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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #le nazisme tag

Ukraine: un État en faillite et la persécution des citoyens âgés dans le Donbass. Par Alexander Donetsky –

8 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #Economie, #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #La finance dérégulée, #Les transnationales, #le nazisme

Ukraine: un État en faillite et la persécution des citoyens âgés dans le Donbass


Par Alexander Donetsky – le 5 avril 2015 – Source strategic-culture

Les dirigeants ukrainiens aiment proclamer que l’Ukraine et l’Europe partagent les mêmes valeurs. Une des valeurs très importantes pour les Européens est l’engagement pour les droits sociaux, cité dans le préambule du Traité sur l’Union européenne. La Charte sociale européenne, elle aussi, garantit le droit à une protection sociale égale pour tous les citoyens, quel que soit l’endroit où ils vivent.

 

Le régime ukrainien a dépouillé de leurs pensions légitimes au moins un million de ses citoyens retraités qui vivent dans les Républiques populaires de Donetsk et de Lugansk. Les prestations sociales ont été coupées dans le Donbass en juillet 2014. En novembre de la même année, Kiev a décidé que pour recevoir une pension, les personnes âgées devaient quitter les zones qui n’étaient plus sous le contrôle de Kiev et s’enregistrer comme migrants de l’intérieur en Ukraine. Mais le versement d’une pension mensuelle (environ 60 euros) ne couvre pas encore les coûts d’un loyer, qui peut atteindre jusqu’à 100 euros par mois, même dans les petites villes.

Ceux qui décident de se déplacer devront de toute façon faire face à d’autres problèmes. Le 4 mars 2015, le Conseil des ministres d’Ukraine a adopté une résolution exigeant de tous les citoyens ukrainiens qui quittent les zones de l’opération anti-terroriste (ATO) qu’ils s’enregistrent au service des migrations. Ce service est obligé de vérifier que les migrants vivent bien à l’adresse sous laquelle ils sont inscrits. Les documents donnant accès aux services sociaux ne sont pas validés jusqu’à ce qu’ils aient été tamponnés par le service des migrations. Personne n’a droit à une aide sociale sans ce tampon. C’est la même procédure que celle utilisée pour contrôler les prisonniers en liberté conditionnelle, ce qui signifie que certains citoyens ukrainiens sont traités comme des criminels uniquement sur la base de l’endroit où ils vivent.

Les autorités ukrainiennes font tout ce qu’elles peuvent pour empêcher les citoyens âgés de quitter les Républiques populaires de Donetsk et Lugansk. En janvier 2015, une série de postes de contrôle ont été établis dans toute la zone ATO. Ce fardeau est particulièrement lourd pour les citoyens âgés qui sont forcés d’endurer toutes les difficultés et les humiliations d’un changement de domicile pour recevoir leurs pensions de retraite. Pour obtenir un titre de voyage, les citoyens vivant dans les Républiques populaires de Donetsk et de Lugansk doivent passer par un poste de contrôle et montrer des documents prouvant qu’ils ont besoin de se rendre dans une zone contrôlée par Kiev. Pour être recevable, la preuve doit inclure un document (délivré par une institution médicale) attestant la maladie ou la mort d’un membre de la famille, la preuve de l’enterrement d’un parent, la propriété d’un immeuble, une lettre d’un employeur, etc. L’itinéraire précis du déplacement doit aussi être indiqué.

En principe, il faut dix jours pour obtenir un laissez-passer, mais en réalité, cela prend beaucoup plus de temps, parfois jusqu’à un mois. Les laissez-passer sont délivrés par le SBU et n’importe qui peut se voir refuser la permission de se rendre sur la tombe d’un parent si lui ou elle est considéré comme une menace pour la sécurité nationale de l’Ukraine.

Les autorités ukrainiennes soumettent les résidents des républiques rebelles à toutes sortes d’humiliations. Par exemple, une femme vivant dans la ville de Krasnyi Luch dans la région de Lugansk a raconté qu’à un point de contrôle, des soldats ukrainiens ont forcé tous les citoyens âgés à sortir d’un bus, les ont alignés et leur ont fait chanter l’hymne ukrainien. Les personnes âgées qui ne connaissaient pas les paroles ont été contraintes d’apprendre l’hymne par cœur, mais même ensuite, il leur a été interdit de poursuivre leur voyage. Les soldats sont restés impassibles devant les larmes et les supplications.

Il n’est pas surprenant que les gens dans une situation aussi désespérée tentent de se frayer un chemin au travers de cette frontière artificielle, et d’éviter les points de contrôle en passant par des champs truffés de mines. Le 25 mars, un bus régulier roulant vers Horlivka a explosé dans le district d’Artemivsk, tuant quatre passagers et en blessant onze. Mais même le risque de mourir sur la route ne peut pas arrêter des gens qui meurent de faim. Soixante-dix-sept personnes âgées sont mortes de faim à Krasnyi Luch seulement. Et personne ne peut dire combien de vieux sont tout simplement morts d’inanition dans leurs maisons.

Le président Porochenko a ordonné aux autorités locales d’établir des zones fortifiées autour des républiques, de couper les relations routières et ferroviaires avec les districts rebelles. Pratiquement, le seul moyen pour les habitants du Donbass de se rendre en Ukraine est de passer par la Russie. C’est un long voyage de plusieurs centaines de kilomètres, qui oblige à passer quatre fois par des douanes et peut durer entre 27 et 32 heures.

Dans une tentative de réclamer leurs droits, des citoyens âgés du Donbass se sont tournés vers les autorités judiciaires d’Ukraine. Par exemple, un retraité nommé Felix Ivanov a fait appel à la Cour administrative suprême d’Ukraine, demandant l’annulation de l’ordonnance suspendant les opérations bancaires dans les régions de Donetsk et Lugansk, qui ne sont pas sous le contrôle de Kiev, parce que les prestations sociales des personnes âgées du district leur sont payées directement sur leurs comptes de retraite. Et si ceux-ci sont gelés, ces gens n’ont plus rien pour vivre. Les députés du bloc de l’opposition ont déposé une plainte similaire à la Cour constitutionnelle d’Ukraine. Douze résidents de Lugansk ont gagné le droit à des pensions et à des prestations sociales. Le tribunal du district de Kiev a ordonné au gouvernement ukrainien de payer un milliard et quatre-vingts millions de hryvnias aux plaignants, retraités, mères célibataires, personnes handicapées et anciens combattants.

A la vue de l’engagement des tribunaux à appliquer les lois ukrainiennes, le gouvernement de Kiev a commencé à se battre contre le système judiciaire. Des officiers du SBU et des procureurs ont fait des descentes dans les bureaux des juges qui avaient publié cette décision en première page, et les juges qui avaient invalidé la décision gouvernementale de ne pas payer les pensions et les prestations à quiconque vit dans les zones non contrôlées par Kiev on reçu des avis d’enrôlement dans l’armée.

C’est extrêmement difficile pour les citoyens ukrainiens qui vivent dans les Républiques populaires de Donetsk et Lugansk de recourir à un tribunal pour défendre leurs droits à cause du système de checkpoints et des services postaux qui ne fonctionnent pas. Aleksei Zhigulin, le président de l’organisation de défense des droits humains Justice, et avocat à Donetsk, ainsi que Daniil Shchipkov, directeur de l’organisation Fair Protection [protection équitable], essaient d’aider ces gens. Via la Russie, ils ont déposé 3 500 plaintes auprès des tribunaux ukrainiens au nom de personnes âgées vivant dans les Républiques populaires de Donetsk et Lugansk. Ces plaintes ont été rédigées de telle manière qu’elles n’exigent pas la présence physique des plaignants au tribunal. Des détails sur la manière dont les droits des retraités ont été violés seront aussi transmis aux organisations européennes de défense des droits humains, à l’OSCE et aux parlements des pays européens.

Ce que l’Ukraine est en train de faire viole les dispositions de l’Accord de Minsk, qui exigent que Kiev restaure intégralement ses liens sociaux et économiques avec le Donbass, incluant les transferts sociaux tels que le versement des retraites et d’autres paiements. L’Accord de Minsk spécifie qu’à cette fin, l’Ukraine restaurera sa gestion sur le segment de son système bancaire dans les districts touchés par le conflit et, éventuellement, un mécanisme international sera mis en place pour faciliter ces transactions. Contrairement aux promesses faites par Petro Porochenko devant les dirigeants de France, d’Allemagne et de Russie, et approuvées par une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, le blocus du Donbass et les violations des droits des citoyens ukrainiens vivant là-bas n’ont fait que s’intensifier.

Le gouvernement ukrainien, qui entraîne l’économie du pays par le fond, tente de dépouiller tous les habitants du Donbass de leur droit à des prestations sociales et de sauver ainsi un peu d’argent pour la nation. Le ministre de la Politique sociale a reconnu que le fonds de pension de l’Ukraine est en faillite, avec 80 milliards de hryvnias dans le rouge. L’État ukrainien n’a aucun moyen de combler ce déficit.

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francophone

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La guerre approche. La Pologne : base logistique de l’OTAN. Par Konrad Stachnio

7 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #Politique étrangère, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #le nazisme, #Le fascisme, #Terrorisme

Guerre nucléaire

Guerre nucléaire

Jacek Rostowski, ancien ministre des Finances de Pologne, a simplement déclaré :

 

«Cette guerre, la guerre grandeur nature, permettra de masquer et d’une certaine façon de protéger les milieux financiers des effets de l’écroulement de l’économie occidentale basée sur le dollar, qui est si vulnérable à la spéculation.»

La Pologne :
base logistique de l’OTAN.

 

Par Konrad Stachnio – Le 31 mars 2015 – Source NEO

Des collègues journalistes étrangers me demandent souvent pourquoi la Pologne et les Polonais sont si stupides et aident à couler l’Ukraine tout en étant l’idiot utile des États-Unis. Cette question exprime un malentendu profond sur ce qu’est l’Ukraine et sur ce que la Pologne est devenue.

À présent, dans le jeu géopolitique, la division entre l’Ukraine et la Pologne n’est qu’apparente. Il est plus approprié de dire que nous traitons de deux colonies des États-Unis : la colonie A -–l’Ukraine – et la colonie B – la Pologne. Ces deux bases américaines sont conçues pour exécuter des fonctions militaires spécifiques. La Pologne sert de terrain d’entraînement et d’entrepôt tandis que l’Ukraine est un champ de bataille réel. Le champ de bataille est soutenu par le lieu d’approvisionnement, c’est-à-dire la logistique, donc la Pologne.

 

Durant les six dernières semaines, le gouvernement supposé être polonais vient d’annoncer des formation obligatoires aussi bien aux hommes nouvellement transférés aux forces de réserve qu’aux réservistes qui n’ont pas encore été en service actif. Conformément aux règlements précédents, seuls peuvent être déclarés aptes ceux qui ont été en service actif ou qui ont accompli une période de service militaire.

Autrement dit, la formation militaire a été rendue obligatoire pour tous les hommes en dessous de l’âge de 50 ans. Après le 23 mars de cette année, date à laquelle le règlement du Premier ministre Ewa Kopacz est entré en vigueur, les Polonais peuvent être appelés pour le service militaire en recevant une formation à tout moment, même s’ils ne sont pas disponibles.

De plus, depuis six semaines le gouvernement polonais a présenté plusieurs autres lois en relation avec l’armée qui peuvent être perçues comme des préparatifs de guerre. Je veux dire, par exemple, les règlements concernant les dommages et intérêts causés par des troupes étrangères, ou le règlement sur les coûts des obsèques des soldats non professionnels.

Évidemment, c’est ainsi que la Pologne est censée se défendre contre les agresseurs russes, bien qu’à mon avis il serait plus raisonnable de se protéger contre ceux qui, sur YouTube, décapitent une effigie du président polonais, qui est ensuite jetée sur le seuil du consulat de ce pays.

Cependant, selon ce qu’un des sponsors principaux de la démocratie dans le monde – George Soros – a dit, la démocratie ukrainienne devrait être un modèle à suivre pour d’autres pays. Ce modèle fait partie du contexte plus large dans lequel la Pologne, par exemple, est devenue un pays subordonné à l’Ukraine, dans la mesure où il facilite la conduite des opérations militaires des États-Unis dans ce pays.

Une Pologne indépendante, avec sa propre politique étrangère, serait simplement un obstacle pour ceux qui contrôlent ce plan stratégique. La Pologne en tant que pays souverain doit se soumettre aux exigences du plan militaire mis en place par les États-Unis en Ukraine, en termes financiers, militaires, idéologiques ou sociaux.

La Pologne : base logistique pour l’Ukraine

Contexte financier :

Selon le ministre polonais Tomasz Siemoniak

Nous avons donné une aide de 4 millions d'euros à l'armée ukrainienne et nous préparons la suite. La Pologne à toujours dit que puisqu'il n'y a aucune provision d'embargo sur les armes, nous voulons faire collaborer notre industrie de défense avec l'Ukraine. Il n'y a aucun obstacle à cela.

Installations militaires :

Selon Stephen Mull, ambassadeur américain en Pologne

S'il y a une menace sur la Pologne, nous y installerons des missiles Patriot. J'en ai parlé récemment avec le Général Ben Hodges (le commandant de forces américaines en Europe) et il a assuré la préparation du déploiement de ces missiles si nécessaire. Nous dépenserons un milliard de dollars des États-Unis pour augmenter l'infrastructure militaire en Pologne. Plusieurs millions de dollars seront dépensés, par exemple pour agrandir la base de Lask.

L’ambassadeur a ajouté que l’expansion de bases militaires permettra d’envoyer des troupes américaines plus rapidement.

Base idéologique :

Selon Donald Tusk, président polonais du Conseil de l’Europe

Nous devons non seulement parler d'une seule voix, mais agir aussi de concert, car ce que nous serons demain dépend de ce que nous faisons aujourd'hui. Nous sommes aujourd'hui au meilleur moment pour une nouvelle affirmation de notre foi dans la Communauté transatlantique.

Base sociale :

Comme le ministre de la Défense nationale Thomas Siemioniak  l’a mentionné, quarante et un soldats ukrainiens blessés, ayant participé à l’opération antiterroriste dans le Donbass, ont été soignés dans des hôpitaux polonais. Ils ont été envoyés à Wroclaw, Cracovie et Lublin. Le coût de ces traitements est de 700 000 zlotys.

deux colonies des états-unis: la Pologne et l’Ukraine

La Pologne, comme nous l’apprend le New York Times, a été choisie comme base logistique et militaire de l’Ukraine dans son combat contre la Russie. En conséquence, elle ne peut pas avoir sa propre politique, par exemple la neutralité. La Pologne doit être ce qui a été décidé pour elle – la base pour la guerre avec la Russie. Attendons-nous donc à voir apparaître en Pologne, de façon imminente, des processus démocratiques aux normes ukrainiennes [à la sauce Maidan, NdT] qui, comme Soros le demande, devraient être pris en exemple. Les symptômes typiques de ces processus démocratiques sont : la déstabilisation, la faillite et la dépopulation du pays, que nous pouvons observer en Pologne maintenant.

Si la Pologne avait sa propre politique étrangère, les États-Unis perdraient leurs importants investissements militaires, sociaux et économiques.
Ainsi, malgré les protestations d’une grande partie de la société polonaise, le gouvernement prétendument polonais ne se soucie pas trop de ses propres citoyens. Prenant acte de cet état de fait, il faudrait présenter la question différemment : pourquoi une colonie des États-Unis n’enverrait-elle pas de l’assistance à une autre colonie des États-Unis dans le combat contre un ennemi des États-Unis ?

La question ainsi posée, la protestation d’une partie de la société polonaise  contre la participation polonaise au conflit en Ukraine n’a aucune importance. Les deux gouvernements, en Ukraine et en Pologne, ne représentent pas la volonté de leurs citoyens, ils suivent les instructions de leurs maîtres de l’autre côté de l’océan.

Voici ce à quoi on peut s’attendre en Pologne et dans d’autres pays Baltes: un processus de déstabilisation qui ira en s’approfondissent et, finalement, une guerre ouverte à laquelle la Pologne s’est déjà préparée par la série de nouvelles lois promulguées en six semaines seulement.

C’est une conséquence de la guerre de l’information qui a mené à une situation dans laquelle le sens des mots comme démocratie, liberté, valeurs européennes, etc., a été galvaudé par ceux qui contrôlent la narration par le biais de leurs médias industriels. Aujourd’hui, personne ne s’étonne de voir des néonazis, des racistes et des extrémistes islamiques se battre aux côtés des forces ukrainiennes, personne ne demande même pourquoi, tandis que d’autres persistent à ne pas le croire. En faisant ainsi, ils se battent pour la démocratie et les valeurs européennes, comme ISIS l’a fait par le passé, après tout. La signification avait déjà été fournie par ceux qui écrivent le scénario.

Le conflit entre une grande partie de la société polonaise, le gouvernement de la Pologne qui prétend être polonais et le gouvernement ukrainien augmentera. Le gouvernement polonais soutient ouvertement le régime néonazi en Ukraine. En attendant, une grande partie de la société polonaise ne veut pas mourir pour des gens qui adorent officiellement ceux qui, dans un passé pas si lointain, ont assassiné leurs familles – par exemple, les massacres de Volhynia dans lesquels des Ukrainiens ont tué environ 200 000 civils polonais d’une façon si brutale et si atroce qu’il est même difficile de l’imaginer. Les auteurs de ces massacres sont maintenant officiellement célébrés comme des héros.

L’écart entre le peuple et le gouvernement qui se dit polonais ne pourra que croître. Cela pourrait même conduire au renversement de ce gouvernement,  ou à l’arrivée sur le devant de la scène politique d’un mouvement complètement nouveau qui changerait la politique étrangère polonaise. Les symptômes de cette évolution sont déjà visibles. L’insatisfaction des Polonais à cause de la politique étrangère du gouvernement se manifeste par la naissance de nouveaux partis politiques et la formation de mouvements sociaux massifs. Les deux demandent le renversement du gouvernement actuel à Varsovie. L’action de ce gouvernement pour pousser les Polonais à la guerre ouverte contre la Russie, ainsi qu’une situation économique qui se détériore dans la zone euro, ne peuvent que renforcer ces mouvements et partis.

Cette divergence entre la société polonaise et son gouvernement est le prix à payer pour l’installation de la logistique américaine. Ceci dit, comme je l’ai mentionné plus tôt, cela n’a pas d’importance pour l’instant, dans la mesure où ni le gouvernement polonais ni le gouvernement ukrainien ne représentent les intérêts nationaux de leurs pays; ils sont seulement des pions des États-Unis dans la guerre avec la Russie, et le peuple n’a pas droit à la parole.

La légitimité du néonazisme et du néo-banderisme en Ukraine, et maintenant en Lettonie (il n’est pas indifférent que ce soit justement dans ces pays que se trouvent maintenant les bases militaires américaines), n’est pas accidentelle. Sans la légitimité des extrémistes qui, après tout, combattent pour la démocratie et les valeurs européennes, la guerre en Ukraine serait finie en deux jours. Sans l’argent des oligarques, la propagande, les troupes des États-Unis, sans l’assistance de la Pologne réarmant l’Ukraine, et sans l’assistance aux néonazis, tout aurait été fini en une semaine. Aucun Ukrainien normal n’irait à la guerre, ce que nous pouvons constater avec l’échec de la mobilisation générale. Si la flamme nationaliste n’était pas attisée, l’Ukraine cesserait très rapidement de brûler et pourrait revenir à la normalité. Ce scénario, cependant, ne convient pas à ceux qui apportent maintenant les processus démocratiques comme auparavant en Libye et en Syrie etc.

L’idéologie néonazie et banderiste est nécessaire pour pouvoir continuer la guerre et doit donc être légitimée, bien qu’à long terme ce soit inutile et nuisible pour les États-Unis. La Pologne, dans ce contexte, doit rester une base pour la réalisation des processus démocratiques par les États-Unis en Ukraine, comme au Moyen-Orient. Que la Russie soit une menace en Pologne ou non est totalement secondaire. La Pologne représente les intérêts des États-Unis et si nous considérons un autre pays que la Russie, où les États-Unis ont des intérêts, la Pologne – comme cela a été le cas de l’Afghanistan – enverrait ses troupes sans aucune problème.

La Pologne va à la guerre

En Pologne, nous voyons se former, comme en Ukraine, la même peste des bataillons de volontaires en Ukraine. Par exemple l’unité paramilitaire de la Garde nationale de Szczecin.

« Notre initiative sociale est l’expression de notre intérêt pour notre pays. Une situation internationale préoccupante, y compris l’intervention armée actuellement en cours par des troupes russes sur le territoire de l’Ukraine et la menace du fondamentalisme islamique, nous contraignent à protéger le destin de nos personnes aimées et de notre pays», expliquent les fondateurs de la Garde nationale.

La propagande de guerre est très bien mise en œuvre en Pologne après l’avoir été en Ukraine. Constatant le nombre des troupes américaines envoyées aux pays Baltes ainsi que l’appel de Porochenko à rouvrir le conflit, la seule chose qui manque est un détonateur approprié.

Konrad Rekas, analyste au Centre européen d’analyse géopolitique, expose très bien cette question :

«Vous pouvez imaginer que nous devrons gérer une provocation. Par exemple, des criminels inconnus, agissant comme au Maïdan, ou l’avion malais, l’explosion d’un engin près d’une base de L’OTAN, avec des soldats tués, des citoyens américains, britanniques ou polonais, et cela donnera aux faucons de guerre une excuse pour engager une intervention militaire totale, l’entrée de troupes en Ukraine, etc.».

Cette version des événements est confirmée aussi par Joaquin Flores, un analyste du Centre pour des études syncrétiques.

«Nous voyons clairement que les États-Unis mettent tout en œuvre pour casser l’accord de Minsk sur la trêve en Ukraine. Les envois d’armes ont un double but. D’abord profiter aux industries d’armement américaines, ensuite encourager la peur des dirigeants lettons et lituaniens face à un risque qui n’existe pas. Ils créent de faux rapports de renseignements qui indiquent l’augmentation imminente d’actions militaires russes totalement fictives.»

Quel sera le détonateur ? Cela pourrait-être n’importe quoi. Peut-être, comme dans le cas du World Trade Center, ou récemment dans la preuve des passeports russes présentée par un Porochenko pathétique, ils trouveront les passeports de terroristes qui ont voulu faire sauter une base de l’Otan. Comme nous le savons, n’importe quel terroriste porte un passeport russe pour le laisser à l’endroit où il commet un acte de terreur. Ce que sera le prétexte ne compte pas tant que ceux qui inventent la preuve contrôlent en même temps la narration médiatique.

Konrad Rekas continue :

Ce sont les mêmes qui, à côté du complexe militaro-industriel, sont plus intéressés par le conflit ouvertPourquoi ? Jacek Rostowski, ancien ministre des Finances de Pologne, a simplement déclaré : «Cette guerre, la guerre grandeur nature, permettra de masquer et d’une certaine façon de protéger les milieux financiers des effets de l’écroulement de l’économie occidentale basée sur le dollar, qui est si vulnérable à la spéculation.»

Même l’approche raisonnable d’un Kissinger par rapport à la Russie, ou le changement d’attitude de l’Allemagne envers les psychopathes de Washington qui poussent l’Europe à la guerre, ne change rien. Laissez-moi vous rappeler qu’en Allemagne même, des troupes américaines sont dispersées dans des douzaines de bases différentes, sans compter les entrepôts de matériel, d’armes et de vivres qui ont été constitués en prévision de la guerre; l’Allemagne a sur son territoire 48 100 soldats américains. Les bases américaines en Allemagne sont les suivantes :

Ansbach, Babenhausen, Bamberg, Baumholder, Mal Aibling, Mal Kissingen, Mal Nauheim, Buedingen Darmstadt, Dexheim, Garmisch, Gelnhausen, Giebelstadt, Giessen, Grafenwoehr, Hanau, Heidelberg, Hohennfels, Illesheim, Kelley Baraques, Kitzingen, Mannheim, McCully Barraks, Neubrucke, Panzer Kaserne, Baraques de Patch, Ramstein, Schweinfurt, Vilseck, Vogelweh, Wiesbaden.

Le fait que les Polonais soient informés par le New York Times qu’ils se préparent pour la guerre est pour moi quelque chose de paradoxalement positif. L’avis vient finalement du lieu ou réside vraiment le gouvernement polonais.

L’insatisfaction croissante des populations concernant les actions entreprises par le gouvernement polonais pour mener la Pologne à la guerre peut-elle finalement provoquer le renversement de ce gouvernement ?  C’est tout à fait possible. En Pologne, de plus en plus de mouvements politiques évoquent ce scénario. Ils ne veulent tout simplement pas répéter le succès démocratique de l’Ukraine.

A partir des déclarations du responsable de l’opération, le Dr. Zbigniew Brzezinski, on peut comprendre que les États-Unis pousseront d’autres pays baltes à répéter le succès politique et économique de la Pologne . Le sponsor de ce succès politique et économique, George Soros, dit que l’Ukraine devrait être un modèle à suivre pour d’autres pays. Arrivé à ce point, il ne me reste qu’à faire preuve de compassion envers les pays Baltes.

Konrad Stachnio

Konrad Stachnio est un journaliste indépendant basé en Pologne, il a hébergé un certain nombre de programmes radio et TV pour l’édition polonaise de Prison Planet, exclusivement pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.

Traduit par Jefke, relu par jj et Diane pour le Saker Francophone.

 

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La tendance générale en Ukraine reste inchangée: préparatifs à grande échelle pour la prochaine offensive. Le Saker francophone.

7 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La République, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La Russie, #La guerre, #le nazisme, #Le socialisme, #Le fascisme

SITREP Ukraine jeudi 2 avril 2015

Le 2 avril 2015 – Source thesaker.is

La tendance générale en Ukraine reste inchangée: préparatifs à grande échelle pour la prochaine offensive.

Kolomoisky a été déchu de son poste de gouverneur par l’ambassadeur états-unien Geoffrey R. Pyatt et par le vice-président US Joe Biden, qui lui ont ordonné de démissionner, ce qu’il a fait immédiatement, volontairement, bien sûr. En échange, il a été autorisé à conserver ses actifs (militaires et financiers).

Les divers escadrons de la mort indépendants en Ukraine seront dorénavant fusionnés avec les forces armées régulières et Dmitri Iarosh deviendra conseiller spécial auprès du ministre de la Défense.

Les forces du Secteur Droit seront converties en brigade d’assaut.

Les Etats-Unis seront chargés de former la Garde nationale ukrainienne.

Le Parti radical d’Ukraine propose de criminaliser la négation de l’agression militaire de la Russie.

Ci-dessous une brève liste des exercices militaires US planifiés pour 2015:

  • Gardien intrépide – 2015 (au total, 2 200 participants, incluant un millier de soldats américains)
  • Brise de mer – 2015 (au total 2 500 membres, dont un millier de soldats américains et 500 soldats de l’Otan, ou le partenariat pour la paix)
  • Sabre du gardien / Trident rapide – 2015 (au total 2 100 participants, incluant 500 militaires US et 600 soldats de l’Otan, ou le partenariat pour la paix)
  • Exercices ukraino-polonais des unités aériennes Cieux sûrs – 2015 (au total 350 participants, dont 100 militaires polonais) et des unités de police militaire
  • Loi et ordre – 2015 (au total 100 participants, dont 50 sont des soldats polonais).

Gardez à l’esprit que ces exercices d’entraînement officiels sont seulement une toute petite partie d’un gros paquet d’aide militaire, qui inclut des éléments secrets tels que des livraisons d’armes et des conseillers de Pologne, le recours à des fabricants d’armes privés et, évidemment, des forces spéciales états-uniennes opérant en secret. Du Vietnam au Nicaragua, à la Croatie, à la Bosnie, à la Libye, à la Syrie, au Yémen, c’est toujours le même modèle. Rien de nouveau ici.

The Saker

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francophone

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DROIT DE RÉPONSE demandé par LETTRE OUVERTE à M. Michel Field et à la chaîne HISTOIRE.

6 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #le nazisme, #Le fascisme, #Comité pour une Nouvelle résistance, #La finance dérégulée, #Histoire

Publié par Michel El Diablo

 

 

Capture d'écran : émission "Historiquement show" sur la chaîne Histoire

Capture d'écran : émission "Historiquement show" sur la chaîne Histoire

Droit de réponse demandé par lettre ouverte

à M. Michel Field et à la chaîne Histoire

(copie envoyée par courrier au CSA)

Paris, le 2 avril 2015,

Cher Monsieur Field, Je suis au regret de vous faire remarquer que votre émission "Historiquement show" portant le n° 196 et tournant actuellement en boucle sur la chaîne Histoire a porté une grave atteinte à la sérénité du débat démocratique et de la recherche historique. Libre à votre chroniqueur, M. Stéphane Courtois, de ne pas apprécier le livre Ukraine, le coup d'Etat fasciste orchestré par les Etats-Unis, ouvrage collectif écrit sous la direction de Stephen Lendman et que nous avons eu l'honneur de publier. Mais est-il déontologique d'exciper contre ce livre le fait qu'il soit édité, je cite, par "nos communistes les plus staliniens", "des communistes français ultra-orthodoxes"? Je rappelle que ces épithètes ressortissent au vocabulaire du maccarthysme et de l'extrême droite et n'ont jamais été employés par les communistes, fût-ce par ceux se revendiquant du marxisme-léninisme. Notons tout de même que Stéphane Courtois n'était pas ici la proie d'une colère subite, qui l'aurait fait se départir momentanément de ses obligations de chercheur, mais qu'il est coutumier de ce genre d'embardées et a d'ailleurs participé délibérément aux tentatives de l'Union européenne visant à criminaliser le communisme, notamment à l'occasion de la rédaction du rapport Linblad en 2006.

Face au caractère invraisemblablement partisan d'une pareille agression télévisuelle, nous jugeons donc légitime de revendiquer le droit à y répondre. Ce livre collectif défend en effet plusieurs points de vue, et non comme vous l'affirmez une ligne "un peu délirante" ou encore "russo-extrémiste", ce qui serait tout de même étrange pour un livre entièrement écrit par des Américains. De plus ces auteurs ne sont pas uniquement des "communistes ou des gens d'extrême gauche", contrairement à ce qu'affirme M. Courtois, puisqu'on y trouve, en sus des marxistes, des keynésiens et même un libertarien, Paul Craig Roberts, ancien membre de l'administration de Ronald Reagan, ce qui met à mal l'accusation d'intégrisme qu'on veut subrepticement nous faire endosser.

M. Courtois a fait mine de s'étonner de certaines continuités historiques dont nous serions le vivant témoignage, un quart de siècle après la fin de l'URSS. La première continuité c'est malheureusement celle de l'encerclement de la Russie par l'OTAN et l'inféodation accrue de notre malheureux pays, la France, à cette puissance occupante. Il est très léger de la part de M. Courtois de dire que la CIA n'est pas assez organisée pour préparer un coup d'Etat : cela relève de la désinformation ou du simple gag, celle-ci ayant elle-même revendiqué plusieurs coups d'Etat au cours de sa funeste carrière. Que faisait d'ailleurs son directeur à Kiev durant les événements? Pourquoi le gouvernement actuel à Kiev compte-t-il plusieurs Américains ou étrangers alliés de ces derniers?

Je vous demande donc posément la possibilité de venir sur votre plateau rectifier poliment ces allégations pendant une durée égale à celle impartie à M. Courtois pour chroniquer notre livre, comme la loi nous y autorise. Ce que vous avez appelé un "coup de gueule" a reçu, à vous entendre, l'autorisation de celui que vous appelez, non sans ironie sans doute, le "chef suprême". S'agit-il de M. Patrick Buisson, directeur général de votre chaîne? Nous n'avons pas l'heur de bénéficier des conseils que M. Buisson aime prodiguer aux familles politiques les plus diverses. Mais vu la présence - injustifiée à nos yeux - de militants communistes dans l'équipe de campagne d'un candidat réputé avoir été conseillé par M. Buisson, nous ne pensons pas que ce dernier aura la mauvaise grâce de priver vos téléspectateurs de nos nécessaires compléments.

Dans l'attente, je vous remercie, cher Monsieur Field, de l'attention que vous m'avez bien voulu accorder,

Aymeric Monville,

Directeur des Editions Delga

 

SOURCE:

 

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BHL, cet homme est plus dangereux que vous ne le pensez. Par Vincent Parlier.

6 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #la liberté, #Je suis Charlie?, #Terrorisme, #le nazisme, #Le fascisme, #Ukraine, #AMERIQUE, #La France, #La Russie, #Israël - palestine - Moyen-Orient

BHL, cet homme est plus dangereux que vous ne le pensez!

De toutes les mouvances, croyances, dans les milieux journalistiques et politiques, nombreux sont ceux - adversaires mutuels sur d'autres questions, qu'on aime ou qu'on n'aime pas - qui tentent de dénoncer les méfaits du personnage et pourtant... Ils n'y parviennent que lorsque ce dernier a déjà sévi. Et c'est un éternel recommencement.

Oligarque de presse, conseiller officieux des dirigeants français depuis les années 80 jusqu'à nos jours (on ne sait pourquoi), il ne cesse de nous faire honte à tous lorsqu'il s'exprime au nom de la France à l'étranger, en agissant avec zèle dans tous les plans de chaos et de guerres civiles. A vous de deviner de qui il s'agit.

Le job actuel de ce "super héros" et ses résultats:
http://www.youtube.com/playlist?list=... .
http://www.les-crises.fr/actuukraine-...
http://www.les-crises.fr/actu-ukraine...
Son alter ego américain: http://metatv.org/soros-leurope-doit-...

Avertissement: Tous les commentaires - même approbateurs envers la vidéo - qui iraient à l'encontre des restrictions (de plus en plus dures) des lois françaises et constitueraient donc une menace pour la survie de cette chaîne, seront supprimés. Le but est de dénoncer les actions de l'individu pour neutraliser son emprise sur la France et son gouvernement (en commençant par boycotter toute sa presse citée en début de vidéo). Que chacun garde ses "projets de punition" pour soi. Inutile aussi dénigrer tel ou tel intervenant apparaissant dans le montage pour des raisons étrangères au sujet traité ici. (Moi aussi j'ai mes préférences parmi eux et je les garde pour moi).

D'autres sources qui auraient pu être ajoutées dans cette vidéo:
http://www.youtube.com/watch?v=N-p1o9...
http://youtu.be/-pGTU-t_Duw?t=4m6s

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Hervé Maurey, un sénateur français à la rencontre des massacreurs d’Odessa.

5 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La République, #La nation ., #La Russie, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La mondialisation, #le nazisme, #Le fascisme

Hervé Maurey, un sénateur français à la rencontre des massacreurs d’Odessa

Hervé Maurey, un sénateur français à la rencontre des massacreurs d’Odessa.
Hervé Maurey

Hervé Maurey

Vous imaginiez nos braves sénateurs aux salaires si honteusement bas s’affairer tout au long d’une dure journée de travail pour le bien de vos concitoyens ? Et bien pas tout à fait, car les voyages forment la jeunesse… même si bien évidemment le Sénat n’est assurément pas le meilleur endroit pour trouver des éphèbes. Mais passons, cette histoire commence sur le moteur de recherche Google, une banale histoire de propagande comme les Français en dévorent chaque jour qui passe. Je m’amusais à taper « Ukraine » et trouvais la chose moins amusante en consultant le résultat. Petite enquête et invitation à un petit voyage sur la toile.

Le résultat fut de découvrir deux annonces publicitaires payantes, la toute première étant un lien pour le CRCUF et titrant : « invasion russe en Ukraine – crcuf.fr ». L’argent américain semble avoir été bien employé, désormais à coup de millions, l’Ukraine peut tout se permettre notamment par ce Comité Représentatif de la Communauté Ukrainienne en France (CRCUF).  Vous y découvrirez les « preuves » de l’invasion russe c’est-à-dire des articles de journaux ukrainiens en langue anglaise et des tweets d’organismes de l’administration gouvernementale ukrainienne. Voilà qui est assurément convaincant et impartial !

La carte de propagande ukrainienne

La carte de propagande ukrainienne

Une carte du 3 avril 2015 nous montre les forces en présence, une foultitude de petits drapeaux ukrainiens et des icônes de Katiouchas et de blindés dans la zone des rebelles… dont neuf dans le Donbass et neuf autres directement en territoire russe. Un brave Stefan nous déclare en dessous que le président Poutine continue d’étendre la guerre en Ukraine, le ton est bien donné. En passant sur l’onglet « Qui sommes-nous ? », le CRCUF se dévoile comme une association loi 1901 dont le but est de représenter les 150 000 Français d’origine ukrainienne ou les Ukrainiens eux-mêmes, puis déroule une liste des membres de l’organisation dont trois seulement sont liées à un lien internet. Notre balade se poursuit pour cliquer sur celui de l’Association de la Jeunesse ukrainienne en France avec la grande surprise de tomber directement sur la page personnelle d’un certain France Cym, nouvelle surprise du jour.

Déportation de Russes

Déportation de Russes

Il s’agit en fait d’une unique personne. Disparus les jeunesses ukrainiennes de Porochenko ou de Svoboda version française, simplement un seul et unique bonhomme qui au vu des photos semble avoir non loin de la cinquantaine. Son mur déroule logiquement une nouvelle propagande de plus en plus sombre, chaque article est précédé par un « Gloire aux Héros », « Gloire à l’Ukraine » et de temps en temps de propos racistes ou haineux. C’est ainsi que postant un article le 26 mars sur la mort d’un fils de Ianoukovitch, l’homme très élégamment légendait la prose de Paris Match par un : « A qui le tour ? » et pire, le bas fond de la haine en date du 9 mars, une affiche de propagande montrant des femmes et un joueur d’accordéon dans un wagon à bestiaux et une légende appelant à la déportation des populations russophones « séparatistes » agrémenté d’un « Adieu ! » et curieusement d’un « Mort aux fascistes » en ukrainien en oubliant certainement pour qui les combattants nationalistes de Bandera ont combattu durant la Seconde Guerre mondiale… Est-ce donc là tout le programme de l’Association de la Jeunesse ukrainienne de France et du CRCUF, la déportation dans des wagons à bestiaux ?

C’est en poursuivant ma terrible promenade sur le web que je me penchais donc sur l’unique représentant de la Jeunesse ukrainienne de France… et d’abord beaucoup de photos du Maïdan, l’homme se baladant durant l’hiver 2013 au milieu des barricades avec un drapeau français vissé sur le dos. Naïvement toutes les informations sont ouvertes au public, nous défilons donc dans les coulisses de la Révolution brune de l’Euromaïdan, impressionnantes barricades en effet, drapeaux de l’UPA, du Pravy Sektor, tridents nationalistes ukrainiens et bien sûr drapeaux européens. Une photo révélatrice nous montre l’hôtel de ville de Kiev en décembre 2013, il y a déjà des drapeaux anglais, français et ukrainiens d’activistes du Maïdan… mais une photo montre de biais la scène et nous découvrons un formidable drapeau de la Confédération sudiste américaine (1861-1865), célèbre drapeau de la cause du Sud contre le Nord aux connotations raciales évidentes aux Etats-Unis. Ce furent d’anciens soldats sudistes qui fondèrent le KKK en 1866, le Ku Klux Klan et qui brûlaient ou pendaient des « nègres » dans le bayou, les alligators se chargeant du reste… Je n’invente pas ce drapeau sudiste, je ne suis même pas allé le chercher moi-même, c’est un activiste français du Maïdan de l’Ukraine brune qui nous le montre…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La visite instructive du lien de l’Association de la Jeunesse ukrainienne nous conduit jusqu’à de nombreux amis, environ 350, dont la première, créature ukrainienne à la tête ornée de fleurs attire l’œil, elle s’appelle Sofiya Fedyna. Son profil ouvert, nouvelle surprise… la banderole est une splendide photo du sénateur John McCain. Belle pose, notre ukrainienne de Lvov savamment placée juste à côté et bien proche du vénérable politicien américain https://www.facebook.com/sofiya.fedyna?fref=pb&hc_location=friends_tab&pnref=friends.all . C’est une technique vieille comme le monde, tous les services secrets et gouvernements en ont usé et abusé, la Russie d’ailleurs ne fut pas en reste, pour placer sur le passage de personnalités, d’innocentes jeunes femmes ! Elle s’affiche plus loin sur son mur lors d’un concourt en tenue de « soirée », le corset constellé des blasons des bataillons de massacreurs dans le Donbass, tel que Donbass, Aydar, Azov, runes nazies et tridents ukrainiens. Dans une soirée de gala, la belle a reçu le 30 mars dernier sous l’égide du magazine RIA, la 5e place dans le classement des femmes ayant réussi et étant les plus influentes dans la région de Lvov… Sofiya est chanteuse et donne des concerts « pour la cause » http://sofiyafedyna.com/en jusqu’aux Etats-Unis à Toronto. C’est durant cette belle tournée américaine que le 23 mars dernier eu lieu l’agréable rencontre de l’amazone ukrainienne avec les sénateurs McCain et Kirk. D’autres documents suivent, vidéos, photos de la petite troupe dans les rues de New York, limousine et drapeau américain au programme.

Mais continuons à dériver jusqu’à la liste complète des amis de notre France Cym… du bon monde en effet, Michal Kurela, activiste ukrainien extrêmement virulent faisant des fichages de russophiles et du renseignement, dont des photographies durant les réunions favorables aux insurgés pour mettre des visages… sur des noms, sait-on jamais ? Nous y trouvons aussi Nathalie Pasternak, de l’Université de la Sorbonne qui trainait ses guêtres sur les plateaux de télévisions durant la Révolution brune pour défendre l’idée de l’Ukraine démocratique dans l’Union européenne en tentant maladroitement de cacher sous le tapis les trop nombreux néo-nazis ukrainiens. C’est de son mur il y a deux heures, que cette personnalité clef de l’Ukraine en France postait une information nous amenant sur le fameux Sénateur UDI de l’Eure : Hervé Maurey… « Sénateur Maurey, Président du Groupe Amitié France-Ukraine au Sénat. Avons hâte de lire votre compte-rendu de visite ». Ah bon… il y a donc un lobbying ukrainien au Sénat français ? Force est de constater l’accueil du brave sénateur à la Rada et à Kiev, une affiche de propagande ukrainienne sur Savchenko, la néo-nazie du bataillon Aydar trônant au milieu des photos du sénateur. Bel exemple de dérives politiciennes en parallèle de la diplomatie française. Mais qui est Hervé Maurey et que faisait-il donc à Kiev ? https://www.facebook.com/herve.maurey.9?fref=photo.

Une visite éclair… du sénateur après une balade à Hanoï, diable notre homme est voyageur mais aussi cumulard, maire de la ville de Bernay, Président la communauté de communes dudit lieu. Nous le découvrons également journaliste à ces heures comme en témoigne son article du 27 février 2014 http://www.huffingtonpost.fr/herve-maurey/maidan-un-defi-pour-leurope_b_4866237.html officine bien connue de la propagande américaine dans diverses langues. L’homme est décidément très occupé mais après quelques textes prudents sur l’Ukraine nous ne trouvons rien de notables sur les événements de l’après Euromaïdan, la boucherie du Donbass. Qu’aurait-il eut à dire sur l’amitié ukrainienne ? Le 31 août 2012, dans les fermentations du pré-Maïdan au début du bras de fer commencé à propos d’une adhésion à l’Union européenne ou à l’Union eurasiatique, Hervé Maurey donnait une interview sur un blog à propos de sa charge de Président du groupe amitié France-Ukraine au Sénat http://www.perspectives-ukrainiennes.org/article-rencontre-avec-herve-maurey-senateur-president-du-groupe-d-amitie-france-ukraine-112078292.html . Nous y trouvions une curieuse question de réécriture de l’Histoire : « Voltaire a mis en exergue l’aspiration de l’Ukraine à la souveraineté tandis que Victor Hugo et Théodore Géricault ont célébré la gloire de Mazeppa, héros de l’indépendance. Comment expliquez-vous la fascination de ces grands hommes pour la cause ukrainienne ? » Voltaire à la rescousse de l’Ukraine… l’audace des historiens ukrainiens est décidément sans limite ! Et notre fin politicien de répondre en citant la langue ukrainienne comme instrument de revendication au moment même où les nationalistes ukrainiens de tout bord réclamaient la fin de la langue russe et de la culture russe dans la société ukrainienne. Se mouiller mais pas trop quand même… prudence mère de sûreté serait sans doute l’adage de notre idéologiste du Centre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Né en 1961, Hervé Maurey est un pur produit des écoles à fabriquer de l’élite bien-pensante, diplômé sans surprise de l’Institut d’études politiques de Paris en 1985…. Sciences Po ! Encore sur le chemin mais passons. Au milieu de ses nombreuses fonctions dont nous avons d’ores et déjà compris qu’il ne peut honnêtement les assumer, la charge semble confortable. L’homme est Chevalier de la Légion d’Honneur (Bonaparte se retournerait d’effroi dans sa tombe) et également très curieusement du Mérite agricole (passionné de chevaux… de courses) était Vice-président du groupe UDI-UC, dans de nombreuses commissions, groupes et délégations entre 2008 et 2014, mais aussi membre du groupe d’études communications électroniques et Poste, membre du groupe d’études de l’élevage du cheval (très important sujet à l’étude chez nos sénateurs au vu de la situation économique de notre pays), membre du Groupe Français de l’Union interparlementaire, et président délégué du Groupe France-Madagascar et Pays de l’Océan Indien et accessoirement chef d’entreprise. De Hanoï en passant par Madagascar et l’Ukraine (mais aussi le Pérou, la Grande-Bretagne, le Canada, les Etats-Unis, l’Equateur et l’Espagne) des chevaux de courses au modélisme de bateaux en passant par le Huffington Post, la pauvre mairie de Bernay ne doit pas avoir les honneurs de son maire plus de quelques jours par an, le pauvre malheureux pensez donc se plaint même amèrement d’avoir du mal à profiter d’un « Vrai weekend en famille ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ceci somme toute ne serait encore que très banal si nous n’avions pas découvert avec effarement qu’Hervé Maurey s’affichait avec le sinistre Alexeï Goncharenko. Cet homme est un jeune politicien ukrainien d’Odessa, membre de la coalition du Président Porochenko depuis 2014. Il est très connu pour avoir participé au massacre de la maison des Syndicats à Odessa le 2 mai 2014 au cours duquel ont péris 44 personnes. Ancien membre du Parti des Régions, figure de sa ville, il avait beaucoup à faire oublier avec l’arrivée du Maïdan et se rendit sur les lieux de l’émeute sanglante avec une équipe de tournage du canal Ukraine. En plus des vidéos et des photos le montrant assister au carnage, il fit plusieurs interventions filmés où il déclara « qu’ils avaient [avec les émeutiers] défriché le terrain de Koulikovo des séparatistes, nous avons brulé le camp de doryphores [insulte raciste des Ukrainiens envers les Russes] ». Il assiste au massacre, au brasier qui forcera certains des russophones à se jeter dans le vide et qui seront achevés au sol à coups de hache et de barre de fer dans une violence inouïe. Certains osent affirmer qu’il harangua et encouragea les émeutiers, ce qui est sûr c’est qu’il pénétra à l’intérieur de la maison des Syndicats durant la nuit, fut pris en photos avec de nombreux cadavres et qu’il posta les images des victimes martyrisées sur un réseau social avant de les retirer très vite. Attaqué sur ce point Goncharenko a eu beaucoup de mal et n’a pu réussi à se justifier. Homme politique caméléon, il milita d’abord dans le Parti des Verts entre 2001 et 2005 puis rejoignit le Parti des Régions (fondé par des oligarques dont l’actuel président Porochenko et dirigé jusqu’en 2010 par le futur président Ianoukovitch). Il milita activement contre le président Iouchtchenko et les libéraux capitalistes financés par les Américains, participant notamment à une manifestation à Odessa en 2009. Il fut le candidat malheureux de nombreuses élections jusqu’en 2014 puis passa au début de l’année dans les rangs du Maïdan… Le vent avait tourné. Il sut prendre le virage à temps s’affichant en Crimée contre l’opinion des habitants de rejoindre la Russie (il fut expulsé du pays). Il a depuis été nommé président du Conseil régional d’Odessa en août 2014, récompense de ses services zélés et fut arrêté à Moscou le 1er mars 2015 alors qu’il se trouvait étrangement sur place lors de l’assassinat de Boris Nemtsov (puis libéré). Un sénateur français aurait-il le droit de s’afficher, lui le personnage public et représentant de la France avec un homme suspecté d’avoir du sang sur les mains ?

 

 

 

 

 

 

 

 

Les voyages sur la toile Internet sont souvent plein de nombreux enseignements. Celui-ci m’a pris environ trente minutes de ma vie, me conduisant d’une propagande d’Etat sur Google, aux associations de jeunesses ukrainiennes constituées d’un unique personnage de 50 ans, pour dériver vers une chanteuse ukrainienne soutenant les bataillons nationalistes et se frottant sur les sénateurs américains John McCain et Kirk pour atterrir dans l’intimité de ce grand voyageur français également sénateur : Hervé Maurey en compagnie d’un politicien véreux ukrainien ayant pris part à un odieux massacre… Peu de choses peuvent me surprendre désormais mais tout de même, il y a dans ce parcours trop d’indécence et d’abject. Je plains les habitants des environs de Bernay, l’opprobre et la honte ne pourront qu’éclabousser à travers le premier de leurs concitoyens toute la communauté. Mais nos politiciens après tout dans la tour d’argent n’en ont cure… pourquoi se gêneraient-ils ?

Laurent Brayard pour Novorossia Vision

 
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Le Jour des Hommes Polis

5 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La France, #La Russie, #La finance dérégulée, #La guerre, #Le fascisme, #le nazisme, #Economie

Le Jour des Hommes Polis

Le Jour des Hommes Polis

 

Aujourd’hui, le jour du premier anniversaire du Printemps russe, les évènements qui ont eu lieu en Crimée semblent avoir été un miracle, un conte de fées révélant de l’impossible. Qu’est-ce que c’était ? Peut-être cette année-là un miracle est-il vraiment arrivé dans notre monde et d’un coup tout est devenu différent ?

Le livre d’heures criméen

La chronique des journées de février 2014 est déjà rentrée dans l’éternité, s’est transformée en un comput, un livre d’heures. De la même façon que le Pâques, que le défilé le Jour de la Victoire, les gens commémoreront les évènements de l’an dernier aux mêmes dates et tout y est minuté.

Au départ, du 21 au 26 février c’est la semaine sainte. Un monde nouveau est en train de se créer.

Le jour un, après le Massacre des Innocents, des Criméens à Korsun près de la ville de Tcherkassy, une action illimitée de contestation a été lancée sur la péninsule.

Le jour deux, les block-postes se mettent en place, le Congrès des députés du Sud-Est a lieu.

Le jour trois, le rassemblement grandiose à Sébastopol élit Alexeï Tchalyï comme Maire populaire.

Le jour quatre, les citadins défendent Tchalyï du SBU, s’emparent du pouvoir à Sébastopol et hissent les drapeaux russes sur les mâts devant l’administration.

Le jour cinq, la convocation du parlement est annoncée pour organiser un referendum sur la péninsule. Le peuple afflue à Simferopol de tous les coins de la Crimée.

Le jour six, le 26 février, arrivent les heures les plus dures, les plus funèbres. Une bousculade sur la place devant le Conseil Suprême à Simferopol. Une résistance têtue du Majlis des tatars de la Crimée. Ses partisans pressent, l’insurrection s’essouffle. Les premiers blessés. La session du Conseil Suprême de la Crimée est sabordée. Toute la cause est sur le point de subir une défaite. Quelque part au Nord du pays, des soi-disant «trains d’amitié» bandéristes se préparent, l’unité spéciale «Alfa» s’apprête à passer aux arrestations des insurgés. L’aide n’est attendue de nulle part. C’est la désolation et le désespoir.

C’est alors, au milieu des ténèbres que le septième jour s’élève, le Jour des Hommes Polis. Au matin, la Russie à peine réveillée a ressuscité ayant appris la Bonne Nouvelle.

«Premièrement, cela fut beau». L’exécution impeccable de l’opération militaire transparaissait le génie. Au point que les manuels des états-majors seront complétés d’un nouveau chapitre. Les actions des Hommes Polis sans aucune effusion de sang avaient quelque chose d’inaccessible, de divin comme si des anges étaient descendus sur la terre et sont passés parmi les gens. Ces jours-là, il était impossible de comprendre ce qui suscite le plus d’extase, la résistance russe tant attendue ou le nouveau visage de l’armée russe.

Tout s’est passé sans la moindre encombre : en pleine action, nos soldats, parfaitement équipés, silencieux, avec des sourcils soulevés d’un étonnement enfantin, pouvaient se permettre de se prendre en photo avec des jeunes filles et des petits chats. L’ennemi et son cri incongru «L’Amérique est avec nous» défilant sous le drapeau soviétique que lui-même avait trahi, était anecdotique et ne servait que de décor à notre triomphe.

C’était une victoire ! L’enthousiasme qui s’est emparé de la nation sera conté aux petits enfants. Quelque chose s’est passé la nature : l’hiver s’en est allé définitivement, tout était sur le point d’éclore. Le 18 mars est devenu le midi flamboyant de la renaissance poutinienne lorsque dans la salle Saint-Georges Tchalyï vêtu d’un pull, si proche, versait des larmes et la cérémonie officielle de la réunification de la Russie avec la Crimée se transformait en une affaire de famille, en une affaire intime. Notre affaire personnelle.

Nous sommes capables de tout

«La Crimée est à nous» est devenu non seulement l’opération spéciale de l’Etat-Major Général national ayant soutenu l’insurrection pro-russe des Criméens. Il en transpirait la puissance du Printemps Russe et le grand potentiel de la renaissance nationale russe s’en ouvrait.

Déjà, au moment de l’inondation Extrême-orientale lorsque les sauveteurs-volontaires ont contenu des leur propres mains l’Amour qui a débordé de son cours, il a été clair que nous sommes capables de beaucoup de choses. La victoire inattendue de l’Olympiade à Sotchi a confirmé cette disposition à déplacer les montagnes. Les jours de la Crimée il y a eu une illumination : nous sommes capables de tout. Le bouton s’est épanoui : à partir de ce moment-là et à l’avenir, il suffit aux autorités de lancer un appel, de faire un pas timide en avant, de se rappeler un instant les intérêts nationaux du pays et la Russie accomplira l’impossible.

La Crimée nous a offert de grands hommes. Dire que pendant les 23 ans d’affilé la Russie ne remarquait point le facteur russe en Ukraine, avait des «légumes» comme ambassadeurs à Kiev, de mettait à plat ventre devant les autorités kiéviennes au sujet de la flotte de la mer Noire, n’empêche, le jour J les habitants de la Crimée sont sortis dans la rue avec des tricolores. Il ne restait qu’admirer leur détermination et leur audace. Il ne restait que de tomber amoureux des deux personnes les plus remarquables d’entre eux : Tchalyï et Poklonskaïa (NDT : le procureur général de la Crimée).

Ayant récupéré la Crimée, nous avons initié le rétablissement de notre intégrité. Non seulement territoriale : la péninsule avec ses horizons sacrés et célestes est revenue telle pierre angulaire de la structure étatique russe. Avec elle nous revenaient le baptême du prince Vladimir à Korsun, les deux sièges de Sébastopol et le palais de Livadia qui a retaillé la carte du monde.

L’histoire sacrale de la Russie a été, elle aussi, retaillée. Dès lors, la ville la plus ancienne du pays n’est plus la forteresse caucasienne, mais Théodosie fondée par des colons de Milet hellénique du temps du premier philosophe au monde Thalès. Le territoire du troisième Rome dispose de nouveau des pierres sacrées des temples romains !

Un exploit géopolitique

Et pourtant tout n’a tenu qu’à un cheveu. La décision a été prise à la hâte, c’était la question des quelques heures. Un choix existentiel s’est posé en un instant devant tout l’Etat : «soit-soit». La reconquête éclair criméenne a été l’unique bonne action dabs des conditions où il a semblé que nous étions sur le point de tout perdre. Si nous n’étions pas venus en Crimée, si nous avions livré Sébastopol aux Ukrainiens «consciencieux», la Fédération de la Russie aurait pu être dissoute ; qui aurait besoin d’elle pareille ?

Mais le sort a été jeté, le Kremlin s’est décidé et il est allé jusqu’au bout dans la situation avec la Crimée, sans demander la permission à personne. Ce fut un exploit géopolitique : la Russie a enfin lancé un défi à son propre recul d’un quart de siècle sur tous les fronts. Il s’est révélé que personne n’a osé contredire. L’Amérique a été abasourdie. L’Europe a avalé sa langue et s’est tue. L’Ukraine est restée prostrée à ses pieds. Quant aux sanctions… Ce fut le prix auquel nos têtes ont été estimées. Le prix non négligeable.

Depuis la Crimée s’est transformée en papier de tournesol pour séparer les siens des étrangers, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Russie. En faisant connaissance avec une personne, en appréciant des partis, des communautés, des peuples entiers il suffit de poser la principale question : «A qui est la Crimée ? » et inutile de demander autre chose. Dans la réponse à cette seule et unique interrogation réside tout un symbole de la foi.

Ensuite c’est toute une histoire d’envergure biblique qui s’est déroulée ensuite en Crimée au cours de l’année. Et les maux qui se sont abattus sur la péninsule telles «pierres tombant du ciel’. Brusquement, il n’y a eu plus d’eau et il a fallu la rechercher d’urgence et elle a été trouvée. Il n’y a plus eu de route, il a fallu la construire à travers deux mers. Même dans les détails du genre l’interdiction du foot criméen, des cartes de crédit, des applications pour les iPhone se lisent des machinations du diable ou peut-être des épreuves divines.

Tout cela, la Russie le surmontera, nous ne pouvons pas ne pas le surmonter. Lorsque tous les chagrins auront passé, il restera l’essentiel, la compréhension que la Crimée nous est arrivée comme une récompense. Comme une fête tant attendue. Comme un rêve exaucé pour un peuple de nord d’une volupté méridionale. Notre soleil et nos vagues, nos étoiles et nos cyprès.

En fin des comtes, cela en valait bien la peine, quoi qu’il arrive après. Si c’était à refaire, on le refera sans un brin d’hésitation. Ensuite, il faudra faire revenir au bercail la Novorossia, et tout, et tout, et tout.

Denis Toumakov

Source

Traduction Svetlana Kissileva

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La guerre d’Ukraine : une crise des missiles cubains à l’envers, par William R. Polk

5 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La République, #La France, #Europe supranationale, #La guerre, #AMERIQUE, #le nazisme, #Le fascisme, #Le grand banditisme

Guidés par une stratégie néoconservatrice agressive de “changement de régime”, les États-Unis sont tombés sur une possibilité de confrontation militaire avec la Russie à propos de l’Ukraine, une situation difficile et dangereuse qui pourrait devenir une crise des missiles cubains à l’envers, comme l’explique l’ex-diplomate US William R. Polk.
Par William R. Polk

Dans une expérience assez horrifiante datant du dix-neuvième siècle, un biologiste du nom de Heinzmann découvrit que s’il plaçait une grenouille dans de l’eau bouillante, la grenouille bondissait immédiatement pour en sortir, mais que s’il plaçait la grenouille dans de l’eau tiède et faisait progressivement monter la température, la grenouille demeurait en place jusqu’à être mortellement ébouillantée.

OB. Je précise au passage que ceci est une légende totale…

Serions-nous comme la grenouille ? Je remarque de troublants éléments de ce processus lorsque j’observe le déroulement des événements dans la confrontation en Ukraine. Ils m’effraient profondément, et je crois qu’ils devraient effrayer tout le monde. Mais ils sont si graduels que nous ne distinguons pas de moment spécifique où nous devons bondir ou périr.

En octobre 1962, les américains étaient terrifiés par les missiles soviétiques à Cuba, comme le montre cette carte d’un quotidien indiquant les distances entre les principales métropoles d’Amérique du Nord et Cuba.

Ainsi, brièvement, permettez-moi ici de décrire le processus de la crise des missiles cubains de 1962 et d’exposer comment le déroulement de cette crise peut se comparer avec ce à quoi nous faisons face aujourd’hui en Ukraine.

Il y a trois éléments qui ressortent dans la crise des missiles cubains : 1) Les relations entre l’URSS et les USA étaient déjà “au bord du précipice” avant d’atteindre le stade de crise ; chacun de nous avait un très grand nombre d’armes de destruction massive braquées sur l’autre. 2) L’URSS accéléra la crise en s’installant dans Cuba, un pays que les États-Unis considéraient comme faisant partie de sa zone d’influence depuis la doctrine de Monroe en 1823. 3) Certains militaires, des officiels, ainsi que d’influents citoyens dans chaque pays avançaient l’idée que l’autre céderait si une pression suffisante lui était imposée.

Permettez-moi de rappeler que j’étais aux premières loges (position très inconfortable) durant la crise. J’étais l’un des trois membres du “Comité de gestion de la crise” (Crisis Management Committee) qui supervisait les événements.

Le lundi de la semaine du 22 octobre 1962, j’étais aux cotés du secrétaire d’état Dean Rusk, du sous-secrétaire George Ball, du conseiller et président du Centre de prévision et stratégie (Policy Planning Council) Walt Rostow et du sous-secrétaire aux affaires politiques U. Alexis Johnson pour écouter le discours du président John F. Kennedy auquel nous avions tous contribué.

Le compte rendu que fit Kennedy était littéralement terrifiant pour ceux qui comprenaient ce qu’une confrontation nucléaire veut dire. Nous, dans cette pièce, nous savions bien évidemment. Nous étions tous informés de tout ce que les USA savaient à l’époque. Et nous savions tous ce que notre gouvernement cherchait – faire partir les missiles russes de Cuba. Finalement nous étions déterminés à le faire par la force si les Russes ne les retiraient pas eux-mêmes.

Avant ce jour-là, j’avais recommandé vivement que l’on retire nos missiles “Jupiter” de la Turquie. Une décision primordiale selon moi car c’était des armes “offensives” plus que “défensives”. Cette distinction venait du fait qu’ils étaient de vieux missiles à propulsion liquide qui nécessitaient un temps relativement long pour être lancés. Ils ne pouvaient donc être utilisés que pour déclencher les hostilités. Sinon, ils auraient été détruits par l’adversaire avant de pouvoir décoller.

Les russes les considéraient à juste titre comme une menace. Les enlever permettait à Nikita Khrouchtchev de retirer les missiles russes sans subir un degré d’humiliation inacceptable et risquer un coup d’état.

Ensuite, après la fin de la crise, j’ai rédigé le « rapport » dans lequel nous avons soigneusement passé en revue “les leçons” de la crise. Il servit à mener l’examen de la crise au Conseil des relations extérieures, avec tous les hauts responsables américains impliqués. Ce que j’écris ci-dessous provient en partie de notre réflexion lors de cette réunion. Autrement dit, il s’agit essentiellement de ce sur quoi ceux qui ont été plus profondément impliqués dans la crise se sont mis d’accord.

Le jeu de la guerre

Peu de temps après, j’ai participé à une simulation top secrète du département de la défense, conçue par le professeur Thomas Schelling du MIT, dans laquelle il mettait en place le scénario – ironiquement placé près de l’Ukraine – d’une suite d’évènements pour montrer que l’URSS accepterait de subir une attaque nucléaire des américains sans riposter.

C’était, comme il l’a dit au cours de notre séance de débriefing et d’analyses du scénario, la légitimation d’une extension de la théorie de la dissuasion. C’était pour prouver que nous n’avions pas à craindre de réaction à une attaque nucléaire limitée. Henry Kissinger avait vulgarisé cette idée dans son livre de 1957 “Armes nucléaires et politique étrangère” [Kissinger réalisa son erreur et renia en partie ce qu'il avait défendu dans un livre de 1961 "L'obligation de choisir".]

Pendant le débriefing, j’ai soutenu – et mes collègues participants au “wargame”, qu’ils soient de l’armée, du renseignement ou de la diplomatie acquiescèrent – que l’idée d’une guerre nucléaire limitée n’avait aucun sens. Aucun gouvernement ne pourrait accepter une telle attaque dévastatrice et y survivre. S’il ne répond pas par une frappe de représailles, dans le cadre d’un “refus de la défaite”, il serait renversé et exécuté par ses propres militaires et forces de sécurité.

Et l’attaquant initial se devrait, à son tour, de riposter sauf à subir le même sort. La stratégie “coup pour coup” mène inévitablement à la “guerre généralisée”.

Vingt ans plus tard, en 1983, un second scénario du département de la défense (nom de code “Fier Prophète”) auquel je n’ai pas participé et qui était fortement inspiré par les militaires confirma ce que j’avais avancé en 1962 : il n’y a pas de guerre nucléaire “limitée” si les deux protagonistes sont en possession d’armes nucléaires. Des frappes nucléaires limitées mènent inévitablement en une guerre totale.

Donc soyons réaliste, oublions “guerre limitée” et envisageons “guerre généralisée”.

Même le grand défenseur des armes thermonucléaires, Edward Teller, a admis que leur usage “mettrait en danger la survie de l’humanité”. Le physicien atomique russe et prix Nobel de la paix, Andrei Sakharov, en envisagea les conséquences dans l’édition de l’été 1983 de “Foreign Affairs” et y voit “une catastrophe aux proportions indescriptibles”.

Conséquences nucléaires

Plus de précisions ont été obtenues par un groupe d’étude scientifique réuni par Carl Sagan et vérifiées par 100 scientifiques. Un résumé graphique de leurs conclusions a été publié dans l’édition de l’hiver 1983 des “Foreign Affairs”.

Sagan montra que, les deux principales puissances nucléaires ayant ciblé les villes, le nombre de morts pouvait raisonnablement être estimé entre plusieurs centaines de millions et 1,1 milliard et qu’en plus, il faudrait considérer 1,1 milliard de blessés graves. Ces estimations se référaient à la situation des années 80. Aujourd’hui les villes ont grandi, ces nombres seraient donc bien plus grands.

Les incendies allumés par les bombes projetteraient de la suie dans l’atmosphère causant une chute des températures telle qu’elle entraînerait le gel du sol jusqu’à une profondeur de un mètre. Les cultures seraient impossibles et la nourriture déjà stockée probablement contaminée, condamnant les quelques survivants à mourir de faim.

Les centaines de millions de cadavres ne pouvant être enterrés provoqueraient des épidémies. Dès que la suie serait retombée et que le soleil brillerait à nouveau, la couche d’ozone détruite ne protégerait plus des rayons ultraviolets et provoquerait la mutation des pyrotoxines.

Des maladies contre lesquelles il n’existe pas de phénomène d’immunité se propageraient. Elles accableraient non seulement les survivants, mais aussi, selon les conclusions d’un groupe de 40 experts renommés en biologie, causeraient l’extinction de nombreuses espèces animales et végétales. En fait, il y a une réelle possibilité “qu’il ne reste aucun humain dans l’hémisphère nord … et la possibilité de l’extinction de l’homo sapiens”.

Donc en résumé :
- Il est pratiquement certain que ni le gouvernement américain ni le gouvernement russe ne pourraient tolérer une attaque ne serait-ce que limitée sans y répondre.

- Il n’y a aucune raison de penser qu’un gouvernement russe, confronté à une défaite dans un combat avec armes conventionnelles, serait capable d’éviter l’emploi d’armes nucléaires.

- Quelles que soient les tentatives faites pour limiter l’escalade, elle échoueront probablement et de ce fait mèneront à une guerre totale.

- Finalement, les conséquences prévisibles d’une guerre nucléaire seront immanquablement une catastrophe inimaginable.

Bien que ces risques nous paraissent éloignés aujourd’hui, il est clair qu’ils nous obligent a faire tout notre possible pour éviter le sort que subit la grenouille. Nous voyons bien que “l’eau” est en train de chauffer. Nous ne devrions pas rester assis et attendre qu’elle se mette à bouillir.

Ce n’est pas ce que nous avons fait pendant la crise des missiles cubains. Avec les russes, nous avons élaboré une solution. Qu’allons-nous faire, que devons-nous faire à présent ?

Réflexion réaliste

La première étape est “d’évaluer” la situation telle qu’elle est réellement et de distinguer clairement le mouvement et le sens que prennent les évènements. Bien évidemment, ils ne sont pas identiques à ceux de la crise des missiles cubains. L’Histoire ne se répète pas à l’identique, mais comme l’indiquait Mark Twain d’une façon lapidaire, certains évènements “riment” parfois avec des évènements antérieurs.

Considérons ces éléments clés :

- Malgré l’implosion de l’Union Soviétique et les tentatives pour réduire l’armement nucléaire, la Russie et les États-Unis continuent d’être des puissances nucléaires équivalentes ayant la capacité de se détruire l’une l’autre – ainsi que probablement le monde entier. Ce sont des centaines si ce n’est des milliers de nos propres armes qui sont apparemment constamment en “état d’alerte imminente”. Je suppose que c’est aussi le cas de leur côté.

- La Russie et les États-Unis sont tous les deux gouvernés par des hommes peu susceptibles d’accepter une humiliation – et une quasi certitude d’être assassinés par de “super-patriotes” de leur propre entourage – et seraient contraints d’agir, même au prix de la destruction massive de leurs pays respectifs.

Donc, pousser les dirigeants de notre adversaire dans cette direction, c’est littéralement jouer avec le feu. Comme le président Kennedy et nous l’avions compris lors de la crise de 1962, même si les dirigeants veulent éviter le conflit, il arrive un moment où, du fait de leurs menaces respectives, les évènements remplacent la politique et les dirigeants deviennent spectateurs.

- Les peuples russes et américains ont tous deux démontré leur ténacité et leur détermination. Ni l’un ni l’autre n’entend se laisser intimider.

- Les russes et les américains sont tous deux guidés, en politique étrangère, par ce qu’ils pensent être des “préoccupations fondamentales”. Pour les américains, comme l’illustrent la crise des missiles de Cuba ainsi que plusieurs autres événements précédents, cela revient à affirmer l’existence d’une “zone d’exclusion” pour les autres puissances.

L’Amérique a montré lors de la crise des missiles de Cuba que nous ne pouvions tolérer aucune intrusion dans notre zone, même au prix d’un inimaginable danger. Comme leur histoire le montre, les russes réagissent selon un code similaire. Les russes ayant souffert terriblement, contrairement à nous et c’est heureux, lors des diverses invasions de leur histoire et en particulier au cours du XXe siècle, on peut s’attendre à ce qu’ils fassent obstacle, par tous les moyens et à n’importe quel prix, à une intrusion dans leur zone.

[J'ai présenté l'expérience russe dans un essai précédent, "La formation de l'inconscient collectif des russes et des ukrainiens", disponible sur mon site, www.williampolk.com]

- Nous avons dit que nous comprenions cet objectif fondamental des russes, et au nom de notre gouvernement, le secrétaire d’état James Baker Jr. a accepté officiellement de ne pas poursuivre nos activités militaires dans leur sphère d’influence. Cependant nous avons violé cet accord en ajoutant, pays par pays, les membres de l’ex Union Soviétique et ses ex satellites à notre alliance militaire, l’OTAN.

- Nous en sommes maintenant à l’étape finale, à la limite de la Russie elle-même en Ukraine, et, comme les russes le savent, certains américains influents ont suggéré que nous poussions encore plus loin “jusqu’aux portes de Moscou”. Ceux qui préconisent ce que les britanniques appelèrent un temps “la politique de marche en avant”, en voient les indispensables premiers pas dans l’armement de l’Ukraine.

- Et enfin, il n’y a aucun moyen par lequel nous ou l’Union Européenne puissions armer l’Ukraine à un niveau qui lui permettrait de rivaliser avec la Russie. Ainsi, ces armes seraient susceptibles, à la fois, de donner aux ukrainiens des idées irréalistes sur leur puissance par rapport à la Russie et d’être perçues par celle-ci comme une manœuvre “offensive” à laquelle ils pourraient se sentir obligés de répondre. Par conséquent, elles nous entraîneraient tous dans une guerre que nous ne voulons pas.

Recommandations politiques

Alors que faire ? En un mot : arrêter. Car ce que nous faisons maintenant, et ce que nous avons l’intention de faire n’est ni dans notre intérêt ni dans l’intérêt des ukrainiens, et est perçu comme une menace par les russes. Nous ne pouvons pas tenir la politique que les ukrainiens se sentiraient encouragés à adopter par l’armement que nous leur fournirions sans provoquer une guerre. Les sanctions économiques sont l’une des formes de cette guerre, mais il est peu probable qu’elles aient les conséquences escomptées.

Ainsi, il est tout à fait possible que la logique des événements force les russes et nous-mêmes à l’étape suivante, puis de cette étape à la suivante encore, et ainsi de suite. Poursuivre dans cette direction pourrait conduire à une destruction massive, et à des morts en grand nombre. Nous devons arrêter immédiatement de faire ce qui ne fonctionne pas, n’est pas dans notre intérêt, ni dans celui des ukrainiens ou des russes.

Mais arrêter à quelle condition ? J’ai moi-même participé à la négociation de deux cessez-le-feu complexes, mais finalement couronnés de succès. Et j’ai appris deux choses : d’abord, qu’il est impossible d’obtenir un cessez-le-feu sans que les deux parties ne le voient comme moins mauvais que l’alternative, et ensuite qu’un cessez-le-feu n’est qu’une condition préalable à un accord. Alors qu’est-ce que cet accord impliquerait ?

A mon avis, les éléments d’un accord général sont les suivants :

- La Russie ne tolérera jamais que l’Ukraine devienne un membre hostile d’un pacte militaire rival. Nous devons le comprendre. Imaginez comment nous aurions réagi si le Mexique avait tenté de rejoindre le Pacte de Varsovie. Tiré par les cheveux ?

Rappelons-nous qu’avant même que la question des armes nucléaires ne se pose, nous avons tenté de renverser le gouvernement cubain pro-russe avec l’opération de la Baie des Cochons, et que nous avons tenté à plusieurs reprise d’assassiner le chef de l’état Fidel Castro. Nous avons échoué, et par conséquent nous avons cherché pendant deux générations à isoler, appauvrir et affaiblir ce régime.

Nous serions stupides de nous attendre à ce que les russes ne réagissent pas de la même manière face à un gouvernement ukrainien anti russe qui viendrait les défier. Ainsi, militer pour l’inclusion de l’Ukraine dans l’OTAN ne serait pas seulement un coup perdant ; cela risquerait aussi de ruiner les efforts prudents que nous avons entrepris pendant une génération pour améliorer notre sécurité et notre bien-être, et de nous diriger vers une guerre froide, si ce n’est une vraie guerre. Nous devons adopter une autre stratégie.

- Nous devons reconnaître que l’Ukraine n’est pas située dans notre sphère d’influence ni de domination. L’Ukraine n’est ni dans l’hémisphère Ouest, ni dans l’Atlantique Nord. Vu de la Mer Noire, le concept d’une Organisation du Traité de l’Atlantique Nord est un oxymore. La Mer Noire fait partie de ce que les russes appellent “l’étranger proche”.

Les implications politiques sont claires. De la même manière que les russes ont réalisé que Cuba faisait partie de notre sphère d’influence, et ont donc reculé lors de la crise des missiles, il est probable qu’ils vont caler leurs réponses à nos actions sur la croyance que nous allons reculer de la même manière parce que nous aurons compris que l’Ukraine est dans leur voisinage et pas dans le nôtre.

Le danger, bien sûr, est que pour des raisons politiques domestiques – et en particulier sous la pression des néoconservateurs et autres faucons – il est possible que nous n’acceptions pas cette réalité. Alors le conflit, dans toute son horreur, deviendrait virtuellement inévitable.

- Mais le conflit n’est pas inéluctable et peut être facilement évité si vraiment nous souhaitons l’éviter. C’est parce que les russes et les ukrainiens partagent le même objectif que celui que les États-Unis partagent d’un point de vue émotionnel. L’objectif commun est celui d’une Ukraine qui deviendrait un membre sûr, prospère et constructif de la communauté internationale.

Parvenir à un tel statut de membre ne peut être que du ressort des ukrainiens eux-mêmes. Mais, comme tous les observateurs sérieux ont pu le constater, la société et l’organisation politique ukrainiennes ont un long chemin à parcourir avant de parvenir à notre objectif commun.

Ceci est vrai, même en oubliant le différend russo-américain. Son gouvernement est corrompu, tyrannique et faible. Le mieux que nous puissions faire
est de supprimer tous les freins à la croissance d’une société saine, sûre et libre.

Le moyen d’accomplir ceci est double : premièrement, nous devons cesser notre intrusion militaire dans les affaires ukraino-russes de façon à diminuer les craintes russes d’une agression, et deuxièmement, partout, et de toutes les manières où cela est acceptable par les deux parties, nous devons aider à la croissance de l’économie ukrainienne et, indirectement, à la stabilité et au bon sens du système de gouvernement ukrainien. Une première étape dans cette direction pourrait être l’adhésion de l’Ukraine à l’Union Européenne.

Ceci devrait, en termes généraux, et pour notre propre bien, constituer notre stratégie.

Source : Consortium News, le 24/02/2015
Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 
 

19 réponses à La guerre d’Ukraine : une crise des missiles cubains à l’envers, par William R. Polk

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Les crimes contre l’humanité en Ukraine, le bombardement d’une école

4 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #La guerre, #le nazisme, #Le fascisme

Les crimes contre l’humanité en Ukraine, le bombardement d’une école

Par Olga Luzanova – Le 1er avril 2015 – Source globalresearch.ca

Le président ukrainien Porochenko a tenu parole : «Nos enfants iront à l’école, et les enfants du Donbass croupiront dans les caves.»

Cet article de la journaliste d’investigation Olga Luzanova fournit des preuves photo et vidéo des impacts des bombardements du régime de Kiev, dirigés directement contre des zones d’habitation et des écoles dans le Donbass.

Les civils ont été délibérément visés.

Ces crimes de guerre ont été ignorés par les grands médias. Ils n’ont pas été reconnus par la Commission des droits de l’homme de l’ONU.

Les droits fondamentaux des enfants ont été violés de manière flagrante par le régime de Kiev soutenu par les Etats-Unis, en dérogation au droit international.

M. Ch. GR Editeur

Photos et images vidéo par Olga Luzanova

Nous rappelons qu’en octobre dernier, le président Petro Porochenko a mis en évidence les contrastes entre les perspectives des Ukrainiens et celles de la population dans le Donbass lors d’un discours tenu à Odessa. Le président a promis, en particulier:

«Nos enfants iront à l’école et au jardin d’enfants, tandis que les leurs se terreront dans des caves!»

Jusqu’à présent, le gouvernement ukrainien a fait de son mieux pour tenir sa parole. Voici un des enfants vivant dans un sous-sol, conformément à la volonté du président de l’Ukraine.

Le commandant par intérim du commandement de Perevalsk m’a proposé de faire une brève visite dans une petite ville qui venait de se retrouver à proximité immédiate de la ligne de front. Les forces ukrainiennes avaient tiré sur le quartier d’habitation de la ville jusqu’au jour où la milice a pris Debaltsevo. Nous avons emprunté la route que je connaissais très bien. Nous avons roulé à travers la ville, où je pouvais voir partout les conséquences du bombardement. Nous nous sommes approchés de l’école par l’arrière et nous avons vu un terrain de football avec un énorme cratère au milieu. Ensuite, nous avons vu un autre cratère dû à un missile Ouragan à proximité de l’école.

Nous avons trouvé un très grand morceau de missile, qui ressemblait à un seau d’aluminium écrabouillé, à l’intérieur du bâtiment, mais le nombre de traces distinctes prouve qu’il faisait partie d’une batterie de missiles Ouragan.

 

L’école n’avait plus une seule fenêtre intacte sur sa façade donnant sur Debaltsevo. A l’évidence les tirs n’avaient pas été dirigés au hasard – nous avons vu que toutes les attaques sur l’école étaient des coups directs.

 

Nous avons fait le tour de l’école – sa façade orientée vers le territoire contrôlé par la milice est restée à peu près intacte. Accessoirement, cette école était l’une des plus belles de la région de Perevalsk : elle avait obtenu une subvention pour sa rénovation il y a deux ans et était donc complètement remise à neuf.

Et maintenant, le gros plan sur le livre avec le marteau et la faucille, et la phrase «Paix dans le monde», qui ajoute encore plus de tristesse à toute la scène.

 

L’état de l’intérieur du bâtiment n’était pas moins terrible : meubles renversés, cadres de fenêtre brisés, éclats de verre et débris de plâtre sur le sol, fragments de bois et de briques partout, tout est cassé et percé de trous.

 

 

Dans un couloir à demi en ruines, des panneaux avec les portraits des héros de la Grande guerre patriotique, tués encore une fois par les balles ukrainiennes.  Personne n’a été oublié, rien n’a été oublié.

 

J’aimerais souligner que le respect des valeurs de la mémoire a toujours été une partie importante de notre éducation scolaire. A la lumière du conflit en Ukraine, l’un des instruments les plus importants actuellement utilisés dans les écoles ukrainiennes est la déformation de l’Histoire – en particulier par le remplacement des noms des héros soviétiques par les noms de Banderistes. Pourtant, les gens du Donbass se souviennent de leur véritable histoire: nous ne l’avons pas apprise seulement à l’école, mais aussi de nos grands-parents, qui ont vu cette histoire de leurs propres yeux et nous l’ont racontée encore et encore, et nous ne l’oublierons jamais.

Vidéo 1 min, sous-titres anglais

J’ai entendu une voix d’enfant dehors – une petite fille s’approchait avec quelques adultes, elle a pointé du doigt en direction de la partie la plus endommagée de l’école, en disant: «Ma classe était là.» Vika, cinq ans, était très triste pour son école; presque tous ses amis ont quitté la ville, et maintenant, elle et sa famille doivent partir aussi.

Je suis entrée dans la salle de classe où Vika et les autres élèves de première année suivaient les cours. De nouveau, la même scène: des éclats de verre partout, des fenêtres détruites, des meubles brisés, des parois percées de trous… Des livres abandonnés sur une étagère…

Quelqu’un a écrit au tableau :«Mort aux envahisseurs fascistes»

Les enfants du Donbass ne vont plus à l’école…

Traduit par Diane, relu par jj, pour le Saker Francophone

 

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Le Donbass peine à se relever, l’Europe fait honte. Par Pepe Escobar.

4 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La finance dérégulée, #La mondialisation, #Les transnationales, #Europe supranationale, #La Russie, #AMERIQUE, #le nazisme, #Le fascisme

Le Donbass peine à se relever, l’Europe fait honte


Pepe Escobar
Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 31 mars 2015 – Source : Sputnik

Me voici sur une terre sacrée au Donbass, qui était aussi une terre sacrée à l’époque de l’Union soviétique. Du haut de cette colline se trouvant à peu près à mi-chemin entre Donetsk et Lougansk, s’érigeait un monument à la mémoire des héros de la Deuxième Guerre mondiale qui ont défait le nazisme et le fascisme.

 

Dans le cadre de ce qu’il appelle ses opérations antiterroristes, Kiev, qui continue de diaboliser toute la population du Donbass, a tout mis sens dessus dessous. L’an dernier, les forces de Kiev ont pris Saur-Mogila et bombardé tout le monument. Les forces armées des Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk ont repris la colline depuis, non sans peine. Aujourd’hui, le drapeau rouge, blanc et bleu de la résistance, qui flotte au vent, domine le paysage.

Le sommet de la colline à Saur-Mogila

En montant la colline, je suis tombé accidentellement sur une vision aussi nette qu’éloquente de la guerre civile en cours en Ukraine, théâtre à échelle réduite de la Guerre froide 2.0, cette confrontation géopolitique par procuration à laquelle se livrent les USA et la Russie et qui ne fait pas de quartier.

Une des statues du monument, qui représente un héros de la Deuxième Guerre mondiale, est en fragments, mais pas détruite. Son torse déchiré surgit du sol. Soixante-dix ans après la victoire contre le nazisme et le fascisme, la statue a failli être réduite en poussière par les forces de Kiev, alliées à des éléments nazis et fascistes qui les ont aussi infiltrées. L’Europe, qui refuse de voir ce qui se passe vraiment dans ses régions frontalières orientales, fait de nouveau preuve d’une insensibilité extraordinaire.

Un dirigeant de la République populaire de Donetsk suggère que les troupes de Kiev ont abandonné leurs armes à Debaltsevo (AP Photo/Effrem Lukatsky)

Du haut de la colline, j’ai fini par obtenir une perspective géographique complète des batailles de l’été dernier. Au loin en direction du nord-est, se trouvaient les forces armées du chef fasciste du Secteur droit Dmytro Yarosh. La Russie se trouve à droite.
Le chaudron de Debaltsevo (trois chaudrons en fait), où les forces de Kiev ont été encerclées, prises en étau et détruites par la résistance, se trouve au nord-ouest, à 40 kilomètres de distance. Les habitants de Donetsk disent qu’il pourrait y avoir eu au moins 10 000 morts du côté de Kiev pendant toute la durée du siège.

« Leurs enfants seront terrés dans des caves »

Saur-Mogila représente une grande victoire militaire pour le Donbass. Mais ce qui importe le plus pour les simples citoyens, c’est la situation humanitaire, qui demeure grave. Le médecin en chef spécialiste des traumatismes de l’hôpital général de Donetsk m’a assuré que l’aide de la Croix-Rouge ou de la communauté internationale n’a jamais atteint la ville.

L’UE devrait s’intéresser à la crise humanitaire en Ukraine avant de s’occuper de réformes constitutionnelles (Reuters/Shamil Zhumatov)

Après tout, pour les bureaucrates corporatistes manucurés de Washington et Bruxelles, les habitants du Donbass sont tous des terroristes, conformément au scénario préparé par Kiev, qui sort tout droit de l’ère Debeliou Bush dominée par les néocons.

L’Occident, ô combien civilisé, mais peu enclin à tirer des leçons de l’histoire, devrait plutôt s’attarder davantage à la valse des oligarques à Kiev qui, telles des araignées dans une bouteille, ne présentent qu’un simulacre de démocratie en ces temps orwelliens.

Voici comment l’oligarque théoriquement à la tête de l’État (il ne l’est pas; ce rôle revient à la CIA et au département d’État des USA), Petro Porochenko, traite toute la population du Donbass: Nos enfants iront à l’école et à la maternelle, tandis que leurs enfants seront terrés dans des caves! 

Le Président ukrainien Porochenko admet faire la guerre contre son propre peuple de l'Ukraine de l'est, contre les retraités, les ouvriers et les enfants: "Bravo" m'sieur le P-resident de l'Ukraine "unie"....

« Chez nous il y aura du travail — chez eux, non.
Chez nous, il y aura des retraites — chez eux, non.
Chez nous, on s’occupera des enfants et des retraités — chez eux, non
Chez nous, les enfants iront à l’école et dans les jardins d’enfants — chez eux, ils se terreront dans les caves.
Parce qu’ils ne savent rien faire.
C’est comme ça que nous gagnerons la guerre. » [Petro Porochenko, discours à Odessa, 14/11/2014]

Ce sont là les paroles du dirigeant d’un État (en déliquescence) aspirant à rejoindre l’Union européenne qui, c’était prévisible, regarde ailleurs.

Des gens terrés dans des caves, c’est ce que j’ai vu à Donetsk (ça aussi c’était prévisible), dans des centres pour anciens combattants transformés en refuges et dans des abris antiaériens de l’ère soviétique avec toute l’iconographie de l’époque peinte sur les murs. Des familles entières, des vieillards, des gens qui n’osent même pas sortir en plein jour et des dizaines de bébés, enfants et adolescents traumatisés.

40% des Ukrainiens sous le seuil de pauvreté (Sputnik/Mikhaïl Voskrenzensky)

D’après Iskander Sultan, un coordonnateur de groupes formés de bénévoles basé à Moscou, pas moins de deux millions de réfugiés auraient quitté le Donbass au cours de la dernière année. Au début des années 2000, quatre millions de réfugiés afghans avaient fui les talibans.

D’autres ont décidé de rester, notamment les retraités dont les pensions, gelées par Kiev, leur seront de nouveau versées par les deux Républiques populaires (leur parlement compte 60 membres; 30 de Donetsk et 30 de Lougansk, qui travaillent en étroite collaboration).

Vu de Donetsk, le sort de tant de familles de la classe ouvrière et de la classe moyenne inférieure, qu’on pourrait aussi bien retrouver à Manchester, Lille, Bologne ou Valence, qui ont été déplacées par une guerre par procuration qu’elles n’ont jamais voulue, qui sont diabolisées en bloc comme des méchants terroristes, qui sont menacées de déportation et complètement ignorées par l’Occident, ô tellement civilisé, est tout aussi ahurissant que l’arrogance et l’ignorance crasse du discours civilisé, qui ne voit en Ukraine qu’une lutte sans merci entre les bons démocrates de Kiev et les méchants rebelles contrôlés à distance par la Russie.

La population civilisée n’est au courant de rien, parce que les médias institutionnels occidentaux ne sont pas autorisés à l’informer. À Donetsk, en revanche, l’avenir du Donbass est amplement débattu. Certains favorisent l’établissement d’une région autonome au sein de l’Ukraine (sauf qu’ils reconnaissent la minute suivante qu’après le massacre d’Odessa en mai dernier et avec cette junte à Kiev qui les traite de terroristes, cela n’arrivera jamais). D’autres préfèrent l’annexion à la Russie (sauf qu’ils reconnaissent la minute suivante que ce serait un fardeau que Moscou ne devrait pas endosser).

Dans l’intervalle, c’est la lutte pour la survie qui prime. Primorka (terre à l’orée de la mer), qui borde la mer d’Azov dans la région de Rostov, est l’un des camps de réfugiés de l’est de l’Ukraine en territoire russe. Il abrite actuellement 246 personnes, y compris 51 enfants qui vont à l’école et trois nouveau-nés. La plupart des réfugiés sont âgés, proviennent surtout de Donetsk, n’arrivent pas à trouver du travail, mais rêvent de retourner chez eux. Une des familles est même parvenue à sortir du chaudron de Debaltsevo.

Le lieu a déjà été un camp d’été pour les enfants, qui a fermé il y a quelques années. Sa réouverture est due à l’initiative d’un simple citoyen, Alexander Dobrovolsky, qui a vendu son appartement pour financer l’opération. Au départ, Primorka comptait plus de 1 300 réfugiés. Le camp a depuis fini par obtenir une aide financière municipale et fédérale.

Parmi les chiens errants se promenant dans le camp très propre et bien entretenu situé juste au bord de la mer, il y en a un qui s’appelle Obama. Un autre s’appelle Yats. Il y avait aussi un chien qui s’appelait Porochenko, mais il est mort il y a deux semaines.

Pepe Escobar s’est rendu à Donetsk à l’invitation du projet médiatique Europa Objektiv, basé en Allemagne.

Traduit par Daniel, relu  par jj et Diane pour Le Saker francophone.

Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan: How the Globalized World is Dissolving into Liquid War (Nimble Books, 2007), Red Zone Blues: a snapshot of Baghdad during the surge (Nimble Books, 2007), Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009) et le petit dernier, Empire of Chaos (Nimble Books).

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