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Le blog de Lucien PONS

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Syrie : une Lutte qui annonce la fin des Temps. Par Françoise Compoint.

3 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La République, #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #Terrorisme, #Daesch, #l'immigration

Syrie : une Lutte qui annonce la fin des Temps. Par Françoise Compoint.

Syrie : une Lutte qui annonce la fin des Temps.

Le 03 avril 2016

Je n’ai jamais beaucoup apprécié le manichéisme. Réducteur jusqu’à exclure tout ce qui est entre le Noir et le Blanc, il m’a longtemps semblé que le monde était infiniment plus complexe que cela. La lecture en classe de Terminale du Prince de Machiavel m’en avait définitivement convaincu. La politique ne puit être fondée que sur le realpolitik, nos prises de position individuelles ne sont dignes d’intérêt que si elles prennent en compte le Gris et ses 50 nuances. Qu’importe, au fond, que certains principes moraux édifiants en pâtissent, de toute façon, notre vie n’est qu’un combat harassant que se livrent le Bien et le Mal et en plus, dans une optique dialectique, ces deux entités produisent de petits démons souvent bien sympathiques. Les années ont vite passé. L’expérience personnelle mariée à mes activités de journaliste m’ont démontrée que le manichéisme avait non seulement droit d’existence mais que, dans un cadre bien défini, il avait le devoir de régner en politique à côté du realpolitik qui lui fonctionne avec des nuances morales marquées. Le drame ukrainien et, simultanément, le drame syrien, ont conforté ce point de vue. J’ai alors commencé à mieux comprendre ce que sous entendait l’Apocalypse selon Saint Jean par la fin des Temps, ce que sous-entendaient les révélations faites à Léon XIII où Satan parle de détruire l’Eglise du Christ 75-100 ans plus tard (c’était vers la fin du XIXème siècle) et les révélations faites à Pie XII dans le même esprit. Le Bien et le Mal interagissent en se livrant un combat acharné. Aucun combat ne dure indéfiniment. Tôt ou tard, l’un des partis va l’emporter. Il n’y a donc pas de place pour les nuances auxquelles nous, hommes doués de raison, sommes habitués, et qui nous arrangent tant.+

Il y a peu, un journaliste russe dont je ne retrouve plus le nom avait remarqué que la position souverainiste russe différait en cela de celle de l’opposition libérale genre Echo de Moscouque même quand elle commettait des erreurs tactiques, elle croyait bien faire. Ce trait de probité est aux antipodes d’une hypocrisie qui devrait être indigeste mais que nous nous contentons de critiquer mollement considérant que le drame des Autres (Syriens, Irakiens, Ukrainiens, etc.) n’est pas spécialement le nôtre. Nous restons tièdes. Cette déclaration avait été faite lors d’une émission-débat entre souverainistes et libéraux. Curieusement, ces derniers ne trouvèrent rien à répondre. Pourquoi donnerais-je raison aux premiers et non pas aux seconds ? Serait-ce par sympathie pour Poutine ? Non. C’est simplement que je m’appuie sur les faits. Tout comme l’analyse politique, les choix moraux s’appuient sur des faits. Ils sont empiriques.+

Lorsque des enfants syriens se font massacrer par les ordures de l’EI dont nous connaissons pertinemment les sources de financement, c’est à peine si les peuples occidentaux ou les libéraux russes se prononcent. Au mieux, quelques organisations du type SOS Chrétiens d’Orient dont j’admire le courage essayent d’attirer l’attention du grand public après s’être rendues sur place. Autrement, RIEN. 13 novembre 2015. Paris vit en un soir « le quotidien des Syriens ». Quelques médias commencent à se réveiller en se disant que peut-être, finalement, le Président syrien démocratiquement élu est un moindre mal. Et si le Bataclan se reproduisait ? Après s’être adressé, voix tremblante, aux Français, François Hollande revient à son engagement auprès d’Erdogan qui est de contribuer à la création d’une espèce de Kurdistan au nord de la Syrie. La famille d’Erdogan achète et revend le pétrole syrien volé par Daesh.Cherchez l’erreur.+

Le 22 mars, Bruxelles vit lui aussi le quotidien des pays en voie de démocratisation. Peu avant cet-te tragédie, l’UE entendait réviser sa position vis-à-vis du conflit syrien. Assad n’était plus tenu de se retirer sans conditions. La Belgique est même allée jusqu’à accueillir des leaders du PKK. Le 5 mars, un attentat est perpétré en plein centre d’Ankara. S’ensuit le discours en fait menaçant d’Erdogan qui déclare, lors du sommet UE/Turquie, que la bombe qui a explosé à Ankara pourrait exploser dans n’importe quel pays de l’UE. La façon dont la mise en garde est formulée est absolument fabuleuse : l’Europe accueillerait et subventionnerait des organisations terroristes qui ne manqueront pas de se retourner contre elle. S’agirait-il du PKK allié au PYG contre Daesh ? Il n’en demeure pas moins que la « prophétie » d’Erdogan se vérifie très vite. Bruxelles pleure toujours ses morts, le gouvernement d’Erdogan vit les heures les plus noires de son existence mais il n’est pas question de virer la Turquie de l’Alliance, quant à Assad, réélu ou pas réélu, finalement, il doit partir.Ah, j’oubliais ! La Turquie est allée jusqu’à abattre, en février 2016, des réfugiés (enfants y compris) à la frontière syrienne. C’est peut-être fort regrettable mais, que faire, un membre de l’Alliance n’a rien à se refuser. Le maximum de ce qu’il risquerait, c’est d’aller récolter une formidable raclée chez l’oncle Sam. Ce qui vient de se faire avec ordre de reprendre contact avec le Kremlin, cela, le hasard a porté ses fruits, après la visite du chef de la CIA, John Brennan, à Moscou.Entre-temps, Vitaly Tchourkine, ambassadeur russe auprès de l’ONU, présente au Conseil de sécurité des documents fiables faisant état des sommes coquettes déboursées durant l’année 2015 par Ankara à ses partenaires de Daesh, quelque chose comme 1.909.800 de dollars si bien sûr ma calculette ne délire pas.+

L’UE paye les pots cassés. Un attentat d’envergure imminent vient d’être déjoué à Argenteuil, mais … Assad est méchant. Il doit partir. Les Molenbeek en acte et en puissance menacent réellement la France et l’ensemble de l’UE mais … Assad est méchant. Il doit partir. Sauf que ! La France se met le doigt dans l’oeil croyant peut-être (ou du moins feignant) contrôler quoi que ce soit non pas seulement en Syrie mais sur l’ensemble du Moyen-Orient. On sent bien ce mélange infernal d’égarement et de mauvaise foi à la lumière d’une interview recueillie le 28 mars par BFM TV auprès du député et ancien ministre Thierry Mariani : « Vous avez donc fait votre choix entre le régime insupportable d’Assad et les djihadistes? », demande le journaliste, imbu de cette suffisance malsaine caractéristique des donneurs de leçon atlantistes. OUI, répond, sans ciller, le député. Il en va des intérêts nationaux, dit-il, mais ilen va aussi, compléterais-je de mon côté sachant qu’il revient de Syrie, d’un choix moral. L’on ne peut et l’on ne doit en faire abstraction.+

Face au sommeil de la raison et à l’ébat des monstres, le choix de Mariani a donc à sa façon une dimension morale. Comme celui, à sa façon à elle, périlleux, de Mère Agnès-Mariam de la Croix, supérieure du monastère Saint-Jacques le Mutilé sis Qâra. Comme celui de Daniel Maes, père Prémontré de l’abbaye flamande Postel-Mol parti servir le Christ à Qâra, al-Qalamoun, et qui a écrit une lettre ouverte au ministre des Affaires étrangères belge. Je pourrais poursuivre cette énumération jusqu’à l’infini. Cependant, s’il y a nom sur lequel je voudrais m’arrêter, une âme vers laquelle vont souvent mes pensées de ces derniers jours, c’est bien celui du jeune officier russe,Alexandre Prochorenko, tombé lors de la reprise de Palmyre. Piégé par Daesh et se sachant perdu, il a appelé des frappes aériennes sur sa position. Très franchement, plus j’en apprends sur des gens de cet acabit, plus les élites atlantistes et les pseudo-libéraux criards de Russie me donnent la nausée. Plus j’en apprends, plus je conçois que la Syrie, au bout de cinq années de cauchemar abyssal, est devenue le terrain, direct et/ou médiatique, d’une Lutte ultime dont le dénouement annoncera le début de la fin d’un Monde. Duquel ? Le longuissime dossier syrien n’étant qu’une case départ, je pense que l’alternance des défaite/victoires du Bien et du Mal durera pendant quelques années encore s’étendant progressivement, comme le feu gagne un immeuble. Les délais se préciseront après la reprise (ou la perte, Dieu en préserve Damas) de Raqqa, l’attitude ultérieure d’Erdogan après sa reprise en main, le degré d’impatience du salafisme à soumettre l’Occident, enfin, les présidentielles US qui approchent. J’espère alors, de tout coeur, qu’il se trouvera en UE plus d’Alexandre Prochorenko que de journalistes de BFM TV. Car je désire vivement la survie et le triomphe de l’Europe comme je désire le triomphe de cet élément transcendant que nous appelons Moraleet sans lequel le droit international, garant de la stabilité dans le monde, n’aurait aucun fondement.+

Françoise Compoint

Alexandre Prokhorenko

Alexandre Prokhorenko

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Arménie Azerbaïdjan, ça chauffe au Caucase

3 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #AMERIQUE, #La France, #La Turquie, #Daesch, #Terrorisme

Ca chauffe au Caucase

3 Avril 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Caucase, #Histoire, #Russie

Ca chauffe au Caucase

La situation dégénère sérieusement au Caucase entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan. Erevan reconnaît 18 soldats tués et Bakou 12, sans compter les hélicoptères et chars détruits des deux côtés, lors des violents affrontements qui ont soudain éclaté dans le Haut-Karabagh.

Cette région est une pomme de discorde entre les deux pays depuis l'éclatement de l'URSS et même un peu avant (1988). Enclave arménienne en Azerbaïdjan, réclamant son rattachement à l'Arménie, elle se proclama indépendante en 1991, marquant le début d'une guerre qui fit environ 25 000 morts et mit sur les routes un million d'Azéris qui se réfugièrent en Azerbaïdjan. Depuis 1994, le Nagorno-Karabadh est de facto contrôlé par l'Arménie mais aucun traité de paix n'a été signé et Bakou revendique ses droits sur la région.

Ca chauffe au Caucase

Des escarmouches ont régulièrement lieu sur la ligne de cessez-le-feu mais la flambée de violence de ce week-end interroge : il s'agit des plus importants combats depuis 1994 et aucun des deux pays ne veut reculer. Tandis qu'Erevan met en alerte son aviation, Bakou se dit prêt à une solution militaire. Diantre. Comme si la zone ne connaissait pas suffisamment de conflits... Guerre civile turco-kurde juste à l'ouest, guerres syrienne et irakienne à quelques encablures au sud, conflits gelés en Géorgie voisine (Ossétie du sud et Abkhazie), crise ukrainienne à l'horizon septentrional.

Alors qu'Arméniens et Azéris se renvoient la faute, Poutine a compris le danger et appelle à un cessez-le-feu immédiat tandis que Lavrov use de son entregent pour ramener les deux parties à la raison. Car la Russie est un peu en porte-à-faux sur la question : alliée de l'Arménie où elle a des bases, elle ne veut pas s'aliéner l'Azerbaïdjan, lui-même en froid avec l'Occident ces derniers temps. Les Russes ont une intéressante carte à jouer, mais la condition sine qua non est le gel du conflit du Nagorno-Karabagh, évitant à Moscou de prendre ouvertement parti.

A qui profite donc le crime, en l'occurrence le net regain de tension ? Pas à l'Occident en tout cas, qui appelle comme le Kremlin à une cessation immédiate des hostilités. L'Azerbaïdjan est le point de départ du BTC qui amène le pétrole caspien en Méditerranée en squizant la Russie, grande victoire énergétique des Américains au début des années 2000. Quant à l'Arménie, même si elle est dans l'orbite russe, Washington ne voudrait pas tout à fait la perdre, sachant également que le petit pays caucasien chrétien bénéficie d'un capital sympathie évident dans les opinions publiques occidentales.

Qui alors ? Et si c'était Erdogan... Ankara a immédiatement assuré Bakou de son soutien moral. Rien de plus logique : l'Arménie est l'ennemi historique tandis que l'Azerbaïdjan, malgré qu'il soit chiite, est un pays cousin, de population et de culture turciques. Chose intéressante, le sultan fait ici passer le fait national avant le fait religieux, lui qui a pourtant, selon le roi de Jordanie, des rêves de "sunniser" le Moyen-Orient (nous reviendrons dans un prochain billet sur les déclarations explosives du roi Abdallah).

Le vice-président de la Douma a en tout cas embrayé, dénonçant une "troisième force" à l’œuvre derrière la récente flambée de tension. S'il n'a pas nommé la Turquie, l'accusation est claire comme un verre de vodka (ou d'arak en l'occurrence) : "La force qui continue d'attiser les flammes au Moyen-Orient, en Asie centrale et au Caucase n'est pas satisfaite de nos réussites et de celle de nos alliés dans la lutte anti-terroriste en Syrie et joue à exacerber du conflit du Nagorno-Karabagh". Info, intox ? Difficile à dire en ces temps incertains nimbés de mystère...

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Les derniers mots de l’officier russe mort en héros à Palmyre (Syrie) - Alexandre Prokhorenko

3 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #La Turquie, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme

Bonjour.

Nous devons rendre hommage à ceux qui combattent efficacement cette armée du diable qui a ensanglanté la France en 2015, la Belgique en 2016, le Pakistan (Lahore) le jour de Pâques, etc…

Le 24 mars 2016 l‘armée régulière de l’état syrien appuyée par l’aviation russe a nettoyé Palmyre.

Je vous transmets la vidéo relatant la communication d’un officier russe avec son commandement.

Il a donné sa vie pour notre liberté pour que nous puissions nous aussi éliminer Daesch dans nos pays.

Le 24 mars 2016, encerclé par les djihadistes à Palmyre, en Syrie, Alexandre Prokhorenko, 25 ans, officier des forces spéciales russes, a ordonné un tir sur sa position afin d’emporter ses assaillants avec lui. Voici la retranscription des derniers mots, traduits du russe par le Comité Valmy, échangés par radio avec son commandant .

Lucien Pons

Le 24 mars 2016, encerclé par les djihadistes à Palmyre, en Syrie, Alexandre Prokhorenko, 25 ans, officier des forces spéciales russes, a ordonné un tir sur sa position afin d’emporter ses assaillants avec lui. Voici la retranscription des derniers mots, traduits du russe par le Comité Valmy, échangés par radio avec son commandant :

Officier : Commandant je suis piégé, je répète je suis piégé.
Commandant : S’il vous plaît, répétez et confirmez.
Officier : Ils m’ont vu, il y a des tirs partout, je suis coincé. Je demande l’évacuation immédiate.
Commandant : Demande d’évacuation reconnue.
Officier : S’il vous plaît dépêchez-vous, il me reste peu de munitions, ils semblent partout, je ne peux pas tenir très longtemps, s’il vous plaît dépêchez-vous.
Commandant : Confirmé, retenez-les, continuez à riposter, allez dans une position sûre, l’appui aérien suit, donnez vos coordonnées.
Officier : (il donne les coordonnées, qui sont floues dans la traduction)
Commandant : (le Commandant répète les coordonnées) Confirmez.
Officier : Confirmé, s’il vous plaît dépêchez-vous, j’ai peu de munitions, ils m’encerclent, les salauds.
Commandant : Douze minutes jusqu’à l’évacuation, retournez à une position sûre. Je répète : retournez à une position sûre.
Officier : Ils sont proches, je suis encerclé, c’est peut-être la fin, dites à ma famille que je les aime tendrement.
Commandant : Retournez à la ligne verte, continuez le feu, l’aide est en route, suivie d’un appui aérien.
Officier : Négatif, je suis encerclé, il y a tant de ces salauds.
Commandant : Dix minutes, retournez à la ligne verte.
Officier : Je ne peux pas. Ils m’ont encerclé et se rapprochent. S’il vous plaît dépêchez-vous.
Commandant : Allez à la ligne verte, je répète allez à la ligne verte.
Officier : Ils sont là dehors, menez l’attaque aérienne maintenant s’il vous plaît. Dépêchez-vous, c’est la fin, dites à ma famille que je les aime et meurs en me battant pour ma patrie.
Commandant : Négatif, retournez à la ligne verte.
Officier : Je ne peux pas. Commandant, je suis encerclé. Ils sont là dehors. Je ne veux pas qu’ils me prennent et me paradent. Menez l’attaque aérienne. Ils vont faire une mascarade de moi et de cet uniforme. Je veux mourir avec dignité et que tous ces salauds meurent avec moi. S’il vous plait ma dernière volonté, menez l’attaque aérienne. De toute façon, ils vont me tuer.
Commandant : S’il vous plaît confirmez votre demande.
Officier : Ils sont là dehors, c’est la fin commandant, je vous remercie. Dites à ma famille et à mon pays que je les aime. Dites-leur que j’ai été courageux et que je me suis battu jusqu’à ce que je n’en puisse plus. S’il vous plaît prenez soin de ma famille, vengez ma mort, au revoir commandant, dites à ma famille que je les aime.
Commandant : (pas de réponse, ordonne la frappe aérienne)

Il n’avait que 25 ans. Marié depuis 18 mois, il allait bientôt être papa. Alexandre va prochainement recevoir la distinction de Héros de la Russie à titre posthume, la récompense la plus élevée du pays.
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Le Syria-express à pleine vapeur

2 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La France, #La Turquie, #Daesch, #Terrorisme, #L'OTAN.

Le Syria-express à pleine vapeur

1 Avril 2016 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

Le Syria-express à pleine vapeur

Face aux Cassandre ou aux propagandistes stipendiés par Seoud qui prédisaient le lâchage d'Assad par Moscou (j'en ris encore), nous avions averti que le retrait partiel russe de Syrie n'était qu'un trompe-l’œil qui n'allait guère changer l'équation stratégique sur le terrain. Le départ de quelques Sukhois ainsi que des milliers de troupes protégeant désormais inutilement les bases de Tartous et Khmeimim ne présageait en rien un adoucissement de la campagne contre les terroristes modérés et surtout immodérés, les premiers étant maintenant neutralisés par la trêve.

Or, non seulement les Russes restent fermement dans leurs bases syriennes et continuent à pilonner Daech, mais ils semblent même en réalité renforcer leur présence ! Le Syria-express tourne à plein régime, ce qui est une bien mauvaise nouvelle pour Ankara et Riyad...

Un intéressant article de Haaretz (résumé en français ici) montre que les navires russes font le voyage à plein vers la Syrie et reviennent à vide vers Novorossiysk. La ligne de flottaison bateaux est scrutée à la loupe et l'on imagine la rage impuissante du sultan à voir passer dans le Bosphore le Caesar Kounikov, le Saratov et le Yauza, les cales bourrées d'équipement. Sur le chemin retour, l'Alexandre Otrakovski, le Minsk et le Dvinitsa-50, eux, n'avaient aucun chargement lourd, contrairement à l'aller...

Comme le note un observateur : "Puisque la majeure partie des forces russes est de facto restée, il n'y a aucune raison de réduire le trafic". OK, c'est noté, une baffe en passant aux djihadistes et à leurs parrains de l'autoproclamé camp du Bien qui se réjouissaient de la "fuite" des Russes. Quant au trafic, non seulement il n'est pas réduit mais il semble même augmenter.

Malgré le goût d'Assad pour la cuisine russe, on imagine que Poutine ne lui envoie pas du bortsch... Le mystère plane sur le type d'armes ainsi que les destinataires : l'armée syrienne bien sûr, sans doute le contingent russe lui-même et peut-être le Hezbollah.

Indice : un système de missiles balistiques Iskander-M à capacité nucléaire a été vu sur la base de Khmeimim. Apparemment, il a été déployé le 25 mars, soit dix jours après l'annonce du retrait partiel. Pour mémoire, ce missile tactique à trajectoire changeante et volant à 5 000 km/h est à peu près invulnérable. Les colonnes turques qui voudraient faire du tourisme en Syrie sont prévenues... Notons en passant que ces terribles Iskander sont déjà présents en Arménie depuis 2013 - sans que l'on sache d'ailleurs très bien s'ils ont été livrés aux forces arméniennes ou à la base russe de Gyumri -, participant du lent mais implacable encerclement de la Turquie par Moscou.

Mais revenons à la Syrie. Avec les S-400 et les Iskander, la voilà quasiment sanctuarisée. Pour le reste, si des Sukhois sont partis (combien ?), les hélicoptères semblent plus nombreux que jamais (arrivage par bateau ?) et ont participé allègrement aux combats de Palmyre. Notons que durant l'opération pour reprendre la cité de Zénobie, l'aviation russe a effectué 500 sorties et frappé 2 000 objectifs (!), chiffres qui laissent pour le moins rêveur et circonspect sur la réalité du retrait. Poutine a eu l'élégance (et l'intelligence politique) de féliciter Assad mais ce sont bien les Russes qui ont gagné la bataille de Palmyre. Et ils ne s'arrêtent pas en si bon chemin...

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Mission aérienne russe en Syrie terminée : raisons et implications

2 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Europe supranationale, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #La Turquie, #Daesch

Source : Oriental Review, le 16/03/2016

Mercredi 16 mars 2016

Par Oriental Review

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Le 14 mars la Russie a annoncé que ses troupes allaient prochainement se retirer de Syrie – l’opération militaire lancée le 30 septembre de l’année dernière à la demande du président Bachar el-Assad va bientôt se terminer. La Russie a fait tout son possible pour ramener la situation à la normale dans un pays qui fut submergé par le chaos durant les cinq dernières années.

Tout s’est mis en place pour rendre cette étape faisable : le nouveau traité de paix entre les troupes du gouvernement d’Assad et les forces d’opposition, qui a été négocié par la Russie et les États-Unis le 27 février ; les avancées victorieuses des troupes syriennes (y compris celles de l’opposition et des Kurdes) ; la récupération par le gouvernement de certaines régions détenues par les terroristes de Daesh et Jabhat al-Nosra. La Russie a donc réalisé les objectifs militaires qu’elle s’était fixés.

Depuis le 30 septembre 2015, lorsque le président russe a ordonné aux forces aéronautiques russes de mener des frappes contre Daesh et d’autres groupes terroristes, des provinces entières ont été libérées des miliciens ; les personnes qui jusque récemment prévoyaient de partir pour l’Europe ont maintenant décidé de rester chez elles ; et il y a maintenant un espoir de paix. Cet espoir n’a pas seulement été inspiré par le succès des pilotes russes qui ont effectué des douzaines de sorties chaque jour mais aussi par le succès des diplomates qui finalement – et seulement après l’intervention de la Russie – ont attiré l’attention sur le problème de la menace du terrorisme mondial, problème sur lequel le président russe avait alerté l’Occident depuis 2007 lors de la Conférence de Munich sur la sécurité. Comme nous le savons, à cette époque, ses paroles furent tout simplement ignorées.

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Cependant, il n’était plus possible d’ignorer les opérations militaires des troupes russes : malgré les efforts de façade de la coalition occidentale menée par les États-Unis pour combattre Daesh (ils ont mené cette opération depuis août 2014) et l’intervention active de l’Arabie Saoudite, ces deux forces combinées n’ont pu stopper l’avancée des terroristes – au contraire, les miliciens ont réussi à s’emparer de plus en plus du territoire syrien. La vraie bataille contre le terrorisme sur le sol syrien a seulement débuté le 30 septembre dernier, après que le président Bachar el-Assad a demandé à la Russie son aide pour soutenir les opérations au sol des forces gouvernementales. Depuis lors, l’Occident a reconnu, bien qu’avec réticence, la contribution décisive de la Russie pour ramener la situation à la normale dans le pays.

“Etant donné ces circonstances, nous n’avons naturellement pas l’intention de nous enliser complètement dans ce conflit. Nous agirons strictement en accord avec la mission fixée. Premièrement, nous soutiendrons l’armée syrienne uniquement dans son combat légitime contre les groupes terroristes. Deuxièmement, notre soutien sera limité à des frappes aériennes et n’impliquera pas d’opérations au sol. Troisièmement, notre soutien aura une durée limitée et ne continuera tout autant que l’armée syrienne mènera des offensives antiterroristes.” – Vladimir Poutine, le 30 septembre 2015.

Lorsqu’on revient sur les déclarations faites par les autorités russes et les chefs militaires concernant le calendrier de leurs opérations militaires en Syrie, leurs principaux objectifs étaient de porter un coup sans équivoque dans le cœur du terrorisme international et de préparer le terrain à un dialogue entre les différentes parties syriennes qui s’opposent – l’armée gouvernementale et l’opposition “modérée”. Maintenant que les terroristes perdent le contrôle des villes syriennes presque chaque jour et que les rebelles se rendent massivement au gouvernement légitime, les objectifs militaires sont assurément remplis. Créant ainsi les conditions politiques nécessaires pour qu’un dialogue se mette en place. De plus, chaque jour de plus en plus de villes – actuellement plus de 100 – rendent les armes et respectent le cessez-le-feu. Plus récemment, les civils ont pu retourner en sécurité chez eux sans risquer leur vie à Bir Abou Ali, Wadi za Zaydi, Nahtah, Atbah, Darayya et Tell Maraq.

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Carte de la situation en Syrie le 14 mars 2016 – Source: http://syria.liveuamap.com/

Au total, durant les 5 mois et demi qu’ont duré les frappes aériennes, les forces aéronautiques russes ont réalisé plus de 9 000 vols, 26 000 infrastructures terroristes ont été frappées. Parmi elles : 2584 unités de commandement et de communication, 401 camps d’entraînement, 181 lieux de fabrication de munitions, 2043 dépôts de carburant et de munitions, 9318 fortifications de toutes sortes, 287 infrastructures pétrolières, 2912 camions citernes. 400 villes et plus de 10 000 kilomètres carrés de territoire libérés par l’Armée Arabe Syrienne. La province de Lattaquié complètement libérée, les communications avec Alep restaurées. Palmyre est assiégée, le contrôle des champs de pétrole et de gaz a été rétabli. La majorité du territoire des provinces de Hama et Homs a été libérée, l’encerclement  de la base aérienne de Kuweires supprimé. Nombre total des victimes au sein du personnel russe durant les opérations : 5.

Après tant d’années, le processus de réconciliation nationale en Syrie a finalement commencé, comme mis en évidence par le travail de toutes les parties prenantes pour se diriger vers un projet collaboratif de nouvelle constitution pour le pays. De plus, les parties belligérantes se réunissent de plus en plus dans les provinces syriennes pour discuter des problèmes immédiats et pour déterminer une stratégie de développement pour la république. Il aurait été possible d’accomplir cela il y a longtemps déjà et avec moins de victimes civiles, si le combat contre le terrorisme, sous le prétexte duquel l’Occident a envahi l’État souverain, avait bien été le but recherché.

La Russie se retire après avoir accompli son devoir pas seulement envers le peuple syrien mais aussi envers la communauté internationale. Il est maintenant temps pour l’Occident et ses alliés de trouver une solution à l’amiable afin de continuer le travail et résoudre la situation. Les Américains et les Saoudiens – qui ont un grand intérêt à garder la mainmise sur le Moyen-Orient – ont déjà réalisé ce que jouer avec les terroristes causera à leur réputation. Par le retrait de ses troupes, la Russie permet aux Américains et à leurs partenaires de sauver la face – tout comme ils l’ont fait en 2013 lorsque Obama s’apprêtait à bombarder Damas. Et les indices semblent montrer que cette fois l’administration présidentielle ne prendra pas ce risque.

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Quelles seront les conséquences de la décision du président russe ?

1) Il n’y a pas de raison de penser que la situation militaire de l’armée de la République arabe syrienne va s’affaiblir. Les équipements fournis par la Russie, les deux bases militaires (une navale et une aérienne) et le reste des forces aéronautiques laissées sur place pour surveiller le cessez-le-feu, plus les conseillers militaires russes, resteront en Syrie. Les infrastructures de Daesh ont largement été détruites et le cessez-le-feu sécurisé.

2) Les négociations entre la Russie et les États-Unis sont imminentes, et à en juger par la réaction de la Maison-Blanche, le retrait de la majeure partie des forces russes s’est avéré un choc total.

3) La machine de propagande qui a activement alerté l’Europe sur comment “la Russie conduit les réfugiés dans l’Union européenne” est subitement tombée en panne – tout comme l’entière stratégie de “couverture” du conflit syrien par les médias mondiaux, dont les reporters ont fait preuve d’une partialité politique sans vergogne ces derniers mois.

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Principaux résultats de l’opération aérienne russe en Syrie, septembre 2015 – mars 2016. Source: RIA

Source : Oriental Review, le 16/03/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Bachar al-Assad évoque sa vision du processus de paix en Syrie (interview exclusive)

1 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #La Turquie, #La finance dérégulée

Dans une interview exclusive accordée à Sputnik, le président syrien Bachar al-Assad évoque sa vision du processus de paix en Syrie, la coopération russo-syrienne et son appréciation du rôle de la Russie dans la lutte contre le terrorisme.

LIRE L'INTERVIEW COMPLÈTE: http://sptnkne.ws/aW3r

Abonnez-vous à notre chaîne sur YouTube: https://www.youtube.com/channel/UCqwac9xog45LRWMvufXs3hA

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La Russie "menace", les Etats-Unis réagissent...

1 Avril 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #La Turquie, #Daesch

01/04/2016

La Russie "menace", les Etats-Unis réagissent...
La Russie "menace", les Etats-Unis réagissent...

Aïe, voici que la Russie menacerait...

Il est vrai qu'à la suite des attentats qui ont frappé en France, en Belgique mais aussi dans tant d'autres pays du monde, un déploiement de brigade américaine s'impose.

A en croire L'Express, et BFMTV, les Etats-Unis auraient donc pris les mesures ad hoc:

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/face-a-la-menace-r...

http://www.bfmtv.com/international/europe-une-brigade-ame...

Ouf!

Nous voici enfin protégés des agressions russes.

Pour Palmyre, on oublie, les Russes n'y sont pour rien. 

Ni l'un des leurs qui y a sacrifié sa vie et permis la libération de ce joyau de la culture.

Honneur à lui qui a rejoint pour l'éternité Khaled al Assaad, mort décapité.

C'était en août 2015:

http://voix.blog.tdg.ch/archive/2015/08/19/khaled-al-assa...

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Turquie : Moscou et Washington veulent se débarrasser du président islamiste Erdogan

31 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Russie, #La Turquie, #Europe supranationale, #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Grèce, #Terrorisme, #Daesch

Turquie : Moscou et Washington veulent se débarrasser du président islamiste Erdogan

Turquie : Moscou et Washington veulent se débarrasser du président islamiste Erdogan

BREIZATAO – ETREBROADEL (30/03/2016) La tension monte de plus en plus fortement entre les USA et la Russie d’une part et la Turquie sous direction islamiste de l’autre. De nombreux signaux indiquent que Washington et Moscou, après s’être entendus sur la Syrie, veulent se débarrasser du président turc, Recep Tayyip Erdogan, dont les projets expansionnistes sont désormais considérés comme un obstacle.

L’émancipation kurde se précise

Parmi ces signaux, le soutien russo-américain aux Kurdes de Syrie. Un appui violemment dénoncé par le président turc qui considère qu’il s’agit d’un appui indirect aux kurdes du PKK de Turquie, celui-ci étant lié aux “Unités de Protection du Peuple”, une organisation sœur agissant au Kurdistan syrien.

Les Kurdes de Syrie, situés au nord tout le long de la frontière turque, sont armés et conseillés par les Russes et les Américains (source). Ces derniers les considèrent, depuis la défaite de l’État Islamique à Kobané, comme des alliés incontournables face aux djihadistes.

A contrario, le gouvernement islamiste turc soutient, au moins logistiquement, l’État Islamique dans sa lutte contre les Kurdes et contre Bashar al Assad.

En Irak, le Kurdistan autonome est considéré comme une force indispensable pour vaincre l’État Islamique. Lui aussi reçoit l’aide des Américains, des Européens et des Russes (source).

Sur le plan diplomatique, les Russes ont reconnu officiellement les Kurdes de Syrie comme un entité indépendante de Damas (voir ici).

Plus encore, depuis quelques temps, le Kurdistan syrien a entrepris d’établir son autonomie formelle, sur le modèle du Kurdistan irakien (source).

En parallèle, le président Masoud Barzani du Kurdistan irakien a annoncé un référendum d’autodétermination avant octobre (source).

Dans les deux cas, il est difficile de croire à un hasard de calendrier. Impossible pour les Kurdes de Syrie et d’Irak de prendre de telles initiatives sans avoir reçu des encouragements de la part de la Russie et d’Israël et, d’une façon ou d’une autre, un consentement au moins passif des États-Unis.

L’échec de la stratégie turque

Recep Tayyip Erdogan et son parti, l’AKP, forment la seule organisation des Frères Musulmans actuellement à la tête d’un état musulman. En 2011 lors des “Printemps arabes”, la Secrétaire d’État Hillary Clinton – liée à cette confrérie islamiste – avait soutenu les efforts d’Erdogan en Syrie, en Égypte, en Tunisie et en Libye afin d’y installer des partis liés à cette organisation.

Cinq ans plus tard, le président américain, Barack Obama, est parvenu à un accord avec l’Iran et la Russie sur une aire de répartition des influences respectives. Les USA ont abandonné l’idée de prendre le contrôle de la Syrie tandis que la Libye a implosé. L’armée égyptienne a repris le pouvoir et entamé la destruction des Frères Musulmans comme force politique.

Pire encore pour Ankara, l’intervention de la Russie en Syrie a stabilisé le pays, infligeant une défaite majeure à la Turquie pour qui le renversement de Bachar al Assad était un but stratégique. La destruction du SU-24 russe par des miliciens turcs, en novembre dernier, a déclenché une réorientation des priorités de Moscou qui entend désormais utiliser Arméniens et Kurdes contre la Turquie.

En somme, les projets de restauration de l’Empire Ottoman nourris par Erdogan se sont transformés en guerre défensive sur le sol turc. Avec la question kurde, la Turquie joue ni plus ni moins que sa survie en tant que puissance régionale.

Les intérêts américains et turcs divergent désormais totalement : d’un côté la Turquie islamiste lutte pour préserver son intégrité territoriale, de l’autre les USA perçoivent cette dernière comme un obstacle majeure à la conclusion d’un accord de paix avec la Russie et l’Iran.

Rumeurs de coup d’état

Le gouvernement américain semble envisager une solution radicale au problème posé par Erdogan, ce dernier ne semblant visiblement pas disposé à “rentrer dans le rang”.

La presse états-unienne diffuse depuis quelques jours des articles “opportuns” sur la possibilité d’un coup d’état contre le président islamiste.

Ainsi, dans le magazine Newsweek paraît un texte de Michael Rubin (voir ici) pour l’American Enterprise Institute, un puissant groupe de réflexion proche du Parti Républicain (voir ici).

Rubin écrit :

Erdogan cherchait depuis longtemps à casser les reins de l’armée turque. Pendant la première décennie de son règne, les USA et l’Union Européenne le soutenait. Mais c’était avant que jusqu’aux soutiens étrangers les plus déterminés d’Erdogan ne reconnaissent la profondeur de sa descente dans la folie et l’autocratie. Donc si l’armée turque bouge pour sortir Erdogan et mettre son entourage derrière les barreaux, pourrait-elle s’en sortir sans dommage ?

Dans le domaine de l’analyse bien plus que dans celui de l’opinion, la réponse est oui. A ce stade de la campagne électorale [américaine, NDLR], il est douteux que l’administration Obama ferait plus que dénigrer n’importe quels meneurs de coup d’état, surtout s’ils entreprennent une restauration sans ambiguité de la démocratie.

Et propose un processus à l’armée turque pour détruire l’AKP islamiste susceptible de recevoir l’appui des opinions publiques européenne et américaine :

Les chefs du coup d’état pourraient faire taire les critiques des avocats européens et américains des droits de l’homme en libérant immédiatement tous les journalistes et universitaires, puis en redonnant les journaux et télévisions saisies à leurs légitimes propriétaires. L’appartenance de la Turquie à l’Otan n’est pas de nature à empêcher une telle action : pas plus la Turquie que la Grèce n’ont perdu leur adhésion lors des coups précédents. Si une nouvelle direction s’engageait sincèrement en faveur des Kurdes de Turquie, les Kurdes pourraient rejoindre ce processus.

L’opinion publique européenne ni l’opinion publique américaine n’auraient de sympathie pour l’exécution d’Erdogan, son fils et son neveu, ou ses conseillers clefs comme Egemen Bağış et Cüneyd Zapsu, mais accepteraient un procès pour corruption et une longue détention… Une fois sorti de son palais, il pourrait se retrouver très seul… comme Saddam Hussein à son propre procès.

Cet article – qui constitue une menace en bonne et due forme – a été suivi de l’annonce du retrait intégral des familles de militaires américains du territoire Turc. De la même façon, Israël a demandé à ses ressortissants de quitter immédiatement le pays (source).

Les explications officielles sont liées aux “menaces” d’attaques terroristes menées par l’Etat Islamique. D’autres y voient, au minimum, un accroissement des tensions avec le gouvernement turc. Quoiqu’il en soit, la presse officielle russe était très enthousiaste à la lecture de l’article qu’elle a immédiatement relayé (voir ici).

Confrontation entre Obama et le gouvernement turc

Furieux de l’évolution de la diplomatie américaine, le gouvernement turc lance désormais des campagnes incendiaires contre le président américain.

Dernier rebondissement, l’arrestation par le gouvernement US d’un homme d’affaires turco-iranien lié au financement occulte de l’AKP, le parti islamiste turc au pouvoir.

Zamman France (source) :

Le site du ministère de la Justice américain a indiqué que le Turco-iranien Reza Zarrab et les Iraniens Camelia Jamshidy et Hossein Najafzadeh avaient été mis en examen pour violation de l’embargo américain sur l’Iran sur la période allant de 2010 à 2015. Le premier, arrêté samedi 19 mars à son arrivée à Miami, a été présenté au tribunal fédéral de la ville et écroué. Les deux autres sont pour l’heure en liberté.

Reza Zarrab est particulièrement connu des Turcs. L’homme d’affaires de 33 ans avait en effet été arrêté et détenu durant deux mois après le lancement, en décembre 2013, des opérations de corruption touchant quatre ministres du gouvernement de Tayyip Erdogan, aujourd’hui président de la République. Celui-ci s’était tiré d’embarras en clamant qu’une «structure parallèle », dirigée par l’imam Fethullah Gülen, voulait le renverser.

La presse gouvernementale accuse la Maison Blanche de comploter contre le président turc avec l’aide de Fethullah Gülen, un islamiste turc dissident réfugié aux USA.

Turquie : Moscou et Washington veulent se débarrasser du président islamiste Erdogan

Tout aussi opportunes, les révélations de la presse britannique ces derniers jours (voir ici). Elle rapporte les propos du roi Abdallah de Jordanie à des parlementaires américains selon lesquels Erdogan soutient l’islamisme radical au Proche-Orient et expédie des terroristes en Europe. Ces révélations ont été publiées immédiatement après les attentats de Bruxelles.

Le président turc, en visite à partir de mercredi 30 mars aux USA, a d’ores et déjà été prévenu de la fraîcheur de l’accueil qui lui sera réservé. Le président américain a refusé de le rencontrer alors que l’inauguration conjointe de la plus grande mosquée des USA était prévue (source).

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Syrie : un officier russe mort lors de la libération de Palmyre

31 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme, #La Turquie

Syrie : un officier russe mort lors de la libération de Palmyre

« Il est mort en héros »


Un officier russe a été tué lors des combats pour la reprise de Palmyre, a annoncé à la presse le représentant des forces armées de la Fédération pour la base, en Syrie, le 24 mars.

Armée de l’air russe. Crédits : ministère de la défense russe

Armée de l’air russe. Crédits : ministère de la défense russe

« Cet officier des forces spéciales était en mission de renseignement pour une semaine. Il repérait les sites importants de l’État islamique et en précisait les coordonnées en vue de frappes aériennes futures », a expliqué le représentant de l’armée russe pour la base aérienne de Khmeimim, cité par l’agence de presse RIA Novosti. Selon ce dernier, dont l’agence ne précise pas le nom, l’officier a été repéré et encerclé par des djihadistes de Daesh et, se sentant condamné, a aiguillé un bombardement sur sa propre position. « Il est mort en héros », souligne le représentant militaire.

L’interlocuteur n’a toutefois précisé ni le nom de l’officier, ni le moment exact de sa mort.

Selon le site d’informations Orenday.ru, il s’agirait d’Alexandre Prokhorenko, 25 ans, officier des forces spéciales russes originaire de la région d’Orenbourg, au sud de l’Oural.

Пальмир офицер
Alexandre Prokhorenko. Crédits : réseaux sociaux

Il s’agit du sixième soldat russe officiellement tombé en Syrie depuis le début de la campagne, lancée le 30 septembre 2015. Le premier était Vadim Kostenko, un technicien de 19 ans, retrouvé mort sur la base aérienne de Khmeimim, le 27 octobre. Fedor Jouravlev, capitaine des forces spéciales, a été tué dans un tir de roquette le 19 novembre. Le pilote Oleg Pechkov et le fantassin de marine Aleksander Pozynitch ont perdu la vie suite à l’attaque de leur bombardier Su-24 par un F-16 turc au-dessus de la frontière turco-syrienne, le 24 novembre. Enfin, le conseiller militaire Ivan Tcherimissine a perdu la vie le 3 février, dans une attaque du groupe terroriste État islamique.

Le ministère russe de la défense précise qu’entre les 20 et 23 mars, les avions russes ont effectué 41 sorties aériennes dans la région de Palmyre, lançant 146 frappes contre des sites militaires de l’EI, tuant plus de 320 terroristes et anéantissant six points de commandement, cinq tanks et deux entrepôts d’armements.

L’armée syrienne, appuyée par l’aviation russe, a finalement repris le contrôle total de Palmyre le 27 mars. La ville, riche en ruines architecturales et classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, était aux mains de l’État islamique depuis mai 2015.

Rappelons que le président russe, Vladimir Poutine, a ordonné lundi 14 mars le début du retrait de « la majeure partie » des forces russes présentes en Syrie, estimant que « les objectifs fixés au ministère de la défense ont été atteints ».

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Stratégie secrète de la terreur par Manlio Dinucci

30 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Turquie, #La Russie, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

L’art de la guerre

Stratégie secrète de la terreur
par Manlio Dinucci

Manlio Dinucci

mardi 29 mars 2016, par Comité Valmy

Stratégie secrète de la terreur

« L’ennemi obscur qui se cache dans les angles sombres de la terre » (comme l’avait défini en 2001 le président Bush) continue à broyer des victimes, les dernières à Bruxelles. C’est le terrorisme, un « ennemi différent de celui affronté jusqu’à présent », qu’on révéla en mondovision le 11 septembre avec l’image apocalyptique des Tours qui s’écroulaient. Pour l’éliminer, ce que Bush identifia comme « la colossale lutte du Bien contre le Mal » est encore en cours. Mais chaque fois qu’on coupe une tête de l’Hydre de la terreur, d’autres se forment.

 

Que devons-nous faire ? Avant tout ne pas croire ce qu’on nous a raconté pendant presque quinze années. A commencer par la version officielle du 11 septembre, écroulée sous le poids des preuves technico-scientifiques, que Washington, n’arrivant pas à réfuter, liquide comme du « complotisme ».

 

Les plus grandes attaques terroristes en Occident ont trois signes particuliers. Premièrement, la ponctualité. L’attaque du 11 septembre arrive au moment où les USA ont déjà décidé (comme le rapportait le New York Times le 31 août 2001) de déplacer en Asie le centre focal de leur stratégie pour contrecarrer le rapprochement entre Russie et Chine : moins d’un mois après, le 7 octobre 2001, sous prétexte de faire la chasse à Oussama Ben Laden commanditaire du 11 septembre, les USA commencent la guerre en Afghanis-tan, première d’une nouvelle escalade guerrière. L’attaque terroriste à Bruxelles survient quand les USA et l’Otan se préparent à occuper la Libye, sous le prétexte d’éliminer l’Isis (Daesh) qui menace l’Europe.

 

Deuxièmement, l’effet terreur : le massacre, dont les images défilent de façon récurrente devant nos yeux, crée une vaste opinion publique favorable à l’intervention armée pour éliminer la menace. Des massacres terroristes bien pires, comme à Damas il y a deux mois, passent par contre quasiment inaperçus.

 

Troisièmement, la signature : paradoxalement « l’ennemi obscur » signe toujours les at-taques terroristes. En 2001, quand New York est encore enveloppée par la fumée des Tours écroulées, sont diffusées photos et biographies des 19 auteurs des détournements membres d’al Qaeda, plusieurs se trouvant déjà connus du FBI et de la Cia. Pareil à Bruxelles en 2016 : avant d’identifier toutes les victimes, on identifie les auteurs de l’attentat déjà connus par les services secrets.

 

Est-il possible que les services secrets, à commencer par la tentaculaire « communauté de renseignement » étasunienne formée de 17 organisations fédérales avec des agents dans le monde entier, soient tellement inefficients ? Ou est-ce au contraire les rouages de la stratégie de la terreur qui sont très efficients ? La main d’oeuvre ne manque pas : c’est celle des mouvements terroristes de marque islamiste, armés et entraînés par la Cia et financés par l’Arabie Saoudite, pour démolir l’Etat libyen et fragmenter celui de la Syrie avec le soutien de la Turquie et de 5 mille foreign fighters européens qui ont afflué en Syrie avec la complicité de leurs gouvernements.

 

Dans ce grand bassin on peut recruter aussi bien le commando suicide, persuadé de s’immoler pour une cause sainte, que le professionnel de la guerre ou le petit délinquant qui va être « suicidé » au cours de l’action, en faisant retrouver sa carte d’identité (comme dans l’attaque de Charlie Hebdo) ou en faisant exploser la charge avant qu’il ne se soit éloigné. On peut aussi faciliter la formation de cellules terroristes, qui alimentent de façon autonome la stratégie de la terreur en créant un climat d’état de siège, comme aujourd’hui dans les pays européens de l’Otan, qui justifie de nouvelles guerres sous commandement USA.

Ou bien on peut recourir au faux, comme les « preuves » sur les armes de destruction massive irakiennes montrées par Colin Powell au Conseil de sécurité de l’Onu le 5 février 2003. Preuves qui se sont avérées fausses ensuite, fabriquées par la Cia pour justifier la « guerre préventive » contre l’Irak.

 

Manlio Dinucci

Edition de mardi 29 mars 2016 de il manifesto
http://ilmanifesto.info/strategia-segreta-del-terrore/
Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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