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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #terrorisme tag

Généraux états-uniens : « La Bombe pour la paix » par Manlio Dinucci

19 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre

Généraux états-uniens : « La Bombe pour la paix »

Jouant sur la confusion, des généraux états-uniens assurent que la Bombe atomique a sauvé le monde et maintenu la paix depuis la Seconde Guerre mondiale. De la Corée des années 50 au monde arabe actuel, les victimes de l’impérialisme apprécieront. En réalité la Bombe a permis le maintien de la domination sur le monde des États qui en disposent.

| Rome (Italie)
 
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Le général Robin Rand

Deux jours avant le test de missiles nord-coréen qui a déclenché l’alarme nucléaire dans le monde entier, est paru sur la revue Politico un article intitulé « Pourquoi les USA ont bien fait d’investir dans les armes nucléaires » [1]. Signé non pas par un opinioniste, mais par les deux généraux qui sont au commandement des trois quarts des forces nucléaires états-uniennes : le chef d’état-major de l’Aéronautique, Dave Goldfein, et le chef du Commandement aérien pour l’attaque globale, Robin Rand.

Ils affirment que, « bien que cela puisse paraître illogique, les armes nucléaires sont un instrument fondamental de la paix mondiale ». C’est ce que démontre, d’après eux, le fait que, depuis qu’a commencé l’ère nucléaire, il n’y a plus eu de grandes guerres. Il est pour cela essentiel, soutiennent-ils, que nos bombardiers et missiles nucléaires soient maintenus en totale efficience.

Aujourd’hui les États-Unis doivent procéder à la modernisation de leurs propres forces nucléaires, parce qu’ils ont face à eux « des potentiels adversaires qui sont agressivement en train de moderniser et de répandre leurs forces nucléaires et qui veulent de plus en plus s’imposer ». Les généraux nomment « les menaces ouvertes de la Corée du Nord », mais il est clair qu’ils se réfèrent implicitement à la Russie et à la Chine. « Nos ennemis potentiels —préviennent-ils sur un ton menaçant— doivent savoir que notre direction nationale prendra toujours les dures décisions nécessaires pour protéger et assurer la survie du peuple américain et de ses alliés » : c’est-à-dire qu’elle est prête à faire la Troisième Guerre mondiale, la guerre nucléaire, à laquelle en réalité personne ne survivrait. Ils adressent ensuite une requête péremptoire à l’administration Trump : « Les États-Unis doivent maintenir leur engagement de recapitaliser nos forces nucléaires ».

L’engagement auquel ils se réfèrent n’a pas été pris par le belliqueux Trump, mais par le Prix Nobel de la Paix Obama récompensé en 2009 pour « sa vision d’un monde libéré des armes nucléaires et le travail qu’il a mené dans ce sens ». C’est l’administration Obama qui a lancé le plus grand programme de réarmement nucléaire depuis la fin de la Guerre froide, d’un coût d’environ 1 000 milliards de dollars, qui prévoit la construction de 12 nouveaux sous-marins d’attaque nucléaire (chacun avec 24 missiles pouvant lancer jusqu’à presque 200 têtes nucléaires), 100 autres bombardiers stratégiques (chacun armé d’environ 20 missiles ou bombes nucléaires) et 400 missiles balistiques intercontinentaux avec base à terre (chacun avec une puissante tête nucléaire).

En même temps a été lancée avec des technologies révolutionnaires la modernisation des forces nucléaires actuelles qui —documente Hans Kristensen de la Fédération des scientifiques américains [2]— « triple la puissance destructive des missiles balistiques US existants », comme si on était en train de planifier d’avoir « la capacité de combattre et gagner une guerre nucléaire en désarmant les ennemis par une première frappe par surprise ». Capacité qui comprend aussi le « bouclier anti-missiles » pour neutraliser les représailles ennemies, comme celui déployé par les États-Unis en Europe contre la Russie et en Corée du Sud contre la Chine.

On est donc en train d’accélérer la course aux armements nucléaires. Significative est la décision russe de déployer en 2018 un nouveau missile balistique intercontinental, RS-28 Sarmat, d’une portée pouvant atteindre 18 000 km, capable de transporter 10-15 têtes nucléaires qui, en rentrant dans l’atmosphère à vitesse hypersonique (plus de 10 fois celle du son), manœuvrent pour échapper aux missiles intercepteurs en perçant le « bouclier ».

Mais nous pouvons dormir tranquilles, confiants puisque « les armes nucléaires sont un instrument fondamental de la paix mondiale ».

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

[1] “Why the U.S. Is Right to Invest in Nuclear Weapons”, Dave Goldfein & Robin Rand, Politico, May 12th, 2017

[2] “How US nuclear force modernization is undermining strategic stability : The burst-height compensating super-fuze”, Hans M. Kristensen, Matthew McKinzie & Theodore A. Postol, Bulletin of Atomic Scientists, March 1st, 2017.

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Etats-Unis : Le « RussiaGate », un coup d’État en douce

18 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #le nazisme, #Daesch

Etats-Unis : Le « RussiaGate », un coup d’État en douce

Le « RussiaGate », un coup d’État en douce


Par Robert Parry – Le 13 mai 2017 – Source Consortium News

L’hystérie qui entoure le RussiaGate a pris de l’ampleur après que le président Trump a renvoyé le directeur du FBI, Comey, mais la grande question est de savoir si un « coup d’État en douce » est en train de se dérouler ou pas aux États-Unis, rapporte Robert Parry.

Où est Stanley Kubrick quand on a besoin de lui ? S’il n’était pas mort en 1999, il serait un parfait réalisateur pour transformer l’hystérie contemporaine à propos de la Russie en un théâtre de l’absurde reprenant son classique de la guerre froide, Dr Strangelove – Dr Folamour –, une satire très moqueuse sur la folie du nucléaire et la non moins folle idéologie qui la sous tend.

Pour alimenter mon point de vue, le Washington Post a publié jeudi unelongue histoire intitulée « Attention, un russe dans la Maison Blanche », article portant sur un photographe russe autorisé à entrer dans le bureau ovale pour photographier la réunion entre le président Trump et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Le Post a cité les plaintes d’anciens responsables du renseignement américains qui ont présenté la présence du photographe russe comme « une éventuelle violation du système de sécurité » en raison du « danger qu’un dispositif d’écoute ou tout autre équipement de surveillance ait pu être amené dans le bureau ovale, caché dans les appareils photos ou un autre appareil électronique ».

Pour accentuer plus encore la tension, le Washington Post a cité un commentaire Twitter du dernier directeur adjoint du président Obama, David S. Cohen, déclarant « Non, ce n’était pas » une bonne décision d’admettre le photographe russe qui travaille également pour l’agence de presse russe Tass, celle qui a publié la fameuse photo.

On imagine très bien Boris et Natacha [affublés, comme par hasard, de prénoms russes, NdT], les méchants espions du dessin animé Bullwinkle, déguisés en photographes et glissant des micros entre les coussins des canapés.

Ou on entend très bien comment les Russes menacent de nouveau « de souiller tous nos fluides corporels précieux », comme le Dr. Folamour, le général Jack D. Ripper, nous en prévenait dans le film de 1964.

Revoir cette brillante tragi-comédie pourrait être une bonne idée pour nous rappeler comment les Américains peuvent devenir fous quand ils sont inondés de propagande anti russe, comme c’est de nouveau le cas maintenant.

Abattre Trump

Je me suis rendu compte que beaucoup de démocrates, de libéraux et de progressistes détestent tellement Donald Trump qu’ils pensent que tous les prétextes sont bons pour le faire tomber, même si cela profite aux néoconservateurs et autres va-t-en-guerre. Beaucoup de ceux qui détestent Trump considèrent le RussiaGate comme le moyen le plus susceptible d’arriver à destituer Trump, donc cette fin souhaitable justifie, pour eux, tous les moyens.

Certaines personnes m’ont même dit qu’elles pensaient vraiment qu’il incombait aux médias de masse, aux forces de l’ordre, aux renseignements, et aux membres du Congrès de s’engager dans un « coup en douce » contre Trump, également connu sous le nom de « coup constitutionnel » ou « coup par l’État profond », tout ceci pour le « bien du pays ».

L’argument est qu’il incombe parfois à ces institutions de « corriger » une erreur commise par les électeurs américains, dans notre cas, l’élection d’un individu largement non qualifié en tant que président du pays. Certains militants anti Trump considèrent qu’il est de la responsabilité des journalistes « responsables », des fonctionnaires du gouvernement et d’autres personnes de jouer ce rôle de « gardien », de ne pas simplement « résister » à Trump [ou juste le surveiller, NdT], mais de carrément le destituer.

Il y a des contre-arguments évidents à ce point de vue, en particulier qu’il transforme la démocratie américaine en une caricature d’elle-même. Il impose également aux journalistes de violer la responsabilité éthique qui leur demande de faire des rapports objectifs, de ne pas prendre parti dans les disputes politiques.

Mais le New York Times et le Washington Post, en particulier, ont clairement indiqué qu’ils considèrent Trump comme un danger visible et immédiat pour le système américain et ont donc mis de coté toute obligation de neutralité.

Le Times justifie son hostilité ouverte envers le président par l’alibi qu’il est de son devoir de protéger « la vérité »; le Washington Post a adopté un slogan visant Trump, « La démocratie se meurt dans l’obscurité ». En d’autres termes, les deux journaux politiques états-uniens les plus influents poussent effectivement à un « coup en douce » sous le prétexte de défendre la « démocratie » et la « vérité ».

Mais le problème évident avec ce « coup en douce » est que le processus démocratique états-unien, aussi imparfait qu’il l’a été et l’est encore, a maintenu l’unité de ce pays diversifié depuis 1788, à l’exception notable de la guerre civile.

Si les Américains pensent que les élites de Washington cherchent à faire tomber un président élu – même un clown comme Donald Trump – cela pourrait déchirer le tissu de l’unité nationale, qui subit déjà une tension extraordinaire due au clivage politique.

Cela signifie que ce « coup en douce » doit prendre l’apparence d’une enquête sérieuse sur quelque chose de grave pour justifier la destitution du président, celle ci pouvant être accompli par le Congrès, sa démission forcée ou l’application du vingt cinquième amendement qui permet au vice-président et à la majorité du Cabinet ministériel de juger un président comme étant incapable d’assumer ses fonctions (bien que cela puisse exiger les deux tiers des voix des deux chambres du Congrès si le président combat la manœuvre).

Un gros « scandale »

C’est là que le RussiaGate entre en scène. L’allégation vaseuse selon laquelle Trump et/ou ses conseillers étaient en une sorte de collusion avec les responsables du renseignement russe pour biaiser les élections présidentielles de 2016, fournirait probablement une accusation suffisamment extrême pour justifier la destitution d’un président.

Et, compte tenu de la détermination de nombreux personnages clés de l’establishment pour se débarrasser de Trump, il n’est pas surprenant que personne ne se soucie du fait qu’aucune preuve réelle et certifiée n’ait été révélée publiquement pour étayer les allégations du RussiaGate.

Il n’existe même pas de preuves publiques données par les agences gouvernementales américaines selon lesquelles la Russie s’est « mêlée » des élections de 2016 ou – même si la Russie a transmis les courriels du parti Démocrate à WikiLeaks  – il n’y a aucune preuve que la magouille résulterait d’une collusion avec Trump ou son équipe de campagne.

Le FBI enquête sur ces soupçons depuis au moins neuf mois, s’assurant même un mandat contre Carter Page dans le cadre de  la loi sur la Surveillance des renseignements étrangers, un Américain que Trump a brièvement employé comme conseiller en matière de politique étrangère, lorsqu’il était critiqué pour n’avoir aucun conseiller dans ce domaine.

L’une des infractions présumées de Page est d’avoir prononcé un discours, dans le cadre d’une conférence académique à Moscou en juillet 2016, qui était légèrement critique à l’égard de la manière dont les États-Unis traitaient des pays de l’ex-Union soviétique. Il a également vécu en Russie et a rencontré un diplomate russe qui – sans que Page ne le sache – avait été identifié par le gouvernement américain comme un agent des renseignements russes.

Il semble que ce soit suffisant, en ces jours de nouveau McCarthysme, pour qu’un américain fasse l’objet d’une puissante enquête de contre renseignement.

Le FBI et le ministère de la Justice auraient également inclus dans le cadre de l’enquête du RussiaGate, la stupide plaisanterie faite par Trump pendant sa campagne, demandant aux Russes d’aider à trouver les dizaines de milliers de courriels qu’Hillary Clinton a effacés du serveur qu’elle utilisait en tant que secrétaire d’État.

Le 27 juillet 2016, Trump a déclaré en plaisantant : « Je vais vous dire, Russie : si vous écoutez, j’espère que vous pourrez trouver les 30 000 courriels manquants. »

Le commentaire correspond bien au sens de l’humour noir, provocateur et souvent de mauvais goût de Trump, mais a été saisi au passage par les démocrates comme s’il s’agissait d’une suggestion sérieuse – comme si quelqu’un utiliserait une conférence de presse pour exhorter sérieusement à quelque chose comme ça. Mais il semble que le FBI en soit au point de saisir tout grain qui puisse alimenter son moulin.

Le Guardian a rapporté cette semaine que « les responsables du Department Of Justice [DoJ] ont refusé de publier les documents [au sujet du commentaire de Trump] au motif que cette divulgation pourrait ‘interférer avec l’enquête’ ». Dans une déposition à la cour fédérale de Washington DC, le DoJ déclare qu’«en raison de l’existence d’une enquête active et en cours, le FBI prévoit qu’il … gardera tous les enregistrements sous clé».

« La déclaration suggère que le commentaire provocateur de Trump de juillet dernier est considéré par le FBI comme pertinent pour sa propre enquête en cours. »

Les accusations du New York Times

Vendredi, dans la foulée du renvoi du directeur du FBI, James Comey,  par Trump et de la remarque faite par le Président disant que le RussiaGate est « un vrai canular », le New York Times a réédité ce qu’il appelle «la connexion Trump-Russie» dans un éditorial de première page pour essayer de mettre quelques flammes derrière l’écran de fumée.

Bien que le Times reconnaisse qu’il y a « beaucoup d’inconnues » dans le RussiaGate et qu’il semble ne pas avoir trouvé la moindre preuve de collusion, ce journal considère néanmoins qu’un grand nombre de conseillers de Trump et de membres de sa famille sont des traîtres parce qu’ils ont eu quelques relations avec des responsables russes, des entreprises russes ou des partenaires russes.

A propos de Carter Page, le Times écrit : « Les responsables américains pensent que M. Page, conseiller en politique étrangère, a eu des contacts avec des responsables du renseignement russe durant la campagne. Il a également prononcé un discours pro-russe à Moscou en juillet 2016. M. Page était auparavant employé par le bureau Merrill Lynch de Moscou, où il a travaillé avec Gazprom, une énorme entreprise publique. »

Vous voudrez peut-être laisser tomber certains de ces mots, en particulier la partie sur Page « tenant un discours pro-russe à Moscou », qui a été cité comme l’une des principales raisons pour lesquelles Page et ses communications ont été ciblées en vertu d’un mandat FISA.

J’ai pris la peine de lire le discours de Page et l’appeler « pro-russe » est une exagération énorme. Il s’agissait d’un exposé largement académique qui critiquait le traitement par l’Occident, après la guerre froide, des nations formant l’ancienne Union soviétique, et qui disait que la course effrénée vers un système libéral a entraîné des conséquences négatives, comme la propagation de la corruption.

Et même si le discours était « pro-Russie », The New York Times ne respecte-t-il pas la notion profonde de liberté d’expression américaine ? Apparemment non. Si vos mots soigneusement choisis peuvent être déformés en quelque chose de « pro-Russie », le Times semble penser qu’il est normal que l’Agence nationale de sécurité [la NSA] espionne vos téléphones et lise vos courriels.

Le cas ukrainien

Une autre cible du Times est le conseiller politique vétéran, Paul Manafort, accusé de travailler comme « consultant pour un parti politique pro-russe en Ukraine et pour l’ancien président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, qui était soutenu par le Kremlin».

Ce que le Times oublie, c’est que ce parti politique ukrainien, qui avait un fort soutien des Ukrainiens d’ethnie russe, et pas seulement de la Russie, a participé à un processus démocratique et que Ianoukovitch a remporté une élection reconnue par les observateurs internationaux comme libre et équitable.

Ianoukovitch a ensuite été évincé en février 2014 par un violent putsch qui a été soutenu par la secrétaire d’État états-unienne, Victoria Nuland, et l’ambassadeur Geoffrey Pyatt. Le putsch, qui a été exécuté par des nationalistes de droite et même des néonazis, a provoqué la guerre civile ukrainienne et la sécession de la Crimée, des événements clés dans l’escalade de la nouvelle guerre froide d’aujourd’hui, entre l’OTAN et la Russie.

Même si je ne suis pas fan des mercenaires politiques américains vendant leurs services pour des élections étrangères, il n’y avait rien d’illégal ou même d’inhabituel à ce que Manafort conseille un parti politique ukrainien. Ce qui, sans doute, était beaucoup plus offensant, était le soutien des États-Unis à ce coup d’État anticonstitutionnel qui a renversé Ianoukovitch, même après qu’il avait accepté un plan européen pour les élections anticipées qui permettait de le renvoyer de la présidence de façon pacifique.

Mais le Times, le Post et pratiquement tous les médias traditionnels occidentaux ont soutenu les putschistes ukrainiens et ont applaudi au renversement de Ianoukovitch. Cette attitude est devenue un tel préjugé collectif que le Times a même banni l’idée qu’il y aurait eu un coup d’État.

Pourtant, le plus grand problème politique auquel sont confrontés les États-Unis est que les néoconservateurs et leurs partenaires juniors, les libéraux interventionnistes, contrôlent maintenant presque tous les leviers de la politique étrangère américaine. Cela signifie qu’ils peuvent essentiellement dicter comment les événements mondiaux seront perçus par la plupart des Américains.

Les néocons et les faucons libéraux veulent également poursuivre leurs guerres ouvertes au Moyen-Orient en organisant l’engagement d’autres forces militaires américaines en Afghanistan, en Irak et en Syrie – et peut-être même ouvrir une nouvelle confrontation avec l’Iran.

Dès le début du deuxième mandat d’Obama, il est apparu clairement aux néocons que la Russie devenait le principal obstacle à leurs plans parce que le président Barack Obama travaillait en étroite collaboration avec le président Vladimir Poutine sur une variété de projets qui ont sapé les espoirs de guerre totale des néocons.

En particulier, Poutine a aidé Obama à obtenir un accord pour que la Syrie abandonne ses stocks d’armes chimiques en 2013 et faire en sorte que l’Iran accepte des contraintes sévères à son programme nucléaire en 2014. Dans les deux cas, les néocons et leurs acolytes libéraux voulaient la guerre.

Immédiatement après l’accord sur les armes chimiques de Syrie, en septembre 2013, les néoconservateurs américains ont commencé à se concentrer sur l’Ukraine, que le président de la Fondation nationale pour la démocratie, Carl Gershman, considère comme « le grand prix » et un premier pas vers l’éviction de Poutine.

Gershman, de la NED [National Endowment for Democracy] a intensifié ses opérations en Ukraine, tandis que la secrétaire adjointe Nuland, la femme de l’archi néocon Robert Kagan, a commencé à faire pression pour un changement de régime à Kiev (avec d’autres néocons, y compris le sénateur John McCain).

Le coup d’État de l’Ukraine en 2014 a enfoncé un coin géopolitique entre Obama et Poutine, puisque le président russe ne pouvait pas ne rien faire alors qu’un régime fortement anti-russe prenait violemment le pouvoir en Ukraine, pays qui est le chemin habituel utilisé pour les invasions de la Russie et qui, en plus, abrite la flotte russe de la mer Noire à Sébastopol en Crimée.

Plutôt que de défendre la précieuse coopération fournie par Poutine, Obama est entré dans le flot politique et s’est joint au Russia-bashing tandis que les néocons levaient leurs armes et mettaient Poutine dans le viseur.

Un obstacle inattendu

Puis, pour les néo-conservateurs,  2016 fut l’année de l’attente enthousiaste d’une présidence d’Hillary Clinton afin de donner plus d’élan à cette coûteuse nouvelle guerre froide. Mais Trump, qui avait plaidé pour une nouvelle détente avec la Russie, a réussi à remporter la victoire au Collège électoral.

Trump aurait peut être pu dissoudre une partie de l’hostilité à son égard, mais sa personnalité narcissique l’a empêché de tendre un rameau d’olivier aux dizaines de millions d’Américains qui se sont opposés à lui. Il a en outre démontré son incompétence politique en gaspillant ses premiers jours à la présidence à faire des déclarations ridicules au sujet de la taille de la foule à son inauguration et à contester le fait qu’il avait perdu le vote populaire.

Le large dégoût public provoqué par son comportement a contribué à pousser de nombreux Américains à « résister » à sa présidence, à toutes les occasions et à tout prix.

Cependant, en plus des risques pour la stabilité américaine d’un « coup en douce » perpétré par l’establishment, il y a le danger supplémentaire de provoquer des tensions si élevées avec la Russie, une puissance nucléaire, que cette poussée prenne forme d’elle-même, avec sans doute beaucoup, beaucoup de morts en conséquence.

C’est pourquoi l’Amérique pourrait maintenant avoir besoin d’une satire grinçante de cette russophobie contemporaine ou au moins une réédition du classique de la guerre froide, « Dr. Folamour », sous-titré « Comment j’ai appris à cesser de m’inquiéter et à aimer la bombe ».

Robert Parry

Traduit par Wayan pour le Saker Francophone

http://lesakerfrancophone.fr/le-russiagate-un-coup-detat-en-douce

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Ukraine: du rêve européen à la Corée du Nord Par Karine Bechet Golovko

17 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La nation ., #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #Terrorisme, #le nazisme

mercredi 17 mai 2017

Ukraine: du rêve européen à la Corée du Nord
 
 
 
Dans l'euphorie de l'obtention du régime sans visas avec l'UE, qui a été interprété par l'Ukraine comme la rupture définitive avec la Russie, P. Poroshenko décide de radicaliser l'européanité de l'Ukraine: bloquer l'accès à l'internet russe, interdire le ruban de Saint Georges et en terminer avec l'Eglise orthodoxe du Patriarcat de Moscou. Du rêve européen, le Maïdan conduit à la Corée du Nord.
 
 
Le 28 avril 2017, le Conseil national de sécurité adopte une décision selon laquelle des sanctions doivent être adoptées contre 468 personnes morales et 1228 personnes privées. Mais ce n'est qu'après les manifestations du 9 mai dans toute l'Ukraine (voir notre texte ici), dont l'ampleur a fait trembler le pouvoir, que le Président P. Poroshenko a décidé de punir son propre peuple. Ce peuple dissident, qui ose ne pas rejeter ses racines.
 
Les sanctions adoptées sont très variées. Evidemment, les banques sont visées et les systèmes de transfert de fonds, sans pour autant que ces mesures ne puissent aujourd'hui avoir une réelle incidence sur le secteur. Dans le domaine économique, l'interdiction d'utilisation du programme de comptabilité 1C, utilisé par 80% des entreprises ukrainiennes est beaucoup plus dommageable pour l'économie ukrainienne elle-même. Si les grandes entreprises pourront, non sans frais supplémentaires, reformater leur système comptable, les PME risquent la banqueroute. Cela concerne plus de 300 000 entreprises. L'économie ukrainienne se porte déjà assez mal, cette mesure ne va pas l'aider à redémarrer.
 
Le plus symbolique touche l'interdiction du Monde russe. Avec l'ampleur du mouvement populaire du 9 mai, le fait que les gens n'aient finalement pas eu peur de sortir dans la rue, que les vétérans portaient le ruban de St Georges, très symbolique dans l'histoire russe depuis l'Ancien régime (voir notre texte ici), le pouvoir a pris conscience du fait qu'il n'avait pas réussi à réduire au silence son peuple. Le Maïdan n'a pu accoucher d'un Homme nouveau, mais simplement de quelques rejetons fanatiques. 
 
Or, il est bien connu que les réseaux sociaux et l'internet jouent un rôle aujourd'hui autant sinon plus important que la télévision. Le pouvoir ukrainien soupçonne la Russie d'avoir utilisé les réseaux sociaux pour mobiliser cette partie, manifestement importante, de la population qui ne suit pas le radicalisme de Kiev.
 
Mais en demandant la fermeture des réseaux sociaux russes (équivalent de Facebook et de Google) et des services de mails, Kiev part en guerre contre des millions de simples citoyens. Pour exemple, Yandex, le moteur de recherche russe, compte 11 millions d'utilisateurs en Ukraine et Mail.ru 25 millions. Et le Facebook russe (Vkontakte et Odnoklassniki) est encore plus populaire. Cela fait des millions de personnes qui doivent changer leurs habitudes, ne sachant pas très bien pourquoi. Des millions de gens qui ne sortent pas dans la rue manifester contre Kiev, des millions de gens qui tentaient de vivre comme si de rien n'était dans l'après-Maïdan. Des millions de personnes à qui Kiev ouvre les yeux: il y a un avant et un après. Il n'est plus possible de faire semblant que rien ne s'est passé et que tout continue comme avant. Les premières réactions sur Twitter sont ironiques: 
 
 
 
 
"J'ai téléphoné au SBU et signalé 17 séparatistes qui trainent sur Odnoklassniki. Ils ont aimé ma photo. Gloire à l'Ukraine"
 
"Et pourquoi en Ukraine ils ont bloqué VKontakte? Parce que Porochenko n'avait pas suffisamment d'abonnés"
 
Les organismes interationaux ont réagi avec beaucoup de retenue:
La représentante de Reporters Sans Frontières en Ukraine, Oksana Romaniouk, a quant à elle parlé d'"interdiction étrange et inattendue". "Soi-disant, c'est parce que la Russie gagne de l'argent sur nos utilisateurs et que nous en sommes en guerre. Mais excusez-moi, ce sont des sanctions contre les citoyens eux-mêmes", a-t-elle écrit sur Facebook.
nterrogé par l'AFP, Sergueï Plougotarenko, directeur de l'Association russe des communications électroniques, a regretté une décision "pas intelligente et inélégante qui affecte d'abord les utilisateurs ukrainiens". 
Interrogé par l'agence russe RIA Novosti, P. Leruth, président de la Fédération internationale des journalistes a déclaré que cette mesure s'assimilait à de la censure, ce qui dans n'importe quel pays contrevient aux principes de liberté d'expression et de liberté de la presse.
 
Pour l'instant, les dirigeants européens semblent avoir d'autres priorités concernant l'Ukraine et leur réaction tarde à venir. L'eurovision est terminé, ils peuvent retomber dans leur apathie. Quant à l'OTAN, l'organisation estime qu'il ne s'agit pas d'une atteinte aux libertés, mais d'une question de sécurité nationale. Sans sourciller. Internet, le parangon de la liberté dans nos démocraties post-modernes et post-vérité. Le dieu de l'Olympe néolibéral. Alors que toute tentative de réglementation pour lutter contre les groupes de la mort, contre la pédophilie, contre le terrorisme sur internet est considérée comme une atteinte inacceptable de l'Etat contre la liberté absolue de l'individu. L'Ukraine peut bloquer Masha et l'Ours, arme de destruction massive de la Russie orientée vers l'Occident.
 
Puisque tout est permis, Kiev en profite pour aller encore plus loin et s'attaque au coeur du Monde russe, à l'Eglise orthodoxe du Patriarchat de Moscou. A ce sujet, il n'y a pas une seule ligne dans la presse française. Rappelons que, à côté de la présence historique de l'Eglise orthodoxe du Patriarchat de Moscou, encore très influente en Ukraine aujourd'hui (voir notre article sur la Marche de la Paix organisée par les orthodoxe en Ukraine), il existe une autre Eglise, L'Eglise ukrainienne du Patriarchat de Kiev, qui n'est pas reconnue comme Eglise par la Chrétienté et est soutenue par le pouvoir. Elle a été fondée en 1992 par le renégat Filaret pour soutenir les nationalistes, rôle qu'elle continue toujours à jouer.
 
Or, deux projets de loi doivent être examinés par la Rada le 18 mai 2017 (détaillés en anglais ici). Le premier prévoit la participation du pouvoir à la nomination des métropolites et de l'épiscopat. Si les organes religieux vont "collaborer avec le pays agresseur", alors le pouvoir peut les interdire. Le deuxième projet de loi prévoit la possibilité pour chaque communauté de croyants de voter à la majorité simple pour sortir du Patriarchat de Moscou et entrer dans celui de Kiev, ce qui comporte également le transfert de propriété immobilière. 
 
L'Ukraine radicalise ainsi sa politique et prend quelques risques. Elle risque de provoquer le mécontentement populaire dans une part de la population qui vivait tranquillement sa vie, envers et malgré tout. Elle force ainsi sa population à ouvrir les yeux sur la véritable nature du régime, ce qui est très bien, car rien n'est plus dangereux que la fausse normalité dont la plupart des gens s'arrangent avec ferveur. Par ailleurs, Kiev se prive ainsi d'un instrument, car le pouvoir utilisait aussi les réseaux sociaux russes pour sa propagande. Sans parler des dommages inutilement causés à l'économie nationale, qui semble vraiment ne pas faire partie des priorités nationales.
 
Autrement dit, l'Ukraine choisit une voie qui, si elle la rapproche petit à petit de l'Union européenne, l'éloigne de plus en plus de l'Europe.
 
 
 
 
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La Syrie: Cap à l'est! Rédigé par Observatus geopoliticus

16 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

Cap à l'est

16 Mai 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

En Syrie, 2016 fut marquée du sceau septentrional (Alep, Al Bab). Désormais, les regards se tournent vers l'Orient où la grande explication devrait avoir lieu cette année.

Comme prévu, la poche rebelle de Qaboun a été résorbée près de Damas, ne laissant comme dernier point d'abcès dans la région que l'enclave de la Ghouta orientale, où la guerre civile inter-barbue a comme de bien entendu repris. Les combats pour la capitale ou le condensé des évolutions de la longue guerre syrienne. Deux cartes qui disent tout :

A l'est d'Alep et au sud d'Al Bab, la base de Jirah a été définitivement prise à Daech. Les opérations devraient continuer sur Maskaneh avant la jonction - amicale ou inamicale ? - avec les forces kurdes à Taqba.

Mais surtout, l'accord sur les zones dites de désescalade est tombé à point nommé - et connaissant Poutine, ce n'est sans doute pas un hasard - pour faire redescendre la tension en Syrie occidentale et profiter du cessez-le-feu provisoire afin de lancer les cohortes loyalistes vers l'est du pays. De gros renforts affluent depuis plusieurs jours à Palmyre et les Russes mettent un point d'honneur à contrôler le ciel jusqu'à Deir ez-Zoor et au-delà. 

Car l'objectif (flèches rouges) est Deir ez-Zoor, assiégée par l'EI depuis trois ans, et la frontière syro-irakienne. En filigrane, il s'agit évidemment de maintenir un continuum est-ouest (arc chiite, quand tu nous tiens) et empêcher sa coupure nord-sud par l'avancée de groupes rebelles soutenus par Washington (flèches noires).

A noter que l'armée syrienne concentre des forces et a commencé les opérations sur le chemin d'Al Tanaf, plus au sud, pour couper en deux le vaste mais désertique territoire des rebelles "américano-jordaniens".

Là, nous entrons dans le maelstrom géopolitique et il est bien difficile d'y voir clair, d'autant que les intox abondent. Il y a quelques jours, la nouvelle d'une grosse concentration de blindés US, massés en Jordanie et prêts à entrer en Syrie, a fait l'effet d'une bombe et a été reprise un peu partout. En réalité, c'est la base militaire jordanienne d'Az-Zarqa et les blindés y stationnaient déjà en 2015...

L'administration Trump a-t-elle l'intention de recréer la fameuse principauté salafiste sunnite en Syrie orientale, coupant l'arc chiite ? C'était, on s'en rappelle, l'objectif de Barack à frites et de ses amis turco-pétromonarchiques dès 2013. Les signaux sont une fois de plus contradictoires.

Le Donald a apparemment ôté le bâton de la politique syrienne des mains de ses généraux néo-cons pour le passer à Tillerson, plus russo-compatible. Moon of Alabama, pourtant généralement pessimiste, parfois exagérément, suggère également que les Américains travaillent de facto pour Assad. D'un autre côté, les Follamour du système impérial viennent d'accuser il y a quelques heures Damas de tuer et brûler des milliers de prisonniers. Notez le "crématorium", toujours susceptible de frapper les imaginations et de rappeler les z'heures les plus sombres...

Un Donald adepte du double jeu ou dépassé, incapable de contrôler son administration ? A moins que nous ne soyons ici encore dans un false flag au carré : donner des gages de fermeté aux néo-cons tout en s'entendant avec les Russes par derrière (il n'aura échappé à personne que Lavrov vient de faire une petite visite apparemment fructueuse à Washington).

Se dirige-t-on vers un choc entre forces spéciales russes et américaines vers Al Tanaf ou, au contraire, une entente secrète sur le dos de tout le monde ? Mystère, mystère... D'autant qu'entre en compte l'inconnue irakienne.

Que se passe-t-il de l'autre côté de la ligne Sykes-Picot ? L'étau se resserre autour de Mossoul, ou plutôt désormais de son centre-ville, mais ce front n'a pas d'incidence sur notre problème. On voit que la zone qui nous occupe, entre Al Tanaf et Deir-ez-Zoor, est toujours contrôlée du côté irakien par les petits hommes en noir de Daech.

Après la libération de Mossul et de la poche à l'ouest de Kirkouk, l'armée irakienne et les milices chiites  (les Unités de Mobilisation Populaire ou UMP) se dirigeront vers la frontière. La franchiront-elles ? C'est LA grande question qui risque de redéfinir la situation générale du Proche-Orient.

Si l'on répond par l'affirmative, alors la partie est finie. L'EI syrien et les djihadistes modérément modérés seront broyés, l'arc chiite totalement reconstitué et renforcé. On peut d'ailleurs se demander quelle sera la réaction des pétromonarchies et de la Turquie devant ce fait accompli cauchemardesque pour eux...

Cependant, l'affaire n'est pas encore pliée. Nous avons vu le mois dernier que Moqtadra Sadr avait apporté une note pour le moins discordante dans la symphonie chiite :

Moqtada Sadr fait encore des siennes. Nous avions parlé de ce personnage sulfureux :

En Irak, le fameux Moqtada Sadr, influent prêcheur chiite, a appelé à attaquer les troupes US. Quand on sait que les brigades "sadristes" comptent plusieurs dizaines de milliers de combattants et qu'elles ne jettent pas leur part au chien dans la guerre contre Daech, cela complique quelque peu la situation. Cette déclaration incendiaire est sans doute à relier aux grandes manoeuvres préparant l'après-guerre. (...)

Pour qui roule Moqtada ? Sans doute pour personne. On aurait tort de le considérer comme l'homme des Iraniens ; depuis treize ans, plusieurs points de tension ont éclaté entre Téhéran et cet électron libre. Le gouvernement irakien, chiite comme lui, en a une peur bleue : on se souvient de l'invasion du parlement en avril, en pleine zone verte, pour réclamer la fin du népotisme, de la corruption et mettre en place un "gouvernement de technocrates" sans affiliation politique ou religieuse (nouvelle preuve de la complexité du personnage, religieux à la politique laïque).

Nos pressentiments ne pouvaient pas être mieux illustrés, car l'ami Motqada vient encore de mettre les pieds dans le plat en appelant Assad à démissionner :

«Il serait juste que le président Bachar al-Assad démissionne (…) et évite au cher peuple de Syrie le fléau de la guerre et l’oppression des terroristes», a-t-il déclaré, dans un communiqué rendu public le samedi 8 avril 2017.
 
Trois jours plus tard, depuis la ville sainte de Najaf où il est basé, à 200 km au sud de Bagdad, il persiste et signe. «J’ai exhorté Assad à partir pour préserver l’axe de la résistance et afin de lui éviter le sort de Kadhafi», a-t-il prédit dans un nouveau communiqué.
 
Même s’il prend ses précautions en défendant «l’axe de la résistance» contre Israël, qui comprend l’Iran, la Syrie et le Hezbollah libanais, Moqtada al-Sadr est le premier haut responsable chiite à contester ainsi la légitimité du président syrien.
 
Une surprenante offensive frontale contre un des piliers de la stratégie iranienne d’exportation de la révolution islamique. Bien que formé en Iran, Moqtada al-Sadr, dont les miliciens ont combattu les forces américaines en Irak, joue en effet de plus en plus la carte nationaliste.

Il en a même profité pour condamner les représailles américaines contre Bachar al-Assad et exhorter les Etats-Unis et la Russie à se retirer du théâtre syrien.
 
Engagé à la tête d’un vaste mouvement populaire contre la corruption et en faveur de réformes dans le pays, il organise régulièrement des manifestations dans la Zone verte ultra-sécurisée de Bagdad, siège du pouvoir et du parlement irakien dominés par Téhéran.
 
Moqtada al-Sadr mobilise également ses partisans contre les milices chiites du Hachd al-Chaabi (les Forces populaires de mobilisation), alliées de l’Iran. Il s’en démarque tant en raison de leur engagement auprès d’Assad en Syrie que pour leurs exactions contre les populations sunnites en Irak, sous couvert de lutte contre les djihadistes de l’Etat islamique.
 
Selon le site libanais AlKalima Online, de jeunes Irakiens ont même repris à l’université Al-Diwaniya dans le sud du pays le slogan "Iran, dehors, dehors !" contre Kaïs al-Khazaali, le chef de Aasaeb ahl al-Hak (la ligue des vertueux), venu mobiliser en faveur des milices pro-iraniennes. Un slogan que les partisans de Moqtada scandaient lors des occupations de la Zone verte.

Il ne peut pas ignorer qu'Assad n'est très certainement pour rien dans l'événement de Khan Cheikhoun. Aussi, l'explication est ailleurs et corrobore ce que nous disions de lui l'année dernière. Sa sortie a tout à voir avec des considérations intérieures :

Moqtada al-Sadr cherche à se démarquer du gouvernement irakien et des autres partis chiites au pouvoir depuis 2003. Il  est engagé depuis plus de deux ans dans une campagne anti-corruption et pro-réforme. A coup de déclarations tonitruantes ou de manifestations monstres, il critique la politique irakienne, très alignée sur Téhéran. Le chef chiite se veut Irakien. Et avec cette déclaration, il veut montrer que l'Irak peut être allié de Téhéran mais ne doit pas être son vassal. Un discours nationaliste, son fond de commerce.

Si on compare, le gouvernement irakien a appelé à une enquête internationale sur les évènements de Khan Cheikhoun... sans critiquer Bachar el-Assad. Al-Sadr va même plus loin, il cherche à incarner la voix de la réconciliation chiite-sunnite en osant critiquer un allié de l'Iran, un dirigeant soutenu par Bagdad. C'est un leitmotiv chez lui ces dernières années.

Le mois dernier, il osait déclarer que les milices sectaires n'ont pas leur place en Irak. Du miel aux oreilles des sunnites et une provocation pour les milices chiites qui participent à la lutte contre l'organisation de l'EI mais qui ont été accusées de crimes de guerre, comme des kidnappings, des exécutions sommaires et des tortures.

Moqtada al-Sadr ajoutait même qu'il craignait des tensions entre communautés après que l'organisation de l'EI a été vaincue. Car le problème politique irakien reste entier. Il y a un fossé entre les communautés. Moqtada al-Sadr suggère qu'il pourrait faire partie de la solution.

Ainsi, s'il venait à arriver au pouvoir, l'ennemi historique des Américains pourrait paradoxalement compliquer sérieusement l'après-conflit syrien et la reconstitution de l'arc chiite. Quand nous vous disons et répétons que les facétieux Dieux de la géopolitique s'amusent...

Or la position de Moqtada, faisant primer le nationalisme sur le religieux (solidarité chiite), n'est pas isolée en Irak, très divisé sur la question. D'un côté, l'ex-Premier ministre Maliki, qui a passé quinze ans en exil à Damas du temps de Saddam, déclarait en octobre : "Nous arrivons, Raqqa, nous arrivons, Alep, nous arrivons, Yémen !" Il est rejoint en cela par plusieurs puissantes milices pro-iraniennes prêtes à en découdre pour aider Assad : Asaib Ahl al-Haq, Saraya al-Kharasani, al-Nojaba et Kataib Hezbollah. De l'autre côté, outre Sadr, l'actuel Premier ministre Abadi et de grands clercs chiites dont la plus haute autorité spirituelle d'Irak, l'ayatollah al-Sistani. Quant aux commandants des UMP, comprenant l'un et l'autre courant, ils sont obligés de ménager la chèvre et le chou.

Parmi les facteurs de cette profonde fracture, il y a évidemment la position ambivalente vis-à-vis de Téhéran. Chez certains, le bon vieil antagonisme entre Arabes et Perses prend le pas sur l'appartenance religieuse et un excellent article du Monde Diplomatique l'évoquait déjà en 2006 :

Une autre école dénonce cette thèse [la tentation de concevoir les chiites comme une entité homogène, ndlr], à laquelle elle oppose celle d’un «nationalisme irakien» à toute épreuve. Tel cet observateur iranien avisé qui nous confie par exemple : «Les solidarités intrachiites ne transcenderont pas la ligne de fracture fondamentale qui sépare les Arabes des Perses. Tout le monde semble avoir oublié que les chiites irakiens ont combattu les chiites iraniens pendant les huit longues années de la guerre Iran-Irak, l’une des guerres les plus sanglantes de la seconde moitié du XXe siècle. Des informations qui nous viennent d’Irak indiquent que les Irakiens, même ceux qui ont vécu en exil en Iran, n’apprécient pas l’influence iranienne dans leur pays.» (...)

Cette situation ne transforme pas pour autant l’Iran en nation «par défaut» ou «par adoption» pour les chiites irakiens. Dans le sud du pays, on conserve des sentiments partagés à l’égard du voisin perse. M. Al-Sadr joue par exemple sur les origines iraniennes de l’ayatollah Ali Al-Sistani pour le dénigrer. Les résidents de la ville d’Al-Amara se plaisent à qualifier ceux d’Al-Kout de « Perses », un terme très péjoratif à leurs yeux. Si les portraits de l’ayatollah Ruhollah Khomeiny et de son successeur Ali Khamenei foisonnent, seuls de rares acteurs de la scène politique chiite reconnaissent la conception iranienne de velayat-e-faqih («gouvernement du docte»), pilier de la République islamique. Les positions de l’ayatollah Al-Sistani vis-à-vis de ses pairs iraniens ont toujours été à la fois diplomatiques – évitant de franchir certaines lignes rouges – et farouchement indépendantes. Il semblerait du reste que, en tant que source d’interprétation des écritures, il soit davantage considéré en Iran que le «guide», l’ayatollah Khamenei lui-même.

Au-delà de la pierre d'achoppement iranienne, il y a aussi, il faut le dire, le comportement très ambigu de Damas dans les années 2000, après l'invasion de son voisin irakien. Pour une fois, les accusations américaines étaient fondées - confirmées par des officiels irakiens mais aussi par des sources bien placées à votre serviteur : Assad a, dans un dangereux coup de poker-boomerang, délibérément laissé passer (en les libérant des prisons syriennes ?) des centaines de djihadistes pour rejoindre l'insurrection sunnite en Irak. Le but : "occuper" les troupes américaines et surtout dissuader Washington d'envahir la Syrie.

Si certains - dont Maliki, le Premier ministre de l'époque et la victime directe des agissements de Damas - ont passé l'éponge et sont maintenant prêts à mettre sur pied une coalition chiite pour aider le gouvernement syrien, d'autres à Bagdad ont la mémoire plus rancunière...

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Pour le juge italien Imposimato, "l'OTAN est une menace pour la Paix et la sécurité dans le monde"

14 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La guerre, #Le fascisme

Pour le juge italien Imposimato, "l'OTAN est une menace pour la Paix et la sécurité dans le monde" .

Voici le discours du juge italien antimafia Ferdinando Imposimato, président honoraire de la Cour de cassation italienne, prononcé lors d'une réunion à Rome le 26 octobre 2015 à l'initiative du journaliste italien Giulietto Chiesa. M. Imposimato est un personnage extrêmement respecté en Italie pour l'ensemble de son combat contre le crime organisé. Le seul fait qu'un homme de sa trempe, aussi connu et inattaquable que lui, se prononce de façon tranchée sur le danger que représente l'OTAN pour la paix dans le monde, mais aussi sur sa vision des attentats du 11-Septembre, devrait provoquer un débat national voire, européen, sur ces questions. Il n'en est rien, de telles paroles ne seront jamais relayées par les médias grands publics et les journaux télévisés. Dormez bonnes gens.

 

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Les Kagan sont de retour ; les guerres vont suivre, par Robert Parry

14 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #Ukraine, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre

Source : Consortium News, le 15/03/2017

Le 15 mars 2017

Exclusif: La famille “royale” néoconservatrice des Kagan compte sur les Démocrates et les prétendus progressistes pour jouer les fantassins dans la nouvelle campagne néoconservatrice qui vise à pousser les Républicains et le président Trump à engager d’autres guerres de « changement de régime ».

Par Robert Parry

La famille Kagan, fleuron de l’aristocratie néoconservatrice de l’Amérique, refait surface après s’être remise de n’avoir pas vu s’accroître son influence – ce que lui aurait offert l’élection d’Hillary Clinton – et d’avoir perdu son pouvoir officiel au début de la présidence Trump.

L’ancienne Secrétaire d’État adjointe aux Affaires européennes, Victoria Nuland, qui a milité pour le coup d’État en Ukraine et qui a contribué à choisir les dirigeants de l’après coup d’État. (Elle est l’épouse du théoricien néoconservateur Robert Kagan.)

La famille Kagan est de retour, pontifiant dans les tribunes des plus grands journaux. Elle incite maintenant à un élargissement de l’intervention militaire étatsunienne en Syrie et elle harcèle les Républicains pour qu’ils participent avec un peu plus d’enthousiasme à la chasse aux sorcières antirusse au sujet de la contribution présumée de Moscou à l’élection de Trump.

Dans une tribune du Washington Post datée du 7 mars, Robert Kagan, cofondateur du Project for the New American Century et l’un des principaux cerveaux de la guerre d’Irak, a attaqué les Républicains dont le peu d’empressement à enquêter faisait d’eux « des complices après coup de la Russie. »

Puis Frederick Kagan, directeur du Critical Threats Project à l’American Enterprise Institut néoconservateur et sa femme, Kimberly Kagan, qui a son propre groupe de réflexion, l’Institute for the Study of War (Institut pour l’étude de la guerre), vantaient, dans une tribune du Wall Street Journal du 15 mars, les avantages d’un renforcement de l’intervention américaine en Syrie.

Pourtant, quelle que soit l’influence que gardent les Kagan à Washington, dans le monde des groupes de réflexion et des tribunes libres, ils demeurent presque totalement à l’écart des centres du pouvoir de la nouvelle ère Trump, même si, semble-t-il, ils ont vu une porte qu’on pouvait forcer.

Il y a un an, cependant, leurs perspectives avaient l’air bien plus exaltant. Ils pouvaient faire leur choix parmi un grand nombre de candidats républicains néoconservateurs à la présidence ou, comme Robert Kagan, ils pouvaient soutenir la candidate de l’establishment démocrate, Hillary Clinton, dont « l’interventionnisme progressiste » se confondait quasiment avec le néo conservatisme et n’en différait que par les explications rationnelles invoquées pour justifier toujours davantage de guerres.

Il y avait aussi l’espoir qu’Hillary Clinton présidente reconnaîtrait sa communauté de vues avec les faucons progressistes et les néoconservateurs en donnant une promotion à la femme néoconservatrice de Robert Kagan, Victoria Nuland, qui passerait du poste de secrétaire d’État adjointe aux Affaires européennes à celui de secrétaire d’État.

Alors ils auraient bénéficié d’un formidable élan pour à la fois augmenter l’intervention militaire américaine en Syrie et accroître l’escalade de la nouvelle guerre froide avec la Russie, remettant l’idée de « changement de régime» pour ces deux pays à l’ordre du jour. Ainsi, au début de l’an dernier, les opportunités semblaient infinies pour la famille Kagan qui allait pouvoir montrer sa force et engranger beaucoup d’argent.

Une affaire de famille

Comme je l’ai fait remarquer il y a deux ans dans un article intitulé “Une affaire de famille de guerre sans fin” : « Le commentateur néoconservateur Robert Kagan et sa femme, la secrétaire d’État adjointe aux Affaires européennes Victoria Nuland, sont à la tête d’une affaire de famille remarquable : elle, elle a déclenché une vraie guerre en Ukraine et elle a contribué à provoquer une seconde Guerre froide avec la Russie, et lui, il intervient pour exiger que le Congrès augmente le budget de l’armée afin que l’Amérique puisse faire face à ces nouvelles menaces contre la sécurité.

L’intellectuel néoconservateur bien connu Robert Kagan. (Photo credit: Mariusz Kubik, http://www.mariuszkubik.pl)

« Cet extraordinaire duo conjugal représente, pour le complexe militaro-industriel, deux forces qui s’unissent, une équipe dedans-dehors qui crée le besoin d’un budget militaire plus important, use de pressions politiques pour assurer des dotations plus élevées et regarde avec reconnaissance les marchands d’armes offrir de généreuses donations aux groupes de réflexion bellicistes de Washington.

« Non seulement la communauté des néoconservateurs dans son ensemble bénéficie de ces largesses, mais c’est le cas aussi d’autres membres du clan Kagan, y compris celui du frère de Robert, Frederick de l’American Enterprise Institute, et de sa femme Kimberly qui dirige sa propre agence, l’Institute for the Study of War. »

Cependant, les événements ne se sont pas déroulés tout à fait comme les avaient imaginés les Kagan. Les Républicains néoconservateurs ont trébuché lors des primaires et c’est Trump qui a gagné, et après qu’Hillary Clinton a renvoyé le sénateur Bernie Sanders dans les cordes et qu’elle a été nommée candidate pour les Démocrates, elle a perdu devant Trump lors de la présidentielle.

A la suite de sa surprenante victoire, Trump, en dépit de ses nombreuses lacunes, a reconnu ne pas être proche des néoconservateurs et les a laissés, pour la plupart, à la porte. Nuland a non seulement perdu son poste de secrétaire d’État adjointe mais elle a aussi démissionné du département d’État.

Trump à la Maison-Blanche, l’establishment de la politique étrangère de Washington, dominé par les néoconservateurs, avait pris un coup, mais il n’était pas au tapis. Les néoconservateurs ont reçu alors une bouée de sauvetage de la part des Démocrates et des progressistes qui détestaient Trump à un point tel qu’ils ont été ravis de reprendre le flambeau de la nouvelle Guerre froide de Victoria Nuland avec la Russie. Participant à un plan douteux pour écarter Trump du pouvoir, les Démocrates et les progressistes ont monté en épingle des accusations sans preuve selon lesquelles la Russie se serait entendue avec l’équipe de Trump afin de truquer l’élection américaine.

L’éditorialiste du New York Times, Thomas L. Friedman, a parlé pour nombre d’entre eux quand il a comparé la présumée « ingérence » de la Russie dans les élections avec le bombardement de Pearl Harbour et les attentats du 11-Septembre par al-Qaïda.

Dans l’émission Morning Joe sur MSNBC, il a exigé que les accusations de piratage contre la Russie soient traitées comme un casus belli. « C’était un événement de la même ampleur que le 11-Septembre, a-t-il déclaré. Ils ont attaqué le cœur de notre démocratie. C’était un événement de l’ampleur de Pearl Harbour. » Aussi bien Pearl Harbour que le 11-Septembre ont mené à des guerres.

Ainsi beaucoup de progressistes, aveuglés par leur haine de Trump, ont-ils favorisé le retour des néoconservateurs.

Le harcèlement des Républicains

Robert Kagan a choisi la page des tribunes libres du Washington Post pour harceler des Républicains qui comptent, comme le représentant Devin Nunes, président du House Intelligence Committee, qui se trouvait en photo au-dessus de l’article et de son titre « Roulant pour une ingérence de la Russie ».

Le général David Petraeus devant le Capitole avec Kimberly Kagan, fondatrice et présidente de l’Institute for the Study of War. (Photo credit: ISW’s 2011 Annual Report)

« Il aurait été impossible d’imaginer il y a un an, » écrit Kagan, « que des dirigeants du Parti républicain aideraient effectivement les Russes à s’ingérer dans le système politique de notre pays. Pourtant, et c’est incroyable, c’est le rôle que joue le Parti républicain. »

Kagan a alors repris la doxa des responsables de Washington qui acceptaient, sans émettre le moindre doute, les allégations des directeurs sortants des services de renseignement de la présidence Obama, à savoir que la Russie avait piraté les mails des Démocrates et les avait publiés via WikiLeaks pour gêner la campagne de Clinton.

Bien que les responsables du renseignement d’Obama n’aient fourni aucune preuve pour étayer ce qu’ils avançaient et que WikiLeaks ait nié avoir reçu ces deux liasses de mails des Russes, les officiels de Washington ont largement admis ces allégations, les considérant comme des motifs pour discréditer Trump et essayer de le destituer.

Passant sous silence le conflit politique d’intérêts de ceux qui avaient été nommés par Obama, Kagan a estimé que « vu l’importance de cette découverte particulière [l’ingérence de la Russie], les preuves doivent être déterminantes » et cela justifie « une enquête sérieuse, d’une grande ampleur et transparente. »

Kagan, cependant, doit aussi avoir compris quelle opportunité de revenir au pouvoir constituait pour les néoconservateurs ce rideau de fumée d’une nouvelle Guerre froide avec la Russie.

Il a déclaré : « La question la plus importante concerne la capacité de la Russie à manipuler les élections des États-Unis. Ce n’est pas un problème politique. C’est un problème de sécurité nationale. Si le gouvernement russe s’est effectivement ingéré dans les processus électoraux des États-Unis l’an dernier, alors il a la capacité de le faire dans toutes les autres élections à partir de maintenant. C’est une arme puissante et dangereuse, plus redoutable que des vaisseaux de guerre, des chars ou des bombardiers.

« Ni la Russie ni aucun autre adversaire éventuel n’a le pouvoir de mettre à mal le système politique étatsunien avec des armes de guerre. Mais en instillant des doutes sur la validité, l’intégrité et la fiabilité des élections des États-Unis, elle peut saper les bases de ce système. »

Une réalité différente

Le ton de la tribune de Kagan était alarmiste, mais la réalité était bien différente. Même si les Russes ont effectivement piraté les mails des Démocrates et les ont, d’une façon ou d’une autre, fait passer à WikiLeaks, affirmation non étayée et controversée d’ailleurs, ces deux séries de mails n’ont pas joué un rôle si important dans le résultat de l’élection.

L’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton et le sénateur Bernie Sanders. (NBC photo)

Selon Hillary Clinton, le responsable de sa défaite surprise, c’est le directeur du FBI James Cormey qui a ré-ouvert brièvement l’enquête sur le serveur privé dont elle se servait quand elle était secrétaire d’État.

En outre, tout porte à croire que les mails publiés par WikiLeaks étaient authentiques et révélaient les agissements illicites des dirigeants des Démocrates, comme la manière dont le Comité national du Parti démocrate a lésé Bernie Sanders et favorisé Hillary Clinton. Dans les mails du directeur de campagne de Clinton John Podesta, on a pu lire les discours rétribués que Clinton avait prononcés devant les financiers de Wall Street et qu’elle essayait de cacher aux électeurs, sans oublier quelques exemples d’octroi de marchés aux donateurs de la Fondation Clinton.

En d’autres termes, la publication de WikiLeaks a contribué à informer les électeurs américains à propos des irrégularités du processus démocratique dans leur pays. Les mails n’étaient pas de la « désinformation » ni des « fausses nouvelles », ils contenaient de vraies informations.

On a eu cette semaine une communication d’informations semblable à celles qui s’étaient produites avant l’élection. On a fait fuiter, en effet, des informations sur les feuilles d’impôts de Trump, lesquelles sont protégées par la loi. Cependant, à part le camp Trump, presque personne n’a jugé que la publication illicite des feuilles d’impôts d’un citoyen constituait, quelque part, une menace contre la démocratie américaine.

Les Américains ont le droit de connaître ce genre de détails à propos d’un candidat à la Maison-Blanche, c’était le sentiment général. Je suis tout à fait d’accord, mais est-ce qu’il ne s’ensuit pas également que nous avions le droit de savoir que le Comité du Parti démocrate abusait de son pouvoir pour faciliter la nomination de Clinton, le droit de savoir ce que contenaient les discours prononcés devant les banquiers de Wall Street et le droit de savoir que des gouvernements étrangers cherchaient à se faire attribuer des marchés en faisant des donations à la Fondation Clinton ?

Pourtant, parce que les hauts fonctionnaires nommés par Obama dans la communauté du renseignement « estiment » que la Russie était la source des mails de WikiLeaks, cette attaque contre la démocratie des États-Unis justifie une Troisième Guerre mondiale.

Toujours plus de propos inconsidérés

Accuser cependant, sans preuve, la Russie de fragiliser la démocratie des États-Unis n’était pas suffisant pour Kagan. Il a affirmé comme un « fait », bien que, une fois de plus, il n’ait pas présenté de preuves, les éléments suivants : la Russie « s’ingère dans les élections à venir de la France et de l’Allemagne, et elle s’est déjà ingérée dans le récent référendum italien et dans de nombreuses autres élections en Europe. Elle utilise cette arme contre autant de démocraties qu’elle peut pour saper la confiance des citoyens dans les institutions démocratiques. »

Le Secrétaire d’État des États-Unis, John Kerry, accompagné de la secrétaire d’État adjointe aux Affaires européennes et eurasiennes Victoria « Toria » Nuland, s’adresse au président russe Vladimir Poutine lors d’une réunion au Kremlin à Moscou, en Russie, le 14 juillet 2016. [Photo du Département d’État]

Les dirigeants à Washington et les médias traditionnels ont beaucoup déploré leur impuissance au sujet de l’ère « post-vérité », mais ces prétendus avatars de la vérité sont aussi coupables que quiconque, agissant comme si la répétition constante d’une allégation non étayée de faits revenait à la prouver.

Mais ce que Kagan et d’autres néoconservateurs ont à l’esprit est clair : c’est une escalade des hostilités avec la Russie et une augmentation substantielle des dépenses consacrées au matériel militaire américain et à la propagande occidentale pour « contrer » ce qui est considéré comme une « propagande russe ».

Kagan l’admet, il a déjà beaucoup de Démocrates et de progressistes de premier plan de son côté. Donc, il cherche à forcer les Républicains à se joindre à cette campagne hystérique de dénigrement contre la Russie, quand il écrit :

« Mais ce sont les Républicains qui les couvrent. Le chef actuel du parti, le président, remet en cause les découvertes, les motivations et l’intégrité de la communauté du renseignement. Les dirigeants républicains au Congrès se sont opposés à la création d’un comité spécial d’enquête, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du Congrès. Ils ont insisté pour que les enquêtes soient menées par les deux comités de renseignement.

« Pourtant, le président républicain du comité à la Chambre a indiqué que cette enquête n’était pas bien urgente et il a même mis en cause la gravité et la validité des accusations. Le président républicain du comité au Sénat a abordé cette tâche à contrecœur.

« En conséquence, on a l’impression que les enquêtes avancent avec une lenteur délibérée, produisant peu d’informations et en fournissant encore moins au public. Il est difficile de ne pas conclure que c’est précisément l’intention de la direction du Parti républicain, à la fois à la Maison-Blanche et au Congrès. …

« Lorsque les Républicains s’opposent à des enquêtes approfondies, transparentes et immédiates, ils deviennent complices de la Russie après coup. »

Mentir avec les néoconservateurs

Beaucoup de démocrates et de progressistes peuvent trouver encourageant qu’un néoconservateur de premier plan, qui a contribué à ouvrir la voie de la guerre en Irak, soit désormais de leur côté pour dénigrer les Républicains coupables de ne pas se joindre avec enthousiasme à la dernière chasse aux sorcières russe. Mais ils pourraient également réfléchir un instant et se demander comment ils ont pu laisser leur haine de Trump les conduire à s’allier avec les néoconservateurs.

Le président russe Vladimir Poutine, après son discours à l’Assemblée générale des Nations Unies, le 28 septembre 2015. (Photo de l’ONU)

Mercredi, dans The Wall Street Journal, Frederick, le frère de Robert Kagan, et sa femme, Kimberly, sont allés plus loin en présentant le vieux rêve des néocons d’une invasion américaine à grande échelle en Syrie, projet qui a été mis en attente en 2004 à cause des échecs militaires des États-Unis en Irak.

Cependant, les néoconservateurs sont avides, depuis longtemps, d’un « changement de régime » en Syrie et n’ont pas été satisfaits par ce qu’a fait Obama en armant les rebelles antigouvernementaux et par l’implication limitée de forces spéciales dans le nord de la Syrie afin de contribuer à la reconquête de la « capitale » de l’EI, Raqqa.

Dans leur tribune du Wall Street Journal, Frederick et Kimberly Kagan appellent à l’ouverture d’un nouveau front dans le sud-est de la Syrie.

« Les forces armées américaines seront nécessaires. Mais les États-Unis peuvent recruter de nouveaux partenaires sunnites en combattant avec eux dans leur pays. Au départ, le but doit être de se battre contre l’EI parce qu’il contrôle, en Syrie, les dernières zones où les États-Unis peuvent raisonnablement espérer trouver des alliés sunnites qui ne soient pas sous l’influence d’al-Qaïda. Mais après la défaite de l’EI, il faudra lever une armée arabe sunnite capable de vaincre al-Qaïda et de contribuer à négocier un règlement de la guerre.

« Les États-Unis devront faire pression auprès du régime d’Assad, de l’Iran et de la Russie pour mettre fin au conflit dans des conditions que les arabes sunnites accepteront. Ce sera plus facile si on dispose d’une base sûre, indépendante et influente à l’intérieur de la Syrie. Le président Trump devrait s’affranchir des raisonnements erronés et de la planification inadaptée hérités de son prédécesseur. Il peut transformer cette lutte, mais seulement en transformant l’approche qu’en a l’Amérique »

Un nouveau plan pour la Syrie

En d’autres termes, les néoconservateurs sont de retour avec leur habileté à jouer avec les mots et leurs manœuvres stratégiques pour amener les forces armées étatsuniennes à accomplir un projet de « changement de régime » en Syrie.

Ils pensaient avoir quasiment atteint ce but en faisant porter au gouvernement syrien la responsabilité de la mystérieuse attaque au gaz sarin qui a eu lieu dans la banlieue de Damas le 21 août 2013 et en piégeant ainsi Obama qui se serait trouvé forcé de lancer une attaque aérienne d’envergure contre l’armée syrienne.

Mais le président Vladimir Poutine est intervenu et il a réussi à ce que le président syrien Bachar el-Assad livre toutes ses armes chimiques, même si ce dernier continuait à nier avoir joué le moindre rôle dans l’attaque au sarin.

L’intercession de Poutine, en mettant en pièces le rêve des néoconservateurs d’un « changement de régime » en Syrie, l’a propulsé en haut de la liste de leurs ennemis. Des néoconservateurs importants, comme Carl Gershman, président du National Endowment for Democracy, n’ont pas tardé alors à prendre l’Ukraine pour cible, ce qui, pour Gershman, constituait « la plus belle récompense » et une première étape qui devait aboutir à la destitution de Poutine à Moscou.

C’est à la secrétaire adjointe Victoria « Toria » Nuland qu’est revenu de superviser le « changement de régime » en Ukraine. L’un des coups de fil qu’elle a donné sur une ligne non sécurisée fin janvier ou début février 2014 a été intercepté, et on l’y entend parler avec l’ambassadeur en Ukraine, Geoffrey Pyatt, d’« arranger » ou d’« accoucher » un changement dans le gouvernement élu du président Viktor Ianoukovitch.

Quelques semaines plus tard, les combattants néonazis et ultranationalistes étaient en première ligne de l’attaque violente contre les bâtiments gouvernementaux et ont forcé Ianoukovitvh et d’autres responsables à s’enfuir pour sauver leur vie tandis que le gouvernement étatsunien se dépêchait de saluer le gouvernement issu du coup d’État comme « légitime ».

Mais le putsch ukrainien a conduit à la sécession de la Crimée et à une sanglante guerre civile dans l’est de l’Ukraine contre la minorité ethnique russe, des événements que le département d’État et les médias occidentaux ont qualifié d’« agression russe » ou d’« invasion russe ».

Ainsi, depuis les dernières années de l’administration Obama, tout était en place pour que les néoconservateurs et la famille Kagan mènent à bien la dernière étape de leur plan stratégique qui consistait à acculer la Russie et à instituer un « changement de régime » en Syrie.

Tout ce qu’il fallait, c’était qu’Hillary Clinton soit élue présidente. Pourtant, étonnamment, ces plans si bien conçus ont échoué. Bien qu’il ne soit pas, d’une manière générale, apte à la présidence, Trump a battu Clinton, amère déception pour les néoconservateurs et leurs alliés progressistes interventionnistes.

Pourtant, la prétendue #Resistance à la présidence de Trump et l’utilisation sans précédent par le président Obama de ses agences de renseignement pour dépeindre Trump comme un « candidat vendu aux Russes » a donné un nouvel espoir aux néoconservateurs pour la mise en œuvre de leur ordre du jour.

Il ne leur a fallu que quelques mois pour se réorganiser et se regrouper, mais ils ont maintenant l’espoir d’exercer sur Trump, à propos de la Russie, une pression si forte qu’il n’aura plus d’autre choix que de se laisser convaincre par leurs plans bellicistes.

Comme c’est souvent le cas, la famille Kagan a défini la stratégie : forcer les républicains à se joindre à la campagne de dénigrement de la Russie et à persuader un Trump radouci de lancer une invasion à grande échelle de la Syrie. Et dans cette entreprise, les Kagan utilisent Démocrates et progressistes comme fantassins.

Le journaliste d’investigation Robert Parry a dévoilé une grande partie des scandales Iran-Contra pour l’Associated Press et Newsweek dans les années 1980.

Source : Consortium News, le 15/03/2017

 

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 

 

 

Réponse à Les Kagan sont de retour ; les guerres vont suivre, par Robert Pa Le 14 mai 2017 à 07h57Il “faut” au moins lire un résumé de la pensée de R Kagan exposée dans son livre “La puissance et la faiblesse” ((Of Paradise and Power : America and Europe in the New World Order) paru au début des années 2000.
https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Puissance_et_la_Faiblesse
http://www.lemonde.fr/international/article/2002/07/26/puissance-americaine-faiblesse-europeenne-par-robert-kagan_285878_3210.html

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Un oasis de sérénité au milieu des ruines A la rencontre de la communauté tatare d'OktyabrskyPar Erwan Castel

13 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #Terrorisme, #La guerre, #le nazisme

vendredi 12 mai 2017

Un oasis de sérénité au milieu des ruines

 
A la rencontre de la communauté tatare d'Oktyabrsky
 
 
Aujourd'hui, avec une amie, nous sommes allé de nouveau à la rencontre de la communauté musulmane d'Oktyabrsky qui nous avait invité aujourd'hui dans la mosquée de Donetsk située dans leur quartier bombardé 
 
Alors qu'en France la communauté musulmane, médiatiquement prise en otage par un salafisme extrémiste cachant la forêt des vrais croyants, est soit instrumentalisée soit diabolisée, dans un monde russe majoritairement chrétien orthodoxe, l'identité musulmane est ici dépassionnée tout en étant vécue normalement intensément et en parfaite harmonie avec les autres communautés civiles ou religieuses. 
La vraie question que devrait se poser la société occidentale moderne qui a oublié les musulmans couchés dans ses cimetières militaires, n'est pas quels réponses apporter aux problèmes sociétaux religieux qui entourent cette communauté, mais pourquoi ils existent en Occident seulement aujourd'hui mais pas en Russie par exemple ... La réponse est peut-être plus à chercher plus du coté occidental et politique que du côté oriental et religieux, par exemple dans les soutiens néocolonialistes actuels au terrorisme salafiste, dans l'abandon des valeurs civilisationnelles qui cimentent une cohésion sociétale en imposant à toutes les communautés à la fois force, respect et protection etc., mais ceci est un autre débat...
 
Principalement composée de tatars, la communauté d'Oktyabrsky nous a accueilli les bras ouverts, nous invitant à suivre l'office religieux avant de partager un thé et des gateaux au rez de chaussée d'une mosquée moderne qui abrite, outre la salle de prière, une bibliothèque, un dortoir, une salle à manger et cuisine, des bureaux, ainsi qu'une école coranique...
 
Avant la guerre, cette communauté musulmane dans l'oblast de Donetsk était estimée à environ 7000 personnes, dont certaines familles venues du Tatarstan ou du Daghestan russes se sont implantées depuis plus d'un siècle dans le Donbass. Les salles de prière étaient alors organisées dans les lieux privés des uns des autres, jusqu'à ce que la Turquie réalise cette mosquée, dont la construction a été financée par le milliardaire Rinat Akhmetov, lui même tatar et musulman et qui a exercé un fort mécénat dans ce quartier nord de Donetsk dont il est originaire (école, hôpital, etc...)

 
Quand la guerre éclate, la communauté se retrouve en première ligne, surtout le secteur de sa mosquée qui a été construite à l'Ouest d'Oktyabrsky (en 1994) entre Peski et l'aéroport, à quelques centaines de mètres seulement d'une ligne de front particulièrement active. Autour de la mosquée les immeubles et les maisons sont frappés de plein fouet depuis 3 ans, l'immense piscine et le marché voisins sont détruits par les bombardements... 
 
Mais la coupole et ses 2 minarets couleur émeraude survivent depuis 3 ans aux orages d'acier quotidiens malgré des éclats qui régulièrement viennent crever les fenêtres ou griffer les murs.

 
La mosquée d'Oktyabrsky, elle non plus n'a pas été épargnée par les bombardements ukrainiens 
Au moment des premiers bombardements ukrainiens, de nombreuses personnes quittent le quartier pour se réfugier dans le centre ville, en Russie ou pour quelques unes en Ukraine où elles ont de la famille. 
Le quartier devient alors un champ de ruines où seules quelques personnes, par choix ou obligation, tentent de survivent. Lorsque le front se stabilise et malgré la poursuite des bombardements du secteur, la vie revient peu à peu autour et à l'intérieur de la mosquée que les fidèles avec des amis et voisins déblaient et réparent. Ce lieu de culte, devient même un centre d'accueil pour les personnes ayant perdu leur logement ou qui ne peuvent plus subvenir à leur subsistance...

 
Au milieu de l'esthétique ésotérique d'une calligraphie arabe ornementale, l'Iman Rushan nous accueille les bras ouverts et le coeur sur la main, nous expliquant par l'exemple comment, avec une poignée d'hommes et de femmes restés ici depuis 3 ans, la survie s'est organisée sous les bombardements. 

Ici, la Zakat, ce soutien financier qui est un des piliers de la foi musulmane, a pris avec la guerre une dimension élevée, vitale et urgente...
 
"Ceux qui n'ont rien ne donnent rien mais ceux qui ont de l'argent doivent partager avec les premiers, c'est un devoir sacré qui doit être fait pour aider tous ceux qui sont dans le besoin et ce quelle que soit leur communauté car tous nous sommes les fils du divin quel que soit le nom qu'on lui donne" souligne Rushan, cet homme de foi, imam humble au sourire accueillant et qui tient à nous offrir lui même le thé de l'hospitalité au coeur de son sanctuaire...
 
 
Les heures s'écoulent ici hors du temps et de l'espace dans une atmosphère sereine que viennent à peine troubler les explosions qui retentissent juste derrière le terril voisin qui signale la mine de charbon du quartier, depuis 3 ans fermée car traversée par la ligne de front...
 
A l'issue de la prière rituelle qui revêt ce vendredi une importance particulière du fait qu'elle ouvre le mois du "Chaabane", cette période de purification précédant le Ramadan, les membres de la communauté nous ont invité à partager boissons rafraîchissantes, thés parfumés et gateaux sucrés dans la salle de cours située au rez de chaussée de la salle de prière.
 
 
Dans les conversations qui vont bon train, la guerre bien sûr occupe les esprits mais surtout les aides à apporter aux voisins, aux amis, aux enfants que côtoient les membres de cette communauté qui évacuent les pollutions politiques et propagandistes pour ne considérer que la détresse appelant à une solidarité responsable.

Ces femmes et ces hommes aux allures discrètes et aux sourires chaleureux, à l'image de "l'auvergnat" de Brassens, invitent passant, et voisin, et bien au delà d'une déclinaison religieuse particulière en passant toutefois à travers elle, à venir s'abreuver à la source d'un humanisme universel. (mais non universaliste).

Je remercie Rushan, Khalima, Kamil et toutes ses femmes et ses hommes de l'accueil à la fois simple et chaleureux qu'il m'ont réservé, qu'ils soient assuré de mon amitié et respect les plus sincères .

 

En début d'après midi, nous quittons cette mosquée qui depuis les bombardements de Kiev est devenue pour beaucoup un oasis de paix et de réconfort, et nous nous engageons dans le désert de ruines calcinées, salués une dernière fois par des invitations à revenir encore à l'ombre de ces minarets accrochant le soleil, pour partager un nouveau thé fraternel et un bouquet d'espérances qui dans les coeurs d'Oktyabrsky ne fane jamais... 

Un grand merci également à Yulia, cette habitante et amie courageuse qui a choisi depuis 3 ans de rester sous les obus dans ce quartier où elle est née et a grandi et qu'elle porte au plus profond de son coeur. 

Traductrice patiente et dévouée, Yulia m'aide depuis des mois à rencontrer ces hommes et ces femmes exceptionnels du Donbass, comme ces tatars d'Oktyabrsky qui humblement et quotidiennement, par le respect et le partage nous montrent ce qu'est la vraie noblesse de coeur. 
 
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya
 
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S'il vous plaît, pour m'aider dans le travail de réinformation et l'aide engagée auprès des habitants sinistrés de mon quartier

Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer seul et à plein temps malgré une absence actuelle de revenus et une censure de mon travail par les agences de presse occidentales collabos.

J'ai réduits mes besoins de subsistance à leur portion congrue (8 000 roubles par mois (150 euros au taux de change local) pour pouvoir  plus encore aider des personnes isolées et des familles de mon quartier.

Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés des virements vers le Donbass

Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.

En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel

Bien à vous
Erwan
 
 
 
 
 
 
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Présentation du livre d’Olivier Delorme : « 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe » (par Bertrand Renouvin]

11 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme

Publié par El Diablo

Présentation du livre d’Olivier Delorme : « 30 bonnes raisons pour sortir de l'Europe » (par Bertrand Renouvin]

Leurs livres ne se répètent pas : ils se complètent. Après Jacques Sapir (L’Euro contre la France, l’euro contre l’Europe, au Cerf), après Coralie Delaume et David Cayla (La fin de l’Union européenne, chez Michalon) et avant que je présente le livre de Frédéric Farah (Europe : La grande liquidation démocratique, Editions Bréal), voici les 30 bonnes raisons de quitter l’Europe (Editions H&O) exposées par Olivier Delorme, agrégé d’histoire, historien de la Grèce et des Balkans.

Résistant, Jean-Louis Bory publia en 1945 un roman écrit pendant la lutte de libération nationale et qui eut un immense succès : Mon village à l’heure allemande. Historien, lui aussi romancier, inspiré par le général de Gaulle et resté étranger au gaullisme partisan, Olivier Delorme aurait pu titrer son livre « Mon Europe à l’heure allemande » car l’Allemagne est le fil noir qui relie les trente chapitres du livre.

Bien entendu, il n’y a pas plus de « complot allemand » pour retrouver une position hégémonique en Europe qu’il n’y a de « complot américain » ourdi dans les couloirs de Washington et de Wall Street. Le jeu des acteurs se déroule pour l’essentiel dans la pleine lumière des rapports de force géopolitiques. Après 1945, les Etats-Unis sont en position dominante en Europe de l’Ouest et l’Allemagne vaincue, massivement criminelle (1), veut faire reconnaître à la fois sa respectabilité et son rôle dans la reconstruction européenne. La France, mais aussi le Vatican, jouent un rôle décisif dans cette reconstruction qui se fait contre l’Union soviétique. De l’exposé très complet et limpide d’Olivier Delorme, je retiens ici trois courtes leçons d’histoire :

L’Europe dont on nous parle – l’Ouest du continent – est le produit de la Guerre froide et elle n’a existé, jusqu’en 1990, que par la Guerre froide. Quelques dates suffisent pour établir ce point : la première bombe atomique soviétique explose le 22 août 1949 ; le coup de Prague qui a lieu le 25 février 1948 et la fin de la guerre civile en Grèce, le 16 octobre 1949, achèvent de délimiter les deux camps ; c’est le 9 mai 1950 que Robert Schumann, ministre français des Affaires étrangères, fait la fameuse Déclaration qui lance la « construction européenne ».

Cette Europe de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), du Marché commun puis de la Communauté Economique européenne a la particularité de ne pas être européenne : elle ne se produit pas elle-même, ce sont les Etats-Unis qui lui accordent leurs crédits (le plan Marshall) et qui exigent en avril 1948 la création de l’Organisation économique de coopération européenne (OECE devenue OCDE). Comme les Etats-Unis ont imposé le dollar comme monnaie internationale et déployé leurs forces armées sur le sol européen, leur voix est évidemment prépondérante !

Durement éprouvée par l’Occupation et les combats de la Libération, embourbée en Indochine et sans capacités atomiques, la France peut d’autant moins contester la politique européenne des Etats-Unis que son personnel politique est largement convaincu que les nations doivent être dépassées dans « l’Europe ». Ce dépassement qui est présenté comme une loi de l’histoire se résume à un tour de passe-passe : alors que l’Allemagne n’est pas encore une nation puisqu’elle n’a connu dans sa brève existence que la forme impériale à l’exception des quatorze années de la République de Weimar, on proclame que toutes les nations sont belliqueuses par essence et on réclame leur fusion dans l’Europe supranationale. Ce qui permet d’ailleurs de noyer la culpabilité allemande dans le flot des condamnations des nationalismes-fauteurs-de-guerre.

Cette thématique du dépassement s’est inscrite dans une idéologie douce, fade au regard des idéologies totalitaires, mais qui donne encore un semblant d’esprit aux classes dirigeantes : il s’agit du démocratisme chrétien, incarné par Robert Schuman, Alcide de Gasperi et Konrad Adenauer qui opèrent sous impulsion vaticane. De ces trois « pères fondateurs », le français fut assurément le pire. On a trop oublié que Robert Schuman, député mosellan entre les deux guerres, défenseur du patronat, admirateur de Salazar et de Franco, avait voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain avant de s’abstenir scrupuleusement de toute activité résistante. Frappé d’une peine d’indignité nationale dont le Général eut la faiblesse de le faire relever, mais encouragé par Pie XII et le patronat, ce familier de l’American Commitee for United Europe s’ingénia à bâtir une Europe qui n’a cessé de contredire l’ambition catholique d’universalité, de justice et de paix puisque la reddition progressive à l’ultra-concurrence coïncide avec l’extension de la guerre de tous contre tous.

Sous l’égide de Jean Monnet, proche, très proche des Etats-Unis avant, pendant comme après la guerre, la CECA créée en 1951 par le traité de Paris fut le premier organe supranational qui géra la production de charbon et d’acier en faisant primer la solidarité transatlantique sur les impératifs hautement proclamés de la construction européenne : la CECA accepta notamment de renoncer aux importations de charbon polonais pour leur substituer le charbon étatsunien. Les gaullistes et les communistes s’opposèrent sans succès au traité de Paris mais, en mobilisant l’opinion publique, ils réussirent à faire échouer le projet de Communauté Européenne de Défense qui impliquait le réarmement de la République fédérale allemande. Du moins, cette moitié d’Allemagne, où la dénazification fut une « farce », était redevenue respectable aux yeux des Etats-Unis et d’anciens vichystes : membre du Conseil national de Pétain, Antoine Pinay est le chef du gouvernement qui signe en mai 1952 le traité de CED.

Mais quelle respectabilité ? On répète depuis cinquante ans que l’Allemagne s’est relevée par ses efforts et la rigueur imposée par l’économie sociale de marché. Olivier Delorme détruit la légende : l’économie ouest-allemande a bénéficié des crédits américains, de l’annulation d’une grande partie de ses dettes, de l’échelonnement à long terme du reliquat, de l’ajournement du remboursement des intérêts et de l’oubli des dommages de guerre. Si nous avions puni l’Allemagne de l’Ouest et ses Allemands pour leurs crimes aussi méthodiquement que Berlin punit la Grèce pour des légèretés qui n’ont jamais tué personne, si nous avions pillé l’Allemagne vaincue aussi systématiquement que l’Allemagne pille aujourd’hui la Grèce, le pays que nous prenons pour modèle serait encore couvert de ruines.

Il était certes nécessaire de relever une République fédérale soumise, comme la République démocratique allemande, à occupation militaire : pour la France, les territoires de l’Est constituaient un glacis face à une possible invasion soviétique et il était important que la population y vive confortablement afin de ne pas se tourner vers les communistes. Mais il était non moins important de conserver le contrôle de l’ensemble des affaires de la Bundesrepublik. Né après l’échec du plan Fouchet d’Europe politique, le traité franco-allemand fermement proposé par le général de Gaulle au chancelier Adenauer visait à établir une entente politique qui reposait sur une base fragile car le chancelier allemand, qui avait accepté la participation allemande à la Force nucléaire multilatérale (MLF) proposée par les Etats-Unis, était aux prises avec ses ministres qui ne voulaient pas de traité bilatéral avec la France (2). D’ailleurs, comme le rappelle Olivier Delorme, le célèbre traité de l’Elysée, fondateur de l’amitié franco-allemande et du non moins célèbre « couple franco-allemand » fut affublé par le Bundestag, en juin 1963, d’un préambule interprétatif unilatéral précisant que les liens entre la République fédérale et les Etats-Unis primeraient toujours sur les liens avec la France.

Le redressement économique ouest-allemand se fit dans un pays dont l’existence dépendait du maintien de l’équilibre de la terreur et qui était voué, dans la très faible hypothèse d’un déferlement de troupes russes, à servir de champ de bataille – placé par précaution sous le feu de nos missiles nucléaires tactiques Pluton. Ce dispositif n’empêchait pas la France gaullienne de maintenir de bonnes relations avec l’Union soviétique qui garantissait quant à elle la division des deux Allemagnes (3).

La chute du mur de Berlin a détruit cet équilibre très favorable à la France. L’absorption de la RDA par la République fédérale a ravivé les inquiétudes françaises que François Mitterrand voulut apaiser en arrimant l’Allemagne par le traité de Maastricht. La manœuvre fut un échec complet puisque le « nain politique » allemand du temps de la Guerre froide se mua en puissance dominante par l’effet de l’Union économique et monétaire, du laxisme français face aux menées allemandes lors de l’éclatement de la Yougoslavie et de la fascination de l’élite française du pouvoir et des affaires pour le prétendu modèle allemand.

Au cours de cette période qui n’est malheureusement pas terminée, nous avons pu vérifier que l’Europe réduite à l’Union européenne ne garantissait ni la paix, ni la prospérité, ni la démocratie. Quant au « couple franco-allemand », mariage de raison lourd d’arrière-pensées, il s’est disloqué dès la réunion des deux Allemagnes. Le constat d’Olivier Delorme est implacable. C’est l’Allemagne qui a déclenché la catastrophe yougoslave en reconnaissant la Slovénie et la Croatie selon des affinités historiques qui l’ont poussée à soutenir les extrémistes croates (4) et c’est encore l’Allemagne qui a été à la manœuvre aux côtés des Etats-Unis et de la Pologne lors du renversement de Ianoukovitch. C’est l’Allemagne qui détient la réalité du pouvoir monétaire dans la zone euro, organisée à l’allemande, selon les règles et les fantasmes du patriotisme monétaire allemand qui font de l’euro une monnaie allemande, justement analysée comme « carcan idéologique » et moyen de contrainte effectif, déflationniste et rigoureusement antisocial, utilisé pour punir la Grèce – comme fut punie l’Allemagne de l’Est – et pour décourager tout mouvement de révolte contre l’ordre monétaire.

Olivier Delorme ne montre aucun signe de découragement. Pour lui comme pour nous, la reconquête de la souveraineté nationale est possible à brève échéance et il faut dès à présent envisager la réunion des Etats nationaux du continent dans une Europe enfin européenne. C’est pour l’Union européenne que sonne le glas.

Bertrand Renouvin

***

(1) Ce ne sont pas seulement des SS mais l’ensemble de l’armée allemande soutenue par la très grande majorité du peuple allemand qui s’est rendue coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Cf. Christian Baechler, Guerre et exterminations à l’Est, Hitler et la conquête de l’espace vital – 1933-1945. Tallandier, Texto, 2016.

(2) Sur ce point, cf. Pierre Maillard, De Gaulle et le problème allemand, Ed. de Guibert, 2001 et plus particulièrement le chapitre IX : La crise du traité franco-allemand ; cf. également la communication de Jacques Bariety : « De Gaulle, Adenauer et la genèse du traité de l’Elysée du 22 janvier 1963, in De Gaulle en son siècle, tome 5 : L’Europe. Page 352-364. Institut Charles de Gaulle, Plon/ La Documentation française, 1992.

(3) Georges-Henri Soutou, L’Alliance incertaine, Les rapports politico-stratégiques franco-allemands, 1954-1996. Fayard, 1996, et ma présentation de l’ouvrage : http://www.bertrand-renouvin.fr/france-allemagne-lavenir-incertain/

(4) Cf. http://www.bertrand-renouvin.fr/francois-mitterrand-la-france-et-letat-4-chronique-114/

 

SOURCE :

 

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« La bienvenue de l’Europe à Macron : la France dépense trop. Ambiance !! » L’édito de Charles SANNAT . Le 10 mai 2017

10 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La France, #AMERIQUE, #La République, #La nation ., #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #Le fascisme, #Terrorisme

« La bienvenue de l’Europe à Macron : la France dépense trop. Ambiance !! » L’édito de Charles SANNAT . Le 10 mai 2017

« La bienvenue de l’Europe à Macron : la France dépense trop. Ambiance !! » L’édito de Charles SANNAT

 

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Je crains fort que ce nouveau quinquennat nous semble long, très long. Alors que j’entends souvent l’expression « après Hollande ça va être dur de faire pire », mon petit doigt me dit que rien n’est moins sûr !

Si certains disent que l’on a touché le fond, il ne faut pas oublier qu’une fois au fond on peut effectivement remonter mais aussi se mettre à creuser, et notre pays semble avoir une furieuse envie de creuser…

Noooon… Je ne fais pas d’anti-macronisme primaire ! Je n’allais même pas accuser ce pauvre bougre qui n’a même pas encore pris officiellement ses fonctions !

Je voulais m’en prendre plutôt à la Commission européenne dont le président Juncker – ce gentil garçon luxembourgeois qui a su assurer la prospérité de son État lilliputien en permettant aux entreprises de tous ses voisins de ne pas payer d’impôts, bref, ce parangon de la vertu budgétaire (surtout avec le pognon des autres et le vôtre en particulier) – vient donc de féliciter le petit père du peuple Macron (béni-soit-son-nom maintenant qu’il est président), et tout aussi sec… hop ! de le mettre en garde !

Manu, t’as plus de sous !

Selon cet article du Figaro, « le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a averti le nouveau chef de l’État des risques auxquels s’exposaient la France si elle ne parvenait pas à maîtriser durablement sa dépense et à réduire son déficit. Le commissaire européen Moscovici a également réagi.

À Bruxelles, l’optimisme aura été de courte durée. À peine Emmanuel Macron élu, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a tenu à l’avertir des risques encourus par la France si le nouveau gouvernement ne parvenait pas à endiguer durablement la croissance de ses dépenses. «Nous sommes confrontés avec la France à un problème particulier, les Français dépensent trop d’argent et ils dépensent au mauvais endroit», a déclaré Jean-Claude Juncker. «Les Français consacrent entre 53 % et 57 % de leur Produit intérieur brut à leurs budgets publics, compte tenu du niveau relativement élevé de la dette cela ne peut pas fonctionner dans la durée», a ajouté le président de la Commission européenne. Jean-Claude Juncker a estimé que le nouveau chef de l’État français ne pourrait pas compter à sens unique sur la tolérance et la solidarité de ses partenaires européens sur ces questions. «Il appartient aussi aux Français de faire un geste en direction des autres» en faisant les réformes nécessaires a-t-il ainsi déclaré. Le commissaire européen en charge des Affaires économique et financières, Pierre Moscovici, a estimé de son côté que «Macron doit sortir la France de la procédure de déficit excessif». »

Alors… Maintenant que vous avez voté à 65 % officiellement, et 45 % du corps électoral seulement, pour sa sainteté Macronléon 1er bientôt couronné à Reims, vous allez la sentir passer la réforme ! Pensez donc, avec une telle popularité, le jeune prince qu’on sort (c’est un jeu de mot hein), et que nous a sorti le système européiste, va se charger de ramener le déficit de la France sous des niveaux plus acceptables.

50 milliards d’euros d’économie ! Et c’est où qu’on coupe ? Et c’est quels « zimpôts » qu’on augmente ?

Bon, de vous à moi, il n’y a pas de secret : il va évidemment falloir dépenser moins si on veut rester dans l’Europe (d’où justement l’idée d’en sortir) car contrairement à ce que l’on veut faire croire aux gens, s’il y a un coût évident à une sortie de l’euro, il y en a un tout aussi important à un maintien !

Alors nous allons expérimenter la grècification, comme prévu, et pour cela le plan est implacable. Il va falloir choisir quels impôts seront montés car ils seront montés, et quelles dépenses il faudra couper et elles seront coupées !!

Ce qui nous amène au plan machiavélique pour ce faire !

Le gouvernement d’union nationale pour réformer la France à grands coups de trique !

Si Macron veut supprimer la taxe d’habitation pour 80 % des ménages, il ne faut pas se leurrer : il faudra des sous, si Macron veut embaucher des profs pour que les gamins soient 12 par classe, il faudra payer, de même que pour l’impôt sur les sociétés que Macron veut baisser !

Moi ça m’arrange toutes ces baisses, et je suis pour un prof particulier par gamin. Le problème c’est que parfois, on a plus besoin de vigiles que de profs, sans oublier que cela a un coût. Qui paye ? Où trouve-t-on l’argent ?

Le budget de Macron n’est pour le moment pas équilibré, et personne n’y croit un instant, d’ailleurs l’alpha et l’oméga c’est encore la suppression de postes de fonctionnaires.

Pourquoi pas…

Mais si Macron doit ramener le déficit à moins de 3 %, croyez-moi, cela va commencer à couiner fortement dans les chaumières, d’ailleurs tout le monde couine déjà et Macron, le plus jeune président, mal élu malgré son score de dictateur africain, est déjà en proie au scepticisme syndical, populaire, mais aussi politique.

Les législatives risquent d’accoucher d’une assemblée difficilement gouvernable. Enfin, pour pouvoir diriger par ordonnances, Macron devra tout de même se faire voter les pouvoirs de le faire par une majorité de députés. Est-ce que la majorité socialiste actuelle les lui votera avant de partir ? Macron pourra-t-il diriger ? Rien n’est certain, et le troisième tour social, lui, semble se profiler à grands pas. Pourtant, la grande idée, le grand plan, c’est de réussir à unir la classe politique en dynamitant et sabordant l’ensemble des grands partis afin de mettre en avant une « union sacrée » des démocrates, un gouvernement « d’union nationale » des gentils pro-européens qui nous défendront contre les hordes fascistes qui veulent déferler sur l’Europe.

Face à ce programme, il y a effectivement peu de chance que Manu-le-beau-gosse connaisse un état de grâce quelconque…

Ça promet un quinquennat comme ça !

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

 « Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
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Chasseurs USA F-35 en Estonie et Bulgarie. Déployés dans les bases à quelques minutes de vol de la Russie.

7 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #L'armée française, #le nazisme

Chasseurs USA F-35 en Estonie et Bulgarie. Déployés dans les bases à quelques minutes de vol de la Russie.

 
Chasseurs USA F-35 en Estonie et Bulgarie. Déployés dans les bases à quelques minutes de vol de la Russie.

Deux chasseurs F-35 étasuniens sont arrivés le 25 avril dans la base aérienne d’Ämari, en Estonie, pour leur « premier déploiement d’entraînement en Europe » », c’est-à-dire pour leur premier exercice de guerre en Europe. Peu après, le 28 avril, deux autres chasseurs sont arrivés avec le même objectif dans la base aérienne de Graf Ignatievo en Bulgarie. Ils font partie du groupe de six F-35A Lightning II transférés le 15 avril des Etats-Unis à la base anglaise de Lakenheat.

 

C’est le premier « déploiement d’entraînement » de F-35 étasuniens outre-mer, communique la U.S. Air Force, en soulignant qu’il « renforce la sécurité de nos alliés Otan et partenaires européens et démontre notre engagement pour la sécurité régionale et mondiale ». Le ministre estonien de la défense Tsahkna a déclaré, à la cérémonie de bienvenue, qu’ « héberger un avion aussi avancé constitue une reconnaissance de l’important rôle joué par cette base ». Ämari est en effet la principale base de la mission Otan de « surveillance aérienne » de la Baltique, où des chasseurs-bombardiers fournis par roulement par les membres de l’Alliance (Italie comprise) sont prêts au décollage vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour « réagir rapidement aux violations de l’espace aérien ». La base se trouve à environ 200km du territoire russe et à environ 400km de l’enclave russe de Kaliningrad, qu’un chasseur peut rejoindre en quelques minutes. Stratégiquement importante aussi Graf Ignatievo, une des quatre bases USA en Bulgarie, à à peine plus de 500km du territoire russe.

Le choix de ces bases pour le premier exercice des F-35 en-dehors du territoire étasunien a de multiples objectifs. Avant tout celui de renforcer la « European Reassurance Initiative », l’opération lancée par les Etats-Unis en 2014 pour « rassurer » les alliés Otan et partenaires européens face à « une Russie qui veut de plus en plus s’imposer avec ses actions agressives ». Pour cette opération, dans laquelle entre le déploiement de la 3ème Brigade blindée US en Pologne, ont été attribués 3,4 milliards de dollars pour l’année fiscale 2017.

L’exercice des F-35 sert en même temps à « intégrer le nouveau chasseur de 5ème génération dans l’infrastructure Otan ». Pour le moment, communique la U.S. Air Force, on ne prévoit pas d’utiliser le F-35 dans la « surveillance aérienne » de la Baltique, mais « si nécessaire, le chasseur pourrait être utilisé au combat ».

Un autre objectif de l’exercice, effectué aux frontières de la Russie, est celui de tester la capacité du F-35 d’échapper aux radars russes. C’est en substance un essai d’attaque nucléaire : le nouveau chasseur est de fait destiné à être le principal vecteur de la nouvelle bombe nucléaire B61-12 par laquelle les USA vont remplacer les actuelles B-61 à partir de 2020. L’Italie disposera à la fois des F-35 et des B61-12, utilisables dans des opérations sous commandement USA.

Un objectif ultérieur de l’exercice est de démontrer que le nouveau chasseur de Lokheed Martin, malgré les nombreux problèmes techniques, est désormais « combat ready » (prêt au combat), en démentant les prévisions de ceux qui pensaient qu’il ne volerait jamais. Le 26 avril, Lokheed Martin a reçu un contrat de 109 millions de dollars pour l’upgrade (modernisation) d’un des nombreux software du chasseur. Le 1er mai, la société a reçu un autre contrat d’une valeur de 1,4 milliards de dollars, pour la production initiale de 130 F-35 Lightning II du lot 12, destinés aux Etats-Unis et à d’autres pays.

Il est maintenant essentiel que le chasseur « combat ready » soit utilisé dans une guerre pour être déclaré « combat proven », testé au combat. Dans l’attente, il est envoyé en Estonie et Bulgarie combattre la nouvelle guerre froide contre la Russie pour nous « rassurer », nous Européens.

Manlio Dinucci

Article original en italien :

 

Caccia Usa F-35 in Estonia e Bulgaria. Schierati nelle basi a pochi minuti di volo dalla Russia

Edition de jeudi 4 mai 2017 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/cacciabombardieri-usa-f-35-schierati-in-estonia-e-bulgaria/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Chasseurs USA F-35 en Estonie et Bulgarie. Déployés dans les bases à quelques minutes de vol de la Russie.
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