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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la syrie - la libye - l'iran - tag

Un article de Robert Fisk. Les rapports sur l’utilisation d’armes chimiques en Syrie ? Un air de déjà vu...

1 Mai 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Un article de Robert Fisk

 
Les rapports sur l’utilisation d’armes chimiques en Syrie ? Un air de déjà vu...

Les rapports sur l’utilisation d’armes chimiques par le régime Assad, font partie d’un récit à répétition rempli de manipulations.
28 avril 2013

Y a-t-il un moyen d’échapper au théâtre des armes chimiques ? Tout d’abord, « les services militaires de renseignement » israéliens affirment que les forces de Bachar al-Assad ont utilisé / ont probablement utilisé / auraient pu utiliser / pourraient utiliser, des armes chimiques. Puis Chuck Hagel, le secrétaire américain à la Défense, déboule en Israël, pour promettre encore plus de puissance de feu aux militaires israéliens déjà sur-armés - en évitant toute mention de leur plus de 200 ogives nucléaires - et ensuite imbiber comme une éponge tous les « rapports » israéliens sur l’utilisation avérée/probable /possible, d’armes chimiques par la Syrie.

Alors le bon vieux Chuck retourne à Washington et dit au monde que « c’est une affaire sérieuse. Nous avons besoin de tous les faits ». La Maison Blanche dit au Congrès que les agences américaines de renseignement, probablement les mêmes que les agences de renseignement israéliennes depuis que les deux côtés fonctionnent habituellement en tandem, ont des « degrés de confiance variables » dans l’information. Mais la sénatrice Dianne Feinstein, présidente de la commission du renseignement au Sénat - qui a réussi à défendre les actions d’Israël en 1996 après que celui-ci ait massacré 105 civils, principalement des enfants, à Qana au Liban - annonce à propos de la Syrie qu’« il est clair que les lignes rouges ont été franchies et que des mesures doivent être prises pour empêcher l’utilisation [d’armes chimiques] à grande échelle ». Et le plus éculé des clichés de la Maison Blanche - utilisé jusqu’à présent exclusivement pour traiter du développement probable/possible d’armes nucléaires par l’Iran - est ensuite mis en service : « Toutes les options sont sur la table. »

Dans une société normale, les feux rouges devraient désormais clignoter, en particulier dans les salles de rédaction du monde entier. Mais non. Nous, les scribes, rappelons au monde que Obama avait dit que l’utilisation d’armes chimiques en Syrie serait un « changement des règles du jeu » - au moins les Américains admettent que c’est un jeu - et nos rapports confirment ce que personne n’a réellement confirmé. : l’utilisation d’armes chimiques. J’ai été approché, dans deux studios de télévision canadiens, par des producteurs qui brandissaient les mêmes titres. Je leur dis qu’à l’antenne je mettrai à la poubelle « leurs preuves ». Et soudain la question est supprimée de ces deux programmes... Non pas parce qu’ils ne veulent pas en parler - ils le feront plus tard - mais parce qu’ils ne veulent pas que quelqu’un puisse suggérer en direct qu’il puisse s’agir de montages de toutes pièces.

CNN n’a pas de telles inhibitions. Lorsque leur reporter à Amman est questionné sur ce que l’on sait sur l’utilisation d’armes chimiques par la Syrie, il répond : « Pas autant que ce que le monde voudrait savoir ... le psychisme du régime Assad .... etc... » Mais a-t-on essayé ? Ou tout simplement a-t-on posé une question évidente, qui m’a été soumise par un homme des services syriens du renseignement à Damas la semaine dernière : « si la Syrie peut causer infiniment plus de dégâts avec ses bombardiers MiG (ce que fait le régime) pourquoi devrait-on utiliser des produits chimiques ? » Et puisque tant le régime que ses ennemis s’accusent mutuellement d’utiliser de telles armes, pourquoi Chuck ne craindrait-il pas les rebelles, comme il craint la dictature d’Assad ?

On en revient toujours aux plus infantiles des clichés : que les États-Unis et Israël craignent que les armes chimiques d’Assad « tombent entre de mauvaises mains ». Ils sont effrayés, en d’autres termes, que ces produits chimiques puissent se retrouver dans l’arsenal des mêmes rebelles, en particulier les islamistes, que Washington, Londres, Paris, le Qatar et l’Arabie saoudite soutiennent. Et si ce sont les « mauvaises mains », on peut présumer que les armes dans l’arsenal d’Assad sont dans les « bonnes mains ». Ce fut le cas avec les armes chimiques de Saddam Hussein - jusqu’à ce qu’il les utilisent contre les Kurdes.

Maintenant, nous savons qu’il y a eu trois incidents spécifiques dans lesquels le gaz sarin [gaz innervant mortel dont la version actuelle a été mise en point par les britanniques en 1952 - N.d.T] a soi-disant été utilisé en Syrie : à Alep, où les deux côtés se sont mutuellement renvoyé l’accusation (les vidéos de l’hôpital proviennent en fait de la télévision d’État syrienne) ; à Homs, apparemment sur un très petite échelle, et dans la banlieue de Damas. Et, bien que la Maison Blanche semble avoir raté l’information, trois enfants réfugiés syriens ont été amenés à l’hôpital de la ville libanaise de Tripoli avec de profondes et douloureuses brûlures sur leurs corps.

Mais maintenant, apparaissent quelques problèmes. Des obus au phosphore peuvent infliger des brûlures profondes, et peut-être causer des malformations congénitales. Mais les Américains ne semblent pas indiquer que l’armée syrienne aitt utilisé du phosphore (qui est en fait un produit chimique). Après tout, les troupes américaines ont utilisé la même arme dans la ville irakienne de Fallujah, où il y a en effet aujourd’hui une explosion de malformations congénitales.

Je suppose que notre haine du régime Assad pourrait être plus crédible si nous étions horrifiés par les rapports sur la torture par la police secrète syrienne des prisonniers aux mains du régime. Mais il y a un problème là aussi : il y a seulement 10 ans, les États-Unis « restituaient » des hommes innocents, y compris un citoyen canadien, à Damas pour y être interrogés et torturés par les mêmes policiers des services secrets. Et si nous mentionnons les armes chimiques de Saddam Hussein, il y a un autre petit problème : les composants de ces armes ignobles ont été fabriqués par une usine dans le New Jersey et expédiés à Bagdad par les États-Unis !

Ce n’est pas l’histoire qui prévaut dans nos salles de rédaction, bien sûr. Allez dans un studio de télévision, et vous les verrez tous lire les journaux. Rendez-vous dans le bureau d’un journal, et vous les verrez tous regarder la télévision. C’est osmotique. Et les titres sont tous les mêmes : la Syrie utilise des armes chimiques. Voilà comment fonctionne le théâtre.

Robert Fisk
28 avril 2013


* Robert Fisk est le correspondant du journal The Independent pour le Moyen Orient. Il a écrit de nombreux livres sur cette région dont : La grande guerre pour la civilisation : L’Occident à la conquête du Moyen-Orient.

Traduction : Info-Palestine.eu - al-Mukhtar

Source : http://www.info-palestine.eu/spip.php ?article13476

Article original en anglais :
http://www.independent.co.uk/news/w...

 

http://www.silviacattori.net/article4385.html

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Article S.Cattori. Interview des auteurs de l’ouvrage "Le Vilain Petit Qatar", par Majed Nehmé. Le Qatar, champion du mensonge et de la dissimulation.

1 Mai 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Interview des auteurs de l’ouvrage "Le Vilain Petit Qatar", par Majed Nehmé
 

Le Qatar, champion du mensonge et de la dissimulation

 

Interview des auteurs de l’ouvrage "Le Vilain Petit Qatar", par Majed Nehmé
Le Qatar, champion du mensonge et de la dissimulation
Sans sponsors et en toute indépendance, à contre-courant des livres de commande publiés récemment en France sur le Qatar, Nicolas Beau et Jacques-Marie Bourget (*) ont enquêté sur ce minuscule État tribal, obscurantiste et richissime qui, à coup de millions de dollars et de fausses promesses de démocratie, veut jouer dans la cour des grands en imposant partout dans le monde sa lecture intégriste du Coran. Un travail rigoureux et passionnant sur cette dictature molle, dont nous parle Jacques-Marie Bourget.
29 avril 2013

Écrivain et ancien grand reporter dans les plus grands titres de la presse française, Jacques-Marie Bourget a couvert de nombreuses guerres : le Vietnam, le Liban, le Salvador, la guerre du Golfe, la Serbie et le Kosovo, la Palestine… C’est à Ramallah qu’une balle israélienne le blessera grièvement. Grand connaisseur du monde arabe et des milieux occultes, il publiait en septembre dernier avec le photographe Marc Simon, Sabra et Chatila, au cœur du massacre (Éditions Érick Bonnier, voir Afrique Asie d’octobre 2012)

Nicolas Beau a longtemps été journaliste d’investigation à Libération, au Monde et au Canard Enchainé avant de fonder et diriger le site d’information satirique français, Bakchich. info. Il a notamment écrit des livres d’enquêtes sur le Maroc et la Tunisie et sur Bernard-Henri Lévy.

Qu’est-ce qui vous a amenés à consacrer un livre au Qatar ?

Le hasard puis la nécessité. J’ai plusieurs fois visité ce pays et en suis revenu frappé par la vacuité qui se dégage à Doha. L’on y a l’impression de séjourner dans un pays virtuel, une sorte de console vidéo planétaire. Il devenait intéressant de comprendre comment un État aussi minuscule et artificiel pouvait prendre, grâce aux dollars et à la religion, une telle place dans l’histoire que nous vivons. D’autre part, à l’autre bout de la chaîne, l’enquête dans les banlieues françaises faite par mon coauteur Nicolas Beau nous a immédiatement convaincus qu’il y avait une stratégie de la part du Qatar enfin de maîtriser l’islam aussi bien en France que dans tout le Moyen-Orient et en Afrique. D’imposer sa lecture du Coran qui est le wahhabisme, donc d’essence salafiste, une interprétation intégriste des écrits du Prophète. Cette sous-traitance de l’enseignement religieux des musulmans de France à des imams adoubés par le Qatar nous a semblé incompatible avec l’idée et les principes de la République. Imaginez que le Vatican, devenant soudain producteur de gaz, profite de ses milliards pour figer le monde catholique dans les idées intégristes de Monseigneur Lefebvre, celles des groupuscules intégristes qui manifestent violement en France contre le « mariage pour tous ». Notre société deviendrait invivable, l’obscurantisme et l’intégrisme sont les meilleurs ennemis de la liberté.

Sur ce petit pays, nous sommes d’abord partis pour publier un dossier dans un magazine. Mais nous avons vite changé de format pour passer à celui du livre. Le paradoxe du Qatar, qui prêche la démocratie sans en appliquer une seule once pour son propre compte, nous a crevé les yeux. Notre livre sera certainement qualifié de pamphlet animé par la mauvaise foi, de Qatar bashing… C’est faux. Dans cette entreprise nous n’avons, nous, ni commande, ni amis ou sponsors à satisfaire. Pour mener à bien ce travail, il suffisait de savoir lire et observer. Pour voir le Qatar tel qu’il est : un micro-empire tenu par un potentat, une dictature avec le sourire aux lèvres.

Depuis quelques années, ce petit émirat gazier et pétrolier insignifiant géopolitiquement est devenu, du moins médiatiquement, un acteur politique voulant jouer dans la cour des grands et influer sur le cours de l’Histoire dans le monde musulman. Est-ce la folie des grandeurs ? Où le Qatar sert-il un projet qui le dépasse ?

Il existe une folie des grandeurs. Elle est encouragée par des conseillers et flagorneurs qui ont réussi à convaincre l’émir qu’il est à la fois un tsar et un commandeur des croyants. Mais c’est marginal. L’autre vérité est qu’il faut, par peur de son puissant voisin et ennemi saoudien, que la grenouille se gonfle. Faute d’occuper des centaines de milliers de kilomètres carrés dans le Golfe, le Qatar occupe ailleurs une surface politico-médiatique, un empire en papier. Doha estime que cette expansion est un moyen de protection et de survie.

Enfin il y a la religion. Un profond rêve messianique pousse Doha vers la conquête des âmes et des territoires. Ici, on peut reprendre la comparaison avec le minuscule Vatican, celui du xixe siècle qui envoyait ses missionnaires sur tous les continents. L’émir est convaincu qu’il peut nourrir et faire fructifier une renaissance de la oumma, la communauté des croyants. Cette stratégie a son revers, celui d’un possible crash, l’ambition emportant les rêves du Qatar bien trop loin de la réalité. N’oublions pas aussi que Doha occupe une place vide, celle libérée un temps par l’Arabie Saoudite impliquée dans les attentats du 11-Septembre et contrainte de se faire plus discrète en matière de djihad et de wahhabisme. Le scandaleux passe-droit dont a bénéficié le Qatar pour adhérer à la Francophonie participe à cet objectif de « wahhabisation » : en Afrique, sponsoriser les institutions qui enseignent la langue française permet de les transformer en écoles islamiques, Voltaire et Hugo étant remplacés par le Coran.

Cette mégalomanie peut-elle se retourner contre l’émir actuel ? Surtout si l’on regarde la brève histoire de cet émirat, créé en 1970 par les Britanniques, rythmée par des coups d’État et des révolutions de palais.

La mégalomanie et l’ambition de l’émir Al-Thani sont, c’est vrai, discrètement critiquées par de « vieux amis » du Qatar. Certains, avançant que le souverain est un roi malade, poussent la montée vers le trône de son fils désigné comme héritier, le prince Tamim. Une fois au pouvoir, le nouveau maître réduirait la voilure, notamment dans le soutien accordé par Doha aux djihadistes, comme c’est le cas en Libye, au Mali et en Syrie. Cette option est même bien vue par des diplomates américains inquiets de cette nouvelle radicalité islamiste dans le monde. Alors, faut-il le rappeler, le Qatar est d’abord un instrument de la politique de Washington avec lequel il est lié par un pacte d’acier.

Cela dit, promouvoir Tamim n’est pas simple puisque l’émir, qui a débarqué son propre père par un coup d’État en 1995, n’a pas annoncé sa retraite. Par ailleurs le premier ministre Jassim, cousin de l’émir, le tout-puissant et richissime « HBJ », n’a pas l’intention de laisser un pouce de son pouvoir. Mieux : en cas de nécessité, les États-Unis sont prêts à sacrifier et l’émir et son fils pour mettre en place un « HBJ » dévoué corps et âme à Washington et à Israël. En dépit de l’opulence affichée, l’émirat n’est pas si stable qu’il y paraît. Sur le plan économique, le Qatar est endetté à des taux « européens » et l’exploitation de gaz de schiste est en rude concurrence, à commencer aux États-Unis.

La présence de la plus grande base américaine en dehors des États-Unis sur le sol qatari peut-elle être considérée comme un contrat d’assurance pour la survie du régime ou au contraire comme une épée de Damoclès fatale à plus ou moins brève échéance ?

La présence de l’immense base Al-Udaï est, dans l’immédiat, une assurance vie pour Doha. L’Amérique a ici un lieu idéal pour surveiller, protéger ou attaquer à son gré dans la région. Protéger l’Arabie Saoudite et Israël, attaquer l’Iran. La Mecque a connu ses révoltes, la dernière réprimée par le capitaine Barril et la logistique française. Mais Doha pourrait connaître à son tour une révolte conduite par des fous d’Allah mécontents de la présence du « grand Satan » en terre wahhabite.

Ce régime, moderne d’apparence, est en réalité fondamentalement tribal et obscurantiste. Pourquoi si peu d’informations sur sa vraie nature ?

Au risque de radoter, il faut que le public sache enfin que le Qatar est le champion du monde du double standard : celui du mensonge et de la dissimulation comme philosophie politique. Par exemple, des avions partent de Doha pour bombarder les taliban en Afghanistan alors que ces mêmes guerriers religieux ont un bureau de coordination installé à Doha, à quelques kilomètres de la base d’où décollent les chasseurs partis pour les tuer. Il en va ainsi dans tous les domaines, et c’est le cas de la politique intérieure de ce petit pays.

Regardons ce qui se passe dans ce coin de désert. Les libertés y sont absentes, on y pratique les châtiments corporels, la lettre de cachet, c’est-à-dire l’incarcération sans motif, est une pratique courante. Le vote n’existe que pour nommer une partie des conseillers municipaux, à ceci près que les associations et partis politiques sont interdits, tout comme la presse indépendante… Une Constitution qui a été élaborée par l’émir et son clan n’est même pas appliquée dans tous ses articles. Le million et demi de travailleurs étrangers engagés au Qatar s’échinent sous le régime de ce que des associations des droits de l’homme qualifient « d’esclavage ». Ces malheureux, privés de leurs passeports et payés une misère, survivent dans les camps détestables sans avoir le droit de quitter le pays. Nombre d’entre eux, accrochés au béton des tours qu’ils construisent, meurent d’accidents cardiaques ou de chutes (plusieurs centaines de victimes par an).

La « justice », à Doha, est directement rendue au palais de l’émir, par l’intermédiaire de juges qui le plus souvent sont des magistrats mercenaires venus du Soudan. Ce sont eux qui ont condamné le poète Al-Ajami à la prison à perpétuité parce qu’il a publié sur Internet une plaisanterie sur Al-Thani ! Observons une indignation à deux vitesses : parce que cet homme de plume n’est pas Soljenitsyne, personne n’a songé à défiler dans Paris pour défendre ce martyr de la liberté. Une anecdote : cette année, parce que son enseignement n’était pas « islamique », un lycée français de Doha a tout simplement été retiré de la liste des institutions gérées par Paris.

Arrêtons là car la situation du droit au Qatar est un attentat permanent aux libertés.

Pourtant, et l’on retombe sur le fameux paradoxe, Doha n’hésite pas, hors de son territoire, à prêcher la démocratie. Mieux, chaque année un forum se tient sur ce thème dans la capitale. Son titre, « New or restaured democracy » alors qu’au Qatar il n’existe de démocratie ni « new » ni « restaured »… Selon le classement de The Economist, justement en matière de démocratie, le Qatar est 136e sur 157e États, classé derrière le Bélarusse. Bizarrement, alors que toutes les bonnes âmes fuient le dictateur moustachu Loukachenko, personne n’éprouve honte ou colère à serrer la main d’Al-Thani. Et le Qatar, qui est aussi un enfer, n’empêche pas de grands défenseurs des droits de l’homme, notamment français, de venir bronzer, invités par Doha, de Ségolène Royal à Najat Vallaud-Belkacem, de Dominique de Villepin à Bertrand Delanoë.

Comment un pays qui est par essence antidémocratique se présente-t-il comme le promoteur des printemps arabes et de la liberté d’expression ?

Au regard des « printemps arabes », où le Qatar joue un rôle essentiel, il faut observer deux phases. Dans un premier temps, Doha hurle avec les peuples justement révoltés. On parle alors de « démocratie et de liberté ». Les dictateurs mis à terre, le relais est pris par les Frères musulmans, qui sont les vrais alliés de Doha. Et on oublie les slogans d’hier. Comme on le dit dans les grandes surfaces, « liberté et démocratie » n’étaient que des produits d’appel, rien que de la « com ».

Si l’implication du Qatar dans les « printemps » est apparue comme une surprise, c’est que la stratégie de Doha a été discrète. Depuis des années l’émirat entretient des relations très étroites avec des militants islamistes pourchassés par les potentats arabes, mais aussi avec des groupes de jeunes blogueurs et internautes auxquels il a offert des stages de « révolte par le Net ». La politique de l’émir était un fusil à deux coups. D’abord on a envoyé au « front » la jeunesse avec son Facebook et ses blogueurs, mains nues face aux fusils des policiers et militaires. Ceux-ci défaits, le terrain déblayé, l’heure est venue de mettre en poste ces islamistes tenus bien au chaud en réserve, héros sacralisés, magnifiés en sagas par Al-Jazeera.

Comment expliquez-vous l’implication directe du Qatar d’abord en Tunisie et en Libye, et actuellement en Égypte, dans le Sahel et en Syrie ?

En Libye, nous le montrons dans notre livre, l’objectif était à la fois de restaurer le royaume islamiste d’Idriss tout essayant de prendre le contrôle de 165 milliards, le montant des économies dissimulées par Kadhafi. Dans le cas de la Tunisie et de l’Égypte, il s’agit de l’application d’une stratégie froide du type « redessinons le Moyen-Orient », digne des « néocons » américains. Mais, une fois encore, ce n’est pas le seul Qatar qui a fait tomber Ben Ali et Moubarak ; leur chute a d’abord été le résultat de leur corruption et de leur politique tyrannique et aveugle.

Au Sahel, les missionnaires qataris sont en place depuis cinq ans. Réseaux de mosquées, application habile de la zaqat, la charité selon l’islam, le Qatar s’est taillé, du Niger au Sénégal, un territoire d’obligés suspendus aux mamelles dorées de Doha. Plus que cela, dans ce Niger comme dans d’autres pays pauvres de la planète le Qatar a acheté des centaines de milliers d’hectares transformant ainsi des malheureux affamés en « paysans sans terre ». À la fin de 2012, quand les djihadistes ont pris le contrôle du Nord-Mali, on a noté que des membres du Croissant-Rouge qatari sont alors venus à Gao prêter une main charitable aux terribles assassins du Mujao…

La Syrie n’est qu’une extension du domaine de la lutte avec, en plus, une surenchère : se montrer à la hauteur de la concurrence de l’ennemi saoudien dans son aide au djihad. Ici, on a du mal à lire clairement le dessein politique des deux meilleurs amis du Qatar, les États-Unis et Israël, puisque Doha semble jouer avec le feu de l’islamisme radical…

Le Fatah accuse le Qatar de semer la zizanie et la division entre les Palestiniens en soutenant à fond le Hamas, qui appartient à la nébuleuse des Frères musulmans. Pour beaucoup d’observateurs, cette stratégie ne profite qu’à Israël. Partagez-vous cette analyse ?

Quand on veut évoquer la politique du Qatar face aux Palestiniens, il faut s’en tenir à des images. Tzipi Livni, qui fut avec Ehud Barak la cheville ouvrière, en 2009, de l’opération Plomb durci sur Gaza – 1 500 morts – fait régulièrement ses courses dans les malls de Doha. Elle profite du voyage pour dire un petit bonjour à l’émir. Un souverain qui, lors d’une visite discrète, s’est rendu à Jérusalem pour y visiter la dame Livni… Souvenons-nous du pacte signé d’un côté par HBJ et le souverain Al-Thani et de l’autre les États-Unis : la priorité est d’assister la politique d’Israël. Quand le « roi » de Doha débarque à Gaza en promettant des millions, c’est un moyen d’enferrer le Hamas dans le clan des Frères musulmans pour mieux casser l’unité palestinienne. C’est une politique pitoyable. Désormais, Mechaal, réélu patron du Hamas, vit à Doha dans le creux de la main de l’émir. Le rêve de ce dernier – le Hamas ayant abandonné toute idée de lutte – est de placer Mechaal à la tête d’une Palestine qui se situerait en Jordanie, le roi Abdallah étant déboulonné. Israël pourrait alors s’étendre en Cisjordanie. Intéressante politique-fiction.

Le Qatar a-t-il « acheté » l’organisation de la Coupe du monde football en 2022 ?

Un grand et très vieil ami du Qatar m’a dit : « Le drame avec eux, c’est qu’ils s’arrangent toujours pour que l’on dise “cette fois encore, ils ont payé !” » Bien sûr, il y a des soupçons. Remarquons que les fédérations sportives sont si sensibles à la corruption que, avec de l’argent, acheter une compétition est possible. On a connu cela avec des jeux Olympiques étrangement attribués à des outsiders…

Dans le conflit frontalier entre le Qatar et le Bahreïn, vous révélez que l’un des juges de la Cour internationale de justice de La Haye aurait été acheté par le Qatar. L’affaire peut-elle être rejugée à la lumière de ces révélations ?

Un livre – sérieux celui-là – récemment publié sur le Qatar évoque une manipulation possible lors du jugement arbitral qui a tranché le conflit frontalier entre le Qatar et Bahreïn. Les enjeux sont énormes puisque, sous la mer et les îlots, se trouve du gaz. Un expert m’a déclaré que cette révélation pouvait être utilisée pour rouvrir le dossier devant la Cour de La Haye…

Les liaisons dangereuses et troubles entre la France de Sarkozy et le Qatar se poursuivent avec la France de Hollande. Comment expliquez-vous cette continuité ?

Parler du Qatar, c’est parler de Sarkozy, et inversement. De 2007 à 2012, les diplomates et espions français en sont témoins, c’est l’émir qui a réglé la « politique arabe » de la France. Il est amusant de savoir aujourd’hui que Bachar al-Assad a été l’homme qui a introduit la « sarkozie » auprès de celui qui était alors son meilleur ami, l’émir du Qatar. Il n’y a pas de bonne comédie sans traîtres. Kadhafi était, lui aussi, un grand ami d’Al-Thani et c’est l’émir qui a facilité l’amusant séjour du colonel et de sa tente à Paris. Sans évoquer les affaires incidentes, comme l’épopée de la libération des infirmières bulgares. La relation entre le Qatar et Sarkozy a toujours été sous-tendue par des perspectives financières. Aujourd’hui Doha promet d’investir 500 millions de dollars dans le fonds d’investissement que doit lancer l’ancien président français à Londres. Échange de bons procédés, ce dernier fait de la propagande ou de la médiation dans les aventures, notamment sportives, du Qatar.

François Hollande, par rapport au Qatar, s’est transformé en balancier. Un jour le Qatar est « un partenaire indispensable », qui a sauvé dans son fief de Tulle la fabrique de maroquinerie le Tanneur, le lendemain, il faut prendre garde de ses amis du djihad. Aucune politique n’est fermement dessinée et les diplomates du Quai-d’Orsay, nommés sous Sarkozy, continuent de jouer le jeu d’un Doha qui doit rester l’ami numéro 1. En période de crise, les milliards miroitants d’Al-Thani impliquent aussi une forme d’amitié au nom d’un slogan faux et ridicule qui veut que le Qatar « peut sauver l’économie française »… La réalité est plus plate : tous les investissements industriels de Doha en France sont des échecs… Reste le placement dans la pierre, vieux bas de laine de toutes les richesses. Notons là encore un pathétique grand écart : François Hollande a envoyé son ministre de la Défense faire la quête à Doha afin de compenser le coût de l’opération militaire française au Mali, conduite contre des djihadistes très bien vus par l’émir.

Propos recueillis par Majed Nehmé - AFRIQUE-ASIE
26/04/2013


(*) Le Vilain Petit Qatar – Cet ami qui nous veut du mal, Jacques-Marie Bourget et Nicolas Beau, Éd. Fayard, 300 p., 19 euros
http://www.amazon.fr/Le-Vilain-Petit-Qatar-nous/dp/2213671281/ref=sr_1_1 ?ie=UTF8&qid=1367231890&sr=8-1&keywords=le+vilain+petit+qatar

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Libye: le silence des martyrs

29 Avril 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 

Libye: le silence des martyrs

Aurélie Moreau , envoyée spéciale en Libye de la "Libre Belgique". Mis en ligne le 16/04/2013.

 

Les civils bombardés par l'Otan sont toujours en attente d'une réponse. Des bombes GBU-12 à guidage laser ont ôté la vie de simples citoyens. Selon diverses coupures de presse, les F-16 belges en étaient d'ailleurs équipés.

Des maisons balayées par le souffle des déflagrations, ne restent que des murs de béton chancelants et des rideaux en charpie. Des décombres, ne subsistent que des souvenirs : un cartable abandonné, un soulier troué, des dessins et des bulletins scolaires. Ils sont pères de famille et évoquent avec pudeur la douleur de survivre à leurs proches, morts sous les bombardements de l'Otan. Ils sont des dommages collatéraux.

 

Tripoli

 

Le 19 juin, il est 1 heure du matin, Salem al-Gharari regarde la télévision. Il habite une maison cossue de la banlieue de Tripoli, à Souk al-Juma. Depuis deux semaines, dans ce quartier marchand de la capitale, des dissidents manifestent timidement leur soutien aux révolutionnaires : ils lancent des pigeons aux couleurs du drapeau rebelle et attachent des ballons à la queue des chats (très vite abattus par les militaires). Les insurgés approchent mais la banlieue demeure fermement sous le contrôle des forces kadhafistes, alors - en attendant - Salem al-Gharari s'assoupit.

Il est 1h45 lorsqu'il est réveillé dans une maison enfumée. Le plafond effondré l'empêche de se redresser et il saigne, abondamment. "Il n'y avait plus d'électricité. On cherchait un moyen de sortir mais je ne voyais rien. J'étais devenu sourd. Ce sont les voisins qui ont frayé un chemin jusqu'à moi. Dès que je suis sorti, la maison est tombée. J'ai dû soigner ma famille en Tunisie à mes frais. Aujourd'hui, je loue une maison insalubre pour 350 dinars par mois. Mais avant tout, je veux comprendre pourquoi. J'ai droit à une réponse ! J'ai perdu ma femme, mon fils, ma sœur, son mari et leurs deux enfants."

Immobile face aux ruines, il soupçonne l'Otan de s'être trompée de cible. Les chambres de la résidence voisine trahissent en effet tant la présence des services de renseignement de l'armée que leur fuite précipitée : des tables et des chaises renversées jonchent le sol au milieu d'équipements militaires. Des centaines de dossiers inquiétants témoignent des pratiques douteuses de l'ancien régime (1). Ils relatent les moindres faits et gestes des civils libyens : les endroits exacts qu'ils fréquentaient, le nom des membres de leur famille, leur activité, leurs loisirs, leur emploi du temps. D'autres chambres ont quant à elles été réaménagées en cellules d'enfermement discrètes où les portes de prison et les barreaux remplacent les vitres et les portes en bois traditionnelles.

En Libye, huit bombardements connus causèrent la mort de civils. Seul le cas de M. al-Gharari pressa l'Otan à reconnaître "une faute" en raison d'"une erreur de système dans la bombe à guidance laser" .

Majer

D'après les Libyens, Majer a la particularité de cultiver les meilleures dattes du pays, mais le 8 août 2011, cette petite ville située à 160 kilomètres à l'est de Tripoli est également devenue le théâtre d'une nuit meurtrière. En périphérie de la localité, à l'abri du vacarme urbain, Ali Hamid Gafez héberge des familles déplacées originaires de Benghazi et de Naïma. C'est le septième jour du ramadan, il est 22h10 et tous les occupants du pavillon rompent le jeûne.

"C'est alors que j'entends un avion, puis un sifflement, et je ressens le souffle de l'explosion, puis un gros boum. Il y avait de la poussière partout. J'avais des pierres sur moi. J'ai cherché mes enfants. Je n'entendais plus rien. Je marchais sur des corps et je hurlais. J'ai d'abord trouvé mon fils, Mohamed. Quand je suis sorti, j'ai trouvé ma femme, le bassin sectionné par le toit qui était tombé dans la cour. J'ai pris le maximum de personnes dans la voiture et j'ai conduit jusqu'à l'hôpital , relate Ali Hamid, impassible. Ceux qui étaient dans la pièce à côté, en haut, sont tous morts. On a retrouvé ce qui restait de leur corps dans le jardin du voisin. La dernière victime, un enfant de 3 ans, a été retrouvé seulement quatre jours plus tard à cause de l'odeur. Il était dans cet arbre, là", désigne-t-il.

A 50 mètres, à quelques minutes d'intervalle, Mohamed Al-Jahroud entend un nouveau bruit assourdissant. "J'étais dans ma deuxième maison en train de faire mes affaires. J'ai tout de suite compris que l'Otan nous bombardait à nouveau. Par la fenêtre, j'ai vu que ma première maison était sous les gravats. Ma fille de 8 mois y dormait. J'étais avec ma femme et j'ai hurlé pour lui dire de sortir." Trop tard Une troisième bombe s'abat sur Mohamed Jahroud. Elle ôte la vie à de nombreux voisins et des gamins de l'équipe de foot qui avaient accouru vers la résidence après la seconde explosion. Ils tentaient d'extraire d'éventuels survivants. Sur le palier, Mohamed est assommé et bascule dans un coma profond. Son épouse, sa mère, sa fille et sa sœur périssent, ensevelies. A 2 heures du matin, l'Otan bombarde une dernière fois le hameau : une ferme heureusement inhabitée, située à une centaine de mètres des trois habitations.

Au cours de cette nuit, trente-quatre personnes perdent la vie, trente sont grièvement blessées. Selon l'Otan - qui a d'abord contesté l'existence de pertes civiles -, il s'agissait d'une base abritant des forces pro-kadhafistes. Toutefois, les clichés satellites pris avant les bombardements ne témoignent d'aucune activité militaire. Seul un t-shirt kaki de camouflage - très répandu chez les jeunes durant la révolution - a été retrouvé par l'ONG Human Rights Watch.

Erigées à la mémoire des martyrs de Majer, en véritable musée mortuaire, les ruines abritent désormais de sinistres simulacres : des vélos, des t-shirts d'enfants ensanglantés, des photos de cadavres méconnaissables. Ils sont à présent une dizaine à s'attrouper, pointant du doigt ces anonymes immortalisés dans un sommeil éternel. Chacun d'entre eux évoque ses martyrs : un frère farceur et malicieux, une fille intelligente très douée en mathématique, un grand-père grincheux.

Ali Hamid, toujours impassible, déplie une couverture jaunie par le temps. Elle contient des débris dont l'aileron d'une bombe à précision laser GBU-12 de 270 kilos. Cette bombe à la particularité d'être équipée d'un système infrarouge qui signale la présence de personnes au sol. "Or, si le pilote n'était pas en mesure de déterminer si ces personnes étaient des militaires, il aurait dû - en vertu du droit humanitaire international - annuler immédiatement le raid", signale l'ONG Human Rights Watch dans un rapport accablant (1).

Selon le "New York Times", huit pays ont bombardé la Libye : la Belgique, le Canada, le Danemark, la France, l'Italie, la Norvège, le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Actuellement en service dans les forces armées américaine, canadienne, colombienne et les différentes forces aériennes de l'Otan, le GBU-12 était également utilisé par les F-16 belges envoyés en Libye, selon diverses coupures de presse. Sollicités à plusieurs reprises, ni l'Otan ni les responsables de l'opération belge en Libye n'ont souhaité confirmer cette information (2).

L'Otan n'a par ailleurs jamais divulgué la nationalité des pilotes responsables. Cette information permettrait pourtant aux victimes d'intenter un recours envers les Etats devant la Cour internationale de justice. Cette procédure aurait probablement plus de chance d'aboutir que si les victimes assignaient l'Otan, qui demeure une alliance plutôt qu'une organisation à la personnalité juridique parfaite et achevée.

(1) Tous les documents spécifiéssont disponibles sur le site Internet de l'enquête : www.objectif-kadhafi.be

(2) Suite à nos sollicitations, l'Otannous renvoie vers un communiqué publiéle 23 janvier 2012, le premier du genre,également disponible sur Internet.

 

La Libre Belgique, http://www.lalibre.be/actu/international/article/809642/libye-le-silence-des-martyrs.html 

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Après "Les Amis de la Syrie", voici "le Comité Belge des Parlementaires pour un Iran Démocratique"!.

29 Avril 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 

 

Des parlementaires et des sénateurs belges soutiennent l'appel de Maryam Radjavi pour un « Iran libre et démocratique »
(extrait de "Journal d'Iran - avril 2013 - Cathy et Marc Lemaire)

 

 

CNRI – La Présidente élue de la Résistance iranienne Maryam Radjavi a appelé la Belgique à apporter son soutien total au renversement du régime despotique en Iran, qui « réprime le peuple iranien et exporte le terrorisme ».

Lors d'un discours au Parlement belge le 27 mars, elle a dit aux parlementaires et aux sénateurs comment l'année dernière, le régime iranien, avec l'aide de ses agents en Irak, avait forcé les membres du camp d'Achraf à partir dans une prison appelée camp Liberty – où ils ont ensuite été attaqués et tués. Les résidents de Liberty doivent à présent être transférés en toute sécurité aux États-Unis ou en Europe ou bien retourner à Achraf qui est plus sûr. Elle a exhorté le Sénat à faire pression pour une action urgente afin d'assurer leur protection.

Remerciant Mme Radjavi, le sénateur Gérard Deprez a tenu à lui affirmer en ouverture : « Nous sommes très impressionnés par votre courage, par votre détermination et nous souhaitons vous apporter notre soutien pour plusieurs raisons. »

 

Rappelant la diversité politique des parlementaires présents, il a déclaré que « cette réunion a été organisée par le Comité belge des parlementaires pour un Iran démocratique. Nous avons bien sûr des différences entre nous sur le plan de la politique belge, mais nous sommes unis et solidaires pour la défense et la promotion d’un Iran démocratique et libre. »

« Je suis heureux de vous annoncer que de très nombreux membres du Sénat, dont la présidente du Sénat elle-même, ont signé une déclaration en faveur du plan en 10 points de Mme Radjavi pour un Iran démocratique et libre, a-t-il ajouté. Nous croyons que le mouvement qu’elle dirige a la meilleure chance de changer le régime actuel des mollahs et d’établir demain en Iran un régime démocratique. »

Membre de la commission des Affaires étrangères de la Chambre, Patrick Moriau a déclaré à la réunion : « C’est vrai que c’est un combat pour la démocratie, un combat pour l’égalité et un combat pour un ensemble de valeurs qui sont nos valeurs. Je vois dans votre lutte un symbole de la lâcheté et de la politique à plusieurs vitesses de la politique internationale. Car toute cette problématique est née des Etats-Unis qui n’ont pas respecté leur parole. Quand les Américains se sont retirés d’Irak, on a eu les pires craintes sur Achraf. On avait tous pensé que Liberty serait une solution. Et encore une fois la communauté internationale n’a pas respecté sa parole, Liberty en très peu de temps est devenu un camp de prisonniers, et maintenant on demande à retourner à Achraf. »

Le soutien total à la cause de la paix et de la démocratie en Iran a également été apporté par les parlementaires Els Demol, David Clarinval et Jan Jambon.

Le sénateur Dirk Claes, Président du Comité belge des parlementaires pour un Iran démocratique, a déclaré dans un communiqué publié après la réunion : « En invitant Madame Radjavi en Belgique, nous nous sommes donné une opportunité exceptionnelle de nous instruire de première main sur la situation en Iran.

« Nous avons également appris sur la violation des droits de l'homme en Iran et l'état des résidents du camp d'Achraf et de Liberty.

« Nous continuerons d'insister pour porter cette question à l'attention de la communauté internationale. Nous avons organisé cette réunion pour porter à l'attention de tous la violation des droits de l'homme en Iran, tout comme la situation des résidents des camps d'Achraf et de Liberty, des questions qui sont de hautes priorités politiques. »

 

   Après "Les Amis de la Syrie", voici "le Comité Belge des Parlementaires pour un Iran Démocratique"!. 

    Cette réception de  Maryam Radjavi  au parlement belge du 27 mars dernier et les engagements que députés et sénateurs de tous bords ont pris à l'égard de son organisation, sont particulièrement interpellants: "Les Moudjahiddins du Peuple" étaient considérés comme une association terroriste par les mêmes instances qui, aujourd'hui, en font les héros et les porte-drapeau de "la lutte pour un Iran démocratique ". Le mouvement de Mme Radjavi appellait entre autres à une intervention militaire occidentale pour renverser le gouvernement iranien. Et c'est ce "programme"  qui reçoit les faveurs de la Présidente du Sénat en personne et de "très nombreux" sénateurs. Et c'est ce mouvement qui a "la meilleure chance de changer le régime des mollahs"?! Il faut donc en conclure que la Belgique  se prépare à participer à un renversement du gouvernement iranien, comme elle l'a fait avec l'Otan contre la Libye et actuellement contre le gouvernement syrien.
    Au nom de quel droit notre gouvernement se permet de gesticuler face au "grand danger terroriste" que représenteraient les jeunes qui vont faire leur djihad en Syrie, alors que nos respectables parlementaires applaudissent des deux mains Mme Radjavi et sont "pleins d'admiration" pour son mouvement, qualifié encore récemment d'organisation terroriste par l'UE et les USA, et propulsé aujourd'hui au rang de "Résistance Iranienne". (C.P.)
  
  
Des parlementaires et des sénateurs belges soutiennent l'appel de Maryam Radjavi pour un « Iran libre et démocratique »
(extrait de "Journal d'Iran - avril 2013 - Cathy et Marc Lemaire)
 
La Présidente élue de la Résistance iranienne Maryam Radjavi a appelé la Belgique à apporter son soutien total au renversement du régime despotique en Iran, qui « réprime le peuple iranien et exporte le terrorisme ».
Lors d'un discours au Parlement belge le 27 mars, elle a dit aux parlementaires et aux sénateurs comment l'année dernière, le régime iranien, avec l'aide de ses agents en Irak, avait forcé les membres du camp d'Achraf à partir dans une prison appelée camp Liberty - où ils ont ensuite été attaqués et tués. Les résidents de Liberty doivent à présent être transférés en toute sécurité aux États-Unis ou en Europe ou bien retourner à Achraf qui est plus sûr. Elle a exhorté le Sénat à faire pression pour une action urgente afin d'assurer leur protection.
Remerciant Mme Radjavi, le sénateur Gérard Deprez a tenu à lui affirmer en ouverture : « Nous sommes très impressionnés par votre courage, par votre détermination et nous souhaitons vous apporter notre soutien pour plusieurs raisons. »
Rappelant la diversité politique des parlementaires présents, il a déclaré que « cette réunion a été organisée par le Comité belge des parlementaires pour un Iran démocratique. Nous avons bien sûr des différences entre nous sur le plan de la politique belge, mais nous sommes unis et solidaires pour la défense et la promotion d'un Iran démocratique et libre. »
« Je suis heureux de vous annoncer que de très nombreux membres du Sénat, dont la présidente du Sénat elle-même, ont signé une déclaration en faveur du plan en 10 points de Mme Radjavi pour un Iran démocratique et libre, a-t-il ajouté. Nous croyons que le mouvement qu'elle dirige a la meilleure chance de changer le régime actuel des mollahs et d'établir demain en Iran un régime démocratique. »
Membre de la commission des Affaires étrangères de la Chambre, Patrick Moriau a déclaré à la réunion : « C'est vrai que c'est un combat pour la démocratie, un combat pour l'égalité et un combat pour un ensemble de valeurs qui sont nos valeurs. Je vois dans votre lutte un symbole de la lâcheté et de la politique à plusieurs vitesses de la politique internationale. Car toute cette problématique est née des Etats-Unis qui n'ont pas respecté leur parole. Quand les Américains se sont retirés d'Irak, on a eu les pires craintes sur Achraf. On avait tous pensé que Liberty serait une solution. Et encore une fois la communauté internationale n'a pas respecté sa parole, Liberty en très peu de temps est devenu un camp de prisonniers, et maintenant on demande à retourner à Achraf. »
Le soutien total à la cause de la paix et de la démocratie en Iran a également été apporté par les parlementaires Els Demol, David Clarinval et Jan Jambon.
Le sénateur Dirk Claes, Président du Comité belge des parlementaires pour un Iran démocratique, a déclaré dans un communiqué publié après la réunion : « En invitant Madame Radjavi en Belgique, nous nous sommes donné une opportunité exceptionnelle de nous instruire de première main sur la situation en Iran.
« Nous avons également appris sur la violation des droits de l'homme en Iran et l'état des résidents du camp d'Achraf et de Liberty.
« Nous continuerons d'insister pour porter cette question à l'attention de la communauté internationale. Nous avons organisé cette réunion pour porter à l'attention de tous la violation des droits de l'homme en Iran, tout comme la situation des résidents des camps d'Achraf et de Liberty, des questions qui sont de hautes priorités politiques. »
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Le sud de la Syrie, nouveau foyer rebelle. Benjamin Barthe du journal "Le Monde".

29 Avril 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Le sud de la Syrie, nouveau foyer rebelle

L'Armée syrienne libre, qui piétine au nord, se renforce à l'autre bout du pays grâce aux Saoudiens et aux Américainsguerres-20avec-20titres-20copier.jpg

 

 

La géographie du conflit syrien serait-elle en train de basculer ? Ces dernières semaines, pendant que les forces gouvernementales marquaient des points dans le nord et le centre, la rébellion a gagné du terrain dans la province de Deraa, tout au sud du pays, à la frontière avec la Jordanie.

Les combattants anti-Assad se sont emparés de deux bases militaires et d'une ville, Daël, située le long de l'axe stratégique Damas-Deraa. Ils ont entrepris de couper le ravitaillement des unités de l'armée régulière déployées dans cette région et les combats signalés, mercredi 10 avril, à Sanameïn, au nord de Deraa, laissent penser qu'ils progressent en direction de la capitale.

Certes, il est beaucoup trop tôt pour affirmer que le salut des insurgés syriens viendra du sud, alors qu'au nord la rébellion donne l'impression de s'essouffler dans des combats anarchiques. Ceux-ci profitent surtout aux djihadistes, notamment ceux du Front Al-Nosra, qui a récemment officialisé son appartenance à la nébuleuse Al-Qaida. Mais un plan pour relancer l'insurrection à partir de Deraa a été élaboré, et sa mise en oeuvre a débuté.

Des informations convergentes obtenues par Le Monde auprès d'un responsable de l'opposition, de deux officiers déserteurs et d'un analyste étranger indiquent que l'Arabie saoudite, la Jordanie et les Etats-Unis s'activent dans cette direction.

La division du travail est la suivante : Riyad finance des livraisons d'armes, Washington supervise des formations et Amman prête son territoire aux uns comme aux autres. Les destinataires de ce dispositif sont des groupes " labélisés " Armée syrienne libre (ASL), sélectionnés et commandés par le général Ahmed Al-Na'ameh, un ancien officier de l'armée régulière, connu pour son ouverture d'esprit et sa méfiance à l'égard des islamistes.

Ce faisant, les parrains du plan espèrent accroître le professionnalisme et la force de frappe des combattants de l'ASL et, par ricochet, affaiblir les factions djihadistes, souvent financées par de riches Koweïtiens.

" Les Saoudiens et les Américains sont décidés à travailler avec les nationalistes, de façon à marginaliser les extrémistes, explique un responsable de l'opposition, associé à ce plan et désireux de garder l'anonymat. Nous devons tirer les leçons des erreurs commises dans le nord. Il n'est plus question de tirailler à tout-va pour passer sur Al-Jazira sans se soucier des civils, qui paient le prix des représailles immédiates du régime. Cela nous a fait perdre beaucoup trop de soutien dans la population. "

Selon cette source, 4 000 combattants ont été équipés et formés dans ce nouvel esprit à Deraa. Ils ont été envoyés par vagues successives dans la Ghouta, l'oasis à l'est de Damas, où ils participent aux efforts visant à encercler peu à peu la capitale. " Ils sont les premiers produits de cette expérience, où l'Arabie saoudite, si étonnant que cela puisse paraître, soutient des quasi-laïcs ", se réjouit cet opposant.

Cela n'a pas toujours été le cas. Les premiers bénéficiaires de l'aide du royaume wahhabite, au printemps 2012, ont souvent été des salafistes. A l'époque, les armes achetées par ses émissaires transitaient par la Turquie, dont une partie de la frontière avec la Syrie était alors en passe de tomber aux mains des rebelles.

Le Qatar, l'autre pays arabe le plus mobilisé contre le régime Assad, faisait de même, mais en destinant ses livraisons à des groupes proches des Frères musulmans. Des pratiques clientélistes qui ont contribué à l'émiettement de la rébellion.

" A l'automne, l'Arabie saoudite a décidé de déplacer ses efforts vers la Jordanie pour trois raisons, explique un bon connaisseur du dossier. D'abord parce que le nord de la Syrie est devenu une sorte de Far West où les rebelles passent plus de temps à se filmer qu'à combattre. Ensuite parce que les services de renseignement jordaniens sont beaucoup plus doués que leurs homologues turcs pour structurer ce genre de filières, lesquels par ailleurs avaient tendance à favoriser le Qatar. Et, enfin, parce que la frontière sud est évidemment beaucoup plus proche de Damas que ne l'est celle du nord. "

D'après Hugh Griffiths, chercheur au Stockholm International Peace Research Institute, spécialisé dans la traque des trafics d'armes, c'est à la fin de l'année 2012 que des avions croates, les soutes pleines d'un arsenal financé par Riyad, commencent à se poser à Amman.

A la fin mars, date à laquelle le New York Times a révélé ce dispositif, une trentaine de rotations avaient été comptabilisées. Repérées sur des vidéos téléchargées sur Internet par le blogueur Eliot Higgins, un expert en matériel de guerre, les armes croates (canons sans recul, lance-grenades, missiles antichars) ont dopé la capacité offensive des rebelles. " Du fait de sa proximité avec Israël, le sud de la Syrie est beaucoup plus fortifié et militarisé que le nord, fait remarquer un analyste occidental. Le simple fait que l'opposition puisse s'y mouvoir et enregistrer quelques victoires atteste d'un couloir d'approvisionnement en armes massif. "

Selon nos informations cependant, l'acheminement de ce stock, de Deraa à la Ghouta, bute sur un obstacle de taille. L'état-major syrien a récemment déployé un régiment de blindés à Otaiba, une localité sur la route qui remonte du sud, en plein désert. Démunis d'armes de longue portée, les hommes de l'ASL éprouvent le plus grand mal à forcer ce verrou.

Par ailleurs, fidèle à la stratégie de la terre brûlée qu'il a mise en oeuvre dans le nord du pays, le régime a répondu aux avancées de ses adversaires par des bombardements non ciblés indiscriminés sur les zones habitées. Une quarantaine d'habitants de Sanameïn ont ainsi été tués le 10 avril, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme. Quelques jours plus tôt, c'est Daël qui était pilonné sans merci. Rien ne garantit que la stratégie du front sud soit in fine payante. Mais pour l'instant, compte tenu de l'attentisme des capitales occidentales, c'est la seule carte dont disposent les rebelles pour pallier l'enlisement des combats dans le nord.

Benjamin Barthe

© Le Monde

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Syrie : La France Asservie… Article repris sur le blog de Chantal Dupille.

12 Avril 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

 

 

 

« Saladin ! Réveille-toi ! Nous sommes revenus ! »

 

 

C’est en ces termes que le général Henri Gouraud, corseté dans sa morgue, essuyant la semelle de ses bottes sur la tombe de Saladin, lance ce défi lors de son entrée à Damas en 1919 à la tête du corps expéditionnaire français. (1)

 

 

 

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Général Henri Gouraud, le « Saigneur » de la Syrie (1919 – 1923)


 

 

La Diplomatie de l’Histrion

 

 

 

Posture histrionique tristement célèbre dans la région, évidemment totalement occultée en France, depuis nos livres scolaires jusqu’aux travaux académiques. (2) Ce représentant de la France était chargé d’assurer le mandat confié à notre pays par la SDN, ancêtre de l’ONU, sur la “Grande Syrie”. Dans le cadre du partage, entre “vainqueurs de la Grande Guerre”, des nations et richesses antérieurement sous tutelle ou administration de l’Empire Ottoman. Qui avait eu le tort de s’allier à l’Allemagne pendant la première guerre mondiale.

 

 

 

Saladin, Homme d’Etat hors du commun, organisateur méthodique, fulgurant stratège. Chevaleresque dans l’action, mais implacable face à la lâcheté. D’une immense générosité, mais intraitable à l’encontre des voleurs, corrompus et assassins. Le libérateur de Jérusalem, au XII° siècle. Après en avoir chassé la soldatesque européenne qui prétendait s’être installée en Palestine pour « libérer le tombeau du Christ », au grand désespoir des chrétiens d’Orient qui n’en avaient nul besoin…

 

 

 

C’était au Moyen-Age. Les Croisades. Le Vatican, l’OTAN de l’époque, avait pris l’habitude d’envoyer par vagues successives les armées de tous les pays d’Europe au Moyen-Orient, pour y piller, rançonner, spolier, s’y tailler fiefs, royaumes et colonies, sous les prétextes les plus vertueux et sanctificateurs. L’essentiel étant qu’en Europe ils ne se fassent pas la guerre.

 

 

 

Certainement, à armes égales, face à un Saladin vivant, qui écrasa l’armée des “croisés” à la bataille de Hattin (4 juillet 1187), le général Gouraud n’aurait rien perdu de son abyssale imbécillité, mais beaucoup de son arrogance…

 

 

 

Rien d’étonnant dans cette gesticulation, aussi stupide que grotesque, d’un général se considérant en pays conquis. Archétype des traîneurs de sabre, ganaches analphabètes de l’Histoire, générés, dégénérés devrait-on dire, régulièrement par des armées. Non pas “nationales”, au service du peuple, garantes de la souveraineté d’une nation. Mais, dans le dévoiement de leur vocation initiale, devenues des instruments au service d’intérêts privés bâtissant leurs rapides et colossales fortunes sur le mensonge des fausses valeurs, pour mieux dissimuler la réelle finalité de leurs objectifs : la spoliation des peuples et nations. Dans le temps, on osait parler du « parti colonial »…

 

 

 

A longueur de guerres coloniales surarmées, massacrant peuples sans défense, terrorisant populations innocentes, ce général était devenu mégalomaniaque comme beaucoup de ses pairs. A vaincre sans péril, on triomphe idiot. Boursouflé de l’indécrottable « habitus colonial » de notre inconscient collectif. Parmi ses faits d’armes : la sanglante répression, en 1912 au Maroc, du soulèvement de la ville de Fès contre le protectorat français.

 

 

 

Les allemands, qui n’étaient pas en reste sur ce plan, le surnommaient « einarmiger Draufgänger », le « manchot cinglé » (il avait perdu son bras droit aux Dardanelles, suite à une gangrène mal soignée). (3) Stupéfaits de le voir, jour après jour, multiplier les vagues d’assaut suicidaires des soldats français, placés sous son commandement, contre leurs rideaux de barbelés et de mitrailleuses sur le front français.

 

 

 

Se croyant au temps des croisades, formaté par les bains de sang des guerres coloniales et les tueries des combats de tranchées, le général Henri Gouraud devint ainsi le « Saigneur » de la Syrie, lors de son “proconsulat” de 1919 à 1923. Un des artisans les plus furieux du dépeçage de la Syrie : le plus gros morceau arraché étant le Liban et la Transjordanie. Dans les massacres, tortures, humiliations ; villages rasés, montagnes incendiées, charniers à profusion (4). Chars, aviation, bombardements navals. Toute la panoplie mortifère, dans le contentement de soi. Avec pour vecteur idéologique en guise de vision : un racisme anti-arabe, islamophobe, poussé à son paroxysme.

 

 

 

Inaugurant une trentaine d’années d’occupation française, l’implacable application de La Loi du Plus Fort, dans la sauvagerie d’une colonisation méprisante face au Peuple Syrien qui jamais ne l’accepta. Révoltes multiples, répressions sauvages. C’est ainsi qu’en 1945, le lendemain de l’armistice de la 2° guerre mondiale, la France tirait encore au canon sur la population de Damas :

 

« Le 29 mai 1945, après dix jours de manifestations ininterrompues, les Français, sous l'ordre du général Oliva-Roget bombardent Damas pendant 36 heures d'affilée. Les morts et les blessés se comptent par centaines. Une partie de la ville est détruite par ce bombardement dont le parlement syrien. » (5)

 

 

 

Il est vrai que l’encre à peine séchée de l’armistice du 8 mai 1945 avec l’Allemagne, la France tout juste libérée, nos Gouraud de l’époque couraient, fusaient dans tous les sens, pour « reprendre en main notre empire colonial » qui montrait quelques velléités d’indépendance. Ce furent des semaines et des mois d’atrocités depuis l’Indochine jusqu’au Cameroun, avec les sommets de l’horreur dans les tueries à Sétif en Algérie et à Madagascar. Des massacres de populations par dizaines de milliers. (6)

 

 

 

Le Peuple Syrien ne put échapper à cette folie répressive. Mais, quelle que soit son appartenance ethnique et religieuse, il a toujours résisté. La France ne l’a jamais supporté.

 

 

 

Et, cela continue …

 

 

 

L’équipée de notre ambassadeur en Syrie ces jours derniers, accompagnant l’ambassadeur américain dans la ville de Hama, pour “soutenir les manifestants contre le régime” me rappelle par son mépris affiché des devoirs et usages de la diplomatie, sans parler des lois élémentaires de l’hospitalité, la pantalonnade du général Gouraud. Sauf que la France de l’époque nourrissait la prétention d’élargir son “empire”…

 

 

 

 

Qu’importe ?...

 

 

 

Imaginons un instant en France, l’ambassadeur du Brésil accompagné de l’ambassadeur de Chine allant soutenir des manifestants à Marseille, par exemple. Leur voiture blindée escortée de nervis et casseurs, les poches bourrées de cash et d’armes fournis par leurs services. Ce serait vécu comme une ingérence dans les affaires intérieures de notre pays, fomentant une sédition armée, une guerre civile. Chacun de ces diplomates serait immédiatement déclaré « persona non grata », et vigoureusement expulsé dans la foulée. Avec en prime, des représailles sous une forme ou une autre…

 

 

 

Les Syriens ont réagi. Venant en masse jeter souliers et cailloux sur la façade des ambassades française et américaine. La propagande occidentale, véhiculée par les médias de la désinformation, parle « d’attaque » ; l’ONU allant jusqu’à « condamner les attaques contre les ambassades américaine et française en Syrie » :

 

« Des partisans du régime syrien ont attaqué lundi, pour la deuxième fois en trois jours, les ambassades américaine et française afin de protester contre la visite, à la fin de la semaine dernière, des ambassadeurs américain et français dans la ville rebelle de Hama (centre), théâtre de deux manifestations monstres contre le président Bachar Al-Assad ce mois-ci. » (7)

 

 

 

Relevons, au passage, les hyperboles de la propagande : « … des partisans du régime syrien… », « … ville rebelle …», « … deux manifestations monstres contre le président… », etc.

 

 

 

Mensonger et ridicule.

 

 

 

Mais, « Paris hausse le ton » clament les agences de presse…

 

 

 

Je comprends l’indignation de nos amis Syriens. Face à cette provocation coloniale, comme eux, j’aurais réquisitionné toutes les vieilles paires de chaussures de la famille pour les déverser sur les façades de ce qui s’apparente davantage à des tripots de comploteurs, des casernes de pompiers incendiaires, qu’à d’authentiques représentations diplomatiques.

 

 

 

Place-des-omeyyades---Damas---Jullet-2011.jpg

Damas – manifestation d’union nationale contre les ingérences étrangères - 17 juillet 2011

 

 

Car, ce déplacement de diplomates accrédités dans le pays, cette “virée de voyous”, sont en soi un aveu, une signature. Celle de l’immixtion, l’implication, l’intervention, des pays occidentaux dans la déstabilisation par la sédition armée et la guerre civile, méticuleusement et de longue date organisées, d’un pays souverain. Loin de soutenir un mouvement démocratique.

 

 

 

Mais, je ne suis pas Syrien. Je suis français, limité et contraint, rageusement triste, à constater, une fois encore, l’état de la diplomatie de mon pays : en lambeaux. De la Chine au Mexique, de Cuba à l’Iran, en passant par pays arabes et africains, nos diplomates se comportent en crétins et freluquets.

 

 

 

Notre pays, notre diplomatie, nos forces armées, ravalés aujourd’hui à un rôle d’auxiliaire, de supplétif, au service d’intérêts étrangers. Exécutant ordres et instructions à la lettre, à la virgule, d’une politique extérieure élaborée dans les officines de l’Empire Washingtonien. Tels “nos ancêtres les gaulois”, fournissant richesses et escadrons de cavalerie gauloise à l’Empire Romain.

 

 

 

Obséquiosité zélée à l’égard d’un suzerain, servitude assumée… (8)

 

 

 

Bien sûr, se donner Bonne Conscience pour justifier sa participation à de basses œuvres est primordial. Tous nos médias et leurs affidés, les “jeteurs d’anathème patentés”, ne cessent dans le martèlement d’une propagande stalinienne de diaboliser le « régime syrien ». Les mêmes muets, dès lors qu’il s’agit de couvrir exactions, corruptions, des pires dictatures “pétromonarchiques” dans la région. Ou des crimes répétés contre le Peuple Palestinien.

 

 

 

Oubliant, tout aussi consciencieusement, les régimes tyranniques en Afrique protégés ou installés par nos forces armées, comme on l’a vu récemment en Côte d’Ivoire. Dissimulant les dynasties autocratiques, sinistrement burlesques et héréditaires de père en fils, des Bongo au Gabon ou des Eyadema au Togo, sur fond d’élections truquées. Il y aurait tant d’autres exemples…

 

 

 

Pour ceux qui voudraient sortir la tête du goudron de la désinformation déversée par nos "journalistes d’investigation-décrypteurs de l’information", "experts-charlatans", “politiciens vendus”, et autres polichinelles, sur la Syrie, je leur propose un livre fondamental :

 

“Quand la Syrie s’éveillera…”, de Richard Labévière et Talal El-Atrache. (9)

 

 

 

Publié cette année, agréable surprise tant le niveau de qualité de la production d'études géopolitiques françaises sur ce pays et sa région est traditionnellement “nul”, il présente l’avantage d’avoir été rédigé par deux véritables « connaisseurs » de la Syrie. Précisons que Talal El-Atrache est l’arrière petit-fils de Sultan Talal El Atrache, l’un des prestigieux chefs de la « grande révolte Syrienne » (1925-1927) contre l’occupation française.

 

 

 

Ouvrage remarquable par la pertinence de ses analyses, sans complaisance à l’égard de chacun des acteurs, et la richesse de sa documentation : références, bibliographie, cartes réalisées par Hugues Dumont. Un régal d’intelligence : comprendre les enjeux actuels des luttes ouvertes et souterraines à partir d’un contexte historique sciemment masqué, enfoui, par la propagande de l’Occident. Percevoir l’extraordinaire héroïsme du Peuple Syrien face aux entreprises impériales permanentes souhaitant sa mise sous tutelle, son éclatement en une mosaïque d’ethnies en guerre permanente.

 

 

 

Caramel sur la chantilly, il bénéficie d’une décapante préface d’Alain Cholet, ancien directeur du “Service de Renseignement de la Sécurité - chargé de la lutte antiterroriste, de la contre-criminalité et du contre-espionnage à l’étranger” de la DGSE (10).

 

 

 

Oui. Il arrive que, dans les services secrets, des “responsables” ne se contentent pas des stéréotypes d’une propagande, des compulsions racistes ou idéologiques, lorsqu’ils analysent une situation, un continent, une région ou un pays. Exerçant ce “mix” indispensable : connaissance, expérience et, surtout, honnêteté intellectuelle.

 

 

 

C’est avec une lassitude amusée qu’Alain Cholet résume les inusables clichés “diabolisateurs” de la propagande atlantiste à l’encontre de ce pays :

 

« … la Syrie est régulièrement présentée par les médias occidentaux, en particulier français, comme une sorte de dictature ubuesque sur le modèle de la Corée du Nord avec laquelle elle partage d’ailleurs le douteux privilège d’être classée dans “l’Axe du Mal” par l’administration américaine.

 

Toujours selon ces mêmes médias, les dirigeants syriens cultiveraient la volonté obsessionnelle de maintenir leur population sous une chape de plomb, de rayer Israël de la carte, d'annexer le fragile Liban, de se doter d’armes de destruction massive y compris nucléaires, de soutenir toutes les entreprises terroristes, d’entretenir un désordre permanent dans l’ensemble du Moyen-Orient et d’être le dernier obstacle de la paix dans la région. » (11)

 

 

 

Comment lutter contre le confort intellectuel d’une propagande qui vous assure, flattant votre narcissisme, que susciter, organiser, financer, armer, la guerre civile dans un pays, est un acte hautement civilisateur engendrant, sur ses morts et décombres, les délices paradisiaques de "La Démocratie" ?... Piqure d’anesthésie des aventures coloniales, imparable : se "shooter" à la Bonne Conscience

 

 

 

Les grands inquisiteurs, dans leurs prêches hystériques, ont lancé l’anathème : le « régime syrien » est une des incarnations du Diable sur cette planète !... L’excommunication pour satanisme étant édictée, il ne reste plus qu’à brûler le pays médiatiquement et l’écarteler, le démembrer, en morceaux sous les bombes de l’OTAN, avec la bénédiction déculpabilisante des résolutions de l’ONU…

 

 

 

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Place des Omeyyades à Damas – immense manifestation du Peuple Syrien contre les ingérences étrangères - 17 juillet 2011

 

 

 

 

Alors, qu’importe que la Syrie ait accueilli à bras ouvert de multiples populations au cours de sa longue histoire ?... Les juifs chassés d’Espagne par les chrétiens au XV° siècle et ceux chassés par les pogroms tsaristes au XIX° siècle. Les 500.000 réfugiés Palestiniens subissant la spoliation de leur terre et les nettoyages ethniques récurrents depuis la Nakba en 1948 jusqu’à nos jours, avec ses villages détruits par centaines, ses oliviers rasés par milliers. Les 2 millions de réfugiés Irakiens, suite à la destruction méthodique de leur pays par l’Empire et ses vassaux…(12)

 

 

 

Qu’importe qu’une partie de son territoire, le Golan, soit toujours occupé malgré les résolutions de l’ONU et les engagements internationaux ? Qu’importe qu’il soit régulièrement survolé et même bombardé par avions et navires de l’Occident ?

 

 

 

Qu’importe que lui soient imposés « sanctions » et « embargos » aussi illégaux qu’injustes par l’Empire et ses vassaux, entravant le pays dans le financement de son commerce extérieur et intérieur, son transport aérien et maritime, son système bancaire, la légalisation d’un marché des devises, encourageant ainsi contrebande, corruption et marché des changes parallèle ?... (13)

 

 

 

Qu’importe, malgré ces obstacles permanents, le peu de ressources naturelles par rapport à ses voisins de la région, le poids des réfugiés de toutes nationalités représentant 15% de sa population, que la Syrie connaisse un taux de croissance moyen de 5% par an, avec une dette extérieure de 8% du PNB (un des moins endetté au monde), des investissements multipliés par 12 depuis 2001, des exportations doublées depuis 2000… (14).

 

 

 

Qu’importe qu’en Syrie il y ait, depuis une quinzaine d’années, une évolution politique inconnue chez une dizaine de pays “alliés” de l’Occident dans la région :

 

« … un parlement élu où siègent les représentants de différents partis politiques, dont un parti communiste … les femmes disposent dans les institutions syriennes des mêmes droits que les hommes… le gouvernement […] compte en son sein plusieurs femmes à des postes majeurs… les élections […] ne se différencient guère des pratiques électorales du Maroc ou de la Jordanie pourtant présentés comme des modèles de démocratie en marche… » ? (15)

 

 

 

Qu’importe que la Syrie ait été diffamée pendant des mois par La Communauté Internationale et ses instruments de propagande, sous l’égide de l’ONU, au prétexte qu’elle aurait organisé l’attentat contre le premier ministre libanais Hariri ? Pour reconnaître ensuite que ce n’était pas le cas… Sans regret, excuses, ni sanctions à l’encontre les diffamateurs et leurs relais…

 

 

 

Qu’importe que dans le contexte de tensions, de menaces, et d’agressions incessantes qu’il subit, le pays se soit organisé en gouvernement d’union nationale, qu’il tienne à son droit à l’autodétermination, au respect de sa souveraineté nationale ?

 

 

 

 

 

Le Saut du Cabri

 

 

 

Pourquoi cet acharnement de l’Occident contre la Syrie ?...

 

 

 

Très simple à comprendre : le Moyen-Orient doit être morcelé en micro-Etats “ethnico-confessionnels” sous tutelle israélienne. Plan géostratégique exposé, détaillé, en particulier, par Oded Yinon dans la revue Kivunim (Orientations) publiée par l’Organisation Sioniste Mondiale à Jérusalem, le 14 février 1982. Trente ans déjà…

 

 

 

Avec l’objectif clairement affirmé, revendiqué, dans la légitimité et l’impunité de son bellicisme :

 

« L’éclatement de la Syrie et de l’Irak en régions déterminées sur la base de critères ethniques ou religieux doit être, à long terme, un but prioritaire pour Israël, la première étape étant la destruction de la puissance militaire de ces Etats ». (16)

 

 

 

Meilleur moyen ?... Devenu à présent un classique : l’intervention de l’OTAN sous couvert de sauvetage humanitaire dans une guerre civile. En agissant sur deux plans :

 

 

1.  Créer les conditions réelles, ou même apparentes, d’un conflit entre groupes ethniques, religieux, qualifiés « d’opposants au régime ».
Dans le cas de la Syrie, ce ne sont pas des manifestations similaires à celles de Tunisie ou d'Egypte qui ont surgi, pacifiques, toutes tranches d’âge et de conditions sociales réunies sur des places publiques pour manifester dans une ambiance festive et solidaire. Mais de véritables raids de commandos parfaitement organisés avec des snipers équipés de fusils à longue portée. (17) Opérations coups de poing se déroulant, par rotation, de la frontière jordanienne à la frontière turque. Beaucoup de militaires et de policiers ont été ainsi tués et des administrations publiques brûlées. Les morts étant systématiquement attribués au « régime » à renverser.

 

Deux opérations d’envergure ont retenu l’attention par leur mode opératoire, démontrant une puissante organisation logistique avec l’apport d’éléments infiltrés, couplée à une mise en scène de la désinformation médiatique immédiatement diffusée à l’échelon des pays membres de l’OTAN :

=> Le mitraillage de nuit d’un convoi militaire (simples camions bâchés), sur l’autoroute côtière de Lattaquié, par un commando débarqué puis exfiltré à partir de la mer. Probablement par un sous-marin. La propagande occidentale faisant état, plusieurs jours de suite, d’exécutions sommaires de militaires par des « policiers fidèles au régime » du fait qu’ils refusaient de tirer sur la foule. Le récit des survivants et des blessés, officiers et soldats, n’a jamais été diffusé par nos médias. Leurs témoignages concordants font tous état d’une embuscade menée par des professionnels “hautement qualifiés”…

=> L’attaque surprise et l’occupation de la localité de Jisr al-Choughour par des commandos puissamment armés et cagoulés. Massacrant tous les représentants de l’ordre, jetant les corps dans deux charniers. Incendiant les bâtiments publics. Terrorisant la population, entraînant de force plusieurs dizaines d’habitants, avec leurs enfants, de l’autre côté de la frontière turque. Afin de simuler l’exode de « milliers » de syriens « fuyant la répression du régime », hébergés dans des tentes, devant des caméras de TV de la propagande. Désinformation complaisamment relayée par nos médias, faisant état d’au moins 10.000 réfugiés, etc.

Les 198 habitants enlevés ont tous pu retourner en Syrie, le 18 juillet dernier, libérés par le commando une fois l’opération d’intox terminée et dans la crainte d’une opération militaire turque. Les tueurs s’exfiltrant par la partie turque du Kurdistan.

 

 

 

2.  La « diabolisation du régime » par une désinformation qui atteint une dimension délirante, rappelant la période précédant l’invasion de l’Irak par l’Occident. Nombreux sont ceux qui ont compris et réagi devant ce cumul de contrevérités, prenant souvent des tournures rocambolesques. Comme celle de « la lesbienne syrienne persécutée par le régime », qui était en fait un américain gérant cette opération mensongère depuis un site en Ecosse…

 

 

 

Le refrain principal, obsessionnel, de la propagande est "le nombre de morts", ne cessant d’augmenter dans une progression exponentielle. Il est frappant de voir les médias énoncer des morts par ville et village, mais être incapables d'établir le nombre des victimes des bombardements et tueries effectués par les membres et associés de l’OTAN en Irak, en Afghanistan, à Gaza, au Liban ou ailleurs.

 

 

 

Avec d’autant plus d’aisance que les sources sont invérifiables, se reprenant en boule de neige, d’une agence à l’autre, d’un média à l’autre, se citant les uns les autres à partir d’un courant d’air. Dans l’inflation. Officiellement, les “sources” seraient : des organisations humanitaires sans préciser lesquelles, des particuliers « sous réserve d’anonymat », des comités de coordination régionale inconnus, des groupes de l’opposition… Toute une faune, aussi bigarrée que fantomatique. Le principe est simple : tout mort, se multipliant comme des petits pains, est le fait des « partisans du régime ».

 

 

 

Dans cette arnaque à l’information, sur le fond et la forme, prenons au hasard un exemple caricatural des multiples dépêches d’agence : celle de l’agence Reuters du 19 juillet 2011, qui précise que 10 personnes ont été tuées à Homs. (18)

 

 

 

Quelles sont les sources de l’agence de presse ? Un « comité de coordination régionale », nous n’en saurons pas plus. Les responsables de ces morts ? Même pas les "forces de l’ordre", ou les "policiers du régime". Non, on passe à un degré supérieur dans la personnalisation de la diabolisation : ce sont « les partisans du président syrien »… Donnant ainsi le titre de la dépêche : Les partisans du président syrien tuent 10 personnes à Homs.

 

 

 

Les Syriens ont compris la manipulation par l’Occident de leurs souhaits et espoirs. Contrairement aux schémas de la propagande des membres de l'OTAN, ils aspirent à une évolution démocratique de leur pays, dans la prospérité et la paix. Mais, refusent l’ingérence étrangère. D’immenses manifestations, se sont déroulées dans les principales villes, notamment les 17 et 18 juillet 2011, pour signifier leur volonté d’indépendance nationale, leur droit à l’autodétermination. Bien sûr, aucun média de l’Empire n’en a fait état. Aucune image. Aucune vidéo… L’autocensure de nos médias…

 

 

 

Le rejet de l’intervention des puissances étrangères est clair : les Syriens ne veulent pas subir, comme l’Irak ou la Libye, un pseudo « comité de transition » composé "d’opposants bidons" soi-disant en exil qu’ils considèrent comme d’authentiques « collabos », figurant depuis des années sur les livres de paye des services secrets occidentaux. Pour les Syriens, l’évolution de leur pays viendra de l’expression populaire de l’intérieur, et non pas des « vendus à l’étranger » camouflant les manœuvres de l’Empire.

 

 

 

Evidemment, il ne s’agit pas de défendre un régime par rapport à d’autres. Ou ignorer absence d’alternances, emprises de la corruption chez les uns et pas chez les autres.

 

Qui ne souhaite pas « La Démocratie », pour tous ? De Gaulle disait que la construction européenne ne consistait pas à « … crier “l’Europe !”, en sautant comme un cabri ». Il en est de même pour « La Démocratie ». Une lente et permanente construction, avec ses avancées et ses régressions, en Syrie ou ailleurs, comme chez nous.

 

 

 

Notre diplomatie doit-elle continuer à hystériser, s’impliquer dans une politique extérieure imposée par des Etats étrangers, réputés être des « alliés », fondée sur l’agression et l’arrogance, contraire aux valeurs que nous prétendons représenter, et à nos propres intérêts ?

 

 

 

Sachant que les prétentions de l’Occident, au Moyen-Orient, ne résisteront pas au Temps. Malgré la violence de son idéologie conquérante dissimulée sous le masque démocratique ou humanitaire pour anesthésier son opinion publique, sa propagande hallucinée de mensonges permanents, l’utilisation de sa force militaire jointe à la menace de son arsenal nucléaire. Ses implantations coloniales directes ou indirectes, ne pourront s’opposer à l’évolution et aux réalités de l’Histoire. Encore moins, celles fondées sur l’imposition d’un apartheid organisé selon des discriminations religieuses. L’effondrement des royaumes francs ou latins, imposés par les Croisades, en témoigne.

 

 

 

Notre diplomatie n’est pas un vecteur d’idéologie à la disposition servile d’intérêts étrangers au destin de notre pays, mais un outil d’analyse géopolitique, de compréhension, de résolution, et non pas de création, des tensions et conflits. Proposant respect mutuel, conciliation, dialogue, et coopération pour enrayer radicalisation et surenchère.

 

 

 

La paix, lorsqu’on la souhaite véritablement, nait de la coopération économique et culturelle. Non pas du mépris, de la menace, de la diabolisation, de l’agression. Surtout au Moyen-Orient, le plus grand foyer actuel de tensions et de risques de guerre mondiale.

 

 

 

C’est une action d’apaisement, de désarmement atomique, d’incitation au respect du droit international qui doit être encouragée. Une action d’incitation à l’application des multiples résolutions de l’ONU non encore mises en œuvre à ce jour, notamment en Palestine. Certaines depuis plus d’un demi-siècle.

 

 

 

Paroles et actions de Paix, avant tout. Telles devraient être les priorités de la politique étrangère de la France.

 

 

 

Mais, qu’importe ?...

 

 

 

Comme ils viennent de le faire pour la Libye. Dans l’euphorie de la veulerie pour ne pas changer, les “représentants du Peuple Français” à qui ils ne demanderont surtout pas son avis, dans un vibrant élan pour « la promotion deLa Démocratie - la défense de notre civilisation et de nos libertés… » nos députés voteront la guerre coloniale contre la Syrie.

 

 

 

Qui ne nous a rien fait. Ni, menacés. Ni, provoqués.

 

 

 

Et, nos Gouraud d’aujourd’hui astiqueront frénétiquement leurs bottes, devant TV et imprécateurs de la propagande, rêvant d’en essuyer les semelles sur la tombe de Saladin.

 

 

 

La France asservie…

 

 

(1) Richard Labévière, Talal El-Atrache, préface d’Alain Cholet, cartes réalisées par Hugues Dumont, Quand La Syrie s’éveillera…, Editions Perrin, 2011, p. 39.

 

(2) Général Henri Gouraud (1867 – 1946). Amusons-nous de constater que dans Wikipedia son rôle au Moyen-Orient se limite à 3 lignes, avec la mention sirupeuse : « Gouraud débarque à Beyrouth en 1919 ; il y reçoit un accueil chaleureux ». L’inoxydable désinformation …

 

(3) Julie d’Andurain, Le général Gouraud durant la grande Guerre, http://crid1418.org/doc/textes/gouraud_dandurain.pdf, (note 10).

 

(4) Lire le témoignage d’une française sur ces pratiques, Alice Poulleau. Choquée par la sanguinaire répression des autorités d’occupation françaises, et sa mise en scène macabre, lors des massacres de Damas pendant la révolte syrienne de 1924-1926.

 

Extrait de son livre : Damas sous les bombes. Journal d’une Française pendant la révolte syrienne (1924-1926), in Quand La Syrie s’éveillera…, Op. Cit. p. 44.

 

 

(6) L’omerta est assurée avec vigilance par nos historiens sur ces massacres de masse, d’une incroyable barbarie, programmés et gérés par notre appareil colonial à partir de mai 1945. Bien avant les tueries des guerres d’indépendance, on estime l’ensemble des populations civiles exterminées par la France dans ses “possessions coloniales”, sous l’appellation « d’opérations de pacification » sur trois ans 1945 -1948, à plus de 300.000 personnes. L’équivalent des massacres de Nankin par les Japonais.

 

Rien qu’à Sétif et ses environs, plus de 50.000 personnes massacrées. A Madagascar (le summum en 1947), plus de 100.000 personnes assassinées par nos forces armées aidées des colons organisés en milices, suivant le même procédé opératoire. Une orgie de violences cauchemardesques.

 

(7) L’ONU condamne l’attaque des ambassades américaine et française en Syrie, Le Monde, 13 juillet 2011, http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/07/13/l-onu-condamne-l-attaque-des-ambassades-americaine-et-francaise-en-syrie_1548073_3218.html#ens_id=1481132

 

(8) Cf. publication en ligne du philosophe Manuel de Diéguez, “Les imbéciles n’apprennent que par l’expérience” (Voltaire), notamment § 3 : « Guérit-on de l’esprit de servitude ? », 10 juillet 2011.

 

(9) Quand La Syrie s’éveillera…, Op. Cit.

 

(10) Précision pour nos amis lecteurs non francophones utilisant la traduction automatique, DGSE : Direction Générale de la Sécurité Extérieure. Autrement dit, les services secrets français à vocation "théâtre de renseignement et d’opération" hors du territoire français.

 

(11) Quand La Syrie s’éveillera…, Op. Cit., préface d’Alain Cholet, p. 9 – 10.

 

(12) Quand La Syrie s’éveillera…, Op. Cit., p. 28.
(13) Tout particulièrement, le Syrian Accountability Act voté par le Congrès américain en mai 2004, unilatéralement et en infraction au droit international, repris et appliqué servilement par les autres gouvernements occidentaux…
(14) Quand La Syrie s’éveillera…, Op. Cit., p. 97-98.
(15) Alain Cholet, préface, Quand La Syrie s’éveillera…, Op. Cit., p. 10.

 

(16) Quand La Syrie s’éveillera…, Op. Cit., p. 84.
(17) Dont des mercenaires, grassement rémunérés, issus des féroces milices chrétiennes du Liban à la solde des services secrets occidentaux qui se sont illustrées de longue date dans les massacres des Palestiniens, (notamment les camps de Sabra et Chatila lors de l’invasion du Liban par Israël), les dynamitages de mosquées et lieux de pèlerinage (chiites et sunnites) en Irak (oui, ces milices travaillent aussi à “l’export”…) pour créer les conditions d’une guerre civile à dominante religieuse, et autres opérations d’assassinat.

 

Maitrisant parfaitement les habitudes et dialectes locaux, bénéficiant de solides couvertures identitaires et d’un support technologie du plus haut niveau (télécommunications, en particulier), ces commandos et cellules de tueurs sont « indétectables »…

(18) Agence Reuters, Les partisans du président syrien tuent 10 personnes à Homs , 19 juillet 2011..
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"Bien informés, les hommes sont des citoyens ;

mal informés ils deviennentdes sujets." Alfred Sauvy

 

http://chantaldupille.over-blog.com/article-nouvel-ordre-mondial-deshumanisation-societe-vers-robotisation-totale-117015720.html

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L'art de la guerre. Vandales sous bannière Otan.

9 Avril 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

L'art de la guerre

 

 

Manlio Dinucci

 

Quand en mars 2001 deux antiques statues de Bouddha furent détruites par les talibans en Afghanistan, les images de lacte de vandalisme firent le tour du monde, en suscitant une indignation légitime. Une chape de silence politico-médiatique recouvre au contraire ce qui se passe aujourdhui en Syrie. Les sites archéologiques sont non seulement endommagés par la guerre, mais saccagés surtout par les « rebelles » qui, à la recherche de bijoux et de statuettes, détruisent souvent dautres précieux vestiges. A Apamea ils ont emporté des mosaïques antiques et des chapiteaux romains en se servant de bulldozers. De nombreux musées, parmi les dizaines épars dans toute la Syrie , y compris celui de Homs, ont été pillés de biens ayant une valeur historique et culturelle inestimable, parmi lesquels une statue en or du VIIIème siècle avant JC et des vases du troisième millénaire avant JC. En deux années de guerre des témoignages de millénaires dhistoire ont été effacés. Lappel de lUnesco pour sauver les biens culturels syriens, faisant partie du Patrimoine mondial, nest toujours pas entendu. La raison en est claire : les principaux auteurs de la destruction sont les « rebelles », armés et entraînés par les commandos et services secrets Usa/Otan, qui leur concèdent le « droit de mise à sac » et la possibilité de pouvoir emporter les biens culturels hors de Syrie pour les vendre au marché noir international. Pratique désormais bien établie. Au Kosovo en 1999, des églises et des monastères serbes orthodoxes médiévaux furent dabord détériorés par les bombardements, puis incendiés ou démolis par les milices de lUck, à qui lOtan donna aussi la possibilité de les mettre à sac, en volant des icônes et dautres objets précieux. Par contre, en 2001, quand les talibans détruisirent les deux statues de Bouddha, les premiers à condamner cet acte furent les Etats-Unis et leurs alliés. Non pas, certes, pour sauvegarder le patrimoine historique afghan, mais pour préparer lopinion publique à la nouvelle guerre, qui commença quelques mois plus tard quand, en octobre 2001, les forces étasuniennes envahirent lAfghanistan en ouvrant la route à lintervention Otan contre les forces des talibans : celles-là mêmes que les Usa avaient dabord contribué à former via le Pakistan et qui, après avoir rempli cet objectif, devaient être éliminées. En Irak, où pendant la guerre de 1991 au moins 13 musées avaient déjà été mis à sac, le coup de grâce au patrimoine historique a été porté avec linvasion lancée par les Usa et ses alliés en 2003. Le site archéologique de Babylone, transformé en camp militaire étasunien, fut en grande partie rasé au sol par les bulldozers. Le musée national de Bagdad, laissé volontairement sans surveillance, fut mis à sac : avec la disparition de plus de 15mille objets, témoins de cinq mille années dhistoire, dont 10mille nont jamais plus été retrouvés. Pendant que les militaires étasuniens et les contractors participaient au sac des musées et des sites archéologiques et au marché noir des objets volés, le secrétaire à la Défense Rumsfeld déclarait « ce sont des choses qui arrivent ».

   Comme aujourdhui en Syrie, pendant que quasiment tout le « monde de la culture » occidental observe en silence. 

 

Edition de mardi 9 avril 2013 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20130409/manip2pg/14/manip2pz/338615/

Traduit de litalien par Marie-Ange Patrizio

NdT : Mosaïques dApamea :

http://www.flickr.com/photos/peguiparis/sets/72157632194413680/

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Atteinte à la démocratie à Lille : la Mairie interdit une conférence d’information sur la situation en Syrie !

9 Avril 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

La commune de Genève n’avait pas cédé à la pression des extrémistes qui prétendaient interdire un débat public sur la Syrie le 1er mars dernier. Les accusations étaient les mêmes, nous étions des fascistes… Sauf qu’en allant au-devant des manifestants qui encerclaient la maison des associations, nous avions bien démontré par le dialogue que leurs accusations étaient ridicules ou pour certains, découlaient d’un endoctrinement très inquiétant, de type secte, ou parti extrémiste téléguidé par l’étranger. Dans la salle, il n’y avait que des citoyens soucieux de connaître une autre version des faits que celle des medias dominants (le « Parti de la Presse et de l’Argent ») et de mieux comprendre le monde qui nous entoure.

 

Guy Martin

 

Lundi 8 avril 2013

 

 

 

Communiqué

Ce samedi 6 avril 2013, à l’initiative de la Coordination Communiste, devait se tenir, dans une salle municipale, une conférence-débat intitulée « la parole aux Syriens », avec comme principale invitée Ayssar Midani, de l’Union des Patriotes Syriens en France, qui milite pour la paix et la concorde en Syrie, pour la défense de la souveraineté nationale syrienne contre toute ingérence étrangère.

Un débat annoncé en toute transparence sur la place publique depuis près de 3 semaines, avec moult tracts distribués dans les manifestations, sur les marchés et au porte-à-porte.

Or la veille de la Conférence, après nous avoir pourtant confié la clef de la salle, subitement, par un coup de fil sur un répondeur puis un mail en soirée, nous étions informés par la Mairie que le « thème » de notre conférence était « susceptible de troubler l’ordre public » et que, par conséquent, la salle nous était retirée : « Nous vous demandons d’annuler le conférence prévue » concluait la Mairie.

Très rapidement, et comme il était impensable de ne pas tenir cette réunion publique ne serait-ce que par respect pour les Syriens qui souffrent, dans le silence médiatique absolu, de l’agression occidentalo-salafiste, nous décidions d’un lieu de repli.

Le jour J, venus devant la salle municipale pour mettre des affiches indiquant le nouveau lieu, nous constatons que la Mairie a été jusqu’à changer les serrures de la porte de la salle ! Comme s’il était dans notre intention de briser par la force cet interdit politique ! De même la police était présente, officiellement parce qu’était annoncée une « contre-manifestation » (ceux qui, réellement, voulaient « troubler l’ordre public » ?) : mais bien sûr, pas l’ombre d’un manifestant n’a pointé son nez, ce n’était, de toute évidence, qu’un prétexte facile pour interdire le débat.

Par cette réaction de la Mairie de Lille, nous voyons clairement qui fait usage de la force et veut censurer le débat démocratique.

Nous ne savions pas que nous étions dans un état de guerre et que l’heure était à l’union sacrée derrière la position officielle du gouvernement français de soutien (y compris armé ?) à la rébellion islamiste. Comment peut se comprendre autrement la volonté d’étouffer des voix discordantes ?

Comment peut-on encore accepter ces attentats et ces massacres fomentés pour briser la Syrie ? Comme, dernièrement encore, cet attentat le 28 mars à Damas : des obus de mortier tirés sur la faculté d’architecture à 13h, faisant une dizaine de morts parmi les étudiants et 6 blessés. Comme le 1er avril, le site juif le plus sacré de Syrie, la synagogue Jobar, vieille de 2 000 ans, détruite, pillée, incendiée, et son toit arraché.

Heureusement, ce samedi 6 avril à Lille, ce sont au final près d’une centaine de participants, de toutes origines, qui se sont pressées dans une salle trop petite, pour apprendre et échanger sereinement sur la réalité syrienne, son histoire (ses tentatives passées de dislocation et de soumission par les grandes puissances impérialistes, dont la France), ses difficultés sociales, et les enjeux à l’échelle nationale, de la sous-région et du monde de l’entreprise de déstabilisation d’un des derniers pays laïcs et non-alignés. La voix de la Syrie, contournant la censure, a pu se faire entendre ! Un succès qui en appellera d’autres, car la campagne contre la guerre en Syrie ne fait que commencer !

Non, nous ne nous tairons pas ! Non, nous ne cèderons pas à la censure qui bafoue le droit constitutionnel, conquis de haute lutte dans ce pays, du droit à la libre expression et à la libre information ! Oui, nous continuerons à donner la parole aux Syriens pour dire leur vérité sur la tragédie macabre que subit ce peuple ! Oui, nous résisterons aux médiamensonges !

Lille, le 07 avril 2013

Coordination Communiste 59/62

L'annonce de la réunion sur Commun Commune

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Notre solidarité va au peuple syrien.

4 Avril 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Communistes  n° 292 semaine du 21 au 31 mars
Notre solidarité va au peuple syrien 

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La Syrie figurait à l’agenda du récent sommet des chefs d’Etats Européens. Hollande partisan acharné  d’une intervention militaire a réclamé avec force  la levée de l’embargo sur les livraisons d’armes  à « l’opposition syrienne ». « Nous sommes prêts à soutenir la rébellion. L’Europe doit prendre sa décision dans les prochaines semaines » a-t-il martelé. Pour l’instant il doit attendre. Dans cette région les pays de l’Union Européenne ont des intérêts certes convergents mais ils sont aussi concurrents.  Jusqu’à présent ils n'ont pas pu s’entendre. Pour l’instant l’embargo est prolongé.

 

Tout comme Sarkozy, Hollande veut jouer en Syrie un rôle prépondérant pour installer  dans ce pays un régime prooccidental.

Tout a commencé en Syrie, comme dans les autres pays du Maghreb, quand a émergé un mouvement populaire de protestation lié aux revendications sociales de la population. Les impérialistes ont saisi l’occasion pour intervenir et imposer leur domination  en Syrie  comme dans toute  la région. Bachar El Assad exploite son peuple mais ce n’est pas pour cela qu’il est combattu par l’impérialisme US, le gouvernement français, l’Angleterre, Israël, la Turquie, le Quatar l’Arabie Saoudite… Le bien être du peuple syrien est le cadet de leurs soucis ! Tous sont sur les rangs pour s’emparer de cette région du monde et de ses richesses.

Avec la crise du capitalisme, la concurrence se fait encore plus féroce entre les multinationales capitalistes pour le contrôle des matières premières et   leur acheminement. Le Moyen-Orient est un carrefour, son contrôle devient une priorité. La 5ème flotte US patrouille en permanence dans le détroit d’Ormuz. Les USA rencontrent l’opposition d’autres puissances rivales comme la Chine et la Russie. Après le renforcement des sanctions prises par plusieurs pays contre l’Iran, son premier Ministre a annoncé que son pays fermerait le détroit d’Ormuz en cas de sanctions visant les exportations iraniennes de pétrole.

Le peuple Syrien est victime de cette guerre. Selon l’ONU, il y a eu plus de 70.000 morts depuis son déclenchement. Plus de 100.000 dit – sous couvert d’anonymat-  un haut responsable français. Plus de 3 millions de Syriens se sont exilés.

Le 9 février, le Parti communiste Syrien (Unifié)  a lancé l’appel suivant :

« Environ trois millions de citoyens Syriens ont fui leurs domiciles et deviennent des réfugiés constamment déplacés dans les pays voisins, vivant dans des conditions misérables incroyables et ils  ont des  besoins en  nourriture et médicaux. Ces réfugiés en appellent à l'opinion publique internationale pour faire pression sur les  gouvernements des USA et d'Europe, du Qatar et de l'Arabie Saoudite afin de mettre un terme au siège économique et aux sanctions imposées à la Syrie. En outre, ils demandent que le soutien armé aux gangs cesse immédiatement, parce qu'ils menacent non seulement la Syrie mais un grand nombre de lieux dans le monde.

Chers camarades,

Votre solidarité et votre soutien à notre peuple seront hautement appréciés par notre peuple en ces jours.  Plus encore, ils représentent une autre preuve indiquant l'unité et la solidarité des forces révolutionnaires dans le monde entier ».

Nous    assurons le peuple syrien de notre solidarité dans sa lutte pour vivre mieux et pour la démocratie. C’est le peuple syrien et lui seul qui doit décider de son avenir.

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28 mars 2013
Bahar KIMYONGUR

Vous ne le saviez sans doute pas. Et pour cause. Dans ce pays-là, il y a eu 250.000 disparitions forcées en 20 ans dont 34.467 entre 2005 et 2010. Dans une seule fosse commune située près d’une caserne militaire, pas moins de 2000 corps ont été retrouvés. Des opposants politiques ont été donnés en pâture aux caïmans, des rebelles jetés vivants dans des fours crématoires, des syndicalistes éliminés par milliers, des villages bombardés par l'aviation, des jeunes ramassés dans la rue, emmenés en forêt, exécutés puis habillés par leurs assassins en combattants pour faire croire qu’ils ont été tués lors d’accrochages militaires, des militants des droits de l’homme dénonçant la barbarie abattus en pleine rue, des bourreaux du peuple bénéficiant de l’impunité, près de 600.000 personnes déplacées entre 2010 et 2011. Nous avons là toutes les caractéristiques d’une dictature qui assassine son peuple. Et pourtant, ce régime-là n’est jamais décrit comme tel par nos médias. Normal, c’est l’État colombien, enfant gâté de Washington, Paris et Tel Aviv. En somme, un régime ami…

Pour savoir si nos médias sont réellement libres comme ils le prétendent, rient de tel que de comparer le traitement médiatique des conflits qui déchirent la Colombie, État aligné au « monde libre » et la Syrie, vilain petit canard de l’axe du Mal.

Quand les médias occidentaux parlent de la Syrie, le mot « chabbiha » désignant les forces civiles loyalistes revient en boucle. Les chabbiha sont accusés de crimes barbares pour le compte de Damas.

Mais avez-vous seulement entendu parler des Autodéfenses unies (AUC), des « Bacrim » ou de la Force Oméga qui sévissent quotidiennement en Colombie ?

Dans les médias occidentaux, il est interdit de parler de « révolution » et d’insurrection populaire en Colombie.

En revanche, les chirurgiens esthétiques de TF1, RTL ou France 24 travaillent d’arrache-pied pour relooker les djihadistes à l’œuvre en Syrie en zapatistes fleur bleue.

En Colombie, les centaines de milliers de paysans pauvres, d’indigènes qui sont engagés à des degrés divers dans la résistance armée n’auraient rien à voir avec le peuple.

En revanche, l’insurrection anti-baassiste serait la « révolution » de « tout un peuple » et ce, malgré l’existence de millions de citoyens syriens qui expriment une hostilité farouche envers l’opposition et une loyauté sans faille envers le gouvernement.

Notre presse qualifie la révolution colombienne de « terrorisme », de « gang », de « maffia » ou encore de « narco-guérilla ». Elle est pourtant plus émancipée et moins dépravée que la prétendue « révolution syrienne », cette malheureuse courtisane enfermée dans le harem des rois du Golfe.

Marie Delcas, correspondante du quotidien Le Monde (30 mai 2012) titrait : « La menace des FARC plane toujours ».

Imaginez-vous un seul instant que l’Armée syrienne libre soit considérée comme une menace ?

Lorsque la dictature colombienne commet des crimes, elle est toujours excusée. Dans le cas du régime terroriste de Bogotá, il n’y a ni indignation, ni sanction, ni résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, ni menace d’intervention militaire, ni campagne de sensibilisation en faveur des victimes de la dictature, ni discussion sur l’armement des rebelles, ni fourniture de « matériel non létal ».

Ne vous risquez surtout pas à défendre les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), principal mouvement de résistance contre le régime de Bogotá, vous finiriez derrière les barreaux pour apologie du terrorisme et pire encore, excommuniés par l’Inquisition bobo pour blasphème idéologique voire hérésie stalinienne.

Par contre, défendre les égorgeurs, les dépeceurs, les pillards, les génocidaires d’Al Nosra ou de l’ASL qui massacrent le peuple syrien avec l’aide de la CIA, des monarchies obscurantistes du Golfe et des gouvernements européens n’ayant pas plus d’estime pour leur propre peuple que pour le peuple syrien, ça c’est humaniste.

Si vous parlez de résolution politique du conflit en Colombie, vous serez soupçonné de sympathie envers les FARC parce que « l’on ne négocie par avec des terroristes ». Et si vous parlez de résolution politique du conflit en Syrie, vous serez soupçonné de sympathie envers le président Assad parce que « l’on ne négocie pas avec des dictateurs ».

Last but not least, les victimes de la répression du régime syrien ont droit à toutes les larmes et c’est légitime. Mais jamais les victimes du régime colombien. Eux n’ont ni voix, ni rêve, ni visage.

Vous avez dit conditionnement idéologique ?

Vous avez dit indignation sélective ?

 

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Syrie : la guerre des mots et des images par Bahar KIMYONGUR.

29 Mars 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Vous ne le saviez sans doute pas. Et pour cause. Dans ce pays-là, il y a eu 250.000 disparitions forcées en 20 ans dont 34.467 entre 2005 et 2010. Dans une seule fosse commune située près d’une caserne militaire, pas moins de 2000 corps ont été retrouvés. Des opposants politiques ont été donnés en pâture aux caïmans, des rebelles jetés vivants dans des fours crématoires, des syndicalistes éliminés par milliers, des villages bombardés par l'aviation, des jeunes ramassés dans la rue, emmenés en forêt, exécutés puis habillés par leurs assassins en combattants pour faire croire qu’ils ont été tués lors d’accrochages militaires, des militants des droits de l’homme dénonçant la barbarie abattus en pleine rue, des bourreaux du peuple bénéficiant de l’impunité, près de 600.000 personnes déplacées entre 2010 et 2011. Nous avons là toutes les caractéristiques d’une dictature qui assassine son peuple. Et pourtant, ce régime-là n’est jamais décrit comme tel par nos médias. Normal, c’est l’État colombien, enfant gâté de Washington, Paris et Tel Aviv. En somme, un régime ami…

Pour savoir si nos médias sont réellement libres comme ils le prétendent, rient de tel que de comparer le traitement médiatique des conflits qui déchirent la Colombie, État aligné au « monde libre » et la Syrie, vilain petit canard de l’axe du Mal.

Quand les médias occidentaux parlent de la Syrie, le mot « chabbiha » désignant les forces civiles loyalistes revient en boucle. Les chabbiha sont accusés de crimes barbares pour le compte de Damas.

Mais avez-vous seulement entendu parler des Autodéfenses unies (AUC), des « Bacrim » ou de la Force Oméga qui sévissent quotidiennement en Colombie ?

Dans les médias occidentaux, il est interdit de parler de « révolution » et d’insurrection populaire en Colombie.

En revanche, les chirurgiens esthétiques de TF1, RTL ou France 24 travaillent d’arrache-pied pour relooker les djihadistes à l’œuvre en Syrie en zapatistes fleur bleue.

En Colombie, les centaines de milliers de paysans pauvres, d’indigènes qui sont engagés à des degrés divers dans la résistance armée n’auraient rien à voir avec le peuple.

En revanche, l’insurrection anti-baassiste serait la « révolution » de « tout un peuple » et ce, malgré l’existence de millions de citoyens syriens qui expriment une hostilité farouche envers l’opposition et une loyauté sans faille envers le gouvernement.

Notre presse qualifie la révolution colombienne de « terrorisme », de « gang », de « maffia » ou encore de « narco-guérilla ». Elle est pourtant plus émancipée et moins dépravée que la prétendue « révolution syrienne », cette malheureuse courtisane enfermée dans le harem des rois du Golfe.

Marie Delcas, correspondante du quotidien Le Monde (30 mai 2012) titrait : « La menace des FARC plane toujours ».

Imaginez-vous un seul instant que l’Armée syrienne libre soit considérée comme une menace ?

Lorsque la dictature colombienne commet des crimes, elle est toujours excusée. Dans le cas du régime terroriste de Bogotá, il n’y a ni indignation, ni sanction, ni résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, ni menace d’intervention militaire, ni campagne de sensibilisation en faveur des victimes de la dictature, ni discussion sur l’armement des rebelles, ni fourniture de « matériel non létal ».

Ne vous risquez surtout pas à défendre les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), principal mouvement de résistance contre le régime de Bogotá, vous finiriez derrière les barreaux pour apologie du terrorisme et pire encore, excommuniés par l’Inquisition bobo pour blasphème idéologique voire hérésie stalinienne.

Par contre, défendre les égorgeurs, les dépeceurs, les pillards, les génocidaires d’Al Nosra ou de l’ASL qui massacrent le peuple syrien avec l’aide de la CIA, des monarchies obscurantistes du Golfe et des gouvernements européens n’ayant pas plus d’estime pour leur propre peuple que pour le peuple syrien, ça c’est humaniste.

Si vous parlez de résolution politique du conflit en Colombie, vous serez soupçonné de sympathie envers les FARC parce que « l’on ne négocie par avec des terroristes ». Et si vous parlez de résolution politique du conflit en Syrie, vous serez soupçonné de sympathie envers le président Assad parce que « l’on ne négocie pas avec des dictateurs ».

Last but not least, les victimes de la répression du régime syrien ont droit à toutes les larmes et c’est légitime. Mais jamais les victimes du régime colombien. Eux n’ont ni voix, ni rêve, ni visage.

Vous avez dit conditionnement idéologique ?

Vous avez dit indignation sélective ?

URL de cet article 19899
http://www.legrandsoir.info/syrie-la-guerre-des-mots-et-des-images.html
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