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Le blog de Lucien PONS

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Tout roule pour les russophones à l’Est (ou presque).

14 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation

14 juillet 2014

Tout roule pour les russophones à l’Est (ou presque)

Je commence par le rapport d’Amnesty International, dont la presse a beaucoup parlé :

Rapport Amnesty Est Ukraine publié par les-crises

Le rapport fait état des enlèvements et actes de tortures (évidemment inacceptables) dans l’Est, avec un vrai sens de la mesure et de la prudence :

Ah, en fait, on comprend ensuite qu’ils sont allés à Kiev et dans les zones liberées – et pas trop dans les zones hors contrôle de Kiev – ce qui limite quand même bien l’objectivité…

Donc en fait, il n’y a pas de chiffres fiables, mais la majorité des enlèvements sont du côté des séparatistes (côté dans lequel ils ont peu enquêté). Du lourd quoi.

Le rapport s’ouvre sur le récit atroce de Hannah, rapporté encore ici. On se demande pourquoi un tel voyeurisme (ils auraient aussi pu ouvrir avec des russophones hachés menus par l’aviation…), d’autant qu’on ne sait pas ce qui s’est vraiment passé et qui sont vraiment ces gens (on n’a pas son nom – et les gentilles filles qui soignent les blessés, et qui en fait sont membres de Svoboda et Pravy Sektor, j’ai déjà donné… – Ce qui ne justifie en rien des tortures, évidemment). (N.B : vous vous rappelez de la pauvre infirmière “Je meurs” : membre de Secteur Droit en fait…)

Tout roule pour les russophones à l’Est (ou presque).

Une telle partialité est étonnante – même si Amnesty rappelle à la fin que les troupes pro-Kiev ne sont pas blanches (ce qui n’a pas été repris par la presse qui s’est jetée sans prudence dessus).

Pas un mot d’Amnesty sur le corps sans vie du journaliste russophile Sergey Dolgov qui vient d’être retrouvé dans l’Est après avoir été torturé…

Lire d’ailleurs ici un papier sur la partialité de la presse sur cet épisode

Quand à Amnesty, je suis au regret de constater qu’eux-aussi ne sont pas impartiaux, il n’y a qu’à voir leur billet du 28/02 :

Tout roule pour les russophones à l’Est (ou presque).

Bizarre : depuis qu’on a compris que la plupart des morts n’étaient pas le fait de la police, ils ne parlent plus du sujet…

Bref, on retrouve le manque total de prudence dont cette association avait fait montre au Koweit, dans son fameux rapport de décembre 1990 :

Rapport Amnesty International sur le Koweit du 19 décembre 1990 publié par les-crises

Accusations totalement fantaisistes, issues de la propagande américaine

Bref, ce n’est pas pour blanchir qui que ce soi, mais il est clair que dans des zones de guerre, oui, il y a des atteintes aux Droits de l’Homme en général – et c’est regrettable…

Mais enfin, pendant ce temps là, les morts et destructions continuent, et on s’en moque…

Tout roule pour les russophones à l’Est (ou presque).
Tout roule pour les russophones à l’Est (ou presque).

IMAGES TRES DURES (en russe, mais les images parent d’elles-mêmes) :

13 Je commence par le rapport d’Amnesty International, dont la presse a beaucoup parlé : Rapport Amnesty Est Ukraine publié par les-crises Le rapport fait état des enlèvements et actes de tortures (évidemment inacceptables) dans l’Est, avec un vrai sens de la mesure et de la prudence : Ah, en fait, on comprend ensuite qu’ils sont allés à Kiev et dans les zones liberées – et pas trop dans les zones hors contrôle de Kiev – ce qui limite quand même bien l’objectivité… Donc en fait, il n’y a pas de chiffres fiables, mais la majorité des enlèvements sont du côté des séparatistes (côté dans lequel ils ont peu enquêté). Du lourd quoi. Le rapport s’ouvre sur le récit atroce de Hannah, rapporté encore ici. On se demande pourquoi un tel voyeurisme (ils auraient aussi pu ouvrir avec des russophones hachés menus par l’aviation…), d’autant qu’on ne sait pas ce qui s’est vraiment passé et qui sont vraiment ces gens (on n’a pas son nom – et les gentilles filles qui soignent les blessés, et qui en fait sont membres de Svoboda et Pravy Sektor, j’ai déjà donné… – Ce qui ne justifie en rien des tortures, évidemment). (N.B : vous vous rappelez de la pauvre infirmière “Je meurs” : membre de Secteur Droit en fait…) Une telle partialité est étonnante – même si Amnesty rappelle à la fin que les troupes pro-Kiev ne sont pas blanches (ce qui n’a pas été repris par la presse qui s’est jetée sans prudence dessus). Pas un mot d’Amnesty sur le corps sans vie du journaliste russophile Sergey Dolgov qui vient d’être retrouvé dans l’Est après avoir été torturé… Lire d’ailleurs ici un papier sur la partialité de la presse sur cet épisode… Quand à Amnesty, je suis au regret de constater qu’eux-aussi ne sont pas impartiaux, il n’y a qu’à voir leur billet du 28/02 : Bizarre : depuis qu’on a compris que la plupart des morts n’étaient pas le fait de la police, ils ne parlent plus du sujet… Bref, on retrouve le manque total de prudence dont cette association avait fait montre au Koweit, dans son fameux rapport de décembre 1990 : Rapport Amnesty International sur le Koweit du 19 décembre 1990 publié par les-crises Accusations totalement fantaisistes, issues de la propagande américaine… Bref, ce n’est pas pour blanchir qui que ce soi, mais il est clair que dans des zones de guerre, oui, il y a des atteintes aux Droits de l’Homme en général – et c’est regrettable… Mais enfin, pendant ce temps là, les morts et destructions continuent, et on s’en moque… IMAGES TRES DURES (en russe, mais les images parent d’elles-mêmes) : (la mère de la jeune femme était près de la fenêtre ) :

Tout roule pour les russophones à l’Est (ou presque).

Oups, non, pardon, ça, c’était en février dans Libé sur Maidan…

P.S. tiens, un nouveau “spécialiste du monde russe” autoproclamé : Laurent Chamontin. Dans un édifiant papier pour le Nouvel Obs, il revient sur l’interview de Todd, avec de grandioses déclarations :

Et le problème actuel, c’est de trouver une langue commune avec la Russie, malgré son comportement agressif (Tchétchénie, Géorgie, Crimée) et des valeurs difficilement compatibles avec les nôtres.

Faute de s’intéresser à tout ceci, on risque de côtoyer les thèses complotistes, avec l’OTAN pour coupable, et Z. Brzezinski comme méchant loup.

Mais à l’époque des guerres de Tchétchénie, que fallait-il dire à la Pologne, pays assujetti à plusieurs reprises par la Russie ?[OB : et un peu par l'Allemagne aussi, me semble-il] Qu’on ne l’accepterait pas dans l’OTAN parce que le Kremlin était devenu rassurant ? [OB : non, qu'on en voulait pas, c'est tout, merci. Une alliance militaire, ce n'est pas le dernier club à la mode, cf l'important billet de George Kennan]

Que faut-il dire aujourd’hui aux Ukrainiens ? Qu’ils ont eu le tort de naître du mauvais côté de la barrière ?

P.P.S. Un autre gros dingue, le ministre des Affaires étrangères Suédois, Carl Bildt, candidat au remplacement de Ashton. Petits extraits de twitter – avant une analyse plus approfondie à venir :

=> Les civils palestiniens qui meurent c’est mal

=> Les civils palestiniens qui meurent c’est mal

=> Les civils yougoslaves qui meurent c’est mal

=> Les civils yougoslaves qui meurent c’est mal

=> Les civils ukrainiens qui meurent c’est inacceptable, mais c’est de leur faute…

=> Les civils ukrainiens qui meurent c’est inacceptable, mais c’est de leur faute…

Tout roule pour les russophones à l’Est (ou presque).
=> Le ministre tweete plein de rumeurs et autres conneries depuis des mois, mais c’est pas important…

=> Le ministre tweete plein de rumeurs et autres conneries depuis des mois, mais c’est pas important…

Tout roule pour les russophones à l’Est (ou presque).

=> Junker qui ne veut d’élargissement de l’Union dans les 5 ans, c’est mal.

Logique car : “If there is no enlargement, we will have security risks, Bildt said.” (Source)

Ben oui, quand on n’élargit pas, on a des soucis de sécurité, logiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiique !

Tout roule pour les russophones à l’Est (ou presque).
Tout roule pour les russophones à l’Est (ou presque).

=>Donc le ministre réagit violemment à un article de propagande européiste, qui fait croire que la Russie mettrait un véto à l’accord de libre-échange UE-Ukraine (qui l’impactera, évidemment).

Ben pas de bol, la même réunion, rapportée par l’agence de presse chinoise a une tout autre apparence, bien plus proche de la vérité :

Tout roule pour les russophones à l’Est (ou presque).

De nouveau, on voit qu’on ne peu guère avoir confiance dans notre information sur ces sujets…

Pour finir, mon préféré : (à propos du foot) un vrai discours de chef de la diplomatie :

Tout roule pour les russophones à l’Est (ou presque).
Tout roule pour les russophones à l’Est (ou presque).

Bon courage pour le prochain voyage en Argentine !

http://www.les-crises.fr/tout-roule-pour-les-russophones/#!prettyPhoto

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Nestor Makhno et la révolution en Ukraine.

14 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale

Nestor Makhno et la révolution en Ukraine

Makhno est né le 27 octobre 1889 à Gouliaï-Polié dans le Sud de l’Ukraine, nous dit Claude Kowal, d’une famille de paysans pauvres. Au lendemain de la révolution manquée de 1905, il intègre un groupe anarcho-communiste. Il est condamné à mort en 1910 pour avoir fomenté un attentat contre le poste de police. (Sa peine est commuée en travaux forcés à perpétuité). Durant son incarcération il s’instruit et perfectionne sa formation politique. La révolution de 1917 lui rend la liberté. De retour à Gouliaï-Polié, Makhno fonde une Union paysanne et procède à l’expropriation des grands domaines agricoles et des usines, dans la région qu’il contrôlait, établissant des communes rurales autonomes. Chaque commune était dotée d’une superficie de terre correspondant à ce que ses membres pouvaient cultiver...

Intéressant de connaître les luttes, la vie d'un tel personnage, dans ces périodes révolutionnaires.

Allons à sa rencontre.

Michel Peyret

Nestor Makhno

Par Claude Kowal, publié le 23 juin 2014

Nestor Makhno et la révolution en Ukraine.

Il y a des personnages historiques qui deviennent des légendes. Et les mythes ont la vie dure. Il en est ainsi avec Nestor Makhno, dirigeant anarchiste ukrainien qui, dans années vingt, joua un rôle majeur dans la lutte contre les armées blanches de Denikine. Si les mythes ont la vie dure ils sont rarement l’expression de la vérité mais avec Makhno il y a un double mythe : il y a la version Bolchevik et la version Libertaire. En fait comme le montre la rencontre de Makhno avec Lénine que nous publions à la suite la divergence est stratégique : Lénine appréciait la situation dans le contexte international avec le risque de défaite de la révolution, Makhno réduisait sa conception à la situation des paysans ukrainiens. Mais la réalité de la Tcheka et son rôle néfaste a tranché. La conception même des bolcheviks qui se considéraient comme LES dirigeants de la révolution poussait vers cette issue. Mais sur le terrain la Makhnovchtchina a joué un rôle très positif contre les blancs et a souvent appuyé des mesures autogestionnaires.

Selon la version Bolchevik on parle des bandes de Makhno, qui deviennent avec le temps les bandits de Makhno. Puis on rajoutera antisémites. Bande est un mot quasi neutre mais qui souligne un fonctionnement « désorganisé », en tous les cas non militaire ce qui s’explique par le fonctionnement du système de commandement très éloigné des modèles classiques. (Voir plus loin.)

Il permet surtout de passer de « bandes » à bandits ce qui n’est plus neutre. Quant à « l’antisémite » c’est un qualificatif qui pourrait sembler crédible dans un pays aux très anciennes traditions religieuses et arriérées. Tout juif venant d’Ukraine confirmera le climat antisémite dans les campagnes et même ailleurs. Sauf que pour Makhno c’est faux et la « Makhnovchtchina »a, à plusieurs reprises, condamné et fusillé les manifestations d’antisémitisme sans pour autant perdre sa popularité chez les paysans. On sait aussi qu’il s’est engagé nettement contre Simon Petlioura dont les campagnes antisémites sont notoires.

La Makhnovchtchinafut un mouvement révolutionnaire autonome de paysans largement influencé par les anarchistes dont le plus célèbre est Makhno. Ils ont constitué des entreprises agricoles sur les terres récupérées des Koulaks et pour certaines des entreprises autogérées. Mais leurs appréciations de la situation de l’encerclement de l’URSS étaient faibles et n’entraient pas en considération alors que c’était un des points majeurs des préoccupations de la direction du parti Bolchevik. Il faut dire aussi que les méthodes brutales de la Tcheka ne les aidaient pas.

C’est où, c’est quoi, c’est quand, c’est qui l'Ukraine

L’Ukraine est alors un pays très différent des autres provinces russes. C’est un pays agricole riche, suscitant la convoitise de ses voisins. Il est marqué par un fort esprit d’indépendance vis-à-vis de ses voisins qui l’ont occupé pendant des siècles (les Polonais et les Russes). Esprit d’indépendance allant parfois jusqu’à un nationalisme exacerbé avec une tradition de « Volnitza »(vie libre) qui freina l’implantation des différents partis politiques.

Avec l’abdication du tsar en mars 1917, et alors que Kérensky prenait la tête du gouvernement provisoire en Grande-Russie, on avait vu s’établir en Ukraine un pouvoir parallèle dirigé par la petite bourgeoisie nationaliste, désireuse de recréer un État indépendant.

Ce mouvement, animé par Vinitcheuko et Petlioura, s’établit surtout dans le nord du pays, alors que dans le sud les masses paysannes, sous l’influence des groupes anarchistes, s’en détachaient pour former un courant révolutionnaire qui, en décembre 1917 et janvier 1918, expulsa les gros propriétaires et commença à organiser lui-même le partage et la mise en valeur des terres

Mais tout fut remis en question lorsque, le 3 mars 1918, les Bolcheviks signèrent le traité de Brest-Litovsk qui permettait aux armées austro-allemandes d’entrer en Ukraine.

Celles-ci rétablirent aussitôt les nobles et les propriétaires fonciers dans leurs privilèges afin de s’assurer la neutralité de la région. La nomination du commandant en chef des armées à la tête de la Rada centrale (Parlement) marqua un véritable le retour au tsarisme. Les propriétaires chassés peu de temps auparavant se hâtèrent, par esprit de vengeance, de resserrer leur étreinte sur les paysans, qui subissaient par ailleurs le brigandage des troupes d’occupation.

Devant cette répression impitoyable, le pays se dresse dans un mouvement insurrectionnel des paysans et des ouvriers et va se déclarer pour la « révolution intégrale » sans que le programme en soit très défini. On assiste à une organisation de corps de francs-tireurs par les paysans eux-mêmes. C’est l’Armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne dite « Makhnovchtchina« .

Mais les représailles de la Rada ukrainienne, appuyée par les troupes austro-allemandes, vont être sanglantes (juin-juillet-août 1918). La nécessité d’une certaine unification face à la répression se faisant sentir, ce sera le groupe anarchiste de Goulaï-Polé qui en prendra l’initiative.

Le mouvement prend alors un caractère différent : il se débarrasse aussitôt de tous les éléments non travailleurs et des préjugés nationaux, religieux ou politiques. Non seulement il lutte contre la réaction, mais il s’engage dans une voie antiautoritaire très influencée par les groupes anarchistes et en premier lieu celui de Gouliaï-Polié, duquel va se détacher un animateur de premier ordre Nestor Ivanovitch Makhno.

Makhno est né le 27 octobre 1889 à Gouliaï-Polié dans le Sud de l’Ukraine d’une famille de paysans pauvres. Au lendemain de la révolution manquée de 1905, il intègre un groupe anarcho communiste. Il est condamné à mort en 1910 pour avoir fomenté un attentat contre le poste de police. (Sa peine est commuée en travaux forcés à perpétuité). Durant son incarcération il s’instruit et perfectionne sa formation politique. La révolution de 1917 lui rend la liberté.

De retour à Gouliaï-Polié Makhno fonde une Union paysanne et procède à l’expropriation des grands domaines agricoles et des usines, dans la région qu’il contrôlait, établissant des communes rurales autonomes. Chaque commune était dotée d’une superficie de terre correspondant à ce que ses membres pouvaient cultiver.

Le traité de Brest-Litovsk signé entre l’URSS et l’Allemagne laissait l’Ukraine aux Austro-Hongrois puis, après la chute de « l’entente », aux mains des nationalistes ukrainiens alliés avec les blancs (Denikine), les forces anglaises et les Polonais qui luttaient contre l’armée rouge.

De 1918 à 1921 l’Union paysanne lutta d’abord contre les Allemands (après la signature du traité de Brest-Litovsk), puis contre les blancs de Denikine et leurs alliés anglais après la défaite de l’entente en alliance avec l’armée rouge.

Des combats incessants vont avoir lieu pendant des années au rythme des flux et reflux des divers combattants : troupes d’occupation austro-allemandes, bandes de l’Hetman Skoropadsky, armées blanches de Denikine puis celles de Wrangel, s’emparant des villes, les reperdant, multipliant les massacres, les pogroms, les pillages.

Personnage hors du commun, très controversé, vénéré comme une icône par les anarchistes du monde entier, mais quasiment ignoré de l’Histoire officielle, il reste très difficile à cerner en raison du manque de sources écrites directes et fiables, le concernant. On ne dispose pratiquement que des livres émanant des deux seuls intellectuels de ce mouvement : celui de Pierre Archinov et surtout celui de Voline, La révolution oubliée. Makhno lui-même a entrepris, à Paris, la rédaction de ses mémoires, mais il est mort en 1934 avant d’avoir pu aller au-delà du récit de ses années de jeunesse. Il a, toutefois, laissé un certain nombre d’articles parus dans une revue libertaire publiée à Paris en langue russe.

L’Ukraine et la Russie : une relation coloniale et économique.

La question de l’indépendance de l’Ukraine par rapport à la Russie fut vite un problème. Les bolcheviks ne voulaient pas se séparer de leur grenier à blé et la guerre civile posait durement la question du ravitaillement.

Les éléments d’intervention de l’Armée rouge se livreront dans le pays à de brutales répressions. La Tcheka fit régner un tel régime de terreur chez les paysans ukrainiens que le gouvernement soviétique dut se résoudre à constituer une commission, spécialement chargée d’enquêter sur les agissements en Ukraine de cet organisme policier, sinistre instrument de la terreur rouge qui souvent ne respectaosants libertaires puis les socialistes révolutionnaires. Makhno venu s’informer à Moscou (voir le compte rendu qu’il donne de sa rencontre avec Sverdlov et Lénine) de la conduite à tenir dans sa province n’eut pas de réponse satisfaisante. Il résolut donc de mettre en pratique sa propre solution : la guerre des paysans. Si le mouvement Makhnoviste ne pouvait espérer aucun secours du gouvernement de Moscou, en revanche il était en droit de compter sur une aide de la part des groupes anarchistes des villes.

Makhno avait conscience de la difficulté de mettre en place une armée insurrectionnelle. Il savait que l’organisation d’une armée, avec ce que cela entraîne comme structures militaires, constituait un phénomène sans précédent et paradoxal dans la conception et l’application des idées anarchistes. Certes, cette armée avait fonctionné à partir des principes de démocratie directe : volontariat, élection et révocation par la base des responsables et commandants à tous niveaux, autonomie des détachements et des régiments, enfin symbiose totale avec la population laborieuse dont cette armée était l’émanation. Cependant il y avait un État-major central, où Makhno avait joué un rôle primordial, et un noyau dur et dynamique du mouvement, tant politiquement que militairement, composé par des anarchistes et surtout par les membres du groupe communiste libertaire de Gouliaï-Polié et qui formait une avant-garde. Makhno concevait cette avant-garde au sens littéral du terme, à savoir que ses membres devaient se trouver aux avant-postes de la lutte et donner l’exemple.

L’avant-garde des insurgés makhnovistes avait pris l’initiative de la lutte armée et de la détermination de ses objectifs ; les instances suprêmes de la population ayant été représentées par les soviets libres, leurs assemblées et congrès. Cette avant-garde-là était donc placée au cœur même de la masse et non au-dedans ou au-dessus. La différence est de taille.

Durant ses années d’exilés Makhno revint sur le rôle de l’organisation. Il en tira comme conclusion qu’une des grandes raisons de l’échec du mouvement de la Makhnovchtchina était que celle-ci n’avait pas su mettre en place une grande organisation spécifique, capable d’opposer ses forces vives aux ennemis de la révolution. Il conçoit donc un mode organisationnel qui puisse accomplir les tâches de l’anarchisme, non seulement lors de la préparation de la révolution sociale, mais également à ses lendemains. Et il conclut que l’anarchisme ne peut plus rester enfermé dans les limites étriquées d’une pensée marginale et revendiqué uniquement par quelques groupuscules aux actions isolées. L’anarchie doit se munir de moyens nouveaux et emprunter la voie de pratiques sociales. Cette réflexion aura une influence sur les libertaires espagnols de Catalogne et d’Aragon.

Malheureusement, les préjugés anti organisationnels, profondément ancrés dans les milieux libertaires, ne permirent pas à la Makhnovchtchina de sortir de son isolement. Comment faire admettre aux intellectuels et théoriciens anarchistes que la guerre, avec la stricte organisation qu’elle implique, pouvait passer pour un moyen d’action compatible avec les finalités de l’anarchie ?

Makhno pratiqua une guérilla terriblement efficace avec son armée de plus de 20 000 hommes, équipée en partie grâce à des armes prises à l’ennemi contre les armées blanches de Denikine et Wrangel. Malgré cela, l’implantation d’une société paysanne libertaire dans la région contrôlée par Makhno, de même que l’autonomie des makhnovistes, portait trop ombrage à un pouvoir central de plus en plus jaloux de ses prérogatives pour être tolérées plus longtemps.

Un conflit sanglant ne tarda pas à éclater entre les partisans de Makhno et l’Armée rouge. Après la prise de Gouliaï-Polié par les rouges, Makhno s’enfuit avec une poignée de cavaliers. Traqué, malade, blessé il parvint pourtant à échapper à ses poursuivants. Il trouve exil en France ou il mourut en 1934. L’aventure de la Makhnovchtchina subit les condamnations des propagandistes et des historiens soviétiques. L’image de l’anarchiste ukrainien est singulièrement floue. D’autant plus que la Makhnovchtchina, née de la Révolution et de la guerre civile, tient à la fois de la guerre d’indépendance et du mouvement libertaire, deux types d’action difficiles à concilier. Ce qui est sûr, c’est que Makhno, chef de guerre, fut tout autant un anarchiste authentique, conscient de l’importance primordiale de la liberté sociale. À la manière de ce qui se produira plus tard dans l’Espagne de la guerre civile, Makhno réussi à installer en Ukraine un embryon de société rurale libertaire.

Pour poursuivre la lecture:

- Mon entretien avec Sverdlov

- Mon entretien avec Lenine

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La "démocratie" occidentale en Ukraine : Liachko dans ses oeuvres à Slaviansk.

14 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Europe supranationale, #L'OTAN.

Lundi 14 juillet 2014

La "démocratie" occidentale en Ukraine : Liachko dans ses oeuvres à Slaviansk

Blog d'Olivier Berruyer

13

Juil

2014

Liachko dans ses oeuvres

à Slaviansk

Le député Oleg Liachko (8 % à la présidentille, nous avons déjà parlé de lui) est arrivé à Slaviansk.

Il dicte au secrétaire du conseil municipal une déclaration disant qu’il est un pleutre et un traître. (Pychy!=écris ! en Ukrainien)

Ça se termine par « Gloire à l’Ukraine, mort aux occupants ».

(merci de traduire ses propos en commentaire, et les suivants)

Là il interroge un prisonnier (mais que fait Caroline Fourest ?)

Comme c’est un nationaliste ukrainien, il porte “logiquement” une combinaison avec le drapeau allemand…

Enfin, un petit Best of dans le Dombass :

La "démocratie" occidentale en Ukraine : Liachko dans ses oeuvres à Slaviansk.
La "démocratie" occidentale en Ukraine : Liachko dans ses oeuvres à Slaviansk.

Sinon, normal :

Le président Porochenko alterne déclarations guerrières, telle sapromesse, vendredi, après la salve meurtrière de roquettes Grad, de venger chaque soldat mort “par des dizaines et des centaines” de rebelles tués, et propos rassurants à l’égard des habitants des zones sous contrôle rebelle.”

No comment…

Sinon :

A l’ONU, Moscou a proposé au Conseil de sécurité des “éléments” d’une future résolution qui exigerait de Kiev et des insurgés prorusses un cessez-le-feu et donnerait un rôle plus important à l’OSCE. Une des propositions russes est que le Conseil “exige de manière impérative des parties ukrainiennes au conflit qu’elles cessent la violence”. Cela s’adresse aussi aux insurgés prorusses dans l’Est, a précisé l’ambassadeur russe à l’ONU, Vitali Tchourkine.

mais bon, personne n’en parle…

Cela vient du NouvelObs (prose AFP) :

“Seule éclaircie à l’horizon, l’agence de notation financière Standard and Poor’s a qualifié de “stable”, au lieu de “négative” précédemment, la perspective de la dette souveraine de l’Ukraine, grâce au plan d’aide du Fonds monétaire international qui devrait permettre au pays de faire face à ses besoins financiers extérieurs.”

Belle “éclaircie”…

Bon, je chipote, car par exemple, sur leMonde, il n’y a bien entendu pas de reprise des propos de Porochenko…

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-la-democratie-occidentale-en-ukraine-124140036.html

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Ukraine : tous ensemble contre le fascisme le 24 avril

14 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale

Ukraine : tous ensemble contre le fascisme le 24 avril

Face à la gravité des événements en Ukraine, les communistes et au-delà l’ensemble des citoyens et des antifascistes ne peuvent rester inactifs et sans réaction. C’est pourquoi, le PRCF et notamment notre camarade Pierre Pranchère font un certains nombre de propositions, en s’adressant à tous ceux qui se sont associés pour signer un texte commun au sujet de la situation en Ukrainienne.

Chers camarades, 15 AVRIL 2014

Vous avez signé récemment, après l’avoir éventuellement amendé, le texte proposé par le PRCF sur la situation en Ukraine. Ce texte est plus urgent que jamais, étant donné la manière dont les néo-nazis de Kiev et de leurs mentors euro-états-uniens, attisent les braises en Ukraine avec des risques évidents de guerre civile ( « syrisation » de l’Ukraine), voire de guerre pure et simple avec la Russie (Poutine a prévenu que l’adhésion à l’UE, donc à l’OTAN, de l’Ukraine, serait « un casus belli »). Nous vous proposons donc de diffuser à nouveau ce texte unitaire par tous les moyens possibles dans la semaine durant la quinzaine qui vient, et qui comportera, si vous en êtes d’accord, une journée unitaire de solidarité communiste, antifasciste et anti-impérialiste avec le PC d’Ukraine.

Par ailleurs, à l’initiative de notre camarade Pranchère, ancien député et ancien Résistant FTPF, une lettre appelant à censurer le gouvernement français sur son attitude scandaleuse en Ukraine (soutien à des néo-nazis, hostilité systématique à l’encontre de la Russie, ingérences, alignement sur les milieux les plus agressifs de l’OTAN et des USA) a été diffusée avec plus de 150 signatures, dont celles de Résistants prestigieux, à l’ensemble des parlementaires français et des élus corréziens.

Mais au vu des derniers évènements, qui accentuent le danger de fascisation, de chasse aux communistes et d’affrontement de l’Europe atlantique contre la Russie, nous proposons d’aller plus loin. Nous suggérons que le 24 avril prochain, en hommage au héros franco-ukrainien Vasil Porik, dirigeant de la Grand Grève Patriotique des mineurs français du nord en mai-juin 41, fusillé par les nazis, soit retenu comme une journée où chacun de nos mouvements dira :

  • HALTE AUX PERSÉCUTIONS CONTRE LE PARTI COMMUNISTE UKRAINIEN, HALTE AUX PERSÉCUTIONS CONTRE LES RUSSOPHONES UKRAINIENS, PAIX EN UKRAINE !
  • HONTE A LAURENT FABIUS QUI APPUI UN RÉGIME NÉO-NAZI EN UKRAINE AUX RISQUES D’ATTISER LA GUERRE CIVILE ET ÉTRANGÈRE EN UKRAINE ET ENTRE L’UKRAINE ET l’ UNION EUROPÉENNE. RETRAIT DE LA FRANCE DE L’OTAN.

Fraternel salut à tous les camarades !

Pierre Pranchère, président de la commission internationale du PRCF

Antoine Manessis, responsable du PRCF aux relations unitaires.

La lettre de Pierre Pranchère :

Ukraine : tous ensemble contre le fascisme le 24 avril
Oleg Tyanibok chef du parti nazi Svoboda

Oleg Tyanibok chef du parti nazi Svoboda

Oleh Tyahnybok, leader du Parti national-socialiste ukrainien rebaptisé « Liberté » (Svoboda) le 4 juin 2004 (parti membre du Front National Européen), est à la tête des violents événements qui visent à déstabiliser l’Ukraine.

Le conflit qui ensanglante Kiev a été sciemment allumé par les partisans d’un projet qui vise à annexer l’Ukraine à l’UE et à l’OTAN, comme l’ont déjà été, depuis l’éclatement de l’URSS et du camp socialiste, les pays de l’Est et une partie de l’ex-Union soviétique (les pays baltes) ; les impérialistes occidentaux savent bien évidemment qu’un tel projet est inacceptable pour la Russie dont le territoire est de plus en plus encerclé par l’OTAN et par les bases américaines, de la Baltique à l’Asie centrale.

Malgré la présentation scandaleusement partiale qui en est faite par les médias occidentaux, les forces qui attisent le conflit ukrainien à coups d’ingérence (présence permanente et propos incendiaires des représentants de l’UE et des Etats-Unis d’Amérique aux mobilisations factieuses de l’ « opposition ») n’ont rien à voir avec la démocratie ; il s’agit notamment :

  • En Ukraine, des fascistes et des antisémites patentés du parti national-socialiste ukrainien rebaptisés « Liberté » (Svoboda) ; ces nostalgiques du Reich, qui veulent régler leur compte aux communistes ukrainiens, en découdre avec la Russie, réduire à l’esclavage la classe ouvrière minière russophone de l’Est, amener de force l’Ukraine dans le giron de l’Europe impériale, comme l’avaient fait leurs précurseurs « collaborateurs » des années 40/45 ;
  • Les vrais chefs de file de l’insurrection réactionnaire sont en fait l’UNION EUROPEENNE impérialiste, l’OTAN et l’UNION TRANSATLANTIQUE en construction derrière l’AXE WASHINGTON-BERLIN. La classe dominante « française », MEDEF en tête, est partie prenante de ce projet impérialiste global, comme le montre en filigranes le manifeste « BESOIN D’AIRE » adopté par le MEDEF fin 2011.

Déjà, les factieux ont tenté de s’emparer des monuments publics, ils ont détruit les statues de Lénine et tout ce qui rappelle la victoire de l’Armée rouge sur Hitler, ils ont engagé l’épreuve de force avec les institutions du pays et attaqué les forces de l’ordre, pourtant mille fois plus patientes jusqu’ici que ne le sont en général chez nous les forces de répression en cas de manifestation populaire un peu offensive. Tout montre que ces fascistes même pas déguisés, et que nos médias présentent comme des combattants de la liberté, veulent désormais engager la lutte armée et la guerre civile en provoquant l’internationalisation du conflit et en attisant la tension, en pleins JO d’hiver, entre l’UE et la Russie. Les dangers sont immenses pour la paix et pour la démocratie.

L’UE fait aujourd’hui semblant de vouloir « apaiser » la situation. La réalité est que ce pompier est un pyromane international dont les peuples doivent voir à temps la nature de classe réactionnaire, impérialiste, contre-révolutionnaire et fascisante de l’EMPIRE EURO-ATLANTIQUE en construction.

On savait déjà, par les politiques d’austérité et de délocalisation industrielle, que l’UE, ce n’est pas la prospérité mais la misère de masse, le chômage, les inégalités explosives. On savait aussi, par le viol systématique de la volonté populaire exprimée par référendum, que l’UE est le contraire d’un espace démocratique. On voit maintenant, après le tragique épisode des Balkans, avec l’exemple ukrainien que l’UE n’est pas l’espace de paix que ses promoteurs ont vanté, mais peut être un appui de la guerre civile et soutenir des forces fascistes. Déjà, dans le silence de nos médias « démocratiques », des BHL et autres pseudo-philosophes, les forces soutenues par l’UE en Ukraine persécutent et interdisent le parti communiste ukrainien et le parti des régions qui s’opposent aux putschistes.

Cela ne signifie en rien qu’il faille soutenir la politique de Poutine en Russie. Nous sommes naturellement solidaires des communistes russes qui restent les défenseurs les plus conséquents de la paix et de l’indépendance nationale dans leur pays. Il ne s’agit pas de soutien politique mais de lutte anti-impérialiste et de défense du droit de tous les peuples d’Europe et du monde au droit élémentaire à disposer d’eux-mêmes. Il s’agit d’empêcher l’étranglement programmé des peuples ukrainien, biélorusse et russe auxquels les Français doivent tant (« les Français savent que la Russie soviétique a joué le rôle principal dans leur libération », De Gaulle, 1966). Il s’agit de contrer la marche à la guerre mondiale. Il s’agit de faire échec à la fascisation rampante ou galopante du sous-continent européen.

C’est pourquoi les mouvements communistes signataires déclarent :

  • Leur solidarité totale avec les communistes ukrainiens dans leur lutte pour la démocratie, la paix civile, l’entente entre les peuples de l’est et de l’ouest du sous-continent européen.
  • Leur condamnation totale de l’intervention impérialiste de l’UE, des Etats-Unis, et du gouvernement « socialiste » de France dans les affaires intérieures de l’Ukraine.

Alors qu’en France le pouvoir d’achat populaire s’effondre, que les services publics souffrent, que la protection sociale est attaquée, que les licenciements se succèdent, le peuple de France n’a que faire de s’embarquer derrière Hollande dans une nouvelle croisade extrêmement dangereuse venant s’ajouter aux interventions ouvertes ou non déclarées en Afrique ou au Proche-Orient.

Les communistes seront au premier plan de la lutte pour la paix et la solidarité internationale et ils lieront, plus que jamais, ce positionnement à ladénonciation radicale de l’UE et de l’OTAN dans l’esprit du texte produit par les Assises du communisme et publié en septembre 2013.

http://www.initiative-communiste.fr/articles/international/ukraine-contre-fascisme-24-avril/

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Les nazis de Pravy Sektor comme les diihadistes sèment la terreur pour l'Empire atlantique.

14 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation, #Europe supranationale

Les nazis de Pravy Sektor comme les diihadistes sèment la terreur pour l'Empire atlantique.

Les nazis de Pravy Sektor dans leur basses œuvres préférées. Il s'agit de terroriser et d'éliminer a population du Dombass en Ukraine de l'est. Le silence assourdissant de nos média fait vraiment mal aux oreilles sensibles. La lâcheté et le suivisme sont en tous points détestables.

En Ukraine, près de Donetsk, ce sont des Massacres "punitifs"... Où sont les indignés ? Pour la Palestine on entend des condamnations. Mais pour le Dombass, on dirait que les victimes ne méritent même pas cette attention. Pourquoi ? Parce qu'ils ne veulent pas l'UE ? Parce qu'il faudrait expliquer qu'ils n'en veulent pas ?
https://www.youtube.com/watch?v=7lBNadXxp04

Attention aux âmes sensibles, images très dures!

https://www.youtube.com/watch?v=7lBNadXxp04

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Right Sector leader: Kiev should be ready to sabotage Russian pipelines in Ukraine.

14 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation, #Europe supranationale

Right Sector leader: Kiev should be ready to sabotage Russian pipelines in Ukraine

Published time: March 16, 2014

Dmytro Yarosh.(Reuters / David Mdzinarishvili)

Dmytro Yarosh.(Reuters / David Mdzinarishvili)

The leader of ultranationalist group Right Sector, Dmitry Yarosh, has threatened to destroy Russian pipelines on Ukrainian territory if a diplomatic solution is not reached with Moscow.

In a fiery address loaded warmongering rhetoric, Yarosh told his followers they should be ready to resist the Russian “occupiers.” The leader of the Right Sector made his address to the coup-appointed government in Kiev, as Crimeans made their way to ballots Sunday to vote to join with Russia or to remain within Ukraine.

“We cannot allow the enemy to carry out a blitzkrieg attack on Ukrainian territory. We mustn’t forget that Russia makes money sending its oil through our pipelines to the West. We will destroy these pipelines and deprive our enemy of its source of income,” Yarosh said.

Continuing the bellicose rhetoric, Yarosh appealed to his followers, urging them to take up arms against Russia, if a diplomatic solution cannot be reached.

Yarosh said that Crimea was too small to satisfy the appetite of the “Russian Empire,” and that the Kremlin would seek to take over the whole of Ukraine.

“Let the ground burn under the feet of the occupiers! Let them choke on their own blood when they attack our territory! Not one step back! We will not allow Moscow’s beserk, totalitarian regime to spark a Third World War!”

The phrase “Not one step back!” was used in a famous order by Joseph Stalin during WWII and became a popular slogan for the Soviet people’s resistance against the Nazis. Yarosh’s use of this particular rhetoric attracted attention from many observers, given that the members of his Right Sector group are known to use Nazi insignia.

Russia put Yarosh on an international wanted list and charged him with inciting terrorism after he urged Chechen terrorist leader Doku Umarov to launch attacks on Russia over the Ukrainian conflict.

Yarosh has declared his intentions of running for Ukrainian president in May.

The Right Sector movement, an amalgamation of several far-right groups, was formed in November 2013.

Members of the radical movement were very active in the violence which triggered the ouster of President Viktor Yanukovich. The Right Sector refused to recognize the Feb. 21 agreement between Yanukovich and the opposition leaders, and declared that they would fight him until his ouster.

Right Sector’s fighters used clubs, petrol bombs and firearms against the Ukrainian police. Even after the coup, some members of the movement continued to use rifles and pistols.

Last week, a proposal was submitted to the Ukrainian parliament, suggesting that Right Sector be transformed into a regular unit of the armed forces.

http://rt.com/news/yarosh-destroy-russia-pipelines-186/

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LA CRISE EN UKRAINE. Entrevue avec Mark-David Mandel.

14 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La mondialisation, #Europe supranationale

Entrevue avec Mark-David Mandel

La crise en Ukraine

LA CRISE EN UKRAINE. Entrevue avec Mark-David Mandel.

Depuis plusieurs mois, l’Ukraine est frappé par une crise politique éprouvante impliquant sa voisine, la Russie, mais aussi l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Afin de comprendre les enjeux de ce conflit qui a fait des dizaines de morts et des centaines de blessés, Denis Kosseim, enseignant au cégep André Laurendeau et membre du Comité de solidarité internationale du Conseil central, a interviewé Mark-David Mandel, professeur au département de science politique de l’UQAM et spécialiste de l’époque postsoviétique.

(tiré du Journal Unité - Conseil central métropolitain-CSN, juin 2014, vol. 28, no.5)

Denis Kosseim : Les gouvernements de l’OTAN se positionnent pour la démocratie et le peuple ukrainien d’une part, et contre l’impérialisme russe d’autre part. Qu’en pensez-vous ?

Mark-David Mandel : Les médias reflètent les positions des gouvernements, mais lorsqu’on creuse, c’est l’OTAN qui est impérialiste. Aucun de ses membres n’a été attaqué. Elle intervient dans les affaires internes d’un pays non membre. Depuis la chute de l’URSS, l’OTAN cherche à entourer la Russie d’États hostiles afin de neutraliser son influence.

D.K. : La Russie parle de « putsch fasciste ».

M.-D.M. : Le gouvernement de Viktor Yanoukovitch (élu démocratiquement en 2010 et renversé en février dernier) n’a pas été remplacé par un gouvernement fasciste, mais ce gouvernement nationaliste de droite comprend des éléments néofascistes. Et la Garde nationale, qui s’attaque aux contestataires russophones au sud et à l’est du pays, a été formée à partir de bandes fascistes.

D.K. : La crise en Ukraine a commencé lorsque Yanoukovitch s’est retiré des négociations avec l’Union européenne (UE). Cela a déclenché les manifestations réclamant son départ. Pourquoi Yanoukovitch ne voulait pas de l’Europe ?

M.-D.M. : Dans les faits, Yanoukovitch n’a fait que suspendre les négociations avec l’Europe. Mais la situation économique est très grave, et la Russie lui a offert une entente beaucoup plus attrayante, soit un prêt de 15 milliards de dollars. L’Ukraine est une société très divisée. L’est et le sud du pays ont des intérêts qui divergent de ceux de la partie occidentale, le foyer du nationalisme militant.

D.K. : L’économie de l’est et du sud est plus industrielle et intégrée à l’économie russe. C’est bien ça ?

M.-D.M. : Oui, en partie. De plus, l’entente avec l’UE aurait entraîné des réformes structurelles. Cela aurait un effet dévastateur sur une population pauvre. Mais celle des régions occidentales se dit plus prête à « souffrir maintenant pour vivre mieux plus tard ». Maintenant que le nouveau gouvernement a signé l’entente avec l’UE, il y en aura de la souffrance, hélas…

D.K. : Diriez-vous que nos médias retiennent la volonté d’une partie de l’Ukraine de s’intégrer davantage à l’Europe, et ignorent la volonté des autres régions ?

M.-D.M. : Dans les faits, même après l’annexion de la Crimée, une majorité de la population ukrainienne reste opposée à l’adhésion à l’OTAN : 44 % contre 34 %. Et dans la partie orientale du pays, seulement 14 % des gens y sont en faveur. Nos médias de masse reproduisent le point de vue du gouvernement qui, même après le massacre récent d’une quarantaine de militants aux mains d’éléments néofascistes, n’a rien trouvé de mieux que de demander de nouvelles sanctions contre la Russie.

D.K. : Que pensez-vous du gouvernement ukrainien ?

M.-D.M. : Yanoukovitch n’a pas été légalement destitué. Le gouvernement intérimaire doit donc gouverner malgré cette importante lacune démocratique.

D.K. : Comment voyez-vous la suite des choses ?

M.-D.M. : Une partie importante de la population estime que le gouvernement de Kiev n’est pas légitime. On veut nous faire croire que l’opposition est téléguidée par Moscou. Mais, comme je l’ai dit, c’est une société profondément divisée, et le gouvernement actuel, au lieu de se montrer ouvert aux préoccupations légitimes de la population russophone, qualifie son opposition de « terroriste » et envoie l’armée contre elle.

D.K. : Quelle serait la solution ?

M.-D.M. : Il faudrait une fédéralisation pour accorder plus de pouvoir aux régions ; la reconnaissance de la langue russe comme langue seconde dans les régions fortement russophones ; le désarmement et l’expulsion des éléments d’extrême droite du gouvernement et l’inclusion de représentants des régions russophones ; l’adoption d’une politique internationale de neutralité (ce que voulait d’ailleurs Yanoukovitch et qui répondrait également aux préoccupations de Moscou). Mais pour vraiment changer les choses en Ukraine, il faudrait socialiser les avoirs des oligarques, les gros capitalistes, afin d’éliminer leur influence décisive sur la vie économique et politique. Mais on est très loin de cela...

D.K. : Merci pour cet entretien. En terminant, êtes-vous optimiste ?

M.-D.M. : Non. Il y a de très puissants intérêts occidentaux qui ont besoin de la Russie comme « ennemi du monde libre ». Ils sont prêts, avec l’aide aveugle des nationalistes ukrainiens, à sacrifier ce pays.

http://www.pressegauche.org/article17886.html

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REPLIS MILITAIRES DE L’ARMEE DU DONBASS : EST-CE LA FIN DE NOVOROSSIYA ?

13 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La mondialisation, #L'OTAN., #Europe supranationale

REPLIS MILITAIRES DE L’ARMEE DU DONBASS : EST-CE LA FIN DE NOVOROSSIYA ?

REPLIS MILITAIRES DE L’ARMEE DU DONBASS : EST-CE LA FIN DE NOVOROSSIYA ?

Suite à nos différentes dépêches sur la situation dans les régions de Donetsk et de Lugansk, nous avons reçu un grand nombre de messages nous demandant « si c’était la fin de Novorossiya ». A l’heure d’aujourd’hui, personne ne peut répondre à cette question. Mais il faut tout autant se garder du défaitisme que du triomphalisme.


L’objectif de Poroshenko est d’obtenir au mieux une victoire totale, au pire une avancée majeure. Si il tient à négocier, il cherche alors à marquer des points pour arriver en force dans la négociation. Si il suit le chemin de l’affrontement jusqu’à la fin, selon les conseils de la CIA qui est chez elle à Kiev, alors nous aurons une confrontation qui cette fois-ci sera très sanglante.ANALYSE DE LA SITUATION APRES LES REPLIS DES FORCES DU DONBASS

La ligne de Front Nord est actuellement repliée sur un axe Donetsk-Gorlivka-Lugansk. Cela veut dire que les prochains affrontements auront lieu en milieu urbain dense. Et vu la tactique des forces ukrainiennes, avec des soldats peu formés qui se sont toujours fait battre en confrontation directe, l’emploi de l’artillerie ne fait aucun doute. Nous avons vu ce qu’ils ont fait deux jours avant la prise de Slaviansk sur une ville sans aucune présence militaire “rebelle”.

Nous sommes donc dans une course à la montre. Et déjà les forces de la Junte du Front Sud se dirigent non pas vers Donetsk mais vers Lugansk. Car Lugansk c’est la frontière avec la Russie. C’est donc le prochains objectif de la Junte. Si Lugansk tombe alors Donetsk aussi.

REPLIS MILITAIRES DE L’ARMEE DU DONBASS : EST-CE LA FIN DE NOVOROSSIYA ?

Le choix est selon moi déjà fait à Kiev : on ne veut aucune négociation, seulement la reddition pure et simple des républicains de Donetsk et Lugansk. Nous allons donc vers une confrontation armée majeure.

Mais le but de l’OTAN n’est pas “cette” victoire que vise Kiev, mais d’attirer l’Armée russe à intervenir pour diviser durablement les deux Europe. C’est dans ce cadre qu’hier samedi les forces de la Junte de Kiev ont attaqué sciemment un poste frontière russe. Les tirs n’étaient pas des balles ou des obus perdus mais bel et bien une provocation … de plus.

QUE VA-T-IL SE PASSER MAINTENANT ?

Voilà donc le dilemme de Moscou, qui ne peut pas rester sans rien faire face à l’aggravation de la guerre à sa frontière ouest et au bain de sang qui s’annonce, et qui sait en même temps très bien que c’est un piège des occidentaux contre la Russie pour la pousser à intervenir directement.

Je dis cela pour raisonner ceux de nos amis, en Russie ou ailleurs, qui ne veulent absolument aucune intervention russe en Ukraine, et calmer ceux qui veulent à tout prix que la Russie intervienne militairement.

La seule question qui mérite d’être posée à l’heure actuelle c’est : que la Russie intervienne ou pas, est-ce que cela va changer la politique agressive de l’OTAN vis-à-vis d’elle ? Est-ce que cela va arrêter l’intervention nord-américaine dans les affaires de politique intérieure en Russie ? Est-ce que l’UE, totalement OTANisée, va adopter une politique de la main tendue, sincèrement ou continuer sa politique de suivisme de l’impérialisme yankee ?

Nous n’avons pas à proposer de solution. Le Kremlin sait très bien ce qu’il doit faire et quand il le devra. Je ne participerai pas à la cohorte des critiques professionnels et souvent agents de l’étranger (l’Autre Russie made in CIA et autres agents provocateurs stipendiés, subitement redevenus « patriotes » le 16 mars dernier …) contre VVP.

Mais ce que je sais, c’est que la situation militaire se doit d’être stabilisée en faveur des forces républicaines de Novorossiya ou alors une décision devra être prise. A Kiev, en pleine guerre de propagande, on déclare « être à un tournant des opérations militaires ». Ils ont raison et tord à la fois. Nous sommes à un tournant géopolitique que la Russie ne peut se permettre de perdre.

Pour ce qui nous concerne, nous continuons de soutenir le peuple du Donbass dans son combat pour la liberté contre le fascisme assassin et de l’aider en participant à la lutte pour diffuser les vérités que les media de l’OTAN cachent aux peuples des pays de l’UE.

Fabrice BEAUR,

Secrétaire-général du PCN

http://eburnienews.net/replis-militaires-de-larmee-du-donbass-est-ce-la-fin-de-novorossiya/

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UKRAINE - La face hideuse du nazisme, vidéo.

11 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale

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UKRAINE, Porochenko, massacre, accord d'association [un commentaire du nouveau " Bastille-République-Nations"]

11 Juillet 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale

UKRAINE, Porochenko, massacre, accord d'association [un commentaire du nouveau " Bastille-République-Nations"]

A la Pyrrhus

Le 27 juin 2014, le nouveau président ukrainien, l’oligarque Petro Porochenko, a signé le traité de libre-échange avec l’Union européenne. Ce texte, paraphé en marge du Conseil européen, complète le volet politique de l’accord d’association adopté le 21 mars. Des accords analogues ont été signés également avec la Moldavie et la Géorgie. Bruxelles est donc arrivé à ses fins, du moins sur le papier. A moyen terme, ce résultat pourrait cependant s’avérer une victoire à la Pyrrhus.

Pour l’heure, le prix humain qu’en payent les Ukrainiens, en particulier dans l’Est du pays, est redoutable. Car peu avant que les stylos ne s’agitent à Bruxelles, les forces gouvernementales poursuivaient tirs d’artillerie et raids aériens contre plusieurs villes du Donbass. Cette guerre oubliée des grands médias – dont aucun n’a cette fois parlé d’un chef d’Etat « qui massacre son propre peuple » – a fait des centaines de victimes civiles et des dizaines de milliers de réfugiés. Notamment depuis les massacres d’Odessa (le 2 mai, des groupes fascisants mettaient le feu à la maison des syndicats où s’étaient réfugiés des « pro-russes », dont une quarantaine périrent brûlés vifs) et de Marioupol. A la manœuvre : moins les troupes régulières que les bataillons de la garde nationale (recrutés parmi les volontaires pro-nazis), des milices privées, ainsi que des mercenaires étrangers. Des « conseillers » du Pentagone sont officiellement présents à Kiev.

Selon les Occidentaux, l’élection présidentielle du 25 mai a conféré une légitimité au nouveau pouvoir. Pourtant, ce scrutin avait été marqué par les exactions de bandes armées qui ont imposé la terreur aux opposants, en particulier au Parti communiste. Le candidat de ce parti, qui a échappé à plusieurs attentats, a été contraint de se retirer ; ses députés ont été interdits de siéger ; ses militants sont pourchassés.

Le 18 mars, les habitants de Crimée avaient largement approuvé leur réintégration au sein de la Russie (la presqu’île avait été rattachée à l’Ukraine en 1953). En revanche, dans leur majorité, les Ukrainiens de l’Est ne semblent pas souhaiter cette voie. Mais ils redoutent d’être soumis à la férule directe d’un pouvoir pro-occidental et anti-russe, qui comprend des nostalgiques du IIIèmeReich, et qui rêve d’intégrer l’OTAN. C’est sur ce terreau que différents groupes autonomistes armés ont prospéré dans les régions orientales, sans cependant proposer d’alternative politique claire.

Et maintenant ? A supposer même que le cessez-le-feu prenne réellement corps et tienne, le sort du pays s’annonce sombre. L’arrimage à l’UE exclut désormais que l’Ukraine rejoigne l’Union eurasiatique que Moscou a commencé à constituer avec la Biélorussie et le Kazakhstan. Force est pourtant de constater que les liens de l’Ukraine avec la Russie – historiques, familiaux, mais aussi industriels issus de l’intégration au sein de l’ex-URSS – sont incomparablement plus étroits que ceux avec l’Union européenne.

Les dirigeants européens disent garder en réserve une nouvelle vague de sanctions contre la Russie, soupçonnée d’armer les « séparatistes » de l’Est. En réalité, l’UE et Kiev ont au moins autant à perdre que Moscou dans une telle escalade. Ainsi, Gazprom a coupé, le 23 juin, les fournitures de gaz à l’Ukraine, qui ne payait plus ses factures – soit un arriéré de près de 3 milliards d’euros. En outre, les dirigeants ukrainiens voulaient que soit maintenu un « prix d’ami » pour les futurs contrats, là où les Russes proposent grosso modo le tarif moyen européen, ce qui n’est déjà pas si mal à l’égard d’un pays dont le chef de la diplomatie (ensuite remercié) a publiquement traité le président russe de « connard ».

L’aide des protecteurs occidentaux devrait vite s’avérer amère. La fourniture de gaz (acheté aux Russes) par les Européens ne pourra être que limitée – et chère. Quant à l’économie ukrainienne aujourd’hui sinistrée, les prêts européens et du FMI auront un prix : restructurations industrielles drastiques, austérité, démantèlement de la protection sociale, et hausse vertigineuse du coût de l’énergie pour les ménages.

En outre, le Commissaire européen à l’Energie notait récemment que les crédits pour « sauver » la Grèce étaient… quantité négligeable comparés aux masses financières qui seront nécessaires pour soutenir l’Ukraine. Ca promet.

VANESSA IKONOMOFF

source : BRN

http://www.communcommune.com/article-ukraine-porochenko-massacre-accord-d-association-un-commentaire-du-nouveau-bastille-republique-124119800.html

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