Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #terrorisme tag

Kiev affirme qu’il n’y a pas d’organisations d’extrême-droite en Ukraine 21 avr. 2015 17:49

23 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #le nazisme, #Le fascisme, #Terrorisme

Kiev affirme qu’il n’y a pas d’organisations d’extrême-droite en Ukraine

21 avr. 2015 17:49

Les combattants du bataillon de volontaires pro-gouvernement Azov

Les combattants du bataillon de volontaires pro-gouvernement Azov

Pour les autorités, aucune organisation d’extrême-droite n’est officiellement enregistrée en Ukraine. Cependant, les observateurs internationaux ont plusieurs fois noté la participation active d’ultras aux côtés des forces de Kiev dans le Donbass.

«Nous ne disposons pas d’informations concernant des partis, organisations ou groupes radicaux d’extrême-droite», a déclaré le chef du Département central d’investigation du Service de sécurité d'Ukraine (SBU) Vassili Vovk, à la chaîne de télévision ukrainienne ICTV.

«Il y a bien évidemment des citoyens avec des points de vue variés qui pourraient représenter une certaine menace. Il existe probablement des groupes non-officiels qui partagent de tels points de vue extrémistes, mais ici on a affaire à des cas isolés. Les organisations et groupements ultra-radicaux ne sont pas enregistrés ni identifiés en Ukraine», a précisé Vassili Vovk.

Cette déclaration du chef du SBU intervient deux semaines après la nomination de Dmitri Iaroch, leader du groupe extrémiste Secteur droit recherché par Interpol, au poste de conseiller du Commandant d’état-major. Ce dernier avait accepté de légaliser le statut de milliers de combattants de Secteur droit en en faisant une «équipe d'assaut», subordonnée à l’armée régulière.

En savoir plus : Un chef néonazi devient conseiller militaire à l’état-major ukrainien

La présence des ultranationalistes ukrainiens glorifiant l’idéologie nazie a été révélée plusieurs fois. Au début du mois de mars, le quotidien américain USA Today avait révélé, depuis le quartier général du bataillon de volontaires Azov, qu’une grande partie de ses combattants soutenaient ouvertement l’idéologie nazie.

   Steiner  ‎@Steiner1776    #EU #Democracy arrives in #Ukraine as government soldiers from battalion #Azov show their new #nazi tattoos    3:08 PM - 20 Avr 2015

Steiner ‎@Steiner1776 #EU #Democracy arrives in #Ukraine as government soldiers from battalion #Azov show their new #nazi tattoos 3:08 PM - 20 Avr 2015

L’année dernière, on a remarqué que certains membres des bataillons de volontaires Azov et Donbass portaient des croix gammées et des insignes SS.

L’année dernière, le journaliste de la BBC Gabriel Gatehouse s’est rendu à Kiev pour enquêter sur les liens qui unissent le nouveau gouvernement ukrainien et les néo-nazis.

Après avoir découvert que des groupes d’hommes armés se baladaient sur Maïdan en brandissant des symboles discutables, y compris ceux utilisés par les divisions SS pendant la Deuxième guerre mondiale, l’enquête du journaliste britannique a révélé que les groupements les mieux organisés et probablement les plus efficaces étaient un petit nombre de groupes d’extrême-droite.

«Dans les confrontations avec la police, c’était souvent les nationalistes qui étaient les plus violents», a déclaré le journaliste britannique Gatehouse.

Le 18 avril, Vassili Vovk a affirmé que l’organisation appelée Armée insurrectionnelle ukrainienne, qui aurait revendiqué la responsabilité des assassinats du journaliste Oles Bouzina et de l’ex-député Oleg Kalachnikov abattus à Kiev la semaine dernière, n’existait pas. Pendant la Deuxième guerre mondiale, l’organisation du même nom, l’Armée insurrectionnelle ukrainienne, composée de nationalistes ukrainiens, se battait du côté de l’Allemagne nazie.

En savoir plus : Oles Bouzina, présentateur ukrainien, connu pour sa critique envers Kiev, a été abattu

Mardi également, Vovk s’en est ouvertement pris aux «ukrainophobes» à propos du nombre d’assassinats de personnalités éminentes qui ont eu lieu récemment en Ukraine.

«En tant que chef du Service de sécurité d'Ukraine, je crois qu’au moment où l’on est presque en guerre, les ukrainophobes devraient soit se taire, soit ramener le volume de leur rhétorique à zéro. Personne ne devrait se dresser contre l’Ukraine et l’"Ukrainité"», a déclaré le haut responsable.

En savoir plus : Une série de meurtres et de «suicides étranges» en Ukraine

A la question de donner une définition légale du mot «ukrainophobe», Vassili Vovk a répondu : «Il n’y en a pas, mais tout le monde sait de quoi on parle».

Neo-Nazi? Not a problem, welcome to Police Force. Only in Ukraine.

Neo-Nazi? Not a problem, welcome to Police Force. Only in Ukraine.

Vendredi dernier, le secrétaire général Ban Ki-Moon a publié une déclaration exprimant son «inquiétude profonde» en relation avec l’augmentation du nombre d’assassinats en Ukraine, réclamant une enquête approfondie qui rétablirait «la primauté du droit».

«Cette série de de meurtres a mis les autorités de Kiev sur la sellette», estime pour sa part l’ONG Amnesty International.

La semaine dernière, une base de données qui comportait les noms des «ennemis de l’Etat» a été mise en ligne. Le site web baptisé «Mirotvorets» (Gardien de la paix) a publié des informations très élaborés et détaillées sur tous ceux qui figurent sur cette liste – journalistes, activistes, députés opposés à la politique du gouvernement et rebelles combattant ce gouvernement dans l’Est du pays. Leurs adresses postales, numéros de téléphone et d’autres données personnelles ont ainsi été rendues publiques.

International

Lire la suite

Pepe Escobar : L’Eurasie de Zbigniew Brzezinski est morte, vive l’Eurasie.

22 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #L'OTAN., #Ukraine, #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #Terrorisme, #le nazisme, #Le fascisme, #Le capitalisme;

Pepe Escobar : L’Eurasie de Zbigniew Brzezinski est morte, vive l’Eurasie


Pepe Escobar
Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 18 avril 2015 – Source Asia Times

Oubliez la Guerre froide 2.0

La véritable histoire, maintenant et pour l’avenir prévisible, dans ses déclinaisons innombrables, et bien sûr, en espérant pas trop de cahots sur la route, est une nouvelle Eurasie intégrée.

L’ambitieux projet de la Nouvelle route de la soie en Chine va côtoyer l’Union économique eurasienne (CEE), emmenée par la Russie. Et ce sera le jour où l’UE se réveillera pour découvrir un axe commercial en plein essor qui s’étend de Saint-Pétersbourg à Shanghai. Il n’est pas mauvais de se souvenir que Vladimir Poutine a essayé de vendre à l’Allemagne, il y a quelques années, un projet semblable, et même plus global, la vision s’étendant de Lisbonne à Vladivostok.

Il faudra du temps – et des temps troublés. Mais un lifting radical de l’Eurasie est inexorable. Cela implique, juste sous nos yeux, la dissolution rapide d’un rêve exceptionnaliste – les États-Unis comme puissance hégémonique dominant l’Eurasie, quelque chose qui semblait encore possible au tournant du millénaire.

La Russie pivote vers l’Est, la Chine vers l’Ouest

Quelques bons esprits aux États-Unis restent essentiels, car ils déconstruisent pleinement les points négatifs qui soulignent les dangers de la guerre froide 2.0. Dmitri Trenin du Moscou Carnegie Center, quant à lui, est plus préoccupé par les points positifs, en proposant une feuille de route pour la convergence eurasienne.

Le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine – du commerce de l’énergie au développement de la défense et des infrastructures – ne peut que se renforcer, par le pivotement de la Russie vers l’Orient et de la Chine vers l’Occident. D’un point de vue géopolitique, cela ne signifie pas une subordination de Moscou à Pékin, mais une relation symbiotique en hausse, minutieusement développée en plusieurs étapes.

Les BRICS – ce gros mot à Washington – ont déjà aujourd’hui beaucoup plus d’attrait, et autant d’influence que le G7 démodé. La nouvelle Banque de développement des BRICS, qui entrera en action avant la fin de 2015, est une alternative clé aux mécanismes contrôlés par le G7 et au FMI .

L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) s’est engagée à inclure l’Inde et le Pakistan lors de leur sommet à venir cet été en Russie, et l’inclusion de l’Iran post-sanctions comme membre officiel sera un fait accompli en 2016. Finalement, l’OCS s’épanouit comme le forum privilégié du développement de la coopération politique, économique et sécuritaire à travers l’Asie.

La Grande Europe de Poutine, de Lisbonne à Vladivostok – ce qui signifierait la CEE + UE – pourrait bien rester en rade pendant que la Chine met le turbo sur sa Nouvelle route de la soie à la fois terrestre et maritime. Pendant ce temps, le Kremlin se concentrera sur une stratégie parallèle – utiliser le capital de l’Asie de l’Est et sa technologie pour développer la Sibérie et l’Extrême-Orient russe. Le yuan est appelé à devenir une monnaie de réserve en Eurasie dans un très proche avenir, car le rouble et le yuan sont sur le point de s’échanger dans le commerce bilatéral.

Le facteur allemand

La Grande Europe de Lisbonne à Vladivostok dépend inévitablement d’une solution à trouver à propos de l’énigme allemande. Les industriels allemands voient clairement les merveilles que peut leur procurer la Russie en fournissant à l’Allemagne – beaucoup plus que l’UE dans son ensemble – un canal géopolitique et stratégique privilégié vers l’Asie-Pacifique. Cependant, la classe politique allemande ne raisonne pas encore de cette façon. La chancelière Angela Merkel, quoi qu’elle en dise, marche au pas de Washington.

La stratégie Pipelinistan russe était déjà en place – via Nord Stream et South Stream – quand les circonvolutions interminables de l’UE ont conduit Moscou à annuler South Stream et à lancer Turk Stream (qui, à terme, augmentera les coûts de l’énergie pour l’UE). L’UE, en échange, aurait eu un accès pratiquement libre à la richesse de la Russie: ses ressources, et son marché intérieur. La catastrophe en Ukraine a signé la fin de toutes les plans élaborés.

L’Allemagne est déjà le dirigeant de facto de l’UE pour ce train express économique. En tant que puissance exportatrice, sa seule direction possible n’est pas l’Ouest ou le Sud, mais l’Est. D’où le spectacle prodigieux d’un parterre d’industriels allemands salivant lorsque Xi Jinping est allé à Berlin au printemps de 2014. Xi a proposé pas moins qu’une ligne ferroviaire à grande vitesse pour la Nouvelle route de la soie reliant Shanghai à Duisburg via Berlin.

Un point essentiel ne doit jamais être oublié à propos des Allemands: une branche essentielle de la Nouvelle route de la soie est la mouture moderne du Trans-Sibérien à grande vitesse. Donc, l’une des routes jaunes du BRICS vers Beijing et Shanghai valorise Moscou comme une étape stratégique.

L’Empire du Chaos

La stratégie terrestre Go West de Pékin est, par bonheur, totalement libre des ingérences de l’hyperpuissance – du Trans-Sibérien relooké aux routes à travers les pays Stans d’Asie centrale, jusqu’aux voies vers l’Iran et la Turquie. En plus, la Russie considère comme une symbiose, un enjeu gagnant-gagnant, la venue des pays Stans d’Asie centrale simultanément à bord de l’EEU et de ce que Pékin qualifie de ceinture économique de la Route de la soie.

Sur d’autres fronts, en attendant, Pékin fait très attention à ne pas s’opposer aux États-Unis, l’hyperpuissance régnante. Voir par exemple cette interview, tout à fait franche, mais également assez diplomatique du Premier ministre chinois, Li Keqiang, au Financial Times.

Un aspect clé du partenariat stratégique sino-russe est que tous les deux identifient la politique étrangère, massivement incohérente, de Washington comme la première cause du chaos global – exactement comme je le montre dans mon livre l’Empire du Chaos.

En ce qui concerne spécifiquement la Chine et la Russie, ce chaos est essentiellement orchestré selon la devise diviser pour régner. Pékin voit Washington essayant de déstabiliser la périphérie de la Chine (Hong Kong, le Tibet, le Xinjiang), et s’ingérant activement dans les litiges en mer de Chine méridionale. Moscou voit Washington obsédé par l’expansion infinie de l’Otan et par sa guerre sans merci pour briser les efforts de la Russie dans l’intégration eurasienne.

D’où la mort certifiée de l’ancienne stratégie géopolitique de la Russie: plus de tentative d’inclusion dans le club des élites de l’Ouest, tels que le G8, plus de partenariat stratégique avec l’Otan.

Toujours expert à planifier bien à l’avance, Pékin voit comment l’implacable diabolisation par Washington, non seulement de Poutine, mais de la Russie dans son ensemble (vassal ou mort), constitue un galop d’essai pour ce qui risque d’arriver contre la Chine dans un proche avenir.

Rencontrer les impondérables

Tous les paris sont ouverts sur la façon dont le fatidique triangle États-Unis–Chine–Russie va évoluer. Sans doute, il peut prendre le schéma suivant: les Américains parlent haut et brandissent un tas de menaces et de bâtons; les Russes ne sont pas intimidés pour répondre, tout en se préparant en silence pour un long et difficile parcours stratégique; les Chinois suivent une doctrine du Petit Timonier Deng Xiaoping modifiée – parler très diplomatiquement tout en gardant un profil bas.

Pékin est déjà averti de ce que Moscou lui a murmuré: l’exceptionnalisme de Washington – en déclin ou non – ne traitera jamais Pékin comme un égal ni ne respectera les intérêts nationaux chinois.

Dans le grand chapitre des impondérables, les paris sont toujours ouverts de savoir si Moscou utilisera la menace de cette grave et triple crise  – sanctions, guerre des prix du pétrole, dévaluation du rouble – pour appliquer des changements structurels radicaux et lancer une nouvelle stratégie de développement économique. La récente séance télévisée de Poutine à Question-Réponses au public, bien que truffée de réponses intrigantes, n’a pas éclairci le sujet.

Un autre grand impondérable est de savoir si Xi, armé de son soft power, de son charisme et de beaucoup d’argent, sera en mesure de diriger, simultanément, le peaufinage de son modèle économique et une ruée Go West qui ne se termine pas par la perte de plusieurs partenaires potentiels dans la construction des Nouvelles routes de la soie.

Pour finir, un super-impondérable est de savoir si (quand… ou jamais) Bruxelles décidera d’entreprendre un rapprochement mutuellement convenu avec la Russie. Ceci, à contrario de sa position actuelle d’antagonisme total, qui s’étend au-delà des questions géopolitiques. L’Allemagne de Merkel semble avoir fait le choix de rester soumise à l’Otan, et donc de rester un nain stratégique.

Donc, ce que nous voyons émerger ici, est l’étoffe d’une Grande Asie de Shanghai à Saint-Pétersbourg – incluant, et c’est crucial, Téhéran – au lieu d’une Eurasie totale qui s’étendrait de Lisbonne à Vladivostok. L’Eurasie totale est peut-être une chimère, au moins pour l’instant. Mais la Grande Asie est un début. Il y aura un tsunami d’efforts déployé par les suspects habituels, pour tenter de la briser aussi.

Tout cela sera fascinant à observer. Comment Moscou et Pékin feront-ils baisser les yeux à l’Occident – politiquement, commercialement et idéologiquement – sans risquer une guerre? Comment vont-ils faire face à tant de pressions? Comment vont-ils vendre leur stratégie à des pans entiers de l’hémisphère Sud, à travers de multiples latitudes asiatiques?

Une bataille, cependant, est déjà gagnée. Bye, bye Zbigniew Brzezinski. Votre rêve de Grand Échiquier hégémonique est terminé.

Traduit par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

Lire la suite

Le drame des morts en méditerrannée.

22 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Afrique, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La mondialisation, #Europe supranationale, #Economie, #Terrorisme

L'éditorial du journal Ouest-France, paru le 18 avril est un appel à essayer de construire une nouvelle humanité. On s'éloigne, certes, de la biodiversité, mais la tragédie humaine des naufrages nous ramène à des dures réalités qui, faute d'être traitées, peuvent reléguer la biodiversité à un "luxe" de société "plus riche" que la moyenne de notre planète.

Voici longtemps déjà, nous avons cité cette phrase de Bernanos : «Le pas des mendiants fera trembler la terre. »

En 1990, nous posions la question: « Aurons-nous, un jour, des boat people qui s'efforceront de traverser la Méditerranée?? Enverrons-nous alors la Royale pour les repêcher ou pour les refouler? (1) ».

Voici que la prophétie de Bernanos se réalise aujourd'hui. Voici que l'interrogation d'hier devient tragique réalité. Les années passent avec leur lot de naufrages dans cette Méditerranée lumineuse, berceau de notre civilisation. Les plus importants connus ont fait environ deux cents morts chaque fois. Mais l'intensité va croissant avec, pour un seul naufrage, quatre cents victimes le 12 avril. Le total des noyades connues atteint 3 400 en 2014. Depuis le début de l'année, 900 personnes ont péri.

Le dispositif Mare Nostrum mis en place en 2013 a permis le sauvetage de 150 000 personnes. Mais ceux qui se préoccupent de ces mouvements migratoires estiment que plus de 500 000 migrants sont en marche vers l'Europe, provenant soit de l'est ou de l'ouest africain, soit du Moyen-Orient. C'est la grande fuite devant la misère, devant la faim et plus encore, ces dernières années, devant les guerres, les exclusions ethniques, les persécutions religieuses, les exactions dictatoriales.

Mare Nostum, coûtant très cher, a été remplacé par le dispositif Triton, moins onéreux, sans doute moins efficace, alors que la situation se tend. Désormais, les passeurs sont armés. Ils n'hésitent pas à faire usage de leurs armes pour récupérer les embarcations vides dont les passagers ont été sauvés par les navires de secours. De plus, on se bat entre migrants à bord de ces esquifs. On a vu des passagers jetés à la mer à la suite de querelles ethniques ou religieuses. « La Méditerranée, c'est la route la plus mortelle du monde », a déclaré un représentant du HCR (2).

Endiguer et organiser la migration

L'Union européenne, confrontée à cet énorme problème, ne sait toujours pas comment le traiter. À cause de la convention de Dublin qui prévoit que le premier État où arrive le migrant doit le prendre en charge, les pays riverains les plus proches de l'Afrique sont en première ligne. L'Italie n'en peut plus: 10 500 réfugiés y ont débarqué en deux semaines. « L'Italie porte un fardeau énorme pour l'Europe… Cela ne va plus », déclarent les autorités italiennes. Il devient évident, nécessaire, urgent que l'Union européenne mette en marche les dispositifs de solidarité, donc d'accueil par chacun des pays européens, selon ses moyens. Malheureusement, la France ne brille pas par sa générosité en ce domaine. L'Allemagne est beaucoup plus ouverte*…

N'oublions pas que la Turquie, le Liban, la Jordanie abritent chacun des centaines de milliers de réfugiés. Il faut rapidement, en Union européenne, un grand sursaut. Il faut regarder les choses en face. Agir efficacement vaut mieux que de détourner les regards comme nous le faisons actuellement. Plutôt que de laisser se dérouler anarchiquement une migration jusqu'à présent inévitable, il faut s'efforcer de l'endiguer et de l'organiser et donc y mettre tous les moyens.

Par ailleurs, après le bombardement d'une école d'Alep, Andrea Riccardi de la Communauté de Sant'Egidio lance un appel: « Il faut mettre en place des couloirs humanitaires pour les civils et imposer la paix au nom de ceux qui souffrent. » C'est ainsi que l'on pourra peut-être tarir les migrations à leurs sources.

(1) Ouest-France, 7-8 avril 1990
(2) Haut-Commissariat aux Réfugiés de l'Onu.


Source : http://www.ouest-france.fr/le-pas-des-mendiants-fera-trembler-la-terre-3342757
et http://www.ouest-france.fr/un-bateau-chavire-700-migrants-auraient-trouve-la-mort-3344964



commentaire ( GK )
* Il faut organiser l'immigration. L'Allemagne, vieillissante, à besoin de main-d’œuvre. Or les migrants d'aujourd'hui ont une formation.
C'est une fuite des cerveaux vers l'Europe. Cerveaux formés avec difficulté par leurs pays qui voient partir leur avenir sous d'autres cieux.
Il faut une véritable politique de coopération dans ces pays pour fixer leurs populations.

Or il sort d'Afrique plus d'argent qu'il n'en rentre. Chaque année environ 150 milliards de dollars partent d'Afrique pour s'investir
hors d'Afrique car c'est plus rentable

Lire la suite

Ces journalistes et opposants assassinés qu'on ignore ou salit.

22 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La Russie, #Europe supranationale, #La guerre, #L'OTAN., #AMERIQUE, #le nazisme, #Le fascisme, #Terrorisme

Ces journalistes et opposants assassinés qu'on ignore ou salit

Bien peu motivée pour dénoncer les crimes politiques massifs et les suicides suspects qui ne se comptent plus lorsqu'il s'agit de l'Ukraine, notre presse est enfin sortie de son silence... mais pour salir les victimes, ou dans le meilleur des cas banaliser leurs assassinats.

Histoire d'une purge impitoyable révélatrice d'un régime si bien vu des atlantistes et des bobos béhachélistes...
Avec les moyens d'aujourd'hui (vous y découvrirez le rôle du site internet officiel https://psb4ukr.org/ en Ukraine).

Vous découvrirez aussi pour quoi militait Oles Bousina, victime décrite avec tant de mépris sur RFI et d'autres.
L'extrait de la conférence d'Oles Bousina à Paris a été prélevé de la vidéo suivante publiée par "Les Journées du Livre Russe" lors de la rencontre:
"La langue russe en Ukraine et en Biélorussie": http://www.youtube.com/watch?v=MlefCY... .

En complément de cette vidéo, visionnez la réaction du journaliste ukrainien en exil Anatoli Shariy: https://www.youtube.com/watch?v=xruzv... (sous titrée par Thalie Thalie).

Complément 21/04/15: Réactions de la population à Kiev !
http://www.youtube.com/watch?v=JQGR_-...
http://www.youtube.com/watch?v=V2R-Oq...
http://www.youtube.com/watch?v=mBuMol...

Lire la suite

L’Empire du Chaos s’installe en Europe. L’ État islamique en Ukraine.

22 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La guerre, #le nazisme, #Le fascisme, #Terrorisme, #AMERIQUE

L’Empire du Chaos s’installe en Europe. L’ État islamique en Ukraine.

L’ État islamique en Ukraine

Justin Raimondo
Justin Raimondo

Par Justin Raimondo – Le 6 mars 2015 – Source Antiwar.com 

Kiev et les djihadistes: une sombre alliance

L’Empire du Chaos s’installe en Europe
L’ État islamique en Ukraine

Alors que nous combattons l’État islamique, l’EI, alias ISIS, en Irak et en Syrie, et que les responsables américains soulignent le prétendu danger d’une attaque sur le territoire américain, Washington et le Califat se battent du même côté en Ukraine. Dans une remarquable série d’articles dans l’Intercept, Marcin Mamon s’est penché sur un aspect du conflit en Ukraine auquel personne d’autre n’a fait attention: le rôle joué par le Bataillon Doudaïev, «une force de combat des islamistes radicaux composée de Tchétchènes, mais incluant également des combattants de tout le Caucase ainsi que quelques Ukrainiens».

Les clés des organisations clandestines islamistes en Ukraine ont été remises à Mamon par un contact à Istanbul, Khalid, qui commande la branche ISIS locale. «Nos frères sont là», a-t-il dit à Mamon, et le journaliste s’est rendu en Ukraine où il a été mis en rapport avec un contact nommé Ruslan, qui l’a conduit au camp clandestin de Munayev.

Portant le nom du premier président de la Tchétchénie séparatiste, Djokhar Doudaïev, le bataillon Doudaïev était commandé par Isa Munayev, récemment tué dans l’est de l’Ukraine. Imprégnés d’une haine fanatique des Russes, qui soutiennent les rebelles de l’Est, les hommes de Munayev estiment également qu’ils paient une dette, puisque les bataillons du Secteur Droit ultra-nationaliste qui aujourd’hui luttent pour Kiev ont apparemment aidé les Tchétchènes dans le passé. Le Secteur Droit est un groupe paramilitaire ouvertement néo-fasciste qui a fourni une grande partie des forces qui ont rendu possible le coup d’État contre Viktor Ianoukovitch, l’ancien président ukrainien. Organisés en différents bataillons, dont la célèbre Brigade Azov, ils idolâtrent les collaborateurs nazis de la Seconde Guerre mondiale, qui ont combattu les troupes soviétiques: les ultra-nationalistes ont été accusés d’avoir commis des atrocités dans le Donbass, ainsi que de terroriser leurs adversaires politiques sur le front intérieur. D’après Mamon, ils ont également été impliqués dans la lutte contre les Russes dans la lointaine Tchétchénie, où l’ancien gros bonnet du Secteur Droit Oleksandr Muzychko a combattu aux côtés de Munayev et des frères contre les Russes.

Comme Ruslan l’a dit à Mamon:

« Je suis ici aujourd’hui parce que mon frère, Isa, nous a appelés et a dit: ‹Il est temps de rembourser votre dette. Il fut un temps où les frères de l’Ukraine sont venus [en Tchétchénie] et se sont battus contre l’ennemi commun, l’agresseur, l’occupant.›. »

A côté de cette solennelle éthique du guerrier, une autre raison probable du soutien de l’EI à Kiev est l’accès à des cibles occidentales, données ainsi aux terroristes. Comme Mamon l’indique:

«L’Ukraine est en train de devenir une étape importante pour les frères comme Ruslan. En Ukraine, vous pouvez acheter un passeport et une nouvelle identité. Pour 15 000 dollars, un combattant reçoit un nouveau nom et un document juridique attestant de sa citoyenneté ukrainienne. L’Ukraine ne fait pas partie de l’Union européenne, mais c’est une voie facile pour l’immigration vers l’Ouest. Les Ukrainiens ont peu de difficultés à obtenir des visas pour la Pologne voisine, où ils peuvent travailler sur les chantiers et dans les restaurants, comblant le vide laissé par les millions de Polonais qui sont partis à la recherche de travail au Royaume-Uni et en Allemagne. »

On nous dit que l’EI prévoit des attaques terroristes en Europe, et que les forces de sécurité sont occupées à recenser tous les suspects du continent; pourtant voici ce trou béant dans les défenses de l’Ouest, par où les frères s’infiltrent tranquillement, sans que les médias occidentaux en rendent compte. En coopération avec des groupes ultra-nationalistes comme le Secteur Droit, qui ont également créé leurs bataillons semi-autonomes, les islamistes d’Ukraine, brandissant des passeports ukrainiens, ont ouvert une passerelle vers l’Ouest.

Les demandes faites à Washington de commencer à fournir des armes létales au régime ukrainien font maintenant partie du débat de politique étrangère à Washington, avec les habituels suspects exhortant l’administration à ouvrir le robinet d’armement. Pourtant, les Ukrainiens disent qu’ils obtiennent déjà une aide létale de pays qu’ils refusent d’identifier, selon le membre officiel du Conseil de sécurité nationale ukrainienne Oleg Gladovsky:

«[L’aide provient] d’endroits où nous n’avons aucune influence et où il n’y a pas de tollé public à ce sujet (que nous avons nous-mêmes contribué à créer dans certains endroits, malheureusement). C’est de ces pays que nous sommes en train de recevoir de l’aide létale

Alors d’où vient cette aide?

«Dans l’est de l’Ukraine, écrit Mamon, le drapeau vert du djihad flotte sur certaines bases des bataillons privés.» Mais comment ces groupes de combat sont-ils privés?

L’armée ukrainienne en loques, composée de conscrits peu motivés et mal armés, ne fait pas le poids contre les séparatistes, qui se battent sur leur propre territoire contre un envahisseur. Le régime de Kiev dépend de ces armées privées pour fournir une colonne vertébrale à sa force de combat, et il semble y avoir une relation symbiotique difficile entre l’armée ukrainienne régulière et ces volontaires, avec une approche non interventionniste adoptée par Kiev pour ces derniers . Si le régime ukrainien reconnait ouvertement aujourd’hui obtenir de l’aide de pays non nommés, il est normal de se poser la question: le Bataillon Doudaïev obtient-il une aide directe à partir des mêmes sources que celles qui équipent en armes les rebelles islamistes radicaux de Syrie – le Qatar, le Koweït, les Émirats arabes unis et les Saoudiens?

Comme les rebelles modérés syriens financés et soutenus par les Etats-Unis rejoignent l’EI en masse, le réseau djihadiste international étend ses tentacules en Ukraine pour reprendre le combat au nom de leurs frères.

L’un des principaux liens entre les factions ultra-nationalistes ukrainiennes et les islamistes était Oleksandr Muzychko, qui a combattu aux côtés du chef terroriste tchétchène Chamil Bassaïev – le cerveau derrière le massacre de l’école de Beslan – dans les guerres de Tchétchénie. L’année dernière, Muzychko a été tué dans une fusillade avec les policiers ukrainiens. Mais avant de disparaître, il était le visage public très évident du mouvement ultra-nationaliste d’Ukraine.

Dans une vidéo devenue virale, Muzychko et un groupe de ses compagnons du commando Secteur Droit sont entrés dans le bureau du procureur de la ville de Rivne, dans le nord-ouest de l’Ukraine, et ont giflé le procureur coupable de ne pas faire son travail à la satisfaction de Muzychko. Il a également fait irruption dans une réunion du conseil de la ville de Rivne, brandissant un fusil, et déclarant que le Secteur Droit ne désarmerait jamais. Alors que les autorités ont sans aucun doute trouvé les singeries de Muzychko ennuyeuses, ce genre de chose est normal dans la nouvelle Ukraine. Et il est probable que c’est son implication clandestine avec l’EI, bien plus que ses pitreries publiques, qui a provoqué la colère des autorités: elles lui ont tendu une embuscade et l’ont abattu le 24 mars de l’année dernière. Son implication avec la cellule EI en Ukraine est-elle devenue de plus en plus évidente, même pour ceux en Occident qui s’étaient contentés regarder de l’autre côté?

Que les autorités de Kiev travaillent avec un avant-poste de l’EI est implicite dans toute l’article de Mamon: quand ce dernier s’est rendu au campement de Munayev en compagnie de Ruslan, ils n’ont eu aucune difficulté aux points de contrôle de l’armée ukrainienne, où la possibilité de percevoir des pots de vin ne faisait aucun doute, et ils sont passés à travers. Tout au long de l’article de Mamon nous entendons Munayev se plaindre de la pauvreté: le Bataillon Doudaïev, nous dit-on, doit dépendre d’activités criminelles pour financer le djihad. Pourtant, un oligarque mineur, nommé Dima leur remet 20 000 dollars, et il est question de vendre au marché noir de l’ambre à des «acheteurs du golfe Persique, y compris de riches cheikhs» – peut-être les mêmes riches donateurs qui ont si généreusement financé l’EI.

Les liens entre le régime de Kiev et l’enclave de l’EI en Ukraine sont nombreux, et seulement à demi cachés. Lorsque Mamon est arrivé au camp de Munayev, il a été accueilli par une voiture blindée qui, nous dit-on, a été donnée par Ihor Kolomoisky, l’un des hommes les plus riches d’Ukraine, récemment nommé gouverneur de Dniepropetrovsk. Kolomoisky, malgré son héritage juif, n’a aucun scrupule à s’allier à des groupes ouvertement antisémites comme le Secteur Droit, dont il a financé les bataillons: comme les djihadistes affiliés à l’EI, auxquels il a offert une voiture blindée, il ne pense qu’à la lutte contre Vladimir Poutine, qu’il méprise.

Une autre indication de l’alliance EI-Kiev est l’évasion d’Adam Osmaev, commandant-adjoint du Bataillon Doudaïev, d’une prison ukrainienne où il purgeait une peine pour avoir fomenté l’assassinat de Poutine. Après le coup d’état à Kiev, Munayev et ses compagnons ont fait sortir Osmaev de prison: quand ils ont été confrontés à la police ukrainienne à un barrage, ils ont été mystérieusement autorisés à passer. Comme le rapporte Mamon:

«Après une impasse dramatique, les Ukrainiens ont permis aux Tchétchènes de filer. (Il n’y a pas moyen de confirmer le récit de Ruslan, mais à l’automne 2014, le tribunal d’Odessa a soudainement déclaré qu’Osmaev avait suffisamment purgé sa peine et il a été libéré.) Osmaev et Munayev sont revenus à Kiev, et le bataillon Doudaïev a été créé.»

«De temps en temps, écrit Mamon, Munayev rencontre des représentants du Service de sécurité ukrainien, connu sous le nom de SBU.»

Le Bataillon Doudaïev compte environ 500 combattants, mais il y a aussi d’autres brigades djihadistes en Ukraine, organisées dans le Bataillon Sheikh Mansour, qui s’est détaché du Bataillon Doudaïev et «est basé à proximité de Marioupol, dans le sud-est de l’Ukraine», ainsi que deux autres groupes composés des Tatars de Crimée, comptant chacun environ 500 djihadistes.

Comme l’aide des États-Unis coule à flot en Ukraine, dans quelle mesure va-t-elle retomber sur ces alliés de l’EI – et quelle sera son utilisation future? Si John McCain et Lindsey Graham arrivent à leurs fins, les armes américaines vont bientôt se trouver dans les mains de ces terroristes, dont il est sûr que le djihad contre les Russes se tournera vers l’Ouest et frappera les capitales de l’Europe.

C’est un retour de flamme avec une vengeance: nous créons nos propres ennemis, et leur donnons les armes pour nous faire du mal, alors même que nous affirmons notre besoin d’une surveillance universelle pour les combattre. Les savants fous formulant la politique étrangère américaine sont en train de créer une armée de monstres de Frankenstein – qui ne manqueront pas d’attaquer leurs créateurs bercés d’illusions.

Traduit par Claude, relu par Diane et jj pour le Saker Francophone

Lire la suite

Kiev. Le peuple en colère chasse les journalistes des funérailles de Oles' Bouzina. Vidéos.

22 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Europe supranationale, #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #le nazisme, #Le fascisme, #Terrorisme, #Le capitalisme;

Kiev. Le peuple en colère chasse les journalistes des funérailles de Oles' Bouzina.

Ajoutée le 20 avr. 2015

Ukraine, Kiev, le 19 avril 2015. Après l'assassinat de Oles Bouzina, écrivain, historien et journaliste de Kiev, le peuple crie sa colère. Les journalistes des chaînes officielles ne sont pas les bienvenus aux funérailles et sont chassés par le peuple venu rendre un dernier hommage à ce grand homme
à voir également:
Kiev en colère: "Ils veulent nous laver le cerveau!.. Nous appartenons au monde russe!".. https://www.youtube.com/watch?v=mBuMo...
Ukraine. A. Shariy sur l'assassinat de Oless Bouzina, journaliste et écrivain de Kiev https://www.youtube.com/watch?v=xruzv...
Ces journalistes et opposants assassinés qu'on ignore ou salit https://www.youtube.com/watch?v=u897r...
Ukraine. Kiev. Funerailles de Oles' Bouzina. Le peuple en colère accuse. https://www.youtube.com/watch?v=JQGR_...

Kiev. Assassinats des opposants. Le peuple en colère accuse [sous-titres français]

Ukraine, Kiev, le 19 avril 2015. Après l'assassinat de Oles Bouzina, écrivain, historien et journaliste de Kiev, le peuple venu rendre un dernier hommage à ce grand homme crie sa colère contre le régime et les journalistes. "l'Ukraine était radieuse comme une jeune fille, aujourd'hui elle ressemble à une pute"....à voir également:
Kiev. Le peuple en colère chasse les journalistes des funérailles de Oles' Bouzina https://www.youtube.com/watch?v=V2R-O...
Kiev en colère: "Ils veulent nous laver le cerveau!.. Nous appartenons au monde russe!".. https://www.youtube.com/watch?v=mBuMo...
Ukraine. A. Shariy sur l'assassinat de Oless Bouzina, journaliste et écrivain de Kiev https://www.youtube.com/watch?v=xruzv...
Ces journalistes et opposants assassinés qu'on ignore ou salit https://www.youtube.com/watch?v=u897r...
Ukraine. Kiev. Funerailles de Oles' Bouzina. Le peuple en colère accuse. https://www.youtube.com/watch?v=JQGR_...

Lire la suite

Les naufrages en Méditerranée, Clausewitz, et la mondialisation. RUPTURES. Le 21 avril 2015

22 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #La mondialisation, #La guerre, #Terrorisme, #Daesch, #ISIL, #le nazisme

Les naufrages en Méditerranée,

Clausewitz, et la mondialisation

Le 21 avril 2015
 

Les dirigeants de l’UE se sont sentis tenus de réagir. Une réunion d’urgence des ministres des Vingt-huit – de l’Intérieur et des Affaires étrangères – s’est tenue lundi (20 avril) à Luxembourg. Un sommet extraordinaire est convoqué pour jeudi, où devraient être présents chefs d’Etat et de gouvernement.

Dix mesures ont été mises en avant lundi, où il a d’abord été question de « renforcer la solidarité européenne ». Parmi les idées évoquées figure le lancement d’une « opération civilo-militaire » visant à « capturer et détruire les navires utilisés par les trafiquants ».

Combattre le trafic d’êtres humains, l’intention est certes légitime. A condition toutefois que cela ne dissimule pas la volonté de passer sous silence les causes des drames à répétition, et les responsabilités afférentes. Celles-ci ne sont pourtant pas très difficiles à cerner et à établir.

Il y a d’abord les facteurs fondamentaux : nul – ou presque – ne quitte son pays, sa patrie, sa famille, ses amis, sa langue, sa culture, sans y être contraint. En l’occurrence : par la misère, par la guerre – voire les deux, qui vont si souvent ensemble. Or la misère, la faim, le dénuement, ne tombent pas du ciel, a fortiori dans le continent africain, qui regorge de richesses naturelles. Au colonialisme d’hier a succédé la mise sous tutelle économique de pays entiers avec comme mots-clés : pillage, dette, libre échange. La volonté de domination politique est allée de pair, y compris par des moyens militaires.

Quant à la guerre, cela fait un quart de siècle – depuis la disparation de l’URSS, en réalité – que le camp occidental n’a eu de cesse de mettre en œuvre une stratégie qui a déstabilisé une vaste zone allant du Maghreb à l’Asie centrale, avec le Moyen-Orient comme épicentre.

L’Irak, l’Afghanistan, l’Irak encore, et aujourd’hui, par « opposition » armée interposée, la Syrie : les campagnes successives menées par les troupes, les bombardiers voire les drones américains ou européens ont transformé des pays entiers en champs de ruine.

A ces facteurs structurels s’ajoute un élément particulièrement explosif : le tragique sort de la Libye, en passe de devenir un « Etat failli », où des milices, bandes et clans rivaux s’affrontent sans fin, pour le plus grand malheur de la population.

Ce chaos généralisé était prévisible dès lors qu’à Paris et à Londres, épaulés par Washington, on décida d’en finir avec le colonel Kadhafi – naturellement pour « défendre les droits de l’Homme ». Le lynchage dont fut victime celui-ci, permis par les raids occidentaux, donna en quelque sort le signal de la déliquescence de l’Etat.

Les stratèges occidentaux tentés par la stratégie du chaos se découvrent aujourd’hui en apprentis-sorciers, impuissants à maîtriser les forces qu’ils comptaient manipuler. Les conséquences en sont multiples sur toute la région : de l’espace (et les armes) laissés à Al-Qaïda et autre « Etat islamique », jusqu’à l’épanouissement des filières de trafic de main d’œuvre.

On prendra donc avec la plus extrême réserve les larmes bruxelloises. D’autant que le patronat européen, et ses filiales nationales, se frottent les mains discrètement : les rescapés de l’enfer ne constitueront-ils pas une main d’œuvre bienvenue pour peser sur le « coût du travail » ? Et favoriser ainsi un « marché du travail » plus flexible ?

Les flux migratoires (moyennant quelques « bavures collatérales », comme on dit à l’OTAN) comme poursuite des réformes structurelles par d’autres moyens ? Clausewitz à l’heure de la mondialisation, en quelque sorte.

 

D’ici la parution du premier numéro de Ruptures, le 29 mai, ce site vous propose chaque jour – gratuitement ! – une info commentée (souvent au second degré).
 
Mais pour assurer son lancement,
Ruptures a besoin de 
et vous propose en échange un préabonnement.
Ne remettez surtout pas à demain ce que vous pouvez faire aujourd’hui !
D’ici la parution du premier numéro de Ruptures, le 29 mai, ce site vous propose chaque jour – gratuitement ! – une info commentée.
Mais pour assurer son lancement, Ruptures a besoin de votre participation financière, et vous propose en échange un préabonnement.
Merci
Lire la suite

Ukraine. Les Roquettes qui Vous Veulent du Bien [sous-titres français]

22 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Les média, #La France, #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La Russie, #le nazisme, #Le fascisme, #Terrorisme

Ukraine. Les Roquettes qui Vous Veulent du Bien [sous-titres français]

Vidéo originale de Artem Grichanov. Артём Гришанов - Добро с ракетами / Good rockets / https://www.youtube.com/watch?v=42Rnh...
Vidéo du même auteur (sous-titrée aussi) Ukraine. Mobilisation: pourquoi? par qui? contre qui? [sous-titres français] https://www.youtube.com/watch?v=2oqeg...
Chanson:
http://goo.gl/EqrzG9
https://soundcloud.com/grishanov/dobro

Lire la suite

Après Charlie, le risque d’un maccarthysme démocratique 20 avril 2015 | Par Régis Debray.

21 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #Les média, #La nation ., #la liberté, #Le fascisme, #Terrorisme, #La Laïcité

Après Charlie, le risque d’un maccarthysme démocratique

|  Par Régis Debray

«Que retenir de cette commotion nationale?», demande Régis Debray, en introduction du dossier que consacre sa revue Médium aux attentats de janvier. Réponse du philosophe : «Que dans un monde où tout se sait, se voit et s’interprète de travers, la condition de survie d’une laïcité d’intelligence s’appelle civilité». Nous remercions Médium d’autoriser Mediapart à reprendre cette réflexion stimulante.

---------------------------------------------------

Notre dernière Fête de la Fédération a réveillé un certain sacré républicain. C’est heureux. Il se trouve que ce sacré, pour beaucoup de gens de par le monde, est sacrilège. C’est malheureux.

Commençons par notre bonheur – celui d’une communion laïque. Ce sacré retrouvé n’a pas été avoué, mais vécu dans l’émotion fusionnelle qui est son signe distinctif. Le mot aurait sans doute fait hurler les joyeux drilles de Charlie Hebdo. Il fait peur à une classe dirigeante aux vues courtes qui s’interdit de le prononcer parce qu’elle assimile, avec un esprit faussement positif (quand l’illustre inconnu appelé Auguste Comte a tout dit sur cette affaire), sacralité à bondieuserie, autorité à oppression et transcendant à surnaturel. Aussi arrive-t-il aux incroyants de faire du sacré comme Monsieur Jourdain de la prose et c’est tant mieux. Il est à son meilleur à l’état sauvage, sans prendre la pose, sans uniforme, barrette ou col dur.

Agglutinant, transcendant, hors-marché, indérogeable et insécable : pas un seul de ses paramètres qui n’ait éclaté à l’œil nu dans cette semaine, non de juillet 1790, mais de janvier 2015, nous rappelant à quel point son émergence, séculière épiphanie, constitue un invariant de l’histoire des collectifs. Le sacré n’est pas une substance transcendante qui nous tombe du ciel. C’est nous, au ras des pâquerettes, qui l’inventons et le réinventons en tant que de besoin quand les coutures craquent et qu’il y a panique à bord. C’est le réflexe vital d’une âme collective en manque d’esprit de corps.

Ainsi, dans le vide symbolique creusé par le culte du chiffre, l’assassinat sur son lieu de réunion d’une rédaction symbolisant plus que d’autres le génie national (ou l’une de ses plus notoires composantes) a déclenché le salubre ressourcement. Un dedans agressé du dehors se tourne instinctivement vers son au-dessus ou son en deçà. Ces réveils en sursaut gonflent de joie les autochtones – « le sacré, ça créé », comme dit Robert Damien, lacanien méconnu – et d’inquiétude les allogènes derrière la porte. Non sans motif. Une refondation du nous a par nature un caractère belliqueux : le eux d’en face n’aura qu’à bien se tenir. Le choc mobilisateur suscite une envie de guerre, à la fois pour exorciser la peur et remembrer ce qui menaçait de partir en morceaux.

Guerre à Saddam Hussein, guerre au Calife. Au terrorisme, aux barbares, à la cinquième colonne. Tous sur le pont. Ainsi, à une même commande intime, chaque société apporte une réponse conforme au gène fondateur qu’elle tient de son histoire. Après le 11 septembre, les démocrates nord-américains resserrent la toile en remplissant les temples et les églises ou par des prières collectives dans la rue : retour aux sources théologiques d’un peuple élu par sa manifest Destiny. Après le 7 janvier, les républicains français ressortent Voltaire, la gaudriole et la Bastille, se requinquent aux pieds de la statue de la République, Liberté, Égalité, Fraternité : retour aux sources idéologiques d’un peuple qui s’est coupé de Dieu en coupant la tête au Roi. De chacun selon ses capacités, à chacun selon son point d’accroche.

D’où vient le problème ? D’un grand fédérateur qui est aussi un grand diviseur. Il nous faut partager un dedans qui nous coupe largement du dehors. Cinq millions d’enthousiastes contre un milliard de réfractaires.

Côté mise en scène, des paradoxes ostensibles. Inutile d’y revenir. L’ami Bernard Maris, qui ne supportait plus l’européisme et souhaitait que la France sorte de l’euro, n’a sans doute pas pu garder son sérieux, là-haut, en voyant M. Junker et les têtes molles de l’establishment bruxellois défiler derrière son nom. Des criminels de guerre venant à Paris condamner un acte de guerre (ils font mille fois mieux à leurs frontières) ; des pétromonarques infligeant mille coups de fouet à un blasphémateur et venant prôner la tolérance ; des CRS ex-SS acclamés par les petits-enfants de Mai 68 ; des mal-pensants se jetant dans les bras des bien-pensants ; des autorités religieuses portant le deuil des bouffeurs de curés, d’imams et de rabbins ; des déboulonnés à genoux devant leurs déboulonneurs et l’hebdo libertaire promu journal officiel. Ces facéties une fois rappelées, allons au vif du sujet.

Qu’est-ce qu’une chose sacrée ? Une chose dont on ne peut pas rire. Qu’avons-nous sacralisé, confusément, à l’emporte-pièce ? L’idée qu’on peut rire de toute chose. Sauf des rieurs, bien entendu, surtout quand la mort les a plus qu’héroïsés : sacralisés. Aussi avons-nous dû, passée l’émotion où le « Je suis Charlie » jaillissait spontanément, histoire de soigner notre maladie identitaire, psalmodier le mantra de ralliement face à des journalistes à qui les on ne la fait pas pour les assurer qu’on était vraiment du bon côté, liberté ou religion, répétez s’il vous plaît – [Il y a deux espèces de journalistes : les gentils, qui vous tendent une perche pour que vous ne ratiez pas le train de l'histoire, et les méchants qui vous incitent au pire pour vous faire tomber du train.]

Presse, radios, télés ont fait flotter un moment dans le pays, relayés par le gouvernement qui les relayait (la boucle classique), une suspicion généralisée, certains lançant une chasse aux traîtres équivoques ou déclarés. Apparition d’un maccarthysme démocratique. L’intolérant prêchant la tolérance, c’est comme le pas de liberté pour les ennemis de la liberté : un grand classique. On est blasé. Plus embêtant semble la bonne conscience conférée par l’inconscience.

Le différentiel des regards

Il n’est pas anormal que l’inconscient religieux qui structure les communautés politiques [voir ma Critique de la raison politique ou l'Inconscient religieux, Gallimard, 1981], échappe à la claire conscience d’une démocratie laïque qui s’imagine avoir renoncé à toute pollution ou pulsion « religieuse » parce qu’elle donne à ce mot l’acception cléricale, institutionnelle et monothéiste qui nous aveugle au surgissement du sacré. De fortes têtes sans Dieu ni maître qui récusent les religions établies – et même toute espèce de religion – n’en restent pas moins capables d’un recueillement dont la manifestation, aux yeux du simple observateur, ne diffère nullement de celui des croyants. On ne connaît pas de civilisation, fût-elle officiellement athée, et surtout quand elle l’est, qui n’ait son point de sacralité (l’Union Soviétique ayant poussé le hiératisme aux dernières extrémités).

Charlie Hebdo s’interdit, bien heureusement, le nez crochu et l’accent yiddish. L’esprit Charlie a le mauvais goût très sûr, il respecte la sacralité d’Auschwitz en soutenant qu’il est interdit d’interdire. Chacun trouve intolérable ou ridicule le sacré de son voisin sans prendre garde au sien propre, qui va de soi. Nous tenons, par exemple, pour licite l’injure faite aux Prophètes et illicite l’injure faite aux croyants, condamnée chez nous par la loi. Il est un autre univers où c’est l’inverse. L’intégriste musulman s’interdit d’offenser Moïse ou le Christ, mais injurie allégrement les Juifs et les Chrétiens. Si on était plus raisonnable, je veux dire mieux informé de la déraison politique, on ne devrait parler que de l’économie du sacré, comment il se distribue ici ou là, par quels mots et gestes, avec quelle échelle d’intensités (il y a du plus et du moins et l’échelle est mobile). L’ignorance entretient les malentendus. Tenter d’éclaircir ces zones d’ombre sert la cause de la paix. C’est à quoi aurait pu servir, notamment, l’enseignement du fait religieux dans toutes les écoles de France.

La guerre des images n’est pas nouvelle. Elle a exacerbé notre XVIe siècle et la guerre de religions entre catholiques et protestants, où la bataille des caricatures a fait rage de part et d’autre. Elle revient en force, mais décuplée par l’immédiateté et l’ubiquité numérique. L’actualité est devenue une immense accumulation d’images. Sans elles, il n’y a plus d’histoires à raconter et donc plus d’intérêt. Un blanc. La preuve : dix-sept morts en France, couverts d’images, live et différé, c’est « une tragédie historique » (Le Point), un carnage de portée mondiale ; le même jour, dix-sept morts au Nigeria, une petite nigériane s’étant fait exploser dans la foule, c’est un mince entrefilet en page 21. Ne parlons pas des deux cent mille morts du Congo, ni du génocide d’hier au Guatemala. Pas vu, pas pris. La vieille loi du mort-kilomètre doit céder la place à celle du mort-image.

Nos djihadistes de banlieue, étrangers à la lecture, y compris du Coran, obsédés de selfies avantageux, vivent dans le monde des vidéos et de YouTube. Nous aussi, en un sens. Le buzz est devenu iconique, non discursif, et encore moins dialectique. Le passage de la graphosphère à la vidéosphère fait d’un joli dessin, une grenade dans la foule et une jolie phrase, un petit caillou dans l’eau. « Porter la plume dans la plaie », comme le disait le vieil Albert Londres ? Non, c’est le feutre qui fait mal.

La transmission numérique instantanée aux quatre coins du globe d’un dessin à charge, et qui n’a pas besoin de traduction, met le « cartooning » en première ligne des conflits de civilisation, dans les troupes de choc, bien en avant des réservistes de l’écrit, trop lents à la détente et longs à digérer, trop compliqués d’accès pour faire flash et boum dans le quart d’heure, surtout là où domine l’illettrisme. Le choc en retour est d’autant moins prévisible que les regards ne sont pas de même nature selon les latitudes. Une image, pour nous, représente ; il y a du jeu entre elle et la chose, et elle est jeu elle-même. C’est le regard esthétique, le nôtre, qui n’apparaît en Europe qu’au Quattrocento. Pour d’autres, l’image présente. Et donc déstabilise ou agresse. En particulier, dans le monde islamique, qui a commencé par la Renaissance et s’est poursuivi par le Moyen Âge, quand le monde chrétien, plus chanceux, a fait l’inverse.

Ce regard naïvement affectif, ultra-susceptible, effaré, effarant, cultuel et non culturel, c’est notre lointain passé. Ailleurs, c’est le présent. Et le drame de l’image instantanée c’est d’effacer à la fois l’histoire et la géographie de ceux qui les émettent comme de ceux qui les reçoivent ; c’est d’effacer le différentiel des regards et de nous faire croire que nous vivons tous à la même époque parce que nous évoluons dans un même espace. Comme s’il n’y avait pas des stades de développement et six siècles d’écart entre l’hégire et le calendrier grégorien, comme si le XXIe siècle ne côtoyait pas en beaucoup d’endroits le XVe, comme si la charia et l’ordinateur ne pouvaient cohabiter (l’un appelant souvent l’autre). Une même horloge, deux temporalités. Une même planète, deux chronologies. « Voici l’ère des hommes doubles », lançait Aragon-Belmondo dans Pierrot le Fou. Ajoutons : et d’un village global en petits morceaux. Ce qui change la donne du commerce des esprits et des images.

Caricatures de Mahomet, décapitations en direct. Aucun rapport entre une ironie et une horreur, entre de l’encre et du sang, sauf l’efficacité symbolique.

On ne sait pas si les dessinateurs danois ont pensé aux effets qu’auraient leurs dessins à cinq mille kilomètres de distance. On peut être sûr en revanche que les communicants de Daech savaient ce que déclencherait le film de leurs boucheries : l’intervention militaire américaine, évidemment dans leur intérêt. Avoir pour ennemi déclaré « l’Amérique », acolytes européens compris, c’est ce que peut rêver de mieux un insurgé, un terroriste, dans cette région du monde.

Opération réussie : manque encore l’envoi de troupes au sol, mais pour le reste, la « coalition internationale » a fait ce qu’elle devait, pour tomber dans le panneau.

Guerres asymétriques

La publication (longtemps retardée) de la photo du massacre de My Laï, en mars 1968, a déclenché aux États-Unis les premières grandes manifestations anti-guerre. Retrait massif d’assentiment. Le Pentagone avait rapporté cent soldats communistes au tapis ; le photographe placé là pour célébrer l’héroïsme des boys avait fait, lui aussi, son travail. C’était en fait plus de trois cents civils, femmes, enfants et vieillards abattus, amoncelés sur une route. Les moyens de propagande se sont alors retournés contre la finalité de cette propagande. D’où les précautions prises depuis, journalistes et cameramen embedded. Chacun sait que la première victime d’une guerre est la vérité. Des images conçues pour encenser et légitimer la guerre ont fini par précipiter la paix. Ambivalence, réversibilité. De même des images conçues par des gentils pour détendre l’atmosphère peuvent déboucher sur de méchantes guerres.

Point d’images, point d’opinion. Indifférence, distraction, obéissance. C’est l’avantage des opérations aériennes et furtives : les « dégâts collatéraux » restent invisibles, et s’il y a prises de vues, elles sont air-sol et non sol-air, puis soigneusement filtrées. Pour qui n’est pas devant son écran opérationnel, au fin fond de l’Arizona, les drones frappent sans retour d’image, en catimini. Tant pis pour les participants à la noce de mariage ou les enfants rentrant de l’école tout à côté de la cible ou à sa place. Ces non-vus ne feront jamais des victimes dignes de compassion et de solidarité. L’émotion – colère, deuil, soif de vengeance – fermentera sur place, c’est du moins ce qu’on espère. Ces sentiments invisibles ne vont pourtant pas sans retombées voyantes. Le non-vu réagit à distance et en différé.

Asymétrie du révoltant, asymétrie des soucis.

Incohérence. On défend le pluralisme et traque le fanatisme à l’intérieur, mais on ruine le pluralisme et étend le fanatisme à l’extérieur. Destruction des États centraux, ensauvagement des sociétés, soulèvements tribaux, haines communautaires, expulsions et massacres des chrétiens d’Orient suite aux croisades d’une hyper puissance chrétienne. Dans cette partie du monde, les zones qu’on pourrait dire de « laïcité », toute relative qu’elle ait pu être, disparaissent l’une après l’autre avec notre aide active. Dans le contre-productif, difficile de faire mieux.

L’ère numérique oblige à « tout repenser ». En nous donnant le spectacle de ce qui change, l’histoire nous aide à discerner ce qui ne change pas. Et les lois fondamentales, qui président à la prise de corps d’un collectif peuvent se qualifier d’immuables. Il n’en reste pas moins qu’un changement de médiasphère oblige à modifier les modes d’administration de ce qui demeure et doit demeurer. La liberté d’expression – gardons la formule malgré tout ce qu’elle a d’abusif – fait partie des fondamentaux de la République, mais l’expression de cette liberté ne peut plus être ce qu’elle était du temps de Voltaire, des diligences et de la marine à voile, quand il y a une parabole à chaque balcon des tours et que chaque habitant du 9/3 a les antipodes au bout des doigts.

Plantu a ceci de différent avec Daumier, il est branché en direct sur la planète ; il est maître de ses émissions, non de sa réception ; il s’adresse à ses compatriotes du Monde à qui le siècle des Lumières et leur éducation permettent le deuxième degré. À Tunis, à Casa ou à Alger le premier degré a toutes les chances de primer, pour ne pas parler des contrées Yémen, Pakistan, Afghanistan où peu savent lire, mais où tous peuvent voir. Il n’y a plus de coupe-feu entre ici et là-bas. Les Occidentaux ont perdu leur périmètre de sécurité. Le dehors est dedans, le dedans est dehors. Il y a migration, donc intrication, donc friction, et il faut faire avec.

Nous partageons un appartement collectif où les cloisons sont minces et où on entend et voit ce qui se passe dans la pièce d’à-côté, mais sans un règlement de copropriété clairement établi. Chaque locataire a ses sanctuaires et le sacré n’est pas d’humeur partageuse. Voyez, en Inde, Ayodya, et en Palestine, Hébron : la cohabitation de nos intouchables respectifs, à touche-touche, est la chose la plus difficile du monde, névralgique et criminogène. Elle appelle une force d’interposition, étrangère aux parties en conflit, que les souverainetés nationales ne tolèrent que rarement (à Hébron, le Finlandais est mis sur la touche, et Ayodya, inexistant). À défaut de quoi on ne s’en sort que par des gentleman’s agreements.

Comme il y a une politesse minimale entre voisins de palier, qui rend la coexistence possible, un minimum de politesse s’impose entre civilisations juxtaposées et de plus en plus imbriquées. Ce qui ne va jamais sans efforts d’hypocrisie de part et d’autre, que ce soit dans une famille, un quartier, une entreprise ou un pays, pour éviter de lancer à la figure de l’autre ce qu’on pense réellement de lui, sinon c’est la guerre de tous contre tous. Qui dit citoyenneté, mondiale ou locale, sans penser civilité, mondiale ou locale, parle pour ne rien dire. Sinon le pire. Il ne s’agit pas, pour avoir la paix, d’éviter les émeutes et les assassinats, de baisser culotte devant l’obscurantisme majoritaire. Le mot de respect est détestable s’il veut dire intimidation et soumission à ceux qui pensent aller au paradis en nous égorgeant. Il est estimable si on le reconduit à son étymologie : respicere, y regarder à deux fois.

Plus généralement, civilité veut dire : réciprocité dans le respect ou plus trivialement échange de bons procédés. Dans la commission Stasi, je fus le premier à réclamer une loi, et non une simple directive, interdisant le port de signes religieux ostentatoires dans nos enceintes scolaires (non à l’extérieur, bien sûr). Non par intolérance. Parce que l’espace scolaire est chez nous une enceinte à re-sacraliser, à placer hors société civile, comme une mosquée en pays musulman. Les athées enlèvent leurs chaussures au moment d’y pénétrer, les tenants du Très-Haut peuvent bien enlever leur voile, leur croix ou leur kippa en entrant dans nos écoles. Donnant-donnant. Nous respectons chez nous vos façons de faire, vous respectez chez nous les nôtres. Quoi qu’on puisse penser par ailleurs, dans son for privé.

La civilité en milieu numérique

Il n’est pas facile de faire refleurir une République laïque dans un monde chaque jour moins républicain qu’hier, où beaucoup qui se disaient Maghrébins se disent désormais Musulmans, où les Israéliens se disent Juifs et les Indiens, Hindous ; où s’effondre la barrière séparant le religieux du politique, celle qu’avaient clairement posée les fondateurs, en Égypte, Nasser, en Israël, Ben Gourion, en Turquie, Atatürk ou en Inde, Nehru ; où les moyens techniques de transparence gomment les frontières entre public et privé ; où les déplacements massifs de population du Sud au Nord et d’Est en Ouest introduisent les façons de penser du XVe siècle dans les métropoles du XIXe ; où les États perdent leur centralité et parfois même tout pouvoir (en Orient, sous les coups de l’Occident intrusif, en Occident, sous les coups d’une société civile tribalisée).

Il n’y a pas de laïcité là où il n’y a pas encore ou plus d’État. Son avènement a toujours été lié à la naissance ou renaissance d’une puissance publique. À vrai dire, on a eu tort d’en faire une abstraction amovible et baladeuse. D’un adjectif, on a fait indûment un substantif. L’adjectif requiert un sujet, le dépositaire de l’intérêt général. Supprimer ou diminuer ce dernier et vous verrez revenir une cohue de fanatiques. Le fondamentalisme marchand fait cercle avec son vis-à-vis, le fondamentalisme religieux.

Ne faisons pas de Charlie un héritier de Charlemagne par la main gauche, écrasant de son mépris et de son ignorance ceux qui sont au-delà du limes. Ce serait imprudent. Quatre millions de bons citoyens dans les rues de l’hexagone, justement fiers de l’être, et ne croyant plus que dans l’incroyance, c’est admirable, oui. Mais un milliard de croyants qui ne pensent pas comme nous, ce n’est pas à dédaigner. Et comment combattre avec succès ce qu’on ne s’est pas soucié de comprendre ? La question, je crois, réveille Mr. George Bush en pleine nuit, mais un peu tard.

Si l’estime de soi devient mépris des autres, le ressourcement, encellulement et la fierté, arrogance, on court au pire : « La maladie des cercles fermés », l’un des quinze maux de la Curie romaine pointés par le pape François. Puissent les soutiens inconditionnels d’une liberté d’expression, qui n’est jamais et nulle part inconditionnelle ni absolue – et moins encore en France, voir notre Code pénal qui aligne, pour ainsi dire, nos délits de liberté et ils sont nombreux –, sortir de l’hexagone et s’en aller traîner leurs basques sur d’autres Continents où règnent d’autres affectivités populaires. Le ressenti des autres ne saurait à aucun titre faire loi chez nous. La pudeur là-bas n’a pas à chasser la gaudriole ici, pas plus que le rapport au Prophète comme chef de famille et totem identitaire, notre relation décontractée, désamorcée, au bon Dieu comme option facultative, une parmi beaucoup d’autres.

On peut seulement se rappeler que lorsqu’un joueur insulte sa mère ou sa sœur, Zidane lui donne illico un coup de tête (fatal). Le pape argentin, non-violent mais Latin de naissance, le redisait dernièrement à des journalistes : « Si un grand ami dit du mal de ma mère, il doit s’attendre à recevoir un coup de poing » (La Croix, 16 janvier 2015). En d’autres termes, le droit à l’insolence et au blasphème n’en fait pas un devoir à remplir n’importe où, n’importe quand ni envers n’importe qui. On peut réveiller sans écorcher, déranger sans humilier, dessiller sans viser au plexus.

C’est pourquoi Plantu, qui sait jusqu’où ne pas aller trop loin, doit être félicité quand il tempère son « il faut oser » par « il faut être responsable ». Fine tuning. Rire n’est pas ricaner. Encourageons-le à élaborer une pédagogie de l’humour, qui pourrait en faire une politesse, non du désespoir mais d’une espérance.

PS :  Le passage auquel on ne cesse d’appeler d’une laïcité d’incompétence à une laïcité d’intelligence – dont l’enseignement du religieux comme un fait objectif serait la meilleure démonstration – se heurte à une certaine incompétence ou inintelligence des autorités chargées de la faire respecter. Qu’une très belle et unanime célébration de notre République laïque se soit donné pour point d’orgue conclusif une cérémonie religieuse est assez étonnant, mais peut se comprendre dans le cadre de l’hommage aux victimes juives de la prise d’otages de Vincennes. La façon dont elle s’est déroulée, sur les écrans et au vu de tous, a de quoi laisser perplexe le plus sobre des Républicains.

Rappelons donc la règle protocolaire, inhérente à notre République que nous avons vu s’éclipser sur notre écran le soir d’un glorieux Dimanche. Le 11 janvier 2015.

Un Président dans ses fonctions ne porte pas plus une kippa dans une synagogue, la calotte des juifs pratiquants, qu’il ne tourne ses mains vers le ciel dans une mosquée ou qu’il se signe devant la croix dans une église. Il porte un simple chapeau, en signe de respect. C’est l’ancien président Sarkozy, le communautariste, qui a initié cette entorse démagogique et antirépublicaine (comme l’assistance au dîner du CRIF), entérinée par son successeur. Le général de Gaulle allait à la messe en privé sans photographe. L’a-t-on jamais vu communier ?

Un lieu de culte fait partie du territoire de la République française, dont le Président élu est l’autorité la plus élevée, et, à ce titre, toujours le dernier arrivé. Il est attendu, mais il n’attend pas. Encore moins dans la rue avec un signe religieux ostentatoire sur le crâne, poireautant après l’arrivée d’un chef de gouvernement étranger (qui le fait attendre et ne met, lui, son insigne qu’à l’intérieur de la synagogue). C’était au premier ministre Valls d’accueillir Bibi, et, ensuite, dans un deuxième temps, au président du Consistoire d’accueillir le Président.

Passons sur un drapeau d’État brandi au vu de tous dans un établissement religieux et la transformation d’une cérémonie supposée cultuelle en quasi meeting électoral, ce qu’interdit formellement la loi de séparation. Nous sommes un État de droit. C’est l’ambassade d’Israël, territoire israélien, qui aurait dû accueillir et célébrer le chef politique de ce pays.

On peut s’étonner qu’aucun commentateur attitré de ces manifestations – l’inculture laïque n’ayant d’égale que l’inculture religieuse de nos coryphées médiatiques – n’ait relevé cette inversion d’une norme séculaire. Ne parlons pas de nos ministres en fonction ignorant des contraintes propres à leur ministère. Le niveau professionnel est à la baisse, ce qui arrive partout où la vocation tourne au métier.

Ne rions pas du protocole. C’est une chose grave, où se joue l’essentiel.

Nous savons que toutes les images sont à interpréter, même s’il est toujours plus difficile de déconstruire un visuel qu’un discours. Celui-là aurait intérêt à ne pas tourner la difficulté. Il en irait pour la République de son image, au-dedans comme au-dehors.

 

 

Cet article de Régis Debray introduit la dernière livraison de la revue Médium qu’il a fondée et qu’il dirige. Son n° 43 (avril-juin 2015) est consacré à l’événement « Charlie » dans la polysémie d’une analyse médiologique. Son sommaire est consultable ici. Voici les précisions pour s’abonner à la revue : Revue Médium, 10, rue de l’Odéon, 75006 Paris. Abonnement un an (4 numéros) : France : 58 € ; Europe : 60 € ; Autres pays : 62 €. Frais de port inclus.

Régis Debray avait participé à notre Live du 22 janvier, deux semaines après les attentats, en compagnie de Jocelyne Dakhlia, Edgar Morin et Benjamin Stora, sur le thème : La République, l’islam et la la laïcité. C’est à revoir ici.

Lire la suite

La Grèce réquisitionne les réserves de cash des entités publiques

21 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #Economie, #La mondialisation, #Terrorisme, #Le fascisme, #Grèce

La Grèce réquisitionne les réserves de cash des entités publiques

Crise grecque Le premier ministre grec Alexis Tsipras tente de trouver des ressources.
Le premier ministre grec Alexis Tsipras tente de trouver des ressources. (Crédits : Reuters)

Romaric Godin  | 

Athènes oblige désormais les entités publiques à mettre leurs liquidités à disposition de l'Etat. Les besoins de liquidité de ce dernier sont jugées "urgents" et "imprévus".

 

Le gouvernement grec a, ce lundi 20 avril dans l'après-midi, pris une nouvelle décision d'urgence. Un décret présidentiel a ainsi réquisitionné les réserves de liquidités de toutes les entités publiques qui devront désormais être déposées auprès de la Banque centrale. La mesure reste cependant limitée, selon Reuters, puisque quelques entreprises publiques et les fonds de retraites ne sont pas concernés. Cette décision est justifiée par le décret par des "besoins urgents et imprévus". La situation des comptes de l'Etat grec pourrait donc s'être à nouveau brutalement dégradée après le paiement de près de 500 millions d'euros au FMI le 9 avril dernier.

Prochaines échéances

La Grèce doit en effet faire face à plusieurs échéances importantes le mois prochain. Outre 2 milliards d'euros de salaires et de pensions, il doit, le 12 mai prochain, rembourser 774,2 millions d'euros au FMI. En mars, le gouvernement avait déjà mobilisé les fonds de réserve de la sécurité sociale, mais, avec la fuite des capitaux, les recettes fiscales fondent rapidement et les besoins de financement augmentent vite. Athènes doit donc mobiliser l'ensemble des fonds disponibles pour faire face à ces prochaines échéances.

Signal aux créanciers

Mais ce décret est aussi un signal envoyé aux créanciers. Alors que, désormais, un accord doit être trouvé entre la Grèce et ces derniers avant le 11 mai prochain, Athènes fait savoir très clairement qu'elle atteint les limites de ses capacités. Autrement dit, si aucun accord n'est trouvé et qu'une partie des 7,2 milliards d'euros restant dans le FESF pour la Grèce n'est pas versée, le défaut deviendra inévitable, peut-être dès le 12 mai.

Mesure de précaution

Du reste, il est possible que cette décision soit également une mesure de précaution. Le décret pris ce 20 avril permet de centraliser le contrôle des euros détenus par l'ensemble des entités publiques. C'est une mesure d'urgence qui peut s'avérer utile en cas de défaut ou en cas de sortie de la zone euro. Il s'agit alors d'éviter que des collectivités locales ou d'autres entités publiques refusent de placer leurs devises à disposition de l'Etat. Là aussi, le message s'adresse aux créanciers : la Grèce se prépare au pire.

Message en interne

Enfin, le message est également envoyé en interne à la population grecque. Il s'agit de montrer combien le pays fait d'efforts pour honorer ses engagements. Mais il s'agit aussi, à l'occasion, de montrer les extrémités auxquelles le pays est contraint suite à la stratégie des Européens. Si le conflit s'amplifie, le gouvernement pourra mettre en avant l'aspect insoutenable à long terme de ces mesures. Et ainsi appeler à la rupture...

 
Lire la suite