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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #terrorisme tag

Le Donbass en Belgique et la guillotine pour les islamistes. Par Alexandre Artamonov.

24 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #La Turquie, #Ukraine, #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #Daesch, #le nazisme

Le Donbass en Belgique et la guillotine pour les islamistes. Par Alexandre Artamonov.

Le Donbass en Belgique et la guillotine pour les islamistes. Par Alexandre Artamonov.

Le 23 mars 2016

Lorsque ça a tonné en Belgique, la réaction des politiciens européens a été plus qu’attendue quoique fortement désorganisée. Jacques Myard, bien sûr, s’est expliqué sur le fait qu’il ne fallait pas appliquer des règles républicaines, celles de la démocratie occidentale, aux islamistes pourris venus du Tiers-Monde. François Hollandese veut fort dans ses actes au nom du mandat présidentiel. Angela Merkel, elle, emboîte le pas en jurant fidélité au sacré-saint dogme de la modernité occidentale, à savoir égalité de tous et démocratie contre vents et marées. Les autres comédiens de la vieille avant-scène occidentale sont parfaitement prévisibles à travers leurs paroles et leurs agissements.+

Un sentiment d’un fatigant déjà-vu s’installe de plus en plus et commence à faire place à un désespoir abyssal. A vrai dire toute ma vie je n’entends que les mêmes cantiques que l’on me rabâche, depuis trente ans au moins. Quoi qu’il arrive, quelle que soit la conjoncture économique, sociale, sociétale ou internationale, nous allons rester fidèles et obéissants aux pères fondateurs de la démocratie d’un autre âge… Et tant pis si la vie n’est pas à l’avenant. Nous allons tout faire pour que les moutons de Panurge composant notre troupeau européen ne se réveillent jamais. En tout cas pas avant qu’ils ne se retrouvent en côtelette au fond de l’assiette de DAESH.+

Les jeux sont faits, les bons et les méchants nommés. Et le matraquage idéologique si fort que le chef de sécurité ukrainienne Gritsak a tout de suite désigné sans broncher les vrais coupables des explosions à Bruxelles. C’est, bien sûr, Moscou !!! Il est vrai que quelques heures plus tard, le premier- ministre russe Mledvedev a répondu en traitant cet Ukrainien d’idiot et le chef du Conseil de Sécurité de Russie a fait de même : il a appelé Gritsak « un simple d’esprit ». Cependant, la réaction du laquais Gritsak est programmé par ses chefs occidentraux : quoi qu’il advienne le vrai coupable sera toujours Moscou ! Même si les extra-terrestres attaquaient…+

Pour moi, cela prouve de façon indélébile que l’Europe a vécu et qu’elle est apparentée à l’Union Soviétyique la veille de sa disparition à l’aube des années 90. A cette époque, les vieux princes du Kremlin croyaient l’Occident coupable de n’importe quelle mésaventure qu’il leur arrivait. L’idéologie était figée et les cartes battues depuis belle lurette. A l’instar des Bolcheviques disparus, les technocrates fossilisés de Bruxelles filent vraiment du mauvais coton. Non seulement ils sont en retard de plusieurs guerres mais, qui plus est, ils ne savent que lancer des représailles contre leurs propres citoyens. L’Occident d’aujourd’hui a vraiment l’air d’un cadavre parfumé qu’il est grand temps d’enterrer et les islamistes ne font que jouer aux croque-morts.+

Réfléchissez-y par vous-même ! Au lieu de lancer des razzias, armer l’Europe, instaurer l’état d’urgence et le couvre-feu, remonter les filières terroristes et réinsérer la peine capitale dans le Code Pénal, les politichiens s’amusent à pactiser avec l’ennemi turc à la Marie-Antoinette. C’est que les Turcs ont bien voulu parquer le surplus de migrants chez eux en échange du droit de libre circulation pour leurs citoyens§ En plus, ils appliquent le prorata d’un immigré syrien légalisé en Europe Occidentale contre trois renvoyés en Turquie.+

Mais on se moque vraiment de tous et de toutes ! Les Turcs auront vite fait de délivrer des papiers en bonne et due forme à tous les voyous de l’Asie Mineure qui ont leurs mains trempées dans le sang chrétien. Si vous vous en doutez, souveznez-vous que les mêmes Turcomans c’est à dire Turs ethniques ont combattu en Syrie contre les troupes d’Assad en dévastant les contrées syriennes proches de leur Mère-Patrie ! Et ensuite les mêmes immigrés débarqueront en Europe mais cette fois-ci avec un statut légal. J’allais oublier qu’Erdogan touchera aussi un joli magot de plusieurs milliards d’euros pour avoir conclu ce pacte avec la Communauté Européenne.+

Il ne faut être ni Harry Potter ni Madame Soleil pour comprendre que ces millions d’immigrés mus par la force religieuse et animée par 5 mille islamistes combattants qui ont déjà pris racine en Europe, sauront passer au fil de l’épée tous les résistants locaux. Et la police européenne les aidera au nom de la paix et de la justice sociale !+

Ce qui est tout à fait féerique c’est le silence des agneaux, car les citoyens se taisent. C’est pour cette raison que je veux que le scénario de Donbass éclose en Europe. Le jour où les Européens comprendront qu’ils n’ont qu’une seule voie de salut, c’est-à-dire prendre les armes contre les envahisseurs et les chasser de leur Patrie, ce jour-là on verra de nouveaux De Gaulle , De Lattre de Tassigny et Juin ! Mais pas avant, car les héros n’apparaissent pas dans les abattoirs !+

Il faut commencer par sortir de prostration et torpeur et ne plus être traités en troupeau docile et silencieux ! Et il faut, avant toute autre chose, faire renaître la guillotine contre les terroristes !+

Alexandre Artamonov, Radio Radonezh.ru

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Guerres hybrides : 2. Testons la théorie en Syrie et en Ukraine

23 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La France, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Ukraine, #Terrorisme, #le nazisme, #Daesch

Guerres hybrides :
2. Testons la théorie en Syrie et en Ukraine


Par Andrew Korybko (USA) – Le 11 mars 2016 – Source Oriental Review

Hybrid Wars 2. Testing the Theory – Syria & Ukraine

Le livre de l’auteur, Les guerres hybrides: L’approche adaptative indirecte pour un changement de régime, fait bien sûr état du fait que la Syrie et l’Ukraine sont les premières victimes de la guerre hybride des États-Unis ; mais la portée de l’article est d’exprimer la façon dont les innovations mentionnées dans la partie 1, et qui ne figurent pas dans la publication originale, ont été importantes tout au long du jeu. Le but est de prouver que les facettes nouvellement découvertes peuvent parfaitement être imbriquées dans la théorie générale et utilisées pour améliorer ensuite sa compréhension et pour permettre aux observateurs de se projeter plus précisément vers les futurs champs de bataille sur lesquels les guerres hybrides sont les plus susceptibles d’être menées.


Cette partie de la recherche suit donc le modèle théorique qui vient d’être exposé. Elle est élaborée à partir des déterminants géostratégiques et économiques qui étaient derrière les guerres en Syrie et en Ukraine, avant d’aborder les vulnérabilités structurelles socio-politiques que les États-Unis tentent d’exploiter avec des degrés de succès divers. La dernière partie incorpore l’idée d’un pré-conditionnement social et structurel et explique  brièvement comment il était présent dans chaque situation.

Déterminants géostratégiques

Syrie :

La République arabe traditionnellement laïque a été aspirée dans un schéma de Révolution de couleur théâtralisée par les États-Unis lorsque les printemps arabes ont été déclenchés en 2011. Pour résumer succinctement les fondements stratégiques de cette grandiose opération, le concept était pour les États-Unis d’aider la clique transnationale des Frères musulmans à arriver au pouvoir de l’Algérie jusqu’à la Syrie via une série d’opérations de changement de régime synchronisées contre des États rivaux (Syrie), des partenaires non fiables (Libye), et des États satellites stratégiques concernés par d’inévitables transitions de souveraineté (Égypte, Yémen). L’environnement stratégique résultant était censé rejouer la Guerre froide en Europe de l’Est, avec chacun des États dirigé par le même parti (les Frères musulmans à la place du Parti communiste) et contrôlé par procuration par un mécène externe, dans ce cas une copropriété conjointe présidée par la Turquie et le Qatar avec les États-Unis en sous-main.

Syrians rally in Damascus in support of President Bashar al-Assad, October 2011
Syriens à Damas ralliés à l’appui du président Bachar al-Assad, octobre 2011

Cette confédération idéologique vaguement organisée aurait été suffisamment disjointe pour être gérable via des tactiques simples de diviser pour mieux régner (empêchant ainsi à jamais toute organisation indépendante de l’Arabie saoudite et des États du Golfe), mais facile à provoquer dans une haine sectaire afin de la mobiliser contre l’Iran et ses intérêts régionaux, ce qui en aurait fait un outil extrêmement flexible pour la promotion de la grande stratégie américaine au Moyen-Orient. Compte tenu des origines chaotiques de ce gambit géopolitique, il a été prédéterminé que des éléments de celui-ci pourraient ne pas se réaliser selon le plan et que seule une réalisation partielle de ce projet pourrait se produire réellement au cours de la première tentative – ce qui est précisément ce qui est arrivé lorsque le peuple syrien a résisté au défi de cet assaut de guerre hybride contre lui et a courageusement combattu pour la défense de son État à la longue civilisation séculière.

On peut affirmer que la Syrie a toujours été considérée comme l’objectif le plus stratégique de tous les États affectés par les printemps arabes, et ceci est prouvé par près de cinq ans de guerre hybride désespérée que les États-Unis ont déclenchée contre elle en réponse à sa première tentative de changement de régime, qui a échoué. En comparaison, l’Égypte, l’État arabe le plus peuplé, a seulement dû faire face à un bas niveau de terrorisme (géré par le Qatar) dans le Sinaï,  depuis qu’il a renversé le gouvernement des Frères musulmans imposé par les Américains. La raison de cet écart flagrant d’importance par rapport aux grands objectifs stratégiques américains est attribuable aux déterminants géo-économiques derrière la guerre contre la Syrie. Ils seront exposés plus bas.

Ukraine :

Les déterminants géostratégiques derrière la guerre en Ukraine sont beaucoup plus simples que ceux derrière la guerre contre la Syrie, et ils ont la plupart du temps déjà été décrits dans la partie 1 en parlant du stratagème du Revers Brzezinski, un piège géopolitique. Une partie de la motivation derrière le renversement du gouvernement ukrainien, inaugurant les pogroms anti-russes qui ont suivi, était d’attirer la Russie dans un piège interventionniste comme en 1979 en Afghanistan ; la guerre contre le Donbass était l’incarnation de cette tentative. Washington n’a pas réussi à atteindre son objectif à cet égard, mais il a beaucoup plus réussi à transformer l’ensemble du territoire de l’Ukraine en arme géopolitique contre la Russie.

Political map of Ukraine before the coup d'etat of February 2014.
Carte politique de l’Ukraine avant le coup d’État de Février 2014.

Le célèbre aphorisme de Brzezinski veut que «sans l’Ukraine, la Russie cesse d’être un empire eurasien», cependant il avait une conception toute différente à l’esprit quand il l’a énoncé (sa pensée était que la Russie allait essayer de «re-soviétiser impérialement» la région). Géopolitiquement parlant, sa citation contient beaucoup de vérités fondamentales. La sécurité nationale de la Fédération de Russie est dans une large mesure déterminée par les événements en Ukraine, en particulier en ce qui concerne sa large périphérie occidentale et un gouvernement hostile à la Russie, à Kiev, qui serait prêt à héberger une infrastructure de défense antimissile américain (ce qui est un doux euphémisme pour augmenter les chances des États-Unis de neutraliser la capacité de seconde frappe de la Russie et donc de se mettre dans une position de chantage nucléaire), constituerait une menace stratégique majeure. Pour reformuler Brzezinski et rendre sa citation plus précise objectivement, «si l’Occident réussit à manipuler l’Ukraine pour en faire un ennemi à long terme de la Russie, alors Moscou serait confronté à un obstacle géopolitique majeur face à ses ambitions multipolaires futures».

Le scénario catastrophique de l’Ukraine hébergeant des unités de défense antimissile de l’OTAN ou des États-Unis n’a pas encore joué à plein, mais le pays en est encore à faire des petits pas vers une adhésion à l’OTAN comme membre associé, ce qui revient à en faire partie de fait, sans garanties mutuelles formelles de défense. L’augmentation de la coopération militaire entre Kiev et Washington et, par extension, entre l’Ukraine et le bloc atlantiste, est fondée sur une manœuvre agressive contre les intérêts stratégiques russes. Néanmoins, la situation n’est pas aussi mauvaise qu’elle aurait pu l’être, puisque les planificateurs stratégiques américains avaient naïvement supposé que le Pentagone aurait déjà eu le contrôle de la Crimée pour maintenant, et auraient donc été en mesure de positionner leurs unités de défense antimissile et autres technologies déstabilisatrices directement aux portes de la Russie. L’erreur ultime dans la conception de l’Occident au cours des préparatifs de cette guerre hybride, a été de penser que la Russie reculerait sans défendre ses intérêts civilisationnels, humanitaires et géostratégiques en Crimée (ou que si elle le faisait, elle serait attiré dans un bourbier de type Revers de Brzezinski), qui, comme l’atteste l’histoire aujourd’hui, a été une erreur de calcul épique, parmi les pires que les États-Unis aient jamais faites.

Déterminants Géo-économiques

Syrie :

La Syrie est très importante du point de vue de la grande stratégie américaine, car elle était censée être le terminal final pour le Pipeline de l’Amitié partagé entre elle, l’Iran et l’Irak. Cet itinéraire du gaz aurait permis à l’Iran d’accéder au marché européen et d’annuler complètement le régime de sanctions que les États-Unis avaient construit contre lui par le passé. Concomitamment avec ce projet, il y avait un projet concurrent mené par le Qatar pour envoyer son propre gaz à travers l’Arabie saoudite, la Jordanie, la Syrie vers l’UE, que ce soit par le biais de GNL [Gaz liquéfié, NdT] ou en direct via la Turquie [et la Grèce, NdT]. Le Président Assad a astucieusement rejeté la proposition du Golfe par fidélité de longue date de son pays avec l’allié iranien. La guerre menée contre la Syrie après la guerre hybride du printemps arabe a été soutenue très violemment par les États-Unis et les États du Golfe, spécifiquement dans le but de punir le pays pour son refus de devenir un satellite unipolaire.

"Friendship Pipeline" is labelled "Islamic Pipeline" on this chart.
« Le Pipeline de l’Amitié » est étiqueté «Pipeline islamique» dans ce tableau.

S’il avait été terminé, le Pipeline de l’Amitié aurait été l’un des plus importants projets conjoints multipolaires transnationaux du monde, l’un des plus importants corridors transnationaux, et il aurait révolutionné la géopolitique régionale en fournissant une énergie et un couloir  d’investissement reliant l’Iran à l’UE. Il aurait donc entraîné une modification significative de l’équilibre du pouvoir au Moyen-Orient et joué au détriment absolu des États-Unis et de ses alliés du Golfe. Comprenant la menace aiguë que le Pipeline de l’Amitié posait à leur domination hégémonique depuis des décennies sur la région, les États-Unis se sont engagés à faire en sorte que le projet ne se matérialise jamais, peu importe comment. Cela explique une des raisons partielles derrière la création d’ISIS, le distributeur de claques au milieu de la zone de transit prévue. Vu sous cet angle, le jeu des  États-Unis devient beaucoup plus clair : pourquoi ils ont fait une priorité de la déstabilisation de la Syrie et non de l’Égypte, et pourquoi ils sont prêts à jeter d’innombrables ressources dans cette entreprise, y compris organiser une coalition mondiale par procuration pour les aider à y parvenir.

Ukraine :

La détermination des États-Unis pour capturer l’Ukraine a été inspirée par beaucoup plus qu’une pensée géostratégique, étant donné que ces impératifs se recoupent avec les réalités géo-économiques contemporaines. Au moment où la campagne terroriste urbaine et populaire connue comme Euro-Maïdan a été lancée, l’Ukraine a été forcée par les États-Unis de faire un choix de civilisation artificiel entre l’UE et la Russie. Moscou avait fait progresser trois projets interconnectés conjoints transnationaux multipolaires – ventes de gaz et de pétrole vers l’UE, l’Union eurasienne et le pont terrestre eurasiatique (énergétique, institutionnel et économique, respectivement) – que Washington était désireux d’affaiblir à tout prix. Rappelant la boutade précédemment citée de Brzezinski sur l’Ukraine et la reformulation par l’auteur de celle-ci, les mots font maintenant beaucoup plus de sens : sans l’Ukraine en tant que partie de ce réseau interconnecté de projets, l’ensemble devient sensiblement plus faible.

Le retrait de l’Ukraine de l’équation influe chacun des projets: cela bloque le commerce de l’énergie entre la Russie et l’UE et crée des complications inattendues pour les deux parties ; cela laisse un marché important et une population active en dehors du champ d’application de l’Union douanière ; et cela nécessite un recentrage des infrastructures uniquement sur le Belarus, un espace relativement plus petit et économiquement moins important, qui devient ainsi un goulot d’étranglement géopolitique encore plus significatif qu’auparavant pour les actions anti-russes de l’Occident. Comme un avantage supplémentaire à braconner l’Ukraine hors de l’orbite d’intégration russe, les États-Unis ont été en mesure de mettre en branle une chaîne d’événements thématiques préconçus (à l’exclusion de la réunification de la Crimée, bien sûr), instigatrice de la nouvelle guerre froide, et qu’ils étaient désireux de susciter.

Map of the Ukrainian gas transpostation system.
Carte du système de transport du gaz en Ukraine.

Les États-Unis voulaient le faire dans le but de créer des obstacles apparemment insurmontables entre la Russie et l’UE, sachant que les dilemmes de sécurité attendus (militaire, énergétique, économique et en termes stratégiques) allaient considérablement entraver la coopération entre eux et rendre Bruxelles d’autant plus vulnérable au jeu de pouvoir unipolaire massif des États-Unis qui était planifié. Afin de maintenir sa position hégémonique sur l’Europe, les États-Unis avaient à concevoir un scénario qui diviserait la Russie et l’UE assez longtemps et d’une manière aussi intense que possible afin d’augmenter les chances que les trois projets de contrôle impératifs suivants puissent être imposés à l’Europe : déploiement permanent de l’OTAN en état d’alerte dans l’Est (contrôle militaire); exportations américaines de GNL vers l’UE et appel récent à des routes énergétiques attrayantes non russes tel que le corridor gazier sud (contrôle énergétique) ; et le Partenariat pour le commerce et l’investissement transatlantique (TTIP), qui, parmi tous les privilèges qu’il accorde aux États-Unis, rend impossible pour l’UE de conclure d’autres accords de libre-échange (ALE) sans l’approbation de Washington (contrôle économique).

Au total, ces trois facteurs imbriqués sont destinés à renforcer le plus grand des objectifs stratégiques des États-Unis qui, d’une manière mutuellement interdépendante, augmente également les perspectives de leur propre succès. C’est le choc des civilisations créé artificiellement entre l’Occident et l’Eurasie-Russie, selon lequel les États-Unis attendent désormais de l’UE qu’elle vive dans la crainte de la Russie et que par conséquent, elle se précipite dans les bras de l’Oncle Sam comme «défenseur de la civilisation occidentale». C’est ce plan ultime que les États-Unis veulent accomplir en Europe, et sa mise en œuvre réussie aux côtés de ses trois composantes clés (l’armée, l’énergie et les aspects économiques décrits précédemment) créerait les conditions pour une domination hégémonique multi-générationnelle sur l’Europe, et donc coulerait pour des décennies les chances d’une contre-offensive multipolaire contre les États-Unis.

Vulnérabilités structurelles socio-politiques – Syrie

Origine ethnique :

Au moins 90% de la population de la Syrie est arabe tandis que les 10% restants sont principalement kurdes. Du point de vue de la guerre hybride, on peut supposer que cet état de choses pourrait être utile dans la déstabilisation de l’État, mais plusieurs facteurs ont empêché d’atteindre le potentiel attendu par les Américains. Tout d’abord, la population syrienne est très patriotique en raison de son patrimoine civilisationnel et de l’opposition galvanisée contre Israël. En conséquence, alors qu’il y a de toute évidence une pluralité d’opinions politiques personnelles au sein de la société essentiellement mono-ethnique, il n’y a jamais eu de réelles possibilités qu’elles se retournent violemment contre l’État, d’où la nécessité d’importer un si grand nombre de terroristes et de mercenaires internationaux sur le champ de bataille pour satisfaire aux exigences de cette guerre hybride.

Ethnic map of Syria
Carte ethnique de la Syrie

Concernant les Kurdes, ils n’ont jamais provoqué de rébellion sérieuse contre le gouvernement, contrairement à leurs homologues turcs et irakiens. Cela   implique que leur situation en Syrie était gérable et loin d’être aussi mauvaise que ce que les informations occidentales tentent de dépeindre après coup. Même s’ils avaient pu être coagulés en une masse anti-gouvernementale radicale, leur rôle relativement mineur dans les affaires nationales et la grande distance géographique de tous les centres de pouvoir pertinents les aurait empêchés de devenir un atout significatif de la guerre hybride, bien qu’ils aient pu être un complément stratégique efficace à tous les terroristes arabes basés près des principaux centres de population. Comme on le sait, cependant, les Kurdes sont restés fidèles à Damas et n’ont pas rompu avec le gouvernement, confirmant la thèse selon laquelle ils étaient satisfaits de leur état d’origine, sans envie de devenir des rebelles.

En somme, les composantes ethniques de la planification de la guerre hybride aux États-Unis contre la Syrie ont échoué à répondre à la hauteur du potentiel anticipé, ce qui indique que les évaluations du renseignement avant la guerre ont été déformées, sous-estimant l’attraction unificatrice du patriotisme syrien.

Religion :

La population de la Syrie est majoritairement sunnite, mais possède aussi une minorité alaouite importante qui a traditionnellement occupé divers postes de direction au sein du gouvernement et dans l’armée. Cela n’a jamais été un problème auparavant, mais le pré-conditionnement social géré depuis l’extérieur (en l’occurrence, organisé par les États du Golfe) a acclimaté des parties de la population à la pensée sectaire et a commencé à jeter les bases psychologiques pour qu’une stratégie de la tension takfiriste prenne racine parmi certains éléments intérieurs après qu’une étape de la Révolution de couleur a été mise en route au début de 2011. Par la suite, même si le sectarisme n’a jamais été un facteur dans la société syrienne auparavant et n’est toujours pas une force majeure à ce jour (en dépit de près de cinq ans de provocations terroristes motivées religieusement), il a été utilisé comme un cri de ralliement pour reconstituer les rangs des djihadistes étrangers et comme une couverture plausible pour les États-Unis et leurs alliés pour alléguer que le Président Assad ne «représente pas le peuple» et doit donc être renversé.

[Cette partie est assez réductrice. A vous de vous informer vous même sur l’histoire des composantes ethnico-religieuses en Syrie, NdT]

Histoire :

L’histoire syrienne est millénaire et représente l’une des civilisations les plus riches de tous les temps. Par conséquent, cela imprègne les citoyens du pays, leur donnant un sens inébranlable du patriotisme qui allait plus tard se révéler être l’une des meilleures défenses contre la guerre hybride (solidarité civilisationnelle). Il est évident que cela avait été découvert par les stratèges américains dans leurs recherches préparatoires sur la Syrie, mais ils ont largement sous-estimé son importance, en pensant qu’ils pourraient avec succès provoquer un retour aux années des coups d’Etats successifs et déstabilisateurs qui avaient suivi l’indépendance, avant la Présidence d’Hafez el-Assad [le père de Bachar, NdT]. Au contraire, la grande majorité des Syriens avait appris à apprécier sincèrement les contributions de la famille Assad à la stabilité et la réussite de leur pays, et ils ne voulaient rien faire qui puisse ramener le pays aux années sombres qui avaient précédé l’ascension politique de cette famille au pouvoir.

Administration :

post_war_iraq

Le bref héritage des limites administratives distinctes pendant la période de l’occupation française a fourni le précédent géopolitique aux États-Unis pour ressusciter une division formelle ou fédéralisée de la Syrie. Même si la mémoire historique de ce temps est en grande partie perdue dans le psychisme des Syriens contemporains (sauf pour le drapeau des terroristes anti-gouvernement, qui correspond à celui de l’époque du mandat), cela ne veut pas dire qu’il n’y ait aucune possibilité de la leur appliquer depuis l’extérieur à l’avenir et justifier ce fait historiquement à postériori. L’intervention anti-terroriste russe en Syrie a neutralisé la possibilité de fragmentation formelle du pays, mais la course actuelle pour Raqqa signifie que la force qui capturera la capitale des terroristes tiendra les meilleures cartes pour déterminer la composition interne de l’État d’après-guerre, ouvrant la possibilité pour les États-Unis et leurs mandataires de forcer une solution fédéraliste en Syrie qui pourrait créer des zones largement autonomes acquises au soutien pro-américain.

Disparités socio-économiques :

La Syrie d’avant-guerre avait une répartition relativement équilibrée des indicateurs socio-économiques, en dépit de l’adhésion à la règle stéréotypée des zones urbaines globalement plus développées que les régions rurales. Bien que celles-ci constituent le socle de la plupart des zones géographiques du pays, seule une fraction de la population les habite, la plupart des Syriens vivant le long d’un corridor nord-sud à l’Ouest Alep-Hama-Homs-Damas, tandis qu’une population stratégiquement importante habite globalement  la zone côtière de Lattaquié. Jusqu’en 2011, la Syrie a réussi à maintenir des années de croissance économique soutenue, et il n’y a aucune raison de croire que cela aurait diminué s’il n’y avait pas eu la guerre hybride contre elle [Voir … ses revenus pétroliers ayant fortement chuté, NdT]. Par conséquent, bien que les disparités socio-économiques aient sûrement existé en Syrie avant la guerre, elles ont été bien gérées par le gouvernement (en partie en raison de la nature semi-socialiste de l’État) et n’étaient pas un facteur que les États-Unis pouvaient exploiter.

Géographie :

C’est une des caractéristiques qui fonctionne le mieux à l’avantage de la guerre hybride contre la Syrie. La composante Révolution de couleur a été concentrée dans le corridor nord-sud basé dans l’Ouest densément peuplé dont j’ai parlé ci-dessus, tandis que la partie guerre non conventionnelle a prospéré dans les régions rurales en dehors de cette zone. Les autorités avaient naturellement des difficultés à concilier les besoins de sécurité urbaines et rurales, et la quantité absurde de soutien que les États-Unis et leurs alliés du Golfe ont envoyé aux terroristes par la Turquie a temporairement déséquilibré la situation militaire et a abouti à l’impasse qui a marqué les premières années du conflit (avec quelques va-et-vient de positions et des changements spectaculaires de temps en temps). Pendant ce temps, comme l’armée arabe syrienne axait son attention sur les questions de sécurité à régler en urgence le long du corridor de peuplement, ISIS a été en mesure de faire des avancées militaires conventionnelles rapides dans les plaines et les déserts de l’Est, logistiquement simple à gérer, et a rapidement mis en place son «Califat», dont les conséquences sont le moteur du cours actuel des événements dans le pays.

Vulnérabilités structurelles socio-politiques – Ukraine

Origine ethnique :

La fracture démographique de l’Ukraine entre l’Est et l’Ouest, les Russes et les Ukrainiens, est bien connue et a été largement discutée. Dans le contexte de la guerre hybride, cette répartition géographique presque chirurgicale (à l’exception de la pluralité russe à Odessa et dans la majorité de la Crimée) était une aubaine pour les planificateurs stratégiques américains, car cela a créé une dichotomie démographique enracinée qui a pu être facilement exploitée lorsque le moment est venu.

Religion :

Ici aussi, il y a une fracture géographique presque parfaite entre l’Orient et l’Occident, avec les orthodoxes russes et les églises orthodoxes ukrainiennes qui représentent les deux groupes importants de population dans le pays. Plus à l’Ouest, on trouve les uniates et les églises catholiques, correspondant principalement aux anciennes terres de la Deuxième République polonaise de l’entre-deux-guerres. Le sectarisme chrétien n’a pas été le cri de ralliement le plus visible derrière l’Euro-Maïdan, mais ses partisans radicaux ont utilisé le succès du coup d’État comme couverture pour détruire les Églises orthodoxes russes et d’autres biens religieux dans une campagne nationale qui visait à inciter au nettoyage ethnique et culturel de la population russe.

Histoire :

Ukraine map

L’État ukrainien moderne est un amalgame artificiel de territoires légués par les dirigeants russes et soviétiques successifs. Ses origines intrinsèquement contre nature sont une malédiction, avec une existence perpétuellement remise en cause, et son agrandissement territorial après la Seconde Guerre mondiale complique encore la donne. Le morceau le plus nationaliste de l’Ukraine moderne était une partie de la Pologne de l’entre-deux-guerres et avant cela de l’Empire austro-hongrois, donnant ainsi à ses habitants une mémoire historique diamétralement différente de celles des parties centrales ou orientales de l’État.

Les communautés minoritaires hongroises et roumaines qui vivent dans les zones nouvellement ajoutées (acquises respectivement sur la Tchécoslovaquie et sur la Roumanie) ont également un degré naturel d’identité distincte de l’État qui n’avait besoin que d’un coup de pouce pour refaire pleinement surface.

Comme on l’a soutenu dans la guerre hybride et c’est confirmé par le rapport de Newsweek, quelques jours avant le coup d’État (étonnamment supprimé de leur site Web, mais traçables sur web.archive.org), la région ethnico-religieuse historiquement séparée de l’Ukraine occidentale était totalement en rébellion armée contre le Président Ianoukovitch, et ce n’est pas un hasard si l’aspect de guerre non conventionnelle de cette campagne de changement de régime a commencé dans cette partie spécifique du pays.

Frontières administratives :

Les divisions internes de l’Ukraine coïncident assez nettement avec ses frontières administratives sur de nombreux points, que ce soit la fracture ethnique, le sectarisme chrétien, les régions historiques ou les résultats électoraux, et cela a été le multiplicateur asymétrique ultime qui a convaincu les stratèges américains que la guerre hybride pouvait facilement être déployée en Ukraine. S’il n’y avait pas eu le coup d’État inattendu à la fin de février 2014, il est très possible que les États-Unis auraient cherché à exploiter le chevauchement sans précédent des vulnérabilités socio-politiques en Ukraine afin de séparer physiquement la partie occidentale du pays du reste pro-gouvernemental de l’État croupion, mais seulement dans le cas où Ianoukovitch aurait été en mesure de tenir indéfiniment contre les terroristes du changement de régime et de consolider ses positions dans le reste des zones non rebelles du pays.

Disparités socio-économiques :

ukraine-2010-election
Carte des élections de 2010

L’Ukraine est similaire à la Syrie dans le sens où il y avait aussi une distribution quasi-identique des indicateurs socio-économiques, mais, contrairement à la République arabe et sa modeste richesse, l’État d’Europe orientale a également réparti la pauvreté parmi ses citoyens. La grande quantité d’Ukrainiens qui ont plongé dans la pauvreté ou en sont très proches a créé un énorme bassin de recrutement pour les activistes anti-gouvernementaux recrutés par les cerveaux des ONG de la Révolution de couleur euro-maïdan, et l’absence de tout patriotisme civilisationnel ou national (à part la perversion fasciste incarnée par Pravy Sektor et autres) a signifié qu’il n’y avait pas de garanties sociales pour prévenir l’émergence de multiples groupes d’émeutiers, pouvant être organisés à l’avance et déployés lorsque le temps serait venu.

Géographie physique :

La seule partie de l’Ukraine d’avant-guerre avec une géographie de plaines était la Crimée, qui fonctionnait plus comme une île que comme une péninsule qu’elle est techniquement. Cela a ironiquement désavantagé les États-Unis quand la géographie de la république autonome a aidé ses habitants à se défendre assez longtemps pour voter la séparation d’avec l’État ukrainien défaillant, réparer l’erreur historique de Khrouchtchev et enfin se réunir avec leurs frères en Russie. Les mêmes facteurs géographiques favorables ne sont pas en jeu dans le Donbass, ce qui a ainsi bloqué les mesures de défense prises par les patriotes pour leur territoire et les a rendus beaucoup plus vulnérables aux multiples offensives de Kiev contre eux. Dans l’environnement d’avant le coup, la géographie sans obstacle de l’Ukraine aurait été idéale pour permettre aux révolutionnaires occidentaux de lancer une guerre-éclair, dans le style d’ISIS, une fois que Kiev aurait accumulé assez d’armes volées, d’équipements et de véhicules des nombreux postes de police et des casernes militaires qu’ils avaient saisis à l’époque.

Pré-conditionnement :

C’est un sujet au-delà du cadre de la présente recherche que de discuter des aspects du pré-conditionnement social de la guerre hybride en détail, mais on peut généralement y inclure le triptyque masses/problèmes sociaux et médias-éducation-ONG. Les détails au sujet du pré-conditionnement structurel sont un peu différents, comme ils sont en dehors de la pression des sanctions. L’autre élément largement discuté décrit dans la partie 1 (notamment la désorganisation du marché de l’énergie) n’a pas eu lieu jusqu’à l’année dernière et n’a donc pas été un facteur dans le déclenchement des deux guerres hybrides examinées. Pourtant, d’autres éléments spécifiques étaient certainement en jeu pour chacun des deux États, avec les coffres de l’Ukraine exsangues à cause de la corruption endémique et parasitaire, et la Syrie devant équilibrer perpétuellement ses besoins militaires dans sa défense contre Israël et son engagement social envers sa population (un jeu sur la corde raide qui a assez bien réussi au cours des décennies).

Andrew Korybko est le commentateur politique américain qui travaille actuellement pour l’agence Sputnik. Il est en troisième cycle de l’Université MGIMO et auteur de la monographie Guerres hybrides: l’approche adaptative indirecte pour un changement de régime (2015). Ce texte sera inclus dans son prochain livre sur la théorie de la guerre hybride.

Le livre est disponible en PDF gratuitement [en anglais, NdT] et à télécharger ici

Traduit par Hervé, vérifié par Ludovic, relu par nadine pour le Saker francophone

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Les Etats Unis et l’OTAN préparent une guerre totale en Europe par Dimitris Kazakis, Secrétaire Général de l’ EPAM [ ελληνικά], Grèce.

22 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #La Russie, #Grèce, #L'OTAN., #La guerre, #Terrorisme, #le nazisme, #Le fascisme, #l'immigration

 Les Etats Unis et l’OTAN préparent une guerre totale en Europe    par Dimitris Kazakis, Secrétaire Général de l’ EPAM [ ελληνικά], Grèce.

Les Etats Unis et l’OTAN préparent une guerre totale en Europe

par Dimitris Kazakis, Secrétaire Général de l’ EPAM

Le Secrétaire Général de l’OTAN J. Stoltenberg vient d’annoncer en date du 2/2/2016 qu’il approuve la proposition du Ministre de la Défense des Etats Unis, A. Carter de quadrupler les armements et les troupes américaines en Europe contre l’ « agressivité russe ».

Un peu plus tôt, le même jour, dans sa déclaration sur l’équipement militaire des Etats Unis pour une éventuelle guerre contre la Russie, Carter a dit :

« Nous renforçons nos positions en Europe pour appuyer nos alliés de l’OTAN dans le but de faire face à l’agressivité russe. En dialecte du Pentagone, ça s’appelle European Reassurance Initiative et alors que l’année dernière ont été demandés 800 millions de dollars, pour cette année nous demandons 4 fois ce montant pour arriver d’ici 2017 à 3,4 milliards de dollars. Cette somme est destinée à financer plusieurs choses : plus de forces armées des Etats Unis en Europe, plus d’entrainements et d’exercices avec nos alliés, plus d’intention et plus de moyens de guerre, l’amélioration des infrastructures et du soutient à tout cela ».

Pourtant la plus choquante des déclarations de Carter est la suivante :

« Quand tout cela se combinera aux forces des Etats Unis déjà déployées en Europe –très importantes elles aussi– nous serons en position de créer rapidement, d’ici 2017, une force terrestre d’armes combinées particulièrement exercée et qui sera en mesure de répliquer si ceci s’avère nécessaire dans le cadre de ce théâtre d’opérations ».

Si à tout cela on ajoute le nouveau dogme de l’OTAN qui consiste en la dénationalisation des forces armées des pays membres, la menace d’un conflit guerrier au sein de la scène européenne ayant comme prétexte la Russie est plus qu’évidente. Le dogme de la dénationalisation ne concerne pas la transformation de tout ou partie des troupes en mercenaires mais leur intégration en une structure unique de gestion et d’entreprises sous administration de l’OTAN.

Nombre de pays ont déjà remis la garde de leurs frontières –ce que l’OTAN appelle officiellement « surveillance policière »– et de leur espace aérien aux forces de l’OTAN. La totalité ou presque des infrastructures militaires, surtout de celles qui sont à la frontière de la Russie, ont déjà été livrées à l’OTAN dans le but de faciliter le développement de ses propres forces. Tel est le cas aussi en Pologne, en Finlande, en Roumanie et aux Pays Baltes. Récemment la Bulgarie a aussi livré son espace aérien à la « surveillance policière » de l’OTAN.

D’ici 2017, les Etats Unis non seulement auront quadruplé leurs forces en Europe (continent entièrement sous leur contrôle) mais chacun de ses alliés aura livré la totalité de son territoire au Quartier Général de l’Alliance et de ses membres pour leurs opérations. Et, bien entendu, les forces armées des pays européens ne seront plus sous les ordres politiques ou militaires nationaux, même pas pour sauver les apparences.

Voici comment est en train de se construire aujourd’hui en territoire européen la plus grande force d’agression militaire jamais vue. Une force américano-européenne qui fonctionnera sous les ordres d’un seul centre : le Quartier Général de l’OTAN.

Et tout cela d’ici la fin 2017. Dans l’hypothèse où les Etats Unis et l’OTAN planifireaient une invasion en Russie, que feraient-ils ? Pas plus de ce qu’ils sont en train de faire actuellement.

Ceci ne veut pas dire que nous serons de nouveau face à une invasion comme celle d’Hitler en ex Union Soviétique. Les méthodes ne seront plus les mêmes. Ce qui était envisagé comme invasion militaire lors de la 2e guerre mondiale aujourd’hui peut très bien se dénommer –et a déjà été dénommé– « intervention humanitaire ».

La création de foyers aux portes de la Russie, comme dans le cas de l’Ukraine, ou même dans son intérieur est une très bonne méthode d’invasion « humanitaire » ou « pacifiste » de l’OTAN. A condition qu’il y ait les crises socio-politiques adéquates.

Et pourquoi devrait-on se préparer à une invasion ? Pour des raisons pas uniquement géostratégiques mais aussi économiques. La Russie, ainsi que la Chine, constituent aujourd’hui des obstacles à la dynamique des marchés des capitaux mondiaux. Ce sont des économies encore protégées, dans une ère où le capital financier exige l’effondrement de toutes les frontières, de toute sorte de protectionnisme, pour qu’il puisse envahir tous les recoins de la planète sans aucune limite, au gré des montées et des descentes du paroxysme spéculatif des marchés.

Alors que l’économie mondiale continue son effondrement, au moment même où le capital virtuel des bourses et des marchés explose à la recherche de nouvelles opportunités de maximalisation des profits, la nécessité d’une guerre devient de plus en plus urgente. Non seulement sous la forme de conflits et d’interventions périphériques, comme c’était le cas jusqu’à présent, mais même sous la forme d’une nouvelle grande guerre européenne.

Voici à quoi nous préparent les Etats Unis et l’OTAN.

Pour la traduction en français : Christina Komi

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Le piège tendu par Poutine en retirant le contingent russe de Syrie

22 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #l'Allemagne, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #Daesch, #Terrorisme

Le piège tendu par Poutine en retirant le contingent russe de Syrie

Le piège tendu par Poutine en retirant le contingent russe de Syrie

Les médias occidentaux basés sur une rhétorique russophobe, ont été pris au dépourvu par la décision de Poutine, essuyant un cuisant échec quant à leurs prévisions de propagande liées à la Syrie. Ce n’est plus un secret que la guerre en Syrie a été déclenchée par des mercenaires islamistes provenant de l’extérieur, armés et payés par les Etats-Unis, l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie et d’autres pays afin de renverser Bachar Al-Assad. Habilement, par la Conférence sur la sécurité à Munich, Sergei Lavrov ministre des Affaires étrangères de la Russie, a forcé la main au secrétaire d’Etat américain John Kerry, pour obtenir un arrêt des hostilités en Syrie qui est entré en vigueur le 27 Février 2015. Les termes de cet accord pouvaient laisser prévoir, du point de vue américain, que les Russes resteraient encore en Syrie.
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Les Russes ont montré qu’ils ont appris des expériences américaines ratées en Irak et en Afghanistan. Ils ont compris qu’ils ne peuvent pas miser que sur une réponse militaire, et qu’ils doivent apporter en Syrie une réponse intelligente, en utilisant habilement la crème de la diplomatie russe, reconnue comme la plus efficace dans le monde. Vladimir Poutine est un leader dont les actions sont imprévisibles par les adversaires, ayant plusieurs atouts dans sa manche avec lesquels il peut surprendre tout le monde. Comme pour un jeu d’échecs, Poutine intensifie le niveau du jeu par le retrait partiel du contingent russe en Syrie, exposant à nouveau intentionnellement Bachar Al-Assad comme appât pour dévoiler les intentions de la Maison Blanche et ses vassaux.

Dans ce contexte, Washington a deux options :

La première est de rallier inconditionnellement la position de la Russie pour une solution pacifique en Syrie, négociée avec les parties engagées dans le conflit, à l’exception des groupes terroristes. Ensuite, suivrait la reconstruction de la Syrie. Les négociations s’annoncent difficiles, parce que la Maison Blanche, par la voix de la soi-disant «opposition syrienne» continue à vouloir écarter Assad du pouvoir, avant de commencer une transition vers un nouveau format politique en Syrie. Un autre obstacle à une solution pacifique en Syrie est, en plus de ce qui précède, lié aux intentions contradictoires des réseaux occidentaux, depuis les événements en Ukraine. La Russie accuse les Etats-Unis de saboter toute tentative pour parvenir à la paix en Syrie, après des discussions confidentielles entre les deux partis aboutissant à des déclarations à la presse de responsables américains qui, aussitôt après que les accords aient été approuvés par les présidents Américain et Russe, s’empressent de le remettre en cause. Le retrait a été ordonné par Poutine le 15 Mars, 2016, le jour même du début des pourparlers de paix à Genève, comme un signal que ceux qui ne suivent pas la voie proposée par la Russie pour que les négociations aboutissent, se discréditeront aux yeux de l’opinion publique.

La deuxième option pour Washington serait catastrophique. Il donnerait l’ordre aux groupes islamistes subordonnés de rompre la trêve et de commencer une offensive à grande échelle contre l’armée arabe syrienne. Jusqu’à l’arrivée du contingent russe en Syrie, le principal avantage des groupes islamistes consistait en un labyrinthe de centaines de kilomètres de galeries, de tunnels, d’abris et de bunkers, creusé pendant cinq ans par les moyens souterrains livrés par les Occidentaux. Ce labyrinthe ne pouvait pas être détecté et détruit par l’armée arabe syrienne à partir de la surface. Ce réseau de tunnels a permis aux islamistes de stocker des armes lourdes, de la nourriture, du carburant, des munitions, des capacités de production de munitions et d’aller derrière les troupes syriennes, les surprendre et causer d’innombrables pertes.

En déployant des bombardiers russes en Syrie, le président Poutine a montré que Moscou est un allié fiable, contrairement à Washington qui a trahi d’anciens partenaires, comme Hosni Moubarak, président de l’Egypte. Durant les cinq mois d’activité en Syrie, les capteurs des satellites militaires et des avions de reconnaissance russes ont localisé la quasi-totalité des réseaux de tunnels et de galeries, qui ont été neutralisés par des avions de bombardiers russes. Les bombardements russes ont également pris pour cibles le parc des véhicules et les principaux centres de commandement et de communication des rebelles dits «modérés» comme le Front Al Nusrat, ce qui a eu pour résultat une incapacité à exécuter des manœuvres, d’organiser leur approvisionnement, de se coordonner et communiquer entre eux [1].

Sur les 40 avions de combat, les deux premiers jours, la Russie en a retiré 20 de la Syrie. Il est possible qu’il ne reste en Syrie que 4 bombardiers Su-25 SM et 4 bombardiers Su-24 M2. Entre temps, 21 bombardiers Su-24 MK de l’armée arabe syrienne avaient été re-motorisés et portés à la norme des Su-24 M2 dans l’usine d’avion N° 514 ARZ de Rzhev. Les avions syriens Su-24 M2 sont équipés de systèmes intégrés de navigation et de guidage d’armes de précision (PNS-M), comme ceux des Russes qui ont opéré à la base aérienne de Hmeymim. En Syrie, au lieu d’avoir 30 bombardiers russes en action, il y a désormais 29 bombardiers russes et syriens [2]. Si nécessaire, la Russie a montré qu’elle peut lancer avec succès en Syrie des missiles de croisière (portée 1500-2500 km) à partir de ses navires de la mer Caspienne et de ses bombardiers à grand rayon d’action décollant des aérodromes Russie.

Les groupes islamistes tels que le Front Al-Nusra sont si faibles qu’ils sont en dessous du niveau à partir duquel il serait encore possible de les remettre à flot pour poser de sérieux problèmes à l’armée arabe syrienne. Ils représentent la variante « ayant échoué » des plans américains visant au retrait du pouvoir de Bachar Al-Assad. Peu importe la façon dont elle investira sur eux, la Maison Blanche ne réussira qu’à prolo

Le seul groupe islamiste en Syrie, qui dispose d’une infrastructure solide et peut être approvisionné avec des armes modernes pour se battre d’égal à égal avec l’armée arabe syrienne, est l’État islamique. La Maison Blanche pourrait ordonner au Pentagone d’armer secrètement l’État islamique pour modifier l’équilibre des forces au détriment de l’armée arabe syrienne.nger les atrocités commises par ses mercenaires islamistes, mais n’obtiendra jamais de victoire contre l’armée arabe syrienne. Donc, pour les rebelles américains «modérés» le chapitre semble fermé.

Seulement, les États-Unis ont créé une coalition de 34 États contre l’État islamique, qui bombardent avec 180 avions de combat depuis presque deux ans les objectifs de ce groupe en Irak et en Syrie. Jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons pas encore de vision claire des lignes directrices suivies par les États-Unis en Syrie, ni ne savons à quelle stratégie obéissent ses actions et pour quels résultats. Mais la Russie a conservé en Syrie un mécanisme de contrôle du respect de la trêve basé sur le complexe C4I, les systèmes S-400, plusieurs dizaines d’avions de reconnaissance sans pilote et une interface d’information fournie par le réseau de satellites de surveillance russes. Ce mécanisme est capable de détecter les livraisons d’armes à l’Etat islamique. Il reste à voir quelle explication donneront les néocons de Washington (en particulier la candidate à la présidentielle Hillary Clinton) quand le monde sera convaincu que l’Etat islamique, est en réalité leur création, et qu’ils les utilisent cyniquement pour satisfaire leurs propres intérêts, dans un contexte où, le 14 Mars 2016, le Congrès a voté (392 pour et 3 contre) une résolution similaire à celle du Parlement européen, selon laquelle l’État islamique est répertorié comme auteur de génocide en Syrie et en Irak [3].

Valentin Vasilescu

Traduction: Avic – Réseau International

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[1]. Le pari de Poutine en retirant les troupes russes de Syrie (http://reseauinternational.net/le-pari-de-poutine-en-retirant-les-troupes-russes-de-la-syrie/).

[2]. Syria’s recently upgraded Su-24s (http://spioenkop.blogspot.ro/2014/01/syria-and-her-recently-upgraded-su-24s-2.html ).

[3]. La Chambre US des représentants accuse Daesh de « génocide » ( http://www.voltairenet.org/article190764.html ).

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LE TERRORISME SERT TOUJOURS L'ORDRE ÉTABLI, LORSQU'IL NE COMMANDE PAS LE TERRORISME, IL LE RÉCUPÈRE.

22 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le capitalisme;, #Les transnationales, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Terrorisme, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Turquie

LE TERRORISME SERT TOUJOURS L'ORDRE ÉTABLI, LORSQU'IL NE COMMANDE PAS LE TERRORISME, IL LE RÉCUPÈRE. Par Mathias Masclet

"LE FRONT AL NOSRA FAIT DU BON BOULOT"
Laurent Fabius, après avoir demandé la levée de l'embargo de la vente d'armes aux terroristes en Syrie, arme fait l'apologie du terrorisme... mais les terroristes ne font pas que du bon boulot en Syrie, était-ce du bon boulot à Paris ? Et à Bruxelles, Monsieur Fabius, le boulot était-il pas mal ?

LE TERRORISME SERT TOUJOURS L'ORDRE ÉTABLI, LORSQU'IL NE COMMANDE PAS LE TERRORISME, IL LE RÉCUPÈRE.

Édito de Christophe Barbier du 22.03.2016 :

Voila, il n'a pas fallut attendre bien longtemps pour que la récupération obscène ait lieu :
"DAESH a bien compris que, dans son combat de civilisation, nous faire tomber, faire tomber l'occident, cela passait par faire tomber l'Europe [...] et il veulent absolument nous amener à la dislocation politique de notre union."
Christophe Barbier n'est pas seulement un chien de garde de l'ordre établi, il en est souvent le plus zélé. Il travaille parfaitement consciemment à mettre dans la tête de la population française, que l'ennemi de mon ennemi est mon ami. On a donc le choix entre DAESH ou l'UE, c'est ou l'un, ou l'autre.

Vouloir, comme l'UPR, "disloquer l'Europe", ce serait faciliter DAESH.

Ces propos sont abjectes, mais ils se rapprochent dangereusement de la criminalité, peut-être pas en termes juridiques, mais en termes moraux. Cet amalgame honteux n'est pas pardonnable, Christophe Barbier parle-t-il chaque jour des migrants portugais qui fuient leur pays réduit à la misère par l'UE ? De ces Grecs qui meurent de faim pendant que les grandes banques se gavent des intérêts des dettes nationales et continuent de piller les nations ?
Mais allons plus loin, puisque ce laquais du système ne se sent plus, répondons-lui, de façon musclée, sur le fond. L'occident est menacé ? pourtant il a financé nombre de mouvements terroristes, à commencer par les Moudjahidines en Afghanistan, financés par les États-Unis et l'Arabie Saoudite. Puis Al Qaida, Al Nosra, Boko Haram, enfin DAECH... Pourquoi Christophe Barbier n'en parle-t-il pas ? Bruxelles ne semblait pas tellement embarrassé du finacement et de l'armement du terrorisme...

L'EMPIRE USE DU TERRORISME, LA CHOSE EST CENT FOIS PROUVÉE.

Les sources sont pourtant là, le 16 novembre, j'avais posté ce texte qui étoffe les preuves de l'implication de "l'occident" dans le terrorisme :

16 novembre 2015 :
Certains diraient qu'en cette période de deuil, mon action est déplacée. Pourtant, quelle justice faisons-nous aux victimes en nous taisant, encore, encore, encore...
« Le front al-Nosra [branche d’Al-Qaida] fait du bon boulot [en Syrie]. C’est difficile de les désavouer. »
Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères, décembre 2012.
Quand va-t-il enfin démissionner ?
Voici quelques citations qui peuvent nous faire réfléchir sur les causes des violences qui éclatent en France mais qui sèment la mort à une bien plus grande échèle dans le Golfe Persique, en Afrique et au Moyen-Orient.
Ces vérités sont tues en France, et les violences sont utilisées par les mêmes qui arment, financent, soutiennent les terroristes. Mon respect envers les victimes, je l'exprime par la vérité, non par le silence qui pèse depuis trop longtemps sur notre peuple.
« Nous, Etats-Unis, avons créé Al-Qaida. »

Hillary Clinton (2012),

« Le front al-Nosra [branche d’Al-Qaida] fait du bon boulot [en Syrie]. C’est difficile de les désavouer. »
Laurent Fabius, Ministre des Affaires étrangères, décembre 2012
« L’Occident, les pays du Golfe et la Turquie soutiennent l’opposition et la possibilité d’établir un émirat salafiste officiel ou pas, dans l’Est de la Syrie et c’est exactement ce que veulent les forces qui soutiennent l’opposition, afin d’isoler le régime syrien »
Defense Intelligence Agency (2012), extrait d’un document déclassifié le 18 mai 2015,
« Souvenons-nous que les gens que nous combattons aujourd'hui, nous les avons créé il y a 20 ans parce que nous ne voulions pas que les Soviétiques contrôle l’Asie centrale. En partenariat avec les militaires pakistanais nous avons recruté des moudjahidines, des gens venus d’Arabie Saoudite importer leur mouvement wahhabite. »
Hillary Clinton (2009)
« Il n'y a pas de pays musulman plus intégriste que l'Arabie Saoudite et pourtant c'est à la fois un ami et un pays important pour les Etats-Unis. Nous ne devons nous opposer à l'intégrisme que dans la mesure exacte où nos intérêts nationaux l'exigent. »
James Baker(1996), ex ministre US des Affaires étrangères
« Quel est le docteur Frankenstein qui a créé ce monstre [l’Etat islamique] ? Affirmons-le clairement, parce que cela a des conséquences : ce sont les États-Unis. Par intérêt politique à court terme, d’autres acteurs – dont certains s’affichent en amis de l’Occident – d’autres acteurs donc, par complaisance ou par volonté délibérée, ont contribué à cette construction et à son renforcement. Mais les premiers responsables sont les États-Unis. Ce mouvement, à la très forte capacité d’attraction et de diffusion de violence, est en expansion. Il est puissant, même s’il est marqué de profondes vulnérabilités. Il est puissant mais il sera détruit. C’est sûr. Il n’a pas d’autre vocation que de disparaître. »
Vincent Desportes, Général de division, professeur associé à Sciences Po Paris, audition
le 17 décembre 2014 en vue du débat en séance publique sur la prolongation
de l’opération Chammal en Irak, en application de l’article 35 de la Constitution.
« Dans les années 1980, il est certain que l’Agence [la CIA] espérait répandre le fondamentalisme islamique en Ouzbékistan, cet objectif étant partagé par les renseignements pakistanais et saoudiens ; la CIA a même « engagé un exilé ouzbek vivant en Allemagne afin de produire des traductions du Coran en langue ouzbèke », qui devaient être distribuées à des factions islamistes. »
Peter Dale Scott, l’Etat profond américain (2015), p.112
« En 1998, le Président Clinton décida de soutenir l’Armée de libération du Kosovo (UCK), qui était appuyée par al-Qaïda. Cette politique fut mise en œuvre alors qu’ « en 1998, le Département d’Etat avait listé l’UCK comme une organisation terroriste internationale, l’accusant d’avoir financé ses opérations avec les revenus du trafic globale d’héroïne et des prêts accordés par des terroristes notoires, comme Oussama Ben Laden ». Il s’agit d’un autre exemple de cette volonté gouvernementale d’utiliser des forces de soutien liées à al-Qaïda pour remplir des objectifs géostratégiques. »
Peter Dale Scott, l’Etat profond américain (2015), p.124
« Les allégations de Kadhafi affirmant qu’il luttait contre l’extrémisme islamique, y compris al-Qaïda, à Benghazi, ont été rejetées comme farfelues par l’Occident. Pourtant, le 15 avril 1998, la Libye, avait été le premier gouvernement à dénoncer Oussama ben Laden à Interpol pour l’assassinat d’un grand expert allemand de l’extrémisme islamique, Silvan Becker, ainsi que son épouse Vera à Syrte en 1994. Kadhafi était toujours dans une lutte à la vie ou à la mort contre les extrémistes islamiques pour l’avenir de la Libye et de l’Afrique. Sa plainte à Interpol fut ignorée. Dans ce cas comme tant d’autres, les puissances occidentales se sont trouvées plus ou moins de facto du côté des extrémistes islamiques. »
Diana Johnstone, Hillary Clinton : la reine du chaos (2015)
« Il est assurément justifié de dire que l’Occident civilisé préfère avoir affaire à un califat médiéval intolérant imbibé de wahhabisme qu’à un dictateur arabe séculaire qui refuse de se prosterner devant l’autel du néolibéralisme occidental. »
Pepe Escobar, Sputnik news, 26 mai 2015
« C’est principalement sur la méthode que les Frères musulmans et les jihadistes ne sont pas d’accord. Sinon, ils poursuivent le même objectif. Leur principal ennemi, ce sont les Etats nationalistes et laïcs du monde arabe [que nous avons participé à détruire]. Cet ennemi passa avant même les puissances impérialistes. Si bien que pour combattre les premiers, ils n’hésitent pas à s’allier aux seconds. »
Mohamed Hassan, Jihad made in USA (2014)
« L'Irak, qui n'avait auparavant aucun lien avec le terrorisme, est devenu un havre pour les terroristes, subissant son premier attentat suicide depuis le XIIIème siècle. »
Jessica Stern (2014), enseignante à Harvard et spécialiste du terrorisme
« Souvenez-vous de Khalid al Hamad, ce rebelle qui avait porté le cœur d'une de ses victimes à la bouche en déclarant : "O héros de Bab Amr, vous massacrez les alaouites et vous sortez leurs cœurs pour les manger !". La vidéo du cannibale a fait scandale. Mais Khalid al Hamad était-il membre du Front Al-Nosra, de l'Etat islamique ou de quelque autre groupe "extrémiste" ? Non, c'était le chef de la brigade al Farouk affiliée à l'ASL [opposants au régime syriens, censés être des modérés, soutenus par les occidentaux et les monarchies du golfe]. »
Mohamed Hassan, Jihad made in USA (2014)
« Un soutien aux Islamistes : Le minuscule mais richissime Emirat du Golfe – dont l’armée est équipée à 75% par la France – a financé à hauteur de plusieurs dizaines de millions de dollars l’instruction de rebelles [en Syrie], souvent peu expérimentés. En sous-main, la Qatar a également livré plus de 20.000 tonnes d’armes aux insurgés, notamment des missiles antichars. Un soutient qui a reçu l’aval des Etats-Unis et des principaux pays occidentaux dont la France.»
Le Figaro, (21 octobre 2011) cité par Michel Collon, Je suis ou je ne suis pas Charlie ? (2015)
« La télévision pour laquelle je travaillais, Al-Lazeera, propriété du Qatar, a refusé de diffuser les images de combattants armés luttant contre le régime syrien sur les frontières entre le Liban et la Syrie. J’ai vu des dizaines de bandits armés traversant la frontière en mai 2011 ; la preuve évidente que la révolution devenait militarisée. Cela ne collait pas avec le récit requis d’un soulèvement propre et pacifique, c’est pourquoi mes supérieurs me demandèrent d’oublier les combattants armés. »
Ali Hasem, ancien journaliste du Qatar, cité par Mohamed Hassan, Jihad made in USA (2014)
« HBJ [Hamad ben Jassem Al-Thani, Premier ministre du Qatar et ministre des affaires étrangères jusqu’en juin 2013] a transformé Doha en station de repos pour la plupart des extrémistes du globe. La seule condition d'admission est d'être islamiste. Outre un bureau de représentation des Talibans, on trouve le Front islamique du salut algérien, plusieurs branches de fous de Dieu Tchétchènes, des Syriens intégristes, et la liste de ces avatars est sans limite. Vladimir Poutine est le seul à mal digérer cet œcuménisme. Enragé de savoir que l'ancien président tchétchène, le terroriste islamiste Zelimkan Iandarbiev, a ouvert une antenne à Doha, le patron du Kremlin envoie une équipe du FSB, le successeur du KGB, pour lui régler son compte [le 13 février 2004]. A l'heure du repas, une explosion met fin à la vie de ce saint homme. La fumée de la dynamite dissipée, deux agents de Poutine sont rattrapés par une patrouille : à Doha la police est rapide, elle roule en Porsche ou en Lamborghini. Quelques temps plus tard, imprudent, HBJ laisse partir pour Moscou une équipe sportive qui doit représenter le Qatar. Bien informé, Poutine lui-même téléphone à HBJ : "Si vous voulez retrouver votre équipe au complet, relâchez nos deux Russes !" Et Doha a docilement laissé filer les exécuteurs du Tchétchène. »
Le vilain petit Qatar, N. Beau et J-M Bourget (2013)
« Un ancien agent de la CIA, Bruce Riedel, a révélé que le principal financier saoudien du terrorisme en Afghanistan et en Bosnie était… Salman bin Abdulaziz Al Saud, qui est monté sur le trône en janvier 2015 avec le soutien et les félicitations d’Obama, de Hollande et de tous les dirigeants occidentaux. »
Michel Collon, Je suis ou je ne suis pas Charlie (2015)
« La seule distinction valable pour les Etats-Unis consiste à différencier les terroristes qui travaillent pour eux et ceux qui poursuivent leurs propres intérêts. Washington n'a pas de problème avec les combattant qui égorgent des enfants, arrachent le cœur de leurs victimes ou jouent au foot avec la tête de leurs ennemis. Pour autant que ces combattants se limitent à combattre l'armée syrienne sans contrarier les intérêts US. »
Mohamed Hassan, Jihad made in USA (2014)
« George Bush a lancé la guerre « contre » le terrorisme en 2001. Elle est menée avec la coopération de l’Arabie saoudite, du Qatar et du Pakistan. Or, les élites de ces trois pays ont été les principaux soutiens financiers et politiques des réseaux jihadistes que les Etats-Unis sont censés avoir combattus jusqu’à présent. Dans le même temps, les plus farouches opposants à ces terroristes sunnites – les gouvernements d’Irak, de Libye, de Syrie et d’Iran – ont été renversés (Irak, Libye), déstabilisés avec l’appui des Etats-Unis et de la France (Syrie) ou sanctionnés et menacés en tant qu’élément de l’ « Axe du Mal » (Iran). Selon des estimations crédibles, cette guerre « contre » le terrorisme aurait engendré au moins 1,3 million de morts en Afghanistan, en Irak et au Pakistan depuis 2001. »
Peter Dale Scott, l’Etat profond américain (2015)
« Ni le président des USA, Barack Obama, ni les 22 pays vassaux armés jusqu’aux dents faisant théoriquement partie de sa coalition de volontaires n’ont envoyé le moindre drone équipé de missiles Hellfire contre les brutes frappées de noir du faux califat [DAESH]. »
Pepe Escobar, Sputnik news, 26 mai 2015
« Les Américains ont pu détecter de l’eau sur Mars, mais ils ne parviennent pas à repérer les installations de l’Etat islamique. »
Vladimir Poutine, octobre 2015
« Israël ouvre ses frontières à des djihadistes d’Al-Qaïda et du Front Al-Nosra engagés dans la guerre civile en Syrie afin de les soigner, a assuré le Wall Street Journal cette semaine [le 12 mars 2015]. »
A. Yadlin, i24news.tv, mars 2015
« Les forces anti-terrorisme irakiennes ont arrêté en juillet 2015 quatre conseillers militaires étrangers provenant des Etats Unis et d’Israël qui étaient en train d’aider l’Etat Islamique, selon l’Agence de presse iranienne Tasnim. »
http://sputniknews.com/middleeast/20150307/1019201301.html
« La chaîne internationale allemande Deutsche Welle a publié la première vidéo réalisée par un média occidental montrant qu’EI [Etat islamique ou DAESH] n’est pas alimenté par le marché noir du pétrole ou par les rançons contre les otages, mais par des fournitures valant des milliards de dollars, acheminées en Syrie par la frontière de ce pays membre de l’Otan qu’est la Turquie, grâce à des convois de plusieurs centaines de camions par jour.»
Toni Cartalucci, 9 juin 2015, relayé par lesakerfrancophone.net
« La lutte contre le terrorisme génère des millions d’emplois dans les industries d’armement, de communication, etc. le terrorisme est nécessaire à l’évolution du système capitaliste, qui se reconfigure en permanence en gérant la crise. Daesh n’est donc par éradiqué mais entretenu. »
Richard Labévière (2015)
« Le terrorisme international n’existe pas. Ce que nous voyons n’est qu’un terrorisme instrumentalisé par les grandes puissances et qui n’existerait pas sans elles.»
Général Leonid IVASHOV (2001), ancien chef d’état-major des armées russes
« Au Moyen-Orient, avec la division systématique organisée, les Etats-Unis ont réussi à enterrer les tentatives des nations arabes de s’unir pour être plus indépendantes, mieux négocier le prix du baril, échapper au dollar-roi, utiliser l’argent du pétrole à leur avantage, tenir tête à Israël. Oublié tout ça ! A présent au Moyen-Orient, c’est tous contre tous, les peuples paient et les émirs sabrent le champagne. »
Jihad made in USA, Gregoire Lalieu et Mohammed Hassan (2014)
« Les trois plus grand remparts à l’islamisme wahhabite ou takfiriste au Moyen-Orient et en Afrique sont, avec l’Iran, les trois chefs d’Etats que nous, la France, ou nos alliés avons contribué à destituer ou à tenter de le faire : Mouammar Kadhafi, Saddam Hussein et Bachar el Assad. Tandis que les deux plus grands financiers de l’islamisme dans la région, L’Arabie saoudite et le Qatar sont nos alliés. Et n’oublions pas le rôle de docteur Frankenstein de l’Empire US auquel nous sommes inféodés, ni la stratégie du chaos suivie au Moyen-Orient par les tenants du grand Israël, cet état qu’il est aujourd’hui officiellement interdit de critiquer sous peine d’antisémitisme. Mais tant que les Français dorment, bercés par nos médias… qui, comme le disait Malcom X, arrivent à vous faire détester les gens opprimés et aimer ceux qui les oppriment. »
Lectures au peuple de France, facebook (2015)
N'y a t-il pas quelques questions à se poser ? Ne serait-ce que par respect pour les victimes, qu'elles soient Française, Afghanes, Syriennes...

DOIT-ON EN ÉCRIRE 300 PAGES OU CELA SUFFIT ?

Monsieur Christophe Barbier, vous récolterez certainement, un jour, la haine que vous semez, vous et vos maitres qui imposent une ploutocratie par la manipulation constante et terrorisante des populations. Si la France se libère, vous feriez peut-être mieux de rejoindre Washington, car plus personne ne voudra de vous en France ; et c'est un euphémisme.

L'UPR demande qu'on remonte aux commanditaires ultimes, n'aurait-on pas quelques surprises ?

Mathias MASCLET

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Charlie, USA, Daesh : les 7 médiamensonges.

22 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #Daesch, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie

Charlie, USA, Daesh : les 7 médiamensonges.

C'est dans un souci de rétablir le dialogue entre les "Charlie" et les "pas Charlie" que Michel Collon met en lumière les relations entre les Etats-Unis et le terrorisme.

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Les derniers jours de Tomas Young, par Chris Hedges.

22 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La guerre, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

Je suis retombé sur cette poignante histoire.

C’est ça la guerre…

Source : truthdig, le 16/11/2014, Par Chris Hedges

Posté le 16 novembre 2014

 
Tomas Young lit « Un Message d’un ancien combattant mourant, » sa lettre à George W. Bush et Dick Cheney qui a été d’abord publiée sur Truthdig, dans cette copie d’écran de « Démocratie maintenant ! » Avec lui, sa femme, Claudia Cuellar.

En Irak en avril 2004 quand Tomas Young et une vingtaine d’autres soldats américains, voyageant à l’arrière d’un camion de l’armée, ont été pris en embuscade, il a reçu un coup de feu qui l’a laissé paralysé à partir de la taille. Il est mort de ses blessures le 10 novembre 2014, âgé de 34 ans. Ses derniers mois ont été marqués par sa lutte désespérée contre la douleur terrifiante qui a rongé son corps brisé et par la froide indifférence d’un gouvernement qui l’a considéré comme faisant partie de la chair à canon jetable nécessaire à la guerre.

Young a écrit une poignante lettre ouverte à Bush et Cheney au moment du 10e anniversaire du début de la guerre d’Irak. Il savait qu’eux, et d’autres stupides partisans de la guerre, étaient responsables de sa paralysie et de sa mort imminente.

Young, qui n’était en Irak que depuis cinq jours lors de l’attaque de 2004, a été touché par deux balles. L’une l’a frappé au genou et l’autre a coupé sa moelle épinière. Il était déjà cloué au lit quand je lui ai rendu visite en mars 2013 à Kansas City. Il ne pouvait pas s’alimenter lui-même. Il prenait environ 30 pilules par jour. Son corps en partie paralysé avait subi un deuxième choc en mars 2008 lorsqu’un caillot sanguin s’est formé dans son bras droit (qui portait un tatouage coloré d’un personnage de Maurice Sendak “Where the Wild Things Are” [Max et les Maximonstres, NdT]). Il a été emmené à l’hôpital des Anciens Combattants à Kansas City, Missouri, où on lui a donné de la Coumadine, un anticoagulant, puis on l’a laissé sortir. Un mois plus tard l’hôpital lui a supprimé la Coumadine. Le caillot a migré vers un de ses poumons. Il a subi une embolie pulmonaire massive et est entré dans le coma. Quand il s’est réveillé à l’hôpital son langage était inarticulé. Il avait perdu presque toute la mobilité de la partie supérieure de son corps et la mémoire à court terme. Il a commencé à sentir une douleur épouvantable à l’abdomen. Une opération chirurgicale lui a enlevé son colon, afin d’atténuer la douleur abdominale. Il a été appareillé d’un sac de colostomie. La douleur a disparu quelques jours et est ensuite revenue. Il ne pouvait pas garder la plupart des aliments, même sous forme de purée. Les médecins ont dilaté son estomac. Il ne pourrait manger que de la soupe et des flocons d’avoine. Et ensuite il a continué avec un tube d’alimentation.

Young s’est accroché tant qu’il pouvait. Maintenant il est parti. Il a compris ce que les maîtres de guerre lui avaient fait, comment il avait été utilisé et transformé en déchet humain. Il a été un des premiers anciens combattants à protester contre la guerre d’Irak. En projetant de se tuer en coupant son tube d’alimentation, il a écrit une poignante lettre ouverte, « La Dernière Lettre » à George W. Bush et Dick Cheney en mars 2013 au moment du 10e anniversaire du début de l’invasion de l’Irak par les États-Unis. Il savait que Bush et Cheney, ainsi que d’autres stupides va-t-en-guerre, y compris mon ancien employeur le New York Times, étaient responsables de sa paralysie et de son proche décès. Après la publication de la lettre, Young a changé d’avis à propos du suicide, déclarant vouloir avoir plus de temps avec sa femme, Claudia Cuellar, qui a consacré sa vie à prendre soin de lui. Young et Cuellar savaient qu’il n’en avait pas pour longtemps. Le couple se déplacerait de Kansas City à Portland, Oregon, et ensuite à Seattle, où Young est mort.

L’administration des Anciens Combattants, pendant les huit derniers mois de la vie de Young, ont réduit son traitement médicamenteux pour la douleur, l’accusant d’être devenu toxicomane. Une décision qui l’a plongé dans une atroce agonie. L’existence de Young est devenue une bataille constante avec l’Administration des Anciens Combattants. Il a souffert d’infernales « douleurs paroxystiques ». Les AC étaient indifférents. Ils ont réduit sa prescription de médicaments analgésiques de 30 jours à sept jours. Quand les pilules n’arrivaient pas, Young était comme crucifié. Cuellar, dans un échange de plusieurs courriels avec moi depuis la mort de Young, s’est rappelée avoir un jour entendu son mari au téléphone supplier un médecin des AC et finalement lui dire : « Donc vous voulez dire que c’est meilleur pour moi de vivre en souffrant que mourir à cause de médicaments analgésiques dans cet état de handicap ? » La nuit, dit-elle, il gémissait et criait.

« C’était un rapport de forces, » m’a dit Cuellar dans un des courriels. « Nous étions en train de perdre. A Portland on passait notre temps à essayer d’obtenir ce dont nous avions besoin pour être confortablement à la maison et sans souffrance. C’EST TOUT CE QUE NOUS VOULIONS, ÊTRE À LA MAISON ET SANS SOUFFRANCE, profiter de chaque moment qui nous restait. »

Le dernier mois ils se sont déplacés de Portland à Seattle. Ils seraient plus proches d’un bon service pour les blessures de moelle épinière. Washington était aussi un des États qui avaient légalisé la marijuana, dont Young faisait une grande consommation.

Quand j’ai vu Young à Kansas City l’an dernier, il m’a dit qu’il avait pensé à faire disperser ses cendres sur un carré de terrain sur lequel serait plantée de la marijuana, « mais alors j’ai eu peur que personne ne veuille la fumer. » Après qu’ils se soient déplacés vers Seattle, lui et Cuellar ont de nouveau supplié les AC pour avoir plus de médicaments analgésiques, mais l’équipe des AC a dit que Young devrait être évalué après une période de deux semaines par « une équipe spécialisée en soins palliatifs ». L’équipe de soins palliatifs ne pouvait pas le voir avant la dernière semaine de novembre. Il est mort avant.

« La semaine dernière j’ai appelé parce que la douleur horrible a réapparu pendant toute la journée, » a dit Cuellar dans un courriel. « J’utilisais de plus en plus de morphine et de Lorazepam. J’étais à court de pilules. Il avait une grande résistance à la souffrance, mais cela empirait. J’ai appelé pour signaler au médecin que cela empirait rapidement. Je n’aurais pas assez de pilules jusqu’au rendez-vous du 24. Le docteur était indifférent. Il m’a donné un cours condescendant sur les règles strictes appliquées aux stupéfiants. J’ai dit “mais mon mari souffre, qu’est-ce que je fais ?” »

Young a essayé de prendre assez de somnifères pour endormir la douleur. Mais il ne pouvait se reposer un certain temps qu’à des intervalles de quelques jours. La douleur et l’épuisement ont commencé à détruire son corps frêle. Il était déprimé. Il s’affaiblissait visiblement. Il se sentait humilié.

« Peut-être qu’endurer tout cela l’avait tant épuisé qu’il n’est jamais revenu de son dernier sommeil, » a écrit Cuellar. « Ma conclusion est qu’il est mort de douleur en s’épuisant à la combattre. Lundi matin de bonne heure, quand je pensais qu’il dormait, j’ai entendu un silence que je n’avais jamais entendu auparavant. Je ne pouvais pas entendre sa respiration. J’ai eu peur, mais je savais. La première chose que j’ai faite a été de le libérer de tous les tubes et les sacs de son corps. J’ai coupé le tube d’alimentation. J’ai enlevé les sacs Ostomy. J’ai enlevé le cathéter Foley. J’ai nettoyé son corps. J’ai joué de la musique. Nous avons fumé un dernier joint ensemble. J’ai fumé à sa place. J’ai commencé à passer des coups de téléphone. »

« Les pompes funèbres m’ont chargée d’appeler la police, » écrivit-elle. « Ils sont arrivés et ont conclu qu’il n’y avait pas de problème, mais étant donné son jeune âge ils ont dû se référer au médecin légiste. Le médecin légiste est venu. Il a tranché qu’en raison de son âge, ils devraient effectuer une autopsie. J’ai dit, « Eh ! Regardez son corps, ne pensez-vous pas qu’il a été assez mutilé ? Allez-vous profaner son corps encore plus ? » Il a donc été découpé un peu plus. »

Le bureau des Anciens Combattants l’a appelée pour demander le rapport d’autopsie.

Les derniers jours de Young, a déclaré Cuellar, étaient souvent « désespérés et humiliants ».

C’est une vieille histoire. C’est l’histoire de la guerre. Deux jours après les attaques du 11 septembre, Young s’enrôla dans l’armée, espérant il serait envoyé se battre en Afghanistan. Il a été séduit par le chauvinisme et les appels à une croisade contre le mal, qui, a-t-il finalement réalisé, étaient le masque de mensonges et de tromperie. Il est devenu une voix pour d’autres jeunes qui ont porté les cicatrices physiques et émotionnelles de la guerre. Il est devenu notre conscience. Il a exprimé une vérité sur la guerre, une vérité que beaucoup ne veulent pas entendre. Et il a condamné nos criminels de guerre et a exigé justice. Il a écrit dans sa « Dernière Lettre » à Bush et Cheney :

J’ai souffert, comme beaucoup d’autres anciens combattants handicapés, de soins inadéquats et souvent médiocres fournis par l’Administration des Anciens Combattants. Je me suis rendu compte, comme beaucoup d’autres anciens combattants handicapés, que nos blessures mentales et physiques ne sont d’aucun intérêt pour vous, peut-être d’aucun intérêt pour aucun politicien. Nous avons été utilisés. Nous avons été trahis. Et nous avons été abandonnés. Vous, M. Bush, prétendez à grand bruit être un chrétien. Mais le mensonge n’est-il pas un péché ? Le meurtre n’est-il pas un péché ? Le vol et l’ambition égoïste ne sont-ils pas des péchés ? Je ne suis pas un chrétien. Mais je crois en l’idéal chrétien. Je crois que ce que vous faites au moindre de vos frères, vous le faites finalement à vous, à votre propre âme.

Mon jour du jugement dernier approche. Le vôtre viendra. J’espère que vous passerez en jugement. Mais surtout j’espère, pour votre salut, que vous trouverez le courage moral de faire face à ce que vous m’avez fait et à beaucoup, beaucoup d’autres qui méritaient de vivre. J’espère qu’avant la fin de votre temps sur Terre, comme le mien se termine maintenant, vous trouverez la force de caractère de faire face au public américain, au monde et en particulier aux Irakiens, et demanderez pardon.

Nous devons pleurer pour Tomas Young, pour tous les hommes et toutes les femmes gravement blessés qui se dissimulent dans des pièces isolées, pour y subir leurs intimes souffrances, pour leurs familles, pour des centaines de milliers de civils morts en Irak et en Afghanistan, pour notre propre complicité dans ces guerres. Nous devons pleurer une nation qui s’est égarée, aveuglée par la psychose de guerre permanente, qui tue des êtres humains à travers le monde comme s’ils n’étaient guère plus que des insectes. C’est un gâchis. Nous partirons battus d’Irak et d’Afghanistan ; nous partirons accablés par une dépense de trillions de dollars et responsables d’amas de cadavres et de nations en ruine. Young, et là est la tragédie, a été sacrifié pour rien. Seuls les maîtres de guerre, ceux qui ont profité des fleuves de sang, se réjouissent. Et ils savent que les morts ne peuvent pas parler.

« Quelqu’un n’est-il jamais revenu des morts, un seul parmi les millions qui ont été tués, l’un d’eux n’est-il jamais revenu pour dire Dieu, que je suis heureux d’être mort car la mort est toujours meilleure que le déshonneur ? » a écrit Dalton Trumbo dans son grand roman contre la guerre, « Johnny got his gun », « ont-ils dit que je suis heureux d’être mort pour sauvegarder la démocratie mondiale ? Ont-ils dit que je préfère la mort à la perte de la liberté ? L’un d’eux n’a-t-il jamais dit que c’est bon de penser que mes boyaux ont éclaté pour l’honneur de mon pays ? L’un d’eux n’a-t-il jamais dit, regarde-moi, je suis mort mais je suis mort au nom de la dignité et ça vaut mieux qu’être vivant ? L’un d’eux n’a-t-il jamais dit me voilà, j’ai pourri pendant deux ans dans une tombe étrangère mais il est merveilleux de mourir pour sa terre natale ? L’un d’eux n’a-t-il dit, hourra, je suis mort pour les femmes et je suis heureux de voir comme je chante, bien que ma bouche soit étouffée par les vers ? »

Source : truthdig, le 16/11/2014

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Le soldat en colère

Source : counterpunch, le 17/11/2014

Le 17 novembre 2014

Par Ralph Nader

Le courageux voyage de l’ancien combattant de la Guerre d’Irak grièvement blessé, Tomas Young, a pris fin lundi dernier, presque onze ans après qu’il ait été pris en embuscade dans un camion militaire complètement exposé. Il est décédé à Seattle, affectueusement soigné par sa femme Claudia.

Tomas ne s’en est pas allé sans bruit, malgré le bas de son corps paralysé, la douleur torturante, les comas et la dépendance au personnel soignant. Il est devenu un militant pacifiste contre la guerre, envoyant des convocations et répondant à autant de demandes d’entretien que son état qui le torturait le lui permettait.

J’ai eu des renseignements sur Tomas quand sa mère, Cathy Smith, m’a appelé de l’hôpital militaire Walter Reed en 2004, où son fils était soigné. Elle a dit que Tomas aimait lire et voulait que je lui rende visite. J’ai appelé le légendaire présentateur de talk-show Phil Donahue et lui ai demandé de se joindre à moi pour apporter à Tomas une pleine caisse remplie d’une trentaine de livres. Nous avons appris qu’il s’était enrôlé dans l’armée deux jours après les attaques du 11 septembre, parce qu’il voulait aider à traduire en justice les criminels responsables de ces attaques et aussi pour se constituer quelques économies pour aller à l’université. Au lieu de cela, il a été envoyé en Irak, qui n’avait aucun rapport avec le 11 septembre ni avec aucune menace sur la sécurité nationale aux États-Unis. Selon ses propres mots, « Nous avons été utilisés. Nous avons été trahis. Et nous avons été abandonnés. »

Phil a été si touché par son histoire qu’il est resté en contact étroit avec Tomas et sa famille et l’a aidé à diffuser son histoire. Avec Ellen Spiro, Phil Donahue a produit un documentaire frappant fondé sur l’histoire de Tomas, « Body of War », en 2007. L’histoire reposait sur les atroces expériences de Tomas Young, lequel a réussi à se déplacer pour quelques projections du film afin de soutenir les soldats « s’exprimant contre cette guerre. »

Un des clips les plus mémorables de « Body of War » montrait George W. Bush plaisantant et cherchant autour de lui des armes de destruction massive (sa meurtrière invention) au dîner des correspondants de radio et de télévision en 2004.

Une autre scène mémorable, de celles qui élèvent l’esprit humain, a été l’échange personnel entre le sénateur Robert Byrd (Démocrate – Ouest Virginie) et Tomas, pendant qu’un enregistrement de Tomas et du sénateur Byrd lisant la liste des sénateurs qui annonçaient leur vote contre l’invasion de l’Irak était diffusé en arrière-plan. Le sénateur Byrd a estimé que ces législateurs étaient « les 23 immortels. »

Après avoir reçu l’appel qu’il avait redouté pendant dix ans, Phil m’a dit que le corps et l’esprit de Tomas « ont accusé tous les coups » mais qu’il s’est battu pour vivre plus d’une décennie. Phil s’était engagé dans ces dix ans de survie héroïque, en l’aidant dans sa quête pour obtenir une amélioration des services médicaux et de la réadaptation, en l’encourageant à continuer à aller de l’avant et en facilitant la voix de Tomas Young à trouver sa place dans les annales de l’histoire. Cette amitié qui s’est développée à partir d’une situation aussi désespérée est un livre en soi.

C’était à l’approche du 10e anniversaire de la guerre d’Irak que, près de mourir et hospitalisé, Tomas Young a envoyé une « Dernière Lettre » à George W. Bush et Dick Cheney. Voici certaines des paroles accablantes de cette lettre, que, bien sûr, ni les deux criminels de guerre ni leur personnel financé par le contribuable ne se sont donné la peine de même reconnaître.

“Je vous écris cette lettre pour le 10è anniversaire de la guerre en Irak au nom de mes collègues vétérans de la guerre en Irak. Je vous écris cette lettre au nom des 4 488 soldats et Marines qui sont morts en Irak. Je vous écris cette lettre au nom des centaines de milliers de vétérans qui ont été blessés et au nom de ceux dont les blessures, physiques et psychologiques, ont détruit leur vie. Je suis l’un de ces blessés graves. J’ai été paralysé dans une embuscade d’insurgés en 2004 à Sadr. Ma vie touche à sa fin. Je vis en soins palliatifs.

Je vous écris cette lettre au nom des maris et des femmes qui ont perdu leurs époux, au nom des enfants qui ont perdu un parent, au nom des pères et des mères qui ont perdu des fils et des filles et au nom de ceux qui prennent soin des milliers de mes camarades vétérans qui ont des lésions cérébrales. Je vous écris cette lettre au nom de ces vétérans dont le trauma et l’auto-répulsion pour ce qu’ils ont vu, enduré et fait en Irak ont conduit au suicide et au nom des soldats en service et des Marines qui commettent, en moyenne, un suicide par jour. Je vous écris cette lettre au nom de près des un million de morts Irakiens et au nom des innombrables blessés Irakiens. Je vous écris cette lettre au nom de nous tous – les détritus humains que votre guerre a laissés derrière elle, ceux qui passeront leur vie dans une douleur et un chagrin sans fin.

Je vous écris cette lettre, ma dernière lettre, M. Bush et M. Cheney. Je ne vous écris pas parce que je pense que vous saisissez les terribles conséquences humaines et morales de vos mensonges, de vos manipulations et de votre soif de richesse et de pouvoir. Je vous écris cette lettre parce que, avant ma propre mort, je veux qu’il soit clair que moi, et les centaines de mes camarades anciens combattants, ainsi que des millions de mes concitoyens, comme les centaines de millions d’autres en Irak et au Moyen Orient, sachent réellement qui vous êtes et ce que vous avez fait. Vous pouvez échappez à la justice mais à nos yeux vous êtes chacun coupable de crimes de guerre flagrants, de pillages et, finalement, d’assassinats, y compris l’assassinat de milliers de jeunes Américains – mes camarades vétérans – dont vous avez volé l’avenir.

Vos postes de dirigeants, vos millions de dollars de richesse personnelle, vos consultants en relations publiques, vos privilèges et votre pouvoir ne peuvent masquer la vacuité de votre caractère. Vous nous avez envoyé combattre et mourir en Irak après que vous, M. Cheney, ayez esquivé la conscription pour le Vietnam, et vous, M. Bush, vous vous soyez porté AWOL (« absent without official leave » c’est-à -dire « absent sans permission officielle », synonyme dans le langage militaire de désertion – NDT) de votre unité de la Garde Nationale. Votre lâcheté et votre égoïsme ont été démontrés il y a des années. Vous n’étiez pas prêts à risquer votre vie pour notre nation mais vous avez envoyé des centaines de milliers de jeunes hommes et de femmes se sacrifier dans une guerre insensée, sans plus de réflexion qu’il n’en faut pour sortir les poubelles.

J’ai rejoint l’armée deux jours après les attaques du 11 septembre. J’ai rejoint l’armée parce que notre pays avait été attaqué. Je voulais riposter à ceux qui avaient tué près de 3 000 de mes concitoyens. Je n’ai pas rejoint l’armée pour aller en Irak, un pays qui n’avait pas pris part aux attentats du 11 septembre 2001 et ne constituait aucune menace à ses voisins, encore moins pour les Etats-Unis. Je n’ai pas rejoint l’armée pour « libérer » les Irakiens ou pour fermer les installations mythiques d’armes de destruction massive ou pour implanter ce que vous avez appelé cyniquement la « démocratie » à Bagdad et au Moyen-Orient. Je n’ai pas rejoint l’armée pour reconstruire l’Irak, dont vous avez prétendu à l’époque qu’il pourrait être payé par les ressources pétrolières de l’Irak. Au lieu de cela, cette guerre a coûté aux Etats-Unis environ 3000 milliards de dollars. Je n’ai surtout pas rejoint l’armée pour mener à bien une guerre préventive. La guerre préventive est illégale au regard du droit international. Et en tant que soldat en Irak, je le sais maintenant, j’étais complice de votre stupidité et de vos crimes. La guerre en Irak est la plus grande erreur stratégique de l’histoire américaine. Elle a fracassé l’équilibre des forces au Moyen-Orient. Elle a installé un gouvernement pro-iranien corrompu et brutal à Bagdad, installé solidement au pouvoir par la torture des escadrons de la mort et la terreur. Et elle a laissé l’Iran comme une puissance dominante de la région. A tous points de vue – moral, stratégique, militaire et économique, l’Irak a été un échec. Et c’est vous, M. Bush et M. Cheney, qui avez commencé cette guerre. C’est vous qui devriez en payer les conséquences.

Je n’écrirais pas cette lettre si j’avais été blessé en combattant en Afghanistan contre ces forces qui ont perpétré les attentats du 11 septembre. Si j’avais été blessé là -bas, je serais quand même malheureux à cause de ma détérioration physique et de ma mort imminente, mais j’aurais au moins la consolation de savoir que mes blessures seraient la conséquence de ma propre décision à défendre le pays que j’aime. Je ne serais pas obligé de rester couché dans mon lit, le corps rempli d’analgésiques, en train de mourir et d’avoir à faire face à des centaines de milliers d’êtres humains, y compris des enfants, y compris moi-même, qui ont été sacrifiés par vous pour rien de plus que la cupidité des compagnies pétrolières, votre alliance avec les émirs du pétrole d’Arabie Saoudite et votre folle vision de l’empire.

J’ai souffert, comme beaucoup d’autres anciens combattants handicapés, des insuffisances de soins souvent ineptes fournis par l’administration des vétérans. J’ai fini par réaliser, comme beaucoup d’autres anciens combattants handicapés, que nos blessures mentales et physiques ne sont d’aucun intérêt pour vous, peut-être d’aucun intérêt pour n’importe quel politicien. Nous avons été utilisés. Nous avons été trahis. Et nous avons été abandonnés. Vous, M. Bush, feignez beaucoup d’être chrétien. Mais mentir n’est-il pas un péché ? Tuer n’est-ce pas un péché ? Le vol et l’égoïsme ne sont-ils pas un péché ? Je ne suis pas chrétien. Mais je crois dans l’idéal chrétien. Je crois que ce que vous faites au plus insignifiant de vos frères vous le faites en définitive à vous-même, à votre propre âme.

Mon jour du jugement dernier approche. Le vôtre viendra. J’espère que vous serez envoyé devant un tribunal. J’espère que, pour le salut de votre âme, vous trouverez le courage moral pour affronter ce que vous avez fait, à moi et à beaucoup, beaucoup d’autres qui méritent de vivre. J’espère qu’avant que votre vie sur terre prenne fin, comme la mienne s’achève à présent, vous trouverez la force de caractère pour vous présenter devant le public américain et devant le monde, et en particulier devant le peuple Irakien, pour implorer leur pardon.”

Dans les annales de l’histoire militaire, le courage moral est beaucoup plus rare que le courage physique, en partie à cause des sanctions durables contre les dissidents et ceux qui parlent vrai aux puissants à propos des fautes de notre propre société. Tomas Young avait un courage tant moral que physique. À l’avenir, son exemple devrait être suivi par les jeunes soldats lorsque leurs politiciens gravement déficients ordonneront de faire le sacrifice suprême pour les folies et les ambitions illégales de leurs chefs.

Source : counterpunch, le 17/11/2014

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Les derniers jours de Tomas Young, par Chris Hedges

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La guerre en Europe : des explosions à l’aéroport de Bruxelles

22 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #Terrorisme, #Daesch, #L'OTAN., #AMERIQUE, #le nazisme, #l'immigration, #La Turquie

La guerre en Europe : des explosions à l’aéroport de Bruxelles

La guerre en Europe : des explosions à l’aéroport de Bruxelles

Le 22 mars 2016

Ce matin mardi 22 mars des explosions ont eu lieu à l’aéroport de Bruxelles causant plusieurs blessés. « Il y a partout des blessés », dit un témoin. Les explosions ( deux explosions selon les témoins) auraient eu lieu dans les stations de métro de l’aéroport.+

Attaques de vastes ampleurs sur l’Europe. Les attaques revendiquées par les djihadistes sur l’Europe viennent de commencer à une vaste ampleur. En Allemagne des djihadistes avaient été vus en train de s’entraîner sur un parking d’un Edeka à 1h30 de Bruxelles.

Voici la vidéo publiée par un cyber journalist Khalid Khan, témoin de l’explosion, sur son Twitter

Dirk, bagagiste à l’aéroport, a expliqué à RTLinfo.be à 8h20: « Je suis choqué. On part en procédure d’urgence. Tout est à l’arrêt, c’est sans doute un attentat. Je n’en sais pas plus pour le moment.” Giuseppe, un voyageur présent dans l’aéroport, nous a expliqué à 8h30 qu’il était actuellement “au lounge de Brussels Airlines. Le personnel nous a demandé de ne pas quitter les lieux. Il nous a expliqué que deux bombes avaient explosé dans le hall des départs », rapporte un journal Belge.

Voici le résultat de la politique du Nouvel Ordre Mondial, des socialistes (les outils des organisations des young leaders) et des élites souhaitant une société non européenne (les Grünen et autres) ! L’Europe est aujourd’hui dans une vaste guerre de terrain où les bobos, à l’image des bobos du 16ème arrondissement de Paris, qui se mettent à interdire des logements pour SDF dans leur quartier, vont goûter les joies de leur politique que les petits citoyens connaissent au quotidien dans leurs quartiers ou que les populations de Serbie ou du Donbass connaissent dans leur indifférence !

UPD: Vers 11 heures on apprend que plus de 21 personnes sont mortes dans l’attentat de Bruxelles. Toute la ville est en situation de panique. Les services de sécurité et les services de secours seraient dépassés par les événements. La France et l’Allemagne sont en train de mettre des plans de contrôles des aéroports dans la crainte de voir une attaque globale sur l’Europe. Cette attaque sur la capitale de l’Europe est un symbole. Le coeur de l’Union européenne a été touchée.

 

 

La guerre en Europe : des explosions à l’aéroport de Bruxelles

Après les explosions à l’aéroport de Bruxelles, des explosions ont eu lieu à la station de métro Maelbeek dans le coeur du quartier des institutions européennes.

Olivier Renault

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Le capitalisme et la guerre permanente.

22 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Terrorisme, #La mondialisation, #La lutte des classes, #le nazisme

Le capitalisme et la guerre permanente.

Pour les personnes qui s'interrogent sur les événements de Bruxelles, prenez le temps de lire les 3 textes ci-dessous de 3 personnes différentes à 3 époques.

Rosa Luxemburg (1918):
« La guerre mondiale place la société devant l'alternative suivante: ou bien maintien du capitalisme avec de nouvelles guerres et un rapide effondrement dans le chaos et l'anarchie, ou bien abolition de l'exploitation capitaliste. »

George Orwell (1948):
« Jadis, les États luttaient réellement les uns contre les autres, et le victorieux pillait toujours le vaincu.
Aujourd'hui, ils ne luttent pas du tout les uns contre les autres.
La guerre est engagée par chaque État contre ses propres sujets et l’objet de la guerre n’est pas de faire ou d’empêcher des conquêtes de territoires, mais de maintenir intacte la structure de la société.
Le mot « guerre », lui-même, est devenu erroné; il serait probablement plus exact de dire qu’en devenant continue, la guerre a cessé d’exister.
La pression particulière qu’elle a exercée sur les êtres humains entre l’âge néolithique et le début du vingtième siècle a disparu et a été remplacée par quelque chose de tout à fait différent.
L’effet aurait été exactement le même si tous les États, au lieu de se battre l’un contre l’autre, s’entendaient pour vivre dans une paix perpétuelle, chacun inviolé à l’intérieur de ses frontières.
Dans ce cas, en effet, chacun serait encore un univers clos, libéré à jamais de l’influence assoupissante du danger extérieur.
Une paix permanente serait exactement comme une guerre permanente: la guerre, c’est la paix. »

Guy Debord (1988):
« Cette démocratie si parfaite fabrique elle-même son inconcevable ennemi, le terrorisme.
Elle veut, en effet, être jugée sur ses ennemis plutôt que sur ses résultats.
L’histoire du terrorisme est écrite par l’État; elle est donc éducative.
Les populations spectatrices ne peuvent certes pas tout savoir du terrorisme, mais elles peuvent toujours en savoir assez pour être persuadées que, par rapport à ce terrorisme, tout le reste devra leur sembler plutôt acceptable, en tout cas plus rationnel et plus démocratique.
Certains ne verraient dans le terrorisme rien de plus que quelques évidentes manipulations par des services secrets; d’autres estimeraient qu’au contraire il ne faut reprocher aux terroristes que leur manque total de sens historique.
L’emploi d’un peu de logique historique permettrait de conclure assez vite qu’il n’y a rien de contradictoire à considérer que des gens qui manquent de tout sens historique peuvent également être manipulés; et même encore plus facilement que d’autres.
Il est aussi plus facile d’amener à « se repentir » quelqu’un à qui l’on peut montrer que l’on savait tout, d’avance, de ce qu’il a cru faire librement.
C’est un effet inévitable des formes organisationnelles clandestines de type militaire, qu’il suffit d’infiltrer peu de gens en certains points du réseau pour en faire marcher, et tomber, beaucoup. »

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Assad va partir (mais prévoir un délai svp..)

22 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #La Turquie, #Terrorisme, #Daesch

13 mars 2016 :

assad-11

Ah les “modérés”…

Rappels

2011 :

assad-11

On notera la franchise “communauté internationale = UE + USA”

2012 :

assad-11

assad-11

assad-11

assad-11

2015 :

assad-11

assad-11

assad-11

On appréciera le démocratique “il est hors de question qu’Assad se présente aux élections” – tu m’étonnes…

Encore un “fanatique” :

assad-11

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Épilogue à propos du livre de Malbrunot :

assad-11

On comprend mieux – quelle importance a la réalité… ?

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