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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #terrorisme tag

Le terrorisme au maillot enfin débusqué ! Par pascal Acot.

3 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Terrorisme, #Je suis Charlie?, #la liberté, #La France, #La République

Le terrorisme au maillot enfin débusqué !

Jeudi 29 janvier 2015,

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Victoire ! La France se ressaisit. Nous venons d’entrer dans l’ère moderne de l’antiterrorisme. Comme naguère Nicolas Sarkozy le préconisait,
il s’agit désormais de débusquer les barbares dès leur plus jeune âge.

Il était temps ! Ils ont serré un petit salopard de huit ans ! Heureusement qu’un instituteur clairvoyant n’est pas tombé dans le panneau de ce petit djihadiste en culotte courte. Car ils sont très forts pour recruter chez Daesh. Mais le pédagogue a sû déceler, sous les apparences innocentes d’une provocation de môme, le tueur sanguinaire qui aurait bientôt décapité un humanitaire, un pilote de chasseur-bombardier, ou (pire) un journaliste, voire un dessinateur – profession désormais sacrée au nom de la liberté d’expression. Les dessinateurs en ont d’ailleurs usé avec finesse et courage : on se souvient de cette remarquable représentation du pape enculant un petit garçon. Le mot vous choque ? Il est dans le phylactère du dessin. Ce flamboyant et délicat usage de la liberté de s’exprimer est paru dans Charlie-Hebdo. C’est quand même autre chose que les élucubrations coincées des Rousseau, Diderot, Marx, Engels, Lénine, Gramsci, Sartre, Henri Alleg, Franz Fanon ou Chris Marker, ces coincés de la liberté d’expression, non ? J’oubliais le drôlatique hommage à sœur Emmanuelle, qui, jadis « se masturbait », mais qui désormais « va sucer des queues » au Paradis. Tiré à 7 millions d’exemplaires !

Pauvre Wolinski.

Cela dit, en France, on a de la ressource. L’Ecole est aujourd’hui sommée de régler les effets sociaux du chômage, de la misère, du racisme, de l’intégration européenne, des contrôles au faciès et de la montée du Front National. Mais si c’est possible ! Car il y a encore des enseignants dignes de ce nom, dans une grande tradition française : la dénonciation par l’instituteur, et l’information de « la hiérarchie » par le directeur de l’école. Certes, le « terrorisme » d’il y a 70 ans et l’actuel terrorisme n’ont en commun que le mot injustement unique qui désigne des actes et des pensées radicalement opposées. L’humanisme en actes de la Résistance contre la barbarie nazie.

On ne fera donc pas le procès de cet instit et de son zélé directeur. Il ont bien vu, derrière le babil dérisoire du morpion, que c’était peut-être le père, le coupable. Mais la « hiérarchie » n’a pas hésité : quelle importance, une demi-heure d’interrogatoire chez les flics, pour un gosse de huit ans ? Il faut protéger les enfants de l’influence des parents, n’est-ce pas ? Seulement l’enfant aurait pu être porté à dénoncer son père sans même le vouloir. C’est cela « l’État de droit ? ». Mais dans quel monde vivons-nous ? D’ailleurs, c’est peut-être trop tard : il se pourrait bien que ce pauvre môme devienne un jour le djihadiste qu’il n'est pas aujourdhui. La France aura fait ce qu’il fallait. N’en a -t-elle pas formé de nombreux autres, par le mépris, l’exclusion, la haine raciale, la promotion du Front National et le désespoir des chômeurs diplômés ou « sortis du système éducatif » ?

Pendant ce temps-là, et cela doit faire plaisir à tous les ennemis du terrorisme, la Lettonie (membre de l'UE) a enfin identifié les vrais criminels de guerre : ce sont les résistants communistes aux Nazis ; et à Auschwitz, récemment, la mémoire de l’Armée Rouge qui libéra le camp a été écartée des cérémonies du 70e anniversaire, au bénéfice du descendant politique ukrainien de ceux qui ont contribué à le remplir avec le zèle que l’on sait.

Pascal Acot

Voir en ligne : sur le blog Action Communiste en Haute Normandie

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Jean-Pierre Chevènement : «La France comprend que c’est dans la République qu’elle peut trouver l’issue». La Voix du Nord.

1 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique étrangère, #La France, #La nation ., #La République, #Terrorisme, #Je suis Charlie?, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Europe supranationale, #Ukraine

Jean-Pierre Chevènement : «La France comprend que c’est dans la République qu’elle peut trouver l’issue»

 

Publié le

PAR OLIVIER BERGER

 

Pour la première fois depuis 1973, Jean-Pierre Chevènement, 75 ans, n’a plus de mandat électoral. Mais l’ancien ministre, député et sénateur, président de la fondation Res Publica, garde l’œil vif et le regard acéré sur la politique, les problèmes de notre société et les soubresauts du monde.

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« Ces actes barbares étaient malheureusement prévisibles, à l’intersection des plaies de notre société et des conflits aux Proche et Moyen-Orient. De toute évidence, une frange de jeunes ne se sent pas du tout intégrée. Ils sont « français de papier » comme ils disent. Se pose le problème de la politique d’intégration, de l’emploi, de l’école mais plus profondément, de la France elle-même. Un pays qui ne s’aime pas peine inévitablement à intégrer de nouveaux citoyens.

Il faut revoir profondément le rôle de l’École, restaurer un récit national honnête mais valorisant. Il y a du pain sur la planche mais la France n’est pas le pays aveuli que décrit avec talent le dernier roman de Michel Houellebecq (Soumission). La France n’est pas encore soumise, comme l’a montré le sursaut de dignité et de fraternité du 11 janvier. Au bord du gouffre, elle comprend que c’est dans la République qu’elle peut trouver l’issue. »

 

libération de Kobané en Syrie

« Il faudra un retournement des populations arabes de Syrie et d’Irak pour venir à bout de Daech. Une coalition étrangère ne pourra gagner seule en comptant sur les Kurdes et des bombes guidées par laser. Nous payons l’énorme bêtise américaine de l’invasion de l’Irak. Enfin, la Turquie, l’Iran, la Syrie n’accepteront jamais la création d’un État kurde indépendant. La liste des erreurs commises dans cette région serait trop longue… »

 

victoire de Syriza en Grèce

« Ce succès est une réaction de dignité d’un peuple poussé à bout. Il marque le rejet de la droite classique et surtout du parti socialiste, le PASOK. Le succès de Syriza pose aussi le problème de la monnaie unique. L’erreur serait d’en faire un problème grec alors qu’il est européen. Car qui va payer en définitive ? Si on réduit de moitié sa dette, l’Allemagne devra sortir pas loin de 40 milliards d’euros et la France pas loin de 30…

Un « euro-drachme » (l’euro pour les échanges extérieurs, le drachme pour l’intérieur) dévalué de 30 % permettrait de redonner de la compétitivité à la Grèce et d’alléger sa dette. Le péché originel est d’avoir créé une monnaie unique pour des pays très différents. Les richesses s’accumulent à un pôle et la pauvreté à un autre.

Il faut remettre en cause les politiques d’austérité qui n’ont abouti qu’à une récession prolongée. Les États-Unis n’ont pas commencé par réduire leur déficit budgétaire mais ont d’abord fait revenir la croissance. C’est ce que Mario Draghi propose mais pourquoi la BCE (Banque centrale européenne) ne l’a-t-elle pas fait en 2009-2010 ? »

 

L’Europe sortie de l’Histoire

« L’Europe est sortie de l’Histoire, en tant que grand acteur géopolitique, ruinée par deux guerres mondiales et une mise en tutelle acceptée depuis lors. On le voit face au terrorisme. Seule la France a été capable de réagir au Mali. La défense de l’Europe aujourd’hui, c’est l’OTAN. Dans le conflit russo-ukrainien, quelle erreur d’avoir en quelque sorte sommé l’Ukraine de choisir entre l’Europe et la Russie ! C’est idiot tant ce pays est composite ! L’Europe d’aujourd’hui, dominée par une Allemagne profondément pacifiste, ne peut avoir ni politique de défense ni donc de politique extérieure.

L’Europe doit se faire dans le prolongement des nations et non pas comme substitut aux nations. La nation est le cadre de la démocratie et de la solidarité. Restons fidèles à la conception républicaine de la nation, communauté de citoyens, qui n’a rien à avoir avec le nationalisme. C’est la leçon que nous donnent les événements récents ! »

Sur le thème « 1914-2014 : l’Europe sortie de l’Histoire ? », Jean-Pierre Chevènement donnera une conférence à Lille mardi à 18 h, Maison de l’éducation permanente, place Georges-Lyon.

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Gérard Filoche démolit la loi Macron. Un grand moment.

1 Février 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Terrorisme, #Le grand banditisme, #Le capitalisme;, #La lutte des classes, #Le syndicalisme, #Economie, #La France, #La République

Bonjour

Pourquoi y a-t-il une totale apathie concernant le recul civilisationnel que nous connaissons avec la loi Macron et autres lois scélérates votées à la va vite par nos représentants?

Pourquoi la loi sur la "Transition énergétique" qui va permettre aux grands prédateurs mondialisés de prendre en otage la population et les pouvoirs publics pour augmenter leurs profits de façon exponentielle?

Pourquoi ce silence assourdissant devant les atteintes graves à la LIBERTÉ, suite aux ordonnances liberticides prises le 8 décembre 2015 par le conseil des ministres réuni en séance extraordinaire suite à l'acte de guerre imposé à notre pays le 7 décembre après le massacre de Charlie Hebdo et le massacre de la supérette

Pourquoi ce suivisme mougeonnien devant le retour des heures sombres de notre histoire?

Pourquoi accepte-t-on sans barguigner les concepts flous que sont "Apologie de terrorisme" et bien d'autres dispositions qui permettent par le biais des comparutions immédiates de bien curieuses pratiques judiciaires? Plus de 80 cas recensés depuis le 8 janvier pour cette justice d'exception.

Pourquoi les manifestations contre la loi Macron le lundi 26 janvier et celles contre la dérégulation du service public de l'électricité le 29 janvier n'ont-elles pas mobilisés 4 millions de personnes?

Le livre "La stratégie du choc" de Naomi Klein nous en donne l'explication.

Après un choc émotionnel important un individu ou un peuple sont comme tétanisés et sont incapables de réagir aux pires mesures qu'on leur impose. Pendant un laps de temps les personne sont incapables de réagir alors qu'elles se seraient révoltées dans des circonstances normales.

Le choc psychologique "Je suis Charlie" est très puissant parmi nous et conditionne nos comportements. Tout devient possible !

On en arrive même à pousser l'absurde jusqu'à convoquer un enfant de 8 ans au commissariat pour "apologie de terrorisme".

Voltaire revient ils sont devenus fous.

Lucien Pons

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[Reprise] Moi, je ne suis pas Charlie ! Je suis Claude !, par P. Piccinin. Par Olivier Berruyer.

31 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #la liberté, #La Laïcité, #Terrorisme, #Je suis Charlie?

 

Édito du Courrier du Maghreb et de l’Orient de ce mois de janvier.

Rappel : Les-crises.fr condamne sans ambiguïté les attentats de Paris – tout comme toutes les incitations à la haine et tous les terrorismes – des forts comme des faibles.

“J’aurais bien voulu être Charlie, mais je dois être Claude.

Claude, c’est un jeune professeur de philosophie politique, qui enseigne dans une école supérieure de la région parisienne.

C’est un fidèle lecteur du Courrier du Maghreb et de l’Orient ; et il suit régulièrement mes coups de gueule sur Facebook…

Claude, il y a quelques jours, a découvert, dans son fil d’actualité, le petit placard que j’avais posté sur ma page, la veille, très tard ; je l’avais moi-même emprunté à un ami algérien, qui vit à Toulouse.

Ce qui m’avait décidé ?

En visant les dernières infos du jour, tandis que je zappais, j’étais tombé sur cette scène : une meute de bienpensants, à New York, qui ânonnaient benoîtement « Je suis Charlie », avec un accent américain abominable…

Probablement ces Charlies états-uniens n’avaient-ils jamais ouvert une seule fois dans leur vie un exemplaire de l’hebdomadaire français, ni jamais vu aucune des caricatures de Cabu, Charb ou Wolinski ; s’il faut en croire l’éditorialiste James Brooks, en tout cas, qui affirmait, dans un article paru dans The New York Times (« I’m NOT Charlie Hebdo »): « S’ils avaient essayé de publier leur journal satirique sur n’importe quel campus universitaire aux États-Unis, durant ces deux dernières décennies, ils n’auraient pas tenu 30 secondes. Les étudiants et les cercles facultaires les auraient accusés d’attiser la haine. L’administration leur aurait coupé toute subvention et leur aurait fait fermer boutique. »

C’en était pathétique ; de ce pathos écœurant que peut exhaler un mouvement de foule idiot, imbécile, une réaction épidermique, où tout le monde fait tout comme tout le monde, sans rien vraiment comprendre aux enjeux, mais pour ne pas être en reste, pour ne pas prendre le risque de se tromper tout seul… Par peur, de se tromper tout seul…

Mais aussi parce que c’est tellement agréable de se sentir solidaire…

Surtout quand ça n’engage à rien !

  • « Je ne suis pas Charlie
  • Je suis la Palestine qui se fait voler…
  • Je suis la Syrie qui se fait bombarder…
  • Je suis l’Afrique qui meurt de faim et de massacre… »

Claude a imprimé le placard et l’a affiché au tableau noir de sa salle de cours.

Au soir de cette journée-là, Claude m’écrit…

Dans l’après-midi, une petite troupe aux babines haineuses s’est présentée à sa porte. Des étudiants, plusieurs de ses collègues, quelques parents d’élèves…

Ils voulaient le lui faire enlever, son placard.

Claude s’y est opposé.

Devant son refus, la troupe a assailli le rectorat de coups de téléphone et la porte de son directeur de coups de poings.

« Indigné », son directeur s’est joint à la petite foule hystérique. Il a ordonné à Claude d’enlever le placard de dessus son tableau.

Une nouvelle fois, Claude s’y est opposé.

« Déchirez ce torchon ! », s’est alors exclamé un des quidams. « Il faut défendre Charlie ! », a-t-il vociféré de plus belle. « Il faut défendre ‘la liberté d’expression’ ! » (sic)

La troupe, alors, a envahi la salle ; Claude, qui a tenté de résister, a été violemment bousculé, poussé à terre.

Et les fiers et courageux défenseurs de la liberté d’expression ont arraché le placard qu’il avait affiché dessus son tableau noir.

Tous ont applaudi.

Eux tous, qui, très certainement, jamais, dans l’entièreté de leur existence, d’aucune façon, ne se sont mis à un seul moment en danger pour défendre quelque forme de liberté.

Claude voulait poser une question, à propos d’un phénomène.

Peut-être voulait-il aussi remémorer à ses étudiants les vastes tragédies de l’Orient, plus ou moins oubliées dans les méandres d’un inconscient collectif.

Il n’en a pas eu le droit.

Depuis cet événement, Claude est sous le coup d’une procédure disciplinaire.

Peut-être devra-t-il définitivement quitter sa salle de cours et son tableau noir.

Alors, non ! Décidément, non ! Et, après ça, moins que jamais ! Je ne suis pas Charlie !

Parce que je ne saurais m’associer à ces gens-là !

Parce que, si Claude a pleuré le jour où il a appris l’assassinat des journalistes de la rédaction de Charlie Hebdo, ces « Charlies » qui l’ont frappé, « bunkérisés » dans leurs certitudes, dans leurs convictions bornées, eux, ils n’ont jamais levé le petit doigt pour la Syrie, la Palestine et l’Afrique.

Parce que tous les Charlies du Monde qui se sont subitement sentis investis de la mission de défendre « la liberté d’expression » en frappant Claude pour lui clouer le bec, je ne les ai pas vus… Je ne les vois jamais, eux… Lorsque je manifeste pour que l’on apporte de l’aide aux centaines de milliers de réfugiés Syriens… Lorsque je manifeste pour que cesse les carnages à répétitions qu’Israël perpètre à Gaza… Lorsque je manifeste pour que les multinationales arrêtent d’affamer l’Afrique… Les Charlies subitement apparus un peu partout n’ont jamais été ni la Syrie, ni Gaza, ni la Côte d’Ivoire.

Parce que, comme les milliers de familles arabo-musulmanes qui vivent dans les villes d’Occident, je pense à mes proches, à chaque heure, à ceux-là, qui meurent quotidiennement plus nombreux dans les guerres du Moyen-Orient ; parce que je comprends mal pourquoi les Charlies ne se mobilisent pas pour eux.

Parce que je refuse de participer à cette névrose collective, ce qui ne m’empêche pas d’exprimer ma tristesse devant la souffrance et l’horreur des attentats de Paris, même si Charlie Hebdo n’était plus, depuis longtemps, le champion de l’esprit critique et de la vérité à tout prix qu’il a été jadis et si cette rédaction avait passé pas mal de petits compromis avec le politiquement très correct, depuis que Philippe Val y a remis de l’ordre, un ordre très favorable à Israël dont Charlie Hebdo avait pris le parti en 2006, et depuis que le comité s’était élargi à des personnalités de l’acabit de Caroline Fourest, pseudo-intellectuelle chantre de l’islamophobie…

Parce que je refuse de m’associer à ce qui s’est rapidement mué en une scandaleuse pleurnicherie réservée aux membres du grand club occidentalo-occidental, alors que, depuis des années, tous ces gens se fichent éperdument de tragédies autrement plus effroyables qui, de l’autre côté du grand lac Méditerranée, plongent dans l’horreur des centaines de milliers de familles.

Parce que je ne peux pas être Charlie avec tous ces inconscients qui ne savent pas la réelle valeur de « la liberté d’expression », quatre mots dont ils ignorent tout des réalités intrinsèques.

Parce que je suis effrayé par leur sectarisme hypocrite, par ce communautarisme de proximité qui frise le racisme le plus débridé, jamais avoué, ni assumé dès lors.

Parce que je ne peux pas être à la fois la Palestine, la Syrie et l’Afrique… et Charlie. Pas ce Charlie-là, en tout cas ; pas cette indécence qui, je crois, n’aurait peut-être pas vraiment plu à l’un ou l’autre des douze défunts… Qui les aurait embarrassés, gênés.

Parce qu’on n’est pas obligé d’avoir les mêmes sentiments que tout le monde. Parce qu’on ne devrait pas avoir à s’inquiéter si, avec la raison et l’esprit, on n’exprime pas les mêmes émotions viscérales que tous ceux-là qui s’empressent d’hurler le même slogan.

Parce que je n’ai jamais eu la mémoire courte et parce que je me souviens que ceux-là mêmes qui braillent à présent sur toutes les chaînes de télévisions et de radios contre une atteinte à « la liberté d’expression », politiciens, journalistes et simples quidams, il y a quelques mois, en meutes, l’écume aux lèvres, muselaient sans vergogne et avec une arrogance féroce la voix dissidente d’un autre humoriste par trop dérangeant… La liberté d’expression à géométrie variable…

Parce que je m’opposerai toujours à ces policiers de la pensée.

Parce que je n’ai pas besoin de me donner l’impression d’exister, à travers un quelconque « Je suis Charlie ». Même s’il est éminemment politiquement incorrect de l’écrire, c’est effectivement bien de cela qu’il s’est agit, dans le cas de beaucoup des badauds qui se sont rassemblés sous cette épithète, de ces derniers jours…

Mais ce phénomène de masse a surtout eu l’effet pervers d’étourdir les analystes et de les détourner des réels enjeux des trois attaques qui ont frappé la capitale de la France.

Dès les premières heures (et trop souvent à ce stade encore), en effet, toute la communication autour des ces attaques a été axée sur l’idée d’une cible unique et d’une atteinte à la liberté d’expression. Aucun des médias mainstream occidentaux n’a même évoqué la revendication de l’attentat, que l’État islamique, le jour même, se glorifiait d’avoir commandité, information pourtant publiée par plusieurs quotidiens algériens et reprise ensuite dans la presse arabophone.

Ainsi, c’est seulement après la troisième attaque que certains des commentateurs de presse ont commencé à reprendre leurs esprits et, en un habile glissement, à peine perceptible par le grand public, à recentrer leur propos sur l’implication de l’État islamique. Très peu, encore, ont fait le rapprochement avec l’attaque djihadiste qui avait eu lieu quelques mois plus tôt, au Musée juif de Bruxelles, une attaque elle aussi liée à la dimension tentaculaire de l’État islamique.

Les deux attaques, qui, à Paris, ont suivi celle du siège de Charlie Hebdo, confirment la thèse selon laquelle les caricatures de Mahomet n’étaient pas la motivation unique des djihadistes. Charlie Hebdo était une cible parmi d’autres, dans un contexte de guerre, celui du conflit désormais internationalisé qui oppose l’Occident et ses alliés arabes à l’État islamique qui a fait tache d’huile en Syrie et en Irak, un conflit dont la France est partie prenante.

Dès les premiers instants, il était assez évident que ces attaques frontales, comme à Bruxelles, relevaient d’une forme d’action et d’un modus operandi signés de l’État islamique.

Or, c’est précisément dans le cadre de ce conflit qu’il fallait d’emblée inscrire ces événements et à la lumière de ces circonstances qu’il fallait les interpréter : ce n’est pas une question de liberté de presse (ou d’expression; ce qui n’est pas la même chose…) ; c’est une guerre sainte. Ce sont les guerres que l’Occident mène en Orient, qui débordent et inondent aujourd’hui les rues des métropoles européennes. C’est une croisade inversée… mais pas une guerre de civilisation…

Mon éditorial, en ce mois de janvier, devait porter sur la nouvelle politique sociétale et médiatique qui se redessine tout en subtilité dans le Golfe persique, dont les vieilles monarchies, vacillantes, tentent de faire peau neuve et de trouver un second souffle. Il aura été quelque peu bousculé par l’actualité, tout comme Claude.

Notre rédaction a en effet reçu beaucoup de réactions. Des réactions de nos lecteurs en Europe, mais aussi en Afrique et au Moyen-Orient. Et nous ne pouvions faire l’impasse sur cet événement ou, plus exactement, sur les conséquences qui s’en sont déjà faites sentir.

Mais notre revue n’y a en rien perdu. Au contraire, elle a pleinement joué son rôle, celui auquel doit s’astreindre tout organe de presse honnête et sincère ; elle a accompli sa mission, de se battre pour la vérité, pour la justice et, à l’encontre de ceux-là mêmes qui censurent au nom de principes qu’ils foulent au pied, pour la liberté d’expression. Pas seulement celle de quelques-uns. Pas seulement celle d’une majorité. Mais celle de tous. De l’Occident à l’Orient.

Source : P. Piccinin, historien et politologue pour le Courrier du Maghreb et de l’Orient

 

 

13 réponses à [Reprise] Moi, je ne suis pas Charlie ! Je suis Claude !, par P. Piccinin

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«Apologie du terrorisme» : un prof de philosophie suspendu. Par Jean Lévy.

31 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Terrorisme, #la liberté, #La République, #La France, #Ecole, #Je suis Charlie?

31 janvier 2015

«Apologie du terrorisme» : un prof de philosophie suspendu

«Apologie du terrorisme» : un prof de philosophie suspendu

Kim HULLOT-GUIOT

30 janvier 2015


Le professeur de philosophie est suspendu pour quatre mois à titre conservatoire. (Photo Thomas Samson. AFP)

HISTOIRE

Après les meurtres perpétrés par Coulibaly et les frères Kouachi, la plupart des enseignants, souvent démunis, ont voulu faire circuler la parole,organiser des débats, poser des mots sur ces événements glaçants. Dans le même temps, la ministre de l’Education nationale prévenait : tous les élèves ou les enseignants qui tiendraient des propos discutables seraient sanctionnés, voire signalés à la police.

Un exercice difficile qui pourrait coûter cher à Jean-François Chazerans, professeur de philosophie au lycée Victor-Hugo de Poitiers. Il s’est vu reprocher d’avoir «tenu des propos déplacés» lors de la minute de silence (à laquelle il assure cependant n'avoir pas assisté), jeudi 8 janvier, en hommage aux victimes, rapporte la Nouvelle République. «Il y a eu des plaintes de familles, a expliqué au journal régional le recteur de l’académie de Poitiers, Jacques Moret. L’enseignant aurait tenu des propos déplacés […]. J’ai immédiatement diligenté une enquête. Le professeur a été suspendu. Il fallait l’éloigner de ses élèves. La procédure suit son cours. Le conseil de discipline statuera [le 13 mars] sur la suite de sa carrière.»

Sa suspension de quatre mois a été agrémentée d’une plainte en justice. Le parquet de Poitiers a ouvert une enquête pour «apologie d'actes de terrorisme». La teneur des propos en question n’a pas été précisée.

«On a très peu d'infos, on sait simplement que [Jean-François Chazerans] n'était pas à la minute de silence [qu'il est accusé d'avoir perturbée]. Est-ce que dans son débat il y a des choses qui ont été interprétées par les élèves, puis répétées et à nouveau interprétées par les parents ? […] On peut se demander si le fait qu'il ait essayé de réfléchir à la montée du jihadisme chez les jeunes n'a pas été interprété comme une façon de leur trouver des excuses», a expliqué à Libération Nadine Aloisio, membre du bureau de Sud Education.

Décrit par le quotidien régional comme un militant d’extrême gauche, Jean-François Chazerans s'était exprimé, samedi, affirmant que les élèves avaient été à l’initiative du débat : «Je ne sais pas ce qu’on me reproche. Je ne sais pas quel cours, quel débat est concerné. [Les inspecteurs d’académie m’ont] juste dit : "Ce sont des propos qui ont été tenus en classe." On évoque qu’il y avait eu des plaintes d’élèves et de parents qui sont montées directement au rectorat. Je suis sonné, je m’attendais à tout sauf à ça. Ce fameux jeudi, j’ai organisé des débats avec mes six classes de terminale. Le but était de comprendre les causes du terrorisme en sortant autant que possible de la passion et de l’émotion du moment

Il poursuit : «Ma réaction de citoyen est de dénoncer avec force ces actes odieux, horribles. On ne peut quand même pas m’accuser d’avoir la moindre sympathie pour les jihadistes. Ce sont des groupes fascistes que je combats. Il n’y a pas eu une quelconque apologie du terrorisme lors de mes cours. Au contraire…»

Contacté par le Figaro, un membre du personnel de l’établissement parle d’un prof «qui a le goût du débat avec les élèves, toujours soucieux de faire s’exprimer ses élèves, [animateur] de longue date d’un café-philo».

Sur une page Facebook de soutien à Jean-François Chazerans, un jeune homme qui se présente comme un ancien élève abonde :

«Il aime vraiment son métier, respecte ses élèves, et transmet à travers ses cours des messages pacifistes. Il amène ses élèves à réfléchir par eux-mêmes, c’est ce qu’on attend d’un prof de philo…» Un père d’élève : «Je connais bien Jean-François Chazerans comme militant, certes, mais aussi comme prof. Il a été le prof […] d’un de mes fils et je peux témoigner de la valeur de cet enseignant qui sait inculquer à ses élèves les méthodes leur permettant une pensée autonome.» Un autre élève : «Il m’a toujours fait penser à Robin Williams dans le Cercle des poètes disparus et cette figure m’a permis d’avancer. Il est des professeurs qui s’inquiètent réellement du sort de ses élèves N’en jetez plus !

Un rassemblement de soutien a eu lieu mercredi à Poitiers et une pétition a été lancée. Le syndicat Sud Educ s’interroge : «Comment pourrait-on le suspecter de ne pas respecter les victimes de ces actes odieux, qu’il condamne par ailleurs, alors qu’il partage bien des engagements qui sont ceux de l’hebdomadaire Charlie Hebdo Au-delà du fond, Nadine Aloisio dénonce aussi la méthode : «[Jean-François Chazerans] n'était même pas au courant [que des parents avaient appelé le lycée]. La parole du prof vaut donc moins que celle de l'élève ou des parents ? On est des punching-balls ? Voilà comment on protège les profs : on les met en première ligne, puis on ne les soutient pas.»

La proviseure du lycée, que nous avons contactée, n'a pas souhaité s'exprimer. L'intersyndicale des enseignants du lycée Victor-Hugo

a lancéun préavis de grève pour le jeudi 5 février.

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UKRAINE : Atrocités commises par la Garde nationale ukrainienne VOSTFR

29 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La guerre, #La paix, #Terrorisme, #Je suis Charlie?, #L'OTAN., #La France, #Europe supranationale

UKRAINE : Atrocités commises par la Garde nationale ukrainienne VOSTFR.

Cette vidéo est de juillet 2014!

Rien n'a changé depuis, le massacre continue!

LP

ATTENTION IMAGES TRÈS DURES. Ce documentaire est sans appels, un des plus durs que j'ai pu voir, non pas du fait des corps mutilés, mais des pleurs de toutes ces familles et de l'ampleur du génocide qui atteint un niveau jamais vu. Les USA ont formé les bataillons Azov et provoqué la crise, l'Europe est associée avec la junte de Kiev. Nos médias font le blackout et nous manipulent en affligeant la Russie qui n'est pas responsable de la situation et fait tout pour aider les habitants du Donbass. Les populations sont silencieuses. Que se passe t-il? La raison voudrait que nous intervenions militairement pour mettre hors de nuire les criminels de Kiev, au lieu de ça, nous travaillons avec eux pour des ressources, pour laisser aux impérialistes Américains le loisir de déstabiliser la région et de pousser Poutine à intervenir pour provoquer une guerre mondiale, et nous fermons les yeux face aux massacres. Honte aux médias qui ne font plus leur travail. En tant que Français, j'en appel au gouvernement et à tout les citoyens, réveillez-vous, nous ne pouvons pas laisser faire ça aujourd'hui au 21ème siècle, ou je n'ose même pas imaginer ce que sera notre avenir... Humains debout! Maintenant!

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Dossier : Liberté de la presse bafouée, l’indignation sélective épargne l’Ukraine.

29 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La paix, #Les média, #La mondialisation, #Terrorisme, #Je suis Charlie?, #La guerre, #L'OTAN.

Bonjour

C'est vrai que la présence du président Poroshenko dans le défilé parisien du 11 janvier 2015 pose quelques problèmes.

C'est vrai que se reconnaître dans le slogan "Je suis Charlie" devrait se fonder sur des principes et des actes incontestables.

Cordialement

Lucien Pons

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VIDEO (sous-titres français) : Pilonnages du quartier Petrovski de Donetsk par l’armée ukrainienne, le 26.01.2015.

28 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Terrorisme, #La guerre, #La paix, #Europe supranationale, #La Russie, #La France, #L'OTAN., #La finance dérégulée, #le nazisme

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La petite Sonia (12 mois) a perdu ses deux parents lors d' un pilonnage à Donetsk. L’enfant a survécu, mais ses parents sont morts.

28 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Terrorisme, #Je suis Charlie?, #Europe supranationale, #La France, #La République, #La Russie, #AMERIQUE, #La guerre, #La paix

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Ukraine. Nouvelle vidéo. À regarder jusqu'au bout et à partager.

28 Janvier 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La France, #La République, #Europe supranationale, #La guerre, #La paix, #Terrorisme, #Je suis Charlie?, #La finance dérégulée

Nouvelle vidéo. À regarder jusqu'au bout et à partager.
Je ne dirais rien de plus..
De nos jours les âmes sensibles qui s'abstiennent sont des lâches.

C'est là. C'est terrible mais il n'y a pas d'images horribles comme si devant les horreurs de la guerre il y avait encore une certaine pudeur.

https://www.facebook.com/video.php?v=709622639158968

Pensons aux innocents qui meurent tous les jours dans cette guerre civile qui pourrait très vite nous toucher plus directement.

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