Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #terrorisme tag

Paris-Donbass. Par Hélène Richard-Favre.

19 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La France, #La guerre, #La Russie, #AMERIQUE, #La paix, #Terrorisme, #le nazisme, #Le capitalisme;

19/01/2015

Paris-Donbass

Intenses combats près de l'aéroport de Donetsk ou ce qu'il en reste

Les attentats survenus à Paris les 7 et 9 janvier derniers ont choqué.

La France s'est alors élevée pour défendre une valeur qui lui est chère "la liberté d'expression".

On a vu les rues de Paris noires de monde, on a chanté La Marseillaise comme jamais.

En Ukraine, lorsque les habitants du Donbass se sont soulevés pour défendre leurs valeurs, leur terre, leur Histoire, combien sont-ils, en France et ailleurs de par le monde, qui ont saisi le sens de leur mobilisation?

Quelques rares manifestations de soutien ont eu lieu tandis que dans nombre de médias occidentaux, on a persisté à traiter de "rebelle" et de "séparatiste", une population qui n'a eu à coeur que de défendre son "droit d'expression".

Dans l'est de l'Ukraine, les russophones sont privés de leur langue maternelle. L'ukrainien a été imposé à tous.

Et au-delà de l'idiome, c'est la vie de cinq mille citoyens qui a été rayée de la carte.

Comment ne pas réagir?

Pour qui a suivi ce blog, c'est plus de cent vint sujets que j'ai consacrés à la situation en Ukraine depuis un peu plus d'un an.

C'est ce que j'explique dans cet interview qui m'a été demandée par le journaliste Arkadiy Beinenson.

Publiée en russe, elle a été traduite du français par Roman Astvatsatourov.

19/01/2015

Paris-Donbass

150118_k26lm_aeroport-donetsk_sn635.jpg

                                   Intenses combats près de l'aéroport de Donetsk ou ce qu'il en reste

 

Les attentats survenus à Paris les 7 et 9 janvier derniers ont choqué.

La France s'est alors élevée pour défendre une valeur qui lui est chère "la liberté d'expression".

On a vu les rues de Paris noires de monde, on a chanté La Marseillaise comme jamais.

En Ukraine, lorsque les habitants du Donbass se sont soulevés pour défendre leurs valeurs, leur terre, leur Histoire, combien sont-ils, en France et ailleurs de par le monde, qui ont saisi le sens de leur mobilisation?

Quelques rares manifestations de soutien ont eu lieu tandis que dans nombre de médias occidentaux, on a persisté à traiter de "rebelle" et de "séparatiste", une population qui n'a eu à coeur que de défendre son "droit d'expression".

Dans l'est de l'Ukraine, les russophones sont privés de leur langue maternelle. L'ukrainien a été imposé à tous.

Et au-delà de l'idiome, c'est la vie de cinq mille citoyens qui a été rayée de la carte. 

Comment ne pas réagir? 

Pour qui a suivi ce blog, c'est plus de cent vint sujets que j'ai consacrés à la situation en Ukraine depuis un peu plus d'un an.

C'est ce que j'explique dans cet interview qui m'a été demandée par le journaliste Arkadiy Beinenson.

Publiée en russe, elle a été traduite du français par Roman Astvatsatourov.

http://baltnews.ee/authors/20150117/1013517554.html 
Lire la suite

Le "Je suis Charlie" de Porochenko est une imposture! Le point de non retour est-il franchi ? Porochenko décidé a aller au bout de folie criminelle !

19 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La République, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La guerre, #Terrorisme, #le nazisme, #Politique étrangère

Le point de non retour est-il franchi ? Porochenko décidé a aller au bout de folie criminelle !

Le point de non retour est-il franchi ? Porochenko décidé a aller au bout de folie criminelle !

Comme à chaque fois, que les négociations de paix s’apprêtent a reprendre sur le discours des armes, le gouvernement de Kiev relance les combats et les bombardements contre les bastions séparatistes, accusant ensuite ces derniers d’avoir commencé en premier.
 
Par exemple, en ce début de janvier si l’aéroport a été repris de force par les Forces Armées de Novorossiya, c’est pour permettre à ces dernières d’avancer vers les positions tenues par l’artillerie de Kiev qui avait repris intensément ses bombardements sur les quartiers résidentiels.
 
Il est fort à parier que le compte rendu de situation que les occidentaux vont présenter aux prochaines réunions de l’Union Européenne concernant la crise, commenceront perfidement à la contre-attaque séparatiste devenue agression terroriste…Porochenko a donc choisi l’option militaire ou plutôt génocidaire, car en donnant l’ordre à son armée d’écraser les villes du Donbass sous le feu de ses canons et de son aviation, il provoque une escalade gravissime dans un  conflit aux enjeux et menaces internationales.Jusqu’où les occidentaux vont-ils soutenir ce satrape meurtrier ? est-il encore le pantin d’une stratégie étasunienne d’agression contre la Russie ou dans sa folie,a-t-il échappé à tout contrôle de ses parrains cupides et stupides ?Dans les 2 cas si rien est fait pour stopper ce fou, il est probable, 1 siècle après 1914, que l’Europe soit précipitée à nouveau dans une nouvelle spirale suicidaire, car la Russie malgré tous ces efforts diplomatiques ne pourra laisser exterminer la population du Donbass, sans réagir par d’autres moyens.
 
Porochenko a rejeté le plan Poutine de retrait de l’artillerie 
et a commencé l’agression

Article publié sur le site “RUSSIA TODAY” le 18 janvier 2015, le lien :  ICI

 
Le plan de cessez le feu de Poutine rejeté par Kiev !
Kiev a repris son offensive militaire dans l’Est de l’Ukraine le dimanche malgré la réception d’une proposition jeudi soir par le président russe que les deux parties du conflit retirent leur artillerie lourde, a déclaré l’attaché de presse du Président Poutine.
 
 
“Ces derniers jours, la Russie a toujours fait des efforts pour arbitrer le conflit. En particulier, le jeudi soir, le président russe Vladimir Poutine a envoyé un message écrit à président ukrainien Porochenko, dans lequel les deux parties au conflit ont été offerts un plan concret pour l’enlèvement de artillerie lourde. La lettre a été reçue par le Président de l’Ukraine le vendredi matin,” a déclaré le porte parole du  Kremlin, Dmitri Peskov, à l’agence RIA Novosti.
 
“Les derniers développements en Ukraine liés aux bombardements renouvelés des zones peuplées dans les régions de Donetsk et de Lougansk et une grave alarme et qui a pour conséquence de mettre en péril le processus de paix basé sur le mémorandum Minsk,” a écrit Vladimir Poutine
 
Poutine a proposé le retrait immédiat de l’artillerie d’un calibre plus de 100 mm à la distance définie par les accords de Minsk. La Russie est prête à contrôler le respect de ces mouvements conjointement avec l’OSCE, conclut la lettre.
 
Cependant, Peskov a souligné, que le dirigeant ukrainien a rejeté le plan, sans offrir des solutions de rechange et que “des actions militaires ont été à nouveau déclenchées” entraînant une “dégradation absolue de la situation dans le sud-est de l’Ukraine.”
 
Le ministère russe des Affaires étrangères a accusé Kiev d’utiliser le cessez le feu pour “regrouper ses forces, en essayant de prendre le chemin d’une nouvelle escalade avec un but de « régler » le conflit d’une manière militaire.”
 
“Nous sommes profondément préoccupés par le fait que la partie ukrainienne continue d’accroître sa présence militaire dans le sud-est du pays, en violation des accords de Minsk,” a indiqué le ministère dans un communiqué.
 

Un immeuble résidentiel à Donetsk endommagé par des bombardements ukrainiens le 18 Janvier 2015 (RIA Novosti / Mikhail Parhomenko)

 
Les troupes ukrainiennes ont lancé un assaut massif sur les domaines de la milice le dimanche matin.
 
L’ordre de Kiev est intervenu après plusieurs jours de violents affrontements dans les ruines de l’aéroport international de Donetsk – une scène de combats incessants au cours des mois au milieu d’un cessez-le fragile entre l’armée ukrainienne et les milices locales.
 
Vue de drone de l’aéroport de Donetsk 
Il a également été évoqué le bombardement meurtrier d’un bus plus tôt cette semaine; où 12 personnes ont été tuées mardi lorsque le bus a été pris pour cible à un poste de contrôle tenu par Kiev près de la ville de Volnovakha.
 
Les Forces Armées de Novorossiya ont nié les accusations selon lesquelles la milice locale était responsable, affirmant que le bus a été ciblé par les troupes ukrainiennes.
 
Un brusque escalade des affrontements a également été signalée sur toute la ligne de front à Donetsk et dans les régions avoisinantes.
 
La Russie a exhorté tous les membres de la communauté internationale, notamment l’OSCE, d’exiger que Kiev stoppe inconditionnellement sa politique forcée du conflit.
 
“Il y a un besoin urgent de cesser les hostilités et de reprendre le mode« silence »en Ukraine; la mission de l’OSCE devrait jouer un rôle particulier dans ce domaine, “
 
Moscou a souligné la nécessité de poursuivre les discussions au sein du groupe de contact pour respecter les accords de Minsk, en disant qu’il va faire tout ce qu’il peut pour que le groupe peut se réunir au début de la semaine prochaine.
 
“Nous demandons à tous les membres et ceux qui ont une influence sur la situation, de ne pas laisser une autre répartition [en pourparlers arrivera]», a déclaré le ministère des Affaires étrangères.
 
Les bombardements massifs de Kiev sur Donetsk 
 
 
La Russie a déclaré sa préparation “à utiliser son influence sur les milices”, dans le sud l’Ukraine afin qu’ils acceptent volontairement de se retirer armement lourd de la ligne de front, de sorte que ses coordonnées géographiques correspondent aux demandes de Kiev “pour éviter plus de victimes parmi la population civile.”
 
Le ministère des Affaires étrangères a lié les attaques meurtrières ordonné par Kiev provoquant “gigantesque embrasement” de Donetsk à la prochaine réunion du Conseil Affaires étrangères de l’UE le 19 Janvier.
 
Il a noté que “de telles tentatives ressemblent à des provocations (comparable au crash du Boeing MH17 et l’incident du bus à Volnovakha) arrivent généralement, à la veille de réunions de l’Union européenne et d’autres Etats de l’Ouest, concernant la situation en Ukraine “.
 
Le secrétaire général de l’ONU, selon un porte-parole, est “alarmé” par la grave escalade des combats dans l’est de l’Ukraine, qui a déjà fait de nombreuses victimes, et a appelé à une “cessation immédiate et complète des hostilités.”
 
 
Voir les autres articles sur le site “RUSSIA TODAY” :
___________
 
Sources de l’article 
Site “RT” (Russia Today) le lien : ICI
 
 
Lire la suite

Samedi 24 janvier 2015 - Café N°33 - "L'actualité nationale et internationale à la lumière de JAURES + Dossier TERRORISME" - Invité exceptionnel : M. Jacques CHEMINADE (Solidarité & Progrès)

19 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Terrorisme, #La France, #La République, #La nation ., #L'OTAN., #Europe supranationale, #Politique étrangère

Samedi 24 janvier 2015 - Café N°33 - "L'actualité nationale et internationale à la lumière de JAURES + Dossier TERRORISME" - Invité exceptionnel : M. Jacques CHEMINADE (Solidarité & Progrès)

111943-affiche-cheminade-1.jpg

Samedi 24 janvier 2015

"L'actualité nationale et internationale à la lumière de JAURES "

+ DOSSIER "TERRORISME" (Janvier 2015)

TERRORISME - « Charlie Hebdo et les 28 pages » SOLIDARITE & PROGRES (CHEMINADE) - Lundi 12 janvier 2015

TERRORISME – « Le colonel (cr) Alain Corvez : les 28 pages changeront notre vision du 11 septembre » - SOLIDARITE & PROGRES - (CHEMINADE) - MARDI 13 janvier 2015

TERRORISME - « Les racines britanniques du terrorisme international» par Jacques CHEMINADE, Président-fondateur du parti Solidarité & Progrès – Décembre 2014

***

Avec M. Jacques CHEMINADE

(Solidarité & Progrès) 

***

SP Cheminade BB.JPG

M. Jacques CHEMINADE  préside le mouvement Solidarité & Progrès.

Il a lancé une campagne nationale pour "Ramener JAURES au peuple" et le mouvement Solidarité & Progrès a produit manifestations et documents sur ce sujet.

Voir MISSION JAURES : http://www.solidariteetprogres.org/jaures2014.html

C'est sur ce sujet principal que M. Cheminade a accepté de répondre à l'invitation des Clubs "Penser la France" et de la Rédaction de politique-actu, ce dont nous le remercions.

L'Actualité TERRORISTE en France et aux USA (janvier 2015) appelle bien sûr ce sujet central.

***

Tous les derniers Samedis du mois à Paris – Bastille, les Clubs « Penser la France » et la Rédaction de Politique-actu organisent  les Cafés de l'Hyper-République, animé par JLuc Pujo, entouré de membres des équipes de la Rédaction de Politique-actu et des Clubs « Penser la France ».

CAFE LE FALSTAFF – 16H00-19H00

Place de la BASTILLE – PARIS

Contact :

penserlafrance@yahoo.fr

Jean-Luc Pujo

01.73.64.98 .68 ou 06.83.23.66.64

 

"Penser la France"

Bp 26 - 92403 Courbevoie cedex

Le journal en ligne

"POLITIQUE-ACTU.com"
*

Siège national - 01.73.64.98.68

Jean-Luc Pujo - 06.83.23.66.64

Lire la suite

Comment les ultralibéraux intègrent les symboles de la Nation. Ils revisitent Valmy, l'Egalité, l'Ecole, ...

19 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Terrorisme, #Je suis Charlie?, #La France, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Europe supranationale

Bonjour.

Enfin un débat sur la manif Charlie Hebdo - Les experts 13 01 2015

Vidéo à regarder jusqu'au bout. 

La première partie est consacrée au thème "Je suis Charlie". La seconde est tournée sur la situation économique et politique de la France.

Vous pourrez apprécier en direct et clairement exprimées les credos des ultralibéraux. Par exemple: L'Etat est incapable d'apporter des solutions, seules les entreprises le sont !  C'est du pur Friedmann à la française!!! 

La nouveauté est qu'ils se réclament de la nation et du moulin de Valmy. Selon eux les nouveaux soldats de l'an II seraient les entreprises, seules capables de résoudre les problèmes dans les banlieues et dans notre pays plus généralement.  

Pour l'Education Nationale par exemple, le problème se réglerait selon eux, en délégant à des entreprises comme Acadomia en Partenariat Public Privé (donc de la dépense publique au profit du privé) de nombreuses missions d'éducation que l'institution ne serait plus capable de remplir. Le chèque éducation serait la panacée universelle, la présence de militaires dans les écoles, etc ... L'appât du gain attire les charognards!

 

Pour comprendre le brouillage politique actuel, il est utile de connaître le point de vue des apôtres de la voie Macron.

 

Ah , j'oubliais, pour eux,  l'Union Européenne est sanctuarisée, elle devient l'EUROPE et jamais à aucun moment l'idée de discuter de la pertinence de cet instrument ultralibéral au service des puissants n'a été évoqué. 

Circulez, il n'y a  rien à voir.

Lucien Pons

https://www.dailymotion.com/video/x2ewgem_enfin-un-debat-sur-la-manif-charlie-hebdo-les-experts-13-01-2015_school?start=

Lire la suite

Milices djihadistes, créatures monstrueuses de l'impérialisme ! Par Aline Retesse Lutte Ouvrière.

19 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Le fascisme, #le nazisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La mondialisation, #Les transnationales, #La République, #Terrorisme, #Politique étrangère

Milices djihadistes, créatures monstrueuses de l'impérialisme !

« Des milices comme celles de l'État islamique, qui utilisent le drapeau de la religion, prétendant représenter la population sunnite, tout comme celles, plus ou moins puissantes, qui prétendent représenter la population chiite, n'auraient jamais vu le jour si l'impérialisme ne leur avait pas ouvert la voie en attisant, directement ou indirectement, les divisions au sein de la population irakienne et en utilisant ces divisions pour imposer sa domination. Ces milices djihadistes ont été favorisées politiquement par les dix années de guerre et d'occupation impérialistes, qui n'ont apporté à la population que la misère, les destructions, les morts. Elles ont, de plus, été aidées matériellement pour certaines. Ainsi, les États du Golfe, et en particulier l'Arabie saoudite et le Qatar, en bons exécuteurs des basses œuvres pour le compte des pays impérialistes, États-Unis en tête, ont fourni aux milices de l'État islamique basées en Syrie de l'argent et des armes. Ces forces réactionnaires sont les créatures monstrueuses de l'impérialisme, devenues aujourd'hui de plus en plus incontrôlables. »

Il y a là quelques bonnes vérités à connaître et à faire connaître, même si Lutte Ouvrière n'est pas seule à les dire !

Michel Peyret

LUTTE OUVRIÈRE N°2424 DU 16 JANVIER 2015

Un terrorisme nourri par la politique de l'impérialisme

Utilisant l'émotion provoquée par les attentats en France, tous les dirigeants politiques français, de Hollande et Valls à Sarkozy, y sont allés de leurs déclarations pour appeler à faire la guerre contre le terrorisme.

Sans surprise, le ministre des Affaires étrangères, Fabius, a annoncé que les interventions militaires françaises au Mali et au Moyen-Orient seraient renforcées. Mardi 13 janvier, les députés votaient par 488 voix pour, une contre, et 13 abstentions, la prolongation de l'intervention des forces françaises en Irak. Le même jour, le porte-avions Charles-de-Gaulle partait en direction de la région du Golfe où il devrait être engagé dans des combats contre le groupe État islamique.

Cet envoi du Charles-de-Gaulle et d'avions supplémentaires au Moyen-Orient signifie de prochains raids aériens, qui n'apporteront que des destructions et des victimes parmi la population civile, sans pour autant vaincre les djihadistes.

Le gouvernement veut justifier les interventions passées au Mali ou en Centrafrique, ou encore celle déclenchée en septembre en Irak. Il voudrait surtout pouvoir continuer ces guerres, voire les intensifier, avec l'assentiment des travailleurs et de l'ensemble des classes populaires. Mais ces guerres menées par la France dans le monde, au nom de la lutte contre le terrorisme, ont eu pour seul objectif la défense des intérêts des grands groupes capitalistes.

Pour justifier l'intervention au Mali, déclenchée il y a tout juste deux ans, le gouvernement français parlait de s'opposer à l'instauration d'un État terroriste. Mais il était surtout préoccupé de préserver l'ordre dans sa zone d'influence africaine, dans cette zone située au nord du Mali, tout près de la frontière du Niger, pour que le trust français Areva puisse continuer à exploiter les gisements d'uranium.

Il faut bien combattre la barbarie, répètent en boucle les dirigeants politiques, de Hollande à Sarkozy. Mais qui a semé cette barbarie partout dans le monde ? Les milices djihadistes qui, en Irak et en Syrie, imposent une dictature moyenâgeuse à la population des territoires conquis, ne sont pas nées de rien.

Des milices comme celles de l'État islamique, qui utilisent le drapeau de la religion, prétendant représenter la population sunnite, tout comme celles, plus ou moins puissantes, qui prétendent représenter la population chiite, n'auraient jamais vu le jour si l'impérialisme ne leur avait pas ouvert la voie en attisant, directement ou indirectement, les divisions au sein de la population irakienne et en utilisant ces divisions pour imposer sa domination.

Ces milices djihadistes ont été favorisées politiquement par les dix années de guerre et d'occupation impérialistes, qui n'ont apporté à la population que la misère, les destructions, les morts. Elles ont, de plus, été aidées matériellement pour certaines. Ainsi, les États du Golfe, et en particulier l'Arabie saoudite et le Qatar, en bons exécuteurs des basses œuvres pour le compte des pays impérialistes, États-Unis en tête, ont fourni aux milices de l'État islamique basées en Syrie de l'argent et des armes. Ces forces réactionnaires sont les créatures monstrueuses de l'impérialisme, devenues aujourd'hui de plus en plus incontrôlables.

« Il serait temps que les pays occidentaux tirent les leçons de l'Afghanistan. Il y avait en 2001 un foyer de terrorisme. Aujourd'hui il y en a une quinzaine. Nous les avons multipliés. (...) Combien de terroristes allons-nous créer ? », déclarait même l'ancien Premier ministre Villepin en septembre dernier, au lendemain de la décision de Hollande de participer à une nouvelle guerre en Irak, qu'il jugeait « absurde et dangereuse ».

Oui, la barbarie des guerres menées par les puissances impérialistes pour maintenir leur domination a engendré la barbarie des milices intégristes. Compter sur les Hollande et autres dirigeants impérialistes pour la combattre, c'est compter sur des pyromanes pour éteindre le feu. C'est bien ce système capitaliste lui-même, et les hommes politiques qui gouvernent en son nom, qu'il faut combattre.

Aline Retesse

Lire la suite

Caroline Fourest : “Les Femen ne sont pas nazies !” Bon, enquêtons alors…

18 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Le fascisme, #le nazisme, #La mondialisation, #La Russie, #La République, #Europe supranationale, #Terrorisme, #Je suis Charlie?, #L'OTAN.

 

Comme je me suis fait interpeller fortement (enfin, insulter à ce stade…) par Caroline Fourest sur Le Huffington Post, j’ai un peu regardé ses derniers billets, et je suis tombé sur celui-ci :

 

 

Halte à la propagande. LES FEMEN sont très clairement anti-Svoboda et anti-Secteur droit, qu’elles ont décrit comme “leur ennemis” dans un tweet. Il faut être particulièrement pro-Poutine pour ne pas l’entendre… Vieille propagande soviétique. Les partisans de la Révolution Orange étaient déjà qualifiés de nazis, puis les FEMEN, puis Euro-Maïdan dans son ensemble… Grossier

 

Donc un visiteur (que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam) demande des explications (pour de bonnes ou de mauvaises raisons) sur la vision des FEMEN sur l’extrême-droite ukrainienne – et il finit par se faire traiter de “Pro-Poutine”, de “Propagandiste soviétique” et de “Grossier”. (Je fais d’ailleurs ici le pari que, dans quelques semaines, la propagande essaiera de dénoncer les gens qui dénoncent des néonazis dans un gouvernement en Europe comme étant ”évidemment” d’extrême-droite…)

Chacun appréciera d’ailleurs dans cette dialectique qui use de méthodes soviétiques ou d’extrême-droite – méthodes déjà utilisées à mon égard en tant que criminel de lèse-”journaliste”… Bref, en l’espèce, selon Mme Fourest, aucune raison d’enquêter, elles ont déjà donné leur vision… dans un tweet ! Du lourd, quoi…

Donc reprise du billet originel et “fact checking” (vérification par les faits).

 

Les FEMEN sont-elles nazies ? (par Caroline Fourest)

Source : Huffington Post

Un tissu d’amalgames mêlant sources russes et propagande d’extrême droite, diffusé par les amis de Dieudonné comme Jo le corbeau, tente de dépeindre les FEMEN comme un mouvement “ROUGE-BRUN”. Mise au point.

VRAI

  • Les premières militantes de FEMEN comme Anna Hutsol (ainsi que son camarade Viktor et Oksana) viennent des cercles communistes ukrainiens mêlant nostalgie marxiste et fierté patriotique (l’Ukraine ayant été colonisée par les Russes). Elles ne l’ont jamais caché.
  • Les premières campagnes de FEMEN étaient contre l’afflux de touristes pour l’EURO 2012, dont beaucoup de touristes turcs harcelant des Ukrainiennes en pleine rue. Elles se sont senties traitées comme des prostituées, et cette révolte est au cœur de leurs premières campagnes.
  • Elles ont effectivement participé à une manifestation où il y avait des féministes, des démocrates mais aussi des militants nationalistes d’extrême droite (comme en ce moment place Maïdan), au nom de la liberté d’expression et de manifester, pour demander la libération des prisonniers politiques en Biélorussie.

FAUX

  • Les Femen ne sont ni racistes, ni d’extrême droite, mais féministes, antireligieuses et défendent le principe d’égalité au point d’avoir été passées à tabac et d’être régulièrement menacées de mort, en France comme en Ukraine, par les mouvements d’extrême droite, qui les accusent d’être à la solde d’Israël, des Etats-Unis ou du gouvernement… Alors qu’elles ne touchent aucun argent public, font tourner leur mouvement avec trois fois rien, et que Soros finance les mouvements islamistes comme le Collectif contre l’islamophobie !
  • Un militant dieudonnesque a même été jusqu’à détourner (via Photoshop) une image où elles lèvent le poing après avoir été agressées par CIVITAS. Leur slogans contre l’Eglise et contre l’homophobie ont été remplacés par des slogans d’extrême droite !
  • Les militants de Dieudonné demandent aussi qu’on interdise FEMEN parce qu’elles ont fait un salut nazi, dans une action très ancienne… Mais qui visait justement à dénoncer comme nazie l’industrie du sexe ! Elles sont arrivées devant des sex-shop allemands déguisées en nazis avec des godmichets pour assimiler l’industrie du sexe à une industrie de la mort. Ce n’est pas la plus pertinente de leurs comparaisons mais bien la preuve que Femen a des références antifascistes… Et non “rouge-bruns”, contrairement aux “rouge bruns” qui tentent de faire cet amalgame contre elles !

Je comprends que certaines de leurs actions puissent dérouter une fois sorties de leur contexte ukrainien. Je suis moi-même passée par toutes ces phases, de méfiance et d’incompréhension. Mon livre, INNA, raconte ces coulisses, comme il critique certains aspects plus réels de FEMEN.

Ce n’est pas une raison pour succomber aux fantasmes agités par leur ennemis, nombreux, particulièrement malhonnêtes, et pour le coup vraiment d’extrême droite.

Indice…

Cette attitude est donc un sérieux indice incitant à mener une petite enquête…

Ce billet a donc plusieurs buts :

  • montrer que les médias manquent de moyens (temps) et de volonté pour contrôler des faits importants mais déplaisants par rapport à l’orientation de la propagande dans le pays (ici, un fait qui a causé une grosse émotion dans l’Est de l’Ukraine et en Russie) ;
  • analyser une information de Caroline Fourest. Non que ça soit majeur, mais ça illustre bien les pratiques journalistiques actuelles – et j’ai trouvé le raccourci (que j’exagère à peine) “vous vous interrogez et craignez que les FEMEN soient d’extrême droite, attention, vous n’êtes pas loin d’utiliser des pratiques d’extrême droite” – on aura tout vu… ;
  • illustrer de nouveau que des choses vraiment pas nettes ont cours en Ukraine ;
  • alerter sur les dangers de l’affichage des informations personnelles dans les réseaux sociaux (si un citoyen lambda arrive à faire ça, imaginez ce dont est capable la NSA…).

Les photos

Une rapide recherche montre que Caroline Fourest fait allusion en particulier à ça - dont j’ai déjà parlé – :

“Certaines Femen ont eu des fréquentations – disons douteuses – dans les manifestations locales :

Le drapeau rouge est celui de l’UNA-UNSO, une organisation néo-nazie ukrainienne :

Et puis ça :

En bas de la pancarte : «Свобода» = SVOBODA et son logo !

Issue de l’intéressante enquête d’Olivier Pechter sur la face cachée des Femen

==> La réponse de Caroline Fourest est que “elles ont effectivement participé à une manifestation où il y avait des féministes, des démocrates mais aussi des militants nationalistes d’extrême droite (comme en ce moment place Maïdan), au nom de la liberté d’expression et de manifester

Ceci étant, il reste stupéfiant de ne voir aucun problème à manifester avec des néonazis revendiqués et de sembler ne pas se poser la moindre question sur la situation ni les éventuelles manipulations dont ces groupes sont coutumiers.

Si Madame Fourest voyait – disons -, un économiste de premier plan manifester juste à côté du FN pour demander la sortie de l’euro (qui n’est – sauf mauvaise foi sans limite – en rien une revendication d’extrême droite, ni d’extrême tout court), elle dirait donc : “Aucun souci, cet homme-là, – niant par ailleurs toute proximité idéologique avec le FN – utilise simplement sa liberté d’expression et de manifester, et je défends son droit en demandant que tout amalgame soit évité.”.

L’autre photo évoquée par elle est celle-ci :

À l’évidence, c’était le thème de la manifestation des FEMEN de caricaturer le symbole nazi, et il faut être de mauvaise foi pour retenir ceci contre elles. En tous cas sur l’aspect “nazi” (pour le fond et la forme, à chacun d’apprécier).

Pour ma part, pour la forme (et je ne parle même pas des godemichets…), j’avoue condamner ce genre de biais de communication, qui a surtout pour conséquence la banalisation du nazisme et du fascisme – et rend, comme on le voit, aveugle quand certains de ses représentants se retrouvent au gouvernement en Ukraine…

Bref, en tous cas, pour notre sujet, pour Caroline Fourest : Innocentes ! Fin du débat

Les doutes

J’ai pour ma part encore quelques doutes, que je vais exposer.

Mais je précise immédiatement : non je ne pense pas que “Les FEMEN sont nazies” (je le précise bien pour éviter toute Fourestitude prétendant que c’est ma vision, que je suis moi même nazi et soviétique et génocidaire cambodgien et tout et tout…) – le titre est grotesque, et est un stratagème classique manipulatoire (comme Schopenhauer l’a si bien recensé) visant à grossir le trait, pour évidemment le réfuter facilement, et ne pas traiter l’assertion initiale, possiblement juste.

En plus, il est bien évident que toutes les Femen ne sont pas des fanatiques de Svoboda et Secteur Droit – dont la tolérance envers les homosexuelles n’est pas le fort…

Maintenant la question “Certaines FEMEN ont-elles une forme de proximité avec des mouvements  néonazis, extrémistes ou ultranationalistes ?“, mérite à mon sens d’être posée. Surtout quand il s’agit de FEMEN de premier plan et systématiquement mises en avant. Cela mériterait une enquête approfondie – qu’il revient à des journalistes de mener, et pas à des blogueurs…

Je ne tire donc aucune conclusion définitive à ce stade, je mets quelques faits à votre connaissance et partage mes interrogations…

Inna Shevchenko

J’avoue ne pas  avoir lu le livre INNA – mais aussi, ce n’est pas le cœur de mes recherches, et ceci est a priori le dernier post du blog sur les Femen. Mais enfin, on me permettra d’avoir quelques interrogations sur ceci.

Je rappelle qu’Inna Shevchenko a obtenu l’asile en France le 9 avril 2013 alors qu’elle faisait l’objet d’une enquête criminelle par la police de son pays après avoir tronçonné une croix catholique lors d’une manifestation pour protester contre la condamnation des Pussy Riot. Cette action a soulevé de très vives protestations en Ukraine, la croix en question ayant été érigée en souvenir des millions de victimes des persécutions soviétiques du NKVD… (sources : Izvestia, Obozrevatel)

Qui a valu cette série de pubs Femen :

Ainsi que celle-ci – qui fleure bon les années 1930 :

Après, j’ai bien entendu le “oui elles sont antireligieuses”. Mais enfin, vous me permettrez de faire une “Fourestitude”, et  de dire que certains observateurs pourraient rapprocher un tel comportement de rejet de l’autre de celui des antisémites, anti-arabes et autres ”anti-autres”… “Pourquoi ne pas aussi bruler des églises, des synagogues et voir carrément des musulmans… ???” (Bien imité, non ?)

D’ailleurs, elles en appellent au meurtre du patriarche orthodoxe Kirill  dans leur Campagne KILL KIRILL (quelle finesse – et quelle belle pub pour le féminisme… Voir ici et  et ) :

Comme plusieurs siècles ont été nécessaires pour supprimer “l’Inquisition catholique”, il serait souhaitable que ne naissent pas des velléités de type ”Inquisition athée”…

Par ailleurs, le 14 juillet 2013, jour de la fête nationale en France, est dévoilé le timbre Marianne de la Jeunesse, dont Inna est une des sources d’inspiration selon un des auteurs. Elle réagit alors sur Twitter : « Désormais, tous les homophobes, extrémistes, fascistes devront lécher mon cul pour envoyer une lettre ».

Enfin, c’est super de dénoncer les “homophobes, extrémistes, fascistes“.

Mais alors je comprends mal ce tweet diffusé le 9 juillet 2013 : « Qu’est ce qui peut être plus stupide que le Ramadan ? Qu’est ce qui peut être plus laid que cette religion ? ». Elle a supprimé par la suite le tweet mais assure « l’assumer entièrement » (Source : L’Express).

J’ai donc du mal à accorder du coup le qualificatif “d’Humaniste” à cette personne… Ce qui ne veut pas évidemment pas dire que je lui dénie toute qualité - bien entendu…

Je considère cependant pour ma part qu’en ces temps de plus en plus troublés, il est important d’apaiser les tensions, de ne pas susciter la haine ou l’animosité entre les nations et les cultures, de respecter l’autre en son être et en ses convictions, bref, de tout faire pour apaiser le corps social et assurer sa cohésion.

Poursuivons l’enquête avec une seconde FEMEN…

Incise

Lors de ma participation au désormais fameux débat dans l’excellent Arrêt sur Images (c’est à se demander si Daniel Scheidemann est le dernier journaliste de premier plan du pays à se poser des questions sur sa profession…)

Alors oui, certaines choses ne me font pas beaucoup rire – contrairement aux deux journalistes – qui, bien que j’aie passé l’information, l’ont mise sous le boisseau (façon, pfffff, le blogueur il a même pas sa carte de presse…) - j’imagine que cela n’intéresse pas le lecteur du Monde ou de Libé

Alors du coup, j’ai un peu enquêté…

Eugenia Krayzman

Eugenia Krayzman est une des activistes ukrainiennes de premier plan des FEMEN.

Eugenia Krayzman

Vous l’avez déjà vu dans certaines actions (ce blog ne recule devant aucun sacrifice pour rechercher la vérité…) :

En septembre 2013 à la Mostra de Venise (2e : Inna Shevchenko; 4e Eugenia Krayzman ; 5e Alexandra Shevchenko) (Source)

De gauche à droite : Eugenia Krayzman, Alexandra Shevchenko, Inna Shevchenko & Anna (Source)

Eugenia Krayzman (Source)

Bien.

Alors, il se trouve que les Ukrainiens utilisent le Facebook local, vk.com (comme nous l’avons vu hier avec Pravy Sektor) et donnent publiquement des informations intéressantes… (je passe sous silence les nombreuses choses hallucinantes qui y figurent – mais relèvent pour le coup entièrement de la vie privée).

Voici donc l’éloquente analyse de la page Vk d’Eugenia – qui a choisi le nom de page girl_femen :

Eugenia Evgenia Krayzman

5 500 amis, près de 500 followers

Eugenia habite Kiev :

Eugenia Evgenia Krayzman

Hasard incroyable, elle était justement à Odessa le 2 mai 2014 à midi :

Eugenia Evgenia Krayzman

Et toujours en fin de journée, ce qui a valu ce post d’anthologie à 18h40 (169 Like):

Eugenia Evgenia Krayzman

Odessa en avant ! Ukraine en avant !!  – Nous sommes un pays uni !!!”

Prononcées devant un bâtiment où sont attaqués des personnes militant pour leurs droits linguistiques (50 ayant péri dans l’incendie), cela pourrait vraiment ressembler à de paroles d’extrême-droite…

Rappel des images pas trop vues dans nos médias (images dures à la fin) :

N.B. des citoyens ont aussi porté secours, évidemment, mais tard, une fois que les néonazis ont reculé)

La photo de la tente brulant devant la Maison des Syndicats (pour ceux qui n’ont pas suivi et pour les journalistes de Libé, c’est ici) et là :

Eugenia Evgenia Krayzman

En effet, quelle joie d’aller mettre le feu au “Maïdan des anti-Kiev”…

Eugenia Evgenia Krayzman

Les réseaux FEMEN re-twittent avec plaisir ce grand moment à 20h34 – moment où l’ampleur du drame est apparue :

Eugenia Evgenia Krayzman

Eugenia Evgenia Krayzman

Bref, c’est de ça dont je parlais, et qui n’intéressait pas les journalistes (français – parce que les journalistes russophones…).

Bien. Poursuivons alors l’enquête “vkique”.

Que découvre-t-on dans les groupes dont elle est membre :

Eugenia Evgenia Krayzman

Pravy Sektor – Secteur Droit ! Tiens tiens – le même que nous avons analysé il y a quelques jours (ET QUE JE VOUS RECOMMANDE VIVEMENT), avec ses 430 000 followers et ces grands billets :

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Bon, après rien de conclusif, on a encore le droit de lire des trucs sans y adhérer. Continuons.

Évidemment, Eugenia a été interpellée par des russophones suite à son post (originaux avec traductions) :

Eugenia Evgenia Krayzman

Bon, Boris Shevchenko (de la famille d’Inna et d’Alexandra ?) souhaiterait que les FEMEN en fassent plus.

D’autres trouvent (évidemment) que c’est déjà trop :

Eugenia Evgenia Krayzman

Eugenia Evgenia Krayzman

“Et ce ne sont même pas des habitants d’Odessa, ni d’Ukraine!”

Hallucinant de bêtise crasse – tous les morts étaient bien d’Odessa (Sources : Unian.net, Podrobnosti.ua, odessit.ua).

Suite :

Eugenia Evgenia Krayzman

Donc elle a vu que les types n’étaient pas Ukrainiens… Bien. Elle a vu d’autres choses aussi – comme on va le voir plus loin… (Elle a donc semble-t-il des problèmes aux yeux – j’espère simplement qu’elle n’en parlera pas à Caroline Fourest, afin d’éviter de nouvelles tensions infondées avec la Russie :) ).

Alors du coup, le ton monte :

Eugenia Evgenia Krayzman

Et c’est là que ça devient TRÉS intéressant :

Je suis une Bandériste (Banderovka=partisane de Stepan Bandera) et une sextrémiste, il ne faut pas venir dans un pays qui n’est pas le vôtre, si vous voulez aller en Russie, dégagez – les frontières sont ouvertes !

Est-il bien nécessaire de rappeler à qui se rattachent en France ce genre de propos ? Caroline Fourest les accepterait-elle ?

Mais ce qu’il faut faire, c’est rappeler qui était le non-regrettable Stepan Bandera.

Stepan Bandera est « le saint homme » de l’ultra-nationalisme ukrainien – et ce n’est pas une exagération, cf cette affiche de Svoboda :

Eugenia Evgenia Krayzman

Tract de Svoboda : (Roman) Choukhevytch est un héros / (Stepan) Bandera est un saint

Les troupes Bandera de troupes rentrent avec les nazis en URSS en juin 1941. Par la suite, les nazis refusant l’indépendance de l’Ukraine (et arrêtent Bandera et l’emprisonnent durant la guerre, avant de libérer et qu’il s’allie de nouveaux face aux Soviétiques), elles se fondent d’une part dans la Division Waffen SS (division Galicie), dans la milice ukrainienne alliée des nazis et dans l’UPA, qui combat d’abord les nazis avant de s’allier avec eux à la fin de la guerre. L’UPA est responsable du massacre de près de 80 000 civils Polonais en Volhynie.

Son organisation politique, l’OUN, écrivit en 1941 : « Les Moscovites, les Polonais et les Juifs nous sont hostiles et doivent être exterminés dans cette lutte, en en particulier ceux qui résisteraient à notre régime. […] L’assimilation des Juifs n’est pas possible. » Le bras droit de Bandera, Yaroslav Stetsko, écrivit en 1941 : « Je soutiens donc la destruction des Juifs et la pertinence de l’apport des méthodes allemandes d’extermination des Juifs en Ukraine, plutôt que de tenter de les assimiler. » (Sources : Wikipedia et Wikipedia)

Une des organisations ayant fondé Secteur Droit se nommait le Trident de Stepan Bandera, et était dirigée par l’actuel leader de Secteur droit, Dmitro Iarosh.

Laissons la parole à des spécialistes :

Stepan Bandera a collaboré avec les nazis au début de la Seconde Guerre mondiale, et [ses] partisans étaient liés à des meurtres de milliers de Juifs et d’autres minorités“ [Centre Simon Wiesenthal, 28 janvier 2010]

Et donc, ce triste sire est le héros d’Evguenia… Alors “nazie”, non… – mais admiratrice des collaborateurs nazis ultranationalistes, plus probablement ?

Rappel :

Eugenia Evgenia Krayzman

“Coïncidence”, c’est aussi la vision de Secteur Droit, dites !

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Ils aiment bien aussi l’idéologue du parti de Bandera – un modèle quoi… :

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Bien, on avance un peu.

Eugénie (dans de rares occasions) ”re-twitte” même Secteur Droit :

Eugenia Evgenia Krayzman

Comme ses appels à la mobilisation :

Eugenia Evgenia Krayzman

Ou ses appels aux dons :

Eugenia Evgenia Krayzman

Et ses nécrologies :

Eugenia Evgenia Krayzman

Eugenia a enfin de hautes idées sur ce qui s’est passé à Odessa - puisqu’elle a tout “vu par elle-même”. Elle publie donc ce scoop fantastique :

Eugenia Evgenia Krayzman

Eugenia Evgenia Krayzman

Eugenia Evgenia Krayzman

Eugenia Evgenia Krayzman

Et termine par des liens de sites complotistes – que même chez nous, on n’en n’a pas d’aussi délirants…

Donc, c’est un coup des Russes, qui sont venus à Odessa, ont manipulé les anti-Kiev et les pro-Kiev (et elle-même donc…) pour que les premiers se fassent gazer à l’intérieur, car Poutine, eh ben il a tout arrangé depuis 3 jours…

Donc, les types de Pravy Sektor, ils ont un peu tué 50 ukrainiens russophones d’Odessa, mais bon, c’est la faute de Poutine, hein. Sans doute comme le 11 septembre 2001 pour elle, j’imagine – vu sa profondeur d’analyse.

Alors reprenons la fameuse Chronique de Caroline Fourest :

“Les morts d’Odessa font partie d’un complot [...] – version pro-russe, paranoïaque, qu’on retrouve chez d’authentiques militants d’extrême-droite mais européens cette fois, et pro-russes”

A priori, il n’y a guère de raison que si une version complotiste par un pro-russe est d’extrême droite, une autre version complotiste par un pro-Kiev ne le serait pas…

Donc délire + négationisme + complotisme = FEMEN ? Ah bon…

En tous cas, Eugenia en discute bien avec ses amis, Ukrainiens typiques j’imagine… (il y a un GROS truc avec les armes là-bas…)

Eugenia Evgenia Krayzman

 

À ce stade, une fois les nouvelles connues, on aurait pu penser qu’elle ferait amende honorable – mais non, car cette Femen “ose tout” et “ne change jamais d’avis”. Donc le 4 mai à 16, elle passe le fameuse photo en photo de profil, pour que tout le monde l’observe  bien :

Eugenia Evgenia Krayzman

Alors du coup on ne va pas s’arrêter en si bon chemin…

Comme elle raconte sa vie en public (ah, narcissisme quand tu nous tiens…), on apprend qu’elle est en couple avec Sasha :

Eugenia Evgenia Krayzman

Qui est là :

Eugenia Evgenia Krayzman

Sasha partage l’intérêt de sa fiancée pour Pravy Sektor – Secteur Droit :

Eugenia Evgenia Krayzman

Et elle en partage en tous  cas certaines analyses…

Secteur Droit diffuse ceci sur son compte :

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Sasha (bon, c’est moins détaillé…) diffuse ça :

Eugenia Evgenia Krayzman

N.B. : il ne faut pas trop s’étonner de ce genre de propos chez une lesbienne ukrainienne qui ne semble pas vomir Secteur Droit.

Dans le même registre, on en reparlera, les Galiciens banderistes se sont alliés avec les nazis en 1941, pour chasser les Soviétiques dans le but, pour eux, de créer un État ukrainien – il considéraient  les Russes comme des sous-hommes asiatiques. Mais, ça ne l’a pas fait du tout, car ces Galiciens étaient en fait eux-mêmes vu comme des sous-hommes slaves par Hitler qui s’est rapidement retourné vers eux… Comme quoi…

Secteur Droit – 27/04, 11h41 :

Pravy Sektor (Secteur Droit)

Sasha : 27/04 15h56 :

Eugenia Evgenia Krayzman

Parfois c’est plus simple, elle re-twitte elle aussi directement Secteur Droit :

Eugenia Evgenia Krayzman

Eugenia Evgenia Krayzman

Bien entendu, la plupart des posts sont plus… personnels :

Eugenia Evgenia Krayzman

Les posts qu’elle a laissés sur son mur :

Eugenia Evgenia Krayzman

No comment :

Eugenia Evgenia Krayzman

Sasha a par ailleurs 27 amis ! Dont ceux-ci :

Eugenia Evgenia Krayzman

Et puis Sasha a pris soin de bien préciser ses goûts :

Eugenia Evgenia Krayzman

Elle est donc une “fanatique” (foot ou politique – à vous de voir…), et aime bien les livres sur le nazisme…

Bon, c’est bien de se renseigner, mais enfin de là à rejoindre le mini-groupe dédié, de 88 personnes… (on peut atteindre ce fabuleux groupe en cliquant sur le mot dans la fiche de Sasha про национал-социализм)

Surtout que - comment dire ? -, je suis peut-être mauvaise langue, mais on ne dirait pas franchement des historiens préparant des thèses sur ce sujet… Non ?

Eugenia Evgenia Krayzman

Eugenia Evgenia Krayzman

En ouvrant un de ces profils par hasard, on tombe sur ça par exemple – la classe…

Eugenia Evgenia Krayzman

Enfin, bon… Fin du tour d’horizon…

On a donc un membre du groupe Secteur Droit, qui se retrouve à Odessa avec des gens de Secteur Droit, qui reprend les pires thèses complotistes de Secteur Droit, qui se dit banderiste – héros de Secteur Droit, qui veut foutre les russophones dehors, qui ne semble nullement peinée par la mort de 50 personnes dans le bâtiment devant lequel elle paradait et tire gloire de mettre ça en photo d’identité de sa page, et dont la copine raffole de littérature nazie, relaie les mêmes billets que Secteur Droit, et traine dans des groupes d’immondes néonazis.

Après comme le dirait Caroline Fourest, cela peut “dérouter une fois sorties de leur contexte ukrainien.” et qu’il faut “passer par toutes ces phases, de méfiance et d’incompréhension.

Et c’est peut-être vrai… Mais pour ma part, je ne vais pas passer plus de temps sur cette personne – il y a tant et tant d’humanistes formidables qui ne demandent aucun “décryptage”… Mais bon, peut-être qu’un nouveau livre EVGENIA pourrait éclairer le public – je ne suis pour ma part, je le rappelle, nullement journaliste…

Journalistes dont on attend d’ailleurs qu’ils présentent le plus objectivement possible les faits, pour que les lecteurs se fassent leur propre opinion – et non pas qu’ils fournissent de l’information déjà digérée…

P.S. À la fin de sa fiche, Eugenia indique :

Eugenia Evgenia Krayzman

Et je prouverai au MONDE qu’une femme est capable de tout!!!!!!”

À ce stade, on peut certainement considérer que c’est en effet prouvé…

Épilogue

On lit sur Femen France :

Eugenia Evgenia Krayzman

 ”Halte à l’épidémie fasciste en Europe”

Et je réponds, OUI !!!!

Et commençons donc en Ukraine, en refusant de tolérer que le moindre néonazi n’ait sa place dans un gouvernement, car c’est là que certains sont au pouvoir – en ce moment même, avec les conséquences que l’on voit…  C’est autrement plus grave que ce que peuvent penser 3 Femens qui se courent après sous le regard complice des caméras.

P.S. : si après ça, vous vous servez encore de Facebook non pas seulement pour vous informer, mais pour y raconter votre vie (surtout si vous êtes néonazis -enfin, sauf en Ukraine, ou ça semble plutôt à la mode…), je ne peux plus rien pour vous… :)

P.P.S. : billet évidemment réalisé sans le moindre trucage, j’ai toutes les copies d’écran vu que mon petit doigt me dit que ces pages vont vite changer après la sortie de ce billet…

 

 

116 réponses à Caroline Fourest : “Les Femen ne sont pas nazies !” Bon, enquêtons alors…

Les femen mangent dans la main des nazis ukrainiens... http://www.les-crises.fr/caroline-fourest-les-femen-ne-sont-pas-nazies-ah-bon/

Lire la suite

Des photos d'un ghetto en Pologne, prises par le photographe de Hitler

18 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #Comité pour une Nouvelle résistance, #La paix, #La guerre, #Terrorisme, #La France, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La nation ., #Je suis Charlie?

Bonjour.

Devant les odieuses tentatives de récupérations et de manipulations suite aux évènements tragiques de janvier 2015 en France, je publie à nouveau un article du 23 octobre 2012 sur les photos prises dans le ghetto de Varsovie par le photographe de Hitler.

Il est bien sûr impossible de dire avec certitude dans quelles conditions ces photos ont été réalisées, visiblement pas sous la contrainte, et à l’exception d’une seule, sans présence de soldats. Qu’il l’ait voulu ou non, Hugo Jaeger a réalisé des portraits d’hommes, de femmes et d’enfants juifs promis à la destruction, dans toute leur humanité. Un témoignage unique et stupéfiant, d’autant plus fort que certaines de ces photos, tels ces portraits de jeunes femmes bouleversantes de beauté, semblent avoir été pris hier, et non voilà 72 ans dans un ghetto de Pologne, antichambre des camps de la mort.

Dans la totale confusion que nous subissons, revenir sur des fondamentaux permet de ne pas sombrer dans la bêtise et dans la possible division des citoyens. Il faut à tout prix éviter la stratégie du choc dans notre pays et ne pas permettre le choc des civilisations, qui j'en suis sûr arrangerait bien certaines personnes.

Cette humanité ainsi exposée, avec l'impression que le temps n'a aucune prise sur ces photos, permet je crois de trouver l'antidote à la haine.

Cordialement.

Lucien PONS

Des photos d'un ghetto en Pologne, prises par le photographe de Hitler. Bouleversant témoignage repris sur le blog de Jean Lévy.

 

 

DIEU ME PARDONNE C'EST SON MÉTIER…

 

Des photos rares d’un ghetto en Pologne,

sous l’objectif du photographe de Hitler

par Alain Granat

23OCT

Lundi 22 octobre 2012

Des photos rares d’un ghetto en Pologne, sous l’objectif du photographe de Hitler

Pourquoi Hugo Jaeger, célèbre photographe allemand dans les années 30, nazi de la première heure et l’un des rares photographes admis dans le cercle restreint des intimes d’Hitler pour immortaliser le Führer, a-t-il réalisé ces photos exceptionnelles de juifs du ghetto polonais de Kutno ?

Exceptionnelles, ces photos le sont à plus d’un titre. D’abord en raison de la personnalité du photographe,familier d'Hitler, envoyé en Pologne sous l’uniforme comme correspondant de guerre pour fixer des images de propagande telles qu’on en a vu des centaines. Ensuite parce que Jaeger est l’un des rares photographes allemand à utiliser alors la nouvelle technologie des films couleurs produits par Kodak, ainsi qu’un procédé permettant de visionner ces photos en 3D.

Ces clichés, une vingtaine, ont été pris entre la fin de l’année 1939 et 1940, dans le ghetto de Kutno, une ville se trouvant à une centaine de kilomètres de Varsovie, peu après l’invasion de la Pologne par les nazis. Le ghetto, qui comptait 8000 juifs, sera liquidé en 1942 et ses rares survivants déportés dans les camps d’extermination.

A contrario de la plupart des photos prises par les nazis dans les ghettos et connues jusqu’ici, visant à montrer les juifs comme des sous-hommes, des images de domination, de soldats aryens humiliant ces habitants, les photos prises par Hugo Jaeger font preuve d’empathie. De curiosité aussi, peut-être de fascination, du moins ne témoignent nulle hostilité, sinon de la misère et des privations régnant dans le ghetto.

Elles appartiennent au magazine Life, qui les a présentées à l’occasion du 72è anniversaire de l’établissement du ghetto de Varsovie. Leur histoire est également étonnante. Hugo Jaeger, craignant d’être arrêté par les alliés en 1945 en possession de plus de 2000 clichés d’Hitler, enterra ses négatifs dans des récipients en métal qu’il cacha aux abords de Munich. Il les retira de ses cachettes au fil des années qui suivirent la fin de la guerre, plaça les négatifs dans un coffre en Suisse en 1955, et les vendit à Life dix ans plus tard.

Il est bien sûr impossible de dire avec certitude dans quelles conditions ces photos ont été réalisées, visiblement pas sous la contrainte, et à l’exception d’une seule, sans présence de soldats. Qu’il l’ait voulu ou non, Hugo Jaeger a réalisé des portraits d’hommes, de femmes et d’enfants juifs promis à la destruction, dans toute leur humanité. Un témoignage unique et stupéfiant, d’autant plus fort que certaines de ces photos, tels ces portraits de jeunes femmes bouleversantes de beauté, semblent avoir été pris hier, et non voilà 72 ans dans un ghetto de Pologne, antichambre des camps de la mort.

Alain Granat

Photos © Time Life Pictures/Getty Images, merci à Clara Lainé Malinow

 

 
 
Lire la suite

Excellente mise au point de Jean Lévy: Du DROIT D’EXPRESSION A LA THEORIE DU COMPLOT.

18 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le fascisme, #Les média, #Les transnationales, #La France, #La République, #la liberté, #Terrorisme, #Je suis Charlie?, #Europe supranationale, #L'OTAN.

Excellente mise au point de Jean Lévy: Du DROIT D’EXPRESSION A LA THEORIE DU COMPLOT.

Dimanche 18 janvier 2015

Du DROIT D’EXPRESSION A LA THEORIE DU COMPLOT, par Jean LEVY

DU DROIT D’EXPRESSION

A LA THEORIE DU COMPLOT

par Jean LEVY

Ces jours-ci, des collégiens, des citoyens sont poursuivis, voire mis en examen, pour des propos échangés en public, ou placés sur la toile, qui mettent en cause la version officielle des tueries de Charlie Hebdo et de la Porte de Vincennes, ou qui doutent de la relation qu’en ont fait les médias.

Le gouvernement appelle ce « délit » : « la théorie du complot ».

Les exemples fourmillent dans le monde de fauteurs de désordre qui ont prétendu ne pas croire aux déclarations de leur gouvernement et qui l’ont fait savoir.

Faut-il rappeler le cas des journalistes américains qui n’ont pas cru leur président, Richard Nixon, quand celui-ci niait l’espionnage du quartier général du parti Démocrate réalisé par ses services.

Et de pousser le vice jusqu’à prouver qu’ils disaient vrai !

Certains mauvais esprits n’ont-ils pas prétendu que Washington et la CIA ont été à la manœuvre au Chili contre le gouvernement légal de Salvador Allende…

Plus grave encore, la « théorie du complot » ne s’est-elle pas étalée sur la place publique accusant le gouvernement Bush d’avoir fourni de faux documents à l’ONU tendant à prouver que Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive, et cela, pour justifier l’intervention US en Irak…

Et ne parlons pas des tours jumelles de New York…

Quant à notre pays, il a son lot d’élément dangereux, toujours doutant de la vérité officielle du moment : le général de Gaulle, en 1940, stigmatisant l’Etat français l’accusant de trahison, renouvelant son audace en avril 1961, dénonçant le pouvoir installé à Alger dû à "la conjuration militaire"

Aujourd’hui, certains prétendent que la France n’est plus souveraine, que c’est Bruxelles qui décide, que la majorité de nos lois ne sont que des traductions des décisions de l’Union européenne, que notre budget doit d’abord être approuvé une instance étrangère avant d’être présenté à l’Assemblée nationale…

Ne va-t-on pas, dans certains milieux, jusqu’à insinuer que la CIA et la NSA de nos grands alliés étasuniens espionnent les citoyens français et européens, jusqu’aux portables de leurs dirigeants !

Que va-t-on chercher pour troubler nos concitoyens et jeter le trouble sur leurs dirigeants…

C’est vrai : mettre en doute les explications données par les autorités

– et oser le dire - c’est intolérable, en démocratie. Certains mauvais esprits rétorquent que la répression des idées est contraire au droit d’expression. C’est faux : il s’agit d’un détournement de vérité.

C’est ainsi que de mauvais Français prétendent qu’on peut tout dire. A la vérité derrière cette assertion, se dissimule la volonté de justifier l’injustifiable, la mise en cause de la parole officielle, c’est-à-dire la « théorie du complot ».

D’autres, plus dangereux encore, proclament qu’on ne peut pas tout dire ! Donc, ils insinuent que les sources d’information nous cachent quelque chose, et on en revient toujours à la « théorie du complot ».

Disons-le tout net : les quatre millions de Françaises et de Français qui ont battu le pavé de nos villes en clamant « Je suis un Charlie » se réclamant du droit d’expression, n’avaient-t-ils pas derrière la tête, l’idée que celle-ci n’était pas totalement acquise dans notre pays…

En clair, cela voudrait dire que notre peuple est massivement gangréné par cette maudite théorie…Alors, qu’il sache bien que le gouvernement Hollande-Valls n’hésitera pas à globalement le mettre en examen !

Lire la suite

Etre ou ne pas être Charlie. Le côté obscur d’une antinomie

18 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les média, #le nazisme, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #L'OTAN., #La guerre, #Politique étrangère, #Terrorisme, #Je suis Charlie?

Etre ou ne pas être Charlie. Le côté obscur d’une antinomie

Etre ou ne pas être Charlie. Le côté obscur d’une antinomie

Avant la tragédie survenue le 7 janvier dans le hall de ses locaux, Charlie Hebdo divisait déjà la société française. Volontairement ou non – on ne juge pas les morts – le journal creusait un immense fossé entre les musulmans de France et les chrétiens, entre les croyants et les athées, entre, pour reprendre ce vers de Louis Aragon, celui qui croyait au ciel et celui qui n’y croyait pas.

Deux semaines après les faits, cette division s’accentue on ne peut plus. Loin de se résorber, l’abcès pourrait crever à tout moment. Ce qui en sortira risque de n’être pas si beau à voir.

Je suis Charlie arborent, endeuillés, des amis sur facebook. Paris est Charlie, peut-on lire sur le frontispice de l’Arc de Triomphe. Charb est le nouveau Jean Moulin, martyr de la liberté d’expression, peut-on entendre de la part de sa compagne, Jeannette Bougrab. Il conviendrait donc de l’inhumer au Panthéon. Dans un même temps, on apprend que le couple entendait quitter à tout jamais la France pour s’installer dans un pays plus conforme à leurs idéaux démocratiques.

Toujours dans un même temps et toujours au nom d’une liberté dont on ne sait trop guère le nom, on voit les autorités austraciser Zemmour et voir d’un assez mauvais oeil Houellebecq. L’un est un identitaire, un raciste incorrigible. L’autre est anxiogène, bref, xénophobe. Il serait intéressant de relever que Mohamed Sifaoui a publié dans Le Monde un article extrêmement critique de Soumission en gratifiant son auteur d’étiquettes tantôt hargneuses tantôt condescendantes. La publication date du 7 janvier, jour de l’attentat et c’est Le Monde, un journal de référence et un journal de centre gauche qui en a fait la promotion. Si même l’on considère que les manifestations qui ont eu lieu un peu partout en France en mémoire du collectif Hebdo et en hommage à la liberté de la presse ont véritablement été organisées à ces seules et nobles fins, on pourrait se demander s’il n’y a pas comme une contradiction intrinsèque à l’Idée véhiculée.

Et ces contradictions, ces incohérences même, Dieu sait si elles foisonnent. Permettez-moi de les répertorier aussi brièvement que possible.

Sur un plan substantiel

– Douze personnes sont mortes, pour la plupart des journalistes et deux policiers. Il s’agit sans conteste d’un massacre abominable que n’importe quelle personne saine d’âme et d’esprit ne saurait que condamner quelles que soient ses convictions. Ceci étant dit, je me demande – et, a posteriori, je suis loin d’être la seule – pourquoi est-ce que cette tuerie devrait faire la une de tous les journaux du monde alors donc que tous les jours, toutes les heures, toutes les minutes, des gens sont massacrés aux quatre coins de l’Afrique, du Moyen-Orient et du Donbass au nom des fameuses valeurs républicaines que l’on prétendrait défendre?

La vie d’un journaliste occidental, vaudrait-elle plus que celle d’un enfant irakien mort sous les bombes de l’OTAN? Que celle d’une jeune femme syrienne tuée par ceux qui feraient “du bon boulot”? Que celle d’un journaliste russe tué par balles dans le Donbass alors qu’il prenait des photos?

Aurait-on vu en ces circonstances qui perdurent une offense à la démocratie? Auraient-elles interpellé la conscience de ceux qui pleurent Charb et son équipe ? Il ne semblerait pas. J’ai vu la souffrance des Donbassiens, le pleur des vieillards qui balaient les neiges épaisses de janvier sous le sifflement des obus, des enfants qui jouent dehors au moment où l’artillerie se défoule sur Donetsk. J’ai parlé à leurs parents qui évoquent la présence de mercenaires occidentaux – français, hélas, y compris – dans les bataillons dits punitifs.

Si donc j’ai moralement le droit de répéter, à la suite de mes compatriotes, Je suis Charlie, n’aurais-je donc pas doublement le droit, voire le devoir moral de proclamer “Je suis Odessa” (une centaine de morts brûlés/ou asphyxiés), “Je suis le Donbass” (près de 5.000 morts selon l’OSCE), “Je suis la Syrie” (200.000 morts environ), “Je suis l’Irak” (plus d’un million de morts) et j’en passe? L’exercice de nos valeurs, à admettre que celles-ci existent encore, n’est-il pas censé enjamber le seuil des locaux d’Hebdo?

– Cette hypocrisie, si elle est avant tout affligeante pour les peuples concernés en premier lieu, a frappé la France. Clairvoyant comme il sied à un Président de son envergure, Bachar al-Assad avait prévu le retour de manivelle qui trois jours durant ramena la France aux heures sombres du RER B station Saint-Michel et aux drames plus récents de Toulouse et Montauban. Peut-on se permettre d’instrumentaliser des islamistes au Moyen-Orient en ayant sur son territoire des cellules dormantes difficilement contrôlables ? Comme par hasard, les frères Kouachi revenaient de Syrie. Le cadet, Chérif, avait écopé trois ans de prison en 2008 pour avoir intégré une filière djihadiste. Trois ans seulement. C’est à méditer.

– Comment se fait-il que la marche républicaine de Paris ait rassemblé des chefs d’Etat et des politiciens représentant des pays assez peu sensibles aux discours voltairiens de M.Hollande? Faudrait-il rappeler que la Turquie est sur le point d’autoriser la construction d’une église chrétienne à Istanbul alors qu’elle l’interdisait jusqu’ici? Quid de la Jordanie, une monarchie où la liberté de la presse est inexistante ? Quid de Porochenko qui est allé jusqu’à interdire les chaînes russes en Ukraine et qui cautionne le pilonnage des immeubles? La liberté d’expression, sauf erreur de ma part, ne constitue pas une valeur spécifique à la Vème République. Elle tend à l’universel. Surtout quand le prix de cette liberté est estimé à des vies humaines comme c’est aujourd’hui le cas, en plein centre de l’Europe, avec l’Ukraine.

Sur un plan (plus) technique

– Le Plan Vigipirate-attentats de vigueur supposait, tout à fait logiquement, que toute manifestation éventuelle soit repoussée à des fins de sécurité. Qu’a-t-on finalement remarqué ? Près de 100.000 personnes sont descendues dans les rues de Paris alors que des provocations auraient pu intervenir. La télévision montrait des leaders issus d’un grand nombre de pays marcher soi-disant à la tête du peuple. Or, dans la réalité, ces derniers ont défilé dans une ruelle parfaitement gardée par les forces de l’ordre et surtout barrée. On appréciera plus que jamais le degré de proximité et de solidarité des leaders mondiaux vis-à-vis d’un peuple dont ils prétendent être proches.

– On prétend organiser une marche dite d’unité nationale. Fort bien ! Se croirait-on alors permis d’en exclure les représentants du FN comme envisageaient de le faire les grands promoteurs de la démocratie européenne version PS ? Est-ce parce que Marine Le Pen, dans son discours aux Français, avait appelé à enquêter sur les sources de financement des cellules djihadistes disséminées à travers le territoire français ? Voilà qui serait bien plus efficace que d’arrêter Dieudonné dont l’humour serait moins acceptable que celui de Charlie Hebdo.

– Des journalistes ont été tués manifestement parce qu’ils se sont permis des caricatures de Mahomet. Dans le numéro historique du 14 janvier, on peut VOIR le Prophète, larmoyant, tenant une pancarte avec ce slogan au sens si vague Je suis Charlie. Mais a-t-on demandé aux musulmans s’ils sont Charlie? Je ne crois pas. Au lieu d’apaiser les tensions au nom de la sécurité nationale et du vivre-ensemble, on les entretient … à petits coups d’encre. S’agirait-il de motiver une nouvelle intervention soi-disant anti-islamiste au Moyen-Orient?

Il est humain de se reconnaître dans Charlie dans la mesure où toute vie est sacrée. Il est inhumain de pleurer Charlie en élevant une tragédie locale à une tragédie d’envergure mondiale tout en passant sous silence les monstruosités perpétrées dans d’autres coins du monde avec l’aval d’un certain nombre de ceux qui ont défilé dans une ruelle bien gardée. Il est humain de vouloir défendre la liberté d’expression. Il est inhumain de le faire au détriment d’autres libertés en jouant sur les contradictions. Cette antinomie lancinante que représente Charlie n’a ni commencement ni fin. On dirait un cercle vicieux. Un peu à l’image des politiques nulles et suicidaires qui régissent l’UE. Je suis Charlie et je ne suis surtout pas Charlie. Voilà pour résumer.

Par Françoise Compoint

Source : La Voix de la Russie-RIA Novosti

Photo prise par un des participants de la Marche républicaine à Paris le 11 janvier 2015

Lire la suite

France : un principe de liberté d’expression, 400 textes de censure. Olivier Berruyer

18 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les média, #la liberté, #La République, #La justice, #Terrorisme

Reprise d’un article du Point du 13/01/2015

L’avocat Emmanuel Pierrat s’alarme des coups portés en France à la liberté d’expression…, notamment à l’occasion d’indignations collectives. Entretien.


L’avocat Emmanuel Pierrat parle de quelque 400 textes qui, depuis deux siècles, ont limité en France le principe de liberté d’expression. © PHOTOPQR/LE TELEGRAMME/Francois Destoc

Propos recueillis par MARION COCQUET
Le 11 janvier, la France s’est levée en masse pour défendre les libertés d’opinion, d’expression et de caricature après l’attentat sanglant contre Charlie Hebdo. Le 12, plusieurs personnes comparaissaient devant les tribunaux pour “apologie du terrorisme” après avoir clamé leur soutien aux frères Kouachi et à Amedy Coulibaly. Le même jour, une enquête était ouverte contre le polémiste Dieudonné qui, au soir de la marche républicaine, avait eu le bon goût d’écrire sur sa page Facebook “Je suis Charlie Coulibaly”. Jusqu’où, en France, a-t-on le droit d’aller ? L’avocat Emmanuel Pierrat, spécialiste du droit de la presse, répond au Point.fr.

Le Point.fr : Combien de textes limitent, en France, la liberté d’expression ?

Emmanuel Pierrat : Rappelons, d’abord, que ce principe figure dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui a valeur constitutionnelle. L’article 11 dispose que “la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement”… Mais une restriction est immédiatement apportée à ce principe, après une virgule : “Sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.” Les États-Unis, eux, n’ont jamais ajouté de virgule à leur “freedom of speech” garanti par le premier amendement de la Constitution. Jusqu’au Patriot Act de l’après 11-Septembre, ils réussissaient à maintenir une liberté d’expression quasi absolue, y compris avec des délirants : les porteurs de croix gammées, le Ku Klux Klan, etc. La Convention européenne des droits de l’homme reprend la liberté d’expression, mais y met elle aussi des bémols. En France, je compte, moi, quelque 400 textes qui y ont porté atteinte.

Par exemple ?

Prenez la loi Guigou sur la présomption d’innocence (qui, au passage, est appliquée dans le sens d’une présomption de culpabilité par les journaux : on parle de “tueur présumé”). Elle date de 2000, après qu’un moniteur de ski, accusé d’avoir entraîné ses clients dans une zone d’avalanche, est montré par le JT de 20 heures menottes aux poignets et assommé par les flashs. Tout le monde est choqué par ces images. On vote donc une loi qui interdit de montrer des personnes menottées. Ce qui fait qu’un journaliste qui filme Bertrand Cantat arrêté à Vilnius est obligé de lui “couper” les bras. Ce qui fait aussi que, si vous souhaitez avoir un débat sur l’usage des menottes, si vous voulez même dénoncer cet usage, vous n’avez pas le droit d’illustrer votre propos avec des images de la réalité.

Autre exemple : on n’a pas le droit de faire, en France, la publicité d’un contraceptif féminin. Et ce, en vertu d’une loi votée au sortir de la Première Guerre mondiale, qui a interdit la “propagande anti-nataliste”, sous le prétexte de garantir l’avenir de la nation… Seule la publicité pour le préservatif masculin a été tolérée, lorsque les autorités ont fait le ratio entre le coût du sida et les bénéfices de cette défense obsolète de la natalité… Il ne se passe pas deux ans en France sans qu’un nouveau coup soit porté à la liberté d’expression.

Arrive-t-il que ces lois soient abrogées ?

Jamais, ou presque. Un article de la loi de 1881 sur la liberté de presse interdisait ainsi l’offense aux chefs d’État étrangers : dans cette belle terre d’asile et de liberté d’expression, un homme, journaliste, écrivain, particulier, pouvait ainsi être poursuivi pour avoir critiqué le dictateur de son pays d’origine. Ce texte a été utilisé dans la France de De Gaulle contre les opposants aux dictateurs amis de la France. Après l’affaire des diamants de Bokassa, son usage a diminué, sans qu’il soit pour autant abrogé. On s’en est servi ensuite contre les opposants à Omar Bongo, contre François-Xavier Verschave, auteur d’un livre sur la Françafrique aux éditions des Arènes. Il a fallu l’affaire du “Casse-toi Pov’con” prononcé contre Nicolas Sarkozy pour que ce délit d’”offense” arrive devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) et que la France soit condamnée.

Est-elle, dans ce domaine, le plus restrictif des pays européens ?

Oui, et de très loin. Je vais chaque année à la grande foire du livre de Francfort, en Allemagne. Compte tenu des barrières que met la France à la liberté d’expression sur les questions de religion, de race, de sexe, etc., il est absolument certain qu’un livre relu par un avocat français est garanti “vendable” dans 90 % des pays au monde. C’est loin d’être le cas lorsque les clients français achètent des documents étrangers. Jusqu’à il y a quelques années, d’ailleurs, un texte en langue étrangère publié en France devait recevoir avant publication l’accord du ministère de l’Intérieur – en vertu d’un texte voté pour lutter contre les indépendantismes corses, basques, bretons, etc. Là encore, c’est la CEDH qui a conduit à son abrogation.

Qu’en est-il de l’”apologie du terrorisme” ?

En réalité, elle est, elle aussi, interdite depuis la loi de 1881 sur la liberté de presse. Le texte prévoit en effet l’interdiction de l’apologie des crimes et des délits : le meurtre, le viol, le vol, l’abus de confiance, etc. Le terrorisme, que la France de l’époque connaissait déjà, en fait évidemment partie. On y a ajouté depuis par démagogie un texte supplémentaire, et superfétatoire. Quand cela ? En 1986, après une série d’attentats islamistes à Paris, et à l’initiative de Charles Pasqua.

Qu’est-ce que faire l’apologie du terrorisme ? Crier “vive la kalach !” devant des policiers comme l’a fait un jeune d’Orléans condamné à 6 mois de prison ferme ? Dire “Je suis Charlie Coulibaly” comme Dieudonné contre qui une enquête est ouverte ?

Le texte réprime en principe des propos qui incitent à passer à l’acte, à commettre des attentats. Est-ce le cas, dans les exemples que vous me citez ? Aussi moralement condamnables qu’on puisse les juger, je n’en suis pas persuadé. Il faut bien se souvenir que les lois de censure sont des lois d’exception par rapport à un principe, qui reste celui de la liberté d’expression. Dieudonné, qui a affaire depuis longtemps à la justice, sait assez bien jusqu’où il ne peut pas aller. Il n’a pas parlé du “regretté Coulibaly” par exemple : son “Je suis Charlie Coulibaly” risque donc de poser problème à la justice. Je pense d’ailleurs que, s’il l’a retiré de son compte Facebook, c’est moins pour des raisons juridiques que parce qu’il s’est aperçu qu’il était allé trop loin commercialement, qu’il risquait de perdre beaucoup de ses fans.

On voit aujourd’hui prononcées des peines de plusieurs mois de prison ferme pour de tels faits. Cela s’était-il déjà produit ? Ou faut-il imputer ces peines à la loi de novembre 2014 sur le terrorisme ?

Les peines prononcées sont en effet inédites. Mais la loi de 2014 permet d’aller encore plus loin, jusqu’à trois ans de prison ferme. De manière plus générale, l’agitation de ces derniers jours m’inquiète. La France dispose déjà d’un lourd dispositif pour lutter contre le terrorisme. L’avocat que je suis n’est pas hostile par principe à toute censure, le citoyen que je suis non plus, et je ne soutiens en aucun cas les provocations d’un Dieudonné. Mais j’essaie de réfléchir en dépit de ce qui personnellement peut me choquer et de raisonner en termes de philosophie du droit. Le résultat de tous ces textes est un véritable galimatias. Sur le chapitre de la liberté d’expression, on n’a jamais pris la peine de construire un code, qui rassemble et hiérarchise les problèmes. On ne peut que se réjouir de la grande marche du 11 janvier, mais il faut, je crois, se méfier des textes adoptés sous le coup de l’émotion. Prenez encore, à ce sujet, la loi de sécurité publique dite Perben II !

Quelle est-elle ?

Patrick Henry, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 1977 pour le meurtre du petit Philippe, est libéré en 2001 après un parcours de réinsertion qui en fait un détenu modèle. À sa sortie de prison, il publie chez Calmann-Lévy un livre, Vous n’aurez pas à le regretter… et, quelques jours plus tard, il est arrêté avec 10 kg de cannabis. L’indignation est générale, on le traite de tous les noms. Et, dans la foulée, on adopte la loi Perben II. Elle s’inspire du droit américain, en la comprenant mal : aux États-Unis, en réaction à la multiplication de mémoires de serial-killers, il a été décidé que ceux-ci ne pourraient pas toucher de droits d’auteur, et que l’argent serait reversé aux associations de familles de victimes. En France, on a transformé cela en l’interdiction, pour toute personne condamnée, de publier un livre. Y compris s’il veut y faire son mea culpa, ou s’il veut clamer son innocence. Ce qui signifie qu’il faudrait interdire le Journal du voleur de Genet et cela, à cause d’une loi écrite et votée trop vite.

Source : Le Point

 

 

 

21 réponses à France : un principe de liberté d’expression, 400 textes de censure

 

Lire la suite