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Le blog de Lucien PONS

les media

Je tolererai une presse libre quand les journalistes ne le seront plus! Sur le chemin.

8 Janvier 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les média

Presstitute : Je tolérerai une presse libre quand les journalistes ne le seront plus ! Sur le chemin.

Le détention du capital n’est qu’un des aspects du problème des médias.

Un des aspects seulement car les propriétaires n’interviennent pas beaucoup dans les choix rédactionnels. C’est rarissime et en plus mal commode .

Le patron de la pub intervient plus sur les contenus rédactionnels car il est en général plus proche de la rédaction et de ses cadres.

Non, le propriétaire intervient au niveau du choix du directeur de la rédaction: il choisit quelqu’un qui lui convient quelqu’un qui correspond à son objectif . Le directeur de la rédaction sait ce que l’on attend de lui, il a intériorisé les demandes ouvertes ou implicites de son propriétaire. Il est là pour cela.

Personne ne dira par exemple que le directeur de la rédaction de Libération ou le chef du service politique de BFM est choisi pour ses compétences et sa déontologie, non il sont sélectionnés sur leur historique, sur leur profil, sur leur carnet d’adresse quelque fois;  sur leur capacité à « tenir » une rédaction et à lui faire respecter la ligne du média . La ligne et les intérêts du média.

Le directeur de la rédaction choisit les journalistes qui lui conviennent c’est à dire ceux qui vont aller dans son sens et si il y a des anciens récalcitrants, il se débrouille pour les mettre sur la touche et ne pas leur donner de sujet intéressant ou sensible. Il y a dans ce métier beaucoup de gens au placard!

La manipulation prend de multiples formes avec le choix des sujets, leur   hiérarchisation , la titraille, la place dans le journal , le nombre de signes, le placement dans la page, l’appel ou non en ‘une’  etc.

Tout est manipulé et manipulable. Et on peut parfaitement être totalement biaisé et donner l’impression d’être objectif, c’était le secret de fabrication du journal  Le  Monde quand il avait de grands journalistes et avant qu’il ne sombre dans la m…e.

J’aime rappeler cette affirmation cynique: « je tolererai une presse libre quand les journalistes ne le seront plus ». J’aime parce que c’est ce qui se passe concrètement en France, à notre époque.

Ce n’est pas tant que les journaux ne sont pas libres, non c’est que les journalistes eux ne le sont pas:

  • -incompétence qui ne donne pas les moyens de résister aux intoxications
  • chômage et déqualification car le métier est le dépottoir de certains diplômés inutiles ailleurs
  • -vocation incertaine avec l’illusion que savoir écrire ou parler est la clef du bon journalisme
  • vénalité pour des déjeuners, des voyages, des honneurs sous forme d’invitations ou accréditations
  • -dépendance structurelle à l’égard des sources qui font de vous des larbins privilégiés

Le fait que les médias ne soient pas très rentables et  soient endettés, bref qu’ils n’aient pas les moyens de leur indépendance est un élément à notre sens déterminant.

Regardez la déchéance du journal Le Monde!  Quand vous avez besoin d’une banque ou d’un grand annonceur ou d’une grande centrale d’achat d’espace pour faire les fin de mois, alors vous êtes serf . Et souvent , c’est le pire, content de l’être.

EN BANDE SON : 

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WikiLeaks : Julian Assange inculpé aux Etats-Unis

22 Novembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR"., #AMERIQUE, #Les média

WikiLeaks : Julian Assange inculpé aux Etats-Unis
 

Source : Wikileaks, 18-11-2018

Le fondateur de WikiLeaks a été inculpé aux Etats-Unis. La nouvelle a été dévoilée par inadvertance par les procureurs. (Vendredi 16 novembre 2018)

Le fondateur de WikiLeaks a été inculpé aux Etats-Unis. La nouvelle a été dévoilée par inadvertance par les procureurs.

Julian Assange, qui a publié en 2010 de nombreux documents secrets, a été inculpé aux Etats-Unis, a annoncé WikiLeaks jeudi soir. Des procureurs ont révélé par inadvertance, l’existence de cette inculpation censée être secrète.

La nature exacte des chefs d’accusation retenus contre M. Assange n’était pas connue immédiatement. Julian Assange est réfugié depuis 2012 à l’ambassade d’Equateur à Londres après avoir obtenu l’asile du pays latino-américain, pour ne pas avoir à être envoyé en Suède où il était accusé de viol, un dossier classé depuis.

La justice équatorienne a rejeté lundi une demande de Julian Assange contre ses conditions d’asile à l’ambassade de Quito à Londres. (Photo: AFP)

Diffusion de documents officiels
L’Australien de 47 ans dit craindre que les Etats-Unis ne demandent son extradition en raison de la publication en 2010 par WikiLeaks, un site internet spécialisé dans la diffusion de documents bruts officiels, de dizaines de milliers de documents diplomatiques militaires et américains.

Le président américain Donald Trump et son chef de la diplomatie Mike Pompeo avaient demandé publiquement que des poursuites judiciaires soient engagées contre Julian Assange.

Un document judiciaire transmis jeudi, qui porte un sceau indiquant qu’il a initialement été enregistré auprès d’un tribunal d’Alexandria, en Virginie, en août, demande à un juge de sceller tout élément d’une affaire pénale sans lien avec M. Assange.

C’est l’ex-juge espagnol Baltazar Garzón qui va représenter Julian Assange, comme il l’a annoncé lors d’une conférence de presse à Quito ce 19 octobre 2018. (Photo: Keystone)

Le fondateur de WikiLeaks a été inculpé aux Etats-Unis. La nouvelle a été dévoilée par inadvertance par les procureurs.

Julian Assange, qui a publié en 2010 de nombreux documents secrets, a été inculpé aux Etats-Unis, a annoncé WikiLeaks jeudi soir. Des procureurs ont révélé par inadvertance, l’existence de cette inculpation censée être secrète.
La nature exacte des chefs d’accusation retenus contre M. Assange n’était pas connue immédiatement. Julian Assange est réfugié depuis 2012 à l’ambassade d’Equateur à Londres après avoir obtenu l’asile du pays latino-américain, pour ne pas avoir à être envoyé en Suède où il était accusé de viol, un dossier classé depuis.

Le fondateur du site internet WikiLeaks, Julian Assange, réfugié à l’ambassade d’Equateur à Londres depuis 2012, a renoncé à l’asile accordé par Quito, selon une lettre signée de sa main en décembre 2017. (Mercredi 25 septembre 2018) (Photo: AFP)

Diffusion de documents officiels
L’Australien de 47 ans dit craindre que les Etats-Unis ne demandent son extradition en raison de la publication en 2010 par WikiLeaks, un site internet spécialisé dans la diffusion de documents bruts officiels, de dizaines de milliers de documents diplomatiques militaires et américains.

Le président américain Donald Trump et son chef de la diplomatie Mike Pompeo avaient demandé publiquement que des poursuites judiciaires soient engagées contre Julian Assange.

Un document judiciaire transmis jeudi, qui porte un sceau indiquant qu’il a initialement été enregistré auprès d’un tribunal d’Alexandria, en Virginie, en août, demande à un juge de sceller tout élément d’une affaire pénale sans lien avec M. Assange.

L’Equateur voulait confier en 2017 un poste diplomatique en Russie à Julian Assange, le fondateur du site lanceur d’alertes WikiLeaks, selon un document du gouvernement équatorien. Mais il s’est ravisé après que la Grande-Bretagne a refusé de lui accorder l’immunité diplomatique. (Samedi 22 septembre 2018) (Photo: AFP)

Erreur de «copier-coller»
WikiLeaks a dit sur Twitter qu’il s’agissait apparemment d’une erreur de «copier-coller». Aucun représentant de l’administration américaine n’a fait de commentaire. Selon un porte-parole du parquet, le dépôt a été effectué par erreur. «Ce n’était pas le nom voulu pour ce dépôt», a-t-il déclaré à Reuters.

D’après le document, le parquet cherche à garder confidentielles les charges pesant sur Julian Assange jusqu’à l’arrestation de ce dernier, une démarche essentielle selon le parquet pour garantir que M. Assange ne s’échappe pas afin d’éviter une arrestation et son extradition.

Plusieurs représentants américains avaient par le passé reconnu que le parquet fédéral basé à Alexandria menait une enquête de longue haleine contre WikiLeaks et son fondateur. (nxp/ats)

Alors que Londres ne veut pas accorder le statut diplomatique à Julian Assange, l’Equateur lui donne la nationalité. (11 janvier 2018) (Photo: Keystone/archive/photo d’illustration)

Source : Wikileaks, 18-11-2018

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LA DÉMISSION DE JACQUES COTTA DU MÉDIA. Par Brigitte pascall

19 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #Les média, #la liberté

LA DÉMISSION DE JACQUES COTTA DU MÉDIA. Par Brigitte pascall

LA DEMISSION DE JACQUES COTTA DU MÉDIA,

13 oct. 2018

Par Brigitte pascall

Blog : LE BLOG DE BRIGITTE

La démission de Jacques Cotta du Média est révélatrice de la bobocratie favorable au système, dirigeant la télé alternative.

LA DEMISSION DE JACQUES COTTA DU MÉDIA, REVELATRICE DE LA BOBOCRATIE FAVORABLE AU SYSTEME DIRIGEANT LA TELE ALTERNATIVE ! 

On le sait : Jacques Cotta vient de démissionner du Média, suite à un conflit avec Aude Lancelin. La patronne du média a refusé son projet d'émission sur la situation italienne : c'est à dire sur le nouveau gouvernement transalpin, alliance de la carpe (gauche critique) et du lapin (extrême-droite) : l'équivalent en quelque sorte de la FI et du Front National gouvernant ensemble.

Disons-le d'emblée, Jacques Cotta, qui nous a habitués à des émissions de grande qualité, a très mal choisi son sujet. Si j'avais connu son idée, j'aurais fait mille choses pour l'en détourner. Car là, de toute évidence, il a choisi le projet explosif par excellence, la tornade force 9 sur l'échelle de Richter, et je ne dis pas tout.

Juste un rappel : un autre que lui, Jacques Sapir, avait osé soulever pareil projet à l'automne 2015 : préconisant cash, dans un de ses billets de blog (heureusement non salarié) l'alliance entre le PG de JLM et le FN de Marine le Pen. Je ne vous dis pas la suite : ce fut une véritable mise à mort, dont l'excellent Jacques Sapir, que je cite souvent sur mon mur, fut l'objet pendant des semaines et des semaines. Telle une bombe n'en finissant pas d'exploser. Tornade animée par Billard et Corbière, les médiocres que l'on sait, justes bons à faire des bâtons sur un cahier à 2 lignes, ne lui arrivant pas à la cheville, qui déversèrent sur lui des injures à l'hectolitre, au wagon citerne sur les réseaux sociaux. Dans un nouveau film, qu'on aurait pu intituler : "La revanche des cloportes", si le titre n'avait pas déjà été pris.

Je le dis d'autant plus volontiers que je n'étais pas d'accord avec cette idée d'alliance PG/FN. Mais le traitement ahurissant subi par Jacques Sapir, qui dépassa très vite le cadre raisonnable de l'échange pacifique d'arguments, était particulièrement odieux.

Or, on retrouve exactement cette même défaite de la pensée, dans le refus brutal, grossier, opposé par un "collège" autour d'Aude Lancelin au projet d'émission de Jacques Cotta.

Aude Lancelin est idéologie dominante, point barre. Elle se présente toujours comme "une journaliste professionnelle" dans un champ journalistique et social inchangés. Elle veut du bon journalisme, pas une autre société, nuance. Elle est incapable de rompre sérieusement avec l'idéologie de sa classe, la petite-bourgeoisie intellectuelle, dont la raison d'être est structurellement liée à la Bourgeoisie. Paraphrasant Brassens, je dirai que sa conception de l'émancipation, elle s'arrête au premier étage, et encore. Elle ne souhaite aucune modification importante de la société, où la domination capitaliste-le système- perdrait un seul pouce de terrain. Elle n'a aucun intérêt personnel fort au changement.

Comme une partie des classes moyennes boboïsées, elle fait à tort de l'extrême-droite le problème numéro un ; pas la question sociale (le manque d'emploi et de pouvoir d'achat des classes populaires), le départ de Macron et de sa politique ultra libérale.

Mais ce serait une erreur de faire une sorte de "fixation" sur elle, tant JLM et les autres élus de la FI auraient eu, face à ce projet d'émission au sujet brûlant, un comportement rigoureusement identique. Et tous ces prototypes de la gauche la moins radicale, la moins critique, la moins extrémiste, la moins à gauche de la "gôche" traditionnelle, la plus conforme en somme, à ce capitalo-parlementarisme qu'ils nous vantent à longueur de journée, sous forme de slogans simplistes et mensongers : "je vote, il dégage". "Donner une raclée démocratique à Macron" ne vaut pas mieux que la patronne du Média..!

https://blogs.mediapart.fr/brigitte-pascall/blog/131018/la-demission-de-jacques-cotta-du-media

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Comment "le Media" m'a censuré. Par Jacques Cotta

19 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #Les média, #la liberté

Comment "le Media" m'a censuré. Par Jacques Cotta

Comment "le Media" m'a censuré

Par Jacques Cotta • Vendredi 19/10/2018  

 


J’ai donné ma démission du Média vendredi 12 octobre après le refus d’Aude Lancelin du magazine DLGL que je préparais sur le thème « L’Italie, la péninsule des paradoxes ». A cette occasion, il fut fait usage de méthodes qui auraient fait les choux gras du Media si elles avaient été mises en pratique dans tout autre organe de presse.

Pourquoi une fin de non recevoir aussi catégorique que brutale, sans discussion possible? Ma proposition risquait-elle de propager des fake news?
L’évocation de simples paradoxes pour évoquer la situation italienne a été insupportable à Aude Lancelin, car cela remet en cause les certitudes confortables. Sortir des caractérisations à l’emporte pièce -Salvini fasciste en l’occurrence- pour tenter de comprendre les processus réels, les relations sociales, les réalités, intérêts et affrontements de « classes » est étranger à une partie de la « gauche » ou de « l’extrême gauche », et à Aude Lancelin.

Aborder les paradoxes pourtant bien réels de l’Italie reviendrait donc à « la réhabilitation de l'Italie de Salvini dans un de nos programmes ».

Après insistance, les arguments s’éclairaient. J’avais beau expliquer qu’il ne s’agissait que de « traiter la nouvelle situation politique italienne (…) en outre évoquée fréquemment dans le débat public français, de toutes parts, fait massif que l’on ne peut éluder », la réponse, toujours par mail, était sans équivoque. Je me trouvais interdit d’émission sans même pouvoir m’expliquer. Il ne restait, derrière les procès d’intention, qu’à me retirer d’un « média alternatif » qui tournait le dos à ses objectifs initiaux. D’autant que la censure ne reculait devant rien. Aude Lancelin indiquait un peu plus tard qu’un « collège » s’était réuni pour refuser mon projet. Un collège dont j’étais tenu à l’écart bien qu’étant directement concerné, et dont j’ignorais jusque là l’existence. S’agissait-il d’un collège ou plutôt d’une coterie?

Mon cas personnel est bien secondaire au regard de l’enjeu réel, journalistique et politique, que cette affaire révèle.

Journalistique d’abord: les méthodes dont j’ai été victime avec le magazine DLGL ne peuvent aboutir qu’à la fin de l'aventure du Media, au détriment des milliers de socios qui y ont porté leurs espoirs et versé financièrement. Comment un organe de presse peut-il en effet refuser de débattre de la situation italienne, ou de toute autre, alors que sa fonction précisément est d’exposer, révéler, comprendre, expliquer?

Politique ensuite. Aude Lancelin m’accuse tout à fait gratuitement de « regarder avec les yeux de Chimène l’Italie fascisante de Salvini ». Que ne m’aurait-elle dit lorsqu’en 1992 je réalisais « Front National la nébuleuse » pour « Envoyé Spécial », et comment aurait-elle injurié professionnels et téléspectateurs qui m’octroyaient alors un « 7 d’or »?
« Le Média ne sera jamais le lieu pour amorcer l'union du souverainisme de gauche et du populisme de droite ». Elle reprend à son compte les propos du Président de la République qui indiquait il y a peu sa volonté de représenter « les progressistes » pour affronter les « souverainistes », les « nationalistes » incarnés par les responsables italiens. Cette position d’Emmanuel Macron en vue des élections européennes a sa cohérence. Il s’agirait de rééditer les élections présidentielles où Marine Le Pen jouait le rôle de rabatteur et de repoussoir. Mais de la part d’un organe de presse, quelle folie!

Dans sa réponse la responsable du Media réduit l’Italie à « un sujet local ». Quelle erreur!Elle considère que son traitement sous l’angle de sa complexité, de ses paradoxes, revient à « avaliser, même partiellement, les ruses de la droite extrême qui pointe partout sur le continent européen ». A la contradiction qui existe entre l’UE et les peuples, Aude Lancelin préfère celle qui opposerait les prétendus « progressistes » aux « fascistes ». A quel point faut-il être aveugle pour ne pas voir qu’il n’y a meilleur ingrédient pour la fabrication de tous les Salvini, de toute nationalité?

Cette censure est en soi une orientation. Il s’agit de substituer des caractérisations établies à une politique en mouvement.
Le gouvernement italien sous la pression non de Salvini et de la Lega, mais plus de Di Maio et du mouvement cinq étoiles, défie l’union européenne sur le vote d’un budget qui privilégie les retraités et un revenu de citoyenneté contre la pauvreté au détriment des diktats de la commission européenne et du capital financier. Derrière l’Italie, le sujet que je proposais aurait traité évidemment la France et l’Europe, la souveraineté nationale, la réalité des rapports de classes confrontées aux orientations proposées, les raisons pour lesquelles en Italie par exemple plus de 60% selon des sondages récents approuvent la politique de leur gouvernement et aurait permis d’explorer les chemins et programmes permettant de ramener ici à la république sociale les millions qui s’en détournent. En réalité la censure journalistique dont j’ai été l’objet trouve comme moteur le refus d’envisager les situations non pas à partir d’à priori, d’étiquettes, mais de programmes, de mesures, avec en ce qui me concerne, comme critère premier, la défense et l’intérêt des salariés, des ouvriers, des jeunes, des retraités…

Jacques Cotta
Le 19 octobre 2018 
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Lettre au Media suite à la décision de Jacques Cotta de quitter Le Média.

17 Octobre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #Les média, #La gauche

Lettre au Media suite à la décision de Jacques Cotta de quitter Le Média.

Lucien PONS

 Résiliation de l’abonnement au MEDIA

Lucien PONS, Résiliation de l’abonnement au MEDIA

 

 

Comme vous le voyez dans le courrier ci-dessous je suis un socio du Media depuis février 2018, donc dès son lancement.

 

Je trouvais l'idée de promouvoir un média alternatif capable de traiter avec rigueur différents sujets que les organes officiels cachent sous le tapis, très intéressante.

 

J'ai été très satisfait du traitement des sujets délicats, en particulier ceux traités dans l'émission de Jacques Cotta « Dans la Gueule du Loup ».

 

Je suis même allé sur le lieu de l'enregistrement à Paris (j'habite Nice) pour l'émission consacrée à l'éducation. Je suis très sensible à cette question et j'avais espoir que le traitement de ce sujet permettrait de crever le plafond de verre imposé par la bienpensance de gauche comme par celle de droite. Je n'ai pas été déçu, des aspects jamais abordés ont été mis en avant.

 

Les autres émissions ont toutes apporté cette bouffée d'oxygène salutaire dans ce carcan de la pensée unique.

 

Pour la Syrie il était bon de voir une véritable analyse sans avoir à subir ad nauseam les incantations habituelles : " Bachar, Le boucher de Damas " ; "il extermine son peuple", « Alep Est est tombée", etc... . Des gens compétents ont apporté leurs expertises. Je pense en particulier à l'ambassadeur Raimbaud par exemple qui n'est jamais invité sur les média de grande écoute.

 

Pour l'émission sur l'Europe, même remarque, enfin une parole libérée avec des invités de marque.

 

Il en est de même pour toutes les autres émissions.

 

L'Italie qui refuse l'austérité imposée par la dictature européenne devait selon moi être traitée dans ce format. J'attendais donc avec impatience son annonce que je croyais imminente au vu de l'agenda de la commission européenne.

 

Quelle n'a donc pas été ma surprise, voire ma colère de lire la lettre de Jacques Cotta annonçant sa démission de ce média pour raison de censure sur l'Italie. :

 

  • Je cite: " Aude Lancelin m’indique que « le Média ne sera jamais le lieu pour amorcer l'union du souverainisme de gauche et du populisme de droite ». Elle fait donc siens les éléments de langage commun à la presse main-stream, à la macronie, et à la plupart des représentants de la « gauche »".
  • Ou encore: ": […] Le Média passe ainsi « d’organe de presse » rigoureux qui demande l’analyse et les échanges de points de vue, parfois contradictoires, à un simple lieu de propagande […]"!

 

Devant l'évidence du sectarisme manifesté par "Le Média" à l'égard de cette émission d'une rare qualité.

 

Devant le mépris affiché à l'égard des socios qui apprécient une information de qualité.

 

Devant l'injure faite à l'intelligence des personnes qui ne seraient pas capables de discerner les dangers fascistes venant d'Italie et d'ailleurs.

 

Devant l'arrogance et le sentiment de supériorité de la doxa de gauche à l'égard du peuple italien qui comme le peuple grec est condamné par les sicaires de Bruxelles.

 

Devant cette posture politicienne affichée par l'équipe dirigeante du Média qui installe le débat entre le camp du bien (les européistes sérieux, de gauche évidemment !) et le camp du mal (les souverainistes, les nationalistes, les patriotes, ...), afin de dispenser le prêt à penser nécessaire pour que les valeurs de la démocratie européenne puissent perdurer.

 

La défense inconditionnelle de cette bienpensance de gauche qui voudrait que tout le monde fasse la propagande d'une certaine idée du progressisme est insupportable. Ce manichéisme entre les bons (eurolâtres) et les autres (souverainistes) est indécent. Bravo à Jacques Cotta de défendre une certaine éthique journalistique.

 

 

Devant tout cela je tire ma référence et je vous demande de supprimer ma contribution mensuelle.

 

Je vous demande donc de me rayer de la liste des abonnés. Le mois d'octobre étant payé je voudrais que cela soit effectif pour novembre 2018.

 

On a du ressentiment pour ce que l'on a aimé et qui nous a trahis!

 

Je ne vous salue donc pas cordialement

 

Lucien PONS

Le 13 octobre 2018.

 

Message d'origine-


De : LeMedia [mailto:contact@lemediatv.fr]
Envoyé : jeudi 1 mars 2018 00:42
À : lucien.pons01@laposte.net
Objet : Détails du compte Lucien PONS sur Le Média (approuvé)

 

Lucien PONS,

 

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Lettre au Media suite à la décision de Jacques Cotta de quitter Le Média.
 

 

La Déclaration de Jacques Cotta
 
On peut retrouver ici (sur sa page Facebook) les raisons de son départ, ou les lire ci-dessous.
* * * * * *
C’est avec regret et peine que je décide de démissionner du Media. Ainsi, le magazine « Dans la gueule du Loup » que j’ ai créé, préparé et animé chaque mois, ne connaîtra plus de nouveau numéro sur « le Media ». « La Laïcité: liberté ou servitude » sera le dernier de cette collection.
Je quitte « le Media » pour des raisons de fond qui touchent à la fois aux méthodes qui y ont cours, au contenu éditorial dont je ne peux accepter l’inflexion, à la conception de ce que doit être un réel média alternatif et l’exercice de notre profession.
 
Pour le 7ème numéro de mon magazine, j’ai annoncé à Aude Lancelin ma volonté de traiter « l’Italie, la péninsule des paradoxes », c’est à dire d’exposer et de comprendre la nouvelle situation politique italienne marquée par la constitution du gouvernement Lega-M5S et la présence de personnages peu fréquentables à la tête de l’état, et par l’affrontement engagé avec l’UE, notamment par le vote d’un budget qui défie les règles et les traités au profit des revendications immédiates -retraites, pauvreté, etc…- du peuple italien.
 
J’ai proposé de traiter les paradoxes de la situation italienne, d’autant qu’elle constitue un laboratoire de ce qui agite toute l’Europe. De plus l’Italie est fréquemment évoquée aujourd’hui de toutes parts dans le débat publique français, notamment par Emmanuel Macron qui recherche une « large union des progressistes » contre les « populistes » ou « souverainistes ».
Pour réponse j’ai reçu un mail m’indiquant une fin de non recevoir sans même un échange direct, sans une proposition de rencontre, sans un coup de téléphone pour argumenter, permettre de convaincre. J’ai même appris du clavier d’ Aude Lancelin que ma proposition avait été discutée en mon absence par « tous nos camarades », que « le consensus est total » et que « les chefs de services partagent entièrement » le point de vue de la nouvelle directrice.
 
J’exerce ce métier depuis une quarantaine d’années. De TF1 avec « droit de réponse », à France télévision ou j’animais une collection de documentaires « Dans le secret de… », en passant par plusieurs magazines dont « Envoyé spécial » qui m’a valu un 7 d’or pour « Front national, la nébuleuse », je n’avais jamais été confronté à un tel exercice du pouvoir.
 
Aude Lancelin m’indique que « le Média ne sera jamais le lieu pour amorcer l'union du souverainisme de gauche et du populisme de droite ». Elle fait donc siens les éléments de langage commun à la presse main-stream, à la macronie, et à la plupart des représentants de la « gauche ». Voilà qui m’interpelle directement. Si cela n’était dérisoire, je me contenterais de demander si je me retrouve ipso facto rangé parmi « les souverainistes de gauche » ou parmi les « populistes de droite ».
 
En réalité, l’important est ailleurs. Il m’est juste indiqué par cette simple formulation qu’un sujet où pourraient être tenus des propos qui par hypothèse ne rentreraient pas dans les normes de la nouvelle responsable du média, qui ne colleraient pas à sa vision idéologique, à ses positions, indépendamment de l’intérêt et de l’importance journalistique, n’a pas à être abordé. Le Média passe ainsi « d’organe de presse » rigoureux qui demande l’analyse et les échanges de points de vue, parfois contradictoires, à un simple lieu de propagande. Mais pour qui et au compte de qui ?
 
Étrange de devoir rappeler ici qu’une pratique rigoureuse de notre profession, notamment au sein d’un média qui a affirmé l’ambition de donner une information différente, qui en a fait son identité, qui s’en est revendiqué, nécessite de ne pas se limiter à traiter ce qui nous est confortable et rassurant, mais de partir des faits, de la vie, de la réalité pour l’exposer, tenter de lui donner sens, permettre de l’appréhender, de comprendre. Un projet de presse sérieux nécessite la pluralité, l’opposition, la diversité, l’ouverture, la synthèse. Telle était du moins l’ambition du magazine DLGL dans ses tentatives répétées de quitter l’entre-soi, d’accueillir des points de vue différents, sans langue de bois ni complaisance.
 
Enfin, il m’est indiqué comme justification ultime que « La réhabilitation de l'Italie de Salvini dans un de nos programmes (…) ne passerait pas inaperçue, et mettrait le Média en danger ». Mais en quoi s’agissait-il de réhabiliter qui que ce soit ? Pourquoi une telle accusation, aussi directe qu’infondée ? Comment interpréter un procès d’intention pareil, alors qu’il ne s’agissait que de traiter de la situation politique de l’Italie ? Quelle conception de l’information et du débat est à l’œuvre dans ce refus a priori de toute discussion ? Le média aurait été en danger ? Cela signifie que les « socios » qui le financent seraient incapables de comprendre ? Position confortable et à la fois méprisante d’une direction qui se retranche derrière ses contributeurs pour ne pas remettre en question ses propres certitudes.
 
Ainsi donc l’Italie et sa nouvelle configuration ne peut être abordée dans une émission dont les premiers numéros ont pourtant prouvé des garanties de sérieux reposant pour leur confection sur une collaboration professionnelle sans faille avec Henri Poulain, et pour leur déroulement sur le débat contradictoire. Pour « la répartition des richesses », « l’éducation », « les frappes en Syrie », pour « la justice et ses réformes », pour « l’union européenne: vers le chaos», ou encore « la laïcité: liberté ou servitude », j’ai accueilli d’anciens ministres, des députés, des sénateurs, des présidents de commissions parlementaires, des maires ou responsables politiques de tous bords, cela en mettant en place une forme originale. Je m’excuse ici auprès des spécialistes de la situation italienne et des acteurs politiques d’horizons diverses qui auraient répondu présents sur l’Italie de devoir aujourd’hui les décommander, contre ma volonté.
 
J’ai rencontré au Média avec mon magazine DLGL des équipes formidables, sympathiques, compétentes, dévouées dans tous les domaines. Je leur souhaite à tous le meilleur possible pour l’avenir…
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CAROLINE FOUREST, UN ACCIDENT MEDIATIQUE… par Richard Labévière

25 Août 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #Les média

CAROLINE FOUREST, UN ACCIDENT MEDIATIQUE…
par Richard Labévière

vendredi 17 août 2018, par Comité Valmy

CAROLINE FOUREST, UN ACCIDENT MEDIATIQUE…

Grâce, ou plutôt à cause d’une certaine Caroline Fourest, l’hebdomadaire Marianne1 rejoint le panier à torchons où s’abîment déjà nombre de grands titres de la presse parisienne officielle. Petite chienne de garde multirécidiviste, cette bécassine, qui se révoltait dernièrement de voir l’un des joueurs de l’équipe de France faire un signe de croix après avoir marqué un but, s’en prend cette fois-ci à… Frédéric Taddeï, grand journaliste, animateur de télévision et de radio. Quel crime aurait-il commis ?

 

Cette référence de notre profession a, le grand tort (aux yeux de la redresseuse de torts) de rejoindre l’équipe de la chaine de télévision Russia-Today-France. Citons l’étrange chroniqueuse : « (Taddeï)… prostituant ainsi le journalisme pour le mettre au service de la plus perverse des propagandes d’Etat distillant les Fake News chères au Kremlin… » Diantre ! Chacun sait que dans notre monde mondialisé de la « guerre de tous contre tous », le Kremlin est le seul acteur – le seul – malfaisant à « distiller » délibérément des Fake News. A en croire la Dame de Marianne, Etats-Unis, Chine, Inde, Pakistan, Grande Bretagne et France notamment, auraient donc définitivement renoncé à ce genre de Fake manipulations pour se conformer strictement aux canons d’une vérité toute nue…

 

Mais dans quel monde vit cette Madame Fourest pour oser laisser entendre que la Russie (post-soviétique s’entend) serait le seul Etat au monde à mettre en œuvre des stratégies de Soft Power, sinon de propagande ? La confrontation entre l’erreur et la vérité ne date pas de l’apparition des Fake News et ponctue même toute l’histoire de la raison occidentale, même très antérieurement aux pré-socratiques. Mais Caroline Fourest sait-elle seulement ce que sont ces précurseurs de l’histoire de nos sciences exactes et humaines ? Un peu de culture arrondirait parfois bien des idées reçues… Mais là, on nage en pleine bêtise à la Bouvard et Pécuchet.

 

Rappelons seulement quelques exemples récents d’accumulation de mensonges d’Etats par la grande presse américaine, britannique (et par extension occidentale), afin de persuader le monde qu’Oussama Ben Laden et Saddam Hussein étaient les meilleurs copains, tandis que – selon Tony Blair (à l’époque Premier ministre de Grande Bretagne) – le dictateur irakien pouvait menacer la terre entière en moins de… 45 minutes avec ses terribles armes de destruction massive, secrètes et tellement secrètes qu’on ne les a jamais trouvées. Ne parlons pas des blockbusters hollywoodiens, diffusés dans les plus petits cinémas jusqu’au fin fond de la Papouasie extérieure, qui depuis des décennies refont les guerres américaines afin de nous persuader que le massacre des Indiens, des Latino-américains, des Vietnamiens, des Irakiens, des Palestiniens et autres indigènes iraniens, étaient absolument nécessaires à la survie de la planète et au bien de l’humanité toute entière…

 

Caroline Fourest qualifie ce sens de la mémoire historique de « fibre paranoïaque », étant entendue que tout être vivant qui contesterait ses propres obsessions se révèlerait fatalement complotiste, porteur de Fake News ou propagandiste des plus sombres idéologies. Et notre chasseuse de primes au service du politiquement le plus correct décide de mouiller la chemise pour nous dire qui – qui – est vraiment Frédéric Taddeï. Et là – horreur absolue ! – révélée par la grande investigatrice, on découvre que le journaliste qui vient de rejoindre Russia-Today-France a été collaborateur de… L’Idiot international. Quelle révélation !

 

Sans rappeler que ce journal pamphlétaire (le genre pamphlétaire serait-il devenu un délit en France ?) a été fondé par Jean-Edern Hallier, l’un des meilleurs écrivains de sa génération, ce simple rappel (aux yeux de Madame Fourest) semble vouer à tout jamais Frédéric Taddeï aux pires des gémonies. Si elle avait un tant soit peu ouvert et lu ce journal, du moins si elle avait eu la curiosité de se plonger dans la collection de L’Idiot International, Caroline Fourest aurait pu effleurer un niveau de talent journalistique et littéraire à laquelle elle ne pourra – visiblement – jamais prétendre.

 

A notre tour de nous interroger sur qui est cette « chroniqueuse » de Marianne qui, dans l’entourage de Frédéric Taddeï, relève (tenez-vous bien !) des « ambiances » qui rappellent « les cabarets sous l’occupation ». Et là on atteint des sommets : mais que sait cette gamine de l’occupation et de ses cabarets !!! Ce qui est parfaitement établi – par contre -, c’est que Madame Fourest s’est vu interdire le plateau d’une grande émission de télévision du service public – justement – pour avoir été prise en flagrant délit de mensonge. Oui, de mensonge ! Autant dire que cette bouffonne n’est pas la mieux placée pour juger Frédéric Taddeï, la chaine de télévision Russia-Today-France et qui que ce soit dans les métiers de la presse et de l’information !

 

Cette étrange personne se permet non seulement d’attaquer la grande émission que fut Ce soir ou jamais ! (certainement, après Droit de réponse de Michel Polac, l’émission de télévision où la parole n’a jamais été aussi libre), mais aussi le journaliste et politologue belge Michel Collon ! Là encore, qui juge qui ? Michel Collon a déjà une œuvre importante derrière la cravate avec une vingtaine d’ouvrages et une impressionnante filmographie à son actif, pendant que cette improbable chroniqueuse ne fait qu’enchaîner les vociférations haineuses, mensongères, écrites avec les pieds. Alors oui, on peut légitimement se demander qui est vraiment cette personne ? Pour faire court, disons : un accident médiatique, très symptomatique de l’actuelle orwellisation de la presse actuelle et de sa novlangue ! Caroline Fourest, héroïne orwellienne : « la guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force ».

 

Selon la Dame : Frédéric Taddeï « paranoïaque » et Russia-Today-France, « une chaine de désinformation publique »… On a vraiment envie de dire ce que disent les enfants : « c’est celui qui dit qui l’est… » Et l’on invite ardemment les médias français de service public à, justement ne plus donner la parole à cette catastrophe ambulante. Dans Marianne, sa tribune ose s’intituler Esprit libre (encore la novlangue). En l’occurrence, l’appellation Esprit dérangé conviendrait mieux à la plume-tronçonneuse de cette jeune femme pétrie de haine, d’idées reçues, et ce qui est peut-être plus grave encore, dénuée de toute espèce de talent.

 

En définitive comme disait Michel Audiard : « les cons, ça ose tout et c’est même à ça qu’on les reconnaît ». Malheureusement, parfois la formule peut aussi s’entendre au féminin !

 

Richard Labévière
13 août 2018

1 Marianne, du 20 au 26 juillet 2018.

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Réunis en AG ce lundi, Rennes 2 : 5.000 "agitateurs professionnels" votent pour poursuivre la mobilisation

17 Avril 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Le fascisme, #Les média, #Ecole

Réunis en AG ce lundi
Rennes 2 : 5.000 "agitateurs professionnels" votent pour poursuivre la mobilisation

Mardi dernier Rennes 2 organisait une assemblée générale rassemblant 2600 personnes. D'abord 3.500, ils ont finit par être 5.000 à être présent venus en AG. Un record (nationale) qui montre que la mobilisation étudiante ne fait que s’amplifier quand Macron-tout-puissant choisit la voie forte pour faire taire ses opposants !

 

Mardi dernier, une Assemblée Générale réunissant 2.600 personnes votait la reconduction du blocage jusqu’à ce lundi. Fac bloquée depuis une semaine et occupée depuis début avril, Rennes-2 connaît un pic énorme de mobilisation. Cette nouvelle AG a réuni pas moins de 5.000 étudiants, personnels et enseignants ! Un record. Une Assemblée qui a commencé par discuter de la loi ORE et qui abordera sans aucun doute la question de la répression, quand à moins de cent kilomètre, c’est le carnage de NDDL qui est en train de se jouer.

Macron et son gouvernement n’en finissent plus de démontrer leur mépris. Leurs discours mensongers, la pression qu’ils tentent de faire peser sur les étudiants pour casser le mouvement et empêcher la convergence avec les autres secteurs en lutte n’ont pas réussi à affaiblir la mobilisation. L’envoi de leurs flics sur les facs pour déloger violemment les étudiants encore moins. Au contraire, les assemblées se massifient, et Rennes-2 en est la preuve flagrante (et très encourageante).

Crédit photo : page Facebook Assemblée Générale - Rennes 2

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La voix de son maître (Le Monde), Syrie : l’inéluctable riposte occidentale

13 Avril 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grille d'analyse, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Les média

La voix de son maître (Le Monde), Syrie : l’inéluctable riposte occidentale
Syrie : l’inéluctable riposte occidentale
Éditorial

Editorial. Après l’attaque chimique de Douma, Washington et Paris estiment nécessaire une « réaction ferme de la communauté internationale » contre les auteurs de ce crime de guerre.

Temps de lecture : 2 min

Editorial du « Monde ». Près de cinq ans après le tragique renoncement des Etats-Unis face à l’utilisation d’armes chimiques par le régime syrien contre ses propres citoyens, la communauté internationale se retrouve confrontée au même défi : comment punir les auteurs de ce qui s’appelle, en droit international, un crime de guerre ?

Hormis Moscou, qui crie sans vergogne à un montage orchestré par les rebelles, nul ne doute en effet que la substance à l’origine de la mort de plus de 40 civils syriens, parmi lesquels de nombreux enfants, samedi 7 avril, à Douma, dernière poche rebelle aux abords de Damas, fait partie des gaz neurotoxiques interdits par les conventions internationales sur les armes chimiques. L’ambassadeur de France aux Nations unies, François Delattre, a évoqué devant le Conseil de sécurité de l’ONU « un carnage chimique » et des symptômes « typiques d’une exposition à un agent neurotoxique puissant, combiné au chlore pour en augmenter l’effet létal ».

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Ni Washington ni Paris ne contestent que la fameuse « ligne rouge », celle du recours mortel aux armes chimiques contre des civils, a ainsi été franchie. Les présidents Donald Trump et Emmanuel Macron se sont entretenus deux fois au téléphone en deux jours après l’attaque de Douma et sont convenus de la nécessité d’une « réaction ferme de la communauté internationale ». Devant la presse à Washington, le président américain a assuré que ce nouveau défi du régime syrien serait relevé « avec force » et qu’« il serait établi » si cet acte avait été commis par la Syrie, la Russie, l’Iran, « ou tous ceux-là ensemble ».

La volte-face désastreuse de 2013

Une riposte est donc inéluctable. Les responsables français, américains et britanniques ne sont que trop conscients des conséquences désastreuses de la volte-face de l’administration Obama qui, le 31 août 2013, alors que les avions français étaient prêts à décoller, renonça à mener des frappes militaires conjointes contre le régime du président Assad, après une attaque au gaz sarin contre la population de la Ghouta, près de Damas. Depuis, selon l’ONG Human Rights Watch, le régime a fait usage d’armes chimiques contre les civils 85 fois. Le successeur de Barack Obama puis celui de François Hollande ont à leur tour défini l’utilisation d’armes chimiques comme une « ligne rouge » : ne pas respecter cet engagement reviendrait à enterrer définitivement la crédibilité, déjà sérieusement mise à mal dans le drame syrien, des puissances respectueuses du droit international, et à consacrer l’impunité des auteurs de crimes de guerre.

La question n’est donc plus : faut-il riposter ou non ? Mais : comment riposter ? Sur le front diplomatique, le Conseil de sécurité de l’ONU est bloqué par la Russie qui, protectrice de Bachar Al-Assad et maîtresse de l’espace aérien syrien, opposera inévitablement son veto à toute tentative de sanctionner légalement Damas. Une fois cette voie épuisée, Français et Américains devront donc agir de leur propre initiative, peut-être avec l’appui des Britanniques.

Il y a un an exactement, les Etats-Unis avaient répondu par un tir de missiles sur une base aérienne syrienne à une attaque à l’arme chimique qui avait fait plus de 80 morts. Il leur faut maintenant penser plus loin, sans précipitation, avec le plus grand nombre d’alliés possible, sans négliger les effets d’opérations menées dans un environnement aussi explosif en présence d’acteurs comme la Russie et l’Iran, mais aussi Israël et la Turquie. Rarement le Moyen-Orient aura été aussi dangereux.

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Le Monde tronque une information capitale de l’affaire Skripal : la création d’une “No news”

23 Mars 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La Russie, #La guerre, #Les média

Nous vous proposons dans ce billet une parfaite illustration du rôle non neutre des grands médias dans la fabrication de l’opinion publique, relai indispensable du pouvoir politique.

Nous vous avons proposé dans ce billet des interviews de grands spécialistes du poison dit “Novitchok”. La première est particulièrement importante : c’est celle du professeur Léonid Rink, réalisée par l’agence RIA. Nous vous recommandons de la lire, car nous allons analyser la façon dont le journal Le Monde en a rendu compte. Nous vous la remettons ici, si vous ne l’aviez pas lue.

I. Interview de Léonid Rink par RIA

Titre : « Les Britanniques ont pu empoisonner Skripal » – Interview de RIA Novosti avec le professeur Léonid Rink

Source : RIA Novosti, Léonid Rink, 20 mars 2018

Les autorités britanniques affirment qu’une arme chimique a été utilisée contre l’ex-agent du GRU (Direction Générale du Renseignement, service de renseignement militaire de Russie, NdT) Sergey Skripal et sa fille, et accusent directement la Russie. Le professeur Léonid Rink, docteur en chimie, faisait partie du groupe de concepteurs du système d’agents toxiques qui reçut, en Occident, le nom de “Novitchok” (“Petit nouveau” en russe). Dans une interview exclusive pour RIA Novosti le professeur Rink explique pourquoi il est absurde de parler de formule du “Novitchok”, comment cette technologie est devenue accessible et ouverte à tous et pourquoi Londres refuse de fournir à Moscou des échantillons de “l’affaire Skripal”.

— Étiez-vous impliqué dans la conception de ce que les autorités britanniques nomment le “Novitchok” ?

— Oui. Cela a servi de base à ma thèse de doctorat. Je travaillais alors à Chikhany (ville proche de la frontière ouest du Kazakhstan, NdT) dans une antenne du GosNIIOKHT (Institut d’Etat de recherche scientifique en chimie organique et technologie qui s’occupait du développement de l’armement chimique à l’ère soviétique, NDLR) en tant que chercheur principal et chef de laboratoire.

En tout, j’ai travaillé là-bas 27 ans, jusqu’au début des années 90. Plus tard, je me suis occupé uniquement de projets biochimiques civils. Le projet “Novitchok” a mobilisé un groupe conséquent de spécialistes en technologie, toxicologie, biochimie, à Chikhany et à Moscou. Il fallait synthétiser un prototype, ensuite satisfaire une dizaine de milliers de conditions, afin que le dispositif soit efficace et fiable pour tout type d’utilisation. Et en fin de compte, nous avons obtenu de très bons résultats.

D’ailleurs, en Union Soviétique et en Russie, il n’existait pas de programme de conception d’arme chimique qui s’appelait “Novitchok” [NdR : “Nouveau venu”]. Des programmes de développement de munitions chimiques existaient bien, mais pas sous ce nom. Dès qu’un programme s’achevait, on le passait aux militaires qui lui donnaient un nom. Ce nom pouvait être n’importe lequel.

Entre autres, il y avait un registre avec le terme “Novitchok“. Il comprenait divers systèmes de combat utilisant des formules et des mécanismes d’action différents, répertoriés par des numéros, par exemple: “Novitchok-1“, “Novitchok-2“, “Novitchok-3“. C’est-à-dire qu’il n’existait pas de substance distincte dénommée “Novitchok“. Comme il n’existait pas de projet de conception portant ce nom. C’est plutôt un système de codification et d’enregistrement. Il est absurde de parler de formule du “Novitchok” et de projet dénommé ainsi.

— Les médias occidentaux désignent le chimiste Vil Marzayanov, qui a immigré aux États-Unis, comme le concepteur de cette arme. A-t-il participé à sa mise au point ?

— Non, et, d’ailleurs, lui même l’écrit en toute honnêteté. Il était juste chromatographiste (chimiste qui s’occupe de la séparation et de l’analyse de différents mélanges – NDLR). Il n’avait même rien à voir avec les travaux analytiques dans ce domaine. Mais il dirigeait le service de lutte contre les services de renseignements techniques étrangers, il protégeait nos études, et c’est pour cela qu’il avait tous les accès. Il ne participait pas aux discussions sur les systèmes en projet, et n’avait rien à voir avec leur conception. Malgré tout, dans la mesure où les scientifiques parlent de tout entre eux, il était au courant.

Mirzayanov était le directeur scientifique de certains de nos chromatographistes à Chikhany, c’est pourquoi il venait parfois chez nous à la maison, nous faisions du ski ensemble et nous nous sommes liés d’amitié. Qu’on l’ait laissé sortir du pays et qu’il ait alors commencé à divulguer les secrets qu’il connaissait, c’est la faute de ceux qui l’ont laissé partir.

— Le gouvernement britannique accuse la Russie…

La Russie n’a aucun mobile, c’est évident. D’une part, monsieur Skripal a été littéralement “essoré” par les deux parties, c’est-à-dire qu’il a livré aux Russes tous ses contacts anglais, et aux Anglais tout ce qu’il savait en URSS. Il ne présentait aucun intérêt pour Moscou. D’autre part, c’est un moment vraiment très malvenu pour la Russie. À quelques jours des élections, et peu avant le Championnat du monde de football.

De plus, étant donné que tous les acteurs de cet incident sont encore en vie, il est difficile de croire que les Russes sont impliqués : une telle incompétence de la part des prétendus agents est tout simplement risible et inacceptable. Et, le plus important, même le plus incompétent des agents russes n’ira pas utiliser le seul poison d’origine russe avec un nom russe, de surcroit. Il y a plein d’autres produits bien plus adaptés pour ça. Tirer sur un homme inutile avec une fusée surpuissante, et en plus le rater, c’est le summum de la bêtise.

— Le journal The Telegraph, se référant à des sources dans les services secrets britanniques écrit que les affaires de la fille de Skripal auraient été empoisonnées déjà à Moscou.

— C’est absolument n’importe quoi ! Ce que l’on écrit sur le transport de l’échantillon dans la valise de la fille est une ânerie totale, car dans ce cas, elle ne serait même pas arrivée jusqu’à Londres.

— C’est-à-dire que l’effet est immédiat ?

— Oui, il ne s’agit pas d’un produit à action cumulative, c’est un poison ordinaire.

— Est-il possible d’identifier de quel produit il s’agit ?

— Bien sûr, tout peut être identifié. Et il est absolument certain que ce genre de spécialistes existe en Grande-Bretagne. Ce sont justement eux, selon moi, qui auraient pu traiter les affaires de Skripal et de sa fille.
Ou bien certaines choses au cimetière. Naturellement, on devait savoir là-bas que ces jours-ci Skripal irait au cimetière. Cela aurait facilement pu être fait par les Britanniques eux-mêmes.

— Ont-ils accès à cette technologie ?

— Évidemment. Elle est facilement accessible à des professionnels ! Pour n’importe quel pays qui possède des armes de destruction massive, pour la Grande-Bretagne, les États-Unis, la Chine et tous les pays développés qui ont un minimum de “chimie”, créer une telle arme ne pose aucun problème ! Pourquoi les Britanniques ne donnent-ils pas un échantillon à Moscou ? Parce que malgré tous les efforts des spécialistes, la technologie sera toujours un peu différente. C’est une sorte de “signature”. On verra tout de suite qu’il ne s’agit pas de technologie russe. Certes, les taux de concentration des composants peuvent être extrêmement faibles et les composants légers, qui sont nombreux, se sont probablement déjà volatilisés. Ils ne pouvaient pas connaître toutes les finesses du système, la teneur de nombreux composants.

Cela même Vil Mirzayanov ne pouvait pas le savoir. C’est pour cela qu’un échantillon de Salisbury – c’est comme une empreinte digitale pour un criminaliste. On peut tout de suite dire que ça n’a pas été “cuisiné” en Russie.

— Pourquoi les Britanniques ne donnent-ils pas un échantillon à Moscou ? Parce que malgré tous les efforts des spécialistes, la technologie sera toujours un peu différente.

— C’est une sorte de “signature”. On verra tout de suite qu’il ne s’agit pas de technologie russe. Certes, les taux de concentration des composants peuvent être extrêmement faibles et les composants légers, qui sont nombreux, se sont probablement déjà volatilisés. Ils ne pouvaient pas connaître toutes les finesses du système, la teneur de nombreux composants. Cela même Vil Mirzayanov ne pouvait pas le savoir. C’est pour cela qu’un échantillon de Salisbury – c’est comme une empreinte digitale pour un criminaliste. On peut tout de suite dire que ça n’a pas été “cuisiné” en Russie.

Pour le moment, tout le monde est en vie. Cela veut dire que soit ce n’est pas notre système, soit il a été mal préparé ou sa mise en application bâclée. Ou alors, les Anglais ont utilisé un antidote juste après l’empoisonnement, mais pour cela, il fallait savoir exactement avec quoi on empoisonne.

— Cette technologie est-elle à la portée d’une grosse société chimique privée ?

Bien sûr, n’importe quelle société pharmaceutique ou chimique est capable de le faire dans ses laboratoires. Mais reproduire la formulation exacte, il y a peu de chances que quelqu’un y arrive.

—De quelle façon a-t-elle cessé d’être secrète ?

— Et bien, c’est grâce aux efforts de Vil Sultanovich (Mirzayanov, NdR) ! Il a rendu publiques toutes les formules. Il y a aussi quelques personnes, connaissant cette technologie, qui ont quitté la Russie dans les années 90. J’en connais cinq. Ces autorisations de sortie du territoire, comment dire, nous ont pas mal interpelés dans notre institut.

— Si cette technologie est maintenant publique, pourquoi Londres a-t-il eu besoin d’affirmer publiquement qu’il s’agit précisément du “Novitchok” ?

— Parce qu’à lui seul, ce nom mène à la Russie, plus exactement à l’URSS. Pour un spécialiste, l’implication de Moscou sur cette base est absurde, mais cela peut avoir un impact sur l’habitant occidental moyen, et c’est le but.

Source : RIA Novosti, Léonid Rink, 20 mars 2018

II. La présentation de cette interview par Isabelle Mandreau, du journal Le Monde

On peut prendre avec plus ou moins de recul les déclarations de Léonid Rink, faire preuve en somme d’un doute raisonnable, mais il est clair que cet homme est très compétent, et on ne peut qu’admettre que son interview est très claire. Ainsi, nous retiendrons les éléments suivants :

  1. il reconnait qu’il existait bien un programme militaire qui a créé des armes chimiques très dangereuses ;
  2. le nom “Novitchok” ne veut pas dire grand-chose ;
  3. les formules sont désormais publiques ;
  4. n’importe quel grand État voire grande entreprise chimique privée peut en produire ;
  5. on ne peut accuser la Russie en se basant simplement sur la composition du produit ;
  6. des analyses de la Russie permettraient d’apporter des pièces (évidemment à discuter) au débat, car ce produit dispose d’une sorte d’empreinte digitale.

Voici le compte rendu qu’en fait Isabelle Mandreau, correspondante du journal Le Monde en Russie, que vous pouvez lire ici.

Le Monde : « En Russie, des témoignages accablants sur le programme “Novitchok” »

Malgré les démentis des autorités de Moscou, l’existence de l’agent innervant est corroborée par des scientifiques qui ont travaillé à sa conception.

De quoi Novitchok est-il le nom ? De rien, assurent les autorités russes, qui démentent avec constance l’existence même d’un agent innervant Novitchok (« petit nouveau » en russe), suspecté d’être à l’origine de l’empoisonnement de Sergueï Skripal, l’espion retrouvé inanimé le 4 mars avec sa fille Ioulia à Salisbury, en Angleterre. « Je peux dire avec certitude qu’aucun programme de développement d’agents chimiques Novitchok n’a jamais existé, ni en URSS ni en Russie », proclamait le 15 mars Sergueï Riabkov, le vice-ministre des affaires étrangères. « Jamais ni du temps de l’URSS ni du temps de la Russie », répétait deux jours plus tard sa porte-parole, Maria Zakharova.

Un scientifique a apporté, mardi 20 mars, un élément de réponse. « Novitchok n’est pas une substance chimique, c’est tout un système d’armes chimiques, affirme Leonid Rink, cité par l’agence Ria Novosti. Le système adopté en URSS s’appelait Novitchok-5, ajoute-t-il. Sans ce chiffre, ce nom n’était pas utilisé. » Moscou a-t-il joué sur cette subtilité ? Il ne fait pourtant guère de doute qu’un tel programme a bien existé dans l’ex-URSS.

Chargé de recherche et chef de laboratoire, Leonid Rink a travaillé vingt-sept ans à Chikhany, dans la région méridionale de Saratov, dans une filiale de l’Institut national de recherche scientifique de chimie organique qui développait, à l’époque soviétique, des armes chimiques. Et il déclare : « Un très grand groupe de spécialistes travaillait sur Novitchok à Chikhany et Moscou. Des techniciens, des toxicologues, des chimistes… Il était nécessaire de synthétiser un échantillon et de suivre ensuite dix mille règles pour que le système soit efficace et durable via tous les moyens d’utilisation. Et finalement, nous avons obtenu de très bons résultats. »

Les confidences de Leonid Rink à l’agence s’achèvent ainsi : « Pour l’instant, tout le monde est vivant [au Royaume-Uni, Sergueï Skipal et sa fille sont toujours hospitalités dans un état critique], donc soit ce n’est pas du Novitchok, soit il a été mal fait. »

Quelques instants plus tard, peut-être effrayée par l’écho qu’a suscité cet entretien recueilli par ses soins, l’agence Ria a modifié son contenu en précisant que le scientifique faisait « partie d’un groupe de créateurs d’un système nommé par l’Occident “Novitchok” ». Dans la foulée, l’agence a publié sur son site Internet un autre article, basé sur des sources anonymes, intitulé : « En Russie, et en URSS, il n’y avait pas de programme Novitchok ».

[Fin de la partie relatant l’interview de Léonid Rink ; suivent quelques éléments tirés de l’interview de Vil Mirzaïanov, qui indique toutefois : A l’époque soviétique, « nous n’existions pas, nous étions en dehors du cadre légal »”]

Source de l’extrait : Le Monde, 20/03/2018

III. Analyse

On constate donc que Le Monde a choisi sciemment, mais sans avoir à user du moindre mensonge, de ne pas rapporter tous les éléments qui contredisaient la narrative gouvernementale, à savoir que la formule est publique, et à la portée des grands pays voire même des grandes sociétés privées. Et que pour Rink, le scénario avancé ne semble pas tenir debout, comme en témoigne sa métaphore “Tirer sur un homme inutile avec une fusée surpuissante, et en plus le rater, c’est le summum de la bêtise”.

On jugera de plus le ton et l’orientation de l’article, sans nuance, à charge contre Moscou.

De tout ceci, le lecteur du Monde n’en saura rien, aucun autre article n’en ayant parlé :

Faute de temps et de bras, nous n’avons pas enquêté sur les déclarations de Moscou démentant l’existence de ce programme d’armes chimiques, critiquées par la journaliste (vous pouvez cependant enquêter et en discuter en commentaire, ce serait très utile).

Mais il est fort probable que Moscou affabule aussi de son côté, notamment en jouant sur les mots. On parle ici d’un ancien programme militaire stratégique Top Secret, et réalisé en plus “en dehors du cadre légal” ; et Le Monde voudrait que La Russie avoue tout et donne tous les détails, à cause de l’empoisonnement à l’étranger d’un de ses anciens espions ? Mais imagine-t-on la presse russe attendre que le gouvernement anglais livre de nombreux secrets militaires, car un traitre anglais aurait été empoisonné à Moscou ?

On notera que, comme Le Monde, Le Parisien ne parle pas de ces éléments importants.

C’est d’autant plus intéressant que l’AFP et d’autres journaux, sans être pour autant absolument complets, n’avaient au moins pas escamoté l’ensemble de ces faits essentiels, comme ici Le Figaro :

“M. Rink affirme toutefois ne pas croire que la Russie soit derrière l’empoisonnement de Sergueï Skripal. Selon le chimiste, la technologie du “Novitchok” est accessible “pour n’importe quel État développé” ou grande compagnie pharmaceutique. “Développer une telle arme ne présente aucun problème”, affirme-t-il.”

ou Europe 1, qui donne encore plus de détails :

“Un grand groupe de spécialistes développait le Novitchok à Moscou et à Chikhany : des techniciens, des toxicologues, des biochimistes. (…) Nous sommes parvenus à un très bon résultat”, raconte cependant Leonid Rink. Ce dernier affirme toutefois ne pas croire que la Russie soit derrière l’empoisonnement de Sergueï Skripal, hospitalisé dans un état critique, car elle sait que l’utilisation même du “Novitchok” permettrait de remonter jusqu’à elle. “Tirer sur un individu qui ne présente pas d’intérêt avec un missile d’un tel calibre et ne pas parvenir malgré tout à le toucher, c’est le summum de la stupidité”, estime-t-il. Selon le chimiste, la technologie du “Novitchok” est accessible “pour n’importe quel État développé” ou grande compagnie pharmaceutique. “Développer une telle arme ne présente aucun problème”, affirme-t-il.

On a en gros les mêmes mots sur L’Obs et le Huffington Post ; 7sur7.be a sans doute repris la dépêche AFP telle quelle :

“Un grand groupe de spécialistes développait le Novitchok à Moscou et à Chikhany: des techniciens, des toxicologues, des biochimistes. (…) Nous sommes parvenus à un très bon résultat”, raconte cependant Leonid Rink à Ria-Novosti.

Selon lui, ce système était nommé pendant la période soviétique “Novitchok-5”. “Cette appellation n’était jamais utilisée sans le chiffre qui lui était accolé”, précise-t-il.

Une technologie accessible à “n’importe quel État développé”
M. Rink affirme toutefois ne pas croire que la Russie soit derrière l’empoisonnement de Sergueï Skripal, hospitalisé dans un état critique, car elle sait que l’utilisation même du “Novitchok” permettrait de remonter jusqu’à elle. “Tirer sur un individu qui ne présente pas d’intérêt avec un missile d’un tel calibre et ne pas parvenir malgré tout à le toucher, c’est le summum de la stupidité”, estime-t-il.

Selon le chimiste, la technologie du “Novitchok” est accessible “pour n’importe quel État développé” ou grande compagnie pharmaceutique. “Développer une telle arme ne présente aucun problème”, affirme-t-il.

Interrogé mardi par l’AFP sur cet entretien publié dans une agence d’État, le ministère russe des Affaires étrangères s’en est tenu à sa position: “il n’y a eu aucun programme de recherche et développement sous le nom ‘Novitchok'”.

(P.S. si un journaliste y a accès, merci de me la faire parvenir)

IV. Conclusion

On observe donc que l’AFP a produit une dépêche qui, sans être parfaite, était tout de même à peu près honnête. Le Figaro l’a caviardée en gardant des points importants, alors que le Monde en a carrément supprimé l’essentiel, de sorte à retirer tout ce qui compromettait sérieusement le discours des États britannique et français. C’est ici un exemple éloquent que la désinformation n’est pas qu’une affaire de « fake news », mais bien aussi de « no news ». C’est-à-dire que tronquer l’information, la décontextualiser et la priver de son essence peut être aussi préjudiciable qu’une affabulation en bonne et due forme.

Il s’agit bien ici d’un échantillon de propagande qui constitue une entrave importante à la compréhension de l’opinion publique d’un évènement qui pourtant revêt une grande importance.

Ceci est inexcusable.

 

 

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« Ma fin rêvée de Macron-la-honte et du bal des voleurs » par Bruno Adrie

28 Février 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Les média, #l'horreur économique

« Ma fin rêvée de Macron-la-honte
et du bal des voleurs »
par Bruno Adrie

mardi 27 février 2018, par Comité Valmy

« Ma fin rêvée de Macron-la-honte
et du bal des voleurs »

Aujourd’hui, lorsque je contemple la tragédie humaine déclenchée et entretenue par les pays occidentaux en Syrie, je souffre pour les victimes exécutées lâchement par nos alliés soudards et terroristes. Je souffre de toutes les peurs, de tous les deuils, de toutes les meurtrissures et de tous les désespoirs ineffaçables qui ont été gravés dans le cœur d’une nation par le fer et le feu d’une guerre insensée.

Mais je ne souffre pas seulement, j’ai honte aussi, non pas d’être français, mais de voir ce que la France est devenue entre les doigts roses et manucurés d’une clique de hauts fonctionnaires, de chefs de bureaux, de petits diplômés arrogants aux regards pleins de mépris, de minets et de minettes privilégié.e.s, brossé.e.s et toiletté.e.s, vivant grassement – très grassement – à l’abri d’une crise qu’ils/elles entretiennent comme un incendie pour semer la mort et la démunition dans l’intérêt du Moloch affairiste néocolonial dit mondialisé.

J’ai honte de cette élite autoproclamée, poseuse, naïve au fond car ne doutant pas de son élitisme pourtant de ferblanterie, de cette bureaucratie du désespoir rémunérée par l’État, puis par le privé, puis par l’État, et ainsi de suite – ils appellent ça du pantouflage, moi j’appelle ça de la trahison – pour détruire, non seulement les salaires, mais aussi les savoir-faire, la culture, l’éducation et les solidarités qui doivent être le ciment d’une société et d’une civilisation.

J’ai honte de vivre dans ce pays dévasté par les propagandes, peuplé par une masse désormais avachie, aplatventriste, saignée sous les dents d’une réclame qui la vampirise, endettée pour des babioles tape-à-l’oeil et toujours hors de prix, troupeau naïf bêlant, courant à l’abattoir de la consommation et qui voudrait voir gravées dans le marbre – parce qu’il a sa fierté – ses convictions liquides toutes aspirées aux mamelles fétides d’une presse élevée dans les étables de la connivence.

Et c’est en vain que j’attends le moment de la grande grève des imbéciles enfin transfigurés, que j’attends le moment où ils cesseront d’acheter le papier fané des journaux, où ils préféreront les documentaires animaliers aux bulletins d’information présentés par les caniches de la bourgeoisie, où ils tourneront le dos aux meetings politiques organisés par des incapables de profession, où ils réagiront comme un seul homme – ou comme une seule femme -, coupant le contact, refusant toutes les gueuleries déversées par les instances communicationnelles qui tirent leurs millions de la bêtise, de l’irréflexion, du mimétisme grégaire, des croyances enfoncées à coups de slogans marteleurs et des habitudes jamais fouillées par le tranchant d’une conscience impitoyablement aiguisée.

Nul besoin d’être de droite ou de gauche pour les envoyer paître et les mettre sur la paille tous ces flibustiers vivant du pillage de la nation. Il suffit de couper les robinets de la consommation, de vivre avec le moins possible matériellement et avec le plus possible spirituellement et intellectuellement. Et de savoir aussi se tourner vers l’Autre et l’aider – oh, pas grand chose – d’une parole, d’un geste, d’un regard, ça coûte si peu. Et surtout de ne pas lui nuire.

Le jour où nous ferons cet effort, ils tomberont, et ne pourront rien contre la somme de toutes nos paroles, de tous nos gestes et de tous nos regards, parce qu’enfin nous regarderons le Vrai.

Ce sera la fin de Macron-la-honte et de ses semblables, ce sera la fin du bal des voleurs.

Oh pardon, je rêvais, je m’étais endormi. S’il vous plaît, oubliez !

Bruno Adrie
26 février 2018

Illustration : L’âne de Zo d’Axa par Steinlein.


In cauda venenum

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