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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #terrorisme tag

Comprendre la dette publique (en quelques minutes). Par MrQuelquesMinutes

6 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La finance dérégulée, #l'horreur économique

Comprendre la dette publique (en quelques minutes). Par MrQuelquesMinutes

Ajoutée le 28 sept. 2011

 

Site internet: www.mrquelquesminutes.fr/#dettepublique_video Apprenez en quelques minutes ce qu'est la création monétaire par le crédit, le système des réserves fractionnaires, et l'article 123 du traité de Lisbonne... sans lesquels il est impossible de comprendre l'origine des dettes publiques et privées qui ravagent l'ensemble des pays développés.

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Fumée et feu Par James Howard Kunstler

3 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Histoire, #ACTUALITE, #AMERIQUE, #La France, #Terrorisme, #Le fascisme

Dans leurs costumes de guerre noirs et leurs masques les ANTIFA ressemblent aux groupes fascistes des années 1930 malgré le nom « Antifa » qui prétend évidemment en faire leurs ennemis.

Fumée et feu


Par James Howard Kunstler – Le 14 août 2017 – Source kunstler.com

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Coucou les « Nazis corn pone » ! 1. Voici venir les tireurs de ficelle. Bon, vous vous attendiez à quoi ?

Avec les différentes autorités de cette culture qui enfoncent sans cesse des notions de « privilège blanc » dans le crâne du public, tôt ou tard, elles étaient sûres de provoquer une réponse des cerveaux reptiliens suivant les ordres de bas niveau de leur cerveau limbique de blanc-becs. Bien sûr, vous ne pouviez pas organiser un acte de provocation plus stupide dans l’État de Virginie, garantissant de faire bondir de rage les bas de plafond du coin, que de menacer d’enlever une statue de Robert E. Lee.

Il y a une tonalité tragiquement déprimante dans toute cette affaire qui suggère que l’arc de l’histoire lui-même conduit cette affaire – un sombre animus dans l’âme nationale qui lutte pour résoudre ses contradictions. Et l’incident de Charlottesville, qui a laissé une femme sur le carreau et beaucoup d’autres gravement blessés à coup de voiture-bélier, a la saveur d’un « premier coup de feu » dans une nouvelle guerre civile.

L’écho de la campagne pour les droits civils du moment – une étrange breuvage à base de Black Lives Matter, d’« Antifa » (anti-fasciste), de féminisme de la dernière vague, de politique autour des sanctuaires pour une immigration illégale et d’agitation LGBTQQ – émane des campus universitaires et se glisse dans la culture de masse comme un miasme, empoisonnant les relations sociales, montant groupes contre groupes, dans une orgie de revendications de victimisation d’un genre qui mène inévitablement à la violence. C’est ainsi que commencent les guerres tribales et religieuses dans les sociétés primitives.

Il y a aussi un air qui sonne faux dans cette campagne qui devrait alerter les centres supérieurs de jugement du cerveau. Le meurtre de Michael Brown à Ferguson qui a déclenché le mouvement Black Lives Matter n’a jamais été un cas convaincant d’injustice, mais a été largement considéré comme tel, malgré les enquêtes étatiques et fédérales (menée par le Ministère de la Justice sous Obama), qui en a conclu autrement. Le prédicat du « privilège blanc » n’est pas responsable des taux extraordinaires d’homicides des Noirs entre eux à Chicago et à Baltimore ou des flash mobs d’adolescents noirs dans les centres commerciaux du pays. Ce que l’on peut soupçonner derrière tout cela, c’est l’échec spectaculaire de la campagne originelle des droits civiques des années 1960 à modifier les structures de la pauvreté dans l’Amérique noire, ainsi que la culpabilité grincheuse chez les progressistes démocrates blancs pour les échecs de leurs propres politiques bien intentionnées, converties de manière perverse en auto-flagellation raciale.

La dernière itération du féminisme provient des campus qui ont été largement pris en charge par les pédagogues féminines issues du baby-boom, en particulier les départements non techniques, et qui est maintenant un fait accompli, de sorte que les griefs qui continuent d’en couler semblent fabriqués et hystériques. Elle a également une forte odeur de simple malentendus et l’ensemble de cette idéologie est enveloppé dans un jargon impénétrable d’école supérieure conçu pour lui donner un éclat intellectuel immérité et malhonnête. Le fait sombre est que, tôt ou tard, même certains hommes intelligents pourraient le remarquer et finir par s’en foutre.

Le mouvement « Antifa » serait amusant s’il n’était pas lui-même propice à la violence, puisqu’il épouse exactement le même despotisme contre la pensée libre qu’il prétend combattre. Il veut arrêter et éradiquer le débat dans l’arène publique et piétiner les principes qui le gênent, par exemple, le premier amendement affirmant le droit à la liberté d’expression. Il se moque du cri de guerre pour la « diversité » (diversité uniquement pour les idées approuvées par les Antifas). Que tant d’étudiants universitaires actuels s’abonnent à ce mouvement devrait faire réfléchir les gens et leur faire percevoir le malaise sur la scène politique de la prochaine génération. Dans leurs costumes de guerre noirs et leurs masques, ils ressemblent aux groupes fascistes des années 1930 malgré le nom « Antifa » qui prétend évidemment en faire leurs ennemis.

Le mouvement de sanctuarisation des immigrants illégaux est tout simplement insensé, en commençant par le refus des fonctionnaires de faire une distinction entre les citoyens et les autres. Il y a toutes les raisons de penser que les maires des « villes sanctuaires » et les administrateurs des « campus sanctuaires » devraient être poursuivis en vertu de la loi fédérale. Cela a atteint un tel degré en Californie que les doyens du collège de l’État intègrent des étudiants « sans papiers » dans des programmes spéciaux, au point où ils sont sûrs de provoquer une coupe des financements et peut-être la destruction de leurs propres institutions. Le mouvement est l’essence même de l’anarchie et une disgrâce pour la classe supposément pensante.

Le mouvement LGBTQQ, une ramification du féminisme 3.0, vise à effacer la biologie elle-même appliquée à la sexualité des mammifères humains, en même temps qu’elle veut créer de nouveaux droits sociaux et politiques spéciaux – basés sur diverses catégories de désir sexuel qui sont, et ils insistent, biologiquement guidés, comme l’envie d’un homme de s’équiper par chirurgie pour se comporter comme une femme. Le mouvement est maintenant allé jusqu’à essayer de faire honte aux personnes qui se situent dans les catégories biologiques originales (« cisgenre », un autre caillot de jargon métaphysique de l’école secondaire) et surtout les hommes hétérosexuels. Tous les autres obtiennent des bons points pour être « à la pointe de la pointe ». Il faut vraiment se demander combien de temps cette absurdité va se poursuivre avant de provoquer une réaction parmi les savants en biologie.

Si nous entrons dans une nouvelle guerre civile, ne commettez pas l’erreur de penser que c’est le produit uniquement des rustres d’extrême droite. Ces bozos le clown de nazis et du KKK ne se lèvent que parce que les personnes habilitées à penser au centre ont été trop lâches pour se heurter à la marée montante de l’idiotie aux deux extrémités du spectre, et surtout à gauche avec son entrisme direct dans les fabriques politiques de la vie américaine, dictant la façon dont les gens doivent penser et agir, et de quoi ils devraient se préoccuper.

Ce que nous ne pouvons pas vraiment dire encore, c’est si ces batailles en resteront là et même vont s’accroitre avec le fardeau financier avec lequel la nation est en train de « somnambuler », ou si la crise financière les submergera comme un tsunami et laissera ces stupides drapeaux de guerre en lambeaux, lessivés sur une plage isolée.

James Howard Kunstler

Note du Saker Francophone

Pour comprendre les réseaux de déstabilisation agissant de concert aux USA et en France notamment, on vous conseille cette conférence du Cercle Aristote de Thibault Kerlirzin, Soros Connection.

À relire aussi le texte de Richard M. Ebeling sur ces nouvelles formes de tyrannie.

Traduit par Hervé, vérifié par Wayan, relu par Catherine pour le Saker Francophone

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Terrorisme : le doigt et la Lune Par Caroline Galactéros

3 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La République, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La finance dérégulée, #Daesch, #La Turquie

Terrorisme : le doigt et la Lune


Par Caroline Galactéros − Le 27 août 2017 − Source galacteros.over-blog.com

Résultats de recherche d'images pour « attentat barcelone »
fr.sputniknews.com

La terreur ne prend pas de vacances. Levallois-Perret, Marseille, Barcelone, Cambrils, Turku, jusqu’à Surgut en Sibérie… Les plages se vident, les enfants font leurs cartables et taillent leurs mines pour apprendre, grandir, aimer la vie et les autres…, tandis que les islamistes affûtent leurs poignards, bourrent leurs sacs à dos d’explosifs, se ceinturent de Semtex ou de pâte à modeler, louent des camionnettes ou empruntent des voitures pour les détruire. Chacun va donc faire ses devoirs et les services de police et de renseignement feront ce qu’ils peuvent – ce qui n’est pas rien mais ne peut tout –, modernes Sisyphes d’un monde occidental qui s’étourdit dans le déni. Combien d’attentats déjoués en vérité ? Combien à venir ? Doit-on s’y habituer, comme certains responsables politiques osent nous y inviter, comme on accepte sans broncher qu’un cambriolage ait lieu en France toutes les deux minutes ?

 

Le terrorisme « fait-il partie de notre vie », chacun devant vaquer à ses affaires dans une indifférence désabusée, espérant échapper aux prochaines rafales par des calculs de probabilité rassurants ? Croit-on sérieusement qu’en ignorant le défi qui nous est lancé, en le minorant, en réduisant la menace à des passages à l’acte d’individus psychiatriquement atteints – dans un tiers de cas nous répète-t-on désormais à l’envi –, on va faire disparaître la menace et lasser l’adversaire qui nous laissera en paix ? L’accent mis sur la maladie mentale est une inquiétante défausse. Cette tentation du politique grandit à mesure que se manifeste l’ampleur du phénomène et que monte le sentiment d’impuissance des pouvoirs publics.

Que des individus fragiles ou même malades agissent de manière mimétique par rapport au modus operandi des terroristes, certes, mais 120 bonbonnes de gaz ont été retrouvées en Espagne pour faire exploser la Sagrada Familia et d’autres monuments ! Ce sont désormais les symboles les plus éclatants de la chrétienté en déroute qui sont ciblés en Europe même, et non plus seulement dans le lointain Orient. Ce sont les dirigeants européens qui « sont dans le gaz » ! À moins que leur calcul implicite ne soit plus cynique encore : notre mode de vie, le choix de nier les problèmes pour ne pas devoir les traiter, suppose un certain ratio de pertes humaines, en quelque sorte incompressible, qu’il faut accepter et faire admettre d’une manière ou d’une autre à nos concitoyens, « parce que nous le valons bien » et qu’on s’en sortira… Fermez le ban.

Une guerre que nous ne voulons pas voir

Refusons cette coupable inhibition. Prenons nos responsabilités. La première d’entre elles est la lucidité : chaque attentat n’est pas l’expression d’une violence exceptionnelle, incompréhensible voire inévitable, mais scande une étape sanglante supplémentaire dans une guerre qui nous a été déclarée et que nous ne voulons pas voir.

On ne fait d’ailleurs pas davantage le lien – sans être taxé de racisme ou d’islamophobie primitive – entre cette « problématique sécuritaire », qui rythme désormais tragiquement notre quotidien, et la vague migratoire qui inonde l’Europe, gonfle en silence, charriant dans son écume d’innombrables malheureux, mais aussi moult individus dangereux, et des centaines de milliers d’autres dont on sait très bien qu’ils sont en train de faire changer notre continent de nature… et de culture. Réfugiés économiques ou politiques, migrants, demandeurs d’asile, légitimement fondés à venir en Europe ou pas, est-ce finalement la question ? Évidemment non.

Cet exode massif programmé n’est pas le fruit d’un odieux « complot » mais celui d’un enchaînement de circonstances, d’intérêts, et aussi de (nos) décisions politiques folles. Il est surtout une calamité que chacun pressent, mais que nul n’ose dénoncer sans honte et surtout sans s’exposer à la vindicte « d’élites » confites dans l’aveuglement et la repentance délirante… Nos politiques, pour la plupart complaisants et démagogues, pratiquent l’omerta trans-partisane et refusent de traiter sérieusement cet immense péril. Eux aussi espèrent passer entre les gouttes jusqu’au prochain scrutin… Et puis, s’ils devenaient courageux, il leur faudrait encourir l’opprobre du chœur des vierges aux yeux crevés et l’impopularité immédiate, se montrer durs, forcément injustes, oser traiter des nombres et non plus des destins particuliers, imposer des devoirs et restreindre des « droits », traiter « le local » avant « le global », le national avant l’universel. Pas très valorisant ni valorisable électoralement parlant. Il leur faudrait surtout cesser d’invoquer l’Europe, dont chacun sait qu’elle ne peut rien, car elle n’est que la somme des volontés de ses États membres… et donc de leur absence. Aussi préfèrent-ils maquiller le danger manifeste en aubaine pour l’emploi ou la diversité…

En plein délire, en plein déni

On nage donc en plein délire et surtout en plein déni. Même Angela Merkel, maîtresse de l’Europe au grand cœur, réalise désormais amèrement le prix de sa naïveté. R. T. Erdogan vient de lui donner une cinglante leçon d’ingérence et poursuit son chantage à l’ouverture des vannes migratoires. Cela lui a rapporté beaucoup déjà. Désormais, il va plus loin encore. La chancelière critique l’évolution autocratique de son pouvoir et renvoie l’intégration de la Turquie dans l’UE aux calendes grecques ? Il appelle publiquement contre elle les Turcs d’Allemagne à ne pas voter pour la CDU ou ses alliés dans quelques semaines. Cela ne changera probablement pas sensiblement l’issue du vote. Certes, mais il y a plus de trois millions de Turcs en Allemagne et c’est là encore voir la paille et non la poutre. Car le signal est limpide : les communautés musulmanes d’Europe sont devenues, bon gré mal gré, les vecteurs d’une entreprise de déstabilisation progressive du Vieux Continent aux fins de sa submersion politico-culturelle et de sa subversion idéologico-religieuse. Ces chevaux de Troie, activés par d’habiles leaders d’influence locaux ou lointains, peuvent à tout moment prendre le mors aux dents et jeter à terre leurs piètres cavaliers sans éperons ni étriers.

Rappelons, pour éviter tout malentendu ou procès d’intention, que les Français de confession musulmane sont dans leur immense majorité les cibles, les otages, les victimes d’une instrumentalisation politique extérieure, exactement comme les populations civiles d’un pays en guerre. Ils sont la matière première semi-consciente d’une entreprise globale de subversion d’un ordre ancien qui se structure dans l’indifférence générale. Le gros de ces populations est pacifique, travaille, et pratique (ou pas) un islam modéré, c’est-à-dire compatible avec les lois de notre République. Car la question n’est pas, rappelons-le aussi, d’adapter la République aux religions et communautés présentes sur le sol français, mais de définir la marge possible d’expression et de pratique de ces religions dans la seule mesure où elles ne remettent pas en péril les lois, pratiques et équilibres de la République ni la cohésion nationale, et cela dans le respect du cadre historico-politique d’un pays d’histoire et de culture chrétiennes multiséculaires. En toute rigueur, cela suppose, très spécifiquement pour l’islam, qui est par essence un système politico-religieux holistique et ne reconnaît pas la primauté de la loi des hommes sur celle de Dieu, une réforme intellectuelle sérieuse (sur le plan de l’exégèse même du Coran) et en tout cas une constriction, une compression du domaine légitime et légal d’expression et d’observance de la foi musulmane en France.

Plus immédiatement encore, cela impose aux autorités françaises d’exiger des représentants des Français musulmans (et non des « musulmans de France » !) un grand « ménage » dans les mosquées et les associations et de les appuyer dans cette œuvre de salut public, afin de nous débarrasser de tous les imams salafistes et agents prosélytes prêcheurs de haine et de régression. Car c’est en ces lieux, où se mêlent ignorance, ingérences et pressions extérieures, que s’exprime le rapport de force politico-religieux et que l’on sent la volonté de faire progressivement plier la République devant le poids démographique et électoral croissant d’une communauté de plus en plus réduite à son identité confessionnelle. Or, là est le drame. Car la confessionnalisation de la violence politique, que l’Occident a sciemment encouragée notamment depuis le tournant du siècle, gangrène désormais le monde entier et a transformé, en France, des parents inoffensifs et travailleurs, des enfants revendicatifs et des petits-enfants remplis de haine envers leurs pays nourriciers en une arme à double détente par destination.

Confessionnalisation

Pour en revenir à l’attitude de la Turquie, l’appel du néo-Sultan à la désobéissance civique et surtout à l’obéissance à une appartenance communautaire politico-religieuse supérieure transcende l’autorité du pays d’installation et la méprise ouvertement. Cela se passe aujourd’hui en Allemagne. Mais il y aura d’autres appels. Car il sera de plus en plus facile d’activer ces masses humaines globalement insérées, mais en fait désincarnées de la chair nationale d’États en décomposition, et de les mobiliser contre leurs pays d’accueil au service d’un dessein plus vaste. Dans les mosquées ou sur les réseaux sociaux. Question d’opportunité, de mûrissement communautaire et d’affadissement perçu de la volonté d’appareils d’États déliquescents et craintifs.

Cela rappelle fortement une autre situation, celle de la Bosnie-Herzégovine en 1991, avec l’instrumentalisation tragique de la nationalité confessionnelle des « Musulmans de Bosnie » (avec un grand M), invention de Tito en 1968 pour mieux dominer Serbes et Croates en introduisant un troisième larron dans leur face à face conflictuel. Rebaptisés « Bosniaques », majoritaires en nombre par rapport aux catholiques croates et orthodoxes serbes, les Musulmans de Bosnie (« ethniquement » serbes ou croates !) virent dans l’implosion de l’ancienne Fédération yougoslave – après celle de l’URSS et la réunification allemande – l’occasion inespérée d’une émancipation politique et d’une domination communautaire sous le couvert de conquête démocratique. On connaît la suite…

La confessionnalisation de la revendication politique, économique et sociale est un engrenage extrêmement dangereux. Le jour venu, en France, en Allemagne ou ailleurs en Europe, ceux qui n’ont pas même encore conscience de cette part de leur identité, quand on leur intimera l’ordre de choisir, pourraient adopter tout naturellement cette forme de « nationalité sans nation », conforme à ce qu’est l’Islam, un système politico-religieux total. Des voisins vivant jusque-là en bonne intelligence autour d’un socle national laïque commun se définiraient alors tout à coup autrement, comme des ennemis prêts à se déchirer. Impossible, improbable ? Délirant ? À voir. Ou plutôt à ne pas voir. Nous devons conjurer ce péril terrifiant, cette dynamique destructrice et faire en sorte que ceci n’arrive pas.

Que faire alors ? Au moment crucial de poser un diagnostic, il faut prendre garde à un leurre redoutable : le « discours d’expert » sur le terrorisme. Il a évidemment ses vertus : il cherche des explications – souvent des excuses -, décompose les modus operandi, fait des liens, remet en perspective, essaie d’anticiper. Il permet aussi d’expurger une frayeur et un dégoût qui nous saisissent devant le caractère apparemment irrationnel, indiscriminé, injustifiable des cibles de ces « voyous barbares », brebis égarées de la mondialisation transformées en « loups solitaires » ou en meutes morbides. Mais ce discours coupe aussi artificiellement le symptôme du mal. Il fait comme si le terrorisme était un phénomène en soi, qu’il suffisait de bien analyser et de combattre pour le circonscrire et l’éradiquer. Comme dans un jeu vidéo.

Or, il faut s’interroger : ces brebis sont-elles égarées ou, au contraire, se sentent-elles (re)mises sur La Voie ? C’est la vraie question. Celle qui nous gêne tant, nous terrifie même, car elle met en échec tout notre référentiel. On leur a, dit-on, « lavé le cerveau », pour les lancer, décérébrées et désespérées, contre d’innocents civils ou des représentants de l’autorité, pour faire trembler dans les chaumières et provoquer la sidération progressive d’une nation qui se défait et sa paralysie avant sa reddition ultime. Est-ce si sûr ? N’est-ce que cela ? Ne peut-on penser que ces individus, pour la plupart, s’engagent en toute connaissance de cause dans un combat en fait très cohérent à leurs yeux, qui leur paraît absolument valable et louable ? Ils échappent, par leur sacrifice (le don de leur vie biologique), à la confusion que nos démocraties hyper-individualistes ont opérée entre vie et existence. La vie, tout à la fois souffle et commandement divin, traverse les corps et les justifie, inscrit l’individu dans un dessein transcendant, appelle comme un salut sa mort terrestre au service d’une cause, d’un sens, et le démarque ainsi des « infidèles » prisonniers d’une « existence » réduite à leur pure matérialité biologique et surtout à un matérialisme déspiritualisé… C’est là, on en conviendra, une puissante réponse à la perte de repères spirituels et moraux que fait subir la modernité occidentale à ses enfants les moins aptes à la mobilité mentale et sociale.

Mais en Occident, nous confondons depuis longtemps déjà vie et vivant. C’est précisément ce que l’on appelle la modernité. Nous sommes de ce fait quasi incapables de reconnaître une quelconque validité à un tel « délire ». Car il défie notre idole absolue : « le progrès », essentiellement technique et technologique, entré désormais en complète symbiose avec le marché. Admettre que ce que nous considérons comme un « égarement » régressif et pathologique dans l’acte terroriste est, aux yeux des acteurs de cette terreur, l’aboutissement d’une quête spirituelle que le monde d’ici-bas ne peut assouvir nous est proprement impensable. Car cela revient à admettre que certains individus, élevés au bon lait de la modernité occidentale et souvent loin de toute misère sociale ou intellectuelle, rejetteraient en toute connaissance de cause et en bloc les étalons lumineux de l’Occident consumériste. Un Occident qui se prétend toujours référent ultime du progrès humain, veut éradiquer toute idée même de mystère ou de destinée, et vogue désormais béatement vers les rivages prometteurs du transhumanisme, sa nouvelle idole, bien décidé à remettre Dieu à sa place pour offrir tout seul l’immortalité et l’omniscience à l’homme…

Attention ! Que l’on me comprenne bien ! Je ne justifie évidemment rien. C’est exactement l’inverse. Tout combat commence par l’évaluation froide et la plus ouverte possible de l’adversaire. Notre difficulté est que nous sommes incapables d’une grille de lecture lucide sans autocomplaisance. La « conversion du regard » indispensable pour comprendre le fonctionnement de l’autre (non pour l’excuser) nous est inaccessible. Car nous confondons les deux et nous nous fermons intellectuellement de peur d’excuser l’inexcusable en comprenant. Or, le fait de considérer comme de simples fous déséquilibrés ou délirants les auteurs d’attentats nous prive d’un regard à la mesure de la menace que leur élan destructeur fait peser sur notre monde développé.

Ces individus ne versent pas dans le salafisme parce qu’ils sont mal insérés socialement ou économiquement dans nos sociétés. On peut être pauvre, marginalisé ou inculte sans prendre les armes pour égorger son prochain. La source de l’islamisme violent et de son expression terroriste n’est donc pas sociale (chômage, désinsertion, etc.), pas plus qu’elle ne relève du dérèglement mental ou de « l’égarement » religieux. Elle est PO-LI-TIQUE ! Le religieux est ici massivement instrumentalisé, avec un franc succès, auprès de ses cibles (les masses musulmanes) comme auprès de ses victimes (les populations non musulmanes et les systèmes politiques des États ciblés). Il sert de leurre à une offensive géante qui essaime de manière virale dans des esprits fragiles ou structurés. Une offensive politique donc, mais appuyée, justifiée par la radicalité structurelle d’une Foi qui opère la symbiose totale entre le terrestre et le spirituel et offre donc une cohérence. Le moteur du « sacrifice » consenti et de l’action destructrice des agents de la terreur est infiniment puissant car il est cohérent. C’est en conséquence non une désorientation, mais une réorientation radicale qui les meut.

Refuser de concevoir cette cohérence intime retrouvée, et nier la globalité du défi qui nous est lancé appauvrit notre analyse et notre capacité de riposte. Réduire la lutte antiterroriste à une « guerre asymétrique » est séduisant mais indigent. « Tuer des terroristes », comme vient de le dire modestement Donald Trump à propos de la nouvelle « stratégie américaine » en Afghanistan, n’a aucune chance, jamais, de mettre fin au terrorisme. On peut faire cela jusqu’à la fin des temps. Car le véritable théâtre de cette guerre globale est sans frontières. Ce sont le communautarisme et le confessionnalisme présents au cœur même de nos propres Nations qui sont nos véritables ennemis. Et personne ne veut les voir ni les combattre autrement qu’à mots couverts. On les laisse prospérer, quand on ne les encourage pas.

Dès lors, la concentration de l’attention politique sur la dimension militaire de ce qui n’est qu’un pan, un mode d’action d’une stratégie globale, nous fait manquer l’essentiel. Le terrorisme n’est que l’autre nom de la guérilla, technique de combat vieille comme le monde. Ce n’est pas une fin en soi ni une absurdité, c’est l’un des moyens mis au service d’une entreprise d’ordre révolutionnaire, au long cours, tous azimuts, qui se joue simultanément au loin et chez nous. Une entreprise qui rassemble de nombreux acteurs qui jouent sur les faiblesses et la pusillanimité des démocraties modernes, sur leur renoncement à l’autorité, à la sélection, à la punition. Une entreprise qui vise le renversement de l’ordre politique occidental et son remplacement par un ordre politico-religieux dont le référent unique serait l’islam sunnite dans sa pureté originelle, pour lequel la Foi, la Loi et le Droit ne font qu’un, et qui tient les catégories occidentales de la modernité politique et sociale, sa rationalité et les concepts de liberté ou d’égalité pour des pêchés mortels contre Allah lui-même.

En conséquence, la focalisation sur les modus operandi de la terreur comme le discours actuel sur le recul (réel) du groupe État islamique ou de ses avatars, effectivement engagé dans une phase de déterritorialisation en Syrie et en Irak, qui tirerait pathétiquement ses dernières cartouches en inspirant encore quelques consciences troublées réduites à des modes d’action primitifs (le camion ou la voiture lancée dans la foule, les attaques au couteau, etc.) sont donc séduisants, rassurants…, mais parfaitement insuffisants. Ce récit transpire la peur et le renoncement. Un story telling complaisant qui laisse penser, à l’ennemi notamment, que c’est gagné, que l’on est incapable de lui opposer ne serait-ce qu’une claire conscience de ce qu’il est et veut véritablement. Il faut dire que le renoncement est dans l’air du temps : il y a quelques jours, il s’est bien trouvé une « experte » pour expliquer doctement à la radio que l’empoisonnement des œufs au fipronil était comparable à l’effet d’un café où nagerait une mouche : désagréable mais toujours buvable ! De la même façon que nous devons nous débarrasser de tous ces poisons qui posent un problème de santé publique colossal, mais ne font parler d’eux que lorsqu’il y a quelques « blessés » ou morts non camouflables, nous devons éradiquer sans pitié l’engeance islamiste qui empoisonne graduellement le corps de la nation mais dont on ne réalise la nocivité que lorsqu’elle nous frappe spectaculairement. Mais nos démocraties sont fortes nous dit-on, pleines de « résilience ». « Nous n’avons pas peur » et ne changerons pas d’un iota notre attitude collective ni individuelle. C’est là que le bât blesse. Car il faut tout changer.

En premier lieu, il faut cesser de sous-estimer l’ennemi et comprendre la nature et l’ampleur de la guerre qui nous est menée. Le terrorisme n’est, nous l’avons dit, que l’un des modes d’action d’une guerre de nature révolutionnaire à finalité idéologico-religieuse qui nous est faite à très grande échelle en profitant du lent dépérissement des États depuis 1990, de l’hyper-mondialisation et de l’idéologie ultra-individualiste qui l’accompagne. La question du « complot » et de la folie américaine initiale du financement massif de l’islamisme contre l’URSS, celle de « la vengeance » du monde arabo-musulman sont sans intérêt. Stupidité stratégique, complot ou pas, une dynamique imperturbable s’accélère et accule progressivement les régimes démocratiques pris au piège de leurs propres « valeurs » et utopies et surtout de l’effet boomerang de leur égalitarisme tant porté aux nues qu’il a fini par dissoudre la cohésion nationale.

En second lieu, il faut en finir avec cette culture de l’excuse implicite dans nos démocraties schizophrènes, qui ont intégré la repentance à un point tel qu’elles se sentent coupables d’être et d’offrir le gîte, le couvert, le savoir, la sécurité à ceux qui les méprisent, les haïssent et les frappent.

En troisième lieu, il faut rompre le pacte avec le Diable conclu par complaisance et surtout ignorance par des politiques de tous bords. J’explique depuis longtemps, et reste convaincue, que l’incohérence entêtée d’une ligne diplomatique qui nous fait, contre quelques contrats ou prébendes, soutenir des États suppôts directs ou indirects du salafisme et mécènes d’un prosélytisme religieux qui déstructure nos nations entretient un cercle vicieux redoutable et nous asservit en profondeur. Comment ne pas voir non plus l’absurdité, l’irresponsabilité d’une politique au petit pied, sans vision, qui nous a conduits à abattre des États autoritaires mais laïcs au nom de la démocratie et de la protection des populations, alors que nous tenons un discours permanent sur la vertu de la laïcité pour la coexistence paisible des diverses croyances autour d’un socle national partagé ? Il est vrai que notre antienne est de plus en plus formelle, car dans les faits, nous laissons dépérir ce socle et confortons le communautarisme dans nos villes et banlieues au nom même d’une liberté qui masque un autorenoncement à l’autorité de l’État et à l’imposition d’un référentiel commun. Nos politiques avalent depuis des lustres, le nez bouché et en mettant un cierge, la potion amère des associations musulmanes d’obédiences diverses qui leur promettent paix sociale, soutien électoral ou financements en échange de l’acceptation de leur implantation locale « au service des habitants ». Il est urgent de redécouvrir les vertus de la verticalité. L’horizontalité noie les responsabilités, accentue les réflexes de défausse, transforme les libertés offertes en violence et finalement creuse les disparités. C’est un paradoxe qu’il faut enfin regarder en face.

La guerre qui nous est faite est certes asymétrique, évidemment, puisque nos armées constituées et formatées pour le combat de haute intensité font face à des commandos, des individus, des milices qui les harcèlent au long cours avec des ruptures de rythme incessantes. Mais il faut bien comprendre que la négation obtuse du lien entre ce qui se passe au loin et ce qui se passe sur le territoire national nous affaiblit. Engager une contre-offensive crédible requiert une détermination et une vision globales et déjà une remise au diapason républicain de communautés entières, elles-mêmes « travaillées » au corps et au cœur comme la pâte à modeler de la domination future.

J’entends déjà les cris d’orfraie ! Catastrophisme ! Raisonnement fasciste, islamophobe ! Il est impossible, illégal, illégitime, antirépublicain d’engager une telle résistance ! À nous la méthode Coué, l’incantation extatique sur « le vivre ensemble », la danse de la pluie ! Mais « le vivre ensemble » ne se décrète pas. Il se fait respecter. Mais notre République se meurt à force de s’offrir repentante, à ceux qui veulent l’abattre. Mais la résilience ne suffit pas. Mais les fleurs et les bougies sont indécentes. Mais voir les familles des victimes elles-mêmes dénoncer les photos terrifiantes de leurs proches en morceaux signe un inquiétant déni de réalité. Plus de corps, plus de mort ? Plus de danger ? L’euphémisation du réel est impardonnable. On peut le comprendre d’un parent perdu par le chagrin de la perte d’un être aimé, pas d’un État qui doit protéger ses concitoyens.

Car c’est une guerre globale mais soigneusement « perlée » qui nous est faite. Le rythme des attentats, leur occurrence en salves sporadiques et étendues géographiquement en témoignent. Un rythme suffisamment régulier pour maintenir la pression et faire grandir la peur dans la population, mais insuffisamment massif encore pour déclencher la fureur populaire et contraindre les pouvoirs publics à l’action martiale. Le risque est pourtant grand, à moyen terme, de la procrastination régalienne. C’est donc l’ennemi qui donne le tempo. Il peut décider d’en changer et monter en intensité subitement. Sommes-nous prêts ? Et puis, les moutons pourraient cesser d’accepter leur sacrifice aléatoire et se rebeller ; sans berger, décider de se défendre seuls, en dressant quelques chiens. Et là, ce serait la fin de la République et de l’État de droit. Et l’irruption de la guerre civile.

Caroline Galactéros

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Charlie, la caricature et « l’islamophobie » par Jacques Sapir · 25 août 2017

27 Août 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #La République, #Daesch, #Terrorisme

Charlie, la caricature et « l’islamophobie »

La « une » de Charlie-Hebdo du 23 août a fait jaser. Au-delà des réaction épidermiques – et tout journal de caricatures provoque des réactions épidermiques – il faut s’interroger sur ce qui pousse une partie des gens qui se disaient « Charlie » en janvier 2015 à renier leurs convictions et à critiquer ce journal[1]. Par quelle hypocrisie ce qui était licite hier ne le serait-il plus aujourd’hui ?[2]

Non que le fait de publier des caricatures vous mette au-delà de toute critique. Mais il convient de ne pas oublier ce qu’est la fonction d’une caricature : de dire des choses sous le couvert de l’exagération, de l’outrance, d’un mauvais goût parfaitement assumé. On peut ne pas aimer. Mais, à vouloir se constituer en censeur des « bonnes mœurs », de la « décence » supposée d’un journal, on prend une bien mauvaise pente. Et cette pente révèle, en réalité, des choses bien plus obscures.

 

De l’utilité du mauvais goût

Il n’y a rien, dans cette couverture, de nouveau dans le « style » Charlie. Plaisanter des religions a toujours été le fonds de commerce des caricaturistes. Et pour une « une » qui met en cause l’islam, on ne compte plus celles qui brocardaient le catholicisme, ou le judaïsme. C’est affaire de goût, mais aussi de tradition. La France a une longue tradition de la caricature ; elle date d’avant même la révolution de 1789, et les combats menés pour cette liberté de caricature ont été nombreux. Cette tradition, qu’on s’en revendique ou qu’elle insupporte, fait partie de notre culture politique, voire de notre culture tout court. Pourquoi donc, cette semaine, une telle levée de boucliers ?

On critique l’islam. Et après ? On n’a pas entendu les personnes qui aujourd’hui s’offusquent, quand ce journal avait critiqué les autres religions. Pourtant, de leur propre point de vue, ces critiques étaient toutes aussi contestables. Une religion particulière aurait-elle donc des droits que les autres n’ont pas en France ? Si l’on critique les religions, on les critique toutes. Aucune religion ne peut exiger en République de statut particulier.

On dira alors que c’est faire preuve de « mauvais goût » que de se livrer à cette critique systématique des religions. Que l’on se rappelle donc la une du prédécesseur de Charlie, le défunt Hara-Kiri Hebdo qui lui valut son interdiction : « bal tragique à Colombey : un mort ». C’était au lendemain de l’annonce de la mort du Général de Gaulle. Cette interdiction avait scandalisé à l’époque. On peut aussi trouver qu’il est de mauvais goût de plaisanter sur des morts, quels qu’ils soient. Mais c’est un pur jugement personnel, et nul n’est obligé d’acheter un journal. Rappelons cependant que le droit à l’outrance, et donc au mauvais goût, fait partie intégrante de la liberté d’expression.

La culture politique, dont le droit à la caricature est un exemple et une expression, constitue un invariant de court terme. Nul ne peut prétendre impunément s’en dissocier ou la rejeter sans s’exposer lui-même à un phénomène de rejet.

Nous ne nous définissons pas par des croyances religieuses

En réalité, on veut nous obliger à nous définir selon des croyances religieuses, des signes d’appartenances, et cela aboutit en réalité à briser le « peuple ». C’est très précisément le piège que nous tendent les terroristes, que ce soient ceux qui ont assassinés les journalistes de Charlie-Hebdo en janvier 2015 ou ceux de Barcelone, en passant par ceux du Bataclan et du 14 juillet à Nice. Ces terroristes veulent nous ramener au temps des communautés religieuses se combattant et s’entre-tuant.

D’autres alors y ajouterons des communautés ethniques. Il n’est pas innocent que, dans le même temps que Charlie Hebdo publiait cette « une », se tenait le fameux « camp décolonial » interdit aux « blancs ». La logique identitaire est ici à l’œuvre, et les identitaires les plus radicaux ne sont peut-être pas ceux qui organisent les apéros « pinard-saucisson »…En tous les cas, c’est en réalité exactement la même logique qui est à l’œuvre, et la condamnation doit alors frapper TOUS ces mouvements identitaires ou n’en frapper aucun. L’affirmation identitaire et narcissique fait toujours le lit du fondamentalisme.

Si nous cédons donc sur ce point, si nous acceptons de nous nous définir selon des croyances religieuses, nous nous engageons vers un chemin conduisant à la pire des barbaries. La confusion dans laquelle se complet une grande partie de l’élite politique française, est ici tragique et lourde de conséquences. Les attaques contre les musulmans (comme celles contre les juifs, les chrétiens, les bouddhistes, etc…) sont inqualifiables et insupportables. Mais, on a le droit de critiquer, de rire, de tourner en dérision, et même de détester TOUTES les religions. Et si l’on est choqué par des caricatures, si l’on ne peut supporter le mauvais goût, on n’achète pas le journal dans lesquelles elles sont publiées, un point c’est tout.

Quel sens pour le « retour du religieux » ?

Le « retour du religieux » est en réalité un phénomène profondément contradictoire. Il y a d’un côté la volonté –respectable – de certains de trouver un sens à notre destin. Le retour du religieux se vit ici comme une aventure personnelle. Mais il y a aussi, et il ne faut pas le nier, la dimension d’imposer des valeurs individuelles à l’ensemble de la société. Autrement dit de transformer des valeurs en principes ce qui est toujours le commencement des grands crimes.

Or, la société résiste à cette tentative d’imposer des valeurs homogènes car elle est elle-même hétérogène. Dès lors, ces individus entrent en guerre contre leur propre société. C’est le début de l’intégrisme, bien représenté dans l’ensemble des religions. Les valeurs que l’on prétend alors porter sont en conflit direct avec les comportements des personnes qui les portent. Les intégristes de toute obédience donnent une image haïssable des valeurs qu’ils prétendent porter. À chaque acte de ségrégation, à chaque acte d’intolérance, à chaque bombe, à chaque acte terroriste, c’est bien le contraire des valeurs des religions qui est mis en avant.

En fait, derrière l’apparence d’une montée de la religiosité, c’est en réalité à une montée des affirmations identitaires et narcissiques que l’on assiste. Les crispations autour des tabous alimentaires et vestimentaires, sur les signes extérieurs (comme la question du voile chez les musulmans) ont avant tout pour but d’identifier brutalement une communauté, de la séparer du reste de la population et de l’enfermer sur des références mythifiées pour le plus grand profit de quelques uns. Ces pratiques, en produisant des mouvements de réactions, font en réalité progresser la division des individus entre eux au lieu d’y mettre fin. Dans la quête de la pureté, et toute religion distingue le « pur » de « l’impur », il ne peut y avoir de mouvement collectif, si ce n’est de petites communautés en proie aux réactions violentes d’autres communautés. On croit ainsi se protéger de l’anomie et l’on s’y précipite tête baissée.

Le narcissisme forcené se révèle à chaque étape de ce que l’on veut nous présenter comme une lutte émancipatrice et qui n’est qu’une parade des intérêts individuels de certains. Car, la constitution de communautés divisant le peuple aboutira toujours à asseoir le pouvoir de certains sur ces mêmes communautés. La communauté en réalité opprime là ou le peuple libère. C’est la raison fondamentale pour laquelle il faut s’opposer fermement et sans concessions aux divers communautarismes.

 

Retour vers la barbarie

Pourquoi donc ce retour en arrière dans le religieux ? Pourquoi y-a-t-il des voix qui, face aux victimes des crimes de janvier 2015, s’élèvent pour dire « ils ne l’ont pas volé », et qui de fait demandent implicitement le rétablissement de l’ignoble délit de blasphème ? On ne l’a pas trop dit à l’époque, mais une partie – assurément minoritaire – de la population a fêté ces assassinats. Nous sommes donc confrontés aujourd’hui à une pression de mouvements divers qui veulent nous entraîner vers la barbarie. Ces mouvements ne sont pas seulement les groupements de la mouvance salafiste. Ces derniers maintiennent les adeptes dans une ignorance et un refus du monde extérieur qui les rend faciles à identifier et à combattre. Ces mouvements incluent aussi la mouvance des « Frères musulmans », qui accepte de se plier en apparence aux règles de la république et de la démocratie mais pour mieux les rejeter. Cette mouvance constitue aujourd’hui un danger plus grand et plus radical pour la République que les divers groupes salafistes. C’est elle qui devrait concentrer les efforts de ceux qui luttent pour éviter à notre société de basculer vers la barbarie. Tel est le sens de l’article que vient de publier Céline Pina dans Le Figaro.

Mais, ceci n’épuise pas la question de ce grand « bond en arrière » que nous connaissons aujourd’hui. Si les salafistes et la mouvance « frériste » ont cette importance c’est pour une raison simple : parce que l’on récuse cette idée fondamentale de la souveraineté comme base de la démocratie. On a en effet oublié que la contrepartie de cette égalité politique à l’intérieur des frontières était le respect de ces dites frontières. L’existence et le respect des frontières constituent un élément déterminant de la démocratie. C’est l’existence de frontières, de la séparation entre un national et un étranger, qui fonde d’ailleurs l’article 4 du Préambule de la Constitution, celui qui établit le droit d’Asile[3]. Or, si une communauté politique n’est plus maîtresse de son destin, il ne peut y avoir de démocratie en son sein. Et, en conséquence, on ne peut y déterminer un « bien commun ». On est alors immanquablement conduit à rechercher un autre ciment à cette communauté, et c’est ici que l’on retrouve la religion. On peut constater que le développement actuel du fondamentalisme religieux n’est que la traduction des effets de la mondialisation. Mais constater un phénomène ne signifie pas l’accepter, et encore moins s’en réjouir. Que tous ceux qui entonnent des discours béats sur les prétendues beautés d’une mondialisation qu’ils voudraient heureuse sachent que c’est cette dernière qui produit, de manière naturelle et permanente, la montée des fondamentalismes religieux. Vouloir combattre le fondamentalisme implique donc de penser une forme de démondialisation.

 

Sans souveraineté pas de solidarité

La mise en cause, sournoise ou directe, de la souveraineté du peuple ouvre ainsi toute grande la porte à sa dissolution et à sa reconstitution sous la forme de communautés, que ces dernières soient religieuses ou ethniques. Il ne peut y avoir de peuple, il faut le rappeler, que par la laïcité qui renvoie à la sphère privée des divergences sur lesquelles in ne peut y avoir de discussions. Or, sans peuple, il ne peut y avoir de base à construction politique de la souveraineté populaire.

La distinction entre sphère privée et sphère publique est ici fondamentale à l’exercice de la démocratie. Ce principe est inclut d’ailleurs dans notre Constitution : la République ne reconnaît nulle religion et nulle race. Tel est le sens de l’article premier du préambule de notre Constitution, repris du préambule de la Constitution de 1946, et écrit au sortir de la guerre contre le nazisme[4]. Or, nous sommes donc confrontés aujourd’hui à un défi absolu : la République ou la guerre civile, la guerre de tous contre tous. Les événements tragiques, de janvier 2015 ont conduit à bien des contorsions idéologiques. On a immédiatement affirmé que les auteurs de ces crimes de n’étaient que des enfants perdus issus de la désespérance. Soit ; mais tous les enfants en souffrance, tous les enfants perdus, ne prennent pas nécessairement les armes pour tuer leurs prochains. L’existence d’une souffrance sociale est difficilement contestable, mais elle ne justifie ni n’explique le passage à l’acte terroriste. Il y a bien eu, aussi, une idéologie terroriste à l’œuvre, et le fait que cette idéologie ait une base religieuse semble poser problème à certains.

Il faut donc rappeler à tous et à chacun ce que signifient les mots de culture politique, et pourquoi il ne peut y avoir qu’une culture politique sur un espace donné. La culture politique est le langage commun que nous utilisons pour communiquer les uns avec les autres, et même, souvent, pour nous disputer. Sans langage commun, sans principes organisateurs admis par tous, il ne peut y avoir d’espace politique, et en conséquence, il ne peut y avoir de peuple.

 

Sur la prétendue « islamophobie »

On entend depuis beaucoup le fameux discours « ne faisons pas d’amalgame, ne tombons pas dans « l’islamophobie » ». Mais, qu’entend-on par là ? On remarquera que, depuis les attentats de janvier 2015, la société française a été d’un très grand calme. Assurément, des actes ont été commis contre des lieux de cultes musulmans. Mais, ils sont dans leur immense majorité restés bénins. Ce calme de la société française est un facteur d’espoir et montre à quel point dans notre pays il y a une attitude raisonnée, et ce même chez les plus grands contempteurs de l’islam.

Que signifie donc «islamophobie » ? S’il s’agit de dire que tous les musulmans ne sont pas des terroristes, que l’islamisme n’est pas l’islam, c’est une évidence, qu’il convient de répéter, mais qui ne fait guère avancer le débat. S’il s’agit de dire, et c’est hélas bien plus rare, que des populations de religion musulmanes sont très souvent les premières victimes de l’islamisme, c’est aussi une autre évidence. Et il convient de l’affirmer haut et fort. S’il s’agit, enfin, de dire que la montée de l’islamisme est le fruit de la destruction du nationalisme arabe, et que ce nationalisme arabe fut combattu, de Nasser à Saddam, par les Etats-Unis et les puissances occidentales, voilà qui constitue une vérité qui est largement oubliée[5]. Ces trois affirmations constituent trois éléments essentiels d’un discours non pas tant contre l’islamophobie mais affirmant des vérités qui sont aujourd’hui essentielles à dire dans les pays occidentaux.

Mais, le discours sur l’islamophobie peut aussi avoir un autre sens, et celui-ci bien plus contestable. A vouloir combattre une soi-disant « islamophobie » on peut aussi préparer le terrain à une mise hors débat de l’Islam et des autres religions. C’est une erreur grave, dont les conséquences pourraient être terribles. Elle signe la capitulation intellectuelle par rapport à nos principes fondateurs. Non que l’Islam soit pire ou meilleur qu’une autre religion. Mais il faut ici affirmer que toute religion relève du monde des idées et des représentations. C’est, au sens premier du terme, une idéologie. A ce titre, toute religion est critiquable et doit pouvoir être soumise à la critique et à l’interprétation. Cette interprétation, de plus, n’a pas à être limitée aux seuls croyants. Le droit de dire du mal (ou du bien) du Coran comme de la Bible, de la Thora comme des Evangiles, est un droit inaliénable sans lequel il ne saurait y avoir de libre débat. Un croyant doit accepter de voir sa foi soumise à la critique s’il veut vivre au sein d’un peuple libre et s’il veut que ce peuple libre l’accepte en son sein.

Ce qui est par contre scandaleux, ce qui est criminel, et ce qui doit être justement réprimé par des lois, c’est de réduire un être humain à sa religion. C’est ce à quoi s’emploient cependant les fanatiques de tout bord et c’est cela qui nous sépare radicalement de leur mode de pensée. Parce que, en descendants de la Révolution française, nous considérons que la République ne doit distinguer que le mérite et non le sexe, ou un appartenance communautaire, il est triste de voir une partie de la gauche suivre en réalité les fondamentalistes religieux sur le chemin de la réduction d’un homme à ses croyances.

 

Centralité de la laïcité

La laïcité n’est pas un supplément d’âme à la République. Elle en est en réalité le ciment[6]. Il n’est pas anodin que l’un des grands penseurs de la souveraineté, Jean Bodin, qui vécut au XVIème siècle dans l’horreur des guerres de religion, ait écrit à la fois un traité sur la souveraineté[7] et un traité sur la laïcité[8].

Il convient de bien comprendre ce lien étroit qui unit la notion de souveraineté à celle de laïcité. La souveraineté implique la définition d’un souverain. Une fois établie que la « chose publique » ou la Res Publica est le fondement réel de ce souverain, comme nous y invite Jean Bodin, il nous faut définir le « peuple » qui exercera, soit directement soit par l’entremise de formes de délégation, cette souveraineté. C’est bien pourquoi la question de la souveraineté est aussi centrale, car elle implique la définition de la communauté politique qui l’exerce.

Nous savons ce qu’est une crise économique, et nous mesurons tous les jours ce que peut être une crise sociale. Ces crises engendrent un profond sentiment d’insécurité[9]. Mais il y a dans la situation actuelle quelque chose de plus, tant quantitativement que qualitativement. Nous découvrons désormais ce que peut être une crise de la Nation, ce moment particulier où l’on sent le sol qui se dérobe sous nos pieds, où ce que l’on pensait être garanti est brutalement remis en cause. De ce sentiment découle celui de l’insécurité culturelle qui, se combinant à l’insécurité sociale, produit ce qu’un auteur appelle le « malaise identitaire »[10]. Derrière le symptôme, il y a bien une réalité, et c’est cette réalité qu’il nous faut tenter de comprendre.

C’est la souveraineté qui rend audible l’injonction de solidarité, entre les personnes et les régions sur un territoire donné. Que l’on abdique cette souveraineté et cette solidarité se défait[11]. En affirmant que le peuple est le seul détenteur de la souveraineté, la Révolution de 1789 a achevé la construction politico-juridique qui fut commencée sous le moyen-âge. Mais, il faut se souvenir qu’elle ne l’a pas créé. La notion de souveraineté est bien antérieure à la Révolution. Ce mouvement de retour doit aussi permettre de distinguer le véritable internationalisme, autrement dit une pensée qui se situe « entre les nations » car elle en reconnaît l’importance et cherche à dégager des causes communes et à organiser des compromis, et une pensée qui nie les nations, et en réalité nie aussi la démocratie et qui contribue alors à ce principe de destruction des Etats qui engendre la barbarie.

 

 

La crise de la Nation, est aussi une crise de l’Etat. Elle laisse les citoyens démunis et sans pouvoir pour peser sur la situation. Il en est ainsi car ils sont privés du pouvoir de faire et de modifier les lois et par là même ils sont privés du pouvoir d’organiser collectivement leur propre futur. « Il n’y a d’irrémédiable que la perte de l’Etat » a dit un roi de France[12] en des temps anciens, mais qui semblent aujourd’hui étrangement, et tragiquement, proches.

Quand Henri IV fit cette déclaration devant les juges de Rouen, car un Parlement à l’époque était une assemblée de juges, il voulait faire comprendre qu’un intérêt supérieur s’imposait aux intérêts particuliers et que la poursuite par les individus de leurs buts légitimes ne devait pas se faire au détriment du but commun de la vie en société. En redonnant le sens de la Nation, il mit fin à la guerre civile.

 

NOTES

[1] Comme cet ancien ministre « socialiste » qui aurait mieux fait de se taire… http://www.europe1.fr/politique/stephane-le-foll-critique-la-une-de-charlie-hebdo-et-ses-dangereux-amalgames-3417203

[2] http://static.aws.la-croix.com/Religion/Laicite/Attentats-Catalogne-une-Charlie-Hebdo-cree-controverse-2017-08-23-1200871429?from_univers=lacroix

[3] Cet article 4 énonce : « Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d’asile sur les territoires de la République ». http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/preambule-de-la-constitution-du-27-octobre-1946.5077.html

[4] Le texte est le suivant : « Au lendemain de la victoire remportée par les peuples libres sur les régimes qui ont tenté d’asservir et de dégrader la personne humaine, le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race, de religion ni de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés. Il réaffirme solennellement les droits et libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la Déclaration des droits de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République ». http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/preambule-de-la-constitution-du-27-octobre-1946.5077.html

[5] Voir Sapir J., « Le tragique et l’obscène », note publiée sur le carnet RussEurope le 25 septembre 2014, http://russeurope.hypotheses.org/2841

[6] Poulat E. Notre Laïcité, ou les religions dans l’espace public, Bruxelles, Desclées de Bouwer, 2014.

[7] Bodin J., Les Six Livres de la République, (1575), Librairie générale française, Paris, Le livre de poche, LP17, n° 4619. Classiques de la philosophie, 1993.

[8] Bodin J., Colloque entre sept sçavants qui sont de différents sentiments des secrets cachés des choses relevées, traduction anonyme du Colloquium Heptaplomeres de Jean Bodin, texte présenté et établi par François Berriot, avec la collaboration de K. Davies, J. Larmat et J. Roger, Genève, Droz, 1984, LXVIII-591, désormais Heptaplomeres.

[9] Castel R., L’insécurité sociale. Qu’est-ce qu’être protégé ?, Paris, Le Seuil et La République des Idées, 2003.

[10] Bouvet L., L’insécurité culturelle. Sortir du malaise identitaire français, Paris, Fayard, 2015.

[11] Guilluy C., La France périphérique. Comment on sacrifie les classes populaires, Paris, Flammarion, 2014.

[12] Discours de Henri IV au Parlement de Rouen en 1597.

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"la différence entre un homme politique et un homme d'Etat est la suivante: le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération" James Freeman Clarke

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Emir Kusturica : «Les pays capitalistes se dirigent vers le fascisme» (EXCLUSIF)

20 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #Ukraine, #Terrorisme, #La guerre, #Le fascisme

Emir Kusturica : «Les pays capitalistes se dirigent vers le fascisme» (EXCLUSIF)

Emir Kusturica : «Les pays capitalistes se dirigent vers le fascisme» (EXCLUSIF)
Emir Kusturica

Evoquant les difficiles relations entre la Russie et l'Occident, le réalisateur serbe Emir Kusturica confie à RT sa vision de Vladimir Poutine, Donald Trump, et de la situation en Ukraine, en laquelle il voit une redite de la guerre de Yougoslavie.

RT : Vous avez un jour dit que la Serbie était respectée dans le monde entier, et ce grâce à Vladimir Poutine. Quelle en est selon vous la raison ?

Emir Kusturica (E. K.) : Vladimir Poutine, à mon avis, a fait quelque chose de très important pour le monde entier. Car, comme l'a dit un écrivain russe fort instruit, c’est la démocratie qui a souffert le plus après la chute de l’URSS.

A l’époque de l’Union soviétique, les démocrates français, italiens, anglais... tâchaient de démontrer à ceux qui étaient de l’autre côté du rideau de fer que régnait une vraie démocratie dans leur pays. Avec la chute de l’URSS, ils n’avaient plus rien à prouver à personne. Il ne fallait que suivre le mouvement du progrès naturel, qui est, en grande partie, alimenté par le côté obscur de la nature humaine.

Aussi, j'approuve les actions de Vladimir Poutine, qui, avec une manière, fine, qui lui est propre, remet la Russie sur pieds après la période Eltsine, afin que le peuple puisse être fier de son histoire et – et c'est le plus important – de sa culture.

Pourquoi l’Occident a-t-il des problèmes avec Vladimir Poutine ? Quels sont les avantages que présente la position du président russe ? Prenons l’exemple de l’Asie. Il s'agit de la région la plus peuplée, dotée de grandes puissances économiques, notamment la Chine. Les meilleurs réalisateurs asiatiques tournent des films dédiés à des questions d’éthique, d'auteurs des XIXe et du XXe siècles et que nous pouvons trouver dans les livres des grands écrivains russes.

C'est l'histoire qui nous montrera qui a raison et qui a tort, et non pas ceux qui essayent de réduire à zéro le rôle de la culture dans l'histoire de l’humanité. A chaque fois que je me rends en Occident, je m'entretiens avec des intellectuels qui en savent très peu sur Vladimir Poutine et la Russie contemporaine. Celui qui a interdit les importations de semences OGM mérite au minimum qu’on le respecte. C’est l’un des pires aspects de notre monde : nous sommes en proie à la production de Monsanto, qui n’a rien de naturelle et qui est quotidiennement à l'origine de cas mortels. Vladimir Poutine a interdit les OGM et revitalisé l’agriculture russe. Les résultats qu’il a obtenu sont splendides. En outre, c’est un homme qui préserve la culture de son pays. Pour cette raison, c'est un héros.

Lire aussi : Pour Emir Kusturica, Vladimir Poutine est «un type bien»

RT : Qu'avez vous pensé de la récente rencontre entre Vladimir Poutine et le président américain Donald Trump ?

E. K. : Je considère que Donald Trump n’a toujours pas dit ce qu’il devait dire. Je parle des promesses faites au cours de sa campagne électorale, promesses qu’il a oubliées. Il y a deux choses à faire remarquer. Premièrement, le fait est que l’Etat profond est derrière toutes les décisions importantes prises aux Etats-Unis. Deuxièmement, le complexe militaro-industriel américain est tellement puissant que le président ne peut pas agir sans le consentement d’autres personnes. Je trouve que la position de Vladimir Poutine est positive et en même temps, supérieure. J’ai également remarqué un peu d'incertitude dans le comportement du président américain. Je dirais même que cette rencontre nous a prouvé que ce n’était pas lui qui prenait les décisions. Et ça, c’est un grand problème pour l’humanité dans son ensemble.

RT : Ici même, à Mecavnik, en Serbie, vous avez récemment tourné votre film On the Milky Road, dans lequel Monica Belucci et vous-même jouez les rôles principaux. Ce film a reçu un grand prix à Sébastopol, en Crimée. Le 23 juillet prochain, vous envisagez de donner un concert à Yalta, autre ville de Crimée. N’avez-vous pas peur des sanctions ?

E. K. : Non. La vie n'a de sens que si tu es libre, si tu fais ce que tu veux. Tout au long de ma vie, je suis resté fidèle à mes décisions, à ma façon de faire. Dans cette situation je préférerais que les sanctions soient imposées à ceux qui donnent des concerts, disons, à New York ou même à Washington, où tant de guerres ont été préparées. Prenons l’exemple de Mouammar Kadhafi, ou le chaos que les Américains sèment dans le monde entier depuis déjà 20 ans. Si on doit imposer des sanctions, ce n'est certainement pas contre des musiciens qui jouent là où ils l'entendent, surtout à Yalta.

RT : Que pensez-vous de la situation en Ukraine ?

E. K. : La situation en Ukraine, telle que je la connais, ressemble à celle qui a eu cours en Yougoslavie. Nous assistons aux pressions de l'Occident. Au cours de l'unification européenne, l’Ouest a divisé la Yougoslavie. Et quoi qu'on dise de l'impossibilité de maintenir son intégrité, la Yougoslavie divisée est devenue un casse-tête pour le monde entier. La destruction n’émane pas de ceux qui veulent sauver leur patrie, mais de ceux qui paient pour la déstabilisation de cette dernière.

Victoria Nuland [diplomate américaine, chargée de l'Europe au département d'Etat de 2013 à 2017] a déclaré publiquement qu’il avait fallu 50 milliards de dollars pour plonger l'Ukraine dans un tel chaos. En outre, comment pouvons-nous soutenir des gens qui ont des conceptions nazies ? Les événements qui ont lieu dans le monde prouvent que les pays capitalistes se dirigent vers le fascisme.

Lire aussi : Non, ce n’est pas parce qu’il est ami avec Vladimir Poutine qu’Emir Kusturica ne sera pas à Cannes

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Syrie et rit encore , Rédigé par Observatus geopoliticus

17 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #La Turquie, #ISIL

Syrie et rit encore

16 Juillet 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus Publié dans #Moyen-Orient

Ne vous attendez pas à voir ces photos dans la presstituée, elle serait obligée d'admettre l'invraisemblable propagande qu'elle distille depuis des années. Il s'agit d'Alep, libérée de la mainmise des islamistes modérément modérés. Concerts, bikinis, bals... il semble que les Aléppins soient bien contents de ne plus vivre sous la férule wahhabite ou salafiste des petits héros chéris de l'Occident.

Sur le terrain de la guerre, les grands mouvements attendus se sont mis en branle ainsi que d'autres, plus surprenants. Petit état des lieux :

L'Idlibistan (1) alterne comme à l'accoutumée entre flambées de violence inter-barbues et cessez-le-feu précaires. Après deux semaines de combats, Ahrar al-Cham et Hayat Tahrir al-Cham (= Al Qaeda) viennent de conclure une trêve et promettent pour la énième fois de lancer une offensive contre l'armée syrienne. Peu vraisemblable étant donné que le parrain turc d'Ahrar semble prendre son rôle de faiseur de paix au sérieux à Astana et est le garant de la zone de désescalade d'Idlib.

Quelques minutes après l'annonce, une bombe explosait en plein Idlib, soit à la suite d'un nouveau règlement de compte, soit le fait de cellules dormantes de l'EI. Car depuis quelques temps, la grande affaire d'Al Qaida est - défense de rire - la chasse aux terroristes de Daech ! Ô ironie... La population locale, elle, commence sans doute à se lasser et plusieurs villages se rabibochent avec le gouvernement syrien via le centre de réconciliation mis en place par les Russes.

Les Turcs ont relativement calmé leurs ardeurs contre le canton kurde d'Afrin (2) même s'ils continuent à masser des troupes et que des échanges de joyeusetés obusières ont lieu régulièrement.

Comme prévu, les zones de désescalade (encore un maître coup du Kremlin) permettent aux loyalistes de concentrer leurs forces contre l'EI, soutenus par l'aviation. A l'est de Hama (3), le saillant daéchique continue à se faire grignoter même si le relief est tout sauf aisé (montagnes, canyons). Surprise, le fameux groupe paramilitaire pro-gouvernemental des Faucons du désert, supposé être le fer de lance de l'attaque sur ce front, s'est retiré de la bataille. Les raisons ne sont pas claires mais il semble que certains désaccords aient eu lieu avec les autres groupes loyalistes. Peut-être aussi que les photos des Faucons s'affichant fièrement avec les têtes tranchées des petits hommes en noir n'ont pas trop plu en haut lieu...

Au sud de Raqqa (4), les désormais légendaires Tiger Forces libèrent localité sur localité (sans mentionner les puits de pétrole) depuis une semaine et s'enfoncent peu à peu dans le coeur du territoire daéchique, vers Soukhna et Deir ez Zoor :

Soukhna justement. Les forces gouvernementales du front Palmyre (5) n'en sont plus qu'à quelques kilomètres. Après une courte pause, elles devraient très prochainement reprendre l'offensive pour tenter de libérer le dernier verrou sur la route de Deir ez Zoor.

Tout au sud, le long de la frontière irakienne (6), la situation est calme depuis quelques jours mais l'avance devrait bientôt reprendre. Il faut dire que de l'autre côté de la frontière, les Unités de Mobilisation Populaire irakiennes traînent un peu. Après la libération de Mossoul - au prix de destructions faisant passer Alep pour un jardin d'enfants -, où l'effort principal se portera-t-il : Hawija (7) ou la province d'Anbar et la frontière (8) ? Ou les deux ?

Le futur du corridor chiite et de l'accès de Téhéran à la Méditerranée en dépendent. Plus vite les troupes afflueront vers Anbar, plus large sera le corridor en question. On imagine la frénésie tendue dans les couloirs du pouvoir à Bagdad, véritable nid d'agents d'influence, où envoyés iraniens et américains se croisent sans se parler...

Jusqu'ici, les mouvements militaires décrits sont dans la continuité des évolutions récentes. Nous sommes toutefois en présence de deux fronts qui, eux, n'étaient pas du tout prévus et participent vraisemblablement de ce qui se trame à un plus haut niveau : le sud de la badia (9) et la Ghouta orientale de Damas (10).

La steppe syro-jordanienne est, on l'a vu à plusieurs reprises, l'un des points chauds du conflit. C'est à partir de là que l'empire pensait couper l'arc chiite, jusqu'au blitz royal des Syro-russes vers la frontière irakienne qui a pulvérisé les rêves américano-israélo-saoudiens. Après la rencontre Poutine-Trump, l'on a parlé d'un accord de cessez-le-feu "dans le sud", sans que soit bien précisé l'endroit.

Or l'armée syrienne a lancé il y a quelques jours une violente attaque contre les proxies US du territoire d'Al Tanaf sans aucune réaction américaine. Un délicieux kotel est sur le point de voir le jour dans sa partie occidentale :

Le Donald a-t-il vendu les mercenaires de cette zone en échange du cessez-le-feu autour de Deraa (11), près de la frontière de ses chers amis israéliens ? Pas impossible... Dans un article sur la Syrie et les Routes de la Soie - où il montre d'ailleurs que Pékin prépare déjà la reconstruction du pays -, le toujours excellent Pepe Escobar envisage même un troc cyclopéen entre Moscou et Washington : en échange d'une zone démilitarisée le long du Golan, avec éventuellement la présence de soldats de la paix américains, la reconnaissance officielle du rattachement de la Crimée à la Russie. L'avenir nous dira si ce scénario a quelque vraisemblance...

Revenons-en à nos petits rebelles de la poche d'Al Tanaf. Le lecteur se souvient du plan US pour faire quelque chose de ces combattants désormais inutiles :

Les possibles futures tergiversations kurdes expliquent peut-être pourquoi les Américains auraient (le conditionnel reste de mise) transféré une partie de leurs "rebelles" de la poche désormais inutile d'Al Tanaf vers le nord, dans le Rojava, avec le but évident de redescendre ensuite le long de la frontière.

Si la rumeur est confirmée, et il convient d'être encore prudent, il serait amusant de voir cohabiter ne serait-ce qu'un temps les YPG kurdes et les "rebelles modérés", qui se détestent cordialement. Plus sérieusement, cela signifierait que l'empire n'a pas lâché l'affaire et a toujours pour but d'appliquer la politique israélo-saoudienne de réduction même partielle de l'arc chiite, bien que l'on parle ici seulement de quelques centaines de combattants.

Notre avertissement était prémonitoire... Les rebelles en question ont apparemment purement et simplement refusé d'être transbordés du côté du Rojava et de coopérer avec les Kurdes ! Encore un caillou dans la chaussure impériale...

Damas, enfin. La Ghouta orientale était sensée faire partie des quatre zones de désescalade mais la guerre n'y a jamais vraiment cessé, les loyalistes surfant sur l'extrême division des groupes djihadistes en guerre les uns contre les autres depuis des mois, reflétant d'ailleurs la scission du Conseil de Coopération du Golfe entre Saoudiens et Qataris. Et comme les Turcs n'ont plus de protégés dans la région, le sultan ne dit rien.

L'offensive a d'abord été lancée contre Hayat Tahrir al-Cham (Al Qaeda n'est pas concernée par les accords) et son allié Faylaq Al-Rahman. Ces deux groupes auparavant soutenus par le Qatar sont désormais livrés à eux-mêmes et font face aux barbus de Jaish al-Islam, tendance Saoudie. Il y a deux jours, ce dernier a lancé un appel à l'union avec ses frères ennemis pour affronter l'armée syrienne (tentative d'unification de Riyad ?), mais on sait que ce genre de déclaration est rarement suivi d'effets.

Toujours est-il que les loyalistes avancent sur plusieurs axes (ici ou ici). Ils reçoivent des renforts (peut-être même bientôt une division démobilisée de Deraa puisque le cessez-le-feu semble y tenir) et l'apport de déserteurs qui leur donnent parfois de précieuses informations sur les tunnels et cachettes rebelles. Mais les combats sont âpres, sanglants. Le commandement syrien parle de 400 djihadistes tués depuis trois semaines, chiffre qu'il est impossible de vérifier. Une chose est sûre, c'est tout sauf une partie de plaisir.

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Pour une politique française en SYRIE indépendante et respectueuse du droit (Pétition adressée à Emmanuel Macron). Comité Valmy.

15 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme

Publié par El Diablo

Pour une politique française en Syrie
indépendante et respectueuse du droit
Pétition adressée à Emmanuel Macron

samedi 15 juillet 2017, par Comité Valmy

Pour une politique française en Syrie
indépendante et respectueuse du droit

Monsieur le Président,

Vous avez déclaré que vous ne souhaitiez pas la destruction de l’Etat syrien et qu’avec vous au pouvoir, on en aurait fini avec les “néoconservateurs importés”. Plus récemment, au sortir du G20, vous avez de nouveau précisé votre détermination à œuvrer pour une sortie politique du conflit excluant le préalable d’une mise hors jeu de l’actuel Président de l’Etat syrien. Vous interrompez le soutien financier et logistique que la mandature précédente accordait à des forces combattantes terroristes qu’elle qualifiait de ‘modérées.’

 

Ce réalisme a été imposé par l’échec d’une politique d’ingérence illégitime et désastreuse. Le peuple syrien avec toutes ses composantes, en particulier une opposition authentique de l’intérieur, certes pas celle d’une poignée d’exilés exhibés à quelques occasions, s’est rangé derrière Bachar el Assad pour lutter contre la désintégration de sa nation. Avec l’aide de pays amis, il est en train de mettre fin à l’existence d’un Etat takfiriste.

Parmi ceux qui ont accueilli votre présidence avec scepticisme, beaucoup espèrent voir dans cette position une politique qui permettrait à la France d’entamer une diplomatie indépendante. Elle se déploierait fermement dans les intérêts conjoints des peuples de la région, martyrisés et décimés, et du peuple français qui n’en a récolté comme effet tangible que des attentats terroristes sur son territoire et l’instauration d’un Etat d’urgence sans cesse reconduit. Elle saurait rester insensible aux imprécations telles que celles développées dans une lettre ouverte à Libération (1). Ce véritable appel à la guerre cautionne la tentative de déstabilisation d’un Etat souverain au mépris de la loi internationale. Il se présente sous la forme d’un chantage moral habituel qui consiste à culpabiliser ceux qui refusent la guerre, en les accusant de faire de la France la « complice » des crimes imputés sans preuve au gouvernement syrien. Bien au contraire, des preuves irréfutables s’accumulent qui mettent en évidence la responsabilité des forces terroristes dans les différents événements chimiques qui ont émaillé la scénarisation d’une dictature sanguinaire qui assassine son peuple.

Nous sommes opposés à toute guerre d’ingérence franche comme celle qui a détruit la Libye et déstabilisé l’Afrique sub-sahélienne mais plus encore contre cette forme insidieuse d’agression menée par la France en Syrie à l’insu du peuple français. Aussi nous vous mettons en garde instamment contre la tentation de création de couloirs humanitaires, prétexte toujours invoqué pour établir une installation militaire étrangère dans un pays souverain.

Monsieur le Président,

Nous attendons de la part de votre gouvernement que la France réaffirme sa vocation d’indépendance et de respect du droit en matière de politique internationale, à savoir :


- Qu’elle s’oppose aux guerres visant à des « changements de régime », qui sont en réalité des guerres visant à la destruction d’États souverains qui n’agressent personne ;

- Qu’elle refuse de suivre les « diktats » de tous ceux, néoconservateurs ou « humanitaires » auto-proclamés, qui mèneraient à des guerres sans fin, illégales au regard du droit international ;

- Qu’elle fonde le prestige de la France sur sa capacité de compréhension et de médiation des conflits, ce qui est dans l’intérêt véritable des Français et des peuples du monde entier ;

Comme premier geste concret, nous vous demandons de lever les sanctions qui frappent le peuple syrien et de rétablir les relations diplomatiques avec l’Etat syrien. Cela permettrait au moins de coordonner les actions contre les takfiristes européens recrutés en Syrie et en voie de retour pour commettre des attentats.

(1) (http://www.liberation.fr/debats/2017/07/02/monsieur-le-president-maintenir-assad-c-est-soutenir-le-terrorisme_1581057) ;
Le drapeau syrien reconnu internationalement comporte deux étoiles vertes et une bande rouge contrairement à celui figurant sur cette pétition qui fut celui de la Syrie coloniale.

 

Dans un second temps, un lien permettant la signature directe de cette pétition va être ajouté. En attendant adresser les signatures au site qui les transmettra : info@comite-valmy.org

Premiers Signataires :

 Claude Beaulieu, président du Comité Valmy
 Badiaa Benjelloun, médecin, directrice de l’espace Maymana
 Ahmed Bensaada, enseignant, auteur et essayiste
 Joseph Berbery, retraité de l’enseignement, Canada
 Geneviève Blache, membre de la direction du Comité Valmy
 Jean Bricmont
 Vladimir Caller, journaliste, analyste politique
 Michel Collon, journaliste, écrivain, fondateur d’Investig’Action
 Comité Valmy
 Alain Corvez, conseiller en stratégie internationale
 Bruno Drweski, enseignant-chercheur, historien, géopolitiste, ARAC
 Bernard Gerbier, professeur des Universités émérite
 Bruno Guigue, ex-sous-préfet de la République, analyste politique
 Youssef Hindi, écrivain, analyste politique
 Investig’Action
 Diana Johnstone, journaliste, écrivaine
 Claude Karnoouh, philosophe, anthropologue, retraité CNRS
 Jacques Kmieciak, journaliste
 Simone Lafleuriel-Zakri, professeur retraitée, écrivaine, historienne
 Jean Lévy, Comité Valmy (direction), ancien responsable CGT Banques
 Jacques Maillard, physicien, bureau national du Comité Valmy
 Alexandre Moumbaris, éditions Démocrite
 Marie-José Moumbaris, éditions Démocrite
 Majed Nehmé, journaliste franco-syrien, directeur de Afrique-Asie
 Jean-Pierre Page, syndicaliste, ancien dirigeant national CGT
 Maria Poumier
 Jean-Pierre Robert, administrateur du site Palestine-Solidarité
 Yves Vargas, Philosophe
 Jean-Michel Vernochet, journaliste
 Isabelle Voltaire, Comité Valmy (direction)
 Michel Raimbaud, ambassadeur de France (ret.), conférencier
 Francis Arzalier, historien
 Roger Akl
 Richard Labévière, rédacteur en chef du magazine en ligne prochemoyenorient.ch
 Claude Gaucherand, contre-amiral (2 S)
 Michel Debray, vice-amiral en 2e section
 Pierre Lévy, Rédacteur en Chef de Ruptures
 Hugues-Antoine Suin, diplomate à la retraite
 Hassan Hamdane, sociologue, professeur à l’Université libanaise, Beyrouth
 Ali Ibrahim, citoyen syrien, licencié es-littérature française
 Dominique Dionisi
 Guy Chayvialle
 Laurence Potier, Chef d’entreprises
 Hubert de Gevigny, contre-amiral (2 S)
 Charles Hoareau, président Association nationale des communistes
 Sylvia Cattori, journaliste indépendante
 Marie-Catherine Andreani
 Jacques Lacaze, ancien conseiller municipal Liévin (62)
 Jean-Pierre Garnier, sociologue
 Bernard Maillard
 Claude Deffontaine
 Hélène Lequien
 Mouna Alno-Nakhal, ex-biologiste
 Odile Hage, retraitée de l’enseignement
 Halima Sadki, enseignante, membre du Comité Valmy
 Mezri Haddad, ancien ambassadeur de Tunisie auprès de l’UNESCO
 Bernard Gaveaux
 Nadia Gaiddon
 Christian Bouteau
 Denis Lemercier
 Nathalie Waibel, citoyenne éclairée donc libre
 Laurent Dauré, journaliste
Ginette Hess Dkandranirédactrice de La voix de la Syrie.com
Claude Roddier - astrophysicienne retraitée - Comité Valmy
François Roddier - astrophysicien retraité - Comité Valmy
Michel Dupuy , cadre retraité, syndicaliste
Gilles Gomel, retraité
Dominique HERRBACH, Enseignant
Ulrike Darras , membre du MODEM
Jean Darras, docteur en droit, retraité de la fonction publique
Michel Leprêtre - Proviseur retraité en charge du Lycée Charles de Gaulle de Damas (2012-2016)
Walter POMATELLI technicien en retraite
Hamouda S
Henri Brosse, ouvrier retraité
Jean-Claude Delaunay, économiste, professeur retraité
Guilleminot Christian, retraité
Yara Massarani
Thierry Delbós
Marie-Christine Mouranche
« Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR »
Lucien Pons, président du « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR »
Philippe MASSON - Professionnel de santé ; libre penseur
Gabriel Galice, ancien Conseiller régional de Rhône-Alpes, Président de l’Institut International de Recherches pour la Paix à Genève (GIPRI).
Bassam Tahan
Dominique Mazuet - Librairie Tropiques
Djamal Benmerad
Adel Ben Youssef - Historien- Universitaire - Tunisie
Nicolas Dhuicq, ancien député
Yvo Rens, Professeur honoraire Université de Genève
Jacques Durand, retraité du CNRS
Marie-Ange Patrizio, traductrice
Nora Zeghli, Directrice de publication Hawa Magazine
Denis Rancourt, Association des libertés civiles de l’Ontario, Canada
Vaneesa Beeley, journaliste indépendante
Hichem Kacem, éditeur indépendant
Ali Rastbeen, Président de l’Académie de géopolitique, Paris
Vadim Kamenka, journaliste, L’Humanité
Bahar Kimyongur
Gearoid O Coilmain

Dans un second temps, un lien permettant la signature directe de cette pétition va être ajouté. En attendant adresser les signatures au site qui les transmettra : info@comite-valmy.org

SOURCE:

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Un inquiétant document secret de la DGSE aurait fait changer d'avis Macron sur la Syrie

14 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

 Transfert d'un message reçu :

Un inquiétant document secret de la DGSE aurait fait changer d'avis Macron sur la Syrie

 

                                                                                                          

Un inquiétant document secret de la DGSE aurait fait changer d'avis Macron sur la Syrie

 

                                                                                       

 9 Juillet 2017, 

Selon Le Canard enchaîné ("Un document alarmiste de la DGSE", 5.07.17), Macron aurait changé d'avis sur Assad et pris ses distances avec la politique de son prédécesseur Hollande et des néoconservateurs après avoir eu accès à des données consignées dans un rapport secret de la DGSE. On y apprendrait entre autres que le régime d'Assad n'aurait jamais été aussi fort depuis 2011 tandis que l'opposition dominée par des groupes djihadistes serait laminée, que les djihadistes en perte de vitesse tout comme l'Etat islamique pourraient après leur défaite en Syrie se rabattre sur l'Europe. Un rapport qui aurait été effectué pour le compte de la DGSE par des experts, des universitaires, des chercheurs et spécialistes de la géopolitique. Le Canard donne quelques extraits très succincts de ce rapport de 70 pages :


- "Le régime de Bachar (...) est aujourd'hui en meilleure posture qu'à aucun moment depuis 2011, grâce aux interventions russe et iranienne".

- "L'opposition est désorganisée et fragmentée, ne pose pas (sic) une menace stratégique (...). Les principaux groupes d'opposition sont de plus en plus divisés (...), souvent sous-équipés et démoralisés."
 

- "Cette opposition est de plus en plus dominée par des groupes extrémistes".
 

- "Une solution politique et militaire au conflit demeure peu probable".
 

- Daesh poursuivra son combat "en Europe, après la chute du Califat".


- "La libération de Mossoul soulèvera autant de problèmes qu'elle en résoudra (...) Les conflits latents (avec le gouvernement de Bagdad) risquent de refaire surface en 2017 et 2018, entre Kurdes et Chiites, et entre les deux principaux partis kurdes".

2°) Quand Macron cherche à se rapprocher de Trump au G20.

https://www.youtube.com/watch?v=P9yz7GWNfBQ

Bonne soirée

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Le secret le plus mal gardé de la guerre syrienne qui pourrait devenir le cauchemar d’Israël

4 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #Israël - palestine - Moyen-Orient

Une intéressante analyse à prendre, comme toujours, avec esprit critique et recul.

Source : Middle East Eye, Richard Silverstein, 30-06-2017

Photo : des soldats israéliens participent à un entraînement militaire sur le plateau du Golan occupé par Israël, près de la frontière israélo-syrienne, le 22 mars 2017 (AFP)

Oui, Israël soutient les rebelles syriens, mais pas seulement sur les plans financier et humanitaire : Israël espère que les rebelles serviront de tampon contre l’EI ou le Hezbollah, une stratégie qui pourrait facilement se retourner contre lui

Plus tôt ce mois-ci, le Wall Street Journal a publié l’interview d’un commandant rebelle syrien et d’une demi-douzaine de combattants, qui ont confirmé le secret le plus mal gardé du conflit syrien : Israël soutient directement les factions rebelles syriennes au moyen d’une aide humanitaire et financière.

L’implication d’Israël « est bien plus profonde et plus coordonnée qu’on le pensait et inclut le financement direct des combattants de l’opposition près de sa frontière depuis des années », indiquait l’article.

« Israël s’est tenu à nos côtés de manière héroïque », a déclaré Moatasem al-Golani, porte-parole du groupe rebelle Fursan al-Joulan, au Wall Street Journal

« Israël s’est tenu à nos côtés de manière héroïque », a déclaré Moatasem al-Golani, porte-parole du groupe rebelle Fursan al-Joulan, au Wall Street Journal. « Nous n’aurions pas survécu sans l’aide d’Israël. »

Selon le rapport, Israël donne 5 000 dollars chaque mois à Fursan al-Joulan – ou Chevaliers du Golan –, que le groupe utilise pour payer les salaires des combattants et acheter des armes et des munitions pour ses campagnes contre le gouvernement d’Assad dans le Golan syrien.

Je n’avais jamais entendu parler de Fursan al-Joulan auparavant. Un site en ligne consacré à la documentation du conflit syrien décrit un certain « Fouj al-Joulan » comme une milice du Golan alliée au régime d’Assad qui se consacre à la protection des villages druzes dans la région. Bien que les noms se ressemblent, il est peu probable qu’il s’agisse du même groupe, surtout que le commandant de Fouj al-Joulan, Majid Himoud, est un ennemi implacable d’Israël, que les Israéliens ont essayé d’assassiner par deux fois.

Comptant environ 400 combattants, Fursan al-Joulan semble être une milice locale. Celle-ci est sans doute affiliée à un groupe islamiste plus vaste comme al-Nosra ou al-Qaïda, mais je n’ai pas été en mesure de le déterminer. Le Wall Street Journal indique clairement qu’il n’est pas affilié à l’Armée syrienne libre, ce qui augmente la probabilité que Fursan al-Joulan soit un groupe islamiste. Il est également tout à fait possible qu’il y ait d’autres groupes, peut-être nombreux, qu’Israël aide pareillement.

Dans une vidéo de septembre 2014 publiée par Ahrar al-Sham, des combattants de l’opposition syrienne capturent une position du gouvernement syrien à Khan Arnabeh, près de la frontière est de Quneitra avec Israël sur le plateau du Golan (AFP/YouTube)

Le 22 juin, le correspondant principal en matière de sécurité militaire de Yediot Achronot, Alex Fishman, a confirmé le rapport du journal et en a exploré la motivation :

« Une partie non négligeable des rebelles syriens dans le Golan ont adopté l’idéologie salafiste extrême de Jabhat al-Nosra, une ramification d’al-Qaïda […] Le point de vue israélien est que les opinions extrémistes religieuses des rebelles syriens sont moins pertinentes [que leurs capacités à combattre les ennemis des Israéliens – l’Iran et le Hezbollah]. Israël est persuadé que ce qui les [les rebelles] intéresse avant tout est la survie ; et qu’il est possible d’acheter leur loyauté grâce à une aide matérielle qui contribue à garantir leur propre sécurité. »

« L’article du Wall Street Journal donne l’impression qu’Israël n’examine pas toujours les idées de ses alliés tant qu’il obtient une profitable sécurité réciproque. Selon le point de vue d’Israël, l’ennemi de mon ennemi est mon ami. Et si Jabhat al-Nosra se bat contre l’EI dans le sud du Golan, et chacun d’eux se bat à son tour contre le Hezbollah et l’armée syrienne dans la région de Deraa, tant mieux. »

Ce mode d’interaction basé sur la réciprocité peut fonctionner pour Israël à court terme, mais l’histoire de la région regorge de semblables alliances temporaires qui se sont rapidement transformées en hostilité pure et simple lorsque les circonstances ont changé. Un ancien allié peut facilement et rapidement devenir le pire des ennemis.

Et en fait, les biens, l’expérience et les compétences transmises pendant l’alliance permettent à l’ancien allié de devenir un ennemi encore plus redoutable (pensez simplement aux Moudjahidines-Talibans en Afghanistan). Un certain nombre d’acteurs en Syrie, de l’EI à al-Nosra, pourraient, à un moment futur, décider qu’Israël est une cible plus facile que leurs anciens ennemis. Cette alliance de commodité à court terme pourrait facilement devenir un golem cauchemardesque qu’Israël aura lui-même créé.

Ce que veut Israël

Ces nouveaux rapports confirment plusieurs années de mes propres rapports qui documentaient une vaste intervention israélienne dans le conflit syrien, y compris de nombreuses attaques aériennes contre le Hezbollah et les convois d’armes iraniens, le bombardement d’un avion syrien qui s’était aventuré de quelques mètres dans le Golan occupé par Israël, les assassinats de commandants du Hezbollah et iraniens, les largages d’équipement aux unités d’al-Nosra alliées à al-Qaïda et les briefings directs entre les officiers de l’armée israélienne et les commandants rebelles.

Israël veut une Syrie divisée. Il veut un pays divisé par des conflits ethniques et religieux afin de pouvoir dominer le Golan et protéger sa frontière nord

Tout cela a démenti les fausses affirmations répétées dans les médias (y compris dans cet article de WSJ) selon lesquelles Israël est un parti neutre dans le conflit – ce dont Israël voudrait persuader le monde. Au contraire, il y est profondément impliqué et cherche à affaiblir ou à renverser Bachar al-Assad car les ennemis d’Israël, le Hezbollah et l’Iran, sont les principaux alliés du président syrien.

Je m’attends à ce que l’escalade israélienne se poursuive étant donné qu’Assad et ses alliés sont en train de prendre le dessus. Ils repoussent l’EI dans l’est de la Syrie et, une fois que ce sera fait, il est très possible qu’Assad puisse porter son attention vers l’ouest, notamment le Golan, pour consolider ses acquis territoriaux. Le véritable test interviendra à ce moment-là.

Israël veut une Syrie divisée. Il veut un pays divisé par des conflits ethniques et religieux afin de pouvoir dominer le Golan et protéger sa frontière nord. Jusqu’où est-il disposé à aller pour empêcher Assad d’y réaffirmer son contrôle total ?

Le président Bachar al-Assad salue le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif à Damas en janvier 2014 (AFP/SANA)

Israël a eu de nombreuses occasions de négocier un accord de paix avec Bachar al-Assad et, plus tôt encore, avec son père. Il a tourné le dos à chacun de ces efforts. Il ne veut pas d’un accord avec Assad.

Pour éviter une confrontation politique interne avec les forces nationalistes concernant la restitution du Golan, le gouvernement de droite d’Israël préfère conserver sa conquête illégale du Golan et le statu quo. Pour ce faire, il faut continuer à semer la discorde et les équipées militaires dans le Golan.

Coup de semonce

De nombreuses escalades de mauvais augure dans le conflit syrien se sont produites ces derniers jours. L’Iran a annoncé avoir tiré des missiles depuis son territoire avec pour objectif des positions de l’EI dans l’est de la Syrie. Cela signifierait que le progrès technique des forces iraniennes est tel qu’elles sont désormais capables d’atteindre des cibles à des centaines de kilomètres de là. La dernière fois qu’elles ont attaqué un ennemi au-delà des frontières de cette manière était pendant la guerre Iran-Irak dans les années 1980.

L’attaque au missile de l’Iran est un avertissement à peine voilé adressé aux Saoudiens : tout comme nous pouvons atteindre l’EI en Syrie, nous pouvons vous atteindre à Riyad

Des sources militaires anonymes israéliennes ont affirmé que chacun des sept missiles qui avaient été tirés ont manqué leur cible, plusieurs n’ayant même pas atterri en Syrie. Cependant, en dehors de sources anonymes, les Israéliens n’ont rien fourni pour étayer leurs allégations. Il serait dans l’intérêt d’Israël de répandre des affirmations fallacieuses discréditant la prouesse militaire de son principal rival régional.

L’Iran a expliqué que l’attaque antimissile était une vengeance par rapport à une attaque terroriste récente perpétrée par des Kurdes iraniens à Téhéran et que l’EI a revendiquée. Puisque l’Iran a également accusé l’Arabie saoudite de l’attentat, qui a tué dix-sept personnes, en majorité des civils, l’attaque aux missiles est un avertissement à peine voilé adressé aux Saoudiens : « tout comme nous pouvons atteindre l’EI en Syrie, nous pouvons vous atteindre à Riyad ».

Ou comme le correspondant d’Al Jazeera l’a déclaré : « Et, bien sûr, nous devons considérer cela dans un contexte géopolitique plus large : il sera très intéressant d’observer la réaction de pays comme l’Arabie saoudite, les États-Unis et Israël parce que l’Iran montre qu’il peut riposter et le fera. »

Photo prise par le Corps des Gardiens de la révolution islamique iranienne montrant un missile balistique lancé lors d’un test dans un lieu tenu secret (AFP)

Le 18 juin, un avion de combat américain a abattu dans la campagne de Raqqa un avion de guerre syrien qui avait bombardé un objectif proche des forces rebelles syriennes soutenues par les États-Unis. L’armée américaine affirme que la cible était les Forces démocratiques syriennes (que les troupes du régime syrien avaient chassées de la ville), tandis que le régime prétend qu’il s’agissait de l’EI. L’aviation américaine a également abattu au moins deux drones pro-régime syrien.

Peur de la victoire d’Assad

Tout cela s’inscrit dans le cadre du succès croissant d’Assad qui reprend le territoire qui était autrefois contrôlé par l’EI. Les États-Unis, en attaquant les avions de guerre syriens, tentent d’entraver les efforts d’Assad. Dans les faits, cela signifie que la politique américaine reflète largement celle d’Israël. L’administration Trump semble elle aussi ne pas vouloir d’une Syrie unie, et préférer une Syrie divisée en cantons ethniques.

L’ultimatum lancé au Qatar afin qu’il mette fin à ses relations avec l’Iran et le Hezbollah est un exemple de la manière dont les répercussions de ce qui se passe en Syrie pourraient créer un tsunami dans tout le Moyen-Orient

L’allié russe d’Assad a réagi avec colère à l’attaque des États-Unis et a annulé les efforts critiques de désescalade visant à empêcher les différentes forces qui se battent en Syrie de s’attaquer accidentellement (les agents américains ont depuis indiqué qu’une ligne de désescalade est toujours en opération). En outre, la Russie a annoncé que toute autre attaque américaine contre l’aviation syrienne pourrait entraîner un conflit direct avec la Russie.

Tout cela fait partie d’une escalade américaine de sa propre implication qui a consisté à bombarder un convoi militaire du gouvernement syrien, une mosquée, et maintenant cela. De toute évidence, l’administration Trump dirige l’armée vers une démonstration de force dans cette arène.

Le problème est qu’il s’agit d’un champ de bataille très fréquenté et que de nombreuses parties sont impliquées, notamment la Russie. L’avion que l’armée américaine a abattu était un bombardier Sukhoï russe, par exemple. Il suffira d’une erreur commise en une fraction de seconde pour que cela se transforme en un bain de sang majeur qui pourrait entraîner les principales parties au conflit bien plus loin qu’elles le voudraient.

La nouvelle alliance

La Syrie n’est qu’une fraction d’un terrain de jeu plus large dans la région où les forces sunnites, financées par l’Arabie saoudite et les États du Golfe, sont confrontées au pouvoir chiite sous l’égide de l’Iran et du Hezbollah.

Au fur et à mesure que la coalition sunnite perd de son influence en Syrie, cette rivalité s’est déplacée vers des endroits nouveaux et même plus dangereux. L’ultimatum lancé au Qatar afin qu’il mette fin à ses relations avec l’Iran et le Hezbollah est un exemple de la manière dont les répercussions de ce qui se passe en Syrie pourraient créer un tsunami dans tout le Moyen-Orient.

Une alliance croissante entre l’Arabie saoudite et Israël ajoute encore un autre élément combustible au mélange. Les deux semblent avoir envie de se mesurer à l’Iran. Quand ils étaient des acteurs séparés, le danger d’un tel conflit était plus faible.

Alors que ces deux pays s’unissent contre un ennemi commun, les entraves sont considérablement réduites, sans oublier que l’ascension d’un jeune prince saoudien impétueux et ambitieux qui s’est montré bien trop empressé à embourber son royaume dans des interventions étrangères accroît encore plus le danger d’un tel scénario.

– Richard Silverstein est l’auteur du blog « Tikum Olam » qui révèle les excès de la politique de sécurité nationale israélienne. Son travail a été publié dans Haaretz, le Forward, le Seattle Times et le Los Angeles Times. Il a contribué au recueil d’essais dédié à la guerre du Liban de 2006, A Time to speak out (Verso) et est l’auteur d’un autre essai dans une collection à venir, Israel and Palestine: Alternate Perspectives on Statehood (Rowman & Littlefield).

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation

Source : Middle East Eye, Richard Silverstein, 30-06-2017

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Merci pour cette conversation, M. Poutine . Par Bruno Guigue — 30 juin 2017

1 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #le nazisme

 Merci pour cette conversation, M. Poutine .  Par Bruno Guigue — 30 juin 2017

liver Stone avec Vladimir Poutine. Capture d’écran de l’émission Conversations avec Vladimir Poutine


C’est un événement. Pendant quatre heures, les Français ont pu regarder sur France 3 les “Conversations avec M. Poutine” du cinéaste Oliver Stone. Comment ce documentaire de qualité, où la parole est longuement donnée au président de la Fédération de Russie, a-t-il pu passer entre les mailles du filet ? Comment a-t-il pu échapper à la vigilance de nos censeurs qui, au nom des droits de l’homme, nous infligent leur propagande en guise d’information ? Mystère, mais ne boudons pas notre plaisir.

Oliver Stone étant citoyen des USA, ces entretiens filmés entre juin 2015 et février 2017 portent pour l’essentiel sur les tensions géopolitiques entre Moscou et Washington. Lorsque le cinéaste lui demande, en février 2017, si l’élection d’un nouveau président américain est susceptible de changer quelque chose, Vladimir Poutine répond : “presque rien”. C’est “la bureaucratie”, explique-t-il, qui exerce le pouvoir à Washington, et cette bureaucratie est inamovible. En effet. A peine élu, Donald Trump est devenu l’otage de “l’Etat profond”.

L’intérêt de ces entretiens est qu’ils mettent en perspective la pesanteur du “deep State”, sa dimension structurelle. Les Russes ont le sens de l’histoire, et c’est pourquoi M. Poutine, pour comprendre le monde actuel, évoque l’usage de l’arme atomique contre Hiroshima et Nagasaki (août 1945). Privé de toute justification militaire, ce crime de masse a plongé l’humanité dans l’ère nucléaire. Pour Moscou, c’est le moment-clé de l’histoire contemporaine, celui qui fait tout basculer. En faisant peser la menace d’une destruction totale, Washington a pris une responsabilité gravissime.

La course aux armements n’est pas une invention moscovite. Dans les années 1980, une URSS fossilisée s’était laissé piéger par cette compétition mortifère, précipitant sa chute. Dans les années 2000, c’est encore Washington qui suspend les discussions sur les armes anti-missiles et s’empresse d’élargir l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie. Que dirait-on à Washington si la Russie nouait une alliance militaire avec le Mexique et le Canada ? Quand Oliver Stone évoque l’affaire – aujourd’hui oubliée – du destroyer US qui s’était dangereusement approché de la Crimée, M. Poutine demande ce que ce navire pouvait bien faire dans les parages. Mais la propagande a l’art d’inverser les rôles, et elle parla de provocation russe.

Passionnante mise en perspective, aussi, à propos de la lutte contre le terrorisme. La seconde guerre de Tchétchénie (1999-2009) fut déclenchée par l’agression djihadiste contre le Daghestan russe. Or les USA y ont joué un rôle particulièrement trouble. “Les Américains nous soutiennent en paroles contre le terrorisme, mais en réalité ils l’utilisent pour fragiliser notre situation intérieure”, dit le président russe. En 1980, Brzezinski tenait déjà les combattants du djihad antisoviétique pour des “Freedom Fighters”. Dans le Caucase, en Syrie, en Libye, la CIA a armé, financé et manipulé les desperados de l’islamisme radical. La Russie soviétique, puis post-soviétique, les a toujours combattus.

Chaque fois que son interlocuteur (qui n’est pas dupe) mentionne la rhétorique occidentale sur la menace russe, M. Poutine demeure le plus souvent impassible, esquissant parfois un sourire narquois. A Moscou, on l’a compris depuis longtemps : les Américains font le contraire de ce qu’ils disent et ils vous accusent de faire ce qu’ils font eux-mêmes. L’accusation d’ingérence russe dans l’élection présidentielle américaine (2016) est un véritable cas d’école. Lorsque la présidente du conseil national démocrate démissionna à la suite de la publication d’emails compromettants, Julian Assange a nié que sa source fût russe. Mais l’establishment a quand même pointé un doigt vengeur vers Moscou.

Car il fallait un coupable, et il ne pouvait être que moscovite. “Dans cette affaire, souligne M. Poutine, les Américains prétextent une intervention extérieure pour régler leur problèmes intérieurs”. Pour les USA, la Russie est à la fois un repoussoir et un bouc-émissaire. Un repoussoir, quand on brandit la prétendue “menace russe” pour contraindre les Européens à faire bloc derrière les USA. Un bouc-émissaire, quand on attribue à Moscou la responsabilité de sa propre incurie. Tout se passe comme si l’affrontement idéologique hérité de la “Guerre froide” avait fourni un prêt-à-penser inusable. Le manichéisme américain peint le monde en noir et blanc, et Moscou sera toujours la source du mal.

L’accusation d’ingérence russe dans la démocratie américaine est d’autant plus ahurissante que les dirigeants US, eux, interviennent ouvertement en Russie. Lors de la campagne présidentielle russe de 2012, Victoria Nuland, secrétaire d’Etat adjoint US, a déclaré : “Nous travaillons à l’intérieur et à l’extérieur de la Russie avec les militants russes qui souhaitent renforcer l’état de droit et la liberté de la presse, avec les LGBT”. Que dirait-on si le gouvernement russe “travaillait” aux USA avec des militants américains qui combattent le gouvernement des Etat-Unis ? Mais cette hypothèse est invraisemblable, car comme le dit M. Poutine, “nous ne nous mêlons pas des affaires intérieures des autres pays”.

Respect de la souveraineté des Etats et refus de l’ingérence étrangère, ces deux principes (qui en réalité n’en font qu’un) définissent l’approche russe des relations internationales. Si Moscou intervient en Syrie, c’est à la demande d’un gouvernement légitime en proie à l’invasion étrangère et au terrorisme de masse. Si la Russie a accueilli la Crimée, c’est parce que le peuple de Crimée l’a voulu expressément, au terme d’un référendum organisé par le Parlement de Crimée. Et cette sécession de la péninsule n’eût peut-être pas vu le jour si un putsch des nationalistes ukrainiens soutenu par la CIA, en février 2014, n’avait renversé le pouvoir légalement issu des urnes à Kiev.

Mais il est vrai que la Russie, elle, ne fomente pas de coup d’Etat avec l’aide de néo-nazis. Elle ne finance pas d’ONG pour déstabiliser les autres pays au nom des droits de l’homme, elle n’envoie pas ses troupes pour y instaurer la “démocratie”, et elle ne bombarde pas les populations pour “punir” les dirigeants qui lui déplaisent. Elle ne provoque pas la guerre civile pour s’approprier les ressources des autres pays, elle ne finance, n’arme ou ne manipule aucune organisation terroriste. Que l’on sache, la Russie n’a jamais utilisé l’arme atomique, ses services secrets n’ont jamais créé de “centres de torture” à l’étranger, et elle n’envoie pas ses drones tueurs dans une douzaine de pays. Elle ne couvre pas les océans de ses porte-avions, elle a 5 bases militaires à l’étranger quand les USA en ont 725, et son budget militaire représente 8% de celui du Pentagone. La Russie telle qu’elle est gagne à être connue.

Merci, M. Poutine, pour cette conversation.

Bruno Guigue| 30 JUIN 2017

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Source: BRUNO GUIGUE·

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