Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #terrorisme tag

La BCE pousse la Grèce vers la sortie de l'euro, le 07 juillet 2015 | Par martine orange

7 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #Europe supranationale, #La dette, #La France, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Le fascisme, #Terrorisme

La BCE pousse la Grèce vers la sortie de l'euro

|  Par martine orange

La banque centrale n’a laissé aucune chance au gouvernement de Syriza après la victoire du non. Lundi, elle a adopté une mesure étouffant un peu plus le système bancaire grec, déjà totalement asphyxié. L’Europe a engagé l’expulsion de la Grèce hors de la zone euro.

 

La banque centrale européenne (BCE) n’a laissé aucune chance au gouvernement de Syriza après la victoire du non au référendum du dimanche 5 juillet. Pressée de laver l’affront grec, l’institution monétaire a donné la réponse européenne. En fin de soirée, lundi, elle a annoncé qu’elle durcissait les conditions pour assurer la liquidité du système bancaire grec, acceptant le risque de provoquer un effondrement complet bancaire.

Alors que les banques grecques demandaient que le plafond des fonds d’urgence de liquidité (emergency liquidity assistance, ELA) soit augmenté de trois milliards, la banque centrale a refusé de changer la limite qu’elle avait imposée il y a dix jours. L’aide à la liquidité reste gelée à 89 milliards d’euros. Mais il y a plus grave : la BCE a décidé de durcir les conditions imposées aux banques emprunteuses pour accéder au fonds d’urgence. Une décote – la BCE n’en a pas précisé le montant, il est question de 10 % – va être appliquée sur les titres apportés en garantie (“collateral”) par les banques grecques. Selon la Banque centrale, la détérioration de la qualité de ces titres apportés en garantie – essentiellement des titres de l’État grec – justifie cette décision.

© BCE

C’est le dernier tour d’écrou imposé à la Grèce. Car la BCE ne peut ignorer les conséquences de cette mesure. En imposant une décote sur les titres, elle réduit de fait le montant des fonds d’urgence au système bancaire grec. Si la décote est de 10 %, elle réduit de plusieurs milliards le montant des fonds d’aide d’urgence. Si elle est de 60 %, la valeur des titres apportés en garantie est presque ramenée à zéro, selon les estimations d’analystes de la Barclays.

« S’ils font cela, la situation va devenir vraiment sérieuse. Cela s’apparente à une tentative de renversement du gouvernement », avait déclaré dimanche Euclide Tsakalotos, alors responsable de la négociation, devenu entretemps ministre des finances après la démission, lundi, de Yanis Varoufakis. Car couper les fonds d’urgence, au moment où le système bancaire grec, fermé depuis huit jours, étouffe, c’est le conduire à la faillite. C’est précipiter le pays vers la banqueroute et la sortie de l’euro.

Depuis huit jours, depuis la fermeture des banques, l’économie grecque s’asphyxie et se trouve au bord du “collapse”. « Nous avons eu une crise cardiaque », a confié un conseiller du gouvernement à Mediapart, en commentant la fermeture des banques rendue obligatoire après la décision de la BCE de ne pas augmenter les fonds d’urgence le 26 juin. « Notre économie est en train de mourir, elle est en soins intensifs. Partout, tout est en train de s’arrêter », a témoigné lundi l’économiste Dimitris Athanasopoulos. Dans une lettre publiée lundi, le président de la chambre de commerce grecque, Vasilis Korkidis, pressait le premier ministre, Alexis Tsipras, de trouver rapidement un accord avec les Européens . « Le dommage provoqué par la fermeture des banques est incalculable », écrit-il.

La liquidité manque partout. Selon les témoignages, les billets de 20 euros, de 10 euros comme les pièces de 1 euro sont en train de disparaître de la circulation. Les banques n’ont plus assez de billets pour approvisionner les distributeurs. Elles n’ont plus de réserves. Et le gouvernement a dû prendre la décision de les maintenir fermées jusqu’à mercredi, dans l’espoir d’un accord avec les Européens.

Comment la BCE peut-elle justifier une mesure qui conduit à serrer encore un peu plus le nœud coulant autour de la Grèce ? Les traités, répond-elle. Depuis des semaines, le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, demandait l’application stricte des règles : il en allait de la crédibilité de l’institution monétaire européenne, expliquait-il. La BCE, selon les textes, ne peut prêter une assistance à la liquidité qu’à un système bancaire momentanément en difficulté mais solvable. Or le système grec ne l’est plus, a-t-il soutenu à de nombreuses reprises.

Mais les traités font aussi de la BCE la garante de la stabilité du système monétaire européen. C’est même sa mission première. En acceptant la perspective de mettre à terre les banques grecques, la banque centrale se transforme en pompier pyromane : elle prend le risque de créer elle-même la crise et de la diffuser dans tout le système européen. Les Européens se disent assurés que rien de grave ne peut plus leur arriver, que tout est mis en place désormais pour éviter la contagion. Les mises en garde du gouverneur de la banque centrale d’Angleterre, Mark Carney, disant tout mettre en œuvre afin de limiter les conséquences de la crise de l’euro, comme le brutal réveil du premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, se déclarant soudain partisan du maintien de la Grèce dans l’euro, tendent à prouver que ces assurances ne sont pas partagées.

Preuve supplémentaire que la décision de la BCE est bien de circonstance : depuis le début de la crise, Mario Draghi, prêt à tout pour sauver l’euro, a pris l’habitude de sortir des cadres des traités. Du LTRO (les 1 000 milliards accordés aux banques) au quantitative easing (les 80 milliards dépensés chaque mois depuis janvier pour racheter des obligations d’État), rien n’est conforme aux traités actuels.

La décision de la BCE, prise lundi soir, doit donc se lire pour ce qu’elle est : politique. Elle a tiré un trait sur la ligne de défense qu’elle avait posée à partir de l’été 2012 : l’euro n’est plus irrévocable. « La Grèce peut être exclue », comme l’a reconnu un de ses membres, Benoît Cœuré, dans un entretien aux Échos la semaine dernière. Joignant le geste à la parole, la banque centrale a lundi baissé le pouce, condamnant la Grèce. Elle s'aligne sur l'Allemagne qui a rallié nombre d'Européens à sa suite, tous décidés à pousser Athènes hors de la zone euro.

Vers une sortie de l'euro

© Dr

La réaction du ministre allemand Sigmar Gabriel, dimanche, après la victoire du « non » grec, résume l’état d’esprit qui règne parmi les responsables européens. « Tous les ponts sont coupés », a-t-il commenté. Avant de lancer le lendemain un avertissement clair : « La banqueroute finale est imminente. »

La menace n’est même plus voilée. Du non grec, les responsables européens, même si certains émettent quelques réserves, ne veulent retenir qu’une lecture : c’est un non à l’Europe. Même si officiellement, Angela Merkel et François Hollande, à l’issue de leur rencontre lundi, disent vouloir « laisser une dernière chance à la Grèce », ils ne lui en laissent aucune.

Balayant le résultat des urnes d’un revers de la main, ils sont prêts à mettre à terre la Grèce, à moins que le gouvernement de Syriza n’accepte des conditions encore plus dures que celles qu’il a rejetées précédemment. Pas question de négocier une réduction de la dette, pas question de plan de relance. C’est une reddition sans condition que l’Europe exige désormais de la Grèce, mercredi, en la plaçant sous la menace explicite d’une explosion immédiate de son économie. Elle veut voir Athènes comme les bourgeois de Calais, la corde au cou.

Dans une conversation rapportée dimanche par l’éditorialiste du Telegraph, Ambrose Evans-Pritchard, Yanis Varoufakis, alors encore ministre des finances, avait envisagé cette réaction des Européens et anticipait le mouvement à mener. Pour faire face à l’étouffement de l’économie et l’effondrement du système bancaire, celui-ci envisageait la création d’une monnaie parallèle. « Si c’est nécessaire, nous émettrons une monnaie parallèle et un IOU dans le style de la Californie, dans une forme électronique. Nous aurions dû le faire il y une semaine », confiait-il alors.

Un “IOU” pour I Owe You (je vous dois) est une reconnaissance de dettes. L’État de Californie avait émis des titres semblables pour payer ses fournisseurs au moment de la crise de Lehman Brothers. Il y a plus longtemps, les assignats révolutionnaires, gagés sur les biens nationaux, étaient aussi au départ une reconnaissance de dettes avant de devenir une monnaie d’échange.

Cette hypothèse est étudiée par de nombreux économistes : pour eux, la mise en place d'IOU, qui leur semble le moyen le plus rapide pour rétablir dans l’urgence un système d’échanges, conduirait à la création d’une monnaie parallèle et à une sortie de l’euro.

De Paul Krugman à Joseph Stiglitz, en passant par nombre d’économistes atterrés comme Henri Sterdyniak, ils sont de plus en plus nombreux à penser que, contrairement à la volonté affichée de Syriza, la Grèce ne doit plus s’accrocher à l’euro et doit sortir. Athènes, expliquent-ils, retrouverait ainsi sa souveraineté monétaire, pourrait dévaluer très fortement – les estimations varient entre 30 % et 60 % – sa monnaie par rapport à l’euro, ce qui permettrait à son économie de rebondir, d’en finir avec une austérité destructrice et de remettre ses finances publiques en ordre. Même si les débuts risquent d’être très chaotiques et dangereux, à terme, la Grèce s’en sortirait mieux que de garder le corset mortifère de l’euro, concluent-ils.

Les responsables européens en sont arrivés à la même conclusion, mais pas pour les mêmes raisons. Ils veulent se débarrasser de l’élément perturbateur grec, qui leur coûte trop cher, qui monopolise toute leur attention depuis trop longtemps, qui les empêche d’aller vers la grande Europe intégrée dont ils rêvent. Mais cette sortie de la Grèce de la zone euro, qu’ils ont désormais engagée, ne va pas se passer de façon « ordonnée », comme le suggèrent certains, afin d’aider Athènes à en sortir le mieux et le plus rapidement possible.

Tout se met en place pour que cette sortie se passe salement, laissant des traces irrémédiables. C’est un pays ruiné, effondré, où l’économie a explosé, sans système bancaire, sans monnaie, que l’Europe s’apprête à expulser. Avec une joie mauvaise, les responsables des différents fonds européens ont déjà annoncé qu’ils ne pourraient plus rien pour Athènes, puisqu’elle est en faillite. Prenant à nouveau le contre-pied de ses services qui, l’après-midi, avaient assuré être à la disposition de la Grèce pour l’aider, Christine Lagarde a souligné, dans la soirée, que le FMI ne pourrait rien non plus puisque la Grèce était en défaut de paiement. Quel crime a donc commis la Grèce pour subir un tel traitement ? Toute rationalité semble avoir disparu chez les Européens. C’est la sainte Inquisition qui brûle l’hérétique, parce qu’il démontre, par les faits, l’inanité de ses croyances.

Lire la suite

Lundi 6 juillet 2015, hôtel de Ville de Paris: "A 21 h 56, la rupture du jeûne sera célébrée autour d'un cocktail d'amandes et de lait".

7 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch, #Le fascisme, #La nation ., #La République, #La Laïcité

06/07/2015

Hôtel de Ville de Paris: "A 21h56, la rupture du jeûne sera célébrée autour d'un cocktail d'amandes et de lait".

dm_img_secondaire_hdv3_2.jpg

Ladite rupture du jeûne est donc celle du Ramadan.

Car c'est bien elle que la Mairie de Paris a décidé d'honorer.

Mettre des lieux et des fonds publics à disposition d'une manifestation de type religieux signe néanmoins une autre rupture.

Celle d'un principe édicté et confirmé par la loi du 9 décembre 1905 instaurant la laïcité de l'Etat.

Décidément, Paris vaut bien une nuit...

Et 450 invités.

http://www.leparisien.fr/paris-75/paris-75004/nuit-du-ram...
Lire la suite

Houellebecq à Matignon, Boutih à l’Intérieur? Leurs analyses de la radicalisation islamiste convergent. Par Pascal Bories sur Causeur.

7 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La République, #La nation ., #La mondialisation, #La gauche, #La guerre, #Terrorisme, #Je suis Charlie?, #Daesch

Houellebecq à Matignon, Boutih à l’Intérieur?

Leurs analyses de la radicalisation islamiste convergent

Publié le 07 juillet 2015 

Houellebecq Boutih

La semaine dernière, Malek Boutih rendait un rapport sur la radicalisation djihadiste, qui lui avait été commandé par Manuel Valls fin février, dans la foulée des attentats de Paris. Un rapport « choc » pour les médias, bien qu’il ne recèle aucun scoop. Au même moment paraissait le numéro de juillet de la Revue des deux mondes, dans laquelle on peut lire une interview de Michel Houellebecq notamment consacrée aux questions de l’islam et du djihadisme. Là non plus, aucune provoc à signaler, hormis le soutien de l’écrivain à Michel Onfray qui aurait selon lui trouvé « le mot juste » en qualifiant le Premier ministre de « crétin ».

A priori, le député de l’Essonne et l’auteur de Soumission ne s’étaient pas consultés, mais leurs analyses très similaires apportent un vent de fraîcheur salvatrice en ces jours de canicule. Lisez plutôt. Boutih : « Là où la société se demande pourquoi part-on mourir à vingt ans au bout du monde, le djihadiste, lui, voit un chemin pour sortir de l’ennui de la pauvreté, de l’absence de perspectives. » Houellebecq : « Le terrorisme et le militantisme sont des moyens de socialisation. Ça doit être très sympa de vivre des moments ensemble, des moments forts contre la police… L’impression d’être ensemble contre tous. Ça crée de vraies relations, une amitié forte, voire l’amour dans le cas des femmes de djihadistes. »

Malek Boutih développe : « Le corpus de valeurs et l’ordre social très peu contraignant de nos sociétés démocratiques occidentales ne fournissent pas un cadre suffisamment englobant et sécurisant pour s’y ancrer et s’y attacher. » Ou encore, plus loin : « La notion de République est inintelligible, comme diluée dans le libéralisme et la modernité, et le sentiment d’appartenance à une communauté nationale est très affaibli. Or une partie de la jeunesse refuse ces valeurs trop “molles” et cherche à se distinguer. » L’écrivain poursuit, en écho : « Une action violente quelconque peut effectivement être vue comme un moyen de sortir de l’anomie (désorganisation sociale résultant de l’absence de normes communes) désespérante.»

Dans son texte intitulé Génération radicale, Malek Boutih tire donc la sonnette d’alarme, citant un sondage récent : « 61% des jeunes interrogés participeraient à un mouvement de révolte de grande ampleur. Rien de surprenant lorsque la frustration se combine à l’impuissance du monde politique. Les conditions de la radicalisation sont réunies, pas seulement pour une frange marginalisée, mais pour une majorité de la jeunesse ». Inquiet de « l’anomie » française, Houellebecq remarque : « On est davantage ensemble quand on a beaucoup d’ennemis. » De quoi faire réfléchir les chantres du « vivre ensemble », cette belle intention condamnée à paver l’enfer contemporain tant qu’on ne propose aucun combat commun…

L’un et l’autre prennent d’ailleurs la défense de la mobilisation monstre du 11 janvier. Houellebecq juge qu’elle était « impressionnante et sincère » et avoue, chose rarissime chez cet incurable blasé : « Cette réaction massive m’a quand même fait plaisir ». Pour Boutih aussi, Todd n’a rien compris : « Face à un tel évènement la simple observation de données statistiques, de cartes et de graphiques, ne suffit pas à construire une analyse politique. » Et le député PS de dénoncer au contraire, sans langue de bois : « Sous l’effet d’une certaine gauche à court d’idéologie, les musulmans sont devenus la figure du peuple opprimé et Israël, puis les juifs par extension, le symbole de l’oppresseur occidental. » Heureusement, après les attentats, « la domination totale » de la gauche dans la sphère intellectuelle « s’est nettement fissurée », assure Houellebecq.

Leur seul point de divergence ? Pour Boutih, « le succès des recruteurs djihadistes auprès des jeunes repose sur l’adhésion à un projet politique entrant en résonnance avec leurs préoccupations internationales et leur rejet de la société démocratique occidentale, plus qu’à une doctrine religieuse fondamentaliste ». Tandis que pour Houellebecq, il s’agit tout de même de « combattre une secte religieuse ». Ce qui n’est selon lui « pas une chose facile », et pour cause : « Une réponse purement policière à une secte religieuse n’a pas de garantie de l’emporter. Quand on n’a pas peur de la mort, la police on s’en fout un peu. »

A cette exception près, la réapparition de telles convergences entre hommes politiques et gens de lettres est une excellente nouvelle. Le relatif courage de certains politiciens, comme Malek Boutih, et ce que Michel Houellebecq appelle « la tentation de liberté chez certains intellectuels » pourraient même – qui sait – nous fournir un début de remède à la déliquescence de notre système démocratique : la possibilité d’appeler un chat un chat.

*Photo : EFE/SIPA/00711526_000002

Lire la suite

Grèce : la BCE durcit encore le ton – comme les Allemands !

7 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #La France, #La finance dérégulée, #La guerre, #Terrorisme, #Le fascisme, #le nazisme, #Europe supranationale

 

Les crétiiiiiiiiiiiiiins…….

Franchement, cela ne m’étonne pas vraiment, mais je pensais qu’il y aurait quand même un peu plus d’intelligence chez nos dirigeants…

Hollande et Merkel tentent de faire front commun

Black and white, clair obscur. Ouverture d’un côté, fermeté de l’autre. Solidarité d’un côté, responsabilité de l’autre. François Hollande et Angela Merkel, qui intervenaient lundi soir depuis l’Élysée, à l’issue d’une réunion de travail dans le bureau du président, ont pris acte du vote grec, qu’ils disent «respecter». Très attendus sur ce point, ils ont indiqué que la «porte des négociations» (Hollande), le «dialogue» (Merkel), restaient «ouverts». Voilà pour l’ouverture. Venait ensuite un volet fermeté. Le président et la chancelière ont mis la pression sur le premier ministre grec, Alexis Tsipras, l’enjoignant à faire des propositions «sérieuses et crédibles», pour «que cette volonté de rester dans la zone euro puisse se traduire avec un programme» durable, a lancé le chef de l’État. Merkel a été plus loin encore, assurant que, pour l’heure, les «conditions de base» n’étaient «pas remplies» pour parvenir à un accord. [...]

La chancelière a rappelé que l’UE avait déjà fait preuve de beaucoup de «générosité» envers la Grèce. Et qu’il fallait tenir compte aussi des positions des membres de la zone euro, dotés d’une «souveraineté commune». En d’autres termes, si les Grecs se sont exprimés démocratiquement, c’est au tour des membres de la zone euro de dire si, oui ou non, ils souhaitent que la Grèce reste dans leur club. Le couple franco-allemand a insisté enfin sur «l’urgence». Pour la Grèce et pour l’Europe.

La première portait sur le principe même des négociations: doivent-elles, peuvent-elles reprendre? Hollande y est favorable depuis le départ. Mais Berlin se montrait plus fermé. Dans la matinée, un porte-parole de la Chancellerie avait ainsi jugé que «les conditions pour des négociations autour d’un nouveau programme d’aide» n’étaient pas réunies. Avant que le gouvernement grec ne publie, un peu plus tard, un communiqué assurant que Merkel était «d’accord» pour qu’Athènes présente des propositions au sommet de l’UE. La déclaration commune de Hollande et Merkel a levé les doutes. «Petit à petit, l’oiseau fait son nid», se félicite-t-on dans l’entourage du président, où l’on explique que François Hollande a «enclenché une petite mécanique», qui conduit les uns et les autres à se remettre à la table des négociations ; un grand pas en avant, au regard de la tension de la veille. [...]

De fait, le vice-chancelier Sigmar Gabriel a réclamé lundi après-midi à Athènes de nouvelles propositions qui aillent «au-delà des précédentes» et «au-delà de ce à quoi (Tsipras) s’est dit prêt jusque-là». Une condition sine qua non, selon lui, pour un maintien de la Grèce dans la zone euro. Voilà le Grec prévenu.

 Eh oui, Tsipras a gagné, il doit donc enlever son pantalon, c’est logique, hmmm…

Et quelqu’un peut il les prévenir que c’est à EUX de faire des proposition sur le seul vrai problème de la Grèce : baisser le montant de la dette !!!!

BONUS : extrait de la conclusion de l’article du Monde – une pépite, comme souvent :

Contrairement à la plupart des autres pays de la zone euro, dont la France, l’Allemagne – conservateurs et sociaux-démocrates confondus – est désormais convaincue qu’une zone euro sans la Grèce serait plus stable qu’une zone euro dont les principes seraient bafoués par un de ses membres. Dans cette logique, ne pas sauver la Grèce, c’est , d’une certaine façon, sauver l’Europe. De plus, même si Angela Merkel se garde bien de le dire, les retombées négatives devraient être telles pour la population grecque que cela servira sans doute de leçons aux autres pays.

Frédéric Lemaître (Berlin, correspondant) , Le Monde

======================================================

Grèce : la BCE durcit encore le ton, par Romaric Godin

La BCE a donc décidé l’offensive. L’institution de Francfort a choisi de répondre au « non » des électeurs grecs dimanche 5 juillet aux propositions des créanciers par la menace. L’accès des banques grecques à l’aide à la liquidité d’urgence (programme ELA) a certes été maintenu à son niveau de mercredi dernier, soit 89 milliards d’euros, mais le Conseil des Gouverneurs a durci le ton. Il a refusé l’augmentation de 3 milliards d’euros demandée par la Banque de Grèce et surtout, dans son communiqué, la BCE indique que « la décote appliquée aux collatéraux a été ajustée. »

Décote plus forte sur les collatéraux

Que signifie cette phrase ? Pour obtenir les crédits de liquidité d’urgence, les banques grecques déposent des titres en garanties. Une décote est appliquée à ces titres en fonction de leur valeur et du risque qu’ils contiennent. Schématiquement, pour obtenir 100 euros de liquidité, une banque devra déposer deux titres d’une valeur de 100 euros si la décote est de 50 % (cet exemple est fictif). Plus la décote est élevée, plus la banque doit donc déposer des titres en garanties. C’est ce qui s’est passé ce lundi 6 juillet au soir. La BCE demande désormais plus de garanties aux banques grecques. Elle rappelle que « la situation financière de la Grèce a un impact sur les banques grecques car elles utilisent beaucoup de collatéraux basées sur l’Etat grec pour avoir accès à la liquidité d’urgence. » Du coup, la BCE a estimé que le « non » réduisait la possibilité d’un accord. Elle a donc revu à la baisse la situation des banques grecques et demandé plus de garanties.

Quel durcissement ?

Quelle est l’ampleur de ce durcissement ? Nul ne le sait, car le niveau des décotes n’a pas été publié. Selon le site « zero hedge », il serait de 45 % sur les titres d’Etat grecs. Le Financial Times, de son côté, estime, sans citer de sources, qu’« on s’attend à ce que les quatre banques grecques disposent d’assez de collatéraux pour pouvoir renouveler leurs prêts. » Si cela est vrai, la BCE montre sa mauvaise humeur, mais la situation sur le terrain reste la même. Les banques grecques vont pouvoir disposer d’un niveau de liquidité suffisant pour agir dans le cadre défini depuis le 29 juin : des banques fermées, un contrôle des capitaux strict, des retraits limités à 60 euros par jour.

Menace

Le durcissement des conditions d’accès à l’ELA serait donc neutre ? Pas tant que cela. En durcissant la décote, le Conseil des Gouverneurs envoie un message à Athènes et aux créanciers. Si un accord n’est pas rapidement trouvé, un nouveau durcissement est possible. Et donc l’épuisement des collatéraux ne saurait tarder. Dans ce cas, la faillite des banques grecques deviendra inévitable, enclenchant un mécanisme très dangereux pouvant aller jusqu’à l’expulsion de fait de la Grèce de la zone euro.

La pression sur Athènes

En réalité, c’est surtout Athènes qui est sous pression. Le gel du plafond de l’ELA le 28 juin a placé le pays dans une situation difficile et l’a mis en marge de la zone euro. Désormais, les relations financières entre la Grèce et le reste de la zone euro sont très réduites, les paiements électroniques vers l’étranger sont impossibles, limitant les importations et empêchant une partie des exportations. Plus cette situation perdure, plus elle est dangereuse pour l’économie hellénique. La décision de ce lundi 6 juillet réduit à néant le désir du premier ministre grec de rouvrir rapidement les banques exprimé par téléphone ce lundi à Mario Draghi. Selon les banquiers grecs, les établissements resteront donc sans doute fermés toute la semaine. La semaine dernière, le cash commençait à manquer en Grèce, la situation ne devrait pas s’améliorer, bien au contraire. Si les collatéraux manquent, il faudra sans doute encore réduire les retraits autorisés aux guichets.

Possibilité d’un futur contrôle du gouvernement grec

Enfin, en durcissant la décote, le Conseil des Gouverneurs de la BCE sous-entend qu’un relèvement du plafond, s’il intervient suite à une promesse d’accord restera nécessairement plus limité qu’auparavant puisqu’il faudra plus de collatéraux pour en profiter. La BCE agit donc d’ores et déjà comme le gardien futur d’un éventuel accord, s’il devait en avoir un. Le « nœud coulant » reste en place, et il ne se desserrera que si la Grèce exécute les réformes promises. Une surveillance sans doute encore plus efficace que celle de l’ancienne troïka, mais dont on peut se demander s’il relève du rôle de la BCE.

Situation paradoxale

On n’est cependant encore loin d’un nouvel accord. L’eurogroupe et le Conseil européen du mardi 7 juillet permettront d’en savoir un peu plus. En attendant, la position de la BCE est assez inconfortable et ambiguë. La BCE ne peut, en théorie, donner des fonds ELA à des banques non solvables. Elle considère donc que les banques grecques restent solvables. Mais plus elle resserre les conditions de l’ELA et plus elle limite leur accès à ce programme, et moins leur solvabilité est garantie. La BCE prend donc le risque de provoquer une faillite qu’elle devra ensuite, selon les traités, prendre comme prétexte pour couper l’ELA. Et donc provoquer l’expulsion de la Grèce de la zone euro…

Numéro d’équilibriste

En réalité, sa position est très politique. Si les banques grecques sont solvables, il faut leur donner les moyens de le rester. Si elles ne le sont pas, il faut couper l’ELA. Mais la BCE ne veut pas être celle qui appuiera sur la gâchette. Elle veut donc éviter de couper l’ELA. Mais elle veut un accord en faisant céder le gouvernement grec, car elle souhaite aussi ménager les créanciers. Elle exerce donc une pression croissante sur Athènes pour que le gouvernement grec signe les conditions des créanciers. Pour cela, elle a placé la Grèce dans une position financière périlleuse qui pourrait lui échapper. Un numéro d’équilibriste dangereux.

Source : Romaric Godin, la Tribune, 6/7/2015

======================================================

Cinq faits dérangeants au sujet du Grexit

Tandis que les « sauveurs de l’euro » poursuivent leur bras de fer avec le premier ministre Tsipras, le public perd lentement mais sûrement la vue d’ensemble. C’est pourquoi nous présentons ici cinq points essentiels que l’on doit connaître, mais qui sont la plupart du temps passés sous silence.

1. C’est Merkel qui a orchestré le diktat. Les objectifs centraux concernant le surplus primaire et les réformes ont été formulés à la Chancellerie fédérale sous l’égide de la chancelière Merkel. Il faut le savoir – puisque c’est aussi Merkel qui désormais ne veut plus démordre du FMI – ce FMI qui veut serrer toujours plus la vis. La chancelière est donc de la partie, au premier chef.

2. Schäuble œuvre contre Athènes. Ainsi, lors de l’Euro-groupe de ce lundi, le ministre des finances Schäuble a lancé l’idée d’introduire le contrôle des mouvements de capitaux et d’en finir avec les aides d’urgence de la BCE à la Grèce. De ce fait, il accélère encore la fuite des capitaux, ce qui fait monter la pression sur Athènes. C’était aussi Schäuble qui, au début 2015, faisait courir la rumeur que le Grexit ne constituait pas un problème. Il contrecarre ainsi les efforts de Merkel – et cela depuis des mois.

3. Le capital fuit vers l’Allemagne. En dépit de ce qu’affirment toutes les campagnes du journal Bild, l’Allemagne continue de profiter de la crise. Selon le Monde, la plus grande partie du capital quittant la Grèce cherche un refuge en Allemagne. De plus, le drame grec permet à Schäuble de maîtriser les coûts grâce à la réduction des intérêts servis sur les emprunts d’état.

4. L’aide part en fumée pour couvrir le service de la dette. Si l’on s’en tient au diktat des créanciers, Athènes ne sera aidée d’aucune façon, bien au contraire : en quelques semaines, les crédits de soutien seraient engloutis dans le service de la dette. Alors les 7,2 milliards d’euros seraient fichus – en contrepartie Athènes devrait économiser environ 8 milliards, ce qui exacerberait par là même la récession. C’est insensé !

5. On n’arrivera pas à une conclusion le 30 juin. Certes, cette date marque la fin du programme de soutien en cours. Mais on pourrait le prolonger et faire patienter le FMI qui attend le paiement d’échéances. Le moment de vérité ne surviendra que le 20 juillet lorsque la BCE exigera le remboursement de ses prêts. Si aucune solution n’est trouvée d’ici là, la BCE fermera probablement le robinet des crédits, et ce sera alors la fin.

Source : Lost in EUrope, le 24/06/2015

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 

 

22 réponses à Grèce : la BCE durcit encore le ton – comme les Allemands !

Commentaires recommandés

bm607 Le 07 juillet 2015 à 05h11
 
 

Juste une remarque de détail : le passage surligné par Olivier :
” un porte-parole de la Chancellerie avait ainsi jugé que «les conditions pour des négociations autour d’un nouveau programme d’aide» n’étaient pas réunies”

c’est mot pour mot le non-argumentaire utilisé par notre président pour refuser la livraison des Mistrals à la Russie il y a quelques mois et qu’on trouvait dans la presse à l’époque : “les conditions ne sont pas réunies” !
Par exemple :
http://www.lesechos.fr/12/02/2015/lesechos.fr/0204154983802_livraison-du-mistral-a-la-russie—–les-conditions-ne-sont-pas-reunies—-selon-hollande.htm

C’est d’un creux infini, typiquement de la langue de bois, de la novlangue, ça meuble un trou, mais ça fait bien, c’est plein de sous-entendus : donc ça devrait faire bondir une personne avec un peu d’intelligence, surtout quand, comme ces 2 cas, ça a des conséquences importantes.
La vacuité serait-elle un dénominateur commun de nos grands dirigeants européens ?

Lire la suite

A 61% ! Le peuple grec a répondu OXI à l'Europe ! par Jean Lévy

5 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #La dette, #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Terrorisme, #Le grand banditisme

Publié par Jean Lévy

 

 A 61% ! Le peuple grec a répondu OXI à l'Europe ! par Jean Lévy
 A 61% ! Le peuple grec a répondu OXI à l'Europe ! par Jean Lévy

Un dimanche soir, comme on les aime bien...

 

Le peuple grec s'est prononcé à 60% contre l'austérité imposée les financiers européens et leurs  serviteurs zélés qui gouvernent par procuration nos pays asservis.

Bravo Zorba ! Bravo les Grecs !

C'était plaisir à voir leurs têtes d'enterrement à la télé à l'annonce des résultats du référendum.

Personne n'osait prédire un tel score, une telle déroute pour l'UMPS grecque, pour les politiciens corrompus qui ont prêté la main à la mise en esclavage du peuple hellène. Personne n'osait espérer une telle gifle infligée au Medef grec qui avait mis la pression terroriste pour obtenir une réponse positive.

Et l'évènement semble prendre de court notre propre gouvernement, muet comme une carpe,, selon, nous dit-on, sur ordre de l'Elysée. Le Président ne serait pas du tout content des résultats. Mais, cette fois, difficile de faire revoter le peuple rebelle. "Ils" n'avaient pas prévu ce scénario. Des choses ont bien changé depuis le jour où Merkel et Sarkozy avaient pu "dissuader" le chef du gouvernement grec socialiste d'alors d'annuler le référendum que celui-ci avait prévu...

Et maintenant ?

Certes, rien n'est réglé. Les dirigeant européens restent les fondés de pouvoir de BusinessEurope, le Medef européen, et leurs objectifs   n'ont pas varié.

Mais cette fois, ils sont face à un peuple résolu qui a dit OXI à 60%.

Et à son exemple, donner quelques idées d'indépendance à nous autres les nations qui demeurent sous le joug.

Et si nous reprenions, nous aussi, le goût de notre souveraineté...de Paris à Madrid, et de Lisbonne à Rome ?

 

Dernière minute :

20minutes.fr

21h25: L'Allemagne estime des négociations avec la Grèce «difficilement imaginables

Lire la suite

Grèce : le “non” grec place Angela Merkel au pied du mur

5 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #La dette, #La France, #Europe supranationale, #Economie, #La finance dérégulée, #Terrorisme, #AMERIQUE

Très belle analyse de indispensable Romaric Godin.

Mais je vais résumer : on entre à partir de ce soir dans la fin du jeu “crétin contre crétin” :

  • le petit crétin Tsipras, qui se bat pour que la Grèce ne sorte pas de l’euro ;
  • le gros crétin Européiste, qui refuse de verser 1 € pour aider la Grèce (je rappelle qu’un prêt n’est pas une “aide” au sens classique du terme. On leur a prêté des sommes folles (pour qu’ils remboursent nos banques en gros), mais à la fin ils doivent tout rendre avec intérêt, de sorte que notre “aide” devra avoir été financièrement nulle)

La balle est désormais dans le camp du gros crétin (et par chance, ils sont 18, ce qui simplifie !!!) : soit il cède très très vite, et la Grèce reste dans l’euro (Repose en paix, Grèce, alors), soit ils ne cèdent rien, et Grexit et… on verra… Je ne fais évidemment aucun pronostic sur des crétins.

J’en parlerai sur BFM Business demain matin à 9h00…

Grèce : le “non” grec place Angela Merkel au pied du mur, par Romaric Godin

En votant “non”, les Grecs ont montré une nouvelle fois leur refus de l’impasse à laquelle a conduit l’austérité. Angela Merkel doit désormais choisir entre la prise en compte de ce vote et l’inflexibilité de son ministre des Finances.

Désormais, le bluff n’est plus possible pour Angela Merkel. Après une semaine de campagne réalisée dans des conditions inimaginables de banques fermées, d’argent rationné, de retraités angoissés et de matraquage médiatique angoissant, les Grecs ont dit une nouvelle fois « non. » On pourra certes relativiser la portée de ce non par le taux d’abstention [note OB : 40 %]. Mais il n’empêche. Dans les conditions décrites ci-dessus, il s’est trouvé plus d’électeurs grecs pour refuser l’ultimatum posé par les créanciers à leur pays que pour l’accepter.

Prêts à prendre le risque du Grexit plutôt que de subir l’austérité stérile

Entre le rejet d’une nouvelle cure d’austérité stérile et le risque du Grexit, les Grecs ont choisi la deuxième solution. Certes, nul en Grèce ne souhaite la sortie de la zone euro, mais le message envoyé ce dimanche 5 juillet à ceux qui, comme Jean-Claude Juncker, Benoît Cœuré ou Jeroen Dijsselbloem, les ont menacés durant une semaine d’une expulsion de l’Union économique et monétaire s’ils votaient « mal », est bien celui-ci : les Grecs sont prêts à prendre ce risque pour ne pas s’engluer à nouveau dans la spirale infernale de l’austérité sans fin.

Le rejet de la logique européenne

Une nouvelle fois donc – la deuxième en moins de six mois -, les créanciers peuvent donc mesurer l’ampleur du rejet des politiques qu’ils ont imposées au pays depuis 2010. Une nouvelle fois, ils peuvent prendre conscience que leur stratégie de la peur ne fonctionne plus en Grèce. Si Angela Merkel a déclaré ce dimanche qu’Alexis Tsipras « lance son pays vers un mur à pleine vitesse », elle doit ce soir reconnaître que, pour la première fois depuis 2010, sa stratégie du pourrissement a échoué. Elle qui déteste trancher se retrouve ce soir face à la nécessité d’un choix. Les autorités grecques sont désormais prêtes à reprendre les négociations : elles n’ont jamais vu le « non » comme un vote de rupture, mais comme un moyen de reprendre la main dans les négociations. Le camp grec est ce soir plus fort de son soutien populaire, mais il tend une main vers les créanciers. Et Angela Merkel doit simplement décider si elle accepte cette main tendue ou si elle la refuse.

Ne rien faire : ouvrir la porte au Grexit

Si elle la refuse, si elle laisse l’affaire, comme elle l’a fait depuis des mois, entre les mains de la BCE et de l’Eurogroupe, donc si elle continue à ne considérer la crise grecque que comme une affaire de technique financière, la Grèce n’aura guère d’autre choix que de sortir de la zone euro. Les banques grecques sont à l’agonie. Les distributeurs sont vides. La BCE doit, lundi 6 juillet, décider de l’accès du système financier grec à la liquidité d’urgence. Si elle n’a aucun signe de la possibilité d’un accord, il est certain qu’au mieux, elle durcira les conditions en abaissant la valeur des collatéraux (garanties) déposés par les banques grecques pour obtenir cette liquidité d’urgence. Alors, le gouvernement grec sera soumis à une économie à l’arrêt complet. Une situation qui peut durer quelques jours peut-être, le temps de rouvrir des négociations et d’envoyer un message à la BCE pour normaliser l’accès à la liquidité. Mais pas plus. Si aucun message d’ouverture ne vient de Berlin, la Grèce devra commencer à émettre une monnaie propre pour permettre le fonctionnement de son économie. La glissade vers le Grexit sera alors inévitable.

Stopper la machine infernale

Angela Merkel peut donc encore décider de stopper la machine infernale. Elle peut accepter le résultat de ce soir et la décision du peuple grec et engager des négociations sur la base de la dernière proposition grecque. Cette dernière, rappelons-le, reprenait l’essentiel du plan du 25 juin rejeté ce soir par les électeurs grecs à quelques exceptions près (maintien du rabais de 30 % de la TVA dans les îles de la mer Egée, suppression plus tardive de la retraite complémentaire pour les plus fragiles, par exemple). Elles sont donc acceptables par les créanciers. Mais Athènes n’acceptait ces sacrifices que dans le cadre d’une restructuration de cette dette insoutenable comme l’a encore reconnu le FMI vendredi 3 juillet. il faudra donc aussi que la chancelière accepte d’en parler.

Les “promesses intenables” d’Angela Merkel

On a beaucoup glosé sur les « promesses intenables » d’Alexis Tsipras. Mais on a oublié une autre promesse intenable : celle d’Angela Merkel faite à ses électeurs de récupérer les sommes versées à partir de 2010 à la Grèce dans le cadre d’une cavalerie financière intenable. La démagogie n’est pas toujours là où on l’attend et Angela Merkel arrive ce soir au bout de ses « promesses intenables. » Elle doit donc accepter de discuter – Athènes ne demande pas davantage – de l’avenir de la dette grecque.

La responsabilité de la chancelière face à l’avenir de l’Europe

C’est donc un choix difficile pour la chancelière. Si elle refuse d’emprunter cette voie, si elle continue de laisser décider la BCE, l’Eurogroupe et son ministre des Finances Wolfgang Schäuble – qui estime que le Grexit pourrait n’être que « temporaire »  et était sans effet pour l’Europe -, alors elle pourrait devoir aussi en assumer les terribles conséquences. D’abord, pour la Grèce elle-même. Si le Grexit tourne mal, elle devra répondre de l’aggravation d’une situation humanitaire déjà bien dégradée. Ensuite, elle devra savoir qu’elle entrera dans l’Histoire comme celle qui aura défait tout ce que la génération précédente avait construit. L’Union économique et monétaire deviendra un système de taux de change fixe. A tout moment, il sera possible d’en sortir ou de s’en faire expulser. Ce sera une construction dénuée de sens politique. Par ailleurs, pour refuser d’accepter la réalité de l’insoutenabilité de la dette grecque, la chancelière risque de devoir faire face à un défaut unilatéral de la Grèce, et elle et son ministre des Finances devront expliquer aux contribuables allemands que leur rigidité leur a fait perdre des montants bien plus importants que ce qu’ils avaient voulu sauvegarder. Enfin, elle devra assumer les risques qui sont aujourd’hui minimisés peut-être à tort d’un Grexit sur la conjoncture alors qu’un krach boursier se profile en Chine…

Au pied du mur

Ce soir donc, les Grecs placent clairement Angela Merkel face à ses responsabilités. La journée de lundi sera décisive. La chancelière rencontrera François Hollande en soirée. Mais elle devra auparavant faire savoir si elle accepte ou non la réouverture des négociations. Sans son accord, le Bundestag refusera toute discussion. Or, sans feu vert du Bundestag, le MES ne peut pas engager de discussions sur un nouveau programme. La chancelière est donc ce soir au pied du mur.

Source : Romaric Godin, pour La Tribune, 05/07/2015

==============================================

61 % de NON  sur 47 % des bulletins…

==============================================

P.S. pour information, un “journaliste” chien de garde, c’est ça (ça oeuvre entre autres à l’amitié entre les peuples) :

Sinon, un député crétin c’est ça :

(Hmmm, M. Estrosi, c’est donc bien vous qui avez prêté mon argent à la Grèce, c’est ça ? Mais bon, vous avez raison, faites tout péter M. le motodidacte et vos vols à 138 000 €, vous verrez votre vie va changer quand on n’aura plus la dette pour financer les délires…)

 

 

30 réponses à Grèce : le “non” grec place Angela Merkel au pied du mur

Commentaires recommandés

Homère d'Allore Le 05 juillet 2015 à 20h55
 
 

Saluons le courageux peuple grec.

Saluons son Premier Ministre, Alexis Tsipras qui démontre que l’on peut faire confiance au peuple.

Que tous ceux qui ont douté rejoignent le mouvement qui va naître de ces événements historiques.

Il est possible de s’opposer aux forces de l’argent. La preuve en est faite ce soir.

Lire la suite

Stratégie du choc : comment le FMI et l’Union européenne bradent la Grèce aux plus offrants

5 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #Europe supranationale, #Economie, #Le grand banditisme, #AMERIQUE, #Terrorisme, #Le fascisme, #La finance dérégulée, #La dette

Vente à la découpe

Stratégie du choc : comment le FMI et l’Union européenne bradent la Grèce aux plus offrants

par

C’est l’heure des soldes. La plus grande promotion du 21ème siècle. Tout doit disparaître ! Pour tenter de réduire sa dette, la Grèce liquide tous ses biens publics : énergies, transports, compagnies des eaux, universités, rivages préservés... Le pays s’enfonce toujours plus dans une crise économique sans fin, malgré les « plans de sauvetage » européens. Ceux-ci profitent en grande partie au secteur financier, alors que pour les Grecs, l’austérité est devenue un mode de vie. Reportage à Athènes, auprès d’un peuple victime du traitement de choc imposé par le « capitalisme du désastre ».

« Plus d’un tiers de la population grecque n’a plus accès à la sécurité sociale », estime Giorgos Vichas, cardiologue. A la clinique autogérée de Hellinikon, en banlieue d’Athènes, une centaine de médecins soignent bénévolement des patients toujours plus nombreux. Depuis un an et demi, 10 000 personnes ont franchi les portes de ce dispensaire de fortune, planté au milieu d’une ancienne base militaire américaine. Avec les coupes drastiques des salaires – baisse de 40 % en quelques années – même ceux qui ont un travail n’ont souvent plus les moyens de payer les frais médicaux. Et les hôpitaux publics grecs manquent de médicaments, notamment pour le traitement des cancers.

Le secteur de la santé est un des symboles de la déliquescence des services publics grecs. Dans une salle de consultation aux murs blancs, le cardiologue égrène des histoires qui en disent long sur l’état du pays : celle de cette femme qui vient d’accoucher et à qui l’hôpital ne veut pas rendre son enfant tant qu’elle ne paye pas les frais d’hospitalisation. Une autre a été retenue dans sa chambre d’hôpital, un garde devant la porte, parce qu’elle devait 2000 euros. « Nous recevons beaucoup de gens qui ne peuvent plus payer pour l’eau et l’électricité depuis que les taxes immobilières ont augmenté. Le courant a même été coupé chez des personnes qui ont besoin d’un équipement médical permanent, comme de l’oxygène », décrit Giorgos Vichas. L’hiver dernier, faute de pouvoir acheter du fioul, dont le prix a doublé, les habitants ont remis en fonctionnement les vieilles cheminées dans les appartements. Ils se sont chauffés au bois... ou aux ordures. « Le soir, à Athènes, l’air était irrespirable », commente Makis Zervas, professeur à l’Hellenic open university.

Malgré les « plans de sauvetage », la dette grecque explose

Trois ans après le premier « plan de sauvetage » européen, la Grèce s’enfonce dans une récession qui semble ne jamais devoir finir. Le taux de chômage atteint 27 %. Il a été multiplié par trois depuis 2009. Un chiffre officiel encore en-dessous de la réalité. « Les jeunes qui cherchent un travail après avoir terminé leurs études ne sont pas comptabilisés, ni tous ceux qui travaillent une heure par semaine », précise Makis Zervas. Ni les travailleurs indépendants qui ont peu à peu cessé leur activité, faute de clients. Dans le centre d’Athènes, les rideaux de fer sont baissés sur une partie des commerces. 63% des jeunes de moins de 25 ans sont aujourd’hui sans travail. La croissance ? Avec un taux à - 6% en 2012, elle semble bien loin. Le PIB a chuté de 25 % depuis 2008. Autant que celui des États-Unis au moment de la crise de 1929.

Quelles perspectives après six années de récession ? La Grèce est « en bonne voie pour achever son ambitieux plan d’ajustement budgétaire », ose la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. Le pays pourrait « renouer » avec la croissance en 2016, prophétisent le FMI et l’Union européenne [1]. Mais pour cela, il faudra encore faire des efforts. Comme si on exigeait de la Grèce, à bout de souffle, de courir encore un marathon de plus. Les objectifs de réduction de la dette, fixés par la Troïka (FMI, Commission européenne, Banque centrale européenne) semblent irréels. Quelqu’un dans un bureau, quelque part à Bruxelles ou Francfort, a tracé des courbes, tapoté sur sa calculatrice, dessiné des projections. Reprises en cœur par les chefs d’État européens. Objectif : une dette à 124 % du PIB en 2020. Elle était de 156 % en 2012. Elle sera de 175% en 2013. C’est mal parti. Vite, répond la Troïka, il faut accélérer les privatisations, démanteler les services publics, et au pas de charge, recapitaliser les banques. La vente de la compagnie de gaz a échoué la semaine dernière – et c’est la télévision publique qui a pris le retour de boomerang [2]. 2 650 chômeurs de plus.

Milliardaires, c’est l’heure des soldes !

Compagnies d’électricité, d’eau, de gaz naturel, ports et aéroports, chemins de fer et autoroutes, loterie nationale... La Grèce brade ses biens publics. Ceux-ci doivent lui rapporter 9,5 milliards d’euros d’ici à 2016. « Ils sont même en train de privatiser la collecte des impôts, s’indigne Makis Zervas. Et des universités ont été rachetées à 49 % par des sociétés privées, ce qui est contraire à la Constitution. » Le « plan de cession d’actifs publics », exigé par le FMI et l’Union européenne, est mis en œuvre par le Fonds d’exploitation du patrimoine public (Taiped). Cette Société anonyme grecque, fondée en 2011, a pour objectif de « maximiser la valeur » des biens publics vendus. Car ces privatisations sont « l’élément-clé pour le rétablissement de la crédibilité, condition préalable fondamentale pour le retour de la Grèce sur les marchés de capitaux mondiaux », martèle le site de l’organisme. Qui propose, comme dans un catalogue touristique, des plages, des forêts, des îles désertes ou des sites archéologiques. Tout doit disparaître. Mesdames et messieurs les milliardaires, promoteurs immobiliers et industriels du tourisme, n’hésitez pas : c’est l’heure des soldes.

En tête de gondole sur le site de Taiped : un terrain de 1,8 millions de m² (l’équivalent de 250 terrains de football) avec 7 km de côte sur l’ile de Rhodes. Et des zones classées Natura 2000 sur lesquelles Taiped suggère de construire hôtels, golfs et centres commerciaux. Ou l’ancien aéroport d’Athènes, un terrain de 623 hectares (trois fois la superficie de Monaco) en bord de mer, où quelques vestiges d’infrastructures construites pour les JO de 2004 s’élèvent au milieu des herbes folles. « Ils ont essayé de le vendre au Qatar, qui n’en a pas voulu », explique Natassa Tsironi, une riveraine, qui entretient là un jardin autogéré. « Une loi a été votée qui autorise les investisseurs à faire ce qu’il veulent de ce terrain, y compris bâtir des tours ». « 69 obstacles réglementaires, administratifs et techniques, ralentissant les privatisations, ont été levés », se réjouit Taiped, dans son rapport 2013.

« Le plus grand programme de cessions au monde »

La société de « dénationalisations » est pilotée par un bureau de cinq membres, tous issus du secteur privé et des banques grecques. Son président dirigeait jusqu’en 2013 la plus grande compagnie des eaux en Grèce, et a fondé une entreprise de construction de piscines – les débouchés semblent assurés, avec tous ces futurs complexes de loisirs qui vont pousser sur la côte... Le directeur général de Taiped, Yiannis Emiris, était responsable de la banque d’investissement d’Alpha Bank. Accompagnés par deux « observateurs » nommés par l’Eurozone et l’UE, ce groupe a donc en charge la liquidation des biens publics grecs. Et dispose d’une « autorité absolue concernant les décisions ». Tout actif transféré au Fonds doit être vendu ou liquidé : « Le retour des actifs à l’État n’est pas autorisé ». La grande braderie – « le plus grand programme de cessions au monde » – a commencé. Aux commandes : les entreprises privées grecques et la Troïka.

Le peuple grec a du mal à voir partir en miettes son patrimoine ? « On ne peut pas faire d’omelette sans casser des œufs », rétorque le Premier ministre, Antonis Samaras, dans une tribune [3], à propos de la privatisation de la télévision-radio publique grecque, ERT. « Nous devons montrer [au peuple grec] que nous osons nous opposer aux bastions les plus criants de l’opacité et du gaspillage », écrit-il. ERT était pourtant excédentaire. Que les citoyens se débrouillent pour trouver une logique dans ces décisions arbitraires. L’omelette est-elle réussie, au moins ? Les objectifs sont loin d’être atteints : en deux ans, les privatisations n’ont rapporté que 2 milliards d’euros. Même pas 1% du montant total de la dette.

La priorité : recapitaliser les banques

Celle-ci d’ailleurs ne diminue pas d’un iota. Elle était de 310 milliards d’euros en 2009. En 2013, quelques « plans de sauvetage » plus tard, alors que le pays s’enfonce dans le marasme économique et que la démocratie grecque est à l’agonie, la dette s’élève toujours à 309 milliards d’euros. Tout ça pour ça. Le PIB ayant subi de violents coups de butoir, la dette représente aujourd’hui 180 % du PIB (contre 130 % en 2009) [4]. La Grèce n’est plus un pays développé, estime le fournisseur d’indices boursiers MSCI, qui la classe désormais dans la catégorie des pays émergents. Combien d’années faudra-t-il pour retrouver le taux d’emploi de 2009 ? « Avec 4 % de croissance, on peut espérer atteindre ce niveau en 2020-2025, évalue Sotiris Koskoletos, économiste à l’Institut de recherche Nicos Poulantzas [5]. Mais qui peut aujourd’hui espérer une croissance à 4 % ? »

À quoi ont servi les plans de sauvetage successifs ? À sauver la Grèce d’une banqueroute immédiate en lui octroyant des nouveaux crédits. Et à effacer une partie de la dette, grâce à une « restructuration » de celle-ci [6], tout en lui ajoutant de nouveaux prêts sur le dos. Mais aussi – et surtout – à renflouer les banques grecques et les créanciers étrangers. « Une bonne partie du plan d’aide a été utilisée pour la recapitalisation des banques, c’est un fait. Elles étaient sous-capitalisées, risquaient de graves difficultés financières et pouvaient faire faillite », décrit Céline Antonin, économiste au département analyse et prévision de l’OFCE [7].

77% de l’aide européenne dirigée vers le secteur financier

Qui a reçu les 207 milliards d’euros débloqués par l’Union européenne et le FMI depuis 2010 ? Les banques grecques (pour 58 milliards) et les créanciers de l’État grec (pour 101 milliards), banques et fonds d’investissement pour la plupart. Au moins 77% de l’aide européenne n’a donc pas bénéficié aux citoyens mais, directement ou indirectement, au secteur financier ! Une étude d’Attac Autriche montre ainsi que seuls 46 milliards ont servi à renflouer les comptes publics – toujours sous forme de prêts, bien sûr. A mettre en parallèle avec les 34 milliards payés par l’État à ses créanciers en intérêt de la dette sur la même période [8].

Sauver les banques est donc bien la priorité de la Troïka. « On peut avoir l’impression en tant que citoyen, et à juste titre, que c’est un chèque en blanc aux banques », poursuit Céline Antonin, de l’OFCE. C’est surtout un moyen de transformer la dette privée détenue par les banques et les créanciers, en dette publique ! La part de la dette grecque détenue par les créanciers privés a été divisé par deux [9]. Sur qui pèse dorénavant le risque de banqueroute de la Grèce ? Sur l’Union européenne et le FMI. Donc sur les États et les citoyens européens.

Capitalisme du désastre

Pourquoi les Grecs ont-ils accepté ces mesures d’austérité, en échange d’un plan de sauvetage qui n’a rien résolu ? « On a perdu un million d’emplois dans le secteur privé. C’est comme si, en France, on supprimait d’un coup 6 ou 7 millions d’emplois. On reçoit plusieurs fois par jour des mauvaises nouvelles. Comment un cerveau humain peut-il suivre cette cadence ? », questionne Panagiotis Grigoriou, historien et ethnologue, auteur du blog Greek crisis. « Après plus de 8 000 manifestations et grèves en trois ans, les Grecs se sont résignés. Que peut-on faire de plus ? Chaque ligne du mémorandum (liste des mesures d’austérité imposée par la Troïka, ndlr) a été votée. On annule des lois mises en place depuis plusieurs décennies. La Constitution est bafouée. A quoi sert le Parlement ? »

« On n’est plus dans le capitalisme, mais dans sa prolongation, une sorte de méta-capitalisme », poursuit-il. Le traumatisme est collectif. Une situation qui ressemble étrangement à la stratégie du choc, définie par Milton Friedman, théoricien du libéralisme économique : « Attendre une crise de grande envergure, puis, pendant que les citoyens sont encore sous le choc, vendre l’État morceau par morceau, à des intérêts privés avant de s’arranger pour pérenniser les « réformes » à la hâte » [10].

Bienvenue en Grèce, laboratoire européen du « capitalisme du désastre » ! Milton Friedman décrit comment des changements économiques soudains et de grande ampleur provoquent des réactions psychologiques « facilitant l’ajustement ». Un ajustement qui se traduit par des attaques systématiques contre la sphère publique. Une approche similaire à la doctrine militaire des États-Unis en Irak, Shock and Awe (« choc et effroi »), décrit l’auteure canadienne Naomi Klein, qui vise à « contrôler la volonté, les perceptions et la compréhension de l’adversaire et le priver de toute capacité à agir et réagir ». Pour mieux réussir, ensuite, la thérapie de choc économique.

« Ils paieront un jour pour leurs crimes »

« Sortir la Grèce de la crise n’était pas la plus grande préoccupation de la Troïka, analyse Haris Grolemis, responsable de l’Institut de recherche Nicos Poulantzas. S’ils avaient vraiment voulu aider le pays, ils l’auraient fait moins violemment et plus solidairement. Mais l’essentiel pour eux était de protéger l’euro. Et d’imposer une discipline aux pays qui ne suivent pas strictement les règles de Maastricht. » Résultat : la Grèce est devenue une sorte de zone économique spéciale, à la main d’œuvre bon marché.

Le 5 juin 2013, le FMI fait son mea culpa : Christine Lagarde admet que le premier plan de sauvetage de la Grèce s’est soldé par des « échecs notables ». Et pointe la responsabilité de l’Union européenne : les États européens n’auraient pas les « compétences » requises pour mener à bien ce type de programme d’aide ! Mais la privatisation des biens publics et le sauvetage des intérêts financiers privés se poursuivent.

« En France, vous êtes les prochains. Préparez-vous »

« Des milliers de gens perdent leur vie ou subissent des dommages irrémédiables concernant leur santé, à cause de la politique menée aujourd’hui en Grèce, s’insurge le docteur Giorgos Vichas. Ce ne sont pas de simples morts. Ce sont des meurtres. Ceux qui ont voté des lois qui provoquent l’exclusion de plus en plus de personnes de la Sécurité sociale sont des meurtriers. Ce n’est pas seulement une responsabilité politique, mais une responsabilité criminelle. Nous espérons qu’ils paieront un jour pour leurs crimes. »

La mort subite de la télévision publique a suscité un sursaut de la population grecque. Un réveil démocratique ? C’est ce que nous expliquent, les yeux brillants, ceux que nous croisons dans les locaux occupés de la télévision publique ERT, là où techniciens et journalistes s’affairent pour continuer la diffusion des programmes, sur des canaux clandestins. La Grèce n’est qu’un laboratoire, d’autres pays seront bientôt concernés, préviennent-ils. « En France, vous êtes peut-être les prochains. Préparez-vous ». Les politiques d’austérité et la stratégie du choc de la Troïka seront-elles bientôt étendues à tout le continent ? Le seul moyen de l’empêcher est de lutter aux côtés de ceux qui en sont les premiers cobayes.

Agnès Rousseaux

@AgnesRousseaux sur twitter

Photo : CC Rupert Ganzer

Voir tous nos articles sur la Grèce

Notes

[1Une analyse que ne partage pas l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques).

[2La justice grecque a annulé le 17 juin le décret gouvernemental de fermeture de la radio-télévision publique ERT. En attendant le jugement définitif, les programmes peuvent reprendre temporairement.

[3Tribune publiée le 16 juin par le quotidien Kathimerini.

[4Pour comparer, la dette publique représente 197% du PIB au Japon, 127% en Italie, 92% aux États-Unis et en France, 82% en Allemagne. Source : Attac.

[5Institut de recherche fondé par le parti d’opposition Synaspismos, membre de la coalition de gauche Syriza. Voir le site.

[6En 2012, 107 milliards de dettes a été effacés. La dette est passé en mars de 337 milliards à 251 milliards d’euros.

[7Lire l’interview sur Arte Journal, publiée le 17/06/13.

[8Ou avec les 10 milliards de dépenses militaires pour lesquelles la Grèce, pointe Attac Autriche, a reçu des pressions de la France et de l’Allemagne : couper dans ces budgets auraient eu des conséquences sur les entreprises de ces deux pays. Il représente pourtant 4% du PIB de la Grèce, contre 2,4% pour la France.

[9En 2012, seuls 27% de la dette restait entre les mains des banques et autres établissements financiers. Source : Le Figaro, 09/05/2012

[10Cité par Naomi Klein, La Stratégie du choc, 2008.

Lire la suite

Bruxelles pourrait accorder des prêts d'urgence à Athènes pour éviter le chaos

5 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #Europe supranationale, #Economie, #La France, #La finance dérégulée, #La République, #La nation ., #AMERIQUE, #Terrorisme, #La dette

Bruxelles pourrait accorder des prêts d'urgence à Athènes pour éviter le chaos

 

Bruxelles pourrait accorder des prêts d'urgence à Athènes pour éviter le chaos
 
 
 

(Belga) Les Européens ne vont "pas laisser tomber" les Grecs même si le référendum en cours dimanche se solde par un non, et pourraient accorder rapidement à Athènes des crédits d'urgence, a déclaré le président du Parlement européen, Martin Schulz.

"Nous ne laisserons pas tomber les gens en Grèce" quelle que soit l'issue du vote de dimanche, a assuré M. Schulz dans les colonnes du journal allemand Welt am Sonntag. "Peut-être que nous devrons accorder des crédits d'urgence à Athènes pour que les services publics continuent de fonctionner et que les gens dans le besoin reçoivent l'argent nécessaire pour survivre", a-t-il ajouté. "Il y aurait des fonds mobilisable à Bruxelles pour cela ". "Le gouvernement à Athènes a mené le pays dans une impasse et les gens n'y peuvent rien, nous allons les aider", a-t-il expliqué. Mais de telles aides d'urgence ne constituent "pas une solution sur la durée", a prévenu l'Allemand. Les Grecs sont appelés à voter ce dimanche pour ou contre l'accord mis sur la table par ses créanciers (UE, FMI, BCE) il y a dix jours, prévoyant des réformes structurelles contre un renflouement. Beaucoup en Grèce et hors du pays voient dans le référendum un choix pour ou contre l'appartenance à l'euro. Une victoire du non rendrait très difficile voire impossible un nouveau soutien financier à la Grèce par ses partenaires, et précipiterait le pays dans une crise économique et humanitaire. Depuis la semaine dernière, la presse notamment allemande évoque des préparatifs des Européens pour mettre sur pied un dispositif d'aide humanitaire pour la Grèce, mais rien n'a été officiellement confirmé. (Belga)

Lire la suite

Grèce : c'est NON: " la liberté exige de la vertu et de l'audace "

5 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La République, #La nation ., #Terrorisme

Grèce : c'est NON: " la liberté exige de la vertu et de l'audace "

Grèce : c'est NON

" la liberté exige de la vertu et de l'audace "

" Aujourd’hui, nous ne protestons pas, nous ne manifestons pas ; aujourd’hui est un jour de fête. Ce jour est une fête de la démocratie.

La démocratie est une fête et une joie, la démocratie est une libération, la démocratie est une issue.

Et nous célébrons aujourd’hui la victoire de la démocratie. Nous sommes déjà victorieux, quelle que soit l’issue du scrutin de dimanche, car la Grèce a envoyé un message de dignité, un message de fierté.

Personne ne peut ignorer cette passion, cet anxieux désir de vie, cet anxieux désir d’espoir, cet anxieux désir d’optimisme.

Nous célébrons aujourd’hui l’audace et la détermination qui nous ont conduits à prendre notre destin en mains, à rendre la parole au peuple grec.

Aujourd’hui, nous faisons la fête et nous chantons. Nous faisons la fête et chantons pour supplanter le chantage et la peur.

L’Europe telle que nous la connaissions, l’Europe telle qu’elle apparaît au miroir de ses principes fondateurs n’a pas le moindre rapport avec les menaces et les ultimatums.

Et aujourd’hui, en ce moment même, l’Europe entière a les yeux tournés vers nous, vers le peuple grec, vers ses 3 millions de pauvres et son million et demi de chômeurs.

Aujourd’hui, la planète entière a les yeux rivés sur la place de la Constitution et sur toutes les places, petites ou grandes, de notre patrie.

Dans ce lieu qui a vu naître la démocratie, nous donnons à la démocratie une chance de revenir.

De revenir en Europe, car nous voulons que l’Europe revienne à ses principes fondateurs. »

Lire la suite

Nouvel Ordre Mondial. Pierre Hillard sur Fréquence Evasion

5 Juillet 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #la liberté, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Le fascisme, #Terrorisme

Histoire secrète de l’oligarchie Anglo-Américaine de Carrol Quigley.
Dans cette interview, Pierre Hillard nous parle du Nouvel ordre Mondial,
le TAFTA , les Euro-régions et les conséquences du marché transatlantique .
La Dictature la loi des Multinationales et la fin de l'assurance sociale.
La Mondialisation sera la perte définitive de notre identité.
Sortons de notre torpeur et réagissons avant qu'il ne soit trop tard.

Lire la suite