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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la syrie - la libye - l'iran - tag

Réfugiés syriens : la Bulgarie bien seule face à l’UE. Le site "Le courrier des Balkans".

24 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 

Novinite

Réfugiés syriens : la Bulgarie bien seule face à l’UE

Traduit par Jaklina Naumovski
 
Sur la Toile :

Publié dans la presse : 17 octobre 2013
Mise en ligne : mardi 22 octobre 2013
Face à l’afflux de réfugiés syriens en Bulgarie, le ministre de l’Intérieur Tsvetlin Yovchev a appelé à l’aide ses homologues de l’Union européenne. Il s’est heurté à un mur d’indifférence. Seules l’Autriche, la Grande-Bretagne et la République tchèque ont exprimé leur volonté de fournir une assistance immédiate à la Bulgarie.
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Demandeurs d’asile syriens à Elhovo
(©HCR/D.Kashavelov)

Seuls les ministres de l’Intérieur de l’Autriche, de la Grande-Bretagne et de la République tchèque ont répondu à la lettre envoyée à tous les ministres de l’Intérieur de l’Union européenne par leur homologue bulgare, Tsvetlin Yovchev, a rapporté ce dernier lors du Forum de Salzbourg qui se tenait à Bucarest la semaine dernière.


Retrouvez notre dossier :
Les Balkans et la guerre en Syrie


Tsvetlin Yovchev a appelé à la création d’un système européen commun de règles et de procédures d’octroi d’asile, de traitement des documents et d’accueil des demandeurs d’asile.

Il a également fait part d’une idée personnelle : la mise en place de frontières « intelligentes » : un système de gestion commun d’informations partagé par tous les pays européens.

La Bulgarie a la capacité d’accueillir environ 5.000 demandeurs d’asile. Or, depuis le début 2013, ils sont plus de 6.500 et, selon les autorités locales, ils seront plus de 11.000 à la fin de l’année.

Les centres d’hébergement, qui dépendent du ministère de l’Intérieur et de l’Agence nationale pour les réfugiés, ont une capacité de 3.740 lits.

De son côté, l’Agence travaille à l’allégement des lourdeurs administratives et s’efforce de raccourcir la procédure d’octroi du statut d’asile.

La sécurité aux frontières a été renforcée. Du personnel administratif a été envoyé en renfort pour traiter la masse toujours croissante de documents.

La Bulgarie est la porte d’entrée de l’UE pour les réfugiés fuyant la Syrie via la Turquie. Elle a demandé l’aide de l’UE afin de faire face à l’afflux de réfugiés qui arrivent de manière continue.

http://balkans.courriers.info/article23446.html

 

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Libye : de Kadhafi à Al-Qaïda. En remerciant la CIA…Le site Investig'Action

23 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 

 

l
Marc Vandepitte

 

21 octobre 2013

Article en PDF : Enregistrer au format PDF
 

Les États-Unis sont-ils sérieusement en guerre contre le terrorisme en Afrique ou le suscitent-ils au contraire pour servir leurs intérêts ? Enquête de Marc Vandepitte.

 

 

État défaillant

Le 11 octobre, le Premier ministre libyen a été brutalement enlevé avant d’être libéré quelques heures plus tard. Ce kidnapping est symptomatique de la situation dans le pays. Le 12 octobre, une voiture piégée a explosé près des ambassades de Suède et de Finlande. Une semaine auparavant, l’ambassade russe fut évacuée après avoir été envahie par des hommes armés. Il y a un an, la même chose s’était produite à l’ambassade américaine. L’ambassadeur et trois collaborateurs y avaient trouvé la mort. D’autres ambassades avaient été par le passé également prises pour cibles.

L’intervention occidentale en Libye, comme en Irak et en Afghanistan, a instauré un État défaillant. Depuis l’éviction et le meurtre de Kadhafi, la situation sécuritaire du pays est hors de contrôle. Attentats sur politiciens, activistes, juges et services de sécurité sont monnaie courante. Le gouvernement central exerce à peine le contrôle sur le pays. Des milices rivales imposent leur loi. En février, le gouvernement de transition a été forcé de se réunir sous des tentes après avoir été expulsés du parlement par des rebelles en colère. Le bateau qui a coulé près de Lampedusa, noyant 300 réfugiés, provenait de Libye. Etc.

La Libye détient les plus importantes réserves de pétrole d’Afrique. Mais suite au chaos qui règne dans le pays, l’extraction du pétrole est quasiment à l’arrêt. Désormais, le pays doit importer du pétrole pour assurer ses besoins en électricité. Début septembre, l’approvisionnement en eau vers Tripoli a été saboté, menaçant la capitale de pénurie.

Bases pour terroristes islamistes

Mais le plus inquiétant est la jihadisation du pays. Les islamistes contrôlent des territoires entiers et placent des hommes armés aux checkpoints des villes de Benghazi et Derna. Le personnage de Belhadj en est une parfaite illustration. Cet ancien (pour ainsi dire) membre éminent d’Al-Qaïda était impliqué dans les attentats de Madrid en 2004. Après la chute de Kadhafi, il devint gouverneur de Tripoli et envoya des centaines de jihadistes libyens en Syrie pour combattre Assad. Il travaille désormais à l’instauration d’un parti conservateur islamiste.

L’influence de la jihadisation s’étend bien au-delà des frontières du pays. Le Ministre tunisien de l’Intérieur décrita Libye comme « un refuge pour les membres nord-africains d’Al-Qaïda. » Suite à l’effondrement du pouvoir central libyen, des armes lourdes sont tombées dans les mains de toutes sortes de milices. L’une d’entre elles, le Libyan Islamic Fighting Group (LIFG), dont Belhadj était le dirigeant, a conclu une alliance avec les rebelles islamistes du Mali. Ces derniers sont parvenus, avec les Touaregs, à s’emparer du Nord du Mali pendant quelques mois. La prise d’otage de grande ampleur sur un site gazier algérien en janvier a été réalisée au départ de la Libye. Aujourd’hui, la rébellion syrienne est contrôlée depuis la Libye et la tâche d’huile jiadhiste s’étend vers le Niger et la Mauritanie.

 

En remerciant la CIA

À première vue, les États-Unis et l’Occident semblent se faire du souci à propos de cette recrudescence d’activité jihadiste en Afrique du Nord. Ajoutons-y aussi le Nigéria, la Somalie et plus récemment, le Kenya. Mais à y regarder de plus près, la situation est plus compliquée. La chute de Kadhafi fut rendue possible par une alliance entre d’une part des forces spéciales françaises, britanniques, jordaniennes et qataries, et d’autre part des groupes rebelles libyens. Le plus important de ceux-ci était bel et bien le Libyan Islamic Fighting Group (LIFG), qui figurait sur la liste des organisations terroristes interdites. Son leader, le susmentionné Belhadj, avait deux à trois milles hommes sous ses ordres. Sa milice eut droit à des entraînements américains juste avant que ne commence la rébellion en Libye.

Les États-Unis n’en sont pas à leur coup d’essai en la matière. Dans les années 80, ils s’occupèrent de la formation et de l’encadrement des combattants islamistes extrémistes en Afghanistan. Dans les années 90 ils remirent le couvert en Bosnie et dix ans plus tard au Kosovo. Il n’est pas à exclure que les services de renseignements occidentaux soient directement ou indirectement impliqués dans les activités terroristes des Tchétchènes en Russie et des Ouïgours en Chine.

Les États-Unis et le France ont feint la surprise lorsque les Touaregs et les islamistes ont occupé le Nord du Mali. Mais ce n’était qu’une façade. L’on peut même se demander s’ils ne l’ont pas provoquée, comme ce fut le cas en 1990 avec l’Irak vis-à-vis du Koweït. Vu l’activité d’Al-Qaïda dans la région, n’importe quel spécialiste en géostratégie savait que l’élimination de Kadhafi provoquerait une recrudescence de la menace terroriste au Maghreb et au Sahel. Comme la chute de Kadhafi a été provoquée en grande partie par les milices jihadistes, que les États-Unis ont formées et encadrées, l’on peut commencer à se poser de sérieuses questions. Pour plus de détails à ce propos je vous renvoie vers un article précédent.

Agenda géopolitique

Quoi qu’il en soit, la menace terroriste islamiste dans la région et ailleurs sur le continent arrange bien les États-Unis. Cela constitue l’excuse parfaite pour être présent militairement et intervenir sur le continent africain. Il n’a pas échappé à Washington que la Chine et d’autres pays émergents sont de plus en plus actifs sur le continent et constituent de ce fait une menace envers leur hégémonie. La Chine est aujourd’hui le plus important partenaire commercial de l’Afrique. D’après le Financial Times, « la militarisation de la politique américaine après le 11 septembre est controversée depuis longtemps puisque elle est considérée dans la région comme une tentative des États-Unis de renforcer leur contrôle sur les matières premières et de contrecarrer le rôle commercial exponentiel de la Chine. »

En novembre 2006, la Chine a organisé un sommet extraordinaire sur la coopération économique où étaient présents au moins 45 chefs d’État africains. Précisément un mois plus tard, Bush approuvait la mise sur pied d’Africom. Africom est le contingent militaire américain (avions, navires, troupes, etc.) consacré au continent africain. Nous l’avons vu à l’œuvre pour la première fois en Libye et au Mali. Africom est désormais en activité dans 49 des 54 pays africains et les États-Unis ont dans au moins dix pays des bases ou installations militaires permanentes. La militarisation des États-Unis sur le continent ne fait que s’étendre. Ci-dessous vous trouverez une carte de leur présence sur le continent ces deux dernières années. Elle est assez éloquente.

CARTE

Sur le terrain économique, les pays du Nord perdent du terrain face aux pays émergents du Sud, et c’est certainement aussi le cas en Afrique, un continent riche en matières premières. Il semble de plus en plus évident que les pays du Nord combattront ce rééquilibrage par des moyens militaires. Ça promet pour le continent noir.

 

Source : Investig'Action

Traduit du néerlandais par Thomas Halter pour Investig'Action

 

http://www.michelcollon.info/Libye-de-Kadhafi-a-Al-Qaida-En.html

 

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Géopolitique de la crise égyptienne par Nazanin Armanian.

20 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Dimanche 20 octobre 2013          

INVESTIG'ACTION  


17 octobre 2013


Lorsque le 4 août John Kerry proposa Robert Ford en tant que nouvel ambassadeur des Etats-Unis en Egypte, les réseaux sociaux arabes furent inondés par le hashtag : « NoToRobertFord », en anglais et en arabe.

Pour avoir créé avec John Negroponte les Escadrons de la mort irakiens en 2004, on lui attribua comme surnom le plus gentil :« macabre », « Shayatin » (démon) ou « le nouveau sponsor du terrorisme ».

Après avoir réduit le pays en un tas de décombres, il partit en Syrie pour reproduire la même chose : en janvier 2011, juste au moment où il prit ses fonctions, débutèrent les attentats et les protestations violentes contre le gouvernement d’Assad. Les Egyptiens craignent que les Etats-Unis veuillent appliquer la même recette : l’usage de la terreur en se cachant sous de faux drapeaux afin de provoquer une guerre civile.

 

 

 

Ford a remplacé Anne Paterson, le bouc émissaire des Egyptiens anti-Frères Musulmans, en raison de son soutien aux islamistes. C’est ainsi que la « stratégie des ciseaux » (« Scissors Strategy  ») de Barack Obama a été mise en échec, tout comme la machinerie bien huilée de la cohabitation entre les Frères et l’armée. Depuis la chute de Moubarak, certains demandaient que le pouvoir soit remis à l’armée en écartant les Frères Musulmans.

Cette option l’a emporté. Le sénateur McCain s’est rendu au Caire à deux reprises – avant et après le coup d’Etat -, afin de rencontrer les généraux, tandis que le président Obama a envoyé le vice-secrétaire d’Etat, William Burns, qui rendit visite aux dirigeants emprisonnés de la Confrérie. Washington ne fait pas confiance à l’armée, bien que sa direction demeure sous le contrôle du Pentagone.

Car une bonne partie du million et trois-cents mille dollars qu’il destine à l’armée vont dans les poches des usines d’armement des États-Unis. Un montant ridicule face aux 12 milliards de dollars que l’armée recevra de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes pour sa lutte contre les Frères. Maintenir les militaires dans une guerre (civile ou contre un quelconque pays), les empêchera de devenir autonomes.

 

Les gagnants et les perdants

 
Les wahhabites extrémistes d’Arabie Saoudite, ennemis des Frères, sont en train de se renforcer au pays des pyramides, et lorsqu’ils réussiront à faire rentrer l’Egypte dans le bloc formé par l’Arabie Saoudite, les Emirats, le Koweït, la Jordanie et le Maroc, ils changeront l’équilibre des forces sur le terrain entre la Méditerranée orientale et le Golfe Persique, pour encercler l’Iran.
 

En revanche, la Turquie reçoit un coup très dur avec la chute de Mohamed Morsi. Le rêve du frère Tayyip Erdogan, consistant à exporter le modèle turc de l’islamisme, était déjà devenu un cauchemar en Syrie, où Assad est resté au pouvoir deux années et demi depuis le début de cette guerre imposée par les cheikhs arabes, les Turcs, Israël et l’Otan. Ankara doit reporter la conquête des marchés des territoires de l’Empire ottoman, et surveiller ces nains qui sont en train de grandir dans la Place Taksim d’Istanbul, ainsi que les Kurdes, qui ne sont pas convaincus de ses intentions pacifiques. Mais Erdogan ne subira pas le même sort que Morsi : il vient d’envoyer en prison des dizaines de militaires putschistes. Maintenant, sa principale préoccupation est de sauver les deux milliards de dollars que quelque 250 entreprises turques ont investis en Egypte. 


L’Iran, pour sa part, se réjouit de l’affaiblissement des Turcs depuis son observatoire syrien, « sa profondeur stratégique » ou bastion de la République islamique face à Israël. Même si aujourd’hui, l’Iran n’a pas de relations diplomatiques avec le Caire, le pays des Pharaons fut, au Vème siècle avant Jésus-Christ, une partie de l’Empire de Darius Ier.

Plus tard, en 1939, sa princesse Fawzia Fouad devenait la reine de l’Iran en tant que première épouse du Shah. Malgré leurs liens historiques, les Etats-Unis ont chargé le principal pays arabe sunnite d’endiguer les ambitions des chiites iraniens. 

Téhéran craint aujourd’hui que cette formule – transformer les protestations pacifiques en guerre civile - puisse être utilisée par Israël et les Etats-Unis pour déstabiliser son gouvernement. Après tout, cela s’avère moins coûteux qu’une attaque militaire.


Israël est le grand bénéficiaire de l’effondrement des pays arabes, y compris de l’Egypte. Tel-Aviv 
craignait que des Frères Musulmans égyptiens forts et au pouvoir puissent briser l’accord de Camp David sous la pression de leurs bases sociales. Par ailleurs, le Hamas est perçu en ce moment comme plus faible. Avant la chute de ses frères africains, il avait déjà perdu le soutien de l’Iran, de la Syrie et du Hezbollah, pour avoir soutenu les rebelles de Syrie.

Et pour couronner le tout, le nouvel émir du Qatar, Tamim Al Thani, s’est démarqué des Frères et il est peu probable qu’il continue à financer l’organisation islamiste palestinienne. 


Remontons au Plan « Oded Yinon », ce journaliste qui, dans les années 80, proposait de diviser les voisins d’Israël et de les affaiblir en les transformant en mini-Etats contrôlables et satellites, tout cela afin de renforcer le Grand Israël. 

Eh bien, ce plan devient une réalité : le Liban, l’Irak, le Soudan, la Syrie et maintenant l’Egypte se morcellent. Wesley Clark, l’ex-commandant de l’OTAN, avait mentionné un rapport élaboré en 2000 par Benjamin Netanyahu et Richard Perle - sous-secrétaire à la Défense des États-Unis, qui avait pour titre « Clean Break » (coupure propre/nette) dans lequel se trouve la planification du morcellement de « sept pays en cinq années » : l’Irak, la Syrie, le Liban, la Libye, la Somalie, le Soudan et l’Iran. Pour l’instant, à ce qu’il semble, l’Egypte a remplacé l’Iran.

De façon discrète, Israël transforme son entourage stratégique, en élargissant son contrôle depuis l’Euphrate jusqu’au Nil et, au passage, il entraîne les Etats-Unis dans une perte d’influence sur cette zone de la planète, où la Chine et la Russie deviennent de plus en plus fortes. 

La Russie, qui, pas plus que Washington, n’a condamné le coup d’Etat en Egypte puisqu'il rejette les groupes islamistes, a bénéficié de la hausse du prix du pétrole. Celui-ci a grimpé jusqu’à 102,18 dollars le baril en raison des émeutes dans le pays africain et de la « menace » sur l’acheminement des quatre millions de barils qui traversent le Canal de Suez tous les jours.

Et Poutine profite de l’occasion pour se présenter en médiateur du conflit égyptien et relancer les liens que Moscou entretenait avec l’armée de ce pays à l’époque de Gamal Abdel Nasser. Et cela lui permet de récupérer son influence dans le Nord de l’Afrique. Quarante ans se sont écoulés depuis l’expulsion de plusieurs milliers de Soviétiques à l’initiative d’Anouar el-Sadate. Ce fut le début du tournant de la Guerre Froide en faveur des Etats-Unis, qui rétablirent leur contrôle sur le Canal de Suez, enjeu essentiel pour l’hégémonie mondiale de la superpuissance.

Aujourd’hui, la Russie a, à travers Lukoil et Avatec, d’importants investissements dans les champs de pétrole et de gaz égyptiens.

La visite de la Chine, un péché mortel

La visite de Morsi en Chine en août 2012 fut interprétée comme un possible tournant dans la politique extérieure de l’Egypte : réduire sa dépendance à l’égard des États-Unis. L’Egypte, qui fut le premier pays arabo - africain à reconnaître la République Populaire de Chine en 1956, reçut une proposition d’aide, d’investissements pour reconstruire son économie, en créant des emplois et en envoyant des milliers de Chinois pour visiter les pyramides.


Face à l’aide plutôt humiliante des États-Unis qui, en échange, interdisent de soutenir la cause palestinienne, collaborer avec la Chine semblait plus digne.  Pour sa part, Pékin a besoin du Canal de Suez afin de pénétrer dans la Méditerranée et éviter ainsi de devoir contourner toute l’Afrique.


Les États-Unis, qui se battent avec la Chine pour les ressources naturelles du continent noir, n’ont pas apprécié l’entrée de cette puissance en Egypte. Ce pays est membre du Commandement Central (US.CENTCOM) qui surveille les intérêts des États-Unis depuis l’Asie Centrale, le Golfe Persique et jusqu’au Nord de l’Afrique. Washington ne permettra pas une Egypte indépendante, et encore moins qu’elle s'allie à la Chine.



***
P.-S.


Certains lecteurs ont exprimé des critiques à mon égard, pour avoir « fait des étrangers les 
responsables » de la situation actuelle en Egypte. Afin d’éclaircir les choses, je tiens à préciser les points suivants :


 1. Même si cet article s’est centré sur les ingérences étrangères dans un pays aussi stratégique que l’Egypte, et sur l’impact de la crise dans la région, sans doute la responsabilité de la situation tragique actuelle repose sur les forces politiques de ce pays, y compris les islamistes et les militaires, comme je l’ai signalé à plusieurs reprises depuis le début de leur « printemps » en 2011, dans différents articles publiés dans le journal Publico.es.


 2. La publication de l’article coïncidait avec l’anniversaire du coup militaire qui eut lieu en Iran en 1953 et qui renversa le docteur Mossadegh pour avoir nationalisé l’industrie du pétrole.
Pour la première fois dans son histoire, la CIA a reconnu sa participation dans cet événement qui changea le cours de l’histoire en Iran, qui permit la dictature du Shah, consolida la mainmise des Etats-Unis sur le pays, plaça hors-la-loi tous les partis politiques et coûta la vie de dizaines de milliers de personnes, en grande majorité des communistes, des socialistes, des syndicalistes, etc…
(Davantage d’informations dans mon livre « Iran : la révolution constante », Flor del viento, 2011). 

 Vous pouvez lire l'information dans El País ("La CIA reconoce su implicación en el golpe de Estado de Irán de 1953 ; La agencia hace público material que revela que ayudó a la planificación y ejecución del derrocamiento del primer ministro Mossadeq").

 

Combien d’années attendront les États-Unis pour reconnaître leur participation dans le chaos actuel dont l’Egypte, la Syrie, la Libye, l’Irak, l’Afghanistan…paient le prix ? 

 

La lutte permanente entre les grandes puissances pour le partage des zones d’influence et des ressources naturelles est une réalité qui saute aux yeux. L'ignorer reviendrait à contempler les arbres au lieu de la forêt.

Le Shah et Soraya retournent au pays après le coup de la CIA.

    

...et des milliers de démocrates et progressistes ont été exécutés. 

 

 

Traduction  : Collectif Investig'Action

Photo : Investig'Action

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-geopolitique-de-la-crise-egyptienne-120654225.html

 

 

 

 


Source : Publico.es 

Nazanin Armanian

 

 

 

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Libye : « Le pays n'existe plus, il s'est désormais somalisé ».

16 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Libye : « Le pays n'existe plus, il s'est désormais somalisé »

 

Plus du tout de nouvelles dans nos médias des enlèvements successifs en Libye du chef de milice Al-Liby ni même du premier ministre, Ali Zeidan ; le second a été « rendu », pas le premier, enlevé selon les modalités classiques des extraordinary renditions de la Cia.

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Libye : « Le pays n’existe plus, il s’est désormais somalisé »

Entretien avec le professeur Angelo Del Boca, historien du colonialisme italien et spécialiste de la Libye

 

Tommaso Di Francesco, 11 octobre 2013.

 

Comment jugez-vous la séquestration par les milices armées du premier ministre libyen Ali Zeidan, ensuite libéré ?

A. Del Boca : C’est un affrontement de pouvoirs. Cela fait partie du chaos dans lequel la Libye est tombée après la guerre de l’OTAN qui a déposé Khadafi, de façon sanglante. Je ne suis pas du tout surpris par cette séquestration.  L’an dernier, quand Anwar Fekini, figure importante de l’opposition en exil (et petit-fils de Mohammed Fekini protagoniste de la révolte contre l’occupation italienne du début du 20ème siècle) devait devenir premier ministre, j’ai essayé de l’en dissuader. Il était réticent à mes suggestions mais il m’a récemment remercié en me disant : « Tu m’as sauvé la vie ».

 

Qu’est-il arrivé en Libye depuis le meurtre de Khadafi en octobre 2011 ?

A. Del Boca : Il y a eu une prolifération des milices armées. D’après des estimations des services de renseignements étasuniens elles sont plus de 500 et effroyables.  La Maison Blanche elle-même, qui avait fourni son aviation à ces insurgés, en a fait la douloureuse expérience le 11 septembre 2012, quand les djihadistes ont attaqué le consulat étasunien à Bengazi et assassiné leur ambassadeur Chris Stevens et trois autres fonctionnaires étasuniens. Dans les milices le poids des djihadistes est très fort. Ainsi, après la capture ces jours-ci par des forces spéciales étasuniennes du présumé dirigeant d’Al Qaeda, Abu Anas-Al Liby, très en vue dans le soulèvement libyen, la « riposte » des milices les plus islamistes a éclaté. Qui envoie dire à Washington : vous avez fait une arrestation arbitraire, contre notre souveraineté.  La veille Ali Zeidan avait démenti toute aval de Tripoli à l’opération.  Mais le secrétaire d’Etat Kerry l’a démenti quelques heures après, en révélant que le gouvernement libyen avait donné son consentement.  Je tiens à rappeler un élément qui peut faire comprendre la collusion entre les milices et le gouvernement en Libye. Ali Zeidan est, étrangement, un homme très riche et il y a un mois seulement il a offert un milliard de dollars aux milices de Misrata, qui sont considérées comme les plus fortes et les plus radicales.

 

Peut-on dire que la crise en cours en Libye est, en quelque sorte, aussi une crise italienne, en ceci qu’elle met aussi en cause nos responsabilités politiques ?

A. Del Boca : Certainement. Je m’explique. Ces jours-ci j’ai essayé à plusieurs reprises de me mettre en contact avec le président Letta pour le conseiller. Parce que Letta a commis une erreur très grave : il a offert la disponibilité de l’Italie au président étasunien Obama qui lui a demandé, du fait de notre proximité et de notre histoire,  de s’engager plus encore dans la crise libyenne. Comment ? En remettant sur pied l’armée et la police en Libye, en reconstituant les institutions et, surtout,  « en désarmant les milices ». Mais accepter cette « désarmante » et déconcertante requête voudrait dire se préparer de fait à la troisième invasion italienne de la Libye. Car, toujours selon les services étasuniens, les plus de 500 milices correspondent à environ 30mille hommes armés jusqu’aux dents, avec des cannons et des blindés. Une véritable armée aguerrie. Avec un trafic d’armes incessant et massif vers la déstabilisation d’aires décisives comme Syrie, Sinaï (Egypte), nord du Mali, Tunisie et Algérie.  Mais, comme si ça n’était pas suffisant, il y a aussi deux autres questions, plus graves encore, qui mettent en ce moment en cause l’Italie. En premier lieu, le fait que les Etats-Unis, face à la situation libyenne, ont décidé d’envoyer des forces spéciales –dès à présent plus de 200 marines- dans la base (étasunienne) de Sigonella (Sicile). Pourquoi le gouvernement Letta-Alfano est-il silencieux à ce sujet ? Il devrait au contraire prendre position, parce que l’intention étasunienne équivaut de fait à l’ouverture d’un front en Libye de guerre « couverte ». On doit tout ça aux pays de l’Otan et aux Etats-Unis qui avec la guerre de 2011 ont transformé la Libye en une nouvelle Somalie de 1993-94, quand celle-ci fut abandonnée par les troupes étasuniennes et italiennes, après l’aventure guerrière qu’ils avaient vendue comme « humanitaire ». En somme, la Libye que nous avons connue n’existe plus, elle s’est « somalisée » et avec des circonstances aggravantes pour nous parce que c’est une « somalie » qui est en face de nos rives méditerranéennes. Et le président Letta veut y retourner « pour désarmer »…

 

Et il y a aussi le massacre de Lampedusa…

A. Del Boca : Oui, parce qu’il y a l’autre épisode dramatique des migrants en fuite de la grande Afrique de l’intérieur, fuite de la misère, de la faim, des guerres activées pour des intérêts occidentaux sur de gigantesques richesses minières et sources d’énergie.  Il y a deux jours, justement, en pleine syntonie criminelle avec le massacre de Lampedusa, et avec l’aval du gouvernement italien, l’état-major de la Guardia di Finanza (douanes italiennes) et des Gardes côtes nationales a signé « un accord avec les autorités libyennes » -lesquelles ?- pour patrouiller conjointement les ports libyens. On peut se demander : avec quelles milices, avec quels leaders djihadistes avons-nous signé ce pacte incroyable, à qui avons-nous promis de l’argent italien pour arrêter militairement les désespérés qui fuient sur des embarcations dans la Méditerranée ?

 

Edition de vendredi 11 octobre 2013 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/attualita/notizie/mricN/9985/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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Libye : un État en voie de disparition par Guadi Calvo. le blog de Silvia Cattori.

15 Octobre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Par Guadi Calvo
Libye : un État en voie de disparition
 
Depuis le martyre du Colonel Kadhafi en 2011, la Libye, pays autrefois le plus développé et au niveau de vie le plus élevé du continent africain, frise dangereusement l’état de faillite, titre qu’elle dispute à la Somalie et duquel se rapprochent à la vitesse grand V l’Afghanistan et l’Irak, des nations victimes de la « croisade démocratique » menée par les États-Unis, l’Union européenne, Israël, la Turquie et les monarchies pétrolières du Golfe. La résistance décidée du peuple syrien et de son gouvernement ont pu éviter à la Syrie de s’inscrire elle aussi dans cette triste liste.
12 octobre 2013

 

L’ex-puissance libyenne n’a plus été depuis lors dirigée par un gouvernement autoritaire. En réalité, on ne sait pas bien qui gouverne le pays et il ne fait nul doute que n’importe quel dirigeant de compagnie pétrolière – ceux-ci ont rapidement pris le soin de sceller leurs contrats pour arroser les économies européennes de pétrole libyen – a davantage de pouvoir qu’Ali Zeidan, un avocat qui fait office de Premier ministre. Ce dernier a osé déclarer que celui qui faisait preuve de faiblesse n’était pas lui, sinon l’État libyen lui-même.

 

Le 11 septembre 2012, jour où un commando rebelle au pouvoir central d’Al-Qaida, les Brigades du prisonnier Omar Abdel Rahmane – cheikh et idéologue salafiste condamné à perpétuité aux États-Unis pour un attentat contre les tours jumelles en 1993 – a attaqué le consulat des États-Unis à Benghazi et tué son ambassadeur Christopher Stevens ainsi que trois autres fonctionnaires américains, Washington n’a demandé aucun compte au gouvernement libyen et personne ne s’est interrogé sur le cas de la Libye. Aux États-Unis, l’incident fut l’objet de discussions en interne et d’accusations croisées de faiblesse, d’erreurs de commandement et de contrôle entre différents services, comme s’il s’était agit d’un crime commis sur la 5e Avenue. On soupçonne toutefois Ahmed Abou Khattala, leader de la milice d’Al-Qaida Ansar al-Charia, qui n’a pourtant pas été dérangé.

 

En réalité, si la Libye existe aujourd’hui, c’est grâce à son pétrole. Dans le cas contraire, elle serait devenue une région sauvage et abandonnée de l’Occident, comme la Somalie.

 

Les informations se succèdent, comme dans un cauchemar récurrent : voitures piégées, milices d’Al-Qaida régnant sur plusieurs secteurs de la ville – qui, à l’instar des maras d’Amérique centrale, se disputent les territoires de contrebande et de trafic de drogue, avec les mêmes armes que leur a fourni l’Union européenne pour lutter contre le « Régime » et pour la démocratie -, sanctuaires islamistes, terre promise pour les Frères musulmans, trafics d’armes et de drogue, paralysie de la production de pétrole, sans parler du chômage, de l’inflation et des droits de l’homme.

 

Sans lois, sans élections à l’horizon, un gouvernement qui, logiquement, s’agrippe de toutes ses forces à la politique de Washington – comment pourrait-il survivre sinon ? -, la Libye navigue dans le néant, balançant entre la fragmentation absolue et la possibilité de devenir un État satellite de l’Occident disposé à se laisser exploiter jusqu’à l’épuisement, pour ne pas tomber aux mains des salafistes, qui attendent leur tour.

 

De la guerre de libération à la guerre de dissolution

 

Après la guerre de libération dirigée contre le tyran Kadhafi – qui, en 42 ans, avait élevé le pays à un état de bien-être jamais rêvé par aucun pays de la région – la Libye est confrontée aux guerres de dissolution. Entre juin et juillet de cette année, des dizaines de libyens ont trouvé la mort dans des affrontements entre bandes armées de Benghazi (Cyrénaïque) et de Tripoli (Tripolitaine). Les deux villes entretiennent une rivalité enracinée dans l’Histoire. Vendredi 26 juillet, à Benghazi, Abdel Salam Al-Mismari, un des principaux leaders de la rébellion de 2011, est exécuté à la sortie d’une mosquée. Al-Mismari était alors en conflit avec le parti pour la Justice et la Construction, figure de proue des Frères Musulmans. Toujours à Benghazi, plus de mille prisonniers se sont échappés de prison le 27 juillet. Cette évasion a coïncidé avec d’autres tout aussi massives attribuées à Al-Qaida à Bagdad et aux Talibans au Pakistan.

 

La Libye est incapable de contrôler ses rues, ses prisons, sans parler de ses frontières, le long desquelles des hordes de contrebandiers vivent leur âge d’or. Pendant ce temps, les brigades d’Al-Qaida se targuent de l’importance de leur arsenal, et il ne fait pas de doute que de nombreux miliciens vaincus en Syrie aient commencé ces jours-ci à regagner leurs rangs, afin de se rétablir et se mettre à disposition du département d’État pour accomplir les missions qu’il leur a réservées.

 

Revenons à la question de la contrebande : la frontière tunisienne s’est transformée en véritable comptoir de vente où l’on propose tout type de marchandises : pneus, pièces détachées de voitures, tissus, le tout échappant aux impôts, ou tout au plus soumis de temps en temps au versement de pots-de-vin. La survie des populations frontalières ainsi que la paix sociale dépendent de ce commerce illégal. En ce qui concerne le pétrole, la contrebande s’organise à grande échelle ; en Libye, le litre se vend 0,12 $. En Tunisie, c’est huit fois plus. En conséquence, la contrebande est telle que les habitants libyens vivant à la frontière ne trouvent plus d’essence pour leur usage personnel.

 

Le colonel Kadhafi tenait à lui seul le pouvoir de l’ensemble des tribus qui forment en réalité le véritable squelette de la nation libyenne. Aujourd’hui sans figure représentative, ces tribus s’organisent en mini-États, un scénario sur lequel avait parié Washington dès le début du fameux printemps arabe.

 

La Cyrénaïque (zone orientale du pays), grande région productrice de pétrole dont Benghazi est la capitale, fait ses premiers pas vers la déclaration d’une certaine indépendance en accusant le gouvernement central de faiblesse. Aujourd’hui c’est au tour de la région de Fezzan, au Sud-Ouest, qui a décidé de se proclamer province fédérale autonome et de nommer président Nouri Mohammed el-Qouizi, pour les mêmes raisons que la Cyrénaïque. Les chefs tribaux de la région ont annoncé qu’ils désigneraient un chef militaire chargé de protéger les frontières et les ressources naturelles de la nouvelle région autonome, qui s’étend sur 551 170 km2 et dont la population est estimée à 443 000 habitants. Il se peut qu’aujourd’hui la Libye échappe au titre d’État en faillite, car elle est beaucoup plus susceptible d’être un État en voie de disparition.

 

Guadi Calvo


Hamartia, Buenos Aires, le 30 septembre 2013.

 


Guadi Calvo est un écrivain et journaliste. Analyste international spécialiste de l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie centrale. Collabore avec différents médias et radios en Amérique Latine : dirige sur Facebook : « Linea International », « Journal Hamartia », et « Jornada Latinoamericanas », « Revista Archipielago » (Mexique), « Caratula » (Nicaragua), « A Plena Voz » (Venezuela) Radio Madre (530 AM) Radio Grafica (89.3 FM )

Traduit de l’espagnol pour El Correo par Audrey García-Santina (09.10.2013) :
http://www.elcorreo.eu.org/Libye-un-Etat-en-voie-de-disparition

Texte original en espagnol (30.09.2013) :
http://hamartia.com.ar/2013/09/30/libia-rumbo-a-la-extincion/

 

http://www.silviacattori.net/article4956.html

 

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IRAN à l'ONU : Le discours du président Rohani à l’AG de l’Onu (texte intégral) (vidéo).

25 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 

IRAN à l'ONU : Le discours du président Rohani à l’AG de l’Onu (texte intégral) (vidéo)

 

 

mercredi, 25 septembre 2013

 

Le discours du président Rohani à l’AG de l’Onu (texte intégral) (vidéo)  
 

Grâce au nom de Dieu, le Tout-miséricordieux, le Très-miséricordieux

 Louange au Seigneur des deux mondes, paix et bénédictions divines au grand Messager et aux Gens de la demeure

M. le Président, M. le Secrétaire général ! Mesdames et Messieurs !

Au début, je tiens à présenter mes sincères félicitations à l’occasion du choix de Son Excellence à la présidence de l’Assemblée générale de l’Onu et saluer le travail inlassable de M. Ban Ki-moon.

M. le Président ! Notre monde est empli de crainte et d’espoir : crainte de la guerre et des hostilités à l’échelle régionale et internationale ; crainte du clash meurtrier des identités confessionnelle, ethnique et nationale ; crainte de l’institutionnalisation de la violence et de l’extrémisme, crainte de la pauvreté et des discriminations humiliantes, crainte de l’anéantissement des ressources vitales, crainte de la négligence de l’honneur et des droits de l’homme, crainte de l’ignorance de l’éthique.

Oui à la paix, non à la guerre

En revanche, il y a aussi de nouveaux espoirs face à ces craintes : l’espoir en l’accueil favorable des populations et des élites du monde entier à la devise « oui à la paix et non à la guerre » ; l’espoir à la préférence du dialogue à la lutte, de la modération à l’excès.

Un exemple manifeste est le choix perspicace de l’espoir, de la sagesse et de la modération par le grand peuple iranien, lors des récentes élections, qui ont montré, à travers la cristallisation de la démocratie religieuse et la passation du pouvoir exécutif, que l’Iran est le havre de la stabilité au milieu de l’océan troublé de la région.

La foi inébranlable du gouvernement et de notre peuple à la paix durable, à la stabilité, à la paix, au règlement négocié des conflits et l’appui à la vox populi en tant que base de la puissance, la légitimité et la popularité favorisent tous et tout une ambiance si sûre.

M. le Président, Mesdames et Messieurs !

La période hautement névralgique de transition dans les relations internationales est jalonnée à la fois de dangers et d’occasions inédites. Les évaluations erronées de notre propre statu quo et de celui des autres entraîneraient des préjudices historiques de sorte que l’erreur commis par un acteur aurait des impacts négatifs pour tous.

La vulnérabilité s’est transformée en un phénomène global.

En cette traversée ô combien sensible de l’histoire des relations mondiales, l’ère des jeux dont la somme est zéro, est bel et bien révolue ; mais il y a encore de rares protagonistes qui emploient des méthodes et des outils désuètes et profondément inefficaces afin de préserver leur suprématie d’antan.

Le militarisme et le recours aux moyens militaires et violents pour dominer autrui sont des exemples flagrants de l’inefficacité de la pérennité des méthodes et actions surannées dans des conditions modernes.

Généraliser les valeurs occidentales en tant que valeurs mondiales contredit l’honneur humain

Les mesures basées sur la force sur les plans économique et militaire pour assurer et pérenniser l’hégémonie et la suprématie d’antan s’effectuent sur le fond de toute une pléthore de cadres conceptuels dont tous sont aux antipodes de la paix, de la sécurité, de l’honneur de l’homme et des idéaux humains. Parmi ces cadres conceptuels figure notamment l’uniformisation des sociétés et la généralisation des valeurs occidentales en tant que les valeurs universelles.

Un autre cadre est la préservation de la culture de la Guerre froide et le partage du monde en deux camps de « nous les supérieurs » et de « l’autre inférieur ».

Autre cadre conceptuel est de créer une ambiance de phobie envers l’émergence de nouveaux acteurs sur la scène internationale.

Dans un tel contexte, les violences gouvernementales et non-gouvernementales, interconfessionnelles et sectaires voire raciales se sont exacerbées ; il n’y a aucun garant que la période de paix entre les superpuissances ne se laisse attraper par le piège du discours et d’actes violents.

L’impact catastrophique des lectures extrémistes et brutales ne devra pas être minimisé.

Le changement extrarégional des régimes politiques est très dangereux

Ceci dit, la stratégie de violence visant à supprimer les acteurs régionaux de leur champ de manœuvre naturel, les politiques du  contrôle, le changement des régimes politiques depuis de l’au-delà des frontières et des efforts qui se font pour bouleverser les frontières politiques, sont très dangereux et engendrent la tension.

Le discours conventionnel politique international brosse un centre de civilisation avec des franges non-civilisées. Dans une telle image, la proportion de ce foyer de puissances mondiales avec les franges est une proportion autoritaire. La rhétorique centraliste du Nord et de marginaliste du Sud se trouve à l’origine de l’établissement d’une sorte de monologue au niveau des relations internationales.

La démarcation des frontières identitaires erronées et la xénophobie brutale ne sont que le résultat d’un tel discours.

Les discours islamophobe et iranophobie  menacent sérieusement la stabilité mondiale

Les campagnes sans fondement contre la religion, l’islamophobie, le chiismophobie et l’iranophobie ne sont que de sérieuses menaces contre la stabilité mondiale et la sécurité de l’homme.

De tels discours propagandistes ont pris une allure dangereuse en suggérant et avançant des menaces fictives et imaginaires.

Une de ces menaces fictive est la menace illusoire d’Iran. Que de démarches erronées, que de crimes n’ont été accomplies sous prétexte d’une telle menace sans fondement ?

Equiper Saddam Hussein d’armes chimiques et le soutien aux talibans ne sont que des exemples de ces crimes.

Ceux qui menacent l’Iran, sont eux-mêmes une menace à la paix et la sécurité

A l’appui de documents fiables, j’annonce explicitement et catégoriquement que ceux qui menacent l’Iran, sont eux-mêmes une menace à la paix et la sécurité internationales. L’Iran n’est non seulement pas une menace, mais par contre, aussi bien dans l’acte que le verbe, il a toujours été le héraut de la paix équitable et de la sécurité tous azimuts.

Ce qui arrive au peuple opprimé palestinien est une violence structurale

M. le Président, Mesdames, Messieurs !

Rares sont les régions où la violence s’est avérée si destructrice qu’en Asie de l’ouest et en Afrique du nord. L’intervention militaire en Afghanistan, la guerre imposée par Saddam à l’Iran, l’occupation du Koweït, l’action militaire contre l’Irak, la politique violente et répressive à l’encontre du peuple palestinien, la liquidation des figures politiques et les civils en Iran, les attentats à la bombe dans différentes pays de la région dont l’Irak, l’Afghanistan, le Liban sont toutes des exemples de violence durant ces trois décennies dans cette région.

Ce qui arrive au peuple opprimé palestinien n’est que de violence structurale. La terre de Palestine est occupée.

Les droits élémentaires des Palestiniens sont de manière catastrophique bafoués ; ils sont privés du droit de retour à leur maison et  à leur pays natal. Les crimes commis à l’encontre du peuple palestinien est une violence institutionnalisée. L’apartheid s’avère un terme très pâle ou trop faible pour la décrire.

La crise syrienne n’a pas d’issue militaire

La tragédie humanitaire en Syrie est un exemple douloureux de la propagation de violence et d’extrémisme dans notre région.

Depuis le déclenchement de la crise, depuis que des acteurs régionaux en acheminant des équipements et des armes vers la Syrie et en renforçant les groupes extrémistes, cherchent à militariser cette crise, nous n’avons eu de cesse d’insister sur le fait que la crise syrienne n’avait pas d’issue militaire.

On ne peut pas cacher derrière des expressions humaines, les objectifs stratégiques et expansionnistes et la perturbation de l’équilibre régionale.

L’objectif conjoint de la Communauté internationale consiste à mettre rapidement fin au massacre des civils innocents.  

 

L’usage d’armes chimique interdit

La RII condamne dans les termes les plus vifs tout usage d’armes chimique et se réjouit de que la Syrie ait adhéré à la convention sur l’interdiction de l’emploi d’armes chimique . l’Iran croit que l’accès des groupes extrémistes et des terroristes  à ce genre d’armes de destruction massive constitue le plus grand danger auquel risque à avoir faire face la région.

Le recours illégal et inefficace à la menace ou à l’emploie de la force , non plus ne saura apaiser les violences, au contraire ils contribuent à étendre la crise dans toute la région. Le terrorisme et l’assassinat des innocents sont les manifestations les plus extrême de la violence et de l’extrémisme. Le terrorisme est un fléau global, extra frontalier.

 

 L’utilisation des drones contre les civils condamnés

Une autre forme de la violence et de l’extrémisme est celle qui se déroule au nom de la lutte contre le terrorisme. C’est une lutte qui implique les drones  qui tuent les innocents. Il s’agit là aussi d’un acte répréhensible et condamnable. Il convient que je revienne sur le meurtre des savants  atomistes iraniens . Pour avoir commis quel crime ont-ils été assassinés ? et la question qui mériter d’être posée à l’Onu et au Conseil de Sécurité est la suivante : les auteurs de ces assassinats ont –ils été condamnés ?

 

Les sanctions  injustes, manifestation de la violence et du bellicisme

Les sanctions injustes constituent elles-aussi  l’une des  manifestations de la violence et qui sont essentiellement contre la paix et inhumaines. Ces sanctions, au contraire de la propagande qui est celle de leurs auteurs, ne nuisent pas aux gouvernements et à l’élite politique mais à la population civile qui est sacrifié sur l’autel des querelles politiques.

N’oublions  pas ces millions d’irakiens qui ont pâti des sanctions couvertes sous le vernis des arguments légaux invoquées par les institutions internationales, ces irakiens qui sont morts, ou qui vivent toujours en souffrant mille martyrs du fait de ces mêmes sanctions. Ces restrictions sont brutales, violentes, qu’elles soient intelligentes ou non intelligentes , unilatérales ou multilatérales .

 

Les sanctions nuisent à ceux qui les décident

Les sanctions violent les droits de l’homme, le droit à la paix, le droit au développement, le droit à  l’hygiène , à l’éducation et tout bonnement le droit à la vie. Les sanctions  n’aboutissent à rien d’autre qu’à la guerre, à la destruction des hommes , quelle que soit le jeu de mot, le verbiage qui visent à les justifier. Les flammes qu’allument les sanctions ne consument pas seulement les victimes mais aussi  ceux qui  les décident et les imposent .

 

M . le Président, Mesdames et Messieurs

La violence et l’extrémisme ont contaminé non seulement les aspects de la vie matérielle mais aussi ceux de la vie spirituelle des hommes et des sociétés entières. ils ne laissent plus aucune place à la tolérance à la coexistence pacifique, des éléments indispensables au maintien de la société humaines , la société moderne.

L’intolérance est le plus grand défi auquel fait face notre monde d’aujourd’hui. Il faut cultiver la tolérance à la lumière des pensées religieuses, des  convictions culturelles et des solutions politiques.

 

Le monde est excédé par la guerre, la violence et l’extrémisme

Les sociétés humaines devront s’orienter de l’étape de patience négative à la coopération et la  complicité/

Il ne faut pas seulement tolérer les autres, il faut travailler avec les autres . les populations mondiales sont excédées par des années de guerre, de violence et d’extrémisme et ceci (ce genre de réunion) est une occasion inouïe. Les peuples aspirent au changement. la RII croit qu’il est possible de générer les défis à l’appuie d’un mélange intelligent d’espoir et de modération. Les bellicistes et les va-en-guerre cherchent à tuer l’espoir.

Toute espérance se fonde sur la volonté générale d’éradiquer la violence et l’extrémisme, sur la volonté de changement et celle d’opposition à toute structure  imposée. L’espoir est basé sur le prix à accorder au choix et à la responsabilité humaine.

L’espoir est ans doute l’un des plus grands bienfaits divins et la modération signifie une combinaison sage, intelligente, des idéaux sublimes, des stratégies efficaces sur fond du réel.

 

L’Iran est une puissance régionale

Les Iraniens ont voté dans un étan de subtilité et de choix intelligent à la politique de modération et d’espérance.

En politique étrangère, ceci se traduit que la RII en qualité de puissance régionale se sent responsable face à la sécurité régionale et internationale et qu’elle est disposée à une coopération multilatérale et générale avec d’autres acteurs impliqués dans ce processus.

Il n’existe pas des solutions radicales aux crises mondiales

Nous apportons notre pleine appuie à la paix basée sur la démocratie, et le recours aux élections libres  aussi bien en Syrie qu’à Bahreïn et ailleurs. Et nous croyons qu’il n’existe aucune solution extrême pour des crises internationales et que ces crises ne peuvent être vaincu qu’en ayant recours à la sagesse, à l’interaction, à la modération. ce n’est guère à l’appuie du militarisme que la paix et la démocratie pourront être instaurés dans les pays du monde et au Moyen Orient . L’Iran cherche la solution aux problèmes, il ne cherchent pas à en générer.

Il n’existe aucun problème ni crise qui ne soient solvable grâce au respect mutuel , àau refus de la violence .

Accepter le droit nucléaire iranien , la solution la plus simple

Je reviens sur le dossier nucléaire iranien.

Accepter le droit naturel de l’Iran, le droit légal et inaliénable à avoir le nucléaire civil, ainsi que le prône le Guide Suprême de la RI est la solution la plus simple à cette crise.

Les principaux acteurs de ce dossiers devront se fixer deux objectifs, objectifs qui se posent en deux composantes inséparables d’une solution définitive à cette crise .

Primo : le programme nucléaire iranien comme celui d’autres pays du monde devra avoir un aspect exclusivement civil.

 

La bombe atomique n’a aucune place dans la doctrine défensive iranienne

Je l’annonce ici et très clairement que l’objectif principal de l’Iran et ce mis à part les positions d’autres acteurs impliqués dans ce dossier n’est qu’avoir accès au nucléaire civil.

Les armes de destruction massive n’ont aucune place dans la doctrine défensive de l’Iran et elles s’opposent aux fondement de notre croyance religieuse et nos convictions éthiques . les intérêts nationaux iraniens exigent que nous dissipions les inquiétudes régionales au sujet de notre nucléaire.

 

Secundo : notre second objectif consiste à faire accepter le droit iranien à l’enrichissement et à d’autres activités nucléaires civiles et ce, sur le sol iranien. le savoir nucléaire iranien est maitrisé en Iran et l’enrichissement est désormais au stade de la production en chaine ?. en ce sens, il est irréaliste et illusionniste de croire que les pressions illégales pourront arrêter en quoi que ce soit le programme nucléaire iranien.

La RII insiste sur le respect de ses droits

La RII insiste donc à ce que ses droits nucléaires soient respectés et tout en mettant l’accent sur la nécessité d’une coopération internationale n elle est prête à reprendre sans tarder les pourparlers nucléaires dans l’objectif de créer un climat de confiance et de dissiper les malentendus réciproques. L’Iran cherche une interaction constructive sur fond de respect mutuel et des intérêts communs avec le reste du monde et en ce sens il ne cherche pas à exacerber les tensions avec les Etats  Unis d’Amérique.

 

Si Washington le souhaite, il est possible de gérer les divergences

J’ai suivi avec intérêt les propos d’aujourd’hui du président Obama.  Il est possible de définir un cadre pour gérer les divergences irano américaines, à condition que les dirigeants américains en aient la volonté politique  et qu’ils se refusent à suivre les groupes de pressions.  Ce cadre devra être fondé sur base de respect mutuel, d’égalité des droits et des principes reconnus par le droit international. Ceci étant dit, nous attendons entendre une voix unique de la part de  Washington

 

La paix est à notre portée  

M. le président, Mesdames et Messieurs,

Ces dernières années n une seule voix ne cesse de se faire entendre et qui et la suivante : «  l’option militaire est sur la table » ; mais permettez nous de mettre en avant , contre cette formule inefficace et illégale une autre : «  La paix est notre portée ».

Proposition à l’ONU

Au nom de la RII je propose en guise de premier pas que le projet «  le Monde contre la violence et l’extrémisme » figure à l’ordre du jour de l’ONU et que tous les Etats et les institutions internationales et civiques fournissent des efforts pour orienter le monde dans ce sens.

Il faut réfléchir à mettre au pas «  la coalition pour une paix durable » en lieu et place de la  «  coalition de  guerre »   

La RII convie la communauté internationale à accepter et à franchir des pas dans le sens de notre appel , celui ‘d’œuvrer contre la violence et l’extrémisme pour que soit ouvert un nouvel horizon où la paix, la tolérance, le progrès la justice la richesse, la liberté  remplacent  la guerre la violence, l’effusion du sang, la discrimination, la pauvreté et la dictature.

Modération est l’avenir de notre monde

Le grand poète iranien, Ferdosi dit : «  Œuvrez à ce que le bien gagne le monde, à ce que le froid de l’hiver cède la place à la douceur du printemps ». En dépit de tous les problèmes qui existent, je suis profondément optimiste  sur l’avenir.

La solidarité internationale contre la violence et l’extrémisme  promet un avenir meilleur pour notre monde. La modération est l’avenir de notre monde.

Mon espoir s’enracine dans cette conviction personnelle et cette expérience nationale d’ailleurs partagées par toutes les religions divines que le monde aura devant lui des lendemains qui chantent :

 «و لقد کتبنا فی الزبور من بعد الذکر ان الارض یرثها عبادی الصالحون»

 

 

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Posté par Jocegaly
 
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La France et l’Iran renouent le dialogue. Article de Médiapart.

25 Septembre 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

La France et l’Iran renouent le dialogue

|  Par Lénaïg Bredoux

En marge de l’assemblée générale des Nations unies, François Hollande et le président iranien Hassan Rohani ont prévu de s’entretenir en tête-à-tête ce mardi. Une première pour les deux pays depuis huit ans. Mais l’Élysée reste très prudent.

C’est un petit événement dans l’univers feutré des relations diplomatiques. Mardi, en marge de l’assemblée générale de l’ONU, François Hollande rencontrera son homologue iranien Hassan Rohani. C’est la première fois depuis huit ans qu’une telle rencontre est organisée.

Selon l’Élysée, l’entretien a été demandé par Hassan Rohani et a été « très rapidement accepté » par François Hollande, alors que les États-Unis de Barack Obama réservent leur réponse. La rencontre, d’une heure environ, portera sur la crise syrienne et le nucléaire iranien. Le ministre des affaires étrangères Laurent Fabius a également prévu de rencontrer son homologue Mohammad Javad Zarif.

La dernière rencontre entre un président français et un président iranien remonte à 2005. C’était à Paris, entre Jacques Chirac et Mohammed Khatami. L’élection quelques mois plus tard de Mahmoud Ahmadinejad avait provoqué une rupture des relations diplomatiques entre les deux pays et une avalanche de sanctions internationales à l’égard de l’Iran, dont une partie à l’initiative de la France de Nicolas Sarkozy. En 2011, le président français avait même menacé le régime iranien d’une « attaque préventive contre les sites iraniens ».

L’élection de François Hollande n’y avait rien changé. « François Hollande et Laurent Fabius ont continué à défendre une ligne dure. Entre 2005 et 2013, le contact avec les autorités iraniennes a été très pauvre. Il y a bien eu quelques émissaires mais aucune tentative n’a jamais abouti », explique François Nicoullaud, ambassadeur de France à Téhéran entre 2001 et 2005. « Les relations étaient au ralenti compte tenu du comportement de l’Iran. Nous ne souhaitions pas avoir de relations avec Mahmoud Ahmadinejad », rappelle-t-on à l’Élysée.

Hassan RohaniHassan Rohani© Reuters.

 

François Hollande et Laurent Fabius ont même parfois surpris les spécialistes de l’Iran et certains diplomates par la dureté du ton employé à l’égard de Téhéran. Sur le dossier du nucléaire, mais aussi sur la Syrie. À de nombreuses reprises, les autorités françaises ont par exemple utilisé l'Iran pour justifier une intervention militaire contre le régime de Bachar al-Assad. Devant les députés, début septembre, le premier ministre Jean-Marc Ayrault avait expliqué : « Il s’agit – et c’est notre responsabilité – de savoir si nous voulons mettre un coup d’arrêt à l’usage des armes de destruction massive, des armes chimiques. Demain ce sera peut-être l’Iran. Si nous cédons maintenant, est-ce que nous céderons demain ? »

La France a également assumé de privilégier ses partenaires habituels sunnites, le Qatar et l’Arabie saoudite, et de n’amorcer aucun geste vis-à-vis de la puissance chiite. Laurent Fabius avait ainsi exclu d’emblée une participation des autorités iraniennes à la conférence dite “Genève 2” qui doit sceller une solution politique.

Récemment, lors d’une audition devant la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, Laurent Fabius avait été interpellé par plusieurs députés sur l’absence de relations avec l’Iran. « N’y a-t-il pas un certain risque de se trouver dans une situation où les Iraniens feraient en sorte que les discussions (sur la Syrie, ndlr) traînent (…) et disent : “La Syrie, c’est possible mais il faut que vous nous laissiez agir comme nous l’entendons sur le nucléaire” », avait répondu le ministre des affaires étrangères.

Depuis son arrivée au quai d’Orsay, sa fermeté sur le dossier iranien avait étonné, y compris au sein de son cabinet. Selon plusieurs sources, « Fabius a un prisme personnel sur l’Iran ». D’après elles, le ministre reste très marqué par son expérience de premier ministre de 1984 à 1986 à l’époque noire des prises d’otages au Liban et des attentats en plein Paris, attribués au régime iranien.

Les diplomates chargés du dossier du nucléaire iranien au quai d’Orsay ont aussi la réputation d’être sur une ligne “dure” à l’endroit du régime de Téhéran. « Il y a un phénomène de continuité administrative. Les gestionnaires de ce dossier n’ont pas beaucoup changé et sont sur une ligne un peu néoconservatrice sur le nucléaire », affirme une source diplomatique, sous couvert d’anonymat.

C’est dans ce contexte que l’entretien entre François Hollande et Hassan Rohani revêt une importance particulière. « C’est un geste important. Et c’est très positif. Il y a eu un changement d’atmosphère à Téhéran. La France veut voir jusqu’où Rohani a envie et peut aller. C’est peut-être le début d’un dégel », se réjouit l’ancien ambassadeur François Nicoullaud.

« C’est du bon sens de discuter avec les Iraniens qui sont un élément de la crise syrienne et de la paix, ou de la guerre, dans toute la région. Nous aurions d’ailleurs tort d’être dans la construction d’un arc sunnite contre un arc chiite parce qu’on se mettrait exclusivement dans les mains des monarchies du Golfe. Or celles-ci soutiennent des forces qu’on combat au Mali par exemple ! » estime de son côté le député PS Pouria Amirshahi, membre du groupe d’amitié France-Iran.

Cette rencontre a été favorisée par la crise syrienne mais aussi, et surtout, par le départ d’Ahmadinejad et par l’élection d’Hassan Rohani en juin dernier. « Il fallait un facteur politique déclenchant. C’est le contexte qui a été déterminant », explique un conseiller de François Hollande. Rohani, un modéré du régime, cherche à être « l’antithèse d’Ahmadinejad », notamment sur le dossier du nucléaire, dans un pays affaibli économiquement par les sanctions internationales. Lundi, le nouveau président a promis de présenter devant l’ONU « le véritable visage de l’Iran ».

Mais la France reste très prudente. Fin août, lors de la conférence des ambassadeurs, Laurent Fabius avait expliqué que « s’agissant de l’Iran, nous maintenons la pression, car si l’élection d’un nouveau président traduit un espoir de changement de la part de la population, l’exécutif n’a pas pour l’instant débouché sur des actes concrets ». À l’Élysée, on explique aussi attendre la « concrétisation » des nouvelles intentions affichées par le président iranien. C’est ce que François Hollande espère obtenir mardi à New York.

[[lire_aussi]]Sur la Syrie, il veut que Téhéran reconnaisse les conclusions de la conférence dite “Genève 1” et appuie une transition politique passant par le transfert du pouvoir d’Assad à « une autorité pleinement représentative ». « Les Iraniens peuvent être un partenaire de sortie de crise à condition qu’ils jouent l’apaisement », estime-t-on à Paris. « On attend également du nouveau président qu’il annonce la volonté de l’Iran de s’engager dans la transparence et la coopération totale avec l’Agence internationale de l’énergie atomique, sur son programme nucléaire dont la finalité civile n’est aujourd’hui pas crédible », explique-t-on à l’Élysée.

 

 

http://www.mediapart.fr/journal/international/230913/la-france-et-l-iran-renouent-le-dialogue

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Syrie : l'Occident cherchait la chute d'Assad, avant 2011.

4 Juillet 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Le 04 juillet 2013

Syrie : l'Occident cherchait la chute d'Assad, avant 2011

 

Sur IRIB

mercredi, 03 juillet 2013 14:13

Syrie : l'Occident cherchait la chute d'Assad, avant 2011 
   
IRIB – « Les Anglais préparaient la guerre en Syrie deux ans avant les manifestations en 2011 ».

C'est l'ancien ministre français des Affaires étrangères, Roland Dumas qui l'a annoncé, dans une interview exclusive à l'agence syrienne à Paris.

 

Beaucoup de sources en ligne anglophone et francophone dont Global Research et Nouvelles de France ont relaté les propos de l'ancien Ministre. « J'ai été il y a deux avant, à peu près, avant que les hostilités (ne) commencent en Syrie, je me trouvais en Angleterre par hasard (...) J'ai rencontré des responsables anglais et quelques -uns qui sont mes amis m'ont avoué, en me sollicitant, qu'il se préparait quelque chose en Syrie. L'Angleterre préparait l'invasion des rebelles en Syrie. Et on m'a même demandé à moi, sous prétexte que j'étais ancien ministre des affaires étrangères, si je participerais comme ça à cette...j'ai évidemment dit le contraire, je suis Français, ça ne m'intéresse pas.

 

C'est pour dire que cette opération vient de très loin, elle a été préparée, conçue, organisée (...) dans le but très simple de destituer le gouvernement syrien, car dans la région il est important de savoir que ce régime syrien a des propos anti-israélien et que par conséquent tout ce qui bouge dans la région autour...Moi j'ai la confidence du premier ministre israélien (...) qui m'avait dit : on essaiera de s'entendre avec le premier ministre et avec les Etats autour et ceux qui ne s'entendront pas on les abattra.

 

C'est une politique. C'est une conception de l'histoire, pourquoi pas après tout, mais il faut le savoir. »

L'ancien ministre des Affaires étrangères a, aussi, affirmé que la voie adoptée par l'ex-président Nicolas Sarkozy et l'actuel Président français François Hollande n'est pas un juste chemin qui aboutisse à une paix en Syrie

 

. Roland Dumas a aussi parlé des objectifs que suivent les Occidentaux au travers une chute du gouvernement syrien. « Le climat créé à l'échelle internationale autour de l'affaire syrienne montre que la politique de l'Occident n'est pas une politique de paix, mais une politique belliciste », a affirmé l'ancien chef de la diplomatie française. Il n'a pas manqué de parler des opposants syriens, pour dire qu'il s'agit d'une opposition multi- facette et que des pays étrangers comme l'Arabie saoudite et le Qatar sont impliquée dans la guerre déclenchée en Syrie contre le gouvernement légitime d'Assad.

 

Roland Dumas a également ajouté que l'envoi d'armes en Syrie ne résoudrait pas le problème. « Ce n'est pas par la guerre que la solution pacifique pourrait se réaliser ; or, le gouvernement légitime syrien reprend les régions occupées par les groupes armés, ce qui est d'ailleurs un signe positif », a-t-il précisé. Dumas a affirmé que la France était d'abord contre la tenue d'une conférence au sujet de la Syrie, « mais elle a enfin accepté que cette conférence devait avoir lieu le plus tôt possible, et même, a changé de position envers une participation de l'Iran. » L'important, en rapport avec cette conférence, concerne, selon Roland Dumas, l'entente russo-américaine. Il a déconseillé surtout d'établir en avance tout préjugé sur une telle conférence. D'après cet ancien ministre français des Affaires étrangères, les accusations au sujet de l'utilisation des armes chimiques en Syrie sont à elle-même très dangereuses, car, elles rappellent aux esprits les débats qu'on entendait avant le déclenchement de la guerre en Irak. « A l'époque, les Etats-Unis accusaient l'Irak de dissimuler des ADM qui sont restées toujours introuvables... », à ce sujet, Roland Dumas a proposé qu'un groupe d'experts indépendants onusiens soit envoyé en Syrie pour examiner l'affaire.

 

En allusion au comportement ambigu de Paris qui soutient les terroristes en Syrie, mais prétend combattre les terroristes au Mali, Roland Dumas a argué en ces termes : « La France dit qu'elle arme les opposants (pas les terroristes), mais personne ne sait ce qu'il arrive à ces armes ! »

 

A en croire l'ancien ministre français des Affaires étrangères, certaines puissances souhaitent détruire les pays puissants arabes, pareil à ce qui s'est produit en Irak et en Libye, ou ce qui se passe aujourd'hui en Syrie. Vu les relations spéciales entre la Syrie et la Russie, Dumas a affirmé qu'Israël aussi était impliqué dans les événements en Syrie. A la fin de son interview à Sana, l'ancien ministre français des Affaires étrangères a appelé à rectifier les approches envers l'affaire syrienne, « ceux qui soutiennent une politique particulière comprendront qu'ils ont commis une erreur ; ils auront donc l'occasion de changer d'approche. Le peuple syrien est un grand peuple, la Syrie est un grand pays et sortira de cette crise », a-t-il précisé.

 

Posté par Jocegaly à - SYRIE:
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Une intervention de Ahmed Manaï, observateur de la Ligue arabe en Syrie et président de l'ITRI, sur la crise en Syrie .

2 Juillet 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 15:34

Pour info et relativiser l'information officielle des institutions et grands médias :

 

Cet article est repris sur le site du PRCF des Bouches du Rhône, du Gard et du Vaucluse.

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Armes chimiques en Syrie : Obama comme Bush en Irak.

30 Juin 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Armes chimiques en Syrie : Obama comme Bush en Irak

 

La tension entre les États-Unis et la Russie est à son comble : en cause, les derniers événements en provenance de Syrie. Il faut dire que les informations qui parviennent des zones de conflit montrent à l’Oncle Sam et à l’Occident que le peuple syrien s’obstine à se battre pour rester maître de son propre destin. Et nombreux sont ceux qui œuvrent à la déstabilisation de Damas ! Israël, le Qatar, la Turquie, etc., ont tous été impliqués peu ou prou dans la manœuvre. Et maintenant que la déroute des rebelles se confirme d’heure en heure, voici que les États-Unis parlent d’une zone d’exclusion aérienne en Syrie pour venir en aide à ces mêmes rebelles, accusés pourtant par Carla Del Ponte (commissaire de l’ONU sur les crimes en Syrie) d’avoir utilisé des armes chimiques à plusieurs reprises.

 

Mais si les États-Unis agissent directement pour éliminer Assad, la Russie s’y oppose fermement. Le ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov a indiqué samedi qu’instaurer une telle zone « constituerait une violation du droit international  ». Le Pentagone semble prendre très au sérieux cette affaire et a décidé de laisser des chasseurs de combat F-16 et des missiles Patriote en Jordanie, pays frontalier de la Syrie, après des manœuvres communes qui doivent s’achever à la fin du mois. Washington a également sollicité l’aide de l’Égypte, où le président Mors a officiellement pris position contre la Syrie. Les relations diplomatiques entre les deux pays ont été rompues et l’ambassade de Syrie au Caire a été fermée.

 

John Kerry n’est pas en reste. Selon le secrétaire d’État, «  le Hezbollah menace de rendre hors d’atteinte tour règlement politique  ». Curieuse explication. Depuis 2011 et le début des événements syriens, des milliers de combattants islamiques sont venus du monde entier grossir les rangs des troupes rebelles. Des roquettes tirées depuis la Syrie touchent maintenant le Liban ; les bastions du Hezbollah sont ouvertement visés. Mais la Maison blanche a une propension inégalée à écrire l’histoire à sa manière. 

 

Néanmoins, à ce stade des combats, la Russie semble être en position de force. Les troupes du président Assad sont à l’offensive dans tout le pays, et Washington cherche d’une manière grotesque à stopper cette avancée. Et sans zone d’exclusion aérienne, il n’y aura pas d’échappatoire pour les rebelles… Quant aux armes chimiques, et bien que le chef de la diplomatie russe ait affirmé « qu’il serait absurde que l’armée syrienne en utilise au moment où elle gagne du terrain contre la rébellion », les États-Unis s’en servent comme prétexte pour armer cette dernière. Mais l’art de la fabrication de fausses preuves est un art que maîtrise parfaitement l’Oncle Sam. Selon Alexeï Pouchol, chef de la commission des affaires étrangères à la Douma, « les informations sur l’usage par Assad d’armes chimiques sont des faux du même ordre que les mensonges concernant les armes de destruction massive de Saddam Hussein ». Obama suit la même voie que Bush. Mais depuis l’épisode irakien, l’Oncle Sam connaît quelques couacs…

 

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/...

 

http://www.resistance-politique.fr/article-armes-chimiques-en-syrie-obama-comme-bush-en-irak-118555956.html

 
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