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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #terrorisme tag

résolution 2249 et guerre contre la Syrie.

25 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #l'ONU, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #Terrorisme, #Daesch

lundi 23 novembre 2015

résolution 2249 et guerre contre la Syrie

La résolution 2249 du Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies, qui prépare la guerre contre la Syrie, vient d'être publiée. Votée vendredi 20, elle était sous embargo jusqu'à ce lundi 23, à 18h30 heure de New-York, mais s'avère foncièrement identique au projet rédigé et diffusé en anglais par la France.

Pour mémoire, sur ce sujet de la lutte contre le terrorisme en général et l'Etat Islamique en Iraq en au Levant en particulier, la Russie avait présenté un projet de résolution le 30 septembre, qui a été bien accepté par la plupart des membres du Conseil mais bloqué par le Royaume-Uni, soutenu par les Etats-Unis d'Amérique et la France, au motif que ce projet prévoyait une coordination des efforts de lutte contre l'Etat Islamique : coordination entre intervenants mais également avec les pays où cette lutte est menée, ce qui ne convenait pas aux pays membres de l'Alliance Atlantique.

Le projet de résolution russe, légèrement modifié en des termes tendant à ménager les pays ennemis de la Syrie, a été encore présenté dans le nouveau contexte après les attentats de Paris et du Sinaï, mais c'est alors que la France a présenté son propre projet, et la Russie voulant éviter une compétition des propositions ou une division du Conseil n'a finalement pas re-présenté son projet, et a voté celui de la France. Elle le regrettera, comme elle a regretté d'avoir laissé passer le 17 mars 2011 la résolution 1973 immédiatement brandie et outrepassée par la France et l'alliance islamo-atlantique pour attaquer la Libye.

La résolution 2249 ne se réfère certes pas explicitement au chapitre VII de la Charte de l'ONU, ce qui laisse certains commentateurs dire qu'elle n'autorise donc pas l'usage de la force. Elle mentionne cependant une menace mondiale à la paix et à la sécurité internationale, ce qui revient au même puisque c'est le sujet du chapitre VII, et appelle les pays qui en ont les moyens à "prendre toutes les mesures nécessaires" pour, entre autres, "éradiquer les sanctuaires" que l'EIIL s'est taillés en Iraq et en Syrie, ce qui ne laisse guère de doutes sur le type de moyens à mettre en œuvre. D'ailleurs elle ne condamne ni ne distingue les opérations militaires menées avec les résultats respectifs que l'on connaît de la part d'une soixantaine de pays conduits par les Etats-Unis depuis quinze mois en violation de la souveraineté de la Syrie (donc en violation de la charte de l'ONU), et de la Russie depuis deux mois à la demande de la Syrie (donc en accord avec la charte). Dans sa présentation du projet la France avait insisté pour qualifier les attentats mahométans de Paris d'acte de guerre, ce qui équivalait à une reconnaissance de l'Etat Islamique en Iraq et au Levant comme sujet de droit international. Elle n'a pas totalement obtenu gain de cause puisque cela a été requalifié en menace à la paix et à la sécurité internationale. Les Etats-Unis aussi ont perdu un point puisqu'ils s'étaient opposés récemment à un projet de résolution présenté par la Russie pour, notamment, qualifier le front Al-Nosra d'organisation terroriste, ce que les Etats-Unis refusaient formellement, et qui figure dans la résolution 2249, laquelle cite nommément le front Al-Nosra au même titre que l'EIIL.

Mais, surtout, la résolution 2249 suspend la souveraineté de la Syrie et de l'Iraq, puisqu'elle ne mentionne pas leurs gouvernements ni la nécessité de les associer à ce que l'on entreprendra sur leurs territoires nationaux. Les pays qui en ont les moyens sont encouragés à engager des campagnes militaires "dans les zones contrôlées par l'EIIL en Iraq et en Syrie" en ignorant totalement ces deux pays, leurs gouvernements et leurs frontières. Afin que les choses soient bien claires, dans son discours d'explication des raisons pour lesquelles les Etats-Unis votaient en faveur de cette résolution, l'ambassadrice états-unienne Michele Sison mentionne avec insistance l'urgence de procéder à un changement de régime en Syrie.

Voilà ce qui se cache réellement derrière la résolution 2249 du Conseil de sécurité de l'ONU : sous le prétexte de quelques attentats terroristes, c'est la reconnaissance de l'Etat Islamique en Iraq et au Levant comme acteur international, l'intensification de la guerre contre la Syrie, l'enregistrement de sa perte de contrôle d'une partie de son territoire, et la suspension de sa souveraineté sur l'ensemble de celui-ci.

Publié par Stratediplo à 16:25

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Le Front al-Nosra, dont Laurent Fabius estimait qu'"il faisait de bon boulot", soutient les attentats de Paris, par Alex MacDonald

25 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #La nation ., #La République, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Terrorisme, #Daesch

Publié par Jean Lévy

 

 

 

Des combattants du Front al-Nosra brandissant une bannière sur laquelle il est inscrit : « Nous combattons en Syrie … et nos yeux sont rivés sur Jérusalem » (AFP)

Des combattants du Front al-Nosra brandissant une bannière sur laquelle il est inscrit : « Nous combattons en Syrie … et nos yeux sont rivés sur Jérusalem » (AFP)

 

 

Le Front al-Nosra, affilié à al-Qaïda en Syrie, s’est distingué des autres groupes d’opposition syriens en exprimant son soutien suite aux attaques sanglantes, survenues vendredi à Paris, malgré l’hostilité ouverte du groupe envers l’État islamique.

« Nous sommes heureux de constater qu’une secte déviante a été capable de mettre en œuvre une opération, couronnée de succès, à l’encontre des Kufaar (infidèles). »

Tels sont les mots figurant dans une déclaration publiée par le groupe (depuis un compte Twitter désormais supprimé) au cours du week-end, ajoutant que le Front al-Nosra aurait préféré être le groupe à l’origine desdites attaques.

«  Je me réjouis de leurs frappes contre Hizbou Shaytaan », a-t-il dit, en faisant référence au Hezbollah – dont les membres sont basés dans le district de Beyrouth qui fut bombardé jeudi – en utilisant le mot arabe signifiant Satan.

Les deux groupes, Jaish al-Islam et Ahrar al-Sham, ont combattu aux côtés d’al-Nosra en Syrie, dans le cadre de la puissante coalition Jaish al-Fatah qui s’est emparé de la province du nord d’Idleb en juillet.

Ahmed Shaheed, un combattant du Front al-Nosra, a dit à Middle East Eye que les attaques à Paris étaient prévisibles suite aux bombardements français contre l’État islamique en Syrie.

« Ce que vous avez vu à Paris, c’est une vengeance », a-t-il dit à MEE par le biais d’une application de messagerie sur mobile. « Alors, vous n’avez aucune raison d’être tristes. Si un pays décide d’en bombarder un autre, il doit s’attendre à des représailles. Rien de plus simple ».

Ahmed Shaheed, d’origine australienne, est, semble-t-il, basé à Alep, bien que cela n’ait pas été formellement vérifié.

Malgré la rivalité, de longue date, entre le Front al-Nosra et l’État islamique (IS), il a dit qu’ils pourraient unir leurs forces contre les « tyrans ».

« Voyez-vous, l’État islamique est engagé dans une guerre, depuis 10 ans. Malgré l’invasion américaine, le groupe continue de résister et ce, peu importe le nombre de bombes et d’attaques réussies, ou de tentatives. Que l’État islamique soit affaibli ou fort, il y aura toujours une menace si l’Occident ne met pas un terme aux agressions », a-t-il écrit.

« Vous avez désormais deux groupes qui s’affrontent pour savoir lequel des deux causera le plus de préjudices à l’Occident. Haha. »

En général, al-Qaïda est vu comme le groupe souhaitant le plus organiser des attaques dont les cibles sont situées en Occident, contrairement à l’État islamique dont la principale mission était de mettre en place les fondements du pouvoir en Irak et en Syrie.

Les attaques de janvier contre le magazine Charlie Hebdo à Paris ont été perpétrées par des militants ayant des liens avec al-Qaïda basé au Yémen dans la péninsule arabique.

En réponse aux questions relatives à d’autres attaques similaires éventuelles organisées par al-Nosra contre les pays occidentaux, Ahmed Shaheed a répondu qu’il était un « simple soldat ».

«  Si l’Occident continue de soutenir des dictateurs contre les musulmans et continue de les bombarder alors attendez-vous aux mêmes événements, sinon pires », a-t-il dit à MEE.

En 2013, Zahran Alloush, le leader charismatique du groupe Jaish al-Islam, a exprimé son désir de « nettoyer la saleté des Rafida et du Rafidisme » en Syrie, en utilisant des termes désobligeants pour parler des chiites et des alaouites.

Dans un autre discours de janvier 2014, il a également déclaré que le groupe Jaish al-Islam « dénonce clairement la démocratie ».

 Un groupe islamique sunnite dominant »

La position du groupe Ahrar al-Sham comme étant potentiellement la force rebelle la plus importante en Syrie signifie que son ouverture sur le monde occidental a été minutieusement suivie par des analystes y portant le plus grand intérêt.

Le groupe Ahrar al-Sham est allé jusqu’à publier un éditorial dans le Washington Post dans lequel il critiquait la classification globale des groupes d’opposition syriens en tant que groupes « modérés » ou « extrémistes ».

À ce jour, il semble qu’un accord mutuel ait été mis en place par les deux groupes visant à écarter les différends en matière d’idéologie.

« Nous n’approuvons en aucun cas le projet du groupe Ahrar al-Sham », a dit Ahmed Shaheed. « Car ils se bercent d’illusions dans la mesure où ils pensent pouvoir atteindre leur but en agissant avec diplomatie avec les kuffars [infidèles], alors que nous pensons que nous devons soumettre les infidèles avant qu’un quelconque processus politique puisse être mis en place. »

Il a reconnu, néanmoins, que les différences idéologiques devaient être mises de côté vu la conjoncture actuelle.

« Tant que nous aurons un ennemi commun, la guerre entre nos deux groupes sera suspendue » a-t-il dit, sans oublier d’ajouter que les objectifs divergents finiraient un jour par « poser problème ».

Traduction de l’anglais (original) par STiiL.

Source : middleeasteye, 17/11/2015

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France-Donbass : La Justice défie la propagande atlantiste

25 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La République, #La Russie, #Europe supranationale, #La France, #le nazisme, #Le fascisme, #Terrorisme, #AMERIQUE, #L'OTAN.

France-Donbass : La Justice défie la propagande atlantiste

France-Donbass : La Justice défie la propagande atlantiste

La visite de l’avocat Damien Viguier s’est terminée le lundi 23 novembre par une table ronde au Ministère des Affaires étrangères de la DNR en présence du ministre Alexandre Kofman, des députés du Conseil du Peuple, du représentant de la Chambre Publique de la Douma de la Fédération de la Russie, des juristes donbassiens, des médias fédéraux russes et de Donetsk.

Au préalable, dès son arrivée à Donetsk vendredi dernier, maître Viguier a tenu une réunion de travail avec son confrère maître Jigouline, président de la commission indépendante de la République Populaire de Donetsk pour les crimes de guerre qui répertorie des actes de barbarie et de violation des droits commis par l’Ukraine contre les populations civiles de la région. Le but de cette réunion a été de poser les bases de la future coopération entre les juristes européens et ceux du Donbass partant d’une vision commune et partagée de la situation.

Le juriste français a dit avoir trouvé dans la DNR une armée régulière constituée et des services de maintien de l’ordre fonctionnelles. Actuellement, le barreau, les tribunaux et le système législatif étaient en train de se mettre en place. Tout cela lui a permis de déclarer qu’un vrai Etat a été créé de fait, bien qu’il n’ait pas encore été reconnu par la communauté internationale.

La réunion a permis d’établir une feuille de route pour les actions à mener auprès des instances internationales afin de faire valoir les droits des victimes et leur rendre la justice. Mais aussi pour pouvoir informer le public en Occident de ce qui se passe dans le Donbass et lui faire découvrir la vérité en brisant le blackout médiatique.

Les jours suivants l’avocat français Damien Viguier a rencontré quelques victimes civiles dont il deviendra le répondant. Parmi celles-ci il y a eu des habitants de la périphérie de Donetsk qui vivent à seulement quelques centaines de mètres de la ligne de front et Anna Touve, originaire de la ville de Gorlovka.

La jeune femme âgée d’une trentaine d’années reste remarquablement courageuse alors que la guerre ne l’a pas épargnée. Le bombardement de la ville par des bataillons de punisseurs a surpris toute la famille dans le jardin de sa maison le 26 mai 2015. La fillette ainée, Katia, qui avait à peine 11 ans et morte coupée en deux par un impact direct d’un obus. Le mari de la jeune femme l’a poussée dans le couloir de leur maison la couvrant avec son corps. Il est mort sur place sauvant Anna qui a eu un bras amputé par les débris métalliques. Elle a réussi à se poser un garrot avec son collant et à extraire son fils de 3 ans, Zakhar, ensanglanté de sous les décombres. Le gamin a eu des brûlures aux yeux et les broches obstrués, mais est resté en vie. La petite dernière qui venait de naître seulement 15 jours avant les évènements et qui se trouvait dans la partie arrière de la maison a eu quelques blessures. Les secours ont mis du temps à arriver car les pilonnages ne s’arrêtaient pas, mais une partie de la famille a pu être sauvé. Les autorités de la République populaire et notamment le président Zakhartchenko a pu réunir de l’argent pour leur acheter un appartement de 3 pièces à Donetsk. Une partie des fonds provenait de différentes associations et donateurs, mais Anna a encore besoin d’une prothèse pour remplacer son bars manquant. De formation médicale, elle en a besoin pour reprendre le travail d’autant plus qu’elle reste seule avec deux enfants en bas âge en charge.

La table ronde au Ministère des Affaires étrangères a été la dernière étape de la visite de l’avocat français, maître Viguier, en DNR. Rappelons, que cette visite a été organisée par l’agence Novorossia Today et l’association Novopole et financée par le don d’un entrepreneur français qui a souhaité rester anonyme.

Svetlana Kissileva

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Sur le territoire syrien, à cause de tirs présumés venus du sol, un avion Su-24 appartenant aux forces aériennes russes déployées en Syrie s'est écrasé.

24 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La France, #La Russie, #La République, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Terrorisme, #L'OTAN., #l'ONU

Un avion de combat russe abattu par la Turquie

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | • Mis à jour le

 

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Un chasseur F-16 survole la base aérienne turque d'Incirlik.

Deux chasseurs F-16 turcs ont abattu, mardi 24 novembre, près de la frontière avec la Syrie, un avion de combat qui avait violé l’espace aérien de la Turquie, a déclaré un responsable militaire, confirmant une information de la chaîne, rapporte CNN Türk.

Incertitude sur le sort des pilotes

Moscou a confirmé que l’appareil abattu est un Su-24 de l’armée russe. Il est tombé côté syrien. Les deux membres d’équipage ont réussi à sauter en parachute. L’un des deux pilotes aurait été capturé par des rebelles syriens turkmènes qui combattent le régime de Bachar Al-Assad dans les montagnes proches de la frontière turque, en face de la province de Hatay, dans le sud de la Turquie, explique CNN Türk.

 

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La communauté turkmène de Syrie, longtemps discriminée en raison de ses origines turques, s’est ralliée tôt à l’insurrection contre le régime de Bachar Al-Assad, à partir de 2011. La rupture entre Damas et Ankara et la politique résolument anti-Assad de Recep Tayyip Erdogan ont accentué ce mouvement. Rapidement, le djebel turkmène, dans l’extrême nord de la Syrie, à la frontière avec la province turque du Hatay, est devenu un fief rebelle. Certains membres de cette communauté ont rejoint l’Etat islamique, à l’instar des turkmènes irakiens de la région du Sinjar.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/international/article/2015/11/24/un-avion-de-combat-s-ecrase-pres-de-la-frontiere-turque_4816160_3210.html#zjAEvfj94RAzOo6b.99

Protestations de Moscou

L’aviation turque a expliqué que l’avion russe avait violé à plusieurs reprises l’espace aérien turc avant d’être abattu. Le Su-24 n’a jamais quitté l’espace aérien syrien, affirme de son côté Moscou : « Aujourd’hui, sur le territoire syrien, à cause de tirs présumés venus du sol, un avion Su-24 appartenant aux forces aériennes russes déployés en Syrie, s’est écrasé », a déclaré le ministère de la défense russe dans un communiqué, ajoutant qu’il « se trouvait exclusivement dans l’espace aérien syrien » et que le sort des deux pilotes restait « à définir ». La Russie s’est dite en mesure de prouver que l’avion abattu était resté dans l’espace aérien syrien.

Depuis le 30 septembre, l’aviation russe mène des raids pour appuyer l’armée syrienne qui reculait face aux insurgés.

Depuis le 30 septembre, l'aviation russe mène des raids pour appuyer l'armée syrienne qui reculait face aux insurgés – ici un Sukhoi Su-24, le 3 octobre 2015.

La Turquie a décidé de saisir l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, dont elle est membre, et l’Organisation des Nations unies, après cet incident dans son espace aérien à sa frontière avec la Syrie ont annoncé les services du premier ministre turc, Ahmet Davutoglu.

 
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Avion russe abattu par la Turquie : un pilote tué.

24 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La France, #La République, #La nation ., #L'OTAN., #l'ONU, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La Turquie, #Terrorisme, #Daesch

Avion russe abattu par la Turquie : un pilote tué

VIDÉO. L'aviation turque a détruit un avion militaire russe qui aurait violé son espace aérien. Un pilote est mort, l'autre est porté disparu.

Source AFP

Publié le 24/11/2015 à 10:01 - Modifié le 24/11/2015 à 13:11 | Le Point.fr

 

Va-t-on assister à une grave crise diplomatique entre la Russie et la Turquie ? La question est sur toutes les lèvres, après le crash d'un avion de combat russe abattu par l'aviation turque à la frontière entre la Syrie et la Turquie. « C'est un incident très sérieux », a estimé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. « Quand il y aura davantage d'informations, ce sera plus clair », a-t-il ajouté. Moscou nie avoir violé l'espace aérien turc, contrairement aux affirmations d'Ankara. Selon les Turcs, l'avion, un Sukhoi 24, aurait violé l'espace aérien turc près de sa frontière avec la Syrie. Selon l'opposition syrienne, un des deux pilotes russes est mort, l'autre est porté disparu. Il aurait pu être capturé. Les chaînes turques ont diffusé des images de la chute d'un avion militaire en feu dans le ciel, s'écrasant dans les montagnes proches de la frontière turque, en face de la province de Hatay (sud de la Turquie).

Moscou dément

Immédiatement après, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu s'est entretenu avec son chef d'état-major, le général Hulusi Akar, et son ministre des Affaires étrangères Feridun Sinirlioglu et a décidé de saisir l'Otan, dont la Turquie est membre, et l'ONU, ont annoncé ses services. « Un avion russe Su-24 a été abattu conformément aux règles d'engagement après avoir violé l'espace aérien turc malgré les avertissements », ont indiqué des sources à la présidence turque.

« Aujourd'hui, sur le territoire syrien, à cause de tirs présumés venus du sol, un avion Su-24 appartenant aux forces aériennes russes déployées en Syrie s'est écrasé », a déclaré le ministère russe de la Défense dans un communiqué, ajoutant qu'il « se trouvait exclusivement dans l'espace aérien syrien » et que le sort des deux pilotes restait « à définir ».

Des tensions accrues entre Moscou et Ankara

Depuis le début de l'intervention militaire russe aux côtés du régime du président Bachar el-Assad fin septembre, les incidents de frontière se sont multipliés entre Ankara et Moscou. Le 3 octobre dernier, des chasseurs turcs avaient intercepté un avion militaire russe engagé en Syrie qui avait violé leur espace aérien et l'avaient forcé à faire demi-tour. Moscou avait alors mis en cause les « mauvaises conditions météo ».

La tension entre les deux pays s'est encore accrue ces derniers jours, après une série de bombardements russes qui ont, selon Ankara, visé des villages de la minorité turcophone de Syrie. La Turquie a convoqué vendredi l'ambassadeur russe pour le mettre en garde contre les « sérieuses conséquences » de cette opération.

 

 

 

Avion russe abattu par la Turquie : un pilote tué.
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Bifurcation.

24 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Europe supranationale, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #Daesch, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #L'OTAN., #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

samedi 14 novembre 2015

Bifurcation

 
C’est à présent confirmé : nous sommes en situation de survie. Nous rentrons dans ces phases très particulières de l’histoire où l’irréversible fait sentir sa pression sourde, où nous savons que chacune de nos décisions nous fera franchir un point de non-retour.
 
Beaucoup sont désorientés. Par quel combat faut-il commencer ? La précarité, la violence extrême, semblent venir de deux sources totalement différentes. Le terrain économique et social d’une part, n’est plus celui des problèmes simplement complexes ou préoccupants, mais celui des vies détruites, ravagées.
 
 
L’intégrité de l’individu est atteinte, le noyau sacré de la famille est disloqué, mis à terre, par les logiques économiques. Ceci ne touche plus une petite minorité de précaires, mais la très grande majorité des citoyens.
 
Pomper l’argent, vite, par tous les moyens, afin de continuer à survivre : voilà la bassesse à laquelle la société libérale a contraint les hommes et tous les corps de métier, du privé au public, en rajoutant la suprême indécence de prétendre qu’ils sont libres et l’ont fait par choix. Toute la société semble concourir à ce que chacun devienne le vampire de l’autre, à ce qu’il faille se dépêcher d’aspirer sa substance vitale avant que lui ne le fasse.
 
Notre identité, notre mémoire et notre histoire d’autre part, sont attaquées par deux sortes d’hommes, en apparence opposés, en réalité frères. Ceux qui veulent nous convaincre qu’il faut nous en déposséder parce que ce n’est ni moderne ni rationnel. Et ceux qui veulent imposer leur identité à l’exclusion de celle des autres, qui ne comprennent que les guerres de territoire, qui ne veulent pas respecter la loi mais leur loi.
 
Ils nous imposent une autre précarité, non économique cette fois, mais celle touchant à la sécurité immédiate à laquelle tout homme a droit dans une société civilisée, qui n’est plus assurée.
 
Un dirigeant véritable est celui qui partage la souffrance de ses hommes, même lorsqu’il ne vit pas toutes leurs précarités. Il les ressent pourtant dans sa chair, car il sait que derrière les ors de la république, le sens réside dans ce que vivent les gens simples. 

Les faux dirigeants enjoignent d’adhérer à de fausses valeurs, d'un prétendu humanisme qui ne masque qu’une situation de confort égoïste : l’humanisme véritable n’est présent que lorsque l’on a enduré soi-même toutes les épreuves de la précarité réelle, sans angélisme et sans idéalisation sur les hommes, mais que l’on trouve la force de se relever quand même.
 
Par des hasards qui n’en sont pas, l’actualité récente nous a offert plusieurs exemples de sites ou d’édifices historiques détruits, menacés de l’être, ou accaparés par des décisions lâches et falsificatrices de la mémoire de leurs véritables ancêtres.
 
Ces mensonges sur l’histoire ont été autant de lâchetés par lesquelles nous pensions acheter la paix auprès de ceux qui, aujourd’hui même, piétinent notre intégrité aussi bien physique que nationale.
 
Comment retrouver nos esprits, quel est le combat le plus important ? Le piège est justement de penser qu’il y en a plusieurs, car nous serons sans cesse renvoyés de l’un à l’autre, nous serons ballottés par cet incessant ressac hypnotique : démolition de l’identité ou exploitation économique ? Dépossession de l’histoire commune ou torture lente de la précarité matérielle ?
 
 
Leur trait commun est pourtant visible, et tient en un seul mot. Intimidation. L’arme de tous les caïds, de toutes les mafias. L’arme des lâches au demeurant, de ceux qui n’osent pas le combat frontal, l’engagement : elle ne possède la force que l’on veut bien lui donner.
 
 
Nous leur retirons leur monnaie, leur droit de vote, détruisons leur vie, leurs emplois et leurs familles et ils ne réagissent pas ? Très bien, nous allons pouvoir pousser un cran plus loin…
 
Nous crachons sur leur histoire, les stigmatisons s’ils l’aiment, nous allons jusqu’à l’effacer de la mémoire de leurs enfants par une parodie d’éducation et ils ne font rien ? Parfait, nous allons pouvoir serrer un peu plus.
 
Nous commençons par mille et un petits signes d’intimidation sur leurs biens, leurs voitures, leurs maisons, leur place dans la queue, puis s’ils ne réagissent pas les volons, brisons tout ce qu’ils ont, imposons notre loi et nos coutumes en leur interdisant celle de leur propre pays, jusqu’à les agresser physiquement, ainsi que leurs enfants à l’école ou leurs femmes et leurs filles pour les briser et les plier à notre volonté.
 
Ils ne se défendent pas ? Très bien, nous allons pouvoir continuer, d’autant plus que les autres mafieux, ceux de la haute société, nous donnent l’absolution, ne nous poursuivent pas, mais sont impitoyables avec eux s’ils ont le malheur d’oser se défendre contre nous.
 
 
N’est-il pas évident que nous avons affaire à la même sorte d’hommes, usant des mêmes méthodes, malgré les apparences, la modernité des uns et l’archaïsme des autres, les formules précieuses et creuses des premiers, et le proto-langage arriéré des seconds ? Intimidation, loi des caïds, extension du domaine de la lutte à toutes les couches de la société, jusqu’à toucher à la survie immédiate de chacun et de ses proches.
 
Une bifurcation majeure se présente devant nous. Si nous ne savons prendre le bon chemin, ce n’est plus uniquement une erreur d’appréciation dont nous devrons souffrir. C’est notre survie même qui en est l’enjeu, ainsi que l’existence de toute communauté nationale.
 
 
Existe-t-il encore une fierté et une dignité d’être citoyen français ?
 
La plupart des fonctions régaliennes de l’état ne sont plus assurées pour une raison unique : la lâcheté. L’ensemble de nos dirigeants politiques ne connaît plus qu’un seul mode d’action : la déculottée générale devant ceux qui crient le plus fort, grandes puissances économiques, commission européenne, islamistes avides de conquête qui sentent que le pays peut basculer entre leurs mains parce qu’ils imposent leur loi dans nombre de quartiers, sans que personne n’ose plus réagir, police comprise.
 
La logique est toujours semblable : être veule devant les prédateurs, impitoyables vis-à-vis du simple citoyen qui oserait se rebeller, afin de ne pas remettre en question son propre pouvoir personnel.
 
Acheter le silence à travers toutes les compromissions et toutes les soumissions n’est en rien l’action d’un véritable rassembleur, qui sait recadrer très durement ceux qui sortent du rang lorsqu'ils tentent d'imposer leur petite loi.
 
La seule façon de remonter ce courant de démission générale sera de redonner à la citoyenneté française toute sa valeur. Les cités grecques savaient donner une grande solennité au fait d’être l’un de ses citoyens, par un contraste net et marqué entre la dignité ou l’indignité d’y appartenir.
 
Pour cela, il faut redonner un sens ultime à la citoyenneté, aux droits et devoirs de l’appartenance à la cité. Le sens ultime, ce sont la vie et la mort qui le confèrent. Seul l’irréversible de la vie et de la mort est à même de vaincre à rebours la pente de la déliquescence.
 
Dirigeants français, arrêtez de montrer votre trouille en n’osant plus enseigner certains sujets à l’école, parce que vous craignez de froisser des susceptibilités. Parce que vous suivez le comportement si commun des lâches, qui est d’anticiper les désirs et les colères de ses futurs maîtres.
 
Craindre la réaction de quelqu’un, c’est se soumettre de façon certaine à lui, c’est se plier à son intimidation. L’ennemi sent toujours cette lâcheté, et en joue.
 
Le courage, c’est au contraire de mettre au centre délibérément et comme par provocation les sujets qui fâchent. De les poser devant l’ennemi, le caïd, comme un défi, comme pour lui dire « tu ne me fais pas peur », « force restera à la loi ». De lui faire comprendre que c’est lui qui devra se soumettre ou se démettre, qu’ici c’est la citoyenneté française qui fait loi et qu’il devra s’y plier.
 
L’enseignement de l’amour de la France n’est pas négociable au sein de l’éducation nationale. Toutes les périodes de l’histoire, tous les thèmes que nous devons et voulons traiter, ne prêtent pas à discussion. Au caïd qui défie cela, d’une voix traînante et semi-menaçante, il faut retourner brutalement et immédiatement le jeu de l’intimidation. Lui faire comprendre que s’il s’engage à l’escalade, c’est un combat physique à mains nues qui l’attend, avec un guerrier des plus aguerris. Aux violeurs de la République, que c’est la mort qui les attend.
 
« Ce que nous défendons, c’est notre patrie, mais c’est bien plus que cela, ce sont les valeurs d’humanité et la France saura prendre ses responsabilités », vient de dire François Hollande aujourd’hui même. Qui aura remarqué que derrière ces mots qui paraissent un bien, le président de la république n’est une fois de plus pas du tout à la hauteur de sa fonction ?
 
« Bien plus que cela » ( !) : voilà en quelle haute estime la patrie est tenue, par celui qui est censé en être le premier défenseur. Notre lignée historique est une fois de plus opposée à un universel abstrait, « les valeurs d’humanité ».
 
Que n’a-t-il dit : « ce sont les valeurs d’humanité que nous défendons à travers les valeurs de notre patrie ». Il ne s’agit plus d’opposer des valeurs essentielles à notre histoire commune et nationale, mais de montrer comment celle-ci est la réalisation concrète, charnelle et présente, de ces valeurs.

Il ne peut y avoir de dignité et de solennité dans ce qui ne porte pas l’histoire et la souffrance des hommes, mais un simple principe théorique, fade s'il n'est habité par une mémoire commune.
 
Nous ne pourrons à nouveau entonner le chant de la France, puissamment et clairement, qu’à cette condition. Elle suppose d’enterrer toute lâcheté : on ne peut faire ressentir le souffle de la mort que si l’on est soi-même prêt à mourir, ce que nous sociétés amollies ont cessé de cultiver.
 
Nous devons retrouver un sens du sacré lié à la citoyenneté, le sens des cérémonies que savaient mener les cités grecques, dans la célébration de la dignité comme dans la dureté implacable pour les manquements à la loyauté.
 
Il faut une autre trempe d’hommes pour mener de telles célébrations, leur donner toute leur beauté et leur puissance, parce qu’il faut savoir invoquer le terrible et le vivre soi-même.
 
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Le Front Syndical de Classe: Union du peuple : ça passe par une lutte déterminée contre le terrorisme, l'impérialisme et les politiques d'austérité et de régression sociale!

22 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La mondialisation, #La lutte des classes

Union du peuple : ça passe par une lutte déterminée contre le terrorisme, l'impérialisme et les politiques d'austérité et de régression sociale!



Le Front Syndical de Classe se joint aux nombreuses organisations qui ont dénoncé les crimes horribles perpétrés vendredi 13 novembre contre des citoyens et travailleurs français, revendiqués par Daesh.

Le FSC exprime sa compassion pour les victimes et leurs familles. Il dénonce avec la même force les attentats perpétrés contre tous les citoyens de nombre d’autres pays eux aussi touchés par des actes terroristes revendiqués par Daesh.

Mais ces dénonciations ne serviront à rien si elles ne débouchent pas sur une modification radicale des politiques qui sont à l’origine de ces massacres de populations ici ou ailleurs notamment dans les pays du Proche Orient, premières victimes parmi les autres.

Les organisations syndicales de France et d’ailleurs ont le devoir d’informer sans concession les travailleurs de la réalité des responsabilités des gouvernements des pays du commandement intégré des forces de l’OTAN, y compris des gouvernements français successifs, durant ces dernières années.

 

Au plan intérieur : Des institutions françaises de plus en plus affaiblies par des contradictions de plus en plus évidentes

 

Ces attentats perpétrés dans différents pays soulèvent un peu plus chaque jour les contradictions dans lesquelles se débattent les pouvoirs publics, la classe politique des partis de l’alternance et leurs satellites.

La puissance administrative gouvernementale prend inexorablement le pas sur l’autorité judiciaire, de plus en plus mise mal dans l’exercice de ses prérogatives, battant en brèche chaque jour un peu plus le principe constitutionnel fondamental de séparation des pouvoirs. Ces reculs que le gouvernement français entend conforter par une réforme constitutionnelle, constituent clairement un levier supplémentaire de renforcement du contrôle et de mise au pas des travailleurs au service des intérêts du grand capital, dans un contexte d’usure accélérée du pouvoir en place et de délégitimation croissante des pouvoirs publics et des institutions de la cinquième République.

 

La politique étrangère, une question clé pour la sécurité de la population et pour le progrès social

 

La situation intérieure à la fois en matière de politique sociale et de sécurité ne saurait donc être appréhendée indépendamment de la situation extérieure et de la politique internationale des gouvernements successifs de la France :

  1. Le président de la République dispose de pouvoirs exorbitants : sans consulter personne (pas même le parlement) il peut engager le pays dans n'importe quelle aventure guerrière, et ni Sarkozy, ni Hollande ne s'en sont privés.
  2. Ces décisions ont un coût majeur en matière de budget au détriment des politiques publiques, des politiques sociales. Sait-on que le tir du moindre missile c'est 100.000 euros, tandis que le système hospitalier dont on vient de mesurer massivement l'utilité pour la population civile est soumis aux restrictions massives, à la rentabilité marchande.
  3. Le manque de transparence des décisions du pouvoir en matière de défense masque à l'opinion comment ce pouvoir agit à l'extérieur, en vue de la défense de quels intérêts et avec quels alliés.

Nos gouvernements prétendent agir internationalement au nom de la défense des droits de l'homme et de la défense des populations civiles et combattre les dictatures et combattre résolument le terrorisme à l'étranger.

Combattre les dictatures ?

Alors comment justifier notre alliance de fait et nos ventes d'armes massives à l'Arabie saoudite quand pour s'en tenir à cela, cette dernière piétine les droits des femmes avec des lois d’un autre âge, condamne un écrivain, pour son expression, à 1000 coups de fouet sur la place publique, décapite au sabre la tête de condamnés à mort, 143 à ce jour pour la seule année 2015, et que le Président Hollande a rencontré ses dirigeants à plusieurs reprises en 2015 sans aucune espèce d'allusion à ces méfaits ?

Davantage préoccupé de vendre des armes à la dynastie des Saoud accueillis cet été dans le Vaucluse de manière outrageusement et honteusement privilégiée!


 

Combattre le terrorisme à l'étranger ?

Le gouvernement a engagé depuis trois ans les forces armées nationales sur plusieurs théâtres d’opérations militaires, au motif d’un pseudo droit d’ingérence humanitaire dénué de toute base légale, en contradiction ou dérogation unilatérale avec toutes les règles de droit international et décisions de l’Organisation des Nations Unies. Ce ne serait là seulement qu’arrogance si ce droit d’ingérence ne masquait en fait bien d’autres motivations inavouables et pourtant si bien connues  : le vol des ressources énergétiques des pays du proche Orient et la destruction des Etats refusant de se soumettre aux diktats des-dites grandes puissances..

Quel cynisme  ! Alors que le Ministre Fabius jusqu'à peu considérait que la branche syrienne d'AlQaida "faisait du bon boulot," alors que le camp occidental s'est bien gardé jusqu'à peu de frapper les sources de financement de l’OEI , en particulier par la vente du pétrole transitant par la Turquie par file de camions massives de crainte, disait-on hypocritement, de faire des victimes civiles.
Non jusque-là le gouvernement français comme les occidentaux n'a eu qu'un objectif majeur : imposer le départ de Bachar El Assad, intervenir pour cela en Syrie sans aucun mandat international et donc en violation de la Charte de l'ONU, cofinancer à cette fin des groupes terroristes baptisés pour la circonstance «  modérés  » comme au temps du soutien en Afghanistan où les talibans étaient baptisés «  combattants de la liberté  », l'objectif majeur étant alors d'abattre l'URSS...

On connaît la suite ...

 

La lutte pour la paix


 

Oui, il est du devoir du mouvement syndical de se battre pour la paix, indissociable de la lutte pour la démocratie et le progrès social.

Mais cette lutte ne saurait se réduire à de vagues incantations sans s'appuyer sur une analyse concrète et précise des enjeux de l'heure et des responsabilités dans l'actuelle situation. Dans l'immédiat et dans l'urgence cette lutte passant par l'émergence d'une solution politique en Syrie pour ne rien dire du drame séculaire des Palestiniens.

De différents côtés (Hollande à l'Assemblée générale de l'ONU le 28 septembre dernier et Guetta sur France Inter) les gouvernements des pays de l’OTAN tentent de faire porter au régime Syrien la responsabilité de l'existence et de la croissance de Daesh. Ce mensonge d’Etat ne résiste pas à un examen sérieux des faits. Et ce n'est pas soutenir inconditionnellement ce régime que de dire que cela est un véritable travestissement de l'histoire.

La déstabilisation de cette région d'où émerge Daesh est incontestablement le résultat de l'intervention américaine en Irak en 2003, de celle de Sarkozy en Lybie, de soutiens logistiques , de financements directs et fourniture d’armes par les Etats-Unis, la France, l’Arabie saoudite, le Quatar, la Turquie, Israël ...

En détruisant les structures étatiques de ces pays ce n'est pas la démocratie qui s'est installée mais le chaos propice au surgissement des forces les plus obscurantistes.

Et ce sont les «  fruits  » de cette politique dont nous faisons les frais, dont notre peuple fait les frais !

La lutte pour la paix dans notre pays doit donc s'appuyer sur la dénonciation de ces responsabilités et l'intervention de l'opinion pour la mise sur pied d'une coalition internationale s'attaquant cette fois réellement à Daesh, tout en s'attachant sans faillir à la mise en œuvre d’une réelle solution politique en Syrie et l’ensemble du Proche Orient. Cela passe par un arrêt des combats, un assèchement des sources de financement et de fourniture d’armes, et surtout un compromis entre les acteurs nationaux réellement opposés à la dictature obscurantiste de Daesh.

Le gouvernement français et ses sous-fifres médiatiques essaie de faire croire que la Russie a changé de politique alors que c'est le gouvernement français sous la pression des événements qui semble s'engager dans la grande coalition proposée par la Russie dès son intervention militaire en vue dans la foulée d'une solution diplomatique au conflit.

A gauche et chez un certain nombre de pacifistes c'est le "Ni Hassad, ni Daesh" qui fait florès. Mais que l'on sache - quoi que l'on pense de son régime - ce n'est pas Assad qui commandite des attentats en France et un peu partout !

Et finalement toute cette prétention à incarner les droits de l'homme et à décider de l'extérieur qui doit diriger des pays qui ne sont pas les nôtres au nom du droit d'ingérence si cher à Kouchner, à BHL et à Glucksman n'est-elle pas idéologiquement dans la continuité de toutes les interventions coloniales d'antan, au nom bien sûr de la supériorité de la civilisation occidentale ?

Et n'est-il pas temps de tirer en tout cas les enseignements de ce que ces interventions et ce droit d'ingérence ont semé comme désordres, comme crimes et comme instabilité généralisée ?

Seul le respect de la souveraineté des états comme principe des relations internationales est de nature à assurer davantage de stabilité et de sécurité dans le monde… et donc à faire progresser les droits de l'homme en privilégiant l'intervention autonome des peuples et non pas le droit à l'ingérence des grandes puissances !

 

Le double sens de l'état d'urgence


 

Nous ne contestons pas les nécessaires mesures pour assurer la sécurité des français.

MAIS!

Pour le peuple Français, après les politiques d’austérité, l’heure est donc à de nouvelles restrictions des libertés publiques et individuelles, déjà engagées depuis de nombreux mois et au renforcement des frappes militaires contre Daesh, pour le financement desquelles le «  pacte de sécurité  » s’impose désormais au «  pacte de stabilité », avec le quitus des institutions antidémocratiques bruxelloises et de la troïka. Quant au Parlement Français il s’en trouve réduit à son rôle désormais habituel de supplétif, spectateur de la politique extérieure, comme il l’est devenu sur la quasi-totalité des domaines de politique intérieure, désormais sous contrôle des institutions anti démocratiques de l’U€.

Pour donner le change face à ses mandants légitimement soucieux de leur sécurité, le gouvernement Hollande-Vals se voit dans l’obligation de remettre des contrôles aux frontières du pays, ou du moins de communiquer en ce sens. Mais la remise en question des accords de Schengen n’est pas à l’ordre du jour. L’Union Européenne, toujours abusivement appelée «  l’Europe  » par ses promoteurs, ne saurait être contestée : la libre circulation des marchandises, des capitaux et des personnes doit impérativement se poursuivre, pour le plus grand bonheur du grand patronat. Qu’il soit Français, Allemand ou d’un autre pays de l’U€, celui-ci se félicite de l’arrivée de centaines de milliers de migrants dans un grand désarroi, tout prêt à vendre leur force de travail à encore moins cher que les populations autochtones. Ces vagues d’immigration de population fuyant le désastre de leurs vies ravagées par des combats de plusieurs années et des structures étatiques en lambeaux vont ainsi permettre au patronat des grands monopoles de disposer de leviers supplémentaires pour organiser encore plus de concurrence entre les travailleurs, détruire un peu plus vite, encore plus facilement, nos conquis sociaux et ainsi baisser la rémunération de la force de travail… tandis que les actionnaires des multinationales continuent de voir exploser leur rendement actionnarial et financier.

Pour s'en tenir à un seul exemple on voit bien comment à partir du choc provoqué par les événements comment dans les partis de l’alternance et au gouvernement en place, la demande de renforcement de la sécurité et donc des moyens matériels et budgétaires attribués aux diverses forces de sécurité est utilisée pour accentuer et aggraver le sort réservé à la population et mettre en cause les moyens publics; tel intervenant dans les médias se plaignant des 35 heures, des grèves et tel porte-parole de l'armée se plaignant lui du nombre de cheminots comparé aux effectifs militaires  !

La liquette déchirée d’un cadre d’Air France est sur-médiatisée. Mais silence est fait sur la croissance continue et scandaleuse des grandes fortunes, le «  salaire  » des PDG, notamment ceux d’Air France, la distribution de dividendes toujours plus importants aux actionnaires et donc sur l’opportunité - la nécessité - de les mettre à contribution eux d'abord et eux exclusivement. Ce qui implique une révision totale des politiques menées et par la droite et par le gouvernement dit socialiste, d'en finir avec l'austérité et les contre-réformes s'attaquant à tous les conquis de la Libération et du programme du Conseil National de la Résistance.

 

Dans un tel contexte, quel est le sens de la journée nationale d'action du 2 décembre?

 

A l’occasion de son récent CCN du 17 et 18 novembre, la CGT a déclaré : «  Pas plus qu’il n’y a de trêve dans les attaques contre le monde du travail, il n’y aura de trêve dans l’action syndicale pour le progrès social  ». Le FSC se retrouve dans cette déclaration, qui tranche d'ailleurs avec la déclaration initiale de l'intersyndicale nationale qui ne disait mot de l'agression gouvernementale contre les conquis sociaux et qui s'inscrivait de fait dans l'esprit de l'union sacrée, appelée de ses vœux par le gouvernement Français. Cette nouvelle déclaration de la CGT marque une pertinente opposition aux tentatives du gouvernement d’asseoir son emprise sur toutes les organisations syndicales confédérées et de les associer aux politiques sécuritaires, en plus des politiques d’austérité.

Alors que les organisations syndicales, notamment la CGT, devraient être à l’initiative d’une résistance farouche aux politiques rétrogrades et réactionnaires mises en œuvre sous pilotage serré de Bruxelles, de la troïka, et de l’OTAN, c’est à dire de l’oligarchie financière, le contenu de l’appel du CCN doit nous interroger sur certains aspects.

En effet, dans le même appel à organiser une journée nationale d’action le 2 décembre prochain, le CCN s'en tient au thème un peu vague du « NON à la violence sociale, OUI à l'efficacité économique, sociale et environnementale » alors que le 2 décembre incluait :

  • la question de l’emploi
  • La retraire à 60 ans à taux plein
  • Les Libertés Syndicales
  • Les salaires, les pensions et les minimas sociaux
  • La reconnaissance des métiers pénibles
  • Le développement industriel et des services publics

 

Et surtout l’appel initial comportait la dimension de la lutte contre la répression syndicale et le soutien aux salariés d'Air France avec l'appel à une manifestation devant le tribunal d'instance de Bobigny à partir de 12 heures ils sont traduits sur demande des dirigeants d'Air France !

Alors qu'est-ce qu'on fait exactement le 2 décembre?

Le FSC soutient d’ailleurs les initiatives locales et départementales qui existent dans le pays pour manifester le 2 décembre devant les préfectures en soutien aux camarades d’air France.

 

L'union sacrée, pour le plus grand malheur de la classe ouvrière


 

On sait ce qu'elle représente historiquement pour la classe ouvrière et comment, pour s'en tenir à la première guerre mondiale, elle a signifié l'abandon des objectifs de paix et le ralliement aux intérêts des classes dominantes et à la grande boucherie.

Et c'est cela qui rend suspect l'appel à l'union nationale, les travailleurs perdant de vue leurs propres intérêts et ceux du peuple en s'en remettant aux objectifs des classes dominantes, banquiers et marchands de canon, propriétaires des grands médias privés.

Contre l’Union sacrée gouvernementale les organisations syndicales non réformistes ont le devoir d’organiser les conditions de l'union du peuple sur d’autres bases, des bases de lutte de classe, à savoir :

combattre les divisions, rassembler contre une véritable tentative d'installer un climat de guerre civile, ; en permettant de bien identifier les responsables de ces atrocités plutôt que de désigner un bouc émissaire, un ennemi intérieur que seraient les musulmans ou les immigrés dans leur ensemble  ; dérives dangereuses qu'il faut combattre dans la cité, dans les entreprises, dans les quartiers, dans les universités et les lieux scolaires… Sans déléguer, comme c'est devenu récurrent, la mise en œuvre de cette tâche aux instances religieuses, signe inquiétant d'une communautarisation des enjeux publics et d’un recul de la laïcité.

Les moyens et les mesures de l'état d'urgence doivent être tournés exclusivement contre les terroristes et ne servir sous aucun prétexte à museler le mouvement social et ce qu’il reste de démocratie dans notre pays.

Nous alertons également sur l’institutionnalisation de l’Etat d’urgence, promis à devenir une modalité courante de gestion du pouvoir et qui risque de favoriser la transformation de notre pays en état policier comme le souligne le Syndicat de la Magistrature, tout en intimidant le mouvement ouvrier alors que l’offensive antisociale ne va pas ralentir.

C'est dire que l'action des travailleurs contre la répression syndicale comme à Amiens pour les Goodyear ou à Air France doit rester à l'ordre du jour comme la nécessité du développement de l'action contre toutes les agressions et les régressions qui demeurent à l'agenda gouvernemental (code du travail, précarisation généralisée, financement de la protection sociale, santé …).

En ne renonçant pas aux manifestations dans l'espace public!

 

Hommage aux services publics  : monsieur Hollande, des actes  !


 

C'est dire aussi que l'agression contre les services publics doit cesser, tout comme l'entreprise de privatisation rampante, notamment celle des aéroports par exemple.

Car s'il est un des enseignements que l'on peut aussi tirer des actuels événements c'est bien leur rôle comme on a pu le constater avec la mobilisation exemplaire des hôpitaux parisiens au service des victimes de l'attentat du Bataclan. Et l'hommage qui a été en cette occasion rendu au personnel devrait d'abord se traduire par l'abandon de la réforme Hirsch qui s'en prend directement aux personnels en application du pacte Hollande-Vals de responsabilité, lui-même déclinaison du pacte budgétaire européen !

Notre devoir

 

Le système capitaliste porte en lui  la guerre comme la nuée porte l’orage expliquait déjà Jaurès. Aujourd’hui plus que jamais, ce système économique en crise permanente allie guerre sociale à l’intérieur et guerres impérialistes à l’extérieur, déchaînant destructions, misère, pillages.

Oui nous devons renouer avec les grandes traditions du mouvement ouvrier et syndical de la lutte pour la paix, non pas dans le flou des dénonciations sans contenu véritable mais en désignant nommément les fauteurs de guerre, les bénéficiaires du chaos actuel, les marchands d'armes dont notre pays qui se situe au troisième ou quatrième rang mondial et qui de ce fait ajoute le malheur aux malheurs du monde !

Les organisations syndicales qui ont une visée transformatrice ont plus que jamais le devoir de ne plus rester sur des positions défensives. Elles doivent être porteuses de propositions permettant d’ouvrir de nouvelles perspectives de transformation sociale et de dépassement du rapport d’exploitation capitaliste, notamment en promouvant de nouvelles formes de socialisation des moyens de production. Ces perspectives ne pourront advenir qu’à la condition qu’elles redeviennent concrètement des organisations de masse. Les travailleurs ont besoin de retrouver de la confiance pour y adhérer et prendre leur part active dans l’organisation syndicale et contribuer collectivement à l’élaboration de revendications sociales émancipatrices.

Elles doivent prendre au plus vite les dispositions permettant de reconquérir leur indépendance vis à vis des forces du capital et de renouer avec une politique syndicale internationaliste à la hauteur des enjeux actuels. Cela passe entre autre par une rupture claire notamment avec la Confédération Européenne des Syndicats.

Le Front Syndical de Classe

19 novembre 2015

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Zoom : Jean-Loup Izambert - L’Etat français protège les terroristes (18-11-2015)

22 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #AMERIQUE, #Europe supranationale

Zoom : Jean-Loup Izambert - L’Etat français protège les terroristes (18-11-2015)

Journaliste d’investigation indépendant, Jean-Loup Izambert a publié le premier tome de son ouvrage, "56, l’Etat français complice de groupes criminels".
Il nous explique comment des filières terroristes bénéficient de la tolérance voire de la complicité et des financements des dirigeants français depuis plus de 25 ans… Il revient sur l’organisation des Frères Musulmans, colonne vertébrale du terrorisme islamiste dans le monde entier.

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ASL/al-Nosra/EI : même combat, mêmes sponsors. Fin de la comédie. Par Françoise Compoint

22 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #Politique étrangère, #Daesch, #L'OTAN.

ASL/al-Nosra/EI : même combat, mêmes sponsors. Fin de la comédie. Par Françoise Compoint

ASL/al-Nosra/EI : même combat, mêmes sponsors. Fin de la comédie.

Le 21 novembre 2015

La tragédie parisienne du 13/11 a démasqué pas mal de protagonistes pro-islamistes se complaisant jusqu’ici dans leurs accoutrements passablement angéliques. L’Occident a brusquement découvert qu’al-Nosra ne faisait pas toujours du bon boulot, que le (vrai) futur calife en chef, M. Erdogan, était loin de servir les intérêts européens de l’OTAN si tant est que les faucons présidant à l’OTAN aient intérêt à défendre l’UE. L’Occident a aussi découvert, une certaine élite américaine y compris, que Poutine n’avait pas tort lorsqu’il refusait de faire le distinguo entre opposants modérés et radicaux, les premiers méritant des missiles « modérés » peints en rose les deuxièmes, un peu plus coupeurs de tête que leurs sympathiques collègues, en noir et blanc.

Dans un récent article évoquant les tenants et aboutissants de la boucherie de vendredi, j’avais envisagé deux types de dénouement : l’un d’eux prévoyait la création d’une coalition russo-française anti-EI (mais aussi plus largement anti-salafiste). Il semble, nous en sommes tous bien aise, que cette option ait eu raison des versatilités auxquelles sont sujettes des élites politiques ô combien frileuses. Il semble aussi que ce passage à l’acte, réprouvé par Obama et son équipe, se double d’un début ou du moins d’une tentative de nettoyage des réseaux islamistes éparpillés à travers les villes européennes. Molenbeek-Saint-Jean, naguère bercail d’un Philippe Vandermaelenn, récemment celui d’un Coulibaly, en est un exemple frappant. Consternant. Une quasi-hypertrophie du 93 avec tout le venin de l’anti-France qui berce la nécropole sacrée des rois de France. Veut-on dire que jusqu’ici Molenbeek n’était pas nettoyable ? Que ces pauvres gamins qui y naissent et se disent aujourd’hui mûrs pour le jihad ne sont que des paumés ? De nouveaux Misérables dont Hugo, s’il fut de ce monde, aurait dénoncé l’injuste Misère ? Allons donc ! Il n’y a que les niais et les autruches pour y croire. Ces gens-là ne sont pas des paumés mais des créatures qui se retournent ostensiblement contre leur créateur selon la très juste comparaison d’un amie facebookien. Le problème, c’est que l’abcès gonfle et suppure en France depuis les années Mitterrand. Que l’ennemi est enraciné dans une terre qu’il rejette depuis des décennies et dont il veut maintenant disposer à sa convenance. Le problème, c’est que la politique étrangère à la fois idiote et criminelle qui a été menée après la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN sert aujourd’hui de prétexte au soulèvement des quartiers dits chauds de même qu’à la progression des zones grises à travers le pays. La France est un pays bien riche en centrales nucléaires (19 au total) c’est-à-dire en poudrières potentielles. Que faire ?

En principe, il faudrait sortir de l’UE vu que l’annulation provisoire de Schengen n’a pas grand sens. Il faudrait aussi sortir de l’OTAN vu que l’un des trois piliers de la sou-veraineté d’un pays tient à sa capacité de décider de la paix ou de la guerre. Il faudrait liquider tous les nids islamistes dispersés à travers la pays, tous sans exception, fermer les mosquées salafistes, interdire formellement des organisations telles que les Frères Musulmans, renforcer les contrôles d’identité, supprimer les allocs à vie et forcer une jeunesse vicieusement désoeuvrée à travailler. Enfin il faudrait réaffirmer, en théorie autant qu’en pratique, la prédominance historique et culturelle du christianisme en Franceen arrêtant la démolition des églises et en réformant des programmesscolaireslèche-culs et mondialistes. Combien de morts faudra-t-il encore pleurer, en France tout comme en Syrie ou ailleurs – hier, au Mali – pour que l’Europe pèse enfin les conséquences de ses leurres et de ses traîtrises ?

Les il faudrait que je viens d’égrener sont d’une banalité redondante etaffligeante. Ce que l’on constate cependant, c’est que ni les Fabius, ni les Valls, ni même Hollande en personne ne veulent avoir conscience de ces urgences. Pour une raison très simple : pour qu’ils le fassent, la France devrait reprendre la maîtrise de sa diplomatie et de son territoire. Il en va de même de tous les Etats constitutifs de l’UE.

Après avoir versé des larmes hypocrites sur les martyrs de la sottise dirigeante, Obama a réitéré un ultimatum encore plus hallucinant : soit Assad reste au pouvoir et la Syrie s’enfonce dans un chaos abyssal, soit le pouvoir de Damas démissionne et cède la place à un gouvernement de coalition nationale composé de différentes fractions opposantes. Simultanément, Erdogan fait des siennes en menaçant la France d’attentats encore plus meurtriers si elle n’arrête pas ses frappes contre « les militants [dits] modérés » (voir entretien accordé au journal Ar-Rayah). Daesh y est présenté sous une sauce lénifiante voire hallucinogène : sa cause, mêlée à celle des militants syriens pour la libération du peuple – duquel ?! – donne une image d’ensemble en accord avec celle d’une ASL, on s’en souvient, littéralement glorifiée par les autorités françaises. Bruxelles n’a jamais condamné les agissements de la Turquie. Au mieux pourrait-on entendre de la part de politiques qui ne sont plus au pouvoir qu’Ankara joue un rôle dangereusement ambigu et qu’il conviendrait peut-être d’élucider cette ambiguïté.

Selon des sources alternatives foisonnantes, Moscou ne fait pas vraiment confiance à Paris pour ce qui est de son intention de pulvériser l’EI. Vous me direz : et le de Gaulle ? Et le bombardement du centre d’approvisionnement pétrolier près de Deir Ezzor ? Et le plan de soutien de la Russie à la marine française sur le terrain ?En réalité, nul besoin d’aller piocher dans une presse alternative parfois en effet peu fiable pour tirer le même type de conclusion. La vive émotion du vendredi dernier passée, il serait bon de revenir aux révélations d’Eric Denécé, ancien officier du renseignement et de Bernard Squarcini, ancien directeur de la DCRI : les deux viennent tout juste d’être publiées, à titre préventif, j’imagine, étant donné que le renseignement aurait à répondre de ce qui s’est passé vendredi 13.11. Selon M. Denécé, les services secrets n’ont jamais reçu d’ordres spécifiques par rapport aux jihadistes français revenant en France. Curieux, n’est-ce pas, surtout après la boucherie de janvier ? Selon M. Squarcini, Manuel Valls aurait refusé de prendre en compte la liste de jihadistes français combattant en Syrie au seul motif que la France refusait de collaborer avec le renseignement syrien tant que Bachar el-Assad resterait au pouvoir. C’était il y a certes deux ans. Personne ne pouvait imaginer le janvier noir de Charlie et le 13 novembre lugubre du Bataclan. Mais alors que d’attentats avaient pu être déjoués sans que les Français ne le soupçonnent ! Si M. Squarcini dit vrai – et une personne d’un tel acabit ne saurait mentir surtout que le (les) coupable (s) est (sont) pointé (s) du doigt – devrait-on qualifier la réaction de M. Valls de crime de haute trahison ? Lorsque le Premier ministre belge, C. Michel, propose aux éléments radicalisés (= jihadistes en puissance) le port de bracelets électroniques, je me demande également si nous avons affaire à un cas clinique ou à un cas de haute trahison.

Des litres d’encre ont déjà été déversés sur la lâcheté et la pseudo-incompétence d’élites pseudo-représentatives alors autant arroser le tout d’une liste de faits expliquant en quoi est-ce que Moscou aurait raison de ne pas faire confiance ou de faire modérément con-fiance à la France. Nous avons plus d’une fois insisté sur le côté mythique ou factice de l’ASL(Armée syrienne libre). La réunion de Vienne qui s’est tenue le 14 novembre a débouché sur deux impératifs pour le peu aberrants mais formellement acceptés par la Russie en accord, visiblement, avec Damas vu qu’aux dernières nouvelles Assad condi-tionnerait son départ à une victoire totale sur l’EI. Ces deux impératifs, les voici : primo, formation d’un gouvernement de coalition nationale – visant, mettons-le donc entre parenthèses, à coaliser moultes fractions de l’opposition – secundo, réforme de la Con-stitution existante. Que la Syrie ne soit pas sous protectorat ou sous mandat n’inquiète a priori personne alors passons. Par contre, et c’est là qu’il y a du très mauvais sang à se faire, il faut savoir que le pays est déchiré entre 7000 groupes et groupuscules sala-fistes. C’est sans compter qu’il y a un pacte de non-agression entre l’ASL et le Front al-Nosra et c’est aussi sans compter que les protégés de nos preuses démocraties ont enfin pris la parole et ne se cachent plus d’être ce qu’ils sont.

C’est ainsi qu’Ahmad Rahal, ex-commandant syrien de la Marine de Guerre et actuel-lement représentant des forces dites d’opposition de l’ASL reconnaît combattre l’armée gouvernementale aux côtés de Jaabat al-Nosra.Il a accordé une interview exclusive au journal russeVesti.Nous ne pouvons pas faire la guerre à al-Nosra, dit-il, bien qu’il s’agisse en effet d’une organisation terroriste affiliée à Al-Qaïda. Notre priorité pour le moment c’est le Hezbollah, les Irakiens, les Iraniens [et l’Armée arabe syrienne] qui combattent le peuple syrien.

S’il est vrai que nous n’en sommes plus à une incohérence près, celle de M. Rahal est débordante d’humour. Si même on croit à la sincérité de ses propos, ceux-ci sont aussi injustifiables que ceux de Vlasov qui avait pactisé avec les nazis non point par solidarité pour leur idéologie mais par haine des Rouges. Quelques lignes plus loin, ce Vlasov syrien nous apprend que les Américains auraient favorisé l’essor de l’islamisme plus de 70.000 anciens militaires ayant fui le pays par leur grâce.

Moins conciliant que son frère d’armes mais semblerait-il plus crédible, Abdul Jabbar al-Oqaidi, ancien colonel de l’Armée arabe syrienne et commandant de l’ASL extrêmement médiatisé par les USA, indique sans équivoque que l’opposition en question (ici, l’ASL) bénéficie, de un, d’un soutien massif de la part des USA et de la Turquie (revoir menaces récentes d’Erdogan), coordonne son action avec al-Nosra, de deux, estime que l’EI est un ennemi secondaire dont la barbarie n’est liée qu’aux lacunes culturelles de ses membres,de trois. Qui plus est, renchérit-il à titre personnel, il n’y aurait pas de conflit avec les leaders de l’EI, une organisation « frère » malgré les erreurs tactiques qui la compromettent. Lorsqu’un journaliste de Vesti lui demande en quoi est-ce que les méthodes auxquelles l’ASLa recours diffèrent de celles auxquelles a recours l’EI,al-Oqaidi ne trouve rien à répondre.

A moins de supposer que ces deux individus mentent platement – ce qui n’expliquerait pas les accolades d’al-Oqaidi avec l’ancien ambassadeur US à Damas, Robert Stephen Ford, en 2013, ou la rencontre en Turquie d’Adam Kinzinger, membre du Congrès, avec des représentants de l’ « opposition modérée » – il devient clair que le ministère des Affaires étrangères français continue à rouler dans l’ornière étasunienne et impose à la Syrie baasiste une alternative purement salafiste. Le drame du Bataclan, celui du Stade de France, des cafés et des trottoirs parisiens n’aura servi à rien.

Nous aimerions croire aux succès pratiques mais aussi hautement symboliques d’une coalition russo-française du genre Normandie-Niemen mais les faits énoncés ont raison de nos attentes.

  • On notera ainsi qu’en Syrie les objectifs de la France et de la Russie divergent. Paris espère renverser Assad. Les autorités françaises – atlantistes jusqu’à la moelle des os – ne sont pas (encore) prêtes à rejeter les injonctions des States. Quand bien même l’EI et al-Nosra seront pourchassés, l’ASL n’est nullement visée. La Russie aspire à pourchasser toutes les fractions islamistes combattant un pouvoir légitime, sans distinction de couleurs et/ou de discours. Elle bénéficie en cela du soutien de l’Iran et de la Chine.
  • Si Assad a conditionné son départ à la défaite de l’EI, c’est bien qu’il ne croit pas que la libération viendrait de la coalition occidentale et que celle-ci s’allierait à la Russie. Si donc la libération du sol syrien viendrait de l’armée syrienne, de la Russie, de l’Iran et de la Chine, Assad n’aurait aucune raison de démissionner étant donné qu’il a été réélu par le peuple syrien en 2014 (résultats confirmés par un grand nombre d’observateurs parmi lesquels pas mal d’Occidentaux) et que les trois Etats mentionnés ne demandent pas son départ par respect pour la souve-raineté du pays. On ne juge pas les vainqueurs qui ont naturellement le dernier mot.
  • Malgré la teneur pessimiste des deux précédents points, je pense, nous pensons tous, en tout cas pour la plupart d’entre nous, que l’Europe n’a rien perdu de son potentiel guerrier. « Guerrier » dans tous les sens du terme, pas seulement martial. Cela ne concerne pas les élites actuelles mais le peuple qu’elles ne repré-sentent pas. Je songe avant tout à la France. Le combat sera long et il n’est pas certain que les urnes soient une solution à l’heure qu’il est. Lorsque les Russes écrivent sur les missiles qu’ils larguent copieusement sur les positions de l’EI et de ses sosies « Pour les nôtres, pour Paris » (SIC), c’est bien qu’ils croient à ce peuple de France qui n’a rien à voir avec les Hollande, les Valls, les Fabius et leurs larbins boboïsés que la mort de millions de personnes depuis l’Afghanistan et l’expansion de l’anti-France ne regardent manifestement pas.

Françoise Compoint

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Les attentats de Paris analysés par le PRCF, par Georges Gastaud.

21 Novembre 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Russie, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Le socialisme, #Terrorisme, #Daesch

Entretien d’I.C. avec Georges Gastaud, secrétaire national, après la réunion du C.c. du PRCF.

- I.C. - A l’issue du Comité central du PRCF, quelle analyse fais-tu de la situation de la France après les attentats terroristes de masse et la proclamation par Hollande d’un état d’urgence à rallonge ?

- G.G. : les communistes n’ont pas pour habitude de farder la vérité. La situation de la France est celle d’une terrible tenaille réactionnaire que tous les vrais communistes, tous les démocrates, tous les syndicalistes de classe, tous les patriotes conséquents, doivent briser au plus tôt en unissant leurs forces.

Sur le plan extérieur, le peuple et la jeunesse de France sont ciblés par les monstrueux assassins de Daesh ; ces derniers ne méritent aucune excuse et doivent être traqués avec la dernière rigueur. Mais cela n’exonère en rien les dirigeants proprement irresponsables de notre pays, Sarkozy hier, Hollande aujourd’hui, avec son compère Fabius. Excités par des « intellectuels » pousse-au-crime comme feu A. Glucksmann hier et comme BHL aujourd’hui, ces dirigeants – qui ont totalement enterré la politique indépendante dont se réclamant De Gaulle – n’ont cessé de pratiquer l’ingérence néocoloniale dans les affaires intérieures d’Etats souverains comme la Libye ou la Syrie. Dans les deux cas, pour restaurer la domination coloniale de l’impérialisme français et atlantique sur ces pays, Hollande et Fabius ont pris le risque insensé de déstabiliser des Etats souverains et même, s’agissant de la Syrie… un des très rares Etats laïques de la planète, en qualifiant de « combattants de la liberté » des terroristes financés par les pétromonarchies du Golfe ou par la Turquie. On se dit ainsi que la belle U.E. autoriserait formellement l’achat par la Turquie du pétrole contrebandier de Daesh ! Déjà Mitterrand avait soutenu les talibans de Ben Laden, les Gulbuddin Hekmatyar, et autres tortionnaires fanatiques afghans, parce qu’ils avaient le « mérite » de combattre l’Armée rouge et les jeunes officiers progressistes au pouvoir à Kaboul. Hier, face à l’URSS, la réaction occidentale appuyée par la social-démocratie tout entière et par une partie des trotskistes, soutenait de fait la croisade antisoviétique de Reagan – et de Mitterrand ! –, laquelle a conduit à la contre-révolution en URSS avec l’aide de Gorbatchev et d’Elstine. Ce « plutôt mort que rouges » obsédant qui devient presque de nos jours un « plutôt morts que roses » tant les Valls, Macron et Cie ont dérivé à droite en l’absence d’un PCF de combat, a abouti au fait que Hollande et Fabius ont érigé le régime de Damas, et conséquemment, la Russie qui le soutient, en ennemi principal au Proche-Orient, et cela avec le soutien hystérique de toutes la fausse gauche bobo, les Bernard Guetta (France Inter), Libé et Cie. Mais que l’on sache, la Russie n’a jamais commis d’attentats terroristes sur notre sol et De Gaulle rappelait même en 1965 lors d’une visite historique à Moscou que « la Russie soviétique a joué le rôle principal dans notre libération », à l’inverse de ce qui s’enseigne dans tant de manuels d’histoire ! Je ne sache pas non plus que quiconque ait accusé Damas d’avoir organisé des attentats de masse à Paris…

En revanche, le pouvoir actuel, véritable VRP de Dassault et de Lagardère, vient de vendre des Rafales à Riyad alors qu’il a refusé de livrer des Mistral déjà payés par la Russie… Cette Russie que, tête basse, Hollande appelle aujourd’hui à la rescousse contre Daesh ; marchant sur les brisées qataris de Sarkozy, l’équipe Hollande-Valls et le grand patronat « français » ont aussi déroulé le tapis rouge pour la pénétration des capitaux qataris et saoudiens à Paris : chacun sait pourtant que ces deux régimes archi-réactionnaires, qui strangulent le Yémen et le Bahreïn, sont au cœur du développement mondial de l’intégrisme fanatique. L’Elysée a aussi laissé l’intégriste (soi-disant « modéré ») Erdogan mener sa campagne électorale en France même (meeting électoral de Strasbourg) et appeler à l’hallali sanglant contre le peuple kurde de Turquie : pourtant, répétons-le, sans le régime turc allié à l’UE/OTAN, l’Etat dit islamique ne pourrait pas se financer et se surarmer en vendant le pétrole volé aux peuples syrien et irakien. En outre la politique dite sécuritaire des gouvernements successifs est à la fois inefficace contre le terrorisme de masse et liberticide à l’encontre de notre peuple, et avant tout des forces progressistes et syndicales sur lesquelles la répression s’alourdit. Quelle aberration que de vouloir « défendre la liberté » en la réduisant (par ex. en emprisonnant des gens sans procès !), « promouvoir l’égalité » en supprimant les acquis sociaux qui atténuaient un peu l’exploitation capitaliste et « encourager la fraternité » en fraternisant avec les néo-reaganiens de l’UMP, qui surenchérissent sur le FN pour stigmatiser les travailleurs musulmans ! Pratiquer une telle politique, c’est agir comme Gribouille qui se jette dans la rivière pour éviter la pluie !

En réalité, ce qui fragilise et déstabilise le peuple français, c’est d’abord la politique de ses gouvernants maastrichtiens successifs. Ceux-ci peuvent bien chanter la Marseillaise et bomber le torse quand un massacre de masse frappe la France d’en bas et vient secouer l’opinion. Mais en réalité, les dirigeants euro-atlantiques qui ont déstabilisé la Libye ou la Syrie détruisent AUSSI notre nation en cassant les acquis du CNR, en dissolvant la France dans l’UE supranationale, en substituant le tout-anglais transatlantique à la langue française (chanson, cinéma, recherche, enseignement, commerce, tout y passe !), en démantelant la République une et indivisible au profit des « grandes régions », en laissant le MEDEF et la grande distribution saccager le ‘produire en France’ industriel et agricole, en dénaturant l’Education nationale, ce qui conduit à déclasser et à exclure massivement les ouvriers, les paysans et leurs enfants. Une « France libre, forte, indépendante et heureuse » comme celle que tentèrent de reconstruire les ministres communistes de 1945 en mettant en place la Sécu, les retraites par répartition, l’EDF, le statut de la fonction publique, les conventions collectives, le droit du travail, les comités d’entreprise, etc., voilà qui redonnerait sens à la fierté d’être Français, c’est-à-dire d’être l’héritier des Lumières, de 1789, de 1905, 1936 et de 1945, et non pas cette politique du néant qui voudrait forcer les Français à « choisir » entre un Etat-policier et leurs libertés ou, sur le plan politique, entre les Etats-Unis ultra-capitalistes d’Europe et la fascisation bleu marine de notre pays.

I.C. : Que propose le PRCF sur le plan de la politique étrangère ?

G.G. : il est urgent que notre pays cesse de se compromettre dans des expéditions néocoloniales d’un autre âge, qu’en Afrique en particulier, la coopération à égalité et le co-développement remplacent la hideuse « Françafrique » actuelle. Au Proche-Orient, il est suicidaire – du moins du point de vue des peuples – que l’Elysée continue obtusément de considérer Assad comme l’ennemi principal, alors que Daesh, cette créature de Frankenstein de la CIA, d’Ankara et des pétromonarchies, ce réquisit de la désastreuse invasion de Bush en Irak, martyrise notre pays et sa jeunesse. Nous ne demandons pas à Hollande de jouer les pompiers, encore moins les Zorros au Proche-Orient. Pour ce sergent Garcia de la politique américaine, ce serait déjà un grand progrès qu’il s’applique le premier précepte de la médecine hippocratique : « d’abord ne pas nuire ». Cessez donc de jeter de l’huile sur le feu en Syrie, cessez de mettre des préalables absurdes et mortifères au règlement politique de la crise en Syrie, c’est aux Syriens et à eux seuls de décider quel sera leur prochain président sans la moindre ingérence étrangère !

Disant cela, nous n’idéalisons en rien Assad ou la Russie postsoviétique et capitaliste de Poutine. Dans ces deux pays, nous sommes politiquement solidaires des communistes russes et syriens et d’eux seuls. Mais ce n’est pas à Fabius et à Hollande de choisir le futur président syrien, c’est au peuple syrien et à lui seul. Sinon, comment s’étonner que chez nous, ce soit Merkel qui cadre notre budget national et Moscovici qui écrive – en anglais bien entendu ! – les grandes lignes du projet Macron visant à « ubériser » l’économie, à précariser tout le salariat, à démanteler la SNCF au profit de la route et du privé, etc. Engels disait déjà qu’un peuple qui en opprime d’autres ne saurait être libre. C’est pourquoi le peuple français a tout à perdre dans les opérations de déstabilisation d’autres Etats souverains qui sont portées par ses gouvernants euro-atlantiques. La revendication de fond du PRCF qui vise à sortir la France de l’euro, de l’UE et de l’OTAN (dans la perspective non dissimulée d’une rupture révolutionnaire avec le capitalisme s’agissant des communistes) devrait être portée par tous les véritables patriotes républicains et si nous le faisions tous ensemble et en même temps, l’étau formé par l’UMPS et par les Le Pen père, fille et nièce ne tarderait pas à voler en éclat devant l’alliance irrésistible du drapeau rouge et du drapeau tricolore. Le « FRAPP » que nous proposons est donc aussi une proposition stratégique à l’international, l’émancipation du peuple français par rapport à l’UE atlantique serait une excellente nouvelle pour tous les peuples d’Europe, d’Afrique et du Proche-Orient… Alors que nous commémorons l’année 1965 où De Gaulle se rendit à Moscou après avoir prié les USA de déménager leurs bases militaires en France, à quand une grande manif unitaire et plurielle pour la sortie de la France de l’UE atlantique ?

Je voudrais terminer sur une remarque générale : il est impossible de combattre l’euro-austérité sans combattre les guerres impérialistes à la fois ruineuses et dangereuses pour le peuple. Pas un tract sur les salaires sans dénonciation des ruineuses guerres impérialistes, pas une dénonciation de l’impérialisme français « à l’extérieur » sans rappeler que la casse sociale, institutionnelle, industrielle, agricole, linguistique de la France est orchestrée par l’oligarchie capitaliste dans notre propre pays.

I.C. : Et pour rouvrir la perspective politique en France même ?

G.G. : il serait dramatique que le monde du travail, et notamment, que les organisations syndicales dignes de ce nom « fassent le gros dos », qu’elles renoncent à tracter sur la voie publique, à faire grève contre les mauvais coups, à manifester sous prétexte d’union sacrée ; toute l’histoire du mouvement ouvrier prouve que quand état de guerre il y a, les dominants en profitent sordidement pour faire précipiter les sales coups qu’ils peinent à mettre en œuvre d’ordinaire. Déjà on entend Hollande dire qu’il faudra « faire des sacrifices » alors qu’il y a déjà, par la faute de sa politique maastrichtienne, des millions de pauvres, de précaires, de salariés mal payés et malmenés dans ce pays. Déjà on voit l’UMP, Fillon en tête, appeler à désosser totalement le « modèle social » et à accroître sans cesse les moyens répressifs alors même que l’Education nationale, les hôpitaux, l’ex-ministère de l’Equipement (c’est-à-dire les barrages, les ponts, les routes…), l’O.N.F., etc. sont à bout de souffle faute d’effectifs. Les mêmes qui saluent le magnifique élan salvateur des personnels de santé, des pompiers, des policiers de base, des travailleurs des transports, affirment aussi comme Macron, Gattaz, etc. qu’il faut casser le statut de la fonction publique rédigé par Thorez pour reconnaître la mission nationale de ces personnels, qui viennent encore de prouver avec désintéressement leur entier dévouement au bien public ! Ce discours schizophrène anti-fonctionnaire est proprement honteux s’agissant de prétendus « hommes d’Etat » qui font fonctionner à l’envers la devise de Victor Hugo « ouvrir une école, c’est fermer une prison » !

C’est pourquoi d’une part le PRCF maintient son appel unitaire à se rassembler le 2 décembre prochain de manière pluraliste devant les chambres patronales ou devant les préfectures et sous-préfectures ; en effet, le 2 décembre, les salariés d’Air-France, plus exactement les ouvriers qui ont porté la juste colère prolétarienne devant la nouvelle vague de suppressions de postes, seront traités comme des criminels alors que les actionnaires d’Air-France, qui s’engraissent des plans de licenciements à répétition, sont soutenus par le pouvoir ! On voit au passage à cette occasion combien mensonger était le discours du pseudo-communiste Gayssot, alors ministre des transports de l’euro-gauche plurielle et dirigeant du PCF « euro-constructif », quand Air-France a été privatisé sous prétexte de lui apporter de l’ « air frais »… Le 2 décembre, saisissons l’occasion de dire ensemble, par delà les différences qui divisent électoralement le monde du travail, ASSEZ DE CONTRE-REFORMES, de PRIVATISATIONS, de DELOCALISATIONS, de « baisse du prétendu coût du travail », tous ensemble et en même temps comme en décembre 95 pour mettre fin à la guerre sociale menée contre le peuple par l’oligarchie et ses serviteurs !

Le PRCF appelle d’autre part ses militants et toutes les forces communistes et non communistes qui appuient ce texte à faire signer largement sur les marchés, au porte-à-porte, à l’entrée des entreprises l’appel-pétition réclamant un référendum pour permettre au peuple français de voter NON au maintien de la France dans l’UE du capital. Cette revendication pourrait fédérer toutes les forces authentiquement républicaines et patriotiques et elle doit être menée comme une campagne populaire, « en bas », comme l’ont compris nos camarades de Grenoble, du Littoral du Pas-de-Calais, etc. : dans certains quartiers populaires du Portel, nous avons obtenu 80% de signataires en faisant le porte-à-porte tant les ouvriers en ont ras-le-bol de l’UE et de son maudit euro qui a aidé à dynamiter leur pouvoir d’achat…

I.C. : certains vous objecteront que vous faites « le jeu du F.N. »…

G.G. : cette objection est plus absurde que jamais. Marine Le Pen a presque eu droit récemment aux félicitations du Monde, le quotidien de l’euro-révérence et du basculement de la France au tout-anglais, pour avoir déclaré en substance que si l’UE restituait sa souveraineté à la France», alors le FN accepterait que la France ne remette pas en cause sa participation. Cette grossière contradiction dans les termes (être indépendant dans un cadre supranational !) ne veut strictement rien dire sinon que le Front supranational envoie un signal clair à la droite sarkozyste et au MEDEF, ultra-européistes comme on sait. Par ailleurs les « têtes » économiques du FN rallient à vitesse V les revendications du patronat et de l’UMP sur le code du travail, les 35 heures et le recul de l’âge de la retraite, etc. Bref, la patronne du FN a intégré l’idée que si elle voulait être adoubée présidente de la République par le MEDEF et obtenir les suffrages des députés UMP dans le cadre d’une présidence bleue marine, il lui faudrait rallier à 100% la « construction européenne », bien entendu dans le cadre d’une « extrême droitisation » en cours de cette dernière. En réalité, il n’y a pas de « sortie FN » de l’UE et de l’euro, et le Parti Maastrichtien Unique déjà formé du PS et de l’ex-UMP est en train de se muer rapidement en « U.M.Pen.S. » ! Et c’est tout ce petit monde qui, tout en organisant un parti unique ultra-sécuritaire et pro-UE en France, ose parler de « pluralisme » alors que notre peuple est méthodiquement privé de politique alternative ! En réalité, la seule sortie possible de l’UE et de l’euro passe par la porte à gauche, ou mieux, par la voie progressiste, et elle implique d’affronter le grand capital en recentrant la reconquête de l’indépendance nationale sur le monde du travail : en un mot, il s’agit d’une lutte révolutionnaire !

Mais rien ne sert de se lamenter : agissons plutôt sur ce qui dépend de nous, comme l’enseigne la sagesse stoïcienne ! En réalité, les forces communistes, progressistes, authentiquement patriotiques, les syndicalistes de classe, bref le camp du travail et du progrès serait gravement coupable, étant donné l’état crépusculaire, pré-ténébreux où est plongé le pays, de ne pas rapidement engager l’action unie autour des deux drapeaux historiques du peuple français, le drapeau rouge de la Commune de Paris et l’étendard tricolore de la Révolution française, pour les « quatre sorties » (ou du moins, s’agissant des non-communistes, pour les trois sorties : de l’euro, de l’UE et de l’OTAN) sur la base d’un large programme patriotique, antifasciste, pacifique et social permettant à notre peuple de sortir de s’orienter vers une société où le « monde du travail serait au cœur de la vie nationale » comme le stipulait le programme du CNR. Mais une société où la classe ouvrière est au cœur de la vie nationale, qu’est-ce d’autre, de quelque façon qu’on la nomme, qu’une société socialiste ? La crise des partis politiques maastrichtien, leur discrédit est tel que, si l’action des travailleurs, si l’intervention militante des militants communistes se développe, des dizaines de millions de Français à la recherche d’une rupture progressiste peuvent briser l’UM-Pen-S maastrichtienne et remettre notre nation sur les rails du progrès social, de la souveraineté populaire véritable, de l’indépendance nationale et du socialisme.

I.C. – Mais n’est-il pas ringard à notre époque de parler du CNR ?

G.G. : Nullement. Rappelons que c’est le MEDEF, par la bouche de son idéologue Denis Kessler, qui a fixé pour objectif à l’UMPS en général et à Sarkozy en particulier de « démanteler le programme du CNR » (éditorial de « Challenge » en novembre 2007) ; si quelqu’un veut revenir en arrière – en clair vers la Grande Europe allemande et ultraréactionnaire que soutenait déjà le grand patronat « français » de l’époque… – ce n’est pas le PRCF, ce sont les soi-disant « modernes » dirigeants néolibéraux actuels…

Comment en outre les principes du CNR, indépendance nationale, antifascisme et antiracisme, nationalisations des « secteurs monopolisés de l’économie », « plan complet de sécurité sociale », reconstruction de l’industrie, rôle central du « monde du travail dans la vie nationale », pourraient-ils jamais être « dépassés » ? En outre, rien n’interdit de compléter et d’actualiser ce programme. N’est-il pas clair qu’à notre époque, il faut mettre en avant comme jamais l’égalité homme-femme et la laïcité (c’est-à-dire la séparation stricte de l’Etat et des Eglises alors que Mme Hidalgo vient de violer la loi de 1905 en assistant ès qualités à un office catholique!), la mise en place de nouveaux traités internationaux progressistes avec tous les pays – sans accepter l’hégémonie mondiale du dollar et la suprématie régionale de l’euro-mark - , par ex. avec les pays latino-américains de l’ALBA, avec les pays d’une Francophonie redéfinie comme arme de résistance à l’impérialisme culturel, avec les pays d’Afrique enfin traités comme des frères, avec les BRICS, l’Europe du sud et de l’Est, toutes deux « massacrées » aujourd’hui par l’Axe franco-allemand du capital : bref, assez de confinement dans le cadre étouffant de l’U.E./O.T.A.N. sous domination germano-étatsunienne ! Mondialisons le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes pour coopérer à égalité d’Etat à Etat ! Affranchissons-nous de la ruineuse guerre économique capitaliste que Maastricht a rebaptisée « économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée »…

Enfin, à notre époque, la dimension écologique de l’alliance populaire est incontournable, au point qu’un ami du PRCF vient de nous proposer d’ajouter un « E » final (et non muet !) à la notion de « FR.A.P.P. » : le Front Antifasciste, Patriotique et Populaire ne doit-il pas devenir un « FR.A.P.P.E. »pour percuter encore plus fortement le capital prédateur et rassembler, non seulement les patriotes antifascistes autour du monde du travail, non seulement les croyants progressistes de toutes confession (pourvu qu’ils acceptent sans réserve la loi de 1905 !), mais les écolos sincères qui refusent d’instrumenter l’écologie pour casser la nation et le produire en France, comme c’est tristement le cas des deux tendances rivales d’Europe-Ecologie.

I.C. : A ce propos, comment vois-tu la COP 21 et la question du réchauffement climatique ?

G.G. : contrairement à une idée reçue, le marxisme – dont l’un des fondements est la dialectique de la nature et de l’histoire – est structurellement attentif aux questions environnementales : il suffit de rappeler cette phrase prophétique de Marx selon lequel « le capitalisme ne produit la richesse qu’en épuisant ses deux sources, la Terre et le travailleur »… Il y a en effet deux approches de la lutte contre le réchauffement climatique – qu’il faudrait d’ailleurs élargir à l’ensemble des dégâts environnementaux que provoque la course effrénée au profit maximal :

La première approche est celle des maîtres de la mondialisation capitaliste ; tantôt ils veulent échapper aux règlements contraignants sur les gaz à effet de serre (cf la déclaration récente d’Obama exigeant que la COP 21 n’élabore aucun texte juridiquement contraignant pour les transnationales US), tantôt veulent procéder à un vaste éco-blanchiment du capitalisme. Tel est le projet actuel d’ « agriculture intelligente face au climat » élaboré par la Banque mondiale et soutenu par les institutions de la mondialisation capitaliste : en réalité, ce programme vise à attirer d’énormes flux d’argent public vers les monopoles repeints en vert de l’agro-industrie capitaliste : ce seraient alors les paysans et les agricultures vivrières qui continueraient d’être massivement éliminés et sous-prolétarisés ; dans les pays du « nord », ce serait la grande distribution, qui n’opprime déjà que trop les paysans français (cf les luttes paysannes de l’automne) qui en profiterait de cette pluie prétendument écologique d’argent public ; et même si l’on fait reculer un peu (et j’en doute) le réchauffement climatique d’origine humaine, ce serait en créant à terme un énorme problème avec l’alimentation de l’humanité future, surtout quand on voit ce que le capitalisme fait au titre des « agro-carburants »…

L’autre approche est celle que partage le PRCF : face au caractère de plus en plus prédateur – j’ai coutume de dire « exterministe » - du capitalisme, il faut une vaste alliance, en France et dans le monde, de la faucille paysanne et du marteau prolétarien. Il n’y a pas d’alternative vitale possible à la lutte contre la mondialisation capitaliste, c’est-à-dire au repartage impérialiste du monde, que l’émergence d’un monde de nations souveraines coopérant sur la base d’une offensive mondiale des forces du travail dans la direction du socialisme-communisme. Ce n’est pas seulement face à la barbarie terroriste nourrie par l’impérialisme, face à la fascisation du champ politique, face à la crise économique sans fin que la formule anti-exterministe de Fidel Castro « patria o muerte, socialismo o morir ! » prend tout son sens, c’est également face à la destruction irresponsable de l’environnement qu’engendrent la course au profit, ainsi que la marchandisation sans frein de la nature et de l’humain. Le communisme de nouvelle génération que nous appelons de nos vœux, et qui nécessite une lutte résolue contre la criminalisation des expériences révolutionnaires passées, est au final le seul écologisme conséquent parce qu’il est le seul anti-exterminisme conséquent.

I.C.. : Comment parvenir à ces objectifs ?

G.G. : malgré le décès très éprouvant de plusieurs piliers du PRCF dans la dernière période, notamment des hommes de bien et des fraternels combattants qu’étaient mes regrettés amis Roger Bennati et Etorix de Angelis, le PRCF et les JRCF font preuve d’un grand dynamisme depuis notamment notre commémoration de lutte de Stalingrad – le seul rassemblement de rue à ce sujet dans toute l’Europe occidentale ! – sans parler du 10ème anniversaire du Non à la constitution européenne où le PRCF a joué tout son rôle à proximité du Palais-Bourbon avec d’autres forces des Assises du communisme. Notre ligne est claire : renaissance du vrai parti communiste avec le concours de tous les vrais communistes, y compris les militants marxistes du PCF, soutien au syndicalisme de classe, rassemblement des patriotes antifascistes qui rejettent à la fois l’UE et le FN (c’est d’ailleurs de plus en plus la même chose…). Il faut donc renforcer le PRCF et les JRCF, ne pas compter éternellement les points en se contentant de « militer sur internet ». C’est dans la rue, à l’entrée des usines, des facs et des services publics, sur les marchés, dans les manifs populaires, dans les cages d’escalier des HLM, que la résistance populaire et l’alternative peuvent renaître ; et pour cela, il faut urgemment un PRCF et des JRCF plus forts et plus présents sur un maximum de terrains de lutte. Contactez-nous, aidez-nous concrètement, ne restez pas spectateurs, demain il serait trop tard !

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