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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #terrorisme tag

Affrontement au Bilderberg 2017 par Thierry Meyssan

10 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La finance dérégulée, #l'horreur économique

Affrontement au Bilderberg 2017

Alors que le président Trump semble avoir plus ou moins réglé ses problèmes d’autorité intérieure, le conflit se déplace au sein de l’Otan : Washington plaide contre la manipulation du terrorisme, tandis que Londres n’entend pas abandonner un outil si efficace pour son influence. Le Groupe de Bilderberg, initialement organisé comme une caisse de résonance de l’Alliance, vient d’être le théâtre d’un difficile débat entre partisans et adversaires de l’impérialisme au Moyen-Orient.


Cet article a été rédigé le 4 juin 2017. Il ne mentionne donc pas l’actuelle crise diplomatique au Moyen-Orient même si celle-ci en confirme les hypothèses. Deux camps commencent à se former : d’un côté le Qatar et le Royaume-Uni, déjà officiellement soutenus par l’Iran, la Turquie et le Hamas ; de l’autre l’Arabie saoudite et les États-Unis déjà soutenus par le Bahreïn, l’Égypte, les Émirats arabes unis, Israël, la Libye (gouvernement de Baïda), les Maldives, Maurice et le Yémen (gouvernement d’Abdrabbo Mansour Hadi).

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Il n’existe aucune photographie de la réunion du Groupe de Bilderberg dont les travaux sont confidentiels. La sécurité de la rencontre n’est pas assurée par le FBI, ni par la police de Virginie, mais par une milice privée et directement par l’Otan.

Le Groupe de Bilderberg a été créé, en 1954, par la CIA et le MI6 pour soutenir l’Alliance atlantique. Il s’agissait de réunir des personnalités du monde économique et médiatique avec des responsables politiques et militaires de manière à sensibiliser la société civile face au « péril rouge ». Loin d’être un lieu de décision, ce club très fermé a historiquement été un forum où les anciens devaient rivaliser de fidélité à Londres et Washington et les plus jeunes montrer que l’on pouvait avoir confiance en eux contre les Soviétiques [1].

C’est lors de la réunion annuelle de 1979 que Bernard Lewis révéla aux présents le rôle des Frères musulmans contre le gouvernement communiste afghan. L’islamologue britano-israélo-états-unien y avait alors proposé d’étendre la « guerre pour la Liberté » (sic) à toute l’Asie centrale.

C’est en 2008, c’est-à-dire deux ans et demi à l’avance, que Basma Kodmani (la future porte-parole de l’opposition syrienne) et Volker Perthes (le futur conseiller de Jeffrey Feltman pour la capitulation totale et inconditionnelle de la Syrie [2]) y expliquèrent tout l’intérêt de soutenir les Frères musulmans pour dominer le Moyen-Orient. Ils soulignèrent la « modération » de la Confrérie face à l’Occident et le contraste offert par le souverainisme « extrémiste » de l’Iran et de la Syrie [3].

Et c’est en 2013 que le leader du patronat allemand, Ulrich Grillo, y plaida pour l’organisation d’une migration massive de 800 000 travailleurs syriens vers les usines allemandes [4].

Le Bilderberg 2017

Le Groupe de Bilderberg vient de tenir son meeting 2017, du 1er au 4 juin, aux États-Unis. Contrairement à l’habitude, les 130 participants n’ont pas tous défendu le même projet. Au contraire, suite aux interventions de Donald Trump au sommet arabo-islamo-US et à l’Otan [5], la CIA et le MI6 ont organisé le premier jour un débat opposant les partisans de la lutte contre l’islamisme à ses soutiens. Il s’agissait bien entendu soit de trouver un compromis entre les deux camps, soit de prendre acte des dissensions et de ne pas les laisser détruire l’objectif initial de l’Alliance : la lutte contre la Russie [6].

Côté anti-islamisme (c’est-à-dire opposé non pas à la religion musulmane, mais à l’islam politique façon Sayyid Qutb), on relevait la présence du général H. R. McMaster (conseiller national de sécurité du président Trump) et de son experte Nadia Schadlow. McMaster est un stratège reconnu dont les théories ont été vérifiées sur le champ de bataille. Schadlow a surtout travaillé sur la manière de transformer les victoires militaires en réussites politiques. Elle s’est beaucoup intéressée à la restructuration des mouvements politiques dans les pays vaincus. Elle devrait prochainement publier un nouveau livre sur la lutte contre le radicalisme islamique.

Côtés pro-islamisme, on notait pour les États-Unis la présence de John Brenan (ancien directeur de la CIA) et de ses ex-subordonnés Avril Haines et David Cohen (financement du terrorisme). Pour le Royaume-Uni, Sir John Sawers (ancien directeur du MI6 et protecteur de longue date de la Confrérie) et le général Nicholas Houghton (ancien chef d’état-major qui prépara le plan d’invasion terrestre de la Syrie). Pour la France, le général Benoît Puga (ancien chef de l’état-major de l’Élysée et commandant des Forces spéciales en Syrie) et Bruno Tertrais (stratège néo-conservateur du ministère de la Défense). Enfin, pour le secteur privé, Henry Kravis (directeur du fonds de placement KKR et trésorier officieux de Daesh) et le général David Petraeus (co-fondateur de Daesh).

Et comme si ce déséquilibre n’était pas suffisant, les organisateurs avaient prévu la présence d’experts capables de justifier l’injustifiable comme celle du professeur Niell Fergusson (historien du colonialisme britannique).

Le possible renversement des alliances

Il faudra un peu de temps avant de savoir ce qui s’est dit au cours de cette réunion et pour comprendre les conclusions que les uns et les autres en auront tirées. Cependant nous pouvons d’ores et déjà constater que Londres pousse à un changement de paradigme au Moyen-Orient. Si le modèle du « printemps arabe » (reproduction de la « révolte arabe de 1916 » organisée par Lawrence d’Arabie pour remplacer l’empire ottoman par l’empire britannique) est abandonné, le MI6 espère créer une nouvelle entente sur la base de l’islamisme politique.

De fait, alors que Washington a renouvelé son alliance avec l’Arabie saoudite et l’a convaincue de rompre avec la Confrérie en échange de 110 milliards de dollars d’armement [7], Londres pousse à une entente entre l’Iran, le Qatar, la Turquie et les Frères musulmans. Si ce projet devait être poursuivi, on assisterait à l’abandon du conflit sunnite/chiite et à la création d’un « croissant de l’islam politique » allant de Téhéran, à Doha, Ankara, Idleb, Beyrouth et Gaza. Cette nouvelle donne permettrait au Royaume-Uni de maintenir son influence dans la région.

La seule chose qui semble faire consensus entre les Alliés est la nécessité d’abandonner le principe d’un État jihadiste. Tous admettent qu’il faut faire rentrer le diable dans sa boîte. C’est-à-dire d’en finir avec Daesh, quitte à ce que certains continuent avec Al-Qaïda. C’est pourquoi, inquiet pour sa survie, le Calife auto-proclamé a fait secrètement parvenir un ultimatum à Downing Street et à l’Élysée.

Choisir son camp

On verra dans les prochains mois si le retournement de l’Arabie saoudite est bien réel. Ce serait une bonne nouvelle pour les Syriens, mais une mauvaise pour les Yéménites (que le monde occidental ignorerait alors). Il offre la possibilité au roi Salman de faire évoluer le wahhabisme d’une secte fanatique en une religion normale. D’ores et déjà le soudain conflit qui oppose Riyad à Doha à propos de l’Iran se double d’une polémique sur la possible parenté entre le fondateur de la secte, Mohammed ben Abdelwahhab, et la dynastie qatarie des Al-Thani ; une prétention qui a enragé les Séoud.

Le projet de l’« islam politique » consiste à unir les Frères musulmans aux Khomeinistes. Il implique que l’Iran, voire le Hezbollah, substitue cette problématique à la lutte anti-impérialiste. S’il devait voir le jour, il conduirait certainement l’Iran à se retirer de Syrie. La Maison-Blanche le prend très au sérieux et s’y prépare avec effroi. Donald Trump a déjà désigné Téhéran comme son nouvel ennemi dans son discours de Riyad et il vient de nommer Michaël D’Andrea (qui organisa l’assassinat d’Imad Mougniyeh à Damas, en 2008) comme responsable de la section iranienne de la CIA [8].

La Russie s’était préparée à une éventuelle nouvelle donne au Moyen-Orient. Elle a ainsi poursuivi son ambition d’accéder aux « eaux chaudes » en soutenant la Syrie et de pouvoir circuler à travers les détroits des Dardanelles et du Bosphore (indispensables pour entrer en Méditerranée) en se rapprochant de son adversaire héréditaire, la Turquie. Toutefois, à terme, l’islam politique ne pourra que lui causer des problèmes dans le Caucase.

Comme toujours lorsque les joueurs battent leurs cartes, chacun doit se positionner. Le Royaume-Uni défend son Empire, la France sa classe dirigeante et les États-Unis son peuple. Au Moyen-Orient certains se battront pour leur communauté, d’autres pour leurs idées. Mais les choses ne sont pas toujours aussi simples. Ainsi, l’Iran pourrait suivre l’idéal de l’imam Khomeiny en confondant la fin et les moyens. Ce qui était au départ une révolution anti-impérialiste menée avec la force de l’islam pourrait se muer en une simple affirmation de l’usage politique de cette religion.

Les conséquences dans le reste du monde

Le MI6 et la CIA ont pris un grand risque en invitant un non-atlantiste à la réunion du Bilderberg 2017. L’ambassadeur de Chine, Cui Tiankai, qui ne devait intervenir que le quatrième jour du séminaire, a donc pu évaluer dès le premier jour les positions de chaque membre de l’Otan.

D’un côté Pékin mise sur la collaboration de Donald Trump, l’ouverture des États-Unis à sa Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB), et le développement de toutes ses routes commerciales. De l’autre, il espère que le Brexit se traduira par une alliance économique et financière avec Londres [9].

L’ambassadeur Cui, qui fut le directeur du Centre de recherche politique du ministère chinois des Affaires étrangères, pourrait donc apparemment se satisfaire d’une simple destruction de Daesh. Mais il n’est pas sans savoir que ceux qui ont organisé le Califat pour couper la « route de la soie » en Irak et en Syrie, puis la guerre en Ukraine pour couper la « nouvelle route de la soie », se préparent préventivement à ouvrir un troisième front aux Philippines et un quatrième au Venezuela pour couper d’autres projets de communication.

De ce point de vue, la Chine, qui comme la Russie a intérêt à soutenir Donald Trump ne serait-ce que pour prévenir le terrorisme dans son propre pays, s’interrogera sur les possibles conséquences à long terme d’une hégémonie britannique dans le « croissant de l’islam politique ».

[2] « L’Allemagne et l’Onu contre la Syrie », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 28 janvier 2016.

[3] Sous nos yeux. Du 11-Septembre à Donald Trump, Thierry Meyssan, Editions Demi-lune, 2017.

[4] « Comment l’Union européenne manipule les réfugiés syriens », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 2 mai 2016.

[5] « Trump avance ses pions », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 30 mai 2017.

[6] « La réunion 2017 du Groupe de Bilderberg », Réseau Voltaire, 1er juin 2017.

[7] « Donald Trump contre le jihadisme », par Thierry Meyssan, Al-Watan (Syrie) , Réseau Voltaire, 23 mai 2017.

[8] « La CIA prépare des opérations secrètes dures contre l’Iran », Réseau Voltaire, 3 juin 2017.

[9] « Le Brexit redistribue la géopolitique mondiale », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 juin 2016.

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Macron: L'état d'urgence au quotidien ou la fin de la démocratie française. Par Karine Bechet Golovko.

9 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #Terrorisme, #Le capitalisme;, #La guerre

vendredi 9 juin 2017

Macron: L'état d'urgence au quotidien ou la fin de la démocratie française

 
 
 
Afin de sortir de l'état d'urgence, le nouveau Gouvernement français a trouvé la solution: normaliser les mesures liberticides exceptionnelles. Ce qui, finalement, est une conséquence logique de la politique actuellement menée: lorsque l'on ne lutte pas réellement contre les sources du terrorisme, il faut un régime autoritaire pour faire taire le peuple.
 

 
Ce régime d'état d'urgence n'en finit pas et les attentats continuent. Après les attentats de Manchester, E. Macron a décidé de prolonger, lui aussi, l'état d'urgence. Or, politiquement, il est évident que la France ne peut indéfiniement continer ainsi.
 
L'une des solutions aurait été de lutter contre les sources du terrorisme: contrôle de l'immigration, combat contre le fondamentalisme en France, défense du caractère laïc de la République, bref du vivre ensemble. Mais au lieu de cela, les frontières ne sont pas compatibles avec l'UE, les "migrants"(puisque les immigrés n'existent plus) ont leur place partout et sont une chance, les féministes trouvent le voile très chic et la crèche de Noel est en voie d'être considérée comme une atteinte à l'ordre public.
 
Je n'insiste même pas sur la question internationale avec le soutien direct apporté aux groupes "modérément" extrémistes dans un jeu géopolitique incertain, l'invasion financière quatare et saoudienne de la France, le refus d'alliance internationale avec la Russie, etc etc etc
 
L'on finirait par croire que finalement, le prix des attentats n'est pas trop élevé.
 
Dans ce contexte, la législation de temps de paix est inefficace. L'état d'urgence aussi, car la question n'est finalement pas tant juridique que politique à ce jour, mais il permet de reprendre le contrôle d'une société qui risquerait de ne pas suffisament se soumettre.
 
Ce Gouvernement tant libéral prépare donc une projet de loi liberticide, comme la Ve République n'en a pas connu. Comme la France n'en a peut être pas connu depuis Vichy. Ainsi nos dirigeants, soit disant libéraux-libertaires, font fi de la liberté lorsque ça les arrange. Pour nous légaliser la quasi-totalité des mesures d'exception et écarter totalement le juge judiciaire, qui d'après la Constitution encore en vigueur, en a la charge: 
Selon Le Monde, qui a consulté le texte, "ce sont quasiment toutes les mesures de l'état d'urgence qui vont se retrouver dans le droit commun, avec quelques modifications marginales": assignations à résidence, perquisitions administratives, fermeture de lieux de culte et zones de protection et de sécurité. Autant de mesures qui seront décidées sous l'autorité du ministère de l'Intérieur et des préfets, sans l'intervention d'un juge. 
Le juge, gardien des libertés, mis à l'écart des atteintes portées par l'Etat à ces libertés. Des avocats réagissent, les magistrats également qui s'inquiètent d'une dérive vers un état policier, dont la conclusion laisse songeur:
Dans   un  Etat   démocratique,   sortir   de  l’état   d'urgence  ne  signifie  pas   introduire  dans   le  droit commun des mesures d'exceptions et exclure le contrôle de l'autorité judiciaire.
Toute la question est là. Nombreux sont ceux qui s'émerveillent de l'avènement de l'ère post-démocratique. La post-démocratie n'existe pas, il ne s'agit que d'un régime liberticide autoritaire. Difficile de s'en émerveiller. 
 
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Terrorisme : l'émotionnel et la peur au service de l'oligarchie. Par Sébastien Hairon.

6 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #Daesch, #Les transnationales

lundi 5 juin 2017

 

Terrorisme : l'émotionnel et la peur au service de l'oligarchie.

 
Samedi soir un nouvel attentat a été commit en Angleterre. C'est la troisième fois que ce pays est touché par des actes de ce type en moins de trois mois.
Des dizaines de titres et d'articles ronflants, de reportages audio, télévisuels. Les superlatifs ne manquent pas pour parler de cette attaque :
 
 
Mais oui, c'est une bonne question ça. Pourquoi tous ces attentats ?
Bon, les médias aux ordres n'y répondent pas, ou de travers de manières à endormir le quidam. Ils ne font que rapporter les déclarations pompeuses des classes politiques des pays frappés par le terrorisme.
Rappelez-vous : Valls qui nous disait qu'il fallait s'habituer à vivre avec le terrorisme! Macron nous a sorti mot pour mot la même phrase il y a quelques semaines. Bigre ! Mais alors à quoi sert l'état d'urgence en vigueur depuis novembre 2015 ? A rien, sauf à fliquer encore un peu plus la population et surtout les opposants au système oligarchique. Car, c'est bizarre, mais il n'y a jamais eu autant d'attentat en France depuis l'instauration de cette mesure controversée, et surtout une peur et une insécurité de plus en plus grandissante parmi la population.
L’intérêt de poser des questions sans queue ni tête et surtout des réponses aussi creuses que le programme de Macron, c'est que ça permet d'éviter d'aller au fond du problème.
Les politiciens et leur porte-parole de la presse subventionnée vous parles toujours des conséquences, vous invites à acheter une bougie, déposer une peluche et si vous avez de "la chance", un concert de pollution sonore avec des "stars musicales" du moment.
Facebook, toujours très réactif dans ces censures malveillantes, et aussi à la pointe de ce naufrage émotionnel en vous permettant de changer votre avatar en un "jesuisLondres", "jesuisParis" etc
Idem avec la mairie de Paris et sa tour Eiffel qui n'en finit plus de changer de couleur, à faire pâlir un daltonien !

Au lieu de lancer un appel aux dons pour m'aider sous mes articles, je suis en train de réfléchir pour fabriquer des bougies ou carrément investir dans une entreprise qui en fabrique, je ne devrais plus avoir de problème de thunes pour plusieurs années vu le rythme répétitif des attentats !

L'émotionnel déployé à chaque attentat ne sert qu'une seule chose : maintenir les peuples dans la peur. Pourquoi ? Parce qu'un peuple qui a peur ne réfléchit pas, il est docile, et se réfugie toujours vers ceux qui ont le pouvoir. Le peuple réagit de cette manière, car le pouvoir représente l'autorité, la force, et comme un enfant apeuré, il se jette dans les bras de ceux qu'il pense qui pourra le protéger.
Un exemple concret et très récent : 48 heures avant le premier tour de la présidentielle en France, un terroriste tire sur un fourgon de police tuant un gardien de la paix.
Beaucoup de sympathisant du Front national, des républicains et d'autres partis classés à droite se sont frottés les mains. Ils se disaient que c'était bon pour eux, car un "Arabe" qui tire sur un policier 2 jours avant le premier tour, ça ne pouvait que leur donner raison et que Marine, Fillon, Dupont-Aignant allait prendre des points. Quelle erreur de jugement, qui se vérifiera lors de ce premier tour.
Macron sera premier, Fillon éliminé et marine accuse un retard de près de 900 000 voix !
Logique : Macron incarnait dans le subconscient de beaucoup d'électeur la continuité du pouvoir en place et les électeurs se sont réfugiés vers lui.
Parler des conséquences, plutôt que des causes, permettent de maintenir une forme de pression sur le peuple. Un peuple qui a peur ne réfléchit plus, ne pense plus et au nom de la lutte contre le terrorisme est prêt à accepter n'importe quoi.
Rappelez-vous lors de l'hommage aux victimes du Bataclan. Un misérable pétard qui explose et la foule s'enfuit apeurée !

Je peux vous le garantir sur facture : ceux-là, ils accepteront absolument tout ce qu'un gouvernement leur imposera comme mesure sécuritaire, car ils "penseront" que c'est pour leur bien !
Mais pourquoi donc ces attentats ? Et surtout quelles en sont les causes ?
Elles sont multiples. Les guerres que les gouvernements occidentaux, avec comme bailleurs de fonds les bédouins ventripotents et impotents de l'Arabie Saoudite, sont une des principales causes de ces attaques dans nos pays. Ces guerres impérialistes, mais aussi de proxy (Syrie, Yémen), détruisent des pays et ses infrastructures, massacrent les populations civiles, tout ça au nom de la "liberté", des droits de l'homme (de préférence plein aux as !) et de la démocratie à la sauce Soros !
Vous ajoutez à toutes ces horreurs, des abrutis lobotomisés par quelques "imams" manipulateurs, un peu de pognon, du captagon  et une vie de "guerrier" et vous obtenez daesh et autres succursales au service de l'oligarchie américano-sioniste.
De plus, je vous laisse imaginer la rancœur d'un Irakien, d'un Syrien ou d'un Libyen qui a perdu toute sa famille lors d'un bombardement perpétré par un avion de la coalition occidentale ! Cocktail explosif !
Et pourtant, hormis à de très rare exception, ce sont généralement des jeunes issus de l'immigration, né chez nous qui font ces attaques. Ils sont toujours fichés, emmenant systématiquement  leur carte d'identité avec eux lors de leur action !  Je ne suis pas plus complotiste que la moyenne, mais si vous voulez ça fait un peu beaucoup. Le coup du passeport de Mohammed Atta retrouvé dans les décombres des tours jumelles en 2001 a fait des émules visiblement !
La Libye ensuite : pourquoi Sarkosi et Cameron avec le soutien logistique des USA ont tué son dirigeant historique et détruit ce pays ? Ce pays ne menaçait personne. La propagande de l'époque nous assommait matin midi et soir que ce dangereux "dictateur" allait massacrer son peuple ! Depuis nous savons que cette allégation était bidon, comme la fiole de Colin Powell à l'o.n.u ou les couveuses fracassées par les soldats Irakiens en 1990 au Koweït. D'ailleurs, la coalition Franco-Britannique a tué plus de civils que ce Kadhafi aurait lui-même pu faire pour mater un début de rébellion. D'ailleurs si les dirigeants occidentaux se préoccupaient ne serait-ce qu'une seule seconde d'un peuple qui serait menacé par ses propres dirigeants, ça ferait longtemps que Kiev aurait été rayer de la carte, étant donné que Porochenko, le président ukrainien, bombarde la population civile dans le Donbass depuis maintenant plus de 3 ans sans la moindre condamnation, ni la moindre sanction de la communauté internationale.
La destruction de la Libye a permis de ce débarrasser d'un gêneur qui voulait émanciper l'Afrique noire avec son dinar-or et son projet de téléphonie satellitaire. De plus, et comme par hasard, c'est un pays riche en matières premières. Mais surtout, c'était une barrière naturelle face à au flot de l'immigration. Les populations restaient en Libye, elles étaient bien accueillies et n'avaient nul besoin de rejoindre le continent européen et son mirage économique qui n'existe plus depuis fort longtemps.
Par contre, aujourd'hui, ça permet toutes sortes de trafics et en particulier le plus abject d'entre-eux : la traite humaine ! De plus, ça permet de faire revenir discrètement "nos djihadistes" pour qu'ils puissent venir semer la terreur chez nous.

Prenons un exemple concret lié à ce phénomène de peur de masse. La loi travail discutée en ce moment entre le gouvernement et les syndicats. Elle sera votée cet été, par ordonnance, et personne ne dira rien malgré le gonflement des pectoraux kronenbourg de nos courageux responsables ou irresponsables syndicaux. De toute manière, quasiment tout le monde flippe avec les attentats. Ensuite ça sera les vacances, et entre ceux qui pourront en prendre et n'en auront rien à secouer, ça attendra éventuellement septembre, et ceux qui ne pourront pas partir et qui déprimeront, cette loi passera comme une lettre à la poste (qui ne sera pas en grève !). Macron nous l'a déjà dit : avec la menace (que ces maîtres oligarchiques ont créée), il faut prolonger l'état d'urgence jusqu'au mois de novembre. Heureusement qu'a l'origine ça devait-être une mesure provisoire qui ne devait durer que 3 mois ! Et pourtant ? Vous entendez quelqu'un protester contre cet énième prolongement d'une mesure qui n'a absolument eu aucun effet dans la lutte contre le terrorisme ? NON ! Pire, il n'y a jamais eu autant d'attentat depuis la tuerie de charlie hebdo et l'épicerie casher. En prime, si par malheur vous vous opposeriez à cette mesure, c'est limite si vous ne passerez pas pour un traître ou un suspect.
Amusez-vous à lire ce lien, où vous verrez toutes les lois et mesures prises contre la menace terroriste. C'est impressionnant ! Le tout en moins de 3 ans. LIEN

Un des buts de toutes ces lois c'est ni plus ni moins de vouloir museler une dissidence de plus en plus active et de prendre toutes les mesures pour anticiper l'écroulement économique qui arrivera tôt ou tard. Soit l'oligarchie nous mettra une guerre civile sur les bras, soit elle nous offrira une guerre sur un plateau contre les Russes et ses alliés. Malicieusement quand vous faites sans arrêt peur aux gens sur le terrorisme islamiste, insidieusement vous jetez l’opprobre sur tous les musulmans, même si vous dites surtout pas d'amalgame, les séquelles sont là et elles laisseront des traces. Idem avec la Russie : ça fait maintenant plusieurs années que nos médias associés aux hommes et femmes politiques "cassent" du russe, et comme pour les musulmans, ça ne sert qu'a conditionné la masse en lui désignant potentiellement un futur ennemi.

Des élections auront lieu ce dimanche, et je ne doute pas un seul instant que les candidats se présentant au nom du mouvement factice de Macron arriveront en tête et qu'il obtiendra une majorité à l'assemblée nationale. Le climat s'y prête à la perfection et s'il n'y a pas d'attentat en France cette semaine, c'est que nos oligarques auront compris que le bon peuple est mûr pour aller voter bien comme il faut, le tout en marchant au pas !
Un conseil, pour ceux qui ne l'ont pas encore fait : balancer votre télévision dans un centre de tri, sans avoir oublié au préalable, de lui avoir mis un coup de masse dans le gosier !
C'est la première étape pour vous libérer de vos chaînes et vous émancipez.
Bienvenue dans le monde réel.

Sébastien Hairon, volontaire bénévole et indépendant à Donetsk (DNR)

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EDF prévoit de réduire fortement sa voilure...Pour mieux se vendre à une multinationale US ?

5 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La finance dérégulée, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #Le grand banditisme, #Terrorisme, #Services publics, #Energie

EDF prévoit de réduire fortement sa voilure...Pour mieux se vendre à une multinationale US ?

 

Après Alstom, EDF ?

Réduire la capacité industrielle de la France 

un objectif de l'oligarchie sans patrie

 

francetvinfo

EDF prévoit de supprimer au moins 4 000 postes,

sans licenciement, d'ici 2018,

selon des sources syndicales

 

EDF va se séparer de l'équivalent de 5,8% de ses effectifs. L'électricien prévoit desupprimer au moins 4 000 postes sur trois ans, et ce sans licenciement, selon des sources syndicales citées vendredi 15 janvier. Le groupe procéderait par le biais de non remplacements, de départs à la retraite ou des départs anticipés.

Ces réductions d'effectifs, entre 2016 et 2018, représentent plus du double des suppressions initialement annoncées par le groupe.

Des réductions d'effectifs officiellement abordées jeudi 

Ces réductions d'effectifs doivent être abordées jeudi prochain lors d'un comité central d'entreprise d'EDF SA (environ 68 000 salariés), selon les syndicats. A cette occasion, un appel à la grève est lancé par les syndicats CGT, FO et CFE-CGC pour protester notamment contre ces réductions d'effectifs.

Une source syndicale a fait part à l'AFP de "4 000 à 5 000" suppressions de postes, une deuxième source syndicale a évoqué "4 100" suppressions. Interrogé par l'AFP, EDF n'a pas fait de commentaire.

En décembre, les syndicats avaient protesté contre la suppression annoncée de "1 500 à 2 000 postes" d'ici à 2018

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Brzezinski est mort, je ne vais pas le pleurer, par Selma Benkhelifa

4 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #l'islamisme, #Terrorisme

Brzezinski est mort, je ne vais pas le pleurer,  par Selma Benkhelifa

Brzezinski est mort, je ne vais pas le pleurer

 

Zbigniew Brzezinski est mort ce 26 mai 2017, à l’âge de 89 ans. Cet homme est l’instigateur de la guerre en Afghanistan, celui qui – pour la CIA – a inventé le concept moderne du djihad, en soutenant les opposants à Najibullah le Président afghan de l’époque.

 
L’Afghanistan était pourtant résolument tourné vers la modernité. Les femmes y travaillaient, les filles y allaient à l’Université. Le pays avait sa propre compagnie aérienne. Une agriculture florissante en faisait le premier exportateur de fruits d’Asie centrale.
 
Mais Zbigniew Brzezinski est arrivé. Et le drame a commencé. 
 

Dans une longue interview, il admet avoir écrit une note au président Carter selon laquelle si la CIA aidait les Moudjahiddines, traduisez les « soldats de la Religion », cela entraînerait une réaction des Soviétiques, qui voudraient soutenir le Président Najibullah.

L’idée n’était pas de réellement mettre les moudjahiddines au pouvoir, mais de créer une guerre civile qui forcerait l’intervention russe. Et l’idée a marché.

 L’armée soviétique envahit l’Afghanistan, le 24 décembre 1979, quelques mois après la note de Brzezinski à Carter.

Heureux de son succès, Brzezinski écrira à Carter «Nous avons maintenant l’occasion de donner à l’URSS sa guerre du Vietnam.»

La guerre en Afghanistan n’a pas cessé depuis. Le pays exsangue ne s’est jamais remis des plaies causées par les combats fratricides qui l’ensanglantent encore aujourd’hui.

Des années plus tard, lorsqu’un journaliste du Nouvel Observateur interroge Brzezinski sur d’éventuels regrets, il répondra imperturbable:
 
« Cette opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d’attirer les Russes dans le piège Afghan et vous voulez que je le regrette ?  » (1)
 
Le journaliste surpris insiste: « Vous ne regrettez pas non plus d’avoir favorisé l’intégrisme islamiste,d’avoir donné des armes, des conseils à de futurs terroristes ? »
 

Et Zbigniew Brzezinski répond « Qu’est-ce qui est le plus important au regard de l’histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l’empire soviétique ? Quelques excités islamistes où la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide ?« 

Les « excités islamistes » ne font pas peur à la CIA, ni aux Présidents américains qui se sont succédé. Ce sont tout au plus des mercenaires dont on se sert et puis qu’on jette quand ils ne sont plus utiles. Ce sont des terroristes parce qu’ils terrorisent les gens du commun, vous, moi, ceux et celles qui partent travailler en métro ou qui vont à un concert. Ils ont terrorisés les habitants de Kaboul, d’Alger et d’Alep. Ils ne terrorisent pas les puissants de ce monde, qui sont très satisfaits de les voir faire le sale boulot et les aider à justifier leurs guerres et leurs atteintes à nos droits.

On pourrait penser que c’est de l’histoire ancienne, un cours sur la Guerre Froide, mais Brzezinski a continué à sévir des années durant. Il a aussi été conseiller du Président Obama.

Alors comment ne pas faire le rapprochement entre ce que la CIA a fait pour manipuler l’URSS et pousser les Soviétiques dans une guerre en Afghanistan et ce qui se passe en Syrie ?
 
Nous sommes tous et toutes victimes de la même manipulation, de Bruxelles à Damas, de Kaboul à Manchester.
 
Brzezinski est mort, je ne vais pas le pleurer, je voudrais juste qu’on se rappelle le manipulateur pervers qu’il a été et sa responsabilité dans tant d’années de guerres et de barbarie. Si certains hommes ont rendu le monde meilleur, Brzezinski fait assurément partie de ceux qui l’ont rendu pire.
 
(1) Source : Le Nouvel Observateur, 15/01/1998

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Écraser le Général Flynn, par Robert Parry

4 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #Terrorisme, #Le fascisme

Source : Consortium News, le 08-05-2017

Le 8 mai 2017

Exclusif : Bien qu’aucune preuve n’ait été actuellement présentée, deux fonctionnaires de l’ancienne administration Obama ont détruit la réputation du lieutenant général à la retraite Michael Flynn, le peignant comme un menteur et un traître potentiel, rapporte Robert Parry

Par Robert Parry

Il ne s’agit pas de défendre le jugement douteux du lieutenant général à la retraite Michael Flynn, mais plutôt de montrer que cette situation est un exemple préoccupant de la façon dont la surveillance électronique et l’ application d’une loi politisée peut, dans le nouveau maccarthysme ambiant, détruire la vie d’un citoyen américain.

Le lieutenant général à la retraite de l’armée américaine Michael Flynn lors d’un rassemblement de campagne pour Donald Trump au Phoenix Convention Center à Phœnix, Arizona le 26 octobre 2016 (Flickr Gage Skidmore)

Lundi, les témoignages de l’ancienne procureure générale Sally Yates et de l’ancien directeur des renseignements nationaux James Clapper n’ont pu apporter la preuve d’une faute de Flynn – les faits étant « classifiés » – néanmoins tout deux ont détruit sa réputation, le dépeignant à la fois comme un menteur et un traître potentiel.

Que les Sénateurs démocrates, en particulier, n’aient rien vu de troublant dans cette diffamation de l’ancien directeur de l’Agence de Renseignement de la Défense, et brièvement conseiller pour la sécurité nationale du Président Trump, est en soi dérangeant. Les Républicains furent un peu plus sceptiques, mais personne, semble-t-il, ne voulait être accusé de mollesse envers la Russie.

Ainsi, personne n’a montré le moindre scepticisme envers la curieuse allégation de Yates sur les supposés mensonges de Flynn au vice-président Mike Pence, sur des détails d’un appel téléphonique à l’ambassadeur russe Sergey Kislyak, qui aurait pu exposer Flynn à un chantage des Russes, sa principale explication pour sa précipitation à avertir la Maison-Blanche de ce soit-disant grave danger .

Yates a eu également des mots inquiétants sur une information « sous-jacente » qui soulevait d’autres questions sur le patriotisme de Flynn, mais cette preuve, étant également classifiée, n’a pas pu être partagée avec le peuple américain, le laissant imaginer la profondeur de la perfidie de Flynn.

Malgré la faiblesse des accusations de Yates – faisant écho au sénateur Joe McCarthy et à ses listes secrètes de communistes qu’il ne dévoilerait pas – les principaux médias américains ont accordé à Sally Yates un statut d’héroïne sans la moindre crainte qu’elle aurait pu exagérer la très improbable possibilité de chantage des Russes sur Flynn.

Elle supposait que, puisque le compte-rendu du vice-président Mike Pence sur la conversation Kislyak-Flynn différait en quelques détails de ce qui avait été réellement dit, les Russes se serviraient de cet différence pour contraindre Flynn à se soumettre à leurs demandes.

Mais ce qui n’a vraiment aucun sens, en partie, parce que même si les Russes avaient relevé cette différence, ils auraient bien entendu supposé que les Renseignements américains avaient leur propre transcription de la conversation, et donc il n’y aurait pas de base pour un chantage.

La prétendue alerte de Yates pourrait constituer un bon roman d’espionnage, mais elle a peu ou pas de base dans le monde réel. Mais il est difficile pour les Américains d’évaluer ses affirmations puisque tous les faits clés sont classifiés.

L’ignorance fait la Force

Le public ne sait même pas ce que se sont dit Kislyak et Flynn le 29 décembre 2016, lorsque Kislyak a appelé Flynn, qui était en vacances en République Dominicaine. Les deux ont apparemment discuté de la dégradation des relations entre les États-Unis et la Russie, alors que le président Obama venait d’imposer de nouvelles sanctions à la Russie, mais on ignore si la référence aux sanctions avait quelque chose de spécifique.

Sergey Kislyak, ambassadeur de Russie aux États-Unis (Photo de l’Ambassade de Russie)

Les détails sont importants ici, tout comme le fait que Flynn aurait bien pu ne pas se rappeler tous les détails parce qu’il n’était pas à son bureau et qu’il n’avait pas de soutien de son personnel pour prendre des notes ou enregistrer. Pour ce que nous en savons, Flynn était en maillot de bain, une Pina Colada à la main.

Ainsi, l’hypothèse selon laquelle Flynn mentait intentionnellement quand il a plus tard informé Pence et d’autres collègues est tirée par les cheveux. Pourtant, il a été reconnu coupable au tribunal de l’opinion publique sans que les preuves soient présentées ou sans lui laisser une chance sérieuse de se défendre.

Les motivations de Yates pourraient également mériter un examen. Son comportement semble celui d’une procureure partisane qui aurait probablement été en bonne place pour un poste de haut niveau sous une présidence Clinton. Cela influencerait-il son empressement à tordre les faits pour détruire Flynn et blesser le patron de Flynn ?

Après tout, le climat à l’intérieur de l’administration Obama dans ses derniers jours était de faire tout son possible pour renforcer la « résistance » à l’administration Trump entrante. Après l’investiture, il y a eu des manifestations massives anti-Trump avec des appels, pour ceux qui restaient de l’administration Obama, à se joindre à la #Resistance. Yates, en tant que reliquat de l’administration Obama et procureure générale en exercice, était dans une position idéale pour « résister ».

Le sentiment anti-Trump, compréhensible au sens politique, a fourni un motif à Yates pour exagérer une supposée menace et déclencher ainsi une crise immédiate au sein de l’administration Trump : objectif atteint.

C’était aussi la monnaie de la pièce contre Flynn, qui s’était associé au slogan infâme de la Convention nationale républicaine « enfermez-la (lock her up) ». Ainsi, les partisans de Clinton avaient un puissant motif de créer un contexte pour enfermer Flynn, ce qui semble maintenant tout à fait possible.

La course au jugement

Pourtant, dans cette course au jugement sur le Russie-gate, le public américain n’a pas eu la chance d’entendre Flynn ni les autres conseillers de Trump, présentés comme des agents russes sur la base d’insinuations, y compris le contenu d’un dossier de recherche sur l’opposition compilé par un ancien agent de renseignement britannique et apparemment financé par des partisans de Clinton inconnus.

L’ancienne secrétaire d’État, Hillary Clinton, parlant avec des partisans lors d’un rassemblement de campagne à Phoenix, en Arizona, le 21 mars 2016. (Photo de Gage Skidmore)

En reculant d’un pas, nous ne connaissons même pas la preuve derrière les allégations d’ingérence russe dans la campagne de 2016. Pour soutenir ces accusations, les chefs des services de Renseignement du président Obama ont émis un rapport incomplet le 6 janvier 2017, qui n’offrait aucune preuve – seulement des allégations – sur des agents russes qui auraient piraté des comptes e-mail démocrates et qui auraient, d’une manière ou d’une autre, fait passer ces informations à WikiLeaks.

Le gouvernement russe et WikiLeaks nient tous deux ce scénario, et le rapport du 6 janvier ne fait que répéter encore et encore combien ses rédacteurs sont sûrs que la Russie est coupable.

Lundi, Clapper, un ancien agent de la DNI, a clarifié un point que les Démocrates ont constamment déformé : à savoir que ce rapport n’était pas le jugement consensuel des 17 agences de renseignement américaines, mais le travail de trois agences seulement : la CIA, la NSA et le FBI.

Mais le grand problème du rapport du 6 janvier, c’est qu’il est complètement partial : il cite les raisons de croire que les Russes sont coupables, mais il passe sous silence les raisons tout aussi fortes de douter de leur culpabilité.

Par exemple, le rapport met l’accent sur le motif présumé de la Russie pour « pirater » et diffuser des courriels nuisibles à la campagne de Hillary Clinton citant la préoccupation du président russe Vladimir Poutine selon laquelle Clinton constituerait une menace de détérioration des relations déjà bien effilochées entre les deux superpuissances nucléaires.

Mais le rapport ne parle pas de l’inconvénient pour la Russie d’essayer d’interférer avec la campagne électorale des États-Unis et de ne pas réussir à stopper Clinton, ce qui était le plus probable jusqu’au soir de l’élection.

Si la Russie avait eu accès à des courriels démocrates et les avait fait passer à WikiLeaks pour publication, Poutine aurait dû penser que la NSA, avec sa capacité exceptionnelle de tracer les communications électroniques dans le monde, aurait bien pu détecter la manœuvre et en aurait informé Clinton.

Ainsi, en plus du caractère faucon bien connu de Clinton, Poutine aurait risqué de donner à la probable présidente des États-Unis une raison personnelle de se venger de lui et de son pays. Historiquement, la Russie a été très circonspecte dans de telles situations, gardant d’habitude pour des fins internes ses collectes de renseignement, sans les partager avec le public.

Bien qu’il soit concevable que Poutine ait décidé de prendre ici ce risque extraordinaire – malgré le point de vue largement répandu selon lequel Clinton était la favorite pour battre Trump – un rapport objectif du DNI aurait dû examiner la possibilité qu’il n’ait pas agi ainsi.

Mais le rapport du DNI n’a pas été motivé par une volonté d’équilibre : c’est bien un réquisitoire de procureur, et qui ne comporte aucune preuve véritable que l’accusé soit coupable.

Le rapport du DNI comprend également une annexe de sept pages, datant de 2012, qui est une attaque argumentée contre RT, le réseau de télévision soutenu par le gouvernement russe, lequel est accusé de dépeindre « le processus électoral américain comme antidémocratique ».

La preuve de cette accusation comprend des articles de RT sur les « vulnérabilités des machines à voter », bien que pratiquement toutes les principales organes de presse américains aient présenté des histoires similaires: certaines lors de la dernière campagne sur la faisabilité de piratage russe dans le processus de vote actuel, piratage dont même le renseignement américain dit qu’il n’y a pas existé.

Le rapport ajoute qu’en plus de nuire à la foi des Américains dans le processus démocratique des États-Unis, « RT a diffusé, accueilli et fait la publicité de débats avec des candidats tiers ». Apparemment, le point de vue du DNI est que montrer aux Américains qu’il existe des choix au-delà des deux principaux partis est en quelque sorte séditieux.

« Les présentateurs de RT ont affirmé que le système américain bipartite ne représente pas les points de vue d’au moins un tiers de la population et que c’est une ‘imposture’ », déclare le rapport. Pourtant, les sondages ont montré exactement ce sentiment chez un grand nombre d’Américains, qui préféreraient plus de choix que les deux candidats habituels ; et effectivement, la plupart des démocraties occidentales ont plusieurs partis.

Ainsi, la critique implicite de RT sur le processus politique américain n’a rien qui sorte de l’ordinaire. Ce qui est extraordinaire, en revanche, c’est que la communauté du renseignement des États-Unis considère qu’en permettant aux candidats tiers américains d’exprimer leur opinion, RT a en quelque sorte subverti le processus démocratique américain.

Le rapport prend également à partie RT pour avoir couvert le mouvement Occupy Wall Street et pour avoir rendu compte des dangers environnementaux liés à la fracturation hydraulique, des sujets cités comme preuve supplémentaire que le gouvernement russe utilise RT pour affaiblir le soutien du public américain à la politique de Washington (bien que, encore une fois, ce soit là d’authentiques sujets d’intérêt général).

Compte tenu de la faiblesse – voire de l’absurdité – de ces attaques contre RT, les Américains pourraient avoir des raisons de se questionner sur la solidité des preuves concernant les élections de 2016. Mais nous ne sommes pas du tout autorisés à les voir : elles sont classifiées.

Quant à Michael Flynn, il pourrait bien y avoir des critiques légitimes à son égard pour avoir accepté de prononcer un discours payé lors du dixième anniversaire de RT en 2015, apparemment sans s’en expliquer avec le Pentagone.

La leader du Parti Vert, Jill Stein, et le lieutenant-général  Michael Flynn, assistent à un dîner marquant les 10 ans d’existence du réseau RT à Moscou, en décembre 2015, assis à la même table que le président russe Vladimir Poutine.

On m’a dit également que Flynn s’était fait des amis parmi les officiers russes qu’il avait rencontrés lors de sa coopération avec la Russie dans les campagnes militaires américaines en Afghanistan et dans la lutte contre le terrorisme.

Bien sûr, le président Obama lui-même a développé une relation de coopération avec le président Poutine et son prédécesseur, Dmitri Medvedev. Poutine a joué un rôle clé en persuadant l’Iran d’accepter des contraintes sévères sur son programme nucléaire, un accord que Obama considère comme sa plus grande réalisation en politique étrangère.

Ce n’est qu’après le putsch orchestré par les États-Unis en Ukraine au début de 2014 et la réaction de la Russie à un nouveau régime hostile à ses frontières, que la relation entre les États-Unis et la Russie est devenue clairement antagoniste. Bien que la plupart des politiciens américains et les médias accusent exclusivement Poutine et la Russie, une évaluation objective trouverait également à blâmer du côté américain.

Mais on est à court d’objectivité dans le Washington d’aujourd’hui, d’autant plus que les démocrates amers ont vu dans les espoirs de Trump de rétablir une relation plus coopérative avec la Russie, une vulnérabilité politique qui pourrait être exploitée dans la perspective d’un scandale allant jusqu’à une possible destitution.

Dans l’opinion officielle de Washington, Michael Flynn n’est rien d’autre qu’un chien écrasé dans la course majeure vers le pouvoir.

Le journaliste d’investigation Robert Parry a révélé plusieurs affaires Iran-Contra pour The Associated Press et Newsweek, dans les années 80.

Source : Consortium News, le 08-05-2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 

 

Commentaires recommandés

RGT Le 04 juin 2017 
 
 

Je pense personnellement que si cet homme a été “écarté” c’est plutôt pour son indépendance d’esprit.

Un type qui suivait ses propres convictions, et qui était donc “ingérable”.

L’ennemi politique est bien là : Un type qui ne suit pas l’intérêt des partis mais ses propres convictions, c’est réellement dangereux.

Surtout s’il réussit (on ne saura jamais).
Imaginez que les électeurs s’en rendent compte et surtout qu’ils approuvent.

L’intérêt de la nation et de sa population, les politiciens s’en foutent.
Seul compte leur propre intérêt et ils sont prêts à plomber tous ceux qui pourraient mettre en danger leur business fructueux.

Désormais le “danger” est écarté et il a été remplacé par un homme plus “compatible” avec les intérêts de la “démocratie”.
“On” a échappé de peu à la catastrophe.

P.S. Il ne faut pas oublier que certaines personnes honnêtes se joignent parfois à des politiciens quand ils ont la garantie de pouvoir mener à bien des actions qu’ils jugent justes et utiles.

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L’INFO DE LA NUIT-Londres: 6 morts et 30 blessés, 3 terroristes abattus

4 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Terrorisme, #Daesch, #le nazisme

L’INFO DE LA NUIT-Londres: 6 morts et 30 blessés, 3 terroristes abattus

L’INFO DE LA NUIT-Londres: 6 morts et 30 blessés, 3 terroristes abattus

 

Le bilan de l’attaque terroriste, qui a frappé Londres hier soir, s’établit ce matin à 6 morts et 30 blessés. 3 terroristes ont été abattus par la police.

À 22h08 (23h08, heure de Paris) la Metropolitan police reçoit plusieurs appels signalant qu’une camionnette blanche a fauché des piétons dans le quartier de London Bridge.

Les témoins racontent que le véhicule a zigzagué pour percuter volontairement les passants. 3 hommes descendent de la camionnette. Ils sont armés de couteaux et frappent à la gorge ceux qu’ils croisent à Borough Market.

Un policier qui se rend sur les lieux de l’attaque tente d’intervenir. Il reçoit plusieurs coups de couteau. Il est grièvement blessé à la tête, au visage et aux jambes mais ses jours ne sont pas en danger.

Un 3e « incident » (terminologie employée par la Metropolitan police) signalé à Vauxhall était une fausse alerte.

 

À Borough Market, les 3 terroristes sont repérés par la police et sont abattus 8 minutes après le 1er appel téléphonique signalant l’attaque. Ce sont les coups de feu qui ont été entendus et signalés par les riverains. Les 3 hommes portaient de fausses ceintures d’explosifs autour du ventre.

Theresa May réunira ce matin le comité Cobra (Cabinet Office Briefing Room). Y participent les ministres concernés, les responsables de la police et des services de renseignement intérieur et extérieur.

Emmanuel Macron a réagi dans la nuit en publiant ce message sur Twitter vers 3 heures du matin : « Face à cette nouvelle tragédie, la France est plus que jamais aux côtés du Royaume-Uni. Mes pensées vont aux victimes et à leurs proches ».

Rappelons que ce soir, à Manchester, Ariana Grande et plusieurs autres artistes ont prévu de donner un grand concert au profit et à la mémoire des victimes de l’attentat perpétré par un kamikaze le 22 mai, attentat qui a fait 22 morts et 50 blessés. Étant données les circonstances, il paraît peu probable que ce concert puisse être maintenu. Sur Twitter, la chanteuse a écrit: « Praying for London ♡ »

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Le calendrier ultra-serré des ordonnances sur le travail. Par Manuel Jardinaud

1 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Economie, #l'horreur économique, #Terrorisme, #Le fascisme

Le calendrier ultra-serré des ordonnances sur le travail.  Par Manuel Jardinaud

Le calendrier ultra-serré des ordonnances sur le travail

Par Manuel Jardinaud

Selon un document confidentiel que Mediapart s'est procuré, le gouvernement veut aller très vite pour réformer le code du travail. Le processus débutera avant les législatives et se terminera le 20 septembre, date de l'adoption du paquet d'ordonnances par le conseil des ministres.

Le gouvernement veut aller vite, très vite, sur les ordonnances concernant la réforme de la loi sur le travail. Après les propos du premier ministre sur le plateau du JT de France 2 le 30 mai dans lesquels il évoquait une présentation desdites ordonnances avant la fin septembre, Mediapart est en mesure d’en détailler le calendrier en exclusivité.

Selon un document confidentiel que nous nous sommes procuré, daté du 27 mai 2017, le projet de loi d’habilitation, première étape de la procédure du vote parlementaire, va être envoyé au conseil d’État dès le 14 juin. C’est dire que, étant donné le timing, tout semble déjà bouclé.

Le 28 juin, soit juste dix jours après le second tour des élections législatives, le projet de loi sera examiné en conseil des ministres pour être voté par le Parlement entre le 24 et le 28 juillet en session extraordinaire. Selon cet agenda précipité, l’envoi des ordonnances au conseil d’État, première étape vers l’adoption des textes visant le fond de la réforme, se fera le 28 août au plus tard.

 

Le document détaillant le calendrier du vote des ordonnances visant à réformer le code du travail. © DRLe document détaillant le calendrier du vote des ordonnances visant à réformer le code du travail. © DR

 

Le gouvernement se prépare à un sprint effréné. Il envisage l’adoption du paquet d’ordonnances en conseil des ministres le 20 septembre. L’ultime étape étant le vote du Parlement dans la foulée, lors de la première session à l’automne. Contacté, le ministère du travail n'a pas répondu à notre demande de confirmation.

Sans être une véritable surprise, ce calendrier précis montre ainsi la volonté farouche du nouvel exécutif de ne pas laisser respirer les partenaires sociaux qui se retrouvent pris dans une cadence infernale au beau milieu de l’été. De fait, compte tenu des dates retenues, ce sont à peine deux mois qui leur seront proposés pour ce qui devrait  ressembler davantage à des consultations qu'à une véritable négociation.

 

 

Avec un troisième round de rencontres qui s’ouvre aujourd’hui rue de Grenelle avec Muriel Pénicaud, la ministre du travail, le gouvernement peut déjà faire valoir qu'il a engagé un dialogue avec les syndicats et le patronat. Même si chacun, quelle que soit sa position, reste encore sur sa faim puisque l’Élysée et Matignon n’ont rien lâché sur le fond. Une lettre de cadrage doit être envoyée aux représentants des organisations syndicales et patronales en milieu de semaine prochaine, qui précisera les sujets sur lesquels ils auront à se pencher.

Dans sa volonté réformatrice, Emmanuel Macron veut frapper un grand coup. Après cette séquence de consultation destinée à donner des gages d'ouverture, le président de la République trace sa route à toute vitesse. Les séances de concertation, si elles ont lieu, se feront en plein cœur de l’été, si peu propice à une mobilisation dans la rue.

Si l’on s’en tient au programme du candidat, les points clés des ordonnances seront le référendum à l’initiative de l’employeur, le regroupement des instances représentatives du personnel, le champ de la négociation au sein de l’entreprise par rapport à la branche, le compte de pénibilité et, bien sûr, l’explosif sujet du barème obligatoire des indemnités aux prud’hommes. L'été risque d'être chaud.

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Les leçons de la rencontre Macron / Poutine par Karine Bechet Golovko.

31 Mai 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Terrorisme, #Les transnationales, #le nazisme, #l'horreur économique

mardi 30 mai 2017

 

Les leçons de la rencontre Macron / Poutine

 
 
 
Lorsque deux chefs d'Etat se rencontrent, chacun doit avoir une idée claire de ce qu'il attend de la discussion. Si l'on comprend sans difficulté l'intérêt pour Macron d'inviter le Président russe, l'intérêt de la Russie de se prêter au jeu du faire-valoir est beaucou plus flou. De cette confrontation, semble-t-il inattendue pour la Russie, en ressortira peut-être plus de clairvoyance dans sa vision de la France contemporaine.
 

Le produit Macron, un produit à la mode
 
E. Macron est un produit qui s'est bien vendu en France et dont le cours continue à augmenter, si l'on en croit les convertions récentes parmi ceux qui le critiquaient il y a encore peu. La forme fait oublier le fond. Il a suffit de mettre les habits d'un chef d'Etat qui reprend un minimum de patriotisme pastellisé, en le mêlant à de l'européanisme débridé, pour que chacun y trouve son De Gaulle ou son Delors, sans même faire le lien entre les figures contradictoires et inconciliables du produit. 
 
La technique de marketing très poussée qui a été emloyée est d'une efficacité redoutable et ce qui reste de capacité de réflexion indépendante des individus de notre société ne rassure pas. Nous avons plutôt l'impression d'être confronté à un troupeau de moutons qui se prend pour une société humaine et se dirige "de lui même" dans la voie qui lui a été préparée. 
 
Ce produit doit maintenant être vendu à l'international. L'on a vu la fameuse poignée de mains entre Trump et Macron, surmédiatisée en France, ici aussi la forme masquant le fond. Quel apport pour la politique française? Aucun. Simplement, il fallait donner l'image d'un homme de ce gringalet flottant dans son costume face à l'énorme Trump. L'intérêt reste au niveau de la communication: Macron est apte à tenir face à Trump. En tout cas, il est capable de serrer la main. Quel homme! Quel Président! Et toute la machine de presse de montrer un Macron digne d'un nouveau Talleyrand, face un à Trump sorti de son Western. Décidément, ce produit de consommation courante bénéficie de toutes les comparaisons glorieuses, comparaisons qui doivent le dispenser de faire réellement ses preuves.
 
De l'autre côté, l'autre homme fort est V. Poutine. L'invitation est lancée à la hâte, mais pas pour autant à la légère. Et elle est acceptée immédiatement. Il faut donc donner au Président russe un produit acceptable. Versailles, les ors de la Monarchie prostitués par la République, l'histoire retravaillée pour l'occasion et une haie d'honneur. On descend le perron et l'on sert la main chaleureusement, en véritable maître des lieux, Sans oublier que le but reste la mise à genoux, au minima le couteau dans le dos. Mais pour cela il y a la conférence de presse. La Russie ne s'attend pas à trouver si peu d'humanité derrière un tel sourire. C'est oublier que Macron n'existe pas, il est fabriqué, il ne fonctionne que pour remplir le but fixé.
 
Et le premier but de cette rencontre est rempli: Macron est un produit à la mode, il est devenu plus populaire que Trump, il sera donc acheté. Pari réussi.
 
 
Echanges de tirs lors de la conférence de presse
 
Voici la vidéo de la conférence de presse en français:
 
 
 
La vidéo en russe:
 
 
Avant même d'entrer sur le fond, une chose saute aux yeux: le Président russe est totalement absent, Macron occupe l'espace. La presse russe elle-même remarque cette attitude effacée de V. Poutine qui ne lui ressemble pas. Car si formellement il ne s'agit que d'une conférence de presse, banale, aucune règle n'est en réalité préservée, les organisateurs ont bousculé les convenances pour destabiliser. Et ça a marché.
 
Sur la manière, le choc entre deux hommes incarnant deux modes politiques irréconciliables. D'une part, la politique européenne traditionnelle européenne chez le Président russe, dont la courtoisie, pourtant mise à rude épreuve, reste inébranlable. Même à l'excès. D'autre part, Macron , l'agressivité et le manque de tact, tant face aux journalistes qu'à l'égard de son invité. 
 
Un exemple flagrant concerne la réponse faite par Macron sur le refus d'accès opposé aux journalistes de RT et Sputnik lors de la campagne présidentielle, question posée par une jouraliste de RT, devant le Président russe, son Président. Macron répond en dépassant toutes les bornes de la diplomatie:
 
 
 
Et pas une réaction rien. La situation était, certes, délicate. Réagir aurait pu être considéré comme une confirmation, un soutien direct apporté aux médias russes. Mais quel Président laisserait ses journalistes se faire insulter devant lui à l'étranger? La réaction est venue plus tard. Trop tard. Le porte-parole du Kremlin, D. Peskov a déclaré que le Kremlin ne consière pas que RT et Sputnik soient des organes d'influences. RT a publié un commentaire:
«Il est très décevant que ce qui avait commencé comme une rencontre productive entre deux chefs d'Etat se soit transformée en une nouvelle occasion pour le président Macron de proférer des accusations sans fondement contre RT. Il se trouve que, malgré les nombreuses invectives adressées durant la campagne présidentielle, jusqu’à aujourd’hui, pas un seul exemple, pas une seule preuve que RT ait diffusé des fausses informations à propos d’Emmanuel Macron n’a été présentée. Ni par son équipe, ni par les grands médias qui ont aveuglément diffusé les accusations de l’équipe d’Emmanuel Macron contre RT. Le tout sans questionnement aucun et sans prendre la peine de vérifier ces attaques. En qualifiant de fausse information toute information avec laquelle il ne se montre pas d’accord, le président Macron pose les bases d’un dangereux précédent qui menace à la fois la liberté d’expression et le journalisme dans son ensemble.»
Cet échange fait la Une de la presse française et donne l'image d'un Macron qui a su s'imposer face à Poutine, qui à la surprise générale, n'a pas répondu, alors qu'il en avait la possibilité:
 
Macron aurait-il pu répondre autement? Oui, s'il ne s'était agit que d'un enjeu secondaire. Or, en répondant aussi directement, d'une part il fait une réelle publicité à ces chaînes "d'opposition" en France, mais il lance un signal ouvertement liberticide à la société. La journaliste de RT, en provoquant cette réponse, a permis, d'autre part, de montrer toute la rigidité du système politico-médiatique actuel en France, qui ne supporte plus la contradiction et l'assimile à du mensonge. C'est toute la frontière entre l'information et la propagande.
 
L'agressivité de Macron s'est vue également en ce qui concerne la Syrie, où la menace de recourir aux bombardements en cas d'utilisation d'armes chimiques était directement adressée à la Russie, accusée a priori de couvrir les bombardements chimiques attribués au régime d'Assad par la communauté internationale, cette communauté qui refuse toute enquête indépendante. Ici non plus, le Président russe n'a pas répondu. Mais cette attaque a fait le bonheur du New York Times:
 
With Mr. Putin standing beside him, he accused two news organizations with ties to Russia of acting as “organs of influence” rather than as true outlets for journalism. And he publicly warned the Russian leader that the use of chemical weapons was a “red line” for France. “The use of chemical weapons by anyone will be the object of reprisals and immediate retaliation on the part of France,” he said.Mr. 
Putin has strongly backed President Bashar al-Assad of Syria, whose forces have been accused of using chemical weapons as recently as April. The Russian president did not respond directly to Mr. Macron’s implicit challenge.
D'une manière générale, E. Macron a donné le ton dès son discours d'introduction:
"Pierre le Grand est le symbole de cette Russie qui veut s'ouvrir à l'Europe et qui vient tirer en Europe tout ce qu'elle a de grand et de fort. (...) La Russie qui s'ouvre à l'Europe"
C'est cette Russie qui est la bienvenue, cette Russie qui connait sa place et ne prétend pas à plus, cette Russie qui vient apprendre de l'Europe, docilement, lorsque l'Europe a un peu de temps à consacrer à son éducation. Pour cela, d'ailleurs, il faut créer un Forum franco-russe des sociétés civiles: les grands esprits français vont pouvoir reformater les faibles esprits russes. Ce n'est jamais l'Europe qui s'ouvre à la Russie. Cette vision des rapports entre l'Europe et la Russie nous renvoie bien en arrière, à cette condescendance européenne, à cette Russie curiosité intéressante aux portes de la civilisation. 
 
La Russie d'aujourd'hui peut-elle l'accepter? En a-t-elle besoin? Et Macron d'enfoncer le clou avec la défense des droits des LGBT en Tchétchénie et des ONG en général en Russie:
"J'ai indiqué au Président Poutine les attentes de la France et nous sommes convenus d'avoir un suivi extrêmement régulier ensemble."
Autrement dit, Macron a fait la leçon et maintenant le Président va devoir rendre des comptes? Est-ce bien ce que la Russie est venue chercher à Versailles?
 
Toute la presse française célèbre la victoire de Macron, qui a effectivement largment dominé l'exercice en imposant ses règles:
 
 
 
 
 
Quel était le but de la Russie?
 
La question de savoir ce que pouvait faire le Président russe face à un tel comportement, reste ouverte. Soit la dénégation, soit le scandale. Il eût été aussi possible de répondre avec humour pour dénigrer son vis-à-vis, il est dommage que le choix ait été celui de la dénégation. Car en suivant la conférence de presse, l'on a vraiment l'impression que les deux Présidents font deux conférences de presse distinctes.
 
Et l'on voit bien que les différends ne sont pas conjoncturels, le maintien des échanges commerciaux ne règlera rien et ne signifie rien, sauf que les milieux d'affaires qui ne vivent pas de la globalisation n'ont aucun pouvoir d'influence sur la politique en France, qui se décide ailleurs. Et remettre en vrac sur le tapis, et en se dépêchant, la question des sanctions, alors que la Russie avait toujours pris de la hauteur en refusant par principe de discuter de ce qu'elle n'a pas initié, a clos la conférence de presse sur une étrange impression. 
 
Les différends sont profonds, c'est une vision du monde différente. Une vision du monde et un comportement auxquels, manifestement, la délégation russe n'a pas été préparée. Macron a clairement lancé un défi à V. Poutine: ou vous jouez selon nos règles, car nous reprenons les manettes suite à la défaite de Clinton, soit l'on ne vous reconnaît pas comme des nôtres. Et ces "valeurs" qu'il impose comme de fait acceptées par V. Poutine. 
 
La Russie, pour reprendre le terrain dans ces nouveaux types de rapports politiques, va devoir s'adapter très vite. Les victoires militaires ne comptent que pour autant qu'elles sont médiatisées : que reste-t-il d'Alep ou de Palmyre? Les bévues n'existent que pour autant que l'on en parle: qui s'inquiète des morts civils syriens suite aux bombardement américains? L'Occident maîtrise la parole médiatique et laisser RT et Sputnik se faire attaquer dans ce monde devenu largement virtuel n'est plus une faute de goût, c'est une erreur très grave. La Russie aussi doit affirmer ses lignes rouges dans ce nouveau monde, qu'il s'agisse de ses diplomates ou de ses journalistes.
 
Le seul avantage de cette rencontre est d'avoir pu faire tomber les illusions quant à Macron, ce Président particulièrement cultivé, très intelligent, pragmatique, avec lequel il sera possible de parler. Cette France-là ne cherche pas à coopérer avec la Russie, elle veut la faire rentrer dans le rang. Sans émotion superflue. Question d'intérêt: être globaliste ou ne pas être. La Russie va devoir faire un choix, il existe peu de camps. Or, à l'intérieur du pays, les sirènes néolibérales et globalistes chantent aussi, adapter la position stratégique du pays nécessite une clarification de sa politique.  
 
La scène s'est déroulée dans la Galerie des Batailles de Versailles. Ce n'est qu'une bataille, mais qui augure de la guerre qui se joue.
 
 
 
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