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Le blog de Lucien PONS

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LA RAISON DU PEUPLE CONTRE LA PROPAGANDE DE LA FOLIE

28 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Ukraine, #le nazisme, #Terrorisme, #Daesch

Le respect et l'appui du peuple

 
Les fruits de la probité et de la franchise...
 
Malgré une diabolisation effrénée du personnage et de sa politique, Vladimir Poutine voit sa côte de popularité grandir chaque jour, démontrant autant la confiance qu'il inspire que le dégoût provoqué par les alliances amorales de la politique occidentale.
 
Une franchise politique, la restauration intérieure d'un pays effondré, des victoires incontestables contre le terrorisme etc... sont autant de facteurs qui expliquent les 90 % de soutien russe à la politique de ce personnage historique.
 
Mais c'est sans conteste le style qui caractérise cet homme qui emporte son adhésion et séduit jusqu'à lui redonner courage une Europe désabusée et trahie par ses élites politiques.
 
Et Vladimir Poutine d'incarner aujourd'hui le retour sur la scène internationale d'un vrai Politis guidée par la sagesse et s'opposant  à un Hybris suicidaire.
 
Existe t-il pour l'Europe décadente un "miracle" Poutine ?
 
"Là où il y a une volonté, il y a un chemin !"

Le Président de la Fédération de Russie est sans conteste pour le Nouvel Ordre Mondial un "empêcheur de tourner en rond", tant vis à vis des intérêts divergents qu'il défend qu'au niveau de sa personnalité guidée par un sens moral et des valeurs auxquels est subordonnée sa gouvernance.
 
Vladimir Poutine incarne aujourd'hui cette Russie, historique et civilisationnelle qui, abandonnée par le vide politique pitoyable des années Elstine failli disparaître de l'Histoire, entraînée dans l'effondrement de son avatar soviétique. Animé à la fois par un patriotisme intransigeant, une foi solide et doté d'une intelligence pragmatique, le nouveau maître du Kremlin, sans démagogie ni faux populisme a su s'imposer naturellement auprès de l'opinion sensible aux valeurs morales qui guident sa gouvernance politique défendant des intérêts qui leurs sont compatibles...
 
Une telle incorruptibilité politique au service d'un pays et des valeurs civilisationnelles européennes a de quoi surprendre effectivement ceux pour qui les intérêts financiers sont la seule raison d'être et de gouverner; quitte a faire appel au mensonge et à la trahison pour légitimer une hégémonie meurtrière au service d'une ploutocratie dictatoriale.
 
Nous assistons donc non seulement à l'affrontement de deux visions du Monde, l'une unipolaire prônée par les Etats Unis et l'autre multipolaire défendue par la Russie, mais aussi de deux gouvernances opposées, l'une expansionniste et machiavélique jusqu'à bafouer la morale, dans le seul but de servir les intérêts d'une élite, et l'autre patriotique et franche, s'attachant à défendre les valeurs et les identités dans l'évolution des peuples. 
 
Le dialogue, même dans l'affrontement est donc très difficile tant les stratégies, les enjeux mais aussi les éthiques sont divergents, mais c'est surtout la personnalité du Président russe qui semble marquer la plus grande différence au grand dam de ses adversaires qui cherchent à le diaboliser.
 
En effet, sans être démagogue un seul instant, le style imposé par Vladimir Poutine finit par convaincre et même séduire l'opinion et jusque dans le camp adverse où sa popularité et le respect qu'il inspire grandissent chaque jour, tandis que s'écroule la confiance accordée aux "élites" occidentales, dont les bouches remplies de mensonges et les mains couvertes de sang ne trompent plus que les imbéciles et les fanatiques...

Depuis son arrivée au pouvoir, le Président Vladimir Poutine, parallèlement au redressement d'une Russie effondrée, a marqué sa résistance à l'hégémonie mondialiste du Nouvel Ordre Mondial. A ce titre, ses discours historiques, depuis celui de Berlin sont clairs et explicites : il veut défendre les intérêts légitimes de son pays dans le cadre d'un monde multipolaire respectant les identités de chacun des partenaires agissant pour l'équilibre de la planète. (voir ici les principaux discours (Crimée, Valdaï, Saint Peresbourg etc..) .publiés dans la file des articles : Vladimir Poutine )
 

Aujourd'hui, devant l'obstination des Etats Unis de vouloir soumettre le Monde à leur dictature militaro-industrielle et reléguer aussi la Russie au rang de vassal, la résistance au Nouvel Ordre Mondial engagée par le Président Poutine et les pays non alignés (BRICS, Vénézuéla, Iran, Syrie etc...) est passée légitimement de la table des négociations politiques aux champs de batailles militaires... 
Ces conflits et révolutions armées déclenchées par les USA, donne lieu à des guerres asymétriques menées souvent par procuration mais dont l'escalade n'exclut pas une nouvelle confrontation mondiale, 

Et ces conflits sont doublées par l'offensive certes moins meurtrière mais tout aussi violente de la propagande étasunienne.Comme l'a très bien décrit Michel Collon, cette propagande de guerre s'appuie sur de grands principes parmi lequel la diabolisation de l'adversaire incarnant obligatoirement le "Mal absolu". C'est ainsi que nous pouvons observer, sur fond de russophobie ressortie des archives de la "Guerre Froide", une hallucinante campagne de diabolisation du Président Poutine dont les attaques, relevant plus de bouffées délirantes que de critiques objectives, ridiculisent in fine les  tristes sires qui les lancent depuis leurs palais dorés de Washington et New York...

La raison du peuple contre la propagande de la folie

Car le peuple, s'il est souvent passif au courant de l'Histoire soumis à la volonté des princes de ce monde, il n'en est pas moins critique et lucide sur leurs intentions et les conséquences de leurs actes.

C'est ainsi que le "phénomène Poutine" traverse les mensonges et les calomnies pour se présenter intact devant le tribunal de l'opinion publique, et les sentences prononcées sont révélatrices de la popularité de l'Homme qui pourtant est loin d'être un populiste démagogue ! Alors que les peuples de Russie subissent les représailles économiques sanctionnant la politique internationale engagée par leur Président, ce dernier reçoit le soutien historique de 90% de sa population ! Mieux encore, dans les pays occidentaux soumis au blocus médiatique et à la dictature de la pensée unique le diabolisant, la côte de popularité de Vladimir Poutine ne cesse de grandir, inspirant l'admiration, au pire le respect de ceux qui cherchent à comprendre l'évolution du Monde...  

Le tournant dans cette "Paix chaude" succédant à la "Guerre Froide" est certainement l'évolution des crises en Syrie et Ukraine où la résistance des populations agressées a fini de faire tomber le masque des révolutions "droit de l'hommistes" des "démocraties" occidentales.Désormais le monde découvre l'abjection d'un système qui pour servir ses intérêts répand le chaos en s'alliant avec la pire folie meurtrière revendiquée par les extrémistes islamistes ou nazis. 

Comme le fait justement remarquer le journaliste Jim Dean, " Le Président russe sait parfaitement comment « jouer la carte diplomatique » et « n’a jamais fait d’erreurs ». Vladimir Poutine a intelligemment mis en évidence le mensonge de l’Occident concernant le programme nucléaire iranien et le faux conflit contre l’EI."

 
 
La conséquence de cette prise de conscience est une relecture progressive des positions et visions du Monde défendues par les joueurs du "Grand Échiquier", en particulier celle "multipolaire", du Président russe dont on ne peut reprocher, contrairement à ses "partenaires" occidentaux, d'avoir mené un double jeu cupide et suicidaire.

Poutine apparaît donc de plus en plus aujourd'hui et parallèlement à la campagne de dénigrement lancée contre lui, comme un homme franc et honnête, respectueux des lois internationales et les droits des peuples...

Quant à moi, au risque d'être accusé de "Poutinolâtrie", j'avoue mon admiration vis à vis de cet homme qui seul, a su redonner à l'Europe sa fierté et l'espérance de voir naître du chaos un monde meilleur débarrassé de l'esclavage du Monde Moderne. 
Grâce à un modèle de gouvernance courageuse faisant la synthèse des différents régimes qui ont façonné son histoire et en préservant le socle spirituel et culturel d'une Tradition éternelle, le modèle russe nous montre l'exemple de l'audace et de la sagesse réunies.

A nous de reprendre notre destin en main en s'inspirant de cette renaissance russe historique.
 
Frédéric Pons, Poutine,
Calmann-Lévy oct 2014
Je ne saurais trop recommander la biographie de Frédéric Pons "Poutine" parue fin 2014 et qui nous fait découvrir la réalité d'un homme modeste et humble entièrement dévoué à son pays, et que le sens du devoir et non l'appel du pouvoir l'a invité a endosser les responsabilités de Chef d'état et assumer sans complexe la restauration de son grand pays.

Lorsqu'il intègre en 1991 l'équipe municipale de Leningrad (Saint-Pétersbourg), à l'employé qui lui propose un portrait de Kirov ou Lénine pour décorer son bureau, Poutine préféra un portrait de Pierre le Grand. Cette anecdote qui est une rupture avec les usages soviétiques de l'époque, révèle la profondeur historique de la conscience de l'actuel Président de la Fédération de Russie choisissant à cette occasion le fondateur de la ville mais surtout le grand empereur (1694-1725) qui en restaurant les frontières, en modernisant l'état et développant les relations internationales, marque définitivement a grandeur européenne de la Russie.

Fidèle au passé de son pays qu'il veut exemple pour l'avenir, Poutine est déjà entré dans le cercle fermé des grands Commandeurs de l'Histoire sacrifiant avec intelligence leur vie au à leur pays tout en servant avec sagesse la grandeur de l'Humanité.

Oui, Poutine est déjà devenu pour le bien de la Russie mais aussi de l'Europe "Vladimir le Grand" !

 
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya
 
 
 
Sources de l'article : 
 
Site "Réseau International. net", le lien : ICI
 
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Al Qaida, ce cher ami! Par Guy Mettan.

28 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #ISIL

Al Qaida, ce cher ami!
LE COURRIER - MARDI 27 OCTOBRE 2015
par Guy Mettan *
Or donc les Russes bombardent les terroristes islamistes syriens depuis le début du mois. Tollé immédiat dans les médias atlantistes aux ordres. De quoi se mêlent donc ces Russes qui viennent bousculer nos ennemis sans nous demander la permission! Durant les premiers jours, on a donc vu fleurir les reportages sur les prétendues victimes civiles, les supposées pannes de guidage (des missiles seraient tombés sur l’Iran) et autres bavures russes. Manque de chance: au même moment les avions américains de l’OTAN tiraient sur un hôpital de Médecins sans frontières en Afghanistan et y tuaient une vingtaine de patients. Puis on a essayé les éditoriaux alarmistes sur les risques d’une nouvelle guerre mondiale à cause de deux brèves incursions d’avions russes sur le territoire turc et d’un frôlement avec des F-15 de la coalition américaine, immédiatement relayés par le gouvernement ukrainien et les Pays baltes, alarmés à l’idée qu’on ne parle plus de la menace russe contre eux pendant quelques jours. Et enfin, constatant que la partie était perdue et que chaque pseudo-révélation revenait à faire la promotion de l’efficacité de l’intervention russe sur le terrain, les médias dépités ont décidé de regarder ailleurs: il était devenu urgent de parler de la «troisième intifada» et d’oublier la Syrie. Un silence assourdissant accompagne donc l’intervention russe depuis dix jours. Les gouvernements et les médias occidentaux en sont réduits à prier pour qu’un accident spectaculaire, de type MH17, ou un revers de fortune cuisant, fassent remonter leur cote auprès d’une opinion publique de plus en plus désorientée et de plus en plus suspicieuse sur la légitimité de leur politique au Moyen-Orient.

Je veux bien que les Russes ne soient pas des enfants de chœur et que leur opération militaire ne relève pas de la charité désintéressée. Mais comment justifier l’indécent retournement auquel nous ont invité les médias anglo-saxons, aussitôt suivis par les médias européens inféodés à l’OTAN? N’ont-ils pas essayé de nous convaincre que l’intervention russe était malfaisante parce qu’elle s’en prenait aux «bons» terroristes de l’inexistante Armée syrienne libre et du front Al-Nosra, filiale revendiquée d’Al-Qaida en Syrie, alors qu’elle aurait dû bombarder exclusivement les «méchants» terroristes de l’Etat islamique, qui se financent en trafiquant du pétrole avec l’allié turc et qui n’ont cessé de s’étendre depuis qu’ils sont bombardés par la coalition américaine? Comment faire accepter par l’opinion publique que les représentants d’Al-Qaida et les héritiers de Ben Laden, pourtant vomis par les Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001, sont désormais des alliés à ménager parce qu’ils combattraient le tyran Bachar el-Assad? Et qu’il faudrait se contenter de bombarder l’Etat islamique, mais pas trop parce que ça nuirait au commerce local de pétrole et aux intérêts des Anglo-Saxons qui perdraient ainsi leurs moyens de pression sur les gouvernements irakien et syrien et les bases de leur influence dans la région? Et comment ne pas rire de ce gouvernement français qui fait afficher les photos d’un transfuge syrien pour dénoncer les atrocités du régime et porte plainte contre lui pour crime contre l’humanité alors qu’une semaine plus tard il se précipite chez les coupeurs de tête saoudiens dans l’espoir de leur vendre quelques Rafale?

Il y a des moments où la politique occidentale, avec tous ses beaux discours moralisants sur la démocratie, les droits de l’Homme et la liberté, atteint de tels sommets de manipulation, d’indécence et de cynisme qu’on ne peut que s’indigner. Et que du coup, elle nous fait quasiment passer la politique de Poutine et de Xi Ji Ping pour des modèles de cohérence, de franchise et d’honnêteté!

* Directeur exécutif du Club suisse de la presse.

 
GÉOPOLITIQUES
lecourrier.ch
 
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Flirter avec la Turquie porte malheur … mais l’UE ne l’a pas encore compris

26 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Terrorisme, #le nazisme, #Le fascisme, #L'OTAN., #La Russie, #La Turquie

Flirter avec la Turquie porte malheur … mais l’UE ne l’a pas encore compris

Flirter avec la Turquie porte malheur … mais l’UE ne l’a pas encore compris

L’UE ne l’a pas encore compris et encore moins Mme Merkel convaincue qu’Ankara prendrait mieux soin des réfugiés en échange d’une aide de 3 milliards d’euros et d’une entrée, envisagée depuis longue date mais constamment repoussée, dans l’espace unioniste. C’est dire que la Turquie a vraiment toute sa place au sein de l’Europe occidentale ! Comment ne pas y inviter un Etat en voie d’islamisation rampante, soutien parfait des djihadistes de tous bords, qui n’a pas tellement changé depuis le massacre des Arméniens vu avec quelle facilité il s’applique aujourd’hui à massacrer les Kurdes parce qu’ils combattent, de un, Daesh, de deux, parce que le méchant Assad promettrait l’indépendance aux Kurdes syriens en cas de victoire du baasisme et que, dans un élan naturel, ce désir d’autonomie gagnerait l’ensemble du monde kurde ? Désolée de broder des phrases à la Proust, mais des virgules en grand nombre, il en faut bien pour illustrer le degré de compatibilité de l’univers civilisationnel turc avec l’univers civilisationnel européen !

En termes plus directs, n’en pouvant plus des débordements migratoires dont elle est l’objet depuis des mois déjà, l’Europe bruxelloise entend acheter la connivence d’un Etat en très grande partie responsable, en tout cas sur le terrain, de ces mêmes débordements, pourvu que celui-ci accepte d’y mettre un terme ou du moins d’alléger le triste sort des pays concernés. Dans le même ordre d’idée, M. Hollande semble reconnaître que les bonnes grâces d’Ankara pourraient coûter bien cher dans la mesure où elles pourraient servir de prétexte à la libéralisation du régime des visas avec la France, en conséquence de quoi nous verrions passer la frontière des éléments assez peu fréquentables (enfin, encore plus d’islamistes pour clarifier les euphémismes du Président français). Je me demande si les apprentis sorciers de Bruxelles n’ont pas perdu la raison : s’il est vrai qu’une libéralisation du régime des visas est à craindre, qu’en serait-il en cas d’adhésion de la Turquie à l’UE ? Au lieu de régler le problème en remontant à sa source, les Hollande et Merkel préfèrent pactiser avec Erdogan, lui-même subissant la pression des States, d’un côté – suspension du Turkish Stream et manipulations américaines autour du dossier kurde – de l’autre, conscient de la dépendance gazière de son pays de la Russie qui tout en rasant les positions de Daesh et d’autres groupes islamistes actifs dans la région, s’évertue néanmoins à garder un certain équilibre dans ses relations diplomatiques avec la Turquie (voir prestation du 19.10 de Maria Zakharova, porte-parole du MID, dans laquelle elle dit que le Kremlin n’a « aucun problème avec la Turquie » malgré « quelques divergences cruciales liées à la divergence des intérêts régionaux des deux Etats »). Cette relation hyper fragile quoi qu’on en dise mais nécessaire sur un plan tant gazier que stratégique, la solution pour la Syrie passant par une entente accessoire avec Ankara, n’est pas faite pour plaire à Washington qui a joué le coup du drone russe ( ?) envoyé depuis la Syrie et abattu dans l’espace aérien turc.

Très clairement, l’interaction Turquie/ US / nébuleuse islamiste/ Russie est d’une telle complexité que l’UE risquerait fort à mettre les doigts dans l’engrenage sachant que la Turquie, primo, soutient le Califat qui a des vues sur l’Europe, deuzio, que les USA ne renonceront jamais à leur stratégie d’affaiblissement de l’UE. Qui finance les passeurs ? Comment se fait-il que l’ex-ambassadaur américain à Paris, M. Rivkin, ait été très engagé dans le soutien des minorités ethniques et confessionnelles en France au point de dresser un rapport détaillé intitulé « Embassy Paris – Minority engagment strategy » dans lequel il regrette l’intolérance à son sens anti-républicaine du peuple français ? Nous revenons donc à la case départ : une entente de l’UE avec la Turquie telle qu’elle est envisagée par les technocrates de Bruxelles ne portera jamais les fruits attendus. C’est un piège. Une impasse. Ignorerait-on le rôle véritable de la Turquie en 2007 lors du Congrès constitutif anti-impérialiste organisé par la CIA à Ternopol, un Congrès fort sympathique qui a rassemblé toutes les engeances néo-nazies et salafistes connues en Europe ? Tout un beau monde démocratique s’y était joyeusement entassé, de l’Emir autoproclamé du Caucase, M. Oumarov, au chef de fil des bandéristes pro-Maïdan alors futur secrétaire adjoint du Conseil de Sécurité nationale d’Ukraine, M. Iarosh. C’est sans oublier un autre personnage remarquable quoiqu’assez ignoré des médias occidentaux, descendant spirituel des Tatars de Crimée collabos pro-nazis, grand ami de Sakharov dans les années 60, un certain Moustafa Djemilev qui lors du Congrès mondial des Tatars d’Ankara qu’il a présidé en 2015 a appelé à la création d’une brigade internationale islamiste en Crimée soutenue manu militari par les milices bandéristes et biberonnée par la CIA. C’est le même qui avait appelé M. Davutoglu à boycotter les résultats du référendum criméen de mars 2014 et le même qui via le renseignement turc contribua à l’acheminement place Maïdan de jeunes combattants salafistes tatars de retour de Syrie.

Si l’UE trouve possible de collaborer avec le triangle infernal CIA/ bandéristes/ salafistes, autant reconnaître que le chapitre est clos. A moins que Paris et Berlin ne soient davantage impressionnés par la surabondance de camps d’entraînement de Daesh et d’al-Qaïda (les modérés d’al-Nosra en Syrie) à la frontière turco-syrienne, fait de nouveau confirmé par le mécontentement de la Chine qui prétend, sans doute suite à la consommation de champignons hallucinogènes, que la Turquie entraînerait ses minorités ouïghours intégrées à Daesh. En outre, il est actuellement établi que des milices takfiries ont reçu des soins médicaux à l’hôpital de Sauliurfa, fait initialement rapporté en été 2015 par une jeune infirmière alaouite engagée par mégarde puis confirmé aussi bien par la chaîne iranienne internationale PressTV que plus indirectement par le quotidien national turc Zaman. L’hôpital en question est supervisé par la fille d’Erdogan.

Tous ces éléments sont certes bien connus mais la manière dont je les ai compilés permet de dresser un tableau d’ensemble en harmonie totale avec les aspirations humanistes de Bruxelles. Après tout, pourquoi pas sachant que les Frères musulmans ont pignon sur rue en Europe occidentale alors que l’organisation est interdite en tant que terroriste dans un pays musulman comme l’Egypte ?

Il semblerait que Bruxelles, manipulé de l’Outre-Atlantique, ait définitivement fait son choix d’orientation. Il consiste au mieux à appliquer un cautère sur une jambe de bois, au pire, à livrer les pays membres de l’UE à l’islamo-nazisme. Kiev n’a été en ce sens qu’un galop d’essai. Un terrain d’entraînement comme le furent antérieurement l’Afghanistan et la Yougoslavie aujourd’hui disparue à travers l’instrumentalisation de l’islamisme aux frontières des ex-républiques soviétiques et au coeur du monde slave. Si le choix de Bruxelles avait été différent ou s’il n’avait pas été conditionné par ceux qui ont enfermé l’Europe des nations souveraines dans le carcan unioniste, sans doute verrions-nous apparaître une Coalition russo-européenne (sans les USA !!!) encore plus efficace que la Coalition russo-irano-irako-syrienne qui au juste mot de l’islamologue Bassam Tahhan contribue non seulement au rapprochement historiquement difficile du chiisme avec le sunnisme mais contribue aussi à ressouder les débris du monde sunnite la stratégie néo-conservatrice du chaos détruisant le sunnisme et de façon plus générale l’islam de l’intérieur. Mme Merkel a certes reconnu qu’il n’y avait pas de solution diplomatique en Syrie sans la Russie. Mais au-delà des mots ?

Françoise Compoint

source: http://novorossia.today/flirter-avec-la-turquie-porte-malheur-mais-l-ue-ne-l-a-pas-encore-compris/

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Mais à quoi jouent les États-Unis ?

19 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Russie, #L'OTAN., #Politique étrangère, #Daesch, #Terrorisme

Mais à quoi jouent les États-Unis ?
Mais à quoi jouent les États-Unis ?
 
Elle est belle, cette Amérique et ses vassaux français et britanniques qui veulent répéter leurs dramatiques erreurs d’Afghanistan, d'Irak et de Libye. Nous aurions préféré garder en mémoire l'Amérique du D-Day…

On vient d’apprendre que les fameux pick-up japonais équipés de canons et utilisés par l’État islamique comme leur principale force de frappe avaient été achetés par les États-Unis pour être livrés à l’opposition syrienne, laquelle s’est empressée d’en faire bénéficier Daech. Selon les médias turcs, 5.000 voitures neuves seraient arrivées dans le califat via la Turquie, et je ne mentionne même pas les 2.300 véhicules blindés Humvee que les barbares ont saisi chez l’armée irakienne lors de la prise de Mossoul.

Mais ce n’est pas tout ! Plus récemment encore, Mgr Hindo, archevêque syro-catholique de Hassaké-Nisibi, une ville au nord-est de la Syrie, a affirmé que les Américains concentraient leur action non pas sur Daech mais bien sur l’armée syrienne régulière

 (agence de presse américaine CNS, citée par Valeurs actuelles et La Croix). Cet archevêque a, par contre, témoigné de l’efficacité des frappes russes qui, dans son secteur, « ont fait fuir les terroristes dans l’empressement, avec 20 véhicules, en abandonnant 20 autres ». Il a souligné que la stratégie américaine était « inefficace et ambiguë », ajoutant « qu’elle [était] faite pour la galerie ». 

Mgr Hindo accuse aussi l’aviation américaine d’avoir permis l’enlèvement de centaines de chrétiens dans la nuit du 23 au 24 février dans la vallée du Khabour. « Les avions ont survolé la zone pendant longtemps sans intervenir, laissant le champ libre aux militants. » Cette vallée, forte de 35 villages chrétiens construits par la France en 1920, comptait 35.000 habitants. Ils ne sont plus que 3.000 !

Et de déplorer que les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ne parlent que d’attaquer Daech, sans vraiment le faire, mais pas le Front Al-Nosra et les autres milices liées à Al-Qaïda, à qui ils continuent de livrer des armes.

Le Front Al-Nosra qui vient d’offrir 3 millions d’euros à celui qui leur apportera la tête ensanglantée de Bachar el-Assad, que « la coalition des pervers » veut à tout prix tuer ou exiler pour le remplacer par un homme qui leur ouvrira les champs de pétrole et de gaz, et permettra à l’Arabie saoudite d’exporter son or noir via les pipelines aujourd’hui fermés. Le sort des chrétiens, des chiites et, en général, de ce peuple qui n’en peut plus de mourir sur un territoire dévasté n’est pas leur première préoccupation, n’est-ce pa, Laurent Fabius ?

Elle est belle, cette Amérique et ses vassaux français et britanniques qui veulent répéter leurs dramatiques erreurs d’Afghanistan, d’Irak et de Libye. Nous aurions préféré garder en mémoire l’Amérique du D-Day…

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Du Qatar en France aux Kurdes bombardés : non, l’hypocrisie ne paie pas ! Par Françoise Compoint.

19 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #L'OTAN., #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Daesch, #AMERIQUE, #La Russie, #Europe supranationale

Du Qatar en France aux Kurdes bombardés : non, l’hypocrisie ne paie pas ! Par Françoise Compoint.

Du Qatar en France aux Kurdes bombardés : non, l’hypocrisie ne paie pas !

Le 18 octobre 2015.

Depuis l’introduction de la loi constitutionnelle numéro 2007-238 du 23 février 2007, la notion de haute trahison n’existe plus. C’est ainsi que l’on est arrivé à rayer d’un trait de plume un des piliers juridiques et éthiques de la Constitution de 1958 qui est ni plus ni moins que le texte fondateur de la Vème République. Tout en continuant à vivre au rythme de cette République gaulliste, la France n’adhère plus aux normes éthiques qui la caractérisaient et qui permettaient, jusqu’à nouvel « ordre », de juger un Président dont les actes relèveraient de la trahison. Pour autant, est-ce qu’un chef d’Etat ne peut plus être démis aujourd’hui de ses fonctions ? Non, il le pourrait éventuellement, mais en cas d’incompétence manifeste. Allez savoir comment et par qui est-ce que ce degré de manifestation est défini. Ce qui est patent, c’est que le peuple ne participe pas à cette définition. Si demain François Hollande passe au-dessous de la barre des 5% d’opinion favorable, l’Elysée n’en changerait pas pour autant de maître.

Quand la presse alternative française, nationale ou nationiste, condamne la politique UMP-iste puis PS-iste du « Tout-Qatar », on l’accuse de conspirationnisme aggravé car islamophobe. Comme si le Qatar, cette immense base militaire américaine à l’idéologie a priori mouvante mais au fond wahhabite, était représentatif du monde musulman dans son ensemble. Le Qatar veut projeter une image détournée de sa véritable nature en proposant un trompe-l’oeil associé à ce que certains hauts dignitaires occidentaux qualifient d’islam des Lumières alors donc que lesdites Lumières sont le fait des modèles baasistes que la Syrie, malencontrueusement contrariée par la Russie dans son processus de démocratisation genre pax americana, incarne par excellence. Un poète qatari critique de l’Emir est condamné à perpétuité : qu’importe, c’est l’affaire du Qatar … enfin, tant qu’il n’est pas décapité puis crucifié comme risquerait de l’être le pauvre opposant saoudien Ali al-Nimr ! Assad se fait réélire ? Le projet du gazoduc qatari passant par Homs et Lattaquié ne le rend pas enthousiaste ? Assad est à virer, idéal démocratique oblige !

Le problème, c’est que l’hypocrisie des alliés conjoncturels de la France est celui de ses dirigeants. On comprend mieux pourquoi al-Nosra, créature qatarie avérée, faisait du bon boulot selon M. Fabius. Qui ne connaît pas les liens intimes de Doha avec les socialistes? Le ministre des Affaires étrangères français y a bien entendu sa place d’honneur. On comprend mieux le sens profond de cette pièce cornélienne jouée par la Coalition anti-EI sachant, de un, qu’al-Nosra, selon le juste terme de M. de Villiers, est le cousin germain de l’EI, de deux, que la majeure partie des 22 de cette preuse Coalition est partagée entre l’envie d’en finir avec un Etat embryonnaire dont la volonté de puissance menace la sécurité de l’Europe et l’envie de continuer à l’utiliser contre Assad.

La position du Qatar semble floue. Difficile à cerner surtout par rapport à la Syrie baasiste que Doha soutenait jusqu’à la fin des années 2000 contre le tandem Egypte/Arabie Saoudite avant de se ranger sous la bannière anti-chiite de Riyad. En fait, le point fort du Qatar, c’est de savoir « se placer du bon côté de l’Histoire » comme le constate Nabil Ennasri, auteur de l’« Enigme du Qatar ». Si opportuniste soit-il, le Qatar a une idéologie que la France, à l’image de l’UE, n’a pas. Il n’est pas choquant qu’une monarchie wahhabite crée et finance des chaînes comme Al-Jazeera. Il semble autrement plus étrange que la France ait envisagé le lancement de cette chaîne à la renommée sulfureuse sur son territoire avec des prédicateurs salafistes comme Cheikh Youssouf al Qardawi dont la haine des régimes arabo-musulmans laïcs n’a d’égal que sa haine du Juif. Hollande avait lancé l’opération Serval au Mali. Or, il est bien connu que les djihadistes d’Ansar Dine sont entraînés aux frais de Doha. On pourrait étaler le même type de paradoxes sur plusieurs pages mais je pense que c’est inutile l’essentiel ayant été établi. On se demande maintenant, ces faits à l’appui, comment est-ce que les élites politiques françaises, cela depuis 2005, s’évertuent à vendre la France à une monarchie wahhabite ? Car le terme « vendre » est bien approprié. De PSG livré à un prix dérisoire et des injections considérables dans la Bourse de Paris aux tentatives de s’investir dans le capital d’Aeronautic Defence and Space company ou, pis encore, dans celui du géant nucléaire Areva, le Qatar s’invite non seulement dans le sport ou l’immobilier mais aussi, ces derniers temps, dans des secteurs hautement stratégiques dont dépend directement la sécurité et de la France, et de l’Europe dans son ensemble. Qu’en serait-il si le Qatar mettait la main sur l’immense potentiel nucléaire français ? Rien qu’a y songer, on en ferait des cauchemars.

Au stade où nous en sommes, mâcher ses mots est un crime. Une lâcheté. Stratégiquement parlant, la politique du « Tout-Qatar » porte atteinte à la sécurité de la France que ses élites politiques vendent à une monarchie soutenant Al-Nosra, les Frères musulmans et Ansar Dine (la liste n’est pas exhaustive). En cas de conflit entre l’univers salafiste qui tend à s’élargir et l’UE aux portes grandes ouvertes, qui est-ce que le Qatar va soutenir ? Lorsque Philippe Cohen et Marc Endeweld de Marianne décrivent la manière dont s’exerce le « soft power » qatari en France, on ne puit que leur donner raison ! Investir, acheter, racheter – autant de moyens pour mieux s’infiltrer à un niveau idéologique. Cela, Doha excelle à le faire. C’est bien Al-Jazeera qui avait galvanisé des foules encore crédules à l’époque en faisant miroiter les bienfaits des fameux printemps arabes. La Tunisie avait alors appris à quel point est-ce que le jasmin pouvait être nauséabond. En investissant dans les banlieues françaises, chaudes non point parce que musulmanes mais parce qu’en bien des points salafo-communautaristes, le Qatar s’immisce astucieusement dans les zones grises délictieuses du paysage français. Pour ne citer qu’un exemple parmi d’autres, Mezri Haddad, philosophe et ancien ambassadeur tunisien, se tue à le répéter. Il sait de quoi il parle lui et sans doute bien mieux que nous autres Européens avec nos repères d’Européens.

Il faut donc voir bien au-delà des investissements qataris dans Vinci, Bouygues, Suez et Casino et affronter la réalité. Le Qatar est bien gentil d’aider l’UMP-PS à gérer ses banlieues mais il serait bien plus naturel qu’il aide l’UE à gérer la crise migratoire qui l’inonde en recevant les musulmans persécutés du Moyen-Orient.

Non seulement le Qatar est fort d’une idéologie bien définie mais en plus il sert ses intérêts nationaux qui n’ont pas de frontières l’islamisme étant expansionniste par définition. Au passage, il parvient à combler ses intérêts économiques. Qu’en est-il de la France ? Du réalisme de ses dirigeants ? Leur politique n’est qu’un mélange d’hypocrisie et de surréalisme desservant les intérêts nationaux qu’ils prétendent défendre. La politique islamiste qatarie est quant à elle réaliste et opportunément hypocrite. Je vous laisse apprécier la différence. Lorsque l’OTAN a bombardé, dimanche 11 octobre, les positions kurdes dans la province d’Alep, c’est une mine à retardement qu’il a posé … en Europe. Oui, bien dans les frontières de l’UE les Américains n’ayant pas grand-chose à perdre du fait de leur position géographique, du fait qu’ils se soient remis à jouer la carte kurde à la fois contre Ankara et Assad – c’est à se demander quels pays de l’OTAN ont bombardé les Kurdes d’Alep – et du fait que leur véritable relation à l’EI apparaît de plus en plus trouble. Comme preuve a contrario, on pourrait mentionner le refus de Washington de soutenir la création d’un comité de sauvetage des pilotes abattus par l’EI. Serait-ce parce que le projet appartient au Kremlin ou parce que le Pentagone a la certitude que le sort horrible du pilote jordanien capturé fin décembre 14 ne sera jamais celui d’un pilote US ? Je me garde bien de dire « de tout pilote de la Coalition » puisque le pilote en question qui a été brûlé vif devant les caméras de Daesh faisait partie de la Coalition.

S’il est vrai que les USA mènent une politique étrangère totalement criminelle et parfois idiote, le suivisme de l’UE est quant à lui totalement dénué de logique et suicidaire. Faisant le lit du salafisme tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, elle est vouée à tomber dans un double piège qui annonce l’ « affrontement eschatologique » évoqué par l’écrivain Guillaume de Thieulloy mais avec ce seul et crucial rectificatif qu’il ne s’agirait alors pas d’un affrontement contre l’islam mais contre sa déviation parachevée d’un « isme ». L’hypocrisie ne paie pas et il faudra bien, volens nolens, s’en rendre compte un jour. Peut-être que ce jour-là ou le jour qui suivra une expiation collective dont personne ne voudrait, le crime de haute trahison sera enfin rétabli.

Françoise Compoint

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A quoi jouent les Américains ?

17 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La France, #La Turquie, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

A quoi jouent les Américains ?

A quoi jouent les Américains ?

Washington joue un jeu bien dangereux, soufflant le chaud et le froid. On pensait que les Etats-Unis avaient mangé leur chapeau et cherchaient la sortie depuis l’intervention russe. En quelques jours, Obama avait mis fin au grotesque programme d’entraînement de rebelles modérés visant à combattre l’EI (disaient-ils) après que le Pentagone eut avoué qu’il avait formé… attention… roulements de tambour… 5 combattants (qui ont d’ailleurs immédiatement été attrapés par Al Nosra). La maison Blanche avait également promis de ne pas mener une guerre par proxy interposé contre la Russie en Syrie. Bref, on pensait que les Américains, lassés du fiasco de leur politique syrienne, étaient revenus de leurs vieilles lunes. Apparemment pas…

Un inquiétant article du New York Times nous apprend que les missiles anti-char de fabrication américaine TOW affluent en Syrie, fournis par les Saoudiens avec le consentement US, à destination des terroristes modérés si chers à l’Occident. L’article cite des commandants rebelles : « Nous recevons ce que nous demandons en un laps de temps très court. Nous pouvons en avoir autant que nous voulons ». Un officiel fondamentaliste saoudien l’avait annoncé la semaine dernière et, pour une fois, les amis du gouvernement français ont tenu parole. Notons d’ailleurs la parfaite mauvaise foi du wahhabite : « Les bénéficiaires seront l’Armée de la conquête, l’Armée syrienne libre et le Front Sud, mais pas Al Nosra (= Al Qaeda) ni l’Etat Islamique ». Etant donné que le principal groupe de l’Armée de la conquête est Al Nosra, nous sommes en plein foutage de g….., mais les Saoudiens ont l’habitude.

Cette évolution de l’armement des terroristes modérés explique peut-être que, malgré les intenses bombardements russes, parfois au prix d’acrobaties assez invraisemblables, la grande offensive de l’armée syro-hezbollo-iranienne patine un peu. Certes, des progrès ont été réalisés, du terrain reconquis, mais aucune victoire stratégique n’a encore eu lieu. Ne restent plus aux Russes qu’à intensifier encore leurs bombardements, ce qu’ils ne vont pas se priver de faire étant donné que ça leur permet également d’éliminer des djihadistes tchétchènes qui ne rentreront donc pas au bercail [le chef d’Ahrar al Sham, groupe syrien modéré d’entre tous, était donc un Tchétchène, ce qu’ont l’air de trouver tout à fait normal les chancelleries occidentales…]

Les Américano-saoudiens semblent avoir choisi le chemin de l’escalade du conflit, ce qui est encore confirmé par les propos très agressifs de Carter, le chef du Pentagone, ou le refus de Washington de rencontrer une délégation russe menée par le premier ministre Medvedev afin de coordonner les stratégies des deux Grands en Syrie. Tant que vous bombardez nos petits amis d’Al Qaeda et affidés, on vous cause pas.

Quelle mouche pique donc les Américains ? Quelles que soient les raisons de cette névrose, elle ne manque pas d’inquiéter. D’ailleurs, l’article du New York Times, étonnant d’honnêteté pour cette publication néo-conservatrice, se fait l’écho de ce malaise. Il y est écrit noir sur blanc ce que tout le monde sait – les « rebelles modérés » ne sont pas nombreux et alliés à des groupes djihadistes au premier rang desquels on retrouve Al Qaeda – et, à lire entre les lignes, on y découvre une incompréhension de la voie suivie par l’administration américaine. Un éditorial du même journal va même encore plus loin et propose de s’allier à Moscou pour se partager le travail : les Russes tapent sur Al Qaeda (nouvel aveu que les rebelles modérés n’existent pas) et les Etats-Unis sur l’EI. Décidément, il se passe quelque chose de pas net dans les sphères du pouvoir US si même un journal aussi russophobe que le New York Times en vient à faire ce genre de proposition. La lecture des centaines de commentaires est également intéressante : c’est un déluge de critiques envers la folle politique américaine de soutien aux djihadistes en Syrie, ce qui n’est pas sans rappeler la fronde d’une partie de l’armée US en 2013 quand il était question de bombarder Assad (la fameuse campagne « I will not fight for Al Qaeda in Syria » sur les réseaux sociaux). Question subsidiaire : la mafia médiatique européenne, qui doit tomber des nues et suer à grosses gouttes après avoir lu les aveux du temple du néo-conservatisme US, va-t-elle suivre le mouvement et enfin présenter honnêtement la situation en Syrie ?

Reste à savoir ce que va faire la Russie, et dans une moindre mesure l’Iran, si Ankara, Riyad et Washington persistent à chercher la confrontation en armant les terroristes modérés. Une conflagration mondiale entre Russes et Américains est bien sûr exclue, mais Poutine a plusieurs cartes en main pour refroidir Turcs et Saoudiens.

A Ankara, le sultan craint plus que tout un soutien russe aux Kurdes. Voilà qui est justement susceptible d’amener Erdogan à la raison : si tu continues à fournir Al Qaeda et consorts, je ferai de même avec tes meilleurs ennemis du PKK et des YPG. Avec le doublement du Nord Stream, Moscou n’a presque plus besoin du Turk Stream (c’est même peut-être en prévision de l’intervention en Syrie que Poutine a changé son fusil d’épaule et privilégié la route nord).

Quant aux Saoudiens, il existe une possibilité formidable à tous les sens du terme, bien que très hypothétique pour l’instant. C’est une idée qui avait traversé l’esprit de votre serviteur il y a quelques semaines mais qu’il avait chassée tellement elle lui paraissait énorme… jusqu’à ce qu’elle réapparaisse dans la conclusion d’un article passionnant du site spécialisé Oil Price. L’article lui-même s’attache aux causes énergétiques du conflit syrien, dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises ici. Les pays du Golfe (dont le Qatar et son projet de méga-gazoduc) voulaient faire transiter leurs fabuleuses ressources en hydrocarbures vers l’Europe, le tout sous contrôle américain, ce qui aurait eu pour effet de marginaliser considérablement la Russie. Passer par l’Irak saddamique puis chiite étant impossible, la seule voie pour les pipelines du Golfe était la Syrie, pays à majorité sunnite qui ne ferait aucune difficulté une fois Bachar renversé.

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Assad ne l’entendait pas de cette oreille, qui mettait une contre-proposition sur la table : un tube « chiite » Iran-Iraq-Syrie. De quoi donner une crise d’urticaire aux cheikhs du Golfe et à leur allié américain. Quatre ans après, Riyad, Doha et Washington n’ont pas abandonné l’idée bien que le projet paraisse maintenant bien compromis (même si Assad perdait finalement, l’EI est devenu totalement incontrôlable).

Mais revenons à notre idée, géniale, diabolique, colossale en réalité. Nous avons vu il y a quelques jours comment la coalition irano-irako-syro-russe pourrait, avec l’aide des Kurdes au nord, mettre fin à l’EI. Notons d’ailleurs au passage qu’à l’est, les Irakiens commencent à avancer et ont quasiment réussi à tuer le calife grâce au centre de renseignement commun mis sur pied avec Téhéran, Moscou et Damas (ce n’est certes pas sur les Américains que Bagdad pouvait compter pour trouver les cibles de l’EI…)

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Cher lecteur, que voyez-vous sur cette carte ? Entre la poussée Syrie-Iran-Hezbollah à l’ouest, kurde au nord et Irak-Iran à l’est, le tout soutenu par l’aviation russe, l’Etat Islamique serait cerné et n’aurait plus qu’une échappatoire : vers le sud, vers… l’Arabie Saoudite !

Ô divin retour à l’envoyeur, renvoi du monstre à son créateur… Riyad prend les choses suffisamment au sérieux pour ériger une frontière électronique. Mais si cet amusant gadget peut stopper quelques djihadistes égarés dans le désert, que fera-t-il face à des (dizaines de) milliers de fanatiques surarmés et désespérés ? Gageons que les bombes US retrouveront soudain toute leur efficacité mais sera-ce suffisant ?

Si l’EI entre en Arabie Saoudite, c’est tout le fragile édifice de la monarchie moyenâgeuse wahhabite qui explose. Et avec elle les prix du pétrole. Pour Poutine, ce serait un incroyable triple coup : s’allier aux Kurdes et ravaler la Turquie au rang de faire-valoir, détruire la maison des Seoud et faire enfin grimper les prix du pétrole à des niveaux jamais atteints. Nous n’en sommes pas (encore ?) là…

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Que se passe-t-il en Syrie? : Le prélude à une troisième guerre mondiale? Par Chems Eddine Chitour

17 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #La France, #Europe supranationale, #La Russie, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL

Que se passe-t-il en Syrie? : Le prélude à une troisième guerre mondiale? Par Chems Eddine Chitour

Que se passe-t-il en Syrie? : Le prélude à une troisième guerre mondiale?

L’intervention extérieure agressive a entraîné, au lieu de réformes, la destruction pure et simple des institutions étatiques et du mode de vie lui-même. En lieu et place du triomphe de la démocratie et du progrès règnent la violence, la misère et les catastrophes sociales, tandis que les droits de l’homme, y compris le droit à la vie, ne sont appliqués nulle part(…)»

Vladimir Poutine à la tribune des Nations unies 28.09.2015

Les évènements se précipitent au Moyen-Orient et beaucoup de Cassandre annoncent une possible troisième guerre mondiale. On sait que l’unique objectif de Washington et de ses vassaux en Syrie est de destituer Bachar Al-Assad et de le remplacer par une marionnette américaine capable de mettre en oeuvre le plan de Qatar Petroleum (soutenu par l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie et les Etats-Unis), pour remplacer le russe Gazprom sur le marché européen du gaz naturel et du pétrole brut. C’est l’opposition de Bachar Al-Assad à ce plan qui a déclenché l’utilisation de forces extérieures et la guerre civile de la Syrie. Tout ne marcha pas comme prévu et la Syrie n’est pas la Libye.

La stratégie de Poutine

On dit que Poutine est un joueur d’échecs qui a une revanche à prendre sur ceux aux Etats-Unis et en Europe vassale qui le prenaient pour quantité négligeable au point de faire des rodomontades et de sanctionner la Russie pour avoir refusé d’avoir une Otan à ses portes – en Ukraine ou en Ossétie. Par trois fois Poutine joue et met en échec l’Occident qui l’a exclu du G7. Souvenons-nous de l’Ossétie et de l’amateurisme du Géorgien Sakashvili! Souvenons-nous de la façon élégante avec laquelle il a fait que la Crimée rejoigne le bercail russe!

Souvenons-nous enfin, de la façon avec laquelle il a pu imposer une zone tampon avec l’Ukraine! Le dernier coup d’échecs est la stratégie-éclair avec laquelle il a retapé les bases de Lattaquié et de Tartous et y a amené rapidement une flotte impressionnante et opérationnelle.

Le commentaire suivant est édifiant: «Dix-huit mois après la prise de contrôle de la Crimée, au terme d’une opération militaire éclair, le Kremlin a réussi un nouveau coup de maître: prendre de court toutes les puissances impliquées en déclenchant une intervention militaire dont il s’avère qu’elle a été préparée de longue date. Gravité et confusion: les deux mots peuvent aussi résumer la réunion de l’Otan qui s’est tenue jeudi 8 octobre à Bruxelles. «Nous assistons à une escalade inquiétante», a estimé le secrétaire général de l’Alliance atlantique. Vladimir Poutine s’est réinstallé au centre d’un grand jeu diplomatique. L’intervention militaire de Moscou marque un basculement, (…) Pour la première fois depuis les guerres d’Indochine ou d’Afghanistan, deux coalitions militaires internationales se défient sur le territoire d’un même pays. D’un côté, celle menée par les États-Unis et qui revendique le soutien d’une soixantaine de pays, même si dans les faits, une demi-douzaine d’États participent aux opérations. De l’autre, cette nouvelle coalition annoncée par Vladimir Poutine à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU il y a trois semaines.» (1)

«Tous les éléments sont ainsi en place pour une escalade militaire incontrôlée, qui pourrait conduire à une déflagration dans tout le Moyen-Orient. Appuyé par une diplomatie russe qui connaît parfaitement cette région et a su démontrer son efficacité, Vladimir Poutine a fait le choix d’accélérer en toute connaissance de cause, convaincu que le moment était venu d’enfermer dans un piège la coalition américaine pour imposer une solution politique intégrant ses conditions. Mais il ne s’agit là que d’une des nombreuses raisons de cette intervention militaire inédite. Une démonstration militaire au nez et à la barbe de l’Otan et des Etats-Unis.
La puissance militaire russe est de retour. Moscou fait la démonstration qu’il est capable de projeter une force d’intervention importante à des milliers de kilomètres de son territoire. A en croire Moscou, mais aussi Damas, tout serait différent cette fois, l’aviation russe intervenant de manière coordonnée avec les forces au sol de l’armée syrienne et lui apportant ainsi une puissance décisive. Porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova ne disait pas autre chose le 6 octobre: «Ce qui est très important, c’est que nous coordonnons notre action avec l’armée syrienne. C’est un point fondamental. Vous ne pouvez pas combattre l’État islamique sans coordonner vos efforts avec ceux qui le combattent au sol. Et en Syrie, c’est l’armée syrienne qui le combat. C’est pour avoir refusé cette coordination que l’intervention de la coalition [américaine] est inefficace.» (1)

«Les frappes russes s’étant concentrées ces premiers jours dans le nord-ouest de la Syrie, entre Alep et Homs, là où l’armée de Bachar al-Assad est la plus menacée, elles permettent au régime syrien de retrouver des marges de manoeuvre et d’éviter de nouvelles défaites et pertes de territoire. Moscou prend ainsi sa revanche contre l’hyperpuissance militaire américaine et met l’Otan face à ses contradictions et à son impuissance. Impuissance vérifiée, puisque l’Otan n’a su ni prévenir ni sanctionner l’incursion d’avions de chasse russes dans l’espace aérien turc en milieu de semaine, pas plus qu’elle ne sait comment répondre à l’intervention en Syrie. (…) Ce retour militaire de la Russie s’accompagne d’un projet politique plus vaste. Vladimir Poutine l’a exposé devant l’Assemblée générale des Nations unies le 28 septembre, dans un discours s’en prenant frontalement aux États-Unis mais aussi à ces Européens ayant déclenché, entre autres, la guerre en Libye et le renversement de Kadhafi, après le désastre afghan et irakien.» (1)

« Répétant son soutien au régime syrien, «seul légitime», et à Bachar al-Assad, accusant l’«opposition dite modérée» syrienne de n’être qu’un faux nez de l’État islamique et des groupes terroristes, le président russe met depuis en scène une coalition alternative.
Trosième raison: le soutien à Assad mais, au-delà, le renforcement des intérêts russes dans la région avec, au passage, une alliance renouvelée avec l’Iran. «Il y a ce qu’on appelle la légitimité des autorités étatiques. Nous ne pouvons pas jouer sur les mots à des fins de manipulation. Nous sommes tous différents et nous devons le respecter.» C’est l’argumentaire résumé par Maria Zakharova, porte-parole du ministère des Affaires étrangères: «Nous avons vu ce qui s’est passé en Libye. Nous avons vu le colonel Kadhafi d’abord démonisé puis éliminé, et nous avons vu le résultat. Si je vous propose les deux scénarios suivants, lequel choisissez-vous? Renverser un dirigeant qui n’était certainement pas un ange ou préserver un pays et un peuple, empêcher un État de devenir un trou noir du terrorisme? Je suis sûre que vous choisirez la deuxième option.» (1)

Riyadh prêt à coopérer avec Moscou pour sauvegarder l’unité de la Syrie

Renversement d’alliance: le pire ennemi d’Al Assad veut le sauver. L’Arabie Saoudite et la Russie ont confirmé qu’elles poursuivaient les mêmes buts en Syrie, a annoncé le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. «Nous travaillons avec l’Arabie Saoudite sur la question syrienne depuis plusieurs années. Aujourd’hui, le président a confirmé que les buts que l’Arabie Saoudite et la Russie poursuivent en Syrie coïncident», a déclaré le chef de la diplomatie russe après une rencontre avec le ministre de la Défense de l’Arabie Saoudite Mohammed ben Salmane Al Saoud.

Curieusement, on apprend que les Américains veulent abattre les avions russes, ils s’appuient sur les Saoudiens. Valentin Valescu écrit à ce sujet : «Contre les avions russes Su-25 qui volent souvent sous l’altitude de 5000 mètres pour les missions d’appui rapproché, les missiles portatifs américains FIM-92 Stinger, produits sous licence par Roketsan (Turquie), sont très efficaces. Les officiels saoudiens ont déjà répondu à la demande américaine, affirmant avoir livré cette semaine aux rebelles islamistes, encore un lot de systèmes de missiles antichars américains BGM-71 TOW, pour stopper l’offensive de l’armée nationale syrienne.

En fait ce n’est pas pour sauver l’unité de la Syrie que la monarchie saoudienne est prête à coopérer avec la Russie, mais pour sauver le trône menacé de l’intérieur (contestation des chiites du Sud pétrolier – région de Qatif) et de l’extérieur (résistance patriotique des Houtis yéménites contre l’invasion des Saoud).

Un nouvel acteur pour le Moyen-Orient

Il semble que l’influence américaine soit sur le déclin. La Russie s’implique au Moyen-Orient. Grâce à l’opération en Syrie, l’influence russe dans le Proche-Orient est sans précédent. «L’influence américaine et son implication dans les affaires de la région traversent une période de déclin sans précédent depuis la Seconde Guerre Mondiale», estime l’ancien ambassadeur américain en Afghanistan, en Syrie, en Irak, au Liban, au Koweït et au Pakistan Ryan Crocker. Les alliés des Etats-Unis dans le Proche-Orient sont inquiets et optent souvent pour un compromis avec la Russie, souligne le Wall Street Journal (WSJ). C’est notamment le cas d’Israël, qui a refusé de soutenir la résolution proposée par les Etats-Unis à l’Assemblée générale de l’ONU, concernant la Crimée, et qui ne critique pas actuellement les frappes russes en Syrie. Bien que la Maison-Blanche essaye de contester le déclin de ses forces, les événements de ces dernières semaines, notamment le «gambit syrien» russe, font que la Russie est actuellement encore plus puissante dans le Proche-Orient que dans les années 1970-1980. «M. Poutine aspire à une sorte de dominance conjointe avec les Etats-Unis dans le Proche-Orient et il a presque réussi», estime Camille Grand, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique à Paris. Plusieurs forces dans la région, surtout l’Irak et les Kurdes, sont désenchantées par l’incapacité des Etats-Unis de contrer le groupe terroriste Etat islamique et saluent donc l’opération russe en Syrie.»(2)

Le basculement vers un nouveau statut quo : Un reshaping du Moyen Orient

«Pour Paul Craig Roberts: «Le monde commence à se rendre compte qu’un bouleversement dans les affaires du monde était en train de se passer le 28 septembre, lorsque le président Poutine de la Russie a déclaré dans son discours à l’ONU que la Russie ne peut plus tolérer la politique vicieuse, stupide et vouée à l’échec de Washington qui a déclenché le chaos qui s’est déversé sur le Moyen- Orient et maintenant l’Europe. Deux jours plus tard, la Russie a pris la situation militaire en main en Syrie et a commencé la destruction des forces de l’Etat islamique. (…) L’afflux de populations indésirables est en train de sensibiliser les Européens sur le coût élevé de la mise en oeuvre de la politique étrangère des États-Unis. Les conseillers ont dit à Obama que l’idiotie de la politique des néoconservateurs menace l’Empire de Washington en Europe. En effet, les Russes ont déjà établi de facto une zone d’exclusion aérienne. Poutine, sans aucune menace verbale, ni aucune insulte, a résolument changé l’équilibre des puissances, et le monde le sait. Si Obama avait un peu de bon sens, il écarterait de son gouvernement les abrutis néoconservateurs qui ont dilapidé la puissance de Washington, et il se concentrerait plutôt à conserver l’Europe en travaillant avec la Russie pour détruire, au lieu de le parrainer, le terrorisme au Moyen-Orient qui envoie des vagues de réfugiés en Europe.» (3)

Justement on apprend que comme conséquence de cette nouvelle donne, l’Alliance occidentale s’effrite: l’Union Européenne abandonne les Etats-Unis dans leur tentative de renversement d’Assad. Nous lisons dans la contribution suivante : l’Europe est envahie de réfugiés provenant des campagnes de bombardement en Libye et en Syrie, qui ont créé un état fantoche en Libye, et qui menacent de provoquer la même chose en Syrie. La pression exercée sur le régime syrien qui combat l’Etat islamique doit être éliminée. Le public européen est opposé aux frappes américaines, qui ont provoqué l’exode de réfugiés vers l’Europe. Les dirigeants européens commencent à se désolidariser de leur alliance avec les Etats-Unis.»(4)

Le spectaculaire jeu d’échecs syrien

Tout s’est joué en été , on sait qu’il y avait deux camps qui à des degrés divers voulaient faire partir Al Assad, même jusqu’à aller insinuer comme l’a fait Fabius qu’Al Assad ne méritait pas de vivre. Nous étions alors, tout près d’un scénario à la Kadhafi aux mains du tandem BHL-Sarkozy, de Cameron et de l’Otan. Il a fallu qu’ Obama annonce qu’il n’est pas prêt à risquer la vie des Gis voire même à s’embourber en Syrie pour que le chevalier sans peu et sans reproche avale son chapeau et éteigne les moteurs de ses mirages prêts à aller en découdre en Syrie. En face, la force tranquille de la Chine et surtout de la Russie, bloquent au Conseil de Sécurité toute velléité de voter une zone d’exclusion aérienne comme ce fut le cas pour la Libye où les Occidentaux ne respectèrent par les termes de la résolution. Il faut y ajouter la détermination de l’Iran à aider le pouvoir syrien.

Nous lisons la contribution suivante qui explique cette gigantesque partie d’échecs. : « Jusqu’à l’intervention de Poutine à l’ONU le 28 septembre et l’intervention russe en Syrie, deux équipes de jeu se faisaient face: d’un côté, Assad et la faction chiite comprenant l’Iran et le Hezbollah, de l’autre, la coalition internationale qui, côté syrien, se contentait de donner quelques claques aux islamistes du fait qu’elle est essentiellement concentrée sur Daesh.
La stratégie US en Syrie était d’armer les «terroristes modérés» qui se battent à la fois contre Daesh et contre Assad sans succès, Dans le même temps, l’Iran a poussé ses pions dans le petit jeu d’échecs personnel (…) l’Iran profite de la faiblesse de Assad pour s’introduire profondément dans les couloirs du pouvoir syrien. (…) Poutine est assis à sa propre table de jeu, face à l’Otan qui veut l’obliger à rejoindre la coalition anti-Daesh en Irak et à laisser tomber la Syrie (…) Pour Poutine comme pour Assad, si une intervention militaire russe en Syrie doit avoir lieu, c’est maintenant ou jamais. Dont acte. (…) Selon Justin Bronk, analyste de recherche au Royal United Services Institute: «Les forces russes maintenant en place rendent parfaitement évident que tout type de zone d’exclusion aérienne sur le modèle libyen imposé par les États-Unis et leurs alliés est désormais impossible, à moins que la coalition ne soit en fait prête à abattre des avions russes.» (5)

L’énigme Erdogan

La Turquie semble être sans boussole, elle combat les Kurdes, la Syrie mais soutient Daesh qui la ravitaille en pétrole. Elle se plaint de la Russie et attend l’aide de l’Otan en vain. La réunion de l’Otan a réaffirmé la solidarité inter pays de l’Otan mais sans plus.

«Erdogan n’a toujours pas compris, lit-on sur le site Réseau Voltaire, que l’Otan n’a jamais été au service de ses membres. L’Organisation a une raison d’être, c’est l’hégémonie anglo-saxonne dirigée militairement par les Etats-Unis. Si la cause turque peut servir l’impérialisme atlantique, il les verra débarquer sans qu’il ait à les solliciter, sinon il n’aura que de belles paroles et des sourires avenants. Dès le premier jour de bombardement, l’aviation russe a tué des officiers turcs illégalement déployés sur le sol syrien. En réalité, la Russie mène la guerre contre l’armée turque qui continue à encadrer des groupes terroristes sur le sol syrien et fournit un refuge et une assistance aux jihadistes qui fuient les bombardements russes.» (6)

Y aura t-il une troisième guerre mondiale ?

Il semble heureusement, qu’aucun des camps ne veut l’escalade pour le moment. Le Pentagone a annoncé que la Russie et les Etats-Unis étaient prêts à reprendre des discussions sur la sûreté de l’espace aérien en Syrie, où les deux pays sont engagés dans des opérations militaires distinctes. Au lendemain des premières frappes russes, de hauts responsables civils et militaires américains s’étaient déjà entretenus par vidéoconférence avec leurs homologues russes sur les moyens d’éviter des incidents entre les aviations des deux pays.

Peut-être qu’après tout il n’y aura pas de troisième guerre. Ce qui est sûr c’est que la solution aux problèmes du Moyen-Orient passe par le Kremlin et Téhéran. Les rodomontades des valets européens seront des scories de l’histoire.

1. Site Médiapart, http://forumdesdemocrates.over-blog.com/2015/10/moyen-orient-analyse-syrie-les-quatre-raisons-de-l-escalade-russe-09-octobre-2015-par-francois-bonnet-dix-huit-mois-apres-la-crimee

2. http://fr.sputniknews.com/international/20151010/1018748586/proche-orient-influence-dominance-usa-russie-frappes.html#ixzz3oLemE9F7

3. http://reseauinternational.net/nous-sommes-a-un-tournant-decisif-dans-lequilibre-des-puissances/

4.http://reseauinternational.net/lalliance-occidentale-seffrite-lunion-europeenne-abandonne-les-etats-unis-dans-leur-tentative-de-renversement-dassad/

5. http://reseauinternational.net/le-spectaculaire-jeu-dechecs-syrien/

6. http://www.voltairenet.org/article188985.html

Article de référence : http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur_ chitour/227456-le-prelude-a-une-troisieme-guerre-mondiale.html

Professeur Chems Eddine Chitour

Ecole Polytechnique enp-edu.dz

http://chemseddine.over-blog.com/2015/10/que-se-passe-t-il-en-syrie-le-prelude-a-une-troisieme-guerre-mondiale.html

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Syrie. La bataille d’Idlib a commencé

17 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #La France, #Politique étrangère, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL

Syrie. La bataille d’Idlib a commencé.

Le 17 octobre 2015 par Valentin Vasilescu

Syrie. La bataille d’Idlib a commencé

De l’Ouest du gouvernorat d’Alep jusqu’au Nord du gouvernorat de Hama s’étend un dispositif compact de plusieurs groupes de rebelles islamiques : ASL, Jaish al-Fatah, al-Nusra Front (branche syrienne d’Al-Qaïda), DAECH, etc… L’Armée syrienne a décidé tout d’abord d’isoler la ville d’Alep et de commencer le nettoyage de la zone Hama-Idlib des rebelles pour prévenir toute attaque contre la province de Lattaquié à l’Ouest, où se trouve la base aérienne de la Russie. Par conséquent, la zone située entre Hama et Idlib, mais plus particulièrement la ville d’Idlib et ses environs, sera le lieu où très probablement se déroulera la bataille la plus acharnée du théâtre des opérations militaires en Syrie.terrorist-islamic-map

Il est à noter qu’au début de 2014, l’armée syrienne avait presque réussi à prendre le contrôle de la route de Damas-Alep. L’apparition de l’Etat Islamique et l’offensive de ce groupe dans l’est et le nord de la Syrie avaient alors obligé l’armée syrienne à transférer des forces importantes dans le centre du pays pour stopper l’avancée du groupe terroriste. S’étant heurté à la résistance de l’armée syrienne, l’EI, qui disposait de milliers de Pick-up Toyota armés de mitrailleuses, s’étaient réorienté vers l’Ouest et le nord de l’Irak.

Le mystère des milliers de camionnettes Toyota de l’EI

Le Front al-Nusra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, a déployé des forces supplémentaires pour renforcer sa ligne défensive au nord du gouvernorat de Hama. Après la visite du chef de la CIA, John Brennan, en Arabie Saoudite la semaine dernière, les Saoudiens ont livré au moins 500 missiles américains antichars BGM-71 TOW et des munitions en Syrie. Dans le Nord du gouvernorat de Hama, les groupes rebelles ont créé des dizaines de points de résistance sur un front de 30 km sur l’axe Nord-Sud. Ces points de résistance sont placés dans des bâtiments ou sur des hauteurs dominantes et sont équipés de pièces d’artillerie et de missiles antichars BGM-71 TOW. Dans ces circonstances, deux bataillons de la 85ème Brigade mécanisée syrienne, équipés de systèmes russes Shtora-1 (qui brouillent le faisceau laser ou infrarouge du système de guidage des missiles antichars), ont commencé à encercler Rastan, au sud de la ville de Hama.

La Russie teste d’autres nouvelles armes en Syrie

D’autres sous-unités de la 10ème Division blindée de l’armée syrienne ont pris le contrôle des hauteurs au nord de Hama, récupérant trois localités (Ahaya, Al-Mughayr et Markabat).hama-idlib-map

Des avions Su-25 SM et des hélicoptères Mi-24 russes ont lancé, durant quelques jours d’affilée, des attaques sur les points de résistance de rebelles islamistes, situés à quelques kilomètres à l’ouest de Khan Sheikhoun. À l’heure actuelle, la 76ème Brigade syrienne de chars concentre ses forces au nord du gouvernorat de Hama pour la conquête de la ville de Khan Sheikhoun, du côté des collines de Sukayk.

 

La ville de Khan Sheikhoun, située dans le sud du gouvernorat d’Idlib, est un point stratégique sur la route de Damas-Alep (M-5). L’armée syrienne, qui s’en était retirée au printemps 2014, s’efforce maintenant de la reconquérir. L’Armée syrienne a massivement utilisé des lance-roquettes et dit avoir détruit des véhicules blindés et des camionnettes armées de mitrailleuses chez les rebelles.

C’est seulement maintenant que l’armée syrienne engage ses forces dans le combat, n’ayant été, jusqu’ici, qu’au stade de la mise en place et de test des rebelles islamistes. L’objectif étant d’engager un combat de courte durée, il fallait découvrir les points faibles des rebelles et préparer la création d’une profonde brèche dans leur dispositif. Pendant ce temps, l’armée syrienne pouvait attendre que les bombardements de l’aviation russe sur les points de résistance des rebelles islamistes fassent leur effet.

Valentin Vasilescu

Traduction Avic – Réseau International

http://www.ziaruldegarda.ro/in-siria-batalia-pentru-idleb-a-inceput/

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La “stratégie” US en Syrie se désagrège. Article repris sur Dedefensa

17 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La France, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Ukraine, #Europe supranationale, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Daesch

La “stratégie” US en Syrie se désagrège

On tiendra pour singulièrement important, par sa vigueur, sa précision, sa décision, la clarté de son propos en même temps que l’excellence de ses arguments techniques et stratégiques, l’article de Robbin Laird et de Ed Timberlake, dans Breaking Defense le 16 octobre 2015. Le titre (Obama Must Act On Syria Or Putin Runs The Show) pourrait se dire comme ceci : Obama doit vite, très vite aller à Canossa, s’il veut encore figurer dans les évènements qui s’annoncent, en Syrie et dans la région et sauver ce qui peut encore l’être de la position stratégique des USA. Il doit accepter la stratégie russe et accepter la proposition russe d’une vaste coalition anti-Daesh, agissant dans un cadre légal qui ne peut être que celui de la coopération avec Assad puisqu’il s’agit du gouvernement légal de la Syrie. Les raisons avancées pour recommander un tel virage stratégique se résument clairement à un point : la perte du leadership politique stratégique et même moral des USA dans cette région et, d’une façon plus vaste, au niveau international en général ; c’est-à-dire, pour les USA, le drame consommé de l’effondrement de ce qu’ils prétendent encore être leur hégémonie stratégique et leur exceptionnalisme “moral”, – l’un n’allant pas sans l’autre selon leurs propres conceptions.

Laird-Timberlake se montrent très laudatifs pour les conceptions et les capacités du président russe Poutine. Dans une de leurs remarques, ils n’hésitent pas à ridiculiser une des fameuse affirmations du secrétaire d’Etat Kerry, infatigable porteur d’eau de la narrative jusque-là en vogue à Washington : “Pour le secrétaire d’État John Kerry observant l’action de la Russie durant la crise ukrainienne, Poutine devait être apprécié comme un dirigeant du XIXe siècle. En réalité, Poutine utilise la puissance militaire conformément aux normes du XXIe siècle, – comme complément et outil d’une stratégie d’influence et d’une stratégie de positionnement politique” (« For Secretary of State John Kerry when looking at Russia’s actions in the Ukraine, Putin was declared to be so 19th century. In reality, Putin is using military power in a 21st century way – to support a strategy of influence and strategic positioning. »)

Comme on le voit, Laird et Timberlake, qui sont de formation deux analystes venus du monde universitaire militaire (US Naval Academy), ne parlent pas que de quincaillerie. Leur argument militaire et stratégique s’appuie donc sur une base très solide, impliquant la “moralité internationale” (très prisé dans la narrative BAO elle-même) et le droit international, plaçant l’argumentation générale directement dans le domaine de la communication, c’est-à-dire la sortant du cadre spécialisé qui est celui des deux auteurs au départ. Deux points sont ainsi mis en évidence, dont le premier vient de s’imposer.

• L’énorme masse de documents que The Intercept vient de publier sur la “stratégie des drone”, ou “stratégie de l’assassinat”, fait entrer l’acte de l’administration Obama dans ce domaine dans la catégorie des “crimes contre l’humanité”. Cela place la Russie et Poutine dans une position dominante dévastatrice dans la “guerre de la communication” et affaiblit dramatiquement l’administration Obama. En quelque sorte, s’il n’y a pas rapidement entente, la Russie se trouverait dans une position où elle aura le “droit moral“ sinon le “devoir moral” de détruire les drones US opérant en Syrie, ce qui représenterait une terrible défaite stratégique et de communication à la fois pour les USA.

«There is a clear and present danger of miscalculation, which needs to guide US and our allies to work directly with the Russians in the deconfliction of air space. We need as well to come to terms with the end of the latest age of unmanned aerial vehicles. Not only are the Russians putting our UAVs in risk, but the information war is being lost to Russia as new documents have been leaked which put the United States into a moral abyss. With the publication of what The Intercept has called the Drone Wars, “US drone operations in Somalia, Yemen, and Afghanistan, including the mechanism of targeting suspects slated for assassination” have been highlighted as virtual crimes against humanity, which provides the Russian leader with more than enough apparent justification to operate in the Syrian airspace to deal with US drones operating in Syrian airspace. »

• Laird et Timberlake ajoutent alors l’argument du droit qui prend toute sa force à la lumière des révélations sur la “stratégie de l’assassinat” qui affaiblit dramatiquement Obama/le bloc BAO. L’“incohérence stratégique” consistant à dénier toute légitimité à Assad, et même à chercher à le liquider, se révèle dans toute sa catastrophique vérité-de-situation depuis que les Russes interviennent en Syrie. Les Russes peuvent tout faire, sans la moindre entrave, et ils ne s’en privent pas, avec une efficacité redoutable, parce qu’ils en ont légalement le droit, ayant été appelés à le faire par le gouvernement légal de la Syrie. Dans les conditions nouvelles que nous connaissons, ce qui paraissait négligeable à nos stratéges-BAO, de Fabius à Cameron, devient essentiel : Poutine expose par contraste avec son activité leur totale illégitimité et leur totale illégalité dans le chef de leur mépris pour l’argument de la légalité du gouvernement Assad, qui s’aoutent à leur complète inefficacité et leur incohérence stratégique. “C’est du lourd”, c’est-à-dire que l’argument pèse désormais d’un poids écrasant, et le fait même que Laird-Timberlake l’avancent comme ils le font en est la preuve... A côté de cela, les jérémiades et les anathèmes furieux des avocats de l’affectivisme, neocons et R2P, se désagrègent à vue d’œil.

« Putin is backing a sitting government, that of Assad. One should remember that the bias in the UN Charter is to support sitting governments and that Russian claims that Western strikes in Syria are illegal under the UN charter is not just hyperbole. Russian actions in support of Assad also expose the incoherence of the “other side” supporting the mishmash of opponents of Assad, ranging from ISIL, to the legitimate opponents of Assad. With a well-defined military force on the ground, namely those of Assad, and in support of the legitimate government of Syria, Russian airpower can rely on those Syrian forces to help find and mark targets, and can prosecute Assad’s enemies as well as ISIL. With no lawyers in their OODA (Observe, Orient, Decide, Act) loop, Russian pilots are not constrained by the OOLDA (Observe, Orient, Legally Review, Decide, and Act) loop which limits the effectiveness of Western airpower. »

Cet article est important parce qu’il vient de deux spécialistes de formation militaire, au crédit impeccable, – notamment Robbin Laird. La publication qui le met en ligne, dans le conseil d’administration de laquelle Laird est présent, fait partie d’une nouvelle génération de publications spécialisées dans la stratégie et le domaine militaire et de l’armement, qui s’est installée sur l’internet. Ces sites (Breaking Defense mais aussi DefenseOne) sont très puissants, avec une audience et une influence importantes, et considérés comme des voix de grande influence dans la communauté de sécurité nationale des USA. Ils sont beaucoup moins “idéologisés” que les stratèges en chambre type-neocons, de Kagan à Krauthammer, qui règnent dans les pages-commentaires de la presse-Système générale, qui appuient leurs exigences impératives et hystériques sans cesse répétées sur une extraordinaire série d’erreurs catastrophiques qu’ils ont soutenues sinon provoquées depuis le 11 septembre 2001, comme si l’incompétence absolue était devenue la recommandation suprême pour se faire entendre. Il ne fait guère de doute que Laird-Timberlake parlent au nom d’une partie importante de cette communauté de sécurité nationale, du côté de la communauté du renseignement et du côté du Pentagone et des militaires (au-dessus de la tête du stupidissime Ashton Carter, jusqu’à ce jour l’un des plus médiocres, sinon le plus médiocre secrétaire à la défense qu’aient eu les USA).

L’article Laird-Timberlake n’apparaît pas comme un éclair dans un ciel bleu (ou plutôt comme un rayon de soleil dans un ciel encombré de nuages extrêmement bas). Depuis quelques jours, les articles US, surtout de spécialistes reconnus, reconnaissent que la campagne russe en Syrie est impressionnante d’efficacité et de brio (voir Dave Majimdar, dans The National Interest), et par conséquent idem pour la stratégie russe (voir Dov S. Zakheim). Il est à noter de ce point de vue que, dans un passage rapide de leur article, Laird-Timberlake reprennent l’argument de Zakheim selon lequel les relations dans la circonstance entre la Russie et Israël, malgré l’intervention russe ou justement à cause de l’intervention russe, sont nombreuses et constantes au contraire des relations des USA avec Israël ; cela renforce l’idée qu’effectivement Israël est en train de se poser des questions fondamentales sur sa stratégie générale, notamment pour ce qui concerne l’identité de son principal “allié extérieur”.

D’une façon générale, l’article montre une exaspération profonde, qui est train de gagner beaucoup de terrain et très vite à Washington, à propos de l’“incohérence stratégique” qui sert aujourd’hui de “stratégie” aux USA. De ce point de vue, c’est directement Obama qui est en cause, avec son indécision tactique et chronique, son habileté de communication qui ne produit qu’impuissance et paralysie, son incapacité d’assumer toute l’autorité dont il dispose et la perte accélérée de légitimité qui en résulte. Lorsque Laird-Timberlake écrivent “le président George W. Bush avait affirmé en 2001 qu’il avait regardé Poutine au fond des yeux et qu’il “avait pu ainsi ressentir ce qu’était son âme”. Il est clair que Poutine a fait la même chose avec Obama...”, – on peut penser qu’ils se référeraient à ce que vient de dire Poutine. Alors que la remarque de Bush était très laudative pour Poutine, celle de Poutine serait bien méprisante pour Obama, – ou plutôt, marquant l’extrême déception du président russe qui a beaucoup essayé avec Obama, – si l’on considère effectivement que cette remarque de Poutine, notée dans le Journal dde.crisis de PhG comme si peu ordinaire par rapport au langage diplomatique réduit à la narrative en vogue, concerne effectivement Obama : «...un Poutine dit qu’il semble que “certains de nos partenaires” ont “de la bouillie [de maïs ?] en guise de cerveau” ou quelque chose d’approchant (“‘It seems to me that some of our partners have mush for brains,’ commented Putin”), tout cela sur un ton amical et un peu ironique... »

Voici donc le texte de Laird-Timberlake, que nous nous permettons de reproduire parce qu’il est marqué par une exceptionnelle clarté de langage, une force de conviction clairement argumenté, tout cela qui tranche si radicalement avec les textes type “bouillie de maïs” encombré de lieux communs et de phrases toutes-faites qu’on trouve sous les plumes épuisées par tant de vilenies mensongères des avocats de la guerre et du “il faut liquider Assad”. La sottise de l’argument finit par épuiser la psychologie, même des plus endurants et des plus hystériques parmi ces “avocats de la guerre”, ou warmongers, si bien qu’on peut parler à leur propos de “fatigue psychologique” autant qu’on peut parler de “fatigue stratégique” pour la politique des USA, épuisée par tant de catastrophes. Laird-Timberlake sont présentés de dette façon : « Robbin Laird, a defense consultant, is a member of the Breaking Defense Board of Contributors and owner of the Second Line of Defense website. Ed Timberlake, a graduate of the US Naval Academy and former Marine squadron commander, works with Laird. »

Obama Must Act On Syria Or Putin Runs The Show

The U.S. and its allies must immediately engage at the strategic, diplomatic and tactical military levels in Syria and Iraq. The focus for that action should be uncomplicated; defeat ISIL while supporting the Kurds in reshaping our position in Iraq; put the Iran nuclear agreement in the rear view mirror.

There is a clear and present danger of miscalculation, which needs to guide US and our allies to work directly with the Russians in the deconfliction of air space. We need as well to come to terms with the end of the latest age of unmanned aerial vehicles. Not only are the Russians putting our UAVs in risk, but the information war is being lost to Russia as new documents have been leaked which put the United States into a moral abyss. With the publication of what The Intercept has called the Drone Wars, “US drone operations in Somalia, Yemen, and Afghanistan, including the mechanism of targeting suspects slated for assassination” have been highlighted as virtual crimes against humanity, which provides the Russian leader with more than enough apparent justification to operate in the Syrian airspace to deal with US drones operating in Syrian airspace.

Russia has had a significant stake in Syria for a long time, and Syria is part of Putin’s Mediterranean resurgence. For Secretary of State John Kerry when looking at Russia’s actions in the Ukraine, Putin was declared to be so 19th century. In reality, Putin is using military power in a 21st century way – to support a strategy of influence and strategic positioning.

In the face of Russian strategy in Syria, the lack of clarity in U.S. strategy and the use of the U.S. military to support strategic incoherence is leaving it exposed. Disregarding the warnings of recently retired head of Air Combat Command, Gen. Mike Hostage, that the US should not fly UAVs in contested airspace, these vulnerable assets now face Russian aviation in a potential face off. Either these assets have to be removed for their own protection, or pilots must fly to protect them and engage the Russians in a World War I-style of warfare equivalent to shooting down observation balloons. There are clear limits to relying on UAV technologies except in unique circumstances, namely air dominance and clear strategic purpose.

President George W. Bush claimed he had looked into Putin’s eyes in 2001 and “was able to get a sense of his soul.” Clearly, Putin has done this with Obama, and his Syrian actions are playing off of what Putin sees as the Obama strategy which includes a pro-Iranian stance, an alienation of Israel, a pro-Baghdad Iraq policy, and a very weak “air campaign” burdened with more lawyers than airstrikes.

Putin is backing a sitting government, that of Assad. One should remember that the bias in the UN Charter is to support sitting governments and that Russian claims that Western strikes in Syria are illegal under the UN charter is not just hyperbole. Russian actions in support of Assad also expose the incoherence of the “other side” supporting the mishmash of opponents of Assad, ranging from ISIL, to the legitimate opponents of Assad. With a well-defined military force on the ground, namely those of Assad, and in support of the legitimate government of Syria, Russian airpower can rely on those Syrian forces to help find and mark targets, and can prosecute Assad’s enemies as well as ISIL. With no lawyers in their OODA (Observe, Orient, Decide, Act) loop, Russian pilots are not constrained by the OOLDA (Observe, Orient, Legally Review, Decide, and Act) loop which limits the effectiveness of Western airpower.

To be clear, this is not about “ground forces” versus “airpower” since all operations are now air-enabled. This is about crafting a clear strategy within which military assets can be used. Putin is clearing the decks to expand his influence in the region in the face of Western strategic incoherence and their lack of strategic operational clarity.

Putin went to Paris recently and cut a deal with Ukraine to take Ukraine off the table for the moment. Putin is trying to put the lid on Syria, which would be supported by many Europeans since this could provide relief from Europe’s refugee crisis. Putin has met with the Israel leader and the Israeli military as well and they have discussed the way ahead in the region. While President Obama is giving the cold shoulder to Netanyahu, Putin welcomed the Israeli leader to discuss the region and the way ahead on security arrangements.

The Russians have deployed missile defense systems around their main operating base, deterring Western air forces. To be clear, there is little doubt that these defenses could be destroyed if needed, but what is the point? The Iranians are getting the point, that strategy-led military operations in support of a legitimate government in Syria – however brutal – makes the Russians a key player that must be dealt with, especially one which can deal with Europe and Israel at the same time.

Putin has put in play calibrated military force supporting a strategy since the Crimean takeover. In contrast, the Obama Administration has put in play an incoherent military operation against ISIL without clear allies on the ground. Putin’s clearly defined actions only enhances the opportunities for the Russians to influence events and shape outcomes. Simply opposing Putin will get the U.S. nowhere. The Obama administration must recognize how the game has already changed and the approach to counter-insurgency which the U.S. has followed for a decade, along with attachment to UAV-enabled ground operations, has been overtaken by events.

There is a clear need to get on with the strategic task of deconflicting the Western and Russian air forces operating in the murky border regions of Iraq and Syria, notably with the ISIL operating with fluidity within the “borderless” region from their point of view. It should not be forgotten that European air forces have been engaged in vigorous operations as the Russians test them over the Baltic and North Sea regions. They already have some sense of what the current Russian air operations are all about. Air forces such as the RAF have already made it clear that they will not tolerate any direct threat to their forces as well in Iraq.

Putin has clearly put his marker down to be a player and kingmaker in the region. For Putin, Russian airpower is a key instrument in his strategy, one not constrained by the OOLDA loop.

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La tentation turque d’un piège à ours en Syrie

12 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #Politique étrangère, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL

La tentation turque d’un piège à ours en Syrie

M.K. Bhadrakumar

Par M.K. Bhadrakumar – Le 6 octobre 2015 – Source mkbhadrakumar

Les deux incidents, deux jours de suite le week-end dernier, impliquant les aviations militaires turque et russe opérant dans le nord de la Syrie ont mis en avant la seule forme fatidique que pourrait prendre le conflit syrien dans les prochains mois. La Turquie y apparaît comme la seule puissance régionale pouvant vraiment transformer la Syrie en un bourbier pour la Russie, comme celui que le Pakistan a créé contre les Soviets en Afghanistan dans les années 1980.

 

Comme pour le Pakistan (qui avait déjà commencé à entretenir des groupes islamistes afghans depuis les années 1970, bien avant le début de l’intervention soviétique), la Turquie aussi a trois ou quatre ans d’avance dans ses relations avec les groupes extrémistes en Syrie (dont État islamique). Ces groupes islamistes ont aussi le potentiel d’être regroupés comme les fameux Sept de Peshawar du djihad afghan des années 1980. A condition, bien sûr, que le président turc Recep Erdogan choisisse de suivre le chemin abrupt tracé par le dictateur pakistanais de l’époque, le général Zi ul-Haq.

Le fera-t-il ou pas ? Tel est la question à laquelle Moscou va tenter de trouver une réponse dans les semaines et mois qui suivent. Considérons donc ce qui suit.

Un official turc anonyme a prétendu vendredi que le système radar du pays avait allumé un avion russe survolant le nord de la Syrie. Si tel est le cas, cela représente sans aucun doute, une provocation inutile et inamicale de la part de la Turquie. Et puis, le jour suivant, un SU-30 russe a violé l’espace aérien turc, forçant Ankara à envoyer ses chasseurs. Évidemment la Turquie a été furieuse face à cet affront (des élections parlementaires ont lieu le 1er novembre) et a protesté auprès des Russes qui, bien sûr, ont rapidement clarifié la situation en disant qu’il y avait eu une erreur de navigation.

Puis encore, le jour suivant, ce fut au tour d’un MIG-29 non identifié d’être allumé pendant plus de 5 minutes quand deux F- 16 turcs étaient en train de patrouiller la frontière avec la Syrie. Cela ressemble beaucoup à une tentative de la part des deux bords de tester les nouvelle règles du jeu imposées par l’intervention russe qui vient de totalement changer les rapports de force en Syrie.

La Russie vient de montrer doucement, fermement, mais clairement que ses avions allaient survoler tout l’espace aérien syrien même celui proche de la frontière turque. La Russie vient de remettre frontalement en question la règle mise en place de façon unilatérale par la Turquie consistant à menacer de descendre tout avion militaire syrien survolant l’espace aérien proche de la frontière turque.

Cette règle turque avait permis, jusqu’à maintenant, aux rebelles syriens d’agir en toute impunité dans une large portion de territoire du nord de la Syrie, sans craindre d’attaque aérienne de la part de Damas. La Russie a sommairement mis fin à ce privilège profitant à Ankara. La Russie est, simultanément, en train de renforcer le système de défense aérien syrien pour empêcher l’aviation militaire turque de survoler son espace aérien. En bref, les incidents du week-end ont contraint Ankara à accepter cette nouvelle réalité, elle ne pourra plus violer l’espace aérien syrien sans en payer le prix.

D’ailleurs, Israël est dans la même galère que la Turquie, aidant clandestinement al-Qaida à agir en Turquie, lançant des attaques aériennes injustifiées sur des cibles situées au milieu de la Syrie, violant systématiquement la souveraineté de l’état syrien. Israël aussi est blême face aux lignes rouges tracées par la Russie en Syrie dans le but de faire cesser les interférences israéliennes dans les affaires syriennes. Israël est furieux envers Moscou, comme la Turquie, mais n’a pas d’autres choix que de respecter les règles du jeu russe.

Erdogan est en visite à Bruxelles (où est situé le quartier général de l’Otan) et à Paris, dans ce qui ressemble à une tentative de reconstruire les liens endommagés avec l’Europe et de sonder la France pour créer une opinion favorable à la mis en place d’une zone de sécurité et un espace aérien fermé en Syrie. La Turquie ne se confrontera pas à la Russie toute seule et toute tentative turque de s’opposer aux initiatives russes en Syrie ne se feront que dans le cadre d’une action stratégique occidentale pour contrer l’influence grandissante de Moscou au Moyen Orient.

Dans ce cas, tout dépend de l’attitude américaine. À partir de ce que l’on peut voir actuellement, le président Obama concentre plutôt les ressources américaines sur les problèmes majeurs du Moyen Orient élargi, la lutte contre État islamique et le problème afghan. L’Europe aussi ne peut se permettre de plonger dans un grand jeu pour la Syrie alors que les réfugiés s’accumulent à ses frontières, annonçant déjà ce qui se passerait si le conflit syrien empirait. Il est évident que l’Europe a finalement une convergence d’intérêts en matière de sécurité avec la Russie dans sa campagne pour détruire État islamique et les autres groupes extrémistes sévissant en Syrie.

En conclusion, il est peu probable que la Syrie devienne un bourbier de type afghan pour les Russes. Pendant la guerre froide, les USA ont brillamment réussi à soulever les islamistes radicaux contre le communisme. Mais, de nos jours, la Russie a su tisser différents liens avec les musulmans du Moyen-Orient. La diplomatie russe a été particulièrement active en Arabie saoudite, dans les Émirats arabes unis, ainsi qu’au Caire et à Amman. L’Égypte et la Jordanie se sont visiblement rapprochées de la Russie en ce qui concerne la question syrienne.

Et surtout, les liens étroits de Moscou avec les dirigeants kurdes syriens (qui aident le mouvement séparatiste PKK en Turquie) peuvent servir de garantie aux Russes au cas où Ankara voudrait poser un piège à ours en Syrie. Car alimenter la rébellion devient ainsi une stratégie pouvant être utilisée autant par la Russie que par la Turquie. (Voir a ce sujet l’interview par un vieil ami, Amberin Zaman, du dirigeant kurde syrien Salih Muslim qui nous fait bien comprendre le problème kurde auquel est confronté la Turquie.)

En résumé, si un Kurdistan se formait en Syrie (au coté de celui existant déjà dans le nord de l’Irak) l’inviolabilité actuelle des frontières turques sur sa face sud, kurde, n’existera plus et cet espace ressemblera à la ligne de Durand séparant le Pakistan de l’Afghanistan, une zone de non-droit qui sera comme un poignard planté en permanence dans le cœur turc.

La priorité de Erdogan sera donc de s’assurer une bonne place à la table des négociations de paix en Syrie. Il fera de son mieux pour éviter l’émergence d’une nouvelle entité kurde dans son voisinage, ce qui est déjà le scénario en train de se dérouler. Le principal défi de Erdogan est de convaincre la Russie et les USA de canaliser l’aspiration des Kurdes syriens à la création d’une région autonome kurde dans le nord de la Syrie, en échange de sa participation active comme fantassin de Washington et Moscou dans leur lutte contre État Islamique.

Il faudra donc bien que, finalement, Erdogan commence à dialoguer avec le Kremlin. En fait, ce dialogue n’a pas vraiment pris fin. Sa relation personnelle avec le dirigeant russe est toujours vivante. Poutine aussi a fait de grands efforts pour encourager Erdogan à regarder vers l’est. A la différence des puissances occidentales, la Russie ne s’est jamais mêlée des affaires intérieures turques. Si Erdogan réussi à remporter les élections de novembre et parvient à transformer le système politique turc en un système présidentiel, Poutine ne fera que l’en féliciter et trouvera même quelques satisfactions d’avoir un ami à Ankara, risquant d’être président à vie, et avec lequel il pourra faire de bonnes affaires pour le bénéfice de chacun.

M.K. Bhadrakumar

Notes du Saker Francophone

Effectivement la bonne humeur dans les relations russo-turques est vite revenue puisque le 9 octobre le vice-premier ministre turc, Numan Kurtulmus, vient de déclarer : «La Turquie et la Russie sont liées par d’étroites relations politiques et économiques. Depuis de longues années, nous vivons en paix et en bons voisinage. Ces relations ne doivent pas être sacrifiées à des intérêts politiques en Syrie

Cet analyse de Bhadrakumar et sa validation par le vice premier ministre turc démontrent, une fois de plus, que les analyses de nos experts de la presse de référence, qui prétendent à longueur d’articles que la Turquie, membre de l’Otan, va se fâcher toute rouge contre la Russie, ne voient toujours pas plus loin que le bout de leurs fantasmes.

Traduit par Wayan, relu par jj et Diane pour le Saker Francophone

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