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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #macron tag

Mascarade de l’antifascisme. Rédigé par L'oeil de Brutus .

23 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #La guerre, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #Le fascisme, #l'horreur économique, #Macron

Mascarade de l’antifascisme

16 Mai 2017 , Rédigé par L'oeil de Brutus Publié dans #Idées

Mascarade de l’antifascisme

La plupart des réflexions ci-après sont issues de la lecture du Crépuscule de la France d’en Haut de Christophe Guilluy (Flammarion 2016)

 

 

Pier Paolo Pasolini soulignait déjà en 1974 (!) qu’en abandonnant la question sociale, la gauche chercherait à instrumentaliser un « antifascisme facile qui a pour objet un fascisme archaïque qui n’existe plus et n’existera plus jamais ». Lionel Jospin reconnaîtra plus tard que cette « lutte antifasciste en France n’a été que du théâtre » et que le « Front national n’est pas un parti fasciste ». Et ce n’est pas un hasard si de BHL à Pierre Bergé, du MEDEF au entreprises du CAC 40, de Hollywood à Canal plus, les plus grands pourfendeurs du « fascisme » sont aussi les meilleurs zélateurs de la mondialisation. On remarque également que bien souvent les groupes « antifa » recrutent leurs membres non parmi les ouvriers mais parmi les jeunes diplômés de la bourgeoisie.

Cette instrumentalisation de l’antifascisme permet à des élites, qui devraient pourtant être totalement délégitimées et décrédibilisées – ne serait-ce que de par leurs résultats et les scandales à répétition –, de se trouver à bon compte une supériorité morale d’une part et en réduisant toute critique de la mondialisation à une dérive fasciste et/ou raciste. Bien évidemment, cette posture nécessite un ennemi et celui-ci est trouvé : le Front national, qu’il faut alors sur-médiatiser. Pour « lutter contre le fascisme », il s’agit alors, ni plus ni moins, que d’en faire la promotion ! et l’on se lance dans un « combat à mort » où l’on évitera à tout prix de détruire son adversaire pour, tout au contraire, en assurer la longévité. Mais en pratique, ce n’est pas vraiment le FN qui est en ligne de mire mais les classes populaires dans leur ensemble, le problème étant que ce n’est pas tant le FN qui influence les classes populaires que l’inverse : « le FN n’est qu’un symptôme d’un refus radical des classes populaires du modèle mondialisé » et les classes supérieures cherchent alors à fasciser les classes populaires pour discréditer et délégitimer leur diagnostic, « un « diagnostic d’en bas » qu’on appelle populisme ».

 

 

Il ne s’agit ainsi donc pas tant de cesser de dénoncer le Front National pour ce qu’il est réellement (un parti démagogue, opportuniste, sans réelles convictions ni programme consistant[i], conservant encore et toujours ses relents xénophobes et ses fréquentations plus que douteuses – lire Ce qu’est le FN ce qu’il n’est pas), mais d’admettre qu’à lui seul il n’est certes pas en mesure de mettre la République en péril (sinon il aurait dû être interdit depuis longtemps !). Par contre, beaucoup plus inquiétante est l’évolution prise par le mouvement « En Marche ! » et son guide charismatique, tout frais moulu président de la République (lire

Emmanuel Macron : en marche vers le fascisme ?). D’autant plus que bien peu ont relevé (et se sont inquiété) du fait (entre tant d’autres choses !), qu’avant même l’élection de M. Macron, il était possible pour une grande radio publique de censurer quiconque n’appelait pas à voter pour le camp du Bien au point d’en acculer l’humoriste Emmanuel Barré à démissionner de France Inter[ii].

Rappelons également qu'historiquement l'extrême-droite n'a pas le monopole du fascisme, loin de là : les différents mouvements fascistes recrutèrent souvent abondamment à "gauche", à commencer par Benito Mussolini et Pierre Laval qui firent leurs premières armes politiques respectivement au parti socialiste italien à la SFIO (tandis qu'à l'opposé, par exemple, la Résistance française compta nombre de membres anciennement issus de mouvements d'extrême-droite).

 

 


1 t sur ce point la prestation de Mme Le Pen au débat de l’entre-deux-tours fut criante de vérité.

Benoît Rayski, “Censuré”, l’humoriste Pierre-Emmanuel Barré quitte France Inter [archive], causeur.fr, 27 avril 2017

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« Le plan économique de Macron conduira la France au désastre (vidéo Pravda) » L’édito de Charles SANNAT

21 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La nation ., #La finance dérégulée, #l'horreur économique, #Macron

« Le plan économique de Macron conduira la France au désastre (vidéo Pravda) » L’édito de Charles SANNAT

« Le plan économique de Macron conduira la France au désastre (vidéo Pravda) » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Je me suis longuement entretenu avec nos amis russes au sujet de l’élection du nouveau président français et sur ce que cela risquait de changer pour nous autres pauvres petits « gens » d’en bas.

Voici comment la Pravda a résumé mes propos !

« Le plan économique de Macron conduira la France au désastre »

« Selon notre interlocuteur, Macron se voue corps et âme à l’œuvre de l’assujettissement de la France au grand capital mondial. Et il ne s’agit pas d’un complot parce que si complot il y a, il y a également un secret à garder. Or, ici, tout s’opère au vu et au su de tout un chacun sans que l’on s’en soucie ou prête attention. »

Pour ce qui est de l’ensemble européen, selon C. Sannat, il engendrerait un autoritarisme sans pareil à l’échelle de la feue Union soviétique.

Au départ, je me suis dit : « Ho ben zut alors, dans cette France béat d’amour pour notre jeune monarque, pardon président, je vais encore passer pour un esprit chagrin, auprès de qui rien ne trouve grâce ! »

Ils y sont sans doute allés un peu fort, je vais être fiché comme opposant et obtenir ainsi une fiche non pas « S » pour radicalisation, mais « O » pour opposant, ou même une fiche « I » pour impertinent…

Et à tout bien y réfléchir, finalement, les Russes de la Pravda ont raison : le plan de Macron conduira la France au désastre, mais sans doute pas de la façon que vous croyez.

Le désastre de la France c’est le succès de l’Europe !

On peut aimer ou pas Macron, adhérer à son projet ou pas, force est de constater que Macron n’a en aucun cas menti sur sa vision et son projet européen et mondialiste. Il n’y a rien de caché là-dedans. Tout a été dit ou presque !

Le peuple ne pourra pas plaider la surprise.

Pourtant, nos europathes béats, ceux qui pensent parce que TF1 et Pujadas leur ont dit que « l’Europe c’est paix » blablablabla, n’ont pas compris du tout que plus d’Europe cela, par nature, signifie moins d’États nationaux.

Moins d’Espagne, moins de Portugal, de Grèce… d’Italie, et parce que nous sommes Français, évidemment moins de France.

Notre pays s’est construit dans le sang et les larmes des potentats locaux, des baronnies, de nos régions. Pour que la France émerge comme nation, il a fallu éradiquer – oui relisez bien ce mot, éradiquer –… les identités locales !

Vous avez le même phénomène à l’œuvre aujourd’hui sous vos yeux pour l’Europe.

Pour avoir plus d’Europe, il faut éradiquer les identités nationales !

Cela veut dire d’ailleurs que l’Europe ne supporte pas la diversité, la vraie, elle ne peut pas accepter le contre-pouvoir que peut présenter un pays, son droit, sa justice, et aussi son peuple.

L’Europe est donc un projet profondément, complètement et totalement fasciste en ce sens où il implique l’annihilation des pays qui composent l’Europe pour que l’Europe puisse émerger comme une véritable entité.

La question que l’on doit se poser est la suivante : peut-il y avoir respect de la démocratie, des peuples, dans un tel ensemble ?

La réponse est évidemment non.

Macron porte haut et sans s’en cacher l’étendard de l’européisme. C’est pour lui l’alpha et l’oméga.

Son projet économique, social, ou autre est en réalité profondément secondaire.

Ce que nous devons bien voir, bien comprendre, c’est que l’objectif de Macron est de faire plus d’Europe.

Pour faire plus d’Europe, il faudra brader les intérêts de la France et des Français.

Tout cela sera masqué comme il se doit par les écrans de fumée nécessaires, relayé et appuyé par une presse bien-pensante, sans que jamais on ne demande aux Français ce qu’ils pensent, sans que jamais on ne leur pose la véritable, la vraie question : voulez-vous, oui ou non, la disparition de la France ?

C’est cela l’objectif, car il ne peut pas y avoir d’Europe avec de grands pays.

Je refuse de nous voir disparaître sans nous battre car je considère qu’il n’y a de protection pour les peuples qu’à travers les nations. Il n’y a dans ce constat ni racisme, car un pays peut accueillir, aimer et intégrer, ni nationalisme, car une nation peut être ouverte et pacifiste.

Il y a là la volonté de préserver une certaine idée non pas de la France uniquement, mais d’une civilisation, d’une culture millénaire, dont la richesse et la diversité sans pareil permettent à ce minuscule pays de 65 millions d’âmes à peine de maîtriser toutes les technologies de pointe actuelles.

En ce sens uniquement, Macron pourrait effectivement mener la France au désastre pas tant économique qu’à travers une forme de dissolution pure et simple de notre pays.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
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 « À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

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Législatives 2017, le RPS FIERS propose et oeuvre pour le rassemblement des forces souverainistes.

21 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La nation ., #La République, #Macron

Législatives 2017, le RPS FIERS propose et oeuvre pour le rassemblement des forces souverainistes.

Message de Lucien Pons, (RPS FIERS)

Nous sommes nombreux à penser que les élections de 2017 marquent un tournant dans le paysage politique. Lors des législatives il est peut être intéressant de faire entendre une voix différente, celle du rassemblement des patriotes. C’est la raison pour laquelle le RPS FIERS PACA a décidé de s’engager auprès de Geneviève Blache – candidate UPR - dans la 3° circonscription des Alpes-Maritimes. Le RPS FIERS – mouvement politique œuvrant pour le rassemblement des républicains patriotes des deux rives – essaie de favoriser ces rapprochements afin de constituer un groupe souverainiste à l’Assemblée Nationale. A Bordeaux le Président Pascal Chauvet est lui-même candidat dans une circonscription. En Gironde il y a des soutiens mutuels entre le RPS FIERS, S&P et l’équipe de Jean Lassalle. En pays d’Aix, le RPS FIERS soutient les candidats de la France Insoumise et les candidats de DLF. Dans les Alpes-Maritimes le RPS FIERS soutient l'UPR et d'autres candidats souverainistes. Le RPS FIERS soutient la candidature de la France Insoumise de Marc Jutier en Dordogne. Etc. ..

 

Message de Danielle Goussot, (RPS FIERS)

 

Nous sommes tous d'accord pour la sortie unilatérale de la France de l'Union européenne, de l'Euro et de l'OTAN.

C'est bien, nous pouvons nous réjouir, mais cela ne suffit pas.

Si nous n'avons pas de stratégie nous ne pourrons pas beaucoup avancer. D'ailleurs c'est ce qui se passe depuis 2005...ou même avant depuis Maastri ckt comme dit Seguin.

Nous savons que les Français sont largement mécontents de notre dépendance à l'UE et à l'Allemagne...et à l'ami américain.

Que l'on ne s'y trompe pas, en face nos ennemis ont des stratégie et des pédagogies plurielles. Et ils s'en servent!!!

Donc, si il y a bien une seule façon de s'en sortir, il y a plusieurs façons de parvenir à construire la convergence.

Il ne faut rien négliger pour pouvoir rassembler. Les gens sont timides sur le Frexit parce qu'ils ont peur. L’omniprésence de cet argument fait son oeuvre.

Le directeur de campagne de la France Insoumise pour le Vaucluse m'a dit que les gens avaient peur de la sortie de l'euro.

La peur des gens est un peu irrationnelle, et d'autant qu'ils se sentent seuls, pas représentés voire mal "aimés" voir toute la propagande sur l'égoïsme... ...d'où le succès Le Pen.

Cette peur s'évacuera à partir du moment où plusieurs mouvements mus par différents motifs ( colère, retraites, chômage, inégalités, morgue du gouvernement....) pourront converger.

Il faut entraîner les masses qui sont majoritairement en France pour cette sortie ; Or, avec une recomposition UMPS en face...nous avons un boulevard qui est d'ailleurs et presque malgré nous en train de s'élargir

et de nous tracer la route. Donc non pas en marche avec Pétain, mais en route avec les souverainistes libérateurs.

Danielle Goussot

 

 

Débat entre Nikonoff et Alexandre Devecchio ( Figaro et Comité Orwell)

 

https://youtu.be/8WrwvDpygEA

 

 

 

Victoire et défaite des idées souverainistes.

 PAR JACQUES SAPIR · 16 MAI 2017

Une contradiction forte marque la période actuelle. Le premier tour de l’élection présidentielle a révélé la victoire culturelle des idées souverainistes. Le second tour a entériné leur défaite. Les causes de cette défaite sont multiples. Cette défaite est due à la persistance de mécanismes idéologiques de diabolisation à l’égard du Front National. Mais, ces mécanismes ont aussi été réactivés par l’incapacité, notoire dans les retournements de la dernière semaine, d’articuler de manière claire un projet cohérent, et surtout par l’incapacité de porter ce projet de manière digne dans le débat télévisé. Cette défaite entérine tout autant les limites de la candidate, que ces limites soient idéologiques, politiques ou organisationnelles, que la division du courant souverainiste.

Rappelons les faits : les souverainistes ont explicitement réalisé plus de 47% des voix au premier tour si l’on additionne les suffrages qui se sont portés sur l’ensemble des candidats défendant des positions ou des thèses souverainistes. On peut penser, de plus, qu’il existait une réserve d’électeurs souverainistes dans la partie de l’électorat de François Fillon. Un certain nombre de ses soutiens, y compris au sein des députés, ne faisaient pas mystère de leur adhésion aux thèses souverainistes. Il est donc clair qu’implicitement, le souverainisme a été majoritaire au premier tour. Il l’a été sans céder quoi que ce soit sur ses positions, et en particulier sur l’Euro. Mais, il a été défait politiquement au second tour. L’opposition entre ces deux faits tout aussi indiscutables met en lumière à la fois la diversité des positions souverainistes et les difficultés de les réunir toutes ensembles.

 

L’unité impossible ?

Michel Wieviorka vient de publier un texte intéressant sur le site The Conversation ou il argumente que cet échec est dû à la coupure du mouvement souverainiste en deux parties irréconciliables[1]. De fait, cette analyse a l’apparence de l’évidence. Il y eut très peu de transferts de voix entre l’électorat de Jean-Luc Mélenchon et Marine le Pen. Mais, les causes de ce faible transfert sont elles structurelles, et c’est la thèse de Wieviorka qui pense qu’il existe une culture politique française rendant impossible la fusion des électorats, ou ne seraient-elles pas plus à chercher dans la conjoncture particulière de cette élection ?

Cette interrogation en rejoint une autre : le souverainisme est-il dual, comme le sous-entend Wieviorka, mais aussi d’autres analystes, et en particulier Alexandre Devecchio qui s’est exprimée ainsi dans l’émission que nous avons réalisé avec Jacques Nikonoff et lui sur Radio-Sputnik[2], ou bien la question est-elle plus complexe ? En fait, on peut tout autant douter de la binarité des courants souverainistes que l’on peut douter de leur incarnation politique parfaite dans des courants politiques précis. On comprend l’importance de ce sujet. Car, si Michel Wieviorka a raison, une alliance est impossible. Si, par contre, les mauvais report s’expliquent bien plus par le contexte idéologique dans lequel s’est déroulée cette élection, alors la conciliation entre les différents courants souverainistes apparaît bien plus possible. Surtout, peut-on penser une séparation radicale de ces courants ou, au contraire, n’ont-ils pas tous des aspects en communs ? Cela implique de revenir sur la différence entre les incarnations politiques et sur les courants souverainistes.

C’est cette analyse que l’on va ici développer. Je reprends ici une partie de la terminologie d’Alexandre Devecchio, en particulier celle concernant le souverainisme social et le souverainisme identitaire. Mais je suis le seul responsable de l’interprétation que je donne à ces termes.

 

Souveraineté et souverainismes

Si la souveraineté est une, et ne se divise pas (souvenons nous des textes constitutionnels), le souverainisme, lui, est traversé de plusieurs courants ou sensibilités. Ces courants, ou ces sensibilités, traduisent une approche de la revendication souverainiste qui est naturellement différente suivant les diverses personnes, mais aussi les contextes sociaux et familiaux.

Le premier est ce que l’on peut appeler un souverainisme social. Il s’enracine dans le constat que tout progrès social implique que la communauté nationale, ce que l’on nomme le peuple, soit souverain. Il comprend qu’il ne peut y avoir de progrès social sans une économie qui soit tournée vers le plus grand nombre et non vers l’accroissement de la richesse des plus riches, ce qui est le cas actuellement. Il analyse cet état de fait comme le produit des règles de la mondialisation et de la globalisation financière, dont la monnaie unique, l’Euro, est le point d’articulation au sein de l’Union européenne. C’est pourquoi, analytiquement et logiquement, il s’attaque à cet état de fait et réclame « au nom du peuple », et plus exactement au nom des travailleurs qu’ils aient un emploi ou qu’ils en soient privés, le retour à une souveraineté monétaire s’inscrivant dans le retour global d’une souveraineté politique. Il fait le lien entre la perte progressive de la souveraineté et la destruction, réelle ou programmée, des principaux acquis sociaux.

Le deuxième courant est le souverainisme traditionnel, que l’on peut nommer le souverainisme politique. Ses racines vont au plus profond de l’histoire de la France, se nourrissent des textes de Jean Bodin. Sa préoccupation essentielle est celle de l’Etat souverain, comme représentant du peuple (depuis 1789). Ce courant récuse la réduction de la démocratie à la seule délibération. Il comprend que la démocratie implique l’existence d’un cadre spatial dans lequel se vérifie la possibilité de décider mais aussi la responsabilité de ces mêmes décisions[3]. Ce courant analyse le processus de l’Union européenne non pas comme un processus de délégation de la souveraineté mais comme un processus en réalité de cession de la souveraineté. Or, cette dernière ne peut exister. Il en déduit la nature profondément anti-démocratique du processus européen. Il note que cette nature s’est révélée de manière explicite dans le traitement réservé par les institutions de l’Union européenne et de la zone Euro à des pays comme Chypre ou comme la Grèce. Ce souverainisme politique, qui fut incarné par Philippe Seguin ou Marie-France Garaud, s’est exprimé avec force en Grande-Bretagne avec le référendum sur le « Brexit ». Ce souverainisme politique est naturellement et logiquement l’allié du souverainisme social.

Le troisième courant incarne ce que l’on peut appeler un souverainisme identitaire. Partant d’une réaction spontanée face à la remise en cause de la culture, tant dans sa dimension « culturelle » au sens vulgaire, que dans ses dimensions politique et cultuelle, il est à la fois très vivace et très fort (caractéristique de tous les mouvements spontanés) mais aussi bien moins construits que les deux premiers courants. D’ailleurs, le grand historien Fernand Braudel a écrit sur ce sujet un fort beau livre, L’Identité de la France[4]. Il montre comment l’identité s’est construite petit à petit. Il n’y a donc rien de scandaleux de se réclamer d’une identité de la France, et de ce point de vu la sensibilité souverainiste identitaire est parfaitement admissible.

Si l’on peut comprendre la réaction que le fonde, il convient aussi de constater qu’il peut dériver vers des thèses xénophobes, voire racistes, d’où la possible porosité avec les thèses de groupes définis comme « identitaires ». Mais, il se pose néanmoins des questions qui sont les mêmes que celles du souverainisme politique en réalité, en particulier sur la question des nécessaires frontières. Il impose aussi à l’ensemble du mouvement souverainiste, en répercussion de ses potentielles dérives, une réflexion spécifique sur la nature du « peuple » et montre l’impasse d’une définition ethnico-centrée ou religieuse.

 

Pluralité des incarnations du souverainisme

Chacune de ces sensibilités, ou de ces courants, concourent à faire l’unité du mouvement souverainiste. Ils sont souvent le point d’entrée dans le souverainisme, et l’on peut prendre conscience de l’importance et de la centralité de la question de la souveraineté depuis ces différentes sensibilités. Mais on est conduit, si l’on analyse alors logiquement les raisons de cette prise de conscience, à considérer la souveraineté dans son ensemble, et le souverainisme comme un mouvement unissant, mais aussi dépassant, ces trois courants.

Ces divers courants, il convient ici de la souligner, ne s’incarnent pas dans des forces politiques différentes, qui – toutes – partagent, quoique dans des proportions diverses, ces diverses sensibilités du souverainisme. Le problème n’est donc pas la compatibilité organisationnelle de ces courants, mais leur compatibilité politique et philosophique.

Le mouvement « France Insoumise » de Jean-Luc Mélenchon incarne, bien sûr, le souverainisme social. Mais, il est très sensible – et l’évolution de Jean-Luc Mélenchon en témoigne – au souverainisme politique, et ce depuis les événements de Grèce de juillet 2015 qui ont laissé une trace profonde. Il n’est même pas exempt d’une forme se souverainisme identitaire, comme on a pu le voir dans le meeting de Marseille, dans la mesure où il marque la volonté d’affirmer la culture politique française, avec ses règles et sa laïcité face aux dérives communautaristes. C’est d’ailleurs ce point que la « gôche » traditionnelle, qui va aujourd’hui du P « S » (ou de ce qu’il en reste) au PCF, lui reproche.

Le parti de Nicolas Dupont-Aignan a incarné, au départ, essentiellement le souverainisme politique. Il est l’héritier de la position d’un Philippe Séguin. Il s’est ouvert, par la suite au souverainisme social même si, par choix politique, il a reculé sur la question de l’Euro. Cette reculade, que l’on pouvait comprendre dans le positionnement tactique d’une petite formation, a eu cependant des conséquences bien plus graves quant à la cohérence du discours tenu par Marine le Pen dans les derniers jours de la campagne. Il est aussi porteur d’éléments du souverainisme identitaire, même si il s’est toujours fermement et farouchement opposé à toute dérive raciste, ce qui est à son honneur.

Au Front National, le souverainisme identitaire a été constitutif de la naissance de cette formation, et ce dans ces formes les plus extrêmes. Si ce parti n’a jamais été un « parti fasciste », et l’on invite ici ceux qui utilisent cette expression à tort et à travers à relire l’histoire, il a été incontestablement à son origine un parti raciste et xénophobe. Mais, depuis maintenant de nombreuses années, il y a eu une prise en considération du souverainisme social et du souverainisme politique. Cette prise en compte de ces deux autres courants a entraîné une marginalisation progressive des thèmes initiaux. Les thèses purement identitaires ont d’ailleurs été partiellement rejetées hors de cette formation. Cependant, la mue n’a pas été totalement achevée.

Nulle formation politique n’incarne donc totalement et uniquement un des courants du souverainisme. Mais chacune des formations politiques a aussi sa propre histoire, et l’articulation particulière des sensibilités souverainistes y a construit une culture politique d’organisation qui est spécifique. L’importance de cette culture s’exprime dans le positionnement politique particulier de chacune de ces formations, mais aussi dans des réflexes souvent épidermiques qui peuvent en séparer radicalement les adhérents. Toute organisation tend à développer un « esprit de parti », qui se traduit dans les faits par une incapacité d’écoute du discours tenu par « l’autre », et qui peut dériver dans un sectarisme imbécile. Mais il y a aussi des divergences bien réelles. Et certaines d’entre elles peuvent justifier une fin de non recevoir mettant fin au débat et empêchant tout contact.

 

Les causes de la division

La traduction en des termes politiques de cette victoire culturelle que le souverainisme a remportée lors du premier tour n’a donc pas été trouvée. C’est pour cela que le souverainisme a été défait politiquement. Cela, les responsables des différentes organisations et mouvements politiques dans lequel s’incarne le souverainisme le savent. Pourquoi ne cherchent-ils pas alors l’union ?

Une première réponse réside dans le rêve de transcroissance du mouvement, rêve entretenu tant par les uns que par les autres. On voit son propre mouvement appelé à réunir sous le même toit tous les souverainistes. Mais ce rêve est eu mieux une illusion, au pire il porte en lui le cauchemar d’un repli sur une clôture sectaire, comme dans certaines sectes persuadées qu’elles sont les seules à détenir la « vérité ».

Une seconde réponse réside dans les habitudes prises, les pratiques quotidiennes, qui font qu’il est plus facile de rester dans son coin et de proférer des excommunications, de jouer la carte de la diabolisation, que d’affronter réellement le débat. Mais, le débat est-il possible, et est-il légitime ? On doit comprendre ici l’interdit absolu qui frappe un parti défendant des thèses racistes. Et tel était bien le cas du Front National à ses débuts. Mais, le changement est aussi incontestable. Alors, se pose la question d’où placer le curseur. Il est profondément contre-productif de prétendre qu’un parti est « anti-républicain » alors qu’il donne des gages multiples de son acceptation des règles de fonctionnement de la République. Mais il est important de savoir où se trouve la limite, et surtout si une organisation reste fermement en-deçà de cette limite, ou évolue par rapport à elle. Car, la question du racisme n’est pas la seule à constituer un interdit absolu ; il en va de même de la question du communautarisme. Très clairement, aucun débat organisé n’est possible soit avec une organisation défendant un point de vue raciste, soit avec une organisation défendant un point de vue communautariste. Si l’on veut penser un espace commun entre souverainistes, il faudra être très clair sur ces deux points.

De ce point de vue, l’existence d’un espace de débat est à la fois un mode de vérification de cette limite, mais aussi peut se transformer en un instrument incitant un parti à évoluer par rapport à cette même limite. Pour ce faire, le débat n’a pas besoin d’être explicite et dans un cadre commun ; il peut pour un temps rester dans le domaine de l’implicite. De fait, si le Front National a évolué par rapport à ses thèses originelles, la « France Insoumise » de Jean-Luc Mélenchon a elle aussi connue une inflexion sur la question de l’immigration (et sur l’intégration) et elle a adopté une position bien plus réaliste. Cela traduit le fait qu’un débat implicite s’est mis en place. Mais, on peut penser qu’un débat explicite aurait permis une meilleure clarification des positions des uns et des autres.

Une troisième réponse réside alors dans la volonté d’amener l’autre formation sur la totalité de ses positions. Ici encore, on est confronté à une « maladie infantile » des organisations : l’incapacité de reconnaître la légitimité de divergences. Il n’est pas nécessaire que les organisations adoptent le même programme, tiennent les mêmes discours, pour qu’elles puissent coopérer, et procéder par exemple à des désistements lors des élections. Mais, il est impératif que l’on sache ce qui relève de la divergence légitime et ce qui relève de l’interdit. La question du racisme, et au-delà la définition de ce qu’englobe le « peuple », c’est à dire la question du communautarisme, sont de celles qui relèvent de l’interdit. Au-delà, il convient de dire que le souverainisme s’oppose radicalement à deux idéologies, celle cherchant à fonder la communauté nationale sur des races et celle cherchant à la diviser en communautés séparées et distinctes. Le refus absolu du racisme doit s’accompagner d’un refus tout aussi absolu du communautarisme. C’est l’essence même de la cohérence souverainiste.

 

Les conditions de l’unité

On connaît la formule, mais, pourtant, jamais n’a-t-elle été autant d’actualité : « l’histoire nous mord la nuque ». Cette citation est extraite d’un ouvrage co-écrit par Daniel Bensaïd, militant et philosophe trotskyste, mort en 2010 et Henri Weber[5]. Elle ne dépare pas ici dans un texte sur le souverainisme. Peu de gens le savent, mais Bensaïd, que j’ai connu et avec qui j’ai polémiqué (sur la nature de l’URSS) en d’autres temps, était aussi l’auteur d’un livre sur Jeanne d’Arc[6]. Dans un entretien, quelque temps avant sa mort, Bensaïd était revenu sur Jeanne d’Arc et précisait son intérêt : « Jeanne d’Arc ébauche l’idée nationale à une époque où la nation n’a pas de réalité dans les traditions dynastiques. Comment germe, aux franges d’un royaume passablement en loques, cette ébauche populaire d’une idée nationale ?[7]». Fort bonne question, en effet. C’est celle du double mouvement de constitution et de la Nation et du Peuple qui était posée en réalité. Cette question, elle est à la base de la constitution du mouvement souverainiste.

Si, donc, nous voulons refuser au gouvernement d’une minorité, et l’on doit rappeler ici que les thèses européistes sont minoritaires en France, il nous faut trouver une solution qui tout à la fois unisse philosophiquement les trois courants du souverainisme et qui politiquement permette aux formations politiques incarnant ce souverainisme de coopérer dans l’arène particulière du combat politique. Sinon, les souverainistes, quoi que majoritaires, seront toujours vaincus. N’ayons aucun doute sur la volonté de nos adversaires, qui disposent de moyens puissants, en particulier en matière de presse et de médias, et qui chercheront sans cesse à diaboliser les uns ou les autres, pour continuer d’enfermer les français dans le piège qui a conduit à l’élection d’Emmanuel Macron.

Cette solution passe par la construction d’un espace de débat, un espace de controverse, permettant de construire les contacts nécessaires au désarmement progressif des réflexes sectaires. Cet espace pourrait aussi inclure des accords de désistement, ou à tout le moins des pactes de non-agression. Mais, la construction d’un tel espace exige aussi que l’on soit clair sur le refus conjoint de tout racisme et de tout communautarisme. C’est une condition absolue à l’existence et à l’efficacité d’un tel espace.

 

Notes

[1] Wieviorka M., « Deux populismes valent mieux qu’un ! », note publiée le 14 mai 2017, https://theconversation.com/deux-populismes-valent-mieux-quun-77666

[2] Voir, « Chroniques de Jacques Sapir » sur Radio-Sputnik avec Alexandre Devecchio et Jacques Nikonoff. On peut réécouter le débat ici :https://fr.sputniknews.com/radio_sapir/201705111031344230-france-spectre-politique-recomposition/

[3] S. Benhabib, « Deliberative Rationality and Models of Democratic Legitimacy », in Constellations, vol. I, n°1/avril 1994.

[4] Braudel F., L’Identité de la France, 3 volumes, Flammarion, Paris, 2009.

[5] Bensaïd D., Weber H., Mai 1968. Une répétition générale, Maspero, Paris, 1969.

[6] Bensaïd D., Jeanne de guerre lasse, Paris, Gallimard, « Au vif du sujet », 1991.

[7] http://www.danielbensaid.org/Il-y-a-un-mystere-Jeanne-d-Arc

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La France "En Marche" de Pétain à Macron ! "En Marche" avec l’Uber-chauffeur Macron ! Par Christophe Certain.

21 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #La guerre, #Le grand banditisme, #Economie, #Les transnationales, #l'horreur économique, #Macron

lundi 8 mai 2017

 

La France "En Marche" de Pétain à Macron !

 
 

"En Marche" avec l’Uber-chauffeur Macron !

 

http://k6fm.com/images/stories/flexicontent/l_emmanuel-macron-en-marche-poing-lev.jpg





Toutes les dictatures sont "conduites" par un guide suprême !
Le Duce Benito Mussolini, le Führer Adolf Hitler ou le Conducător Nicolae Ceaucescu, ce sont au sens premier des conducteurs, bref des chauffeurs. 
"Führer" vient du verbe allemand "fahren" qui veut dire conduire. 
"Duce" vient du mot latin dux, qui signifie conducteur. 
Pas besoin de traduction pour le "conducator" Ceaucescu. 
Le dictateur est celui qui guide le peuple, dans une dynamique de mouvement. 
Un "mouvement" tellement présent dans le parti "En Marche" d’Emmanuel Macron qu’on ne peut qu’en conclure qu’il est lui-même le conducteur de ce "mouvement" et qu’il se propose d’être lui-même le "chauffeur" de la France.
Est-ce un hasard alors si "la France en Marche" était le slogan du gouvernement de Pétain ? 

Il se situait exactement dans la logique du "Führer" et du "Duce", puisque si la France était en marche, Pétain était forcément celui qui conduisait cette marche, le "conducator" à la française. 
Quand on tente de nous imposer le vote Macron comme un barrage contre le fascisme, on commence à se demander si le Front national n’est pas l’ennemi apparent, le véritable ennemi avançant masqué. 


 

 


 

Cette obsession pour le mouvement rappelle d’ailleurs étrangement l’injonction omniprésente de la "mobilité" dans le catéchisme managérial. 
Si vous n’avez pas de travail c’est parce que vous n’êtes pas assez mobile. 
Personne ne veut être "mobile". 
La mobilité permanente, comme fin en soi, c’est l’affaiblissement ou la destruction des liens, des structures, de la famille, des amis, des repères, pour que in fine, l’homme/femme sans lien et sans repère soit totalement soumis au "mouvement" qu’on va lui imprimer.

Dès lors, on peut s’inquiéter à juste titre du nom "En Marche" du parti politique d’Emmanuel Macron. 

En marche vers quoi exactement ? 
Quel est le sens de ce "mouvement" politique ? 
Peut-être vaut-il mieux que nous ne le sachions pas. 
Cette marche, comme la "mobilité", n’a pas d’autre but qu’elle-même, tourner sur place pour étourdir les gens et les rendre plus aisément manipulables, tout en rejetant sur eux leur incapacité à trouver une place dans la société. 
Attali dit que dans la société idéale ubérisée "pour ceux qui n’ont pas de talent ce sera plus difficile". 
Si vous êtes au chômage, ce n’est pas parce que votre usine a été délocalisée en Chine, c’est tout simplement parce que vous manquez de talent. 
C’est la mobilité des gobelets dans le bonneteau financier, le mouvement des travailleurs dans le jeu des chaises musicales.

 

L’Uber-chauffeur est le modèle macronien de l’homme nouveau !

 



 

Mais on touche le sublime lorsqu’on en arrive à l’éloge de l’homme "ubérisé". 
Si l’on reprend notre métaphore du dictateur comme "conducteur", du peuple, comment ne pas prendre acte du fait que l’emblème de la révolution macronienne est le "chauffeur" Uber ? 
"L’Ubérisation" de la France est sur toutes les lèvres. 
Attali le dit explicitement : "je pense qu’on va vers une ubérisation générale du travail qui n’est pas une mauvaise chose en soi".
Si l’ubérisation de la France est "en marche", alors Macron devient métaphoriquement le chauffeur Uber, l’Uber-chauffeur de la France !
Tout ce corpus est tellement riche de symboles, que c’en est même trop. 

Ce n’est plus une métaphore filée, c’est un feu d’artifice, c’est notre avenir qui s’écrit en lettres de feu dans cette ubérisation des esprits.
Le chauffeur de taxi est le prototype idéal de l’homme ubérisé. 

Par une incroyable conjonction du sens, le chauffeur de taxi est évidemment "mobile". 
"Automobile", même si l’on peut se permettre un jeu de mot, comme Macron qui n’hésite pas à dire que la société Uber "offre des perspectives de mobilité" à ses chauffeurs de taxi. 
Il s’agit également en l’occurrence de mobilité sociale, mais quelle perspective de mobilité sociale peut bien offrir un travail de semi-esclave sous-payé ? 
Assurément aucune, à part l’envie d’en sortir très vite. 
Macron se paye de mots. 
Aucune importance, qui a relevé ces paroles ? 
Comme tous les vrais dictateurs, Macron annonce ce qu’il va faire et il va le faire. 

 

http://www.solidariteetprogres.org/IMG/jpg/uber.jpg

 

 


"über" signifie "au-dessus de" en Allemand. 
Le modèle de l’homme nouveau hitlérien, celui que les dictatures les plus ambitieuses ont toujours cherché à créer, s’appelait l’Ubermensch, littéralement, le surhomme. 
"J’ai vu l’homme nouveau et j’ai eu peur" a pu ainsi déclarer Hitler dans l’un de ses discours. 
Le slogan de l’Allemagne hitlérienne était "Deutschland über alles". 
Un vocable décidément très connoté, même s’il s’agit d’un mot courant en Allemand. 
Depuis que l’on parle de cette société Uber, je m’étonne toujours d’une part que des dirigeants aient osé donner un nom pareil à leur société, connaissant les antécédents, et d’autre part que personne n’ait jamais fait le lien entre une société qui crée un modèle de chauffeur esclave et un mot dont le souvenir en France est directement lié au nazisme. Cela va au-delà d’une erreur de marketing. 
C’est un modèle de société qui voit le jour, un modèle revendiqué en filigrane, volontairement ou de façon inconsciente. 
On peut d’ailleurs remarquer au passage que ce mot "société" désigne aussi bien une société à but lucratif, comme Uber, que la structure civile dans laquelle nous vivons, "la société". 
Uber est donc le modèle futur de la société. 
C’est un modèle commercial.
 

 

 


Puisque l’on parle beaucoup du fascisme en ce moment, rappelons que la vraie nature du fascisme, comme il a été instauré en Italie, mais aussi en Espagne ou en Amérique du Sud, est l’alliance de l’état et des puissances financières et industrielles, contre les citoyens. 
Le fascisme interdit ou corrompt les syndicats, réprime les grévistes, supprime le droit du travail et capte tout l’argent disponible à son profit. 
En se focalisant sur les aspects purement répressifs, on perd de vue que la violence n’est qu’un moyen au service de l’asservissement du peuple. 
Le travail forcé, l’esclavage par la dette, l’ubérisation sont des méthodes fascistes. 
Toute la subtilité vient du fait qu’il n’est plus nécessaire de recourir à la schlague pour faire travailler le populo. 
En actionnant depuis 40 ans les leviers de la dette, en dérégulant le marché du travail, en délocalisant les usines, en important massivement des travailleurs immigrés, l’ingénierie sociale a "conduit" les Français à s’auto-fasciser, se mettant eux-mêmes en situation de demandeurs pour des travaux ingrats et sous-payés. 
Un rêve néo-libéral, un rêve fasciste prend forme.
Macron nous dit lui-même de l’homme ubérisé que "la rémunération ne suit pas toujours, mais il a accès à l’activité économique". 

 

 

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De quoi parle-t-on ici ? 
Prenons acte tout d’abord de l’extraordinaire inversion des objectifs et des moyens : l’activité économique, c’est-à-dire le travail, nous est présenté dans cette citation comme le but essentiel. 
Il "a accès" à l’activité économique, comme si c’était un droit essentiel, au même titre qu’on "a accès" à l’éducation, ou à l’eau courante, mais un accès décorrélé d’un quelconque salaire. 
La rémunération, qui est pourtant le but essentiel du travail, et bien souvent le seul, nous est présentée ici comme accessoire, elle ne "suit pas toujours". 
C’est-à-dire qu’on peut à la limite travailler gratuitement, ou pour une rémunération symbolique, comme les contrats à 1€ de l’heure pour les migrants en Allemagne, l’essentiel étant pour Macron "d’avoir accès à l’activité économique".
Évidemment, dans une situation provisoire, il est toujours préférable d’avoir un travail mal payé que pas de travail du tout, mais l’ubérisation du monde ne permettra jamais que les choses s’améliorent, bien au contraire. 

Comme la "mondialisation heureuse" d’Alain Minc, autre mentor de Macron, l’ubérisation heureuse ne verra jamais le jour. 
Il faudra au contraire accepter toujours plus de précarité, pour des salaires toujours plus faibles. 
Faute de sortir de l’euro et de l’union européenne, la seule voie économique que suivent nos dirigeants est la baisse massive des revenus des Français. 
Voilà le programme réel de Monsieur Macron et consorts. 
Préparez-vous à être ubérisé.


Par Christophe Certain (son site ici)
Source :
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/
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NON, le POUVOIR ne doit pas devenir le Conseil d'Administration de la filiale FRANCE de la multinationale ALLEMAGNE ! [Une tribune libre de Jean Lévy]

17 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La nation ., #La guerre, #Macron

Publié par El Diablo

NON, le POUVOIR ne doit pas devenir le Conseil d'Administration de la filiale FRANCE de la multinationale ALLEMAGNE ! [Une tribune libre de Jean Lévy]

Après la présidentielle : la leçon à en tirer : lors des élections législatives les 11 et 18 juin prochains : pas une voix ne doit aller aux mauvais bergers qui ont fait gagner Macron, quel que soit le sigle dont ils s'affublent.

Le nouveau Président de la République ne s'en cache pas : il veut activer l'intégration de notre pays dans l'ensemble européen : en clair faire à terme de la France une région - un land - au sein d'une Europe fédérale.

Pour atteindre ce but, Macron veut transformer les institutions républicaines de notre pays en une administration totalement obéissante et dévouée à son chef. Sa politique a pour objectif d'adapter l'ensemble de nos lois aux impératifs définis par la Commission de Bruxelles, c'est-à-dire répondre aux vœux impératifs de Business Europe, le Medef européen. A commencer par "la libération du travail" - en fait la libération de toute obligation pour les patrons envers les salariés - par la liquidation du Code du Travail, considéré comme une entrave à la "libre entreprise".

Mais pour atteindre sans délais cet objectif, il faut à Macron une majorité parlementaire à sa botte. C'est dans cet esprit que son staff choisit ses candidats, ses futurs députés.

De fait, ceux-ci ont été recrutés par un DRH, sur la base d'un CV de motivation, analysé comme un engagement personnel en faveur du PDG de l'entreprise France. Quand on pense qu'il s'agit des futurs "représentants du peuple", on reste confondu face à cette accélération du pouvoir personnel. N'est pas Charles de Gaulle qui veut : il ne faut pas confondre "la France Libre" et la banque Rothschild !

Mais pourquoi en est-on arrivé là ?

La découverte de l'oiseau rare, son envol, tel l'Empereur débarquant de l'île d'Elbe, a en quelques mois déferlé sur la France dans un climat de terrorisme médiatique. L'enfant béni de l'oligarchie depuis les fonds baptismaux de la banque Rothschild et de l’Elysée, choisi par les grands prêtres du Capital, Jouyet et Attali, aidés par les soutiers de l'info, les Patrick Drahi, les Xavier Niel, Mathieu Pigasse et Pierre Bergé, les Lagardère... soutenus agressivement par les maîtres des chaînes de radio et télés publiques.

Tout ce beau monde a créé un climat de guerre civile idéologique : les partis, les hommes qui osaient s'élever contre Emmanuel Macron, étaient désignés à la vindicte publique comme force obscure de trahison.

Et ils ont osé appelé ce déferlement totalitaire une "campagne électorale" : d'un côté les forces du Bien En Marche vers le pouvoir face au forces du Mal, le Front National, puis la France Insoumise. Et les médias de soutenir à 50% les Anges gardiens du système et de dénoncer à 50% les possédés du Diable. C'est ce qu'ils appellent l’équité !

Jamais la France et les Français n'ont été victimes d'un tel feu roulant de l'idéologie en place. Même sous l'Occupation, la propagande quotidienne n'avait atteint un tel degré d'intensité. Chacun savait alors que "Radio-Paris ment, Radio Paris est allemand" ...

  1. la pluralité de façade, qui fait encore illusion, recouvre une machinerie unique, dont les maîtres d'œuvre sont les forces de l'argent. Celles-ci sont pressées : les pratiques parlementaires anciennes, avec de longs débats, des controverses publiques, le temps pour le peuple hostile de s'organiser et de s'opposer dans la rue, ne sont plus de mise par l'oligarchie. Celle-ci est pressée par la logique de la rotation accélérée du capital, inhérente à sa financiarisation à sa concentration et à la mondialisation... Plus que jamais, pour lui, le temps, c'est de l'argent.

    D'où l'objectif du nouveau pouvoir Macronien de recourir aux ordonnances, une procédure sans vote des Assemblées, une sorte de recours autorisé de 49.3 permanents. Cette période d'exception, les Français l’ont déjà connue dans leur histoire : les derniers gouvernements de la IIIème République y ont eu recours en 1938, sous forme de "décrets lois" décidés hors d'une Chambre des Députés mise en vacances.

    On connaît la suite : la mise hors la loi du parti communiste pour délit d'opinion, la chasse aux militants et quelques mois plus tard, face à l'assaut de notre pays par les Panzers Division la défaite, l'occupation des 2/3 de notre territoire, les pleins pouvoirs accordés à Pétain et à son Etat Français le 10 juillet 1940. Les parlementaires d'alors se sont jetés dans les bras d'un Sauveur étoilé pour "éviter Hitler"....

Ils ont eu Pétain qui les a jetés à Montoire dans les bras d'Hitler pour construire ensemble une "Europe nouvelle" pour mille ans...

Aujourd'hui, l'histoire semble recommencer. Certes, les personnages ont changé. Les circonstances sont différentes. Plus de SA, plus de SS, plus de Gestapo, plus de miliciens à leur service...

Mais les objectifs demeurent : placer la France économiquement et politiquement dans l'orbite allemande, au nom d'une collaboration renouvelée : l'Allemagne disposerait de l'industrie, contrôlerait la monnaie, tandis que la France se contenterait du tourisme et des emplois de proximité.

Tels sont les enjeux de la partie qui commence aujourd'hui.

Mais comment en est-on arrivé là ?

Sans refaire l'histoire des dernières décennies, disons que de capitulation en capitulation de la classe politique, les dirigeants dits de "gauche" avec le PS et de droite avec Chirac et Sarkozy ont berné notre peuple avec le mirage européen.

Les yeux s'ouvraient, la population française semblait s'écarter du chemin tracé par "les élites".
La pauvreté, la misère même, atteignaient de larges couches de la société. La colère aussi.

Le rêve européen annoncé faisait place à un cauchemar, gros de révolte.

La résistance populaire prenait forme. Il était temps pour l'oligarchie menacée de réagir.

Aussi, la bourgeoisie française aux affaires a senti qu'il fallait à la fois berner encore une fois le peuple, lui donner l'illusion de renouveau et, simultanément désigner à la vindicte publique un danger énorme, menaçant comme un personnage issu de "la guerre des étoiles", pour égarer sa colère. Telle s'est développée la campagne contre la menace de "l'extrême-droite", le FN et Marine Le Pen, diabolisés, tel l’antéchrist contre lequel tout le monde devait se mobiliser. Il fallait en faire un leurre de masse pour faire tomber le peuple dans le panneau.

Disons-le tout net, l'opération a réussi dans sa phase présidentielle. Un grand nombre d'électeurs a regardé le doigt lepéniste sans voir la lune oligarchique.

Et Macron revendique aujourd'hui "d'être le président le mieux élu de la Vème République".

Et, avant le scrutin, il avait prévenu : "En votant pour moi, vous approuvez mon programme et mes objectifs"

Ainsi a été intronisé Emmanuel Macron Président.

La responsabilité en incombe aux mauvais bergers de la fausse gauche, aux dirigeants du PCF, Pierre Laurent en tête, aux responsables CGT, qui ont fait voter Macron. C'est grâce à eux que Macron se "déclare le Président le mieux élu de la Vème République" !

Sans les millions d'électeurs populaires qui ont suivi ces consignes, Macron ne serait pas aujourd'hui Président de la République.

« J'appelle à nouveau tous les responsables de gauche, de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, à joindre leur voix à la nôtre pour dire qu'il faut se déplacer le 7 mai pour empêcher Marine Le Pen d'être élue », a ensuite insisté M. Laurent sur BFMTV.

Mélenchon n'est pas tombé dans le piège.

Les responsables du PCF, de la CGT qui ont ainsi trompé les Français, se sont disqualifiés à jamais à l'égal des élus de mai 36 du Front populaire, qui ont voté les pleins pouvoirs à Pétain en 1940.

Cette leçon doit avoir des suites lors des élections législatives les 11 et 18 juin prochains.
Pas une voix ne doit aller aux mauvais bergers qui ont fait gagner Macron, quel que soit le signe dont ils s'affublent.

Un seul mot d'ordre doit guider notre choix :

Tout faire pour échouer Macron, l'empêcher d'obtenir une majorité à l'Assemblée.

Ainsi nous gagnerons une première bataille, celle des ordonnances, qui ne pourront ainsi avoir l'aval des nouveaux députés.

Jean Lévy

sur son blog :

NON, le POUVOIR ne doit pas devenir le Conseil d'Administration de la filiale FRANCE de la multinationale ALLEMAGNE ! [Une tribune libre de Jean Lévy]
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Message de Pascal Chauvet, président de RPS FIERS: "Je suis candidat !".

16 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #Macron

Message de Pascal Chauvet, président de RPS FIERS: "Je suis candidat !".

Non monsieur Macron n’est pas majoritaire dans le pays, seul 20% des citoyens ont voté pour ce pur produit de la finance internationale soutenu par tous les requins du MEDEF. Comme d’habitude, ils ont agité leur marionnette Le Pen pour faire voter les citoyens contre leurs intérêts. Ce monsieur a pour objectif de supprimer nos communes, cellules de base de la démocratie et du lien social entre les citoyens. Il a également pour objectif de supprimer nos départements qui sont les bras armés de la solidarité avec les plus fragiles, la petite enfance, l’éducation, la santé, l’aide à nos ainés et l’aide aux associations qui tissent la société. Il veut également faire disparaitre la nation France, seul entité capable de protéger son peuple. Il veut détruire tout ce qui fait notre histoire et à commencer ce qui fait notre histoire sociale, l’héritage du CNR, la sécurité sociale, les retraites par répartitions, la caisse d’allocations familiales. Mais aussi notre code du travail qui transcrit plus d’un siècle de conquis dans les luttes des travailleurs de notre pays, il veut faire disparaître le SMIC, la durée légale du travail, les services publics d’éducation et de santé.

Quel citoyen de notre pays peut voter pour un tel programme sans se sentir responsable des malheurs qui s’abattront sur les générations futures ?

Alors, quoiqu’il m’en coute, je serai candidat aux législatives dans un mois, candidat pour défendre nos communes, seules capables de s’occuper des besoins de ses citoyens, défendre nos départements, héritages eux aussi de la révolution et maillons essentiels de la cohésion et de la solidarité nationale, défendre notre nation, son histoire, mais aussi seule capable de nous protéger contre toutes les agressions, mercantiles ou militaires.

Je serai candidat pour défendre l’idéal d’Ambroise Croizat, une sécurité sociale universelle qui protège et subvient aux besoins de tous les citoyens de la naissance à la mort. Je serai candidat pour défendre les droits des citoyens à vivre dignement, de leur travail pour ceux qui en ont, mais aussi tous les autres.

Et pour défendre tout ça, quoiqu’en disent les uns ou les autres, je n’aurai pas d’autre choix que d’être candidat pour la souveraineté du peuple, souveraineté inscrite dans notre constitution, mais ils ne sont plus à une trahison près, et donc être candidat pour la sortie unilatérale et sans conditions de la dictature de l’UE, de l’euro et de l’OTAN.

Je serai le candidat du peuple souverain
pour que reviennent « Les Jours Heureux »

 

Pascal CHAUVET
RPS FIERS

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La Commission fait monter la pression budgétaire sur la France, moins d’une semaine après l’élection présidentielle Le journal "Ruptures".

14 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #l'horreur économique, #Le fascisme, #Macron

La Commission fait monter la pression budgétaire sur la France, moins d’une semaine après l’élection présidentielle

Moscovici présentation

A l’occasion de la présentation des prévisions économiques européennes, le Commissaire Pierre Moscovici a salué l’élection du très pro-UE Emmanuel Macron, tout en l’appelant à accélérer les coupes dans les dépenses publiques

C’est peu dire que Bruxelles a accueilli l’élection d’Emmanuel Macron avec soulagement et enthousiasme. Pour autant, l’engagement pro-UE du nouveau maître de l’Elysée ne lui vaudra aucune indulgence particulière de la part de la Commission européenne. Cela va certes de soi, mais on n’est jamais trop prudent, a dû estimer Jean-Claude Juncker, président de l’exécutif européen. Dès le lendemain du scrutin, celui-ci le rappelait sans guère prendre de gants diplomatiques.

Le Commissaire aux Affaires économiques a réitéré le message jeudi 11 mai. Présentant les prévisions conjoncturelles européennes de printemps, Pierre Moscovici – qui fut lui-même locataire de Bercy avant Michel Sapin – a gentiment remis la pression, tout en s’en défendant officiellement.

Il s’est d’abord bien sûr réjoui du verdict des urnes : « personne ne devrait bouder son plaisir », a-t-il affirmé tout sourire, prévoyant que le nouveau chef de l’Etat français « aura à cœur de faire progresser la gouvernance de la zone euro et les politiques économiques européennes ». Il défendra fortement le projet de créer un budget propre de la zone euro et un ministre des Finances commun, s’est réjoui M. Moscovici.

Ces intentions se situent en fait dans la droite ligne de ce que défend traditionnellement Paris – déjà en son temps, Lionel Jospin plaidait pour « un gouvernement de la zone euro » – mais n’enchantent guère Berlin, peu enthousiaste à l’idée que les finances allemandes servent peu ou prou à renflouer les pays « à la traîne », notamment du sud.

Conscient de cela, l’ex-banquier de chez Rothschild a insisté lors de sa campagne sur son intention d’accélérer les coupes budgétaires et les « réformes » en France de manière à se présenter en élève modèle face aux dirigeants allemands, qui seraient ainsi plus enclins à faire des concessions.

Cette démarche a les faveurs de l’ex-dirigeant socialiste Pierre Moscovici, mais celui-ci est conscient des oppositions qu’elle devrait rencontrer : « il reste à voir si les conditions seront entièrement favorables » a noté prudemment ce dernier.

Prévisions puis « recommandations »

Passant aux prévisions proprement dites, le Commissaire a passé en revue les différents pays sur la base du rapport de ses services. Une semaine plus tard (le 18 mai), la Commission présentera ses « recommandations » (contraignantes) pour chacun des Etats membres.

Pour la zone euro, les pronostics de croissance se veulent « optimistes » : le PIB s’accroîtrait de 1,7% en 2017, et 1,8% en 2018 (cette dernière prévision est évidemment très aléatoire). Les taux officiels de chômage devraient légèrement diminuer : 9,4% en 2017, et même 8,9% en 2018. Quant aux déficits publics, ils s’établiraient en moyenne pour les Dix-neuf à 1,4% du PIB en 2017, et à 1,3% en 2018.

Dans ce contexte, la France apparaît toujours aux yeux de Bruxelles comme un cancre. Certes, le déficit fin 2017 devrait s’établir à 3% du PIB, juste à la limite de la norme autorisée. Mais, encore à l’automne dernier, Michel Sapin affirmait mordicus qu’il réussirait à atteindre l’objectif préalablement imposé par Bruxelles, soit 2,7%.

Le locataire de Bercy se félicitait même de pouvoir réaliser « 46 milliards d’économies entre 2015 et 2017 », un montant qui aura cruellement manqué aux budgets de l’Etat, des collectivités locales, et de la protection sociale. Mais il s’agissait d’un engagement pris en février 2016 en échange d’un « délai de grâce » exceptionnel de deux ans accordé à la France pour rentrer dans les clous.

Procédure de déficits excessifs

Or en 2018, prédit d’un œil noir la Commission, le déficit français pourrait remonter à 3,2%, sur la base d’une croissance pronostiquée à 1,7%. Si une telle « dérive » se confirmait, Paris resterait soumis à la procédure de surveillance rapprochée prévue en cas de « déficits publics excessifs ». Aujourd’hui, outre la France, l’Espagne et le Portugal font l’objet de cette procédure infamante.

Certes, le nouveau président s’est engagé à renouer avec une stricte obéissance aux normes budgétaires européennes. Reste que passer en dessous des 3% semble quelque peu contradictoire avec des promesses de campagne, non pas tant en faveur du monde du travail (qui n’a pas grand-chose à attendre) que des entreprises : M. Macron a en effet promis de pérenniser le Crédit d’impôt dit pour la compétitivité et l’emploi (CICE), soit 20 milliards – une paille.

Le nouveau maître de l’Elysée compte sur sa réforme choc « du marché du travail » (et donc du code du même nom) par ordonnances pendant l’été pour négocier une indulgence provisoire de Bruxelles… et de Berlin. Le grand argentier allemand, Wolfgang Schäuble, a certes affirmé le 9 mai que son gouvernement « ferait tout pour soutenir Macron » ; mais cela ne signifie certainement pas qu’il faiblira sur les exigences budgétaires.

Bruxelles condescend à « donner sa chance » à la France…

Si Pierre Moscovici entendait rappeler que la Commission n’oublierait pas d’appliquer ses règles, il a cependant voulu adopter un ton bienveillant vis-à-vis de son pays d’origine : descendre au-dessous des 3% à la fin de 2017 (et quitter ainsi la procédure de déficits excessifs), c’est « jouable », c’est « à portée de la main », a affirmé le Commissaire, faisant allusion aux engagements du nouveau président.

Puis il a résumé : « mon message n’est pas un message de pression, en aucun cas un message de sanction, c’est un message de confiance et de bienvenue » à l’égard d’un homme qui « connait bien les règles européennes ». « Donnons-lui sa chance », a-t-il conclu.

Bruxelles qui condescend à « donner sa chance » à la France… Parfois, une brève formule en dit bien plus qu’un long discours.

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Macron est « fabriqué » selon Michel Onfray,Sur Public Sénat par Comité Valmy

14 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #Les média, #Macron

Macron est « fabriqué » selon Michel Onfray
Par Public Sénat

samedi 13 mai 2017, par Comité Valmy

Macron est « fabriqué » selon Michel Onfray

Le philosophe Michel Onfray se veut extrêmement critique dans son analyse de cette campagne présidentielle. Lui s’est abstenu au premier tour et ce pour deux raisons. La première est qu’il s’est senti victime d’un « coup d’état » quand le « non » au référendum de 2005 sur la Constitution européenne n’a pas été suivi des effets escomptés : « Il y a eu une rupture de contrat social ». Et la deuxième est cette division entre « petits » et « grands » candidats que le philosophe trouve ambigüe : « Tout a été fait pour que le goulot d’étranglement arrive à ce qu’il s’est passé là (…) Regardez, les « petits » candidats sont tous des gens qui sont contre la formule libérale de l’Europe. Drôle, hein ? Et tous ceux qui sont des « grands » candidats sont tous des gens qui sont pour la formule de l’Europe ». Pour Michel Onfray, les « petits » sont là pour « permettre d’amuser la galerie » pendant que les « sérieux » prennent l’espace.

 

Quand au résultat de l’élection, le philosophe est catégorique, il a déjà eu lieu : « C’est une élection à un tour, l’élection présidentielle. Et le président a déjà été élu hier [dimanche NDLR]. La preuve, il a déjà fait la fête ».

 

Pour Michel Onfray, Emmanuel Macron « est fabriqué » : »Benoît Hamon avait été choisi pour perdre [à la primaire NDLR] (…) Les gens ont oublié qu’il y a eu un bourrage d’urnes au Parti socialiste. Cela n’a posé aucun problème (…) Quand on bourre les urnes, c’est qu’on veut pousser un candidat (…) en faisant de telle sorte qu’il puisse descendre tellement bas, que ça ouvre la route à Macron ».

 

Invité de l’émission « On va plus loin », le philosophe Michel Onfray, analyse la campagne présidentielle du premier tour.

 

Interview intégrale de Michel Onfray par publicsenat

Interview intégrale de Michel Onfray

25 avril 2017
Mise en ligne CV : 10 mai 2017

Source :

Public Sénat

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La fabrication du produit Macron et la soumission de la presse…ou comment la démocratie est menacée ! Par Jacques Cotta

14 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #Macron

La fabrication du produit Macron et la soumission de la presse…ou comment la démocratie est menacée !  Par Jacques Cotta

La fabrication du produit Macron et la soumission de la presse…

…ou comment la démocratie est menacée !

Par Jacques Cotta2017: 

Sommaire

Journaliste depuis plus de 30 ans –le temps passe- je croyais avoir assisté durant ma vie professionnelle à un long déclin démocratique qui avait atteint le fond. La campagne présidentielle qui vient de se terminer par l’élection d’Emmanuel Macron vient démentir ce pronostic tout compte fait optimiste. Jamais en effet de mémoire professionnelle un tel point de soumission de la presse à des intérêts particuliers incarnés par le candidat Macron n’avait été atteint. Nul n’échappe au constat. Presse écrite, radio, télé… Qu’on en juge : durant les deux années de préparation de la candidature Macron, plus de 8000 articles, des centaines de reportages radios ou télé, une présence organisée, entretenue, digne des campagnes totalitaires. Voilà à quoi nous avons assisté. De tout temps il a été fréquent de considérer que la presse ne fait pas une élection. Et si celle de Macron était l’exception venant confirmer la règle ?
 

Macron au début, ça va pas fort…

D’où vient Macron, d’où vient donc sa popularité ? Comment s’est-il imposé dans l’espace public pour arriver aux plus hautes fonctions ? Comment donc ce jeune hussard de la Hollandie est-il parvenu à endosser le costume du Bonaparte de la 5ème république ? Qui donc lucidement aurait parié un kopek sur le protégé de Hollande ?

Lorsqu’il est nommé au ministère de l’économie par François Hollande, son niveau de popularité est très bas. Selon les sondages alors effectués, en octobre 2014, 11% seulement des personnes interrogées souhaitaient le voir jouer un rôle plus important dans la vie politique française
(Sondage TNS-SOFRES octobre 2014). 18 mois plus tard, il est donné perdant au premier tour, derrière Juppé, mais aussi derrière Jean-Luc Mélenchon (Sondage IFOP avril 2016). Parmi certaines catégories sociales, sa côte est très faible. Seuls 6% des ouvriers et 4% des artisans voient d’un œil bienveillant le ministre de l’économie. Nous sommes alors à une année de l’échéance électorale. Que s’est-il donc passé, par quel miracle le très libéral Macron est-il devenu selon tous les sondages la « personnalité politique préférée » des français (Sondage ODOXA janvier 2017) ? Comment l’opinion a-t-elle basculé ? Qui fut donc l’agent magique de Macron au point de modifier de fond en comble l’avis des français sur celui qui allait emporter les élections ?

La perception que les français ont du ministre Macron est au départ sans ambiguïté. Ceux qui le connaissent savent qu’il s’agit d’un ex-banquier de chez Rothschild, un libéral affirmé comme tel
(On trouvera dans « L’Imposteur », livre que j’ai consacré à Hollande et son entourage, un portrait de Macron qui retrace l’histoire déjà très « riche » du jeune collaborateur fétiche du chef de l’état. « L’Imposteur », Jacques Cotta, Editions Balland, 2014.), un homme dont le côté bling-bling n’échappe pas à l’opinion, instigateur d’une loi sur la dérégulation du travail, partisan du travail le dimanche, de la remise en cause des statuts professionnels, de « l’ubérisation » de secteurs importants de la société, d’une politique d’ensemble qui pousse les options de François Hollande et qui est plutôt mal reçue par les travailleurs.
 

… Mais un coup de presse, et ça repart !


Alors commence la fabrication du produit Macron (On verra une démonstration exhaustive de la manipulation médiatique au profit de Macron sur le site « le vent se lève » à l’adresse suivante : http://lvsl.fr/medias-ont-fabrique-candidat-macron). Un produit qui devait être susceptible de jouer la doublure fidèle de Hollande comme de Fillon en cas d’empêchement. Le produit Macron avait pour fonction première de boucher les trous, au cas où… Mais pour atteindre un tel but, il fallait sortir d’un relatif anonymat pour occuper le terrain, exister, devenir si besoin le candidat promis à la victoire. Le chemin était long car Macron partait de loin.

C’est une véritable surexposition médiatique qui devait remédier à l’image. Macron sous tous les angles, dans tous les médias. Macron est choyé par les « élites » journalistiques de tout bord, démontrant ainsi, bien malgré lui, qu’entre un journal dit de droite, un autre dit de gauche, un journal officiel du matin, un autre du soir, la différence n’existe que pour le petit jeu des médias, mais pas dans les faits. Durant les deux années qui viennent de s’écouler, Macron devient la personnalité politique la plus médiatisée.

  • Libération, le Nouvel Obs, le Monde, et l’Express totalisent plus de 8000 articles qui évoquent Macron entre janvier 2015 et janvier 2017, soit plus de 10 par jour !
  • Comparativement, Mélenchon, Hamon et Montebourg ne totalisent ensemble sur la même période et dans les mêmes organes que 7400 articles.

La guerre des mots est engagée. Leurs auteurs frisent le ridicule, mais ne désarment pas. Macron devient synonyme de « modernité », de « renouveau », de « trajectoire en forme de boulet de canon ». Quelques exemples :

  • Pour l’Express, « entre courage et indignation, il incarne la modernité ».
  • Pour LCI, il apporte « un air de renouveau ».
  • Pour BFM il est question de « l’iconoclaste Macron ».
  • Pour l’Opinion, il fera souffler « un vent de fraicheur sur un jeu politique statuffié ».

Evidemment au poids des mots doit se joindre le choc des photos. Paris Match, VSD, la presse people… Des centaines de couvertures nous présentent la nouvelle coqueluche des médias sous tous les angles. Une campagne publicitaire destinée à promouvoir un nouveau produit, digne des plus célèbres. La « mère Denis » détrônée par le « jeune Macron ». Tout y passe.

  • L’idylle amoureuse, le romantisme, l’inversion des âges, son ancienne prof de français, sa preuve d’ouverture…
  • Son passage chez le barbier… Une soudaine balafre… La France retient son souffle…
  • Le coiffeur, la simplicité…

« Simplicité », « modernité », « renouveau », il faut alors tenter de faire oublier que la politique mise en œuvre par Macron et préconisée par ses sponsors est vieille comme le siècle, nous ramenant d’ailleurs sur le plan social plusieurs décennies en arrière…
 

Macron propulsé sur l’air de « Il était un sauveur suprême… »

Tous ces efforts médiatiques avaient demandé de l’énergie, suscité des espoirs. Ils devaient d’autant plus servir que la terre se dérobait sous les pieds des « candidats naturels » à ce type d’élections. Bien avant les primaires socialistes, la popularité du chef de l’état ne lui laissait plus aucune chance pour tenter de répéter l’aventure. Hollande out ! De même le candidat naturel de la droite, François Fillon, une fois désigné à la primaire concernant son camp, se voyait rattraper par un secret de polichinelle. « L’affaire Pénélope » -les emplois fictifs et centaines de milliers d’euros- sortait de façon fort à propos pour libérer aussi de ce côté-là le terrain à un Macron dont les sponsors n’attendaient plus que ça.

Le moment était venu de passer à la vitesse supérieure. En appeler publiquement au sauveur suprême, indépendamment de la crédibilité du personnage, de son envergure, de son talent pour la fonction visée. On assiste alors à un tir tendu sur le même thème :

  • Christophe Barbier dans l’Express s’y colle le premier : « il est temps que macron annonce sa candidature… ».
  • France culture s’interroge, commentateur inquiet : « Macron, candidat ou pas ? ».
  • Le Monde prend le relai : « Macron toujours pas candidat… ».


Les médias font monter l’attente, comme si le suspens était insupportable. La Nation devrait ainsi retenir son souffle. Oui ou non le candidat fabriqué pour l’occasion viendra-t-il « nous sauver du chaos » ? France Inter, Le Monde, le Nouvel Obs évoque « l’espérance », « le candidat anti système » (sic), « la révolution démocratique » (re sic), pour conclure dans un souffle de soulagement « Macron enfin candidat ». Le jour de son officialisation, les JT du soir ne veulent se trouver en reste. Eux aussi doivent faire preuve d’allégeance, de discipline, de respect, de soumission. Le présentateur de la France 2, David Pujadas, consacre à « l’événement » 22 minutes lorsque TF1 lui sacrifie 17 minutes.

L’opération est définitivement lancée. Il faut passer au stade supérieur, celui qui fera de l’inconnu d’hier, du banquier et ministre de l’économie à la politique rejetée très majoritairement par les français, le candidat « naturel » de la cinquième république, « l’homme nouveau » qu’elle attendait avec envie.
Alors tout y passe :

  • Dans le Nouvel Obs : « Macron – Nuit debout, même combat ».
  • Dans le Nouvel Obs encore : « Macron contre le reste du monde politique »
  • Dans Le Monde : « Macron progresse sur l’implosion du système ».
  • Dans le Point : « Macron progresse encore ».
  • Sur RTL : « Macron en progression ».
  • Sur BFM : « La personnalité préférée des français, Macron ».


Il fallait alors scruter l’évolution. D’abord ne pas relâcher l’effort, en faire toujours autant sur le terrain de la promotion. Comme tout produit une fois installé en tête de gondole dans les supermarchés, il fallait organiser la fidélisation du public pour la marque déposée. Il fallait donc continuer avec un même acharnement. Généralement dans ce type d’élections, la presse se répartit les parts de marché. Là, tout le monde sur le même nom, la même image, le même candidat. Mais plus. Tous vont utiliser les mêmes outils. Comme il se doit le Front National et Marine Le Pen prendront la place d’épouvantail de service, montrant ainsi contre leur gré que le FN est bien un des piliers essentiels du système. « Pour éviter le mal » indique t’ils, « votez Macron ! ». Et sur les réseaux sociaux, un déchainement inouï de macronistes enthousiastes qui n’ont de mots assez durs pour toute résistance, qualifiant de « lepénistes » celui qui refuse, voire même qui se contente d’hésiter. La campagne ainsi engagée a dès lors le goût des campagnes totalitaires –avec le sourire certes, mais totalement totalitaire- d’un autre temps et d’autres lieux. Pour obtenir un score soviétique digne des républiques bananières, il faut ce qu’il faut ! Jusqu’au bout la presse aura été un élément clé de la réussite du produit Macron. Et lorsque la concurrence a semblé pouvoir menacer, alors le déchainement, avec une énergie redoublée, une détermination entière, s’est consacré à décrédibiliser l’adversaire, à le dénigrer, à faire par exemple de Jean Luc Mélenchon l’homme à abattre, de crainte que le scénario final ne soit contrarié. Pour le score plébiscitaire de Macron, il fallait que son opposant soit le Front National. La victoire large lui était alors assurée. Mélenchon, le danger pour le score mais pas seulement, pour l’élection elle-même. Alors éditorialistes, chroniqueurs, sondeurs, journalistes ont entonné le même couplet : le Venezuela, Chavez et Maduro, Cuba, Fidel Castro, … Il aura manqué 600 000 voix à Mélenchon pour battre Le Pen. C’est un ouf de soulagement qu’ont pu pousser tous les acharnés des médias. Leur entreprise macronienne l’a échappé belle !
 

2005 – 2017, une continuité

Il y avait eu le précédent de 2005 avec le référendum sur la constitution européenne. Nous avions alors assisté à un déferlement en faveur du OUI avec une interdiction de parole des opposants au projet constitutionnel dans la plupart des médias. Editorialistes, présentateurs, patrons de presse, tous unis alors sur une ligne commune : le traité soumis au vote des citoyens français devait passer coûte que coûte. Tout opposant, toute parole critique, seulement dubitative, était qualifiée de « lepéniste ». Rien ne devait pouvoir se mettre en travers d’un OUI victorieux sur un score totalitaire.

Cette période historique et déjà peu glorieuse de la presse nationale avait été marquée par la réaction interne aux rédactions, le refus de voir bafouée la liberté d’expression. Nous étions alors une poignée à avoir pris l’initiative, au départ dans le service public, d’un texte « le NON censuré dans les médias, ça suffit ! » qui très vite allait être contresigné par des centaines de confrères, au point de devenir un événement de la campagne référendaire. Avec ses milliers et milliers de signatures accumulées en quelques jours, cette bataille interne aux rédactions et plus généralement aux organes de presse allait peser, jusqu’à la victoire historique du NON qui déjouait la volonté des puissants, de l’oligarchie qui possède dans ses mains le pouvoir politique, économique et médiatique.

On croyait donc avoir touché le fond. La démocratie avait été menacée, mais le résultat l’avait sauvée. Les oligarques dans leur ensemble avaient été défaits et pour avoir gain de cause, ils devaient s’en remettre aux élus socialistes et UMP pour obtenir au congrès à Versailles ce que le peuple avait rejeté. La presse avait montré qu’elle était fortement gangrénée. Les plus optimistes ont voulu croire au lendemain de la victoire du NON que le monde des médias avait tiré le bilan. L’affaire Macron montre qu’il n’en n’est rien et qu’il suffit de la moindre occasion –là les présidentielles- pour que tout soit mis en œuvre au compte des intérêts politico-financiers d’une petite frange qui possède presse, radio ou chaines de télévision… sans oublier le public.

Là se trouve le lien entre deux évènements qui à première vue semblent bien distincts. La presse se trouve dans les mains d’une oligarchie politico financière qui sait mettre ses atouts à son service. La politique que Macron compte mettre en œuvre permet de comprendre ce travail minutieux des médias qui en ont fait leur candidat. Les patrons de presse, qui sont de grands patrons de l’industrie, du Cac 40 ou des banques, sont attachés aux retombées sonnantes et trébuchantes attendues du nouvel élu. Lorsque Emmanuel Macron annonce la destruction définitive du code du travail par ordonnances dès l’été, il leur parle. Lorsqu’il annonce la privatisation à venir de pans entiers de la sécurité sociale, il leur parle. Lorsqu’il prévoit la diminution des pensions par l’instauration des retraites par points, et donc l’ouverture plus grande encore aux assurances privées de ce secteur, il leur parle. Lorsqu’il se réclame de l’ubérisation générale de la société, il leur parle. Lorsqu’il prévoit la suppression de ce qui nous reste de souveraineté nationale face à l’UE, il leur parle encore. Et lorsqu’il indique la volonté de signer le CETA, accord commercial de déréglementation avec les USA, ou encore de prendre toute sa place dans l’OTAN, ce qui n’a d’autre sens que d’appuyer les opérations guerrières dans le monde au nom du combat anti terroriste, il leur parle toujours.

Les oligarques, les patrons de Cac 40, les banquiers et patrons de la finance à qui il parle l’entendent. Et comme ce sont eux les patrons de presse….

Cette affaire met à jour une véritable question démocratique. Il y a plus de 70 ans, le conseil national de la résistance plaçait dans son programme « la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ; la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’état, des puissances d’argent et des influences étrangères ».

Il y a 70 ans, c’était hier, c’est aujourd’hui…

Jacques Cotta
Le 13 mai 2017

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