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Le blog de Lucien PONS

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« Soumission : désormais, les USA vont valider les lois européennes !! » L’édito de Charles SANNAT

21 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #AMERIQUE, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #le nazisme, #Terrorisme, #la liberté

« Soumission : désormais, les USA vont valider les lois européennes !! » L’édito de Charles SANNAT

« Soumission : désormais, les USA vont valider les lois européennes !! » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Soumission. Abdication. Désertion. Voilà les mots qui me viennent à l’esprit tant nous perdons nos esprits en Europe. Personne ne veut plus penser et comprendre ce que veut dire la liberté.

La liberté c’est la possibilité de choisir collectivement un destin. La liberté, par définition, ne peut se concevoir et s’exprimer que dans un cadre respectueux de la souveraineté.

Cette souveraineté peut être nationale, elle pourrait même dans l’absolu être européenne, sous réserve que l’Europe soit autre chose justement qu’un outil de propagande pour assurer, au mieux, notre soumission aux intérêts américains, intérêts qui ne sont plus depuis bien longtemps les intérêts du peuple américain mais ceux du totalitarisme marchand incarné par le “big business” et ses multinationales prédatrices aussi bien des hommes que des âmes ou des ressources.

L’Europe “contractuellement” sous tutelle américaine !

C’est le journal britannique The Independant (pour qui le nom même du journal doit encore signifier quelque chose) qui a sorti l’information en divulguant un document obtenu par le groupe d’action indépendant Corporate Europe Observatory (CEO) au cours des négociations entre l’UE et les États-Unis sur le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP).

“Ce dernier a révélé qu’une commission non élue sera mise en place : elle aura le pouvoir de décider dans quels domaines une coopération avec Washington devrait avoir lieu, en écartant ainsi les États membres de l’UE et le Parlement européen.

L’objectif principal du TTIP est d’harmoniser les règles transatlantiques dans un éventail de domaines, y compris la sécurité alimentaire et les produits de consommation, la protection de l’environnement ainsi que les services financiers et bancaires.

Ce document montre un labyrinthe de procédures qui pourraient ligoter toutes les propositions de l’UE allant à l’encontre des intérêts des États-Unis, estime le groupe d’actions.

Selon les procédures révélées par le document, les autorités réglementaires américaines auront un “rôle discutable” dans le processus législatif de Bruxelles et affaibliront ainsi le Parlement européen.
Nick Dearden, directeur du groupe d’action britannique Global Justice Now, affirme que c’est “effrayant” que les États-Unis puissent obtenir le pouvoir de contester et de modifier les règlements européens avant que les politiciens européens aient l’occasion d’en discuter”.

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Le Traité transatlantique est en réalité la mort de toute idée européenne !

Je suis atterré d’entendre le silence.

Je suis atterré de voir les “progressistes” européens “bêlant” l’Europe en permanence ne pas se rendre compte qu’un tel traité est la mort de toute idée européenne, le faire-part de décès de toute souveraineté de l’Europe ou encore la disparition du concept de Fédération des États-nations européens dans ce que beaucoup rêvaient comme les “États-Unis d’Europe”.

L’Europe affaiblie, divisée, soumise, ouverte aux quatre vents n’est plus rien. Incapable de nous rêver, de nous imaginer un destin commun, il ne reste plus qu’à démanteler ces structures avant qu’elles ne produisent leurs effets délétères car en Europe, vieux continent chargé d’histoire, lorsque les choses se passent mal, généralement elles ne finissent pas bien du tout et nous en prenons sans conteste le chemin.

Sur un tel sujet, sur un tel traité, sur de telles dispositions, nous devrions avoir de gauche à droite, en France et ailleurs, une union européenne évidente de tous les citoyens, de toutes les forces politiques et syndicales, une union de ceux qui croient en une Europe souveraine, comme de ceux qui la rejettent car dans tous les cas, un tel traité est la négation même de cette idée de souveraineté : qu’on la rêve au niveau d’une nation ou des Etats-Unis d’Europe, dans les deux cas… c’est une soumission, un abandon, une résignation.

Ce traité signera notre mise en esclavage non pas par les États-Unis, mais par les grandes entreprises qui ont su par la corruption, par l’argent et par la force médiatique prendre le contrôle de la classe politique américaine.
Vous avez sous les yeux l’avancée du totalitarisme marchand. Le problème c’est qu’il est protéiforme, transnational, qu’il n’a pas d’armée d’occupation, qu’il n’a pas de leader, il n’a pas de parti politique, et pourtant, il est un totalitarisme aussi dangereux et violent que tous les autres.

Son immense force réside dans le fait qu’il n’est pas “incarné”. Pourtant, il existe, il est un parasite logé dans des hôtes sains dont les comportements progressivement s’altèrent. Ces hôtes, qui à l’origine étaient sains, sont des organisations politiques, des ONG, des médias, ou encore évidemment des nations et des États dont la politique et les actions ne servent plus les peuples et les gens mais les intérêts financiers d’une infime minorité.

Face à un tel ennemi, sans doute le plus redoutable que nous ayons eu à affronter (parce qu’il avance masqué et à travers d’autres sous des atours séduisants), nous ne devons pas nous décourager mais sans cesse dénoncer et informer. Cette guerre contre ce totalitarisme ne se gagnera pas avec des armes mais avec des mots. Il ne pourra y avoir de victoire qu’à travers des idées que nous ne devons pas abandonner. Ces idées de liberté, de nation, de souveraineté, ou encore de démocratie, de justice et de loi ne doivent pas se faire confisquer par euthanasie de la pensée et insultes de la bien-pensance, autres outils de ce totalitarisme marchand qui doit supprimer les obstacles sur les chemins de son expansion.

Toutes celles et ceux qui pensent la liberté, la justice, la démocratie et la nation comme cadre d’expression sont évidemment autant de freins à ce totalitarisme en marche.
Ne désespérons pas, “la nuit finira”.

En attendant mes chers amis, préparez-vous, il est déjà trop tard !

Charles SANNAT

“Insolentiae” signifie “impertinence” en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com

Vous pouvez également vous abonner à ma lettre mensuelle « STRATÉGIES » qui vous permettra d’aller plus loin et dans laquelle je partage avec vous les solutions concrètes à mettre en œuvre pour vous préparer au monde d’après. Ces solutions sont articulées autour de l’approche PEL, “patrimoine, emploi, localisation”. L’idée c’est de partager avec vous les moyens et les méthodes pour mettre en place votre résilience personnelle et familiale.

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

Source The Independant, lire ici pour le croire !!

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DÉFAITE D’OBAMA : LA TOTALITÉ DES GOUVERNEMENTS SUD-AMÉRICAINS LUI DEMANDE DE RETIRER SON DÉCRET CONTRE LE VENEZUELA

20 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Amérique Latine, #Le grand banditisme, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #Terrorisme

Publié par Jean Lévy

 

 

DÉFAITE D’OBAMA : LA TOTALITÉ DES GOUVERNEMENTS SUD-AMÉRICAINS LUI DEMANDE DE RETIRER SON DÉCRET CONTRE LE VENEZUELA

Publié par Venezuela infos 

 

Cinglante défaite pour Barack Obama et nouveau pas dans l’unité et la souveraineté latino-américaines : tous les Etats membres de l’Union des Nations Sud-Américaines (Unasur), à savoir l’Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, l’Équateur, le Guyana, le Paraguay, le Pérou, le Surinam, l’Uruguay et le Venezuela se sont réunis en session extraordinaire à Quito ce samedi 14 mars 2015 pour manifester leur rejet unanime du décret pris par Washington contre le Vénézuéla le 9 mars 2015 parce qu’”il constitue une menace d’ingérence et de violation de la souveraineté et du principe de non-intervention dans les affaires intérieures d’autres États”.

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Chargé de lire la déclaration finale, le chancelier de l’Uruguay a expliqué que les douze gouvernements ont réaffirmé leur engagement “avec la pleine actualité du droit international, la solution pacifique des controverses et le principe de non-intervention” et, dans une claire allusion à la possibilité d’un blocus économique ou d’une invasion militaire, ont appelé tout gouvernement “à s’abstenir de mesures coercitives unilatérales qui violent le droit international”. Les participants à la réunion de Quito ont demandé instamment aux États-Unis d’évaluer et de mettre en pratique “des alternatives de dialogue avec le Gouvernement du Venezuela basée sur les príncipes de souveraineté des peuples« .

En outre, le porte-parole a rappelé que l’UNASUR poursuivra sa mission d’accompagnement du “plus large dialogue politique avec toutes les forces démocratiques vénézuéliennes, dans le plein respect de l’ordre constitutionnel, des droits humains et de l’État de droit”. La semaine passée la délégation de l’UNASUR s’était rendue à Caracas pour enquêter sur la tentative de coup d’État du 12 février contre le gouvernement de Nicolas Maduro, avait invité les diverses forces politiques à un réunion et s’était entretenue avec les autorités du Centre National Électoral. Au terme de ces travaux, le président de l’UNASUR, l’ex–président colombien Ernesto Samper, avait rejeté l’ ingérence extérieure et recommandé à l’opposition de jouer le jeu électoral et de renoncer à la violence.

Une position réaffirmée ce samedi par le chancelier uruguayen : “L’Unasur considère que la situation intérieure du Venezuela doit être résolue par les mécanismes prévus dans la Constitution vénézuélienne” et offre son plein appui dans le cadre de l’observation des prochaines élections législatives prévues cette année au Venezuela,  “convaincue de l’importance de maintenir l’ordre constitutionnel, la démocratie et la plus totale permanence des droits humains fondamentaux de l’Unasur”.

Pour rappel, le lundi 9 mars 2015, le gouvernement des États-Unis avait franchi un nouveau seuil dans les menaces vis-à-vis du Venezuela lorsque le président Barack Obama avait signé un ordre exécutif décrétant “l’urgence nationale aux États-Unis vu la menace extraordinaire et inhabituelle que représente le Venezuela pour notre sécurité nationale et notre politique extérieure” (sic). Ce document avait, en peu de jours, suscité une solidarité active avec le Venezuela de la part des mouvements sociaux latino-américains et de collectifs du monde entier qui ont défilé à Buenos Aires, à Brasilia, à La Paz, à Managua, à La Havane, etc.. jusqu’à Madrid : collectifs citoyens, mouvements étudiants, syndicats de travailleurs, mouvements paysans comme les Travailleurs Sans Terre du Brésil

 

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Marche de soutien au Venezuela á Buenos Aires

Marche de soutien à Buenos Aires

Marche de soutien au Vénézuéla á Brasilia

Marche de soutien à Brasilia

Le président équatorien Rafael Correa a déclaré : “Comment ne pas rejeter avec indignation cette barbarie ! A l’époque des dictatures des années 70, c’était quelque chose de commun mais aujourd’hui, en plein XXIème siècle ! Le droit international existe ! Que l’on soit ou non d’accord avec le gouvernement de Nicolas Maduro, la plus élémentaire des dignités nous oblige, en tant que latino-américains, à rejeter tant d’arrogance, tant d’unilatéralisme, tant d’impérialisme. Nous en avons assez ! Quelle honte !”. Pour l’ex-Président Mujica, dire que « le Venezuela est une menace est une folie, nous en avons assez de l’intromission permanemte des États-Unis ! » et  le président bolivien Evo Morales a exigé au président Obama de présenter ses excuses à l’Amérique Latine.

Des théologiens brésiliens de la Libération comme le père franciscain Leonardo Boff et l’évêque Pedro Casaldáliga, le Père nicaraguayen Miguel d’Escoto, ex-Président de l’Assemblée des Nations-Unies, ainsi que l’évêque Thomas Gumbleton et l’ex-Procureur Général des États-Unis Ramsey Clark, ont  écrit au président Obama pour lui demander de retirer son décret. “Nous qualifions d’honteux et de profondément hypocrite votre décret. Il constitue également une violation flagrante du droit international en tant que menace d’usage de la force contre le Venezuela et en tant qu’encouragement à vos agents vénézuéliens pour qu’ils continuent à déstabiliser le pays”. (1)

T.D., Caracas, 14 mars 2015.

Note: (1) Lire Cinq théologiens et activistes des droits humains écrivent à Obama sur le Vénézuéla, http://wp.me/p2ahp2-1NG

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Michel Raimbaud contre les Etats voyous et les grandes voyoucraties

20 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #La Russie, #Terrorisme, #Daesch, #La Turquie, #l'immigration

Le mardi 6 octobre 2015

Michel Rimbaud

Michel Rimbaud

Le point de vue de Michel Raimbaud, un ancien ambassadeur de France s’inscrivant dans la tradition de notre diplomatie gaullienne, nous a paru intéressant à faire connaître dans la situation actuelle.

On le savait déjà, il y a désormais deux camps dans la communauté des nations : celui du droit international œuvrant en faveur d’un nouvel ordre mondial multipolaire en gestation, et celui de l’hypocrisie et de l’arrogance qui cherche à préserver son hégémonie en installant le chaos partout où il rencontre de la résistance.

L’univers arabe et musulman et ses abords d’Afrique, d’Asie ou d’Europe sont le lieu d’une entreprise de destruction et d’asservissement conduite conjointement par l’empire atlantiste sous haute influence israélienne et ses clients islamistes radicaux. La Syrie est devenue le centre de gravité et l’enjeu d’une guerre inédite et perverse, mais aussi, pour ses promoteurs criminels, une cible emblématique.

La « mère de la civilisation », qui combat en première ligne les terroristes sauvages du soi-disant « Etat Islamique » et du front Al Nosra/al Qaida, est donc présentée comme « l’Etat voyou » par excellence par ceux-là mêmes qui financent, arment et soutiennent le gangstérisme sanglant des djihadistes. Dans nos « grandes démocraties », l’inversion des rôles est devenu si naturel que nul ne songe plus à s’en offusquer : c’est la base même du « false flag », omniprésent dans la narrative atlantiste.

L’Assemblée Générale des Nations Unies a consacré la journée du lundi 28 septembre dernier à la Syrie. Les puissants de ce monde ont utilisé cette tribune pour réaffirmer leurs positions sur l’interminable conflit. A la lumière des déclarations, il n’y a pas photo.

Obama dénonce la logique (russe) consistant à soutenir un « tyran » sous prétexte que l’alternative « serait pire ». Le tyran, c’est Bachar Al Assad, qui « massacre des enfants innocents ». Kerry, colombe repentie, précise : « Après tant de sang versé et de carnages, il ne peut y avoir un retour au statu quo d’avant la guerre ».

Le Nobel de la Paix ne manque pas d’air : s’il a peut-être apaisé les relations avec Cuba et anesthésié jusqu’à sa fin de mandat le dossier nucléaire iranien, s’il a renoncé aux « frappes punitives » en Syrie en raison de ses réticences et/ou devant la détermination de l’adversaire, il a allumé ou entretenu au moins autant de conflits que George Debeliou et il est à la tête d’un Etat responsable de la mort de millions d’enfants et d’adultes, de la destruction d’Etats et de sociétés entières, de dizaines de millions de vies brisées, sans même remonter aux centaines de milliers de victimes d’Hiroshima et Nagasaki.

Heureuse Amérique, bienheureuses « grandes démocraties », toujours sûres de leurs valeurs, plus souvent boursières que morales !

41ljf7j6i-l._sx340_bo1_204_203_200_-7db20Il faut le répéter, il n’appartient pas aux maîtres occidentaux, à Erdogan l’apprenti calife, ou aux potentats pétroliers, de prescrire l’avenir de la Syrie après l’avoir détruite : c’est au peuple syrien et à lui seul d’en décider, sans ingérence étrangère. C’est ce principe de souveraineté que rappelle le Président chinois, Xi Jin Ping, clamant haut et fort que l’ère unipolaire est révolue et que le monde est désormais multipolaire.

Vladimir Poutine se place lui aussi dans le cadre de la légalité internationale et soutient l’Etat syrien et son gouvernement, ainsi que « les forces armées du président Al Assad qui sont les seules à combattre réellement l’Etat Islamique”. Il propose une « large coalition antiterroriste » en Syrie et en Irak, dans laquelle les pays arabes « joueraient un rôle clé » et qui devrait inclure le gouvernement syrien et l’Iran, son allié. Les décisions du Président russe suscitent la colère des Occidentaux, qui ont refusé la résolution déposée au Conseil de Sécurité par le Kremlin. Ils sont agacés par la référence appuyée à un droit international qu’eux-mêmes traitent avec légèreté.

Pour perpétuer leur hégémonie, les dirigeants atlantistes avancent à l’ombre des faux drapeaux de la démocratie, de la justice, de la morale et du droit. Ils diabolisent les pays qui font obstacle à leurs ambitions en les reléguant dans la géhenne des Etats « préoccupants » ayant vocation à être dépecés en entités « démocratiques » à la mode de l’Oncle Sam : en bref, les « Etats voyous ». Ce concept a joué un rôle essentiel dans la stratégie américaine plusieurs décennies durant, et c’est en jouant de cet épouvantail que les Etats-Unis, encourageant leurs alliés à faire de même, ont violé et violent systématiquement le droit international.

Ce droit est fondé sur la Charte des Nations-Unies qui, dans son article 51, attribue au seul Conseil de Sécurité le pouvoir de prendre les mesures adéquates qu’il juge nécessaires au maintien de la paix et de la sécurité internationales « une fois constatée l’existence d’une menace contre la paix, d’une rupture de la paix ou d’un acte d’agression (…) ».

Mais les néocons de Washington se moquent de la légalité onusienne. Seules comptent « les menaces contre nos intérêts », qui sont le fait des « Etats voyous »et rendent nécessaires « des interventions militaires directes » et « le maintien de forces de projection considérables », particulièrement en direction du Proche-Orient. Pour ces faucons, le fondement du droit n’est pas la Charte de l’ONU, mais la Constitution américaine.

Selon Noam Chomski, « ce mépris de la primauté du droit est profondément enraciné dans la culture et les pratiques américaines ». Infiltrés au sein du « pouvoir profond », les néocons vont répandre chez les alliés occidentaux une idéologie dont le fondement reste simple : même si la guerre froide est terminée, les Etats-Unis conservent la responsabilité de protéger le monde face aux « Etats voyous ». En août 1990, Washington et Londres décrètent que l’Irak en est un, et ce ne sera que l’un des premiers d’une longue liste…

Une étude commandée en 1995 par le Strategic Command pose les « principes de base de la dissuasion dans l’après-guerre froide » : depuis que les Etats-Unis ont « remplacé l’Union soviétique par les Etats dits “voyous” », ils doivent projeter une image « irrationnelle et vindicative d’eux-mêmes », « certains éléments » du gouvernement apparaissant « comme potentiellement fous, impossibles à contrôler ». C’est une reprise de la « théorie du fou » de Nixon qui jugeait souhaitable que l’Amérique soit dirigée par « des cinglés au comportement imprévisible, disposant d’une énorme capacité de destruction, afin de créer ou renforcer les craintes des adversaires ».

Cette prose délirante justifie en quelque sorte la transformation des « grandes démocraties » en « voyoucraties », respectant les trois critères qui, selon l’un des « nouveaux historiens » israéliens, Avraham Shlaim, professeur émérite à Oxford, définissent l’Etat voyou, le « rogue state » des anglo-saxons :

  • Violer régulièrement la légalité internationale,
  • Détenir des armes de destruction massive,
  • Utiliser le terrorisme pour terroriser les populations civiles.

C’est ainsi que Robert McNamara, ex-secrétaire américain à la défense (de 1961 à 1968), estime en juin 2000 (The International Herald Tribune) que les Etats-Unis sont devenus un « Etat voyou ». Noam Chomski fera de même au début des funestes « printemps arabes », constatant que son pays « se place au-dessus du droit international ».

A l’heure où le Grand-Moyen Orient est ravagé par l’extrémisme islamiste, patronné par les Occidentaux et leurs affidés régionaux, le débat sur l’éthique dans les relations internationales est pipé. Le conflit n’est plus entre un monde « libre »et un monde « totalitaire », mais entre les partisans du droit international et du respect mutuel entre nations et ceux qui se comportent en Etats voyous, guidés par la « théorie du fou » et la stratégie du « chaos innovateur ».

Conviction réelle pour les uns, leurre pour les autres, la référence au droit international n’a pas la même valeur pour les deux camps : les prêcheurs de guerre jouent avec l’idée d’un conflit mondial qui assurerait leur triomphe… sauf si l’équilibre militaire des forces rend leur victoire trop incertaine.

La Russie vient donc de bouleverser la donne en proposant sa « grande coalition » et en se lançant dans une lutte globale contre les terroristes, conformément aux résolutions du Conseil de Sécurité et à la demande du gouvernement de Damas, tout en recherchant une solution politique entre Syriens, en application de l’accord de Genève. C’est un pavé dans la mare où depuis un an s’ébat presque seule la coalition US, dont les frappes homéopathiques détruisent la Syrie sans beaucoup nuire aux terroristes de Da’ech. C’est un pas important en direction de la paix, conforme au droit international. Les Européens saisiront-ils la perche ?

On l’a entendu à la tribune onusienne, le représentant du « pays des lumières », François Hollande, est plongé tout entier dans ses menées obscures et nourrit une obsession pathologique qui a nom Bachar, lequel doit être « neutralisé » et exclu de toute transition politique : « On ne peut faire travailler ensemble victimes et bourreau. Assad est à l’origine du problème : il ne peut pas faire partie de la solution ».

Droit dans ses bottes tordues, le grand chef de guerre fait valoir qu’il n’est pas seul sur cette position intenable : « Barack Obama s’y refuse, d’autres dirigeants (on sait lesquels – NDLR) s’y refusent. Les Russes doivent en tirer les conséquences », conclut-il, impérial. Prend-on des gants avec le chef d’un « Etat-voyou » quand on est soi-même aussi populaire ?

Mou face aux problèmes de l’Hexagone, Hollande aura fait preuve d’un activisme forcené face à des affaires qui ne le regardent pas, le conflit de Syrie par exemple, où la France a déjà un bilan accablant : mauvaise évaluation de la solidité de l’État syrien, de la crédibilité de l’opposition offshore, appui inacceptable à la rébellion armée débouchant sur la couverture du terrorisme, obsession de « neutraliser »Bachar Al Assad, volonté manifeste de casser la Syrie rebelle et acharnement dans la destruction de son identité.

Qu’on le veuille ou non, notre pays est partie prenante dans l’entreprise criminelle et prédatrice de ses alliés atlantistes, de ses amis turcs, saoudiens et qataris et des mercenaires qu’ils instrumentalisent. Il est coresponsable du résultat : des millions de réfugiés, déplacés, sinistrés, morts et blessés, des millions de familles dispersées, de vies brisées, le démantèlement du patrimoine, des infrastructures, des entreprises…

Il aura aussi fait preuve d’une approche très floue de la légalité internationale et d’un certain déficit de cartésianisme, les terroristes étant traités en ennemis au Mali et « faisant du bon boulot » en Syrie.

Dans les grands dossiers de ce début de millénaire – la glissade du Moyen-Orient vers le chaos, la déstabilisation de l’ex-glacis soviétique grâce à la sollicitude de l’Occident – la France est affaiblie comme jamais et a perdu sa crédibilité, car elle est en divorce avec les acteurs qui comptent. Son hypocrite diplomatie compassionnelle lui attire le mépris. Les écarts de langage font le reste. Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour réclamer le départ de Fabius, condition nécessaire mais non suffisante pour se refaire une virginité.

Fabius et Hollande étant ce qu’ils sont, on peut craindre que la France tarde à coopérer avec la Russie, l’Iran et la Syrie pour rétablir une paix juste et durable, dans le cadre d’un ordre mondial nouveau. Mais notre pays devra bien sortir de la triple impasse dans laquelle il s’est enfermé : l’entêtement à rester internationalement hors-la-loi devra céder la place à une politique plus décente et moins destructrice. En d’autres termes, il s’agira de reprendre son rôle traditionnel de faiseur de paix et non pas de fauteur de guerre.

Les citoyens des « grandes démocraties » finiront-ils par s’inquiéter de la dérive « voyoucratique » de leurs élites dirigeantes qui fait peu à peu de l’Occident arrogant une minorité honnie et haïe par le reste de la planète ? Comme on dit : ça urge.

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Interview – Bahar Kimyongür : «L’Algérie connaît mieux que quiconque les ravages du wahhabisme»

20 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Le capitalisme;, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme

Interview – Bahar Kimyongür : «L’Algérie connaît mieux que quiconque les ravages du wahhabisme»

 
Bahar Kimyongür. D. R.
Bahar Kimyongür. D. R.

Algeriepatriotique : La France vient de remettre au prince héritier des Al-Saoud la Légion d’honneur tandis que la Belgique décore le président Erdogan de l’Ordre de Léopold. De hautes distinctions pour deux pays qui soutiennent le terrorisme. Comment expliquez-vous que l’Occident récompense ainsi le soutien au terrorisme ?
Bahar Kimyongür :
Elites occidentales et monarchies du Golfe font partie du même monde. Nos rois et leurs rois ont les mêmes objectifs, les mêmes intérêts, la même (im)moralité. Les dirigeants français et belges veulent entretenir de bons rapports avec leurs amis, leurs clients et leurs alliés stratégiques. Ils sont prêts aux pires compromissions pour satisfaire leurs intérêts personnels. Comme l’a d’ailleurs écrit le conseiller de Hollande pour le Moyen-Orient David Cvach, «c’est le moment d’acheter des actions MBN», initiales de Mohammed Ben Nayef. Le chef de la patrie des droits de l’Homme achète les faveurs de tortionnaires, de bourreaux et de criminels de guerre et vice-versa. C’est le contraire qui aurait été surprenant. Nos dirigeants nous font passer la pilule en arguant que les régimes saoudien et erdoganien luttent contre le terrorisme alors que ces deux régimes sont les principaux sponsors du terrorisme au Moyen-Orient. On dit que l’argent n’a pas d’odeur. L’argent que le prince Mohammed Ben Nayef a offert à Hollande en a bien une : l’odeur du sang des victimes du terrorisme.
Il fut un temps où l’Occident avait fait le pari de greffer l’islam turc, dit islam modéré et libéral, sur le monde arabe. Cependant, l’implication directe d’Erdogan dans les conflits internes de l’Irak, de l’Egypte, du Liban et de la Syrie a fait de lui l’homme le plus détesté de la région. Comment expliquez-vous son passage de réformateur éclairé à dictateur ?
Erdogan a toujours été un insatiable dictateur. Au début, il devait cacher son jeu, s’appuyer sur la confrérie Gülen, draguer l’élite intellectuelle, composer avec des forces politiques et des acteurs économiques concurrents, séduire l’Union européenne, surfer sur la cause palestinienne comme il l’a fait face à Shimon Peres au Forum économique de Davos. Il a dû pratiquer la taqiyya,la ruse, pour gravir les échelons et s’emparer des pleins pouvoirs. Si sa popularité convertie en victoires électorales retentissantes et l’appui international que le réseau des Frères musulmans lui a prodigué ont trahi son tempérament de fier-à-bras, c’est surtout la tape dans le dos de Barack Obama qui a fait d’Erdogan un faucon du Moyen-Orient. L’administration Obama a poussé Erdogan à s’impliquer dans la guerre contre Al-Assad lorsque le gouvernement syrien a commencé à vaciller face à l’insurrection islamiste tout comme les administrations Carter et Reagan poussèrent Saddam Hussein à affronter l’Iran de Khomeiny. Les pressions américaines sur Erdogan pour qu’il s’implique dans le conflit syrien ont été révélées par le journal Sabah,un média pro-Erdogan qui fait état d’une réunion entre le leader turc et le directeur de la CIA Leon Panetta en mars 2011. La mission de Panetta fut de convaincre Erdogan de lâcher Al-Assad et c’est ce qui se produisit. Erdogan a fini par accueillir l’ASL, la Coalition nationale syrienne (CNS) puis, en toute logique, les terroristes de la terre entière. Toutes ces forces combattent par procuration pour le compte d’Erdogan qui, lui-même, combat en Syrie par procuration pour le compte des Etats-Unis. Finalement, Erdogan est certes un dictateur, mais il reste un simple exécutant aux ordres de Washington et un intermédiaire entre les Etats-Unis et la galaxie Daech-Nosra-Ahrar-ASL.
«Daech disparaîtra quand Al-Assad s'en ira», a déclaré le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel Al-Jubeir, en visite en France, il y a quelques jours. Est-ce un aveu indirect que le groupe terroriste est actionné et soutenu par l'Arabie Saoudite ?
Le régime wahhabite est conscient que sa doctrine est en adéquation et donc en concurrence directe avec Daech. Il constate non sans crainte que la sympathie de la population sunnite saoudienne envers Daech grandit. La monarchie redoute Daech à domicile. Par contre, cette même monarchie voit Daech comme un moindre mal en Syrie, au Yémen ou en Irak tant que ce groupe combat les Etats, les idéologies ou les communautés jugées hostiles : Syrie laïque, Iran chiite, minorités alaouite, chrétienne ou zaydite. Il y a une instrumentalisation évidente de Daech de la part du régime saoudien. Lors de la prise de Mossoul par Daech, certains médias saoudiens proches du pouvoir se réjouissaient du triomphe de la «révolution sunnite» contre Maliki le chiite. Le nombre de Saoudiens chez Daech, dont des membres de l’armée saoudienne de haut rang, est une illustration parmi d’autres de la proximité idéologique et stratégique qui existe entre Daech et les Saoud. Les guerres du régime saoudien contre l’Irak, la Syrie, le Liban et le Yémen constituent un soutien indirect à Daech dans la région. Si les Saoud avaient réellement voulu le bien du peuple yéménite, ils se seraient alliés aux Houthis et aux troupes de Saleh contre Daech et Al-Qaïda. Eh bien, non ! Le roi Salmane préfère se concentrer sur l'anéantissement des seules forces yéménites qui résistent contre les deux groupes terroristes les plus barbares de notre siècle.
La Tunisie fait face, depuis l’année passée, à des attaques terroristes sur son sol, la dernière étant l’attaque de Ben Guerdane. L’arsenal découvert et le nombre de terroristes impliqués dans l’opération renseignent sur l’existence de cellules terroristes sur le sol tunisien. Le triomphalisme des Tunisiens ne risque-t-il pas d’avoir un effet néfaste sur la lutte contre le terrorisme ?
Au lendemain d’un événement aussi traumatisant que l’opération djihadiste de Ben Guerdane, le triomphalisme peut s’avérer utile pour souder le peuple tunisien autour de son armée. Mais le gouvernement tunisien devra veiller à ne pas sombrer dans l’ivresse du succès, car le djihadisme tunisien n’est pas près de se tarir. Près de 5 000 Tunisiens combattent en Syrie et plus d’un millier en Libye. La Tunisie est de plus en plus fréquemment le théâtre d’attaques terroristes d’ampleur : attentat du musée de Bardo, de Sousse, explosion dans un bus militaire à Tunis. Sans oublier les assassinats ciblés contre des militants laïcs et de gauche comme Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi. Le sanctuaire terroriste libyen est aux portes de la Tunisie. La guerre du peuple tunisien contre Daech est donc loin, très loin d’être finie.
Avez-vous des échos sur la situation qui prévaut en Syrie ?
Depuis l’intervention russe, les terroristes n’ont plus remporté de victoire. Les raids qu’ils lancent contre l’armée syrienne finissent en Bérézina. Damas est solidement sécurisée. Les quartiers d’Alep occupés par les terroristes sont en passe d’être repris par l’armée. La province de Latakia a été entièrement libérée. A Deraa, les groupes terroristes sont en recul. Palmyre se transforme en cimetière pour Daech. Restent les provinces d’Idlib sous la férule d’Al-Nosra et puis Raqqa et Deirezzor, deux provinces quasi entièrement occupées par Daech. Sur le front nord, les Forces démocratiques syriennes (FDS) chapeautées par les Kurdes YPG, sont parvenues à chasser Daech de la province de Hassaké et avancent face à Daech dans le nord de la province d’Alep. L’annonce par le président Poutine du retrait prochain de ses troupes du front syrien indique que la Syrie est à même d’affronter les reliquats terroristes. Cela dit, l’armée syrienne continuera d’être appuyée dans les airs par Moscou. Au sol, elle le sera par les miliciens des Forces de défense nationale (NDF), par Téhéran, par le Hezbollah libanais, par des volontaires afghans et irakiens chiites, par des volontaires internationaux arabes sunnites (Garde nationale arabe), par des tribus syriennes sunnites (Shaïtat, Maghawir), par des ex-rebelles mobilisés dans l'Armée de la loyauté, par les Brigades Baath, par les forces kurdes (YPG), par les Druzes du Bouclier de la nation, par les brigades assyriennes (Sotoro)... Parallèlement, de timides initiatives de réconciliation voient le jour en marge des négociations de Genève tandis que l’étau se desserre autour de certaines zones acquises aux forces anti-gouvernementales, permettant l’accès aux convois humanitaires. Cinq ans après le début de la contre-révolution syrienne, on peut enfin croire en la fin du cauchemar.
L’Algérie a refusé de participer à la guerre au Yémen et de classer le Hezbollah comme organisation terroriste. Reste-t-elle le seul bastion contre l’hégémonisme saoudien après l’écroulement de l’Irak, de la Libye et de la Syrie ?
L’Algérie connaît mieux que quiconque le colonialisme occidental et le terrorisme djihadiste. Le peuple algérien a subi ces deux fléaux durant deux décennies et a fini par les vaincre : 1954-1962 et de 1991 à 2002. Elle connaît mieux que n’importe quel pays musulman les ravages idéologiques et culturels du wahhabisme au sein du monde islamique et les valeurs sacrées et universelles de la résistance incarnées dans le monde islamique par le Hezbollah. Même durant les moments les plus critiques de la crise syrienne, l’Algérie n’a jamais caché ses sympathies envers le peuple syrien, son gouvernement et son armée tout en insistant sur la nécessité de trouver une solution politique à la crise syrienne. Cette position respectueuse de la souveraineté nationale syrienne a valu à l’Algérie d’être continuellement attaquée par le régime saoudien. Plusieurs pays arabes ont plus ou moins poursuivi leurs relations avec la Syrie, notamment l’Egypte, la Tunisie et Oman. Mais seule l’Algérie a assumé sa solidarité avec fermeté. Malgré les pressions saoudiennes et occidentales, l’Algérie entretient d’excellentes relations avec l’Iran, détruisant par la même occasion tous les clichés sur la soi-disant guerre entre monde sunnite et monde chiite. L’Algérie, en tant que capitale du tiers-mondisme, est restée fidèle à son histoire. C’est tout à son honneur. Le peuple syrien résistant lui en est infiniment reconnaissant.


Interview réalisée par Mohamed El-Ghazi
Bahar Kimyongür a fait l’objet d’un mandat d'arrêt international lancé par le régime islamiste d’Ankara à son encontre.

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L’assassin de Pavlos Fyssas libéré : la police complice du meurtre ? by Yannis Youlountas ·

19 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #Le fascisme, #Terrorisme, #Europe supranationale, #Economie, #AMERIQUE, #La justice

L’assassin de Pavlos Fyssas libéré : la police complice du meurtre ?

by Yannis Youlountas · 18/03/2016

L’assassin de Pavlos Fyssas libéré : la police complice du meurtre ?  by Yannis Youlountas ·
 

Le néo-nazi Yorgos Roupakias vient de sortir de prison, sans même avoir été jugé, désormais chez lui sous surveillance.

LE POUVOIR TOUCHE LE FOND EN GRÈCE : TSIPRAS LAISSE SORTIR DE PRISON L’ASSASSIN DE PAVLOS FYSSAS, N’AYANT PAS ANTICIPÉ LA DURÉE MAXIMALE DE DÉTENTION PRÉVENTIVE (30 MOIS)

Scandalisée, la famille de Pavlos vient de diffuser massivement plusieurs documents en sa possession ainsi que la vidéo ci-dessous qui rappelle les preuves irréfutables de la culpabilité du militant d’Aube dorée (en grec) :

Rappel des faits et de qui était Pavlos Fyssas (en français) :

Très grosse colère ce soir, à Athènes et au Pirée…

MISE À JOUR À 22h25 : selon un ami proche de l’enquête, que je viens d’avoir au téléphone à l’instant, l’implication évidente de la police grecque dans l’assassinat serait une raison possible de cette incroyable incompétence judiciaire. En effet, LES POLICIERS ÉTAIENT PRÉSENTS SUR LES LIEUX AVANT LE DRAME ET DISCUTAIENT AVEC LE FUTUR TUEUR. Confirmé dans le début de l’extrait de « Je lutte donc je suis » (vidéo ci-dessus, à 0:45).

De plus, plusieurs témoins ont confirmé que LES POLICIERS NE SONT PAS INTERVENUS DURANT LE DRAME et sont restés complètement immobiles à quelques mètres du meurtre. Seule une policière a finalement levé son arme, mais trop tard, et a pris l’initiative d’interrompre la fuite de Yorgos Roupakias.

REMARQUE À 23h45 : en Grèce, comme ailleurs, ce genre d’affaire n’est malheureusement pas nouveau… Seuls les naïfs peuvent avaler cette couleuvre et croire que la Justice n’a pas pu boucler son dossier en deux ans et demi, avec autant de preuves en mains, et, surtout, que le pouvoir politique n’a pas vu venir cette libération. Parmi les antécédents, l’assassinat de Lambrakis rapporté par le film Z (en français, avec des sous-titres en grecs) :

Un tueur stupide et manipulé, des policiers qui observent immobiles, des juges complices, un pouvoir politique qui regarde ailleurs.

Y.Y.

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Selon un ministre israélien, l’ÉI “a bénéficié de l’argent turc en échange de pétrole”

18 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #l'immigration, #Terrorisme

Source : Reuters, le 26/01/2016

ILe ministre de la Défense, Moshe Ya'alon, fait un signe de la main tandis qu'il s'adresse à une assemblée au cours d'un débat dont le thème était :

ILe ministre de la Défense, Moshe Ya’alon, fait un signe de la main tandis qu’il s’adresse à une assemblée au cours d’un débat dont le thème était : “Un partenariat Israël-Inde au 21ème siècle ?” – New Delhi, 19 février 2015

REUTERS/ADNAN ABIDI

Le ministre de la Défense israélien a déclaré mardi que les militants de l’État Islamique avaient été financés avec de “l’argent turc”, une affirmation qui pourrait faire obstacle aux tentatives de réconciliation entre les deux pays après des années d’aliénation.

“Il incombe à la Turquie, au gouvernement turc, à la direction turque, de décider si c’est leur volonté d’intégrer une forme de coopération pour combattre le terrorisme. A cette heure, ce n’est pas le cas,” a déclaré Moshe Yaalon aux journalistes à Athènes.

“Comme vous le savez, cela fait très longtemps que Daech (l’État Islamique) profite de l’argent turc en échange de pétrole. J’espère que cela va prendre fin,” a encore dit aux journalistes Yaalon, un ancien chef des forces armées de droite, après sa rencontre avec son homologue grec, Panos Kammenos.

La Turquie a nié avoir autorisé la contrebande de pétrole par le groupe militant islamiste qui détient des portions de territoire en Syrie et en Irak. Les États-Unis ont rejeté le mois dernier les allégations russes selon lesquelles le gouvernement turc et la famille du président Tayyip Erdogan étaient de connivence avec l’État Islamique dans la contrebande du pétrole.
Cependant, Mark Toner, le porte-parole du Département d’État, a dit le mois dernier que l’ÉI vendait du pétrole à des intermédiaires qui à leur tour le passaient en contrebande par la frontière en Turquie.

Yaalon a également dit, d’après une transcription fournie par le ministère de la Défense grec, que la Turquie avait “autorisé les djihadistes à aller et venir d’Europe en Syrie et en Irak, dans le cadre du réseau terroriste de Daech, et j’espère que cela aussi va cesser.”

Les efforts d’Israël et de la Turquie pour normaliser leurs relations ont essuyé un revers ce mois-ci lorsque le ministre des Affaires étrangères turc Mevlut Cavusoglu a déclaré qu’il n’y avait pas eu d’accord sur les demandes de compensation d’Ankara pour la mort de 10 militants turcs à bord d’un bateau d’aide humanitaire en 2010 ni sur la fin du blocus de Gaza par Israël.

De hauts responsables israéliens et turcs se sont rencontrés en décembre pour tenter d’améliorer les relations entre les deux pays, donnant l’espoir de voir des progrès dans les négociations pour l’importation de gaz naturel israélien, surtout maintenant que les relations de la Turquie avec la Russie ont empiré dans le contexte du conflit syrien.

(Rédigé par Michele Kambas et Paul Taylor ; édité par Gareth Jones)

Source : Reuters, le 26/01/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Pourquoi les Occidentaux doivent faire de la Turquie un allié, par Jean-Sylvestre Mongrenier

18 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La Turquie, #l'immigration, #Ukraine, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme

Le collabo du jour…

Source : Challenges, Jean-Sylvestre Mongrenier, 18-02-2016

Pour le géopolitologue Jean-Sylvestre Mongrenier, les pays occidentaux doivent considérer la Turquie comme un véritable partenaire et allié.

Turquie Burhan Ozbilici/AP/SIPA

Turquie Burhan Ozbilici/AP/SIPA

L’offensive russo-chiite contre les groupes syriens opposés à Bachar Al-Assad et les bombardements d’Alep ont provoqué de nouvelles vagues de réfugiés qui se précipitent sur la frontière turco-syrienne. L’opération militaire en cours et l’éradication des forces tierces, entre le régime de Damas et l’« Etat islamique », pourraient mettre sur les routes des centaines de milliers de personnes. En regard des réalités humaines et géopolitiques, la virulence des critiques à l’encontre du gouvernement turc appelle une réflexion d’ensemble.

Voilà en effet un pays, qui accueille 2,6 millions de réfugiés syriens, accusé ne pas ouvrir immédiatement ses frontières aux malheureux fuyant les bombardements russes et la politique de la terre brûlée, inspiré par le précédent tchétchène. Simultanément, il lui est reproché de ne pas fixer ces populations sur place, afin de préserver l’Europe de nouvelles arrivées. De surcroît, les « aficionados » de Poutine et Assad remettent en cause le principe même d’une aide de l’Union européenne (UE), pour permettre à la Turquie de faire face à ce drame de grande ampleur, au risque de déstabiliser ce pays clef sur le plan géopolitique. Mais peut-être est-ce là l’effet recherché, sans claire conscience de toutes les conséquences pour l’Europe.

Une puissance de statu quo

Outre le fait qu’il est simultanément demandé à la Turquie d’ouvrir grand ses frontières à l’Orient et de les cadenasser à l’Occident, d’aucuns expliquent que la question kurde relève du fantasme géopolitique. Au prétexte que les Kurdes combattent l’« Etat islamique », mais aussi les groupes rebelles non djihadistes, les dirigeants turcs devraient abandonner toute préoccupation quant à l’intégrité territoriale de leur pays, objectivement menacée par les développements de la situation. Enfin, il leur faudrait fermer les yeux sur les violations répétées de leur espace aérien par l’aviation russe. A ces conditions seulement, la Turquie pourrait être considérée comme un bon allié de l’Occident. Autisme stratégique ou mauvaise foi patentée?

D’autres vont plus loin. Ils suggèrent que la politique « néo-ottomane » de Recep. T. Erdogan et l’interférence dans les affaires syriennes seraient à l’origine de la guerre en Syrie et du chaos qui menacent le Moyen-Orient dans son ensemble. Il faut ici rappeler que ce néo-ottomanisme, théorisé par Ahmet Davutoglu, aujourd’hui Premier ministre, ne recouvrait pas une politique étrangère bien définie. Il s’agissait d’une rhétorique liée à la poussée commerciale turque sur les marchés voisins, doublée de manœuvres dans les interstices du statu quo régional, pour y développer l’influence de la Turquie. N’y voyons donc pas un grand complot ourdi en collaboration avec les Etats du golfe Arabo-Persique et les Frères musulmans: tout comme l’Arabie Saoudite, la Turquie est au plan international une puissance conservatrice (un status quo power), bousculée par les effets du « Printemps arabe », qui réagit plus qu’elle n’agit.

Quant à la Syrie, c’est la répression sanglante du pouvoir qui décida la rupture du « partenariat stratégique » développé dans la seconde moitié des années 2000. Les dirigeants turcs et syriens multipliaient alors les rencontres et affirmaient vouloir conjuguer leurs efforts, afin de fonder un grand marché commun moyen-oriental possiblement élargi à l’Iran (les puissances occidentales s’en inquiétaient). Il aura fallu cinq mois de répression sanglante et de vains appels d’Erdogan à son « frère », Bachar Al-Assad, pour que le premier ministre turc prenne enfin  acte de la situation et se mette dans le sillage des puissances occidentales, elles-mêmes à la remorque des événements.

Obsédées par les erreurs commises en Irak, ces puissances se préoccupaient plus du « jour d’après » (voir la mise sur pied du Conseil national syrien, en septembre 2011) que de mettre en place d’une zone d’exclusion aérienne en avant des frontières turques, destinée à l’abri des réfugiés et des groupes rebelles. Sur le terrain, leur soutien aura été minimal et elles n’auront pas véritablement œuvré à la chute du tyran de Damas. Nous subissons aujourd’hui les conséquences des atermoiements des gouvernements occidentaux en général, de l’Administration Obama en particulier, l’actuel président des Etats-Unis abandonnant les conflits syro-irakiens à son successeur (si les développements de la situation lui en laissent la possibilité).

A rebours de ceux qui préconisent la liquidation des alliances occidentales dans la région, laissant place à un axe géopolitique russo-chiite dominant le Moyen-Orient, il nous faut insister sur l’importance de la Turquie comme alliée et partenaire de l’Occident. La chose est évidente dans le domaine de l’immigration et de la crise des réfugiés: les Européens ne pourront prétendre reprendre le contrôle des flux migratoires sans une forte coopération avec Ankara, et cela aura un coût financier. Le poujadisme n’est pas une option stratégique et le « chacun pour soi » conduit à l’impasse: lorsque les réfugiés arrivent à nos frontières, il est déjà trop tard pour réagir.

Un nécessaire soutien occidental

Au plan géopolitique, la Turquie est un pont énergétique avec le bassin de la Caspienne, et le « corridor méridional » (le réseau de gazoducs entre Europe et Azerbaïdjan) contribuera à la sécurité énergétique de l’Europe, en diversifiant les fournisseurs de gaz. Comparable à un « balcon nord » qui surplombe la Méditerranée orientale et le Moyen-Orient, ce pays est aussi riverain de la mer Noire. Il fait face à la Russie de Poutine qui transforme la Crimée, qualifiée de « bastion méridional », en une plate-forme géostratégique utilisée afin de projeter forces et puissance dans le bassin pontico-méditerranéen (voir l’engagement militaire russe en Syrie).

Bref, la Turquie retrouve la fonction de flanc-garde qui était la sienne pendant la Guerre Froide – l’hostilité de Poutine à son encontre, décuplée depuis qu’un bombardier russe a été abattu par des F-16 turcs, le 24 novembre 2015, en témoigne -, et elle constitue un Etat-tampon, confronté aux ondes de choc en provenance du Moyen-Orient, une région menacée de déflagration générale. L’éventuelle faillite de l’Etat turc, au sens de Failed State, constituerait une catastrophe géopolitique pour l’Europe, dès lors privée d’« amortisseur » sur ses frontières sud-orientales. Les contempteurs de la Turquie en sont-ils conscients?

En conséquence, le soutien à la Turquie ne doit pas être compté. L’initiative germano-turque visant à déployer des navires de l’OTAN en mer Egée, pour lutter contre les passeurs, est heureuse ; plus encore le fait que les Alliés se soient accordés sur cette question (Bruxelles, le 11 février 2016). L’opération viendra compléter le « plan d’action commun » et le dispositif financier (un fonds de 3 milliards d’euros) négocié entre l’UE et Ankara, le 29 novembre 2015, qui reste à mettre en place.

A l’encontre des manœuvres russes visant à impressionner la Turquie, la présence militaire renforcée des Alliés sur le territoire turc, et dans ses eaux, devrait matérialiser les garanties de sécurité apportées par l’OTAN: il ne faudrait pas que Moscou s’y trompe et sous-estime la force de l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord. En revanche, le redémarrage des négociations sur l’adhésion de la Turquie à l’UE laisse circonspect. L’islamo-nationalisme de l’AKP et les atteintes à l’Etat de droit d’une part, la fragilité du Commonwealth paneuropéen et l’état d’esprit général de l’autre, rendent invraisemblable une telle perspective.

A l’évidence, la pratique des « ambiguïtés constructives » n’est plus de mise et les doubles discours sur la relation turco-européenne alimentent l’anti-européisme. Il nous faut donc sortir du « tout ou rien », et explorer la voie d’un partenariat géopolitique de haut niveau, fondé sur la claire conscience des intérêts mutuels. Au vrai, les Turcs eux-mêmes pensent-ils encore pouvoir entrer dans l’UE? Le veulent-ils seulement? La candidature d’Ankara est surtout utilisée comme un moyen de pression sur Bruxelles et les capitales européennes (à charge pour elles de résister).

Dans le présent contexte géopolitique, la logique de guerre froide qui est à l’œuvre dans l’Est européen (la « guerre hybride » en Ukraine, la situation en Moldavie et la pression russe sur les Baltes) s’étend au Moyen-Orient, et l’Occident doit pouvoir maintenir de solides points d’appui régionaux. Encore faut-il savoir prendre en compte les intérêts de ses alliés et faire preuve d’empathie stratégique. A défaut, on mettrait en péril les alliances et ouvrirait la voie à de dangereuses puissances révisionnistes, avec d’inévitables chocs en retour et de graves conséquences géopolitiques.

Par Jean-Sylvestre Mongrenier, chercheur à l’Institut Thomas Morev

 

Source : Challenges, Jean-Sylvestre Mongrenier, 18-02-2016

 

Réponses à Pourquoi les Occidentaux doivent faire de la Turquie un allié, par Jean-Sylvestre Mongrenier

  1. antonio Le 18 mars 2016 
    r
     

    Il y a dix ou vingt ans, uniquement les dits “néo-conservateurs” américains, autour de tinques-tanques tels “Projet pour un nouveau siècle américain” et consorts, écrivaient des âneries manichéennes de ce genre. Cela a partiellement contaminé la francophonie française, donc.
    Heureusement c’est assez facile à contrer: il suffit de pointer vers les manuels d’histoire et d’histoire de la culture, où le terme “Occident” est utilisé dans son sens correct: civilisation gréco-latine et dérivés, ce qui englobe dès l’an 1000 les Russies, évidemment.
    Le “Occident” retranscript de l’anglais “West” n’étant qu’un sophisme pour “nous les Etats-Unis, notre Destinée Manifeste, et nos vassaux”.
    Mais bon, l’idéologie hégémoniste américaine a fait de gros dégâts entre-temps.
    D’une certaine manière l’anti-russisme actuel mirroite la haine anti-Byzance du Moyen-Âge, de la part de la Papauté, des marchands Vénitiens et de quelques monarques francs.

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SYRIE : CINQ ANS DE METAPHYSIQUE DIAFOIRUS …

17 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch, #Politique étrangère

SYRIE : CINQ ANS DE METAPHYSIQUE DIAFOIRUS …

En France plus qu’ailleurs, certaines questions internationales finissent par confiner au religieux. Il en va ainsi du conflit israélo-palestinien et du génocide rwandais qui déclenchent – aussitôt évoqués – postures mystiques, déferlements de propagande et noms d’'oiseaux. N’ayant pas échappé à la boulimie commémorative de la presse parisienne, la crise syrienne qui vient d'’entrer dans sa sixième année, provoque encore toutes sortes de transes chez toutes sortes de belles âmes, de redresseurs de pensées courbes et de toutous de garde aux aboiements sélectifs.

Si nul ne conteste la gestion désastreuse de l’'emprisonnement des enfants de Deraa, ayant écrit sur les murs : « Bachar dégage ! » – affaire qui a constitué le facteur déclencheur de la crise en mars 2011 – ; si chacun pouvait s’'inquiéter de la lenteur des réformes de structures, qui étaient pourtant engagées avec l’'aide de la France depuis le début des années 2000 ; enfin, si personne ne pouvait comparer la Syrie avec la Confédération helvétique, il paraissait tout aussi stupide de la confondre avec la Corée du nord…

Deraa : une troisième année de sécheresse avec plusieurs milliers d’'ouvriers agricoles impayés, des armes de guerre qui rentrent impunément depuis la Jordanie et l'’Irak voisins par les caravanes des tribus transfrontalières sunnites et les activistes des Frères musulmans jordaniens qui chauffent à blanc la prière du vendredi… ça fait beaucoup ! L'’auteur de ces lignes a vu – de ses yeux vus – des snippers masqués tirer depuis les toits des maisons sur les forces de l'’ordre locales. Ciblées, évidemment celles-ci se sont mises à riposter, causant ainsi les premières dizaines de morts d'’une guerre civilo-internationale qui en ferait plus de 300 000.

D’'entrée de jeu, les rédactions parisiennes qui n’avaient personne sur place et dépourvues de bons experts, commencèrent à marteler la fable des manifestations « pacifistes », unilatéralement réprimées dans le sang. D'’entrée de jeu ! Ce pauvre Jean-Pierre Filiu écrivait sans ciller dans Le Monde1 que les jihadistes étaient littéralement paniqués, submergés qu'’ils étaient par un tsunami « démocratique » en train de déferler sur l’'ensemble du monde arabe ! Par conséquent et dès le départ, la crise syrienne a bénéficié d'’un traitement particulier, subjectif et idéologique : Hafez Al-Assad avait été l’'allié de Brejnev même s'’il avait participé à la première guerre du Golfe contre Saddam ; le Baath restait un parti socialiste et laïc particulièrement détesté des monarchies pétrolières (nos grand amis) ; enfin, Bachar – même s'’il avait multiplié les ouvertures internationales et domestiques depuis juin 2000 -, avait aussi reconduit son alliance avec le camp des Méchants : la Russie, l'’Iran, le Hezbollah libanais et les organisations palestiniennes qui n'’avaient jamais cru à camp David…

A Paris, les classes politique, diplomatique et médiatique avaient copieusement loupé le coche de la révolte tunisienne. On se souvient des brillantes prestations de Mme Alliot-Marie, qui proposait au Parlement de partager notre savoir faire sécuritaire avec les nervis de Ben Ali, d’'Alain Juppé qui amènait des oranges aux manifestants de la place Tahrir au Caire et de Nicolas Sarkozy qui lançait une nouvelle grande guerre « humanitaire », le 19 mars 2011 en Libye. Un an plus tard, le même Juppé – qui venait de manger son chapeau sur le retour de la France dans le Commandement intégré de l’OTAN -, décidait de fermer l’'ambassade de France à Damas.… Décision des plus hasardeuses, nous privant ainsi de bouches et d'’oreilles précieuses, notamment sur le front de la lutte anti-terroriste !

En juillet 2011, Eric Chevallier, que son copain Kouchner a bombardé ministre plénipotentiaire en passant devant tous les diplomates du Quai, est rappelé à Paris. Quelques mois auparavant, Kouchner l’'a nommé ambassadeur de France… en Syrie. Malin, ce médecin – précédé de son CV d'’ancien French Doctor -, sent très bien qu'’il ne va pas être accueilli avec des fleurs dans la capitale syrienne. A peine nommé donc, il en fait des tonnes dans le genre : Bachar, phare planétaire de la civilisation.… Peu rompu aux ficelles du métier diplomatique, même s'’il apprend vite, il se fait proprement engueuler. Les éminences du cabinet de Juppé lui expliquent que s'’il veut poursuivre sa brillante carrière diplomatique, il a tout intérêt à se contorsionner à 360 degrés afin de prendre clairement fait et cause pour la « Révolution syrienne », d’'autant que certaines et certains de ses plus brillants thuriféraires vivent à Paris depuis plus de trente ans et que… miracle ! Ils parlent français.

Ainsi, comme on l'’a fait de la reconnaissance précipitée d’'un Conseil national de transition en Libye avec les résultats que l’'ont connaît, la France éternelle adoube quelques happy fews, plutôt improbables : deux sœurs un peu fofolles qui ont toujours dégusté à tous les râteliers, un prof de socio sans étudiant et un économiste qui ne comprend toujours pas pourquoi il n'’a jamais été ministre dans son pays d’'origine. Du lourd ! D’'autant que le Qatar commence joyeusement à arroser ce « gouvernement en exil » de tombereaux de dollars. Dans les hôtels cinq étoiles de Paris, du Caire, d'’Istanbul et de Doha, on retrouve désormais le pragmatique Eric Chevallier – sur la photo – au milieu de cette joyeuse bande. Problème : la plupart de ses histrions n'’ont pas mis les pieds au pays depuis belle lurette. Quant aux membres des Comités de coordination nationales – qui, eux travaillent sur le terrain et récusent toute ingérence étrangère, envisageant d’'entreprendre une négociation avec le gouvernement syrien -, la diplomatie française ne veut, tout simplement pas les voir !

En juillet 2011, durant l'’engueulade de Chevallier, les experts du Quai d'’Orsay affirment le plus sérieusement du monde que Bachar ne passerait pas Noël. Bien vu ! Amateurisme, incompétence et métaphysique de Diafoirus, ces chapeaux pointus décrètent que l’'affaire est d’ores et déjà pliée comme le furent celles de Tunisie, d’'Egypte et de Libye ! Avec l'’arrivée de François Hollande à l’'Elysée, on se prend à rêver qu'’il va enfin être possible de revenir à de plus sérieux diagnostics. Que nenni ! Laurent Fabius décrète que « Bachar ne mériterait pas d’'être sur terre » et que « les petits gars de Jabhat al-Nosra font du bon boulot ! » La métaphysique Diafoirus s’'épaissit et produit trois brillants théorèmes : Bachar est personnellement responsables des 300 000 morts de la guerre ; il a crée Dae’ch ; il doit partir et tout sera réglé….

L'’un des plus beaux spécimens de cette métaphysique Diafoirus est paru dans « Les carnets du CAPS – Centre d’analyse, de prévision et de stratégie du ministère des Affaires étrangères et du Développement international »2, document à diffusion restreinte. Sous la plume de Michel Duclos, qui fut ambassadeur de France en Syrie de 2006 à 2009, son titre annonce la couleur : « Bachar al-Assad – portrait d’'un dictateur »… En ouverture est cité un article de la revue Commentaire – « Le régime d'’Assad : le sabre du Mamelouk et le secret de la Mafia » – de Gérard Araud, l'’un des porte-voix de 'l’école néo-conservatrice française.

Le portrait se poursuit par l'’évocation des études d’'ophtalmologie du jeune Assad à Londres où, « il n’est guère sorti, lors de ce séjour, d'’un milieu très étroit ». La suite est plus curieuse : « à la différence de Michael Corleone dans le film de Coppola, Le Parrain, Assad recevra entre 1994 et 2000 une véritable formation de pouvoir suprême, sous l’œ' oeil vigilant de son père et de quelques mentors désignés par celui-ci »… De retour en Syrie Bachar se voit confier la responsabilité du dossier libanais au sujet duquel notre biographe écrit ceci : « Isabelle Hausser, dans son roman-portrait Les couleurs du Sultan (il indique la maison d’'éditions3) qui est sans doute la meilleure introduction au drame actuel de la Syrie, a mis en relief la signification profonde de cet épisode »…

En lisant ce roman, qui n’est pas à tomber par terre, chaque habitué de la lecture des TD (télégrammes diplomatiques) pourra y reconnaître les tics de langage de la correspondance diplomatique (descriptif des faits et commentaires). En l'’occurrence, il s’agit du récit circonstancié de la défection du général Manaf Tlass – le fils de l’'ancien ministre de la Défense d’'Hafez, ancien confident de Bachar -, exfiltré de Syrie par les services français ! Mais ce que ne dit pas notre biographe un peu cachotier… c'’est que la romancière exceptionnelle en question n’'est autre que sa propre compagne. Assez moyen !

 

Richard Labévière
14 mars 2016

 
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L’Europe (du marché libre et non faussé), c’est la guerre.

17 Mars 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #La République, #La nation ., #AMERIQUE, #L'OTAN., #La paix, #La guerre, #Terrorisme

 
 

L’Europe (du marché libre et non faussé), c’est la guerre.

L’EUROPE C’EST LA PAIX : L’Union Européenne a obtenu, rappelons-le, le prix Nobel de la Paix en 2012 : « C’est un immense honneur pour l’Union européenne de recevoir le prix Nobel de la paix 2012. Ce prix constitue la reconnaissance la plus forte qui soit des raisons politiques qui ont motivé la fondation de l’Union : l’effort unique consenti par un nombre croissant de pays européens pour surmonter les divisions et les conflits et construire ensemble un continent de paix et de prospérité ». Pourtant, une fois ces proclamations déclinées, on peut s’interroger sur la matérialisation effective du concept de « paix et de prospérité », surtout au regard d’événements récents, la situation ukrainienne et la Grèce. On pourra alors approfondir la question et constater que depuis le début du projet Européen, le fil conducteur du projet européen, c’est la guerre.

LE CONFLIT UKRAINIEN : On ne va pas rentrer, ici, dans l’analyse profonde des causes du conflit, juste souligner, que celui-ci, se fait aux portes de l’Europe, au lendemain de l’attribution du prix Nobel de la Paix (2012), et qu’il cache des raisons profondes. Ce conflit, pour l’instant géographiquement réduit, est potentiellement dangereux car il réactive des sentiments nationalistes sur lequel poussent les haines, notamment dans des périodes de pauvreté imposée (austérité) qui sont causes des « grandes boucheries ». Observons, que l’Ukraine est la preuve par l’absurde, que l’objectif de l’Union Européenne de : « construire ensemble un continent de paix » a loupé sa cible. Il faudra se demander pourquoi ….

GUERRE SOCIALE A LA GRECE : La victoire de SYRIZA en Grèce a été obtenue démocratiquement, sur un programme, dont on ne peut pas dire, qu’il n’était pas connu à l’avance. Ses premières décisions sont des actes de paix (hausse du S.M.I.C, des pensions retraites, emplois créés, électricité gratuite pour les pauvres), qui redonnent au peuple de l’oxygène, en s’opposant aux dictats financiers de la troïka. Or la première mesure prise par la B.C.E est un acte de guerre (« L’ultimatum [1] de la B.C.E à la Grèce » / Le monde 6 Février) contre le gouvernement légitime du peuple grec. Rappelons que les dirigeants de la B.C.E ne sont pas élus, mais choisis parmi la nomenklatura financière mondiale, et notamment Mario DRAGHI (Président de B.C.E), qui travaillait auparavant pour la banque américaine Goldman-Sachs, celle-là même qui trafiqua les comptes de la Grèce, pour la faire rentrer de force dans la zone euro, et qui fut aussi la première à déclencher la « Crise Grecque » de la dette dite publique, un véritable délit d’initié. La décision de la B.C.E est une déclaration de guerre de l’Europe, aux politiques choisies par le peuple. La monnaie, (l’euro et sa gestion antisociale) remplace avantageusement aujourd’hui, la « grosse bertha » [2]. Par un oukase monétaire la B.C.E démontre sa vraie mission, celle d’être la Bastille du Capitalisme Européen [3].

LA YOUGOSLAVIE : Déjà en 1990, dans un endroit dangereux en Europe, les Balkans, une guerre eut lieu dans un pays qui s’était libéré lui-même du nazisme, comme la Grèce. Et déjà, le premier Pays à reconnaitre la Croatie, fut l’Allemagne, avant même toute analyse et déclaration de l’Europe. Observons que ce fut la première décision politique de l’Allemagne réunifiée. Pendant que ce pays se réunifiait avec juste raison, son gouvernement légitimait la division d’autres pays. Là encore, observons que l’objectif de l’Union Européenne de « surmonter les divisions » est aussi un échec, et n’oublions pas en ce moment, les poussées régionalistes d’autonomie (Espagne, Bretagne) qui reviennent sur le devant de la scène.

LA MONTEE DE L’EXTREME DROITE : Observons que partout en Europe, y compris en Allemagne montent les idées d’extrême droite sur un fond de racisme, d’antisémitisme, à l’opposé des objectifs affichés et déclamés par les gouvernants européens. L’analyse de tout ce qui précède, nécessite d’observer avec attention, les causes profondes qui débouchent sur le développement de ces conflits, affrontements et guerres potentielles, qui ne cessent de s’accélérer et de s’aggraver depuis une dizaine d’années.

LE CAPITALISME PORTE LA GUERRE : Cette alerte est de jean JAURES, à la veille de la « grande boucherie » / Guerre de 1914. Il analyse combien la logique du capitalisme dans sa recherche de « profit individuel de court terme », en s’appuyant sur la logique de concurrence, dont le seul objectif, rappelons-le, est de « détruire » le concurrent, ne peut, en définitive, que déboucher sur la guerre. La confrontation économique, nécessitant la « mise en concurrence » permanente des salariés entre eux imposée par la mondialisation, la dictature de la « compétitivité » bombe atomique sociale, débouchent sur un système de « guerre économique » totale, antichambre de la guerre.

LA MATRICE DE L’HISTOIRE : Déjà en 1914, la « grande boucherie » fut l’expression des concurrences économiques que se faisaient l’Allemagne, la Grande-Bretagne, et la France pour la maîtrise des marchés et des colonies (Afrique). N’oublions pas non plus, que la guerre de 1940 est consécutive à la crise de 1929, et l’incapacité des politiques à inventer des solutions nouvelles sortant du marché [4]. Soulignons que c’est la montée des Nationalismes (Allemagne, Italie, Espagne) contre la République (Espagne, France) qui déboucha sur les régimes fascistes et dictatoriaux (Allemagne, Italie, Espagne), or nous assistons aujourd’hui au même mécanisme, qui ne pourra déboucher que sur les mêmes conséquences, car la matrice de l’Histoire pèse sur le destin des peuples, bien souvent à « l’insu de leur plein gré ». Marx a écrit une phrase qui devrait, aujourd’hui et il y a urgence, être étudié par tous les élèves de Terminale et les citoyens du monde : « Celui qui ne connait pas l’histoire est condamné à la revivre ».

LE PROJET EUROPEEN ET LA NEGATION DE L’HISTOIRE : Et que mirent au cœur du projet Européen, ceux qui en furent les « promoteurs » ? Une Europe sociale et de solidarité entre les peuples ? La coopération monétaire ? Une fiscalité citoyenne ? Des projets de « développement durable » favorisant la réduction de l’énergie et de co-développement ??? Nenni, tout le projet européen fut fondé sur la seule logique du marché.

  • 1952, création de la C.E.C.A, qui instaura le « marché du charbon et de l’Acier »,
  • 1957, Traité de Rome, qui fonda le « marché commun » entre 6 Pays, et instaurait déjà la liberté de circulation des biens entre les 6 Pays de la C.E.E (Communauté Economique Européenne),
  • 1986, Acte unique européen, qui crée le « marché unique » entre 27 Pays,
  • 1992, Traité de Maastricht, qui confirme le marché unique et prévoit la marche forcée vers l’Euro.
  • 2002, l’Euro, Imposé aux peuples, la gestion de la monnaie est confiée à une banque centrale dite indépendante (B.C.E) dont la seule mission est de lutter contre l’inflation.

Loin de tirer les leçons de l’Histoire passée, les gouvernants, aveugles, autistes et idéologues, sont repartis sur les mêmes bases, que celles ayant débouchées sur les catastrophes de 1914 et 1940,

LE MARCHE EST UN ESPACE PERMANENT ET SANS FIN, D’AFFRONTEMENT : Par la définition même de ses objectifs, le marché fondé sur le triptyque « compétitivité, concurrence, libre échange », fait des salariés du monde, les fantassins de la « guerre économique mondiale » et totale. Comment s’étonner, qu’après avoir demandé à chaque salarié, de tuer son voisin via la concurrence, on ne débouche pas sur l’individualisme, le racisme, la xénophobie, surtout quand cette concurrence débouche non, sur un « mieux-vivre » mais sur un chômage et une précarité de masse, déjà cause de l’arrivée d’Hitler au pouvoir et que l’expression « no futur », du mouvement Punk des années 80 résumait, en nous alertant bien avant. Si les économistes libéraux avaient un peu de gueule, ils reconnaitraient que les crises successives (1993, 2000, 2008), qu’aucun d’entre eux n’a vu venir, sont bien le produit des politiques libérales mondialisés et imposées comme système (U.R.S.S disparu). Mais non, « diabolicum perseverare », l’idéologie du marché « pur et parfait » prend le pas, sur l’intelligence, d’où leurs critiques sur l’Etat social (les politiques de solidarité) et le manque de concurrence, et de compétitivité qui expliqueraient selon eux, le fondement des crises et l’incapacité à en sortir. On leur mettrait leur nez dans leur caca, qu’il prétendrait encore et toujours, que c’est de l’or… [5]

LA GUERRE SOCIALE INTERIEURE : les guerres se sont souvent présentées à leur début, sous des formes différentes, bien aidé en cela par des médias au service de la classe dominante. Aujourd’hui les médias ne cessent de dénoncer à longueur de textes, d’images, et en boucle, le cycle « immigrés, fonctionnaires, jeunes » activant la guerre de religion (« Islam »). Les immigrés « prenant » le travail aux « Français », les fonctionnaires devenant les « nouveaux privilégiés » du fait de leur statut « protecteur » [6] et les jeunes étant présentés comme « ne voulant pas travailler » expliquant le taux de chômage élevé, nécessitant un « smic jeune ». La « guerre sociale » intérieure se formalise, sous l’impulsion des actions commandos du MEDEF (lobbying), par la remise en cause des salaires [7], par les privatisations successives, obtenues contre la « maitrise publique » ainsi que les lois successives qui remettent en cause les protections de l’emploi (A.N.I), les droits des salariés (Macron) et la généralisation légalisée du « low-cost » (Easy-Jet, Air-France, Id-T.G.V, CORSICA-FERRIES, S.N.C.M etc.), sans compter les textes qui détruisent le service public (R.G.P.P, M.A.P etc.) pour les transformer en « services marchands », sous la dénomination hypocrite de « services au public » [8]. La « guerre sociale » en France, se traduit par des victimes tant dans l’entreprise (« placards », « harcèlements », « burn-out, suicides » que hors de l’entreprise, avec le chômage et la précarité de masse, les quartiers ghettos, où fleurissent une « économie sous-terraine de survie », liée aux trafics multiples (lire « french deconnection » / Philipe PUJOL). La guerre sociale intérieure, c’est aussi la volonté de favoriser l’échec de l’école publique (financements, postes, équipements), favorisant l’ouverture d’écoles privées, par ailleurs confessionnelles (Catholique, Juives, Musulmanes) détruisant les fondements de la République, fondé sur l’école laïque.

QUAND LA B.C.E [9] SE PREND POUR UN ETAT : Dans le traité constitutionnel rejeté par les peuples [10], le traité donnait à la B.C.E, le statut « d’Institution » indépendante des pouvoirs politiques, tant de la Commission, que du parlement (Européen) et des gouvernements. Ceci explique l’impossibilité de définir l’Euro comme la « monnaie des peuples ». Cette séparation de la monnaie du pouvoir politique, prive les Etats de l’instrument le plus puissant pour traduire en faits, une politique économique, répondant aux besoins choisis pas les peuples. La souveraineté du peuple, c’est, au-delà des gouvernants élus, le pouvoir de « frapper monnaie ». En donnant ce pouvoir à une banque centrale, et en la rendant indépendante du pouvoir politique, de fait, on détruit la puissance de l’Etat et on prive le peuple de sa souveraineté.

DE LA DEMOCRATIE ? Quand en 1789, Condorcet définit la démocratie, comme « un pouvoir arrêtant le pouvoir », la monnaie existait déjà. Pourtant il ne reconnait que trois pouvoirs (Législatif, Exécutif, Judicaire), qui de fait définit la démocratie (séparation des pouvoirs). Toute autre forme institutionnelle, qui s’écarterait de cette construction, ne peut, par définition s’appeler démocratie. La B.C.E est la preuve même du fait que l’Europe n’est pas une démocratie. Sans l’écrire ainsi, mais en lui affectant ce statut d’Institution, en charge de la gestion de l’Euro, le texte crée une monnaie au service des seuls « marchés financiers », dont le seul credo évidemment, est de « promouvoir » la « guerre économique et monétaire », d’où l’objectif « d’Euro fort », forme moderne de « guerre des tranchées », cause essentielle de la destruction des entreprises et de l’emploi industriel en Europe (France, Espagne, Italie, Portugal, Grèce) ces dix dernières années et de la nécessité de baisser les « coûts du travail », compétitivité oblige.

Observons que l’Euro et la B.C.E, vendus au peuple, comme « le bouclier protégeant des crises financières et économiques » a, là aussi, loupé sa cible. Rappelons enfin, que l’un des objectifs, de l’Europe, était d’en faire une « zone de prospérité ». Damned, encore loupé : Décidemment, les « archers de l’Euro » sont vraiment… très maladroits. Et si les peuples, fatigués des échecs successifs, du aux experts de la finance mondialisée, reprenaient leurs destins en main ??? Tel est l’enjeu de la nouvelle bataille hellénique….

L’AUSTERITE, LIGNE LA PLUS DROITE VERS LE FASCISME : les politiques d’austérité qui échouent partout en Europe (sauf en Allemagne en tout cas pour l’instant) [11], et font les malheurs des autres peuples favorisent dans l’Europe entière la montée des forces qui se réclament plus ou moins ouvertement du fascisme, et là y compris en Allemagne (Pediga). Il y a urgence à redéfinir l’économie. Non, les peuples n’ont pas être les « serviteurs zélés » de l’économie et accepter l’esclavagisme imposée par la finance mondiale : « le C.A.C 40 a versé 56 Milliards à ses actionnaires / Les sommes versées sous forme de dividendes et de rachats d’actions ont progressé de 30 % en 2014 » [12]. On n’a jamais vu l’économie produire du social naturellement, par contre, l’inverse a un fondement de vérité, c’est le social qui tire l’économie. Que serait la « filière tourisme », sans les « congés payés » et le droit à la retraite (deux sièges sur trois des Airbus sont occupés par des retraités en bonne santé) ??? Pauvre libéralisme austéritaire, qui ne veut plus développer cette filière, que par le « low-cost maritime et aérien » et la « liberté » de travailler le dimanche, forme de S.T.O des commerces en mal de clients… Derrière le retour de cette paupérisation de masse, et l’incapacité volontaire des gouvernants à s’attaquer aux vraies causes, se cachent la montée de l’extrême droite comme dans les années 30 : « celui qui ne connait pas l’Histoire est condamné à la revivre ». Les politiques européennes d’austérité imposé, sont bien la ligne la plus droite pour un retour du fascisme, quel qu’en soit la forme car, « Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde » [13].

LIBERONS-NOUS DU MARCHE, PAR LES « NOUVEAUX JOURS HEUREUX » : Tant que la bannière et la seule politique de l’Europe, se résumeront au « tout marché », sa gestion, son développement, son optimisation, l’Europe portera un « projet de guerre ». Cette guerre est intérieure, et elle est sociale, au sens où elle cherche en permanence, à rabaisser les droits du travail, les droits des salariés, générant un sous-développement humain, générant les « apartheids sociaux » [14]. L’Europe du « marché libre et non faussé », du fait de ses objectifs annoncés fondés sur la seule logique du marché, porte la guerre. En définitive, « L’Europe du marché libre et non faussé, c’est la guerre ».

VERS LA PAIX : Pour aller vers la Paix, il nous faut donc nous libérer du marché. En 1944, c’est le programme du Conseil National de la Résistance, intitulé « les jours heureux », créant la sécurité sociale, les services publics et le secteur public industriel (nationalisations), qui permirent à la France de reconstruire le Pays, et de devenir la 4ème puissance économique mondiale. Aujourd’hui pour nous éloigner de la guerre, et il y a urgence, il nous faut proposer et construire les « nouveaux jours heureux » en Grèce, en France, en Allemagne, pour tous les peuples Européens et du monde. Aujourd’hui, le peuple grec est à l’avant-garde de ce combat, contre l’austérité et pour la paix. Notre propre avenir dépend de l’issue de ce combat, contre les forces de l’obscurantisme austéritaire, et en ce sens, aujourd’hui, nous sommes tous grecs, car leur combat contre les marchés, donc pour la paix, est le nôtre.

Fabrice Aubert

[1Note par laquelle un État somme un autre État de donner satisfaction à un certain nombre d’exigences dans un délai limité, et de façon péremptoire, faute de quoi l’état de guerre naît automatiquement à l’expiration du délai. (Larousse).

[2Très gros canon utilisé par l’Armée Allemande pour bombarder Paris en 1914.

[3Cet aspect se trouvait déjà dans le principe d’interdiction de prêter directement aux Etats, ce qui favorise la dette publique dont se nourrisse les banques privées, réduit les financements répondant aux besoins (services publics) et construit une concurrence entre Pays (plus le pays est faible plus les taux sont élevés), précipitant les crises (Grèce).

[4Keynes fut le seul en tant qu’économiste, de plus anglais, à remettre en cause le « tout marché » et la nécessité de l’intervention publique dans l’économie, expliquant pour beaucoup la croissance d’après-guerre, sans chômage sans dette publique et sans inflation, pour ce qui concerne les Pays dit « développés ».

[5« Quand le réel n’est pas conforme à la théorie, ce n’est pas la théorie qui est fausse, c’est la réalité… » La théorie reposant sur des modèles mathématiques, les mathématiques ne pouvant donner que des réponses, justes, si les résultats ne sont pas conformes à la théorie, c’est que le réel ne correspond pas, il faut donc …. Réformer, pour mettre le réel en phase avec la théorie. Pour ceux qui cherchent le stalinisme…. Le voilà sous sa forme la plus crue.

[6Quel que soit la réalité effective qui montre que la sécurité du statut n’existe plus que dans les titre médiatiques, bien loin de la réalité vécue par les fonctionnaires au quotidien.

[7Nécessitant la baisse des « coûts du travail », pour un salariat « low-cost » généralisé.

[8Les « services au public » peuvent très bien être délivrés par des entreprises privées, sous la forme « d’appels d’offres », dont le juge de paix sera la « carte bleue », et plus « l’égalité de traitement », fondement du service public statutaire.

[9Observons de plus que le premier Responsable de la B.C.E, porte le titre de Président.

[10Imposé par la suite, sous la forme du traité de Lisbonne, ce qu’on appelle la « démocratie Européenne », les peuples votent, la politique européenne continue.

[11L’euro est l’outil de la puissance allemande, qui s’en sert pour reconstruire sa puissance politique et imposer son point de vue à toute l’Europe, forme de vengeance sur ses défaites militaires passées (1914/1940). Merkel est l’expression politique de cette analyse.

[12Les Echos / 9 Février 2015

[13Bertolt Brecht

[14Pour une fois, reconnaissons au premier ministre d’avoir utilisé une expression correspondant à peu près à la réalité.

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