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Le blog de Lucien PONS

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Qui combat vraiment en Syrie : la liste noire de la honte de l’Occident — 30 décembre 2016

31 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #ISIL, #Daesch

Qui combat vraiment en Syrie : la liste noire de la honte de l’Occident

 Qui combat vraiment en Syrie : la liste noire de la honte de l’Occident   — 30 décembre 2016

 

Des habitants d’Alep-Est observent l’évacuation de mercenaires de leur ville le 15 décembre 2016 (photo: SANA/DPA)

Pour l’opinion publique allemande, il n’est souvent pas clair de démêler qui combat contre qui en Syrie. Un seul côté semble clair : une alliance de la Russie, de la Syrie, de l’Iran et du Hezbollah islamique. Mais contre qui combat au juste cette alliance ? La désignation des opposants au président élu Bachar al-Assad va des « rebelles » à l’« opposition » en passant par les « insurgés ». En effet, il y a même un parti d’opposition au Parlement syrien aujourd’hui, il y détient même un ministère (de la Réconciliation nationale). Pourtant les combattants « rebelles » sont presque exclusivement soutenus par des gouvernements étrangers et des services de renseignement.

Dans l’inventaire qui suit, nous nous basons presque exclusivement sur des sources occidentales – qui font clairement ressortir que l’engagement des mercenaires est connu des médias internationaux.

Cette liste est une liste de la honte : des services de renseignements et des gouvernements occidentaux financent une guerre en Syrie avec l’argent des contribuables, échappant à tout contrôle. Cela s’explique par des intérêts de politique énergétique, et vaut pour l’Occident comme pour la Russie et l’Iran.

L’armée russe est venue à l’aide d’Assad. Elle l’a fait en conformité avec le droit international – même si la guerre est toujours horrible et que la Russie ne pouvait pas éviter que des civils soient touchés. Les mercenaires décrits ici et leurs « souteneurs »agissent tous à l’encontre du droit international.

Le Front Sud :

Actif à Daraa et à Kuneitra, rapporte Al Jazeera.

Le groupe est financé et dirigé par le Centre des opérations militaires (COM) à Amman, qui dépend des États-Unis, selon la Fondation Heinrich-Böll.

La BBC précise que pour le Front Sud, il s’agit du regroupement de divers groupes, doté d’une force de combat de 38 000 hommes, soutenu par la CIA.

Elle est décrite par des représentants occidentaux comme le « groupe rebelle » le mieux organisé, selon Reuters.

Le Front Sud est dirigé par l’ancien général syrien Bachar al-Zoubi. Celui-ci est un riche homme d’affaires qui a surtout fait fortune dans le secteur touristique. En outre, il est membre du clan al-Zoubi, selon le magazine NOW.

La Légion al-Rahman et Jaysh al-Islam :

Actifs dans la Ghouta-Est, dans la périphérie de Damas et à Qalamoun-Est, rapporte Asharq al-Awsat.

Le groupe opère systématiquement avec l’armée de mercenaires de Jaysh al-Islam. La Légion al-Rahman et Jaysh al-Islam ont été levés et financés par l’Arabie saoudite. Riyad utilise le groupe comme organisation principale pour financer d’autres armées mercenaires en Syrie. Il y a eu par le passé des « rencontres de coordination » entre l’ancien chef des services secrets saoudiens Bandar, l’ambassadeur américain en Syrie Robert Ford et le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Khaled al-Attiyah. Les rencontres secrètes entre des représentants de l’Arabie saoudite, des États-Unis et du Qatar avaient lieu sur le territoire turc, rapporte le Guardian.

Le nombre des combattants se situe entre 40 000 et 70 000 hommes, d’après le rapports de l’Université Stanford. Le porte-parole de Jaysh al-Islam, Mohammed Alloush, a participé en tant que représentant des mercenaires aux pourparlers de paix de Genève, qu’il a unilatéralement rompus, rapporte Al Jazeera.

Le fondateur de Jaysh al-Islam, Zahran Alloush, a été tué lors d’une attaque aérienne russe, rapporte le Guardian. L’actuel chef militaire du groupe est Essam al-Buwaydhani. Il n’y a pas d’informations fiables sur al-Buwaydhani.

Le Front du Levant (Jabhat al-Shamiyah) :

Actif au nord de la Syrie / province d’Alep.

Le groupe est soutenu tant par des États occidentaux que par l’Arabie saoudite, nous dit Reuters. Au cours de la guerre en Syrie, il a reçu des armes antichars étasuniennes.

Le nombre des combattants de ce groupe s’élève, selon des données de Medium.com, à 7000 environ.

Le commandant suprême du Front du Levant est Abdelaziz Salamah. Selon les informations du Carnegie Middle East Center, Salamah est un « mercenaire » de la ville syrienne d’Adnan qui avait déjà dirigé d’autres troupes mercenaires.

Nour al-Din al-Zenki :

La troupe de mercenaires de Nour al-Din al-Zenki est active dans la province d’Alep – en particulier dans les faubourgs nord-ouest de la ville d’Alep, rapporte le Militant Leadership Monitor de la Fondation Jamestown

Le groupe est alimenté en argent et en armes par les États-Unis. Le Centre des opérations militaires (COM) des États-Unis joue ici un rôle clé, mais la CIA doit contrôler l’usage de l’argent et du matériel. Le groupe devrait aussi avoir reçu des armes antichar étasuniennes de la CIA et d’Arabie saoudite, rapportent le Guardian et NOW.

Selon des indications de Medium.com le groupe disposerait de plus de 3 000 combattants.

Le commandant suprême du groupe est Cheik Tawfik Schahabuddin, selon le CarnegieMiddle East Center.

La Brigade des Faucons de la Montagne :

La Brigade des Faucons de la Montagne est active dans la province d’Idlib, au nord-ouest de la Syrie.

Le groupe est soutenu financièrement et fourni en armes par la CIA. Ses actions sont coordonnées par le Centre des opérations militaires en Turquie, qui est dirigé par des membre des services secrets occidentaux et arabes, rapporte Radio Free Europe/Radio Liberty.

Le groupe a une force combattante de 1000 personnes, selon le magazine Medium.com.

Le commandant suprême de ce groupe de mercenaires est Hassan Hadj Ali, un ancien capitaine de l’Armée syrienne. Les combattants du groupe sont formés au Qatar et en Arabie saoudite, selon Radio Free Liberty/Radio Europe.

La Brigade des Faucons de la Montagne a combattu jusqu’ici avec le Front al-Nusra et Ahrar al-Sham contre l’Armée syrienne.

La 13e division :

La 13e division est surtout active dans la province d’Idlib, selon Business Insider.

Elle est financée par le Qatar et l’Arabie saoudite, rapporte Al Jazeera.

D’après des informations du New York Times la CIA aurait équipé le groupe avec des armes antichar étasuniennes. Il dispose d’une force de combat de 1800 personnes, écrit Medium.com.

Le commandant suprême du groupe est le lieutenant-colonel Ahmed al-Saoud, dit la BBC. Al-Saoud a déserté en 2012 de l’Armée syrienne, où il avait servi pendant 20 ans auparavant, selon Al Jazeera.

Jaysh al-Nasr :

Le groupe Jaysh al-Nasr est actif dans la province de Hama et à Idlib.

Selon des informations de Middle East Eye, Jaysh al-Nasr est armé et soutenu par la CIA.

Le commandant suprême du groupe est le major Mohamed al-Mansour, rapporte RFS North. Al-Mansour est un déserteur de l’Armée syrienne.

Jaysh al-Nasr a 3 000 combattants. Le groupe est soutenu par l’Occident et a abattu en mars 2016 un avion de combat syrien avec une arme anti-aérienne, rapporte le L.A. Times.

La Division du Nord :

La Division du Nord est active dans les provinces d’Idlib, de Hama et d’Alep.

La Division du Nord appartient aux troupes mercenaires armées et soutenues par la CIA. La CIA avait équipé le groupe notamment avec des armes antichars, rapporte The Daily Mail.

Le commandant suprême du groupe est le lieutenant-colonel Fares al-Bayousch, qui avait auparavant servi dans l’Armée syrienne et avait travaillé comme ingénieur aéronautique, rapporte la Fondation Jamestown

Le groupe a une force de combat de 3 250 personnes, selon le magazine Medium.com.

La 1ère Division côtière :

La 1ère Division côtière est active dans les provinces d’Idlib et à Lattaquié.

Le groupe fait également partie des troupes mercenaires soutenues par la CIA, rapporte le Wall Street Journal. Il avait auparavant reçu des armes antichars étasuniennes, selon Stratfor. Son commandant suprême est le major-général Muhammad Hadj Ali.

Hadj Ali est le déserteur du rang le plus élevé de l’Armée syrienne qui ait rallié les troupes mercenaires. Il a obtenu un doctorat à l’Académie Nasser en Égypte, rapporte Al Araby.

La 1ère Division côtière dispose d’environ 2 800 combattants, selon Medium.com.

La Légion Sham / Faylaq al-Sham :

La Légion Sham est active à Homs, Hama, Idlib et Alep.

La Légion Sham est soutenue par les États-Unis, nous informe le portail militaire russe South Front.

Elle a cependant également participé à l’opération Bouclier de l’Euphrate, ce qui a conduit à ce que les milices kurdes soutenues par les États-Unis attaquent le groupe au nord de la Syrie. Le groupe mercenaire se consacre actuellement aux milices kurdes au nord de la Syrie, peut on lire dans le New York Times. Auparavant, il avait lutté presque exclusivement contre l’Armée syrienne.

Le groupe dispose de 4 000 combattants, rapporte Medium.com.

Le chef du groupe est Mondher Saras, annonce Carnegie. Il n’existe pas d’informations publiquement accessibles sur Saras.

Ahrar al-Scham :

La troupe de mercenaires Ahrar al-Scham est active surtout dans la province d’Idlib.

Elle appartient aux groupes mercenaires soutenus par la CIA, nous dit The International Reporter. D’après des informations de la chaîne de télévision publique russe Sputnik News, l’Arabie saoudite soutiendrait également le groupe financièrement. Al-Masdar News décrit le groupe comme l’un de ceux soutenus par l’« Occident ».

Son commandant actuel est Abu Yahya al-Hamawi, un ingénieur de Hama, qui a étudié à l’Université Tishreen, nous apprend Joshua Landis sur son site internet. C’est toutefois Abu Ammar al-Omar qui doit reprendre le commandement de Ahrar al-Scham, rapporte AP. Al-Omar passe pour un partisan de la ligne dure, qui rejette un cessez-le-feu avec l’Armée syrienne, selon Alalam.

Ahrar al-Scham a une force combattante de 15 000 personnes, d’après Medium.com.

Le Front al-Nusra (Fatah al-Sham) :

Le Front al-Nusra est principalement actif dans les provinces d’Idlib et de Deir-Ezzor.

Selon des recherches menées par le journaliste britannique Peter Oborne, les États-Unis et la Grande-Bretagne soutiennent le Front al-Nusra – la branche syrienne d’al-Qaïda – et de nombreuses troupes mercenaires en Syrie. Cela ressort clairement du documentaire The Report de la BBC Radio. Les États-Unis et le Front al-Nusra seraient dans le même camp lorsqu’il s’agit de combattre le président Bachar al-Assad.

Le commandant en chef du Front al-Nusra est Abu Mohammed al-Julani, selon la BBC. Al-Julani est d’origine syrienne. Auparavant, il avait rejoint al-Qaïda en Irak et a été détenu à Camp Bucca, écrit Orient News.

La Front al-Nusra a 12 000 combattants, selon Medium.com

Le cas particulier du MI6 dans la guerre en Syrie :

Après le renversement de Kadhafi, le MI6 et la CIA ont établi un réseau d’exfiltration de la Libye vers la Syrie. Des armes et des combattants ont été déplacés en Syrie pour renverser Assad.

Les Britanniques et les Français ont formé les rebelles de l’Armée syrienne libre et étaient stationnés sur une base turque. Les rebelles auraient été situés entre autres au nord du Liban et dans certaines de la Libye, rapporte le site militaire du Royaume-Uni Elite & Special Forces.

Asia Times informe que le MI6 et la DGSE française auraient entraîné les rebelles dans la région turque de Hatay et à Tripoli en Libye.

À cela s’ajoute que le MI6, avec la CIA et des instructeurs français, forme et arme des rebelles contre la Syrie en Jordanie, selon le Guardian.

La Brigade des Martyrs de l’Islam / Liwa’ Shuhada al-Islam :

Ce groupe est actif dans la périphérie de Damas / Daraya. C’est la troupe mercenaire la plus importante à Daraya, rapporte Orient News.

Entre 2012 et 2016, le groupe a reçu des armes antichars américaines de la CIA, rapporte le site internet Democratic Revolution, Syrian Style. L’utilisation de telles armes ressort également des vidéos de la troupe.

Le chef militaire de ces mercenaires est le capitaine Saeed Enker. Il a dit à Orient Newsque son groupe soutiendra à l’avenir les groupe à Idlib, dans la lutte conte Assad.

Medium.com rapporte que le groupe a plus de 1000 combattants.

Le Mouvement islamique al-Muthanna / Harakat al-Muthanna al-Islamiya :

Ce groupe est actif dans la province de Daraa.

L’allié du Mouvement islamique al-Muthana est la milice terroriste d’ISIS (Liwa Shuhada’ al-Yarmouk). Le financement du groupe est opaque. D’après des indications du journaliste arabe Nabegh Soror le groupe aurait, à ses débuts, obtenu des aides financières d’une personne venant des États du Golfe, qui se présentait comme un membre des services secrets. Plus tard, il est cependant apparu qu’il s’agissait d’une personne privée, rapporte Zaman al Wasl.

L’organisation est aussi considérée comme un intermédiaire entre divers groupes islamistes, selon Zaman al Wasl.

Le commandant suprême et « émir » du groupe est Abu Ayyup, sur lequel on sait peu de choses, nous apprend Al Jazeera.

Le groupe a 2 000 combattants, rapporte Medium.com

La Brigade Sultan Mourad :

La Brigade Sultan Mourad opère dans la province d’Alep.

Le groupe est soutenu par la Turquie et participe à l’opération Bouclier de l’Euphrate.

Son commandant est le colonel Ahmet Othman Fehim Isa, nous informe Voice of America.

Le groupe a 1 000 combattants, qui sont principalement des Turkmènes, selon Medium.com. Le groupe appartient à l’organisation militaire principale Armée syrienne turkmène (STO dans son sigle anglais).

Armée syrienne turkmène (STO) :

La STO a été fondée en août 2013. Elle est active à Lattaquié, Alep, Idlib, Homs et Hama, rapporte Turkomania.org.

La STO est soutenue par la Turquie. L’aile politique de la troupe est le Parlement turkmène de Syrie, dont le siège est à Istanbul et qui a d’autres représentations à Gaziantep et Yayladag.

Le fondateur et commandant de ces mercenaires est le colonel Abu Bakir Muhammed Abbas, qui est un déserteur de l’Armée syrienne, rapporte Haberler.

Le journal turc Yeni Safak annonce que la STO a plus de 5 000 combattants.

***

Dans ce contexte, il devient clair pourquoi l’Occident ne peut rien faire pour protéger la population en Syrie : il doit faire sortir ses gens de la zone des combats, ce qui est toujours difficile après une bataille perdue. On ne sait pas si les Russes et les Syriens feront en sorte que les mercenaires puissent être éloignés en toute sécurité. On ne sait pas non plus où les mercenaires se rendront à la fin.

Il faut lire les déclarations de l’UE et de l’Allemagne dans ce contexte. L’AFP résume :

Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne ont appelé à la protection de la population d’Alep, mais ont en même temps avoué leur impuissance dans le conflit syrien. Dans la déclaration finale du sommet de l’UE à Bruxelles, ils ont condamné dimanche soir les attaques sur la grande ville syrienne et demandé que les habitants puissent quitter Alep-Est « dans la sécurité et la dignité ». La chancelière allemande Angela Merkel (CDU) a parlé d’une situation « très déprimante » et a émis de sévères accusations à l’égard de la Russie et de l’Iran.

L’évacuation d’Alep-Est entamée jeudi doit avoir lieu sous la surveillance des Nations Unies, affirme la déclaration finale. En même temps, de l’aide et des médicaments doivent pouvoir être amenés dans la ville. Les médecins et les hôpitaux doivent être protégés dans tout le pays.

Le président du Conseil de l’UE Donald Tusk a demandé à l’issue du sommet européen la mise en place immédiate de « corridors humanitaires » : « La protection des civils est une priorité absolue. »

Dans le même temps, Tusk a admis que dans le conflit syrien, l’UE n’était « pas aussi efficace que nous le souhaiterions » étant donné la « brutalité du régime » et de ses alliés la Russie et l’Iran. Mais l’UE n’est pas indifférente à la souffrance des gens en Syrie et continuera à faire « pression » sur les acteurs.

Merkel aussi s’est exprimée avec tristesse sur la situation en Syrie : « Cette partie de la discussion, je ne veux pas vous le cacher, était très déprimante, parce que nous voyons tous, au XXIe siècle, quelque chose dont nous avons honte, qui nous brise le cœur, et que nous ne pouvons pas agir politiquement comme nous le voudrions. »

En même temps, elle a reproché à la Russie et à l’Iran d’être coresponsables des attaques sur les civils et les hôpitaux d’Alep. Ce sont « des crimes, qui devront aussi être punis ».

Jeudi, l’évacuation des habitants de la partie orientale assiégée a commencé dans la ville d’Alep. À Bruxelles, le président français Hollande a cependant alerté sur le fait que 50 000 personnes étaient encore « piégées » à Alep.

Les menaces de sanctions contre la Russie ne se trouvent pas dans la déclaration finale – les chefs d’État et de gouvernement de l’UE n’ont aucun espoir d’exercer une véritable pression sur Moscou par ce moyen. Dans la déclaration du sommet, il est simplement écrit :« L’UE prend en considération toutes les options disponibles. » Hollande a dit que des sanctions n’étaient pas exclues à l’avenir, mais que « nous n’en sommes pas encore là ».

Le dernier sommet de l’année de l’UE s’est tenu sous l’impression de la situation dramatique à Alep. Le maire de la partie est de la ville, Brita Hagi Hassan, était invité à la rencontre de Bruxelles [Qui n’est pas du tout maire, NdT].

« Nous avons urgemment besoin d’une coalition pour contraindre le régime et les milices iraniennes sur place à respecter le cessez-le-feu, a dit Hassan. Et nous devons organiser l’évacuation des civils en toute sécurité. » Il a averti : « L’Histoire se souviendra du silence international face aux crimes contre l’humanité en Syrie. »

Le 18 décembre 2016 – Deutsche Wirtschafts Nachrichten

Traduit par Diane pour le Saker francophone

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Grèce : le ton monte entre l'Eurogroupe et le gouvernement . Par Romaric Godin

31 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #La lutte des classes, #Grèce, #Politique étrangère, #La dette, #l'horreur économique, #Terrorisme

Grèce : le ton monte entre l'Eurogroupe et le gouvernement

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Wolfgang Schäuble, ministre des Finances allemand, et Klaus Regling, président du MES, n'ont pas apprécié les annonces d'Alexis Tsipras.
Wolfgang Schäuble, ministre des Finances allemand, et Klaus Regling, président du MES, n'ont pas apprécié les annonces d'Alexis Tsipras. (Crédits : Reuters)
Les créanciers européens de la Grèce ont suspendu les mesures prises sur la dette la semaine passée pour répondre aux décisions sociales annoncées par Alexis Tsipras. Ce dernier est une nouvelle fois menacé d'une humiliation cuisante.

Alexis Tsipras aura donc dû boire le calice de l'humiliation jusqu'à la dernière goutte. Six jours après avoir annoncé des mesures en faveur des retraités, avec notamment un treizième versement de 300 à 800 euros pour 1,6 millions de pensionnés grecs et la suspension du relèvement du taux de TVA dans les îles du Nord de la mer Egée, frappés par la vague migratoire, le Mécanisme européen de Stabilité (MES), vient d'annoncer le gel du « toilettage » de la dette décidé par l'Eurogroupe du 5 décembre dernier.

Un gel sans importance ?

« Les institutions sont arrivées à la conclusion que les actions du gouvernement grec semblent ne pas être en ligne avec nos accords », a indiqué un porte-parole du président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. Les créanciers européens avaient montré de la mauvaise humeur après les annonces d'Alexis Tsipras, qui ne les en avait pas informé. Cette décision de geler les mesures sur la dette ne portent qu'assez peu à conséquence puisqu'il ne s'agissait que de mesures « préventives » contre de futures hausses de taux. Une seule mesure concerne 2017 et concerne une prime de 2 % que doit verser Athènes sur une dette contractée en 2012. L'essentiel n'est évidemment pas là.

Décision politique

Légalement, la décision d'Alexis Tsipras n'est pas en cause. Le mémorandum d'août 2015 prévoit que la Grèce puisse disposer de 40 % des excédents supplémentaires dégagés par le pays. Cet excédent supplémentaire en octobre 2016 s'élève à près de 3 milliards d'euros et les mesures prévues par le gouvernement grec ne sont que de 674 millions d'euros. Les engagements comptables d'Athènes ne sont essentiels que s'ils correspondent aux niveaux prévus par l'accord et par l'Eurogroupe qui a reconnu que de tels niveaux assuraient la viabilité (fictive) de la dette grecque. Elle est d'autant moins en cause que ces mesures sont socialement justifiables après les efforts du pays qui ont payé en termes budgétaires et les effets de la crise migratoire. Dès lors, cette mesure de rétorsion n'est qu'une décision purement politique visant à désarmer entièrement le gouvernement grec, à annihiler toute prétention à une politique sociale et économique autonome, mais aussi à achever de détruire la crédibilité politique d'Alexis Tsipras et de Syriza. Apparemment, les vieilles rancœurs politiques, qui avaient largement inspiré l'attitude des créanciers au cours du premier semestre 2015, ne sont pas éteintes.

Alexis Tsipras dos au mur

Reste qu'Alexis Tsipras est désormais dos au mur. Ce « gel » des mesures sur la dette annonce vraisemblablement un rejet de la conclusion de la seconde revue du programme, qui est en cours, et, partant, le gel du versement des fonds dont Athènes a absolument besoin avant l'été pour pouvoir honorer 6 milliards d'euros de remboursement de dettes. Dans ces conditions, le premier ministre grec n'a le choix qu'entre une nouvelle humiliation et un retrait de son projet, et un bras de fer qui, tôt ou tard, débouchera sur une crise proche de celle de début 2015, avec une Grèce privée de fonds devant choisir entre la sortie de l'euro ou l'acceptation des conditions des créanciers. Il peut aussi trancher le nœud gordien en appelant à de nouvelles élections, mais il est pratiquement certain de les perdre : Syriza accuse 17 points de retard sur les conservateurs de Nouvelle Démocratie (ND) dans le dernier sondage.

Vers l'humiliation

Comme cela s'est déjà vu plusieurs fois depuis dix-huit mois, sur les expulsions des résidences principales ou sur le principe de baisses automatiques des dépenses en 2018, une nouvelle humiliation est donc la voie la plus probable. Et comme toujours, les créanciers ne manqueront pas alors de relever leurs exigences, notamment en demandant une nouvelle réforme du marché du travail visant à réduire l'influence des syndicats. La stratégie de Syriza semble plus que jamais avoir échoué.  En attendant, Alexis Tsipras joue ses dernières cartes en faisant voter au parlement le texte des mesures annoncées le 8 décembre afin de placer les conservateurs face à leurs responsabilités. ND devrait cependant voter en faveur des mesures, ce qui ne l'empêchera pas de blâmer une nouvelle défaite inévitable du gouvernement. Et de montrer son impuissance face aux créanciers.

Que veut l'Eurogroupe ?

Reste qu'il convient de s'interroger sur les méthodes de l'Eurogroupe, institution informelle mais devenue surpuissante, dominée par le ministre des Finances allemand et qui exerce une puissance quasi proconsulaire sur un Etat membre de l'UE et de la zone euro, la Grèce. Cette hâte à geler des mesures sur la dette qui étaient fort timides et qui n'avaient été acceptées qu'avec réserves montre que la stratégie de l'Eurogroupe qui, rappelons-le, est le conseil d'administration du MES, vise à maintenir le joug de la dette sur la Grèce. On ne peut s'empêcher de penser que cette escalade vise, in fine, à expulser la Grèce de la zone euro. Wolfgang Schäuble ne s'en est pas caché voici quelques jours en demandant dans une interview à Bild Zeitung que la Grèce fasse les réformes ou sorte de la zone euro. A cela s'ajoute évidemment la campagne électorale allemande sous la pression des Eurosceptiques d'AfD auxquels la CDU d'Angela Merkel ne veut donner aucune occasion de blâmer sa politique européenne.

Où est la France ?

Reste alors une autre question : pourquoi n'y a-t-il pas d'opposition suffisamment forte à l'Allemagne au sein de l'Eurogroupe pour mener une politique qui évite l'humiliation et maintiennent les rares avancées en matière de dettes ? Autrement dit, pourquoi la France laisse-t-elle faire ? François Hollande ne cesse pourtant de vanter son amitié avec la Grèce et son action pour « sauver la Grèce » en 2015. Il l'a encore répété lors de son discours de non-candidature. Le groupe des socialistes français du parlement européen protestent.  Mais dans l'Eurogroupe, depuis janvier 2015, la France est entièrement absente. Elle laisse faire, se contentant de vouloir récupérer le « beau rôle » une fois la pièce jouée sans elle. Le problème est que, pendant ce temps, l'économie et la société grecques continuent de subir les effets d'une politique européenne qui s'entête dans une stratégie perdante pour la Grèce aujourd'hui, et pour les autres pays de la zone euro, qui perdront à coup sûr leurs créances demain.

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La nouvelle «grande démocratie» ukrainienne rajoute une loi pour interdire les livres favorables à la Russie

31 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #Ukraine, #La Russie, #La nation ., #La République, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #le nazisme, #La lutte des classes, #Les Antifafs., #Je suis Charlie?

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SYRIE : Quand la NVO, organe de la CGT, reprend le récit néo-conservateur !

30 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #ISIL, #Daesch, #Terrorisme

Publié par El Diablo

SYRIE : Quand la NVO, organe de la CGT, reprend le récit néo-conservateur !

Le 14 décembre dernier la NVO, organe de la CGT sur L'information sociale, juridique et syndicale, a publié un article intitulé : « Alep, l’agonie en direct » sous la plume d'Isabelle Avran.

On y trouve à propos de la situation en Syrie tous les poncifs du récit occidental, ceux de la droite et du gouvernement HOLLANDE - VALLS, comme ceux de tous les défenseurs du droit d'ingérence humanitaire (Gluksman, l'inévitable BHL, Nicolas Hénin, E. Guigou, Cohn-Bendit …), sans oublier les néo-conservateurs états-uniens et autres faucons masqués du parti dit "Démocrate" :

La « communauté internationale » est inerte face au martyr d'Alep, Le véto de Moscou et Pékin au Conseil de sécurité empêche tout projet de trêve, les forces « rebelles » qui contrôlent Alep-est sont en gros des forces démocratiques que la répression du régime d'Assad dès 2011 a contraint à se militariser, le régime s'est livré à des bombardements chimiques en 2013 et a libéré des criminels des prisons afin de pourchasser les militants …

Quant à l'intervention russe elle n'obéit qu'à des mobiles économiques et s'apparente aux méthodes de la guerre de Tchétchénie.
Et si l'axe Damas, Téhéran, Moscou est vilipendé, l'intervention américaine de 2003 en Irak est considérée comme ayant seulement contribué à la naissance de Daesh


Certes la situation en Syrie n'est pas simple.
Et bien sûr la guerre et ses effets sur les populations civiles sont, comme à chaque fois,abominables et inacceptables !
Qui pourrait le contester ?
MAIS le rôle d'une organisation comme la CGT en charge de la solidarité internationale et de la lutte pour la paix est-il d''enfourcher tous les clichés de la propagande médiatique qui permettent de justifier les interventions étrangères dont celle de notre pays, hors de tout mandat, ni du pouvoir légitime syrien, ni de l'ONU, en violation quotidienne des règles les plus basiques des traités internationaux, en délégitimant tout travail diplomatique nécessaire à un règlement politique permettant d'éviter la violence de la guerre.
Et sans faire allusion et sans s'interroger sur les causes profondes du chaos qui s'est instauré dans ce pays ? De surcroît sans aucune analyse de fond de ce en quoi cette guerre aux enjeux multiples est le prolongement de l'approfondissement de l'exploitation capitaliste, y compris dans les pays occidentaux, et notamment en France.
Car d'autres sources d'information et d'autres voix fussent-elles minoritaires existent
(1).
Elles se sont fortement élevées pour contester les différentes affirmations du discours officiel dominant et pointer la responsabilité majeure des interventions guerrières occidentales depuis 2003 en Irak, mais également en Lybie en 2011.
Avec l'objectif de déstabiliser les gouvernements des pays ne répondant pas avec la docilité attendue aux exigences impérialistes des grandes puissances occidentales et de procéder à un remodelage du Moyen-Orient au gré de leurs intérêts économiques et géo-politiques !


Des faits assénés et martelés sans aucune preuve :

 

Colin Powell, secrétaire d’état américain, qui devant les Nations Unies, montrant en 2003, une fiole contenant soi-disant des armes chimiques.

Colin Powell, secrétaire d’état américain, qui devant les Nations Unies, montrant en 2003, une fiole contenant soi-disant des armes chimiques.

Les précédents des mensonges médiatiques diffusés à grande échelle pour justifier les ingérences impérialistes ne manquent pas. A commencer par le mensonge éhonté du secrétaire d'état US Colin Powell en 2003 devant les Nations unies brandissant un flacon censé prouver la possession d'armes de destructions massives par Saddam Hussein et destiné à faire admettre par l'opinion l'agression de l'Irak.
Avec les conséquences que l'on peut constater aujourd'hui : le chaos dans toute la région et la naissance de Daesh !
Idem pour l'intervention en Lybie où c'est le risque, jamais prouvé, et démenti a postériori, de possibles massacres de la population de Benghazi qui a été brandi tandis que le mandat du Conseil de sécurité de l'ONU autorisant l'établissement d'une « no-fly zone » était délibérément violé par Sarkozy au profit de bombardements intensifs et d'une intervention directe sur le terrain.
Un constat s'impose donc : chaque fois que les puissances capitalistes veulent intervenir militairement quelque part ALORS c'est Hitler soi-même qui se profile ou bien variante, le plus grand génocide jamais perpétré jusque là ! Chaque conflit armé est accompagné de son flot de propagande et mensonges d'Etat. Ce même pouvoir qui, ici en France, organise la dissolution de la République dans l'Europe des Régions et détruit les acquis - sociaux - du programme du Conseil National de la Résistance ; et qui là-bas poursuit d'inavouables buts de guerre.
Avec au bout, les mêmes conséquences désastreuses source de chaos et de migrations déstabilisatrices et massives des populations, lesquelles ne manquent pas de produire des effets d'aubaines pour le grand patronat Français et Européen, et au plan politique en faveur de l'extrême droite!
Précédents donc récents pour ne s'en tenir qu'à eux, qui pourraient bien être le signe de l'isolement croissant de la CGT sur le plan international, du moins son insuffisance de liens internationaux avec les organisations syndicales des pays des cette région du Proche Orient, et sans doute son assujetissement aux directions des organisations syndicales internationales confédérées comme la CES et la CSI, elles-mêmes dépendantes de l'oligarchie dont une partie a des intérêts liés avec les lobbies militaro-industriels.
Tout cela auraient du conduire la NVO à beaucoup plus de retenue et d'esprit critique face à la propagande à propos de la Syrie, et plus précisément ces derniers temps de la bataille d'ALEP dont le traitement médiatique est surabondant (tandis que silence est fait sur les bombardements du Yémen par les pétromonarchies du Golfe), et très différent de celui effectué pour la bataille de Mossoul où les bombes qui pleuvent ont manifestement la délicatesse de leurs euro-atlantistes expéditeurs ! C'est le moins qu'on puisse demander à une organisation qui se veut héritière des grandes traditions de lutte anti-impérialiste !
L'article de la NVO rend impossible aux travailleurs salariés Français auxquels il s'adresse la compréhension des enjeux, ne fait que contribuer à alimenter la source de légitimation de la guerre dont les travailleurs syriens sont les victimes. Il est par conséquent totalement condamnable au regard des devoirs de solidarité internationale et de la nécessaire contribution syndicale à la lutte pour la paix et pour une solution politique équitable des conflits.

Les ingérences guerrières occidentales, l'impérialisme demeurent les facteurs essentiels de l'instabilité et du chaos que connaît le monde actuellement.

Dénoncer ces ingérences, éclairer l'opinion publique à propos des médias-mensonges constituent un impérieux devoir pour le mouvement syndical et pour la CGT en particulier.
Et nous posons publiquement la question : cet article d'un organe officiel de la CGT exprime-t-il l'opinion de la direction confédérale de la CGT et de son secrétaire général ?

Le Front Syndical de Classe
Le 27 décembre 2016

(1) Comme voix différentes de la doxa dominante citons entre autres :
Michel RAIMBAUD, ancien ambassadeur français dans le monde arabe, Pierre Le Corf, jeune humanitaire présent à Alep-Ouest, Jean-Luc Mélenchon avec une vidéo sur Youtube, Eric DÉNÉCÉ, directeur du centre français du renseignement sur LCI ...

(2) Voir à ce propos l'ouvrage de Christian Chesnot et Georges Malbrunot : "Nos très chers Emirs".

SYRIE : Quand la NVO, organe de la CGT, reprend le récit néo-conservateur !

ARTICLE DE LA NVO 14 DÉCEMBRE 2016

Alep, l’agonie en direct


Voici trois semaines que la population d'Alep-Est meurt sous le feu du régime et des bombardements russes. Face à l'inaction de la « communauté internationale », et parce qu'il est encore temps de tout faire pour sauver ceux qui survivent dans ce vaste cimetière, mobilisation ce soir à Paris.

« C’est l’enfer ». C’est ainsi que l’organisation des secouristes des Casques blancs, qui opère dans les quartiers d’Alep-Est, qualifie ce qu’est devenue la situation dans cette partie de la ville soumise depuis mi-novembre au déluge de bombes du régime syrien et de son allié russe. Des rues jonchées de cadavres, un pilonnage permanent et « d’une intensité inouïe », des mourants sous les décombres...
Plus de 300 morts, parmi lesquels des enfants. D’autres, dont plusieurs centaines d’enfants, malades ou blessés agonisent sous les regards impuissants de leurs familles ou des médecins encore en vie qui n’ont plus rien pour les soigner dans les ruines des hôpitaux. Plusieurs dizaines de milliers de civils ont réussi à fuir, mais quelque 100.000 restent pris au piège de ce feu incessant, des pénuries de vivres, d’eau, de médicaments, de tout. A l’issue de trois semaines de ce déferlement de mort, et après que Moscou et Pékin ont opposé au conseil de sécurité des Nations unies leur véto à tout projet de trêve, les forces russes devaient enfin laisser passer mercredi 14 décembre ceux des civils qui souhaitaient quitter ce véritable cimetière urbain. Sans garantie sur leur destination. Car une partie de ceux qui sont parvenus à partir est morte, assassinée et souvent torturée par les forces loyalistes ou leurs milices.

« Ce sont des terroristes » : une propagande meurtrière
Bachar Al Assad ne cesse d’affirmer qu’Alep-Est est aux mains des terroristes, des jihadistes de l’Organisation de l’État islamiste (OEI, c’est-à-dire Daech). Pur mensonge : les forces dites rebelles qui y résistent encore sont précisément celles qui y ont vaincu l’OEI en 2014, contraignant alors ses forces à évacuer Alep. Et c’est précisément cela, que redoute le régime : une victoire ou des avancées des forces, armées, qui luttent à la fois contre lui et contre Daech.
Depuis le début du soulèvement populaire syrien, en 2011, dans la foulée des soulèvements des peuples arabes contre des dictateurs prédateurs et criminels, Bachar Al Assad a tout fait pour l’écraser, mais aussi pour le contraindre à se militariser et ainsi tenter de le délégitimer. On se souvient qu’en ce début 2011, tous les vendredis, les foules manifestaient contre le régime, là comme en Tunisie ou en Égypte ou au Yémen.... Manifestations unies dans la diversité des confessions (ou des non-confessions...), populaires, pacifistes. D’entrée de jeu, la répression a été massive. Bombardements, enlèvements, tortures... Jusqu’aux bombardements chimiques de 2013...
En bientôt six ans, plusieurs centaines de milliers de Syriens – et de réfugiés palestiniens – sont morts. Des millions ont dû fuir. Nombre de militaires, et même de haut rang, ont déserté pour créer l’Armée syrienne libre (ASL). Une militarisation marginalisant nécessairement les forces civiles des organisations démocratiques. Lesquelles témoignent aussi de la façon dont le pouvoir a ouvert les portes des prisons aux pires criminels pour pourchasser les militants.
L’OEI (Daech), elle, entrant sur le territoire syrien depuis l’Irak (un pays ravagé, détruit, divisé, par la guerre de 1 991, l’embargo, et l’invasion des États-Unis et de ses alliés en 2003) a tenté de prendre en tenailles ces forces dites « rebelles ». La victoire des « rebelles » contre l’OEI à Alep en 2014 aura marqué un tournant. Au point même que, dans un tel contexte, des groupes d’Al Nosra, en sécession avec celles de l’OEI, ont rejoint les forces rebelles…
Mais la propagande est une machine de guerre redoutable. Accusez vos ennemis d’être des terroristes, en l’occurrence accusez-les d’être des terroristes islamistes, accusez-les de prendre des civils en otages, et vous pourrez les bombarder, eux et les civils, en toute impunité...

Les gros contrats de Gazprom
Selon Vladimir Poutine, venu en aide à son fidèle Bachar Al Assad, il s’agit d’éradiquer les « rebelles ». De la même façon que dans Grozny martyrisée, dans la Tchétchénie bombardée notamment durant la Deuxième Guerre (1999-2000), il entendait les chasser jusque dans les moindres coins et recoins...
La désintégration de l’État irakien par l’invasion américaine de 2003, la division du pouvoir selon des critères confessionnels, la marginalisation des populations sunnites, tout cela a contribué non seulement à la formation et à la croissance de l’OEI, mais aussi à la division selon des critères eux aussi confessionnels des États de la région dont les dictateurs sont en quête d’hégémonie. Avec des alliances qui à une autre époque auraient pu paraître contre nature. La thèse selon laquelle « les ennemis de mes ennemis peuvent être mes amis » combine des rapprochements aussi intéressés que léthaux. Damas, Téhéran, Moscou...
Champion de la lutte contre le terrorisme, Vladimir Poutine ? De toute évidence, il craint les déstabilisations aux marges de la Russie. Mais il défend aussi quelques appétits régionaux. Le groupe pétrolier russe Gazprom a ainsi signé mardi 13 décembre à Téhéran deux protocoles d’accord pour le développement des champs pétroliers iraniens de Cheshmekosh et Changouleh, à la frontière irakienne. « Avec la signature de ces deux protocoles d’accord, l’étude de prospection de sept champs a été confiée à des sociétés russes, soit le plus grand nombre de champs iraniens attribués à un pays étranger », a déclaré le ministre iranien du Pétrole, Bijan Namdar Zanganeh, à l’occasion d’une rencontre avec le ministre russe de l’Énergie Alexander Novak à Téhéran.
L’engagement de Moscou a donc lui aussi un goût de pétrole. Qui fait oublier à ses thuriféraires le coût du sang, payé par tout un peuple.

Pendant ce temps, à Palmyre ou sur le web...
Daech en tout cas, tandis qu’après Homs, après Darraya, les forces du régime et de Moscou pilonnaient Alep, Daech donc a pu avancer tranquillement vers Palmyre. Mais pas seulement. Car le massacre des populations par le régime nourrit aussi la propagande de l’organisation terroriste. Et sa capacité de recrutement. Terrible effet boomerang aux conséquences elles aussi incalculables.

Mobilisations citoyennes
Alep aura agonisé. En direct. Devant l’inaction de ce que l’on nomme « communauté internationale ».
Dans le monde entier, des appels d’ONG, d’organisations de médecins et soignants de la solidarité, d’associations de défense des droits humains, se sont multipliés pour réclamer la fin des bombardements, pour que les parties au conflit autorisent les civils, s’ils le souhaitent, à quitter la ville en toute sécurité, pour un accès humanitaire garanti et l’envoi urgent de vivres, d’eau, de médicaments...

Plusieurs organisations, dont Amnesty International France, le CCFD – Terre solidaire, le Collectif pour une Syrie libre et démocratique, la FIDH, Souria Houria, le MRAP... appellent ce soir (à 18 heures) à Paris (place Stavinsky, près du centre Beaubourg) à un rassemblement en ce sens. Un rassemblement de la conscience face à l’horreur. Pour dire au peuple syrien « solidarité ». Et pour tenter encore d’être efficaces.

SOURCE:

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TU-154: Une attaque électronique?

29 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #ISIL

TU-154: Une attaque électronique?

Selon des sources internes, les enquêteurs qui travaillent sur le crash du vol TU-154 qui transportait les « Choeurs de l’Armée Rouge » envisagent très sérieusement qu’une attaque par des moyens électroniques et électromagnétiques ait été à l’origine de la chute de l’avion.

Il est notoire que la Russie a développé des moyens d’attaques dans ce domaine, comme elle l’a montré en avril 2014 lorsque un simple survol par des jets Russes du bâtiment « USS Donald Cook » en Mer Noire avait bloqué tous ses équipements électriques. Le Donald Cook avait dû se faire remorquer pour rentrer à son port d’attache.
Il est donc tout a fait probable que l’OTAN et les Etats-Unis aient développé le même type d’armes.

On notera que des navires français sont positionnés dans la Mer Noire, dont le bâtiment « Dupuy de Lome »spécialisé dans les mesures radio électroniques. Dans l’Etat Major Russe on fait remarquer que le message de « condoléances » de la France n’a été transmis que par l’ambassadeur à Moscou, alors que la plupart des autres pays l’ont fait par leurs Présidents. Une manière de signer le crime?

Il sera quoiqu’il en soit très difficile de prouver une telle attaque, tout au moins sera-t’il possible de réfuter les autres hypothèses. Dans un tel cas de figure, cette attaque qui, selon un très haut responsable Russe, « nous atteint dans ce que nous avons de plus cher » devrait alors provoquer des « faits inexpliqués » touchant certains pays occidentaux dans les semaines à venir.

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Les bombes américaines, françaises, saoudiennes ne tuent pas de civils ! Par Robert Charvin

28 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Politique étrangère, #Terrorisme

Source : Robert Charvin, 12-10-2016

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Lors de la Première Guerre mondiale, 5% des victimes étaient civiles ; aujourd’hui 90% des victimes des conflits armés sont des civils. Ces populations sont assassinées, affamées, déplacées, pillées. Les civils sont devenus, de plus en plus, des moyens de faire la guerre.

Cette situation est paradoxale. Le droit humanitaire s’est développé et jamais la question des droits de l’homme n’a été aussi systématiquement posée dans l’ordre international. Des tribunaux pénaux chargés de sanctionner les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité ont même été créés. Plus globalement, l’ « Humanitaire » jouit d’une image sacrée fortement médiatisée au point qu’exprimer un doute sur une culpabilité entraîne une suspicion de complicité criminelle sur celui qui l’émet !

Au-delà des invocations sans portée et ne témoignant qu’une compassion officielle, les Puissances violent à tour de rôle le droit humanitaire et les populations civiles sont massacrées lors de chaque conflit armé. Ces dernières décennies, il y a même une fuite en avant : refus du principe de négociation pour tenter de prévenir les conflits armés, transformation d’affrontements civils en guerres internationales infiniment plus destructrices, impunité de certains et sanctions contre d’autres, indifférence aux dispositions de la Charte des Nations Unies, etc.

Le comble est atteint lorsque ceux qui tuaient hier s’autoproclament juges de ceux qui tuent aujourd’hui, ou lorsque ceux qui eux-mêmes bombardent sans scrupule s’indignent des bombardements des autres !

L’actualité est révélatrice de ce délire à prétention moralisatrice !

On se souvient peut-être encore des destructions massives subies par les populations de Dresde, Hambourg, Hiroshima, Nagasaki puis, après la Seconde Guerre mondiale, de l’écrasement total sous les bombes de Pyong Yang (durant la guerre de 1950-1953), de Hanoï et de la totalité du Vietnam, etc., « quadrillée » par les B52 américains.

Plus proches de nous, on peut rappeler les bombardements de Belgrade, de l’Irak et les attaques contre Bagdad, les huit mois de guerre contre la Libye, les bombardements de Gaza matraquée par Israël, etc.

Pour excuser le fait que les bombardements tuaient des civils, les médias occidentaux dénonçaient le fait que l’ennemi et les populations civiles, « prises en otages », étaient mêlés…., l’essentiel étant cependant que les forces militaires alliées ne subissent pas de pertes importantes.

Surviennent le cas syrien et l’intervention de la Russie dans un « jeu » étrange de complicité objective des Occidentaux avec les Islamistes. Après quatre années d’une fausse guerre contre Daech, installé sur le territoire syrien, l’intervention russe a modifié les données.

La France et les États-Unis ne peuvent plus atteindre l’objectif principal : liquider le régime de Damas en se servant des forces islamistes installées solidement dans différentes villes, en particulier à Alep. En quelques mois, sur le terrain, les rapports de force se sont inversés. Les États-Unis ont même été conduits à intensifier parallèlement leurs efforts militaires contre Daech en Irak et les « préoccupations » humanitaires des autorités françaises sont devenues prioritaires !

Le « scandale » est que la Russie n’accepte plus que les « frontières » de l’OTAN s’avancent jusqu’à elle et que seules les bases militaires occidentales soient fondées à encercler les États censés être hostiles !

A propos d’Alep, l’ONU a proposé que les Islamistes quittent sous protection les quartiers de la ville où ils sont installés pour que les populations civiles soient épargnées. Mais les Puissances occidentales, subitement devenues « humanitaires » à l’approche de la défaite de leur stratégie, dénoncent seulement « Damas et son allié russe » qui bombardent Alep et ceux qu’elles qualifient opportunément non plus d’islamistes mais de « rebelles » ! (*)

C’est que des intérêts stratégiques de grande importance sont en jeu : au-delà du pétrole, la Syrie est une zone de transit de l’énergie depuis la découverte en Méditerranée de ressources pétrolières et gazières. Selon les Occidentaux et le gouvernement français en particulier, la Syrie comme l’Irak et comme la Libye devraient demeurer sous un « néo-protectorat ».

Par contre, il n’y a pas de réaction hostile à la guerre menée par l’Arabie Saoudite au Yémen, si ce n’est un bref communiqué appelant à la « retenue » pour un bombardement saoudien du début du mois d’octobre faisant à lui seul 600 victimes (morts et blessés) civiles !

La reprise de Mossoul par les États-Unis et les forces de Bagdad se fera certainement sans perte civile car les bombes occidentales ont pour qualité exceptionnelle de distinguer les ennemis armés des civils désarmés !

Sera-t-il possible un jour de s’inspirer tout simplement de la Charte des Nations Unies qui interdit aux États le recours à la force armée et qui recommande la recherche de solutions politiques négociées, seules méthodes pour que les civils soient réellement en sécurité ?

* Ces « rebelles » opposés au régime de Damas sont armés par les États-Unis depuis 2013 et financés par l’Arabie Saoudite, en plus des revenus provenant du trafic pétrolier.

Source : Robert Charvin, 12-10-2016

 

59 réponses à Les bombes américaines, françaises, saoudiennes ne tuent pas de civils ! Par Robert Charvin

Commentaires recommandés

blue rider Le 28 décembre 2016 à 00h58
 
 

la question, du gaz naturel du Golfe Persique est largement débattue hors des circuits aboyeurs des médias traditionnels. Pour beaucoup comme moi elle est centrale et non périphérique. Même si le projet de gazoduc islamique signé entre Assad et Rouhani se heurte à de nombreuses difficultés techniques et financières (on peut compter sur les USA pour rendre le projet quasi impossible à monter), il n’en demeure pas moins que faire un gazoduc via la Syrie avec le Qatar procurerait à la France 4 fois plus de revenus qu’avec l’Iran. 1/ Par des prix du gaz plus facilement négociables 2/ Par la construction des infrastructures 3/ Par les circuits financiers privilégiant dollar, euro et banques françaises ou franco-qatarie, et surtout 4/ par le retour sur investissement : la Qatar est un tas de sable saturé. Pas l’Iran. Donc leur pognon, il le réinvestissent dans le CAC40 autant que chez eux. Pas l’Iran. Reste que le business est plus réaliste que la diplomatie française : depuis le deal Syrie-Iran, le Qatar vient de prendre 18% de Rosneft, et TOTAL d’investir pour 8 milliards d’euros en Iran. Mais la machine de guerre est lancée… combien de temps faudra-t-il pour la stopper ? Oui. Notre diplomatie a été monstrueuse sur ce coup là comme avant en Libye. Les USA abandonnent les neo-conservateurs… la France (et France Television…) suivront-ils en 2017 ?

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Le canard enchainé révèle que lors des attentats du Bataclan les ordres du ministère de l'intérieur ont été aux BRI : "vous ne vous en mêlez pas". Par Mickael Zhekoo.

28 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La Russie, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch, #le nazisme, #Le fascisme, #Les média, #Politique intérieure, #ISIL, #Je suis Charlie?, #La justice, #L'armée française

 

Le canard enchainé révèle que lors des attentats du Bataclan les ordres du ministère de l'intérieur ont été aux BRI : "vous ne vous en mêlez pas".

Le canard enchainé révèle que lors des attentats du 13 novembre les gendarmes affectés à la sécurité de Valls (résidant dans le 11e à coté des terrasses ciblées) se sont précipités les premiers sur les lieux et voulaient intervenir au Bataclan.
Ils en ont informés la préfecture mais les ordres du ministère de l'intérieur ont été :
"vous ne vous en mêlez pas".
D'ailleurs dans le rapport parlementaire à ce sujet le GIGN et la BRI se sont plaints : les 1ers de n'avoir pu intervenir aussitôt, les 2nds que l'on empiète sur leur domaine d'action...
À l'issue, les valeureux gendarmes ont été tous mutés en Nouvelle calédonie loin des médias pour ne pas dévoiler le pot aux roses, leur intervention rapide aurait pu éviter des dizaines de morts et de blessés. 
Ils ont été discrètement médaillés début octobre, sans aucun officiel de la Métropole.

 

 
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La guerre radio-électronique et le crash du Tu-154. Par Alexandre Artamonov

28 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation ., #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #La guerre

La guerre radio-électronique et le crash du Tu-154

Un avion de la Défense russe se dirigeant à Khmeimim, base aérienne russe en Syrie, est tombé après le décollage dans les eaux territoriales russes. Les musiciens et les journalistes se trouvant à bord ont tous péri dans cet accident. Aucun rescapé, comme toujours lorsqu'il s'agit d'une catastrophe aérienne... Ces lignes qui ont fait le tour du monde ne reflètent pas vraiment tout le dramatisme de ce qui est en train de se jouer dans le bassin de la mer Noire.

http://pravda-team.ru/france/image/preview/article/9/1/4/1303914_five.jpeg

 

Il se trouve que l'avion en question a été en « grande visite », comme disent les avionneurs, en septembre dernier ce qui veut dire que tous les systèmes - avionique, propulseurs, hydraulique - ont été mis en révision. Qui plus est, cet avion desservait une commande spéciale : les musiciens de l'ensemble de musiciens Alexandrov (Choeur de l'Armée Rouge), les ballerines qui s'y sont associées et les journalistes de la grande chaîne de télévision devant participer aux festivités du Nouvel An organisées par la Défense russe pour le corps expéditionnaire russe en Syrie. Vous pouvez bien imaginer que l'appareil aurait dû être bichonné jusqu'au dernier boulon. Mais voilà qu'il tombe sans raison apparente, un peu comme si c'était dans le Triangle de Bermudes.

Il est à dire que le désastre est arrivé juste après le décollage les 3 moteurs s'étant arrêtés simultanément parce que le Tupolev est tombé dans un total silence - tel que les observateurs de passage se trouvant sur la berge, à une distance d'1,5 km, ont entendu le bruit de l'eau qui se refermait sur la coque engloutie. L'épave gît à une profondeur de 50-70 mètres avec les débris qui se sont dispersés à une très grande distance à cause du courant qui est particulièrement fort dans cet endroit et une mer hivernale démontée. Tout ça pour dire qu'il serait difficile de retrouver les boîtes noires qui, dans ce type d'avion, ne sont pas encore pourvus de balises électroniques. Difficile, mais possible puisqu'une équipe de plongée faisant plus d'un millier de personnes est déjà sur place pour travailler dans les conditions particulièrement éprouvantes.

Les avions tombent, hélas, et assez régulièrement, mais la bizarrerie de ce dernier crash a été remarquée par plus d'un observateur. Non seulement l'avion était dans un état excellent et le vol étroitement surveillé, mais, qui plus est, l'équipage n'a donné aucune alerte par radio. La tour de contrôle a pu juste constater la disparition du Tupolev. Point, à la ligne.

Ayant passé plus de 15 ans dans l'aviation civile et militaire, je suis en droit de dire qu'il s'agit d'un cas rarissime - beaucoup plus rare que la disparition de l'avion de ligne Malaysian Airlines dont l'épave n'a jamais été découverte ni aucune hypothèse viable sur le crash avancé. Quoi qu'il en soit, un grand nombre de professionnels militaires russes estiment qu'aucune raison logique n'aurait pu mener à un tel dénouement tragique. D'aucuns avancent l'hypothèse d'un missile de croisière ou d'un missile antiaérien portable de type « Stinger ». Il est cependant sûr que si ça avait eu lieu, on aurait dû enregistrer l'impact et l'éclair au moment de la déflagration sans parler du suivi du tracé du missile qui eût pu être réalisé par les moyens de surveillance de la mer Noire. Donc une telle éventualité de tir terroriste est fort peu probable.

Reste la dernière version des faits qui, à bien y réfléchir, n'est pas si futuriste que ça. Depuis très longtemps, les Russes parlent de leurs armes ultra-sophistiquées dans le domaine de la défense anti-aérienne et du brouillage électronique. Les moyens de la guerre électronique seraient tellement sophistiqués que le passage d'un seul avion russe au-dessus d'un croiseur américain qui était d'ailleurs en mer Noire à ce moment-là, a provoqué le blocage de tous les systèmes électroniques y compris la liaison avec le satellite et les systèmes d'armements embarqués. Le croiseur a dû même rebrousser chemin pour revenir à Istanbul. Cette information prouve, de façon éloquente, que l'on peut très bien bloquer l'avionique de bord avec les moyens de guerre radio-électronique qui peuvent servir d'arme offensive. Si les Russes l'ont fait, il serait logique de supposer que l'OTAN a à sa disposition les armements de même type. Un groupe aéronaval américain est actuellement localisé en mer Noire et a été même renforcé de plusieurs bâtiments. Deux bâtiments de guerre français « Dupuy- De-Lôme », le meilleur d'ailleurs dans le domaine de la lutte radio-électronique et « Le Chevalier Paul » croiseraient également dans le même périmètre. Il est extrêmement difficile de repérer un faisceau radio-électronique dirigé. Et quand bien même les Russes réussissent à démêler l'écheveau, auraient-ils le courage de faire porter le chapeau à l'OTAN ?

Il est également vrai que s'il s'agit d'une acte ennemi (l'usage d'un bâtiment de guerre n'a rien d'un acte terroriste mais équivaut à des hostilités ouvertes entre les Etats), le moment a été très bien choisi. Non seulement la date est symbolique : c'était Noël hier (c'est vrai que les Russes orthodoxes le fêtent selon le calendrier julien plutôt le 7 janvier, mais une partie d'Eglises orthodoxes le fait bien le 25). En plus, l'avion appartenait à la Défense russe et le Choeur de l'Armée Rouge est le symbole même de l'armée russe. Enfin, dernière chose à dire, la catastrophe s'est passée au moment du départ d'Obama qui crache le feu à propos de l'avènement de Donald Trump et de l'éventuelle amélioration des relations avec la Russie.

Le symbolisme a forcément un rôle a joué. On n'a pas oublié la tempête diplomatique qu'avait déchaînée le concert donné par l'orchestre russe dirigé par le très célèbre Guerguiyev dans le théâtre antique d'Alep, juste après la libération de la cité antique. De tout temps les symboles ont leur force et leur mysticisme : faire tomber un avion militaire avec le Choeur de l'Armée Rouge qui s'est envolée pour célébrer le Nouvel An après la libération d'une grande partie de la Syrie est plus que symbolique. Quant aux moyens mis à exécution, je considère que la piste mentionnée serait à prendre en considération. Et si la France en sait quelque chose, on ne serait pas étonné par le laquais de l'Elysée qui, à la différence de la majorité des chefs de l'État (y compris les Américains), s'est bien gardé d'exprimer ses condoléances au Kremlin se limitant juste à un bref message de la part de l'ambassadeur à Moscou. S'agit-il juste d'un acte cynique ou y a-t-il là matière à réflexion ?


http://www.pravdafrance.com/authored/26-12-2016/1303914-RUSSIA-0/

 

Par Alexandre Artamonov

Le 26 décembre 2016

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Lettre à des camarades qui s'obstinent à avaler une propagande imbuvable. Par Pierrick Tillet

28 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Ukraine, #La République, #La Russie, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Turquie, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

Lettre à des camarades qui s'obstinent à avaler une propagande imbuvable

ILLUSTRATION
Je suis Charlie à Alep (source Huffington Post)

Autour de moi, pendant le siège d’Alep-est, combien d’amis proches, ou même moins proches mais néanmoins amis, submergés par une émotion fabriquée, ont cru et reproduit inconsidérément une grossière propagande médiatique ?

Alep-est a été libérée de ses faux “rebelles modérés”, mais réellement islamistes, et la propagande occidentale mainstream est en train de voler en éclat.

Les civils innocents du quartier assiégé se sont précipités vers la zone tenue par les forces loyalistes et préparent les fêtes de Noël avec leurs voisins d’Alep-ouest.

Les jiihadistes n’ont pas été massacrés sur place, mais expulsés en autobus sous contrôle de la Croix rouge.

Et les témoins-martyrs appelés à la rescousse par nos “journalistes” enfiévrés — la petite Bana, Ismaël le casque blanc protégé de Yann Barthès, l’américain Bilal Abdul Kareem, et deux ou trois autres sources d’information garanties présentes sur site — se sont tous comme par enchantement volatilisés… quand on ne les retrouve pas en Turquie dans les bras de Recep Tayyip Erdogan (Bana) ou paradant aux côtés d’islamistes armés jusqu’aux dents (Bilal Abdul Kareem).

Bana_Erdogan.png
Bilal_Abdul_Kareem.png

Vous étiez Charlie, vous voilà Alep embarqués dans le même fiasco de la compassion télécommandée

Comment avez-vous pu vous laisser enfumer de la sorte, camarades ? Sans doute peut-être parce que ce déluge de propagande était si outrancier et cousu de fil blanc que paradoxalement on ne parvenait plus à imaginer qu’il puisse être faux.

Mais tout de même, n’y en avait-il pas parmi vous qui soient restés assez lucides pour percevoir ces grossières manipulations et alerter les autres ? Je pense à des personnalités suffisamment au fait du monde de l’information et de ses coups tordus : Julien Salingue, le fondateur d’Acrimed (Action-Critiques-Médias), Edwy Plenel, le fondateur de Mediapart, tous les deux mes amis Facebook ou Twitter.

Eh bien, non. Julien Salingue a cru devoir se fendre — sur un site bien mal nommé “Résister à l’air du temps” —  d’une lettre dégoulinante de commisération déplacée adressée « à un “camarade” qui s’obstine à justifier l’injustifiable » :

Lettre à des camarades qui s'obstinent à avaler une propagande imbuvable. Par Pierrick Tillet

Et Edwy Plenel en a profité, avec son compère François Bonnet, pour dézinguer stupidement Mélenchon… tout en se défendant — ben, tiens ! — d’être atlantiste !

Lettre à des camarades qui s'obstinent à avaler une propagande imbuvable. Par Pierrick Tillet

La propagande de l’empire est en train de retomber comme mauvais soufflé. Il y eut dans Alep une situation de guerre douloureuse, mais qui ne correspondait pas au spectacle larmoyant qu’on voulait nous vendre. Des voix montent enfin, qui dénoncent la supercherie. L’indigeste brouet était pourtant patent depuis longtemps, depuis qu’il était évident que le vieil empire dominant poussait très fort ses cris d’orfraies sans avoir la moindre intention d’intervenir sur le terrain (ou alors en catimini et du mauvais côté), signe d’impuissance et du désarroi des vaincus.

Et vous, mes chers amis, dont la bonne foi ne peut pourtant être mise en doute, vous voilà à nouveau en pleine confusion, cocus des bons sentiments frelatés. Vous étiez Charlie défilant derrière le gratin faux-cul du clan impérial, vous voilà Alep embarqués dans le même fiasco de la compassion télécommandée par une propagande imbuvable. En tirerez-vous jamais leçon ?

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Alep : Eric Dénécé dénonce la falsification de l'information par les médias (LCI, 21/12/16)

23 Décembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #ISIL, #Terrorisme, #Les média

INTERVIEW INTEGRALE : https://www.youtube.com/watch?v=VDcbB...
Le 21 décembre 2016 sur LCI, Eric Dénécé (Directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement - CF2R) dénonçait la falsification par les médias français de la crise d'Alep.

"On est à mon sens sur une falsification de l'information qui est énorme. Bien sûr qu'on est sur une guerre civile en Syrie, mais ça ne concerne que 30% d'Alep, ce sont soit des civils qui sont pris en otage par des djihadistes, soit des gens qui refusent de quitter les quartiers parce qu'ils soutiennent ces mêmes djihadistes. On ne vous parle pas de tout ce qui se passe ailleurs en Syrie. On se fait rouler dans la farine avec Alep. Ca ne veut pas dire qu'il n'y a pas de victimes innocentes qui périssent (...) Seul 1/3 d'Alep est victime des bombardements, et j'insiste, c'est 1/3 de la ville dans lequel des jihadistes dangereux sont présents qui depuis des années tirent sur les quartiers chrétiens et le reste de la ville, ce dont on ne parle jamais. On ne parle pas non plus du massacre humanitaire que conduisent les Saoudiens aujourd'hui au Yémen où systématiquement des hôpitaux sont ciblés, des sites archéologiques détruits. Un de nos contacts qui est rentré du terrain l'autre jour nous disait qu'en Syrie, il y a des tas d'endroits où les choses se passent bien où on peut dîner dans la rue le soir dans les quartiers de Damas, aller au bord de la mer, donc le pays n'est pas à feu et à sang. Au Yémen, c'est totalement différent, il n'y a quasiment pas 1 km² qui ne soit pas bombardé par les Saoudiens, et on ne parle pas de cela. Dans les années 90, dans une ancienne colonie française (belge NDLR), le Congo, une guerre civile a fait 400 000 morts sur 4M d'habitants, soit 10% de la population. On n'en parle pas non plus. Aujourd'hui, le focus qui est mis sur la Syrie d'une part et sur Alep avec les désinformations qui les accompagnent est une falsification complète de la réalité, ce qui ne veut pas dire qu'on défende Bachar El Assad, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y ait pas de victimes civiles qui disparaissent, mais il y a quelque chose d'extrêmement dangereux : pour un jeune islamiste aujourd'hui, la façon dont les médias occidentaux présentent la crise d'Alep est une motivation pour passer à l'action.

(Yves Calvi fait remarquer qu'Eric Dénécé tient les mêmes propos que les invités qu'il avait reçus la semaine précédente qui dénonçaient aussi la présentation biaisée de la crise d'Alep https://www.youtube.com/watch?v=k0XkD...)

La communauté Syrienne en France et dans d'autres pays européens est absolument scandalisée de voir la façon dont les médias présentent la situation. Nos médias en France sont suivistes du mainstream médiatique qui est impulsé et imposé par les médias anglo-saxons et par les médias arabes qui, eux, ont intérêt à présenter la situation en Syrie comme quelque chose d'absolument scandaleux. Et comme toujours, 300 000 morts dans cette guerre, 5 ans de guerre civile, c'est quelque chose d'horrible, 90 000 militaires tués, 70 000 personnes soutenant le régime ou en tout cas neutres massacrés, on nous présente les faits comme si Bachar avait tué 90% de la population, ce qui est inexact, ce qui ne veut pas dire que ce soit un saint.

(Nous participons à la naissance des djihadistes et des assassins de demain) en étant toujours en relation avec des Etats qui encouragent directement ou indirectement le djihadisme - par le wahhabisme notamment - comme l'Arabie Saoudite et le Qatar. Et de l'autre côté, sur ce qui se passe aujourd'hui à Alep, le fait de mettre le focus en montrant à tort que "les pauvres populations islamistes" de ces quelques quartiers d'Alep sont des victimes de l'Occident, on redonne du carburant à ceux qui dans nos banlieues ou à l'étranger considèrent que le peuple arabe dans le monde est victime de l'ostracisme occidental, et ça les pousse à passer à l'action."

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