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Le blog de Lucien PONS

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Troisième semaine de l’intervention russe en Syrie : le retour de la diplomatie

29 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #l'ONU, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Daesch, #ISIL, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #Terrorisme

Troisième semaine de l’intervention russe en Syrie : le retour de la diplomatie

Troisième semaine de l’intervention russe en Syrie : le retour de la diplomatie

La fin du droit international et de la diplomatie

La fin de la Guerre froide avait été accueillie comme une nouvelle ère de paix et de sécurité, dans laquelle les épées seraient transformées en charrues, les anciens ennemis en amis, et où le monde assisterait à une nouvelle aurore d’amour universel, de paix et de bonheur. Bien sûr, rien de tout cela n’est arrivé. Ce qui est arrivé est que l’Empire anglosioniste s’est convaincu lui-même qu’il avait gagné la Guerre froide et que dorénavant, il devait gérer le monde. Sur la planète toute entière, pas moins. Et pourquoi pas ? Il avait construit partout entre 700 et 1 000 bases militaires (cela dépend de votre définition de la base) dans le monde entier et avait divisé l’ensemble du globe en différentes zones sous sa responsabilité exclusive appelées centres de commandement. La dernière fois qu’un pouvoir avait poussé la mégalomanie assez loin pour distribuer diverses parties de la planète à différents commandements, il s’agissait de la Papauté en 1494, avec son fameux – et infâme – Traité de Tordesillas.

Pour rendre ce point totalement clair, l’Empire a décidé de faire un exemple et a déchaîné sa puissance contre la minuscule Yougoslavie. La Yougoslavie, membre fondateur du Mouvement des non-alignés, a été vicieusement attaquée et disloquée, provoquant une immense vague de réfugiés, des Serbes pour la plupart, que le monde démocratique et civilisé a choisi d’ignorer. En outre, l’Empire a déclenché encore une autre guerre, cette fois en Russie, que le régime Eltsine semi-comateux a menée contre ce qui deviendrait plus tard un élément essentiel d’al-Qaïda, ISIS et Daesh : les wahhabites en Tchétchénie. De nouveau, plusieurs centaines de milliers de réfugiés invisibles ont résulté de cette guerre, mais ils ont aussi été largement ignorés par le monde démocratique et civilisé, en particulier les Russes ethniques. Il a fallu une décennie à la Russie pour écraser enfin cette insurrection wahhabite-takfirie, mais finalement, la Russie l’a emporté. A ce moment, les Anglo-sionistes tournaient leur attention ailleurs : les États profonds des États-Unis et d’Israël ont projeté et exécuté conjointement l’opération sous fausse bannière du 11/9, qui leur a donné l’excuse parfaite pour déclarer une guerre mondiale contre le terrorisme, et a fondamentalement donné aux Anglo-sionistes un permis de tuer mondial à la James Bond 007, sauf que dans ce cas, la cible n’était pas une personne, mais des pays entiers.

Nous savons tous ce qui a suivi : l’Irak, l’Afghanistan, les Philippines, la Somalie, l’Éthiopie, le Soudan, le Yémen, le Mali, le Pakistan, la Syrie, la Libye, l’Ukraine – les États-Unis étaient en guerre partout, officiellement ou secrètement. Le spectre allait de la (tentative) d’invasion totale d’un pays (l’Afghanistan) au soutien à divers groupes terroristes (l’Iran, la Syrie) et au financement intégral et à l’organisation d’un régime nazi (l’Ukraine). Les États-Unis ont aussi donné leur plein appui aux wahhabites dans leur longue croisade contre les chiites (Royaume d’Arabie Saoudite, Bahreïn, Yémen, Syrie, Iran). Ce que toutes ces guerres avaient en commun est qu’elles étaient complètement illégales – les États-Unis et n’importe quelle coalition des volontés ad hoc devenant un substitut acceptable pour remplacer le Conseil de sécurité des Nations Unies.

Ici encore, il est important de rappeler à tout le monde – et notamment à ces musulmans qui se réjouissaient du bombardement des Serbes – que tout cela a commencé avec la destruction totalement illégale de la Yougoslavie, suivie par un bombardement encore plus illégal de la Serbie.

Bien sûr, l’Empire a aussi souffert quelques défaites humiliantes : en 2006, le Hezbollah a infligé à Israël ce qui pourrait bien être l’une des défaites militaires les plus humiliantes dans l’Histoire moderne, tandis qu’en 2008, une toute petite armée d’héroïques combattants ossètes, soutenue par un contingent militaire russe relativement modeste (seule une toute petite partie de l’armée russe était impliquée), n’a fait qu’une bouchée de l’armée géorgienne entraînée et financée par les États-Unis : la guerre était finie en quatre jours. Pourtant, dans l’ensemble, la première décennie du XXIe siècle a vu le triomphe de la loi de la jungle sur le droit international et une justification totale du vieux principe selon lequel force fait loi.

En toute logique, c’étaient aussi les années où la diplomatie états-unienne a fondamentalement cessé d’exister. La seule fonction restante des diplomates états-uniens était de poser des ultimatums, «Conformez-vous, sinon…» et l’Empire cessait simplement de négocier à propos de quoi que ce soit. Des diplomates chevronnés et sophistiqués comme James Baker étaient remplacés soit par des psychopathes comme Madelaine Albright, Hillary Clinton et Samantha Power, soit par des médiocres sans personnalité comme John Kerry et Susan Rice. Après tout, quel degré de sophistication doit avoir quelqu’un pour menacer, intimider ou imposer des ultimatums ? Les choses allaient si mal que les Russes se sont plaints du manque de professionnalisme de leurs partenaires diplomatiques états-uniens.

Quant aux pauvres Russes, avec leur insistance pathétique pour que les règles du droit international soient respectées, ils semblaient incurablement ringards. Je ne parlerai même pas des politiciens européens ici. Ils ont été caractérisés à merveille par le maire de Londres, Boris Johnson, qui les a surnommés «une indolente couche de gelée d’invertébrés protoplasmique».

Mais ensuite, quelque chose a changé. Radicalement.

L’échec de la force

Subitement, tout est allé de mal en pis. Chaque victoire des États-Unis se transformait en quelque sorte en défaite : de l’Afghanistan à la Libye, chaque succès des Etats-Unis se métamorphosait d’une manière ou d’une autre en une situation où la meilleure option, sinon la seule, était de proclamer la victoire et partir. Ce qui soulève la question évidente : que s’est-il passé?

La première conclusion qui s’impose est que les forces états-uniennes et leurs soi-disant alliés ont très peu d’endurance. Alors qu’elles sont raisonnablement compétentes pour envahir un pays [sans véritable résistance, NdT], elles perdent ensuite rapidement le contrôle sur la plus grande partie de celui-ci. C’est une chose d’envahir un pays, mais c’en une tout autre de l’administrer, sans même parler de le reconstruire. Il s’avère que les coalitions des volontés dirigées par les États-Unis ont été incapables de faire quoi que ce soit.

Deuxièmement, il est devenu évident que l’ennemi qui était prétendument vaincu n’avait fait qu’entrer dans la clandestinité et attendait des temps meilleurs pour revenir se venger. L’Irak en est le parfait exemple : loin d’être vraiment vaincue, l’Armée irakienne a (judicieusement) choisi de se dissoudre et de revenir sous la forme d’une énorme insurrection sunnite qui s’est elle-même progressivement transformée en État islamique. Mais l’Irak n’était pas un cas isolé. La même chose s’est produite à peu près partout.

Certains objecteront que les États-Unis ne se soucient pas de contrôler un pays ou de le détruire tant que les autres en face n’arrivent pas à gagner. Je ne suis pas d’accord. Oui, les États-Unis préféreront toujours la destruction d’un pays à une victoire pure et simple de l’autre camp, mais cela ne signifie pas que les États-Unis ne préfèrent pas contrôler un pays, si c’est possible. Autrement dit, lorsqu’un pays sombre dans le chaos et la violence, ce n’est pas une victoire des États-Unis, mais plus certainement une perte pour eux.

Ce que les Etats-Unis n’ont pas compris, c’est que la diplomatie rend l’usage de la force plus efficace. Premièrement, une diplomatie prudente permet de construire une large coalition de pays désireux de soutenir une action collective. Ensuite, la diplomatie rend aussi possible de réduire le nombre de pays qui s’opposent ouvertement à l’action collective. Quelqu’un se rappelle-t-il que la Syrie a effectivement envoyé des soldats pour soutenir les troupes états-uniennes contre Saddam Hussein dans l’opération Tempête du désert ? C’est sûr, ils n’ont pas fait une grande différence, mais leur présence donnait aux États-Unis la tranquillité d’esprit nécessaire sur le fait que la Syrie ne s’opposerait pas, du moins ouvertement, à leur politique. En obtenant des Syriens qu’ils soutiennent Tempête du désert, James Backer a rendu très difficile aux Irakiens de prétendre que c’était une coalition anti-arabe, anti-musulmane ou même anti-baathiste et il a fait apparaître Saddam Hussein comme totalement isolé (même lorsque les Irakiens ont commencé à tirer des missiles sur Israël). Deuxièmement, la diplomatie rend possible de réduire la masse globale de soldats utilisés parce que la surenchère immédiate n’est pas nécessaire pour montrer à l’ennemi que vous êtes sérieux. Troisièmement, la diplomatie est l’instrument nécessaire pour gagner la légitimité et la légitimité est essentielle lors qu’on est engagé dans un conflit prolongé. Enfin, le consensus qui émerge d’un effort diplomatique couronné de succès empêche l’érosion rapide du soutien de l’opinion publique à un engagement militaire. Mais tous ces facteurs ont été ignorés par les USA dans la GMCT (Guerre mondiale contre le terrorisme) et les révolutions du Printemps arabe qui ont maintenant tourné court.

Un triomphe diplomatique pour la Russie

Cette semaine a vu un véritable triomphe diplomatique pour la Russie, culminant dans les négociations multilatérales de vendredi à Vienne, qui réunissaient les ministres des Affaires étrangères de Russie, des États-Unis, de la Turquie et de l’Arabie Saoudite. Le fait que cette rencontre se soit déroulée après la visite de Assad à Moscou indique clairement que les mécènes de Daesh et al-Qaïda sont maintenant contraints de négocier selon les termes de Moscou. Comment est-ce arrivé?

Ainsi que je l’ai répété comme un mantra depuis le commencement de l’opération russe en Syrie, les forces militaires russes effectivement envoyées en Syrie sont très modestes. Oui, elles sont très efficaces, mais elle restent très petites. En fait, les membres de la Douma russe ont annoncé que les coûts de toute l’opération entreront probablement dans le budget normal de la Défense qui a des fonds destinés à la formation. Toutefois, ce que les Russes ont réalisé avec cette petite intervention est plutôt surprenant, non seulement en termes militaires, mais surtout en termes politiques.

Non seulement l’Empire a dû accepter (très à contrecœur) que Assad reste au pouvoir dans un avenir prévisible, mais la Russie construit graduellement mais inexorablement une véritable coalition régionale qui est prête à combattre Daesh du même côté que les forces du gouvernement syrien. Même avant que ne débute l’opération de la Russie, celle-ci avait le soutien de la Syrie, de l’Iran, de l’Irak et du Hezbollah. Il y a aussi des signes évidents que les Kurdes sont fondamentalement d’accord pour travailler avec la Russie et Assad. Vendredi, il a été annoncé que la Jordanie coordonnerait aussi certaines actions militaires pas encore spécifiées avec la Russie et qu’un centre de coordination spécial serait établi à Amman. Il y a aussi des rumeurs très insistantes selon lesquelles l’Égypte rejoindra également la coalition dirigée par la Russie. Il y a aussi des signes que la Russie et Israël, s’ils ne travaillent pas ensemble, du moins ne travaillent pas l’un contre l’autre : les Russes et les Israéliens ont installé une ligne spéciale pour se parler directement au niveau militaire. Le résultat est celui-ci : indépendamment de la sincérité des différentes parties, chacun dans la région ressent maintenant une forte pression pour au moins ne pas paraître opposé à l’effort russe. Cela, en soi, est un immense triomphe pour la diplomatie russe.

L’arme secrète de Poutine : la vérité

La situation actuelle est bien sûr totalement inacceptable pour la puissance hégémonique mondiale : non seulement la coalition de 62 pays dirigée par les Etats-Unis a réussi à lancer 22 000 frappes (si ma mémoire est bonne) sans aucune preuve à montrer, mais la coalition russe, comparativement plus petite, est parvenue à faire dérailler complètement l’Empire et à réduire tous ses plans à néant. Et l’arme la plus extraordinaire de Poutine dans sa guerre par procuration avec les États-Unis n’était même pas militaire, mais consistait simplement à dire la vérité.

A la fois dans son discours aux Nations Unies et, cette semaine, son intervention à la Conférence du club Valdaï, Poutine a fait ce qu’aucun autre dirigeant mondial n’avait jamais osé faire auparavant : il a ouvertement traité le régime états-unien d’incompétent, d’irresponsable, de menteur, d’hypocrite et d’une arrogance sans borne. Cette sorte d’irrespect sacrilège public a eu un impact énorme dans le monde entier, parce qu’au moment où Poutine prononçait ces mots, tout le monde ou presque savait que c’était parfaitement vrai.

Les États-Unis traitent tous leurs alliés comme des vassaux (voir le discours de Valdaï) et ils sont le principal coupable de toutes les terribles crises auxquelles le monde doit faire face (voir le discours des Nations Unies). Ce que Poutine a fait est de dire, au fond, l’Empereur est nu. En comparaison, le discours boiteux d’Obama était comiquement pathétique. Ce dont nous sommes témoins aujourd’hui est un retournement spectaculaire. Après des décennies passées sous le principe voulant que force fait loi prôné par les États-Unis, nous nous retrouvons subitement dans une situation où aucune action militaire n’est d’aucune utilité pour un président Obama assiégé : à quoi peuvent servir 12 porte-avions lorsque vous ressemblez personnellement à un clown ?

Après 1991, il semblait que l’unique superpuissance était si puissante et impossible à arrêter qu’elle n’avait pas besoin de s’embêter avec des choses aussi dérisoires que la diplomatie ou le respect du droit international. Oncle Sam se sentait comme s’il était le dirigeant unique, la puissance hégémonique planétaire. La Chine n’était qu’un grand Wal-Mart, la Russie une station-service et l’Europe un caniche obéissant (cette dernière appréciation est hélas tout à fait vraie). Le mythe de l’invincibilité des États-Unis n’était précisément que cela, un mythe : depuis la Seconde Guerre Mondiale, les USA n’ont pas remporté une seule vraie guerre (Grenade et Panama ne comptent pas). En fait, l’armée américaine a fait encore pire en Afghanistan que la 40e Armée soviétique, sous-entraînée, sous-équipée, sous-alimentée et sous-financée qui, au moins, a maintenu toutes les grandes villes et les routes principales sous contrôle soviétique et qui a réalisé quelques développements significatifs dans l’infrastructure civile du pays (que les États-Unis utilisent encore en 2015). Le mythe de l’invincibilité des États-Unis ne s’est toutefois écrasé réellement que lorsque la Russie y a mis un terme en 2013 en empêchant un assaut états-unien sur la Syrie par une combinaison de moyens diplomatiques et militaires. Oncle Sam était livide, mais ne pouvait rien faire hormis fomenter un coup d’État à Kiev et lancer une guerre économique contre la Russie, dont aucun des deux n’a réussi à atteindre son but.

Quant à Poutine, au lieu d’être découragé par tous les efforts américains, il a invité Assad à Moscou.

La visite de Assad à Moscou, un nouveau signe de l’impuissance des États-Unis

La visite de Assad, cette semaine, est tout à fait extraordinaire. Non seulement les Russes ont réussi à faire sortir Assad de Syrie pour se rendre à Moscou et retour sans que la communauté pléthorique des services de renseignement américains ne remarque rien, mais contrairement à la plupart des chefs d’État, Assad a parlé en face à face à certains des hommes les plus puissants de Russie.

Tout d’abord, Assad a rencontré Poutine, Lavrov et Shoigu. Ils ont parlé en tout trois heures (ce qui, en soi, est tout à fait remarquable). Ils ont été ensuite rejoints par Medvedev pour un dîner privé. Devinez qui les a rejoints ? Mikhail Fradkov, le chef du Service de renseignement extérieur russe, et Nikolai Patrouchev, le président du Conseil de sécurité russe.

Normalement, les chefs d’État ne rencontrent pas personnellement des hommes comme Fradkov ou Patrouchev et envoient à la place leurs propres experts. Dans ce cas, cependant, le sujet débattu était suffisamment important pour 1) faire venir Assad personnellement au Kremlin et 2) rassembler tous les meilleurs joueurs du Kremlin autour de la même table pour une discussion personnelle avec Assad.

A l’évidence, aucun mot n’est sorti de cette rencontre, mais deux théories principales circulent à propos de ce qui a été discuté.

La première soutient qu’on a dit à Assad en termes non équivoques que ses jours étaient comptés et qu’il devrait partir.

La seconde dit l’exact contraire : qu’on a fait venir Assad pour lui signaler, ainsi qu’aux États-Unis, qu’il avait le plein soutien de la Russie.

Je ne crois pas que ni l’une ni l’autre soit correcte, mais la seconde théorie est à mon avis probablement plus près de la vérité. Après tout, si le but était de dire à Assad qu’il doit partir, un simple coup de téléphone aurait suffi, vraiment. Peut-être une visite de Lavrov. Quant à soutenir Assad, cela entrerait directement en contradiction avec ce que les Russes ont toujours dit : ils ne soutiennent pas Assad en tant que personne, bien qu’ils le reconnaissent comme le seul président légitime de la Syrie, mais ils soutiennent le droit du peuple syrien d’être le seul à décider qui doit être au pouvoir en Syrie. Et cela, d’ailleurs, est quelque chose que Assad lui-même a aussi accepté (selon Poutine). De même, Assad a également accepté de travailler avec des forces d’opposition, qui ne sont pas Daesh, désireuses de combattre contre l’État islamique aux côtés de l’armée syrienne (là encore selon Poutine).

Non, tandis que je crois que la rencontre entre Assad et Poutine était, au moins en partie, un message aux États-Unis et aux autres soi-disant amis de la Syrie leur indiquant que leur plan Assad doit partir avait échoué, je crois aussi que le but principal de la réunion derrière des portes closes avec tous les dirigeants importants de Russie était quelque chose d’autre : je fais le pari que ce qui a été discuté était une alliance importante et à long terme entre la Russie et la Syrie qui ferait formellement revivre le type d’alliance que la Syrie avait avec l’Union Soviétique par le passé. Alors que je ne peux que spéculer sur les termes exacts d’une telle alliance, je parie que ce plan, probablement coordonné avec l’Iran, a deux aspects principaux :

  1. une composante militaire : Daesh/État islamique doit être écrasé,
  2. une composante politique : la Syrie ne sera pas autorisée à tomber sous le contrôle américain.

Considérant que l’opération militaire russe est supposée par la plupart des experts russes être achevée en trois mois environ, nous avons affaire à un plan distinct, à moyen et long terme, qui exigera que l’armée syrienne soit reconstruite tandis que la Russie, l’Iran et l’Irak coordonnent en commun la lutte contre Daesh. Et, en effet, il a été annoncé vendredi que l’Irak avait autorisé l’armée russe à frapper Daesh sur le territoire irakien. Il semble évident que l’opération russe a agi comme un catalyseur pour une région paralysée par l’hypocrisie et l’incompétence des États-Unis et que les jours de Daesh sont comptés.

Trop tôt pour se réjouir, mais quand même un moment décisif

Pourtant, il est beaucoup trop tôt pour se réjouir. Les Russes ne peuvent pas tout faire eux-mêmes, et il incombera aux Syriens et à leurs alliés de combattre Daesh, dans chaque petite ville l’une après l’autre. Seules des bottes sur le terrain libéreront vraiment la Syrie de Daesh et seul le vrai islam sera en mesure de vaincre l’idéologie takfiri. Cela prendra du temps.

En outre, il serait irresponsable de sous-estimer la détermination et la capacité de l’Empire à empêcher la Russie de paraître le vainqueur – c’est quelque chose que l’ego impérial états-unien, cultivé pendant des siècles d’hubris et d’ignorance impériale, ne sera jamais capable de tolérer. Après tout, comment la nation indispensable peut-elle accepter que le monde n’ait absolument pas besoin d’elle et que d’autres puissent même s’opposer ouvertement à elle et l’emporter ? Nous pouvons nous attendre à ce que les États-Unis fassent tout ce qui est en leur pouvoir (encore immense) pour tenter de contrecarrer et de saboter toute initiative russe ou syrienne.

Pourtant, les récents événements sont le signe que l’ère de la force fait loi a pris fin et que la notion voulant que les États-Unis soient une nation indispensable ou la puissance hégémonique mondiale a perdu toute crédibilité. Après des décennies dans l’obscurité, la diplomatie internationale et le droit international redeviennent enfin pertinents. J’ai l’espoir que ce soit le début d’un processus qui verra les États-Unis suivre la même évolution que tant d’autres pays (y compris la Russie) ont subie dans le passé : après avoir été un empire, redevenir un pays normal. Hélas, quand je regarde la course à la présidence 2016, j’ai le sentiment que ce sera encore un très long processus.

The Saker

Article original publié par The Unz Review:

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francopohone

Photo: Assad, Patrouchev, Fradkov, Lavrov, Medvedev, Poutine, Shoigu

source: http://lesakerfrancophone.net/troisieme-semaine-de-lintervention-russe-en-syrie-le-retour-de-la-diplomatie/

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La vente d'Alsthom à l'étranger doit nous conduire à organiser la Résistance.

28 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Le traité Transatlantique., #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La mondialisation, #Terrorisme

La vente d'Alsthom à l'étranger doit nous conduire à organiser la Résistance.

Bonjour.

Suite à la réunion du 27 octobre 2015 de l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR » sur l’urgence de créer un Front de Libération Nationale, voici une information essentielle concernant la perte de notre souveraineté. Il s’agit du scandale de la vente d’Alsthom aux américains et de la perte d’indépendance de notre pays par rapport à l’Empire anglo-saxon. Il s’agit ni plus ni moins du pillage de la France par l’étranger. Concernant ce dossier, le silence assourdissant des acteurs traditionnels devant cette rapine est pour le moins inquiétant et doit nous interroger sur l’existence de cette collaboration passive avec des puissances étrangères. Ces piliers de notre vie politique et économique sont le milieu économique (les entreprises françaises), le gouvernement et le milieu politique (les différents partis ainsi que les associations politiques d’éducation populaire), les média (la presse écrite et audiovisuelle, la presse en ligne [Médiapart]) et enfin le milieu syndical.

Cela met en évidence la nécessité absolue de tout mettre en œuvre pour recouvrer notre indépendance et notre souveraineté. C’est ce débat que nous avons eu le 27 octobre dans notre association. La vidéo ci-dessous doit finir de nous persuader de la justesse de la stratégie adoptée. Le rassemblement des républicains des deux rives est plus que jamais nécessaire. Comme au temps de l’occupation allemande durant la seconde guerre mondiale le peuple doit se lever et s’unir pour résister au pillage de notre pays afin de protéger notre modèle social.

Amitiés

Lucien Pons.

Un message de José à Nantes depuis deux ans environ.

C'est du très très lourd !!!
Un nouveau document sur la vente d'Alstom à General Electric : Histoire d'une guerre économique (et d'une forfaiture relevant de la haute trahison).
On peut s'interroger sur la passivité des acteurs politiques , économiques , mais aussi de la presse et même de dirigeants syndicaux dans cette affaire édifiante qui en dit long sur l'impérialisme US et de son bras armé l'UE .
...

La vidéo d’Eric Denécé et de Jean-Michel Quatrepoint.

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Ekaterina Goubareva : “Nous sommes prêts à défendre nos gens dans les champs de bataille et dans les tribunaux.”

28 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Ukraine, #le nazisme, #Le fascisme, #Terrorisme, #Le grand banditisme

Ekaterina Goubareva : “Nous sommes prêts à défendre nos gens dans les champs de bataille et dans les tribunaux.”

 Ekaterina Goubareva : “Nous sommes prêts à défendre nos gens dans les champs de bataille et dans les tribunaux.”

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LA RAISON DU PEUPLE CONTRE LA PROPAGANDE DE LA FOLIE

28 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Ukraine, #le nazisme, #Terrorisme, #Daesch

Le respect et l'appui du peuple

 
Les fruits de la probité et de la franchise...
 
Malgré une diabolisation effrénée du personnage et de sa politique, Vladimir Poutine voit sa côte de popularité grandir chaque jour, démontrant autant la confiance qu'il inspire que le dégoût provoqué par les alliances amorales de la politique occidentale.
 
Une franchise politique, la restauration intérieure d'un pays effondré, des victoires incontestables contre le terrorisme etc... sont autant de facteurs qui expliquent les 90 % de soutien russe à la politique de ce personnage historique.
 
Mais c'est sans conteste le style qui caractérise cet homme qui emporte son adhésion et séduit jusqu'à lui redonner courage une Europe désabusée et trahie par ses élites politiques.
 
Et Vladimir Poutine d'incarner aujourd'hui le retour sur la scène internationale d'un vrai Politis guidée par la sagesse et s'opposant  à un Hybris suicidaire.
 
Existe t-il pour l'Europe décadente un "miracle" Poutine ?
 
"Là où il y a une volonté, il y a un chemin !"

Le Président de la Fédération de Russie est sans conteste pour le Nouvel Ordre Mondial un "empêcheur de tourner en rond", tant vis à vis des intérêts divergents qu'il défend qu'au niveau de sa personnalité guidée par un sens moral et des valeurs auxquels est subordonnée sa gouvernance.
 
Vladimir Poutine incarne aujourd'hui cette Russie, historique et civilisationnelle qui, abandonnée par le vide politique pitoyable des années Elstine failli disparaître de l'Histoire, entraînée dans l'effondrement de son avatar soviétique. Animé à la fois par un patriotisme intransigeant, une foi solide et doté d'une intelligence pragmatique, le nouveau maître du Kremlin, sans démagogie ni faux populisme a su s'imposer naturellement auprès de l'opinion sensible aux valeurs morales qui guident sa gouvernance politique défendant des intérêts qui leurs sont compatibles...
 
Une telle incorruptibilité politique au service d'un pays et des valeurs civilisationnelles européennes a de quoi surprendre effectivement ceux pour qui les intérêts financiers sont la seule raison d'être et de gouverner; quitte a faire appel au mensonge et à la trahison pour légitimer une hégémonie meurtrière au service d'une ploutocratie dictatoriale.
 
Nous assistons donc non seulement à l'affrontement de deux visions du Monde, l'une unipolaire prônée par les Etats Unis et l'autre multipolaire défendue par la Russie, mais aussi de deux gouvernances opposées, l'une expansionniste et machiavélique jusqu'à bafouer la morale, dans le seul but de servir les intérêts d'une élite, et l'autre patriotique et franche, s'attachant à défendre les valeurs et les identités dans l'évolution des peuples. 
 
Le dialogue, même dans l'affrontement est donc très difficile tant les stratégies, les enjeux mais aussi les éthiques sont divergents, mais c'est surtout la personnalité du Président russe qui semble marquer la plus grande différence au grand dam de ses adversaires qui cherchent à le diaboliser.
 
En effet, sans être démagogue un seul instant, le style imposé par Vladimir Poutine finit par convaincre et même séduire l'opinion et jusque dans le camp adverse où sa popularité et le respect qu'il inspire grandissent chaque jour, tandis que s'écroule la confiance accordée aux "élites" occidentales, dont les bouches remplies de mensonges et les mains couvertes de sang ne trompent plus que les imbéciles et les fanatiques...

Depuis son arrivée au pouvoir, le Président Vladimir Poutine, parallèlement au redressement d'une Russie effondrée, a marqué sa résistance à l'hégémonie mondialiste du Nouvel Ordre Mondial. A ce titre, ses discours historiques, depuis celui de Berlin sont clairs et explicites : il veut défendre les intérêts légitimes de son pays dans le cadre d'un monde multipolaire respectant les identités de chacun des partenaires agissant pour l'équilibre de la planète. (voir ici les principaux discours (Crimée, Valdaï, Saint Peresbourg etc..) .publiés dans la file des articles : Vladimir Poutine )
 

Aujourd'hui, devant l'obstination des Etats Unis de vouloir soumettre le Monde à leur dictature militaro-industrielle et reléguer aussi la Russie au rang de vassal, la résistance au Nouvel Ordre Mondial engagée par le Président Poutine et les pays non alignés (BRICS, Vénézuéla, Iran, Syrie etc...) est passée légitimement de la table des négociations politiques aux champs de batailles militaires... 
Ces conflits et révolutions armées déclenchées par les USA, donne lieu à des guerres asymétriques menées souvent par procuration mais dont l'escalade n'exclut pas une nouvelle confrontation mondiale, 

Et ces conflits sont doublées par l'offensive certes moins meurtrière mais tout aussi violente de la propagande étasunienne.Comme l'a très bien décrit Michel Collon, cette propagande de guerre s'appuie sur de grands principes parmi lequel la diabolisation de l'adversaire incarnant obligatoirement le "Mal absolu". C'est ainsi que nous pouvons observer, sur fond de russophobie ressortie des archives de la "Guerre Froide", une hallucinante campagne de diabolisation du Président Poutine dont les attaques, relevant plus de bouffées délirantes que de critiques objectives, ridiculisent in fine les  tristes sires qui les lancent depuis leurs palais dorés de Washington et New York...

La raison du peuple contre la propagande de la folie

Car le peuple, s'il est souvent passif au courant de l'Histoire soumis à la volonté des princes de ce monde, il n'en est pas moins critique et lucide sur leurs intentions et les conséquences de leurs actes.

C'est ainsi que le "phénomène Poutine" traverse les mensonges et les calomnies pour se présenter intact devant le tribunal de l'opinion publique, et les sentences prononcées sont révélatrices de la popularité de l'Homme qui pourtant est loin d'être un populiste démagogue ! Alors que les peuples de Russie subissent les représailles économiques sanctionnant la politique internationale engagée par leur Président, ce dernier reçoit le soutien historique de 90% de sa population ! Mieux encore, dans les pays occidentaux soumis au blocus médiatique et à la dictature de la pensée unique le diabolisant, la côte de popularité de Vladimir Poutine ne cesse de grandir, inspirant l'admiration, au pire le respect de ceux qui cherchent à comprendre l'évolution du Monde...  

Le tournant dans cette "Paix chaude" succédant à la "Guerre Froide" est certainement l'évolution des crises en Syrie et Ukraine où la résistance des populations agressées a fini de faire tomber le masque des révolutions "droit de l'hommistes" des "démocraties" occidentales.Désormais le monde découvre l'abjection d'un système qui pour servir ses intérêts répand le chaos en s'alliant avec la pire folie meurtrière revendiquée par les extrémistes islamistes ou nazis. 

Comme le fait justement remarquer le journaliste Jim Dean, " Le Président russe sait parfaitement comment « jouer la carte diplomatique » et « n’a jamais fait d’erreurs ». Vladimir Poutine a intelligemment mis en évidence le mensonge de l’Occident concernant le programme nucléaire iranien et le faux conflit contre l’EI."

 
 
La conséquence de cette prise de conscience est une relecture progressive des positions et visions du Monde défendues par les joueurs du "Grand Échiquier", en particulier celle "multipolaire", du Président russe dont on ne peut reprocher, contrairement à ses "partenaires" occidentaux, d'avoir mené un double jeu cupide et suicidaire.

Poutine apparaît donc de plus en plus aujourd'hui et parallèlement à la campagne de dénigrement lancée contre lui, comme un homme franc et honnête, respectueux des lois internationales et les droits des peuples...

Quant à moi, au risque d'être accusé de "Poutinolâtrie", j'avoue mon admiration vis à vis de cet homme qui seul, a su redonner à l'Europe sa fierté et l'espérance de voir naître du chaos un monde meilleur débarrassé de l'esclavage du Monde Moderne. 
Grâce à un modèle de gouvernance courageuse faisant la synthèse des différents régimes qui ont façonné son histoire et en préservant le socle spirituel et culturel d'une Tradition éternelle, le modèle russe nous montre l'exemple de l'audace et de la sagesse réunies.

A nous de reprendre notre destin en main en s'inspirant de cette renaissance russe historique.
 
Frédéric Pons, Poutine,
Calmann-Lévy oct 2014
Je ne saurais trop recommander la biographie de Frédéric Pons "Poutine" parue fin 2014 et qui nous fait découvrir la réalité d'un homme modeste et humble entièrement dévoué à son pays, et que le sens du devoir et non l'appel du pouvoir l'a invité a endosser les responsabilités de Chef d'état et assumer sans complexe la restauration de son grand pays.

Lorsqu'il intègre en 1991 l'équipe municipale de Leningrad (Saint-Pétersbourg), à l'employé qui lui propose un portrait de Kirov ou Lénine pour décorer son bureau, Poutine préféra un portrait de Pierre le Grand. Cette anecdote qui est une rupture avec les usages soviétiques de l'époque, révèle la profondeur historique de la conscience de l'actuel Président de la Fédération de Russie choisissant à cette occasion le fondateur de la ville mais surtout le grand empereur (1694-1725) qui en restaurant les frontières, en modernisant l'état et développant les relations internationales, marque définitivement a grandeur européenne de la Russie.

Fidèle au passé de son pays qu'il veut exemple pour l'avenir, Poutine est déjà entré dans le cercle fermé des grands Commandeurs de l'Histoire sacrifiant avec intelligence leur vie au à leur pays tout en servant avec sagesse la grandeur de l'Humanité.

Oui, Poutine est déjà devenu pour le bien de la Russie mais aussi de l'Europe "Vladimir le Grand" !

 
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya
 
 
 
Sources de l'article : 
 
Site "Réseau International. net", le lien : ICI
 
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Al Qaida, ce cher ami! Par Guy Mettan.

28 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Terrorisme, #Daesch, #ISIL

Al Qaida, ce cher ami!
LE COURRIER - MARDI 27 OCTOBRE 2015
par Guy Mettan *
Or donc les Russes bombardent les terroristes islamistes syriens depuis le début du mois. Tollé immédiat dans les médias atlantistes aux ordres. De quoi se mêlent donc ces Russes qui viennent bousculer nos ennemis sans nous demander la permission! Durant les premiers jours, on a donc vu fleurir les reportages sur les prétendues victimes civiles, les supposées pannes de guidage (des missiles seraient tombés sur l’Iran) et autres bavures russes. Manque de chance: au même moment les avions américains de l’OTAN tiraient sur un hôpital de Médecins sans frontières en Afghanistan et y tuaient une vingtaine de patients. Puis on a essayé les éditoriaux alarmistes sur les risques d’une nouvelle guerre mondiale à cause de deux brèves incursions d’avions russes sur le territoire turc et d’un frôlement avec des F-15 de la coalition américaine, immédiatement relayés par le gouvernement ukrainien et les Pays baltes, alarmés à l’idée qu’on ne parle plus de la menace russe contre eux pendant quelques jours. Et enfin, constatant que la partie était perdue et que chaque pseudo-révélation revenait à faire la promotion de l’efficacité de l’intervention russe sur le terrain, les médias dépités ont décidé de regarder ailleurs: il était devenu urgent de parler de la «troisième intifada» et d’oublier la Syrie. Un silence assourdissant accompagne donc l’intervention russe depuis dix jours. Les gouvernements et les médias occidentaux en sont réduits à prier pour qu’un accident spectaculaire, de type MH17, ou un revers de fortune cuisant, fassent remonter leur cote auprès d’une opinion publique de plus en plus désorientée et de plus en plus suspicieuse sur la légitimité de leur politique au Moyen-Orient.

Je veux bien que les Russes ne soient pas des enfants de chœur et que leur opération militaire ne relève pas de la charité désintéressée. Mais comment justifier l’indécent retournement auquel nous ont invité les médias anglo-saxons, aussitôt suivis par les médias européens inféodés à l’OTAN? N’ont-ils pas essayé de nous convaincre que l’intervention russe était malfaisante parce qu’elle s’en prenait aux «bons» terroristes de l’inexistante Armée syrienne libre et du front Al-Nosra, filiale revendiquée d’Al-Qaida en Syrie, alors qu’elle aurait dû bombarder exclusivement les «méchants» terroristes de l’Etat islamique, qui se financent en trafiquant du pétrole avec l’allié turc et qui n’ont cessé de s’étendre depuis qu’ils sont bombardés par la coalition américaine? Comment faire accepter par l’opinion publique que les représentants d’Al-Qaida et les héritiers de Ben Laden, pourtant vomis par les Etats-Unis depuis le 11 septembre 2001, sont désormais des alliés à ménager parce qu’ils combattraient le tyran Bachar el-Assad? Et qu’il faudrait se contenter de bombarder l’Etat islamique, mais pas trop parce que ça nuirait au commerce local de pétrole et aux intérêts des Anglo-Saxons qui perdraient ainsi leurs moyens de pression sur les gouvernements irakien et syrien et les bases de leur influence dans la région? Et comment ne pas rire de ce gouvernement français qui fait afficher les photos d’un transfuge syrien pour dénoncer les atrocités du régime et porte plainte contre lui pour crime contre l’humanité alors qu’une semaine plus tard il se précipite chez les coupeurs de tête saoudiens dans l’espoir de leur vendre quelques Rafale?

Il y a des moments où la politique occidentale, avec tous ses beaux discours moralisants sur la démocratie, les droits de l’Homme et la liberté, atteint de tels sommets de manipulation, d’indécence et de cynisme qu’on ne peut que s’indigner. Et que du coup, elle nous fait quasiment passer la politique de Poutine et de Xi Ji Ping pour des modèles de cohérence, de franchise et d’honnêteté!

* Directeur exécutif du Club suisse de la presse.

 
GÉOPOLITIQUES
lecourrier.ch
 
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Les origines du désordre présent, par Brzezinski en janvier 1998

27 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Russie, #L'OTAN., #Europe supranationale, #Terrorisme, #Daesch, #ISIL

Les origines du désordre présent, par Brzezinski en janvier 1998

Les origines du désordre (Brzezinski, janvier 1998)

Peu après l’attaque du 11 septembre 2001 et avec l’attaque américaine contre l’Afghanistan qui suivit, certains avaient ressorti cette courte interview de Zbigniew Brzezinski au Nouvel Observateur (n°1732), du 15 janvier 1998. Nous pensons qu’il est utile de la rappeler, alors que pas un iota n’a été retiré aux stupides assertions officielles sur le diable, le Mal, le “choc des civilisations”, le terrorisme dans sa quasi-fatalité islamiste et ainsi de suite, depuis les presque-quatre années après 9/11. Il y a l’incroyable et obscène publicité faite aux attentats de Londres (7 et 21 juillet), réussis et ratés, et à leur suite policière, tout cela relevant directement et indirectement d’une politique d’une inconséquence rarissime dans l’histoire de la diplomatie (la guerre en Irak) et présenté comme s’il s’agissait de “la bataille d’Angleterre” de l’été 1940. Parallèlement et dans l’indifférence obstinée quant aux causes de ces drames, les Anglo-Saxons continuent en Irak et en d’autres lieux divers à créer et à alimenter le chaos, la mort, la désolation et l’illégalité, tout ce qui est l’essence du terrorisme après tout, sur une échelle infiniment plus grande. Tout cela mérite amplement le rappel de ce petit échange de questions-réponses de 1998.

Brzezinski fut le conseiller pour la sécurité nationale du président Jimmy Carter, de 1977 à 1981. A ce poste, il fut l’un des animateurs du prologue et du lancement de l’aide américaine aux moudjahiddines luttant contre les communistes en Afghanistan (effectivement: “contre les communistes” en général ; d’abord contre le régime communiste de Babrak Karmal puis, à partir de décembre 1979, contre les Soviétiques de l’Armée Rouge également). Cette politique a été souvent décrite comme l’événement créant le Osama Ben Laden présenté depuis comme le cerveau d’une offensive mondiale de terrorisme. Elle prit, avec Reagan et son directeur de la CIA Bill Casey, des proportions considérables, accentuant l’effet initial voulu par Brzezinski et l’administration Carter (l’accentuation de la lutte contre les Soviétiques passant par le renforcement des structures de l’extrémisme islamiste). C’est effectivement de là que datent le développement et la mise en place, et l’équipement militaire initial également, de la nébuleuse islamiste qu’on considère aujourd’hui, dans les milieux de la pensée conformiste globalisée, comme la première menace contre la civilisation. « Sottises! » répond, comme par avance, Zbigniew Brzezinski en 1998. Il a par avance raison bien qu’il se garde bien, aujourd’hui, de répéter ce jugement de 1998. Le conformisme est devenu, aujourd’hui à Washington comme à Londres et à Paris, un régime de terreur intellectuelle qu’il est risqué de défier.

Certes, personne de sérieux, en 1998, à Washington, n’aurait contredit Brzezinski sur le fond, malgré l’insistance de l’intervieweur. Aujourd’hui, rappeler ces déclarations de Brzezinski pourrait représenter un cas d’une condamnation sans appel, avec effet rétroactif s’il le faut. Restent la réalité, les faits, les manigances, les intentions, — bref, ce qui fait ici la cause première de l’enchaînement menant aux événements du 11 septembre 2001 et après. Il est bon de se rappeler jusqu’à quel point, et à quelle profondeur, avec quel zèle, quelle absence de défiance, les Américains ont semé les graines dont ils récoltent aujourd’hui les fruits amers. Si ce n’est de la prédestination, cela y ressemble.

Voici donc la courte interview de Zbigniew Brzezinski parue dans Le Nouvel Observateur du 15 janvier 1998, lorsque tout le monde s’intéressait fort peu à l’implication des révélations qu’il y fait.

Afghanistan : la CIA avant les Russes...

Le Nouvel Observateur. — L'ancien directeur de la CIA Robert Gates l'affirme dans ses Mémoires (1) : les services secrets américains ont commencé à aider les moudjahidine afghans six mois avant l'intervention soviétique. A l'époque, vous étiez le conseiller du président Carter pour les affaires de sécurité ; vous avez donc joué un rôle clé dans cette affaire. Vous confirmez?

Zbigniew Brzezinski (2). — Oui. Selon la version officielle de l'histoire, l'aide de la CIA aux moudjahidine a débuté courant 1980, c'est-à-dire après que l'armée soviétique eut envahi l'Afghanistan, le 24 décembre 1979. Mais la réalité, gardée secrète jusqu'à présent, est tout autre : c'est en effet le 3 juillet 1979 que le président Carter a signé la première directive sur l'assistance clandestine aux opposants du régime prosoviétique de Kaboul. Et ce jour-là, j'ai écrit une note au président dans laquelle je lui expliquais qu'à mon avis cette aide allait entraîner une intervention militaire des Soviétiques.

N. O. — Malgré ce risque, vous étiez partisan de cette “covert action” [opération clandestine]. Mais peut-être même souhaitiez-vous cette entrée en guerre des Soviétiques et cherchiez-vous à la provoquer?

Z. Brzezinski.Ce n'est pas tout à fait cela. Nous n'avons pas poussé les Russes à intervenir, mais nous avons sciemment augmenté la probabilité qu'ils le fassent.

N. O. — Lorsque les Soviétiques ont justifié leur intervention en affirmant qu'ils entendaient lutter contre une ingérence secrète des Etats-Unis en Afghanistan, personne ne les a crus. Pourtant, il y avait un fond de vérité... Vous ne regrettez rien aujourd'hui?

Z. Brzezinski.Regretter quoi? Cette opération secrète était une excellente idée. Elle a eu pour effet d'attirer les Russes dans le piège afghan et vous voulez que je le regrette ? Le jour où les Soviétiques ont officiellement franchi la frontière, j'ai écrit au président Carter, en substance : “Nous avons maintenant l'occasion de donner à l'URSS sa guerre du Vietnam.” De fait, Moscou a dû mener pendant presque dix ans une guerre insupportable pour le régime, un conflit qui a entraîné la démoralisation et finalement l'éclatement de l'empire soviétique.

N. O. — Vous ne regrettez pas non plus d'avoir favorisé l'intégrisme islamiste, d'avoir donné des armes, des conseils à de futurs terroristes?

Z. Brzezinski.Qu'est-ce qui est le plus important au regard de l'histoire du monde? Les talibans ou la chute de l'empire soviétique? Quelques excités islamistes ou la libération de l'Europe centrale et la fin de la guerre froide?

N. O. — “Quelques excités”? Mais on le dit et on le répète: le fondamentalisme islamique représente aujourd'hui une menace mondiale.

Z. Brzezinski.Sottises! Il faudrait, dit-on, que l'Occident ait une politique globale à l'égard de l'islamisme. C'est stupide: il n'y a pas d'islamisme global. Regardons l'islam de manière rationnelle et non démagogique ou émotionnelle. C'est la première religion du monde avec 1,5 milliard de fidèles. Mais qu'y a-t-il de commun entre l'Arabie Saoudite fondamentaliste, le Maroc modéré, le Pakistan militariste, l'Egypte pro-occidentale ou l'Asie centrale sécularisée? Rien de plus que ce qui unit les pays de la chrétienté...

Propos recueillis par Vincent Jauvert

(1) From the Shadows, par Robert Gates, Simon and Schuster.

(2) Zbigniew Brzezinski vient de publier Le Grand Echiquier, Bayard Editions.

[Notre recommandation est que ce texte doit être lu avec la mention classique à l'esprit, — “Disclaimer: In accordance with 17 U.S.C. 107, this material is distributed without profit or payment to those who have expressed a prior interest in receiving this information for non-profit research and educational purposes only.”.]

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La Russie classifie comme assasinat par la CIA la mort PDG de Total.

27 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #Terrorisme, #Le grand banditisme, #La mondialisation, #Les transnationales

La Russie classifie comme assasinat par la CIA la mort PDG de Total

 

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Un inquiétant bulletin du Federal Security Service (FSB) délivré à tous les ministres durant l’heure précédente y a classé toutes les informations relatives à l’accident de l’avion d’affaires Dassault Falcon 50 à l’aéroport international de Vnukovo (VKO) qui a tué Christophe de Margerie, PDG du géant du pétrole français Total ( le 13è plus grand producteur du monde et 2e plus grand d’Europe), plus tôt aujourd’hui a été classé comme  ayant une importance particulière  , qui correspond au haut niveau de classification et se réfère à l’information qui, si elle est libérée, pourrait causer des dommages à l’ensemble de la Fédération de Russie.

Selon ce bulletin, l’enquête préliminaire du FSB dans cet accident  [2nde photo]  a montré qu’au moment du décollage à 00h10, heure de Moscou, le nez du train d’atterrissage de l’avion est entré en collision avec un chasse-neige  et a basculé, provoquant un incendie qui a éclaté après la collision, mais il n’y avait pas eu d’explosion, et qui a été rapidement maîtrisé par les services de l’aéroport .

Le FSB a également confirmé que Christophe de Margerie était le seul passager de l’avion et est mort avec l’équipage de l’avion dans la collision. Sa mort a été confirmée par Total et le directeur du service de presse de l’aéroport international de Vnukovo.

Parmi les différentes versions de l’accident en cours d’enquête publique, le FSB dit, qu’il y a une culpabilité des pilotes, la culpabilité des dispatchers, la culpabilité du conducteur du chasse-neige et de la mauvaise visibilité .

Cependant, ce qui est inquiétant est que le FSB affirme en outre qu’ils ont découvert  » des contradictions inexplicables « entre les informations récupérées à partir des boites noires de l’avion et les informations de la tour de contrôle publiées qui ont montré que cet avion a été  » subrepticement dirigé « dans la trajectoire du chasse-neige qui roulait sur ​​une autre piste, dont il a été rapporté que le conducteur était sobre et l’avocat a déclaré que son client « « souffre d’une maladie cardiaque aiguë; il ne boit pas du tout et il y a des amis et les parents qui peuvent témoigner de cela. »

Concernant les  » actions et les motivations «  des « acteurs étatiques »  [euphémisme du FSB pour désigner la Central Intelligence Agency ( CIA )]  en cherchant à assassiner Christophe de Margerie, ce bulletin dit, que s’était dû à la  réunion qu’il venait de conclure avec le Premier ministre  Dmitri Medvedev  , dans lequel Total et son partenaire, le plus grand producteur de pétrole et de gaz indépendant de Russie Novatek , commenceraient la vente de pétrole et de gaz naturel liquide (GNL) en euros ou en roubles, et non en Dollars US (aka: pétrodollars).

Le FSB note que Total et Novatek ont ensemble un  projet de 21000000000 € (27 milliards de dollars)  pour développer un projet de GNL Yamal dans l’Arctique russe, qui devrait commencer à produire en 2017. Les réserves du champ sont estimées à environ l’équivalent de 800 millions de barils de pétrole, à partir de laquelle les deux sociétés pourraient un jour produire autour de 15 millions de tonnes par an de GNL (gaz naturel liquide).

Le PDG de Total Christophe de Margerie a encore plus enragé le régime d’Obama, le FSB dit, quand en juin dernier, tout en répondant à des questions sur les appels lancés par les responsables politiques français pour trouver des moyens au niveau de l’UE pour soutenir l’utilisation de l’euro dans le commerce international après une amende-record envers BNP Paribas SA, la plus grande banque de France, a déclaré:  » Il n’y a aucune raison de payer le pétrole en dollars . « (…)

L’addendum historique du FBS note à leur bulletin que le système des pétrodollars a été mis en place après que le président Richard Nixon a bouleversé l’économie mondiale le 15 août 1971, quand il a officiellement mis fin à la convertibilité internationale de l’US Dollars en or, portant ainsi la fin officielle de l’arrangement de Bretton Woods qui a stabilisé l’économie mondiale à la suite de la Seconde Guerre mondiale.
Deux ans plus tard, dans un effort pour maintenir la demande mondiale de dollars américains, un autre système a été créé appelé le système des pétrodollars et en 1973, un accord a été conclu entre l’Arabie Saoudite et les États-Unis dans lequel chaque baril de pétrole acheté par les Saoudiens serait libellée en dollars américains.
En vertu de cette nouvelle entente, tout pays qui cherche à acheter du pétrole à l’Arabie Saoudite doit nécessairement échanger d’abord leur propre monnaie nationale pour les dollars américains. (…)

En 1975, tous les pays de l’OPEP avaient accepté le paiementde leurs propres approvisionnements en pétrole exclusivement en dollars américains en échange d’armes et de la protection militaire.
Ce système des pétrodollars, ou plus simplement connu comme   » oif for dollars « , créé une demande artificielle immédiate de l’US Dollars dans le monde entier.
Comme la demande mondiale de pétrole a augmenté, elle a donc fait augmenter la demande de dollars des États-Unis, un plan qui permet à l’Amérique de rester à flot en dépit d’avoir une dette de près de 18.000 milliards de dollars.

L’existence de pétrodollars, selon les notes du FSB, est l’un des piliers de la puissance économique des USA , car elle crée une demande externe importante pour la devise américaine, ce qui permet aux États-Unis d’accumuler des dettes énormes sans défaut.

Avec la Russie maintenant  diabolisé et sanctionné  par le régime Obama, en raison de sa politique de retrait du dollar américain pour l’achat de pétrole et de gaz, ce bulletin du FSB conclut,  la France a rejoint avec l’Irak, la Libye, la Syrie et l’Iran  dans la souffrance, la colère de l’audace pour aller à l’encontre du pétrodollar (…)

Source: WhatDoesItMean.Com

Traduction: stopmensonges

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Flirter avec la Turquie porte malheur … mais l’UE ne l’a pas encore compris

26 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La France, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Terrorisme, #le nazisme, #Le fascisme, #L'OTAN., #La Russie, #La Turquie

Flirter avec la Turquie porte malheur … mais l’UE ne l’a pas encore compris

Flirter avec la Turquie porte malheur … mais l’UE ne l’a pas encore compris

L’UE ne l’a pas encore compris et encore moins Mme Merkel convaincue qu’Ankara prendrait mieux soin des réfugiés en échange d’une aide de 3 milliards d’euros et d’une entrée, envisagée depuis longue date mais constamment repoussée, dans l’espace unioniste. C’est dire que la Turquie a vraiment toute sa place au sein de l’Europe occidentale ! Comment ne pas y inviter un Etat en voie d’islamisation rampante, soutien parfait des djihadistes de tous bords, qui n’a pas tellement changé depuis le massacre des Arméniens vu avec quelle facilité il s’applique aujourd’hui à massacrer les Kurdes parce qu’ils combattent, de un, Daesh, de deux, parce que le méchant Assad promettrait l’indépendance aux Kurdes syriens en cas de victoire du baasisme et que, dans un élan naturel, ce désir d’autonomie gagnerait l’ensemble du monde kurde ? Désolée de broder des phrases à la Proust, mais des virgules en grand nombre, il en faut bien pour illustrer le degré de compatibilité de l’univers civilisationnel turc avec l’univers civilisationnel européen !

En termes plus directs, n’en pouvant plus des débordements migratoires dont elle est l’objet depuis des mois déjà, l’Europe bruxelloise entend acheter la connivence d’un Etat en très grande partie responsable, en tout cas sur le terrain, de ces mêmes débordements, pourvu que celui-ci accepte d’y mettre un terme ou du moins d’alléger le triste sort des pays concernés. Dans le même ordre d’idée, M. Hollande semble reconnaître que les bonnes grâces d’Ankara pourraient coûter bien cher dans la mesure où elles pourraient servir de prétexte à la libéralisation du régime des visas avec la France, en conséquence de quoi nous verrions passer la frontière des éléments assez peu fréquentables (enfin, encore plus d’islamistes pour clarifier les euphémismes du Président français). Je me demande si les apprentis sorciers de Bruxelles n’ont pas perdu la raison : s’il est vrai qu’une libéralisation du régime des visas est à craindre, qu’en serait-il en cas d’adhésion de la Turquie à l’UE ? Au lieu de régler le problème en remontant à sa source, les Hollande et Merkel préfèrent pactiser avec Erdogan, lui-même subissant la pression des States, d’un côté – suspension du Turkish Stream et manipulations américaines autour du dossier kurde – de l’autre, conscient de la dépendance gazière de son pays de la Russie qui tout en rasant les positions de Daesh et d’autres groupes islamistes actifs dans la région, s’évertue néanmoins à garder un certain équilibre dans ses relations diplomatiques avec la Turquie (voir prestation du 19.10 de Maria Zakharova, porte-parole du MID, dans laquelle elle dit que le Kremlin n’a « aucun problème avec la Turquie » malgré « quelques divergences cruciales liées à la divergence des intérêts régionaux des deux Etats »). Cette relation hyper fragile quoi qu’on en dise mais nécessaire sur un plan tant gazier que stratégique, la solution pour la Syrie passant par une entente accessoire avec Ankara, n’est pas faite pour plaire à Washington qui a joué le coup du drone russe ( ?) envoyé depuis la Syrie et abattu dans l’espace aérien turc.

Très clairement, l’interaction Turquie/ US / nébuleuse islamiste/ Russie est d’une telle complexité que l’UE risquerait fort à mettre les doigts dans l’engrenage sachant que la Turquie, primo, soutient le Califat qui a des vues sur l’Europe, deuzio, que les USA ne renonceront jamais à leur stratégie d’affaiblissement de l’UE. Qui finance les passeurs ? Comment se fait-il que l’ex-ambassadaur américain à Paris, M. Rivkin, ait été très engagé dans le soutien des minorités ethniques et confessionnelles en France au point de dresser un rapport détaillé intitulé « Embassy Paris – Minority engagment strategy » dans lequel il regrette l’intolérance à son sens anti-républicaine du peuple français ? Nous revenons donc à la case départ : une entente de l’UE avec la Turquie telle qu’elle est envisagée par les technocrates de Bruxelles ne portera jamais les fruits attendus. C’est un piège. Une impasse. Ignorerait-on le rôle véritable de la Turquie en 2007 lors du Congrès constitutif anti-impérialiste organisé par la CIA à Ternopol, un Congrès fort sympathique qui a rassemblé toutes les engeances néo-nazies et salafistes connues en Europe ? Tout un beau monde démocratique s’y était joyeusement entassé, de l’Emir autoproclamé du Caucase, M. Oumarov, au chef de fil des bandéristes pro-Maïdan alors futur secrétaire adjoint du Conseil de Sécurité nationale d’Ukraine, M. Iarosh. C’est sans oublier un autre personnage remarquable quoiqu’assez ignoré des médias occidentaux, descendant spirituel des Tatars de Crimée collabos pro-nazis, grand ami de Sakharov dans les années 60, un certain Moustafa Djemilev qui lors du Congrès mondial des Tatars d’Ankara qu’il a présidé en 2015 a appelé à la création d’une brigade internationale islamiste en Crimée soutenue manu militari par les milices bandéristes et biberonnée par la CIA. C’est le même qui avait appelé M. Davutoglu à boycotter les résultats du référendum criméen de mars 2014 et le même qui via le renseignement turc contribua à l’acheminement place Maïdan de jeunes combattants salafistes tatars de retour de Syrie.

Si l’UE trouve possible de collaborer avec le triangle infernal CIA/ bandéristes/ salafistes, autant reconnaître que le chapitre est clos. A moins que Paris et Berlin ne soient davantage impressionnés par la surabondance de camps d’entraînement de Daesh et d’al-Qaïda (les modérés d’al-Nosra en Syrie) à la frontière turco-syrienne, fait de nouveau confirmé par le mécontentement de la Chine qui prétend, sans doute suite à la consommation de champignons hallucinogènes, que la Turquie entraînerait ses minorités ouïghours intégrées à Daesh. En outre, il est actuellement établi que des milices takfiries ont reçu des soins médicaux à l’hôpital de Sauliurfa, fait initialement rapporté en été 2015 par une jeune infirmière alaouite engagée par mégarde puis confirmé aussi bien par la chaîne iranienne internationale PressTV que plus indirectement par le quotidien national turc Zaman. L’hôpital en question est supervisé par la fille d’Erdogan.

Tous ces éléments sont certes bien connus mais la manière dont je les ai compilés permet de dresser un tableau d’ensemble en harmonie totale avec les aspirations humanistes de Bruxelles. Après tout, pourquoi pas sachant que les Frères musulmans ont pignon sur rue en Europe occidentale alors que l’organisation est interdite en tant que terroriste dans un pays musulman comme l’Egypte ?

Il semblerait que Bruxelles, manipulé de l’Outre-Atlantique, ait définitivement fait son choix d’orientation. Il consiste au mieux à appliquer un cautère sur une jambe de bois, au pire, à livrer les pays membres de l’UE à l’islamo-nazisme. Kiev n’a été en ce sens qu’un galop d’essai. Un terrain d’entraînement comme le furent antérieurement l’Afghanistan et la Yougoslavie aujourd’hui disparue à travers l’instrumentalisation de l’islamisme aux frontières des ex-républiques soviétiques et au coeur du monde slave. Si le choix de Bruxelles avait été différent ou s’il n’avait pas été conditionné par ceux qui ont enfermé l’Europe des nations souveraines dans le carcan unioniste, sans doute verrions-nous apparaître une Coalition russo-européenne (sans les USA !!!) encore plus efficace que la Coalition russo-irano-irako-syrienne qui au juste mot de l’islamologue Bassam Tahhan contribue non seulement au rapprochement historiquement difficile du chiisme avec le sunnisme mais contribue aussi à ressouder les débris du monde sunnite la stratégie néo-conservatrice du chaos détruisant le sunnisme et de façon plus générale l’islam de l’intérieur. Mme Merkel a certes reconnu qu’il n’y avait pas de solution diplomatique en Syrie sans la Russie. Mais au-delà des mots ?

Françoise Compoint

source: http://novorossia.today/flirter-avec-la-turquie-porte-malheur-mais-l-ue-ne-l-a-pas-encore-compris/

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Quand une étasunienne dénonce la stratégie du chaos mené par son pays.

19 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #La guerre, #L'OTAN., #AMERIQUE, #le nazisme, #Le fascisme, #Terrorisme, #Le grand banditisme

Quand une étasunienne dénonce 
la stratégie du chaos mené par son pays
 
 
Mon engagement physique sur le front du Donbass est la concrétisation d'une observation que je veux attentive de l'évolution de notre monde post-moderne, et je constate avec plaisir (sans toutefois crier "victoire !") qu'une prise de conscience progressive s'opère au sein de l'opinion de plus en plus sceptique et méfiante vis à vis de la pensée Unique assénée à longueur de journée et jusque dans l'intimité de son foyer, par les communiqués officiels, les films, les publicités, les modes imposées etc...
 
Heureusement, il existe de par le Monde des journalistes courageux comme Diana Johnstone,qui osent sortir du mainstream médiatique de la bien-pensance contrôlé pour flatter et couvrir la dictature d'une ploutocratie internationale.
 
Cette femme dénonce ici les pratiques corporatistes et subversives des néoconservateurs étasuniens qui appliquent une stratégie purement destructrice à travers le Monde.
 

. Diana Johnstone - Les armes de l'hégémonie US

Cette stratégie du chaos s'appuie sur des organisations faussement vertueuses mais réellement asservies à leur mentor étasunien. Évoquant cette collaboration à la dictature du Nouvel Ordre Mondial, Diana Johnstone souligne le rôle crucial de l'Union Européenne, tête de pont de la Domination américaine de l'Europe... 
 
Sauf que... à l'Est de ce vieux continent, un homme écoutant son devoir imposé par l'Histoire et la Tradition, refusant cet esclavage, a décidé de défendre les libertés et la diversité d'un Monde multipolaire. 
 
Vladimir Poutine, après avoir relevé la Russie des ruines de l'Empire soviétique disparu fédère par l'exemple d'une politique internationale franche et courageuse, les pays "non alignés" menacés par le Nouvel Ordre Mondial. 
 
Fidèle à un héritage civilisationnel survivant aux empires écrivant l'histoire mouvementée et souvent tragique de l'Europe, la Russie s'est engagé à montrer l'exemple et, défendant la diversité naturelle de la vie, des identités et des idées, à promouvoir l'existence d'un monde multipolaire respectueux de chacun des peuples composant l'arc en ciel du miracle humain...
 
Sans tomber dans une nouvelle allégeance (bien qu'incomparablement meilleur que celle des USA) il s'agit pour les européens occidentaux, de prendre exemple sur la construction idéologique, culturelle, politique, économique etc... engagée par la Fédération de Russie, et d'imaginer pour leur sanctuaire respectif une société harmonieuse adapté à l'originalité de leur(s) peuples(s)...
 
Voilà pourquoi, ce Commandeur du monde libre doit être écouté, car effectivement aujourd'hui, force est de constater que " Il représente la résistance lucide "...
 
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya
 
Opinions sur la Stratégie étasunienne, exprimées par 
les deux derniers présidents français (dignes de ce nom) 
 
« Ce que veulent les Anglo-Saxons, c’est une Europe sans rivages, une Europe qui n’aurait plus l’ambition d’être elle-même. L’Europe sans frontières. L’Europe à l’Anglaise. […] C’est en réalité l’Europe des Américains. L’Europe des multinationales. Une Europe, qui, dans son économie, et davantage encore dans sa défense et dans sa politique, serait placée sous une inexorable hégémonie américaine. Une Europe où chaque pays européen, à commencer par le nôtre, perdrait son âme. Cette Europe, pourquoi y adhérions-nous ? »
 
 
« L’Amérique essaie de dominer en Europe, comme elle cherche à dominer en Amérique latine, en Asie du Sud-Est. L’Amérique, qu’elle le veuille ou pas, est devenue aujourd’hui une entreprise d’hégémonie mondiale. […]
 
Charles de Gaulle, le 23 janvier 1963
 
«La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre contre les Etats-Unis. Une guerre permanente, économique, une guerre sans morts. […] Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. Une guerre inconnue, une guerre permanente, sans morts apparemment, et pourtant une guerre à mort.» 
 
François Mitterrand le 13 Avril 2000
 
Le "Discours de Berlin" de Vladimir Poutine
 
10 février 2007
 
Dans la confrontation croissante entre une vision unipolaire d'une gouvernance mondiale menée par une ploutocratie internationale et l'organisation d'un monde multipolaire préservant la diversité des identités humaines et de leurs visions sociétales originales, le discours que Vladimir Poutine prononça en 2007 à Berlin est sans conteste l'amorce de la rébellion du Monde libre refusant la soumission de l'Europe aux intérêts étasuniens.
 
Dans ce discours historique et courageux, Vladimir Poutine montre surtout au Monde un style politique à la fois respectueux de ceux qu'il appellent toujours ses "partenaires occidentaux", mais dénué de toute ambiguïté ou hypocrisie de langage. 
 
Son discours est mesuré et franc, tout comme ce personnage historique qui a voué sa vie à défendre les intérêts de son pays et les valeurs du monde libre.
 
 
​ " La gouvernance unipolaire est illégitime et immorale"


"Madame la chancelière fédérale, 
Monsieur Teltschik, 
Mesdames, 
Messieurs,

 

Je vous remercie pour cette invitation à participer à une conférence aussi représentative, qui a réuni hommes politiques, militaires, entrepreneurs et experts de plus de 40 pays du monde.
 
Le format de conférence me permet d’éviter les formules de politesse superflues et de recourir aux clichés diplomatiques aussi agréables à entendre que vides de sens. Le format de la conférence me permet de dire ce que je pense des problèmes de la sécurité internationale et, si mes jugements vous semblent inutilement polémiques ou même imprécis, je vous demande de ne pas m’en vouloir. Ce n’est qu’une conférence et j’espère que dans deux ou trois minutes Monsieur Teltschik n’allumera pas la « lampe rouge ».
 
On sait que les problèmes de la sécurité internationale sont bien plus larges que ceux de la stabilité militaro-politique. Ces problèmes concernent la stabilité de l’économie mondiale, la lutte contre la pauvreté, la sécurité économique et le développement du dialogue entre les civilisations.
 
Le caractère universel et indivisible de la sécurité est reflété dans son principe de base : « la sécurité de chacun signifie la sécurité de tous ». Franklin Roosevelt avait déclaré au début de la Seconde Guerre mondiale : « Où que la paix soit rompue, c’est le monde entier qui est menacé ».
 
Ces paroles restent valables aujourd’hui. D’ailleurs, le sujet de notre conférence en témoigne : Les Crises globales impliquent une responsabilité globale.
 
Il y a vingt ans, le monde était divisé sur le plan économique et idéologique et sa sécurité était assurée par les potentiels stratégiques immenses des deux superpuissances.
 
La confrontation globale reléguait les problèmes économiques et sociaux urgents à la périphérie des relations internationales et de l’agenda mondial. De même que n’importe quelle guerre, la Guerre froide nous a laissé, pour ainsi dire, des « obus non explosés ». Je pense aux stéréotypes idéologiques, aux doubles standards et autres clichés hérités de la mentalité des blocs.
 
Le monde unipolaire proposé après la Guerre froide ne s’est pas non plus réalisé.
 
Certes, l’histoire de l’humanité a connu des périodes d’unipolarité et d’aspiration à la domination mondiale. L’histoire de l’humanité en a vu de toutes sortes.
 
Qu’est ce qu’un monde unipolaire ? Malgré toutes les tentatives d’embellir ce terme, il ne signifie en pratique qu’une seule chose : c’est un seul centre de pouvoir, un seul centre de force et un seul centre de décision.
 
C’est le monde d’un unique maître, d’un unique souverain. En fin de compte, cela est fatal à tous ceux qui se trouvent au sein de ce système aussi bien qu’au souverain lui-même, qui se détruira de l’intérieur.
 
Bien entendu, cela n’a rien à voir avec la démocratie, car la démocratie, c’est, comme on le sait, le pouvoir de la majorité qui prend en considération les intérêts et les opinions de la minorité.
 
A propos, on donne constamment des leçons de démocratie à la Russie. Mais ceux qui le font ne veulent pas, on ne sait pourquoi, eux-mêmes apprendre.
 
J’estime que le modèle unipolaire n’est pas seulement inadmissible pour le monde contemporain, mais qu’il est même tout à fait impossible. Non seulement parce que, dans les conditions d’un leader unique, le monde contemporain (je tiens à le souligner : contemporain) manquera de ressources militaro-politiques et économiques. Mais, et c’est encore plus important, ce modèle est inefficace, car il ne peut en aucun cas reposer sur la base morale et éthique de la civilisation contemporaine.
 
Cependant, tout ce qui se produit actuellement dans le monde - et nous ne faisons que commencer à discuter à ce sujet - est la conséquence des tentatives pour implanter cette conception dans les affaires mondiales : la conception du monde unipolaire.
 
Quel en est le résultat ?
 
Les actions unilatérales, souvent illégitimes, n’ont réglé aucun problème. Bien plus, elles ont entraîné de nouvelles tragédies humaines et de nouveaux foyers de tension. Jugez par vous-mêmes : les guerres, les conflits locaux et régionaux n’ont pas diminué. Monsieur Teltschik l’a mentionné d’une manière très délicate. Les victimes de ces conflits ne sont pas moins nombreuses, au contraire, elles sont bien plus nombreuses qu’auparavant.
 
Nous sommes en présence de l’emploi hypertrophié, sans aucune entrave, de la force - militaire - dans les affaires internationales, qui plonge le monde dans un abîme de conflits successifs. Par conséquent, aucun des conflits ne peut être réglé dans son ensemble. Et leur règlement politique devient également impossible.
 
Nous sommes témoins d’un mépris de plus en plus grand des principes fondamentaux du droit international. Bien plus, certaines normes et, en fait, presque tout le système du droit d’un seul Etat, avant tout, bien entendu, des États-Unis, a débordé de ses frontières nationales dans tous les domaines : dans l’économie, la politique et dans la sphère humanitaire, et est imposé à d’autres États. À qui cela peut-il convenir ?
 
Dans les affaires internationales, on se heurte de plus en plus souvent au désir de régler tel ou tel problème en s’inspirant de ce qu’on appelle l’opportunité politique, fondée sur la conjoncture politique.
 
Évidemment, cela est très dangereux, personne ne se sent plus en sécurité, je tiens à le souligner, parce que personne ne peut plus trouver refuge derrière le droit international. Évidemment, cette politique est le catalyseur de la course aux armements.
 
La domination du facteur force alimente inévitablement l’aspiration de certains pays à détenir des armes de destruction massive. Qui plus est, on a vu apparaître des menaces foncièrement nouvelles qui étaient connues auparavant, mais qui acquièrent aujourd’hui un caractère global, par exemple, le terrorisme.
 
Je suis certain qu’en ce moment crucial il faut repenser sérieusement l’architecture globale de la sécurité.
 
Il faut rechercher un équilibre raisonnable des intérêts de tous les acteurs du dialogue international. D’autant plus que le « paysage international » change très rapidement et substantiellement en raison du développement dynamique de toute une série d’États et de régions.
 
Mme la chancelière fédérale l’a déjà mentionné. Ainsi, le PIB commun de l’Inde et de la Chine en parité de pouvoir d’achat dépasse déjà celui des États-Unis. Le PIB des États du groupe BRIC - Brésil, Russie, Inde et Chine - évalué selon le même principe dépasse le PIB de l’Union européenne tout entière. Selon les experts, ce fossé va s’élargir dans un avenir prévisible.
 
Il ne fait pas de doute que le potentiel économique des nouveaux centres de la croissance mondiale sera inévitablement converti en influence politique, et la multipolarité se renforcera.
 
Le rôle de la diplomatie multilatérale s’accroît considérablement dans ce contexte. L’ouverture, la transparence et la prévisibilité en politique n’ont pas d’alternative raisonnable et l’emploi de la force doit effectivement être une ultime mesure, de même que la peine de mort dans les systèmes judiciaires de certains États.
 
Aujourd’hui, au contraire, nous observons une situation où des pays dans lesquels la peine de mort est interdite même à l’égard des assassins et d’autres dangereux criminels participent allégrement à des opérations militaires qu’il est difficile de considérer comme légitimes et qui provoquent la mort de centaines, voire de milliers de civils !
 
Une question se pose en même temps : devons-nous rester impassibles face à divers conflits intérieurs dans certains pays, aux actions des régimes autoritaires, des tyrans, à la prolifération des armes de destructions massive ? C’est le fond de la question posée à la chancelière fédérale par Monsieur Lieberman [1] , notre vénérable collègue. Ai-je bien compris votre question (dit-il en s’adressant à Joseph Lieberman) ? Bien entendu, c’est une question importante ! Pouvons-nous assister impassiblement à ce qui se produit ? J’essaierai de répondre à votre question. Bien entendu, nous ne devons pas rester impassibles. Bien sûr que non.
 
Mais avons-nous les moyens de faire face à ces menaces ? Oui, nous les avons. Il suffit de se rappeler l’histoire récente. Le passage à la démocratie n’a-t-il pas été pacifique dans notre pays ? Le régime soviétique a subi une transformation pacifique, malgré la grande quantité d’armes, y compris nucléaires, dont il disposait ! Pourquoi donc faut-il bombarder et pilonner aujourd’hui à tout bout de champ ? Manquerions-nous de culture politique, de respect pour les valeurs démocratiques et le droit, en l’absence d’une menace d’extermination réciproque ?
 
Je suis certain que la Charte des Nations unies est l’unique mécanisme d’adoption de décisions sur l’emploi de la force en tant que dernier recours. Dans cet ordre d’idées, ou bien je n’ai pas compris ce qui vient d’être déclaré par notre collègue ministre italien de la Défense [2], ou bien il ne s’est pas exprimé clairement. En tout cas, j’ai entendu ce qui suit : l’usage de la force ne peut être légitime que si cette décision a été prise par l’OTAN, l’Union européenne ou l’ONU. S’il l’estime effectivement, alors nos points de vue sont différents. Ou bien j’ai mal entendu. L’usage de la force n’est légitime que sur la base d’un mandat des Nations unies. Il ne faut pas substituer l’OTAN et l’Union européenne à l’Organisation des Nations unies. Lorsque l’ONU réunira réellement les forces de la communauté internationale qui pourront réagir efficacement aux événements dans certains pays, lorsque nous nous débarrasserons du mépris du droit international, la situation pourra changer. Sinon, elle restera dans l’impasse et les lourdes erreurs se multiplieront. Il faut œuvrer pour que le droit international soit universel aussi bien dans sa compréhension que dans l’application de ses normes.
 
Il ne faut pas oublier qu’en politique, le mode d’action démocratique suppose nécessairement une discussion et une élaboration minutieuse des décisions.
 
Mesdames et messieurs !
 
Le risque potentiel de déstabilisation des relations internationales tient également à l’absence évidente de progrès dans le domaine du désarmement.
 
La Russie se prononce pour la reprise du dialogue à ce sujet.
 
Il est très important d’appliquer les normes juridiques internationales en matière de désarmement, tout en poursuivant la réduction des armements nucléaires.
 
Nous avons convenu avec les États-Unis de ramener nos charges nucléaires équipant les vecteurs stratégiques à 1700 - 2 200 unités d’ici au 31 décembre 2012. La Russie a l’intention de respecter strictement ses engagements. Nous espérons que nos partenaires agiront en toute transparence, eux aussi, et ne garderont pas sous le coude quelques centaines de charges nucléaires pour les « mauvais jours ». Donc, si le nouveau ministre étasunien de la Défense annonce que les Etats-Unis se garderont de mettre leurs charges excédentaires en stock, ni de les dissimuler « sous un coussin » ou « sous une couverture », je vous demanderai de vous lever pour applaudir ses paroles. Ce serait une déclaration très importante.
 
La Russie respecte strictement le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et le régime multilatéral de contrôle de la technologie des missiles, et elle a l’intention de les respecter à l’avenir également. Les principes à la base de ces documents revêtent un caractère universel.
 
À cette occasion, je tiens à rappeler que dans les années 1980, l’URSS et les États-Unis ont signé un Traité sur l’élimination des missiles à moyenne et plus courte portée sans toutefois conférer de caractère universel à ce document.
 
À l’heure actuelle, toute une série de pays possèdent des missiles de cette classe : la République populaire démocratique de Corée, la République de Corée, l’Inde, l’Iran, le Pakistan, l’État d’Israël. De nombreux autres pays sont en train de concevoir ces systèmes et envisagent d’en doter leurs forces armées. Or, seuls les États-Unis d’Amérique et la Russie restent fidèles à leur engagement de ne pas construire ces armes.
 
Il est clair que dans ces conditions nous sommes obligés de veiller à assurer notre sécurité.
 
En même temps, il faut empêcher l’apparition de nouveaux types d’armes de pointe susceptibles de déstabiliser la situation. Je ne parle pas des mesures visant à prévenir la confrontation dans de nouveaux milieux, surtout dans l’espace. On sait que les « guerres des étoles » ne relèvent plus de la fiction, mais de la réalité. Dès le milieu des années 1980, nos partenaires étasuniens ont réussi à intercepter un de leurs satellites.
 
Selon la Russie, la militarisation de l’espace est susceptible d’avoir des conséquences imprévisibles pour la communauté mondiale, conséquences qui ne seraient pas moins graves que l’avènement de l’ère nucléaire. C’est pour cela que nous avons maintes fois lancé des initiatives visant à prévenir le déploiement d’armes dans l’espace.
 
Aujourd’hui, je tiens à vous dire que nous avons préparé un projet de Traité sur le non-déploiement d’armes dans l’espace. D’ici peu, nous l’enverrons à nos partenaires en qualité de proposition officielle. Je propose de travailler ensemble sur ce document.
 
En ce qui concerne les projets prévoyant le déploiement en Europe d’éléments du système de défense antimissiles, ils ne manquent pas non plus de nous inquiéter. Qui a besoin d’une nouvelle relance - inévitable en l’occurrence - de la course aux armements ? Je doute fort que ce soient les Européens.
 
Aucun des pays dits « à problèmes » ne possède de missiles ayant une portée de l’ordre de 5 000 à 8 000 kilomètres et susceptibles de menacer l’Europe. Mieux, dans un avenir prévisible, leur apparition dans ces pays n’est pas envisageable. Je dirais même plus : une tentative de lancer un missile nord-coréen, par exemple, vers les États-Unis via l’Europe serait contraire aux lois de la balistique.
 
Profitant de mon séjour en Allemagne, je tiens à évoquer la crise que traverse le Traité sur les forces armées conventionnelles en Europe.
 
Signé en 1999, ce Traité était adapté à une nouvelle réalité géopolitique : le démantèlement du bloc de Varsovie. Sept ans se sont écoulés depuis, mais il n’a été ratifié que par quatre pays, dont la Fédération de Russie.
 
Les pays de l’OTAN ont ouvertement déclaré qu’ils ne ratifieraient pas le Traité, dont les dispositions relatives aux limitations dans la zone des « flancs » (déploiement sur les « flancs » d’un certain nombre de forces armées) tant que la Russie ne procéderait pas au retrait de ses bases de la Géorgie et de la Moldavie. Le retrait de nos troupes de la Géorgie est en cours et ce, à un rythme accéléré. Tout le monde sait que nous avons déjà réglé ces problèmes avec nos collègues géorgiens. Quant à la Moldavie, on y trouve pour le moment une formation de 1 500 militaires chargés de maintenir la paix et de protéger les entrepôts de munitions qui y subsistent depuis l’époque soviétique. Nous discutons en permanence de cette question avec Monsieur Solana : il connaît bien notre position. Nous sommes prêts à aller plus loin dans cette direction.
 
Mais que se passe-t-il pendant ce temps-là ? Eh bien, on voit apparaître en Bulgarie et en Roumanie des « bases étasuniennes légères avancées » de 5 000 militaires chacune. Il se trouve que l’OTAN rapproche ses forces avancées de nos frontières, tandis que nous - qui respectons strictement le Traité - ne réagissons pas à ces démarches.
 
Il est évident, je pense, que l’élargissement de l’OTAN n’a rien à voir avec la modernisation de l’alliance, ni avec la sécurité en Europe. Au contraire, c’est un facteur représentant une provocation sérieuse et abaissant le niveau de la confiance mutuelle. Nous sommes légitimement en droit de demander ouvertement contre qui cet élargissement est opéré. Que sont devenues les assurances données par nos partenaires occidentaux après la dissolution du Pacte de Varsovie ? Où sont ces assurances ? On l’a oublié. Néanmoins, je me permettrai de rappeler aux personnes présentes dans cette salle ce qui a été dit. Je tiens à citer des paroles tirées du discours de M. Werner, alors Secrétaire général de l’OTAN, prononcé à Bruxelles le 17 mai 1990 : « Que nous soyons prêts à ne pas déployer les troupes de l’OTAN à l’extérieur du territoire de la RFA, cela donne à l’Union soviétique des garanties sûres de sécurité ». Où sont aujourd’hui ces garanties ?
 
Les blocs de béton et les pierres du Mur de Berlin sont depuis longtemps des souvenirs. Mais il ne faut pas oublier que sa chute est devenue possible notamment grâce au choix historique de notre peuple - le peuple de Russie - en faveur de la démocratie et de la liberté, de l’ouverture et du partenariat sincère avec tous les membres de la grande famille européenne.
 
Or, maintenant, on s’efforce de nous imposer de nouvelles lignes de démarcation et de nouveaux murs. Même s’ils sont virtuels, ils ne manquent pas de diviser, de compartimenter notre continent. Faudra-t-il à nouveau des années et des décennies, une succession de plusieurs générations de responsables politiques pour démanteler ces murs ?
 
Mesdames, Messieurs !
 
Nous préconisons le renforcement du régime de non-prolifération. L’actuelle base juridique internationale permet de mettre au point des technologies de production de combustible nucléaire pour l’utiliser ensuite à des fins pacifiques. Et bon nombre d’États veulent, à juste titre, développer leur propre nucléaire civil en tant que base de leur indépendance énergétique. En même temps, nous comprenons que ces technologies peuvent se transformer rapidement en know-how pour la production de matériaux nucléaires militaires.
 
Cela suscite une grave tension internationale. La situation autour du programme nucléaire iranien en est un exemple éclatant. Si la communauté internationale n’élabore pas de solution raisonnable à ce conflit d’intérêts, le monde sera ébranlé, à l’avenir également, par ce genre de crises déstabilisatrices, car l’Iran n’est pas l’unique pays du seuil, et nous ne le savons que trop, nous et vous. Aussi, nous serons en permanence confrontés à la menace de prolifération des armes de destruction massive (ADM).
 
L’année dernière, la Russie a proposé de créer des centres d’enrichissement d’uranium multinationaux. Nous acceptons que de tels centres se créent non seulement en Russie, mais aussi dans d’autres pays où le nucléaire civil se développe sur une base légale. Les États cherchant à développer leur nucléaire civil pourraient recevoir du combustible, en participant directement au travail de ces centres, évidemment, sous le contrôle rigoureux de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
 
Or, les dernières initiatives du président des États-Unis, George W. Bush, sont à l’unisson de cette initiative russe. Je pense que la Russie et les États-Unis sont objectivement et également intéressés au durcissement du régime de non-prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs. Et ce sont justement nos deux pays, leaders pour leur potentiel nucléaire et balistique, qui doivent, eux aussi, devenir leaders de la mise au point de nouvelles mesures plus rigoureuses en matière de non-prolifération. La Russie est prête à effectuer un tel travail. Nous menons des consultations avec nos amis états-uniens.
 
Somme toute, il doit y être question de la mise en place de tout un système de leviers politiques et de stimulants économiques qui n’incitent pas les États à créer leurs propres capacités en matière de cycle du combustible nucléaire, mais leur permettent de développer leur nucléaire civil, en renforçant ainsi leur potentiel énergétique.
 
À cette occasion, je tiens à parler plus en détail de la coopération énergétique internationale. Mme la chancelière fédérale en a parlé, elle aussi, bien que brièvement. Dans la sphère énergétique, la Russie s’oriente vers l’élaboration de principes de marché et de conditions transparentes qui soient les mêmes pour tous. Il est évident que le prix des hydrocarbures doit être établi par le marché et ne doit pas faire l’objet de spéculations politiques ni de pressions ou de chantages économiques.
 
Nous sommes ouverts à la coopération. Des compagnies étrangères participent à nos plus grands projets économiques. Selon différentes évaluations, jusqu’à 26% de l’extraction de pétrole en Russie reviennent - réfléchissez bien à ce chiffre - jusqu’à 26% de l’extraction de pétrole en Russie reviennent au capital étranger. Essayez donc de me citer un exemple de présence aussi large du business russe dans les branches clés de l’économie des États d’Occident. Il n’y en a pas !
 
Je tiens aussi à rappeler la proportion d’investissements arrivant en Russie et partant de Russie vers d’autres pays du monde. Ce rapport est à peu près de quinze pour un. Voilà un exemple éclatant de l’ouverture et de la stabilité de l’économie russe.
 
La sécurité économique est une sphère où tous doivent s’en tenir à des principes uniques. Nous sommes prêts à une concurrence loyale.
 
L’économie russe a de plus en plus de possibilités pour cela. Cette dynamique est objectivement évaluée par des experts et nos partenaires étrangers. Récemment, par exemple, la Russie a été mieux notée au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) : notre pays est passé notamment du groupe à risque 4 au groupe 3. Profitant de l’occasion, ici, aujourd’hui à Munich, je voudrais remercier tout particulièrement nos collègues allemands de leur concours à l’adoption de la décision évoquée.
 
Continuons. Comme vous le savez, le processus d’adhésion de la Russie à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) est entré dans sa phase finale. Je rappellerai qu’au cours des négociations longues et difficiles, nous avons plus d’une fois entendu des paroles sur la liberté d’expression, la liberté de commerce et des possibilités égales, mais seulement quand il s’agissait du marché russe.
 
Et encore un thème très important qui influe directement sur la sécurité globale. On parle beaucoup aujourd’hui de la lutte contre la pauvreté. Mais qu’est-ce qui se produit en réalité ? D’une part, des ressources financières - et souvent importantes - sont allouées à des programmes d’assistance aux pays les plus pauvres. Quoi qu’il en soit, et beaucoup le savent ici également, il n’est pas rare que les compagnies des pays donateurs eux-mêmes « les utilisent ». D’autre part, l’agriculture dans les pays industrialisés est toujours subventionnée, alors que l’accès des hautes technologies est limité pour d’autres.
 
Appelons donc les choses par leurs noms : il s’avère qu’une main distribue les « aides caritatives », alors que l’autre entretient l’arriération économique, mais récolte aussi des bénéfices. La tension sociale surgissant dans de telles régions dépressives se traduit inévitablement par la croissance du radicalisme et de l’extrémisme, tout en alimentant le terrorisme et les conflits locaux. Et si tout cela se produit de surcroît, par exemple, au Proche-Orient dans le contexte d’une vision aggravée du monde extérieur, en tant que monde injuste, une déstabilisation globale risque de se produire.
 
Il va sans dire que les principales puissances mondiales doivent voir cette menace et organiser, par conséquent, un système plus démocratique et plus équitable de rapports économiques qui donne à tous une chance et une possibilité de développement.
 
Intervenant à une conférence sur la sécurité, on ne peut pas, non plus, Mesdames et Messieurs, passer sous silence l’activité de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). L’OSCE a été créée pour examiner tous les aspects, je tiens à le souligner, tous les aspects de la sécurité, qu’il s’agisse des aspects politico-militaires, économiques ou humanitaires et ce, dans leurs rapports réciproques.
 
Mais que voyons-nous aujourd’hui en réalité ? Nous voyons que cet équilibre est manifestement perturbé. On essaie de transformer l’OSCE en instrument vulgaire au service des intérêts politiques extérieurs d’un seul pays ou d’un groupe de pays à l’égard d’autres États. Et c’est pour cette tâche, que l’on a aussi « monté de toutes pièces » l’appareil bureaucratique de l’OSCE qui n’est nullement lié aux États fondateurs. On a « monté de toutes pièces » pour cette tâche également les procédures d’adoption des décisions et d’utilisation des fameuses « organisations non gouvernementales (ONG) ». Formellement, il s’agit effectivement d’organisations indépendantes, mais financées rationnellement et, par conséquent, contrôlées.
 
Conformément aux documents fondateurs, dans la sphère humanitaire, l’OSCE est appelée à accorder aux pays membres, à leur demande, un concours en matière de respect des normes internationales dans le domaine des droits de l’homme. C’est une importante mission. Nous la soutenons. Mais cela ne signifie pas qu’on peut s’ingérer dans les affaires intérieures d’autres pays et encore moins tenter de leur dicter la manière dont ils doivent vivre et se développer.
 
Il est parfaitement évident qu’une telle ingérence ne contribue pas du tout à la maturation d’Etats authentiquement démocratiques. Par contre, elle les rend dépendants, avec comme conséquence l’instabilité sur les plans économique et politique.
 
Nous espérons que l’OSCE se guidera sur ses tâches immédiates et organisera ses relations avec des États souverains sur la base du respect, de la confiance et de la transparence.
 
Mesdames, Messieurs !
 
En conclusion, je voudrais retenir ceci. Nous entendons très souvent - et je les entends personnellement - les appels de nos partenaires, y compris nos partenaires européens, exhortant la Russie à jouer un rôle de plus en plus actif dans les affaires internationales.
 
Je me permettrai à cette occasion une petite remarque. Nous n’avons pas besoin d’être éperonnés ou stimulés. La Russie a une histoire millénaire, et pratiquement elle a toujours eu le privilège de pratiquer une politique extérieure indépendante.
 
Nous n’avons pas l’intention aujourd’hui non plus de faillir à cette tradition. En même temps, nous voyons que le monde a changé et nous évaluons avec réalisme nos propres possibilités et notre propre potentiel. Et évidemment nous voudrions aussi avoir affaire à des partenaires sérieux et tout aussi indépendants avec lesquels nous pourrions travailler à l’édification d’un monde plus démocratique et plus équitable, tout en y garantissant la sécurité et la prospérité non seulement des élites, mais de tous.
 
Je vous remercie de votre attention."
 
Vladimir Poutine, Président de la Fédération de Russie
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Mais à quoi jouent les États-Unis ?

19 Octobre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #ISIL, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Russie, #L'OTAN., #Politique étrangère, #Daesch, #Terrorisme

Mais à quoi jouent les États-Unis ?
Mais à quoi jouent les États-Unis ?
 
Elle est belle, cette Amérique et ses vassaux français et britanniques qui veulent répéter leurs dramatiques erreurs d’Afghanistan, d'Irak et de Libye. Nous aurions préféré garder en mémoire l'Amérique du D-Day…

On vient d’apprendre que les fameux pick-up japonais équipés de canons et utilisés par l’État islamique comme leur principale force de frappe avaient été achetés par les États-Unis pour être livrés à l’opposition syrienne, laquelle s’est empressée d’en faire bénéficier Daech. Selon les médias turcs, 5.000 voitures neuves seraient arrivées dans le califat via la Turquie, et je ne mentionne même pas les 2.300 véhicules blindés Humvee que les barbares ont saisi chez l’armée irakienne lors de la prise de Mossoul.

Mais ce n’est pas tout ! Plus récemment encore, Mgr Hindo, archevêque syro-catholique de Hassaké-Nisibi, une ville au nord-est de la Syrie, a affirmé que les Américains concentraient leur action non pas sur Daech mais bien sur l’armée syrienne régulière

 (agence de presse américaine CNS, citée par Valeurs actuelles et La Croix). Cet archevêque a, par contre, témoigné de l’efficacité des frappes russes qui, dans son secteur, « ont fait fuir les terroristes dans l’empressement, avec 20 véhicules, en abandonnant 20 autres ». Il a souligné que la stratégie américaine était « inefficace et ambiguë », ajoutant « qu’elle [était] faite pour la galerie ». 

Mgr Hindo accuse aussi l’aviation américaine d’avoir permis l’enlèvement de centaines de chrétiens dans la nuit du 23 au 24 février dans la vallée du Khabour. « Les avions ont survolé la zone pendant longtemps sans intervenir, laissant le champ libre aux militants. » Cette vallée, forte de 35 villages chrétiens construits par la France en 1920, comptait 35.000 habitants. Ils ne sont plus que 3.000 !

Et de déplorer que les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ne parlent que d’attaquer Daech, sans vraiment le faire, mais pas le Front Al-Nosra et les autres milices liées à Al-Qaïda, à qui ils continuent de livrer des armes.

Le Front Al-Nosra qui vient d’offrir 3 millions d’euros à celui qui leur apportera la tête ensanglantée de Bachar el-Assad, que « la coalition des pervers » veut à tout prix tuer ou exiler pour le remplacer par un homme qui leur ouvrira les champs de pétrole et de gaz, et permettra à l’Arabie saoudite d’exporter son or noir via les pipelines aujourd’hui fermés. Le sort des chrétiens, des chiites et, en général, de ce peuple qui n’en peut plus de mourir sur un territoire dévasté n’est pas leur première préoccupation, n’est-ce pa, Laurent Fabius ?

Elle est belle, cette Amérique et ses vassaux français et britanniques qui veulent répéter leurs dramatiques erreurs d’Afghanistan, d’Irak et de Libye. Nous aurions préféré garder en mémoire l’Amérique du D-Day…

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