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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #terrorisme tag

Un État de la Charia bientôt dans les Balkans?

4 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #les néocons, #La Yougoslavie, #Europe supranationale, #l'Allemagne, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #l'islamisme, #Terrorisme

Un État de la Charia bientôt dans les Balkans?

En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/international/201609301027988062-etat-charia-balkans/

Un État de la Charia bientôt dans les Balkans?
Le  30.09.2016
 
Selon l’ancien vice-président serbe Emil Vlajki, l’Occident cherche à se venger de Milorad Dodik, le turbulent patron de la «Republika Srpska» (RS) et figure de proue d’un nouveau référendum d’indépendance, en soutenant par tous les moyens un climat d’instabilité dans les Balkans.

Dans une interview accordée à Sputnik, l'ancien vice-président serbe et professeur de l'Université de Banja Luka, Emil Vlajki, explique pourquoi les récents événements en Bosnie-Herzégovine devraient être considérés dans le contexte d'une « Nouvelle guerre froide » et pourquoi la Cour constitutionnelle du pays a volontairement provoqué Belgrade. En guise de préambule, il a rappelé que la RS empêchait toujours la Bosnie-Herzégovine d'intégrer l'Otan. Ainsi, la Cour constitutionnelle ne ferait, selon lui, qu'accomplir des « commandes reçues depuis l'étranger ». À ces fins, elle cherchait à « destituer le président Dodik » et à « ouvrir au pays les portes de l'Otan ». C'est pour cela, poursuit-il, que l'Occident ne prête pas attention aux discours va-t'en-guerre de Bakir Izetbegović, le président du Présidium bosniaque, adversaire intransigeant de Dodik.
 
D'après M. Vlajki, l'Occident — et avant tout les États-Unis — se mêlerait de choses beaucoup plus dangereuses que la simple imposition de sa politique à la Serbie. Il s'agirait en fait d'une islamisation des Balkans. « Depuis 1992, ils (les États-Unis, ndlr) épaulaient la communauté musulmane. Ils ont littéralement aidé les moudjahidin à pénétrer dans le pays. Ils ont fermé les yeux sur le trafic d'armes depuis la Croatie. D'ailleurs, je dispose de documents prouvant que le président croate Franjo Tuđjman s'indignait contre cet état de choses. Cependant, il n'avait pas le choix, tant il craignait alors de perdre le soutien des États-Unis », fustige-t-il.
 
Et d'expliquer que « l'objectif ultime des États-Unis est de créer de la Bosnie-Herzégovine un État unitaire, un État de la Charia. Et ils ne vont pas y renoncer. »
 
À en croire M. Vlajki, au moins 100 000 wahhabites résident actuellement en Bosnie-Herzégovine. Ils sont à tel point radicalisés, poursuit-il, qu'ils sont faciles à manipuler. Parmi eux, il y en aurait même « cinq ou six mille prêts à recourir à une provocation armée en cas de nécessité ». « Il n'est pas exclu qu'en cas de conflit le Présidium à Sarajevo fasse appel à l'Otan pour stabiliser la situation », relève l'expert. Concernant la déclaration du Parlement européen, qui accuse la Russie de soutenir le référendum en vue de propager la confrontation dans la région, Emil Vlajki fait remarquer que « le désir de s'accaparer des ressources russes est toujours à l'ordre du jour ». « Les Russes peuvent faire ce qu'ils veulent. Ils peuvent ne rien faire du tout. Dans tous les cas, il seront accusés de tous les maux », conclut-il.

En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/international/201609301027988062-etat-charia-balkans/
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Un commandant d'al-Nosra: «les USA sont de notre côté»

4 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #L'OTAN., #Daesch, #l'islamisme

Un commandant d'al-Nosra: «les USA sont de notre côté»
 
Le groupe islamiste Front Fatah al-Cham (ex-Front al-Nosra) est considéré comme une organisation terroriste aux Etats-Unis, au moins officiellement. Cependant, un haut commandant du groupe a déclaré: « les Américains sont de notre côté » en pointant une livraison présumée d'armes provenant des Etats-Unis.
Un commandant d'al-Nosra: «les USA sont de notre côté»

Le groupe terroriste Front Fatah al-Cham, selon un de ses commandants, reçoit des armes des Etats-Unis. Les Américains ont fourni aux djihadistes des missiles antichars TOW, a déclaré un commandant de l'organisation terroriste dans un entretien au journal allemand Kölner Stadt-Anzeiger.

En savoir plus: https://fr.sputniknews.com/caricatures/201609261027929325-commandant-nosra-livraison-armes-usa/

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La Bosnie-Herzégovine, fief du salafisme européen, par France 24

4 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #Economie, #l'islamisme, #Terrorisme, #Daesch, #La guerre, #l'horreur économique

Il y aurait aujourd’hui environ 300 jihadistes bosniens en Syrie, dont un certain nombre de musulmans s’étant radicalisés au contact de prêcheurs salafistes apparus en Bosnie-Herzégovine pendant la guerre dans les années 1990. Pour les autorités de ce petit état balkanique, leur retour éventuel et leurs appels à agir en Europe constituent la principale menace sécuritaire.

Sarajevo, cinq jours après les attentats qui ont endeuillé Paris le 13 novembre. Un homme de 34 ans entre dans un bureau de jeux de hasard en criant “Allah Akbar”. Il abat deux soldats à l’arme automatique. En quittant les lieux, il tire sur un bus et blesse trois personnes puis se retranche dans une maison où il se suicide en activant un engin explosif. Né en France, l’homme serait lié aux milieux islamistes, selon la police bosnienne. Pour le ministre adjoint de la Défense, Emil Suljagic, il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un acte terroriste.

Vingt ans après la fin de la guerre de Bosnie, des actes terroristes attribués aux islamistes radicaux ensanglantent régulièrement la petite République balkanique.

Environ 300 Bosniens font actuellement le jihad armé en Syrie, selon la Sipa, l’agence de sûreté de l’État de Bosnie-Herzégovine. Ramené au nombre d’habitants, il s’agit du taux de départs pour le jihad le plus élevé d’Europe. Si tous les salafistes ne sont pas jihadistes, tous les jihadistes armés se déclarent salafistes. Longtemps réputée pour sa pratique d’un islam modéré et tolérant, la Bosnie-Herzégovine pourra-t-elle résister aux sirènes du jihadisme international ?

Voir le témoignage de l’ex premier ministre Lagumdzija, Zlatko

Clés de compréhension : 
Le wahhabisme est une mouvance créée au XVIIIe siècle par Muhammad ibn Abd-al Wahhab. Il prône un mode de vie islamique basé sur les préceptes du coran appliqués à la lettre. Il bannit l’intercession d’un prophète ou d’un saint pour se rapprocher de Dieu, ce qui justifie aux yeux de ses adeptes la destruction de tous les lieux de culte pour prévenir des pratiques polythéistes. L’objectif : revenir au califat des premiers temps de l’islam.

Le salafisme, courant également rigoriste bien que postérieur au wahhabisme, s’en distingue dans ses applications politiques. Il est apparu sous sa forme violente et jihadiste dans les années 1980 sur fond de guerre en Afghanistan. Si tous les salafistes ne sont pas jihadistes, tous les jihadistes se disent salafistes.

Source : France 24, Alexandra RENARD , Luke BROWN , Mersiha NEZIC, 18/12/2015

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Donc, “logiquement” :

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Une réponse à La Bosnie-Herzégovine, fief du salafisme européen, par France 24

  1. Le 04 octobre 2016 à 01h08

    Les fous suivent leur propre logique, une logique de fou. L’UE est soumise en grande partie aux lobbies, sa priorité c’est le Marché et non le bien-être de ses citoyens et pas non plus leur sécurité. Plus de pays membre, plus de délocalisation, plus de dumping salarial, etc. c’est bon pour le Marché. Le reste importe peu.
    La folie est celle de cette soumission de tout un système (économique, politique, médiatique) qui ne profite qu’à une infime minorité au détriment de tous les autres.

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Le dilemme de la lutte contre le néo-libéralisme par Jacques Sapir

2 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La mondialisation, #Le grand banditisme, #l'horreur économique, #Terrorisme, #La guerre

Jacques Sapir

Jacques Sapir

Diplômé de l'IEPP en 1976, a soutenu un Doctorat de 3ème cycle sur l'organisation du travail en URSS entre 1920 et 1940 (EHESS, 1980) puis un Doctorat d'État en économie, consacré aux cycles d'investissements dans l'économie soviétique (Paris-X, 1986).
A enseigné la macroéconomie et l’économie financière à l'Université de Paris-X Nanterre de 1982 à 1990, et à l'ENSAE (1989-1996) avant d’entrer à l’ École des Hautes Études en Sciences Sociales en 1990. Il y est Directeur d’Études depuis 1996 et dirige le Centre d'Études des Modes d'Industrialisation (CEMI-EHESS). Il a aussi enseigné en Russie au Haut Collège d'Économie (1993-2000) et à l’Ecole d’Économie de Moscou depuis 2005.

Il dirige le groupe de recherche IRSES à la FMSH, et co-organise avec l'Institut de Prévision de l'Economie Nationale (IPEN-ASR) le séminaire Franco-Russe sur les problèmes financiers et monétaires du développement de la Russie.

Le dilemme de la lutte contre le néo-libéralisme

par Jacques Sapir · 27 septembre 2016

L’évolution des forces politiques en Grande-Bretagne depuis le Brexit est symptomatique des problèmes rencontrés dans les pays de l’Union européenne. Le Brexit a induit un changement important dans l’orientation du parti conservateur. Le tournant opéré par Theresa May, mettant fin à près de trente ans de thatchérisme, est significatif de la prise en compte des désastres engendrés par l’idéologie néo-libérale. Le parti travailliste, qui vient de réélire à sa tête, et avec une forte majorité, Jeremy Corbyn, est aujourd’hui confronté à un problème équivalent. Abandonnant l’idéologie dite du « néo-Labour » qui s’était incarnée dans Tony Blair, il doit repenser complètement son discours et ses orientations. L’opposition de fractions importantes de la direction de ces deux partis au Brexit, la défaite de ces fractions lors du référendum du 23 juin dernier, signale l’éclatement du consensus européiste et néo-libéral qui régnait au Royaume-Uni. Or, on constate aujourd’hui les prémices d’un pareil mouvement dans nombre de pays de l’Union européenne, qu’il s’agisse de la France et de l’Italie, qu’il s’agisse des Pays-Bas ou de l’Autriche. Il faut en tirer les leçons tant stratégiquement, en définissant ce que pourrait être une stratégie politique rompant avec l’idéologie néo-libérale, que tactiquement en regardant sur quel arc de forces politiques pourra se gagner la rupture initiale qui est nécessaire au déploiement ultérieur de stratégies alternatives.

Le cancer du néo-libéralisme

Le néo-libéralisme s’est imposé sur les décombres du consensus « néo-keynésien » des années 1960 et 1970. Il se présente en réalité comme une véritable guerre de classes menées par le sommet de la pyramide sociale contre la totalité de ce qui n’est pas, pour reprendre une expression à la mode, le « 1% le plus riche » de la population[1]. Divers travaux scientifiques montrent que la concentration des richesses s’est fortement aggravée depuis une trentaine d’années[2].

Cette guerre de classe devait prendre la forme d’un démantèlement de ce que Christophe Ramaux avait justement appelé « l’Etat social »[3]. Le néo-libéralisme s’est avancé sous couvert d’un discours de démantèlement des services publics, d’une marchandisation accélérée des activités humaines, voire des personnes elles-mêmes, du mythe du « travailleur universel », coupé de son environnement social et politique, sans identité si ce n’est dans des communautés archaïques, et par là même interchangeable à volonté et exploitable à merci. Le mythe du libre-échange bénéfique pour tous et de la « multitude » indifférenciée ont eu une place importante dans le triomphe du néo-libéralisme. Ce discours s’est enraciné dans une présentation de la réalité sociale opposant « assistés » à « travailleurs », mais où la notion d’assistés était sans cesse élargie. Pour les idéologues du néo-libéralisme, ce fut un coup de maître car il leur permis de jouer sur la peur du « déclassement » pour briser l’alliance historique entre les classes populaires et les classes moyennes[4], alliance qui s’était constituée dans les années de l’après-guerre. Cette guerre de classe a aussi abouti à diviser la grande bourgeoisie, en opposant de manière violente la grande bourgeoisie industrielle à la grande bourgeoisie financière. Cette dernière l’a emporté en organisant d’abord, dans les années 1980 et 1990, une pénurie des capitaux qui mettait le capital industriel dans la dépendance du capital financier puis, une fois qu’elle eut construite les mécanismes bancaires qui assurent sa prééminence en organisant à son profit une abondance la plus extrême en capitaux, ce que l’on a appelé les politiques de « quantitative easing » menées depuis la crise financières de 2007-2009.

Cette guerre de classe a abouti à la construction d’institutions particulières qui, construites à dessein, visent à enraciner le système néo-libéral. Cela va de l’institution de Banques centrales dites « indépendantes » (indépendance vis-à-vis du pouvoir politique mais en réalité sous la dépendance du pouvoir financier) aux institutions gérant l’application du libre-échange (l’OMC)[5], d’institutions régionales (comme l’Union européenne) à des institutions monétaires (comme l’Euro ou plus précisément l’Union Economique et Monétaire).

Les incarnations de la lutte contre le néo-libéralisme

Le combat contre un système de domination couplé à une idéologie passe aujourd’hui en priorité par la lutte contre les institutions dans lesquelles il s’incarne. Bien entendu, on peut – et l’on doit – lutter aussi dans la sphère idéologique, que ce soit en confrontant les divers idéologues néo-libéraux à leurs contradictions et à leurs réalités, ou que ce soit en déconstruisant les bases de cette idéologie, ses faux-semblants et ses mensonges. Mais, le combat dans la sphère des idées ne suffit pas. Il faut démanteler les institutions et les organisations mises en place par le néo-libéralisme pour casser son emprise sur les sociétés. Car cette emprise produit des effets idéologiques indéniables comme on le constate avec le ralliement d’une certaine « gauche » à l’idéologie néo-libérale. C’est en cela que les luttes politiques seront toujours plus importantes que les nécessaires luttes idéologiques. Il faut à un moment passer des armes de la critiques à la critique par les armes.

Les exemples abondent de gouvernements qui se sont enlisés, ou on été défait en dépit d’un soutien populaire évident car ils n’avaient pas osé remettre en cause certaines des institutions clés du néo-libéralisme. On pense bien entendu au cas du gouvernement Tsipras, pourtant conforté par un succès massif au référendum de juillet 2015, et qui fut contraint de capituler en rase campagne faute d’avoir réellement mis en cause les institutions européennes. Il est désormais clair que trois institutions jouent un rôle décisif dans le maintien du carcan néo-libéral : l’Euro, l’Union européenne et l’indépendance de la Banque centrale. Pour ce qui est de l’Euro, la question est entendue : des voix multiples se combinent aujourd’hui pour dire que l’Euro est fondamentalement une institution du néo-libéralisme. Un effet particulier de l’Euro doit ici être analysé. En France, comme dans de nombreux pays, le salaire moyen a, certes, continué d’augmenter. Mais cette moyenne n’a pas grand sens lorsque la répartition est très inégale. Le salaire médian, c’est à dire celui qui correspond à la division entre les 50% des salariés les plus riches et les 50% les plus pauvres, est quant à lui resté stable depuis 2000. Cela signifie qu’en réalité une majorité des salariés ont vu leurs salaires stagner depuis près de 15 années, alors que les salaires d’une minorité, entre 10% et 15% de la population, ont, eux, fortement augmenté[6]. L’Euro n’a pas seulement exercé un effet récessif sur l’économie française ; il l’a aussi déformé. Cette déformation porte un nom : la financiarisation. Elle a une origine : les politiques néo-libérale.

Bien entendu, ces tendances sont antérieures à l’Euro. On l’a dit, l’offensive néo-libérale a commencé dans les années 1980. Mais l’Euro a donné un coup d’accélérateur décisif à cette transformation tout en garantissant que tant qu’il sera en place on ne pourra revenir en arrière. Il joue le rôle d’un loquet qui empêche le système économique de quitter la financiarisation. Il a, de fait, établi la prééminence des banques (et des banquiers) dans la société française ; il a mis les logiques de la production au service de cette finance et de ces financiers. On comprend alors pourquoi tout ce beau monde se retrouve pour communier dans l’adoration de ce nouveau veau d’Or, se battra becs et ongles pour maintenir le système dont il profite, utilisera toutes les figures politiques pour conserver cette situation dont il tire le plus grand profit. On comprend que, si l’on sort de l’Euro, il faudra que le gouvernement retrouve sa liberté en matière de politique monétaire. Cela signifie revenir sur l’indépendance de la Banque centrale (en France, de la Banque de France). Mais, une sortie de l’Euro accompagnée d’un contrôle effectif sur la Banque de France conduira à une crise majeure avec l’Union européenne. Celle-ci menacera par divers biais la France, ou tout autre pays qui voudrait rompre avec le néo-libéralisme. C’est pourquoi il faut être prêt à faire éclater l’UE, et le marché unique, car la sortie d’un pays comme la France signifierait en réalité la fin de l’UE.

Les choix stratégiques

Cela pose le problème des stratégies après la rupture. Non pas de la rupture elle-même qui s’impose à l’évidence. Mais, que fera-t-on après ? Nous sommes en fait devant une question qui a été longuement traité dans l’art militaire depuis un siècle : comment désarticuler le dispositif ennemi une fois la percée réalisée. Car, la lutte pour sortir de l’Euro, pour reconquérir le contrôle sur la Banque de France et pour mettre l’UE au pied du mur s’apparente à l’effort que l’on consent pour briser la ligne de défense de l’adversaire. Mais, une fois ceci fait, il est impératif de désarticuler son dispositif, sinon il reconstituera une nouvelle ligne de défense un peu plus loin. De fait, la stratégie vise toujours un objectif politique et non militaire. C’est l’art opérationnel qui traite du passage du moment de la rupture à celui de la désarticulation de l’adversaire[7]. En politique, l’équivalent de l’art opérationnel n’est autre que les stratégies dont on se dote pour aboutir à des résultats durables.

Trois stratégies (au moins) s’opposeront une fois la rupture effectuée : l’une tenterait de faire « après » comme « avant », en cherchant simplement à utiliser cette rupture pour mener une stratégie de baisse massive des coûts. Elle laisserait le secteur productif sans aucune direction. Disons-le de suite, cette stratégie a peu d’intérêts et surtout peu d’avenir. C’est une stratégie où la rupture ne conduit pas à une remise en cause du cadre néo-libéral.

Une deuxième stratégie chercherait à reconstruire une France (ou un pays) industrielle, mais en utilisant prioritairement la baisse apparente des coûts engendrés par la dépréciation de la monnaie. C’est une stratégie qui « ruserait » avec le néo-libéralisme, qui chercherait à en utiliser les failles, mais qui ne le remettrait nullement en question. Cette stratégie appliquerait les mesures contenues dans la « loi travail » et démantèlerait un peu plus le code du travail ; elle continuerait les politiques de démantèlement des services publics (éducation, santé, territoriaux) qui ont été mises en place par les différents gouvernements, de Chirac à Hollande en passant par Sarkozy. Cette stratégie est par ailleurs cohérente avec une baisse du salaire réel, et la concentration sur le milieu-bas de gamme pour l’industrie française. Cette stratégie a un espace de réussite, si elle cible les secteurs où la France à des avantages à court terme. Mais, cette réussite, avec une création nette d’emplois de l’ordre d’un million à un million et demi, nous placerait définitivement à la remorque d’un pays comme l’Allemagne. Elle signifierait que les gains de la rupture ne seraient pas exploités.

Une troisième stratégie utiliserait par contre les gains en compétitivité obtenues par la rupture pour mettre en place une ambitieuse politique d’investissement, tant dans le secteur productif que dans les services publics. Cette stratégie viserait à une montée en puissance de l’appareil productif, tant direct qu’indirect, à travers une main d’œuvre mieux éduquée et mieux formée, à travers la dissémination d’un sentiment de sécurité dans la population qui lui permettrait de se concentrer sur son travail, mais aussi à travers la mise à disposition d’un argent à bon marché pour les entreprises naissantes afin qu’elle puissent rapidement se développer. Elle exploiterait systématiquement les secteurs de production à rendements croissants, et mettrait en place un changement radical dans le cadre de vie avec la transition énergétique et l’inscription de l’urgence écologique dans chaque activité. Cette stratégie impliquerait une concentration des ressources financières au service de la politique de développement, avec un changement de statut de la Banque de France venant consolider sa mise sous contrôle, un changement profond du système bancaire et assuranciel, et une protection quant au flux de capitaux de court et très court terme. Cette stratégie viserait à souder un « bloc historique » entre les classes populaires et les classes moyennes contre les fameux « 1% ». Elle s’accompagnerait de réformes politiques visant à renforcer la démocratie, à dé-cartéliser la presse (qui est devenue aujourd’hui un obstacle à la démocratie), à redonner sens à l’action collective. Cette stratégie peut se fixer comme objectif raisonnable une création nette de 2,5 à 3,5 millions d’emplois dans les 5 premières années de son application, et de 1,5 à 3 millions d’emplois pour les 5 années suivantes. Elle mettrait cependant la France dans une situation internationale conflictuelle, car le néo-libéralisme s’incarne dans des politiques d’Etats, et la politique internationale de la France devrait, à travers les divers cercles d’alliances possibles, se donner comme objectif de garantir sa liberté d’action en interne.

Les deuxième et troisième stratégies se divisent elles-mêmes en plusieurs sous-stratégies, en fonction du degré de prise en compte de la dimension sociale au sein de ces stratégies. Il n’est pas impossible de penser que des gouvernements puissent hésiter entre les deux, car ces stratégies, sans être similaires, sont relativement proches sur plusieurs points. Ce pourrait être le cas du gouvernement de Teresa May qui a indiqué une volonté de s’engager plutôt vers la troisième stratégie, mais dont les hésitations actuelles peuvent le conduire de fait vers la deuxième stratégie. D’où l’on peut déduire l’importance de la pression de forces politiques, qu’elles soient alliées ou qu’elles soient dans l’opposition, sur un gouvernement au moment des choix critiques, lors des points d’inflexion qui peuvent faire basculer la trajectoire du pays soit vers la deuxième soit vers la troisième stratégie.

La tactique de la Rupture

Il reste cependant à aborder la question des conditions dans lesquelles pourrait se faire la nécessaire rupture. C’est une question de pure tactique.

Il est aujourd’hui clair que se constitue un front des partisans du statu-quo, des gens qui – achetés ou convaincus – se font les défenseurs du néo-libéralisme. Ce front, dans la réalité des combats politiques, se marquera par un attachement forcené à l’Euro, aux institutions de l’UE telles qu’elles existent et à l’indépendance des Banques centrales. Ce front a dépassé les frontières politiques traditionnelles. Il réunit un François Hollande comme un Alain Juppé, un Nicolas Sarkozy comme un Emmanuel Macron. Ce front va donc du P « S » (ou d’une large partie de ce dernier) aux « Républicains » (ou à un partie de ces derniers). On voit les points d’accords. La politique sociale (la Loi Travail est une loi profondément de droite) ou la politique éducative de Mme Najat Valaud-Belkacem ne fait que continuer (en pire) celle Luc Chatel, vous savez, cet ancien de Loreal qui se faisait des cheveux avec les programmes d’histoire…Les uns comme les autres sont prêts à « sauver l’Euro » jusqu’au dernier travailleur français.

Il est désormais clair que la rupture ne pourra avoir lieu que si les forces de l’alternative souverainiste concentrent leurs coups sur ce front du néo-libéralisme. L’enjeu est ici historique. On comprend que cela puisse déstabiliser certains. Mais, comme je l’avais écrit à propos du Brexit, quand une porte doit être ouverte, peu importe qui pousse cette porte. Cela ne signifie pas que les divergences politiques au sein du camp « souverainiste » aient à s’effacer dans ce combat. D’autant plus que ces divergences prendront une autre tournure quand il s’agira de choisir les stratégies pour l’après-rupture. Mais, il faut ici faire la différence entre le politique et la politique. Dans le premier cas, quand il s’agit du politique, on parle d’un affrontement amis/ennemis. Il s’agit ici d’un affrontement binaire. C’est très clairement ce dont il est question dans la lutte pour une rupture décisive avec le néo-libéralisme. Dans le second cas, quand il s’agit de la politique, il s’agit d’une lutte entre des options différentes, des stratégies différentes, des visions différentes de l’avenir des français, mais qui toutes se situent au sein d’un cadre commun, celui d’une rupture avec le néo-libéralisme.

Il convient donc d’être cohérent, et dans le choix d’une tactique, et dans le choix d’une stratégie. Parmi les partisans de la rupture on trouve la gauche républicaine, mais aussi – comme on pouvait s’y attendre – le gaullisme social et le populisme qui se nourrit des trahisons de la « gauche » ralliée au néo-libéralisme et de la droite qui a définitivement choisi le camp de l’argent. Ces courants ne sont pas nécessairement porteurs de la même stratégie, mais ils partagent un constat sur la nécessité de la rupture. Ils ne doivent donc pas oublier où se trouve leur véritable ennemi.

Notes

[1] Piketty, Thomas, et Emmanuel Saez. 2003. « Income Inequality in the United States, 1913–1998. » Quarterly Journal of Economics, 118(1) : 1–39. Piketty, Thomas, et Emmanuel Saez. 2006. « The Evolution of Top Incomes : A Historical and International Perspective. » American Economic Review, 96(2) : 200–205.

[2] Saez, Emmanuel. 2006. « Income and Wealth Concentration in a Historical and International Perspective. » In Public Policy and the Income Distribution, ed. Alan J. Auerbach, David Card, et John M. Quigley, 221–58. New York : Russell Sage Foundation.

[3] Ramaux C., L’Etat Social, Paris, Milles et Une Nuit, 2012.

[4] Voir Ehrenreich B., Fear of Falling, New York, Harper and Collins, 1990.

[5] Sapir J., La Démondialisation, Paris, Le Seuil, 2011.

[6] Sapir J., « From Financial Crisis to Turning Point. How the US ‘Subprime Crisis’ turned into a worldwide One and Will Change the World Economy » in Internationale Politik und Gesellschaft, n°1/2009, pp. 27-44. Voir aussi Sapir J., « Global finance in Crisis : a provisional account of the ‘subprime’ crisis and how we got into it », Real-world economics review, issue n° 46, 18 May 2008, URL http://www.paecon.net/PAEReview/issue46/Sapir46.pdf

[7] Voir Sapir J. La Mandchourie Oubliée – Grandeur et démesure de l’Art de la Guerre soviétique, Éditions du Rocher, Paris-Monaco, mai 1996

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LA BATAILLE DE MOSCOU, par Erwan Castel.

2 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La France, #La Russie, #L'OTAN., #L'armée française, #Terrorisme, #le nazisme, #l'islamisme

LA BATAILLE DE MOSCOU

75 années de russophobie hystérique
 
 
Il y a 75 ans la bataille de Moscou était engagée par les unités d'assaut du régime nazi (opération "Typhon" du groupe d'armée Von Bock). Cette bataille avec celle de Stalingrad est l'une des plus importantes menées sur le front de l'Est pendant la "Grande guerre patriotique". Après 4 années de combats sanglants et de sacrifices monstrueux ( près de 20 millions de morts ), la Russie à vaincu l'Allemagne nazie.
 
Mais la haine russophobe mutant tel un virus dans l'idéologie étasunienne gonflée par une arrogance universaliste se lança dans une guerre froide contre Moscou qui lui avait pourtant garanti par ses sacrifices une victoire sur le front Ouest.
 
Puis la démesure eut raison du système soviétique menaçant d'entraîner la Russie dans son effondrement jusqu'à ce que Vladimir Poutine la ressuscite des ruines de son avatar communiste. On pouvait penser que les tensions s'apaiseraient, or il n'en est rien !
 
Aujourd'hui, malgré la disparition du nazisme et du soviétisme, cette russophobie hystérique occidentale continue piétinant l'héritage du passé prouvant surtout que les motivations qui l'animent sont pas seulement politiques mais bien systémiques et métapolitiques.
 
En effet, ce sont bien 2 visions du monde qui s'affrontent aujourd'hui : celle d'un monde multipolaire défendu par la Russie et où les relations sont fondées sur le respect des diversités naturelles et humaines et celle d'une dictature de la pensée unique étasunienne qui veut imposer à l'ensemble du monde ses déclinaisons politiques, économiques, culturelles etc. dans un chaos moral organisé.
 
Depuis les crises syrienne et ukrainienne, Washington veut entraîner l'Europe dans une nouvelle bataille de Moscou, multipliant les provocations verbales bellicistes et les sabotages meurtriers des plans de paix qui essayent d'étouffer les incendies allumés par la cupidité de son appareil militaro-industriel affamé....
 
 
Une stratégie du pire agressive et désespérée
 
 
La Maison Blanche excitée par la surenchère des discours électoraux de sa campagne présidentielle vient de faire "passer à la vitesse supérieure" sa stratégie russophobe et belliciste. 
 
Rien que pour cette dernière semaine on peut relever une nombre inquiétant de bouffées délirantes de la part des "néocons" de Washington, représentants hystériques d'un Nouvel Ordre Mondial vacillant et qui désespérément se lance dans une fuite en avant suicidaire :
 
  • Le 28 septembre, John Kirby, porte-parole du Département d’Etat américain (State Department) a directement menacé la Russie d’attaques dans ses villes si la Russie ne cesse pas de soutenir le Président Assad. il évoque des attentas menés sur le sol russe par les groupes terroristes aujourd'hui soutenus par Washington en Syrie !
  • Le 28 septembre Ashton Carter, le Secrétaire américain à la Défense ou devrait-on plutôt nommer le "Docteur Folamour" évoque le déploiement d'une force d'action rapide sur les frontières de la Russie pour dans l'éventualité d'un engagement "conventionnele et nucléaire" contre Moscou !
  • Le 29 septembre, le New York Times en évoquant la situation militaire syrienne, qualifie la Russie d' "Etat hors la loi", justifiant les préparatifs d'une nouvelle escalade militaire étasunienne contre les forces gouvernementales du Président Assad, soutenues dans leur combats anti terroristes par Moscou.
Ces trois délires ne sont malheureusement pas isolés, ils font suite à des déclarations tonitruantes prononcés chaque semaine depuis les conférences de presse des généraux étasuniens jusqu'aux tribunes de la candidate "Killary" Clinton qui ne jure par par la guerre contre l'Iran et la Russie...
 
Si la Syrie cristallise aujourd'hui ces délires inquiétants c'est certainement parce que le système étasunien enrage de voir sa stratégie de préemption de cette région géostratégique échouer malgré les  5 années de chaos répandu par les islamo-terroristes d'Al Qaida and Co que toute honte bue Washington soutient à nouveau comme autrefois en Afghanistan lorsqu'elle avait créé le golem Ben Laden...
 
Cette stratégie incohérente du monstre étasunien qui sponsorise ceux là même qu'il prétend combattre, révèle d'abord l’immoralité d'un système cynique et meurtrier qui agite l'étendard des "Droits de l'Homme" pour massacrer les populations libyennes ou syriennes, tout en soutenant des régimes saoudiens ou israéliens qui quotidiennement les bafouent.
 
La Russie quant à elle refuse désormais cette politique du chaos et la tectonique géopolitique qui arrive désormais à son stade ultime de tension doit aujourd'hui se détendre ou  bien casser dans un nouveau séisme mondial. 
 
Ce séisme si la Syrie semble potentiellement en être le détonateur pourrait voir sa déflagration principale éclater ailleurs et notamment dans le Donbass où les tentatives de résolutions pacifiques de la crise ukrainienne là aussi se dirigent lentement mais surement dans une impasse dangereuse.

L'objectif prioritaire de la stratégie étasunienne reste Moscou et ses frontières occidentales.
 
 
Des accords de Minsk désaccordés
 
 
Dans le Donbass ont lieu aujourd'hui les élections primaires réalisées conformément au protocole défini par l'OSCE et malgré la désapprobation des occidentaux à commencer par Kiev bien sûr qui voit dans ce scrutin la Vérité avancer au grand jour et piétiner sa propagande mensongère.

La trêve engagée le 1er septembre ne semble être de la part de Kiev qu'un sursis éphémère voulu ou imposé par ses commanditaires occidentaux soucieux de coordonner les actions de leurs différents pions avancés sur le Grand échiquier, de la Mer de Chine à l'Ukraine en passant par la Syrie....
 
Les accords de Minsk (voir ci après) qui sont aujourd'hui la seule option présentée pour rechercher la paix. voient leur processus enlisé depuis 1 an et demi au stade des 3 premiers des 13 points évoqués. Non seulement les bombardements continuent sur une  ligne de front qui est juste mis en sommeil  mais le pouvoir ukrainien semble décidé a refuser le mise en oeuvre des points suivants et notamment les points 4, 11 et 12 (sans parler des points 6, 8 et 10 qui rencontre de fortes résistances). Et pour être honnête il est également peu vraisemblable que les Républiques acceptent de leur côté le point 9 (restitution des frontières) en tout cas avec l'actuel pouvoir de Kiev.
 
1 - Cessez-le-feu immédiat.
2 - Retrait des armements de la ligne de contact
3 - Assurer le suivi et la vérification du cessez-le-feu par l'OSCE.
4 - Entamer un dialogue sur la réalisation d'élections locale et désignation des territoires concernés
5 - Garantir l'amnistie des combattants
6 - Assurer la libération des otages
7 - Garantir l'aide humanitaire dans le Donbass
8 - Mettre fin au blocus économique du Donbass
9 - Rétablissement du contrôle des frontières après: des élections concernant les territoires concernés et sous réserve de la mise en œuvre du point 11
10 - Retrait du territoire ukrainien de toutes forces armées et milices étrangères
11- mise en œuvre de la réforme constitutionnelle prévoyant le statut spécial des territoires concernés
12 - Sur la base des lois ukrainiennes négociations sur la tenue des élections dans les territoires concernés
13 - Intensifier l'action du groupe de contact tripartite
 
Selon moi, la seule chance pour voir un quelconque processus de paix aboutir dans la Donbass serait d'inviter les Républiques a participer à égalité avec l'Ukraine aux négociations et ensuite de redéfinir dans les détails une nouvelle feuille de route car l'actuelle est de fait irréalisable.
 
Au lieu de cela, les occidentaux s'entêtent a entretenir ce blocage et la donc la guerre qui de toute évidence justifie la militarisation étasunienne de l'Ukraine et offre à Washington un moyen de pression sur Moscou et un front potentiel en cas de guerre ouverte.
 
De toute évidence, l'échéance électorale étasunienne, avant ou après son calendrier seble bien s'imposer comme un carrefour à partir duquel Washington va choisir le chemin de la folie ou celui de la raison.
 
 
Un orage de plus en plus menaçant
 
 
1 siècle donc après la première et grande boucherie européenne, le vieux continent voit une nouvelle fois ses peuples menacés par une nouvelle apocalypse fratricide.
 
Tandis que les occidentaux se noient dans les fiels haineux d'une ploutocratie incohérente et amorale, les peuples de Russie qui ont toujours offert à leur pays la victoire des armes sont prêts à défendre une nouvelle fois leur Histoire commune, leurs identités multiples, et leur terre nourricière.
 
Même si la paix reste dans les coeurs des hommes de raison, j'ai bien peur que, tel le Phoenix la civilisation européenne a besoin de son lit de cendres pour renaître épurée du cancer qui la ronge et la dénature depuis des siècles d'universalismes divers, qu'ils soient religieux, politiques, économiques ou culturels.
 
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya
 
*
*   *
 
Pour m'aider dans ce travail de réinformation
 
Si l'argent est le nerf de la guerre il est malheureusement également aussi celui de la réinformation pour laquelle j'ai décidé de me consacrer à plein temps malgré une absence actuelle de revenus.

Merci d'envoyer vos contributions de soutien sur le compte référencé ci après à partir duquel sont envoyés les virements vers le Donbass

Observation : la plus petite somme (équivalent à celle d'un paquet de cigarette) est la bienvenue et vitale ici.
 
En vous remerciant par avance de votre soutien moral et matériel 
 
Bien à vous 
Erwan
 
 
 
 
 
 
 
 
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Depuis un an, nous sommes en guerre contre les États-Unis par A.Dugin.

2 Octobre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La France, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #l'islamisme

Depuis un an, nous sommes en guerre contre les États-Unis [A.Dugin]

2016-09-07_094859

Traduction rapide en français ci-dessous

Le 30 septembre marque exactement un an depuis le début de nos opérations militaires en Syrie. Bien sûr, il est trop tôt pour faire un bilan définitif. Nous sommes en guerre. Nous combattons. Nous attaquons. Nous subissons parfois la perte. Et notre guerre n’est pas encore terminée. Mais nous allons regarder de plus près cette guerre, qui depuis un an fait partie de nos vies – en tant que société, en tant que peuple, en tant que nation. Et qui se poursuivra encore un certain temps – jusqu’à la victoire.

En Syrie, nous luttons contre l’organisation terroriste « Etat islamique », organisation interdite en Russie. En d’autres termes, notre objectif est l’islam radical qui menace non seulement de détruire définitivement la Syrie, mais de plonger l’ensemble du Moyen-Orient dans un véritable enfer sanglant. L’horrible pratique de la torture des terroristes de l’EI , l’abattage des personnes vivantes en morceaux, la vente des enfants en esclavage sexuel, l’extermination des chrétiens simplement parce qu’ils sont chrétiens, n’épargne rien ni personne.

En regardant les visages, les expressions faciales franches et brutales, les vêtements en désordre et les yeux vitreux, vous comprenez que quelque chose ne va pas avec la simple existence de ce mal dans notre monde. Et en fait, il y a des états entiers, tels que l’Arabie Saoudite et le Qatar, qui soutiennent à dessein, les finances et les bras de cette horde d’orcs.

Si nous sommes en guerre avec ces créatures en Syrie, c’est pour ne pas avoir à se battre en Asie centrale, dans le Caucase, ou dans nos propres villes. L’Europe a deja commencé à ressentir leurs actions en un court laps de temps – les viols collectifs du « Bataclan » ou l’écrasement des innocents en vacances [Attentat de Nice, NDLR]. Par conséquent, nous combattons en Syrie non seulement pour nous-mêmes mais aussi pour les Européens. Nous sommes en guerre depuis un an. Déterminés, confiants, recueillis. Et comme dans toute guerre, nous avons des victimes. Ce sont les héros de l’armée Russe de la Lumière. Et pour chacun d’entre nous, pour le philosophe, ceci doit être parfaitement clair, face à l’obscurité.

Mais vous devez vous demander, d’où viennent ces bâtards de l’EI? Une simple analyse superficielle montre que le vrai mal est plus profond, que l’EI n’est que le decor, des marionnettes. Derrière eux, les vrais marionnettistes, et ils ont l’air tout à fait différent. Aujourd’hui, il n’est plus inconnu que le terrorisme islamique a été créé par les États-Unis et leurs services spéciaux. Si cela n’etait pas le cas il serait facile de règler le problème de ces fanatiques pour les gouvernements de Syrie, Libye ou d’Irak.

L’EI ne devient vraiment dangereux que les grandes puissances mondiales – les Etats-Unis- ne commencent à le soutenir et à l’équiper. Alors les hordes disparates se transforment soudainement en une véritable force. Et commencent à semer autour d’eux la mort, la violence, les massacres, la destruction des personnes, des cultures, des pays.

Lors des débats pré-électoraux brulants aux États-Unis, Donald Trump a été contraint de jeter à la face d’Hillary Clinton la désagréable vérité: Elle, ou plutôt des faucons néo-conservateurs, partisans de la mondialisation et de gouvernement du monde, ont créé L’EI, l’ont équipé et soutenu jusqu’à aujourd’hui. Et quand les affaires de leurs creatures tournent mal, ils frappent sur les troupes légitimes du gouvernement syrien. Et l’EI revient.

Depuis un an donc, nous sommes en guerre contre les États-Unis. Au début des années 2000 ils ont proclamé le plan du Grand Moyen-Orient. Ce plan appelle à redessiner les frontières de tous les Etats arabes. Et ils l’exécutent. Les bras de l’EI, ce sont les bras de leurs prétendus ennemis et leurs alliés – la Turquie et Israël. Les Etats-Unis envahirent sous de faux prétextes l’Afghanistan. L’Afghanistan est en ruines. Les US ont renversé et pendu Saddam Hussein en Irak, et l’Irak est inondé de sang, déchiré. Les US ont tué Kadhafi, et avec elle – la Libye, où les gangs d’aujourd’hui s’entretuent dans un pays exangue quasiment détruit.

Les US ont attaqué la Syrie. Et si nous n’étions pas intervenu, comme en Afghanistan, en Irak et en Libye, la Syrie aurait déjà disparu. Mais nous sommes intervenus.

https://tvs24.ru/cumulus/videos/95/un-an-de-guerre-en-syrie-a-dugin/

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De l’odieuse morale des seigneurs du chaos. Par Françoise Compoint.

30 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #l'immigration, #l'islamisme

De l’odieuse morale des seigneurs du chaos. Par Françoise Compoint.

De l’odieuse morale des seigneurs du chaos

on: septembre 30, 2016

Chassez le naturel et il revient au galop ! Plein de bon sens, le gouvernement français avait osé prendre quelques distances avec l’Etat profond US, belliciste, jusqu’au-boutiste et particulièrement sanglant quand il en va de ses intérêts. On aurait pu alors croire que le départ de Fabius, fin 2015, allait préfigurer une nouvelle ère dans le traitement européen (pas occidental !) du dossier syrien et une alliance de revers anti-salafiste entre la France et la Russie. Quelle naïveté impardonnable ! Début février 2016, le Point publie un article dont le contenu rappelle… en tout point, l’ « indignation » française face aux « crimes de guerre » commis par les bombardiers russes dans certains quartiers d’Alep.

Voici ce que nous lisions le 3 février 2016: « Paris condamne l’offensive du régime syrien, avec le soutien russe, pour encercler puis asphyxier Alep et ses centaines de milliers d’habitants » (…). Quelques lignes plus tard : « L’armée syrienne, soutenue par l’armée russe, a réussi à resserrer l’étau autour des rebelles (…) après avoir coupé leur principale route d’approvisionnement. Un nouveau succès pour le régime depuis l’intervention de Moscou dans le conflit ».+

On tombe des nues attendu que :+

  • Même l’Observatoire anglo-syrien des droits de l’homme qui n’a jamais eu aucune légitimité en Syrie n’arrive pas à citer ne serait-ce qu’un groupe armé (dit rebelle) non-salafiste.+

  • Le but final est la reprise d’Alep et la stabilisation tant de la ville que de la région. Cet impératif présuppose le retour de tous les quartiers d’Alep sous le contrôle de l’armée arabe syrienne.+

  • L’expression « régime syrien » est dénuée de sens. Si légitimité est synonyme de soutien populaire massif, il vaut mieux parler du « régime de Hollande ».+

Le conflit syrien étant parsemé de tragiques déjà-vu, on apprend, le 25 septembre, que Ban Ki-moon est « consterné » par l’escalade militaire liée à la reprise d’Alep, là encore, avec le soutien de l’aviation russe. Le 26 septembre, un journaliste du Point publie un article dans lequel il insiste lourdement sur la barbarie des frappes, car les pilotes russes auraient utilisé des bombes à sous-munitions. Après une longue série d’évocations à emphase sensationnaliste, l’article se clôt par une question digne d’un aphorisme : « La faute à la Russie ? ». Remettons les points sur les i.+

  • La Russie n’a jamais signé la convention sur la non-utilisation des armes à sous-munitions ce qui est le cas de la quasi-majorité des grandes puissances qui en ont dans leur arsenal.+

  • Interrogés en avril sur l’éventuelle utilisation de ce type de bombe, les experts militaires russes ont été formels : il s’agit de bombes à fragmentation faciles à confondre avec les bombes à sous-munitions. Cette réponse n’a jamais été médiatisée par les médias occidentaux qui avaient fondé leurs accusations sur deux captures d’écran publiées par … Russia Today et Sputnik !+

  • L’utilisation de bombes à sous-munitions dans les villes n’a aucun sens. Elles sont larguées en terrain vague.+

Les cris d’orfraie des journaleux du mainstream médiatique français sont d’autant plus déplacés que le Ministère des Affaires étrangères a caché une série de dérapages commis en Irak fin 2015. Ainsi :+

  • Le 25 octobre 2015, un Rafale cible une école primaire située près de Mossoul. 28 écoliers sont tués sur le coup. Le gouvernement essaye alors de nier, sans grande conviction, son implication. L’affaire est étouffée. Malgré une ribambelles de promesses, Mossoul, la capitale de l’EI en Irak, n’a toujours pas été repris.+

  • Le bombardement français de Raqqa du 26 octobre 2015 aussi connu sous le nom d’opération de Chammal a lui aussi emporté des vies d’enfants. C’est un fait confirmé par l’OSDH, l’Observatoire syrien des droits de l’homme dont on connaît la position farouchement anti-Assad. Et que dire de la ville turkmène de Tall Afar avec ses multiples victimes collatérales ?+

  • Pour remonter un peu dans le temps et sortir des frontières syriennes, je vous conseille la lecture de la Lettre Ouverte de médecins russes au Président de la Fédération de Russie (voir Note Editorial de Global Research) qui fait état, sur un ton glaçant de neutralité, des crimes de l’OTAN et des USA contre les habitants de la banlieue de Tripoli dont le bombardement d’une maternité pour femmes atteintes de maladies cardiovasculaires. C’était en 2011. Où était Ban-Ki moon, en fonction depuis 2007 ?+

Le 28 septembre, Washington passe aux menaces. Kerry se dit prêt à suspendre la collaboration US avec la Russie accusant cette dernière, de pair avec la France, de crimes de guerre comparables à ceux de l’EI (SIC). Le partenariat stratégique US/Russie est ajusté à la cessation des bombardements d’Alep, d’une part, au retour à un cessez-le-feu généralisé, de l’autre. Ce qui revient à demander à l’AAS d’arrêter la reprise d’une ville dont plusieurs grands quartiers sont aux mains des salafistes de l’EI et à d’autres franges apparentées, d’une part, de l’autre, donner un temps de répit aux « rebelles » qui en profiteront pour recevoir une aide médicale, logistique et militaire.+

Comme les masques sont définitivement tombés, cela ne m’étonnerait pas d’apprendre que les Américains essayent d’évincer les troupes russes du Castello, voire, pour en finir au plus vite, qu’ils essayent de miser sur un ou des traîtres dans l’entourage d’Assad. Par contre, ce qui ne cesse de m’étonner, peut-être parce que je n’arrive pas à être objective, c’est le vassalisme mal assumé mais flagrant du gouvernement français qui en plus n’a pas l’Atlantique pour rempart.+

Françoise Compoint, Pravda.ru

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Le Quai d’Orsay, l’UE et les USA financent le «Aleppo Media Centre», qui défend la cause des djihadistes.

29 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #Terrorisme, #Daesch

Le Quai d’Orsay, l’UE et les USA financent le «Aleppo Media Centre», qui défend la cause des djihadistes.

L’histoire a fait la une partout : «Petit garçon sorti vivant des décombres». La vidéo et la photographie produites par le Aleppo Media Centre (AMC), qui montrait Omran Daqneesh, alias «le petit rescapé d’Alep» prétendument sauvé par les notoirement connus casques blancs dans la partie est d’Alep tenue par les terroristes, est aussitôt devenue virale et a été propulsée bien haut dans la stratosphère de la propagande médiatique occidentale.

Pratiquement tous les grands organes de presse du monde entier ont montré la vidéo et ce qui est devenu depuis la célèbre photographie d’Omran, le «petit rescapé d’Alep». Le garçon couvert de poussière et de sang a été placé sur une chaise dans ce qui semble être une ambulance en parfait état, malgré sa présence dans une prétendue zone de guerre, pour ensuite être photographié en rafale par un nombre incalculable de caméras et de téléphones portables. Pendant tout ce temps, personne ne lui a prodigué des soins, comme s’il s’agissait d’une séance photo montée de toutes pièces.

Personne ne l’a réconforté, n’a pansé ses prétendues plaies, ne lui a posé un collier cervical ou ne l’a placé dans une civière au cas où il aurait subi des lésions cervicales (procédure de premiers soins habituelle), lui qui venait d’être sauvé de «sous les décombres» d’un immeuble bombardé qui, selon l’AMC, était visé par des «frappes aériennes russes et syriennes».

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CARREFOUR DE LA PROPAGANDE : Le Aleppo Media Centre fournit des images appelant à un changement de régime en Syrie aux médias des États-Unis, du Royaume-Uni, des États membres de l’OTAN, à Al Jazeera du Qatar et à bien d’autres, en appui à la campagne de relations publiques en faveur d’organisations terroristes reconnues actives en Syrie.

CARREFOUR DE LA PROPAGANDE : Le Aleppo Media Centre fournit des images appelant à un changement de régime en Syrie aux médias des États-Unis, du Royaume-Uni, des États membres de l’OTAN, à Al Jazeera du Qatar et à bien d’autres, en appui à la campagne de relations publiques en faveur d’organisations terroristes reconnues actives en Syrie.

Le Aleppo Media Centre a vraiment réussi un beau coup de propagande, qui a suscité bien des appels en faveur d’une zone d’exclusion aérienne et d’une intervention occidentale, donnant ainsi un nouveau souffle à la feuille de route fripée des États-Unis préconisant un « changement de régime » en Syrie. Cependant, un certain nombre de journalistes indépendants internationaux, d’analystes des médias et de militants pour la paix ont commencé à avoir des doutes sur l’image et sa source, en révélant des détails extrêmement troublants non seulement à propos de la photo, mais surtout au sujet de l’organisation qui l’a fournie aux médias occidentaux avides de sensationnalisme.

«Récemment, la photo poignante d’un enfant syrien ensanglanté et apparemment en état de choc, assis dans une ambulance à Alep, a été largement diffusée et commentée dans les médias nationaux et internationaux. En réponse, des journalistes ont appelé l’administration Obama à prendre des mesures, y compris le bombardement de cibles militaires du gouvernement syrien.» – Déclaration du groupe Veterans for Peace

 

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Une analyse rétrospective de cette histoire montre que toute cette fureur médiatique pilotée par Washington, Londres, l’Europe, les pays du Golfe, la Turquie et Israël a été délibérément montée en épingle. En plus de servir de catalyseur aux réactions concertées des gouvernements néocolonialistes, elle est parvenue aussi à ériger un écran de fumée pour mieux dissimuler les massacres quotidiens commis par les terroristes soutenus par les États-Unis, l’OTAN et les pays du Golfe, ces soi‑disant «rebelles modérés» à l’est d’Alep (où il reste environ 220 000 personnes, dont de nombreux terroristes et membres de leurs familles), contre des civils syriens comptant parmi les 1,5 million d’habitants à l’ouest d’Alep, un secteur sous le contrôle et la protection du gouvernement syrien et des forces armées nationales syriennes.

Dans les deux premières semaines d’août seulement, 143 civils ont été tués par des tirs de mortier du Front aI-Nosra visant l’ouest d’Alep, dont 54 enfants et 23 femmes. Cette information a été fournie à Vanessa Beeley par le Dr Zahar Buttal, directeur de la Aleppo Medical Association lorsqu’elle s’est rendue à l’ouest d’Alep le 14 août 2016.

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C’est le photographe de l’AMC Mahmoud Raslan qui a remis la photo de la mise en scène montrant Omran aux médias occidentaux avides de sensationnalisme.

C’est le photographe de l’AMC Mahmoud Raslan qui a remis la photo de la mise en scène montrant Omran aux médias occidentaux avides de sensationnalisme.

Les suspects habituels

Si la BBC, CNN, le New York Times, le Washington Post, Al Jazeera et consorts avaient fait une recherche rapide sur Internet, ils seraient vite tombés sur ce que des médias plus consciencieux ont découvert.

Le prétendu photographe d’Omran, le «petit rescapé d’Alep», s’appelle Mahmoud Raslan [ou Rslan], qui se décrit comme un «photo-journaliste militant». L’examen de son propre profil et de ses photos sur les médias sociaux a révélé que Raslan est un sympathisant terroriste à part entière, ce qu’ont très rapidement rapporté un certain nombre de médias respectables et fiables dont Telesur et Sputnik News :

«Des photos circulant en ligne tirées du compte du photographe d’Omran sur les médias sociaux, un homme du nom de Mahmoud Raslan, le montrerait en train de sympathiser avec les tueurs d’un autre enfant, un gamin de 12 ans appelé Abdullah Tayseer Issa, qui a été décapité de façon grotesque par des rebelles modérés soutenus par les USA le mois dernier […]. Les photos circulant sur les médias sociaux, qui ont été recueillies par LiveLeak (avertissement, images choquantes), montrent des captures d’écran de la page Facebook de Raslan, dont une photo qui le montre posant et souriant avec les mêmes terroristes du mouvement Nour al-Din al-Zenki qui ont tué Issa de sang-froid.»

Raslan a su tirer parti de sa nouvelle gloire médiatique en livrant un témoignage poignant, en commençant par The Telegraph qui a repris son histoire en omettant, semble-t-il, de se pencher sur ses racines terroristes :

«Mes larmes ont commencé à couler quand j’ai pris la photo. Ce n’est pas la première fois que je pleurais. J’ai pleuré bien souvent en filmant des enfants traumatisés. Je pleure toujours. Nous, les photographes de guerre, pleurons tout le temps.»

Apparemment, les mauvais traitements, la torture et la décapitation d’Abdullah Issa, un gamin de 12 ans (par les tueurs d’enfants posant avec lui sur la photo ci‑dessous), n’ont pas réussi à faire couler les mêmes larmes de crocodile des yeux de Raslan, le sympathisant terroriste.

 

Au cours de ses diverses incursions dans l’univers trouble des médias oiseaux moqueurs sous le contrôle de l’État profond, Raslan a toujours soutenu être un «pigiste» travaillant en dilettante auprès d’Al Jazeera et de l’AFP «affilié» au Aleppo Media Centre.

Sarah Flounders, la directrice du International Action Centre, a affirmé ceci à RT :

«Non, je crois que ce photographe est bien connu sur Facebook et YouTube, où il publie continuellement des images, des photos faisant l’éloge de la milice Zinki, qui était en fait une organisation terroriste bien connue avant même cette décapitation horrible d’un enfant palestino-syrien. Il est bien loin d’être un militant des droits de la personne. Il se décrit comme un militant des médias, mais son rôle consiste à applaudir et à soutenir les activités terroristes en Syrie.»

Entre autres déclarations, Raslan a écrit sur sa page Facebook que «certains des meilleurs moments que j’ai passés, c’est avec des kamikazes».

Dans une interview accordée plus tard à Al Babwa, Raslan fait de son mieux pour réparer les dommages causés à sa réputation :

«Je ne travaillerais jamais avec un groupe qui s’inscrit en faux contre mes croyances personnelles, mais il faut parfois se faire prendre en photo avec eux.» Il poursuit : «Je prends habituellement des centaines de selfies avec tous ceux que je rencontre sur le front. Nous qui travaillons dans les médias prenons des centaines de photos que nous gardons dans nos archives.»

Ces propos nous amènent à déduire que la prochaine fois que Raslan sera «au front», ses pages Facebook et Twitter seront inondées de selfies le montrant avec des partisans de Daesh, du Front al-Nosra (al-Qaïda), d’Arar al-Sham, de Nour al-Din al-Zenki et de quiconque s’y trouvera.

Suivons la trace de l’argent : qui finance le Aleppo Media Centre ?

Lorsqu’on suit la trace de l’argent, les choses deviennent plus intéressantes encore. Anne Barnard du New York Times a rédigé un compte rendu émouvant de l’histoire d’Omran. Rappelons qu’elle a aussi rendu un bel hommage à un kamikaze il n’y a pas si longtemps. Dans son reportage, elle décrit le Aleppo Media Centre comme suit :

«Un groupe constitué de longue date qui réunit des militants et des citoyens journalistes, hostiles au gouvernement, qui rendent compte du conflit (…).»

Lorsqu’on suit cette guerre sale en Syrie avec un esprit critique, les termes «militants» et «citoyens journalistes» dans la même phrase ont de quoi rendre perplexe. En ajoutant qu’ils sont «hostiles au gouvernement», elle brosse ainsi un beau tableau de propagande.

Ce que Anne Barnard du NYT ne dit pas à ses lecteurs, c’est que cette terminologie [employée par les médias assurant les relations publiques de l’OTAN] laisse planer une préférence pour les barbus wahhabites, qui scandent la formule du takbir [Dieu est grand] en faisant déferler une pluie de missiles sur des civils, ainsi qu’une adhésion à un processus de sélection des «rebelles modérés» qui veille à ce que ceux qui n’adhèrent pas à leur idéologie extrémiste soient déclarés infidèles et sommairement exécutés.

La trace de l’argent

Commençons par examiner les sources de financement de ce groupe de citoyens journalistes militants intégrés à la ribambelle de groupes terroristes extrémistes religieux et à d’autres au service des États-Unis et de l’OTAN, localisés exclusivement dans les secteurs à l’est d’Alep dominés par le Front al-Nosra, d’où sont lancés quotidiennement les canons de l’enfer qui brisent les vies des 1,5 million de Syriens demeurant à l’ouest d’Alep, sous le contrôle de l’armée arabe syrienne.

 

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Comme l’a souligné à juste titre le site Sott.net, le Aleppo Media Centre est un «projet» de la Syrian Expatriates Organization [SEO] :

«La SEO est exactement ce que son nom laisse entendre, c’est-à-dire un groupe de citoyens américains d’origine syrienne qui a ses bureaux sur K Street à Washington D.C., une rue reconnue pour être le cœur de l’industrie du lobbying politique aux USA, où se trouvent une multitude d’organes de réflexion, de lobbyistes et de groupes de défense.»~ Sott.net

Le site Web de la SEO nous apprend qu’elle a joué un rôle déterminant dans la création du Aleppo Media Centre :

«Les reportages de nouvelles et la sensibilisation des médias sont des tâches jugées cruciales au soulèvement civil en Syrie. Le Aleppo Media Centre, un centre de nouvelles spécialisé qui dessert Alep et ses banlieues, a été mis sur pied grâce à une généreuse contribution de la SEO. Depuis octobre 2012, la SEO est responsable d’assurer la coordination du Aleppo Media Centre et de lui procurer une aide technique et logistique, en plus de l’aide financière qu’elle lui a fourni.»  

Cependant, la SEO n’est pas l’unique mécène de ce centre des médias fréquemment cité, bien ancré dans le territoire du Front al-Nosra. En décembre 2015, Canal France International (CFI), un organisme de l’État français, était tout heureux d’annoncer que la radio du Aleppo Media Centre allait commencer à émettre sur les ondes FM dans les villes d’Alep, d’Idlib et d’Hama. Idlib et Hama, ainsi que l’est d’Alep, sont tous des bastions du Front al-Nosra.

L’annonce du lancement de la radio du AMC se trouve sur le site Web de CFI :

«Le Aleppo Media Centre, qui rassemble de manière permanente une vingtaine de journalistes basés en Syrie, produit et diffuse depuis 2012 une information continue sur l’actualité de la région, publiant des articles, des photos et des vidéos sur son site Internet et les réseaux sociaux.

Grâce au soutien de l’incubateur des médias syriens de Gaziantep (Turquie), ce centre voit désormais se concrétiser un nouveau projet : créer une radio locale à Alep, qui sera diffusée deux heures par jour sur la fréquence FM 99.00 et environ 15 heures par jour sur Internet.

En 2015, l’Incubateur a proposé aux journalistes du Aleppo Media Center plusieurs formations dans le domaine de la radio et de la vidéo. En novembre, il a soutenu l’achat d’équipements pour le studio, l’installation du studio, et formé l’équipe à son utilisation.

En décembre, deux membres du centre ont aussi bénéficié d’une formation de formateur qui leur permettra de former à leur tour des citoyens journalistes à l’intérieur même de la Syrie.»

Le Aleppo Media Centre reçoit donc aussi le «soutien» d’une organisation appelée l’incubateur des médias syriens basée à Ganziatep, en Turquie. Le choix du nom est intéressant, puisque la Turquie aussi a servi d’incubateur aux mercenaires terroristes de tout acabit soutenus par les États-Unis et l’OTAN, les pays du Golfe et Israël qui ont envahi la Syrie par la frontière turque avec leurs armes et leur équipement. C’est d’ailleurs la principale cause du prolongement du conflit syrien en cours, qui a engendré ce cycle perpétuel de misère et de carnage que subit le peuple syrien.

 

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C’est ici que les choses deviennent plus croustillantes. «L’incubateur des médias syriens» est un projet financé par Canal France International (CFI), l’agence de coopération et opérateur du ministère des Affaires étrangères de la France dans le domaine des médias. Oui, c’est bien le Quai d’Orsay qui finance le Aleppo Media Centre, la principale source d’«informations» sur Alep larguées à l’ensemble des médias de masse au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Europe.

C’est écrit en bleu, blanc et rouge sur le site Web du gouvernement  français :

«Canal France International (CFI), agence française de coopération, opérateur du ministère français des Affaires étrangères dans le domaine des médias, vient de signer deux contrats importants (2,7M€) avec l’Union européenne pour développer des projets en faveur des médias indépendants du monde arabe.

Le premier contrat de deux ans concerne un projet d’accompagnement du développement de médias syriens, principalement par le biais de formations.

D’un montant de 1,5 million d’euros, il est financé à hauteur de 1,2 million par l’Union Européenne. L’objectif principal du projet est de préparer une nouvelle génération de journalistes syriens capables, aujourd’hui, de produire une information de qualité et professionnelle, et demain de constituer les piliers des médias de l’après-crise.

Dès le mois d’avril 2014, CFI ouvrira les portes d’un centre de médias, baptisé «Syrian Media Incubator», dans la ville turque de Gaziantep, à 60 km de la frontière syrienne, au nord d’Alep. Cet espace de travail collectif vise à fournir des outils modernes de télécommunication et à accompagner les journalistes syriens décidés à continuer, coûte que coûte, de relayer l’information de leur pays.»

Cet aveu du gouvernement français n’est rien de moins que spectaculaire. Examinons de près cette annonce : la France et l’UE, qui sont loin d’être des observateurs impartiaux de la guerre que livrent en Syrie les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN, les pays du Golfe et Israël, financent et soutiennent un organe de presse qui attise le feu de la propagande à des points stratégiques dans la bataille que livre l’Armée arabe syrienne pour libérer Alep des griffes des gangs terroristes de la coalition des États-Unis. Le feu qu’il attise permet de détourner le regard du public des véritables atrocités commises par les entités terroristes contre des civils syriens à Alep et de relancer les appels en faveur d’une zone d’exclusion aérienne, l’outil ultime que veut se procurer l’OTAN pour réduire la Syrie à un État en déliquescence comme la Libye.

 

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Rami-SOHR-259x300Il convient de noter aussi que l’UE est aussi l’une des principales sources de financement de cette autre ONG de «l’opposition syrienne» qu’est l’Observatoire syrien des droits de l’homme (SOHR), un one-man show basé en Grande-Bretagne donné par un ancien condamné syrien appelé Rami Abdelrahman (dont le véritable nom est Osama Ali Suleiman ; photo, à gauche). Celui-ci travaille en coordination avec le ministère britannique des affaires étrangères et du Commonwealth. Il est important d’en parler parce qu’à l’instar du Aleppo Media Centre, l’Observatoire est la source d’où l’ensemble des médias institutionnels occidentaux, ainsi que le département d’État des États-Unis et leurs alliés, puisent toutes leurs «nouvelles» et leurs «données» à propos de ce qui se passe prétendûment en Syrie.

 

Qu’il s’agisse de l’histoire d’Omran ou des récentes allégations d’attaque au chlore par l’armée arabe syrienne, toutes ces nouvelles font partie d’un programme qui a peu à voir avec le bien-être de la Syrie et relève bien plus de la volonté d’atteindre l’objectif politique de changement de régime déclaré des États-Unis et de l’OTAN, qui était en tête de liste des choses à faire en Syrie bien avant 2011 (lorsque la guerre sale planifiée en cours en Syrie a vraiment commencé à prendre de l’ampleur) par les agences de Washington responsables de l’édification [destruction] de la nation.

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UN HOMME TRANSPORTE UN ENFANT, D’AUTRES ONT L’AIR OCCUPÉS : mise en scène familière d’une image émouvante par le Aleppo Media Centre (Source : AMC/Washington Times)

UN HOMME TRANSPORTE UN ENFANT, D’AUTRES ONT L’AIR OCCUPÉS : mise en scène familière d’une image émouvante par le Aleppo Media Centre (Source : AMC/Washington Times)

Là encore, nous voyons les mêmes «citoyens journalistes» autoproclamés bien enracinés dans les colonies terroristes nouvellement établies, ces enclaves terroristes qui regorgent de criminels fanatiques sous l’effet de la drogue, instables et violents, qui n’hésitent pas à lancer aveuglément sur les zones résidentielles densément peuplées de l’ouest d’Alep des contenants emplis de verre, d’éclats, de chlore ou d’explosif.

Ces «citoyens journalistes» apprécient leurs rôles et leur cantonnement en territoire terroriste et ne craignent aucunement les meurtriers qui n’éprouvent aucun scrupule à commettre les pires atrocités, y compris la décapitation d’un gamin de 12 ans émacié et fiévreux, Abdullah Issa, dont il a été question précédemment.

Nous assistons à la création d’une autre composante de l’État de l’ombre de l’Occident, qui se cache derrière toute une série de projets des ONG qu’il finance, et qui s’échafaude dans le brouillard de la guerre, brique après brique, jusqu’à ce que se dresse une barrière infranchissable entre le grand public et la vérité sur ce à quoi la Syrie et le peuple syrien sont réellement confrontés.

Cette enclave de médias de l’ombre s’installe dans la caisse de résonance de la propagande érigée par les États-Unis et l’OTAN, qui réduit au silence les appels provenant de la Syrie qu’on entendrait normalement, au profit d’une image faussée et artificielle et de reportages tordus qui utilisent sans ambages les termes «rebelles» et «combattants de la liberté» pour décrire des terroristes islamistes.

L’appel authentique est celui de la majorité de ce qui forme le peuple syrien, et non pas les cris de guerre de «l’opposition» choisie par les États-Unis et l’OTAN, dont la plupart des partisans ne vivent même pas en Syrie.

La méthode

«Pour mémoire, en partenariat avec International Media Support (IMS) et Reporters sans frontières (RSF), CFI a notamment contribué en 2013 à la création de la radio syrienne indépendante Radio Rozana qui émet depuis Paris et s’appuie sur un réseau de 30 correspondants basés en Syrie. Ces derniers ont bénéficié en 2013 de plusieurs formations organisées par CFI.»

Les pays visés

«Le second contrat signé avec l’Union européenne, d’une durée de trois ans, permettra à CFI de financer des projets visant à développer l’information en ligne en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Libye, en Égypte, en Jordanie, en Palestine, au Liban et en Syrie.»

Leur objectif clair et la fin en soi

«Dans un paysage arabe en pleine mutation, CFI renforce ainsi ses efforts pour accompagner les médias indépendants appelés à jouer un rôle majeur dans les fragiles processus de démocratisation en cours.»

L’aval du gouvernement français

«Le ministère des Affaires étrangères et du Développement international (MAEDI) confie à CFI la mission de mettre en œuvre sa politique d’appui au développement des médias publics et privés, et plus généralement du secteur audiovisuel dans une perspective tri‑media, dans les pays bénéficiaires de l’aide publique au développement.

Ses objectifs demeurent la diffusion de l’information [propagande], la consolidation de la société civile et de l’État de droit et l’appui aux nouvelles démocraties ou “États fragiles”. Son endossement à France Télévisions et Arte France est le garant de son professionnalisme.»

Des organes de presse comme le Aleppo Media Centre sont décrits dans une étude de CFI, «en opposition à la propagande de Damas». Pourtant, lorsqu’on sait que la soi‑disant propagande de Damas est aussitôt rejetée de tous les côtés par les gouvernements de la coalition menée par les États-Unis, leurs médias d’État, les groupes de défense des droits de la personne, les groupes d’opposition contrôlés, toutes les ONG antisyriennes financées par Soros, les chouchous de l’OTAN que sont  les casques blancs et, enfin, les groupes de réflexion alignés sur l’OTAN, il est difficile de comprendre cet appel à une opposition en présence d’un si puissant lobby international opposé à l’État syrien.

L’aval des Israéliens

Rappelons qu’Israël, qui est le principal bénéficiaire de la guerre menée par la coalition des États-Unis en Syrie selon Bouthaina Shaaban (conseillère politique et médiatique du président syrien Bachar Al Assad), tenait une page consacrée aux reportages du Aleppo Media Centre sur le site Web du Times of Israel jusqu’en mars 2015. Cet honneur n’est réservé qu’à ceux qui s’inscrivent dans le cadre très étroit de la vision géopolitique sioniste préconisant la fragmentation du Moyen‑Orient et le déchirement de la Syrie, son rival de toujours, le long de lignes de fracture sectaires, une politique menée par Israël et par son complice de crime, plus exposé que jamais, qu’est l’Arabie saoudite.

Les principaux acteurs

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Zein Al Rifai, cofondateur du Aleppo Media Centre. Photo : Rozana.fm

Zein Al Rifai, cofondateur du Aleppo Media Centre. Photo : Rozana.fm

Un des cofondateurs du Aleppo Media Centre est Zein Al Rifai, l’autre étant Youcef Seddik. Dans une interview accordée au  Syria Deeply, une autre étoile de la constellation des centres des médias nouvellement constitués pour diffuser de la propagande contre l’État syrien et son armée nationale, Al Rifai répond aux questions en proférant les mêmes clichés et mensonges éhontés.

«Alep a été l’une des premières villes à protester. Les manifestations qui ont eu lieu à l’Université d’Alep étaient importantes, mais malheureusement, les médias ne parlaient pas d’Alep à cette époque et les premières manifestations ne sont pas bien documentées, explique Al Rifai.»

Se pourrait-il que ces «premières manifestations» n’aient pas été bien documentées parce qu’elles n’ont pas eu lieu, contrairement à ce qu’affirme Zein Al Rifai, fondateur du Aleppo Media Centre ?

NOTA – Syria Deeply est financé par la Asfari Foundation, dirigée par son PDG Ayman Asfari, qui a aussi attribué un financement de démarrage de 300 000 dollars pour la campagne syrienne, dont l’équipe est à l’origine du plus grand succès de l’intervention d’agents de l’OTAN sur le terrain : les Casques blancs.

Voici la réponse du Dr Tony Sayegh, un éminent chirurgien basé à l’ouest d’Alep, lorsqu’on lui a demandé comment c’était à Alep avant le conflit :

«C’est en juillet 2012 que tout a changé. Mais ce ne sont pas les résidents d’Alep qui se sont rebellés contre les dirigeants. Des parties de la ville ont été envahies par des groupes armés provenant d’ailleurs en Syrie et d’autres pays.» Tony Sayegh croit que les intérêts en cause dans cette invasion dépassaient largement le contrôle d’une seule ville.

«La tentative de renverser le gouvernement de la Syrie par les armes et les émeutes avait échoué. Ils ont alors décidé de se concentrer sur Alep, pour faire buter toute l’économie syrienne. Les groupes armés ont pris les services d’eau et les centrales électriques afin de stopper l’approvisionnement des résidents, puis ont jeté leur dévolu sur les industries. Des usines au complet ont été démantelées et transportées en Turquie. Ils ont tout volé. C’est à ce moment que tout a chamboulé et que le malheur d’Alep a commencé.»

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Image sur la page Facebook de Zein Al Rifai : tous ces drapeaux associés à l’opposition syrienne expriment clairement où se situent ses sympathies. Photo : page Facebook

Image sur la page Facebook de Zein Al Rifai : tous ces drapeaux associés à l’opposition syrienne expriment clairement où se situent ses sympathies. Photo : page Facebook

Une recherche sur les activités d’Al Rifai et de Seddik révèle que ces deux «citoyens journalistes» opposés au gouvernement syrien n’ont aucune difficulté à entrer en France pour y faire des tournées promotionnelles, ce qui est quand même extraordinaire quand on sait qu’il est pratiquement impossible pour la majorité des citoyens syriens laïcs favorables au gouvernement [ou simplement opposés à l’intervention de l’OTAN] d’obtenir un visa, en raison des dures sanctions que les États-Unis et l’UE imposent contre l’État syrien, qui affectent avant tout le peuple syrien.

En outre, les deux hommes sont immanquablement décrits par la presse française comme des «opposants à Bachar el-Assad» et des «journalistes» qui n’ont pas d’objection à maintenir des relations avec des entités terroristes comme le Front al-Nosra (Al-Qaida en Syrie), puisqu’ils partagent le même but, qui est de renverser le président Assad.

«Nous maintenons de bonnes relations avec la plupart des factions de l’opposition. Nous partageons tous le même objectif : libérer la Syrie de la tyrannie, sauf que chacun d’entre nous suit sa propre voie pour y parvenir. Nous avons couvert des secteurs sous le contrôle du Front al-Nosra à Alep et à Idlib. Ils nous ont toujours laissés tranquilles.» ~ Zein Al Rifai à Syria Deeply

 

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Dr_KodmaniEn plus de manifester leur attachement à une organisation qui est responsable d’un pourcentage énorme des atrocités commises contre la majeure partie du peuple syrien et ailleurs, les deux hommes se font souvent accompagner dans leurs tournées par nulle autre qu’Hala Kodmani, la soeur de la directrice du Conseil national syrien, Basma Kodmani (photo, à gauche).

 

Les qualifications de Basma Kodmani comme candidate de l’opposition favorisée par l’OTAN, qui a participé deux fois aux réunions du Groupe Bilderberg, ont été passées au peigne fin par Charlie Skelton du quotidien The Guardian :

«Il en ressort que Kodmani est un fidèle lieutenant de l’industrie de la promotion de la démocratie anglo-américaine. Sa «province d’origine» (selon le site Web du Conseil national syrien) est Damas, mais son parcours professionnel est lié étroitement et depuis longtemps aux pouvoirs qu’elle supplie d’intervenir en Syrie.»

Conclusions

Une recherche très rapide à partir des termes Aleppo Media Centre + Omran fait ressortir le rôle crucial de cet organe de presse soutenu par l’Occident dans le moulin de la propagande des médias alignés à l’OTAN. Pratiquement tous les grands médias institutionnels utilisent les vidéos et les reportages du AMC pour encourager et maintenir le flot incessant de chroniques de la coalition des États-Unis anti Assad. The Guardian, Channel 4, la BBC, The Telegraph, CNN, Fox News, Time, FT et bien d’autres dépendent tous du AMC pour livrer le produit qu’ils nous concoctent à propos de la Syrie.

Bref, c’est le Smart Power (pouvoir de l’intelligence) en action, l’instauration d’un monde meilleur où les gros bonnets des médias, dans le confort de leurs tours de bureaux à Londres, Paris et Manhattan, n’ont plus à se salir les mains en zone de guerre, laissant le soin aux «militants» et aux «citoyens journalistes» de faire le boulot à leur place.

Le problème du point de vue professionnel et éthique c’est que, dans le cas du Aleppo Media Centre, ses reportages ne sont pas équilibrés ni objectifs. Le AMC est financé par le Quai d’Orsay, l’UE et les États-Unis, qui ont tous investi massivement dans l’opération militaire de la coalition menée par les États-Unis, dans la «feuille de route» pour la Syrie et dans l’hypothétique changement de régime qu’ils souhaitent ardemment.

Pire encore, le Aleppo Media Centre est intégré exclusivement au Front al-Nosra, à Arar al-Sham et dans les secteurs contrôlés par les terroristes. Ceux qui en font partie disent eux-mêmes qu’ils travaillent en étroite collaboration avec le Front al-Nosra, puisque tous partagent le même objectif qui est un changement de régime, peu importe le nombre de civils syriens massacrés en cours de route, ce qui ne manque pas de se produire à Alep.

Le AMC constitue un élément crucial d’un réseau beaucoup plus vaste et sinistre formé de partisans de la démocratisation et de prédateurs néocolonialistes. Il est aussi mis en valeur par Israël, le bénéficiaire principal d’un conflit et d’un chaos perpétuels en Syrie et dans la région.

Finalement, tout ce beau monde cherche à promouvoir l’idée que pour améliorer la Syrie, il faut commencer par la détruire. Sur la base de l’ensemble des renseignements pertinents disponibles, il est clair que les médias commandités par les États occidentaux sont des agences de relations publiques chargées de vendre cette idée à la population délibérément mal informée.

Ces mêmes médias syriens intégrés, ainsi que les médias institutionnels qu’ils alimentent, ne se gênent pas pour coller l’étiquette Hitler sur le dos du président Assad, une forme de diabolisation à rabais qu’eux et leurs équipes du Smart Power utilisent à répétition pour obtenir les changements de régime qu’ils convoitent, que ce soit en Libye (Mouammar Kadhafi), en Irak (Saddam Hussein) ou en Yougoslavie/Serbie (Slobodan Milosevic), pour citer quelques exemples.

Ces campagnes d’«hitlérisation» s’avèrent fructueuses, mais on ne peut s’empêcher de constater, à la lecture de la propre thèse d’Hitler à propos de la propagande, qu’il est évident que les États du Nord et la machine médiatique institutionnelle respectent rigoureusement la vue de l’esprit décrite en détail par Hitler lui-même, qui considérait la propagande comme l’élément essentiel pour contrôler les masses et garantir l’acceptation d’une guerre éternelle.

«L’art de la propagande consiste à être capable d’éveiller l’imagination publique en faisant appel aux sentiments des gens, en trouvant des formules psychologiquement appropriées qui attireront l’attention des masses et toucheront les cœurs.»~ Hitler, Mein Kampf

Vanessa Beeley

Vanessa Beeley est contributrice à 21WIRE, et depuis 2011, elle a passé la majeure partie de son temps au Moyen-Orient, reportant les événements qui s’y déroulent – comme chercheuse indépendante, écrivain, photographe et militante pour la paix. Elle est également membre du Comité directeur du Mouvement Solidarité Syrie, et une bénévole de la Campagne mondiale pour le retour en Palestine. Voir son travail sur son blog The Wall Will Fall.

Traduit par Daniel, édité par Wayan et relu par Cat pour le Saker Francophone.

source:http://lesakerfrancophone.fr/le-quai-dorsay-lue-et-les-usa-financent-le-aleppo-media-centre-qui-defend-la-cause-des-djihadistes


 
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Le Système en mode panique

29 Septembre 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Russie, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Le Système en mode panique

Les masques ne tomberont pas plus bas. Obama qui met son veto à une loi autorisant les poursuites contre les Saoudiens qui ont financé l’inside job du 11 Septembre; l’attaque contre les troupes syriennes pour permettre une offensive de l’Etat islamique à Deir ez-Zor; puis la soudaine hystérie des merdias-systèmes pour condamner l’offensive de Damas à Alep: il est désormais clair pour tous que les Atlantistes sont les alliés de Daesh en Syrie, et plus largement des barbus de tous poils au Moyen-Orient. Reste que la mobilisation politico-merdiatique contre la Russie et Damas atteint cette fois des proportions si délirantes qu’il faut se demander si la pègre néolibérale dirigeante ne se prépare pas à renverser la table en cherchant, en désespoir de cause, une confrontation directe avec la Russie. Car le dossier syrien n’est que l’un des fiascos en cours parmi une multitude d’autres.

Zapping masochiste

Cette fois les merdias-systèmes se lâchent. Tous les plumitifs de notre vertueux monde libre s’étranglent désormais d’une indignation qu’ils affirment planétaire et même cosmique contre le super-méchant Poutine et Bachar «le tyran qui massacre son propre peuple» selon la formule consacrée et déjà usitée pour Saddam Hussein et Khadafi par… eux-mêmes.
Moscou et Damas sont ainsi accusés de pilonner sans discernement le quartier «rebelle» d’Alep (donc où les terroristes d’al-Nosra-Qaïda-Daesh et consorts se terrent en prenant la population en otage), visant même délibérément les civils et en particulier les vieillards diabétiques, les infirmières, les féministes, les transgenres, les chatons affamés et surtout les fillettes si possible de moins de 3 ans (1).
Lors d’un zapping masochiste, on est ainsi retombé d’abord sur la photo pourtant très suspecte du petit Omran (2) exhumée par France2 pour arracher des larmes à la ménagère, puis sur le toujours consternant 28 minutes d’Arte (terrible zapping indeed…). Et là, c’était du pur caviar ! Au milieu d’un débat où comme toujours les intervenants s’enflammaient à l’unisson contre Moscou et Damas, la speakerine en charge s’indignait donc, s’emportait même, de voir qu’il n’y avait encore eu aucune manifestation-monstre du peuple dans les rues de Paris (rive gauche bien sûr) pour dénoncer les crimes russes et syriens, sous-entendus «après tout ce qu’on leur a dit et montré».
Et vous comprenez qu’en fait, ces gens-là n’ont même pas l’excuse d’être de dociles petits fonctionnaires propagandistes de la pègre atlantiste, mais qu’ils sont pour la plupart tout simplement sincères dans leur imbécilité, honnêtes dans leur aveuglement bref, que ce sont justes des idiots utiles hallucinés par l’idéologie qu’ils servent en rampant, étant entendu que dans tout système totalitaire il est toujours dangereux de lever la tête, surtout dans les médias.
A aucun moment ni la dame en question ni sa chorale de clones ne s’est donc demandé si ce désintérêt de la rue ne pouvait pas venir, par hasard, du fait que justement plus personne ne croyait à LEUR version pourrie, que chacun avait vu la nudité du roi atlantiste et comprenait son jeu incestueux et criminel avec les barbus au Moyen-Orient.
Fin du zapping donc, avec comme toujours une légère nausée.
Et puis retour à la vue d’ensemble.

En route pour le plan B ?

Car la crise syrienne n’est qu’une crise parmi toutes celles qu’affronte notre vertueux Système atlantiste et sa contre-civilisation.
Ainsi, sous le vernis d’un technologisme débridé et du mythe d’une croissance éternelle, tout y est rouillé, foireux, rongé, poreux, branlant et déglingué. C’est que notre hyper-Titanic néolibéral se fracasse en même temps contre toutes ses impasses. Seule l’énorme couche de propagande, du type «tout va très bien Madame la Marquise», donne encore l’illusion d’un édifice encore viable alors que toute sa structure, aussi bien sociale que politico-économique, menace de s’écrouler à tout instant saisi par la surfusion (3).
Son modèle économique est une aberration mortifère sans lendemain qui craque de toutes parts; son système politique soit disant démocratique est devenu une vulgaire oligarchie corrompue jusqu’à la moelle; et sa structure sociale se décompose à vue d’œil sous les coups de boutoir du progressisme bobo-nihiliste et de la «crise migratoire», avec une guerre de tous contre tous qui menace désormais de tourner à la guerre civile tout court.
Aux commandes de cet hyper-Titanic, la capitainerie US, elle, fait face à une menace existentielle. La «dédollarisation» des échanges internationaux s’accélère; la Russie surpasse désormais l’Empire en matière de technologie militaire et la Chine poursuit sur sa lancée émancipatrice en tant que désormais première puissance économique mondiale. L’élite washingtonienne est par ailleurs tombée dans un tel état de disgrâce qu’il semble fort possible que le trublion Trump réussisse finalement à damer le pion à la candidate du Parti de la Guerre et de Wall Street, la toussoteuse Killary.
De ce côté-ci de l’Atlantique, l’UE est au bord de l’implosion, la paupérisation ravage les peuples et, en France, fer de lance de la construction européenne donc, la pègre dirigeante connaît le même état de disgrâce que sa consœur et inspiratrice étasunienne.
Alors en voyant l’hystérie anti-russe soudain flamber de la sorte de part et d’autre de l’Atlantique, de notre vertueux monde libre donc, en voyant les Etats-Unis et la France pousser à la une confrontation directe avec la Russie sur le théâtre syrien, on ne peut s’empêcher de penser que devant les échéances hasardeuses qui s’annoncent pour le Système, certains doivent se dire que renverser la table avec une guerre de haute intensité pourrait faire office de plan B.

PS: Le timing est parfait. Publiés ce jour, les résultats de l' »enquête officielle » sur le krash du MH17 accusent bien évidemment les rebelles pro-russe du Donbass (ce que conteste le Kremlin). Grosse poussée de russophobie supplémentaire en perspective!

1- Il ne s’agit bien évidemment pas ici de minimiser le terrible calvaire de la population civile, mais de pointer l’indignation sélective atlantiste qui ne se manifeste que lorsque ses intérêts sont menacés.

2- Le Quai d’Orsay, l’UE et les USA financent le «Aleppo Media Centre», qui défend la cause des djihadistes

3- De la chute de l’Empire à la surfusion du Système

source: http://www.entrefilets.com/Le_systeme_en_mode_panique.html


 
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