Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #terrorisme tag

ALAIN MARSAUD : « L’ETAT FRANÇAIS A FACILITE LES ACTIONS D’AL-NOSRA… » Par Maxime Chaix.

5 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La Russie, #Terrorisme, #Daesch, #le nazisme, #La Turquie

L’Envers des Cartes du 4 janvier 2016

ALAIN MARSAUD : « L’ETAT FRANÇAIS A FACILITE LES ACTIONS D’AL-NOSRA… »

Le 26 novembre dernier, le député et ancien juge antiterroriste Alain Marsaud (LR) répondait aux questions des internautes. À cette occasion, il m’avait indiqué qu’une enquête parlementaire susceptible d’exposer le soutien du Front al-Nosra par l’État français en Syrie avait été refusée par la majorité. D’après lui, ce refus visait à ne pas embarrasser le gouvernement. Je l’ai donc sollicité afin d’obtenir des précisions sur cette question épineuse, qui est occultée par les médias français malgré d’autres accusations compromettantes formulées par des experts et par différents parlementaires de l’opposition.

Selon le député Marsaud, « il n’est pas sérieusement contesté qu’à un moment ou un autre l’État français a facilité les actions d’al-Nosra qui, je vous le rappelle, est une filiale d’al-Qaïda [en Syrie]. J’ai eu l’occasion de montrer à l’Assemblée Nationale des photos de combattants d’al-Nosra en possession de fusils d’assaut français. Il n’y avait bien évidemment aucune volonté du gouvernement français de voir mis en évidence une telle collaboration avec un groupe terroriste. Ainsi fut rejetée toute idée d’enquête parlementaire. »

Je me suis donc intéressé aux propositions d’enquêtes parlementaires sur ce sujet en consultant le site l’Assemblée Nationale. La seule demande que j’ai pu trouver est celle du député Jacques Bompard (LS), qui avait proposé une commission d’enquête sur « le soutien de la France à la rébellion syrienne » à la suite des attentats de Charlie Hebdo, de l’Hyper Cacher et de Montrouge en janvier 2015. L’assistant parlementaire du député Bompard m’a expliqué que cette enquête avait été refusée à deux occasions par la majorité. Déclarant ne pas avoir été surpris par ces refus, il a souligné que cette question dépasse les clivages partisans, et qu’une telle démarche aurait dû être soutenue par les députés de chaque parti politique. Il m’a également rappelé qu’une commission d’enquête parlementaire, si elle est approuvée, dispose de moyens d’investigation supérieurs à ceux de la Justice, dont la levée du secret-défense. Il semble donc que, lorsque les politiques profondes de l’Exécutif français sont mises en cause, la raison d’État l’emporte sur la nécessaire transparence démocratique de nos institutions.

Hélas, en novembre dernier, la France a été à nouveau frappée par des jihadistes, et il s’avère que la majorité d’entre eux avaient combattu en Syrie. De ce fait, j’ai demandé à Alain Marsaud s’il lui semblait cohérent que le gouvernement français soutienne clandestinement al-Qaïda contre Bachar el-Assad tout en affirmant être en guerre contre Dae’ch. D’après le député, « nous assistons à une recomposition de la ligne de conduite de la diplomatie française, qui comprend aujourd’hui qu’elle s’est fourvoyée dans sa politique syrienne. À la suite des attentats du 13-Novembre, nous recherchons des alliés, ceux-ci se montrent exigeants et ne peuvent accepter aucune compromission avec tel ou tel groupe islamiste. Le plus étonnant est qu’on en arrive à dire que l’on va combattre aux côtés des troupes syriennes de Bachar el-Assad. »

Ce revirement, qui implique un rapprochement franco-russe, est considéré par certains comme un aboutissement de la synthèse « hollandaise », quand d’autres le jugent plus sévèrement. Il n’en demeure pas moins qu’en Syrie, les puissances occidentales, et pas seulement la France, ont été impliquées en profondeur dans le soutien de forces pas aussi « modérées » qu’elles nous ont été décrites jusqu’à présent.

En effet, trois semaines avant les attentats du 13-Novembre, la représentante états-unienne Tulsi Gabbard expliquait sur CNN que la CIA soutient clandestinement al-Qaïda pour renverser Bachar el-Assad. Le 19 novembre, elle a introduit une proposition de loi à la Chambre des Représentants pour stopper cette guerre secrète de la CIA et de ses alliés, qu’elle a décrite comme étant « illégale et contreproductive », et qui perdure malgré les attentats de Paris et de San Bernardino. Depuis l’intervention russe en Syrie, d’autres sources ont confirmé une intensification de l’aide de la France et des États-Unis en faveur d’« islamistes réputés fréquentables », pour reprendre l’expression ironique de l’éditorialiste du Point Michel Colomès.

À la suite des attentats du 13-Novembre, j’ai demandé à Alain Marsaud s’il pensait que les États-Unis et leurs alliés, dont le gouvernement français, allaient interrompre leur soutien de factions jihadistes pour renverser le gouvernement syrien. D’après le député, « nos politiques militaristes, européistes et moralisatrices ont entrainé le chaos moyen-oriental de l’Irak à la Syrie, en passant par les autres pays en révolution. La prise de conscience de la part des Américains et de la France est en cours, du moins souhaitons-le. Le réalisme nous amènera sans doute à côtoyer des gens plus fréquentables et à mettre fin à un impérialisme sur la zone moyen-orientale qui ne nous a coûté que des morts. »

On ne peut que partager ce constat du député Marsaud, si l’on garde en tête que le bilan humain des guerres moyen-orientales de l’Occident est désastreux. Saluons également son objectivité, lorsqu’il reconnaît que « [n]os politiques militaristes, européistes et moralisatrices ont entrainé le chaos moyen-oriental de l’Irak à la Syrie, en passant par les autres pays en révolution. » En effet, le député fait implicitement référence à la Libye, et l’ancienne majorité dont il est issu partage une lourde responsabilité dans le chaos qui s’est imposé dans ce pays, et qui s’est étendu en Syrie. D’une part, le mauvais calcul du gouvernement sarkozyste dans le dossier syrien a placé la France dans une impasse diplomatique dont a hérité la majorité actuelle, et qui se résume en une phrase aussi intransigeante qu’irréaliste : « Assad doit partir ». Par ailleurs, dès l’intervention en Libye, l’État français présidé par Nicolas Sarkozy a clandestinement soutenu des forces pas aussi « modérées » qu’elles nous avaient été décrites dans les médias. En effet, en août 2014, le Washington Post a publié un important article intitulé « Les terroristes qui nous combattent aujourd’hui ? Nous venons tout juste de les entraîner ».

D’après cette analyse, « au cours de nombreux entretiens menés ces deux derniers mois [avec des membres de l’État Islamique et du Front al-Nosra], ils ont décrit comment l’effondrement sécuritaire durant le Printemps arabe les a aidés à recruter, à se regrouper et à utiliser en leur faveur la stratégie occidentale – c’est-à-dire le soutien et l’entraînement de milices afin de combattre des dictateurs. “Des Britanniques et des Américains nous avaient [également] entraînés durant le Printemps arabe en Libye”, d’après un homme surnommé Abou Saleh, qui a accepté d’être interrogé si son identité restait secrète. [Ce dernier], qui est originaire d’une ville proche de Benghazi, affirma qu’un groupe de Libyens et lui-même avaient bénéficié dans leur pays d’entraînements et de soutien de la part des forces [spéciales] et des services secrets français, britanniques et états-uniens – avant de rejoindre le Front al-Nosra ou l’État Islamique [en Syrie]. Interrogées pour cet article, des sources militaires arabes et occidentales ont confirmé les affirmations d’Abou Saleh, selon lesquelles des rebelles en Libye avaient bénéficié d’“entraînements” et d’“équipements” durant la guerre contre le régime de Kadhafi. »

Ces politiques profondes ont donc été confirmées par des sources de haut niveau, et il semblerait que l’extrémisme des combattants entraînés par les services spéciaux occidentaux était parfois connu des autorités. En effet, toujours d’après cet article du Washington Post, « nous disposions dès le départ de renseignements nous indiquant que les groupes radicaux avaient profité du vide engendré par le Printemps arabe, et que certains des individus que les États-Unis et leurs alliés avaient entraîné à combattre pour la “démocratie” avaient des objectifs jihadistes – au préalable ou pas – [lorsqu’ils] rejoignirent al-Nosra ou l’État Islamique”, d’après un haut responsable des renseignements d’un pays arabe interrogé récemment. »

À l’aune de ces révélations, toute la lumière doit être faite sur les politiques profondes de l’État français et de ses alliés en Libye et en Syrie. En effet, il est inacceptable que des réseaux terroristes soient considérés par les puissances de l’OTAN comme des alliés clandestins pour renverser des gouvernements étrangers, tandis que les crimes des jihadistes en Occident justifient un durcissement sécuritaire permanent et un état de guerre perpétuelle.

Ce phénomène qui s’autoalimente n’a pas encore suscité une indispensable rationalisation des politiques étrangères occidentales à l’égard des pétromonarchies du Golfe et de la Turquie, dont le soutien de milices terroristes est de notoriété publique. Au contraire, ce processus engendre des lois d’exception sans cesse plus « démocracides », comme on peut l’observer avec la réforme constitutionnelle sur l’état d’urgence qui est loin de faire l’unanimité au Parlement français. Hélas, ce processus engendre la légalisation et l’extension incontrôlée d’une surveillance de masse extrajudiciaire avant tout favorable à des intérêts privés et étrangers, mais totalement inefficace pour empêcher des attentats – du moins selon la NSA elle-même, ou d’après l’ancien responsable du contre-terrorisme à la DGSE. Dans ce contexte, comment pouvons-nous accepter que nos libertés publiques soient inutilement sacrifiées, alors que des groupes jihadistes pourtant hostiles sont clandestinement soutenus par nos États pour renverser des gouvernements étrangers ?

Comme l’avait déclaré le député Alain Marsaud quelques mois avant l’adoption de la « Loi Renseignement », cette législation « peut permettre une police politique comme nous n’en avons jamais vue. » Cette loi est dorénavant mise en œuvre, et les administrations « non spécialisées » qui seront autorisées à en faire usage vont l’être par décret du Conseil d’État, et non par voie législative. Cette dérive autoritaire de l’Exécutif, qui invoque la lutte antiterroriste pour s’arroger des pouvoirs exorbitants sans contrepoids judiciaires ou parlementaires, est pour le moins préoccupante.

Au plan extérieur, la politique étrangère occidentale en Syrie semble être hors de contrôle, comme s’en était alarmée la représentante Tulsi Gabbard sur CNN en octobre dernier, lorsqu’elle déclara que « des armements US vont dans les mains de nos ennemis, al-Qaïda et ces autres groupes, des groupes islamistes extrémistes qui sont nos ennemis jurés. Ce sont des groupes qui nous ont attaqués le 11-Septembre, et nous étions censés chercher à les vaincre, mais pourtant nous les soutenons avec ces armes pour renverser le gouvernement syrien. (…) Je ne veux pas que le gouvernement des États-Unis fournisse des armes à al-Qaïda, à des islamistes extrémistes, à nos ennemis. Je pense que c’est un concept très simple : vous ne pouvez vaincre vos ennemis si, en même temps, vous les armez et vous les aidez ! C’est absolument insensé pour moi. »

Comme nous venons de le démontrer, le soutien clandestin de factions islamistes en Syrie n’est pas limité à celui de la CIA, les services spéciaux français, britanniques et leurs alliés moyen-orientaux étant étroitement impliqués dans ces politiques profondes qui menacent la paix mondiale – toujours selon Tulsi Gabbard. Face à cette situation d’instabilité globale, il est urgent que le gouvernement français, et plus généralement les États occidentaux :

1) interrompent les processus de durcissement sécuritaire permanent dans lesquels ils se sont engagés, qu’ils abrogent leurs politiques de surveillance massive et illégale de leurs populations, et qu’ils priorisent le renseignement humain et les actions judiciaires et policières pour combattre efficacement le fléau jihadiste. La « guerre contre le terrorisme » lancée par l’administration Bush à l’automne 2001 continuera d’enrichir une minorité de multinationales et leurs actionnaires, mais ne pourra qu’amplifier le désordre mondial et la haine antioccidentale. Les trois ouvrages de Peter Dale Scott traduits en français, dont le dernier vient d’être recensé par l’IRIS, le démontrent indiscutablement ;

2) cessent sans délai de soutenir clandestinement des factions extrémistes en Syrie, qui finissent par attaquer les populations occidentales et qui déstabilisent un nombre grandissant de pays ;

3) réévaluent leurs alliances avec les principaux soutiens étatiques du fléau jihadiste, tout en abandonnant leurs sanctions économiques contre des États luttant réellement contre le terrorisme, tels que l’Iran et la Russie. Il faudrait alors se rapprocher de ces pays, notamment au plan commercial. Ce processus a été lancé avec l’Iran, et les perspectives d’une intervention militaire désastreuse contre ce pays s’éloignent durablement. Comme l’avait écrit Montesquieu, « [l]’effet naturel du commerce est de porter à la paix. Deux nations qui négocient ensemble se rendent réciproquement dépendantes : si l’une a intérêt d’acheter, l’autre a intérêt de vendre ; et toutes les unions sont fondées sur des besoins mutuels. » Cette solution, bien qu’imparfaite, est nettement préférable au pillage brutal de nations entières à travers la « stratégie du choc », comme on a pu l’observer en Irak ou en Libye.

J’encourage donc mes concitoyens à dénoncer auprès de leurs élus les politiques profondes exposées dans cet article, puisqu’elles déstabilisent le monde et menacent nos démocraties. Essentiellement, je vous remercie de diffuser le plus largement possible cette analyse afin de sensibiliser votre entourage sur ces questions trop souvent ignorées ou déformées par les médias.

Maxime Chaix
http://maximechaix.info

Lire la suite

Anniversaire, par Jacques SAPIR

5 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #La République, #La nation ., #Politique étrangère, #Politique intérieure, #Terrorisme, #La justice, #La paix, #La mondialisation

Publié par Jean Lévy

Place de la République, un jour ordinaire : camp de migrants afghans  le 21 décembre 2015...Mais dimanche, elle - la place comme la République - fait place net : François Hollande la réquisitionne...pour mémoire, un an avant les élections présidentielles - providentielles ?- ...

Place de la République, un jour ordinaire : camp de migrants afghans le 21 décembre 2015...Mais dimanche, elle - la place comme la République - fait place net : François Hollande la réquisitionne...pour mémoire, un an avant les élections présidentielles - providentielles ?- ...

RussEurope

 

Blog de Jacques Sapir sur la Russie et l'Europe

 

 

 

 

Nous vivons un temps de commémoration. Et, aujourd’hui, ce sont les victimes des attentats de janvier 2015 que l’on nous invite à honorer. Certains des témoignages qui sont publiés sont respectables, et touchants. Mais d’autres s’inscrivent dans une logique qui est un attentat de plus à la mémoire des personnes qui ont perdu leur vie.

 

L’une des victimes de ces actes atroces fut l’économiste Bernard Maris, assassiné avec une partie de la rédaction de Charlie Hebdo. Fils de Républicains espagnols émigrés en France, il avait fait de brillantes études d’économie couronnées par une thèse en 1975. Il avait suivi le cursus honorum qui devait le mener au poste de professeur et enchaîné les postes, récoltant le prix de « meilleur économiste » pour 1995 décerné par Le Nouvel Economiste. Il avait aussi publié des livres importants comme Ah Dieu ! Que la guerre économique est jolie ! (en 1998), ou Lettre ouverte aux gourous de l’économie qui nous prennent pour des imbéciles (en 1999). Il fut l’auteur du remarquable Antimanuel d’économie (publié chez Bréal en 2 volumes) et d’un ouvrage collectif important témoignant de son intérêt pour les sciences sociales, Gouverner par la peur en 2007. On pouvait le suivre à la télévision ou sur France-Inter. Il fut mon directeur de collection de 2000 à 2002 chez Albin Michel. Nous avions, alors, discuté ensemble des journées entières et, de ces discussions, devait surgir un autre livre Les économistes contre la démocratie qui fut publié en 2002. Son écoeurement était immense devant le comportement de certains économistes à gages, dont la seule fonction est de fournir des justifications à qui les payent. Le projet d’un troisième livre, rédigé avec l’un de mes anciens étudiants russes sur la « transition » en Russie ne se fit pas.

A chacune de nos rencontres, il ne cessait de fulminer contre ce gouvernement et le président. Il fut nommé en 2011 au Conseil Général de la Banque de France, alors qu’il avait déjà largement exprimé ses doutes quant à la survie de la zone Euro, il devait franchir le pas au début de 2014 et expliquer pour quelles raisons il était désormais favorable à une dissolution de la zone Euro et à un retour aux monnaies nationales. J’avais vu ses positions s’infléchir avec le temps parce qu’il comprenait dans quelle impasse l’Euro était en train d’enfermer tant la France que l’Europe. Un livre lui rend hommage qui sort le mercredi 6 janvier 2016[1].

 

51HGB79fcxL._SX323_BO1-204-203-200__inside_right_content_pm_v8

Mais Bernard Maris ne fut pas la seule victime. De grands dessinateurs, mais aussi des personnes ordinaires, ont perdu la vie lors de ces attentats qui n’ont pas frappés que Charlie Hebdo. Il faut aussi rappeler la mémoire de Ahmed Merabet, 42 ans, enfant de l’immigration, policier de la brigade VTT du commissariat du XIème, assassiné par les tueurs qui ont frappé Charlie Hebdo. De même, on s’incline devant Franck Brinsolaro, policier du service de la protection de personnalités, qui avait en charge la protection de Charb de Charlie Hebdo ou encore leur collègue tuée de sang froid par Coulibaly.

Ces attentats n’ont été que le début d’une série d’actes terroristes, dont les massacres du 13 novembre ont été comme un tragique point d’orgue. Et delà surgit une question : le gouvernement français a-t-il bien pris toute la mesure du drame de janvier 2015 ? Car, s’il est bon de s’émouvoir, de marcher et de protester, il est encore meilleur, et bien plus utile, de prévenir la répétition de tels actes. On ne peut qu’être rongé par cette question : tout a-t-il bien été fait pour tenter d’éviter la répétition de ces crimes ?

Et c’est là que la commémoration produit une gêne certaine.

A vouloir en rajouter sur le registre de l’émotion, n’a-t-on pas perdu en réflexion ? Il bien beau de produire des documentaires, d’organiser des concerts in memoriam, bref de faire ce qu’exige de nous une société du spectacle qui se repait des douleurs collectives.

Mais il serait bien plus utile de répondre à certaines interrogations. Les mesures que le gouvernement s’est enfin résolu à prendre, comme la suspension des accords de Schengen, les contrôles et les sanctions contre les « prédicateurs de haine » n’ont-elles pas été trop tardives ? A trop vouloir commémorer, nous risquons de passer à côté de véritables questions. Et de toutes, c’est bien celle de la responsabilité du gouvernement entre janvier et novembre 2015 qu’il faut poser. Pourquoi a-t-on dit après l’attentat du Thalys que des portiques étaient impossibles à mettre en place dans les gares pour découvrir soudain en décembre qu’une telle mesure était parfaitement applicable ?

Au-delà, la récupération politicienne des attentats de janvier 2015 par le gouvernement pose problème. On a dit tout le dégoût que la mise en scène de la marche de masse du 11 janvier 2015 pouvait inspirer et pourquoi, en dépit de dégoût, il fallait y participer quand même[2].

En prenant la responsabilité de faire manifester les Français en compagnie de gens infréquentables, le gouvernement français a pris la responsabilité de salir un mouvement de masse.

On dira que ceci n’est qu’un épiphénomène, et que les millions et millions qui ont marché dans toute la France représentaient bien plus que ces rangs de politiciens qui n’ont eu aucune honte à marcher sur des morts. Et l’on aura sans doute raison. L’ampleur du mouvement était telle que rien ne pouvait réellement l’atteindre. Et pourtant, cette récupération mesquine ne faisait qu’anticiper sur d’autres qui sont encore en cours. Parler ainsi d’un “génération Bataclan” est une profonde ignominie. La dignité est visiblement un mot inconnu des responsables de la cellule de communication de François Hollande.

Ces événements terribles auront, pour la génération de 1968 et des années qui suivirent, marqués un tournant radical. Nous sommes définitivement sortis du temps de l’espérance et de la joie pour entrer dans une période sombre, même si ce tournant était manifeste depuis des années. Il nous faut en tirer les leçons.

NOTES :

[1] Collectif, Pour saluer Bernard Maris, éditions Flammarion, Paris, en librairie le 6 janvier

[2] Sapir J. « A dimanche, hélas… », note publiée sur le carnet RussEurope le 10 janvier 2015, 

http://russeurope.hypotheses.org/3259

Lire la suite

La course pour verrouiller la frontière nord de la Syrie

4 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Turquie, #Daesch, #Terrorisme, #La Russie, #L'OTAN.

La course pour verrouiller la frontière nord de la Syrie

Si Damas – ou les Kurdes – sécurisent le dernier tronçon de la frontière entre la Syrie et la Turquie, c’en est fini de l’influence d’Ankara en Syrie.

Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 21 décembre 2015 – Source Russia Insider

Qui profite le plus du drame Russie-Turquie ? Aucun doute : c’est l’Empire du Chaos. Une Ankara désespérée dépend de l’étreinte de l’Otan.

Dans l’arène cruciale du Pipelineistan, le projet du Turkish Stream a été suspendu (mais pas annulé). L’intégration de l’Eurasie – le projet du XXIe siècle pour la Chine et la Russie – est gravement entravée.

Pendant ce temps, ce qui passe pour la stratégie de l’administration US est plus glissant qu’une anguille japonaise. Le milieu des think tanks US l’interprète comme un effort pour déconflictualiser le champ de bataille, et même comme la principale planche de salut de l’Otan en Syrie (États-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, plus la Turquie) dans une vaste offensive supposée contre État islamique (EI). Supposée parce que toute l’opération est avant tout un jeu d’ombres. Et déconflictualiser pourrait plutôt signifier reconflictualiser.

Pas étonnant donc que le président Poutine ait interprété le tir du Sultan Erdogan contre le SU-24 comme parfaitement illogique. Ces raisons, bien sûr, incluent le pilonnage des Turkmènes – la cinquième colonne d’Ankara en Syrie du Nord – par l’Armée de l’air russe. Et l’assaut implacable des Russes sur le racket du pétrole syrien volé, qui implique une collusion entre quelques personnages turcs assez importants et État islamique.

Cela devient encore plus illogique quand on considère le domaine crucial de l’énergie. Ankara est dépendante à 27% pour le pétrole et à 35% pour le gaz naturel. L’an dernier, la Turquie a importé 55% de son gaz naturel de Russie et 18% d’Iran.

En raison de ses importants problèmes d’infrastructure, l’Iran ne sera pas de sitôt un concurrent important de Gazprom pour fournir du gaz naturel à la Turquie – et à l’Europe. En supposant qu’il soit relancé dans le futur, le Turkish Stream serait vraiment une bonne affaire pour la Turquie et pour l’Europe centrale et du Sud.

Bidouillez-moi une coalition

L’actuel jeu d’ombres – qui comprend le déploiement des Forces spéciales US au nord de la Syrie – ouvre la possibilité que les Turcs et les Américains soient sur le point de lancer une offensive majeure pour expulser État islamique du carrefour crucial de Jerablus. Le prétexte de Erdogan est bien connu : bloquer par tous les moyens la tentative des Kurdes syriens de l’YPG [Unités de protection du peuple kurde, NdT] d’unifier leurs trois régions au nord de la Syrie. Dans ce corridor, Erdogan veut installer un ramassis vague et douteux de Turkmènes – ses sbires – mêlé à des rebelles modérés sunnites non spécifiés, gardant ouvertes toutes les lignes de communication (et de contrebande) avec la Turquie.

Les Kurdes syriens, d’autre part, veulent y arriver les premiers. Avec le soutien aérien des Américains… Et avec le soutien aérien des Russes. C’est l’un des aspects sur lesquels l’équipe d’Obama et le Kremlin sont d’accord à propos de la Syrie – au désespoir absolu du Sultan. Le non-dit qui circule à Ankara est que la Turquie serait prête à une poussée terrestre sur Jerablus, mais seulement sous couverture américaine. Totalement absurde, si on considère que Washington et Ankara ne voient pas du tout l’issue du même œil.

Pendant ce temps, discutant de la Syrie à Moscou, le secrétaire d’État étasunien John Kerry a été contraint de convenir, officiellement, avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov, que c’est au peuple syrien lui-même, par des élections, de décider du futur de Assad. Donc même l’administration Obama paraît maintenant donner l’impression que le mantra «Assad doit partir» pourrait être mort et enterré.

Pas si vite. Le jeu d’ombres continue à faire solidement partie de l’équation. Après tout, la fameuse liste du hit parade des terroristes, objet maintenant d’un marchandage entre tous les acteurs, doit être approuvée par… la Turquie et l’Arabie saoudite, qui continuent à militariser toutes sortes de serpents à sonnette du désert, tant qu’ils tintinnabulent «Assad doit partir».

Dans cette fosse à serpents rampe la blague de la saison des vacances : la coalition antiterroriste conduite par Riyad, formée de 34 pays «provenant de tout le monde islamique». Le fauteur de la guerre au Yémen, le vice-prince héritier et ministre de la Défense Mohammed bin Salman, a même promis que le boucan de cette nouvelle martingale improbable stopperait les flux financiers vers les terroristes. Comme si la Maison des Saoud allait décapiter ses propres imams locaux, barjots, pieux, et riches financiers.

Cette coalition intégrée dans celle qui existe déjà, la Coalition des opportunistes douteux (COD) dirigée par les États-Unis, monstrueusement inefficace, est de la manipulation pure. L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis (EAU) n’ont absolument rien fait contre État islamique depuis l’été. Ils ont plutôt allègrement bombardé le Yémen. Leurs armées sont infestées de mercenaires. Sans mercenaires, pas d’armée saoudienne. Le Pakistan et l’Égypte ont des armées, mais ils sont épuisés par des problèmes internes catastrophiques et ne transféreront pas de troupes dans le bourbier qu’est le Syraq, même s’ils étaient achetés avec une montagne de pétrodollars.

Avec cette histoire, concoctée par les lobbyistes avertis d’Edelman, Riyad croit qu’elle peut donner le change sur ses efforts pour briser la Syrie.

Un décompte de la population syrienne, incluant les masses de réfugiés, représenterait quelque chose comme 14% de chiites alaouites, 5% de chrétiens, 3% de druzes, 1% de chiites duodécimains [les chiites qui croient dans l’existence des douze imams, NdT], 10% de Kurdes – dans leur grande majorité de gauche – et environ 40% de sunnites, la plupart laïques et beaucoup d’entre eux de gauche aussi, sans parler de l’élite confortable qui fait des affaires à Damas et à Alep, c’est-à-dire en accord avec le gouvernement depuis des générations.

La croyance de Riyad – et d’Ankara – qu’une petite brochette de djihadistes salafistes, par une persuasion quelconque, serait capable de rompre un équilibre aussi complexe, sans parler de diriger toute une nation, défie toute explication logique.

La bataille pour la frontière

Donc tout dépend maintenant de la bataille pour la frontière. Les Kurdes syriens ont bruyamment annoncé quelque chose du genre «Les vrais Kurdes vont à Jerablus». Jerablus est, en résumé, le dernier point d’appui de la Turquie en Syrie (l’Armée de l’air russe a exterminé presque toute la colonne combattante turkmène au nord de Lattaquié).

Imaginez un corridor d’unification kurde – allant d’Efrin au reste du Rojava. Cela signifie une Turquie coupée de la Syrie ; fondamentalement, la fin de la route djihadiste ; la fin des services secrets turcs offrant un soutien logistique fastueux à Daesh, depuis les Big Macs jusqu’aux vacances en Turquie ; la fin de la route de Daesh avec le pétrole syrien volé. Sans parler de l’YPG – allié avec le PKK – qui contrôle une province semi-autonome dotée du statut de proto-État.

Mais ne vous y trompez pas : le Sultan fera tout pour l’empêcher. État islamique n’a jamais été une menace existentielle pour Ankara. Au contraire, il a toujours été un allié indirect très utile. Ankara continuera à alimenter le mythe que la voie pour vaincre Daesh passe par le changement du régime de Assad.

La Russie a démasqué le bluff. Pourtant le canard boiteux qu’est l’administration Obama est toujours irrésolu : devrions-nous utiliser Erdogan même s’il essaie imprudemment d’opposer directement l’Otan à la Russie ? Ou devrions-nous le laisser tomber ? La réponse tient à qui, et comment, remportera la bataille pour la frontière.

Article original paru sur Russia Today

Traduit par Diane, édité par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

Lire la suite

Ukraine, croix gammée et insignes SS sur les uniformes des pros UE : le vrai visage des fascistes de la junte de Kiev

4 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #l'Allemagne, #La France, #La République, #La nation ., #La Russie, #Terrorisme, #le nazisme

Ukraine, croix gammée et insignes SS sur les uniformes des pros UE : le vrai visage des fascistes de la junte de Kiev

Ukraine, croix gammée et insignes SS sur les uniformes des pros UE : le vrai visage des fascistes de la junte de Kiev
 

Insignes nazis sur les uniformes des soldats du bataillon Azov de l’armée de Kiev

Des combattants de la Garde nationale ukrainienne arborant des symboles nazis sur leur uniforme ont été filmés par des journalistes de la télévision norvégienne TVE.

Le reportage montre notamment deux soldats dont l’un porte un casque frappé de l’insigne runique des Waffen SS et l’autre arbore la croix gammée.

« Nous avons découvert ces soldats dans le village d’Ourzouf à l’occasion d’un reportage sur le bataillon Azov », a déclaré à NBC le journaliste de la chaîne norvégienne TV2 Oysten Bogen. Selon lui, avant les prises de vues, les reporters ont demandé au chef du bataillon si ses combattants privilégiaient l’idéologie nazie.

« Il nous a répondu: non, pas du tout, nous sommes tout simplement des nationalistes ukrainiens », a indiqué M. Bogen.

Lundi soir, ce reportage a été diffusé par la chaîne de télévision allemande ZDF.

Pour ceux qui en douterait encore, voila une preuve de plus que pour mettre en coupe réglée à leur profit, UE, USA ont mis en place à Kiev une junte fasciste pro UE et pro OTAN s’appuyant largement sur des milices nazies.

Car ne nous trompons pas, ceux qui se présentent comme des « nationalistes ukrainiens » se présentent également de façon revendiquée comme les continuateurs des troupes de Bandera ou de la division SS galicie. Qui au nom du « nationalisme ukrainienne » se trouvaient au coté des troupes nazies pour génocider le peuple ukrainien, juifs et communistes durant la seconde guerre mondiale. D’authentique nazis tont les services secrets occidentaux continueront d’ailleurs à soutenir les actions après guerre en Ukraine.

 No Pasaran !

Bien sûr chacun pourra observer que cette information n’est reprise par aucun des médias principaux, détenu par la classe capitaliste, subventionnés en ces temps d’austérités à millions par le pouvoir. Il est vrai que dans le concert de propagande des médiacrates, les bons sont tous désignés, ce sont les oligarques et les fascistes pro UE, et que toute information contradictoire est purement éliminée. Puisqu’il est de coutume chez nos médiacrates de célébrer l’exemple allemande, constatons qu’en la matière ZDF, chaine de télévision publique allemande, devrait inspirer des journalistes un minimum soucieux des règles élementaires de déontologies. Car, outre la diffusion de ce reportage montrant le vrai visage de l’armée de Kiev, c’est également cette chaine qui a diffusé un long reportage sur ces troubles snipers de Maidan au sujet desquels la junte de Kiev refuse d’enquêter.

il suffit de voir en la matière le traitement médiatique réservée au crash du vol MH17 :  un rapport préliminaire de la Commission de sécurité des Pays-Bas vient d’être publié, s’appuyant sur le décryptage des boites noires par le royaume unis. par les autorités néerlandaise et non par l’organisation internationale ad-hoc. l’enquète est donc entièrement dans les mains des pays de l’OTAN soutient officielle des autorités de Kiev. On est loin d’avoir là les gages d’une enquêtes indépendante.

Ce rapport évite le plus possible « les questions qui fâchent » ou plutôt qui fâcheraient l’OTAN et l’Union européenne, renvoyant le public à une publication définitive annoncée pour dans un an. Les données concernant le contrôle aérien ukrainien, pourtant immédiatement disponibles, n’ont toujours pas été rendues publiques. Et les dix questions très factuelles posées par la Russie sont toujours sans réponse.
Le rapport attribue la perte de cet avion au fait qu’il a reçu un grand nombre d’impacts d’objets de grande énergie venus de l’extérieur; ces impacts auraient causé la perte de l’intégrité structurelle de l’avion, déterminant ainsi sa rupture en plein vol.
Ce rapport préliminaire nous dit simplement que cet avion a été abattu: mais ses termes sont choisis pour ne pas déterminer si ce fut par un missile ou par une rafale de canon d’avion.
Contrairement à la propagande médiatique – tel par exemple cet article d’un zélée serviteur de Radio Paris (France Info)  – ce rapport préliminaire ne confirme ni n’infirme l’hypothèse d’un tir de missile qu’il soit sol-air ou air-air ou encore l’utilisation d’un canon aérien. Il faut souligner que si aucune preuve n’a été apporté de la capacité des armées des républiques populaires du Donbass à abattre un avion à une telle altitude, l’armée de la junte de kiev disposait sur place tout à la fois de batterie de missiles bouk en activité le jour du crash, d’avions de combat armés de missile sol-air et en capacité d’abattre le MH17.

S’agissant de la situation en Ukraine, le résultat de l’intervention des USA, de l’OTAN et de l’UE en Ukraine :

– l’ordre constitutionnel a été renversé lors d’un coup d’état, avec le soutien des chancelleries européennes (Paris,Varsovie et Berlin).

– des oligarques pro UE ont été mis en place ; ces oligarques s’empressant de réprimer l’opposition politique notamment en réprimant les communistes et en lançant une procédure d’interdiction du parti communiste

– ce gouvernement pro UE, pro OTAN et pro USA comprend en son sein des nazis et fascistes patentés en tant que ministres ou occupant les plus hautes fonction officielle

– un vaste plan d’austérité et de privatisation vient d’être lancé, plongeant encore plus les travailleurs ukrainiens dans la misère

– l’armée mène une guerre totale contre le peuple, utilisant bombardements massifs,chars d’assaut, missiles et bombes aux phosphores contre les populations civiles. L’armée de la junte de kiev, faisant largement recours à des mercenaires étrangers, utilise des unités militaires et paramilitaires fascistes, se revendiquant de Bandera et autres troupes génocidaires collaboratrices des troupes nazies durant la seconde guerre mondiale.

– la guerre soutenue et financé par l’UE, les USA et l’OTAN a conduit a plusieurs milliers de morts, près d’un millions de réfugiés.

– l’escalade belliqueuse contre la Russie menace la paix mondiale. Les sanctions économiques contre la Russie, enfonce encore plus dans la crise les économies de l’Union Européenne renforçant la domination sur l’empire euro atlantique de l’impérialisme américain.

Lire la suite

Syrie : Du ciel à la terre, les hommes de Kweires ont gagné leur pari

3 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #La France, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #La République, #La Russie, #Terrorisme, #Daesch

Syrie : Du ciel à la terre, les hommes de Kweires ont gagné leur pari

Syrie : Du ciel à la terre, les hommes de Kweires ont gagné leur pari

3/01/2016 – Pour démarrer l’année 2016, nous vous proposons la rediffusion de ce texte traduit par Mouna Alno-Nakhal sur la libération de l’Aéroport de Kweires, symbole de la résistance de l’Armée Arabe Syrienne, qui peut être considéré comme un basculement dans la guerre en Syrie.

« Personnellement, je trouve que le récit des guerriers de Kweires, pour la force de son exemplarité et l’espoir qu’il fait renaître quant à la noblesse de la nature humaine, superbement traduit par Mouna, pourrait y trouver sa place. Ce serait aussi un hommage d’exception pour un peuple d’exception qui résiste et qui souffre » (Maria).<a title="Site externe : http://Personnellement, je trouve que le récit des guerriers de Kweires, pour la force de son exemplarité et l" target="_blank" souffre."="" qui="" et="" résiste="" d'exception="" peuple="" un="" pour="" hommage="" aussi="" serait="" ce="" place.="" sa="" trouver="" y="" pourrait="" mouna,="" par="" traduit="" superbement="" humaine,="" nature="" la="" de="" noblesse="" à="" quant="" renaître="" fait="" qu'il="" espoir=""> RI

*****

Par Ugarit Dandache

Ce 15 décembre, je reçois un lien ouvrant sur un documentaire de la chaîne Al-Mayadeen accompagné du message d’une amie franco-italienne qui m’écrit :

«…sourires, douceur des regards de ces jeunes, de cette maman et de cet ancien qui me font pleurer comme une madeleine même si je ne comprends rien. La beauté de l’humain civilisé opposé à ces êtres hurleurs qui incarnent la trahison de l’humain… Il s’agit là d’un hommage unique à tous ceux qui se sacrifient sur et pour la terre syrienne qui renferme les germes de l’humanité… Le monde ne sait rien de la Syrie, tout a été déformé sinon calomnié avec une telle application ! ».

Le documentaire est l’œuvre de la journaliste libanaise, Mme Ugarit Dandache, qui a suivi les traces des Houmatal’diyari [Les défenseurs de la patrie : nom commun des soldats syriens] depuis le début de la guerre. Difficile de le restituer par écrit. Peut-être serait-il possible d’en saisir l’essentiel en regroupant les séquences disparates des intervenants pour la commodité du récit, abstraction faite des attaquants hurleurs et de la propagande mensongère repartie de plus belle dans nos médias hexagonaux. Peut-être…

Je me contenterai de rappeler que le 10 Novembre 2015, le porte-parole des Forces armées syriennes annonçait la libération de l’Aéroport de Kweires, situé dans le gouvernorat d’Alep, et que le président syrien a parlé d’une nouvelle épopée qui venait s’ajouter à tant d’autres actes de bravoure de l’Armée arabe syrienne.

Au lecteur de juger si ces hommes sont fidèles à leur devise : « Watan, Charaf, Ikhlas », signifiant Patrie, Honneur, Dévouement [NdT].

________________________________________________

LE SIÈGE DE KWEIRES

Des soldats syriens près de l'aéroport militaire de Kweyris, ...

Des soldats syriens près de l’aéroport militaire de Kweyris, …

L’Armée arabe syrienne a réussi à libérer l’École de l’air, qu’il est convenu de désigner par « Aéroport de Kweires », une base militaire aérienne située à 35 Kms à l’est d’Alep, brisant ainsi un siège qui durait depuis près de trois ans et réalisant une importante avancée dans la profondeur d’une région contrôlée par Daech [EIIL ou État Islamique en Irak et au Levant].

En effet, l’aéroport de Kweires s’étend sur une surface de 25 Kms carrés environ et se trouve à 15 Kms de « Al-Bab » au nord, le bastion le plus important de Daech dans la campagne orientale d’Alep.

Le siège de l’aéroport a commencé fin 2012 quand les groupes armés de l’ASL [La prétendue armée syrienne libre, une coquille désormais vide qu’on tente de farcir par de prétendus opposants dits modérés ou démocrates…NdT] avaient réussi à couper toutes les voies terrestres, obligeant l’Armée nationale à ravitailler les occupants de la base principalement par voie aérienne héliportée. Les atterrissages ont continué pendant environ un an et demi, mais sont devenus pratiquement impossibles à partir du moment où les éléments armés de Jabhat al-Nosra -ayant envahi les villages environnants dès 2013- sont entrés en possession d’armes de plus en plus sophistiquées et que Daech s’étendait dans la campagne est, à partir de Raqqa ; les hélicoptères devenant à portée des tirs.

Début 2014, Daech a fini par évincer Jabhat al-Nosra, menant un siège de plus en plus hermétique et des attaques de plus en plus nombreuses, mettant tout son poids pour entrer dans l’aéroport, usant de toutes sortes d’armes et de dizaines d’engins piégés sans réussir à briser ses fortifications, sauf une seule fois en atteignant les habitations des officiers côté sud-ouest […].

Les pilotes de Kweires ont été entraînés pour défendre le ciel de la patrie, mais les circonstances ont fait qu’ils se sont posés sur la terre pour faire face aux forces les plus terriblement extrémistes. Une guerre des volontés, entre des envahisseurs de plus en plus supérieurement équipés et des assiégés affamés, conscients du poids de l’obligation de défendre la dernière position de l’État en cette région de la terre patrie. Et, du ciel à la terre, les pilotes de Kweires ont gagné leur pari.

LA FAMILLE FARHA

  • Témoignage de M. Farha, père de Issam, Allam et Issa :
Syrie : Du ciel à la terre, les hommes de Kweires ont gagné leur pari

 

Nos trois fils étaient enthousiastes et déterminés à rejoindre l’Armée. Nous ne nous sommes pas mis au travers de leur chemin. Le hasard a fait qu’ils se sont retrouvés au même endroit. Nous avons connu des moments très difficiles, vivant leurs problèmes quotidiens en écoutant les rapports militaires du secteur. Dire que nous n’avons pas eu peur ? Nous avons eu très peur. Mais, Dieu merci, ils se sont comportés en héros et ont réussi des exploits.

J’ai entendu de plusieurs sources qu’il n’était pas question pour eux de manquer une bataille, que ce soit leur tour ou pas. Ils sont toujours restés ensemble. L’un d’eux a été malade. Il est rentré se faire soigner dans les pires des conditions. Ils nous ont appelés de l’Académie pour nous dire de ne pas le laisser repartir… Il est reparti parce qu’il tenait à aider ses frères.

Ici, à la montagne, nous avons mené une vie dure, elle n’a jamais été douce. Je suis ingénieur électricien, mais j’ai vécu la vie d’un paysan. Je veux dire que ma main est celle d’un paysan, car nous refusons de vivre autrement que par notre travail, notre pain trempé dans la sueur de notre front.

  • Témoignage du Lieutenant Issam, l’aîné des frères Farha :

 2 Issam Farha

J’étais très tranquille à Damas, mais quelque chose en vous, vous pousse à rejoindre vos amis qui tombent en martyrs. Vous ne pouvez pas rester là où vous êtes. De même pour mon frère Issa qui avait été reçu à ses examens de l’Académie militaire, mais a préféré nous accompagner à Alep, pour que nous restions ensemble et qu’il participe à notre combat.

En pleine bataille, vous ne pensez à rien d’autre, vous ne pensez qu’à garder votre position et, grâce à Dieu, tous les jeunes gens ont été à la hauteur de la situation. Les choses deviennent autrement plus difficiles à l’instant même ou le combat s’arrête. Vous voyez les blessés et les martyrs et vous ne pensez plus qu’à vos frères, sans pouvoir quitter votre position ou chercher à les contacter, vu que les communications doivent parer au plus pressé.

Ils ont abattu deux de nos hélicoptères de ravitaillement en pleine nuit car ils étaient en possession de canons munis de lunettes de vision nocturne, thermique ou autre. Bien sûr qu’ils étaient soutenus de l’étranger, équipés d’armes que nous ne connaissions pas trop, armes probablement dérobées en Irak ou fournies par la Turquie et les États-Unis. C’est ainsi que nous avons été frappés par 5 à 6 missiles TOW et bien d’autres de différentes marques. La solution de rechange fut le parachutage, mais…

Un matin, nous avons été attaqués, entre 4H et 4H30, par trois véhicules piégés avec des agents incendiaires du côté des habitations des officiers, et par des tirs de 12 à 15 chars et autres artilleries, de tous les côtés. Grâce à Dieu, nous avons pu en démolir un grand nombre. Ne sont restés intacts que 2 ou 3 engins qui ont pris la fuite, alors que le plus lourd de notre armement était le canon 75 et la volonté de nos jeunes gens, laquelle volonté décidait de l’issue des combats.

Quand la campagne de notre libération a commencé, la pression a baissé, se répartissant entre nous et notre Armée qui avançait. Une fois arrivée à 4 Kms de l’aéroport, ils ont sorti leur dernière carte : les trois souterrains creusés sous les habitations des officiers. Nous savions qu’ils étaient là. Nous les entendions creuser dans notre direction et nous nous mettions à creuser dans la leur.

La situation la plus difficile que j’ai vécu, c’est quand l’explosion a eu lieu alors que Issa se trouvait dans le secteur des habitations. Le ressenti de celui qui voit une explosion de loin est plus pénible que celui qui se trouve en plein dedans, les nuages de poussières dégagées laissant à penser que les bâtiments ont été pulvérisés. J’ai tenté de le contacter, mais toutes les lignes étaient occupées. Je suis resté 24 heures sans nouvelles, sans dormir, sans boire ni manger, mais merci mon Dieu, il était sain et sauf.

  • Témoignage du lieutenant Allam, le cadet des frères Farha

 

  •  

 3 Allam Farha

Je me suis engagé dès juin 2012 et mon premier combat eut lieu en octobre de cette même année. J’avais le désir de rejoindre l’Armée, de participer aux combats comme tant d’autres jeunes du pays et de rejoindre mon frère aîné qui avait quitté Damas, où il se plaisait, pour s’engager à Kweires avant moi. Nous avions décidé que notre benjamin, Issa, devait rester auprès des parents, d’autant plus qu’il était brillant et que ses notes lui permettaient de poursuivre des études supérieures. Mais il a refusé et s’est engagé à son tour le 29 novembre 2012.

Mon père a consenti en se disant que l’aéroport était immense, que les résidents étaient en majorité des campagnards et donc plutôt débrouillards dans beaucoup de domaines. Certes, les hommes de la campagne sont différents des hommes de la ville question débrouillardise, mais cela ne veut pas dire qu’ils ont été moins chers à nos cœurs. Que Dieu ait pitié de tous ceux qui sont partis et protège tous ceux qui sont revenus.

Question nourriture, on nous disait : « Mange, tu sauras après ce que c’est ! ». Nous cuisinions n’importe quelle herbe qui poussait par là et finalement, la nourriture n’a jamais été un problème pour quiconque parmi nous. Quant à l’eau, elle nous arrivait par des canalisations situées à l’extérieur de la base. Nous avons appris que les groupes armés projetaient d’empoisonner le réservoir principal, mais notre camarade Ali Mourad avait pensé à l’isoler avant même qu’ils y pensent.

Pendant le siège et alors que j’étais en compagnie de mon ami Oumran Assi à tourner autour d’un canon, notre attention fut attirée par des galettes de pain tombées, 15 à 20 jours plus tôt, d’une voiture qui nous avait livré des munitions quand c’était encore possible. Nous les avons pilés, puis mélangés au sachet de sucre de l’un et au sachet de lait en poudre ou de cacao d’un autre, je ne sais plus. Toute une marmite de douceurs d’où l’odeur des moisissures avait disparu après édulcoration. Nous nous sommes régalés avec Issa et ses amis. Il me dit encore : « Ce plat fut la meilleure douceur à laquelle j’ai jamais goûtée ! ».

Le 19 janvier 2013, les groupes armés ont abattu un hélicoptère qui venait nous ravitailler la nuit, puisque le ravitaillement héliporté et même le transport des blessés n’étaient plus envisageables en plein jour. L’hélicoptère était à environ 600 mètres du sol et c’était une nuit de pleine lune. Ils l’ont eu, nous l’avons perdu avec tout son équipage, et c’est là que le véritable siège a commencé.

Le 9 août, un char équipé d’une mitrailleuse Douchka s’est mis à tirer vers notre position. Nous avons éliminé le tireur. Restaient le conducteur et deux autres individus à l’arrière. Le char a poursuivi sa progression jusqu’en haut de l’abri avant de s’immobiliser, si bien qu’il se trouvait pratiquement au-dessus de nous. C’est alors que mon camarade Ahmad Nasser, faisant fi du danger, s’est précipité pour envoyer une grenade à l’intérieur du char et que nous nous sommes tous levés pour le suivre.

C’est à cette occasion que nous avons pu saisir, auprès du commandant des attaquants, des appareils de communication turcs et un document comportant la liste des éléments du groupe ainsi que leurs fonctions respectives : tous affiliés à Daech, mais aucun n’était syrien.

Une autre fois, le premier-lieutenant Ali Ibrahim, qui n’avait rien d’un tireur de bombes, a repéré un char progressant derrière une maison située à l’ouest des habitations des officiers, lequel char n’avait cessé d’aller et venir pour les bombarder. Il s’est mis debout sur une barricade d’environ 1,5 mètres de haut. Il a attendu le moment opportun, malgré la présence de trois snipers, et a pulvérisé le char. Nous l’avons vu s’enflammer et crépiter pendant au moins une vingtaine de minutes.

Ils ont usé de toutes les tentations imaginables pour nous dissuader de résister, jusqu’à nous amener des femmes qui nous disaient : « Pourquoi restez-vous là ? Quel est votre objectif ? Votre État est fini. La guerre c’est la guerre et vous êtes cuits ». Ou alors, ils nous rappelaient : « Nous avons conquis telle ville, telle unité de l’Armée, telle position défensive. Votre tour viendra. Rendez-vous. Nous vous ramènerons chez vous ». Ils avaient oublié que nous savons comment nous comporter avec les femmes et que toute situation a une solution.

  • Témoignage du lieutenant Issa, benjamin des frères Farha :

4 Issa Farha (1)

Mon frère Allam était souvent à mes côtés, c’est pourquoi mon plus gros souci était de savoir où en était Issam, notamment les jours de combats. Il en a toujours été ainsi, même aujourd’hui. Un frère de sang fait que c’est le sang qui parle. En plein milieu d’une bataille, si je pouvais lui envoyer un message pour juste lui demander de me rassurer, je le faisais.

Quant à Allam, la fois où je lui ai avoué ma faim, il se tenait près d’une muraille où poussaient des herbes folles. Il m’a dit : « Regarde celle-ci, elle est comestible et délicieuse. Mange ! ».

Un jour, les groupes armés ont réussi à pénétrer deux de nos positions, alors que nos jeunes dormaient à l’intérieur. Que Dieu leur accorde Sa miséricorde, certains ont été découpés, d’autres ont explosé sous leurs grenades, d’autres qui ont eu le temps de se réveiller sont tombés sous les coups de leurs snipers. Les plus anciens ont alors regroupé les unités d’urgence et se sont dirigés vers ces deux positions. C’est là qu’un jeune homme de Deir [el-Zor], je ne me rappelle plus de son nom, a ramassé le téléphone de l’un des attaquants ayant pénétré le bâtiment. Il entend le cheikh des attaquants demander : « Quelle est votre situation ? ». Il lui a répondu : « Cheik ! Cheikh ! Ils sont très nombreux là-dedans. Des renforts arrivent, reculez Cheikh ! ».

Grâce à Dieu, ce jeune homme savait imiter leur accent. En fait, ils étaient beaucoup plus nombreux que nous et se comptaient par centaines. Entretemps les Forces aériennes sont arrivées et les deux positions ont été récupérées, au prix de 32 martyrs. Signe de la bonté du Seigneur de l’univers qui règle toutes les situations. Ce fut la première leçon que j’ai retenue.

Un autre jour, une femme sniper suédoise a été capturée. À la question : « Que viens-tu faire ici ? », elle a répondu : « Je viens perfectionner mes talents ». Elle venait du fin fond de la terre pour exercer ses talents sur nous, alors que nous ne savions rien de son monde ! [Rires].

En tous cas, si tu recules tu t’affaiblis et si tu avances tu te renforces. De ce fait, nous avons beaucoup appris. Une terre où est tombé mon ami est précieuse et mérite qu’au cas où son remplaçant tombe, il soit remplacé à son tour et ainsi de suite. Par conséquent, abandonner une position est chose interdite.

LA FAMILLE CHADOUD

  • Témoignage de M. Chadoud, père de Somar mort au combat

5  M. Chadoud père de Somar

Somar était enthousiaste et, comme les autres jeunes, décidé à défendre la patrie. Devenir pilote d’avion militaire fut évidemment son propre choix. J’étais surpris de voir qu’un pilote maniait le RPG face à des tanks. C’est la situation qui a fait qu’il a dû combattre au sol, pour défendre son École et son Académie. La position qu’il occupait était délicate et les terroristes, qui voulaient l’atteindre par n’importe quel moyen, lançaient des attaques quasi-quotidiennes.

En 2013, il a été blessé aux deux jambes, ce qui a nécessité la mise en place de plaques orthopédiques. Mais, au bout de trois mois de convalescence, il est reparti poursuivre son travail.

Le dernier siège qui a duré environ 1 an et neuf mois a fait que l’aéroport ne recevait plus rien, ni par voie aérienne, ni par voie terrestre. De quoi voudriez-vous que je me souvienne ? Je suis un père et comme tout père je me suis inquiété pour mon fils. J’ai gardé notre correspondance dans mon téléphone cellulaire. Regardez-le qui m’appelle pour me faire des grimaces. Il lui arrivait de me laisser des messages pour me dire : Salut Abou Somar ! Mais certaines fois, il me signifiait que la mort était proche.

Après la levée du siège, certains de ses camarades nous ont appris qu’il avait été sérieusement blessé à la tête mais que trois jours après il regagnait son poste. Le 6 septembre 2015 la perfide traitresse a frappé : il est tombé au même endroit où il avait été blessé la première fois. Il y a trois jours, nous l’avons mis en terre dans le cimetière du village.

  • Témoignage de Mme Chadoud, mère de Somar mort au combat :

 6 Mme Chadoud mère de Somar

 Dès que j’entendais qu’il y avait eu des combats autour de l’aéroport, je l’appelais. Il niait invariablement les faits et prenait ses camarades à témoin pour me rassurer. Il me répétait : « Oubliez-nous. Arrêtez de vous faire du souci. Nous sommes à la hauteur de la situation. Nous allons bien. Je ne veux pas vous savoir tristes ». Et quand je lui demandais s’il mangeait bien, il me jurait qu’il ne s’était jamais couché avec la faim au ventre.

Il envoyait son salaire à son père. Nous avions beau lui dire que nous n’en avions pas besoin, il continuait à l’envoyer en me disant : « Maman, je veux que papa reçoive les soins nécessaires. Ne va surtout pas économiser ce salaire pour me gâter à mon retour. Je veux que vous le dépensiez. Je jure que si tu ne le fais pas, je ne te parlerai plus ».

Un jour j’ai passé mon téléphone à son frère Haïdar pour qu’il lui parle et j’en ai profité pour lire le sien avant qu’il n’efface ses messages. Je lis Haïdar qui demande : « Quelle est la situation chez toi ? », et Somar qui répond : « Les projectiles pleuvent drus ! ». J’ai reçu un choc en apprenant que depuis le début de sa mission les attaques étaient quotidiennes. Et moi, je ne le savais pas !

Il m’a laissé les plus merveilleux amis qui soient. Il m’a laissé des frères. Quand il est tombé en martyr, j’ai dit à Haïdar : « Tu as perdu un soutien. Tu n’as plus de frère ». Il m’a répondu : « Il ne m’a pas laissé un frère. Il m’a laissé des frères ! ».

Quand j’ai reçu la dernière photo qu’il m’a envoyée, ouvrant ses bras vers le ciel, je ne saurais décrire ce que j’ai ressenti. J’avais la gorge nouée. Je ne pouvais pas pleurer. Elle m’a effrayée.

7  dernière photo de Somar (1)

Je rêvais de ce que je ferais au retour de Somar et de ce que j’offrirais autour de moi. Je rêvais qu’il se tenait là, devant moi. Je rêvais comment je l’accueillerais à sa descente de voiture. Je m’étais mis dans l’esprit que j’embrasserai la terre à ses pieds, que j’embrasserai ses jambes, que j’implorerai la miséricorde divine pour tous les martyrs, et puis que je me blottirai contre lui pour respirer son parfum.

Depuis quatre ans que je rêvais de la levée du siège, j’ai été très heureuse pour ses amis quand ce jour est arrivé, mais ce fut le jour le plus difficile de ma vie. J’avais la ferme conviction que l’aéroport résisteraiy et qu’il était impossible que les groupes armés puissent l’atteindre. Mais je n’avais pas imaginé que mon fils serait déjà tombé en martyr.

TÉMOIGNAGE DU PREMIER-LIEUTENANT ALI IBRAHIM

 8  Premier lieutenant Ali

Personne ne meurt de faim. J’en suis convaincu. C’était dur les deux premières semaines, le temps que le corps s’adapte à ce qu’il ne reçoit plus. Ensuite ce ne fut plus un souci. Je n’y pensais plus. Personne n’a pensé à la retraite non plus. Nous retirer ? Cela n’a jamais été dans nos plans. La position dans laquelle tu t’es retranché est celle où tu mourras.

Au combat, seul ton fusil peut te protéger, protéger ton École et la position que tu dois conserver. Pour nous, cet aéroport a ceci de particulier : il est l’endroit où nous avons été formés et entraînés. C’est de là que nous sommes partis et c’est là où nous sommes revenus.

Toutes les organisations terroristes présentes en Syrie ont, à un moment ou un autre, assiégé cet aéroport. Au tout début, ce fut l’ASL mais elle a échoué. Ensuite ce fut Jabhat al-Nosra, quoique ces deux organisations ont fait alliance plus d’une fois. Puis celle de Daech est arrivée, encore plus soutenue que toutes les autres.

Elles ont toutes été confrontées à la réalité : nous ne mourrions pas de faim, nous n’étions pas tels qu’elles nous avaient imaginés. Elles ont passé leur temps à nous raconter qu’elles allaient nous exécuter à l’arme blanche. Il n’y avait là que des jeunes gens de grades modestes qui prenaient les choses avec humour. Personne n’a bronché.

Nous étions tous postés face à l’extérieur. Nous avons subi des attaques ennemies extrêmement denses. Il y avait évidemment des arbres. Un jour où je me trouvais du côté sud-est, j’ai regardé derrière moi, l’École brûlait. Je me suis dit que c’était la fin, qu’ils n’allaient pas tarder à entrer et que nul d’entre nous ne s’en sortirait. C’était sans compter sur l’intelligence de notre commandant. Il est immédiatement intervenu sur nos téléphones sans fil pour nous dire de ne pas bouger, que tout allait bien et qu’aucun des attaquants n’avait avancé vers l’École. Personne n’a bougé.

Le plus dur c’est quand tu enterres ton ami, ou que tu restes près de lui deux ou trois jours sans rien avoir à lui offrir. Tu veilles un ami qui n’arrive plus à respirer et tu n’as rien à lui offrir ! C’est une situation des plus difficiles et plus difficile encore est de le mettre en terre. Oui, le plus difficile est de le mettre en terre.

TÉMOIGNAGE DE L’INFIRMIER DE KWEIRES, AKRAM al-HASSAN

 9  L'infirmier de Kweires

Nous manquions de moyens médicaux, pas de médecin, pas de chirurgien. Nous devions compter sur nous-mêmes et sur nos propres possibilités pour prodiguer les soins nécessaires aux blessés. Nous étions quatre infirmiers, un premier-lieutenant diplômé et un pharmacien. Difficile de savoir qu’un blessé pouvait s’en sortir en milieu hospitalier et que nous n’avions rien pour le sauver. Nous adressions les photos et descriptions des blessures par Mobile ou WhatsApp à des médecins de l’extérieur, lesquels nous donnaient leurs instructions en retour. Ils nous ont beaucoup aidés. Qu’ils en soient remerciés.

Ahmad a été abattu par un sniper. J’ai décidé de le tirer de là. J’ai avancé dans un nuage de poussière. Je l’ai ramené… que Dieu ait son âme.

Zein Ismaïl, un élève-officier, avait été blessé au bas ventre. Il saignait. Nous l’avons transfusé d’une façon rudimentaire avec, évidemment, le sang des nôtres. Les jeunes gens se présentaient, nous déterminions leur groupe sanguin, nous prélevions leur sang pour l’injecter directement aux blessés. Mais ni les trois poches de sang prélevé, ni le sérum, n’avaient apparemment servi à améliorer la situation de Zein. La tombe ouverte, nous avions préparé son cercueil dans ce qui avait servi de caisse à munitions. Mais, grâce à Dieu en qui il faut naturellement garder confiance, il a quitté l’aéroport debout et se trouve aujourd’hui parmi les siens.

Gaïth Ibrahim avait été blessé au crâne par le projectile d’un sniper, de calibre 5,5 mm. Il est arrivé alors que nous avions déjà trois autres jeunes en état d’absolue inconscience, plus d’autres blessés. Lui-même est resté inconscient pendant 4 jours pour se réveiller au 5ème jour avec une légère séquelle à l’œil. Nous en étions heureux, pensant que sa blessure avait été superficielle. Ce n’est que lorsqu’il a été hospitalisé que l’imagerie a révélé la balle et les éclats d’os logés dans son cerveau.

Idriss, mon frère, la personne la plus chère à mon cœur, que Dieu lui accorde sa miséricorde, est arrivé en plein milieu d’un combat. Il a tenu ma main et m’a dit : « Abou Ahmad, ne me laisse pas ! ». Je ne voulais pas le quitter, mais d’autres blessés m’attendaient. Je lui ai dit que je ne le laisserai pas. Pourtant, je l’ai laissé pour aller vers les autres. J’étais complètement anéanti quand il est parti, alors que je ne pouvais me permettre cette faiblesse. Oui je l’ai pleuré, mais pas plus de deux minutes. Maintenant que l’aéroport est libéré, pleurer Idriss la vie entière ne serait pas suffisant.

Le 9 août 2015 nous étions à deux doigts de la chute de l’aéroport, un groupe de Daech ayant occupé l’immeuble en face du dispensaire. J’ai appelé mon père pour lui faire mes adieux. Il m’a dit qu’il voulait que je me comporte en homme. Je lui ai répondu que j’étais un homme, mais que je voulais qu’il soit fort quand il recevra la nouvelle. La gorge serrée, il m’a conseillé de m’en remettre à Dieu. Ni lui, ni moi, ne pouvions pleurer.

Finalement, c’est une histoire de vie ou de mort, où la volonté de vivre l’a emporté…

Reportage de Mme Ugarit Dandache

Source : Vidéo You Tube / Al-Mayadeen TV

Transcription et traduction par Mouna Alno-Nakhal

PS : Texte dédié à mon amie franco-italienne que je remercie du fond du cœur. J’ajoute qu’en effet, tant de solidarité, de fierté, de respect, de générosité, d’abnégation et, par moment d’humour, chez des jeunes gens modestes et si peu expérimentés, laissent à penser que même si la Syrie ne sera jamais plus ce qu’elle a été, elle sera ce qu’ils seront… Et, ils sont magnifiques !

Lire la suite

Victimes de Daesh. Les esclaves de l’État Islamique racontent leurs histoires

2 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Turquie, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch

Victimes de Daesh. Les esclaves de l’État Islamique racontent leurs histoires

29 oct. 2015

Dans cette enquête spéciale de RT, les esclaves de l’État Islamique racontent leurs histoires terrifiantes.

Daesh est le groupe terroriste le plus brutal de notre époque. Sous le couvert de la religion, ils tuent, ils violent, pillent et réduisent des gens en esclavage, détruisant des villes entières afin de s’emparer de nouveaux territoires et de ressources naturelles. Les victimes sont forcées de se convertir à l’Islam, car le groupe suit servilement une version pervertie des enseignements islamiques, conforme à leur programme.

Au mois d’août 2014 les terroristes ont envahi les terres autour des Monts Sinjar en Irak, habitées par la minorité ethnique de Yézidis. Ils massacraient les hommes en âge de combattre et vendaient les femmes et les enfants en tant qu’esclaves. Ils séparaient des familles et prenaient de jeunes filles pour leur propre satisfaction sexuelle. Les petits garçons étaient forcés de devenir leurs apprentis. Les captifs ne pouvaient compter que sur leur famille pour venir à leur secours, ces dernières pouvant faire l’objet d’un chantage pour des sommes exprimées en milliers de dollars. Pourtant, le plus souvent la famille survivante ne sait même pas si leurs proches en captivité sont en vie et où ils sont retenus.

Certaines femmes, parmi celles qui ont été asservies, ont réussi à s’évader ou ont été rendues à leurs familles. Elles racontent des histoires terrifiantes sur les atrocités de Daesh dont elles ont été témoins. Bien qu’elles soient en sécurité maintenant, le temps passé en captivité les affecte encore. Beaucoup d’entre elles ont perdu des membres de leurs familles et sont contraintes de reconstruire leur vie dans cette nouvelle réalité, ce qui est pour elles particulièrement pénible.

Lire la suite

Meilleurs voeux 2016. Garder la Foi et l'Espérance. Erwan Castel, groupe de volontaires dans le Donbass.

2 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La République, #La Russie, #La nation ., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Terrorisme, #le nazisme, #La mondialisation

Meilleurs voeux 2016

 
Garder la Foi et l'Espérance
 
Je vous adresse à toutes et à tous mes plus chaleureux remerciements pour votre soutien fidèle et actif aux volontaires du groupe, et vous adresse pour vous et vos proches mes meilleurs voeux pour la nouvelle année 2016.
 
Photo Guillaume Chauvin
Pour notre groupe de volontaires déployé sur le front, l'année 2015 s'achève dans la tristesse et l'attente. 
 
La tristesse tout d'abord d'avoir perdu Dietrich, un camarade tué par une mine au cours d'une mission le 1er décembre, suivi le jour de Noël d'Aleksandr, grièvement blessé dans les mêmes circonstances. Nos pensées vont à la famille de notre camarade disparu et nos encouragements à notre ami pour qui 2016 va être l'année d'un nouveau combat pour retrouver sa liberté avec une prothèse réparatrice.
L'attente ensuite sur un front suspendu entre la guerre et la paix mais qui, tel un minotaure continue de réclamer sa dose quotidienne de larmes et de sang. Cette attente est pire que le froid de l'hiver qui paralyse les corps ou le feu des canons qui anime le sol autour de nous, c'est un poison qui lentement peut éteindre l'attention de la sentinelle.
 
Si 2014 fut l'année de la rébellion, 2015 aura été celle de la résistance, et les jeunes Républiques ont confirmé leur qualité de "laboratoire du futur" dans lequel un Peuple tout en étant fidèle à ses traditions défend les armes à la main sa liberté de pouvoir choisir son destin dans une vision sociétale créatrice nouvelle, épurée des errements et dérives du passé. Désormais les jeunes Républiques sont écloses et grandissent chaque jour en force et en beauté, malgré cette armée de soudards grouillant au pied de leurs remparts
 
2016 doit être l'année de la Liberté et de la Paix, pour les Républiques du Donbass, mais aussi pour leurs territoires occupés écrasés sous la botte des bataillons ukrainiens, mercenaires étrangers, fanatiques néo-nazis ou conscrits forcés, tous à la solde d'un l'impérialisme étasunien esclavagiste...
 
Cette Victoire qui ne sera assurée qu'après l'effondrement inévitable du régime totalitaire installé à Kiev par la ploutocratie mondialiste, sonnera la reconquête de l'Europe par ses peuples natifs et la disparition d'un Nouvel Ordre Mondial hégémonique et amoral.
En attendant, il nous faut protéger avec ténacité mais aussi avec patience cette promesse d'avenir née ici grâce au courage et à l'abnégation de ce peuple héroïque du Donbass car, en défendant les marches du monde russe ces femmes et ces hommes défendent aussi les libertés fondamentales des autres peuples d'Europe et leur offre par l'exemple un message d'espoir.
 
Voilà pourquoi, au nom de toutes celles et ceux qui sont tombés depuis 2 ans sur cette terre noire du Donbass pour défendre la Liberté, il nous faut garder la Foi et l'Espérance, et continuer le combat jusqu'à la Victoire !
 
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya
 
 
 
Dietrich, tué au combat le 1er décembre 2015, un homme et un chef de groupe de grande valeur dont le grand coeur n'avait d'égal que son courage et son humilité.  

"Que le souvenir des morts soit la force des vivants !"
 
Photo Guillaume Chauvin
 
Nous souhaitons à notre camarade Aleksandr, qui continue par delà sa blessure a nous offrir un exemple de dignité et de courage, un rétablissement physique pour qu'il continue son chemin d'Homme libre... 

2016 l'année de toutes les victoires !
 
 
__________
 
 
Ce qui n'a pas encore été fait dans le Donbass 
et ce qui doit être fait en 2016
 
 
"Depuis l'hiver 2014, les événements en Ukraine se sont déroulés à une vitesse kaléidoscopique: un coup d'état à Kiev, des manifestations anti-nazies pacifiques dans les villes de la Nouvelle Russie, les premiers affrontements, l'escalade de la violence et les "unités d'auto-défense du Maïdan" faisant le tour du pays. Les "hommes polis" en Crimée et le "Printemps russe" dans tout le Sud-Est, l'émergence des punisseurs ukrainiens, la tragédie d'Odessa et la chute de Kharkov, et puis le début de l'opération anti-terroriste, la proclamation de l'indépendance du Donbass et la guerre…
 
Suite à l'évolution des événements, les idées sociales dominantes ont elles aussi évolué: le soutien aux autorités légitimes, la fédéralisation de l'Ukraine, l’indépendance du Sud-Est, rejoindre la Russie…
 
Ces événements nous ont guidé tout le long, et il n'était pas possible de s'arrêter et de réfléchir, de faire des plans sur le long terme pour le futur. Et parfois la questions se posait de savoir si nous avions même un futur.
 
La première année et demie d'existence de la RPD a été une période de survie à la fois pour le jeune état et pour les gens ordinaires. Maintenant il est déjà clair que l'état a prévalu, même si l'agression ukrainienne et le blocus ont infligé un coup terrible à la région de mineurs. Maintenant nous pouvons voir ce que nous avons laissé et ce à quoi nous devrions aspirer.
 
Commençons par les choses tristes. Si en 2013 Donetsk était juste derrière Kiev en terme de niveau de vie, maintenant, le revenu de ses résidents a considérablement diminué. Ainsi, les autorités de la République vont devoir travailler dur pour restaurer l'économie. Cependant, il y a de nombreux obstacles ici, comme l'instabilité de la situation, la situation politico-militaire complexe et, le plus important, le fait que l'enthousiasme au travail des résidents du Donbass a fortement diminué et leur motivation est proche du zéro. Beaucoup d'entre eux sont fatigués et ont perdu la foi. Même ceux qui travaillent, sans même parler des retraités, ont à peine assez d'argent pour le strict nécessaire.
 
L'aide humanitaire améliore un peu la situation, mais elle ne peut pas couvrir tous les besoins de la région, et il est impossible de vivre de subventions à vie.
 
Ainsi, les autorités et les entreprises ont beaucoup à faire pour neutraliser les effets du blocus, créer de nouvelles chaînes de production, trouver des clients à l'étranger, construire le système bancaire… En fait, ce travail est déjà en cours, mais il faudra beaucoup de temps et d'efforts pour normaliser la situation.
 
Un autre problème du peuple du Donbass c'est l'effondrement des espérances. Au début du "Printemps russe” tout le monde espérait un scénario comme celui de la Crimée, et il y avait toutes les raisons pour de tels espoirs. Les gens espéraient des salaires du même niveau d'en Russie mais, en fait, ont perdu même ce qu'ils avaient du temps de Ianoukovitch. Les prix montant en flèche et les bas salaires ont provoqué une dépression sociale et de la déception. Les gens sont épuisés mentalement et physiquement. Il n'y a pas de famine, mais il n'y a pas de prospérité. Il n'y a pas de guerre, mais il n'y a pas de paix. En conséquence, l’enthousiasme de 2014 s'est évaporé. Ainsi, nous devons commencer la renaissance de la région par le peuple, sans qui nous ne pourrons pas construire une nouvelle société, peu importe ce qui est écrit sur le papier. Il est nécessaire de maintenir et de renforcer leur foi en la victoire.
 
Bien que nous devions admettre qu'il s'est avéré y avoir bien plus de combattants loyaux envers le Donbass que ce que nous pouvions imaginer avant la guerre. Aujourd'hui, des milliers de gens du Donbass risquent leur vie dans l'armée et sont prêts à combattre pour la victoire mais, de même, à cause des difficultés à l'arrière, beaucoup sont épuisés et déprimés.
 
Bien sûr, l'expérience historique du peuple Russe montre que, même sans argent, vous pouvez faire renaître votre pays de ses cendres et construire un nouveau monde. Néanmoins, pour bâtir un pays sans argent vous avez besoin d'une idée unissant et mobilisant tout le peuple. Jusqu'à présent, l'idée principale du Donbass était de combattre l'abomination qu'est le nationalisme ukrainien. Maintenant, il est temps de passer du combat contre quelque chose au travail pour quelque chose. Nous avons besoin d'objectifs concrets qui pousseront la société à atteindre un but positif commun.
 
Que devons-nous faire? Les gens ont besoin de croire à l'inéluctabilité de la victoire, il est nécessaire de leur faire sentir, même un peu, les avantages de cette nouvelle vie. La lutte constante pour la survie, l'incapacité de se déplacer librement, le manque d'argent, etc conduit la majorité de la population à la méfiance et aux rumeurs internes. Souvenons-nous de ce que Staline a fait dans les difficiles années d'après-guerre – il diminuait les prix de la nourriture, même de cinq kopecks, même d'un kopeck. Et cela donnait au peuple la foi en une vie meilleure, un espoir pour le futur, et la volonté de supporter les difficultés.
 
En RPD nous devons agir de la même façon, par des améliorations petites mais régulières de la situation. En outre, nous devons informer les citoyens de la République des ouvertures d'entreprises, des restaurations d'infrastructure, etc, afin qu'ils sachent que la vie ne s'est pas arrêtée, que nous surmontons progressivement la dévastation d'après-guerre.
 
Nous avons déjà surmonté beaucoup de difficultés et nous allons faire face à tout le reste; le point principal est de ne pas abandonner à mi-chemin. Après tout, la libération du cauchemar ukrainien vaut le prix que nous payons pour elle. Je pense qu'il est opportun de rappeler les paroles de Ivan Prikhodko, l'actuel chef de l'arrondissement de Kouïbychev, "Avant d'abandonner, rappelez-vous pour quoi vous avez commencé!".
 
Nous avons commencé pour restaurer le monde russe déchiré par les frontières. Nous avons rejeté le régime nécrophile de Kiev et sommes partis sur le chemin de la lumière. Et nous allons suivre ce chemin jusqu'au bout.
 
Selon une théorie, la vie organique sur Terre serait née dans la «soupe primordiale» constituée d'eau, d'acides aminés, de polypeptides, de bases azotées, nucléotides et d'autres composés chimiques. Sous l'influence de décharges électriques, de la chaleur et du rayonnement cosmique, les composés chimiques les plus simples se sont combinés en molécules complexes qui sont ensuite devenues des composés organiques, donnant ainsi naissance à la vie qui existe sur la planète.
 
Aujourd'hui, le Donbass ressemble à une espèce de "soupe primordiale" sociale. Après le renversement de Ianoukovitch, toute la structure politique et sociale du Donbass s'est retrouvée paralysée puis complètement détruite. En conséquence, les processus économiques, sociaux et politiques sont devenus chaotiques et imprévisibles. Différentes forces, parfois concurrentes et parfois en interaction, ont essayé de construire une nouvelle réalité, et petit à petit s'est formée la structure sociale primaire de la nouvelle société, qui a abouti au "Printemps russe" et à la création de la RPD. Pour le peuple du Donbass, ces processus se sont avérés économiquement et mentalement difficiles mais pas fatals, comme les partisans de la junte l'espéraient.
 
Et maintenant nous entrons graduellement dans une nouvelle étape de notre histoire – la renaissance de la région. Personne ne dit que nous allons atteindre facilement et rapidement le niveau de vie d'avant-guerre, mais avec chaque mois qui passe notre vie sera meilleure.
 
À long terme, le Donbass surmontera toutes les difficultés et sortira du feu de la guerre trempé et purifié des souillures!"
 
 
Sergueï Bountovsky, écrivain, historien, Donetsk
 
Sources de l'article :
 
- Site DONi news, le lien : ICI
 
 
Lire la suite

Turquie: Erdogan cite « l’Allemagne d’Hitler » en exemple de la présidence forte qu’il souhaite installer.

2 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #La Turquie, #le nazisme, #Terrorisme, #Europe supranationale, #Les média, #La Russie

La comparaison du traitement médiatique d’Erdogan et de Poutine devrait d’urgence être enseigné en école de journalisme…

Parce que dès ce soir, ce sera oublié dans les médias qui en auront parlé, et ils passeront à autre chose… D’ailleurs les articles qui en parlent ne sont pas en Une, cela aura à peine été vu…

Je la sens bien 2016…

Turquie : Erdogan cite l’Allemagne nazie d’Hitler comme exemple de régime présidentiel efficace

Le président turc, favorable à l’extension de ses prérogatives, a cité l’Allemagne nazie comme un exemple de régime présidentiel efficace. 

Par Francetv info avec AFP, 01/01/2016

Le président islamo-conservateur turc, Recep Tayyip Erdogan, a évoqué l’Allemagne nazie d’Adolf Hitler pour défendre le système présidentiel fort qu’il veut instaurer en Turquie. ”Dans un système unitaire [comme la Turquie] un système présidentiel peut parfaitement exister. Il y a actuellement des exemples dans le monde et aussi des exemples dans l’histoire. Vous en verrez l’exemple dans l’Allemagne d’Hitler, a-t-il dit à des journalistes jeudi 31 décembre, de retour d’une visite de travail en Arabie Saoudite, cité par les journaux.

La présidence turque a réagi vendredi à la polémique suscitée par les propos de Recep Tayyip Erdogan. “La métaphore d’Erdogan sur l’Allemagne d’Hitler a été déformée par certaines sources d’information et utilisée dans un sens contraire” au message qu’il comptait adresser, assure la présidence. Il voulait démontrer que le régime présidentiel n’est pas réservé aux fédérations et que le régime parlementaire n’est pas non plus une garantie contre les abus de pouvoirs, ajoute-t-elle.

Ben oui, quand tu défends un truc, tu expliques que Hitler faisait la même chose pour montrer que ce n’est pas génial, c’est évident…

Recep Tayyip Erdogan qui dirige la Turquie depuis 2002, d’abord comme Premier ministre puis président depuis 2014, veut modifier la constitution afin que le rôle du président passe d’une fonction symbolique à celle d’un dirigeant aux pouvoirs étendus, comme aux Etats-Unis, en Russie ou en France.

A la recherche d’une majorité qualifiée pour modifier la constitution

Le président turc a indiqué qu’il entendait mobiliser dans le courant de la nouvelle année la société turque pour un débat afin de parvenir à un “consensus social” sur ses ambitions présidentielles. Le projet d’un passage à un système présidentiel défendu par l’homme fort de Turquie est revenu au premier plan après la nette victoire (49,5% des voix, 317 députés) de son parti de la justice et du développement (AKP) aux élections du 1er novembre dernier.

Mais l’AKP n’a pas obtenu la majorité qualifiée (367 députés) pour pouvoir modifier la constitution seul et doit rechercher le soutien de l’opposition, opposée en bloc à une présidentialisation du régime sous Erdogan qu’elle accuse de dérive autoritaire. Le Premier ministre Ahmet Davutoglu a, à cette fin, lancé mercredi un premier dialogue avec le chef du principal parti d’opposition CHP (Parti républicain du peuple, CHP), Kemal Kiliçdaroglu, pour relancer les efforts en vue d’une nouvelle constitution plus libérale qui remplacerait l’actuelle héritée du coup d’Etat des militaires, en 1980.

 

 

6 réponses à Turquie: Erdogan cite « l’Allemagne d’Hitler » en exemple de la présidence forte qu’il souhaite installer

Lire la suite

De L'OBS...session anticommuniste : pourquoi Ursula Gauthier, de l’Obs, a dû quitter la Chine et pourquoi on s’en f...

2 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Chine, #AMERIQUE, #Terrorisme, #La mondialisation, #Les transnationales, #Les média, #La France

 

 

De L'OBS...session anticommuniste : pourquoi Ursula Gauthier, de l’Obs, a dû quitter la Chine et pourquoi on s’en f...
De L'OBS...session anticommuniste : pourquoi Ursula Gauthier, de l’Obs, a dû quitter la Chine et pourquoi on s’en f...
De L'OBS...session anticommuniste : pourquoi Ursula Gauthier, de l’Obs, a dû quitter la Chine et pourquoi on s’en f...

Pour lire sans a priori ce qui va suivre, il faut avoir remarqué que l’auteur d’un article sur les USA (un film, un livre, des inondations, le Grand Canyon du Colorado...) n’a jamais à préciser au préalable qu’il se démarque du génocide des Peaux Rouges ou des massacres de l’armée US au Vietnam (ou en plein d’autres endroits, il n’en manque pas).

De même, il devrait être possible d’écrire sur l’engagement russe en Syrie sans commencer par une longue dénonciation du goulag. Par conséquent, il devrait être admis d’écrire sur un événement précis survenu en Chine sans être obligé de prendre ses distances avec la Révolution culturelle, Mao, le culte de la personnalité, le système politique, médiatique, policier, judiciaire chinois, sans jurer que l’auteur n’y voit pas un modèle dont il souhaiterait l’importation en France.

Oui, il devrait être permis d’éviter pareil préambule mais, en vérité, il est préférable d’y faire une halte, faute de quoi les menteurs, les tricheurs, les enfumeurs attaquent sur une étiquette, sur une supposée allégeance politique, pour ne pas avoir à contre-argumenter sur le fond.

Parlons maintenant d’Ursula Gauthier.

Le 18 septembre 2015, des extrémistes ouïgours (que le ministre sarko-socialiste Kouchner appela les « Yoghourts ») habitants du Xinjiang, République autonome chinoise « géographiquement plus proche de Kaboul que de Pékin », armés de couperets et autres armes blanches, ont assassiné une cinquantaine de mineurs Han travaillant dans une mine de charbon. La chasse policière aux terroristes s’est soldée par la mort de 28 d’entre eux.

Alors que la Chine est sous le choc, Ursula Gauthier, correspondante de L’Obs à Pékin, nie le caractère terroriste du pogrom anti-mineurs puisque, à ses yeux, ce qui s’est passé au Xinjiang n’avait rien de commun avec les attentats parisiens de janvier et novembre : il s’agissait d’une réplique à la politique de la Chine qui brime ses minorités ethniques.

Le monde entier a exprimé son émotion après les attentats du 13 novembre à Paris. La Chine aussi, mais Ursula Gauthier décèle dans ce pays (et dans lui seul) une « arrière-pensée ». Arrière-pensée qui vise ici à créer « un amalgame entre la lutte contre le terrorisme international et la répression contre la minorité ouïgoure, dans le Xinjiang ».

Ces partis pris de la journaliste ont indisposé les autorités de Pékin et le visa de presse d’Ursula Gauthier ne lui a pas été renouvelé. Elle doit quitter la Chine.

L’immuable ONG pro-américaine Reporters sans frontières dénonce le « lynchage médiatique » et la« campagne de diffamation et d’intimidation » visant la journaliste. Son patron, Christophe Deloire (un Ménard-bis, à croire qu’ils en font l’élevage, à RSF) demande au gouvernement français « une défense ferme », etc.

La plupart des médias hexagonaux se déclarent solidaires de la journaliste de l’Obs, mais se gardent de publier l’article qui a ulcéré Pekin.

Le magazine Challenge ici s’étonne de l’adhésion du peuple chinois à la réaction chinoise :

« Chine : 95% des internautes "soutiennent l’expulsion" de la journaliste française Ursula Gauthier, selon la presse officielle.
Selon un pointage réalisé lundi soir, 202.318 votes sont en faveur de la décision d’expulsion, soit 94,4% du total.
La plupart des internautes chinois n’ont cependant pas pu lire l’article de la journaliste, non traduit intégralement en mandarin et désormais inaccessible dans sa version française sur le web en Chine, où les autorités maintiennent une stricte censure des contenus en ligne.
 »

La plupart des citoyens français ne l’ont pas lu non plus. Il n’est même pas sûr que tous les journalistes qui font corps l’ont lu. Probablement des extraits. Pour combler cette lacune, LGS vous invite donc à lire l’article dans son intégralité : ici

A présent, nous allons en examiner quelques détails ensemble.

Ursula Gauthier  : « Or, aussi sanglante qu’elle ait été, l’attaque de Baicheng [le 18 septembre 2015]ne ressemble en rien aux attentats du 13 novembre [en France]. Il s’agissait en réalité d’une explosion de rage localisée ». En effet, « Poussé à bout, un petit groupe de Ouïgours armés de hachoirs s’en était pris à une mine de charbon et à ses ouvriers chinois han, probablement pour venger un abus, une injustice, une expropriation ... »

Traduire « s’en était pris » par « ont massacré plusieurs, dizaines de... ». Comprendre dans le« probablement » que la journaliste n’en sait rien, mais il importe de nous persuader que les tueurs répondaient à une possible agression antérieure sur laquelle les historiens nous en diront plus un de ces quatre, mais dont il semble établi que les ouvriers saignés à l’arme blanche n’étaient pas responsables.

Et encore : « Mais pour Pékin qui refuse de reconnaître sa propre responsabilité dans la montée de l’exaspération de ses minorités, la multiplication récente des incidents sanglants au Xinjiang ne peut être que l’œuvre d’une organisation djihadiste internationale. »

Si vous êtes joueur, remplacez dans la phrase ci-dessus, Pékin par Paris, Xinjiang par Bataclan et calculez à quelle heure le RAID va débarquer chez vous, vous plaquer à terre et vous déboiter l’épaule devant vos enfants.

Et encore : « Le hic, c’est que de nombreux experts doutent que l’ETIM [mouvement terroriste ouïgour] soit ce groupe cohérent et dangereux décrit par la Chine. Certains vont même jusqu’à douter de son existence. Après les attentats du 11 septembre, George Bush, désireux par dessus tout de nouer une alliance avec Pékin, avait accepté d’inscrire l’ETIM sur sa liste des organisations terroristes. Aujourd’hui, il ne figure plus sur cette liste ».

Notez : de « nombreux experts » (Lesquels ?) doutent de l’existence de ce groupe naguère inscrit sur la liste des organisatioins terroristes par G. W. Bush dont on connaît la faiblesse, la naïveté et le refus de créer une CIA ou une NSA pour lui ouvrir les yeux.

Ursula Gauthier invoque aussi comme explication « la radicalisation de jeunes poussés à bout par la répression impitoyable qui écrase tous les aspects de la vie des Ouïgours : culture, langue, religion, accès à l’éducation, au travail, voire à un simple passeport »

Le problème est que ce genre d’affirmations a déjà été avancé pour le Tibet et que les observateurs pour qui le goût de la vérité journalistique l’emporte sur la sinophobie ont démontré qu’elles étaient fausses (Voir mon livre : « Le dalaï lama pas si zen » , éditions Max Milo, 2011). Elles entrent en contradiction avec d’autres informations.

Par exemple, dans son livre publié chez Denoël, « Les Chinois sont des hommes comme les autres » , Zheng Ruolin, grand ami de la France où il a vécu une vingtaine d’années, révèle que dans le Xinjiang, quand l’assemblée des élus se réunit il faut 5 interprètes pour qu’ils se comprennent. Cinq langues pratiquées, donc.

L’article d’Ursula Gauthier est un article à charge contre le gouvernement chinois. Et pourquoi pas ? C’est son droit. Il n’a jamais été exigé (et c’est heureux) aux correspondants de presse occidentaux d’adhérer au PCC.

Cette correspondante de l’Obs a même le droit (tenez-vous bien), de trafiquer un peu la réalité, de manipuler le lecteur, de parer des atours de l’information un texte de propagande que des terroristes ne renieraient pas. En France, on est habitué à ça. Le Grand SoirAcrimedInvestig’action (pour ne citer qu’eux) en font régulièrement la démonstration.

Mais dans ce cas précis se posent trois problèmes spécifiques  :

1- Ursula Gauthier escamote la réalité d’un terrorisme ouïgour. Les autorités chinoises, en butte à une minorité de Ouïgours musulmans contaminés par les propagandistes d’Al Qaida à travers leurs centaines de kilomètres de frontière poreuse avec le Pakistan (et une autre, plus courte, avec l’Afghanistan) doivent faire face à un terrorisme réel, sanglant, appuyé depuis l’étranger. Les USA déploient (financent), via la National Endowment for Democracy (NED) plusieurs programmes en direction du Xinjiang (comme en direction du Tibet d’ailleurs, ces deux régions voisines étant chacune un talon d’Achille de la Chine). La plupart des figures historiques de la CIA ont siégé un jour ou l’autre au Conseil d’administration ou à la direction de la NED, dont John Negroponte, nommé ensuite ambassadeur en Irak occupé, puis, de retour aux USA, big chief de tous les services de renseignements US (à ce titre, c’est lui qui avait la charge de nommer le directeur de la CIA).

  • La responsabilité d’un commando ouïgour est établie dans l’attaque d’un poste de police le 4 août 2008 au moment des jeux Olympiques de Pékin dans le Xinjiang : 16 morts.
  •  Le 28 octobre 2013, un commando ouïgour commet un attentat sur la place Tian’anmen à Pékin : 5 morts et 40 blessés.
  • Le 1er mars 2014, un commando ouïgour commet un attentat à la gare de Kunming, capitale du Yunnan : 29 tués au couteau et 130 blessés.
  • Le 18 septembre 2015 donc, c’est l’assassinat d’une cinquantaine de mineurs.

Policiers, touristes et promeneurs, voyageurs, travailleurs, telles sont les catégories de victimes dont on serait étonné d’apprendre qu’elles ont commis un abus, une injustice, une expropriation au Xinjiang avant d’être rassemblées par pas-de-chance sur le lieu de leur mort.

2- Dans une vidéo, Ursula Gauthier se défend ici en disant qu’à aucun moment elle n’a approuvé le terrorisme. Certes, mais à aucun moment elle ne l’a dénoncé, à aucun moment elle n’a exprimé de la compassion envers les victimes, à aucun moment elle n’a eu une once de compréhension pour le gouvernement chinois qui prend des mesures (trop nombreuses, trop tatillonnes, trop brutales ?) pour préserver sa population des attentats et massacres aveugles contre des innocents.

A aucun moment elle n’a des mots d’amitié pour le peuple chinois, sentiment qu’elle revendique un mois après son article militant, à quelques jours de l’expiration de son visa.

Comment croire en effet à la sincérité de son amour (tardif et brisé) qu’elle clame dans une vidéo (ci-dessus) sous l’avalanche des reproches et dont les mots sont en contradiction avec le ton de son article, lequel est consacré à trouver, sinon des excuses, tout au moins des « justifications » aux actes sanglants ? Comment parier un yuan sur son objectivité quand pas un mot de son article n’est de nature à irriter les tueurs ?

Si les mots « terroristes » ou « terrorisme » reviennent 17 fois dans son article, c’est toujours, entre guillemets.

Et qui se douterait, à la lire, que des combattants Ouïgours ont rejoint Daesh en Syrie ? 
Pour y retrouver leur langue et la maison dont ils ont été expropriés ? Par horreur de l’autorité, poussés à bout par l’impossibilité d’obtenir un passeport ? C’est cela-même ; évitons, avec l’Obs, de les confondre avec les terroristes qui ravagent la Syrie et qui envoient en Europe leurs métastases.

3Si Ursula Gauthier avait écrit sur les attentats terroristes de Paris (janvier et novembre) ce qu’elle a écrit sur les attentats au Xinjiang, elle aurait eu à en répondre devant la Justice française et elle aurait été licenciée par son journal, avec l’approbation des médias et dans le silence de RSF.

Car, rappelons-nous Charlie Hebdo, ce n’est pas si vieux  

Des fous du même métal que les fanatiques ouïgours se sont livrés à un massacre odieux à Charlie Hebdo.

Et, dans la France saisie d’effroi et de pitié, pas une seule Ursula Gauthier ne s’est avisée d’écrire ce qu’elle écrit des massacres aveugles en Chine.

Pas un seul journaliste n’a mis alors des guillemets à terroristes !

En janvier 2015, le gouvernement français a demandé qu’une minute de silence soit observée dans les écoles. Les cas de non respect ont été signalés. Ecoutons la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, le 14 janvier 2015, à l’Assemblée nationale (Questions au gouvernement) :ici :

 « S’agissant de la minute de silence elle-même c’est une centaine d’incidents qui nous ont été remontés. Les jours qui ont suivi nous avons demandé la même vigilance, et c’est une nouvelle centaine d’évènements et d’incidents qui nous ont été remontés. Parmi eux une quarantaine ont d’ailleurs été transmis aux services de police, de gendarmerie, de justice, parce que pour certains il s’agissait même d’apologie du terrorisme. Nous ne pouvons pas laisser passer cela. »

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a publié une circulaire demandant aux procureurs de la République de faire preuve d’une « extrême réactivité » et de « fermeté ». 

  • Un enfant de 8 ans a été conduit au commissariat pour ne pas avoir voulu « être Charlie » et pour avoir parlé de terroristes, mot dont il s’est avéré qu’il ne connaissait pas la signification.
  • Un basketteur professionnel, Akin Akingbala, pivot nigérian de l’équipe de Rouen, a été mis à la porte de son club sportif le 17 février pour un message privé repris sur le réseau social Twitter. Celui-ci, écrit à l’origine par un journaliste britannique, disait en anglais « Je ne suis pas Charlie, je suis Ahmed, le policier mort.... ».
  • Le mensuel Le Monde Diplomatique de Janvier 2015 signale que la répression va de« l’inculpation de jeunes pour des dessins (oui !) à la condamnation à Grenoble à six mois de prison ferme d’un déficient mental »
  • Un homme de 28 ans qui avait crié à l’adresse de policiers : « Ils ont tué Charlie, moi j’ai bien rigolé », a été condamné à six mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Bourgoin-Jallieu, en Isère. 
  • Le quotidien Ouest France du 14 janvier 2015 nous apprend que « Plus de cinquante procédures pour apologie du terrorisme ont été ouvertes en France depuis l’attentat à Charlie Hebdo il y a une semaine, d’après le ministère de la Justice ».

Les rigolos, les ivrognes, les bravaches, qui se défoulent avec des plaisanteries de mauvais goût sur le sujet sont jugés sans tarder. Une dizaine de condamnations - plutôt lourdes - sont prononcées dans les jours qui suivent.

C’était la France traumatisée de janvier 2015, celle qui sentait le Patriot act, celle où un message privé, un mot dans la rue, un article pouvaient vous conduire devant un tribunal.

Pour Ursula Gauthier, si la Chine « une société qui n’éprouve que peu de sympathie pour le reste du monde » (mais qu’elle adôôôre, découvre-t-elle en bouclant ses valises) s’est associée en novembre à la douleur de la France c’est pour obtenir « en retour le soutien de la communauté internationale dans ses propres démêlés avec sa minorité la plus remuante : les Ouïgours du Xinjiang ». 

D’où le titre de l’article d’Ursula Gauthier dans l’Obs : « Après les attentats, la solidarité de la Chine n’est pas sans arrière-pensées ».

A croire que le rassemblement des chefs d’Etat pour Charlie Hebdo à Paris était dépourvu d’arrière-pensées.

Si la presse française traverse une crise grave, si elle est obligée pour subsister de se vendre à des industriels et à des banquiers, de solliciter des aides financières importantes de l’Etat, la conjoncture n’explique pas tout : la profession est largement discréditée et nous venons de mieux comprendre pourquoi, grâce à Ursula Gauthier. Le péché mortel d’un journaliste est de croire qu’il est intellectuellement supérieur à tous ses lecteurs, que ceux-ci n’ont aucun moyen de vérifier ce qu’il écrit ni de sentir, sous la présentation partielle et partiale des faits, un discours engagé et un coeur froid.

Et ces silences !

Comment faire comprendre au lecteur la nervosité de Pékin face aux terroristes islamistes et aux séparatistes si l’on ne lui dit pas que le Xinjiang est la seconde région productrice de pétrole du pays, qu’il fournit un tiers de la consommation nationale en gaz naturel, qu’il est le premier producteur de charbon avec 40% des réserves nationales. On y trouve le plus grand gisement d’uranium du pays. Ajoutez à cela les passages de gazoducs et d’oléoducs et vous en saurez plus sur le Xinjiang.

Ah, vraiment, il n’est pas besoin d’avoir la nostalgie de la Révolution culturelle, du Grand Timonier,Grand Commandant en Chef et Grand Pilote, de vouloir importer en France le système politique, médiatique, policier, judiciaire, culinaire (je fais référence aux insectes grillés et aux brochettes de scorpions, pas à la Tsingtao) chinois pour se démarquer de cette journaliste et pour ne pas rejoindre la meute qui regrette son expulsion alors qu’il urge surtout de dénoncer ce qu’elle écrit et son manque de probité qui est pointé par une grande partie des Internautes... sur le site de l’Obs.

Ah, madame Gauthier, comme vous nous dites bien que vous vous en f... des 50 mineurs massacrés à la machette, 50 prolos qui travaillaient pour nourrir leur famille, mais qui, aux yeux « d’assassins que craignent les panthères et dont tremble un poignard quand leurs mains l’a touché » (Aragon) présentaient les défauts rédhibitoires qui attisent les haines et qui leur ont été signifiés par des cris :« On est chez nous ! » et « Allahou akbar ! ». Probablement, comme vous diriez.

Maxime Vivas

PS. Il y a quelque chose de glaçant dans le raisonnement d’Ursula Gauthier pour qui des ouvriers chinois qui extraient du charbon au Xinjiang sans être originaires de cette région chinoise ne méritent pas plus de compassion (ou alors, qu’elle l’exprime enfin !) que celle que manifestait chez nous l’extrême droite dans les pogroms meurtriers anti-italien de 1893 à Aigues-Mortes, ou dans le racisme anti-polonais dans le Nord ou dans les récentes exactions corses contre les lieux de culte musulmans.

Malgré une hostilité envers la Chine que ses articles précédents attestent, Ursula Gauthier aurait sans doute obtenu une fois de plus la prolongation de son visa, si elle ne s’était avisée de tracer les frontières de la Chine, de délivrer des droits du sol, d’insinuer qu’il y a des Chinois moins Chinois que d’autres (les Han) et qui feraient bien de rester chez eux, de déguiser en patriotes (jusqu’à les absoudre) des terroristes vérolés par le nationalisme, le racisme, l’intégrisme religieux, la sauvagerie, le mépris de la vie des autres Chinois.

Mais, puisqu’elle rentre en France, je conseille à l’Obs (par gentillesse) de ne pas lui commander des articles sur le terrorisme, calqués sur sa vision pékinoise du problème.

URL de cet article 29780 
Lire la suite

http://www.les-crises.fr/propagande-l-elimination-de-zahran-alloush-le-combattant-islamiste-que-tous-adoraient-detester-par-hala-kodmani/

31 Décembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #Daesch, #Les média, #la liberté

Ma petite enquête du jour, que je partage avec vous en mode “live”. (spécial école de “journalisme”©)

Un bel exemple de propagande journalistique du XXIe siècle.

I. Libération : “L’élimination de Zahran Alloush, le combattant islamiste que tous adoraient détester, par Hala Kodmani”

Voici l’article de Libération. Lisez-le et exercez votre esprit critique. Mon analyse suit.

Source : Liberation, Hala Kodmani, 27-12-2015

Zahran Alloush, le 21 juillet, dans son fief de Douma. Photo AMER ALMOHIBANY. AFP

Le décès à la suite d’une frappe russe, près de Damas, du chef du groupe Armée de l’islam, qui était prêt à discuter dans des négociations de paix, risque de rendre mort-né le processus voulu par l’ONU.

« Non je ne me réjouis pas que Zahran Alloush ait été tué par les Russes, malgré l’énorme différend personnel et public qui m’oppose à lui.» C’est un ennemi juré du chef du groupe Armée de l’islam, qui réagit ainsi vendredi à la confirmation de sa mort dans un raid aérien près de Damas. L’écrivain syrien Yassin al-Haj Saleh accuse Alloush de l’enlèvement à Douma de sa propre femme, disparue depuis fin 2013 au côté de l’avocate des droits de l’homme Razan Zaitouneh et de deux autres de leurs compagnons. La réaction de l’intellectuel opposant démocrate aujourd’hui exilé en Turquie illustre les sentiments ambivalents des nombreux et divers adversaires du chef de guerre salafiste que tout le monde adorait détester.

Puissant chef et fondateur de la formation la plus importante de la rébellion syrienne dans la région de Damas, estimée à 45 000 hommes, Zahran Alloush, 44 ans qui régnait en maître incontesté sur la Ghouta orientale était un personnage hautement controversé. Libéré au début de l’été 2011 du célèbre « pavillon islamiste » de la prison de Sednaya en même temps que des dizaines de salafistes et jihadistes, à la faveur d’une amnistie de Bachar al-Assad, il annonce aussitôt vouloir renverser le régime par la force, au grand dam des militants de la révolution encore pacifique, qui le soupçonnent de complicité objective avec le régime. Il s’installe dans sa ville natale de Douma, 100 000 habitants à 10 km au nord-est de la capitale, où son père était déjà connu comme prédicateur salafiste proche de l’Arabie Saoudite, devenue le principal soutien du fils Alloush. Après avoir participé à la «libération» de la région des forces du régime fin 2011, Zahran parvient à unifier les différents groupes d’opposition armés rivaux sous la bannière de l’Armée de l’islam, imposant un ordre, loin du chaos d’autres zones rebelles au nord de la Syrie.

Assiégée, affamée et régulièrement bombardée par l’armée de Bachar al-Assad, l’enclave, comparée par un chercheur américain à une «bande de Gaza géante» survit miraculeusement. «Du fait de la corruption et du ravitaillement par les tunnels contrôlés par le seigneur de guerre», disent les détracteurs d’Alloush. «Grâce à une gestion politique et militaire rigoureuse», considèrent au contraire ses partisans de Douma, banlieue sunnite longtemps marginalisée et farouchement opposée au régime. «Nous avons à Ghouta des ressources comme l’eau et l’agriculture, mais aussi de nombreux professionnels parmi les citoyens qui se sont montrés très créatifs pour assurer les besoins vitaux de la population», assurait Zahran Alloush. Dans une interview publiée le 15 décembre sur le site The Daily Beast, du New York Times, au lendemain de la réunion à Riyad des différentes composantes politiques et militaires de l’opposition syrienne, dont un représentant de l’Armée de l’islam, Alloush se pose  en maître du pragmatisme. «Nos priorités restent celles des débuts de la révolution syrienne : débarrasser notre pays de toute forme de dictature et de terrorisme. Comme toutes les autres forces révolutionnaires, nous combattons tant les forces d’Assad que la mentalité takfiriste de l’Etat islamique», expliquait il.

Fort de ses succès contre les forces de l’Etat islamique qu’il a réussi à chasser de toutes les régions qu’il contrôlait près de Damas, le chef de l’Armée de l’islam s’est présenté comme un exemple pour une rébellion syrienne islamique mais non jihadiste. Le profil parfait aujourd’hui pour les Saoudiens, qui lui ont toujours apporté un soutien politique et financier solide et généreux. «L’armée d’Alloush est exclusivement composée de Syriens, sans combattants étrangers ou anciens jihadistes d’Irak ou d’Afghanistan», souligne Hadeel Oueiss, jeune journaliste syrienne, chrétienne d’Alep, qui l’a interviewé par téléphone pour le Daily Beast. «Installé à quelques kilomètres du palais présidentiel de Damas, il est une cible de choix pour les frappes russes», écrivait la journaliste, dix jours avant l’assassinat ciblé de Zahran Alloush.

Logiquement, les médias du régime Assad ont célébré «la mort du grand terroriste des Saud», les hommes du Hezbollah ont distribué des pâtisseries dans la banlieue sud de Beyrouth, tandis que l’Iran se réjouissait de l’élimination du «terroriste wahhabite» et que la Russie rappelait les attaques de l’Armée de l’islam contre les habitants de Damas. Les plus heureux de sa disparition étaient les hommes de l’Etat islamique qui ont salué «la fin d’un traître à l’islam». En revanche, dans le camp des opposants syriens, l’assassinat de Zahran Alloush est un coup dur. «Il aura des conséquences sur tout le processus politique et diplomatique entamé à Vienne et Genève», affirme Riad Hijab, ancien Premier ministre syrien, devenu coordinateur de la délégation qui devrait participer aux négociations avec les représentants du régime. «C’est la perspective de la seule solution politique possible en Syrie que la Russie a tué aujourd’hui», selon la militante démocrate Nahed Badawyé.

Source : Liberation, Hala Kodmani, 27-12-2015

II. Analyse de texte

Le décès à la suite d’une frappe russe, près de Damas, du chef du groupe Armée de l’islam, qui était prêt à discuter dans des négociations de paix, risque de rendre mort-né le processus voulu par l’ONU.

Déjà, le sous-titre est mythique… Salauds de Russes, oser tuer le chef de l’armée de l’Islam !

« Non je ne me réjouis pas que Zahran Alloush ait été tué par les Russes, malgré l’énorme différend personnel et public qui m’oppose à lui.»

Donc là, la journaliste dès la première phrase vous dit clairement quoi penser. 1/ sa mort est regrettable 2/ salauds de Russes (bis)

C’est un ennemi juré du chef du groupe Armée de l’islam, qui réagit ainsi vendredi à la confirmation de sa mort dans un raid aérien près de Damas. L’écrivain syrien Yassin al-Haj Saleh accuse Alloush de l’enlèvement à Douma de sa propre femme, disparue depuis fin 2013 au côté de l’avocate des droits de l’homme Razan Zaitouneh et de deux autres de leurs compagnons. La réaction  de l’intellectuel opposant démocrate aujourd’hui exilé en Turquie illustre les sentiments ambivalents des nombreux et divers adversaires du chef de guerre salafiste que tout le monde adorait détester.

Dans le texte de la journaliste, il ne ressort aucune ambivalence, c’est au contraire très clair…

Amnistie.

Admirez le choix du mot mis en exergue…

Puissant chef et fondateur de la formation la plus importante de la rébellion syrienne dans la région de Damas, estimée à 45 000 hommes, Zahran Alloush, 44 ans qui régnait en maître incontesté sur la Ghouta orientale était un personnage hautement controversé. Libéré au début de l’été 2011 du célèbre « pavillon islamiste » de la prison de Sednaya en même temps que des dizaines de salafistes et jihadistes, à la faveur d’une amnistie de Bachar al-Assad, il annonce aussitôt vouloir renverser le régime par la force, au grand dam des militants de la révolution encore pacifique, qui le soupçonnent de complicité objective avec le régime.

Ca m’a donné l’occasion de creuser une bonne fois pour toutes cette historie d’amnistie, qui ressort souvent.

Que nous dit (ou sous-entend) la propagande ? Que, pour lutter contre les gentils manifestants démocrates, l’infâme dictateur sanguinaire de sinistre mémoire “Bachar” a alors libéré les masses d’islamistes qu’il avait emprisonnés afin qu’ils aillent combattre à sa place les gentils démocrates, bref qu’il a instrumentalisé – si ce n’est créé – al-Qaïda en Syrie et Daech. Ce que la journaliste ici reprend sur le monde “on le soupçonne de complicité avec “le régime”©”. Bien.

Qu’en est-il ?  L’AFP indiquait le 31 mai 2011 : « ”Le président Assad a décrété un décret accordant une amnistie générale à tous les crimes commis avant le 31 mai 2011″, a indiqué l’agence officielle Sana. “L’amnistie touche tous les détenus politiques ainsi que les membres de la confrérie des Frères musulmans.”» Une amnistie générale donc. Combien, et pourquoi ? Il faut quitter les médias français pour comprendre. Le Washington Post précise : « The amnesty could affect about 10,000 people who Syrian activists say have been rounded up since the anti-government protests broke out in mid-March. The release of political prisoners has been a key demand of the opposition.» « L’amnistie pourrait concerner environ 10 000 personnes dont les manifestants syriens indiquent qu’elles ont été emprisonnées depuis que les protestations anti-gouvernementales ont éclaté mi-mars. La libération des prisonniers politiques était une demandé clé de l’opposition. » Al Jaseera confirme : « The amnesty decree is believed to be a part of the overtures by the Syrian government to its opposition, largely seen as symbolic. But it is also seen as an appeal to protesters, as one of their main demands has been the release of political prisoners » « Cette amnistie est considérée comme faisant partie des ouvertures du gouvernement syrien à son opposition. Mais elle est est aussi vue comme un appel direct aux manifestants, puisqu’une de leur principale revendication était la libération des prisonniers politiques» 

Donc après que le gouvernement syrien ait arrêté des milliers de manifestants, il a décidé de faire un geste d’apaisement par une amnistie générale, libérant des milliers de prisonniers, dont des “dizaines” d’islamistes – vu que c’était la principale revendication des manifestants.

Et la propagande utilise désormais ça pour laisser entendre qu’Assad est allié des islamistes : quand Bachar arrête les islamistes, c’est un tyran, quand il les libère (avec des milliers d’autres opposants), c’est un complice de Daech – fantastique. Je vous renvoie enfin à la déclaration de Robert Baer, ancien responsable de la CIA pour la région qu’on interrogeait sur ces accusations de complicité Assad / islamistes: “C’est tout simplement délirant. Ces gens sont guidés par le Coran et le divin, ce sont de vrais fanatiques.

Mais pourquoi écouter les pros quand on a des “journalistes”© ? Et donc, Mme Kodmani reprend des rumeurs complotistes de complicité, et c’est tellement crédible qu’elle indique que le “complice” a aussitôt indiqué vouloir renverser Assad par la force, ce qu’il a immédiatement commencé à faire. Que la réalité ait montré le niveau de délire de l’accusation n’empêche donc pas la “journaliste”© de toujours reprendre ces ragots fin 2015.

Bon, voilà, une demi-heure de recherche sur Internet. Et je vous avoue que, bien que rodé, une part de moi reste toujours sidérée de la façon dont les médias nous prennent vraiment pour des imbéciles, et en quoi on ne peut pas leur faire confiance pour rapporter honnêtement des évènements à l’international…

Il s’installe dans sa ville natale de Douma, 100 000 habitants à 10 km au nord-est de la capitale, où son père était déjà connu comme prédicateur salafiste proche de l’Arabie Saoudite, devenue le  principal soutien du fils Alloush. Après avoir participé à la «libération» de la région des forces du régime fin 2011, Zahran parvient à unifier les différents groupes d’opposition armés rivaux sous la bannière de l’Armée de l’islam, imposant un ordre, loin du chaos d’autres zones rebelles au nord de la Syrie.

Euh, donc “vive l”armée de l’islam” et son ordre, quoi ? Je signale que Daech est aussi apprécié sur place car il ramène l’ordre, et a une réelle action sociale…

«Takfiriste»

Assiégée, affamée et régulièrement bombardée par l’armée de Bachar al-Assad, l’enclave, comparée par un chercheur américain à une «bande de Gaza géante» survit miraculeusement. «Du fait de la corruption et du ravitaillement par les tunnels contrôlés par le seigneur de guerre», disent les détracteurs d’Alloush. «Grâce à une gestion politique et militaire rigoureuse», considèrent au contraire ses partisans de Douma, banlieue sunnite longtemps marginalisée et farouchement opposée au régime. «Nous avons à Ghouta des ressources comme l’eau et l’agriculture, mais aussi de nombreux professionnels parmi les citoyens qui se sont montrés très créatifs pour assurer les besoins vitaux de la population», assurait Zahran Alloush. Dans une interview publiée le 15 décembre sur le site The Daily Beast, du New York Times, au lendemain de la réunion à Riyad des différentes composantes politiques et militaires de l’opposition syrienne, dont un représentant de l’Armée de l’islam, Alloush se pose  en maître du pragmatisme. «Nos priorités restent celles des débuts de la révolution syrienne : débarrasser notre pays de toute forme de dictature et de terrorisme. Comme toutes les autres forces révolutionnaires, nous combattons tant les forces d’Assad que la mentalité takfiriste de l’État islamique», expliquait il.

Ben oui, on le sent super démocrate le gars, “ennemi des dictatures financé par l’Arabie Saoudite” (il vaut mieux lire ça que d’être aveugle)… Comme la “journaliste”© ne précise pas, les takfiri sont des extrémistes islamistes adeptes d’une idéologie ultra-violente.

Fort de ses succès contre les forces de l’État islamique qu’il a réussi à chasser de toutes les régions qu’il contrôlait près de Damas, le chef de l’Armée de l’islam s’est présenté comme un exemple pour une rébellion syrienne islamique mais non jihadiste.

OB : Ah, j’imagine que c’est donc ça un “rebelle modéré” ? En tous cas, on peut reconnaitre qu’il y a pire comme traitement médiatique pour un combattant islamiste. On se croirait face à un “journalisye”© nous parlant de l’Afghanistan en 1980…

Le profil parfait aujourd’hui pour les Saoudiens, qui lui ont toujours apporté un soutien politique et financier solide et généreux. «L’armée d’Alloush est exclusivement composée de Syriens, sans combattants étrangers ou anciens jihadistes d’Irak ou d’Afghanistan»,

Ok. Le gars a 45 000 combattants, et PAS UN étranger, ni djihadiste. Chapeau. J’imagine qu’elle pointé la liste des 45 000, chapeau, sacré boulot.

souligne Hadeel Oueiss, jeune journaliste syrienne, chrétienne d’Alep, qui l’a interviewé par téléphone pour le Daily Beast.

Ah pardon, non. La source est une “jeune journaliste”© syrienne, qui l’a interviewé par téléphone, et qui répète donc simplement ses déclarations. Bref, c’est juste lui qui le dit, mais on habille ça pour que ça fasse professionnel…

L’Interview du Daily Beast est ici. On apprend qu’elle est jeune en effet, 23 ans… Du lourd. (des fois, je me dis que tout ceci est un cauchemar et que je vais me réveiller). Elle est cependant courageuse, car elle a manifesté contre Assad en 2011, et indique avoir été arrêtée et torturée par les forces de sécurité. Elle reprend sans distance les accusations sur le bombardement au gaz de 2013.

C’est dommage que Mme Kodmani ne reprenne pas certaines perles de l’interview, comme “Q : “Dans vos précédentes interviews, vosu disiez que vous n’aviez pas de différences fondamentales avec le front al-Nosra, la franchise d’al-Qaïda en Syrie, et que votre conseiller en charia n’avait pas de divergence avec le leur [...]  R : je faisais allusion à Abu Maria al-Qahtani, l’un des conseillers de la charia [d'al-Nosra]. Nous avons vu que Qahtani montrait un visage modéré et nous voulions encourager ces efforts. Maintenant al-Nosra a différents conseillers de la charia, et la nôtre a désormais de nombreux désaccords avec eux, idéologiquement et intellectuellement.” OK, l’idéologue modéré d’al-Qaïda…

Et aussi : “Nous croyons que, à l’avenir,la Syrie après Assad devrait être dirigée par un corps technocratique qui aurait les compétences et les qualifications. Nous ne croyons pas que la Syrie devrait être dirigée par des factions sectaires ou partisanes, mais par un organisme technocratique qui représenterait la diversité du peuple syrien. ” OK. Le type a donc toutes les qualifications requises pour intégrer l’ENA…

«Installé à quelques kilomètres du palais présidentiel de Damas, il est une cible de choix pour les frappes russes», écrivait la journaliste, dix jours avant l’assassinat ciblé de Zahran Alloush.

Pâtisseries

Logiquement, les médias du régime Assad ont célébré «la mort du grand terroriste des Saud», les hommes du Hezbollah ont distribué des pâtisseries dans la banlieue sud de Beyrouth, tandis que l’Iran se réjouissait de l’élimination du «terroriste wahhabite» et que la Russie rappelait les attaques de l’Armée de l’islam contre les habitants de Damas.

Que du bon : dans la même phrase Assad, Hezbollah, Iran et Russie, carton plein – avec bonus “pâtisseries”, quels barbares ces russo-chiites… Important d’avoir toujours une image (sans intérêt en l’espèce) qui va frapper l’esprit…

Les plus heureux de sa disparition étaient les hommes de l’État islamique qui ont salué «la fin d’un traître à l’islam». En revanche, dans le camp des opposants syriens,

parce que l’État islamique, ce n’est pas un “opposant syrien”, hein, c’est un complice…

dans le camp des opposants syriens, l’assassinat de Zahran Alloush est un coup dur«Il aura des conséquences sur tout le processus politique et diplomatique entamé à Vienne et Genève», affirme Riad Hijab, ancien Premier ministre syrien, devenu coordinateur de la délégation qui devrait participer aux négociations avec les représentants du régime.

«C’est la perspective de la seule solution politique possible en Syrie que la Russie a tué aujourd’hui», selon la militante démocrate Nahed Badawia.

La conclusion est formidable. Limite délirante, en tous cas sans le moindre conditionnel, sans la moindre analyse, chapeau, l’article se conclut comme il a commencé… Salauds de Russes !

Hala Kodmani

========================================================

Mais qui était Zahran Alloush ?

Difficile de le savoir à la lecture de sa page Wikipedia en français, elle est très limitée.

Sa page anglaise est au contraire éclairante – veinards, on vous l’a traduite (avec nos excuses, c’est approximatif vu que c’est la traduction en français de la traduction en anglais d’insultes arabes):

 

Zahran Alloush (Arabic: زهران علوش Zahrān `Alūš; 1971 – 25 December 2015) Zahran Alloush Jaysh al-Islam est un membre central du Front Islamique dont il était le chef militaire et était décrit comme un des personnages les plus important dans la partie de la Syrie occupée par les rebelles. Alloush appellait au nettoyage de tous les Alaouites et Chiites de Damas., déclarant plus tard aux journalistes occidentaux que cette déclaration et d’autres similaires avaient été causé par la pression et le “stress psychologique” auquel il fut exposé lors du siège gouvernmental de Ghouta. Il a été tué le 25 décembre 2015 et son successeur est Essam al-Buwayadha.

Début de vie

Zahran Alloush (né en 1971 à Douma, Rif Dimashq) était marié à 3 femmes. Il était le fils du Cheik Abdullah Alloush, un prêcheur Salafiste de Damas qui avait vécu en Arabie Saoudite

Il a commencé une Maîtrise à la faculté de Droit de l’Université de Damas et à terminé une Maîtrise en droit de la Charia à l’Université Islamique de Médine. La division Palestine du renseignement Syrien l’a arrêté en 2009 pour possession d’armes. Il a été relâche de la prison de Sedanaya en 2011 lors de l’amnistie générale décrétée trois mois après le déclenchement de la rébellion syrienne.

Guerre Civile Syrienne

Après sa libération, il a fondé un groupe rebelle nommé « le Bataillon de l’Islam » pour combattre le gouvernement Assad. Le groupe a grandi et s’est renommé Brigade de l’Islam. En 2013, il s’est joint à d’autres factions pour créer l’Armée de l’Islam, toujours sous la direction d’Alloush. Il est devenu le groupe le plus puissant opérant dans la zone de Damas.

De nombreuses figures de l’opposition syrienne ont accusé Alloush d’être responsable du kidnapping de l’activiste syrien Razan Zeitouneh et de sa compagne à Douma le 9 décembre 2013. Alloush à nié ces allégations.

Alloush a prononcé un discours sur les mérites du Hadj (le pèlerinage à la Mecque) en 2013 et a s’est adressé à Osama ben Laden en l’appelant par les titres honorifiques de « Cheik » et de « rahimahu Allah » pour avoir fait son Hadj aux environs de 1991-92 quand Alloush était à l’Université Islamique de Médine. Alloush considérait Jabhat al-Nosra, filiale syrienne d’al Quaïda, comme « nos frères » disant que « la conclusion de cette question est que nous, à Jaish al-Islam, louons nos frères du Front al-Nosra et ne les considérons pas comme Khawarij (terroristes) comme il est dit d’eux. Nous combattons à leurs coté et ils combattent à nos côtés. »[15]

Alloush a fait une déclaration durant le Ramadan de 2013 où il attaquait les Chiites en les qualifiant de “Rafidis”, les Alouites qu’il appellait “Nusayris” et les “Majus” (Zoroastrians), déclarant que «  les Moudjahidin de Shaam vont nettoyer Shaam des immondices des Rafidis et du Rafidisme, ils vont nettoyer à jamais « in sha Allah », puis ils vont nettoyer la terre de Shaam des immondices des Majoos (adorateurs du feu) qui combattent la religion d’Allah le Tout-Puissant », « les Chiites sont méprisables et pitoyables depuis toujours“, “Et je vous annonce, vous immondes Rafidis : comme Banu Umayya vous a écrasé dans le passé, le peuple de Ghouta & Shaam vous écrasera bientôt. Ils vous feront goûter le douloureux tourments de ce monde, avant qu’Allah vous les fasses goûter dans l’Au-Delà, vous Rafidis impurs. Vous vous confronterez avec l’incroyable puissance des Combattants de l’Islam.[16][17][18][19][20][21]

Alloush a injurié les Chiites, Alaouites et Iraniens des noms de “Rafidi”, “Nusayri”, et “Majusi” (Magi, un terme référent aux Zoroastriens).[22]

Alloush a déclaré que les Alaouites était «  plus infidèles que les Juifs et les Chrétiens » (أكفر من اليهود والنصارى), qualifiant les Alouites de “Nusayri” (النصيرية).[23] terme issu d’une fatwa sur les Alaouites émise par Ibn Taymiyyah.[24]

Alloush déclara que « notre nation a soif d’un état Islamique » et a attaqué la démocratie après qu’un journaliste ait demandé à Alloush «  pouvez-vous accepter un état laïque, démocratique et pluraliste ? ».[25][26][27][28][29][30][31]

Zahran Alloush a déclaré que celui que « celui qui regarde les temps modernes voit que depuis que le Jihad s’est établi dans le monde islamique depuis l’Afghanistan jusqu’à la Tchétchnie, la Bosnie-Herzgovine, le Kosovo, l’Afrique, l’Irak, la Somalie et maintenant la Syrie, l’Ouest traite le Jihad avec un double standard. D’abord il veut utiliser le Jihad pour disséminer l’extrémisme puis il importe les fils du monde islamique pour les unir sous une idéologie qui fait haïr La Religion par la majorité des musulmans ».[32]

Alloush s’est aussi moqué des médias sociaux.[33] L’ancien compte Twitter officiel de Zahran Alloush, zahran1970,  qui fut suspend par Twitter, envoya de multiple messages directs appelant les gens « soldats de l’armée électronique Nusayri » et « servant des Juifs ibn Saba’“, et des « ennemis d’Allah » en même temps que la dernière partie du Coran verset 3:119 (قل موتوا بغيظكم إن الله عليم بذات الصدور) qui dit au gens de mourir en colère et qu’Allah sait ce qui se passe en eux.[34]

Alloush’s Jaysh al-Islam a diffusé une vidéo glorifiant les Ommeyades et la conquête du Levant par les musulmans.[35][36]

Zahran Alloush a émis un discours exhortant ses combattants à combattre les « Magi et les Rafidi ennemis » qu’il a accusé d’essayer d’établir un « Etat Magi » et un « Etat Perse.[37][38]

En avril 2015, Zahran Alloush apparu soudainement dans la ville turque d’Istanbul. Un porte-parole de l’Armée de l’Islam déclarât qu’Alloush voulait rencontrer les dirigeants des groupes rebelles à Istanbul pour discuter de la manière de lever le siège de Ghouta. Il a été critiqué par le public. Dans les média, nombreux sont ceux qui se sont demandé comment il a pu voyager en Turquie et revenir alors que la ville était encerclée.[39]

Le 9 avril 2015, le compte officiel Twitter d’Alloush zahranalloush a retweetté le discours du Ramadan de 2013 appelant à l’extermination des Chiites et des Alaouites du Levant.[40]

Alloush a rejeté la démocratie et a appelé à un état islamique pour succéder à Assad, même si lors d’une interview avec les journalistes de McClatchy, Alloush a utilisé une rhétorique modérée, déclarant que les Syriens devraient décider dans quel sorte d’état ils voulaient vivre, que les Alaouites faisaient partie du peuple syriens et que seuls ceux qui avaient du sang sur les mains devaient en rendre compte. Son porte-parole a déclaré que la rhétorique sectaire et islamique qu’Alloush avait utilisé précédemment était à consommation interne pour rallier ses combattants.[3][41][42]

En juillet 2015, Alloush a accusé les « forces internationales » de mener une guerre de médias contre les Jihadistes tel son propre groupe Jaysh al-Islam.[43]

Zahran Alloush a dénoncé le PKK [44] et a déclaré que « ce Parti des Travailleurs du Kurdistan avait adopté le philosophie de Hegel comme son idéologie… Hegel est un communiste.”[45][46][47]

Le capitaine Islam Allouche, un cousin de of Zahran Alloush, est porte-parole de Jaysh al Islam et gère le compte Twitter (ndt : anglophone) islamallousheng,[48] et le compte arabe  islamdamas1980.[49] Islam Alloush a annoncé que Jaysh al-Islam’s appuyait l’offensive turque contre le PKK.[50]

Mort

Il a été déclaré tué dans le village d’Utaya à l’Est de Damas le  25 December 2015 par une frappe de l’armée de l’air syrienne.[51]

Allégations de crimes de guerre

Alloush a été accusé de la disparition de l’activiste syrien des droit civils et avocat des droits humains  Razan Zaitouneh, qui a été enlevé par des hommes armés, en même temps que sa femme et deux autres collègues, de leur bureau dans la zone controlée par Jaysh al-Islam à Douma en décembre 2013.[52]

Le 1er novembre 2015, il a été rapporté que les forces de Jaysh al-Islam forces paradaient avec des civils alaouites enfermés dans des cages à l’est de Ghouta pour se protéger de frappes aériennes russes.[53][54] (Source)

Il a été confirmé que Jaish Al-Islam a participé au massacre d’Adra [55] commis par le Front Islamique (dont il est membre).

======================================

Bien bien bien…

Bon, je vous abandonne quelques minutes, je vais aller manger des pâtisseries….

En attendant, si quelqu’un pouvait compléter la page Wikipedia en français du monsieur, ce serait bien – voir d’améliorer ensuite les traductions. Me contacter si besoin.

Mais qui a tué  Zahran Alloush ?

Vous voulez rire ?

Pourquoi la journaliste dit-elle que c’est l’aviation russe qui l’a tué ?

  1. Ce sont les rebelles qui disent ça, mais ils n’ont aucun moyen de connaitre la nationalité de l’avion, évidemment…
  2. L’armée russe a dit que ce n’était pas elle
  3. L’armée syrienne l’a revendiqué

Donc la source de Libé ce sont les islamistes, qui n’ont aucun moyen de connaitre la vérité…

Lire ici par exemple “on doit considérer jusqu’à preuve du contraire que c’est bien l’armée syrienne qui est à l’origine du bombardement. Depuis cette date du 25 décembre et à ce jour 28 décembre, aucune source ne remet en cause la revendication syrienne ‪En conclusion : Tan Khaerr ne donne aucune source autre que des affirmations gratuites et non étayées datant toutes du 25 décembre, avant la revendication syrienne. Par ailleurs, son insistance à vouloir impliquer l’aviation russe en l’absence de tout élément probant est troublante

Mais qui est Hala Kodmani ? (la journaliste de Libé)

Alors là, la page Wikipedia en français est  encore plus limitée, mais très éclairante…

Ancienne attachée de presse de Boutros Boutros-Ghali à l’Organisation internationale de la francophonie et ancienne collaboratrice du délégué de la Ligue arabe à Paris, elle est aujourd’hui responsable de la rubrique Syrie à Libération après avoir dirigé la rédaction arabe de la chaîne France 24,

Elle a participé à divers travaux documentaires sur le Moyen-Orient, notamment sur Damas en Syrie.

Elle est la sœur de Bassma Kodmani, cofondatrice du Conseil national syrien (organe de l’opposition syrienne basé à Paris).

Elle a fondé en mai 2011 et préside l’association française Souria Houria (Syrie Liberté) qui milite pour le renversement du régime de Bachar el-Assad.

Elle a gagné en 2013 le prix de L’Association de la presse diplomatique française (l’APDF) pour sa couverture de la situation en Syrie.

Ah oui, quand même… La responsable de la rubrique Syrie à Libération a créé une association militant pour le renversement d’Assad : chapeau la déontologie. Donc on a à Libération des responsables de rubrique Syrie ou Russie totalement biaisés anti-gouvernement local (et donc dans le sens de notre gouvernement), et ceux des États-Unis et de Bruxelles totalement biaisés dans l’autre sens (et toujours dans le sens de notre gouvernement).

Et accessoirement sa soeur (dont elle n’est en rien responsable, bien entendu – j’en parle juste car elle a un rôle important sur le sujet Syrien) a cofondé le Conseil National Syrien, organe fantoche, contrôlé en majorité par les Frères Musulmans, et que la France a reconnu comme représentant légitime de la Syrie…

Le jour où je créé un journal, j’exigerait que chaque responsable de revue soit indépendant et non biaisé, sans avis préconçu, et qu’il change de rubrique tous les 4 ou 5 ans. Charge à lui d’interroger largement des spécialistes, des témoins, pour se faire son avis, le tout en s’en tenant le plus possible aux faits, et aux analyses croisées d’experts divergents…

(Moi, je vous préviens, le jour où Fabius me donnera une médaille pour la qualité de mes articles, je songerai au suicide pour cause de honte – notez au passage la terreur sur son visage face au 4e pouvoir qui se dresse devant lui…

Je plaisante un peu là, mais, plus sérieusement, c’est AUSSI à cause de personnes de ces 2 genres qu’on a eu 130 morts à Paris. Dans la longue chaine de responsabilités, elles ont contribué à la dégradation de la situation, car si les citoyens étaient réellement informés, ils ne toléreraient pas notre politique étrangère actuelle, et son changement diminuerait les risques. En 2006, on était le pays occidental le plus aimé par les Arabes…)

Mais continuons.

Mais qui est Bassma Kodmani ?

Qui est la soeur alors ?

“Bassma Kodmani est la fille de Nazem Kodmani, ancien ambassadeur de Syrie en France, artisan du rétablissement des relations diplomatiques entre la France et la Syrie après la crise du canal de Suez et diplomate responsable du département Europe occidentale au ministère syrien des Affaires étrangères à son retour à Damas ; arrêté quelques mois peu après la guerre des Six Jours pour avoir critiqué son ministre de tutelle, il finit par rejoindre Beyrouth, Londres, puis l’UNESCO accompagné de sa famille. Sa mère, Hyam Mardam-Bey, est la nièce de Jamil Mardam-Bey, un dirigeant syrien de l’époque post-indépendance du mandat français”

Ah, on n’avait pas précisé que le père était ambassadeur de Syrie donc – un détail.

“Bassma Kodmani acquiert un doctorat en science politique à Sciences-Po Paris

Aïe aïe aïe…

avant d’intégrer en 1981 l’Institut français des relations internationales (IFRI). Cette année-là, elle crée à l’IFRI le programme d’études sur le Moyen-Orient et l’Islam, qu’elle dirige jusqu’en 1998, date à laquelle elle quitte l’IFRI. Elle est par ailleurs maître de conférences à l’Université Paris I Sorbonne et Marne-La-Vallée où elle enseigne les relations internationales. De 1999 à 2005, elle dirige le programme « Gouvernance et Coopération Internationale pour le Moyen-Orient » à la Fondation Ford, basée en Égypte avec pour mission de soutenir les institutions de recherche arabes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. En septembre 2005, elle fonde et devient directrice exécutive de l’Initiative de Réforme arabe, un consortium d’instituts de recherche du monde arabe initié par le think tank américain Council on Foreign Relations et travaillant en partenariat avec des instituts européens et américains sur les questions de réforme et de transition démocratique dans le monde arabe. Elle occupe ensuite les fonctions de chercheur visiteur au Collège de France de 2005 à 2006, chercheur associé au CERI – Sciences Po de 2006 à 2007 et chargée de mission à la direction internationale du CNRS de 2007 à 2009.”

Tiens, c’est un clone de Marie Mendras ? Trèèèèès proche des Américains donc (voir le CFR).

Engagement politique

Elle participe aux réunions du groupe Bilderberg en 2008 et en 2012

Bien sûr…

 En 2011, dans le contexte de la guerre civile syrienne, elle participe à la fondation du Conseil national syrien (CNS) dont elle intègre le comité exécutif. Elle est également porte-parole et responsable des relations extérieures de l’organisation.

La Page Wikipedia du CNS indique :

Pour Haytham Manaa, responsable à l’étranger du CNCD, les personnalités qui occupent les postes de premier plan du CNS « ne sont qu’une façade, afin de mieux cacher les islamistes, qui dominent le CNS »5. De fait, un tiers des membres du CNS sont issus desFrères musulmans, ce qui les rend majoritaires au sein du Conseil5,4. Or, les Frères musulmans syriens sont financés essentiellement par le Qatar et des pétromonarchies du Golfe19,47. Kamal al-Labwani, ancien membre du CNS ayant démissionné en mars 2012, accuse également les Frères musulmans de détourner les fonds financiers et les moyens du CNS, notamment des armes, pour « bâtir leur propre base populaire »32. Imad Houssari, démissionnaire du CNS et membre des comités locaux de coordination, affirme de son côté que les Frères musulmans veulent contrôler le budget de l’organisation et que certains d’entre eux financent des groupes salafistes41. Enfin, Walid Al Bounni, adhérent du CNS, a quitté le mouvement pour protester contre leur influence48.

Ok ok…

Le 28 août 2012, alors que le CNS est en perte de vitesse auprès des acteurs syriens et internationaux, elle annonce, avec d’autres membres, sa démission de l’organisation en déplorant son absence de crédibilité3 et en déclarant notamment que « le CNS ne travaille pas bien avec les autres groupes d’opposition »13. Elle retourne alors à ses activités universitaires et se consacre à l’effort humanitaire pour le peuple syrien14. Si Kodmani affirme qu’elle n’a pas démissionné à cause de tensions, un article – anonyme – sur le site du magazine Jeune Afrique estime qu’elle ne supportait plus les attaques à son encontre12. Pour l’universitaire Fabrice Balanche, « cela faisait longtemps que Bassma Kodmani, vue comme la représentante du camp occidental au sein du CNS, était fragilisée »15.

En septembre 2012, elle participe à la création de l’association “Initiative pour une nouvelle Syrie” dont l’action est dédiée à l’assistance humanitaire et à des projets pour favoriser une transition réussie. Elle en est également la trésorière16.

En février 2013, elle soutient la proposition de dialogue faite au régime syrien par Mouaz al-Khatib, président de la Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution17.

En juillet 2013, elle signe une lettre ouverte à François Hollande réclamant la mise en place en Syrie d’une zone d’exclusion aérienne, « la mise au ban diplomatique du régime syrien » et « une aide substantielle sur le plan militaire aux brigades de l’Armée libre »18.

Voilà voilà…

 

Mais le meilleur reste à venir : les deux derniers témoins cités dans le texte, vous savez :

dans le camp des opposants syriens, l’assassinat de Zahran Alloush est un coup dur. «Il aura des conséquences sur tout le processus politique et diplomatique entamé à Vienne et Genève», affirme Riad Hijab, ancien Premier ministre syrien, devenu coordinateur de la délégation qui devrait participer aux négociations avec les représentants du régime.

«C’est la perspective de la seule solution politique possible en Syrie que la Russie a tué aujourd’hui», selon la militante démocrate Nahed Badawia.

Mais qui est Nahed Badawia ?

Cela va aller vite, je n’ai pas trouvé grand chose sur Nahed Badawia, c’est apparemment juste une “ingénieure et journaliste” syrienne réfugiée en France, opposante de longue période à Assad, militante de gauche.

Elle intervient d’ailleurs dans des collèges, et j’imagine que les élèves sont donc désormais bien informés de la complexité de la situation syrienne.

D’ailleurs un lycée a même fait un article après leur rencontre :

“Le gouvernement syrien répond aux manifestations pacifistes par les armes. D’abord en éliminant des activistes et leurs familles, puis en allant jusqu’à torturer et tuer des enfants [OB : Et des nourrissons aussi ?] .

Les opposants au régime s’organisent alors au sein de groupes rebelles armés, des plus modérés comme l’Armée Syrienne Libre (ASL) fondée par des militaires syriens favorables à l’instauration d’un régime démocratique [Robert Baer : "L’Armée syrienne libre n’a jamais vraiment existé"], aux extrémistes djihadistes qui prônent un régime islamiste (Front Islamique, JabhatAl Nosra, Etat Islamique en Irak et au Levant ou EIIL). Plus de 150 000 syriens ont déjà été victimes de cette guerre, en majorité des civils [Probablement faux : 90 000 soldats Syriens morts et à peu près autant de rebelles armées en tous cas], y compris des enfants.

Bashar-el-Assad a un double discours : à l’extérieur il dit être contre le terrorisme qui sévit dans son pays, tandis qu’en interne il dit qu’il y a un complot international [Mais où va-t-il chercher ça ce complotiste© ?].

Dans ce contexte, les journalistes, témoins gênants de la répression, deviennent des ennemis d’État.”)

Ainsi, avec un peu de chance, 1 ou 2 devraient intégrer Sciences-Po…

Bref, c’est une personne sans autorité spéciale. Mais la “journaliste”© a donc décidé que c’est sa vision qui restera dans notre esprit…

Mais qui est Riad Hijab ?

Riad Hijab est l’avant dernière personne citée dans l’article de Libération :

dans le camp des opposants syriens, l’assassinat de Zahran Alloush est un coup dur. «Il aura des conséquences sur tout le processus politique et diplomatique entamé à Vienne et Genève», affirme Riad Hijab, ancien Premier ministre syrien, devenu coordinateur de la délégation qui devrait participer aux négociations avec les représentants du régime.

Sa page Wikipedia française indique :

Issu d’une famille sunnite de Deir ez-Zor1, Riad Hijab est nommé ministre de l’Agriculture et de la Réforme le 14 avril 2011. Un an plus tard, le 6 juin 2012, il est nommé Premier ministre par le président Bachar el-Assad2 et forme son gouvernement le 23 du même mois3,4, durant le conflit syrien de 2011-2012.

Le 6 août suivant au matin, alors que la télévision d’État annonce que Riad Hijab a été limogé, on apprend que celui-ci a fait défection et a fui en Jordanie, où sa famille se trouvait déjà depuis quelques jours5. Il condamne des crimes contre l’humanité commis par le régime et affirme son soutien à la rébellion6,7,8. Il affirme aussi qu’il a dû accepter le poste de Premier ministre sous des menaces de mort. Il abandonne également son portefeuille de l’Agriculture.

En décembre 2012, il serait le favori des États-Unis et de l’Arabie saoudite pour diriger un gouvernement de transition après une éventuelle chute du régime de Bachar el-Assad. Mais le Qatar et la Turquie lui préféreraient Mouaz al-Khatib, président de la Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution (CNFOR), tandis que Georges Sabra, président du Conseil national syrien, juge que « les Syriens ne sont pas prêts à l’accepter pour le moment »9. Après avoir été effectivement évoqué dans des discussions au sein de la CNFOR, il décide de ne pas se porter candidat, notamment à cause des réticences des Frères musulmans à son égard : Ghassan Hitto est finalement élu10.

Tiens, très bizarre donc cette histoire : ce type est donc le seul ministre  monde qu’il aurait fallu menacer de mort pour qu’il accepte le poste de Premier Ministre – et qui a ensuite fait défection. Je regarde alors sur la page anglaise, un peu plus complète :

Defection – According to Hijab’s former spokesman Mohammad Otari, Hijab resigned, and he and his family had defected to Jordan on 6 August 2012.[2][11] Syrian state TV reported that Hijab had been “sacked” and that Deputy PM Omar Ibrahim Ghalawanji would become the head of a new caretaker government.[2] Hijab released a statement through Otari criticizing the current Syrian government, calling it a “terrorist regime”. The statement declared “I am from today a soldier in this blessed revolution“. According to Otari, Hijab had been planning his defection for months with the help of the Free Syrian Army.[11][12][13][14] Hijab was reportedly heading for Qatar, an active supporter of the Syrian rebels.[15] Speaking in Amman, Jordan, on 14 August 2012, Hijab alleged that Assad’s current government was collapsing “morally, financially and militarily“, allegedly only controlling a mere 30% of the entire country still. He called on the Syrian Arab Army and its officers to join the rebellion against president Assad and the Ba’ath party government and for the opposition forces to unite.[5] On 17 August, Hijab held meetings in Doha, Qatar, to discuss Assad’s toppling and to attempt unification of Syrian opposition forces.[16]

According to his spokesman Otari on August 6, Hijab also encouraged other officials to defect,[11] and opposition sources claimed that three other ministers as well as three army generals defected on the same day. However, one of the ministers named by the opposition, Treasurer of Syria Mohamad Gillati appeared on Syrian television later in the day to deny the rumors of his defection to the rebellion.[2]

Though Hijab was not considered a member of Assad’s inner circle,[11] BBC News described his departure as the “highest-profile defection since the uprising began in March 2011″ and “a stunning blow to President Assad”.[12] Guardian writer Ian Black called it “a propaganda coup for the opposition” but not a “fatal blow”.[15] The United States government stated that the “defection” showed Assad’s government was “crumbling from within”. The Barack Obama administration again called for al-Assad’s resignation.[17]

Bref, défection très surprenante, et propos très durs contre Assad. OK.

Mais le plus beau est la dernière phrase de la page : “According to Der Spiegel, Hijab and other prominent Syrian defectors were bribed by the French secret services inside the country as well as by Qatar.[19] ” “Selon Der Spiegel, Hijab et d’autres éminentes personnalités ayant fait défection ont été soudoyés par les Services secrets français dans le pays ainsi que par le Qatar“.

Ah oui, quand même… Bon, il dit quoi le Spiegel le 21 aout 2012 ?

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a commenté sur le nombre croissant de défections de la semaine dernière en disant que: “Tout cela montre que les gens de toutes sortes ont décidé d’abandonner le régime.” Ils ont tous reconnu, a-t-il dit à l’agence de nouvelles française AFP que le régime d’Assad fait actuellement assassiner son propre peuple. Il a ajouté “D’après les informations que nous avons, mais nous verrons si cela est confirmé dans les jours qui viennent, il y a d’autres défections spectaculaires qui se produisent”

Mais les transfuges semblent avoir non seulement des raisons politiques. Comme le “Times” a rapporté mardi également le versement de fonds. Les pays européens ont donc payé conjointement avec certains états du Golfe des pots de vin à des responsables syriens pour les amener à se détourner du régime d’Assad. Lors d’une réunion de diplomates européens en mai dans la capitale qatarie Doha, il a donc été convenu que des “incitations” devraient être donnés à des représentants du régime syrien pour qu’ils rompent avec Assad . La réunion des ambassadeurs a été décidée alors que la politique avait détruit tout espoir de succès du plan de paix de l’ancien médiateur de l’ONU, Kofi Annan. La Russie avait bloqué avec la Chine une condamnation claire du régime Assad ou même des sanctions.

[ Je n'ai pas trouvé la source du "Times" (si quelqu'un trouve, me contacter merci...)]

Elle n’est pas  belle cette histoire ? Ce type expliquait d’ailleurs urbi et orbi que le régime était au bord de l’effondrement en aout 2012 (voilà le souci quand on paye les gens, c’est comme quand on les torture, ils racontent n’importe quoi, et surtout ce que vous voulez entendre…). Il  donc contribué à intoxiquer nos dirigeants. ¨Pourtant quand on lit ce que le héros de Libération veut faire aux Alaouites, on comprend qu’ils ne vont pas lâcher l’affaire facilement…

Mais il y a encore mieux.

Après avoir pas mal farfouillé, je suis tombé sur cet article de Jean-Loup Izambert, un journaliste d’investigation relativement sérieux. Voilà ce qu’il nous raconte dans son livre 56 – L’État français complice de criminels  (propos qu’il faut donc prendre au conditionnel, à creuser) :

“Volcan de Damas et Séisme syrien”

“Riad Hijab ?

Né en 1966 à Deir ez-Zor, [...] il est nommé ministre de l’Agriculture et de la Réforme (avril 2011 à août 2012), puis Premier ministre, le 23 juin 2012, par le président Bachar el-Assad.

Mais, les services de renseignement russes, qui s’intéressent à son activité et à son entourage, avertissent leurs homologues syriens de la préparation d’une tentative de coup d’État orchestrée par des services occidentaux avec sa participation. Une opération montée en deux temps par Washington et Paris, avec la participation des dictatures du golfe arabo-persique, et baptisée “Volcan de Damas et séisme syrien” devait renverser le gouvernement par un second coup d’État faisant suite à celui – mis en échec – des Frères musulmans en 2011.

(Source : L’Obs. Voir aussi le long article sur Wikipedia anglais)

Ce plan prévoyait l’intervention de groupes de mercenaires pour décapiter par des attentats les directions des organes de sécurité syriens et de l’armée. Après plusieurs attentats, dont l’un qui détruisit le Siège de la Sécurité nationale et causa la mort de plusieurs dirigeants du Conseil de sécurité nationale, Washington et Paris pensaient que des officiers supérieurs feraient défection avec leurs unités et se retourneraient contre le gouvernement civil.

L’Élysée impliqué dans le coup d’État du 18 juillet 2012
Les services secrets des puissances liguées contre la République arabe syrienne – notamment les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar – ont envisagé ce coup d’État lors d’une réunion qui s’est tenue il Tunis à la fin février 2012. L’attentat eut bien eu lieu le 18 juillet suivant, date prévue pour déclencher le coup d’État, tuant le ministre de la Défense, le vice-ministre de la Défense ainsi que le chef de la cellule de crise, et blessant de nombreuses autres personnes. Le ministre des Affaires étrangères Fabius refusa de condamner l’attentat qui coûta la vie à plusieurs civils et militaires.

Lors de ce coup d’État, Riad Hijab devait prendre la direction du gouvernement de transition préparé dans la coulisse des états-majors occidentaux. Pour lancer cette opération, plusieurs milliers de mercenaires, principalement libyens, jordaniens, tchétchènes et tunisiens, sont entrés en Syrie en quelques jours, essentiellement par les frontières jordanienne et turque, Près de trois mille d’entre eux viendront semer la mort jusque dans la capitale et sa banlieue, pensant renverser le gouvernement qu’ils imaginaient isolé et déstabilisé par les attentats suicides de la mi-juillet.

Mais, contrairement aux prévisions de Washington et de Paris, l’armée syrienne, aidée par la population et ses Comités de défense populaire, les délogera des quartiers de Damas. Au bout d’une semaine de combats acharnés quartier par quartier, rue par rue, leurs survivants devront battre en retraite. Hijab porte donc une lourde responsabilité dans ce complot. Démasqué, il est aussitôt démis de ses fonctions. Il parvient a s’enfuir le 5 août, juste avant d’être arrêté, avec l’aide de la brigade AI-Moetassem, un groupe de l’ASL, et se réfugie en Jordanie. Là, il retrouve sa famille qui l’avait précédé bien auparavant, par précaution, en raison de son activité conspiratrice.

Plus tard, son porte-parole, Mohamed Otri, s’exprimant depuis la Jordanie reconnaîtra que “M. Hijab travaillait secrètement au renversement de Bachar el-Assad bien avant d’accepter les fonctions de président du Conseil des ministres ».

En France, Le Canard Enchaîné, sous la plume de Claude Angeli, ancien rédacteur en chef de l’hebdomadaire, révélera le “complot barbouzard contre Bachar el-Assad”. La plupart des médias français se feront très discrets sur ce coup d’État manqué auquel les services français (DGSE) sont associés. [...]

Les conseillers étasuniens et saoudiens le récupéreront ensuite pour conduire le « gouvernement provisoire» destiné à diriger la Syrie en cas de renversement du gouvernement. Il se heurtera alors à nouveau à l’opposition du Qatar et de la Turquie, qui feront désigner à sa place, le 18 mars 2013, Ghassan Hitto. Cet homme d’affaires présente toutes les« qualités » pour ce poste puisqu’il est proche des Frères musulmans et est étroitement lié à la société syrienne pour vivre… aux États-Unis depuis 1980 ! [...]

Le 9 juillet 2013, un an après la tentative de coup d’État avortée de l’opération « Volcan de Damas et séisme de la Syrie », des informations indiquent l’arrivée en Jordanie de soldats étasuniens, anglais et français pour des manœuvres militaires. Celles-ci se présentent comme une répétition d’une nouvelle opération militaire visant à créer une zone tampon en territoire syrien, près de la frontière turque, par la destruction de cibles civiles et militaires…”

Note Izembert : Les services secrets syriens ont expulsé discrètement vers la France, via la Turquie, une vingtaine de militaires français, parmi lesquels un colonel du service des transmissions de la DGSE. Ces militaires ont été arrêtés fin janvier- début février 2012 près des villes de Homs et d’Azouz. Nicolas Sarkozy, alors Président de la République française, et le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Alain Juppé, négocieront leur libération avec Damas par l’intervention d’un pays tiers. L’accord pour le rapatriement de ces militaires a été pris au plus haut niveau du pouvoir politique syrien. (Source : TheTelegraph)

“Il y avait deux réunions à Tunis, s’amuse un haut fonctionnaire du Quai d’Orsay. La première, la conférence dite « des amis de la Syrie », regroupait des représentants d’une soixantaine de pays, dont Hillary Clinton ou Alain Juppé. Le bilan n’est pas glorieux.

Une autre se voulait plus discrète et réunissait des gens en principe mieux armés que les diplomates, les hommes des services secrets. « On leur souhaite bon vent pour dégommer Bachar..» Réaction sur le même ton d’un officier d’état-major : « C’est la meilleure solution. On ne peut pas refaire le même coup qu’avec la Libye et bombarder une armée syrienne autrement plus solide que celle de Kadhafi et dont les blindés se baladent tranquillement dans des villes insurgées. Et puis, cette fois, l’ONU ne donnera pas son feu vert. »

Putschistes à convaincre vite

Exact. Russes et Chinois y mettraient leur veto. Reste alors la méthode déjà utilisée en Libye : fournir des armes efficaces aux insurgés, voire des conseillers en guérilla urbaine. Des livraisons sont prévues, dit-on au Quai d’Orsay et à la Direction du renseignement militaire (DRM), via des pays arabes, comme le Qatar. Mais il y a mieux, et c’est aujourd’hui d’actualité, selon les connaisseurs : « préparer un coup d’État ». Encore faut-il trouver, sur place, des interlocuteurs valables, discrets, courageux. Et cela suppose de sacrés efforts de persuasion.

A Tunis, la semaine dernière, des représentants des services secrets de plusieurs pays : Qatar, États-Unis, Grande-Bretagne, France, Turquie, Arabie Saoudite, notamment – ont envisagé cette solution. L’idée est d’exploiter d’éventuelles divergences au sein des forces de sécurité et du clan Assad. A en croire un officier de renseignement, des militaires syriens, jusque-là plutôt loyaux, considèrent désormais qu’il n’y a pas d’autre issue à la crise actuelle qu’une rupture avec Bachar et sa famille. Selon lui, les princes saoudiens sont prêts à mettre de l’argent sur la table pour aider à la conversion de ces futurs rebelles.

Quant à l’opposition syrienne, « elle est fragmentée, divisée sur le plan ethnique, idéologique ou stratégique », constate un analyste de la DRM. D’un côté, le Conseil national syrien, « un faux nez des Frères musulmans », dit-on. De l’autre, le Comité de coordination nationale, qui regroupe des intellectuels et des opposants favorable une solution entre Syriens. Sans compter les déserteurs de l’Armée syrienne libre. Et pas forcément tous d’accord sur les ingérences étrangères et sur l’avenir du pays, une fois Bachar écarté.

Ce n’est pas joué, et les comploteurs réunis à Tunis savent que le régime peut encore tenir avec ces quelque 40 000 militaires du clan alaouite (branche du chiisme) – trois divisions blindées la Garde nationale, les Forces spéciales – et grâce à des services de sécurité omniprésents. Face sunnites, leur loyauté est aussi une question survie dans cette guerre civile entre musulmans, sans armistice ni pacifistes à l’horizon.

Claude Angeli – Le Canard Enchainé N° 4766 du 29 Février 2012

======================================

Bref, évidemment, on sera prudent sur tout ceci, mi cela mériterait de lourdes enquêtes parlementaires – si on était en Démocratie, bien entendu.

ÉDIT : tiens on me signale cette vidéo d’Hugo Chavez sur le rôle de la France en Syrie 

En conclusion, merci donc à Libération pour ce beau moment.

S’ils ont un peu de temps, entre le “pic de chaleur”, “bientôt la neige”, “alerte terroriste” et “la cousine de la grand-mère du logeur du kamikaze”, ce serait bien qu’ils creusent par exemple l’existence de cette opération “Volcan de Damas et séisme de la Syrie”, et interrogent l’exécutif (mais si, rappelez-vous, le Watergate, tout ça, tout ça…).

Et comme quoi, en creusant un seul article, on tombe rapidement sur des pépites…

Mais cela confirme hélas ma vision.

On a une guerre qui va crescendo entre la Russie et l’Islamisme radical, nouveau fascisme qui menace nos sociétés (depuis l’extérieur, je précise, tomber dans le piège de l’inquiétude intérieure type “5e colonne” est exactement ce qu’attendent de nous nos ennemis. Et ces gens ne passeraient guère à l’acte sans formation et soutiens extérieurs).

Et nos élites vont faire le choix plus ou moins conscient et officiel de l’islamisme, comme on le voit depuis 35 ans (Afgahnistant, Bosnie, Kosovo, Arabie, Irak, Libye, Turquie…) , et comme on le voit toujours avec leur courbettes devant les dirigeants de l’Arabie, du Qatar et de la Turquie….

On le voit ici, la “journaliste”© nous invite mezza voce à haïr ces Russes irresponsables qui ont tué un chef islamiste, dont on veut nous faire croire qu’il était indispensable à un “accord politique” –  sauf que les accords politiques c’est bien, gagner la guerre (ou être en position de le faire) c’est mieux…

En attendant, bonnes pâtisseries à tous – orientales, évidemment :)

P.S. merci de me signaler les coquilles…

 

 

32 réponses à [Propagande] L’élimination de Zahran Alloush, le combattant islamiste que tous adoraient détester, par Hala Kodmani

Lire la suite