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Le blog de Lucien PONS

le fascisme

3 ans après la Grèce, Berlin écrase les Italiens. Par Lenny Benbara

3 Juin 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #l'Allemagne, #L'Italie, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #Le fascisme

3 ans après la Grèce, Berlin écrase les Italiens
3 ans après la Grèce, Berlin écrase les Italiens
 
 Croire que l’Union européenne et l’Allemagne s’offusqueraient de la position de la coalition M5S-Lega sur l’immigration. Le week end dernier nous a permis de comprendre que cette question était somme toute périphérique à côté de l’austérité budgétaire et des principes de la zone euro. Il y a 13 ans, les Français disaient non à cette Europe des grandes puissances financières et de l’ordolibéralisme allemand. Les Italiens se font désormais domestiquer par leurs maîtres outre-Rhin et leur commis Mattarella pour avoir été un peu trop critiques à l’égard de l’austérité et du fonctionnement de la zone euro.
 
Doit-on comparer la situation italienne avec le déroulement de la crise grecque ? Angela Merkel juge que oui. Celle-ci a en effet déclaré que la situation italienne allait bien entendu être problématique, mais que « comme à l’époque de la crise grecque et de Tsipras, il y a eu des problèmes, mais nous avons fini par nous accorder ». « Nous accorder » est donc le synonyme de faire capituler un leader démocratiquement élu, et de lui faire appliquer une austérité contraire au programme sur la base duquel il avait été propulsé au pouvoir. Voilà le sens de la démocratie selon Berlin. Si ce n’est pas assez clair, Angela Merkel a aussi déclaré : « Nous voulons collaborer avec tout le monde, mais il y a aussi des principes à l’intérieur de la zone euro ». A chaque crise, la rengaine qui consiste à déclarer, à l’instar de Jean-Claude Juncker, « qu’il n’y a pas de choix démocratique contre les traités européens » se réactive. Comme pour nous rappeler que nous vivons en régime de souveraineté limitée, et que l’on peut certainement débattre de la taille des haies et des abribus, mais en aucun cas de politique monétaire et budgétaire.
 
Au-delà des personnalités politiques allemandes, la presse s’en est aussi donnée à cœur joie. Comme l’a rapporté Libération, l’hebdomadaire des élites allemandes Der Spiegel a publié un éditorial dans lequel on explique que la Ligue et le M5S sont « des piques-assiettes » : « Comment pourrions-nous définir autrement le comportement d’un pays qui demande de financer le farniente et qui menace ensuite ceux qui sont sommés de régler leurs dettes ? Au moins, les clochards disent merci quand on leur donne quelque chose. » En Allemagne, on soumet les peuples d’Europe du Sud et on exige un sourire en retour. On compte sur les marchés aussi, puisque le commissaire européen Günther Oettinger a déclaré qu’il espérait que la panique financière pèserait dans le résultat des prochaines élections italiennes, déclenchant ainsi un tollé en Italie.
 
La France n’est pas bien plus courageuse. Emmanuel Macron a salué la décision de Sergio Mattarella de refuser de nommer Paolo Savona ministre de l’économie, considéré comme trop eurosceptique. Il y a vu un « grand sens de la responsabilité » et une décision courageuse, tout en lui renouvelant son soutien. Le courage consisterait donc désormais à bafouer les résultats d’une élection démocratique.
 
C’est toute l’Europe de la finance et de la soumission à l’austérité qui s’est activée ces derniers jours contre la coalition du Mouvement Cinq Étoiles et de la Lega, parce que ces forces voulaient proposer comme ministre de l’économie un économiste pourtant loin d’être subversif. Paolo Savona est en effet l’ex-président de la Confindustria, le MEDEF italien. Il est cependant l’un des auteurs d’un document publié en 2015 dans lequel il détaillait les dégâts de l’euro sur l’économie italienne, et les modalités pour en sortir. Il préconisait alors un plan secret de sortie de l’euro, dont la préparation serait dévolue à des experts en dehors de l’administration. De quoi suspecter la coalition gialloverde d’intentions cachées à l’égard de la zone euro, bien que Luigi Di Maio et Matteo Salvini aient déclaré à plusieurs reprises ne pas vouloir en sortir.
 
C’est en tout cas le constat effectué par le président de la République Sergio Mattarella qui, en contradiction flagrante avec ses prérogatives constitutionnelles, a mis un véto pour des raisons politiques contre un ministre. En effet, le président de la République a la possibilité de mettre ce type de véto pour des raisons personnelles et pénales, comme il l’avait fait pour l’avocat de Silvio Berlusconi ou pour Roberto Maroni, mais pas pour des raisons politiques. Il a justifié sa décision en expliquant que le fait de nommer Paolo Savona conduirait à une panique financière, alourdirait l’endettement des entreprises et menacerait l’épargne des Italiens. A la place des forces démocratiquement élues, il a décidé de nommer un ancien économiste du FMI, Sergio Cottarelli, surnommé « Monsieur ciseaux » pour les coupes austéritaires qu’il préconise régulièrement. Celui-ci n’obtiendra même pas la confiance au Parlement et fait resurgir dans l’esprit des Italiens le spectre du gouvernement technique dirigé par Mario Monti.
 
Quel est le résultat de cette décision ? Une crise de régime sans précédent depuis 1992 et une panique financière ! Les taux Italiens se sont envolés. Le taux auquel l’Italie emprunte à 10 ans a vu son niveau grimper à 3%.  Le spread (l’écart de taux avec l’Allemagne) a atteint 300 points de base. Par ailleurs, la société italienne est en train de se polariser entre les forces politiques qui sont vues comme étant « soumises à Bruxelles et à Berlin » et celles qui défendent la souveraineté des Italiens. La Lega et le M5S ont mobilisé une rhétorique très offensive à l’égard de Sergio Mattarella et des forces qui l’ont soutenu, et les désignent comme des commis de l’étranger.
 
Le M5S et la Lega ne sont pas les seules forces à critiquer la décision de Sergio Mattarella. Potere al Popolo et Stefano Fassina, classés à gauche, ont durement dénoncé la décision du président de la République. Ces deux forces rejettent tout soutien à la coalition gialloverde qu’elles s’apprêtaient à combattre, mais l’urgence est désormais de résister au retour de l’austérité en Italie.
 
Les premiers sondages qui font suite à la décision de M.Mattarella d’appliquer son véto et de conduire à un retour aux élections sont univoques. La Lega est désormais donnée à 27,5% bien loin des 18% qu’elle a rassemblés le 4 mars dernier. Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, s’effondre à 8%. Le Parti Démocrate se maintient tandis que M5S recule légèrement à 29,5% selon un sondage réalisé par SWG. Les autres enquêtes convergent dans le même sens et cette dynamique ne pourrait être qu’un début, notamment pour Matteo Salvini, qui apparaît comme l’homme fort qui ne cède pas au cours de la crise. C’est dire à quel point la décision du président de la République permet de faire « barrage aux populismes »… Elle a l’effet inverse puisqu’elle renforce le poids de l’extrême-droite dans la société. Que va-t-il donc se passer lors des nouvelles élections qui devraient avoir lieu à l’automne prochain ? Les choses ne sont pas claires, mais il n’y a aucune raison que la Lega et le M5S ne reconduisent pas leur coalition étant donnée la polarisation à laquelle nous assistons actuellement en Italie. Les prochaines élections sont en train de se transformer en référendum contre l’establishment à la solde de Bruxelles et de Berlin.
 
Luigi Di Maio appelle de son côté à sortir les drapeaux italiens et à manifester à Rome samedi 2 juin contre le coup de force du président de la République. Matteo Salvini, quant à lui, manœuvre habilement et est en train de marginaliser son ex-partenaire de coalition Silvio Berlusconi, lequel a soutenu la décision de Sergio Mattarella. L’incertitude règne sur le maintien des coalitions passées, tant le champ politique italien est en train d’être bouleversé par la crise de régime.
 
Mais que va-t-il se passer si ces forces l’emportent de nouveau et sortent renforcées du prochain scrutin ? Va-t-on encore une fois apposer un véto contre un ministre trop critique à l’égard de la zone euro ?
 
L’ordre germano-européen est en train de s’effondrer en Italie, et les rêves de réforme de l’Union européenne d’Emmanuel Macron avec. Il ne pouvait en être autrement, même s’il est encore temps de limiter les dégats que pourrait occasionner une crise des banques italiennes auxquelles les banques françaises et allemandes sont largement exposées. L’Italie n’a pas connu de croissance depuis son entrée dans la zone euro et voit des millions de jeunes partir à l’étranger. Dans le même temps, le pays gère seul une crise migratoire qui le dépasse. Berlin a cru pouvoir bénéficier éternellement d’un système qui étouffe les pays d’Europe du Sud jusqu’à séquestrer la souveraineté populaire, tout en favorisant les excédents de l’industrie allemande. Nous vivons le crépuscule d’une époque, et on ne peut qu’espérer que son agonie ne soit pas trop longue.
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Lobbying caché: Soros contrôle-t-il les institutions européennes? Par Elliot Lelievre

2 Juin 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #Le fascisme

Lobbying caché: Soros contrôle-t-il les institutions européennes? Par Elliot Lelievre
Lobbying caché: Soros contrôle-t-il les institutions européennes?
Elliot Lelievre
 

Accusé de corruption, l’ancien président de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, Pedro Agramunt, a levé le voile sur un système de lobbying dirigé par George Soros au cœur de cette institution. ONG au rôle flou, droits de l’Homme, crise politique en Catalogne et accusations de corruption: Sputnik dévoile un scandale européen.

Des accusations de corruption visent le Président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), l'espagnol Pedro Agramunt; en Catalogne, la crise institutionnelle est instrumentalisée par deux Russes et des ONG de défense des droits de l'Homme se lancent dans une campagne de lobbying visant les institutions européennes. On pourrait croire qu'il n'y a pas de lien, et pourtant…

 

Accusé de corruption et destitué de son poste, Pedro Agramunt, l'ancien président de l'APCE, a enquêté pour blanchir son nom et a mis à jour le réseau d'influence de George Soros dans cette institution européenne.

 

Resté sénateur, Pedro Agramunt affirme avoir souhaité «obliger les lobbys actifs à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe à se déclarer». Il dénonce aujourd'hui le contrôle qu'aurait le milliardaire d'origine hongroise sur l'institution européenne et accuse ce dernier d'avoir orchestré une campagne visant à le décrédibiliser… et à préserver par là son emprise sur le Conseil de l'Europe.

Au-delà de la question de la culpabilité ou de l'innocence du sénateur espagnol, Sputnik s'est donc intéressé au montage de George Soros pour mener des campagnes de lobbying au Conseil de l'Europe par le biais d'associations et d'ONG qu'il finance et comment ce réseau est impliqué dans les accusations visant Pedro Agramunt. En ce qui concerne les activités de lobbying, rien d'illégal en apparence, comme le confirmait un membre de Transparency France de manière anonyme sans vouloir se prononcer sur le deuxième point.

Parmi les éléments sur lesquels s'est basée la Commission d'enquête indépendante du Conseil de l'Europe pour statuer du cas de Pedro Agramunt, on retrouve un rapport de l'ONG European Stability Initiative (ESI), dans lequel son directeur, Gérald Knaus, formule de nombreuses accusations à l'encontre de l'ancien président de l'APCE.

Seulement, dans cette affaire, la European Stability Initiative, qui s'est présentée comme une simple ONG, est bien plus que cela. Comme le relèvent les avocats de monsieur Agramunt, l'ESI est non seulement une organisation à but non lucratif, mais aussi une «organisation lobbyiste enregistrée dans le fichier des lobbyistes de la Commission européenne et du Parlement européen». En clair, un lobby déclaré dans certaines institutions, mais enregistré comme simple ONG au Conseil de l'Europe porte des accusations de corruption… contre un élu qui souhaite obliger les lobbys à se déclarer. Une transparence qui pourrait être un frein à leurs activités.

Vous avez dit bizarre? Et pourtant, cela ne s'arrête pas là. Monsieur Knaus, directeur de l'ESI, est en effet connu pour être proche d'un certain Nichola Whyte, son pair à la tête d'Independent Diplomacy. Cette organisation, à laquelle l'exécutif régional de Barcelone a fait appel pour «internationaliser le mouvement indépendantiste» catalan, a des intérêts politiques complètement opposés à ceux de Pedro Agramunt, membre du Parti Populaire et défenseur de la Constitution espagnole dans la crise catalane.

 

En se penchant sur les comptes de ces deux organisations, on s'aperçoit que la European Stability Initiative et Independent Diplomacy sont financées par la même source: la Foundation To Promote an Open Society (FPOS), derrière laquelle on trouve le milliardaire George Soros.

 

Résumons: Gérald Knaus, directeur de l'ESI —un lobby financé par George Soros et se présentant comme une ONG- et proche de Nicholas Whyte, un homme à la tête d'une autre organisation financée par Soros et travaillant pour les indépendantistes catalans que M. Agramunt combat, accusent le sénateur espagnol de corruption après que ce dernier ait proposé d'obliger les lobbys à se réformer.

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© Sputnik .
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Insolite? Attendez de voir, car l'affaire comporte un deuxième volet. Outre les accusations portées par Gérald Knaus, deux citoyens russes, Olga Zakharova et Yuri Dzhibladze, ont également témoigné contre Pedro Agramunt.

Madame Zakharova et monsieur Dzhibladze, fondateurs de la Civic Solidarity Platform (CSP), ont assuré que l'ancien président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe avait bénéficié de pots-de-vin pour remporter sa campagne. Une accusation que l'intéressé balaye, expliquant qu'il était le seul candidat et qu'il n'a jamais eu besoin de faire campagne.

Le sénateur espagnol explique avoir découvert, dans le cadre de sa défense, un lien entre les deux citoyens russes qui l'accusent, la campagne pour l'indépendance catalane et l'argent de monsieur Soros.

Et en effet, la CSP a eu des activités en Catalogne au moment du référendum illégal en octobre 2017. Dans ce cadre, Olga Zakharova et Yuri Dzhibladze ont été invités en tant que fondateurs de la Civic Society Platform à Barcelone par l'Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT), une ONG à laquelle contribue monsieur Soros.

Au cours de ce voyage, les deux citoyens russes ont rencontré David Bondia, fervent partisan de l'indépendance de la région et président de l'Institut des Droits de l'Homme de Catalogne, une organisation liée à une troisième ONG de George Soros: Open Society of Europe.

 

Sans se prononcer sur la culpabilité de Pedro Agramunt dans son affaire de corruption, force est de constater que la thèse qu'il avance pour sa défense est solide. Les éléments de preuve qu'il a récoltés —et dont Sputnik a pu vérifier l'authenticité- laissent à penser que le sénateur espagnol a été visé tant parce qu'il cherchait à obliger les lobbys à se déclarer au Conseil de l'Europe qu'à cause de ses opinions politiques opposées à celles défendues par George Soros à travers sa myriade d'ONG et de lobbys.

 

Est-ce pour ce type de comportement que George Soros et ses ONG ont été expulsés de Hongrie et d'Israël et que certains gouvernants, comme l'ex-Premier ministre slovaque, Robert Fico, ou l'ex-Premier ministre slovène, Miro Cerar, se sont publiquement opposés au milliardaire, juste avant de tomber?

 
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Stockez les pommes !!! La pénurie est là ! par Charles Sannat

30 Mai 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #Le fascisme

Pénurie de beurre, puis pénurie de rosé, puis maintenant pénurie de pommes avec le titre de cet article de ce reportage de France 2 sur… le manque de pommes, de jus de pomme et autres compotes de pommes !

Elle est loin la campagne de Jacques Chirac, et le slogan tellement drôle des Guignols de l’info qui proclamait « Mangez des pommes » !!

Souvenirs d’une époque que les moins de 20 ans…

Pommes : faut-il redouter une pénurie ?

« Compote de pommes, jus de pommes – bio ou pas – ces produits se font de plus en plus rares dans les rayons. Les cuves de jus d’une entreprise alsacienne sont presque vides, le directeur de l’usine est inquiet. «On pressent une pénurie totale entre mi-août et mi-septembre», explique-t-il. Même constat en Loire-Atlantique : la pomme est le produit leader, la transformation s’achève en principe en juillet. Cette année, mi-mai, elle est déjà terminée. Les réseaux de distribution s’arrachent les derniers stocks de compote et de purée de pommes. »

Baisse de la production en France, de 8 % l’an passé. Pour les stocks, ce n’est pas mieux, -21 % en France, -48 % en Europe. Du coup, les prix flambent de 40 % au niveau des industriels de la « pomme », pour les pommes fraîches, les tarifs, eux, sont en hausse de 15 % ! Si la récolte est mauvaise cette année, adieu veaux, vaches, cochons, cidre et compotes !

J’oubliais… Au niveau international, la demande est très forte, et les pommes que nous avons sont plus rentables lorsqu’elles sont vendues en Chine qu’au marché en France ou… en Navarre !

En attendant, les Chinois, eux, rachètent nos terres, cela continue, sans opposition politique.

Nous sommes dans l’ère de la pénurie alimentaire !

Charles SANNAT

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Hervé Maurey, un sénateur français à la rencontre des massacreurs d’Odessa.

9 Mai 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La République, #La nation ., #La Russie, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La mondialisation, #le nazisme, #Le fascisme

Hervé Maurey, un sénateur français à la rencontre des massacreurs d’Odessa
Hervé Maurey, un sénateur français à la rencontre des massacreurs d’Odessa.
Hervé Maurey

Hervé Maurey

Vous imaginiez nos braves sénateurs aux salaires si honteusement bas s’affairer tout au long d’une dure journée de travail pour le bien de vos concitoyens ? Et bien pas tout à fait, car les voyages forment la jeunesse… même si bien évidemment le Sénat n’est assurément pas le meilleur endroit pour trouver des éphèbes. Mais passons, cette histoire commence sur le moteur de recherche Google, une banale histoire de propagande comme les Français en dévorent chaque jour qui passe. Je m’amusais à taper « Ukraine » et trouvais la chose moins amusante en consultant le résultat. Petite enquête et invitation à un petit voyage sur la toile.

Le résultat fut de découvrir deux annonces publicitaires payantes, la toute première étant un lien pour le CRCUF et titrant : « invasion russe en Ukraine – crcuf.fr ». L’argent américain semble avoir été bien employé, désormais à coup de millions, l’Ukraine peut tout se permettre notamment par ce Comité Représentatif de la Communauté Ukrainienne en France (CRCUF).  Vous y découvrirez les « preuves » de l’invasion russe c’est-à-dire des articles de journaux ukrainiens en langue anglaise et des tweets d’organismes de l’administration gouvernementale ukrainienne. Voilà qui est assurément convaincant et impartial !

La carte de propagande ukrainienne

La carte de propagande ukrainienne

Une carte du 3 avril 2015 nous montre les forces en présence, une foultitude de petits drapeaux ukrainiens et des icônes de Katiouchas et de blindés dans la zone des rebelles… dont neuf dans le Donbass et neuf autres directement en territoire russe. Un brave Stefan nous déclare en dessous que le président Poutine continue d’étendre la guerre en Ukraine, le ton est bien donné. En passant sur l’onglet « Qui sommes-nous ? », le CRCUF se dévoile comme une association loi 1901 dont le but est de représenter les 150 000 Français d’origine ukrainienne ou les Ukrainiens eux-mêmes, puis déroule une liste des membres de l’organisation dont trois seulement sont liées à un lien internet. Notre balade se poursuit pour cliquer sur celui de l’Association de la Jeunesse ukrainienne en France avec la grande surprise de tomber directement sur la page personnelle d’un certain France Cym, nouvelle surprise du jour.

Déportation de Russes

Déportation de Russes

Il s’agit en fait d’une unique personne. Disparus les jeunesses ukrainiennes de Porochenko ou de Svoboda version française, simplement un seul et unique bonhomme qui au vu des photos semble avoir non loin de la cinquantaine. Son mur déroule logiquement une nouvelle propagande de plus en plus sombre, chaque article est précédé par un « Gloire aux Héros », « Gloire à l’Ukraine » et de temps en temps de propos racistes ou haineux. C’est ainsi que postant un article le 26 mars sur la mort d’un fils de Ianoukovitch, l’homme très élégamment légendait la prose de Paris Match par un : « A qui le tour ? » et pire, le bas fond de la haine en date du 9 mars, une affiche de propagande montrant des femmes et un joueur d’accordéon dans un wagon à bestiaux et une légende appelant à la déportation des populations russophones « séparatistes » agrémenté d’un « Adieu ! » et curieusement d’un « Mort aux fascistes » en ukrainien en oubliant certainement pour qui les combattants nationalistes de Bandera ont combattu durant la Seconde Guerre mondiale… Est-ce donc là tout le programme de l’Association de la Jeunesse ukrainienne de France et du CRCUF, la déportation dans des wagons à bestiaux ?

C’est en poursuivant ma terrible promenade sur le web que je me penchais donc sur l’unique représentant de la Jeunesse ukrainienne de France… et d’abord beaucoup de photos du Maïdan, l’homme se baladant durant l’hiver 2013 au milieu des barricades avec un drapeau français vissé sur le dos. Naïvement toutes les informations sont ouvertes au public, nous défilons donc dans les coulisses de la Révolution brune de l’Euromaïdan, impressionnantes barricades en effet, drapeaux de l’UPA, du Pravy Sektor, tridents nationalistes ukrainiens et bien sûr drapeaux européens. Une photo révélatrice nous montre l’hôtel de ville de Kiev en décembre 2013, il y a déjà des drapeaux anglais, français et ukrainiens d’activistes du Maïdan… mais une photo montre de biais la scène et nous découvrons un formidable drapeau de la Confédération sudiste américaine (1861-1865), célèbre drapeau de la cause du Sud contre le Nord aux connotations raciales évidentes aux Etats-Unis. Ce furent d’anciens soldats sudistes qui fondèrent le KKK en 1866, le Ku Klux Klan et qui brûlaient ou pendaient des « nègres » dans le bayou, les alligators se chargeant du reste… Je n’invente pas ce drapeau sudiste, je ne suis même pas allé le chercher moi-même, c’est un activiste français du Maïdan de l’Ukraine brune qui nous le montre…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La visite instructive du lien de l’Association de la Jeunesse ukrainienne nous conduit jusqu’à de nombreux amis, environ 350, dont la première, créature ukrainienne à la tête ornée de fleurs attire l’œil, elle s’appelle Sofiya Fedyna. Son profil ouvert, nouvelle surprise… la banderole est une splendide photo du sénateur John McCain. Belle pose, notre ukrainienne de Lvov savamment placée juste à côté et bien proche du vénérable politicien américain https://www.facebook.com/sofiya.fedyna?fref=pb&hc_location=friends_tab&pnref=friends.all . C’est une technique vieille comme le monde, tous les services secrets et gouvernements en ont usé et abusé, la Russie d’ailleurs ne fut pas en reste, pour placer sur le passage de personnalités, d’innocentes jeunes femmes ! Elle s’affiche plus loin sur son mur lors d’un concourt en tenue de « soirée », le corset constellé des blasons des bataillons de massacreurs dans le Donbass, tel que Donbass, Aydar, Azov, runes nazies et tridents ukrainiens. Dans une soirée de gala, la belle a reçu le 30 mars dernier sous l’égide du magazine RIA, la 5e place dans le classement des femmes ayant réussi et étant les plus influentes dans la région de Lvov… Sofiya est chanteuse et donne des concerts « pour la cause » http://sofiyafedyna.com/en jusqu’aux Etats-Unis à Toronto. C’est durant cette belle tournée américaine que le 23 mars dernier eu lieu l’agréable rencontre de l’amazone ukrainienne avec les sénateurs McCain et Kirk. D’autres documents suivent, vidéos, photos de la petite troupe dans les rues de New York, limousine et drapeau américain au programme.

Mais continuons à dériver jusqu’à la liste complète des amis de notre France Cym… du bon monde en effet, Michal Kurela, activiste ukrainien extrêmement virulent faisant des fichages de russophiles et du renseignement, dont des photographies durant les réunions favorables aux insurgés pour mettre des visages… sur des noms, sait-on jamais ? Nous y trouvons aussi Nathalie Pasternak, de l’Université de la Sorbonne qui trainait ses guêtres sur les plateaux de télévisions durant la Révolution brune pour défendre l’idée de l’Ukraine démocratique dans l’Union européenne en tentant maladroitement de cacher sous le tapis les trop nombreux néo-nazis ukrainiens. C’est de son mur il y a deux heures, que cette personnalité clef de l’Ukraine en France postait une information nous amenant sur le fameux Sénateur UDI de l’Eure : Hervé Maurey… « Sénateur Maurey, Président du Groupe Amitié France-Ukraine au Sénat. Avons hâte de lire votre compte-rendu de visite ». Ah bon… il y a donc un lobbying ukrainien au Sénat français ? Force est de constater l’accueil du brave sénateur à la Rada et à Kiev, une affiche de propagande ukrainienne sur Savchenko, la néo-nazie du bataillon Aydar trônant au milieu des photos du sénateur. Bel exemple de dérives politiciennes en parallèle de la diplomatie française. Mais qui est Hervé Maurey et que faisait-il donc à Kiev ? https://www.facebook.com/herve.maurey.9?fref=photo.

Une visite éclair… du sénateur après une balade à Hanoï, diable notre homme est voyageur mais aussi cumulard, maire de la ville de Bernay, Président la communauté de communes dudit lieu. Nous le découvrons également journaliste à ces heures comme en témoigne son article du 27 février 2014 http://www.huffingtonpost.fr/herve-maurey/maidan-un-defi-pour-leurope_b_4866237.html officine bien connue de la propagande américaine dans diverses langues. L’homme est décidément très occupé mais après quelques textes prudents sur l’Ukraine nous ne trouvons rien de notables sur les événements de l’après Euromaïdan, la boucherie du Donbass. Qu’aurait-il eut à dire sur l’amitié ukrainienne ? Le 31 août 2012, dans les fermentations du pré-Maïdan au début du bras de fer commencé à propos d’une adhésion à l’Union européenne ou à l’Union eurasiatique, Hervé Maurey donnait une interview sur un blog à propos de sa charge de Président du groupe amitié France-Ukraine au Sénat http://www.perspectives-ukrainiennes.org/article-rencontre-avec-herve-maurey-senateur-president-du-groupe-d-amitie-france-ukraine-112078292.html . Nous y trouvions une curieuse question de réécriture de l’Histoire : « Voltaire a mis en exergue l’aspiration de l’Ukraine à la souveraineté tandis que Victor Hugo et Théodore Géricault ont célébré la gloire de Mazeppa, héros de l’indépendance. Comment expliquez-vous la fascination de ces grands hommes pour la cause ukrainienne ? » Voltaire à la rescousse de l’Ukraine… l’audace des historiens ukrainiens est décidément sans limite ! Et notre fin politicien de répondre en citant la langue ukrainienne comme instrument de revendication au moment même où les nationalistes ukrainiens de tout bord réclamaient la fin de la langue russe et de la culture russe dans la société ukrainienne. Se mouiller mais pas trop quand même… prudence mère de sûreté serait sans doute l’adage de notre idéologiste du Centre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Né en 1961, Hervé Maurey est un pur produit des écoles à fabriquer de l’élite bien-pensante, diplômé sans surprise de l’Institut d’études politiques de Paris en 1985…. Sciences Po ! Encore sur le chemin mais passons. Au milieu de ses nombreuses fonctions dont nous avons d’ores et déjà compris qu’il ne peut honnêtement les assumer, la charge semble confortable. L’homme est Chevalier de la Légion d’Honneur (Bonaparte se retournerait d’effroi dans sa tombe) et également très curieusement du Mérite agricole (passionné de chevaux… de courses) était Vice-président du groupe UDI-UC, dans de nombreuses commissions, groupes et délégations entre 2008 et 2014, mais aussi membre du groupe d’études communications électroniques et Poste, membre du groupe d’études de l’élevage du cheval (très important sujet à l’étude chez nos sénateurs au vu de la situation économique de notre pays), membre du Groupe Français de l’Union interparlementaire, et président délégué du Groupe France-Madagascar et Pays de l’Océan Indien et accessoirement chef d’entreprise. De Hanoï en passant par Madagascar et l’Ukraine (mais aussi le Pérou, la Grande-Bretagne, le Canada, les Etats-Unis, l’Equateur et l’Espagne) des chevaux de courses au modélisme de bateaux en passant par le Huffington Post, la pauvre mairie de Bernay ne doit pas avoir les honneurs de son maire plus de quelques jours par an, le pauvre malheureux pensez donc se plaint même amèrement d’avoir du mal à profiter d’un « Vrai weekend en famille ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ceci somme toute ne serait encore que très banal si nous n’avions pas découvert avec effarement qu’Hervé Maurey s’affichait avec le sinistre Alexeï Goncharenko. Cet homme est un jeune politicien ukrainien d’Odessa, membre de la coalition du Président Porochenko depuis 2014. Il est très connu pour avoir participé au massacre de la maison des Syndicats à Odessa le 2 mai 2014 au cours duquel ont péris 44 personnes. Ancien membre du Parti des Régions, figure de sa ville, il avait beaucoup à faire oublier avec l’arrivée du Maïdan et se rendit sur les lieux de l’émeute sanglante avec une équipe de tournage du canal Ukraine. En plus des vidéos et des photos le montrant assister au carnage, il fit plusieurs interventions filmés où il déclara « qu’ils avaient [avec les émeutiers] défriché le terrain de Koulikovo des séparatistes, nous avons brulé le camp de doryphores [insulte raciste des Ukrainiens envers les Russes] ». Il assiste au massacre, au brasier qui forcera certains des russophones à se jeter dans le vide et qui seront achevés au sol à coups de hache et de barre de fer dans une violence inouïe. Certains osent affirmer qu’il harangua et encouragea les émeutiers, ce qui est sûr c’est qu’il pénétra à l’intérieur de la maison des Syndicats durant la nuit, fut pris en photos avec de nombreux cadavres et qu’il posta les images des victimes martyrisées sur un réseau social avant de les retirer très vite. Attaqué sur ce point Goncharenko a eu beaucoup de mal et n’a pu réussi à se justifier. Homme politique caméléon, il milita d’abord dans le Parti des Verts entre 2001 et 2005 puis rejoignit le Parti des Régions (fondé par des oligarques dont l’actuel président Porochenko et dirigé jusqu’en 2010 par le futur président Ianoukovitch). Il milita activement contre le président Iouchtchenko et les libéraux capitalistes financés par les Américains, participant notamment à une manifestation à Odessa en 2009. Il fut le candidat malheureux de nombreuses élections jusqu’en 2014 puis passa au début de l’année dans les rangs du Maïdan… Le vent avait tourné. Il sut prendre le virage à temps s’affichant en Crimée contre l’opinion des habitants de rejoindre la Russie (il fut expulsé du pays). Il a depuis été nommé président du Conseil régional d’Odessa en août 2014, récompense de ses services zélés et fut arrêté à Moscou le 1er mars 2015 alors qu’il se trouvait étrangement sur place lors de l’assassinat de Boris Nemtsov (puis libéré). Un sénateur français aurait-il le droit de s’afficher, lui le personnage public et représentant de la France avec un homme suspecté d’avoir du sang sur les mains ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Les voyages sur la toile Internet sont souvent plein de nombreux enseignements. Celui-ci m’a pris environ trente minutes de ma vie, me conduisant d’une propagande d’Etat sur Google, aux associations de jeunesses ukrainiennes constituées d’un unique personnage de 50 ans, pour dériver vers une chanteuse ukrainienne soutenant les bataillons nationalistes et se frottant sur les sénateurs américains John McCain et Kirk pour atterrir dans l’intimité de ce grand voyageur français également sénateur : Hervé Maurey en compagnie d’un politicien véreux ukrainien ayant pris part à un odieux massacre… Peu de choses peuvent me surprendre désormais mais tout de même, il y a dans ce parcours trop d’indécence et d’abject. Je plains les habitants des environs de Bernay, l’opprobre et la honte ne pourront qu’éclabousser à travers le premier de leurs concitoyens toute la communauté. Mais nos politiciens après tout dans la tour d’argent n’en ont cure… pourquoi se gêneraient-ils ?

Laurent Brayard pour Novorossia Vision

 
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Mobilisations étudiantes : les éditocrates face au péril jeune

21 Avril 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #Le fascisme

 

Mobilisations étudiantes : les éditocrates face au péril jeune
par Frédéric Lemaire,

Depuis début avril, la mobilisation contre la réforme des universités et le système Parcoursup s’est amplifiée de manière spectaculaire avec l’occupation de nombreuses facs. Contre ce mouvement d’une ampleur sans précédent ces dix dernières années, la fine fleur de l’éditocratie n’a pas manqué de se mobiliser . Pour les tauliers des médias, les étudiants seraient en réalité instrumentalisés par une « minorité agissante » issue de l’« ultragauche ». Et bien évidemment, ils se mobiliseraient pour de mauvaises raisons, voire sans raison du tout. Retour sur les plus belles démonstrations de morgue et de mépris médiatique à l’égard des mobilisations étudiantes.

Difficile d’échapper à cette interview de Georges Haddad, président de l’Université Paris 1, dont les propos ont fait les titres de nombreux articles de presse, et ont été repris dans les journaux télévisés des grandes chaînes et sur les chaînes d’info en continu. Face à un Jean-Pierre Elkabbach visiblement terrifié par l’occupation de Tolbiac, Haddad évoque, sur le ton d’un reportage de Bernard de La Villardière, « la violence, la drogue, le sexe » qui régneraient dans la fac occupée. Arrêt sur Images revient sur cet échange dans un article et dans cette vidéo :
 


Le caractère alarmiste et outrancier de l’entretien prête évidemment à sourire. Il a d’ailleurs été tourné en dérision par les occupants de Tolbiac dans une vidéo pastiche de reportage sur l’occupation de la fac. Cet entretien témoigne néanmoins de la tonalité des commentaires des tauliers des grands médias à l’égard des mobilisations étudiantes.
 

Journalisme de préfecture (bis)


Car Jean-Pierre Elkabbach n’est pas le seul à trembler d’effroi en se demandant : « Qui sont-ils, combien sont-ils, d’où viennent-ils ? » C’est également le cas de Nathalie Saint-Cricq, lors d’une interview dominicale sur France Inter avec François Ruffin. Elle interroge le député de la France insoumise sur son soutien aux étudiants :

« Est-ce que vous pouvez vraiment présenter […] ceux qui bloquent les facs comme des étudiants en détresse, n’y a-t-il pas une tentative, gauche ou extrême-gauche, de noyautage […] ? C’est pas un fantasme, hein. »

Ce n’est pas un fantasme, puisque l’éditocrate en chef de France 2 a des sources sûres :

« Il y a manifestement, d’après ce que j’ai lu dans Le Monde qui est peut-être faux, 800 à 1200 personnes qui bloquent et qui font partie de l’ultragauche et qui noyautent le truc, qui ne sont pas véritablement des étudiants ? »

Mais d’où vient ce chiffre de 800 à 1200 membres de « l’ultragauche » qui noyauteraient les mobilisations étudiantes ? Une simple recherche en ligne nous conduit à deux articles, du Figaro (14 avril) et du JDD (16 avril), qui évoquent tous deux ces chiffres issus… d’une note des renseignements territoriaux (ex renseignements généraux). Quelle source plus fiable que la police pour se renseigner sur les méfaits de « l’ultragauche » – comme l’a récemment démontré le fiasco du procès de Tarnac [1] ?

Le JDD, en pointe en matière de journalisme de préfecture, reprend à son compte la note des renseignements territoriaux pour qui « il n’y a guère de doute, l’ultragauche est à la manœuvre dans 11 de la quinzaine d’universités occupées, fer de lance de la contestation contre la réforme de l’accès à l’enseignement supérieur. »

Mais, outre Le Figaro et l’éditocrate en chef de France 2, le journal dominical a décidément de la concurrence sur son créneau. Sur LCI, Renaud Pila dédie sa chronique, qui fleure bon les éléments de langage policiers, à « la montée de l’ultragauche » et évoque notamment l’occupation de Tolbiac : « les autorités connaissent le pedigree de ces jeunes qui s’en prennent extrêmement violemment à la police : ils sont anarchistes. N’allez pas croire qu’ils veulent refaire mai 68, leur modèle à eux c’est la commune de Paris. Même s’ils ont fait de bonnes études, ils veulent mettre à bas la société capitaliste. Ils sont très peu nombreux, mais ils sont très organisés. » (16 avril)

« Peu nombreux et très organisés » ? Si l’on ajoutait « très bruyants », on aurait là un portrait sommaire mais suggestif de la poignée d’éditocrates qui reprennent à leur compte, sur tous les plateaux, les éléments de langages policiers et gouvernementaux…

 
Un noyau « ultraminoritaire » de « l’ultragauche »


L’inquiétude autour de ce « noyau » minoritaire de l’ultragauche est, en effet, largement partagée sur les plateaux télévisés. Dans l’émission de Ruth Elkrief sur BFM TV, Hervé Gattegno du JDD dénonce ainsi, sans précision, « une organisation politique, une utilisation, une instrumentalisation » des mobilisations étudiantes.

L’animatrice n’est pas en reste. Face à Olivier Besancenot, Ruth Elkrief s’interroge : « Est-ce qu’il n’y a pas ce sentiment de forte minorité, de minorité qui serait agissante mais qui ne représente pas l’essentiel ou la majorité des étudiants ? » Puis face à un représentant de la FAGE : « Qui sont les jeunes qui manifestent, qui bloquent, qui font la grève ? Est-ce que ce sont tous des étudiants, est-ce qu’il y a d’autres gens, certains ont l’air de dire qu’il n’y a pas seulement des étudiants ? » (6 avril)

Sur le plateau d’Yves Calvi sur Canal Plus, « l’expert » multicarte Dominique Reynié est remonté. Il évoque « à la louche entre 10 et 15000 étudiants qui empêchent de travailler l’université française. Il y a deux millions d’étudiants en France. Il y a quatre sites qui sont vraiment bloqués. » Le fondateur du think-tank droitier Fondapol ne cite pas les chiffres de la police, mais il reprend ceux de la ministre de l’enseignement supérieur, comme c’est le cas du Parisien et de nombreux autres titres de presse. Pour Solidaires étudiant ou encore La Croix les universités faisant l’objet d’un blocage reconductible ou illimité sont plutôt au nombre d’une quinzaine.

Et si Dominique Reynié n’évoque pas « l’ultragauche », il parle d’une « ultraminorité en voie de zadisation ». Et plus précisément d’une « minorité hyperactive, violente qui n’ont pas de respect pour le droit ni pour la démocratie, qui préalablement à un vote éliminent, font sortir ceux qui sont opposés aux choix que l’on veut obtenir dès le départ ».

De là à penser, comme Romain Goupil (C politique, 8 avril), que les étudiants mobilisés sont de futurs « Khmers rouges », il n’y a qu’un pas… Une semaine auparavant, une chroniqueuse de C Politique avait d’ailleurs identifié un des ressorts des mobilisations étudiantes suite au tabassage d’étudiants par des miliciens d’extrême-droite : « L’ultra-gauche et les mouvements nationalistes ont un besoin vital de s’opposer les uns aux autres, crier au fascisme d’un côté, au bolchévisme de l’autre, ça permet de mobiliser leur base ». Au fond, « ultragauche » et extrême-droite, même combat ?

Autre grief à l’égard des étudiants : ils n’ont pas de réelles raisons de se mobiliser. Sur le plateau de C dans l’air du 3 avril, Christophe Barbier est perplexe : « Il est quand même curieux de voir […] les étudiants bloquer les facs pour une sélection qui ne leur sera pas appliquée puisqu’ils sont déjà en fac. » Qu’on puisse se mobiliser pour d’autres raisons que ses propres intérêts personnels est visiblement suspect.

Quant à Raymond Soubie il s’interroge quant aux ressorts des mobilisations : « Il y des nervis qui tapent sur de malheureux étudiants, histoire classique, mais il n’y a pas de sujet ». Mais après tout cela ne le surprend pas trop : « Ce n’est pas parce qu’il n’y a pas de sujet qu’il n’y a pas de mouvement car souvent les mouvements de jeunes éclatent, je ne dirais pas sur des non sujets, ce qui ne serait pas gentil, mais en fait sur des sujets qui ne sont pas des sujets centraux ». Circulez, il n’y a rien à voir !

C’est également le point de vue de Philippe Val et de Franz-Olivier Giesbert sur le plateau de Ruth Elkrief (BFM TV, 6 avril). Un échange fulgurant au sujet des mobilisations étudiantes :

Philippe Val : « Quand il s’agit des facs, le discours n’a pratiquement pas d’importance. »

Franz-Olivier Giesbert : « Plus c’est bête, plus ça peut marcher ! »

Philippe Val : « Plus c’est bête, plus ça peut marcher, oui… »

Ruth Elkrief : « C’est pas très gentil pour les étudiants. »

 
***


L’indigence journalistique de ces « analyses » est sidérante. De journalisme et d’analyse il n’est d’ailleurs pas vraiment question, puisque aucune de ces sommités médiatiques ne base ses propos sur un quelconque travail d’enquête qui les aurait menés à quelques stations de métro de leurs studios rencontrer des étudiants ou des enseignants qui auraient pu leur exposer leur point de vue et leurs raisons de rejeter la réforme. Etudiants et enseignants mobilisés sont d’ailleurs systématiquement absents des plateaux télévisés où les éditocrates devisent gaiement de l’irresponsabilité des mobilisations universitaires.

Et si la frayeur de Jean-Pierre Elkabbach à l’égard l’occupation de Tolbiac a quelque chose de ridicule ou de plaisant, elle n’est en rien anecdotique. D’abord considérées d’un regard amusé, les mobilisations universitaires de ces dernières semaines sont désormais dans le viseur de l’éditocratie. Tous les moyens sont bons pour relativiser et décrédibiliser la mobilisation des étudiants y compris la reprise des mots d’ordre gouvernementaux et des biais policiers dans la description factuelle des mobilisations. Mais cela n’a pas empêché, jusqu’à présent, le mouvement de prendre de l’ampleur. Et on peut se demander dans quelle mesure ces caricatures médiatiques ne risquent pas de se retourner, comme un boomerang, contre ses auteurs ; en décrédibilisant en retour une éditocratie qui apparait plus que jamais déconnectée des réalités sociales.


Frédéric Lemaire


Post-scriptum  : Nous reproduisons ici un tweet de Raphaël Enthoven, effacé depuis, qui rend compte de l’état d’esprit bienveillant des éditocrates à l’égard des mobilisations étudiantes...

Erratum  : Raphaël Enthoven n’avait pas effacé son tweet, mais bloqué le compte de l’auteur. Comme nous aurions dû nous en douter, il est en réalité tout à fait satisfait de sa sortie.

 

 

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Réunis en AG ce lundi, Rennes 2 : 5.000 "agitateurs professionnels" votent pour poursuivre la mobilisation

17 Avril 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Le fascisme, #Les média, #Ecole

Réunis en AG ce lundi
Rennes 2 : 5.000 "agitateurs professionnels" votent pour poursuivre la mobilisation

Mardi dernier Rennes 2 organisait une assemblée générale rassemblant 2600 personnes. D'abord 3.500, ils ont finit par être 5.000 à être présent venus en AG. Un record (nationale) qui montre que la mobilisation étudiante ne fait que s’amplifier quand Macron-tout-puissant choisit la voie forte pour faire taire ses opposants !

 

Mardi dernier, une Assemblée Générale réunissant 2.600 personnes votait la reconduction du blocage jusqu’à ce lundi. Fac bloquée depuis une semaine et occupée depuis début avril, Rennes-2 connaît un pic énorme de mobilisation. Cette nouvelle AG a réuni pas moins de 5.000 étudiants, personnels et enseignants ! Un record. Une Assemblée qui a commencé par discuter de la loi ORE et qui abordera sans aucun doute la question de la répression, quand à moins de cent kilomètre, c’est le carnage de NDDL qui est en train de se jouer.

Macron et son gouvernement n’en finissent plus de démontrer leur mépris. Leurs discours mensongers, la pression qu’ils tentent de faire peser sur les étudiants pour casser le mouvement et empêcher la convergence avec les autres secteurs en lutte n’ont pas réussi à affaiblir la mobilisation. L’envoi de leurs flics sur les facs pour déloger violemment les étudiants encore moins. Au contraire, les assemblées se massifient, et Rennes-2 en est la preuve flagrante (et très encourageante).

Crédit photo : page Facebook Assemblée Générale - Rennes 2

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La pression monte !

11 Avril 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Le fascisme

La pression monte
La pression monte !
Alors que les Etats-Unis et leurs roquets, France en tête, mettent en scène une « attaque chimique » en Syrie – la TV Russe a diffusé hier soir un reportage où l’on voit les « casques blancs » maquiller des « cadavres » qui se relèvent avant de filmer – la Russie lance de nouvelles manoeuvres militaires visant à préparer ses forces à toutes les hypothèses.

Car Trump et Macron seraient sur le point de lancer une opération militaire – officielle cette fois – contre la Syrie. Il est parfaitement clair que cela arrangera bien leurs affaires internes (Trump est en mauvaise posture aux Etats Unis sur le plan judiciaire, et Macron, élu par un nombre record de 15% des français, voit des mouvements sociaux violents se développer tous les jours).

Par ailleurs, face au fiasco des « sanctions » économiques et financières qui se multiplient depuis plusieurs années sans véritablement écorner la Russie, les occidentaux pensent sans doute qu’une provocation militaire – une de plus – pourrait déclencher un mouvement populaire en Russie contre Vladimir Poutine, quelque soit la réponse de Moscou:

Soit Moscou ne fait rien et – dans l’idée des occidentaux – Vladimir Poutine perd la face,

Soit Moscou riposte et – dans l’idée des occidentaux – le peuple et/ou les élites Russes se liguent contre Vladimir Poutine pour ne pas que la Russie soit entrainée dans une guerre mondiale.

Ceci relève d’une totale méconnaissance de la Russie et de ses citoyens, car quelque soit la décision prise au Kremlin, l’immense majorité des Russes l’approuvera.

Il est parfaitement clair que tant dans les coulisses du Pouvoir à Moscou que parmi les simples citoyens Russes, beaucoup – une majorité – sont favorables à une riposte, voire à une attaque préventive contre les pays occidentaux qui depuis des années provoquent la Russie que ce soit en Ukraine, en Syrie, sur le plan économique, financier.

Une attaque occidentale en Syrie frappera militairement directement la Russie, qui ne restera pas sans riposter. Mais la riposte pourrait bien se faire par des moyens non militaires: Des attaques cybernétiques mettant hors services les infrastructures occidentales dans leurs propres pays pourraient être lancées, ayant pour conséquence des mouvements insurrectionnels de citoyens excédés et à court terme le renversement des régimes occidentaux déjà fragilisés par les mouvements migratoires.

Des « révolutions oranges »… organisées et gagnées chez les ennemis de la Russie!

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Le meurtrier de Münster était -il cinglé ? Conducteur de la camionnette-bélier Par Jean Pierre Decrolier

10 Avril 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #La guerre, #Le fascisme

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Quand Madeleine Albright approuvait la mort de 500.000 enfants en Irak

21 Mars 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Le grand banditisme, #La guerre, #Le fascisme

Quand Madeleine Albright approuvait la mort
de 500.000 enfants en Irak
Quand Madeleine Albright approuvait la mort de 500.000 enfants en Irak

«Le prix en valait la peine», c’est ainsi que Madeleine Albright, alors représentante permanente des USA auprès de l’Onu, a répondu en 1996 à la question de savoir si la mort de plus de 500.000 enfants en Irak suite à l’intervention US était défendable. Il y a quinze ans que les USA sont intervenus en Irak…

 

Le jour du 15e anniversaire de l'intervention américaine en Irak, la déclaration de la représentante permanente des USA auprès de l'Onu de l'époque, selon laquelle la mort de 500.000 enfants irakiens «en valait la peine» réapparait presqu'automatiquement à l'ordre du jour.

 

Lors de l'émission «60 Minutes» de CBS News le 12 mai 1996, une journaliste cherchait à savoir si les sanctions contre l'Irak, qui avaient causé la mort de plus de 500.000 enfants irakiens (chiffre dépassant le nombre de victimes d'Hiroshima), était défendables. Madeleine Albright a répondue sans sourciller:

«Je crois que c'était un choix très difficile, mais le prix… nous pensons que le prix en valait la peine.»

Par la suite Madeleine Albright a présenté ses excuses pour ses déclarations, expliquant qu'«on l'avait provoquée».

L'état de guerre dans lequel l'Irak a été plongé, lui a largement nui. Il a surtout négativement influé sur le niveau de la vie de population. Le nombre de morts équivaut à la notion de génocide, selon Denis Halliday nommé en 1997 coordinateur de programme humanitaire de l'Onu mais qui a, à son arrivée en Irak, choqué par les conditions dans lesquelles vivaient les gens, a refusé en 1997 de diriger la mise en œuvre des sanctions anti-irakiennes.

Quinze ans après l'intervention américaine en Irak et plus d'une vingtaine années après l'entrée en vigueur des sanctions économiques anti-irakiennes qui se sont poursuivies jusqu'en 2003, le pays traverse encore des problèmes à tous les niveaux suite aux tentatives d'établissement de la démocratie.

 

Après l'invasion de l'Irak, les États-Unis ont réussi à renforcer leurs positions sur le marché pétrolier mondial. La série de guerres et la déstabilisation du Proche-Orient ont entièrement éclipsé le problème de la Palestine et de l'occupation israélienne. Des milliers d'Américains sont toujours en Irak. Bagdad doit encore résoudre la question des déplacés. C'est un problème d'actualité et chaque mouvement politique irakien propose sa propre solution. C'est un défi supplémentaire pour les élections législatives prévues pour mai prochain.

Madeleine Albright a été secrétaire d'État entre 1997 et 2001 sous la présidence du démocrate Bill Clinton. Elle est devenue la première femme dans l'histoire du pays à occuper ce poste.

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