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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #terrorisme tag

La guerre que veut déclencher l'Ukraine, la Transnistrie zône très sensible à surveiller de très près!

28 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Economie, #L'OTAN., #le nazisme, #Terrorisme

La guerre que veut déclencher l'Ukraine, la Transnistrie zône très sensible à surveiller de très près!

Ukraine Masses Troops on Border With Transnistria

© Flickr/ Dieter Zirnig

Europe

28.06.2015

Ukraine continues to mass troops and heavy weapons on the border with Transnistria on the pretext that the self-proclaimed republic may launch a military campaign against Ukraine, Russian media reported on Saturday.

Traduction :

Les média russes ont rapporté samedi l’information suivante :

L’Ukraine continue de masser des troupes et des armes lourdes à la frontière avec la Transnistrie sous prétexte que la république autoproclamée de Transnistrie peut lancer une campagne militaire contre l’Ukraine.

La guerre que veut déclencher l'Ukraine, la Transnistrie zône très sensible à surveiller de très près!

U© Sputnik/ Sergey Kuznecov

Moldova, Ukraine Wage Hybrid War Against Transnistria

“It looks like the Kiev authorities  want to picture themselves as encircled by enemies, ready to attack,” a representative of the Transnistrian KGB told Russia’s Zvezda TV channel.

“That we may have a war here tomorrow is hard to say, but we are not ruling out a Ukrainian provocation either…They could use for this purpose one of their many small private armies which refuse to take any orders from Kiev,” the official added.

On June 22, the deputy foreign minister of the Transnistrian Republic, Vitaly Ignatyev, said that Ukraine was moving its troops towards the borders of the self-proclaimed republic, sandwiched between Ukraine and Moldova.

“The situation here is very bad… Economic production is going down, foreign trade is shrinking, the security situation is equally alarming with our Moldovan partners holding military drills with NATO and the Ukrainian pressure mounting every day,” Ignatyev said.

He also mentioned the curbs Kiev has imposed on the transit of  Transnistrian nationals and citizens of Russia, almost 200,000 of whom currently live in Transnistria.

“They haven’t been able to travel to Russia via Ukraine for more than a year now. They have to move across Moldova, but Chisinau is creating problems too, along with economic sanctions,” Ignatyev added.

The newly appointed governor of Ukraine’s Odessa region Mikheil Saakashvili earlier announced plans to reinforce Ukraine’s border with Transnistria.

"We have two major tasks — to reinforce the border and curb corruption. Drug and weapons trafficking across this border means nothing good," Saakashvili told a news conference in Odessa.

He also blamed the Transnistrian authorities of destabilizing the situation in Ukraine.

 

Traduction :

 

Un représentant des services secrets de Transnistrie KGB dit déclare à la « TV canal russe Zvezda ».

 

« Les autorités de Kiev veulent donner l’image d’un pays assiégé, entouré d'ennemis prêts à l'attaque".

 

"Que nous ayons une guerre d’ici demain est difficile à dire, mais nous ne pouvons pas exclure une provocation ukrainienne non plus. Ils pourraient utiliser à cet effet une de leurs armées privées qui refusent de prendre des ordonnances de Kiev, a "ajouté le responsable.

Le 22 juin, le vice-ministre des affaires étrangères de la République de Transnistrie, Vitaly Ignatiev, a déclaré que l'Ukraine déplaçait ses troupes vers les frontières de la République autoproclamée, pris en sandwich entre l'Ukraine et la Moldavie.

"La situation ici est très mauvaise. La production économique est en baisse, le commerce extérieur se rétrécit, la situation de sécurité est tout aussi alarmante avec nos partenaires moldaves. Ils participent à des exercices militaires avec l'OTAN et la pression ukrainienne monte tous les jours, » dit Ignatiev.

Il a également mentionné que Kiev a imposé des contrôles sur le transit des ressortissants de Transnistrie et des citoyens de la Russie, près de 200.000 d'entre eux vivent actuellement en Transnistrie.

"Ils n'ont pas pu se rendre en Russie via l'Ukraine depuis plus d'un an maintenant. Ils ont à se déplacer sur la Moldavie, mais Chisinau crée des problèmes également. Les sanctions économiques pèsent également a ajouté Ignatiev .

Le nouveau gouverneur de la région d’Odessa en Ukraine, Mikheil Saakashvili a annoncé son intention de renforcer le contrôle de la frontière entre l'Ukraine et la Transnistrie.

Saakachvili lors d'une conférence de presse à Odessa a annoncé : "Nous avons deux tâches principales, celle de renforcer la lutte contre la corruption et le trottoir. Le trafic de drogue et des armes à travers cette frontière ne signifie rien de bon, "

Il a également accusé les autorités transnistriennes de déstabiliser la situation en Ukraine



Read more: http://sputniknews.com/europe/20150628/1023940592.html#ixzz3eMb5eIUu

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Lettre ouverte au premier ministre de la France, par Hélène Richard-Favre.

28 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #Je suis Charlie?, #Daesch, #Israël et la Palestine, #Terrorisme, #le nazisme

« "Ce n'est pas un délit de prôner le djihad" | Page d'accueil

28/06/2015

«Et je rappelle et je rappellerai toujours que les premières victimes de ce terrorisme sont les musulmans».

Monsieur le Premier Ministre,

Ces propos sont les vôtres et ont été cités dans un article paru sur le site du Dauphiné.com.*

Au risque de vous contredire, non, les premières victimes de ce terrorisme ne sont pas les musulmans.

Les premières victimes de ce terrorisme sont celles qui meurent, de fait.

Les premières victimes sont celles dont ce terrorisme prend la vie.

Les premières victimes sont celles dont la tête est tranchée.

Les premières victimes sont celles dont la tête tranchée a été fichée sur une grille.

Quant aux prochaines victimes, elles sont partout.

Monsieur le Premier Ministre, vous n'êtes certes et comme nul autre, tenu à l'impossible.

Mais nul, non plus, n'est tenu à déconsidérer la vie d'un innocent décapité.

Avec respect,

Hélène Richard-Favre

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Révélations choc TV ukrainienne - Barbares utiles devenus gênants par V_Parlier (son site) vendredi 26 juin 2015 3 Réactions 0 Favoris Lorsque des opposants ukrainiens s'alarmaient de la création par le gouvernement post-Maïdan de bataillons punitifs constitués de détenus libérés pour l'occasion, les bien pensants faisaient la sourde oreille face à cette "propagande russe"... Révélations choc TV ukrainienne - Barbares utiles devenus gênants Note : Ce qui est rapporté en paroles dans certaines séquences de la vidéo peut choquer un public sensible. Certaines parties de phrases ont été bipées pour cette raison. Toutefois le visionnage de cette vidéo reste tout de même déconseillé aux moins de 16 ans.

28 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #le nazisme, #Terrorisme, #Daesch, #Le grand banditisme

Révélations choc TV ukrainienne - Barbares utiles devenus gênants

par V_Parlier (son site)
vendredi 26 juin 2015

Révélations choc TV ukrainienne - Barbares utiles devenus gênants

Note : Ce qui est rapporté en paroles dans certaines séquences de la vidéo peut choquer un public sensible. Certaines parties de phrases ont été bipées pour cette raison. Toutefois le visionnage de cette vidéo reste tout de même déconseillé aux moins de 16 ans.

Lorsque des opposants ukrainiens, et pas uniquement les insurgés et les chaînes russes, s’alarmaient à propos de la formation de bataillons punitifs pro-Kiev à partir de détenus libérés pour l’occasion, les bien pensants faisaient la sourde oreille face à cette "propagande". Pourtant vous pourrez constater que ce procédé a toujours été pleinement assumé par Kiev, même avant le lancement de la guerre civile par O. Tourchinov, alors encore "président par intérim". Régulièrement, les chaînes ukrainiennes ont soutenu ou au moins relaté cette pratique, jusqu’à ce que des problèmes trop voyants se posent...


Découvrez le monde obscur des bataillons ukrainiens de volontaires de l’ATO (opération punitive contre les insurgés, dite "Anti-terroriste"), 100% reconnus comme forces armées légales :


Le batillon Azov :

 

La première fois que le bataillon Shakhtarsk a fait parler de lui :

Comment sont traités les prisonniers lors du conflit :

Des armées quasi-privées

L’amour envers les grands parrains des USA :

La secte pseudo-orthodoxe dont il est question dans la vidéo :

CONTRIBUTIONS :
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Merci à Thalie Thalie (chaîne Youtube) pour la traduction de l’intervention du procureur militaire.
Précisions supplémentaires quant à l’évolution récente de la situation à propos du bataillon Tornado :

Ces "volontaires", qui faisaient partie des forces armées ukrainiennes, ont été arrêtés dans différentes villes du pays. Les combattants, dont le chef du bataillon Rouslan Onishchenko, ont été arrêtés à Kiev, à Lvov, à Dnepropetrovsk et à Severodonetsk. Selon le procureur militaire principal Anatoly Matios, les détenus en question sont accusés d’avoir créé un groupe criminel et d’avoir commis des crimes, dont des agressions sexuelles et des meurtres. M. Matios a précisé qu’en janvier 2015, Rouslan Onishchenko a créé un groupe criminel dans la ville de Privolie, dans la région de Lougansk, où il poussait ses subordonnés à commettre des crimes aggravés, tels que la réclusion illégale d’habitants, des tortures et des viols.
Le 18 juin, M.Avakov a signé l’ordre de dissolution du bataillon, mais certains combattants "continueront leur service militaire, d’autres seront jugés devant la cour".
Le 17 juin, le parquet de la région de Donetsk a déclaré que deux combattants des forces armées ukrainiennes avaient été incarcérés pour le meurtre de deux femmes considérées comme des "séparatistes".

Auteur de l'article

Vincent Parlier

V_Parlier

Administrant initialement la chaîne Youtube "Vincent Parlier" où sont principalement abordés les sujets de politique internationale et de société, j'ai consacré depuis un peu plus d'un an mes publications au danger que représente la main mise totale et sans aucune limite des USA sur l'Europe, par le biais de ce faux contrepoids qu'est l'Union Européenne. 

Une main mise qui ne consiste à présent plus en une domination économique "douce" mais bel et bien en un programme agressif et belliqueux même en Europe, sous couvert des éternels oripeaux du gendarme qui apporte la démocratie.
Une doctrine mondialiste néolibérale (d'ailleurs même pas vraiment libérale mais plutôt anti-souverainiste et antisociale avant tout), un paquet "sociétal" de théories scabreuses qui n'intéressaient personne avant leur promotion, un orgueil et une condescendance allant jusqu'au suprémacisme se justifiant par une morale de circonstance, tels sont les ingrédients de la recette pour que l'Occident soumis et pourtant si fier, France en tête, parte en guerre contre le reste du monde... en croyant que le monde, c'est lui !
Pourtant habituellement conservateur, souvent agacé jadis par les éternels repentants nous invitant à nous autoflageller pour les fautes dont nous n'avions pas été personnellement les acteurs, étant jeune je n'aurais jamais imaginé que plus tard de tels repentants collectivistes et libertaires allaient servir en grande partie, consciemment ou par niaiserie, un impérialisme capitaliste absolu, impitoyable, prêt à soutenir les mouvements les plus barbares pour arriver à ses fins. Beaucoup refusent encore d'ouvrir les yeux et se contentent d'une critique supericielle des "erreurs". Au point que cet impérialisme des USA auquel j'accordais peu d'importance à l'époque fait aujourd'hui ami-ami avec ces anticonservateurs systématiques (au bagout à connotations sociales) que j'avais en horreur et qui prônent aujourd'hui l'application d'une politique parmi les plus antisociales, antisouverainistes, néoconservatrices et agressives. Les USA font feu de tout bois dans chaque situation. Si on m'avait annoncé le futur quand j'avais 15-20 ans, je ne l'aurais jamais cru ! Yougoslavie, Libye, Syrie, Ukraine, et peut-être bientôt Macédoine et Arménie sont ou seront les victimes du plan euro-atlantiste, avec un contrôle de la propagande médiatique inégalé : Mensonge éhonté de la presse subventionnée et/ou acheteuse de dépêches AFP, black-out total, mauvaise foi poussée à son extrême, doubles standards, rien ne nous est épargné, et il faut le voir pour le croire ! Sinon on le le croit pas.
Comme il faut le voir, vous comprendrez pourquoi je tente régulièrement de publier des extraits vidéos montrant non pas simplement ceux qui exposent mon point de vue, mais surtout les adversaires eux-mêmes qu'on évite de nous faire trop connaître pour que le public ne se pose pas trop de questions. C'est particulièrement le cas pour la crise ukrainienne, abondamment couverte cette dernière année et constituant en ce moment la principale activité de la chaîne, ainsi que les relations Europe-Russie, sujet intimement lié et qui me touche de près.
Je n'ai pas de cursus professionnel journalistique et je ne fais partie d'aucune association, think tank, etc... Il s'agit d'une démarche spontanée et personnelle.

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Chronique de Syrie, juin 2015.

28 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Terrorisme, #L'OTAN., #AMERIQUE, #le nazisme

Chronique de Syrie, juin 2015

Chronique de Syrie, juin 2015.

Les événements en Syrie ont évolué ces dernières semaines conformément au scenario prévu dans les colonnes de Sputnik auparavant.

Ce scénario envisageait une nouvelle réalité sur le terrain, nouvelle réalité qui s’est confirmée par un équilibre des forces renouvelé entre les différents acteurs du conflit.

Au sud du pays, l’offensive des rebelles continue le long d’un axe grand sud allant de Quneitra à la province de Sweida en passant par Daraa. Ce front sud, composé de plusieurs milliers de soldats, concentre principalement son offensive sur la ville de Quneitra en escomptant ainsi établir une connexion avec les périphéries sud et sud-ouest de la capitale, Damas.

Autour de Damas justement, le Hezbollah poursuit son nettoyage des monts Qalamoun, au nord de la capitale, afin d’assécher les routes d’approvisionnement vers l’est de la capitale (vers la Gouta orientale) ainsi que les flux de combattants (comme on peut le voir sur cette carte). L’opération vise également à sanctuariser la zone frontière avec le Liban, depuis laquelle nombre d’attaques ont été lancées par des djihadistes ces derniers mois.

Evolution du front sur le mont Qalamoun

Evolution du front sur le mont Qalamoun

 

Au centre du pays, dans la province d’Idlib, le long corridor terrestre sous contrôle de l’Armée syrienne a été peu à peu réduit à néant (voir carte ici), le front se stabilisant le long de la frontière de la province et le long de la pleine du Ghab. On se souvient qu’entre 200 et 300 soldats et civils s’étaient retrouvés pris au piège dans l‘hôpital de Jisr al-Shughour, tombé aux mains des rebelles djihadistes. Après avoir tenu un mois de siège et d’attentats-suicides, les forces syriennes ont réussi à organiser une opération d’évacuation d’une grande partie des survivants de l’hôpital, dont le récit est digne d’un roman de science-fiction.

Corridor d’Idlib, juin 2015

Corridor d’Idlib, juin 2015

Corridor d’Idlib, juin 2015

Corridor d’Idlib, juin 2015

Cette prise de contrôle quasi-totale de la province d’Idlib a été possible militairement par des livraisons de matériel militaire plus sophistiqué à l’opposition, mais aussi et surtout par l’afflux d’un très grand nombre de combattants étrangers (principalement du monde russophone d’Asie). On note également le soutien actif de la Turquie, que ce soit sur le plan militaire ou logistique, notamment via la livraison d’armes, ce qui a déclenché un scandale politique national au royaume d’Erdogan.

A l’est du pays, la zone sous contrôle et au contact avec l’Emirat a connu un nouveau développement tragique. Au milieu du mois de mai, Daesh lançait une gigantesque opération militaire lui permettant de prendre le contrôle de la ville de Palmyre au prix de combat coûtant la vie à plus d’une centaine de soldats loyalistes. Après la prise de contrôle de la cité antique, le groupe y a massacré plusieurs centaines de civils suspectés d’avoir des liens avec le pouvoir syrien, créant un sentiment mitigé de peur, de doute et une volonté lâche d’intervenir avec plus de fermeté contre la nébuleuse terroriste en relançant le débat consistant à savoir s’il ne fallait pas soutenir Assad « contre » l’Etat islamique.

Cette victoire a eu des conséquences terribles pour le régime tant sur le plan psychologique que stratégique: elle a totalement isolé les positions loyalistes à Deir-Ez-Zor, laissé le vide du désert entre les positions de l’EI et les villes de Homs et Hama sous contrôle du régime et enfin permis à l’EI de prendre le contrôle des champs pétroliers situés a proximité de la ville et 80% des ressources énergétiques de Syrie.

Au nord du pays, les forces kurdes continuent leurs offensives et ont réussi à unifier une large bande de territoire tout au nord du pays, le long de la frontière avec la Turquie, en prenant majoritairement des positions de l’Etat islamique, comme on peut le voir en jaune sur cette carte. Les forces kurdes, lourdement appuyées par la coalition militaire internationale, ont ainsi infligé leurs premières pertes sévères aux djihadistes et peut-être initié un certain ralentissement de leur expansion, du moins dans le nord du pays.

Situation militaire en Syrie, juin 2015

Situation militaire en Syrie, juin 2015

Dans la zone d’Alep, seconde ville du pays, principalement sous contrôle des loyalistes, et au sein de laquelle vivent près de deux millions de civils, la situation est critique. La ville fait face à une menace d’encerclement par le nord, où Daesh affronte les rebelles pour le contrôle de la dernière route d’approvisionnement militaire de Turquie (après avoir perdu les autres face aux forces kurdes) mais aussi par le sud, ce qui menacerait la dernière voie d’approvisionnement du régime. Alep va-t-elle connaître des prochains mois terribles? On peut malheureusement l’imaginer.

Et maintenant?

Au fur et à mesure que la situation évolue, la stratégie d’Assad consistant à maintenir des avant-postes en zones hostiles au nord et à l’est du pays s’avère couteuse en hommes mais également risquée d’un point de vue stratégique pour le régime.

Pour le pouvoir syrien, la bataille d’Alep devrait dans les prochains mois s’avérer cruciale afin de prouver sa capacité à garder la main sur la majorité habitée du territoire syrien, tout en protégeant les millions de civils qui y résident. A ce titre, les avancées de l’EI vers la zone centrale menacent directement l’axe central du pays, soit l’axe Damas — Hama — Lattaquié, colonne vertébrale du pouvoir aujourd’hui.

Le régime va-t-il se replier sur cette zone ou au contraire lancer un assaut pour:— Reprendre Palmyre (que l’EI a entièrement minée, craignant une offensive de l’armée) et donc le contrôle de la route de Deir Ez-Zor.
— Accentuer son effort militaire sur Alep.
Et ainsi affirmer sa volonté de présence/puissance sur l’est et le nord du pays?

Beaucoup dépendra de l’Iran, dont des responsables militaires ont récemment promis de grandes surprises en Syrie, et rappelé que Téhéran et le Hezbollah seraient au côté de Damas « jusqu’au bout ».

Alexandre Latsa

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150627/1016681707.html

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La privatisation du terrorisme est en marche… 27 juin 2015 par Résistance

28 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #le nazisme, #Le fascisme, #Daesch, #ISIL, #Terrorisme

La privatisation du terrorisme est en marche…

La privatisation du terrorisme est en marche…Hervé Falciani est un opportuniste. Il peut endosser différents rôles et se complaire dans un langage abscons, mais il sait surtout nager en eaux troubles. L’informaticien franco-italien est connu pour être le personnage clé de l’incroyable affaire HSBC. Il est surtout à l’origine du vaste scandale d’évasion fiscale autour de la filiale helvétique de la banque HSBC. « Si l’on veut contrebalancer l’impunité, il faut aussi se donner les moyens de le faire », a déclaré ce lanceur d’alertes dont les fichiers prélevés chez son ancien employeur ont permis à un consortium de journalistes mené par Le Monde de dévoiler un immense scandale d’évasion fiscale.

Plus de  5,7 milliards d’euros auraient été dissimulées par la banque dans des paradis fiscaux pour ses seuls clients français. Le 28 janvier 2014, sous le titre « listes HSBC : la saga d’une enquête explosive sur l’évasion fiscale », Le Monde publiait une première série d’articles dévoilant les dessous de l’enquête judiciaire française. Mais il manquait l’aspect mondial…

Quelques jours plus tard, une personne se présentait à l’accueil du quotidien, boulevard Auguste Blanqui, à Paris. Cette source remit aux journalistes une clé USB contenant la totalité des fichiers établis à partir des « données Falciani », dans le plus grand secret, à compter de 2009, par les services fiscaux français, parfois en dépit des réticences du pouvoir politique.

Qui trouve-t-on sur ces listings ? Des hommes politiques, des vedettes du show-biz, des icônes du sport et des capitaines d’industrie, mais aussi des trafiquants d’armes et de stupéfiants et même des financiers d’organisations terroristes. Oussama Ben Laden, rappelle Le Monde, appelait « Golden chain » (la chaîne en or) la liste de ses vingt sponsors. Or, plusieurs d’entre eux étaient des Saoudiens clients de HSBC. Curieusement, cette liste sulfureuse saisie dans les locaux d’une mystérieuse fondation à Sarajevo en 2002 lors d’une opération spéciale des forces bosniaques n’avait pas suscité de réactions particulières de la banque HSBC à l’époque. Il s’agissait pourtant de la liste des principaux financeurs d’al-Qaïda. Parmi ceux-ci un prince saoudien qui a protégé le chef d’al-Qaïda, l’ancien trésorier d’une présumée organisation écran du groupe terroriste, un autre prince dont l’épouse a envoyé de l’argent à un des auteurs des attentats du 11-Septembre. Que savait la banque de cette nébuleuse ? HSBC a admis des « défaillances » au niveau de sa filiale suisse. « HSBC Private Bank a accueilli un certain nombre de clients qui n’étaient pas entièrement en règle avec leurs obligations fiscales », a précisé la banque. Un terrible euphémisme…

Mais HSBC n’est pas la seule banque à avoir les mains sales. En témoigne une plainte, qui remonte à août 2014, d’un groupe de vétérans étasuniens ayant combattu en Irak. Barclays, le Crédit suisse, Standard Chartered et la Banque royale d’Écosse sont en effet accusés de ne pas avoir bloqué le blanchiment d’argent qui a permis le financement de groupes combattants en Irak. Ces banques ont toutes accepté de payer une amende de quelque trois milliards de dollars pour avoir la paix.

Rien de nouveau donc, à moins que l’enquête menée par l’ICI, le consortium de journalistes d’investigation qui a travaillé avec Le Monde sur les fichiers de HSBC, ne mette en lumière des liens, jusque-là non prouvés, entre les comptes suspects et l’État islamique. Un rapport émanant du magazine économique Forbes considère ce dernier comme étant le groupe islamiste le plus richement doté. Son patrimoine, toujours selon le même rapport, avoisinerait les deux milliards de dollars.

Le réseau de financement de l’État islamique est très complexe et repose sur de nombreuses sources : du commerce du pétrole qui serait selon de nombreux analystes la principale ressource de l’organisation terroriste en passant par les rapts et les trafics de passeports. Le pillage de banques de Mossoul, ville irakienne conquise en juin 2014, aurait selon le Washington Post rapporté aux islamistes un peu moins d’un demi-milliard de dollars. De quoi voir venir…

L’économiste italienne Loretta Napoleoni, dans un entretien donné en août dernier à l’International Business Times, affirme que les moyens qui permettent habituellement de couper les financements directs aux organisations terroristes islamistes ne peuvent s’appliquer à l’État islamique qui « opère dans le cadre d’une économie fermée basée sur l’échange de papier-monnaie dans les territoires conquis ». Une privatisation du terrorisme en quelque sorte…

Capitaine Martin

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Le califat voulu par les États-Unis, par Manlio Dinucci.

14 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #Daesch, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #le nazisme, #Terrorisme

Le califat voulu par les États-Unis

Revenant sur les documents disponibles, Manlio Dinucci affirme que sans l’ombre d’un doute
(1) Daesh est fonctionnel à la stratégie des États-Unis au Levant
(2) la CIA arme Daesh pendant que la Coalition internationale dirigée par le Pentagone fait mine de le combattre.
Cependant, son analyse diffère de celle de Thierry Meyssan pour qui Washington a deux fers au feu et choisira au dernier moment lequel lui est le plus profitable. En effet, pour Manlio Dinucci, les États-Unis poursuivent avec détermination l’installation du chaos.
Cette différence de conclusions s’explique par le fait que le consultant Thierry Meyssan observe à la fois les opérations militaires et les tractations en cours, tandis que le géographe Manlio Dinucci se fonde exclusivement sur les rapports de force sur le terrain.

| Damas (Syrie)
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Pour prendre Ramadi (Irak), Daesh est arrivé en colonne, une proie facile pour d’éventuels bombardements. Mais, à la surprise générale, la Coalition internationale n’est pas intervenue. Par contre, pour prendre Palmyre (Syrie), Daesh a pris soin de se déplacer en petits groupes coordonnés, rendant impossible une opération aérienne de l’Armée arabe syrienne. À l’évidence, la Coalition internationale n’est pas sérieuse lorsqu’elle prétend combattre les jihadistes et ceux-ci le savent.

Pendant que l’Isis (Daesh) occupe Ramadi, la deuxième ville d’Irak, et le jour suivant Palmyre dans le centre de la Syrie, en tuant des milliers de civils et en en contraignant des dizaines de milliers d’autres à la fuite, la Maison-Blanche déclare « Nous ne pouvons pas nous arracher les cheveux à chaque fois qu’il y a un obstacle dans la campagne contre l’ISIL » [1].

La campagne militaire, « Inherent Resolve », a été lancée en Irak et Syrie il y a plus de neuf mois, le 8 août 2014, par les USA et leurs alliés : France, Grande-Bretagne, Canada, Australie, Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis, Bahreïn et autres. S’ils avaient utilisé leurs chasseurs-bombardiers comme ils l’avaient fait en Libye en 2011, les forces de Daesh, opérant dans des espaces ouverts, auraient été une cible facile. Celles-ci ont au contraire pu attaquer Ramadi avec des colonnes de véhicules blindés chargés d’hommes et d’explosifs. Les USA sont-ils devenus impuissants ? Non : si Daesh avance en Irak et en Syrie, c’est parce qu’à Washington on veut justement cela.

C’est ce que confirme un document officiel de l’Agence de Renseignement du Pentagone (DIA), daté du 12 août 2012, déclassifié le 18 mai 2015 par initiative du groupe conservateur Judicial Watch dans la compétition pour les présidentielles [2]. Il rapporte que « les pays occidentaux, les États du Golfe et la Turquie soutiennent en Syrie les forces d’opposition qui tentent de contrôler les zones orientales, adjacentes aux provinces iraniennes occidentales », en les aidant à « créer des refuges sûrs sous protection internationale ». Il existe « la possibilité d’établir une principauté salafiste en Syrie orientale, et cela est exactement ce que veulent les puissances qui soutiennent l’opposition, pour isoler le régime syrien, arrières stratégiques de l’expansion chiite (Irak et Iran) ». Le document de 2012 confirme que l’Isis (Daesh), dont les premiers noyaux viennent de la guerre en Libye, s’est formé en Syrie, en recrutant surtout des militants salafistes sunnites qui, financés par l’Arabie Saoudite et d’autres monarchies, ont été approvisionnés en armes à travers un réseau de la CIA [3].

Cela explique la rencontre en mai 2013 (documentée photographiquement) entre le sénateur états-unien John McCain, en mission en Syrie pour le compte de la Maison-Blanche, et Ibrahim Al-Badri, le « calife » à la tête de Daesh [4]. Cela explique aussi pourquoi Daesh a déclenché l’offensive en Irak au moment où le gouvernement du chiite al-Maliki prenait ses distances de Washington, en se rapprochant de Pékin et Moscou.

Washington, en déchargeant la responsabilité de la chute de Ramadi sur l’armée irakienne, annonce maintenant vouloir accélérer en Irak l’entraînement et l’armement des « tribus sunnites ». L’Irak est en train d’aller dans la même direction que la Yougoslavie, vers la désagrégation, commente l’ex-secrétaire à la Défense états-unien Robert Gates. Pareil en Syrie, où USA et alliés continuent à entraîner et armer des miliciens pour renverser le gouvernement de Damas. Avec la politique du « diviser pour régner », Washington continue ainsi à alimenter la guerre qui, en 25 années, a provoqué massacres, exodes, pauvreté, au point que de nombreux jeunes ont fait des armes leur métier. Un terrain social sur lequel font prise les puissances occidentales, les monarchies qui sont leurs alliés, les « califes » qui instrumentalisent l’islam et la division entre sunnites et chiites. Un front de la guerre, à l’intérieur duquel il y a des divergences sur la tactique (par exemple sur quand et comment attaquer l’Iran), pas sur la stratégie.

Front armé par les USA, qui annoncent la vente (pour 4 milliards de dollars) à l’Arabie Saoudite de 19 autres hélicoptères, pour la guerre au Yémen, et à Israël de 7 400 autres missiles et bombes, parmi lesquelles celles anti-bunker pour l’attaque de l’Iran.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

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La brûlante vérité d’Ilaria, par Manlio Dinucci.

14 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #L'Italie., #L'OTAN., #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #le nazisme, #Terrorisme, #Daesch

La brûlante vérité d’Ilaria

Après le fiasco de l’opération « Serre d’aigle », visant à exfiltrer les espions de l’ambassade états-unienne à Téhéran, le Congrès décida de créer, au sein des armées, une unité capable de conduire des missions secrètes. À l’initiative des sénateurs Barry Goldwater et William Cohen, l’UsSoCom devint opérationnel, en 1987. Il est capable d’intervenir dans des guerres où les États-Unis ne sont pas officiellement partie prenante (Irak-Iran), ou pour préparer de nouvelles interventions (Somalie). Une de ses unités, la Team 6, est capable d’assassiner n’importe qui, n’importe où dans le monde, dans un délai de 48h après en avoir reçu l’ordre du président. L’UsSoCom dispose d’un budget de 10,547 milliards de dollars pour des activités dont vous n’entendrez jamais parler.

| Rome (Italie)
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La journaliste Ilaria Alpi du TG3, fut assassinée à Mogadiscio, en 1994. Elle enquêtait sur des livraisons d’armes illégales de la CIA.

La docufiction “Ilaria Alpi – L’Ultimo Viaggio” (“Ilaria Alpi - Le dernier voyage”, visible sur le site de Rai Tre [1]) met en lumière, surtout grâce aux preuves découvertes par le journaliste Luigi Grimaldi, l’homicide de la journaliste et de son opérateur Miran Hrovatin le 20 mars 1994 à Mogadiscio. Ils ont été assassinés, dans un guet-apens organisé par la CIA avec l’aide du Gladio [2] et des services secrets italiens, parce qu’ils avaient découvert un trafic d’armes géré par la CIA à travers la flotte de la société Schifco, donnée par la Coopération italienne à la Somalie officiellement pour la pêche.

En réalité, au début des années 90, les navires de la Schifco étaient utilisés, avec des navires de Lettonie, pour transporter des armes états-uniennes et des déchets toxiques, y compris radioactifs, en Somalie, et pour approvisionner en armes la Croatie en guerre contre la Yougoslavie. Même si on n’en parle pas dans la docufiction, il s’avère qu’un navire de la Schifco, le 21 Oktoobar II (ensuite sous bannière panaméenne sous le nom de Urgull), se trouvait le 10 avril 1991 dans le port de Livourne où était en cours une opération secrète de transbordage d’armes états-uniennes revenues à Camp Darby après la guerre en Irak, et où se consomma la tragédie du Moby Prince dans laquelle moururent 140 personnes.

Sur le cas Alpi, après huit procès (avec la condamnation d’un Somalien jugé innocent par les parents mêmes d’Ilaria) et quatre commissions parlementaires, la vérité est en train de venir au jour : à savoir ce qu’Ilaria avait découvert et noté dans ses carnets, que les services secrets ont fait disparaître. Une vérité d’actualité brûlante, dramatique.

L’opération « Restore Hope », lancée en décembre 1992 en Somalie (pays de grande importance géostratégique) par le président Bush, avec l’assentiment du néo-président Clinton, a été la première mission d’« ingérence humanitaire ».

Avec la même motivation, à savoir intervenir militairement quand est en danger la survie d’un peuple, ont été lancées les successives guerres des USA et de l’Otan contre la Yougoslavie, l’Afghanistan, l’Irak, la Libye, la Syrie et d’autres opérations comme celles au Yémen et en Ukraine. Préparées et accompagnées, en costume « humanitaire », par des activités secrètes. Une enquête du New York Times [3] a confirmé l’existence d’un réseau international de la CIA qui, avec des avions qataris, jordaniens et saoudiens, fournit aux « rebelles » en Syrie, par la Turquie, des armes provenant aussi de la Croatie, qui rend ainsi à la CIA la « faveur » reçue dans les années 90.

Quand le 29 mai dernier le quotidien turc Cumhuriyet a publié une vidéo montrant le transit de ces armes à travers la Turquie, le président Erdoğan a déclaré que le directeur du journal allait payer « un lourd prix ».

Il y a vingt et un ans, Ilaria Alpi paya de sa vie la tentative de démontrer que la réalité de la guerre n’est pas seulement celle que l’on nous met sous les yeux. Depuis lors la guerre est devenue de plus en plus secrète. Comme le confirme un reportage du New York Times [4] sur la « Team 6 », unité supersecrète du Commandement US pour les Opérations spéciales, chargée des « meurtres silencieux ». Ses spécialistes « ont tramé des actions mortelles depuis des bases secrètes sur les calanques de la Somalie ; en Afghanistan ils se sont engagés dans des combats si rapprochés qu’ils sont rentrés trempés d’un sang qui n’était pas le leur », en tuant y compris avec des « tomahawks primitifs ». En utilisant « des stations d’espionnage dans le monde entier », en se camouflant en « employés civils de sociétés ou en fonctionnaires d’ambassades », ils suivent ceux que « les États-Unis veulent tuer ou capturer ». La « Team 6 » est devenue « une machine mondiale de chasse à l’homme ».

Les tueurs d’Ilaria Alpi sont encore plus puissants aujourd’hui.

Mais la vérité est dure à tuer.


- Sur la théorie des assassinats ciblés dans le cadre des opérations de contre-insurrection, lire « Opération Phénix », par Arthur Lepic, Réseau Voltaire, 16 novembre 2004.
- « Obama augmente les assassinats ciblés », Réseau Voltaire, 5 juin 2010.
- « Gates cherche une nouvelle équipe pour les assassinats ciblés », Réseau Voltaire, 5 janvier 2011.
- « Assassinats anonymes », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie), Réseau Voltaire, 11 février 2012.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

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État islamique : le génocide dont l’Occident est complice

14 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Daesch, #ISIL, #le nazisme, #Terrorisme

État islamique : le génocide dont l’Occident est complice

État islamique : le génocide dont l’Occident est compliceComment a-t-quelques semaines et Mouammar Kadhafi en quelques mois alors que l’État islamique ne subit que des défaites épisodiques, voire quand il ne remporte pas de franches victoires ? En moins d’une semaine sont tombées Ramadi, une des capitales de province d’Irak, et Palmyre, cette oasis au nord-est de Damas qui abrite les ruines monumentales d’une grande ville qui fut l’un des plus importants foyers culturels du monde antique.

Combiner ces deux fronts et l’emporter à chaque fois aura été un véritable coup gagnant pour le calife autoproclamé Abou Bakr al-Baghdadi. Arrêté presque par erreur en 2004, ce dernier passera dix mois dans les geôles étasuniennes en Irak avant d’être relâché. Il est aujourd’hui au faîte de sa gloire. Et même si ses djihadistes ont connu récemment des pertes après avoir engagé une majeure partie de leurs forces, ils ont aussi dispersé des adversaires plutôt coriaces : des milices chiites et le Hezbollah, qui soutiennent Bagdad et Damas, ont été soumis à une si rude épreuve que le premier ministre irakien Haïder al-Abadi est allé solliciter la Russie en vue de se faire livrer des armes au plus tôt.

La situation urge en effet. Malgré les raids de la coalition dirigée par les États-Unis, l’État islamique a repris plus de la moitié du territoire syrien, soit près de 90.000 km2. L’Oncle Sam, après l’invasion de 2003, n’a en fait jamais contrôlé l’Irak. Il s’est contenté d’assurer la surveillance du territoire, sans jamais véritablement sortir des casernes ou de la fameuse Green Zone. Concrètement, les Occidentaux ont disparu du paysage de l’ancienne Mésopotamie, laissant prospérer le chaos qu’ils ont contribué à instaurer. Les djihadistes terrorisent aujourd’hui non seulement les populations mais administrent des villes entières comme Raqqa, extrayant même du pétrole tout en en faisant commerce. Falloujah est à ce titre devenue un symbole pour l’État islamique. C’est là en effet que tout a commencé pour ce dernier. Il y gère tous les aspects de la vie quotidienne. Les djihadistes ont mis en place une administration, une justice. Les rues sont nettoyées tous les jours… L’organisation dirigée par Abu Bakr el-Baghdadi a le sens de l’organisation. Elle fournit ainsi des denrées de première nécessité aux commerçants comme la farine ou le riz pour les vendre à des prix cassés. Elle aurait également mis en place un système pour payer les propriétaires de générateurs électriques, assurant de facto le courant dans les quartiers de la ville qui en étaient jusque-là privés. Ce modèle serait appliqué dans toutes les zones syriennes et irakiennes tombées sous le contrôle de l’EI, signe d’une volonté de rassurer et de gagner la sympathie des populations locales et des plus démunis. Les djihadistes peuvent en effet se permettre ces largesses… car ils sont riches. Selon les estimations des services de renseignement américains rendues publiques en septembre 2014, l’État islamique engrangerait jusqu’à trois millions de dollars quotidiennement, ce qui en fait l’une des organisations terroristes les plus riches de l’histoire.

Magnanimes d’un côté, les djihadistes sont impitoyables de l’autre. L’État islamique pourrait ainsi avoir commis des crimes contre l’humanité, crimes de guerre et de génocide en Irak, selon un rapport de l’ONU publié fin mars. Ce rapport dit avoir les preuves qui « suggèrent fortement » que l’EI a perpétré un génocide contre la communauté yézidie avec l’intention de la détruire en tant que groupe. Ce n’est pas tout : les disciplines du calife al-Baghdadi ont également infligé un traitement brutal à d’autres groupes ethniques, indique le rapport, notamment les chrétiens, les Kurdes et les Mandéens.

S’il existait vraiment un choc des civilisations entre l’Occident et le monde islamique, on pourrait dire que les Américains et les Occidentaux seraient tombés à pieds joints dans le piège tendu par l’État islamique et ses alliés sunnites (lesquels comprennent les monarchies du Golfe et la Turquie).

Loin de faire plier le djihadisme, les guerres menées par l’Occident depuis l’ère Bush l’ont au contraire renforcé en multipliant ses foyers. Le mode d’action militaire n’est pas remis en cause alors que ses fréquents dégâts collatéraux attisent la haine à l’égard de ceux qui bombardent. Ces guerres contre le terrorisme s’attaquent aux effets et non aux causes. Personne ne songe à fonder cette lutte sur les origines du djihadisme, ni sur les raisons qui le perpétuent, pas plus que ne sont vraiment remis en cause ces alliés qui instrumentalisent le djihadisme ou qui en font le lit. Les pressions sur l’Arabie saoudite, le Qatar ou la Turquie, lorsqu’il y en a, sont insuffisantes ou trop timorées. Les États-Unis et l’Europe ont quasiment laissé agir leurs alliés régionaux, comme en Syrie où le principal soutien concret à la rébellion a été celui de ces acteurs régionaux, concourant ainsi à la prédominance des groupes islamistes et djihadistes. Et les Occidentaux reprochent aux rebelles encore «  modérés  », très affaiblis, leur coordination sur le terrain avec le Front al-Nosra.

Loin d’avoir un regard objectif sur la situation, Washington continue de se méfier de l’Iran tout en vouant une confiance pour le moins totale dans la monarchie saoudienne. C’est entre les colonnes de Palmyre, qui n’avaient jamais connu de destruction importante en trois mille ans, que se déroule aujourd’hui une véritable tragédie : une sorte de génocide culturel, historique et humain dont l’Occident est beaucoup plus complice que victime.

Capitaine Martin

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Des esclaves thaïlandais derrière les crevettes vendues en supermarchés.

13 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Le capitalisme;, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #Terrorisme

 Les crevettes de Thaïlande vendues en supermarché cachent un lourd trafic d'êtres humains.  afp./Joel Saget

Les crevettes de Thaïlande vendues en supermarché cachent un lourd trafic d'êtres humains. afp./Joel Saget

En Thaïlande, des hommes sont enchaînés, battus ou tués sur des bâteaux de pêche, révèle The Guardian, afin de fournir en crevettes les groupes de supermarchés Walmart, Tesco, Costco et Carrefour.

Un arrière-goût amer pour la crevette. Le quotidien britannique The Guardian révèle ce mercredi les résultats d'une enquête de six mois en Thaïlande, dans le milieu de la pêche industrielle à la crevette. Et le constat est effarant: des hommes sont vendus, enchaînés, battus voire tués sur les bateaux qui pêchent de quoi nourrir les crevettes des fermes marines spécialisées.

Selon The Guardian, la plus importante ferme de crevettes au monde, Charoen Pokphand CP Foods, se fournit en nourriture auprès de ces bateaux esclavagistes, qu'elle garde pour ses crevettes ou revend à d'autres fermes.

Les crevettes sont ensuite revendues dans les supermarchés du monde entier. Parmi les chaînes nommées se trouvent Walmart, Tesco, Costco et Carrefour.

Côté supermarchés, les réactions sont unanimes: ils sont contre l'esclavage et des enquêtes sont en cours. Carrefour rappelle au Guardian que des audits étaient effectués auprès de ses fournisseurs. Bien que les enquêtes aient été renforcées depuis 2012, le groupe admet ne pas avoir enquêté au-delà de CP Foods.

"Ils nous ont vendus comme des animaux"

Des esclaves qui ont réussi à s'échapper racontent aux journalistes leur quotidien à bord: 20 heures de travail d'affilée, des passages à tabac, de la torture et des exécutions par les capitaines. Quinze Birmans et Cambodgiens expliquent comment ils ont été capturés, puis vendus pour 300 euros minimum. "J'ai cru que j'allais mourir, se rappelle Vuthy, ancien moine cambodgien, vendu de capitaine en capitaine. J'étais enchaîné en permanence, sans soin ni nourriture. Ils nous ont vendus comme des animaux. Mais nous ne sommes pas des animaux, nous sommes des êtres humains!"

La plupart des malheureux sont des migrants, venus de Birmanie ou du Cambodge pour travailler sur les sites de construction et embarqués de force sur des navires. Certains sont drogués. Un esclave se rappelle avoir vu 20 personnes être tuées devant lui. L'une d'elles a été "écartelée" puis "dispersée" dans la mer. "Nous étions frappés même si nous travaillions dur, ajoute un autre rescapé. Il y avait tellement d'esclaves qu'il était impossible de les compter."

Le quotidien britannique rappelle que CP Foods affiche un bénéfice annuel de 24,8 milliards d'euros et se surnomme "la cuisine du monde". CP Foods admet être au courant de l'esclavagisme en cours en Thaïlande. "Nous n'allons pas défendre cela, affirme au Guardian Bob Miller, directeur à CP Foods au Royaume-Uni. Nous savons qu'il y a des problèmes avec ce qui est livré au port. Or nous n'avons aucune visibilité sur l'ampleur du problème."

"Si vous achetez des crevettes de Thaïlande, vous achetez le produit de l'esclavage"

Certes, l'esclavage sur ces navires en Thaïlande a déjà été pointé du doigt par des associations, des ONG et même l'ONU. Cependant c'est la première fois que le lien est fait entre les esclaves et l'achat par le consommateur. "Si vous achetez des crevettes de Thaïlande, vous achetez le produit de l'esclavage", lance Aidan McQuade, d'Anti-Slavery, une ONG.

Si l'esclavage y est interdit, la Thaïlande est considérée comme un plaque tournante de trafic d'êtres humains. Il y aurait 500 000 esclaves dans le pays. L'industrie de la pêche emploie 300 000 personnes, dont 90% de migrants. "La Thaïlande se bat contre l'esclavage, affirme l'ambassadeur du pays aux Etats-Unis, Vijavat Isarabhakdi. Des progrès ont été constatés, même s'il y en a encore beaucoup à faire." Les Etats-Unis envisagent maintenant de placer la Thaïlande sur la liste noire du trafic d'êtres humains. Et donc de mettre en place des sanctions économiques.

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Daesh. Jason Hirthler : « L’Algérie est une autre cible africaine de l’Occident. »

13 Juin 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Afrique, #Daesch, #ISIL, #L'OTAN., #Terrorisme

Daesh - Daesh - Daesh - Daesh - Daesh - Daesh - Daesh - Daesh
Jason Hirthler : « L’Algérie est une autre cible africaine de l’Occident. »

Posté le 12 juin 2015

Jason Hirthler

Jason Hirthler

Mohsen Abdelmoumen : Quelle est votre analyse de la situation actuelle en Syrie et en Irak avec la montée en puissance de Daesh ?

Jason Hirthler : Les États-Unis ont présenté la montée de Daesh comme une grave menace pour la stabilité du Moyen-Orient et une juste cause pour l’intervention humanitaire. En fait, ce sont les États-Unis et leurs alliés saoudiens, jordaniens et turcs qui ont facilité la montée de Daesh et le Front Al Nosra. Les deux sont des descendants d’Al-Qaïda et ont malheureusement bénéficié de la formation, du financement et des armes de l’Occident. Parmi les autres sources, l’excellent essai de Seymour Hersh, « La Redirection » de 2007, détaille le plan Bush d’utiliser le radicalisme sunnite pour atteindre ses objectifs régionaux. Obama semble avoir continué cette politique. De même, les récentes révélations de documents secrets de la Defense Intelligence Agency (DIA) confirment que l’Occident prévoyait non seulement la montée de Daesh, mais l’a également facilité activement. On doit aussi se demander si les capitulations stupéfiantes de l’armée irakienne à Mossoul – où des centaines de milliers de soldats bien armés ont simplement abandonné leurs armes face à quelques trente mille extrémistes plus que douteusement armés – n’étaient en réalité que des actes de lâcheté ou si l’armée suivait les ordres en fuyant et en abandonnant à dessein de grands arsenaux aux extrémistes.

Pourquoi l’Occident entretiendrait-il activement des armées extrémistes au Moyen-Orient? Parce qu’il en a besoin pour exécuter sa vieille stratégie de destruction du croissant chiite qui va de Beyrouth à Téhéran en passant par Damas. Washington reconnaît que s’il veut établir une hégémonie incontestée dans la région et exercer un contrôle sur ses ressources de pétrole et de gaz naturel, il a besoin de détruire le collier des nations rebelles et anti-impérialistes incluant le Hezbollah du Liban, la Syrie et l’Iran. L’Irak est aussi une menace depuis que le renversement de Saddam Hussein a engagé le pays vers un rapprochement politique et idéologique avec l’Iran. La Russie, favorable à la Syrie et à l’Iran, doit également être marginalisée par des sanctions économiques sévères et une guerre par procuration en Ukraine qui va saper les ressources qu’elle pourrait autrement diriger vers le Moyen-Orient.

Daesh et Al Nosra sont les forces de procuration que l’Occident peut utiliser pour renverser Bachar al Assad à Damas et séparer efficacement le Hezbollah de Téhéran. Cela représenterait une avance tactique vers le but ultime d’isoler l’Iran, qui peut ensuite être plus facilement puni. Jusqu’à présent, les armées extrémistes font des progrès vers Damas et Bagdad. Et l’émergence d’une « principauté » sunnite entre les deux serait un résultat acceptable pour l’Occident.

Du point de vue de la vision à long terme, le tournant du siècle du plan néo-conservateur pour renverser sept pays en cinq ans est en retard, mais il est toujours en cours d’exécution par l’administration Obama (supposée représenter l’élément libéral de la société américaine). Une fois l’Iran isolé, il peut être contraint à la soumission d’une façon ou une autre. L’accord nucléaire avec Téhéran édifié sous le prétexte absurde que l’Iran tente désespérément de construire une bombe, est utile dans la mesure où il retarde la menace de guerre, mais le but ultime est de désarmer les rivaux de Washington afin qu’ils soient plus facilement punis.

Comment expliquez-vous l’échec de la coalition menée par les Etats-Unis face aux terroristes de Daesh ?

Je ne pense pas que Washington soit particulièrement intéressé à stopper Daesh. Écoutez les généraux iraniens qui se plaignent que les États-Unis n’ont guère contribué à la lutte contre Daesh à Ramadi. Regardez les capitulations étranges et inexplicables de l’armée irakienne devant Daesh, abandonnant d’énormes quantités d’armes aux radicaux. Ces groupes ont bénéficié de zones de sécurité à la frontière turque, la Turquie étant un allié de l’OTAN. Daesh est essentiellement une armée de procuration nécessaire à l’Occident qui en a besoin dans sa quête pour renverser le gouvernement Assad en Syrie.

L’acte délicat des relations publiques exécuté par l’Occident doit convaincre les opinions publiques occidentales qu’il se bat pour arrêter Daesh et ses cruautés moyenâgeuses barbares, alors même qu’il travaille pour permettre à Daesh de détruire les Chiites et leurs alliés à Bagdad et à Damas. Jusqu’à présent, l’illusion s’est installée dans l’esprit du public.

L’Arabie saoudite vient de mettre l’Algérie sur une liste noire, l’accusant de financer le terrorisme. Pensez vous que le royaume saoudien qui arme et finance le terrorisme international peut donner des leçons à l’Algérie qui vient de neutraliser un groupe terroriste très dangereux, qui combat le terrorisme depuis des années et qui a été la première à demander la criminalisation du payement des rançons aux terroristes ?

Non, l’Arabie saoudite n’a rien à apprendre à personne, sauf comment écraser les soulèvements populaires en interne et en externe (le Bahreïn et le Yémen viennent à l’esprit), et la façon de propager efficacement l’évangile de l’extrémisme à travers le Moyen-Orient. Les Etats-Unis, dans leur campagne prétendument morale contre Daesh, sont aidés, naturellement, par l’Arabie saoudite, fondement de l’extrémisme wahhabite et principale exécutante de punitions médiévales elle-même. Elle décapite des femmes pour prostitution et d’autres pour sorcellerie. Elle interdit aux femmes de quitter leur domicile sans escorte masculine. Son système juridique est coranique. Et pourtant, elle reste l’un de nos meilleurs alliés régionaux. Ceci est un bon baromètre de la valeur réelle que Washington attribue aux droits humains. L’Algérie est une autre cible africaine de l’Occident, comme la Libye auparavant. Toute nation stratégiquement importante qui n’adhère pas à l’hégémonie occidentale est sur liste noire, sous une forme ou une autre. L’autodétermination n’est pas autorisée dans le système impérial.

Comment analysez-vous le recul des luttes sociales dans les pays occidentaux, malgré la crise économique et les mesures ultralibérales qui produisent plus d’austérité et de chômage ?

Il y a un excès de richesses matérielles en Occident. Il y a beaucoup de confort et de divertissements qui distraient les Occidentaux de s’engager plus directement dans la vie politique. Nous avions un état d’esprit communautaire issu de la solidarité de la classe ouvrière. L’esprit de groupe était plus fort que l’individualisme au cours de l’ère du New Deal. La souffrance collective était reconnue et des solutions communes ont été obtenues grâce à la puissance de l’action collective. Mais grâce à 100 ans de campagnes anti-ouvrières menées par le capital et 40 ans de propagande néolibérale sur la responsabilité personnelle, la solidarité ouvrière a presque disparu. Les gens sont devenus atomisés et ne sont plus reliés par des intérêts de classe. Plus personne n’est dans un syndicat désormais. Personne n’a le temps de creuser les nouvelles sous les reportages superficiels de CNN, FOX, NPR, et le New York Times, qui tous tendent à ressasser comme des perroquets le récit de l’anti-travail et de la responsabilité personnelle. Ils sont la propriété du grand capital qui préfère le travail pas cher, la déréglementation et de faibles impôts – plusieurs des objectifs du néolibéralisme.

Si la conscience de la classe ouvrière est morte, elle a été remplacée par la conscience des consommateurs. Le passage économique en Amérique de la production et l’exportation vers l’importation et la consommation a changé notre conscience collective. Nous ne nous considérons plus comme une classe de travailleurs et de citoyens, mais comme une mer de consommateurs individuels. Nous vivons pour consommer. L’industrie de la carte de crédit a été rechargée pour fournir plus de crédit aux consommateurs déjà endettés, l’idéal pour consommer davantage de biens et de services. Et la dette et le confort matériel financé par l’emprunt sont efficaces pour désamorcer et réorienter la colère populaire.

Dans ce type d’environnement, il y a peu d’appétit pour la révolution. Et les médias aident à conserver cette voie. Le chômage est sous-estimé en excluant du taux de chômage ceux qui ont renoncé à chercher du travail en désespoir de cause. Le taux réel est beaucoup plus élevé, mais les médias mentionnés plus haut maintiennent un rythme régulier dans le battement de tambour avec des chiffres et des prévisions optimistes. On nous dit sans cesse que le chômage est en baisse, même quant il monte. On nous dit que l’économie se redresse même si les revenus font du sur-place. On nous dit que l’inflation est faible alors même que les prix montent. On nous dit que tous nos emplois perdus sont remplacés bien que nous ayons échangé un plein-temps riche en avantage pour un travail à temps partiel avec le minimum vital, sans avantages, un travail à bas salaire. On nous dit que nous nous battons pour la liberté au Moyen-Orient, quand nous nous battons pour renverser des gouvernements élus démocratiquement. Avec ce genre de récit historique faussé rebattu dans notre conscience chaque jour, il est difficile pour les gens de contester l’opinion reçue, de creuser pour la vérité et de trouver des dissidents ayant les mêmes idées auxquels se joindre.

La seule exception jusqu’ici semble être la communauté afro-américaine qui a organisé un certain nombre de soulèvements en réponse aux injustices commises par notre force de police militarisée. Les Noirs ont répondu avec colère, de grandes protestations, et la destruction épisodique. Bien sûr, comme toujours, c’est la communauté noire qui souffre le plus. La majorité de leur richesse a été balayée pendant la Grande Récession et des millions d’hommes noirs possèdent un casier judiciaire douteux, ce qui, dans ce pays, rend le vote et l’obtention d’un emploi exceptionnellement ardus. Un taux de chômage élevé, des bas salaires, et la répression étatique – ces trois maux forment une bonne recette pour le mécontentement civil.

Mais peut-être n’y a-t-il pas suffisamment de gens à avoir été licenciés, brutalisés par l’Etat, ou ayant fait faillite pour qu’une rébellion à grande échelle prenne racine. Soit ça, soit nous subissons si bien la propagande, nous sommes si bien endoctrinés, que nous n’allons tout simplement pas défendre nos droits alors même qu’ils nous sont enlevés. Dans un sens, cette dernière image est plus exacte, puisque les classes ouvrières ont été dans une guerre de classe pendant 40 ans et que beaucoup n’en sont même pas encore conscients. Nous avons une vague croyance que des temps difficiles sont une conséquence inévitable de la mondialisation, comme Tom Friedman du NY Times le prêche souvent.

Comment expliquez-vous la montée des medias alternatifs et les réseaux sociaux, pensez-vous qu’ils puissent rivaliser avec les médias de masse ?

L’Internet continue de représenter un grand espoir pour les gens. De mon expérience, l’accès à une pensée alternative est dix fois supérieure à ce qu’elle était il y a deux décennies. Les faits qui exposent les mensonges d’Etat sont bons à prendre, mais ils sont encore invisibles pour beaucoup qui ne connaissent pas les meilleurs URL à taper dans leurs navigateurs. Ils ne savent pas, dans l’océan de l’Internet, où rechercher de l’information digne de confiance sur la politique étrangère américaine, sur l’économie d’austérité, et ainsi de suite. Mais je crois que la connaissance se répand. Avec un peu de chance, des contradicteurs au Congrès comme Bernie Sanders et Elizabeth Warren, qui se sont rendu malades par les trahisons de leur propre parti, vont gagner en visibilité au cours du cycle électoral 2016. Ils seront certainement dans les médias alternatifs, et les réseaux comme RT (Russia Today) sont un antidote utile contre la propagande des médias dominants qui traitent déjà la candidature d’Hillary Clinton davantage comme un couronnement que comme une campagne.

Quels sont vos futurs projets, pouvez-vous nous en parler ?

Je prépare une collection de mes meilleurs essais et un nouvel écrit à publier dans un proche avenir. L’accent sera mis la politique étrangère américaine, toujours contextualisée dans les grandes ambitions impériales de Washington. Il inclura également un volet légèrement moins important sur la propagande des médias et l’impact de l’économie néolibérale à l’intérieur et à l’étranger.

Interview réalisée par Mohsen Abdelmoumen

Qui est Jason Hirthler ?

Jason Hirthler est un écrivain américain, vétéran de l’industrie des médias numériques et commentateur politique. Il est un collaborateur régulier deCounterpunch et Dissident Voice et publie périodiquement dans State of Nature et autres publications progressistes. Il participe également aux débats dans diverses chaînes de télévision dont CrossTalk de RT (Russia Today), Channel 5de Saint-Pétersbourg, Press TV, et ailleurs.

Published in Oximity, June 12, 2015:https://www.oximity.com/article/Jason-Hirthler-L-Alg%C3%A9rie-est-une-1

In Whatsupic:http://fr.whatsupic.com/sp%C3%A9ciale-monde/jason-hirthler52872734.html

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