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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #terrorisme tag

Syrie - "Daesh - Autopsie d'un monstre" - Révélations incroyables sur France Inter !

4 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #La Russie, #Politique étrangère, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #Daesch, #Terrorisme

Ajoutée le 27 nov. 2015

Il y a quelques semaines, nous aurions du aller chercher de telles informations sur les chaînes russes, pour se faire alors dénigrer. Et pourtant, après une catastrophe parfois tout change! Du moins c'est l'impression qu'on peut avoir aujourd'hui...

Tout en parlant "d'erreurs" pour rester correct, les révélations faites lors de cette émission sur France Inter sont stupéfiantes! C'est à croire que, paradoxalement, c'est sous l'état d'urgence que les médias se libèrent... ou que le gouvernement nous prépare un 180 degrés géopolitique...

Pour les plus curieux, l'émission complète et sa retranscription pour apprendre aussi les raisons bassement économiques du soutien de la défunte ligue "démocratique anti-Assad": http://www.les-crises.fr/france-inter... .

Encore un effort les gars, il reste encore l'Ukraine! (S. Gobert à virer?)
http://www.youtube.com/playlist?list=... .
http://sans-langue-de-bois.eklablog.f...

Autres vidéos sur la Syrie:

Syrie - Quand l'entêtement devient un crime:
http://www.youtube.com/watch?v=huCDdl...

Syrie - "Opposition modérée" - Après les attentats de Paris ça vous concerne:
http://www.youtube.com/watch?v=puP7nK...

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La Turquie va-t-elle fermer ou supprimer sa frontière avec la Syrie ?

3 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La République, #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Daesch, #Terrorisme

La Turquie va-t-elle fermer ou supprimer sa frontière avec la Syrie ?


Moon of Alabama
Moon of Alabama

Le 28 novembre 2015 – Source Moon of Alabama

Il y a de nouveaux développements inquiétants sur le terrain aux abords de la Syrie. Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a déclaré hier que la Russie était prête à fermer la frontière turco-syrienne 

 

Lavrov a rappelé que le président français, François Hollande, avait déjà proposé de prendre des mesures spécifiques pour fermer la frontière turco-syrienne.

« Cette proposition a notre entier soutien. Nous sommes tout à fait prêts à collaborer à des mesures concrètes, en liaison avec le gouvernement syrien, » a-t-il dit. « Nous sommes convaincus que la fermeture de la frontière, nous faciliterait grandement la tâche d’éradiquer le terrorisme sur le territoire syrien.»

Afficher l'image d'origineLa Russie prend toutes les mesures nécessaires pour y parvenir. Six ou sept zones de regroupement de camions citernes situées près des postes-frontières au nord d’Alep ont été bombardées, ces derniers jours. Les chauffeurs et les propriétaires des camions vont maintenant y réfléchir à deux fois avant d’entamer le voyage transfrontalier. A Lattaquié, l’armée syrienne et ses alliés repoussent les mercenaires « turkmènes » de la Turquie de l’autre côté de la frontière, en Turquie. Des forces kurdes de l’Est soutenues par l’aviation russe progressent vers le corridor d’Alep, le long de la frontière.

Le lendemain de la déclaration de Lavrov, les États-Unis annoncent tout à coup qu’eux aussi pressent la Turquie de fermer sa frontière. Mais cette annonce est peut être fausse :

L’administration Obama presse la Turquie de déployer des milliers de soldats supplémentaires le long de sa frontière avec la Syrie pour boucler une bande de terre de 100 km le long de la frontière qui, selon les responsables américains, est utilisée par État islamique pour faire entrer et sortir des combattants étrangers de la zone de guerre.

Les États-Unis n’ont pas officiellement précisé le nombre de soldats nécessaires. Les officiels du Pentagone estiment qu’il en faudrait au moins 30 000 pour fermer la frontière du côté turc, pour une plus large opération humanitaire. Rien que pour boucler une seule section de ce tronçon il en faudrait 10 000 ou plus, selon un officiel.

On ne sait pas comment la Turquie va réagir à la déclaration des États-Unis.

Nous ne savons pas si les États-Unis parlent sérieusement. Nous savons que les États-Unis sont complices du trafic de pétrole de l’État islamique avec la Turquie et qu’ils gèrent les transferts d’armes aux rebelles « modérés » à travers la frontière turco-syrienne. Je doute que leur attitude sur ces deux questions ait changé.

Mais la Turquie déplace des troupes vers la frontière :

La Turquie a déployé des chars, des véhicules blindés supplémentaires et d’autres armes le long de sa frontière avec la Syrie, samedi, après qu’un jet militaire russe a été descendu par les Forces armées turques, ce qui a accru les tensions entre les deux pays.

Un convoi de camions militaires, venant de provinces turques occidentales a apporté, en les remorquant, des véhicules blindés et 20 chars à la 5e division blindée, dans la province frontalière de Gaziantep.

La veille, un autre groupe de chars a été déployé le long de la frontière turque avec la Syrie.

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Les tanks ne sont pas très utiles pour fermer les frontières. Cela nécessite de l’infanterie, et beaucoup. Mais les tanks sont très efficaces pour combattre les forces d’un autre État. On a aussi entendu dire que la Turquie avait déployé un système de brouillage électronique ASELSAN Koral à la frontière. Cela pourrait sans doute brouiller la défense aérienne russe en Syrie ou pourrait aveugler les avions de chasse russes. Un tel système a été utilisé pour aveugler électroniquement l’armée syrienne et désactiver ses radios lorsque les « modérés » sont arrivés en trombe de Turquie et ont conquis Idleb, plus tôt cette l’année.

Personnellement, je crois que les déploiements turques actuels sont offensifs, ça ne ressemble pas à des préparatifs pour fermer une frontière.

La Syrie affirme que les livraisons d’armes turques aux rebelles ont augmenté et qu’on a tiré sur ses soldats depuis le territoire turc :

« Nous avons des informations indiquant que le gouvernement turc a récemment accru son soutien aux terroristes et augmenté ses livraisons d’armes, de munitions et d’équipement nécessaires à la poursuite de leurs actes criminels », a déclaré l’armée dans un communiqué. …

Le commandement de l’armée syrienne affirme aussi que des armes ont été livrées dans des cargaisons que la Turquie prétend être de l’aide humanitaire. Il précise également que les armes ont été fournies en échange d’antiquités syriennes et irakiennes pillées et de pétrole vendu à bas prix. …

Selon le communiqué syrien, la Turquie a également tiré un certain nombre d’obus de mortier vers des positions de l’armée syrienne, vendredi soir, depuis l’autre côté de la frontière avec la province de Lattaquié au nord-ouest de la Syrie.

Il se peut que la Turquie cesse d’attaquer la Syrie et ferme vraiment sa frontière. La fourniture d’armes aux « modérés » diminuerait alors sensiblement. Si la Turquie se contente d’attendre sans rien faire, la Russie fera ce qu’elle a déjà commencé à faire. Elle bombardera tous les camions citernes et tous les véhicules qui traverseront la Syrie.

Mais peut-être que la Turquie va vouloir l’en empêcher et qu’elle va essayer de faire peur à la Russie pour l’éloigner de la frontière et envahir la Syrie pour créer une « zone de sécurité» et attaquer Alep et d’autres villes syriennes à partir de là. C’est une mauvaise idée. Cela ne marchera pas, l’issue en sera sanglante et cela dégénérera sans doute en une plus grande guerre. On se demande si Obama va donner le feu vert à ce projet-là et s’il est en train de promettre son soutien au «modéré» Erdogan.

PS: Voilà peut-être un bon livre: La sale guerre contre la Syrie

Traduit par Dominique Muselet

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Le passé rattrape-t-il le présent ? Témoignage d’une algérienne.

3 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Terrorisme, #Daesch, #le nazisme, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #La finance dérégulée, #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Le grand banditisme

Le passé rattrape-t-il
le présent ? Témoignage d’une algérienne

Note du Saker Francophone

Nous vous proposons un texte, en fait un témoignage, écrit par une algérienne, exilée, qui a vécu son enfance en Algérie avant de devoir en partir au cours de la guerre civile des années 90. Nous avons suggéré l'écriture de ce texte à l'auteur, après un échange autour des vidéos d'un autre Algérien, Aldo Sterone, qui commente l'actualité, l'histoire de son pays et sa vision des religions sur YouTube.

Le cadre implicite de cet échange est de comprendre comment la situation a pu basculer en Algérie, quel parallèle peut-on faire avec la France de 2015 ? Y-a-t-il lieu d'en faire un d'ailleurs ? Et que pensent les musulmans modérés, que tout le monde prétend faire parler sans que jamais on ne les entende ?

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J’ai visionné quelques vidéos sur YouTube d’un homme [Aldo Sterone, NdT] qui parle de l’Islam, de ses différents courants qui s’affrontent et qui expliqueraient ses excès. Je n’adhère pas vraiment, je crois qu’il se trompe de débat. Il donne pas mal d’exemples vécus qui lui sont arrivés. Je lis aussi pas mal d’articles publiés sur votre blog [lesakerfrancophone.net, NdT], et j’ai envie d’écrire parce qu’il me faut dire les choses telles qu’elles se sont passées pour moi, alors voici quelques exemples au sujet de l’Algérie de la fin des années 70, puis ensuite après 1988.

 

 J’étais jeune (7-8 ans ?), il était tard, nous allions récupérer papa à l’aéroport, la voiture tombe en panne en pleine campagne, la nuit tombe. Soudain on voit un homme sortir d’un champ, on crève de trouille, une femme seule et deux enfants de moins de dix ans. Tu vois le genre. « Madame, tu as un problème ? Il ne faut pas rester seule, on ne sait jamais, ça peut être dangereux ». Ce paysan, ne trouvant pas ce qui n’allait pas dans la voiture, en a appelé un autre, et tous les deux se sont affairés jusqu’à ce qu’ils trouvent l’origine de la panne (le starter que maman n’avait pas enlevé).

A cette époque, les rues étaient encore décorées pour Noël, on trouvait des bûches de Noël dans les pâtisseries et du sanglier sur les marchés, on pouvait aller à la messe à l’église si on le voulait, on accueillait les mendiants chez nous – c’était un coutume nationale, le gouvernement ne faisant rien pour eux – et on leur donnait à manger, des habits, tout ce dont on n’avait pas besoin, en fait, et qui pouvait leur servir, les bonnes sœurs enseignaient encore à l’école (la nationalisation a eu lien en 79), les enfants étaient tous parfaitement bilingues. Je n’ai jamais fait le ramadan, je ne m’en suis jamais cachée, et je n’ai jamais été molestée à cause de ça, sûrement parce que dans mon quartier, les gens savaient que maman était française et que la tradition se transmet par la femme. Je n’ai jamais fait de provocation non plus, du style manger ou fumer dans la rue pendant le ramadan. Ça c’est l’Islam et sa tolérance, sans nier certaines de ses  «rigidités ».

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En octobre 1988, pendant ma première année de fac et les années suivantes, la ville est à feu et à sang, les magasins sont pillés, les voitures incendiées, des rafles, des tortures et des viols collectifs à n’en plus finir dignes de la guerre d’indépendance, une étudiante qui se voile cette année-là, me dit « quand on vit en Algérie, on doit être musulman, un étranger doit se convertir ». En revanche, beaucoup de femmes ont pris volontairement le voile pour ne pas être ciblées, pas par conviction. L’Algérie entière se barricade comme elle peut. On met des barreaux aux fenêtres, on installe des portes blindées, on oublie les pauvres et les Palestiniens réfugiés dans les tentes. On n’ouvre la porte à personne à moins d’avoir reçu un coup de fil nous informant de l’arrivée de quelqu’un, on ne se déplace plus à pied, toujours en voiture, on ne sort jamais à la même heure si on peut, on n’emprunte jamais le même trajet. La poste était à 300 m de chez moi, je n’étais plus autorisée à y aller sans mon père, armé, en voiture. On tue les intellectuels, artistes, médecins, ingénieurs, avocats, étrangers….. tout ce qui à leurs yeux, représente le savoir donc la liberté, et bien entendu, ma famille était la cible idéale. Une copine algérienne juive fait le ramadan (pour ne pas avoir de problèmes). On assiste à une horde de réfugiés algériens, qui fuient les campagnes et les montagnes, pour s’installer à Alger, dans des bidonvilles, parce que les villes sont devenues plus sûres que l’arrière-pays. Eux qui produisaient grâce aux terres qu’ils avaient, sombrent dans la misère. Mais comment peut-on en arriver à se qualifier de « réfugié » dans son propre pays, dites-moi ? Je me fais traiter de tous les noms et frapper avec un bâton par un garçon de mon âge, parce que je porte un bermuda qui montre mes genoux. Ça, c’est l’islamisme.

Si l’on considère qu’il n’y a pas eu d’ingérence étrangère infiltrée dans le pays pour le déstabiliser, comment peut-on si rapidement basculer dans l’horreur ? Comment un pays jeune, riche, dont le quart de la population a moins de 25 ans dans les années 90, et qui représente a priori une main d’œuvre formidable, peut-il basculer dans l’horreur ? 20% de la population active en 1990 est au chômage. Ce taux va grimper à 30% dix ans plus tard. Beaucoup de ces jeunes avec lesquels j’ai grandi, étaient « sans avenir », le pays était riche oui, mais pas la population. Les « hittistes », ceux qui soutiennent les murs 1, étaient dans la rue, toute la journée, déscolarisés, désœuvrés, livrés à eux-mêmes et bien sûr, pauvres. Il n’y avait pas de travail pour eux. L’école était gratuite, l’université aussi, tous les étudiants, sans exception, recevaient une bourse, alors que faisaient-ils dans la rue ?

Ils faisaient du marché noir, du « trabendo » pour aider leurs familles, qui rapportait davantage que les bourses universitaires. Il y avait une crise du logement terrible et les prix des locations flambaient avec des salaires trop bas pour permettre aux familles de se loger, de vivre tout simplement. Elles devaient se nourrir pour la plupart de lait et de pain. Le dilemme de beaucoup même s’ils travaillaient : se loger ou se nourrir…. Le SMNG (Salaire Minimum National Garanti) était de 2 500 dinars en 1991. Il sera régulièrement augmenté, mais trop bas pour permettre aux familles de survivre. Les biens de première nécessité étaient jusqu’alors subventionnés par l’État, donc accessibles (farines, pain, lait..).

Les fruits et légumes, quant-à eux étaient hors de prix, à 30 ou 40 Da le kg au minimum, la viande à plus de 100 Da le kg, le poisson à plus de 200 Da le kg. Il n’existait pas d’indemnités de chômage. Une caisse d’assurance chômage sera créée en 1994. Les prix des aliments de base flambaient, alors que les salaires, régulièrement augmentés, restaient néanmoins toujours à la traîne et démocratisaient la misère. Jusque dans les années 90, le FLN est le seul parti autorisé, puis l’Algérie s’ouvre à la démocratie, et le FIS (Front Islamique du Salut) apparaît et attire cette jeunesse désillusionnée, laissée pour compte, en promettant, promettant et manipulant…..  « La religion est l’opium du peuple ».

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L’homme de la vidéo semble dire que la France va être envahie par l’Islam qui causera sa perte. Non. Ce qui cause la perte de la France ET de l’Europe, ce sont les décennies de politique extérieure désastreuse des psychopathes qui nous gouvernent, et de stigmatisation et mépris des minorités, notamment de la minorité musulmane en France. Pour être honnête, je suis très étonnée, que ce que j’appelle « l’effet boomerang » ait mis autant de temps à se manifester. Ce n’est que le début d’une longue et douloureuse dissolution de l’Europe programmée, à mon sens, par l’impérialisme américano-sioniste. Pour reprendre les termes de notre dirigeant, oui « nous sommes en guerre », déjà perdue, mais pas contre les Musulmans. Peux-tu honnêtement affirmer sans mentir qu’au cours du 20ème siècle, un pays musulman a déclaré la guerre à l’Ouest ? Il faut arrêter la paranoïa, on se trompe de cible. Il y a environ 1.8 milliards de musulmans sur Terre, s’ils étaient les barbares qu’on veut nous faire croire qu’ils sont, nous serions déjà exterminés.

Pour en revenir à la guerre, nous l’avons déjà perdue, oui, contre les USA, parce qu’on est dirigé par des collabos. Un des facteurs aggravants, bien entendu, est la horde de réfugiés, traumatisés, de Syriens et d’Irakiens venus de Turquie qui afflue sur le continent. Mais si on ne voulait pas ces réfugiés, il ne fallait pas les chasser de chez eux en créant, finançant, armant les islamistes, en bombardant les populations, en diabolisant, tuant les dirigeants légitimes de ces pays qui voulaient s’affranchir du joug de l’impérialisme, en s’immisçant dans leurs affaires internes. Et maintenant qu’ils sont sur le continent, on les diabolise et leur dit qu’on ne veut pas d’eux, qu’ils sont sales et qu’ils puent, on les frappe. Ça donnerait envie à n’importe quel pacifiste de devenir violent, non ?

Rien n’arrive par hasard en politique, et je pense que c’était prévu, même planifié, le pillage des ressources et le chaos au Moyen-Orient, la destruction de l’identité européenne, du tissu social, après l’avoir détruit économiquement par les privatisations, par l’afflux de gens désespérés, de confession différente donc moins facilement intégrables à court terme, sans compter, le handicap de la langue et les traumatismes psychologiques qui sont là, à vie. Mais pourquoi tant vouloir « assimiler » ? Les autres cultures n’ont-elles vraiment rien de bon à nous apporter ?

Nous sommes victimes de l’impérialisme yankee. Nos dirigeants, que je qualifie de « collabos » (au sens fort qu’il a pris durant la Seconde guerre mondiale ) ont capitulé depuis longtemps, face à l’envahisseur. Il faut sans doute aussi se demander comment 30 000 mercenaires, 50 000 peut-être, en étant généreux, c’est-à-dire à peine la taille d’une ville moyenne, qui se revendiquent musulmans, peuvent-ils allègrement créer autant de misère et de chaos face aux milliards investis dans la défense et les services secrets des pays du Monde faussement appelé Libre, et des pays membres de l’Otan ? Comment tous ces pays, soi-disant démocratiques et garants des valeurs de la République, de la liberté des hommes, ne peuvent-ils pas venir à bout d’une poignée de mercenaires drogués ? De qui se moque-t-on ? Ou nos pays hyper militarisés sont plus nuls que nuls, et tout le monde sait que c’est faux, ou, hypothèse bien plus probable, ils sont à l’origine de la création de cette monstruosité pour voler le pétrole en Irak, Afghanistan, Libye, Syrie, Yemen, et bien sûr en Palestine.

Et bientôt, je parie que le Monde Libre va décider qu’il doit libérer le peuple iranien de la dictature, l’Iran étant désormais le seul pays luttant contre l’impérialisme américano-sioniste, pour y apporter un peu de démocratie, n’est-ce pas ? … tout en couchant avec l’Arabie Saoudite, emblème  de la tolérance…… Soit !… Par la même occasion, notre gouvernement en profite sournoisement pour réduire encore davantage nos libertés, instaurer un état policier sous couvert de nous protéger de tous ces barbares prêts à voler nos richesses et à violer nos femmes. Benjamin Franklin n’a-t-il pas dit qu’un peuple prêt à sacrifier un peu de sa liberté contre un peu de sécurité, ne mérite ni l’un ni l’autre, et finit par perdre les deux ?

Dans quinze jours, [aux élections régionales] nous allons nous précipiter dans les bureaux de vote pour appeler Marine Le Pen à la rescousse, sans comprendre que, quel que soit le parti pour lequel nous voterons, notre futur est déjà scellé si nous ne réagissons pas, ceux qui vivent encore dans l’illusion qui consiste à croire qu’en votant à droite, à gauche ou aux extrêmes, les choses vont s’améliorer pour le peuple, n’ont rien compris. Les pantins qu’on voit à la télé et qui prétendent vouloir notre bien pour des raisons qui m’échappent, ne doivent le privilège d’être public et si hauts placés, que parce qu’ils mangent dans la main du pouvoir détenu par les corporations et les banques.

Quand les gens comprendront enfin, qu’il n’y a jamais eu de « guerres humanitaires » et qu’il n’y en aura jamais, nous avancerons vers le chemin de la paix mondiale. On ne construit pas la paix avec des armes. C’est impossible et cette phrase est tout simplement absurde. Les guerres se font pour le fric, toujours pour le fric. Et la religion est bien entendu une excuse pour s’attirer l’approbation du peuple lobotomisé.

Pour en revenir au débat sur les religions, c’est un faux débat, un débat qui n’a pas lieu d’être parce qu’il ne résoudra jamais rien. Le vrai débat selon moi : les religions monothéistes, méritent-elles la place qu’on veut bien leur octroyer dans notre civilisation ? Ce que je trouve aberrant (et diaboliquement habile), c’est la place prépondérante qu’elles ont réussi à prendre dans la vie des gens. Manipulation et contrôle. Comment peut-on adorer quelque chose que l’on n’a jamais vu, jamais entendu, jamais senti, jamais touché ? Comment peut-on tuer au nom de cette entité invisible (à même de nous éclairer, nous juger et qui nous dicte notre conduite…) et soyons honnête, très certainement inexistante ? Comment peut-on préjuger que « sa » religion doit éclairer les bons sauvages et justifie tous les extrêmes, toutes les atrocités commises au cours des siècles, des millénaires ?

Je suis loin d’être une spécialiste en théologie, n’ayant que survolé les trois bouquins principaux, pour essayer de me faire une idée et j’en ai conclu une chose qui peut expliquer les maux de notre civilisation. La religion place l’homme (la race humaine), au dessus de la nature, alors qu’elle n’en est qu’un des nombreux  – mais sans doute pas indispensable – constituants qu’elle considère comme inférieure. Donc elle l’exploite, la viole et la détruit, alors que c’est cette même nature qui nous nourrit, et qu’on ne peut pas faire sans elle. On ne sait pas faire sans elle, c’est simple, on ne sait pas. S’il me fallait croire en quelque chose, je me rapprocherais plus des païens, qui croyaient que les éléments étaient sacrés. La terre, l’eau, le sol, la matière vivante, animale et végétale sont sacrés, parce que sans eux, nous ne sommes rien, nous ne pouvons tout simplement pas vivre. Mais l’homme se comporte comme un chien enragé qui ne reconnaît plus la main qui le nourrit, et l’attaque jusqu’à sa destruction. En ce sens, je suis d’accord avec Aldo, on globalise une société dégénérée et destructrice pour amasser toujours plus de fric, et il faut croire qu’on le mérite, tant par notre étalage de barbarie que par notre aveuglement obstiné à ne pas vouloir reconnaître que les psychopathes au pouvoir nous mènent à la misère et à l’extinction. Je ne vois pas grande différence entre les actions de Daech et celles de notre gouvernement. Daech attaque des innocents, la France riposte illégalement en lançant des bombes et en tuant des innocents. Je ne vois non plus aucune différence entre les atrocités commises par le régime sioniste raciste qui crée illégalement un état juif et celui de Daech qui veut la création d’un état islamique. Mais bon !  

On est comme des rats en cage qui n’ont pas conscience de l’être et se croient libres de leur présent et de leur avenir. On est en prison et le drame, c’est qu’il n’y a nulle part où fuir cette fois. J’ai fui l’Algérie, puis j’ai aussi fui la France. Fuir où maintenant? En antarctique? Au fin fond de l’Amazonie ? Pas possible, on la détruit pour en faire des terres agricoles et extraire du pétrole alors qu’elle nous donne l’air que l’on respire. Dans le Sahara ? Pas possible, on va y extraire du gaz de shit [Sic, Ndlr] et en profiter pour polluer les nappes phréatiques pour les rendre impropres à la consommation. Dans l’Antarctique ? Pas possible on va y faire des forages, aussi. Qu’est ce qu’il nous reste ? Prendre les armes et bombarder les psychopathes de la COP21 ? Inutile, ils ne tirent pas les ficelles. Ce sont les corporations et les banques qui le font et qu’il nous faut attaquer, pacifiquement, avec notre boycott. Retirer nos économies de la banque, payer cash, solder nos crédits si possible, produire quelque chose, cultiver des légumes sur son balcon, dans son jardin, échanger les graines avec ses voisins et amis, penser aux impôts qui n’engraissent que les hommes du gouvernement et financent davantage de guerres, boycotter les marques pour n’acheter qu’au petit producteur local, boycotter les grands magasins pour privilégier l’artisanat. Cet engagement implique de se priver de certaines choses, et il n’y a que très peu de choses qui sont vitales : eau-nourriture-toit-couverture. Le reste, nos chères sociétés de consommation nous ont fait croire qu’on en avait besoin, mais c’est faux. Et puis, notre Liberté ne vaut-elle pas quelques sacrifices?

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Mais j’y pense, appeler au boycott, dans notre société qui vénère la liberté d’expression et la liberté de pensée, est désormais interdit. Pourquoi est-ce interdit ? Souvenons-nous de l’Afrique du Sud, c’est grâce au boycott qu’un mouvement a émergé, comme en Inde, et la naissance des USA…. Le boycott est interdit parce qu’il fonctionne. En appelant au boycott, devient-on « un terroriste de la parole, terroriste par la pensée » ? Sans doute une des évolutions du concept de Liberté. Tout peut être dit, sous réserve qu’il brosse le poil de la dictature fasciste en faction. Il n’y plus de « Charlie » qui tienne, Charlie, c’était avant…. du reste, cette belle marche du mois de janvier, au cours de laquelle ont défilé les plus grands terroristes du monde moderne, m’a fait froid dans le dos. C’est bizarre finalement, il y a des mots comme Démocratie, République, Liberté, Égalité, Fraternité, dont le sens a évolué et j’avoue ne plus bien comprendre ce qu’ils signifient à présent.

Enfin voilà, comment faire comprendre à l’homme qu’il s’autodétruit, détruit les ressources indispensables à notre survie, tout en préparant à cause de son apathie, son indifférence et sa profonde lâcheté, un cauchemar vivant à nos bébés, à nos enfants et à nos petits-enfants qui n’auront que le droit d’obéir, travailler (avec de la chance) pour un salaire de misère, se nourrir de produits toxiques qu’on appelle « nourriture », de nanoparticules d’aluminium, de sulfites, et d’autres ingrédients chimiques aux noms impossibles à prononcer …. boire de l’eau du robinet, impropre à la consommation, qui contient aussi du fluor, respirer de l’air pollué par les chemtrails, qui les rendront malades, et payer des sommes monstrueuses pour des traitements qui tuent ? Oui, un vrai cauchemar vivant pour nos enfants, que je refuse d’accepter en tant que mère. Et toi, qui est aussi un père, une mère, l’acceptes-tu ?

Meriem

 
  1.  Qui restent des heures entières à ne rien faire, adossés au mur ↩
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La Turquie, Etat voyou et maître chanteur de l’Union Européenne. Par Guillaume Borel

3 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #La Turquie, #Politique étrangère, #AMERIQUE, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #Terrorisme

Participants au sommet de Bruxelles le 29 nov. 2015. Photo DR

Participants au sommet de Bruxelles le 29 nov. 2015. Photo DR

Les dirigeants européens recevaient dimanche le premier ministre turc à Bruxelles afin de définir les modalités d’endiguement du flux de « réfugiés » en provenance de Turquie. Depuis le début de l’année, plus de 700000 d’entre eux ont ainsi gagné l’Union Européenne via la Grèce, essentiellement au moyen d’embarcations de fortune.

Le maître-chanteur

Les chefs d’Etat européens proposent en échange de la collaboration d’Ankara une enveloppe de trois milliards d’euros destinée à « aider les réfugiés syriens » qui seraient au nombre de 2,2 millions sur le sol turc. La situation se résume à un chantage financier de type mafieux de la part du gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan qui a sciemment provoqué un flux migratoire sans précédent qui menace la stabilité du continent. De nombreux pays, comme la Hongrie ou la Macédoine, ont été ainsi placés dans l’obligation de construire des dispositifs de défense dans l’urgence afin de contrôler le flux des migrants sur leur territoire. Cette crise migratoire est le produit de la stratégie des autorités turques qui ont laissé prospérer le trafic clandestin alors que selon l’organisation de coopération judiciaire européenne Eurojust, ce dernier entretien des liens étroits avec les organisations terroristes qu’il sert à financer.En effet, selon sa directrice Michele Coninsx :

« les passeurs sont utilisés parfois pour mener des infiltrations par les membres de l’Etat Islamique ».

Un passeur opérant pour l’Etat Islamique a ainsi rapporté : « On profite de la générosité des pays développés de l’ouest de l’Europe pour infiltrer des combattants parmi les réfugiés. » L’agence d’information russe Sputnik news avançait, selon des sources proches de l’Etat Islamique, le chiffre de 4000 combattants infiltrés, chiffre toutefois impossible à vérifier. Deux des terroristes ayant perpétré les attaques du 13 novembre à Paris ont cependant rejoint l’UE en passant par la Grèce, dissimulés dans le flux des migrants.

Les exigences des maîtres-chanteurs turques ne se limitent pourtant pas au volet financier alors que l’UE a déjà annoncé le versement de 3 milliards d’euros destinés officiellement à participer aux frais financiers générés par l’accueil des réfugiés dans le pays. Le gouvernement d’Ankara souhaite également reprendre et accélérer les négociations d’adhésion à l’Union Européenne, ce à quoi ce seraient engagés les européens, sous la pression notamment de la chancelière allemande Angela Merkel.

L’état voyou

Suite au crash d’un chasseur SU-24 abattu par un F-16 turc à la frontière syrienne, le président russe Vladimir Poutine a dénoncé le soutien financier et opérationnel d’Ankara à l’Etat Islamique :

« Si [les terroristes] ont l’argent de la vente du pétrole et la défense armée de certains, alors il devient évident pourquoi ils se comportent si hardiment, pourquoi ils commettent des actes terroristes dans le monde entier, y compris au cœur de l’Europe. »

Le président turc Erdogan a nié toute implication dans l’achat de pétrole à l’organisation Etat Islamique, assurant même : « la Turquie est quasiment le seul pays qui lutte sincèrement contre Daech ».

Pourtant, les éléments démontrant une collaboration avec l’organisation terroriste sont nombreux.

Vladimir Poutine a notamment fait état de photos satellites et d’images prises par les avions russes montrant des « livraisons pétrolières en quantités industrielles à partir des territoires syriens usurpés par les terroristes. Il s’agit précisément de ces territoires, et pas d’autres. Nous voyons à partir des airs où vont ces véhicules. Jour et nuit, ils vont en Turquie ».

La provocation d’Ankara pourrait ainsi avoir pour motivation les succès de la campagne aérienne russe contre Daech, notamment dans sa volonté de détruire les infrastructures pétrolières aux mains du groupe terroriste qui ont été massivement bombardées depuis la mi-novembre. Les raffineries près de Raqqa ont ainsi été visées et les convois de camions qui transportent le pétrole vers la Turquie sont systématiquement pris pour cible.

Les propos du président russe ont été confirmés par le ministre syrien de l’Information Omran al-Zoubi dans une interview à l’agence Sputnik news :

« Tout ce pétrole était livré à une compagnie appartenant à un fils d’Erdogan. C’est pourquoi la Turquie a été si énervée après le début des frappes russes contre les infrastructures de l’EI, qui ont permis de détruire plus de 500 camions de brut. »

La route du pétrole passe par la Turquie et le clan Erdogan

Le média américain indépendant Zero hedge a publié samedi 28 novembre un article important basé notamment sur des informations de l’agence Reuters, documentant de manière très précise la route empruntée par le pétrole exploité par l’Etat Islamique.

Une recherche universitaire de George Kiourktsoglou et d’Alec D. Coutroubis citée par le média montre que les exportations du principal hub pétrolier de Ceyhan, en Turquie, ont connu une hausse spectaculaire à chaque nouvelle capture d’une zone pétrolifère par les combattants de l’Etat Islamique :

Selon les auteurs de l’étude, cette hausse des exportations peut être due « à la nécessité de générer rapidement de nouveaux fonds pour la fourniture de munitions et d’équipement militaire ».

Le port de Ceyhan est aussi le terminal pétrolier connectant l’oléoduc provenant du Kurdistan irakien qui soustrait illégalement une partie de la production au gouvernement central de Bagdad. On parle de 550 000 barils par jour. Le pétrole de l’organisation Etat Islamique serait donc camouflé au sein de la production illégale en provenance du Kurdistan. Selon Reuters, le pétrole ferait l’objet d’un transfert de bateau à bateau au large de Malte de manière à masquer sa provenance aux acheteurs finaux et à les prémunir d’actions en justice de la part de la compagnie nationale irakienne SOMO. Ce dernier est ensuite transporté par tankers battant pavillon maltais, vers le port d’Ashdod en Israël.

Le Financial Times estime à 19 millions de barils par mois, le pétrole en provenance du Kurdistan irakien importé ainsi par Israël qui couvrirait par ce biais 77% de ces besoins.

Selon un colonel des services de renseignement irakiens interviewé par le journal Al-Araby al-Jadeed, le pétrole de l’Etat Islamique serait transporté par camions jusqu’à la ville frontalière de Zakho,dans le nord du Kurdistan, à 88 km au nord de Mossoul. Les convois seraient alors pris en charge par des chauffeurs turcs afin de leur faire passer la frontière. Une fois en Turquie, on ne peut pas distinguer ce pétrole du pétrole illégal importé massivement du Kurdistan.

Voici donc l’itinéraire présumé du pétrole de Daech :

 La Turquie, Etat voyou et maître chanteur de l’Union Européenne. Par Guillaume Borel

La famille du président turc semble impliquée à plusieurs niveaux dans ce trafic. Selon le journal al-Monitor, cité par Zero hedge, la compagnie Powertrans, qui a l’exclusivité du transport et du raffinage du pétrole en provenance du Kurdistan, est dirigée par le beau-frère d’Erdogan. Cela pourrait expliquer l’extrême nervosité de l’autocrate lorsque la Russie et la coalition internationale ont commencé à bombarder massivement les infrastructures pétrolières de Daech. Le business serait extrêmement juteux et, selon l’ancien conseiller à la sécurité nationale irakien Mowaffak al-Rubaie, ce pétrole illégal serait vendu 20$ en Turquie, soit plus de moitié moins du cours officiel.

Le propre fils du président turc, Bilal Erdogan, est l’un des propriétaires d’une compagnie maritime basée à Malte, BMZ Group, qui a acquis deux tankers durant l’été 2015 pour une valeur de 36 millions de dollars. Les tankers étaient auparavant loués par BMZ Group. Il est donc possible que le fils Erdogan participe également à la contrebande de pétrole irakien et syrien aux côtés de son oncle…

Ankara prise la main dans le sac

Contrairement aux affirmations du président Erdogan, la collaboration de son gouvernement, et peut-être de son propre clan, avec l’organisation terroriste Etat Islamique est donc un fait documenté, y compris par des médias locaux.

Jeudi 26 novembre, deux journalistes turcs du quotidien Hurriyet ont ainsi été arrêtés par les services de sécurité et inculpés d’espionnage et divulgation de secrets d’Etat. Leur crime ? Avoir diffusé des photographies et des vidéos montrant un convoi de livraisons d’armes à destination de l’Etat Islamique. Les faits remontent à janvier 2014 lorsque la gendarmerie a arrêté et fouillé plusieurs convois officiellement chargés d’aide humanitaire à destination de la Syrie, escortés par des agents des renseignements turcs (MIT). Les camions en question transportaient des armes à destination des groupes « rebelles » opérant le long de la frontière, soit l’organisation Etat Islamique. Selon les journalistes, le chargement se composait d’un millier d’obus de mortier et de 80 000 munitions de petit calibre. Les gendarmes impliqués ont été également inculpés d’espionnage. Les deux journalistes emprisonnés ont lancé un appel à Angela Merkel, l’enjoignant à ne pas abandonner la défense de la liberté de la presse contre un accord sur les migrants…

Guillaume Borel | 29 novembre 2015

Guillaume Borel est l’auteur de l’essai Le travail, histoire d’une idéologie, qui vient de paraître aux Éditions Utopia.

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Attentats de Paris : l’exécutif français lance une vaste opération de contre-feux

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Comment Israël exporte le pétrole de Daech vers l’Union Européenne. Par Guillaume Borel

3 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #La Turquie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #L'OTAN., #Terrorisme, #Europe supranationale, #Daesch, #Politique étrangère

Comment Israël exporte le pétrole de Daech vers l’Union Européenne

Par Guillaume Borel le 01 décembre 2015

Lors d’une conférence de presse en marge de la COP21 au Bourget, le président russe Vladimir Poutine a lié pour la première fois la décision de la Turquie d’abattre le SU-24 russe à la lutte engagée par son pays contre le trafic de pétrole clandestin de l’organisation Etat Islamique à destination de la Turquie :

« Nous avons toutes les raisons de penser que la décision d’abattre notre avion a été dictée par la volonté de protéger ces chemins d’acheminement de pétrole vers le territoire turc, justement vers ces ports depuis lesquels il est chargé sur des navires-citernes. »

Le président russe confirme en cela les informations révélées par le journal al-Araby, qui documentait les conditions opérationnelles de l’acheminement du pétrole de Daech en Turquie. Ces informations que j’avais relayées dans un précédent article , ont depuis trouvé un écho dans la presse internationale, notamment via l’agence de presse russe Sputnik news et le site israélien Globes.

L’article original publié par al-Araby et repris par Zero hedge synthétisait notamment de nombreux éléments factuels concernant les exportations de pétrole de Daech sous la forme d’un itinéraire cartographié qui aboutissait au port de Ceyhan en Turquie où, mélangé au pétrole illégal importé du Kurdistan irakien, ce dernier est chargé sur des tankers. Un transbordement est ensuite effectué au large de Malte afin de masquer la provenance du brut, qui est ensuite livré au port israélien d’Ashdod.

Selon le ministre syrien de l’information, le fils du président turc Erdogan est directement impliqué dans ce trafic via la compagnie maritime BMZ Group dont il est l’un des propriétaires et qui opère plusieurs tankers sous pavillon maltais. Si l’implication du clan Erdogan n’est pas surprenante, la deuxième partie de l’histoire révèle cependant le rôle central d’Israël dans ce trafic.

Vendu aux alentours de 20$ par Daech à la frontière turque, le pétrole est exporté puis raffiné au port d’Ashdod, sur la côte israélienne, d’où une partie serait revendue à plusieurs sociétés pétrolières privées opérant sur le marché européen, à un prix compris entre 30 et 35$ le baril.

Le pétrole illégal du Kurdistan couvre 75 % de la consommation israélienne, et un tiers de ce volume est importé de Turquie via le port de Ceyhan qui couvre également la production de l’État Islamique. Israël est ainsi le principal négociant de brut de Daech.

Si l’état hébreux réserve une partie de ces importations pour sa consommation domestique, une autre partie est exportée vers l’Europe en ayant acquis un statut « légal» durant son transit à Ashdod.

Selon les sources d’al-Araby, une partie du brut serait expédié par des sociétés privées vers une raffinerie italienne, qui constituerait donc la porte d’entrée du pétrole de Daech dans l’Union Européenne.

Le journal basé à Londres ne donne pas le nom de cette raffinerie mais précise cependant qu’elle est la propriété d’un homme d’affaire italien possédant également un club de football de premier plan en Série A. Il pourrait ainsi s’agir de Massimo Moratti, propriétaire de l’Inter de Milan jusqu’en 2013 et dont la holding, Saras, détient la plus grande raffinerie du pays à Saroch, près de Cagliari.

L’enquête du journal al-Araby corrobore ainsi les déclarations qu’avait faites l’ambassadrice de l’Union Européenne en Irak Mme Jana Hybaskova le 2 septembre 2014 devant la commission des affaires étrangères du Parlement européen, affirmant que des états européens achetaient le pétrole de l’État Islamique…

Guillaume Borel | 01.12.2015

Sur le même thème: La Turquie, Etat voyou et maître chanteur de l’Union Européenne

Arrêt sur info ne peut être tenu responsable de toute déclaration inexacte ou incorrecte contenue dans les articles publiés.

Source: http://arretsurinfo.ch/comment-israel-exporte-le-petrole-de-daech-vers-lunion-europeenne/

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Pétrole volé par Daech: plusieurs sociétés européennes pourraient être impliquées. Par Guillaume Borel.

3 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Turquie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #Terrorisme, #Les transnationales, #La France, #La République, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale

Pétrole volé par Daech: plusieurs sociétés européennes pourraient être impliquées.  Par Guillaume Borel.

 

Alors que le président russe Vladimir Poutine vient d’impliquer la Turquie et le clan Erdogan dans le trafic de pétrole de l’Etat Islamique, des compagnies maritimes grecques et russes pourraient participer au commerce illégal de la production de brut de l’organisation terroriste entre le port  turc de Ceyhan et celui d’Ashdod en Israël.

Selon différentes enquêtes réalisées par le journal al-Monitor et al-Araby, le brut exploité par Daech sur les territoires qu’elle contrôle en Syrie et en Irak serait expédié par camions en Turquie où il serait ensuite camouflé dans la production illégale provenant du Kurdistan irakien, au niveau du hub pétrolier de Ceyhan. Le président russe Vladimir Poutine a confirmé dans une conférence de presse en marge de la COP21 ces informations, affirmant disposer de photos et vidéos tournées par l’aviation russe et montrant des « livraisons pétrolières en quantités industrielles à partir des territoires syriens usurpés par les terroristes. Il s’agit précisément de ces territoires, et pas d’autres. Nous voyons à partir des airs où vont ces véhicules. Jour et nuit, ils vont en Turquie »

Un officier de renseignement de l’Armée syrienne libre, Hosam Al-Awak, a en outre affirmé à l’agence de presse Sputnik news être en possession de photocopies de contrats pétroliers entre Daech et Ankara.

Le président turc Recep Erdogan serait impliqué à plusieurs niveaux, comme le révèlent les enquêtes menées par le journal al-Araby ou encore Zero hedge. Son fils, Bilal, participerait au transport international du pétrole illégal via sa compagnie maritime BMZ Group, à partir du port de Ceyhan. Son beau-fils, Berat Albayrak dirige la compagnie Powertrans qui a obtenu une licence d’exclusivité du gouvernement turc en 2011 pour le transport routier du pétrole provenant du Kurdistan irakien. Or, le Kurdistan irakien et la ville frontalière de Zakho constituent précisément la principale porte d’entrée des convois pétroliers de Daech en Turquie. Selon al-Araby, c’est près de Zakho que les convois de Daech seraient pris en charge par des chauffeurs turcs afin de passer la frontière…

La production de Daech serait impossible a identifier une fois parvenue au port de Ceyhan où elle serait mélangée à celle provenant du Kurdistan, importée illégalement. Le pétrole est ensuite chargé sur des tankers puis transbordé au large de Malte de bateau à bateau afin d’en masquer la provenance et d’éviter les poursuites pénales du gouvernement irakien. Une grosse partie de la production est ensuite livrée au port d’Ashdod en Israël, qui a fait du pétrole du Kurdistan irakien sa principale source d’approvisionnement selon le Financial Times. Une partie du brut disposant d’un statut légal serait ensuite revendue, notamment à destination du marché européen via l’Italie.

La compagnie de Bilal Erdogan ne serait cependant pas la seule impliquée dans ce trafic. Le nom de sociétés maritimes grecques et russes est également évoqué concernant le transport de ce pétrole illégal en méditerranée.

Selon Reuters, le premier tanker à avoir chargé du brut au port de Ceyhan fut le United Leadership, propriété de l’armateur grec Marine Management Services, suivit du United Emblem. Ce dernier aurait opéré un transbordement de son chargement au large de Malte au bénéfice du SCF Altai, appartenant à la principale compagnie maritime russe, Safety Comes First. Les faits remontent à juin 2014 et ont été rapportés par le Jerusalem Post, il s’agissait de la première livraison   au port israélien d’Ashdod.

Ashti Hawrami, le ministre des ressources naturelles du Kurdistan irakien, qui tire la majorité de ces revenus de la vente illégale du pétrole de Bagdad, environ 500 000 barils par jour, a précisé à Reuters :

« L’année 2014 a été un large succès car seulement deux de nos tankers ont connu des difficultés, l’un aux USA et l’autre au Maroc […] Nous avons connu un changement remarquable dans nos relations avec la Turquie. Ils ont opéré un renversement stratégique et nous ont été incroyablement favorables. »

Et toujours selon Hawrami, une dizaine de pays accepteraient le pétrole provenant du Kurdistan, et donc potentiellement de Daech, parmi lesquels la Hongrie, selon l’agence Reuters.

Selon le site spécialisé convenient flags, un total de 40 tankers auraient ainsi chargé du pétrole provenant du Kurdistan irakien au port de Ceyhan à la fin 2014, un grand nombre d’entre eux appartient à la compagnie grecque MMS.

C’est également un tanker de MMS, le United Carrier qui aurait effectué une livraison au port d’Omisalj en Croatie en août 2014 pour le compte de la compagnie pétrolière hongroise MOL Group qui détient une partie des installations de raffinage.

La production de brut de l’Etat Islamique suit donc selon toute vraisemblance les réseaux illégaux d’acheminement du pétrole du Kurdistan irakien pour trouver des débouchés sur le marché international via le port de Ceyhan en Turquie qui constitue le terminal de l’oléoduc kurde. Plusieurs sociétés européennes contribueraient par ce biais à écouler la production de l’Etat Islamique, en participant à la filière opaque de commercialisation du brut provenant du Kurdistan, dont la principale serait la compagnie maritime grecque MMS dont les tankers effectuent régulièrement des chargements au port de Ceyhan à destination du port israélien d’Ashdod mais également pour le compte de sociétés pétrolières européennes, dont la compagnie hongroise MOL

Guillaume Borel | 3 décembre 2015

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Source: http://arretsurinfo.ch/petrole-vole-par-daech-plusieurs-societe-europeennes-pourraient-etre-impliquees/

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Le grand coup de Poutine, par Jean Lévy.

3 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Turquie, #AMERIQUE, #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #L'OTAN.

Publié par Jean Lévy

 

Quelques explications sont nécessaires pour mesurer l'importance de la chose. Et d'abord une carte :

Quelques explications sont nécessaires pour mesurer l'importance de la chose. Et d'abord une carte :

Chroniques du Grand jeu

 

Le maître du Kremlin est-il en train de prendre les Kurdes aux Américains et de commencer à sceller la frontière syrienne contre les Turcs ? Ca en prend visiblement le chemin...

Qu'on l'aime ou pas, il est difficile de ne pas reconnaître en lui un génie stratégique de la veine d'un Richelieu ou d'un Sun Tzu. Selon les préceptes du judo qu'il affectionne tant, Vladimir "abracadabra" Poutine retourne toujours tout à son avantage, ce qui doit finir par être désespérant pour ses adversaires.

La réaction russe au "coup de poignard dans le dos" de la part de Ben Erdogan a déjà étonné par sa rapidité et son ampleur. Ce n'est d'ailleurs pas fini car l'on apprend maintenant que la coopération scientifique entre les deux pays est arrêtée et que plus de 1 000 camions turcs sont bloqués à la frontière. De plus, le Turk Stream risque bien d'être gelé par la partie russe, si l'on en croit des sources au sein de Gazprom. Mais il est évident que Moscou allait également tenter de retourner la situation à son avantage sur le plan stratégique. Des informations émergent et elles ne sont pas tristes...

La Russie aurait commencé à s'entendre avec les YPG kurdes de Syrie afin de couper le passage entre l'Etat Islamique et la Turquie, ce qui changerait considérablement la donne stratégique. Nous avions déjà plusieurs fois évoqué ce qui n'était alors qu'une possibilité ; grâce à l'incident du Sukhoi, celle-ci se mue peu à peu en certitude, au grand dam du sultan qui risque de regretter longtemps, très longtemps son coup de folie.

Quelques explications sont nécessaires pour mesurer l'importance de la chose. Et d'abord une carte :

Le grand coup de Poutine

Après les échecs de Daech face aux Kurdes à Hassaké et à Kobané, la voie de communication avec le parrain turc est réduite à une porte d'environ 80 km, commençant un peu à l'est d'Aazaz et allant jusqu'à Jarabulus sur l'Euphrate (les deux points rouges sur la carte). On le voit, les YPG kurdes, bête noire d'Ankara qui les considère comme "terroristes", sont situées de part et d'autre et ne rêvent que de réunir leurs territoires (appelons-les pour l'instant "Kurdes ouest" et "Kurdes est").

Le sultan avait décidé d'une ligne rouge à ne pas franchir pour les Kurdes syriens : l'Euphrate, au-delà duquel les avions turcs n'hésiteraient pas à les bombarder, ce qui est arrivé plusieurs fois. Le piquant de l'affaire est que ces mêmes YPG sont sensés être les alliés des Etats-Unis, eux-mêmes alliés de la Turquie. Bref, un maelström sur lequel Poutine joue comme dans du velours, nous y reviendrons.

Lorsqu'à l'été il fut question d'une opération kurde pour prendre Jarabulus et perturber le ravitaillement de Daech, Ankara menaça d'intervenir militairement. Finalement, un accord fut trouvé entre Américains et Turcs. Les premiers assuraient aux seconds l'annulation de l'opération contre l'utilisation par les jets US de la base d'Incirlik. On en était là quand le Sukhoi a été abattu...

Si les "Kurdes est" de Kobané n'ont pas encore bougé ni franchi l'Euphrate, les "Kurdes ouest" ont fait mouvement et engagé la bataille dans la plaine au nord d'Alep... soutenus par les bombardements russes ! Les YPG ont pris le contrôle de plusieurs villages à un jet de caillou de la frontière turque, mettant en péril l'approvisionnement des terroristes modérés (Al Qaeda, Ahrar al Cham).

Ce qui se profile à l'horizon est un mouvement en tenaille entre les "Kurdes est" franchissant l'Euphrate et les "Kurdes ouest", le tout protégé par les fameux S-400 russes qui vont abattre comme des mouches les avions turcs qui s'aventureraient dans la région.

Le grand coup de Poutine

Les Américains, embringués dans des alliances totalement contradictoires, sont paralysés et ce diable de Poutine en profite avec délice. Si Moscou soutient les YPG, Washington ne pourra non seulement rien faire, mais même rien critiquer, puisque ces milices kurdes sont ses alliés théoriques. Une fois de plus, Barack à frites verra avec horreur les Russes débaucher ses propres associés.

Car Vladimirovitch voit plus loin. Il a appelé Assad et le PYD (parti kurde chapeautant les YPG) à s'unir. Les Kurdes sont preneurs depuis un certain temps ; jusqu'ici, c'est Assad qui n'était pas très chaud, mais il est l'obligé de Moscou depuis la campagne aérienne lancée il y a deux mois. Cette alliance - qui semble déjà se faire sur le terrain militaire à défaut d'un accord politique formel - porterait un coup mortel à l'EI et autres terroristes modérés chers à l'Occident, giflerait les Turcs et embarrasserait terriblement les Américains.

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Villepin met en garde contre une "dérive autoritaire et sécuritaire"

3 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Russie, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #la

mercredi 2 décembre 2015

Villepin met en garde contre une "dérive autoritaire et sécuritaire"

 


L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a mis en garde mercredi contre "la tentation" d'une "dérive autoritaire et sécuritaire", appelant à limiter l'état d'urgence dans le temps.
"Notre pays est dans l'épreuve, il est normal sue les autorités aient choisi de prendre toutes les mesures qui permettaient d'assurer la protection des Français. Ma conviction, c'est qu'en dehors des crises ouvertes comme celle que nous avons connue, nous devons être extrêmement vigilants sur la défense de l'état de droit et de la démocratie", a déclaré M. de Villepin sur BFMTV et RMC.

Selon lui, un des "pièges que nous tendent les terroristes", "c'est la dérive autoritaire et sécuritaire".
Sommes-nous entrés dans une telle dérive ? "Il y a la tentation", a estimé l'ancien Premier ministre. "Je crois qu'il y a un risque de dérive possible (...). Il faut être très vigilant. C'est notre force, l'état de droit. Donc je pense qu'il faut essayer au maximum de limiter dans le temps toute mesure exceptionnelle".

"L'état d'urgence doit se limiter à la période qui véritablement correspond à celle de l'urgence. Se priver de l'appui du judiciaire dans cette période, c'est fragiliser considérablement les procédures administratives qui sont engagées et c'est empêcher le retour du pays à une forme de mobilisation normale et naturelle", a-t-il développé.

Un autre "piège", selon M. de Villepin, "c'est celui de l'interventionnisme militaire". "Plus nous ferons la guerre dans ces régions, plus nous mettons le doigt dans un engrenage sans fin qui conduira à davantage de catastrophes là-bas, et davantage de catastrophes ici".

L'ancien Premier ministre a jugé que "l'idée d'une coalition militaire mondiale est absurde", prônant en revanche "une coalition diplomatique et politique internationale".

"Nous menons depuis plusieurs années une politique militariste, occidentaliste et moraliste, qui nous a mis au premier rang des cibles. il faut donc revoir notre politique de renseignement, il faut revoir notre diplomatie, pour la ramener au rôle historique qui est celui de la France, un rôle de médiation, un rôle d'initiative, un rôle de paix", a plaidé M. de Villepin.

Il a enfin mentionné "un 3e piège que nous tend Daech, c'est que Daech joue sur l'implosion de l'Europe".
02/12/2015 13:14:13 - Paris (AFP) - © 2015 AFP

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Société de surveillance ou société surmoïque ?

1 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La nation ., #La République, #la liberté, #La justice, #Terrorisme, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #La lutte des classes

 

Société de surveillance ou société surmoïque ?


Commentaire : La loi sur le renseignement, sous couvert de lutte contre le terrorisme, dissimule-t-elle certains objectifs moins glorieux portant atteinte à la liberté des citoyens ? Les nouvelles mesures prises par le gouvernement ont de quoi inquiéter. Même si la plupart des gens ne semblent guère s'en inquiéter - arguant qu'ils n'ont « rien à cacher » et que ces mesures ne visent que les terroristes potentiels et autres individus « dangereux » - le réveil risque d'être brutal, lorsque LEURS propres libertés seront mises à mal.
 

Les attentats du 13 novembre à Paris ont montré, si c'est encore nécessaire, que la loi sur le Renseignement n'a pas pour objet de prévoir les attentats terroristes, mais simplement de supprimer la vie privée des Français. Les déclarations du président Hollande, expliquant que les retards concernant les décrets d'application de la loi seraient à la base du « raté » des services, sont un déni du fait que cette législation ne fait qu'entériner des pratiques existantes.
 
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© AFP / Nicolas Tucat
Bernard Cazeneuve
La loi française sur le Renseignement [1], votée en juin 2015, est la concrétisation d'un projet vieux de plus d'un an. Elle fait partie d'un corpus antiterroriste : d'abord la loi de programmation militaire, promulguée le 19 décembre 2013 [2] et ensuite la loi renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme du 14 novembre 2014 [3].

Cette série de textes législatifs, promus par le gouvernement socialiste, a conduit à un recul considérable des libertés en France. Celle-ci se trouve désormais à la pointe de l'offensive contre les droits humains sur le continent européen, à peine dépassé par le modèle anglais.

Les lois sur le Renseignement et sur la programmation militaire s'attaquent principalement aux libertés privées. La liquidation des libertés publiques sera l'affaire de l'état d'urgence. Il a déjà été prolongé pour une période de trois mois, en attendant une modification constitutionnelle installant un état d'urgence permanent. Il permet d'interdire les manifestations et rassemblements publics. Il s'attaque à la liberté de circulation et, grâce aux arrêts domiciliaires, il réduit l'Habeas Corpus des ressortissants français.

De plus, suite aux massacres du 13 novembre, le gouvernement pense déjà à modifier la loi sur le Renseignement. Il s'agirait « d'alléger les procédures imposées aux services qui souhaiteraient utiliser des moyens de surveillance » [4]. Or, cette loi n'instaure aucun contrôle des activités des services secrets. Elle met bien en place une Commission nationale de contrôle qui ne dispose d'aucune possibilité effective de remplir sa mission et qui ne peut émettre que des avis. Il ne s'agit donc pas de supprimer l'existence d'un contrôle absent, mais de signifier qu'il faut abandonner l'idée même de surveillance de l'exécutif, indiquant ainsi qu'aucune limite ne peut être posée à ses actes.

« Je suis Charlie » et « Je suis sous surveillance »

Cette loi n'est pas une conséquence des évènements de Charlie Hebdo. Elle ne se réduit pas une série de dispositions destinées à prévenir des attentats. Cependant, elle est, dans son expression, particulièrement liée à cette affaire, plus précisément à la marche du 11 janvier prétendument pour « la liberté d'expression » qui consacre l'effacement du politique et du langage au profit de l'omniprésence de l'affect. Cette « manifestation », convoquée et mise en scène par le pouvoir, ne crée aucun lien social, au contraire, les individus ont été réduits a des monades n'ayant d'autre expression que l'exhibition de leur fusion avec le pouvoir. Le « je suis Charlie » est la reprise volontariste de l'injonction surmoïque : Tu es Charlie et tu n'es que cela. Entièrement déterminés par la langue des médias, les « manifestants » du 11 janvier sont installés dans une psychose collective. Celle-ci a pour effet de supprimer tout mécanisme de défense, non seulement face à des propos ou des actes particuliers, mais vis-à-vis de n'importe quelle déclaration ou action du gouvernement, par exemple face aux conséquences de cette loi sur le Renseignement qui rejette la vie privée hors des libertés fondamentales.

L'objet de cette législation n'est pas d'installer une surveillance globale déjà effective, mais de la légitimer, d'inscrire dans le droit le consentement par les populations de l'abandon de leur intimité et leur acceptation de la perte des libertés privées.

La loi sur le Renseignement

Le 23 juillet 2015, le Conseil constitutionnel français a, à une large majorité, validé la majeure partie de la loi sur le Renseignement. Il a ainsi légitimé un texte considéré comme particulièrement attentatoire aux libertés fondamentales, si bien qu'un groupe de 106 députés, de la majorité et de l'opposition, lui avait adressé un recours après l'adoption définitive de la loi, le 24 juin. Les députés demandaient à l'institution d'examiner quelques points particulièrement litigieux, telle l'installation de « boites noires » chez les fournisseurs d'accès Internet. Le Conseil constitutionnel avait été aussi saisi par le président de la République, ainsi que par le président du Sénat, qui cherchaient une légitimation en ce qui concerne la constitutionnalité de la loi.

Dans les deux Chambres, les débats n'ont pas été très animés, puisque le parti socialiste et la droite étaient d'accord sur l'essentiel. Le texte final a d'ailleurs peu bougé par rapport à la version première, présentée à la Commission des lois et préalable à la discussion en séance plénière. L'utilisation de la procédure accélérée, qui ne prévoit qu'une seule lecture par assemblée, empêche toute discussion de fond. La justification avancée, celle de l'urgence n'est pas crédible, puisque la loi ne fait qu'inscrire, dans le droit, des pratiques existantes, mais illégales et qui ont aussi montré leur totale inefficacité dans les dernières affaires terroristes. Afin de justifier la légalisation de ces mesures attentatoires aux libertés, le gouvernement affirme leur efficacité en s'exonérant de toute référence aux faits. Il s'oppose à ce que préconise la Cour européenne des Droits de l'homme, à ce que toute ingérence dans le droit, veillant au respect de la vie privée, ne peut se faire que sur la base d'une « loi d'une précision particulière », c'est à dire sur base de règles claires et détaillées.

Une mutation des services de Renseignement

Les services de Renseignement pourront installer chez les fournisseurs d'accès une « boite noire » surveillant le trafic Internet. Seront captées, les métadonnées : origine ou destinataire du message, adresse IP d'un site visité, durée de la conversation ou de la connexion. La possibilité de lever, en cas de besoin, l'anonymat des données montre que celles-ci sont bien identifiantes [5].

Le texte étend au renseignement des techniques jusqu'ici réservées aux enquêtes judiciaires : micros, caméras, balises de géolocalisation, logiciels espions. La loi autorise également l'installation de fausses antennes relais permettant de capturer, dans un périmètre déterminé, les données de connexion, ainsi que le contenu des conversations de toutes les personnes communiquant par téléphone, ordinateur, etc.

La décision et le contrôle de la mise en œuvre de ces dispositifs secrets est confiée à l'Exécutif. Il supprime toute garantie judiciaire. En bref, cette loi met à la disposition de l'Exécutif, un dispositif permanent, clandestin et quasiment illimité de « surveillance » des citoyens. Il ne s'agit plus d'accéder à des informations concernant une personne devant faire l'objet d'une attention particulière, mais de permettre la collecte systématique, généralisée et indifférenciée d'un volume important de données qui peuvent, le cas échéant, être relatives à des personnes totalement étrangères à la mission. Le travail des services de renseignement change donc de nature, il ne porte plus sur les agents d'une puissance étrangère, mais principalement sur les ressortissants de l'Hexagone.

Absence de contrôle

La loi instaure une autorité consultative de contrôle : la Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement (CNCTR), se composant de neuf membres (deux députés, deux sénateurs, deux membres du Conseil d'État, deux magistrats de la Cour de cassation et une personnalité « qualifiée »). Elle a pour fonction de vérifier le respect des critères autorisant les pouvoirs d'investigation accordés aux agences de renseignement. Cependant, ses membres ne disposent que d'un temps très limité et n'ont pas la formation technique nécessaire pour effectuer une vérification. Comme l'exprime la Commission nationale consultative des droits de l'homme, on ne voit pas comment la CNCTR « pourra vérifier si l'utilisation du dispositif algorithmique est réalisé conformément aux missions » et le contrôle de cette nouvelle commission « risque fortement de ne pas être effectif . »

La Commission de contrôle fonctionne selon une logique renversée. Pour s'opposer à la mise en œuvre d'une procédure, la majorité absolue de ses membres doit se prononcer en ce sens. Mais, même dans ce cas, il ne s'agit que d'un avis consultatif, l'Exécutif demeure libre de le mettre en œuvre. Ce n'est qu'a posteriori, après que la disposition prise soit d'abord passée par la Commission, que des recours juridictionnels pourront être formés et exclusivement devant le Conseil d'État. Ce qui a peu de chances de se produire, puisque l'action de ces services est par nature secrète.

À l'inverse pour autoriser une technique, l'avis d'un seul membre de la commission suffit et, « en cas d'urgence, » aucun avis n'est nécessaire. En l'absence de réaction, dans les vingt quatre heures, du président ou du membre de la commission qu'il a désigné, l'avis est réputé rendu. Ce délai passe à trois jours ouvrables si la Commission a été saisie [6].

Le système semble d'ailleurs parfaitement verrouillé : mettre au grand jour des mesures illégales est devenu un délit. Pour la secrétaire générale du Syndicat de la magistrature, Laurence Blisson : « si vous révélez des surveillances illégales, ce serait une infraction pénale. Il y a un risque d'impunité totale pour les agents du renseignement » [7]. En effet, l'article 7 du projet de loi, devenu article 13 [8], étend la pénalisation à la révélation de mesures de surveillance, même illégales.

Les citoyens ennemis du gouvernement ?

Ainsi, les missions ne sont plus centrées sur la « défense du territoire » ou sur la « prévention de toute forme d'ingérence étrangère ». D'ailleurs, il y a bien longtemps que la question de l'indépendance nationale ne fait plus partie des préoccupations des services de renseignement français ou européens. Des documents secrets US montrent que la France participe bien au « chalutage » de la NSA, donc à l'espionnage de ses propres ressortissants, ainsi que ceux des autres pays européens pour le compte de l'agence US. Un article « top secret », datant de 1989 et récemment déclassifié, provenant de la revue interne de la NSA Cryptologic Quarterly, dévoile la coopération renforcée des USA avec des États tiers, dont la France fait partie depuis les années 1980 [9]. Ce qui est vrai pour la France l'est également pour les autres pays membres de l'UE.

La réorganisation des services de renseignements autour de la « surveillance » de leur ressortissants s'intègre dans une structure impériale ayant pour ennemis, non seulement les quelques nations qui échappent partiellement à son contrôle, mais surtout leurs propres populations. La possibilité, pour le citoyen états-unien ou pour tout ressortissant d'un pays qui n'est pas en guerre avec les USA, d'être nommé comme « ennemi combattant » ou « belligérant non protégé » par son gouvernement existe déjà dans le droit US. Cette possibilité nous concerne directement grâce aux accords d'extraditions signés entre l'UE et les USA. La militarisation croissante de l'armement des forces de police US est aussi un symptôme révélant de la mutation du rapport entre gouvernants et gouvernés, de la non distinction existant actuellement entre intérieur et extérieur de la nation.

La fin de la vie privée

La nouvelle loi française sur le Renseignement s'inscrit dans cette tendance. Les missions des services ne se limitent pas à la « lutte contre le terrorisme », mais portent sur tous les crimes et délits commis « en bande organisée », sans que cette notion soit définie. Elle permet aussi de s'attaquer aux « violences collectives de nature à porter atteinte à la sécurité nationale », c'est-à-dire aux mouvements sociaux. L'insertion, dans la loi, de « la prévention des atteintes à la forme républicaine des institutions » laisse rêveur. Comme le danger d'un complot royaliste ne fait sûrement plus partie des menaces portant sur la République, qui pourrait être concerné par cette phrase, sinon les tenants d'une mutation radicale du pouvoir ou simplement.. les femmes porteuses d'un « foulard islamique. » ?

Les boites noires, destinées à enregistrer nos comportements, sont justifiées par la croyance que « les groupes ou les individus engagés dans des opérations terroristes ont des comportements numériques caractéristiques. » Les algorithmes mathématiques utilisés pour repérer ces attitudes procèdent par analogie avec le datamining commercial. Or, celui-ci se fonde sur des modèles conçus à partir d'un grand nombre d'expériences répétitives. Les attentats terroristes, au contraire, ne présentent pas la fréquence nécessaire et ne respectent aucun protocole prédéfini. Même la NSA, l'agence de renseignement US qui capture l'ensemble des communications de la planète, après avoir prétendu avoir évité 55 attentats en 2013, a dû, devant une commission du Sénat réduire ses prétentions à un seul acte terroriste déjoué [10]. Cet aveu des services de renseignement US confirme l'enquête effectuée par des journaliste de Rue89 auprès de chercheurs en informatique qui réfléchissent à la question de la vie privée, du stockage des données, ou bien encore à l'intelligence artificielle. Les résultats sont univoques : « quelle que soit la forme de l'algorithme choisie, le dispositif sera coûteux, intrusif et inefficace » [11]. La fonction de cette loi n'est donc pas d'assurer une surveillance des populations, mais que celles-ci acceptent l'intrusion dans leur intimité. Alors qu'elle est un droit fondamental, consacré au niveau européen par l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, pour le ministre Bernard Cazeneuve, le droit à une vie privée n'est pas une liberté fondamentale [12].

Une société panoptique

Le nécessaire consentement des populations à l'abolition de leurs libertés explique pourquoi cette suppression s'inscrit dans le droit et ne procède pas simplement à une suspension de la Constitution, comme, par exemple, dans l'Allemagne nazie. Le ministre se pose ainsi en défenseur, non d'un état d'exception, mais d'un ordre permanent, celui d'une société panoptique, ou chacun est placé sous le regard du pouvoir et se soumet à l'injonction de dévoiler son intimité en faisant offrande de son être.

Ce projet n'est pas nouveau, il existe depuis le début du capitalisme. Il avait déjà été théorisé, à la fin du 18ième siècle en Angleterre par Jeremy Bentham. Voulant créer une prison modèle, il avait développé un modèle d'architecture carcérale appelée Panopticon permettant à un gardien, logé dans une tour centrale, d'observer tous les prisonniers, enfermés dans des cellules individuelles autour de la tour, sans que ceux-ci puissent savoir s'ils étaient observés.

Grâce à l'installation des « boites noires », le principe « de voir sans être vu » est maintenant généralisé à l'ensemble du Net. Bentham montre que la présence des yeux de l'autre n'est pas nécessaire à l'omniprésence du regard. « Il suffit que quelque chose (ici la loi) me signifie que autrui peut être là » disait Lacan. Le détenu, comme l'internaute, doit être entièrement soumis au regard qui est porté sur lui et l'intérioriser. En l'absence de perception, l'individu est réduit à être objet de la pulsion scopique, à « se regarder être regardé », à imaginer la réprobation ou la bienveillance du pouvoir à son égard .

Une société scopique

Le règne de la pulsion scopique [13] procède à une désintégration de tout rapport social. Cette domination correspond à une société monadique, dans laquelle l'individu n'a plus d'Autre. L'articulation des différentes monades est alors assurée par l'État. Elle correspond à un capitalisme pur qui ne doit faire face à aucune opposition. Soumis à la pulsion scopique, le corps ne parle plus, il n'affronte plus. Devenu transparent, il n'est plus qu'une forme vide que l'autre, la puissance publique, peut investir de ses affects et lui imposer, par exemple, « Tu es Charlie ! ». Le sujet est alors aboli et se confond avec l'objet-regard, avec le désir de l'Autre. Il devient l'objet de sa jouissance, ici objet de la toute-puissance de l'État.

Le droit a déjà enregistré la prégnance de la loi intérieure, c'est à dire le remplacement de la loi par les valeurs. Les législations et dispositions antiterroristes suppriment l'intime et ainsi toute possibilité de distinction de l'individu d'avec les institutions. La monade forme une unité avec l'État maternel, elle n'est plus que le résultat du regard de l'Autre. Ainsi, la loi sur le Renseignement n'a pas pour but de lutter contre le terrorisme, de faire face à un ennemi ou même d'exercer une surveillance des populations hexagonales, mais de signifier au citoyen qu'il n' y a pas d'autre lieu que celui de la langue du pouvoir.

Parler de « société de surveillance » pour caractériser cette mutation du rapport entre l'État et le citoyen, ne permet pas de comprendre l'ampleur de la transformation. Cette notion porte sur une structure antérieure de la société et non pas sur la phase actuelle. Les nouvelles législations antiterroristes n'ont pas pour objet de contrôler les individus, mais que ceux-ci intériorisent le pouvoir absolu de l'administration concernant leur vie publique et privée. Elles ne s'attaquent pas à des actes ou des paroles déterminées, mais « au désir même de résistance ».

Un gouvernement algorithmique

La « boite noire », légalisée par la loi sur le Renseignement, est emblématique de cette perte d'emprise des populations sur leur vie. Comme le résume Claire Richard, nous sommes dans « une société de transparence asymétrique, où la majorité des gens est surveillée au travail ou par le gouvernement, tandis que le secret est le privilège des plus puissants » [14].

Aujourd'hui, le pouvoir s'exprime de plus en plus de manière algorithmique. Ainsi, la mise en œuvre des boites noires repose sur la croyance que l'on peut avoir accès au réel en se passant de la médiation du langage et de l'interprétation de la réalité. Il s'agit de détecter d'éventuels terroristes, avant même qu'un début de préparation d'une action puisse avoir lieu. Ainsi, « c'est le réel qui va parler de lui-même : les terroristes vont se trahir par leurs propres données, sans qu'on ait vraiment à traduire leurs motivations, les causes de leurs actions » [15].

L'algorithme, devenu automatique, construit des profils de terroristes à partir de la masse d'informations saisies. En combinant les données brutes, il donne un score, une certaine quantité de dangerosité à chaque individu, un score élevé révélant la nature terroriste de la personne incriminée.

Non seulement, la mise en œuvre des dispositifs de « surveillance » est extrêmement vague et laisse toute la place à l'interprétation de l'administration, mais elle prétend échapper à toute subjectivité. L'automaticité de l'algorithme conduit à ce que celui-ci devienne auto-apprenant, c'est-à-dire qu'il génère de lui-même les critères selon lesquels s'opère la désignation de terroriste.

Le caractère non prévisible des effets de la loi fait partie des objectifs de cette législation. Il s'agit de placer les individus dans une incertitude permanente en ce qui concerne l'action des services de renseignement à leur égard. La population se demandant constamment, si elle est observée et quels comportements elle doit préventivement adopter, par exemple, quels sites Internet elle peut visiter. Bref, il ne s'agit pas d'identifier des comportements particuliers, révélateurs d'une intention particulière, mais d'enfermer l'ensemble des citoyens dans le regard du pouvoir.

Enfermement dans le Réel

Ainsi, les nouvelles législations antiterroristes suppriment tout ordre symbolique et ont pour fonction d'enfermer l'individu dans la sidération. Si la marche du 11 janvier énonce « Tu es Charlie et tu n'es que cela », la dernière loi sur le Renseignement identifie la personne à la quantification de ses données, au score qui lui est attribué par l'algorithme. L'individu est réduit au rapport quantitatif établi entre ses bons et mauvais comportements. Enlever la batterie de son GSM, crypter ses messages, c'est à dire vouloir se soustraire au regard du pouvoir, sont des attitudes notées négativement. Un certain score de tels comportements inadéquats conduit à la qualification de « terroriste ».

Ainsi, le terroriste existe parce qu'il est désigné comme tel, c'est à dire que sa nature est révélée par le traitement algorithmique des données. Ce dispositif automatique et secret, qui produit lui-même ses propres principes d'évaluation fait que l'acte de nommer du pouvoir échappe à tout arbitraire et à toute erreur.

L'utilisation de métadonnées permettrait d'épuiser les possibles et de supprimer toute incertitude. L'automaticité de la procédure nous place hors langage. Elle révélerait directement le réel, en supprimant la subjectivité humaine et la question du choix des informations. L'objectivité de la machine, du travail de l'algorithme, permettrait de prédire les évènements, de prévoir la préparation d'attentats, même si l'individu surveillé n'est pas encore pleinement conscient de "son parcours de radicalisation" et ainsi agir préventivement sur celui-ci. Grâce à la croyance d'une maîtrise de la potentialité, la simple possibilité devient immédiatement réelle. La virtualité s'incarne, la parole du pouvoir et le réel du terrorisme sont alors confondus.

Une société surmoïque

La loi sur le Renseignement, comme la marche du 11 janvier, s'inscrit bien dans une problématique surmoïque, celle d'un surmoï archaïque de type maternel qui incarne un savoir absolu sur le réel du sujet. Ce dernier n'est plus que le résultat de la manière dont il est nommé, aussi bien dans le « Tu es Charlie » que dans l'aspect logarithmique du dispositif de « surveillance » qui le désigne comme terroriste. Dans les deux cas, ce n'est pas la question de la réalité ou de la vérité qui se pose, mais celle du Réel. Le sujet est automatiquement révélé par le chiffre, par le score qui lui est attribué en rapport à ses données téléphoniques et informatiques.

La loi sur le Renseignement ne pose pas d'interdit, elle ne règle pas l'existence des populations, mais porte sur leur être. Elle n'interdit pas formellement de crypter ses messages et de visiter des sites labellisés « djihadistes » ou « complotistes ». Elle exprime simplement « Tu n'es rien d'autre que ce qui se donne à voir », que les traces que tu as laissé ou que tu n'as pas laissé sur le Net. Selon cette conception, grâce à l'algorithme aucune altérité ne pourrait être soustraite au regard des institutions.

L'attestation de la vérité ne suffit pas pour faire face à l'injonction surmoïque. Ce qui confère sa force irrésistible à ce jugement, c'est qu'il ne la tire pas d'un quelconque rapport à la réalité, mais bien au réel du sujet [16]. Il « incarne un savoir absolu sur ce qui du sujet est réel, c'est à dire ce qui du sujet est soustrait au règne du signifiant, en tant qu'il permet de poser la question de la vérité » [17]. Ainsi l'individu n'est que la somme de ce qui est capturé et quantifié par la machine. L'algotithme « véhicule un réel et vide le réel de signifié », « il le transforme en une chose inimaginable et sans concept » [18].

La loi sur le Renseignement est aussi une loi surmoïque, dans la mesure où elle n'a aucune précision dans sa formulation et son objet. Elle ne mentionne pas de sites ou de personnes interdites, c'est à l'usager de présumer de lui-même les recherches qu'il sera autorisé à effectuer sur le Net, sans en subir des conséquences pénales ou administratives, et évaluer en permanence l'évolution des exigences du pouvoir. Ainsi, comme l'écrit Jean-Daniel Causse à propos de la loi intérieure du surmoi : « Comme elle ne donne pas de contenu à l'interdit, la loi devient infinie et totalement arbitraire lorsqu'elle se trouve dictée par le surmoi » [19]. Elle est l'expression d'une société totalitaire.

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[1] Loi n° 2015-912 du 24 juillet 2015 relative au renseignement, Journal officiel de la République française n°0171 du 26 juillet 2015.

[2] Loi n° 2013-1168 du 18 décembre 2013 relative à la programmation militaire pour les années 2014 à 2019 et portant diverses dispositions concernant la défense et la sécurité nationale, Journal officiel de la République française n°0294 du 19 décembre 2013. Lire : « L'État français est-il en guerre contre les Français ? », Jean-Claude Paye, Réseau Voltaire, 26 mars 2014.

[3] Loi n° 2014-1353 du 13 novembre 2014 renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme, Journal officiel n° 263 du 14 novembre 2014. Lire : « La criminalisation du Net en France », Jean-Claude Paye, Réseau Voltaire, 13 septembre 2015.

[4] « Les attentats de Paris ont définitivement tué la vie privée sur Internet », Medhi Atmadi, Le Temps, 17 novembre 2015,

[5] Article L. 851-4 aliéna 2 du Code de la sécurité intérieure note 3 et 48.

[6] Article L. 821-3.

[7] « Levée de bouclier contre la loi sur le renseignement "un risque de débordement vers la police politique" », Nicolas Courtin, Universfreebox.com, 27 mars 2015,

[8] Texte adopté, dans les conditions prévues à l'article 45, alinéa 3, de la Constitution par l'Assemblée nationale le 24 juin 2015 (texte de la CMP)

[9] « Une loi de renseignement sous influence », Antoine Lefébure, Le Monde, 6 mai 2015.

[10] "NSA Director Alexander Admits He Lied about Phone Surveillance Stopping 54 Terror Plots", Noel Brinkerhoff, TSW, October, 15, 2013.

[11] « L'algorithme du gouvernement sera intrusif et inefficace. On vous le prouve », Andréa Fradin, Rue89nouvelobs.com, 15 avril 2015.

[12] « Cazeneuve reçoit le prix Busiris de l'usage abusif du droit en politique », Robin Prudent, L'Obs-Rue89, 27 avril 2015.

[13] Le séminaire, Livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Jacques Lacan, Le Seuil 1973.

[14] « Surveiller, tout en se cachant, est la forme la plus haute du pouvoir », Claire Richard, Rue89.nouvelobs.com, 15 février 2015.

[15] « Au moins, dans un système totalitaire, on sait à quoi on a affaire », interview d'Antoinette Rouvroy par Andréa Fradin et Xavier Delaporte, Rue89.nouvelobs.com, 28 mars 2015.

[16] Lacan distingue le Réel de la Réalité. Seule la réalité nous est accessible grâce au langage. C'est le monde tel que nous le percevons. Le Réel ne peut être appréhendé, mais plutôt cerné et déduit. On y a accès par la construction imaginaire de la Réalité qui le voile en même temps qu'elle le révèle. Le Réel, pour l'enfant in utero, c'est l'unité avec la mère. Quand, hors de la coupure et de la médiation du langage,on ne fait qu'un avec la mère ou qu'un avec le monde et que ainsi il n'y a pas de manque, on est dans le Réel. La fusion avec le pouvoir maternel est enfermement dans le Réel. Lire « Réel, imaginaire et symbolique "Le réel... n'est pas la réalité" », Jean-Pierre Bègue, Psychanalyse-Paris.com, 21 mai 2005.

[17] « Les trois temps de la loi, les trois surmois », Alain Didier Weill, Apertura.

[18] Miquel Bassols, « Dans la psychanalyse, il n'y a pas de savoir dans le réel », Association mondiale de psychanalyse, Un réel pour le XXIème siècle, IXe Congrès de l'AMP (14-18 avril 2014).

[19] « Lacan avec Saint Paul. Loi, désir et grâce », Jean-Daniel Causse, Laval théologique et philosophique, Volume 68, numéro 3, 2012, pp. 541-551.     
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La Turquie a détruit l’espoir de la Russie pour une coopération de l’occident par Paul Craig Roberts. Par Comité Valmy

29 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La République, #La nation ., #La France, #Politique étrangère, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Ukraine, #Terrorisme

La Turquie a détruit l’espoir de la Russie
pour une coopération de l’occident
par Paul Craig Roberts

lundi 30 novembre 2015, par Comité Valmy

La Turquie a détruit l’espoir de la Russie
pour une coopération de l’occident

Mise à jour : Un ami, George Abert, a suggéré une raison du pourquoi les Turcs ont descendu le bombardier russe au-dessus de la Syrie. Les Russes ont une technologie de pointe qu’ils ont récemment démontrée contre le plus moderne des croiseurs lance-missiles américains (NdT : l’incident en Mer Noire en 2014 du passage d’un avion russe près du croiseur USS Cook, équipé du système ultra-sophistiqué AEGIS et qui a été électroniquement anéanti en deux passages, forçant le navire à faire escale à Odessa en Ukraine et son commandant de bord à demander son transfert immédiat..) et contre les avions israéliens de fabrication américaine. Cette technologie éteint tous les sytèmes de communication des forces hostiles, les laissant totalement aveugles. Il se demande si l’appareil n’a pas été abattu pour forcer les Russes à utiliser cette technologie pour protéger leurs appareils à chaque fois qu’ils se trouvent proches de l’aviation de l’OTAN ou d’Israël, ce qui leur permettrait d’étudier le système soit pour le copier, soit pour le neutraliser. Il parie que les Etats-Unis ont tous les spécialistes Raven et ELINT à l‘écoute, prêts à étudier le phénomène.

 

L’agression non provoquée de la Turquie qui a abattu un avion militaire russe au-dessus de la Syrie pose des questions intéressantes. Il semble fort peu probable que le gouvernement turc commettrait un tel acte de guerre contre un voisin bien plus puissant que lui à moins que Washington ait donné le feu vert à cette attaque. Le gouvernement turc n’est pas très compétent, mais même les incompétents savent éviter de se mettre dans une position qui les verrait faire face à la Russie seuls.

 

Si l’attaque a reçu le feu vert de Washington, Obama a t’il alors été doublé par les néo-conservateurs en contrôle de son gouvernement ou Obama est-il lui-même complice de l’acte ? De manière évidente, les neo-cons sont perturbés par l’appel du président français pour une union derrière la Russie contre l’EIIL/Daesh et ils auraient très bien pu utiliser leurs connexions en Turquie pour mettre en scène un évènement que Washington pourrait utiliser pour empêcher une coopération avec la Russie.

 

La complicité de Washington est certainement indiquée, mais il n’est pas complètement hors de question que les Turcs bien placés qui achètent le pétrole de l’EI ait pris leur revanche contre la Russie pour avoir détruit leurs flottes de camions-citernes et leur affaire très lucrative. (NdT : n’oublions pas que ce business est géré par le fils d’Erdogan avec quelques généraux de l’armée turque…) Mais si l’attaque a une origine privée ou semi-privée en connexions avec des gangsters et l’armée, le président turc aurait-il défendu cet abattage d’avion sur de telles bases foireuses de “défense nationale” ? (NdT : possible dans la mesure où son fils est le “parrain” du pétrole volé acheminé en Turquie…) Personne ne peut croire qu’un bombardier russe serait une menace à lui seul pour la sécurité de la Turquie.

 

N’attendez pas que la pressetituée regarde de près ces questions. La pressetituée occidentale comme la branche de la BBC à Moscou et sa correspondante Sarah Rainsford, est déjà en train de pirouetter l’affaire de la perte de l’avion russe et plus tôt, celle de l’avion de ligne au dessus du Sinaï , en disant que cela prouve que la politique de Poutine de raids aériens contre Daesh a complètement été retournée et que les Russes ne sont pas plus en sécurité pour autant.

 

Les réponses à l’attaque sont toutes aussi intéressantes. De ce que j’ai entendu de la conférence de presse d’Obama, sa définition de “rebelles syriens modérés” inclut tous les groupes djihadistes extrémistes comme Al Nosra et l’EIIL, qui sont les cibles des attaques russes. Seul Assad est un extrémiste. Obama, suivant la ligne néo-conservatrice, dit qu’Assad a trop de sang sur les mains pour pouvoir continuer à être le président de la Syrie (NdT : Obama lui par contre, il n’en a pas de sang sur les mains hein ?… Le premier prix Nobel de la Paix va t’en guerre… Qu’est-ce qu’il ne fait pas entendre nom de dieu !).

 

Obama n’est pas spécifique au sujet du “sang sur les mains d’Assad”, mais nous pouvons l’être. Le sang est celui des forces terroristes de l’EIIL/Daesh qui combattent l’armée syrienne. Obama ne réfère pas quant à lui au sang sur les mains de l’EI alors que même la pressetituée nous a montré les horreurs perpétrées par les psychopathes de l’EIIL et du sang qu’ils ont sur les mains ; ces gens avec lesquels Obama nous a allié.

 

Quand est-il du sang sur les mains d’Obama ? On parle d’une très grande quantité là, le sang de pays entiers, la Libye, l’Afghanistan, le Yémen, la Syrie et le sang que les marionnettes d’Obama à Kiev ont versé des Russes ethniques habitants en Ukraine, sans oublier bien sûr le sang palestinien versé par Israël utilisant des armes américaines.

 

Si le sang sur les mains d’Assad le disqualifie pour la présidence, alors la bien plus grande quantité de sang sur les mains d’Obama le disqualifie d’autant plus, ainsi que Cameron, Hollande, Merkel et Netanyahou.

 

Durant tous les conflits orchestrés par Washington au Moyen-Orient, en Afrique et en Ukraine, le gouvernement russe a parlé de manière plus que raisonnable et a répondu de manière diplomatique à biens des provocations. Le gouvernement russe s’est reposé sur les gouvernements européens réalisant que l’Europe ne tire aucun bénéfice des conflits générés par Washington et devant se séparer d’une politique qui est contre leurs intérêts. Mais l’Europe a prouvé n’être qu’une collection de vassaux américains et non pas des pays indépendants capables de mener des politiques étrangères indépendantes.

 

Dans sa campagne en Syrie contre l’EI/Daesh, le gouvernement russe s’est reposé sur l’accord établi avec les pays de l’OTAN évitant l’engagement dans les airs. Maintenant la Turquie a totalement violé cet accord.

 

Je serais très surpris si maintenant le gouvernement russe place quelque confiance que ce soit dans les mots de l’occident ainsi que d’un espoir dans la diplomatie avec ce même occident. Le gouvernement russe et son peuple ont dû maintenant comprendre que la doctrine Wolfowitz veut dire ce qu’elle énonce et qu’elle est déployée en force contre la Russie.

 

De l’attaque ukrainienne sur les sources d’énergie de la Crimée et les pannes de courant qui affectent toute celle-ci, le gouvernement russe a aussi appris que le gouvernement marionnette de Washington à Kiev a l’intention de faire monter la sauce du conflit avec la Russie.

 

Washington a été clair dès le départ qu’il focalisait sur le renversement d’Assad et non pas celui de l’EIIL/Daesh. Malgré l’attaque imputée à Daesh en France, le ministère des affaires étrangères US en la personne de son porte-parole l’amiral John Kirby, a dit que la Russie ne pouvait pas être membre de la coalition contre Daesh tant que la Russie continuerait à soutenir Assad.

 

Si on veut regarder le bon côté dans cette affaire de l’abattage d’un avion russe, l’incident a donc très sûrement évité au gouvernement russe de faire partie d’une coalition dans laquelle la Russie aurait perdu le contrôle de sa guerre contre l’EIIL et aurait dû accepter la défaite du renversement d’Assad.

 

A chaque étape de tous ces processus le gouvernement russe a gardé de bonnes cartes qu’il n’a pas jouées, faisant plutôt confiance à la diplomatie. Celle-ci est maintenant pour sûr une impasse. Si la Russie ne rejoint pas le véritable jeu et ne commence pas à jouer ses fortes cartes (NdT : les infos qu’elle conserve sur les attentats du 11 septembre 2001 à New York, sur l’attaque du vol d’Air Malaysia MH17 en Ukraine et sur son propre vol au-dessus du Sinaï…), la Russie sera vaincue.

 

Paul Craig Roberts
24 Novembre 2015

traduction : parRésistance 71

Source
Paul Craig Roberts
Institute for Political Economy
http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php ?eid=270070&cid=18&fromval=1&frid=18&seccatid=37&s1=1

Mise en ligne CV : 25 novembre 2015

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