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Le blog de Lucien PONS

services publics

Les cheminots avaient raison de faire grève : ils luttaient contre les restrictions bugétaires à la SNCF, cause du drame de Brétigny-sur-Orge !

7 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Services publics, #La mondialisation, #La lutte des classes, #La nation ., #Europe supranationale, #Politique intérieure

Carcasses de wagons sur le lieu de l'accident de train de Brétigny-sur-Orge (Essonne), 13 juillet 2013 © AFP/Archives Kenzo Tribouillard

Carcasses de wagons sur le lieu de l'accident de train de Brétigny-sur-Orge (Essonne), 13 juillet 2013 © AFP/Archives Kenzo Tribouillard

Ce sont les gouvernements, de droite comme de gauche,

et la direction des Chemins de fer,

qui prennent les Français en otage

au nom de l'austérité,

et sont responsables des sept morts de Brétigny-sur-Orge,

en juillet 2013.

Ce sont les experts qui en apportent la preuve !

Des rails endommagés en gare de Brétigny-sur-Orge après la catastrophe ferroviaire qui a fait 7 morts, le 12 juillet 2013. (Photo Romain Da Costa. AFP)

Des rails endommagés en gare de Brétigny-sur-Orge après la catastrophe ferroviaire qui a fait 7 morts, le 12 juillet 2013. (Photo Romain Da Costa. AFP)

Accident de Brétigny :

"délabrement jamais vu"

Les experts désignés par la justice pour déterminer les causes de la catastrophe ferroviaire du 12 juillet 2013 à Brétigny-sur-Orge (91), qui a fait sept morts, dénoncent "un état de délabrement jamais vu" du réseau, selon un rapport que Le Monde s'est procuré.

Les conclusions des experts Michel Dubernard et Pierre Henquenet soulignent que "nous ne sommes pas en présence d'un acte de malveillance, et que le processus ayant abouti à la désagrégation complète de l'assemblage s'est bien au contraire étalé sur plusieurs mois et a concerné l'ensemble de l'appareil de voie incriminé, sur lequel ont été relevées plus de 200 anomalies de divers degrés de criticité".

Selon ces experts, "la plupart de ces anomalies étaient connues de la SNCF ou de ses agents sans pour autant" qu'il y ait été remédié "de façon adéquate".

Le rapport précise que "l'armement a péri par fatigue, vibrations, battement, défauts de serrage, usure, etc. Tous dommages relevant de la qualité de la maintenance", et que l'état du réseau à Brétigny "aurait logiquement dû conduire la SNCF à une surveillance accrue, et surtout adaptée".

En raison de l'état du réseau, les experts jugent "souhaitable de limiter à 100 km/heure la vitesse des trains à l'approche de la gare de Brétigny", et conseillent à la SNCF de faire vérifier chaque année les liaisons éclissées (qui servent à raccorder deux rails consécutifs), qui ne sont actuellement contrôlées que tous les trois ans.

Le procureur d'Evry doit faire lundi une déclaration à la presse,

Les cheminots avaient raison de faire grève : ils luttaient contre les restrictions bugétaires à la SNCF, cause du drame de Brétigny-sur-Orge !

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-les-cheminots-avaient-raison-de-faire-greve-ils-luttaient-contre-les-restrictions-bugetaires-a-la-124091653.html

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Michel Etiévent nous parle de Marcel Paul et d’Ambroise Croizat.

7 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Services publics, #SolidaritéS, #Syndicat, #La sécurité sociale, #Politique intérieure, #La mondialisation

Une conférence que je vous engage à écouter .Pour certains ce ne sera qu’une simple remise en mémoire,pour d’autres une information indispensable sur la réalité des faits qu’il nous faut connaitre.


Ambroise Croizat ministre communiste à la Libération - l’inventeur de la Sécurité Sociale.

Conférence de M. Etiévent

 Michel Etiévent nous parle  de Marcel Paul et d’Ambroise Croizat.
 Michel Etiévent nous parle  de Marcel Paul et d’Ambroise Croizat.
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RÉFORME FERROVIAIRE - Après la grève, Rencontre CGT et SUD-Rail avec la Direction de la SNCF: LES MASQUES TOMBENT !

7 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Services publics, #SolidaritéS, #Syndicat, #Le syndicalisme, #Europe supranationale, #Economie, #La mondialisation, #La nation .

Lundi 7 juillet 2014

RÉFORME FERROVIAIRE - Après la grève, Rencontre CGT et SUD-Rail avec la Direction de la SNCF: LES MASQUES TOMBENT !

cliquez pour agrandir

http://www.communcommune.com/article-reforme-ferroviaire-apres-la-greve-rencontre-cgt-et-sud-rail-avec-la-direction-de-la-sncf-les-ma-124084543.html

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Le SYSTÈME de la mystérieuse « CORSICA FERRIES » : un voyage en eaux troubles : « LOW COST: les Dents de la Mer » [vidéo]

7 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le syndicalisme, #Syndicat, #La lutte des classes, #La mondialisation, #Le grand banditisme, #La nation ., #Europe supranationale, #Services publics, #Politique intérieure

Low cost : les Dents de la Mer par dentsdelamer

"Low cost : les Dents de la Mer"

Le système de la mystérieuse Corsica Ferries :

un voyage en eaux troubles.

Une enquête du journaliste Enrico Porsia,

diffusée par le magazine Options

et soutenue par la CGT des Marins de Marseille

Dumping social, dumping fiscal,

captation de subventions publiques:

voici le principal combustible de la compagnie maritime qui se définit comme le low cost de la mer.

. Une étrange compagnie maritime, contrôlée par un holding suisse qui cache jalousement sa comptabilité.

. Une étrange compagnie maritime qui peut compter sur des appuis solides aussi bien à Ajaccio, Bruxelles, Rome qu’à Paris.

. Qui se cache derrière le compliqué organigramme des societés basées en Italie, en Suisse et au Luxembourg ?

. Quelle est la stratégie de ce mystérieux groupe dont le but est de faire naufrager la compagnie nationale française SNCM et de récupérer le monopole du transport des passagers entre le continent et la Corse?

Ce documentaire d’investigation a bénéficié du soutient

de la CGT des marins de Marseille.

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-le-systeme-de-la-mysterieuse-corsica-ferries-un-voyage-en-eaux-troubles-low-cost-les-124084852.html

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Dans le plus grand secret, TISA prépare la disparition de tous les services publics, Sécu comprise…

7 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #Le grand banditisme, #La nation ., #Services publics, #SolidaritéS, #Europe supranationale, #La lutte des classes, #Le syndicalisme, #Le traité Transatlantique.

Dans le plus grand secret, TISA prépare la disparition de tous les services publics, Sécu comprise…

Lu sur Le Fractal:

Pendant les abrutissements footballistiques et les sarkonneries médiatiques qui mobilisent la presse-purée et les canards-laquais, une sacrée saloperie se trame dans le plus grand secret à Genève : des tractations aussi sournoises que secrètes sur la libéralisation globale du commerce des services.

Ces tractations des « maîtres du monde » ont été révélées par wikileaks et relayées par L’Humanité :

On se souvient des luttes sévères qui ont fait échouer les accords de l’OMC (cycle de Doha) sur l’accord général sur le commerce des services (l’A.G.C.S.). Suite à ce revers, un groupe de « maîtres du monde » se nommant entre eux les « Really good friends » (les « vrais bons amis » !!??). Parmi ces « vrais bons amis », on trouve les cadors de la banque, de l’internet, de l’énergie, de l’assurance, entre autres, AIG Assurance, Microsoft, Oracle, Walmart, Google, Walt Disney, mais aussi Véolia et, évidemment, notre « grand ami » le Medef ! Leur but : contourner l’obstacle que constituaient les résistances de forces progressistes, de mouvements sociaux, de syndicats et de plusieurs pays en développement pour la conclusion d’un accord global sur le commerce des services (AGCS) au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Leur finalité : permettre aux multinationales de truster, le moment venu, le commerce des produits financiers ainsi que celui de tous les services sur les grands marchés transatlantique et transpacifique, dont les négociations, avancent au même moment, dans la plus grande opacité.

Concrètement, que risque-t-on ? Eh bien, au nom de la libre concurrence les « monopoles d’État en matière de fonds de pension » – traduisez : les systèmes publics de Sécurité sociale – seraient, à terme, démantelés. Même « les assurances pour calamité naturelle » se devraient de ne plus fonctionner sous contrôle public. Voilà pourquoi Veolia, Suez, le Medef et les grands groupes d’assurance sont partie prenante dans ces magouilles.

Quoi encore ? Entre autres joyeusetés:

- l’autorisation de « produits financiers innovants » est recherchée. Ces fameux « produits financiers innovants » comme les CDS (credit defaut swaps) au cœur de la crise qui secoue le monde depuis 2008.

- les firmes Internet étasuniennes font pression pour transmettre sans réserve les données de leurs clients. En particulier celles qui sont présentes dans les systèmes dits « clouds » (nuages) qui permettent de stocker des documents hors du disque dur de l’ordinateur. (Il est vrai qu’il faut être plus kon que la moyenne pour mettre toutes ses informations dans les « clouds », c’est-à-dire les ordinateurs d’une grande firme étrangère !)

- les sociétés étrangères doivent avoir accès au marché des pays signataires exactement dans les mêmes conditions que les prestataires locaux, qu’ils fournissent ou non un service public à la population. Un géant de la fourniture d’eau ou de gaz, comme les français Veolia ou GDF Suez, aurait ainsi non seulement le droit de s’installer sur un marché tiers. Mais il pourrait aussi faire jouer une clause d’engagement au respect de la concurrence pour exiger de bénéficier de subventions d’un montant égal à celui versé par l’État en question au service public de l’eau ou de l’énergie.

- la renationalisation d’un service public privatisé, fût-il partiel, serait strictement interdit aux États signataires au nom des garanties accordées aux investisseurs. Ainsi deviendrait impossible une remunicipalisation de l’eau décidée en maints endroits en France comme à Paris, après la gabegie et l’explosion des factures des particuliers provoquées par les requins de la Générale et de la Lyonnaise des eaux, qui se sont longtemps partagé le marché de la capitale française.

Cet accord veut forcer les pays à ouvrir les portes à la concurrence totale. Il vise à renforcer l’emprise des multinationales sur notre vie quotidienne, la politique locale, nationale et globale. L’idée est de pousser les pays à accepter la concurrence des grands groupes avec les fournisseurs domestiques. S’il était validé, cet accord empêcherait les États et les localités de rapatrier certains secteurs en régie publique. Ainsi, au titre des profits perdus, les multinationales pourraient poursuivre en justice les gouvernements qui prennent ces mesures pour assurer l’accès universel aux services essentiels. On retrouve, en pire, les horreurs de Traité transatlantique…

sources :

https://wikileaks.org/tisa-financial/

http://www.humanite.fr/laccord-top-secret-qui-doit-depecer-les-services-publics-545491#sthash.8EgCUp33.dpuf

http://www.humanite.fr/david-boys-des-pressions-inevitables-sur-les-pays-emergents-545739

via : TISA prépare en loucedé la disparition de tous les services publics, Sécu comprise….

http://www.communcommune.com/article-dans-le-plus-grand-secret-tisa-prepare-la-disparition-de-tous-les-services-publics-secu-comprise-124084215.html

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Articles d'Indépendance des Chercheurs : L'OCDE et la recherche française (I)

7 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ecole, #Economie, #Services publics, #Europe supranationale, #La mondialisation, #La nation .

Articles d'Indépendance des Chercheurs :


http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2014/07/06/l-ocde-et-la-recherche-francaise-i-50048.html

L'OCDE et la recherche française (I)

Le rapport récent « Examens de l'OCDE des politiques d'innovation - France » élaboré par l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) n'a rien de surprenant, compte tenu de ce qu'ont toujours été les choix stratégiques de cette organisation dans le contexte de la mondialisation du capitalisme. Très clairement dans cette logique, et dans l'esprit de la politique invariablement appliquée depuis longtemps par les différents gouvernements français, l'OCDE appelle à des « réformes de structure » en vue d'une privatisation générale de la recherche française par le biais des universités dites « autonomes ». Rien de vraiment nouveau par rapport aux objectifs évidents de la Loi de programme n° 2006-450 du 18 avril 2006 pour la recherche, de la Loi n°2007-1199 du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) et de la Loi n° 2013-660 du 22 juillet 2013 de Geneviève Fioraso. Ou déjà bien avant, de l'ensemble des mesures adoptées en 1997-2002 par le gouvernement de « gauche plurielle » de Lionel Jospin. Tout simplement, l'OCDE appelle à accélérer et durcir le processus, ce qui était de toute façon prévu mais qui est réclamé de manière très explicite dans le rapport. L'OCDE va jusqu'à se plaindre : « jusqu’à présent ces évolutions n’ont pas remis en cause les fondements mêmes du système actuel de la recherche publique ». Quant aux moyens pour achever la mise à mort de la recherche publique française, l'OCDE estime que « Les changements requis sont finalement mineurs, car les composantes de cette évolution – les alliances, l’ANR, l’AERES, l’autonomie des universités, l’intégration de certains OPR au sein des universités, la politique des sites, le PIA – sont déjà en place. Il reste à les mobiliser de façon stratégique » (OPR = organisme public de recherche, PIA = programme d'Investissements d'Avenir). En effet, la mise en place de l'AERES (Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur) et de l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) en 2005-2007 s'est déjà inscrite dans le cadre d'une stratégie visant à mettre fin au rôle dirigeant national des organismes publics de recherche tels que le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), l'INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) ou les services compétents du Commissariat à l'Energie Atomique (CEA). A présent, ces établissements sont directement menacés par les recommandations contenues dans le rapport de l'OCDE. En même temps, leur situation financière de plus en plus précaire est censée pousser dans les mains du secteur privé les universités déclarées « autonomes ». Le site Urgence pour l'emploi scientifique s'indigne à juste titre à propos de ce rapport : « Encore un effort ! L'OCDE confirme que la destruction du système français d’enseignement supérieur et de recherche est à portée de main ». Il conclut : « Les scientifiques lucides vont devoir choisir leur camp et répondre à la question : jusqu'à quand les laisserons-nous faire ? ». Dommage que ce Quo usque tandem ? très légitime ait été précédé le 11 juin par les « Propositions sur l’emploi scientifique du Comité National de la recherche scientifique » dont le caractère totalement inapproprié et tendancieux, notamment par leurs nombreux silences, a été souligné dans nos articles « CNRS, emploi, hiérarchies, privatisation... » (I) et (II), ainsi que dans « Ivory Tower et la crise des universités US (I) » et « La "grande conférence sociale pour l’emploi 2014" (I) ». Dénoncer la mondialisation est indispensable.

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2014/07/06/l-ocde-et-la-recherche-francaise-i-50048.html ]


http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2014/07/04/chomage-statut-des-intermittents-du-spectacle-medef-iii-50047.html

Chômage, statut des intermittents du spectacle, MEDEF (III)

Le 4 avril 2014, CultureBox (FranceTVInfo) rapporte notamment « Intermittents : annulations à Bastille et Garnier, reprise demain à Avignon », alors que le site de la Coordination des Intermittents et Précaires d'Ile de France présente une relation des lieux en grève suivie d'une lettre des grévistes du Festival de Marseille à leurs collègues. Le conflit déjà évoqué dans nos articles du mois de février « Chômage, statut des intermittents du spectacle, MEDEF » (I) et (II) n'a pas pu être réglé à ce jour. Le Point commente « Intermittents : les ministres indésirables à Avignon ». Le Monde diffuse un article intitulé « Témoignages : "L'intermittence, c'est le chômage en temps réel" ». La Nouvelle République écrit « Tours : les intermittents du spectacle mobilisés » et met en ligne une photo des « intermittents grévistes, rassemblés dans la cour du Médef ». La CGT souligne qu'elle « revendique l’abrogation de l’agrément de la convention Unedic et l’ouverture de vraies négociations sur l’assurance chômage et ses annexes en prenant en compte les propositions qu’elle formule depuis des mois et dont elle demande le chiffrage ». De son côté, dans un Décryptage de l’accord Unedic du 22 mars 2014, SUD Culture analyse notamment « Nous, intérimaires, verrons notre annexe vidée de toute substance et nos règles d'indemnisation alignées sur le régime général. Pour plus de 70% des intérimaires, l’accord entraînera une baisse de revenus qui atteindra, en moyenne, 200 euros par mois. Le nouveau calcul du différé d’indemnisation pourra en doubler la période ». Est en cause, à présent, l'Arrêté du 25 juin 2014 portant agrément de la convention du 14 mai 2014 relative à l'indemnisation du chômage et les textes qui lui sont associés, paru au Journal Officiel du 26 juin. Entre Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls, la stratégie de précarisation des emplois n'a point changé.

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2014/07/04/chomage-statut-des-intermittents-du-spectacle-medef-iii-50047.html ]

Si vous avez apprécié le contenu de nos articles, nous ne pouvons que vous encourager à rediffuser autour de vous cette lettre d'information. Merci d'avance.

Cordialement

Le Collectif Indépendance des Chercheurs
http://science21.blogs.courrierinternational.com/
http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia

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Accident de Brétigny : les experts judiciaires pointent un «état de délabrement jamais vu»

6 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Services publics, #La mondialisation, #Europe supranationale, #La lutte des classes

Accident de Brétigny : les experts judiciaires pointent un «état de délabrement jamais vu»

Brétigny-sur-Orge. Crédits photo : Laurent Vu / Bureau233/Laurent Vu / Bureau233

Brétigny-sur-Orge. Crédits photo : Laurent Vu / Bureau233/Laurent Vu / Bureau233

INFO LE FIGARO - Un an après la catastrophe, les conclusions des rapports commandés par les juges en charge de l'instruction sont édifiantes pour la SNCF et ses procédures de maintenance.

La catastrophe ferroviaire du 12 juillet 2013 dernier à Brétigny-sur-Orge (Essonne), qui avait fait sept morts et une trentaine de blessés, est définitivement due à un problème d'entretien. C'est ce que dévoilent les rapports d'expertise ferroviaire et métallurgique que s'est procurés Le Figaro et que le procureur de la République d'Évry doit rendre publics lundi. Dans ces rapports extrêmement sévères pour la SNCF, envoyés aux juges d'instruction le 25 juin dernier, les ingénieurs experts (cour d'appel de Douai) Michel Dubernard et Pierre Henquenet notent que «les examens métallurgiques qui ont été effectués permettent d'établir que nous ne sommes pas en présence d'un acte de malveillance, et que le processus ayant abouti à la désagrégation complète de l'assemblage s'est bien au contraire étalé sur plusieurs mois et a concerné l'ensemble de l'appareil de voie incriminé, sur lequel ont été relevées plus de 200 anomalies de divers degrés de criticités. La plupart de ces anomalies étaient connues de la SNCF ou de ses agents sans pour autant qu'ils soient remédiés de façon adéquate». Le constat des experts est sans appel et évoque un «état de délabrement jamais vu par ailleurs». Et d'ajouter: «l'armement a péri par fatigue, vibrations, battement, défauts de serrage, usure, etc. Tous dommages relevant de la qualité de la maintenance.»

Le train numéro 3657 Intercités était composé de sept voitures Corail. Il y avait à son bord 385 voyageurs. Il avait quitté la gare d'Austerlitz à 16 h 53. À 17 h 11, alors qu'il s'apprête à traverser la gare de Brétigny sur la voie 1, des passagers ressentent un choc lors du franchissement d'une traversée jonction double. Le train déraille et se sépare en deux parties entre les voitures 4 et 5. Celui-ci roule alors à 137 km/h alors que la vitesse limite autorisée sur cette voie est de 150 km/h. En raison de l'état du réseau, les experts mandatés par les juges d'instruction notent dans leur rapport qu'«il serait souhaitable de limiter à 100 km/heure la vitesse des trains à l'approche de la gare de Brétigny».

Une surveillance inadaptée du réseau

Ils relèvent par ailleurs que «les prescriptions actuelles de maintenance» des traverses jonction double sont «inadaptées car insuffisantes». Actuellement, la SNCF démonte les liaisons éclissées pour les vérifier tous les trois ans car celles-ci sont classées dans la catégorie «éléments de confort». Les experts conseillent vivement de les démonter chaque année pour les vérifier. Selon eux, les tournées de vérifications menées sur les voies doivent amener les agents à «la remise en conformité immédiate», ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. L'état du réseau à Brétigny «aurait logiquement dû conduire la SNCF à une surveillance accrue, et surtout adaptée», écrivent-ils.

Les experts mettent clairement en cause la SNCF dans l'organisation de la maintenance: «Il reste aussi important à dire que le personnel SNCF chargé de la mise en œuvre de la maintenance des voies et appareils devrait être choisi, tout d'abord selon des critères de solide formation à la construction mécanique et de surcroît avoir reçu une formation spécialisée approfondie.» Une allusion à la jeunesse de l'agent qui avait fait la dernière tournée d'inspection le 4 juillet 2013, soit huit jours avant l'accident. Il s'agissait d'un cheminot de 25 ans, fraîchement diplômé d'une école d'ingénieurs. En février 2013, il devenait dirigeant de proximité voies à Brétigny. Il encadrait 19 agents voies chargés de faire de la maintenance sur le réseau ferré du secteur. Lors de cette dernière inspection, aucune anomalie n'avait été signalée.

Des anomalies insuffisamment prises en compte

«Les prescriptions de maintenance de la SNCF, complexes, parfois difficiles à interpréter ou à appliquer par des hommes de terrain n'ont pas été parfaitement respectées (…). Ceci a conduit à une insuffisance de prise en compte et de traitement des anomalies rencontrées ; on notera dans ce sens que de nombreuses observations faites au cours des tournées de surveillance se sont trouvées reportées d'une opération à l'autre, pour finir parfois par disparaître sans pour autant qu'on ait eu la certitude qu'elles aient été traitées.» Et les experts de conclure en retenant parmi les trois facteurs ayant conduit à l'accident par une maintenance inadaptée «des référentiels de maintenance volumineux, surabondants, parfois inadaptés voire contradictoires donc contre-productifs».

Enfin les ingénieurs judiciaires qui ont procédé à des tournées d'inspection de voies le 28 janvier dernier alertent sur l'état du réseau en gare de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis). Ils le jugent inquiétant.

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/07/06/01016-20140706ARTFIG00149-accident-de-bretigny-les-experts-judiciaires-pointent-un-etat-de-delabrement-jamais-vu.php

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Cheminots : fiers de ce que nous avons fait ! Publié le 29 juin 2014 par FSC.

6 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Services publics, #Syndicat, #SolidaritéS, #Europe supranationale, #Economie, #La mondialisation, #La nation ., #Le syndicalisme, #La lutte des classes

Cheminots : fiers de ce que nous avons fait !

Publié le 29 juin 2014 par FSC

Ci-après le témoignage et l’analyse d’un camarade cheminot d’Annemasse, Philippe Gauthier, à l’occasion de la journée d’action confédérale du 26 juin qui exprime à la fois la fierté mais aussi l’amertume d’un militant, en même temps que la farouche volonté de poursuivre la lutte.

Intervention journée confédérale du 26 juin 2014

Cheminots : fiers de ce que nous avons fait !  Publié le 29 juin 2014 par FSC.

Bonjour à tous,

Normalement, j’aurais du prendre la parole aujourd’hui en tant que cheminot gréviste. Normalement nous aurions dû nous retrouver aujourd’hui tous ensemble sur le Pâquier pour une convergence des luttes qui est l’essence même de la CGT.

Plusieurs fédérations avaient déposé des préavis de grève en ce mois de juin 2014, cette journée d’action aurait dû être une réussite, malheureusement elle ne l’est pas. Si la CGT n’est plus en capacité de fédérer les luttes, c’est qu’il y a un problème. Les salariés de ce pays voient jour après jour, leurs droits les plus fondamentaux attaqués de toute part. Les partis politiques qui se succèdent et qui font office de gouvernants trahissent la classe ouvrière sans aucun scrupule au nom du dogme libéral européen. Si la classe ouvrière ne s’organise pas, si l’organisation syndicale sensée l’aider ne joue plus ce rôle, alors comment allons-nous pouvoir combattre la régression sociale ?

Le service public ferroviaire est mort ce mardi 24 juin. La très grande majorité de la classe politique française l’a décidé ainsi. Le parti socialiste, les verts, les radicaux de gauche et l’UDI ont voté à l’unisson ce projet de loi. L’UMP qui trouvait que cette réforme n’allait pas assez loin à son goût, a voté contre, tout en s’assurant au préalable, qu’elle passerait. C’est aussi ça la noblesse de la tambouille politicienne. Ce qui est plus préoccupant, c’est que certains élus, certains partis politiques réputés proches de nous se sont abstenus, ne se sont pas beaucoup exprimés alors qu’ils avaient l’habitude de le faire ou ont eu même le culot de proposer des amendements peu significatifs, par rapport à l’enjeu, comme une petite victoire. Les cheminots en grève ne se sont pas laissés duper. Ce qu’ils ont compris, c’est que les partis politiques de gauche représentés à l’assemblée nationale les ont soit trahi soit abandonné lors de cette lutte.

Nous les cheminots en grève nous nous sommes sentis seuls pour défendre le service public ferroviaire. Et pourtant, notre lutte était et reste légitime. Nous nous sommes battus quatorze jours durant contre une réforme du ferroviaire destructrice pour le service public. Depuis quelques années déjà nous interpellions notre direction et le gouvernement contre la dégradation savamment orchestrée d’un service public essentiel, le service public ferroviaire.

Au nom du libéralisme européen, le gouvernement par l’intermédiaire de son ministre des transports Mr Cuvillier et la direction de la SNCF représentée, elle, par Guillaume Pepy essaient de démanteler les chemins de fer français. Le but non avoué de cette réforme est la privatisation de la SNCF. Après s’être attaqués à EDF, France Télécom et la Poste, le gouvernement et l’Europe veulent privatiser la SNCF.

A chaque fois la méthode est la même. La concurrence serait saine pour les citoyens. Elle permettrait de faire baisser les prix et d’avoir un meilleur service. Qui aujourd’hui peut oser dire que les tarifs de gaz et d’électricité ont baissé depuis l’ouverture à la concurrence ? Il suffit de regarder sa facture augmenter toutes les années.

Pouvons-nous continuer à accepter que des services publics soient dégradés sous des prétextes fallacieux et que les citoyens soient eux aussi victimes de cette privatisation rampante ? Nous cheminots, nous entendons régulièrement : « vivement que vous soyez privatisés ». La privatisation n’améliorera pas le système ferroviaire, pire, elle le dégradera et ce, dans des conditions que vous ne pouvez même pas imaginer.

Depuis 1997, date de la création de RFF, le fait d’avoir séparé la SNCF et son réseau, fait que les rénovations de lignes ne sont plus faites dans les temps. On préfère abaisser la vitesse sur certaines lignes plutôt que de les réparer. On préfère supprimer des trains pour les remplacer par des bus alors que la pollution aux particules fines est très forte en Haute-Savoie. La séparation par activités mise en place par la direction de la SNCF est responsable de nombreux dysfonctionnements. Impossibilité de faire rouler un train si le conducteur pourtant disponible n’est pas habilité. Correspondances de moins en moins assurées, etc., etc.

La liste est longue, malheureusement trop longue. Qui paie le prix de ces dysfonctionnements sur le terrain ? Ce sont nous, les cheminots, qui défendons un service public ferroviaire de qualité, qui subissons le mécontentement des usagers !!! Les cheminots sont attachés à leur entreprise. Notre fierté est de faire rouler les trains en temps et en heure. Notre fierté est notre savoir-faire qui permet de faire rouler les trains en toute sécurité. Il est très difficile pour nous, de voir tous les jours notre direction contribuer à la désorganisation de la SNCF par des réformes successives qui mèneront inévitablement à la privatisation de celle-ci. L’accident de Brétigny qui a couté la vie à 7 personnes et fait 32 blessés en est le parfait exemple.

Cheminots : fiers de ce que nous avons fait !  Publié le 29 juin 2014 par FSC.

Même si je ne peux pas présager du verdict du procès à venir, un rapport accablant contre la direction de la SNCF vient mettre en avant la négligence de l’entretien d’une partie de la voie ferrée. En effet la réduction du personnel cheminot, voir la sous-traitance ne permettent plus dans certains endroits de réparer correctement le réseau. Voulez-vous que les catastrophes ferroviaires se multiplient ? Voulez-vous que l’expérience désastreuse du chemin de fer anglais se reproduise en France ? Les cheminots ne le voulaient pas et se sont battus jusqu’au bout pour l’empêcher.

La communication du ministre des transports et de la direction de la SNCF a été fine. Elle consistait à faire croire aux citoyens que le transport ferroviaire serait réunifié si la réforme passait, c’était un mensonge ! Elle consistait à faire croire que la SNCF resterait une entreprise publique si la réforme passait, c’était encore un mensonge ! La réforme est passée, la SNCF deviendra à plus ou moins long terme une entreprise privée qui n’aura que pour seule logique : dégager des profits. Les effectifs seront réduits à peau de chagrin, l’entretien du réseau sera négligé et inévitablement les accidents ferroviaires augmenteront.

Les cheminots en grève se battaient contre ça. Je ne sais pas s’il y a des journalistes avec nous, aujourd’hui. J’ai honte de la façon dont ils nous ont traités pendant ce conflit. Ils n’ont jamais retranscrit les vrais enjeux de cette réforme, ils ont préféré avancer la caricature du cheminot privilégié et protégé. Comment une profession peut-elle relayer les mensonges du gouvernement et de la direction de la SNCF sans poser sur la table les vrais enjeux de cette réforme. Le traitement médiatique que nous avons subi lors de ce conflit, et je pèse mes mots, est scandaleux.

Presque aucun article sur la « Voie du service public », l’autre réforme du ferroviaire proposée par la CGT, qui est compatible avec le 4ème paquet ferroviaire européen. Sur les blogs des grands journaux il n’y avait que des gens qui nous insultaient. Où étaient ceux qui nous soutiennent ? Il en existe mais on ne les a pas entendu. La CGT et Sud Rail ont demandé la tenue d’un débat télévisé au ministre Cuvillier pour pouvoir exposer les vrais enjeux de cette réforme, il a été refusé ! Ne soyons pas dupes, les chaines de télévisions, les journaux sont tous tenus par les grands patrons du CAC 40.

Les mêmes qui licencient à tours de bras, les mêmes qui délocalisent sans aucun scrupule. Ces patrons n’aiment pas les citoyens qui défendent le service public et leurs conditions de travail. Ils ont bien compris qu’avoir la mainmise sur les médias leur permet de véhiculer de fausses informations ou de faire de la rétention d’informations.

Comment expliquer que le 22 mai dernier alors que 22 000 cheminots manifestaient à Paris pour une autre réforme du ferroviaire, aucun, je dis bien aucun média, n’ait relayé l’information !!! Je ne parle même pas des chiffres de grévistes erronés communiqués par la direction de la SNCF qui tournaient en boucle sur les chaines d’infos. Que dire des prévisions de circulations communiquées par la SNCF et retranscrites comme des trains qui roulaient alors que c’était des bus. Je le dis tout simplement, j’ai parfois honte de voir comment est retranscrite l’information dans notre pays.

La position des autres organisations syndicales sur la réforme du ferroviaire est inacceptable. La CFDT et l’UNSA ont choisi délibérément d’accepter cette réforme qui privatisera la SNCF et dégradera fortement les conditions de travail. Je rappelle quand même que les conditions de travail des cheminots actuelles sont garantes de la santé physique et mentale des cheminots et donc garantes de la sécurité des circulations. Ces deux organisations devront répondre de leurs choix devant les cheminots et les citoyens maintenant que cette réforme est passée.

Aujourd’hui, je suis partagé entre deux sentiments : l’amertume et la fierté. Je suis amer car, dans beaucoup d’endroits, les cheminots grévistes avaient su s’organiser et expliquer aux non-grévistes de rejoindre le mouvement. Alors que notre lutte, avec toutes les fragilités qu’elle contenait, était encore très forte dans beaucoup de villes en France, la stratégie des fédérations CGT et Sud Rail au dixième jour de grève reste encore un mystère. Un mystère au goût très amer. Cette grève était politique et idéologique.

Cheminots : fiers de ce que nous avons fait !  Publié le 29 juin 2014 par FSC.

Nous, cheminots en grève défendions les services publics que le conseil national de la résistance avait su mettre en place au sortir de la seconde guerre mondiale. Nous sommes les derniers salariés à nous battre de manière organisée et partout en France contre la libéralisation de notre société. Nous dérangeons les politiques qui défendent le dogme libéral européen. Nous dérangeons les médias, tenus exclusivement par les grands patrons du CAC 40, qui cherchent par tous les moyens à nous discréditer. Nous sommes une poche de résistance, une des dernières, que les libéraux veulent faire disparaitre.

Nous nous sommes organisés pour contrer la désinformation, nous avons su expliquer autour de nous que notre lutte était légitime.

Ce que nous avons construit, dans la difficulté, nous l’avons construit démocratiquement. Toutes les décisions prisent lors de nos assemblées générales l’ont été dans la concertation. La démocratie syndicale c’est ça. La direction de la SNCF a menti sur le taux de grévistes et le plan de transport, nous avons su l’expliquer. Les médias nous ont soit ignorés, soit caricaturés, nous avons su organiser deux rassemblements devant notre gare pour leur montrer notre détermination.

Certains usagers n’ont pas compris notre grève, nous avons pris le temps de les informer en leur distribuant des tracts. J’en veux à nos politiques, aussi bien ceux qui nous détestent et qui nous ont trahis que ceux qui auraient dû nous soutenir mordicus et qui ne l’ont pas fait. Ils se reconnaitront. J’en veux à la direction de la SNCF qui a menti ouvertement et sans scrupule aux cheminots. J’en veux aux médias qui ont relayé sans aucune déontologie le dogme libéral européen. J’en veux aux syndicats de collaborations, la CFDT et l’UNSA et enfin j’en veux aux cheminots non-grévistes qui ont cautionné la casse du service public et la régression sociale.

Nous aurions aimé nous sentir plus soutenus les derniers jours du conflit par les organisations syndicales encore en lutte. La stratégie nationale de la CGT et de Sud Rail peut être discutée, elle est critiquable. Il est évident qu’elle n’a pas toujours été comprise sur le terrain. Comment par exemple expliquer que cette journée d’actions soit si éloignée de la grève des cheminots ?

Comment expliquer les déclarations très « mollassonnes » de notre secrétaire général Thierry Lepaon après 2 jours de conflit? Quel intérêt politique avait notre confédération à vouloir éteindre notre mouvement de protestation ? La Fédération des cheminots dérange t’elle par son pouvoir de nuisance et son côté syndicat révolutionnaire ? Les erreurs commises par la CGT et Solidaires seront discutées après le conflit, même s’il ne faut pas perdre de vue que les premiers responsables de l’affaiblissement de ce conflit restent la direction de la SNCF, le gouvernement, les organisations syndicales qui ont œuvré à valider cette réforme, les cheminots non-grévistes et la désinformation continue des médias.

Cheminots : fiers de ce que nous avons fait !  Publié le 29 juin 2014 par FSC.

Par contre je suis fier du mouvement que nous avons su créer ici tous ensemble. Fier de la prise de conscience des cheminots de la Haute-Savoie impliqués pleinement dans cette lutte. Fier de tenir tous les jours le piquet de grève, des tournées de chantiers quotidiennes, des assemblées générales participatives et démocratiques. Fier d’avoir convaincu des cheminots de rentrer dans le mouvement, d’avoir tenu tête à tous ceux qui souhaitaient que notre grève s’arrête et ce, quelques soient les raisons. Fier de défendre le service public, de défendre nos conditions de travail.

Je suis tout simplement fier des cheminots qui luttent et lutteront toujours pour une cause noble. Notre conscience politique s’est élevée au-dessus de notre entreprise, au-dessus des partis politiques et même au-dessus des structures syndicales pour défendre une seule chose, le sort de la classe ouvrière et les conditions d’existence des citoyens français. Nous pouvons et nous devons être fier de ça car personne, je dis bien personne ne pourra nous l’enlever.

Le vrai pouvoir était dans nos assemblées générales et pas ailleurs. Les partis politiques nous trahissent, les organisations syndicales préfèrent parfois préserver leurs structures. Nous avons compris cela. La réforme du ferroviaire est passée mais notre prise de conscience lors de ce conflit n’a pas de prix. La guerre des classes existe, l’adversaire est très puissant, nous savons maintenant que nous ne devons compter que sur nous même pour gagner les prochaines luttes. Il y en aura et nous les gagnerons.

Je vous remercie.

Philippe Gauthier.

http://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/cheminots-fiers-ce-avons-fait/

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L'Etat et l'enseignement

5 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ecole, #Services publics, #La nation .

Vendredi 4 juillet 2014

L'Etat et l'enseignement

Aucun État, serait-il le plus libéral et le plus démocratique du monde, aucune collectivité ne peut tolérer que les pouvoirs des individus augmentent indéfiniment ; comme le multiplicateur le plus efficace des pouvoirs est le savoir, on en conclut qu’un moment vient toujours où un État ou une collectivité quelconque se découvrent naturellement ennemis de toute forme d’enseignement et naturellement amis de l’ignorance. Il leur est permis d’aller occasionnellement contre ce penchant, mais il reste bien fort et fondamentalement permanent. Les humanistes savaient cela.

Jean-Claude Milner, Harry Potter. A l'école des sciences morales et politiques.

C'est probablement la forme républicaine de l'État qui va le plus loin dans la conciliation entre l'émancipation de l'individu par le savoir et le maintien d'une puissance publique.

http://www.lalettrevolee.net/article-l-etat-et-l-enseignement-124076236.html

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L'école de la compétence...et de la productivité

5 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ecole, #Services publics, #La mondialisation

L'école de la compétence...et de la productivité

Par des réformes successives, dit Carlos Perez . On s’est attaqué au socle de base de l’école en réformant la pédagogie par objectifs et par compétences. La compétence est un élément typique de l’industrie. On s’en sert pour améliorer la production de chaque ouvrier. Ce modèle basé sur la compétence a d’abord été incorporé dans l’enseignement technique et professionnel puis en humanité. Il est ensuite passé dans le primaire jusqu’à s’immiscer dans les écoles maternelles. Les Etats-Unis ont démarré cette logique en lançant une grande réforme baptisée « Le pays en danger » dans les années 80. Elle consistait à relever le niveau de l’enseignement qu’on estimait en baisse. Il fallait figurer parmi les premiers au niveau mondial. Dans ce cadre-là, les méthodes utilisées avaient pour seul but d’augmenter la productivité sans pour autant augmenter les budgets.

La question fera sans doute sourire les adeptes de l’école buissonnière. Et pourtant, elle est très sérieuse. Stress, exclusion, dopage…

Lisons,

Michel Peyret

Interview de Carlos Perez auteur du livre : ‘L’enfance sous pression’

La question fera sans doute sourire les adeptes de l’école buissonnière. Et pourtant, elle est très sérieuse. Stress, exclusion, dopage… L’école serait la cause de nombreux troubles chez nos enfants. Athlète de haut niveau, Carlos Perez anime un centre sportif dans un quartier populaire de Bruxelles. Sur le terrain, il a noué des liens privilégiés avec les familles, partageant leurs préoccupations. Il a alors pu constater que l’école était devenue un facteur déterminant dans les troubles qui frappaient les enfants. Carlos Perez a tiré un livre de cette expérience, L’enfance sous pression, qui vient d’être réédité. Il revient pour nous sur les problèmes qui traversent le système éducatif.


Dans votre ouvrage « L’enfance sous pression » vous pointez du doigt la productivité obsessionnelle qu’on impose à l’enfant. Les méthodes de l’entreprise et leurs objectifs de rendement se sont-ils immiscés dans le système éducatif ?

Effectivement, les méthodes industrielles ont été incorporées à l’école, avec les mêmes causes et les mêmes effets. On y retrouve donc ces trois piliers propres au monde de l’entreprise : concurrence, restructuration et compétitivité. Cela se traduit dans le cadre scolaire par les filières de tri et de relégation. Et ce n’est pas sans danger. L’OCDE indique que dans l’industrie, on dénombre 360 millions de dépressifs qui prennent des neuroleptiques. Malheureusement, l’école suit la même tendance.

Vous dîtes que notre système éducatif fait tout pour améliorer le rendement. Pourtant, les professeurs et les parents se plaignent que les élèves font de plus en plus de fautes d’orthographe. Ne pensez-vous pas que, paradoxalement, le niveau baisse ?

Je ne suis pas du tout d’accord avec ce constat. Plusieurs spécialistes se sont penchés sur la question et ont conclu que malgré certaines idées reçues, le niveau ne baissait pas, bien du contraire. Les enfants d’aujourd’hui ont développé d’importantes capacités d’adaptation à l’environnement dans lequel ils évoluent. Ils maîtrisent de plus en plus tôt toutes les nouvelles technologies. Le problème est qu’il y a tellement d’outils différents que les enfants doivent être très flexibles. Il est difficile de s’adapter à tout.

C’est donc la grille d’évaluation qui n’est pas bonne lorsqu’on pense que le niveau baisse ?

Forcément, si on prend une grille d’évaluation qui date de deux siècles, l’orthographe sera le facteur le plus déterminant. Mais les enfants d’aujourd’hui, s’ils ont une moins bonne orthographe, ont une meilleure conscience du texte, un meilleur esprit de synthèse, etc. Il ne faut pas oublier non plus qu’autrefois, seule l’élite avait accès à l’école. Aujourd’hui, elle est ouverte aux masses. Donc, les évaluations ne sont pas stables, elles changent tout le temps. Le niveau ne baisse pas ou n’augmente pas, il évolue.

Comment le modèle compétitif de l’industrie s’est-il installé dans les écoles ?

Par des réformes successives. On s’est attaqué au socle de base de l’école en réformant la pédagogie par objectifs et par compétences. La compétence est un élément typique de l’industrie. On s’en sert pour améliorer la production de chaque ouvrier. Ce modèle basé sur la compétence a d’abord été incorporé dans l’enseignement technique et professionnel puis en humanité. Il est ensuite passé dans le primaire jusqu’à s’immiscer dans les écoles maternelles. Les Etats-Unis ont démarré cette logique en lançant une grande réforme baptisée « Le pays en danger » dans les années 80. Elle consistait à relever le niveau de l’enseignement qu’on estimait en baisse. Il fallait figurer parmi les premiers au niveau mondial. Dans ce cadre-là, les méthodes utilisées avaient pour seul but d’augmenter la productivité sans pour autant augmenter les budgets.

Et comment se traduit concrètement cette volonté d’être plus productif ? On donne plus de devoirs aux élèves, ils doivent apprendre plus de matières ?

Le programme scolaire est plus lourd effectivement. Mais à côté de ça, il y a moins de professeurs, moins de moyens et plus d’élèves par classe. Comme dans l’entreprise, il faut être hyper-productif mais aux moindres coûts. Si bien que ce système génère un stress important chez les enfants. Et pour beaucoup de professeurs, ce n’est pas évident non plus. Je me suis rendu compte de cette situation lorsque les parents du quartier venaient me trouver pour parler des difficultés qu’ils rencontraient avec leurs enfants. On retrouvait les mêmes troubles pour tous. De là, mon analyse s’est portée sur l’école et ses dysfonctionnements. C’est le premier déterminant pour les enfants. C’est l’endroit où ils passent le plus de temps.

L’OCDE a dressé un classement des pays avec les meilleurs systèmes d’éducation. Vous avez observé qu’hormis la Finlande, les pays qui arrivent en tête de ce classement sont aussi ceux où les enfants consomment le plus de Rilatine*, un psychostimulant qu’on administre aux enfants hyperactifs mais qui feraient des ravages. L’armée US refuse d’ailleurs d’enrôler des jeunes qui ont subi ce traitement durant l’enfance. Est-on en train de doper nos enfants pour qu’ils soient plus compétitifs ?

Oui, on assiste à un dopage généralisé. A part la Finlande, les dix premiers pays de ce classement PISA sont ceux où il y a le plus de problèmes de santé, de dépressions mentales et de suicides chez les jeunes. Ce classement a jeté les bases d’une compétition internationale acharnée entre les écoles. C’est comme ISO 2000 pour les entreprises, c’est un baromètre de la compétitivité.

Quels critères sont pris en compte pour ce classement ?

Il peut y avoir des critères valables mais j’y vois deux grands problèmes. Tout d’abord, la finalité productiviste du classement : il faut rehausser le niveau dans le cadre d’une compétition. Ensuite, il y a un critère fondamental qui n’apparaît nulle part dans le classement PISA : la santé de l’enfant. A mes yeux, l’enquête perd ainsi directement de sa valeur. Il y a juste cette obsession du niveau. Jusqu’où va-t-on l’augmenter ? Dans quel but ? Est-ce utile à l’élève ou à la réputation de l’école ?

Il semble que les écoles sont de moins en moins des lieux d’éducation visant à donner aux enfants les outils nécessaires pour se débrouiller dans la vie. Mais plutôt des ateliers où l’on forme la future main-d’œuvre des entreprises.

En effet, nous vivons dans une méritocratie utilitariste. L’école d’aujourd’hui sert à ce qu’on soit employable tout simplement. Mais ce ne sont pas les valeurs premières de l’enseignement. Ce problème de formatage inquiète à juste titre les progressistes. Toutefois, il ne faut pas s’enfermer dedans non plus. La question de la santé ne doit pas devenir secondaire. En tant que sportif au contact des parents et des enfants, je peux vous dire que ce sont deux problèmes liés. La santé doit devenir une référence au sein de l’école.

Justement, vous qui êtes sur le terrain et qui avez un contact privilégié avec les familles, pouvez-vous nous dire comment les parents perçoivent la situation ?

Naturellement, les parents s’inquiètent de l’avenir de leur enfant. La plupart souhaite que l’enfant aille le plus loin et le plus haut possible dans le cadre scolaire car on nous promet que c’est l’outil indispensable pour s’émanciper. Les parents sont donc pris dans un engrenage, ils n’ont pas le choix et doivent subir ce rouleau-compresseur qu’est le système éducatif.

Sentent-ils le malaise de leur enfant ?

C’est terrible… Bien évidemment, ils le ressentent. Ce sont eux qui récupèrent l’enfant après l’école. Ils sentent le décrochage et le prennent de plein fouet. Ils le vivent comme un traumatisme. Ils savent que s’ils ne réussissent pas, leur enfant ne trouvera pas sa place dans la société. Je l’ai vécu, mon père l’a vécu et mon fils est en train de le vivre. Comment ne pas mal le vivre ? Il faut arrêter de marginaliser les individus d’un système. Il faut les rendre utiles à la société et non les jeter comme des bons à rien. On avait catalogué mon fils comme hyperactif. Il a été éjecté progressivement du système éducatif. On a voulu lui donner de la Rilatine* et on nous a proposé toutes sortes de solutions qui n’avaient aucun lien avec l’enseignement. C’est une constante dans le système éducatif : quand il y a un problème, on l’externalise. Le problème vient nécessairement de l’enfant, de son environnement ou de ses proches. C’est triste. Aujourd’hui, l’enseignement est comme un train. Si on n’arrive pas à monter dans le wagon, on reste sur le quai. L’enseignement n’a pas le temps.

Dans votre livre, vous parlez aussi de certains pays scandinaves où la situation de l’enseignement est meilleure. Pourquoi la Belgique n’adopte pas les mêmes méthodes ?

Parce qu’on a peur. On n’ose pas réformer toute l’institution, alors on vient avec des petites réformes cosmétiques qui ne règlent pas le fond du problème.

Au cœur des dernières réformes entreprises, il y a l’enjeu de la mixité sociale sur lequel les ministres butent régulièrement. Les parents obligés de camper devant des écoles les veilles d’inscriptions peuvent en témoigner. Comment expliquez-vous cet échec ?

Les ministres butent et buteront encore dans cinq ou dix ans tout comme les Etats-Unis ont buté ces cinquante dernières années. Car ils n’entreprennent que des réformes périphériques à l’enseignement. Ce n’est pas en mélangeant les pauvres et les riches dans un même sac qu’on règlera le problème de la discrimination. La mixité sociale est un leurre, il faut aller au fond des choses, s’attaquer aux véritables raisons de l’inégalité. Il faudrait aussi une déségrégation de l’espace urbain pour que l’école puisse fonctionner correctement. On ne peut pas séparer systématiquement l’école de la société. De plus, ces réformes sur la mixité sociale sont lâches car elles tendent à culpabiliser les classes moyennes. Je ne veux pas porter un jugement sur ces parents qui ne veulent pas mettre leur enfant dans une « école à problèmes ». Les écoles peuvent être à discrimination positive mais il faut dès lors mettre les moyens nécessaires pour que ça réussisse. Il peut y avoir un professeur d’origine marocaine avec dix élèves d’origine marocaine, il n’y a aucune raison qu’ils ne réussissent pas à partir du moment où il y a une pédagogie non-discriminante.

Quelle alternative à ce marché scolaire ?

Il faut régler le problème de l’intérieur en éliminant le tri, la sélection et la relégation, le redoublement, les classes de niveau, les conseils de classe qui se travestissent en conseils d’orientation, les notations… Il faut bien comprendre qu’on ne trie pas les enfants. Et pourtant, l’enseignement d’aujourd’hui est un génocide pédagogique. Nous avons besoin d’un changement radical comme celui nécessaire pour éliminer le racisme aujourd’hui et comme celui qui est venu à bout de l’esclavagisme hier.

Quels moyens pourrait-on mettre en place concrètement ?

Il faut une école formative, pédagogique. Les élèves doivent pouvoir travailler par quatre ou cinq en ateliers réduits avec ces mêmes méthodologies que j’ai pu observer en Finlande. Là-bas, les jeunes communiquent entre eux. Ici, les classes sont cloisonnées et l’élève cantonné à son pupitre. Le professeur aussi est cloisonné. Il n’y a pas non plus de véritable courroie de transmission entre l’enseignant et les parents. A Cuba par exemple, il y a un lien très fort entre l’enfant et le professeur qui suit ses élèves du primaire jusqu’au secondaire. En outre, il connait bien les parents. Il faut aussi une école de production intégrale où le sport et la culture font partie intégrante du programme. Aujourd’hui, on éjecte toutes ces activités qui peuvent faire aimer l’école à l’enfant et qui sont importantes pour son développement. Evidemment, cela demande des moyens. Mais c’est une vision de la société. Soit elle est au service de l’humain, soit elle est au service de l’économie.

A propos des deux pays que vous citez en exemple, la Finlande et Cuba, les moyens mis à disposition de l’éducation y sont plus importants ?

A Cuba, les ressources humaines, ou forces sociales comme on les appelle, sont bien plus nombreuses qu’ici en Belgique. Ces pays ont mis en place une coopération qui vient tant de l’extérieur que de l’intérieur. Bien sûr, pour que la coopération de l’extérieur opère, il faut le soutien des familles. Or, en Belgique, la fracture entre les familles d’un côté et l’école de l’autre se ressent fortement dans certains milieux. Des parents ont peur de l’école car ils ont peur de l’échec.

Vous avez mis sur pied un projet d’émancipation par le sport. Pouvez-vous nous expliquer ce concept ?

Cela va faire trente ans que nous avons créé le centre sportif Fire Gym. Au début, il était assez spécialisé sur les athlètes de haut niveau. Il l’est toujours, de nombreux champions passent par chez nous comme Lorenzo Javier, champion du monde de kickboxing des poids-lourds ou Sabatin Derebey, triple champion du monde de Jiu Jitsu brésilien. La liste est longue. Mais peu de temps après la création du centre, nous avons eu beaucoup de demandes dans le quartier pour organiser des activités avec les jeunes. Des liens particuliers se sont tissés et j’ai pu constater des troubles récurrents. De là nous avons développé une analyse des problèmes de santé liés au système éducatif. Et nous avons entrepris beaucoup d’actions pour soutenir notre combat pour le bien-être des enfants.

Quel genre d’actions avez-vous mené ?

Pour les chèques sport par exemple. C’était une aide financière de l’Etat pour promouvoir le sport mais qui a été supprimée. Pour les maintenir, nous avons lancé une campagne dans les médias et organisé plusieurs manifestations. Nous n’avons pas vraiment eu gain de cause mais nous sommes quand même parvenus à faire passer l’aide financière pour le sport par les CPAS (Centre Public d’Aide Sociale). Nous avons aussi créé une association, « Les parents luttant contre l’échec scolaire et le décrochage scolaire » qui a été fort médiatisée. Nous avons notamment fait venir au parlement Claude Anttila, une experte du ministère de l’Education finlandais. Elle nous a permis de faire connaitre les bienfaits du système éducatif dans son pays. Toujours contre le décrochage scolaire, nous avons organisé une marche avec 500 enfants à Bruxelles. Bref, Fire Gym est parvenu à se faire une place dans l’agenda politique. Nous avons ainsi obtenu pour les parents un droit de regard sur les copies d’examens de leurs enfants. Nous avons aussi contribué à ce que les enfants dyslexiques puissent être accompagnés.

Lire la suite de l’article de Grégoire Lalieu et Mouâd Salhi sur le blog Investig’action

* Rilatine en Belgique nommée Ritaline en France

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