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Le blog de Lucien PONS

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Les militaires turcs s'infiltrent à l'intérieur de la Syrie. ERDOGAN FRANCHIT LA LIGNE ROUGE.

9 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Turquie, #AMERIQUE, #La Russie, #l'Allemagne, #La France, #L'OTAN., #Europe supranationale, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

ERDOGAN FRANCHIT LA LIGNE ROUGE

La Turquie visiblement a décidé de jouer les incendiaires jusqu'au bout... Prise en flagrant délit de soutien économique et militaire avec la nébuleuse islamiste terrorisant la Syrie, cette République islamiste déguisée continue ses provocations tant vis à vis de l'Europe soumise au chantage des migrants, que vis à vis de la Russie dont elle a déjà abattu un avion de chasse pour tenter de regionaliser le conflit syrien...

Moscou à de nombreuses reprises a demandé que les interventions étrangères sur le sol Syrien ne se fassent qu'avec l'accord du gouvernement légal du pays.

Mais Ankara "n'en a rien à foutre" comme le prouvent ses livraisons d'armes aux djihadistes, son soutien politique aux salafistes, ses interventions dans le Kurdistan irakien ou son refus de s'aligner sur les protocoles antiterroriste européens.

Erdogan ce mythomane qui se prend pour le nouveau sultan méditerranéen, à l'outrecuidance de prétendre agir en toute indépendance pour participer à la lutte contre Daesh. Ceci n'est que mensonges et gesticulations pour faire bonne figure vis à vis d'une Union Européenne qui s'apprête à ouvrir ses frontières au turcs tout en payant Ankara pour drainer les migrants...

Ce week end des forces spéciales turques ont officiellement pénétré le territoire syrien. Cette opération risquée sur le plan diplomatique n'a pas pu se réaliser sans l'aval des USA et du Commandement de L'OTAN dont fait partie Ankara.

Si cette reconnaissance est suivie d'une opération massive nous risquons d'assister à un "casus belli" très grave risquant d'impliquer des belligérants tiers et la Russie.

Ceci fait peut être partie du "plan B" annoncé par les USA il y a deux mois et qui semblent vouloir imposer une situation chaotique et un état de guerre avant les élections présidentielles.

Erwan Castel

Sun May 8, 2016
Les soldats turcs se sont infiltrés à l'intérieur du territoire syrien. ©Mehr

Les soldats turcs se sont infiltrés à l'intérieur du territoire syrien. ©Mehr

Selon le quotidien Daily Sabah, les forces spéciales de l'armée turque se sont infiltrées à l'intérieur du territoire syrien dans la nuit de samedi à dimanche sous prétexte de mener des opérations terrestres contre les positions de Daech près de la frontière, non loin de la ville turque de Kilis.

D'après des sources bien informées, avant cette opération, une unité composée de 15 à 20 personnes avait collecté des informations sur le terrain, pendant une dizaine de jours, au sujet de l'emplacement et des mouvements des éléments de Daech près de la frontière turque.

Ces opérations ont été menées à 13 ou 14 kilomètres de la frontière, à l'intérieur du territoire syrien.

Jusqu'à présent, aucun rapport officiel n'a été publié au sujet de ces opérations, mais des journaux turcs comme Yeni Şafak ont laissé entendre que le but de ces opérations était de sécuriser les zones frontalières de la province turque de Kilis.

Selon ces sources, la Turquie avait informé les Etats-Unis et la Russie avant de lancer cette opération.

Le vice-Premier ministre turc, Numan Kurtulmuş, avait fait état lundi dernier du tir de 55 roquettes par Daech contre le territoire turc dans la province de Kilis. 

http://www.presstv.ir/DetailFr/2016/05/08/464607/Les-militaires-turcs-sinfiltrent--lintrieur-de-la-Syrie/

 


En savoir plus sur http://www.jacques-tourtaux.com/blog/syrie/l-armee-turque-penetre-a-l-interieur-de-la-syrie.html#hM5rc21q0p2MRxJO.99
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Neuf thèses sur la guerre dans laquelle nous sommes engagés

9 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Ukraine, #Terrorisme, #Daesch, #La Turquie

Neuf thèses sur la guerre dans laquelle nous sommes engagés


Rostislav Ichtchenko

Par Rostislav Ichtchenko – Le 2 mai 2016 – Source thesaker.is

Les 27 et 28 avril, le ministère russe de la Défense a tenu une conférence internationale sur la sécurité. Je participe à un groupe débattant des révolutions de couleur.

Le temps accordé aux intervenants (5 minutes) et aux participants au débat (1 minute) était trop bref pour présenter la totalité du concept des révolutions de couleur dans la politique moderne et leur impact sur la sécurité générale et militaire de l’État touché. Par conséquent, je présenterai mes vues sur la question sous forme de points. Je serai succinct, parce qu’on peut écrire une étude en plusieurs volumes sur les révolutions de couleur et la guerre hybride en général, et même alors le sujet pourrait ne pas être traité complètement.

Thèse 1. Le fait même que les militaires étaient intéressés par ce sujet (en fait des représentants de plusieurs douzaines de ministères de la Défense de divers pays ont participé à la discussion) montre que les révolutions de couleur sont considérées par les États modernes non pas comme une menace intérieure (où la police et les services spéciaux seraient intéressés), mais comme une menace extérieure. Elle a les caractéristiques d’une agression militaire, donc la contre-attaque relève de l’armée.

Thèse 2. Les coups d’État colorés, qui sont un élément de la guerre hybride moderne, ne sont pas apparus seulement parce qu’un conflit direct entre deux puissances nucléaires est devenu impossible en raison de leur destruction mutuelle certaine. Différents scénarios d’une guerre nucléaire limitée ou d’un conflit armé entre les superpuissances n’utilisant que des armes non nucléaires ont été et sont examinés. Toutefois, si des pays détiennent des armes nucléaires, un conflit militaire où celles-ci seraient utilisées est possible, et les états-majors généraux doivent avoir des plans pour cette éventualité.

Les coups d’État colorés étaient une réponse à cette impasse politique qui a surgi comme résultat de la formation, à la fois dans les pays civilisés et au niveau du droit international, de l’idée selon laquelle la guerre n’est pas un outil admissible pour résoudre des problèmes politiques. Ainsi, les coûts politiques et moraux pour un État qui ouvre les hostilités, même si un énorme avantage en termes de forces permet une victoire rapide avec des pertes minimes, sont devenus plus élevés que les avantages matériels et politiques du contrôle sur le territoire ennemi. Un blitzkrieg, et encore plus une campagne militaire prolongée, sont devenus non rentables.

Thèse 3. Un coup d’État de couleur n’est pas perpétré lorsque la situation est mûre pour un changement de régime (situation révolutionnaire classique), mais lorsqu’une force extérieure est intéressée à prendre le contrôle sur l’État victime.

Un coup d’État coloré est impossible sans ingérence extérieure. Lorsque le mécanisme du coup d’État est lancé dans un pays, cela signifie que celui-ci est attaqué par un agresseur.

L’identification de cet agresseur est généralement aisée. Prouver ses intentions agressives, si évidentes soient-elles, est toutefois habituellement impossible sur la base du droit international. L’agresseur expliquera toujours son ingérence dans les affaires intérieures de l’État victime en recourant à des excuses humanitaires et à la protection des droits humains.

Je vous rappellerai que selon les accords de Helsinki (qui sont maintenant les règles de l’OSCE et de l’ONU), la défense des droits humains ne peut être exclusivement l’affaire intérieure d’un État.

Thèse 4. Pourtant un agresseur a besoin de légitimer ses actions aux yeux de la communauté internationale. Par conséquent, en règle générale, il tente d’obtenir un mandat de l’ONU ou de l’OSCE pour intervenir ou, au moins, pour former une coalition internationale formelle de plusieurs douzaines de pays dans le but de masquer son agression, la décrivant comme visant à contraindre un régime dictatorial à respecter les normes internationales.

Thèse 5. Cela limite le genre de pays en mesure d’utiliser le mécanisme des coups d’État de couleur. Le pays agresseur doit non seulement disposer d’une immense supériorité militaire sur le pays victime (c’est souhaitable, mais pas absolument nécessaire). Il doit avoir un poids politique et diplomatique suffisant pour assurer une couverture légale à son ingérence.

Thèse 6. Comme n’importe quelle guerre ou opération militaire, le coup d’État de couleur est soigneusement planifié et préparé. En général, plusieurs plans sont élaborés, qui dépendent du degré de résistance du pays victime.

Le scénario idéal comprend la capitulation ou la trahison des élites nationales. C’est l’option la moins chère. Dans ce cas, toutes les ressources du pays victime, y compris le système politique et la structure administrative, peuvent être immédiatement utilisés par l’agresseur pour ses fins politiques.

Lorsque les élites nationales ne capitulent pas, la méthode des manifestations de rue pacifiques est utilisée. L’élite qui résiste est contrainte, sous la pression des manifestations de rue, de remettre son pouvoir à ses collègues les plus souples. Il lui est, en substance, donné à choisir entre la capitulation volontaire et une tentative de réprimer les manifestations, au risque de provoquer des victimes accidentelles, ce qui fournit le prétexte de décréter le régime répressif et dictatorial, de l’accuser de brutalités policières et de déclarer qu’il a perdu toute légitimité.

Si ce genre de pression pacifique ne fonctionne pas, au cours des semaines ou des mois qui suivent (cela dépend de la situation et de la résilience du régime du pays victime), on passe à l’insurrection armée. Dans ce cas, le régime est forcé de choisir entre la capitulation et les inévitables victimes d’une confrontation armée, qui se compteraient en douzaines ou même en centaines.

Parallèlement à l’incitation aux manifestations pacifiques ou au soulèvement armé, le pays agresseur organise l’isolement politique et diplomatique du pays victime.

Si le soulèvement armé dans la capitale ne se produit pas ou ne débouche pas sur un changement de régime, le scénario suivant est la guerre civile. Dans ce cas, le pays agresseur déclare que le pouvoir est illégitime, il reconnaît l’opposition et lui fournit un soutien politique, diplomatique, financier puis militaire.

Enfin, si les résultats de la guerre civile débouchent sur une impasse, ou si l’opposition est en train de perdre, une agression directe (sous un prétexte humanitaire) est possible. La version plus douce est la mise en œuvre de zones d’exclusion aériennes et la fourniture massive d’armes, y compris des armes lourdes, aux rebelles. La version plus sévère implique l’invasion directe par des troupes étrangères, en règle générale déguisées en volontaires, ou par des forces spéciales.

Thèse 7. Comme on le voit, en dépit du caractère ostensiblement pacifique ou informationnel du coup d’État de couleur, son succès est garanti par la présence, derrière les diplomates et les journalistes, d’une force armée qui peut supprimer, si nécessaire, la résistance de l’élite nationale, même si celle-ci décide de se battre jusqu’au bout.

Cette variante a été utilisée en Irak, en Serbie et en Libye. Jusqu’à présent, elle n’a échoué qu’en Syrie. Mais en Syrie, il y avait une nouvelle composante importante. Les ressources, y compris militaires, d’une autre superpuissance étaient engagées dans le soutien au gouvernement légitime. La situation a changé, passant d’un coup d’État de couleur à une confrontation directe des deux superpuissances, comme dans les guerres de Corée et du Vietnam.

Ainsi, une condition nécessaire pour tout scénario de coup d’État de couleur était éliminée : la supériorité absolue, politique, diplomatique, économique, financière et militaire du pays agresseur sur le pays victime.

Cela nous amène à la thèse 8. Un coup d’État de couleur ne peut être stoppé ni par la consolidation de l’élite nationale (il ne ferait que progresser vers le scénario suivant), ni par la préparation de son armée à combattre (elle finira par s’épuiser), ni par un travail efficace de la presse nationale (elle sera submergée par les capacités technologiques de l’agresseur).

La préparation du pays victime à résister est une condition nécessaire mais non suffisante pour bloquer les mécanismes du coup d’État de couleur.

Seul le soutien des autorités légitimes du pays victime par une autre superpuissance en mesure d’affronter le pays agresseur avec une force égale, de toutes les manières et par tous les moyens, peut stopper une agression colorée.

Enfin, la thèse 9 et la conclusion. Les coups d’État de couleur d’aujourd’hui sont des opérations locales au sein de la confrontation mondiale des superpuissances. Tout comme les guerres de Corée, du Vietnam et d’autres encore, dans les années 1950 à 1990, n’étaient souvent que des guerres par procuration entre l’URSS et les États-Unis sur le territoire de quelqu’un d’autre, les coups d’État de couleur modernes, qui sont l’une des formes de la guerre hybride, sont aussi des éléments de la confrontation entre la Russie et les États-Unis.

C’est la guerre. Une nouvelle sorte de guerre. Pas la guerre comme continuation de la politique par d’autres moyens (pour reprendre l’expression de Clausewitz), mais la technologie colorée comme extension de la guerre par d’autres moyens.

Nous nous sommes engagés dans cette guerre avant de réaliser que nous étions en guerre. Comme cela arrive souvent avec la Russie, nous avons commencé par les défaites des années 1990, ensuite nous avons repris nos esprits, appris à combattre et nous avons combattu avec succès ces deux dernières années.

Article original paru sur e-news.su

Traduit du russe en anglais par Seva.

Traduit de l’anglais par Diane, vérifié par Wayan, relu par Diane pour le Saker francophone

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La Commission européenne accepte sous conditions d’exempter les Turcs de visa

8 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #La Turquie, #Daesch, #Terrorisme, #L'OTAN., #AMERIQUE

Source : France 24, 04-05-2016

La Commission européenne a donné son feu vert mercredi pour exempter de visa, sous conditions, les Turcs voyageant dans l’espace Schengen. Cette disposition s’inscrit dans le cadre de l’accord entre l’UE et la Turquie sur la crise migratoire.

La Commission européenne a donné mercredi 4 mai son feu vert à une exemption de visa, sous conditions, pour les Turcs voyageant dans l’espace Schengen pour une courte durée. Cette disposition était l’une des conditionssine qua non qu’Ankara avait demandée pour que le pays continue d’appliquer l’accord migratoire signé le 18 mars avec l’Union européenne (UE). En contrepartie, Ankara s’est engagé à lutter contre l’afflux de réfugiés en Europe

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Ces derniers temps, la Turquie se montrait impatiente face à cette “promesse” européenne – et menacait de remettre en cause le pacte migratoire. “[Nous sommes] un pays qui tient sa parole, il faut bien entendu que l’Union européenne tienne aussi la sienne”, a averti mercredi le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu à Ankara.

Le vert définitif de l’UE à l’exemption de visa dépend également de 72 critères que la Turquie doit remplir – qui vont de garanties sur la sécurité des documents d’identité au respect des droits fondamentaux. Ankara a presque rempli la totalité de ces conditions : il ne lui en reste plus que cinq. Lundi soir, le gouvernement turc a approuvé la suppression des visas pour les ressortissants de l’ensemble des 28 États membres de l’UE, une mesure de réciprocité qui constituait l’une des principales exigences de l’Europe (les ressortissants de quelques pays d’Europe de l’Est devaient jusqu’à présent demander un visa pour se rendre en Turquie).

L’adoption du passeport biométrique est l’une des dernières conditions à satisfaire. Mevlüt Cavusoglu a indiqué mercredi sur la chaîne télévisée NTV que la modification de la législation en la matière serait prochainement effectuée.

En 2015, l’Europe a été ébranlée par un nombre sans précédent de 1,25 million de demandes d’asile, déposées principalement par des Syriens, Irakiens et Afghans fuyant la guerre et l’insécurité. Combiné à la fermeture de la route migratoire des Balkans, l’accord avec Ankara a fait baisser la pression sur l’UE, même si la situation reste inquiétante en Grèce, où sont bloqués des dizaines de milliers de réfugiés.

De nombreuses ONG et associations craignent que Bruxelles ne ferme les yeux sur les restrictions de libertés en Turquie. “Ce n’est pas en tournant le dos à la Turquie, que nous verrons des progrès en ce qui concerne le respect des droits de l’Homme, de la liberté de la presse et de l’État de droit”, s’est défendu le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, dans une interview au quotidien italien La Repubblica.

Source : France 24, 04-05-2016

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2 réponses à La Commission européenne accepte sous conditions d’exempter les Turcs de visa

  1. Pascalcs Le 08 mai 2016 à 04h02

    Aboutissement logique de l’à-plat-ventrisme de Merkel devant le maître chanteur Erdogan. Et cerise sur le gâteau, reniement total de Merkel face aux principes de liberté d’expression en autorisant sur ordre du Sultan, la poursuite pénale d’un humouriste allemand ayant osé railler Erdogan.
    Elle qui était en tête, bras dessus, bras dessous, avec Hollande et consors dans le cortège des Charlie.

    link to lefigaro.fr

    Pour sûr, les contres parties economiques pour les entreprises allemandes doivent être juteuses. Comme d’habitude. Le mercantilisme vaudra bien quelques entailles au protocole.

  2. DUGUESCLIN Le 08 mai 2016 à 06h22

    Les djihadistes soutenus par la Turquie, et les trafiquants de l’UCK du Kosovo vont pouvoir s’infiltrer tranquillement chez nous. C’est sans doute ça l’état d’urgence

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250 000 euros d'amende par réfugié refusé : Bruxelles veut imposer la solidarité par la force.

8 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #Europe supranationale, #l'immigration, #L'Italie., #Grèce, #La Turquie, #Terrorisme, #Daesch, #AMERIQUE

250 000 euros d'amende par réfugié refusé : Bruxelles veut imposer la solidarité par la force

6 mai 2016

250 000 euros d'amende par réfugié refusé : Bruxelles veut imposer la solidarité par la force.

Après avoir constaté l'échec cuisant des quotas de réfugiés imposés à chaque pays européen, Bruxelles veut instaurer une amende de 250 000 euros par réfugié refusé et par jour. François Gemenne, expert en flux migratoires, analyse cette proposition.

 

RT France : Que pensez-vous de la proposition de la Commission européenne d’instaurer une amende de 250 000 euros par réfugié refusé ?

François Gemenne (F.G.) : C’est une proposition très dissuasive, le montant de l’amende est très élevé. Donc je pense que cela va être très dissuasif à la fois financièrement mais aussi symboliquement puisque cela veut dire qu’un pays, s’il refuse des migrants, serait prêt à payer des sommes assez colossales. C’est aussi triste au fond qu’il faille imposer cela par la force alors que cela devrait être une sorte de mesure de solidarité spontanée entre Etats membres. Je suis un peu triste qu’il faille hélas en arriver là.

RT France : Cette menace adressée aux pays récalcitrants a-t-elle des chances de se concrétiser et d’être votée ?

F.G. : Plusieurs pays ont déjà annoncé qu’ils s’y opposeraient. La Hongrie mène le front. Je pense que la mesure risque de passer assez mal aussi auprès de certains pays comme les Pays-Bas ou le Danemark. Donc il y a a encore beaucoup de chemin avant que la mesure ne soit votée. Pour le moment c’est juste une proposition, et il va falloir encore beaucoup travailler avant que la proposition ne soit votée.

La difficulté c’est quel va être l’accueil des réfugiés dans des pays qui ne veulent pas d’eux

RT France : Depuis le début des quotas imposés par l’UE, les pays d’Europe de l’Est ont refusé de s’y plier. On sait également que ces pays n’auraient pas les moyens de payer cette amende. Cette nouvelle mesure aura-t-elle une véritable utilité ?

F.G. : Non. C’est une façon d’imposer aux pays de prendre des réfugiés. La difficulté c’est quel va être l’accueil des réfugiés dans des pays qui ne veulent pas d’eux. Je crains beaucoup que ce soit au final les réfugiés qui pâtissent de cette absence de solidarité et de coopération en Europe. Cela devrait être une mesure de solidarité naturelle entre Etats membres.

La difficulté du système c’est comment faire venir des réfugiés dans des pays où ils n’ont pas envie d’aller

RT France : Pensez-vous que la France va se retrouver parmi les pays qui respectent leur quota de réfugiés ou qui payent une amende ?

F.G. : Je pense que la France va se retrouver parmi les pays qui respectent leur quota, qu’elle va accepter cette proposition de la Commission européenne. Par contre la grande difficulté en France, c’est que les réfugiés pour le moment ne souhaitent pas venir en France, ils sont davantage attirés par l’Allemagne, le Royaume-Uni ou la Suède. La difficulté du système c’est comment faire venir des réfugiés dans des pays où ils n’ont pas envie d’aller.

RT France : Cette mesure risque-t-elle de diviser davantage les pays de l’UE ?

F.G. : Oui je suis certain que la mesure va diviser davantage l’Europe. Il suffit de voir les premières réactions aux annonces. Malheureusement, imposer la solidarité par la force, par des amendes, ça risque de ne pas marcher je le crains. Alors qu’il faut pourtant parvenir à des mécanismes de relocalisation en Europe, il faut absolument que l’Europe développe une approche commune et une réponse commune à cette question de l’asile. Malheureusement l’imposer par la force ou par des amendes, ça risque de ne pas marcher. C’est toujours compliqué d’imposer la solidarité par la force.

Je n’imagine pas qu’un pays puisse aller jusqu’à menacer de sortir de l’Union européenne, mais après tout, tout est imaginable vu les réactions vues en Europe depuis le début de cette crise

RT France : On parle beaucoup du Brexit en ce moment, peut-on envisager que d’autres pays émettent le souhait de quitter l’Union européenne ?

F.G. : On pourrait l’imaginer mais ça serait quand même assez aberrant que pour une question qui est malgré tout une question symbolique, on parle ici de l’accueil de quelques milliers de personnes, on en arrive à ce niveau de déchirement dans l’Union européenne. C’est assez pathétique. Je n’imagine pas qu’un pays puisse aller jusqu’à menacer de sortir de l’Union européenne, mais après tout, tout est imaginable vu les réactions vues en Europe depuis le début de cette crise, on ne peut rien exclure.

Lire aussi : Crise migratoire : une carte montre comment l'Europe devient une forteresse anti-réfugiés

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT. 

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Médaille de Mme et M. Patrice Joly pour l’officier Alexandre Prokhorenko

6 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #La Russie, #AMERIQUE, #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #le nazisme

Médaille de Mme et M. Patrice Joly pour l’officier Alexandre Prokhorenko

Médaille de Mme et M. Patrice Joly pour l’officier Alexandre Prokhorenko

Le 5 mai 2016

La famille Joly habite à Villefranche de Conflent. Monsieur Joly, âgé de 48 ans, est un ancien sous-officier de carrière et un ancien combattant au titre des opérations extérieures. M. Joly est aujourd’hui reconverti dans la protection rapprochée. Le geste du jeune officier Alexandre Prokhorenko, qui a donné sa vie pour tuer des djihadistes et qui a refusé d’être fait prisonnier, a touché la France entière et de nombreuses familles françaises. Les Français, malgré la soumission du pays actuellement, restent combatifs et soutiennent les actes courageux des patriotes qui donnent leur vie pour leur nation et pour la culture et la civilisation européenne. Le couple Magué a offert ses décorations militaires familiales au soldat russe tombé près de Palmyre. Puis c’est le Français Daniel Couture qui a suivi leur exemple. Aujourd’hui, c’est le couple Joly qui veut honorer et témoigner son soutien auprès de la famille d’Alexandre Prokhorenko. Dans un entretien Patrice Joly nous explique pourquoi son geste est important.+

Patrice Joly au Tchad et devant un monument

Médaille de Mme et M. Patrice Joly pour l’officier Alexandre ProkhorenkoMédaille de Mme et M. Patrice Joly pour l’officier Alexandre Prokhorenko

Tout d’abord vous êtes un ancien soldat de l’armée française. Dans quel corps d’armée étiez-vous et quelles étaient les missions les plus difficiles dans votre carrière ?

Je me suis engagé par devancement d’appel en 1986 dans un régiment de Parachutistes durant 6 ans. Puis ce dernier a été dissout et j’ai rejoins l’école des sous-officiers de gendarmerie en 1994. Après 1 an d’instruction, j’ai servi 13 ans en gendarmerie mobile. Durant ma carrière militaire j’ai participé à 3 opérations extérieures et diverses missions en outre mer.

Durant votre carrière de sous-officier avez-vous connu de telles situations où il aurait fallu donner sa vie comme l’officier Alexandre Prokhorenko ? Racontez !

Pour ma première opération extérieure, j’ai été envoyé au Tchad en 1987 avec le 8e Rpima et le 2e REP. Je n’avais même pas 20 ans et pour moi cela restera une expérience inoubliable. Durant ce séjour de 4 mois, d’octobre 1987 à février 1988, notre détachement Terre aura connu 90 actions de feu. A ce titre, j’ai obtenu ma carte du combattant OPEX. En mai 2002, je me trouvais en Nouvelle-Calédonie avec mon Escadron, lorsque nous avons participé à un rétablissement de l’ordre où j’ai été blessé par le blast d’un bâton de dynamite. Durant l’assaut, visant à libérer 2 gendarmes en otages, 1 gendarme a été également blessé par balle et un second par explosif. Enfin, ce fut les troubles en Côte d’Ivoire en 2003 qui amène notre Escadron à s’engager de manière opérationnelle auprès des forces armées présentes, et sécuriser les emprises diplomatiques.

Médaille de Mme et M. Patrice Joly pour l’officier Alexandre Prokhorenko

Vous avez émis le souhait de remettre la médaille de la Résistance attribuée à votre grand-oncle Jean Bassard, combattant volontaire de la résistance, mort pour la France le 8 septembre 1944, lors de la Libération de Besançon contre le nazisme. En quoi ce geste est important ?

Comme je l’ai indiqué dans ma lettre à l’Ambassade de Russie, cette haute décoration représente les actes remarquables de foi et de courage, qui auront contribué à la Résistance contre l’ennemi, et contre ses complices, jusqu’au sacrifice suprême au nom de la Patrie qui ne l’oubliera jamais (Patria non immemor).

Médaille de Mme et M. Patrice Joly pour l’officier Alexandre Prokhorenko

L’islamisme est le nazisme d’aujourd’hui ? Expliquez !

C’est une métaphore, car durant la seconde guerre mondiale une division SS Musulmane existait bien. En Ukraine aujourd’hui, ne voyons nous pas des Nazis alliés aux Islamistes ? Hitler lui-même était fasciné par l’islam. Les points communs entre les deux idéologies sont la violence, l’intolérance, la suprématie et la misogynie. Depuis la naissance de l’islam, ce dernier est perpétuellement en conflit, mettant en avant une religion qui s’apparente à une secte, et croyant soumettre le monde à coups de génocides et de terrorismes.+

François Hollande n’a pas donné de médailles et ni salué le courage de l’officier Alexandre Prokhorenko. Pourtant François Hollande est aujourd’hui le chef des armées. Vous ressentez quoi en tant que patriote et ancien soldat de l’armée française en voyant le silence du président français ?

Une trahison de plus de la part de nos gouvernants. M. Hollande préfère décerner la Légion d’Honneur au Prince héritier d’Arabie Saoudite, pays suspecté de financer le terrorisme et où la décapitation est le sport national. La souveraineté de la Syrie est mise à mal au motif humanitaire de combattre les islamistes, mais seul le Président Poutine à réellement combattu ces derniers !+

Pourquoi le monde entier doit être reconnaissant envers Alexandre Prokhorenko, pour cet acte de bravoure, de courage et d’abnégation ? N’est-ce pas le métier du soldat de tuer et aussi de savoir qu’il peut être tué ?

Le métier des armes est, certes, dangereux, mais il reste noble et glorieux pour celui ou celle qui sert sans se servir. L’officier Alexandre Prokhorenko a libéré la cité antique de Palmyre, en faisant un acte d’une bravoure exemplaire en donnant sa vie sur une terre étrangère pour l’honneur de son drapeau, et au nom de la civilisation.+

En voyant les familles françaises donner leurs médailles à la famille de l’officier russe on pourrait penser que cette forme d’héroïsme n’existerait plus dans l’armée française. Votre avis ?

Il est vrai qu’en France, actuellement, la mort de nos soldats n’a pas le même retentissement qu’en Russie, et cela est une volonté honteuse de nos gouvernants. Par exemple, l’attaque de Charlie Hebdo a fait une vague médiatique international, alors qu’il ne s’agit que d’un journal satyrique complètement condamnable dans ses actes. L’embuscade d’Uzbin en Afghanistan le 18 août 2008 représente l’abnégation et le courage qu’à fait preuve l’Armée Française, se battant à 1 contre 5, rappelant la bataille de Camerone le 30 avril 1863 (63 Légionnaires contre 2000 soldats mexicains) et celle de Bazeilles (les Marsouins luttant à 1 contre 10, le 31 août 1870). Les pertes sont lourdes pour l’Armée Française qui perd 10 hommes et compte 21 blessés. Cet acte héroïque est complètement occulté par la classe politique.+

Que signifie cet élan des familles françaises à vouloir donner leurs médailles à la famille d’Alexandre Prokhorenko ? Que le patriotisme n’existerait qu’en Russie et au Donbass et plus en France ? Que la France actuelle ne mérite pas de porter en elle le souvenir de ses anciens combattants ?

La politique actuelle porte atteinte à la mémoire de nos pères, car notre souveraineté est jetée en pâture au nom d’une Europe sans honneur et d’une coopération avec des pays criminels comme le Qatar ou l’Arabie Saoudite. Le Patriotisme est aussi vivant en France qu’en Russie ou au Donbass, et cet élan des familles françaises est un signe d’amitié envers le peuple Russe et un message clair : nos valeurs occidentales sont plus proches de la Russie, que de la Turquie ou de l’Amérique par exemple.+

En donnant la médaille de votre grand-oncle vous voulez aussi montrer votre soutien à la famille d’Alexandre Prokhorenko et au peuple russe. Pourquoi est-ce si important aujourd’hui dans la situation dans laquelle se trouve notre France que des citoyens français comme vous fassent un tel geste envers le peuple russe ?

La dictature du Nouvel Ordre Mondial veut nous imposer quelque chose que nous ne voulons pas. Seul Monsieur Poutine s’est dressé contre cela et nous voulons montrer au peuple Russe que nous sommes son allié. La minorité d’une classe politique ne peut occulter la majorité du peuple dont les valeurs avec la Russie est incontestable.+

Le geste d’Alexandre Prokhorenko vous a touché profondément. Est-ce à dire que cette force de caractère doit être trouvée aussi en France chez les Français pour sauver le pays contre la guerre dans laquelle elle se trouve ?

La mémoire collective n’occulte pas les souffrances de 1870, de 14-18 ou de 39-45, et le véritable patriote n’est pas révolutionnaire. La Révolution Française n’a été qu’un coup d’Etat orchestré par des républicains maçonniques, engendrant un génocide franco-français. Nous sommes le seul pays en Europe à avoir eu un Roi guillotiné. La république est née dans le sang et elle périra comme elle est née. Dans ce contexte, j’ai exhorté des associations patriotiques à réagir, comme a pu le faire le Général Piquemal, mais je n’ai eu aucune réponse. Ces associations subventionnées ne mordent pas la main de ceux qui leur donne à manger !+

D’ailleurs quelle guerre, vous l’ancien soldat, voyez-vous en France ?

Une guerre civile est probable à court terme au vue de la prochaine élection présidentielle, mais les sbires de l’OTAN ne préparent-ils pas une troisième guerre mondiale, afin d’asseoir définitivement leur dictature mondiale ?

Médaille de Mme et M. Patrice Joly pour l’officier Alexandre Prokhorenko

D’après vous, allons-nous voir de tels actes de sacrifice de la part des Français pour sauver le pays ?

Dans l’histoire de France nous trouvons à chaque fois une personne qui a su montrer aux autres le chemin à prendre devant un ennemi acharné ou pour la liberté : Vercingétorix, Saint Louis, Jeanne d’Arc, Jean Moulin. Dernièrement, ce fut Philippe de Villiers qui en reprenant l’anneau de Jeanne d’Arc aux Anglais a fait acte d’un symbole historique, sans aucun écho médiatique.

Quel est votre message aux patriotes français qui voient le pays s’enfoncer dans la guerre et l’occupation islamiste ?

La réponse est dans l’article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Vitoyen : Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. Ce n’est pas la République qu’il faut sauver mais la France.

L’acte d’Alexandre Prokhorenko correspond à un état d’esprit qui se trouve encore en Russie ou chez les combattants du Donbass. Ne pensez-vous pas que pour sauver la France de sa situation actuelle les soldats auraient dû déjà se sacrifier pour montrer au peuple le chemin à suivre ?

Certains ont voulu montrer l’exemple, mais au pays des droits de l’homme, les patriotes sont les plus traqués et surveillés. Alors que penser lorsque l’on voit que Monsieur Pompidou retire les prérogatives de la Banque de France au profit de banques privées, que Monsieur Sarkozy fait voter par le parlement le traité de Lisbonne alors que le peuple français dit NON à l’Europe, que Monsieur Hollande se soumet entièrement aux exigences supranationales ? Depuis des décennies, la classe politique trahit son peuple et aucune réaction ne peut émerger dans un État policier et dictatorial.

François Hollande ne soutient pas le Donbass, ni la Russie dans son combat contre l’islamisme. N’est-ce pas devenu dur d’être un soldat de l’armée française et d’être un vétéran de France ?

Monsieur Hollande n’a aucune légitimité, car un Président élu sans une majorité absolue ne représente en rien le peuple souverain. D’ailleurs le vrai gouvernement fantoche se trouve à Bruxelles. Les vétérans Français n’ont pas à rougir de cette ignominie, car ils n’ont pas trahis leur pays, bien au contraire, ils servent la France et non un parti politique ou tout autre entité.

L’épouse et les 2 enfants de Patrice Joly. En famille, ils ont décidé de remettre la médaille

Médaille de Mme et M. Patrice Joly pour l’officier Alexandre Prokhorenko

Allez-vous aller au défilé du 9 mai à Moscou ?

Je ne peux me rendre à Moscou pour des raisons professionnelles, mais j’aurais une pensée particulière pour l’Officier Alexandre Prokhorenko, pour sa famille, pour le peuple Russe, et le couple de Français invités qui font honneur à la France. Nous transmettons au Président Vladimir POUTINE, toute notre admiration quant à son exemplarité vis à vis de son peuple, et notre approbation quant à la valeur de sa politique. L’amitié Franco-Russe ne doit pas être un vain mot.

Propos recueillis par Olivier Renault

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Syrie : un plan "B" comme Boucherie. Les apprentis sorciers sont de retour!

24 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #AMERIQUE, #La France, #La Turquie, #La Russie, #L'OTAN., #Daesch, #Terrorisme

dimanche 24 avril 2016

Syrie : un plan "B" comme Boucherie

 
Les apprentis sorciers sont de retour
 
Le 20 avril dernier tombait une dépêche signalant la présence à Ryad du Directeur de la CIA, John Brennan, accompagnant la délégation étasunienne emmenée par le Président Obama en personne officiellement venu présenter ses condoléances à la famille Saoudite,  après le décès du roi Abdallah.
 
Depuis le début de l'année c'est la deuxième fois que Barack Obama rend visite au roi Salman d'Arabie Saoudite sur fond de crise syrienne. 

Le 26 janvier, c'était les condoléances pour le décès du roi Abdallah qui prétextaient l'arrivée urgente du "brain trust" étasunien au moment où leurs miliciens islamistes lancés contre Assad sont en pleine Bérézina et que Ankara est dans le collimateur de Moscou après la destruction d'un avion russe opérant en Syrie.   

Le 20 avril dernier, les faucons sont revenus à tire d'aile pour une nouvelle rencontre géopolitique capitale et urgente entre les deux alliés dont le mariage pétrolier est prétendument fissuré. 
Et les journalistes du système de s'épandre comme un rideau de fumée sur les mécontentements du Royaume suite à l'accord nucléaire signé avec son ennemi héréditaire iranien, ou par exemple suite à la demande du congrès US de déclassifier certains dossiers relatifs aux réseaux saoudis des terroristes du 11 Septembre 2001.

Lorsqu'on regarde de plus près les entrelacs des relations stratégiques entre les 2 pays on s'aperçoit qu'un divorce est tout simplement rendu impossible par une politique  du "tu me tiens, je te tiens.... la barbichette" (restons polis)
 
Je pense que pour ma part que cette crise entre Washington et Ryad est non seulement superficielle et passagère, mais que son traitement médiatique exagéré est destiné à cacher les vraies raisons du déplacement des faucons étasuniens dans ce région en pleine ébullition.

Car contrairement à ces querelles de couple plus symboliques que déstructurantes on s'aperçoit que la famille s'est même renforcée comme en attestent les accords militaires que les saoudiens viennent de réaliser avec les turcs et les israéliens, les deux autres alliés de Washington dans la Région.

C'est donc encore vers la Syrie qi'il faut aller chercher les rai sons de ce nouveau voyage éclair des faucons étasuniens au Royaume de l'or noir...

Sur le terrain, si les combats continuent c'est pour assurer la déroute des terroristes islamistes, la coupure de leurs voies logistiques, notamment avec la Turquie, qui protègent le plan de paix initié par Moscou et Damas d'une d'une nouvelle offensive de l'État Islamique. 

Ce processus de pacification de la Syrie constitue l'objectif principal de ce "plan A" qui a comme conséquence de maintenir Assad et donc faire échec à 6 ans de guerre terroriste soutenue par les nervis occidentaux de la région aux ordres de Washington, principalement la Turquie, les monarchies du Golfe sans oublier bien sûr Israël.

Les enjeux de cette guerre de préemption déclenchée contre Bagdad sont trop importants pour que les occidentaux jettent aujourd'hui l'éponge. Voilà pourquoi Obama and Co s'en sont retournés au chevet de cette guerre mourante avec un "plan B" car si elle meurt ils risquent de leur faire perdre beaucoup d'argent, de positionnement stratégiques et de crédibilité politique.

Le "Plan B"

Ce plan B est très simple  : relancer la guerre en Syrie pour faire tomber le régime de Bachar El Assad en armant massivement les "rebelles modérés". Et il est fort à parier que lesrentis sorciers accompagnant le big boss sont venus avec des formules magiques pour leurs alliés indispensables à la réalisation de ce plan. 
 
John Brennan, Directeur de LA CIA le 20 avril à Ryad.
"Montre moi tes amis et je te dirai qui tu es !". À ce titre, il est significatif que Barak Obama se soit fait accompagner pour ce voyage en Arabie Saoudite par 2 acteurs principaux de la stratégie étasunienne dans par la guerre en Syrie :

- Le Secrétaire à la Défense des États-Unis Ash Carter
- Le Directeur de la CIA, John Brennan 

On se souvient que ce dernier dispose de l'art et la manière d'apparaître comme par enchantement juste avant le lancement d'opérations dites "spéciales" dont son agence a le secret pour renverser les régimes dissidents au Nouvel Ordre Mondial.

Alors que l'ONU continue a nier son existence, le "plan "B" étasunien avait été révélé par John Kerry lui-même, le chef de la diplomatie étasunienne, au lendemain de l'accord de cessez le feu signé fin février par Damas. Au lendemain,  le Wall Street Journal l'a confirmé de sources autorisées, précisant même que le programme d'armement de l'opposition syrienne avait déjà commencé !

On notera au passage que les USA plutôt que de se creuser les méninges pour protéger un plan de paix ( d'autant plus quand il est initié par Modcou) préfèrent jouer les va t'en guerre et les apprentis sorciers, et que l'anticipation du plan B ne constitue rien d'autre qu'sabotage du plan A !

Cette stratégie belliciste étasunienne, déjà dévoilée à travers les réseaux d'approvisionnement, de trafic pétrolier, et d'armement mises en place au profit des djihadistes, connait une radicalisation idéologique depuis que les enjeux régionaux du conflit se ßsont concrétisés par un engagement direct de la Russie d'un côté et de la Turquie de l'autre...

Comme en Ukraine, la paix entre la Russie et les USA est devenue "chaude bouillante" et la barrière qui sépare guerre par procuration d'une guerre directe est de plus en plus fine et désormais les avions russes et les avions de l'OTAN s'observent par les hublots de leurs copies. .. 

 
Article de référence : Sputnik News

Syrie: les détails du plan B des USA dévoilés 

 
Lance Roquettes Multiples "GRAD" en cours de livraisons aux islamistes 
Les Etats-Unis ont laissé filtrer des informations sur les démarches qu’ils adopteront en cas d’échec de la trêve.
 
La CIA et ses partenaires régionaux ont établi un plan d'action qui pourrait être appliqué en cas d’échec de la trêve en Syrie, écrit le Wall Street Journal (WSJ) se référant à des fonctionnaires américains. 
 
Ce soi-disant "plan B" prévoit la fourniture aux forces de l'opposition syrienne "de systèmes d'armement capables de détruire les avions et les positions d'artillerie du régime syrien".  
Les sources du journal signalent que la CIA a garanti à ses alliés que les armes ne seraient livrées qu'en cas de rupture de la trêve et du règlement politique (soi-disant plan A) et de reprise des hostilités. 
 
Selon des sources du WSJ au Proche-Orient, "la CIA a récemment permis à des groupes rebelles de se doter d'un certain nombre de lance-roquettes multiples Grad de fabrication soviétique". L'Arabie saoudite et la Turquie tentent d'obtenir l'autorisation de Washington de livrer de tels systèmes aux "détachements de l'opposition modérée", mais, comme l'écrit le journal, le président américain Barack Obama s'y oppose actuellement. 
 
Le cessez-le-feu est en vigueur en Syrie depuis le 27 février dernier. Cependant il ne concerne pas les organisations terroristes Etat islamique et Front al-Nosra ainsi que d'autres groupes reconnus comme terroristes par le Conseil de sécurité de l'Onu.
 
Des représentants des Etats-Unis avaient admis précédemment qu'en cas d'échec du règlement politique, un  plan B pourrait être examiné, sans toutefois en préciser ses détails. Moscou a qualifié ces déclarations de "jeu malhonnête et déloyal" visant à mettre en échec le processus de paix
 
______________________________________
 

Pour en savoir plus :

- Quel serait le plan B en Syrie ?, une analyse complète de Valentin Vasilescu 
 
 
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Poutine remercie la famille qui a remis la Légion d'honneur au héros russe

23 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #Terrorisme, #Daesch, #AMERIQUE

Poutine remercie la famille qui a remis la Légion d'honneur au héros russe

L'ambassadeur de Russie en France Alexandre Orlov a transmis vendredi les remerciements personnels de Vladimir Poutine à la famille française qui avait auparavant remis des médailles familiales de la Seconde Guerre mondiale à la famille de l'officier russe Alexandre Prokhorenko tombé en Syrie.

"Aujourd'hui, l'ambassadeur a rencontré la famille Magué à Florensac, où ils habitent. Il leur a apporté un message personnel du président russe: la gratitude pour le geste de solidarité et de soutien qui l'a vivement touché, et qui est symbolique dans le contexte du fait que la Russie et la France, comme il y a plusieurs années, se tiennent du même côté de la barricade dans la lutte contre le mal du monde, le terrorisme international", a déclaré la représentation diplomatique.

L'ambassadeur a également transmis à la famille une invitation à venir à la Parade du jour de la Victoire à Moscou le 9 mai. Les Magué, à leur tour, ont accepté l'invitation.

© Flickr/ Médaille de chevalier de la Légion d'honneur. Le héros russe tombé à Palmyre reçoit la Légion d'honneur d'un couple français

© Flickr/ Médaille de chevalier de la Légion d'honneur. Le héros russe tombé à Palmyre reçoit la Légion d'honneur d'un couple français

Mercredi, il s'est avéré que les Magué, un couple de la ville de Florensac dans la région Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées, ont remis des médailles de la Seconde Guerre mondiale gagnées par des membres de leur famille à la veuve et aux parents du jeune officier russe Alexandre Prokhorenko, mort en héros lors de l'opération de libération de la ville antique de Palmyre.

Une des décorations militaires de la famille française transmise à la Russie est une Croix de chevalier de la Légion d'honneur. Elle avait été accordée à un oncle de la famille qui avait été déporté au camp de concentration de Buchenwald après avoir pris part à la résistance à l'âge de 17 ans.

L'autre est une Croix de Guerre avec une palme de bronze, dont l'un des pères du couple avait été décoré pour des missions de combat en tant que pilote de bombardier.

Selon l'ambassade russe en France, les Français ne sont pas indifférents à l'acte héroïque de l'officier russe. Ainsi, ils envoient des lettres à l'ambassade, et transfèrent parfois des fonds en demandant d'acheter un cadeau pour le bébé d'Alexandre quand il sera né. L'ambassade assure pour sa part que toutes les lettres seront bientôt remises aux destinataires.

Alexandre Prokhorenko, 25 ans, était marié et attendait la naissance de son premier enfant. Il faisait partie des meilleurs militaires russes du Service des opérations spéciales. Près de Palmyre, le jeune homme était chargé de définir les cibles terroristes au sol pour aiguiller les avions de chasse.

Encerclé par des terroristes le 17 mars 2016, il a pris une décision que l'on n'apprend pas aux militaires. Alexandre Prokhorenko a exigé un bombardement aérien sur sa position. La frappe a été réalisée et des terroristes ont été éliminés.

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Le héros russe tombé à Palmyre reçoit la Légion d'honneur d'un couple français

23 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Terrorisme, #Daesch, #La Turquie

Le héros russe tombé à Palmyre reçoit la Légion d'honneur d'un couple français

Le héros russe tombé à Palmyre reçoit la Légion d'honneur d'un couple français

L'ambassade russe à Paris rapporte qu'un couple français a envoyé des médailles familiales de la Seconde Guerre mondiale à la représentation diplomatique, pour qu'elles soient remises à la famille de l'officier russe qui a été tué lors de l'opération russe en Syrie.

Les Magué, un couple de la ville de Florensac dans la région Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées, ont décidé de remettre des médailles de la Seconde Guerre mondiale gagnées par des membres de leur famille à la veuve et aux parents du jeune officier russe Alexandre Prokhorenko, mort en héros lors de l'opération de libération de la ville antique de Palmyre.

Le héros russe tombé à Palmyre reçoit la Légion d'honneur d'un couple français
Le héros russe tombé à Palmyre reçoit la Légion d'honneur d'un couple français

Une des décorations militaires de la famille française transmise à la Russie est une Croix de chevalier de la Légion d'honneur. Elle avait été accordée à un oncle de la famille qui avait été déporté au camp de concentration de Buchenwald après avoir pris part à la résistance à l'âge de 17 ans.

L'autre est une Croix de Guerre avec une palme de bronze, dont l'un des pères du couple avait été décoré pour des missions de combat en tant que pilote de bombardier.

Le héros russe tombé à Palmyre reçoit la Légion d'honneur d'un couple français

Lettre des Magué

Les Magué ont confié aux diplomates russes qu'ils avaient décidé de faire ce geste extraordinaire par sympathie envers la Russie et ses efforts dans la lutte contre le terrorisme mondial.

Le couple a exprimé une profonde indignation contre la position des médias français qui mettaient de côté ou ignoraient l'acte d'héroïsme de M.Prokhorenko. Les Magué ont partagé l'espoir que leur action cordiale pourrait soutenir la veuve et les parents de l'officier russe, et se sont dit prêts à envoyer certains documents d'archives de la Seconde Guerre mondiale en leur possession en Russie.

Alexandre Prokhorenko

© Photo. Twitter/@AlphaSpecnaz

Mort en héros: le soldat russe tombé à Palmyre émeut les Américains

Alexandre Prokhorenko, 25 ans, était marié et attendait la naissance de son premier enfant. Il faisait partie des meilleurs militaires russes du Service des opérations spéciales. Près de Palmyre, le jeune homme était chargé de définir les cibles terroristes au sol pour aiguiller les avions de chasse.

Encerclé par des terroristes le 17 mars 2016, il a pris une décision que l'on n'apprend pas aux militaires. Alexandre Prokhorenko a exigé un bombardement aérien sur sa position. La frappe a été réalisée et des terroristes ont été éliminés.

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Moscou, rempart contre les jihadistes. Bientôt la fin d’Erdogan ?

17 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #La Turquie, #Daesch, #la barbarie, #Terrorisme

Moscou, rempart contre les jihadistes. Bientôt la fin d’Erdogan ?

01 mars 2016

Moscou, rempart contre les jihadistes. Bientôt la fin d’Erdogan ?

Depuis 2012, Moscou tente de rallier les Occidentaux à sa cause : défendre la civilisation contre le jihadisme, comme jadis le monde s’était uni contre le nazisme. Pour cela, il a d’abord dissocié la Maison-Blanche des combattants qu’il considère comme « jihadistes » et que les États-Unis désignent comme « rebelles ». Il tente aujourd’hui d’isoler la Turquie. Loin d’être un épiphénomène diplomatique, la cessation des hostilités en Syrie marque un retournement de situation. Washington vient d’admettre qu’il n’y a pas —ou plus— de groupes armés « modérés ».

C’est à tort que nous analysons la politique russe d’un point de vue arabe ou occidental. La Russie a sa propre vision des jihadistes qu’elle connaît depuis 1978, lorsqu’ils vinrent porter main forte aux pachtounes afghans contre le gouvernement communiste de Kaboul.

Vladimir Poutine a personnellement combattu les jihadistes du Caucase, notamment l’Émirat islamique d’Itchkérie (seconde guerre de Tchétchénie 1999-2000), et les a vaincus. À l’époque, les Arabes se disaient solidaires des musulmans russes et ne comprenaient pas ce qui se passait là-bas, tandis que les Occidentaux, après la dissolution de l’Union Soviétique, applaudissaient tous ceux qui tentaient de poursuivre le mouvement en disloquant la Russie. Pourtant, sur le terrain, il n’y a avait aucune différence entre l’Émirat d’hier et le Califat d’aujourd’hui. On appliquait la charia et on coupait les têtes de la même manière à Grozny qu’on le fait à Rakka.

Atrocités des jihadistes du Caucase. Ici au Daghestan en 1999.

Atrocités des jihadistes du Caucase. Ici au Daghestan en 1999.

Aujourd’hui, malgré la propagande assurant que la guerre en Syrie serait une guerre contre l’Islam, ou que la République arabe syrienne serait une « dictature (sic) alaouite (re-sic) » massacrant les sunnites, les faits sont têtus : l’armée arabe syrienne qui combat les jihadistes est composée à 70 % de sunnites.

En 2012, c’est-à-dire presque au début de la guerre, au moment où la DIA états-unienne mettait en garde la Maison-Blanche contre ce qui allait devenir Daesh, Vladimir Poutine a déclaré que la Syrie était devenue une « question intérieure russe ». Depuis lors, il tente de créer une Coalition internationale contre les jihadistes avec les Occidentaux.

La Russie se souvient de la manière dont le monde bascula durant les années 1930. À l’époque, le roi d’Angleterre, Edward VIII, était publiquement nazi. Montagu Norman, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, finançait l’accession d’Adolf Hitler au pouvoir avec l’argent de la Couronne [1]. Les Britanniques pensaient de la sorte soutenir un État capable de renverser l’Union Soviétique qui avait éliminé le Tsar Nicolas II et menaçait leurs intérêts capitalistes. Pourtant, durant la Seconde Guerre Mondiale, ils s’allièrent à Staline et à Mao contre Hitler.

Sur ces images d’archives révélées par le Sun, le futur roi Edouard VIII apprend à la future reine Elizabeth II —alors âge de 6 ans— à faire le salut nazi.

Vladimir Poutine espère pouvoir renverser les alliances d’aujourd’hui comme cela fut le cas dans la période 1936-39. C’est pourquoi, durant les dernières années, il s’est efforcé de traiter les États-uniens en « partenaires », alors même que Washington lui tirait dans le dos, organisait des manifestations à Moscou contre son gouvernement (2011-12) et un coup d’État en Ukraine (2013-14).

L’ambassadeur russe, Vitali Tchourkine, a distribué, le 10 février, à tous les membres du Conseil de sécurité, un rapport de renseignement sur les activités de la Turquie en soutien aux jihadistes [2]. Ce document de deux pages présente une dizaine de faits indiscutables. Il atteste que la Turquie est un État-voyou qui viole délibérément et depuis de nombreuses années quantité de résolutions des Nations Unies. Or, chacun de ces faits renvoie à des réseaux et à des agents qui avaient soutenu jadis les jihadistes tchétchènes. Hier, l’État turc en tant que tel n’était pas impliqué, c’était le parti du Bien-être (Refah). Aujourd’hui, le Refah a été dissous pour laisser place à l’AKP. Les hommes de l’AKP étant au pouvoir, l’État turc est impliqué [3].

Persévérant, l’Ours russe tente aujourd’hui de dissocier la Turquie de l’Otan. De cette opération dépend l’avenir de l’Humanité. Soit la Turquie reste dans l’Alliance atlantique et elle pourra continuer à soutenir les jihadistes, non seulement en Syrie, mais aussi en Irak, en Libye, et finalement partout dans le monde. Soit, l’Otan prend ses distances avec la Turquie et, dans ce cas, les États-Unis et la Russie s’allient effectivement pour lutter efficacement contre les jihadistes où qu’ils soient.

Il semble que, le 12 février, les Russes soient parvenus à dissocier la Maison-Blanche des néo-conservateurs et des faucons libéraux qui soutiennent la Turquie et les jihadistes. Sergey Lavrov et John Kerry sont convenus de créer deux groupes de travail qu’ils coprésident, reléguant l’Onu au rôle de simple greffier [4]. En d’autres termes, Jeffrey Feltman, qui utilise ses fonctions de numéro 2 des Nations Unies pour saboter tout effort de paix depuis 3 ans et demi, a été placé sur la touche [5]. Résultat: en 10 jours seulement, la Russie et les États-Unis ont pu conclure les conditions d’une cessation des hostilités qui trainait depuis 2012 [6].

Le président Poutine a tenu à annoncer lui-même à la télévision la conclusion de l’accord de cessation des hostilités avec les États-Unis.

Cette cessation des hostilités a été clairement rejetée par la « Coalition nationale des forces de la révolution et de l’opposition syriennes », que le président, le Turco-Syrien Khaled Khoja, a commenté dans une lettre au Conseil de sécurité : « Il est absolument scandaleux de conclure des accords bilatéraux avec la Russie sur la « cessation des hostilités », alors que ces accords ne concernent pas l’un des principaux tueurs de civils en Syrie, qui est la Fédération de Russie. Il est grand temps que la Russie quitte la Syrie et mette un terme à la guerre brutale qu’elle mène contre nos concitoyens » [7].

Cet accord est en réalité un piège visant à détruire tout le système des néo-conservateurs et des faucons libéraux. Déjà, lors des négociations de Genève 3, la Russie avait patiemment mis en évidence la mauvaise volonté de « l’opposition » soutenue par l’Arabie Saoudite et la Turquie. Cette opposition s’était discréditée toute seule par ses atermoiements. Il ne s’agissait pas de questionner sa représentativité, mais uniquement de montrer qu’elle ne voulait en aucun cas améliorer les conditions de vie des Syriens, mais exclusivement renverser la République arabe syrienne. La citation reproduite ci-dessus suffit à s’en convaincre, vu que, contrairement aux allégations de M. Khoja, la cessation des hostilités concerne la Russie, mais pas les groupes listés comme terroristes par les Nations Unies.

Cette cessation des hostilités vise à placer les groupes armés devant leurs responsabilités. Il leur suffisait de s’inscrire auprès de Washington ou de Moscou pour être épargnés par les bombardements russes et syriens, mais ils devaient dans ce cas renoncer à renverser la République arabe syrienne et s’engager dans un processus politique en faveur d’une Syrie laïque et démocratique, donc abandonner le rêve d’un État islamique. Seules 97 katibas, sur le millier existant, auraient osé s’engager dans un processus qui fait d’elles des « traitres » à la cause turque, et les désigne comme prochaines victimes de leurs ex-camarades jihadistes.

Au demeurant, les Occidentaux ne pouvaient pas s’attendre à mieux. Le 15 décembre 2015, le général Didier Castres, responsable des opérations extérieures françaises, assurait lors d’une audition au Sénat que le nombre total de combattants susceptibles d’être modérés n’excédait pas 20 000 [8]. Tandis qu’en janvier 2016, un rapport de renseignement allemand affirmait que la proportion des combattants syriens au sein de l’ensemble des groupes armés en Syrie ne serait que de 5 % [9].

C’est précisément ce constat que recherchaient Kerry et Lavrov en parlant de cessation des hostilités et non pas de cessez-le-feu —cette seconde expression étant la seule à avoir des conséquences juridiques—.

On doit donc comprendre la réponse de John Kerry à une question d’un sénateur lors d’une audition parlementaire à propos d’un éventuel « plan B » comme une échappatoire. Si la cessation des hostilités ne fonctionne pas, il ne pourra pas y avoir de partition de la Syrie, simplement parce que le plan de cessation des hostilités aura montré que le choix n’est pas entre Damas et des « rebelles », mais entre Damas et des jihadistes.

Pour la conseillère du président el-Assad, le « plan B » de John Kerry devrait avoir pour objectif de lutter contre les jihadistes.

Dans la même logique, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a déclaré au Spiegel que l’Otan ne se laisserait pas embarquer dans une guerre déclenchée par la Turquie contre la Russie [10]. L’article 5 de la Charte de l’Alliance atlantique ne prévoit de soutenir un État membre que lorsqu’il est directement attaqué, pas lorsqu’il déclenche lui-même un conflit [11]. Propos confirmés par l’Allemagne au Daily Mail [12].

Désormais, la Maison-Blanche s’apprête à sacrifier Recep Tayyip Erdoğan qui devrait être rendu responsable de tous les maux de la région. Le président turc pourrait être assassiné comme son prédecésseur Turgut Özal, en 1993, ou être renversé par ses proches. Faute de quoi, la guerre se déplacera de la Syrie vers la Turquie. Vladimir Poutine aura réussi son pari : faire évoluer les lignes de front de sorte que les Occidentaux se battent à ses côtés contre les jihadistes qu’ils ont pourtant créés.

À retenir :
La Russie ne s’est pas engagée en Syrie pour défendre des intérêts économiques ou ressusciter une alliance de la Guerre froide, mais pour lutter contre les jihadistes.
Depuis 2012, la Russie tente de dissocier les Occidentaux des jihadistes, qu’ils ont créés et soutenus depuis 1978.
En concluant l’accord de Munich John Kerry a accepté de reléguer Jeffrey Feltman, le leader des néoconservateurs et des faucons libéraux à l’Onu, dans un rôle subalterne. En proposant une cessation des hostilités, il a permis de séparer les combattants syriens raisonnables des jihadistes.

Thierry Meyssan

[1] « Des banquiers anglo-saxons ont organisé la Seconde Guerre mondiale », par Valentin Katasonov, Traduction Gilles Chertier, Strategic Culture Foundation (Russie) , Réseau Voltaire, 11 mai 2015.

[2] « Rapport de renseignement russe sur l’aide actuelle turque à Daesh », Réseau Voltaire, 18 février 2016.

[3] « Comment la Turquie soutient les jihadistes », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 février 2016.

[4] “Statement of the International Syria Support Group”, Voltaire Network, 12 February 2016.

[5] « L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

[6] “Cessation of Hostilities in Syria”, Voltaire Network, 22 February 2016.

[7] « Lettre datée du 18 février 2016 adressée par le représentant de la Coalition nationale des forces de la révolution et de l’opposition syriennes ». Document Onu S/2016/165.

[8] « Audition au Sénat du général Didier Castres sur Daesh », Réseau Voltaire, 15 décembre 2015.

[9] “Asian rebels in Aleppo, Western blind spot”, Christina Lin, Asia Times, February 8, 2016.

[10] « Syrienkonflikt : Warnung aus der Nato an die Türkei », Der Spiegel, 19. Februar 2016.

[11] « Traité de l’Atlantique Nord », Réseau Voltaire, 4 avril 1949.

[12] « NATO warns Turkey it can’t count on support in a conflict with Russia as tensions escalate », Gianluca Mezzofiore, Daily Mail, February 20, 2016.

source: http://www.voltairenet.org/article190464.html

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Comment le discours médiatique a mis à mort le peuple syrien. Par Sharmine Narwani

16 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Turquie, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

Comment le discours médiatique a mis à mort le peuple syrien

Par Sharmine Narwani le 31 mars 2016

La journaliste libanaise Sharmine Narwani, une des meilleures analystes de la situation au Moyen-Orient.

La journaliste libanaise Sharmine Narwani, une des meilleures analystes de la situation au Moyen-Orient.

Le 23 mars 2011, au tout début de ce qu’on appelle désormais le «conflit syrien», deux jeunes hommes – Sa’er Yahya Merhej et Habeel Anis Dayoub – ont été abattus dans la ville de Deraa, au sud de la Syrie.

Merhej et Dayoub n’étaient ni des civils, ni des opposants au gouvernement du président syrien Bachar el-Assad. C’étaient des soldats de l’armée régulière, l’Armée Arabe Syrienne (AAS).

Abattus par des tireurs inconnus, Merhej et Dayoub furent les premiers des quatre-vingt-huit soldats tués dans toute la Syrie pendant le premier mois du conflit – à Deraa, Lattaquié, Douma, Banias, Homs, Mouadamiya, Idlib, Harasta, Soueïda, Tell Kalakh et dans la banlieue de Damas.

Selon la commission d’enquête indépendante de l’Onu chargée d’enquêter en Syrie, en mars 2012, le total des membres de l’AAS tués au cours de la première année du conflit s’élevait à 2569. A la même époque, selon l’ONU, le nombre total de tous les décès dus à la violence politique en Syrie s’élevait à 5000.

Ces chiffres brossent un tableau complètement différent des événements de Syrie. Ceux-ci n’ont rien à voir avec le conflit que nous décrivent les gros titres des journaux – ne serait-ce qu’au vu de la relative égalité du nombre de morts des deux côtés, qui suggère que le gouvernement n’a pas employé une force démesurée pour désamorcer la violence.

Mais la mort de Merhej et Dayoub a été passée sous silence. Pas un seul média occidental n’a consacré un de ses gros titres à leur sort – ou à celui des autres soldats tués. Ces morts ne correspondaient tout simplement pas au « discours » occidental sur les révolutions arabes et ne cadraient pas avec les objectifs politiques des gouvernements occidentaux.

Le Printemps arabe a fourni aux responsables politiques US [et français, ndlr] une occasion unique de se débarrasser des gouvernements hostiles du Moyen Orient. La Syrie, principal État arabe de l’Axe de la Résistance dont le leader est l’Iran, était leur cible numéro un.

Pour obtenir un changement de régime en Syrie, les thèmes du Printemps arabe devaient être manipulés adroitement – et il fallait donc que des Syriens meurent.

Il fallait simplement que le dictateur «tue son propre peuple» – et le reste suivrait.

Comment les paroles tuent

Dès le mois de mars 2011, les principaux médias occidentaux se mirent à décliner les quatre thèmes clés d’une campagne qui allait monter en puissance au cours des mois suivants :

– Le Dictateur tue son “propre peuple”.

– Les protestations sont “pacifiques”.

– L’opposition est “désarmée”.

– Ceci est une “révolution”.

Les gouvernements pro-occidentaux de Tunis et d’Égypte venaient d’être renversés l’un après l’autre au cours des deux mois précédents –et donc le ‘modèle’ de changement de régime de type Printemps Arabe, impulsé par la base, était déjà présent dans l’imaginaire de la région. Ces quatre ‘discours’, soigneusement formulés, qui avait acquis un sens en Tunisie et en Égypte, faisaient maintenant partie de l’arsenal dont on pouvait se servir pour délégitimer et ébranler tout gouvernement contre lequel il serait utilisé.

Mais pour exploiter au mieux tout leur potentiel en Syrie, il fallait que les Syriens descendent en masse dans la rue, et il fallait que des civils meurent victimes de la brutalité des forces de sécurité. Pour le reste, la large batterie de médias étrangers et locaux qui souscrivaient à ce discours sur le “Printemps Arabe” auraient tôt fait de le transformer en “révolution”.

De la fumée s’élève du faubourg de Erbeen à Damas le 29 janvier 2012 © HO / Reuters

De la fumée s’élève du faubourg de Erbeen à Damas le 29 janvier 2012 © HO / Reuters

Pourtant les protestations n’ont pas démarré en Syrie comme elles l’avaient fait en Tunisie et en Égypte. Pendant les premiers mois, on a constaté des rassemblements de centaines de personnes, pour la plupart – parfois de quelques milliers – qui exprimaient divers degrés de mécontentement politique. La plupart de ces rassemblements étaient habituellement précédés de prêches provocateurs dans des mosquées sous influence wahhabite, ou de morts violentes qui incitaient des foules en colère à se rassembler à l’occasion de funérailles publiques.

Un membre d’une famille de notables de Deraa m’a expliqué qu’il existait une certaine incertitude quant à l’identité de ceux qui tuaient des habitants de sa ville – le gouvernement ou des “groupes occultes”. Il explique qu’à l’époque, l’opinion des citoyens de Deraa était partagée :

Certains pensaient que le régime tuait plus de gens pour les arrêter et les prévenir d’avoir à arrêter de manifester et de se rassembler. D’autres pensaient que des milices occultes voulaient que ça continue, parce que s’il n’y avait pas de funérailles, les gens n’auraient plus de raison de se rassembler.

Avec l’avantage du recul, voyons ce qu’il en est de ces discours sur la Syrie, cinq ans après le début du conflit :

Nous savons maintenant que plusieurs milliers de membres des forces de sécurité syriennes ont été tués la première année suivant le 23 mars 2011. Nous savons donc aussi que l’opposition était “armée” dès le début du conflit. Nous avons des documents visuels montrant des hommes armés entrant en Syrie depuis le Liban en avril et mai 2011. Nous savons par les témoignages d’observateurs impartiaux que des hommes armés prenaient pour cible des civils dans des actes de terrorisme et que les « protestations » n’étaient pas toutes “pacifiques”.

La mission de la Ligue Arabe a mené une enquête d’un mois en Syrie et a conclu :

“A Homs, à Idlib et à Hama, la mission des observateurs a constaté des actes de violence commis sur des membres des forces gouvernementales et des civils, entraînant des décès et des blessures en plusieurs occasions. Elle cite comme exemple un attentat à la bombe contre un autobus transportant des civils, tuant huit personnes et en blessant de nombreuses autres, y compris des femmes et des enfants, et un autre sur un train transportant du gas-oil. Dans un autre incident à Homs, un bus de la police a explosé, tuant deux policiers. Un oléoduc et plusieurs petits ponts ont aussi été détruits”.

Le père Frans van der Lugt, un prêtre hollandais résidant depuis de nombreuses années en Syrie, qui a été tué en avril 2014 à Homs, a écrit en janvier 2012:

“Dès le début, les mouvement de protestation n’étaient pas purement pacifiques. Dès le début j’ai vu des manifestants armés qui défilaient dans les manifestations tirer les premiers sur la police. Très souvent la violence des forces de sécurité était une réaction contre la violence brutale des rebelles armés.”

Quelques mois plus tôt, en septembre 2011, il avait noté :

Dès le début il y a eu le problème des groupes armés, qui font aussi partie de l’opposition… L’opposition de la rue est beaucoup plus forte que toute autre opposition. Et cette opposition est armée et emploie fréquemment la violence brutale, dans le seul but d’en rejeter la responsabilité sur le gouvernement.”

De plus, nous savons maintenant que, quelle qu’ait été la situation en Syrie, ceci n’était pas une “révolution populaire.” L’armée arabe syrienne est restée intacte, même après que la presse eut fait état de défections massives. Des centaines de milliers de Syriens ont continué à défiler dans des manifestations de soutien au président sans que la presse en fasse état. Les institutions étatiques, comme les élites du gouvernement ou du monde des affaires sont largement restés loyales à Assad. Les groupes minoritaires – alaouites, chrétiens, Kurdes, Druzes, chiites, et le Parti Baas , en majorité sunnite – n’ont pas rejoint l’opposition au gouvernement. Et les grandes agglomérations rassemblant la majorité de la population urbaine sont restées sous le contrôle de l’État, à quelques exceptions près.

Au bout du compte, une authentique “révolution” n’a pas de centres opérationnels en Jordanie et en Turquie. Pas plus qu’une révolution “populaire” n’est financée, armée et appuyée par le Qatar, l’Arabie Saoudite, les USA, le Royaume-Uni et la France.

La fabrication d’un “discours médiatique” pour obtenir des avantages géopolitiques

Le manuel 2010 d’instruction sur la guerre non-conventionnelle destiné aux forces spéciales US (en anglais, 2010 US military’s Special Forces Unconventional Warfare manual ) stipule :

“L’objectif des efforts des USA dans le domaine de la guerre non-conventionnelle est d’exploiter les faiblesses politiques, militaires, économiques et psychologiques d’une puissance hostile en développant et en soutenant des forces de résistance pour atteindre les objectifs stratégiques des USA… Dans l’avenir prévisible, les forces des USA seront principalement engagées dans des opérations de guerre irrégulière.”

En 2006 un câble secret émanant du Département d’État US révèle que le gouvernement de Assad était dans une position plus forte, tant au plan intérieur que régional, que les années précédentes, et suggère des façons de l’affaiblir : “Voici notre résumé des faiblesses potentielles et les moyens qui peuvent permettre de les exploiter…” Suit une liste de “faiblesses” – politiques, économiques, ethniques, religieuses, militaires, psychologiques – et les “actions” recommandées sur la façon de les “exploiter”.

Ceci est important. La doctrine US sur la guerre non-conventionnelle pose en principe que les populations des États hostiles comprennent généralement des minorités actives qui, respectivement, s’opposent ou apportent leur soutien à leur gouvernement, mais, pour qu’un “mouvement de résistance ” réussisse, il faut qu’il convainque une fraction importante des “couches intermédiaires, non-partisanes de la population” de se retourner contre ses dirigeants. Selon le manuel (je cite ici abondamment un de mes articles précédents):

Pour amener les “couches intermédiaires, non-partisanes de la population” à soutenir une insurrection, la doctrine de la guerre non-conventionnelle recommande la “création d’une ambiance où le mécontentement est amplifié par la propagande et des menées politiques et psychologiques destinées à discréditer le gouvernement.”

A mesure que le conflit s’amplifie, il faut “intensifier la propagande; et préparer psychologiquement la population à la rébellion.”

Il faut commencer par une “agitation” aux plans local et national – organisation de boycotts, de grèves, et autres efforts pour donner l’impression d’un mécontentement de la population. Ensuite vient l’“infiltration d’organisateurs et de conseillers étrangers et l’apport de propagande, de matériel, d’argent, d’armes et d’équipement étrangers. ”

Le stade suivant des opérations consisterait à établir des “organisations de type front national [p.e. le Conseil National Syrien] et des mouvements de libération [p.e. l’Armée Syrienne Libre]” qui conduiraient des secteurs plus larges de la population à accepter “un niveau accru de sabotage et de violence politique” – et à encourager la formation d’ “individus ou de groupes capables de mener à bien des actes de sabotage dans les centres urbains”.

Dans de précédents articles, un an après le début de la crise, j’ai parlé de l’emploi en Syrie de méthodes de guerre irrégulière soutenues depuis l’étranger – alors que le discours de l’immense majorité des médias tournait autour du “dictateur qui tue son propre peuple”, de protestations “pacifiques”, de l’opposition majoritairement “désarmée”, de la “révolution populaire,” et de milliers de “civils”, cibles exclusives des forces de sécurité étatiques.

Est-ce que ces récits ont tous été fabriqués ? Les images que nous avons vues étaient-elles toutes mises en scène? Ou bien a-t-il suffi de forger certaines choses – parce que la “perception” des vastes couches intermédiaires de la population, une fois déterminée, allait créer naturellement sa propre dynamique menant au changement de régime ?

Et nous, dans cette région, que faisons-nous de cette information alarmante qui nous apprend que des guerres se mènent contre nous – et que ce sont nos propres populations qui font office de chair à canon au service d’intérêts étrangers ?

Créer notre propre “règle du jeu”

Le jeu des discours peut se jouer à deux.

La première leçon à apprendre est que les idées et les objectifs peuvent être façonnés, modelés, affinés et utilisés avec une grande efficacité.

La seconde leçon est que nous devons créer plus de médias et de canaux de distribution de l’information indépendants pour propager nos valeurs le plus largement possible.

Les gouvernements occidentaux peuvent compter sur une armée ridiculement servile de journalistes sycophantes, à l’Ouest et dans notre région du monde, pour nous asséner leur propagande de jour comme de nuit. Nous n’avons pas besoin de les égaler en nombre d’individus ou de titres – nous pouvons aussi avoir recours à nos propres stratégies pour battre en brèche leurs campagnes de désinformation. Les journalistes occidentaux qui publient de façon répétée des informations fausses, erronées ou nocives qui mettent des vies en péril doivent se voir interdits d’accès dans notre région.

Ceux-là ne sont pas des journalistes – je préfère les appeler des combattants des médias – et ils ne méritent pas les libertés dont jouissent les vrais professionnels des médias. Si, pendant la première année du conflit syrien, ces journalistes occidentaux avaient remis en question les prémisses des quatre éléments de discours mentionnés plus haut, est-ce que plus de 250 000 Syriens seraient morts à ce jour ? Est-ce que la Syrie serait détruite, est-ce que 12 millions de Syriens seraient sans abri ? Et même, est-ce que Daech existerait ?

Liberté d’expression ? Non, merci – pas si nous devons mourir au nom des impératifs sécuritaires de pays étrangers.

La Syrie a changé le monde. Elle a fait entrer les Russes et les Chinois (BRICS) dans la mêlée et a modifié l’ordre mondial qui, d’un ordre unilatéral, est devenu un ordre multilatéral – du jour au lendemain. Et elle a amené un groupe d’États-clés de la région à faire cause commune pour former maintenant le pivot d’un ‘Arc de Sécurité’ depuis le Levant jusqu’au Golfe Persique. D’immenses opportunités s’offrent à nous pour remodeler le monde et le Moyen-Orient selon nos propres aspirations. Les nouvelles frontières ? Nous les tracerons nous-mêmes, nous les habitants de la région. Les terroristes ? Nous les vaincrons nous-mêmes. Les ONG ? Nous créerons les nôtres, avec nos propres citoyens et en fonction de nos propres objectifs. Les oléoducs ? Nous déciderons nous-mêmes où les poser.

Mais commençons à construire ces nouveaux discours avant que l’ ‘Autre’ vienne occuper la place vide.

Une mise en garde. La pire chose que nous puissions faire est de perdre notre temps à rejeter les discours des étrangers. Cela ferait de nous des « rejectionnistes » (partisans du rejet systématique) dans leur jeu. Et cela ne peut que donner vie à leur jeu. Ce qu’il nous faut, c’est créer notre propre jeu – avec un vocabulaire riche de notre propre discours – qui définisse qui nous sommes, quelles sont notre histoire et nos aspirations, en partant de nos propres réalités, politique, économique et sociale. Que ce soit l’ ‘Autre’ qui rejette notre discours, qu’il devienne lui-même le ‘rejectionniste’ dans notre jeu… et qu’il lui donne vie.

Sharmine Narwani | 24 mars 2016

Traduction en italien: http://arretsurinfo.ch/la-narrazione-che-ha-ucciso-il-popolo-siriano/

Article original en anglais: https://www.rt.com/op-edge/336934-syria-war-conflict-narrative/

Traduit en français par Jaques Boutard: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=17579

URL: http://arretsurinfo.ch/comment-le-discours-mediatique-a-mis-a-mort-le-peuple-syrien/

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