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Le blog de Lucien PONS

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Poutine à 'Bild' : « La Russie ne prétend pas au rôle de superpuissance »

19 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La France, #AMERIQUE, #Ukraine, #l'Allemagne, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Publié par Jean Lévy

 

Dans une interview au quotidien allemand Bild, publiée le 11 janvier, Vladimir Poutine est revenu sur l’année éco, les tensions internationales, le rôle de l’OTAN et la phobie des chiens d’Angela Merkel. Le Courrier de Russie a sélectionné et traduit les passages les plus marquants.

 

 

Sur les relations Russie-Occident

Depuis le début [la fin de la Guerre froide, ndlr], nous avons échoué à surmonter les divisions en Europe. Il y a 25 ans, le mur de Berlin s’effondrait, mais des murs invisibles se sont déplacés vers l’Est de l’Europe, et ont posé les prémices de futures crises et incompréhensions mutuelles.

Sur l’OTAN

À la chute du mur de Berlin, on a entendu dire que l’OTAN ne s’élargirait pas à l’Est. Si mes souvenirs sont bons, c’est ce qu’avait déclaré Manfred Wörner, alors secrétaire général de l’Alliance. Certains politiques allemands de l’époque, notamment Egon Bahr, avaient mis en garde contre un possible élargissement et proposé des solutions.

M. Bahr avait notamment déclaré, le 26 juin 1990, lors de sa rencontre avec les politiques allemands Hans-Dietrich Genscher et Helmut Kohl et les dirigeants soviétiques Mikhaïl Gorbatchev et Valentin Faline, alors directeur du département international du Comité central : « Si aucune mesure décisive n’est prise pour éviter la scission de l’Europe en blocs ennemis lors de la réunification de l’Allemagne, l’URSS risque d’être condamnée à l’isolement international. »

M. Bahr proposait des mesures concrètes. Il parlait de la nécessité de créer une nouvelle union, distincte de l’OTAN, au cœur de l’Europe. Toute l’Europe centrale, avec ou sans l’Allemagne de l’Est, devait former cette nouvelle union avec l’Union soviétique et les États-Unis. Voici ce qu’il disait : « En tant qu’organisation dotée de structures militaires, l’OTAN ne doit pas s’étendre en Europe centrale. »

C’était déjà un patriarche de la politique européenne, avec sa propre vision de l’avenir de l’Europe. Il disait à ses collègues soviétiques : « Si vous n’êtes pas d’accord et que vous approuvez l’élargissement de l’OTAN, si l’Union soviétique l’approuve, alors je ne viendrai plus à Moscou. » Il était très intelligent. Il voyait alors le sens profond des événements en cours, et était convaincu qu’il fallait changer totalement de format pour tourner la page de la Guerre froide. Ce que nous n’avons pas fait.

Egon Bahr, était un homme politique allemand membre du Parti social-démocrate d'Allemagne. Crédits :

Egon Bahr était un homme politique allemand membre du parti social-démocrate. Crédits :
German Federal Archives

Et que s’est-il passé ? Précisément ce qu’avait prédit M. Bahr, qui affirmait qu’il ne fallait pas développer la structure militaire du bloc nord-atlantique à l’Est mais créer une union qui comprendrait l’ensemble de l’Europe. Il n’en a rien été. C’est même exactement l’inverse qui s’est produit, ce contre quoi il avait mis en garde : l’OTAN a commencé à se développer et à s’élargir à l’Est.

Nous avons entendu mille fois ce mantra, répété par les politiques américains et européens : les pays ont le droit de choisir seuls la façon dont ils garantissent leur sécurité. Nous le savons, c’est vrai. Mais il est aussi vrai que les autres pays ont le droit de décider d’élargir ou non leur propre organisation, d’agir dans ce qu’ils estiment être l’intérêt de la sécurité internationale. Les principaux membres de l’OTAN pourraient dire : « Nous sommes ravis que vous souhaitiez vous joindre à nous, mais non – nous n’avons pas l’intention d’élargir notre organisation, nous voyons un autre avenir pour l’Europe. »

La charte de l’OTAN stipule-t-elle que l’organisation doit accueillir tous ceux qui souhaitent y entrer ? Non. Il y a des critères, des conditions. S’il y avait eu une volonté politique, ils auraient pu tout faire. Mais ils ne le voulaient pas, tout simplement. Ils voulaient régner, dominer. Ils voulaient s’asseoir sur le trône. Et ensuite ? Aujourd’hui, nous discutons de situations de crise.

Sur le bouclier antimissile

En matière de sécurité, outre l’élargissement de l’OTAN à l’Est, nous avons vu apparaître le système de défense antimissile, qui se développe en Europe sous prétexte de contrer la menace nucléaire iranienne. En 2009, le président américain Barack Obama avait déclaré que si cette menace disparaissait, il n’y aurait plus aucune raison de créer ce système de défense antimissile.

Un accord a été signé avec l’Iran, on examine aujourd’hui la question de la levée des sanctions, tout cela sous le contrôle de l’AIEA, et un premier chargement d’uranium a déjà été transféré à la Russie. Or, le bouclier antimissile continue d’être développé. Des accords bilatéraux ont été signés avec la Turquie, la Roumanie, la Pologne et l’Espagne. En Espagne, des forces navales sont déployées pour la défense antimissile. Une zone de déploiement de missiles a déjà été créée en Roumanie, une autre doit apparaître en Pologne vers 2018, et un radar est installé en Turquie.

Sur son « changement de rhétorique »

Vladimir Poutine. Crédits : www.productionmyarts.com

Vladimir Poutine 2000 – 2015. Crédits : productionmyarts.com

Je n’ai jamais changé. Encore aujourd’hui, je me sens jeune. J’étais et je reste l’ami de Schröder. Rien n’a changé. Les relations entre États se construisent quelque peu différemment de celles entre personnes. Je ne suis pas un ami, ni une fiancée, ni un fiancé, je suis le président de la Fédération de Russie. Soit d’un pays de 146 millions d’habitants, avec leurs propres intérêts, que je me dois de défendre. Nous sommes prêts à le faire non de façon conflictuelle mais en cherchant des compromis, sur la base, bien entendu, du droit international, compréhensible pour tous de façon univoque.

Nous sommes confrontés à des menaces communes et nous continuons d’aspirer à ce que tous les États, en Europe et dans le reste du monde, unissent leurs efforts pour lutter contre ces menaces. Il s’agit évidemment du terrorisme, mais aussi de la criminalité, de la traite des êtres humains, de la lutte pour l’environnement – tous ces phénomènes demeurent des problèmes communs. Mais cela ne signifie pas que nous devions à chaque fois être tous d’accord sur ces questions ou sur d’autres.

Si notre position ne plaît pas à certains, nous qualifier systématiquement d’ennemis n’est pas la meilleure solution. Ne vaudrait-il pas mieux, parfois, écouter, réfléchir de façon critique, concéder certains points et chercher des solutions communes ? C’est précisément ce dont j’ai parlé à New York, lors de la 70e session de l’Assemblée générale de l’ONU.

Nous étions vivement opposés à ce qui s’est passé en Irak, en Libye et dans plusieurs autres pays. Nous avons dit : il ne faut pas faire cela, il ne faut pas intervenir là-bas, il ne faut pas commettre cette erreur. Personne ne nous a écoutés ! Au contraire, notre position a été jugée « anti-occidentale ». Mais aujourd’hui, alors que vous avez des centaines de milliers, voire déjà un million de réfugiés, qu’en dites-vous ? Notre position était-elle vraiment « anti-occidentale » ?

Sur la Crimée

Vladimir Poutine : Qu’entendez-vous en parlant de « Crimée » ?

Bild : Le changement des frontières.

V.P. : Eh bien, pour moi, « la Crimée », cela signifie 2,5 millions de personnes qui craignaient un coup d’État, n’ayons pas peur des mots, en Ukraine. Et après le coup d’État à Kiev – car il s’agit bien d’un coup d’État, quels que soient les termes que certains utilisent pour enjoliver cette réalité –, des forces ultranationalistes sont arrivées au pouvoir et se sont tout bonnement mises à menacer la population : les Russes et les russophones qui vivent en Ukraine, de manière générale, et en Crimée, en particulier, où ils sont plus nombreux que partout ailleurs en Ukraine.

Qu’avons-nous fait ? Nous n’avons combattu personne, ni occupé quoi que ce soit, nous n’avons tiré sur personne, et personne n’a péri dans les événements survenus en Crimée. Personne ! Nous n’avons eu recours aux forces armées que pour empêcher la vingtaine de milliers de soldats ukrainiens qui se trouvaient sur ce territoire d’interférer avec l’expression de la volonté des habitants. Ces derniers ont participé à un référendum et ont voté. Ils voulaient faire partie de la Russie. La démocratie est la manifestation de la volonté du peuple, les gens voulaient vivre comme ils l’avaient voté. Ce qui m’importe, ce n’est ni le territoire, ni les frontières, mais bien le sort de la population.

Le droit international n’a pas été violé en Crimée. En vertu de la charte de l’ONU, chaque peuple a droit à l’autodétermination. Dans le cas du Kosovo, la Cour internationale de justice a décidé que l’opinion des autorités centrales pouvait ne pas être prise en compte en matière de souveraineté. Le Kosovo a proclamé son indépendance et le monde entier l’a acceptée. Et savez-vous comment il l’a fait ? Par une décision du parlement. Ils n’ont même pas organisé de référendum.

Maintenant, je vous le demande : si les Kosovars ont droit à l’autodétermination, pourquoi pas les Criméens ? Si l’on veut maintenir entre la Russie et nos amis et voisins en Europe et dans le monde des relations positives et constructives, la condition sine qua non est de toujours se respecter les uns les autres, de respecter les intérêts de chacun et de s’en tenir à des règles identiques, sans les changer à chaque fois au gré des intérêts particuliers.

Sur la crise ukrainienne

Les présidents français, ukrainien, biélorusse, russe et la chancelière allemande réunis à Minsk le 11 février 2015. Crédits : flickr.com, Karl-Ludwig Poggemann

Les présidents biélorusse, russe, français, ukrainien, et la chancelière allemande réunis à Minsk le 11 février 2015. Crédits : flickr.com, Karl-Ludwig Poggemann

Tout le monde assure qu’il faut absolument réaliser les accords de Minsk, et qu’ensuite seulement, on pourra réexaminer la question des sanctions. Mais croyez-moi, on en arrive à un théâtre de l’absurde, parce que la réalisation des principaux points ne dépend que des autorités ukrainiennes actuelles. Il ne faut pas exiger de Moscou ce qui incombe à Kiev.

Par exemple, la question la plus importante dans tout le processus de résolution de cette crise a un caractère politique, avec, en son centre, la réforme de la Constitution. C’est le onzième point des accords de Minsk, qui stipule clairement qu’une réforme constitutionnelle doit être menée en Ukraine et que les décisions à ce sujet ne doivent pas être prises par Moscou ! Prenez le texte, c’est écrit noir sur blanc : « Point 11 : Organisation d’une réforme constitutionnelle en Ukraine avec entrée en vigueur avant la fin 2015. » L’année 2015 est finie. Nos partenaires européens – aussi bien la chancelière allemande que le président français – devraient se pencher davantage sur ce problème, me semble-t-il.

Il est aussi écrit que les changements apportés à la Constitution doivent être permanents. Le gouvernement ukrainien a introduit dans la Constitution une loi conférant un statut particulier à ces territoires [Donetsk et Louganskndlr]. Mais cette loi n’est valable que trois ans. Et deux ans sont déjà passés. Lors de notre rencontre à Paris, la chancelière allemande et le président français ont approuvé l’idée que cette loi devait être permanente. Pourtant, la Constitution n’a pas été votée même sous sa forme actuelle, et cette loi n’a toujours pas de statut permanent. Pourquoi exige-t-on de Moscou ce que doivent faire nos collègues de Kiev ?

Sur les sanctions

Vous savez, la population russe comprend parfaitement – avec le cœur et avec la raison – ce qui se passe. Napoléon disait que la justice était l’incarnation de Dieu sur Terre. Le rattachement de la Crimée à la Russie est une décision juste.

Concernant la réaction de nos partenaires occidentaux, il me semble qu’elle était erronée, et qu’elle visait non à soutenir l’Ukraine mais à gêner la croissance de la Russie. Ce n’est pas ainsi qu’il faut agir, c’est une grossière erreur. Il faut au contraire utiliser les capacités des uns et des autres pour encourager la croissance mutuelle, pour trouver des solutions communes aux problèmes auxquels nous sommes tous confrontés.

Vous avez parlé des sanctions. Je pense qu’il s’agit d’une mesure stupide et nocive. Nos échanges commerciaux avec l’Allemagne s’élèvent à 83-85 milliards de dollars et ont créé des milliers d’emplois en Allemagne. Quelles sont les restrictions pour nous ? Ce n’est pas l’épreuve la plus difficile que nous ayons connue, mais la limitation de l’accès aux marchés financiers étrangers est aussi nocive pour notre économie.

Sur Angela Merkel

Je suis persuadé que c’est quelqu’un de très honnête. Son travail est soumis à certaines limites, mais elle aspire sincèrement, j’en suis certain, à trouver des solutions pour résoudre, entre autres, la crise dans le Sud-Est ukrainien.

Sur la peur des chiens de la chancelière allemande

En janvier 2007, lors d’une rencontre à Sotchi Vladimir Poutine appelle son labrador Koni qui vient renifler Angela Merkel. L’Allemande a été mordue par un chien douze ans plus tôt et n’en mène pas large. Crédits : cicero.de

En janvier 2007, lors d’une rencontre à Sotchi, Vladimir Poutine a appelé son labrador, qui est venu renifler Angela Merkel. L’Allemande, mordue par un chien 12 ans plus tôt, n’était pas très à l’aise. Crédits : cicero.de

Je ne savais pas [qu’elle avait peur des chiens, ndlr]. Au contraire, je voulais lui faire une bonne surprise en lui montrant mon chien. [En 2007, Poutine avait amené son labrador, Koni, lors d’une rencontre bilatérale avec Mme Merkel,ndlr]. Je me suis expliqué avec elle ensuite et lui ai présenté mes excuses.

Sur la Russie

Nous ne prétendons pas au rôle de superpuissance. Cela coûte très cher et ne mène à rien. Notre économie est la cinquième ou sixième mondiale. Elle est peut-être un peu plus faible aujourd’hui, mais nous savons très bien que nous avons d’excellentes perspectives et un très fort potentiel de développement. En termes de parité de pouvoir d’achat, nous occupons plus ou moins la sixième place mondiale.

Sur le G8

Nous prévoyions d’accueillir le G8 en 2014 [la Russie a été exclue du G8 à cause de la situation en Ukraine, ndlr]. La Russie n’est pas devenue membre à part entière du G8 parce qu’il y a toujours eu des discussions entre les ministres des affaires étrangères des sept autres pays. Je ne peux pas dire que c’est un instrument inutile. Il est toujours utile de se rencontrer, de débattre et de chercher des solutions communes.

Il me semble que la présence de la Russie était tout de même nécessaire, parce que nous exprimions une opinion alternative sur différentes questions. Nous discutons des mêmes choses dans le cadre du G20, de l’APEC et des BRICS. Nous étions prêts à accueillir le G8 en 2014. Ce n’est pas nous qui avons refusé de nous rendre quelque part, c’est eux qui ne sont pas venus chez nous. Si nos collègues décident de venir, de grâce, qu’ils le fassent !, nous les accueillerons avec plaisir, mais nous-mêmes n’avons pas encore acheté de billets pour où que ce soit.

Nous sommes prêts à travailler avec tout le monde s’il y a matière à discuter ensemble. Nous pensons que c’est le cas, mais l’amour, pour être heureux, doit être réciproque. Si l’on ne veut pas travailler avec nous, c’est qu’il ne faut pas le faire.

Sur la situation avec la Turquie

La Turquie est membre de l’OTAN. Mais les problèmes survenus ne sont pas liés à ce statut : personne n’a attaqué la Turquie. Plutôt que de s’expliquer avec la Russie sur le crime commis en abattant notre bombardier alors que celui-ci frappait les terroristes, les dirigeants turcs ont couru se réfugier auprès de l’OTAN. C’est très étrange et, selon moi, humiliant pour la Turquie.

Je le répète encore une fois : certes, l’OTAN doit défendre ses membres contre les attaques dont ils sont l’objet, mais personne n’a attaqué la Turquie. Si la Turquie a des intérêts quelque part dans le monde, dans des États voisins, cela signifie-t-il pour autant que l’OTAN doive défendre tous ces intérêts ? Qu’un membre de l’OTAN comme l’Allemagne doive aider la Turquie à assimiler ces territoires voisins ?

J’espère que ces incidents n’entraîneront pas de confrontation de grande ampleur. Mais évidemment, chacun comprend que la Russie se défendrait par tous les moyens à sa disposition si elle devenait la cible de menaces.

Sur la Syrie

Soldats russes sur l'aérodrome de Lattaquié en Syrie. Crédits : ministère de la défense

Soldats russes à l’aérodrome de Lattaquié, en Syrie. Crédits : ministère de la défense

Ils mentent tous [en disant que les forces armées russes en Syrie frappent les rebelles qui se battent contre Bachar el-Assad et non l’État islamique, ndlr]. Les vidéos qui étayent cette thèse sont apparues avant même que nos pilotes ne commencent à frapper les positions des terroristes ! On en a la confirmation. Mais nos détracteurs font mine de rien.

Je crois que les pilotes américains ont – par erreur bien sûr ! – bombardé un hôpital de Médecins sans frontières à Koundouz, en Afghanistan, faisant des blessés et des morts, y compris parmi les médecins. La presse occidentale essaye de passer cette erreur sous silence pour que tout soit rapidement oublié. Elle n’en a parlé que deux fois, et uniquement parce que des étrangers travaillant pour Médecins sans frontières étaient présents sur les lieux, avant de clore le sujet.

Qui se souvient aujourd’hui du mariage bombardé [au Yémen, ndlr] ? De la centaine de personnes tuées en une seule frappe ? Les fausses informations selon lesquelles nos pilotes bombardent des sites civils ne cessent d’être publiées. Si l’on considère les « oléoducs vivants », composés de milliers de camions-citernes, comme des sites civils, alors oui, c’est vrai que nos pilotes frappent ces sites. Mais les autres le font aussi : Américains, Français, etc.

Par ailleurs, nous nous entendons avec eux sur des actions communes, et nos frappes aériennes soutiennent leurs attaques sur différentes zones de front. Des centaines, voire des milliers de soldats combattent l’EI. Nous soutenons aussi bien l’armée d’Assad que l’opposition armée. Certains en ont déjà fait part publiquement, d’autres préfèrent se taire, mais ce travail a lieu.

Sur Bachar el-Assad

Je pense que le président Bachar el-Assad a commis beaucoup d’erreurs lors du conflit en Syrie. Mais ce conflit aurait-il atteint une telle ampleur s’il n’avait pas été initialement soutenu de l’extérieur grâce à d’énormes quantités d’argent, d’armes et de soldats ? Malheureusement, dans ce genre de conflits, ce sont les civils qui souffrent. Mais à qui en incombe la responsabilité ? Au gouvernement, qui aspire à préserver sa souveraineté et lutte contre ces actes anticonstitutionnels, ou bien à ceux qui organisent cette lutte armée contre le gouvernement ?

Bachar el-Assad ne cherche pas à éliminer sa propre population. Il se bat contre ceux qui sont venus chez lui les armes à la main. Et si la population civile souffre, je pense que c’est avant tout de la responsabilité de ceux qui le combattent avec des armes, et de ceux qui aident ces derniers.

Petite fille dans les rues de Damas. Crédits : ktrk.kg/wikimedia

Petite fille dans les rues de Damas en 2011. Crédits : ktrk.kg/wikimedia

Nous ne voulons pas qu’il se passe en Syrie la même chose qu’en Libye ou en Irak. J’en ai déjà parlé au président égyptien al-Sissi : s’il n’avait pas pris ses responsabilités, s’il n’avait pas eu le courage de reprendre en main le contrôle du pays, l’Égypte aurait pu connaître le même sort que la Libye.

Pour moi, il faut diriger tous les efforts vers la consolidation du pouvoir légitime dans les pays de la région, y compris en Syrie. Il faut rétablir et consolider les structures du pouvoir en Irak et en Libye. Atteindre la stabilisation en Somalie et dans d’autres pays. Renforcer le pouvoir en Afghanistan. Mais cela ne signifie pas qu’il faille tout laisser en l’état. Cette stabilisation doit bien sûr servir de base à des réformes politiques.

Concernant la Syrie, j’estime qu’il faut avancer vers une réforme constitutionnelle – un processus difficile, bien sûr. Et ensuite, sur la base de cette nouvelle Constitution, il faudra organiser des élections législatives et présidentielle. Il revient au peuple syrien, et à lui seul, de décider qui gouvernera le pays et comment. Ce n’est que de cette façon que l’on atteindra la stabilité et la sécurité, que l’on créera les conditions propices à la croissance de l’économie et au bien-être des habitants, afin qu’ils ne s’enfuient pas en Europe mais vivent dans leurs maisons, dans leur pays.

Sur le conflit Iran-Arabie saoudite

Ce conflit complique notre travail sur la résolution du problème syrien et la crise des migrants en Europe ainsi que la lutte contre le terrorisme. C’est évident. Je ne sais pas s’il en résultera un conflit régional de grande ampleur. Je ne veux pas en parler ni même y penser. Nous avons de très bonnes relations avec l’Iran et nous sommes en train d’établir un partenariat durable avec l’Arabie saoudite.

Nous regrettons ce qui s’est produit, d’autant que ce prédicateur [saoudien chiite, Nimr Baqr al-Nimr, ndlr] ne se battait pas contre l’Arabie saoudite avec des armes. Toutefois, l’attaque contre l’ambassade [saoudienne à Téhéran, le 2 janvier 2016ndlr] est absolument inadmissible dans le monde actuel. Si notre participation est demandée, nous serons prêts à tout faire pour que le conflit s’apaise le plus tôt possible.

Sur la démocratie en Russie

Plus de 100 000 personnes, selon les autorités russes, se sont réunies sur la place Rouge pour célébrer le 1er anniversaire du rattachement de la Crimée à la Russie, le 18 mars 2015. Crédits : Thomas Gras/LCDR

Plus de 100 000 personnes, selon les autorités russes, se sont réunies sur la place Rouge pour célébrer le 1er anniversaire du rattachement de la Crimée à la Russie, le 18 mars 2015. Crédits : Thomas Gras/LCDR

Généralement, la classe dirigeante parle de liberté pour laver le cerveau de ceux qu’elle gouverne. Il n’y a rien de nouveau concernant la démocratie en Russie. Comme nous l’avons déjà établi, la démocratie est le pouvoir du peuple et l’influence du peuple sur les autorités. Nous avons été vaccinés contre l’autocratie émanant d’une force politique unique – le parti communiste. C’est pourquoi nous avons fait il y a longtemps le choix de développer des institutions démocratiques dans le pays. En Russie, 77 partis peuvent participer aux élections législatives. Nous sommes également revenus à un système d’élection directe des gouverneurs.

Nous continuerons à développer les instruments de démocratie directe, soit les organisations civiles les plus diverses. Mais la démocratie n’est pas la même aux États-Unis, en Europe, en Allemagne, en Russie ou en Inde. Vous savez qu’il y a deux cas, dans l’histoire américaine, où le collège électoral n’a pas élu le candidat présidentiel ayant recueilli la majorité des suffrages populaires ? S’agit-il d’une absence de démocratie ? Non, bien sûr. Mais ce n’est pas le seul ni le principal problème. Comme me l’a dit un dirigeant européen : aux États-Unis, il est impossible de se présenter à l’élection présidentielle si l’on ne dispose pas de plusieurs milliards de dollars.

On me dit tout le temps : jusque quand serez-vous président ? Pourtant, dans le système parlementaire, la figure la plus importante – le chef du gouvernement – peut diriger le gouvernement un nombre illimité de fois.

Bien entendu, nous avons encore énormément à faire pour que la population sente qu’elle influe réellement sur les autorités et que ces dernières réagissent à ses exigences. Nous travaillerons au perfectionnement de nos instruments démocratiques. Par ailleurs, utiliser le sport à des fins politiques est à mes yeux une grossière erreur. Il faut être idiot pour faire ça. Si des problèmes apparaissent, en particulier au niveau international, le sport, l’art, la musique, le ballet et l’opéra sont censés rapprocher les gens et non les éloigner. Il faut promouvoir ce rôle de l’art et du sport plutôt que le dénigrer et le détruire.

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Face à la terreur. Par Hélène Richard-Favre.

19 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #L'OTAN., #l'islamisme;, #Daesch, #Terrorisme, #le nazisme

18/01/2016

Face à la terreur

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Ce que nous vivons, vous le vivrez un jour avait déclaré l'archevêque de Mossoul.

La prédiction était forte. 

A la mesure, aussi, du sort réservé aux Chrétiens d'Orient dont peu se sont vraiment inquiétés.

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/06/23/ce-que-nous-vi...

Et puis, la mort a soudain frappé tout près de chez nous sinon chez nous.

On n'a pas peur, on continue comme avant, telles sont les réponses qui ont été le plus souvent apportées aux actes terroristes de ces derniers temps.

Soit et c'est très bien, l'optimisme ou le fatalisme en lieu et place de paranoïa.

Le fait est que la violence aveugle se poursuit.

A Ouagadougou, deux Suisses et trois Français ont trouvé la mort.

En pensée avec leurs proches et leurs familles.

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« Les migrants sont une chance… on va quand même commencer par un nouvel impôt ! » L’édito de Charles SANNAT

18 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Daesch, #Les immigrés, #La France, #La République, #l'Allemagne, #AMERIQUE, #La Russie, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Syrie - La Libye - l'Iran -

« Les migrants sont une chance… on va quand même commencer par un nouvel impôt ! » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,​

« Les migrants sont une chance… on va quand même commencer par un nouvel impôt ! » L’édito de Charles SANNAT

« Les migrants sont une chance… on va quand même commencer par un nouvel impôt ! » L’édito de Charles SANNAT

Je ne suis ni pour ni contre les migrants, bien au contraire !

Les migrants, comme tous migrants, poursuivent leur propre logique en dehors de toutes les considérations personnelles que nous pouvons avoir.

Ils fuient pour des raisons diverses des misères ou des conditions diverses pour aller vers un meilleur avenir. Certains s’adapteront, d’autres pas, certains sont gentils, d’autres méchants. Dans tous les cas ils suivent leur logique de migrants.

Dès lors en termes humains, politiques, sociaux, et philosophiques se pose la question de notre logique de pays accueillant.

Loin des incantations de rigueur, ou des hurlements émotionnels dont la séquence autour du petit Aylan recelait déjà son pendant des viols collectifs de Cologne, en l’espèce, deux outrances se répondent.

L’une appelant à l’accueil sans condition, limite, ou réflexion, l’autre pouvant évidemment directement nous mener vers un rejet massif voir particulièrement violent lui aussi, sans condition, limite ou réflexion.

Ainsi en-est-il des émotions. Toujours excessives, toujours outrancières.

Nous devons nous demander quelle est notre logique ?

Pour le moment force est de constater que nous n’en avons aucune en tant que pays France, pas plus que notre voisine l’Allemagne ou collectivement à travers ce que l’on appelle encore (mais plus pour très longtemps à ce rythme) l’Union Européenne.

Je m’étais fait l’écho du souhait, il y a quelques semaines de l’un des pays du nord de l’Europe, qui voulait prendre aux migrants qui arrivaient sur son territoire, tous les objets de valeur qu’ils détenaient, ce qui revenait à détrousser légalement des gens que l’on invite et une mesure qui pour le coup nous rappelait vraiment cette fois selon l’expression consacrée par la bien-pensance…. « les heures les plus sombres de notre histoire ».

Aujourd’hui dans la même logique, on commence à voir poindre l’idée d’un impôt européen pour financer ces vagues migratoires, qui au moins sur le court et moyen terme ne pourront pas être des « chances financières pour l’Europe » et encore moins en prenant le problème à l’envers ou posant des actes fondateurs qui seront source de rejets mutuels très inquiétants.

Ce n’est pas en dépouillant le migrant à son arrivée et en imposant des impôts nouveaux aux « accueillants » que l’on va créer les conditions indispensables au « vivre-ensemblisme » que pourtant une classe politique dans son ensemble aux abois répète comme un mantra éculé.

Encore une fois, la question est quelle est notre logique d’accueil ?

Oser poser la question est encore pour le moment impossible dans le paysage actuel où plus personne ne veut penser. Or l’accueil d’une vague migratoire de cette ampleur doit être pensée collectivement pour être en mesure d’y apporter les réponses généreuses sans naïveté et dans la pondération. La situation à Calais et ailleurs montre notre incapacité collective à penser ce problème. Alors nos dirigeants, tous plus ineptes d’un pays à l’autre, apportent toujours la seule réponse qu’ils savent apporter à tous problèmes, à savoir le théorème de l’impôts public. « Il n’y a aucun problème qu’un nouvel impôt ne puisse résoudre ».

Et si venait le temps des « taxes humanitaires » ?

Voilà, pour une fois les abrutis qui prônent un nouvel impôt pour régler un problème qui n’a en aucun cas besoin d’impôt ou d’argent d’ailleurs pour être réglé mais d’une véritable réflexion menée en dehors de toute idéologie culculgnangnantesque étouffante, ne sont pas français mais allemands.

Hooo, rassurez-vous mes chers amis, votre répit et votre ouf de soulagement seront de bien courte durée car soit cet impôt sera européen soit la France finira par vous mettre le même pour financer la « jungle » de Calais, et toutes les autres qui se développent et se développeront de plus en plus.

Je reproduis ici les premières lignes de cet article de la Tribune parfaitement révélateur (et ce n’est pas une critique mais un constat général) de la grande confusion mentale régnant sur un tel sujet !

« Après Wolfgang Schaüble, le ministre allemand des finances, qui envisage une taxe européenne sur l’essence pour financer l’accueil des réfugiés, au tour de l’ONU d’évoquer des taxes humanitaires sur les billets d’avion, les matches de foot, ou les concerts pour remédier aux maux de la mondialisation. Chiche !

Le monde n’a jamais été aussi généreux qu’aujourd’hui en terme de dons humanitaires. Mais jamais il n’a eu autant besoin d’argent pour remédier aux maux de la mondialisation, que sont pauvreté, épidémies, crise des réfugiés… D’où l’idée évoquée par l’ONU, inspirée de la taxe Tobin sur les transactions financières ou de la taxe Chirac sur les billets d’avion, de mettre en oeuvre une taxe de solidarité sur des biens de consommation de masse. Dans un rapport publié ce dimanche, l’ONU suggère une « contribution volontaire » sous forme de taxe sur les transports, les matches de football ou les concerts pour combler le fossé grandissant entre besoins humanitaires et dons ».

Les besoins humanitaires sont passés de 2 milliards de dollars en 2000 à 24,5 milliards quinze ans plus tard, sous l’effet de la multiplication des conflits et des catastrophes naturelles aggravées par le changement climatique, constate le rapport de l’ONU, rédigé par neuf experts sous l’égide de la Commissaire européenne Kristalina Georgieva et du sultan malaisien Nazrin Shah.

En 2015, l’ONU n’a recueilli que la moitié des fonds nécessaires. Les rations alimentaires de 1,6 million de Syriens ont donc dû être réduites, ce qui a contribué à un exode massif vers l’Europe. C’est tout le paradoxe : « jamais le monde n’a été aussi généreux (…) mais jamais non plus cette générosité n’a été aussi insuffisante », déplore Mme Georgieva. Aider les victimes de conflits et de catastrophes est « moralement juste mais aussi dans notre intérêt comme l’a montré la crise migratoire ». »

Confondre problème, financement, et réponse géo-économico-politico-sociale !

Essayons d’être clairs. Les Allemands voient leur problème dans lequel ils se sont mis d’ailleurs tout seuls comme des grands entraînant avec eux d’autres pays européens encore plus débordés qu’eux parce que beaucoup plus petits (je pense à l’Autriche par exemple ou certains pays du centre de l’Europe). Finalement avant de rapporter (pour autant que ce soit vrai) cette vague migratoire commence par coûter évidemment beaucoup !!! Alors il faut bien payer et le contribuable allemand est très gentil, très tolérant, super culpabilisé par son histoire, MAIS, il devient nettement moins sympa quand il faut qu’il ouvre son portefeuille pour payer pour les autres. Tout l’enjeu pour le gouvernement allemand devient donc de faire supporter par les autres (pays européens) son accueil de la vague migratoire…

L’ONU elle voit dans une taxe humanitaire la source de financement rêvée de son institution internationale et surtout de son autonomie budgétaire qui n’existe pas pour le moment puisque les pays doivent verser une contribution à l’ONU et qu’il suffit qu’un pays comme les Etats-Unis ne versent pas la leur pour que les Nations-Unis soient obligées de ralentir ou de cesser leurs opérations.

On voit donc des logiques complètement divergentes à l’œuvre.

Vous assisterez au retour des camps de réfugiés, mais cette fois, ils seront chez vous !

En l’absence totale de réponse géo-économico-politico-sociale, vous aurez juste une nouvelle taxe « parce qu’il faut bien être sôôôôlidaîîîîres » et les camps de réfugiés près de chez vous !

Pourquoi ? Parce qu’à un moment face à flux et flots il n’y aura pas d’autres solutions. On confond deux choses pourtant essentielles. L’immigration et le droit d’Asile pour répondre à une urgence temporaire.

Tous les processus d’accueil dans les pays européens ont été pensés et conçus pour des volumétries relativement faibles. On instruit un dossier, on fait appel à des commissions, on peut faire appel des décisions rendues, on peut même saisir un juge. On est logés, nourris, blanchis en attendant. Je ne critique en aucun cas cet état de fait car ce n’est justement pas le débat et que nous devons nous extirper de toute idéologie ou de tout raisonnement mené sous le coup d’une émotion positive comme négative. Les bonnes politiques ne sont jamais sentimentales.

Comme ces processus ne sont pas conçus pour les volumétries que nous affrontons nous ne pouvons pas utiliser les outils à notre disposition pour affronter l’arrivée non pas de quelques demandeurs d’Asile mais de la plus grande crise migratoire depuis la deuxième guerre mondiale.

Il faut donc penser de nouveaux outils qui préservent aussi bien « l’arrivant que les déjà-là » ! Si de tels nouveaux outils y compris dans leur acceptation économique ne sont pas pensés et vite alors nous aurons créé, par notre lâcheté et notre bêtise collective à affronter une réalité, toutes les conditions d’un immense rejet mutuel dans lequel nous aurons les ferments de nos plus grands malheurs communs.

Nous ne pouvons donc pas accueillir dans des pays froids l’hiver des millions de plus ou moins pauvres bougres sans penser une réponse collective.

A très court terme il doit donc s’agir pour des raisons d’abord humanitaires et ensuite de maîtrise des coûts (la générosité n’étant jamais sans limite sauf quand c’est un Etat qui se charge de faire cette générosité avec l’argent des autres) et dernière raison de sécurité pour tous, de mettre en fin en place à Calais comme partout où ce sera nécessaire des camps y compris de tentes, avec l’hygiène minimale nécessaire. Et c’est exactement comme cela que cela se finira à Calais.

A plus long terme se posera la question du retour de ces réfugiés chez eux pour une grande partie et de l’intégration de celles et ceux que nous auront accepté de garder. Pour que cela soit possible c’est à notre politique internationale de prendre la main et de créer non pas des conditions de conflits mais des situations de paix. Autant dire que nous n’y sommes pas.

Pour l’intégration, il ne faut en aucun cas se leurrer. Elle est impossible lorsque il y a une telle volumétrie et l’Allemagne en première ligne n’arrivera à rien et d’ailleurs son patronat commence à se faire tout petit… mais vraiment tout petit sur les « opportunités » en terme d’emploi que les entreprises allemandes sont en mesure d’offrir.

Recueillir n’est pas forcément accueillir!!

Si notre devoir humanitaire, notre simple humanité nous impose de recueillir tout le monde et de les sauver tous, en aucun cas ce même devoir humanitaire nous impose de garder pour toujours chacun d’eux. La seule réponse possible est de permettre d’accueillir tous ces gens pour les mettre à l’abri le temps nécessaire à la diplomatie et au retour de la paix. S’imaginer que nous puissions intégrer tout le monde et que ce serait dans l’intérêt des « arrivants et des déjà-là » de le faire est la plus grande des erreurs.

Cette erreur sera d’ampleur historique, je dirais même presque biblique car nous ne créerons pas les conditions d’un vivre-ensemble apaisé et merveilleux, mais celles d’une confrontation violente et redoutable.

Les choses ne sont jamais un « tout ou rien », il y a des alternatives. Rendre tous les migrants « allemands ou français ou autre » n’est pas la seule solution. Il y a toute une palette de décisions possibles. La réponse doit être collective, humaniste, pensée, réfléchie, et surtout pas naïve. Ce qui est certains c’est que les non-solutions actuelles ci-dessous en vidéo, sont évidemment à proscrire.

En attendant mes chers amis, préparez-vous, il est déjà trop tard !

Charles SANNAT
Insolentiae signifie impertinence en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
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« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com »

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Poutine contourne Israël et ouvre un QG en Jordanie (Debka)

18 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #le nazisme, #La France, #Politique étrangère

Poutine contourne Israël et ouvre un QG en Jordanie (Debka)

Poutine contourne Israël et ouvre un QG en Jordanie (Debka)

Le centre de gravité des efforts fournis par la Jordanie en matière de renseignements militaires sera réorienté vers ce nouveau point de convergence avec la Russie, ce qui constitue un tremblement de terre majeur pour ces régions.

Poutine contourne Israël et ouvre un QG en Jordanie (Debka)

Dans une étape cruciale reflétant la volatilité des arrangements militaires et politiques dans le voisinage immédiat d’Israël, la Jordanie a décidé, presque en une seule nuit, d’instaurer un centre de commandement conjoint avec la Russie en vue d’une conduite concertée de leurs opérations en Syrie. Cela constitue un renversement radical de la politique menée par Amman. Jusqu’à présent, la Jordanie combattait par procuration contre le protégé de la Russie, Bachar al Assad, à partir d’un centre de commandement des opérations conjointes, situé au nord d’Amman, appelé le Centre de Commandement Central américain avancé en Jordanie, partie prenante d’un alignement entre les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite et Israël.

Mais cette semaine, la Jordanie s’est embarquée à bord d’un nouvel avion.

Les sources des renseignements militaires de Debkafile affirment que la décision du Roi Abdallah de Jordanie de faire équipe avec Moscou est le début d’une nouvelle donne complète, dans la chaîne de décision et le partage des renseignements. Il n’a pas l’intention pour autant de fermer son centre de commandement avec les Etats-Unis et Israël, mais le centre de gravité des efforts fournis par la Jordanie en matière de renseignements militaires sera réorienté vers ce nouveau point de convergence avec la Russie, ce qui constitue un tremblement de terre majeur pour ces régions.

Amman fait l’impossible pour minimiser ce nouveau partenariat, en le présentant comme destiné à forger une meilleure coordination dans les efforts militaires américains et russes en Syrie et dans la guerre contre l’Etat Islamique.

Cette représentation est trompeuse.

Avec tout le respect dû au Monarque jordanien ainsi qu’à ses services de renseignements militaires, ils ne sont pas exactement qualifiés pour ce rôle de coordinateur entre les deux puissances mondiales. Les Présidents américain et russe gèrent ces questions en personne. Et en fait, la décision d’instaurer cette nouvelle salle de commandement russo-jordanienne est survenue, selon nos sources à Washington et Moscou, au cours de la dernière conversation téléphonique entre les deux Présidents, le 13 janvier.

Obama avait alors mené une brève rencontre avec le Roi Abdallah sur la Base aérienne d’Andrews dans le Maryland et lui avait demandé quelques explications.

Pour les diverses milices rebelles qui détiennent de vastes secteurs du Sud de la Syrie, y compris les régions frontalières d’Israël, l’annonce de ce nouveau centre de commandement jordano-syrien est une très mauvaises nouvelle. Jusqu’à présent, la Jordanie constituait le principal débouché des rebelles, en combattants, en armes et en financements, de la part des Etats-Unis, de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis. Les Etats-Unis dirigeaient même des campas d’entraînement en Jordanie pour les combattants rebelles syriens.

Ce débouché est, à présent, probablement sur le point d’être fermé ou réduit au minimum.

Les Jordaniens font l’impasse sur leur changement de stratégie, en prétendant qu’il n’est conçu que pour contraindre les rebelles syriens du Sud à accepter un cessez-le-feu et à se joindre aux négociations de paix avec les Etats-Unis et la Russie concernant l’avenir de la Syrie. Ce n’est rien d’autre qu’une façon de parler ou un vernis diplomatique masquant ses objectifs réels, qui consistent à les contraindre de renoncer à combattre contre Assad et de prendre la route de Moscou pour lui permettre de réaliser son principal objectif dans le secteur, qui est de restaurer le contrôle du régime Assad sur le Sud de la Syrie.

Dès le tout début de son intervention massive en Syrie, Poutine a tenté de persuader le Premier Ministre Binyamin Netanyahu de tirer le tapis sous les pieds des rebelles soutenus par Israël dans le Sud. Ils ont la réputation d’être une zone de sécurité nécessaire permettant de sécuriser la frontière nord d’Israël en bloquant ainsi la réaffirmation du pouvoir d’Assad dans cette partie du pays.

Le contenu des échanges entre Poutine et Netanyahu n’a été partagé que par des cercles très resserrés de confidents dans les secrets à Jérusalem et au Kremlin, aussi on en sait très peu de façon fiable sur leurs zones grises d’accords et de divergences.

Il ne fait aucun doute que le Premier Ministre a exprimé fermement les préoccupations constantes d’Israël, tenant au fait que dès que Assad reprendra le contrôle du Sud, il ouvrira toute grande la porte vers la frontière israélienne et laissera entrer ses alliés et ennemis jurés d’Israël, le Hezbollah et les milices chiites essentiellement irakiennes sous le commandements des officiers supérieurs des Gardiens de la Révolution.

En faisant équipe avec la Jordanie pour constituer une salle de commandement des opérations secrètes dans le Sud de la Syrie, Poutine a tourné le dos à Netanyahu pour mettre dans sa poche un aide de camp lui permettant d’évincer les rebelles syriens du Sud du pays.

Source: debka

via: https://infosdanyfr.wordpress.com/2016/01/15/poutine-contourne-israel-et-ouvre-un-qg-en-jordanie/

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Plus d’un million de réfugiés rentrés en Syrie grâce à la Russie. Le 18 janvier 2016

18 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Daesch, #La France, #Terrorisme, #La Russie

 Plus d’un million de réfugiés rentrés en Syrie grâce à la Russie. Le 18 janvier 2016

L’aide de la Russie au gouvernement syrien a permis de reprendre à Daech des territoires immenses et de libérer 217 localités.

Selon Contra Magazin autrichien, le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a exprimé la reconnaissance de son pays à la Russie dont les frappes aériennes, dix fois plus efficaces que les frappes américaines, ont permis à plus d’un million de réfugiés de rentrer chez eux.

L’aide de la Russie au gouvernement syrien dans la lutte contre divers groupes terroristes, au premier chef contre Daech, s’est avérée très réussie, écrit le média. Grâce au soutien de la Russie, de vastes territoires ont été repris et de nombreux réfugiés sont rentrés chez eux.

Contra Magazin rapporte que les forces aériennes russes ont tiré 97 missiles de croisière contre des sites de Daech. Depuis le 30 septembre dernier, la Russie a mené 5663 attaques contre les positions des terroristes et a libéré 217 localités et plus de 1000 kilomètres carrés de territoire syrien.L’opération militaire russe en Syrie dure déjà depuis plus de 100 jours et le ministère russe de la Défense a présenté un nouveau rapport sur les opérations des forces armées avec vidéos à l’appui.

En octobre dernier, le Contra Magazin a communiqué que la participation militaire russe avait permis à plus de 800 000 réfugiés syriens de regagner leur domicile. A l’heure actuelle, leur nombre a largement dépassé le million.

« Nous sommes reconnaissants à la Russie », a dit le ministre avant de faire les éloges de la coordination entre les forces armées syriennes et russes.

source: http://fr.sputniknews.com/international/20160117/1021004400/refugies-rentrent-syrie-operation-russe.html#ixzz3xZb4iUMF

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Les emails de Hillary Clinton confirment l’ignominie de la destruction de la Libye

16 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La République, #AMERIQUE, #Terrorisme, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre

 

Cercle des Volontaires

dans International, Traduction / par Lawrence Desforges / le 7 janvier 2016 
http://www.cercledesvolontaires.fr/2016/01/07/les-emails-de-hillary-clinton-confirment-l-ignominie-de-la-destruction-de-la-libye/

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La publication, en cette nouvelle année, de plus de 3000 emails de Hillary Clinton datant de sa période au State Department a fait buzzer CNN sur ses bavardages en texte, en plein processus de sélection de « qui accompagne Hillary » sous l’organisation de son équipe de campagne, et comment une « mignonne » photo de Hillary s’est retrouvée sur Facebook.

Mais les historiens de la guerre de l’OTAN contre la Libye en 2011 auront à coup sûr remarqué certaines des confirmations les plus explosives contenues dans ces nouveaux emails: des aveux de crimes de guerres commis par des rebelles, des instructeurs des opérations spéciales à l’intérieur du territoire libyen presque dès le début des manifestations, al-Qa’ida infiltrée dans l’opposition soutenue par les USA, des nations européennes jouant des coudes pour l’accès au pétrole libyen, les origines infâmes de l’allégation absurde de viol en masse au Viagra, et l’inquiétude que constituait les réserves de Qaddafi an or et en argent pour la monnaie européenne.

Un bulletin de renseignements daté du 27 mars 2011 sur la Libye, envoyé par le proche conseiller de longue date des Clinton et fournisseur officieux d’informations à Hillary Sydney Blumenthal, contient des indications claires de crimes de guerre perpétrés par les rebelles soutenus par l’OTAN. Citant comme source un commandant rebelle « parlant strictement confidentiellement », Blumenthal rapporte à Hillary que [l’emphase est mienne]:

Sous l’assaut des forces aériennes et navales alliées, des troupes de l’armée libyenne ont commencé à déserter pour rallier les rebelles en nombre croissant. Les rebelles font un effort pour accueillir ces troupes en tant que camarades libyens, dans le but d’encourager des défections supplémentaires.

(Commentaire de la source: Parlant strictement confidentiellement, un commandant rebelle a déclaré que ses troupes continuent d’exécuter sommairement tous les mercenaires étrangers capturés lors des combats…)

Alors que l’illégalité d’exécutions extra-judiciaires est facile à constater (des groupes s’adonnant à ces pratiques sont conventionnellement définis comme des « escadrons de la mort »), la sinistre réalité derrière la référence aux « mercenaires étrangers » n’est sans doute pas évidente pour la plupart des gens.

Tandis qu’au fil des décennies Qaddafi a été connu pour faire appel à des entreprises européennes, entre autres, de sécurité et d’infrastructure, il n’y a aucun indice pour suggérer que ceux-ci aient été ciblés par les rebelles libyens.

Il y a par contre une abondante documentation de la part de journalistes, de chercheurs et de groupes de défense des droits de l’homme qui démontre que les civils libyens noirs et les travailleurs sous contrat du sud du Sahara, une population favorisée par Qaddafi dans ses politiques en faveur de l’Union Africaine, ont été les cibles d’un « nettoyage ethnique » aux mains des rebelles qui voyaient les Libyens noirs comme étroitement liés au régime. [1]

Les Libyens noirs étaient fréquemment désignés comme des « mercenaires étrangers » par l’opposition rebelle pour leur loyauté généralement présumée envers Qaddafi en tant que communauté et soumis à la torture, aux exécutions, leurs villes étant « libérées » par le nettoyage ethnique. Ceci est démontré par l’exemple amplement documenté de Tawergha, toute une ville de 30 000 Libyens noirs et « à la peau sombre » qui, en août 2011, avaient disparu après que la ville ait été prise par les brigades de Misrata du CNT libyen, soutenu par l’OTAN.

Ces attaques étaient bien connues, aussi tard qu’en 2012 et souvent filmées, comme le confirme cet article du Telegraph:

Après que Mouammar Qaddafi ait été tué, des centaines de travailleurs migrants de pays voisins ont été emprisonnés par les combattants alliés aux nouvelles autorités intérimaires. Ils accusent les Noirs africains d’avoir été des mercenaires à la solde de l’ancien dirigeant. Des milliers d’Africains du sud du Sahara ont été regroupés depuis la chute de Qaddafi, en août.

Il semble que Clinton se faisait personnellement informer des crimes sur le champ de bataille des ses combattants anti-Qaddafi adorés, et longtemps avant qu’une partie du pire de ces crimes génocidaires ait eu lieu.

Le même email de renseignements de Sydney Blumenthal confirme également ce qui est devenu un thème bien connu des insurrections soutenues par l’Occident au Moyen-Orient: la contradiction de la présence de forces spéciales entraînant des milices qui sont en même temps suspectées de liens avec al-Qa’ida.

Blumenthal rapporte qu’une « source extrêmement sensible » a confirmé que des unités des opérations spéciales britanniques, françaises et égyptiennes entraînaient des militants libyens le long de la frontière entre l’Égypte et la Libye, ainsi que dans la banlieue de Benghazi.

Pendant que des spécialistes ont longuement spéculé sur le « quand et le comment » de la présence de troupes occidentales sur le terrain au cours de la guerre libyenne, cet email sert de preuve définitive que des forces spéciales y étaient dans le mois suivant les premières manifestations qui ont commencé entre mi- et fin février 2011 à Benghazi.

Au 27 mars, dans ce qui était communément considéré être un simple « soulèvement populaire », des agents spéciaux extérieurs étaient déjà en train de « superviser le transfert d’armes et de matériel aux rebelles », y compris « une provision apparemment infinie de fusils d’assaut AK47 et de munitions « .

Seulement quelques paragraphes après cet aveu, la prudence est recommandée à propos de ces milices que les forces spéciales instruisent, à cause de l’inquiétude que « des groupes radicaux/terroristes comme les Groupes Combattants Libyens et al-Qa’ida au Maghreb Islamique (AQMI) soient infiltrés dans le CNT et son commandement militaire ».

Bien que la résolution 1973 de l’ONU proposée par les Français ait affirmé que la zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye était conçue pour protéger les civils, un email envoyé à Hillary en avril 2011 dont le titre en adresse est « Le client de la France et l’or de Qaddafi » évoque des intentions beaucoup moins nobles.

L’email identifie le Président français Nicolas Sarkozy comme étant le meneur de l’attaque contre la Libye, avec cinq objectifs spécifiques en tête: obtenir le pétrole libyen, assurer l’influence de la France dans la région, augmenter la réputation domestique de Sarkozy, affirmer la puissance militaire française et couper l’influence de Qaddafi dans ce qui est considéré comme la « Françafrique ».

La partie la plus étonnante est la longue section décrivant l’immense menace que les réserves d’or et d’argent massifs de Qaddafi faisait peser sur la circulation du Franc français (CFA), l’une des principales monnaies africaines. En lieu et place de la doctrine aux nobles consonances de la « Responsabilité de Protéger » (R2P) donnée en pâture au public, il y a cette explication « confidentielle » de ce qui motivait réellement la guerre [l’emphase est mienne]:

Cet or avait été accumulé avant la rébellion actuelle et était prévu pour servir à l’établissement d’une monnaie pan-africaine basée sur le Dinar-or libyen. Ce projet était destiné à fournir aux pays africains francophones une alternative au Franc français (CFA).

(Commentaire de la source: Selon des individus bien informés cette quantité d’or et d’argent est estimée à plus de $7 milliards. Des officiers des renseignements français ont découvert ce projet peu de temps après que la rébellion actuelle ait commencé, et c’est l’un des facteurs ayant influencé le Président Nicolas Sarkozy pour engager la France dans l’attaque contre la Libye).

Bien que cet email interne vise à résumer les facteurs motivant l’intervention de la France (et par extension de l’OTAN) en Libye, il est intéressant de noter l’absence flagrante de mention du sauvetage des vies de civils innocents dans ce bulletin.

Au contraire, la grande frayeur rapportée est que la Libye puisse mener l’Afrique vers un haut degré d’indépendance économique grâce à une nouvelle monnaie pan-africaine.

Les renseignements français « ont découvert » une initiative libyenne pour rivaliser librement avec la monnaie européenne par l’intermédiaire d’une alternative locale, et ceci devait être stoppé par l’agression militaire.

Aux premiers temps du conflit libyen la Secrétaire d’État Clinton a formellement accusé Qaddafi et son armée d’utiliser le viol en masse comme outil de guerre. En dépit du fait que des organisations internationales, comme Amnesty International, aient rapidement démonté ces allégations, ces charges furent répétées sans discernement par des politiciens et des médias occidentaux.

C’était comme si la bizarrerie de la théorie du complot n’avait pas d’importance: tant qu’elle dépeignait Qaddafi et ceux qui le soutenaient comme des monstres, et tant qu’elle appuyait la cause d’une action militaire prolongée en Libye, elle était jugée crédible par les médias de masse.

Deux exemples criants sont évoqués dans le lot d’emails le plus récent: l’affirmation sensationnelle selon laquelle Qaddafi avait distribué du Viagra à ses troupes pour des viols en masse, et l’affirmation que des corps avaient été « mis en scène » par le gouvernement libyen sur des sites de bombardements de l’OTAN pour faire croire au bombardement de civils par la coalition occidentale.

Dans un email de fin mars, Blumenthal confesse à Hillary que:

J’ai parlé de cette histoire il y a plus d’une semaine – Qaddafi plaçant des cadavres pour créer des opérations de relations publiques présentant de prétendues victimes civiles résultant de bombardements alliés – tout en soulignant que c’était une rumeur. Mais désormais, comme vous le savez, Robert Gates y donne foi (voir histoire ci-dessous).

Maintenant des sources disent, et c’est encore une rumeur (c’est à dire que cette information provient des rebelles et n’est pas indépendamment confirmée par les renseignements occidentaux), que Qaddafi a adopté une politique de viol et a même distribué du Viagra à ses troupes. L’incident à la conférence de presse de Tripoli impliquant une femme qui affirmait avoir été violée fait peut-être partie d’un outrage bien plus vaste. Chercherai davantage d’informations.

Non seulement le Ministre de la Défense Robert Gates a-t-il fait la promotion de la théorie bizarre de « corps mis en scène » pendant l’émission « Face The Nation » de CBS News, mais la fiction encore plus étrange du Viagra atteignit les gros titres internationaux quand l’Ambassadrice US à l’ONU Susan Rice en accusa formellement la Libye devant le Conseil de Sécurité de l’ONU.

Ce que confirme ce nouvel email est que non seulement le Département d’État était conscient de la nature contrefaite de ce que Blumenthal présentait comme des « rumeurs » dont la seule source était les rebelles, mais qu’il ne fit rien pour empêcher que de fausses informations atteignent des responsables de haut rang qui leur donnèrent ensuite de la « crédibilité ».

En outre, il apparaît que le canular de viol en masse au Viagra trouve probablement son origine chez Sydney Blumenthal lui-même.

[1] L’étude la plus complète et la mieux documentée sur le triste sort des Libyens noirs se trouve dans Slouching Towards Sirte: NATO’s War on Libya and Africa (Rampant vers Syrte: La Guerre de l’OTAN contre la Libye et l’Afrique, ndlr) (publ. 2012, Baraka Books) par Maximilian Forte, Professeur d’anthropologie à l’Université de Concordia à Montréal, au Québec.

Par Brad Hoff, le 4 janvier 2016

Source: http://levantreport.com/2016/01/04/new-hillary-emails-reveal-propaganda-executions-coveting-libyan-oil-and-gold/

Via: http://www.globalresearch.ca/hillarys-dirty-war-in-libya-new-emails-reveal-propaganda-executions-coveting-libyan-oil-and-gold/5499358

Traduit par Lawrence Desforges

Liens originaux

https://www.foia.state.gov/searchapp/DOCUMENTS/HRCEmail_DecWebClearedMeta/31-C1/DOC_0C05782401/C05782401.pdf  

http://www.bbc.com/news/magazine-16051349

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tawarga

http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/africaandindianocean/libya/9124817/Libyan-rebels-force-black-Africans-to-eat-flags-in-cage.html

https://www.foia.state.gov/searchapp/DOCUMENTS/HRCEmail_DecWebClearedMeta/31-C1/DOC_0C05782401/C05782401.pdf

https://www.foia.state.gov/searchapp/DOCUMENTS/HRCEmail_DecWebClearedMeta/31-C1/DOC_0C05782401/C05782401.pdf

https://www.foia.state.gov/searchapp/DOCUMENTS/HRCEmail_DecWebClearedMeta/31-C1/DOC_0C05782401/C05782401.pdf

http://www.independent.co.uk/news/world/africa/amnesty-questions-claim-that-gaddafi-ordered-rape-as-weapon-of-war-2302037.html

 

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Les intérêts français dans le conflit syrien. Le 15 janvier 2016

16 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La France, #La République, #La nation ., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Economie, #Terrorisme, #Daesch, #le nazisme

Les intérêts français dans le conflit syrien

Par Beerblogsite le 15 janvier 2016

 Les intérêts français dans le conflit syrien. Le 15 janvier 2016

Qui a fourni le FAMAS, fusil d’assaut français, tenu par l’islamiste de Daesh sur cette photo? Notre président, chef de guerre contre le terrorisme. Laissez mois vous narrer la belle histoire des intérêts français en Syrie.

Notre pays a été le plus en pointe en occident pour réclamer le départ d’Assad du pouvoir en Syrie. Que ce soit Sarkozy, dès 2011 puis par la voix par la voix de Fabius et de Hollande. En 2012, au mépris de l’embargo sur les armes décrété par l’Union Européenne, François Hollande a fait livrer des armes aux rebelles syriens (La preuve en video). Des armes qui ne sont pas toujours restées entre de bonnes mains. Et puis on se rappelle tous l’insistance d’Hollande a vouloir bombarder la Syrie, basé sur un rapport peu crédible. Même à l’époque, les experts étaient peu convaincus. Cameron et Obama n’ont pas donné suite et nous nous sommes ridiculisés…Selon le Washington Post, la France voudrait paraître une grande puissance et serait si belliqueuse pour se distinguer des Etats-Unis, plutôt réticents à intervenir vraiment dans le conflit syrien.

Mais pourquoi donc nos gouvernants persistent à réclamer le départ d’Assad en Syrie, sachant que les potentiels remplaçants ne sont vraiment plus séduisants?

Une des raisons serait que le gouvernement français ne veut pas rater le train de l’histoire. Et persuadée qu’Assad allait tomber rapidement, la France a tout misé sur l’opposition, menée en bateau par le conseil National Syrien, noyauté par les Frères Musulmans. Les campagnes de presse parisiennes sur la nécessité de changer de régime n’ont pas été étrangères à ce positionnement.

Mais tout le monde sait que ce ne sont pas les grands sentiments qui font agir nos gouvernants. En fait, la France n’a pas de grands intérêts économiques en Syrie. Le montant des échanges était de 405 millions d’Euros d’importation (82e rang) et 322 millions d’Euros d’exportation (79e rang). En plus, Bachar n’a pas attribué les gros contrats espérés par le rapprochement intié par Sarkozy (l’aéroport de Damas et le métro de la capitale). Il a déçu notre ancien président, qui a condamné Assad dès les premières manifestations, pourtant déjà infiltrées par les frères musulmans. Ces manifestations vont très rapidement devenir violentes, les frères musulmans utilisant la violence pour installer une société islamiste.

Mais, par contre, nous avons d’important liens économiques avec les ennemis mortels de Bachar. La France courtise l’Arabie Saoudite pour remplacer Washington, qui s’est mis Riyad à dos par sa volonté de négocier avec Téhéran. Une des raisons qui guiderait le mantra « Assad doit partir » serait répété pour gagner la sympathie des puissances sunnites, Arabie Saoudite en tête et s’opposer à l’Iran.. Rappelez vous la position très dure de Paris dans les négociations sur le nucléaire iranien.Cela semble marcher car la France négocie actuellement des contrats de plusieurs dizaines milliards d’Euros avec la riante démocratie saoudienne.

La diplomatie française va devoir faire le grand écart, car la France aimerait bien commercer aussi avec l’Iran. Mais comme Riyad dépense cinq fois plus pour son armement que Téhéran, nous préférons dorloter les Saouds un peu plus que les Perses.

Bien sûr, qui dit Arabie Saoudite, dit Qatar et Turquie. Ces pays sont les fournisseurs majeurs d’armes aux rebelles syriens, faisant transiter de l’armement à travers la frontière turque. Le Qatar est devenu ennemi de la Syrie après le refus d’Assad de laisser passer un pipeline permettant d’exporter le gaz qatari à travers son pays, lui préférant un pipeline iranien. Et comme la France a décidé de sous traiter sa diplomatie moyen oriental au qatar et que la classe politique française est achetée par le Qatar, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi la France est tellement engagée contre Assad. Les Qataris sont équipés à 80% d’armes françaises et ont récemment acheté 24 rafales…

Pour finir, je tiens à signaler qu’une grande partie des informations contenues dans ce billet provient du livre « Les Chemins de Damas » de George Malbrunot et Christian Chesnot. Je vous le conseille chaudement, il est écrit par des vrais journalistes qui connaissent leur métier et qui allient richesse des sources à une connaissance profonde de la région. Les grands médias n’en ont pas parlé (comme d’habitude…). Pourtant il est bourré de révélations. Il raconte par exemple comment, dès les premières semaines, les manifestations pacifiques ont été infiltrées par des hommes en armes à la soldes des frères musulmans qui s’en sont pris violemment aux forces de sécurité.

Et il contient une information explosive, pas reprise par les médias: La France aurait commandité l’explosion du siège du Parti Baas à Damas, le 29 novembre 1981, en représailles de l’assassinat de l’ambassadeur français au Liban. Il y eut 175 morts…

5 janvier 2016

Source: https://beerblogsite.wordpress.com/2016/01/05/les-interets-francais-dans-le-conflit-syrien/

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Personnalité de l’Année 2015…

16 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Russie, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #Terrorisme, #Daesch, #L'OTAN., #La mondialisation, #La finance dérégulée

Personnalité de l’Année 2015…

 

L’année dernière dans le blog Arrêt sur Info, la personnalité 2014 élue était Vladimir Poutine.

Cette année, encore plus que la précédente, le rôle de cet « Homme d’Etat » remarquable, a été si capital dans la préservation de la paix dans le monde, son évolution géopolitique inéluctable vers l’édification d’une « multipolarité », malgré toutes les provocations à son encontre et à celle de son pays, que le choix devrait lui revenir !…

Mais, pour préserver le « principe démocratique » de ne pas élire deux fois de suite la même personnalité, nous plaçons « Hors Concours » cet homme éminent qui marquera l’Histoire. Ce sera donc, à défaut, une autre personnalité.

Mais aussi méritante qu’exceptionnelle sur d’autres plans, bien que moins connue de l’opinion publique internationale, surtout française.

Une femme.

Pour laquelle j’éprouve une profonde admiration. Et, je n’ai pas pour habitude de gaspiller mon admiration…

La personnalité de l’Année 2015 élue, à l’unanimité de mon unique voix, dans une assourdissante « standing ovation » de mes deux mains et deux pieds, est :

Madame Asma al-Assad

Oui, l’épouse du président de la Syrie : Bachar al-Assad.

 

Personnalité de l’Année 2015…

Evidemment. Vociférations des tâcherons fanatisés du « lavage de cerveaux » : « Sacrilège !… Blasphème !… »

Dans la propagande occidentale, celle de l’oligarchie de notre pays étant l’une des plus acharnées, le président syrien Bachar al-Assad est diabolisé en épouvantail : un dictateur sans foi ni loi. Au point de lui dénier « le droit de vivre sur cette terre »…

Car seuls, dans la région, « ont le droit de vivre » et prospérer les tyrans des pétromonarchies intronisés par nos castes au pouvoir. Normal, nos oligarques y confortent, moyennant et monnayant « leur protection » comme dans les films de gangsters, l’inépuisable fontaine de jouvence de leurs niveaux de vie et richesses personnelles. Et, l’avenir de leurs progénitures…

L’épouse du président syrien n’a pas été épargnée par ce déluge de délires. Au contraire. Elle a été la première visée.

Je séjournais à Londres, quand avait commencé une campagne de diffamation contre elle, dans les journaux britanniques. Jusque dans un quotidien, parmi les plus modérés dans l’hystérie atlantiste, The Guardian. La faisant passer pour une Messaline, mégalomane et dépensière. Ivre de luxe, de faste et d’argent jeté par les fenêtres.

Aux antipodes de ce qu’elle est, dans la vie courante.

A l’opposé des courtisanes, corrompues et putassières qui, en Europe, se marchant sur les escarpins, encombrent couloirs, moquettes, canapés et strapontins ministériels de nos royautés d’opérette, républiques et autres démocraties moralisatrices, agonisant sous les Lois et Décrets d’Exception, au nom de la protection des Droits de l’Homme… Réduites, dans la suppression de leurs Libertés Publiques, à de pitoyables colonies bananières à la botte des milliardaires dépravés et sanguinaires du Congrès des USA, de l’Arabie Saoudite et du Qatar.

Personnalité de l’Année 2015…

Les clichés de cette campagne apparurent simultanément, tels des popcorns sautant dans une casserole, dans tous les pays de l’OTAN. De février à mars 2012, ce fut la crue, un torrent de boues.

J’avais réagi dans un billet du 20 novembre 2013, sur ce formatage de l’opinion publique. (1)

Vous ne vous en souvenez peut-être pas, mais c’est à ce moment-là que furent édités à grands roulements de tambour dans chaque pays membre, sous la signature de journaleux autoproclamés « historiens-biographes » par nos médias, des livres sur les « femmes de dictateurs« … Tous écrits par des femmes du « terroir », (française en France, britannique en Grande-Bretagne, danoise au Danemark, etc.) pour donner crédibilité, peut-être, ou consistance, à la bouillie concoctée dans les chaudrons de la propagande.

Asma al-Assad, en un tour de main de ces cuistots de la désinformation, se retrouvant avec son époux, par assimilation ou amalgame, carbonisée dans un tourne broche à la Jérôme Bosch, en horrible créature sortant de l’Enfer de ce peintre néerlandais du XVI° siècle aussi génial qu’halluciné. Associée, entre autres à : Hitler !…

Pas de demi-mesure…

Un exemple ?… La célèbre journaliste américaine Joan Juliet Buck allant jusqu’à conclure un article dans l’hebdomadaire Newsweek, en juillet 2012, qu’en fait Asma al-Assad était bien (2) :
« The « First Lady of Hell » » : « La Première Dame de l’Enfer »…

Alors qu’un an auparavant, reçue comme une sœur au sein même de la famille présidentielle, pendant une longue période, avec le sens de l’hospitalité que l’Orient réserve à ses hôtes, cette journaliste avait écrit un article particulièrement admiratif à l’égard d’Asma al-Assad. Publié dans le magasine Vogue, en mars 2011, intitulé :

« Une Rose dans le Désert ». (3)

Mais, entretemps, la roue avait tourné : le saccage de la Syrie avait été décidé. Joan Juliet Buck, contrainte de renier ce qu’elle avait déclaré un an avant, dans une humiliante soumission. Et Vogue, après avoir licencié sa collaboratrice depuis de nombreuses années, obligé d’effacer cet article de son site !… (4)

De l’éloge à la calomnie : admirons la souplesse d’échine de ces professionnels de l’information…

Liberté d’Opinion… Liberté d’Expression…

Personnalité de l’Année 2015…

Les « observateurs éveillés » comprirent alors, au vu de ces torchons de calomnies, que le « top chrono » de la destruction de la Syrie venait d’être donné.

La Lybie enfin plongée dans le chaos après l’Irak et la partition du Soudan, le plan Oded Yinon énonçant son démembrement dès 1982 démarrait officiellement.

Avec pour première cible, son symbole le plus aimé et respecté : l’épouse du président de la Syrie.

C’était aussi un signe, une menace, cyniquement adressés au président Syrien : il ne serait pas épargné ; ni lui, ni sa femme, ni ses enfants. Lui promettant à mots « à la Fabius« , ou en langage mafieux, à peine couverts, le même sort sadique infligé à Kadhafi et sa famille.

Personnalité de l’Année 2015…

Dès le début des agressions armées contre le pays, la propagande entretenait la rumeur que le président et son épouse s’étaient réfugiés à Moscou, afin de provoquer la panique dans le pays. Ce qui était faux. Les Syriens le savaient. Ils restaient avec leurs trois enfants, unis, solidaires : au milieu du peuple. Sous les bombes des millices et mercenaires de l’OTAN.

Nos propagandistes ont pour fonction de présenter les désirs, ou les délires, de nos oligarchies pour la réalité. Qui n’est pas celle des nations qu’elles saccagent, pillent et souhaitent asservir.

Menaces, intimidations, n’ont aucune prise sur des personnalités de la trempe d’Asma El Assad.

C’est ignorer, en premier lieu, sa solide éducation familiale. Son brillant parcours professionnel, aussi, qui n’est pas celui d’une gratteuse de guitare sans voix, avant de devenir l’épouse d’un homme qui n’était qu’un étudiant en ophtalmologie quand elle l’a connu à Londres.

Londres, sa ville de naissance. Elle y travaillait dans la banque d’investissements internationaux, après avoir terminé ses études en sciences informatiques et littérature française. Se spécialisant dans les entreprises du secteur de la pharmacie et des biotechnologies.

Ses parents, sa famille, sont originaires de Homs. Dans les ravages actuels, une des villes martyrs de la Syrie.

De confession sunnite, son mari est un Alawite (ou Nusayrî), mouvement religieux rattaché au chiisme. Preuve vivante que la propagande sur la haine entre sunnites et chiites est totalement fausse. Mais argument inépuisable des idéologues de la prédation occidentale au Moyen-Orient, pour y instaurer le chaos et le piller dans « La Bonne Conscience« . (5)

Comme tous les patriotes syriens, elle fait front et se dépense sans compter.

Pour donner l’exemple de la solidarité, et entretenir l’espoir. Réconfortant les orphelins et les veuves, ou les mères éplorées de soldats, de cadres, ingénieurs, enseignants, personnels qualifiés du pays, particulièrement visés par les tueurs occidentaux…

Personnalité de l’Année 2015…

Les dévastations infligées par les pays occidentaux ont provoqué jusqu’à présent 300.000 morts, des milliers d’orphelins et de veuves. Des blessés et traumatisés par centaines de milliers, au minimum : un million. Plus de 10 millions de personnes déplacées ou sans abris…

Pillage des ressources pétrolières… Pillages des usines, des milliers ont été démontées et expédiées par camions en pièces détachées pour être vendues en Turquie… Pillage des inestimables trésors historiques…

Destructions, ruines, déprédations, tueries… Immenses, colossales…

Et, ce n’est pas terminé…

Personnalité de l’Année 2015…

Le Stalingrad Syrien : Deir er-Zour

La grande préoccupation d’Asma al-Assad est celle de la scolarisation des enfants, dont tout est fait pour que plusieurs générations ne puissent pas être instruites. Les enfants étant une des cibles privilégiés des guerres coloniales occidentales, afin d’annihiler les résistances des pays à spolier.

Les pays de l’OTAN, sans mandat de l’ONU, ni accord ou invitation du gouvernement légitime, bombardent actuellement le pays, venant soutenir leurs mercenaires en débandade. Aveuglés par leur mégalomanie de vouloir s’emparer de toutes les ressources et du potentiel de la région, des pipelines ou gazoducs actuels et futurs, des espaces aériens, des voies navigables, et des domaines côtiers. Piller, démembrer sont leurs obsessions.

Ils n’y arriveront pas. Tous les rêves coloniaux se briseront en ce siècle.

La Syrie résiste et résistera. Symbole de résistance, elle est devenue le Stalingrad du Moyen-Orient face aux prédateurs occidentaux.

Homs, Alep, Deir er-Zour, en sont de terribles et inoubliables témoignages. La garnison de l’académie et base aérienne de Kweres a résisté pendant près de trois ans, à un siège des mercenaires de l’OTAN. Venant de se libérer victorieusement, ces jours derniers.

L’espoir est là, plus que présent.

La Syrie sera reconstruite, encore plus belle. Les vestiges innombrables, héritages de toutes les religions et civilisations qui l’ont forgée, seront restaurés.

Personnalité de l’Année 2015…

Pour terminer ce billet, je me permettrai un mot en hommage à cette personnalité exceptionnelle, magnifique symbole, elle aussi, de cette résistance :

« Madame,

« Vous êtes si lumineuse de générosité, que votre bonté, votre douceur, votre courage, foudroient, même rendus aveugles de leurs carnages impunis pour ne pas le percevoir, les immondes salopards, criminels aussi cyniques que cruels, hypocrites prêcheurs du « Développement Durable » et de « La Démocratie » pour la planète, qui, dans leur délire de dévastation et de prédation de votre Pays, vous calomnient et souhaitent votre disparition…

« Ils le savent. Ils en ragent.

« Face à leur entreprise diabolique, à l’exemple des autres femmes de votre Nation, Vous êtes un des plus solides remparts de l’éternelle Syrie. »

Personnalité de l’Année 2015…
  1. Georges Stanechy,Syrie : Un Homme d’Etat, 20 novembre 2013, http://stanechy.over-blog.com/2013/11/syrie-un-homme-d-etat.html
  2. Newsweek-The Daily Beast, “Syria’s Fake First Family” [La Fausse Famille Présidentielle de Syrie], 30 juillet 2012.
  3. Joan Juliet Buck,A Rose in the Desert, Vogue, Mars 2011. Récupéré après son effacement du site Web deVogue et mis en ligne, en septembre 2013, par Gawker.com avec le lienhttp://gawker.com/asma-al-assad-a-rose-in-the-desert-1265002284
  4. Paul Farhi,Vogue’s flattering article on Syria’s first Lady is scrubbed from Web, 25 avril 2012,http://articles.washingtonpost.com/2012-04-25/lifestyle/35454509_1_asma-al-assad-bashar-al-assad-syrian-opposition-groups
  5. Parmi les plus zélés joueurs de castagnettes de cette désinformation, en France, citons les « islamologues » de service :Gilles Kepel, Antoine Sfeir, et tutti quanti

Georges Stanechy | 16 déc. 2015

Un commentaire:

J’approuve à 1000 pour cent !…. et je rajouterai qu’avant ce massacre, Asma el Assad et son époux avaient, déjà, pour habitude de passer une journée par semaine à l’orphelinat de Damas. Ils déjeunaient avec les orphelins….Qu’elle et son mari n’ont jamais eu de chauffeur ni de garde de corps. Qu’ils se mélangeaient au peuple, fréquentaient les mêmes restaurants. La très belle Asma a également une très belle âme et la plus belle des intelligences : celle du coeur.

Source: http://stanechy.over-blog.com/?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

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La Syrie est le Stalingrad du Moyen-Orient. Par Andre Vltchek.

15 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #La finance dérégulée, #AMERIQUE, #La Russie, #La Turquie, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch

La Syrie est le Stalingrad du Moyen-Orient

Andre Vltchek

Par Andre Vltchek – Le 2 janvier 2016 – Source New Eastern Outlook

Jour et nuit, depuis des années, une force écrasante a violenté ce pays tranquille, l’un des berceaux de la civilisation humaine.

Des centaines de milliers de gens sont morts, et des millions ont été forcés de fuir à l’étranger ou ont été déplacés à l’intérieur du pays. Dans beaucoup de villes et de villages, il ne reste plus une maison intacte.

Mais la Syrie, contre vents et marées, est toujours debout.

Pendant ces trois dernières années, j’ai travaillé dans presque tous les pourtours de la Syrie, découvrant la naissance d’État islamique dans les camps gérés par l’Otan construits en Turquie et en Jordanie. J’ai travaillé dans les Hauteurs du Golan occupées, et en Irak. J’ai aussi travaillé au Liban, un pays actuellement forcé d’accueillir plus de 2 millions de réfugiés (la plupart syriens).

La seule raison pour laquelle l’Occident a commencé son épouvantable campagne de déstabilisation était qu’il «ne pouvait pas tolérer» la désobéissance de la Syrie et la nature socialiste de son État. En bref, la manière dont l’establishment syrien plaçait le bien-être de son peuple au-dessus des intérêts des entreprises multinationales.

*

Il y a plus de deux ans, mon ancienne monteuse de cinéma indonésienne a exigé une réponse sur un ton quelque peu fâché :

«Il y a tant de gens qui meurent en Syrie ! Cela en vaut-il vraiment la peine ? Ne serait-ce pas plus facile et mieux pour les Syriens de seulement renoncer et de laisser les États-Unis avoir ce qu’ils exigent ?»

Chroniquement pétrifiée, cette jeune femme recherchait toujours des solutions faciles qui la maintiendraient en sécurité, et en sécurité avec des avantages personnels importants. Comme beaucoup d’autres du même âge dans cette époque, afin de survivre et d’avancer, elle a développé un système complexe reposant sur les trahisons, l’autodéfense et les leurres.

Comment répondre à une telle question ? Elle est légitime, après tout.

Eduardo Galeano m’a dit : «Les gens savent quand il est temps de se battre. Nous n’avons pas le droit de le leur dire… mais quand ils le décident, nous avons l’obligation de les soutenir, et même de les conduire s’ils nous sollicitent.»

Dans ce cas, le peuple syrien a décidé. Aucun gouvernement, aucune force politique ne pourrait pousser un pays entier à un héroïsme et à un sacrifice aussi énormes. Les Russes l’ont fait pendant la Seconde Guerre mondiale, et les Syriens le font aujourd’hui.

Il y a deux ans, j’ai répondu de la manière suivante : «J’ai été témoin de l’effondrement total du Moyen-Orient. Plus rien ne tenait debout. Les pays qui avaient choisi leurs propres voies ont été littéralement rasés. Les pays qui ont succombé aux diktats de l’Occident ont perdu leur âme, leur culture et leur essence et ont été transformés en certains des endroits les plus misérables sur la terre. Et les Syriens le savaient : s’ils se rendaient, ils seraient transformés en un autre Irak, Yémen ou Libye, ou même en un Afghanistan.»

Et donc la Syrie s’est levée. Elle a décidé de lutter, pour elle-même et pour sa région du monde.

Encore et encore, elle s’est maintenue à travers l’élection de son gouvernement. Elle s’est appuyée sur son armée. Quoi que dise l’Occident, quoique écrivent les ONG traîtresses, la simple logique le prouve.

Ce pays modeste ne possède pas ses propres médias puissants pour partager avec le monde l’étendue de son courage et de son agonie. Ce sont toujours les autres qui commentent son combat, souvent de manière totalement malveillante.

Mais il est indéniable que si les forces soviétiques ont stoppé l’avance des nazis allemands à Stalingrad, les Syriens ont réussi à arrêter les forces fascistes des alliés occidentaux dans cette partie du monde.

Bien sûr, la Russie a été directement impliquée. Bien sûr, la Chine se tenait là, bien que souvent dans l’ombre. Et l’Iran a apporté son soutien. Et le Hezbollah basé au Liban a fait face, ce que je décris souvent comme un combat épique pour le compte de Damas contre les monstres extrémistes inventés et armés par l’Occident, la Turquie et l’Arabie saoudite.

Mais le crédit principal doit revenir au peuple syrien.

Oui, aujourd’hui il ne reste rien du Moyen-Orient. Aujourd’hui, il y a plus de larmes que de gouttes de pluie qui coulent sur cette terre ancienne.

Mais la Syrie résiste. Brûlée, blessée, mais debout.

Et comme cela a été largement rapporté, après que les forces armées russes sont venues à la rescousse de la nation syrienne, plus d’un million de Syriens ont pu retourner chez eux… Souvent pour ne retrouver que cendres et dévastation, mais chez eux.

Comme les gens sont retournés à Stalingrad, il y a 70 ans.

*

Donc quelle serait maintenant ma réponse à la question de savoir «si l’autre voie ne serait pas plus facile», celle de se rendre à l’Empire ?

Je suppose que ce serait quelque chose comme ça :

«La vie a un sens, elle n’est digne d’être vécue que si certaines conditions de base sont remplies. On ne trahit pas un grand amour, que ce soit l’amour pour une autre personne ou l’amour de sa patrie, de l’humanité ou des idéaux. Si on le fait il vaudrait mieux ne pas être né du tout. Alors je dis : la survie de l’humanité est le but le plus sacré. Pas quelque gain à court terme ou la sécurité, mais la survie de nous tous, des gens, ainsi que la sécurité pour nous tous, les êtres humains.»

Lorsque la vie elle-même est menacée, les gens tendent à se lever et à combattre, instinctivement. Dans de tels moments, quelques-uns des chapitres les plus monumentaux de l’histoire humaine sont écrits.

Malheureusement, pendant ces moments, des millions meurent.

Mais la dévastation n’est pas due à ceux qui défendent notre espèce humaine.

Elle est due aux monstres impérialistes et à leurs serviteurs.

La plupart d’entre nous rêvent d’un monde sans guerre, sans violence. Nous voulons que la vraie bonté l’emporte sur la terre. Beaucoup d’entre nous travaillent sans relâche pour une telle société.

Mais jusqu’à ce qu’elle soit construite, jusqu’à ce que tout l’égoïsme extrême, l’avidité et la brutalité soient vaincus, nous devons lutter pour quelque chose de beaucoup plus modeste – pour la survie des personnes et de l’humanisme.

Le prix est souvent terrible. Mais l’alternative est un énorme vide. Ce n’est rien, simplement – la fin, l’arrêt complet !

A Stalingrad, des millions sont morts pour que nous puissions vivre. Rien n’est resté de la ville, à part quelque acier fondu, des briques éparses et un océan de cadavres. Le nazisme était stoppé. L’expansionnisme occidental a entamé sa retraite, cette fois en direction de Berlin.

Aujourd’hui la Syrie, calmement mais stoïquement et héroïquement, résiste aux plans occidentaux, qataris, saoudiens, israéliens et turcs de mettre fin au Moyen-Orient.

Et les Syriens ont gagné. Pour combien de temps, je ne sais pas. Mais ils ont prouvé qu’un pays arabe peut encore vaincre les hordes meurtrières les plus puissantes.

Andre Vltchek est philosophe, romancier, cinéaste et journaliste d’investigation. Il a créé Vltchek’s World, il est un utilisateur de Twitter engagé et travaille en particulier pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

Traduit par Diane, vérifié par Ludovic, relu par Literato pour le Saker francophone

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La vérité sur la situation en Syrie. Interview avec Mme Roueida KHOURY, présidente de l’association « Chrétiens de Syrie pour la paix ».

15 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Politique étrangère, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #ISIL, #Terrorisme, #AMERIQUE, #La Turquie

La vérité sur la situation en Syrie. Interview avec Mme Roueida KHOURY, présidente de l’association « Chrétiens de Syrie pour la paix ».
 

Les médias occidentaux n’arrêtent pas de raconter que Bachar el Asad – une incarnation du diable sur Terre – fait la guerre contre l’« opposition modérée ». Qu’est ce qui se cache derrière ce terme ? Qui sont ces groupes qui bénéficient du soutien quasi-total des pays de l’OTAN ? Comment était la Syrie avant la guerre ? Au nom de quoi a été détruit et plongé dans le chaos ce pays paisible où toutes les religions cohabitaient ? Comment vit la population au quotidien ?

Interview avec Mme Roueida KHOURY, présidente de l’association « Chrétiens de Syrie pour la paix »

Paris, le 6 octobre 2015

 

00′ 07″ – Différence entre Daesh et les terroristes « modérés ».

11′ 30″ – Tactiques du déclenchement des hostilités. Répartition géographique des forces.

24′ 30″ – Motivations des gens qui soutiennent Bachar el Assad.

26′ 50″ – Attitude de différentes confessions envers le gouvernement.

31′ 10″ – Relations entre différentes confessions.

33′ 46″ – Syrie d’avant la guerre.

35′ 40″ – Vie quotidienne des gens pendant la guerre.

41′ 35″ – Soutien militaire de l’aviation russe à l’armée syrienne.

43′ 54″ – Présentation de l’association « Chrétiens de Syrie pour la paix »

Réalisé par EdT

Présidente de l’association « Chrétiens de Syrie pour la paix »

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