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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la syrie - la libye - l'iran - tag

Libye : un État en voie de disparition par Guadi Calvo. le blog de Silvia Cattori.

15 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Par Guadi Calvo
Libye : un État en voie de disparition
 
Depuis le martyre du Colonel Kadhafi en 2011, la Libye, pays autrefois le plus développé et au niveau de vie le plus élevé du continent africain, frise dangereusement l’état de faillite, titre qu’elle dispute à la Somalie et duquel se rapprochent à la vitesse grand V l’Afghanistan et l’Irak, des nations victimes de la « croisade démocratique » menée par les États-Unis, l’Union européenne, Israël, la Turquie et les monarchies pétrolières du Golfe. La résistance décidée du peuple syrien et de son gouvernement ont pu éviter à la Syrie de s’inscrire elle aussi dans cette triste liste.
12 octobre 2013

 

L’ex-puissance libyenne n’a plus été depuis lors dirigée par un gouvernement autoritaire. En réalité, on ne sait pas bien qui gouverne le pays et il ne fait nul doute que n’importe quel dirigeant de compagnie pétrolière – ceux-ci ont rapidement pris le soin de sceller leurs contrats pour arroser les économies européennes de pétrole libyen – a davantage de pouvoir qu’Ali Zeidan, un avocat qui fait office de Premier ministre. Ce dernier a osé déclarer que celui qui faisait preuve de faiblesse n’était pas lui, sinon l’État libyen lui-même.

 

Le 11 septembre 2012, jour où un commando rebelle au pouvoir central d’Al-Qaida, les Brigades du prisonnier Omar Abdel Rahmane – cheikh et idéologue salafiste condamné à perpétuité aux États-Unis pour un attentat contre les tours jumelles en 1993 – a attaqué le consulat des États-Unis à Benghazi et tué son ambassadeur Christopher Stevens ainsi que trois autres fonctionnaires américains, Washington n’a demandé aucun compte au gouvernement libyen et personne ne s’est interrogé sur le cas de la Libye. Aux États-Unis, l’incident fut l’objet de discussions en interne et d’accusations croisées de faiblesse, d’erreurs de commandement et de contrôle entre différents services, comme s’il s’était agit d’un crime commis sur la 5e Avenue. On soupçonne toutefois Ahmed Abou Khattala, leader de la milice d’Al-Qaida Ansar al-Charia, qui n’a pourtant pas été dérangé.

 

En réalité, si la Libye existe aujourd’hui, c’est grâce à son pétrole. Dans le cas contraire, elle serait devenue une région sauvage et abandonnée de l’Occident, comme la Somalie.

 

Les informations se succèdent, comme dans un cauchemar récurrent : voitures piégées, milices d’Al-Qaida régnant sur plusieurs secteurs de la ville – qui, à l’instar des maras d’Amérique centrale, se disputent les territoires de contrebande et de trafic de drogue, avec les mêmes armes que leur a fourni l’Union européenne pour lutter contre le « Régime » et pour la démocratie -, sanctuaires islamistes, terre promise pour les Frères musulmans, trafics d’armes et de drogue, paralysie de la production de pétrole, sans parler du chômage, de l’inflation et des droits de l’homme.

 

Sans lois, sans élections à l’horizon, un gouvernement qui, logiquement, s’agrippe de toutes ses forces à la politique de Washington – comment pourrait-il survivre sinon ? -, la Libye navigue dans le néant, balançant entre la fragmentation absolue et la possibilité de devenir un État satellite de l’Occident disposé à se laisser exploiter jusqu’à l’épuisement, pour ne pas tomber aux mains des salafistes, qui attendent leur tour.

 

De la guerre de libération à la guerre de dissolution

 

Après la guerre de libération dirigée contre le tyran Kadhafi – qui, en 42 ans, avait élevé le pays à un état de bien-être jamais rêvé par aucun pays de la région – la Libye est confrontée aux guerres de dissolution. Entre juin et juillet de cette année, des dizaines de libyens ont trouvé la mort dans des affrontements entre bandes armées de Benghazi (Cyrénaïque) et de Tripoli (Tripolitaine). Les deux villes entretiennent une rivalité enracinée dans l’Histoire. Vendredi 26 juillet, à Benghazi, Abdel Salam Al-Mismari, un des principaux leaders de la rébellion de 2011, est exécuté à la sortie d’une mosquée. Al-Mismari était alors en conflit avec le parti pour la Justice et la Construction, figure de proue des Frères Musulmans. Toujours à Benghazi, plus de mille prisonniers se sont échappés de prison le 27 juillet. Cette évasion a coïncidé avec d’autres tout aussi massives attribuées à Al-Qaida à Bagdad et aux Talibans au Pakistan.

 

La Libye est incapable de contrôler ses rues, ses prisons, sans parler de ses frontières, le long desquelles des hordes de contrebandiers vivent leur âge d’or. Pendant ce temps, les brigades d’Al-Qaida se targuent de l’importance de leur arsenal, et il ne fait pas de doute que de nombreux miliciens vaincus en Syrie aient commencé ces jours-ci à regagner leurs rangs, afin de se rétablir et se mettre à disposition du département d’État pour accomplir les missions qu’il leur a réservées.

 

Revenons à la question de la contrebande : la frontière tunisienne s’est transformée en véritable comptoir de vente où l’on propose tout type de marchandises : pneus, pièces détachées de voitures, tissus, le tout échappant aux impôts, ou tout au plus soumis de temps en temps au versement de pots-de-vin. La survie des populations frontalières ainsi que la paix sociale dépendent de ce commerce illégal. En ce qui concerne le pétrole, la contrebande s’organise à grande échelle ; en Libye, le litre se vend 0,12 $. En Tunisie, c’est huit fois plus. En conséquence, la contrebande est telle que les habitants libyens vivant à la frontière ne trouvent plus d’essence pour leur usage personnel.

 

Le colonel Kadhafi tenait à lui seul le pouvoir de l’ensemble des tribus qui forment en réalité le véritable squelette de la nation libyenne. Aujourd’hui sans figure représentative, ces tribus s’organisent en mini-États, un scénario sur lequel avait parié Washington dès le début du fameux printemps arabe.

 

La Cyrénaïque (zone orientale du pays), grande région productrice de pétrole dont Benghazi est la capitale, fait ses premiers pas vers la déclaration d’une certaine indépendance en accusant le gouvernement central de faiblesse. Aujourd’hui c’est au tour de la région de Fezzan, au Sud-Ouest, qui a décidé de se proclamer province fédérale autonome et de nommer président Nouri Mohammed el-Qouizi, pour les mêmes raisons que la Cyrénaïque. Les chefs tribaux de la région ont annoncé qu’ils désigneraient un chef militaire chargé de protéger les frontières et les ressources naturelles de la nouvelle région autonome, qui s’étend sur 551 170 km2 et dont la population est estimée à 443 000 habitants. Il se peut qu’aujourd’hui la Libye échappe au titre d’État en faillite, car elle est beaucoup plus susceptible d’être un État en voie de disparition.

 

Guadi Calvo


Hamartia, Buenos Aires, le 30 septembre 2013.

 


Guadi Calvo est un écrivain et journaliste. Analyste international spécialiste de l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie centrale. Collabore avec différents médias et radios en Amérique Latine : dirige sur Facebook : « Linea International », « Journal Hamartia », et « Jornada Latinoamericanas », « Revista Archipielago » (Mexique), « Caratula » (Nicaragua), « A Plena Voz » (Venezuela) Radio Madre (530 AM) Radio Grafica (89.3 FM )

Traduit de l’espagnol pour El Correo par Audrey García-Santina (09.10.2013) :
http://www.elcorreo.eu.org/Libye-un-Etat-en-voie-de-disparition

Texte original en espagnol (30.09.2013) :
http://hamartia.com.ar/2013/09/30/libia-rumbo-a-la-extincion/

 

http://www.silviacattori.net/article4956.html

 

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IRAN à l'ONU : Le discours du président Rohani à l’AG de l’Onu (texte intégral) (vidéo).

25 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 

IRAN à l'ONU : Le discours du président Rohani à l’AG de l’Onu (texte intégral) (vidéo)

 

 

mercredi, 25 septembre 2013

 

Le discours du président Rohani à l’AG de l’Onu (texte intégral) (vidéo)  
 

Grâce au nom de Dieu, le Tout-miséricordieux, le Très-miséricordieux

 Louange au Seigneur des deux mondes, paix et bénédictions divines au grand Messager et aux Gens de la demeure

M. le Président, M. le Secrétaire général ! Mesdames et Messieurs !

Au début, je tiens à présenter mes sincères félicitations à l’occasion du choix de Son Excellence à la présidence de l’Assemblée générale de l’Onu et saluer le travail inlassable de M. Ban Ki-moon.

M. le Président ! Notre monde est empli de crainte et d’espoir : crainte de la guerre et des hostilités à l’échelle régionale et internationale ; crainte du clash meurtrier des identités confessionnelle, ethnique et nationale ; crainte de l’institutionnalisation de la violence et de l’extrémisme, crainte de la pauvreté et des discriminations humiliantes, crainte de l’anéantissement des ressources vitales, crainte de la négligence de l’honneur et des droits de l’homme, crainte de l’ignorance de l’éthique.

Oui à la paix, non à la guerre

En revanche, il y a aussi de nouveaux espoirs face à ces craintes : l’espoir en l’accueil favorable des populations et des élites du monde entier à la devise « oui à la paix et non à la guerre » ; l’espoir à la préférence du dialogue à la lutte, de la modération à l’excès.

Un exemple manifeste est le choix perspicace de l’espoir, de la sagesse et de la modération par le grand peuple iranien, lors des récentes élections, qui ont montré, à travers la cristallisation de la démocratie religieuse et la passation du pouvoir exécutif, que l’Iran est le havre de la stabilité au milieu de l’océan troublé de la région.

La foi inébranlable du gouvernement et de notre peuple à la paix durable, à la stabilité, à la paix, au règlement négocié des conflits et l’appui à la vox populi en tant que base de la puissance, la légitimité et la popularité favorisent tous et tout une ambiance si sûre.

M. le Président, Mesdames et Messieurs !

La période hautement névralgique de transition dans les relations internationales est jalonnée à la fois de dangers et d’occasions inédites. Les évaluations erronées de notre propre statu quo et de celui des autres entraîneraient des préjudices historiques de sorte que l’erreur commis par un acteur aurait des impacts négatifs pour tous.

La vulnérabilité s’est transformée en un phénomène global.

En cette traversée ô combien sensible de l’histoire des relations mondiales, l’ère des jeux dont la somme est zéro, est bel et bien révolue ; mais il y a encore de rares protagonistes qui emploient des méthodes et des outils désuètes et profondément inefficaces afin de préserver leur suprématie d’antan.

Le militarisme et le recours aux moyens militaires et violents pour dominer autrui sont des exemples flagrants de l’inefficacité de la pérennité des méthodes et actions surannées dans des conditions modernes.

Généraliser les valeurs occidentales en tant que valeurs mondiales contredit l’honneur humain

Les mesures basées sur la force sur les plans économique et militaire pour assurer et pérenniser l’hégémonie et la suprématie d’antan s’effectuent sur le fond de toute une pléthore de cadres conceptuels dont tous sont aux antipodes de la paix, de la sécurité, de l’honneur de l’homme et des idéaux humains. Parmi ces cadres conceptuels figure notamment l’uniformisation des sociétés et la généralisation des valeurs occidentales en tant que les valeurs universelles.

Un autre cadre est la préservation de la culture de la Guerre froide et le partage du monde en deux camps de « nous les supérieurs » et de « l’autre inférieur ».

Autre cadre conceptuel est de créer une ambiance de phobie envers l’émergence de nouveaux acteurs sur la scène internationale.

Dans un tel contexte, les violences gouvernementales et non-gouvernementales, interconfessionnelles et sectaires voire raciales se sont exacerbées ; il n’y a aucun garant que la période de paix entre les superpuissances ne se laisse attraper par le piège du discours et d’actes violents.

L’impact catastrophique des lectures extrémistes et brutales ne devra pas être minimisé.

Le changement extrarégional des régimes politiques est très dangereux

Ceci dit, la stratégie de violence visant à supprimer les acteurs régionaux de leur champ de manœuvre naturel, les politiques du  contrôle, le changement des régimes politiques depuis de l’au-delà des frontières et des efforts qui se font pour bouleverser les frontières politiques, sont très dangereux et engendrent la tension.

Le discours conventionnel politique international brosse un centre de civilisation avec des franges non-civilisées. Dans une telle image, la proportion de ce foyer de puissances mondiales avec les franges est une proportion autoritaire. La rhétorique centraliste du Nord et de marginaliste du Sud se trouve à l’origine de l’établissement d’une sorte de monologue au niveau des relations internationales.

La démarcation des frontières identitaires erronées et la xénophobie brutale ne sont que le résultat d’un tel discours.

Les discours islamophobe et iranophobie  menacent sérieusement la stabilité mondiale

Les campagnes sans fondement contre la religion, l’islamophobie, le chiismophobie et l’iranophobie ne sont que de sérieuses menaces contre la stabilité mondiale et la sécurité de l’homme.

De tels discours propagandistes ont pris une allure dangereuse en suggérant et avançant des menaces fictives et imaginaires.

Une de ces menaces fictive est la menace illusoire d’Iran. Que de démarches erronées, que de crimes n’ont été accomplies sous prétexte d’une telle menace sans fondement ?

Equiper Saddam Hussein d’armes chimiques et le soutien aux talibans ne sont que des exemples de ces crimes.

Ceux qui menacent l’Iran, sont eux-mêmes une menace à la paix et la sécurité

A l’appui de documents fiables, j’annonce explicitement et catégoriquement que ceux qui menacent l’Iran, sont eux-mêmes une menace à la paix et la sécurité internationales. L’Iran n’est non seulement pas une menace, mais par contre, aussi bien dans l’acte que le verbe, il a toujours été le héraut de la paix équitable et de la sécurité tous azimuts.

Ce qui arrive au peuple opprimé palestinien est une violence structurale

M. le Président, Mesdames, Messieurs !

Rares sont les régions où la violence s’est avérée si destructrice qu’en Asie de l’ouest et en Afrique du nord. L’intervention militaire en Afghanistan, la guerre imposée par Saddam à l’Iran, l’occupation du Koweït, l’action militaire contre l’Irak, la politique violente et répressive à l’encontre du peuple palestinien, la liquidation des figures politiques et les civils en Iran, les attentats à la bombe dans différentes pays de la région dont l’Irak, l’Afghanistan, le Liban sont toutes des exemples de violence durant ces trois décennies dans cette région.

Ce qui arrive au peuple opprimé palestinien n’est que de violence structurale. La terre de Palestine est occupée.

Les droits élémentaires des Palestiniens sont de manière catastrophique bafoués ; ils sont privés du droit de retour à leur maison et  à leur pays natal. Les crimes commis à l’encontre du peuple palestinien est une violence institutionnalisée. L’apartheid s’avère un terme très pâle ou trop faible pour la décrire.

La crise syrienne n’a pas d’issue militaire

La tragédie humanitaire en Syrie est un exemple douloureux de la propagation de violence et d’extrémisme dans notre région.

Depuis le déclenchement de la crise, depuis que des acteurs régionaux en acheminant des équipements et des armes vers la Syrie et en renforçant les groupes extrémistes, cherchent à militariser cette crise, nous n’avons eu de cesse d’insister sur le fait que la crise syrienne n’avait pas d’issue militaire.

On ne peut pas cacher derrière des expressions humaines, les objectifs stratégiques et expansionnistes et la perturbation de l’équilibre régionale.

L’objectif conjoint de la Communauté internationale consiste à mettre rapidement fin au massacre des civils innocents.  

 

L’usage d’armes chimique interdit

La RII condamne dans les termes les plus vifs tout usage d’armes chimique et se réjouit de que la Syrie ait adhéré à la convention sur l’interdiction de l’emploi d’armes chimique . l’Iran croit que l’accès des groupes extrémistes et des terroristes  à ce genre d’armes de destruction massive constitue le plus grand danger auquel risque à avoir faire face la région.

Le recours illégal et inefficace à la menace ou à l’emploie de la force , non plus ne saura apaiser les violences, au contraire ils contribuent à étendre la crise dans toute la région. Le terrorisme et l’assassinat des innocents sont les manifestations les plus extrême de la violence et de l’extrémisme. Le terrorisme est un fléau global, extra frontalier.

 

 L’utilisation des drones contre les civils condamnés

Une autre forme de la violence et de l’extrémisme est celle qui se déroule au nom de la lutte contre le terrorisme. C’est une lutte qui implique les drones  qui tuent les innocents. Il s’agit là aussi d’un acte répréhensible et condamnable. Il convient que je revienne sur le meurtre des savants  atomistes iraniens . Pour avoir commis quel crime ont-ils été assassinés ? et la question qui mériter d’être posée à l’Onu et au Conseil de Sécurité est la suivante : les auteurs de ces assassinats ont –ils été condamnés ?

 

Les sanctions  injustes, manifestation de la violence et du bellicisme

Les sanctions injustes constituent elles-aussi  l’une des  manifestations de la violence et qui sont essentiellement contre la paix et inhumaines. Ces sanctions, au contraire de la propagande qui est celle de leurs auteurs, ne nuisent pas aux gouvernements et à l’élite politique mais à la population civile qui est sacrifié sur l’autel des querelles politiques.

N’oublions  pas ces millions d’irakiens qui ont pâti des sanctions couvertes sous le vernis des arguments légaux invoquées par les institutions internationales, ces irakiens qui sont morts, ou qui vivent toujours en souffrant mille martyrs du fait de ces mêmes sanctions. Ces restrictions sont brutales, violentes, qu’elles soient intelligentes ou non intelligentes , unilatérales ou multilatérales .

 

Les sanctions nuisent à ceux qui les décident

Les sanctions violent les droits de l’homme, le droit à la paix, le droit au développement, le droit à  l’hygiène , à l’éducation et tout bonnement le droit à la vie. Les sanctions  n’aboutissent à rien d’autre qu’à la guerre, à la destruction des hommes , quelle que soit le jeu de mot, le verbiage qui visent à les justifier. Les flammes qu’allument les sanctions ne consument pas seulement les victimes mais aussi  ceux qui  les décident et les imposent .

 

M . le Président, Mesdames et Messieurs

La violence et l’extrémisme ont contaminé non seulement les aspects de la vie matérielle mais aussi ceux de la vie spirituelle des hommes et des sociétés entières. ils ne laissent plus aucune place à la tolérance à la coexistence pacifique, des éléments indispensables au maintien de la société humaines , la société moderne.

L’intolérance est le plus grand défi auquel fait face notre monde d’aujourd’hui. Il faut cultiver la tolérance à la lumière des pensées religieuses, des  convictions culturelles et des solutions politiques.

 

Le monde est excédé par la guerre, la violence et l’extrémisme

Les sociétés humaines devront s’orienter de l’étape de patience négative à la coopération et la  complicité/

Il ne faut pas seulement tolérer les autres, il faut travailler avec les autres . les populations mondiales sont excédées par des années de guerre, de violence et d’extrémisme et ceci (ce genre de réunion) est une occasion inouïe. Les peuples aspirent au changement. la RII croit qu’il est possible de générer les défis à l’appuie d’un mélange intelligent d’espoir et de modération. Les bellicistes et les va-en-guerre cherchent à tuer l’espoir.

Toute espérance se fonde sur la volonté générale d’éradiquer la violence et l’extrémisme, sur la volonté de changement et celle d’opposition à toute structure  imposée. L’espoir est basé sur le prix à accorder au choix et à la responsabilité humaine.

L’espoir est ans doute l’un des plus grands bienfaits divins et la modération signifie une combinaison sage, intelligente, des idéaux sublimes, des stratégies efficaces sur fond du réel.

 

L’Iran est une puissance régionale

Les Iraniens ont voté dans un étan de subtilité et de choix intelligent à la politique de modération et d’espérance.

En politique étrangère, ceci se traduit que la RII en qualité de puissance régionale se sent responsable face à la sécurité régionale et internationale et qu’elle est disposée à une coopération multilatérale et générale avec d’autres acteurs impliqués dans ce processus.

Il n’existe pas des solutions radicales aux crises mondiales

Nous apportons notre pleine appuie à la paix basée sur la démocratie, et le recours aux élections libres  aussi bien en Syrie qu’à Bahreïn et ailleurs. Et nous croyons qu’il n’existe aucune solution extrême pour des crises internationales et que ces crises ne peuvent être vaincu qu’en ayant recours à la sagesse, à l’interaction, à la modération. ce n’est guère à l’appuie du militarisme que la paix et la démocratie pourront être instaurés dans les pays du monde et au Moyen Orient . L’Iran cherche la solution aux problèmes, il ne cherchent pas à en générer.

Il n’existe aucun problème ni crise qui ne soient solvable grâce au respect mutuel , àau refus de la violence .

Accepter le droit nucléaire iranien , la solution la plus simple

Je reviens sur le dossier nucléaire iranien.

Accepter le droit naturel de l’Iran, le droit légal et inaliénable à avoir le nucléaire civil, ainsi que le prône le Guide Suprême de la RI est la solution la plus simple à cette crise.

Les principaux acteurs de ce dossiers devront se fixer deux objectifs, objectifs qui se posent en deux composantes inséparables d’une solution définitive à cette crise .

Primo : le programme nucléaire iranien comme celui d’autres pays du monde devra avoir un aspect exclusivement civil.

 

La bombe atomique n’a aucune place dans la doctrine défensive iranienne

Je l’annonce ici et très clairement que l’objectif principal de l’Iran et ce mis à part les positions d’autres acteurs impliqués dans ce dossier n’est qu’avoir accès au nucléaire civil.

Les armes de destruction massive n’ont aucune place dans la doctrine défensive de l’Iran et elles s’opposent aux fondement de notre croyance religieuse et nos convictions éthiques . les intérêts nationaux iraniens exigent que nous dissipions les inquiétudes régionales au sujet de notre nucléaire.

 

Secundo : notre second objectif consiste à faire accepter le droit iranien à l’enrichissement et à d’autres activités nucléaires civiles et ce, sur le sol iranien. le savoir nucléaire iranien est maitrisé en Iran et l’enrichissement est désormais au stade de la production en chaine ?. en ce sens, il est irréaliste et illusionniste de croire que les pressions illégales pourront arrêter en quoi que ce soit le programme nucléaire iranien.

La RII insiste sur le respect de ses droits

La RII insiste donc à ce que ses droits nucléaires soient respectés et tout en mettant l’accent sur la nécessité d’une coopération internationale n elle est prête à reprendre sans tarder les pourparlers nucléaires dans l’objectif de créer un climat de confiance et de dissiper les malentendus réciproques. L’Iran cherche une interaction constructive sur fond de respect mutuel et des intérêts communs avec le reste du monde et en ce sens il ne cherche pas à exacerber les tensions avec les Etats  Unis d’Amérique.

 

Si Washington le souhaite, il est possible de gérer les divergences

J’ai suivi avec intérêt les propos d’aujourd’hui du président Obama.  Il est possible de définir un cadre pour gérer les divergences irano américaines, à condition que les dirigeants américains en aient la volonté politique  et qu’ils se refusent à suivre les groupes de pressions.  Ce cadre devra être fondé sur base de respect mutuel, d’égalité des droits et des principes reconnus par le droit international. Ceci étant dit, nous attendons entendre une voix unique de la part de  Washington

 

La paix est à notre portée  

M. le président, Mesdames et Messieurs,

Ces dernières années n une seule voix ne cesse de se faire entendre et qui et la suivante : «  l’option militaire est sur la table » ; mais permettez nous de mettre en avant , contre cette formule inefficace et illégale une autre : «  La paix est notre portée ».

Proposition à l’ONU

Au nom de la RII je propose en guise de premier pas que le projet «  le Monde contre la violence et l’extrémisme » figure à l’ordre du jour de l’ONU et que tous les Etats et les institutions internationales et civiques fournissent des efforts pour orienter le monde dans ce sens.

Il faut réfléchir à mettre au pas «  la coalition pour une paix durable » en lieu et place de la  «  coalition de  guerre »   

La RII convie la communauté internationale à accepter et à franchir des pas dans le sens de notre appel , celui ‘d’œuvrer contre la violence et l’extrémisme pour que soit ouvert un nouvel horizon où la paix, la tolérance, le progrès la justice la richesse, la liberté  remplacent  la guerre la violence, l’effusion du sang, la discrimination, la pauvreté et la dictature.

Modération est l’avenir de notre monde

Le grand poète iranien, Ferdosi dit : «  Œuvrez à ce que le bien gagne le monde, à ce que le froid de l’hiver cède la place à la douceur du printemps ». En dépit de tous les problèmes qui existent, je suis profondément optimiste  sur l’avenir.

La solidarité internationale contre la violence et l’extrémisme  promet un avenir meilleur pour notre monde. La modération est l’avenir de notre monde.

Mon espoir s’enracine dans cette conviction personnelle et cette expérience nationale d’ailleurs partagées par toutes les religions divines que le monde aura devant lui des lendemains qui chantent :

 «و لقد کتبنا فی الزبور من بعد الذکر ان الارض یرثها عبادی الصالحون»

 

 

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Posté par Jocegaly
 
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La France et l’Iran renouent le dialogue. Article de Médiapart.

25 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

La France et l’Iran renouent le dialogue

|  Par Lénaïg Bredoux

En marge de l’assemblée générale des Nations unies, François Hollande et le président iranien Hassan Rohani ont prévu de s’entretenir en tête-à-tête ce mardi. Une première pour les deux pays depuis huit ans. Mais l’Élysée reste très prudent.

C’est un petit événement dans l’univers feutré des relations diplomatiques. Mardi, en marge de l’assemblée générale de l’ONU, François Hollande rencontrera son homologue iranien Hassan Rohani. C’est la première fois depuis huit ans qu’une telle rencontre est organisée.

Selon l’Élysée, l’entretien a été demandé par Hassan Rohani et a été « très rapidement accepté » par François Hollande, alors que les États-Unis de Barack Obama réservent leur réponse. La rencontre, d’une heure environ, portera sur la crise syrienne et le nucléaire iranien. Le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius a également prévu de rencontrer son homologue Mohammad Javad Zarif.

La dernière rencontre entre un président français et un président iranien remonte à 2005. C’était à Paris, entre Jacques Chirac et Mohammed Khatami. L’élection quelques mois plus tard de Mahmoud Ahmadinejad avait provoqué une rupture des relations diplomatiques entre les deux pays et une avalanche de sanctions internationales à l’égard de l’Iran, dont une partie à l’initiative de la France de Nicolas Sarkozy. En 2011, le président français avait même menacé le régime iranien d’une « attaque préventive contre les sites iraniens ».

L’élection de François Hollande n’y avait rien changé. « François Hollande et Laurent Fabius ont continué à défendre une ligne dure. Entre 2005 et 2013, le contact avec les autorités iraniennes a été très pauvre. Il y a bien eu quelques émissaires mais aucune tentative n’a jamais abouti », explique François Nicoullaud, ambassadeur de France à Téhéran entre 2001 et 2005. « Les relations étaient au ralenti compte tenu du comportement de l’Iran. Nous ne souhaitions pas avoir de relations avec Mahmoud Ahmadinejad », rappelle-t-on à l’Élysée.

Hassan RohaniHassan Rohani© Reuters.

 

François Hollande et Laurent Fabius ont même parfois surpris les spécialistes de l’Iran et certains diplomates par la dureté du ton employé à l’égard de Téhéran. Sur le dossier du nucléaire, mais aussi sur la Syrie. À de nombreuses reprises, les autorités françaises ont par exemple utilisé l'Iran pour justifier une intervention militaire contre le régime de Bachar al-Assad. Devant les députés, début septembre, le premier ministre Jean-Marc Ayrault avait expliqué : « Il s’agit – et c’est notre responsabilité – de savoir si nous voulons mettre un coup d’arrêt à l’usage des armes de destruction massive, des armes chimiques. Demain ce sera peut-être l’Iran. Si nous cédons maintenant, est-ce que nous céderons demain ? »

La France a également assumé de privilégier ses partenaires habituels sunnites, le Qatar et l’Arabie saoudite, et de n’amorcer aucun geste vis-à-vis de la puissance chiite. Laurent Fabius avait ainsi exclu d’emblée une participation des autorités iraniennes à la conférence dite “Genève 2” qui doit sceller une solution politique.

Récemment, lors d’une audition devant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, Laurent Fabius avait été interpellé par plusieurs députés sur l’absence de relations avec l’Iran. « N’y a-t-il pas un certain risque de se trouver dans une situation où les Iraniens feraient en sorte que les discussions (sur la Syrie, ndlr) traînent (…) et disent : “La Syrie, c’est possible mais il faut que vous nous laissiez agir comme nous l’entendons sur le nucléaire” », avait répondu le ministre des affaires étrangères.

Depuis son arrivée au quai d’Orsay, sa fermeté sur le dossier iranien avait étonné, y compris au sein de son cabinet. Selon plusieurs sources, « Fabius a un prisme personnel sur l’Iran ». D’après elles, le ministre reste très marqué par son expérience de premier ministre de 1984 à 1986 à l’époque noire des prises d’otages au Liban et des attentats en plein Paris, attribués au régime iranien.

Les diplomates chargés du dossier du nucléaire iranien au quai d’Orsay ont aussi la réputation d’être sur une ligne “dure” à l’endroit du régime de Téhéran. « Il y a un phénomène de continuité administrative. Les gestionnaires de ce dossier n’ont pas beaucoup changé et sont sur une ligne un peu néoconservatrice sur le nucléaire », affirme une source diplomatique, sous couvert d’anonymat.

C’est dans ce contexte que l’entretien entre François Hollande et Hassan Rohani revêt une importance particulière. « C’est un geste important. Et c’est très positif. Il y a eu un changement d’atmosphère à Téhéran. La France veut voir jusqu’où Rohani a envie et peut aller. C’est peut-être le début d’un dégel », se réjouit l’ancien ambassadeur François Nicoullaud.

« C’est du bon sens de discuter avec les Iraniens qui sont un élément de la crise syrienne et de la paix, ou de la guerre, dans toute la région. Nous aurions d’ailleurs tort d’être dans la construction d’un arc sunnite contre un arc chiite parce qu’on se mettrait exclusivement dans les mains des monarchies du Golfe. Or celles-ci soutiennent des forces qu’on combat au Mali par exemple ! » estime de son côté le député PS Pouria Amirshahi, membre du groupe d’amitié France-Iran.

Cette rencontre a été favorisée par la crise syrienne mais aussi, et surtout, par le départ d’Ahmadinejad et par l’élection d’Hassan Rohani en juin dernier. « Il fallait un facteur politique déclenchant. C’est le contexte qui a été déterminant », explique un conseiller de François Hollande. Rohani, un modéré du régime, cherche à être « l’antithèse d’Ahmadinejad », notamment sur le dossier du nucléaire, dans un pays affaibli économiquement par les sanctions internationales. Lundi, le nouveau président a promis de présenter devant l’ONU « le véritable visage de l’Iran ».

Mais la France reste très prudente. Fin août, lors de la conférence des ambassadeurs, Laurent Fabius avait expliqué que « s’agissant de l’Iran, nous maintenons la pression, car si l’élection d’un nouveau président traduit un espoir de changement de la part de la population, l’exécutif n’a pas pour l’instant débouché sur des actes concrets ». À l’Élysée, on explique aussi attendre la « concrétisation » des nouvelles intentions affichées par le président iranien. C’est ce que François Hollande espère obtenir mardi à New York.

[[lire_aussi]]Sur la Syrie, il veut que Téhéran reconnaisse les conclusions de la conférence dite “Genève 1” et appuie une transition politique passant par le transfert du pouvoir d’Assad à « une autorité pleinement représentative ». « Les Iraniens peuvent être un partenaire de sortie de crise à condition qu’ils jouent l’apaisement », estime-t-on à Paris. « On attend également du nouveau président qu’il annonce la volonté de l’Iran de s’engager dans la transparence et la coopération totale avec l’Agence internationale de l’énergie atomique, sur son programme nucléaire dont la finalité civile n’est aujourd’hui pas crédible », explique-t-on à l’Élysée.

 

 

http://www.mediapart.fr/journal/international/230913/la-france-et-l-iran-renouent-le-dialogue

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Syrie : l'Occident cherchait la chute d'Assad, avant 2011.

4 Juillet 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Le 04 juillet 2013

Syrie : l'Occident cherchait la chute d'Assad, avant 2011

 

Sur IRIB

mercredi, 03 juillet 2013 14:13

Syrie : l'Occident cherchait la chute d'Assad, avant 2011 
   
IRIB – « Les Anglais préparaient la guerre en Syrie deux ans avant les manifestations en 2011 ».

C'est l'ancien ministre français des Affaires étrangères, Roland Dumas qui l'a annoncé, dans une interview exclusive à l'agence syrienne à Paris.

 

Beaucoup de sources en ligne anglophone et francophone dont Global Research et Nouvelles de France ont relaté les propos de l'ancien Ministre. « J'ai été il y a deux avant, à peu près, avant que les hostilités (ne) commencent en Syrie, je me trouvais en Angleterre par hasard (...) J'ai rencontré des responsables anglais et quelques -uns qui sont mes amis m'ont avoué, en me sollicitant, qu'il se préparait quelque chose en Syrie. L'Angleterre préparait l'invasion des rebelles en Syrie. Et on m'a même demandé à moi, sous prétexte que j'étais ancien ministre des affaires étrangères, si je participerais comme ça à cette...j'ai évidemment dit le contraire, je suis Français, ça ne m'intéresse pas.

 

C'est pour dire que cette opération vient de très loin, elle a été préparée, conçue, organisée (...) dans le but très simple de destituer le gouvernement syrien, car dans la région il est important de savoir que ce régime syrien a des propos anti-israélien et que par conséquent tout ce qui bouge dans la région autour...Moi j'ai la confidence du premier ministre israélien (...) qui m'avait dit : on essaiera de s'entendre avec le premier ministre et avec les Etats autour et ceux qui ne s'entendront pas on les abattra.

 

C'est une politique. C'est une conception de l'histoire, pourquoi pas après tout, mais il faut le savoir. »

L'ancien ministre des Affaires étrangères a, aussi, affirmé que la voie adoptée par l'ex-président Nicolas Sarkozy et l'actuel Président français François Hollande n'est pas un juste chemin qui aboutisse à une paix en Syrie

 

. Roland Dumas a aussi parlé des objectifs que suivent les Occidentaux au travers une chute du gouvernement syrien. « Le climat créé à l'échelle internationale autour de l'affaire syrienne montre que la politique de l'Occident n'est pas une politique de paix, mais une politique belliciste », a affirmé l'ancien chef de la diplomatie française. Il n'a pas manqué de parler des opposants syriens, pour dire qu'il s'agit d'une opposition multi- facette et que des pays étrangers comme l'Arabie saoudite et le Qatar sont impliquée dans la guerre déclenchée en Syrie contre le gouvernement légitime d'Assad.

 

Roland Dumas a également ajouté que l'envoi d'armes en Syrie ne résoudrait pas le problème. « Ce n'est pas par la guerre que la solution pacifique pourrait se réaliser ; or, le gouvernement légitime syrien reprend les régions occupées par les groupes armés, ce qui est d'ailleurs un signe positif », a-t-il précisé. Dumas a affirmé que la France était d'abord contre la tenue d'une conférence au sujet de la Syrie, « mais elle a enfin accepté que cette conférence devait avoir lieu le plus tôt possible, et même, a changé de position envers une participation de l'Iran. » L'important, en rapport avec cette conférence, concerne, selon Roland Dumas, l'entente russo-américaine. Il a déconseillé surtout d'établir en avance tout préjugé sur une telle conférence. D'après cet ancien ministre français des Affaires étrangères, les accusations au sujet de l'utilisation des armes chimiques en Syrie sont à elle-même très dangereuses, car, elles rappellent aux esprits les débats qu'on entendait avant le déclenchement de la guerre en Irak. « A l'époque, les Etats-Unis accusaient l'Irak de dissimuler des ADM qui sont restées toujours introuvables... », à ce sujet, Roland Dumas a proposé qu'un groupe d'experts indépendants onusiens soit envoyé en Syrie pour examiner l'affaire.

 

En allusion au comportement ambigu de Paris qui soutient les terroristes en Syrie, mais prétend combattre les terroristes au Mali, Roland Dumas a argué en ces termes : « La France dit qu'elle arme les opposants (pas les terroristes), mais personne ne sait ce qu'il arrive à ces armes ! »

 

A en croire l'ancien ministre français des Affaires étrangères, certaines puissances souhaitent détruire les pays puissants arabes, pareil à ce qui s'est produit en Irak et en Libye, ou ce qui se passe aujourd'hui en Syrie. Vu les relations spéciales entre la Syrie et la Russie, Dumas a affirmé qu'Israël aussi était impliqué dans les événements en Syrie. A la fin de son interview à Sana, l'ancien ministre français des Affaires étrangères a appelé à rectifier les approches envers l'affaire syrienne, « ceux qui soutiennent une politique particulière comprendront qu'ils ont commis une erreur ; ils auront donc l'occasion de changer d'approche. Le peuple syrien est un grand peuple, la Syrie est un grand pays et sortira de cette crise », a-t-il précisé.

 

Posté par Jocegaly à - SYRIE:
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Une intervention de Ahmed Manaï, observateur de la Ligue arabe en Syrie et président de l'ITRI, sur la crise en Syrie .

2 Juillet 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 15:34

Pour info et relativiser l'information officielle des institutions et grands médias :

 

Cet article est repris sur le site du PRCF des Bouches du Rhône, du Gard et du Vaucluse.

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Armes chimiques en Syrie : Obama comme Bush en Irak.

30 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Armes chimiques en Syrie : Obama comme Bush en Irak

 

La tension entre les États-Unis et la Russie est à son comble : en cause, les derniers événements en provenance de Syrie. Il faut dire que les informations qui parviennent des zones de conflit montrent à l’Oncle Sam et à l’Occident que le peuple syrien s’obstine à se battre pour rester maître de son propre destin. Et nombreux sont ceux qui œuvrent à la déstabilisation de Damas ! Israël, le Qatar, la Turquie, etc., ont tous été impliqués peu ou prou dans la manœuvre. Et maintenant que la déroute des rebelles se confirme d’heure en heure, voici que les États-Unis parlent d’une zone d’exclusion aérienne en Syrie pour venir en aide à ces mêmes rebelles, accusés pourtant par Carla Del Ponte (commissaire de l’ONU sur les crimes en Syrie) d’avoir utilisé des armes chimiques à plusieurs reprises.

 

Mais si les États-Unis agissent directement pour éliminer Assad, la Russie s’y oppose fermement. Le ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov a indiqué samedi qu’instaurer une telle zone « constituerait une violation du droit international  ». Le Pentagone semble prendre très au sérieux cette affaire et a décidé de laisser des chasseurs de combat F-16 et des missiles Patriote en Jordanie, pays frontalier de la Syrie, après des manœuvres communes qui doivent s’achever à la fin du mois. Washington a également sollicité l’aide de l’Égypte, où le président Mors a officiellement pris position contre la Syrie. Les relations diplomatiques entre les deux pays ont été rompues et l’ambassade de Syrie au Caire a été fermée.

 

John Kerry n’est pas en reste. Selon le secrétaire d’État, «  le Hezbollah menace de rendre hors d’atteinte tour règlement politique  ». Curieuse explication. Depuis 2011 et le début des événements syriens, des milliers de combattants islamiques sont venus du monde entier grossir les rangs des troupes rebelles. Des roquettes tirées depuis la Syrie touchent maintenant le Liban ; les bastions du Hezbollah sont ouvertement visés. Mais la Maison blanche a une propension inégalée à écrire l’histoire à sa manière. 

 

Néanmoins, à ce stade des combats, la Russie semble être en position de force. Les troupes du président Assad sont à l’offensive dans tout le pays, et Washington cherche d’une manière grotesque à stopper cette avancée. Et sans zone d’exclusion aérienne, il n’y aura pas d’échappatoire pour les rebelles… Quant aux armes chimiques, et bien que le chef de la diplomatie russe ait affirmé « qu’il serait absurde que l’armée syrienne en utilise au moment où elle gagne du terrain contre la rébellion », les États-Unis s’en servent comme prétexte pour armer cette dernière. Mais l’art de la fabrication de fausses preuves est un art que maîtrise parfaitement l’Oncle Sam. Selon Alexeï Pouchol, chef de la commission des affaires étrangères à la Douma, « les informations sur l’usage par Assad d’armes chimiques sont des faux du même ordre que les mensonges concernant les armes de destruction massive de Saddam Hussein ». Obama suit la même voie que Bush. Mais depuis l’épisode irakien, l’Oncle Sam connaît quelques couacs…

 

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/...

 

http://www.resistance-politique.fr/article-armes-chimiques-en-syrie-obama-comme-bush-en-irak-118555956.html

 
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Conflit au Moyen-Orient : les Marines débarquent à Aqaba

14 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Conflit au Moyen-Orient : les Marines débarquent à Aqaba
L’armée arabe syrienne composée majoritairement de sunnites, appuyée par le Hezbollah libanais, un mouvement chiite mais qui a tenu à n’envoyer en Syrie que ses éléments sunnites et chrétiens, ont réussi à contrôler le site hautement stratégique d’Al-Qussayr, occupé par les rebelles durant 18 mois.
8 juin 2013

Il aura fallu un peu plus de trois semaines pour venir à bout du quartier général de la rébellion dans cette localité relevant du gouvernorat de Homs. "Celui qui contrôle Al-Qussayr contrôle la Syrie centrale". La colline surplombant ce site, Kadesh, est connue pour avoir été l’un des premiers champs de bataille au monde, notamment la première bataille documentée de l’histoire entre les Hittites et les égyptiens du Pharaon Ramses II aux environs de 1274 avant J.C. C’est à l’issue de cette bataille entre les deux superpuissances de l’époque que fut signé le premier Traité de paix connu.

D’après différentes sources, le Hezbollah libanais aurait perdu 90 éléments dans les combats d’Al-Qussayr. D’après des sources proches de ce mouvement, des éléments des forces spéciales israéliennes ont brièvement combattu à l’intérieur de l’enceinte de l’aérodrome de Dabaa, repris par l’armée syrienne après de très durs combats.

Les pertes rebelles s’élèveraient quant à elles à plus de 1700. Près de 5000 rebelles se sont transformés en civils en quelques heures. Plus de 800 combattants étrangers ont été capturés.

Indubitablement, la victoire de l’armée syrienne à Al-Qussayr après trois semaines d’assaut-opération qualifiée par Moscou comme une opération anti-terroriste-conforte la position de Damas en vue d’eventuelles négociations de paix dans le cadre de la Conférence de Genève II. Cette nouvelle donne agite la France et le Royaume-Uni, pressés par Doha et Ryad de tout faire pour déclarer un franchissement de "ligne rouge". C’est à dire le déclenchement d’une intervention militaire internationale contre la Syrie en vue d’abattre son régime. D’où les gesticulations médiatiques et officielles sur de prétendues "preuves physiologiques" et autres "échantillons rapportés par des journalistes d’un champs de bataille situé à moins de 400 m du centre-ville de Damas"…Si le pouvoir syrien a donné son accord de principe pour participer à la Conférence, l’opposition, très divisée par le jeu d’influences étrangères, n’arrive pas à adopter une position commune sur la question.

Les Etats-Unis d’Amérique, plus lucides et plus objectifs que Paris et Londres ont une toute autre approche. Sous couvert d’un exercice militaire dénommé "Eager Lion", des éléments du 24e corps expéditionnaire des Marines ont débarqué au port jordanien d’Aqaba (extrême Sud) en provenance du port israélien d’Eilat. Les Marines ont formé une colonne blindée qui a pris la route vers le Nord de la Jordanie. En parallèle, des avions de combat F-16 et des batteries de missiles antimissile Patriot sont en train d’être déployés dans le royaume Hachémite après avoir été déployés en Turquie méridionale. Pour des raisons de politique intérieure, Amman fait tout son possible pour passer sous silence ses préparatifs.

Un soulèvement a eu lieu dans la ville jordanienne de Maan près de la frontière avec la Syrie après l’assassinat de deux citoyens par des étrangers armés. La population s’en est pris aux rebelles syriens entraînés par les forces occidentales, mais certaines sources évoquent des mercenaires travaillant pour des sociétés privées.

Des batteries de missiles Patriot américains sont désormais déployées en Israël (où l’on fait de moins en moins confiance au très coûteux projet d’Iron Dome), en Jordanie et en Turquie. Soit au Sud-Ouest au Sud et au Nord de la Syrie.

Un navire russe spécialisé dans la lutte contre les submersibles est en route vers le littoral syrien. Des sous-marins inconnus ont été pris en chasse par la marine russe et des hélicoptères syriens à plusieurs reprises ce dernier mois. L’un de ses submersibles aurait même été touché.

Le conflit en Syrie a bel et bien débordé. En Irak, au Liban septentrional, en Turquie méridionale et en Jordanie. La problématique du Golan avec Israël inquiète au plus haut point Tel-Aviv, lequel ne cesse de mener des exercices militaires depuis des semaines. La guerre au Moyen-Orient est loin d’être terminée.

strategika51
6 juin 2013

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Utilisation d’armes chimiques par les "rebelles" syriens.

14 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Utilisation d’armes chimiques par les "rebelles" syriens
Un reportage de la journaliste russe Anastasia Popova
Un missile contenant un gaz toxique avait fait, le 19 mars 2013, 25 morts et une centaine de blessés à Khan al-Assal, un quartier du sud-ouest d’Alep (*) fidèle au gouvernement de Bachar el-Assad. Le ministère des Affaires étrangères syrien avait, à ce sujet, envoyé une lettre au Conseil de sécurité des Nations Unies l’appelant à « prendre ses responsabilités et à définir une limite à ces crimes de terrorisme et à ceux qui le soutiennent ».
8 juin 2013 | Thèmes (S.Cattori) : Syrie

La journaliste russe Anastasia Popova s’est rendue sur place à Khan Al-Assal à fin mars. Elle y a rencontré la population qui lui a fourni des éléments pouvant prouver que des agents chimiques avaient été utilisés par les « opposants ».
Voici son reportage (malheureusement non traduit en français).

(*) Voir : « L’Occident couvre le bombardement chimique des terroristes en Syrie », 22 mars 2013.
http://www.silviacattori.net/article4310.html
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La Syrie et la guerre de l’information. Le syndrome irakien Jean Geronimo.

13 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

La Syrie et la guerre de l’information
Le syndrome irakien
Jean Geronimo,

mardi 11 juin 2013, par Comité Valmy


 

 Source image : planetenonviolence.org

***

La Syrie et la guerre de l’information
Le syndrome irakien

27/02/2012

La Syrie est au cœur d’une guerre d’influence héritée de la transition post-communiste du nouvel ordre international et médiatisée par des rapports de puissance. Cette guerre « tiède »2) , forme actualisée et désidéologisée de la Guerre froide, opposant l’axe arabo-occidental à l’axe eurasien prend, désormais, une tournure décisive. Un point de non retour a été atteint, suite à l’islamisation croissante de l’opposition armée, plus ou moins prévisible et dénoncée par Moscou depuis le début du conflit. Pour V. Poutine, cette montée de l’Islam radical est allègrement alimentée par l’ingérence de puissances étrangères, n’hésitant pas à violer les règles westphaliennes de souveraineté nationale et voyant dans la crise syrienne un prétexte de revenir « dans le jeu ». La construction du point critique par la coalition arabo-occidentale, dans le but de déstabiliser le régime syrien, a été jusque là méticuleusement poursuivie – via la formation, l’armement et le soutien des « rebelles » depuis l’étranger, parfois dans le cadre de « camps » installés à proximité de la frontière syrienne. Moscou redoute, désormais, une extension du « printemps islamique » jusqu’à sa périphérie sud.
Dans cette optique, instrumentalisée par les parties en conflit, l’information a un rôle politique clé.

 

Rôle politique de l’information, via son formatage de l’opinion publique

L’appel à l’aide de Damas à la Russie pour une couverture plus « objective » de l’actualité syrienne semble, de ce point de vue, logique. Il s’agit, notamment, d’élargir le pluralisme des sources de l’information, unilatéralement orientée jusqu’à présent contre « celui qui massacre son peuple » - selon le slogan médiatique, repris en Occident. Car, comme tout Etat témoin du « scénario » irakien de 2003 (puis libyen de 2011), la Syrie sait parfaitement qu’une stratégie de désinformation patiemment construite peut justifier une intervention militaire au nom d’une vision de la démocratie à géométrie variable et, surtout, au profit d’objectifs de puissances globales ou régionales ambitieuses, donc prédatrices.

 

Le mardi 23 avril 2013, le ministre syrien de l’Information, Omrane al-Zohbi, en visite à Moscou, a ainsi déclaré devant les députés à la Douma (chambre basse du parlement russe) : « Vous n’ignorez pas que des dizaines d’agences d’information et de chaînes de télévision participent à une véritable guerre de l’information contre nous. Dans le même temps, les chaînes de télévision syriennes n’ont pratiquement pas accès aux satellites »3) . Selon les dirigeants syriens, la désinformation médiatique internationale sur l’évolution de la crise s’insère, désormais, dans une stratégie plus globale de délégitimation puis de renversement du régime – au risque d’une régionalisation du conflit, tant redoutée par Moscou.

 

En fait, l’information quotidiennement diffusée sur la « révolution » syrienne est, à l’origine, « produite » par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH)4), étrange ONG basée à Londres et dirigée par un farouche opposant au président Assad, proche des fameux « frères musulmans ». Cette curieuse situation, politiquement très orientée, nous amène à nous interroger sur la fiabilité de cette « information » structurellement anti-Assad et régulièrement reprise par les médias occidentaux, sans aucun contrôle. Depuis le début de cette crise, la Russie a fort justement contesté la légitimité de cette douteuse ONG, comme source quasi-exclusive de l’information sur la Syrie.

 

Au final, cette évolution a fini par conditionner l’opinion publique occidentale contre le méchant « dictateur syrien », pour reprendre l’expression relayée par nos médias. Et une conséquence programmée de cette stratégie informationnelle a été de justifier les divers soutiens extérieurs à l’opposition « rebelle », comme étape préalable à une ingérence politico-militaire de plus en plus forte donc, à terme, potentiellement décisive. Au nom du « droit au bonheur » des peuples souverains, justifiant une guerre de « libération ». ». Pourtant, comme le reconnaît le président de la commission d’enquête de l’Onu sur la Syrie, Paulo Pinheiro : « La majorité des rebelles est très loin de penser à la démocratie. Ils ont d’autres inspirations »5) . Fin d’un rêve…

 

La manipulation de l’information permet, notamment, de répandre des rumeurs nuisant à l’image du président Assad, dont celle récurrente depuis plus de 2 ans et déjà couronnée de succès en Irak, de « l’utilisation d’armes chimiques » par le régime. Pour l’Amérique d’Obama, c’est « une ligne rouge » à ne pas franchir et pour l’opposition anti-Assad, une réelle « opportunité » politique. Cet avertissement d’Obama peut, en effet, inciter l’opposition syrienne à mettre en œuvre une stratégie manipulatoire, destinée à persuader l’opinion publique mondiale du franchissement effectif de cette ligne interdite, qui précipitera l’intervention américaine. Et, a priori, ce scénario est en train de se réaliser.

 

Par la voix du secrétaire du Conseil de sécurité russe Nikolaï Patrouchev, qui reconnaît, à ce jour (le 6/05/2013), l’absence de preuves irréfutables sur l’éventuel emploi de gaz interdits, la Russie pose la bonne question : « Vu la situation actuelle des dirigeants syriens, ont-ils ou non intérêt à utiliser cette arme ? Je pense qu’il s’agit d’une voie suicidaire, et les autorités de Damas n’ont aucun intérêt à l’emprunter »6) . Un mois plus tard, le mardi 4 juin 2013, la Commission d’enquête sur les violations des droits de l’Homme en Syrie souligne la culpabilité partagée des deux parties au conflit dans l’emploi des armes chimiques.7)
Alors, qui manipule qui ? Retour, obligé, vers le passé…

 

La construction médiatique du « seuil critique » d’intervention

Dés septembre 2011, le site de Bernard-Henri Lévy affirmait, sans aucune preuve rappelle l’Agence France-Presse, que « des tueurs d’Assad [ont] lancé dans la région d’Al Rastan, non loin de la ville rebelle de Homs, des opérations aériennes avec utilisation de gaz toxiques »8) . Le 12 mars 2012, la menace se précise, selon le rapport annuel présenté au Sénat américain par le directeur du renseignement national, James Clapper. Ainsi, il y est indiqué que « La Syrie développe avec succès un programme de recherche sur les armes chimiques, elle augmente ses stocks de gaz moutarde, de sarin et de gaz neuroplégique VX. Nous estimons que Damas possède également des bombes, des missiles et des obus d’artillerie pouvant servir de vecteurs d’armes chimiques ». Et Klapper de confirmer, à nouveau comme il y a un an, que « Les Etats-Unis et leurs alliés surveillent les stocks d’armes chimiques » redoutant, sans doute, la perte de contrôle par Damas des armes chimiques, au profit des « terroristes ». Certains experts craignent également un possible emploi des armes chimiques,9) « en dernière extrémité » par Damas. Dans tous les cas, il semble évident que l’arme chimique sera le signal déclencheur privilégié d’éventuelles frappes américaines ciblées sur le territoire syrien. En Syrie, insiste un peu plus tard le Figaro, le 22 juillet 2012, « les armes chimiques sont sous surveillance »10) .
On redoute alors le pire. Soit, mais pour qui ?

En décembre 2012, le fameux OSDH accuse le régime syrien d’utiliser des armes chimiques à Homs et, en mars 2013, dans les environs d’Alep et de Damas 11). Bien que très vague, l’information est rapidement diffusée, sans aucune vérification et la moindre suspicion. Plus surprenant, les israéliens s’y mettent à leur tour, le 15 mars 2013. Le chef du renseignement militaire israélien, le commandant Aviv Kochavi, tire alors la sonnette d’alarme. Avec d’étranges certitudes et une certaine « impatience », Kochavi assure que les troupes gouvernementales syriennes s’apprêtent à employer des armes chimiques contre les insurgés : « Assad n’a pas encore donné l’ordre approprié, mais il s’y prépare déjà »12) . Le 23 avril 2013, le renseignement militaire israélien dénonce un « passage à l’acte » du régime syrien. Ainsi, selon un responsable de ce service, le général de brigade Itai Brun, cité par le quotidien Haaretz : « D’après ce que nous avons compris, le régime [syrien] a eu recours à des armes chimiques meurtrières dans un certain nombre d’incidents, il s’agit probablement du gaz sarin »13) . On remarquera que le discours israélien – à l’instar des autres discours accusateurs – s’appuie sur de pures hypothèses, mais sur aucune preuve concrète. Etonnant, tout de même, pour une structure de sécurité mondialement réputée…

 

Le 26 avril 2013, les Etats-Unis affirment (enfin !) avoir des preuves de l’usage d’armes chimiques en Syrie, selon le Washington Post se référant à une lettre de la Maison Blanche lue par le chef du Pentagone Chuck Hagel à Abu Dhabi (Emirats arabes unis). Ainsi, selon la missive, « Les Etats-Unis ont la preuve que des armes chimiques, dont le gaz sarin, ont été utilisées en Syrie à une faible dose ». Par précaution, la missive rappelle que ces informations doivent être vérifiées avant d’en tirer les conséquences politiques (jg : on devine lesquelles), selon Hagel : « Nous ne sommes pas en mesure de confirmer l’origine de ces armes, mais nous supposons que tout recours aux armes chimiques en Syrie provient du régime d’Assad (jg : c’est une présomption de culpabilité). Nous devons disposer de l’ensemble des faits et des informations. Certaines incertitudes concernant le lieu, la nature des armes et les auteurs persistent »14) .Troublant aveu.

 

Le 10 mai 2013, après d’autres rumeurs, la Turquie entre enfin dans la ronde, par l’intermédiaire de son premier ministre Recep Tayyip Erdogan, avouant détenir (encore !) la preuve de l’utilisation de gaz de combat par Damas. Dans une interview à la chaîne de télévision américaine NBC, Erdogan, omettant (volontairement ?) de citer les détails concernant le lieu et la date d’emploi de ces armes, affirme : « Des blessés, victimes d’armes chimiques, figurent parmi les personnes placées dans nos hôpitaux. Il ne fait aucun doute que le régime [de Bachar el-Assad] utilise des missiles et des gaz de combat ». Surtout, il affirme – surprenante révélation ! – que « la ligne rouge » autorisant les Etats-Unis à intervenir pour renverser le président Assad « avait été franchie depuis longtemps »15) . Tout devient clair.

 

Enfin, pour couronner le tout – et cela n’est pas surprenant, même plutôt « logique » – la Grande Bretagne, par l’intermédiaire de son chef de la diplomatie, William Hague, a alimenté le 20 mai cette diatribe anti-Assad : « On voit apparaître de plus en plus de témoignages convaincants sur le fait que le régime syrien a utilisé et continue d’utiliser des armes chimiques. Nous avons des échantillons physiologiques provenant de Syrie, confirmant l’utilisation de Sarin, même s’ils ne disent rien de l’ampleur de cet emploi ». Selon le diplomate, « notre supposition est que selon toute vraisemblance ces armes sont utilisées par le régime syrien » – « suppositions » régulièrement reprises par les diplomaties occidentales, dont américaine et française. Hague a, pour conclure, ajouté qu’il « n’existait aucune preuve du fait que l’opposition en utilise »16) . Voilà qui est dit. Pourtant, à ce jour, il n’y a toujours pas de preuve concrète et irréfutable incriminant Assad mais seulement, des suppositions. Comme une réactivation du « syndrome » irakien, subordonné à un objectif politique latent – très inquiétant.

 

Face à la multiplication des accusations, O. al-Zohbi dénonce un « mensonge éhonté », destiné à faire pression sur le régime syrien. Pour lui, il s’agit aussi d’une question morale et humanitaire : « la Syrie n’utilisera jamais (d’armes chimiques), pas seulement parce qu’elle respecte la législation internationale et les règles d’une guerre, mais en raison de problèmes humanitaires et moraux »17) . La position syrienne a, au moins, le mérite d’être claire et, en définitive, d’intégrer un engagement moral.

 

Redoutant une instrumentalisation politique, Moscou a averti que ces multiples rumeurs incontrôlables ne devaient pas servir « d’alibi » pour une intervention militaire en Syrie. Pour l’émissaire du président russe au Moyen-Orient, Mikhaïl Bogdanov, cette stratégie de désinformation doit cesser : « s’il y a des preuves sérieuses sur l’utilisation d’armes chimiques en Syrie, il faut les montrer immédiatement et ne pas les dissimuler »18) . Moscou redoute une tentative de répéter le « modèle libyen ». Cela explique - en association avec la Chine - son opposition systématique aux résolutions proposées à l’ONU par la coalition arabo-occidentale. Une raison majeure est que ces résolutions sont potentiellement manipulables, donc suspectées de préparer une intervention et, dans une première étape, de chercher à créer une zone d’exclusion aérienne – prétexte à un « couloir humanitaire ».

 

Comme une étrange impression de « déjà vu ».

La « bombe » politique de C. Ponte, (trop) vite neutralisée…

Dans ce contexte très tendu, le 6 mai 2013 a été un véritable choc. Les rumeurs redondantes sur l’emploi « prouvé » d’armes chimiques par le « sanguinaire » Assad sont alors en effet brutalement remises en cause, par Carla Del Ponte 19), membre de la commission d’enquête indépendante de l’Onu sur les violences en Syrie. Avec un certain courage et contre le consensus médiatique, C. Ponte a même retourné l’accusation contre les vertueux « rebelles » : « Il existe des suspicions fortes et concrètes, mais pas encore de preuve incontestable, de l’emploi de gaz sarin, sur la base de la manière dont les victimes ont été soignées ». Puis, la magistrate suisse précise que « Le gaz aurait été utilisé par les rebelles et non par les forces gouvernementales »20) . Un discours, cohérent, précis et nuancé - très loin des certitudes de la pensée unique – et surtout, une information plus « équilibrée ». Enfin…

 

Très (trop ?) vite, les conclusions de C. Ponte ont été à leur tour démenties quelques heures plus tard par la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie. Cette Commission précise, en effet, que son enquête « n’a pas atteint des résultats permettant de conclure que des armes chimiques ont été utilisées par les parties au conflit »21) . Avec une certaine légitimité, on peut se demander pourquoi l’enquête n’a pas été poursuivie ? Retour à la case départ.

 

En fait, on a l’impression d’un traitement à deux vitesses des rumeurs sur l’emploi des armes chimiques, selon qu’elles incriminent ou pas le régime syrien. Les nombreuses rumeurs anti-Assad sur cette question n’ont presque jamais été remises en cause, alors qu’elles étaient le plus souvent assises sur de simples « impressions », dans une optique évidente de manipulation – en vue d’accélérer le seuil critique d’intervention. Dans le même temps, la demande de Damas (très précise, donc facilement vérifiable) adressée à l’ONU d’enquêter sur l’éventuel emploi d’armes chimiques par l’opposition, le 19 mars 2013 dans la région d’Alep, a été longtemps occultée. Cela a conduit Moscou à dénoncer un « frein » à la poursuite d’une enquête politiquement gênante. Ainsi, selon Vitali Tchourkine, délégué permanent de la Russie auprès de l’Onu : « Nous exhortons [l’Onu] à renoncer à toute tentative de faire traîner sous différents prétextes la demande formulée par les autorités syriennes d’enquêter sur une utilisation éventuelle d’une arme chimique dans une banlieue d’Alep (nord de la Syrie) ». En outre, le diplomate russe a souligné que le secrétariat des Nations unies n’avait pas fait preuve « de suivi, ni de transparence » lors de l’examen de cette demande 22) .

 

De manière étrange – curieuse coïncidence – les rumeurs chimiques anti-Assad ont repris de plus belle à l’approche de la future Conférence internationale sur la Syrie (prévue courant juillet) et à la veille de la réunion des chefs de diplomatie de l’UE sur l’avenir de l’embargo (28/05/2013). Ainsi, par l’intermédiaire de deux de ses journalistes, le Monde du 27 mai 2013 rapporte que les forces syriennes utilisent des « gaz toxiques » aux alentours de Damas et que ces derniers en auraient, eux-mêmes, constaté les effets 23) . Au final, on peut penser que cette « information » a été politiquement décisive, dans la mesure où d’une part, l’Europe a décidé de lever prochainement l’embargo sur les armes et que d’autre part, la conférence sur la Syrie, « Genève 2 », – porteuse d’une solution négociée, donc consensuelle – semble fragilisée, tant dans sa portée que dans sa légitimité : on ne négocie pas avec un « dictateur » qui « gaze » son peuple.

 

Pour cette raison, toute décision issue de cette conférence pourra être définie comme illégitime par l’opposition anti-Assad. Une véritable aubaine…

 

Une ligne rouge « incontestablement » franchie ?

Comme si, en dernière instance, au nom d’une présomption de culpabilité relayée par une opinion publique conditionnée et parce que de puissants intérêts sont en jeu, l’information (politiquement correcte) devait être consciemment orientée contre le « dictateur » Assad – créant, par ce biais, une redoutable asymétrie. L’objectif implicite est d’accélérer son élimination et d’éviter ainsi une solution négociée, gênante pour les éléments les plus « radicaux » de l’opposition, dont la seule chance d’accéder au pouvoir passe par une victoire militaire, c’est à dire par l’écrasement dans le sang du régime syrien – quel qu’en soit le coût. Cette hypothèse est reprise par le chef de la diplomatie russe, Serguei Lavrov : « On a l’impression que la Coalition nationale, et notamment ses sponsors régionaux, mettent tout en œuvre pour empêcher le lancement d’un processus politique et provoquer une intervention militaire en Syrie »24) .

 

Au regard de leur statut et à l’instar du Kosovo, les conclusions de C. Ponte sur la Syrie dépassent le stade de la simple rumeur et mériteraient d’être approfondies – d’autant plus qu’elles apportent une dose pluraliste à l’information. Le 2 juin 2013, la saisie d’un « lot de gaz toxique sarin » par l’armée syrienne lors d’une opération contre les « rebelles » dans la ville de Hama est venue renforcée les conclusions de l’experte de l’ONU.25) Alors, pourquoi chercher, à tout prix, à les étouffer ?

 

Le mercredi 5 juin, le chef de la diplomatie française, L. Fabius, porte le « coup de grâce ». Sur la base d’échantillons analysés en laboratoire, il accuse le régime syrien d’avoir utilisé à plusieurs reprises du « gaz sarin » : « Nous n’avons aucun doute sur le fait que les gaz ont été utilisés (...). La conclusion du laboratoire est claire : il y a du gaz sarin ». Selon le responsable français, il s’agit d’une « ligne qui est franchie incontestablement ». Et la sentence, au regard des affirmations précédentes, était prévisible : « Nous discutons avec nos partenaires de ce qu’il va falloir faire et toutes les options sont sur la table »26) . Dont, probablement, l’option militaire…

 

Le « syndrome » irakien, au cœur d’une terrible guerre de l’information – levier d’un nouveau « soft power »

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Grenoble, le 5 juin 2013

 

Jean Geronimo, Docteur, spécialiste de la Russie


1) http://fr.rian.ru/world/20120227/193510504.html : « Printemps arabe : éviter une répétition du scénario libyen », Moscou, 27/02/2012 – RIA Novosti.


2) Ce concept est développé dans le post-scriptum « Les Révolutions arabes, et après ? – A la recherche d’un Printemps russe » de la seconde édition enrichie de mon livre « La pensée stratégique russe », 2012, Sigest.


3) http://fr.rian.ru/world/20130423/198152213.html : « Guerre de l’information : Damas compte sur l’aide de Moscou », Moscou, 23/05/2013 - RIA Novosti.


4) OSDH : Organisation basée à Londres et représentée par un seul homme (Rami Abdelrahman), opposant politique au régime syrien. Il opère dans un studio londonien sous haute protection des services de sécurité britanniques. Ses informations, nourries par de mystérieux coups de fils, sont reprises sans aucun contrôle par AFP, CNN, CBS, BBC… De manière systématique, il incrimine le régime syrien et glorifie l’Armée Libre Syrienne (ALS).


5) http://fr.rian.ru/world/20130530/198426810.html : « Syrie : la majorité des rebelles ne veulent pas une démocratie », P. Pinheiro, Moscou, 30/05/2013 - RIA Novosti.

6) http://fr.rian.ru/world/20130506/198236249.html : « Armes chimiques en Syrie : aucune preuve incontestable », Moscou, 6/05/2013 – RIA Novosti.
7) http://fr.rian.ru/world/20130604/198467453.html  : « Syrie : les deux parties ont utilisé des armes chimiques », Moscou, 4/06/2013 – RIA Novosti.


8) Rapporté par :http://www.monde-diplomatique.fr/2012/09/AMADO/48102 : « Syrie, champ de bataille médiatique », A. Amado et M. de Miramon, sept. 2012 – Le Monde Diplomatique.


9)http://fr.rian.ru/world/20130312/197776088.html  : « La Syrie possède des armes chimiques et biologiques, selon les USA », Washington, 12/03/2012 - RIA Novosti.


10) http://www.lefigaro.fr/international/2012/07/20/01003-20120720ARTFIG00518-syrie-les-armes-chimiques-sous-surveillance.php ?print=true  : « Les armes chimiques sont sous surveillance », G. Malbrunot, 20/07/2012 – LeFigaro.fr.

11)http://www.mondialisation.ca/gaz-sarin-en-mains-rebelles/5334115  : « Gaz sarin en mains « rebelles », S. Cattori, 6/05/2013 – Mondialisation.ca.


12)http://fr.rian.ru/world/20130315/197804511.html : « Syrie : l’opposition contrôle les deux tiers du pays », A. Kochavi, 15/03/2013 – RIA Novosti.
13) http://fr.rian.ru/world/20130423/198151299.html : « Syrie : Damas aurait utilisé des armes chimiques », I. Brun, 23/04/2012 – RIA Novosti. 14) http://fr.rian.ru/world/20130426/198175316.html  : « Syrie - armes chimiques : les USA affirment disposer de preuves », 26/04/2013 – RIA Novosti.


15) http://fr.rian.ru/world/20130510/198264823.html : « Erdogan affirme avoir des preuves de l’usage d’armes chimiques par Damas », Ankara, 10/05/2013 – RIA Novosti.


16)http://fr.rian.ru/world/20130520/198347400.html  : « Syrie : Londres dit avoir des preuves de l’usage d’armes chimiques par Assad », Londres, 20/05/2013 – RIA Novosti.


17) http://www.liberation.fr/monde/2013/04/27/armes-chimiques-en-syrie-damas-accuse-londres-et-washington-de-mentir_899519 : « Syrie : le régime rejette les accusations sur l’utilisation d’armes chimiques », dépêche AFP, 27/04/2013 – Libération.fr.


18) http://www.liberation.fr/monde/2013/04/29/armes-chimiques-en-syrie-obama-dit-son-inquietude-a-poutine_899918 : « Armes chimiques en Syrie : Obama dit son « inquiétude » à Poutine », dépêche AFP, 29/04/2013 – Libération.fr.

19) C. Ponte est l’ancienne Procureuse générale du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). En 2008, dans ses mémoires, elle a dénoncé le trafic d’organes dont auraient été (principalement) victimes des prisonniers serbes de l’Armée de libération du Kosovo (UCK). En 2010, et en dépit de pressions visant à étouffer « l’affaire », cette hypothèse de Ponte a été confirmée par le rapport Marty, impliquant dans ce « trafic » des dirigeants du Kosovo, dont l’actuel premier ministre, Hashim Thaçi. Sources : http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2011-01-04-Kosovo : : « Trafic d’organes au Kosovo : un rapport accablant », J.A. Dérens, 4/01/2011 – Le Monde diplomatique.


20)http://fr.rian.ru/world/20130506/198233177.html : « Armes chimiques en Syrie : les rebelles dans le collimateur de l’Onu », Genève, 6/05/2013 – RIA Novosti.


21)http://fr.rian.ru/world/20130506/198237683.html  : « Armes chimiques en Syrie : l’ONU ne dispose pas de preuves formelles », Moscou, 6/05/2013 – RIA Novosti.


22) http://fr.rian.ru/world/20130425/198165598.html : « Syrie/armes chimiques : Moscou prie l’Onu de ne pas tergiverser », New York, 25/04/2013 – RIA Novosti.
23) http://www.rfi.fr/print/965255 ?print=now  : « Deux journalistes du « Monde » témoignent de l’utilisation d’armes chimiques en Syrie », 27/05/2013 – RFI.


24) http://fr.rian.ru/world/20130530/198428356.html  : « La coalition de l’opposition veut provoquer une ingérence étrangère », S. Lavrov, Moscou, 30/05/2013 – RIA Novosti.

 

25) http://fr.rian.ru/world/20130602/198452666.html : « Syrie : l’armée saisit un lot de gaz sarin dans la ville de Hama », Moscou, 2/06/2013 – RIA Novosti.


26) http://fr.rian.ru/world/20130605/198474455.html : « Syrie : Paris accuse Damas d’avoir employé des armes chimiques », Moscou, 5/06/2013 – RIA Novosti.

« Il est inacceptable que le scénario libyen soit réédité en Syrie. » Vladimir Poutine 1)
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L’offensive de Fabius pour une intervention militaire en Syrie. Par Silvia Cattori.

13 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

L’offensive de Fabius pour une intervention militaire en Syrie
Silvia Cattori

samedi 8 juin 2013, par Comité Valmy

 

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L’offensive de Fabius pour une intervention militaire en Syrie

Après la publication par Le Monde d’un « reportage » censé apporter la « quasi preuve » que Bachar el-Assad utilise des armes chimiques, et dont tout indique qu’il a été « monté » en collusion avec le gouvernement français (*), l’offensive diplomatique de ce dernier pour tenter à toute force d’obtenir une intervention militaire en Syrie vient de franchir un nouveau pas.

 

 

6 juin 2013

 

« La France a désormais la certitude que le gaz sarin a été utilisé en Syrie à plusieurs reprises et de façon localisée » a déclaré le 4 juin le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius dans un communiqué, en précisant par la suite sur France 2 qu’il ne faisait « aucun doute » que ce gaz avait été utilisé par « le régime et ses complices ». La stratégie du mensonge qui a déjà permis aux puissances de l’OTAN de bombarder la Serbie, l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, va-t-elle cette fois encore permettre de frapper la Syrie ?

 

 

Après avoir qualifié les mercenaires qui depuis deux ans terrorisent et martyrisent le peuple syrien de « résistants, révolutionnaires », après avoir répété « Bachar doit partir », au mépris de la volonté de son peuple qui soutient à 70% son gouvernement [1], après avoir appelé l’Union européenne à armer ces mercenaires, Laurent Fabius prétend maintenant détenir des analyses de laboratoire « prouvant l’usage de gaz sarin » par l’armée regulière syrienne.

 

 

Quelle crédibilité peut-on accorder aux « preuves » que Laurent Fabius tient de deux journalistes revenus de Syrie avec des échantillons dont la « provenance » ne peut pas être établie avec certitude, et dont les analyses ont été confiées au « centre de recherche du Bouchet, qui dépend de la Délégation générale de l’armement (DGA) » [2] ?

 

 

L’ « enquête » réalisée en Syrie par Le Monde, cela saute aux yeux, est un coup monté de toute pièce. Un coup qui a impliqué des agents secrets français. Les fameuses fioles remises par la France à l’ONU constituent un enjeu capital pour la France dont la lamentable diplomatie a reçu gifle après gifle. N’importe quel État ou groupe peut en fabriquer, comme cela s’est déjà vu avec l’Irak quand Powell a brandi une fiole à l’ONU en 2003 pour justifier la guerre qui devait renverser Saddam Hussein, présenté lui aussi sous les traits du Grand Satan.

 

Pourquoi M. Fabius et les journalistes du Monde n’ont-ils fait aucun tapage médiatique quand, le 29 mai, la police turque avait découvert quatre kilos de gaz sarin à Adana, en Turquie, en possession de membres du front Al Nosra qui auraient avoué vouloir acheminer ce gaz sarin vers les zones de combat en Syrie ? [3]

 

 

Pourquoi quand le 2 mai l’armée régulière syrienne a saisi deux kilo de gaz sarin dans la ville de Hama, lors d’une opération contre les « combattants armés » [4], cela n’a-t-il pas non plus été rapporté par Le Monde ?

 

 

Les États-Unis ont réagi avec une grande prudence aux « révélations » de M. Fabius : « Nous devons augmenter le faisceau des preuves en notre possession (...) avant de prendre une décision (…) Il nous faut enquêter davantage », a déclaré le porte-parole de Barack Obama.

 

 

Même prudence du côté de l’ONU qui par le passé avait couvert les mensonges et les abus des puissances qui ont conduit l’Irak et la Libye à leur perte : « Il n’est pas sûr que ces renseignements soient valides, en l’absence d’indications suffisantes sur la traçabilité des données recueillies » a prévenu Ake Sellström, chef de la mission d’enquête chargée par Ban Ki-Moon de vérifier les accusations d’emploi d’armes chimiques en Syrie. [5]

 

 

Combien de temps M. Fabius va-t-il encore pouvoir répéter sa « certitude » que Bachar el-Assad « a utilisé du gaz sarin » ? Combien de temps les médias français comme Le Monde et Libération vont-ils pouvoir continuer de mentir avec lui ?

 

 

Combien de temps faudra-t-il à l’opinion publique pour comprendre que les objectifs de leur gouvernement -la France et la Grande Bretagne en tête- sont criminels et que les reporters de guerre, envoyés spéciaux, correspondants -de France télévision, Radio France, Arte, France 25 notamment- qui couvrent leur crimes sont généralement liés aux renseignements militaire et font partie d’un tout, de la machine de guerre ?

 

 

Silvia Cattori

 

(*) Voir : « L’enquête sur les armes chimiques par deux reporters du Monde en Syrie : Une nouvelle manipulation », par Silvia Cattori, 31 mai 2013.
http://www.silviacattori.net/article4498.html

 

Voir également : « Le Monde fait de la propagande pro-guerre sur les armes chimiques en Syrie », par Anthony Torres et Alexandre Lantier, 5 juin 2013.
http://wsws.org/fr/articles/2013/jui2013/mond-j05.shtml

 


[1] Voir : « OTAN : 70% des Syriens soutiennent Assad », 2 juin 2013.
http://www.silviacattori.net/article4508.html Et, selon un rapport de l’agence centrale du renseignement américain (CIA) « un ensemble de rapports et de sondages collectés au sujet des élections présidentielles de 2014 vient le confirmer : si Bachar al-Assad est à nouveau candidat, il l’emportera avec 75% des voix ».

 

[2] Voir : « Syrie : comment les échantillons de gaz sarin ont été rapportés », par Jean-Philippe Rémy, Le Monde, 5 juin 2013.
http://www.lemonde.fr/international/article/2013/06/05/la-france-confirme-deux-cas-d-utilisation-de-gaz-sarin-en-syrie_3424378_3210.html

 

[3] Voir : http://www.silviacattori.net/article4495.html

 

[4] Voir : http://www.silviacattori.net/article4511.html

 

[5] Voir : « Prudence à l’ONU après les annonces sur le gaz sarin en Syrie », Reuters, 6 juin 2013.
http://fr.news.yahoo.com/prudence-%C3%A0-lonu-apr%C3%A8s-les-annonces-sur-le-084446304.html

 

Mise en ligne CV/ 7 juin 2013

 

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article3573

la stratégie du mensonge...
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