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Le blog de Lucien PONS

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Nantes Une inquiétante réunion néonazie organisée samedi 16 janvier 2016

12 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Ukraine, #La Russie, #le nazisme

Nantes Une inquiétante réunion néonazie organisée samedi

0 12.01.2016 06:11

Sur la page facebook des organisateurs, l'insigne du régiment Azov qui évoque celui de la division SS Das Reich

Capture d'écran

 

 

Le samedi 16 janvier à Nantes, un groupuscule a invité un vétéran du régiment ukrainien Azov, suspecté par Amnesty International d'avoir commis des crimes de guerre contre les pro-russes.

L'annonce se répand sur le web depuis Noël. « À Nantes, samedi 16 janvier, conférence en présence d'un ancien volontaire du régiment Azov. Uniquement sur réservation ». Suivent une adresse mail et l'insigne de cette unité paramilitaire ukrainienne qui reprend celui de la tristement célèbre division SS Das Reich, responsable des pendaisons de Tulle et du massacre d'Oradour-sur-Glane en juin 1944.

« La ville n'a loué aucune salle »

De nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer la tenue de cette réunion à Nantes, égratignant au passage la ville pour son inaction. Interrogés, les services municipaux se défendent : « La ville n'a rien à voir et n'a loué aucune salle pour accueillir ce type de manifestation ».

La maire de Nantes, Johanna Rolland (PS) a également reçu une lettre de Shimon Samuels, directeur des relations internationales du Centre Simon-Wiesenthal, lui intimant : « Interdisez la réunion de sympathisants du bataillon Azov, suspecté d'être d'obédience néonazie et de recruter de jeunes Français. Ce danger pour la jeunesse de France n'a d'égal que celui du recrutement à l'EI. »

Derrière la rencontre du 16 janvier se cache le groupuscule White Rebels Crew (« équipage des rebelles blancs »). Très actif sur les réseaux sociaux - son compte Facebook enregistre 1 063 « j'aime » - ce groupe reste toutefois très confidentiel. Selon les spécialistes, il compte à peine une vingtaine de militants sur la Bretagne et les Pays de la Loire.

« Les bons leviers juridiques »

La préfecture dit « étudier les différents aspects du dossier pour activer les bons leviers juridiques ». Mais, à ce jour, nul ne sait où aura lieu la conférence, cette précision n'étant donnée aux participants, par mail ou sms, qu'après leur inscription.

Plus d'informations dans Presse Océan du mardi 12 janvier 2016

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L’Otan cherche la destruction de la Russie depuis 1949

12 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'OTAN., #l'ONU, #AMERIQUE, #La Russie, #La France, #La guerre, #Terrorisme, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Ukraine, #le nazisme

L’Otan cherche la destruction de la Russie depuis 1949

 
NATO-Russia

 

En 1990, après la chute du Mur de Berlin, le président américain George H. W. Bush, par l’intermédiaire de son secrétaire d’État James Baker, promit au Premier secrétaire Mikhaïl Gorbatchev qu’en échange de la coopération soviétique dans la réunification allemande, l’Otan, alliance de la Guerre froide, ne s’étendrait pas d’un pouce vers l’Est, en direction de la Russie. Baker dit à Gorbatchev : «Écoutez, si vous retirez vos 300 000 troupes d’Allemagne de l’Est et permettez la réunification de l’Allemagne dans le cadre de l’Otan, l’Otan ne s’étendra pas d’un pouce vers l’Est.»

L’année suivante, l’Union soviétique se désintégrait officiellement. Son alliance militaire défensive (le Pacte de Varsovie) s’était déjà dissoute. La Guerre froide était finie.

Pourquoi l’Otan ne s’est-elle alors pas dissoute mais au contraire s’est-elle étendue sans cesse, encerclant la Russie européenne ? Pourquoi n’est-ce pas un sujet central de discussion et de débat dans ce pays ?

L’Otan : une alliance anti-russe de la Guerre froide

Certains doutent que l’engagement de Bush ait jamais été pris, bien que Baker l’ait répété publiquement en Russie. Ou prétendent que l’engagement ne fut jamais mis par écrit d’où sa nullité légale. Ou prétendent que toute promesse faite aux dirigeants de l’Union soviétique, qui disparut en 1991, est inapplicable aux relations russo-américaines postérieures. Mais il est clair que les États-Unis, à la consternation des dirigeants russes, ont continué à se confronter à leur ennemi de la Guerre froide, principalement via l’expansion de l’Otan. Cette expansion n’est pas commentée dans les médias de masse américains qui traitent l’entrée d’une nouvelle nation dans l’Otan comme de l’entrée d’un nouvel État dans l’ONU, comme si c’était naturel et non problématique.

Mais rappelez-vous quelques points de l’histoire. L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) fut créée le 4 avril 1949 comme une alliance militaire contre l’Union soviétique, principalement contre la Russie, composée initialement des États-Unis, du Canada, de la Grande Bretagne, de la France, de l’Italie, des Pays-Bas, de la Belgique, du Luxembourg, du Danemark, de l’Islande, de la Norvège et du Portugal.

Elle se forma quatre ans après que les Soviétiques prirent Berlin d’assaut battant les nazis. (Comme vous le savez, l’Allemagne envahit la Russie six mois avant que le Japon n’attaque Pearl Harbour ; les États-Unis et la Russie furent alliés contre les fascistes ; les victoires clés dans la guerre européenne – Moscou, Stalingrad, Koursk – furent des victoires soviétiques contre les nazis. Les soldats US ne traversèrent le Rhin que le 22 mars alors que l’armée Rouge se rapprochait de Berlin, prenant la ville entre le 16 avril et le 2 mai, au prix de la mort de 80 000 Soviétiques. Si vous ne savez pas cela, vous n’avez pas reçu d’éducation correcte !)

Dans les quatre ans qui séparent la mort de Hitler de la formation de l’Otan, les deux grands vainqueurs de la guerre divisèrent l’Europe en zones d’influence. L’Union soviétique voisine avait contribué de façon écrasante à la défaite fasciste : plus de 8 millions de militaires et 12 millions de civils furent tués, comparés aux pertes des lointains États-Unis, qui subirent 186 000 morts en Europe et 106 000  dans le Pacifique.

Il peut sembler étrange que le moindre des héros de l’histoire (dans ce conflit épique contre le fascisme) ait reçu la plus grosse part du gâteau après la bataille : les États-Unis créèrent un bloc incluant la Grande-Bretagne, la France, l’Italie, la plus grande partie de l’Allemagne, les Pays-Bas, le Portugal et la plupart de la Scandinavie, alors que les Soviétiques imposèrent leur hégémonie – ou essayèrent – sur leur États clients moins riches. Mais les Soviétiques ne furent en aucun cas principalement intéressés à attirer les nations les plus riches dans leur orbite. Si tel avait été le cas, ils n’auraient pas retiré leurs troupes d’Autriche en 1955.

Au contraire, la Russie qui fut envahie plusieurs fois dans l’histoire depuis l’Ouest – par la Suède, la Lituanie, la Pologne, la France et l’Allemagne –, voulait surtout sécuriser sa frontière occidentale. Pour assurer l’établissement de régimes amis, elle organisa des élections en Pologne, en Tchécoslovaquie, en Hongrie et ailleurs (ces élections avaient autant de légitimité que celles tenues sous occupation américaine de l’Irak ou de l’Afghanistan ces dernières années ou n’importe quand en Amérique latine). Elles engendrèrent les républiques populaires d’Europe de l’Est.

Les États-Unis et les Britanniques grommelèrent contre les avancées géopolitiques de leur allié de guerre. En mars 1946, l’ex-premier ministre Winston Churchill, en visite aux États-Unis, fit allusion à un rideau de fer tombant sur l’Europe (peut être utilisait-il sans le savoir l’expression que Joseph Goebbels avait utilisée 13 mois plus tôt. Le ministre allemand de la propagande avait déclaré à un journal que «si le peuple allemand déposait les armes, les Soviétiques occuperaient toute l’Europe. Un rideau de fer tomberait sur cet énorme territoire»). Très effrayant.

Mais les États-Unis travaillaient dur à l’époque pour consolider leur propre bloc en Europe. En mai 1947, la CIA força les gouvernements italien et français à purger les ministres communistes des cabinets formés après les succès électoraux des années précédentes. (Les États-Unis avaient un énorme pouvoir acheté par les 13 milliards de dollars du Plan Marshall à partir d’avril 1947, destiné à raviver le capitalisme européen et à diminuer l’attractivité du marxisme).

Le chef de la station de la CIA à Rome se vanta plus tard que sans la CIA, qui finança une campagne incitant à la peur des Rouges et fomenta des clashs violents ayant fait parfois des victimes lors de meetings, «le Parti communiste aurait sûrement gagné les élections italiennes en 1948». (Toute personne qui pense que les Soviétiques truquèrent leurs élections alors que par principe, les États-Unis facilitèrent des élections honnêtes est un indécrottable naïf.)

Pendant ce temps – avant l’établissement de l’Otan en avril 1949 – les États-Unis et la Grande Bretagne avaient mené à partir de 1946 une guerre en Grèce, en faveur de la monarchie et contre les forces communistes qui avaient été la colonne vertébrale du mouvement anti-fasciste durant la Seconde Guerre mondiale. Les communistes jouissaient d’un large appui populaire et auraient pu gagner la guerre civile si les Soviétiques les avaient soutenus. Mais en respectant l’accord sur les zones d’influence établi à Yalta et à Potsdam, Staline ignora les appels à l’aide des communistes grecs et yougoslaves. Les partisans grecs capitulèrent en octobre 1949, six mois après la formation de l’Otan. (Mais l’Otan ne fut pas déployée durant cette intervention militaire qui fut considérée comme la première opération militaire de la Guerre froide des États-Unis selon la doctrine Truman, anti-communiste au sens large.)

Exactement un mois après la formation de l’Otan, les dirigeants pro-américains en Allemagne de l’Ouest annoncèrent unilatéralement la formation de la République fédérale d’Allemagne. (La République démocratique allemande, pro-soviétique, fut déclarée seulement six mois plus tard. Comme en Corée, les Soviétiques soutenaient la réunification des territoires occupés. Mais les États-Unis avaient l’intention d’établir des États clients et de diviser des nations, si nécessaire, pour endiguer les percées soviétiques. Ce fut aussi le cas avec le Vietnam.)

Quatre mois après la création de l’Otan, les Soviétiques effectuèrent leur premier test nucléaire avec succès. La Guerre froide commençait pour de bon.

L’Otan fut formée pour se confronter agressivement à l’URSS et exploiter les peurs d’une supposée menace d’attaque soviétique vers l’Ouest (pour imposer le système social soviétique à des peuples qui n’en voulaient pas). Cette menace ne s’est bien sûr jamais matérialisée. Les Soviétiques coupèrent Berlin-Est de la partie Ouest par le mur de Berlin pour éviter des évasions massives embarrassantes. Mais ils n’envahirent jamais l’Allemagne de l’Ouest et ne provoquèrent aucun conflit avec une nation de l’Otan durant la Guerre froide. (En fait, par comparaison avec les carnages qui s’abattirent sur l’Europe depuis 1989, des guerres civiles dans les Balkans et dans le Caucase aux bombardements terroristes de Londres, Madrid et Paris et au putsch néo-fasciste en Ukraine l’année dernière, la Guerre froide apparaît rétrospectivement comme une longue période de prospérité et de paix relative sur le continent.)

Comparons les Agressions US et Russo/Soviétiques durant la guerre froide

L’OTAN s’agrandit en 1952, incorporant la Grèce pacifiée et son rival historique, la Turquie. En 1955, il amena la RFA en son sein. A ce moment seulement, en mai 1956, 7 ans après la formation de l’OTAN, les Soviétiques établirent en réponse leur propre alliance militaire défensive. Le traité d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle (Pacte de Varsovie) n’incluait que 8 nations (contre 15 pour l’OTAN) : L’URSS, la Bulgarie, la Tchécoslovaquie, l’Allemagne de l’Est, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie et l’Albanie.

Les forces du Pacte de Varsovie ne se déployèrent qu’une fois durant la guerre froide, pour écraser le mouvement de réforme en Tchécoslovaquie en 1968 (Elles ne furent pas utilisées durant la répression de la « révolution hongroise » de 1956, qui eut lieu cinq mois après la fondation de l’alliance. Cette opération fut effectuée par des troupes soviétiques et des forces loyalistes hongroises.). L’intervention en Tchécoslovaquie provoqua le retrait de l’Albanie du Pacte alors que la Roumanie protesta et refusa d’envoyer des troupes. Pratiquement, le Pacte fut réduit à 6 membres à comparer aux 15 de l’OTAN. L’alliance occidentale s’agrandit à 16 quand l’Espagne la rejoignit en 1982.

Entre 1945 et 1991 (quand le pacte de Varsovie et l’URSS se désintégrèrent), les Etats-Unis se sont engagés dans trois guerres majeures (Corée, Vietnam, Golfe Persique), ont envahi la Grenade et le Panama, sont intervenus militairement au Guatemala, République Dominicaine, Liban, Cuba, Cambodge, Laos, Nicaragua, Haïti et dans d’autres pays.

Durant la même période, les soviétiques ont envahi deux fois des nations est-européennes (la Hongrie 1956 et la Tchécoslovaquie 1968), pour maintenir le statu quo. Ailleurs, il y eut un bref conflit frontalier avec la Chine qui fit 150 morts de chaque coté. Et les Soviétiques ont bien sûr envahi l’Afghanistan en 1979 pour consolider le régime laïque aux prises avec l’opposition islamiste. C’est tout. En fait, si vous comparez avec le bilan américain, le leur est un peu maigre pour une superpuissance.

Cette opposition islamique en Afghanistan, comme nous le savons, s’est transformée en Talibans, al-Qaeda et le groupe fondé en Irak par l’ancien rival de Ben Ladan Abu Moussah al Zarqawi appelé maintenant ISIL ou Etat Islamique. Appelés, presque affectueusement par la presse américaine en 1980 moudjahidines (ceux qui sont engagés dans le djihad), ces militants religieux ont été glorifiés comme des combattants anti communistes sacrés par le conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter Zbigniew Brzezinski.

Brzezinski annonça au président américain six mois avant que les soviétiques n’envoient de troupes qu’en soutenant les djihadistes les US pourraient provoquer une intervention militaire soviétique. Les Etats-Unis, déclara-t-il, ont l’opportunité d’infliger aux Soviétiques leur guerre du Vietnam et peuvent saigner les Soviétiques comme ils ont saigné les Etats-Unis au Vietnam.

Attardons nous un moment sur la moralité de ceci. Les soviétiques ont aidé les vietnamiens à combattre un régime impopulaire soutenu par les Etats-Unis et à confronter l’horreur des assauts américains contre leur pays. Maintenant, en retour, comme Brzezinski le déclara, les Etats-Unis pouvaient aider les extrémistes islamistes à l’esprit médiéval à provoquer une intervention soviétique pour tuer des jeunes conscrits soviétiques et empêcher l’avènement de la modernité.

Les djihadistes anti-soviétiques furent accueillis à la Maison Blanche par le président Ronald Reagan pendant une visite en 1985. Reagan, montrant peut-être les premiers symptômes d’Alzheimer, clama qu’ils étaient « l’équivalent moral des pères fondateurs de l’Amérique ». A cette époque, une grande partie de l’aide américaine (CIA) aux moudjahidines était destinée à Gulbudding Hekmatyar, un féroce chef de guerre maintenant aligné avec les Talibans. Comme de nombreux anciens alliés des US (incluant Saddam Hussein) tombés en disgrâce, il fut la cible d’au moins une frappe ratée par drone en 2002.

Donc le seul et unique conflit militaire prolongé soviétique durant la guerre froide, de décembre 1979 à février 1989 et qui a coûté 14’000 vies soviétiques, fut un conflit avec ce que les experts américains vont appeler « terrorisme islamiste »

Les Soviétiques n’ont sûrement pas affronté des anticommunistes désirant la « liberté » comme cela peut être conceptualisé dans certaines idéologies modernes. L’ennemi incluait des leaders tribaux et des religieux qui s’opposaient à tout changement du statut des filles et des femmes, en particulier leur code vestimentaire et leur soumission à l’autorité patriarcale en matière de mariage.

Les révolutionnaires soutenus par les soviétiques étaient confrontés à des fanatiques ignorants des besoins médicaux des femmes, hostiles à l’idée de cliniques publiques et opposés à l’éducation des femmes. (En fait, les soviétiques ont réussi à augmenter le taux d’alphabétisation des femmes durant les années 80 – un fait non égalé par les nouveaux occupants depuis 2001 – mais ceci était principalement dû au fait qu’ils gardèrent le contrôle de Kaboul, où les femmes purent non seulement recevoir une éducation, mais aussi se déplacer sans foulards.)

Cette époque prit fin quand le régime de Mohammad Najibullah installé par les soviétiques fut renversé par les forces de l’alliance du Nord en Avril 1992. Les choses empirèrent. La guerre civile entre le pachtoune Hekmatyar et ses rivaux tadjiks éclata immédiatement et les forces d’Hekmatyar bombardèrent brutalement la capitale – chose qui n’était jamais arrivée durant les pires jours de la période soviétique.

Pendant que la guerre civile s’aggravait, les Talibans apparurent, se présentant comme des leaders moralement justes inspirés par la Shariah. Acquérant une large base sociale, ils prirent Kaboul en septembre 1996. Un de leurs premiers actes fut de saisir Najibullah, qui s’était réfugié dans un bâtiment des Nations Unis trois ans plus tôt , de le castrer et de le pendre en public, lui refusant un enterrement selon les rites musulmans.

Juste au moment où les néoconservateurs clamaient le triomphe du capitalisme sur le communisme et la supposée fin de l’histoire, le monstre de Frankenstein de l’Islamisme sortait sa vilaine tête. Il n’y eut pas de larmes pour Najibullah dans les capitales occidentales. Mais les Talibans étaient considérés avec inquiétude et dégoût et le siège aux Nations Unies resta aux mains du régime de l’alliance du Nord qui ne contrôlait que 10% du pays.

Comment la Guerre Froide encouragea l’Islamisme Radical

Bien sûr les Etats-Unis- qui ont fait leurs valises et sont partis après le retrait soviétique, laissant les pakistanais avec un problème massif de réfugiés et l’Afghanistan dans le chaos, ont saigné les soviétiques et quiconque osant s’allier avec eux. Et sûrement cette expérience contribua à la réalisation du voeu le plus cher de Brzezinski : l’écroulement de l’Union Soviétique.

Mais elle a aussi produit le terrorisme islamiste, à grande échelle, alors que les Etats-Unis, ayant auparavant organisé le recrutement et l’entraînement de légions de djihadistes provenant de tout le monde musulman pour attaquer l’Union Soviétique, étaient et sont encore obligés d’en gérer les conséquences et leur réponse provoque invariablement plus de terrorisme.

N’est-il pas évident que les actions militaires américaines contre les différentes cibles terroristes dans le Moyen Orient « élargi », incluant l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie, le Yemen et la Libye ont grandement gonflé les rangs d’Al Qaeda et de l’Etat Islamique ?

Et est ce que le cours des évènements en Afghanistan – où le gouvernement de Kaboul reste paralysé et stupide, les seigneurs de la guerre gouvernent les cités de province, la Cour suprême condamne des gens à mort pour des offenses religieuses, la plus grande partie de l’arrière pays est aux mains des talibans and les militants pénètrent vers le Nord – ne vous convainc pas que les Etats-Unis n’auraient pas dû s’allier aux djihadistes contre les forces laïques soutenues par les soviétiques il y a 35 ans ?

Dans une interview en 1998 publiée par le Nouvel Observateur, on demanda à Brzezinski s’il regrettait d’avoir donné des armes et des conseils aux futurs terroristes islamistes.

Brzezinski : Qu’est ce qui le plus important dans l’histoire du monde ? Les Talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques musulmans agités ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ?

Q : Quelques musulmans agités ? Mais il a été dit et repété : Le fondamentalisme islamique représente une menace mondiales de nos jours.

Brzezinski : N’importe quoi ! Il a été dit que l’Occident avait une politique globale concernant l’Islam. C’est stupide. Il n’y a pas d’Islam global. Regardez l’Islam de façon rationnelle et sans démagogie ou émotion. C’est la religion dominante dans le monde avec 1.5 milliards de croyants. Mais qu’y a-t-il de commun entre les fondamentalistes saoudiens, les modérés marocains, les militaristes pakistanais, les pro-occidentaux égyptiens et le sécularisme d’Asie Centrale ? Rien de plus que ce qui unit les pays chrétiens.

En d’autres mots, gagner la compétition contre la Russie, la saigner jusqu’à l’effondrement, était plus important que le risque de promouvoir le fondamentalisme musulman militant. Il est évident que cette mentalité demeure, quand, dans le monde post 11 septembre, certains officiels du département d’Etat préfèreraient voir Damas tomber aux mains de l’EI plutôt que de la laisser défendre par les Russes en appui d’un régime laïque.

L’OTAN à la rescousse du monde post guerre froide.

Depuis la chute de l’Union Soviétique et la disparition du Pacte de Varsovie, qu’a manigancé l’OTAN ? Premièrement, elle a rempli un vide de pouvoir dans les Balkans. La Yougoslavie s’écroulait. Elle avait été neutre pendant la Guerre Froide, ni membre de l’OTAN ni du pacte de Varsovie. A mesure que les gouvernements tombaient en Europe de l’Est, les mouvements sécessionistes dans les républiques multi ethniques produisaient des conflits étendus. Le secrétaire d’Etat Baker s’inquiétait de ce que l’écroulement de la Yougoslavie ne provoquât une instabilité régionale et s’opposa à l’indépendance de la Slovénie.

Mais le ministre allemand des affaires étrangères, Hans Dietrich Genscher et le chancelier Helmut Kohl-grisés par la fierté de la réunification allemande et décidés à jouer un rôle plus important dans le monde – firent pression pour le démantèlement de la Yougoslavie. (Il y avait d’importants intérêts historiques allemands dans ce pays. Les Nazis avaient occupé la Slovénie de 1941 à 1945, établissant une garde slovène de 21’000 hommes et initiant des affaires économiques. L’Allemagne est maintenant de loin le premier partenaire commercial de la Slovénie. La position de Kohl prévalut.

La Yougoslavie, qui était un modèle d’harmonie interethnique,fut déchirée par des conflits ethniques dans les années 1990. En Croatie, les Croates combattirent les Serbes aidés par l’armée populaire yougoslave. En Bosnie Herzégovine, les bosniaques, les croates et les serbes se querellèrent sur la façon de diviser le pays. En Serbie, l’annulation de l’autonomie des provinces du Kosovo et de la Voïvodine provoqua la colère des Albanais. En 1995, les images d’hommes bosniaques émaciés dans des camps de prisonniers serbes furent largement diffusés dans les médias mondiaux alors que Bill Clinton était résolu à ne pas laisser un nouveau Rwanda (lisez génocide) se produire. Pas sous son mandat. L’Amérique allait sauver la situation.

Ou plutôt : L’OTAN allait sauver la situation. Loin d’avoir perdu son utilité après la guerre froide, déclara Clinton, l’OTAN était la seule force capable de relever ce genre de défi. Et donc, l’OTAN bombarda et bombarda , pour la première fois dans une vraie guerre, jusqu’à ce que les Serbes bosniaques implorent pitié. La configuration actuelle de la Bosnie herzégovine, une fédération dysfonctionnelle, incluant une mini république serbe, fut dictée par le secrétaire d’Etat Warren Christopher et son envoyé Richard Holbrooke au meeting de Dayton, Ohio en Novembre 1995.

La Russie, alliée traditionnelle des serbes, fut obligée de regarder passivement pendant que les Etats-Unis et l’OTAN redessinaient les cartes de l’ancienne Yougoslavie. La Russie était elle-même dans les années1990, sous la direction du bouffon alcoolique Boris Yeltsin, en piètre état. L’économie piquait du nez, le désespoir régnait, la longévité masculine avait dégringolé. La nouvelle politique était tout sauf stable. Pendant la crise constitutionnelle de septembre-octobre 1993, le président avait même ordonné à l’armée de bombarder le bâtiment du Parlement, pour forcer les législateurs à se soumettre à son décret de dissolution. Sous la poigne d’oligarques corrompus et du capitalisme sauvage occidental, les Russes étaient sans illusion et démoralisés.

Puis d’autres insultes arrivèrent de l’Occident. Durant la dernière année de Yeltsin, en Mars 1999, l’OTAN accueillit trois nations supplémentaires : la Tchécoslovaquie (plus tard la République tchèque et la Slovaquie), la Hongrie et la Pologne. Ce furent les 3 nations les plus puissantes du pacte de Varsovie, URSS et Allemagne de l’Est mise à part. Ceci était la première expansion de l’OTAN depuis 1982 (quand l’Espagne avait adhéré) et énerva le Kremlin, ce qui était compréhensible. Quelle peut bien être la raison pour l’expansion de l’OTAN à présent ? demandèrent les Russes, qui furent assurés que l’OTAN n’était dirigée contre personne.

Le Sénat a voté pour étendre l’adhésion à la Pologne, la Hongrie et la Tchécoslovaquie en 1998. A l’époque, George Kennan, le fameux diplomate américain qui développa la stratégie d’isolement de l’URSS pendant la guerre froide fut interrogé :

“Je crois que c’est le début d’une nouvelle guerre froide, prévint Kennan, âgé de 94 ans. Je pense que les Russes vont réagir petit à petit et cela va affecter leur politique. Je crois que c’est une erreur tragique. Il n’y avait aucune raison. Cela démontre un manque de compréhension de l’histoire Russe et soviétique. Bien sûr que la Russie va réagir négativement et ensuite les avocats de l’extension de l’OTAN prétendront qu’ils avaient toujours dit que les Russes sont comme cela mais ceci est simplement faux”

L’OTAN contre la Serbie

Dans le même mois de Mars 1999, l’OTAN (y compris ses trois nouveaux membres) bombarda Belgrade, la capitale de la Serbie. C’était la première fois depuis la deuxième guerre mondiale qu’une capitale européenne était victime de bombardements. La raison officielle était que les forces de l’état Serbe persécutaient les albanais de la province du Kosovo. La diplomatie avait échoué et l’intervention de l’OTAN était nécessaire pour remettre les choses en place. Cette justification fut accompagnée de rapports très exagérés de forces serbes tuant des kosovars, perpétrant un génocide.

C’était des bêtises. Les Etats-Unis avaient demandé à la conférence de Rambouillet, France que la Serbie retire ses forces du Kosovo et restaure l’autonomie de la province. Le président Serbe Slobodan Milosevic avait accepté. Mais les Etats-Unis avaient aussi exigé que Belgrade accepte des forces de l’OTAN sur tout le territoire de la Yougoslavie, quelque chose qu’aucun leader d’un état souverain ne peut accepter. Belgrade refusa, soutenu par la Russie.

Un officiel haut placé du Département d’Etat (probablement la secrétaire d’Etat Madeleine Albright) se vanta à des reporters qu’à Rambouillet « Nous avions intentionnellement mis la barre trop haute pour que les Serbes acceptent. Les Serbes avaient besoin d’un petit bombardement pour être raisonnables ». Henry Kissinger, pas un pacifiste, déclara à la presse en juin : « Le texte de Rambouillet, qui appelait la Serbie à admettre des troupes de l’OTAN sur tout le territoire yougoslave, était une provocation et une excuse pour commencer à bombarder. Rambouillet n’est pas un document qu’un Serbe angélique aurait pu accepter. C’était un document diplomatique affreux qui n’aurait jamais du être présenté sous cette forme »

Les Etats-Unis avaient obtenu l’approbation de l’ONU pour les frappes de l’OTAN en Bosnie Herzegovine quatre ans plus tôt. Mais ils ne la cherchèrent pas cette fois, et n’essayèrent pas d’organiser une force des Nations Unis pour résoudre le problème du Kosovo. En effet, ils insistèrent pour que l’OTAN soit reconnue comme le représentant de la communauté internationale.

C’était outrageux. Mais l’opinion publique américaine était largement persuadée que les Serbes avaient refusé de négocier la paix de bonne foi et donc méritaient des bombardements applaudis par la presse, en particulier par la correspondante internationale de CNN Christiane Amanpour, qui avait ses entrées au département d’Etat et n’arrêtait pas de dire à ses spectateurs « Milosevic continue à faire des pieds de nez à la communauté internationale », parce qu’il refusait un ultimatum brutal de l’OTAN que même Kissinger avait qualifié de provocation.

Après que le massacre de masse des Kosovars est devenu une réalité (comme les bombes de l’OTAN commencèrent à tomber sur le Kosovo) et après deux mois et demi de bombardement sur Belgrade, un accord médié par les russes mit fin aux combats. Belgrade put éviter l’occupation de l’OTAN qu’il avait précédemment refusé ( en d’autres termes, l’OTAN n’était parvenu à rien de plus que ce que les Serbes avaient déjà concédé à Rambouillet)

Comme le cessez le feu entrait en vigueur le 21 juin, une colonne d’environ 30 véhicules blindés transportant 250 soldats russes fut déplacée de sa mission de maintien de la paix en Bosnie pour prendre le contrôle de l’aéroport de Pristina au Kosovo (Un petit rappel que la Russie aussi avait un rôle à jouer dans la région)

Ceci prit le commandant américain de l’OTAN Wesley Clark par surprise. Il ordonna que des parachutistes français et britanniques sautent sur l’aéroport mais le général britannique Sir Mike Jackson se déroba prudemment « Je ne vais pas faire commencer la troisième guerre mondiale par mes soldats » déclara-t-il.

Je pense que ce geste dramatique de dernière minute à l’aéroport a été décidé par l’étoile montante Vladimir Poutine, un conseiller d’Eltsin bientôt nommé Vice Président puis successeur d’Eltsine début décembre 1999. Poutine allait devenir un ennemi bien plus coriace pour l’OTAN que son embarrassant prédécesseur.

Coopération rime avec provocation

Rappelez vous comment deux ans plus tard, après le 11 septembre, quand les Etats-Unis invoquèrent la charte de l’OTAN auprès de ses alliés pour s’engager dans la guerre en Afghanistan, Poutine offrit d’autoriser l’alliance à transporter du matériel de guerre à travers le territoire russe (en 2012, le ministre des affaires étrangères Lavrov offrit à l’OTAN l’utilisation d’une base à Ulvanovsk pour transporter de l’équipement hors de l’Afghanistan). Cette invasion de l’Afghanistan était le troisième déploiement des forces de l’OTAN dans une guerre, après la Bosnie et la Serbie, et Moscou l’accepta comme un fait accompli. La Russie passa même sous silence ses inquiétudes quand les Etats-Unis établirent des bases dans les anciennes républiques soviétiques d’Ouzbekistan et du Kirghizistan.

Mais en 2004, l’OTAN s’étendit encore, pour intégrer l’Estonie, la Lettonie et la Lithuanie, qui avaient toutes fait part de l’Union soviétique et avoisinent la Russie. Au même moment, la Bulgarie, la Roumanie et la Slovénie furent admises, avec la Slovaquie qui s’était séparée de la République tchèque. Les Russes demandèrent à nouveau « Pourquoi ? »

En 2007, les Etats-Unis commencèrent à négocier avec les Polonais l’installation d’un complexe anti-missile en Pologne, avec un système radar en République tchèque. En principe, cet armement était destiné à détruire tout futur missile iranien lancé contre l’Europe ! Mais Moscou devint furieux, accusant les Etats-Unis de vouloir lancer une nouvelle course aux armements. En raison des sentiments anti-militaristes chez les Polonais et les Tchèques, les plans furent annulés en 2009. Mais ils pourraient être réactivés à tout moment.

En 2008, les Etats-Unis reconnurent le Kosovo, qui abrite désormais la plus grande base américaine hors des Etats-Unis (camp Bondsteel), comme un pays indépendant. Bien que les Etats-Unis aient considéré jusque là le Kosovo comme une province de la Serbie (et peut-être même avaient-ils compris sa signification profonde comme coeur de l’orthodoxie serbe), ils proclamèrent (par la voix de Condoleezza Rice) le Kosovo un phénomène « sui generis » (seul de son genre). Oubliez la loi internationale, elle ne s’applique pas.

La même année 2008, l’OTAN annonça effrontément que la Géorgie et l’Ukraine « deviendraient membres de l’OTAN ». Là dessus, le président comique de la Géorgie Mikheil Saakasvili bombarda Tskhinvali, capitale de la république autoproclamée d’Ossétie du Sud qui avait résisté à son intégration dans la république de Géorgie depuis la chute de l’Union Soviétique en 1991. Dans ce cas, la Russie défendit l’Ossétie du Sud, envahissant la Géorgie, et elle reconnut ensuite l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de la République d’Abkhazie. (Ceci peut être vu comme une réponse du tac au tac à la décision américaine de reconnaître l’indépendance du Kosovo six mois plus tôt.)

Ce fut une guerre de 6 jours, coûtant la vie à 280 militaires (y compris 100 du coté Ossète du Sud/Russe) et environ 400 morts civils. Et il n’y a plus eu de guerre russe depuis. La Crimée n’a pas été « envahie » l’année dernière mais plutôt saisie par les force russes en place, bénéficiant du soutien populaire général. Et il y a peu d’indices que les forces régulières russes se battent contre les forces d’état ukrainiennes. Des Ukrainiens d’origine ethnique russe le font, recevant sans aucun doute du soutien de leurs cousins à travers la frontière historiquement changeante. Mais l’accusation de l’invasion russe de l’Ukraine est un cheval de bataille du département d’Etat, de la propagande automatiquement reprise par les experts-marionnettes de la presse officielle, pas une réalité contemporaine.

Saakasvili s’attendait peut être à être soutenu par les Etats-Unis lorsqu’il provoqua Moscou en août 2008. Mais alors qu’il recevait un soutien ferme du sénateur John McCain, qui déclara « Nous sommes tous Géorgiens maintenant », il reçut peu d’aide du département d’Etat de George W Bush, soucieux de ne pas provoquer la 3e guerre mondiale. La Géorgie n’était pas encore un état membre de l’OTAN capable d’invoquer la clause de défense mutuelle de la charte de l’OTAN.

Saakasvili quitta ses fonctions en 2010 et est maintenant poursuivi par la justice géorgienne pour abus de fonctions. Après un bref passage à la Fletcher School of International Law and Diplomacy in 2014, il a acquis la nationalité Ukrainienne, perdant par la même occasion sa nationalité géorgienne et (un des nombreux exemples de la folle gouvernance ukrainienne , incluant Yatsenyev et Poroshenko) fut nommé gouverneur d’Odessa en mai dernier !

Etant donné la débâcle de 2008, des pays comme l’Allemagne sont peu enclins à accepter une admission de la Géorgie. Ils voient peu de bénéfices à provoquer la Russie en étendant sans arrêt l’alliance défensive de la guerre froide. Cependant, la Croatie et l’Albanie furent ajoutées à l’OTAN en 2009, la première année de l’administration Obama, juste à temps pour participer à la quatrième guerre de l’OTAN contre la Libye.

A nouveau, il n’y avait aucune raison pour une guerre. Le colonel Kadhafi avait été très amical avec les régimes occidentaux depuis 2003, et coopérait avec la CIA contre le terrorisme islamiste. Mais quand le « printemps arabe » balaya la région en 2011, certains leaders occidentaux (dirigé par le président français Nicolas Sarkozy mais incluant la toujours va-t-en guerre Hillary Clinton) se sont convaincus eux-mêmes que la chute de Kadhafi était imminente et qu’il valait mieux aider l’opposition à le déposer et ainsi rentrer dans les grâces de n’importe quel successeur.

Le conseil de sécurité de l’ONU approuva une résolution pour établir une zone de non-survol pour la protection des civils des troupes supposés génocidaires de Kadhafi. Mais ce que l’OTAN libéra fut quelque chose de différent. Une guerre contre Kadhafi, qui mena à son meurtre brutal et à l’horrible chaos qui règne depuis en Libye, une base fiable pour Al-Qaida et l’EI. La Russie et la Chine protestèrent toute les deux, alors que la guerre était encore en cours, que l’OTAN avait déformé la signification de la résolution de l’ONU. Il est peu probable que ces deux membres permanents du conseil de sécurité se laisseront à nouveau duper dans une telle coopération.

Nous pouvons donc ajouter l’échec de Libye aux états dysfonctionnels de Bosnie, Kosovo et Afghanistan à notre liste des exploits de l’OTAN depuis 1991. Pour résumer : Depuis la chute de l’URSS, les US et certains alliés (souvent en leur qualité d’alliés de l’OTAN) ont mené des guerre contre les Serbes Bosniaques, la Serbie, l’Afghanistan, l’Irak et la Libye tout en frappant des cibles au Pakistan, au Yemen, en Somalie, et ailleurs avec impunité. La Russie est allée en guerre une seule fois : pour 8 jours en août 2008, contre la Géorgie.

Et pourtant, tous les commentateurs des principaux journaux télévisés vous disent, en vous regardant droit dans les yeux, que Poutine est un envahisseur.

Pourquoi l’extension de l’OTAN

Donc pendant que l’OTAN ne cessait d’accueillir de nouveaux membres, elle montrait un penchant grandissant à partir en guerre, d’Asie Centrale à l’Afrique du Nord. On peut se demander pourquoi ?

La raison putative en 1949 était la défense de l’Europe occidentale contre une supposée invasion soviétique. Cette justification est encore utilisée : quand les supporters de l’OTAN parlent aujourd’hui en faveur de l’inclusion de la Lithuanie par exemple, ils vont argumenter, que si la Lithuanie était restée en dehors de l’alliance, les Russes l’auraient sûrement déjà envahie en prétextant la défense des droits des minorités russes.

Il y a en fait très peu d’indices des ambitions russes ou des ambitions personnelles de Poutine de recréer l’empire tsariste ou l’Union soviétique. Poutine s’est plaint il y a quelques jours « Nous ne voulons pas du retour de l’URSS mais personne ne nous croit. » Il a aussi affirmé que les gens qui ne ressentent pas de nostalgie pour l’Union soviétique, comme le disent la plupart des citoyens de l’ancienne URSS assez âgés pour s’en rappeler, n’ont pas de coeur alors que ceux qui veulent la restaurer n’ont pas de cerveau.

Pendant l’expansion inexorable de l’OTAN entre 1999 et 2009, la Russie répondit non pas par des menaces mais avec une calme indignation.

Les remarques de Poutine sur la dissolution de l’Union soviétique comme une tragédie géopolitique et ses affirmations occasionnelles au sujet du droit de la langue et des autres droits des Russes dans les anciennes républiques soviétiques ne constituent pas des menaces militaires. Comme toujours, les néoconservateurs sélectionnent une phrase ici et là quand ils essaient de décrire Poutine comme (encore) un autre Hitler. En fait, les Russes ont, de façon relative, été la voix de la raison ces dernières années. Alarmés par les conséquences des actions américaines dans le Moyen Orient, ils ont cherché à contenir l’impérialisme américain tout en défiant le terrorisme islamiste.

En août 2013, Obama menaça d’attaquer la Syrie, pour punir le régime d’avoir utilisé des armes chimiques contre son peuple (les accusations ont été discréditées par Seymour Hersh entre autres). Une intervention adroite du ministre des affaires étrangères russe Sergueï Lavrov et le refus de la Chambre des communes britannique d’appuyer une attaque (s’assurant que, comme la guerre d’Irak, elle ne recevrait pas le soutien de l’OTAN) et une opposition interne ont contribué à éviter une autre guerre américaine au Moyen Orient.

Mais c’est comme si les va-t-en guerre du département d’Etat dépités par le succès russe à protéger leur allié syrien du destin de Kadhafi, et vexés de leur capacité constante à maintenir des bases aériennes et navales sur la cote Syrienne, redoublaient d’efforts pour provoquer la Russie. Comment le faire mieux qu’en interférant en Ukraine, qui a non seulement fait partie de l’Union soviétique mais aussi de l’Etat Russe depuis 1654 et qui était le centre du Rus de Kiev originel au dixième siecle ?

L’OTAN courtisait l’Ukraine depuis 1994, cinq ans avant que l’alliance ne s’étende pour inclure la Pologne, la Hongrie et la Tchécoslovaquie. Kiev a signé le plan d’action d’adhésion à l’OTAN en 2008, quand Victor Yushchenko était président, mais c’était en suspens quand Victor Ianoukovitch fut élu en 2010. Jouissant du solide soutien de l’Est russophone, Ianoukovitch gagna ce que les observateurs internationaux appelèrent une élection libre et démocratique.

Ianoukovich ne voulait pas que l’Ukraine rejoigne l’OTAN. Il voulait une Ukraine neutre maintenant les relations traditionnelles entre l’Ukraine et la Russie. Cela exaspéra Victoria Nulan, la tête du bureau Eurasie au Département d’Etat qui fit du projet d’attirer l’Ukraine dans l’OTAN le but de sa vie. Ceci serait le prix ultime pour l’OTAN en Europe de l’Est. Un pays de 44 millions d’habitants bien éduqués, de la taille de la France, stratégiquement situé sur la Mer noire historiquement dominée par la flotte russe de la Mer noire. Un pays divisé ethniquement entre l’Est russophone et généralement pro russe et l’Ouest plus orienté vers l’Occident et parlant l’ukrainien, avec un mouvement néofasciste vigoureux et férocement anti-russe- prêt à être utilisé.

Nuland, une ancienne aide de Cheney dont la vision du monde néoconservatrice a attiré favorablement l’attention de Hillary Clinton, et donc sa promotion, est la femme du politologue néoconservateur et avocat de la guerre en Irak Robert Kagan (Kagan fut un membre fondateur du célèbre think tank Project for a New American Century). Le couple représente les deux facettes d’un incessant complot néoconservateur : ceux qui travaillent à la destruction de la Russie et ceux qui travaillent à la destruction du Moyen Orient, utilisant consciemment des mensonges pour embrouiller les masses quant à leur but véritable.

Au National Press Club en Décembre 2013, Nuland se vanta que les Etats-Unis (à travers des ONG comme le « National Endowment for Democracy ») avait dépensé 5 milliards de dollars pour soutenir les « aspirations européennes » de l’Ukraine. Cette formulation délibérément vague est censée faire référence au soutien américain à l’admission de Kiev dans l’Union européenne. Le tort de Ianoukovitch, selon les US, n’était pas qu’il rejetait l’adhésion à l’OTAN, ceci ne fut jamais mentionné. Ianoukovitch avait soi-disant trahi les aspirations pro européennes de son peuple en ayant initié puis rejeté un accord d’association avec le bloc de commerce, craignant que cela ne signifie un régime d’austérité de style grec imposé au pays depuis l’extérieur.

A partir de Novembre 2013, la foule se rassembla sur le Maidan à Kiev pour protester entre autres contre le changement d’avis de Ianoukovitch au sujet de l’adhésion à l’EU. Le département d’Etat américain embrassa leur cause. On peut se demander pourquoi les Etats-Unis auraient des intérêts à promouvoir l’adhésion d’un pays à l’UE alors qu’elle constitue un bloc commercial concurrent. Quelle différence cela fait-il pour vous et moi si l’Ukraine a des liens économiques plus étroits avec la Russie ou l’Union Européenne ?

Le sale petit secret des Etats-Unis est de vouloir tirer profit de cet élan à rejoindre l’Europe pour attirer l’Ukraine dans l’OTAN, ce qui aurait pu être considéré comme la prochaine étape naturelle dans le réalignement de l’Ukraine.

Profitant de la colère populaire contre la corruption de Ianoukovitch mais aussi travaillant avec des politiciens connus pour être favorables à l’admission dans l’OTAN et à l’expulsion des forces navales russes de leur base de Crimée qu’elles occupent depuis 1780, et incluant les forces néofascistes qui haïssent la Russie mais détestent aussi l’Union européenne, Nuland et son équipe, y compris l’omniprésent John Mc Cain, firent leur apparition sur le Maidan, distribuant des cookies et encourageant la foule à destituer le président.

Cela fonctionna bien sûr. Le 22 février, à un jour de la signature d’un accord médié par l’Europe en vue de réformes gouvernementales et de nouvelles élections, et pensant que la situation s’était détendue, Ianoukovitch fut forcé de fuir pour sauver sa vie. Les forces néo-fascistes de Svoboda et du Secteur droit servirent comme troupes d’assaut pour renverser le régime. Les manoeuvres machiavéliques de Nuland avaient triomphé.

Il semblait qu’aprés 14 ans d’expansion, l’OTAN pourrait bientot être capable d’accueillir un énorme nouveau membre dans ses rangs, complétant l’encerclement de la Russie et fichant dehors la flotte russe, transformant la Mer noire en un lac de l’OTAN.

Hélas pour les néoconservateurs et les « interventionistes libéraux », le nouveau régime d’Arseniy Yatsenyuk et de ses alliés du Parti de Svoboda, choisi par Nuland, s’aliéna immédiatement la population russophone, qui demeure en rébellion armée rendant le pays ingouvernable, alors même que son économie s’effondre ; et l’idée d’expulser les russes de Sebastopol est devenue inimaginable.

Mais que veulent les stratèges de l’OTAN ? Où vont cette expansion sans fin et ces provocations irréfléchies ?

La Russie, une menace existentielle ?

Avant tout, les avocats de l’OTAN, bien qu’ils répètent souvent « qu’ils ne sont pas contre la Russie, que ceci n’a rien à voir avec la Russie » prennent en considération effectivement une constante menace russe. Le général Sir Adrian Bradshaw, l’officier britannique le plus gradé de l’OTAN, déclara en février que la Russie pose une évidente menace à notre existence ». Le général Joseph Votel, commandant des opérations spéciales US déclara au forum d’Aspen sur la sécurité en juillet que la « Russie pourrait poser une menace existentielle aux Etats-Unis »

Le président du House Armed Service Committee Mac Thornberry (R-Texas) a conseillé à Obama de signer une loi de financement militaire car la Russie pose une menace existentielle aux Etats-Unis. Le philanthrope George Soros (qui aime financer des révolutions « de couleur ») écrivit dans la New York Review of Books en octobre que l’Europe « est face à un défi russe à sa propre existence »

Ce sont des mots absurdes et stupides venant de personnalités haut placées. N’est-il pas évident que c’est la Russie qui est encerclée, pressée et menacée ? Que son budget militaire est une fraction du budget américain et que sa présence militaire globale est minuscule comparée à l’empreinte américaine ?

Mais quiconque regarde les débats des candidats présidentiels américains et qui peut percevoir la prévalence de la paranoïa au sujet de la Russie, la qualification sans réfléchir de Poutine comme nouveau Hitler, et l’expression obligatoire de la détermination à rendre l’Amérique plus forte peut comprendre pourquoi l’expansion de l’OTAN est horriblement dangereuse.

Les gens qui ne pensent pas rationnellement ou dont l’esprit est tordu par l’arrogance peuvent regarder la carte de l’expansion de l’OTAN et penser fièrement « Les choses doivent être ainsi ! Pourquoi quiconque questionnerait le besoin des nations de se protéger en s’alliant avec les Etats-Unis ? Ce sont des alliances comme l’OTAN qui préservent la paix et la stabilité dans le monde »

(Certains sont capables de penser cela, peut-être, mais le fait est que le monde est devenu moins paisible et beaucoup moins stable qu’il ne l’était pendant la guerre froide, quand les deux superpuissances se contrôlaient l’une l’autre. Les Etats-Unis ont émergé comme, ce qu’un diplomate français a appelé une « hyper-puissance » ou un hyper pouvoir intervenant avec impunité dans de multiples pays et produisant de nouvelles et souvent horribles formes de résistance.)

Les gens regardant une carte de l’OTAN en Europe peuvent aussi mentalement colorier le Montenegro. Cette petite république de l’Adriatique de moins de 650’000 habitants a été formellement invitée par l’OTAN à soumettre sa candidature le 2 décembre. Quels autres pays devront encore signer ?

Comme mentionné en 2008, l’OTAN annonça que la Géorgie et l’Ukraine adhéreraient. Mais leur cas est actuellement en attente. La Biélorussie, coincée entre la Pologne et l’Ukraine, a été sous le contrôle autoritaire du président Alexander Lukashenko depuis 1994. Le régime, considéré comme proche de Moscou, a été visé par une révolution de couleur ratée financée par les Etats-Unis en mars 2006. Le favori américain était Mikhail Marynich, un ancien ambassadeur en Lettonie et supporter de l’adhésion à l’OTAN. (Il participa à une réunion de l’OTAN à huis clos « Guerre et Paix » à Riga en Novembre 2006.)

Puis il y a la Moldavie, l’ancienne République soviétique de Moldavie, située entre la Roumanie et l’Ukraine. A l’est se trouve la république sécessioniste de Transnistrie, où les Moldaves sont une minorité et les Russes et les Ukrainiens représentent presque 60% de la population. C’est une zone de conflit gelé. Le rêve néoconservateurservateur est de changer tous ces régimes et de tous les amener dans le giron de l’OTAN.

Un Anneau pour les gouverner tous, Un Anneau pour les trouver,

Un Anneau pour les ramener tous et dans les ténèbres les lier

Au pays de Mordor où s’étendent les Ombres.

Que faites-vous quand vous avez complété l’encerclement occidental de la Russie ? Mais bien entendu vous déstabilisez le pays lui-même, espérant le scinder ! La Russie reste une nation multi-ethnique, multi-culturelle. Il y a des tensions et des mouvements sécessionistes à exploiter dans le Caucase en particulier, mais aussi en Sibérie et dans la péninsule de Karélie.

Si la Russie est une menace existentielle, sa propre existence est une menace, juste ? Donc pourquoi ne pas la démembrer ? La logique de l’expansion de l’OTAN ne requiert-elle pas un ennemi ? Et l’Amérique ne dirige telle pas le monde en battant des ennemis ?

Et si c’était l’OTAN la vraie menace ? (Après tout, dans son dernier projet majeur, n’a-t-il par détruit totalement l’état moderne de Libye et comme résultat déstabilisé le Mali ?)

Ne devrions-nous pas nous réjouir des tensions dans l’OTAN et de l’échec des états membres à allouer 2% de leur recette aux dépenses militaires ? Ne devrions-nous pas nous réjouir des résistances à l’extension de l’OTAN, des plaintes au sujet des pressions coercitives des Etats-Unis et des appels à plus de coopération avec la Russie plutôt qu’à la confrontation et la destruction ?

Gary Leupp

Article original en anglais :

NATO-Russia

NATO: Seeking Russia’s Destruction Since 1949

source originale : counterpunch.org, le 25 décembre 2015

Traduction : https://beerblogsite.wordpress.com

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En Ukraine, le "Wolfsangel" inversé est toujours là.

11 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #La République, #La finance dérégulée, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Terrorisme, #L'OTAN., #le nazisme

En Ukraine, le "Wolfsangel" inversé est toujours là.

Marioupol, 20 décembre 2015 : « Une race, une nation ! Gloire à l'Ukraine ! Gloire aux héros ! Mort aux ennemis ! »...

МАРШ ХОРОБРИХ "ІДУ НА ВИ!" В МАРІУПОЛІ © AZOV media

Marioupol, 20 décembre 2015

Selon les organisateurs de la « Marche des Braves », 5000 activistes ultranationalistes ont défilé dans le centre-ville, encadrés par des miliciens du bataillon Azov et leur "Wolfsangel" inversée : un symbole utilisé par la 2ème division SS « Das Reich » pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

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La marche était conduite par Andreï Biletski, chef du bataillon Azov et député au parlement de Kiev du groupe UKROP.

Le défilé s'est terminé Place de la Liberté (sic), où vient d'être érigé, en lieu et place de la statue de Lénine, un monument à la gloire de Siatovlav Ier, dit Siatovlav le Brave : un prince « Rus' » du Xème siècle qui, de Novgorod aux Balkans et de Kiev à la Volga, mit l'est européen à feu et à sang pour étendre son empire.

 L'objet de cette virile procession était d'affirmer avec force "l'ukranité" de Marioupol, en rappelant que « l'Ukraine de cette époque était crainte et respectée par ses ennemis », dixit l'humaniste Biletski dans son viril discours.

Les slogans ? « Une race, une nation ! Gloire à l'Ukraine ! Gloire aux héros ! Mort aux ennemis ! », etc. : tel est le prêt-à-porter idéologique du régime Porochenko-Iatseniouk-Nuland en guerre contre « les Moskali ».

Rappel historique : les "étudiants" d'EuroMaïdan à Lviv, 01/12/2013...

Autres rappels

Le groupe parlementaire "UKROP" d'Andreï Biletski, que Wikipedia et les médias occidentaux classent au « centre gauche » de l'échiquier politique ukrainien, rassemble des députés "non inscrits" (chez Porochenko) tels Boryslav BerezaBorys FilatovVolodymyr ParasiukDmytro Yarosh, etc.

Cette « Association ukrainienne des Patriotes » a été créée le 8 juin dernier par l'oligarque Ihor Kolomoyskyi (résident suisse et boucher d'Odessa), voir ici et .

Idéologie ? Le "social nationalisme", à ne pas confondre, bien sûr, avec le "national-socialisme" d'Adolf H...

 

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Extrait de la profession de foi : « All our nationalism is nothing — just a castle in the sand — without reliance on the foundation of blood Races. Traditional (postwar, postounivskomu) nationalism has put the cart before the horse – claim that the nation is linguistic, cultural or territorial and economic phenomenon. We certainly do not exclude the value of spiritual, cultural and linguistic factors, as well as territorial patriotism. But our deep conviction is that all this only derivatives from our race, our racial nature. If Ukrainian spirituality, culture and language are unique, it is only because our racial nature is unique. If Ukraine will become paradise on earth, it is only because our Race turned it so. »

Depuis la création de l'UKROP, le chef de son "conseil politique" était Hennadiy Korban, autre oligarque de Dniepropetrovsk, jusqu'à ce que cet individu soit embastillé par la SBU suite à disgrâce De Kolomoyskyi. Acte d'accusation (source ici) : « Suspicion of involvement in organized crime, embezzlement, and kidnapping ».

Embezzlement, ça veut dire détournement de fonds publics, prise illégale d'intérêts, corruption, etc. Bienvenu en Union européenne, camarades ukrainiens !

A propos de lutte anticorruption...

L'Ukraine de « l'EuroMaïdan » est rock & roll, mais chut !

De Marioupol à Homs

En mars 2014, le ministre Laurent Fabius expliquait doctement aux auditeurs de Radio Paris que l'Union Panukrainienne "Liberté" (le "Svoboda" de Tyahnybok, Paroubiy et Yarosh) n'était pas une organisation néonazie, mais un parti honorable, certes « un peu plus à droite que les autres » (voir ici), mais 100 % eurocompatible. Et depuis, le gouvernement français persiste dans son soutien indéfectible à un régime qui a intégré dans ses forces de sécurité les néo-nazis du bataillon Azoz : des "modérés", parait-il.

Idem au Moyen-Orient : le même ministre persiste à qualifier d'« opposition modérée » les djihadistes de l'Armée de la conquête : Jabhat al-Nosra (al Qaïda in Syria), Arhar al-Sham, Ansar Dine, etc. : de gentils Freedom Fighters dont le sectarisme radical apparent ne serait qu'illusion d'optique. Comme ses collègues américains et anglais, Fabius a supervisé les livraisons clandestines d'armement "léthal" à ces « rebelles modérés » -- rebelles au régime du dictateur Assad, seul ennemi de l'Occident dans la région --, et il a déclaré publiquement que ses p'tits gars « font du bon boulot ».

Middle East Eye, 17/11/2015 : « Le Front Al-Nosra soutient les attentats de Paris »...

De Homs à Marioupol, les mercenaires de l'ordre occidental sont des soldats "modérés", dit la télé de la République en état d'urgence. Leurs employeurs estiment qu'ils font du bon boulot, et les victimes seront ravies de l'apprendre.

Etat d'urgence ? J'ai fait le rêve d'une autre France...

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Crimes de guerre ukrainiens : une délégation française en approche

10 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Ukraine, #La Russie, #le nazisme, #Terrorisme

http://dnipress.com/…/crimes-de-guerre-ukrainiens-une-dele…/

Une délégation française en approche pour Donetsk qui se penchera avec les officiels et les avocats locaux sur les dossiers de crimes de guerre ukrainiens et sur les actions en justice qui vont être menées dans le futur pour traiter devant des tribunaux les milliers de dossiers de crimes de guerre perpétués par les Ukrainiens et les mercenaires, au moins un Français sera sans doute mis en cause dans les massacres et bombardements de civils, l'éventualité également d'autres se précisera sans doute avec le temps, s'ils ont déshonorer le nom de Français, les tribunaux et l'Histoire, tôt ou tard, se chargeront de faire justice, non seulement d'eux mais des criminels ukrainiens, il ne fera pas bon avoir soutenu ouvertement de tels assassins, il y a eu 1941 et 1942, il y a eu 2014 et 2015, mais il y a eu aussi 1945 et 1946, et il y aura des dates aussi pour que les comptes soient réglés, les crimes de guerre ne resteront pas impunis.

Les choses se précisent dans l’affaire des milliers de crimes de guerre commis par les bataillons de représailles néonazis ou non, de l’Armée ukrainienne qui sévit dans le Donbass mais aussi sur le territoire lui-même de l’Ukraine de Kiev. Jusqu’à présent une première série de 800 dossiers de crimes de guerre avait été déposée à la Cour européenne des Droits de l’homme, 1 500 autres étant encore en attente de dépôt. Les avocats de Donetsk et Lougansk continuent un travail acharné pour rassembler les témoignages, car les crimes continuent et les survivants des prisons ukrainiennes ou des personnes échappées affluent mois après mois dans le Donbass ou apparaissent dans d’autres régions du monde après de longs périples parfois très dangereux pour échapper aux griffes de la police politique de Kiev.

 

Mais l’étau se resserre inlassablement. En plus des dossiers qui se rassemblent et seront déposés dans les tribunaux compétents, environ 12 000 dossiers de personnes âgées qui avaient été privées en plein hiver de leurs pensions de retraite par Kiev et laissées en péril de mort sont déjà rassemblés et seront rejoints par plusieurs milliers d’autres. Cette décision contraire au Droit international mettait en jeu la vie de ces populations civiles fragiles. Prise par Kiev, elle devrait aussi lui coûter cher et ne sera pas oubliée dans les futurs tribunaux qui statueront sur les criminels de guerre ukrainiens, à quelque niveau de l’appareil d’Etat qu’ils se trouvent. La délégation française qui arrivera lundi à Donetsk est une avant-garde venant officiellement à la rencontre des autorités et de leurs collègues avocats pour établir les premières collaborations en vue des actions en justice qui seront menées.

 

 

 

http://reseauinternational.net/porochenko-bientot-accuse-de-crimes-de-guerre-par-la-cour-penale-internationale/

 

Selon les promesses faites par la délégation, une autre plus importante et plus prestigieuse dans sa composition viendra affermir les contacts et pourra permettre le début des travaux. Il est assez notable que ce soit la France qui malgré son gouvernement passablement impliqué dans le soutien au gouvernement illégal et criminel de Kiev, sera à la pointe du combat judiciaire qui durera sans doute de nombreuses années. Un aspect important de la visite sera aussi les actions judiciaires qui vont être menées contre les anciens criminels de guerre français des bataillons ukrainiens, dont le tristement célèbre Azov. Une équipe française rassemblait dans le plus grand secret des informations capitales, des preuves non contestables mettant en cause au moins l’un des « Français » du bataillon Azov qui par ailleurs organise une réunion néonazie dans la ville de Nantes. A ce sujet, des institutions ont déjà bougé et l’identification des participants est en cours pour que la justice fasse aussi son œuvre en France, rappelons que la glorification et la promotion du néonazisme en France est interdite, bien heureusement. Le document principal sera remis à la délégation française pour que justice soit faite, ce dernier une fois encore étant accablant sur le thème des tueries de civils dans le Donbass.

 

Le formidable travail d’enquête se poursuit donc à tous les niveaux, tant dans le Donbass, qu’en Europe et maintenant en France. Le gouvernement français bientôt mis devant des milliers de preuves incontestables aura désormais de plus en plus de mal à soutenir la cause de Kiev et surtout les néonazis qui se cachent derrière, en Ukraine… et en France. Un jour ou l’autre, la fête pour eux se terminera, devant les tribunaux compétents et le patient travail de collecte d’informations sur les milieux activistes souterrains de l’Ukraine en France pourra également servir concrètement dès que la première condamnation fera jurisprudence. Le temps viendra ou la dénazification de l’Ukraine sera inéluctable, et entraînera fatalement le démantèlement des groupuscules français qui s’organisent dans la foulée de la guerre meurtrière de l’Ukraine brune jusque sur notre territoire.

 

 

 

Rappelons que les réseaux ukrainiens comptent de nombreux journalistes, des personnalités politiques infiltrées dans un certain nombre de partis français, notamment et surtout le Parti socialiste, les Républicains et l’UDI, sans parler d’une petite faune camouflée de soutiens de l’Ukraine dans diverses associations qui récoltent des fonds, de l’argent et des armes pour l’Ukraine en pratiquant une désinformation criminelle sur la guerre menée par les tueurs ukrainiens dans le Donbass ou les répressions politiques terribles menées par le régime de Kiev. La teneur des documents rassemblés en ce moment pour la réunion des premiers tribunaux internationaux comptent des cas terribles de tortures, viols, exécutions sommaires, pillages, répressions politiques, assassinats politiques, kidnappings, rackets, persécutions religieuses, persécutions ethniques, Droits de l’Homme et Démocratie bafoués. J’ai moi-même eu à consulter quelques-uns des documents et relevés dans des interviews des témoignages terrifiants dont quelques-uns ont déjà été rendus publics. La Justice est en marche, rien ne l’arrêtera, non plus que la vérité et je peux dire que tôt ou tard, tous ceux qui de près ou de loin auront soutenu l’Ukraine brune, en France ou ailleurs n’auront plus guère d’arrogance, les nazis en 1945 n’en avaient d’ailleurs plus du tout !

 

Laurent Brayard pour DONi.Press

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Azov à Nantes, Vichy à Paris

8 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Russie, #Ukraine, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'OTAN., #le nazisme, #La mondialisation, #Terrorisme

vendredi 8 janvier 2016

Azov à Nantes, Vichy à Paris
Azov à Nantes, Vichy à Paris

Nantes, belle ville bourgeoise, invite en ses murs la réunion du bataillon Azov. Ce bataillon aux insignes nazis qui sévit en Ukraine pour le plus grand bonheur de la démocratie européenne. Il semble que les bourreaux soient plus attirant que les victimes.

Le 16 janvier, Nantes va être le témoin de la réunion du bataillon Azov, bataillon sanguinaire qui a été intégré dans la garde nationale ukrainienne. Voici son insigne:

Azov à Nantes, Vichy à Paris

Différentes vidéos circulent sur les atrocités commises par ce bataillon. Notamment, le groupe de haker Cyberberkut avait diffusé une vidéo les montrant brûlant vif un "séparatiste" baillonné. On se souviendra également des exécutions sommaires de prisonniers dans les territoires qu'ils contrôlaient dans le Donbass. La télévision allemande lors d'un reportage a montré les insignes nazis de ses membres.

C'est également ce bataillon qui fait des marches aux flambeaux la nuit pour faire peur aux populations. La dernière eut lieu à Mariupole:

Azov à Nantes, Vichy à Paris
Azov à Nantes, Vichy à Paris

Différentes vidéos circulent sur les atrocités commises par ce bataillon. Notamment, le groupe de haker Cyberberkut avait diffusé une vidéo les montrant brûlant vif un "séparatiste" baillonné. On se souviendra également des exécutions sommaires de prisonniers dans les territoires qu'ils contrôlaient dans le Donbass. La télévision allemande lors d'un reportage a montré les insignes nazis de ses membres.

C'est également ce bataillon qui fait des marches aux flambeaux la nuit pour faire peur aux populations. La dernière eut lieu à Mariupole:

Est-ce ce spectacle que veut donner Nantes aux habitants de la ville?

Occupée lors de la Seconde guerre mondiale, Nantes a été bombardée par les alliés. 700 immeubles et bâtiments ont été détruits. Près de 2000 personnes sont mortes. Il a fallu reconstruire la ville.

Nantes invite Azov, un groupe militaire nazi, à se réunir en ses murs. Un groupe interdit, justement car nazi, au Canada, aux Etats Unis et évidemment en Russie.

Même le CRIF s'inquiète, citant la presse anglosaxonne qui d'une seule voix qualifie ce bataillon de néo-nazi. Seule la presse française semble ne pas trop s'en émouvoir.

Et enfin, que peut apporter un bataillon militaire néonazi à la ville de Nantes et à ses habitants? Expliquer ses techniques de tortures? Comment fabriquer des explosifs avec ce que l'on trouve dans le garage? Comment appeurer les opposants au point qu'ils se terrent comme des rats?

Ce sera certainement un moment rare de culture et de politique.

Vive la France! Vive Vichy!

Publié par Karine Bechet-Golovko

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Entretien avec Alexandre Orlov, Ambassadeur de Russie (Janvier 2016)

7 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #Ukraine, #le nazisme, #Terrorisme, #Europe supranationale, #Economie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

jeudi 7 janvier 2016

Entretien avec Alexandre Orlov, Ambassadeur de Russie (Janvier 2016)

 

Un entretien réalisé par la web tv Thinkerview
Thèmes abordés :
Géopolitique, Russie, Terrorisme, Syrie, USA, France, Allemagne, Union Européenne, Arabie Saoudite, Qatar, Turquie Iran, Jordanie, Intérêts Américains, OTAN, Ukraine, Fabius, Hollande, Sanctions économique, DAESH, politique de diversification, Agriculture, COP21, Président du Club des Ambassadeurs, Accords de Minsk, Multiconfessionnelle, Islam radicale, Bataclan, Beslan, Guerre de Tchétchénie, Etat Islamique, Imam de France, Complices de Daesh, Trafique de pétrole, Nucléaire, Espace, Académie des Sciences, Passage Arctique, Missile S400, Wikileaks, Trahison, Indépendance de la France, IFRI, Nucléaire Civil Saoudien, Prix Nobel de Littérature, Sanctions Banques Françaises, Territoire Kurde, l'affaire des Mistral, Amitié et contact entre les hommes.
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Le peuple ukrainien distrait par le conflit dans le Donbass ne voit pas qu'il se fait voler par les oligarques - Rapport de situation de la RPD du 6 janvier 2016

7 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #le nazisme, #AMERIQUE, #Les transnationales, #Les média, #Le grand banditisme, #L'OTAN.

Le peuple ukrainien distrait par le conflit dans le Donbass ne voit pas qu'il se fait voler par les oligarques - Rapport de situation de la RPD du 6 janvier 2016

"La partie ukrainienne, en violation de tous les accords, continue de mener d'inquiétants bombardements de provocation sur le territoire de la République. Durant la journée écoulée, les militaires ukrainiens ont tiré sept obus d'un calibre de 82 mm. La localité de Zheleznaya Balka a été bombardée," a rapporté mercredi le commandant en second de l'armée de Donetsk Edouard Bassourine. "Les actions des radicaux ne seront pas dictées par les intérêts du peuple ukrainien, mais par les superviseurs étrangers, à travers les oligarques, intéressés par la possibilité de distraire à nouveau le peuple du fait qu'ils sont en train de voler l'Ukraine," a indiqué Bassourine qui a exhorté "le peuple ukrainien au rassemblement et à l'organisation de manifestations pacifiques, ainsi qu'à la résistance publique active en Ukraine."

"Les services de renseignement de la République populaire de Donetsk continuent d'enregistrer le transport de soldats et d'équipement militaire des FAU.

À Granitnoye, à 1 km de la ligne de contact, une concentration de soldats allant jusqu'à 1400 hommes a été enregistrée.
A Fyodorovka, à 10 km de la ligne de contact, l'arrivée d'un train portant quatre obusiers "Ghiatsint-B" de 152 mm, deux systèmes antichars "Fagot" basés sur le MT-LB et une voiture avec des munitions a été enregistrée.

Dans leur rapport du 5 janvier 2016, la mission de l'OSCE souligne l'absence d'équipements militaires dans les zones de stockages prévues, à savoir huit chars d'assaut, neuf mortiers de 120 mm et 13 obusiers D-30 de 122 mm.

Tout ceci indique que les autorités politiques et militaires ukrainiennes ne veulent pas respecter les accords de Minsk et continuent d'aggraver le conflit dans le Sud-Est du pays. Et ce, alors que les marionnettes pro-occidentales ne portent pas le moindre intérêt au manque de préparation au combat des FAU, provoqué par le fait que leur moral a été sapé pendant deux ans, et la population ukrainienne est fatiguée de la guerre dans le Donbass.

Toutes les provocations de la partie ukrainienne sont menées par les membres des unités nationalistes "Azov", "Dniepr-1", "Kiev-1" et leurs semblables. Les groupes militaires radicaux sont approvisionnés par des oligarques locaux, comme Kolomoïski, Pinchouk et d'autres, influencés par les banquiers occidentaux. Cela suggère que les actions des radicaux ne seront pas dictées par l'intérêt du peuple ukrainien mais par les superviseurs étrangers, à travers les oligarques, qui sont intéressés par la possibilité de distraire à nouveau le peuple du fait qu'ils sont en train de voler l'Ukraine.

Nous appelons le peuple ukrainien au rassemblement et à l'organisation de manifestations pacifiques, ainsi qu'à la résistance publique active en Ukraine. Libérez votre terre de l'esclavage américain et des des oligarques corrompus!

Nous exhortons à nouveau la mission de surveillance de l'OSCE à faire tous les efforts possibles pour stopper les provocations des punisseurs ukrainiens et les violations des accords de Minsk par l'Ukraine, qui visent à aggraver le conflit militaire dans l'Est de l'Europe.

C'est la paix que nous voulons; nous ne voulons pas la guerre!" - a annoncé Bassourine.

 

Commandant en second Edouard Bassourine, traduction officielle depuis l'anglais par Úlfdís Haraldsdóttir

Agence DONi News

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Au front dans les nuits glacées, les volontaires internationaux du Donbass.

6 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Ukraine, #La République, #La Russie, #le nazisme, #Le fascisme, #Terrorisme, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'OTAN.

Ils sont une poignée, quelques dizaines peut-être, ils viennent de tous les horizons, de Russie bien sûr, mais aussi surtout de Serbie, d’Espagne, de France… oui de France, ils sont une douzaine, deux sont en attente d’incorporation, deux autres sont en approches du Donbass. Autour d’eux et avec eux se trouvent aussi quelques Finlandais, Brésiliens et autres Sud-Américains, Italiens, Catalans, Grecs, un Indien perdu au milieu de la communauté du Donbass, j’ai même entendu parler d’Asiatiques que je n’ai encore jamais rencontrés, cela viendra peut-être. Le froid est polaire, dans une position arrière où je viens de passer la nuit, j’accompagne un groupe de volontaires qui viennent au petit matin relever leurs camarades.

 

Je n’ai pas la chance de rester la nuit suivante sur la ligne du front, l’atmosphère est pesante, le froid prend à la gorge, le paysage est saturé par la neige, le véhicule qu’il a fallu réchauffer démarre en pétaradant expulsant une fumée noire et âcre. Les soldats jettent leurs sacs dans le camion, ils emportent aussi la ration d’eau potable pour la relève, environ 30 litres. Nous ferons à peine deux kilomètres brinqueballés en tous sens. La route est défoncée mais plus praticable, tout le terrain a gelé, il serait propice à une offensive. En cheminant, je pense que dans le paysage, le camion qui se détache doit faire une très belle cible, il n’est pas camouflé hiver. Nous atteignons bientôt la position, tout est pris dans les glaces, le repos des hommes est une sorte d’ancienne usine, les lieux sont criblés d’éclats d’obus, de balles, de graffitis des soldats. Nous les trouvons couchés et emmitouflés dans des duvets, les têtes sont hirsutes et hagardes.

 

La nuit a été dure assurément, le thermomètre affiche ce jour-là – 15 °C, les toilettes improvisées n’émettent plus à cette température d’odeurs désagréables, des boîtes de conserve sont éparpillées ici et là, la boîte de singe du Poilu, elle n’inspire ici moins que confiance… il y en a deux sortes, le fameux « Pachtet », sorte d’improbable pâté de foie, sans pâté et sans foie, ainsi que le « Touchon ou Touchonka ». Il y a eu des bivouacs et des bases où j’ai vu quand même un ordinaire bien meilleur que celui que je découvre ici. L’ambiance est lourde, ceux qui viennent de passer une nuit dans les tranchées voudraient dormir, les autres qui sortent de la base ne sont pas pressés au vu des conditions climatiques de prendre la relève. Les tranchées sont à deux pas, il est interdit de photographier. Des débris sont épars ici et là, la neige recouvre le tout donnant une bizarre impression d’un relief tourmenté. La région pourtant est presque un billard, quelques terrils sont autant de points d’appuis et d’observations, le terrain comporte parfois des chemins creux, quelques étangs ou mares avec les inévitables marécages annoncés par des roseaux.

 

La relève se fait dans la grogne mais tout ce petit monde doit repartir, ils se reposeront plus tard. Le camion est plein au retour, sacs, matériels, armes et les hommes. Monter dans l’engin est déjà une acrobatie, mais un tel camion est capable d’affronter toutes les températures et tous les terrains. Depuis l’âge du moteur les Russes ont toujours su créer de robustes véhicules, à n’en pas douter la totalité du parc automobile de l’Armée française serait paralysé dans de telles conditions et elles iront en s’aggravant, les jours suivants, les températures chutent à – 21 °C. Je connais déjà ce cap de longue date, mais la plupart des hommes qui sont ici connaissent pour la première fois de telles températures et je n’aurais pas à affronter des nuits entières la froideur excessive qu’ils doivent endurer. Le froid use les âmes et les corps, malgré les apparences, les locaux sont aussi touchés, beaucoup de Russes sauf les volontaires Sibériens ou des parties les plus septentrionales de la Fédération de Russie sont aussi en souffrance.

 

Les Français sont là, ils m’impressionnent tout de même, Tonio trouve la force de plaisanter, lui l’homme du Midi. Un autre ; le plus jeune de la troupe, pas même 19 ans ; montre peut-être le plus de courage et d’entrain. C’est lui pourtant qui doit porter l’arme la plus lourde du groupe, un fusil-mitrailleur avec ses boîtes de cartouches. Nous rentrons à la base par le même chemin, les volontaires devront aller se procurer de l’eau chez une grand-mère, leur voisine. Comme partout les animaux de compagnie entourent les soldats. La section d’Erwan possède trois chiens et un chat, ils suivent le groupe partout. Le plus jeune des chiens est encore un chiot, il pleure, il a compris que l’intérieur du campement est autrement plus confortable que sa niche ! L’arrivée de la troupe est toutefois une joie pour eux, promesse de quelque nourriture ou d’une friandise.

 

Je laisse les camarades avec la sensation que leurs conditions sont sans doute parmi les plus terribles du front. J’ai vu de nombreux camps, des positions, ailleurs, sur la ligne de Donetsk, au Sud, au Nord, je repars en étant fier du courage qu’ils ont à affronter le général hiver, mais aussi bien sûr l’ennemi, l’unité a subi des pertes, de lourdes pertes ces trois dernières semaines. Je rentre dans mon logis au chauffage indigent, toutefois une quinzaine de degrés c’est déjà un luxe inouï, car au front les volontaires étrangers, les volontaires français vont devoir compter encore pendant de nombreuses semaines avec l’hiver. Cette année, il s’annonce hélas exceptionnel dans le Donbass. La nature fait bien les choses… les Ukrainiens n’y échapperont pas. Il est étrange alors de penser, que tant en 1812, qu’en 1941 et que probablement cette année, les hivers avaient été terribles et annonciateurs des déroutes… pour l’imprudent occidental venu troubler l’Ours slave.

 

Laurent Brayard pour DONi.Press

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« Coup d’état » en Ukraine sous régie USA/Otan : « Heil mein Nato ». L’art de la guerre, par Manlio Dinucci

6 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La République, #La Russie, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #le nazisme, #Terrorisme, #L'Allemagne;

« Coup d’état » en Ukraine sous régie USA/Otan : « Heil mein Nato »

L’art de la guerre

Par Manlio Dinucci

Mondialisation.ca, 05 janvier 2016

ilmanifesto.info

porochenko_nazi

La feuille de route pour la coopération militaire Otan-Ukraine, signée en décembre, intègre désormais pratiquement les forces armées et l’industrie guerrière de Kiev dans celles de l’Alliance sous conduite USA. Il ne manque plus que l’entrée formelle de l’Ukraine dans l’Otan. Le président Poroshenko a annoncé à cet effet un « référendum » dont la date est à définir, en pré-annonçant une nette victoire des « oui » sur la base d’un «sondage» déjà effectué. De son côté l’Otan garantit que l’Ukraine, « un des plus solides partenaires de l’Alliance», est « fermement engagée à réaliser la démocratie et la légalité ».

Les faits parlent clair. L’Ukraine de Poroshenko -l’oligarque qui s’est enrichi avec le saccage des propriétés d’Etat, duquel le premier ministre Renzi loue le « sage leadership » – a décrété par loi en décembre la mise au ban du Parti communiste d’Ukraine, accusé d’ « incitation à la haine ethnique et violation des droits humains et des libertés ». Sont interdits par loi même les symboles communistes : chanter l’Internationale comporte une peine de 5 à10 ans de réclusion.

C’est l’acte final d’une campagne de persécution analogue à celle que marquèrent l’avènement du fascisme en Italie et du nazisme en Allemagne. Sièges de parti détruits, dirigeants lynchés, journalistes torturés et assassinés, militants brûlés vifs dans la Bourse du Travail à Odessa, civils sans armes massacrés à Marioupol, bombardés au phosphore blanc à Slaviansk, Lougansk et Donetsk.

Un véritable coup d’état sous régie USA/Otan, avec l’objectif stratégique de provoquer en Europe une nouvelle guerre froide pour frapper et isoler la Russie et, en même temps, renforcer l’influence et la présence militaire des Etats-Unis en Europe. Comme force d’assaut ont été utilisés, dans le putsch de Place Maïdan et dans les actions successives, des groupes néo-nazis entraînés et armés à cet effet, comme le prouvent les photos de militants Uno-Unso entraînés en 2006 en Estonie. Les formations néo-nazies ont ensuite été incorporées dans la Garde Nationale, entraînée par des centaines d’instructeurs étasuniens de la 173ème division aéroportée, transférée de Vicence en Ukraine, accompagnés par d’autres de l’Otan.

L’Ukraine de Kiev est ainsi devenue le « vivier » du nazisme renaissant au coeur de l’Europe. A Kiev arrivent des néo-nazis de toute l’Europe (Italie comprise) et des USA, recrutés surtout par Pravy Sektor et par le bataillon Azov, dont l’empreinte nazie est représentée par l’emblème calqué sur celui des SS Das Reich. Après avoir été entraînés et mis à l’épreuve dans des actions militaires contre les Russes d’Ukraine dans le Donbass, on les fait rentrer dans leurs pays avec le «laissez-passer » du passeport ukrainien. Simultanément on diffuse en Ukraine l’idéologie nazie parmi les jeunes générations. Dont s’occupe en particulier le bataillon Azov, qui organise des camps d’entraînement militaire et de formation idéologique pour enfants et adolescents, auxquels on enseigne avant tout à haïr les Russes.

Cela advient avec la connivence des gouvernements européens : par initiative d’un parlementaire de la République Tchèque, le chef du bataillon Azov, Andriy Biletsky, aspirant « Führer »  de l’Ukraine, a été accueilli au parlement européen en tant qu’ « orateur invité ». Le tout dans le cadre de l’ « Appui pratique de l’Otan à l’Ukraine », comprenant le « Programme de potentialisation de l’éducation militaire » auquel ont participé, en 2015, 360 professeurs ukrainiens, instruits par 60 experts Otan. Dans un autre programme Otan, « Diplomatie publique et communications stratégiques », on enseigne aux autorités à «contrecarrer la propagande russe» et aux journalistes à « générer des histoires factuelles depuis la Crimée occupée et l’Ukraine orientale ».

 Manlio Dinucci

Edition de mardi 5 janvier 2016 de il manifesto

http://ilmanifesto.info/ucraina-heil-mein-nato/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

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Soutien de la France aux néo-nazis de Svoboda

6 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #La Russie, #Ukraine, #le nazisme, #Terrorisme, #L'OTAN., #Europe supranationale, #Le fascisme

Soutien de la France aux néo-nazis de Svoboda.

. L. Fabius - Questions au gouvernement - Assemblée Nationale (25/02/14)
2. L. Fabius - l'invité du 7/9 - France Inter (05/05/14)
3. Vidéo interne sur l'accord de coopération Front National / Svoboda (23/11/09)
4. Wikipedia - Gouvernement_Iatseniouk
5. Wikipedia - Union_panukrainienne_«_Liberté_»
6. Wikipedia - Wolfsangel
7. Wikipedia - Centre_Simon-Wiesenthal
8. www.wiesenthal.com/2012slurs
9. Olivier Berruyer - Les experts - BFM Business (17/03/14)
10. BHL - itélé - invité de L. Ferrari (25/02/14)

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