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Le blog de Lucien PONS

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Détruire la Syrie : une entreprise criminelle collective. Par Diana Johnstone

7 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #L'OTAN., #La Turquie, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #Terrorisme, #Daesch

Détruire la Syrie : une entreprise criminelle collective

Par Diana Johnstone – Le 4 octobre 2016 – Source CounterPunch

Détruire la Syrie : une entreprise criminelle collective. Par Diana Johnstone

Tout le monde prétend vouloir mettre fin à la guerre en Syrie et restaurer la paix au Moyen-Orient.

Enfin, presque tout le monde.

«C’est un jeu éliminatoire où vous avez besoin que les deux équipes perdent, mais vous ne voulez surtout pas que l’une gagne – donc nous allons faire en sorte que ce soit un match nul, a dit Alon Pinkas, un ancien consul général israélien à New York, selon le New York Times en juin 2013. Laissons-les se saigner tous les deux, jusqu’à l’hémorragie mortelle : telle est la réflexion stratégique ici.»

Efraim Inbar, directeur du Begin-Sadat Center for Strategic Studies [Centre Begin-Sadat d’études stratégiques] a souligné les mêmes éléments en août 2016 :

L’Occident doit chercher a affaiblir État islamique, mais pas à le détruire […] Laisser des méchants tuer d’autres méchants sonne vraiment cynique, mais il est usuel et même moral d’agir ainsi si cela maintient les méchants occupés et moins en mesure de nuire aux bons types […] En outre, l’instabilité et les crises contiennent parfois des signes de changement positif […] L’administration américaine ne semble pas capable de reconnaître le fait qu’État islamique peut être un instrument utile pour saper l’ambitieux plan de Téhéran de domination du Moyen-Orient.

Okay, alors pas exactement tout le monde.

Mais le site humanitaire Avaaz veut sûrement mettre fin à la guerre et restaurer la paix.

Le veut-il vraiment ?

Avaaz fait actuellement circuler une pétition qui a recueilli plus d’un million de signatures et en vise un million et demi. Elle est susceptible de les obtenir avec des mots comme ceci :

«100 enfants ont été tués à Alep depuis vendredi dernier.»

«Trop, c’est trop !»

Avaaz poursuit en déclarant : «La solution parfaite pour mettre fin au conflit n’existe pas, mais il n’y en a qu’une pour faire cesser cette terreur tombant du ciel – que des gens, partout, demandent une zone d’exclusion aérienne pour protéger les civils.»

Zone d’exclusion aérienne ? Cela ne sonne-t-il pas familier ? C’était le stratagème qui a servi à détruire les défenses aériennes de la Libye et a permis un changement de régime en 2011. Cette solution était promue avec zèle par Hillary Clinton, qui appuie aussi totalement la même approche en Syrie.

Et lorsque l’Occident dit «exclusion aérienne», cela signifie que certains peuvent voler et d’autres non. Pendant la zone d’exclusion aérienne en Libye, la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis y volaient autant qu’ils voulaient, tuant d’innombrables civils, détruisant les infrastructures et permettant aux rebelles islamistes de servir dans certaines parties du pays.

La pétition d’Avaaz fait la même distinction. Certains pourraient voler et d’autres non.

«Lançons un appel mondial à Obama et aux autres dirigeants pour qu’ils résistent à la terreur de Poutine et d’Assad. C’est peut-être notre dernière chance, notre meilleure chance d’aider à mettre fin à ce meurtre massif d’enfants sans défense. Ajoutez votre nom.»

Donc s’il s’agit de meurtre massif d’enfants sans défense, et de le stopper, nous devrions faire appel au roi des drones, Obama, pour qu’il mette fin à la «terreur venue du ciel».

Pas seulement Obama, mais aussi d’autres «bons» dirigeants, membres de l’OTAN :

Au Président Obama, au Président Erdogan, au Président Hollande, à la Premier ministre May et à d’autres dirigeants mondiaux : en tant que citoyens du monde entier, horrifiés par le massacre d’innocents en Syrie, nous vous appelons à imposer une zone d’exclusion aérienne au nord de la Syrie, y compris Alep, pour mettre fin au bombardement de civils en Syrie et garantir que l’aide humanitaire atteigne ceux qui en ont le plus besoin.

Le calendrier de cette pétition est éloquent. Elle arrive exactement au moment où le gouvernement syrien est désireux de mettre fin à la guerre en reconquérant la partie est d’Alep. Elle fait partie de la campagne de propagande massive actuelle qui vise à réduire la conscience qu’a l’opinion publique de la guerre en Syrie à deux éléments : les enfants victimes et l’aide humanitaire.

Détruire la Syrie : une entreprise criminelle collective. Par Diana Johnstone

A partir d’un tel point de vue les rebelles disparaissent. Donc également tous leurs soutiens étrangers, l’argent saoudien, les fanatiques wahhabites, les recrues d’EI venus du monde entier, les armes étasuniennes et le soutien français. La guerre n’est plus que l’étrange caprice d’un «dictateur», qui s’amuse à bombarder des enfants sans défense et à bloquer l’aide humanitaire. Cette manière de voir réduit la guerre de cinq ans en Syrie à la situation décrite en Libye pour justifier la zone d’exclusion aérienne : rien d’autre qu’un méchant dictateur qui bombarde son propre peuple.

Pour le public qui aime à consommer les événements mondiaux sous forme de contes de fées, tout cela se tient. Signez une pétition sur votre ordinateur et sauvez les enfants.

La pétition d’Avaaz ne vise pas à mettre fin à la guerre et à restaurer la paix. Elle vise clairement à faire obstacle à l’offensive du gouvernement syrien pour reprendre Alep. L’Armée syrienne a subi de lourdes pertes en cinq ans de guerre, ses recrues potentielles ont en effet été invitées à éviter un service militaire dangereux en allant en Allemagne. La Syrie a besoin de puissance aérienne pour réduire ses pertes. La pétition d’Avaaz appelle à paralyser l’offensive syrienne et se met donc du côté des rebelles.

Attendez – cela ne signifie-t-il pas qu’ils veulent que les rebelles gagnent ? Pas exactement. Les seuls rebelles vraiment assez forts pour gagner, c’est État islamique. Personne ne veut vraiment ça.

Le constat est que pour mettre fin à cette guerre, comme pour mettre fin à la plupart des guerres, il faut qu’un camp sorte par le haut. Lorsqu’on sait qui est le camp gagnant, il peut y avoir des négociations fructueuses pour des choses comme l’amnistie. Mais cette guerre ne peut pas être «terminée par des négociations». C’est un résultat que les États-Unis ne pourraient soutenir que si Washington pouvait utiliser les négociations pour imposer ses propres marionnettes – pardon, des exilés pro-démocratie vivant en Occident. Mais en l’état actuel, ils seraient rejetés comme traîtres par la majorité des Syriens qui soutiennent le gouvernement et comme apostats par les rebelles. Donc un camp doit l’emporter pour mettre fin à cette guerre. Le résultat le moins mauvais serait que le gouvernement Assad vainque les rebelles afin de préserver l’État. Pour cela, les forces armées syriennes doivent reprendre la partie est d’Alep occupée par les rebelles.

Le boulot d’Avaaz est d’obtenir que l’opinion publique s’oppose à cette opération militaire en la décrivant comme rien d’autre qu’un effort commun russo-syrien pour assassiner des civils, en particulier des enfants. Pour cela, ils appellent à une opération militaire de l’OTAN pour abattre (c’est ce que signifie «exclusion aérienne») les avions syriens et russes qui assurent un soutien aérien à l’offensive de l’armée syrienne.

Même des mesures radicales comme celles-ci ne visent pas à mettre fin à la guerre. Elles signifient affaiblir le camp vainqueur pour l’empêcher de gagner. Pour faire durer le blocage. Cela signifie – pour recourir à l’absurde expression populaire utilisée pendant la guerre en Bosnie – créer un «terrain de jeu équitable», comme si la guerre était un événement sportif. Cela signifie laisser la guerre continuer encore et encore jusqu’à ce qu’il ne reste rien de la Syrie et que ce qui reste de la population syrienne remplisse les camps de réfugiés en Europe.

Comme le New York Times l’a rapporté de Jérusalem en septembre 2013, «la synergie entre les positions israéliennes et américaines, bien qu’elles ne soit pas explicitement formulée par les dirigeants de chaque pays, pourrait être une source critique de soutien, puisque M. Obama cherche l’approbation du Congrès pour des frappes chirurgicales en Syrie». Il ajoutait que «les problèmes de sécurité nationale d’Israël recueillent un large soutien bipartisan à Washington, et l’American Israel Public Affairs Committee (AIPAC), l’influent lobby pro-Israël à Washington, a fait pression mardi en soutien à l’approche de M. Obama». (C’était lorsque Obama projetait de «punir le président Bachar al-Assad pour utiliser des armes chimiques sans le forcer à quitter le pouvoir» – avant qu’Obama décide de se joindre à la Russie pour désarmer plutôt l’arsenal chimique syrien, une décision pour laquelle il est toujours condamné par le lobby pro-Israël et et le Parti de la guerre.) La déclaration de l’AIPAC «n’a rien dit, cependant, sur le résultat préféré de la guerre civile…»

En effet. Ainsi que le rapport de 2013 de Jérusalem continuait, «comme les espoirs se réduisaient de voir l’émergence d’une force rebelle modérée laïque qui pourrait forger un changement démocratique et même un dialogue constructif, avec Israël, une troisième approche a gagné du terrain : laisser les méchants se brûler eux-mêmes. ‹La poursuite du conflit sert absolument les intérêts d’Israël›, a déclaré Nathan Thrall, un analyste pour l’International Crisis Group basé à Jérusalem.»

La pure vérité est que la Syrie est la victime d’une entreprise criminelle collective planifiée depuis longtemps, afin de détruire le dernier État nationaliste arabe laïque au Moyen-Orient, à la suite de la destruction de l’Irak en 2003. Alors que la répression des «manifestations pacifiques» de 2011 est attribuée au gouvernement, le soulèvement armé a été planifié depuis des années et était soutenu par des puissances étrangères : l’Arabie saoudite, les États-Unis et la France, parmi d’autres. Les motifs français restent mystérieux, à moins qu’ils ne soient liés à ceux d’Israël, qui voit la destruction de la Syrie comme un moyen d’affaiblir son principal rival dans la région, l’Iran. L’Arabie saoudite a des intentions similaires pour affaiblir l’Iran, mais avec des motifs religieux. La Turquie, l’ancienne puissance impériale dans la région, a des ambitions territoriales et politiques propres. Le dépeçage de la Syrie peut les satisfaire tous.

Cette conspiration flagrante et parfaitement transparente pour détruire la Syrie est un crime international majeur, et les États mentionnés ci-dessus sont des co-conspirateurs. Ils sont rejoints dans cette entreprise criminelle collective par des organisations prétendument «humanitaires» comme Avaaz, qui propagent la propagande sous le couvert de protéger des enfants. Cela fonctionne parce que la plupart des Américains ne peuvent tout simplement pas croire que leur gouvernement ferait des choses pareilles. Parce que les gens normaux ont de bonnes intentions et haïssent voir des enfants tués, ils imaginent que leur gouvernement doit être semblable. Il est difficile de dépasser cette foi réconfortante. Il est plus naturel de croire que les criminels sont des gens méchants dans un pays auquel nous ne comprenons vraiment rien.

Il n’y a aucune chance que cette entreprise criminelle éveille jamais l’attention des procureurs de la Cour pénale internationale qui, comme la plupart des grandes organisations internationales, est totalement sous le contrôle des États-Unis. Par exemple, le Secrétaire général adjoint pour les questions politiques des Nations unies, qui analyse et élabore les questions politiques pour le Secrétaire général Ban Ki Moon, est un diplomate américain, Jeffrey Feltman, qui était un membre important de l’équipe de Hillary Clinton lorsqu’elle effectuait un changement de régime en Libye. Et les complices dans cette entreprise incluent toutes les organisations pro-gouvernementales «non gouvernementales» comme Avaaz, qui pousse l’hypocrisie à de nouvelles extrémités en exploitant la compassion pour des enfants afin de justifier et de perpétuer ce crime majeur contre l’humanité et contre la paix dans le monde.

Diana Johnstone est l’auteur de Fools’ Crusade: Yugoslavia, NATO, and Western Delusions. Son dernier livre est Queen of Chaos: the Misadventures of Hillary Clinton [Hillary Clinton : la reine du chaos, Editions Delga]. Elle peut être atteinte à diana.johnstone@wanadoo.fr

Traduit par Diane, vérifié par Wayan, relu par Diane pour le Saker francophone

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Syrie : Nous sommes passés d’une guerre par procuration à une vraie guerre ! Par Bachar al-Jaafari

26 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Turquie, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Terrorisme, #Daesch

Syrie : Nous sommes passés
d’une guerre par procuration à une vraie guerre !
Par Bachar al-Jaafari

dimanche 25 septembre 2016, par Comité Valmy

Syrie : Nous sommes passés
d’une guerre par procuration à une vraie guerre !

Ce 21 septembre lors d’une énième session du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation en Syrie, Ban Ki-moon aurait déclaré :

« C’est l’occasion de rétablir la cessation des hostilités, faciliter l’aide humanitaire à Alep et dans tout le pays, maintenir au sol la force aérienne syrienne et voir une action militaire conjointe contre les groupes terroristes tels que Daech et Al Nosra… cela permettrait d’ouvrir la voie vers des négociations politiques » [*].


Maintenir au sol la force aérienne syrienne ! Pour quoi faire, sinon légitimer les mensonges, la cruauté et la rapacité de ses donneurs d’ordre ?

Pour mémoire, voici la réponse du Docteur Bachar al-Jaafari, délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies [NdT].


Mesdames et Messieurs,

Nous sommes réunis dans cette salle alors qu’au dehors nombre de manifestants sur la 47ème rue exigent que certains membres de ce Conseil ne touchent plus à la Syrie [Hands off Syria !], cessent leurs frappes et arrêtent de soutenir les organisations terroristes ; de telles manifestations ayant lieu dans plusieurs villes américaines, en Californie et ailleurs.

 

Monsieur le Président,

Cette importante séance du Conseil de sécurité sur la situation en mon pays se tient à un moment extrêmement sensible où nous constatons de dangereux déséquilibres contredisant les signaux indicateurs d’un dénouement positif la semaine passée.

 

Ceci, à cause des dérobades des États-Unis à l’accord conclu avec la Fédération de Russie, le 9 septembre dernier, et de leur absence de volonté d’obliger les organisations terroristes soutenues par ladite « Coalition internationale » à le respecter, en notant au passage que le caractère prétendument international de cette coalition ne correspond pas à la réalité des faits, étant donné qu’elle s’est constituée en dehors du cadre de la légalité internationale, sans résolution du Conseil de sécurité et sans consultations préalables de la partie concernée ; en l’occurrence, le Gouvernement de la République arabe syrienne.

 

Ce qui nous rappelle d’autres « coalitions destructrices », évoquées par certains intervenants que nous remercions, lesquelles coalitions n’ont engendré que des catastrophes sur des États, comme l’Irak, la Libye et le Yémen.

 

Mesdames et Messieurs,

Il y a deux ans, quand l’Administration américaine a programmé son ingérence militaire aérienne unilatérale sur mon pays, les responsables américains sont venus nous trouver pour nous signifier l’engagement de Washington à ne pas cibler l’Armée syrienne et les infrastructures vitales du pays, assurant qu’ils ne s’en prendraient qu’aux terroristes de Daech. Ce sont là des paroles qui m’ont été confiées par la déléguée permanente des USA auprès des Nations Unies, au nom de son gouvernement, et que j’ai transmises à mon gouvernement.

 

Mais voilà que deux ans plus tard, les responsables américains oublient les engagements et les promesses faites au nom de leur pays, et que l’aviation américaine frappe les bases de l’Armée syrienne ainsi que les infrastructures du pays, après avoir déployé ses soldats sur le territoire syrien.

 

L’agression militaire américaine à l’est de notre pays, l’agression turque au nord et l’agression israélienne au sud signifient clairement que nous sommes passés de l’étape d’une guerre par procuration à celle d’une vraie guerre.

 

Mon pays avait accueilli favorablement les déclarations russo-américaines du 9 septembre, lesquelles soutenaient explicitement que les deux parties avaient réussi à trouver un accord concernant la lutte contre Daech et le Front al-Nosra, quel que soit le nom qu’ils se donnent ; un accord conclu à la connaissance et avec le consentement du gouvernement syrien.

 

Il n’empêche que la Communauté internationale, représentée par ce Conseil, est restée de marbre sans exprimer, ne serait-ce que par un bref communiqué, le moindre blâme ou inquiétude devant l’immense choc provoqué par l’agression barbare et injustifiée de l’aviation militaire des USA, de la Grande Bretagne, de l’Australie et du Danemark sur des positions de l’Armée syrienne, laquelle se battait contre l’organisation terroriste Daech sur le mont de Tharda autour de l’aéroport de Deir ez-zor.

 

Aucune condamnation et pas le moindre blâme face à cette agression caractérisée contre des unités de l’Armée syrienne, pourtant connues pour défendre depuis deux ans des dizaines de milliers de civils assiégés par Daech à l’intérieur de cette ville, avec pour résultat la mort de dizaines de soldats et d’officiers syriens : 82 martyrs et plus d’une centaine de blessés.

 

Une agression qui a duré cinquante minutes… cinquante minutes de frappes, précédées par le survol de drones ayant analysé la zone pendant deux jours.

 

Une agression qui a ouvert la route aux terroristes de Daech pour occuper ces positions militaires volontairement ciblées, avant que l’Armée syrienne ne réussisse à les reprendre.

 

Pire encore, ces soldats et officiers de notre Armée ont dû subir un deuxième tour de frappes aériennes par drones de combats, alors qu’ils se retiraient de leurs positions sur le mont de Tharda.

 

Avant cette agression délibérée, le gouvernement de mon pays accordait une grande importance à la séparation entre les diverses organisations armées conformément au contenu de la Déclaration de Vienne 2, du 14 novembre 2015, quant à la définition de qui était terroriste et qui ne l’était pas, qui était opposant et qui ne l’était pas. Désormais, il faut croire que dix mois n’ont pas suffi à l’identification des indices de cette embarrassante énigme, d’autant plus que certains semblent avoir été frappés d’un Alzheimer précoce.

 

Dans ce même contexte, Damas attendait que Washington respecte ses engagements consistant à mettre un terme aux agissements des régimes de certains États impliqués dans le soutien du terrorisme politiquement, médiatiquement, logistiquement, financièrement et idéologiquement. Nous attendions aussi que cesse l’afflux des terroristes et des armes à travers les frontières de pays voisins et que cesse l’utilisation du terrorisme comme arme de chantage politique.

 

Monsieur le Président,

Les avions de reconnaissance et les satellites espions américains, ainsi que tous les Services du renseignement de ladite Coalition internationale, n’ont pas réussi à distinguer entre Daech et ceux qui combattent Daech. Ce qui n’est pas étonnant puisqu’ils auraient échoué, depuis de longues années, à repérer les milliers de terroristes étrangers exportés en Syrie et en Irak à partir de différents pays ; sujet évoqué par le Premier ministre espagnol que nous remercions.

 

Ils ont échoué à repérer des éléments terroristes étrangers infiltrés en Syrie à travers notre frontière avec la Turquie et d’autres pays voisins, comme ils ont échoué à repérer les convois de véhicules armés et les milliers de terroristes de l’organisation Daech, partis de leurs bases irakiennes pour un long périple de deux cents kilomètres, en plein désert syrien, en direction de Palmyre.

 

Comme ils ont échoué à repérer les milliers de camions acheminant le pétrole syrien volé, vers la Turquie, avant de le vendre à Israël pour financer les opérations terroristes de Daech.

 

Comme ils ont échoué à mettre fin au financement et à l’armement des organisations terroristes, bien qu’ils connaissent la source du moindre dollar encaissé par Daech, le Front al-Nosra et autres organisations qui leur sont étroitement liées.

 

En revanche, leur grand succès a consisté en la fabrication d’accusations mensongères, d’événements falsifiés, de rapports politisés et de films frelatés dans le but de diaboliser le gouvernement syrien et ses alliés.

 

Le plus étonnant est d’entendre le ministre américain des Affaires étrangères se fonder sur le témoignage d’un « témoin oculaire » qui aurait remarqué la présence d’engins volants au dessus du convoi d’aide humanitaire détruit hier, [le 20 septembre], par des frappes aériennes. Cet unique témoignage d’un témoin issu de ladite opposition syrienne, génétiquement modifiée en opposition armée « modérée », a suffi à Monsieur Kerry pour étayer ses accusations impliquant la Syrie et la Russie !

 

D’où la question : est-il possible qu’une seule personne ait pu remarquer la présence d’avions de combat dans le ciel d’une région peuplée par des centaines de milliers de personnes, devenues toutes aveugles à ce moment précis ?

 

D’ailleurs, ce problème des « témoins oculaires » suscite désormais beaucoup d’ironie, notamment si l’on se souvient que le gouvernement syrien a été accusé d’avoir utilisé des armes chimiques sur la foi d’un témoin oculaire, toujours issu de ladite opposition modérée génétiquement modifiée, lequel a déclaré avoir aperçu un hélicoptère lancer quelque chose qui s’est transformé en fumée orange. Là aussi, un seul de ces témoins a suffi pour en arriver à incriminer le gouvernement syrien, comme si personne ne disposait d’hélicoptères dans la zone concernée, ni l’armée turque, ni l’armée américaine, ni même les terroristes ayant notoirement volé quelques hélicoptères des aéroports syriens.

 

Pour rafraîchir la mémoire des États membres de ce Conseil je rappellerai quelques incidents qualifiés d’« erreurs » par les responsables américains, qualification qui insulte notre intelligence et suggère qu’apparemment les États-Unis ne tirent pas les leçons de leurs erreurs.

 

Ainsi, les Forces américaines se sont trompées, plusieurs fois, depuis la formation de ladite « Coalition internationale » ; laquelle a bombardé, par erreur, une école primaire pour enfants sourds et muets à Raqqa ; a balancé, par erreur, des armes, des grenades à main et des missiles tombés entre les mains de Daech à Aïn al-Arab ; a tué, par erreur, des civils syriens près de la ville de Raqqa sous prétexte d’avoir voulu détruire une usine de fabrication d’armes dépendant de Daech.

 

Et puis, les avions américains et français ont commis une grosse erreur lorsque leur raid s’est soldé par la mort de deux cents civils dans la ville de Manbej, près d’Alep ; Alep, sur laquelle vient de pleurer l’un d’entre eux, ses avions ayant frappé et tué, par erreur, les deux cents civils de Manbej.

 

Monsieur le Président,

Les dernières accusations calomnieuses portées contre le gouvernement de mon pays et de ses alliés, tous engagés dans la guerre contre le terrorisme, pour leur imputer la responsabilité de la destruction du convoi d’aide humanitaire près d’Alep, sont arrivées dans le sillage d’une guerre médiatique sans précédent et d’une sale politique, menées par des parties bien identifiées, lesquelles continuent à exploiter les souffrances du peuple syrien dans le seul but de nourrir une propagande médiocre et un chantage politique odieux censés concrétiser leurs propres calendriers. Faisant fi du prix exorbitant payé par le peuple syrien, elles sont déterminées à prolonger la crise et à torpiller tout espoir d’une solution qui serait incompatible avec leurs agendas politiques.

 

Dès l’annonce de l’accord russo-américain et avant même sa mise en exécution, mon pays a prévenu et continue à mettre en garde contre les velléités de certaines forces régionales cherchant à torpiller cet accord.

 

À cet effet, il a alerté le Conseil de sécurité pour qu’il prête son attention aux agressions israéliennes caractérisées sur le territoire syrien tout au long des semaines passées, avec une fréquence dangereusement accrue depuis que l’accord russo-américain a révélé que les deux parties s’était entendues pour mener la guerre contre le Front al-Nosra au même titre que d’autres organisations terroristes, dont le Liwa’ chouhada’ al-Yarmouk.

 

Des agressions couvertes par le terrible silence du Département des Opérations de Maintien de la Paix [DOMP ou DPKO], en dépit d’une dizaine de lettres que nous avons adressées à son Secrétaire général et à vous-même, concernant le soutien d’Israël aux terroristes du Front al-Nosra sur la ligne de séparation au Golan et les soins prodigués aux blessés de cette organisation dans les hôpitaux israéliens.

 

Par ailleurs, j’attire l’attention du Conseil de sécurité sur les opérations guerrières illégales menées par les forces aériennes et terrestres de la Turquie en territoire syrien, sous prétexte de frapper Daech et sans coordination avec le gouvernement syrien ou la direction des opérations russe ; ce qui constitue en soi un « crime d’agression » selon la Charte des Nations Unies, le Droit international et les principes du Conseil de sécurité.

 

Monsieur le Président,

Mon pays est disposé à poursuivre le dialogue entre Syriens, sans conditions préalables, conformément aux résolutions, accords et principes fixés dès le départ en faveur d’une solution politique décidée par les seuls Syriens et sans ingérence étrangère. Je souligne en rouge un million de fois « par les seuls Syriens et sans ingérence étrangère ».

 

Une solution qui fera qu’ils décideront de leurs choix et de leur avenir sous direction syrienne, avec la volonté de préserver la souveraineté, l’unité et l’intégrité de la Syrie. Nous ne permettrons jamais que notre pays soit transformé en une autre Libye ou un autre Irak. Jamais !

 

À ce sujet, nous affirmons que tout processus politique en Syrie nécessite l’entière coopération et l’entière coordination avec le gouvernement syrien, en sa qualité de partenaire fondamental à tout point de vue et dans tous les dossiers en rapport avec ce processus.

 

Car, aucun comité, aucune réunion, aucun congrès prétendant aboutir à une solution de ladite crise syrienne ne peuvent réussir tant que certaines parties prenantes travaillent, volontairement ou involontairement, à soustraire le gouvernement syrien, à semer le doute sur sa réelle coopération avec les Nations Unies, à dénigrer le succès des ses efforts de réconciliations nationales fondées sur l’engagement volontaire des individus armés à abandonner leurs armes avant règlement de leur situation par une amnistie et, sinon, sur l’acheminement des récalcitrants vers d’autres zones pour assurer le retour à une vie normale dans les régions qu’ils quittent, et permettre aux institutions étatiques de réparer et de reconstruire dans le cadre de leurs missions respectives.

 

Monsieur le Président,

Je terminerai par une question. Est-il concevable que des centaines de groupes armés avec des dizaines de milliers de terroristes soient capables de mener, pendant plus de cinq ans, un tel terrorisme contre le gouvernement, le peuple, l’Armée et les infrastructures de mon pays, sans soutien de l’étranger ?

 

N’est-il pas venu le temps que certains admettent cette vérité au lieu d’égarer le monde en soutenant que ce qui se passe en Syrie est une guerre civile ?

 

Merci, Monsieur le Président

Dr Bachar al-Jaafari
Délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies
21/09/2016

Source : You Tube / Al-Fadaiya TV [Syrie]
https://www.youtube.com/watch ?v=ASxdzUu2yQ8

Transcription et traduction de l’arabe par Mouna Alno-Nakhal

[*] Syrie : Ban Ki-moon met le Conseil de sécurité face à ses responsabilités
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp ?NewsID=38103#.V-bIScnw_

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Le grand marchandage. Le 26 Août 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus

27 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #La Turquie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme

Le grand marchandage

26 Août 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

Le grand marchandage

A mesure que la poussière soulevée par les chars turcs de Jarablous retombe, les contours de la situation se font un peu plus nets, les analyses plus poussées. Byzantinisme moyen-oriental oblige, il convient de rester prudent, mais il semble que notre hypothèse 1 d'hier se vérifie, avec toutefois quelques variations non négligeables.

Apparemment, même si certains rapports sont légèrement contradictoires, les YPG kurdes repassent l'Euphrate sous la pression de leur "allié" américain. Inutile de dire que, après les énormes sacrifices consentis par les combattants kurdes pour prendre Manbij, le coup de poignard US est très mal vécu et un vieux proverbe refleurit ces derniers jours : "Les Kurdes n'ont d'autres amis que les montagnes".

Pour Washington, très inquiet de la réconciliation russo-turque, les Kurdes syriens sont devenus une monnaie d'échange afin d'amadouer le sultan. Nous annoncions depuis longtemps (ici par exemple) que viendrait le jour où les Américains seraient placés face à eux-mêmes :

(...) Erdogan, furieux, pète une veinule en exigeant des Etats-Unis qu'ils choisissent entre la Turquie et les Kurdes.
Pour être honnête, il n'a en l'occurrence pas tout à fait tort. Les Américains sont pris dans un imbroglio d'alliances totalement contradictoires que la crise syrienne fait passer au révélateur. Poutine a placé Obama exactement où il le voulait : face à ses incohérences. Le roi est nu et chacun s'en rend compte.

Le moment de vérité semble arrivé. L'opération de Jarablous est vue comme un avertissement aux Etats-Unis dans la foulée du net refroidissement suite au putsch manqué et de la flambée d'anti-américanisme de la société et des médias turcs. Et ce n'est pas la visite de Joe l'Indien qui a changé quelque chose. Le vice-président US a été humilié en étant reçu sur le tarmac de l'aéroport par... le n°2 de la mairie d'Ankara ! La suite n'est pas meilleure, un journal pro-gouvernemental qualifiant sa venue de "perte de temps" pour la Turquie. Ambiance, ambiance...

Gageons que le ton sera différent lors de la possible mais non encore confirmée visite de Poutine le 31 août pour assister à un match de football entre les deux pays. Toujours est-il que le maître du Kremlin a parlé par téléphone au sultan pas plus tard qu'aujourd'hui. Il a évidemment été question du dossier syrien en général et de l'opération turque en particulier.

Ce qui apparaît de plus en plus comme un grand rapprochement syro-turco-irano-russe, en fait un alignement d'Ankara sur les trois autres, n'est pas sans allumer quelques lumières rouges à Washington, d'où la soudaine et assez pathétique tentative américaine de se rabibocher avec Erdogan en balayant les Kurdes sous le tapis.

Nous écrivions hier que, malgré la condamnation publique de l'intervention turque par Damas, Assad ne doit en réalité pas être mécontent de la tournure des événements, car partageant avec Ankara (mais aussi Bagdad et Téhéran) une même peur concernant tout mouvement d'autonomisation kurde. Il semble que nous fussions en deçà de la vérité...

Apparemment, l'Iran sert de boîte aux lettres entre Syriens et Turcs (qui, rappelons-le, ne se parlent plus directement) depuis quelques semaines déjà et l'opération de Jarabous aurait été discutée entre ces trois-là. Le respecté Robert Fisk ne dit pas autre chose et prévoit une réconciliation future entre le sultan et le lion de Damas, le pardon de Moscou n'ayant évidemment pas été gratuit.

Cet alignement turc sur le 4+1 est la suite logique du fiasco qu'est devenue au fil des ans la politique syrienne d'Erdogan. Menaces russes après l'incident du Sukhoï, prise de distance américaine, critiques européennes, attentats daéchiques, risque de voir se constituer un Kurdistan autonome syrien et reprise de la guerre avec le PKK, impossibilité de déloger Assad du pouvoir... n'en jetez plus ! Le sultan s'était isolé de tout et de tous.

En se rangeant sur la position russo-syro-iranienne, ce qu'a également plus ou moins fait, bien à contre-coeur, l'administration Obama, Ankara revient, affaiblie, dans le concert moyen-oriental. Ce grand marchandage se fait sur le dos des Kurdes mais aussi des "rebelles" immodérément modérés qui verront bientôt se tarir le soutien turc.

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Incursion turque en Syrie enjeux ou objectif ? (25 août 2016)

27 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #AMERIQUE, #La Russie

un débat réalisé par Ali Khodabandeh avec Bruno Guigue, politologue, Bassam Tahan, analyste franco syrien et Elie Hatem, analyste des question internationales, ayant pour thème "Incursion turque en Syrie enjeux ou objectif ?".

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Attentat à la bombe lors d'un mariage en Turquie: le bilan s'alourdit à 50 morts

21 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Turquie, #Daesch, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie

Attentat à la bombe lors d'un mariage en Turquie: le bilan s'alourdit à 50 morts

Attentat à la bombe lors d'un mariage en Turquie: le bilan s'alourdit à 50 morts

Au moins 50 personnes ont été tuées et près de 100 blessées dans un attentat à la bombe en plein mariage samedi soir à Gaziantep, ville du sud-est de la Turquie proche de la frontière syrienne.

Sur la chaîne de télévision CNN-Turk, le gouverneur de la province Ali Yerlikaya a indiqué dans la nuit de samedi à dimanche que le bilan s'élevait à au moins 50 morts et 94 blessés.

 

Attentat à la bombe lors d'un mariage en Turquie: le bilan s'alourdit à 50 morts

Un précédent bilan faisait état de 30 morts.

M.Yerlikaya avait évoqué auparavant "un affreux attentat terroriste", peut-être perpétré par un kamikaze, "lors d'un mariage".

Attentat à la bombe lors d'un mariage en Turquie: le bilan s'alourdit à 50 morts

Ce nouvel attentat endeuillant la Turquie est survenu samedi à 22H50 (19H50 GMT) à Gaziantep, située à 60 km seulement de la frontière syrienne.

Attentat à la bombe lors d'un mariage en Turquie: le bilan s'alourdit à 50 morts

"Nous condamnons les traîtres qui ont organisé et perpétré cette attaque", a indiqué le gouvernorat de la province dans un communiqué.

Dimanche matin, Recep Tayyip Erdogan a pointé du doigt l'EI. Un responsable turc a indiqué que le mariage "se déroulait en plein air" et dans un quartier du centre de Gaziantep à forte concentration kurde, ce qui renforçait les spéculations sur un attentat djihadiste.

Attentat à la bombe lors d'un mariage en Turquie: le bilan s'alourdit à 50 morts

M. Erdogan a d'ailleurs jugé que les auteurs de l'attaque avaient pour objectif de semer la division entre les différents groupes ethniques vivant en Turquie.

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Pas d’Etat islamique à Hasaka – Mais des soldats américains qui « conseillent » aux Kurdes d’attaquer l’armée syrienne ? Par Moon of Alabama.

21 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch, #La Turquie

Pas d’Etat islamique à Hasaka – Mais des soldats américains qui « conseillent » aux Kurdes d’attaquer l’armée syrienne ?

Par Moon of Alabama le 20 août 2016

Hier, une bagarre a éclaté entre les troupes de l’Armée arabe syrienne (AAS) et les forces kurdes locales, dans la ville majoritairement kurde de Hasakah au nord-est de la Syrie. Hasakah, qui compte environ 200 000 habitants, abrite une garnison de l’Armée arabe syrienne (AAS) depuis des années. Il y a une certaine inimitié entre les Kurdes et les soldats, mais le calme règne habituellement.

Il y a eu déjà eu des heurts, mais c’était des rivalités locales entre les Forces de défense nationales auxiliaires syriennes et des minorités arabes locales (chrétiennes) et des gangs qui forment une force de sécurité intérieure kurde sous le nom d’Asayish. Ces combats se terminaient habituellement au bout d’un jour ou deux quand les adultes des deux camps réglaient le désaccord sur tel ou tel point de contrôle ou voie d’accès.

L’État islamique (en gris sur la carte) a autrefois menacé Hasakah mais le danger est maintenant écarté.

Carte via ISW

Carte via ISW

Hier, une nouvelle bagarre a éclaté, mais cette fois, elle a pris un tour sérieux. L’armée de l’air syrienne a été appelée pour contrecarrer des attaques directes contre la garnison de l’AAS et les quartiers des minorités:

Des avions de combat du gouvernement syrien ont bombardé des parties de la ville de Hasaka tenues par les kurdes au nord-est du pays, jeudi, pour la première fois en cinq ans de guerre civile, selon la milice kurde syrienne YPG (Unités de protection du peuple) et un groupe de surveillance.

Le gouvernement syrien a encore des points d’ancrage dans les villes de Qamishli et Hasaka, toutes les deux situées dans le gouvernorat de Hasaka, qui coexistent largement pacifiquement avec les parties du territoire tenues par les YPG.

La cause de la flambée de cette semaine n’est pas claire.

Xelil dit que l’artillerie des forces gouvernementales a bombardé des districts kurdes de Hasaka, et qu’il y a eu des affrontements violents dans la ville.

L’Observatoire syrien pour les droits de l’homme, qui suit la guerre à travers un réseau de militants, a déclaré que des avions de combat avaient ciblé les positions des forces de sécurité kurdes dans le nord-ouest et le nord-est de la ville de Hasaka.

Il semble que ces combats aient éclaté à cause de l’arrivée, pour une raison inconnue, de troupes américaines à Hasakah. L’armée américaine se plaint maintenant que ses troupes aient essuyé des tirs de l’armée de l’air syrienne:

Les frappes aériennes syriennes ont eu lieu au nord-est de la ville de Hasaka, un endroit où les affrontements au sol entre les combattants kurdes des YPG et les forces du régime syrien ont augmenté. Il y avait là un petit nombre d’agents spéciaux américains agissant comme conseillers des YPG lorsque les frappes aériennes syriennes ont commencé.

Après que les Su-24 syriens ont commencé à frapper, les États-Unis ont immédiatement contacté les Russes, a dit Davis qui a précisé que l’aviation américaine rétorquerait si les forces de la coalition étaient attaquées.

Les Russes ont expliqué que ce n’était pas eux qui avaient effectué ces frappes et les États-Unis ont envoyé précipitamment des avions de chasse pour protéger les Américains et leurs alliés.

Quand les avions des Etats-Unis et de la coalition sont arrivés, les jets syriens étaient partis.

Il n’y a pas d’Etat islamique dans la région qui est maintenant loin de la ligne de front.

-Pourquoi les troupes américaines, qui n’ont aucun fondement juridique pour être en Syrie, se trouvent-elles dans la ville de Hasakah ou dans sa région?

-Qui « conseillent-t-elles ? Et dans quel but?

-Pourquoi les rares conflits locaux s’enveniment-ils juste au moment où les troupes américaines arrivent dans la région?

Les Etats-Unis ont la chutzpah* « d’avertir » les Syriens de ne pas défendre leurs propres troupes sur leur propre sol :

Des nouvelles patrouilles aériennes de combat américaines ont été envoyées sur la zone, hier, et l’ont survolée aujourd’hui aussi.

Davis a dit que les Syriens seraient « bien avisés » de ne pas interférer avec les forces de la coalition sur le terrain à l’avenir.

Les forces gouvernementales syriennes sont attaquées par les troupes kurdes qui sont « conseillées » par les forces spéciales américaines. Et, si l’on en croit le porte-parole américain, les forces de l’air syriennes n’ont pas le droit de les défendre? Qu’est-ce que cela a à voir avec « la lutte contre ISIS » dans l’est de la Syrie, qui est soi-disant la seule raison pour laquelle les troupes américaines sont en Syrie?

L’armée de l’air syrienne est revenue à Hasakah aujourd’hui et a continué de bombarder la position à partir de laquelle l’armée syrienne est attaquée. Ils ne seraient pas là sans l’accord des Russes. Est-ce que l’armée des Etats-Unis veut entamer le combat contre l’armée de l’air syrienne et ses alliés russes?

Les YPG kurdes disent qu’ils évacuent actuellement les civils de certains quartiers de la ville. Ils semblent s’attendre à un conflit prolongé.

Tout mouvement contre l’armée syrienne à Hasakah sera attentivement examiné par Ankara. La Turquie craint, avec raison, que les États-Unis ne soutiennent l’objectif kurde d’une entité nationale kurde à cheval sur la Syrie et l’Irak. Ce qui mettrait en danger la Turquie du fait de sa propre grosse minorité kurde.

Si les Kurdes expulsent les forces syriennes de Hasakah avec le soutien des Etats-Unis, la Turquie saura que toutes les assurances américaines de ne pas œuvrer contre les intérêts de son allié turc sont mensongères. Cela augmentera l’animosité turque, déjà profonde, contre les États-Unis et cela accélérera ses démarches en vue d’une alliance avec la Russie et l’Iran.

Moon of Alabama | 19 août 2016

Note : Avoir du culot en Hébreu

Article original:http://www.moonofalabama.org/2016/08/hasakah-are-us-troops-advising-kurds-to-attack-the-syrian-army-.html#more

Traduction : Dominique Muselet

Source: http://arretsurinfo.ch/pas-detat-islamique-a-hasaka-mais-des-soldats-americains-qui-conseillent-aux-kurdes-dattaquer-larmee-syrienne/

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Les USA préparent le chaos en Macédoine, en Serbie et en Grèce

21 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Terrorisme, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Grèce, #La Turquie, #La Russie

vendredi 19 août 2016

Les USA préparent le chaos en Macédoine, en Serbie et en Grèce

 
 
Le Quotidien serbe Informer, citant des médias russes, a déclaré que la Macédoine, la Serbie et la Grèce sont «dans le collimateur» de Washington après le dernier pacte entre Poutine et Erdogan qui a décidé de relancer le projet de Turkish Stream.
 
La seule façon pour les États-Unis de permettre aux trois nations des Balkans de vivre en paix est qu’elles renoncent à leur partenariat d'affaires avec la Russie, quel qu’en soit le bénéfice pour tous les trois.
 
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- Les États-Unis ont leur propre projet de gaz appelé pipeline Trans-Adriatique (TAP) qui est en concurrence avec le projet russo-turc. Le gaz proviendrait de Bakou, en Azerbaïdjan. Les États-Unis souhaitent voir la Russie isolée dans tous les domaines, en particulier dans les affaires et veut voir les trois pays des Balkans sous le contrôle de Washington.
 
« Les États-Unis ont presque créé une guerre en Macédoine qui a été utilisée comme un message à Belgrade que le même destin les attend à moins qu'ils ne remplissent les demandes de Washington »  Rapporte Informer, citant des médias russes.
 
Moscou et Ankara ont signé un contrat dans lequel ils financent le gazoduc 50-50. Le pipeline passera sous la mer Noire et trouverait son chemin à travers la Grèce, la Macédoine, la Serbie, vers l'Autriche et l'UE. Pendant ce temps, la Turquie et la Russie ont organisé pour faire leur commerce de plusieurs  dans leurs monnaies locales et en or, ce qui est encore un autre poignard au cœur de l'empire de Washington et de la domination du dollar. La Russie négocie en monnaies locales avec quelques dizaines de pays, dont la Chine, l'Iran et l'Inde.
 
Les États-Unis disent très clairement qu'ils feront tout en leur pouvoir pour empêcher le projet Turkish stream. 
 
Malgré la paix complète en Macédoine, il y a plus d'un an, le secrétaire d'État américain Kerry  a soudainement annoncé la Macédoine était dans la «ligne de feu». La seule raison pour le commentaire de Kerry était que la Macédoine a commencé la construction de sa partie de l'infrastructure de Turkish Stream. Peu après l'annonce de Kerry, il y a eu le «scandale des écoutes téléphoniques», suivi d’une attaque terroriste avortée à Kumanovo, puis suivi d'un coup d'État dirigé de l’étranger.
 
Le Premier ministre de la Serbie, qui a remporté ses élections avec une écrasante majorité, n'a pas été en mesure de former un gouvernement durant six mois. Tout cela après avoir annoncé que la Serbie ne laissera pas les pays occidentaux (lire les USA) dictent l'avenir de son pays. Vucic semble avoir mal évalué dans quelle mesure Washington est prêt à s’assurer que la région n'aura pas de liens d'affaires avec la Russie, et, maintenant la Turquie. Vucic est déjà confronté à un scénario macédonien avec des manifestations par le secteur «ONG» financé par les Américains.
 
La Turquie a connu sa propre «révolution made in USA», sous la forme d’un coup d’état, moins d’une semaine après qu’Erdogan a présenté ses excuses à Moscou pour avoir fait abattre son jet militaire au-dessus de la Syrie, et a offert à Moscou de relancer tous leurs projets communs qui étaient  au point mort, le Turkish Stream étant l'objectif principal.
 
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L’axe Moscou-Ankara-Téhéran, à marche forcée, par le site dedefensa

21 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Turquie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #Daesch

L’axe Moscou-Ankara-Téhéran, à marche forcée

L’axe Moscou-Ankara-Téhéran, à marche forcée

Une deuxième interview en huit jours du ministre des affaires étrangères turc Cavusoglu montre un durcissement de la position turque vis-à-vis du bloc-BAO (OTAN, USA) et, par conséquent, une dialectique de plus en plus chaleureuse pour un rapprochement de type “stratégique” (coopération des armements) avec la Russie. (D’une façon générale, le ministre turc parle de la Russie parce qu’il s’adresse à un canal de communication russe [Sputnik.News, RT en relais, repris par divers médias dont ZeroHedge.com], mais son discours embrasse également, indirectement, les relations avec l’Iran, – où Erdogan doit se rendre la semaine prochaine, – et à la lumière de la nouvelle situation russo-iranienne.)

Les déclarations de Cavusoglu montre une très forte insatisfaction à propos des relations de la Turquie avec le bloc-BAO, notamment vis-à-vis de l’OTAN qui semble poursuivre une politique de rupture des liens de coopération avec la Turquie. Il s’agit de faits concrets, concernant la coopération en matière de défense, notamment “les transferts de technologies et les investissements” : « It seems to us that NATO members behave in an evasive fashion on issues such as the exchange of technology and joint investments. Turkey intends to develop its own defense industry and strengthen its defense system... » cela induit nécessairement une réaffirmation beaucoup plus concrète et immédiate de l’idée d’une coopération en profondeur avec la Russie dans le domaine des armements (« In this sense, if Russia were to treat this with interest, we are ready to consider the possibility of cooperation in this sector »)

(Notre perception à ce point et avant de poursuivre sur le sujet principal abordé ici [l’axe Moscou-Ankara-Téhéran] est que l’attitude de l’OTAN vis-à-vis de la Russie se manifeste essentiellement depuis le putsch-avorté du 15 juillet et manifeste rien de moins que l’insatisfaction courroucée de l’Organisation que le coup n’ait pas réussi, et cette insatisfaction à l’encontre du pouvoir qui a résisté à cette attaque “entre pays-frères” de l’Alliance. D’une certaine façon, c’est comme si l’OTAN sermonnait la Turquie : “Mais comment est-il possible que vous n’ayez pas laissé ce putsch réussir, puisqu’il correspond à un réalignement qui doit être fait ? ”... Nous caricaturons à peine ; nous pensons qu’effectivement la pensée-Système est à ce point d’aveuglement et d’absurdité. Il suffit de reprendre ce que nous écrivions hier à propos du bloc-BAO, de l’attribuer avec encore plus de force à l’OTAN qui représente la machinerie archétypique de ce vide absolu, et de bien préciser, avec toute l’insistance possible, qu’il s’agit de la pensée-Système et du Système : « Le [Système/l’OTAN] est devenu stratégiquement autiste, intellectuellement plongé dans une totale impuissance conceptuelle. Il semble ne plus savoir qu’une chose, c’est le décompte presque indifférent de ses erreurs, de ses aveuglements, des énormes changements qui se produisent à ses dépens, du chaos qui s’installe sur ses propres territoires... » Dans de telles conditions, il est normal [le “new normal”, comme dirait Soros] que l’OTAN “punisse” la victime du putsch qu’elle a largement contribué à organiser, pour avoir résisté et finalement fait échouer l’opération.)

Pour ce qui concerne les trois pays dont nous parlons, il s’agit d’un pas de trois qui se déroule en ce moment, avec trois partenaires, ou trois danseurs effectivement qui évoluent ensemble sur une musique dont ils ne sont pas les compositeurs et à laquelle ils doivent s’adapter avec le plus de justesse et de grâce. (La musique est très postmoderne, une sorte de musique sérielle des erreurs et des inversions que ne cesse de produire le Système, par le relais des acteurs principaux du bloc-BAO, certes.) Les trois acteurs organisent donc plusieurs pas de deux pour se rôder, avant d’arriver à la composition coordonnée entre trois : ce fut d’abord Ankara-Moscou (Erdogan à Saint-Petersbourg) puis Moscou-Téhéran (le déploiement des forces ariennes russes à la base du lieu-dit Noji, proche d’Hamadan) ; maintenant, on doit avoir un pas de deux Ankara-Téhéran, avec la visite programmée d’Erdogan en Iran la semaine prochaine. Sputnik.News a un article du 18 août, qui étudie les perspectives de ce pas de trois que d’aucuns pourraient commencer à se risquer à désigner comme une alliance (« Alliance Between Russia, Turkey, Iran on Syria Taking Shape »).

« Turkey is considering a coalition with Russia and Iran against terrorists in Syria. President Recep Tayyip Erdogan will soon visit Tehran to discuss the issue. The visit is also expected to normalize ties between Turkey and Iran, the two powers seeking dominance in the region. Next week, Erdogan will visit Tehran to discuss a Russia-Turkey-Iran coalition to fight terrorism in Syria, Fars news agency reported.

A coalition between Russia, Turkey and Iran on Syria is theoretically possible but hard to work out in practice, Alexander Sotnichenko, an expert in Russian-Turkish relations, said. “Such an alliance between the key players is crucial for the peaceful settlement in the Middle East. At the same time, Turkey on the one hand and Russia and Iran on the other hand still support different sides of the Syrian conflict. The recent developments in Aleppo show that Ankara is still supporting terrorists,” Sotnichenko told the Russian online newspaper Vzglyad. [...] At the same time, it is premature to say that Erdogan could break up with NATO. “NATO is a deeply integrated military and technological alliance. In turn, Moscow cannot provide the similar level of partnership to Turkey,” he said.

» Stanislav Tarasov, head of the Middle East-Caucasus think tank, underscored that the West is now leaving Turkey alone with serious challenges, including the attempted coup and refugee crisis. “It’s no surprise that Erdogan is looking for partners in Russia and Iran,” he said. Tarasov also pointed out that despite numerous tensions between Ankara and Tehran they have a common stance on the Kurdish problem. The idea is to preserve the territorial integrity of both Turkey and Iran. Currently, the Kurdish problem is one of the most important issues for Ankara. In order to resolve it, Erdogan may turn to Tehran.

» Tarasov also assumed that Erdogan could easily abandon ties with Daesh and end support for terrorist groups in Syria. “The current domestic situation in Turkey is threatening Erdogan’s power. The Turkish president would go to all lengths to stay in power,” the analyst concluded. »

Les divers facteurs affectant les trois pays concernés, ainsi que le champs d’action apparent de leur alliance (la Syrie, ou comment résoudre le conflit qui en est à sa cinquième années) sont des données conjoncturelles. La partie qui se joue, ou le ballet qui s’exécute sous nos yeux, répond à une dynamique générale bien plus puissante, qui ne laisse guère de choix aux uns et aux autres. On a déjà envisagé cet aspect des choses, particulièrement pour Erdogan vis-à-vis des Russes (voir les 6 août et 12 août)... Malgré les arrière-pensées des uns et des autres, les intérêts nationaux, les tendances manœuvrières et manipulatrices (surtout de la part d’Erdogan), “le rouge est mis” depuis le putsch-avorté du 15 juillet.

L’événement a affirmé, d’une façon opérationnelle et symbolique à la fois, que la politique-Système que le bloc-BAO exécute au nom du Système est dans un mode définitivement incontrôlable et passe désormais par la recherche de toutes les façons possibles de l’élimination des acteurs qui constituent des obstacles à sa mission de dissolution et de néantisation du théâtre de la Syrie et de ses alentours. Le plus fragile et le plus vulnérable de ces acteurs est Erdogan, dont la politique et la tendance à la manipulation ne cessent d’alimenter le désordre au sein de la machinerie de la politique-Système dont il a pourtant prétendu souvent faire partie. L’attitude de l’OTAN à l’égard de la Turquie ne laisse aucun doute : le coup du 15 juillet ayant échoué, une autre tentative aura lieu aussitôt que possible, jusqu’à l’élimination d’Erdogan, et en attendant une pression extrême est exercée sur lui, de la part de la même OTAN ainsi conduite à la politique absurde pour elle de pousser la Turquie vers une attitude anti-otanienne qui présage d’une rupture gravissime. Pour cette raison générale et dans ces circonstances, le président turc n’a plus beaucoup d’espace pour manœuvrer, et encore moins pour manipuler. Sa seule porte de sortie réside dans l’alliance avec ses deux puissants voisins, la Russie au Nord et l’Iran au Sud. De leurs côtés, la Russie et l’Iran, en meilleures positions, n’en sont pas moins convaincus que l’alliance avec la Turquie doit être recherchée par tous les moyens, pour former cet axe de verrouillage de la Syrie et, d’une façon générale, de toute la région.

Nous ne parlons certainement pas, ici, d’un projet d’alliance classique, éventuellement pour régler un conflit (la Syrie) selon une issue satisfaisante, pour ensuite établir une certaine hégémonie permettant la stabilisation de la région. C’est bien entendu le but affiché d’une telle entreprise, et d’ailleurs d’une façon absolument logique. Pourtant, s’il n’y avait que cela, nous serions beaucoup moins catégoriques sur la possibilité effective de réaliser cette alliance, parce que l’analyse impliquerait effectivement qu’il reste de l’espace pour les manipulateurs pour se manifester, – cela, pour Erdogan en premier. Mais ce n’est pas du tout la situation qui règne actuellement, dans tous les cas depuis le 15 juillet d’une manière effective ; aussi s’agit-il d’un rassemblement nécessaire, évidemment de facture antiSystème, auquel sont forcés ces trois pays pour résister à la poussée totalement déstructurante et dissolvante de la politique-Système qui se produit d’elle-même puisqu’elle est produite par le Système, dans un moment que l’on connaît bien, que nous avons déjà décrit, qui est celui d’un vide du pouvoir dans le bloc-BAO avec de nombreuses perspectives de chaos internes, et particulièrement les perspectives extrêmement dangereuses et risquées, et totalement imprévisibles, des élections présidentielles USA-2016.

Par conséquent, il y a de très fortes chances que l’axe Moscou-Ankara-Téhéran se fasse, et se fasse vite, et il ne s’agira pourtant de rien qui ressemble à une victoire ou à une promesse de victoire, puisqu’il s’agira d’un acte antiSystème. S’il se fait, si aucun putsch-bis activé par l’OTAN et quelques “États parallèles” de Washington n’a lieu à Ankara, – quoique ce pourrait être un échec de plus qui accélèrerait encore plus, paradoxalement, le processus de résistance décrit, – il s’agira effectivement d’un acte de résistance (antiSystème) contre le Système dans la dynamique de surpuissance maximale où il se trouve aujourd’hui. Ce jugement n’est évidemment pas pour discréditer l’opération en train de se faire, ni la diminuer, bien au contraire ; cette opération est essentielle, comme tout acte de résistance, dans la mesure où elle contribue à pousser cette dynamique surpuissance jusqu’à son régime maximal, là où la surpuissance se transforme en autodestruction... Il s’agit simplement de comprendre de quoi il s’agit, d’en mesurer les limites mais surtout les enjeux, et d’en peser les capacités.

Ainsi et de même, de ce point de vue, nous ne retirons aucun des termes laudatifs que nous avons développés pour caractériser l’opération russe de déploiement en Iran et de partenariat stratégique avec Téhéran, ni son caractère historique par rapport aux grandes tendances russes. Comme l’alliance en devenir que nous évoquons, il s’agit d’actes stratégiques qui sont remarquables et doivent être appréciés comme tels... Ce sont leurs effets qu’il faut pondérer décisivement par rapport à la forme du combat en cours, et surtout par rapport à la puissance de l’adversaire qui ne peut être défini ni géographiquement, ni stratégiquement, ni politiquement, parce qu’il s’agit d’un Système, d’une civilisation en cours d’effondrement, – c’est-à-dire une dynamique qui nous frappe tous autant que nous en sommes les acteurs, qui n’est pas seulement un adversaire mais également le cadre général de nos activités qu’il faut pourtant pousser vers son autodestruction. Il s’agit donc simplement de bien comprendre de quoi il est question et d’écarter la facilité des jugements fractionnels et rationnels habituels, de forme politique ou stratégique, qui privent nécessairement le jugement général qu’il faut hausser de l’influence de l’intuition d’un outil essentiel de compréhension du cours tumultueux, torrentiel et tempétueux des choses.

Mis en ligne le 19 août 2016 à 10H12.

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Alep: le siège va-t-il se briser ?

5 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #La Turquie

  • L\\\'armée syrienne encercle totalement l\\\'est d\\\'Alep.

Al-Qaïda en Syrie et ses associés mènent actuellement une attaque de grande envergure au sud-ouest de la ville d’Alep.

Leur objectif est d’ouvrir un corridor entre les zones rurales d’Idlib/Alep qu’ils occupent et les zones encore contrôlées par Al-Qaïda qui sont assiégées à l’est d’Alep. Entre 5 000 et 10 000 combattants d’Al-Qaïda, qui utilisent des équipements fournis par les Américains, prennent part à la bataille. Sur le papier, certains de ces combattants sont des « modérés », mais en réalité, tous ces groupes se sont maintenant engagés à appliquer la charia et donc à bannir toutes les minorités. Ils ont fait quelques progrès contre les forces gouvernementales, mais les forces aériennes syriennes et russes les bombardent férocement.

L’état-major général russe sait et dit depuis le mois d’avril qu'al-Qaïda en Syrie (alias Front al-Nosra ou Fateh al-Sham) et les différents groupes terroristes planifient une attaque de grande envergure contre Alep. Un commandant d’al-Qaïda a, en effet, confirmé que l’attaque était planifiée depuis longtemps dans une harangue à ses combattants avant l’assaut actuel.

Cela jette une nouvelle lumière sur les négociations interminables que le secrétaire d’Etat Kerry a imposées, pendant des mois, à son collègue russe. Les Etats-Unis tentaient de protéger al-Qaïda contre les attaques russes et syriennes alors même que les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies demandaient l’éradication d’al-Qaïda et de Daech. Ensuite, les Etats-Unis ont « offert » à la Russie de se battre collectivement contre al-Qaïda, sous commandement étasunien. Nous avons qualifié cette offre d’insensée et de fourbe. Tous ces verbiages, on le voit maintenant, ne servaient qu’à gagner du temps pour permettre à al-Qaïda de préparer l’attaque qu’ils viennent de lancer.

Une autre tentative pour gagner du temps, qui a échoué celle-là, a été de changer le nom du Front al-Nosra en Fateh al-Sham. Certains médias « occidentaux » ont dit que le groupe s’était séparé d’al-Qaïda, mais il s’agissait, au contraire, de la fusion d’al-Qaïda central et de Nosra/al-Qaïda en Syrie sous un nouveau nom. Les sponsors qataris d’al-Qaïda avaient exigé ce changement de nom pour pouvoir convaincre, au grand jour, les gouvernements « occidentaux » et leur opinion publique qu'al-Qaïda en Syrie était composée de « rebelles modérés ». Mais l’imposture a échoué. Le stratagème était trop visible pour être pris au sérieux. Le soutien « occidental » d’al-Qaïda va devoir se poursuivre secrètement et modérément.

Si cette attaque était repoussée, les énormes pertes que al-Qaïda subirait pourraient la faire renoncer à l’option de la guerre ouverte de style militaire. Si al-Qaïda réussit à vaincre l’armée arabe syrienne, cette dernière aura besoin d’importants renforts de forces terrestres pour reprendre l’initiative.

Mais les Etats-Unis ont compris que leur projet de changement de régime allait échouer quelle que soit l’issue de la bataille. Ils proposent maintenant de diviser la Syrie. La Syrie et tous ses voisins sont contre. Cela n’arrivera pas, mais Washington peut causer d’énormes dégâts avant de se rendre à l’évidence. La Russie peut et doit empêcher d’aussi importantes manœuvres américaines d’ingénierie sociale.

Par ailleurs, la Russie doit maintenant décider si elle veut assez intensifier son engagement pour sortir de l’impasse actuelle. Avec le temps qui passe, une impasse devient coûteuse et peut, à tout moment, tourner brusquement en défaite. Il est clair que jusqu’à présent les Américains ne négociaient pas sérieusement. Ils ne faisaient que gagner du temps pour permettre de grandes attaques contre le gouvernement syrien. La Russie doit choisir entre quitter complètement la Syrie ou intensifier suffisamment ses efforts pour vaincre les terroristes de façon décisive. Ce n'est pas une décision facile.

Aujourd’hui, des terroristes ont abattu un hélicoptère russe en Syrie. Le corps sanglant du pilote mort a été traîné dans la boue par des dingues locaux qui ont filmé la scène et ont posté la vidéo, tout fiers. Si le gouvernement russe avait besoin d’un prétexte officiel pour revenir en Syrie, il en a un maintenant. Aujourd’hui, également, Daech a menacé d’attaquer la Russie à l’intérieur de ses frontières. Voilà une autre bonne raison de revenir en force en Syrie. Il faut noter que la Russie est déjà extrêmement contrariée par le climat irrationnel d’hostilité qui règne contre elle à Washington DC. Il aura des conséquences.

Le Guide suprême iranien a affirmé récemment que l’accord nucléaire avec les Etats-Unis était un échec. Les Etats-Unis ne l’ont pas respecté au final. L’argent iranien est toujours bloqué dans les comptes contrôlés par les Etats-Unis et aucune banque internationale ne veut faire des affaires avec l’Iran, car les Etats-Unis menacent de les pénaliser. Selon le Guide iranien, il faut en conclure qu’un accord n’est possible avec les Etats-Unis sur aucune question locale au Moyen-Orient et que toutes les négociations avec eux sont une perte de temps. Cette nouvelle position officielle pourrait enfin faire sauter les limites sur le déploiement iranien en Syrie. Pourquoi prendre la peine de se limiter puisque les Etats-Unis n’en tiennent pas compte ?

La manière dont la situation en Syrie va évoluer à partir de maintenant dépend en grande partie de la Turquie. La Turquie est en train de changer de politique étrangère et de se tourner vers la Russie, l’Iran et la Chine. Mais jusqu’où cet éloignement de « l’Occident » ira et s’il s’assortira également d’un revirement complet sur la Syrie n’est pas encore clair. Si la Turquie bloque vraiment ses frontières et, avec elles, l’approvisionnement des terroristes, la guerre contre la Syrie pourrait se terminer en un an ou deux. Si l’approvisionnement (secret) continue, la guerre pourra se poursuivre pendant de nombreuses années. Dans les deux cas, un plus grand soutien (renforts en troupes, etc.) du gouvernement syrien par ses alliés réduirait considérablement le temps que la guerre prendrait encore (et les dégâts). Rien que cela justifierait les efforts supplémentaires des alliés de la Syrie.

L’avenir dira si Téhéran et Moscou sont d’accord avec cette conclusion.

Moon of Alabama

Traduction : Dominique Muselet

source: http://www.comite-valmy.org/spip.php?article7433

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De source turque (renseignements) : Erdogan vient d’affronter l’OTAN et il a gagné après avoir pris le contrôle des bombes atomiques.

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #La Turquie, #Europe supranationale, #l'Allemagne, #L'OTAN., #AMERIQUE

Poutine est-il en train de réussir un échec et mat : sortir la Turquie de l’OTAN ?

 

De source turque (renseignements) :

Erdogan vient d’affronter l’OTAN et il

a gagné après avoir pris le contrôle des

bombes atomiques.

 

Leonid Timoshin – Fort Russ -  20 juillet 2016

Exclusivité Komsomolskaya Pravda 

 

9. ATOM BOMB.jpg

 

Tandis que les uns prétendent que l’ambitieuse et sanglante tentative de renverser Recep Tayyib Erdogan n’était qu’une mise en scène, les autres (surtout en Turquie) croient que le chef d’État a bien failli y perdre la vie, à cause de son rapprochement avec la Russie. Un expert sur le Moyen Orient - et directeur du Centre Lev Gumilev -, Pavel Zarifulline, a fait part à la Komsomolskaya Pravda des renseignements secrets qu’il a reçus de Turquie, d’un haut fonctionnaire turc et d’amis bien informés. Ce qu’ils lui ont dit, c’est que le coup d’État a été préparé avec l’aide de nos « partenaires » d’outremer.

 

LE BUT EST DE CONTRÔLER

 

- Pavel, qui sont ces gens qui vous ont donné ces informations depuis la Turquie ? Étant donné la répression en cours, comment restez-vous en contact avec eux ?

- Ils font partie de la classe dirigeante turque et je suis en contact avec eux pour mon travail depuis des années. Certains de ces collègues ont été emprisonnés par Erdogan en 2007, mais ça, c’est une autre histoire. En ce moment, je communique avec un des fameux professeurs turcs, consultant de leurs services de renseignements. Je ne peux évidemment pas vous révéler son nom. Comme des milliers d’autres, il marche sur le fil du rasoir – nous avons eu le même genre de répression en 1937 sous Staline. Nous correspondons dans une « tchat room » privée, par messages codés. Il fait partie de ceux qui soutiennent l’accession de la Turquie à l’Union Eurasienne et non à l’Union Européenne. Et il y a en Turquie beaucoup de personnes influentes qui sont dans le même cas. Pour le gouvernement, l’université et les services secrets, cela ne fait aucun doute : le coup d’État a été préparé par les Américains. Comme tous les autres coups dans le pays depuis 1960. L’armée a toujours interféré dans le processus politique et l’a toujours fait en coordination avec les Américains.

- Qu’est-ce qu’il vous a dit ?

- Je le cite : « L’Occident, espérant prendre le contrôle du pays par un coup d’État militaire, comme en Égypte, a d’abord soutenu le putsch. Les putschistes n’étaient pas en mesure de réussir sans aide extérieure. Mais l’Occident a sous-évalué le fait que le peuple turc n’accepterait pas un processus anti-démocratique » Par l’Occident, il entend surtout les États-Unis, mais il est possible que les Allemands aient trempé dans l’affaire – eux aussi ont fait pression sur Erdogan. N’oubliez pas que le Bundestag (le Parlement allemand) n’a même pas reconnu le génocide des Arméniens par les Turcs.

 

TROP DE DIVERGENCES

 

- Je ne comprends pas pourquoi les USA et l’Allemagne avaient besoin de ce coup d’État.

- Ce n’est pas un secret. La raison principale, c’est le rapprochement avec la Russie. Voici un autre extrait de mes échanges avec ma source : « L’Union Européenne et l’OTAN n’appréciaient pas le rapprochement de la Turquie avec Israël et la Russie. Les États-Unis étaient furieux que la Turquie ait qualifié les séparatistes Kurdes en Syrie d’organisation terroriste, alors que les USA les soutenaient. Ankara et Washington n’étaient pas d’accord sur l’Irak et sur la Syrie. À propos de la crise des réfugiés, l’U.E. a critiqué la Turquie, estimant qu’elle avait le devoir de bloquer l’afflux de réfugiés à tout prix. »

- Le coup était donc inévitable. Et d’origine externe. Sait-on comment il a été préparé ?

- Le noyau organisateur du putsch a été la base aérienne américaine d’Incirlik [située sur la cote méditerranéenne de la Turquie, à quelques centaines de kilomètres de la frontière syrienne ; elle permet de contrôler le Moyen Orient. NdA.] Le commandant en chef de la base, le général turc Bekir Ercan Van, est aujourd’hui arrêté [la base sert aussi à l’armée de l’air turque ; après tout le pays fait partie de l’OTAN. NdA]. Tous les principaux protagonistes sont de là. Selon  mes informateurs, l’ambassadeur US en Turquie, John Bass (qui a d’abord été en poste en Géorgie, où il a aussi dirigé la politique anti-russe) a rencontré plusieurs fois l’ancien commandant de la base aérienne qui a dirigé le coup d’État, Akin Ozturk, et le chef actuel de la base, sous le prétexte de discuter les relations avec les Kurdes en Syrie et en Irak. Les militaires turcs d’un certain rang sortent en général des institutions militaires de l’OTAN ; ils sont pro-Américains. Comme le révèle le contenu des interrogatoires, les conspirateurs – constitués des premier et deuxième échelons – avaient reçu de sérieuses garanties de la part des autorités militaires et diplomatiques US. L’asile politique leur avait été promis en cas d’échec de l’entreprise.

 

IL Y AVAIT DES BOMBES À HYDROGÈNE

 

- Et on les a trompés ?

- Non. Mais les Turcs étaient prêts à prendre la base d’assaut en se contentant d’abord de couper l’alimentation électrique. Seulement… des armes nucléaires y sont entreposées.

Ce genre de chose n’était jamais arrivé avant ! C’est pourquoi les Américains ont accepté de ne pas se mêler des arrestations dans la partie turque de la base. Nous devons cette information inédite à notre source. L’hypothèse ridicule de la mise en scène est réservée aux Occidentaux. Alors que le nombre des morts et des blessés (au bout d’une seule nuit : 290 morts et près de 1.500 blessés) suffit à démontrer à quel point l’événement était sérieux.

- Est-ce que le prêcheur de l’opposition Gulen - qui réside aux USA et dont l’extradition a été réclamée par Erdogan – ment quand il dit qu’il n’a rien à voir avec le coup d’État ?

- C’est là encore une « rubrique » à l’américaine, destinée aux Occidentaux bien sûr. Voici ce que ma source a écrit dans son dernier message (nous avons communiqué dans la nuit du 20 juillet) :

« Ils [Poutine et Erdogan. NdA] doivent se rencontrer aussi rapidement que possible. Ici, les gens n’arrêtent pas de parler de cette rencontre. Les USA ont tout fait et feront tout pour l’empêcher. Y compris un putsch s’il faut un putsch pour que les deux chefs d’État ne puissent pas se parler. Nous [les Eurasianistes de Turquie, NdA] voyons le salut du pays dans cette rencontre avec Poutine. » J’espère que les répressions ne toucheront pas mon expert et qu’il pourra assister avec les autres Turcs à notre conférence eurasienne d’Ankara, juste après la rencontre des présidents de Russie et de Turquie. Aujourd’hui, on parle de plus en plus de quitter l’OTAN. Erdogan ferait mieux de choisir cette voie et de devenir l’Hugo Chavez islamique. Sinon, il lui faudra se préparer au prochain coup d’État.

 

COMMENTAIRE D’UN EXPERT MILITAIRE

 

Igor Korotchenko, rédacteur en chef du magazine Défense Nationale

 

- Je n’ai rien de sûr qui me permette d’affirmer que le coup a été préparé par les Américains. Mais le fait qu’ils étaient au courant (grâce aux compétences de la CIA et de la NSA) et qu’ils y avaient intérêt est certain. Ils se sont contentés de ne pas en informer Erdogan, dans l’espoir que la réussite du putsch leur serait favorable. La base d’Incirlik héberge des Américains, donc des employés de la CIA. Je n’y ai jamais mis les pieds et ne sais donc rien de l’organisation de sa sécurité et de sa défense, ni comment elle est approvisionnée en énergie de sauvegarde. Mais dans nos bases russes, il est impossible d’arrêter l’alimentation en énergie, même quand on coupe l’électricité.

 

Victor BARANETS, observateur militaire « KP » :

 

- Selon les diverses évaluations, la base aérienne d’Incirlik abrite jusqu’à 100 bombes nucléaires américaines. On a réellement besoin d’électricité pour contrôler l’état des munitions, pour assurer leur protection. En cas d’accident, des moteurs diesel se déclenchent automatiquement, mais ils ne peuvent pas fonctionner indéfiniment. Si les Américains tombaient à court de combustible, il pourrait y avoir du vilain. Bien qu’il fût turc, le commandant de la base n’a donné l’ordre de couper que la partie turque d’Incirlik. Vous devez comprendre que cette base héberge des avions américains et des avions turcs, et quand il y a des opérations, il s’y trouve aussi des avions de Grande Bretagne, d’Allemagne, d’Arabie Saoudite et du Qatar. Toutefois, au moment du coup d’État, il n’y en avait pas.

Permettez-moi de vous rappeler que le commandant de la base, le général turc Van, a demandé l’asile politique aux États-Unis et que cet asile lui a été refusé. Si on le lui avait accordé, il serait aussitôt devenu évident que les USA voyaient ce putsch d’un bon oeil et qu’ils y avaient peu-être trempé. Quoi qu’il en soit, quand les arrestations ont été terminées dans la partie turque de la base, les vols ont repris, l’électricité est revenue dans la partie turque, et la base a recommencé à fonctionner comme à l’accoutumée.

 

Source :  http://www.kp.ru/daily/26557/3573608/    

Via :  http://www.fort-russ.com/2016/07/secret-turkish-intellige...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

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