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Le blog de Lucien PONS

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Voyage au cœur de la Syrie : un pays en guerre [1]

16 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #La République, #La Russie, #La Turquie, #Terrorisme, #Daesch

Voyage au cœur de la Syrie : un pays en guerre [1]

Par Breizh-info le 15 avril 2016

Depuis 5 ans le conflit syrien est au cœur de l’actualité. Pour en parler, la plupart des médias se contentent de reprendre les dépêches de l’Agence France presse, qui s’appuient elles-mêmes sur les communiqués de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une officine très controversée. Alors pour tenter de comprendre la réalité, trois membres de la rédaction de Breizh-info viennent de séjourner en Syrie, où ils se sont rendus avec le concours de l’association de solidarité France-Syrie (*).

Ce voyage d’une semaine s’est entièrement déroulé dans la partie du pays sous contrôle du gouvernement légal. De Damas à Lattaquié, notre équipe est allée à la rencontre de la population : combattants, victimes de guerre, déplacés, chrétiens, musulmans, religieux, mères de famille, enfants, universitaires, industriels, artisans, commerçants, agriculteurs… Sans préjugés ni tabous, récit d’un voyage dans un pays en guerre.

Voyage au cœur de la Syrie : un pays en guerre [1]

Tard le soir, nous retrouvons Damas que nous avions rapidement aperçue il y a une semaine lors de notre arrivée en Syrie. Depuis, nous avons sillonné le pays. Nous avons pu constater la diversité de la population qui partage cependant un lien très fort, son attachement à la patrie. A Saidnaya et Maaloula, nous avons rencontré des représentants des églises chrétiennes. À Homs, ville martyre, les ravages de la guerre se sont imposés. À Hama, ville majoritairement sunnite, l’histoire sourd de l’Oronte. À Ain el Kroum, au-dessus d’Apamée, nous avons partagé le quotidien des habitants. À Lattaquié, fief des Alaouites, et à Tartous, la base russe, règne encore la douceur méditerranéenne.

Damas, une des villes les plus anciennes du monde, est mythique dans l’imaginaire européen et oriental. Elle résume plus de 3000 ans d’Histoire depuis l’installation des Amorites. Capitale d’un puissant royaume araméen, elle a subi la domination assyrienne, babylonienne, perse puis romaine. Une importante population juive y vivait alors. Celle-ci a abrité les premières communautés chrétiennes. Damas est devenue musulmane en 636 et capitale de l’empire omeyyade en 661. Elle a connu l’invasion des Croisés, des Mongols, des mamelouks et des Ottomans. Ces derniers ont été remplacés par les Français après la guerre de 14/18 avant de redevenir capitale de la Syrie indépendante en 1946.

La guerre y est présente. Les hommes du Front al-Nosra occupent une partie de l’agglomération. On entend parfois le bruit sourd des explosions. Pourtant la vie continue. La circulation est intense. les rues débordent de piétons d’autant que la température est printanière. Le souk est animé. Dans les cafés pleins, hommes et femmes de toute génération boivent jus de fruit, thé, café ou fument le narguilé.

Le mardi précédent, où nous nous étions retrouvés en fin d’après-midi à l’aéroport de Roissy CDG, nous semble loin. Nous avions emporté du matériel médical et des médicaments qui manquent cruellement en Syrie, embargo oblige. Nous les remettrons à diverses associations sur place. A l’hôtesse d’Air Serbia chargée de l’enregistrement, qui nous demandait si nous allons séjourner à Beyrouth, nous répondons que «nous allons un peu plus loin.» – «Ah ! Vous allez à...». Stupéfaite, son visage s’illumine. Les larmes lui montent aux yeux. Solidarité…

Après une escale à Belgrade, nous arrivons à Beyrouth à 3h15. Nous sommes un groupe de 17 personnes, y compris les membres de l’association. Les formalités douanières accomplies, nous mettons les bagages dans deux camionnettes taxi qui vont nous conduire à Damas. Nous traversons Beyrouth où chaque quartier est protégé par des hommes en armes. La ville semble assez bien reconstruite. Nous la quittons à 5h30. Nous traversons la plaine de la Bekaa. Comme les bureaux de la frontière n’ouvrent qu’à 8 heures, nous faisons une halte pour un petit-déjeuner dans un bar–restaurant–épicerie–bazar, qui nous procure un avant-goût de couleur locale.

Le temps du trajet d’environ 110 kilomètres et du passage de la frontière nous en donnera un autre. Nous allons devoir oublier notre notion occidentale du temps et faire preuve de patience. En effet, nous n’arriverons qu’à 14h30 à notre hôtel, situé dans le quartier chrétien du vieux Damas. Les 5 heures passées en douane nous permettent un premier constat sur la grande diversité de style vestimentaire des très nombreux Syriens qui y passent. Pour les femmes, en particulier, cela peut aller d’une tenue de type européen, sexy voire provocante, à une robe noire et un voile qui dissimulent entièrement la personne.

Peint sur les fermetures des échoppes, le drapeau syrien est omniprésent

Peint sur les fermetures des échoppes, le drapeau syrien est omniprésent

A l’entrée en Syrie, nous découvrons de grands portraits du président Bachar el-Assad, soit seul, soit en compagnie de Vladimir Poutine ou avec Sayed Nasrallah, le chef du Hezbollah. Ils nous suivront pendant tout le voyage. De même, devant les habitations, on peut voir les portraits des victimes, dénommées martyrs. Plongée dans un pays en guerre depuis cinq longues année, guerre que subit en première ligne la population. Nous voyons dans les villages traversés des maisons détruites, des ruines, des restes de véhicules calcinés.

Par contre, le gouvernement et les habitants assurent la sécurité grâce à de nombreux points de contrôle. Il en existe à chaque carrefour routier, à chaque entrée et sortie de communes, entre les quartiers dans les villes. Précédés de chicanes et ralentisseurs, ils sont tenus par des militaires ou par des milices locales. Les véhicules doivent s’arrêter et les passagers justifier de leur identité. Ainsi de l’entrée de Damas à notre hôtel, nous en passerons une quinzaine. Précisons-le tout de suite, jamais nous ne ressentirons le moindre sentiment d’insécurité tout au long de ce voyage. «Vous êtes fous !», nous avait-on dit parfois, à l’annonce de notre voyage. Mais les rues de Paris ou de Bruxelles s’avèrent aussi risquées…

Les portraits de ceux qui sont tombés au front ornent les rues des villes et des villages

Les portraits de ceux qui sont tombés au front ornent les rues des villes et des villages

Le lendemain, nous prenons l’autoroute du nord pour gagner Saidnaya, un fief chrétien, dans la montagne de l’anti-Liban. Cette région est très aride. Comme pendant tout notre séjour, nous passerons de multiples points de contrôle. Chaque entrée de ville ou de village, chaque carrefour important est contrôlé par des hommes en armes – avec interdiction formelle de photographier. Nous verrons également les preuves d’affrontements violents : véhicules incendiés, immeubles et maisons effondrés ou brûlés. Les affiches de ceux qui sont tombés au combat – appelés les martyrs – sont nombreuses. Régulièrement, nous ferons des crochets pour éviter les zones encore occupées par les islamistes. La Syrie est une peau de léopard avec une alternance de secteurs contrôlés par les forces légales et d’autres occupés par les groupes djihadistes.

A suivre

La rédaction

(*) contact : syrianafrance@gmail.com

Crédit photos : Breizh-info.com ( mention obligatoire)

Source: http://www.breizh-info.com/2016/04/14/40664/syrie-bachar-guerre-islamistes-damas

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Syrie : Vers une victoire politique et militaire du gouvernement Assad ?

16 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Turquie, #Terrorisme, #Daesch

Syrie : Vers une victoire politique et militaire du gouvernement Assad ?

Par Karine Bechet-Golovko le 15 avril 2016

CREDIT « AFP PHOTO / HO / SANA

CREDIT « AFP PHOTO / HO / SANA

Le Président syrien, envers et malgré la communauté internationale, continue à défendre les intérêts de son pays. Ça marche et ça énerve. Non seulement, l’armée régulière syrienne est sur le point de reprendre Alep aux mains du groupe terroriste Al-Nusra, mais les élections législatives organisées hier ont provoqué l’engouement de la population et l’ire de la coalition américaine. Le mirage du «Gouvernement de transition», doux euphémisme pour une gouvernance étrangère, s’éloigne et le réarmement des terroristes modérés est à nouveau à l’ordre du jour occidental.

Dans l’ensemble, le processus de paix progresse plutôt bien en Syrie. Selon le dernier rapport du groupe de réconciliation, diffusé en français, sur le site du ministère de la Défense russe :

Accords préliminaires d’adhésion au cessez-le-feu ont été atteints avec représentants d’une cité dans la province de Homs.
Le nombre de villes où les accords de réconciliation ont été signés – 61. Un accord de réconciliation a été conclu avec un leader d’une formation armée qui est active dans la province d’Alep.
Le nombre des groupes armés qui ont adhéré au cessez-le-feu est 50. En général, le cessez-le-feu est observé dans la majorité des provinces de la Syrie.

L’aide humanitaire est largement distribuée. Rien que dans la région de Deir-ez-Zor, depuis janvier, l’aviation russe, avec l’aide de l’armée syrienne, a largué au bas mot 300 tonnes d’aide humanitaire. Dans la province Deraa, 600 familles ont pu recevoir de l’aide humanitaire.

Les villes libérées des terroristes se reconstruisent petit à petit.
Par exemple, communiqué du 12 avril :

Une réunion de travail a eu lieu dans le Centre russe pour la réconciliation avec les dirigeants de l’administration de la cité Al-Qaryatayn (province de Homs). On a discuté les problèmes concernant la restauration de l’infrastructure de la ville et l’aide humanitaire aux habitants qui retournent à leurs maisons.
La formation des convois humanitaires pour les habitants des deux cités dans la province de Homs est poursuivie.
Dans la ville Al-Qaryatayn libérée des terroristes, administration a restauré 800 mètres des lignes électriques au cours des dernières 24 heures. Les sapeurs ont nettoyé 2.4 hectares du territoire. Les habitants locaux ont commencé la reconstruction des maisons.

Pour autant, les combats continuent et les groupes terroristes font encore des victimes :

Les formations de Ahrar ash-Sham ont continué des bombardements des cités Sandran, Beït-Smaïra et Kermel par mortiers et LRM improvisés.

Les combattants de l’organisation terroriste de Jabhat al-Nusra continuent les bombardements des cités et des positions des troupes gouvernementales axés sur l’arrêt du cessez-le-feu dans les provinces d’Alep, Homs et Lattaquié.

Dans la province de Homs, les cités Ard-al-Jaburinne, Mzan et Skalbia ont été attaquées par mortiers et LRM improvisés. Sept civils ont été tués, 27 ont reçu des blessures de gravité différente.

Le contexte montre une évolution positive de la situation, allant dans le sens d’un retour de l’État. L’armée d’Assad, avec l’appui de la Russie lorsque c’est nécessaire, continue le combat contre les groupes terroristes, qui ne sont pas concernés par le cessez-le-feu. Rappelons que Alep est tenu par le groupe al-Nusra. Même s’il plaisait tant à l’ancien ministre des Affaires étrangères français, L. Fabius, il n’en est pas moins un groupe terroriste qui n’a rien de modéré.

Or, si Assad reprend la ville, il restera peu de chances pour les extrémistes de reprendre l’avantage, et le projet occidental dans la région risque d’être mis à mal. Pour éviter cette défaite qui se profile, les États-Unis ont livré aux groupes terroristes des systèmes anti-chars et anti-aériens. Mais ils ne sont pas les seuls à livrer des armes, notamment des bateaux chargés d’armements soviétiques ou issus de l’espace post-soviétique ont été identifiés. Les chargements venaient de Bulgarie, de Roumanie, de Jordanie…

L’on appréciera également l’appel des États-Unis à la Russie pour qu’elle fasse pression sur Assad afin qu’il cesse unilatéralement les combats à Alep. Alep qui est tenu, je le répète, par les terroristes de al-Nusra. Tout cela parce que l’armée peut également toucher d’autres combattants, qui ne sont pas d’al-Nusra. Et en effet, c’est possible, les combattants passant d’un groupe à l’autre, en fonction des salaires ou autres avantages promis. Ce qui montre bien, par ailleurs, le caractère totalement irréaliste de la distinction entre gentils terroristes et méchants terroristes.

L’autre élément qui déstabilise la coalition américano-centrée, est celle des élections législatives en Syrie. La presse française compare même Assad à un autiste, qui se moque de la réalité autour de lui. En effet, comment un chef d’État peut-il mettre l’intérêt national au-dessus de la volonté de la communauté internationale ? Enfin, d’une partie de celle-ci. C’est un crime de lèse-majesté. Il faut effectivement être au minimum autiste pour se comporter de la sorte…

Afin de maintenir une légitimité des institutions administratives syriennes, élément fondamental pour la stabilité étatique et donc pour la lutte contre le terrorisme qui a dévoré le pays, Assad a décidé de maintenir le calendrier électoral. Les Syriens se sont déplacés en masse pour voter, acte civique de résistance au terrorisme, cri pour une normalisation de leur vie. Malgré les menaces des terroristes, malgré le rejet de la communauté internationale, ils se sont déplacés pour leur pays.

Et par là même, ils ont repoussé la question de la mise en place d’un gouvernement de transition, question largement soutenue par les États-Unis et l’opposition syrienne mise en place par l’Arabie saoudite. Car un gouvernement temporaire permet de minimiser le poids d’Assad, sinon de l’écarter du pouvoir, et présente également l’intérêt d’une gouvernance assurée par la communauté internationale, dans ses intérêts propres. Avec tout le danger que cela présente pour le pays, comme l’expérience l’a déjà montré partout où elle a été mise en place.

Donc, forcément, face à cette défaite tant sur le plan politique que militaire de la coalition américaine, le fameux plan B ressurgit. La porte-parole américaine à l’ONU parle le l’échec du processus de paix en Syrie, le Wall Street Journal annonce la décision de réarmer l’opposition.

Et l’Allemagne suit. Et la France, et l’Angleterre. Personne ne veut de ces élections, trop nationales. Personne ne veut d’une paix qui sorte de la zone d’influence de cet Occident imbus de son propre vide. Et le véritable visage de nos valeurs contemporaines occidentales sort en plein jour : si ce n’est pas à nos conditions et dans notre intérêt, on préfère vous voir mourir.

Nous sommes très loin de l’humanisme qui caractérisait, il n’y a pas si longtemps, nos sociétés.

Karine Bechet-Golovko | 14 avril 2016

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Un oeil sur la planète Syrie le grand aveuglement France2 du 18 février 2016

11 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #La Russie, #L'OTAN., #La Turquie, #Terrorisme, #Daesch

Un oeil sur la planète Syrie le grand aveuglement France2 du 18 février 2016

Jean-Paul Pougala

Ajoutée le 21 févr. 2016

SYRIE, LE GRAND AVEUGLEMENT - FRANCE-2 JPP21/02/16

Ceci est la première vidéo faite par une chaine publique occidentale avec une certaine objectivité sur la Syrie. J'ai écrit depuis 2011 que ce soit sur la Syrie que sur la Libye que le trio Obama, Cameron et Sarkozy étaient à coté de la plaque. Hollande est venu démontrer un tel amateurisme en politique internationale que je me suis demandé pas 100 mais 1000 fois si la prétendue démocratie avancée ne faisait émerger que les plus médiocres.

Je tire un chapeau à Madame Soula pour son courage dans ce documentaire à dire exactement ce que je dis depuis 2011 sans peur des représailles de la part de ses supérieurs à France-Télévision, par exemple qu'on ne peut pas appeler "rebelles modérés" des gens armés. Cette vidéo dure 1 heure et 25 minutes. Prenez le temps de tout regarder.

La leçon pour les africains qui sont prêts à déstabiliser leurs pays depuis Paris, Londres ou Washington qu'aujourd'hui, vous risquez de n'avoir au final que vos yeux pour pleurer les cendres dans lesquelles vous aurez réduit votre pays. L'Ambassade de Syrie en France donnée par la France à une syrien qui vivait là depuis 1970 avec passeport français, doit nous réveiller sur nos faux débats sur la double nationalité. Je reste convaincu que si quelqu'un a étudié ou séjourné à l'étranger, il ne peut pas accéder aux hautes fonctions de l'Etat en Afrique.

Jean-Paul Pougala
Berlin, le 21 février 2016

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Que se passe-t-il réellement en Syrie ?

10 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La Turquie, #La Russie, #Daesch, #Terrorisme

Que se passe-t-il réellement en Syrie ?

L'Agence Info Libre a organisé, le mercredi 3 février dernier, sa première conférence dont l'intitulé est : Que se passe-t-il réellement en Syrie ?
Nous avons invité quatre conférenciers :

- Raphaël BERLAND, journaliste indépendant, co-fondateur du Cercle des Volontaires, auteur du documentaire "Deux heures pour mieux comprendre la Syrie".
- Bassam TAHHAN, géopoliticien et islamologue franco-syrien, intervenant régulier dans les médias.
- Pierre PICCININ Da Prata, enseignant belge, reporter, prisonnier de guerre et rédacteur en chef du Courrier du Maghreb et de l’Orient, auteur du documentaire "Syrie, la bataille d’Alep" (2012) et du livre "Le pays du mal" (2014).
- Régis CHAMAGNE, stratège et ancien Colonel de l’armée de l’air, auteur du livre "L’art de la guerre aérienne" (2005).

L'organisation de cette conférence gratuite a été possible grâce aux soutiens de nos abonnés AIL que nous remercions ici.


AGENCE INFO LIBRE
73 Cours Albert Thomas
69003 LYON

Partie 1/4 : Raphael Berland

Que se passe-t-il réelement en Syrie ? Partie 2/4 : Bassam Tahhan

Partie 2/4 : Bassam Tahhan

Que se passe-t-il réellement en Syrie ? Partie 3/4 : Pierre Piccinin Da Prata

Que se passe-t-il en Syrie ? Partie 4/4 :

Régis Chamagne

Que se passe-t-il en Syrie ? Raphaël Berland, 1/4

https://www.youtube.com/watch?v=A5cACgekBT0&nohtml5=False

Que se passe-t-il en Syrie ? Bassam Tahhan, 2/4

https://www.youtube.com/watch?v=kk9XdiTvMio&nohtml5=False

Que se passe-t-il en Syrie ? Pierre Piccinin, 3/4

https://www.youtube.com/watch?v=2GFW0m4CpjM&nohtml5=False

Que se passe-t-il en Syrie ? Régis Chamagne, 4/4.

https://www.youtube.com/watch?v=Xz6kuthCgsQ&nohtml5=False

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Syrie – Les « rebelles » rompent le cessez-le-feu et l’armée prépare une nouvelle campagne

7 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #Europe supranationale, #La guerre, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie

Syrie – Les « rebelles » rompent le cessez-le-feu et l’armée prépare une nouvelle campagne

Par Moon of Alabama le 05 avril 2016

Syrie – Les « rebelles » rompent le cessez-le-feu et l’armée prépare une nouvelle campagne

Le cessez-le feu en Syrie a tenu cinq semaines, mais il arrive maintenant à son terme. Pendant le cessez-le-feu, la Russie a réduit ses forces en Syrie et l’Armée arabe syrienne a fait des progrès significatifs contre l’État islamique. Mais l’opposition et leurs commanditaires ont utilisé abusivement le cessez-le-feu pour se réarmer. Ils ont préparé et exécuté de nouvelles attaques contre le gouvernement et les civils syriens.

Les sponsors de l’opposition, la Turquie, l’Arabie saoudite et les États-Unis ont livré de nouvelles armes et des munitions à l’opposition « modérée ». On sait qu’au moins la moitié de l’approvisionnement que les « modérés » reçoivent, finit inévitablement dans les mains d’al-Qaïda en Syrie. Les sponsors ont aussi brisé un tabou de longue date en introduisant des missiles anti-aériens Crédit: sur le champ de bataille. Plusieurs combattants de la brigade Al Hamza, soutenue par les États-Unis et la Turquie, ont posté des photos de leurs nouveaux jouets. Les États-Unis affirment que ces combattants sont censés ne se battre que contre l’Etat islamique. Mais l’État islamique n’a pas d’avions et ces armes sont clairement destinées à être utilisées contre le gouvernement syrien et ses partisans.

Aujourd’hui [5 avril, ndlr] Ahrar al-Sham, un groupe salafiste proche d’Al-Qaïda, a abattu un Su-22 d’attaque au sol syrien avec un MANPAD, près de la ville de Tal Eis, au sud de la ville d’Alep. Le pilote, le lieutenant-colonel Musad Zayed Hirani, a été fait prisonnier par al-Qaïda en Syrie (Jabhat al Nusra). Cet incident montre que les MANPADS prolifèrent sur le champ de bataille comme ailleurs, et pourraient bientôt être utilisés contre des avions civils au Moyen-Orient et dans le monde.

Vidéo

Le cessez-le feu en Syrie a tenu cinq semaines, mais il arrive maintenant à son terme. Pendant le cessez-le-feu, la Russie a réduit ses forces en Syrie et l’Armée arabe syrienne a fait des progrès significatifs contre l’État islamique. Mais l’opposition et leurs commanditaires ont utilisé abusivement le cessez-le-feu pour se réarmer. Ils ont préparé et exécuté de nouvelles attaques contre le gouvernement et les civils syriens.

Les sponsors de l’opposition, la Turquie, l’Arabie saoudite et les États-Unis ont livré de nouvelles armes et des munitions à l’opposition « modérée ». On sait qu’au moins la moitié de l’approvisionnement que les « modérés » reçoivent, finit inévitablement dans les mains d’al-Qaïda en Syrie. Les sponsors ont aussi brisé un tabou de longue date en introduisant des missiles anti-aériens Crédit: sur le champ de bataille. Plusieurs combattants de la brigade Al Hamza, soutenue par les États-Unis et la Turquie, ont posté des photos de leurs nouveaux jouets. Les États-Unis affirment que ces combattants sont censés ne se battre que contre l’Etat islamique. Mais l’État islamique n’a pas d’avions et ces armes sont clairement destinées à être utilisées contre le gouvernement syrien et ses partisans.

Aujourd’hui [5 avril, ndlr] Ahrar al-Sham, un groupe salafiste proche d’Al-Qaïda, a abattu un Su-22 d’attaque au sol syrien avec un MANPAD, près de la ville de Tal Eis, au sud de la ville d’Alep. Le pilote, le lieutenant-colonel Musad Zayed Hirani, a été fait prisonnier par al-Qaïda en Syrie (Jabhat al Nusra). Cet incident montre que les MANPADS prolifèrent sur le champ de bataille comme ailleurs, et pourraient bientôt être utilisés contre des avions civils au Moyen-Orient et dans le monde.

Vidéo

Les rebelles « modérés » d’aujourd’hui ont aussi lancé des attaques d’artillerie improvisées contre le quartier Sheikh Maqsoud, à dominante kurde, dans la partie de la ville d’Alep tenue par le gouvernement. Au moins 17 civils ont été tués et plus de 50 ont été blessés.

L’opposition « modérée » en Syrie qui reçoit le soutien officiel des Etats-Unis ne veut pas prendre ses distances vis à vis à al-Qaïda:

« Nous ne sommes absolument pas d’accord avec Jabhat Al-Nusra. Nous ne voulons pas de l’idéologie de Jabhat Al Nusra s en Syrie, ni maintenant, ni à l’avenir. Mais nous avons besoin de combattants qui se battent avec nous contre le régime », a déclaré Zakaria Malahefji, un officier politique de Fastaqim Kama Umrit, une coalition de groupes rebelles de la ville d’Alep.

« Les membres de Jabhat Al Nusra sont nos frères », a déclaré Hajj Bakri, un chef rebelle de Hama. « On n’a pas de problème avec eux. »

«Notre relation avec Jabhat Al-Nusra est bonne et nous collaborons avec Jabhat Al-Nusra dans les opérations militaires et pour assurer la sécurité », a déclaré Abou Zeid, un commandant d’Ahrar Al Sham, une milice salafiste pure et dure d’Akrad, dans les montagnes du nord-ouest de la Syrie. Ahrar Al Sham, qui est une des plus puissantes factions rebelles de la guerre, est l’allié individuel le plus important d’Al Nusra.

Tout comme l’État islamique, Al-Qaïda en Syrie ne faisait pas partie de l’accord de cessez-le feu. Les Etats-Unis considèrent officiellement al-Qaïda en Syrie comme une entité terroriste et ennemie. Al-Qaïda n’a aucun intérêt à voir la paix s’installer et le groupe fait donc de son mieux pour la saboter. Au cours des dernières semaines, il a réussi à convaincre les « modérés » de se joindre à lui pour reprendre les combats:

Confronté à une cessation des hostilités sous médiation internationale qui menace d’éroder de façon irréversible son influence, dès la mi-mars, Al-Nusra a entamé une série de pourparlers à l’intérieur de la Syrie pour convaincre les groupes d’opposition de reprendre leur lutte contre le régime. Les dernières 48 heures de progrès de l’opposition au sud d’Alep sont le signe qu’Al-Qaïda a réussi à saper le processus politique et à revenir à une situation qui se prête mieux à sa stratégie de long terme en Syrie.

Samedi, plusieurs groupes rebelles « modérés » soutenus par les États-Unis se sont joints à al-Qaïda dans une attaque contre la ville de Tal Eis, dans la campagne au sud d’Alep, qui est tenue le gouvernement :

Le cessez-le-feu partiel en Syrie semblait se déliter samedi avec de violents combats entre les forces gouvernementales et les combattants de l’opposition, y compris les membres du Front Al-Nusra affilié à Al-Qaïda, aux abords d’Alep, la deuxième plus grande ville du pays, et d’autres endroits du nord du pays.

Au moins 25 combattants pro-gouvernement et 16 de l’opposition sont morts dans des affrontements au sud d’Alep, où le Front Nusra et les milices rebelles ont capturé un village surplombant une route importante, a déclaré à Associated Press un groupe de suivi basé en Grande-Bretagne.

Un certain nombre de groupes – dont certains font officiellement partie de l’accord de cessez-le-feu – ont reconnu, sur les médias sociaux, qu’ils étaient en train de se battre contre les forces gouvernementales.

L’Armée de l’Islam, dont le coordinateur politique dirige la délégation de l’opposition pendant l’interruption des pourparlers de paix à Genève, a annoncé qu’elle avait tué 20 soldats du gouvernement dans des combats à l’extérieur de Damas, vendredi. Elle a annoncé samedi, qu’elle se battait aussi dans la campagne au sud d’Alep, bien qu’on ne pense que le groupe y ait un contingent important.

Il est donc clair que les rebelles « modérés » ont rompu le cessez-le feu et coopèrent pleinement et ouvertement avec al-Qaïda.

À moins que les sponsors de l’opposition ne parviennent à enrêner immédiatement leurs troupes par procuration, il y aura bientôt à nouveau une guerre générale en Syrie. Le gouvernement syrien et ses alliés sont en train de mobiliser plus de forces pour reprendre les zones perdues au sud d’Alep. Pour la première fois, des « conseillers » de l’armée iranienne régulière (pas la Garde révolutionnaire) prendront part aux combats. La force aérienne russe est susceptible de réintroduire en Syrie une partie du contingent qu’elle avait retiré.

Le camp russe avait convenu avec les Etats-Unis d’arrêter les combats et de suivre la voie politique par le biais des négociations à Genève. Cette décision a été prise contre la volonté du gouvernement syrien et de ses alliés iraniens. Ils auraient préféré libérer au moins la ville d’Alep de toutes les forces de l’opposition avant toute négociation.

Mais même si le cessez-le-feu se rompt maintenant, ce que les Russes ont fait aura été très utile. Cela a montré que les Russes étaient capables de faire respecter un cessez-le-feu par leurs alliés quand ils s’engagent à le faire. Cela a également montré que le camp américain, soit n’est pas capable, soit n’a pas envie de faire respecter un cessez-le-feu auquel il s‘est engagé, et, qu’au contraire, il le viole en réarmant ses mandataires pour de nouveaux combats.

La future campagne du gouvernement syrien, sera probablement, avec le plein appui de ses alliés, plus intensive que sa dernière offensive. Cette attaque avait provoqué la dispersion des rebelles, ils étaient vaincus et faisaient retraite dans plusieurs endroits quand leur fuite a été stoppée par l’accord de cessez-le-feu. La prochaine attaque sera plus intense et ne s’arrêtera pas avant que l’opposition ne soit hors de combat.

Aujourd’hui, l’armée syrienne a publié une déclaration demandant à tous les civils de quitter les zones tenues par l’opposition dans les 48 heures. La nouvelle campagne « donnera une bonne leçon » à Al-Qaïda et ses partisans, assure-t-elle.

Moon of Alabama | 4 avril 2015

Article original:http://www.moonofalabama.org/2016/04/syria-as-rebels-break-ceasefire-army-gathers-for-new-campaign.html

Traduction : Dominique Muselet

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"La future Constitution est affaire du peuple syrien", par le Président Bachar al-Assad

6 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #La finance dérégulée, #La Russie, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Daesch, #La Turquie, #Terrorisme

Publié par Jean Lévy

 

 "La future Constitution  est affaire du peuple syrien",  par le Président Bachar al-Assad

COMITE VALMY

1ère partie de l’entrevue accordée par le Président syrien au Directeur général de l’agence russe Sputnik [Texte intégral]


Question 1 : On parle beaucoup des réfugiés syriens, la majorité des migrants en Europe se présentant comme des Syriens, même les Pakistanais. Selon les évaluations allemandes, 77% sont sans papiers d’identité. Nous aimerions comprendre comment vous évaluez le nombre de déplacés à l’intérieur de la Syrie, ainsi que le nombre de ceux qui ont été forcés à quitter le pays et les raisons de leur fuite. Nous aimerions mettre les points sur les « i » en ce qui concerne ce sujet.

 

Le Président Al-Assad : Il n’y a évidemment pas de chiffres précis. Les chiffres sont approximatifs. Ainsi, ceux qui se déplacent à l’intérieur du pays pour se rendre chez des proches, dans d’autres villages, ne se déclarent pas en tant que réfugiés. La plupart, en quête de sécurité, quittent des zones infiltrées par des terroristes pour aller dans les zones contrôlées par l’État.

 

Ceci dit, je ne crois pas que le problème réside dans les chiffres. Le problème est que, jusqu’à présent, il n’y a eu aucun travail sérieux de la part de nombreux États. Ils traitent la question des réfugiés comme si elle ne concernait que l’étranger.

 

Certains pays européens veulent bien les accueillir pour leur assurer le gîte et des aides. Il arrive même qu’ils envoient des aides aux personnes déplacées à l’intérieur du pays. Mais cela ne résout pas le problème. Le problème fondamental est le terrorisme. Nous devons le combattre au niveau international car il n’est pas uniquement lié à la Syrie. Il sévit aussi en Irak. Il est directement soutenu par la Turquie, la famille des Al-Saoud et une partie des pays occidentaux, notamment la France et la Grande-Bretagne, tandis que d’autres se contentent de regarder sans agir sérieusement. Je pense que plus qu’une question de chiffres c’est là que réside le problème.

 

Question 2 : Je suis persuadé que vous attendez le retour des Syriens dans leur pays, ce qui pourra se faire à partir du moment où vous aurez démarré la reconstruction. Avez-vous déjà estimé l’étendue des destructions et des dommages subis par la Syrie ces dernières années ?

 

Le Président Al-Assad : Les dommages portant sur l’économie et les infrastructures dépassent deux cents milliards de dollars. Le secteur économique pourra être relevé dès que la Syrie retrouvera sa stabilité, mais la reconstruction des infrastructures exigera plus de temps.

 

Nous avons initié le processus de la reconstruction avant que la crise ne soit résolue afin de soulager, autant que possible, le citoyen syrien des dommages subis par l’économie et les infrastructures et, en même temps, diminuer l’émigration vers l’étranger, car il se peut que ceux qui souhaitent revenir soient encouragés au retour par l’espoir d’une amélioration de la situation.

 

L’émigration n’est pas uniquement due au terrorisme et à l’insécurité, mais aussi au blocus et aux sanctions occidentales imposées à la Syrie. Beaucoup de gens résidant en zones sécurisées, indemnes de terrorisme, ont émigré parce que le citoyen ne peut plus assurer les nécessités de sa vie quotidienne.

 

Par conséquent, en tant qu’État, il est impératif que nous agissions pour offrir les moyens, mêmes élémentaires, pouvant améliorer la situation économique et les services à la population. C’est ce que nous faisons en travaillant dès maintenant à la reconstruction.

 

Question 3 : La Syrie devra évidemment compter sur l’aide de la communauté internationale. Sur l’aide de qui compterez-vous pour la reconstruction du pays et comment envisagez-vous le rôle des sociétés et entreprises russes ?

 

Le Président Al-Assad : Dans tous les cas, le processus de reconstruction est un processus gagnant pour les entreprises qui y contribueront, surtout si leurs États les soutiennent en leur accordant les crédits nécessaires. Bien sûr, il est à prévoir que ce processus repose sur les trois États qui se sont tenus à nos côtés tout au long de cette crise : la Russie, la Chine et l’Iran.

 

Mais je pense que nombre d’États qui se sont positionnés contre la Syrie, et en premier lieu les États occidentaux, tenteront d’envoyer leurs propres entreprises pour participer à ce processus. Cela dit, il ne fait aucun doute qu’en ce qui nous concerne, nous nous adresserons principalement aux pays amis. D’ailleurs, ce serait assurément la réponse, politique et affective, de n’importe quel citoyen syrien que vous questionneriez à ce sujet. Il vous dira que nous réserverons le meilleur accueil aux entreprises de ces trois pays, à commencer par la Russie.

 

Quant aux infrastructures en question, elles nécessitent la collaboration de centaines de spécialités et de compétences. C’est pourquoi je crois que le champ d’action sera très large pour toutes les entreprises russes qui participeront à la reconstruction.

 

Question 4 : Monsieur le Président, nous passons aux questions politiques. Comment évaluez-vous les résultats des « négociations » à Genève sur la Syrie, lesquelles ont eu lieu la semaine dernière ?

 

Le Président Al-Assad : Jusqu’ici, nous ne pouvons certainement pas dire que quelque chose ait abouti suite à ces derniers « pourparlers » de Genève, si ce n’est que nous avons abordé des sujets fondamentaux en posant les principes de base des futures négociations, car des négociations sans principes sous-jacents se transforment en palabres chaotiques improductives, autorisant chaque partie à camper sur ses positions et d’autres États à s’ingérer indûment.

 

Nous avons donc commencé par présenter un « document de principes », mais nous n’avons encore travaillé qu’avec M. De Mistura sans entrer en contact avec la partie censée négocier avec nous. Nous devrions poursuivre les discussions et le dialogue autour de ce document lors de la prochaine session. Par conséquent, je peux dire à propos de la dernière session que nous avons initié une méthodologie susceptible d’aboutir au succès des futures négociations et que si nous la respectons, les prochaines sessions seront bénéfiques.

 

Question 5 : Je voulais justement aborder le positionnement de la Syrie lors des prochaines sessions. Quand est-ce qu’elle discutera de ladite « transition politique », laquelle amènera le sujet d’un « organe de transition » qui gouvernerait le pays ? Quel est votre point de vue sur le mécanisme adopté à cet égard ?

 

Le Président Al-Assad : Premièrement, il n’existe pas de définition d’une « période transitoire ». Ensuite, en Syrie, nous pensons que ce concept implique une transition d’une Constitution à une autre, car c’est la Constitution qui définit le système politique souhaité.

 

Par conséquent, la période transitoire doit nécessairement courir sous la Constitution actuelle. Nous ne passerons à une nouvelle Constitution qu’une fois que le peuple syrien l’aura approuvée par son vote.

 

D’ici là et selon notre perception en tant que Syriens, ce que nous pouvons faire est de veiller à la formation d’un gouvernement regroupant les diverses forces politiques syriennes, y compris celles de l’opposition et des indépendants. Une structure transitoire ou un gouvernement momentané, dont le but principal sera de travailler à la nouvelle Constitution avant de la soumettre au suffrage des Syriens et qui ne sera applicable qu’après leur approbation.

 

Rien dans la Constitution syrienne, ni dans aucune autre, ne correspond à un « organe de transition ». C’est un discours illogique et inconstitutionnel. Quels seront les pouvoirs d’un tel organe ? Comment pourrait-il gérer le quotidien des citoyens ? Qui évaluera leurs besoins ? Aujourd’hui, nous disposons d’une Assemblée du peuple [le Parlement syrien] et d’une Constitution qui dirigent le gouvernement et l’État. C’est pourquoi la solution est celle d’un « gouvernement d’union nationale » qui préparera la nouvelle constitution.

 

Question 6 : À ce stade et concernant ce gouvernement, je souhaitais vous interroger sur les modalités de sa formation. Qui le composera ? Serait-ce le Parlement élu le 13 avril prochain ou bien vous-même ? Accepteriez-vous une participation internationale à sa formation ?

 

Le Président Al-Assad : Tel est l’objectif des pourparlers de Genève, un dialogue entre Syriens pour que nous nous mettions d’accord sur la composition de ce gouvernement. Nous n’avons pas encore d’idée définitive étant donné que, mis à part certaines personnes, les autres parties n’ont toujours pas accepté ce principe.

 

Une fois que nous nous serons tous entendus sur ce principe, nous dirons comment il nous faudra l’exécuter. La logique voudrait que soient représentées les forces indépendantes, les forces de l’opposition et les forces en accord avec l’État actuel. Théoriquement, cela pourrait se faire rapidement.

 

Quant aux modalités techniques devant aboutir à la formation de ce gouvernement, comme vous le savez, existent des ministères avec ou sans portefeuille et certains y entreront sans avoir l’expérience du travail gouvernemental. Dès lors, nombre de questions devront être discutées et détaillées à Genève. Je ne pense pas qu’elles seront sources de complications insolubles, car elles sont toutes susceptibles de trouver un règlement.

 

Concernant le Parlement, il n’a aucun rôle à jouer dans ce processus qui doit être réglé entre nous et l’ « opposition à l’étranger ». Il supervise le gouvernement syrien mais ne le nomme pas.

 

Question 7 : Pensez-vous que le prochain Parlement sera de toutes les couleurs ?

Le Président Al-Assad : Cela dépend des électeurs syriens. Y’aura-t-il de nouvelles couleurs dans la société syrienne ? Il ne suffit pas qu’il y’ait de nouveaux partis, comme cela fut le cas lors des élections législatives en 2000, car il est possible qu’existent une centaine de partis sans qu’ils aient tous leurs représentants aux élections. Que souhaitera le citoyen syrien pour aller voter ? Comme vous le savez, ce sont des questions qui demandent du temps. N’importe quel nouveau parti en a besoin pour prouver le bien-fondé de son programme politique aux citoyens. Actuellement, étant donné les circonstances difficiles, il est possible qu’ils ne souhaitent pas tenter trop de nouveautés, comme il est probable que ce soit le cas quand la situation sécuritaire ira vers le mieux et que les préoccupations politiques du citoyen prendront le pas sur ses préoccupations vitales. Aujourd’hui, le citoyen syrien pense d’abord à sa vie, à sa sécurité, ensuite aux nécessités de son quotidien, aux études de ses enfants et à sa santé ; le reste est du domaine du secondaire. C’est pourquoi je ne m’attends pas à un changement radical dans l’immédiat.

 

Question 8 : Vu la situation dans sa globalité, comment croyez-vous que vos succès sur le terrain et les victoires des forces gouvernementales pourront aider la transition politique, certains étant convaincus que ces victoires consolideront vos positions lors des pourparlers de Genève, d’autres déclarant qu’elles menacent le processus politique ?

 

Le Président Al-Assad : C’est une question très importante. Il y a, en effet, ceux qui présentent le positionnement de la Russie contre le terrorisme comme un simple soutien au Président, ou au gouvernement, et donc comme un obstacle au processus politique. Ce serait vrai si nous n’avions pas été souples dès le départ et si nous nous étions vraiment butés.

 

Or, si vous reveniez sur la politique suivie par l’État syrien depuis cinq ans, vous constateriez que nous avons tenu compte de toutes les initiatives avancées par toutes les parties, sans exception, même lorsqu’elles n’étaient pas sincères ; notre but étant de ne rater aucune occasion susceptible de résoudre la crise.

 

C’est pourquoi, ma réponse à ce sujet se résumera à dire que le soutien militaire russe et le soutien des amis de la Syrie, ainsi que les victoires militaires syriennes, mèneront à l’accélération de la solution politique, non l’inverse. Nous n’avons pas modifié nos positions, ni avant, ni après le soutien russe. Nous nous sommes rendus à Genève avec toujours autant de souplesse.

 

En même temps, je dirai que ces victoires auront leur influence sur les forces et les États qui empêchent la solution, à commencer par l’Arabie Saoudite, la Turquie, la France et la Grande-Bretagne qui parient sur notre échec sur le terrain, afin d’imposer leurs conditions lors des négociations politiques. Raisons pour lesquelles, je pense que ces avancées militaires aboutiront à accélérer la solution politique et non à la menacer.

 

Question 9 : S’agissant de l’avenir, comment envisagez-vous la présence de bases militaires étrangères sur le territoire syrien ? À quelles conditions elles y resteront et est-ce que la Syrie en a besoin ?

 

Le Président Al-Assad : Si nous parlons de la période actuelle, oui, nous en avons certainement besoin, parce qu’elles sont efficaces dans la guerre contre le terrorisme. Et même si la situation sécuritaire se normalisait, la lutte contre le terrorisme ne sera ni rapide, ni éphémère. Le terrorisme s’est répandu dans cette région sur des décennies et il faudra le combattre sur une longue période. D’un autre côté, ces bases ne sont pas uniquement liées à la lutte contre le terrorisme, mais sont aussi liées à la situation internationale générale.

 

À notre grand regret, l’Occident, tout au long de la guerre froide, au-delà et jusqu’aujourd’hui, n’a pas changé sa politique. Il veut étendre son hégémonie et décider pour les autres nations. Malheureusement, les Nations Unies n’ont pas été en mesure de jouer leur rôle dans le maintien de la paix internationale. Par conséquent, tant qu’elles ne retrouveront pas leur véritable rôle, ces bases militaires seront nécessaires, pour nous, pour vous et pour l’équilibre du monde. C’est un fait. Que nous soyons d’accord ou pas, c’est actuellement une nécessité.

 

Question 10 : Des bases militaires de quels États parlez-vous exactement ?

Le Président Al-Assad : Je parle uniquement des bases russes. Nous n’avons pas de bases d’un autre État. D’une part, parce que nos relations avec la Russie datent d’une soixantaine d’années et sont fondées sur la confiance et la transparence. D’autre part, parce qu’en matière de politique la Russie s’appuie sur des principes et que nous respectons ces mêmes principes. C’est pourquoi, la présence de bases militaires russes en territoire syrien n’est pas une occupation. Bien au contraire, elle renforce nos relations, notre amitié, la stabilité et la sécurité. Et c’est ce que nous voulons.

 

Question 11 : Pouvez-vous imaginer ou accepter l’idée que le système de gouvernance de l’État syrien se transforme en un système fédéral ? Si oui, quelle forme prendrait l’autonomie kurde et quelle en serait l’étendue ?

 

Le Président Al-Assad : Du point de vue géographique, la Syrie est trop petite pour se transformer en État fédéral, elle est probablement moins étendue que la plupart des Républiques de Russie. En principe, la Syrie ne me paraît pas destinée au fédéralisme, faute de facteurs naturels pouvant justifier un tel système. Mais naturellement, en tant qu’État, nous approuvons ce que le peuple approuve, et le fédéralisme dépend de la Constitution, laquelle est soumise à l’approbation de ce même peuple.

 

Ceci étant dit, le concept de fédération kurde aurait besoin d’être corrigé. La majorité des Kurdes de Syrie veulent vivre au sein d’un État unitaire dirigée par un gouvernement central non fédéral. Il ne faut donc pas confondre certains Kurdes qui réclament un système fédéral et tous les autres Kurdes. D’ailleurs, d’autres composantes non-kurdes, aussi peu représentatives quantitativement, cherchent la même chose. Ce n’est pas pour autant que l’idée du fédéralisme soit acceptée par la majorité du peuple syrien. C’est pourquoi, je ne pense pas qu’au cas où cette idée serait soumise à son suffrage direct, elle aurait son approbation.

 

Question 12 : Mais maintenant, on parle d’une nouvelle Constitution. Êtes-vous d’accord sur le fait que la nouvelle Constitution devrait être prête en août, une date fixée par John Kerry après ses entretiens au Kremlin, alors que la position de la Russie n’a pas encore été annoncée ?

 

Le Président Al-Assad : La rédaction de la constitution pourrait être prête en quelques semaines, les experts en la matière et les propositions ne manquent pas. Ce qui prend du temps ce sont les discussions. La question devient donc : quel est le processus politique qui devrait nous mener à débattre de la Constitution ?

 

En tant qu’État, nous pouvons aujourd’hui rédiger une Constitution et la soumettre aux citoyens, mais lorsque nous parlons de « forces politiques », quelles sont-elles ? Nous ne le savons toujours pas. Nous posons la question à M. De Mistura, il ne le sait pas ! Même les Américains ne savent pas, tandis que l’Occident, par moments, ainsi que certains autres États, notamment l’Arabie saoudite, veulent restreindre toutes les autres parties au seul « groupe d’opposants de Riyad », lequel comprend des membres terroristes, dans le but de donner une image unique de l’opposition avec laquelle nous serions censés négocier une Constitution. C’est une opposition qui n’existe pas en Syrie. À part cela, le délai du mois d’août est correct et suffisant.

 

Docteur Bachar al-Assad
Président de la République arabe syrienne
30/03/2016

Source : SANA [Syrian Arab News Agency], 1ère partie.
http://sana.sy/ ?p=361365

Texte traduit par Mouna Alno-Nakhal

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Syrie : une Lutte qui annonce la fin des Temps. Par Françoise Compoint.

3 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La République, #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #Terrorisme, #Daesch, #l'immigration

Syrie : une Lutte qui annonce la fin des Temps. Par Françoise Compoint.

Syrie : une Lutte qui annonce la fin des Temps.

Le 03 avril 2016

Je n’ai jamais beaucoup apprécié le manichéisme. Réducteur jusqu’à exclure tout ce qui est entre le Noir et le Blanc, il m’a longtemps semblé que le monde était infiniment plus complexe que cela. La lecture en classe de Terminale du Prince de Machiavel m’en avait définitivement convaincu. La politique ne puit être fondée que sur le realpolitik, nos prises de position individuelles ne sont dignes d’intérêt que si elles prennent en compte le Gris et ses 50 nuances. Qu’importe, au fond, que certains principes moraux édifiants en pâtissent, de toute façon, notre vie n’est qu’un combat harassant que se livrent le Bien et le Mal et en plus, dans une optique dialectique, ces deux entités produisent de petits démons souvent bien sympathiques. Les années ont vite passé. L’expérience personnelle mariée à mes activités de journaliste m’ont démontrée que le manichéisme avait non seulement droit d’existence mais que, dans un cadre bien défini, il avait le devoir de régner en politique à côté du realpolitik qui lui fonctionne avec des nuances morales marquées. Le drame ukrainien et, simultanément, le drame syrien, ont conforté ce point de vue. J’ai alors commencé à mieux comprendre ce que sous entendait l’Apocalypse selon Saint Jean par la fin des Temps, ce que sous-entendaient les révélations faites à Léon XIII où Satan parle de détruire l’Eglise du Christ 75-100 ans plus tard (c’était vers la fin du XIXème siècle) et les révélations faites à Pie XII dans le même esprit. Le Bien et le Mal interagissent en se livrant un combat acharné. Aucun combat ne dure indéfiniment. Tôt ou tard, l’un des partis va l’emporter. Il n’y a donc pas de place pour les nuances auxquelles nous, hommes doués de raison, sommes habitués, et qui nous arrangent tant.+

Il y a peu, un journaliste russe dont je ne retrouve plus le nom avait remarqué que la position souverainiste russe différait en cela de celle de l’opposition libérale genre Echo de Moscouque même quand elle commettait des erreurs tactiques, elle croyait bien faire. Ce trait de probité est aux antipodes d’une hypocrisie qui devrait être indigeste mais que nous nous contentons de critiquer mollement considérant que le drame des Autres (Syriens, Irakiens, Ukrainiens, etc.) n’est pas spécialement le nôtre. Nous restons tièdes. Cette déclaration avait été faite lors d’une émission-débat entre souverainistes et libéraux. Curieusement, ces derniers ne trouvèrent rien à répondre. Pourquoi donnerais-je raison aux premiers et non pas aux seconds ? Serait-ce par sympathie pour Poutine ? Non. C’est simplement que je m’appuie sur les faits. Tout comme l’analyse politique, les choix moraux s’appuient sur des faits. Ils sont empiriques.+

Lorsque des enfants syriens se font massacrer par les ordures de l’EI dont nous connaissons pertinemment les sources de financement, c’est à peine si les peuples occidentaux ou les libéraux russes se prononcent. Au mieux, quelques organisations du type SOS Chrétiens d’Orient dont j’admire le courage essayent d’attirer l’attention du grand public après s’être rendues sur place. Autrement, RIEN. 13 novembre 2015. Paris vit en un soir « le quotidien des Syriens ». Quelques médias commencent à se réveiller en se disant que peut-être, finalement, le Président syrien démocratiquement élu est un moindre mal. Et si le Bataclan se reproduisait ? Après s’être adressé, voix tremblante, aux Français, François Hollande revient à son engagement auprès d’Erdogan qui est de contribuer à la création d’une espèce de Kurdistan au nord de la Syrie. La famille d’Erdogan achète et revend le pétrole syrien volé par Daesh.Cherchez l’erreur.+

Le 22 mars, Bruxelles vit lui aussi le quotidien des pays en voie de démocratisation. Peu avant cet-te tragédie, l’UE entendait réviser sa position vis-à-vis du conflit syrien. Assad n’était plus tenu de se retirer sans conditions. La Belgique est même allée jusqu’à accueillir des leaders du PKK. Le 5 mars, un attentat est perpétré en plein centre d’Ankara. S’ensuit le discours en fait menaçant d’Erdogan qui déclare, lors du sommet UE/Turquie, que la bombe qui a explosé à Ankara pourrait exploser dans n’importe quel pays de l’UE. La façon dont la mise en garde est formulée est absolument fabuleuse : l’Europe accueillerait et subventionnerait des organisations terroristes qui ne manqueront pas de se retourner contre elle. S’agirait-il du PKK allié au PYG contre Daesh ? Il n’en demeure pas moins que la « prophétie » d’Erdogan se vérifie très vite. Bruxelles pleure toujours ses morts, le gouvernement d’Erdogan vit les heures les plus noires de son existence mais il n’est pas question de virer la Turquie de l’Alliance, quant à Assad, réélu ou pas réélu, finalement, il doit partir.Ah, j’oubliais ! La Turquie est allée jusqu’à abattre, en février 2016, des réfugiés (enfants y compris) à la frontière syrienne. C’est peut-être fort regrettable mais, que faire, un membre de l’Alliance n’a rien à se refuser. Le maximum de ce qu’il risquerait, c’est d’aller récolter une formidable raclée chez l’oncle Sam. Ce qui vient de se faire avec ordre de reprendre contact avec le Kremlin, cela, le hasard a porté ses fruits, après la visite du chef de la CIA, John Brennan, à Moscou.Entre-temps, Vitaly Tchourkine, ambassadeur russe auprès de l’ONU, présente au Conseil de sécurité des documents fiables faisant état des sommes coquettes déboursées durant l’année 2015 par Ankara à ses partenaires de Daesh, quelque chose comme 1.909.800 de dollars si bien sûr ma calculette ne délire pas.+

L’UE paye les pots cassés. Un attentat d’envergure imminent vient d’être déjoué à Argenteuil, mais … Assad est méchant. Il doit partir. Les Molenbeek en acte et en puissance menacent réellement la France et l’ensemble de l’UE mais … Assad est méchant. Il doit partir. Sauf que ! La France se met le doigt dans l’oeil croyant peut-être (ou du moins feignant) contrôler quoi que ce soit non pas seulement en Syrie mais sur l’ensemble du Moyen-Orient. On sent bien ce mélange infernal d’égarement et de mauvaise foi à la lumière d’une interview recueillie le 28 mars par BFM TV auprès du député et ancien ministre Thierry Mariani : « Vous avez donc fait votre choix entre le régime insupportable d’Assad et les djihadistes? », demande le journaliste, imbu de cette suffisance malsaine caractéristique des donneurs de leçon atlantistes. OUI, répond, sans ciller, le député. Il en va des intérêts nationaux, dit-il, mais ilen va aussi, compléterais-je de mon côté sachant qu’il revient de Syrie, d’un choix moral. L’on ne peut et l’on ne doit en faire abstraction.+

Face au sommeil de la raison et à l’ébat des monstres, le choix de Mariani a donc à sa façon une dimension morale. Comme celui, à sa façon à elle, périlleux, de Mère Agnès-Mariam de la Croix, supérieure du monastère Saint-Jacques le Mutilé sis Qâra. Comme celui de Daniel Maes, père Prémontré de l’abbaye flamande Postel-Mol parti servir le Christ à Qâra, al-Qalamoun, et qui a écrit une lettre ouverte au ministre des Affaires étrangères belge. Je pourrais poursuivre cette énumération jusqu’à l’infini. Cependant, s’il y a nom sur lequel je voudrais m’arrêter, une âme vers laquelle vont souvent mes pensées de ces derniers jours, c’est bien celui du jeune officier russe,Alexandre Prochorenko, tombé lors de la reprise de Palmyre. Piégé par Daesh et se sachant perdu, il a appelé des frappes aériennes sur sa position. Très franchement, plus j’en apprends sur des gens de cet acabit, plus les élites atlantistes et les pseudo-libéraux criards de Russie me donnent la nausée. Plus j’en apprends, plus je conçois que la Syrie, au bout de cinq années de cauchemar abyssal, est devenue le terrain, direct et/ou médiatique, d’une Lutte ultime dont le dénouement annoncera le début de la fin d’un Monde. Duquel ? Le longuissime dossier syrien n’étant qu’une case départ, je pense que l’alternance des défaite/victoires du Bien et du Mal durera pendant quelques années encore s’étendant progressivement, comme le feu gagne un immeuble. Les délais se préciseront après la reprise (ou la perte, Dieu en préserve Damas) de Raqqa, l’attitude ultérieure d’Erdogan après sa reprise en main, le degré d’impatience du salafisme à soumettre l’Occident, enfin, les présidentielles US qui approchent. J’espère alors, de tout coeur, qu’il se trouvera en UE plus d’Alexandre Prochorenko que de journalistes de BFM TV. Car je désire vivement la survie et le triomphe de l’Europe comme je désire le triomphe de cet élément transcendant que nous appelons Moraleet sans lequel le droit international, garant de la stabilité dans le monde, n’aurait aucun fondement.+

Françoise Compoint

Alexandre Prokhorenko

Alexandre Prokhorenko

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Arménie Azerbaïdjan, ça chauffe au Caucase

3 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #AMERIQUE, #La France, #La Turquie, #Daesch, #Terrorisme

Ca chauffe au Caucase

3 Avril 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Caucase, #Histoire, #Russie

Ca chauffe au Caucase

La situation dégénère sérieusement au Caucase entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Erevan reconnaît 18 soldats tués et Bakou 12, sans compter les hélicoptères et chars détruits des deux côtés, lors des violents affrontements qui ont soudain éclaté dans le Haut-Karabagh.

Cette région est une pomme de discorde entre les deux pays depuis l'éclatement de l'URSS et même un peu avant (1988). Enclave arménienne en Azerbaïdjan, réclamant son rattachement à l'Arménie, elle se proclama indépendante en 1991, marquant le début d'une guerre qui fit environ 25 000 morts et mit sur les routes un million d'Azéris qui se réfugièrent en Azerbaïdjan. Depuis 1994, le Nagorno-Karabadh est de facto contrôlé par l'Arménie mais aucun traité de paix n'a été signé et Bakou revendique ses droits sur la région.

Ca chauffe au Caucase

Des escarmouches ont régulièrement lieu sur la ligne de cessez-le-feu mais la flambée de violence de ce week-end interroge : il s'agit des plus importants combats depuis 1994 et aucun des deux pays ne veut reculer. Tandis qu'Erevan met en alerte son aviation, Bakou se dit prêt à une solution militaire. Diantre. Comme si la zone ne connaissait pas suffisamment de conflits... Guerre civile turco-kurde juste à l'ouest, guerres syrienne et irakienne à quelques encablures au sud, conflits gelés en Géorgie voisine (Ossétie du sud et Abkhazie), crise ukrainienne à l'horizon septentrional.

Alors qu'Arméniens et Azéris se renvoient la faute, Poutine a compris le danger et appelle à un cessez-le-feu immédiat tandis que Lavrov use de son entregent pour ramener les deux parties à la raison. Car la Russie est un peu en porte-à-faux sur la question : alliée de l'Arménie où elle a des bases, elle ne veut pas s'aliéner l'Azerbaïdjan, lui-même en froid avec l'Occident ces derniers temps. Les Russes ont une intéressante carte à jouer, mais la condition sine qua non est le gel du conflit du Nagorno-Karabagh, évitant à Moscou de prendre ouvertement parti.

A qui profite donc le crime, en l'occurrence le net regain de tension ? Pas à l'Occident en tout cas, qui appelle comme le Kremlin à une cessation immédiate des hostilités. L'Azerbaïdjan est le point de départ du BTC qui amène le pétrole caspien en Méditerranée en squizant la Russie, grande victoire énergétique des Américains au début des années 2000. Quant à l'Arménie, même si elle est dans l'orbite russe, Washington ne voudrait pas tout à fait la perdre, sachant également que le petit pays caucasien chrétien bénéficie d'un capital sympathie évident dans les opinions publiques occidentales.

Qui alors ? Et si c'était Erdogan... Ankara a immédiatement assuré Bakou de son soutien moral. Rien de plus logique : l'Arménie est l'ennemi historique tandis que l'Azerbaïdjan, malgré qu'il soit chiite, est un pays cousin, de population et de culture turciques. Chose intéressante, le sultan fait ici passer le fait national avant le fait religieux, lui qui a pourtant, selon le roi de Jordanie, des rêves de "sunniser" le Moyen-Orient (nous reviendrons dans un prochain billet sur les déclarations explosives du roi Abdallah).

Le vice-président de la Douma a en tout cas embrayé, dénonçant une "troisième force" à l’œuvre derrière la récente flambée de tension. S'il n'a pas nommé la Turquie, l'accusation est claire comme un verre de vodka (ou d'arak en l'occurrence) : "La force qui continue d'attiser les flammes au Moyen-Orient, en Asie centrale et au Caucase n'est pas satisfaite de nos réussites et de celle de nos alliés dans la lutte anti-terroriste en Syrie et joue à exacerber du conflit du Nagorno-Karabagh". Info, intox ? Difficile à dire en ces temps incertains nimbés de mystère...

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Les derniers mots de l’officier russe mort en héros à Palmyre (Syrie) - Alexandre Prokhorenko

3 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #La Turquie, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme

Bonjour.

Nous devons rendre hommage à ceux qui combattent efficacement cette armée du diable qui a ensanglanté la France en 2015, la Belgique en 2016, le Pakistan (Lahore) le jour de Pâques, etc…

Le 24 mars 2016 l‘armée régulière de l’état syrien appuyée par l’aviation russe a nettoyé Palmyre.

Je vous transmets la vidéo relatant la communication d’un officier russe avec son commandement.

Il a donné sa vie pour notre liberté pour que nous puissions nous aussi éliminer Daesch dans nos pays.

Le 24 mars 2016, encerclé par les djihadistes à Palmyre, en Syrie, Alexandre Prokhorenko, 25 ans, officier des forces spéciales russes, a ordonné un tir sur sa position afin d’emporter ses assaillants avec lui. Voici la retranscription des derniers mots, traduits du russe par le Comité Valmy, échangés par radio avec son commandant .

Lucien Pons

Le 24 mars 2016, encerclé par les djihadistes à Palmyre, en Syrie, Alexandre Prokhorenko, 25 ans, officier des forces spéciales russes, a ordonné un tir sur sa position afin d’emporter ses assaillants avec lui. Voici la retranscription des derniers mots, traduits du russe par le Comité Valmy, échangés par radio avec son commandant :

Officier : Commandant je suis piégé, je répète je suis piégé.
Commandant : S’il vous plaît, répétez et confirmez.
Officier : Ils m’ont vu, il y a des tirs partout, je suis coincé. Je demande l’évacuation immédiate.
Commandant : Demande d’évacuation reconnue.
Officier : S’il vous plaît dépêchez-vous, il me reste peu de munitions, ils semblent partout, je ne peux pas tenir très longtemps, s’il vous plaît dépêchez-vous.
Commandant : Confirmé, retenez-les, continuez à riposter, allez dans une position sûre, l’appui aérien suit, donnez vos coordonnées.
Officier : (il donne les coordonnées, qui sont floues dans la traduction)
Commandant : (le Commandant répète les coordonnées) Confirmez.
Officier : Confirmé, s’il vous plaît dépêchez-vous, j’ai peu de munitions, ils m’encerclent, les salauds.
Commandant : Douze minutes jusqu’à l’évacuation, retournez à une position sûre. Je répète : retournez à une position sûre.
Officier : Ils sont proches, je suis encerclé, c’est peut-être la fin, dites à ma famille que je les aime tendrement.
Commandant : Retournez à la ligne verte, continuez le feu, l’aide est en route, suivie d’un appui aérien.
Officier : Négatif, je suis encerclé, il y a tant de ces salauds.
Commandant : Dix minutes, retournez à la ligne verte.
Officier : Je ne peux pas. Ils m’ont encerclé et se rapprochent. S’il vous plaît dépêchez-vous.
Commandant : Allez à la ligne verte, je répète allez à la ligne verte.
Officier : Ils sont là dehors, menez l’attaque aérienne maintenant s’il vous plaît. Dépêchez-vous, c’est la fin, dites à ma famille que je les aime et meurs en me battant pour ma patrie.
Commandant : Négatif, retournez à la ligne verte.
Officier : Je ne peux pas. Commandant, je suis encerclé. Ils sont là dehors. Je ne veux pas qu’ils me prennent et me paradent. Menez l’attaque aérienne. Ils vont faire une mascarade de moi et de cet uniforme. Je veux mourir avec dignité et que tous ces salauds meurent avec moi. S’il vous plait ma dernière volonté, menez l’attaque aérienne. De toute façon, ils vont me tuer.
Commandant : S’il vous plaît confirmez votre demande.
Officier : Ils sont là dehors, c’est la fin commandant, je vous remercie. Dites à ma famille et à mon pays que je les aime. Dites-leur que j’ai été courageux et que je me suis battu jusqu’à ce que je n’en puisse plus. S’il vous plaît prenez soin de ma famille, vengez ma mort, au revoir commandant, dites à ma famille que je les aime.
Commandant : (pas de réponse, ordonne la frappe aérienne)

Il n’avait que 25 ans. Marié depuis 18 mois, il allait bientôt être papa. Alexandre va prochainement recevoir la distinction de Héros de la Russie à titre posthume, la récompense la plus élevée du pays.
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Le Syria-express à pleine vapeur

2 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La France, #La Turquie, #Daesch, #Terrorisme, #L'OTAN.

Le Syria-express à pleine vapeur

1 Avril 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

Le Syria-express à pleine vapeur

Face aux Cassandre ou aux propagandistes stipendiés par Seoud qui prédisaient le lâchage d'Assad par Moscou (j'en ris encore), nous avions averti que le retrait partiel russe de Syrie n'était qu'un trompe-l’œil qui n'allait guère changer l'équation stratégique sur le terrain. Le départ de quelques Sukhois ainsi que des milliers de troupes protégeant désormais inutilement les bases de Tartous et Khmeimim ne présageait en rien un adoucissement de la campagne contre les terroristes modérés et surtout immodérés, les premiers étant maintenant neutralisés par la trêve.

Or, non seulement les Russes restent fermement dans leurs bases syriennes et continuent à pilonner Daech, mais ils semblent même en réalité renforcer leur présence ! Le Syria-express tourne à plein régime, ce qui est une bien mauvaise nouvelle pour Ankara et Riyad...

Un intéressant article de Haaretz (résumé en français ici) montre que les navires russes font le voyage à plein vers la Syrie et reviennent à vide vers Novorossiysk. La ligne de flottaison bateaux est scrutée à la loupe et l'on imagine la rage impuissante du sultan à voir passer dans le Bosphore le Caesar Kounikov, le Saratov et le Yauza, les cales bourrées d'équipement. Sur le chemin retour, l'Alexandre Otrakovski, le Minsk et le Dvinitsa-50, eux, n'avaient aucun chargement lourd, contrairement à l'aller...

Comme le note un observateur : "Puisque la majeure partie des forces russes est de facto restée, il n'y a aucune raison de réduire le trafic". OK, c'est noté, une baffe en passant aux djihadistes et à leurs parrains de l'autoproclamé camp du Bien qui se réjouissaient de la "fuite" des Russes. Quant au trafic, non seulement il n'est pas réduit mais il semble même augmenter.

Malgré le goût d'Assad pour la cuisine russe, on imagine que Poutine ne lui envoie pas du bortsch... Le mystère plane sur le type d'armes ainsi que les destinataires : l'armée syrienne bien sûr, sans doute le contingent russe lui-même et peut-être le Hezbollah.

Indice : un système de missiles balistiques Iskander-M à capacité nucléaire a été vu sur la base de Khmeimim. Apparemment, il a été déployé le 25 mars, soit dix jours après l'annonce du retrait partiel. Pour mémoire, ce missile tactique à trajectoire changeante et volant à 5 000 km/h est à peu près invulnérable. Les colonnes turques qui voudraient faire du tourisme en Syrie sont prévenues... Notons en passant que ces terribles Iskander sont déjà présents en Arménie depuis 2013 - sans que l'on sache d'ailleurs très bien s'ils ont été livrés aux forces arméniennes ou à la base russe de Gyumri -, participant du lent mais implacable encerclement de la Turquie par Moscou.

Mais revenons à la Syrie. Avec les S-400 et les Iskander, la voilà quasiment sanctuarisée. Pour le reste, si des Sukhois sont partis (combien ?), les hélicoptères semblent plus nombreux que jamais (arrivage par bateau ?) et ont participé allègrement aux combats de Palmyre. Notons que durant l'opération pour reprendre la cité de Zénobie, l'aviation russe a effectué 500 sorties et frappé 2 000 objectifs (!), chiffres qui laissent pour le moins rêveur et circonspect sur la réalité du retrait. Poutine a eu l'élégance (et l'intelligence politique) de féliciter Assad mais ce sont bien les Russes qui ont gagné la bataille de Palmyre. Et ils ne s'arrêtent pas en si bon chemin...

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