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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #le nazisme tag

La balkanisation de l’Ukraine par Miroslav Lazanski.

2 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #La finance dérégulée, #La guerre, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Le fascisme, #le nazisme

La balkanisation de l’Ukraine

La guerre qui ravage actuellement l’Ukraine s’internationalise. Les clivages qui apparaissent dans les Balkans ne sont pas nouveaux. Ils étaient là durant le démembrement de la Yougoslavie, et auparavant durant la Seconde Guerre mondiale. Pour Miroslav Lazanski, c’est une vieille partition que l’on rejoue.

| Belgrade (Serbie)

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Alors que des volontaires croates rejoignent l’armée ukrainienne pour combattre les Novorossiens, l’Etats-unienne Kolinda Grabar-Kitarović est devenue, le 18 février 2015, présidente de Croatie. Son pays, qui se prépare à faciliter le démembrement de la Serbie en l’amputant de la Voïvodine, devrait logiquement s’impliquer officiellement dans la guerre en Ukraine. Rejouant le passé, les Croates s’allient à l’Empire du moment contre la Russie.

Lav Tolstoï a écrit, dans Guerre et paix, que « La veille de l’année 1812, il y eut une concentration des pouvoirs en Europe occidentale, partie de l’Ouest vers l’Est, vers les frontières de la Russie. » Je ne sais pas ce que ce grand écrivain et penseur dirait aujourd’hui s’il pouvait jeter un coup d’œil sur l’Europe du début du 21ème siècle. C’est comme s’il avait déjà prévu à son époque « l’otanaïsation », l’encerclement de la Russie et les pressions politiques et psychologiques sur les États neutres pour qu’ils rejoignent l’Alliance.

Ce qui a été commencé en Europe en 1999 lors des bombardements de la République fédérale de Yougoslavie, continue aujourd’hui avec la tragédie en Ukraine. Les images des immeubles et ponts détruits sont invraisemblables ; des maisons brûlées, des cadavres dans les rues. Tout cela dans l’Europe du 21ème siècle ! Et ce n’est pas un film, mais la cruelle réalité. L’Europe politique s’est tue à propos des mêmes images en Yougoslavie en 1999, et aujourd’hui elle est indifférente à la souffrance humaine en Ukraine.

L’Europe politique a imposé au peuple d’Ukraine un choix « soit / soit », et par là, la guerre. Après les Accords de Minsk 2 [1], certains pensent encore, en Europe et encore plus aux États Unis, que le fait d’envoyer de l’aide militaire à Kiev pourrait changer la situation militaire sur le terrain. Mais aucun missile antichar occidental ne pourra changer le rapport des forces parce que les soldats de Kiev n’ont pas été formés à les utiliser, ils auraient besoin d’au moins six mois d’entraînement et d’apprentissage. Les systèmes d’artillerie de l’Otan ne sont pas compatibles avec les systèmes en possession de l’armée ukrainienne. L’Occident peut fournir à l’Ukraine de simples véhicules blindés pour transporter l’infanterie, ce que les Britanniques ont déjà fait, de l’électronique pour les communications radio et des radars d’artillerie, ce qui a déjà été livré à Kiev.

Cependant, si l’Otan livrait à Kiev d’autres types d’armement, ou s’il envoyait ses propres spécialistes d’entraînement militaire, on pourrait voir apparaître dans le Donbass des chars T-80 et T-90 au lieu des T-72. On verrait alors quels missiles seraient efficaces. L’entrée d’une unité de l’Otan en Ukraine provoquerait l’entrée de l’armée russe sur le théâtre d’opérations. Dans un conflit conventionnel sur ce terrain, aucune armée occidentale, même pas celle des États-Unis, ne pourrait vaincre l’armée russe, parce que les généraux occidentaux oublient de toute évidence la doctrine du Maréchal Otarkov, toujours actuelle dans l’armée russe : vaincre pendant la première phase d’un conflit conventionnel par la destruction des cibles clés très profondément en territoire ennemi, dès les premiers moments de la guerre, et conquérir rapidement le territoire ennemi par l’avancement de l’armée de terre.

C’est une victoire totale pendant la première phase de la guerre, une victoire sans utilisation de l’armement nucléaire tactique. La stratégie de l’offensive, avec comme but la pénétration profonde dans le territoire ennemi sans utiliser des armes nucléaires, a été l’essence de la vision soviétique de la guerre en Europe. Les États-uniens ont essayé de faire mieux avec la doctrine de la « bataille air-terre 2000 ».

C’est précisément la raison pour laquelle ni les USA ni l’Otan n’enverront leurs forces en Ukraine, parce qu’ils n’ont aucune chance pour vaincre dans une guerre conventionnelle. En effet, si les troupes de l’Otan ou des USA se trouvaient en situation d’échec en Ukraine face à l’armée russe, Bruxelles et Washington devraient décider soit d’admettre la défaite avec toutes ses conséquences politiques et militaires, soit d’utiliser des lanceurs munis d’armes tactiques nucléaires.

Dans cette situation, sachant que des Tomahawks peuvent atteindre des cibles en Russie en cinq ou six minutes, le Kremlin aurait peu de temps pour décider, ordonner et exécuter une riposte nucléaire. Il devrait intervenir au bout de trois minutes maximum, faute de quoi, il ne pourrait pas lancer de contre-offensive, les missiles états-uniens ayant déjà atteint leurs cibles russes.

Autrement dit, la frontière entre l’utilisation tactique et stratégique de l’armement nucléaire est dangereuse. Le risque d’implosion est effrayant, l’une et l’autre partie pourrait interpréter l’utilisation de l’armement nucléaire tactique comme une introduction de l’utilisation de l’armement nucléaire stratégique. Dans ce cas, seul Dieu pourrait aider la planète. Selon l’opinion du professeur Lowell Wood du Laboratoire National de Livermore (États-Unis) datant de 1982, entre 500 millions et 1,5 milliards de personnes périraient. Et comme la technologie nucléaire a entretemps progressé, le nombre de morts serait beaucoup plus important.

Est-ce que ceux qui voudraient internationaliser le conflit ukrainien, pensent à cela ?

L’opinion publique en Russie est ces jours-ci surprise par l’arrivée de citoyens croates en renfort de l’armée de Kiev, du Pravyi Sektor et de la Garde Nationale d’Ukraine. Seuls ceux qui ne connaissent pas l’Histoire sont surpris. Les soldats de l’État indépendant croate se sont battus pendant la Seconde Guerre mondiale au côté d’Hitler à Stalingrad, tandis que sur le Front de l’Est il n’y eut aucun Serbe. L’État indépendant croate avait envoyé sur le Front de l’Est son aviation. Le général Franjo Dzal était l’un des pilotes qui abattait les avions russes. À l’époque de l’ex-Yougoslavie, la Croatie avait d’excellentes relations avec l’Ukraine et la Serbie avec la Russie. Dans quelle mesure la religion a influencé cela (en Ukraine il y a des catholiques et des uniates) est une longue histoire. Quoi qu’il en soit, les Croates se sont mis du côté de l’Ukraine, et les Serbes, d’après les volontaires, du côté de Donbass.

On a balkanisé l’Ukraine. On y continue la guerre que nous avons arrêté en 1945 …

Traduction
Svetlana Maksovic

Source
Politika (Serbie)

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L'étude russe qui prouve que les OGM stériliseront l'humanité au bout de 3 Générations.

1 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Agriculture, #La santé, #La justice, #La mondialisation, #le nazisme

On soupçonnait déjà que la perte de la fertilité était au nombre des graves  dégâts occasionnés, une étude récente va dans ce sens. Une étude qui, si elle n'est pas étouffée, pourrait avoir un grand impact sur les décisions à prendre à l'avenir!
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En 2009, près de 3% des terres agricoles étaient couvertes d'OGM avec 134 millions d'hectares, selon l'ISAAA, qui, chaque année, fait état des cultures des plantes transgéniques dans le monde. Et le dossier des OGM alimentaires - dont de très nombreuses pages restent encore floues à ce jour - pourrait bien s'alourdir prochainement alors qu'une nouvelle pièce en provenance de Russie est sur le point d'y être ajoutée. 

 

Celle-ci prend la forme d'une étude, dont les résultats les plus frappants viennent d'être présentés à la presse en Russie dans le cadre de l'ouverture dans ce pays des Journées de Défense contre les Risques Environnementaux. Elle est même évoquée par Jeffrey Smith, fondateur de l'Institute for Responsible Technology aux Etats-Unis et auteur de référence dans le monde des OGM avec notamment son ouvrage Seeds of Deception (littéralement «les semences de la tromperie») publié en 2003. Menée conjointement par l'Association Nationale pour la Sécurité Génétique et l'Institut de l'Ecologie et de l'Evolution, cette étude russe a duré deux ans, avec pour cobayes des hamsters de race Campbell, une race qui possède un taux de reproduction élevé. Ainsi, le Dr Alexey Surov et son équipe ont nourri pendant deux ans et d'une manière classique les petits mammifères, à l'exception près que certains d'entre eux ont été plus ou moins nourris avec du soja OGM (importé régulièrement en Europe) résistant à un herbicide.

Au départ, quatre groupes de cinq paires (mâles / femelles) ont été constitués: le premier a été nourri avec des aliments qui ne contenaient pas de soja, le second a, quant à lui, suivi un régime alimentaire qui comportait du soja conventionnel, le troisième a été alimenté avec en complément du soja OGM et enfin le quatrième groupe a eu des plateaux repas dans lesquels la part de soja transgénique était encore plus élevée que dans ceux du troisième.

 

A la fin de cette première phase, l'ensemble des quatre groupes a eu en tout 140 petits. L'étude s'est poursuivie dans une deuxième phase par la sélection de nouvelles paires issues de chacun de ces premiers groupes. Et, dans la logique du déroulement, les nouvelles paires de la deuxième génération ont, elles aussi, eux des petits, créant de fait la troisième et dernière génération de cobayes. Ainsi, il y a eu au final 52 naissances parmi les spécimens de troisième génération qui n'ont pas consommé du tout de soja, 78 parmi ceux qui ont consommé du soja conventionnel.

 

Mais le troisième groupe, celui qui a été nourri avec du soja OGM, n'a eu que 40 petits, dont 25% sont morts. Et, pire, dans le groupe qui a mangé le plus de soja génétiquement modifié, une seule femelle a réussi à donner naissance, soit 16 petits au total, dont 20% sont finalement morts.

 

Ainsi, à la troisième génération, les hamsters qui, pour les besoins de l'étude, ont eu, dans leur menu, une part importante de soja OGM, n'étaient plus capables de se reproduire...

 

Mais une autre surprise de taille a été observée: certains de ces hamsters issus de la troisième génération se sont retrouvés avec des poils ... dans la bouche, un phénomène d'une extrême rareté.

Selon Jeffrey Smith, l'étude du Dr Surov et de son équipe pourrait bien «déraciner» une industrie qui vaut plusieurs milliards de dollars. L'affaire est donc à suivre, mais, quoi qu'il en soit, depuis l'introduction en 1996 dans l'environnement et dans la chaîne alimentaire de produits agricoles transgéniques (issus de semences dans lesquelles y sont ajoutées un ou plusieurs gênes étrangers afin de conférer à la plante une propriété spécifique), les risques qui y sont liés restent encore très largement inconnus car très peu observés, faute d'études suffisamment longues et indépendantes, mais aussi à cause du refus des semenciers de publier leurs propres études (sauf sous la contrainte juridique) pour des raisons de stratégies industrielles et commerciales.

 

Aussi surprenant que cela puisse paraître, le principe de précaution, dans ce domaine, semble effectivement illusoire, alors que les incertitudes scientifiques qui demeurent devraient justement le mettre au cœur du processus d'évaluation. Et, d'ailleurs, l'on peut même supposer que cette absence de précaution large et de manque de transparence vis-à-vis du public nuisent par la même occasion aux OGM agricoles expérimentaux (de seconde génération) qui ne peuvent pas être évalués dans les meilleures conditions puisque ceux qui sont actuellement sur le marché ne l'ont été que partiellement (voir le proverbe de la «charrue avant les boeufs»...).

 

Car l'ennui, au fond, c'est que nous tous, les consommateurs, sommes au bout de cette chaîne alimentaire: alors finalement dans l'histoire, qui sont réellement les cobayes?

  Source : Mediapart

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La lutte contre le nazisme: « Les 300 », le symbole oublié de Zaporojié. Il vaut mieux mourir debout que vivre à genoux!

26 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La guerre, #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #Terrorisme, #le nazisme, #Le fascisme

La lutte contre le nazisme: « Les 300 », le symbole oublié de Zaporojié. Il vaut mieux mourir debout que vivre à genoux!
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Le courage de ces hommes a été passé sous silence en Occident, soit mépris, soit ignorance totale des faits. Ceci s’est passé dans une ville symbole de l’Ukraine, sur la frontière historique entre ce pays et ce qui fut l’Hetmanat des Cosaques qui se soulevèrent contre les Ukrainiens et les Polonais au XVIIe siècle. Vous ne connaissez pas cette histoire ? Vous pourriez en aborder quelques-unes des facettes en lisant les lignes de Tarass Boulba du grand auteur russe et ukrainien Nicolas Gogol (1809-1852). Les Cosaques y construisirent une Sitch dans une île du Dniepr et lancèrent des raids vers l’Ouest et le Sud. C’est dans cette ville que quelques dizaines de courageux russophones ont été au cœur d’un acte à la fois sensationnel et ignoble.

Sur le Dniepr, Zaporojié est une ville de contraste, comme toutes les villes sur ce grand fleuve. Les Russophones étaient avant la guerre 57 %, les Ukrainiens seulement 42 %. Cela plante déjà le décor. Depuis toujours elle fut un lieu de passage, emprunté d’ailleurs par toutes les armées envahissants pour les uns l’Est, pour les autres l’Ouest : Polonais, Cosaques, Russes, Tatars, Allemands, Bolcheviques, Blancs, Verts, Nazis… La ville était aussi sur la fameuse ligne du Dniepr, ligne de défense qui fut le dernier espoir des Hitlériens de se maintenir en Ukraine et qui fut forcée par l’Armée rouge en octobre 1943. Elle eut beaucoup à souffrir des combats et des destructions. Ville industrielle parmi les plus grandes d’Ukraine, elle comptait plus de 760 000 habitants en 2013.

Alors que le mouvement Euromaïdan était sorti vainqueur dans sa lutte pour le pouvoir, en utilisant massivement les militants néo-nazis des Partis Svoboda et Pravy Sektor, la situation en avril 2014 était explosive en Ukraine. Ayant pris une importance capitale dans l’appareil du pouvoir en train de naître après le coup d’Etat du Maïdan, les nationalistes ultras sortirent de l’Ouest de l’Ukraine et de Kiev pour se répandre dans tout le pays. Ils furent encore une fois à l’avant-garde de toutes les manifestations russophobes, antisémites et pro-européennes. Passages à tabac d’opposants russophones, intimidations, destructions de biens privés, pillages, mises à bas de monuments et de sculptures rappelant la période soviétique : statues de Lénine, cimetières militaires, plaques commémorative des combattants de l’Armée rouge, vestiges de la Seconde Guerre mondiale, cimetières juifs ou de soldats soviétiques, porteurs de rubans de Saint-Georges (symbole patriotique soviétique et russe), tout cela fut mis à bas, détruit, saccagé, persécuté, tabassé.

Le 13 avril 2014, quelques dizaines de russophones s’étaient rassemblés à Zaporojié sur une place publique pour protester contre la tournure du Maïdan, tournure clairement néo-nazie à ce moment-là et qui allait se dévoiler par le massacre d’Odessa quelques jours plus tard. Les opposants russophones furent bientôt, comme vous le verrez sur cette vidéo, encerclés par une foule vociférant composée de fanatiques armés de bâtons, de barres de fer, de marteaux et d’autres armes contondantes, y compris des couteaux. Les opposants russophones n’étaient pas armés, ils étaient venus ici pour protester pacifiquement. Ils furent bientôt entourés par une horde véritablement hystérique, les quelques dizaines de russophones étant encerclés par des « septembriseurs » près au massacre et dix fois plus nombreux. C’est avec peine que la police, par ailleurs très molle a protégé la vie de ces hommes. Ils furent insultés pendant six longues heures, canardés de farine, d’œufs, puis de pierres, de bouteilles et d’autres projectiles. Formant un cercle de défense compacte, pour exprimer leur protestation de manière démocratique, ils ont été insultés de la pire des manières.

Les néo-nazis présents étaient venus en nombre et entrainèrent probablement la foule dans son hystérie. A un moment, les manifestants russophones pacifiques furent même atteints, certains traînés et roués de coups, avec l’intention avérée de les lyncher sans autre forme de procès. Courageusement ils firent face, devant subir les outrages d’une foule surexcitée de plus en plus nombreuse. Les fascistes lançaient des slogans et des appels au meurtre, ils promettaient la mort à ceux qui ne jetteraient pas les rubans de Saint-Georges, à ceux qui ne s’agenouilleraient pas au sol et qui ne chanteraient pas l’hymne national ukrainien. Aucun d’entre eux, même malgré l’évidence que leurs vies étaient en danger ne mit le genou à terre. L’ironie du sort est qu’ils furent finalement embarqués par la police, comme des criminels, chargés dans des paniers à salade par les forces de l’ordre et emmenés au poste. Ils furent ici interrogés, malmenés, pressés psychologiquement et fichés comme de vulgaires délinquants. Les fanatiques assoiffés de sang les avaient suivis jusque devant le commissariat de Police… où ils durent encore être exfiltrés par les policiers sous les injures…

Ces hommes ont donné à l’Europe un symbole très fort, de liberté, de refus de se soumettre, de lutte pour la Démocratie et la liberté d’expression. Il n’était pas convenable pour des journalistes de parler de leur histoire. Ils étaient russophones donc du mauvais côté. Il n’était pas convenable de les montrer en exemple, comment expliquer que le mouvement Euromaïdan n’était nullement démocratique, qu’il y avait déjà des persécutions à caractère politique et racial en Ukraine quand les médias vendaient leurs fables de la méchante Russie ? Ils furent passés sous silence. Auraient-ils été massacrés comme à Odessa que les médias français et européens auraient sans doute tronqué le sujet. C’est l’histoire de tous les civils morts en Ukraine depuis le début de l’Euromaïdan, d’abord à Kiev, puis dans toutes les villes et enfin surtout dans l’Est de l’Ukraine.

Alors toi, citoyen français qui regardera cette vidéo, demandes toi de quelle côté est la Démocratie. Demandes toi pourquoi notre gouvernement soutient les hommes qui étaient armés de matraques et de barres de fer. Ce sont les sbires de Porochenko, ce sont eux qui sont montrés comme des « héros ». Devant cette injustice, pour ne pas finir à genou, les gens du Donbass eux ont choisi de répondre, de se défendre par les armes. Des milliers d’entre eux sont déjà morts, la France a participé à leur assassinat en supportant l’Armée ukrainienne, en fournissant de l’argent avec l’Union européenne, jusqu’à faire les honneurs au chef suprême de cette « Ukraine démocratique » du Palais de l’Elysée. Est-ce cela la Démocratie des Charlie ? En voulez-vous plus citoyens français ?

Les 300 spartiates zaporogues

Les 300 spartiates zaporogues

 

Le 26 février 2015

 

Laurent Brayard pour Novorossia Vision

 
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Le régime de Kiev n’a nullement l’intention d’appliquer les clauses politiques de l’accord de Minsk. Par Maryvonne Leray.

16 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #AMERIQUE, #La République, #La Russie, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La guerre, #La paix, #le nazisme

 

Samedi 14 février 2015

Le régime de Kiev n’a nullement l’intention d’appliquer les clauses politiques de l’accord de Minsk

 
Et on n'est pas à l'abri d'un coup d'état...
 
Dmitro Yarosh

 

Peut-on sauver l’accord de Minsk?

Par Jacques Sapir
 
Le fragile accord signé à Minsk[1] le jeudi 12 février au matin entre Mme Merkel, François Hollande, Vladimir Poutine et le président ukrainien M. Poroshenko est aujourd’hui clairement en crise. Les regards se focalisent sur la question du cessez-le-feu. C’est une question importante, mais qui pourrait masquer d’autres problèmes, encore plus grave. Ainsi, le gouvernement de Kiev a indiqué qu’il n’entendait pas appliquer la « fédéralisation » du pays à laquelle il s’est pourtant engagé. Enfin, il est possible que des troubles politiques affectent les forces de Kiev, voire qu’un coup d’Etat venant de la fraction la plus extrémiste, se produise d’ici les premières semaines.
 
 
La question du cessez-le-feu
 
Le cessez-le-feu doit avoir lieu le dimanche 15 février à 0h00. Pour l’instant les combats continuent. Cela est dû à la volonté de chaque partie de « grignoter » sur la ligne de front, mais aussi à l’élimination progressive des unités de Kiev qui sont encerclées dans la « poche » de Debalstevo. Le principal problème tient à ce que les forces de Kiev doivent faire reculer leurs armes lourdes à partir de la ligne de front tandis que les insurgés doivent faire la même chose à partir de la ligne du 19 septembre 2014. L’idée semble d’avoir voulu donner satisfaction aux deux parties en présence et de créer une « zone tampon ». Mais, si l’on veut que cette zone tampon puisse remplir son rôle (et éviter de nouveaux bombardements ciblant les populations civiles des villes insurgées de Donetsk et Lougansk), il faudra impérativement qu’un corps d’observateur, susceptible de faire de l’interposition entre les deux adversaires soit créé. L’OSCE, qui est nommément désignée dans l’accord n’a pas les moyens de faire cela. De plus, sa légitimité pourrait être contestée. La seule solution stable serait la constitution de contingents de « Casques Bleus » des Nations Unis. Mais, une telle solution doit être acceptée par le gouvernement de Kiev et doit être validée par le Conseil de Sécurité, ce qui implique un accord des Etats-Unis. C’est ici que l’on mesure les limites de la solution Merkel-Hollande. De fait, les Etats-Unis sont aujourd’hui directement part du conflit. Ils doivent donc être associés à son règlement, ou montrer par leur attitude qu’ils ont fait le choix de la guerre. Tant qu’un cessez-le-feu stable, observé et vérifié ne sera pas en place, l’accord sera nécessairement des plus fragiles.
 
La question du statut des zones insurgées et la souveraineté de l’Ukraine
 
Mais, il y a d’autres raisons de penser que cet accord pourrait bien ne jamais être appliqué. Les termes de l’accord sont très clairs : un statut de grande autonomie doit être concédé aux insurgés et, sur cette base, le gouvernement de Kiev pourra recouvrer le contrôle de la frontière entre l’Ukraine et la Russie (articles 9 et 11 de l’accord). Or, le gouvernement de Kiev a indiqué son refus d’envisager une « fédéralisation » du pays, dans le cadre d’une refonte de la Constitution, qui devrait être réalisée d’ici à la fin de 2015. De même, le Ministre de la Justice de Kiev, M. Klimkin, s’est déclaré être opposé à une amnistie générale[2]. Or, cette amnistie est bien l’une des conditions de l’accord (article 5).
 
 
Très clairement, à l’heure actuelle, le régime de Kiev n’a nullement l’intention d’appliquer les clauses politiques de l’accord. Or, on comprend bien que si ces clauses ne sont pas appliquées, la guerre reprendra inévitablement, sauf si l’on s’achemine vers une solution de type « ni paix, ni guerre », ce que l’on appelle un « conflit gelé ». Cependant, une telle solution de « conflit gelé » n’est envisageable que si des forces d’interposition prennent position entre les belligérants. On est donc ramené à la question d’un hypothétique contingent de « Casques Bleus » et de ce fait à la question de l’insertion des Etats-Unis dans le processus d’un accord. On mesure ici, à nouveau, les limites de l’option prise par Mme Merkel et M. François Hollande. A vouloir prétendre que les européens pouvaient trouver sur leurs seules forces une solution à ce conflit, ils se sont enfermés dans une situation sans issue. La position discursive adoptée qui consiste à faire retomber la « faute » de la non-application sur la Russie s’apparente à une ficelle désormais trop grossière. C’est pourtant la voie vers on s’achemine, avec le renforcement des sanctions prises par l’Union européenne[3]. Et cela d’autant plus que l’on voit désormais s’ouvrir des failles importantes au sein même du gouvernement de Kiev, très probablement à l’instigation si ce n’est des Etats-Unis, de forces américaines.
 
 
Vers un coup d’Etat à Kiev ?
 
Il faut, à cet égard, regarder de très prés ce que fait le dirigeant de « Secteur Droit », Dmitro Yarosh, l’un des groupes les plus extrémistes (et souvent ouvertement pronazi) de l’espace politique du pouvoir de Kiev. Ce groupe a été directement mis en cause dans le massacre de la place Maïdan[4]. Ce personnage a un passé politique chargé, ayant été une sorte d’attaché parlementaire de V. Nalivaïtchenko, un député dont les liens avec le gouvernement des Etats-Unis sont bien connus. Yarosh a été blessé dans les combats de Donetsk. Le groupe qu’il dirige, tout en étant très minoritaire, est très influent dans la Garde Nationale et fournit nombre des combattants des « bataillons punitifs » de cette dernières. C’est là qu’il s’est lié à un oligarque ukrainien I. Kolomoisky[5]. Ce dernier s’est constitué un véritable petit royaume privé à partir de Dniepropetrovsk, et surtout Odessa, d’où il finance plusieurs de ces « bataillons punitifs ». Les liens de Kolomoisky avec les Etats-Unis sont nombreux et importants.
 
 
Or, dès jeudi 12 au soir, Yarosh annonçait que son mouvement ne reconnaissait pas les accords de Minsk et qu’il comptait établir un « Quartier Général » parallèle à celui existant sous les ordres du Général Muzhenko. Ce dernier s’est attiré l’inimitié de Kolomoisky, qui cherche à le faire remplacer par l’un de ses hommes liges. L’important ici est que Kolomoisky ne s’est pas contenté de financer des bataillons punitifs de la Garde Nationale. Il a aussi recruté entre 400 et 900 mercenaires[6], par le biais des sociétés américaines de contractants militaires. Cela indique que, outre ses liens avec les Etats-Unis, Kolomoisky est désireux de se construire une puissance militaire, peut-être pas sur l’ensemble de l’Ukraine, mais certainement à l’échelle du Sud du pays. Cela implique, de son point de vue, que la guerre continue afin qu’il puisse lui continuer à se renforces.
 
 
Mais il y a un autre aspect de la question. Aujourd’hui le gouvernement de Kiev est politiquement divisé (Petro Poroshenko apparaissant à cet égard comme un relatif « modéré ») et surtout techniquement de plus en plus dépendant des Etats-Unis. Des « conseillers » américains occupent plusieurs étages dans les différents ministères. Compte tenu de l’histoire des liens entre Yarosh et les Etats-Unis, on ne peut exclure qu’il puisse représenter une menace de coup d’Etat, si d’aventure le gouvernement actuel devait s’opposer aux intérêts américains.
 
 
Ceci montre que les Etats-Unis, qu’ils livrent ou non des armes « létales » à l’Ukraine, sont d’ores et déjà partie prenante de conflit, et d ‘une certaine manière ont acquis une position déterminante dans le gouvernement de Kiev. Ceci expose clairement les illusions de Mme Merkel et de M. Hollande mais nous montre aussi que tant que les Etats-Unis n’auront pas donné leur assentiment explicite à un accord, ce dernier n’a aucune chance d’être respecté. Mais, peut-être peuvent-ils y être contraints.
 
 
La question économique.
 
On le sait, l’Ukraine est virtuellement en faillite. Certes, le Fond Monétaire International a évoqué la possibilité d’un prêt de 17 milliards de dollars. Mais, cette somme, si elle est versée et ceci dépend de la réalité du cessez-le-feu, ne règlera rien. Au mieux, si elle est versée, elle assurera la stabilité financière de l’Ukraine jusqu’à la fin de l’année, pas plus. Cet argent ne remplacera pas une économie saine, et des relations commerciales importantes tant avec la Russie qu’avec l’Union européenne. Le futur de l’Ukraine dépend donc d’un accord entre russes et européens. Plus directement, la survie immédiate du pays dépend largement de l’aide consentie par l’Union européenne.
 
Ceci permettrait à l’Allemagne et à la France, si elles osaient parler clair et fort à Washington, de contraindre les Etats-Unis à s’engager de manière décisive dans le processus de paix. Sinon, l’ensemble du coût de l’Ukraine reposerait sur les Etats-Unis, et il est clair qu’en ce cas le Congrès se refuserait à financer de telles dépenses, qui pourraient d’ici les 5 prochaines années atteindre les 90-120 milliards de dollars.
 
La question économique est, peut-être, ce qui pourrait permettre d’aboutir à une application réaliste des accords de Minsk, à deux conditions cependant : que l’Allemagne et la France imposent leurs conditions à Washington et que ces deux pays sortent du jeu stérile et imbécile qui consiste à faire retomber, encore et toujours, la faute sur la Russie alors que l’on voit bien que les fauteurs de guerre sont ailleurs.
 
 
 

[1] Voir ici la déclaration finale des 4 dirigeants : http://interfax.com/newsinf.asp?pg=3&id=571367

[2] http://www.vesti.ru/doc.html?id=2351431

[3] http://top.rbc.ru/politics/13/02/2015/54dd2aec9a79475c523efc2e

[4] Katchanovski I., « The Separatist Conflict in Donbas: A Violent Break-Up of Ukraine? », School of Political Studies, Universitté d’Ottawa, texte préparé pour l’international conference “Negotiating Borders: Comparing the Experience of Canada, Europe, and Ukraine,” Canadian Institute of Ukrainian Studies, Edmonton, October 16–17, 2014

[5] Rosier R., « L’oligarque genevois qui défie Poutine », la Tribune de Genève, 30/05/2014,
 
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La question ukrainienne, la Russie et le droit international par Robert Charvin

13 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #le nazisme, #Europe supranationale, #La France, #La République

La question ukrainienne, la Russie et le droit international. Par Robert Charvin.

3 février 2015

Article en PDF :

Les médias occidentaux ont profondément malmené l'information au sujet de la crise ukrainienne, présentée non comme essentiellement l'implosion de l’État et de la société ukrainienne, mais comme un affrontement entre Kiev, l'Union Européenne, les États-Unis d'une part et la Russie d'autre part. Ils semblent s'être interdit d'envisager une solution négociée et diplomatique, et condamnent sans nuance la Russie de V. Poutine, en retrouvant les accents de la « guerre froide » qui avait disparu à l'époque de B. Eltsine. Les mêmes médias se sont peu attardés sur la nature ambiguë de la « révolution » très peu « démocratique » de Kiev, reprenant à leur compte les accusations portées contre les rebelles de l'Est, qualifiés de « terroristes », après avoir accusé la Russie « d'expansionnisme ».

Dans les faits et très vite, les États-Unis et l’Union Européenne ont procédé à une escalade antirusse sous couvert d’une « indignation » à l’encontre d’une « ingérence » russe attentatoire à la souveraineté de l’Ukraine. Ils avaient pourtant exercé de fortes pressions depuis des années (particulièrement en 2004 lors de la « révolution orange », puis en 2008, lors du Sommet de Bucarest avec une invitation à entrer dans l’OTAN, etc.) et lors des manifestations de Maïdan (1).

Les médias occidentaux n’ont jamais pris en compte le fait que le gouvernement contesté (quelle que soit sa mauvaise « qualité ») était légalement en place à la suite des élections de 2010 jugées régulières par les observateurs internationaux et que la veille de son renversement par un coup d’état, un accord avait été conclu entre le président ukrainien, l’opposition et les ministres des Affaires étrangères de France, d’Allemagne et de Pologne et soutenu par la Russie (étaient décidés des élections anticipées, le retour à la Constitution de 2004 et la formation d’un gouvernement d’union nationale).

On peut s’interroger sur « l’innovation » historique que représente l’appui donné par le monde occidental aux « révolutions » de certains pays et donc sur la nature des « révolutions » ainsi soutenues.

Prenant visiblement leurs informations auprès de l’OTAN, les grands médias occidentaux ont appuyé immédiatement le gouvernement insurrectionnel ukrainien qualifié de « démocratique », en dépit de sa composition faisant une place importante au parti d’extrême droite Svoboda et malgré ses premières mesures hostiles aux russophones de Crimée et de l’Est.

Le « soft power » euro-américain qui s’est ainsi manifesté une fois de plus en Ukraine, comme cela avait déjà été le cas pour les ex-républiques soviétiques, l’avait emporté sans aucune prise en compte de la légalité, (du droit constitutionnel comme du droit international) et de la sociologie du peuple ukrainien.

En effet, nul ne remet en cause explicitement le principe de l’égale souveraineté des États ni celui de la non-ingérence dans les affaires intérieures de chaque État. Or, les États occidentaux pratiquent activement, lorsqu’ils l’estiment utile, l’ingérence sous toutes ses formes et sous les prétextes les plus divers : avec le recours à la force armée contre l’Irak, la Libye ou la Côte d’Ivoire, par exemple, avec les moyens politiques et financiers donnés à certaines forces (notamment les Frères Musulmans) lors des « printemps arabes » et aux pro-occidentaux lors des différentes « révolutions » dans les ex-Républiques soviétiques.

Le processus interventionniste est plus ou moins standard : à l’occasion d’une crise interne, les forces occidentales instrumentalisent le conflit et l’internationalisent afin d’en récupérer le bénéfice économique et stratégique. L’objectif est d’ouvrir le marché aux grandes firmes privées (par exemple, dans le domaine énergétique) et d’occuper de nouvelles positions stratégiques au profit de l’OTAN.

Ils se dispensent au contraire d’intervenir et vont jusqu’à bloquer toute interposition, par exemple celle de l’ONU, lorsqu’il s’agit d’assister un allié, comme Israël ou de s’opposer à une révolution réellement populaire comme au Bahreïn en s’associant à l’Arabie Saoudite.

La crise ukrainienne s’inscrit dans le cadre de cette stratégie globale : l’isoler des autres crises et en faire un phénomène sui generis, comme le font les propagandistes occidentaux, ne correspond pas à la réalité. En faire une manifestation d’un impérialisme russe de retour et accuser l’État russe d’obsession paranoïaque, alors que c’est l’OTAN qui tente en permanence d’élargir sa zone d’intervention en intégrant dans son orbite successivement des États aux frontières de la Russie (2), c’est procéder à une inversion des faits. Dans la crise ukrainienne, c’est l’Union Européenne et les États-Unis qui sont à l’offensive alors que la Russie n’est que réactive.

La part du droit n’est, à l’évidence, que minime dans la crise ukrainienne. Mais il est paradoxal de prétendre que les États occidentaux, en la circonstance, sont les défenseurs d’une légalité internationale qu’ils invoquent par ailleurs si rarement, l’instrumentalisant parfois ou l’ignorant souvent.

L’effondrement de l’URSS a révélé clairement ces pratiques occidentales. Les États-Unis et l’Union Européenne ont eu, durant les années 1990, en raison de l’extrême faiblesse de la Russie de B. Eltsine, l’illusion de pouvoir imposer une « gouvernance globale » à leur profit. Après avoir dû supporter la bipolarité durant la « guerre froide » et les dispositions « perturbatrices » de la Charte des Nations Unies (égalité souveraine des États, non-ingérence, etc.), les pouvoirs publics et privés d’Occident ont cru pouvoir bénéficier d’un monde « unipolaire », en mesure de refuser la solution multilatérales du droit international, particulièrement dans le domaine de la résolution des conflits et du droit économique.

A partir des années 1990, nouvelle phase d’hégémonie occidentale, jusqu’à la renaissance de la Russie et la montée en puissance de la Chine, les États occidentaux se sont attachés à déconstruire le droit international, à créer des espaces marchands hors de toute souveraineté étatique, à tenter de transformer le système normatif légal en une vague « morale » internationale proche de celle du XIX° siècle (par exemple, en restaurant la vieille conception théologique de la « guerre juste »), en distinguant parmi les États, pourtant tous membres des Nations Unies, ceux qui étaient « éligibles » au droit international et ceux qui ne l’étaient pas (par insuffisance « démocratique »), rejetant le principe fondamental de l’universalisme de la Charte. Le tout accompagné de la perversion de diverses notions du droit international (« l’humanitarisme », « le sécuritaire », les droits de l’homme, etc.). C’est l’antiterrorisme qui a servi de « clé de déverrouillage » du droit international « gênant », mais c’est la volonté d’une « gouvernance globale » de l’économie mondiale qui est l’objectif poursuivi.

En effet, le déclin relatif du pouvoir économique et financier des États-Unis à l’échelle mondiale, conjugué à leur messianisme traditionnel et à leur complexe de supériorité, encouragé par l’alignement fréquent des États européens (voir, par exemple les négociations du Traité transatlantique) est un facteur essentiel du recours direct ou indirect à la violence afin de sauvegarder une position encore hégémonique.

Avec l’appui de certains États tels que la Pologne ou les Républiques baltes (dont certaines orientations sont souvent néofascistes, renouant avec leur histoire pré-soviétique), l’hostilité antirusse est réapparue face à une Russie reprenant progressivement sa place de grande puissance européenne. Dans le sillage de l’histoire traditionnelle de l’Europe, la Russie n’est tolérée que lorsqu’elle est affaiblie. La reconstruction de l’État russe avec la présidence Poutine est assimilée à une « menace » contre l’Occident qui considère que les avancées de l’OTAN dans l’environnement russe immédiat sont la « bonne » réplique, ainsi qu’un système de sanctions visant l’économie russe, en lieu et place de la négociation et de la conciliation.

S’il est difficile de qualifier cette nouvelle phase des relations Est-Ouest, ouverte avec la crise ukrainienne, de nouvelle « guerre froide », car il ne s’agit plus d’un affrontement antagonique entre deux modes de production, on peut qualifier cette crise de « guerre tiède », par procuration. Le gouvernement de Kiev, assisté par l’Union Européenne et les États-Unis, se refuse depuis son installation à toute négociation réelle avec les populations de l’Est de l’Ukraine : l’accord du 17 avril 2014 vite « oublié » visait le désarmement des forces en présence (il y a aujourd’hui plus de 5.000 victimes de l’affrontement), l’accord de cessez-le-feu de Minsk du 5 septembre 2014 lui-même n’a pas été pris en compte, tout comme le Mémorandum du 20 septembre envisageant le retrait des combattants étrangers. Le plan présenté par le Président Poutine, lors de son voyage en Mongolie, n’a pas été examiné : il s’agissait pourtant de préparer un accord politique entre Kiev et les insurgés de l’Est, comprenant un arrêt des combats, le départ de l’armée des villes, l’arrivée d’une force onusienne d’interposition et la création de couloirs humanitaires.

Pour Kiev, comme pour les Occidentaux, il n’est plus question de faire jouer « la responsabilité de protéger » les civils, alors qu’ils considèrent cette responsabilité comme un principe coutumier du droit international (il a joué à Benghazi contre l’État libyen et en Côte d’Ivoire, pour éliminer le régime Gbagbo) (3).

La seule réponse des États-Unis et de l’Union Européenne est l’alourdissement des sanctions économiques et politiques contre la Russie, tandis que celle de Kiev est de refuser tout dialogue sur une solution politique (par exemple, fédérale) avec les insurgés de l’Est et de bombarder les populations civiles (4).

Les positions de la Fédération de Russie vis-à-vis du droit international sont duales. La Russie reprend à son compte le droit positif en essayant de lui donner une effectivité que les États-Unis, au contraire, remettent en cause. Elle réplique parfois en se fondant sur des positions antérieurement prises par les Etats occidentaux eux-mêmes.

Elle ne participe pas à la déconstruction du droit international parce qu’elle n’y a aucun intérêt : elle a au contraire besoin par exemple du respect de la souveraineté nationale de chaque État, consacrée par la Charte des Nations Unies, dans la phase de réorganisation qu’elle traverse et du rapprochement avec la Chine et l’Asie. Elle est de plus en plus hostile aux pratiques spéculatives qu’autorise le droit international des affaires, jouant notamment sur le prix des matières premières, le pétrole en particulier. A l’inverse des pouvoirs privés occidentaux, la Russie a besoin de la paix et d’un ordre économique international régulé.

Elle récuse l’idéologie du « cas par cas », développée par les États-Unis, source d’une insécurité juridique généralisée et des interprétations d’une extrême « souplesse » et souvent de mauvaise foi (5) des puissances occidentales, réticentes à l’égard du multilatéralisme.

Malgré l’embargo qu’elle subit, la Russie entend ni rompre avec les Puissances occidentales ni tenter d’exercer sa propre hégémonie : cette ligne est, par exemple, illustrée par sa participation active au projet ITER, édifiant un réacteur thermonucléaire expérimental (installé à Cadarache) révolutionnant la fission nucléaire, porteur d’un grand avenir pour tous.

En bref, à l’agressivité de Kiev, des États-Unis et de l’Union Européenne, la réponse russe est politique et diplomatique. La Russie sait qu’il n’y a pas d’avenir pour l’Europe sans la Russie qui, pour sa part, souhaite encore ne pas se priver de l’Europe. Les puissances occidentales et leurs alliés d’Europe de l’Est sont hostiles à cette multipolarité car elle implique « plus de Chine et plus de Russie » (6). La Russie est au contraire favorable à un monde multipolaire qui est la meilleure garantie du maintien de la paix et d’une plus grande effectivité du droit international.

L’intégration de la Crimée dans la Fédération de Russie ne constitue pas une violation de la légalité internationale si l’on se réfère à la fois à la situation ukrainienne lorsqu’elle a été réalisée et aux pratiques occidentales. Les autorités de Kiev, issues de la révolte de Maïdan, ne sont pas fondées à invoquer la légalité ukrainienne. Elles ne peuvent, en effet, en ayant renversé le gouvernement légal, en ayant destitué le chef de l’État, sans respect de la loi constitutionnelle en vigueur et après avoir « épuré » la Cour Constitutionnelle, se prévaloir à propos de la Crimée, où s’était institué un autre pouvoir de fait, de la loi fondamentale simplement parce qu’elle servirait leur cause. La régularité du référendum d’autodétermination organisé par les autorités de la « République autonome de Crimée » a été peu contestée parce que peu contestable. L’intervention de militaires russes a été évoquée comme une ingérence extérieure : elle n’avait pas à l’être car cette présence résultait d’accords conclus en 1997 et 2010, valides jusqu’en 2042. La disparition des autorités légales à Kiev et les premières décisions prises ouvertement antirusses justifiaient même les mesures de sécurité des nouvelles autorités de Crimée assurant la protection des populations civiles locales. Leur droit à l’autodétermination fonde le droit à la sécession et au retour dans la patrie-mère. En effet, le transfert en 1954 de la Crimée sur décision de Khrouchtchev (pour des raisons politiciennes de direction de l’URSS) était totalement artificiel, alors que sa réintégration à la Russie est réellement conforme à la volonté de la grande majorité. (7) La soi-disant finalité « pro-démocratique » de la « révolution » de Maïdan n’efface pas son caractère illicite, sauf si l’on en revient à l’archaïque conception du « droit public de l’Europe » de la fin du XVIII° siècle et du XIX° siècle, qui prétendait être celui des « nations civilisées » dont seraient exclues abusivement la Russie et la population de Crimée !

De plus, les États européens sont très mal placés pour considérer le caractère illicite du référendum de Crimée. En effet, les pouvoirs « libéraux » de France et des Pays-Bas en 2005, de l’Irlande en 2009 n’ont pas hésité à annuler les résultats des référendums organisés dans leur pays respectif pour la seule raison que leur résultat ne correspondait pas à leurs objectifs, en faisant adopter par le Parlement ce qui avait été décidé par les citoyens !

La licéité de ces annulations est légalement des plus contestables : certains ont pu parler de forfaiture. De même, lorsque l’Union Européenne a interdit au gouvernement grec, en 2011, de mettre en œuvre sa décision d’organiser un référendum qui risquait d’aller à l’encontre des décisions européennes, elle a aussi manifesté d’un autoritarisme légalement suspect. La confusion en matière d’interprétation de ce qu’est la « démocratie » et le respect de la légalité, ainsi que le peu de cas reconnu à la volonté populaire empêchent le procès que l’Occident aurait voulu intenter à propos de la Crimée contre la Russie.

La doctrine américaine favorable à l’autodétermination des peuples sous « domination aliénante » se retourne contre l’Occident. La Catalogne, l’Écosse, l’Italie du Nord, les peuples autochtones en Amérique du Nord et du Sud (et non plus seulement certaines populations du Sud) peuvent demain multiplier les sécessions plus ou moins stimulées par la recherche d’un espace marchand globalisé favorable aux firmes transnationales et à la volonté des États-Unis de préserver leur statut de superpuissance unique (8).

Ce chaos introduit par les États-Unis et leurs alliés au cœur du droit international devient une source d’insécurité pour tous, et ce n’est pas la diplomatie russe qui en est à l’origine !

La question des provinces de l’Est de l’Ukraine est d’une autre nature que celle de la Crimée, bien que les russophones y soient largement majoritaires. Au sein de l’Ukraine, ils constituent une forte minorité.

Le procès fait à la Russie pour ingérence dans les régions de Donetsk et de Lougansk ne peut être déclaré recevable sans examen, comme on le fait dans l’Union Européenne et aux États-Unis. La position de la Russie est fondamentalement réactive, alors que Kiev et ses alliés (États-Unis, Union Européenne) sont radicalement offensifs. La Russie n’a aucun intérêt à mettre en cause l’intégrité de l’Ukraine, bien qu’elle ne puisse pas politiquement ne pas apporter son soutien aux Russophones qui le réclament. C’est pourquoi la diplomatie russe, exprimée par le Ministre S. Lavrov, est orientée en permanence vers la conciliation et la recherche d’une solution « raisonnable » pour les parties au conflit.

Une fraction de l’intelligentsia occidentale (V. Havel, Habermas, D. Vernet, par exemple) a soutenu l’intervention de l’OTAN contre la Yougoslavie, puis celle en faveur des Kosovars contre la Serbie, au nom de la protection des populations en dépit du principe de l’intégrité territoriale et sans l’accord du Conseil de Sécurité. Le « droit des peuples » devait l’emporter, pour le bien légitime de la « société civile internationale » et parce que, selon le professeur A. Cassese, « la situation était en dehors du droit » !

Ce coup de force contre la souveraineté serbe, aboutissant à la sécession du Kosovo, a été, de surcroît, couvert par l’ONU (résolution 1244), sans considération de sa minorité serbe, rom ou turque, avec le soutien de l’Union Européenne dont les États membres ont été laissés libres de procéder à la reconnaissance diplomatique du Kosovo (9).

Comment les États occidentaux peuvent-ils à la fois soutenir la sécession du Kosovo et dénoncer avec virulence les revendications des républiques populaires de Lougansk et de Donetsk, assistées par la Russie (10) ?

Comparée à l’interventionnisme euraméricain massif au profit de Kiev, l’assistance russe est limitée. Elle ne s’est pas démentie malgré la radicalité de la politique suivie par Kiev, stimulée par ses alliés polonais et baltes (11) et surtout par les États-Unis. C’est ainsi que le Parlement de Kiev(12) s’est prononcé pour une adhésion rapide à l’OTAN et une révision constitutionnelle supprimant les dispositions fixant un statut de « non-aligné » entre la Russie et l’Occident. Il a adopté une loi ouvrant le capital des entreprises énergétiques aux firmes occidentales (13). Kiev a interrompu tous les services publics et stoppé le versement de toutes les prestations sociales pour les populations de Lougansk et de Donetsk.

Le Président Porochenko (14), quant à lui, ne semble envisager qu’une solution militaire pour « régler » les relations de Kiev et des populations russes de l’Est, sans considération pour les dommages subis par les populations civiles (15).

La diplomatie russe, pour sa part, insiste depuis le début de la crise, sur le fait qu’une solution de type fédéral s’impose, si l’option est de maintenir l’intégrité territoriale de l’Ukraine.

La Russie n’a cessé de multiplier les propositions de négociation depuis le premier accord de Genève du 17 avril 2014 (avec les États-Unis, l’Union Européenne et les Ukrainiens), malgré la politique de sanctions économiques immédiatement décidée par les États-Unis et l’Union Européenne, en dépit des conséquences négatives pour l’économie ukrainienne qui a besoin de la coopération avec les deux parties.

La solution la plus rationnelle pour l’Ukraine, s’il s’agit de concilier le droit des peuples et l’intégrité territoriale, est la mise en œuvre d’un système fédéral, au nom de la protection des minorités, proposition défendue avec insistance par la Russie(16).

Les demandes russes de cessez-le-feu entre les forces de l’Est et celles de Kiev accompagnent en permanence les propositions de solution à plus long terme (à Genève en avril 2014, à Minsk en septembre 2014, lors de la présentation du Mémorandum du 20 septembre 2014, lors du voyage du Président Poutine en Mongolie, etc. Pour « calmer le jeu », la Russie a même proposé à Kiev des livraisons de gaz à un prix inférieur à celui pratiqué jusque-là.

Plus globalement, la diplomatie russe appelle depuis 2008 à un « Helsinki 2 », c’est-à-dire la conclusion d’un nouveau traité paneuropéen de sécurité. Les États-Unis et l’Union Européenne, malgré leurs contradictions (17), soutenus par une forte campagne médiatique, se contentent de refuser toutes les propositions considérant que la seule réalité est « l’expansionnisme » russe. Le secrétaire américain, Mac Cain, n’hésite pas à dénoncer « l’impérialisme » de la Russie et le Parti républicain à appeler au « réarmement moral » contre la Russie. « La Russie n’est plus un partenaire » (18), proclame le Secrétaire Général de l’OTAN, redevenue le « levier offensif de la vieille lutte contre la Russie », comme il l’était contre le communisme (19).

Le processus de « guerre froide » (bien que la notion soit discutable) délibérée semble se développer et le monde occidental semble se refuser à admettre qu’il n’y a pas de paix possible en Europe sans la Russie.

En fait, selon un modèle stratégique pratiqué partout par les puissances occidentales, les revendications identitaires et sociales d’une partie de l’Ukraine sont assimilées à une ingérence impériale de la Russie. Le conflit civil est instrumentalisé en affrontement international, comme si la Russie avait une totale maîtrise des comportements et des décisions de Lougansk et de Donetsk (20). Délibérément, les États occidentaux prennent prétexte de la crise ukrainienne pour tenter d’affaiblir l’économie russe, victime de la spéculation mondiale sur le pétrole. Cette politique du « pire », (l’économie occidentale est, avec moins de perspectives que l’économie russe, et en crise profonde depuis 2008), a les aspects d’une fuite en avant. Les réactions internes qui se produisent en Europe, comme par exemple les bouleversements de la société grecque (21), impliquent des manœuvres de diversion. Les problèmes sécuritaires et l’antiterrorisme ne suffisent pas ; la détermination d’un « ennemi » défini, comme la Russie, est idéologiquement « efficace ».

En fait, en raison de l’inertie (plus ou moins complice) de l’OSCE, du Conseil de l’Europe, et de la paralysie de l’ONU, les puissances occidentales et les quelques pays européens ayant un rapport historique émotionnel et hostile à la Russie mènent une politique aventuriste pour laquelle le droit n’a qu’une très faible part.

La situation chaotique qui en résulte et qui s’inscrit dans la vague de déstabilisation généralisée menace toutes les parties en cause : sa maîtrise tend à échapper aux acteurs ainsi engagés, tandis que le droit international se trouve placé dans un état « comateux » (22).

Notes :

1) Sont par exemples venus appuyer les manifestants de Maïdan, le ministre canadien des Affaires étrangères, une Secrétaire d’État adjointe des États-Unis, des personnalités françaises, etc. sans parler de l’aide financière de certaines organisations occidentales.

2) Il faut se rappeler les réactions des États-Unis à l’envoi de missiles soviétiques à Cuba et la proximité d’une Troisième guerre mondiale qui en a résulté.

3) On peut rappeler aussi le soutien occidental apporté aux Islamistes de Tchétchénie, surtout lors de la seconde guerre menée et gagnée par le pouvoir fédéral (lors de la première guerre perdue par B. Eltsine, « l’indulgence » était la règle). A Paris, par exemple, les « Comités Tchétchénie » ont bénéficié, au nom des droits de l’homme, de moyens divers, y compris médiatiques, pour discréditer le pouvoir russe. L’hostilité à la Russie l’emporte sur le combat contre les djihadistes. Les appels du Ministre des Affaires étrangères S. Lavrov pour « faire bloc … et donc combattre de manière coordonnée, sans politique des deux poids deux mesures » n’ont pas été entendus. La position occidentale demeure en effet incohérente : elle combat contre l’E.I en Irak, mais la tolère en Syrie par hostilité à Damas ; elle collabore avec le Qatar et l’Arabie Saoudite, qui participent au financement des Islamistes et reste pour le moins indifférente aux menaces en Tchétchénie, dans le Caucase et les différents territoires musulmans de la Russie.

4) On constate l’extrême discrétion des médias occidentaux sur les attaques de l’armée ukrainienne contre les provinces de l’Est, et notamment l’impact des bombardements des villes. Lorsqu’ils en parlent, ils ne font que reproduire les « informations » fournies par Kiev : les responsables sont toujours les « terroristes » de l’Est et leurs alliés russes.

5) On peut rappeler l’interprétation des résolutions 1970 et 1973 du Conseil de Sécurité concernant la Libye, la préfabrication artificielle de prétendues normes coutumières comme la « légitime défense préventive », les pratiques de la Cour Pénale Internationale très éloignées d’une authentique justice pénale internationale mettant fin à l’impunité des criminels de guerre, etc., les manipulations onusiennes telle que l’inertie de certaines « forces de paix » en raison des pressions américaines (en République Démocratique du Congo, par exemple, elles sont présentes sans la moindre efficacité depuis dix ans, tandis que la rébellion est soutenue par l’Ouganda, pro-américain), etc.

6) La très occidentaliste Th. Delpech (Politique Internationale. Été 2003) développe cette analyse soulignant à l’appui de sa thèse que l’Occident est « un îlot de paix, de prospérité et de démocratie » ! Les néoconservateurs américains ont la même position au nom de la « morale ». Dès 2005, sans même citer les problèmes que soulèvent les avancées des États-Unis et de l’OTAN, T. Delpech, membre de l’Institut international d’études stratégiques de Londres et chercheur au CERI (Paris), écrit, en mettant en cause la seule Russie : « … sans l’Ukraine le rétablissement de la domination de Moscou sur les États qui se sont émancipés en 1990 est impossible. Sans elle, la Russie ne peut plus songer à la restauration de l’empire ». Comme le rappelait Z. Brezinski, il faut choisir entre la démocratie et l’empire. On ne peut avoir l’un et l’autre. La clé serait que pour V. Poutine (discours du 25 avril 2005) la chute de l’URSS est « la plus grande catastrophe géopolitique du siècle » (p. 205).

7) T. Delpech ose même écrire : « Quant au désordre, voire la guerre, il est parfois nécessaire pour rendre la justice possible » (p. 320). Cf. L’ensauvagement. Le retour de la barbarie au XXI° siècle. Grasset. 2005.

8) Voir P-M de la Gorce. « Washington et la maîtrise du monde ». Le Monde Diplomatique. Octobre 1994, qui précise longtemps avant la crise ukrainienne que l’objectif fondamental des États-Unis est la « dislocation de l’URSS » et d’empêcher le « retour vers la Russie des pays devenus indépendants : l’Ukraine, la Biélorussie ou éventuellement d’autres encore » (rapport Wolfowitz et rapport Jeremia. 1992-1993).

9) Voir P. Claret (ss direc.) Kosovo : entre légalité et légitimité. La balkanisation en marche ? Fondation Varenne. Bruylant. 2009.

10) La France est très mal placée pour invoquer le principe de l’intégrité territoriale lorsqu’on observe la politique suivie vis-à-vis des Comores en 1974, par exemple, où elle a organisé un référendum dont les résultats ont été comptabilisés « île par île », ce qui a conduit à détacher Mayotte, intégrée ultérieurement (2009) à la République Française, malgré l’avis contraire de l’État comorien et des Nations Unies.

11) Le ton employé par Adam Michnik, directeur du journal polonais « Gazeta Wyboreza », est révélateur, à propos de la crise ukrainienne : « Poutine est un soviétique... Il ne tient pas compte de l’Histoire. Il touche aux frontières ! », in Télérama. 21.05.2014.

12) Le Parlement ukrainien a été élu malgré 48% d’abstentions auxquelles il faut ajouter les 7 millions d’électeurs de l’Est qui n’ont pas pris part au scrutin. Dans les faits, la « majorité » représente moins de la moitié de la population ukrainienne.

13) Toutes les critiques « anti-oligarques » qui ont été portées contre l’ancien régime ukrainien peuvent être portées contre le nouveau pouvoir de Kiev : ce sont d’autres oligarques qui gouvernent réellement le pays.

14) Le Président ukrainien a été élu avec 54% des voix soit moins de 30% des citoyens ukrainiens.

15) On peut s’étonner de l’indifférence de fait pour les quelques 5.000 victimes (en majorité des Russes de l’Est) que l’affrontement armé a entraîné. La « responsabilité de protéger » n’est pas invoquée en la circonstance ni par Kiev ni par les États occidentaux, ni par les ONG occidentales.

16) Le vice-chancelier allemand s’est prononcé, bien que sa voix ait été étouffée, pour la fédéralisation de l’Ukraine. Il est vrai que c’est l’Allemagne qui a le plus besoin de relations pacifiques avec la Russie (les échanges représentent 80 millions de dollars (300.000 emplois en dépendent) et il y a 6.000 entreprises russes en Allemagne.

17) Toute crise fait apparaître des contradictions entre les États-Unis et l’Union Européenne. La question ukrainienne soulève à nouveau la réclamation de plus en plus vive des États-Unis à l’égard des États européens de prendre davantage en charge le coût des activités de l’OTAN ; elle est aussi l’occasion pour les États-Unis de peser davantage sur les négociations en vue de créer le marché transatlantique ainsi que sur la désignation du prochain Secrétaire Général des Nations Unies, etc.

18) Selon la formule du professeur J. Geronimo. L’Humanité Dimanche. 6-12/2/2014.

19) En 2009, A.F. Rasmussen, Secrétaire Général de l’OTAN, déclarait « vouloir convaincre le peuple russe.... que l’OTAN n’est pas un ennemi de la Russie » et qu’il y a « beaucoup d’intérêts communs comme par exemple le contre-terrorisme ». Mais le Secrétaire Général de l’OTAN rappelait déjà l’intention d’intégrer la Géorgie et l’Ukraine dans l’organisation politico-militaire, conformément à la volonté unilatérale des Occidentaux. Cf. Le Monde.fr. 4.08.2009.

20) Malgré certaines revendications, la Russie n’a jamais répondu favorablement à une intégration, comme ce fut le cas pour la Crimée. Les offensives répétées des forces armées de Kiev contre les localités de l’Est de l’Ukraine entraînant en retour des opérations (comme celle de Marioupol en janvier 2015), l’enchaînement des violences des deux parties et la dégradation de la situation ne peuvent être, quelles que soient les accusations, endossées par la Russie !

Le Ministre des Affaires Étrangères russe S. Lavrov a rappelé encore le 25 janvier lors d’un entretien avec J. Kerry, responsable de la diplomatie des États-Unis que « la Russie était prête à mettre tout en œuvre pour pousser les parties ukrainiennes à un règlement pacifique ». Cf. L’Humanité. 26.1.2015

21) Nicos Kotzias, ministre des affaires étrangères grec du parti Syriza, modifie radicalement la position de la Grèce vis-à-vis de l’Ukraine : « Je pense qu’il ne peut y avoir d’autre solution …... que la mise en place d’une réforme démocratique du pays. Je défends pour ma part l’idée d’une Ukraine fédérale... La guerre n’est jamais une bonne solution ». L’Humanité. 28.1.2015.

22) L’intervention humanitaire russe en Ukraine a donné lieu, elle-même, à des protestations de Kiev et du Ministre français L. Fabius qui a cru devoir préciser « qu’elle pouvait dissimuler une action militaire » ! De la part de la France, qui a inventé « l’ingérence humanitaire » qui a permis de d’occulter toutes les subversions, l’accusation est grossière : elle ne fait que démontrer l’usage intensif du principe des « deux poids, deux mesures » !

Source :

Investig’Action

Pour approfondir sur les origines du conflit en Ukraine, nous vous conseillons la lecture d’un excellent livre : " Ukraine, le coup d’Etat " (Editions Delga)

 

3 février 2015

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Les médias occidentaux ont profondément malmené l'information au sujet de la crise ukrainienne, présentée non comme essentiellement l'implosion de l’État et de la société ukrainienne, mais comme un affrontement entre Kiev, l'Union Européenne, les États-Unis d'une part et la Russie d'autre part. Ils semblent s'être interdit d'envisager une solution négociée et diplomatique, et condamnent sans nuance la Russie de V. Poutine, en retrouvant les accents de la « guerre froide » qui avait disparu à l'époque de B. Eltsine. Les mêmes médias se sont peu attardés sur la nature ambiguë de la « révolution » très peu « démocratique » de Kiev, reprenant à leur compte les accusations portées contre les rebelles de l'Est, qualifiés de « terroristes », après avoir accusé la Russie « d'expansionnisme ».

 

 Dans les faits et très vite, les États-Unis et l’Union Européenne ont procédé à une escalade antirusse sous couvert d’une « indignation » à l’encontre d’une « ingérence » russe attentatoire à la souveraineté de l’Ukraine. Ils avaient pourtant exercé de fortes pressions depuis des années (particulièrement en 2004 lors de la « révolution orange », puis en 2008, lors du Sommet de Bucarest avec une invitation à entrer dans l’OTAN, etc.) et lors des manifestations de Maïdan (1).

Les médias occidentaux n’ont jamais pris en compte le fait que le gouvernement contesté (quelle que soit sa mauvaise « qualité ») était légalement en place à la suite des élections de 2010 jugées régulières par les observateurs internationaux et que la veille de son renversement par un coup d’état, un accord avait été conclu entre le président ukrainien, l’opposition et les ministres des Affaires étrangères de France, d’Allemagne et de Pologne et soutenu par la Russie (étaient décidés des élections anticipées, le retour à la Constitution de 2004 et la formation d’un gouvernement d’union nationale).

On peut s’interroger sur « l’innovation » historique que représente l’appui donné par le monde occidental aux « révolutions » de certains pays et donc sur la nature des « révolutions » ainsi soutenues.

Prenant visiblement leurs informations auprès de l’OTAN, les grands médias occidentaux ont appuyé immédiatement le gouvernement insurrectionnel ukrainien qualifié de « démocratique », en dépit de sa composition faisant une place importante au parti d’extrême droite Svoboda et malgré ses premières mesures hostiles aux russophones de Crimée et de l’Est.

Le « soft power » euro-américain qui s’est ainsi manifesté une fois de plus en Ukraine, comme cela avait déjà été le cas pour les ex-républiques soviétiques, l’avait emporté sans aucune prise en compte de la légalité, (du droit constitutionnel comme du droit international) et de la sociologie du peuple ukrainien.

En effet, nul ne remet en cause explicitement le principe de l’égale souveraineté des États ni celui de la non-ingérence dans les affaires intérieures de chaque État. Or, les États occidentaux pratiquent activement, lorsqu’ils l’estiment utile, l’ingérence sous toutes ses formes et sous les prétextes les plus divers : avec le recours à la force armée contre l’Irak, la Libye ou la Côte d’Ivoire, par exemple, avec les moyens politiques et financiers donnés à certaines forces (notamment les Frères Musulmans) lors des « printemps arabes » et aux pro-occidentaux lors des différentes « révolutions » dans les ex-Républiques soviétiques.

Le processus interventionniste est plus ou moins standard : à l’occasion d’une crise interne, les forces occidentales instrumentalisent le conflit et l’internationalisent afin d’en récupérer le bénéfice économique et stratégique. L’objectif est d’ouvrir le marché aux grandes firmes privées (par exemple, dans le domaine énergétique) et d’occuper de nouvelles positions stratégiques au profit de l’OTAN.

Ils se dispensent au contraire d’intervenir et vont jusqu’à bloquer toute interposition, par exemple celle de l’ONU, lorsqu’il s’agit d’assister un allié, comme Israël ou de s’opposer à une révolution réellement populaire comme au Bahreïn en s’associant à l’Arabie Saoudite.

La crise ukrainienne s’inscrit dans le cadre de cette stratégie globale : l’isoler des autres crises et en faire un phénomène sui generis, comme le font les propagandistes occidentaux, ne correspond pas à la réalité. En faire une manifestation d’un impérialisme russe de retour et accuser l’État russe d’obsession paranoïaque, alors que c’est l’OTAN qui tente en permanence d’élargir sa zone d’intervention en intégrant dans son orbite successivement des États aux frontières de la Russie (2), c’est procéder à une inversion des faits. Dans la crise ukrainienne, c’est l’Union Européenne et les États-Unis qui sont à l’offensive alors que la Russie n’est que réactive.

La part du droit n’est, à l’évidence, que minime dans la crise ukrainienne. Mais il est paradoxal de prétendre que les États occidentaux, en la circonstance, sont les défenseurs d’une légalité internationale qu’ils invoquent par ailleurs si rarement, l’instrumentalisant parfois ou l’ignorant souvent.

L’effondrement de l’URSS a révélé clairement ces pratiques occidentales. Les États-Unis et l’Union Européenne ont eu, durant les années 1990, en raison de l’extrême faiblesse de la Russie de B. Eltsine, l’illusion de pouvoir imposer une « gouvernance globale » à leur profit. Après avoir dû supporter la bipolarité durant la « guerre froide » et les dispositions « perturbatrices » de la Charte des Nations Unies (égalité souveraine des États, non-ingérence, etc.), les pouvoirs publics et privés d’Occident ont cru pouvoir bénéficier d’un monde « unipolaire », en mesure de refuser la solution multilatérales du droit international, particulièrement dans le domaine de la résolution des conflits et du droit économique.

A partir des années 1990, nouvelle phase d’hégémonie occidentale, jusqu’à la renaissance de la Russie et la montée en puissance de la Chine, les États occidentaux se sont attachés à déconstruire le droit international, à créer des espaces marchands hors de toute souveraineté étatique, à tenter de transformer le système normatif légal en une vague « morale » internationale proche de celle du XIX° siècle (par exemple, en restaurant la vieille conception théologique de la « guerre juste »), en distinguant parmi les États, pourtant tous membres des Nations Unies, ceux qui étaient « éligibles » au droit international et ceux qui ne l’étaient pas (par insuffisance « démocratique »), rejetant le principe fondamental de l’universalisme de la Charte. Le tout accompagné de la perversion de diverses notions du droit international (« l’humanitarisme », « le sécuritaire », les droits de l’homme, etc.). C’est l’antiterrorisme qui a servi de « clé de déverrouillage » du droit international « gênant », mais c’est la volonté d’une « gouvernance globale » de l’économie mondiale qui est l’objectif poursuivi.

En effet, le déclin relatif du pouvoir économique et financier des États-Unis à l’échelle mondiale, conjugué à leur messianisme traditionnel et à leur complexe de supériorité, encouragé par l’alignement fréquent des États européens (voir, par exemple les négociations du Traité transatlantique) est un facteur essentiel du recours direct ou indirect à la violence afin de sauvegarder une position encore hégémonique.

Avec l’appui de certains États tels que la Pologne ou les Républiques baltes (dont certaines orientations sont souvent néofascistes, renouant avec leur histoire pré-soviétique), l’hostilité antirusse est réapparue face à une Russie reprenant progressivement sa place de grande puissance européenne. Dans le sillage de l’histoire traditionnelle de l’Europe, la Russie n’est tolérée que lorsqu’elle est affaiblie. La reconstruction de l’État russe avec la présidence Poutine est assimilée à une « menace » contre l’Occident qui considère que les avancées de l’OTAN dans l’environnement russe immédiat sont la « bonne » réplique, ainsi qu’un système de sanctions visant l’économie russe, en lieu et place de la négociation et de la conciliation.

S’il est difficile de qualifier cette nouvelle phase des relations Est-Ouest, ouverte avec la crise ukrainienne, de nouvelle « guerre froide », car il ne s’agit plus d’un affrontement antagonique entre deux modes de production, on peut qualifier cette crise de « guerre tiède », par procuration. Le gouvernement de Kiev, assisté par l’Union Européenne et les États-Unis, se refuse depuis son installation à toute négociation réelle avec les populations de l’Est de l’Ukraine : l’accord du 17 avril 2014 vite « oublié » visait le désarmement des forces en présence (il y a aujourd’hui plus de 5.000 victimes de l’affrontement), l’accord de cessez-le-feu de Minsk du 5 septembre 2014 lui-même n’a pas été pris en compte, tout comme le Mémorandum du 20 septembre envisageant le retrait des combattants étrangers. Le plan présenté par le Président Poutine, lors de son voyage en Mongolie, n’a pas été examiné : il s’agissait pourtant de préparer un accord politique entre Kiev et les insurgés de l’Est, comprenant un arrêt des combats, le départ de l’armée des villes, l’arrivée d’une force onusienne d’interposition et la création de couloirs humanitaires.

Pour Kiev, comme pour les Occidentaux, il n’est plus question de faire jouer « la responsabilité de protéger » les civils, alors qu’ils considèrent cette responsabilité comme un principe coutumier du droit international (il a joué à Benghazi contre l’État libyen et en Côte d’Ivoire, pour éliminer le régime Gbagbo) (3).

La seule réponse des États-Unis et de l’Union Européenne est l’alourdissement des sanctions économiques et politiques contre la Russie, tandis que celle de Kiev est de refuser tout dialogue sur une solution politique (par exemple, fédérale) avec les insurgés de l’Est et de bombarder les populations civiles (4).

Les positions de la Fédération de Russie vis-à-vis du droit international sont duales. La Russie reprend à son compte le droit positif en essayant de lui donner une effectivité que les États-Unis, au contraire, remettent en cause. Elle réplique parfois en se fondant sur des positions antérieurement prises par les Etats occidentaux eux-mêmes.

Elle ne participe pas à la déconstruction du droit international parce qu’elle n’y a aucun intérêt : elle a au contraire besoin par exemple du respect de la souveraineté nationale de chaque État, consacrée par la Charte des Nations Unies, dans la phase de réorganisation qu’elle traverse et du rapprochement avec la Chine et l’Asie. Elle est de plus en plus hostile aux pratiques spéculatives qu’autorise le droit international des affaires, jouant notamment sur le prix des matières premières, le pétrole en particulier. A l’inverse des pouvoirs privés occidentaux, la Russie a besoin de la paix et d’un ordre économique international régulé.

Elle récuse l’idéologie du « cas par cas », développée par les États-Unis, source d’une insécurité juridique généralisée et des interprétations d’une extrême « souplesse » et souvent de mauvaise foi (5) des puissances occidentales, réticentes à l’égard du multilatéralisme.

Malgré l’embargo qu’elle subit, la Russie entend ni rompre avec les Puissances occidentales ni tenter d’exercer sa propre hégémonie : cette ligne est, par exemple, illustrée par sa participation active au projet ITER, édifiant un réacteur thermonucléaire expérimental (installé à Cadarache) révolutionnant la fission nucléaire, porteur d’un grand avenir pour tous.

En bref, à l’agressivité de Kiev, des États-Unis et de l’Union Européenne, la réponse russe est politique et diplomatique. La Russie sait qu’il n’y a pas d’avenir pour l’Europe sans la Russie qui, pour sa part, souhaite encore ne pas se priver de l’Europe. Les puissances occidentales et leurs alliés d’Europe de l’Est sont hostiles à cette multipolarité car elle implique « plus de Chine et plus de Russie » (6). La Russie est au contraire favorable à un monde multipolaire qui est la meilleure garantie du maintien de la paix et d’une plus grande effectivité du droit international.

L’intégration de la Crimée dans la Fédération de Russie ne constitue pas une violation de la légalité internationale si l’on se réfère à la fois à la situation ukrainienne lorsqu’elle a été réalisée et aux pratiques occidentales. Les autorités de Kiev, issues de la révolte de Maïdan, ne sont pas fondées à invoquer la légalité ukrainienne. Elles ne peuvent, en effet, en ayant renversé le gouvernement légal, en ayant destitué le chef de l’État, sans respect de la loi constitutionnelle en vigueur et après avoir « épuré » la Cour Constitutionnelle, se prévaloir à propos de la Crimée, où s’était institué un autre pouvoir de fait, de la loi fondamentale simplement parce qu’elle servirait leur cause. La régularité du référendum d’autodétermination organisé par les autorités de la « République autonome de Crimée » a été peu contestée parce que peu contestable. L’intervention de militaires russes a été évoquée comme une ingérence extérieure : elle n’avait pas à l’être car cette présence résultait d’accords conclus en 1997 et 2010, valides jusqu’en 2042. La disparition des autorités légales à Kiev et les premières décisions prises ouvertement antirusses justifiaient même les mesures de sécurité des nouvelles autorités de Crimée assurant la protection des populations civiles locales. Leur droit à l’autodétermination fonde le droit à la sécession et au retour dans la patrie-mère. En effet, le transfert en 1954 de la Crimée sur décision de Khrouchtchev (pour des raisons politiciennes de direction de l’URSS) était totalement artificiel, alors que sa réintégration à la Russie est réellement conforme à la volonté de la grande majorité. (7) La soi-disant finalité « pro-démocratique » de la « révolution » de Maïdan n’efface pas son caractère illicite, sauf si l’on en revient à l’archaïque conception du « droit public de l’Europe » de la fin du XVIII° siècle et du XIX° siècle, qui prétendait être celui des « nations civilisées » dont seraient exclues abusivement la Russie et la population de Crimée !

De plus, les États européens sont très mal placés pour considérer le caractère illicite du référendum de Crimée. En effet, les pouvoirs « libéraux » de France et des Pays-Bas en 2005, de l’Irlande en 2009 n’ont pas hésité à annuler les résultats des référendums organisés dans leur pays respectif pour la seule raison que leur résultat ne correspondait pas à leurs objectifs, en faisant adopter par le Parlement ce qui avait été décidé par les citoyens !

La licéité de ces annulations est légalement des plus contestables : certains ont pu parler de forfaiture. De même, lorsque l’Union Européenne a interdit au gouvernement grec, en 2011, de mettre en œuvre sa décision d’organiser un référendum qui risquait d’aller à l’encontre des décisions européennes, elle a aussi manifesté d’un autoritarisme légalement suspect. La confusion en matière d’interprétation de ce qu’est la « démocratie » et le respect de la légalité, ainsi que le peu de cas reconnu à la volonté populaire empêchent le procès que l’Occident aurait voulu intenter à propos de la Crimée contre la Russie.

La doctrine américaine favorable à l’autodétermination des peuples sous « domination aliénante » se retourne contre l’Occident. La Catalogne, l’Écosse, l’Italie du Nord, les peuples autochtones en Amérique du Nord et du Sud (et non plus seulement certaines populations du Sud) peuvent demain multiplier les sécessions plus ou moins stimulées par la recherche d’un espace marchand globalisé favorable aux firmes transnationales et à la volonté des États-Unis de préserver leur statut de superpuissance unique (8).

Ce chaos introduit par les États-Unis et leurs alliés au cœur du droit international devient une source d’insécurité pour tous, et ce n’est pas la diplomatie russe qui en est à l’origine !
 

La question des provinces de l’Est de l’Ukraine est d’une autre nature que celle de la Crimée, bien que les russophones y soient largement majoritaires. Au sein de l’Ukraine, ils constituent une forte minorité.

Le procès fait à la Russie pour ingérence dans les régions de Donetsk et de Lougansk ne peut être déclaré recevable sans examen, comme on le fait dans l’Union Européenne et aux États-Unis. La position de la Russie est fondamentalement réactive, alors que Kiev et ses alliés (États-Unis, Union Européenne) sont radicalement offensifs. La Russie n’a aucun intérêt à mettre en cause l’intégrité de l’Ukraine, bien qu’elle ne puisse pas politiquement ne pas apporter son soutien aux Russophones qui le réclament. C’est pourquoi la diplomatie russe, exprimée par le Ministre S. Lavrov, est orientée en permanence vers la conciliation et la recherche d’une solution « raisonnable » pour les parties au conflit.

Une fraction de l’intelligentsia occidentale (V. Havel, Habermas, D. Vernet, par exemple) a soutenu l’intervention de l’OTAN contre la Yougoslavie, puis celle en faveur des Kosovars contre la Serbie, au nom de la protection des populations en dépit du principe de l’intégrité territoriale et sans l’accord du Conseil de Sécurité. Le « droit des peuples » devait l’emporter, pour le bien légitime de la « société civile internationale » et parce que, selon le professeur A. Cassese, « la situation était en dehors du droit » !

Ce coup de force contre la souveraineté serbe, aboutissant à la sécession du Kosovo, a été, de surcroît, couvert par l’ONU (résolution 1244), sans considération de sa minorité serbe, rom ou turque, avec le soutien de l’Union Européenne dont les États membres ont été laissés libres de procéder à la reconnaissance diplomatique du Kosovo (9).

Comment les États occidentaux peuvent-ils à la fois soutenir la sécession du Kosovo et dénoncer avec virulence les revendications des républiques populaires de Lougansk et de Donetsk, assistées par la Russie (10) ?

Comparée à l’interventionnisme euraméricain massif au profit de Kiev, l’assistance russe est limitée. Elle ne s’est pas démentie malgré la radicalité de la politique suivie par Kiev, stimulée par ses alliés polonais et baltes (11) et surtout par les États-Unis. C’est ainsi que le Parlement de Kiev(12) s’est prononcé pour une adhésion rapide à l’OTAN et une révision constitutionnelle supprimant les dispositions fixant un statut de « non-aligné » entre la Russie et l’Occident. Il a adopté une loi ouvrant le capital des entreprises énergétiques aux firmes occidentales (13). Kiev a interrompu tous les services publics et stoppé le versement de toutes les prestations sociales pour les populations de Lougansk et de Donetsk.

Le Président Porochenko (14), quant à lui, ne semble envisager qu’une solution militaire pour « régler » les relations de Kiev et des populations russes de l’Est, sans considération pour les dommages subis par les populations civiles (15).

La diplomatie russe, pour sa part, insiste depuis le début de la crise, sur le fait qu’une solution de type fédéral s’impose, si l’option est de maintenir l’intégrité territoriale de l’Ukraine.

La Russie n’a cessé de multiplier les propositions de négociation depuis le premier accord de Genève du 17 avril 2014 (avec les États-Unis, l’Union Européenne et les Ukrainiens), malgré la politique de sanctions économiques immédiatement décidée par les États-Unis et l’Union Européenne, en dépit des conséquences négatives pour l’économie ukrainienne qui a besoin de la coopération avec les deux parties.

La solution la plus rationnelle pour l’Ukraine, s’il s’agit de concilier le droit des peuples et l’intégrité territoriale, est la mise en œuvre d’un système fédéral, au nom de la protection des minorités, proposition défendue avec insistance par la Russie(16).

Les demandes russes de cessez-le-feu entre les forces de l’Est et celles de Kiev accompagnent en permanence les propositions de solution à plus long terme (à Genève en avril 2014, à Minsk en septembre 2014, lors de la présentation du Mémorandum du 20 septembre 2014, lors du voyage du Président Poutine en Mongolie, etc. Pour « calmer le jeu », la Russie a même proposé à Kiev des livraisons de gaz à un prix inférieur à celui pratiqué jusque-là.

Plus globalement, la diplomatie russe appelle depuis 2008 à un « Helsinki 2 », c’est-à-dire la conclusion d’un nouveau traité paneuropéen de sécurité. Les États-Unis et l’Union Européenne, malgré leurs contradictions (17), soutenus par une forte campagne médiatique, se contentent de refuser toutes les propositions considérant que la seule réalité est « l’expansionnisme » russe. Le secrétaire américain, Mac Cain, n’hésite pas à dénoncer « l’impérialisme » de la Russie et le Parti républicain à appeler au « réarmement moral » contre la Russie. « La Russie n’est plus un partenaire » (18), proclame le Secrétaire Général de l’OTAN, redevenue le « levier offensif de la vieille lutte contre la Russie », comme il l’était contre le communisme (19).

Le processus de « guerre froide » (bien que la notion soit discutable) délibérée semble se développer et le monde occidental semble se refuser à admettre qu’il n’y a pas de paix possible en Europe sans la Russie.

En fait, selon un modèle stratégique pratiqué partout par les puissances occidentales, les revendications identitaires et sociales d’une partie de l’Ukraine sont assimilées à une ingérence impériale de la Russie. Le conflit civil est instrumentalisé en affrontement international, comme si la Russie avait une totale maîtrise des comportements et des décisions de Lougansk et de Donetsk (20). Délibérément, les États occidentaux prennent prétexte de la crise ukrainienne pour tenter d’affaiblir l’économie russe, victime de la spéculation mondiale sur le pétrole. Cette politique du « pire », (l’économie occidentale est, avec moins de perspectives que l’économie russe, et en crise profonde depuis 2008), a les aspects d’une fuite en avant. Les réactions internes qui se produisent en Europe, comme par exemple les bouleversements de la société grecque (21), impliquent des manœuvres de diversion. Les problèmes sécuritaires et l’antiterrorisme ne suffisent pas ; la détermination d’un « ennemi » défini, comme la Russie, est idéologiquement « efficace ».

En fait, en raison de l’inertie (plus ou moins complice) de l’OSCE, du Conseil de l’Europe, et de la paralysie de l’ONU, les puissances occidentales et les quelques pays européens ayant un rapport historique émotionnel et hostile à la Russie mènent une politique aventuriste pour laquelle le droit n’a qu’une très faible part.

La situation chaotique qui en résulte et qui s’inscrit dans la vague de déstabilisation généralisée menace toutes les parties en cause : sa maîtrise tend à échapper aux acteurs ainsi engagés, tandis que le droit international se trouve placé dans un état « comateux » (22).
 

Notes :

1) Sont par exemples venus appuyer les manifestants de Maïdan, le ministre canadien des Affaires étrangères, une Secrétaire d’État adjointe des États-Unis, des personnalités françaises, etc. sans parler de l’aide financière de certaines organisations occidentales.

2) Il faut se rappeler les réactions des États-Unis à l’envoi de missiles soviétiques à Cuba et la proximité d’une Troisième guerre mondiale qui en a résulté.

3) On peut rappeler aussi le soutien occidental apporté aux Islamistes de Tchétchénie, surtout lors de la seconde guerre menée et gagnée par le pouvoir fédéral (lors de la première guerre perdue par B. Eltsine, « l’indulgence » était la règle). A Paris, par exemple, les « Comités Tchétchénie » ont bénéficié, au nom des droits de l’homme, de moyens divers, y compris médiatiques, pour discréditer le pouvoir russe. L’hostilité à la Russie l’emporte sur le combat contre les djihadistes. Les appels du Ministre des Affaires étrangères S. Lavrov pour « faire bloc … et donc combattre de manière coordonnée, sans politique des deux poids deux mesures » n’ont pas été entendus. La position occidentale demeure en effet incohérente : elle combat contre l’E.I en Irak, mais la tolère en Syrie par hostilité à Damas ; elle collabore avec le Qatar et l’Arabie Saoudite, qui participent au financement des Islamistes et reste pour le moins indifférente aux menaces en Tchétchénie, dans le Caucase et les différents territoires musulmans de la Russie.

4) On constate l’extrême discrétion des médias occidentaux sur les attaques de l’armée ukrainienne contre les provinces de l’Est, et notamment l’impact des bombardements des villes. Lorsqu’ils en parlent, ils ne font que reproduire les « informations » fournies par Kiev : les responsables sont toujours les « terroristes » de l’Est et leurs alliés russes.

5) On peut rappeler l’interprétation des résolutions 1970 et 1973 du Conseil de Sécurité concernant la Libye, la préfabrication artificielle de prétendues normes coutumières comme la « légitime défense préventive », les pratiques de la Cour Pénale Internationale très éloignées d’une authentique justice pénale internationale mettant fin à l’impunité des criminels de guerre, etc., les manipulations onusiennes telle que l’inertie de certaines « forces de paix » en raison des pressions américaines (en République Démocratique du Congo, par exemple, elles sont présentes sans la moindre efficacité depuis dix ans, tandis que la rébellion est soutenue par l’Ouganda, pro-américain), etc.

6) La très occidentaliste Th. Delpech (Politique Internationale. Été 2003) développe cette analyse soulignant à l’appui de sa thèse que l’Occident est « un îlot de paix, de prospérité et de démocratie » ! Les néoconservateurs américains ont la même position au nom de la « morale ». Dès 2005, sans même citer les problèmes que soulèvent les avancées des États-Unis et de l’OTAN, T. Delpech, membre de l’Institut international d’études stratégiques de Londres et chercheur au CERI (Paris), écrit, en mettant en cause la seule Russie : « … sans l’Ukraine le rétablissement de la domination de Moscou sur les États qui se sont émancipés en 1990 est impossible. Sans elle, la Russie ne peut plus songer à la restauration de l’empire ». Comme le rappelait Z. Brezinski, il faut choisir entre la démocratie et l’empire. On ne peut avoir l’un et l’autre. La clé serait que pour V. Poutine (discours du 25 avril 2005) la chute de l’URSS est « la plus grande catastrophe géopolitique du siècle » (p. 205).

7) T. Delpech ose même écrire : « Quant au désordre, voire la guerre, il est parfois nécessaire pour rendre la justice possible » (p. 320). Cf. L’ensauvagement. Le retour de la barbarie au XXI° siècle. Grasset. 2005.

8) Voir P-M de la Gorce. « Washington et la maîtrise du monde ». Le Monde Diplomatique. Octobre 1994, qui précise longtemps avant la crise ukrainienne que l’objectif fondamental des États-Unis est la « dislocation de l’URSS » et d’empêcher le « retour vers la Russie des pays devenus indépendants : l’Ukraine, la Biélorussie ou éventuellement d’autres encore » (rapport Wolfowitz et rapport Jeremia. 1992-1993).

9) Voir P. Claret (ss direc.) Kosovo : entre légalité et légitimité. La balkanisation en marche ? Fondation Varenne. Bruylant. 2009.

10) La France est très mal placée pour invoquer le principe de l’intégrité territoriale lorsqu’on observe la politique suivie vis-à-vis des Comores en 1974, par exemple, où elle a organisé un référendum dont les résultats ont été comptabilisés « île par île », ce qui a conduit à détacher Mayotte, intégrée ultérieurement (2009) à la République Française, malgré l’avis contraire de l’État comorien et des Nations Unies.

11) Le ton employé par Adam Michnik, directeur du journal polonais « Gazeta Wyboreza », est révélateur, à propos de la crise ukrainienne : « Poutine est un soviétique... Il ne tient pas compte de l’Histoire. Il touche aux frontières ! », in Télérama. 21.05.2014.

12) Le Parlement ukrainien a été élu malgré 48% d’abstentions auxquelles il faut ajouter les 7 millions d’électeurs de l’Est qui n’ont pas pris part au scrutin. Dans les faits, la « majorité » représente moins de la moitié de la population ukrainienne.

13) Toutes les critiques « anti-oligarques » qui ont été portées contre l’ancien régime ukrainien peuvent être portées contre le nouveau pouvoir de Kiev : ce sont d’autres oligarques qui gouvernent réellement le pays.

14) Le Président ukrainien a été élu avec 54% des voix soit moins de 30% des citoyens ukrainiens.

15) On peut s’étonner de l’indifférence de fait pour les quelques 5.000 victimes (en majorité des Russes de l’Est) que l’affrontement armé a entraîné. La « responsabilité de protéger » n’est pas invoquée en la circonstance ni par Kiev ni par les États occidentaux, ni par les ONG occidentales.

16) Le vice-chancelier allemand s’est prononcé, bien que sa voix ait été étouffée, pour la fédéralisation de l’Ukraine. Il est vrai que c’est l’Allemagne qui a le plus besoin de relations pacifiques avec la Russie (les échanges représentent 80 millions de dollars (300.000 emplois en dépendent) et il y a 6.000 entreprises russes en Allemagne.

17) Toute crise fait apparaître des contradictions entre les États-Unis et l’Union Européenne. La question ukrainienne soulève à nouveau la réclamation de plus en plus vive des États-Unis à l’égard des États européens de prendre davantage en charge le coût des activités de l’OTAN ; elle est aussi l’occasion pour les États-Unis de peser davantage sur les négociations en vue de créer le marché transatlantique ainsi que sur la désignation du prochain Secrétaire Général des Nations Unies, etc.

18) Selon la formule du professeur J. Geronimo. L’Humanité Dimanche. 6-12/2/2014.

19) En 2009, A.F. Rasmussen, Secrétaire Général de l’OTAN, déclarait « vouloir convaincre le peuple russe.... que l’OTAN n’est pas un ennemi de la Russie » et qu’il y a « beaucoup d’intérêts communs comme par exemple le contre-terrorisme ». Mais le Secrétaire Général de l’OTAN rappelait déjà l’intention d’intégrer la Géorgie et l’Ukraine dans l’organisation politico-militaire, conformément à la volonté unilatérale des Occidentaux. Cf. Le Monde.fr. 4.08.2009.

20) Malgré certaines revendications, la Russie n’a jamais répondu favorablement à une intégration, comme ce fut le cas pour la Crimée. Les offensives répétées des forces armées de Kiev contre les localités de l’Est de l’Ukraine entraînant en retour des opérations (comme celle de Marioupol en janvier 2015), l’enchaînement des violences des deux parties et la dégradation de la situation ne peuvent être, quelles que soient les accusations, endossées par la Russie !

Le Ministre des Affaires Étrangères russe S. Lavrov a rappelé encore le 25 janvier lors d’un entretien avec J. Kerry, responsable de la diplomatie des États-Unis que « la Russie était prête à mettre tout en œuvre pour pousser les parties ukrainiennes à un règlement pacifique ». Cf. L’Humanité. 26.1.2015

21) Nicos Kotzias, ministre des affaires étrangères grec du parti Syriza, modifie radicalement la position de la Grèce vis-à-vis de l’Ukraine : « Je pense qu’il ne peut y avoir d’autre solution …... que la mise en place d’une réforme démocratique du pays. Je défends pour ma part l’idée d’une Ukraine fédérale... La guerre n’est jamais une bonne solution ». L’Humanité. 28.1.2015.

22) L’intervention humanitaire russe en Ukraine a donné lieu, elle-même, à des protestations de Kiev et du Ministre français L. Fabius qui a cru devoir préciser « qu’elle pouvait dissimuler une action militaire » ! De la part de la France, qui a inventé « l’ingérence humanitaire » qui a permis de d’occulter toutes les subversions, l’accusation est grossière : elle ne fait que démontrer l’usage intensif du principe des « deux poids, deux mesures » !

Source :

Investig’Action

Pour approfondir sur les origines du conflit en Ukraine, nous vous conseillons la lecture d’un excellent livre : " Ukraine, le coup d’Etat " (Editions Delga)

 

 
   Robert Charvin est professeur émérite de droit à l'Université de Nice Sophia-Antipolis. Il était doyen honoraire de la Faculté de Droit et des Sciences économiques de Nice. Consultant Droit International, droit des relations internationales Wikipédia.

Robert Charvin est professeur émérite de droit à l'Université de Nice Sophia-Antipolis. Il était doyen honoraire de la Faculté de Droit et des Sciences économiques de Nice. Consultant Droit International, droit des relations internationales Wikipédia.

Colloque sur "Le terrorisme comme arme systématique de destruction". Les conférenciers; Robert Charvin, Ayssar Midani et Michel Colon.

Le site. www.tchape.org vous présente quelques séquences vidéo de l'intervention de M Robert Charvin, juriste, professeur émérite de droit à l'Université de Nice Sophia-Antopolis. Cette conférence, organisée par Le CETIM, CUAE et en partenariat avec le journal Le Courrier, sur le thème responsabilité de protéger et guerres "humanitaires" : le cas de la Libye.

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Rasmussen (OTAN) : “Poutine pourrait attaquer un Etat balte !”

12 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La France, #La République, #La Russie, #La guerre, #La paix, #le nazisme

Mais oui, amis oui, il “pourrait” aussi envahir les USA, la Chine, l’Inde – tout est possible avec le magic conditionnel !

Vladimir Poutine a des ambitions au-delà de l’Ukraine et pourrait attaquer un Etat balte afin de tester la solidarité de l’Occident, a indiqué l’ex-secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, au journal britannique The Daily Telegraph aujourd’hui.

Anders Fogh Rasmussen s’est exprimé au moment où le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel sont attendus à Moscou pour tenter de convaincre le président russe d’accepter le nouveau plan de paix face à l’intensification des combats dans l’est de l’Ukraine.

“Il faut voir au-delà de l’Ukraine. Poutine veut redonner à la Russie sa position de grande puissance. Il y a de fortes probabilités qu’il intervienne en Baltique pour tester l’article 5 de l’Otan”, a souligné l’ancien secrétaire général.

L’article 5 du traité de l’Atlantique-Nord stipule qu’une attaque armée contre l’un des pays membres “sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties”. Et qu’en conséquence, celles-ci assisteront “la partie ou les parties ainsi attaquées”, y compris par la force s’il le faut.

“Poutine sait qu’il sera vaincu s’il franchit la ligne rouge et attaque un allié de l’Otan. Mais c’est un spécialiste de la guerre hybride”, mêlant différents types d’opérations pour déstabiliser un Etat, ajoute M. Rasmussen dans le quotidien britannique.

La poussée de la Russie en Ukraine et l’annexion de la Crimée en mars 2014 suscite des inquiétudes dans les trois pays baltes qui, après avoir passé un demi-siècle sous l’occupation soviétique, craignent les ambitions territoriales de Moscou.

Membres de l’Otan depuis 2004, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie ont toutes effectué d’importants achats de matériel et augmenté leurs budgets militaires ces derniers mois.

Fin janvier, l’une des voix influentes de la politique étrangère américaine, Zbigniew Brzezinski, a recommandé de pré-positionner des troupes américaines ou européennes dans les pays baltes, pour “dissuader” la Russie de toute visée sur ces pays.

Source : Le Figaro avec l’AFP

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“Samedi, à la conférence de Munich sur la sécurité internationale, le commandant des troupes de l’Otan en Europe, le général américain Philip Breedlove, a défendu une “option militaire” qui passerait par l’envoi d’artillerie et de matériels de communication à l’état-major de l’armée ukrainienne. ” (Le JDD)

Philip Breedlove, Commandant suprême des forces alliées de l’OTAN en Europe
 

 

2 réponses à Rasmussen (OTAN) : “Poutine pourrait attaquer un Etat balte 

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Les combats continuent dans l'est de l'Ukraine.

11 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La guerre, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La France, #La République, #La Russie, #AMERIQUE, #le nazisme

Les combats continuent dans l'est de l'Ukraine

Dans l'est de l'Ukraine, l'heure est toujours à la guerre alors qu'un sommet pour la paix se tient, ce mercredi 11 février, à Minsk.

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Les néo-nazis suisses envoient de l’aide au bataillon néo-nazi Azov en Ukraine.

11 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La République, #La Russie, #L'OTAN., #le nazisme, #Europe supranationale, #La guerre, #La paix

Les néo-nazis suisses envoient de l’aide au bataillon néo-nazi Azov en Ukraine


Œuvre de bienfaisance hivernale suisse? Les néo-nazis de la Confédération prennent en charge le bataillon Azov en Ukraine

 

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Photo de soutien avec les T-shirts «Azov» achetés pour faire un don

Selon les recherches du journaliste suisse Fabian Eberhard, des néo-nazis suisses des cantons de Genève, Vaud, Valais et Saint-Gall soutiennent par des dons leurs congénères en Ukraine, principalement connus pour leurs graves violations des droits humains. Nous parlons là du bataillon Azov. Pour cela, il a fallu fonder une émanation du groupe nazi ukrainien en Suisse, sous le nom de Misanthropic Division. Les dons comprennent des habits militaires d’hiver, de la nourriture, des médicaments et de l’argent.

Fondée en Suisse l’automne dernier, à des fins de soutien matériel et idéologique des néonazis, cette association est une émanation de la Misanthropic division d’Ukraine. Ce groupe néo-nazi ukrainien a été parmi les premières unités à agir dès le début sur le Maïdan avec des armes à feu.

La Misantropic Division agit comme une partie du bataillon Azov, elle était surtout active dans les combats autour de Donetsk et de Marioupol. Le financement du bataillon est en partie pris en charge par l’oligarque ukrainien Igor Kolomoïski. La résidence principale de cet oligarque ukrainien patriote, Kolomoïski, se trouve – le  hasard fait bien les choses – au bord du lac Léman.

Selon les recherches de Eberhard, un premier virement de 800 CHF a été effectué en faveur du bataillon Azov le 21 décembre 2014. Une grande partie de l’argent provient de la vente de prétendus T-shirts solidaires.

Deux jours déjà après l’envoi de l’argent, le bataillon a remercié son département suisse pour son soutien et a annoncé sur son site internet:

“Nous savons que ce n’est qu’une goutte dans l’océan de la solidarité. Mais nous espérons que cela aide nos camarades au front. Gloire à l’Ukraine!»

Simultanément, un second appel à un nouveau virement a été lancé sur Facebook par un adepte genevois des Hammerskins: «Aidons les soldats dans leur lutte contre le régime communiste impérialiste et pour sauvegarder la race blanche en Europe.» Comme aide importante, l’appel mentionnait des vêtements militaires d’hiver, des aliments de base et de médicaments.

A peine un mois plus tard, le groupe a présenté le succès de la campagne de dons à l’aide de photos, le matériel recueilli a été mis en évidence sur une page Facebook.

Il n’y a aucun doute quant à l’orientation de la Misantropic Division et du bataillon Azov pour son commandant, Andre Bilezki. Dans une interview au journal britannique Telegraph, il a présenté sa mission de la manière suivante:

«La mission historique de notre nation, c’est d’assurer la survie de la race blanche dans le monde en vue de l’ultime croisade pour leur survie.»

Le groupe de défense des droits humains Amnesty International accuse les combattants du bataillon Azov et leurs co-combattants de la Misanthropic Division de graves entraves aux droits humains et de violation de ceux-ci.

Dans la presse, les néo-nazis suisses se contentent de réagir avec le message:«Nous ne travaillons pas avec les médias ni avec le système.»

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Remerciements des gens du terrain, drapeaux du bataillon Azov et de la Misanthropic Division brandis ensemble

Traduit par Toma, relu par Diane et jj pour le Saker francophone

Source: http://lesakerfrancophone.net/les-neo-nazis-suisses-envoient-de-laide-au-bataillon-neo-nazi-azov-en-ukraine/

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Lettonie : Les non-citoyens chose normale pour Sanita Pavluta-Desland, ambassadrice de Lettonie en France.

11 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Ukraine, #le nazisme, #Le fascisme, #La guerre, #La paix, #Terrorisme, #La France, #La République, #La Russie

Lettonie : Les non-citoyens chose normale pour 

Lettonie : Les non-citoyens chose normale pour Sanita Pavluta-Desland

La Lettonie, qui a rejoint l’Union européenne le 1 mai 2004 et la zone euro le 1 janvier 2014, qui est pour six mois depuis janvier 2015 à la présidence de l’Union européenne, a 13% de non-citoyens. Sanita Pavluta-Deslande, l’ambassadrice de Lettonie en France, qui est venue à Rennes le 2 février 2015 vanter la démocratie de son pays, vanter la démocratie européenne, l’importance de la liberté de parole des citoyens européens ou le rôle vital de la société civile, n’est pas dérangée de voir la liberté citoyenne interdite dans son pays et en Europe, ni inquiète de voir la réécriture de l’Histoire sur la Seconde Guerre mondiale, ni surtout choquée d’être l’ambassadrice d’un pays qui légitime l’existence des non-citoyens, ou inquiète de faire interdire une exposition à l’UNESCO sur un fait historique. Devant Jeanne Françoise Hutin, présidente de la Maison de l’Europe de Rennes, femme du patron de Ouest-France à l’Espace Ouest-France, qui a ouvertement donné le ton en disant que la Russie pose problème, l’intervention de  Sanita Pavluta-Deslande démontre l’état de pourrissement dangereux de la structure européenne et de ses élites.

 

Des Waffen SS à Riga mais interdiction de Pegida. Sanita Pavluta-Deslande est fière de parler 

La Lettonie, qui a rejoint l’Union européenne le 1 mai 2004 et la zone euro le 1 janvier 2014, qui est pour six mois depuis janvier 2015 à la présidence de l’Union européenne, a 13% de non-citoyens. Sanita Pavluta-Deslande, l’ambassadrice de Lettonie en France, qui est venue à Rennes le 2 février 2015 vanter la démocratie de son pays, vanter la démocratie européenne, l’importance de la liberté de parole des citoyens européens ou le rôle vital de la société civile, n’est pas dérangée de voir la liberté citoyenne interdite dans son pays et en Europe, ni inquiète de voir la réécriture de l’Histoire sur la Seconde Guerre mondiale, ni surtout choquée d’être l’ambassadrice d’un pays qui légitime l’existence des non-citoyens, ou inquiète de faire interdire une exposition à l’UNESCO sur un fait historique. Devant Jeanne Françoise Hutin, présidente de la Maison de l’Europe de Rennes, femme du patron de Ouest-France à l’Espace Ouest-France, qui a ouvertement donné le ton en disant que la Russie pose problème, l’intervention de  Sanita Pavluta-Deslande démontre l’état de pourrissement dangereux de la structure européenne et de ses élites.

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Des Waffen SS à Riga mais interdiction de Pegida. Sanita Pavluta-Deslande est fière de parler de démocratie dans son pays (intervention en vidéo de Sanita Pavluta-Deslande à Rennes), car on laisse parler tout le monde, « ce n’est pas une manifestation politique malgré la tentative de certains de présenter cela comme la glorification du nazisme, ce qui est faux. La Lettonie en tant que pays démocratique autorise tout type de rassemblement sans contrôle idéologique, tant que cela ne menace pas l’ordre public », dit-elle dans un entretien donné au Cercle des Européens en avril 2012 quand on lui demande si c’est vraiment admissible de laisser des anciens Waffen SS et des admirateurs de la SS marcher tous les ans au mois de mars dans Riga. Pendant que les médias, les politiques, occidentaux disent que les Pegida sont des manifestations de nazis à interdire, les instances européennes soutiennent la politique lettone, leur donne la présidence européenne pour 6 mois. On comprend que le joker nazi est la stratégie de nommer des manifestations qui dénoncent les manquements de démocratie et qui dérangent le pouvoir en place.

Les non-citoyens. « Sinon le russe aurait été une langue officielle de l’Union européenne », dit au micro de l’Espace Ouest-France Sanita Pavluta-Deslande pour justifier la légalisation du statut juridique de non citoyen en Lettonie. Ces non-citoyens sont pour l’essentiel des Russes venus travailler à l’époque soviétique dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui ont eu des enfants et fondé des familles en Lettonie et qui se sont retrouvés avec la chute de l’Union soviétique être des habitants de seconde classe auxquels a été retiré le droit de vote et l’accès à de nombreux emplois. Pourquoi ceux qui montrent du doigt les Pegida n’interviennent pas et ne dénoncent pas la présidence lettone pour l’Union européenne ? La position lettone prouve qu’il est possible juridiquement d’exclure des populations au sein de l’Union européenne, de réécrire l’Histoire.

Interdiction de montrer et réécriture de l’Histoire. En janvier 2015 Sanita Pavluta-Deslande qui est délégué permanent pour la Lettonie à l’UNESCO a demandé d’interdire une exposition sur, Salaspils, le camp d’extermination nazi aussi pour enfants de Lettonie, « pour ne pas jeter de l’ombre sur le présidence lettone en ce début d’année 2015 » a répondu la diplomate. « La Lettonie s’est opposée à l’exposition organisée par la Russie et la Biélorussie qui montre des photos d’un camp de concentration », a dit un porte-parole de l’UNESCO. Par contre la Lettonie est d’accord pour faire une exposition après leur présidence européenne en montrant le film « L’histoire controversée » sur les habitants en Lettonie, sur les survivants de l’holocauste, sur les survivants du camp d’extermination Salaspils et sur les survivants des déportations soviétiques, c’est à dire en mettant au même niveau les actes nazis et soviétiques malgré la dénonciation du centre Simon Wiesenthal, des groupes juifs ou d’historiens non juifs, ou de la Russie pour réécriture de l’Histoire.

Journaliste et député italien jeté d’Estonie. L’Estonie voisine de la Lettonie, membre de l’Union européenne, donc une véritable démocratie quand on écoute l’ambassadrice lettone, a expulsé le journaliste et ancien député EU, Giulietto Chiesa, figure de la gauche en Europe, d’Estonie juste avant sa prise de parole dans une conférence organisée par un organe de la société civile, le club des médias international Impressum . Le club Impressum a invité Giulietto Chiesa en décembre 2014. Giulietto Chiesa a pu rentrer en Estonie sans difficulté et donner un entretien à la télévision estonienne. C’est juste avant son intervention devant un auditoire de 280 personnes que la police estonienne l’a arrêté, sans avoir une raison, dans son hôtel. La femme de Giulietto Chiesa a eu le temps de dire aux médias que Giulietto Chiesa devait quitter la Lettonie dans les 48 heures. Giulietto Chiesa, qui est russophone, dénonce aussi la politique actuelle de l’Union européenne contre la Russie et l’aide à Kiev, un gouvernement qui soutient des bataillons nazis, qui massacre les populations du Donbass.

Ambassadrice Lettonie se moque du monde

La Lettonie, contrairement à ce que Sanita Pavluta-Deslande veut faire croire devant un auditoire de Français déjà habitué à la lecture du Ouest-France depuis des générations, nous questionne sur la santé démocratique lettone et européenne et sur sa rhétorique touchant les droits de l’homme. Avec Giulietto Chiesa d’autres personnalités de la vie publique ont été interdites de venir en Estonie. C’est le cas de Johan Bäckman, citoyen finlandais, défenseur des droits fondamentaux dans son pays qui dénonce les enlèvements d’enfants avec l’écriture de fausses expertises par le Jugendamt finlandais qui agit dans la violence physique et mentale comme le Jugendamt allemand mais ça les bons démocrates de Bruxelles tiennent sous silence. Dans l’espace européen, même des citoyens européens (journaliste, défenseurs des droits fondamentaux, parents, enfants, activistes appartenant à la société civile), ne peuvent pas voyager librement sans oublier des manifestations organisée par des membres de la société civile qui sont interdites. En Estonie, il existe les services secrets avec le KAPO qui pourchassent les opposants à la politique. Le Kapo transforme la vie des opposants en enfer. Ces personnes touchées comme Maxim Reva, Oleg Besedin, Yana Toom, Michail Kõlvart, Alexander Korobov, Mihail Stalnuhhin, Klaus Dornemann, Irja und Inno Tähismaa, Kristina Norman, Aleksej Semjonov, Dmitrij Linter, Dmitrij Klenski, Mark Syrik, Galina Sapozhnikova, perdent leur travail, perdent des contrats et sont poussés à quitter leur pays. Ces formes de menaces sont appliquées dans toute la zone EU. Ouvrir sa bouche, croire à la liberté de parole, fait de vous un dissident et la justice comme la presse ne fonctionnent plus de manière indépendante en zone EU. « L’Europe est un fascisme inversé », dit un juriste moscovite à ce sujet. Afin de comprendre les faits il faut lire les médias et les slogans politiques en inversant l’information ou le message. Les anciens citoyens de la RDA sont les plus solides dans ce sport. Ce qui explique que les Pegida sont plus fortes en Allemagne de l’Est ?

Par Olivier Renault pour Novorossia Vision

Anastasiya Korica2015-02-11T17:20:41+00:00février 11th, 2015

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Les documents du financement américain et de la formation de l’armée ukrainienne, par Karine Bechet-Golovko.

11 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La République, #La Russie, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La guerre, #le nazisme, #Terrorisme

Un intéressant article de Karine Bechet-Golovko, à propos d’un leak russe.

Après première enquête, cela semble suffisamment robuste pour que je reprenne ce papier.

ATTENTION, en ces temps de guerre, donc de propagande à outrance des 2 côtés, il convient de rester prudent quant à leur authenticité.


Yatséniuk et le vice-président américain J. Biden

Hier, le groupe de hackers Cyber-Berkut a publié les documents en possession d’un proche de J. Biden, lors de sa visite en Ukraine. Les documents furent piratés justement lors de cette visite. Des centaines de milliers de dollars versés sur les comptes personnels d’officiers ukrainiens, 1 million de dollars pour que l’armée ukrainienne apprenne l’anglais, le paiement des frais courant de nourriture, les négociations sur des fournitures d’armes à grande échelle, notamment tout ce qu’il faut pour des opérations maritimes coups de poings. Voici une traduction de l’essentiel.

1)

Ce document est particulièrement surprenant. La Marine ukrainienne a demandé aux Etats Unis de payer les frais de déplacement des officiers participants aux exercices militaires communs Ukraine/US sur le territoire ukrainien. Passons sur la fierté nationale, c’est un sentiment dépassé. Techniquement, il est intéressant de noter que, officiellement, les Etats Unis en ont payé pour environ 550 000 Hryvnias (1 dollar = 15 Hryvnias UAH). Et cet argent n’a pas été adressé au budget ukrainien, non. Il a été payé sur le compte privé de Denis Stupak, capitaine de 3e classe.

2)

Ici, l’Académie militaire P. Sagaydachnui demande une compensation pour les déplacements et la nourriture de 11 de ses officiers et d’un civil, pour un montant de 53 000 Hryvnias.

3)


Ici, un petit bonus. Cyber-Berkut analyse cela comme la preuve que l’armée ukrainienne devient une filiale américaine. En effet, environ 1 million de dollar est prévu pour mettre en place un Laboratoire linguistique, permettant aux militaires ukrainiens d’apprendre correctement l’anglais. En plus de cela, et afin que leur formation soit complète, il est également prévu d’acheter des manuels militaires en anglais.

4)

Les Etats Unis fournissent à l’Ukraine ces fameux Radars qui permettent de localiser la position exacte du tir de l’ennemi. 3 radars sont livrés pour un montant de 350 000 dollars. Lorsque l’on voit l’intensification des tirs sur la région de Donetsk, on comprend que le cessez-le-feu n’est qu’un moyen de gagner du temps pour ré-équiper l’armée ukrainienne. Ces armes vont permettre aux militaires ukrainiens de prendre un sérieux avantage sur les combattants.

5)

Ici, 25 millions de dollars d’aide à l’armée ukrainienne.

6) L’aide ne se limite pas aux armes non létales. Les négociations, tellement précises qu’elles ressemblent plutôt à une commande, concernent l’armement lourd, des roquettes anti-tanks (420), des équipements de snipers (400), des mines (70 000), de l’artillerie, etc …


7) Et pour finir, il s’agit de remettre sur pied les forces d’intervention en mer. Cyber-Berkut, vu l’état de la marine ukrainienne, interprète cela comme la préparation d’une intervention soit par la mer de la Crimée, soit de diverses opérations de déstabilisation dans la région.

L’on comprend mieux, maintenant, le large sourire de Yatséniuk et de Poroshenko à l’arrivée de Biden. L’on comprend également mieux pourquoi, quand juste avant, le ministre allemand des affaires étrangères était arrivé pour tenter un compromis, il a dû sonner à la porte et attendre qu’on lui ouvre face à des grilles fermées, alors que la délégation américaine fut accueillie avec un tapis rouge.

Source : Karine Bechet-Golovko, pour Russie Politics

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