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Le blog de Lucien PONS

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[Reprise] Etat islamique : 2 milliards de revenus contre 5 millions pour Al Qaïda… Reprise de l'article sur le blog d'Olivier Berruyer.

12 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La mondialisation, #Le grand banditisme

12 octobre 2014.

[Reprise] Etat islamique : 2 milliards de revenus contre 5 millions pour Al Qaïda…

Reprises de 2 articles de Bakchich et d’Atlantico

Achetons-nous du pétrole à l’Etat Islamique ?

Après pétrole contre nourriture, l’Irak sera-t-il le théâtre d’une nouvelle saga pétrole contre barbus?
[Reprise] Etat islamique : 2 milliards de revenus contre 5 millions pour Al Qaïda…  Reprise de l'article sur le blog d'Olivier Berruyer.

A quel jeu de dupes jouent les gouvernements européens recrutés dans la coalition new-look constituée toutes affaires cessantes par Barak Obama contre l’Etat Islamique (EI) ?

La question n’est pas superflue à en juger par la manière dont on essaie depuis quelques jours de nous convaincre de l’extrême dangerosité de la clique de Abu Bakr al-Baghdadi l’émir à la Rolex (…Il n’y a pas de temps à perdre face à la menace des djihadistes de Daesh qui a pris le contrôle de larges secteurs de territoires irakien et syrien, multipliant les exactions… » disait encore récemment François Hollande qui est prêt à toutes les aventures internationales pour oublier l’espace d’un instant son lent mais inexorable naufrage domestique).

Dangereux sûrement, ne serait ce que par l’appel à l’union sacrée et au soutien des forces de l’émir que viennent de lancer Aqmi (Al Qaida au Maghreb Islamique) et Aqpa (Al Qaida dans la Péninsule Arabique), en réaction à la mobilisation de la coalition occidentale. Manquerait plus que l’annonce d’une association plus étroite entre le Front Al Nosra, en quelque sorte, la « filiale » syrienne d’Al Qaida, avec EI pour préparer un joli feu d’artifice local au cas où le locataire de la Maison Blanche se serait mis en tête de lancer la guerre d’Irak version III.

Des poils de barbe dans les barils de brut

A moins que la précipitation s’explique par l’urgence de réduire au silence, les courtiers en pétrole de l’inventif émir, au sujet du petit business très lucratif qu’ils ont mis au point avec leurs clients étrangers.

Car l’Etat Islamique est tout sauf dans la dèche, pour faire un mauvais calembour avec la nouvelle appellation contrôlée dont on l’affuble.

Le pétrole des sites syriens de Deir al-Zour puis de Hasaka, tombés entre de mauvaises mains depuis avril 2013 et de Mossoul qu’il a récupéré à la mi- juin de cette année ainsi qu’une bonne partie de la production de la province septentrionale de Salahuddin, a largement compensé la baisse des allocations que versaient avec enthousiasme l’Arabie Saoudite, le Qatar, le Koweit et les Emirats Arabes Unis à l’Armée Libre Syrienne dont une part significative des effectifs auraient rejoints avec armes et bagages les rangs de l’EI à en croire les déclarations de l’un de ses chefs, un certain Abu Yusaf, le mois dernier. (« …Many of the FSA people trained and equipped by the West, are actually joining us…”)

Prix cassé

Les estimations les plus précises de la petite entreprise de l’émir portent aujourd’hui sur une capacité de “production” (de vol serait sans doute plus approprié) de 30 000 barils par jour de pétrole irakien et de 50 000 barils de pétrole syrien, fourgués sur le marché noir de l’or noir aux alentours de 40 dollars le baril, un prix cassé ramenant tout de même dans les caisses de EI, une recette totale journalière de 3,2 millions de dollars. Si on y ajoute les rançons et les trafics en tous genres d’êtres humains, ça représente un joli matelas qui devrait permettre à l’EI de voir venir les forces – aériennes cela va sans dire – déployées par François Hollande et ses copains. Certes, les coûts de transport de l’émir sont un peu élevés. Le pétrole doit être acheminé par camions vers le terminal pétrolier de Ceyhan en Turquie d’où il est chargé avec des certificats d’origine parfois un peu baroques, sur les tankers qui les livrent à leurs ultimes destinataires.

Cet été on signalait même des tombées de camions citernes d’or noir à l’origine contrôlée et certifiée par le Gouvernement Régional du Kurdistan, arrivées par bateau dans le port israélien d’Ashkelon. Une confirmation de l’information publiée par Reuters en mai selon laquelle des raffineries américaines et israéliennes étaient alimentées en pétrole « kurde » à l’origine douteuse…

Bizarrement, dès que la prise de contrôle des sites syriens de Deir Al-Zour et d’Hasaka a été confirmée, l’Union Européenne s’est empressée de voter un allègement de l’embargo sur le pétrole syrien afin qu’il puisse être vendu sur les marchés internationaux, via la Turquie. De son côté le ministre du pétrole irakien a indirectement confirmé le trafic au mois d’août lorsqu’il a déclaré que « ..les acheteurs internationaux de pétrole brut et les autres acteurs du marché doivent savoir que toute exportation de pétrole n’ayant pas reçu l’agrément du ministère du Pétrole, pourrait bien contenir du pétrole brut provenant des champs tombés sous le contrôle de l’Etat Islamique ».

Le dernier volet provisoire de l’affaire, c’est la déclaration faite par la charmante Jana Hybàskovà, chef de la délégation de l’Union Européenne en Irak – si, si, ça existe ! – le 2 septembre 2014 lors d’une séance de travail de la Commission des Affaires Etrangères du parlement européen (« échange de vues sur les crises dans le grand voisinage de l’Union ») qui a beaucoup intéressé Michèle Alliot-Marie et selon laquelle des pays de l’Union achetaientt du pétrole brut à l’Etat islamique en provenance de 11 champs pétrolifères du nord de l’Irak et de celui pompé dans la province syrienne de Raqqa.

Pressée de citer des noms, elle a hésité un moment mais s’est finalement abstenue, se bornant à mettre en garde ses interlocuteurs pour le soutien apporté aux groupes séparatistes kurdes, susceptibles selon elle de causer une déstabilisation totale du Moyen Orient.

Chasse au dahu

Depuis, la chasse au dahu a commencé au Parlement européen où le jeu qui fait actuellement fureur, consiste à identifier le ou les pays de l’Union qui joue(nt) double jeu en appelant à la mobilisation contre l’Etat Islamique les jours pairs et lui commandent discrètement du pétrole le jour suivant.

Il semble que le précédent Sarko’ versus Kadhafi de « je t’aime, moi-non plus » ait donné d’étranges idées à un certain nombres de parlementaires européens sur l’identité des coupables. D’autant que la petite phrase de Chistophe de Margerie, le PDG de Total en marge des rencontres économiques d’Aix en Provence début juillet (« …il n’y a pas de raison de payer le pétrole uniquement en dollars… ») a fait sensiblement monter la cote de l’Hexagone comme l’un des possibles acquéreurs du pétrole volé par l’émir à la Rolex.

Si tel est le cas, on peut imaginer que nos pilotes de la coalition aérienne refusent de se voir confier la mission de détruire les convois de camions-citerne de l’émir en route pour la Turquie…

Source : Bakchich

2 milliards de revenus contre 5 millions pour Al Qaïda) : les califoutraques islamiques ont peut-être du pétrole mais qui sont ceux qui le leur achètent ?

Jean-Charles Brisard est consultant international, spécialiste des questions liées au terrorisme et à son financement

L’Etat islamique d’Irak et du Levant n’est plus seulement un groupe terroriste ou une faction implantée territorialement… Il se range désormais du côté des puissances pétrolières mondiales.

Atlantico : L’Etat Islamique est installé sur un territoire aujourd’hui plus vaste que le Royaume-Uni qui contient bon nombre d’installations pétrolières. La production de pétrole par ces installations peut atteindre les 80 000 barils par jour et au total avec l’argent provenant d’extorsions, de taxes, et de la contrebande cela représenterait l’équivalent de 2 millions de dollars par jour. Ces capacités font-elles de l’Etat Islamique une puissance pétrolière potentielle ?

Jean-Charles Brisard : Le fait qu’un groupe terroriste prenne le contrôle de territoires, d’installations pétrolières et de raffineries modifie radicalement le paradigme du financement du terrorisme.

Nous sommes passés d’un modèle de financement externe, c’était notamment le cas d’Al Qaida, qui dépendait en majeure partie de donations et du soutien d’ONG, à un modèle d’autofinancement reposant sur des transactions commerciales. Ce mode de financement n’est pas nouveau, le réseau Al-Qaida a utilisé des sociétés écrans dans le passé, notamment au Soudan et en Espagne, mais ces financements étaient marginaux, et n’étaient donc pas la priorité des organes de vérification ou de régulation (Comité des sanctions de l’ONU, GAFI…), ni celle des services de renseignement. L’Etat islamique contrôle des territoires et donc des infrastructures et des ressources. On estime qu’ils contrôlent désormais au moins six champs pétroliers en Syrie, dont le plus important, situé dans la province de Deir al-Zor, ainsi que treize autres au Nord et à l’Est de l’Irak et au moins deux raffineries. Des combats sont en cours pour le contrôle de la raffinerie de Baiji, qui produit un tiers du pétrole irakien. Au total, l’EI contrôlerait un peu moins de la moitié des capacités de production nationale, pour un marché potentiel de 2 à 4 millions de dollars par jour, ce qui en fait une puissance pétrolière de facto.

L’Etat Islamique a bénéficié à ses débuts de soutiens d’hommes d’affaire et du soutien officiel de certains états tels que l’Arabie Saoudite, le Qatar, le Golfe, les Emirats Arabes Unis et le Koweit. Qui sont les clients du califat ?

Le pétrole et les produits dérivés sous contrôle de l’Etat islamique sont aujourd’hui revendus à prix réduit au marché noir localement, en Irak et en Syrie (25 à 50 dollars le baril contre un prix sur le marché de plus de 100 dollars). Ces produits sont également utilisés par l’EI pour ses propres besoins. Mais l’EI contrôle également les routes de contrebande et de transit du pétrole vers la Jordanie, la Turquie et l’Iran (via le Kurdistan). Or, en raison de la complexité et souvent de l’opacité des réseaux de distribution, ces pays pourraient en effet devenir les clients involontaires et indirects de l’Etat islamique, s’ils ne le sont pas déjà. A terme, on ne peut pas exclure que du carburant vendu par des intermédiaires de l’Etat islamique ne soit commercialisé aux Etats-Unis et même en Europe.

Comparativement, en 2011 les Talibans avaient réussi a récolter 400 millions de dollars par le biais de rançons. Ces installations pétrolières font-elles de l’Etat islamique le groupe extrémiste le plus riche du monde ?

La capacité financière de l’Etat islamique, estimée entre 1,5 et 2 milliards de dollars, est sans précédent. Ses profits, qui sont de l’ordre de 3 à 5 millions de dollars par jour, représentent l’équivalent du budget annuel d’Al-Qaida depuis le 11 septembre 2001 (contre 30 millions de dollars avant 2001, selon les services américains). Même le budget d’AQMI, dont le financement s’appuie principalement sur les rançons issues de prises d’otages, n’a jamais atteint plus de 15 millions de dollars par an en moyenne depuis 2008.

Lire la fin de l’interview sur Atlantico

http://www.les-crises.fr/reprise-etat-islamique-2-milliards-de-revenus-contre-5-millions-pour-al-qaida/

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Lutte contre l’EI : le Pentagone va former et armer « l’opposition syrienne ». Le site "Les moutons enragés".

11 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #La mondialisation

Lutte contre l’EI : le Pentagone va former et armer « l’opposition syrienne »

Washington a annoncé qu’il allait armer et former « l’opposition modérée » syrienne dans la luttre contre l’EIIL. Rappelons ici que l’EIIL est déjà issue de la soit-disant « opposition modérée » à Bachar-el-Assad, notamment le Front Al-Nosra, déjà formée et armée par les états-unis ces dernières années. Il n’y a pas d’opposition « modérée », et la prétendue « Armée Syrienne libre » est composée de djihadistes fondamentalistes. Washington confirme donc officiellement qu’il va former et armer la prochaine fournée de terroristes qu’il prétend combattre, justifiant ainsi les propos de l’ancien directeur de la CIA Leon Panetta sur la « guerre de 30 ans » à l’EIIL…

Lutte contre l’EI : le Pentagone va former et armer « l’opposition syrienne ». Le site "Les moutons enragés".

Tout porte à croire que la Maison blanche et le Pentagone ont engagé la réalisation des premières étapes de l’opération terrestre contre le groupe radical Etat islamique en Syrie et en Irak.

Obama ayant promis précédemment de ne pas envoyer de troupes américaines en Irak, ce sont exclusivement les commandos de l’opposition modérée syrienne, les groupes sunnites irakiens et les détachements tribaux, qui devraient y participer.

Le Pentagone a annoncé simultanément qu’il instruirait les mutins syriens dignes de confiance pour les démarches contre l’EI. Il est insensé d’instruire des soldats sans armes et il est prévu de livrer des armements à l’opposition syrienne.

Selon plusieurs experts russes, Washington fait les mêmes erreurs en Irak et en Syrie. L’Etat islamique est issu d’Al-Qaïda, formé et financé à l’époque par les Etats-Unis, rappelle le vice-directeur de l’Institut d’études orientales de l’Académie des sciences de Russie Vladimir Issaev :

« C’est une attitude idéaliste envers ce qui se produit dans la région. Je ne sais pas comment les Américains subdiviseront les commandos en bons et méchants. Or, il ne fait pas de doute qu’une partie des bons deviendront méchants immédiatement après l’instruction. Les Américains remplaceront ceux qu’ils détruisent depuis les airs. »

Le président Obama a signé fin septembre la loi sur l’octroi de 500 millions de dollars pour l’instruction et l’armement de l’opposition syrienne « modérée ». Plus de 5 000 commandos seront instruits tous les ans. Le Pentagone ne précise pas où seront déployés les camps. Or, les camps de la CIA ont fonctionné auparavant en Jordanie et la logistique permettra d’y aménager des « écoles » du Pentagone. Il est possible que les camps soient situés également en Arabie saoudite, au Qatar et au Yémen.

L’ancien chef du Pentagone Leon Panetta a déclaré dans une interview au journal USA Today que la politique d’Obama en Irak et en Syrie produisait erreur après erreur. Selon lui, la guerre contre l’EI durera 30 ans. Panetta a critiqué toutes les décisions du président des Etats-Unis Barack Obama adoptées ces trois dernières années. Selon lui, le retrait des troupes d’Irak en 2011a créé un « vide » de sécurité et les effectifs des commandos ont sensiblement augmenté dans le pays. Leon Panetta n’a pas dit que l’intervention des Etats-Unis en Irak en 2003, sous les faux prétextes d’y découvrir des armes de destruction massives, constituait l’erreur la plus sérieuse.

Lutte contre l’EI : le Pentagone va former et armer « l’opposition syrienne ». Le site "Les moutons enragés".

Source : La Voix de la Russie

http://lesmoutonsenrages.fr/2014/10/11/lutte-contre-lei-le-pentagone-va-former-et-armer-lopposition-syrienne/

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Euro-djihadistes : des instruments de l’OTAN Bahar Kimyongür.

11 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #La mondialisation

Euro-djihadistes : des instruments de l’OTAN

Bahar Kimyongür

22 mai 2014

Article en PDF :

En soutenant la « rébellion » en Syrie, l’UE, n’a-t-elle pas encouragé des milliers de jeunes à partir combattre Bachar el-Assad dès lors qu’ils pouvaient considérer poursuivre le même but ? Les services secrets des pays européens ont-ils laissé partir ces jeunes en toute connaissance de l’ampleur du phénomène ? Pourquoi a-t-on attendu jusqu’à aujourd’hui pour présenter un plan pour prévenir ces départ ? Bahar Kimyongür répond à nos interrogations.

Euro-djihadistes : des instruments de l’OTAN Bahar Kimyongür.

Silvia Cattori : Depuis quelques semaines les médias grand public parlent de ces jeunes Européens adeptes de l’islam radical qui vont suivre des stages d’entraînement et grossir les rangs du terrorisme en Syrie [1]. Or vous-même vous vous en êtes préoccupé bien avant eux. A quel moment avez-vous pris la mesure de l’ampleur de ce phénomène, et êtes-vous entré en contact avec les familles des ces jeunes terroristes en puissance ?

Bahar Kimyongür : Le phénomène de l’ « euro-djihad », j’en parle de manière soutenue depuis le début de l’année dernière. A l’époque, les médias traditionnels étaient relativement muets sur le sujet. Ils croyaient encore que l’embrigadement des jeunes était un phénomène marginal et salutaire pour les Syriens.

Si les premiers Belges se sont invités dans le conflit syrien dès 2011, il s’agissait essentiellement de Belges d’origine syrienne. L’internationalisation du djihad en Syrie a eu pour pionniers les vétérans de la guerre contre Mouammar Kadhafi. Erdogan présenta ces combattants libyens comme ses invités d’honneur. Officiellement, leur présence en Turquie était due à des raisons médicales. Mais, très vite, les Libyens installent des camps terroristes le long de la frontière turco-syrienne. C’était à la fin de l’été 2011. La prolifération des réseaux de recrutement depuis l’Europe vers la Syrie apparaît en 2012. A l’époque, dans les rues de Bruxelles, les rumeurs allaient bon train sur le départ de tel ou tel « moudjadhid ». En mars 2013, au moment de l’annonce de la création de la Task Force Syrie par le ministère belge de l’intérieur, j’ai adressé aux parents des djihadistes une lettre de mise en garde pointant la complicité des autorités belges dans le départ de leurs enfants. [2]

Je rappelle que dans une interview réalisée à Bel-RTL le 26 avril 2013, le ministre belge des affaires étrangères Didier Reynders avait déclaré à propos des djihadistes belges : “On leur construira peut-être un monument comme héros d’une révolution.”

La facilité avec laquelle ces jeunes ont pu aller envahir la Syrie et terroriser sa population est sidérante.

Après la parution de ma lettre, plusieurs familles m’ont contacté. Depuis, je reçois régulièrement des appels téléphoniques ou des courriels de familles désespérées.

Silvia Cattori : La Belgique est-elle plus touchée que d’autres pays ?

Bahar Kimyongür : Oui, certainement. Ce n’est pas un hasard si la Belgique accueille le 8 mai prochain une réunion internationale sur les combattants étrangers en Syrie. Les experts antiterroristes européens sont unanimes : la Belgique compte le plus grand nombre de djihadistes en Syrie par rapport à son nombre d’habitants. Dans les quartiers populaires de Bruxelles, de Vilvoorde ou d’Anvers à forte présence musulmane, la pression exercée par les groupes religieux radicaux est particulièrement sensible. Historiquement, l’Arabie saoudite a le monopole de l’éducation religieuse des musulmans arabophones en Belgique.

Cette prééminence saoudienne sur l’Islam de Belgique a plusieurs conséquences néfastes sur le plan intracommunautaire. Elle est notamment la principale source de banalisation de la propagande anti-chiite. Les services secrets marocains jouent également un rôle de premier ordre dans la diabolisation des chiites. C’est que le Royaume du Maroc suit avec inquiétude la vague de conversion de nombreux Marocains de Belgique au chiisme. Conséquence de ce néo-conservatisme sectaire qui gangrène la Belgique : l’incendie de la mosquée chiite à Anderlecht en mars 2012 et l’assassinat de l’imam de la mosquée Abdellah Dahdouh. Le terroriste qui mit le feu à la mosquée expliquera plus tard que son acte était motivé par la guerre de Syrie. A ma connaissance, il n’existe aucun autre attentat terroriste en Europe lié au conflit syrien comme celui ayant visé la mosquée bruxelloise. Cet attentat a eu lieu le 12 mars 2012. La tragédie syrienne n’avait pas encore un an. Pour qu’un tel crime puisse se produire en Belgique, il faut un climat propice. A l’époque, les sectes takfiries telles Sharia4Belgium bénéficiaient d’une certaine liberté de mouvement. Elles ont pu allègrement distiller leur discours de haine envers les musulmans non conformes à leurs codes, en particulier les chiites.

Silvia Cattori : Les autorités belges, en comparaison avec d’autres pays, ont-elles pris ce phénomène plus au sérieux ? Ont-elles pris des mesures adéquates pour prévenir ces départs et aider les familles ?

Bahar Kimyongür : Non, les autorités belges ont laissé faire. Les autorités belges ont laissé le groupe Sharia4Belgium radicaliser et polariser la communauté musulmane de Belgique et recruter des jeunes fragiles et manipulables. Elles n’ont assigné son porte-parole Fouad Belkacem en justice que lorsqu’il s’est attaqué aux non-musulmans, entre autres à certaines personnalités politique belges. En revanche, quand l’organisation Sharia4Belgium a diffusé des appels à la haine et à la violence contre des chiites, elle n’a jamais été inquiétée.

Le 7 octobre 2012, Sharia4Belgium a publié un communiqué dans lequel le réseau sectaire annonçait son autodissolution et son intention de combattre en Syrie. Là encore, silence radio de la part des autorités belges. Elles étaient en réalité soulagées du départ des illuminés de Sharia4Belgium vers la Syrie. En somme, c’était « Bon débarras ! ».

Pour les autorités belges, ce départ annoncé était tout bénéfice. En effet, la Belgique a pour ennemie extérieure la Syrie de Bachar al-Assad et pour ennemi intérieur les takfiris de Sharia4Belgium. Qu’aurions-nous dit si nous avions été des barbouzes belges alignés à l’OTAN : « Que nos ennemis s’entre-tuent » n’est-ce pas.

En décidant de combattre en Syrie, les terroristes de Sharia4Belgium rendaient donc un fier service à la Belgique. Ils faisaient en quelque sorte ce que l’armée belge et les forces de l’OTAN ne pouvaient pas faire à cause de la combativité de l’armée syrienne et de l’équilibre géostratégique mondial.

Les djihadistes belges sont devenus, peut-être à leur insu, les mercenaires de l’OTAN en Syrie. Et en retour, les pays de l’OTAN sont devenus des complices de mouvements terroristes.

Force est de constater que les familles des djihadistes ont été totalement abusées par le calcul cynique des autorités belges. Le réseau Sharia4Belgium a non seulement pu faire ses valises mais a pu également emporter avec lui un bataillon de jeunes égarés en quête d’aventure et de sensations fortes. Même des jeunes gens mineurs d’âge ont pu prendre l’avion à l’aéroport de Bruxelles-National sans autorisation parentale ce qui en principe, est strictement interdit.

Cela dit, Sharia4Belgium constitue seulement un réseau de recrutement parmi d’autres en Belgique. Outre Sharia4Belgium, il existe des filières maghrébines, syriennes, libanaises, tchétchènes et puis surtout beaucoup de jeunes candidats qui se sont rendus spontanément dans le Nord syrien via la Turquie sans passer par le moindre intermédiaire.

Silvia Cattori : Vous dites que les autorités belges n’ont pas voulu empêcher le départ de ces jeunes en Syrie. Savent-elles mieux gérer leur retour ?

Bahar Kimyongür : Dans l’absolu, ils sauront mieux gérer le retour des jeunes que leur départ. Mais si les barbouzes belges croient vraiment qu’il n’y a que 150 Belges en Syrie, la population belge a vraiment de quoi s’inquiéter pour sa sécurité. Des dizaines de volontaires belges sont en effet de parfaits soldats inconnus. Le danger viendra davantage de loups solitaires partis sans cérémonie et peu friands du « star system » que leur offrent les réseaux sociaux comme Facebook.

Silvia Cattori : On laisse généralement entendre que ces jeunes se seraient endoctrinés eux-mêmes sur internet. Qu’ils n’auraient pas eu de liens directs avec des recruteurs. Qu’ils auraient rejoint la Syrie par leurs propres moyens. A votre avis faut-il prendre pour argent comptant ce qu’ils disent à leur retour ou ce qu’affirment les services de renseignement à leur sujet ?

Bahar Kimyongür : Grâce à Internet, il existe en effet un véritable phénomène d’auto-radicalisation et de mobilisation spontanée. Des groupes terroristes comme l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), alias Daech sont passés maîtres dans l’art de la vidéo de propagande. En exaltant leur toute-puissance à travers un déluge d’effets spéciaux apocalyptiques entrecoupés de tirs en rafales et de chants religieux, ils parviennent à attirer vers eux des milliers de jeunes candidats européens. Pour des jeunes en manque de confiance, de succès et de sensations fortes, la secte Daech a tout pour plaire. Elle se vante de combattre toutes les nations, toutes les religions, tous les systèmes. Elle rejette tout et tout le monde. Elle proclame son droit de vie et de mort sur n’importe qui. Elle prétend se soumettre à Dieu mais agit en totale liberté, se permet de torturer, d’achever des blessés, de dresser des listes de personnes à abattre, de réquisitionner les biens d’autrui. Bref, les combattants de Daech se prennent pour des rois, des seigneurs de guerre voire de véritables dieux sur terre. Ce nihilisme enrobé de versets coraniques et de sacralité exerce une fascination chez les ados et les jeunes adultes qui cherchent à se défaire de leur mal-être, à donner un sens à leur vie et à gagner une reconnaissance sociale même à titre posthume.

Il n’est nullement besoin d’intermédiaires pour trouver Daech. La vidéo en ligne fait tout le travail du prédicateur. Elle a le même effet envoûtant que les chants des sirènes de la légende d’Ulysse.

Aujourd’hui, rien n’empêche un jeune Européen de débarquer en Syrie via la Turquie de sa propre initiative. Le volontaire djihadiste n’a plus besoin d’être accompagné ni même d’avoir un ami sur place. Dès sa descente de l’avion à l’aéroport de Hatay en Turquie, le volontaire sera pris en charge par de véritables « tour operators » du terrorisme global. S’il le désire, il prendra un taxi à ses frais jusqu’à la frontière syrienne et la traversera à pied.

Quant aux « returnees », c’est-à-dire les déçus, les repentis de retour en Europe, ils feront très probablement de fausses déclarations aux enquêteurs européens pour s’éviter des ennuis judiciaires. Ils n’avoueront sans doute pas leur participation à des crimes barbares et rejetteront plutôt la faute sur des compagnons d’armes déjà morts. De toute façon, personne ne pourra les contredire

Bahar Kimyongür est l'auteur du livre Syriana, la conquête continue, publié par Investig'Action.

Regardez l'émission de la RTL-TV "Les enfants du djihâd" où Bahar Kimyongür a été consulté par rapport au phénomène des jeunes belges qui partent en Syrie pour mener le djihâd.

Les enfants du Djihâd (partie 1) - INDICES - 30 avril 2014

Les enfants du Djihâd (partie 2) - INDICES - 30 avril 2014

Source : silviacattori.net

http://michelcollon.info/Euro-djihadistes-des-mercenaires.html?lang=fr

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CrossTalk (fr) : La 3ème Guerre Mondiale a commencé ?

7 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La mondialisation, #Ukraine, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Europe supranationale

CrossTalk (fr) : La 3ème Guerre Mondiale a commencé ?

Ajoutée le 7 oct. 2014

#Emission du 6 Octobre 2014

Guerre civile en Syrie et en Ukraine, menace d'ISIS au Moyen-Orient, manifestations récentes à Hong Kong.

Les Nations-Unies ont peut-être empêché qu'une guerre n'éclate entre grandes puissances depuis la fin de la 2ème GM mais les Etats-Unis ont depuis quelques années pris la main sur le Conseil de Sécurité.

Ils veulent imposer au reste du monde leur gueguerre de flux financiers à coups de sanctions, d'attentats false flag, d'intimidations, de mensonges et de manipulations, de groupes terroristes financés par leurs soins, d'attaques bactériologiques on ne peut plus lâches (sans oublier évidemment leurs films de merde remplis d'acteurs juifs répugnants, leurs "valeurs" désolantes, leur pornographie destructrice et leur ignorance aussi abyssale qu'arrogante).

Invités: Rodney Shakespeare, Patrick Henningsen, et George Szamuely.

http://news360x.fr/crosstalk-fr-3eme-guerre-mondiale-commence/

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Comment et pourquoi les États-Unis ont créé l’État islamique… Par "Capitaine Martin".

6 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre, #L'OTAN., #La mondialisation, #Les média, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Europe supranationale

Comment et pourquoi les États-Unis ont créé l’État islamique…

Obama et l'EI.

Obama et l'EI.

La progression spectaculaire et jusque-là incoercible de l’État islamique a de nouveau placé l’Irak sous le feu des projecteurs. Si les médias sont prolixes pour décrire les atrocités du prétendu califat, ils le sont beaucoup moins lorsqu’il s’agit de dire quelle est son origine et qui sont exactement ceux qui s’en réclament. L’État islamique ne surgit pourtant pas de nulle part. Il est le fruit de la politique impérialiste étasunienne au Moyen-Orient dont les racines remontent au chaos irakien post-Saddam Hussein et au récent conflit syrien. Pour bien comprendre son rôle exact, il convient d’analyser brièvement la politique américaine dans le monde arabe dans les trente dernières années. L’islamisme a été au cours de cette période l’allié objectif de l’Oncle Sam au Moyen-Orient. Il est aujourd’hui le prétexte qui permet aux États-Unis d’intervenir dans les pays arabes, soit pour défendre les « bons musulmans » dans leur quête de liberté, soit pour combattre les « mauvais » qui menacent la sécurité de la planète.

Pendant la Guerre froide, l’islam conservateur était l’allié des États-Unis. Il permettait à ces derniers de contenir l’expansion du communisme et l’influence soviétique dans le monde arabe. Une révolution éclata le 27 avril 1978 en Afghanistan, avec pour résultat l’arrivée au pouvoir du Parti populaire démocratique d’Afghanistan. La proclamation de la République démocratique d’Afghanistan lui fut concomitante. Les tentatives faites par les dirigeants du pays de mettre en œuvre de nouvelles réformes qui auraient permis de surmonter le retard structurel du pays se heurtèrent rapidement à une résistance acharnée de la part de l’opposition islamique. Une guerre civile éclata. Fin 1979, l’armée soviétique intervint pour soutenir le régime progressiste en place. La CIA s’appuya alors sur les groupes islamistes, utilisant l’islam radical pour unir les musulmans contre les Soviétiques. On estime que 3,5 milliards de dollars ont été investis sous l’administration Reagan pendant la guerre d’Afghanistan. Après le retrait russe en 1989, les États-Unis ont cessé de fournir des armes sans toutefois rompre les liens avec les moudjahidines afghans. Ils ont ainsi maintenu entre 1994 et 1996 des relations avec les talibans, leur fournissant cette fois-ci un soutien politique par le biais de l’Arabie Saoudite et du Pakistan. L’administration Clinton espérait secrètement pouvoir créer un front anti-iranien et anti-chiite pour restreindre l’influence de l’Iran dans la région. Al-Qaïda est né dans ce contexte. En 1993, le quotidien britannique The Independent publiait un entretien avec Oussama Ben Laden, lequel était censé mettre son armée sur la route de la paix (sic).

Cette stratégie a d’ailleurs été également utilisée sous la présidence Clinton dans les années quatre-vingt-dix, lorsque la KFOR, cette force multinationale mise en œuvre par l’OTAN, intervint aux côtés des narcotrafiquants de l’UCK pour instaurer la domination de l’alliance atlantique sur les Balkans et installer une base militaire étasunienne au Kosovo. Mais un changement radical s’opère sous l’ère Bush : complices dans les attentats du World Trade Center, les amis d’hier deviennent les ennemis d’aujourd’hui. La menace d’un ennemi extérieur, forcément musulman, est alors savamment entretenue par de nombreux médias et par la propagande étasunienne. La menace terroriste constitue concomitamment la pierre angulaire de la doctrine militaire des États-Unis et de l’OTAN. Bien qu’il n’y ait aucune preuve que l’Irak soit de quelque manière que ce soit derrière les attentats du 11 Septembre, les soi-disant « armes de destruction massive » censées être présentes dans le pays tiendront lieu de prétexte pour obtenir une résolution au conseil de sécurité de l’ONU en faveur d’une intervention militaire. Ironie de l’histoire, l’Irak baathiste et laïc allait ainsi être balayé au nom de la lutte contre l’islamisme.

La stratégie opère un nouveau virage avec Obama. Les États-Unis doivent intervenir pour défendre le Printemps arabe et les luttes menées contre les « dictateurs » (lire les chefs d’État non adoubés par Washington). Ben Laden, maintenu en vie sous l’ère Bush, disparaît en un clin d’œil, comme pour éviter qu’il n’ait à rendre compte de ses liens passés avec ses anciens bailleurs de fond. Les islamistes, y compris les pires intégristes du Front al-Nosra, redeviennent subitement dans les médias de gentils étudiants en proie à la violence des dictatures qu’ils combattent. Cet argument servira à Obama pour armer des milices en Libye et déposer Kadhafi. Et peu importe que ce pays soit aujourd’hui un enfer à ciel ouvert en proie aux extrémistes de tous poils du moment que les Américains en exploitent le pétrole. La Syrie a failli connaître le même sort. Les Occidentaux y ont sous-traité le conflit à leurs amis, les pays du Golfe et à l’Arabie Saoudite en particulier, pensant que cela accélèrerait la chute du président Assad. Et c’est ainsi qu’ont été constitués aux portes de l’Europe des groupes islamistes… avec deux fois plus de combattants qu’il n’y en avait en Afghanistan.

Une aubaine pour la plupart des djihadistes qui allaient se regrouper sous la bannière de l’organisation « État islamique ». Sunnite d’obédience fondamentaliste, cette dernière a proclamé le 29 juin 2014 le rétablissement du califat sur les territoires syrien et irakien qu’elle contrôle. L’intervention militaire étasunienne en Irak et le renversement en 2003 du président Saddam Hussein ont dynamité l’équilibre interne fragile entre la majorité chiite et la minorité sunnite d’un des rares États laïcs arabes. Dans l’anarchie et le chaos qui ont suivi, l’islam politique a d’autant plus réussi à recueillir un large consensus au sein de la minorité ethnique sunnite qu’un million d’anciens membres de l’appareil de sécurité, de l’armée et du parti Baas, charpente du régime de Saddam Hussein, pour la plupart sunnites, sont mis au ban de la société par les Américains. « Dans la mouvance salafiste-djihadiste, la mise à l’écart de ces sunnites propulse les chiites, nouveaux maîtres du pays, en ennemis numéro un », explique Romain Caillet.

Les États-Unis ont alors cru pouvoir mettre en place un gouvernement fantoche qui se prêterait aux intérêts économiques et politiques de l’Occident. Mais ce projet a fait long feu. Le Premier ministre chiite Maliki s’est révélé être un chef de file difficilement manipulable et surtout peu enclin à se soumettre aux ordres des occupants. Crime de lèse-majesté, il s’est insurgé contre les compagnies pétrolières occidentales qui cherchaient à tirer un profit considérable des vastes réserves d’énergie de l’Irak. En 2012, ExxonMobil avait ainsi signé un accord d’exploitation pétrolière avec la région kurde semi-autonome située au nord de l’Irak. Maliki avait logiquement rejeté cet accord, faisant remarquer que tout contrat sur le pétrole devait être négocié avec le gouvernement central de Bagdad et non avec le gouvernement régional du Kurdistan dirigé par Massoud Barzani. Ce dernier, c’est un secret de polichinelle, appelle sans relâche à la création d’un État kurde. Or, le Kurdistan représente une base avancée pour le déploiement de la puissance militaire américaine en Irak. Sa situation permet de surcroît de lorgner sur l’Iran. Enfin, le niveau de coopération entre Israël et les Kurdes a augmenté de façon significative après la chute de Saddam Hussein. Les partisans du rapprochement avec l’entité sioniste, nombreux au Kurdistan, pensent qu’ils ont quelque chose à offrir à l’État juif. Ce partenariat, affirment certains, pourrait créer un nouvel équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient, et cette évolution serait très bénéfique pour Israël. Dans ce contexte, il est intéressant de se pencher également sur la question du Kurdistan syrien où l’Occident aurait tout intérêt à voir se mettre en place une région autonome. Les bases d’un État kurde viennent ainsi d’être insidieusement posées… à condition, cela va de soi, que le nouveau-né s’intègre à la sphère d’influence israélo-américaine dans la région. L’indépendance a un prix…

Après avoir armé l’État islamique en Syrie, les États-Unis voient aujourd’hui débouler les hordes barbares djihadistes sur l’Irak. La déstabilisation de ce pays, tout comme de la Syrie, fait partie du projet de démembrement du monde arabe sur des bases ethniques, confessionnelles ou tribales. Les multinationales n’ont cure de la confusion générée par cette situation, le principal étant pour elles de contrôler les champs pétroliers… et qu’Israël survive en tant qu’État juif.

De la chute du bloc socialiste au 11 Septembre, une dizaine d’années aura ainsi été nécessaire pour instituer un ennemi de substitution au communisme, le terrorisme. Le cadre, c’est la stratégie du chaos, fait de désinformation systématique diffusée par des officines officielles, de mesures liberticides contre leurs propres concitoyens, d’occupations armées et de mainmise politique sur des peuples ayant perdu leurs initiatives civiques et leurs immunités. La doctrine, c’est la préemption militaire où faire fi des lois et de l’éthique est légitimé et où les justifications et les preuves sont délibérément manipulées pour fonder le massacre des néo-barbares dans une guerre totale du camp du bien contre l’axe du mal. Au terrorisme tout court, les États-Unis répliquent par le terrorisme d’État. Le général Giap, qui a combattu la France avant d’affronter les États-Unis, disait des colonialistes qu’ils étaient de mauvais élèves. Il ne reste plus à ces derniers qu’à passer à l’addition… forcément salée.

Capitaine Martin

http://www.resistance-politique.fr/article-comment-et-pourquoi-les-etats-unis-ont-cree-l-etat-islamique-124630848.html

http://reseauinternational.net/comment-les-etats-unis-cree-letat-islamique/

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Projection/débat le vendredi 3 octobre 2014 à Nice Garibaldi de 18h à 21h. « La Stratégie du Choc », d’après le livre de Naomi Klein.

28 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR"., #La guerre, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La mondialisation, #La nation ., #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

L'association "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" organise une projection/débat le vendredi 3 octobre 2014 à Nice Garibaldi

de 18h à 21h.

« La Stratégie du Choc », d’après le livre de Naomi Klein.

 Film sorti en 2009,  réalisé par Michael Winterbottom et Mat Withecross d’après l’œuvre de Naomi Klein.

Film sorti en 2009, réalisé par Michael Winterbottom et Mat Withecross d’après l’œuvre de Naomi Klein.

Bonjour.

Le monde est plongé dans le chaos et la violence. Les guerres économiques et les guerres traditionnelles plongent de nombreux pays dans la misère et parfois dans la barbarie.

Le livre remarquable de Naomi Klein* « La Stratégie du choc. La montée du capitalisme du désastre » sorti en 2008, permet de comprendre un peu mieux le monde où nous vivons. L’analyse de l’auteur permet de voir les liens entre le coup d’état du 11 septembre 1973 au Chili, le massacre de la place Tiananmen en 1989, l’effondrement de l’Union Soviétique, le naufrage de l’épopée Solidarnosc en Pologne, les difficultés rencontrées par Mandela dans l’Afrique du Sud postapartheid, les attentats du 11 septembre 2001, les guerres en Irak, le cyclone « Katrina » qui dévasta la Louisiane et particulièrement la Nouvelle-Orléans en 2005, le naufrage organisé de la Grèce, la destruction de la Libye, la prison à ciel ouvert qu’est Gaza, le terrorisme en Syrie, la guerre civile en Ukraine, la pratique de la torture partout et en tous lieux.

Ce livre remarquable permet d’éveiller les consciences à ces pratiques modernes. Il permet de mieux comprendre l’idéologie du Choc des Civilisations. Cette idée théorisée par Samuel Huntington est toujours d’actualité. Elle est appliquée actuellement par les néoconservateurs. Ils sont très puissants dans les pays occidentaux.

En 2009 est sorti le film éponyme réalisé par Michael Winterbottom et Mat Withecross d’après l’œuvre de Naomi Klein. Cette œuvre fidèle au livre permet de résister à la barbarie et de trouver le chemin de l’espoir.

Il faut le voir et le revoir.

L’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR » organise la projection de ce document suivie d’un débat, le vendredi 3 octobre 2014 de 18h à 21h à la salle Avelanie de la Maison des Associations de Nice Garibaldi.

L’entrée est libre et gratuite.

Pour plus de renseignements, téléphonez au : 06 82 97 97 77.

A bientôt.

Bien cordialement.

Lucien PONS. Président de l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR »

Colloque sur "Le terrorisme comme arme systématique de destruction". Les conférenciers; Robert Charvin, Ayssar Midani et Michel Colon.

https://www.youtube.com/watch?v=yy4hIzcXg7o&feature=youtu.be

*Naomi Klein Journaliste, essayiste et réalisatrice, diplômée de la prestigieuse « London School of Economics ». Elle est l’auteur du best-seller international « No Logo », traduit dans vingt-huit langues et devenu une référence incontournable dans le monde entier. Elle contribue régulièrement à la rubrique internationale de « The Nation » et « The Guardian ». Elle s’est rendue en Irak pendant la deuxième guerre du golfe pour le magazine « Harper’s ». En 2004, elle a réalisé un film documentaire « The Take », sur l’occupation des usines en Argentine, qu’elle a coproduit avec le réalisateur Avi Lewis. En 2008 elle écrit le best-seller « La Stratégie du Choc ». Elle a participé également à l’élaboration du film du même nom.

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Paris bombarde en Irak et n'exclut plus de frapper en Syrie. Par Alain Barluet sur "Le Figaro".

26 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #Politique étrangère, #L'OTAN.

Paris bombarde en Irak et n'exclut plus de frapper en Syrie

Un des deux avions de chasse Rafale français engagés dans le ciel irakien, jeudi matin. Crédits photo : Etat-major des armées/armée de l'air.

Un des deux avions de chasse Rafale français engagés dans le ciel irakien, jeudi matin. Crédits photo : Etat-major des armées/armée de l'air.

Un Conseil de défense a décidé jeudi d'augmenter l'aide à l'opposition syrienne.

Au lendemain de l'assassinat d'Hervé Gourdel, la France a affiché sa détermination à agir militairement contre le djihadisme. Pour la deuxième fois en une semaine, deux avions Rafale ont mené des frappes dans le nord de l'Irak, près de Faloudja, à 60 km de Bagdad. Partis faire une mission de reconnaissance depuis la base d'al-Dhafra, aux Émirats arabes unis, les avions français, équipés de pods laser, ont largué quatre bombes GBU 12 de 250 kg sur quatre hangars contenant du matériel militaire, qui ont été détruits. L'intervention a été dirigée par l'amiral français commandant les forces situées dans la zone de l'océan Indien, en coordination avec le centre de contrôle des opérations aériennes américain, situé au Qatar.

Rentré de New York, François Hollande a réuni jeudi pendant plus d'une heure un Conseil de défense auquel participaient notamment Jean-Yves Le Drian, son homologue de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et le chef d'état-major des armées (CEMA), le général Pierre de Villiers. Outre un renforcement des mesures de prévention antiterroriste en France, l'Élysée a annoncé que la France «poursuivra son action en soutien des autorités irakiennes dans le cadre qui a été fixé afin d'affaiblir le groupe Daech», terme désignant l'État islamique. En clair, les frappes menées par les avions français en Irak se poursuivront jusqu'à ce que «l'intégrité» de ce pays soit «retrouvée», a déclaré un peu plus tôt le ministre de la Défense sur RTL.

«Le soutien à l'opposition syrienne modérée et sa branche militaire, l'Armée syrienne libre (ASL), va être « intensifié », a annoncé l'Élysée »

Quoique ne figurant pas dans le communiqué de l'Élysée, la question de frappes en Syrie a également été posée. Il n'est pas exclu qu'elle évolue à l'avenir, à défaut d'avoir encore été tranchée. Les Américains sont engagés dans le ciel syrien, ce qui n'est pas le cas des Français jusqu'à présent. Cette semaine, à New York, François Hollande et Laurent Fabius ont répété que la France n'avait pas l'intention de mener des opérations aériennes en Syrie. «On ne peut pas tout faire, il convient de bien faire», dans le cadre d'un «partage des tâches», a notamment souligné le chef de l'État lors d'une conférence de presse à l'ONU. Mais tout en rappelant que la priorité de la France était l'Irak, le ministre de la Défense a reconnu que l'hypothèse n'était pas totalement exclue. «C'est une question qui est posée», a déclaré Jean-Yves Le Drian sur RTL, ajoutant toutefois que «cette opportunité ne se présente pas aujourd'hui». «On verra dans les jours qui viennent comment évolue la situation», a-t-il relevé.

À la pointe depuis des mois pour dénoncer le régime de Bachar el-Assad, considéré comme l'«allié objectif des djihadistes», Paris envisage avec réticence toute initiative qui bénéficierait au dictateur. En revanche, le soutien à l'opposition syrienne modérée et sa branche militaire, l'Armée syrienne libre (ASL), va être «intensifié», a annoncé l'Élysée. La France souhaite également renforcer la coopération internationale avec les États soucieux de lutter contre le phénomène des combattants étrangers, sujet crucial sur lequel une résolution a été adoptée mercredi par le Conseil de sécurité de l'ONU.

http://www.lefigaro.fr/international/2014/09/25/01003-20140925ARTFIG00345-paris-bombarde-en-irak-et-n-exclut-plus-de-frapper-en-syrie.php

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Article repris sur "FIGAROVOX". Un collectif de musulmans de France : «Nous sommes aussi de “sales Français”».

26 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation ., #La guerre, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Un collectif de musulmans de France : «Nous sommes aussi de “sales Français”»

  Crédits photo : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT/AFP

Crédits photo : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT/AFP

FIGAROVOX/TRIBUNE- Ils sont médecins, politiques, avocats, français et musulmans. Ils expriment avec la plus grande force la répulsion que leur inspire l'assassinat d'Hervé Gourdel.

Bariza Khiari (première vice-présidente du Sénat), Madjid Si Hocine (médecin et militant associatif), Saad Khiari (cinéaste-auteur), Ghaleb Bencheikh (président de la conférence mondiale des religions pour la paix), Farid Yaker (président du Forum France Algérie), Kamel Meziti (écrivain), Dounia Bouzar (anthropologue du fait religieux), Said Branine (journaliste rédacteur en chef d'Oumma.com), Humeyra Filiz (représentante de l'EMISCO auprés du conseil de l'Europe), l'ONG COJEP internationale, Anissa Meziti (présidente de l'association Agir contre le racisme), Abderahim Hamdani ( financier), Yasser Khaznadar (gériatre), Marwane Ben Yahmed (directeur de la publication de Jeune Afrique), Elie Melki (traducteur), Majed Nehmé (directeur de la rédaction d'Afrique Asie), Adel Kachermi (courtier en aviation), Kamel Kabtane (recteur de la Mosquée de Lyon), Faycal Megherbi (avocat au barreau de Paris), Kamel Maouche (avocat au barreau de Paris)

Un de nos compatriotes, tombé entre les mains d'un groupe de barbares fanatisés, vient d'être assassiné et a rejoint ainsi la liste des otages qui ont servi d'exutoire au nom d'un prétendu islam dans lequel aucun de nous ne se reconnaît nullement. Nous musulmans de France, ne pouvons qu'exprimer notre répulsion et dénoncer avec la dernière énergie des crimes abominables perpétrés au nom d'une religion dont les fondements mêmes sont la paix, la miséricorde et le respect de la vie.

Nous dénions à ces êtres sauvages le droit de se revendiquer de l'islam et de s'exprimer en notre nom. Les supplices et la mort qu'ils ont infligés à nos frères chrétiens, yazidis ou musulmans, en Syrie, en Irak, au Nigeria et ailleurs, nous ont révulsés et nous ont rendus encore plus malheureux de ne pouvoir faire rien d'autre que d'exprimer notre solidarité et notre immense compassion.

Faut-il pour autant se contenter d'exprimer notre solidarité sans aller plus loin dans l'expression de notre fraternité? Non! Car il est de notre devoir, au nom précisément de cette religion de paix et du véritable islam, d'appeler tous les musulmans qui veulent rester fidèles à ces valeurs cardinales, à exprimer, là où ils sont et quelles que soient les circonstances, leur dégoût devant cette ultime manifestation de la barbarie.

Il est de notre devoir, au nom précisément de cette religion de paix et du véritable islam, d'appeler tous les musulmans qui veulent rester fidèles à ces valeurs cardinales, à exprimer, là où ils sont et quelles que soient les circonstances, leur dégoût devant cette ultime manifestation de la barbarie.

Certes, cette majorité de musulmans n'est pas toujours audible, faute d'avoir accès aux médias, ou dans l'incapacité de créer elle-même ses propres outils de communication, pour rétablir l'image déformée que l'on renvoie d'eux et qui en fait soit des djihadistes, soit des fondamentalistes mais jamais des citoyens ordinaires soucieux de vivre leur foi dans le cadre des lois de la République et de sauvegarder les traditions et les cultures qui constituent chaque citoyen français dans la diversité de ses origines.

Nous, Français de France et de confession musulmane, tenons à exprimer avec force notre totale solidarité avec toutes les victimes de cette horde de barbares, soldats perdus d'un prétendu État islamique, et dénonçons avec la dernière énergie toutes les exactions commises au nom d'une idéologie meurtrière qui se cache derrière la religion islamique en confisquant son vocabulaire.

Personne ne peut s'arroger le droit de s'exprimer en notre nom, et, pour mieux attester de notre solidarité dans les circonstances dramatiques actuelles, nous revendiquons l'honneur de dire que «nous sommes aussi de sales Français».

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/09/25/31003-20140925ARTFIG00105-un-collectif-de-musulmans-de-france-nous-sommes-aussi-de-sales-francais.php

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Etat islamique : après l'Irak, la France pourrait aussi frapper en Syrie Information du journal "Le Parisien".

25 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La nation ., #Politique étrangère

Etat islamique : après l'Irak, la France pourrait aussi frapper en Syrie

ARCHIVES. Un pilote français aux commandes d'un Rafale.  | AFP PHOTO / ECPAD /

ARCHIVES. Un pilote français aux commandes d'un Rafale. | AFP PHOTO / ECPAD /

La mort d'Hervé Gourdel horrifie la France jusqu'au plus haut sommet de l'Etat. Au lendemain de l'assassinat de ce randonneur français perpétré par un groupe de jihadistes affilié à l'Etat islamique, mercredi en Algérie, François Hollande a réuni ce jeudi un conseil de Défense à l'Elysée.

MON ACTIVITÉ

SUR LE MÊME SUJET

L'objectif ? Fixer les buts assignés aux opérations militaires menées pour l'heure en Irak contre les forces de l'EI et renforcer la protection des Français.

Si le conseil a décidé d'intensifier le soutien de la France à l'opposition syrienne, il exclut, pour l'instant au moins, tout bombardement sur la Syrie et toute opération au sol. Par ailleurs, sur le territoire français, «les mesures de prévention contre les risques terroristes dans les lieux publics et dans les transports» vont être renforcées. Le Quai d'Orsay, qui a appelé les Français de l'étranger à la plus grande prudence depuis lundi, a étendu jeudi son conseil de vigilance à 40 pays (Indonésie, Malaisie, Philippines, Afghanistan, Pakistan, Ouzbékistan, Comores, Burundi, Tanzanie, Somalie et Ouganda ont été ajoutés).

Nouvelles frappes françaises en Irak

Alors que les Rafale français ont conduit depuis une semaine quinze missions de reconnaissance au-dessus de l'Irak, et n'avaient jusqu'ici officiellement frappé qu'une fois, le gouvernement a confirmé qu'une nouvelle opération avait été menée ce jeudi matin. «C'est une frappe en dynamique. Les avions étaient partis pour faire une reconnaissance et ils ont traité une cible d'opportunité», a précisé l'état-major des armées à l'AFP, sans préciser la nature de la cible. Les deux Rafale avaient décollé tôt le matin de la base française d'Al-Dhafra, aux Emirats arabes unis (EAU), pour une mission «sur les lignes de contact dans la région de Bagdad», avec un Atlantique2 et un avion ravitailleur. Les frappes menées vendredi dernier avaient conduit à la destruction d'un dépôt logistique dans la région de Mossoul.

Plus tôt, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait réaffirmé sur RTL que la France poursuivrait ses frappes en Irak jusqu'à ce que «l'intégrité» du pays soit «retrouvée». «Nous sommes dans une coalition, on se partage le travail», a-t-il déclaré. «Nous avons une cible privilégiée qu'est l'Irak. Il faut empêcher la destruction de l'Irak.»

Frappes en Syrie : la question se pose.

La question des frappes aériennes en Syrie par des avions française est désormais «posée», a estimé jeudi matin Jean-Yves Le Drian. De son côté, François Fillon soutient l'intervention française contre l'EI, mais considère qu'il faut également frapper en Syrie et reléguer à plus tard la question du président syrien Bachar al-Assad. «François Hollande a raison d'engager le combat contre l'état islamique et il a tout mon soutien. Je souhaiterais qu'il dise clairement que l'objectif est de détruire l'état islamique en Irak et au Levant avec les forces de la coalition et, partant de cette logique, on ne pourra pas s'arrêter à la frontière irakienne. Il faut mettre pour le moment de côté la question de Bachar al-Assad. (...). Après, la question du régime de Bachar El-Assad se posera. Mais si on veut combattre l'Etat islamique sans mettre les pieds en Syrie parce qu'on ne veut pas interférer dans le conflit syrien, alors nous n'aurons pas de résultat et la situation ne cessera d'empirer», a-t-il expliqué ce jeudi sur RTL.

Paris intensifie son soutien à l'opposition syrienne. Lors du conseil de défense présidé par François Hollande, il a été décidé que la France «intensifiera son soutien aux forces de l'opposition syrienne». «En Syrie, Bachar al-Assad est à l'origine du développement de Daech. Tout laisse à penser que les puits de pétrole tenus par Daech servent à alimenter Bachar al-Assad. Il faut à la fois que les frappes soient assurées, qu'on dénonce al-Assad, qui reste un dictateur, et renforcer l'opposition», avait déclaré un peu plus tôt le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius. Autre annonce : alors que «le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté (mercredi, ndlr) à l'unanimité une résolution importante afin de renforcer la cohérence de l'action internationale contre les combattants étrangers, la France est prête à apporter son soutien à tous les Etats qui en feraient la demande afin de permettre la mise en oeuvre rapide des mesures nécessaires», ajoute le communiqué du conseil de Défense.

Pas de troupes au sol. Revenant sur l'engagement de la France au sein de la coalition contre l'Etat islamique, Laurent Fabius a rappelé jeudi matin ne pas souhaiter d'intervention au sol. «Il n'y aura pas, je suis clair et net, de troupes au sol. Pour qu'il y ait victoire contre Daech (l'acronyme de l'Etat islamique), il faut que les Irakiens s'impliquent. Dans une guerre, on ne peut avoir de victoire que si la population s'implique», a expliqué le chef de la diplomatie française.

Une cimenterie française aux mains de l'EI en Syrie
La cimenterie du producteur français de matériaux de construction Lafarge, en Syrie, est tombée en fin de semaine aux mains des jihadistes de l'Etat islamique (EI). D'abord assurée par l'armée, la sécurité de l'usine l'était depuis août 2013 par le PYD, la branche militaire du Parti kurde de l'Union démocratique (PUD), majoritaire dans la région. Jeudi, une porte-parole du groupe indiquait que la totalité des employés, dont le nombre exacte est inconnu, du site avaient été évacués entre le 18 et le 19 septembre dernier.

http://www.leparisien.fr/politique/mort-d-herve-gourdel-conseil-de-defense-ce-jeudi-a-paris-25-09-2014-4162769.php

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Le plan d’Obama pour attaquer la Syrie, sous couvert de la lutte contre l’EIIL ("l’Etat islamique")

25 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #La mondialisation, #L'OTAN., #Europe supranationale

Les soldats de Frankestein

Les soldats de Frankestein

Le plan d’Obama pour attaquer la Syrie, sous couvert de la lutte contre l’EIIL ("l’Etat islamique").

Jeudi 18 septembre 2014

"Nul ne veut la destruction de l’EIIL, plus que la Syrie et ses soldats."

Le président Obama se prépare à faire quelque chose de terriblement dangereux en Syrie et en Irak. La montée de l’EIIL (État Islamique en Irak, en Syrie et au Levant "ISIS") a entravé la vieille stratégie de l’Empire consistant à déployer des combattants islamistes pour faire son sale boulot dans le monde arabe et musulman. L’EIIL ("ISIS"), le Frankenstein né des efforts états-uniens pour favoriser un changement de régime en Syrie, s’est retourné contre ses maîtres, des États-Unis, de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de la Turquie pour établir son propre califat, dans lequel des milliers d’autres combattants islamistes se précipitent. Même les médias états-uniens reconnaissent maintenant que les soi-disant rebelles syriens « modérés » pour lequel Obama veut collecter 500 millions de dollars, sont pratiquement inexistants. Ils ont toujours été un mirage, créatures de la propagande occidentale. Les islamistes étaient la seule force qui pouvait remettre en cause l’armée syrienne sur le champ de bataille, et maintenant qu’ils se rallient à l’EIIIL ("ISIS"), ou qu’ils s’enfuient, Obama ne sait pas vers qui se tourner.

Certes, les États-Unis peuvent bombarder des positions de l’EIIL (ISIS) en Syrie, et se préparent déjà pour le faire, mais ce n’est pas la guerre qu’Obama voulait faire. Il y a trois ans, quand Obama a lancé sa sale guerre contre la Syrie, le plan était que les djihadistes musulmans versent leur sang pour renverser le président Assad. Une fois que l’acte sale et criminel était réalisé, les djihadistes étaient censés permettre à l’OTAN et aux rois corrompus de la péninsule arabique de choisir les prochains dirigeants de la Syrie. La CIA rejouait Lawrence d’Arabie, en utilisant les djihadistes comme chair à canon, pour les mettre de côté quand le temps de partager le butin serait venu.

Tel était aussi le plan en Libye, où l’OTAN et le même gang de voleurs financés et armés par les monarchies arabes ont entraîné le renversement de Mouammar Kadhafi. Mais les djihadistes libyens n’ont pas réussi à coopérer avec le régime de l’empire.

Le réseau jihadiste mondial que les états-uniens et les saoudiens ont créé dans les années 1980 a déclaré son indépendance, et Washington n’a personne pour les remplacer. Des troupes états-uniennes sur le terrain sont inacceptables tant pour les gens de la région que pour le public états-unien. Obama et ses sbires disent que les États-Unis et ses alliés écraseront l’EIIL (ISIS) - mais ce sera comme étouffer son propre enfant dans son berceau, et supprimerait tout espoir des États-Unis d’atteindre son objectif stratégique de changement de régime en Syrie.

Surveillez le grand changement ("Big Switch")

Si Obama était sérieux dans sa volonté d’écraser l’EIIL (ISIS), le meilleur et le plus logique allié serait le président syrien Assad, dont l’armée a jusqu’ici prévalu contre toutes les sortes de djihadiste que les États-Unis ont été en mesure de jeter contre lui, y compris l’EIIL (ISIS) sous ses incarnations précédentes. Personne, plus que la Syrie et ses soldats, veut que l’EIIL (ISIS) soit battu, de nombreux soldats syriens sont morts dans cette guerre diligentée par les États-Unis dans des proportions plus importantes que tout autre groupe, civils ou rebelles. Si l’objectif d’Obama était de mettre la région à l’abri de l’EIIL (ISIS), Obama devrait coordonner ses mouvements avec l’armée syrienne. Mais il ment - tout comme l’administration Bush a menti pour faire en sorte que le peuple états-unien croit que Saddam Hussein était responsable du 11/9. L’objectif des États-Unis n’était pas de se venger du 11/9, mais d’envahir l’Irak. De la même façon, Obama est obligé de pallier à la défection de l’EIIL (ISIS) du contrôle occidental, mais son objectif reste de renverser le président Assad. Et, il dira n’importe quel mensonge, ou des combinaisons de mensonges, pour envoyer des bombes US sur le gouvernement syrien, sous le couvert de la lutte contre l’EIIL (ISIS). Vous pouvez parier que la CIA brûle d’impatience et cherche un prétexte pour faire de cette défaite stratégique des États-Unis une excuse pour attaquer directement la Syrie. Et c’est ce qui rend cette période si dangereuse.

Par Glen Ford, rédacteur en chef de Black Agenda Report, le 06 septembre 2014

Traduction de l’anglais par Sam La Touch

Source de l’article en anglais : Black Agenda Report

http://lepcf.fr/spip.php?page=article&id_article=2498

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