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Le blog de Lucien PONS

services publics

Des maux dans le GAZ [vidéo] : quand les représentants du personnel alertent...

30 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Services publics, #Syndicat, #Le grand banditisme, #La mondialisation, #Les transnationales

Depuis l'ouverture des marchés à la concurrence du Gaz et de l'Electricité en 2004, les élus CGT n'ont eu de cesse de dénoncer et d'alerter les directions sur la détérioration des conditions de travail des agents et celles du réseau, notamment celui du gaz.
C'est pour cette raison que les élus CGT des CE : CE DR GAZ IDF et CE CF SR IDF ont décidé de faire ce film afin que tous les agents ainsi que les usagers puissent bénéficié de ce témoignage visuel afin de démasquer les vrai responsable de ce gâchis.
Bon film !!!

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hôpital de Voiron?? une aide soignante pour 40 patients à lEhpad

6 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Services publics, #l'horreur économique, #Le grand banditisme, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La sécurité sociale, #La santé

6 Septembre 2016

VOIRON  (Isère) : mouvement de grève à l’hôpital lundi 5 septembre

Le Dauphiné Libéré

Un mouvement de grève a été lancé, pour aujourd’hui, à l’hôpital de Voiron. « L’élément déclencheur a été l’annonce du départ de trois secrétaires médicales, explique Bernard Rival, délégué CGT au centre hospitalier. Elles sont en CDD depuis près de 5 ans et elles ont appris, juste avant leur départ en vacances, qu’il ne serait pas renouvelé. Vous voyez un peu la méthode ? Il y a une forte émotion de la part des médecins, qui travaillent avec elles au quotidien et qui se sentent concernés par ce mouvement. »

« Il faut trouver d’autres solutions »

Dans les faits, des consultations pourraient être perturbées et, toujours selon Bernard Rival, des interventions au bloc opératoire pourraient être reportées.

Ce mouvement est la nouvelle expression du conflit social qui mine l’établissement depuis des mois (lire Le Dauphiné Libéré du 8 juillet) après que la direction a annoncé 50 suppressions de postes pour faire face à un important déficit (1,4 M€ en 2015).

« On réclame de savoir où ces postes seront supprimés », ajoute M. Rival, alors que la direction avait expliqué qu’ils concerneraient les services administratifs, techniques et de logistique. « La direction veut également supprimer un tiers des femmes de ménage. Ça devient grave, cela touche à l’hygiène. C’est important dans un hôpital ! »

Selon le délégué syndical, la CGT a également dû mettre la pression sur la direction pour s’assurer que l’Ehpad de Coublevie (qui dépend de l’hôpital) puisse fonctionner normalement ce week-end. « Là-bas, il y a un vrai déficit de personnel. On a une aide-soignante pour 40 patients ! L’idée est de faire des économies. Mais il faut trouver d’autres solutions que ces suppressions de postes. C’est le message que nous cherchons à faire passer. »

 

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RMC: La chronique qui a fait virer Thomas Guénolé

26 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La nation ., #La République, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Services publics, #Terrorisme, #l'islamisme

RMC: La chronique qui a fait virer Thomas Guénolé.

Ajoutée le 27 nov. 2015

La nouvelle lui a été annoncée par un coup de téléphone du directeur de la rédaction de RMC, Philippe Antoine. Vendredi 20 novembre, Thomas Guénolé a appris que la chronique qu'il tenait sur RMC était suspendue et même définitivement arrêtée. Cela lui a été confirmé par un mail reçu dimanche soir, comme il l'a indiqué au site Arrêt sur images.

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La SNCF supprime les contrôleurs dans de nombreux trains...En Lorraine, le conducteur d'un TER victime d'un malaise secouru par les voyageurs !

25 Août 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #La lutte des classes, #Le syndicalisme, #Services publics

La SNCF supprime les contrôleurs dans de nombreux trains...En Lorraine, le conducteur d'un TER victime d'un malaise secouru par les voyageurs    !

(En Lorraine, la CGT SNCF s'indigne. Des passagers ont dû porter secours à un conducteur victime d'un malaise © MaxPPP)

"Nos grands médias" si soucieux du sort des usagers en temps de grève sont bien discrets lorsqu'il s'agit du quotidien qui se dégrade en raison des politiques d'austérité et de dérégulation sous l'emprise de l'Union européenne et de la sacro-sainte concurrence "libre et non faussée"!

Des passagers d'un TER au secours d'un conducteur victime d'un malaise, la CGT s'indigne

Il y a une semaine, des passagers d'un TER qui reliait Metz à Verdun ont dû porter secours à leur conducteur, victime d'un malaise vagal. Lundi 1er août 2016, la CGT de la SNCF s'indigne car le conducteur, seul, a alors été obligé d'ouvrir la porte de sa cabine, pour alerter les passagers. "Les usagers se retrouvent livrés à eux-mêmes (...) abandonnés sans solution" déplore la CGT

La CGT de la SNCF en Lorraine s'est indignée lundi 1er août 2016 après que des passagers ont dû venir en aide à un conducteur de TER, victime d'un malaise vagal, en pleine voie à Waville en Meurthe-et-Moselle, alors que le train reliait Metz à Verdun, a rapporté France Bleu Sud Lorraine.

"Les usagers se retrouvent livrés à eux-mêmes (...) abandonnés sans solution" a déploré Rémy Guéhin de la CGT Cheminots en Lorraine. Selon France Bleu Lorraine, lundi dernier, le conducteur a en effet dû ouvrir la porte de sa cabine et alerter les passagers. Les usagers ont alors utilisé le téléphone du cheminot et sont entrés en contact avec le PC trafic de la SNCF.

Le syndicaliste a ainsi indiqué avoir alerté régulièrement la SNCF "sur l'utilité d'avoir un contrôleur minimum sur chaque train" afin d'éviter ce genre d’incidents.

La SNCF, interrogé par France Bleu Lorraine Sud, a répondu que la présence d'un contrôleur à bord d'un train n'était pas systématique, et que des protocoles de sécurité existent en cas de problème.

Le directeur de la SNCF en Lorraine, Jacques Weil, a en effet affirmé que "quand un conducteur a un malaise, qu'au bout de 55 secondes il n'a actionné aucun levier dans la cabine de conduite, le train s'arrête automatiquement et c'est bien ce qu'il s'est passé. Si les voyageurs ne sont pas en contact avec le conducteur et s'il n'y a pas de contrôleur, il y a un numéro de téléphone affiché à différents endroits dans le train que les voyageurs peuvent utiliser pour joindre quelqu'un au sol".

SOURCE:

Des passagers d'un TER au secours d'un conducteur victime d'un malaise, la CGT s'indigne

http://www.francetvinfo

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CONTRE la LOI TRAVAIL - 58 députés préviennent : "On aurait tort de croire le débat clos avec l’adoption de la loi "

23 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La nation ., #La République, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #l'horreur économique, #Services publics, #Syndicat, #Socialisme

Publié par El Diablo

 CONTRE la LOI TRAVAIL - 58 députés préviennent : "On aurait tort de croire le débat clos avec l’adoption de la loi "

Contre la loi Travail, 58 députés préviennent que "la bataille ne fait que commencer"

TRIBUNE - Cinquante-huit députés, très majoritairement de gauche, réagissent à l'utilisation du 49-3 par le gouvernement pour faire passer la loi Travail en force en dernière lecture à l'Assemblée. "On aurait tort de croire le débat clos avec l’adoption de la loi Travail. Il ne fait au contraire que commencer. Nous y prendrons toute notre part", avertissent-ils.

Voici la tribune des 58 députés :

"Ce mercredi 20 juillet, la loi Travail a donc été définitivement adoptée. Au cœur de l’été, il ne faut pas lâcher,mais continuer à dire pourquoi ce fut le moment le plus insupportable de ce quinquennat pour qui ne se résigne pas à la dégradation des droits des salariés français et au déni de démocratie.

Avec cette loi, le code du Travail sera plus complexe, et moins favorable aux salariés. Cette loi ne modernise pas, elle réduit les protections. Et derrière le motif légitime de favoriser la négociation sociale, en réalité elle fragilise les travailleurs et affaiblit la démocratie dans l’entreprise. Elle est adoptée sans dialogue et négociations apaisés avec les partenaires sociaux.

Sans le soutien des citoyennes et des citoyens, qui continuent très majoritairement à rejeter un texte aux antipodes des engagements pris par la majorité pour laquelle ils ont voté en 2012. Sans un débat parlementaire à la hauteur des cinquante-deux articles et des nombreux thèmes abordés dans ce projet de loi, visant à terme la réécriture de l'ensemble de la partie législative du Code du Travail. Sans même un vote des députés, sur chaque article ou sur l'ensemble du texte.

"Jamais nous n'aurions imaginé vivre une telle situation"

Mais bien après plusieurs mois de tensions sociales sans précédents pour un gouvernement issu de la gauche, par le biais d'un recours au 49-3, outil quasi-imparable de verrouillage et de chantage constitutionnel. Et sans plus de quelques heures de débat dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, désormais devenu un théâtre d’ombres. Jamais nous n'aurions imaginé vivre au cours de ce quinquennat une telle situation, tellement contraire aux valeurs et à l'histoire de la gauche. Elle nourrit la colère du peuple, et donne des arguments à ceux qui s’emploient à dévitaliser la démocratie.

Nous, parlementaires avons à chaque étape décidé de nous mobiliser, pour être à la hauteur de notre responsabilité : celle d'incarner le pouvoir de faire la loi en accord avec le mandat que nous a confié le peuple. Nous n'avons cessé de dénoncer les dangers de ce texte, en considérant que ses quelques points positifs ne pouvaient servir de prétexte à justifier ses reculs considérables. Nous avons en permanence recherché et organisé le dialogue, avec toutes les organisations syndicales, sans ostracisme ni stigmatisation; relayé les propositions et alternatives; et jusqu'au bout, œuvré à une sortie de crise, pourtant à portée de main.

"Le gouvernement a fait fi de toutes les oppositions"

Enfin, par deux fois, face au passage en force de l'exécutif sur ce texte fondamental, il a été tenté de déposer une motion de censure de gauche, démocrate et écologiste : il était de notre responsabilité de députés de la Nation de ne pas rester sans réaction face à cette situation. Nous le devions à celles et ceux qui pendant des mois se sont mobilisés par millions.

La voie autoritaire, aura permis au Président de la République et au Gouvernement de faire fi de toutes les oppositions, pourtant majoritaires dans le pays, de toutes les mobilisations, qu'elles soient citoyennes, syndicales, parlementaires. Mais à quel prix? Au nom de quel idéal, pour servir quel projet de société? Avec quelles conséquences pour le pays?

"On altère une nouvelle fois la confiance du peuple"

Comment ne pas voir, à l'heure où notre société traverse une crise démocratique majeure, que faire adopter sans vote, par le 49-3 utilisé à deux reprises, un tel projet de loi, concernant la vie quotidienne de millions de nos concitoyens, risque d'accroître ce fossé entre citoyens et gouvernants que nous prétendons tous combattre? Comment ne pas comprendre, six mois après des débats délétères sur la déchéance de nationalité, que l'on altère une nouvelle fois la confiance du peuple, en imposant un texte dont les dispositions vont à rebours des positions toujours défendues en matière de droit du Travail ? Pourquoi faire le choix de diviser un pays pour faire passer à tout prix un texte qui de l’avis même de ses concepteurs n'aura pas d'impact direct sur les créations d'emplois? Pourquoi imposer des mesures qui aggraveront les logiques de dumping social entre les entreprises, affaibliront le pouvoir d’achat des salariés à travers les baisses de rémunération des heures supplémentaires, et faciliteront les licenciements économiques, ou même réduiront les missions de la médecine du travail?

Le Président de la République et le gouvernement devront longtemps faire face à ces questions. Car cette méthode autoritaire n'éteindra jamais le débat de fond. Pire, elle est toujours contre-productive, par les ressentiments qu'elle génère.

Pour notre part, nous ne renonçons pas à porter la voix des citoyens mobilisés pour défendre leurs droits, leurs convictions, leur vision de la société et du monde du travail. Et surtout, nous ne renonçons pas à affirmer d’autres choix. Pour adapter le droit du travail aux défis du 21e siècle et aux mutations de l’économie, en le rendant plus protecteur pour les salariés, en dressant ainsi une véritable barrière contre le dumping social au sein de l’économie française ; en renforçant le dialogue social, le rôle des organisations syndicales, et la place des salariés dans les organes de décision des entreprises ; en renouant avec une démarche de partage juste et choisi du temps de travail, levier d’une lutte efficace contre le chômage; en se donnant tous les moyens de dessiner effectivement les conquêtes sociales de demain, avec au premier rang la sécurité sociale professionnelle.

Un code moderne et vraiment protecteur des salariés est possible. Il doit s’inspirer des leçons de l’Histoire et affronter les mutations du salariat. Nous retrouverons ainsi le chemin des réformes qui marquent utilement leur époque. On aurait tort de croire le débat clos avec l’adoption de la loi Travail. Il ne fait au contraire que commencer. Nous y prendrons toute notre part."

Laurence Abeille, Brigitte Allain, Pouria Amirshahi, François Asensi, Isabelle Attard, Danielle Auroi, Philippe Baumel, Laurent Baumel, Huguette Bello, Jean-Pierre Blazy, Michèle Bonneton, Alain Bocquet, Kheira Bouziane, Isabelle Bruneau, Marie-George Buffet, Jean-Jacques Candelier, Fanélie Carrey-Conte, Patrice Carvalho, Nathalie Chabanne, Gaby Charroux, André Chassaigne, Dominique Chauvel, Pascal Cherki, Sergio Coronado, Marc Dolez, Cécile Duflot, Hervé Feron, Aurélie Filippetti, Jacqueline Fraysse, Geneviève Gaillard, Yann Galut, Linda Gourjade, Edith Gueugneau, Benoît Hamon, Mathieu Hanotin, Christian Hutin, Romain Joron, Régis Juanico, Jérôme Lambert, Jean Lassalle, Christophe Léonard, Jean-Luc Laurent, Noël Mamère, Alfred Marie-Jeanne, Jean-Philippe Nilor, Philippe Noguès, Christian Paul, Michel Pouzol, Patrice Prat, Barbara Romagnan, Jean-Louis Roumegas, Nicolas Sansu, Eva Sas, Gérard Sebaoun, Suzanne Tallard, Thomas Thévenoud, Michel Vergnier, Paola Zanetti

(Les intertitres sont de la rédaction)

SOURCE:

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Attentat de NICE : La direction de "FRANCE 2" présente ses excuses, vraiment ?

22 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #Les média, #Services publics, #Terrorisme

Publié par El Diablo

 

 

Attentat de NICE : La direction de "FRANCE 2" présente ses excuses, vraiment ?

Le SNJ avait décidé de respecter la période du deuil national, après l’attentat de Nice. Il est temps désormais de dénoncer la perversité du fonctionnement éditorial de France 2 : il est à l’origine du dérapage dans l’édition spéciale. Ainsi que l’hypocrisie de la direction de l’information, au sujet de la déontologie des journalistes.

Une équipe de reportage au milieu de l’horreur de l’attentat de Nice. Traumatisée, comme on le serait tous. Elle réussit malgré tout à faire son travail : enregistrer images et interviews. Jusque-là, rien de plus normal, de plus professionnel. N’en déplaisent aux « réseaux sociaux » et autre CSA.

C’est après que les choses dérapent. Quand la direction de la rédaction nationale se révèle incapable de faire sa part de travail : visionner les rushes et décider si, oui ou non, ils doivent être transformés en information, et mis à l’antenne.

La hiérarchie, si prompte à imposer au quotidien ses vues sur les reportages qu’elle commande, a témoigné dans l’urgence d’une incapacité à exercer un regard critique. Comme quoi on peut être à la fois inutilement tatillon  par temps calme et défaillant les jours de tempête. C’est-à-dire quand les circonstances révèlent les aptitudes des uns et des autres.

  • Fallait-il ou non diffuser ce témoignage d’un homme en larmes auprès du corps d’un proche ?
  • Doit-on appliquer des règles différentes avec des drames proches et des drames lointains ?
  • La guerre sans images existe-t-elle ?

Toutes ces questions relèvent de ce que l’on appelle la « déontologie ». C’est notre préoccupation quotidienne, à nous journalistes, à chaque reportage sur le terrain.

Dans un courrier adressé aux salariés des rédactions nationales, le directeur de l’information précise « ni nos équipes sur le terrain, qui ont fait un boulot remarquable dans des conditions d’atrocité peu communes, ni les monteurs, accablés de rushes plus insoutenables les uns que les autres, ne sauraient être mis en cause »

Dommage que le directeur de l’information n’aille pas au bout du raisonnement. Depuis des années, le SNJ dénonce la perversité du fonctionnement des éditions de France 2. Des cadres, présentateurs ou rédacteurs en chefs veulent modeler chaque reportage selon leurs a priori et leurs préjugés. Ils savent tout mieux que tous les autres et, notamment que les journalistes de terrain, surtout en régions, considérés comme des moins que rien.

Résultat : à force de fonctionner à l’envers du bon sens journalistique, ces encadrants sont incapables « d’assurer » quand le terrain et l’urgence absolue nécessitent un maximum de maîtrise. A l’arrivée, cela donne le dérapage pendant l’édition spéciale sur l’attentat de Nice, dans la nuit du 14 au 15 juillet.

Faut-il rappeler que ce modèle pervers de «news factory » s’appelle info 2015, le graal en toc de la direction de l’information ?

Faut-il pointer le fait que la charte d’éthique des journalistes professionnels et les principes professionnels qui la complètent sont trop souvent ignorés par certaines hiérarchies ?

Faut-il préciser enfin que la future chaine d’info requiert la maîtrise d’une déontologie sans failles, entraînant les bonnes décisions et les bons réflexes de tous, et plus particulièrement de la hiérarchie journalistique ?

Dans ce même courrier adressé aux salariés, le directeur de l’information annonce l’organisation « d’une rencontre ouverte à d’autres responsables de media et des réseaux sociaux pour approfondir l’ensemble des questions que soulève le traitement de ce type d’événements ».

Quelle hypocrisie et quel aveu ! Tant que les questions de déontologie sont posées par le SNJ et par les journalistes de France Télévisions, la direction répond souvent par le dédain. Mais quand une poignée d’internautes se fâchent sur les réseaux sociaux, quand le CSA s’arroge le droit, en toute illégalité, d’intervenir sur la déontologie des journalistes, la direction se réveille.

Enfin, le SNJ constate, une fois de plus, que les salariés des régions de France 3 et du réseau des Outremers 1ères n’ont pas été destinataires du courrier de la direction de l’information, adressé aux seules équipes des rédactions nationales. Comme si les gueux des régions et des outremers ne méritaient pas qu’on s’adresse à eux, au sujet de la déontologie de l’information, dans leur entreprise.

Modèle éditorial défaillant, mépris des journalistes de terrain, méconnaissance de la déontologie : la direction de l’information de France Télévisions semble inconsciente des enjeux. Le SNJ saura le lui rappeler à chaque nouveau risque de dérapage, en particulier sur la future chaîne d’info en continu.

 

Paris, le 19 juillet 2016

Syndicat National des Journalistes de France Télévisions

 

Le communiqué en PDF :

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la stratégie de Lisbonne prescrivant la marchandisation programmée de la connaissance.

25 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Le grand banditisme, #La République, #Ecole, #Services publics

Articles d'Indépendance des Chercheurs :



http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2016/05/23/l-enigme-bogdanov-un-livre-qui-derange-iii-51627.html

L'Enigme Bogdanov, un livre qui "dérange" (III)

Le 23 mai 2016, Le Monde évoque un « blocage persistant des raffineries face à la loi travail » alors que L'Usine Nouvelle écrit « Avec le blocage des raffineries, la pénurie d'essence prend de l'ampleur ». Pourtant, du côté de manifestants, médias, syndicats, grévistes... le silence et l'absence d'analyse perdurent en ce qui concerne le rapport évident entre la mondialisation du capitalisme et le projet de loi sur le travail de Myriam El Khomri, cible affichée du mouvement actuel. Nos articles « Loi El Khomri : le débat que l'on étouffe » (I), (II), (III), (IV) et (V) et « L'actuel blocage de l'économie aide la loi El Khomri » ont déjà commenté cette incroyable situation, alors que de toute évidence la future orientation du mouvement devrait dépendre crucialement de l'analyse stratégique manquante. Mais visiblement, il existe des tabous et les analyses « dérangent » dans la société française actuelle. Or précisément, le livre L'Enigme Bogdanov (Editions Télémaque), de notre collègue Luis Gonzalez-Mestres (paru en novembre 2015), semble toujours « déranger » pour une raison analogue. Son analyse circonstanciée de la prétendue « affaire Bogdanoff » s'accompagne d'un parcours de la situation actuelle de la recherche, de rappels historiques sur un large éventail de domaines, et de réflexions connexes sur les plans scientifique et institutionnel ainsi que sur le plan citoyen. Il en émerge les éléments d'une critique globale que la « bien-pensance » a toujours cherché à éviter. Dans « L'Enigme Bogdanov, un livre qui "dérange" » (I) et (II), nous avions déjà entrepris d'examiner le contenu fort « gênant » d'un livre paru juste avant les attentats de Paris et qui, de ce fait, n'a pas pu bénéficier d'une réelle publicité au moment de sa sortie mais que par la suite les médias ont clairement boudé. La situation actuelle et sa problématique nous semblent commander la poursuite du commentaire du livre L'Enigme Bogdanov où, précisément, la mondialisation du capitalisme est explicitement évoquée. D'autant plus, que la recherche française paye une lourde facture de cette mondialisation qui se poursuit sous l'égide du grand capital.

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2016/05/23/l-enigme-bogdanov-un-livre-qui-derange-iii-51627.html ]


http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2016/05/24/l-enigme-bogdanov-un-livre-qui-derange-iv-51630.html

L'Enigme Bogdanov, un livre qui "dérange" (IV)

Le 24 mai 2016, les conseils scientifiques des organismes de recherche français (CNRS, INSERM, INRA, INED, IRD) ont conjointement adopté une motion intitulée « Etat d'urgence dans la recherche », diffusée notamment par le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) dans un communiqué de presse. Le communiqué dénonce explicitement à juste titre « l'annonce brutale du projet de suppression par décret de 256 millions d'euros de crédit 2016 pour la "Mission interministérielle Recherche et Enseignement supérieur" ». Il se réfère également à une tribune parue dans Le Monde avec le titre « Coupes budgétaires dans la recherche : huit grands chercheurs dénoncent "un suicide scientifique et industriel" » et signée par huit scientifiques connus. Malheureusement, si cette dénonciation des coupes budgétaires est largement fondée, ni le communiqué des conseils scientifiques ni la tribune parue dans Le Monde ne procèdent à une analyse globale du rôle de la mondialisation du capitalisme, de la stratégie des organismes qui en émanent, de la politique de l'Union Européenne... dans cet affaiblissement des moyens de la recherche française. Une thématique pourtant abordée dans l'ouvrage L'Enigme Bogdanov (Editions Télémaque), de notre collègue Luis Gonzalez-Mestres qui dénonce en particulier (chapitre VII) « la stratégie de Lisbonne prescrivant la marchandisation programmée de la connaissance ». C'est précisément cette marchandisation de la connaissance, programmée par la stratégie de Lisbonne adoptée en mars 2000 à l'échelle européenne, qui exerce une pression croissante sur les moyens de la recherche française alors que l'Union Européenne gère directement un volume de plus en plus élevé de moyens budgétaires de la recherche. Analysant le contexte scientifique, institutionnel et historique de la prétendue « affaire Bogdanoff », le livre L'Enigme Bogdanov ne pouvait valablement ignorer le rôle de la mondialisation du capitalisme et de la stratégie de l'Union Européenne dans l'évolution de l'éducation et la recherche françaises. Le travail d'analyse et d'invitation à la réflexion citoyenne collective mené à terme dans L'Enigme Bogdanov contraste très clairement avec les silences récurrents sur la mondialisation du capitalisme dans les mobilisations actuelles contre la loi El Khomri, mais aussi dans les textes de chercheurs contre les coupures budgétaires et la précarisation. Dans ce contexte, le livre L'Enigme Bogdanov « dérange » par son effort de clarté devant le public.

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2016/05/24/l-enigme-bogdanov-un-livre-qui-derange-iv-51630.html ]


et pour rappel :

L'Enigme Bogdanov, un livre qui "dérange" (I)

L'Enigme Bogdanov, un livre qui "dérange" (II)

L'Enigme Bogdanov, de Luis Gonzalez-Mestres, et la question du chômage

L'Enigme Bogdanov, livre pour Noël de réflexion citoyenne

Un livre interactif : L'Enigme Bogdanov, de Luis Gonzalez-Mestres

L'Enigme Bogdanov, de Luis Gonzalez-Mestres (I)

Loi el Khomri : le débat que l'on étouffe (I)

Loi el Khomri : le débat que l'on étouffe (II)

Loi el Khomri : le débat que l'on étouffe (III)

Loi El Khomri : le débat que l'on étouffe (IV)

Loi El Khomri : le débat que l'on étouffe (V)

L'actuel blocage de l'économie aide la loi El Khom

Si en revanche vous avez apprécié le contenu de nos articles, nous ne pouvons que vous encourager à rediffuser autour de vous cette lettre d'information. Merci d'avance.


Cordialement

Le Collectif Indépendance des Chercheurs
http://science21.blogs.courrierinternational.com/
https://blogs.mediapart.fr/scientia

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Articles d'Indépendance des Chercheurs : Loi el Khomri : le débat que l'on étouffe (I)

8 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #La justice, #La sécurité sociale, #La mondialisation, #La République, #Syndicat, #Socialisme, #Services publics

Articles d'Indépendance des Chercheurs : Loi el Khomri : le débat que l'on étouffe (I)

Articles d'Indépendance des Chercheurs :


http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2016/05/03/loi-el-khomri-le-debat-que-l-on-etouffe-i-51587.html

Loi el Khomri : le débat que l'on étouffe (I)

L'indispensable débat stratégique à propos des véritables mobiles du projet de loi sur le travail de Myriam El Khomri, sur lequel le débat parlementaire commence à l'Assemblée Nationale, a été étouffé de manière permanente par les affrontements de quelques groupes avec la police qui ont monopolisé à la fois l'information et les déclarations d'organisations diverses. Le 3 mai, Le Parisien écrit « Loi Travail : "Céder à la rue ? Non", répond Myriam El Khomri ». Evidemment, un véritable débat de fond rappelant de surcroît les responsabilités passées et présentes du monde politique, toutes étiquettes confondues, aurait été particulièrement « dérangeant ». Car la réalité est que depuis les années 1980, « droites », « gauches » et « ni droites ni gauches », toutes étiquettes confondues, ont toujours développé ou laissé faire la même politique de soutien à la mondialisation du capitalisme et de mise en place de « grands marchés du travail » européen et planétaire. La « gauche plurielle » de Lionel Jospin n'a pas été une exception, bien au contraire, et la loi el Khomri n'est que la suite de ce processus. Peut-on décemment oublier que François Hollande a été élu en 2012 avec le soutien de la « gauche de la gauche », alors qu'il avait été premier secrétaire du Parti Socialiste tout au long de la période désastreuse du gouvernement Jospin (1997-2002) auquel avaient notamment participé « communistes, « écologistes » et des prétendues « gauches socialistes », Jean-Luc Mélenchon compris ? A présent, le site de l'Assemblée Nationale annonce des débats sur le projet de loi « Travail : nouvelles libertés et protections pour les entreprises et les actifs » du 3 au 17 mai. Sur la même page, on trouve un extrait du compte rendu du Conseil des Ministres qui a donné le feu vert au projet de loi El Khomri et qui se termine avec la promesse : « Cette loi sera une grande réforme sociale, qui transformera en profondeur le droit du travail pour favoriser la compétitivité et l'emploi, en s'appuyant sur le dialogue social, tout en améliorant les droits des salariés et des actifs ». Une propagande qui, par elle-même, met en évidence la nécessité et l'urgence d'un véritable débat de fond, autant sur le contenu de la loi que sur ses véritables raisons stratégiques. Mais c'est précisément ce que le monde politique n'a pas envie de mener à terme. Encore moins, auprès de « la rue ». Pourtant, le 1er Mai même, Le Monde rapportait « Tafta : des documents confidentiels révèlent l’avancée des négociations ». Peut-on raisonnablement ignorer de telles réalités à propos du projet de loi sur le travail ?

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2016/05/03/loi-el-khomri-le-debat-que-l-on-etouffe-i-51587.html ]


http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2016/05/07/loi-el-khomri-le-debat-que-l-on-etouffe-ii-51602.html

Loi el Khomri : le débat que l'on étouffe (II)

Cette semaine, le silence général perdure concernant les motivations stratégiques du projet de loi sur le travail. Pourtant, Témoignages avertit clairement « Loi El Khomri : conséquences désastreuses à La Réunion », et ce n'est qu'un exemple. Le Monde écrit « Loi travail : Manuel Valls n’exclut plus de recourir au 49-3 », alors que France TV Info commente « Loi travail : 71% des Français trouveraient "choquant" un recours au 49.3 » et Challenges annonce « Loi Travail : nouvelle journée de grèves et de manifestations le 12 mai ». Sud Ouest ajoute « Bordeaux : 40 000 colis et 23 camions bloqués par des manifestants anti-loi travail », et France 3 Aquitaine rapporte « Des manifestants anti-loi Khomry bloquent la centrale d'achat du groupe Auchan à Beychac et Caillau ». Mais si les affrontements entre la police et des manifestants ont donné lieu à de nombreux articles, les analyses du contexte stratégique du projet de loi de Myriam El Khomri sont pratiquement absentes comme déjà souligné dans « Loi el Khomri : le débat que l'on étouffe (I) » et dans de précédents articles sur ce blog. Qui dénonce le rôle de la mondialisation du capitalisme, la stratégie de la grande finance et des grandes multinationales, les exigences du « commerce mondial », les « marchés de la main d'oeuvre » européen et planétaire, la « libre circulation » des capitaux, la course aux plus bas salaires et standards sociaux... ? Lyon 1ère rapporte « Projet de délocalisation: des salariés bloquent le site de Rexroth Bosch à Vénissieux », évoquant notamment un projet de délocalisation partielle en Turquie. C'est le genre d'informations que l'on voit passer au quotidien, alors que l'agence Ecofin souligne « Maroc : 60 000 nouveaux emplois attendus du lancement des "écosystèmes de services externalisés" » et fait état de la concurrence, en matière de services externalisés, de la Roumanie, du Portugal et de l'Espagne. La loi El Khomri est-elle autre chose qu'une nouvelle mesure d'exécution des exigences de la mondialisation du capitalisme ? Et qui ose analyser cet aspect de la politique de François Hollande et Manuel Valls ? Il y a un mois, l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) a diffuse un communiqué de presse intitulé « La croissance du commerce restera modérée en 2016 car des incertitudes pèsent sur la demande mondiale », exprimant notamment le voeu d'une « croissance plus rapide dans la zone euro » avec le soutien de la Banque Centrale Européenne. Quel est censé être, pour les travailleurs français, le prix de cette « croissance plus rapide » ? Et quel est, à ce sujet, le rôle de la loi El Khomri que l'on évite d'analyser vraiment ?

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2016/05/07/loi-el-khomri-le-debat-que-l-on-etouffe-ii-51602.html ]


et pour rappel :

Loi El Khomri, robots et mondialisation du capitalisme (I)

Loi El Khomri, robots et mondialisation du capitalisme (II)

Loi El Khomri, robots et mondialisation du capitalisme (III)

21 avril, "gauches", "droites" et crise du système en place

Marx, travail, société, robots, emplois humains...

Macron, travail, manifestations, capital, réseaux...

Loi El Khomri, manifestations... et silence sur les robots (I)

Loi El Khomri, manifestations... et silence sur les robots (II)

Robotique et chômage, fonctionnement de la recherche... Des sujets qui "dérangent" ?


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Cordialement

Le Collectif Indépendance des Chercheurs
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À Saint-Victoret, la colère à forte dosimétrie des précaires du nucléaire.

7 Mai 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #L'écologie., #Europe supranationale, #Energie, #Services publics, #La santé

À Saint-Victoret, la colère à forte dosimétrie des précaires du nucléaire

Élodie Crézé

29 avril 2016 


Pendant deux semaines, la trentaine d'agents de maintenance de l'entreprise Weir de Saint-Victoret, spécialisée dans la conception et la fabrication des soupapes de sécurité pour l'industrie nucléaire, était en grève. La maintenance de sept centrales françaises était à l'arrêt. Une sortie de crise se dessine à présent, alors que les salariés reprennent le travail.

 

 

 

À Saint-Victoret, la colère à forte dosimétrie des précaires du nucléaire.

Il a fallu deux semaines de grève aux « nomades du nucléaire » de Saint-Victoret pour enfin obtenir un début de sortie de crise. Ce terme peu connu désigne les agents de maintenance qui interviennent sur les soupapes de sécurité des 19 centrales françaises, et d’autres à l’étranger, notamment en Ukraine. Depuis le 18 avril, ils étaient en grève pour dénoncer leurs conditions de travail qu’ils jugent dégradées et ainsi tenter de faire plier Weir Power.

Ce spécialiste écossais de la conception et fabrication de soupapes est coté à la bourse de Londres mais le siège français est situé à Saint-Victoret. Ce midi, c’est finalement de Glasgow qu’est parvenue une solution de sortie d’un conflit inédit à Weir. Après un long blocage de la direction locale, la maison-mère a finalement accepté d’étudier une réorganisation du service.

Les 33 salariés français de Weir Power avaient pour principale revendication le manque d’effectif qu’ils estiment à une dizaine de personnes. Sans cesse sur les routes, « sautant de chantier en chantier », selon Alexandre Lucas, délégué CGT du personnel qui ajoute : « on peut difficilement rentrer chez nous le week-end pour voir nos familles. Parfois, on rentre seulement au bout de trois semaines. Ce n’est pas pour rien s’il y a tant de collègues qui divorcent ». D’autant que les salariés viennent des quatre coins de l’hexagone.

Cette mobilité géographique pesante s’ajoute à des conditions de travail déjà pénibles. Elles sont décrites dans un reportage d’Alain de Halleux,RAS nucléaire rien à signaler (2009): des astreintes la nuit, des kilomètres au compteur, des salaires modestes. Les grévistes de Weir souhaiteraient voir augmenter leurs indemnités de déplacement, de l’ordre de 100 euros par jour pour payer hôtel et repas. Quant au salaire de base, il démarre à 1600 euros net.

Sans cesse sous pression, les salariés voient régulièrement leurs congés sauter alors même que leur métier présente de vrais risques pour la santé. Cette dernière est surveillée de près, avec examens réguliers, « même si la médecine n’a pas assez de recul pour les évaluer précisément. Pas assez de morts, en d’autres termes », jette cyniquement Alexandre Lucas.

« LE CLIENT EDF N’EST PAS SATISFAIT »

Tous les 18 mois, les centrales stoppent leur réacteurs afin de les recharger en nouvelles barres d’uranium et d’effectuer une expertise. C’est le rôle des agents, qui reçoivent leurs ordres de mission pour des chantiers durant entre trois à huit semaines. « Mais comme nous sommes soumis à des radiations, notre dosimétrie [mesure de la dose de rayonnement radioactif -ndlr] est très contrôlée et nous avons un taux à ne pas dépasser », détaille Alexandre Lucas. Résultat, lorsque le taux maximum autorisé est atteint, les techniciens doivent respecter un délai avant de retourner sur le chantier. « Comme on manque de personnel, on ne respecte pas le planning imposé par le client EDF, ou alors on vient sur le chantier moins nombreux que prévu et le client n’est pas satisfait ».

À Saint-Victoret, la colère à forte dosimétrie des précaires du nucléaire.

La frustration du client rejaillit parfois avec violence sur les agents. Une altercation survenue peu de temps avant la grève entre un agent et un responsable d’EDF a mis le feu aux poudres et déclenché le mouvement. Il y a quelques semaines, les agents ont envoyé un courrier à la médecine du travail et le CHSCT prépare un rapport. « Nous sommes très nombreux à prendre des médicaments pour dormir, des collègues présentent des problèmes psychosociaux », s’alarme le délégué du personnel qui ironise sur son crâne chauve, « qui n’est pas le fait de la radiation« , assure-t-il.

TROIS PAIRES DE GANTS

Depuis la tragédie de Fukushima, la sécurité a été renforcée. Les contraintes aussi :« On doit enfiler parfois jusqu’à trois chaussons, trois paires de gants, une combinaison, et monter en nage des escaliers, passer plusieurs portiques de sécurité », détaille Alexandre Lucas. Thierry, un autre salarié qui souhaite conserver l’anonymat, s’accroche parce qu’il a choisi ce métier, notamment « pour la technique, pour le matériel de précision ». « Pour la route aussi. Il faut aimer les départs », ajoute Patrick, un ancien qui, en plus de trente ans, est parti seulement trois fois en congés d’été. Les hommes ont intégré le risque, omniprésent et presque banalisé : « on peut être contaminés », lâche Thierry, mine de rien. « L’environnement est difficile, il y a la chaleur, le bruit, les radiations ».

Les problèmes d’organisation qui leur pèsent tant durent depuis 2013, avec un changement de direction et une réorganisation de la société. « Les dirigeants n’ont pas la culture sûreté », glissent plusieurs salariés qui estiment mieux connaître le métier et ses risques que leur employeur. « Les plannings sont de plus en plus courts, modifiés toutes les demi-journées ou presque, la pression du client s’accroît », reprend Thierry qui conserve l’espoir de voir les choses bouger. « C’est la dernière ligne droite, si ça ne marche pas là, je ne sais pas ce que l’on va faire », lâchait Patrick, tout de même inquiet à la veille des négociations.

Ce jeudi après-midi, alors que la grève est levée, les discussions se poursuivent pour savoir de quelle manière rattraper le fort retard accumulé sur les chantiers d’EDF. La maintenance de huit centrales a en effet été suspendue : Civaux, Cruas, Paluel, Graveline, Blayais, Bugey, Chinon et Doel en Belgique. « Nous allons laisser tomber un ou deux chantiers car nous ne pouvons pas tout rattraper », a expliqué ce jeudi Alexandre Lucas.

Un calendrier serait en cours d’élaboration pour lancer la réorganisation du service, « garantie par la direction de Glasgow ». Elle devrait être bouclée pour le 15 juin. Des promesses de nouvelles embauches sont à la clé, sans que le nombre concédé soit encore précisé. Contactée, la direction de Weir Saint-Victoret n’a pas souhaité faire de commentaires

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