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Le blog de Lucien PONS

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Bifurcation.

24 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #L'OTAN., #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

samedi 14 novembre 2015

Bifurcation

 
C’est à présent confirmé : nous sommes en situation de survie. Nous rentrons dans ces phases très particulières de l’histoire où l’irréversible fait sentir sa pression sourde, où nous savons que chacune de nos décisions nous fera franchir un point de non-retour.
 
Beaucoup sont désorientés. Par quel combat faut-il commencer ? La précarité, la violence extrême, semblent venir de deux sources totalement différentes. Le terrain économique et social d’une part, n’est plus celui des problèmes simplement complexes ou préoccupants, mais celui des vies détruites, ravagées.
 
 
L’intégrité de l’individu est atteinte, le noyau sacré de la famille est disloqué, mis à terre, par les logiques économiques. Ceci ne touche plus une petite minorité de précaires, mais la très grande majorité des citoyens.
 
Pomper l’argent, vite, par tous les moyens, afin de continuer à survivre : voilà la bassesse à laquelle la société libérale a contraint les hommes et tous les corps de métier, du privé au public, en rajoutant la suprême indécence de prétendre qu’ils sont libres et l’ont fait par choix. Toute la société semble concourir à ce que chacun devienne le vampire de l’autre, à ce qu’il faille se dépêcher d’aspirer sa substance vitale avant que lui ne le fasse.
 
Notre identité, notre mémoire et notre histoire d’autre part, sont attaquées par deux sortes d’hommes, en apparence opposés, en réalité frères. Ceux qui veulent nous convaincre qu’il faut nous en déposséder parce que ce n’est ni moderne ni rationnel. Et ceux qui veulent imposer leur identité à l’exclusion de celle des autres, qui ne comprennent que les guerres de territoire, qui ne veulent pas respecter la loi mais leur loi.
 
Ils nous imposent une autre précarité, non économique cette fois, mais celle touchant à la sécurité immédiate à laquelle tout homme a droit dans une société civilisée, qui n’est plus assurée.
 
Un dirigeant véritable est celui qui partage la souffrance de ses hommes, même lorsqu’il ne vit pas toutes leurs précarités. Il les ressent pourtant dans sa chair, car il sait que derrière les ors de la république, le sens réside dans ce que vivent les gens simples. 

Les faux dirigeants enjoignent d’adhérer à de fausses valeurs, d'un prétendu humanisme qui ne masque qu’une situation de confort égoïste : l’humanisme véritable n’est présent que lorsque l’on a enduré soi-même toutes les épreuves de la précarité réelle, sans angélisme et sans idéalisation sur les hommes, mais que l’on trouve la force de se relever quand même.
 
Par des hasards qui n’en sont pas, l’actualité récente nous a offert plusieurs exemples de sites ou d’édifices historiques détruits, menacés de l’être, ou accaparés par des décisions lâches et falsificatrices de la mémoire de leurs véritables ancêtres.
 
Ces mensonges sur l’histoire ont été autant de lâchetés par lesquelles nous pensions acheter la paix auprès de ceux qui, aujourd’hui même, piétinent notre intégrité aussi bien physique que nationale.
 
Comment retrouver nos esprits, quel est le combat le plus important ? Le piège est justement de penser qu’il y en a plusieurs, car nous serons sans cesse renvoyés de l’un à l’autre, nous serons ballottés par cet incessant ressac hypnotique : démolition de l’identité ou exploitation économique ? Dépossession de l’histoire commune ou torture lente de la précarité matérielle ?
 
 
Leur trait commun est pourtant visible, et tient en un seul mot. Intimidation. L’arme de tous les caïds, de toutes les mafias. L’arme des lâches au demeurant, de ceux qui n’osent pas le combat frontal, l’engagement : elle ne possède la force que l’on veut bien lui donner.
 
 
Nous leur retirons leur monnaie, leur droit de vote, détruisons leur vie, leurs emplois et leurs familles et ils ne réagissent pas ? Très bien, nous allons pouvoir pousser un cran plus loin…
 
Nous crachons sur leur histoire, les stigmatisons s’ils l’aiment, nous allons jusqu’à l’effacer de la mémoire de leurs enfants par une parodie d’éducation et ils ne font rien ? Parfait, nous allons pouvoir serrer un peu plus.
 
Nous commençons par mille et un petits signes d’intimidation sur leurs biens, leurs voitures, leurs maisons, leur place dans la queue, puis s’ils ne réagissent pas les volons, brisons tout ce qu’ils ont, imposons notre loi et nos coutumes en leur interdisant celle de leur propre pays, jusqu’à les agresser physiquement, ainsi que leurs enfants à l’école ou leurs femmes et leurs filles pour les briser et les plier à notre volonté.
 
Ils ne se défendent pas ? Très bien, nous allons pouvoir continuer, d’autant plus que les autres mafieux, ceux de la haute société, nous donnent l’absolution, ne nous poursuivent pas, mais sont impitoyables avec eux s’ils ont le malheur d’oser se défendre contre nous.
 
 
N’est-il pas évident que nous avons affaire à la même sorte d’hommes, usant des mêmes méthodes, malgré les apparences, la modernité des uns et l’archaïsme des autres, les formules précieuses et creuses des premiers, et le proto-langage arriéré des seconds ? Intimidation, loi des caïds, extension du domaine de la lutte à toutes les couches de la société, jusqu’à toucher à la survie immédiate de chacun et de ses proches.
 
Une bifurcation majeure se présente devant nous. Si nous ne savons prendre le bon chemin, ce n’est plus uniquement une erreur d’appréciation dont nous devrons souffrir. C’est notre survie même qui en est l’enjeu, ainsi que l’existence de toute communauté nationale.
 
 
Existe-t-il encore une fierté et une dignité d’être citoyen français ?
 
La plupart des fonctions régaliennes de l’état ne sont plus assurées pour une raison unique : la lâcheté. L’ensemble de nos dirigeants politiques ne connaît plus qu’un seul mode d’action : la déculottée générale devant ceux qui crient le plus fort, grandes puissances économiques, commission européenne, islamistes avides de conquête qui sentent que le pays peut basculer entre leurs mains parce qu’ils imposent leur loi dans nombre de quartiers, sans que personne n’ose plus réagir, police comprise.
 
La logique est toujours semblable : être veule devant les prédateurs, impitoyables vis-à-vis du simple citoyen qui oserait se rebeller, afin de ne pas remettre en question son propre pouvoir personnel.
 
Acheter le silence à travers toutes les compromissions et toutes les soumissions n’est en rien l’action d’un véritable rassembleur, qui sait recadrer très durement ceux qui sortent du rang lorsqu'ils tentent d'imposer leur petite loi.
 
La seule façon de remonter ce courant de démission générale sera de redonner à la citoyenneté française toute sa valeur. Les cités grecques savaient donner une grande solennité au fait d’être l’un de ses citoyens, par un contraste net et marqué entre la dignité ou l’indignité d’y appartenir.
 
Pour cela, il faut redonner un sens ultime à la citoyenneté, aux droits et devoirs de l’appartenance à la cité. Le sens ultime, ce sont la vie et la mort qui le confèrent. Seul l’irréversible de la vie et de la mort est à même de vaincre à rebours la pente de la déliquescence.
 
Dirigeants français, arrêtez de montrer votre trouille en n’osant plus enseigner certains sujets à l’école, parce que vous craignez de froisser des susceptibilités. Parce que vous suivez le comportement si commun des lâches, qui est d’anticiper les désirs et les colères de ses futurs maîtres.
 
Craindre la réaction de quelqu’un, c’est se soumettre de façon certaine à lui, c’est se plier à son intimidation. L’ennemi sent toujours cette lâcheté, et en joue.
 
Le courage, c’est au contraire de mettre au centre délibérément et comme par provocation les sujets qui fâchent. De les poser devant l’ennemi, le caïd, comme un défi, comme pour lui dire « tu ne me fais pas peur », « force restera à la loi ». De lui faire comprendre que c’est lui qui devra se soumettre ou se démettre, qu’ici c’est la citoyenneté française qui fait loi et qu’il devra s’y plier.
 
L’enseignement de l’amour de la France n’est pas négociable au sein de l’éducation nationale. Toutes les périodes de l’histoire, tous les thèmes que nous devons et voulons traiter, ne prêtent pas à discussion. Au caïd qui défie cela, d’une voix traînante et semi-menaçante, il faut retourner brutalement et immédiatement le jeu de l’intimidation. Lui faire comprendre que s’il s’engage à l’escalade, c’est un combat physique à mains nues qui l’attend, avec un guerrier des plus aguerris. Aux violeurs de la République, que c’est la mort qui les attend.
 
« Ce que nous défendons, c’est notre patrie, mais c’est bien plus que cela, ce sont les valeurs d’humanité et la France saura prendre ses responsabilités », vient de dire François Hollande aujourd’hui même. Qui aura remarqué que derrière ces mots qui paraissent un bien, le président de la république n’est une fois de plus pas du tout à la hauteur de sa fonction ?
 
« Bien plus que cela » ( !) : voilà en quelle haute estime la patrie est tenue, par celui qui est censé en être le premier défenseur. Notre lignée historique est une fois de plus opposée à un universel abstrait, « les valeurs d’humanité ».
 
Que n’a-t-il dit : « ce sont les valeurs d’humanité que nous défendons à travers les valeurs de notre patrie ». Il ne s’agit plus d’opposer des valeurs essentielles à notre histoire commune et nationale, mais de montrer comment celle-ci est la réalisation concrète, charnelle et présente, de ces valeurs.

Il ne peut y avoir de dignité et de solennité dans ce qui ne porte pas l’histoire et la souffrance des hommes, mais un simple principe théorique, fade s'il n'est habité par une mémoire commune.
 
Nous ne pourrons à nouveau entonner le chant de la France, puissamment et clairement, qu’à cette condition. Elle suppose d’enterrer toute lâcheté : on ne peut faire ressentir le souffle de la mort que si l’on est soi-même prêt à mourir, ce que nous sociétés amollies ont cessé de cultiver.
 
Nous devons retrouver un sens du sacré lié à la citoyenneté, le sens des cérémonies que savaient mener les cités grecques, dans la célébration de la dignité comme dans la dureté implacable pour les manquements à la loyauté.
 
Il faut une autre trempe d’hommes pour mener de telles célébrations, leur donner toute leur beauté et leur puissance, parce qu’il faut savoir invoquer le terrible et le vivre soi-même.
 
Publié par à
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Le Front Syndical de Classe: Union du peuple : ça passe par une lutte déterminée contre le terrorisme, l'impérialisme et les politiques d'austérité et de régression sociale!

22 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La mondialisation, #La lutte des classes

Union du peuple : ça passe par une lutte déterminée contre le terrorisme, l'impérialisme et les politiques d'austérité et de régression sociale!



Le Front Syndical de Classe se joint aux nombreuses organisations qui ont dénoncé les crimes horribles perpétrés vendredi 13 novembre contre des citoyens et travailleurs français, revendiqués par Daesh.

Le FSC exprime sa compassion pour les victimes et leurs familles. Il dénonce avec la même force les attentats perpétrés contre tous les citoyens de nombre d’autres pays eux aussi touchés par des actes terroristes revendiqués par Daesh.

Mais ces dénonciations ne serviront à rien si elles ne débouchent pas sur une modification radicale des politiques qui sont à l’origine de ces massacres de populations ici ou ailleurs notamment dans les pays du Proche Orient, premières victimes parmi les autres.

Les organisations syndicales de France et d’ailleurs ont le devoir d’informer sans concession les travailleurs de la réalité des responsabilités des gouvernements des pays du commandement intégré des forces de l’OTAN, y compris des gouvernements français successifs, durant ces dernières années.

 

Au plan intérieur : Des institutions françaises de plus en plus affaiblies par des contradictions de plus en plus évidentes

 

Ces attentats perpétrés dans différents pays soulèvent un peu plus chaque jour les contradictions dans lesquelles se débattent les pouvoirs publics, la classe politique des partis de l’alternance et leurs satellites.

La puissance administrative gouvernementale prend inexorablement le pas sur l’autorité judiciaire, de plus en plus mise mal dans l’exercice de ses prérogatives, battant en brèche chaque jour un peu plus le principe constitutionnel fondamental de séparation des pouvoirs. Ces reculs que le gouvernement français entend conforter par une réforme constitutionnelle, constituent clairement un levier supplémentaire de renforcement du contrôle et de mise au pas des travailleurs au service des intérêts du grand capital, dans un contexte d’usure accélérée du pouvoir en place et de délégitimation croissante des pouvoirs publics et des institutions de la cinquième République.

 

La politique étrangère, une question clé pour la sécurité de la population et pour le progrès social

 

La situation intérieure à la fois en matière de politique sociale et de sécurité ne saurait donc être appréhendée indépendamment de la situation extérieure et de la politique internationale des gouvernements successifs de la France :

  1. Le président de la République dispose de pouvoirs exorbitants : sans consulter personne (pas même le parlement) il peut engager le pays dans n'importe quelle aventure guerrière, et ni Sarkozy, ni Hollande ne s'en sont privés.
  2. Ces décisions ont un coût majeur en matière de budget au détriment des politiques publiques, des politiques sociales. Sait-on que le tir du moindre missile c'est 100.000 euros, tandis que le système hospitalier dont on vient de mesurer massivement l'utilité pour la population civile est soumis aux restrictions massives, à la rentabilité marchande.
  3. Le manque de transparence des décisions du pouvoir en matière de défense masque à l'opinion comment ce pouvoir agit à l'extérieur, en vue de la défense de quels intérêts et avec quels alliés.

Nos gouvernements prétendent agir internationalement au nom de la défense des droits de l'homme et de la défense des populations civiles et combattre les dictatures et combattre résolument le terrorisme à l'étranger.

Combattre les dictatures ?

Alors comment justifier notre alliance de fait et nos ventes d'armes massives à l'Arabie saoudite quand pour s'en tenir à cela, cette dernière piétine les droits des femmes avec des lois d’un autre âge, condamne un écrivain, pour son expression, à 1000 coups de fouet sur la place publique, décapite au sabre la tête de condamnés à mort, 143 à ce jour pour la seule année 2015, et que le Président Hollande a rencontré ses dirigeants à plusieurs reprises en 2015 sans aucune espèce d'allusion à ces méfaits ?

Davantage préoccupé de vendre des armes à la dynastie des Saoud accueillis cet été dans le Vaucluse de manière outrageusement et honteusement privilégiée!


 

Combattre le terrorisme à l'étranger ?

Le gouvernement a engagé depuis trois ans les forces armées nationales sur plusieurs théâtres d’opérations militaires, au motif d’un pseudo droit d’ingérence humanitaire dénué de toute base légale, en contradiction ou dérogation unilatérale avec toutes les règles de droit international et décisions de l’Organisation des Nations Unies. Ce ne serait là seulement qu’arrogance si ce droit d’ingérence ne masquait en fait bien d’autres motivations inavouables et pourtant si bien connues  : le vol des ressources énergétiques des pays du proche Orient et la destruction des Etats refusant de se soumettre aux diktats des-dites grandes puissances..

Quel cynisme  ! Alors que le Ministre Fabius jusqu'à peu considérait que la branche syrienne d'AlQaida "faisait du bon boulot," alors que le camp occidental s'est bien gardé jusqu'à peu de frapper les sources de financement de l’OEI , en particulier par la vente du pétrole transitant par la Turquie par file de camions massives de crainte, disait-on hypocritement, de faire des victimes civiles.
Non jusque-là le gouvernement français comme les occidentaux n'a eu qu'un objectif majeur : imposer le départ de Bachar El Assad, intervenir pour cela en Syrie sans aucun mandat international et donc en violation de la Charte de l'ONU, cofinancer à cette fin des groupes terroristes baptisés pour la circonstance «  modérés  » comme au temps du soutien en Afghanistan où les talibans étaient baptisés «  combattants de la liberté  », l'objectif majeur étant alors d'abattre l'URSS...

On connaît la suite ...

 

La lutte pour la paix


 

Oui, il est du devoir du mouvement syndical de se battre pour la paix, indissociable de la lutte pour la démocratie et le progrès social.

Mais cette lutte ne saurait se réduire à de vagues incantations sans s'appuyer sur une analyse concrète et précise des enjeux de l'heure et des responsabilités dans l'actuelle situation. Dans l'immédiat et dans l'urgence cette lutte passant par l'émergence d'une solution politique en Syrie pour ne rien dire du drame séculaire des Palestiniens.

De différents côtés (Hollande à l'Assemblée générale de l'ONU le 28 septembre dernier et Guetta sur France Inter) les gouvernements des pays de l’OTAN tentent de faire porter au régime Syrien la responsabilité de l'existence et de la croissance de Daesh. Ce mensonge d’Etat ne résiste pas à un examen sérieux des faits. Et ce n'est pas soutenir inconditionnellement ce régime que de dire que cela est un véritable travestissement de l'histoire.

La déstabilisation de cette région d'où émerge Daesh est incontestablement le résultat de l'intervention américaine en Irak en 2003, de celle de Sarkozy en Lybie, de soutiens logistiques , de financements directs et fourniture d’armes par les Etats-Unis, la France, l’Arabie saoudite, le Quatar, la Turquie, Israël ...

En détruisant les structures étatiques de ces pays ce n'est pas la démocratie qui s'est installée mais le chaos propice au surgissement des forces les plus obscurantistes.

Et ce sont les «  fruits  » de cette politique dont nous faisons les frais, dont notre peuple fait les frais !

La lutte pour la paix dans notre pays doit donc s'appuyer sur la dénonciation de ces responsabilités et l'intervention de l'opinion pour la mise sur pied d'une coalition internationale s'attaquant cette fois réellement à Daesh, tout en s'attachant sans faillir à la mise en œuvre d’une réelle solution politique en Syrie et l’ensemble du Proche Orient. Cela passe par un arrêt des combats, un assèchement des sources de financement et de fourniture d’armes, et surtout un compromis entre les acteurs nationaux réellement opposés à la dictature obscurantiste de Daesh.

Le gouvernement français et ses sous-fifres médiatiques essaie de faire croire que la Russie a changé de politique alors que c'est le gouvernement français sous la pression des événements qui semble s'engager dans la grande coalition proposée par la Russie dès son intervention militaire en vue dans la foulée d'une solution diplomatique au conflit.

A gauche et chez un certain nombre de pacifistes c'est le "Ni Hassad, ni Daesh" qui fait florès. Mais que l'on sache - quoi que l'on pense de son régime - ce n'est pas Assad qui commandite des attentats en France et un peu partout !

Et finalement toute cette prétention à incarner les droits de l'homme et à décider de l'extérieur qui doit diriger des pays qui ne sont pas les nôtres au nom du droit d'ingérence si cher à Kouchner, à BHL et à Glucksman n'est-elle pas idéologiquement dans la continuité de toutes les interventions coloniales d'antan, au nom bien sûr de la supériorité de la civilisation occidentale ?

Et n'est-il pas temps de tirer en tout cas les enseignements de ce que ces interventions et ce droit d'ingérence ont semé comme désordres, comme crimes et comme instabilité généralisée ?

Seul le respect de la souveraineté des états comme principe des relations internationales est de nature à assurer davantage de stabilité et de sécurité dans le monde… et donc à faire progresser les droits de l'homme en privilégiant l'intervention autonome des peuples et non pas le droit à l'ingérence des grandes puissances !

 

Le double sens de l'état d'urgence


 

Nous ne contestons pas les nécessaires mesures pour assurer la sécurité des français.

MAIS!

Pour le peuple Français, après les politiques d’austérité, l’heure est donc à de nouvelles restrictions des libertés publiques et individuelles, déjà engagées depuis de nombreux mois et au renforcement des frappes militaires contre Daesh, pour le financement desquelles le «  pacte de sécurité  » s’impose désormais au «  pacte de stabilité », avec le quitus des institutions antidémocratiques bruxelloises et de la troïka. Quant au Parlement Français il s’en trouve réduit à son rôle désormais habituel de supplétif, spectateur de la politique extérieure, comme il l’est devenu sur la quasi-totalité des domaines de politique intérieure, désormais sous contrôle des institutions anti démocratiques de l’U€.

Pour donner le change face à ses mandants légitimement soucieux de leur sécurité, le gouvernement Hollande-Vals se voit dans l’obligation de remettre des contrôles aux frontières du pays, ou du moins de communiquer en ce sens. Mais la remise en question des accords de Schengen n’est pas à l’ordre du jour. L’Union Européenne, toujours abusivement appelée «  l’Europe  » par ses promoteurs, ne saurait être contestée : la libre circulation des marchandises, des capitaux et des personnes doit impérativement se poursuivre, pour le plus grand bonheur du grand patronat. Qu’il soit Français, Allemand ou d’un autre pays de l’U€, celui-ci se félicite de l’arrivée de centaines de milliers de migrants dans un grand désarroi, tout prêt à vendre leur force de travail à encore moins cher que les populations autochtones. Ces vagues d’immigration de population fuyant le désastre de leurs vies ravagées par des combats de plusieurs années et des structures étatiques en lambeaux vont ainsi permettre au patronat des grands monopoles de disposer de leviers supplémentaires pour organiser encore plus de concurrence entre les travailleurs, détruire un peu plus vite, encore plus facilement, nos conquis sociaux et ainsi baisser la rémunération de la force de travail… tandis que les actionnaires des multinationales continuent de voir exploser leur rendement actionnarial et financier.

Pour s'en tenir à un seul exemple on voit bien comment à partir du choc provoqué par les événements comment dans les partis de l’alternance et au gouvernement en place, la demande de renforcement de la sécurité et donc des moyens matériels et budgétaires attribués aux diverses forces de sécurité est utilisée pour accentuer et aggraver le sort réservé à la population et mettre en cause les moyens publics; tel intervenant dans les médias se plaignant des 35 heures, des grèves et tel porte-parole de l'armée se plaignant lui du nombre de cheminots comparé aux effectifs militaires  !

La liquette déchirée d’un cadre d’Air France est sur-médiatisée. Mais silence est fait sur la croissance continue et scandaleuse des grandes fortunes, le «  salaire  » des PDG, notamment ceux d’Air France, la distribution de dividendes toujours plus importants aux actionnaires et donc sur l’opportunité - la nécessité - de les mettre à contribution eux d'abord et eux exclusivement. Ce qui implique une révision totale des politiques menées et par la droite et par le gouvernement dit socialiste, d'en finir avec l'austérité et les contre-réformes s'attaquant à tous les conquis de la Libération et du programme du Conseil National de la Résistance.

 

Dans un tel contexte, quel est le sens de la journée nationale d'action du 2 décembre?

 

A l’occasion de son récent CCN du 17 et 18 novembre, la CGT a déclaré : «  Pas plus qu’il n’y a de trêve dans les attaques contre le monde du travail, il n’y aura de trêve dans l’action syndicale pour le progrès social  ». Le FSC se retrouve dans cette déclaration, qui tranche d'ailleurs avec la déclaration initiale de l'intersyndicale nationale qui ne disait mot de l'agression gouvernementale contre les conquis sociaux et qui s'inscrivait de fait dans l'esprit de l'union sacrée, appelée de ses vœux par le gouvernement Français. Cette nouvelle déclaration de la CGT marque une pertinente opposition aux tentatives du gouvernement d’asseoir son emprise sur toutes les organisations syndicales confédérées et de les associer aux politiques sécuritaires, en plus des politiques d’austérité.

Alors que les organisations syndicales, notamment la CGT, devraient être à l’initiative d’une résistance farouche aux politiques rétrogrades et réactionnaires mises en œuvre sous pilotage serré de Bruxelles, de la troïka, et de l’OTAN, c’est à dire de l’oligarchie financière, le contenu de l’appel du CCN doit nous interroger sur certains aspects.

En effet, dans le même appel à organiser une journée nationale d’action le 2 décembre prochain, le CCN s'en tient au thème un peu vague du « NON à la violence sociale, OUI à l'efficacité économique, sociale et environnementale » alors que le 2 décembre incluait :

  • la question de l’emploi
  • La retraire à 60 ans à taux plein
  • Les Libertés Syndicales
  • Les salaires, les pensions et les minimas sociaux
  • La reconnaissance des métiers pénibles
  • Le développement industriel et des services publics

 

Et surtout l’appel initial comportait la dimension de la lutte contre la répression syndicale et le soutien aux salariés d'Air France avec l'appel à une manifestation devant le tribunal d'instance de Bobigny à partir de 12 heures ils sont traduits sur demande des dirigeants d'Air France !

Alors qu'est-ce qu'on fait exactement le 2 décembre?

Le FSC soutient d’ailleurs les initiatives locales et départementales qui existent dans le pays pour manifester le 2 décembre devant les préfectures en soutien aux camarades d’air France.

 

L'union sacrée, pour le plus grand malheur de la classe ouvrière


 

On sait ce qu'elle représente historiquement pour la classe ouvrière et comment, pour s'en tenir à la première guerre mondiale, elle a signifié l'abandon des objectifs de paix et le ralliement aux intérêts des classes dominantes et à la grande boucherie.

Et c'est cela qui rend suspect l'appel à l'union nationale, les travailleurs perdant de vue leurs propres intérêts et ceux du peuple en s'en remettant aux objectifs des classes dominantes, banquiers et marchands de canon, propriétaires des grands médias privés.

Contre l’Union sacrée gouvernementale les organisations syndicales non réformistes ont le devoir d’organiser les conditions de l'union du peuple sur d’autres bases, des bases de lutte de classe, à savoir :

combattre les divisions, rassembler contre une véritable tentative d'installer un climat de guerre civile, ; en permettant de bien identifier les responsables de ces atrocités plutôt que de désigner un bouc émissaire, un ennemi intérieur que seraient les musulmans ou les immigrés dans leur ensemble  ; dérives dangereuses qu'il faut combattre dans la cité, dans les entreprises, dans les quartiers, dans les universités et les lieux scolaires… Sans déléguer, comme c'est devenu récurrent, la mise en œuvre de cette tâche aux instances religieuses, signe inquiétant d'une communautarisation des enjeux publics et d’un recul de la laïcité.

Les moyens et les mesures de l'état d'urgence doivent être tournés exclusivement contre les terroristes et ne servir sous aucun prétexte à museler le mouvement social et ce qu’il reste de démocratie dans notre pays.

Nous alertons également sur l’institutionnalisation de l’Etat d’urgence, promis à devenir une modalité courante de gestion du pouvoir et qui risque de favoriser la transformation de notre pays en état policier comme le souligne le Syndicat de la Magistrature, tout en intimidant le mouvement ouvrier alors que l’offensive antisociale ne va pas ralentir.

C'est dire que l'action des travailleurs contre la répression syndicale comme à Amiens pour les Goodyear ou à Air France doit rester à l'ordre du jour comme la nécessité du développement de l'action contre toutes les agressions et les régressions qui demeurent à l'agenda gouvernemental (code du travail, précarisation généralisée, financement de la protection sociale, santé …).

En ne renonçant pas aux manifestations dans l'espace public!

 

Hommage aux services publics  : monsieur Hollande, des actes  !


 

C'est dire aussi que l'agression contre les services publics doit cesser, tout comme l'entreprise de privatisation rampante, notamment celle des aéroports par exemple.

Car s'il est un des enseignements que l'on peut aussi tirer des actuels événements c'est bien leur rôle comme on a pu le constater avec la mobilisation exemplaire des hôpitaux parisiens au service des victimes de l'attentat du Bataclan. Et l'hommage qui a été en cette occasion rendu au personnel devrait d'abord se traduire par l'abandon de la réforme Hirsch qui s'en prend directement aux personnels en application du pacte Hollande-Vals de responsabilité, lui-même déclinaison du pacte budgétaire européen !

Notre devoir

 

Le système capitaliste porte en lui  la guerre comme la nuée porte l’orage expliquait déjà Jaurès. Aujourd’hui plus que jamais, ce système économique en crise permanente allie guerre sociale à l’intérieur et guerres impérialistes à l’extérieur, déchaînant destructions, misère, pillages.

Oui nous devons renouer avec les grandes traditions du mouvement ouvrier et syndical de la lutte pour la paix, non pas dans le flou des dénonciations sans contenu véritable mais en désignant nommément les fauteurs de guerre, les bénéficiaires du chaos actuel, les marchands d'armes dont notre pays qui se situe au troisième ou quatrième rang mondial et qui de ce fait ajoute le malheur aux malheurs du monde !

Les organisations syndicales qui ont une visée transformatrice ont plus que jamais le devoir de ne plus rester sur des positions défensives. Elles doivent être porteuses de propositions permettant d’ouvrir de nouvelles perspectives de transformation sociale et de dépassement du rapport d’exploitation capitaliste, notamment en promouvant de nouvelles formes de socialisation des moyens de production. Ces perspectives ne pourront advenir qu’à la condition qu’elles redeviennent concrètement des organisations de masse. Les travailleurs ont besoin de retrouver de la confiance pour y adhérer et prendre leur part active dans l’organisation syndicale et contribuer collectivement à l’élaboration de revendications sociales émancipatrices.

Elles doivent prendre au plus vite les dispositions permettant de reconquérir leur indépendance vis à vis des forces du capital et de renouer avec une politique syndicale internationaliste à la hauteur des enjeux actuels. Cela passe entre autre par une rupture claire notamment avec la Confédération Européenne des Syndicats.

Le Front Syndical de Classe

19 novembre 2015

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Zoom : Jean-Loup Izambert - L’Etat français protège les terroristes (18-11-2015)

22 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #Europe supranationale

Zoom : Jean-Loup Izambert - L’Etat français protège les terroristes (18-11-2015)

Journaliste d’investigation indépendant, Jean-Loup Izambert a publié le premier tome de son ouvrage, "56, l’Etat français complice de groupes criminels".
Il nous explique comment des filières terroristes bénéficient de la tolérance voire de la complicité et des financements des dirigeants français depuis plus de 25 ans… Il revient sur l’organisation des Frères Musulmans, colonne vertébrale du terrorisme islamiste dans le monde entier.

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ASL/al-Nosra/EI : même combat, mêmes sponsors. Fin de la comédie. Par Françoise Compoint

22 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #Politique étrangère, #Daesch, #L'OTAN.

ASL/al-Nosra/EI : même combat, mêmes sponsors. Fin de la comédie. Par Françoise Compoint

ASL/al-Nosra/EI : même combat, mêmes sponsors. Fin de la comédie.

Le 21 novembre 2015

La tragédie parisienne du 13/11 a démasqué pas mal de protagonistes pro-islamistes se complaisant jusqu’ici dans leurs accoutrements passablement angéliques. L’Occident a brusquement découvert qu’al-Nosra ne faisait pas toujours du bon boulot, que le (vrai) futur calife en chef, M. Erdogan, était loin de servir les intérêts européens de l’OTAN si tant est que les faucons présidant à l’OTAN aient intérêt à défendre l’UE. L’Occident a aussi découvert, une certaine élite américaine y compris, que Poutine n’avait pas tort lorsqu’il refusait de faire le distinguo entre opposants modérés et radicaux, les premiers méritant des missiles « modérés » peints en rose les deuxièmes, un peu plus coupeurs de tête que leurs sympathiques collègues, en noir et blanc.

Dans un récent article évoquant les tenants et aboutissants de la boucherie de vendredi, j’avais envisagé deux types de dénouement : l’un d’eux prévoyait la création d’une coalition russo-française anti-EI (mais aussi plus largement anti-salafiste). Il semble, nous en sommes tous bien aise, que cette option ait eu raison des versatilités auxquelles sont sujettes des élites politiques ô combien frileuses. Il semble aussi que ce passage à l’acte, réprouvé par Obama et son équipe, se double d’un début ou du moins d’une tentative de nettoyage des réseaux islamistes éparpillés à travers les villes européennes. Molenbeek-Saint-Jean, naguère bercail d’un Philippe Vandermaelenn, récemment celui d’un Coulibaly, en est un exemple frappant. Consternant. Une quasi-hypertrophie du 93 avec tout le venin de l’anti-France qui berce la nécropole sacrée des rois de France. Veut-on dire que jusqu’ici Molenbeek n’était pas nettoyable ? Que ces pauvres gamins qui y naissent et se disent aujourd’hui mûrs pour le jihad ne sont que des paumés ? De nouveaux Misérables dont Hugo, s’il fut de ce monde, aurait dénoncé l’injuste Misère ? Allons donc ! Il n’y a que les niais et les autruches pour y croire. Ces gens-là ne sont pas des paumés mais des créatures qui se retournent ostensiblement contre leur créateur selon la très juste comparaison d’un amie facebookien. Le problème, c’est que l’abcès gonfle et suppure en France depuis les années Mitterrand. Que l’ennemi est enraciné dans une terre qu’il rejette depuis des décennies et dont il veut maintenant disposer à sa convenance. Le problème, c’est que la politique étrangère à la fois idiote et criminelle qui a été menée après la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN sert aujourd’hui de prétexte au soulèvement des quartiers dits chauds de même qu’à la progression des zones grises à travers le pays. La France est un pays bien riche en centrales nucléaires (19 au total) c’est-à-dire en poudrières potentielles. Que faire ?

En principe, il faudrait sortir de l’UE vu que l’annulation provisoire de Schengen n’a pas grand sens. Il faudrait aussi sortir de l’OTAN vu que l’un des trois piliers de la sou-veraineté d’un pays tient à sa capacité de décider de la paix ou de la guerre. Il faudrait liquider tous les nids islamistes dispersés à travers la pays, tous sans exception, fermer les mosquées salafistes, interdire formellement des organisations telles que les Frères Musulmans, renforcer les contrôles d’identité, supprimer les allocs à vie et forcer une jeunesse vicieusement désoeuvrée à travailler. Enfin il faudrait réaffirmer, en théorie autant qu’en pratique, la prédominance historique et culturelle du christianisme en Franceen arrêtant la démolition des églises et en réformant des programmesscolaireslèche-culs et mondialistes. Combien de morts faudra-t-il encore pleurer, en France tout comme en Syrie ou ailleurs – hier, au Mali – pour que l’Europe pèse enfin les conséquences de ses leurres et de ses traîtrises ?

Les il faudrait que je viens d’égrener sont d’une banalité redondante etaffligeante. Ce que l’on constate cependant, c’est que ni les Fabius, ni les Valls, ni même Hollande en personne ne veulent avoir conscience de ces urgences. Pour une raison très simple : pour qu’ils le fassent, la France devrait reprendre la maîtrise de sa diplomatie et de son territoire. Il en va de même de tous les Etats constitutifs de l’UE.

Après avoir versé des larmes hypocrites sur les martyrs de la sottise dirigeante, Obama a réitéré un ultimatum encore plus hallucinant : soit Assad reste au pouvoir et la Syrie s’enfonce dans un chaos abyssal, soit le pouvoir de Damas démissionne et cède la place à un gouvernement de coalition nationale composé de différentes fractions opposantes. Simultanément, Erdogan fait des siennes en menaçant la France d’attentats encore plus meurtriers si elle n’arrête pas ses frappes contre « les militants [dits] modérés » (voir entretien accordé au journal Ar-Rayah). Daesh y est présenté sous une sauce lénifiante voire hallucinogène : sa cause, mêlée à celle des militants syriens pour la libération du peuple – duquel ?! – donne une image d’ensemble en accord avec celle d’une ASL, on s’en souvient, littéralement glorifiée par les autorités françaises. Bruxelles n’a jamais condamné les agissements de la Turquie. Au mieux pourrait-on entendre de la part de politiques qui ne sont plus au pouvoir qu’Ankara joue un rôle dangereusement ambigu et qu’il conviendrait peut-être d’élucider cette ambiguïté.

Selon des sources alternatives foisonnantes, Moscou ne fait pas vraiment confiance à Paris pour ce qui est de son intention de pulvériser l’EI. Vous me direz : et le de Gaulle ? Et le bombardement du centre d’approvisionnement pétrolier près de Deir Ezzor ? Et le plan de soutien de la Russie à la marine française sur le terrain ?En réalité, nul besoin d’aller piocher dans une presse alternative parfois en effet peu fiable pour tirer le même type de conclusion. La vive émotion du vendredi dernier passée, il serait bon de revenir aux révélations d’Eric Denécé, ancien officier du renseignement et de Bernard Squarcini, ancien directeur de la DCRI : les deux viennent tout juste d’être publiées, à titre préventif, j’imagine, étant donné que le renseignement aurait à répondre de ce qui s’est passé vendredi 13.11. Selon M. Denécé, les services secrets n’ont jamais reçu d’ordres spécifiques par rapport aux jihadistes français revenant en France. Curieux, n’est-ce pas, surtout après la boucherie de janvier ? Selon M. Squarcini, Manuel Valls aurait refusé de prendre en compte la liste de jihadistes français combattant en Syrie au seul motif que la France refusait de collaborer avec le renseignement syrien tant que Bachar el-Assad resterait au pouvoir. C’était il y a certes deux ans. Personne ne pouvait imaginer le janvier noir de Charlie et le 13 novembre lugubre du Bataclan. Mais alors que d’attentats avaient pu être déjoués sans que les Français ne le soupçonnent ! Si M. Squarcini dit vrai – et une personne d’un tel acabit ne saurait mentir surtout que le (les) coupable (s) est (sont) pointé (s) du doigt – devrait-on qualifier la réaction de M. Valls de crime de haute trahison ? Lorsque le Premier ministre belge, C. Michel, propose aux éléments radicalisés (= jihadistes en puissance) le port de bracelets électroniques, je me demande également si nous avons affaire à un cas clinique ou à un cas de haute trahison.

Des litres d’encre ont déjà été déversés sur la lâcheté et la pseudo-incompétence d’élites pseudo-représentatives alors autant arroser le tout d’une liste de faits expliquant en quoi est-ce que Moscou aurait raison de ne pas faire confiance ou de faire modérément con-fiance à la France. Nous avons plus d’une fois insisté sur le côté mythique ou factice de l’ASL(Armée syrienne libre). La réunion de Vienne qui s’est tenue le 14 novembre a débouché sur deux impératifs pour le peu aberrants mais formellement acceptés par la Russie en accord, visiblement, avec Damas vu qu’aux dernières nouvelles Assad condi-tionnerait son départ à une victoire totale sur l’EI. Ces deux impératifs, les voici : primo, formation d’un gouvernement de coalition nationale – visant, mettons-le donc entre parenthèses, à coaliser moultes fractions de l’opposition – secundo, réforme de la Con-stitution existante. Que la Syrie ne soit pas sous protectorat ou sous mandat n’inquiète a priori personne alors passons. Par contre, et c’est là qu’il y a du très mauvais sang à se faire, il faut savoir que le pays est déchiré entre 7000 groupes et groupuscules sala-fistes. C’est sans compter qu’il y a un pacte de non-agression entre l’ASL et le Front al-Nosra et c’est aussi sans compter que les protégés de nos preuses démocraties ont enfin pris la parole et ne se cachent plus d’être ce qu’ils sont.

C’est ainsi qu’Ahmad Rahal, ex-commandant syrien de la Marine de Guerre et actuel-lement représentant des forces dites d’opposition de l’ASL reconnaît combattre l’armée gouvernementale aux côtés de Jaabat al-Nosra.Il a accordé une interview exclusive au journal russeVesti.Nous ne pouvons pas faire la guerre à al-Nosra, dit-il, bien qu’il s’agisse en effet d’une organisation terroriste affiliée à Al-Qaïda. Notre priorité pour le moment c’est le Hezbollah, les Irakiens, les Iraniens [et l’Armée arabe syrienne] qui combattent le peuple syrien.

S’il est vrai que nous n’en sommes plus à une incohérence près, celle de M. Rahal est débordante d’humour. Si même on croit à la sincérité de ses propos, ceux-ci sont aussi injustifiables que ceux de Vlasov qui avait pactisé avec les nazis non point par solidarité pour leur idéologie mais par haine des Rouges. Quelques lignes plus loin, ce Vlasov syrien nous apprend que les Américains auraient favorisé l’essor de l’islamisme plus de 70.000 anciens militaires ayant fui le pays par leur grâce.

Moins conciliant que son frère d’armes mais semblerait-il plus crédible, Abdul Jabbar al-Oqaidi, ancien colonel de l’Armée arabe syrienne et commandant de l’ASL extrêmement médiatisé par les USA, indique sans équivoque que l’opposition en question (ici, l’ASL) bénéficie, de un, d’un soutien massif de la part des USA et de la Turquie (revoir menaces récentes d’Erdogan), coordonne son action avec al-Nosra, de deux, estime que l’EI est un ennemi secondaire dont la barbarie n’est liée qu’aux lacunes culturelles de ses membres,de trois. Qui plus est, renchérit-il à titre personnel, il n’y aurait pas de conflit avec les leaders de l’EI, une organisation « frère » malgré les erreurs tactiques qui la compromettent. Lorsqu’un journaliste de Vesti lui demande en quoi est-ce que les méthodes auxquelles l’ASLa recours diffèrent de celles auxquelles a recours l’EI,al-Oqaidi ne trouve rien à répondre.

A moins de supposer que ces deux individus mentent platement – ce qui n’expliquerait pas les accolades d’al-Oqaidi avec l’ancien ambassadeur US à Damas, Robert Stephen Ford, en 2013, ou la rencontre en Turquie d’Adam Kinzinger, membre du Congrès, avec des représentants de l’ « opposition modérée » – il devient clair que le ministère des Affaires étrangères français continue à rouler dans l’ornière étasunienne et impose à la Syrie baasiste une alternative purement salafiste. Le drame du Bataclan, celui du Stade de France, des cafés et des trottoirs parisiens n’aura servi à rien.

Nous aimerions croire aux succès pratiques mais aussi hautement symboliques d’une coalition russo-française du genre Normandie-Niemen mais les faits énoncés ont raison de nos attentes.

  • On notera ainsi qu’en Syrie les objectifs de la France et de la Russie divergent. Paris espère renverser Assad. Les autorités françaises – atlantistes jusqu’à la moelle des os – ne sont pas (encore) prêtes à rejeter les injonctions des States. Quand bien même l’EI et al-Nosra seront pourchassés, l’ASL n’est nullement visée. La Russie aspire à pourchasser toutes les fractions islamistes combattant un pouvoir légitime, sans distinction de couleurs et/ou de discours. Elle bénéficie en cela du soutien de l’Iran et de la Chine.
  • Si Assad a conditionné son départ à la défaite de l’EI, c’est bien qu’il ne croit pas que la libération viendrait de la coalition occidentale et que celle-ci s’allierait à la Russie. Si donc la libération du sol syrien viendrait de l’armée syrienne, de la Russie, de l’Iran et de la Chine, Assad n’aurait aucune raison de démissionner étant donné qu’il a été réélu par le peuple syrien en 2014 (résultats confirmés par un grand nombre d’observateurs parmi lesquels pas mal d’Occidentaux) et que les trois Etats mentionnés ne demandent pas son départ par respect pour la souve-raineté du pays. On ne juge pas les vainqueurs qui ont naturellement le dernier mot.
  • Malgré la teneur pessimiste des deux précédents points, je pense, nous pensons tous, en tout cas pour la plupart d’entre nous, que l’Europe n’a rien perdu de son potentiel guerrier. « Guerrier » dans tous les sens du terme, pas seulement martial. Cela ne concerne pas les élites actuelles mais le peuple qu’elles ne repré-sentent pas. Je songe avant tout à la France. Le combat sera long et il n’est pas certain que les urnes soient une solution à l’heure qu’il est. Lorsque les Russes écrivent sur les missiles qu’ils larguent copieusement sur les positions de l’EI et de ses sosies « Pour les nôtres, pour Paris » (SIC), c’est bien qu’ils croient à ce peuple de France qui n’a rien à voir avec les Hollande, les Valls, les Fabius et leurs larbins boboïsés que la mort de millions de personnes depuis l’Afghanistan et l’expansion de l’anti-France ne regardent manifestement pas.

Françoise Compoint

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Les attentats de Paris analysés par le PRCF, par Georges Gastaud.

21 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Le socialisme, #Terrorisme, #Daesch

Entretien d’I.C. avec Georges Gastaud, secrétaire national, après la réunion du C.c. du PRCF.

- I.C. - A l’issue du Comité central du PRCF, quelle analyse fais-tu de la situation de la France après les attentats terroristes de masse et la proclamation par Hollande d’un état d’urgence à rallonge ?

- G.G. : les communistes n’ont pas pour habitude de farder la vérité. La situation de la France est celle d’une terrible tenaille réactionnaire que tous les vrais communistes, tous les démocrates, tous les syndicalistes de classe, tous les patriotes conséquents, doivent briser au plus tôt en unissant leurs forces.

Sur le plan extérieur, le peuple et la jeunesse de France sont ciblés par les monstrueux assassins de Daesh ; ces derniers ne méritent aucune excuse et doivent être traqués avec la dernière rigueur. Mais cela n’exonère en rien les dirigeants proprement irresponsables de notre pays, Sarkozy hier, Hollande aujourd’hui, avec son compère Fabius. Excités par des « intellectuels » pousse-au-crime comme feu A. Glucksmann hier et comme BHL aujourd’hui, ces dirigeants – qui ont totalement enterré la politique indépendante dont se réclamant De Gaulle – n’ont cessé de pratiquer l’ingérence néocoloniale dans les affaires intérieures d’Etats souverains comme la Libye ou la Syrie. Dans les deux cas, pour restaurer la domination coloniale de l’impérialisme français et atlantique sur ces pays, Hollande et Fabius ont pris le risque insensé de déstabiliser des Etats souverains et même, s’agissant de la Syrie… un des très rares Etats laïques de la planète, en qualifiant de « combattants de la liberté » des terroristes financés par les pétromonarchies du Golfe ou par la Turquie. On se dit ainsi que la belle U.E. autoriserait formellement l’achat par la Turquie du pétrole contrebandier de Daesh ! Déjà Mitterrand avait soutenu les talibans de Ben Laden, les Gulbuddin Hekmatyar, et autres tortionnaires fanatiques afghans, parce qu’ils avaient le « mérite » de combattre l’Armée rouge et les jeunes officiers progressistes au pouvoir à Kaboul. Hier, face à l’URSS, la réaction occidentale appuyée par la social-démocratie tout entière et par une partie des trotskistes, soutenait de fait la croisade antisoviétique de Reagan – et de Mitterrand ! –, laquelle a conduit à la contre-révolution en URSS avec l’aide de Gorbatchev et d’Elstine. Ce « plutôt mort que rouges » obsédant qui devient presque de nos jours un « plutôt morts que roses » tant les Valls, Macron et Cie ont dérivé à droite en l’absence d’un PCF de combat, a abouti au fait que Hollande et Fabius ont érigé le régime de Damas, et conséquemment, la Russie qui le soutient, en ennemi principal au Proche-Orient, et cela avec le soutien hystérique de toutes la fausse gauche bobo, les Bernard Guetta (France Inter), Libé et Cie. Mais que l’on sache, la Russie n’a jamais commis d’attentats terroristes sur notre sol et De Gaulle rappelait même en 1965 lors d’une visite historique à Moscou que « la Russie soviétique a joué le rôle principal dans notre libération », à l’inverse de ce qui s’enseigne dans tant de manuels d’histoire ! Je ne sache pas non plus que quiconque ait accusé Damas d’avoir organisé des attentats de masse à Paris…

En revanche, le pouvoir actuel, véritable VRP de Dassault et de Lagardère, vient de vendre des Rafales à Riyad alors qu’il a refusé de livrer des Mistral déjà payés par la Russie… Cette Russie que, tête basse, Hollande appelle aujourd’hui à la rescousse contre Daesh ; marchant sur les brisées qataris de Sarkozy, l’équipe Hollande-Valls et le grand patronat « français » ont aussi déroulé le tapis rouge pour la pénétration des capitaux qataris et saoudiens à Paris : chacun sait pourtant que ces deux régimes archi-réactionnaires, qui strangulent le Yémen et le Bahreïn, sont au cœur du développement mondial de l’intégrisme fanatique. L’Elysée a aussi laissé l’intégriste (soi-disant « modéré ») Erdogan mener sa campagne électorale en France même (meeting électoral de Strasbourg) et appeler à l’hallali sanglant contre le peuple kurde de Turquie : pourtant, répétons-le, sans le régime turc allié à l’UE/OTAN, l’Etat dit islamique ne pourrait pas se financer et se surarmer en vendant le pétrole volé aux peuples syrien et irakien. En outre la politique dite sécuritaire des gouvernements successifs est à la fois inefficace contre le terrorisme de masse et liberticide à l’encontre de notre peuple, et avant tout des forces progressistes et syndicales sur lesquelles la répression s’alourdit. Quelle aberration que de vouloir « défendre la liberté » en la réduisant (par ex. en emprisonnant des gens sans procès !), « promouvoir l’égalité » en supprimant les acquis sociaux qui atténuaient un peu l’exploitation capitaliste et « encourager la fraternité » en fraternisant avec les néo-reaganiens de l’UMP, qui surenchérissent sur le FN pour stigmatiser les travailleurs musulmans ! Pratiquer une telle politique, c’est agir comme Gribouille qui se jette dans la rivière pour éviter la pluie !

En réalité, ce qui fragilise et déstabilise le peuple français, c’est d’abord la politique de ses gouvernants maastrichtiens successifs. Ceux-ci peuvent bien chanter la Marseillaise et bomber le torse quand un massacre de masse frappe la France d’en bas et vient secouer l’opinion. Mais en réalité, les dirigeants euro-atlantiques qui ont déstabilisé la Libye ou la Syrie détruisent AUSSI notre nation en cassant les acquis du CNR, en dissolvant la France dans l’UE supranationale, en substituant le tout-anglais transatlantique à la langue française (chanson, cinéma, recherche, enseignement, commerce, tout y passe !), en démantelant la République une et indivisible au profit des « grandes régions », en laissant le MEDEF et la grande distribution saccager le ‘produire en France’ industriel et agricole, en dénaturant l’Education nationale, ce qui conduit à déclasser et à exclure massivement les ouvriers, les paysans et leurs enfants. Une « France libre, forte, indépendante et heureuse » comme celle que tentèrent de reconstruire les ministres communistes de 1945 en mettant en place la Sécu, les retraites par répartition, l’EDF, le statut de la fonction publique, les conventions collectives, le droit du travail, les comités d’entreprise, etc., voilà qui redonnerait sens à la fierté d’être Français, c’est-à-dire d’être l’héritier des Lumières, de 1789, de 1905, 1936 et de 1945, et non pas cette politique du néant qui voudrait forcer les Français à « choisir » entre un Etat-policier et leurs libertés ou, sur le plan politique, entre les Etats-Unis ultra-capitalistes d’Europe et la fascisation bleu marine de notre pays.

I.C. : Que propose le PRCF sur le plan de la politique étrangère ?

G.G. : il est urgent que notre pays cesse de se compromettre dans des expéditions néocoloniales d’un autre âge, qu’en Afrique en particulier, la coopération à égalité et le co-développement remplacent la hideuse « Françafrique » actuelle. Au Proche-Orient, il est suicidaire – du moins du point de vue des peuples – que l’Elysée continue obtusément de considérer Assad comme l’ennemi principal, alors que Daesh, cette créature de Frankenstein de la CIA, d’Ankara et des pétromonarchies, ce réquisit de la désastreuse invasion de Bush en Irak, martyrise notre pays et sa jeunesse. Nous ne demandons pas à Hollande de jouer les pompiers, encore moins les Zorros au Proche-Orient. Pour ce sergent Garcia de la politique américaine, ce serait déjà un grand progrès qu’il s’applique le premier précepte de la médecine hippocratique : « d’abord ne pas nuire ». Cessez donc de jeter de l’huile sur le feu en Syrie, cessez de mettre des préalables absurdes et mortifères au règlement politique de la crise en Syrie, c’est aux Syriens et à eux seuls de décider quel sera leur prochain président sans la moindre ingérence étrangère !

Disant cela, nous n’idéalisons en rien Assad ou la Russie postsoviétique et capitaliste de Poutine. Dans ces deux pays, nous sommes politiquement solidaires des communistes russes et syriens et d’eux seuls. Mais ce n’est pas à Fabius et à Hollande de choisir le futur président syrien, c’est au peuple syrien et à lui seul. Sinon, comment s’étonner que chez nous, ce soit Merkel qui cadre notre budget national et Moscovici qui écrive – en anglais bien entendu ! – les grandes lignes du projet Macron visant à « ubériser » l’économie, à précariser tout le salariat, à démanteler la SNCF au profit de la route et du privé, etc. Engels disait déjà qu’un peuple qui en opprime d’autres ne saurait être libre. C’est pourquoi le peuple français a tout à perdre dans les opérations de déstabilisation d’autres Etats souverains qui sont portées par ses gouvernants euro-atlantiques. La revendication de fond du PRCF qui vise à sortir la France de l’euro, de l’UE et de l’OTAN (dans la perspective non dissimulée d’une rupture révolutionnaire avec le capitalisme s’agissant des communistes) devrait être portée par tous les véritables patriotes républicains et si nous le faisions tous ensemble et en même temps, l’étau formé par l’UMPS et par les Le Pen père, fille et nièce ne tarderait pas à voler en éclat devant l’alliance irrésistible du drapeau rouge et du drapeau tricolore. Le « FRAPP » que nous proposons est donc aussi une proposition stratégique à l’international, l’émancipation du peuple français par rapport à l’UE atlantique serait une excellente nouvelle pour tous les peuples d’Europe, d’Afrique et du Proche-Orient… Alors que nous commémorons l’année 1965 où De Gaulle se rendit à Moscou après avoir prié les USA de déménager leurs bases militaires en France, à quand une grande manif unitaire et plurielle pour la sortie de la France de l’UE atlantique ?

Je voudrais terminer sur une remarque générale : il est impossible de combattre l’euro-austérité sans combattre les guerres impérialistes à la fois ruineuses et dangereuses pour le peuple. Pas un tract sur les salaires sans dénonciation des ruineuses guerres impérialistes, pas une dénonciation de l’impérialisme français « à l’extérieur » sans rappeler que la casse sociale, institutionnelle, industrielle, agricole, linguistique de la France est orchestrée par l’oligarchie capitaliste dans notre propre pays.

I.C. : Et pour rouvrir la perspective politique en France même ?

G.G. : il serait dramatique que le monde du travail, et notamment, que les organisations syndicales dignes de ce nom « fassent le gros dos », qu’elles renoncent à tracter sur la voie publique, à faire grève contre les mauvais coups, à manifester sous prétexte d’union sacrée ; toute l’histoire du mouvement ouvrier prouve que quand état de guerre il y a, les dominants en profitent sordidement pour faire précipiter les sales coups qu’ils peinent à mettre en œuvre d’ordinaire. Déjà on entend Hollande dire qu’il faudra « faire des sacrifices » alors qu’il y a déjà, par la faute de sa politique maastrichtienne, des millions de pauvres, de précaires, de salariés mal payés et malmenés dans ce pays. Déjà on voit l’UMP, Fillon en tête, appeler à désosser totalement le « modèle social » et à accroître sans cesse les moyens répressifs alors même que l’Education nationale, les hôpitaux, l’ex-ministère de l’Equipement (c’est-à-dire les barrages, les ponts, les routes…), l’O.N.F., etc. sont à bout de souffle faute d’effectifs. Les mêmes qui saluent le magnifique élan salvateur des personnels de santé, des pompiers, des policiers de base, des travailleurs des transports, affirment aussi comme Macron, Gattaz, etc. qu’il faut casser le statut de la fonction publique rédigé par Thorez pour reconnaître la mission nationale de ces personnels, qui viennent encore de prouver avec désintéressement leur entier dévouement au bien public ! Ce discours schizophrène anti-fonctionnaire est proprement honteux s’agissant de prétendus « hommes d’Etat » qui font fonctionner à l’envers la devise de Victor Hugo « ouvrir une école, c’est fermer une prison » !

C’est pourquoi d’une part le PRCF maintient son appel unitaire à se rassembler le 2 décembre prochain de manière pluraliste devant les chambres patronales ou devant les préfectures et sous-préfectures ; en effet, le 2 décembre, les salariés d’Air-France, plus exactement les ouvriers qui ont porté la juste colère prolétarienne devant la nouvelle vague de suppressions de postes, seront traités comme des criminels alors que les actionnaires d’Air-France, qui s’engraissent des plans de licenciements à répétition, sont soutenus par le pouvoir ! On voit au passage à cette occasion combien mensonger était le discours du pseudo-communiste Gayssot, alors ministre des transports de l’euro-gauche plurielle et dirigeant du PCF « euro-constructif », quand Air-France a été privatisé sous prétexte de lui apporter de l’ « air frais »… Le 2 décembre, saisissons l’occasion de dire ensemble, par delà les différences qui divisent électoralement le monde du travail, ASSEZ DE CONTRE-REFORMES, de PRIVATISATIONS, de DELOCALISATIONS, de « baisse du prétendu coût du travail », tous ensemble et en même temps comme en décembre 95 pour mettre fin à la guerre sociale menée contre le peuple par l’oligarchie et ses serviteurs !

Le PRCF appelle d’autre part ses militants et toutes les forces communistes et non communistes qui appuient ce texte à faire signer largement sur les marchés, au porte-à-porte, à l’entrée des entreprises l’appel-pétition réclamant un référendum pour permettre au peuple français de voter NON au maintien de la France dans l’UE du capital. Cette revendication pourrait fédérer toutes les forces authentiquement républicaines et patriotiques et elle doit être menée comme une campagne populaire, « en bas », comme l’ont compris nos camarades de Grenoble, du Littoral du Pas-de-Calais, etc. : dans certains quartiers populaires du Portel, nous avons obtenu 80% de signataires en faisant le porte-à-porte tant les ouvriers en ont ras-le-bol de l’UE et de son maudit euro qui a aidé à dynamiter leur pouvoir d’achat…

I.C. : certains vous objecteront que vous faites « le jeu du F.N. »…

G.G. : cette objection est plus absurde que jamais. Marine Le Pen a presque eu droit récemment aux félicitations du Monde, le quotidien de l’euro-révérence et du basculement de la France au tout-anglais, pour avoir déclaré en substance que si l’UE restituait sa souveraineté à la France», alors le FN accepterait que la France ne remette pas en cause sa participation. Cette grossière contradiction dans les termes (être indépendant dans un cadre supranational !) ne veut strictement rien dire sinon que le Front supranational envoie un signal clair à la droite sarkozyste et au MEDEF, ultra-européistes comme on sait. Par ailleurs les « têtes » économiques du FN rallient à vitesse V les revendications du patronat et de l’UMP sur le code du travail, les 35 heures et le recul de l’âge de la retraite, etc. Bref, la patronne du FN a intégré l’idée que si elle voulait être adoubée présidente de la République par le MEDEF et obtenir les suffrages des députés UMP dans le cadre d’une présidence bleue marine, il lui faudrait rallier à 100% la « construction européenne », bien entendu dans le cadre d’une « extrême droitisation » en cours de cette dernière. En réalité, il n’y a pas de « sortie FN » de l’UE et de l’euro, et le Parti Maastrichtien Unique déjà formé du PS et de l’ex-UMP est en train de se muer rapidement en « U.M.Pen.S. » ! Et c’est tout ce petit monde qui, tout en organisant un parti unique ultra-sécuritaire et pro-UE en France, ose parler de « pluralisme » alors que notre peuple est méthodiquement privé de politique alternative ! En réalité, la seule sortie possible de l’UE et de l’euro passe par la porte à gauche, ou mieux, par la voie progressiste, et elle implique d’affronter le grand capital en recentrant la reconquête de l’indépendance nationale sur le monde du travail : en un mot, il s’agit d’une lutte révolutionnaire !

Mais rien ne sert de se lamenter : agissons plutôt sur ce qui dépend de nous, comme l’enseigne la sagesse stoïcienne ! En réalité, les forces communistes, progressistes, authentiquement patriotiques, les syndicalistes de classe, bref le camp du travail et du progrès serait gravement coupable, étant donné l’état crépusculaire, pré-ténébreux où est plongé le pays, de ne pas rapidement engager l’action unie autour des deux drapeaux historiques du peuple français, le drapeau rouge de la Commune de Paris et l’étendard tricolore de la Révolution française, pour les « quatre sorties » (ou du moins, s’agissant des non-communistes, pour les trois sorties : de l’euro, de l’UE et de l’OTAN) sur la base d’un large programme patriotique, antifasciste, pacifique et social permettant à notre peuple de sortir de s’orienter vers une société où le « monde du travail serait au cœur de la vie nationale » comme le stipulait le programme du CNR. Mais une société où la classe ouvrière est au cœur de la vie nationale, qu’est-ce d’autre, de quelque façon qu’on la nomme, qu’une société socialiste ? La crise des partis politiques maastrichtien, leur discrédit est tel que, si l’action des travailleurs, si l’intervention militante des militants communistes se développe, des dizaines de millions de Français à la recherche d’une rupture progressiste peuvent briser l’UM-Pen-S maastrichtienne et remettre notre nation sur les rails du progrès social, de la souveraineté populaire véritable, de l’indépendance nationale et du socialisme.

I.C. – Mais n’est-il pas ringard à notre époque de parler du CNR ?

G.G. : Nullement. Rappelons que c’est le MEDEF, par la bouche de son idéologue Denis Kessler, qui a fixé pour objectif à l’UMPS en général et à Sarkozy en particulier de « démanteler le programme du CNR » (éditorial de « Challenge » en novembre 2007) ; si quelqu’un veut revenir en arrière – en clair vers la Grande Europe allemande et ultraréactionnaire que soutenait déjà le grand patronat « français » de l’époque… – ce n’est pas le PRCF, ce sont les soi-disant « modernes » dirigeants néolibéraux actuels…

Comment en outre les principes du CNR, indépendance nationale, antifascisme et antiracisme, nationalisations des « secteurs monopolisés de l’économie », « plan complet de sécurité sociale », reconstruction de l’industrie, rôle central du « monde du travail dans la vie nationale », pourraient-ils jamais être « dépassés » ? En outre, rien n’interdit de compléter et d’actualiser ce programme. N’est-il pas clair qu’à notre époque, il faut mettre en avant comme jamais l’égalité homme-femme et la laïcité (c’est-à-dire la séparation stricte de l’Etat et des Eglises alors que Mme Hidalgo vient de violer la loi de 1905 en assistant ès qualités à un office catholique!), la mise en place de nouveaux traités internationaux progressistes avec tous les pays – sans accepter l’hégémonie mondiale du dollar et la suprématie régionale de l’euro-mark - , par ex. avec les pays latino-américains de l’ALBA, avec les pays d’une Francophonie redéfinie comme arme de résistance à l’impérialisme culturel, avec les pays d’Afrique enfin traités comme des frères, avec les BRICS, l’Europe du sud et de l’Est, toutes deux « massacrées » aujourd’hui par l’Axe franco-allemand du capital : bref, assez de confinement dans le cadre étouffant de l’U.E./O.T.A.N. sous domination germano-étatsunienne ! Mondialisons le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes pour coopérer à égalité d’Etat à Etat ! Affranchissons-nous de la ruineuse guerre économique capitaliste que Maastricht a rebaptisée « économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée »…

Enfin, à notre époque, la dimension écologique de l’alliance populaire est incontournable, au point qu’un ami du PRCF vient de nous proposer d’ajouter un « E » final (et non muet !) à la notion de « FR.A.P.P. » : le Front Antifasciste, Patriotique et Populaire ne doit-il pas devenir un « FR.A.P.P.E. »pour percuter encore plus fortement le capital prédateur et rassembler, non seulement les patriotes antifascistes autour du monde du travail, non seulement les croyants progressistes de toutes confession (pourvu qu’ils acceptent sans réserve la loi de 1905 !), mais les écolos sincères qui refusent d’instrumenter l’écologie pour casser la nation et le produire en France, comme c’est tristement le cas des deux tendances rivales d’Europe-Ecologie.

I.C. : A ce propos, comment vois-tu la COP 21 et la question du réchauffement climatique ?

G.G. : contrairement à une idée reçue, le marxisme – dont l’un des fondements est la dialectique de la nature et de l’histoire – est structurellement attentif aux questions environnementales : il suffit de rappeler cette phrase prophétique de Marx selon lequel « le capitalisme ne produit la richesse qu’en épuisant ses deux sources, la Terre et le travailleur »… Il y a en effet deux approches de la lutte contre le réchauffement climatique – qu’il faudrait d’ailleurs élargir à l’ensemble des dégâts environnementaux que provoque la course effrénée au profit maximal :

La première approche est celle des maîtres de la mondialisation capitaliste ; tantôt ils veulent échapper aux règlements contraignants sur les gaz à effet de serre (cf la déclaration récente d’Obama exigeant que la COP 21 n’élabore aucun texte juridiquement contraignant pour les transnationales US), tantôt veulent procéder à un vaste éco-blanchiment du capitalisme. Tel est le projet actuel d’ « agriculture intelligente face au climat » élaboré par la Banque mondiale et soutenu par les institutions de la mondialisation capitaliste : en réalité, ce programme vise à attirer d’énormes flux d’argent public vers les monopoles repeints en vert de l’agro-industrie capitaliste : ce seraient alors les paysans et les agricultures vivrières qui continueraient d’être massivement éliminés et sous-prolétarisés ; dans les pays du « nord », ce serait la grande distribution, qui n’opprime déjà que trop les paysans français (cf les luttes paysannes de l’automne) qui en profiterait de cette pluie prétendument écologique d’argent public ; et même si l’on fait reculer un peu (et j’en doute) le réchauffement climatique d’origine humaine, ce serait en créant à terme un énorme problème avec l’alimentation de l’humanité future, surtout quand on voit ce que le capitalisme fait au titre des « agro-carburants »…

L’autre approche est celle que partage le PRCF : face au caractère de plus en plus prédateur – j’ai coutume de dire « exterministe » - du capitalisme, il faut une vaste alliance, en France et dans le monde, de la faucille paysanne et du marteau prolétarien. Il n’y a pas d’alternative vitale possible à la lutte contre la mondialisation capitaliste, c’est-à-dire au repartage impérialiste du monde, que l’émergence d’un monde de nations souveraines coopérant sur la base d’une offensive mondiale des forces du travail dans la direction du socialisme-communisme. Ce n’est pas seulement face à la barbarie terroriste nourrie par l’impérialisme, face à la fascisation du champ politique, face à la crise économique sans fin que la formule anti-exterministe de Fidel Castro « patria o muerte, socialismo o morir ! » prend tout son sens, c’est également face à la destruction irresponsable de l’environnement qu’engendrent la course au profit, ainsi que la marchandisation sans frein de la nature et de l’humain. Le communisme de nouvelle génération que nous appelons de nos vœux, et qui nécessite une lutte résolue contre la criminalisation des expériences révolutionnaires passées, est au final le seul écologisme conséquent parce qu’il est le seul anti-exterminisme conséquent.

I.C.. : Comment parvenir à ces objectifs ?

G.G. : malgré le décès très éprouvant de plusieurs piliers du PRCF dans la dernière période, notamment des hommes de bien et des fraternels combattants qu’étaient mes regrettés amis Roger Bennati et Etorix de Angelis, le PRCF et les JRCF font preuve d’un grand dynamisme depuis notamment notre commémoration de lutte de Stalingrad – le seul rassemblement de rue à ce sujet dans toute l’Europe occidentale ! – sans parler du 10ème anniversaire du Non à la constitution européenne où le PRCF a joué tout son rôle à proximité du Palais-Bourbon avec d’autres forces des Assises du communisme. Notre ligne est claire : renaissance du vrai parti communiste avec le concours de tous les vrais communistes, y compris les militants marxistes du PCF, soutien au syndicalisme de classe, rassemblement des patriotes antifascistes qui rejettent à la fois l’UE et le FN (c’est d’ailleurs de plus en plus la même chose…). Il faut donc renforcer le PRCF et les JRCF, ne pas compter éternellement les points en se contentant de « militer sur internet ». C’est dans la rue, à l’entrée des usines, des facs et des services publics, sur les marchés, dans les manifs populaires, dans les cages d’escalier des HLM, que la résistance populaire et l’alternative peuvent renaître ; et pour cela, il faut urgemment un PRCF et des JRCF plus forts et plus présents sur un maximum de terrains de lutte. Contactez-nous, aidez-nous concrètement, ne restez pas spectateurs, demain il serait trop tard !

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Poutine pose la question : attentats à Paris, qui tire les ficelles ?

21 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #La Russie, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #L'OTAN.

Poutine pose la question :
attentats à Paris, qui tire les ficelles ?


Le 15 novembre 2015 – Source Deutsche Wirtschafts Nachrichten

Das Monument am Place de la République in Paris, am Samstag nach der Terror-Nacht. (Foto: dpa)Les attentats de Paris pourraient mener vers un engagement militaire massif de l’Otan en Syrie. C’est pourquoi Poutine, le président de la Russie, pose la question sur les instigateurs des intrigues. La question a un rapport avec les succès militaires russes en Syrie et avec l’intention des néoconservateurs étasuniens de se servir au plus vite des attentats afin de les instrumentaliser pour un élargissement de la guerre en Syrie.

 

Une fois de plus le président de la Russie Vladimir Poutine a posé la question juste : qui étaient les tireurs de ficelles des attentats de Paris ? Poutine, d’après l’agence de presse TASS, a offert sa pleine coopération aux Français pour «l’éclaircissement du crime, aussi bien en ce qui concerne les exécutants que les tireurs de ficelles».

Que savons-nous exactement ?

Basiquement en fait, nous ne savons pas grand-chose.

Frappant : aussi impréparées qu’étaient les forces de sécurité françaises avant les attentats, aussi rapides étaient ensuite les réponses à portée de main. L’auteur doit être la milice terroriste État islamique (ISIS). C’est ce qu’a constaté le président François Hollande et il a déclaré la guerre à ISIS qui vient de revendiquer les attentats. Mais Charles Winter de l’institution Quilliam, qui s’est spécialisé sur la Syrie et ISIS, fait remarquer qu’actuellement on ne peut pas juger si les attentats ont été directement organisés par ISIS ou s’ils ont été inspirés par les terroristes. Il est tout à fait concevable que ISIS, qui se trouve sous une pression énorme en Syrie, revendique les attentats simplement pour encourager ses propres adhérents.

Le New York Times cite Bruce Hoffman du Center for Security Studies à l’université de Georgetown : l’organisation des attentats porte plutôt la signature d’Al-Qaida.

Hoffman rappelle un message d’Oussama ben Laden, qui a exigé des partisans de la terreur qu’ils réalisent des attaques, comme a Mumbai,
sur des cibles molles au milieu de la société civile.

Les informations des chercheurs français sont à prendre avec prudence : un passeport syrien a été trouvé chez un terroriste qui s’est dynamité lui-même. Dans le milieu des service secrets, on tient pour improbable qu’un auteur d’un attentat suicide se promène avec un passeport dans la poche pour sa dernière action. En lien étroit avec ceci, on se souvient des attentats sur Charlie Hebdo. À l’époque, les tueurs avaient également oublié par hasard leurs passeports dans la voiture avec laquelle ils ont fui. Le flou persiste jusqu’à aujourd’hui sur l’identité des vrais tireurs de ficelles de ces tueurs. En même temps les services de sécurité grecs affirment que les tueurs seraient venus avec les réfugiés en Europe. Avec cela, on attise la peur des réfugiés – ce qui est vraiment dans l’intérêt de la Turquie qui peut faire monter ainsi les enchères.

Poutine appelle à la coopération étroite de la communauté mondiale en Syrie : il fait cela actuellement à partir d’une position de force militaire. Les Syriens, soutenus par la Russie et l’Iran, se trouvent, après une offensive couronnée de succès au sud d’Alep, à quelques kilomètres de Saraqib, au croisement décisif des autoroutes de Damas et de Lattaquié vers Alep.

D’ici quelques jours, les troupes de mercenaires américains, que l’on avait rassemblées pour l’assaut sur Damas et Lattaquié – où se trouve la base militaire russe – au nord de Hama et 50 kilomètres avant Lattaquié, seront encerclées. Il s’agit de quelques centaines de mercenaires, financés et conseillés par des militaires turcs et étasuniens.

La Turquie avait déjà au cours des dernières semaines mis les combattant de ISIS à l’abri des Russes.

Pour la retraite, il existe le modèle historique de l’encerclement des talibans au nord de l’Afghanistan. Bush avait toléré a l’époque un pont aérien des Pakistanais pour les chefs talibans et les conseillers militaires – 5 000 combattants mouraient plus tard dans la tempête militaire. Maintenant, un destin semblable menace ISIS entre Kweires et Alep.

Cette fois-ci il manque par contre un aérodrome convenable; c’est pourquoi les Américains devraient être actifs militairement très rapidement, si l’on veut éviter que les mercenaires et les conseillers ne soient annihilés par les Syriens et les Russes.

C’est pourquoi les néocons étasuniens, les généraux des États-Unis et de l’Otan ont très vite instrumentalisé les attentats de Paris pour mettre le président Barack Obama sous pression : Obama veut se retirer de Syrie. À la lumière des attentats à Paris, les néoconservateurs et les généraux analysent cela comme de la faiblesse. L’analyste militaire Jerry Hendrix du Center for a New American Century dit dans le magazine Time : «L’attentat parisien pourrait être un événement catalyseur qui poussera la communauté internationale à agir.»

William Kristol se joint dans Weekly Standard à la critique de la stratégie syrienne d’Obama contre ISIS et exige également une lourde répression – l’engagement des troupes au sol.

Kori Schake de Hoover Institution écrit dans Politico : «La stratégie d’Obama pour l’endiguement d’ISIS est mauvaise». Il exige la destruction d’ISIS, pas seulement son endiguement. Ce n’est possible qu’avec des troupes au sol.

Samedi, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, s’est déclaré prêt à intervenir, et invite franchement Paris à activer l’article 5 de la Charte de l’organisation.

Dans ce cas, tous les membres de l’Otan devraient aussi intervenir activement militairement en Syrie. C’est pourquoi, le journal Bild, dont les positions apparaissent étroitement accordées à celles de l’Otan, demande déjà : «Après la terreur à Paris – devons nous maintenant passer à la guerre ?». Le président de l’association des réservistes de la Bundeswehr et membre CDU du Parlement, Roderich Kiesewetter, a dit au journal Bild : «J’œuvre aussi pour que nous employions nos capacités militaires en Syrie. Nous pourrions soutenir nos alliés avec nos détachements de reconnaissance.» Le journal Bild résume les efforts de l’Otan sous le titre en gras : «La préparation à une intervention militaire se précise».

Au sommet de crise chez la chancelière, les représentants des services secrets qui augmentent leur puissance après chaque attentat terroriste étaient aussi présents.

Ils pourraient en savoir plus sur les coulisses mais ne donneront à ce sujet que les informations qui leur conviennent. Cela signifie la désinformation.

Un rôle particulier dans l’engagement de troupes au sol pourrait être joué par la Turquie. Elle fait depuis des mois sa propre guerre, une guerre extrêmement douteuse et illégale du point de vue des droits des peuples pendant qu’elle lutte sur les territoires de l’Irak et de la Syrie contre le PKK.
Erdogan disait que la Turquie connaissait le terrorisme et ses effets de par sa propre expérience. Le président turc Recep Tayyip Erdogan disait à propos des attentats parisiens : «Il faut maintenant arrêter les discours.» Il exige une action militaire massive.

La logique «mon terroriste est bon, le tien est mauvais» ne devrait plus être la règle : «Le terrorisme n’a aucune religion, aucune nation, aucune race, aucune patrie.» C’est exactement avec les mêmes paroles que Erdogan avait reproché à l’UE, il y a quelques semaines à Bruxelles, de ne pas l’avoir suffisamment soutenu dans la lutte contre le PKK.

Les avances des Russes en Syrie mettent Erdogan dans une situation difficile. Il a urgemment besoin d’une excuse pour défendre ses intérêts en Syrie. L’attentat pourrait lui procurer la légitimation, en tant que pays de l’Otan qui se tient fidèlement aux côtés de la France, pour entrer avec des troupes au sol en Syrie. Erdogan peut en tous cas se mobiliser plus vite que les États-Unis, qui sont encore soumis a certaines procédures démocratiques avant d’envoyer des troupes. Du fait de la longueur de ces procédures, il pourrait être trop tard à cause des succès des Russes. Vladimir Poutine lui même vient du milieu du renseignement. Il comprend comment le jeu se joue. Les Russes sont de facto actuellement les seuls qui luttent vraiment contre ISIS.

Il y aura certainement une rencontre entre Poutine et Obama au sommet du G20 en Turquie [elle a eu lieu et a duré 35 minutes, NdT].

Ironiquement, Poutine est l’allié le plus proche d’Obama, avant tout contre les néoconservateurs et les généraux US. Au cours de ce somment, on devrait aussi discuter de la crise des réfugiés avec laquelle Erdogan fait chanter l’UE et la chancelière fédérale, complètement dépassée par cette question.

Les réfugiés jouent simplement un rôle secondaire dans les origines de la tuerie parisienne.

Car quelques terroristes qui tirent autour d’eux-mêmes avec des Kalachnikovs à Paris n’ont, en réalité, pas besoin de se cacher «dans le flot des réfugiés».
Mais l’on attise davantage la peur dans l’UE devant la menace posée par les réfugiés avec des affirmations selon lesquelles deux des tueurs auraient voyagé avec les réfugiés en Europe . Ainsi l’UE pourrait être forcée à accepter une action militaire et à autoriser, avant tout, Erdogan à en être le fer de lance.

Il serait maintenant décisif que Poutine et Obama s’entendent sur un processus commun et que Obama réussisse à tenir les néoconservateurs en laisse.

C’est surtout John McCain qui a mis une pression énorme et exigé vendredi la destruction d’ISIS. Au contraire, le ministre des Affaires étrangères John Kerry a parlé seulement des terroristes en général et n’a pas désigné ISIS explicitement comme le responsable des attentats à Paris, selon l’analyse du New York Times.

La demande principale de Poutine que les instigateurs des attentats soient «dénichés et punis» pourrait cependant, dans la Syrie troublée par la guerre, n’aboutir a rien. Comme on l’a déjà vu dans le cas du crash de l’avion MH17 en Ukraine, il y a beaucoup moins d’intérêt à obtenir des éclaircissements qu’à profiter du crime à l’avantage de ses propres visées géopolitiques.

Traduit par Jefke, édité par jj, relu par Literato pour le Saker Francophone

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Tout comprendre sur l'attentat de Paris en 10 minutes avec Gearoid O Colmain

18 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch

mercredi 18 novembre 2015

Tout comprendre sur l'attentat de Paris en 10 minutes avec Gearoid O Colmain (VOST FR.)

 

Le journaliste irlandais Gearoid O Colmain nous livre à chaud* une analyse sans tabous des terribles attentats qui ont ensanglanté la capitale française le vendredi 13 novembre 2015, les raisons qui y ont mené et les conséquences à prévoir.
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Syrie - "Opposition modérée" - Après daesh à Paris, ça vous concerne !

18 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La Russie, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Daesch, #Terrorisme

Syrie - "Opposition modérée" - Après daesh à Paris, ça vous concerne !

Voici un texte de Vincent Parlier posté le 16 novembre 2015 avec une intéressante vidéo.

Syrie - "Opposition modérée" - Après daesh à Paris, ça vous concerne !

"On n'a pas assez agi contre daesh en Syrie", nous dit-on.
Mais que faut-il entendre par là quand on entend ce que déclare l'une des figures de la tant louée ASL ("Armée Syrienne Libre" selon l'expression en vigueur), popularisée par les médias occidentaux: le colonel Al-Okaïdi.

La vidéo.

https://www.youtube.com/watch?v=puP7nKTNwrg

Posons-nous donc la bonne question: Quand on vous dit "on s'est trop laissé faire", c'est hors sujet. Il vaut mieux se demander pourquoi depuis 2012 notre gouvernement nous mène au suicide après avoir contribué à tuer les minorités religieuses de Syrie. Après le 13 novembre, notre gouvernement vous doit des comptes, à vous aussi. Et il faut le comprendre de la bonne manière! Notre gouvernement soutient un tas de criminels dans le monde entier, il ne démissionnera pas et nous ne sommes qu'au début de nos malheurs. Mais ça ne l'empêchera pas de continuer à vous faire la morale...


A voir aussi (et surtout si vous n'êtes pas encore convaincus):

Quand les intervenants déballent dans les médias:
https://www.youtube.com/watch?v=hS1dULqmFmc


Syrie - Quand l'entêtement devient un crime:
https://www.youtube.com/watch?v=huCDdlycT0Q


Attention, la France choisit ses amis (Arabie Saoudite):

https://www.youtube.com/watch?v=AFxGu4uiYxY



Les exploits de l'Europe lors de la crise des migrants:
https://www.youtube.com/watch?v=kaOZKLS1dvs


Terrorisme et justice en France: un paradoxe schizophrène
https://www.youtube.com/watch?v=2xeiij38JcM

Un autre montage sur la guerre en Syrie et la propagande, vivement conseillé:
http://www.dailymotion.com/video/x14vcz5_un-autre-regard-sur-la-syrie_news


La vidéo.

https://www.youtube.com/watch?v=puP7nKTNwrg

Lectures conseillées:
http://www.les-crises.fr/syrie-comment-les-medias-francais-intoxiquent-lopinion-publique-i/

http://www.les-crises.fr/lidentite-du-mysterieux-fournisseur-darmes-et-dargent-aux-mercenaires-syriens-rebelles-revelee/

http://www.les-crises.fr/la-france-a-fourni-des-armes-aux-islamistes-syriens-des-2012-2/

http://www.les-crises.fr/alain-chouet-nous-sommes-allies-avec-ceux-qui-sponsorisent-depuis-trente-ans-le-phenomene-djihadiste/

http://www.les-crises.fr/attentats-de-paris-la-responsabilite-ecrasante-de-lexecutif-francais/

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Le tournant russe de François Hollande. LE MONDE | 18.11.2015.

18 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #La Russie, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #AMERIQUE

Le tournant russe de François Hollande

LE MONDE | 18.11.2015

Editorial du « Monde » Quelle rapidité ! A peine le président François Hollande avait-il annoncé, lundi 16 novembre devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles, son intention de former une coalition internationale contre l’Etat islamique (EI) – impliquant par là un rapprochement avec Moscou –, que la Russie, à son tour, changeait de pied pour s’inscrire dans cette nouvelle configuration.

Moscou a commencé par reconnaître officiellement ce que tout le monde savait, mais que le président Poutine refusait de dire à ses propres concitoyens : l’avion de ligne russe qui avait explosé en vol au-dessus de l’Egypte le 31 octobre, provoquant la mort des 224 personnes à bord, a bien été la cible d’un attentat. Cet attentat avait été revendiqué par l’EI. Désormais, Moscou, comme Paris, peut arguer de la légitime défense pour agir militairement contre l’EI en Syrie.

Puis, le chef du Kremlin a donné l’instruction aux forces armées russes de se coordonner « en tant qu’alliées » avec les forces françaises sur le théâtre de guerre syrien. Enfin, loin du Moyen-Orient mais sur un sujet crucial pour les relations russo-occidentales, la Russie a offert de restructurer, sous conditions, la dette de 3 milliards de dollars de l’Ukraine, dont elle exigeait jusqu’ici le remboursement le 6 décembre.

Lire aussi : Pour Poutine, la France est devenue une alliée en Syrie

Pas d’angélisme

Cet été, déjà, la Russie a pris tout le monde de court et s’est imposée comme un acteur incontournable dans la crise syrienne. Le président Hollande, qui avait refusé de livrer les deux navires de guerre Mistral vendus par Nicolas Sarkozy à la Russie, se méfiait des desseins russes au Moyen-Orient, tout comme les Etats-Unis. Mais les attentats du 13 novembre ont changé la donne. Coopérer avec la Russie contre l’Etat islamique, plutôt que de rivaliser, offre à la France de meilleures chances de combattre efficacement cet ennemi maintenant clairement identifié comme la priorité : M. Hollande s’est rendu à la raison et aux arguments de ceux qui plaidaient pour ce tournant – et pas seulement parmi les idolâtres français de M. Poutine.

Ce réalisme est justifié. Il ne doit pas, cependant, faire la part belle à l’angélisme. Si la Russie a subitement intensifié, mardi, ses frappes contre l’EI, cela ne fait pas oublier que 80 % des bombardements russes ont, depuis septembre, selon le Pentagone, visé les forces rebelles modérées de l’opposition à Bachar Al-Assad. La raison profonde pour laquelle la Russie est intervenue en Syrie est le désir de Vladimir Poutine d’imposer le retour de son pays dans le jeu des grandes puissances, un rôle qu’il a savouré lundi au sommet du G20 d’Antalya. Il voulait aussi empêcher l’effondrement de la Syrie, afin d’y préserver les intérêts russes. Tous ses récents discours le montrent : M. Poutine reste un dirigeant figé dans une logique de confrontation avec un Occident qu’il accuse d’avoir trompé la Russie à la fin de la guerre froide.

Le sort du président syrien, qui a tant divisé Russes et Occidentaux, sera au menu des discussions au sein de cette « grande coalition », si elle prend forme. On découvrira que les Russes ne tiennent pas plus que cela à ce dirigeant qu’ils considèrent comme un vassal, et qui peut être interchangeable. Mais il appartient aux Occidentaux, dans le donnant-donnant qui va s’engager avec Moscou, de ne pas sacrifier en contrepartie du soutien russe contre l’EI les principes qui les unissent et qui ont fondé leur soutien à l’Ukraine.

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Les pilotes américains et de l’Otan ont interdiction de bombarder les terroristes de Al-Aaïda et Al-Nosra, financés et armés par l’occident.

18 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #Terrorisme, #La République, #La Russie, #AMERIQUE, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Turquie, #Daesch, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Le 8 octobre 2015
 
 
 

 
La machination euro-atlantiste apparaît au grand jour Les pilotes américains et de l’Otan ont interdiction de bombarder les terroristes de Al-Aaïda et Al-Nosra, financés et armés par l’occident.
 
L’hebdomadaire français « Le Canard Enchaîné » du 6 octobre 2015, repris par l’Agence russe Sputnik le 8 octobre, révèle que « Les pilotes américains et alliés de la coalition opérant en Syrie et en Irak ont reçu l’ordre de ne jamais frapper les terroristes du groupe Front al-Nosra, la filiale syrienne d’Al-Qaïda.».
 
L’hebdomadaire français confirme au passage ce que l’UPR n’a jamais cessé de dire depuis des mois.
À savoir que « la Turquie (membre de l’Otan), l’Arabie saoudite et le Qatar (alliés et clients des États-Unis et de la France) arment et financent cette Armée de la Conquête », une force « dirigée par le Front Al-Nosra (branche syrienne d’Al-Qaïda). »
 
(Le lecteur se rappelle peut-être que, pour avoir indiqué cela, je fus accusé de faire de « l’anti-américanisme primaire » par la pseudo-journaliste Léa Salamé lors de mon passage à l’émission « On n’est pas couché » de France 2 le 22 septembre 2014.)

Moscou révèle au monde l’infâme double-jeu occidental

Ainsi donc, tout l’édifice de propagande et de mensonges des dirigeants de Washington et de ses vassaux européistes est en train de s’effondrer sous nos yeux, à une allure vertigineuse.
 
L’entrée en scène de la Russie est décisive dans cet effondrement : car les pilotes russes et la marine russe ont commencé à balayer le terrain avec une telle efficacité qu’ils n’en font que mieux ressortir l’infâme double-jeu occidental.
 
Le prétendu « État islamique » et les terroristes d’Al Nosra-Al Qaïda sont combattus officiellement, mais en réalité soutenus discrètement, par Washington et ses domestiques.
 
C’est la raison pour laquelle les prétendues « frappes aériennes » occidentales contre tous ces mouvements ont obtenu si peu de résultats depuis plusieurs semestres, alors qu’elles étaient venus à bout de l’armada irakienne de Saddam Hussein en 3 semaines (la guerre contre l’Irak a été déclarée par George W. Bush le 20 mars 2003 et Bagdad est tombée le 12 avril).

Les motivations sordides du double-jeu occidental

Que cherche Washington en soufflant ainsi dans 2 directions opposées ? Plusieurs choses, et principalement :
a)- détruire l’État syrien et lui substituer une situation de chaos chronique, permettant à la fois de piller impunément les richesses de la Syrie (matières premières, trésors archéologiques…) et d’anéantir un État potentiellement adversaire.
 
b)- mettre en scène le « Choc des Civilisations » en présentant aux opinions publiques occidentales l’ensemble des musulmans comme des criminels fanatiques. Les atrocités commises par l’EI ou Al Nosra ne doivent surtout pas s’arrêter : elles doivent durer, encore et encore, pour encombrer les postes de télévision en Europe et en Amérique du nord afin d’entretenir la peur, l’effroi et la haine dans les opinions publiques.
 
c)- inciter les pays de l’Union européenne à partir en « guerre contre le terrorisme », en désignant des « ennemis intérieurs » et en supprimant les unes après les autres toutes nos libertés publiques. Pour installer cette dictature subreptice, il est également essentiel de maintenir en survie et de promouvoir médiatiquement l’EI et Al-Qaïda-Al-Nosra.
 
d)- préparer les opinions publiques occidentales au déclenchement d’autres guerres d’agression (contre l’Iran ? contre le Belarus ? contre la Russie ? ), au nom de cette « guerre contre le terrorisme ».

L’effondrement de l’Empire est en vue

Face à ces Docteurs Folamour de la Maison Blanche et du Département d’État, et face à l’asservissement honteux de la France, la Russie a décidé de frapper et de donner un coup d’arrêt au terrorisme occidental et à la volonté de totalitarisme planétaire états-unien.
 
Comme l’a écrit il y a quelques jours Paul Craig Roberts -ancien sous-secrétaire au Trésor de Ronald Reagan -, il faut se féliciter que Vladimir Poutine ait dit publiquement à la tribune de l’ONU : « Nous ne pouvons plus tolérer l’état actuel des affaires du monde » et qu’il intervienne.
 
Pour Paul Craig Roberts, c’est une excellente nouvelle car cela signifie que la fin de l’Empire apparaît à l’horizon. Espérons que cela ne tardera plus trop longtemps.
 
François Asselineau
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