda, ainsi que de tout un peloton de groupements terroristes de toute sorte.

Les États-Unis ont soutenu ce plan d’une manière on ne peut plus active, ayant cru aux promesses des Saoudiens de «modeler» cette région clé selon les intérêts étasuniens, ce qui s’inscrivait parfaitement dans le projet géopolitique des États-Unis visant à mettre sous leur contrôle total le «robinet» pétrolier principal de la planète.

Mais le plan des Saoudiens a très rapidement échoué. Leur progression vers un califat mondial a suscité l’opposition stricte de l’autre pôle du monde arabe, l’Iran chiite, qui a vu dans cette expansion une menace directe à son existence même. Tous les pays occupés par des forces saoudiennes ont vu apparaître des manifestations chiites, très vite transformées en opposition armée. Un autre échec du plan a eu lieu en Égypte, où les curateurs étasuniens, apeurés par une revanche brusque des islamistes, ont éliminé le groupement pro-saoudien de Morsi par l’intervention des militaires égyptiens. Ensuite le Drang nach Osten de Riyad a dérapé définitivement en Syrie, quand le gouvernement d’Assad a été soutenu par l’Iran puis par la Russie.

La position de Riyad a été affaiblie encore davantage par le soutien iranien des chiites en Irak qui, ayant pris le pouvoir, repoussent peu à peu Daesh de plus en plus loin dans le désert.

Après la levée des sanctions contre lui, l’Iran sort activement de l’isolement politique, démontrant de plus en plus clairement sa volonté de prendre part, avec détermination, au processus du repartage du Moyen-Orient et de faire valoir ses intérêts nationaux.

Nous sommes en présence d’une crise systémique où l’Arabie saoudite, n’ayant visiblement pas mesuré ses forces, s’est avérée incapable d’appliquer son plan géopolitique de s’emparer du Grand Moyen Orient.

Afin de se tirer de cette impasse, les princes saoudites essaient de transformer la guerre anti-Assad en Syrie – devenue sans perspective – en guerre de tous les sunnites contre les kouffar, les mécréants, en tentant de faire passer pour tels l’Iran et la Russie, une guerre dans laquelle les Saoudiens se réservent le rôle des défenseurs de la foi, des Saladins contemporains.

Sans l’Arabie saoudite, cette «matrice» du terrorisme, la guerre contre les islamistes serait depuis longtemps devenue une affaire locale des gouvernements des pays atteints. Mais le soutien financier, militaire et pratique des radicaux islamistes par les Saoudiens et les Qataris rend cette hémorragie chronique.

La Syrie actuelle est devenue en fait le champ de bataille global de trois projets géopolitiques, à savoir saoudo-salafiste, iranien et étasunien. Curieusement, la Russie paraît demeurer le seul pays [Protection de son ventre mou ??, NdT] qui, tout en prenant une part active au conflit, ne réalise pas ici son propre projet géopolitique, mais ne fait que défendre ses intérêts nationaux. Les intérêts de la Chine sont encore moins visibles ici [Route de la soie ??, NdT], elle observe attentivement la lutte, selon le principe chinois ancien, comme un singe observant depuis sa montagne un combat de tigres…

La Turquie, c’est un sujet à part. Il y a quelques années, les intérêts d’Erdogan, des Saoudiens et des Qataris dans la question syrienne ont coïncidé. À l’époque le «Printemps arabe» faisait rage. Des régimes tout-puissants tombaient les uns après les autres : la Tunisie, l’Égypte, le Yémen, la Libye… Des partis et des groupements islamistes y prenaient le pouvoir. Le tour de la Syrie était venu. Toute une concession, composée de l’Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie, s’était formée pour son partage. Chacun des concessionnaires avait ses propres prétentions envers le gouvernement de Bachar el-Assad, avides qu’ils étaient de détacher de la Syrie des morceaux tentants tout en se renforçant par ce partage.

Pour le Qatar et l’Arabie saoudite le territoire de la Syrie est un corridor de transport pour des nouveaux oléoducs et gazoducs, ainsi que le contrôle de Damas, l’un des centres mystiques principaux du Moyen-Orient, dont la prise par Daesh aurait signifié une montée au niveau quasi-étatique et un affermissement définitif de son rôle de leader de la renaissance islamique. Pour les Turcs, le contrôle des provinces du nord de la Syrie et d’Alep aurait signifié une victoire stratégique dans sa guerre demi-séculaire contre les Kurdes – le mal de tête principal de la Turquie – qui se seraient trouvés dans l’isolement complet, coincés entre les Turcs et Daesh. Voilà comment la coalition irréconciliable anti-Assad est née.

Mais bientôt la divergence des buts entre les Saoudiens et les Turcs s’est manifestée. Les princes saoudiens bâtissent un califat wahhabite mondial qui devrait réunir tous les sunnites sous son drapeau noir, tandis que la Turquie aspire à élever son influence jusqu’au niveau d’une puissance régionale. Erdogan, tout en restant islamiste, n’est pas un fanatique religieux et ne voit guère la Turquie en tant que partie d’un califat saoudite. Son but est de moderniser la Turquie en empire indépendant Osman du XXIe siècle.

Tandis que pour les Saoudiens une marche arrière est impossible, Daesh étant impliqué dans la guerre implacable contre le monde entier et des centaines de milliards de dollars de l’Arabie saoudite et du Qatar y étant déjà investis, pour Erdogan tout semble encore possible. Pendant deux années la Turquie a essayé de manœuvrer entre les centres de force mondiaux, en cherchant l’appui tantôt auprès des États-Unis, tantôt auprès de l’Allemagne, tantôt auprès de la Russie. Pourtant les Étasuniens, comme les Européens, n’ont pas manifesté d’intérêt à rapprocher  la Turquie, tout en la laissant dans l’antichambre de l’UE à laquelle la Turquie aspirait tant à adhérer. Les partenaires d’hier dans la coalition anti-Assad, mécontents de l’incohérence d’Erdogan, ont frappé ostensiblement l’aéroport d’Istanbul, ce qui était une « marque noire » adressée à Erdogan pour lui faire comprendre qu’il pourrait bien emboîter le pas à Hussein, Kadhafi et Assad et, après eux, être déclaré hors la loi s’il continuait à mener sa politique ambiguë, et pour démontrer leur empressement à étendre le djihad au territoire turc. En même temps un putsch militaire a été provoqué à Ankara et à Istanbul, visant au renversement d’Erdogan et au rétablissement du modèle «traditionnel» de gestion de la Turquie, à savoir du régime laïque sous le protectorat de l’armée. Il est évident que les Étasuniens possédant des possibilités énormes de renseignement dans cette région clé ne pouvaient pas ignorer un putsch en préparation et peut-être se trouvaient derrière ses organisateurs, si l’on considère les liens solides entre l’administration militaire turque et les états-majors américains. Néanmoins ils n’ont pas prévenu Erdogan du putsch en préparation et de ce fait se sont solidarisés avec les rebelles à ses yeux.

Dans cette situation Erdogan a décidé de rétablir manifestement ses relations avec la Russie, malgré le fait de les avoir rompues définitivement il y a un an en abattant le bombardier russe. Cette volte-face de la Turquie ne peut pas ne pas susciter une inquiétude extrême chez les Étasuniens, qui comprennent très bien que le rapprochement éventuel entre la Russie et la Turquie deviendra la menace la plus sérieuse à leurs plans géopolitiques pour cette région. Il est évident que les Étasuniens cherchent fébrilement des moyens d’y faire obstacle, mais ils n’ont pas de possibilités réelles. En tout cas, l’administration d’Obama ne les a pas. Il ne leur reste qu’une mesure extrême, celle de l’élimination physique d’Erdogan. Mais après le putsch récent ce serait très difficile…

Évidemment la Syrie est devenue une véritable écharde qui attire vers elle tout le pus du radicalisme islamiste. Qui n’a-t-on pas rencontré ici ? Il y a des Arabes, des Afghans, des Malaysiens, des Ouzbeks, des Kirghizes, des Ouïgours, des Caucasiens de Russie, des Africains, des Turcs, des Pakistanais, des Étasuniens, des Européens. Quels passeports n’a-t-on pas cueilli sur les cadavres ? On peut en faire toute une collection de tous continents, sauf peut-être l’Antarctique. Toute la basse pègre mondiale afflue ici comme dans une warzone où il est permis de tout faire : tuer, piller, violer, torturer, martyriser, exécuter par des procédés les plus sadiques. Et les soi-disant «combattants» se pervertissent en leurs fantaisies sanglantes : des décapitations, des incinérations, des immersions, des démembrements collectifs. Ils organisent des vrais spectacles de la mort, aux rituels et à la mise en scène minutieusement réfléchis. Cette cruauté devrait, selon eux, priver leurs adversaires de toute volonté de résistance, les démoraliser et les paralyser.

Il faut dire que les chefs des radicaux, connaissant bien la valeur de leur matériel humain, ne se gênent guère avec lui. La mort est la seule punition admise ici. On tue pour tout. Le degré de punition ne diffère que par le procédé du meurtre. Pour la lâcheté, pour «l’espionnage» (c’est le «complexe» principal des soldats de l’Islam, le soupçon permanent de tous d’espionnage et de trahison), pour la non-exécution d’un ordre, pour des erreurs et des échecs. De sorte qu’une fois la frontière syrienne traversée, le combattant est poussé en avant par les transes de la mort, qu’il noie dans une atrocité envers tout ce qui n’est pas partisan de l’islamisme. Ce sont de vrais zombies ! Et il est impossible de comprendre s’ils sont mûs par leur foi fanatique ou par leur peur de recevoir la mort de la main de leurs confrères.

C’est pourquoi il est si facile d’enrôler ici des chahîds suicidaires. Maintes fois nous les avons capturés vifs, donc nous sommes au courant du mécanisme de cet enrôlement. C’est qu’en fait il n’existe pas ! On prend simplement des combattants ordinaires, pour la plupart des recrues jeunes et sans l’instruction nécessaire, et on leur annonce une volonté suprême, à savoir accepter le destin du chahîd. Si tu n’acceptes pas, une mort douloureuse dans une mise en scène sanglante de plus t’attend en tant que poltron et traître. Tout le monde est au courant de tels spectacles, car des exécutions publiques sont effectuées régulièrement dans des localités plus ou moins peuplées, occupées par des islamistes, dans le but d’effrayer les leurs et de maintenir la population locale dans une soumission servile. Donc la recrue peut choisir entre l’éparpillement instantané dans l’explosion ou les tortures suivies d’une longue mise à mort. D’habitude on choisit la première solution. Ensuite on se met à préparer le chahîd : des prédicateurs spéciaux l’imbibent pendant des semaines de récits sur l’exploit suicidaire pour la foi ; on le nourrit bien ; on lui amène des femmes, pour la plupart des esclaves captives, tout en lui promettant davantage de vierges dans les cieux ; on lui fournit souvent de la drogue, pas du tout interdite pour un vrai chahîd. De sorte qu’à la veille d’une attaque on a à sa disposition tout un détachement de chahîds tenus, jusqu’à leur «utilisation», séparément d’autres combattants, en fait en situation de prisonniers sous la garde de bandits expérimentés. Juste avant le combat, on leur annonce que leurs proches recevront une aide généreuse s’ils accomplissent leur devoir, ou qu’ils seront tués s’ils flanchent. Ensuite on les met au volant d’un camion bourré d’explosifs, aux leviers d’une BMP pleine d’obus ou bien on leur met une ceinture de chahîd – et en avant ! Allahou akbar ! Ces attaques de kamikazes sont le know how militaire principal des islamistes.

La plus grande illusion des philistins éloignés du sujet, c’est que toute la Syrie serait divisée sur le principe religieux. Selon eux, tous les sunnites seraient pour les islamistes, tandis que les chrétiens, les alaouites, les Kurdes et les chiites seraient pour le Damas officiel. Et que nous soutiendrions ceux qui sont en minorité. Un délire d’ignorant ! Les 90 % de la population de la Syrie actuelle sont tout simplement pris de peur tripale pour leur existence même et haïssent ceux qui ont fait dérailler leur vie paisible d’autrefois. Il suffit de visiter une seule fois un village sunnite libéré des islamistes pour voir des larmes aux yeux des gens que l’on vient de tirer littéralement de l’enfer. Il faut voir avec quel bonheur ils rasent leurs barbes détestées et se changent pour mettre un costume civil ordinaire, comment ils se redressent au sens propre du mot et comment ils reviennent à eux après le cauchemar.

Peut-on vaincre en Syrie ? C’est une question épineuse.

Si une telle tâche était fixée à l’armée russe, je crois qu’elle serait résolue en deux mois environ. Tandis qu’au plan tactique les combattants sont persévérants et fermes, combattent à mort pour chaque mètre, aux plans opérationnel et stratégique leurs actions ne sont qu’un ensemble de coups locaux, avec un manque total d’armements modernes. Les combattants ont des commandants expérimentés, capables de planifier et de porter des frappes imprévues, ils ont de bons éclaireurs, mais pour une résistance sérieuse, ils n’ont pas de moyens.

Le fait est que l’armée russe ne mène pas de guerre ici. Nous n’effectuons qu’un soutien aérien de l’armée syrienne et des milices populaires. Et ça, c’est un niveau tout à fait différent d’une participation militaire.

L’armée syrienne actuelle, c’est une équipe de sapeurs-pompiers qui se jette de tous côtés pour parer des attaques de terroristes. Elle n’a pas de forces pour agir d’un coup et partout. Les trois ans de guerre ont épuisé dramatiquement ses ressources humaines. C’est pourquoi ces ressources sont de plus en plus compensées par l’aide de chiites iraniens et libanais…

À part cela, comme j’ai déjà dit, il sera très difficile de mettre fin à la guerre sans avoir résolu le problème du sponsor principal des terroristes, l’Arabie saoudite. Si à chaque attaque des terroristes nous répondions par la destruction d’un palais de princes saoudiens au moyen des bombes et des missiles, la guerre finirait très vite. Mais ils se sentent en sûreté sous le protectorat étasunien de longue date. Et personne ne se décide à les accuser directement d’avoir déchaîné la grande guerre du Moyen-Orient.

Aujourd’hui nous visons à scinder la coalition anti-Assad en certains islamistes modérés prêts à dialoguer avec le pouvoir et en irréconciliables également inacceptables pour tous : pour les Étasuniens, pour les Iraniens et pour nous-mêmes. Ce processus est en progression, mais très lent et patinant affreusement. En premier lieu, c’est conditionné par la conduite des Étasuniens qui, menant soi-disant la guerre contre Daesh, ne font plutôt que la simuler tout en se concentrant sur une autre tâche, à savoir le renforcement et le soutien des islamistes modérés de toute sorte qui mènent la guerre contre Assad. En fait les Étasuniens sont occupés à repousser la Russie d’ici, et pas à vaincre Daesh. Il suffit de regarder les statistiques de leurs frappes aériennes sur les terroristes en Syrie et les comparer à celles en Irak durant la guerre du Golfe ou à celles en Libye, sur les troupes fidèles à Kadhafi.

Avec cela la communauté internationale ne prête pas attention, pour des raisons inconnues, au fait que les États-Unis, à l’égal de Daesh, prennent part à l’occupation de la Syrie, ayant déployé ses détachements dans les régions nord-ouest du pays sans aucun consentement du Damas officiel.

Peut-être quelque chose changera-t-il après les élections aux États-Unis, au cas où les Républicains, avec leur aversion prononcée pour le radicalisme islamiste, l’emportent. Mais c’est une question du futur éloigné.

C’est pourquoi nous menons ici des opérations sans nous imposer la tâche de vaincre. Aujourd’hui nous exterminons méthodiquement la lie radicale islamiste internationale afin de ne pas lui permettre de se précipiter vers nos frontières, sur notre terre – l’intention que les leaders des islamistes ne dissimulent guère. Et ceux de nous qui disent aujourd’hui que nous n’avons rien à faire en Syrie et que Daesh ne nous menace aucunement, soit biaisent, soit ignorent les faits. Il y a quatre ans, les leaders des radicaux ont déclaré nettement que leur but suivant après la Syrie, c’est l’Asie centrale, le Caucase et les régions islamiques de Russie. Et nous n’avons pas à négliger ces menaces.

En Syrie nous combattons pour la Russie !

Traduit par Roman Garev, relu par Catherine pour le Saker francophone

Lire la suite

Bientôt, le retour à l’internement administratif ? ¨Par Robert Charvin

17 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Russie, #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #Terrorisme

Bientôt, le retour à l’internement administratif ?

Bientôt, le retour à l’internement administratif ?  ¨Par Robert Charvin

La mode politique en Europe et aux États-Unis est à la légitime défense « préventive ». Cette prévention, c’est-à-dire les mesures prises pour empêcher un mal qui risque de survenir, ne joue que très peu dans le domaine social. Dans le domaine médical, elle coûterait, dit-on, trop cher si elle était généralisée ; dans le monde des affaires, il ne faut surtout pas se prémunir contre les licenciements de masse et jouer au contraire sur l’effet de surprise et sur le désarroi qui en résulte pour les salariés ; en matière environnementale, le principe de précaution est très fortement contesté par les entreprises, parce qu’il serait source de paralysie !

Les gérants (privés) des grands moyens de production doivent être toujours plus libres de leur stratégie, profit oblige, y compris lorsque l’entreprise ne survit qu’avec l’argent public (par exemple, le groupe Alstom).

Par contre, dans le secteur strictement politique, les pouvoirs publics n’ont jamais trouvé mieux que de jouer aux victimes (il faut bien se défendre contre les agresseurs, y compris potentiels) ou aux protecteurs (le petit peuple a besoin d’une autorité sécuritaire au-dessus de lui).

Dans l’ordre international, il y a longtemps que les agresseurs se prétendent agressés.

Les nazis dénonçaient l’asphyxie que les vainqueurs de la Première Guerre mondiale avaient tenté d’imposer aux Allemands qui avaient pourtant besoin « d’espace vital » ; de surcroît, les juifs et les bolcheviques constituaient une menace chronique dissolvante pour le Reich. Il fallait donc agresser les Tchécoslovaquie, la Pologne, la France, la Grande Bretagne, l’URSS, etc. pour que le peuple allemand « respire » !

Plus près de nous, les démocraties (occidentales) ont remis à l’ordre du jour la prévention. Pour « contenir » et refouler le communisme dans un premier temps, (prétendument omniprésent, y compris lorsqu’il n’y avait que nationalisme et revendication d’indépendance de la part des peuples colonisés) ; puis, pour sauver la paix, ce qui exigeait la guerre, contre les prétendus détenteurs d’armes « de destruction massive » (comme l’Irak de Saddam Hussein, par exemple), ou pour protéger un allié contre une « menace » militaire, ce qui justifie le maintien de bases militaires américaines « d’intérêt stratégique » en Corée du Sud, proches de Pyong Yang, mais surtout de la frontière chinoise. On n’est jamais trop prudent contre l’ennemi nord-coréen détenteur d’une force nucléaire, alors que les alliés (Israël ou le Pakistan) n’ont que des bombes atomiques « dissuasives » !

Les manœuvres de l’OTAN, aux frontières russes, en Pologne et dans les pays Baltes, par exemple, sont aussi des mesures de précaution contre le risque d’une invasion des troupes russes sous la direction d’un chef d’État qui ne rêve, comme chacun sait, qu’à une Troisième guerre mondiale ayant oublié les 20 millions de victimes soviétiques de la Seconde Guerre ! « Il vaut mieux prévenir que guérir » disent les états-majors étasuniens, sans se préoccuper de la tension internationale ouverte que provoque la mise en œuvre de leurs arrière-pensées.

L’attaque contre la Libye (dont on connaît les brillants résultats et qui vient de faire l’objet d’un rapport très sévère des parlementaires britanniques) était aussi un acte de prévention. Il ne s’agissait pour les interventionnistes français et anglais, soutenus par les États-Unis, que de « prévenir un massacre » à Benghazi. Il y avait une telle urgence que les « protecteurs » occidentaux n’ont pas pris le temps d’évaluer la véracité des faits et la nature (islamiste) des forces hostiles à Tripoli qui se manifestaient !

La Charte des Nations Unies qui retire aux États l’usage de la force armée à l’exception du cas de légitime défense est balayée, avec la théorie de la « légitime défense préventive » qui juridise l’agression et celle de « la responsabilité de protéger » qui prétend légaliser l’ingérence (ce qui ne peut être le fait que des Grandes Puissances).

Une fois encore dans l’Histoire, on fait des mensonges d’État une arme à la discrétion des Puissances : il suffit de manipuler, d’aller vite et de ne pas avoir en face un État ayant les moyens de réagir avec force. Peu importe qu’au bout des quelques années, la vérité s’impose et que l’on dénonce l’arbitraire des agressions contre l’Irak ou la Libye. Les résultats sont là : les initiateurs ont été réélus et le chaos règne au sein de deux pays « non fiables » !

Et les États-Unis finiront bien par se débarrasser du phénomène Guantanamo, totalement hors-légalité, et par continuer à bénéficier dans le monde de la fascination entretenue de l’American way of life !

Si le court-termisme règne chez les politiciens occidentaux dans le domaine de la politique étrangère, il règne aussi dans l’ordre interne.

Le cas de la France hollando-sarkozienne est exemplaire, comme l’ont été les pratiques antérieures du gouvernement Daladier (sous la III° République), du gouvernement de Vichy et des gouvernements successifs (y compris « socialistes ») durant la guerre d’Algérie.

Le Décret-loi du 18 novembre 1939 prévoit l’internement administratif, c’est-à-dire l’arrestation et la détention, sans intervention de l’autorité judiciaire, de personnes jugées par l’administration « dangereuses pour la défense nationale et la sécurité publique », c’est-à-dire, à l’époque, surtout les communistes !

Le régime de Vichy, en vertu des « lois » prises par Pétain (3 septembre 1940, 28 juin, 18 juillet et 28 octobre 1941) frappe les communistes, les juifs, les auteurs d’infraction économique, les auditeurs de Radio Londres, et les résistants.

L’internement administratif réapparaît durant les « opérations de police » menées contre les « bandits » (les fellagas) en Algérie et leurs complices français (comme par exemple, Maurice Audin, exécuté par l’armée française ou contre Henri Alleg, torturé).

Il fonctionne aussi contre les autonomistes corses ou basques lors des voyages officiels !!

Le pouvoir exécutif frappe ainsi ses adversaires politiques sans que l’autorité judiciaire n’exerce son contrôle, parfois avec la complaisance de juristes aptes à se plier à toutes les autorités !

Le pouvoir politique, périodiquement, fait la démonstration que la justice et le droit sont inadaptés au « maintien de l’ordre public » ou du moins qu’il estime que telle est la solution. Autant dire que la sûreté personnelle n’est garantie que lorsqu’elle n’a pas vraiment à l’être !

Avec les attentats islamistes, de forts courants politiques réclament le retour de l’internement administratif pour tous ceux qui sont « susceptibles » de commettre un attentat. A la différence des socialistes de 1956-1957 qui se refusaient à admettre qu’il y eut une « guerre » en Algérie, le Parti Socialiste de 2016 estime que la France est en « guerre » contre les islamistes (ce qui n’a pas préoccupé les dirigeants français en Libye ou en Syrie).

Or, l’état de guerre, même « officieux » justifierait l’internement des 10.000 personnes « fichées S », car elles sont « susceptibles de troubler l’ordre public » ! L’opinion est largement mobilisée sur ce thème par des médias sans scrupule. Comme si la répression, quelle qu’elle soit, était l’arme exclusive pour régler les problèmes !

Comme si l’Histoire ne montre pas l’extrême diversité des victimes de ces internements arbitraires par nature !

Comme si chacun de nous n’était pas, selon tel ou tel pouvoir exécutif, « susceptible » de troubler l’ordre public, et par là même de connaître, à son tour, l’internement administratif !

Source: 16 septembre 2016, Robert CHARVIN, Investigaction.

Retrouvez le livre de Robert Charvin, Faut-il détester la Russie, sur notre boutique.

- See more at: http://www.investigaction.net/bientot-le-retour-a-linternement-administratif/#sthash.PI6TQQfC.dpuf

Bientôt, le retour à l’internement administratif ?  ¨Par Robert Charvin

Devons-nous « assimiler, coloniser et civiliser » la Russie ? Et même « l’affaiblir par tous les moyens », comme le recommande le stratège US Brzezinski ? Quels intérêts sert la campagne actuelle de diabolisation de la Russie ? D’où vient ce courant de révisionnisme historique qui minimise la contribution de l’URSS à la victoire des Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale et qui tend à assimiler le communisme au nazisme ? Pourquoi, Vassili Kononov, un résistant antinazi a-t-il été accusé de « crime de guerre » par la Cour suprême de Lettonie ? Pourquoi a-t-il été envoyé en prison à l’âge de 75 ans, un demi-siècle après les faits ? Ce livre original nous met en garde : une certaine propagande médiatique peut nous mener tout droit vers une nouvelle guerre froide. Pas si froide ? - See more at: http://www.investigaction.net/bientot-le-retour-a-linternement-administratif/#sthash.PI6TQQfC.dpuf

Lire la suite

« 4000 combattants de l’EI ont-ils pénétré en Europe en tant que réfugiés » ? Par Sputnik News le 07 septembre 2015

9 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #l'islamisme, #l'immigration, #Terrorisme, #Daesch

« 4000 combattants de l’EI ont-ils pénétré en Europe en tant que réfugiés » ?

Par Sputnik News le 07 septembre 2015

 « 4000 combattants de l’EI ont-ils pénétré en Europe en tant que réfugiés » ? Par Sputnik News  le 07 septembre 2015

Plus de 4.000 combattants de l’organisation terroriste Etat islamique (EI) ont pénétré en Europe en tant que réfugiés, annonce le journal Sunday Express citant une source de l’EI. Le transfert a été « réussi », selon cette dernière.

Les combattants s’intègrent aux flux de réfugiés dans les ports turcs d’Izmir et de Mersin pour arriver en Italie via la mer Méditerranée. Ensuite, ils se dirigent vers d’autres pays européens notamment la Suède et l’Allemagne.Deux passeurs ont confirmé cette information. L’un d’eux a confié avoir aidé une dizaine de terroristes à pénétrer en Europe. Certains prétendaient vouloir rendre visite à leurs familles, d’autres voulaient juste y aller pour « se tenir prêt ».

L’envoi de combattants est le début d’une action de représailles pour les frappes aériennes de la coalition internationale en Irak et en Syrie dirigée par les Etats-Unis, selon la source du Sunday Express au sein de l’EI.

« Nous voulons établir le califat non seulement en Syrie mais aussi dans le monde entier », a-t-elle souligné.L’Etat islamique est un groupe terroriste qui a instauré un califat autoproclamé à l’été 2014 sur les territoires syriens et irakiens qu’il contrôle. Les troupes loyales envers Damas, les rebelles syriens, l’armée irakienne, les miliciens chiites, les forces d’autodéfense kurdes et la coalition guidée par les Etats-Unis essaient de le combattre. Selon la CIA, l’EI compte plus de 30.000 combattants.

07.09.2015
Source: http://fr.sputniknews.com/international/20150907/1018022589.html#ixzz3l3H1QJ6F

***

Mis à jour | 8 sept 2015

Des cellules dormantes de l’EI présentes en Europe?

Selon un expert, l’EI pourrait commettre des attentats en Europe si l’Occident n’arrête pas de jouer avec le terrorisme.

Il y aurait des cellules dormantes du groupe terroriste Etat islamique (EI) en Europe qui pourraient se réveiller à un moment donné, a déclaré lundi à Sputnik Riadh Sidaoui, le directeur du Centre arabe de recherches et d’analyses politiques et sociales (Caraps) basé à Genève.

« Il y a des cellules dormantes qui n’ont pas forcément de liens directs et qui reçoivent des ordres directs de l’état-major de Daesh (…). On peut avoir ces cellules qui se réveillent pour commettre des attentats », a indiqué M.Sidaoui.

© AP PHOTO/ MILITANT WEBSITE

© AP PHOTO/ MILITANT WEBSITE

Le journal Sunday Express a rapporté lundi, citant une source de l’EI, que plus de 4.000 combattants de Daesh avaient pénétré en Europe en tant que réfugiés.Selon M.Sidaoui, il est « fort possible » qu’il y ait des terroristes parmi les milliers de réfugiés syriens qui arrivent en Europe. Mais le problème est que les médias occidentaux sont en train de diaboliser cette vague d’immigration et le régime du président syrien Bachar el-Assad au lieu de parler de « l’EI, qui est à l’origine de ce drame ».

« On instrumentalise le terrorisme contre Bachar (…). On ne peut pas jouer avec le terrorisme. Si on banalise le terrorisme en Syrie ou ceux qui financent ce terrorisme, à un certain moment donné, le terrorisme va frapper », a noté l’expert. Selon lui, « la guerre contre le terrorisme doit être globale, totale sans hésitation et sans instrumentalisation ».

Organisation terroriste Etat islamique

Organisation terroriste Etat islamique

Un autre expert interrogé par Sputnik a toutefois émis des doutes quant à la présence de djihadistes de l’EI parmi les migrants. »Le mouvement terroriste, quand il forme des activistes, il ne prend pas le risque de mettre ses gens sur des bateaux qui risquent de couler et dont on ne connaît pas exactement la destination. Ils ont les moyens de leurs payer des billets d’avion en première classe en passant par des zones détournées pour rejoindre les pays cibles », a indiqué Alain Rodier, directeur de recherche chargé du terrorisme et de la criminalité organisée du Centre français de recherche sur le renseignement.

Source: http://fr.sputniknews.com/international/20150907/1018040208.html#ixzz3lAtczsvD

Lire la suite

STOP à la guerre en Syrie ! Ne vous laissez pas tromper par la propagande de guerre ! Par Veterans for Peace, le 06 septembre 2016

9 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

STOP à la guerre en Syrie ! Ne vous laissez pas tromper par la propagande de guerre !

Par Veterans for Peace le 06 septembre 2016

 STOP à la guerre en Syrie ! Ne vous laissez pas tromper par la propagande de guerre ! Par Veterans for Peace, le 06 septembre 2016

Récemment, la photo poignante d’un enfant syrien ensanglanté et apparemment en état de choc, assis dans une ambulance à Alep, a été largement diffusée et commentée dans les médias nationaux et internationaux. En réponse, des journalistes ont appelé l’administration Obama à « prendre des mesures », y compris le bombardement de cibles militaires du gouvernement en Syrie.

«Veterans For Peace» éprouve une grande sympathie pour toutes les victimes en Syrie, et pour tous ceux qui ont perdu des membres de leur famille, des amis et des proches dans cette guerre terrible.

Beaucoup d’entre nous sont des vétérans de conflits militaires qui ont été « vendus » aux citoyens américains grâce à des messages et des images poignants mais trompeurs. Nous dénonçons la manipulation d’images choisies de souffrance humaine comme une propagande destinée à justifier de nouvelles agressions militaires qui ne peuvent conduire qu’à davantage et morts et de souffrances. Pourquoi ne voit-on pas d’image de souffrance des deux côtés de cette guerre en Syrie ? Pourquoi utilise-t-on l’image d’un enfant blessé pour appeler à plus de violence ?

Les «zones d’exclusion aérienne» et les « zones de sécurité » que certains pontes veulent imposer en Syrie sont des actes de guerre qui ne conduiraient qu’à davantage de violence et de destruction, comme cela a été le cas en Libye, un pays qui a été pratiquement détruit par une soi-disant «intervention humanitaire ».

Les «zones d’exclusion aérienne» et les « zones de sécurité » mettraient les pilotes américains au contact direct des pilotes russes, ce qui conduirait à une dangereuse escalade militaire entre deux puissances nucléaires – une menace existentielle pour toute vie sur terre.

Cette diffusion à grande échelle de la photographie de l’enfant syrien n’est que l’exemple le plus récent et le plus révélateur du climat de guerre psychologique engagé contre l’opinion publique américaine et mondiale. Les médias déforment presque quotidiennement la guerre qui se déroule en Syrie en la présentant comme un combat entre des « rebelles » épris de démocratie et le « cruel dictateur Assad ». Ce qui se passe réellement en Syrie, ce sont des interventions étrangères visant à détruire le dernier pays laïc et multi confessionnel du Moyen-Orient. Des groupes d’extrémistes radicaux reçoivent des Etats-Unis des armes, un entraînement militaire et du soutien logistique ; ils reçoivent aussi des milliards de dollars de l’Arabie Saoudite et du Qatar, deux monarchies non démocratiques, qu’un « changement de régime » en Syrie arrangerait bien.

Pour nous, la seule issue à cette crise syrienne et l’unique aide à apporter aux victimes de ce conflit, c’est l’arrêt des combats et non leur escalade. Le peuple syrien a le droit de choisir ses dirigeants et de décider de son avenir.

Nous appelons le gouvernement américain à cesser toute assistance armée, politique et économique aux groupes armés qui combattent contre l’Etat syrien syrienne et à prendre des mesures pour amener ses alliés à faire de même.

« Veterans for Peace » appelle aussi à l’arrêt de toutes les sanctions économiques prises à l’encontre de la Syrie, surtout en matière de médicaments, y compris les anti-cancéreux.

Nous appelons le gouvernement américain à fournir l’assistance humanitaire nécessaire aux millions de réfugiés syriens et à autoriser l’entrée de davantage de réfugiés aux Etats Unis.

Le peuple syrien a le droit de se défendre contre les agressions étrangères et de s’opposer aux projets de « changement politique » que les Etats Unis et leurs alliés imposent à leur pays. Nous appelons tous les protagonistes de cette guerre à faire tout ce qu’ils peuvent pour que cesse cette tuerie de civils innocents.

Il est temps d’en finir avec la guerre en Syrie. Il est temps de se mettre à soigner les blessures de ce terrible conflit qui a été imposé aux Syriens. Nous devons assumer nos responsabilités quant au rôle de notre propre gouvernement. Nous devons permettre aux peuples de Syrie et du Moyen-Orient de vivre en paix.

Veterans for Peace | 06 septembre 2016

Article original en anglais : Veterans for peace.org

Traduction : Sylvie Jolivet

Source: http://arretsurinfo.ch/stop-a-la-guerre-en-syrie-ne-vous-laissez-pas-tromper-par-la-propagande-de-guerre/

Lire la suite

Les pompiers pyromanes. Paris: Le drapeau des djihadistes en Syrie flottait lors du rassemblement en soutien aux réfugiés. Par Silvia Cattori, le 09 septembre 2015

9 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La mondialisation, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #Terrorisme, #l'islamisme, #l'immigration

Les pompiers pyromanes.
Paris: Le drapeau des djihadistes en Syrie flottait lors du rassemblement en soutien aux réfugiés.
Par Silvia Cattori, le 09 septembre 2015.
Cet article a été publié il y a un an.
La manipulation médiatique apparait clairement avec le recul.

 

Grace aux révélations d'août 2016 sur le financement par George Soros de nombreuses de ces organisations, nous pouvons donc mieux comprendre le dessous des cartes.

 

L’initiateur et principal organisateur du rassemblement « pas en notre nom » du 5 septembre à Paris – se revendiquant « citoyen » et « spontané » – n’est autre que Raphaël Glucksmann, fils d’André Glucksmann et proche de Bernard-Henri Lévy.

Un rassemblement coloré politiquement programmé avant la « crise »des réfugiés syriens pour protester contre le gouvernement Assad.

N’est-il pas troublant de constater que l’un des principaux organisateurs du rassemblement qui a appelé à manifester via Face Book notamment « les « simples citoyens ne pouvant rester indifférents à une tragédie humaine qui déshonore la France et l’Europe » fasse précisément partie des idéologues fervents partisans des guerres « humanitaires » qui ont contribué à détruire des pays entiers et à jeter des millions de gens sur les routes de l’exode ?

Le drapeau qu’arborent les groupes terroristes en Syrie depuis 2011 porte trois étoiles

Le drapeau qu’arborent les groupes terroristes en Syrie depuis 2011 porte trois étoiles

Les groupes armés liés à l’ASL et le CNS, ont adopté en 2011 le drapeau à trois étoiles de l’indépendance ce qui est paradoxal et une profanation, car ce drapeau incarnait le refus de l’ingérence et du protectorat alors que les groupes d’ « opposants » armés ou pas, sont soutenus financièrement par les monarchies du Golfe et appellent à l’intervention occidentale contre la Syrie souveraine. Groupes qui se sont peu à peu fondu dans al-Nosra affilié à al-Qaida ou à l’EIIL.

Opposants armés brandissant les drapeaux d’Ahrar Al-Sham, de l’ASL  d’al-Nosra affilié à al-Qaida,  après la prise d’Idlib  le 29 mars 2015 REUTERS/Ammar Abdallah  [http://www.dailystar.com.]

Opposants armés brandissant les drapeaux d’Ahrar Al-Sham, de l’ASL d’al-Nosra affilié à al-Qaida, après la prise d’Idlib le 29 mars 2015 REUTERS/Ammar Abdallah [http://www.dailystar.com.]

Le drapeau officiel de l’Etat syrien porte deux étoiles. (*)

Le drapeau officiel de l’Etat syrien porte deux étoiles. (*)

Lors du rassemblement du 5 septembre à Paris, réclamant « l’accueil des réfugiés et le respect de la dignité humaine de tous les migrants », nous avons été fort surpris de voir flotter des drapeaux à trois étoiles, emblème des groupes djihadistes en Syrie, et de l’opposition au gouvernement Assad alignée sur les puissances engagées à déstabiliser la Syrie. Une déstabilisation qui a très largement provoqué la fuite de millions de Syriens.

Les drapeaux des groupes armés en Syrie et les drapeaux turcs – un Etat qui soutient les groupes terroristes en Syrie – étaient très présents lors du rassemblement de Paris le 5 septembre. Les 8 millions de Syriens qui ont fui la terreur instaurée par les « opposants » et sont allés dans les zones sous contrôle du gouvernement Assad qui leur assure protection doivent se sentir très offensés par ce genre de mélange des genres.

Place de la République à Paris le 5 septembre 2015 (Photo FB)

Place de la République à Paris le 5 septembre 2015 (Photo FB)

Au niveau des organisateurs de ce rassemblement se revendiquant « citoyen » et « spontané », appelé « Pas en notre nom – #RéfugiésMigrantsDignité », outre Glucksmann, il y avait Amnesty, Ensemble, le NPA, SOS racisme, l’Unef, Solidaires Etudiants, et plusieurs associations. Les militants du Parti de Gauche et du Parti Communiste y ont participé à titre individuel, laissant les drapeaux au placard.

Rassemblement anti-Assad – Place de la République, Paris, 5 Septembre 2015

Rassemblement anti-Assad – Place de la République, Paris, 5 Septembre 2015

Amnesty a toujours montré sa vraie couleur dans la guerre qui frappe la Syrie.

Les Syriens qui en leur grande majorité sont fidèles à leur gouvernement et ont combattu l’intervention étrangère dans leur pays par groupes terroristes interposés, ne l’oublierons pas.

 

A noter que malgré le fait qu’Amnesty France a été impliquée dans l’organisation de cet évènement piloté par André Glucksmann, son site internet garde un profil bas à ce sujet.

 

 

Amnesty International 

Rassemblement citoyen #PasEnNotreNom à Paris

[du 05/09/2015 au 05/09/2015]

Notre organisation appelle à rejoindre le rassemblement citoyen en solidarité avec les réfugiés et migrants organisé ce samedi à 17 h, place de la République à Paris.

Rejoignez le groupe Facebook de ce rassemblement citoyen.

 Les pompiers pyromanes. Paris: Le drapeau des djihadistes en Syrie flottait lors du rassemblement en soutien aux réfugiés. Par Silvia Cattori, le 09 septembre 2015

Images montrant les drapeaux des « opposants » armés en Syrie et les drapeaux turcs – un pays qui soutient les groupes terroristes en Syrie – très présents dans la manifestation de Paris le 5 sept.

Rassemblement anti-Assad – Place de la République, Paris, 5 Septembre 2015

Rassemblement anti-Assad – Place de la République, Paris, 5 Septembre 2015

Rassemblement anti-Assad – Place de la République, Paris, 5 Septembre 2015

Rassemblement anti-Assad – Place de la République, Paris, 5 Septembre 2015

Rassemblement anti-Assad – Place de la République, Paris, 5 Septembre 2015

Rassemblement anti-Assad – Place de la République, Paris, 5 Septembre 2015

Rassemblement anti-Assad – Place de la République, Paris, 5 Septembre 2015

Rassemblement anti-Assad – Place de la République, Paris, 5 Septembre 2015

Rassemblement anti-Assad – Place de la République, Paris, 5 Septembre 2015

Rassemblement anti-Assad – Place de la République, Paris, 5 Septembre 2015

Par Silvia Cattori | 8 septembre 2015

Source: http://arretsurinfo.ch/les-pompiers-pyromanes/

Arrêt sur Info se dégage de toute responsabilité concernant le contenu de cet article. Les opinions exprimées n'engagent que son auteur.

Lire la suite

Comprendre la géopolitique de la troisième guerre mondiale Par Olivier Demeulenaere

7 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #La guerre, #AMERIQUE, #La Russie, #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Comprendre la géopolitique de la troisième guerre mondiale

Ou la vraie raison pour laquelle la Russie et la Syrie sont ciblées en ce moment.

petrodollar-world-war-3

[un article de SCGnews.com traduit par Les Brindherbes engagés]

Une synthèse de très bonne facture pour qui veut comprendre les grands enjeux géopolitiques de notre époque – jusqu’aux développements les plus récents et les plus brûlants. Les habitués du blog s’y sentiront en terrain familier : Le cocktail explosif de pétrole, de gaz et de dollars de l’Empire états-unien va-t-il nous mener à la troisième guerre mondiale ? OD

 

« Contrairement à la croyance populaire, la conduite des nations sur la scène internationale n’est presque jamais motivée par des considérations morales, mais plutôt par un cocktail obscur d’argent et de géopolitique. Ainsi, lorsque vous voyez les porte-paroles de la classe dirigeante commencer à diaboliser un pays étranger, la première question dans votre esprit doit toujours être « qu’y a-t-il réellement en jeu ici ? »

Depuis quelque temps la Russie, la Chine, l’Iran et la Syrie ont été dans le collimateur. Une fois que vous comprenez pourquoi, les événements qui se déroulent dans le monde en ce moment prennent beaucoup plus de sens.

Le dollar américain est une monnaie unique. En effet, son design actuel et sa relation à la géopolitique ne ressemblent à aucune autre dans l’histoire. Si elle a été la monnaie de réserve mondiale depuis 1944, ce n’est pas ce qui la rend unique. Beaucoup de monnaies ont successivement tenu le statut de réserve au cours des siècles, mais ce qui rend le dollar unique, c’est le fait que depuis le début des années 1970, il a été, à quelques exceptions notables près, la seule monnaie utilisée pour acheter et vendre du pétrole sur le marché mondial.

Avant 1971, le dollar américain était indexé sur la valeur de l’or, du moins officiellement. Selon le FMI, dès 1966, les banques centrales étrangères détenaient 14 milliards de dollars américains, mais les États-Unis avaient seulement 3,2 milliards de dollars en or alloué pour couvrir les avoirs étrangers.

Traduction : la Réserve fédérale a imprimé plus d’argent qu’elle ne pouvait réellement garantir.

Le résultat a été une inflation galopante et une fuite générale du dollar.

En 1971, dans ce qui est devenu plus tard le «choc Nixon», le président Nixon a complètement supprimé l’étalon-or du dollar.

À ce stade, le dollar est devenu une monnaie fiduciaire basée uniquement sur la dette. Avec une monnaie indexée sur la dette, l’argent est littéralement fabriqué a la demande.

Environ 70% de la monnaie en circulation est créée par les banques ordinaires qui sont autorisées à prêter plus que ce qu’elles ont véritablement sur leurs comptes.

Le reste est créé par la Réserve fédérale, qui prête de l’argent qu’elle n’a pas, la plupart du temps au gouvernement.

Un peu comme des chèques en bois, sauf que pour les banques, c’est légal. Cette pratique qui est appelé le système bancaire de réserve fractionnaire est soi-disant régulé par la Réserve fédérale, une institution qui se trouve être détenue et contrôlée par un conglomérat de banques privées, et aucune agence ou succursale du gouvernement ne réglemente la Réserve fédérale.

Maintenant, pour rendre les choses encore plus intéressantes ces prêts de réserve fractionnaires ont des intérêts attachés, mais l’argent pour payer ces intérêts n’existe pas dans le système. En conséquence, la somme de la dette totale est toujours supérieure a la somme d’argent en circulation, et pour pouvoir subsister l’économie doit sans cesse croître.

Ce n’est évidemment pas durable.

Maintenant, vous vous demandez peut-être comment le dollar a maintenu une position dominante sur la scène mondiale depuis plus de quarante ans, si ce n’est rien de plus qu’une chaîne de Ponzi élaborée.

Eh bien c’est là que le dollar rencontre la géopolitique.

En 1973, sous couvert de la crise artificielle du pétrole dans l’OPEP, l’administration de Nixon a entamé des négociations secrètes avec le gouvernement d’Arabie Saoudite pour établir ce qui est depuis appelé le système de recyclage des pétrodollars. En vertu de l’accord, les Saoudiens ne vendraient leur pétrole qu’en dollars américains, et devraient investir la majorité de leurs profits pétroliers excédentaires dans les banques américaines et les marchés de capitaux. Le FMI devrait alors utiliser cet argent pour faciliter les prêts aux pays importateurs de pétrole qui avaient des difficultés a assumer l’augmentation des prix du baril. Le paiement et les intérêts sur ces prêts seraient évidemment libellés en dollars américains.

Cet accord a été formalisé dans la « Commission Américano-Saoudienne sur la coopération économique » mise en place par Henry Kissinger, le secrétaire d’Etat de Nixon en 1974.

Un autre document publié par le Congressional Research Service (service de recherche du Congrès) révèle que ces négociations leur donnaient un avantage supplémentaire, puisque les responsables américains discutaient ouvertement la possibilité de saisir militairement des champs de pétrole en Arabie Saoudite.

“Aux États-Unis, le choc pétrolier a entraîné une inflation, de nouvelles préoccupations quant aux investissements étrangers des pays producteurs de pétrole, et la spéculation ouverte sur ​​l’opportunité et la faisabilité de prise militaire des champs de pétrole en Arabie Saoudite ou d’autres pays. Dans la foulée de l’embargo, les deux responsables saoudiens et américains ont travaillé à renforcer la relation bilatérale sur la base d’une opposition commune au communisme, une coopération militaire renouvelé, et grâce à des initiatives économiques qui ont favorisé le recyclage des pétrodollars saoudiens aux États-Unis par l’intermédiaire d’investissements saoudiens dans les infrastructures, l’expansion industrielle, et des titres américains.”

Le système a été élargi en 1975 pour inclure le reste des membres de l’OPEP.

Bien que présenté comme un tampon pour les effets récessifs de la hausse des prix du pétrole, ce dispositif a eu un effet secondaire caché. Il a supprimé les contraintes traditionnelles sur la politique monétaire américaine.

La Réserve fédérale est depuis libre d’augmenter les réserves monétaires à volonté. La demande toujours croissante de pétrole permet d’éviter l’abandon du dollar, tout en distribuant les conséquences inflationnistes à l’ensemble de la planète.

Le dollar est passé d’une monnaie indexée sur l’or à une monnaie soutenue par l’or noir. Il est également devenu premier produit d’exportation des USA.

◊  Vous êtes-vous déjà demandé comment l’économie américaine a été en mesure de rester à flot tout en ayant plusieurs milliards de dollars de déficit commercial pendant des décennies ?

◊  Vous êtes-vous déjà demandé comment il se fait que les États-Unis détiennent une telle quantité disproportionnée de la richesse mondiale quand 70% de l’économie américaine est basée sur la consommation ?

Dans l’ère moderne, les combustibles fossiles font tourner le monde. Ils se sont intégrés dans tous les aspects de la civilisation : l’agriculture, le transport, les matières plastiques, le chauffage, la défense et la médecine, et la demande ne cesse de croître encore et toujours.

Tant que le monde a besoin de pétrole, et aussi longtemps que le pétrole est vendu uniquement en dollars américains, il y aura une demande de dollars, et c’est cette demande qui donne au dollar sa valeur.

Pour les États-Unis c’est une affaire primordiale. Les dollars sortent, soit en tant que papier ou chiffres dans un système informatique, tandis que des produits et des services réels et tangibles entrent.

Cependant, pour le reste du monde, ce n’est qu’une forme très sournoise d’exploitation.

Que le commerce mondial se fasse principalement en dollars fournit également à Washington une arme financière puissante au travers de sanctions. Cela est dû au fait que la plupart des transactions à grande échelle en dollars doivent nécessairement passer par les États-Unis.

Ce système des pétrodollars est resté incontesté jusqu’en septembre 2000, lorsque Saddam Hussein a annoncé sa décision de vendre le pétrole irakien en euros plutôt qu’en dollars. C’était une attaque directe contre le dollar, et certainement l’événement géopolitique le plus important de l’année, mais seulement un article dans les médias occidentaux anglophones l’a mentionné.

project for a new american centuryLe même mois où Saddam annonçait qu’il s’éloignait du dollar, une organisation appelée le «Projet pour un Nouveau Siècle Américain », dont il s’avère que Dick Cheney est membre, a publié un document intitulé «Reconstruire la stratégie, les forces et ressources de défense américain pour un nouveau siècle ».

Ce document a appelé à une augmentation massive des dépenses militaires américaines et une politique étrangère plus agressive afin d’étendre la domination des États-Unis dans le monde entier. Cependant le document a déploré que la réalisation de ces objectifs risquait de prendre de nombreuses années « en l’absence d’un événement catastrophique et catalyseur – comme un nouveau Pearl Harbor ».

Un an plus tard ils avaient ce qu’ils souhaitaient.

Profitant de la réaction émotionnelle du 11 septembre, l’administration Bush fut capable d’envahir l’Afghanistan et l’Irak ainsi que de voter le Patriot Act sans réelle résistance.

Il n’y avait aucune arme de destruction massive en Irak et ce n’était en aucun cas une question de mauvais renseignements. C’était purement et simplement un mensonge prémédité, et la décision d’invasion a été prise en parfaite connaissance des désastres qui en découleraient.

Ils savaient exactement ce qui allait se passer, mais en 2003, ils l’ont quand même fait. Une fois les champs de pétrole irakiens sous contrôle des États-Unis, les ventes de pétrole en euros ont été immédiatement interrompues. Mission accomplie.

Peu de temps après l’invasion de l’Irak, l’administration Bush a tenté d’étendre ces guerres à l’Iran. Le gouvernement iranien aurait soit-disant travaillé à la construction d’une arme nucléaire. Après le fiasco irakien, la crédibilité de Washington a été gravement endommagée et par conséquent ils n’ont pas réussi à mobiliser le soutien international ou national pour une intervention. Leurs efforts ont en outre été sabotés par des éléments au sein de la CIA et du Mossad qui ont publiquement affirmé que l’Iran n’avait pas encore pris la décision de développer des armes nucléaires, encore moins commencé à le faire. Toutefois, la campagne de diabolisation contre l’Iran a continué même sous l’administration Obama.

Pourquoi ?

Eh bien, pourrait-il y avoir quelque chose à voir avec le fait que depuis 2004, l’Iran a entamé l’organisation d’une bourse pétrolière indépendante ? Ils construisaient leur propre marché du pétrole, et il n’allait pas être lié au dollar. Les premières livraisons de pétrole ont été vendus sur ce marché en juillet 2011.

Incapables d’obtenir la guerre qu’ils voulaient, les États-Unis ont utilisé l’ONU pour imposer des sanctions contre l’Iran. L’objectif des sanctions était de renverser le régime iranien. Bien qu’elles aient infligé des dégâts sur l’économie iranienne, les mesures n’ont pas réussi à déstabiliser le pays. Cela était dû en grande partie à l’aide de la Russie à contourner les restrictions bancaires étatsuniennes.

En février 2009, Mouammar Kadhafi a été nommé président de l’Union africaine. Il a immédiatement proposé la formation d’un État unifié avec une monnaie unique. C’était la nature de cette monnaie proposée qui l’a tué.

En mars 2009, l’Union africaine a publié un document intitulé «Vers une monnaie unique africaine ». Les pages 106 et 107 de ce document précisent les avantages et les techniques de gestion d’une banque centrale africaine utilisant l’étalon-or. À la page 94 il est dit explicitement que la clé de la réussite de l’Union monétaire de l’Afrique serait la « l’indexation éventuelle d’une monnaie unique africaine au plus monétaire de tous les biens – l’or. » (Notez que le numéro de page est différent selon les versions du document qu’ils ont publié.)

En 2011, la CIA s’est installée en Libye et a commencé à soutenir des groupes militants dans leur campagne pour renverser Kadhafi alors que les États-Unis et l’OTAN imposaient et élargissaient une résolution de zone d’exclusion aérienne Onusienne pour faire pencher la balance avec des frappes aériennes. La présence d’extrémistes d’Al-Qaïda parmi ces combattants rebelles a été discrètement étouffée.

La Libye, comme l’Iran et l’Irak avait commis le crime impardonnable de remettre en cause le dollar américain.

L’intervention de l’OTAN en Libye a continué dans une guerre secrète contre la Syrie. Les arsenaux du gouvernement libyen ont été pillés et les armes ont été expédiés via la Turquie aux groupes rebelles syriens travaillant pour renverser Assad. Il était déjà clair à ce stade que beaucoup de ces combattants avait des liens avec des organisations terroristes. Cependant l’appareil de sécurité nationale des États-Unis considère qu’il s’agit d’un mal nécessaire. En fait, le Conseil sur les relations étrangères (CFR) a publié un article en 2012 déclarant que

«L’afflux de djihadistes apporte la discipline, la ferveur religieuse, l’expérience de combat d’Irak, le financement de sympathisants sunnites dans le Golfe, et surtout, des conséquences mortelles. Bref, l’Armée Libre Syrienne (ALS) a besoin d’al-Qaïda en ce moment. »

(Chapeau à theantimedia.org pour avoir mis le doigt là-dessus.)

Soyons clairs ici, les États-Unis ont mis l’EIIL/ISIS/Daesh au pouvoir.

En 2013, ces mêmes rebelles syriens en cheville avec Al-Qaïda ont lancé deux attaques au gaz sarin. Il s’agissait d’une tentative pour faire accuser Assad et mobiliser le soutien international pour une intervention militaire. Heureusement, ils ont été exposés par les enquêteurs de l’ONU et les Russes et l’appel à des frappes aériennes est tombé complètement à l’eau quand la Russie est intervenue pour négocier une solution diplomatique.

La campagne pour le changement de régime en Syrie, comme en Libye a été présenté en termes de droits de l’homme. Évidemment, ce n’est pas le véritable motif.

En 2009, le Qatar a mis sur la table une proposition visant à lancer un pipeline de gaz naturel à travers la Syrie et la Turquie à destination de l’Europe. Assad a toutefois rejeté cette offre, et en 2011 il a arrangé un pacte avec l’Irak et l’Iran pour faire un pipeline vers l’est, mettant ainsi le Qatar et l’Arabie Saoudite complètement sur la touche. Il n’est pas surprenant que le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie aient été les puissances régionales les plus insistante en faveur d’un renversement du gouvernement syrien.

Mais pourquoi cette histoire de pipeline a mis la Syrie dans la ligne de mire de Washington ? Trois raisons:

1. Cette disposition du pipeline aurait significativement renforcé la position de l’Iran, leur permettant d’exporter vers les marchés européens sans avoir à passer par l’un des alliés de Washington. Cela réduit évidemment l’effet de levier du gouvernement américain.

2. La Syrie est le plus proche allié de l’Iran. Son effondrement affaiblirait intrinsèquement l’Iran.

3. Syrie et l’Iran ont signé un accord de défense mutuelle, et une intervention américaine en Syrie pourrait ouvrir la porte à un conflit ouvert avec l’Iran.

En février 2014, ce jeu d’échec mondial s’est emballé sur un nouveau territoire : l’Ukraine. La véritable cible était cependant la Russie.

Voyez-vous, la Russie se trouve être le deuxième plus grand exportateur de pétrole au monde, et non seulement ils ont été une épine diplomatique dans le pied de Washington, mais ils ont également ouvert une bourse de l’énergie en 2008, avec des ventes libellées en roubles et en or. Ce projet était en préparation depuis 2006, ils ont également travaillé avec la Chine à retirer le dollar dans l’ensemble de leur commerce bilatéral.

La Russie a également travaillé à l’organisation d’une Union économique eurasienne, qui comprend l’intention d’adopter une unité monétaire commune, et qui devrait avoir son propre marché énergétique indépendant.

Ce qui nous mène à la crise en Ukraine. Celle-ci s’est vue offrir un choix : rejoindre l’UE ou adhérer à l’Union eurasienne. L’Europe a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’une offre exclusive. L’Ukraine ne pouvait pas joindre les deux. La Russie, pour sa part, affirmait que l’adhésion aux deux ne posait pas de problème. Le président Ianoukovitch a décidé d’écouter la Russie.

En réponse, le dispositif de sécurité nationale des États-Unis a fait ce qu’il fait le mieux : ils ont renversé Ianoukovitch et installé un gouvernement fantoche. Pour voir la preuve complète de l’implication de Washington à la veille du coup d’état regardez « La crise en Ukraine ce qu’on ne vous dit pas » (en anglais, ndlr).

Cet article du Guardian est également intéressant à lire.

Bien que tout cela semblait se passer au mieux dans un premier temps, les États-Unis ont rapidement perdu le contrôle de la situation. La Crimée a organisé un référendum et le peuple a voté massivement pour la sécession de l’Ukraine et la réunification avec la Russie. La transition a été ordonnée et pacifique. Personne n’a été tué, mais l’Occident a immédiatement maquillé l’événement comme un acte d’agression russe, et cela est devenu dès lors le leitmotiv.

La Crimée est importante sur ​​le plan géostratégique en raison de sa position sur la mer Noire qui permet la projection de la puissance navale Russe dans la Méditerranée. Elle a également fait partie du territoire russe pour la plupart de l’histoire récente.

Les États-Unis pressent pour l’inclusion de l’Ukraine dans l’OTAN depuis des années. Une telle démarche placerait les forces américaines à la frontière de la Russie et aurait pu potentiellement aboutir à la perte de bases navales Russes en Crimée. C’est pourquoi la Russie a immédiatement accepté les résultats du référendum de Crimée et rapidement renforcé le territoire.

Pendant ce temps dans l’Est de l’Ukraine, deux régions ont déclaré l’indépendance de Kiev et ont tenu leurs propres référendums. Les résultats sont évidemment quasi unanimement en faveur de l’indépendance.

Kiev a répondu à cela avec ce qu’ils appellent des opérations anti-terroristes. En pratique, cela a été une campagne massive et aveugle des bombardements qui ont tué des milliers de civils. Apparemment, tuer des civils n’est pas considéré comme une agression pour l’Occident. En fait, le FMI a mis en garde explicitement le gouvernement provisoire que leur prêt de 17 milliards de dollars d’aide pourrait être en danger s’il n’était pas en mesure de mettre un terme au soulèvement en Ukraine orientale.

Alors que la guerre contre l’Ukraine de l’Est faisait rage, des élections ont eu lieu et Petro Porochenko a été élu président. Il s’avère que Porochenko a été exposé par un câble diplomatique divulgué et publié par Wikileaks en 2008 après avoir travaillé comme informateur pour le Département d’Etat des États-Unis depuis 2006. Ils se sont référés à lui comme «Notre taupe Ukrainienne» et la plupart des câbles visés faisaient état de l’information qu’il fournissait. (Un câble distinct a montré que les États-Unis savaient Porochenko corrompu, même à ce moment-là.)

Avoir une marionnette en place ne s’est cependant pas avéré être suffisant pour donner à Washington la plus haute main dans cette crise. Qu’est-ce que Washington fait quand elle n’a pas d’autre moyen de pression ? Ils imposent des sanctions, ils diabolisent et ils montrent les dents (ou utilisent une opération sous fausse bannière).

Ce n’est pas une très bonne stratégie pour traiter avec la Russie. En fait, elle a déjà fait contre-feu. Les sanctions ont simplement poussé la Russie et la Chine dans une coopération plus étroite et accéléré le programme de dé-dollarisation de la Russie. Et en dépit de la rhétorique, cela n’a pas conduit à l’isolement de la Russie. Les États-Unis et l’OTAN ont mis un fossé entre eux et la Russie, mais pas entre la Russie et le reste du monde (cherchez ‘BRICS’ si vous n’êtes pas sûr à ce sujet).

Ce nouvel axe anti-dollar va plus loin que l’économie. Ces pays comprennent ce qui est en jeu ici. C’est pourquoi, dans le sillage de la crise ukrainienne la Chine a proposé un nouveau pacte de sécurité eurasienne qui inclurait la Russie et l’Iran.

Examinez les implications ici tandis que l’administration Obama commence les bombardements en Syrie, qui a également un accord de défense mutuelle avec l’Iran.

Ce n’est pas la guerre froide 2.0. C’est la Guerre Mondiale 3.0. Les masses peuvent ne pas encore voir l’ensemble du tableau, mais l’Histoire s’en souviendra de cette façon.

Les alliances se solidifient déjà et une guerre chaude est en cours sur plusieurs fronts. Si les provocations et les guerres par procuration continuent, ce n’est qu’une question de temps avant que les grandes puissances s’affrontent directement, et ça c’est une recette pour un désastre.

Est-ce que tout cela vous semble fou ?

Eh bien, vous avez raison. Les gens qui dirigent le monde en ce moment sont fous, et le public somnambule marche vers une tragédie. Si vous voulez modifier le cours des affaires courantes, il n’y a qu’une seule façon de le faire. Vous devez réveiller ce public. Même les armes les plus puissantes sont neutralisées si vous atteignez l’esprit de l’homme derrière la gâchette.

Comment pouvons-nous réveiller les masses me demanderez-vous ? N’attendez pas que quelqu’un d’autre réponde à votre place. Faites preuve de créativité. Agissez comme si le futur de vos enfants et petits-enfants en dépendait, car c’est exactement le cas.

Source : SCGnews.com, le 11 septembre 2014

Traduit par Manu Gignoux pour Les Brindherbes Engagés

—————————————————-

Quelques rappels :

En route vers la troisième guerre mondiale ?

La chute du pétrodollar résonnera sur la planète entière (Jim Willie)

11 septembre, Journée officielle des « merdias » et du mensonge d’Etat

Nous avons le pouvoir de refuser le projet des Etats-Unis ! (Peter Koenig)

« Dans le conflit ukrainien, on peut observer la relation entre le pétrole, le gaz et l’OTAN dans toute sa splendeur » (D. Ganser)

Les USA, pour tenter de ralentir leur déclin, entrainent le monde vers le chaos et la tyrannie (P. Leconte)

Revoir aussi :

[Vidéo] Pourquoi l’Amérique a-t-elle besoin d’une grande guerre en Europe ?

Lire la suite

Des vétérans du renseignement répondent aux inconscients signataires d’une « note dissidente » à propos de la Syrie

7 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La guerre, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #La France, #Terrorisme, #Daesch

Le 25 juin 2016

Un groupe d’anciens du renseignement américain exhorte le président Obama à résister à l’appel « inconscient » de 51 fonctionnaires du Département d’État qui, dans un récent « mémo dissident », exhortent le Président à intensifier la guerre en Syrie.

NOTE DIPLOMATIQUE POUR : Assistant du Président pour les affaires de sécurité nationale

DE : Veteran Intelligence Professionals for Sanity (VIPS) (Anciens professionnels du renseignement soucieux d’éthique)

Objet : Méfiez-vous de la nébuleuse dissidente

Dissidence et désaccords au sein de la politique étrangère et de la bureaucratie de la sécurité nationale ne retiennent l’attention du public que quand apparaissent des divergences profondes et fondamentales d’opinions à propos des objectifs et de la mise en œuvre de la politique américaine. Les cas de désaccord sont apparus au cours de la guerre du Vietnam et sont réapparus périodiquement, par exemple pendant la guerre de Contra en Amérique centrale dans les années 1980 et la guerre froide avec les Soviétiques. Nous pouvons maintenant ajouter la Syrie à cette liste.

La conseillère à la sécurité nationale Susan E. Rice informe le président Barack Obama de l'évolution de la politique étrangère au cours de la pause estivale d'Obama aux Vignobles de Martha, Massachusetts, le 12 août 2013. (Photo officielle de la Maison-Blanche, par Pete Souza)

La conseillère à la sécurité nationale Susan E. Rice informe le président Barack Obama de l’évolution de la politique étrangère au cours de la pause estivale d’Obama aux Vignobles de Martha, Massachusetts, le 12 août 2013. (Photo officielle de la Maison-Blanche, par Pete Souza)

Le dernier buzz médiatique est venu avec la fuite selon laquelle 51 « diplomates du Département d’État » ont signé une lettre d’opposition préconisant l’utilisation des bombardements américains comme outil pour forcer la Syrie à se soumettre aux diktats de notre gouvernement. Les agents du service extérieur des États-Unis constituent un ensemble unique de personnes hautement qualifiées, qui sont très fières d’avoir réussi l’examen d’entrée dans ce service. Pourtant, même parmi ces « gens brillants », certains succombent aux forces du carriérisme et aux pressions du renseignement politisé.

Malheureusement, les signataires dissidents se réclament d’une Amérique menaçante, menant une guerre agressive contre les forces d’une nation souveraine sur son propre territoire. Nation qui, parmi ses partisans, compte la Russie, l’autre grande puissance nucléaire du monde.

Cette manière de penser – que le droit et le devoir de l’Amérique est d’utiliser le meurtre à grande échelle pour imposer la volonté de ses dirigeants aux autres peuples – correspond à la notion démente que les États-Unis jouissent du privilège unique et permanent d’être le « seul pays indispensable au monde. » Si cette notion a parfois été fondée, cette époque est révolue depuis longtemps – et rend aujourd’hui ses partisans manifestement aveugles au bon sens le plus élémentaire.

Un tel courant de pensée n’est pas nouveau. Theodore Roosevelt l’a popularisé quand nous sommes entrés en guerre pour annexer des territoires espagnols aux Philippines et aux Caraïbes – au prix de plus d’un demi-million de vies indigènes – il y a plus d’un siècle. Nous avons des exemples à la pelle, avec nos lumineux stratèges – ceux qui sont responsables de la destruction du Vietnam. Trois millions de vietnamiens sont morts dans cette guerre (selon l’ancien secrétaire à la Défense Robert McNamara), et deux autres millions environ par contrecoup en Indochine. Après ces massacres et la mort de dizaines de milliers de ses propres soldats, les États-Unis ont subi une défaite totale et humiliante, influençant encore aujourd’hui sa politique intérieure et étrangère. Leurs brillants successeurs ont soutenu l’attaque contre l’Irak en 2003, le catalyseur d’une flambée de violence qui a provoqué des morts atteignant des millions – encore une fois – en Irak, en Syrie, en Libye, au Yémen, en Somalie et dans d’autres pays voisins dont nous entendrons un jour parler. Ces agressions ont créé des millions de réfugiés traumatisés.

La note, un premier jet qui a été fourni au New York Times (et au Wall Street Journal), vraisemblablement par l’un des employés du Département d’État qui l’ont rédigé, soutient que la politique américaine a été « submergée » par la violence incessante en Syrie et appelle à « une utilisation judicieuse des armes maritimes et aériennes, qui pourraient sous-tendre et conduire à un processus diplomatique américain plus dirigé, plus concentré et intransigeant. » En outre, selon le NYT :

« Dans la note, les fonctionnaires du Département d’État ont écrit que la poursuite des violations du cessez-le-feu par le gouvernement Assad, officiellement appelé cessation des hostilités, condamneront les efforts visant à négocier un règlement politique, parce que M. Assad ne sentira pas de pression pour négocier avec l’opposition modérée ou d’autres factions le combattant. Le bombardement de civils par le gouvernement à l’aide de barils, est-il écrit, est “la cause première de l’instabilité qui continue de frapper la Syrie et ses environs.” »

« Le mémo a reconnu que l’action militaire comporte des risques, en particulier un accroissement des tensions avec la Russie, qui est intervenue dans la guerre aux côtés de M. Assad à l’automne dernier. La Russie a ensuite contribué à négocier le cessez-le-feu. Ces tensions ont augmenté jeudi quand, selon un haut responsable du Pentagone, la Russie a mené des frappes aériennes au sud de la Syrie contre les forces soutenue par les E.-U. et combattant l’État islamique. »

Rencontre entre le président Barack Obama et le président russe Vladimir Poutine en marge du sommet du G20 à l'Hôtel Regnum Carya à Antalya, en Turquie, le dimanche 15 novembre 2015. La conseillère nationale de sécurité Susan E. Rice écoute à gauche. (Photo officielle de la Maison-Blanche par Pete Souza)

Rencontre entre le président Barack Obama et le président russe Vladimir Poutine en marge du sommet du G20 à l’Hôtel Regnum Carya à Antalya, en Turquie, le dimanche 15 novembre 2015. La conseillère nationale de sécurité Susan E. Rice écoute à gauche. (Photo officielle de la Maison-Blanche par Pete Souza)

Les dissidents ont été assez habiles pour préciser « qu’ils ne préconisent pas une escalade qui se terminerait par une confrontation militaire avec la Russie, » mais plutôt une menace crédible d’action militaire pour « calmer le jeu de M. Assad. » Plus facile à dire qu’à faire ! Les 51 sont muets sur ce point d’importance capitale.

La prémisse fondamentale de leur désaccord est que « les bombardements par barils » d’Assad (suivis par des attaques chimiques) sur des civils ont provoqué la guerre civile en Syrie. Il est vrai que la phase initiale du printemps syrien semble avoir été largement spontanée. Les faits montrent cependant que les intervenants extérieurs – principalement les États-Unis, le Royaume-Uni, la Turquie, Israël et l’Arabie saoudite – ont contribué à dévoiler l’enchainement qui a amené l’enfer de la guerre civile. Des fonds secrets, la fourniture d’armes et de munitions et un soutien matériel aux groupes d’opposition organisant les grèves contre le gouvernement syrien ont provoqué une réaction militaire d’Assad – ce qui a servi de prétexte pour notre soutien élargi aux groupes rebelles.

De nombreuses preuves montrent également que ce sont les forces rebelles soutenues par les E.-U. qui ont employé des armes chimiques contre des civils. Ils ont alors accusé Assad, dans un but de propagande pour obtenir le soutien public international permettant une intervention ouverte américaine.

Les frappes américaines contre la Syrie ont été largement perçues comme faisant partie d’une bataille par procuration plus large avec l’Iran, et ont été poursuivies pour contrer l’influence de ce dernier au Moyen-Orient. Mais l’émergence de l’Iran comme puissance régionale n’est pas le résultat d’un événement magique. Il est la conséquence directe de l’invasion américaine de l’Irak et de notre décision ultérieure d’éradiquer tout vestige du parti baasiste et d’installer les dirigeants chiites irakiens ayant des liens étroits avec l’Iran dans les postes de direction.

Nous avons ainsi contribué à déclencher une guerre et avons l’audace de faire semblant d’être choqués par les conséquences de notre propre action.

Les dissidents du Département d’État ne sont pas les premiers à sauter à pieds joints dans cette nouvelle bataille de relations publiques qui caractérise la politique américaine en Syrie. Le Département de la Défense et la CIA semblent être entrés dans la mêlée depuis deux semaines. Selon un rapport publié dans The Daily Beast, le Département de la Défense et la CIA se livrent « une bataille féroce ».

Deux fonctionnaires du Département de la Défense ont affirmé dans les médias qu’ils ne sont pas désireux de soutenir les rebelles qui combattent dans la ville d’Alep, car ils sont soupçonnés d’être affiliés à al-Qaïda en Syrie, ou Jabhat al-Nosra. La CIA, qui soutient ces groupes rebelles, dément cette affirmation, disant que ce sont des alliances de circonstance face à une offensive dirigée par les Russes ; des alliances de nécessité tactique, pas d’idéologie.

« C’est étrange que le bavardage du Département de la Défense imite la propagande russe, » a noté ironiquement un fonctionnaire américain, qui soutient la position de la communauté du renseignement à propos de l’affirmation du Pentagone selon laquelle les membres de l’opposition et d’al-Nosra sont les mêmes.

La communauté du renseignement, qui a soutenu les forces d’opposition à Alep, estime que l’EI ne peut être vaincu tant qu’Assad est au pouvoir. Le groupe terroriste, disent-ils, se développe dans des territoires instables, et seules des forces locales – comme celles soutenues par la CIA – peuvent atténuer cette menace.

« L’opposition résiste aux horribles attaques menées par les forces syriennes et russes, » explique un responsable du renseignement américain au Daily Beast. « La défaite d’Assad est une condition préalable nécessaire pour vaincre l’EI. Tant qu’il y aura un leader défaillant à Damas et un État en échec en Syrie, l’EI aura un espace pour agir. Vous ne pouvez pas vous occuper de l’EI si vous avez un État en échec, » a observé le fonctionnaire américain.

Ce fonctionnaire anonyme ignore commodément le fait que les États-Unis travaillent activement à provoquer l’effondrement de la Syrie. Nous sommes stupéfaits. Après 15 ans de théories bruyantes expliquant comment mener une guerre contre al-Qaïda, nous avons maintenant fait volte-face pour voir la CIA et un concert de voix au sein du Département d’État qui préconisent l’armement et la formation d’un groupe affilié à al-Qaïda.

Il est impossible de savoir si oui ou non l’éruption de ce différend est une gifle au président Obama, tout simplement parce qu’il semblait d’abord soutenir le renversement d’Assad avant d’ensuite reculer sur l’organisation de son éviction par une action militaire.

L’influence de l’Arabie saoudite pour aider à instaurer et promouvoir un « changement de régime » en Syrie ne doit pas être sous-estimée. Les Saoudiens auraient financé de manière importante des secteurs clé de la politique étrangère des E.-U. et, paraît-il, ont eu une influence considérable sur notre politique de sécurité. Davantage de preuves nous montrent que les Saoudiens ont financé de manière importante la fondation Clinton.

Le roi Salman d'Arabie saoudite et son entourage arrivent pour saluer le président Barack Obama et la Première Dame Michelle Obama à l'aéroport international King Khalid, à Riyad, le 27 janvier 2015. (Photo officielle de la Maison-Blanche par Pete Souza)

Le roi Salman d’Arabie saoudite et son entourage arrivent pour saluer le président Barack Obama et la Première Dame Michelle Obama à l’aéroport international King Khalid, à Riyad, le 27 janvier 2015. (Photo officielle de la Maison-Blanche par Pete Souza)

Un rapport récent sur le site de la Petra News Agency (qui a ensuite été retiré et présenté comme un « piratage ») soulève des préoccupations importantes. Le dimanche un rapport parut sur ce site comprenant ce qui était décrit comme des commentaires exclusifs de l’adjoint du prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. Les commentaires comprenaient une allégation selon laquelle Riyad a fourni 20% du financement total de l’éventuelle campagne du candidat démocrate. Bien que le rapport ne soit pas resté longtemps sur le site, l’Institut pour les affaires du Golfe, basé à Washington, a ensuite republié une version arabe de celui-ci, citant le prince Mohammed disant que l’Arabie saoudite avait fourni avec « plein d’enthousiasme », un montant d’argent confidentiel à Mme Clinton.

Compte tenu du plaidoyer virulent d’Hillary Clinton pour imposer une zone d’exclusion aérienne en Syrie, ce qui nous mettrait sur la voie de l’intensification de notre intervention en Syrie et d’une confrontation militaire avec la Russie, il est naturel de se demander si les donations saoudiennes ont eu une influence sur l’orientation de la politique américaine en Syrie et le soutien aux groupes rebelles ?

En somme, la dernière note des 51 fonctionnaires du Département d’État est juste un indice alarmant supplémentaire du désarroi et de l’échec chez les responsables de la politique étrangère des États-Unis. Il est à noter que la plupart de leurs enfants et petits-enfants ne seront pas dans les rangs de l’armée de ceux qui sont appelés à mener cette guerre. Ils sont trop intelligents et trop « précieux » pour se livrer à ces actes absurdes. Donc, ce qu’on appelle une « armée de volontaires » a été recrutée, peuplée par des « volontaires » – la plupart venant des centres-villes et des petites villes de notre pays, où les emplois et l’éducation sont inexistants.

Cette lettre dissidente, sans précédent, des 51 faucons enhardis du Département d’État est un nouveau signe alarmant de la direction imprudente que des éléments, bien organisés, de l’élite de la politique étrangère des États-Unis cherchent à nous faire prendre. Ainsi, nous faisons appel à vous, en tant qu’adjoint du président pour la sécurité nationale, pour aider le président Barack Obama à maintenir une position ferme contre une telle déconstruction institutionnelle et à contenir le désordre et la discorde bureaucratique qui divisent son équipe. Si les 51 sont sincères dans leur plaidoyer pour une politique de type « essayons-un-peu-plus-la-même-politique-mais-en-plus-dure », nous pourrions espérer d’eux qu’ils acceptent les risques pour leur personne qu’il y a à être envoyé pour frapper Bachar avec des armes de « confrontation » ou de « combat rapproché ». Cela pourrait leur donner, dans un premier temps, le sens des responsabilités – puis, plus tard, une éducation.

(Voir également les remarques précédentes de certains membres du VIPS : par Ann Wright ici, par Elizabeth Murray et Ray McGovern ici ; par Philip Giraldi ici.)

Pour le groupe directeur, Veteran Intelligence Professionals for Sanity (VIPS)

William Binney, ancien Directeur technique, analyse militaire et géopolitique du monde, NSA ; cofondateur du SIGINT Automation Research Center (à la retraite)

Philip Giraldi, CIA, Responsable des opérations (à la retraite)

Mike Gravel, ancien adjudant, agent de contrôle top secret, Communications Intelligence Service ; agent spécial des Counter Intelligence Corps et ancien sénateur des États-Unis

Matthew Hoh, ancien capitaine, USMC, agent Irak et service extérieur, Afghanistan (associé VIPS)

Larry Johnson, CIA et Département d’État (à la retraite)

Michael S. Kearns, agent de renseignement, USAF (à la retraite) ; ancien maître instructeur SERE.

John Kiriakou, ancien agent antiterroriste CIA et ancien enquêteur principal, Comité des relations étrangères du Sénat

Karen Kwiatkowski, ancienne lieutenant-colonelle, US Air Force (à la retraite), au bureau du secrétaire à la défense observant la fabrication des mensonges sur l’Irak, 2001-2003

Edward Loomis, NSA, chercheur en cryptologie (à la retraite)

David MacMichael, National Intelligence Council (à la retraite)

Ray McGovern, ancien agent du renseignement/infanterie de l’armée des États-Unis et analyste à la CIA (à la retraite)

Elizabeth Murray, adjointe à l’agent principal du renseignement national au Proche-Orient, la CIA et le National Intelligence Council (à la retraite)

Todd E. Pierce, commandant, juge-avocat dans l’armée des États-Unis (à la retraite)

Coleen Rowley, agent spécial du FBI et ancienne conseillère juridique dans la division de Minneapolis (à la retraite)

Peter Van Buren, Département d’État des États-Unis, agent des services extérieurs (à la retraite) (associé VIPS)

J. Kirk Wiebe, ancien analyste principal, SIGINT Automation Research Center, NSA

Ann Wright, Colonelle, armée des États-Unis (à la retraite) ; agent des services extérieurs (a démissionné en opposition au déclenchement de la guerre en Irak)

Source : Consortiumnews.com, le 25/06/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

=========================================

Source : The Nation, le 21/06/2016

La représentante Tulsi Gabbard, vétérane de la guerre en Irak, explique à The Nation pourquoi l’intervention américaine ne fera qu’empirer la crise humanitaire en Syrie.

By James Carden | 21 juin 2016

Un homme porte un enfant après des frappes aériennes sur Alep, Syrie, le 28 avril 2016. (Validated UGC via AP video)

Un homme porte un enfant après des frappes aériennes sur Alep, Syrie, le 28 avril 2016. (Validated UGC via AP video)

De tous les mythes qui circulent à Washington lors de ces dernières années Obama et qui passent pour de la sagesse populaire, celui qui est le plus tenace est sans doute celui de l’« inaction » d’Obama dans l’affaire syrienne.

D’après Robert S. Ford, ancien ambassadeur des États-Unis en Syrie (de 2010 à 2014) et désormais membre important à l’Institut du Moyen Orient, l’administration Obama a continué une politique de « non-ingérence » au sujet de la Syrie, prétendant que le président et d’autres hauts responsables de l’administration ont été « réticents à l’idée d’avoir recours à tous les moyens à disposition pour faire pression » sur le gouvernement syrien. Et la semaine dernière, le New York Times révélait qu’au Département d’État, 51 responsables de niveau intermédiaire avaient rédigé un « billet de désaccord » adressé à leur Secrétaire d’État John Kerry, conseillant vivement aux États-Unis de réaliser « des frappes militaires contre le gouvernement de Bachar el-Assad. » Le Times a remarqué plus tard que les dissidents en complet à rayures du ministère des Affaires Étrangères « s’irritent depuis longtemps du refus de la Maison-Blanche de se laisser entraîner dans un conflit en Syrie. »

Pourtant, loin de « refuser de se laisser entraîner dans un conflit en Syrie, » l’administration Obama a, depuis 2013, activement financé et entraîné les rebelles syriens prétendument « modérés », qui sont, en fait, des extrémistes salafistes liés à al-Qaïda. Des opérations de la CIA et du Pentagone parallèles à celles de l’administration ont favorisé la déstabilisation de la région, et donc la crise des réfugiés. En outre, en s’en prenant au gouvernement souverain de Bachar el-Assad, elles ont contribué à renforcer la position stratégique de l’EI.

Pire encore, les alliés des Américains ont travaillé main dans la main avec les sunnites radicaux, adversaires du gouvernement laïc de Bachar el-Assad. Même Ford a publiquement avoué en janvier 2015 : « Pendant longtemps, nous avons regardé de l’autre côté quand al-Nosra et les groupes armés au sol, dont nous aidons une partie, se sont alliés pour effectuer des opérations militaires contre le régime. »

Effectivement, dès 2015 il était de plus en plus difficile de soutenir la fiction d’une opposition « modérée ». Selon le journaliste Gareth Porter, « Les États-Unis misent secrètement et indirectement sur le succès militaire de la branche syrienne d’al-Qaïda, et comme on avait besoin d’une feuille de vigne politique, il fallait soutenir qu’existait toujours une opposition armée “modérée”. »

C’est la représentante de Hawaï, Tulsi Gabbard, qui mène les actions visant à l’arrêt d’une guerre illégale et stérile pour un changement de régime en Syrie. L’année dernière, cette jeune femme, qui a servi deux fois dans les rangs de l’armée en Irak, a déposé un projet de loi qui devrait supprimer les fonds pour ce qu’elle appelle « la guerre de l’administration pour un changement de régime en Syrie. »

En attendant le vote de ce projet au Congrès, Tulsi Gabbard a déposé, la semaine dernière, un amendement à la Loi de finances de la Défense destiné à bloquer les fonds du programme pour « la formation et l’équipement syriens ». Même si l’amendement a recueilli le soutien de 135 représentants, y compris de conservateurs convaincus comme le représentant de la Caroline du Sud, Trey Gowdy, et celui du Michigan, Justin Amash, et de démocrates de premier plan comme le candidat du Maryland au Sénat, Chris Van Hollen, il n’a cependant pas été voté. Et le rejet de cet amendement s’est trouvé coïncider avec la publication par le Département d’État de la note de désaccord qui appelle à des frappes militaires contre la Syrie.

Si on les examine conjointement, ces événements sont troublants. En effet, comme le fait remarquer, à juste titre, Tulsi Gabbard, si la guerre pour le changement de régime réussissait à renverser Assad, ce seraient l’EI et al-Qaïda qui viendraient combler le vide. C’est cette perspective, qui serait une catastrophe stratégique, tactique et morale, que la politique américaine devrait chercher à éviter. Loin d’atténuer la crise humanitaire et celle des réfugiés, l’action militaire des États-Unis les aggraverait. Et pourtant, l’administration, via le programme de la CIA « Train and Equip » (Formation et équipement), persiste à se plier à la volonté de nos plus odieux alliés que sont la Turquie, l’Arabie saoudite ou encore le Qatar, en insistant pour qu’Assad quitte la scène.

Dans un discours, ce week-end, au Sommet du peuple à Chicago, Tulsi Gabbard a attaqué directement les 51 « dissidents » du Département d’État. Selon elle, « trop de gens n’ont pas tiré les leçons du passé, ils n’ont rien appris de l’Irak et du renversement de Saddam Hussein, ils n’ont rien appris du chaos qui a résulté du renversement de Kadhafi en Libye. »

Lundi, elle a déclaré à The Nation : « Intensifier la guerre pour renverser Assad va encore empirer la situation. Cela va causer davantage de souffrance et de chaos, cela va tellement renforcer l’EI et al-Qaïda qu’ils vont finir sans doute par être capables de s’emparer de la Syrie tout entière. » Cette éventualité serait, selon Tulsi Gabbard, un désastre, « qui verrait un génocide des minorités religieuses, des laïques, des athées et de tous ceux qui refusent d’accepter la théologie extrémiste du wahhabisme. La crise des réfugiés va empirer de façon exponentielle et elle pourrait conduire à une confrontation directe avec la Russie. »

Pourtant, les diplomates dissidents insistent sur le fait qu’ils ne préconisent pas de s’engager sur une « pente glissante » qui déboucherait sur une confrontation avec la Russie, mais avancent que doit simplement être mise en place « la menace crédible » d’une réponse militaire ciblée des États-Unis aux violations des droits de l’homme faites par le régime. Toutefois, selon un responsable du Pentagone qui a parlé à notre journal : « Qu’arriverait-il si un missile sol-air abattait un avion de combat des États-Unis au-dessus de la Syrie ? Les missiles russes S-400 pourraient être utilisés pour éliminer les missiles de croisière américains, et aurait-on encore vraiment affaire à une guerre par procuration ? Et que pourrions-nous faire pour contrer cela ? Essayer d’anéantir les sites de S-400 russes ? Ça m’a tout l’air d’une pente glissante. »

Selon ce responsable, officier dans l’armée depuis 20 ans, qui a effectué de nombreuses missions dans les ambassades américaines du monde entier, la note de désaccord « semble être le fait de carriéristes qui se sont beaucoup démenés pour atteindre un but néfaste, le renversement d’Assad, tout en refusant d’accepter que la priorité s’est déplacée et qu’il s’agit maintenant de vaincre l’EI et que, pour ce faire, peut-être faudra-t-il permettre à Assad de reprendre la situation en main. »

En fin de compte, la politique que soutient la note de désaccord mènerait les États-Unis sur le chemin de la guerre contre la Syrie et presque certainement à une guerre contre la Russie. Pendant ce temps, on a besoin plus que jamais d’initiatives sérieuses, comme celles de la représentante Tulsi Gabbard, pour forcer l’administration à concentrer ses efforts sur la lutte contre l’EI et la conclusion de la guerre civile syrienne.

Source : The Nation, le 21/06/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 

2 réponses à Des vétérans du renseignement répondent aux inconscients signataires d’une « note dissidente » à propos de la Syrie

  1. Pegaz Le 07 septembre 2016 
     

    Avec elle à la tête des USA !
    https://www.youtube.com/watch?v=PtF1j-zHTUs

  2. Pegaz Le 07 septembre 2016 
     

    Reportage de Liberty today: anglais
    Neoconned At State: ‘Diplomats’ Urge War
    https://www.youtube.com/watch?v=vRqfHzp3EdI

Lire la suite