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Le blog de Lucien PONS

le socialisme

Fais le taf, paye ta cotis, mais surtout ferme bien ta gueule. Par Vincent Christophe le Roux.

29 Septembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #Le socialisme, #La lutte des classes

https://www.facebook.com/notes/vincent-christophe-le-roux/fais-le-taf-paye-ta-cotis-mais-surtout-ferme-bien-ta-gueule/2118311511756679/

Avant-propos de Vincent Christophe Le Roux : Je relaie ci-dessous les mots d'un camarade ex PCF, ex syndicaliste CGT, qui explique que parce qu'il a osé émettre des critiques, il s'est fait méchamment allumer.

Ce sont toujours les mêmes arguments qui n'en sont pas.

Au PCF, au PG, à la FI, à la CGT, toujours les mêmes bourrins aux commandes et toujours les mêmes benêts pour les soutenir ; toujours les mêmes moutons qui bêlent en cadence avec la direction SEULEMENT parce qu'elle est la direction.

Jamais ne sont entendues les doléances formulées. Jamais aucune réponse n’est produite. Seulement des mises au ban, des accusations infamantes en plus d'être grotesques.

 

 

Michel Renard, dans le message ci-dessous reproduit, dit des choses que nous sommes des milliers à avoir déjà entendues tant et tant de fois depuis des années, dès qu'on a osé sortir du rang, dès qu’on a osé émettre des critiques et suggérer d’autres façons de lutter. Ces dernières semaines notamment et même ces tout derniers jours, qui au PG, qui à la FI, qui à la CGT, rue dans les brancards devant les choix faits en notre nom par quelques-uns se fait défoncer, et est décrit comme ennemi de l’intérieur...

Putain de bordel de merde !

Qui est notre ennemi quand ce sont les nôtres qui chient dans la colle et font ami-ami avec nos ennemis au lieu de leur rentrer dedans et de se battre pour que les masses leur rentrent dedans ?

 

 

 

Il devient indispensable de les dégager tous, ces nuisibles !

 

Le peuple, les gens, la base, les citoyens et les syndicalistes ordinaires, ces fourmis industrieuses, ces ouvrières de la ruche, qui ne souhaitent rien pour elles mais qui se battent depuis toujours pour le seul intérêt général de leur "communauté", doivent reprendre le contrôle de toute urgence de leurs organisations.

Ou créer tout autre chose !

Quelque chose qui soit fondé sur d'autres principes que la décision de quelques-uns !

Quelque chose dont les décisions reposent VRAIMENT sur la volonté générale.

Quelque chose qui n'a nulle vocation à donner des rentes de situation à des gens qui n'ont rien à foutre de nous !

Quelque chose qui ne décidera pas, contre notre volonté, d'aller négocier le poids des chaînes ou leur longueur avec nos ennemis !

Ça tombe bien. Ce quelque chose existe déjà puisqu’il y a le FrontSocial dans le paysage français !

Il existe depuis des mois !

Et il se bat comme un lion malgré l'adversité, la pire n'étant pas celle de nos ennemis communs mais de certains de nos "amis" qui, malgré leur incompétence crasse, et leur inefficacité désormais avérée, ne tolèrent pas l'idée d'être concurrencés ni même contredits.

Au PG, comme à la FI, au PCF et à la CGT, il y a des gens qui ont l'esprit complètement colonisé par les mœurs monarchiques et qui ne savent qu’ordonner ou obéir dans un rapport princes-sujets !

Le FrontSocial, ce n'est pas une énième chapelle pour chanter la gloire d'un dieu fait homme ou d’un groupe de gens plus égaux que d’autres, ni une énième écurie à bourrins dont la seule raison de vivre serait de tourner en rond dans un manège en refaisant sans cesse les mêmes choses.

Le FrontSocial, c'est un collectif qui ne vise que l'action commune et le rassemblement des gens.

Pour que tous ensemble on reprenne le contrôle de nos vies et donc de nos entreprises, de nos institutions...

Comme ne cesse de le dire Mickael Wamen qui est une sorte de porte-parole du FrontSocial, il nous faut nous unir pour ne plus subir !

Mais nous unir sur des mots d'ordre de nature à entraîner les foules et pour un objectif qui vaille vraiment la peine de prendre des risques et des coups !

Quand on voit la direction nationale de la CGT aller à Canossa devant le MEDEF, il y a de quoi considérer qu'ils sont devenus fous. Mais en réalité, on sait bien que ce n'est pas de la folie. Ce sont des choix stratégiques volontaires, conscients, avec un objectif à la clé !

 

LA MAISON BRÛLE !

Nous allons devoir prendre des mesures draconiennes car si on continue à regarder le spectacle de loin, si on continue à ne rien dire pour ne pas gêner l'organisation, si on continue à faire les moutons, on sera tous tondus comme disait l'autre !

Et on sera bientôt tous morts !

 

« Le peuple n’obtient que ce qu’il prend. » Louise MICHEL

 

« C’est par la désobéissance et la rébellion que l’homme a progressé.» Oscar WILDE

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Voici le commentaire de Michel Renard :

Juste un témoignage pour aller dans ce sens. Je suis un ancien facteur, retraité depuis 2 mois, et ancien syndicaliste CGT. En 2016, au moment des "actions" contre la loi El Khomri, j'ai eu le malheur de critiquer la stratégie des "journées d'action" tout les 15 jours, et de diffuser aux mandatés CGT de ma DSCC et autres une pétition initiée par la CGT goodYear réclamant un durcissement de la stratégie de la conf'. Je me suis fait immédiatement et méchamment rentrer dedans par le SD du Tarn de l'époque, et par d'autres "camarades", qui m'ont fait remarquer qu'au lieu de "dénigrer et diviser" la CGT je ferais mieux de bosser sur le terrain. Or à ce moment, j'étais secrétaire d'un CHSCT qui couvrait 4 département, je siégeais en CAP, en CT, j'étais délégué de mon centre, et conseiller du salarié. Autrement dit, je passais l'essentiel de mon temps libre, en plus des délèg' à bosser pour le syndicat. Ou plutôt pour les collègues et salariés. Je ne me plains pas, j'adorais ça.

Fais le taf, paye ta cotis', mais surtout ferme bien ta gueule, m'a-t-on dit en gros.

J'ai immédiatement démissionné de tout mes mandats, mais je suis resté jusqu'aujourd'hui syndiqué, surtout par amitié envers mes collègues que je vois se bouger le cul comme il peuvent sur le terrain.

Mais là, j'ai décidé de carrément démissionner, ce n'est plus possible.

Je ne supporte plus Martinez et sa clique, ces apparatchiks plus faux-culs que la CFDT, dont le seul rôle est de canaliser et d'étouffer le mécontentement des salariés les plus en colère.

Pour moi, la CGT est devenue au syndicalisme ce que le PCF est à la politique, c'est à dire rien, un mouvement qui n'a d'autre but que de pérenniser sa propre existence.

Je comptais attendre les résultats du prochain congrès, mais je n'en attends rien, connaissant le fonctionnement interne du syndicat. J'enverrai dès la semaine prochaine ma lettre de démission, la mort dans l'âme, mais vraiment je n'y crois plus.

Je souhaite toutefois bon courage à ceux qui peuvent garder la foi.

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Le parti de Jean-Luc Mélenchon demande l'exclusion de Syriza du Parti de la gauche européenne

2 Février 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #Economie, #Le socialisme

Le parti de Jean-Luc Mélenchon demande l'exclusion de Syriza du Parti de la gauche européenne
Le parti de Jean-Luc Mélenchon demande l'exclusion de Syriza du Parti de la gauche européenne© Gonzalo Fuentes Source: Reuters
Alexis Tsipras et Jean-Luc Mélenchon en 2012

Estimant que les reniements de Syriza, le parti du Premier ministre grec Alexis Tsipras dont il était jadis proche, sont trop nombreux, le Parti de gauche demande à ce que la formation politique grecque soit exclue du Parti de la gauche européenne.

La rupture entre les proches de Jean-Luc Mélenchon et Alexis Tsipras, qui furent jadis alliés dans leur combat politique, semble bel et bien consommée. Le Parti de gauche (PG) a demandé ce 31 janvier l'exclusion du parti grec d'Alexis Tsipras du Parti de la gauche européenne (PGE), mouvement politique fédérant plusieurs organisations nationales au Parlement de Strasbourg, afin de faire «la clarté face à la camisole libérale» contre laquelle il est censé «lutter».

«Pour le PG, comme sans nul doute beaucoup d'autres partis du PGE, il est en effet devenu impossible de côtoyer, dans un même mouvement, Syriza d'Alexis Tsipras», a fait savoir le Parti de gauche dans un communiqué, émanant d'une décision de son secrétariat exécutif national. Les cadres du mouvement politique de Jean-Luc Mélenchon déplorent que le Premier ministre grec pousse «sa logique austéritaire jusqu'à limiter le droit de grève, répondant ainsi toujours plus servilement au diktat de la commission européenne». 

«L'heure est à la clarté face à la camisole libérale qui étrangle les peuples et alors que la quasi totalité des partis du PGE luttent chacun dans leur pays contre de telles politiques», explique le communiqué, ajoutant que le rôle du PGE n'est pas de soutenir «cette Europe-là» mais de rassembler ses opposants. 

Si le gouvernement d'Alexis Tsipras, pourtant classé à gauche sur l'échiquier politique, a fait voter une loi restreignant le droit de grève, c'est avant tout pour satisfaire les créanciers de la Grèce, l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI). En effet, depuis 2010, la Grèce s'appuie sur des plans de subventions de l'UE et du FMI, qui exigent en contrepartie des efforts d'Athènes en matière de dé-régularisation du marché du travail

En France, outre le Parti de gauche, Ensemble et le Parti communiste appartiennent également au PGE. Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, appartient au Conseil des présidents, qui décide des adhésions de nouveaux partis. En froid avec le mouvement de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, celui-ci affiche toujours son soutien à Syriza en dépit des revirements politiques récents du parti grec.

Lire aussi : La Russie «pas une ennemie»: ovationné à Berlin, Mélenchon combat l'idée d'une Europe de la défense

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Projection de -et débat sur- « La violence sociale » ; animé à NICE ce vendredi 13 10 2017 par Jacques Cotta

3 Octobre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La République, #La nation ., #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Le socialisme

Projection de -et débat sur- « La violence sociale » . 

 

Animé à NICE ce vendredi 13 10 2017  par Jacques Cotta

Projection de -et débat sur- « La violence sociale » ; animé à NICE ce vendredi 13 10 2017  par Jacques Cotta

Projection/débat sur « la violence sociale » animée par Jacques Cotta

Ce vendredi 13 octobre 2017 à NICE

 

L’association Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR organise une projection-débat « dans le secret de la violence sociale » animée par Jacques Cotta, auteur du documentaire projeté.

 

La conférence aura lieu le vendredi 13 octobre 2017 de 18h à 21h, dans l’amphithéâtre de la « Maison des Associations » de la place Garibaldi à Nice.

 

Avec la crise économique qui n’en finit plus, le marché de l’emploi n’a jamais été aussi incertain. Les délocalisations et les licenciements boursiers sont de plus en plus nombreux. La liquidation pure et simple de notre industrie s’accélère. Le dernier exemple est l’annonce de la fusion acquisition de ce qui reste d’Alstom par l’allemand Siemens qui veut s’imposer comme leader sur le marché. Cette nouvelle catastrophe économique et industrielle - après le bradage en 2015 à la multinationale américaine Général Electric de sa partie la plus importante concernant l’indépendance de la France – signe la disparition rapide de notre indépendance.

 

L’exemple de la liquidation de Goodyear est aussi dans nos mémoires. Même Emmanuel Macron s’est déplacé auprès des ouvriers en plein désarroi lors de la campagne des présidentielles pour les assurer de son soutien et de sa compassion.

Les intérêts financiers - grâce à l’abdication de la puissance publique et avec l’arme de destruction massive que constitue la dette - finissent par dévaster notre système économique. Ils détruisent ainsi notre modèle social issu de la Résistance. Les conditions d’emploi des salariés se dégradent. Les salaires sont à la baisse, les retraites et plus généralement la protection sociale sont attaquées.

 

C’est tout notre édifice social qui est en voie d’explosion.

Peut-on éviter cette précarité et les drames humains qu’elle provoque ?

Quelles décisions prendre ?

Comment sauver et développer les acquis sociaux qui concernent des millions de Français ?

L’union européenne impose la rigueur à tous les états. Il est prévu que la flexibilité de l’emploi deviendra la norme. Seul le CDD sera proposé. La précarité sera généralisée.

 

Il faut être armé pour affronter les régressions à venir. Les plans de licenciements boursiers, les délocalisations et l’explosion du chômage nécessitent une bonne connaissance théorique pour essayer d’infléchir le cours de l’histoire. Essayons de lever la tête pour remettre la dimension humaniste au cœur du débat.

Les enjeux sont considérables, ils dépassent les choix de société et touchent les choix de civilisation.

Dans la période trouble que nous vivons, il est important de connaître le dessous des cartes.

 

Comme l’indique une citation bien connue : "Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ".

Pensons aussi à l’effet Dracula. En effet si le célèbre vampire est en pleine lumière, il n’a d’autre choix que de se terrer dans un trou noir, il ne supporte pas la lumière.

Jacques COTTA étaye son analyse par des exemples concrets issus de ses enquêtes dans de nombreuses entreprises françaises.  

 

Jacques COTTA, journaliste et écrivain, a réalisé de nombreux films d’investigation dont «Front National, la nébuleuse » (7 d’or). En charge de la série de documentaires « Dans le secret de… » sur France2 il est notamment l’auteur de « 7 millions de travailleurs pauvres », « La face cachée des temps modernes » (Fayard, 2006), « Riches et presque décomplexés » (Fayard, 2008), « Qui veut la peau des services publics ? » (2011), « Un CDD sinon rien » (2012), « Dans le secret du crime financier » (2013) , « Dans le secret du Mont de Piété » (2013), « Dans le secret du burn out » (2015), « Dans le secret de la violence sociale » (2016).

 

ATTENTION : la ville de Nice nous impose que vous nous adressiez préalablement votre inscription à cette soirée. Merci de voir les modalités pratiques dans le document joint.

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Le RPS FIERS se mobilise contre les ordonnances Macron dans les Alpes-Maritimes. Par Lucien PONS

11 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Le syndicalisme, #Les média, #Le socialisme, #La justice

Le RPS FIERS se mobilise contre les ordonnances Macron dans les Alpes-Maritimes. Par Lucien PONS

Le RPS FIERS se mobilise contre les ordonnances Macron dans les Alpes-Maritimes

 

 

Bonjour

 

Vous trouverez ci-dessous le tract Recto/Verso que le RPS FIERS utilisera dans les Alpes-Maritimes pour s’opposer à la casse du code du travail imposé par ordonnances par Macron.

Afin de ne pas rester dans la seule contestation des actions concrètes seront proposées prochainement (réunion de travail, éducation populaire, etc. …)

Cordialement

Lucien Pons

Président du RPS FIERS pour la région PACA.

 

Le RPS FIERS se mobilise contre les ordonnances Macron dans les Alpes-Maritimes. Par Lucien PONS
Le RPS FIERS se mobilise contre les ordonnances Macron dans les Alpes-Maritimes. Par Lucien PONS
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Régression sociale c'est non. Par le Front Syndical de Classe.

18 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #Le fascisme, #Le syndicalisme, #l'horreur économique, #Le socialisme

Régression sociale c'est non.

Régression sociale c'est non. Par le Front Syndical de Classe.

 

 

 

Georges Séguy au lendemain des élections législatives de 1978 remportées contre toute attente par la droite : « Ce que les travailleurs n'ont pas pu avoir avec leur bulletin de vote, ils l'obtiendront par l'action. »

 

La régression sociale, c'est non !

Progrès social, paix, démocratie !

 

Un système médiatique confisqué par les plus riches qui assènent chaque jour une propagande totalitaire, un système politique qui donne la présidence et 75 % des députés à un parti représentant 15 % des électeurs, des euro-politiques uniques appliquées par la droite et par le parti « socialiste » depuis plus de 30 ans qui ont écœuré les jeunes et les classes populaires trouvant dans l'abstention de masse le moyen de protester, après le « sursaut Mélenchon » au 1er tour de la présidentielle...

 

Le résultat est que le Medef et l'UE vont exercer directement le pouvoir en la personne du président-banquier Macron pour imposer leur potion amère aux classes populaires et favoriser toujours plus les profits des grands groupes privés avec au programme : ubérisation et casse du code du travail, privatisations, compression des salaires et des pensions, casse de l'indemnisation du chômage, de la sécu et des retraites par répartition, militarisation et Otanisation, euro-dissolution des conquêtes du CNR et de la souveraineté nationale et populaire, alignement culturel et linguistique sur les USA avec le retour en vue du TAFTA (grand marché transatlantique entre l'UE de Merkel et les EU de Trump)…

 

Bien entendu, le pouvoir sait que dans « le pays classique de la lutte des classes » qu'est la France, cette offensive généralisée entraînera une riposte du monde du travail d'autant que la période électorale n'a été marquée par aucun attentisme social mais a connu au contraire de nombreuses luttes contre les fermetures d'usines ou de services hospitaliers (plus de 1000 hôpitaux, ehpad, cliniques, établissements de santé divers, en lutte depuis le début de l'année), contre la criminalisation du syndicalisme ou l'épuisement au travail, pour des augmentations de salaires et les conditions de travail (commerce, conducteurs matières dangereuses, chauffeurs Uber...).

L'idée du pouvoir est donc aussi d'en finir une fois pour toutes avec la résistance populaire française admirée dans de nombreux pays étrangers en lui infligeant une défaite décisive.

C'est pourquoi les grandes manœuvres sont entamées pour isoler la CGT et briser le Front Syndical qui mena la lutte contre la loi travail en 2016.

C'est pourquoi aussi Macron veut intégrer à la loi normale les mesures d’exception de l’État d'urgence (permettant au préfet d'interdire n'importe quelle manifestation, site internet ou d'assigner à résidence quiconque s'en prendrait à la politique des pouvoirs publics…), allant jusqu'à susciter l'inquiétude du New York Times sans qu'en France les éditorialistes aux ordres ne s’émeuvent beaucoup. Il faut dire qu'ils n'avaient pas hésité à comparer le syndicalisme à du terrorisme et la CGT à Daesh l'an dernier en pleine lutte contre l'euro-loi el-khomri...

 

Sans attendre que le gouvernement daigne préciser ses projets dont nous connaissons déjà la dangerosité et l'étendue, l'urgence aujourd'hui est de soutenir toutes les luttes en cours et de préparer l'affrontement de classe qui vient en faisant tout pour être à la hauteur de l'offensive construite et planifiée par le pouvoir contre le monde du travail et les classes populaires. Et en posant la perspective d'un mouvement d'ensemble bloquant la production du profit indispensable pour gagner.

 

De nombreuses initiatives locales, départementales ou régionales de mobilisation sont d'ores et déjà annoncées en ce sens en particulier par des organisations de la CGT, à l'image de l'appel de la fédération CGT de la Chimie à « engager une guerre totale de mobilisation et à construire un processus de luttes au plus haut niveau et dans la durée » ou de la manifestation du 27 juin à Paris à l'initiative de l'URIF avec pour mot d'ordre : « la régression sociale sauce Macron, c'est non ! »

 

Le Front Syndical de Classe appelle à participer massivement à toutes ces initiatives, à renforcer les liens intersyndicaux et interpro entre organisations de base, à mettre en lumière le lien entre toutes les contre-réformes à venir et à construire des plate-formes revendicatives offensives et unificatrices.

 

C'est bien le capitalisme en crise qui est responsable des régressions sans limite et des guerres impérialistes. C'est bien l'Union européenne, avec l’aide de la Confédération Européenne des Syndicats, qui pilote et formate les plans de contre-réformes dans tous les secteurs.

 

Et c'est bien le monde du travail public-privé, de la jeunesse, des retraités qui, unis, ont la solution entre leurs mains pour imposer un changement de société permettant tout à la fois de retrouver la voie du progrès social, de la paix, de la démocratie et de la souveraineté populaire.

 

Front Syndical de Classe, 17 juin 2017

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Un « modèle » pour MACRON ? 13 millions de nouveaux PAUVRES en ALLEMAGNE

21 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Allemagne, #La France, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Economie, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Le socialisme

Le FMI alerte sur la hausse du risque de pauvreté en Allemagne

Selon le Fonds, qui prône une « croissance inclusive », Berlin dispose de marges de manœuvre financières pour agir en faveur des travailleurs pauvres.

A qui profite l’insolente prospérité allemande ? Comment doivent se répartir les fruits de la croissance d’un pays dont la plupart des indicateurs économiques sont au vert ?

Septembre 2016: 13 millions de nouveaux pauvres en Allemagne

Ces questions, actuellement âprement discutées au sein des partis politiques du pays, devraient prendre encore plus d’importance avec la publication du rapport annuel du Fonds monétaire international (FMI), lundi 15 mai. Ce dernier s’inquiète de la « lente augmentation générale du risque de pauvreté » outre-Rhin en dépit d’une solide croissance et d’un taux de chômage historiquement faible.

« Malgré un filet de sécurité sociale bien développé et une forte progression de l’emploi, le risque de pauvreté relative [en Allemagne] demande une attention continue », écrit le FMI au neuvième point de son rapport.

[…]

LIEN VERS LA SUITE DE L’ARTICLE CI-DESSOUS :

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Frexit, classe ouvrière et socialisme – par Georges Gastaud, PRCF.

17 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le socialisme

Frexit, classe ouvrière et socialisme – par Georges Gastaud

par , PRCF

La candidature de François Asselineau aux présidentielles a relancé le débat : faut-il « seulement » sortir de l’ et se fixer cet objectif limité, « raisonnable » et « réaliste », sans se soucier d’engager la rupture avec le capitalisme ? Faut-il au contraire viser « d’abord » la rupture avec le capitalisme, la sortie de l’, de l’euro et de l’OTAN intervenant chemin faisant et par-dessus le marché (si du reste elle intervient : car cela ne figure pas au menu des « Etats-Unis socialistes d’ » chers aux héritiers de Trotski…)? Ou bien encore, faut-il, comme le propose le PRCF, articuler une stratégie de «  progressiste » d’emblée articulée sur la rupture avec le capitalisme, c’est-à-dire en clair, orientée vers la révolution socialiste ? Et pour cela promouvoir à la fois l’objectif minimal d’une sortie de l’euro/UE/OTAN et l’objectif stratégique de la transformation socialiste de la France en les associant l’un à l’autre par le truchement d’un programme de transition révolutionnaire axé sur la défense de la paix, l’antifascisme, la nationalisation démocratique des secteurs-clés de l’économie, l’élargissement de la démocratie populaire et la recherche de coopérations internationales élargie à tous les continents ?

Sortir de l’UE sans rompre avec le capitalisme ?

Il est clair que la première réponse ne peut convenir à des révolutionnaires : le Brexit de droite promu par le parti UKIP et porté par Theresa May ne peut évidemment améliorer durablement le sort des ouvriers britanniques, pas plus que le protectionnisme retors affiché par D. Trump ou par son admiratrice Marine Le Pen n’est susceptible de remettre en selle les millions de cols bleus déclassés par les délocalisations… A moins bien sûr que la classe ouvrière anglaise, dans laquelle les thèmes anticapitalistes refont surface au grand dam des caciques travaillistes, ne réoriente le Brexit dans la bonne direction en retrouvant ses fières traditions combatives : mais dans ce cas, il faut modifier l’hypothèse examinée, car il ne s’agirait plus dès lors d’un Frexit de droite et que l’horizon d’une transformation socialiste de la Grande-Bretagne se dessinerait de nouveau…

Mais surtout, la situation française est telle que le Frexit ne peut être mené jusqu’au bout que sur des bases d’emblée populaires, progressistes et in fine, anticapitalistes. En effet, le MEDEF, le CAC-40, les banques « françaises », en un mot l’impérialisme « français »*, sont unanimement acquis à la « construction » européenne, à l’ « Union transatlantique », à la « reconfiguration du territoire national », tout cela s’opérant dans une « économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée » (comme y oblige le Traité de Maastricht) : ces orientations ont du reste été écrites noir sur blanc et mises en cohérence dans le manifeste-programme du MEDEF toujours en vigueur intitulé Besoin d’aire (déc. 2011). Qu’importe si ces orientations euro-atlantiques flamboyantes, destinées à obtenir aux oligarques « français » une place au soleil de la mondialisation germano-yankee, débouchent sur le déclassement massif des travailleurs industriels, de la paysannerie laborieuse, des artisans « ubérisés », sur l’humiliante éviction du français au profit du tout-anglais, sur les « coopérations renforcées » avec Berlin, voire sur la fusion des armées allemandes et françaises au sein de l’OTAN, en un mot sur le démontage final de l’Etat-nation qui constitue la feuille de route commune de MM. Gattaz, Macron et Fillon** ? Comme en outre le « Frexit » ne peut guère être porté avec esprit de suite par les « couches moyennes », fussent-elles « altermondialistes », qui hésitent toujours par nature entre le camp du capital (donc de l’UE) et celui du travail (72% des ouvriers ont voté non à l’euro-constitution en 2005 !), il ne reste que la classe ouvrière, et plus généralement, que la classe des travailleurs salariés, pour mener le Frexit jusqu’au bout et avec esprit de conséquence. Alors que le Parti Maastrichtien Unique (PS, LR, EM…) et ses satellites « euro-constructifs » (euro-écolos, euro-« communistes », euro-trotskistes***…) conduit (ou accompagnent en geignant) la casse des conventions collectives, des statuts, du code du Travail, des retraites par répartition, de la Sécu, des services publics, du secteur industriel nationalisé (notamment EDF) pilotés par Berlin/Bruxelles (faut-il d’ailleurs dire Bruxlin ou Berxelles ?), c’est bien pour sauver ses acquis sociaux, pour augmenter les revenus du travail, bref, pour vivre mieux, que la classe laborieuse doit, peut et veut de plus en plus s’extraire de ce broyeur d’acquis, de souverainetés, de libertés et de paix mondiale, qu’est depuis toujours l’UE de par l’essence même de ses traités et des forces de classe qui l’ont construite,.

La conclusion inévitable est donc que l’orientation sociale du Frexit, son contenu de classe (en clair, quelle classe sociale pilote-t-elle le Frexit et vers quel objectif socio-économique ?) est capitale pour sa réussite elle-même, qui ne peut évidemment se contenter de demi-mesures : à un moment, il faudra bien que la France ouvre la porte de l’euro-prison… et qu’elle la referme derrière elle ! Bien entendu, la sortie de l’euro-UE-OTAN ne peut suffire pour produire la rupture avec le capitalisme pas plus que l’envol d’une fusée à plusieurs étages ne garantit à lui seul que le satellite qu’elle porte à son faîte soit finalement placé correctement sur orbite. Comme disent les mathématiciens, le Frexit est la condition nécessaire, non la condition suffisante d’une sortie du capitalisme, et c’est bien par la sortie de l’UE qu’il faut commencer, à la fois parce qu’on ne peut pas sortir de son pays sans d’abord sortir de sa maison et parce que, de fait, l’idée de reconstituer conjointement l’indépendance nationale et le progrès social est bien plus rassembleuse pour commencer (mais la soif de liberté croît à mesure qu’on y goûte…) que les idées, aujourd’hui très minoritaires, de socialisation des moyens de production, de dictature du prolétariat et de marche vers la société sans classes (idées sans lesquelles le mot « socialisme » est vide de sens). Mais si ce que nous avons énoncé ci-dessus est exact (et nous attendons avec impatience une réfutation appuyée sur des faits !), la relation entre Frexit et rupture avec le capitalisme est bien plus complexe qu’une simple relation mécanique de condition nécessaire à condition suffisante dans laquelle la première se contenterait d’inclure la seconde comme une possibilité formelle. Car on ne peut tout bonnement pas « allumer » l’intérêt des masses populaires, principal support d’un Frexit véritable, allant au bout des choses, sans lier d’emblée ce Frexit à la renationalisation des entreprises privatisées, à la reconstruction de la protection sociale, à la réduction rapide des inégalités criantes, à la reconstruction résolue, menée tambour battant, du produire en France industriel et agricole, c’est-à-dire sans lier le Frexit à toute une série d’objectifs progressistes, antifascistes, anti-impérialistes, qui ne peuvent que heurter tous azimuts les intérêts capitalistes en accusant crûment la dimension de classe aiguë de la « construction européenne » et en marquant a contrario la dimension de classe révolutionnaire d’une sortie par la gauche de l’euro-prison.

Ce n’est nullement qu’il faille mettre la charrue avant les bœufs, à la manière des gauchistes, en réclamant magiquement, en dehors de tout rapport des forces concrets, « le socialisme tout de suite, sinon rien ! ». En effet, des orientations de ce genre, dans le cadre des rapports de forces idéologiques encore très marqués par le recul de la conscience de classe, ne sont que des incantations, des mots jetés au vent. En réalité, ce babillage « hyper-révolutionnaire » éloigne la classe ouvrière de ce qu’elle doit conquérir de toute nécessité pour effectuer pratiquement la révolution socialiste : le rôle dirigeant dans un vaste rassemblement populaire majoritaire capable d’isoler et de vaincre le grand capital maastrichtien. Au contraire, le babil gauchisant (les mots ne coûtent pas cher et le symbole de la révolution n’est pas le mégaphone impuissant du NPA mais l’alliance des producteurs signifiée par la faucille et par le marteau) isole le prolétariat et abandonne à des fractions de la moyenne bourgeoisie (UPR), voire de la grande (Le Pen), le drapeau de l’union populaire pour tirer la nation des griffes des oligarques. Ce n’est pas la sortie du capitalisme qui est le préalable au Frexit progressiste, car dire cela reviendrait à dire qu’il faut magiquement mettre le satellite sur orbite avant d’avoir fait décoller la « fusée » : mais c’est bien et bien le sens antifasciste, progressiste, ouvrier, populaire, anticapitaliste en un mot, du Frexit qui peut d’emblée allumer l’intérêt de dizaines de millions de « petites gens » ; et pas seulement l’attention de milliers d’intellectuels progressistes, si respectables soient-ils, pour une rupture franche, décidée, « carrée », avec l’UE. En conséquence, la sortie de l’UE/OTAN doit être d’emblée conjuguée à un programme positif et clairement anticapitaliste de progrès social et de nationalisations démocratiques qui permette rapidement aux travailleurs de respirer et de vivre mieux : sans quoi la contre-attaque des adversaires du FREXIT serait terrible, les masses travailleuses ne le défendront pas au moment critique et tout cela aboutira à court terme à atteindre l’objectif mal dissimulé de l’oligarchie : la liquidation pure et simple de la nation (cette dénationalisation ultime de la France figure déjà en filigranes dans le programme de Macron, l’homme du tout-anglais officialisé, de l’hyper-régionalisation, de l’ubérisation générale, du démontage rapide des protections sociales, de la « défense franco-allemande », etc.).

Contre-épreuve de cette démonstration positive : ni Debout la République ni le FN ne vont jusqu’au FREXIT « carré ». Non seulement le programme du FN est fort timide sur le plan social (la proposition-phare de rétablir la retraite à 60 ans est bidon puisque le FN ne supprimerait pas les 42 annuités et les décotes), mais il ne s’agirait même pas d’un Frexit de plein exercice. MLP ne propose en fait que « la sortie concertée de l’euro » (pas de sortie sans le feu vert d’Angela !), qu’un référendum sur l’UE (comme l’a fait David Cameron, et en se gardant de dire à l’avance ce qu’elle voterait elle-même). Dans la réalité, la « sortie de l’euro » servirait surtout de monnaie d’échange avec les LR dans le cas où le FN ayant conquis l’Elysée, il ne pourrait compter d’emblée sur une majorité de députés FN à l’Assemblée ; si bien qu’il aurait grand besoin pour gouverner des députés LR ou du moins, de leur partie la plus fascisante. Qui ne voit qu’alors le maintien (« provisoire », ben voyons !) de la France dans l’UE/euro, serait la condition du soutien au FN des LR du type « droite forte », le vrai but d’un éventuel bloc gouvernemental FNLR étant alors de « remettre la France en ordre », c’est-à-dire de briser la CGT, de mater les quartiers populaires, de renforcer et de militariser l’Etat policier… tout en demeurant bien sagement dans une pseudo-« Europe des nations » criminalisant le communisme, célébrant ses « racines chrétiennes » (et blanches) et trouvant de nouveaux arrangements impérialistes avec les USA (notamment contre la Chine et les Etats arabes).

Rompre avec le capitalisme sans sortir de l’UE ?

affiche du PRCF de 2005 pour le non à toute constitution européenne

Il est besoin de moins de mots pour réfuter la proposition euro-trotskiste, ainsi que les arguties pseudo-léninistes de certains groupes qui n’ont manifestement rien compris au 7ème Congrès de l’Internationale communiste ainsi qu’au rapport qu’y prononça Dimitrov, le secrétaire général de l’IC fraichement arraché aux geôles hitlériennes. Qui ne voit que refuser de faire campagne sur la sortie de l’UE dans la perspective d’emblée proclamée d’une rupture révolutionnaire avec le capitalisme, c’est, de fait, protéger à la fois l’UE… et le capitalisme ? Qu’importe aux capitalistes que de braves Besancenot, Poutou et autre Nathalie Arthaud s’époumonent aux cris de « à bas le capitalisme ! », et « révolution immédiate », « internationale » et même « permanente » (ce que, soit dit en passant, le trotskisme promet depuis 100 ans sans l’esquisse d’un début de réalisation, et pour cause…). Quand on coupe d’emblée l’objectif de la révolution prolétarienne de toutes les luttes démocratiques, patriotiques et antifascistes (car tous ces milieux minimisent, voire nient la fascisation galopante et la nécessité d’une large mobilisation spécifique contre elle), de la défense de la paix contre l’impérialisme (car les mêmes renvoient dos à dos l’impérialisme US agresseur et, qui « le régime russe », qui « la dictature chinoise », qui « le régime de Damas », qui le Venezuela bolivarien…), de la défense du « produire en France » (considéré comme étant d’essence xénophobe alors qu’il est la condition vitale pour que la classe ouvrière, française et immigrée, ne finisse pas massivement déclassée en « plèbe » de type romano-impérial), de la sauvegarde des langues nationales (car sans doute c’est une « ouverture internationaliste » que de laisser l’impérialisme américain imposer partout SA langue et SA « culture » pourrie par le fric !) et de la souveraineté des peuples, comment veut-on que le socialisme puisse prendre corps dans de véritables luttes de masse, comme ce fut invariablement le cas lors des Révolutions chinoise, cubaine, vietnamienne, sans parler de la Révolution d’octobre accomplie sous le drapeau de la paix pour tous et de la terre aux paysans ? Comment veut-on, tout bonnement, catalyser le « tous ensemble » nécessaire pour stopper l’offensive antisociale si l’on nie le cadre national lui-même, ou si l’on refuse de voir combien la « construction européenne » peut – à la manière de critères de convergence au négatif – fédérer les luttes contre les privatisations (travailleurs du public), les délocalisations (travailleurs du privé), l’ubérisation, etc. ? Etranges « matérialistes marxistes » qui, sous couvert de maximalisme verbal, refusent en fait de construire le Front antifasciste, patriotique, populaire et écologique qui peut unir autour des travailleurs l’ensemble des couches populaires et moyennes pour isoler le capital financier, état-major du mode de production capitaliste, et préparer ainsi dans les actes les conditions du renversement général de la classe capitaliste ? Exiger mille fois la lune sans jamais construire la fusée, pire, harceler en permanence ceux qui essaient de construire ladite fusée sans oublier de placer à sa cime le « spoutnik » révolutionnaire, c’est se conduire en mouches du coche, ce meilleur allié, non pas du « petit cheval rouge » qui s’efforce de tracter la charrette, mais de la pente contre-révolutionnaire, qui tire en continu la charrette vers le bas, vers la défaite et le découragement. Pire que pire, abandonner à la réaction le drapeau de la Nation – issu d’une des plus grandes révolutions de l’histoire s’agissant de la France ! -, la Marseillaise (un hymne appelant le peuple à s’armer !), la langue française (porteuse d’un héritage frondeur qui va au minimum de François Villon à Aimé Césaire en passant par Hugo !), voire le produire en France, base d’existence matérielle du prolétariat, c’est abandonner la classe ouvrière au fascisme. C’est ce que n’ont pas craint de faire certains faux communistes qui expliquaient encore il y a peu aux ouvriers raffineurs, épicentre de la lutte contre la Loi Travail, qu’il ne serait pas si grave que certaines raffineries françaises fussent délocalisées dans le tiers-monde « puisque tous les travailleurs sont frères » ? Que dire de ces « généreux » individus qui font de l’internationalisme pseudo-prolétarien sur le dos des ouvriers du « nord » jetés à la rue pour que MM. les capitalistes gagnent encore plus d’argent sur le dos des prolétaires du Sud… tout en aggravant sans cesse les conditions de vie de tout le monde ?

 Le seul « argument », mille fois réfuté déjà – mais il n’est pire sourd que qui refuse d’entendre ! – de l’anti-« frexisme » pseudo-révolutionnaire est alors de dire à ceux qui veulent construire une République sociale rompant avec l’UE et en route vers la révolution : « vous êtes d’affreux « étapistes », vous voulez une « démocratie avancée » éludant la révolution, pis, vous voulez refaire le « honteux » compromis historique de 1945 qui a vu des ministres communistes (Thorez, Croizat, Paul, Tillon, excusez du peu…) intégrer un gouvernement présidé par de Gaulle au lieu de lancer bille en tête les FTP et les « milices patriotiques » à la conquête du pouvoir d’Etat (avec l’armée américaine sur le territoire ? Et en prenant le risque irresponsable d’un affrontement mondial immédiat entre les USA, nouvellement doté de l’arme atomique, et l’URSS, victorieuse de Hitler au prix de trente millions de morts ? Notons d’abord que le bilan des ministres communistes de 45-47 n’a rien de honteux. Au contraire, il est proprement glorieux et il a apporté au peuple français ses plus grandes conquêtes depuis 1793 : nationalisation de Renault, d’EDF-GDF, de l’Aéronautique (SNECMA) et des Charbonnages de France, création comités d’entreprise, fondation du CEA et relance du CNRS, rénovation démocratique de l’école, code du travail, droit de vote des femmes, justice spécifique pour les mineurs, généralisation des conventions collectives, statut du mineur et du fonctionnaire, retraites par répartition et, cerise sur le gâteau, Sécurité sociale remboursant les soins médicaux à 100%… Qui dit mieux en l’espace de deux ans de présence combative au gouvernement ? Et qui ne voit, puisque l’on accuse les défenseurs du CNR de « passéisme », que la défense de tous ces « conquis » est au cœur des luttes actuelles où s’affrontent les défenseurs de l’UE et les partisans de nouveaux « Jours heureux » réconciliant démocratie, progrès social et indépendance nationale ?

Mais surtout, ce sont les sectaires et les dogmatiques du « socialisme tout de suite, sinon rien ! », qui télescopent les époques. En guise d’épouvantail réformiste, ils s’inventent en effet une « étape » démocratique, un « compromis historique », une sorte de « troisième voie » interminable entre capitalisme et socialisme qui résulterait selon eux de la stratégie de Frexit progressiste. L’auteur de ces lignes a cent fois expliqué que, précisément, les époques sont différentes. En 45, un compromis historique était possible à l’international (Yalta) et à l’échelle nationale (France, Italie, Belgique…), non seulement pour des raisons de rapport des forces, non seulement parce qu’un objectif de classe non négligeable était d’empêcher Washington de mettre la France sous tutelle directe (AMGOT, monnaie américaine). C’est déjà pour contrer cet objectif antinational que le PCF clandestin s’était rapproché de de Gaulle, isolant ainsi le général Giraud, la marionnette maladivement anticommuniste et néo-pétainiste que voulaient imposer Londres et Washington. A l’époque, un courant politique de masse comme le gaullisme était encore historiquement possible : ce courant, certes bourgeois et impérialiste, pouvait alors « naviguer » entre les deux Grands issus de la guerre, l’américain et le soviétique, pour permettre à la France capitaliste, sortie très affaiblie de la guerre, de tirer son épingle du jeu sur le plan international (en clair, de tenir en respect les Anglo-Saxons tout en restant dans le camp capitaliste). La mission de classe du gaullisme était aussi de préparer les fusions monopolistes qui, à l’époque, devaient alors encore s’opérer principalement à l’échelle nationale. Bref, la grande bourgeoisie – qui n’a jamais été réellement patriote, ni même gaulliste, et qui ne le sera jamais, sa seule patrie étant son tiroir-caisse – pouvait alors miser conjoncturellement sur un courant bourgeois patriotique légitimé par la « France libre ». Et bien sûr elle était aussi forcée de le faire parce que le courant patronal collabo était sorti discrédité de la défaite commune de Hitler et de Pétain. Et ce fut la mission principale du pouvoir gaullo-pompidolien, entre 1958 et 1974, que de constituer avec l’aide de l’Etat ces géants financiers et industriels nationaux que furent Rhône-Poulenc, la BNP, Péchiney-Ugine-Kulhmann, Schneider-Creusot-Loire, etc.

Or cette ère « nationale » de la grande bourgeoisie hexagonale est pour l’essentiel révolue pour deux raisons.

Parce que l’URSS est tombée, que les nouveaux rapports de forces entre puissances capitalistes ont globalement desservi l’impérialisme français à l’avantage des USA et de l’Allemagne « unifiée », codirigeants de l’UE libre-échangiste, antirusse et re-colonisatrice des pays de l’Est. Il y a donc moins d’espace géopolitique pour un néo-bonapartisme gaullien (au sens que Marx donne au mot « bonapartisme » dans son 18 Brumaire de Louis Bonaparte) naviguant entre l’Est et l’Ouest. Mais il y avait aussi bien moins d’espace « intérieur » pour des fusions monopolistiques purement nationales : à l’heure de la mondialisation américaine et de l’Europe allemande, la concentration capitaliste s’opère en effet au minimum à l’échelle continentale et transcontinentale : Renault-Nissan, PSA/Opel, Alsthom/General Electrics, France-Télécom/ « Orange », etc. D’où le « besoin d’aire » de l’oligarchie patronale « française » (dans le temps on osait dire : « espace vital » ou « Lebensraum »). D’où la germanophilie mâtinée d’atlantisme de « notre » bourgeoisie profondément honteuse de ce qui fait notre fierté, les acquis sociaux, et qu’elle nomme dédaigneusement l’ « exception française ». D’où le basculement des oligarques et de tous les snobs qui la courtisent à l’English Mother Tongue (l’anglais langue maternelle). D’où ce couple morbide que forment la xénophobie d’Etat et de l’auto-phobie nationale dont nous avons révélé les racines de classe dans un autre article. Si bien qu’aujourd’hui, si les bases d’une union du peuple de France formée contre le grand capital et centrée sur la classe travailleuse existent plus que jamais (ce que le PRCF nomme le FR.APPE), les bases d’un compromis historique « national » du type de celui qui se forma très brièvement en 1945, où le rôle dominant était tenu par le Général, et dont le socialisme n’était pas l’objectif à court terme, se sont effilochées. Aujourd’hui, la reconstitution des acquis sociaux du CNR et la sortie connexe de l’UE atlantique qu’impose cette reconstitution ne pourraient conduire qu’à de rapides et brutaux affrontements de classes entre le bloc populaire conduit par la classe ouvrière et le bloc maastrichtien de plus en plus fascisant conduit par l’oligarchie hexagonale et par ses alliés extérieurs (notamment, l’Axe Washington-Berlin). Ainsi, non seulement le Frexit progressiste n’ajournerait pas sine die le socialisme pour la France, mais – si les communistes et les syndicalistes de classe jouent vraiment leur rôle – il rapprocherait au contraire, de manière concrète et sur des bases de masse, la « lutte finale » entre capital et travail, entre capitalisme et socialisme.

En en mot, ceux qui ne voient, à droite « que » la sortie neutre,  « raisonnable », comme dit M. Dupont-Aignan, de l’euro-destruction nationale et ceux qui, « à gauche » refusent d’affronter l’UE sous couvert de « socialisme tout de suite sinon rien », commettent la même erreur antidialectique. Incapables de voir les choses dans leur dynamique et leurs interactions dialectiques, il refusent de voir que :

  • le Frexit lui-même nécessite – pour être mené jusqu’au bout, la rupture effective avec l’euro-UE-OTAN – d’être porté par un programme franchement progressiste de transition révolutionnaire, donc par un parti communiste centré sur le monde du travail et associant le drapeau rouge au drapeau tricolore ; bref le contraire du « ni droite ni gauche » de plusieurs groupes souverainistes actuels qui croient ainsi sortir du « système » alors même que ledit système fait tout pour mettre en place un second tour Le Pen/Macron qui oblitèrerait la vieille opposition du camp réactionnaire et du camp progressiste. Alors que notre tâche est de faire à nouveau coïncider camp progressiste, camp capitaliste et camp anti-UE (comme à l’époque où existait un vrai PCF).
  • la dynamique du Frexit devra, pour gagner, pour ne pas être rapidement balayée par les forces euro-atlantiques internes et externes, s’appuyer sur une dynamique de classe dont le terme sera, soit le socialisme, soit l’euro-dissolution de la France et la fascisation de l’Europe occidentale ; car sans cette orientation violente, la classe dominante ne saurait durablement imposer ce viol sanglant des peuples que serait la création de l’Empire euro-atlantique sur la ruine des Etats-nations nés de la Révolution française, de l’insurrection nationale grecque contre les Ottomans, du Printemps des peuples de 1848 et du Risorgimento italien. Plus que jamais patriotisme républicain et internationalisme prolétarien de nouvelle génération convergent tant il est vrai que, pour parachever la mise en place de l’Empire euro-atlantique ultraréactionnaire, il est nécessaire de liquider le pays de la Révolution jacobine comme a déjà été liquidé l’Etat hérité de la Révolution bolchévique.

C’est pourquoi concrètement les militants communistes doivent tout à la fois saisir les occasions de faire germer « en bas » l’alliance euro-critique, anti-FN et anti-OTAN du drapeau rouge et du drapeau tricolore (tel est le sens de l’appui critique, mais franc et dynamique, que le PRCF apporte à la candidature Mélenchon), de déployer l’unité d’action communiste, de promouvoir un programme communiste commun de Frexit progressiste. Ce pourquoi il faut s’adresser, non aux euro-trotskistes qui protègent « de gauche » la « construction européenne », non aux souverainistes de droite qui combattent les communistes ou qui veulent les mettre à la remorque, mais à la classe ouvrière, aux syndicalistes de classe, aux patriotes antifascistes, à tous ceux qui acceptent les « deux drapeaux » en rejetant catégoriquement l’oriflamme bleu marine et le drapeau impérial de l’UE atlantique. Ainsi remettra-t-on définitivement « le monde du travail au centre de la vie nationale », comme le prescrivait le programme du CNR intitulé Les Jours heureux.


* cette réalité n’en est pas moins une contradiction dans les termes : ce qui ne surprendra pas les dialecticiens !

** Et aussi, en réalité, de B. Hamon, lequel est, soit bien naïf, soit suprêmement rusé…

***nous disons « euro-trotskistes » car apparemment, il existe aussi désormais en France, des militants de tradition trotskiste qui sont opposés à l’UE : tant mieux évidemment.

Georges Gastaud est auteur notamment de

  • Lettre ouverte aux bons français qui assassinent la France, Le Temps des Cerises, 2005
  • Patriotisme et Internationalisme, 2010, edition du CISC
  • Marxisme et Universalisme, Classes, Nations, Humanité, 2015, Delga
  • Lumières Communes, Traité de philosophie à la lumière du matérialisme dialectique, 2016, Delga
  • Mondialisation capitaliste et projet communiste, Le temps des cerises, 1997
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ALERTE : URGENCE MARINALEDA. Une pétition à signer pour sauver cette expérience exceptionnelle. Par le Collectif Marinaleda 81 et de Jean Ortiz

17 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La mondialisation, #Le capitalisme;, #La finance dérégulée, #La lutte des classes, #Le syndicalisme, #Le socialisme

ALERTE : URGENCE MARINALEDA. Une pétition à signer pour sauver cette expérience exceptionnelle. Par le Collectif Marinaleda 81 et de Jean Ortiz

Collectif Marinaleda 81 et de Jean Ortiz :

 

http://www.mesopinions.com/pet ition/politique/privatisation- marinaleda/27234
http://www.humanite.fr/blogs/a lerte-urgence-marinaleda-62995 8

 

ALERTE : URGENCE MARINALEDA

 

Marinaleda, village andalou en autogestion, est quasiment la seule expérience de ce type en Europe. Et ça marche !

 

Il aura fallu plus de 10 ans d’occupation de terres, de répression, de violences du pouvoir, de privations, pour que les « sans-terre » de Marinaleda arrachent 1 200 hectares au duc de l’Infantado, ami du roi père, et grand propriétaire dont les domaines s’étendent à l’infini.

 

Depuis, Marinaleda a créé un mode de fonctionnement non capitaliste : égalité des salaires, auto-construction (15€ par mois à la charge des familles), services à la population gratuits, pas de chômage, décisions prises en assemblées générales de la population (40 à 50 par an).

La communauté s’est dotée d’une usine coopérative : fabrication d’huile d’olive. L’expérience peut devenir contagieuse... Son maire, J. M. Gordillo, réélu depuis 30 ans, a été victime d’agressions, de tentatives d’assassinat. L’existence même de Marinaleda insupporte la droite et ici le Parti socialiste Espagnol (PSOE) qui dirige le gouvernement autonome andalou. La présidente de la Junta, Susana Díaz vise le leadership national du parti. Le PSOE souhaite en finir avec cet havre de « socialisme ».

La Junta a mis en demeure la communauté d’acheter les terres, qui avaient été conquises de haute lutte contre le duc. Pour le maire et les habitants de Marinaleda, pas question d’acheter la terre. Ils la travaillent en usufruit. En partagent les fruits. Et puis la terre n’est pas un bien marchand, m’a dit, il y a quelques minutes le charismatique maire. En fait, le gouvernement socialiste andalou, en attaquant Marinaleda, veut renflouer ses caisses, et surtout liquider cette « utopie concrète ».

 

Tous solidaires et vigilants !

Nous sommes tous Marinaleda.

 

Signez la pétition qui circule. Elle est incomplète, mais a le mérite d’alerter.

http://www.mesopinions.com/pe tition/politique/privatisation -marinaleda/27234
 

Jean Ortiz

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USA: NOUVEAU RECORD au 31 Décembre 2016: Plus de 102,63 MILLIONS d’américains sont sans emploi

8 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Economie, #Les transnationales, #La lutte des classes, #Le socialisme, #l'horreur économique, #Services publics

USA: NOUVEAU RECORD au 31 Décembre 2016: Plus de 102,63 MILLIONS d’américains sont sans emploi

 
USA: NOUVEAU RECORD au 31 Décembre 2016: Plus de 102,63 MILLIONS d’américains sont sans emploi

Le nombre d’américains se trouvant hors de la population active (en dehors du marché du travail) vient d’atteindre un nouveau record au 31 Décembre 2016, selon les nouvelles données sur l’emploi publiées ce vendredi 06 janvier 2017 par le département du travail américain (Bureau of Labor Statistics-BLS).

Le Département du Travail Américain (Bureau of Labor Statistics – BLS) rapporte ce vendredi 06 Janvier 2017 que 95,102 millions d’américains (âgées de 16 ans et plus) n’étaient ni employés le mois dernier, ni en recherche active d’un emploi durant les quatre dernières semaines.

Le nombre d’américains se trouvant en dehors du marché du travail a augmenté de 18.000 personnes sur le mois de Décembre 2016 (424.000 sur les 2 derniers mois – Nov/Déc) et d’1,124 million par rapport au mois de décembre 2015, battant ainsi le record du mois de Novembre 2016 qui s’élevait à 95,055 millions d’américains exclus du marché du travail (Chiffre révisé en hausse à 95,084 millions). Le nouveau record est à présent de 95,102 millions d’américains se trouvant exclus du marché du travail au 31 Décembre 2016( Not in labor force). Mais on peut pousser un peu plus loin encore la synthèse puisqu’il faut ajouter à ce nombre, les 7,529 millions d’américains officiellement déclarés au chômage (unemployed-Chiffre qui a lui aussi augmenté sur le mois de Décembre 2016).

En résumé: 95,102 + 7,529= 102,631 millions d’américains se trouvent sans emploi au 31 Décembre 2016.

USA: NOUVEAU RECORD au 31 Décembre 2016: Plus de 102,63 MILLIONS d’américains sont sans emploi
Ci-dessous, vous trouverez le graphique partagé généreusement par la Réserve Fédérale de Saint Louis sur le nombre d’américains âges de 16 ans et +, se trouvant en dehors de la population active au 31 Décembre 2016: NOUVEAU RECORD à 95,102 MILLIONS

 

De plus, le taux de participation à la population active se situe à 62,7 % au 31 Décembre 2016. Ce taux de participation à la population active n’a jamais été aussi bas depuis Décembre 1977.

Vivre à l’année sur un parking, …. Voilà ce qu’il reste à la classe moyenne américaine.

USA: Remake des années 30 ? … Le pourcentage d’hommes sans emploi est identique à celui de la grande dépression

Ci-dessous, vous trouverez le graphique partagé généreusement par la Réserve Fédérale de Saint Louis sur le taux de participation à la population active: 62,7 % au plus bas depuis Décembre 1977

Le taux de chômage serait de 22,7% au 31 Décembre 2016 selon le site shadowstats de John
Williams.

Comme vous le voyez, le taux de chômage aux Etats-Unis est situé entre 20 et 25 %. Qui a parlé de reprise aux Etats-Unis ? Quand on sait que les taux de chômage en Espagne ou en Grèce se situent « officiellement » dans les 22 % ou plus, il y a de quoi avoir froid dans le dos.

Vous me direz certainement que vous le saviez, que cela n’apporte rien, ou que nous ne sommes pas mieux avec nos 9 millions de chômeurs « officieux », je vous répondrai simplement que tous les analystes se basent sur les chiffres officiels pour leur prévision, autant dire qu’avec un taux aussi biaisé ils ne risquent pas d’être au bout de leur surprise !

Olivier Delamarche-02/01/17: Oui, en effet , il y a eu des emplois créés aux Etats-Unis depuis 2008 mais pour des gens de plus de 55 ans et non pas dans la catégorie 25-55 ans avec un taux de multi-emplois qui n’a jamais été aussi élevé à 8.170 millions d’américains qui ont plusieurs jobs parce que sinon, ils ne s’en tirent pas. On a aujourd’hui des gens qui ont perdu des boulots à temps complet et qui ont été réngagés à temps partiel et lorsque vous réembauchez la même personne à temps partiel parce qu’il a 3 boulots, vous le comptez comme 3 engagements… Ce qui est FAUX ! On a détruit des boulots qui étaient très bien payés dans l’industrie manufacturière et on en a engagé une pelleté, c’est monumental ce qui s’est passé, dans les restaurants et les bars. Et pour l’emploi, je continue, je persiste et je signe, il y a 102,5 millions d’américains qui sont sans emploi… ce qui représente 1/3 de la population américaine. Excusez moi mais je pense que c’est inquiétant. Et on a 50 millions d’américains qui sont au food stamps (resto du coeur)

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Quel programme économique pour la France en 2017 ? par Jacques Sapir

3 Janvier 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Economie, #Les transnationales, #La lutte des classes, #Le socialisme, #l'horreur économique, #Services publics

Quel programme économique pour la France en 2017 ?
 

La situation économique et sociale de la France a atteint aujourd’hui un point critique. Non seulement la désindustrialisation y fait des ravages, mais le chômage de masse menace de faire basculer notre pays socialement dans un retour au XIX siècle (ce qui est même théorisé par certains) et politiquement dans l’anomie. Seule, une forte croissance peut permettre au pays de surmonter les problèmes politiques auxquels il est confronté et d’affronter les défis des prochaines décennies. Car, ces défis sont multiples. Il s’agit à la fois de mettre fin au chômage de masse[1], de préserver notre modèle social hérité de la Libération de 1945 (et qui est attaqué tant par François Fillon que par Emmanuel Macron ou Manuel Valls), mais aussi de réaliser des avancées nécessaires et urgentes dans le domaine écologique. Il faut une croissance forte, mais une croissance qui profite à tous !

Le travail d’un économiste n’est pas celui d’un homme (ou d’une femme) politique. Il consiste à indiquer ce qui est souhaitable en restant dans le cadre de ce qui est possible. C’est en particulier le cas en année électorale. C’est donc le but des lignes qui suivent.

 

I. La nécessité d’un impératif de cohérence en matière de politique économique

Cet objectif impose à tous ceux qui y souscrivent un effort de cohérence. Aujourd’hui, la question du coût comparé du travail et de la protection sociale entre la France et d’autres pays est une question centrale. Soit, comme M. François Fillon (mais aussi François Hollande et Manuel Valls), on opte pour un retour vers le XIX siècle[2], avec une baisse des salaires et un démantèlement du droit du travail (la fameuse loi El Khomri) et de la protection sociale, soit on rompt avec le système de contraintes qui aujourd’hui emprisonne l’économie française. Ces contraintes sont connues. Elles sont, pour partie, le produit des orientations de la politique de l’Union européenne, ce que l’on appelle les GOPE. Elles sont, pour une autre partie, le produit soit direct, soit indirect, de la monnaie unique. Un exemple le montre bien : l’évasion (et la fraude) fiscale des entreprises équivaut à peu près aujourd’hui au déficit budgétaire. Or, il n’est pas possible de lutter contre cette fraude dans une situation de libre circulation des capitaux. Aujourd’hui, le gouvernement dépense, en matière budgétaire, plus que le déficit pour soutenir les entreprises. Mais, ce soutien n’est nécessaires, dans sa forme actuelle, qu’en raison de l’écart de compétitivité que nous impose l’Euro, qui pénalise la France de plus de 20%[3] par rapport à l’Allemagne, par exemple.

Il n’est pas, il n’est plus, possible de penser la croissance économique, et l’effort nécessaire pour une ré-industrialisation de notre pays dans le cadre de la monnaie unique, l’Euro. Cela, de nombreux économistes ne cessent de l’écrire, tels dernièrement Oliver Hart[4], Christopher Pissarides ou Joseph Stiglitz[5] ci-devant Prix Nobels, ou encore Peter Bofinger[6], Heiner Flassbeck, Hans Werner Synn, ou Alfred Steinherr[7] en Allemagne, Brendan Brown, Rendall Wray et Mark Weisbrot dans le monde anglo-saxon. Il faut donc impérativement en sortir, et le plus vite sera le mieux. Mais, une sortie de l’euro ne saurait à elle seule suffire pour engendrer le choc de croissance qui est aujourd’hui indispensable pour l’économie, et au-delà pour la société, française. Il convient donc de penser de manière organisée ce à quoi conduira la récupération par notre pays de sa souveraineté monétaire et économique.

Il faut donc retrouver la souveraineté, et en particulier la souveraineté monétaire, pour la mettre au service de la croissance, adopter les mesures qui feront que cette croissance profite à tous, inscrire cette croissance dans la transition énergétique, et faire en sorte qu’elle s’appuie sur un tissu riche en entreprises. Cela impliquera de mettre la finance au service de l’économie réelle, et de viser, par la croissance, à un équilibre des comptes publics et sociaux. Enfin, il faut donner une priorité à la protection des travailleurs indépendants contre les menaces d’une « Ubérisation » du travail et mettre fin au scandale du RSI.

Cela dessine les grands traits de ce que devrait être le programme économique pour la France, un programme sur lequel il serait possible de se rassembler. Ce programme doit avoir une cohérence, et les diverses mesures se renforcer réciproquement.

 

II. Faire de la souveraineté, l’instrument d’un retour de la croissance.

La nécessité pour la France de recouvrer sa pleine souveraineté s’impose. En économie, elle passe à la fois par l’établissement de réglementations particulières se substituant aux réglementations européennes et par la souveraineté monétaire. Il faudra réaffirmer la primauté des lois françaises sur les directives européennes, quitte à provoquer des ruptures importantes dans la lettre comme dans la forme des traités existants. Cette réaffirmation de la souveraineté pourrait passer par un référendum, établissant qu’en France seules comptent les lois prises par la Parlement, et les décrets qui les accompagnent. On peut aussi imaginer un référendum sur une sortie de l’UE, référendum qui cependant ne serait possible que si il indique les formes de coopérations entre les pays européens auxquelles on veut aboutir. Notons cependant qu’il convient de disjoindre la sortie de l’euro de la question de l’Union européenne. Une sortie de l’euro est l’équivalent de « l’opting out » qu’ont obtenu de nombreux pays de l’UE. Elle ne remet pas en cause l’UE et ne doit pas être liée à un quelconque référendum, mais appliquée d’emblée. Quelles que soit le scénario aboutissant à la sortie de l’euro et à la dissolution de l’UEM (Union Economique et Monétaire connue sous le nom de « zone Euro »), ces dernières sont primordiales. Il sera dès lors important et nécessaire de mettre la souveraineté monétaire retrouvée au service de la croissance.

Cette souveraineté monétaire permettra alors de prendre les mesures suivantes :

  • Pratiquer une remise à niveau des taux de changes respectifs entre la France et les autres pays (en priorité l’Allemagne) pour reconstituer des marges de compétitivité.
  • Modifier le statut de la Banque de France (BdF), tout d’abord par décret, puis dans le cadre d’une loi générale, afin qu’elle puisse prêter à l’économie mais aussi, dans certaines limites à l’Etat. Le mécanisme des prêts, soit directs soit indirects de la BdF permettra de maintenir les taux d’intérêts à un niveau bas pour les entreprises et les ménages. En particulier cela permettra le Financement de l’investissement des entreprises à des taux préférentiels avec l’aide de la BDF. L’ensemble des dispositifs facilitant le crédits et le financement des PME/PMI seront consolidés avec un principe de « guichet unique » dans une banque (successeur de la BPI) dont les obligations seront réescomptable à taux privilégiés par la BdF.
  • Le retour de la BdF sous l’autorité du Trésor et du Ministère des Finances, dans le cadre d’un Conseil National du Crédit modernisé qui sera placé sus l’autorité du Ministre des finances, permettra aussi de procéder rapidement à une réforme générale du système bancaire, que ce soit par la séparation des fonctions de banques de dépôt et des fonctions de banques d’affaires, le contrôle strict des banques de dépôt par l’Etat comme contrepartie de la garantie publique sur les dépôts, et la création d’un nouveau cadre juridique réglementant strictement les opérations de prise de contrôle (LBO), mais aussi les actifs bancaires.
  • Le CNC émettra des directives pour les banques de dépôts mais aussi pour la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), afin que l’épargne française soit utilisée prioritairement pour les besoins de l’économie en France, qu’il s’agisse du financement de la construction de logements, de grandes infrastructures, ou du développement des entreprises.
  • La garantie sera étendue aux principaux placements d’épargne des français, comme l’assurance-vie, mais aussi l’ensemble des dépôts à vue des particuliers et des comptes de trésorerie des entreprises, ainsi que pour les systèmes d’épargne.

Cette souveraineté monétaire s’accompagnera d’une souveraineté économique générale, qui impliquera une redéfinition de nos coopérations avec les pays de l’Union européenne dans le cadre d’une réécriture des traités. Dans le cadre de ces nouveaux traités, qui consoliderons des mesures prises directement par décret par le gouvernement français, on se donne comme priorités :

  • Une modification immédiate de la lettre des traités concernant les versements au budget de l’UE pour arriver à une égalité entre les déboursements et les versements européens. La France cessera de reconnaître la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) pour passer par des négociations bilatérales ou multilatérales.
  • L’extension à tous les travailleurs des cotisations sociales et du salaire sur la base du droit français afin d’éviter le scandale des « travailleurs détachés » ; ceci entrainera la fin effective de la directive européenne concernant ces travailleurs détachés.
  • Une réglementation générale de l’économie précisant quelles sont les industries où le capital étranger devra demander une autorisation préalable pour investir, quelles sont les entreprises ou les investissements étrangers seront soumis à contrôle à posteriori et quelles sont les entreprises qui seront ouvertes sans restrictions (autres que celle du droit commun) aux investissement étrangers.
  • Une renationalisation des infrastructures en réseau avec la réunification de ces dits réseaux et des opérateurs historiques (SNCF, énergie, réseau d’autoroutes).
  • La mise en place d’un programme dit « Coq bleu » (inspiré du label Blue Eagle du New Deal du Président Roosevelt), si elles respectent des règles sociales (sur le niveau et la hiérarchie des salaires et des rémunérations, le respect des conditions de travail, les pratiques de négociation collective) entrepreneuriales (avec un code de la « bonne gouvernance » donnant aux salariés un droit de regard sur la gestion des entreprises afin de compenser celui des actionnaires) et écologiques, permettant aux entreprises de bénéficier de conditions de financement particulières et de pouvoir participer aux appels d’offres de l’administration.
  • Plus généralement, un audit des réglementations européennes pouvant conduire à la suspension de certaines d’entre elles si elles conduisent à la mise en péril et au démantèlement d’entreprises considérées comme stratégique pour la sécurité physique et économique des français.

Par ailleurs, la souveraineté économique implique de rendre l’information obligatoire sur les pays de fabrication des produits. Cela conduira à la constitution d’un label Fabriqué en France, de règles particulières dans l’agriculture. Le label Fabriqué en France sera réservé pour les produits fabriqués à 100% en France. La distribution de ces produits bénéficiera d’aides sous la forme de crédits à taux inférieurs au marché. Un label dit « Coq Bleu » distinguera les entreprises prenant des engagements sociaux, de formation, et de respect de l’environnement. Ce label ouvrira le droit à bénéficier de diverses aides, qu’elles soient financières ou en terme de priorités d’accès aux marchés publics.

 

III. Une croissance qui profite à tous.

La croissance devra être orienté vers les activités possédant le plus grand pouvoir d’entraînement sur l’économie, mais aussi le plus grand potentiel d’amélioration de la situation de nos concitoyens. Cela impliquera, dans le même temps ou la souveraineté monétaire sera reconstituée, que l’Etat oriente ses investissements et ses aides à l’investissement vers :

  • Les secteurs à forte externalités positives, comme les infrastructures (transport, logement, traitements des déchets et des eaux). Les marchés publics seront réservés aux entreprises produisant depuis le territoire si l’écart de prix est inférieur à 25%. Les entreprises disposant du label « Coq Bleu » y auront un accès privilégié.
  • Garantir la continuité des services publics, qui sont essentiels pour la survie et le développement des territoires, et en particulier de ceux dits « périphériques ». Une loi organique (voire une modification du Préambule de la Constitution) sera aussi rédigée pour consolider légalement le statut de ces services publics.
  • Les secteurs à haut potentiel technologique, et en particulier sur les filières naissantes (comme les panneaux solaires, la technologie des voitures à pile à combustibles) et dans l’agriculture via le soutien au développement des bio-techs et des biomatériaux.
    • Les activités permettant de réaliser la substitution aux importations. Les administrations s’engageront à acheter un produit « Fabriqué en France » si le coût n’excède pas 10% du produit équivalent. Les entreprises privées qui appliqueraient la même règle seraient éligibles au programme « Coq bleu ».
    • Les activités garantissant la souveraineté comme dans la défense, l’électronique, la sécurité informatique et la protection des réseaux.
  • Le développement des industries du secteur de la santé constituera une priorité, sur la base de l’expérience en cours dans le district industriel Lausanne-Jura Suisse et les entreprises innovantes de ce secteur pourront bénéficier de prêts spécifiques par la banque successorale de la BPI.

La croissance retrouvée doit se faire dans un cadre qui permette des améliorations écologiques, non seulement du point de vue des émissions de carbone mais aussi de celui de la qualité de l’air, du traitements des déchets, de la récupération et réutilisation des matériaux, de la protection des nappes phréatiques et d’une moindre utilisation des pesticides. Ceci impliquera les mesures suivantes :

  • Un programme général d’équipements capables d’assurer la transition énergétique sera mis en place avec des aides publiques, soit au développement soit à l’achat, pour les panneaux solaires, les hydroliennes, les véhicules à piles à combustible (véhicules collectifs pour les régies de transport urbain, véhicules individuels), mais aussi pour la construction et la rénovation de logements aux normes d’isolation. Le matériel produit par des entreprises ayant le label « Coq Bleu » bénéficiera d’une TVA à taux réduit.
  • Un plan de réduction progressive des émissions de carbone et de l’ensemble des rejets toxiques devra être établi par toutes les entreprises. Les entreprises qui s’engageront sur des objectifs plus ambitieux ou plus rapides bénéficieront du label « Coq Bleu ». Les produits étrangers dont les conditions de production ne satisferaient pas à ces normes seront alors taxés au prorata de la quantité de carbone ou de déchets toxiques émis au-delà des normes françaises.
  • L’agriculture sera aidée pour réduire progressivement sa dépendance aux engrais et pesticides, dans l’objectif d’une forte réduction pour les cinq ans à venir, et d’une agriculture « 0 OGM ». La grande distribution se verra contrainte de réserver dans ses magasins une surface de 10% du total pour des collectifs de producteurs. L’Etat contrôlera les centrales d’achat afin de s’assurer qu’elles rémunèrent les producteurs à des prix corrects. Un label « Coq Bleu agricole » sera institué pour distinguer les exploitations pionnières en matière de réduction des engrais et pesticides et de promotion de productions de qualité. Il ouvrira les mêmes droits et avantages que le label « Coq Bleu » industriel.
  • Dans chaque région sera constitué un forum d’échange et d’expérimentation entre les entreprises de l’agriculture, les entreprises de transformation des produits agricoles et les entreprises du secteur des bio-techs afin de trouver les formes optimales de valorisation des productions agricoles.

 

IV. Une croissance riche en création d’entreprises

Le développement de l’activité économique, s’il repose en partie sur des entreprises de grande ou de très grande taille, repose aussi, et même principalement sur un tissu de petites et moyennes entreprises, et en particulier d’entreprises innovantes. C’est par une évolution de la fiscalité, mais aussi des conditions de financement (avec la banque successorale de la BPI) que l’on entend apporter une aide importante au développement de ce tissu d’entreprises. Parmi les mesures envisagées, il faut retenir en priorité :

  • Baisse de la fiscalité excessive sur les PME (en corrélation avec une meilleure surveillance des schémas dits « d’optimisation fiscale » pour les grandes entreprises).
  • Modification de l’ISF.
  • Favoriser la recherche privée et augmenter les moyens de la recherche publique.
  • On cherchera aussi à favoriser, en particulier pour les TPE et les PME le contrat d’apprentissage, afin d’assurer à des centaines de milliers de jeunes une formation qualifiante dans l’entreprise.
  • Défiscalisation des heures supplémentaires dans une limite raisonnable avec progression simple au-delà de cette limite (pour éviter un effet de seuil).
  • Modification et simplification du statut d’auto-entrepreneur, avec relèvement immédiat du plafond d’exemption de la TVA à 50 000 euros/Francs, et indexation de ce plafond sur le taux d’inflation par la suite.

Il convient aussi de prendre la mesure des menaces que font peser les nouvelles technologies sur le travail. L’extension du statut de salarié (avec l’ensemble des obligations pour l’employeur) aux plates-formes comme « Uber » deviendra obligatoire.

Le RSI sera supprimé et les personnes intégrées dans le régime général.

 

V. Mise sous tutelle de la finance et lutte contre la fraude fiscale

La mise de la Finance au service de l’économie réelle découlera de la récupération de la souveraineté monétaire par notre pays. Cette mesure implique en réalité la souveraineté, mais elle ne s’y réduit pas. Pour que la finance soit mise au service de la croissance de l’économie réelle et, plus généralement, du développement, il faudra établir des nouvelles institutions, mais aussi mettre en place de nouvelles pratiques. Pour ce faire, les mesures suivantes devront être appliquées :

  • La séparation des banques et des assurances, des banques de dépôts et des banques d’affaires sera à nouveau mise en place. Cette séparation revient à reconnaître la spécificité des activités. Mais, cette séparation a aussi pour but de rendre les différents secteurs de la finance plus et mieux contrôlables.
  • Le refinancement des banques passera par la BdF, que cette dernière intervienne sur le marché interbancaire pour le réguler ou qu’elle agisse dans le cadre de dispositifs de rachats ou de prise en pension de titres. Le mécanisme des prêts bonifiés sera remis en place pour assurer le développement rapide de certaines activités.
  • Le système financier sera placé sous l’autorité d’un Conseil National du Crédit renouvelé et modernisé, placé sous la direction d’un responsable relevant directement du Ministre des finances et de l’économie qui gèrera :
    • La dimension prudentielle et la stabilité générale du système bancaire.
    • L’allocation en crédit et les priorités de cette dernière.
    • La supervision des métiers de l’assurance et du risque.
    • La gestion et la rémunération de l’épargne.
  • La Caisse des Dépôts et Consignations sera, elle aussi placée sous la tutelle du CNC. Elle verra ses attributions traditionnelles confirmées.
  • Les opérations de contrôle des mouvements de capitaux seront coordonnées avec le CNC dans le but de réduire les fenêtres possibles de la spéculation et de diminuer le niveau d’incertitude sur les marchés financiers.

Les comptes publics verront leur situation s’améliorer en fonction de l’amélioration de l’activité générale de l’économie. Mais, cela n’exclut nullement des mesures d’économie ou de rationalisation. Aussi, cet élément de la politique économique s’accompagnera de mesures fiscales spécifiques, et en particulier :

– Fin de la fraude au carrousel de TVA représentant près de 0,6% du PIB.

– Fin de la fraude fiscale des entreprises multinationales, connue sous le nom d’optimisation fiscale. On luttera contre ce système, en particulier par le biais du contrôle sur les mouvements de capitaux qui sera rétabli comme indiqué précédemment.

 

 

[1] Sapir J. « Le chômage et la honte de nos gouvernants », note postée sur RussEurope le 27 décembre 2016, https://russeurope.hypotheses.org/5551

[2] http://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/auchan/une-salariee-accuse-auchan-de-negligence-apres-sa-fausse-couche-4706736

[3] IMF, 2016 EXTERNAL SECTOR REPORT, International Monetary Fund, juillet 2016, Washington DC, téléchargeable à : http://www.imf.org/external/pp/ppindex.aspx

[4] https://www.euractiv.fr/section/euro-finances/news/economic-nobel-prize-winner-the-euro-was-a-mistake/

[5] Stiglitz J.E., L’Euro : comment la monnaie unique menace l’avenir de l’Europe, Paris, Les Liens qui Libèrent, 2016.

[6] https://www.efxnews.com/story/15982/germanys-euro-exit-must-be-seriously-considered-leading-german-economist-bofinger

[7] http://www.european-solidarity.eu/signatories.php


 

Quel programme économique pour la France en 2017 ?  par Jacques Sapir
 

Jacques Sapir

Ses travaux de chercheur se sont orientés dans trois dimensions, l’étude de l’économie russe et de la transition, l’analyse des crises financières et des recherches théoriques sur les institutions économiques et les interactions entre les comportements individuels. Il a poursuivi ses recherches à partir de 2000 sur les interactions entre les régimes de change, la structuration des systèmes financiers et les instabilités macroéconomiques. Depuis 2007 il s'est impliqué dans l’analyse de la crise financière actuelle, et en particulier dans la crise de la zone Euro.

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