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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #terrorisme tag

Allemagne : mort dans une explosion, un réfugié syrien de 27 ans visait un festival de musique. Par Lefigaro.fr

25 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #l'Allemagne, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La mondialisation, #Terrorisme, #Daesch

Allemagne : mort dans une explosion, un réfugié syrien de 27 ans visait un festival de musique

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Le ministre bavarois de l'Intérieur, Joachim Herrmann, a indiqué au cours d'une conférence de presse que l'homme qui a déclenché un engin explosif devant un restaurant à Ansbach, près de Nuremberg, dimanche soir, était un réfugié syrien de 27 ans. Celui-ci visait un festival de musique pop, où quelque 2500 personnes étaient réunies, qui se déroulait à proximité.

Après s'être vu refuser l'entrée du festival, l'agresseur présumé, qui portait un sac à dos, a déclenché un engin explosif aux environs de 22h12, faisant 12 blessés dont trois graves. L'individu a été retrouvé mort dans la détonation. Il avait fait une demande d'asile il y a un an, qui a été rejetée.

Le ministre bavarois de l'Intérieur a ajouté que l'homme avait fait un séjour en clinique psychiatrique et avait fait deux tentatives de suicide par le passé. Il a précisé que les éléments retrouvés dans son sac à dos étaient suffisants pour faire un grand nombre de victimes. 

L'Allemagne a connu ces jours-ci plusieurs attaques visant des civils. Lundi dernier, un réfugié de 17 ans avait attaqué les voyageurs d'un train de Bavière avec un couteau et une hachette, blessant cinq personnes avant d'être pris en chasse et abattu par la police. Le groupe djihadiste Etat islamique (EI) avait revendiqué cet acte.

Vendredi soir, à Munich, un Germano-Iranien de 18 ans a ouvert le feu sur la foule aux abords d'un centre commercial et à l'intérieur, faisant neuf morts et 35 blessés, avant de se suicider. Tout mobile terroriste a été écarté par les enquêteurs.

Enfin, ce dimanche, un demandeur d'asile syrien de 21 ans a tué une femme à la machette et blessé trois autres personnes, à Reutlingen, dans la région de Stuttgart. Les autorités penchent pour le "crime passionnel".

LIRE AUSSI :
» Allemagne : un réfugié syrien se fait exploser à l'entrée d'un festival
» Fusillade de Munich : le tireur préparait son geste depuis un an
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Accusation d'une policière municipale niçoise: Cazeneuve porte plainte pour "diffamation"

25 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #Comité pour une Nouvelle résistance, #Chroniques du fascisme ordinaire

Accusation d'une policière municipale niçoise: Cazeneuve porte plainte pour "diffamation"

Accusation d'une policière municipale niçoise: Cazeneuve porte plainte pour "diffamation"

  • Par Lefigaro.fr avec AFP
  • Mis à jour le 24/07/2016

Bernard Cazeneuve va porter plainte aujurd'hui pour "diffamation" après les "graves accusations" d'une policière municipale niçoise affirmant avoir reçu des pressions de l'Intérieur pour modifier son rapport sur le dispositif policier du 14 juillet, a annoncé le ministère de l'Intérieur

Dans un entretien au Journal du dimanche, Sandra Bertin, qui était en charge de la vidéosurveillance le soir de l'attentat de Nice, affirme avoir été "harcelée pendant une heure" le lendemain. "On m'a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n'ai pas vues à l'écran", ajoute-t-elle.

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Syrie : des rebelles "modérés" décapitent un enfant. Par Bruno Rieth dans Marianne

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #Daesch, #Terrorisme, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Politique étrangère, #La mondialisation, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Des combattants du Front al Nosra, branche syrienne d'Al Qaïda. - Uncredited/AP/SIPA
Des combattants du Front al Nosra, branche syrienne d'Al Qaïda. - Uncredited/AP/SIPA

Syrie : des rebelles "modérés" décapitent un enfant

Jeudi 21 Juillet 2016 à 15:00

Par Bruno Rieth dans Marianne

Nouvelle vidéo de décapitation venue de Syrie. Sauf que cette fois, ce n'est pas un soldat de Daech qui tient le couteau mais un combattant d'un groupe de rebelle dit "modéré", selon la terminologie imposée par les Américains. Une exaction qui est loin d'être la première et qui interroge sur les alliances de la coalition anti-Daech.

Il n'a pas plus d'une douzaine d'année. L'oeil hagard, visiblement blessé, l'enfant est affaibli. Autour de lui, ses bourreaux rient et filment ses derniers instants. A l'arrière d'un 4x4, on l'allonge sur le ventre, les mains attachés dans le dos. Un homme, couteau dans une main, lui attrape les cheveux pour découvrir sa gorge puis le décapite.

Nouvelle vidéo d'exécution de Daech ? Pas cette fois. Selon Wassim Nasr, journaliste à France 24 spécialisé dans les mouvements djihadistes, la scène se déroule à Handrat, dans la province d'Alep, zone où les troupes d'Abou Bakr Al-Baghdadi, le calife autoproclamé de l'Etat islamique, sont absentes. Toujours selon Wassim Nasr, l'enfant appartiendrait à la Brigade Quds, une milice palestinienne soutenant le gouvernement de Bachar al-Assad. En Syrie, comme au Liban, existent des camps de réfugiés palestiniens dont les occupants, comme les Syriens, ont été emportés dans l'enfer de la guerre.

 

 

"Une erreur individuelle"

Selon plusieurs médias anglo-saxons, les individus présents sur la vidéo se battraient pour le mouvement Nour al-Din al-Zenki. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG basée en Grande-Bretagne, a confirmé que la vidéo montrait bien des combattants de ce groupe de rebelles "modérés", selon la définition des Etats-Unis. Un mouvement que l'état-major américain a d'ailleurs soutenu activement, financièrement et logistiquement, la CIA lui ayant même . D'après le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, "le jeune garçon n'a pas plus de 13 ans, il a été capturé mardi dans la région d'Handarat, mais les faits ont eu lieu dans une zone d'Alep tenue par les rebelles, le quartier Al-Machad pour être précis."

De son côté, rapporte l'AFP, le groupe rebelle a publié un communiqué dans lequel il affirme que cette décapitation est "une erreur individuelle qui ne représente pas la politique générale du groupe" et que "les personnes qui ont commis cette infraction ont été arrêtées et remises" à une commission d'enquête. 

Le jeu d'alliance de la coalition anti-Daech à l'épreuve

Ce n'est pas la première fois qu'un groupe de rebelles dit "modéré" se livre à dex exactions. Début avril, le groupe Jaysh al-Islam avaient utilisé des armes chimiques dans des combats contre des Kurdes pour le contrôle de Sheik Maksoud, un quartier d'Alep. Le porte-parole du groupe syrien s'était là aussi fendu d'un communiqué de mea culpa, reconnaissant qu'"un des leaders de Jaysh al-Islam d'Alep a utilisé des armes qui ne sont pas autorisées dans ce genre de confrontations, ce qui est constitutif d'une violation des régles internes du groupe Jaysh al-Islam" et annonçant que ce commandant "a été déféré devant la justice militaire pour recevoir une punition appropriée". Décidément beaucoup de maladresse du côté de ces rebelles "modérés"... Qui interrogent.

Faut-il continuer à suivre la méthode américaine dictée par la maxime "les ennemis de mes ennemis sont mes amis" ? Ce qui explique par exemple que depuis le début de l'intervention de la coalition anti-Daech, les Américains demandent à leur alliés de ne pas bombarder les zones tenues par le Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al Qaïda, tout aussi cruelle et violente que l'EI mais en guerre contre ces derniers. 

Le Général Dominique Trinquand rappelait pourtant dans qu'"il est essentiel de ne pas reproduire les erreurs du passé, comme ce que nous avons connu avec le soutien des américains aux Talibans pour contrer les soviétiques en Afghanistan (...) il y a des groupes qui, comme les Kurdes Syriens, sont des alliés fiables. Et puis, parmi les groupes qui participent à l'offensive contre Daech, il y a aussi des islamistes radicaux. Or, ces groupes bénéficient à la fois de la logistique de la coalition et, pour certains, de son armement. Il est très important de s'interroger dès maintenant sur ces alliances."

Au risque que le remède ne soit tout aussi redoutable, voire pire, que le mal qu'il est censé combattre.

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Le Canard enchaîné évoque la complaisance de Paris et des USA envers Al-Qaïda

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La nation ., #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #La mondialisation, #Chroniques du fascisme ordinaire

Le Canard enchaîné évoque la complaisance de Paris et des USA envers Al-Qaïda
L’équipe du site

Dans un article du Canard enchaîné en date du 20.07.16, Claude Angeli revient sur le soutien de la France et des Etats-Unis envers la filiale syrienne d’Al-Qaïda : le groupe du front Al-Nosra.

Evoquant le récent accord conclu entre les Etats-Unis et la Russie pour combattre conjointement les deux filiales d’Al-Qaïda en Syrie, la désavouée Daesh (Etat islamique), et la reconnue le front al-Nosra, l’auteur de l’article s’arrête toutefois sur un fait : «  Jusqu’à présent, si les pilotes de l’US Air Force arrosaient de missiles les positions de Daesh, ils avaient ordre de ne jamais toucher à un cheveu d’Al-Nosra ».

Même constat pour les Français aussi : «  Et les Rafale et Mirage français épargnaient, eux aussi, ces terroristes intouchables, si l’on ose dire ».

Les terroristes tolérables

Et Angeli rapporte l’explication donnée pour ce laxisme : «   Cette complaisance franco-américaine envers les combattants d’Al-Nosra, aussi cruels que ceux de Daesh, mérite une explication. Dans la guerre menée contre l’armée syrienne, « une alliance de circonstance », formule d’un militaire français, s’est constituée, sur le terrain, entre ces partisans d’Al-Qaïda et quelques groupes de rebelles, dits modérés, qui rêvaient d’entrer en vainqueurs à Damas et avaient le soutien de Washington et de Paris, où l’on espérait se débarrasser ainsi de Bachar ».

« Autre information, partagée, d’ailleurs, avec d’autres médias, et à déguster lentement pour éviter un violent mal de tête : Al-Nosra a des associés dans son combat, les groupes Ahrar Al-Sham et Jaïsh Al-Islam, des terroristes en tout genre financés par nos amis du Qatar, d’Arabie saoudite et de Turquie. A Paris et Washington, personne ne reproche à ces Etats de jouer, depuis bien des années, aux supporteurs du terrorisme », déplore Angeli.

Ce dernier devrait prendre connaissance de l’exécution atroce mardi du petit palestinien Abdullah, par une milice de l’Armée syrienne libre, le Mouvement Noureddine al-Zenki, et classé parmi les organisations modérées par les occidentaux pour mesure dans quel pétrin leurs gouvernements se sont engouffrés, pour la seule raison de renverser Bachar al-Assad.

Sachant que ces mêmes terroristes sont également tolérables par Israël.

Sources : Le canard enchainé ; Le-blog-sam-la-touch ; al-Manar

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Liberté ? L’Assemblée Nationale prolonge l’état d’urgence jusqu’en 2017

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #L'OTAN., #La mondialisation, #Europe supranationale, #Terrorisme, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Jusqu’en janvier 2017 ? Parions que ce prolongement sera prolongé au moins jusqu’au 7 mai.

 

Liberté ? L’Assemblée Nationale prolonge l’état

d’urgence jusqu’en 2017

 

Russia Insider – 20 juillet 2016

Le gouvernement français vient de s’octroyer des pouvoirs dictatoriaux à la suite d’une série d’attaques terroristes. La France a-t-elle encore le droit de donner des leçons de démocratie ?

 

10. France -état policier.jpg

 

Dans le sillage de l’horrible attaque terroriste de Nice, qui a coûté la vie à 84 personnes la semaine dernière, l’Assemblée Nationale française a voté une extension de l’état d’urgence pour les six prochains mois, soit jusqu’à fin janvier 2017.

Cette décision d’étendre les pouvoirs du gouvernement a été prise pour la quatrième fois ce mercredi à 2 h. du matin.

Le président François Hollande avait déclaré l’état d’urgence l’année dernière, un jour après les attaques coordonnées du 13 novembre par des membres de l’État Islamique (IS, ISIS, ISIL), qui avaient tué 130 personnes.

Ces pouvoirs dérivent d’une loi adoptée en 1955. Ils donnent au gouvernement un certain nombre de blancs-seings en cas de menace contre la sécurité nationale. Au nombre de ces exceptions, les autorités françaises se sont accordé le droit de procéder à des arrestations sans mandat, ainsi que d’opérer des perquisitions sans autorisation judiciaire.

En outre, les champs d’application des lois sont étendus pour permettre un suivi de recherches, dans les cas où des perquisitions feraient découvrir des éléments susceptibles de conduire à une relation possible avec des activités liées au terrorisme. Cette extension permet aux autorités de pratiquer la surveillance des téléphones et des ordinateurs, surveillance qui n’est pas prévue dans les mesures légales de l’état d’urgence. L’état d’urgence permet également aux opérateurs du gouvernement de restreindre la liberté de déplacement à l’extérieur et à l’intérieur du pays aux personnes suspectées de terrorisme.

Dans l’attente de la décision de l’Assemblée, Hollande et son Premier ministre Manuel Valls, ont insisté sur la nécessité de pouvoirs spéciaux pour assurer la sécurité du public. Valls a même évoqué la possibilité d’autres attaques.

 « Il y aura d’autres attaques et il y aura d’autres personnes innocentes qui seront tuées » a-t-il déclaré aux membres de l’Assemblée dont ils attendaient la décision, ajoutant que 16 attaques avaient été déjouées en France depuis 2012. « Nous ne devons pas nous habituer à cette menace, mais nous devons apprendre à vivre avec elle. »

LIRE AUSSI : Leçon du massacre de Nice : l’état d’exception ne protège pas contre les loups solitaires.

Le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve a lui aussi défendu vigoureusement la quatrième extension de l’état d’urgence, qu’il a qualifiée d’« outil » dans la lutte contre le terrorisme, ajoutant que ces pouvoirs spéciaux avaient permis l’arrestation de 44 personnes depuis début mai « pour conspiration dans le but de commettre des actes terroristes » pendant la coupe d’Europe de football 2016.

Mais cette volonté d’étendre l’état d’urgence et les pouvoirs spéciaux qui vont avec s’est heurtée à l’opposition de beaucoup de personnes, qui estiment qu’accorder de plus en plus de pouvoir à la police menace les libertés civiles en France.

LIRE AUSSI : Descente de la France dans un état militarisé gouverné par la peur.

Joaquin Flores,  de l’Association des Journaliste Indépendants pour la Paix, croit qu’il y aura de plus en plus d’attaques, à moins que Paris ne se décide à mettre un terme à la radicalisation de ses nationaux par la propagande djihadiste et à interdire le parrainage, sur son sol, d’activités extrémistes par des états étrangers.

« Les autorités françaises continuent de permettre – et depuis longtemps - à des organisations religieuses dirigées et financées par l’Arabie Saoudite, de prospérer et de proliférer en France, où il leur est permis de recruter,  d’influencer et de modeler à leur guise toute une nouvelle vague d’extrémistes, auxquels elles font croire que le terrorisme est un moyen d’action légitime et un outil qui va les aider à atteindre leurs buts » a déclaré Flores à RT.

LIRE AUSSI : 67% des Français ne foint pas confiance à leur gouvernement pour s’en prendre au terrorisme.

 « Pour son compte, la France, intégrée à l’OTAN, a participé à la destruction de pays comme la Libye, comme l’Irak, comme l’Afghanistan, comme la Syrie » a-t-il ajouté. « Elle est encore en train de le faire en Syrie. Et il est certain que cela a eu pour résultat de radicaliser beaucoup de couches de la société. »

 

Source : http://russia-insider.com/en/politics/liberte-french-asse...

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

 

2. C'est l'été xxx.gif

Et Lazare sortit du tombeau…

(Ce qui fit du bruit jusqu’au Liban

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François, tu es un criminel»: le président Hollande a ordonné le massacre de femmes et d’enfants syriens en représailles à l’attaque du 14 juillet, attribuée à Daech Frappes aériennes contre les civils à Alep, Syrie

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Politique étrangère, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

François, tu es un criminel»: le président Hollande a ordonné le massacre de femmes et d’enfants syriens en représailles à l’attaque du 14 juillet, attribuée à Daech

Frappes aériennes contre les civils à Alep, Syrie

Par Prof Michel Chossudovsky

Mondialisation.ca, 22 juillet 2016

hollande-prisoner

Peu après l’attaque terroriste du 14 juillet à Nice, qui a fait 84 morts, le président de la France, François Hollande, a laissé entendre lors d’une allocution officielle que l’attaque était l’œuvre du groupe armé État islamique basé au nord de la Syrie (sans preuve). Il a aussitôt ordonné aux forces aériennes françaises d’intensifier la campagne de bombardement en cours prétendument contre Daech au nord de la Syrie. 

« Nous allons renforcer nos actions en Syrie et en Irak. Nous allons continuer à frapper ceux qui nous attaquent dans leur repaire », a dit Hollande lors de son allocution nationale, en laissant entendre que la France a été attaquée par une puissance étrangère.

Dans une déclaration ultérieure, François Hollande a dit ceci :

« La France est affligée par cette nouvelle tragédie (…). C’est toute la France qui est sous la menace du terrorisme islamiste. Alors nous devons faire la démonstration d’une vigilance absolue et d’une détermination sans faille.

À 22 heures le 14 juillet, il a écrit sur son compte Twitter que la France est « éplorée, affligée, » mais plus forte que « les fanatiques [Daech] qui veulent aujourd’hui la frapper. »

Il a réitéré ses propos lors de son allocution télévisée à la nation :

Le plus ironique, c’est que le ministre de l’Intérieur de la France, qui encadre les opérations policières à la grandeur du pays, a confirmé que Daech n’était pas derrière l’attaque terroriste du 14 juillet :

Le ministre de l’Intérieur de la France Bernard Cazeneuve a dit qu’il n’y avait aucune preuve liant Daech à l’attaque du 14 juillet à Nice, malgré le fait que le groupe terroriste en a revendiqué la responsabilité. (…) M. Cazeneuve a indiqué que les enquêteurs n’avaient jusqu’à maintenant établi aucun lien entre Bouhlel et un réseau terroriste particulier. (The Independent, 18 juillet 2016)

Mais cela n’a pas empêché François Hollande de lancer des raids aériens prétendument contre le groupe armé État islamique (Daech).

François, tu es un criminel

François Hollande, en ignorant du revers de la main le conseil de son propre gouvernement, est allé de l’avant et a ordonné une intensification de la campagne de bombardement, qui s’est soldée par le massacre de plus de 140 Syriens innocents, surtout des femmes et des enfants.

Mais ces bombes n’ont jamais visé Daech.

POURQUOI? Parce que la France fournit de l’argent et des armes à Daesh, tout comme les autres partenaires de la coalition.

Ces bombes étaient dirigées contre le peuple syrien, l’attaque terroriste du 14 juillet servant de prétexte et de justification pour tuer des femmes et des enfants syriens.

Le président Hollande a beau être « affligé par cette nouvelle tragédie » [l’attaque de Nice], elle ne justifie pas pour autant un acte de représailles contre la Syrie qui a tué plus de 140 civils. Cet ordre de tuer, il venait du palais de l’Élysée.

« Œil pour œil » : la loi du talion et le Code d’Hammurabi.

Réponse du gouvernement syrien en réaction à l’opération criminelle du président Hollande

Damas a soumis l’affaire au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon et au président du Conseil de sécurité de l’ONU, l’ambassadeur du Japon Koro Bessho.

Il a souligné le fait que les avions de combat français, qui font partie de la soi-disant « coalition internationale » conduite par les États-Unis, ont commis un massacre injuste au‑dessus des territoires de la Syrie à proximité de la frontière syro-turque, en bombardant le village de Toukhan al-Kubra au nord de la ville de Manbij. Ce faisant, ils ont tué un grand nombre de familles et détruit leurs maisons.

Cette agression française injuste a tué plus de 120 civils, dont la plupart étaient des femmes, des enfants et des personnes âgées, en plus d’en blesser des dizaines d’autres. Selon des rapports sur place, le sort de civils qui se trouvent sous les décombres est encore inconnu.

Le ministère a ajouté que l’agression française intervient un jour après une autre agression commise le 18 juillet 2016 par les avions de combat américains contre la ville de Manbij et qui a fait plus de 20 martyrs parmi les civils et des dizaines de blessés.

Le gouvernement de la République arabe syrienne condamne avec les termes les plus sévères les deux massacres sanglants perpétrés par les avions de combat français et étasuniens qui appartiennent à la soi-disant coalition internationale qui lance ses missiles et ses bombes sur des civils au lieu de prendre pour cible les gangs terroristes (…). La Syrie affirme aussi que ceux qui veulent sérieusement combattre le terrorisme devraient le faire en coordination avec le gouvernement syrien et son armée, a indiqué le ministre.

Il a ajouté que la poursuite du soutien qu’apportent les États-Unis, la France, la Turquie, l’Arabie saoudite, la Grande-Bretagne et le Qatar aux réseaux terroristes qu’ils dénomment « modérés », comme le Front al-Nosra, Jaish al‑Fatah, Jaish al‑Islam, Liwa al‑Tawhid et d’autres organisations terroristes affiliées à Daech et à Al‑Qaïda, est une preuve flagrante de la complicité de ces pays avec les groupes terroristes et de leur manque de sérieux dans la lutte contre le terrorisme. (SANA, 19 juillet 2016)

Le ministère des Affaires étrangères de la Syrie a demandé à l’ONU et à la communauté internationale de « condamner ce massacre perpétré par la France ». Le gouvernement syrien appelle le Conseil de sécurité de l’ONU :

d’envisager des mesures punitives contre les États et les régimes qui soutiennent et financent le terrorisme, notamment les régimes en place à Riyad, Doha, Ankara et Paris, de leur interdire de soutenir le terrorisme et de les obliger à respecter et à faire respecter les résolutions de l’ONU pertinentes (2170, 2178, 2199 et 2253). (ibid)

Faites passer le message haut et fort :

François tu es un criminel, Obama tu es un criminel…

Michel Chossudovsky

Article original en anglais :

“François, Tu es un criminel”: President Hollande Ordered the Massacre of Syrian Women and Children In Retaliation for the “Alleged” ISIS Bastille Day Attack, public le 22 juillet 2016.

Traduction : Daniel pour Mondialisation.ca

La source originale de cet article est Mondialisation.ca

Copyright © Prof Michel Chossudovsky, Mondialisation.ca, 2016

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Eloge de la négociation, par Robert Charvin.

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #la paix, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre

Eloge de la négociation

Eloge de la négociation, par Robert Charvin.

 

Réunissons-nous autour d’une table, demande Umberto Eco, et négocions intelligemment pour trouver une solution qui force le respect de tous » … « parmi les vœux que je peux formuler pour le siècle à venir, il y a cette espérance d’une nouvelle éthique de la négociation », conclut avec lucidité l’universitaire de Bologne, angoissé du mal dont souffre l’Occident pour son deux millième anniversaire. L’Union Européenne nous donne à voir dans « l’embrouillamini des opinions toutes faites, des préjugés et des langues de bois politiques ou économiques, les clignotements de l’intelligence ». (1)

== La Charte des Nations Unies ne nous dit rien d’autre, dans son style politico-juridique. Toutes les dispositions du chapitre VI (articles 33 à 38) prévoient que pour aboutir au « règlement pacifique des différends » entre États … les parties « doivent rechercher la solution, avant tout, par voie de négociation … » (art. 33). Le Conseil de Sécurité est chargé « d’inviter les parties à régler leur différend » par ce moyen (art. 34).

Ce chapitre VI est le cœur de la Charte dont la finalité est d’empêcher le recours à la force armée en retirant à chaque État son traditionnel pouvoir de guerre. Il n’est plus de guerre « juste » et licite, si ce n’est en cas de légitime défense lorsqu’il y a agression. Seules les Nations Unies sont fondées à intervenir par la force, sur décision du Conseil de Sécurité, si la négociation n’a pas pu avoir lieu, si elle a échoué et en dernier recours.

Le Conseil de Sécurité intervient dès qu’il y a menace pour la paix en procédant à des recommandations qui, implicitement, consistent à rapprocher les parties et à les conduire à négocier, en les invitant à « se conformer à des mesures provisoires » de nature pacifique.

Ces mesures ne préjugent en rien des droits des parties intéressées qui ne seront reconnus qu’à l’issue des négociations (art. 40). Les articles 41 et 42 de la Charte permettent au Conseil de Sécurité de prendre diverses mesures correspondant à des sanctions à l’exclusion de tout emploi de la force armée.

Les articles 43 et 44 prévoient que le Conseil de Sécurité et les États membres négocient pour conclure un accord permettant de prendre les mesures visant à éviter le conflit ou à y mettre fin par une intervention de police.

Ce sont encore des négociations qui sont prévues pour créer un Comité d’état-major (art. 46-47) afin d’assurer « la direction stratégique » des forces armées des Nations Unies pour que la police de l’ONU ne soit pas constituée de militaires non qualifiés, appartenant aux seuls pays du Sud, et inaptes à jouer un rôle d’interposition.

Pour que la négociation soit rendue possible, les articles 1-2 et 2-1 de la Charte précisent qu’il y a « égalité de droit des peuples » et « égalité souveraine » de tous les États. Ce ne sont pas là des principes plus ou moins formels visant à respecter la dignité des différents membres des Nations Unies, quelle que soit leur puissance réelle. Ce sont les outils fondamentaux pour que les négociations soient possibles. Celles-ci sont protégées afin qu’elles aboutissent au maintien de la paix.

Ce n’est qu’après l’échec des négociations et de toutes les procédures concevables pour trouver une solution au conflit (médiation, conciliation, arbitrage, etc. – art. 33) que le Chapitre VII est mis en œuvre. Logiquement, la Charte ne prévoit de sanctions qu’à l’issue de l’échec éventuel de la négociation.

La négociation est aussi au cœur de la production des normes du droit international. Les traités bilatéraux ou multilatéraux sont le fruit de négociations entre les États, qui sont l’expression (plus ou moins fidèle) des intérêts collectifs des peuples.(2)

Bien qu’il y ait inégalité de forces entre les États et que le contenu des traités s’en ressente, la négociation est la méthode la moins inéquitable, dans la situation du monde d’aujourd’hui, pour instituer des équilibres relatifs. L’admissibilité des réserves ouverte à chaque État permet de sauvegarder son consentement et le consensus relatif qu’exprime le traité.

La règle de droit, issue de la négociation et du traité, constate le compromis qui régit le rapport de force et elle le fige dans une forme normative.

Ce qu’a produit la négociation n’est pas idéal, mais le résultat est le moins mauvais résultat concevable dans une société d’États aux intérêts contradictoires et qui n’a rien d’une « communauté » !

Comme le souligne le professeur Jean Salmon, le plus souvent les États ne résolvent pas ainsi les contradictions qui les opposent. La négociation se borne à les mettre entre parenthèses et cette mise entre parenthèses est une avancée favorable dans la lente et difficile édification du droit international.

== Une étrange myopie atteint les universitaires, le plus souvent anglo-saxons, qui de facto répudient la négociation, comme s’il s’agissait pour l’Occident d’une notion défaitiste. Ils osent affirmer que depuis 1945 les guerres qui se sont produites ont opposé soit des États démocratiques à des États non-démocratiques (ce qui serait parfaitement légitime), soit des États non-démocratiques entre eux (ce qui atteste de leur malfaisance), mais jamais des États démocratiques entre eux (ce qui prouve leur qualité civilisationnelle). (3) Les États démocratiques seraient des adeptes de la « culture du compromis » et de la négociation. Par contre les États « non-démocratiques » seraient par nature belliqueux ! (4)

Ces États « non-démocratiques », dont la définition manque alors que ce label ne présente pas davantage d’évidence que celui d’État « démocratique », ne seraient plus éligibles au droit international, seraient susceptibles de subir des ingérences « soft » ou armées puisque « la responsabilité de protéger » les populations civiles contre leur propre État serait désormais un principe quasi-juridique et puisque les États occidentaux ne considèrent pas l’autorisation des Nations Unies comme contraignante.

En fait, la négociation ne serait concevable qu’entre États relevant du monde occidental, c’est-à-dire entre des États qui ont le moins besoin de rapprochement et de conciliation ! La négociation n’a entre eux qu’une fonction économique dans les relations d’affaires !

De plus, ces États autoproclamés « démocratiques » s’arrogent la possibilité de recourir à la force contre les autres, au nom précisément de leur qualité afin d’universaliser leur système politique. Le droit ne serait plus universel, mais la politique (et l’économique) devraient l’être !

Ce sont les puissances occidentales, c’est-à-dire les États qui ont le moins à craindre pour leur sécurité et leur développement en raison de leur force, qui donnent ce « ton » délétère aux relations internationales. C’est précisément parce qu’ils ont à leur disposition des moyens (en argent et en armes) supérieurs aux autres qu’ils récusent la négociation ou violent ses conclusions. La culture du compromis n’est pas celle des puissants, car même la violence armée depuis des siècles leur est souvent source de profit. L’argument de Kant selon lequel la démocratie serait par nature pacifique parce que ceux qui prennent la décision de la guerre sont les mêmes que ceux qui en supportent le coût ne tient plus : les Puissances font souvent la guerre par procuration et ont les moyens de réussir leur pari de « zéro mort », ou du moins de victimes infiniment moins nombreuse que leurs adversaires !

De plus, le Puissant (comme les minorités privilégiées dans l’ordre interne) se refuse radicalement à l’être moins : la richesse, dans l’Histoire, n’a jamais été partagée de bon gré. Le « messianisme » attribué aux États-Unis est avant tout la volonté impériale de bénéficier des ressources des autres : l’OTAN n’est que le bras armé de ce besoin d’accaparement, y compris au risque de multiples conflits de plus ou moins « basse intensité » (comme par exemple, les manœuvres militaires et l’implantation de bases aux frontières de la Russie en Pologne et dans les États baltes) ou de plonger certains pays dans le chaos le plus total (comme par exemple en Irak ou en Libye).

Ce refus de la négociation ou l’absence de respect des accords conclus (par exemple, celui de Minsk II concernant l’Ukraine) (5) est paradoxalement reproché par les États occidentaux à ceux qui ont les moyens réels de leur résister !

Ces États-résistants n’ont pourtant que des politique « réactives » (essentiellement défensives : c’est le cas de la Russie, contrairement aux accusations de « provocations » permanentes qu’elle subit. On le constate, c’est la violation de l’accord conclu primitivement entre l’OTAN et la Russie, dans le début de la décennie 1990 lors de l’accès à l’indépendance de certaines ex-Républiques soviétiques, qui est source de problèmes. L’OTAN s’engageait à ne pas s’installer aux frontières russes.

Concernant la question syrienne, pour laquelle la Russie a été accusée de soutenir à tout prix le régime de Damas, on a pu constater que les États-Unis et leurs alliés, en particulier la Turquie, ont voulu utiliser Daech pour renverser le régime de Damas. Lorsque la Russie est intervenue, à la demande de l’État syrien, la stratégie occidentale a dû être abandonnée. L’intervention militaire russe a fait reculer Daech, ce que n’avaient pas réussi à faire les Occidentaux. Les trafics entre Daech et la Turquie ont été interrompus, privant les Islamistes d’une large partie de leurs ressources.

La Russie, accusée de combattre essentiellement les opposants au régime de Damas, a proposé de coopérer militairement avec les États-Unis, a imposé un cessez-le-feu au moins partiel et a cherché à trouver un modus vivendi avec le régime d’Ankara, pourtant hostile. (6)

Par ailleurs, la longue série des conflits qui stagnent depuis des décennies ne suscite de la part des puissances occidentales aucune réaction favorable à la négociation.

Plus de soixante-dix ans d’affrontements israélo-palestiniens n’ont provoqué aucune action forte pour imposer une véritable négociation entre les belligérants dans ce combat pour l’indépendance de la Palestine.

Plus de soixante-dix ans aussi d’acceptation de la division de la Corée, liée aux séquelles de la Seconde Guerre mondiale après un demi-siècle de colonisation japonaise féroce, sans même une négociation pour conclure un traité de paix entre les belligérants de la guerre de 1950-1953 !

Combien de décennies de séparation des peuples à Chypre depuis 1967, placés sous la tutelle de l’OTAN, sans que l’intérêt pour une quelconque négociation ne se manifeste ! (Il est vrai qu’en Chypre du Nord, soumise aux Turcs, les États-Unis bénéficient d’importantes bases militaires) !

Quelles négociations sont-elles imposées pour que le conflit, qui remonte à 1973, du Sahara Occidental finisse par se résoudre, sans attendre que la solution onusienne d’un référendum d’autodétermination soit enfin mise en œuvre ?

Pas de négociation non plus pour régler la question kurde, alors que les vainqueurs de la Première Guerre mondiale s’étaient engagés à reconnaître une nation kurde en 1919 lors du démantèlement de l’Empire Ottoman !

Quelle coopération effective a-t-elle été conçue et mise en œuvre par une négociation multilatérale pour en finir avec le commerce illégal des armes, avec les trafics de drogue, avec les réseaux de prostitution et avec le terrorisme islamiste qui a longtemps pu trouver des moyens financiers et des alliances douteuses avec les Occidentaux qui ont voulu l’ instrumentaliser, avant qu’il ne se mette « à son compte » contre tout le monde !

L’Union Européenne n’a pas même été en mesure de négocier une politique rationnelle pour les réfugiés, alors qu’elle est pour une part responsable du phénomène migratoire en raison des guerres soutenues dans certains pays et du pillage économique !

Pourquoi n’y a-t-il pas de négociations globales ou régionales sur le désarmement nucléaire, si ce n’est parce les États-Unis ou la France considèrent l’arme nucléaire comme dissuasive, alors qu’elle est jugée provocatrice et menaçante lorsqu’elle est produite, par exemple, par la Corée du Nord ?

Pourquoi pas, sur cette question, une vaste négociation dans le cadre de l’A.I.E.A pour un désarmement général, alors que les États-Unis et leurs alliés ne veulent interdire que les armes nucléaires de leurs adversaires et leur dissémination, tout en développant les leurs. (7)

L’absence de volonté politique négociatrice est due à la profonde inégalité entre les États et à la multiplication de confrontations asymétriques dont les plus « forts » espèrent tirer profit. De surcroît, la négociation internationale n’est plus tout à fait un monopole de l’État. La diplomatie n’échappe pas au lobbying des grands groupes économiques et financiers. C’est le cas, par exemple, de Total qui fait pression sur le Quai d’Orsay et qui en retour sponsorise certaines activités publiques à l’étranger, par exemple dans le domaine culturel. (8)

Le principe de la Charte des Nations Unies de l’égale souveraineté des États peut servir de base au développement de la négociation à condition de s’imposer comme réalité politique.

L’appel à la « morale » internationale, à une « souveraineté solidaire » supposant un accord sur le « bien commun » que chaque État aurait le devoir de protéger relève d’un humanitarisme sans portée concrète. (9)

Cette espérance en une bonne volonté négociatrice ne se fonde ni sur l’Histoire pluriséculaire ni sur la pratique présente. On s’interroge sur ce qui pourrait la faire émerger des rapports de forces….. sauf s’ils se modifient.

A une société internationale, soumise à un pôle de pouvoir quasi-unique, doit pouvoir succéder une société multipolaire où les différents pôles de puissance seraient en mesure de s’équilibrer, limitant les risques de conflits comme l’ont fait l’Est et l’Ouest durant la « coexistence pacifique ».

Les prétentions occidentales à se survivre en position de force hégémonique sont dangereuses. La société internationale a besoin de contre-pouvoirs : tous les États qui d’ores et déjà jouent ce rôle sont des forces objectivement pacificatrices et progressistes.

Entre ces pôles de puissance une fois bien établis et s’affirmant clairement, la négociation pourra être le pivot de tous les progrès de l’Humanité.

 

Notes:

  1. Cf. Entretiens sur la fin des temps. Fayard. 1998.
  2. A noter, bien que nombreux soient les États « non démocratiques » et que ceux qui prétendent l’être ne le sont que de manière très partielle, que la forme étatique demeure l’outil le plus ajusté pour résister aux empires et aux technostructures bureaucratiques des institutions internationales incontrôlées.
  3. Voir, par exemple, D. Battistlla. Théories des relations internationales. Presses de Sciences Po. 2003 et les nombreux juristes anglo-saxons cités par l’auteur.
  4. Ce pseudo constat est démenti depuis l’Antiquité : Athènes était plus expansionniste que Sparte !
  5. Les médias occidentaux ont eu vis-à-vis de ces accords un comportement très « significatif » ; ils ont été quasi-silencieux sur leur préparation, puis très dubitatifs sur leur succès, puis à nouveau quasi-silencieux sur leur contenu (qui comporte entre autres des obligations pour le gouvernement de Kiev) et totalement muets sur les violations ukrainiennes de ces obligations, tout en laissant entendre que la Russie était seule responsable des problèmes qui subsistaient.
  6. On peut comparer la diplomatie russe et celle de la France. Le ministère des affaires étrangères socialiste, jusqu’à la fin août 2015, s’est opposé à ce que l’armée française frappe Daech en Syrie. Il imposait de plus un préalable à toute négociation sur la question syrienne, le départ de Bachar El Hassad (Voir V. Jauvert. La face cachée du Quai d’Orsay. Enquête sur un ministère à la dérive. R. Laffont. 2016, p. 111.
  7. L’État français refuse de reconnaître de jure la RPD de Corée, sous prétexte de la production par Pyong Yang d’armes nucléaires, alors qu’il est en voie de renouveler sa flotte de sous-marins nucléaires (près de 10 milliards d’euros), armés évidemment de missiles, y compris, affirme-t-il, pour rayonner en Mer de Chine !
  8. On peut s’étonner de la présence d’hommes d’affaires, qui ont assisté Laurent Fabius lors de son passage au Quai d’Orsay : par exemple, Serge Weinberg, président de Sanofi ; Lionel Zinsou, responsable d’un fond d’investissement de BNP Paribas ; Louis Schweitzer, ancien PDG de Renault et ancien dirigeant du Médef. On constate aussi l’activité d’ex-diplomates passés au « privé » et représentant leur entreprise dans le pays où ils avaient exercé leurs fonctions.
  9. Quelques auteurs éminents appellent à responsabiliser les titulaires des pouvoirs publics et privés, qu’il s’agisse des entreprises multinationales qui « ont une responsabilité sociale », selon la formule de la Commission Européenne, ou des États auxquels l’O.I.T ne cesse de répéter « qu’une paix durable ne peut être rétablie que sur la base de la justice sociale » (Voir M. Delmas-Marty. Résister, responsabiliser, anticiper. Comment humaniser la mondialisation. Seuil. 2013.

Source: Investig’Action, 18/07/2016

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L’attentat de Nice, causes réelles et dangers prévisibles… … Ou la « complicité » politique des « élites » dirigeantes. Par jacques Cotta.

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Comité pour une Nouvelle résistance, #Terrorisme, #Daesch

L’attentat de Nice, causes réelles et dangers prévisibles…

… Ou la « complicité » politique des « élites » dirigeantes.

Par Jacques Cotta • Jeudi 21/07/2016

L’attentat de Nice, causes réelles et dangers prévisibles…  … Ou la « complicité » politique des « élites » dirigeantes. Par jacques Cotta.

Après le crime de masse commis à Nice Promenade des anglais, des certitudes plus contradictoires les unes que les autres ont été formulées d’heure en heure, de jour en jour, par les mêmes hommes politiques, commentateurs et « spécialistes du terrorisme » sur un ton ne souffrant aucune discussion. Chaque déclaration avait l’ambition de nous éclairer sur la personnalité du tueur, sur ses motivations, sur ses liens avec l’organisation terroriste internationale.

Ainsi a-t-on appris successivement :

a/ que l’assassin au camion était un membre de Daech et que « son implication dans les rangs de l’organisation terroriste » ne faisait aucun doute.

b/ puis qu’il était sans doute « un loup solitaire », « n’étant pas l’objet d’une fiche S », mais ayant tout de même été déjà poursuivi pour violences, avant qu’on apprenne qu’il avait été pris dans une altercation avec un automobiliste, ce qui est selon les chiffres officiels le cas d’un conducteur sur deux. Dans le même registre, qu’il était violent avec sa femme ce qui là encore le range dans la moitié des hommes qui vivant en couple ont un comportement pour le moins répréhensible.

c/ puis que le même était connu pour son goût du porc, de l’alcool, des relations sexuelles débridées, pour un comportement assez éloigné de celui que revendiquent en règle générale les djihadistes

d/ puis qu’il s’agirait d’un « fou », un « déséquilibré » en instance de divorce, criblé de dettes, qui aurait « pété les plombs ».

e/ Enfin, pour boucler la boucle, que l’assassin s’était radicalisé à toute vitesse dans les derniers jours, se laissant d’ailleurs « pousser la barbe une semaine environ avant l’assassinat de plus de 80 personnes, hommes, femmes et enfants » à l’issue du feu d’artifice du 14 juillet, ce qui là encore le range dans une catégorie bien fournie.

Tout cela évacue la seule question qui vaille : quel que soit le profil exact et sans doute contradictoire du tueur, comment et pourquoi a-t’il répondu aux recommandations des chefs islamistes radicaux dont aucun lien apparent ne peut laisser paraître des relations particulières en décidant d’assassiner par tous les moyens –là un camion loué pour l’occasion- les « mécréants » en masse ? Où a-t-il donc trouvé l’énergie pour commettre les crimes du 14 juillet alors que quelques jours avant il était totalement insoupçonnable ?

L’énergie du tueur

Un fou isolé, déprimé, passant à l’acte aujourd’hui dans le crime de masse comme il aurait pu le faire hier par un simple suicide ? L’explication est un peu courte.

C’est une idéologie qui est en cause, sans d’ailleurs que l’assassin n’ait un réel besoin d’y adhérer dans le détail. L’ambiance suffit. Cette idéologie qui trouve son expression dans l’affichage de la barbarie la plus élaborée rappelle le Nazisme qui il y a un peu plus de 70 ans embrasait l’Europe et le monde. A y regarder de plus près d’ailleurs, les profils des assassins et plus généralement des bandes djihadistes n’est pas très éloigné de celui des bandes nazis qui dès le début semaient la terreur : relations entre la pègre, le « lumpenprolétariat » et le grand capital, haine féroce de la culture exprimée spectaculairement aujourd’hui dans les destructions des œuvres millénaires lorsqu’hier il s’agissait de faire des brasiers avec les œuvres littéraires, haine de la démocratie, du débat, grossièreté des anathèmes et « arguments » mettant en scène aujourd’hui le mécréant comme hier le juif, etc…

Peu à peu cette idéologie s’impose comme une évidence, forte des capitulations successives sur le terrain de la laïcité notamment. C’est une succession d’abandons au nom du « respect des différences » qui ont abouti à opposer une catégorie à une autre, à rendre perceptibles les appels au meurtre dans des têtes qui pourtant n’ont pas forcément grand-chose à voir avec les prédicateurs de Daech ou autres fous de dieu.

Au lendemain du meurtre de masse de Nice, on entend un « mea culpa » monter au sein des élites promptes à condamner une laïcité trop stricte au profit d’une laïcité « ouverte » qui se caractériserait par l’acceptation des religions, des signes religieux, des valeurs religieuses dans la sphère publique. Mais n’est-ce pas précisément cela qui a armé le tueur ? La question est importante car de sa réponse découle une certaine perception des dangers qui guettent notamment la société française. Car alors le tueur de Nice ne serait pas un « dingue » isolé, mais exprimerait la possibilité pour des milliers qui aujourd’hui s’ignorent de passer à l’acte en tuant massivement, histoire d’en finir de façon spectaculaire, en remplissant une mission dont l’ordre diffus viendrait d’ailleurs.

Existe-t-il un autre remède vis-à-vis de l’ennemi islamique aujourd’hui que celui utilisé hier contre la religion catholique : la réaffirmation des valeurs de la république et l’intransigeance à tous les niveaux pour en imposer le respect sans faille. L’ennemi a une base théorique et toute capitulation est coupable. L’adaptation de la république aux valeurs religieuses – toutes les valeurs religieuses, singulièrement aujourd’hui celles de l’islam- est coupable. Les exemples dans le temps abondent. Les cantines scolaires, la non mixité des piscines, le rejet des femmes qualifiées d’impures, le refus de leur serrer la main… Le Droit doit s’imposer sans concession.

Ces questions politiques sont au centre de la situation ouverte avec Charlie Hebdo, le Bataclan et Nice. Et force est de constater que la capitulation est là générale…

Dans son hommage rendu à trois policiers assassinés le 13 janvier, François Hollande déclarait notamment que « la folie terroriste qui les a frappés n’avait ni couleur, ni religion »[1]. N’y a-t-il pas dans cette simple phrase le concentré d’une capitulation largement partagée. Est-il raisonnable de ramener ces actes à de simples manifestations de folies ? Leurs auteurs à de simples déséquilibrés ? Cela alors que ces actes ont une couleur et une religion qui en revendique le contenu, un Islam qui a pris la teinte noire radicale du drapeau de Daech quand sa couleur verte du drapeau Saoudien porte déjà atteinte aux Droits de l'Homme et du Citoyen. Il faut nommer l'ennemi et le situer en tant qu'ennemi, rappelle à juste titre Fatiha Boudjahlat.

Capitulations partagées par une « droite » et une « gauche » qui appellent ensemble au dialogue et à la mesure une fois passés les effets de manche. Capitulation sur tous les fronts – sans oublier celui des relations internationales- rappelée par le juge anti-terroriste Trévidic lorsqu’il déclare notamment que « proclamer qu’on lutte contre l’islam radical tout en serrant la main au roi d’arabie saoudite revient à dire que nous luttons contre le nazisme tout en invitant Hitler à notre table ». Sans parler des relations développées, entretenues et pas totalement désintéressées[2] avec le « progressiste » Qatar dont la France constitue un de ses terrains de chasse privilégiés…

Au lieu d’aborder ces questions qui ne sont là qu’ébauchées, nous assistons à un concert monotone sur l’union nationale. Mais là encore, derrière les déclarations de circonstance, de quoi s’agit-il vraiment ?

Droite Gauche, l’union nationale réalisée

Après Charlie Hebdo, après le Bataclan, la Promenade des Anglais à Nice a provoqué une profonde émotion, à la hauteur de l’acte commis et de ses conséquences. Une minute de recueillement a été respectée dans toute la France. Et au sommet de l’état le président de la république et le premier ministre en ont appelé, comme précédemment, à « l’union nationale contre le terrorisme ». Requête apparemment ignorée cette fois par les leaders de l’opposition qui n’ont pas manqué le lendemain même de l’attentat de mettre l’exécutif en cause pour « son incapacité à assurer la sécurité des français ».

L’union nationale fissurée ? A y regarder de plus près, les questions de posture (à quelques mois des primaires des uns et des autres en vue des présidentielles) n’ont-elles pas pris le pas pour camoufler une union nationale bien ficelée sur le fond des positions exprimées.

a/ A l’intérieur, Hollande, Valls, Juppé, Sarkozy, Lemaire, Le Pen, etc… sont ensemble partisans d’une reconduction de « l’état d’urgence » dont l’inefficacité pour le sujet traité ne fait aucun doute pour personne. De l’aveu même du ministre de l’intérieur, 3000 perquisitions, 300 placements à résidence, voilà le bilan depuis que l’état d’urgence a été décrété. 300 placements à résidence qui pour l’essentiel concernent des militants qui contestent la politique gouvernementale et qui n’ont strictement rien à voir avec les questions liées aux attentats.

Mais qu’importe. En ces temps tragiques il faut pour les hommes politiques « rouler des mécaniques ». Donc les uns et les autres sont engagés dans une surenchère sur le terrain de l’autoritarisme, renforçant le caractère anti démocratique de la 5ème république, tout en niant d’ailleurs le caractère totalement illusoire des mesures prises.

b/ A l’extérieur, François Hollande annonce le « renforcement des frappes » en Syrie et en Irak. Le débat entre responsables de « gauche » et de « droite » ne porte alors pas sur l’opportunité d’une telle décision. Sans doute sur le tonnage des bombes déversées. Sans que nul ne s’interroge sur la nécessité ou l’efficacité de guerres dans lesquelles nous sommes engagés…

Mais là aussi qu’importe. Œil pour œil, dent pour dent. C’est la loi du Talion qui doit pour les responsables politiques de « gauche » comme de « droite » à tout prix s’imposer. Et le fait que les bombardements et la destruction des états –l’Irak, la Syrie…- créent désordre et suscitent des vocations telles que celle qui a frappé à Nice ne mérite visiblement pas discussion…

Depuis maintenant des années (sans doute faut-il remonter à l’attentat de New-York contre les Twins Towers en 2001), un discours s’est imposé comme représentant celui de la raison. Nous serions en « guerre contre le terrorisme ». Et comme cela est le cas généralement sur un champ de bataille, il nous faudrait taper fort, vite et sans état d’âme pour anéantir l’ennemi et sortir victorieux de la confrontation.

Tous les responsables politiques reprennent le même verbiage et se font donc concurrence pour suggérer les mesures les plus radicales.

  • Que cela n’ait rien réglé depuis plus de dix ans, que la situation ait empiré, que le remède n’ait fait qu’accentuer le mal, tout le monde semble s’en moquer éperdument.
  • Que le massacre de population civiles par centaines et milliers n’émeuve pas grand monde car la Syrie, l’Irak, etc… c’est loin, peu importe.
  • Que l’horreur que provoque la politique des gouvernements occidentaux hors de leurs frontières soit banalisée, pratiquement niée, peu importe.
  • Que l’indifférence de fait face aux massacres en Syrie, en Irak, etc… soit à la hauteur des larmes versées sur la promenade des anglais, là encore peu importe.
  • Que l’action militaire consensuelle jette sur les routes et les mers des centaines de milliers de réfugiés –qu’on refuse par ailleurs derrière l’argument du terrorisme notamment de recueillir dignement- là toujours peu importe.
  • Que les bonnes âmes soient amenées sans même s’en rendre compte à stigmatiser l’étranger (l’assassin de Nice n’était-il pas tunisien) alors que les « bastions islamistes » sont français, là toujours, peu importe.

Pourtant la réalité est là.

Comme l’indique à juste titre Dominique de Villepin[3] (il est assez cocasse de se retrouver Villepiniste en la matière, mais Villepin est bien le seul à avoir tenu tête à la folie va-t-en guerre qui s’est exprimée en Irak notamment), le concept même de « guerre contre le terrorisme » procède d’une incompréhension coupable des processus en cours. Et désarme pour aborder les défis.

Notre problème porte un nom. Plusieurs même. Il suffit de se référer à leurs déclarations successives pour identifier Hollande, Valls, Juppé, Sarkozy, Lemaire, Macron, Fillon, Le Pen etc…

Leur analogie sur le terrain de la « sécurité » malgré les mirages destinés à duper les français est sans ambiguïté. Ils sont sur le même registre, sécuritaire par et pour la 5ème république qu’ils ne se privent d’ailleurs pas de mettre en cause une fois dans l’opposition.

Mais leur analogie est identique sur le terrain social, qui concerne les français au quotidien. La loi El Kohmri en a été, en est une cruelle illustration. Les oppositions ne sont que façade. Ils sont d’accord sur le fond et ne divergent qu’à la marge. Et c’est aussi pour tenter d’affronter l’opposition sociale et politique qui s’est exprimée dans le pays que le « terrorisme » trouve sa fonction et son « utilité » en permettant le renforcement d’un arsenal juridique autoritaire inefficace sur le terrain annoncé, mais d’une totale efficacité sur le terrain social et politique dont cherchent à s’emparer des centaines de milliers….

Jacques Cotta

Le 20 juillet 2016

[1] On pourra consulter l’article de Fatiha Boudjahlat, Secrétaire nationale du MRC à l’Education engagée pour la laïcité et l’égalité femme-homme, au titre évocateur « Après les attentats, l’appel qui manque à la Nation : Réarmons la République ! » http://www.huffingtonpost.fr/fatiha-boudjahlat/appel-18-juin-daech-apres-les-attentats-nation-rearmons-la-republique_b_10571024.html

[2] Nous sommes actuellement passés de la 4ème place à la seconde pour la vente d’armes dans le monde.

[3] On retrouvera la déclaration de Dominique de Villepin sur le rôle de la puissance dans les relations internationales à l’adresse suivante https://www.youtube.com/watch?v=FC_34rc-NGE et sur le concept de terrorisme, de guerre, et sur les responsabilités diverses et variées des différents gouvernements à l’adresse https://www.youtube.com/watch?v=aY90k2IL9zw

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Attentat de Nice : la ville refuse de détruire 24 heures d'images de vidéosurveillance

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #La justice, #Terrorisme, #Daesch

24 Juillet 2016

Nice : pourquoi la municipalité veut conserver les images de vidéo-surveillance que Paris veut supprimer ?

Le Figaro

Attentat de Nice : la ville refuse de détruire 24 heures d'images de vidéosurveillance

 

VIDÉO - Une réquisition judiciaire urgente a été envoyée au centre de supervision urbain de Nice mercredi 20 juillet. Le parquet de Paris évoque un souci «d'éviter la diffusion non contrôlée de ces images». La municipalité refuse et va demander au procureur de mettre ces images sous séquestre.

Panique et incompréhension à la mairie de Nice. Mercredi à 11 heures, la sous-direction antiterroriste (SDAT) a envoyé aux agents qui gèrent la vidéosurveillance de la ville une réquisition citant les articles 53 et L706-24 du code de procédure pénale et de l'article R642-1 du Code pénal leur demandant l'effacement «complet» de 24 heures d'images provenant de six caméras nommées et numérotées, mais aussi de toutes les scènes depuis le début de l'attentat ayant eu lieu sur la promenade des Anglais, dans la nuit du 14 juillet.

De quoi mettre en état de sidération les agents du centre de supervision urbain de Nice. «C'est la première fois que l'on nous demande de détruire des preuves, précise une source proche du dossier. Le centre de vidéosurveillance et la ville de Nice pourraient être poursuivis pour cela et d'ailleurs les agents en charge du dispositif n'ont pas compétence pour se livrer à de telles opérations».

La demande paraît d'autant plus étonnante que la SDAT a envoyé depuis vendredi dernier des serveurs afin de récupérer les 30.000 heures de vidéosurveillance liées aux événements. Une opération de sauvegarde qui va s'étendre encore sur plusieurs jours. «Nous ne savons pas si donner un ordre de destruction alors que nous sommes en pleine sauvegarde ne va pas mettre en rideau tout le système», s'inquiète-t-on dans l'entourage du dossier.

Contacté par Le Figaro, le parquet de Paris a confirmé l'information et précisé: «cela a été fait dans ce cas précis pour éviter la diffusion non contrôlée et non maîtrisée de ces images». Du côté de la police nationale, on rappelle que «sur les mille caméras installées à Nice, 140 présentaient des éléments d'enquête intéressants. La police judiciaire a récupéré 100% des vidéos de ces dernières. La PJ et le parquet ont donc demandé d'effacer les images de ces 140 caméras afin d'éviter l'utilisation malveillante de ces dernières par souci de la dignité des victimes et pour éviter la reprise de ces images par les sites internet djihadistes à des fins de propagande». Enfin, à la chancellerie, on précise que la demande d'un effacement «complet» s'explique par l'impossibilité de procéder à des destructions partielles sur ce type de matériel.

Images partagées par plusieurs services

Le lendemain du drame tragique de la promenade des Anglais, des officiers de police judiciaire étaient venus faire une première recension des caméras en prise directe avec l'événement. Cela a donné lieu à un premier rapport envoyé au ministère de l'Intérieur. Étrangement, ce serait ces mêmes caméras qui sont visées par la réquisition de la SDAT.

Dès samedi, l'Élysée avait demandé copie des images de l'attentat. Une autorisation accordée par le parquet de Paris. «Ce n'est pas choquant que le président de la République ait voulu visionner l'attentat. Faudra-t-il demander à l'Élysée de restituer le CD qui lui est parvenu?», s'interroge un bon connaisseur du dossier. En tout état de cause, ces vidéos sont partagées par plusieurs services concomitamment à savoir ceux de la Police et de la gendarmerie nationales, de la police judiciaire et des pompiers.

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IMPOSSIBLE union sacrée (l'éditorial de la "Tribune des travailleurs" du 20 juillet 2016)

24 Juillet 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #Daesch, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La lutte des classes

Publié par El Diablo

 

 IMPOSSIBLE union sacrée (l'éditorial de la "Tribune des travailleurs" du 20 juillet 2016)

7 janvier 2015 : au lendemain des attentats contre Charlie Hebdo et l’Hypercasher, une vaste opération d’union sacrée est tentée, rassemblant institutions, gouvernements et partis de toute la planète, et des millions de personnes dé lant derrière François Hollande et des chefs d’État du monde entier ; derrière le fameux « Je suis Charlie », les différences de classe sont invitées au silence, et les organisations ouvrières soumises à pression pour taire les revendications.

13 novembre 2015 : le soir des attaques contre le Bataclan et d’autres lieux publics, le gouvernement proclame l’état d’urgence et en appelle à nouveau à l’union sacrée. Condamnant l’horrible massacre, notre parti souligne que le combat « pour la défense des droits ouvriers, pour la démocratie, pour la paix, pour la souveraineté, pour la civilisation humaine contre la barbarie (…) implique – plus que jamais dans la situation dramatique que nous connaissons – que les organisations qui parlent au nom de la classe ouvrière ne cèdent pas à l’invitation qui leur est lancée de se joindre à l’union sacrée avec le gouvernement et le patronat » (1).

14 juillet 2016 : carnage à Nice. D’emblée, l’appel à l’union sacrée se révèle vain : droite et gauche s’insultent ; au sein du gouvernement, Hollande, Valls et Cazeneuve ne cessent de se contredire ; à Nice, le Premier ministre se fait copieusement huer…

Cinq mois de lutte de classe acharnée pour le retrait de la réforme El Khomri ont rétabli les lignes de classe et fait voler en éclats le mythe de l’union sacrée. Béante avant l’attentat, la crise politique et institutionnelle ne fait que s’approfondir après. Rejeté avant l’attentat, le gouvernement Hollande-Valls l’est encore plus après. Toute tentative de sa part d’utiliser ces événements à son profit se retourne en son contraire.

Il reste pourtant que, ces 19 et 20 juillet, un Premier ministre rejeté comme aucun ne le fut avant lui sous la Ve République s’apprête à faire passer à l’Assemblée nationale et la loi El Khomri et le rétablissement de l’état d’urgence.

Il reste que ce gouvernement honni utilise l’émotion suscitée par le massacre de Nice pour justifier l’intensification des interventions militaires françaises au Moyen-Orient et en Afrique.

Guerre et exploitation sont deux faces d’une même politique.

Lutter contre la barbarie implique de lutter contre la guerre et contre l’exploitation.

Ne peut agir en ce sens celui qui a peur d’en finir avec les gouvernements qui, tel celui de Hollande et Valls, prétendent imposer cette politique au mépris de la volonté de l’immense majorité.

Ne peut agir en ce sens que celui qui se situe sur le terrain de la lutte de classe, qui seule, en préservant l’indépendance des organisations ouvrières, ouvre la voie à la défense de la civilisation humaine.

Cela, contre les gouvernements fauteurs de guerres et de barbarie ; et au coude à coude avec les travailleurs et militants qui, dans le monde entier, préparent la conférence mondiale de Mumbai (Inde) contre la guerre et l’exploitation.

Daniel Gluckstein

(1) Communiqué du 14 novembre 2015.

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