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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #ukraine tag

Il faut sortir de l'OTAN au plus vite, c'est l'urgence absolue pour éviter la guerre. Les néo-nazis formés en Ukraine essaiment partout en Europe pour de nouvelles opérations GLADIO.

24 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'OTAN., #La France, #AMERIQUE, #L'armée française, #l'Allemagne, #L'Italie., #La Turquie, #Grèce, #Ukraine, #La Russie

Il faut sortir de l'OTAN au plus vite, c'est l'urgence absolue pour éviter la guerre. Les néo-nazis formés en Ukraine essaiment partout en Europe pour de nouvelles opérations GLADIO.

Il faut sortir de l'OTAN au plus vite, c'est l'urgence absolue pour éviter la guerre. Les néo-nazis formés en Ukraine essaiment partout en Europe pour de nouvelles opérations GLADIO.

Bonjour.

Les bruits de bottes sont de jour en jour plus forts ! L’OTAN est une alliance criminelle qui cherche à imposer le Nouvel Ordre Mondial au profit des 1% les plus riches qui pillent le monde sans entraves ou presque. La Russie est la seule à s’opposer efficacement à cette opération terroriste. Elle s’appuie sur le droit international mis en place à la fin de la seconde guerre mondiale par tous les pays du monde afin d’éviter les conflits entre les nations. Elle défend le « Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ». La France était dans le même camp lorsque gaullistes et communistes refusaient le carcan otanesque imposé par les Etats-Unis.

Fleurissait alors en France le slogan « US GO HOME » que nous aimerions voir à nouveau refleurir sur nos murs. Hélas cet héritage issu de la Résistance est lui aussi menacé, « Nike la France » tagué un peu partout et particulièrement sur des lieux symboliques (La statue du Général de Gaulle à Calais ) a remplacé « US go Home ».

Autres temps autres mœurs, nous avons depuis réintégré le commandement intégré de l’alliance atlantique sous commandement américain.

Nous avons démantelé l’armée française en fermant de plus en plus de casernes sans pour autant diminuer les dépenses militaires, elles sont en augmentation au contraire…

Nous avons démantelé nos industries nationales stratégiques, Alstom par exemple, qui permettaient l’indépendance de la France.

Le gouvernement actuel est sur le point d’offrir les bases militaires désaffectées par notre armée aux armées mercenaires de l’OTAN. Les militaires et soudards ainsi installés sur notre sol ne seraient pas soumis à nos lois ! C’est vrai que l’intégration européenne à marche forcée imposée par notre président vise à effacer définitivement notre état-nation. La souveraineté nationale et populaire sera bientôt un lointain souvenir…

Les armées de réserve de cette organisation terroriste sont incompatibles avec notre sens de la justice et de la démocratie. Elles peuvent être néonazies en Ukraine et appelées à se répandre dans les pays de l’Union Européenne. Elles peuvent aussi être terroristes islamiques au Proche et Moyen Orient. Le Front Al Nosra - qui fait du bon boulot en Syrie aux dires de l’ancien ministre français des affaires étrangères – est de ceux-là ! La compagnie est grande, les armées mercenaires que sont Daesch et autres monstres sont également au service de l’Empire du bien.

L’étrange ballet avec la Turquie va-t’en guerre du Calife Erdogan a de quoi inquiéter ! Les manœuvres otanniennes dans la mer Egée sont à surveiller de près, la Turquie y joue un rôle prépondérant.

Pour toutes ces raisons nous devons informer et mobiliser afin d’éviter les catastrophes programmées. Le texte ci-dessous apporte des précisions très importantes.

Bien cordialement

Lucien Pons

Il faut sortir de l'OTAN au plus vite, c'est l'urgence absolue pour éviter la guerre. Les néo-nazis formés en Ukraine essaiment partout en Europe pour de nouvelles opérations GLADIO.

COMMUNIQUÉ DU COMITÉ “NON À LA GUERRE, NON À L’OTAN

Nous sommes en état de guerre sur deux fronts qui deviennent de jour en jour plus incandescents et périlleux.

Tout en accusant la Russie de “déstabiliser l’ordre de la sécurité européenne“, l’OTAN sous commandement US a rouvert le front oriental, nous entrainant dans une nouvelle guerre froide qui par certains côtés est plus dangereuse que la précédente. Cette guerre, voulue par Washington, a pour but de briser les rapports Russie-Union européenne nuisibles aux intérêts des États-Unis.

Alors que les USA quadruplent les financements destinés aux forces militaires en Europe, décision a été prise de renforcer la présence militaire “avancée” de l’OTAN en Europe de l’Est. Après avoir englobé tous les pays de l’ex-Pacte de Varsovie, trois de l’ex-Yougoslavie et trois de l’ex-URSS -, L’OTAN continue son expansion vers l’Est et prépare l’entrée de la Géorgie et de l’Ukraine (déjà, de fait, dans l’OTAN), en déplaçant ses bases et ses forces armées, y compris nucléaires, toujours plus près de la Russie.

Une telle stratégie représente une menace croissante également pour l’Europe. L’Ukraine, où les formations néonazies ont été utilisées par l’OTAN lors du putsch de l’Euromaidan, est devenue le centre de recrutement des néonazis pour toute l’Europe. Ces éléments une fois formés par les instructeurs de la 173e division aéroportée en provenance de Vicenza sont renvoyés dans leur pays munis du “laissez-passer” de leur passeport ukrainien. Il se crée ainsi les bases d’une nouvelle organisation paramilitaire secrète de type “Gladio”.

Les USA et l’OTAN préparent d’autres opérations sur le front méridional, en lien étroit avec celui oriental. Après avoir fait semblant pendant des années de combattre l’EIIL et d’autres groupes, en leur fournissant secrètement des armes via la Turquie, les USA et leurs alliés demandent aujourd’hui un cesser-le-feu pour “raisons humanitaires”. La raison en est simple : les forces gouvernementales syriennes appuyées par la Russie sont en train de libérer toujours plus de portions du territoire syrien jusqu’ici occupées par l’EIIL et d’autres formations, qui reculent également en Irak.

Dans le même temps, l’OTAN renforce son soutien militaire à la Turquie, qui avec l’Arabie saoudite, vise à occuper une partie du territoire syrien proche de la frontière. C’est dans ce but que l’OTAN, sous le couvert officiel de contrôler le flux de réfugiés (résultat de la guerre USA/OTAN) déploie en Mer Égée ses navires de guerre du 2e groupe naval permanent, qui vient tout juste de terminer une série d’opérations d’entrainement avec la marine turque.

[…]

La suite : http://www.mondialisation.ca/il-est-urgent-de-sortir-de-lotan/5509734

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D’autres liens:

http://francaislibres.org/2015/10/27/petition-du-comite-valmy-pour-la-sortie-de-la-france-de-lotan/

http://ilfattoquotidiano.fr/il-est-urgent-de-sortir-de-lotan/#.Vs1hV3n2bX4

http://ilfattoquotidiano.fr/litalie-toujours-plus-au-coeur-du-dispositif-europeen-de-lotan/#.Vs1h2Xn2bX4

http://ilfattoquotidiano.fr/giulietto-chiesa-pacte-usa-turquie-contre-leiil-les-deux-comperes-feignent-de-combattre-les-coupeurs-de-tetes/#.Vs1iRnn2bX4

La pétition sortir de l’OTAN initiée par le Comité Valmy :

http://www.comite-valmy.org/spip.php?article6031

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Il est urgent de sortir de l’OTAN, par Comita No Nato.

24 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Grèce, #L'OTAN., #L'Italie., #l'Allemagne, #La France, #L'armée française, #La Russie, #Ukraine

Il est urgent de sortir de l’OTAN

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Le 20 février s’est tenue l’assemblée nationale du Comité No Guerra No Nato (Non à la Guerre, Non à l’OTAN), qui a validé le document que nous soumettons à votre attention ici. Ce texte synthétise un jugement extrêmement critique de la situation dans laquelle nous sommes plongés aujourd’hui, avec un risque de guerre toujours plus fort chaque jour. […] 

* * *

COMMUNIQUÉ DU COMITÉ “NON À LA GUERRE, NON À L’OTAN“ 

Nous sommes en état de guerre sur deux fronts qui deviennent de jour en jour plus incandescents et périlleux.

Tout en accusant la Russie de “déstabiliser l’ordre de la sécurité européenne“, l’OTAN sous commandement US a rouvert le front oriental, nous entrainant dans une nouvelle guerre froide qui par certains côtés est plus dangereuse que la précédente. Cette guerre, voulue par Washington, a pour but de briser les rapports Russie-Union européenne nuisibles aux intérêts des États-Unis.

Alors que les USA quadruplent les financements destinés aux forces militaires en Europe, décision a été prise de renforcer la présence militaire “avancée” de l’OTAN en Europe de l’Est. Après avoir englobé tous les pays de l’ex-Pacte de Varsovie, trois de l’ex-Yougoslavie et trois de l’ex-URSS -, L’OTAN continue son expansion vers l’Est et prépare l’entrée de la Géorgie et de l’Ukraine (déjà, de fait, dans l’OTAN), en déplaçant ses bases et ses forces armées, y compris nucléaires, toujours plus près de la Russie.

Une telle stratégie représente une menace croissante également pour l’Europe. L’Ukraine, où les formations néonazies ont été utilisées par l’OTAN lors du putsch de l’Euromaidan, est devenue le centre de recrutement des néonazis pour toute l’Europe. Ces éléments une fois formés par les instructeurs de la 173e division aéroportée en provenance de Vicenza sont renvoyés dans leur pays munis du “laissez-passer” de leur passeport ukrainien. Il se crée ainsi les bases d’une nouvelle organisation paramilitaire secrète de type “Gladio”.

Les USA et l’OTAN préparent d’autres opérations sur le front méridional, en lien étroit avec celui oriental. Après avoir fait semblant pendant des années de combattre l’EIIL et d’autres groupes, en leur fournissant secrètement des armes via la Turquie, les USA et leurs alliés demandent aujourd’hui un cesser-le-feu pour “raisons humanitaires”. La raison en est simple : les forces gouvernementales syriennes appuyées par la Russie sont en train de libérer toujours plus de portions du territoire syrien jusqu’ici occupées par l’EIIL et d’autres formations, qui reculent également en Irak.

Dans le même temps, l’OTAN renforce son soutien militaire à la Turquie, qui avec l’Arabie saoudite, vise à occuper une partie du territoire syrien proche de la frontière. C’est dans ce but que l’OTAN, sous le couvert officiel de contrôler le flux de réfugiés (résultat de la guerre USA/OTAN) déploie en Mer Égée ses navires de guerre du 2e groupe naval permanent, qui vient tout juste de terminer une série d’opérations d’entrainement avec la marine turque.

C’est aussi la raison du déploiement des avions-radars AWACS, véritables centres de commandement volants pour la gestion des zones de guerre.

C’est dans ce même contexte stratégique que s’inscrit l’opération, emmenée en théorie par l’Italie, mais pilotée en réalité par les USA à la tête de la “coalition” qui s’apprête à envahir la Libye pour occuper les zones côtières, les plus importantes stratégiquement et économiquement, sous le prétexte officiel de les libérer des terroristes de l’État islamique (EIIL). Un nouvelle guerre USA/OTAN se prépare, après celles de l’Irak en 1991, la Yougoslavie en 1999, l’Afghanistan en 2001, l’Irak en 2003, la Libye en 2011, la Syrie en 2013, toutes accompagnées de formations terroristes comme l’EIIL, pièces essentielles dans cette stratégie.

Cette opération a été mise en point par les Etats-Unis, en concertation non pas avec l’Union européenne (UE), parfaitement inexistante comme entité unitaire, mais avec les grandes puissances européennes que sont la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Des puissances qui, souvent concurrentes entre elles ou avec les USA, se rejoignent et unissent leurs efforts lorsqu’il s’agit de leurs intérêts fondamentaux.

Auourd’huit, 22 des 28 pays de l’UE, avec plus de 90% de la population de l’Union, font partie de l’OTAN, qui est reconnue par l’UE comme fondamentale pour la défense collective“. Le commandement est toujours US : le commandant suprême allié en Europe est nommé par le président des États-Unis, et tous les hauts postes de commandement-clefs de l’OTAN sont aux mains des USA.

Rappelons à ce propos l’orientation stratégique énoncée par Washington au moment de la dissolution du Pacte de Varsovie et du démantèlement de l’URSS : “Les États-Unis restent le seul État avec une force, une portée et une influence en toutes dimensions – politique, économique et militaire- réellement mondiale. Il n’existe aucun substitut au leadership américain. Il est fondamental de conserver l’OTAN comme canal d’influence et de participation étasunienne aux affaires européennes, en interdisant la création de dispositifs purement européens qui nuiraient à la structure de commandement de l’Alliance.”

On ne peut pas imaginer construire une Europe différente sans se libérer de la domination et de l’influence que les USA exercent sur l’Europe, directement ou par l’intermédiaire de l’OTAN.

Aussi parce que l’avancée USA/OTAN vers l’Est et le Sud concerne déjà la région Asie-Pacifique, avec pour objectif final la Chine, qui est en train de se rapprocher de la Russie. C’est l’ultime tentative des États-Unis et des autres puissances occidentales pour maintenir leur suprématie économique, politique et militaire, dans un monde où les 1% plus riches possèdent plus de la moitié de la richesse globale, et dans lequel apparaissent de nouveaux acteurs sociaux et étatiques qui pressent pour l’établissement d’un nouvel ordre économique mondial.

Cette stratégie agressive a provoqué une hausse considérable des dépenses militaires mondiales, entrainées par celles des USA, qui sont remontées en valeur réelle, au niveau de ceux de la Guerre froide : presque 5 milliards de dollars par jour. La dépense militaire italienne se situe en 12e position, avec pratiquement 85 millions par jour. Un gigantesque gâchis de ressources, soustraites aux besoins vitaux des populations.

Dans ce contexte, la position de l’Italie est particulièrement grave : déjà emprisonnée dans la nasse des bases de l’OTAN sous commandement US, elle se voit transformée en plateforme de lancement pour toutes les guerres USA/OTAN sur les fronts orientaux et méridionaux. De plus, violant le Traité de non-prolifération, l’Italie est utilisée comme base avancée des forces nucléaires étasuniennes en Europe, qui sont d’ailleurs sur le point d’être renforcées par l’arrivée des bombes B61-12 destinées à la “première frappe nucléaire.”

Pour sortir de cette spirale guerrière à l’issue catastrophique, il est vital de construire un puissant et vaste mouvement pour sortir l’Italie de l’OTAN, pour une Italie libérée de la présence des bases militaires étasuniennes, pour une Italie souveraine et neutre, pour une politique étrangère basée sur l’article 11 de la Constitution, pour une nouvelle Europe indépendante qui contribue à des relations internationales basées sur la Paix et le respect réciproque, et à la justice économique et sociale.

Rome, le 20 février 2016

Source : Megachip, traduction Christophe pour ilFattoQuotidiano.fr

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Kerry invité à donner des preuves sur le vol MH-17

23 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #le nazisme, #Le fascisme, #Europe supranationale

Source : Consortiumnews.com, le 21/01/2016

Le 21 janvier 2016

Exclusif : Le père d’un jeune américain qui est mort à bord du vol 17 de la Malaysia Airlines insiste pour que le Secrétaire d’État John Kerry fournisse la preuve de ses déclarations précoces selon lesquelles le gouvernement étatsunien possède des détails sur le tir du missile qui a tué 298 personnes, rapporte Robert Parry.

Par Robert Parry

Le père de Quinn Schansman, le seul citoyen américain à avoir trouvé la mort dans la chute du vol 17 de la Malaysia Airlines abattu au-dessus de l’est de l’Ukraine en 2014, a demandé au Secrétaire d’État John Kerry de fournir les informations étatsuniennes qu’il avait citées en déclarant qu’il avait une connaissance précise du lieu d’où le missile anti-aérien suspecté d’être à l’origine de la chute avait été tiré.

Un des mystères du cas MH-17 est le suivant : pourquoi les États-Unis – après avoir déclaré qu’ils possédaient l’information mettant en cause les rebelles prorusses et le gouvernement russe – ont-ils évité de la rendre public, ou même apparemment évité de la partager avec les enquêteurs néerlandais qui menaient l’enquête sur la manière dont l’avion a été abattu et sur qui était responsable.

 

Quinn Schansman, un citoyen à la double nationalité américaine et néerlandaise tué à bord du vol 17 de la Malaysia Airlines le 17 juillet 2014. (Photo issue de Facebook)

Quin Schansman, qui avait la double nationalité américaine et néerlandaise, embarqua sur le vol MH-17 avec 297 autres personnes pour un vol d’Amsterdam à Kuala Lumpur le 17 juillet 2014. Le jeune homme de 19 ans rejoignait sa famille pour les vacances en Malaisie.

Dans une lettre du 5 janvier 2016, Thomas J. Schansman, le père de Quinn, pointe une remarque de Kerry lors d’une conférence de presse du 12 août 2014, lorsque le Secrétaire d’État dit à propos du missile Buck anti-aérien suspecté d’avoir abattu l’avion : “Nous avons vu le lancement. Nous avons vu la trajectoire. Nous avons vu le choc. Nous avons vu cet avion disparaitre des écrans radar. Et donc il n’y a en réalité aucun mystère sur le lieu d’où il a été tiré ni sur l’origine de ces armes.”

Toutefois, le lieu d’où le missile a été tiré est resté un mystère lors de l’enquête sur le vol MH-17. En octobre dernier, lorsque le bureau de la sécurité néerlandais a rendu son rapport final sur la catastrophe, il ne parvenait à situer le lieu du tir que dans une zone de 320 kilomètres carrés dans l’est de l’Ukraine, territoire alors contrôlé à la fois par des forces ukrainiennes et rebelles. (Le bureau de la sécurité n’a pas cherché lequel des adversaires avait tiré le missile fatal.)

Entre-temps, Aimaz-Antey, le fabricant d’armes russe des systèmes Buck, a effectué ses propres expérimentations pour déterminer l’emplacement probable du tir, et l’a situé dans une zone beaucoup plus réduite près du village de Zaroshchenskoye, à environ 20 kilomètres à l’ouest de la zone retenue par le bureau de la sécurité néerlandais, et dans une zone sous contrôle du gouvernement ukrainien.

Quelques jours après la chute, Kerry et d’autres officiels autorisés américains pointèrent du doigt les rebelles prorusses qui résistaient alors à une offensive militaire du régime de Kiev soutenu par les É-U. Le gouvernement russe était alors accusé d’avoir supposément fourni aux rebelles un puissant système Buck anti-aérien capable de descendre un avion de ligne civil volant à 33 000 pieds (10 000 mètres).

Mais  – plus de 18 mois après la tragédie – le gouvernement des É-U n’a jamais rendu publique la preuve annoncée, alors que la Russie a démenti avoir fourni un système Buck aux rebelles et alors que les rebelles ont déclaré qu’ils ne possédaient pas de missiles Buck en état de fonctionner.

Un père angoissé

Thomas Schansman, qui vit en Hollande, a écrit à Kerry, en soulignant que “passer les fêtes de Noël et du Nouvel An sans mon fils, a été dur pour ma famille et moi-même” et en insistant auprès du Secrétaire d’État pour qu’il donne l’information américaine sur le sujet.

“Ce que je comprends, c’est que ni le gouvernement néerlandais ni le bureau de la sécurité néerlandais n’ont reçu officiellement l’information radar de la part des É-U à laquelle vous aviez fait référence. Elle n’est pas présente dans le rapport du bureau de la sécurité et n’est pas non plus du domaine public,” écrivait Schansman.

“Au nom des parents en deuil, et pour aider la recherche de la justice, je demande que les États-Unis fournissent au bureau de la sécurité néerlandais les informations radar auxquelles vous avez fait allusion dans votre conférence de presse et tout autre information disponible et pertinente (comme des données satellitaires et des données infrarouges) que votre gouvernement a en sa possession.

“Je vous serais très reconnaissant si les États Unis, directement ou par l’intermédiaire de l’OTAN, pouvaient publiquement transmettre au bureau de la sécurité néerlandais les enregistrements radar et satellite des minutes qui ont précédé et suivi la catastrophe… Cela permettrait au bureau de la sécurité de ré-ouvrir l’enquête et d’y inclure un chapitre relatif à cette information, laquelle est essentielle pour la réussite de la poursuite pénale. Je compte sur le soutien du gouvernement des États-Unis pour trouver et poursuivre les responsables de la mort de mon fils, votre concitoyen.”

Kerry n’a toujours pas répondu, mais un officiel consulaire américain, Pamela J. Hack, a envoyé à Schansman une lettre du 14 janvier exprimant ses condoléances pour la mort de son fils et disant : “J’espère que vous recevrez une réponse sous pli séparé… de Washington.”

Un jugement prématuré

Dans les jours qui ont suivi la chute de l’avion, Kerry se positionna en accusant les rebelles prorusses (et implicitement leurs soutiens à Moscou) d’avoir abattu le vol MH-17. Trois jours après la tragédie, Kerry fit le tour des plateaux d’émissions télévisées du dimanche avec des déclarations qui laissaient peu de doute sur la responsabilité des rebelles et des Russes.

Après avoir mentionné des informations glanées sur les “réseaux sociaux”, Kerry déclara au cours de l’émission de la NBC “Meet the Press” (Rencontre avec la Presse) : “Mais plus important encore, nous avons saisi l’image de ce lancement. Nous connaissons la trajectoire. Nous savons d’où il est parti. Nous connaissons le détail horaire. Et c’est exactement à ce moment que cet avion a disparu de l’écran radar.”

Deux jours plus tard, le 22 juillet 2014, le bureau du directeur du renseignement national fit connaître une “déclaration gouvernementale”, citant aussi “les réseaux sociaux” et semblant impliquer les rebelles. Puis ce document donnait la liste des équipements militaires supposément fournis par la Russie aux rebelles. Mais cette liste ne comprenait pas de batterie de missiles Buck ou d’autres puissants missiles anti-aériens.

Le directeur du renseignement national fit en sorte que des analystes du renseignement informent quelques reporters sélectionnés des médias importants, mais les analystes montrèrent bien moins de conviction que leurs mentors auraient pu l’espérer, soulignant qu’il y avait encore de très grosses incertitudes au sujet de la responsabilité du tir.

L’article du Los Angeles Times déclarait “les agences américaines de renseignement ont été jusqu’à présent incapables de définir la nationalité ou l’identité de l’équipe qui a lancé le missile. Des officiels américains ont déclaré qu’il était possible que le SA-11 (désignation du missile anti-aérien Buck de fabrication russe) ait été lancé par un transfuge de l’armée ukrainienne entraîné à utiliser de tels systèmes de missiles.”

L’incertitude des analystes corroborait partiellement ce que m’avait dit une source qui avait été informée par les analystes américains du renseignement peu après la chute de l’avion au sujet de ce qu’ils avaient pu voir sur des photos satellite de haute résolution, et qui selon eux montrait ce qui semblait être du personnel militaire ukrainien actionnant la batterie censée avoir tiré le missile.

La source qui m’a parlé plusieurs fois après avoir reçu des informations supplémentaires au sujet de l’avancement de l’enquête déclara qu’au fur et à mesure que les analystes américains obtenaient davantage d’éléments sur la chute du MH-17 de la part de sources techniques et autres, ils en venaient à penser que l’attaque avait été menée par des éléments voyous de l’armée ukrainienne, ayant des liens avec un oligarque extrémiste ukrainien. [Voir, par exemple, sur Consortiumnews.com “Flight 17 Shoot-Down Scenario Shifts” et “The Danger of an MH-17 Cold Case.”]

Création d’un paria

Mais, officiellement, le gouvernement des É-U ne s’est jamais rétracté, ni n’a précisé ses déclarations initiales. Simplement il est resté silencieux, laissant la place à la croyance répandue que c’était des rebelles prorusses qui étaient responsables de ces atrocités et que le gouvernement russe avait été complètement irresponsable de fournir un puissant système Buck aux rebelles.

Les habitudes de pensée occidentales eurent tôt fait de convaincre l’Union Européenne de rejoindre le gouvernement des É-U en imposant des sanctions économiques à la Russie et en traitant le président Vladimir Poutine comme un paria international.

Pendant que le gouvernement des É-U accusait haut et fort et en même temps cachait les preuves qu’il disait détenir, il devint clair que les agences de renseignement des É-U n’avaient pas de preuves pour étayer la déclaration initiale de Kerry et son jugement précipité mettant en cause les rebelles et les Russes.

En dépit d’une surveillance aérienne intensive de l’est de l’Ukraine à l’été 2014, les É-U et d’autres services de renseignement occidentaux ne purent trouver de preuves que la Russie ait jamais fourni de système Buck aux rebelles ou en ait introduit dans la zone. Le renseignement satellite – examiné aussi bien avant qu’après la chute – ne détecte de système de missile Buck que relevant de militaires ukrainiens dans la zone de conflit.

On pourrait être conduit à la même conclusion du fait que le directeur du renseignement national, le 22 juillet 2014, n’ait pas avancé que des missiles Buck figuraient parmi les systèmes d’armes que la Russie avait fournis. Si de tels Bucks fournis par les Russes avaient été repérés – et les batteries de quatre missiles de 16 pieds de longueur tractées par des camions sont difficiles à louper – leur présence aurait certainement été soulignée.

Mais il n’est pas nécessaire de se fonder sur cette absence de preuve. Dans un rapport du renseignement néerlandais peu remarqué, en octobre dernier et citant des informations du service du renseignement et de la sécurité militaire néerlandais (le renseignement néerlandais), qui en tant que participant à l’OTAN a accès à la surveillance aérienne sensible et à d’autres données pertinentes, il apparaissait que les seules armes anti-aériennes dans l’est de l’Ukraine – capables d’abattre le MH-17 à 33 000 pieds d’altitude – appartenaient au gouvernement ukrainien.

Ce service de renseignement militaire néerlandais fit cette déclaration en tentant d’expliquer pourquoi les vols commerciaux continuaient de survoler la zone de combats de l’est de l’Ukraine à l’été 2014. Il indiqua que sur la base d’informations couvertes par le “secret d’État” il savait que l’Ukraine possédait quelques anciens mais puissants systèmes d’armes anti-aériennes et que “un certain nombre de ces systèmes étaient localisés dans la partie est du pays.”

Mais l’agence de renseignement ajoutait que les rebelles n’avaient pas cette capacité, ne disposant que de missiles anti-aériens à courte portée et de quelques missiles Buck non opérationnels qui avaient été pris sur une base militaire ukrainienne. “Pendant le mois de juillet plusieurs sources crédibles indiquaient que les systèmes présents sur cette base militaire n’étaient pas opérationnels,” déclara le service militaire du renseignement néerlandais. “Donc ils ne pouvaient être utilisés par les séparatistes.”

Les raisons des Ukrainiens

Autrement dit, il est clair – sur la base des commentaires explicites du service de renseignement militaire néerlandais et des omissions des “déclarations gouvernementales” des É-U – que les puissances occidentales n’avaient aucune preuve que les rebelles prorusses ou leurs alliés russes disposaient de missiles Buck opérationnels dans l’est de l’Ukraine, mais le gouvernement ukrainien avait bel et bien plusieurs batteries de tels missiles.

Cela avait également du sens que l’Ukraine déplace des systèmes anti-aériens à proximité de la frontière en raison de la crainte d’une invasion russe, tandis que les militaires ukrainiens poussaient leur “opération antiterroriste” contre les combattants séparatistes d’origine russe qui résistaient au coup d’ État soutenu par les É-U du 22 février 2014, lequel avait évincé le président élu Victor Ianoukovitch dont le soutien politique était dans l’est.

Selon le rapport du bureau de sécurité néerlandais, un avion de combat ukrainien avait été abattu probablement par un missile air-air (vraisemblablement par un chasseur russe) le 16 juillet 2014, ce qui signifie que les défenses ukrainiennes étaient probablement en alerte forte. Les militaires russes déclarèrent aussi que l’Ukraine avait activé un système radar qui est utilisé pour guider les missiles Buck.

Une source du renseignement m’a indiqué que les analystes des É-U examinaient sérieusement la possibilité selon laquelle l’objectif visé était l’avion officiel du président Poutine qui rentrait d’une visite d’État en Amérique du Sud. Son avion et le MH-17 portaient des marques semblables rouge-blanc-bleu, mais Poutine prit une route plus au Nord et arriva sain et sauf à Moscou.

D’autres scénarios possibles consistent en une erreur d’identification par un escadron ukrainien mal entraîné et indiscipliné qui aurait confondu le MH-17 avec un avion russe qui aurait pénétré l’espace aérien ukrainien ou bien que cet escadron aurait procédé à une provocation volontaire en vue de faire porter le chapeau aux Russes.

Quels qu’aient été les coupables, quels qu’aient été leurs mobiles, un point n’aurait pas dû rester dans l’ombre, c’est le lieu d’où est parti le tir. Kerry répéta à plusieurs reprises dans les jours qui ont suivi la tragédie que le renseignement des É-U avait détecté le lancement et savait d’où il provenait.

Alors pourquoi le bureau de sécurité néerlandais doit-il se gratter la tête au sujet d’un missile provenant d’une zone de 320 kilomètres carrés, alors que le fabricant russe localise le lancement 20 km plus à l’ouest ? Alors que l’emplacement du tir est un point crucial dans le débat, pourquoi le gouvernement des É-U empêche-t-il un allié de l’OTAN (ainsi que des enquêteurs à propos d’une catastrophe aérienne majeure) de connaître sa localisation.

On peut penser que si l’administration Obama avait eu des preuves sérieuses montrant que le tir provenait du territoire rebelle, ainsi que Kerry l’insinuait, les officiels des É-U auraient été trop heureux de fournir les données. Ces données pourraient être aussi les seules preuves radar précises. L’Ukraine prétendit que ses principaux systèmes radar étaient hors d’usage au moment de l’attaque, et les Russes– alors qu’ils avaient avancé que leurs écrans radars faisaient état d’un autre avion à l’approche du MH-17 – n’ont pas conservé leurs données brutes.

Thomas Schansman nota dans sa lettre à Kerry : “Le DSB (bureau de sécurité néerlandais) déclara qu’il n’avait reçu aucune donnée brute, d’aucun État… La résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies n°2166 requiert explicitement que les États membres fournissent toute assistance demandée et coopèrent pleinement dans l’enquête. Les données primaires (brutes) des radars sont essentielles pour établir la cause, pour identifier et poursuivre les responsables de cet acte haineux.”

L’opinion communément admise

En dépit des étonnantes failles dans les preuves et de l’échec des É-U à présenter les preuves qu’ils se targuent de posséder, l'”opinion communément admise” des Occidentaux demeure que soit les rebelles prorusses, soit les Russes eux-mêmes ont abattu le MH-17 et ont cherché à cacher leur culpabilité. Une partie de cette certitude provient du jeu pour simple d’esprit qui consiste à répéter que les missiles Buck sont “fabriqués en Russie”, ce qui est vrai mais non pertinent quant à savoir qui a tiré le missile, d’autant que les militaires ukrainiens possèdent des Bucks de fabrication russe.

En dépit du manque de coopération des É-U à l’enquête – et de l’échec du renseignement occidental à détecter des Russes ou des rebelles prorusses armés d’une batterie Buck dans l’est de l’Ukraine – les magistrats néerlandais qui travaillent en relation étroite avec le gouvernement ukrainien disent qu’ils prennent au sérieux les déclarations faites par des blogueurs sur un site britannique appelé Bellingcat et qui ont identifié des soldats russes attachés au maniement d’une batterie de missiles Buck les tenant pour les suspects numéro 1 de l’attaque.

Ainsi, la possibilité n’est pas à écarter que l’enquête conduite par les Néerlandais – en coordination avec le gouvernement ukrainien – finira par mettre en cause des soldats russes alors même que le gouvernement des É-U retient des données qui pourraient résoudre des questions clés telle que localiser l’endroit d’où le missile fatal est parti.

Une accusation de soldats russes justifierait un regain de propagande anti-Poutine et déclencherait sûrement un chœur de dénonciations contre Moscou de la part des médias dominants occidentaux. Mais un tel développement contribuerait peu à élucider le mystère de savoir qui a réellement abattu le MH-17, tuant ainsi Quinn Schansman et 297 autres personnes à son bord.

Le reporter d’investigation Robert Parry a élucidé de nombreuses affaires sur l’Iran et les Contras pour l’Associated Press et Newsweek dans les années 80. Vous pouvez acheter son dernier livre, America’s Stolen Narrative [Les contes volés de l’Amérique], soit sur papier ici ou sous forme électronique (chez Amazon et barnesandnoble.com)

Source : Consortiumnews.com, le 21/01/2016

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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Le roi est nu. Demain, il mourra. Par Françoise Compoint

1 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #Europe, #La France, #l'Allemagne, #AMERIQUE, #La Turquie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #l'islamisme, #La Russie, #Ukraine

Le roi est nu. Demain, il mourra. Par Françoise Compoint

Le roi est nu. Demain, il mourra.

Heureusement que la cruauté du titre n’est que métaphorique. Le roi ou plutôt le roitelet, passez-moi cet accès de condescendance, désigne ce système politique occidental qui est à bout de souffle – pas facile d’être vassalisé en long et en large –et qui, croyant jusqu’ici ses valeurs universalisables car infaillibles, constatent son déclin sans pour autant vouloir changer quoi que ce soit. Or, comme ses représentants ne veulent rien changer, ils essayent de se redorer le blason en s’en prenant à d’autres systèmes qu’il est de bon ton d’agonir, voire de menacer. Que ce soit par la force persuasive des médias de propagande, par des sanctions qui n’ont ni queue ni tête ou par le biais d’armées satellites enfermées dans l’Alliance.

Ce qui prête à rire, c’est la mal fou que se donne une civilisation en déroute à montrer qu’elle est exclusive et à donner des leçons de démocratie alors que ses agissement sont simplement ridicules. Ce qui prête moins à rire, c’est le fait que le chaos de la pensée se juxtapose au Mal absolu. Mais au préalable, quelques traits humoristiques pour s’éclater un peu avant de passer aux choses sérieuses …

Alors que les présidentielles étasuniennes approchent, le ministère des Finances US nous annonceque Poutine est corrompu. Suite à ladite déclaration, Gallup relève que 3/4 des Américains trouvent que leur gouvernement est corrompu jusqu’au fin fond des poches obamiennes. Si donc, à en croire le ministère, Poutine a cela en commun avec Obama, je ne vois pas où est le problème. La mort de Litvinenko, agent du MI6, mort survenu suite à un empoisonnement au polonium il y a près de dix ans, serait cette fois et plus que jamais imputable aux méchants gobelins du Kremlin. Outre les accusations de sa veuve, il n’y a rien qui puisse ressembler ne serait-ce qu’à un soupçon de preuve. Toutes mes condoléances au passage, mais tout de même, quand on est lié à la fois au renseignement et aux séparatistes djihadistes tchétchènes, il faut être prêt à se faire liquider à tout moment.

Tout comme pour l’affaire du Boieng malaysien abattu, les griefs les plus tirés par les cheveux sont bons quand il s’agit d’infliger à la Russie de nouvelles sanctions dont la seule visée consiste à exaspérer les masses et orchestrer une énième révolution de couleur, plutôt rouge qu’orange comme l’a joliment démontré le Maïdan. Or, sachant que Kiev a refusé d’annuler son veto sur le déroulement ultérieur de l’enquête – ce qui démontre la culpabilité de la partie ukrainienne – et que les désastres du Maïdan mariés aux joyeusetés migrationnistes que connaît à l’heure actuelle les villes les plus paisibles de l’UE sont autant d’épouvantails même pour certains libéraux russe, il faudrait être d’une stupidité affligeante, voire d’un masochisme incurable pour se laisser encore tenter par ce qui fut la veille encore le fameux rêve civilisationnel européen.

Même la virilité n’a plus sa place dans ce petit monde consumériste que les éléments les plus crados et les plus vils arrivent à envahir, de un, par leur idéologie obscurantiste, de deux, par le viol qui est une arme de guerre psychologique avant même que d’être un moyen de satisfaire ses besoins primaires. Elle est dure la vie quand il faut éviter de léser les sentiments des transexuels et ceux des clandestins délinquants, les deux catégories devenant progressivement les vaches sacrées des sociétés civilisées qui par excès de civilisation s’évertuent à produire des Barbies obèses par égard pour les petites filles obèses. Si un réfugié afghan lapide un trans, je suppose que l’opinion allemande sera très gênée pour choisir la bonne victime.

La France va plus loin ! Sarkozy flirte avec un futur (éventuel) électorat LGBT en déclarant avoir révisé ses vues quant à la loi Taubira et en scandant studieusement que la menace numéro un ce serait, allez donc deviner,non pas le TAFTA, non pas l’impossibilité d’inverser la courbe du chômage, l’endettement exponentiel du pays ou les cellules salafistes actives, que non, mais le FN ! Pendant ce temps, se donnant corps et âme à toutes ces splendeurs du Nouveau Monde, Kiev n’exclut pas un nouveau premier ministre … suédois. Oui, parfaitement, suédois. Un certain Karl Bildt, ministre des Affaires étrangères dans sa dernière vie. S’il aura quelque mal à capter les subtilités du nationalisme ukrainien du moins aura-t-il le mérite d’être tout sauf ukrainien.

Examinés séparément, ces symptômes ne trahiraient pas grand-chose. En revanche, imbriqués comme ils le sont ici, ils révèlent un monde moribond qui s’inscrit dans la phase 6 du déclin des Empiresdécrite par le Lieutenant-Général Sir Glubb(voir le Destin des Empires). J’ajouterais qu’en plus d’être moribond ce monde est aussi criminel. Les oligarques qui le dirigent sont des criminels hélas partiellement élus par des nations qui ne voient pas ou ne veulent pas voir qu’ils sont tels.

Voici deux exemples d’actualité qui permettront d’éviter des énumérations par trop redondantes.

Premier exemple. Le système atlantiste a l’habitude de flanquer le nez là où il conviendrait de le lui couper à des fins de sécurité. Comme en général il reproduit le même scénario, il ne nous échappera pas que l’un de sesleviers d’influence privilégiés, ce sont des opposants dits libéraux du genre Kassianov, chef du parti PARNAS et ancien Premier ministre de Poutine. Il importe peu de savoir si ce triste sire récolte 1,5% ou 2% des voix tout comme en récoltait, de son vivant, Nemtsov. Ce qui importe, c’est le choix d’une personnalité quiinvitée à s’exprimer devant l’Assemblée parlementaire du Conseil d’Europe appelle à rendre la Crimée à l’Ukraine quitte – connaissant les résultats du référendum du 16 mars 14 – à noyer la péninsule dans le sang. Ce qui importe aussi, dans cette optique, ce sont les liens entretenus par cet « opposant » anti-national et anti-systémique avec l’ancien président du Majlis tatar criméen, Djemilev,qui avec le ministre de l’Intérieur turc concoctent tout deux, enfin, tout trois, avec Kassianov, la libération d’une Crimée qu’ils estiment occupées … comme par hasard, j’imagine, par des Criméens. Gardons bien à l’esprit que la Turquie participe à l’organisation et au financement de bataillons salafistes qu’elle pense diriger, l’instant propice, contre un territoire revendiqué depuis plus de 200 ans. Gardons également à l’esprit que le soi-disant pacifique Djemilev n’a pas hésité à se présenter en 2006 au Congrès constitutif du Front anti-impérialiste rassemblant islamistes et néo-nazis, le sulfureux Iarosh en tête. En d’autres termes, Strasbourg en vient à donner une tribune – tribune d’honneur ! – à un collabo aussi proche, à ses fins traîtressses, du salafisme que du néo-nazisme. Bravo. On savoure à fond les fameuses valeurs démocratiques atlantistes.

Deuxième exemple. Ça repasse par la Turquie, désolée pour si peu d’originalité! J’ai comme l’impression que la comédie anti-Daesh de la coalition se termine au nord et au nord-est de la frontière turco-syrienne une forte concentration de troupes turques y étant avérée. Expliquant cette percée progressive par la nécessité de réprimer le séparatisme kurde et la montée en puissance des takfiris, la Turquie reste très discrète quant à son intention de créer une sorte de zone tampon entre les villes syriennes de Djarablous et d’Azaz. Le hasard a voulu qu’une telle initiative voit le jour après la visite de Biden à Ankara ce qui est d’autant plus inquiétant quand on sait qu’il s’agit du tuteur de Porochenko et quand on voit ce que ça donne en plein centre de l’Europe. Si donc on en arrive demain à une confrontation armée massive et directe entre les forces armées turques et les forces armées syriennes, je me demande ce que pourra entreprendre la Russie contre un membre de l’OTAN. Un membre de l’OTAN, soulignons-le, qui parvient à le rester, de un, en assurant le passage de convois pétroliers de l’EI via son territoire, de deux, en en achetant une certaine partie comme en témoignent non pas les médias russes mais le New York Time et le Guardian, de trois, à faire transiter du coton syrien comme le rapporte la Tribune de Genève, de quatre, à acheminer du shit afghan vers l’Europe en le faisant préalablement passer via la Syrie et l’Irak … de quoi se poser quelques questions avant de griller un joint.Plus concrètement encore, il y a quelques jours, la police serbe a mis la main sur 16 kg de joyeusetés évanescentes exportées grâce à Daesh en direction de l’Europe via notre alliée, la Turquie. Celle-ci est même tellement notre alliée que le Conseil de l’Europe vient d’adopter le turc comme une de ses langues officielles : reconnaissons qu’il faut vraiment l’avoir mérité !

Résumons : l’euro-intégration passe fichtrement mieux si vous violez des Européennes et/ou trafiquez d’une façon ou d’une autre avec l’EI en en faisant profiter les oligarchies occidentales.

Si vous voulez rester ce qu’on vous demande d’être – un bon citoyen de l’UE attaché aux valeurs démocratiques qui sont forcément votre religion – vous devez, si vous êtes du sexe mâle, éviter de défendre vos femmes et vos filles, si vous êtes des deux sexes, accepter toutes les conditions que vous imposent, sous couvert de nobles principes, les oligarchies au pouvoir qui à leur tour sont les marionnettes d’autres oligarchies qu’on voit un peu moins sur le petit écran et qui elles ne risquent pas de se retrouver à défendre leur bout de terre contre les mujâhid. En attendant l’inévitable, on nous enjoint de rester politiquement correct. Même l’Eglise est politiquement correcte. Comment défendrait-elle alors sa Fille aînée? Permettez-moi de citer la très juste remarque de l’archevêque d’Alep, Monseigneur Jeanbart, pour qui l’Eglise, à l’instar du Christ, n’a pas à être politiquement correcte mais politiquement juste. Aujourd’hui, l’Europe vassalisée n’a ni politique, ni diplomatie, ni valeurs réelles.Comment tendrait-elle au Juste? Suspendue entre les lauriers d’un passé glorieux, de vagues espoirs projetés dans un non moins vague futur, elle patauge dans un présent mêlant le ridicule au crime.

Cela étant dit, quand un cycle touche à sa fin, il repart à zéro. Le monde que je viens de décrire est un monde moribond. Demain, il mourra. L’Humanité étant prête à souffrir tant que les maux sont supportables est-il dit dans un extrait de la Déclaration d’indépendance des USA, il se trouve que les maux qui minent aujourd’hui les Européens sont de moins en moins supportables. Le réveil n’est pas loin et sera dans une certaine mesure conditionné par trois facteurs :

  1. L’issue des négociations de Genève entre les pro et les anti-Assad. S’y surajoutent les provocations armées que semble préparer la Turquie ses forces aériennes venant de passer au niveau d’alerte orange.
  2. L’issue des élections présidentielles US.
  3. L’attitude des clandestins déjà présents en UE suite aux flux massifs attendus au printemps 2016.

Françoise Compoint

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Quand la diplomatie turque perd ses nerfs !

1 Février 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #Ukraine, #La Turquie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Grèce, #Terrorisme, #islamisme

Quand la diplomatie turque perd ses nerfs !

Quand la diplomatie turque perd ses nerfs !

Le 01 février 2016

Ce mercredi 28 janvier avait lieu dans les locaux de l’institut de la démocratie et de la coopération une conférence sur le thème : « La Turquie d’Atatürk à Erdogan : quelles évolutions ? »

Participaient à cette conférence, le Professeur Darko Tanaskovic, ambassadeur de la Serbie auprès de l’UNESCO et auteur de l’ouvrage, «neo-ottomanism» (Belgrade Civis 2010), Fabrice Monnier, auteur de « Atatürk, naissance de la Turquie moderne » (Paris CNRS édition, 2015) et Victor Nadein-Raevskiy, chercheur à l’institut de l’économie mondiale et des relations internationales (Moscou) et bien sur sous la présidence de Madame Natalia Narotchnitskaïa, présidente de l’I.D.C. Et ancienne député à la Douma.

En introduction, Madame Narotchnitskaïa présenta ses invités, ainsi que les représentants de l’ambassade turque (présents dans l’assemblée) et nous gratifia d’un petit résumé géopolitique des relations entre la Turquie et l’Europe. Elle nous livra également son sentiment sur l’abandon par l’actuel régime, de la voie tracée par Atatürk pour s’engager vers une nouvelle direction, celle du néo-ottomanisme. Madame Narotchnitskaïa rappela également que le « revival » du pan-turquisme réapparut et se développa à l’aube des années 90 à la chute du mur de Berlin et de l’effondrement de l’Union Soviétique.

Ce fut ensuite à Mr Fabrice Monnier de nous présenter sa vision de l’évolution de la géopolitique turque. Monsieur Monnier insista sur le fait que la politique turque a toujours été expansionniste. Que la Turquie, même sous le nationalisme kémaliste, était toujours conquérante. Il nous rappela, par exemple, l’interventionnisme des kémalistes au delà de l’état nation turc, que ce soit à Mossoul ou Alexandrette. Monsieur Monnier mit en parallèle ces interventions à visée expansionniste avec l’actuel politique du régime de Recep Tayyip Erdogan dans le Kurdistan irakien en faisant allusion, notamment, aux revendications envers le Vilayet de Mossoul… région, comme chacun sait, très riche en pétrole…. Le néo-ottomanisme de Monsieur Erdogan cherchant à réussir la où les kémalistes avaient échoué, c’est à dire reprendre Mossoul.

Ensuite le professeur Tanaskovic évoqua avec érudition, l’histoire turbulente de la Turquie en relevant ses incessantes continuités et discontinuités, ses conquêtes et ses reculs, sa politique tantôt agressive tantôt sereine. Le professeur Tanaskovic insista, par contre, sur une constante de la politique turque au cours des siècles : sa stratégie expansionniste (qu’elle soit guerrière, linguistique, culturelle ou économique). Stratégie représentée aujourd’hui, selon le professeur, par le néo-ottomanisme développé par le régime de Monsieur Erdogan. Un néo-ottomanisme nié par les chancelleries occidentales, la Turquie étant, pour nos élites, un exemple de république musulmane et moderne. Le professeur insista également sur la synthèse idéologique, mis en place par le régime Erdogan, les premières années, amalgamant islamisme, kémalisme et impérialisme. Cet équilibre tend à disparaître petit à petit, pour laisser place, de plus en plus, au premier point de ce « triptyque », l’islamisme de moins en moins modéré.

L’intervention suivante fut plus concentrée sur l’histoire turque des XXème et XXIème siècle, sur la naissance du Kémalisme et sur les changements apportés par cette idéologie. Tout d’abord, ce fut l’abandon de la politique pan-turquiste d’expansion pour ériger un nouvel état moderne, ensuite ce fut la mise à l’écart du clergé de toutes les sphères du pouvoir et bien sur la mise en place de la laïcité. Malgré tout, Atatürk se lança également dans une réforme ambitieuse de la langue afin de faciliter les communications entre populations turcophones au delà des frontières des états nations. Ce dernier point, pour Mr Nadein-Raevskiy, réactiva une forme de pan-turquisme basé sur la langue.

Ensuite notre dernier orateur, rappela les premières années du régime Erdogan en évoquant ses prises de position. Tout d’abord en faveur de la population Kurde avec la possibilité de parler leur langue, avec l’ouverture de journaux, radios, télés en langue Kurde et sur les négociations avec le leader Kurde Öcalan. Monsieur Nadein-Raevskiy insista également sur les relations entre Erdogan et Gulen, sur leur lune de miel idéologique et sur la mise en place de la part de Gulen d’un véritable renouveau estudiantin. Ce renouveau créa une nouvelle génération de jeunes turcs, une nouvelle élite avec une vision du monde très influencée par l’islamisme de Gulen. Puis Monsieur Nadein-Raevskiy se montra plus vindicatif envers Recep Tayyip Erdogan et se livra à une charge virulente contre le régime turc actuel, accusant notamment le président Turc de multiples traîtrises aussi bien envers ses alliés (en l’occurrence Gulen) qu’envers ses partenaires économiques (évoquant de manière à peine voilée, le dossier Turkish-stream). Mr Nadein-Raevskiy s’éloigna du sujet de la conférence et évoqua la traitrise de l’état turc suite à la destruction du bombardier russe en Syrie, accusant ouvertement la Turquie de guet-apens prémédité avec l’appui de ses alliés de l’OTAN…

Ce fut certainement ces derniers propos qui provoquèrent la colère noire de l’attaché de l’ambassade turque de Paris…qui pris la parole à son tour, afin de dénoncer les « accusations calomnieuses » faites à son pays et à son gouvernement. Ce Monsieur se lança ensuite dans une charge immodérée contre la Russie et son président, les accusant de violer les frontières de leurs voisins (faisant allusion à l’Ukraine), de massacrer de nombreux civils (en Syrie)… des crimes que la Turquie, quant à elle, ne commettait pas (sic). La jeunesse de cet attaché d’ambassade, probablement, lui faisait oublier le génocide arménien, les massacres des populations grecques, l’occupation de la partie Nord de Chypre mais aussi les actuelles incursions de l’armée turque en Irak ou en Syrie. Suite à cela, la délégation turque quitta la salle….laissant le soin à Mr Nadein-Raevskiy de terminer la conférence en nous mettant en garde contre le soi-disant islamisme « modéré », qui selon lui….n’existe pas !

Bernard Decocq

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La peur des Rouges ? Ça marche plus ! Par Finian Cunningham.

29 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #La mondialisation, #La Russie, #La France, #l'Allemagne, #L'Italie., #Ukraine

La peur des Rouges ? Ça marche plus !


Finian Cunningham
Finian Cunningham

Par Finian Cunningham – Le 20 janvier 2016 – Source Sputniknews

Les gouvernements américain et britannique lancent une nouvelle campagne de presse pour diaboliser la Russie, avec de grandes déclarations selon lesquelles le Kremlin infiltre des partis politiques et des médias d’information. L’ignoble but des Russes, nous dit-on, est de détruire l’Union européenne.

Nous avons déjà vu des versions de cette tactique de la peur à propos de l’Ukraine et de Poutine le nouvel Hitler. Mais ce que qu’illustre cet exercice à faire bâiller d’ennui est que le vieux sortilège agité par leurs dirigeants n’agit plus sur le public occidental. L’opium de la propagande occidentale est périmé.

Peu importe la Russie. L’UE n’a personne d’autre à blâmer sinon elle-même pour ses tensions et difficultés présentes, dues à sa lâche soumission à la politique irresponsable de Washington.

Vingt-cinq ans après la fin de la Guerre froide et la dissolution de l’Union soviétique, Washington et son fidèle acolyte de Londres cherchent désespérément à revenir en arrière, au bon vieux temps où ils pouvaient contrôler leur opinion publique avec des histoires cauchemardesques.

Rappelez-vous ces bons vieux croquemitaines de Rouges sous le lit, la menace rouge, l’Empire du mal, et toute cette sorte de choses, lorsque les autorités occidentales mobilisaient leurs populations par la peur et l’appréhension que «les Russes arrivent» [avec le couteau entre les dents, NdT].

Si on regarde en arrière aujourd’hui, il semble incroyable que ce lavage de cerveau occidental ait réussi avec de telles tactiques d’épouvante. À l’époque, il fonctionnait très bien. Cela a permis aux États-Unis et à leurs alliés de l’Otan de construire un immense arsenal d’armes nucléaires capables de réduire plusieurs fois la planète en cendres ; cela a permis en particulier aux États-Unis d’intervenir militairement dans des douzaines de pays dans le monde, de renverser leurs gouvernements et d’y imposer des dictatures brutales – sous le prétexte de défendre le monde libre contre les méchants Russes.

La semaine dernière, nous avons eu un remake de la recette de lavage de cerveau de la Guerre froide. Le Daily Telegraph britannique, un fourrier notoire de la guerre psychologique, a publié un reportage décrivant la Russie et le président Vladimir Poutine comme un spectre malfaisant qui tente de briser l’unité européenne en «finançant des partis politiques» et en tentant une «déstabilisation soutenue par Moscou».

Le journal, appelé par dérision le Torygraph en raison de ses liens profonds avec l’establishment politique de droite en Grande-Bretagne, citait anonymement des responsables du gouvernement disant :

«C’est vraiment une nouvelle Guerre froide, là. Juste en face de l’UE, nous voyons une preuve alarmante des efforts russes pour défaire le tissu de l’unité européenne sur toute une série de questions stratégiques vitales.»

Le même article déclarait que le Congrès américain avait ordonné à James Clapper, le directeur du service de renseignement national étasunien, de «procéder à un examen approfondi du financement clandestin par les Russes des partis européens au cours de ces dix dernières années».

Les partis politiques européens soupçonnés de prétendues manipulations par les Russes incluent le Parti travailliste britannique sous Jeremy Corbyn, Le Front national dirigé par Marine Le Pen en France, ainsi que d’autres partis aux Pays-Bas, en Hongrie, en Italie, en Autriche et en Grèce, selon le Daily Telegraph.

Pas une ombre de preuve n’est apportée à l’appui de l’histoire de la supposée conspiration russe pour déstabiliser la politique européenne. Typiques de la vieille propagande occidentale de la Guerre froide déguisée en informations, les accusations portées contre le gouvernement russe reposaient sur des insinuations, des préjugés et la diabolisation. La Russie et son dirigeant Vladimir Poutine sont malfaisants, parce que… eh bien, euh, parce que nous disons qu’ils sont malfaisants.

Ce qu’il se passe réellement ici est que les coutures de l’Union européenne craquent à cause du nombre massif de citoyens ordinaires extrêmement déçus de sa monstruosité antidémocratique. Cette désaffection à l’égard de l’UE concerne les électeurs des partis de droite comme de gauche.

Les politiques économiques d’austérité impitoyables, qui accroissent le chômage et la pauvreté, et les coupes draconiennes dans les services publics – tandis que les banques, les bénéfices des entreprises et une minorité de riches deviennent toujours plus riches – ont aliéné de larges couches de la population parmi les 500 millions de personnes qui composent l’UE.

Les dirigeants politiques de l’UE, qu’ils s’intitulent conservateurs, libéraux, socialistes ou autre, se sont montrés impuissants à apporter davantage de politiques démocratiques et à répondre aux besoins des gens. Aux yeux de beaucoup d’Européens, les partis politiques établis sont tous les mêmes, tous suivent servilement une forme de bien-être capitaliste au profit des super-riches déjà bien gavés.

Une grande partie du problème vient de ce que l’Union européenne n’a manifesté aucune indépendance à l’égard de Washington. Les gouvernements européens, sous le harnais de l’Otan, l’alliance militaire dirigée par les Américains, ont aveuglément rejoint les États-Unis dans leurs guerres désastreuses et illégales pour obtenir des changements de régime en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie. Ces guerres se sont à leur tour retournées contre l’Europe en lui léguant la pire crise des réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale.

Aggravant encore la difficulté, il y a l’impasse totalement inutile et futile entre la Russie et l’Europe à propos de la crise en Ukraine. Les agriculteurs, les entreprises et les travailleurs européens souffrent à cause de Washington et de la politique de Bruxelles qui a déstabilisé l’Ukraine afin d’isoler la Russie au profit d’un certain agenda politique. Sur ce point, les gouvernements européens sont particulièrement exécrables, puisqu’il devrait être clair que Washington veut isoler la Russie avec le seul objectif de la remplacer comme fournisseur principal d’énergie du continent. C’est ce qu’on appelle se tirer une balle dans le pied.

Étant données toutes ces composantes du problème, il n’est pas étonnant que les citoyens européens soient mécontents de ce qu’on appelle leurs dirigeants politiques. Le mépris populaire pour Bruxelles a atteint des niveaux record, et à juste titre.

La pathétique déférence servile à l’égard des politiques économique et étrangère de Washington se manifeste sous la forme de protestations et de dissidence à l’égard du projet européen dans son entier. La montée de la droite en Pologne, où le parti nationaliste est au pouvoir, est un autre signe des temps.

Mais plutôt que de se mettre à l’écoute du mécontentement généralisé à travers l’Europe, ce que tentent Washington et ses alliés pro-atlantistes comme la Grande-Bretagne est de faire de la Russie un bouc émissaire.

L’ironie de la chose est que Washington et Londres cherchent à lui imputer les misères et la désunion croissantes en Europe. Alors que c’est Washington et Londres qui sont les raisons principales pour lesquelles l’Europe part en lambeaux.

À cette fin, les États-Unis et la Grande-Bretagne relancent les vieilles épithètes de la Guerre froide pour diaboliser la Russie, comme moyen de détourner l’attention de leur propre influence malfaisante et destructrice sur le reste de l’Europe.

Il y a des décennies, la diffamation antirusse a pu agir sur le public. En particulier lorsque des agences de presse occidentales et leurs journalistes infiltrés par la CIA et le MI6 jouissaient d’un monopole efficace sur l’opinion publique. Mais ces temps sont révolus. Le public occidental n’est plus sous l’emprise des histoires effrayantes comme le seraient de petits enfants. Il y a beaucoup de sources d’information alternatives à leur disposition qui leur permettent de se faire une image plus précise.

Et cette image précise des problèmes de l’Europe n’a rien à voir avec de prétendus méfaits russes. La malfaisance est plutôt abondamment attribuée à Washington et à ses gouvernements européens laquais.

La tentative de remake de la peur rouge par Washington et Londres peut facilement être écartée. Mais l’intéressant est que cela manifeste profondément combien ces deux acteurs sont à court d’idées de propagande avec laquelle distraire les populations occidentales de plus en plus inquiètes et en colère.

Les gens veulent des solutions réelles pour surmonter les problèmes sociaux et économiques, et non d’idiotes histoires à faire peur, périmées depuis des dizaines d’années. Plus l’opinion publique occidentale se sent insultée par un tel non-sens, plus elle méprise ses dirigeants. Les puissances capitalistes occidentales, en déroute et impuissantes, sont dans un cul-de-sac. Allez-y, pointez-vous, on vous attend !

Finian Cunningham

Traduit par Diane, vérifié par jj, relu par Diane pour le Saker francophone

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La Moldavie, la Géorgie et l'Ukraine doivent poursuivre leurs réformes et la Russie doit arrêter d'interférer, demandent les députés

22 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La France, #l'Allemagne, #La Russie, #Ukraine, #le nazisme

La Moldavie, la Géorgie et l'Ukraine doivent poursuivre leurs réformes et la Russie doit arrêter d'interférer, demandent les députés

Session plénière Communiqué de presse - Relations extérieures − 21-01-2016 - 12:34

 

La Russie doit arrêter de s'impliquer directement ou indirectement dans les conflits en Géorgie, Moldavie et Ukraine, et d'interférer avec leurs aspirations européennes, affirme une résolution sur les progrès de réformes. Un an après la ratification des trois accords d'association et de libre-échange approfondi et complet avec l'UE, les députés mentionnent les réformes qui doivent encore être adoptées et prennent acte du référendum néerlandais du 6 avril sur l'accord UE-Ukraine.

 

Dans une résolution, adoptée à main levée ce jeudi, saluant les progrès de la Géorgie, de la Moldavie et de l'Ukraine, qui ont "choisi la voie d'une intégration politique et économique plus étroite avec l'Union européenne", les députés demandent à la Russie de mettre un terme à son intervention directe ou indirecte dans les conflits sur ces territoires, notamment son occupation en Crimée.

 

Ils soulignent qu'au cours des 12 premiers mois, les exportations de la Géorgie vers l'UE ont augmenté de 15% et celles de la Moldavie de 62%. Ils s'attendent à une croissance similaire pour les exportations ukrainiennes.

 

Le Parlement fait également remarquer que le soutien financier de l'Union européenne est subordonné à des progrès de réformes concrets.

 

Géorgie: indépendance des médias et des tribunaux

 

Les députés sont préoccupés par l'indépendance du système judiciaire et les menaces possibles au pluralisme des médias en Géorgie, faisant par exemple référence au procès à l'encontre du propriétaire de la société de radiodiffusion "Rustavi 2". Ils soutiennent l'idée d'envoyer une mission d'experts de l'UE pour superviser l'affaire.

 

Par ailleurs, le Parlement critique les "critères flous" selon lesquels les procureurs et enquêteurs sont nommés, ainsi que les "pressions illicites" exercées sur les juges de la Cour constitutionnelles de Géorgie, une pression reconnue par la commission de Venise du Conseil de l'Europe.

 

Moldavie: le nouveau gouvernement doit tenir ses engagements

 

Les députés saluent le gouvernement moldave nouvellement approuvé, qui prend actuellement ses fonctions après plus d'un an d'impasse due à l'"instabilité politique systémique". Ils déplorent cependant le vol d'un milliard d'euros, qui a disparu du système bancaire, et demandent instamment de traduire les responsables en justice.

 

Ukraine: ombre de la Russie, corruption et référendum néerlandais


 

Les députés condamnent la suspension par la Russie de son accord de libre-échange avec l'Ukraine au moment même où l'accord de libre-échange UE-Ukraine est entré en vigueur. Ils déplorent les "lourdes restrictions commerciales" aux exportations ukrainiennes vers la Russie et s'inquiètent de la paralysie économique et financière de l'Ukraine. Ils rappellent aussi la nécessité d'une aide financière supplémentaire de l'Union au pays. De plus, ils demandent aux États membres d'éviter la construction de nouveaux gazoducs à partir de la Russie et contournant l'Ukraine, comme le "Nord Stream II". 

Les députés attendent des dirigeants ukrainiens qu'ils respectent leurs engagements en matière de lutte contre la corruption "endémique" qui, à leurs yeux, constitue le plus grand obstacle à l'effort de réforme.

Par ailleurs, le Parlement prend acte du prochain référendum néerlandais sur l'accord d'association UE-Ukraine et "espère que le peuple néerlandais décidera en tenant compte des avantages de l’accord et de ses effets tangibles sur l’Union européenne et sur les Pays-Bas en particulier".

 

 

Procédure: résolution non législative

 

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Berlin, viole les droits fondamentaux, prend la tête de l’OSCE !

20 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #Ukraine, #l'Allemagne, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #Les média, #La Russie, #la liberté

Berlin, viole les droits fondamentaux, prend la tête de l’OSCE !
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Poutine à 'Bild' : « La Russie ne prétend pas au rôle de superpuissance »

19 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La France, #AMERIQUE, #Ukraine, #l'Allemagne, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

Publié par Jean Lévy

 

Dans une interview au quotidien allemand Bild, publiée le 11 janvier, Vladimir Poutine est revenu sur l’année éco, les tensions internationales, le rôle de l’OTAN et la phobie des chiens d’Angela Merkel. Le Courrier de Russie a sélectionné et traduit les passages les plus marquants.

 

 

Sur les relations Russie-Occident

Depuis le début [la fin de la Guerre froide, ndlr], nous avons échoué à surmonter les divisions en Europe. Il y a 25 ans, le mur de Berlin s’effondrait, mais des murs invisibles se sont déplacés vers l’Est de l’Europe, et ont posé les prémices de futures crises et incompréhensions mutuelles.

Sur l’OTAN

À la chute du mur de Berlin, on a entendu dire que l’OTAN ne s’élargirait pas à l’Est. Si mes souvenirs sont bons, c’est ce qu’avait déclaré Manfred Wörner, alors secrétaire général de l’Alliance. Certains politiques allemands de l’époque, notamment Egon Bahr, avaient mis en garde contre un possible élargissement et proposé des solutions.

M. Bahr avait notamment déclaré, le 26 juin 1990, lors de sa rencontre avec les politiques allemands Hans-Dietrich Genscher et Helmut Kohl et les dirigeants soviétiques Mikhaïl Gorbatchev et Valentin Faline, alors directeur du département international du Comité central : « Si aucune mesure décisive n’est prise pour éviter la scission de l’Europe en blocs ennemis lors de la réunification de l’Allemagne, l’URSS risque d’être condamnée à l’isolement international. »

M. Bahr proposait des mesures concrètes. Il parlait de la nécessité de créer une nouvelle union, distincte de l’OTAN, au cœur de l’Europe. Toute l’Europe centrale, avec ou sans l’Allemagne de l’Est, devait former cette nouvelle union avec l’Union soviétique et les États-Unis. Voici ce qu’il disait : « En tant qu’organisation dotée de structures militaires, l’OTAN ne doit pas s’étendre en Europe centrale. »

C’était déjà un patriarche de la politique européenne, avec sa propre vision de l’avenir de l’Europe. Il disait à ses collègues soviétiques : « Si vous n’êtes pas d’accord et que vous approuvez l’élargissement de l’OTAN, si l’Union soviétique l’approuve, alors je ne viendrai plus à Moscou. » Il était très intelligent. Il voyait alors le sens profond des événements en cours, et était convaincu qu’il fallait changer totalement de format pour tourner la page de la Guerre froide. Ce que nous n’avons pas fait.

Egon Bahr, était un homme politique allemand membre du Parti social-démocrate d'Allemagne. Crédits :

Egon Bahr était un homme politique allemand membre du parti social-démocrate. Crédits :
German Federal Archives

Et que s’est-il passé ? Précisément ce qu’avait prédit M. Bahr, qui affirmait qu’il ne fallait pas développer la structure militaire du bloc nord-atlantique à l’Est mais créer une union qui comprendrait l’ensemble de l’Europe. Il n’en a rien été. C’est même exactement l’inverse qui s’est produit, ce contre quoi il avait mis en garde : l’OTAN a commencé à se développer et à s’élargir à l’Est.

Nous avons entendu mille fois ce mantra, répété par les politiques américains et européens : les pays ont le droit de choisir seuls la façon dont ils garantissent leur sécurité. Nous le savons, c’est vrai. Mais il est aussi vrai que les autres pays ont le droit de décider d’élargir ou non leur propre organisation, d’agir dans ce qu’ils estiment être l’intérêt de la sécurité internationale. Les principaux membres de l’OTAN pourraient dire : « Nous sommes ravis que vous souhaitiez vous joindre à nous, mais non – nous n’avons pas l’intention d’élargir notre organisation, nous voyons un autre avenir pour l’Europe. »

La charte de l’OTAN stipule-t-elle que l’organisation doit accueillir tous ceux qui souhaitent y entrer ? Non. Il y a des critères, des conditions. S’il y avait eu une volonté politique, ils auraient pu tout faire. Mais ils ne le voulaient pas, tout simplement. Ils voulaient régner, dominer. Ils voulaient s’asseoir sur le trône. Et ensuite ? Aujourd’hui, nous discutons de situations de crise.

Sur le bouclier antimissile

En matière de sécurité, outre l’élargissement de l’OTAN à l’Est, nous avons vu apparaître le système de défense antimissile, qui se développe en Europe sous prétexte de contrer la menace nucléaire iranienne. En 2009, le président américain Barack Obama avait déclaré que si cette menace disparaissait, il n’y aurait plus aucune raison de créer ce système de défense antimissile.

Un accord a été signé avec l’Iran, on examine aujourd’hui la question de la levée des sanctions, tout cela sous le contrôle de l’AIEA, et un premier chargement d’uranium a déjà été transféré à la Russie. Or, le bouclier antimissile continue d’être développé. Des accords bilatéraux ont été signés avec la Turquie, la Roumanie, la Pologne et l’Espagne. En Espagne, des forces navales sont déployées pour la défense antimissile. Une zone de déploiement de missiles a déjà été créée en Roumanie, une autre doit apparaître en Pologne vers 2018, et un radar est installé en Turquie.

Sur son « changement de rhétorique »

Vladimir Poutine. Crédits : www.productionmyarts.com

Vladimir Poutine 2000 – 2015. Crédits : productionmyarts.com

Je n’ai jamais changé. Encore aujourd’hui, je me sens jeune. J’étais et je reste l’ami de Schröder. Rien n’a changé. Les relations entre États se construisent quelque peu différemment de celles entre personnes. Je ne suis pas un ami, ni une fiancée, ni un fiancé, je suis le président de la Fédération de Russie. Soit d’un pays de 146 millions d’habitants, avec leurs propres intérêts, que je me dois de défendre. Nous sommes prêts à le faire non de façon conflictuelle mais en cherchant des compromis, sur la base, bien entendu, du droit international, compréhensible pour tous de façon univoque.

Nous sommes confrontés à des menaces communes et nous continuons d’aspirer à ce que tous les États, en Europe et dans le reste du monde, unissent leurs efforts pour lutter contre ces menaces. Il s’agit évidemment du terrorisme, mais aussi de la criminalité, de la traite des êtres humains, de la lutte pour l’environnement – tous ces phénomènes demeurent des problèmes communs. Mais cela ne signifie pas que nous devions à chaque fois être tous d’accord sur ces questions ou sur d’autres.

Si notre position ne plaît pas à certains, nous qualifier systématiquement d’ennemis n’est pas la meilleure solution. Ne vaudrait-il pas mieux, parfois, écouter, réfléchir de façon critique, concéder certains points et chercher des solutions communes ? C’est précisément ce dont j’ai parlé à New York, lors de la 70e session de l’Assemblée générale de l’ONU.

Nous étions vivement opposés à ce qui s’est passé en Irak, en Libye et dans plusieurs autres pays. Nous avons dit : il ne faut pas faire cela, il ne faut pas intervenir là-bas, il ne faut pas commettre cette erreur. Personne ne nous a écoutés ! Au contraire, notre position a été jugée « anti-occidentale ». Mais aujourd’hui, alors que vous avez des centaines de milliers, voire déjà un million de réfugiés, qu’en dites-vous ? Notre position était-elle vraiment « anti-occidentale » ?

Sur la Crimée

Vladimir Poutine : Qu’entendez-vous en parlant de « Crimée » ?

Bild : Le changement des frontières.

V.P. : Eh bien, pour moi, « la Crimée », cela signifie 2,5 millions de personnes qui craignaient un coup d’État, n’ayons pas peur des mots, en Ukraine. Et après le coup d’État à Kiev – car il s’agit bien d’un coup d’État, quels que soient les termes que certains utilisent pour enjoliver cette réalité –, des forces ultranationalistes sont arrivées au pouvoir et se sont tout bonnement mises à menacer la population : les Russes et les russophones qui vivent en Ukraine, de manière générale, et en Crimée, en particulier, où ils sont plus nombreux que partout ailleurs en Ukraine.

Qu’avons-nous fait ? Nous n’avons combattu personne, ni occupé quoi que ce soit, nous n’avons tiré sur personne, et personne n’a péri dans les événements survenus en Crimée. Personne ! Nous n’avons eu recours aux forces armées que pour empêcher la vingtaine de milliers de soldats ukrainiens qui se trouvaient sur ce territoire d’interférer avec l’expression de la volonté des habitants. Ces derniers ont participé à un référendum et ont voté. Ils voulaient faire partie de la Russie. La démocratie est la manifestation de la volonté du peuple, les gens voulaient vivre comme ils l’avaient voté. Ce qui m’importe, ce n’est ni le territoire, ni les frontières, mais bien le sort de la population.

Le droit international n’a pas été violé en Crimée. En vertu de la charte de l’ONU, chaque peuple a droit à l’autodétermination. Dans le cas du Kosovo, la Cour internationale de justice a décidé que l’opinion des autorités centrales pouvait ne pas être prise en compte en matière de souveraineté. Le Kosovo a proclamé son indépendance et le monde entier l’a acceptée. Et savez-vous comment il l’a fait ? Par une décision du parlement. Ils n’ont même pas organisé de référendum.

Maintenant, je vous le demande : si les Kosovars ont droit à l’autodétermination, pourquoi pas les Criméens ? Si l’on veut maintenir entre la Russie et nos amis et voisins en Europe et dans le monde des relations positives et constructives, la condition sine qua non est de toujours se respecter les uns les autres, de respecter les intérêts de chacun et de s’en tenir à des règles identiques, sans les changer à chaque fois au gré des intérêts particuliers.

Sur la crise ukrainienne

Les présidents français, ukrainien, biélorusse, russe et la chancelière allemande réunis à Minsk le 11 février 2015. Crédits : flickr.com, Karl-Ludwig Poggemann

Les présidents biélorusse, russe, français, ukrainien, et la chancelière allemande réunis à Minsk le 11 février 2015. Crédits : flickr.com, Karl-Ludwig Poggemann

Tout le monde assure qu’il faut absolument réaliser les accords de Minsk, et qu’ensuite seulement, on pourra réexaminer la question des sanctions. Mais croyez-moi, on en arrive à un théâtre de l’absurde, parce que la réalisation des principaux points ne dépend que des autorités ukrainiennes actuelles. Il ne faut pas exiger de Moscou ce qui incombe à Kiev.

Par exemple, la question la plus importante dans tout le processus de résolution de cette crise a un caractère politique, avec, en son centre, la réforme de la Constitution. C’est le onzième point des accords de Minsk, qui stipule clairement qu’une réforme constitutionnelle doit être menée en Ukraine et que les décisions à ce sujet ne doivent pas être prises par Moscou ! Prenez le texte, c’est écrit noir sur blanc : « Point 11 : Organisation d’une réforme constitutionnelle en Ukraine avec entrée en vigueur avant la fin 2015. » L’année 2015 est finie. Nos partenaires européens – aussi bien la chancelière allemande que le président français – devraient se pencher davantage sur ce problème, me semble-t-il.

Il est aussi écrit que les changements apportés à la Constitution doivent être permanents. Le gouvernement ukrainien a introduit dans la Constitution une loi conférant un statut particulier à ces territoires [Donetsk et Louganskndlr]. Mais cette loi n’est valable que trois ans. Et deux ans sont déjà passés. Lors de notre rencontre à Paris, la chancelière allemande et le président français ont approuvé l’idée que cette loi devait être permanente. Pourtant, la Constitution n’a pas été votée même sous sa forme actuelle, et cette loi n’a toujours pas de statut permanent. Pourquoi exige-t-on de Moscou ce que doivent faire nos collègues de Kiev ?

Sur les sanctions

Vous savez, la population russe comprend parfaitement – avec le cœur et avec la raison – ce qui se passe. Napoléon disait que la justice était l’incarnation de Dieu sur Terre. Le rattachement de la Crimée à la Russie est une décision juste.

Concernant la réaction de nos partenaires occidentaux, il me semble qu’elle était erronée, et qu’elle visait non à soutenir l’Ukraine mais à gêner la croissance de la Russie. Ce n’est pas ainsi qu’il faut agir, c’est une grossière erreur. Il faut au contraire utiliser les capacités des uns et des autres pour encourager la croissance mutuelle, pour trouver des solutions communes aux problèmes auxquels nous sommes tous confrontés.

Vous avez parlé des sanctions. Je pense qu’il s’agit d’une mesure stupide et nocive. Nos échanges commerciaux avec l’Allemagne s’élèvent à 83-85 milliards de dollars et ont créé des milliers d’emplois en Allemagne. Quelles sont les restrictions pour nous ? Ce n’est pas l’épreuve la plus difficile que nous ayons connue, mais la limitation de l’accès aux marchés financiers étrangers est aussi nocive pour notre économie.

Sur Angela Merkel

Je suis persuadé que c’est quelqu’un de très honnête. Son travail est soumis à certaines limites, mais elle aspire sincèrement, j’en suis certain, à trouver des solutions pour résoudre, entre autres, la crise dans le Sud-Est ukrainien.

Sur la peur des chiens de la chancelière allemande

En janvier 2007, lors d’une rencontre à Sotchi Vladimir Poutine appelle son labrador Koni qui vient renifler Angela Merkel. L’Allemande a été mordue par un chien douze ans plus tôt et n’en mène pas large. Crédits : cicero.de

En janvier 2007, lors d’une rencontre à Sotchi, Vladimir Poutine a appelé son labrador, qui est venu renifler Angela Merkel. L’Allemande, mordue par un chien 12 ans plus tôt, n’était pas très à l’aise. Crédits : cicero.de

Je ne savais pas [qu’elle avait peur des chiens, ndlr]. Au contraire, je voulais lui faire une bonne surprise en lui montrant mon chien. [En 2007, Poutine avait amené son labrador, Koni, lors d’une rencontre bilatérale avec Mme Merkel,ndlr]. Je me suis expliqué avec elle ensuite et lui ai présenté mes excuses.

Sur la Russie

Nous ne prétendons pas au rôle de superpuissance. Cela coûte très cher et ne mène à rien. Notre économie est la cinquième ou sixième mondiale. Elle est peut-être un peu plus faible aujourd’hui, mais nous savons très bien que nous avons d’excellentes perspectives et un très fort potentiel de développement. En termes de parité de pouvoir d’achat, nous occupons plus ou moins la sixième place mondiale.

Sur le G8

Nous prévoyions d’accueillir le G8 en 2014 [la Russie a été exclue du G8 à cause de la situation en Ukraine, ndlr]. La Russie n’est pas devenue membre à part entière du G8 parce qu’il y a toujours eu des discussions entre les ministres des affaires étrangères des sept autres pays. Je ne peux pas dire que c’est un instrument inutile. Il est toujours utile de se rencontrer, de débattre et de chercher des solutions communes.

Il me semble que la présence de la Russie était tout de même nécessaire, parce que nous exprimions une opinion alternative sur différentes questions. Nous discutons des mêmes choses dans le cadre du G20, de l’APEC et des BRICS. Nous étions prêts à accueillir le G8 en 2014. Ce n’est pas nous qui avons refusé de nous rendre quelque part, c’est eux qui ne sont pas venus chez nous. Si nos collègues décident de venir, de grâce, qu’ils le fassent !, nous les accueillerons avec plaisir, mais nous-mêmes n’avons pas encore acheté de billets pour où que ce soit.

Nous sommes prêts à travailler avec tout le monde s’il y a matière à discuter ensemble. Nous pensons que c’est le cas, mais l’amour, pour être heureux, doit être réciproque. Si l’on ne veut pas travailler avec nous, c’est qu’il ne faut pas le faire.

Sur la situation avec la Turquie

La Turquie est membre de l’OTAN. Mais les problèmes survenus ne sont pas liés à ce statut : personne n’a attaqué la Turquie. Plutôt que de s’expliquer avec la Russie sur le crime commis en abattant notre bombardier alors que celui-ci frappait les terroristes, les dirigeants turcs ont couru se réfugier auprès de l’OTAN. C’est très étrange et, selon moi, humiliant pour la Turquie.

Je le répète encore une fois : certes, l’OTAN doit défendre ses membres contre les attaques dont ils sont l’objet, mais personne n’a attaqué la Turquie. Si la Turquie a des intérêts quelque part dans le monde, dans des États voisins, cela signifie-t-il pour autant que l’OTAN doive défendre tous ces intérêts ? Qu’un membre de l’OTAN comme l’Allemagne doive aider la Turquie à assimiler ces territoires voisins ?

J’espère que ces incidents n’entraîneront pas de confrontation de grande ampleur. Mais évidemment, chacun comprend que la Russie se défendrait par tous les moyens à sa disposition si elle devenait la cible de menaces.

Sur la Syrie

Soldats russes sur l'aérodrome de Lattaquié en Syrie. Crédits : ministère de la défense

Soldats russes à l’aérodrome de Lattaquié, en Syrie. Crédits : ministère de la défense

Ils mentent tous [en disant que les forces armées russes en Syrie frappent les rebelles qui se battent contre Bachar el-Assad et non l’État islamique, ndlr]. Les vidéos qui étayent cette thèse sont apparues avant même que nos pilotes ne commencent à frapper les positions des terroristes ! On en a la confirmation. Mais nos détracteurs font mine de rien.

Je crois que les pilotes américains ont – par erreur bien sûr ! – bombardé un hôpital de Médecins sans frontières à Koundouz, en Afghanistan, faisant des blessés et des morts, y compris parmi les médecins. La presse occidentale essaye de passer cette erreur sous silence pour que tout soit rapidement oublié. Elle n’en a parlé que deux fois, et uniquement parce que des étrangers travaillant pour Médecins sans frontières étaient présents sur les lieux, avant de clore le sujet.

Qui se souvient aujourd’hui du mariage bombardé [au Yémen, ndlr] ? De la centaine de personnes tuées en une seule frappe ? Les fausses informations selon lesquelles nos pilotes bombardent des sites civils ne cessent d’être publiées. Si l’on considère les « oléoducs vivants », composés de milliers de camions-citernes, comme des sites civils, alors oui, c’est vrai que nos pilotes frappent ces sites. Mais les autres le font aussi : Américains, Français, etc.

Par ailleurs, nous nous entendons avec eux sur des actions communes, et nos frappes aériennes soutiennent leurs attaques sur différentes zones de front. Des centaines, voire des milliers de soldats combattent l’EI. Nous soutenons aussi bien l’armée d’Assad que l’opposition armée. Certains en ont déjà fait part publiquement, d’autres préfèrent se taire, mais ce travail a lieu.

Sur Bachar el-Assad

Je pense que le président Bachar el-Assad a commis beaucoup d’erreurs lors du conflit en Syrie. Mais ce conflit aurait-il atteint une telle ampleur s’il n’avait pas été initialement soutenu de l’extérieur grâce à d’énormes quantités d’argent, d’armes et de soldats ? Malheureusement, dans ce genre de conflits, ce sont les civils qui souffrent. Mais à qui en incombe la responsabilité ? Au gouvernement, qui aspire à préserver sa souveraineté et lutte contre ces actes anticonstitutionnels, ou bien à ceux qui organisent cette lutte armée contre le gouvernement ?

Bachar el-Assad ne cherche pas à éliminer sa propre population. Il se bat contre ceux qui sont venus chez lui les armes à la main. Et si la population civile souffre, je pense que c’est avant tout de la responsabilité de ceux qui le combattent avec des armes, et de ceux qui aident ces derniers.

Petite fille dans les rues de Damas. Crédits : ktrk.kg/wikimedia

Petite fille dans les rues de Damas en 2011. Crédits : ktrk.kg/wikimedia

Nous ne voulons pas qu’il se passe en Syrie la même chose qu’en Libye ou en Irak. J’en ai déjà parlé au président égyptien al-Sissi : s’il n’avait pas pris ses responsabilités, s’il n’avait pas eu le courage de reprendre en main le contrôle du pays, l’Égypte aurait pu connaître le même sort que la Libye.

Pour moi, il faut diriger tous les efforts vers la consolidation du pouvoir légitime dans les pays de la région, y compris en Syrie. Il faut rétablir et consolider les structures du pouvoir en Irak et en Libye. Atteindre la stabilisation en Somalie et dans d’autres pays. Renforcer le pouvoir en Afghanistan. Mais cela ne signifie pas qu’il faille tout laisser en l’état. Cette stabilisation doit bien sûr servir de base à des réformes politiques.

Concernant la Syrie, j’estime qu’il faut avancer vers une réforme constitutionnelle – un processus difficile, bien sûr. Et ensuite, sur la base de cette nouvelle Constitution, il faudra organiser des élections législatives et présidentielle. Il revient au peuple syrien, et à lui seul, de décider qui gouvernera le pays et comment. Ce n’est que de cette façon que l’on atteindra la stabilité et la sécurité, que l’on créera les conditions propices à la croissance de l’économie et au bien-être des habitants, afin qu’ils ne s’enfuient pas en Europe mais vivent dans leurs maisons, dans leur pays.

Sur le conflit Iran-Arabie saoudite

Ce conflit complique notre travail sur la résolution du problème syrien et la crise des migrants en Europe ainsi que la lutte contre le terrorisme. C’est évident. Je ne sais pas s’il en résultera un conflit régional de grande ampleur. Je ne veux pas en parler ni même y penser. Nous avons de très bonnes relations avec l’Iran et nous sommes en train d’établir un partenariat durable avec l’Arabie saoudite.

Nous regrettons ce qui s’est produit, d’autant que ce prédicateur [saoudien chiite, Nimr Baqr al-Nimr, ndlr] ne se battait pas contre l’Arabie saoudite avec des armes. Toutefois, l’attaque contre l’ambassade [saoudienne à Téhéran, le 2 janvier 2016ndlr] est absolument inadmissible dans le monde actuel. Si notre participation est demandée, nous serons prêts à tout faire pour que le conflit s’apaise le plus tôt possible.

Sur la démocratie en Russie

Plus de 100 000 personnes, selon les autorités russes, se sont réunies sur la place Rouge pour célébrer le 1er anniversaire du rattachement de la Crimée à la Russie, le 18 mars 2015. Crédits : Thomas Gras/LCDR

Plus de 100 000 personnes, selon les autorités russes, se sont réunies sur la place Rouge pour célébrer le 1er anniversaire du rattachement de la Crimée à la Russie, le 18 mars 2015. Crédits : Thomas Gras/LCDR

Généralement, la classe dirigeante parle de liberté pour laver le cerveau de ceux qu’elle gouverne. Il n’y a rien de nouveau concernant la démocratie en Russie. Comme nous l’avons déjà établi, la démocratie est le pouvoir du peuple et l’influence du peuple sur les autorités. Nous avons été vaccinés contre l’autocratie émanant d’une force politique unique – le parti communiste. C’est pourquoi nous avons fait il y a longtemps le choix de développer des institutions démocratiques dans le pays. En Russie, 77 partis peuvent participer aux élections législatives. Nous sommes également revenus à un système d’élection directe des gouverneurs.

Nous continuerons à développer les instruments de démocratie directe, soit les organisations civiles les plus diverses. Mais la démocratie n’est pas la même aux États-Unis, en Europe, en Allemagne, en Russie ou en Inde. Vous savez qu’il y a deux cas, dans l’histoire américaine, où le collège électoral n’a pas élu le candidat présidentiel ayant recueilli la majorité des suffrages populaires ? S’agit-il d’une absence de démocratie ? Non, bien sûr. Mais ce n’est pas le seul ni le principal problème. Comme me l’a dit un dirigeant européen : aux États-Unis, il est impossible de se présenter à l’élection présidentielle si l’on ne dispose pas de plusieurs milliards de dollars.

On me dit tout le temps : jusque quand serez-vous président ? Pourtant, dans le système parlementaire, la figure la plus importante – le chef du gouvernement – peut diriger le gouvernement un nombre illimité de fois.

Bien entendu, nous avons encore énormément à faire pour que la population sente qu’elle influe réellement sur les autorités et que ces dernières réagissent à ses exigences. Nous travaillerons au perfectionnement de nos instruments démocratiques. Par ailleurs, utiliser le sport à des fins politiques est à mes yeux une grossière erreur. Il faut être idiot pour faire ça. Si des problèmes apparaissent, en particulier au niveau international, le sport, l’art, la musique, le ballet et l’opéra sont censés rapprocher les gens et non les éloigner. Il faut promouvoir ce rôle de l’art et du sport plutôt que le dénigrer et le détruire.

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Chronique des singeries de Kiev.

19 Janvier 2016 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La Russie, #l'Allemagne, #AMERIQUE, #le nazisme, #L'OTAN.

Chronique des singeries de Kiev.

Le 18 janvier 2016

Chronique des singeries de Kiev.

Le zèle du néophyte est un phénomène bien connu. D’aucuns prétendent être plus catholiques que le Pape oubliant que l’alter ego est toujours plus faible que l’ego. Le cas de l’Ukraine, absorbée par ses obsessions eurointégristes, est loin de faire figure d’exception. Ses relations contre-nature aux démons salafistes est un marqueur sans équivalent de la schizophrénie auto-annihilatrice qu’elle partage avec l’UE. Mais à certaines différences techniques près.

Les liaisons dangereuses de Kiev avec la racaille salafiste ont été révélées début 2015 par le journaliste d’investigation polonais Marcin Mamon. Elles relèvent aujourd’hui du secret de Polichinelle. Dans de précédents articles, j’avais mentionné deux bataillons islamistes engagés dans la reprise du Donbass, celui de Djokhar Doudaïev et d’Isa Mounaïev, inspirés des anciennes connivences du bandérisme avec l’indépendantisme fondamentaliste tchétchène des années 90. Iatseniouk était alors de la partie et, à en juger par la photo qui le montredans les montagnes caucasiennes, posant devant le drapeau de l’OUN-UPA, n’a que très peu changé. Ce petit faible de certains dirigeants ukrainiens pour la peste noire et blanche qui est en passe de fomenter une guerre généralisée allant du Levant aux hameaux paisibles de l’Europe n’est certainement pas fait pour plaire aux habitants de l’oblast’ de Kherson qui voient débarquer chez eux les fuyards de l’EI terrorisés par les frappes russes sur leurs fiefs. Les autorités criméennes, Ruslan Balbek, vice-Premier ministre,et Natalia Poklonskaya, procureur général, dénoncent une énième tentative de déstabilisation Kherson étant frontalière de la péninsule. Leur appréhension semble tout à fait justifiée le Majlis criméo-tatare en exil s’appliquant à créer un bataillon de sensibilité salafiste nommé en mémoire de Çelebicihan, premier mufti des musulmans de Crimée. Actuellement, ce groupe armé compte près de 560 membres, ses effectifs tendraient à augmenter. Quoi qu’en pensent les sceptiques, il est très clair que l’implantation des fous d’Allah à Kherson n’a échappé ni aux autorités locales ni au pouvoir kiévien, hypercentralisation oblige. On en conclura tant avec aisance qu’avec amertume que l’Ukraine, un pays européen de par sa géographie et son essence, accueille en toute connaissance de cause des individus combattus – du moins officiellement – par les pays de la coalition occidentale dont il essaye de s’attirer les bonnes grâces et qui aujourd’hui, à travers le renforcement du tsunami migratoire, souffrent cruellement de la percée de l’islamo-fascisme sur leur territoire. Après, il est vrai que les extrémistes de tout poil (ou presque) se ressemblent et s’assemblent mais le prix de cet assemblage ne va-t-il pas s’avérer d’ici peu exorbitant ?

Quand je vois que dans le cadre des festivités de Nouvel An, à Kiev, une boîte de nuit organise la mise en scène de l’exécution du pilote du SU-24 descendu par des chasseurs turcs, je me demande ce qu’aurait donc dit la communauté internationale si une scène analogue avait eu lieu à Moscou et qu’à la place du défunt Pechkov, mort en luttant contre l’EI, il y avait Nadejda Savtchenko, bel et bien vivante et détenue pour complicité de meurtre. Il ne s’agit pas d’un cas isolé un conseiller du Président ukrainien comparant officiellement les Russes à de vilains insectes.Alexandre Nemirovsky, membre d’un de ces bataillons punitifs intégrés à la Garde nationale se targue de participer à la construction d’un camp de concentration jouxte Talakovka (environs de Donetsk) destiné aux méchants russes, autrement dit, aux populations russophones de la région.

La dégradation morale et psychique des hauts fonctionnaires kiéviens crève la rétine. Cette déliquescence sans pareille s’avère aussi nauséabonde que la révision des programmes de lettres en terminale : ainsi, rapporte un père de famille, Dostoïevski est remplacé par Le Parfum, oeuvre de Patrick Süskind qui décrit avec talent les agissements inqualifiable d’un maniaque schizo. On s’amuse comme on peut à la Rada ajoutant à l’implantation des salafistes dans le sud du pays et à la dépravation de la jeunesse la poursuite du génocide des peuples russophones du Donbass. C’est à croire, non sans raison, que Porochenko espère la suppression de Minsk-2 dont les termes ne lui conviennent guère puisqu’ils prévoient la réforme de la Constitution et l’octroi au Donbass et à une grosse partie de la région de Lougansk un statut particulier – deux conditions qui mettraient fin au règne illégitime d’un Kiev passivement pro-islamiste et néo-nazi, cela au détriment des intérêts nationaux de l’Ukraine.

Moralité : nous sommes en face d’un gouvernement composé de traîtres jonglant avec de soi-disant valeurs unionistes tout en instrumentalisant les extrêmes exposant, de facto, un peuple qu’il feint représenter. Le peuple, celui-là même qui n’a pas hésité à gagner le Maïdan en 2014 sachant pertinemment que Ianoukovitch ne noyerait pas les manifs dans le sang, semble à l’heure qu’il est paralysé, prêt à se résigner quitte à accepter que des jeunes gens périssent dans une guerre fratricide tenant entre les mains des armes fournies par les States. Ça ne vous rappelle rien ? Même si le cadre est différent, on retrouve le même schéma de décomposition. En réalité, tout comme les dirigeants ukrainiens actuels sont les fossoyeurs de l’Ukraine, à deux pas de l’éclatement, les dirigeants politiques de l’UE sont les fossoyeurs de l’Europe. Et les uns et les autres font preuve de masochisme les premiers singeant en cela, à leur façon, les seconds.

Car la schizophrénie européenne devient une évidence à l’image des événements de ces dernières semaines. Les Européens voient tripler la dose du pas-d’-amalgame si bien que l’omerta autour de l’identité confessionnelle des violeurs ne choque que très peu d’Allemands. En tout cas, à en croire des chiffres bien frais, seuls 48% des sondés se prononcent pour la diminution des flux migratoires. Parmi ces 48%, 24% prônent l’immigration zéro ce qui n’est vraiment pas énorme vu l’ampleur ainsi que la progression des dégâts. Cazeneuve, encore un symbole sacré de la bien-pensance occidentale, se lance dans des considérations lénifiantes enjoigant les alarmistes d’ « arrêter de dire qu’il y a eu des viols en Allemagne [car] l’on ne sait pas ce qui s’est passé ». On se croirait en plein dans laTrahison des images de Magritte. Aux Pays-Bas, de braves gaillards défilent en jupettes en soutien aux victimes des gangs d’allogènes alors donc qu’Attali nous raconte que les contempteurs de la tolérance puissance n sont d’une bassesse intellectuelle et morale inqualifiable car il leur échappe que les nouveaux-venus sont des chances pour l’UE. Sur un plan démographique, très clairement ! Cette même Europe qui se ferait forte d’assimiler des envahisseurs ou, dans le meilleur des cas, des êtres veules refusant de défendre leurs terres contre l’EI et groupes associés, cette même Europe trouve les frappes russes contre Daesh insuffisantes voire montées de toutes pièces … à moins que M. Le Drian n’ait monopolisé le droit d’avancer ce genre de grief, assez peu conciliable avec la reprise des villes acquises à l’EI par l’AAS et le retour en masse des réfugiés. Que ne s’en prend-il pas aux monarchies du Golfe et à la Turquie, assez peu promptes à reprendre en mains leurs petits protégés? Avec des déclarations telles que celles du ministre de la Défense français, non seulement on ne sait plus sur quel pied danser mais on en vient au surplus à se demander s’il n’y a pas un véritable plan d’immersion de l’Europe, tout comme du Moyen-Orient et de l’Afrique, dans la fange salafiste. Je ne donne pas d’explications particulières, je ne fais que constater. Pareil pour l’Ukraine quand Porochenko parle des immenses succès du Maïdan alors que tout part à tel point en vrille que Nuland et Surkov arrivent à se mettre d’accord. Mais Kiev persiste hâtant, avec un enthousiasme sans équivalent, la dislocation du pays.

Décidément, l’Ukraine dans son état actuel est vraiment mûre pour entrer dans l’UE et, in fine, faire naufrage en bonne compagnie.

Françoise Compoint

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