Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la syrie - la libye - l'iran - tag

Jan Ober « Ce que j’ai vu à Alep : un bonheur humain débordant »

16 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Jan Ober « Ce que j’ai vu à Alep : un bonheur humain débordant »

Par Jan Oberg11 janvier 2017

Le témoignage d’un photographe européen ayant visité Alep, à la mi-décembre 2016.


http://arretsurinfo.ch/wp-content/uploads/2017/01/alep-2.jpg

Photo Jan Ober


Les habitants d’Alep libérée

Pour la plupart des médias, des commentateurs et des politiciens occidentaux, cela ne faisait aucun doute : Alep est tombée (de nouveau) aux mains du « régime », du« dictateur ». Ils se sont concentrés sur les civils et les rebelles modérés, comme ils les appellent, tués dans les dernières heures de la bataille autour d’Alep orientale, qui était occupée depuis mi-2012.

J’étais là – autant à l’est qu’à l’ouest d’Alep – quand c’est arrivé. J’étais dans le quartier Hanano d’Alep, sa vieille ville et dans la ville industrielle de Shaykh Najjar.

Je marchais dans les rues et je pouvais parler à n’importe qui et photographier ce que je voulais, personne ne me guidant vers des personnes particulières.

Ces images sont réelles, elles sont authentiques.

Voila ce que j’ai vu et entendu.

Mes photos transmettent ce que j’ai vu aux endroits que j’ai mentionnés. Ni plus, ni moins.

Un bonheur humain débordant après quatre ans de ce que beaucoup considèrent comme « un enfer vécu sous le joug terroriste. » J’ai vu des sourires et des signes de fierté et de victoire, comme ce garçon au-dessus.

J’ai écouté des gens qui expriment leur gratitude à la fois à Bachar al-Assad et au gouvernement, ainsi qu’à Poutine et aux Russes, ces derniers bombardant et envoyant des hôpitaux de campagne, en même temps. Je les ai écoutés dire que la vie était bonne à Alep, avant que les occupants débarquent et commencent à piller et à détruire.

Je me suis joint aux gens dans les restaurants de l’Ouest qui fêtaient, trinquaient à la liberté et parlaient avec soulagement de la façon dont c’est fantastique de ne plus avoir à vivre tous les jours dans la peur. Ils ont été bombardés de temps en temps par des mortiers rebelles et d’autres munitions tirées par les rebelles, je l’ai moi-même vécu pendant ma visite.

Et j’ai vu des victimes de l’occupation de l’Est à qui l’on donnait du pain, des légumes, des bananes et de l’eau. Assis sur des chaises installées sur le trottoir, dégustant du thé et fumant une cigarette. Et parlant sans crainte.

J’ai vu des gens aller d’est en ouest de la ville, dans des bus verts, afin d’obtenir des soins de santé ou de se réunir avec des membres de la famille et des amis – et ceux venant de l’Ouest pour voir ce qui reste ou ne reste plus de leur maison située à l’Est de la ville.

Et j’ai parlé avec de jeunes soldats et des officiers plus âgés, qui étaient fiers d’avoir libéré leurs citoyens et leur ville.

Enfin, j’ai entendu des gens exprimer leur désaccord avec la politique d’amnistie d’al-Assad. Si vous êtes un citoyen syrien et que vous avez combattu contre les vôtres, vous obtiendrez l’amnistie si vous donnez votre arme, répondez à certaines questions et signez un document promettant de ne jamais recommencer. C’est tout. Vous pouvez être réintégré dans la société à nouveau. Ce n’est que s’il y a un procès contre vous, intenté par une famille dont vous avez volontairement tué un membre, que vous serez puni.

Plusieurs personnes, tant des civils que des soldats, m’ont dit qu’ils n’étaient pas d’accord avec cette douce philosophie réconciliatrice voulue par leur président. Certains ont dit que des procédures juridiques étaient nécessaires et que les Syriens qui avaient combattu leur propre peuple et avaient participé à l’occupation de l’Alep orientale méritaient d’être punis. D’autres étaient d’avis qu’ils méritaient de mourir.

Oh oui, et j’ai vu beaucoup de jeunes Syriens, étudiants universitaires en particulier, volontaires pour le Croissant-Rouge, aider les gens dans une situation désastreuse.

Ce que je n’ai pas vu ni entendu

Alep héberge – ou plutôt hébergeait – environ 2 millions de personnes. C’est une immense ville, couvrant 190 kilomètres carrés. Bien sûr, je n’ai pas visité ou traversé tous les quartiers, les rues de l’est ou de l’ouest pendant mes trois jours et demi de présence.

Les rapports médiatiques disant que les rebelles et leurs familles ont été massacrés ou tués dans les derniers jours et heures peuvent être vrais ou pas. Je ne peux pas en juger. Je ne l’ai pas vu et n’ai pas rencontré des gens qui en ont parlé. J’ai interviewé un soldat qui m’a dit que, par principe, l’armée ne tue que lorsqu’elle se bat avec des gens armés. Il m’a assuré qu’il n’avait jamais tué un civil non armé. Je n’ai aucune raison de ne pas le croire – les autres choses qu’il a dites avait du sens et pouvaient être vérifiées.

Mais, bien sûr, des gens ont peut-être été tués dans les dernières poches d’occupation, quand la partie était perdue pour eux.

Mais ce n’est pas mon rôle, comme un analyste des conflits et chercheur pour la paix, de faire un rapport sur les violations des droits de l’homme et du droit international – comme Médecins sans frontières n’a pas pour mission d’enquêter sur la situation économique dans le secteur agricole. Je ne peux rien dire sur ce que je n’ai pas vu ou entendu au cours de mes entrevues.

Ce que, cependant, je n’ai vu chez aucun résident d’Alep Est, est la crainte du gouvernement – j’ai plutôt vu la reconnaissance pour les soins de santé, le transport par bus jusqu’au centre d’inscription de Jibrin. Je n’ai pas vu de peur dans les yeux de quiconque revenant sous le contrôle du gouvernement.

Je n’ai entendu personne dire que la vie était bonne ou même tolérable pendant le siège de la partie orientale d’Alep. J’ai entendu des gens parler de vivre dans la peur, de ne pas recevoir assez de nourriture ou de soins de santé, d’être harcelé, de membres de la famille ou d’amis ayant été tués ou blessés. On m’a raconté des histoires sur la façon dont certains avaient essayé d’aller vers l’ouest de la ville, mais les forces d’occupation les en avaient brutalement empêchés. Ou tués pendant la tentative. Et que les enfants n’étaient pas allés à l’école au cours des deux dernières années.

Je n’ai pas rencontré les Casques blancs, l’organisation humanitaire présumée qui a reçu plus de 100 millions de dollars US pour sauver des personnes, qui a mobilisé l’opinion pour obtenir le Prix Nobel de la Paix et a reçu le Right Livelihood Award à Stockholm, quelques jours plus tôt.

Je n’ai rencontré personne qui les ait vus ou ait été aidé par eux – mais j’ai rencontré certaines personnes qui en avaient entendu parler.

Où pourraient-ils être, sinon à Alep Est, aidant les dizaines de milliers de résidents à obtenir tout ce dont ils ont besoin, après avoir été libérés de quatre ans d’enfer ?

Durant mes journées à Alep, je n’ai vu aucune des principales organisations humanitaires internationales travailler sur le terrain. Sur la route entre Damas et Alep, les seuls transports humanitaires que j’ai croisés étaient russes et syriens. Je n’ai vu aucun des grands convois internationaux que les gouvernements occidentaux voulaient amener dans le cadre de diverses tentatives antérieures de cessez-le-feu.

Je me demande pourquoi. La libération complète d’Alep a pris plus de deux semaines. Comment prévoyaient-ils cette libération ?

Et je n’ai vu aucun journaliste ou équipe de caméraman travaillant pour les grands médias occidentaux – certains sont venus à Alep, mais s’en sont retournés à Damas ou à Beyrouth, alors qu’ils auraient dû être présents à cet événement particulier. Les médias européens n’étaient pas visibles pour ce moment historique. Certes, certains ne reçoivent pas de visa, mais cela n’explique pas une telle absence.

Le monde a trop, beaucoup trop, d’articles sur la guerre et en accuse le journalisme, alors qu’il y a trop peu de reportages sur les conflits, les histoires humaines. Ils sont obsédés par les gouvernements et la violence et ignorent les points de vue des citoyens, des victimes et de ceux qui peuvent entraîner un changement bénéfique.

La libération d’Alep devrait être une bonne histoire, pile à Noël en plus, après une guerre qui a coûté tant de vies. Mais cette libération ne correspond pas au récit occidental de ce conflit, quelque chose que j’ai appris par moi-même, étant donnée la façon dont certains médias ont traité mon histoire, s’acharnant à me coller l’étiquette de « collaborateur de l’armée syrienne » et de « partisan du régime ».

Jusqu’à aujourd’hui, aucun des grands médias n’a montré le moindre intérêt pour la souffrance humaine, la destruction ou le bonheur dont j’ai été témoin.

De toute façon, je m’en fous. Je le savais déjà.

Ce qui importe le plus pour moi, c’est que j’ai rencontré des dizaines de personnes qui ont exprimé leur gratitude pour le fait que j’ai fait un long chemin, de la Suède jusqu’à Alep, parce que je me souciais de la souffrance de leur peuple. Je me suis fait beaucoup de nouveaux amis pendant mes dix jours en Syrie.

C’était touchant au-delà des mots et très agréable, donc, que je puisse exprimer ce que j’ai ressenti à travers des images.

Plus jamais ça!

Oui, c’est une phrase usée, ce « plus jamais ça! », datant de la première et de la deuxième guerre mondiale, utilisée pour Hiroshima, le Burundi et le Rwanda, Srebrenica, Sarajevo. Mais n’oublions jamais Alep. Et que quelque chose comme ça ne se reproduise jamais!

C’est ma grande motivation à publier ces photos.

Et merci à vous, braves Syriens!

Et merci à ceux qui ont pris le temps de me raconter leur histoire. Merci à ceux qui ont traduit pour moi et pour ceux qui, ici et là, ont assuré ma protection dans les zones dangereuses.

Le moins que je puisse faire pour vous rembourser est de transmettre vos mots, vos émotions et mes impressions. Votre dignité au milieu de la souffrance et de l’injustice.

J’espère que les garçons sur la photo en en-tête auront un avenir dans Alep reconstruit. Tout le monde le mérite. Ils méritent de vivre dans la liberté et la paix et de bénéficier de la capacité productive d’Alep, l’une des plus grandes villes industrielles du Moyen-Orient et, autrefois, l’incarnation de l’histoire, de la culture et du développement.

Et nous devrions aider les citoyens d’Alep et de Syrie, peu importe ce que nous pouvons penser du gouvernement et de ses politiques.

La mission de paix de la FTF – partager et soutenir

La visite d’Alep à ce moment historique faisait partie d’une mission d’enquête sur le conflit et la paix, de dix jours, organisée par la Fondation transnationale pour la paix et la recherche future, à Lund en Suède, dont je suis le directeur.

Nous remercions ceux qui soutiennent la fondation dans son travail de paix, paix selon les normes de l’ONU, et qui ont rendu possible cette mission, la première depuis que la violence a éclaté en 2011 en Syrie. Dans la mesure où nous pouvons réunir les fonds, ce sera la première de nombreuses autres missions.

Par Jan Oberg – 29 decembre 2016 – Son blog

Pour admirer ce reportage photo, c’est ici

Traduit par Wayan pour le Saker Francophone

 

Lire la suite

« Mensonge, fausse bannière et vidéos », une politique américaine. Par Bruno Guigue

11 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #Ukraine, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #le nazisme

« Mensonge, fausse bannière et vidéos », une politique américaine

Vietnam, Irak, Syrie, trois exemples parmi tant d'autres ! La liste des pays qui ont subi l'ingérence fomentée grâce à la manipulation de l'opinion est interminable (Cuba, Cambodge, Soudan, Nicaragua, Somalie, Serbie, Libye, Yémen, Chili, Venezuela, Honduras, la liste est non exhaustive ..). A chaque fois, cette manipulation repose sur un mensonge inaugural, énorme de préférence, qui fabrique le casus belli requis par l'ingérence en tétanisant l'opinion internationale. Spécialité US, cette production de la guerre par l'invention pure et simple de son motif est la marque de fabrique de la maison-mère.

Pour justifier l'ingérence dans les affaires des autres, Washington manifeste à la fois un véritable génie de l'affabulation et un manque évident d'imagination. Les dirigeants US n'oublient jamais d'inventer une histoire à dormir debout, mais elle a toujours un air de déjà-vu. Le plus étonnant n'est pas que Washington fasse preuve d'une telle répétition dans son répertoire, c'est plutôt qu'on semble le découvrir à chaque fois. En attendant, les faits parlent d'eux-mêmes. L'analyse des conflits du demi-siècle écoulé révèle le même modus operandi, elle fait apparaître les mêmes grosses ficelles.

Premier cas d'école, la guerre du Vietnam. En août 1964, le fameux incident du Golfe du Tonkin fait subitement basculer l'opinion américaine dans le camp belliciste. Des vedettes lance-torpilles nord-vietnamiennes, accuse Washington, ont attaqué le destroyer de la Navy « Maddox » au milieu des eaux internationales le 2 août. Dans un contexte de tensions entre Washington et Hanoï, la Maison-Blanche soutient que cette provocation communiste ne peut rester sans réponse. Mis sous pression, le Congrès des Etats-Unis autorise le président Johnson, le 7 août, à riposter militairement. Dans les mois qui suivent, des centaines de milliers de soldats volent au secours du régime sud-vietnamien et les bombardiers US pilonnent les positions nord-vietnamiennes.

A l'époque, la presse occidentale reprend mot pour mot la version officielle, accréditant la thèse d'une agression des forces communistes nord-vietnamiennes qui seraient donc responsables de l'escalade militaire. Pourtant, cette narration de l'incident est totalement fictive. Elle a été fabriquée de A à Z. En réalité, aucune attaque n'a eu lieu. Le « Maddox » était dans les eaux territoriales nord-vietnamiennes et non dans les eaux internationales. Il a bien tiré 350 obus, mais dans le vide, contre un ennemi parfaitement imaginaire, pour faire croire à une attaque. Mais peu importe. Il fallait démontrer l'agressivité criminelle du camp adverse, lui faire porter la responsabilité d'une guerre totale. Elle fera trois millions de morts, et les USA la perdront.

Deuxième cas d'école, la guerre contre l'Irak. Les attaques terroristes du 11 septembre 2001 fournissent à l'administration Bush un prétexte idéal pour lancer une vaste offensive au Moyen-Orient. Elle passe d'abord par la destruction du régime taliban en Afghanistan (pourtant installé avec la bénédiction de Washington), puis par l'attaque contre l'Irak de Saddam Hussein (mars 2003). Privée de toute légitimité internationale, cette agression militaire contre un Etat qui ne menace personne se prévaut, officiellement, d'un double « casus belli ». Bagdad détiendrait des armes de destruction massive représentant un danger mortel pour la sécurité collective, et le régime baasiste fournirait une aide logistique à l'organisation terroriste Al-Qaida.

Comme pour l'incident du Golfe du Tonkin, cette double accusation est une monstrueuse affabulation. On eut beau faire semblant de les chercher, on n'a trouvé aucune arme de destruction massive en Irak, ni aucune connivence entre le régime irakien et l'organisation terroriste fondée par Ben Laden. En revanche, l'implication des services secrets américains et saoudiens dans les attentats du 9/11 est un secret de polichinelle. La version officielle permet donc d'occulter cette responsabilité (qui reste obscure dans ses détails) en se livrant à une inversion accusatoire. Pour justifier la liquidation d'un Etat qui s'oppose à ses ambitions, Washington l'accuse de ses propres turpitudes. Habituée à avaler des couleuvres, la presse occidentale reproduira servilement l'argumentaire contre Bagdad.

Troisième cas d'école, la Syrie. A partir du printemps 2011, une contestation minoritaire et encouragée de l'extérieur, sur le modèle préfabriqué des « révolutions arabes », réclame la destitution du président syrien. Des provocations et des attentats créent un climat de guerre civile, aggravé par l'aide massive que fournissent à la rébellion armée les puissances occidentales et les pétromonarchies du Golfe. Refroidi par les fiascos afghan et irakien, Washington préfère intervenir contre Damas en utilisant des « proxys », des organisations de mercenaires. Mais une partie de l'establishment, acharnée, veut provoquer la chute de Bachar Al-Assad en persuadant Barack Obama d'infliger des frappes aériennes aux forces syriennes.

Pour justifier cette intervention, il faut évidemment un prétexte. On va vite le trouver ! Par l'horreur qu'il inspire, l'usage de l'arme chimique contre des populations civiles constitue le motif idéal. Le 21 août 2013, des images d'enfants gazés dans la banlieue de Damas font le tour du monde. Faute de preuves, les enquêteurs de l'ONU ne désignent aucun coupable. Une étude menée par le prestigieux MIT révélera que cette attaque ne pouvait provenir que des zones rebelles. Mais c'est trop tard. La machine à mensonges tourne à plein régime. Accréditée par Washington, avalisée par ses alliés, la version officielle est reprise par la presse et les ONG subventionnées. Elle devient « la vérité » sur le conflit syrien, le prétexte de l'ingérence étrangère et le faux-nez du néo-colonialisme.

Vietnam, Irak, Syrie, trois exemples parmi tant d'autres ! La liste des pays qui ont subi l'ingérence fomentée grâce à la manipulation de l'opinion est interminable (Cuba, Cambodge, Soudan, Nicaragua, Somalie, Serbie, Libye, Yémen, Chili, Venezuela, Honduras, la liste est non exhaustive ..). A chaque fois, cette manipulation repose sur un mensonge inaugural, énorme de préférence, qui fabrique le casus belli requis par l'ingérence en tétanisant l'opinion internationale. Spécialité US, cette production de la guerre par l'invention pure et simple de son motif est la marque de fabrique de la maison-mère. Lyndon Johnson invente des vedettes-lance-torpilles, Colin Powell brandit sa fiole de jus de pomme à l'ONU, Barack Obama désigne le coupable d'une attaque chimique organisée par ses protégés. Tout est bon pour édifier le bon peuple.

La formule-clé de cette politique, c'est « mensonge, fausse bannière et vidéos ». Le mensonge est l'élément générateur de la guerre impérialiste, sa matière première, son carburant. La fausse bannière (« false flag ») est son mode opératoire préféré, car il autorise l'inversion accusatoire, l'imputation de ses propres crimes à l'adversaire qu'on veut abattre. Les vidéos, enfin, sont l'instrument de communication qui donne corps à la fable fondatrice. Avec la force persuasive de l'image, avec ses effets de réel, elles permettent de substituer une post-vérité construite à la simple véracité des faits. Ce n'est pas un hasard si le Pentagone a dépensé 500 millions de dollars pour fabriquer de fausses vidéos djihadistes, et si les Casques Blancs, en Syrie, montaient leurs vidéos dans des décors de cinéma.

Lire la suite

Dhuicq en Syrie : «La situation à Alep n'avait rien à voir avec la version des médias occidentaux»

11 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Le capitalisme;, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Dhuicq en Syrie : «La situation à Alep n'avait rien à voir avec la version des médias occidentaux»

Dhuicq en Syrie : «La situation à Alep n'avait rien à voir avec la version des médias occidentaux»© Bassam Diab/UNHCR/Handout Source: Reuters
Des enfants poussent un chariot d'aide humanitaire dans les rues d'Alep-est.
AddThis Sharing Buttons
 

De retour de son voyage en Syrie, le député républicain Nicolas Dhuicq revient sur son expérience à Alep. Il décrit une ville aux réalités éloignées du discours occidental classique, des habitants porteurs d'espoirs mais aussi les défis à relever.

RT France : Vous avez vécu un voyage en Syrie émouvant lors des célébrations du Noël orthodoxe avec la communauté chrétienne arménienne d'Alep mais également éprouvant et intense. Vous qui vous êtes déjà rendu plusieurs fois en Syrie, en quoi ce voyage a-t-il été différent ?

Nicolas Dhuicq (N. D.) : Ce voyage a été différent par son intensité et parce que nous avons visité Alep. Lors de mon premier séjour en Syrie, je m'étais fait la promesse personnelle d'aller un jour voir Alep libérée. J'ai été particulièrement ému de me rendre dans cette ville, qui est l'une des plus anciennes du monde, et de rencontrer là-bas non seulement les communautés chrétiennes arméniennes mais également les autorités et les habitants de la ville pour entendre la réalité du terrain et ce que les habitants ont vécu. En particulier ceux qui ont été pendant des années sous le joug des organisations islamiques.

En réalité, il y a entre 50 et 60% de la ville qui est intacte. On est loin de ce qui a été décrit par les médias occidentaux

RT France : Que vous ont-ils appris sur la situation à Alep justement ? Dans quel état avez-vous trouvé la ville et ses habitants ?

N. D. : La situation à Alep n'avait rien à voir avec la version que nous entendons dans les médias occidentaux. 15 à 20% de la ville est entièrement détruite et nécessite une reconstruction totale, 20 autres pourcent de la ville a besoin de travaux importants. C'est-à-dire que les immeubles sont debout, que la structure a tenu mais qu'il faut refaire tout le reste. En réalité, il y a entre 50 et 60% de la ville qui est intacte. On est loin de ce qui a été décrit par les médias occidentaux. Nous avons aussi appris qu'il y avait eu entre 30 et 40 000 morts civils à Alep, dont près de la moitié ont été tués par les bombardements islamiques qui ont commencé en janvier 2013 dans les quartiers qu'ils n'avaient pas réussi à occuper. Rien que ces bombardements, souvent par bonbonnes de gaz, ont fait au moins 18 000 morts chez les habitants de la ville. Si on revient au chiffre global de 30 à 40 000 civils tués, ce qui représente à peu près 2% de la population de la ville, c’est évidemment énorme et effarant mais c'est loin du discours des médias occidentaux qui déclaraient que quasiment toute la population avait été tuée.

Nous avons constaté que les Alépins reprenaient possession de leur ville en famille et allaient se promener autour de la forteresse

RT France : Quelles sont les préoccupations principales des autorités comme des habitants pour la reconstruction de la ville ?

N. D. : Il reste de nombreuses difficultés à Alep. Principalement l'accès à l'eau qui pose d'importants problèmes d'hygiène et de santé. Mais Alep n'est pas la seule. Damas est régulièrement privée d'eau par les organisations terroristes qui font tout pour saboter le système d'eau potable notamment en y versant des hydrocarbures. L'accès à l'électricité et l'état des habitations est aussi problématique à Alep. Nous avons visité un camp de réfugiés à proximité de l'aéroport d'Alep, tenu par le gouvernement syrien, où les habitations sont en dur. Les autorités ont tenu à ce que les Alépins ne vivent pas sous des tentes mais sous de vrais toits. D'anciens bâtiments utilisés par des entreprises ont été aménagés pour loger les habitants en attendant la reconstruction de la ville. A mon sens, ce sont les trois premières questions qui se posent. Malgré tout, le plus important c'est que les gens se sentent libres. Le vendredi 6 janvier nous avons pu aller près de la forteresse d'Alep et nous avons constaté que les Alépins reprenaient possession de leur ville en famille et allaient se promener autour de la forteresse. Nous avons discuté avec des femmes et des enfants qui avaient vécu sous le joug islamiste pendant des années et se sentaient désormais libres.

RT France : Ce voyage, ces visites, ces rencontres à Damas comme à Alep vous ont-ils donné de l'espoir pour l'avenir du pays ?

N. D. : Oui, j'ai eu beaucoup de signes d'espoir. J'en avais déjà eu lors de mon deuxième voyage lorsque nous étions allés voir des jeunes dans un grand bâtiment inauguré à Damas qui est à la fois une maison d'artistes et salle d'exposition et nous avions rencontré de jeunes plasticiens et plasticiennes qui y travaillaient. J'avais trouvé une très grande force de vie chez ces jeunes. A Alep, j'ai trouvé une autre raison d'espérer avec les enfants. Ils veulent tous faire quelque chose d'utile pour leur pays. C'est un espoir majeur pour l'avenir de ce pays. Néanmoins, il ne faut pas se leurrer, la Syrie va, dans sa reconstruction, connaître un problème d'importance : oublier l'extrémisme religieux. Sur le camp de réfugiés que nous avons visité, il y avait une majorité de femmes et d'enfants. Ce qui signifie que certains des hommes étaient ou sont toujours des combattants terroristes. La question que l'on se pose maintenant est psychologique pour l'avenir : comment ces enfants vont-ils pouvoir grandir et réagir ? Nous avons vu des femmes qui portaient encore les tenues noires wahhabites. Ceci est une source d'inquiétude pour l'avenir de la Syrie qu'il faudra surveiller.

J'ai un espoir politique et économique dans nos relations franco-syriennes

RT France : Vous avez aussi rencontré Bachar Al-Assad. Dans son interview donné aux médias français, il a déclaré entre autres que «la politique française en Syrie avait nui aux intérêts français». A l'heure où les pays occidentaux sont absents des discussions de paix et du destin de la Syrie, quelle place peut encore avoir la diplomatie française dans ce conflit et ce pays ? 

N. D. : Mon espoir est que les élections présidentielle et législatives du printemps prochain nous permettent d'avoir un nouveau président de la République élu qui soit favorable au retour d'une position plus gaullienne de la politique française avec une présence en Syrie qui soit culturelle, diplomatique et économique. J'ai posé la question directement à Bachar Al-Assad sur la reconstruction du pays. Il a répondu de manière très pragmatique et je pense aussi que la France, de manière tout aussi pragmatique, a besoin de s'allier à des puissances régionales et la Syrie en fait partie. A terme j'espère que les entreprises françaises comprennent leur intérêt à aller investir en Syrie et d'y reprendre bien. J'ai un espoir politique et économique dans nos relations franco-syriennes. Sans oublier l'aspect affectif et culturel de la présence française en Syrie. Une partie de sa population est encore francophone. je me souviens des mots d'un journaliste syrien qui disait «Nous avons eu pendant trois siècles les Ottomans, nous ne parlons pas turc. Vous êtes restés quelques dizaines d'années et nous parlons toujours français.» C’est dire l'attachement qu'il y a entre le peuple syrien et la France.

 

Lire aussi : Lettre ouverte aux «défenseurs des droits de l’homme» à propos d’Alep

Lire la suite

Ex-agent du renseignement US : «L’empire américain essaie de tenir bon, en semant la peur»

11 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La nation ., #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #La Chine, #La guerre

     

Ex-agent du renseignement US : «L’empire américain essaie de tenir bon, en semant la peur»

Ex-agent du renseignement US : «L’empire américain essaie de tenir bon, en semant la peur»© Nikola Solic
AddThis Sharing Buttons
 

Trouver un ennemi extérieur est un moyen pour les Etats-Unis de bénéficier d'un soutien public pour promouvoir leurs guerres, détournant ainsi l'attention de problèmes intérieurs, explique Matthew Hoh, ancien agent des services américains.

RT : Les Occidentaux ont, paraît-il, peur d'une éventuelle Troisième Guerre mondiale – qu’est-ce qui les fait craindre un tel cataclysme ?

Matthew Hoh (M. H.) : Malheureusement, les tensions viennent de la politique américaine, du fait que les hommes politiques américains ont envie d’avoir, de nouveau, la Russie comme ennemi. C’est dû à divers facteurs, et notamment à un budget militaire excessif : nous dépensons aux Etats-Unis plus que les dix autres pays suivants réunis, nos militaires sont dans 113 pays de par le monde, nous avons 800 bases à l’étranger. En effet, l’empire américain essaie de tenir bon, en semant la peur et son entousiasme pour la guerre afin de bénéficier d'un soutien du public.

Le meilleur moyen de faire les gens penser à autre chose qu'à nos problèmes intérieurs, est de créer un ennemi étranger.

RT : Y-a-t-il un objectif final à tout cela ? Car il va y avoir, à un moment donné, une réponse…

M. H. : Ce qu’ils cherchent, c’est à garder le statut quo, à garder l’empire en vie. C’est ce qu’ils sont en train de faire. Ils ont à justifier ces 600-700 milliards de dollars dépensés pour le budget de la défense américain. Il faut que les démocrates aient l’air aussi fermes que les républicains quand il s’agit de la politique étrangère. Il faut détourner le peuple américain de tous les problèmes que nous avons aux Etats-Unis. Encore une fois, souvenez-vous de l’histoire du monde, le meilleur moyen de faire les gens penser à autre chose qu'à nos problèmes intérieurs est de créer un ennemi étranger.

RT : Les dirigeants européens soutiennent-ils cette tendance, ou les force-t-on à aller dans ce sens ?

M. H. : Je pense quece sont les gens ordinaires qui y sont forcés. Mais il y a certainement des nationalistes un peu partout en Europe – que ce soit en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Pologne, ou dans les pays Baltes – et ils agissent ainsi pour les mêmes raisons, parce qu’ils croient que les chars américains vont les rendre plus forts, plus populaires, plus fermes, et que cela les aidera à combattre un ennemi, outre-mer ou transfrontalier, détournant ainsi à nouveau l’attention des gens de leurs propres problèmes, dans leur propre pays de résidence.

L’expansion de l’OTAN n’a apporté que des difficultés et des souffrances à l’Europe

RT : Un vrai conflit pourrait être déclenché par erreur. Y pensent-ils ?

M. H. : Non, ils n’y pensent pas. Historiquement, aux Etats-Unis et en Europe, se trouvent au pouvoir des ignorants. Ils ne se préoccupent que de ce qui existe ici et maintenant, ils ne pensent pas à tirer des leçons du passé ou à éviter l’aventurisme militaire. Dans notre histoire récente, nous avons élargi l’OTAN jusqu’à la Pologne, nous avons envoyé les militaires américains et ceux de l’OTAN vers les frontières russes et des massacres se poursuivent depuis trois ans déjà en Ukraine. L’expansion de l’OTAN n’a apporté que difficultés et souffrances à l’Europe. L’année dernière nous avons eu les plus grandes livraisons des munitions en Europe depuis la guerre froide. C’est extrêmement dangereux.

RT : Y aura-t-il des changements sous Donald Trump ?

M. H. : Malheureusement, ce sera la même chose sous Donald Trump. Ils sont aussi bellicistes que Barack Obama et les siens.

Lire aussi : «Pas assez d'Américains protestent contre l'expansion de l'OTAN vers l'Est»

 

 

Lire la suite

Bachar el-Assad : « La France tient un discours déconnecté de notre réalité ». Entretien avec le président syrien par Charlotte d'Ornellas le 8 janvier 2017.

9 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Politique étrangère

Bachar el-Assad : « La France tient un discours déconnecté de notre réalité »

Charlotte d’Ornellas était hier à Damas, où elle a rencontré Bachar el-Assad (بشار الاسد).

Dans cet entretien, le président syrien évoque la libération d’Alep, la guerre qui mine la Syrie depuis plus de cinq ans, la reconstruction et l’absence de relations avec la France. Il évoque aussi les promesses de François Fillon.

Un entretien nécessaire, passionnant.

Lire la suite

Poutine, la Russie et l’Orient Écrit par Jean SALVAN .

9 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre

Poutine, la Russie et l’Orient

 

Poutine, la Russie et l’Orient
 
Le 20 décembre 2016 à Moscou, les ministres des affaires étrangères de la Russie, de l’Iran et de la Turquie se sont réunis et ont réglé entre eux le problème syrien, en précisant "beaucoup de joueurs extérieurs ont essayé d’utiliser (le printemps arabe) à leur avantage, dans le but de changer le régime… avant une prise conscience… la priorité n’est pas le changement de régime mais la lutte contre le terrorisme…". On ne peut imaginer un pire camouflet envers les initiatives de l’ONU, des Etats-Unis, de la France : depuis cinq ans, nous avons tout faux, et nous avons gâché tous nos atouts.
Soyons clair : c’est la stratégie mise en œuvre depuis quatre ans par Poutine, dans le cadre de traditions centenaires, qui l’a emporté.
Il est consternant de constater comment nos dirigeants se trompent sur Poutine - trop souvent présenté comme un petit lieutenant-colonel du KGB ou un tyran - et comment ils ignorent qu’il s’est coulé dans les traditions séculaires russes. Depuis la présidence de Sarkozy en passant par le ministère des affaires étrangères de Fabius, nos gouvernants cherchent à plaire à Bernard Henri Lévy : ils prétendent que leur priorité est la défense des droits de l’homme, plutôt que la préservation de nos intérêts.
 
Pour comprendre Poutine, il faut se replacer dans l’histoire longue. Et ne pas s’étonner de voir son bureau orné du portrait du Tsar Alexandre 1er, dont la devise fut "Orthodoxie, autocratie, identité nationale".
C’est au XVIIè siècle que la Russie s’ouvrit pour la première fois et avec difficulté aux influences occidentales : elle sortait alors de l’occupation mongole, du temps des troubles (1598-1613), elle venait d’échapper à la conquête polonaise. Les réticences face à l’Occident sont une constante de l’histoire russe. Klioutchevski nota : "A quoi l’Histoire destine la Russie ? Est-elle vouée à être la lumière de l’Orient, ou à ne rester que dans l’ombre de l’Occident ?" Et dans sa Chronique, le diacre Ivan Timophéev écrivit en 1620 : "Les Russes se tournent le dos, regardant les uns vers l’Orient, les autres vers l’Occident." Cela dit, la Russie hésite toujours entre l’attrait pour l’Occident, le courant eurasiatique qui voit son avenir en Orient, et les slavophiles, tentés par le retour à la Moscovie des origines. Quand Soljenitsyne prônait la fusion de la Russie, de la Biélorussie et de l’Ukraine, c’est bien le projet slavophile qu’il soutenait.
 
La continuité politique
A partir de 1994, Boris Eltsine voulut calquer en Russie le modèle occidental libéral. Mais les échecs et les pommes de discorde se sont multipliés : Tchétchénie, Iran, Irak, Serbie, Kosovo. Dès 1996, le ministre Primakov ressortit la carte chinoise et il fit entrer la Russie dans le groupe de Shanghaï, devenu l’Organisation de Coopération de Shanghaï (OCS), qui regroupe la Chine, le Kazakhstan, la Kirghisie et le Tadjikistan. Comme le remarquait Léonid Ivachov : "L’Occident ne sera jamais l’ami de la Russie". Ou Victor Baranets : "Sarkozy et Medvedev peuvent toujours s’embrasser, nos intérêts seront toujours divergents.". Après l’effondrement de l’URSS, les Russes, humiliés, ont serré les rangs autour de Poutine qui les a sortis de la misère et qui leur a restitué une fierté nationale.
Quand Poutine déplore la disparition de l’URSS et la qualifie de "plus grande catastrophe", il regrette la stabilité du régime soviétique : il succéda aux Romanov qui régnèrent de 1613 à 1917. Pour Poutine, le vieil adage romain "Quieta non tangere", "ne touchez pas à ce qui est stable" est un principe politique : un tyran qui assure la stabilité de son régime et qui est prévisible est toujours préférable à un démocrate farfelu. Il faut absolument éviter le chaos qui succéda à la disparition de la Russie tsariste comme à celle de l’URSS. Et la situation qui suivit le "printemps arabe", de la Tunisie à l’Afghanistan, ne l’inspire pas davantage.
 
Le césaro-popisme
Historiquement, les Tsars et l’église orthodoxe ont pratiqué une symphonie des rapports de l’Eglise et de l’Etat : Nicolas Bedaiev écrivit : "le christianisme fut adapté à l’autorité de César", c’est ce que j’ai appelé le césaro-popisme. Depuis les Romanov, la Russie s’est sentie responsable des peuples slaves, Bulgares, Serbes,… etc. Depuis le traité de Kutchuk-Kainardi en 1774, la Russie s’est voulue la protectrice des chrétiens du Caucase et de l’empire ottoman.
 
Les relations avec l’Islam
Les Slaves ont une longue expérience des relations avec les peuples musulmans, même si elles furent souvent tumultueuses. Surtout quand on se souvient des vingt millions de Musulmans inclus dans l’ensemble russe.
Dès 921, des relations étaient établies entre le souverain bulgare et celui de Bagdad. Du XIII° au XV° siècle, la Horde d’or - des Turco-Mongols - dominèrent la Russie, l’Ukraine et la Bulgarie. La Russie s’est toujours intéressée à l’Orient et à la Méditerranée.

Rappelons Nicolas 1er : "La grandeur de la Russie exige qu’elle parle la première chaque fois qu’il s’agit du destin de l’Orient". Quant à Catherine II, elle faisait bombarder Beyrouth en 1770. Lors de la signature du traité de Kutchuk-Kaïnarsji, le 21 juillet 1774, le traité imposé à l’empire ottoman fit de la Russie la protectrice des chrétiens orthodoxes de cet Etat. En 1780, Catherine II avait imaginé un projet grec qui consistait à recréer l’empire chrétien d’Orient, dont Constantinople serait la capitale : ce projet fut repris par Nicolas II, qui y voyait le prix de sa participation au 1er conflit mondial. La révolution de 1917 fit capoter cette idée.
Depuis 1860, une mission russe était installée à Jérusalem : elle fut prolongée par la Société Impériale Orthodoxe de Palestine (SIOP), qui étendait ses activités dans ce qui est aujourd’hui le Liban, la Syrie, la Jordanie. En 2014, Poutine avait réuni à Moscou les quatre patriarches orthodoxes d’Alexandrie, d’Antioche, d’Istanbul, de Jérusalem. Ces personnalités ont déclaré Poutine : "Le vrai Président chrétien orthodoxe", et ils ont loué sa volonté "d’agir indépendamment de l’Occident." Ces personnages reprenaient mot pour mot les déclarations du philosophe Nicolaï Danilevski qui, dans "La question d’Orient", soutenait qu’il n’y avait pas d’antagonisme entre chrétiens orthodoxes et musulmans, mais bien plutôt un conflit entre la culture européenne et la civilisation slave, héritière de Byzance. 
 
Le désastre subi par les armées arabes en novembre 1956 lors de la nationalisation du canal de Suez, puis la rupture de la fusion entre l’Egypte et la Syrie en 1961, permirent à l’URSS de s’engager pour réorganiser l’armée et les services de renseignement, et pour approvisionner en armement la Syrie et l’Egypte.
La suite logique de cette histoire et de ces traditions, ce sont les efforts russes depuis 2011 pour sauver le régime de Bachar el Assad, ce sont les bases russes de Tartous et de Hmeimim, une base partagée avec l’Iran, ce sont les alliances avec la Turquie et l’Iran. Il convient de remarquer les capacités de la diplomatie russe, s’alliant sans vraie difficulté avec les Chiites et les Sunnites…
Soyons clair : la Syrie est désormais un condominium russo-iranien.
 
 

SALVAN   Jean

Né le 3 mars 1932
Marié (1953) – 5 enfants

Officier, général de corps d'armée

Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr
Ecole d’Etat-Major 
Ecole supérieure de guerre (ESG)

Commandant la IVème Région militaire
Général de corps d’armée (1988)
Représentant français auprès du Commandement Centre-Europe de l’OTAN (1986-1988) 
Commandant de la 1ère Division blindée (1983-1985)
Commandant du 3ème Régiment de parachutistes d’infanterie de marine
Professeur à l’Ecole supérieure de guerre

Membre correspondant du Muséum d’Histoire Naturelle en 1964
Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées de droit public
Professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux (1989-1994) ("Société et Défense") 
Président de l’Union des blessés de la face (les Gueules cassées) (1995-2002)

Lire la suite

« La diplomatie française au Moyen-Orient », René Naba

9 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Politique étrangère

René Naba

René Naba

« La France au Moyen orient : un demi-siècle d'infléchissements successifs - De la politique arabe, à la politique sunnite, et à la politique wahhabite », par René NABA, écrivain et journaliste, spécialiste du monde arabe.

Dans le cadre de ses analyses des grandes questions géopolitiques du monde d’aujourd’hui, l’Académie de Géopolitique de Paris, organisait le jeudi 23 Juin 2016 à l’université de la Sorbonne, un colloque intitulé « La nouvelle diplomatie française au Moyen-Orient », à l’occasion duquel des personnalités de renom, académiciens, diplomates et des chercheurs spécialisés de la question apporteront leurs éclaircissements sur ce sujet.

L’objectif du colloque est d’analyser en profondeur l’évolution récente de la diplomatie française, en mettant en lumière ce qui a pu conduire le Quai d’Orsay et les responsables politiques gouvernementaux à donner une autre impulsion que celle qui l’avait précédée et qui avait caractérisée la recherche d’autonomie de la France vis-à-vis des têtes du condominium américano-soviétiques pendant la guerre froide, ainsi la continuité de sa politique arabe face aux stratégies anglo-saxonnes. Les contributions des intervenants permettront d’évaluer les effets, la crédibilité et l’avenir de cette nouvelle politique et de ces nouveaux développements sur la scène internationale, et ce, à l’égard des acteurs traditionnels et modernes, étatiques et non-étatiques.

L’Académie de Géopolitique de Paris reste fidèle à sa vocation d’animer librement des débats aux thématiques inédites et originales et c’est ainsi qu’elle a instruit que les travaux des meilleurs spécialistes sollicités reflètent l’indépendance et l’approche scientifiques de son comité d’organisation. Seront évoqués les raisons profondes de ces changements, voire bouleversements, qui ont conduit à de véritables renversements d’alliances pourtant traditionnelles et ancrées sur le long terme. L’intérêt de l’industrie d’armement pour les pays du Golfe Persique, un certain alignement sur le dispositif américain dans la zone et le mépris affiché pour certaines communautés alliées historiquement mais de peu de poids face aux enjeux financiers et de puissance, seront analysés. De même, la question de la légitimité de ce changement stratégique des acteurs français depuis quinze ans devra être posée notamment face à l’implication réelle de nombreux acteurs internationaux. L’Académie de Géopolitique de Paris fait le choix d’une approche pluridisciplinaire et bénéficiera d’expertises en pointe sur ce dossier.

http://www.academiedegeopolitiquedepa...

Lire la suite

« La diplomatie française au Moyen-Orient » Dr Elias Lahham

9 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Politique étrangère

Dr Elias Lahham

Dr Elias Lahham

« La diplomatie française au Moyen-Orient »  Dr Elias Lahham 

« Les conséquences de la politique française en Syrie », par Dr Elias LAHHAM, Chef du service de chirurgie à l'hôpital français de Damas, Président du conseil d'administration du Forum National Syrien.

Dans le cadre de ses analyses des grandes questions géopolitiques du monde d’aujourd’hui, l’Académie de Géopolitique de Paris, organisait le jeudi 23 Juin 2016 à l’université de la Sorbonne, un colloque intitulé « La nouvelle diplomatie française au Moyen-Orient », à l’occasion duquel des personnalités de renom, académiciens, diplomates et des chercheurs spécialisés de la question apporteront leurs éclaircissements sur ce sujet.

L’objectif du colloque est d’analyser en profondeur l’évolution récente de la diplomatie française, en mettant en lumière ce qui a pu conduire le Quai d’Orsay et les responsables politiques gouvernementaux à donner une autre impulsion que celle qui l’avait précédée et qui avait caractérisée la recherche d’autonomie de la France vis-à-vis des têtes du condominium américano-soviétiques pendant la guerre froide, ainsi la continuité de sa politique arabe face aux stratégies anglo-saxonnes. Les contributions des intervenants permettront d’évaluer les effets, la crédibilité et l’avenir de cette nouvelle politique et de ces nouveaux développements sur la scène internationale, et ce, à l’égard des acteurs traditionnels et modernes, étatiques et non-étatiques.

L’Académie de Géopolitique de Paris reste fidèle à sa vocation d’animer librement des débats aux thématiques inédites et originales et c’est ainsi qu’elle a instruit que les travaux des meilleurs spécialistes sollicités reflètent l’indépendance et l’approche scientifiques de son comité d’organisation. Seront évoqués les raisons profondes de ces changements, voire bouleversements, qui ont conduit à de véritables renversements d’alliances pourtant traditionnelles et ancrées sur le long terme. L’intérêt de l’industrie d’armement pour les pays du Golfe Persique, un certain alignement sur le dispositif américain dans la zone et le mépris affiché pour certaines communautés alliées historiquement mais de peu de poids face aux enjeux financiers et de puissance, seront analysés. De même, la question de la légitimité de ce changement stratégique des acteurs français depuis quinze ans devra être posée notamment face à l’implication réelle de nombreux acteurs internationaux. L’Académie de Géopolitique de Paris fait le choix d’une approche pluridisciplinaire et bénéficiera d’expertises en pointe sur ce dossier.

http://www.academiedegeopolitiquedepa...

Lire la suite

Le curieux cheminement du Parti Baas irakien: Du parangon de la laïcité à l’ossature militaire de Da’ech. Par René Naba.

9 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Le curieux cheminement du Parti Baas irakien: Du parangon de la laïcité à l’ossature militaire de Da’ech. Par René Naba.

 

Le curieux cheminement du Parti Baas irakien: Du parangon de la laïcité à l’ossature militaire de Da’ech

Curieux cheminement que celui des baasistes irakiens qui passeront sans coup férir, de parangon de la laïcité à l’une des composantes majeures de l’Etat Islamique, en fait son ossature militaire. Plutôt que d’opposer un front idéologique commun avec leurs frères baasistes syriens, ils ont rallié leur ancien bourreau saoudien, la caution arabe et musulmane de l’invasion américaine de l’Irak, abandonnant à son sort le pouvoir syrien, qui fut leur plus ferme soutien dans la guérilla antiaméricaine en Irak, s’attirant à ce titre les foudres de Washington par la «Syrian Accountability Act», en 2002.

Fruit de la copulation ancillaire entre Al Qaida et d’anciens dirigeants baasistes happés par la tentation d’un alignement sectaire, le commandement de l’ISIS, dont l’acronyme en arabe est Da’ech, est exclusivement irakien.

Autour du noyau central se sont greffés des membres des tribus sunnites d‘Irak lésés par la disparition de Saddam Hussein, de concert avec des Frères Musulmans irakiens, des Nachkabandistes, une secte minoritaire du sunnisme dont se réclame Izzat Ibrahim Ad Doury, ancien vice-président du Conseil de la révolution irakienne et successeur de Saddam Hussein à la tête de la guérilla anti américaine en Irakien.
Une structure hétéroclite, scellée par une alliance contre nature entre ce même Izzat Ad Doury, surnommé «le rouquin» pour sa pigmentation, et son ancien bourreau, le Prince saoudien Bandar Ben Sultan, un des artisans de la destruction de l’Irak et des assises du pouvoir baasiste sunnite dans ce pays. Une allaince scellée, paradoxalement, en vue de restaurer le primat sunnite à Bagdad, dans l’ancienne capitale abbasside.

Une démarche qui révèle la fragilité des convictions idéologiques des dirigeants arabes. Une insulte à la mémoire des nombreux morts d’Irak et du Monde arabe. Moussa Koussa, l’ancien chef des services secrets libyens, a opéré la même mutation au service du Prince saoudien pour la zone Maghreb-Sahel.

La proclamation du califat et ses conséquences stratégiques.

La proclamation du califat sur l’ancien territoire des deux premiers empires arabes (Omeyyade-Syrie et Abbasside-Irak), dimanche 29 juin 2014, premier jour du mois sacré du Ramadan, au-delà de sa portée symbolique dans l’ordre religieux et politico-historique, a bouleversé radicalement les données de l’échiquier régional sans qu’il ait été possible de savoir, trois ans après son lancement, si la proclamation de ce 5eme califat représentait l’aube d’une nouvelle renaissance pan islamique, une nostalgie d’une grandeur révolue ou plus simplement une pathologie passéiste ?

Quoiqu’il en soit, l’instauration de ce 5eme califat de l’histoire musulmane, dans la foulée de l’irruption des djihadistes sunnites sur la scène irakienne et syrienne a, en tout état de cause, accéléré la désagrégation de la zone dessinée par l’accord Sykes-Picot.

Ce bouleversement symbolique dans la hiérarchie sunnite sur fond d’exacerbation du caractère sectaire de la rivalité sunnite-chiite a modifié sensiblement les termes du conflit en ce que la surenchère intégriste des islamistes sunnites a opéré un retournement de situation en plaçant en porte à faux leurs bailleurs de fonds, principalement l’Arabie saoudite, victime collatérale de ce débordement rigoriste. «Un Emirat Islamique du Nadjd», la province d’origine de la dynastie wahhabite, a été instauré le 29 mai 2015 dans la foulée du 2eme attentat contre une mosquée chiite en Arabie, dans la continuité de l’«Emirat Sunnite du Koweït» proclamé a la première année du Califat.

Par ses répercussions sur le Liban et la Jordanie, la Tunisie et le Koweït, quatre pays alliés du camp atlantiste, ainsi qu’en Libye, sur le flanc méridional de l’Europe, l’alliance si bénéfique à ce jour s’est révélée encombrante pour les pays occidentaux et difficile la poursuite de la coopération islamo-atlantiste en ce que la rengaine chère au duo socialiste Hollande Fabius -«La faute à Bachar»- ne saurait indéfiniment constituer une excuse absolutoire aux turpitudes des pays occidentaux et des pétromonarchies dont la plus grande réside précisément dans cette alliance contre nature entre deux blocs antinomiques.

De par sa configuration géo stratégique, l’Irak, désormais à l’épicentre du conflit, est propulsé ainsi, involontairement et paradoxalement, en sentinelle des pétromonarchies. Limitrophe de la Turquie et de l’Iran, les deux puissances musulmanes non arabes, le premier sunnite, le second chiite, il borde en outre la Syrie et la Jordanie, ainsi que le Koweït et surtout l’Arabie saoudite, qui pâtit déjà au niveau de l’opinion internationale de son parrainage de Da’ech, d’une manière générale de l’’instrumentalisation de la religion musulmane à des fins politiques et de ses retombées djihadistes en Europe, comme ce fut le cas avec les dérapages terroristes de Mohamad Merah, de Hédi Nammouche, du carnage de Charlie Hebdo, des attentats de Paris Bataclan 13 novembre 2015 et des attentats de Buxelles, Mars 2016.

Les barbares aux portes des vieilles civilisations

L’Etat Islamique relève d’un commandement irakien qui a fait ses preuves en Irak contre les Américains, alors que Jabhat al-Nosra est une structure panislamique sous la houlette d’Al Qaida, sunnite, particulièrement active en Syrie.

Trois des grandes capitales de la conquête arabe des premiers temps de l’Islam échappent au contrôle des sunnites: Jérusalem, sous occupation israélienne, Damas, sous contrôle alaouite et Bagdad, sous contrôle kurdo-chiite.

A la sixième année de la guerre de la coalition islamo-atlantiste contre la Syrie, il paraît désormais urgent pour les wahhabites, de crainte d’être démasqués, de laver cette souillure infligée par leur politique d’alignement inconditionnel sur les Etats-Unis, le principal protecteur d’Israël, l’ennemi officiel du Monde arabe.

Les barbares sont aux portes des pays de vieilles civilisations, aux portes de Bagdad et d’Alep, un moment en plein centre de la cité antique de Palmyre (Tadmor), qu’ils ont saccagés. Les supplétifs pétromonachiques arabes, par leur veulerie, et les pays occidentaux, par leur morgue, en assument d’ores et dejà les conséquences de leurs incohérences.

Favoriser inconditionnellement l’instrumentalisation de la religion musulmane à des fins stratégiques, afin de provoquer l’implosion de l’Union soviétique, (Guerre d’Afghanistan décennie 1980) et de détourner le combat arabe de la Palestine vers l’Asie; cautionner par ailleurs la forme la plus rétrograde et la plus répressive de l’islam, le wahhabisme, soutenir, de surcroît, inconditionnellement le délire djihadiste, au-delà de toute mesure, sans la moindre retenue, pour assurer la pérennité des roitelets du Golfe sur les débris du Monde arabe.

Faire, enfin, de l’Arabie saoudite, ce royaume des ténèbres, l’allié privilégié de la grande démocratie américaine, et de la France, la Patrie des Droits de l’Homme; Instrumentaliser dans le même élan des binationaux pour une fonction supplétive à une politique de prédation économique du monde arabe, aboutit à de telles monstruosités. Elles signent dans le même temps la pathologie atlantiste en même temps que pétro-monarchique.

La Syrie de la décennie 2010 remplit une fonction analogue à celle de l’Afghanistan de la décennie 1980. Une guerre dont l’objet a été de dériver le combat pour la libération de la Palestine et de le déporter à 5 000 km du champ de bataille.

Un défouloir absolu du djihadisme erratique que les pétromonarchies préfèrent sacrifier sur le théâtre des opérations extérieures plutôt que de le réprimer sur le sol national, avec son cortège de représailles. Un dérivatif au combat pour la libération de la Palestine, la «grande oubliée du printemps arabe».

A contre-courant du flux de la mondialisation, la guerre de Syrie aura été la première opération de délocalisation sud nord d’une «révolution» en ce que ses meneurs auront été des arabes, porteurs de nationalité occidentale, salariés de l’ancienne administration coloniale. Des supplétifs, cupides, ivres de notoriété et de vanité.

Le surge de l’ISIS est apparu dans un tel contexte comme un coup de semonce aux Arabes, afin qu’ils cessent d’être des pantins désarticulés, complices de leur sujétion et de leur cupidité. Et pour les Occidentaux, un défi de civilisation lourd de périls.
Au-delà des Océans, pendant ce temps-là, dans la profonde Amérique, un artiste aux moeurs aussi rugueuses qu’un Texan de Dallas s’initie aux joies de l’aquarelle et de la peinture.

Au vu de cette hécatombe, beaucoup, en leur for intérieur, marmonnent que ce «born again» aurait mieux fait de ne pas renaître à la vie. Pour la survie de l’humanité.

Pour aller plus loin

Le Parti Baas : http://www.madaniya.info/2014/09/26/le-parti-baas-monstres-sacres-sacres-monstres/

Lire la suite

Une « ONG humanitaire » prive d’eau 5,6 millions de civils. Pae le Réseau Voltaire

9 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël et la Palestine

Une « ONG humanitaire » prive d’eau 5,6 millions de civils

 
 

Les jihadistes qui ont pollué, depuis le 24 décembre 2016, les sources du Barada —la rivière qui alimente en eau les plus de 7 millions d’habitants de Damas et de sa région— et fait exploser les canalisations ont publié une déclaration fixant leurs conditions.

Actuellement 5,6 millions de civils sont totalement privés d’eau courante depuis deux semaines. Les autorités sont parvenues à distribuer à la population, une à deux fois en quinze jours, de l’eau non-potable par des camions citernes, à raison de 50 litres par famille. Outre les bidons qu’ils ont pu remplir pour leur toilette et leur vaisselle, les habitants doivent acheter de l’eau minérale pour leur consommation d’eau potable.

Selon la « Déclaration de Barada », les jihadistes ne laisseront les ingénieurs nettoyer et réparer les sources du Barada que si l’Armée arabe syrienne et le Hezbollah cessent le combat (c’est-à-dire si la République arabe syrienne capitule).

Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité, la Syrie a dénoncé la planification de cette opération par les puissances qui soutiennent et arment les jihadistes.

Parmi les sept groupes jihadistes signataires du Document figurent les « Casques blancs », dits « Défense civile syrienne ». Cette « ONG humanitaire » (sic) a été créée et est dirigée par un officier du MI6 élevé par la reine Elizabeth, en 2016, au titre d’officier de l’Empire britannique, James Le Mesurier. Cette organisation abreuve les médias d’images choquante censées prouver « les crimes du régime » et dont il a été souvent démontré qu’elles sont de pures mises en scène de propagande.

La participation de cette « ONG humanitaire » à des combats a été attestée. Le ministère russe de la Défense l’a décrite comme « proche d’Al-Qaïda ».

Les Casques blancs sont financés par l’Allemagne, le Danemark, les États-Unis, la France, le Japon, les Pays-Bas et le Royaume-Uni.

Le 19 octobre 2016, le président de la république française, François Hollande, son ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, et la présidente de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, Élisabeth Guigou ont reçu à l’Élysée une délégation des Casques blancs incluant le président du Comité « civil » d’Alep (sic) auto-proclamé « maire d’Alep » (re-sic), Hagi Hasan Brita.

La France avait présenté, en vain, la candidature des Casques blancs au Prix Nobel de la paix.

En droit international, le fait de priver d’eau des civils est considéré comme un crime de guerre.

JPEG - 43.4 ko
Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>