Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

la syrie - la libye - l'iran -

Syrie – Les médias grand public mentent à propos du rapport de l’OIAC sur « l’attaque chimique » à Douma. Par Moon of Alabama.

10 Juillet 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Syrie – Les médias grand public mentent à propos du rapport de l’OIAC sur « l’attaque chimique » à Douma. Par Moon of Alabama.

Syrie – Les médias grand public mentent à propos du rapport de l’OIAC sur « l’attaque chimique » à Douma

 

Publié le 7 juillet 2018 sous le titre Syria – Mainstream Media Lie About Watchdog Report On The ‘Chemical Attack’ In Douma

Traduction : Dominique Muselet

 

Certains médias traditionnels mentent purement et simplement en communiquant les conclusions du  rapport de l’OIAC sur « l’attaque chimique » présumée à Douma.

Le Washington Post écrit :

Un organisme d’inspection international a conclu que du chlore avait été effectivement utilisé dans la ville de Douma la veille du jour où les forces rebelles se sont rendues.

Dans un premier rapport publié vendredi, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a déclaré que ses inspecteurs avaient découvert des traces de « divers produits chimiques organiques chlorés » sur deux sites qu’elle a inspectés.

L’OIAC n’a pas du tout conclu que « du chlore avait été effectivement utilisé ». Il a trouvé quelques composés chimiques dont les principaux éléments sont le chlore, le carbone et l’hydrogène dans diverses configurations. Il existe des centaines, voire des milliers, de « produits chimiques organiques chlorés ». Un tuyau en plastique fabriqué à partir de polychlorure de vinyle (PVC = (C2H3Cl)n) est composé des mêmes éléments. On pourrait l’appeler un « produit chimique organique chloré ». La combustion d’un produit en PVC libère divers composés dont beaucoup seront eux-mêmes des « produits chimiques organiques chlorés ». Mais trouver des résidus d’un tuyau en plastique ou de matériaux d’isolation brûlés dans une maison ne signifie pas que du gaz de chlore a été utilisé à cet endroit. Plusieurs des composés trouvés par l’OIAC résultent de l’utilisation du chlore pour désinfecter l’eau. On peut en trouver dans l’eau chlorée et à peu près partout où on utilise de l’eau chlorée.

La BBC a commis une « erreur » similaire. Elle a titré « La guerre de Syrie : L’attaque de Douma était du gaz de chlore – organisme d’inspection ».

 

Il a fallu que beaucoup de lecteurs protestent dans les médias sociaux et beaucoup de temps (plusieurs heures) pour que la BBC consente à corriger son « erreur ». Elle titre maintenant: « Guerre de Syrie: ‘Chlore possible’ sur le site de l’attaque de Douma – organisme d’inspection. C’est mieux, mais c’est tout de même encore un mensonge. Ni le rapport de l’OIAC, ni sa note technique (pdf) n’utilisent nulle part l’expression « chlore possible ». de plus la BBC n’a pas mis de note explicative pour indiquer que le titre original avait été modifié.

Le Daily Beast titre : Organisme d’inspection : Du chlore a été utilisé dans l’attaque chimique de la Syrie

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a déterminé que du chlore avait été utilisé dans l’attaque chimique dans la ville syrienne de Douma, mais n’a trouvé aucune preuve que des agents neurotoxiques étaient impliqués.

C’est un mensonge pur et simple. Le rapport de l’OIAC ne dit pas que du chlore a été utilisé. Il ne mentionne le chlore que deux fois et seulement à propos d’attaques précédentes.

The Independent, AlJazeerah, l’Australien ABC News et d’autres diffusent le même mensonge à leurs lecteurs.

Si tant d’organes de presse ont fait cette « erreur » c’est peut-être parce que l’agence de presse britannique Reuters a été la première à répandre cette fausse information :

Reuters a depuis lors changé le titre et le texte de cet article et écrit « produits chimiques chlorés » à la place de « chlore », mais n’a joint aucune note pour expliquer ce changement. De plus, il ne précise pas qu’on trouve des « produits chimiques chlorés » à peu près partout.

On peut douter que ces « erreurs » aient été commises par simple négligence. Les auteurs veulent plus probablement  créer la fausse impression que la Syrie est responsable d’une « attaque chimique » qui ne s’est pas produite. S’ils disaient la vérité, il leur faudrait aussi expliquer que les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont lancé une large attaque de missiles de croisière contre la Syrie sans aucune raison valable.

Moon of Alabama


Mis à jour le 10.07.2016

Syrie – Pas de sarin à Douma, les médias trouvent une nouvelle version

Par B.
Paru sur Moon of Alabama sous le titre Syria – OPCW Issues First Report Of ‘Chemical Weapon Attack’ in Douma

Traduction Entelekheia


Le 7 avril 2018, des ‘rebelles’ syriens avaient affirmé que le gouvernement syrien avait utilisé du chlore et du Sarin dans une attaque contre Douma, près de la capitale syrienne Damas. Ils avaient publié une série de vidéos qui montrait des cadavres, principalement de femmes et d’enfants.Au cours de la nuit où l’incident s’était censément produit, Douma avait été frappée par des tirs d’artillerie et des frappes aériennes en représailles contre des attaques meurtrières précédentes par des groupes dissidents ‘rebelles’ contre Damas. Jaish al-Islam, le principal groupe ‘rebelle’ à Douma, avait déjà accepté de partir pour le gouvernorat d’Idlib.

L’allégation d’attaque chimique avait été faite peu après l’annonce d’un retrait possible des troupes américaines de Syrie par le président des USA Donald Trump. Elle était destinée à le dissuader de retirer ses troupes de Syrie, ce qui a marché.

Il semblait évident depuis le départ que cette « attaque au gaz » ne s’était pas produite du tout. Le gouvernement syrien n’avait aucune raison d’utiliser des armes chimiques ou un irritant comme le chlore à Douma. Il avait déjà gagné. L’incident avait de toute évidence été mis en scène, comme d’autres auparavant, pour inciter les USA à attaquer la Syrie.

Même un célèbre organisme d’opposition avait dit qu’aucune « attaque chimique » n’avait eu lieu. Comme nous l’avions noté le 9 avril dernier,

De façon intéressante, l’organe du MI6 à Coventry, l’Observatoire syrien des droits de l’homme, ne confirme pas d’incident « au gaz ». Dans sa version des événements, 40 personnes sont mortes dans un effondrement de leur abri :

« L’observatoire syrien des droits de l’homme a rapporté des pertes plus élevées, disant qu’au moins 80 personnes ont été tuées à Douma, y compris 40 personnes mortes par suffocation. Mais il a dit que les suffocations avaient résulté de l’effondrement d’un abri anti-bombardement sur les gens qui se trouvaient à l’intérieur. »

Les médias grand public, qui ont cité l’Observatoire syrien des droits de l’homme pendant des années, l’ignorent aujourd’hui et rapportent une «attaque chimique » comme si c’était un fait prouvé.

L’organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a envoyé une mission d’investigation à Douma et enquêté sur l’incident. Avant-hier, elle a publié un rapport préliminaire et quelques-uns des résultats :

« Les laboratoires désignés par l’OIAC ont conduit des analyses d’échantillons priorisés. Les résultats démontrent qu’aucun agent neurotoxique organophosphoré ou leurs produits de dégradation n’ont été détectésdans les échantillons environnementaux ou dans les échantillons de plasma recueillis auprès de victimes alléguées. De pair avec des résidus d’explosifs, plusieurs produits chimiques organiques chlorés ont été trouvésdans des échantillons de deux sites, dans lesquels la chaîne de surveillance a été respectée. Le travail de l’équipe pour établir la signification de ces résultats est en cours. L’équipe de la mission d’investigation continuera son travail pour tirer les conclusions finales. »

L’allégation de « sarin » par les ‘rebelles’ est donc réfutée. Aucun produit de dégradation de ces produits chimiques n’a été trouvé. Les « produits chimiques organiques chlorés » variés ne sont pas surprenants. Le chlore est un produit d’emploi courant pour la purification de l’eau et le nettoyage. On trouve des « produits chimiques organiques chlorés » dans n’importe quelle habitation.

Dans les notes techniques du rapport, l’OIAC note que l’un de ses laboratoires a trouvé de l’acide acide dichloroacétique, de l’acide trichloroacétique, de l’hydrate de chloral, des trichlorophénols et des chlorophénols dans quelques-uns des échantillons que sa mission d’investigation a prélevés sur les sites de incidents allégués. Ce sont toutes des substances banales dans un environnement de constructions et particulièrement dans le voisinage d’habitations. L’acide dichloroacétique, par exemple, est un produit dérivé de la chloration de l’eau potable quand des résidus humides tels que l’acide humique sont présents. Les autres substances ne sont pas rares non plus et ont plusieurs usages domestiques.

L’autre laboratoire de l’OIAC a seulement trouvé « aucun produit chimique inscrit au tableau » de l’Organisation, [« CWC-scheduled chemicals », à savoir les produits pouvant servir à l’élaboration d’armes chimiques ou leurs résidus recensés par la Convention sur les armes chimiques, NdT] et note la présence de résidus de trinitrotoluène dans les échantillons. Le trinitrotoluène, également connu sous le nom de TNT, est un explosif largement utilisé dans les munitions militaires. Le second laboratoire ne rapporte pas les produits organiques chlorés trouvés par le premier laboratoire.

Le rapport préliminaire de l’OIAC ne dit rien sur les concentrations des substances trouvées. Sans connaître les concentrations, qui peuvent être très basses, il est impossible de conclure quoi que ce soit. Le rapport n’inclut pas non plus les témoignages recueillis par la mission auprès des victimes alléguées. Dans plusieurs reportages télévisés, le personnel médical de l’un des hôpitaux victimes de l’opération a dit qu’aucun des patients n’avait été affecté par du chlore ou des armes chimiques.

Après que les ‘rebelles’ aient dénoncé une « attaque chimique » et publié leur mise en scène de corps empilés en vidéo, le président Trump a tweeté qu’il répondrait à cette attaque. Politiquement, il ne pouvait plus faire machine arrière, même après les doutes sur les affirmations des ‘rebelles’ exprimés par Mattis. Trump a attaqué la Syrie avec une série de missiles, dont la plupart ont été abattus par la défense aérienne syrienne. Un laboratoire chimique civil a été détruit, mais personne n’a été blessé.

Le rapport préliminaire publié par l’OIAC renforce les doutes sur les affirmations des ‘rebelles’. Il n’y a pas eu d’attaque chimique à Douma. L’incident était une mise en scène.

Il faut espérer que Trump ait appris de cet épisode et qu’à l’avenir, il s’abstiendra d’émettre des menaces de violences en réponse à des incidents pour lesquels aucune raison plausible ou preuve formelle n’existent.

Traduction Entelekheia

Lire la suite

La défense antiaérienne syrienne abat un avion israélien lors d'une attaque à Homs

9 Juillet 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient

La défense antiaérienne syrienne abat un avion israélien lors d'une attaque à Homs

La défense antiaérienne syrienne abat un avion israélien lors d'une attaque à Homs

La défense antiaérienne syrienne abat un avion israélien lors d'une attaque à Homs
© Sputnik . Iliya Pitalev
 
URL courte
 

La défense antiaérienne syrienne a repoussé une attaque d'avions israéliens contre la base T4 de Homs, d'après l'agence officielle syrienne Sana. L'attaque n'a pas fait des victimes.

L'armée syrienne a repoussé une attaque d'avions israéliens qui avaient tiré des missiles air-sol contre la base aérienne de Tiyas (T4) de Homs, a annoncé l'agence syrienne Sana.

«Les systèmes de défense antiaérienne ont repoussé une agression israélienne. Ils ont intercepté plusieurs missiles et abattu un avion, obligeant les autres avions à quitter l'espace aérien syrien», a indiqué l'agence.

 

L'attaque n'a fait ni morts ni blessés, mais a provoqué des dégâts matériels.

 

L'armée israélienne ne commente pas les informations sur son implication dans la frappe.

«Nous ne commentons pas les informations de la presse étrangère», a indiqué un porte-parole de l'armée d'Israël.

D'après un officier de l'armée syrienne cité par Reuters, les troupes syriennes ont abattu des missiles tirés depuis le sud de la région de Tanf en direction de la base de Homs.

En avril dernier, l'aviation israélienne a porté une frappe contre la base aérienne syrienne T4, dans la province de Homs. Selon le ministère russe de la Défense, des avions israéliens ont tiré huit missiles dont trois ont atteint leurs cibles et cinq ont été abattus. L'agence Sana a fait état de plusieurs morts et blessés. La Syrie a réagi à l'attaque israélienne d'avril en tirant plusieurs dizaines de roquettes contre les positions israéliennes sur les hauteurs du Golan. 

Le 10 mai, l'aviation israélienne a pris pour cible des dizaines de sites syriens, ainsi que des batteries de défense antiaérienne. 

Lire la suite

u poste-frontière avec la Jordanie, militaire russes et syriens exultent

9 Juillet 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Des soldats syriens brûlent un drapeau des rebelles après la prise du poste-frontière de Nassib avec la Jordanie, dans le sud de la province syrienne de Deraa, le 7 juillet 2018 / © AFP / Youssef KARWASHAN
 
 
A quelques pas du poste-frontière de Nassib entre la Syrie et la Jordanie, des soldats du régime syrien hilares brûlent un drapeau de la rébellion qu'ils viennent de chasser de ce passage stratégique pour le commerce moyen-oriental.

"L'Etat a mis la main sur une installation économique importante, qui relie la Syrie à d'autres pays, notamment la Jordanie et les pays du Golfe", se réjouit une source militaire syrienne.
 
D'autres soldats font le V de la victoire près d'un tank décoré d'un portrait du président Bachar al-Assad tandis que des agents de la police militaire russe se tiennent arme à la main, près d'un camion surmonté d'un drapeau aux couleurs de la Russie, allié indéfectible du régime syrien dans sa guerre contre les insurgés.

Après avoir déchaîné un déluge de feu sur la province méridionale de Deraa depuis le 19 juin, le régime syrien et les Russes ont fait plier les rebelles.

A l'issue d'un accord, ces derniers leur ont entre autres cédé vendredi le contrôle de ce poste-frontière stratégique avec la Jordanie dont ils s'étaient emparés il y a trois ans.

Autrefois vital pour le transit de marchandises au Moyen-Orient, Nassib, appelé Jaber du côté jordanien, porte les stigmates de la guerre qui ravage la Syrie depuis mars 2011.

- Arche écroulée -
 
Des membres de la police militaire russe au poste-frontière syrien de Nassib avec la Jordanie après sa reprise aux rebelles par les forces prorégime en Syrie, le 7 juillet 2018 / © AFP / Youssef KARWASHAN
 
 
Une des arches sous lesquelles passaient les véhicules est en partie écroulée, avec des blocs de béton maintenus précairement dans les airs par des barres de fer désarticulées.

Entravant le passage sur plusieurs voies, deux porte-conteneurs gisent renversés, sous une pancarte sur laquelle on peut lire "douanes" en anglais.

Malgré ces destructions, le régime syrien espère que la reconquête de ce passage frontalier va permettre de relancer les échanges commerciaux et l'économie du pays.

C'est en effet par là que transitaient les marchandises produites dans le secteur gouvernemental syrien, à destination de la Jordanie puis du Golfe.

Avant le conflit, des centaines de camions transitaient quotidiennement via la zone franche de ce poste-frontière, transportant les importations et les exportations de la Jordanie et assurant aussi la connexion entre le royaume hachémite et l'Europe, via la Turquie.

En reprenant Nassib, le régime contrôle désormais près de la moitié des 19 postes-frontières officiels avec les pays voisins: Liban, Irak, Turquie, Jordanie.
 
Des soldats syriens font le V de la victoire près d'une photo du président Bachar al-Assad accrochée à un char, au poste-frontière de Nassib, à la frontière jordanienne, après sa reprise aux rebelles, le 7 juillet 2018 / © AFP / Youssef KARWASHAN
 
 
 
Fort du soutien militaire de ses alliés indéfectibles, Russie et Iran en tête, le régime de Damas est plus que jamais déterminé à asseoir son pouvoir sur l'ensemble de la Syrie, ravagée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 350.000 morts et des millions de réfugiés et déplacés.

Multipliant les victoires face aux rebelles et aux jihadistes à travers un pays morcelé, il contrôle déjà plus de 60% du territoire.

Dans la province méridionale de Deraa, considérée comme le "berceau de la révolte syrienne" contre le pouvoir d'Assad, les bombardements meurtriers ont fini par contraindre les rebelles à accepter un accord négocié par Moscou.

Il instaure un cessez-le-feu, prévoit le désarmement des insurgés de Deraa et le retour des institutions de l'Etat dans la région.

A Nassib, un des soldats apparaît soudain, tongs aux pieds. "Ne me filmez pas, c'est la première fois que je les porte. Je n'avais pas enlevé mes bottes depuis 20 jours".



(©AFP / 07 juillet 2018 23h55)
Lire la suite

Ingérence française au Yémen : Honte et manipulation ! Par Richard Labévière

9 Juillet 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Politique étrangère

 

9.juillet.20189.7.2018 // Les Crises
 
Ingérence française au Yémen : Honte et manipulation ! Par Richard Labévière
 

Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 25-06-2018

Beyrouth, 24 juin 2018.

Chacun de souvient de l’une des photos les plus célèbres de la guerre du Vietnam : ce 8 juin 1972 – dans le village de Trang-Bang – une effroyable bavure est commise par l’aviation sud-vietnamienne, qui combat les forces communistes du Nord aux côtés des Etats-Unis. Mal renseignés, les bombardiers Skyraider se trompent de cible et larguent des bombes au napalm sur un temple qui abrite non pas des Viêt-Congs, mais leurs propres soldats et de nombreux civils.

Kim Phuc – neuf ans – figure parmi les victimes de cette erreur tragique. Alertés par le passage préalable d’un avion de reconnaissance, « Phuc » (c’est son prénom qui signifie « bonheur ») et sa famille voient s’abattre sur eux les bombes incendiaires. Le déluge de napalm – pouvant atteindre les 1 200 degrés Celsius – inflige à la fillette de terribles brûlures. Ses vêtements soufflés, Phuc s’extirpe des flammes, laisse derrière elle ses parents et se retrouve à fuir sur la route 1 de Trang Bang.

À quelques centaines de mètres, le photographe Nick Ut a assisté à toute la scène. Avec un groupe de reporters, il voit des civils surgir de la fumée. Parmi eux, il photographie la grand-mère de Kim Phuc portant dans ses bras le corps inerte d’un petit garçon. Lorsque la fillette parvient à sa hauteur, Nick Ut tire de son sac un quatrième et dernier appareil encore chargé, un Leica M3. Il immortalise la détresse de la petite fille qui répète sans cesse les mêmes mots : « trop chaud ! Trop chaud ! »

« On les massacrait avant de les soigner… », paradoxe des guerres occidentales modernes que Francis Ford Coppola fait dire au capitaine Willard, son héros d’Apocalypse Now, palme d’or au Festival de Cannes en 1979.

Toute proportion gardée, c’est un peu ce que la France éternelle fait au Yémen et s’apprête à faire à la fin du mois à Paris. L’initiative a été annoncée le 10 avril lors d’une visite en France du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane : l’organisation – à Paris – d’un « sommet humanitaire » rassemblant les donateurs susceptibles de se mobiliser au service… du Yémen, les deux co-organisateurs (la France et l’Arabie saoudite), chacun dans sa catégorie étant des co-bélligérants directement impliqués dans cette guerre particulièrement meurtrière, occultée par la propagande quotidienne déversée sur la guerre civilo-globale de Syrie : Bachar al-Assad est un boucher sanguinaire, Mohammed ben Salmane et son homologue émirien étant de joyeux humanistes réformateurs. Défense de sourire !

On croyait être définitivement sorti des inepties néo-coloniales de Bernard Kouchner. Erreur, profonde erreur ! Comme en Syrie, les pays occidentaux aident et arment les jihadistes engagés au Yémen (recrutés par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis/EAU), sous prétexte d’aide humanitaire et de lutte contre « l’impérialisme iranien ». Nouvelle défense de sourire !

Bref, le 27 juin prochain à Paris, autant dire que cette conférence « humanitaire » risque de tourner au ridicule, comme un congrès de sapeurs-pompiers avec pyromanes comme invités d’honneur, comme un sommet de diabétiques enfermés dans une pâtisserie…

GUERRE CLANDESTINE

Et pourtant, les bombardements de la coalition saoudienne s’apparentent à des crimes de guerre selon les propres critères des Nations unies. Cela dit, Riyad est parvenu – jusqu’à maintenant – à empêcher l’ONU d’enquêter sur les quelques 15 000 civils tués depuis janvier 2017, tout bilan officiel restant impossible à établir. L’ONU et plusieurs ONGs évoquent des épidémies de famine, de choléra, ainsi que des milliers de blessés et déplacés. Une « catastrophe entièrement causée par l’homme », souligne le dernier rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCR) de l’ONU. À cela s’ajoutent la destruction partielle de la vieille ville de Sanaa, patrimoine mondial de l’humanité et l’expansion de la Qaïda dans la péninsule Arabique (AQPA) : « AQPA est plus puissant que jamais. Alors que la destruction de l’organisation « État islamique » fait les gros titres (…), la Qaïda reste un modèle de réussite ». L’organisation a notamment « su exploiter une économie de guerre florissante », écrit la chercheuse d’International Crisis Group April Longley Alley. L’Arabie saoudite a inondé le Yémen de fusils d’assaut Steyr-AUG, une partie d’entre eux a atterri entre les mains d’AQPA !

« La France a octroyé pour un peu plus de 16 milliards d’euros de licences pour la seule Arabie saoudite en 2015 et livré à ce pays pour 900 millions d’euros d’équipements militaires la même année (…) À aucun moment, le gouvernement n’a indiqué ces deux dernières années qu’il avait refusé, révoqué ou suspendu des autorisations d’exportation », commente pour sa part Amnesty International.

Depuis plus de deux ans, une guerre menée par les plus riches pays du Proche-Orient – voire du monde – contre le plus pauvre se poursuit, dans une large indifférence politique et médiatique. Le 26 mars 2015, l’Arabie saoudite – suivie de dix pays sunnites – lance une opération militaire aérienne au Yémen contre les Houthis du Nord. Les partisans d’Abdel Malek Al-Houthi avaient forcé la démission le président de la transition Abd Rabbo Mansour Hadi en s’alliant avec leur ancien opposant, Ali Abdallah Saleh. Au début de l’offensive, les Houthis occupent militairement la capitale Sanaa et la principale ville du sud, Aden. Sollicités par Hadi, les Saoudiens et leurs alliés prétendent vouloir le rétablir et contrer l’« avancée iranienne ». Le Conseil de sécurité de l’ONU donne son aval et la France, le Royaume-Uni et les États-Unis fournissent les fusils !

« DIPLOMATIE ECONOMIQUE »

Dès son arrivée à l’Elysée, Nicolas Sarkozy a commencé à mettre en œuvre l’une de ses promesses de campagne : rééquilibrer la politique étrangère de la France au Proche-Orient en faveur d’Israël. L’un des corollaires de cette volonté signifiait d’appuyer le rapprochement des monarchies du Golfe avec Tel-Aviv. Ainsi, l’Elysée s’emploiera à faire du Qatar l’un de ses premiers partenaires dans la région : le petit émirat paiera la libération des infirmières bulgares pour que Cécilia vienne faire un show « humanitaire » à Tripoli (Libye). Ensuite, il paiera aussi le divorce de la même Cécilia avec le président de la République française qui exonèrera – en retour – le Qatar de toute espèce de fiscalité sur ses transactions immobilières en France.

En juillet 2007, à la suite d’une demande émirienne, Nicolas Sarkozy s’engage à développer une présence militaire permanente dans ce pays. Elle est annoncée en janvier 2008, lors d’une tournée dans le Golfe du président de la République. La base française d’Abou Dhabi est officiellement inaugurée le 26 mai 2009 dans l’espoir de voir les Emiriens acheter le Rafale français. La promesse de vente tournera court, mais François Hollande ne reviendra ni sur l’existence de la base émirienne, ni sur les privilèges fiscaux accordés au petit Qatar. Au contraire, il accentuera le trait avec la fameuse « diplomatie économique » portée par son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius.

Avec Emmanuel Macron, la politique étrangère néo-conservatrice de la France va se poursuivre et s’accentuer : soutien inconditionnel à Israël et aux monarchies pétrolières sunnites avec lesquelles les affaires vont s’intensifier. Selon les meilleures sources, on peut relever que :

  • dès le déclenchement de la guerre au Yémen, l’armée française « a effectué des vols de reconnaissance au-dessus des positions houthis pour le compte du client saoudien et continué à former ses pilotes de chasse »;
  • la France a également transféré des nacelles Thalès Damocles XF de désignation de cible et de guidage de bombes, que les forces saoudiennes placent sous leurs avions de chasse – ce qui n’empêche pas les « bavures » ;
  • trois mois après le début du conflit, un avion ravitailleur Airbus 330-200 MRTT a été livré à l’Arabie saoudite. C’est le dernier d’une flotte de six. En avril 2017, deux de ces avions étaient déployés au Yémen. Indispensables à la guerre en cours, ils ravitaillent en vol les F-15 saoudiens ;
  • des canons Caesar 155 mm de l’entreprise française Nexter, des hélicoptères de transport Cougar du groupe EADS et des drones de renseignement militaire SDTI de l’entreprise française SAGEM sont livrés à la coalition saoudienne ;
  • en 2016, la France a livré 276 blindés légers indique son propre rapport de juillet 2017 au secrétariat du TCA. Ce lot est composé de blindés légers Renault Sherpa light et Vab Mark 3 du groupe Renault Trucks Defense, originellement destinés au Liban. Dès février 2016, face à l’échec des campagnes de bombardements, la coalition s’appuie sur des milices locales équipées de véhicules légers émiratis Nimr pour tenter de déloger les forces houthis. L’arrivée des blindés légers français, qui se faufilent sans difficulté dans les rues étroites des villes arabes, s’inscrit pleinement dans cette stratégie de contre-insurrection déployée au sol. Et les Sherpa light sont équipés de capteurs de dernière génération offrant une protection contre les engins explosifs improvisés ;
  • la coalition fait également usage de petits patrouilleurs, en soutien aux navires de guerre, pour assurer le blocus du Yémen. Si l’entreprise française Couach bloque à quai deux patrouilleurs rapides à destination du Yémen en raison de l’embargo, elle débute ses livraisons d’intercepteurs rapides à l’Arabie saoudite dès août 2016 ; 39 nouveaux exemplaires de ce type d’unités sont destinés à Riyad ;
  • pour assurer le blocus qui affame la population, la coalition utilise des Corvettes Baynunah livrées aux EAU. L’artillerie et les marines de la coalition sont, par ailleurs munies de systèmes électroniques de navigation vendus par SAFRAN, des équipements essentiels à la logistique des tirs ;
  • enfin, 745 fusils de précision ont été livrés à Riyad en 2015 et 500 en 2016 selon les rapports au Parlement sur les exportations d’armes de 2016 et 2017.

Dernièrement, plusieurs parlementaires français – accompagnés de l’ambassadeur de France à Riyad et de son épouse – sont allés se féliciter bruyamment, dans la province de Mareb contrôlées par les Saoudiens, de l’excellence des efforts humanitaires de leurs hôtes… Fallait oser, mais c’est fait ! Et le pompon, c’est bien-sûr, la dernière affaire du déminage du port d’Hodeïda ! Le 15 juin, Le Figaro affirme : « alors que les forces progouvernementales ont annoncé s’être emparées vendredi de l’aéroport d’al-Hodeïda, la France entend s’impliquer dans le déminage du port, la véritable cible de la bataille lancée il y a trois jours par les troupes yéménites, appuyées par les EAU et l’Arabie saoudite, pour chasser les rebelles houthis pro-iraniens de cette ville stratégique sur la mer Rouge. Mais comme l’engagement français dans cette guerre oubliée est source de contestation, le ministère des Armées avance sur des œufs… » On ne saurait mieux dire !

UNE FUITE LACANIENNE

Le 13 juin, le Quai d’Orsay a indiqué que le président Emmanuel Macron, après s’être entretenu avec Mohammed ben Zayed, prince héritier d’Abou Dhabi, avait « évoqué la situation politique et militaire au Yémen, et notamment à Hodeïda » et « appelé les parties prenantes à la retenue et à la protection des populations civiles. » « La France rappelle que seule une solution politique négociée, y compris à Hodeïda, permettra de mettre fin de manière durable à la guerre au Yémen et d’arrêter la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire dans ce pays », a souligné le porte-parole du Quai.

Mais sous cette langue d’acajou, il s’agit de bien autre chose ! Un responsable émirien a déclaré à l’agence de presse Reuters, que la France aurait « accepté d’apporter une assistance en matière de déminage dans le cadre de l’opération militaire lancée par la coalition sunnite pour reprendre le port d’Hodeïda. » Et d’ajouter : « Les États-Unis ont rejeté pour leur part la requête d’Abou Dhabi qui leur demandait des moyens de renseignement, de surveillance aérienne, de reconnaissance et de déminage ».

Quelques heures plus tard, le ministère des Armées a confirmé qu’une telle opération était dans les tuyaux. « Il n’y a pas d’action militaire française aujourd’hui dans la région de Hodeïda, et la France ne fait pas partie de la coalition qui est engagée sur ce théâtre », a-t-il commencé par préciser. Toutefois, Le Figaro affirmait que des membres des forces spéciales françaises étaient déjà présents au Yémen, aux côtés des troupes émiriennes.

Ainsi, « deux sources militaires contactées par Le Figaro révèlent également que des forces spéciales françaises sont présentes aux côtés des Émiriens au Yémen », affirme le journaliste Georges Malbrunot dans l’édition datée du 16 juin 2018. La ministre de la Défense Florence Parly dément aussitôt et elle a raison. Les soldats français présents dans le port d’Hodeïda ne font pas partie des Forces spéciales françaises, mais sont des plongeurs-démineurs du Service-action de la DGSE (nos services extérieurs), dédiés aux opérations clandestines. Par conséquent, circulez, y’ rien à voir et c’est bien normal ! La dissociation entre Forces spéciales destinées aux opérations extérieures publiques et le Service-Action, spécialisé dans des actions clandestines – devant restées classifiées « confidentiel » ou « très confidentiel » – demeure l’apanage légitime de n’importe quelle démocratie. La carabistouille est ailleurs et révélatrice d’un nouveau dysfonctionnement de la communication présidentielle !

Depuis plusieurs mois, Saoudiens et Emiriens se plaignaient auprès de leurs interlocuteurs français, leur tenant à peu près ce langage : « on vous achète quantités de matériels et d’armements alors que vous ne nous apportez pas le moindre soutien politique public et ça commence à bien faire ! » Les communicants de l’Elysée ont alors imaginé le montage d’une fuite émirienne à Reuters qui serait reprise par notre cher Georges national du Figaro. En effet, celui-ci n’aurait jamais exploiter une telle information sans obtenir le feu vert, sinon l’encouragement de ses sources du ministère de la Défense !

En France, les anciens otages ont un statut tout à fait particulier. Non seulement immédiatement érigés au statut d’expert multifonctions, ils doivent se souvenir quotidiennement comment ils ont retrouvé la liberté. En l’occurrence, la libération de Georges et de son collègue Christian Chesnot a coûté plusieurs millions d’euros environ sept) prélevés dans les fonds spéciaux de la DGSE, c’est-à-dire de l’argent public et cela mérite bien quelques renvois d’ascenseurs…

Par conséquent, l’information de l’engagement yéménite des armées françaises aux côtés de la coalition saoudo-émirienne est bien sortie, même si toute la vérité n’est pas dite. Héroïne lacanienne, Florence Parly dit toujours, toujours la vérité, mais pas toute… parce que les mots y manquent ! Et c’est même par cette impossibilité qu’elle participe au réel !

Et le psychanalyste Jacques Lacan aurait certainement ajouté que le réel, c’est quand on se cogne… Quoi qu’il en soit, la France et ses armées sont – aujourd’hui – engagées au Yémen, aux côtés des EAU et de l’Arabie saoudite (deux grandes démocraties bien connues), en train de massacrer l’un des pays les plus pauvres de la terre. Un jour, ces gens auront des comptes à rendre, les responsables français qui ont pris la responsabilité d’engager notre pays aussi !

Autrement dit, et excusez notre familiarité Monsieur le président de la République : « au Yémen Manu, t’es nul, complètement nul ! Arrête de déconner… » Bonne lecture néanmoins et à la semaine prochaine.

Richard Labévière
25 juin 2018

Pour aider le site Proche & Moyen-Orient c’est ici

Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 25-06-2018

Lire la suite

Une frappe de la coalition US dans la province d'Homs, un soldat syrien tué. Que veulent les yankees!

22 Juin 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Une frappe de la coalition US dans la province d'Homs, un soldat syrien tué. Que veulent les yankees!

Une frappe réalisée par la coalition US dans la province d'Homs a fait un tué et plusieurs blessés parmi les soldats syriens, a indiqué une source militaire à Sputnik.

Des avions de la coalition internationale menée par les États-Unis ont effectué un raid contre les positions de l'armée syrienne dans l'est de la province d'Homs. Un soldat a été tué, a annoncé à Sputnik un commandant militaire.

«Les avions appartenant à la coalition conduite par les USA ont porté des frappes aériennes contre les positions de l'armée à Jabal Ghurab, à 150 kilomètres à l'est de Palmyre, près de la frontière irakienne», a-t-il précisé.

 

Selon lui, un militaire syrien a été tué et plusieurs autres blessés lors de l'attaque.

 

Peu avant, l'agence syrienne Sana a annoncé qu'au moins huit personnes avaient été tuées dans les bombardemements de la coalition dans la province de Deir ez-Zor. 

Le ministère russe des Affaires étrangères a souligné à plusieurs reprises que les actions de Washington et de sa coalition en Syrie étaient menées sans accord ni coordination avec Damas, ainsi que sans résolution de l'Onu.

Lire la suite

Un groupe naval US dirigé par un porte-avions arrive en Méditerranée

15 Juin 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Un groupe naval US dirigé par un porte-avions arrive en Méditerranée

Combattre le terrorisme ou contrer les «défis» émanant de Moscou et de Pékin, comme l’écrit la presse américaine? Un groupe naval américain arrive en Méditerranée.

Un groupe de navires de l'US Navy dirigé par le porte-avions USS Harry S. Truman a fait dimanche son entrée dans la Méditerranée. Selon le communiqué officiel de la marine américaine, l’objectif est la poursuite de la lutte contre Daech* en Syrie et en Irak.

«Pour assurer le soutien aux frappes aériennes, le groupe de navires conduit par l’USS Harry S. Truman est reparti pour combattre Daech*», est-il indiqué.

 

Et d’ajouter que ceci envoyait un signal aux partenaires de Washington, prouvant que les États-Unis sont «partout où la menace terroriste existe», a déclaré le contre-amiral Eugene Black, cité dans le communiqué.

 

Plus tôt, les médias américains, notamment le magazine Defense News, avaient communiqué que le porte-avions et les navires qui l’accompagnent pourraient rester en Méditerranée pour une longue durée et ce pour contrer les «défis» émanant de la Russie et de la Chine. Pourtant, ces informations n’ont pas été confirmées par le Pentagone.

*Organisation terroriste interdite en Russie

Lire la suite

Syrie: qui attaque réellement l'armée régulière et les forces russes? Par Karine Bechet Golovko

29 Mai 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

lundi 28 mai 2018

 
Syrie: qui attaque réellement l'armée régulière et les forces russes?
 


Deir ez-Zor est une zone stratégique qui fut l'objet de nombreux combats. Tenue par les forces américaines, les tentatives de l'armée syrienne de reprendre le contrôle de ce territoire au sous-sol particulièrement riche se sont toujours terminées par une attaque frontale de la "coalition" américaine. Il y a quelques jours encore, l'armée régulière syrienne, aidée par la Russie, s'est faite attaquée. Quatre militaires russes sont morts. Il semblerait pourtant que Daesh ait bon dos, certains parlent de l'implication de "l'opposition modérée", celle formée par les Etats-Unis. Au-delà des discours sur les plateformes internationales parlant d'un règlement commun du conflit en Syrie, il est évident que les intérêts en présence sont trop divergents.
 
 
Deir ez-Zor est l'objet de combats récurrents, à l'occasion desquels l'armée américaine et leurs alliés de ''l'opposition démocratique" (démocratique puisque d'opposition, logique) attaquent l'armée syrienne, pourtant armée d'Etat combattant sur son territoire (voir notre texte ici). Ce qui finalement correspond plus au mode d'action d'un pays instaurant un régime d'occupation d'un territoire étranger, que de mécanismes de lutte contre le terrorisme.
 
Il semblerait pourtant que les attaques soient également dirigées contre la Russie, en tant qu'elle soutienne l'armée syrienne et empêche ainsi la victoire des "terroristes modérés", soutenus par l'Occident. Terroristes formés et armés par eux. Notamment sur la base américaine, non autorisée par le gouvernement syrien, qui se trouve à al-Tanf. Cette base militaire, aménagée par le Pentagone en 2014, qui sert notamment à l'entraînement des groupes radicaux. La Russie a plusieurs fois demandé la fermeture de cette base, illégale, qui bloque aussi l'accès de l'aide humanitaire au camp de réfugiés qui avait été installé dans la région et compte plus de 50 000 personnes, femmes et enfants, placés sous le joug de groupes extrémistes, qui l'ont divisé en plusieurs secteurs. Sans que cela ne dérange nullement la très démocratique coalition américaine, ni que la presse ne s'indigne.
 
C'est dans ce contexte qu'il faut comprendre l'attaque subie par les forces syriennes la semaine dernière. Dès le 21 mai, une nouvelle, la troisième, attaque de drones militaires sur la base russe de Lattakié est repoussée. Cela se passe sur fond de libération totale de Damas des groupes extrémistes. Donc de défaite des groupes pro-américains, soutenus par la coalition.
 
Dimanche, le ministère russe de la défense annonce qu'une attaque a été perpétrée contre l'armée syrienne dans la région de Deir ez-Zor, en résultat de quoi 4 militaires russes sont morts, dont deux conseillers en artillerie, et trois sont blessés. Si les regards sont évidemment tournés vers les groupes extrémistes de l'état islamique, le journal libéral Kommersant avance la possibilité d'une autre voie examinée par la Russie, à savoir celle de la participation de cette incontournable "opposition modérée" pro-américaine.
 
Selon une source militaire, les combats ont eu lieu en milieu de semaine dernière. Quelques jours auparavant, des militaires russes sont arrivés dans la région pour coordonner l'artillerie syrienne et former les Syriens à leur utilisation. Dans la nuit du 23 mai, une attaque violente, par des forces extrêmement bien formées, a duré plus d'une heure. 43 extrémistes ont été tués et plusieurs véhicules militaires détruits. La Russie enquête pour savoir ce qui s'est passé et qui est intervenu. En dehors de l'état islamique, il semblerait que des membres de l'Armée libre syrienne (dont les accointances avec Al Nosra sont depuis longtemps révélées) soient présents sur la base américaine d'al-Tanf et formés avec d'autres groupes de "l'opposition modérée" par la coalition américaine. Sauf que ces groupes "d'opposition" ne se battent manifestement pas contre les groupes radicaux, mais avec les groupes radicaux contre l'armée syrienne régulière et ceux qui la soutiennent. Nous sommes assez loin de la lutte contre le terrorisme.
 
S'il s'agit bien de défendre bec et ongles une région riche et stratégique, que les Etats-Unis n'ont absolument ni l'intention, ni l'intérêt de rendre à la Syrie, cette attaque montre que finalement cette "coalition démocratique" est prête à aller très loin, voire attaquer les militaires russes sur place, soit directement, soit en lançant des groupes plus ou moins officiellement radicalisés.
 
 
 
 
 
Lire la suite

Publié depuis Overblog et Facebook et Twitter

27 Mai 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Deir ez-Zor: première défaite US/Otan
Deir ez-Zor: première défaite US/Otan

À Deir ez-Zor, une offensive-éclair des terroristes de Daech, soutenus par les avions de combat US, a coûté la vie à 16 soldats syriens et en a blessé 14 autres.

Selon SANA, les régions occupées au sud du gouvernorat de Homs ont connu une nuit particulièrement agitée mercredi soir après des mois de calme relatif.

De très violents combats ont éclaté quand les terroristes, soutenus par les unités aériennes US, ont pris d’assaut les positions de l’armée syrienne non loin du triangle frontalier qui se trouve entre la Jordanie, la Syrie et l’Irak.

Une source proche de l’armée syrienne a affirmé à l’agence d’information iranienne Fars News que la violente offensive avait été lancée depuis la banlieue du sud-est de la station de pompage T2 et visait les positions de l’armée syrienne à proximité du barrage.

Une colonne de voitures piégées a attaqué les positions de l’armée syrienne avant que les terroristes ne lancent une violente offensive sur les deux axes de Beer al-Tayara et d’al-Jouda. Ils cherchaient à s’emparer de Tel al-Sweid et de Atshan situés dans la banlieue sud du barrage Uwairaz.

Des combats, d’une violence inouïe, ont duré pendant 5 heures et l’armée syrienne a fini par repousser l’assaut. Le bilan des pertes dans les rangs des terroristes et des officiers de l’Otan qui ont directement appuyé l’opération depuis leur QG à al-Tanf, s’élève à 57 morts. Des dizaines d’autres auraient été blessés. Plusieurs pick-up équipés d’une mitrailleuse lourde, douchka, ont également été détruits.

Par Daech interposé, les États-Unis cherchaient à couper la route reliant la station de pompage T2 à Hmeimah, soit la principale voie d’approvisionnement de l’armée syrienne et de ses alliés depuis l’est de Homs vers les frontières avec l’Irak. L’implication directe des forces américaines et françaises dans cette offensive est confirmée: c’est depuis leur cellule d’opération à al-Tanf que les officiers occidentaux ont agi sans réussir.

Cette attaque US coïncide  avec une offensive de Daech dans la zone dite de « déconfliction » longeant l’Euphrate mais également beaucoup plus loin à l’ouest, près de la station T3 de Palmyre. Mais cette offensive a été également repoussée. Selon les sources proches de l’armée syrienne, les forces syriennes tout comme leurs alliés du Hezbollah étaient bien aux aguets au moment de l’attaque. Peu avant l’attaque aérienne US, des militaires syriens surveillaient l’évolution de militaires étrangers arborant le pavillon des Forces démocratiques syriennes (FDS) assez loin des zones où ils ont été déployés.

Ces militaires « occidentaux » ont failli se faire capturer avant que l’aviation de la coalition US ne viennent les secourir. Les chasseurs américains auraient été de type F-15, selon cette source dont l’information reste à confirmer. Le 1er mai un contingent composé de 60 snipers français a été arrêté par l’armée syrienne à Hassaké. Il agissait lui aussi sous pavillon des FDS. Depuis deux mois, les forces spéciales Us et de l’Otan opèrent sur les frontières syro-irakiennes et au nord est de la Syrie. Ils projettent une vaste offensive contre l’armée syrienne et ses alliés pour reprendre le terrain perdu.

source:http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i65144-deir_ez_zor_première_défaite_us_otan

Lire la suite

Syrie: des snipers français interpelés par les forces régulières syriennes. Par Karine Bechet Golovko

19 Mai 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

jeudi 17 mai 2018

Syrie: des snipers français interpelés par les forces régulières syriennes
 
 
 
 
La question de la présence militaire française au sol en Syrie est une question extrêmement délicate, la Syrie est un Etat souverain, qui n'a en rien appelé la République à son secours. Des forces au sol seraient donc signe d'une ... occupation. Or, 60 snippers français viennent de se faire interpeller par l'armée régulière syrienne, après s'être perdus. Rassurez-vous, ils furent libérés, mais que faisaient-ils là-bas? Que faisons-nous là-bas? Etrangement, aucune info ne filtre dans la presse française ...
 

 
Les faits: 60 militaires français au sol en Syrie hors mandat international
 
Le 1er mai, à la frontière entre l'Irak et la Syrie, un cortège de 20 Jeeps blanches avec 60 militaires français rencontre un groupe des Forces démocratiques syriennes (Kurdes) qui doit les accompagner sur le territoire syrien. 
 
 
Sortant d'Irak, les militaires français et le groupe Kurde devaient ensemble se rendre à El Qâmichli, que les forces kurdes et régulières syriennes se partagent. Mais arrivés à la ville de Al-Malikiyah, étrangement, les deux groupes se séparent et les Français continuent seuls. 
 
C'est alors que dans la région de El Hassekeh, ils se trompent et au lieu de passer par le poste de contrôle tenu par les Kurdes, ils se dirigent droit sur le poste de contrôle tenu par l'armée syrienne régulière, à laquelle ils se rendent sans aucune résistance.
 
En fouillant, les véhicules, les soldats syriens découvrent des fusils de snipers, des viseurs de nuit et différentes armes de guerre. Etrange arsenal pour des "conseillers", comme le déclare Paris:
Le ministère français de la Défense avait reconnu en juin 2016 la présence de forces spéciales françaises en Syrie "pour conseiller les FDS contre l’EI
Après interrogatoire, l'on apprend que ces militaires, snipers français, devaient ensuite se diriger vers le centre de la Syrie, à El Hassekeh puis encore plus profondément à Deir ez Zor, cette zone tenue par les Américains qui ont la fâcheuse tendance de tirer sur l'armée régulière syrienne qui ose se rapprocher de trop près ... sur son territoire ...
 
Les Kurdes sont intervenus et ont négocié leur libération, ce qui fut fait, puisque les Forces démocratiques syriennes se sont récemment ralliées aux forces gouvernementales dans la lutte contre l'Etat islamique. Mais les Français n'ont pas expliqué quelle était leur mission en territoire étranger.
 
L'aide française aux Kurdes
 
La question de la présence française au sol en Syrie pose la question de la légalité de l'intervention française dans un pays souverain, hors mandat de l'ONU et hors demande du pays concerné. Dès 2016 le ministère de la défense reconnaissait une "certaine" présence française, sans jamais préciser ni son ampleur, ni ses missions, ni son déploiement. Le floue est de mise lorsque l'illégalité est patente.
 
En mars de cette année, le Président Macron déclare qu'il faut aider les Kurdes, contre les Turcs. Et cela en Syrie. Sur quel mandat? Aucun. Mais il faut. La Présidence française tente de troquer la légalité indéfendable par une légitimité communicable. Toutefois, ici aussi, la politique louvoie. Et pour cause, l'opération reste totalement illégale:
Après la rencontre avec Emmanuel Macron, un représentant des Kurdes syriens à Paris a déclaré que le président français avait promis l'envoi de troupes françaises dans la région de Manbij. Vendredi, l’Élysée a démenti cette déclaration, affirmant que "la France ne prévoit pas de nouvelle opération militaire sur le terrain dans le nord de la Syrie en dehors de la coalition internationale anti-Daech (acronyme de l'EI en arabe)".
Lorsque la Russie est intervenue en Syrie, il y a eu un débat au Parlement, une décision présidentielle officielle entérinant un concensus politique. Lorsque la France intervient en Syrie, elle se cache dans les juppons des Etats-Unis, envoie des snipers qui se perdent dans le désert. 

Le Gouvernement français pourrait peut-être nous expliquer quel combat nous menons en Syrie et sur quel fondement?
 
 
Lire la suite

La Syrie attaquée par des ovnis, par Richard Labévière

9 Mai 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

La Syrie attaquée par des ovnis, par Richard Labévière
 
9.mai.20189.5.2018 // Les Crises
 
La Syrie attaquée par des ovnis, par Richard Labévière
 

Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 07-05-2018

Dès janvier 2011, c’était mal parti avec la résurgence de mouvements anciens, complexes et changeants, mais aussitôt qualifiés par les observateurs pressés de « révolutions arabes ». Révolutions, carrément ! Il se trouva même deux anciens militants trotskistes – Benjamin Stora (spécialiste de l’Algérie) et Edwy Plenel (spécialiste de tout) – pour commettre un livre : Le 89 arabe – Réflexions sur les révolutions en cours. Un livre à ouvrir dès qu’on est un peu mélancolique, tant ses contes et légendes sont à mourir de rire.

L’auteur de ces lignes se souvient d’une confrontation télévisée avec Samir Aïta – éternel courtisan de tous les défecteurs syriens, de Rifaat al-Assad à Moustapha Tlass en passant par Abdel Halim Khaddam – dont l’obsession est de devenir ministre, un jour… Ceint d’une écharpe rouge, rouge comme celle de Christophe Barbier (révolutionnaire en chef de L’Express), le sieur Aïta ne cessait d’invoquer – trémolos dans la voix – la « révolution » syrienne ! A la dixième évocation récurrente du même type, votre serviteur se permet de mettre en garde l’imprécateur contre l’abus textuel du terme ! Réponse courroucée du pré-ministre : « mais vous, jeune homme qu’est-ce que vous pouvez bien connaître des révolutions ? »

IL ETAIT UNE FOIS LA REVOLUTION

Quelle grande joie de pouvoir retorquer que – comme jeune reporter – j’avais eu la chance de pouvoir couvrir la chute d’Anastasio Somoza au Nicaragua et de travailler, quelque temps, avec les plus hauts responsables du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), précisant que « la révolution sandiniste » fut marquée par : une réforme agraire, la nationalisation des grandes exploitations de la United Fruit Company et la promotion des droits des femmes. Une vraie révolution, de vraies ruptures avec l’ordre économique, social et politique d’une sanglante dictature soutenue par les Etats-Unis. Je concluais en n’observant rien de tel dans la prétendue « révolution » syrienne, sinon les crimes d’une bande de jihadistes cherchant à détruire l’Etat-nation syrien, avec l’aide des puissances occidentales, des pays du Golfe et d’Israël. Samir Aïta faillit défaillir…

Complaisamment relayée par la presse occidentale, l’autre fable « révolutionnaire » consista à répéter que, de mars à juillet 2011 s’était développé un « mouvement social » pacifique, parti de la ville frontalière (avec la Jordanie) de Deraa, s’étendant « spontanément » à l’ensemble du pays… Rien n’est plus faux ! Après trois années de sécheresse, la révolte de Deraa mis, immédiatement, aux prises plusieurs milliers de journaliers agricoles (originaires du nord-ouest du pays) aux forces de l’ordre locales, avec l’appui de groupes armés des Frères musulmans venus de Jordanie.

L’auteur de ces lignes a pu visionner des images recueillies par un service européen de renseignement sur lesquelles on peut voir trois hommes masqués – armés de M-16 – tirer sur un poste de police de Deraa depuis les toits plats de la Médina. Cette séquence date du 23 mars 2011. Certes, cette explosion sociale a été durement réprimée, mais elle a été – dés le début – un mouvement de confrontation directe avec les autorités légales, confrontation soutenue et nourrie par les Frères musulmans syriens, basés en Jordanie, en Allemagne, en Grande Bretagne et aux Etats-Unis. La suite est connue !

Par conséquent et dès le début, les événements de Syrie ont été, inconsciemment ou délibérément, mal compris ! A Paris, sur le plan de l’instrumentalisation construite à dessein, trois chantres de la « révolution syrienne » ont, abondamment donné de leur personne : un historien auto-proclamé ayant un compte personnel à régler avec les autorités syrienne; une chercheuse de la Fondation Ford, ayant traîné la diplomatie française dans la boue durant des années, mais décorée de la Légion d’honneur par François Hollande ; et, un très pâle ambassadeur de France en Syrie (2006 – 2009), tellement bon à Damas qu’il a terminé sa carrière à … Berne.

Dans un contexte où les droits de l’homme ont pu tenir lieu de politique étrangère, il n’en fallait pas moins pour qu’Alain Juppé prenne la décision hallucinante de fermer l’ambassade de France à Damas en mars 2012. A un moment où il était absolument vital de maintenir un canal de communication avec les autorités et les services spéciaux syriens (plus d’un millier de jeunes français tentaient de gagner le jihad syro-irakien par Istanbul), le maire de Bordeaux rompait des relations diplomatiques ancestrales au nom de valeurs morales plus ou moins bien exprimées. Ce faisant, Alain Juppé prenait la responsabilité d’inscrire la crise syrienne dans la séquence chargée d’un totémisme diplomatique dont nous sommes loin d’être sortis !

TOTEMS ET GRANDS PRÊTRES

Devenus totems en effet, il est de grands dossiers internationaux qui ne peuvent plus relever – désormais – de l’analyse rationnelle, historique, sinon scientifique. D’abord le conflit israélo-palestinien : critiquer Israël, ses politiques coloniales, économiques et migratoires est devenu mission impossible, voire un délit… Manuel Vals, puis Emmanuel Macron et d’autres ayant assimilé l’antisionisme à l’antisémitisme. Vient ensuite le génocide rwandais. Assimilé à l’Holocauste, cette tragédie génère, elle-aussi, un totémisme dualiste : ceux qui n’acceptent pas qu’on associe structurellement la France et ses forces armées aux massacres de la région des Grands Lacs puis du Zaïre, sont automatiquement traités de « négationnistes ». La même géométrie frappe actuellement toute espèce de recherches et discours critiques engagés dans l’intelligence de l’un des conflits post-Guerre-froide les plus complexes, anomiques et globaux.

Ce processus de totémisation de la guerre civilo-globale de Syrie aboutit à trois types de rationalités, étant entendu – comme le démontrait Spinoza dans l’Ethique – que « les idées fausses et inadéquates peuvent s’enchaîner aussi nécessairement que les idées justes et adéquates » : 1) l’émergence d’une caste de grands prêtres ; 2) la multiplication d’une série de disciples plus ou moins convaincus ; 3) enfin, un retour plus ou moins perceptible de la censure.

Les grands prêtres accèdent à ce statut, adoubés par les médias privés et publics. Ils présentent un profil caractéristique : parler de tout et n’importe quoi avec la même ferveur ; passer d’un plateau télé à un studio radio et aux colonnes des gazettes avec grande dextérité, fluidité et certitude ; détruire tout obstacle et contradiction. Celui qui tient actuellement la corde n’est autre qu’un ancien militant du Betar (mouvement de l’extrême-droite pro-israélienne). Il peut dire les oracles sur la Syrie bien-sûr, mais aussi sur l’Iran, l’Arabie saoudite, le Yémen, le Soudan, Israël, Emmanuel Macron et le mouvement « végan ». Parfois, on a droit à une prêtresse de zone inférieure : une consultante « spécialiste des Proche et Moyen-Orient » qui peut tout dire et son contraire en fonction de deux principes intangibles : le client est toujours roi et « j’ai des enfants à nourrir ».

La classe des sous-grands prêtres fait plutôt appel à des « spécialistes » des Etats-Unis. S’occupant de l’hyperpuissance, ils sont automatiquement habilités à pouvoir parler, eux-aussi, de tous les dossiers possibles et inimaginables. Les connaisseurs des arcanes de la Maison Blanche, du Congrès et du Conseil national de sécurité sont partout chez eux, en toutes choses et toutes crises. Vient ensuite, le troisième cercle, celui des consultants, des experts militaires et des différents instituts de recherche. Contrairement aux laboratoires américains et aux grandes fondations allemandes, les IRIS, IFRI, IREMO et autres FRS français crèvent la dalle ! Leurs dirigeants passent leur temps à chercher de l’argent, étant bien entendu que la provenance des fonds influence plus ou moins directement les travaux commandés. Faut bien vivre !!!

OVNIS IDEOLOGIQUEMENT IDENTIFIES

Notre deuxième rationalité de totémisation met en scène une kyrielle d’intellectuels organiques de provenances professionnelles très divers. Ils peuvent être journalistes, enseignants, médecins, humanitaires, comédiens ou diplomates… Tous, à un titre ou à un autre, se sentent « appelés » et dans l’obligation de répondre aux injonctions des prêtres : se prononcer, témoigner, communiquer…

Ainsi dernièrement, dans l’émission de Frédéric Taddei sur Europe-1, on a pu entendre une espèce de bécassine insulter en direct l’ancien ambassadeur de France Michel Raimbaud, auteur de plusieurs livres majeurs sur le Proche-Orient, devenus des classiques. Vérifications faites : cette parfaite inconnue, qui a dû franchir le boulevard périphérique deux fois dans sa vie, vient de commettre un opuscule intitulé – Sales guerres – De prof de philo à grand reporter -, comme s’il y avait des « guerres propres » ! Cette seule qualité permet à cette gamine hystérique d’affirmer qu’il y a bien eu attaque chimique à la Ghouta, que les bombardements occidentaux sont « justes » et que Bachar al-Assad doit passer sur la chaise électrique. Qui juge qui ???

Aussi peut-on voir quotidiennement, défiler sur le plateau de « 28 Minutes » (Bernard-Henri Lévy est président du Conseil de surveillance d’Arte-France depuis plus de 22 ans !), tous les petits chiens de garde de la bien-pensance parisienne avec, entre autres : Romain Goupil (réalisateur improbable), Ziad Majed (politologue libanais salarié du Qatar), Eric Naulleau (homme sandwich du PAF, pour tout ce qui est contre, et contre tout ce qui est pour/c’est un métier !) et bien d’autres professionnels de l’indignation sélective mais compatissante.

Il est plus triste – mais cela correspond aux rouages de notre deuxième rationalité – de voir des gens ultra-compétents dans leur domaine initial, sombrer dans l’avis péremptoire sur des questions et dossiers qu’ils ne connaissent absolument pas. Ainsi, Jean Viard – sociologue respecté – spécialiste du territoire, de l’agriculture, de la paysannerie et des « temps sociaux » s’est senti, dernièrement, obligé de qualifier les bombardements occidentaux effectués en Syrie de « bonne et juste actions ». On a très envie de lui dire : mon cher Jean, tu n’a jamais mis un bout d’orteil en Syrie, alors retourne à tes champs de blé… »

Dans cette constellation d’un crétinisme infinitésimal, les OVNIS évoluent en escadrilles serrées. Objets/sujets volant non identifiés, parce qu’on ne comprend pas pourquoi ils accompagnent à ce point et aussi spontanément les injonctions du clergé de la bien-pensance, leurs ressorts idéologiques – à défaut d’être raisonnables – sont néanmoins plus claires : détruire l’Etat-nation syrien, contribuer à faire de ce pays ce qui a été fait de l’Irak et de la Libye ! Haïr l’Etat-nation en général !

En ces temps de commémoration du cinquantenaire de Mai-68, tous ces idiots utiles, qui se sentent irrésistiblement « appelés » à soutenir les bombardements occidentaux de Syrie, feraient bien de lire ou relire la Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col Mao au Rotary. Le regretté Guy Hocquenghem y explique par le menu (1986) comment les révolutionnaires peau d’lapin comme Daniel Cohn-Bendit ou Serge July et tous les autres sont passés de leurs démangeaisons petites bourgeoises à l’apologie du capitalisme le plus libéralement sauvage, comment ils ont cultivé et propagent aujourd’hui une haine de soi devenue la plus belle affirmation d’un individualisme consumériste, destructeur et impérial.

Comme a eu l’occasion de la dire récemment (miraculeusement !) sur l’antenne d’une radio de service public l’anthropologue Emmanuel Todd, les derniers bombardements occidentaux effectués en Syrie ont, surtout atteint nos propres valeurs, celles du patriotisme, de la laïcité et l’égalité hommes/femmes.

LA CENSURE, C’EST COMME LES TRAINS…

Ca peut en cacher d’autres ! Sans surprise, notre troisième rationalité de totémisation de la crise syrienne produit de la censure, de différentes formes et procédures. Il y a d’abord les petits censeurs aux ciseaux de bois, comme par exemple Nicolas Truong, le commissaire politique des pages débats/opinions du Monde, qui publie systématiquement le moindre ressenti de Bernard-Henri Lévy en première page (Bernard-Henri siège aussi aux conseils de surveillance du Monde et de Libération), tandis que ses contradicteurs se voient opposer toujours la même réponse : « pas de chance, y’a plus de place… »

Il y a, ensuite les Tweets de Bruno Tertrais – autre exemple – et d’autres policiers de la pensée qui font annuler des colloques ouverts et pluralistes sur la Syrie et d’autres dossiers. L’année dernière aurait dû se tenir une conférence sur la crise syrienne au Mémorial de Caen avec différents chercheurs, journalistes et députés. Quelques injonctions numériques ont suffi à faire annuler la réunion. Reprogrammée à la Sorbonne, puis à l’Assemblée nationale, celle-ci a pu se tenir – finalement – dans les sous-sols de l’Eglise russe ! Et c’est bien une preuve supplémentaire qu’il fallait l’interdire. Justement, un colloque qui devait se tenir sur la Russie actuelle vient d’être annulé – lui-aussi – au dernier moment.

Ne parlons pas des pressions régulièrement exercées sur les intervenants qui acceptent de se rendre sur le plateau de Russia-Today-France et des papiers russophobes que publient régulièrement L’Express et d’autres gazettes. Ne parlons-pas, non plus, des humeurs fatiguées de Sylvie Kauffmann « directrice éditoriale du Monde », régulièrement déconstruites par notre collaborateur Etienne Pellot !

Tout cela n’est ni très sain, ni rassurant sur l’état de santé de la démocratie française. Ecoutant le président de la République clôturer les deux journées parisiennes consacrées à la lutte contre le financement du terrorisme (25 et 26 avril), l’auteur de ces lignes l’a entendu saluer une « France, patrie des droits de l’homme et protectrice de la liberté d’expression ». La parole est facile et souvent tout aussi totémique que dont nous venons de rappeler les sorties de route. Une incompressible réalité pèse maintenant sur ce magistère de la communication souveraine : la censure s’exerce de nouveau en France !

Relatant la révolte syrienne (1924 – 1926) contre la France mandataire, Alice Poulleau – citoyenne française qui résidait alors à Damas – dit toute sa honte dans son livre-témoignage – A Damas sous les bombes. Suite à la participation française aux derniers bombardements occidentaux effectués en Syrie, nous ressentons aujourd’hui le même sentiment et ne trouvons pas les mots à dire aux patriotes syriens, ni pour expliquer, ni pour excuser ces attaques d’OVNIS. Celles-ci ne changeront rien, ni à l’évolution des combats qui perdurent sur le terrain, ni aux blocages diplomatiques, ni à la nouvelle guerre que les Etats-Unis, Israël et l’Arabie saoudite préparent contre l’Iran.

Bonne lecture et, néanmoins bonne semaine.

Richard Labévière
7 mai 2018

 Voir prochetmoyen-orient.ch du 15 août 2016 : Syrie, réponse à un historien auto-proclamé !

Pour aider le site Proche & Moyen-Orient c’est ici

Source : Proche & Moyen-Orient, Richard Labévière, 07-05-2018

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>