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Le blog de Lucien PONS

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Renaissance des Jeunesses Hitlériennes en Ukraine.

15 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La France, #La République, #le nazisme, #Le fascisme, #Terrorisme, #La guerre

Renaissance des Jeunesses Hitlériennes en Ukraine.

Renaissance des Jeunesses Hitlériennes en Ukraine

En Ukraine la situation politique est telle qu’une bonne partie de la population se trouve sous l’emprise d’une propagande de masse double, celle de l’Occident et celle du régime. Dans cette ambiance de guerre d’ailleurs annoncée clairement par Porochenko et Iatseniouk comme une guerre contre la Russie, les enfants se trouvent embrigadés par leurs parents directement dans des camps de vacances d’entraînements ou des organisations « scouts » du type des fameux « Diables de la Forêt » de Roman Choukhevytch. Dans ces associations, les enfants sont politiquement formés, entraînés à la guerre et subissent une propagande raciale et idéologique nationaliste. A l’heure où l’Ukraine souhaite rentrer dans le giron européen, petit survol de la renaissance des jeunesses bandéristes millésime 2015.

Il ne faudrait pas croire que ces associations d’embrigadement de la Jeunesse ne sont le fait que de quelques illuminés. Les partis néo-nazis ultranationalistes organisent déjà des camps ou formation visant les plus jeunes. Il n’est pas question ici d’adolescents mais bien d’enfants, de jeunes garçons mais aussi fillettes à partir de six ans seulement. Le SBU, police politique et services secrets ukrainiens met aussi la main à la pâte en organisant régulièrement des animations et concours divers, dont de dessins où les enfants sont invités à prendre pour thème « les cannibales russes ayant ravagé un village ukrainien ». Tout est fait pour placer le Russe dans le même cadre historique que celui de l’idéologie nazie : « le barbare de l’Est, débile, le sous-homme asiatique menaçant la civilisation ». C’est la haine que ces enfants apprennent mais plus loin que la haine, et ceci est sans doute peut-être encore plus grave, l’embrigadement militaire des enfants.

Organisés en sections ou compagnies, les enfants subissent un entraînement militaire, séance de tirs avec des armes fictives, marches, défilés et parades, rituels et logiques militaires avec une hiérarchie. Cet apprentissage va jusqu’au parcours du combattant et la venue d’instructeurs pour leur expliquer les armes modernes, les familiariser à leur vue et leur faire des démonstrations. Ces camps se développent un peu partout en Ukraine. Les organisateurs pour attirer un maximum de monde tiennent à la gratuité totale de ces camps qui peuvent durer de quelques jours à plusieurs semaines. L’entraînement et l’embrigadement se situent aussi au niveau de l’esprit de corps, accomplissement par roulement des tâches domestiques, foi patriotique en fait dévoyée en nationalisme. Le milliardaire ukrainien et chypriote Kolomoïsky en finance par exemple un à Dniepropetrovsk pour des garçons de 10 à 14, comprenant un total de 300 pré-adolescents (voire la l’album photo de la page Facebook de son ex-adjoint Boris Filatov avec un nombre impressionnant des “J’aime” et des “Partages” nous parlant des enfants scandant dans la joie et la bonne humeur: “Une nation. Une Patrie” qui nous rappelle étrangement: “Ein Volk! Ein Reich!“).

FB-Boris Filatov11844110_885554234857564_1180405488_nDans l’ambiance nationaliste et guerrière que connaît l’Ukraine, les familles simples et pauvres se laissent également facilement tentées par l’envoi de leur progéniture sans aucun frais « pour passer des vacances » avec des camarades. Vous trouverez ici la description d’un camp organisé par le Parti Svoboda derrière le terrible bataillon de massacreurs Azov, dénoncés à plusieurs reprises pour ses crimes de guerre par Amnesty International. Les « gentils animateurs » du camp qui vont prendre en charge les « azovets » viennent directement du bataillon combattant sur le front, il sert par ailleurs à recycler les blessés graves du régiment. Imaginons d’anciens de la SS Leibstandarte Adolf Hitler venant dans un coin de campagne, au milieu des papillons et des forêts, apprendre à des têtes blondes comment se servir d’un Sturmgewehr 44… Ce camp est prévu pour des adolescents de 12 à 18 ans, les cours sont sérieux, manœuvres militaires, apprendre à monter et démonter de vraies armes, bases des premiers soins, parcours d’obstacles, tir avec des armes à air comprimé utilisées en principe dans le paint-ball, mais aussi conférences et projections de films patriotiques ou militaires, courses d’orientations, jeux de stratégie grandeur nature et sports. C’est littéralement la renaissance des Jeunesses Hitlériennes repeintes aux couleurs de l’Ukraine.

L’inquiétude en Europe de la multiplication de ses pratiques doit être grande. C’est toute une population, des dizaines de milliers d’enfants qui sont en train d’être habitués à la guerre. A la fin de 1944, alors que le loup nazi était acculé dans sa tanière, Hitler avait ordonné la levée en masse de la « Tempête du peuple », à savoir tous les « hommes valides » à rejoindre le Volkssturm et bientôt la Hitlerjugend elle-même, des enfants dont certains n’avaient pas 12 ans. Les vieux furent moins facile à convaincre de se battre jusqu’à la mort, beaucoup levèrent les bras à la première occasion et ne firent pas de zèle. Il en fut tout autrement des plus jeunes ayant subi un lavage de cerveau dans les préparations de la Jeunesse Hitlérienne. Ces enfants soldats fanatisés étaient redoutés des alliés, tant Occidentaux que Soviétiques. Ignorant souvent le danger ou la peur, intrépides et agiles, armés de quelques panzerfaust (une roquette antichar jetable à un coup) et d’armes de poing, ils se firent massacrer sur place, parfois avec un héroïsme hallucinant. Leur mort ne changea pas grand-chose, ils furent balayés, la guerre était déjà perdue de longue date.

Quel futur l’Ukraine se prépare-t-elle en armant et en entraînant des enfants ? Quel monde démocratique l’Union européenne et la France supportent-ils en Ukraine à travers le régime de Porochenko ? Partout dans le monde, les enfants soldats et leur sort tragique ont été dénoncés. Y-aura-t-il bientôt des fanatiques de 10 ans sautant sur des mines en hurlant « Slava Oukraïni »(NDT : “Gloire à l’Ukraine” – en ukrainien) un AK-47 entre les mains ? A tous les parents je leur demande en leur âme et conscience de se demander quel régime nous supportons en Ukraine, souhaiteriez-vous cela pour la France, pour vos enfants ?

Laurent Brayard

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Un nouveau Maïdan pour le Belarus ?

13 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La France, #La guerre, #Ukraine, #le nazisme, #Le fascisme, #Terrorisme

  Un nouveau Maïdan pour le Belarus ?

 

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Pars pour la Macédoine, pars, pars, pars.. (Vidéo)...Là-bas aussi (et encore) se prépare une nouvelle "révolution colorée"

13 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Grèce, #La Russie, #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Ukraine, #le nazisme, #Le fascisme, #Terrorisme

 

Librairie Tropiques

 

La librairie du village

 

Tandis que les grandes manœuvres impériales se poursuivent pour achever les Grecs ( "Timeo danaos et dona ferentes"), l'observateur avisé qu'est Vincent Parlier est allé porter son regard sur le voisin du Nord, la Macédoine.

Un petit pays qui, au-delà sa notoriété culinaire spécifique,  bénéficie désormais, quoique de manière pour l'instant plus discrète, des mêmes bienveillantes attentions que ses voisines : l'Ukraine et la Grèce, de la part de l'empire atlantique des "démocrates" occidentaux.

Là-bas aussi (et encore) se prépare une nouvelle "révolution colorée" (ou fesse-bouc si on préfère), promue par l'OTAN et ses ONG "humanitaires", et dont le contexte est particulièrement édifiant 

Il est assez symptomatique que ces éclairages (très véridiques et instructifs) soient apportés au public américain par Ron Paul, notoirement libertarien* , protestant donc, comme de coutume, contre le mésusage de l'argent public par l'État fédéral (qu'il voue aux gémonies).

Ce que nous appelions jadis une "contradiction interne" du libéralisme, autrement dit le genre de "pli" dans le tapis de l'idéologie dominante et dans lequel il lui arrive parfois de se prendre les pieds...

* c'est à dire "libéral-radical" sur le mode spontanément importé chez nous (par exemple) par Michel Onfray, Le Pen et Cohn-Bendit.

 

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Borys Gudziak le drôle de journaliste du journal Ouest-France

10 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #La Russie, #La République, #Les média, #Ukraine, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #le nazisme, #Le fascisme, #Terrorisme

Borys Gudziak le drôle de journaliste du journal Ouest-France

Borys Gudziak le drôle de journaliste du journal Ouest-France

En France nous avons toute sorte de journalistes, l’opinion populaire est que nous avons certainement aussi les plus avilis d’Europe, passant par les moules bien huilés (ou vaselinés ?) des écoles prestigieuses de journalisme dénoncées par ailleurs par Serge Halimi dans son fameux Les Nouveaux Chiens de garde (1997 et 2005). La terrible machine à faire des élites du système ; Science Politique le bas fond du caniveau ; n’est pas en reste pour fournir aux plus hauts niveaux sa pléthore de journalistes au garde-à-vous pour servir le pouvoir en place. Terminé le journalisme combattif et vivifiant né sous la Grande Révolution de 1789, terminé les grands journaux comme L’Humanité du symbole immense qu’est Jean Jaurès, galvaudé d’ailleurs désormais dans toutes les bouches des mêmes personnages. Les compromissions avec le pouvoir sont telles que les politiques se substituent maintenant aux journalistes particulièrement dans les lignes de « journaux » comme le Huffington Post antenne propagandiste puissante en Europe d’ailleurs critiquée jusqu’aux Etats-Unis.

Un exemple de la confusion entre politiciens et journalistes, celui d’Hervé Maurey ; dont nous parlons souvent avec raison. Vous pourriez trouver sur bien d’autres thèmes, des politiciens en vogue ou sur le déclin prêtant leurs plumes ou leur voix à divers supports médiatiques français sans la moindre considération pour l’information et la séparation nécessaire des genres pour que la démocratie française puisse réellement s’appeler démocratie. Comment s’expliquer qu’un politique est le droit d’être également journaliste et que sa parole soit véhiculée massivement ? Ceci s’appelle propagande, au sens le plus cru du mot et également le plus corrompu. Cette corruption, le journal Ouest-France l’atteint au plus haut niveau avec Borys Gudziak. Nous n’avions pas assez des voix et plumes françaises, Ouest-France va chercher jusqu’en Ukraine « ses journalistes » et quels journalistes !!!

Nous connaissions déjà de longue date la nature de Ouest-France, peut-être le média le plus russophobe avec l’incomparable journal Libération bien que Le Figaro ne soit pas non plus en reste. Dans le journal régional Ouest-France ainsi que dans quelques autres, des anciens correspondants formés à l’école des antennes nationales en Russie et traditionnellement russophobes sont recyclés. Ils poursuivent savamment et habilement leur travail de sape. Ceci ne semble pas suffire, au point d’aller chercher Borys Gudziak. L’homme né en 1960… dans l’Etat de New-York est d’origine ukrainienne. De ces nombreux ukrainiens émigrés au Canada (le nid de Toronto), USA ou Argentine, les chemins des lignes de fuite des nazis et des collaborateurs bandéristes ukrainiens, oustachis croates et bien d’autres de toute l’Europe. Nous nous souvenons que Rome fut l’une des plaques tournantes des « Ratlines » à la fin des années 40 et dans les années 50 avec l’évêque Hudal de sinistre mémoire. C’est à Rome que Gudziak poursuit ses études jusqu’à l’Université d’Harvard avant de rejoindre l’Ukraine et Lvov dès 1992.

La suite de sa carrière est celle d’un prêtre (1998), recteur de l’académie théologique de Lvov (2000), évêque de Carcabia, exarque apostolique de France pour les Catholiques orientaux de rite ukrainien (2012), éparque de Saint-Vladimir de Paris des Byzantins-Ukrainiens (2013), Chevalier de la Légion d’Honneur (1er janvier 2015). Le parcours est limpide, l’avant-garde bandériste américaine parachutée et vomie par les Etats-Unis sur l’Ukraine et comme on le voit aussi sur la France. Le prix de ses services aura été la plus prestigieuse médaille française et le droit de devenir « journaliste » pour Ouest-France. Bretons, Vendéens et Normands apprécieront la prose de cet habile personnage nous servant soudainement le 31 juillet un article sur l’avion malaisien descendu en plein vol au-dessus du Donbass en juillet 2014. Il est certain que des cours de théologie à l’exarchat, Boris Gudziak doit être un éminent spécialiste non seulement en termes de journalisme mais aussi du conflit dans le Donbass.

Et le drôlet ne se prive pas de désinformer dans son article ligne après ligne : « L’Ukraine a été traumatisée par l’annexion de son territoire », hélas pour lui la Crimée république autonome depuis 1991 a décidé par référendum de sa sortie de l’Ukraine en mars 2014, « l’agression étrangère et la guerre » faisant allusion au Donbass en oubliant que nulle armée russe ne s’y trouve et que l’agression est venue de Kiev bombardant et massacrant les populations russophones. Ceci rend tout autant ridicule les « L’Ukraine subit une attaque terroriste de l’ampleur du massacre de Charlie Hebdo sur une base quotidienne […] c’est sans compter 1,8 million de réfugiés, des dizaines de milliers de blessés et d’estropiés, paralysés, sans jambes, sans bras, sans yeux, des centaines de milliers souffrent de choc post-traumatique ». Vraiment, de l’ampleur de Charlie Hebdo ? Doit-on rappeler le ridicule de la comparaison, que les réfugiés ont fuis les massacres et les bombardements orchestrés par les Ukrainiens et sont partis en Russie ou Israël, l’Europe et la France crachant littéralement sur leurs existences ? Doit-on vous rappeler la condition des gens estropiés dont vous parlez Monseigneur Gudziak ? J’ai rencontré hier une femme de 35 ans ayant un bras en moins, ayant perdu son mari et son fils d’à peine 5 ou 6 ans, restant seule avec une fille de 11 ans à élever. Si cette pauvre femme pouvait lire ce que vous avez écrit c’est de sa seule main valide qu’elle vous giflerait Monseigneur, et je compte bien que vous tendrez la seconde joue. Car ce sont les Ukrainiens qui ont massacré sa famille et cette femme me disait hier « vivre avec les Ukrainiens ? Plus jamais ! ».

Ma double condition de Français et de catholique me fait doublement honte lorsque je découvre des hauts personnages de l’église qui violent à la fois la générosité de la France et leurs devoirs d’évêque en parjurant leur fonction d’homme de Dieu en venant prendre la plume pour nous servir un faux message de paix : « Gardez-vous des faux prophètes ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au-dedans ce sont des loups ravisseurs », Evangile selon Matthieu 7.15.

Laurent Brayard

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L’Europe a besoin de paix – et non pas de nouvelles troupes américaines. Point de vue allemand, par Willy Wimmer.

9 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #L'OTAN., #La France, #La Russie, #La guerre, #Ukraine

 L’Europe a besoin de paix – et non pas de nouvelles troupes américaines. Point de vue allemand, par Willy Wimmer.

L’Europe a besoin de paix – et non pas de nouvelles troupes américaines

Point de vue allemand

par Willy Wimmer

On n’en croit pas ses oreilles en entendant ce qui se dit à Washington. D’abord on laisse brailler un dirigeant civil des Forces de l’air américaines parfaitement inconnu. Puis, un peu plus tard, on peut entendre la déclaration du commandant en chef de l’armée américaine désigné devant le Congrès américain. Selon lui, la Fédération de Russie est le pire des ennemis des Etats-Unis. On se tient la tête – car nous allons au-devant de catastrophes, mais il se peut aussi que nous soyons plus profondément dans le marasme de l’Alliance que nous ne le pensions.
Washington veut la bagarre, et même plus que cela. Nous avons, en Europe, quelque expérience avec la puissance dirigeante de l’Alliance, à laquelle nous appartenons. Nous, qui nous étions engagés pour une défense commune, ne menons plus que des guerres, déversant le malheur sur une large partie de la terre et nous sommes tout surpris de voir que les populations désespérées des régions que nous avons recouvert de guerre fuient vers nous dans leur détresse. Ils viennent chez nous pour constater que là où on a conçu cette politique désastreuse, les portes sont fermées hermétiquement: aux Etats-Unis.
La Russie est capable de répondre elle-même aux tirades venant du Congrès américain. Mais depuis plus de vingt ans, nous ne manquons pas d’expérience avec notre grand voisin oriental. Et cette expérience va à l’encontre de ce que se dit à présent publiquement à Washington. De hauts fonctionnaires américains exigent, lors d’entretiens dans notre pays, une «fidélité sans faille» dans le domaine de nos relations avec la Fédération de Russie. On y met le paquet. Lors de son voyage dans les Balkans, le pape a mis en garde contre une nouvelle guerre mondiale. Dans le même temps, Monsieur le Président de notre pays a été fêté lors d’une grande manifestation, alors même qu’il s’emploie à soutenir des engagements militaires comme aucun de ses prédécesseurs auparavant ne l’avait fait. Et sa méthode n’est pas sans conséquences.
Ces déclarations états-uniennes risquent de nous emporter avec le courant, car ceux qui dans notre pays devraient contribuer à la libre formation d’une opinion indépendante dans le sens des intérêts nationaux se montrent depuis belle lurette incapables d’assurer cette tâche étatique primordiale. Tant le gouvernement que le Parlement sont, en la matière, impuissants, et laissent en réalité les organes secrets diriger les affaires, alors qu’ils n’ont aucune légitimation pour se mêler de la politique du pays. La politique allemande éveille l’impression que l’épicentre de la politique a été transféré sous les yeux de tous de Berlin vers une grande ville de Westphalie orientale. Les médias, qui du temps de Bonn se battaient pour présenter les meilleures voies en politique, semblent ne vouloir plus rien d’autre que la meilleure position à la pointe du courant dominant. Ce qui se dit à Washington dans les hautes sphères développe suite aux mécanismes de l’Alliance et des traités une énorme force contraignante, telle une forte aspiration. C’est très exactement ce qui se passe suite aux déclarations de ce général utilisé comme porte-voix par son président.
Qui oserait, à Berlin, s’aventurer à émettre sa propre conception de la situation? A la fin de la première guerre froide, on a pu observer à quel point l’évaluation de la menace soviétique d’alors par Washington était soumise à l’opportunité. Alors que toute la partie occidentale de l’Europe craignait une attaque venant de l’Est, on présentait à Washington aux visiteurs allemands une nouvelle vue du monde. A l’encontre de tout ce qui avait été prêché pendant des décennies, on prétendit que l’armée rouge, avec ses forces d’attaques en Europe centrale, n’était soudainement plus que défensive, destinée à tirer les leçons militaires des guerres de Napoléon et Hitler: la défense de la mère patrie russe contre les menaces venant de l’Occident accompagnées de dévastations sans fin.
S’il ne s’agissait à Washington que de tactique, en considération de la situation économique réelle de cet immense empire, alors nous devrions réfléchir, en cette année du 25e anniversaire de la réunification allemande, au fait que les Etats-Unis se soient focalisés sur la Russie avec leurs alliés les plus sûrs, cela depuis la Première Guerre mondiale, afin de la détruire. Alors même que Moscou avait lâché du lest en acceptant la réunification, Washington, mais aussi Londres et Paris, sans parler de Tel-Aviv, ayant de la peine à y croire. Frank Elbe, l’un des plus importants collaborateurs du dernier grand ministre des Affaires étrangères Hans-Dietrich Genscher a, il y a quelques semaines, lors d’une interview accordée au média russe sputnik, attirait l’attention sur le fait que ceux qui, à Washington, incitent de façon virulente, à se positionner contre la Russie, ont des origines familiales russes remontant à la période de la guerre. Dans quelle mesure a-t-on affaire à des règlements de comptes et qu’est-ce qui se joue à nos dépends?
Lors du coup d’Etat au printemps 2014 à Kiev, nous avons pu observer à quel point l’ensemble de l’Occident s’est laissé influencer. Rarement l’Occident, auquel pourtant nous tenons, a pareillement renié ses valeurs comme lors du massacre du Maïdan ou lors de l’incendie d’Odessa avec une quarantaine de victimes, de même que la triste instrumentalisation des victimes du crash d’un avion de ligne en Ukraine. Une fois de plus la fin justifie les moyens et c’est d’autant plus consternant que nous avons déjà vécu de tels moments de malheur dans le passé.
Nous nous mettons en péril mortel du fait des manœuvres non seulement des forces navales de l’OTAN sous le nez de la flotte russe dans la mer Noire, mais aussi de l’apparition de bombardiers atomiques américains dans l’espace aérien ukrainien ou des opérations «coups de poings» à la frontière russe avec la participation de troupes allemandes. La modification de la politique générale européenne, ayant donné à Moscou – en acceptant l’unification allemande – l’espoir de ne plus devoir craindre de guerre dans ses régions occidentales, a sciemment été inversée par l’ensemble des pays occidentaux.
Ne risque-t-on pas que les forces ayant une mentalité similaire que le chef d’état major américain désigné réapparaissent également à Moscou? Si l’un des pilotes des avions bombardiers occidentaux et russes qui survolent la région commet une erreur dans cette atmosphère de guerre, nous aurons rapidement fini d’exister. Nous n’aurions plus même l’occasion de déterminer qui a commis l’erreur fatale. Voulons-nous vraiment admettre en Europe que Washington crée, avec les forces bellicistes européennes des conditions semblables à celles des manœuvres américano-sud-coréens dans la péninsule coréenne risquant à tout instant le déclenchement d’une guerre non maîtrisable? Le comportement des Etats-Unis sur notre territoire et celui d’autres Etats européens, a détruit depuis de longues années les fondements du traité de l’OTAN et ne justifie donc plus le stationnement de troupes américaines dans les pays européens. La raison profonde de ces stationnements réside dans une défense commune, ce à quoi les peuples avaient donné leur accord. Mais en aucun cas, les Parlements l’avaient pour une alliance agressive – et surtout pas pour se lancer dans une destruction collective, une destruction soutenue par certains cercles à Washington, au Congrès américain et par un général de l’infanterie de marine.    •

(Traduction Horizons et débats)

km. L’étude la plus élaborée concernant l’influence de la Fondation Bertelsmann, basée à Gütersloh en Westphalie orientale, est probablement celle de Thomas Schuler, publiée en 2010.
Dans son ouvrage paru en 2014 intitulé: «Die Macher hinter den Kulissen. Wie transatlantische Netzwerke heimlich die Demokratie unterwandern» (ISBN 978-3-93816-22-5), Hermann Ploppa a situé les activités de cette fondation dans le cadre transatlantique. Il écrit: «Au cours des années 1990, une fondation s’est imposée au premier plan, surpassant en taille et en importance toutes les fondations existantes: la Fondation Bertelsmann sise dans la petite ville de Gütersloh en Westphalie orientale. Cette fondation est plus américaine que les Américains. […] Déjà en 1992, Reinhard Mohn s’efforça d’intégrer sa fondation dans les réseaux transatlantiques. […] Depuis lors, cette fondation fait de la politique et dans certains domaines, elle a transformé les politiciens élus en figurants.»

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Mistral: un compromis perdant pour la France. Par Jacques Sapir

8 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La France, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Russie, #Ukraine, #L'OTAN.

Mistral: un compromis perdant pour la France. Par Jacques Sapir

Mistral: un compromis perdant pour la France

L’affaire des deux navires de la classe « Mistral », que la Russie avait commandé à la France, et que la France a refusé de livrer en raison du conflit en Ukraine, semble devoir connaître son épilogue. Un communiqué du gouvernement russe, confirmé par une déclaration de M. Le Drian, le Ministre de la défense, annonce que les deux pays ont trouvé un accord : la France va rembourser à la Russie les sommes payées par cette dernière, soit environ 1,16 milliards d’euros. Cet accord est plutôt avantageux pour la France. La Russie était en droit d’exiger des pénalités de rupture de contrat pour un montant bien plus élevé. Pourtant, le gouvernement russe a décidé de ne pas poursuivre le gouvernement français et d’accepter un accord à l’amiable. Il y a là, incontestablement, un geste de bonne volonté de la part de Vladimir Poutine. La France s’en tire donc à bon compte. Mais, le coût, pour la France, de cette lamentable affaire risque d’être, en réalité, bien plus élevé[1].

Le coût pour la France

Le coût financier ne se limitera pas à la somme que la France va rembourser à la Russie. Ces deux navires, le Vladivostok et le Sébastopol ont été construits aux normes russes, qu’il s’agisse des équipements de communication ou des équipements électriques et techniques. Cela rend ces deux navires inutilisables par une marine occidentale. En fait, si la France veut les revendre à un autre pays, les deux seuls pays qui peuvent utiliser ces navires tels quels sont soit la Chine soit l‘Inde. Pour pouvoir les revendre à d’autres pays, il faudra refaire une partie de l’équipement et des moyens de communication, ce qui devrait entraîner une dépense supplémentaire de 400 à 500 millions d’euros. Or, il est plus que probable qu’aucun acheteur n’acceptera de payer ce surcoût, qui restera à la charge de la France. Quand bien même la France trouverait un acquéreur pour ces deux navires, et que cet acquéreur accepte de payer le prix que la Russie avait – elle – accepté, la perte pour les chantiers, et pour l’Etat, serait de 400 à 500 millions d’euros.

Il y a aussi un coût industriel. L’annulation de cette vente compromet toute une série d’autres contrats que pouvaient espérer l’industrie française. C’est aussi au coup dur pour les chantiers navals français. Quoi qu’en disent les russes, qui n’ont – bien évidemment – aucun intérêt à ébruiter cette affaire, des transferts de technologies importants ont été consentis par les industriels français, que ce soit dans le domaine des moteurs diésels, dans celui de la conception même des navires, ou – plus simplement – dans la réorganisation industrielle des chantiers russes. En effet, on oublie que ces derniers vont construire deux unités jumelles de celles dont la vente a été annulée. Ces deux unités seront construites dans les chantiers navals de Saint-Pétersbourg, et ces derniers pourraient construire, à partir de 2020, un développement de la classe « Mistral », qui sera à la fois plus gros et plus rapide. Le coût industriel ne se limitera pas à cela. Le plan de charge des chantiers navals français sera durablement affecté par cette annulation. Entre le transfert de savoir-faire, le développement d’une capacité de production concurrente, qui pourrait peser sur de futurs contrats car les coûts de production des chantiers navals russes sont inférieurs à ceux des chantiers navals français, et une perte en terme d’emploi, le coût industriel de cette annulation sera certainement élevé.

Un coût symbolique : une perte de crédibilité

Mais, le coût ne se limitera pas à un coût financier et industriel. Il y a un coût symbolique élevé. La France ne peut être considérée comme un partenaire fiable par de nombreux pays, et en particulier des pays des BRICS qui sont intéressés par des équipements français et qui ont des moyens financiers importants. Ces pays, pour des raisons politiques, ne souhaitent pas (ou ne peuvent pas) acheter des équipements militaires aux Etats-Unis, à la Grande-Bretagne voire à l’Allemagne. La France était, logiquement, leur partenaire. C’est ce qui n’est plus vrai désormais, avec l’annulation de la vente des deux navires à la Russie.

En fait, il semble bien que l’on en ait eu un exemple avec la vente des Rafales à l’Inde. Le gouvernement français a exprimé sa satisfaction avec la vente de 36 avions à l’Inde. Mais, les discussions portaient en réalité sur la vente de 125 avions, ainsi que sur des contrats de fourniture de pièces détachées portant sur au moins 20 ans. En réalité, il semble bien que l’Inde ait considéré qu’elle prenait un risque stratégique à se lier à l’industrie française sur une longue durée. Cette vente de 36 avions apparaît en réalité comme un lot de consolation et non pas comme le mirifique contrat qui a été évoqué. En réalité, le total des ventes de Rafales est – pour l’instant – très inférieur aux 125 avions que l’on espérait vendre à l’Inde. La perte en crédibilité de l’industrie française qui découle de l’annulation de la vente des deux navires à la Russie, si elle ne peut être immédiatement évaluée, pourrait bien avoir un coût très supérieur aux 1,16 milliards qui ont été remboursés à la Russie.

Une annulation de vente devenue sans objet ?

Ce qui pose le problème plus général non seulement du pourquoi de l’annulation de la vente des Vladivostok et Sébastopol mais au-delà de la dégradation des relations économiques entre la Russie et la France. Le prétexte était les événements d’Ukraine. Mais, la France a été, avec la Russie, cosignataire des accords de Minsk, qui devaient permettre non seulement un cessez-le-feu mais aussi un accord politique entre Kiev et les insurgés du Donbass. Mais, le gouvernement de Kiev s’est refusé à appliquer le volet politique de cet accord. Et, l’on a pu constater que la très grande fragilité du cessez-le-feu est largement due aux forces du gouvernement de Kiev qui se livrent à des bombardements réguliers sur des cibles civils dans le Donbass. Les gouvernements occidentaux s’en sont émus. Le gouvernement des Etats-Unis, qui n’est lui pas partie prenante des accords de Kiev, à reconnu que des unités déployées par le gouvernement de Kiev, comme le bataillon Azov étaient composées de néo-nazis. Ne serait-il pas temps de tirer les leçons de tout cela et d’annuler les sanctions économiques et financières qui ont été prises contre la Russie ?

La mécanique des sanctions et le poids des Etats-Unis

On sait, aujourd’hui, que les sanctions économiques prises par la France et les Pays de l’Union européenne, se sont retournées contre ces pays. L’effondrement du commerce avec la Russie a touché de nombreuses entreprises. De plus, les contre-sanctions qui ont été prises par le gouvernement russe ont eu un effet très négatif sur l’agriculture française. En fait le régime des sanctions apparaît à la fois comme inefficace, à des effets pervers importants en matière de détournement de commerce, et n’apparaît pas comme justifié politiquement.

Mais, il est clair que même si la France annulait les sanctions économiques, elle resterait tributaire de la législation américaine en ce qui concerne le commerce et surtout les moyens de financement. En effet, les Etats-Unis se sont dotés d’un arsenal de loi extraterritoriales, qui leur permettent de poursuivre une société non-américaine uniquement parce qu’elle utilise le Dollar dans des échanges avec un pays « sous sanctions » des Etats-Unis. En effet, le champ d’application des lois sur les sanctions s’est élargi de manière considérable à toute entreprise et personne dans le monde à partir d’une connexion aussi tenue avec le territoire américain qu’un email ou une communication téléphonique, selon la formule rituelles « passed through, was stored on, and transmitted to servers located in the United States »[2]. Ceci confère un pouvoir extraordinaire au sens premier, soit sortant de l’ordinaire, aux autorités américaines[3]. Dans la mesure où le gouvernement français n’a pas protesté, et n’a pas invoqué la court d’arbitrage international ou la cour international de justice de La Haye dans ce type de conflits, il a accepté de se plier à la législation américaine. Cela pose un problème majeur quant à l’indépendance de notre pays.

On peut penser que l’accord auquel la France et la Russie ont abouti sur le Vladivostok et le Sébastopol va permettre de stabiliser la situation des relations économiques entre les deux pays. C’est en tout cas ce qu’espèrent les industriels français, qui ont été durement affectés par les sanctions. Mais, pour qu’une réelle amélioration soit possible il faudrait que les sanctions tant économiques que financières soient levées. Et pour cela, il faudrait que la France recouvre son indépendance en matière de politique étrangère, tant vis-à-vis des Etats-Unis que de l’Union européenne. On en est, hélas, encore loin.

Jacques Sapir

[1] http://www.parismatch.com/Actu/Politique/Les-premiers-chomeurs-de-l-affaire-Mistral-809991

[2] L’Office of Foreign Assets Control (OFAC) : Réprime les actes de commerce internationaux effectués par des firmes de toute nationalité avec des pays qui sont sous embargo par le gouvernement américain : « The Office of Foreign Assets Control (OFAC) of the US Department of the Treasury administers and enforces economic and trade sanctions based on US foreign policy and national security goals against targeted foreign countries and regimes, terrorists, international narcotics traffickers, those engaged in activities related to the proliferation of weapons of mass destruction, and other threats to the national security, foreign policy or economy of the United States. »

[3] Charles F. Smith & Brittany D. Parling, “‘American Imperialism’: A Practitioner’s Experience with Extraterritorial Enforcement of the FCPA,” UNIV. OF CHICAGO LEGAL FORUM 237, at 239 (2012); 15 U.S.C. §§78dd-1, 78dd-3.

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L’armée silencieuse des martyrs du Donbass

8 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #Les média, #La Russie, #L'OTAN., #Europe supranationale, #AMERIQUE

L’armée silencieuse des martyrs du Donbass

L’armée silencieuse des martyrs du Donbass

Des milliers de civils tués, certainement plus de 10 000 avec une fourchette haute plus importante car il faut comprendre dans les victimes toutes celles tombées dans la zone ukrainienne, celles des répressions et massacres de Kiev dans les différentes villes au moment de l’Euromaïdan, mais aussi au commencement des tueries en Ukraine et dans le Donbass orchestrées par le régime de Porochenko. Les morts sont une chose, mais il y aussi les blessés très nombreux parmi les civils, peut-être le double des morts ? Les chiffres donnés sont manipulés notamment par les régimes qui soutiennent Kiev et les comptages toujours difficiles. Une partie d’entre eux sont désormais estropiés, ils ont perdu bras, jambes, la vue et se retrouvent dans des situations infernales.

La blessure grave, l’amputation, Svetlana Kozïr l’a connu l’an dernier. C’était le 16 août 2014, dans une offensive terrible et menée par les forces ukrainiennes, la poussée des bataillons de massacreurs fut bien proche d’enfoncer un coin mortel dans la Novorossia. L’objectif des Ukrainiens était de couper en deux les deux républiques autoproclamées du Donbass. Dans ce mouvement, les Ukrainiens s’engouffrèrent dans ce qui devait être plus tard le chaudron et la fournaise de Debaltsevo et Gorlovka. Dans leurs progressions ils rencontrèrent de fortes résistances dans chaque localité rencontrée. Le 16 août, ils arrivèrent devant Jdanovka, petite ville au Nord-Est de Donetsk qu’ils emportèrent d’assaut dans un chaos indescriptible. Peuplée d’environ 12 000 habitants avant la guerre, la ville paisible subit un bombardement incohérent qui ne vise pas forcément les forces insurgées mais plutôt les populations civiles. Svetlana et sa famille qui habitent un appartement au premier étage d’un petit bâtiment se réfugient immédiatement dans leur intérieur. Alors qu’ils prévoyaient de se protéger avec leurs matelas et quelques meubles, l’obus assassin frappe alors de plein fouet leur logement.

Dans leur maison c’est le carnage, le mari de Svetlana gît tué sur le coup dans les décombres avec son petit garçon à peine âgé de six ans. Lui aussi est mort. Mais l’obus n’a pas fait que tuer mari et fils, son bras gauche a été arraché par le projectile. Elle sera sauvée par les secours qui l’emporteront vers un poste de secours où elle subira l’amputation de son bras mutilé très haut sur l’avant-bras. La jeune femme nous raconte presque sans expression cette scène d’horreur, elle ne versera pas une larme. A côté d’elle se trouve Sacha (Alexandra), sa petite fille de bientôt 11 ans ayant survécu à l’explosion sans blessure. L’orpheline écoute sa mère avec attention, mais bientôt les désirs de jeu de l’enfant reprennent leurs droits. A leur rencontre sont venus notre équipe de tournage de Novorossia.TV mais aussi Elena Pavlenko, une jeune députée du Conseil de Donetsk. La jeune politicienne enserre à plus reprise la jeune enfant. Sur les lieux du drame, les deux survivantes resteront d’un courage rare et exemplaire, je ne sais pas si au récit des événements de cette tuerie, si elle avait touché les miens, j’aurais pu rester stoïque. Il est toutefois certain qu’à l’intérieur le désarroi et une profonde tristesse habite son âme.

Elena est venue à leur rencontre car elle organise avec d’autres responsables de Donetsk et avec un important financement d’un donateur allemand (25 000 euros) des vacances pour les enfants du Donbass. Ce n’est pas le premier voyage, d’autres enfants grâce à l’aide d’activistes slovaques ont déjà été conduits en colonie de vacances en Crimée. Pour son départ, Elena est venue régler elle-même chez un notaire les papiers nécessaires pour le départ de la toute jeune fille. En mon nom personnel et sur les fonds collectés auprès de centaines de gens que j’ai rencontré entre mai et juillet dernier, je remets à sa maman la somme de 5 000 roubles. Je m’excuse presque de la modeste somme, mais les regards de Svetlana sont brillants, j’apprendrai bientôt qu’il s’agit pour elle de 2,5 fois sa pension d’invalidité pour un mois… C’est le cœur à la fois léger et lourd que nous repartirons d’ici. J’aurais eu le temps d’interroger Sacha et de lui confier aussi l’un des christs que je portais au cou, une croix en argent orthodoxe cerclée de petits rubis, « Que Dieu te garde Sacha ». C’est la première fois de sa vie qu’elle part en vacances aussi loin, elle sera avec d’autres enfants, certains de ses amis. Trois semaines de bonheur, pour une orpheline, quel cadeau infime pour elle qui a perdu son père.

C’est égal, elle paraît heureuse et s’amuse de la caméra de Vyacheslav, notre cameramen. Sa mère est très modeste et simple, timide et intimidée elle n’ose pas dans sa pudeur étaler son malheur, admirable femme. Je la questionne toutefois, évoque l’avenir du pays, de la Novorossia : « c’est égal que nous soyons dans la Russie ou indépendant, ce sera bien, mais jamais avec les Ukrainiens, plus jamais ! ». Elle n’ajoutera aucune autre parole, cette femme digne, honnête et émouvante durant les heures que nous passerons avec elle, ne prononcera aucune parole de haine sur les Ukrainiens, aucune invective, aucun reproche, seulement l’impossibilité de vivre avec ceux qui ont tué son petit garçon et son mari. Continuera-t-on à les tuer pour avoir choisi de reprendre leur liberté et indépendance ? Et nous en France continuera-t-on à verser de l’argent pour financer les obus qui les tueront ?

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Donetsk, « Les Français sont-ils nos amis ? »

8 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La Russie, #Europe supranationale, #L'OTAN., #le nazisme

Donetsk, « Les Français sont-ils nos amis ? »

Donetsk, « Les Français sont-ils nos amis ? »

Dimanche 3 août 2015. Dans la nuit sombre à la lueur faible de la lune les obus s’abattent au loin sur les habitations fragiles de quelque famille du Donbass. Les coups partent, les uns après les autres, parfois presque en rafale. Je n’entends pas siffler l’obus, je suis trop loin, mais j’imagine bien son sifflement. Je me souviens des récits d’Henri Barbusse, de Dorgelès ou encore de Maurice Genevoix. A l’oreille les poilus pouvaient reconnaître le calibre des canons qui tiraient. Ici c’est un peu pareil. L’instant silencieux faisant place au chaos et aux décombres retombant un peu partout au sol, ce sont les maisons du Donbass qui éclatent. Dans ces maisons, dans ces immeubles vivent beaucoup de familles, d’enfants, de vieillards. Je me souviens de l’école de la République où l’on nous racontait « l’infâme Napoléon ». Diable si ces hommes-là, les volontaires de 1791 se trouvaient encore de ce monde que penseraient-ils de ce massacre ?

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A peine le coup lâché, peut-être dans les hurlements de satisfaction des artilleurs, l’obus prend de la hauteur, oscille et retombe dans un sifflement avant de percuter finalement un peu au hasard les lignes des insurgés ou les habitations de leurs familles. Je revois encore cette vidéo délirante de l’été 2014, trois tankistes ukrainiens écoutant de la musique beuglaient comme des veaux à chaque coup tiré… des obus tirés sur des habitations civiles. Les bougres hurlaient et s’esclaffaient à coup au but. L’obus qui incline sa courbe pour ensuite ravager l’existence de gens comme tout le monde, ne hurle pas, il siffle. Beaucoup n’explosent pas m’indiquait un volontaire. Selon lui, en secret dans les bataillons d’artillerie ukrainiens il y a des saboteurs qui faussent les réglages, dérèglent les minuteurs, s’arrangent pour que les munitions ne soient finalement pas efficaces. S’il n’y avait que des saboteurs dans les rangs ukrainiens alors sans doute oui, l’Ukraine pourrait encore avoir le visage d’une vraie Nation. Mais trop de gens dans le Donbass sont déjà morts.

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Cet obus pourtant a été travaillé par un ouvrier qualifié dans une usine, il a nourrit une famille si l’on peut dire. Il a surtout permis à une firme d’armement d’ici ou d’ailleurs d’aligner un chiffre sur un quelconque programme de comptabilité. Un de vendu. Un simple chiffre sur le bilan comptable d’une entreprise pas comme les autres. L’obus lui finalement se transforme aussi en argent sonnant et trébuchant, des euros. Ils transitent d’une banque à une autre. Une caisse de plus pour les artilleurs ukrainiens. L’argent n’est pas un problème réel pour l’Ukraine, à de nombreuses reprises FMI, USA, Union européenne ont mis généreusement la main à la poche pour que l’Ukraine puisse se payer le luxe d’acheter de quoi provoquer les cris et les clameurs d’artilleurs décérébrés. Et cela dure depuis plus d’un an, plus d’un an ! Combien d’obus ont été tirés ? Des milliers, des dizaines de milliers, plus ? Rien que dans les soirées de vendredi et samedi, pas moins de 500 ! Un bon business, un marché bien lucratif. Vos impôts français ne servent pas seulement à grassement payer une classe politique rassasiée mais paradoxalement avide de pouvoirs. Crédit illimité pour le Président Porochenko, que ses canons tirent… l’addition viendra en son temps, la Grèce est à vendre, mais l’Ukraine ne l’est pas moins !

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Le décor change, je déambule dans les rues de Donetsk, le soleil écrasant domine toujours la ville. Au loin des cheminées fument, je rencontre sur mon chemin un « Ent » du Donbass, la rencontre est curieuse, Sylvebarbe lui aussi parlait de cheminées qui fument en Isengard. Mon curieux intermède tolkienien s’interrompt brusquement à la vue d’un véhicule bigarré qui croise ma route. Il pétarade et suffoque le long de la route. Décidément non nous ne sommes pas dans l’antique forêt de Fangorn. Pourtant les canons des Ukrainiens eux fument toutes les nuits. Hélas. Autour de moi les rues sont vides. Je suis sur une grande artère, je me rends au marché couvert, j’espère y trouver quelques choses essentielles pour ma vie domestique qui décidément m’éloigne de la Terre des milieux. Je me trouve plus tard devant un kiosque, non loin une gare d’autobus embarque son lot de voyageurs. L’endroit est vivant, des tables fixes à hauteur de torse permettent aux voyageurs en transit de boire avant le départ ou à l’arrivée un café ou un thé. La restauration rapide chère aux slaves et parfois peu engageante se trouve étalée tout le long du magasin. Une vendeuse attend ma commande, « un thé vert s’il vous plaît ».

Je paye les cinq roubles demandés, c’est à peine huit centimes d’euros. A mon accent elle repère ma condition d’étranger. Là-bas une autre m’avait prêté du sang arabe et aristocrate, je comprends bien la première remarque, les photos de mes ancêtres bressans, le pays des cheminées sarrasines expliquent cela. La seconde me laisse perplexe mais m’amuse, je n’ai pas trouvé de sang bleu dans ma généalogie paternelle, à peine ces braves gens ont-ils parcouru 50 kilomètres à l’intérieur même de l’obscur canton de Saint-Trivier-de-Courtes. Celle-ci me lance un « Italiano ? », « Niet Franzouss ! ». La conversation s’engage, la femme environ de mon âge me parle vite d’une grand-mère disparue en France durant la Seconde Guerre mondiale. L’histoire me rappelle celle des Lethulle, famille que j’ai guidé en Russie l’été 2014 à la découverte de leurs origines russes. Leur grand-mère aussi avait été déportée en Allemagne pour travailler dans les usines. C’est là qu’elle avait rencontré son futur mari… français. L’histoire est la même, elles furent sans doute des centaines de milliers, et quelques milliers d’entre elles ne revinrent jamais dans leur mère Patrie.

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Je l’interroge, elle ne sait pas grand-chose, se souvient de lui avoir écrit il y a longtemps, 40 ans me dit-elle ! Rien ne s’est conservé de ce contact, ni le lieu en France, ni son nom d’épouse, ni les lettres. Une histoire qui restera dans l’ombre. Son intérêt grandit, elle plaisante avec sa collègue l’interrogeant sur ma présence « C’est un Français, as-tu un message à faire passer en France ! », « Certes non, mais parle-t-il russe ton Français ? », « Oui avec un accent, mais il parle », « Que fait-il donc là ? », « C’est un journaliste… », « Mon Dieu de la propagande, il fait de la propagande !!! ». Nous rigolons gaiement, je ne peux leur en vouloir, la propagande russophobe et anti Donbass je connais en effet. Elles comprennent toutefois que je ne suis pas un ennemi, je boirais un deuxième thé, un chat-souris, comprenne qui pourra s’approche de moi. Il est minuscule, à la proximité de ce lieu de restauration, alors qu’une vendeuse de glace et une autre de Kvas (la boisson nationale des Russes) se trouvent non loin, le petit félin est nourrit, pauvrement mais assez pour survivre. Il recherche ma compagnie et mes caresses. La vendeuse me lance un « emmenez-le en France ! ». Je réponds que je serai ici au moins un an, la réponse surprend mon monde. C’est avec reconnaissance qu’ils me laisseront finalement partir, je refuse un troisième thé, la dernière question me désarçonne toutefois « Les Français sont-ils nos amis ? ».

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Avec désarroi je ne sais que lui répondre. Dois-je lui dire que chaque jour d’infâmes journalistes qui n’en portent que le nom nient jusqu’à leur droit de vivre et souillent leurs morts ? Que dois-je dire ? « La propagande est forte en France, forte et sale », les deux vendeuses hochent la tête, elles ont compris, mais j’emporterais avec moi ce jour-là la reconnaissance de leurs regards. Dieu merci je me trouve là pour relever notre drapeau, je m’éloigne toutefois avec un vague à l’âme et un réel malaise de savoir que dans mon pays, des gens les ont déjà enterrés vivants. Je me rassure moi-même en m’encourageant de la voix, finalement, il en reste assez de Français, il en restera toujours assez.

Laurent Brayard

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MH-17 : LE SILENCE DES COMPLICES

8 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La Russie, #Les média, #La guerre, #L'OTAN., #le nazisme, #Le fascisme, #Terrorisme

MH-17 : LE SILENCE DES COMPLICES

MH-17 : LE SILENCE DES COMPLICES

Nous vivons à une époque où le progrès informationnel incarné par la toile omniprésente et omnipotente a gratifié le quatrième pouvoir d’une dimension illusoire sans précédent, au point que le journaliste, normalement en quête de vérité, s’est subitement transformé en illusionniste. Il ne se passe pas un jour sans que nous ne voyions apparaître des mensonges gros comme des maisons, que ce soit au niveau du traitement qui avait été réservé au massacre de la Ghouta en Syrie, traitement symptomatique à bien des égards, ou que ce soit, contraire au bon sens le plus élémentaire dès ses débuts, celui du dossier ukrainien.

Il m’est bien triste de le reconnaître, mais la désinformation russophobe qui gangrène les médias atlantistes est originellement française. Guy Mettan, député au grand conseil du canton de Genève et président du club suisse de la presse, l’a bien noté dans un article publié sur les pages de Libé (nous n’en sommes plus à un paradoxe près !) : « La russophobie moderne est née en France, avant de migrer en Grande-Bretagne et en Allemagne et, enfin, aux USA. Succédant à la russophilie de Voltaire, la russophobie française moderne a commencé avec Louis XV et Napoléon, qui ont forgé et diffusé le faux Testament de Pierre le Grand selon lequel le fondateur de la puissance russe aurait enjoint à ses successeurs de dominer l’Europe jusqu’à Londres ». Très franchement, ça ne vous rappelle rien ?L’esprit cartésien de mes chers compatriotes gaullois n’ayant d’égal que le pragmatisme décomplexé de nos politiques, il a fallu attendre le soi-disant miracle de la Marne pour que la Russie rentre dans les bonnes grâces françaises même si une période de réchauffement était quand même à relever sous la IIIème République. On y ajoutera bien sûr la russophilie européo-souverainiste du Général, vaguement soutenu dans les masses pour qui la Russie soviétique équivalait à Stalingrad en s’associant donc à un tournant providentiel de la II GM. Mais déjà à l’époque, alors qu’il n’y avait pas internet et les effets spéciaux télévisés étaient tout ce qu’il y avait de plus modeste, on s’évertuait à insuffler aux masses une pieuse admiration des exploits américains … si bien que la plupart des gens de ma génération assez peu versés en Histoire étaient (et restent, je présume) persuadés que les grands, les vrais vainqueurs de la Grande Guerre, ce sont bien évidemment les Américains. Moralité : il a fallu trois-quatre générations pour renverser et reforger une dimension cruciale de la réalité historique.

S’il est vrai qu’internet permet des manipulations sans nom, il est non moins vrai que l’antidote s’extrait du poison lui-même : autant que de mentir, internet permet de rétablir la vérité ou du moins de s’en rapprocher. Le cas du MH-17, exemple type de désinformation multilatérale, anti-russe et fondée sur des accusations totalement arbitraires, est d’une grande force démonstrative.

Il est, d’une part, facteur d’enlisement pour les politiques occidentales puisque le téléguidage américain a donné lieu à des sanctions insensées et au dénouement honteux des Mistral. Petit détail croustillant : non contente d’avoir dû rembourser 1,3 milliards d’euros – encore que Poutine a fait un rabais pour des raisons que nous ignorons – la France constate aujourd’huique la NSA a signé un contrat de 490 millions de dollars avec la Russie. Pourtant, dès le début de la partie, il était clair que l’UE, sous l’impulsion loyaliste germanique, tomberait elle-même dans le piège des leurres américains.

D’autre part, le traitement dévié du dossier a exacerbé une guerre extrêmement dangereuse pour l’Europe car menée en pleine Europe, aux frais du FMI et du contribuable européen. N’oublions pas non plus le fond tactique et symbolique les tireurs de ficelle ayant bien capté qu’il était facile de déstabiliser un Etat européen en l’espace de quelques misérables mois en dressant des peuples frères les uns contre les autres, aussi bien dans les frontières du pays concerné qu’en dehors.

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AFP PHOTO/ ALEXANDER KHUDOTEPLY

Enfin, sur un plan global, le semblant d’enquête mené discrédite totalement le droit international en achevant de démolir ses fondements. Voici pourquoi.

Lors du sommet de l’ANASE qui vient de se clore, le chef de la diplomatie russe a remarqué que la Russie était le seul pays à présenter des images satellites du Boeing malaysien au moment du crash la partie ukrainienne gardant pour elle les enregistrements dont elle dispose (échanges entre l’aiguilleur du ciel, le pilote et le co-pilote) et la partie américaine entretenant les soupçons des médias occidentaux et des familles endeuillées. On se souviendra du triomphe déplacé du Spiegel qui s’appuyant sur des a priori sans queue ni tête avait en son temps titré « Nous les avons ! Des photos des satellites américains montrent que les séparatistes sont les coupables ! ». La publication desdites images avaient été depuis rapportée aux calendes grecques de même que la prise en charge de l’enquête par l’ONU conformément à la résolution 2166 de juillet 2014 sortie par le Conseil de sécurité.

En plus de ces étranges omissions, plusieurs faits inexplicables renforcent les incertitudes des experts et décrédibilisent les marchands d’illusion. Ainsi :

  • Comment se fait-il que la Malaisie, première victime d’un drame qui a emporté la vie de près de 300 personnes, n’ait été inclue dans le groupe d’enquête que six mois après l’évènement alors donc que l’Australie, la Belgique, l’Ukraine et les Pays-Bas avaient été aussitôt engagés ?
  • Comment se fait-il que des mois après le crash de gros débris perforés en long et en large jonchaient encore le champ sinistré ? Dans un reportage récemment tourné par RT, on peut voir de simples villageois recueillir des fragments de taille et les stocker en lieu sûr en attendant qu’ils soient récupérés. Personne ne se manifeste. Comme s’il fallait faire piétiner l’enquête autant que possible. En outre, personne n’a jamais cherché à analyser les témoignages à l’époque tout crus et tout frais de ces mêmes villageois qui auraient vu – je ne crois que très passablement aux hallucinations collectives – unchasseur ukrainien escorter le Boieng. S’y ajoute le témoignage (jamais exploité par la partie occidentale) d’un aiguilleur du ciel espagnol qui aurait repéré non pas un mais deux chasseurs ukrainiens dans les parages. Des menaces récurrentes l’ont depuis réduit au silence. Les experts interrogés avaient procédé à une reconstitution informatique du crash en partant de l’hypothèse que l’avion avait été bel et bien descendu par un missile sol-air Bouk. Ils en ont déduit, au grand conditionnel, que ce scénario pourrait être validé mais qu’il n’était qu’une version plausible de la tragédie. Pourquoi ne pas faire une reconstitution du même genre en vérifiant l’hypothèse des chasseurs ? Quand bien même l’on s’en tiendrait à la version du missile Bouk, pourquoi en imputer automatiquement le lancement aux forces républicaines ?
  • Comment se fait-il que la partie malaysienne se contente de gober les pseudo-conclusions abracadabresques d’experts enquêtant à huis clos ? La même question vient d’être posée ou plutôt reposée par l’ancien Premier ministre malaysien, M. Mahathir ibn Mohamed.
  • Comment se fait-il, rétrospectivement, que l’Ukraine n’ait pas fermée son espace aérien dans une zone en guerre ? Toute considération pécuniaire ou souverainiste mise de côté, il semble étrange qu’aucune condamnation officielle internationale n’ait été prononcée. Or, juridiquement (formellement) parlant, Kiev reste le principal responsable du crash. La question de savoir qui a tiré le missile est en ce sens secondaire.

La vérité a cela de fâcheux qu’elle finit toujours par éclater … même en amas de pépites. Joost Niemoller, journaliste d’investigation néérlandais, a publié fin 2014 un ouvrage intitulé The Cover-Up Deal dans lequel il mène se propre enquête du crash. On y apprend plus particulièrement que les ententes conclues (à huis clos) entre le Conseil national de la recherche et Kiev prévoyaient un droit de veto relatif au déroulement de l’enquête. En d’autres termes, aussi bienles enquêteurs occidentauxengagés que leurs collègues ukrainiens peuvent faire barrage à la poursuite de l’enquête ou la faire dévier à leur guise. Merci au procureur général ukrainien d’avoir été si loquace lors d’une conférence de presse donnée à Kiev le 10 août, il y a soit un an de là. Comment s’étonner que l’enquête n’ait pas bougé d’un pouce ? Il n’est pas exclu que nous ayons de fracassantes surprises quelques années plus tard quand le dossier ukrainien sera définitivement abandonné et/ou le Léviathan médiatique tentaculaire renversé. Nous en avons déjà eu avec la lessive « de destruction massive » genre Ariel ou Persil made in Irak et enfin révélée au grand jour, Colin Powell n’en revient toujours pas d’avoir été trompé par la CIA : trop tard ! L’Irak est un pays détruit. Entre-temps, les 300 passagers du vol MH17 ne ressusciteront jamais. Qu’ils aient été cyniquement sacrifiés ou involontairement tués par les parties belligérantes, il est certain que leur mort – tant dans ses circonstances que dans la façon morcellée et partiale dont l’enquête est effectuée –contribue à décrédibiliser jusqu’à son noyau dur cette propagande atlantiste qui se nourrit de virtualité et d’opportunisme en achevant de dévisser les fondements du droit international.

Françoise Compoint

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Javier Benites, un jeune médecin espagnol au secours du Donbass

3 Août 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Europe supranationale, #Economie, #La mondialisation, #le nazisme, #Le fascisme

Javier Benites, un jeune médecin espagnol au secours du Donbass

Javier Benites, un jeune médecin espagnol au secours du Donbass

Javier Benites, un jeune médecin espagnol au secours du Donbass

Le 31 juillet 2015

Javier est originaire de Badajoz dans l’Estrémadure et c’est à la sortie de l’Université qu’il décide de partir dans le Donbass. Issu dans sa jeunesse de la CNT, c’est un militant et activiste de l’extrême-gauche. Ce qu’il découvrait dans les informations sur la guerre en Ukraine le révoltait. Se pensant utile pour les gens en difficulté dans le Donbass assiégé, il se décide sans trop y penser au départ. C’est ainsi qu’il atterrit dans le Donbass au mois de février 2015… Histoire d’hommes, histoire d’altruisme, il n’y a rien dans sa démarche qui ne soit réfléchi, pas d’aventurier derrière le noble Javier. Le courage et la jeunesse sont rarement associés, mais plutôt la témérité avec la jeunesse. C’est pourtant le courage que je découvrirai chez Javier. A côté d’autres interviews que j’ai visionnées dans le Donbass, ce qui me frappa d’abord ce fut sa profonde humilité. Retour sur une belle rencontre.

C’est à peine arrivé dans le Donbass que j’eus la surprise de recevoir un message de Javier. Il avait découvert sans doute par hasard ma page Facebook consacrée à mes propres expériences dans la région. Nous décidons d’une rencontre qui très vite se transforme en une émission de télévision, Le Point de vérités qui est diffusée régulièrement pour les habitants de Donetsk et du Donbass. De prime abord réservé, Javier en s’exprimant montre rapidement une étonnante force intérieure. C’est avec très peu d’argent qu’il décide du départ au début de l’année 2015. Javier est Espagnol, le Donbass est en plein hiver, un hiver très dur à vivre pour un Espagnol de l’Estrémadure, les combattants de la division Azul avaient eux aussi beaucoup souffert des conditions climatiques. Nous ne sommes pas pourtant dans le Donbass en face d’un climat aussi rude que dans les tranchées devant Leningrad. Mais passons, la division Azul était constituée des fascistes de Franco, Javier lui est tout à l’opposé, il vient dans la tradition des fameuses brigades internationales qui servirent avec tant de volonté et d’opiniâtreté en Espagne.

Il dit lui-même d’ailleurs en faisant le parallèle entre la Guerre d’Espagne de 1936-1939 et le Donbass que ce sont des guerres très différentes mais avec de grandes similitudes : des fascistes dans le camp ennemi, des escadrons de la mort semant la terreur et la désolation, la Russie (URSS) tentant d’aider les Républicains (noms que se donnent à l’heure actuelle les insurgés du Donbass en opposition au mot péjoratif de « séparatistes » utilisé par les médias occidentaux ou ukrainiens). A son arrivée en passant par Rostov, il n’a pas le temps de souffler, le voilà dans un hôpital militaire de campagne. Les médicaments manquent, les pneumonies guettent, il vivra sa première expérience de médecin sur le front. Selon ses paroles, la situation est meilleure actuellement, grâce à l’aide des convois humanitaires russes, il déplore d’ailleurs que l’Union européenne, et son pays l’Espagne ferment les yeux sur les horreurs commises ici. Pire encore, il indique que l’Espagne a envoyé des équipements militaires aux Ukrainiens, gilets, casques etc.

A la question s’il pourrait être victime de répression en rentrant, il répond que oui. Il évoque la dure crise qui touche sa province, 30 % de chômage, les banques saisissant les maisons de pauvres gens surendettés et mis à la porte, la situation politique très grave et les compromissions dangereuses avec les Américains et l’Union européenne. Ses mots sont forts lorsqu’il parle des gens qui mourraient dans les hôpitaux, pour lui « l’Union européenne et les Occidentaux ne sont pas seulement responsables des morts sur les champs de bataille ou les victimes des bombardements, les massacres. Ils sont aussi responsables des gens qui mourraient faute de médicaments dans les hôpitaux ». Ses paroles raisonnent dans le studio, l’Union européenne en effet a fermé les yeux, elle n’a rien envoyé, pire même elle a soutenu les assassins au nom du grand jeu international en partie dirigé par les Américains. Javier termine son allocution, nous continuerons ensuite dans les coulisses nos discussions. Zak, l’Américain d’origine serbe qui travaille à la rédaction est descendu lui aussi à sa rencontre. C’est que nos conversations se déroulent en langue anglaise, Javier ne parle pas le russe et très peu le français. Lorsqu’il part après bien des échanges fructueux, Zak termine par une interrogation : « Ne sont-ils pas beaux ? ». Natacha notre traductrice lui dit en effet au revoir loin du palier, nous les dominons de quelques marches. Je lui réponds alors « oui, il y a de l’espoir avec des jeunes comme eux ». Zak acquiesce, Javier vient en effet de nous donner une grande leçon à nous les plus anciens, il y a toujours de l’espoir !

Laurent Brayard

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