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Le blog de Lucien PONS

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Éventualité d'une attaque nucléaire américaine massive contre la Russie

16 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #AMERIQUE, #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #Ukraine, #La guerre, #La paix, #L'OTAN., #l'ONU, #L'armée française

Éventualité d'une attaque nucléaire américaine massive contre la Russie

Divers textes circulent actuellement en évoquant cette perspective. Il est clair que pour des gens sensés cette attaque serait terrifiante, provoquant des retombées susceptibles de toucher la Terre entière et durer pendant des décennies, sans mentionner ce que les spécialistes nomment un hiver nucléaire pouvant s'installer pour une plus longue durée encore. Au plan biologique, elle provoquerait une nouvelle extinction massive des espèces existantes.

Pourtant des militaires américains semblent l'envisager de plus en plus sérieusement, suivis en cela par des mouvements néo-conservateurs pour qui le plus grand risque que courre actuellement l'Amérique tient en la présence d'une Russie certes disposant de forces nucléaires conséquentes mais qui pourtant ne manifeste aucune intention de s'en servir contre l'Amérique. On lira par exemple à cet égard la mise en garde d'un certain Matthew Gault, du site Nedium.com-The War Is Boring, publiée sur son site le 7 avril 2015 et commenté par Dedefensa https://medium.com/war-is-boring/god-no-the-u-s-air-force-doesn-t-need-another-curtis-lemay-37de19c11652

Matthew Gault s'inquiète de la nomination à la tête du Global Strike Command (GSC) de l'US Air Force, du général Robin Rand, à qui son chef direct le général Welsh, chef d'état-major de l'USAF, a recommandé de se comporter à l'exemple du général Curtiss LeMay. Celui-ci, du temps de la guerre froide, avait été à deux doigts de provoquer un embrasement nucléaire général.

De leur côté les Russes, exaspérés par les provocations américaines en corrélation avec la crise ukrainienne, semblent de plus en plus persuadés que les Etats-Unis veulent effectivement détruire militairement la Russie, constatant qu'ils ne peuvent rien contre elle avec les moyens conventionnels. Dans ce cas les Etats-Unis seraient de plus en plus tentés, non seulement chez les militaires mais dans les cercles néo-conservateurs les plus radicaux, de recourir à une First Strike (première frappe ou frappe préventive) nucléaire.

Concernant le pronostic de plus en plus pessimiste que font à cet égard les stratèges russes, on lira un interview, abondamment commenté ces jours-ci, émanant de Leonid Petrovitch Rechetnikov, ancien Lieutenant-Général retiré de la direction du SVR (service de renseignement extérieur russe), directeur du RISS (Institut Russe des Études Stratégiques, Russian Institute of Stragic Studies) dont Rechetnikov ne cache pasqu'il s'agit d'une “couverture“ et que l'Institut est directement lié au SVR auquel il fournit des analyses. Rechetnikov est aussi considéré comme un conseiller direct de Poutine. Le site FortRus donne de ses propos, le 8 avril, une traduction anglaise http://fortruss.blogspot.be/2015/04/russian-foreign-intelligence-chief.html Le sakerfrancophone fait de même en français (http://lesakerfrancophone.net/interview-dun-ancien-analyste-russe-des-services-du-renseignement-exterieur/)

Rechetnikov se dit persuadé, de par les renseignements et indices dont il dispose, que les Etats-Unis se sont donné 5 ans pour détruire la Russie. S'ils ne le faisaient pas d'ici là, ce serait le système américain qui s'autodétruirait du fait des ses contradictions internes et de ses aventures extérieures. Ils le savent. Bien évidemment, il serait possible de suspecter que le SVR se livre ainsi à une opération de désinformation anti américaine. Quand on lit l'interview, on ne peut cependant qu'être frappé par la pertinence des analyses.

Cinq ans pour détruire la Russie

Ceci étant, peut on penser que, si les dirigeants américains, civils et militaires les plus hallucinés passaient à l'acte dans les mois qui viennent, ils auraient quelque chance de réussir à détruire la Russie, sans se détruire eux-mêmes. Nous ne retiendrons pas pour notre part l'argument selon lequel la Russie, qui est en train de se doter d'anti-missiles de dernière génération S 500, pourrait grâce à eux neutraliser avant qu'ils n'atteignent le territoire russe, des missiles balistiques intercontinentaux à tête nucléaire américain. Aussi perfectionnés que deviennent à échéance d'1 an ou 2 ans les S 500, ils seraient impuissants à neutraliser une volée de missiles nucléaires américains, provenant d'un sous-marin nucléaire lance-engins (SNLE) américain patrouillant non détecté dans l'immense étendue des mers. A plus forte raison si plusieurs de ceux ci attaquaient en même temps.

La seule réaction que pourraient avoir les Russes serait de recourir dans les minutes suivant la frappe américaine, à une frappe en retour massive provenant de leurs propres SNLE et dotés des instructions préalables en ce sens. Ces sous-marins patrouillent eux-aussi en permanence, certains non loin des côtes américaines.

Dans ce cas la première frappe américaine détruirait à coup sur une partie de la Russie, mais la frappe en retour russe détruirait pratiquement l'ensemble des Etats-Unis, bien plus exposés. Il s'agirait évidemment d'une situation dite de MAD, du temps de la guerre froide (Destruction Mutuelle Assurée), mais la Russie, au territoire plus étendu, aurait de meilleures chances de s'en sortir, après la fin des retombées atomiques et de l'hiver nucléaire. Ce serait de toutes façons la mort de nos civilisations respectives, mais ce qui resterait des Russes repartiraient d'un meilleur pied que les Américains, car ils sont plus rustiques. Resterait aussi la Chine, qui échapperait sans doute à une première frappe américaine.

Sans pour autant nous rassurer complètement, nous pouvons penser, si nous ne nous trompons pas dans cette analyse, que les stratèges américains seraient fous à lier s'ils ne raisonnaient pas de la même façon de leur côté. Mais restons prudents. Dans le monde chaotique, au sens scientifique, qui est le nôtre, tout peut arriver.

(rédaction provisoire)

Image (wikipedia)

Project 955 classe Boreï : fin 2014, trois sous-marins sont en service alors que la Marine de guerre russe prévoit la mise en chantier de deux bâtiments supplémentaires. Cette classe devrait comprendre un total de 8 navires d'ici 2020 et remplacera les éléments des générations précédentes qui seront retirés en 2018. Ils doivent emporter 16 R-30 Boulava. Bien évidemment, si la tension avec l'Amérique s'aggravait, nul ne serait à l'abri d'une décision "folle" prise en bas de l'échelle hiérarchique, par exemple provenant du commandant d'un de ces sous-marins, d'envoyer un missile nucléaire "préventif" sur une ville américaine.

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Réaction de Luc Brunet (membre du comité de pilotage de Europe Solidaire)

Nous sommes ici sur un domaine très spéculatif où le bluff et les démonstrations de force sont plus nombreux que les informations objectives.

Je voudrais simplement ajouter quelques commentaires:

  • l'Ukraine joue bien sur un rôle de détonateur, mais il n'est pas le seul, et risque même de disparaitre d'ici quelques mois si le régime de Kiev s'effondre. D'autres conflits régionaux ou les US risquent de se retrouver sont également très dangereux, je pense notament a une confrontation Saudi-Iran, ou a la différence de l'Ukraine,d'important enjeux économiques (les champs de pétrole !) s'ajoutent aux conflits d'intérêt géopolitiques.
  • - sur une note un (petit) plus optimiste, n'oublions pas que les politiques et certains généraux US ne sont que les marionnettes du système économico-industriel US. Ils ont montré à maintes reprises leur mépris des réalités et il semble qu'ils ignorent également le risque qu'ils font courir à leur propre familles si ils jouent les Docteur Folamour (je ne parle pas de la population US, dont ils ne doivent pas se soucier beaucoup). Mais je pense que la majorités des cadres de l'armée US sont eux bien plus réalistes et savent quelles pourraient être les conséquences des rêveries paranoïaques de leurs leaders. On peut espérer que ceux-là pourraient décider d'intervenir et de stopper les fous qui sont au volant. Un coup d'état militaire aux US mettant fin au système et ses folies, pourquoi pas ?

 

 

12/04/2015
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Actu’Ukraine du 6 au 12 avril 2015 Focus de la semaine : La seconde chute de l’Ukraine dans les ténèbres.

15 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Europe supranationale, #La France, #La Russie, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Les média, #Le fascisme, #le nazisme, #Terrorisme

15 avril 2015

Merci à toutes celles et tous ceux qui ont participé à cette Actu’Ukraine !

Actu’Ukraine du 6 au 12 avril 2015

Focus de la semaine : La seconde chute de l’Ukraine dans les ténèbres


• L’endoctrinement des enfants. Après Yatseniouk et “l’invasion de l’Allemagne et de l’Ukraine par la Russie”, après ses comptes d’apothicaire au sujet des morts Ukrainiens de la Seconde guerre mondiale, c’est au tour de l’enseignement de réécrire l’Histoire : un manuel scolaire a été augmenté de nouvelles pages célébrant la guerre au Donbass comme un “combat pour la démocratie et l’indépendance” où la Russie est clairement désignée comme l’ennemi de l’Ukraine. Ces nouvelles pages ont déjà été envoyées dans les écoles (segodnya.ua, vzgliad).

Couverture du manuel (ridus.ru)

L’endoctrinement des jeunes, voire des enfants, n’est pas une nouveauté en Ukraine. Déjà, en septembre 2014, est paru un livre destiné aux enfants de 4 à 6 ans dont le titre est  «Histoires sur Maïdan», publié à Lviv / Lvov aux éditions du Vieux Lion (Издательствo Старого Льва) (ridus.ru). Et il a déjà été instauré dès fin septembre  2014 l’obligation de chanter l’hymne ukrainien tous les matins, dans les écoles (ridus.ru à 10 h 46 ). Sans parler des cours de préparation militaire institués à peu près au même moment. “Notre tâche, c’est de faire participer le maximum de citoyens à la défense du pays. Nous parlons aujourd’hui du fait que chaque citoyen sera obligé de faire un stage de deux mois appelé “cours du jeune combattant”, a déclaré le 25 septembre 2014 sur l’antenne de la télévision ukrainienne 112 un conseiller du ministère ukrainien de la défense, Alexandre Dalniouk (112.ua).

• La mutation des services de renseignements (SBU) en police politique. Cela avait été évoqué la semaine dernière dans le focus. Le chef actuel du SBU, Nalivaychenko, veut purger les échelons subalternes du SBU des agents du FSB qui y seraient encore… Et, dans la foulée, il veut réorganiser le SBU selon le modèle du contre-espionnage du OUN-UPA entre 1930 et 1950, ce qui implique la formation d’une police secrète politique et politisée… En Allemagne, à la même époque, cela s’appelait la Gestapo… (politnews.net via fortruss, vzgliad). Pour mémoire, voila le genre de méthodes utilisées par OUN-UPA à l’époque : écrasement de boîte crânienne, exécution à la hache ou la scie, arrachage de cheveux,… (fortruss).

• L’épuration de la Justice. Lynchage public d’un juge qui a pour seul tort de ne pas être du “bon” parti. L’incident a eu lieu le 9 avril. C’est pour l’instant des faits isolés, mais il est révélateur de l’ambiance qui règne en Ukraine. Le fait que des militants ultra nationalistes (Praviy Sektor) puissent faire cela sans que la police intervienne est assez symptomatique d’une société à la dérive. L’homme en question, un juge de la ville d’Ivano-Frankivsk, a été trainé hors de son bureau, mis dans une poubelle, molesté, obligé à se déshabiller en parti et promener ainsi dans la ville. Les militants ont conditionné sa libération au fait qu’il signe une lettre de démission (youtube, youtube, youtube, korrespondent.net).

Noter le sympathique signe très “européen compatible” et “valeurs communes de l’UE” d’un des militants épris de liberté et de tolérance en début de vidéo.

• La transformation de la guerre civile en croisade. La religion n’est pas à l’abri de cette volonté de radicalisation. il y a en Ukraine, une église orthodoxe qui a la volonté farouche de se séparer de l’Eglise orthodoxe canonique dont Moscou est le centre, comme Rome est le centre de l’église catholique, et qui saisit par la force des églises et monastères orthodoxes canoniques situés en Ukraine. Un nouveau pas a été franchi récemment par l’entrée de la guerre civile à l’intérieur des lieux de culte. Dans un église de Lvov, une fresque a été peinte avec, d’un côté, les “saints” qui sont les partisans de Maidan et les soldats ukrainiens avec des auréoles sur la tête et, de l’autre côté, les “damnés” qui sont le patriarche de Moscou représenté avec un dollar sur le front, Poutine avec une main dans sa poche, un soldat pro-russe et un habitant du Donbass en survêtement Adidas (rusvesna.su, rusvesna.su et la vidéo youtube).

 

 

A nouveau, on observe une répétition de la seconde guerre mondiale où l’église ukrainienne avait prit le parti des nazis contre les russes. Plus grave encore, il y a encore peu de temps, le “dignitaire” religieux Mikhailo Denissienko, connu sous le nom de “Philarète de Kiev” et actuel primat de l’Église orthodoxe d’Ukraine, déclarait qu’il est permis par la bible de tuer (“si la mort n’est pas injuste, dieu pardonnera”) ou de torturer (“David n’a-t’il pas donné un coup à Goliath?”) des novorusses, avec une phrase qui résume tout “Contre le mal, il faut lutter jusqu’à la fin… jusqu’à la mort !” (youtube). En prime un petit retour sur des propos racistes prononcés par un “pope” sur le Maidan en 2014 youtube à 1mn 39).

 

• La réécriture législative de l’histoire.  Cette semaine, la Rada Suprême à adopté 4 lois qui ont été baptisées ” les loi de décommunisation”, mais que l’on pourrait plutôt qualifié de lois d’”Ukrainisation de l’histoire” (colonel,cassad).

La première loi n°2558  “Condamnation des régimes totalitaires communiste et national-socialiste (nazi) en Ukraine et l’interdiction des symboles de propagande“  (rada.gov.ua, texte loi rada.gov.ua , note explicative rada.gov.ua) reconnaît le régime communiste (soviétique) en Ukraine de 1917-1945 en tant que régime criminel et terroriste. Cette loi blâme à la fois le régime communiste/soviétique et le regime national-socialiste, interdit le symboles du nazisme (comment va faire notre charmante Vita?) et du communisme : drapeau rouge et hymne de l’ex-URSS, et toute autre symbolique soviétique et communiste (vu côté ukrainien:vesti-ukr.com, bbc.com, kyivpost, en.interfax.com.ua et côté russe : rt, soundcloud). Ceci permet à l’Ukraine de se poser en victime des deux régimes totalitaires et d’occulter sa propre participation aux atrocités nazies. Malgré cette loi, ou à cause d’elle, le Parti Communiste ukrainien a annoncé une manifestation le 1er mai vesti-ukr.com). Suite à cette loi, tous les noms de rues ou de localités faisant référence à l’URSS devront être modifiés dans un délai de 9 mois. Dniepropetrovsk et d’autres localités changeront de nom. Les symboles de l’époque soviétique (par exemple la faucille et le marteau) sont interdits. Les peines prévues vont jusqu’à 5 ans de prison et à la confiscation des biens (vesti-ukr.com).

 

 

La seconde loi n° 2538 “Statut juridique et commémoration des participants dans la lutte pour l’indépendance de l’Ukraine au XXe  siècle” (rada.gov.ua, texte loirada.gov.ua, note explicative rada.gov.ua, peremogi.livejournal.com) reconnait comme “combattant de la liberté” quiconque s’est battu pour l’indépendance de l’Ukraine entre novembre 1917 (révolution russe) et le 24 août 1991 (indépendance de l’Ukraine) qu’il ait fait partie de groupes “formels, informels, clandestins ou de guérilla”. Ceci inclut les soldats de OUN, UPA et autres organisations nationalistes ukrainiennes… même ceux ayant combattu du côté des nazis puisqu’ils se battaient contre l’autre régime totalitaire (faut suivre la logique… ) et leur ouvre de facto des droits à des pensions en tant qu’ancien combattant unn.com.ua, uatoday.tv, sputnik news) ! A noter, que dans la société ukrainienne ces organisations sont vues de façon ambiguë: en tant que patriotiques certes, mais aussi en tant que collaborationnistes du régime nazi (varjag-2007.livejournal.com). Alexandre Zakharchenko, leader de la DNR, estime qu’elle met en branle des processus irréversibles susceptibles de mener à une scission complète du pays. “Le fait même de promulguer une telle loi se révèle être une nouvelle tentative de faire se battre entre elles la Russie et l’Ukraine. Cette énième tentative de transformer en héros les combattants de l’UPA n’est rien d’autre qu’une farce. Ecoeurement et  répulsion – ce sont les sentiments que suscite ce soi-disant “événement historique” – “Historique, il l’est en ce sens qu’il entérine aujourd’hui la victoire du fascisme en Ukraine” – telles sont les paroles de Zakharchenko, citées par l’Agence d’information de la DNR. Un député espagnol, Joan Josep Nuet, a déclaré à Fins news que cette loi est antidémocratique. (news.rin.ru, colonel cassad).

Evenement doublement prophétique ? Le même jour est décédé une des figures de l’indépendance de l’Ukraine en 1991. Lubomir Stefanovic Hudz fut le premier dans tout l’Oblast de Donetsk à hisser le drapeau jaune-bleu de l’Ukraine, c’était à Marioupol… Un militant pour l’indépendance de l’Ukraine, résident de la région de Donetsk, qui meurt le jour où une loi blanchit les nazis ukrainiens (http://peremogi.livejournal.com/8537842.html )…

Deux autres loi adoptées. Dans la loi n° 2539 intitulée “Pérennisation de la victoire sur nazisme en Deuxième Guerre Mondiale 1939-1945″ (rada.gov.ua, texte loi rada.gov.ua, note explicative rada.gov.ua),  il est stipulé le remplacement du terme “Grande Guerre Patriotique“  (nomination utilisée par l’URSS et dans les pays ex-soviétiques) par “Deuxiéme Guerre Mondiale” (comme en Europe).

Enfin la Rada a voté la loi n°2540 “Accès aux archives du régime totalitaire communiste répressif 1917-1991” (rada.gov.ua, texte loi rada.gov.ua, note explicative rada.gov.ua) qui concerne l’ouverture en libre accès des archives du KGB sur la période de 1917 à 1991 à l’image de ce qui avait été fait pour la Stasi lors de la réunification de l’Allemagne (uaposition.com).

Pour rappel : l’Union Soviétique a perdu plus de 25 millions de vies  pour vaincre le nazisme, dont 2 ou 3 millions d’ukrainiens. Et les nationalistes ukrainiens sont directement responsables de la mort de plus d’un million de civils russes, ukrainiens, juifs et polonais.

 

• La militarisation du pays. En 1991, l’Ukraine avait une armée de conscription, qu’elle a progressivement professionnalisée. La dernière classe d’appelés devait être celle de l’automne 2013. les effectifs professionnels ont été durement touchés durant les deux premières phases de la guerre civile et les défaites sanglantes du chaudron sud et d’Iliovansk. Ceci a conduit Kiev a décrété des vagues de mobilisation dans un pays qui n’est pas officiellement en guerre…

1ère vague. Le 2 mars 2014, une session extraordinaire du parlement décide de rétablir le service militaire obligatoire. Le président par intérim Olexandre Turchinov signe un décret de mobilisation qu’il justifie étant donné “l’agression flagrante” en Crimée (zakon1.rada.gov.ua). Il précise que la durée du service de cette “période spéciale” sera d’un an au maximum. Parallèlement, les partis nationalistes, Svoboda et surtout Pravy Sektor, constituent des groupes para-militaires. Les appelés de la première vague doivent être démobilisés du 18 mars au 1er mai 2015 (sputnik news) à condition qu’ils soient remplacés par de nouveaux mobilisés.

2ème vague. Le 7 mai 2014, un nouveau décret est signé pour une nouvelle mobilisation qui a lieu en juin et juillet. Après ces deux vagues, l’Ukraine dispose de 53 unités rattachées au ministère de la défense, et de 18 unités rattachées à d’autres ministères.

3ème vague.  Le 22 juillet 2014, le parlement ukrainien adopte, par 232 voix sur 465, une loi “sur la mobilisation partielle”, qui permet d’enrôler en 45 jours, des hommes âgés de 18 à 25 ans et des réservistes volontaires ayant jusqu’à 60 ans. (mnogovbloge.com). Le but est d’ajouter 15 unités de combat et 44 unités de soutien (mnogovbloge.com).

4ème, 5ème et 6ème vagues. Le 15 janvier 2015, le parlement ukrainien adopte une loi pour remplacer les trois premières vagues, par trois nouvelles, et même pour accroître le nombre de personnes sous les drapeaux, afin que le total des effectifs atteigne 250000 (globalsecurity.org et slavyangrad.org). La tranche d’âge concernée change un peu, puisque les conscrits sont des hommes âgés de 20 à 27 ans. La durée passe à 18 mois au lieu de 12. Le recrutement de la quatrième vague démarre le 20 janvier et s’achèvera le 20 avril. Celui de la cinquième vague démarrera fin avril et se terminera fin juin, quand celui de la sixième vague se déroulera en août.

Mobilisation en Novorussie. De son côté, le 2 février 2015, Zakharchenko (DNR) annonce que ses effectifs militaires seront portés à 100.000 hommes. Six nouvelles brigades seront créées.

 

Lundi 6 avril 2015

• Crimée, le retour à la patrie (version sous-titrée français) (dailymotion via echelle de jacob)

• On n’en parle plus guère, mais on se bat toujours en Ukraine. Les armes “lourdes” ont été éloignées ou “déplacées”, mais il reste les mi-lourdes et les légères pour se taper dessus. Les violations du cessez-le-feu sont journalières et semblent-ils de plus en plus nombreuses. L’Ukraine recense 20 violations dans la nuit du 6 au 7 (unian.info). Côté république de Donetsk, on recense 38 violations pour le 6 avril et 45 pour le 7 avril (dnr-news.com, dnr-news.com, novorossia.today). Le 6 avril, les villages de Gorlovka, Bezymennoe, Shirokino, Spartak, Nikolaeva, Peski, ainsi que l’aéroport de Donetsk ont été bombardés par les Ukrainiens. Un journaliste des “Nouvelles populaires”, Andreï Filatov, a été grièvement blessé à la main et au ventre à l’aéroport de Donetsk. Le 7 avril, ce sont les villages de Spartak, Peski, Gorlovka, Ozeryanovka, Mayorsk qui ont été touchés.

• Séquence musicale “Rappelons nous d’eux” par le groupe “Skretch”. Chanson dédiée aux combattants russes de la seconde guerre mondiale dans le cadre de l’affrontement en Ukraine de l’Est et du 70eme anniversaire de la victoire qui approche (youtube).

• Propagande low cost. A Shirokino, vidéo officielle de l’Opération Anti-Terroriste (ATO) pour saluer l’arrivée d’un bataillon de Tchétchènes, nommé “Cheikh Mansour”, combattant du côté des Ukrainiens youtube), même si on ne voit jamais plus de 3 personnes à la fois… et toujours les mêmes ! (Le jeune essoufflé, au début, dit “merci au peuple tchétchène de venir nous prêter main forte”. Le reste est en tchétchène). Cela fleure bon la propagande low cost sans effets spéciaux.

• Manifestations à Kiev. Toute la circulation entre le bâtiment de la Rada et l’immeuble des conseils des ministres a été bloquée par une manifestation pour réclamer des actions en vue de sauver la monnaie ukrainienne (korrespondent.net).

Cette manifestation est évidemment à relier au fait que l’inflation en Ukraine a grimpé en flèche jusqu’à +10,8% en mars, et l’estimation atteint 45,7% en ville (interfax.com.ua).

• Manifestation à Kharkov. 400 travailleurs d’une usine de construction aéronautique gouvernementale ont manifesté pour réclamer le paiement de leurs salaires, qui n’ont plus été versés depuis août 2014 (112.ua).

• Arrêt des échanges de prisonniers entre l’Ukraine et les républiques novorusses. Seize prisonniers ont été libérés par Donetsk dans la nuit (sputnik news, youtube). La commissaire de la DNR aux droits de l’homme, Daria Morozova, a déclaré qu’ils sont les derniers. Mais cette affirmation est contestée par un représentant du service de la sécurité ukrainienne, Markian Lubkovskii. Zakharchenko a répondu que Kiev veut faire croire qu’il reste des prisonniers dans la DNR pour cacher le nombre réel de morts au combat (rusvesna.su). Mais l’inverse est possible aussi. Daria Morozova pense en effet qu’il reste 1300 prisonniers de la DNR en Ukraine (rusvesna.su) dont le sort est inconnu. Les familles des disparus des deux côtés ont donc bien du mal à connaitre la vérité. Du côté de la république de Lugansk, les échanges de prisonniers ont été suspendus pour cause de désaccord avec les médiateurs.

• Odessa, encore… A Odessa, gros incendie d’un café restaurant, incendie qui s’est propagé à plusieurs véhicules garés devant (timer-odessa.net, youtube). Les raisons de cet incendie restent à déterminer. Un sinistre qui débute très fort au petit matin peut-il être imputé à un incident technique? Faut-il le relier au meutre récent du propriétaire du restaurant de luxe “Le Passage”, poignardé dans son établissement ? Petit indice : ce n’est pas le premier restaurant qui brûle (timer-odessa.net). Deuxième incide : le propriétaire du restaurant incendié est d’origine azerbaïdjanaise… Deux jours plus tard, un homme est tué et 2 autres blessés par armes à feu dans un hopital (http://www.unian.info/society/1064918-man-shot-dead-in-hospital-in-odesa-two-wounded.html )

• Et toujours… Le mois de mai approchant, le média local d’Odessa, “Timer”, publie toute une série d’articles intéressants. L’un d’eux s’intitule “Comment la maison des syndicats a brûlé. Essai de modélisation scientifique” (timer-odessa.net). Un autre a pour titre “Acte d’accusation sur l’affaire du 2 mai : une affaire sale, cousue de fil sale” (timer-odessa.net).

• Le leader du parti communiste ukrainien, Petr Simonenko, a été interrogé lundi pendant plus de 10 heures au siège central du SBO à Kiev après son voyage à Moscou pour assister au plenum du parti (podrobnosti.ua, vzgliad). Il semble que ce soit en rapport avec la participation de sympathisants communistes à des attentats ou tentatives d’attentat.

• Eléments sur la liaison ferroviaire rétablie par les novorusses entre Lougansk et Donetsk. Les lignes électriques étant coupées sur certains tronçons, une motrice diesel remplace la locomotive électrique. A l’avant sont placés des wagons vides qui pourraient sauter sur des mines sans que ne soient blessés les passagers dans les wagons à l’arrière (ambiance…). Bien que le trajet de 130 km dure 5 heures et demie, les voyageurs considèrent que cette réouverture de la ligne est un conte de fée pour eux ! (youtube)

Mardi 7 avril 2015

• Manifestations à Kiev. Aujourd’hui ce sont des membres du parti Svoboda qui manifestent devant la Rada, demandant la création d’une commission d’enquete parlementaire contre la corruption et la démission temporaire du premier ministre Yatseniouk durant les travaux de cette commission (sputnik news, youtube, tass.ru). Yatseniouk est clairement visé. D’ailleurs, ce même jour une vingtaine de députés du Bloc Piotr Porochenko ont demandé sa démission à la tribune du parlement kyivpost.com).

• Premier anniversaire de la proclamation de la République de Donetsk (DNR).  La fragmentation de L’Ukraine générée par le coup anticonstitutionnel de Février 2014 s’inscrit dans la durée. Aujourd’hui 7 Avril, c’est le premier anniversaire de la proclamation de la République Nationale de Donetsk. La situation actuelle ne satisfait personne. C’est cela le pire. La volonté politique de dialogue pour trouver une solution acceptable pour les deux parties n’existe pas. Ce qui reste, c’est préparer la guerre en ayant l’espoir paradoxal ou absurde que ceci prolongera la paix (novorossia.today, novorossia.today).

Video du 7 avril 2014 (youtube)

 

• Interview d’un vétéran novorusse sur les prochains combats “The sides are getting stronger, war is going to be more violent” Interview with NAF veteran Botsman about the future” (youtube)

• Selon l’OSCE, les forces armées ukrainiennes rapprochent des armes lourdes de la ligne de front. Inutile de préciser que c’est contraire aux accords de Minsk… mais qui s’en soucie encore (russia-insider.com).

• Libération sous caution d’un des soldats ayant écrasé une petite fille à Kostyantynivka. Un véhicule militaire conduit par un soldat apparemment ivre avait écrasé une petite fille le 16 mars, ce qui avait conduit à des manifestations puis des émeutes dans la ville (dnr-news.com). Praviy Sektor avait envoyé ses volontaires pour “rétablir l’ordre”.

• Donetsk, avant la guerre et maintenant (novorossia.today, youtube).

• Odessa, encore. Environ 40 professeurs et docteurs de l’université nationale d’Odessa partent d’un coup (timer-odessa.net). Ces personnes étaient retraitées mais travaillaient encore. Elles ont demandé en mars 2015 à partir à cause de la réduction des pensions. Les changements apportés aux règles régissant le paiement des pensions aux retraités en activité ont abouti à ce que ceux-ci ont considéré qu’il était tout simplement idiot de continuer à travailler pour au final toucher moins d’argent. Il se peut que les professeurs d’université aient bénéficié jusqu’à maintenant d’une disposition analogue à celle de leurs collègues français, à savoir (chez nous) “un maintien en activité en surnombre prévu par l’article L952-10 du Code de l’éducation (disposition réservée uniquement au corps des Professeurs d’Université).”

• Loi indispensable dans des temps d’effondrement économique. Les députés ukrainiens travaillent sur un projet de loi interdisant aux soldats d’utiliser des téléphones portables et des appareils photos (rusvesna.su). C’est sans doute pour éviter de voir émerger des vidéos comme celle-ci qui montre un ukrainien demandant à un prisonnier d’exécuter un de ses camarades s’il veut rester en vie (youtube). L’arme est vide, mais la violence psychologique est réelle.

• Incident prophétique (ou intimidation) à Kiev. C’est un banal accident de la circulation… Sauf qu’il se passe sur la place de l’indépendance et que les protagonistes sont des soldats du bataillon Azov à bord de leur voiture et le fils de Porochenko, Alexeï, membre de la Rada, à bord de sa BMW (vzgliad) !

• Poids du lobby ukrainien au Canada. La pianiste Valentina Lisitsa a été exclue de l’orchestre symphonique de Toronto  pour avoir critiqué le gouvernement de Kiev sur son compte Twitter (http://www.theglobeandmail.com/arts/music/ukrainian-born-soloist-dropped-from-tso-for-her-political-views/article23812, http://www.vz.ru/news/2015/4/7/738513.print.html ). Il lui a été offert de l’argent pour ne pas ébruiter l’affaire… peine perdue (http://sputniknews.com/world/20150408/1020639158.html )!


• Les sanctions antirusses provoquent plus en plus de mécontentement. Les sanctions frappent l’économie russe, c’est évident, mais aussi les économies des pays de l’UE. En particulier le pays qui est impliqué le plus sur le marché russe, c’est-à-dire l’Allemagne. Les représentants de l’industrie allemande ne cessent  de critiquer les sanctions antirusses. Les entrepreneurs ont du malà comprendre pourquoi ces sont eux qui doivent payer pour les prises de positions politiques de Bruxelles. Les pertes qu’ont subies les firmes allemandes fortement orientées à l’exportation s’élèvent a des milliards euros en 2014 et en 2015 vont augmenter (ria novosti).

• Petites nouvelles économiques ukrainiennes. La production d’automobiles a chuté de 92% (korrespondent.net) et la Poste d’Ukraine augmente ses tarifs de 20%. La précédente augmentation remontait à 2013 (lb.ua). Et, pour finir, une déclaration d’un professeur d’économie de l’Université nationale d’Odessa sur l’économie parallèle : “Tout le monde sait qu’en Ukraine 50 à 60% de l”économie est une économie de l’ombre.”  (timer-odessa.net).

• Mais dormez bien bon peuple, votre seigneur se goinfre… Les revenus et le patrimoine de Porochenko pour 2012 et 2013 (en russe lb.ua, vzgliad) Juste un petit résumé : Porochenko a déclaré des revenus de 14 millions de hryvnas pour 2013, et 346 millions (environ 16 millions de dollars) pour 2014 (soit 24 fois plus), essentiellement sous forme de dividendes. Il possède cinq propriétés pour une surface totale de 4,6 hectares, trois appartements (134 m², 82 m² et 68 m²) et une maison (1331 m²). Il détient aussi des participations dans des entreprises et il a des placements et des revenus hors d’Ukraine qui ne sont pas mentionnés sur les documents publiés.

• Et le “petit personnel” est à la diète. Vitaly Klitchko, le maire de Kiev, a gagné l’équivalent de 4500 dollars en 2014. Il possède une maison, un appartement, et un terrain. De plus, il a perçu 55000 euros en Allemagne, ce qui est beaucoup moins que la somme de 1,8 million d’euros qu’il avait gagnée en 2013. Au total, sa fortune s’élève à 11 millions de dollars dont la quasi totalité se trouve sur des comptes hors d’Ukraine (rusvesna.su). Patriote, mais pas foldingue…

- Déception en Ukraine: Le budget 2016 alloué par le Pentagone au soutien à l’Ukraine et aux pays baltes disposerait de moyens réduits par rapport à celui de 2015 (eurointegration.com.ua , article dans OukraïnskaYa Pravda qui cite la “Voix de l’Amérique” ukrainian.voanews.com).

Mercredi 8 avril 2015

• Nouvelles des purges : Offensives et contre offensive politiques à Kiev.  Anton Guerachtchenko, député à la Rada du Front populaire et conseiller du Ministre de l’Intérieur Arsène Avakov, accuse Timochenko et le Parti Svoboda de travailler pour Poutine, suite aux demandes d’enquête anti-corruption contre Yatseniouk et le gouvernement. Vzgliad rappelle qu’une demande de créer une commission d’enquête à la Rada sur le gouvernement Yatseniouk a été déposée par un député du Bloc Petro Porochenko, Serguei Kapline. L’ancien responsable de l’inspection des finances, Nicolas Gordienko, avait porté des accusations de malversations contre Yatseniouk pour un montant de 300 millions de dollars environ. Gordienko a été licencié samedi dernier par le gouvernement (vzgliad, kyivpost.com).

• Nouvelles des purges : Akhmetov. Newsweek se fend d’un article sur les suicides d’anciens responsables ukrainiens et sur Akhmetov qui fait partie du même parti : le “bloc opposition” ex “Parti des régions” (newsweek). Côté financier, le holding d’Akhmetov, Metinvest, fait défaut sur ses dettes et est en “discussion” avec ses créanciers (uatoday.tv, pravda.com.ua) et, parallèlement, la fortune d’Akhmetov est en baisse (tout est relatif bien sûr) (bloomberg). Côté judiciaire, le SBU va enquêter sur le financement par Akhmetov de bataillons “terroristes” (lire “novorusses”). Les procureurs ukrainiens sont aussi sur son dos (bloomberg, uk.news.yahoo.com). Et jusqu’à Strelkov qui évoque une collaboration économique des républiques avec Akhmetov (vk.com)… Fait pas beau temps pour l’oligarchie de nos jours…

• Nouvelles des purges : Firtash. Le parlement ukrainien vote une loi du secteur gazier visant à exclure Firtash du marché de la distribution du gaz (unian.info)… et lui ordonne de payer pour l’usage des réseaux de distribution (24today.net,ukraineenglishnewsforum ).

• Odessa, toujours. Le SBU annonce avoir arrêté entre 27 et 30 terroristes dans la ville (dnr-news.com, unian.info ). Le total monte à 40 “saboteurs” en fin de semaine (unian.info).

• Nouvelles “réussites” occidentale dans l’isolement de la Russie.  En Asie, Vladimir Poutine vient d’être invité en Thaïlande par le premier-ministre interfax.ru). Les deux pays ont décidé de doubler leurs échanges commerciaux, passant de 5 à 10 milliards USD (interfax.ru). Les USA feraient-il tout pour renforcer les liens entre la Russie et les pays asiatiques ? En tout cas, cela semble être la conséquence positive des sanctions.

En Europe, la visite du Premier Ministre de Grèce Alexis Tsipras à Moscou officialise la volonté politique de coopération entre ces deux pays. Parmi les sujets développés se trouvent les coopérations energétique, agricole, financière et culturelle. Tsipras a souligné que la Grèce n’est pas d’accord avec les sanctions qui  constituent de facto une guerre économique. Selon le Premier Ministre grec, il est impossible d’envisager la sécurité en Europe en excluant la Russie. Ainsi la Grèce adopte une position de plus en plus autonome par rapport à la politique l’UE et démontre que les essais d’isoler la Russie sont a la fois inefficaces et coûteux (ria novosti). Il semble, de plus, qu’une relation spéciale va s’établir entre les deux pays. Un argument très symbolique de cette idée est l’acceptation par la Grèce de l’invitation russe à prendre part le 9 mai à la commémoration du 70ème anniversaire de la Victoire à Moscou.  De son côté, la Russie a exprimé l’intérêt de participer au processus de privatisation, promettant ainsi d’injecter ses capitaux dans l’économie grecque. Enfin la Grèce pourrait devenir un des pays où le Turkish Stream aboutira (pour prendre le nom de Balkan Stream (sensibilités grecques obligent), ce qui ferait de la Grèce un pays de transit du gaz russe en direction des  pays de l’Europe du Sud avec tous les avantages financiers inhérants à cette position (sputnik news ).

La veille, 5 pays de la région (Hongrie; Macédoine, Serbie, Grèce et Turquie avaient fait une déclaration commune pour “diversifier” les voies d’approvisionnement en gaz naturel via la Turquie (sputnik news).

Déclarations communes de Tsipras et Poutine (http://en.kremlin.ru/events/president/news/4921 )

 President of Russia Vladimir Putin:
Mr Prime Minister, friends, good afternoon.
It is a great pleasure to meet you in person. We have already spoken by telephone. I am happy to welcome you to Moscow as we prepare to celebrate the Orthodox Easter. This is our shared celebration.
In this respect, I want to mention the special nature of our relationship, the common spiritual roots that give us these special ties.
Let me start these talks by noting that just recently, Russia was Greece’s main trade and economic partner and was in first place in terms of bilateral trade. Trade between our countries more than doubled over 2009–2013. Last year, sadly, our bilateral trade fell by 40 percent. Therefore, I think your visit is very timely, because we need to examine what we can do together to restore our trade to its previous growth rates.
Mr Prime Minister, we are very happy to see you and we welcome you to Russia.
 
Prime Minister of Greece Alexis Tsipras (retranslated):
Thank you for this reception, Mr President.
It  is a great pleasure to be here in Moscow today. I was particularly  moved by the opportunity I had this morning to lay a wreath at the Tomb  of the Unknown Soldier close to Red Square and in this way pay my due respects  to the millions of people who gave their lives for the great Victory of Europe’s  peoples. As you know, my country, Greece, had the largest loss of life  during the war, as a share of total population.
As you said, our nations share deep-reaching ties that have their roots in common struggles in history and in common spiritual traditions. We have always kept these ties alive regardless of changing circumstances.
The purpose of my visit  is for us to try to make a new start together and give new impetus  to our relations for the good of both nations and for stability  and security in the broad sense in our region.

 

• Incantations otanistes. Le patron de Stratfor à Chicago s’étend sur la “toute puissance américaine sur mer et dans le cosmos” (vzgliad) et l’ancien Président polonais Lech Walesa prévoit, dans une interview à un journal ukrainien, la réduction de la Russie à un pays de 20 millions d’habitants (vzgliad)… et il appelle aussi l’Ouest à “sortir” ses missiles nucléaires pour “faire peur” à la Russie (russia-insider.com) !

• Incantations ukraino-polonaises. Lors d’une conférence de presse commune des présidents ukrainien et polonais à Kiev, Porochenko a déclaré que la prise de décision de l’ONU de déployer une force d’interposition au Donbass n’est qu’une question de semaines (lb.ua). Il semble qu’il se fasse de grandes illusions d’autant que les Polonais (un autre ennemi pathologique de la Russie) se sont  proposés pour fournir les troupes de casques bleus… pas sûr que la Russie soit emballée à cette idée… De toutes façons, l’ONU s’est illustrée, depuis le début de cette guerre, par sa mollesse et son impuissance et s’est trouvée réduite à un rôle mineur de comptabilité des morts civils (et encore, avec du retard par rapport aux événements). Récemment, elle vient d’enterrer l’idée d’envoyer de l’aide humanitaire au Donbass, action qui était certainement moins coûteuse et risquée que l’envoi de troupes, alors…

Au cours de cette même conférence de presse, Porochenko a affirmé que “Hitler et Staline avaient déclenché la seconde guerre mondiale en essayant de diviser l’Europe” (vzgliad) et que la Pologne va accorder à l’Ukraine un prêt de 100 millions d’euros. La moitié sera exclusivement consacrée au développement des réformes et à celui des infrastructures de la frontière polono-ukrainienne, en particulier avec établissement de points de passage gérés en commun par les gardes-frontière ukrainiens et polonais, ce qui permettra de gagner du temps et de progresser dans la lutte contre la corruption (unian.net). C’est pas sûr sûr vu que le parlement ukrainien passe en même temps un decret pour creer 3000 gardes frontieres supplémentaires (uatoday.tv) !

• Incantations Onusiennes. L’ambassadeur de l’Ukraine aux Nations Unies, Yuriy Sergeyev, est interviewé par les journalistes Sergey Sidorenko et Oksana Kovalenko du journal Ukrainskaya Pravda. Il essaye justement de faire voter une résolution pour l’envoi de casques bleus. Il prévoit que la Russie va y mettre son veto, car elle souhaite l’autodétermination des habitants des régions du sud-est, et pas seulement du Donbass. Il indique que le veto ne serait pas valable si la Russie admettait qu’elle était partie prenante dans le conflit. Mais Lavrov a toujours pris soin d’affirmer que la Russie y était extérieure. Donc Sergeyev mise plutôt sur une autre tactique, qui dépend de l’acceptation d’une proposition de la France pour changer les règles de l’ONU afin que les vetos ne soient pas autorisés si une proposition est destinée à éviter des effusions de sang. Puis, les journalistes ukrainiens se mettent à poser des questions étranges à l’ambassadeur : “Est-ce que les membres de l’ONU comprennent que le Poutinisme est aussi dangereux que le fascisme ? Sergeyev, en poste depuis 2007, répond en évitant de parler de fascisme. Il dit que les pays africains vont soutenir l’Ukraine car ils sont opposés au principe d’autodétermination des peuples. Une note de la rédaction du journal rappelle que plusieurs pays d’Afrique n’ont pas des frontières correspondant à celles des ethnies, ce qui explique l’attitude des ambassadeurs africains. “Est-ce que vous communiquez avec Vitaly Churkin, l’ambassadeur russe ?” Sergeyev dit qu’il ne peut pas faire autrement car ils partagent le même immeuble, avec aussi la Biélorussie, mais les relations sont tendues. “Est-ce que vous ne pouvez pas avoir une conversation d’homme à homme avec lui ?” Sergeyev répond : “Impossible. Si je frappe Churkin, j’en fais un héros (il essaye de faire comprendre aux journalistes qu’à l’ONU, on ne se bat pas à coups de poings comme on le fait au parlement ukrainien)(pravda.com.ua).

• Explications entre parlementaires ukrainiens.  Il est vrai que les pugilats à la Rada suprême sont une habitude déplorable. On en a déjà vu une bonne petite collection (youtube : début décembre 2014, la première après les élections et la formation du nouveau parlement, kp.ua le 26 décembre 2014,  youtube : Lyashko contre Medvedchouk) en mars 2015).

Au point qu’il a été question de faire quelque chose contre cette détestable habitude (unn.com.ua). Mais comme Groïssman (le président du parlement) n’en a parlé que sur sa page facebook, il n’est pas prouvé que l’affaire soit suivie…

 

Jeudi 9 avril 2015

• La confiance règne ! Le ministre de la Défense, Stepan Poltarak, a décidé de soumettre au test du détecteur de mensonge les employés responsables des stocks de l’armée. Cela confirme indirectement que la lutte anti-corruption est menée (ou conseillée) par les Américains, puisque l’usage du détecteur de mensonge est une méthode typiquement américaine et qu’il n’a jamais été utilisé avant en Ukraine (rusvesna.su).

• Et du côté de l’économie? L’agence Bloomberg mentionne les efforts déployés par les cinq plus gros créanciers de l’Ukraine pour tenter d’éviter que les demandes de celle-ci de restructuration de sa dette n’entraîne pour eux une réduction de celle-ci… et donc des pertes financières pour eux. (bloomberg). A Kiev, il y a eu aujourd’hui une nouvelle manifestation baptisée “Maïdan du crédit”. Des dizaines de manifestants ont bloqué la circulation dans la rue Krouchevski, comme lundi 6 avril. UNIAN publie un article sur le niveau du chômage en Ukraine (unian.net). Les chiffres émanent du service ukrainien pour l’emploi: “Le niveau de l’emploi est passé de 60,2% en 2013 à 56,6% en 2014″.

• Liberté d’expression en Ukraine. Praviy Sektor détruit le tirage du journal Vesti à Kiev (vzgliad). La rédaction indique qu’elle poursuivra son travail et ne se laissera pas intimider (vesti-ukr.com) et appelle  à la “chasse aux sorcières” contre les “séparatistes” (vesti-ukr.com)…

• La révolution c’était ailleurs. Les troupes du Ministère de l’Intérieur russe ont fait des manoeuvres visant à s’opposer à un éventuel Maidan (vzgliad)

• Discours de Poutine à l’occasion de la présentation de nouveaux officiers supérieurs et procureurs (vzgliad).

President of Russia Vladimir Putin:
Comrades,
I would like to congratulate you on your appointment to higher posts and new military, special and class ranks. This is a proper assessment of your achievements in ensuring national security, the nation’s defence capability and maintaining law and order.
I expect that in your new status you will have even greater success and will always serve as role models with your professionalism and loyalty. These are the qualities that have always distinguished Russian officers, helping them reliably defend their homeland and their people from external and internal threats.
In exactly one month, we will be celebrating the 70th anniversary of Victory in the Great Patriotic War. We will honour our veterans, paying our respects to all those who died defending this country’s freedom and independence.
It  is our duty to always remember the lessons of that war. The peoples of Russia experienced extreme  hardships as they fought Nazism. Therefore, we consider it unacceptable  to encourage neo-Nazism, extremism, stir up inter-ethnic strife and escalate military threats.
We have always opposed interference in the affairs of sovereign states and the provocation of armed conflicts. Such practice with regard to countries in North Africa and the Middle East has led to an outbreak of terrorism there, while close to our borders it has led to a bloody drama in neighbouring Ukraine.
Today  we can see that some countries are increasingly shifting their policy towards ‘unlimited preventive  action’ of an offensive nature. This results in increasing potential  conflicts in areas important for Russia, with new threats emerging that we cannot ignore.
In this connection, Russia will continue strengthening its security, primarily by improving its military organisation and actively cooperating with other countries that strive for peace, stability and development.
In the past years, we have been modernising our Armed Forces, making them up-to-date, mobile and capable of executing complicated tasks. Thus, last year we upgraded the aerospace defence system, created a powerful grouping of troops in Crimea and strengthened our Arctic security zone.
We have greatly enhanced the equipment and armament of the Armed Forces. The pace for implementing the state defence order is increasing: in 2014 it exceeded the plan. Combat training has been intensified: over 3,500 exercises of various level were held in the past year.
Mass inspections of all military districts, services and corps have been scheduled for this year. In addition, we will hold the Union Shield-2015 operational exercises jointly with Belarus and the Centre-2015 strategic exercises.
Military building and strengthening the nation’s defence potential will proceed systematically and consistently. We all understand that this is a vital factor of Russia’s sovereign and stable development, a precondition for a peaceful life for millions of our compatriots.
Law  enforcement agencies play an important part in combatting present-day  threats to our internal security. Today people expect Interior Ministry employees to protect their rights, property and personal dignity, they expect you to improve public order  and persistently combat crime and corruption. The Interior Ministry’s  troops will continue making their significant contribution to anti-terrorist  operations and the protection of Russia’s territorial integrity  and constitutional system.
Law enforcement agencies should continue focussing on extremist crimes. Enhanced security measures should be in place during the celebrations of the 70th anniversary of Victory in the Great Patriotic War.
Maintaining  law and order in the social sphere remains in the focus of attention  of the Prosecutor’s Office of Russia. This includes the timely payment  of salaries and pensions and the complete provision of social benefits.
We need to monitor compliance with the law in such a sensitive area as housing and utilities and react to any violations of entrepreneurs’ rights without delay, preventing excessive inspections.
Investigative  Committee employees should also upgrade the quality of their work. A carefully selected and validated  body of evidence is the foundation for solving the most complicated  crimes and selecting a fair punishment for those found guilty.
The Federal Security Service is working with professionalism and efficiency. Thus, since the year began its employees have already prevented three terrorist crimes, detained more than 120 gang members and neutralised 20 militants, including three of their leaders.
I expect to see you act in the same proactive manner in other areas as well. Primarily this applies to counterintelligence, ensuring economic security, combatting corruption, embezzlement and improper use of budgetary funds.
In turn, I am confident that the Federal Security Service Border Service will continue reliably protecting Russia’s borders from terrorists, smugglers and illegal immigrants.
We are making greater demands now to the Foreign Intelligence service. Long-term state policy decisions on national security depend on your timely and reliable information, on the precision of your analysis and forecasts.
Employees of the Federal Guard Service are carrying out their duties diligently. I am certain that you will continue performing a broad range of tasks with quality and efficiency, including the protection of top state officials and Russia’s foreign guests, and provide the top authorities with all means of special communications.
Employees of the Federal Drug Control Service are fighting organised drug crime with ever growing efficiency. Today they investigate over 80 percent of these crimes.
At the same time, the spread of traditional lethal drugs and appearance of new ones require that the Service enhance its efforts to locate and liquidate drug-dealing networks, specifically at recreational facilities, universities and other educational establishments.
Russian  rescue workers are facing highly demanding tasks. It is of vital importance to enhance security in public  places and at strategic facilities, in transport and in key sectors  of the economy, to keep the situation with flooding under control  as the spring floods approach, and to make a greater effort to prevent forest fires.
The organisation and support of humanitarian aid by the Emergencies Ministry is acquiring ever greater importance. Last year and at the start of this year Russia provided humanitarian aid to more than 20 countries. Twenty humanitarian convoys have been sent to the southeast of Ukraine alone, where the humanitarian situation has become grave.
The Federal  Penitentiary Service should step up its efforts. It is important to ensure legally specified  detention conditions, to continue modernising and optimising the infrastructure  of detention facilities and to raise the level of organised employment  of the detained and their medical care.
The Special Facilities Service makes a significant contribution to ensuring the nations’ security. Stable state and military administration largely depends on your efficiency.
 
Comrades,
In conclusion, I would like once again to congratulate you on your new appointments, new ranks, and a new step in your careers. I am certain that you will continue doing everything necessary to meet your targets and to serve Russia honestly and with dedication.
I wish you success.
<…>
Comrades,
 Once again, I would like to congratulate you on your new appointments and new ranks. I sincerely wish you success.
 Your work scope will become greater, there will be greater responsibility, and we will expect corresponding performance from you. Your job is not easy. However, Russia is on the rise, it is growing stronger and a lot depends on how fast this is done and how well you perform.
I wish you all the best and every success.

 

Vendredi 10 avril 2015

• Et pendant ce temps-là, Tourchinov… rêve tout éveillé aux temps heureux qui verront le jour “après la victoire”. Il s’occupe même d’un projet hyper-réalisable: la création d’une section aérospatiale, spécialement dédiée à la surveillance du territoire. Pas mal, pour un pays ruiné, qui est déjà sous perfusion financière constante et qui sera dépendant de l’aide extérieure durant des décennies…Même Yatseniouk s’est aperçu que l’Ukraine devait déjà rembourser plus qu’elle ne recevait, c’est dire si l’évidence est flagrante! (En 2015, l’Ukraine devra rembourser 11 milliards de hryvnias d’intérêts (segodnya.ua).

Bref, cela n’empêche pas Tourchinov de faire des plans sur la comète et de vanter cette équipe aérospatiale. (ridus.ru). C’est jeudi qu’il a présenté son projet devant les journalistes. Il a déclaré que l’U kraine allait remettre en route le projet de bouclier de missiles. ukrinform.ua). Selon lui, à l’heure actuelle, l’Ukraine est capable d ‘observer “pratiquement online” des secteurs qui intéressent les militaires et les éclaireurs. . L’oeil acéré des satellites militaires ne permet pas seulement de voir n’importe quel coin du territoire ukrainien, mais aussi la terre de “l’agresseur” – en guise de preuve, Tourchinov a fait apparaître à l’écran des photos-satellites de l’aérodrome militaire russe de Millerovo. Si c’est de la même eau que les passeports de Porochenko…Mais nous ne pouvons que nous réjouir de cette nouvelle: peut-être verrons nous enfin des photos de chars russes, de troupes russes? Cela fait si longtemps que nous les attendons!

L’Ukraine s’intéresse depuis longtemps à l’Espace. Son usine, Yuzhmash, à Dniepropetrovsk, fabrique des moteurs utilisés par les fusées Antares de la NASA. Mais le 29 octobre 2014, un de ces moteurs a explosé. Le sous-traitant de la NASA, la société Orbital, a alors décidé de revoir son contrat avec Yuzmash. De plus la Russie a fait de même, si bien que Yuzhmash a dû procéder à un licenciement massif (rusvesna.su et capital.ua). Autre mauvaise nouvelle pour le secteur aérospatial ukrainien, le Brésil vient de suspendre sa participation au projet commun avec l’Ukraine du développement de la fusée “Cyclone-4″ après 12 ans de coopération (rusvesna.su ). Le Brésil et la Russie font partie des BRICS. L’Ukraine a “choisi” le camp de l’UE.

• L’ambassadeur de l’Ukraine en France, Oleg Shamchour.  ” Je ressens  la propagande russe (en France) tous les jours” (Ah bon ! pas les français en tous cas…). Dans un interview à l’agence de presse “Ukrainski Novini”, il a souligné que les média russes sont assez présents dans l’espace francophone. Sa position au sujet de livraison des armes à l’Ukraine: on DOIT livrer les armes car il s’agit de soutenir le gouvernement légitime du pays agressé par la Russie. Il voudrait également une position plus claire du gouvernement français par rapport à la livraison des Mistral: annonce de non-livraison définitive par la France (il n’a pas dit, par contre, si l’Ukraine est prête à payer la note) (ukranews.com).

• Visite de Porochenko à Odessa aujourd’hui. Il a déjà sorti quelques énormités lors de son discours et versé à nouveau de l’huile sur le feu. Il a ainsi déclaré que l’Anschluss et l’occupation des Sudètes, c’était la même chose que” l’annexion de la Crimée” et “l’occupation du Donbass”. Pour lui, la Seconde guerre mondiale n’aurait pas eu lieu s’il n’y avait pas eu la signature de l’accord Molotov-Ribbentropp en 1939. Il a également dit que les oblasts de Lougansk et Donetsk pourraient être réintégrés dans le territoire de l’Ukraine après un vote démocratique et que la langue officielle et gouvernementale y serait l’ukrainien. En somme, on ne change rien à la donne, et il y a peu de chances que les séparatistes marchent dans sa combine.

Il a également caressé les Odessites dans le sens du poil en les félicitant pour leur participation à l’OAT: “Durant la conduite de l’OAT, il y a eu 7.614 appelés provenant de l’oblast d’Odessa. En outre 1.630 d’entre eux se sont présentés d’eux-mêmes pour s’inscrire dans les rangs des FAU, de la Garde Nationale dans le but de défendre, les armes à la main, leur patrie ukrainienne et leur ville ukrainienne d’Odessa.” – a-t-il déclaré.

(Porochenko, les anciens combattants, “Maidan” et “koulikovtsy” (antimaidan) à Odessa youtube, youtube). Des jeunes lancent  “On vous a pas assez brûlés dans la maison de syndicats” (référence au massacre d’opposants au Maidan le 2 mai 2014), le groupe avec les drapeaux rouges chante une chanson patriotique soviétique, scande “Odessa ville héros“, “Fascisme ne passera pas” et, au moment du passage du cortège du président, “Assassin” (vesti-ukr.com, fortruss). Donc une ambiance tout à fait propice à l’apaisement et à la réconciliation… Cela risque d’être chaud le 2 mai 2015…

A Odessa toujours, la liberté de la presse n’est pas à la fête. un journaliste qui n’avait pas reçu d’accréditation, Evgueni Kogan, a été”viré” par la garde de Porochenko.  Il est vrai qu’avec une barbe pareille, il ne risquait pas de pouvoir se fondre dans la foule. (timer-odessa.net). Quant à l’endroit où Porochenko a prononcé son discours, la gare maritime, elle était bien gardée et protégèe par des hommes en armes.

Et pour le dépôt de gerbe au marin inconnu à Odessa, le filtrage et la liste d’invitations étaient si stricts qu’il y a trois pelés et un tondu autour du monument (timer-odessa.net).

• Les Forces armées ukrainiennes obligent le bataillon de volontaires de OUN à quitter la ligne de front à Peski. Ceci est conforme à l’ultimatum donné il y a 2 semaines par Porochenko aux bataillons de volontaires (fortruss , unn.com.ua). Praviy Sektor, ayant obtenu ce qu’il voulait à volontairement retirer ses bataillons de la zone de combat.

• Intensification des violations du cessez-le-feu… ou reprise des combats ? (youtube) La situation dans le Donbass est plus en plus tendue. illustration avec deux points chauds de la ligne de Front, toujours les mêmes : Shirokino et Peski.

A Shirokino, le lendemain samedi, l’OSCE a constaté des tirs de tanks, affrontement qui a duré trois heures (112.ua). Dans cet article de “112″, on suggère que le problème, à Shirokino, est que les deux adversaires sont trop près l’un de l’autre. Ils peuvent donc se canarder joyeusement pour n’importe quel prétexte. Quant aux habitants, “112″ rapporte les constatations des observateurs de l’OSCE: Les gens n’ont plus d’électricité, plus de chauffage, ils ont peu de nourriture et ils boivent de l’eau de pluie (112.ua).

Le média ukrainien  “Apostrophe” (que l’on peut sans crainte qualifier  de “propagandiste” du fait qu’il utilise systématiquement l’adjectif “russe” pour désigner hommes et matériels de l’adversaire séparatiste) rapporte qu’à Peski, il y a eu toute la journée des tirs de mortier. Les FAU se vantent d’avoir détruit un “tank russe” (apostrophe.com.ua).

Les observateurs de l’OSCE pensent que le cessez le feu ne tiendra plus bien longtemps. Les hostilités ont de fortes chances de  reprendre le mois d’avril passé. En fait chaque jour on tire un peu plus et chaque jour  il y a des victimes de deux côtés. L’action diplomatique peut prolonger la paix, mais une guerre est inévitable car Minsk 2 n’arrange ni  Kiev ni les Républiques du Donbass. De plus,  le mois mai de est extrêmement chargé d’émotion historique : le massacre d’Odessa le 2 mai 2014 et le fin de la Seconde Guerre Mondiale en Europe le 8 et 9 mai 1945, doublé du 70eme anniversaire de cette date. Pour la Russie c’est l’occasion de se rappeler, et de rappeler au Monde,  les immenses sacrifices qu’elle a dû faire pour vaincre le nazisme, sacrifices de plus en plus minimisés, voire niés par les USA et l’OTAN. Pour l’Ukraine c’est la volonté de réécrire l’histoire et  de s’approprier une victoire dans une guerre où les pères politiques des autorités actuelles étaient du côté des nazis. Kiev espère pouvoir effacer la collaboration avec les nazis et plus d’un million de morts pour créer une nouvelle histoire dans laquelle l’Ukraine aurait toujours lutter pour son indépendance en occultant sa tendance au nettoyage ethnique et aux massacres de masse.  Ces deux conceptions de  l’histoire sont  irréconciliables. comme le sont  aussi les objectifs politiques des protagonistes du conflit (regnum.ru).

• Position officiellement officieuse de la France et montée de sauce russo-allemande avec cerise ukrainienne. Le général Christophe Gomart, directeur du renseignement militaire français (defense.gouv.fr) a témoigné fin mars devant une Commission de la défense nationale et des forces armées dans le cadre d’une loi relatif au renseignement (.assemblee-nationale.fr). Lors de ce témoignage il a évoqué la situation en Ukraine et spécifiquement le sujet d’une éventuelle intervention russe. Ses propos, et leurs contextes, relevés par De Defensa sont les suivants (dedefensa.org) :

        M. Frédéric Lefebvre : «Quelles sont nos relations avec la base de l’OTAN de Norfolk ?

        Général Christophe Gomart : «Nous avons  d’excellentes relations avec le commandant suprême allié  Transformation (SACT) et les notes de renseignement de la DRM  alimentent d’ailleurs la réflexion de l’OTAN. En septembre prochain, le général Denis Mercier va succéder au général Jean-Paul Paloméros à ce poste.

        »La vraie difficulté avec l’OTAN, c’est que le renseignement  américain y est prépondérant, tandis que le renseignement français y est  plus ou moins pris en compte – d’où l’importance pour nous d’alimenter  suffisamment les “commanders” de l’OTAN en renseignements d’origine  française. L’OTAN avait annoncé que les Russes  allaient envahir l’Ukraine alors que, selon les renseignements de la  DRM,  rien ne venait étayer cette hypothèse – nous avions en effet constaté  que les Russes n’avaient pas déployé de commandement ni de moyens logistiques, notamment d’hôpitaux de campagne, permettant d’envisager  une invasion militaire et les unités de deuxième échelon n’avaient  effectué aucun mouvement. La suite a montré que nous avions raison car,  si des soldats russes ont effectivement été vus en Ukraine, il  s’agissait plus d’une manœuvre destinée à faire pression sur le  président ukrainien Porochenko que d’une tentative d’invasion.

        M. Philippe Nauche, rapporteur pour avis : «Je vous remercie de nous avoir fait part de vos convictions au sujet du projet de loi relatif au renseignement et de votre service…» 

 Plus loin : 

        Mme Édith Gueugneau : «La DRM fait partie  intégrante du système de renseignement français coordonné par le  Conseil national du renseignement (CNR), dont la mise en place en 2008 a  permis un meilleur partage des savoir-faire et des informations dans le respect des périmètres de responsabilité de chacun. Quel bilan  tirez-vous de la création du CNR ?… [...]  

        Général Christophe Gomart : «La coopération avec les pays d’Europe occidentale est bonne. La DRM participe à  deux forums, dont l’un réunissant régulièrement les pays de l’OTAN autour de divers sujets. Je me souviens que lors de l’un de ces forums, on a cherché à nous forcer la main au sujet de l’Ukraine.  Cela montre bien l’importance de disposer de         renseignements concrets et factuels : de ce point de vue, la France  dispose des moyens lui permettant d’apprécier les situations et de faire valoir son point de vue.» 

Dans l’esprit, il prèche plus pour sa paroisse et ses budgets qu’il ne fait une critique de l’OTAN. La presse française n’a pas retransmis cette information perdue au milieu d’un verbatim d’audition de commission. C’est Sputnik news qui s’en est fait l’écho le premier (sputnik news), repris ensuite par Oukraïnskaya Pravda, un journal ukrainien très pro-gouvernemental  (pravda.com.ua) qui reste très factuel.

On est très loin d’une opposition France OTAN. Des propos non directement publics visant à valoriser les actions d’un service de renseignement sont devenus une “preuve du mensonge américain”. Même s’ils sont à verser dans ce sens, ils ne sont pas une attaque directe, mais la justification de conserver des capacités de renseignement autonomes et de diffusion des inforamtions aux décideurs.

Ceci n’empêche pas le journal économique allemand Deutsch Wirtschaftsnachrichten (deutsche-wirtschafts-nachrichten.de) publie à son tour, le 12 avril, les propos du directeur du Renseignement militaire français et se lance dans une critique de l’OTAN et de son chef militaire en particulier, le général Breedlove, très pro-intervention armée. On se rappellera dans ce cadre les propos du chef du Allied Land Command (LANDCOM) de l’OTAN, le général américain Hodges (Stripes)  qui déclarait le 21 janvier 2015 : “on ne vous donnera rien (pas de preuves), si vous croyez pas  qu’il y a une invasion russe c’est que vous voulez pas y croire …” (les-crises.fr).

Puis c’est aux Ukrainiens de s’en mêler… le media “112″ remet une couche d’invasion russe (112.ua) en citant le colonel Valentin Fedichev, porte-parole du commandement de l’ATO (“Anti Terrorist Operation” ou “Opération Anti Terroriste”, l’appellation ukrainienne de la guerre civile au Donbass), qui a déclaré que la Russie prévoierait d’envoyer au Donbass des “brigades d’interposition” et qu’il y aurait dans le secteur de Gorlovka une concentration d’environ 150 unités blindées  et 2000 à 2500 soldats. Plus loin, il affirme que la Russie aurait  concentré à la frontière et au Donbass 50.000 soldats. On approche du record du nombre de “faux russes”, semble-t-il. Faudrait peut-être ouvrir une section au Guinness…

Toujours est-il qu’il aurait été plus glorifiant pour la presse française de s’en faire l’écho la première, plutôt que de laisser à d’autres, sans doute plus à l’affut de l’information, le soin de le faire. Mais il est vrai que notre presse est globalement pro ukrainienne et n’a que faire de sons discordants à sa propagande anti-russe. Et que l’on peut porter au crédit de l’armée française le fait de conserver une voix autonome, et de la faire entendre, au sein de l’OTAN.

Samedi 11 avril 2015

• Revenons sur la visite de Porochenko à Odessa hier. Certaines vidéos signalées dans les contributions d’hier montrent des Odessites qui sont loin d’acclamer leur président. Il n’y a pas d’applaudissements. cela rappelle la commémoration ratée du 70ème anniversaire de la libération de la ville de Nikolaïev. Mais cette ambiance ne date pas d’hier: en effet, dans l’article publié le 20 octobre 2014 par un journaliste odessite dans le média local ‘Timer” (timer-odessa.net) on peut voir deux photos montrant un petit bâtiment qui a été tagué sur deux côtés.

Deux tags. Celui au-dessus de la grille: “Youlia est une salope” (le mot “сука” est très fréquemment utilisé, il provoque des séries de “bip” conséquentes dans les vidéos où parlent les soldats, ukrainiens ou autres. C’est très grossier). Tag de gauche: “Tourchinov est un chien, un seau à ordures”.

Autre côté du même bâtiment. En blanc: “Avakov est une tarlouze”. En-dessous: “Yatseniouk est une capote”. Certes, ce ne sont pas  des affirmations documentées, prouvées, argumentées. Mais cela dénote tout de même une certaine défiance vis-à-vis des nouveaux maîtres de l’Ukraine, surtout si l’on considère la date du reportage…

• Les chiffres du “chaudron” d’Ilovaïsk (fin juillet -début août 2014) finissent par sortir…Il en aura fallu du temps ! En effet, Anton Gerachenko, conseiller du ministre de l’intérieur et député de la rada suprême, a déclaré dans une interview pour la chaîne “112″ que les Forces Armées Ukraniennes (FAU) auraient perdu plus de 1.000 hommes dans ce “chaudron”. Rappelons que Semen Semenchenko, qui commandait alors le bataillon “Donbass”, avait accusé l’état-major d’incompétence et l’avait rendu responsable du désastre. Mais les chiffres révélés alors étaient faux et très fortement minimisés par les autorités. Le 11 novembre, un média ukrainien  (kp.ua) donnait 211 morts, 300 prisonniers, 400 évaporés. Le 11 décembre 2014, le Procureur général Yaréma annonçait 241 tués. Mais certaines voix, déjà, laissaient comprendre que le nombre de tués était bien plus élevé.

• Petit retour sur l’économie. Mais pas sur celle de l’Ukraine, qui est totalement à plat. Parlons plutôt des sanctions. Mais pas de celles contre la Russie. Plutôt des sanctions-riposte de la Russie. Celles-ci, elles fonctionnent bien. Un média allemand qui diffuse dans le monde entier, “Deutsche Welle”, en a parlé très récemment, (dw.de). L’article s’intéresse à la filière agricole allemande et annonce que cette branche a perdu, en 2014, 600 millions d’euros à cause de l’embargo russe. C’est ce qu’a déclaré le président du DBV, Joachim Rukwied, lors d’une interview à la radio SüdWestRundfunk. Y aura-t-il un média français pour dévoiler le coût, pour notre filière agricole, des mesures de rétorsion russes? Ne serait-il pas temps, pour nos politiques, qu’ils soient nationaux ou européens, de remiser les sanctions dans le placard des mauvaises idées qui ont prouvé leur inefficacité ?

• Pronostic de Standard & Poors pour l’Ukraine. Augmentation de l’inflation en 2015 jusqu’au 35%, baisse de PIB de 7,5% (segodnya.ua)

• Mauvaise idée au mauvais moment. A peine nommé, le nouveau ministre de la Défense nationale, Jason Kenney, déclarait en février que le Canada pourrait décider de se joindre aux États-Unis dans la formation des forces ukrainiennes (45enord.ca). Il annonce aujourd’hui être prêt à envoyer des soldats en Ukraine conjointement avec les USA qui devrait normalement déployer 300 parachutistes dans l’ouest de l’Ukraine vers le 20 avril pour cette formation (45enord.ca). La semaine prochaine risque d’être diplomatiquement un peu agitée. Rappelons qu’avec sa forte minorité ukrainienne viscéralement anti russe et organisée en lobby politique, le Canada est en pointe du soutien financier et logistique au régime de Kiev.

• Incident dans une centrale nucléaire du sud de l’Ukraine.  “On April 11 at 14.37 at the energy  block #3 of the South-Ukrainian NPP, the generator was disabled by the  auto-electrical safety feature. Probably the cause of the outage was the  loss of generator excitation”. Le communiqué précise que le changement de carburant de russe à américano-japonais n’est pas la cause de l’incident (fortruss). Cette centrale avait été déjà le cadre d’un incident, un incendie cette fois, en janvier 2015 (korrespondent.net).

 

Dimanche 12 avril 2015 (Pâques Orthodoxe)

• Guerre froide. Divulgation de l’interception par un chasseur russe Su-27, le 7 avril, d’un avion d’espionnage électronique américain aux abords de Kaliningrad, au-dessus de la mer Baltique. (deutsche-wirtschafts-nachrichten.de). Maux de tête diplomatiques assurés, les jours prochains, car les Américains reprochent au chasseur russe d’avoir effectué une manoeuvre dangereuse  en s’approchant trop près de l’appareil ( un RC-135U ). L’interception a eu lieu dans l’espace aérien international. Version du Pentagone: “Au matin du 7 avril, le RC-135U US effectuait un vol de routine dans l’espace aérien international et a été intercepté par un chasseur russe Su-27 d’une manière peu sûre et non professionnelle.” déclare la porte-parole du Pentagone Eileen M. Lainez. Le chasseur se serait approché de l’avion US non armé jusqu’à quelques mètres. Le comportement du pilote russe aurait été “irresponsable” et aurait mis en danger la sécurité de l’équipage du RC-135.

Version russe, maintenant : Le porte-parole du ministère russe de la défense, Igor Konaschenkov, a confirmé l’interception. Il a précisé que celle-ci avait été motivée par la découverte d’un aéronef non identifié qui volait en direction de  la frontière russe. Non identifié car, selon lui, son transpondeur était désactivé. Le Sukhoï Su-27 a alors été envoyé pour intercepter la cible et l’identifier. A cet effet, il a effectué des cercles autour de l’appareil, afin d’en déterminer le type et de lire son immatriculation et de la transmettre à sa centrale. Puis le SU-27 a changé de cap et s’est éloigné.

Là encore, on mesure toute la différence entre certains médias étrangers qui ne reculent pas devant la divulgation de certaines infos (avec toutefois un léger différé, dans ce cas précis) et nos médias occidentaux qui les cachent avec obstination. Et l’on ne peut que comparer avec les tempêtes médiatiques occidentales qui se déclenchent quand un avion russe a le toupet d’effectuer un “vol de routine” – pour reprendre la terminologie en usage – dans l’espace aérien international – ce qui est le cas ici -.

• Guerre des chiffres.  UNN publie ce matin la déclaration d’une combattante ukrainienne volontaire, Tatiana Richkova (unn.com.ua) : selon elle, les Ukrainiens ont tout bon, les séparatistes tout faux (logique pour une volontaire) :  “Les pertes au cours de l’ATO : FAU (note : les gentils ukrainiens nazis) :  1205 hommes, Novorusses (note : les méchants occupants russes) : 14.600 hommes“. Comme on peut en juger, l’intox continue en Ukraine et ne se soucie même pas de cohérence avec les chiffres officiels de l’ONU (environ 6000 morts) ou officieux des services de renseignements allemands (environ 50 000 morts). Il faut noter toutefois que l’article de UNN reprend des chiffres cités par cette volontaire sur sa page facebook. Ainsi, UNN peut diffuser une info qui va dans le sens voulu (“on gagne et on est les meilleurs”), mais si jamais cette information est démentie, le média pourra dire “Ah mais, ce n’est pas nous qui avons dit cela, c’est Tatiana Richkova.”

• Fête de Paques à Donetsk: la ville est secouée par les tirs d’artillerie (segodnya.ua). Trois obus ont tombées sur le centre hospitalier N 21 (news.pn), le service de chirurgie est endommagé, un obus a touché un immeuble d’habitation et un journaliste a été tué près de l’aéroport de la même ville (sputnik news ).. Le ministère de la défense de DNR a constaté 49 faits de violation du cessez-le-feu de la part de l’armée ukrainienne depuis 24h (lifenews.ru). Et on a continué à se battre à Peski et à Shirokino

 

• Fêtes de Pâques à Kiev. Pour le jour de Pâques, il y a eu à Kiev deux alertes à la bombe, l’une vers 17 h. dans un grand centre commercial, l’autre dans une station du métro (pravda.com.ua). Un anonyme a annoncé que le centre commercial du quartier Obolonski (ru.wikipedia.org) allait sauter. Le personnel et les visiteurs ont été évacués. Un peu plus tôt,  la station de métro “Arsenal” avait été fermée pour cause d’alerte à la bombe suite à un appel anonyme,.

 

• Petit retour en arrière : “Why We Fight:  The Battle of Russia “ Film de propagande américain de 1947 qui glorifie les russes dans leur lutte contre le nazisme… Mais c’était “avant” (youtube) !

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Épidémie de morts suspectes parmi les opposants au régime pro-UE et pro-OTAN de Kiev imposé par Washington

15 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La France, #La République, #La Russie, #La guerre, #Les média, #L'OTAN., #le nazisme

Épidémie de morts suspectes parmi les opposants au régime pro-UE et pro-OTAN de Kiev imposé par Washington


Personne en Occident n’a pu ignorer l’assassinat de l’opposant russe Boris Nemtsov, le 27 février 2015, à Moscou, tellement les grands médias en ont parlé en boucle pendant plusieurs jours.

Personne en Occident n’a pu ignorer non plus les déclarations scandalisées de Washington et des dirigeants fantoches européens, laissant tous lourdement entendre que le vrai commanditaire de ce meurtre ne pouvait évidemment être personne d’autre que Vladimir Poutine lui-même.

Le président ukrainien Petro Porochenko avait ainsi déclaré que « Boris Nemtsov était un pont entre l’Ukraine et la Russie, et ce pont a été détruit par les coups de feu d’un assassin. Je pense que ce n’est pas par hasard ». À la télévision, Petro Porochenko avait même assuré que Boris Nemtsov avait été assassiné parce qu’il « disait qu’il allait révéler des preuves convaincantes de l’implication des forces armées russes en Ukraine. Quelqu’un avait très peur de cela, ils l’ont tué ».

Le président Barack Obama avait parlé de « meurtre brutal » et appelé sans rire le gouvernement russe à « rapidement mener une enquête impartiale et transparente ». Comme si Washington était le modèle planétaire en matière d’enquêtes rapides, impartiales et transparentes….

En France, François Hollande avait aussitôt emboîté le pas à son maître, en dénonçant ce meurtre comme étant un « assassinat odieux » et en « saluant la mémoire d’un défenseur courageux et inlassable de la démocratie ». Comme si l’actuel chef de l’État, élu en 2012 sur une escroquerie (« mon ennemi c’est la finance ») et ne sortant plus en public sans être entouré d’une nuée de gardes du corps, était lui-même un modèle de courage et de démocratie.

Obéissant à son tour au coup de sifflet venu d’outre-Atlantique, la chancelière allemande Angela Merkel s’était déclarée « consternée » par le « meurtre lâche » de Boris Nemtsov et avait demandé à Vladimir Poutine que toute la lumière soit faite sur cet assassinat.

[pour toutes ces déclarations, cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Boris_Nemtsov ]

Seulement voilà.

D’une part, l’assassinat de Nemtsov semble avoir été un crime commandité et réalisé par des Tchétchènes – ce que Wikipedia français, toujours très soucieux de défendre le point de vue de Washington, remet bien entendu en cause.
[ cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Boris_Nemtsov ]

D’autre part, il ne s’est trouvé aucun grand média français ni occidental, ni aucun responsable politique euro-atlantiste, pour s’émouvoir de la véritable épidémie de suicides et de morts inexpliquées qui ont frappé, au même moment, des opposants au régime pro-UE et pro-OTAN de Kiev, imposé en Ukraine à la suite du coup d’État organisé par Washington en février 2014.

Dans sa dernière Lettre d’information, William Blum, célèbre écrivain et journaliste américain très critique de la politique étrangère des États-Unis, vient de dresser la liste de 7 morts suspectes, sur lesquelles les grands médias occidentaux ont organisé une chape de plomb absolue.

Voici cette liste traduite en français :

=> 29 janvier 2015 : L’ancien président du gouvernement local de la région de Kharkov, Alexey Kolesnik, se suicide par pendaison.

=> 24 février 2015 : Stanislav Melnik, membre du parti d’opposition au gouvernement de Kiev, (Partia regiónov), se suicide par arme à feu.

=> 25 février 2015 : Le maire de Melitopol, Sergey Valter, se pend quelques heures avant son procès.

=> 26 février 2015 : Alexander Bordiuga, directeur adjoint de la police de Melitopol, est retrouvé mort dans son garage.

=> 26 février 2015 : Alexander Peklushenko, ancien membre du parlement ukrainien et ancien maire de Zaporizhi, est retrouvé tué par balles.

=> 28 février 2015 : Mikhail Chechetov, ancien député, membre du parti d’opposition au gouvernement de Kiev (Partia regiónov), « tombe » de la fenêtre de son appartement situé au 17e étage d’un immeuble de Kiev.

=> 14 mars 2015 : Sergey Melnichuk, procureur de 32 ans, « tombe » de la fenêtre de son appartement situé au 9e étage d’un immeuble d’Odessa.

(Source : http://williamblum.org/aer/read/138 )

J’attire l’attention des lecteurs sur le fait que Barack Obama et ses subordonnés Hollande et Merkel, qui ont fait part « urbi et orbi » de leur indignation devant l’assassinat de Boris Nemtsov, n’ont en revanche pas trouvé dix secondes dans leurs emplois du temps respectifs pour s’émouvoir du sort de ces 7 responsables de l’opposition ukrainienne, retrouvés suicidés, assassinés et défenestrés.

François Asselineau

 

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Combien de temps l’US Navy pourrait-elle survivre dans une vraie guerre? Par Marc Hopf –

15 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #L'OTAN., #AMERIQUE, #L'armée française, #La paix, #La guerre

Combien de temps l’US Navy pourrait-elle survivre dans une vraie guerre?


Par Marc Hopf – Le 1er avril 2015 – Russia Insider

L’US Navy est une force énorme mais largement basée sur des groupes de porte-avions que l’armement moderne a peut-être rendus obsolètes

Un porte-avion est vulnérable aux missiles sol, mer, air.

Les Etats-Unis aiment à se voir comme les maîtres des océans de la planète. Après tout, le pays – qui dépense dix fois plus pour ses forces militaires que les neuf pays suivants réunis – est de loin la plus grande force navale. Et comme depuis la guerre du Vietnam, ils n’ont agressé que des adversaires militairement inférieurs, ils sont extrêmement confiants dans leur conviction qu’ils peuvent vaincre tout le monde tout le temps. Il n’est pas surprenant que certains jeunes Américains portent même des T-shirts avec le logo : United States Navy: la mer est à nous.

Pour répondre à cette fierté et à cette arrogance, peut-être faut-il l’aborder avec une certaine compréhension au vu de la supériorité numérique de l’US Navy. Au total, elle compte actuellement dix porte-avions opérationnels (deux en réserve), tandis que la Russie et la Chine n’en ont qu’un seul chacune.

Les porte-avions sont la grande fierté de la marine américaine, ils sont également parfaits pour rendre visuellement manifeste son droit à régner sur les mers. Ils sont donc bien aimés par les présidents américains, comme des décors d’où ils peuvent prononcer des discours quand vient le temps de dire aux gens que cette nation unique a une fois de plus remporté une victoire héroïque.

Quel moment passionnant, en effet (au moins pour les Américains), lorsque George W. Bush a atterri dans un avion de chasse sur l’USS Abraham Lincoln (non, pas en tant que pilote), puis, avec la banderole mission accomplie et un good job bien senti, annonçait au peuple la fin de la guerre en Irak . Comme nous le savons, la destruction de l’Irak a été menée par les Américains sous le label de l’opération Iraqi Freedom. Nous pouvons encore nous demander ce que  la liberté avait à voir là-dedans, mais c’est une autre histoire.

En plus de leur intérêt comme impressionnantes estrades pour un orateur, les porte-avions remplissent aussi, bien sûr, un but militaire. Ils peuvent être considérés comme de petits aéroports flottants, qui peuvent expédier jusqu’à cent avions de chasse sur la scène des opérations. Comme ils sont équipés des meilleures armes, de radars et de systèmes de défense, ils n’ont jusqu’à ce jour connu presque aucune menace, d’autant plus que dans le passé l’US Navy stationnait de préférence au large des côtes d’États déserts et sans défense.

Mais que se passerait-il si la puissante l’US Navy rencontrait ses pairs? Le titre de cet article donne déjà la réponse: pas très bon, et il se pourrait que les fans de l’US Navy patriotique aillent rapidement cacher leurs T-shirts dans le placard.

Retour dans les années 1970. L’amiral Rickover, le père de la marine nucléaire, a dû répondre à la question suivante devant le Sénat américain : «Combien de temps nos porte-avions pourraient-ils survivre dans une bataille contre la marine russe?» Sa réponse a causé la désillusion : «Deux ou trois jours avant qu’ils ne coulent, peut-être une semaine s’ils restent au port

La raison de la durée de vie fortement réduite du porte-avion dans une bataille contre les Russes est l’existence d’un danger mortel sous l’eau: les sous-marins modernes – surtout les russes – sont si puissants et difficiles à localiser qu’ils peuvent envoyer de gros cuirassés et porte-avions par le fond en un clin d’œil. La faiblesse de l’US Navy est leur vulnérabilité quand ils sont en concurrence avec un ennemi qui – en utilisant le langage des Américains – domine les mers en dessous de la surface de l’eau. Bien sûr, les analystes militaires américains sont conscients de cette faiblesse, donc on se demande pourquoi l’US Navy adhère encore à la doctrine du plus c’est gros, plus c’est beau et continue de s’appuyer sur une armada de porte-avions et de navires de guerre.

Le colonel Douglas McGregor, un vétéran de combat médaillé, auteur de quatre livres, doctorant et analyste militaire, donne la réponse: «Stratégiquement, cela n’a aucun sens, mais la construction de grands navires, bien sûr, crée beaucoup d’emplois

Donc la menace des sous-marins russes, des torpilles et des missiles anti-navires est bien connue par les Américains – un fait que le livre de Roger Thompson, Leçons non apprise: La culture du statu quo dans l’US Navy, souligne également. Un bref extrait :

En 2003, Howard Bloom et Dianne Star Petryk-Bloom ont averti que tant les Russes que les Chinois ont maintenant le missile mortel SS-N-22 Sunburn à leur disposition. Ce gros missile à longue portée, équipé d'ogives nucléaires ou conventionnelles, est extrêmement difficile à détecter et donc à détruire. Selon le Groupe d'information de Jane, il est plus que capable de couler n'importe quel porte-avions américain. Plus précisément, Timperlake (un diplômé de l'Académie navale) et Triplett ont prévenu que le missile Sunburn est conçu pour faire une seule chose: détruire les porte-avions américains et les croiseurs de la classe Aegis.
 
Le missile SS-N-22 rase la surface de l'eau à deux fois et demi la vitesse du son jusqu'à ce que, juste avant l'impact, il se relève et pique tout droit sur le pont du navire. Son ogive nucléaire de deux cents kilotonnes a presque vingt fois la puissance explosive des bombes atomiques larguées sur Hiroshima. La marine américaine n'a aucune défense contre ce système de missile. Comme a dit l'amiral à la retraite Eric McVadon : «C'est assez pour couler deux fois la 7e Flotte US (Pacifique).»

En plus de cette notion liée à la faiblesse presque inévitable des grands navires de guerre, il y a une autre raison à la vulnérabilité de l’US Navy et aux forces armées des États-Unis en général: leur arrogance et la sous-estimation corrélative de leurs adversaires. Toute personne qui sous-estime son ennemi est poussée à l’imprudence et détient les mauvaises atouts dans le cas d’une attaque surprise. Ce qui s’est passé en 2000, lorsque le porte-avions américain USS Kitty Hawk a été pris à contre-pied par les Russes.

Voici quelques extraits de l’article de Jon Dougherty, «La Marine russe prend Flyover par surprise» (World Net Daily):

Une paire d'avions de chasse russes qui ont fait au moins trois passages à grande vitesse au-dessus d'un porte-avions américain stationné dans la mer du Japon en octobre a constitué une menace beaucoup plus grave que le Pentagone a bien voulu l'admettre; les avions russes étaient facilement en mesure de détruire le vaisseau s'ils avaient eu des intentions hostiles, dit le personnel de la Marine.
 
Selon les rapports, le 9 octobre, une force aérienne russe composée d'un Su-24 Fencer et d'un Su-27 Flanker a survolé le USS Kitty Hawk à basse altitude sans rencontrer d'opposition, alors que le navire était en cours de ravitaillement.
 
Le 9 novembre, des chasseurs et des avions de reconnaissance russes ont fait une deuxième tentative pour se rapprocher du porte-avion, une répétition pour laquelle le Pentagone, ainsi que des témoins oculaires à bord des navires, ont déclaré que le navire avait été préparé. Mais c'était le premier incident en octobre qui avait causé l'alarme.
 
Le porte-parole du Pentagone, Kenneth Bacon, a déclaré lors d'une conférence de presse régulière le 30 novembre que les chasseurs russes ont été détectés sur le radar bien avant leurs survols à grande vitesse. Des officiers de marine à bord des navires qui ont parlé de l'incident sous la condition de l'anonymat, étaient d'accord avec cette version.
 
Cependant, au moment où le centre d'information de combat du porte-avions a alerté le commandant du navire, le capitaine Allen G. Myers, que les chasseurs  russes étaient en vue, aucun des avions du navire n'était en vol. Le navire transporte 85 avions, selon les chiffres de la Marine, et a un équipage de plus de 5500 hommes.
 
Des témoins ont déclaré que Myers a immédiatement ordonné le lancement des avions d'alerte, mais l'escadron de chasse en alerte était dans le statut Alerte-30 - un temps de lancement minimum de 30 minutes où les pilotes sont dans la salle d'attente, mais ne sont pas dans les cockpits prêts à décoller.
 
Bacon, le porte-parole de l'US Navy, a seulement déclaré aux journalistes qu'il y a «peut-être eu un léger retard» pour envoyer les intercepteurs, expliquant que parce que le Kitty Hawk se ravitaillait en carburant, il ne naviguait pas assez vite pour lancer ses avions.
 
Un officier de la marine à bord du navire a déclaré: «Quarante minutes après que le CO [Officier commandant] a suspendu l'état d'alerte,les avions russes ont effectué un nouveau passage à 500 noeuds, à 200 pieds d'altitude, juste au-dessus de la tourelle du porte-avion.»
 
Avant que le Kitty Hawk n'ait pu faire décoller un seul chasseur, les chasseurs russes ont fait deux autres passes. Pire, selon des témoins, le premier avion sur le pont était un EA-6B Prowler – un appareil utilisé principalement pour le brouillage électronique des radars et des défenses aériennes de l'ennemi, pas un chasseur capable d'intercepter un autre avion de guerre.
 
«Le EA-6B a fini dans un un-contre-un avec un Flanker juste en face du navire, a déclaré un témoin. Le Flanker était sur lui... Il hurlait à l'aide quand enfin un Hornet F/A-18 de notre escadron a quitté le pont et fait l'interception. Il était trop tard.»
 
Des personnels de la marine ont noté que «l'ensemble de l'équipage regardait au-dessus de leurs têtes pendant que les Russes s'amusaient de notre incapacité à les intercepter».
 
L'administration Clinton a minimisé l'incident... La BBC, cependant, a dit qu'il était évident, au vu des photographies prises par les jets russes, qu'il y avait panique à bord quand les avions ont fait leurs survols.

Nos lecteurs américains vont maintenant peut-être dire que cet incident humiliant s’est produit il y a 15 ans et qu’une telle chose n’est plus possible de nos jours. Mais la plupart des lecteurs de Russie Insider se souviennent des événements d’avril 2014, lorsque le destroyer ultra-moderne USS Donald Cook a été paralysé par un seul SU-24.

Pour les lecteurs qui, malheureusement, ont raté l’histoire, la voici. Au début du mois d’avril l’année dernière, les Américains ont envoyé l’USS Donald Cook dans la mer Noire, avec l’autorisation de la Turquie, pour protester contre l’annexion russe de la Crimée et démontrer leur force militaire. Le destroyer était équipé du système de combat Aegis le plus avancé, un des systèmes d’armes navales qui assurent la détection, le suivi et la destruction de plusieurs cibles en même temps. L’USS Donald Cook est aussi équipé de quatre grands radars, dont la puissance est comparable à celle de plusieurs stations. Pour sa protection, il transporte plus de 50 missiles anti-aériens de divers types.

Selon la Convention de Montreux, les navires de guerre des États qui ne sont pas riverains de la mer Noire  sont autorisés à rester dans celle-ci pour un maximum de 21 jours. Les Américains, bien sûr, ont ignoré cette règle, et la Russie a répondu en envoyant un SU-24. Le Sukhoi n’était pas armé, mais équipé avec le dernier appareil de la guerre électronique, appelé Khibiny.

Lorsque le SU-24 s’est approché du destroyer, tous les systèmes de radar et de contrôle, les transferts d’information, etc., de l’USS Donald Cook ont ​​été soudainement paralysés par Khibiny. En d’autres termes, le système Aegis apparemment supérieur était complètement hors-service, comme lorsque vous éteignez votre téléviseur avec la télécommande.

Par la suite, le SU-24 a simulé des attaques de missiles à basse altitude sur l’USS Donald Cook aveugle et sourd, et on peut imaginer que les deux pilotes des SU-24 ont eu beaucoup de plaisir. Malheureusement, à cette époque, il n’y avait ni John McCain, ni le commandant de l’Otan, Phillip Breedlove, à bord du navire – ils auraient certainement gardé des impressions durables de cette démonstration.

Après cet incident, l’USS Donald Cook a choisi de rentrer immédiatement et à pleine vitesse vers son port d’attache en Roumanie, où 27 membres de l’équipage en état de choc ont démissionné du service actif.

Cette histoire nous montre que les Américains surestiment encore largement les capacités de leurs forces armées et ne réalisent pas (ou ne veulent pas admettre) que la technologie militaire de la Russie est supérieure, dans de nombreux domaines, et dispose d’un avantage qui ne peut être compensé rapidement.

Donc, aussi longtemps qu’un seul avion de chasse russe peut désactiver un navire de guerre américain complet muni des derniers systèmes d’alerte et des missiles les plus sophistiqués en appuyant simplement sur un bouton, la réponse à la question Combien de temps l’US Navy peut-elle survivre? est aujourd’hui la même qu’au bon vieux temps de la guerre froide.

Traduit par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone.

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Donbass. L'interview de "Texas", citoyen américain, qui se bat aux côtés des insurgés.

15 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La Russie, #La République, #La guerre, #L'OTAN., #La mondialisation, #le nazisme, #Le fascisme

Donbass. L'interview de "Texas", citoyen américain, qui se bat aux côtés des insurgés dans la brigade "VOSTOK" de l'armée populaire de la République populaire de Donetsk. 28 mars 2015.

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En direct avec "Ruptures"...Aujourd'hui, la chasse aux sorcières à Kiev

14 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les média, #Ukraine, #Le fascisme, #le nazisme, #La France, #Europe supranationale, #La Russie, #AMERIQUE

Publié par Jean Lévy

 

Kiev institue une chasse aux sorcières légale via des lois dites « mémorielles »

[Le reportage vidéo « La CGT et l’Europe », annoncé pour le lundi 13 avril, sera finalement mis en ligne le 14 avril, du fait de contraintes techniques.

La bande-annonce, composée d’extraits d’entretiens, est, elle, disponible depuis le 9 avril – et reste en ligne]

Le parlement ukrainien a adopté la semaine dernière (9 avril) un paquet de quatre lois dites « mémorielles ». Même Le Monde, peu suspect d’antipathie excessive envers le gouvernement de Kiev, évoque (dans son édition datée du 12-13/04/15) des textes instaurant une « révolution mentale aussi profonde que périlleuse ».

Les députés de l’actuelle Rada ont été élus en octobre 2014, dans un climat d’intimidation voire de terreur vis-à-vis de tous ceux qui critiquent le régime issu du soulèvement de Maïdan (hiver 2013-2014).

La nouvelle législation sur la « mémoire » illustre et renforce cette tension. Elle proclame le rejet des « régimes totalitaires communiste et nazi en Ukraine ». Cette mise en équivalence relève de l’imposture souligne Jean-Marie Chauvier, spécialiste de l’ex-URSS. Car, outre son caractère odieux vis-à-vis des vingt-sept millions de victimes soviétiques (y compris ukrainiennes) de la barbarie nazie, le parallèle ne tient pas : « l’interdiction du nazisme ne change rien à ce qui était de rigueur de 1945 à 1991, pendant l’ère soviétique. (…) La plupart des héritiers du fascisme et du nazisme ukrainiens, contraints de reconnaître les méfaits de l’occupation nazie dont certains des leurs ont été victimes, ont fait plutôt référence à leurs propres idéologies fascistes ou nationalistes radicales des années trente ».

Le chercheur poursuit : « l’interdiction du communisme est la seule vraie nouveauté. Elle visera les symboles qui furent ceux non seulement d’une idéologie mais de la guerre antinazie dans laquelle une majorité d’Ukrainiens furent mobilisés (…) L’interdiction visera donc surtout, voire exclusivement, le Parti communiste d’Ukraine, qui serait très prochainement l’objet d’une interdiction formelle ».

Enfin, « une autre loi réhabilite officiellement les ‘résistances nationales’ (notamment l’armée de Stepan Bandera) issues de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN), principal foyer du fascisme ukrainien et de sa collaboration avec l’occupant nazi. L’anniversaire de la naissance de l’armée bandériste, le 14 octobre, deviendra fête nationale et jour férié ».

Jean-Marie Chauvier note à cet égard que ce dernier projet de loi « a été porté par le député Youri Bogdan Choukhevitch, fils de Roman Choukhevitch qui commanda successivement un bataillon de la Werhmacht (1941), une unité de police punitive, la Schutzmannschaft 201 (1941-42), et l’Armée ukrainienne des insurgés, UPA (1942-1950) ». Autrement dit, conclut-il, « l’interdiction du communisme en Ukraine ira de pair avec la réhabilitation du fascisme national ».

Parmi les dispositions qui devraient entrer en vigueur figurent donc l’interdiction de toute négation du « caractère criminel du communisme et du nazisme », et de toute utilisation publique de leurs symboles. Par exemple, le fait d’entonner l’hymne soviétique sera passible de cinq ans d’emprisonnement. Les noms de ville ou de rue faisant référence à l’époque soviétique devront être modifiés. Les statues des dirigeants de l’URSS – de son fondateur, en particulier – seront déboulonnées.

A ce jour, on attend toujours les protestations de l’Union européenne, généralement prompte à brandir la Charte des droits fondamentaux urbi et orbi, et à dénoncer les atteintes aux libertés politiques – enfin, ça dépend où.

Il est vrai que les dirigeants européens sont pour l’heure gênés aux entournures. Car l’adoption de telles mesures législatives ne peut que diviser encore plus un pays déjà écartelé. Or, dans plusieurs capitales de l’UE, on s’inquiète en coulisses des obstacles accumulés par le gouvernement ukrainien quant à ses propres engagements figurant dans les accords dits de Minsk II, notamment la reconnaissance de l’autonomie politique de l’Est du pays. Une mauvaise foi ukrainienne qui pourrait bien faire le jeu de Moscou, s’agace-t-on discrètement à Bruxelles.

L’extrémisme des dirigeants ukrainiens va en outre rendre plus difficile de moquer ou de tourner en dérision les discours russes qui dénoncent les « fascistes » au pouvoir à Kiev.

D’autant que, cerise sur le gâteau, la parlement ukrainien a eu l’élégance d’adopter ces textes à l’approche du 9 mai, anniversaire de l’écrasement du IIIème Reich.

D’ici la parution du premier numéro de Ruptures, le 29 mai, ce site vous propose chaque jour – gratuitement ! – une info commentée (souvent au second degré).
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L’Ukraine brune, Marteau Blanc et paganisme

13 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La République, #La Russie, #La France, #Europe supranationale, #le nazisme, #Le fascisme, #La guerre, #AMERIQUE, #Le grand banditisme

L’Ukraine brune, Marteau Blanc et paganisme

Les SS de Himmler avaient une grande fascination pour le paganisme qu’ils considéraient à plus d’un titre comme une possibilité de revenir aux sources premières de la civilisation germanique. Cette fascination pour une forme de mysticisme païen, s’exprima à travers l’introduction d’un folklore et le lancement de recherches à travers le projet de l’Ahnenerbe, Ahnenerbe Forschung und Lehrgemeinschaft, Société pour la recherche et l’enseignement de l’Héritage ancestral. A travers l’histoire, l’archéologie, l’anthropologie, les SS tentèrent de lancer des ponts entre leurs théories raciales et une réalité historique. Il en va de même en Ukraine où fleurissent depuis quelques années de nombreux symboles étranges connectés avec une forme revisitée de l’histoire.

Les runes scandinaves et germaniques remises au goût de la SS, se retrouvent particulièrement dans les partis néo-nazis qui fleurissent en Ukraine. Le plus puissant d’entre eux, Svoboda a entamé une mutation pour faire un nettoyage de façade de ce folklore néo-nazi prenant ses sources dans les fondements du nationalisme ukrainien. A l’exemple des nazis qu’ils servirent dans les bataillons de supplétifs entre 1941 et 1945, les Ukrainiens ont très tôt aggloméré à leur propre dialectique et rhétorique nationaliste nombre de symboles. Il en va ainsi des wolfsangels, les runes nazies, réutilisées par exemple pour créer de nouveaux symboles, comme pour le bataillon Azov, unité nationaliste non régulière qui s’est illustrée tristement dans le Donbass par des actes innommables de barbarie. Cette tradition des insignes caractérisant une unité SS a été ainsi reprise pour les bataillons ukrainiens. Le bataillon Azov a repris à l’envers le wolfsangel de la 2e division de waffen SS Das Reich célèbre pour ses exactions dans le village d’Oradour-sur-Glane. Plus loin nous retrouvons l’aigle, cher également aux nazis avec le bataillon Donbass, ce dernier plutôt relié avec le bataillon Aydar et au mouvement clairement néo-nazi du Pravy Sektor.

Le Soleil noir, l’emblème très connue et appréciée par les nazis, qui se retrouve dans le château de Wewelsburg acquis par Himmler en 1934 pour en faire une sorte de centre culturel et de quartier général de la SS, a été repris également en fond par l’emblème du bataillon Azov. Les têtes de mort ne sont pas en reste apparaissant avec le trident ukrainien, emblème nationaliste qui pourrait se comparer aux faisceaux de l’Etat Vichy, sur de nombreux insignes de militaires ukrainiens. Elles rappellent avec froideur une autre insigne nazie celle de la 3e division de waffen SS Totenkopf. Cette division était la base et le dépôt fournissant les gardiens et les officiers dévolus à la surveillance dans les camps de concentration. Ceux qui étaient choisi faisaient « des stages pratiques » dans le sinistre camp de Dachau avant d’être mutés dans d’autres camps. La tête de mort est un très ancien symbole, affectionné de longue date des Allemands et des Prussiens et qui se retrouvaient sur les uniformes des hussards à tête de mort, inspirant jusqu’à la Révolution française qui fonda également un régiment des Hussards de la Mort (qui ne compta jamais qu’un escadron et fut versé dans le 14e de Chasseurs à cheval dès 1793).

Les couleurs ont aussi leur importance, noire et rouge d’ailleurs similaires à celle utilisées par les nazis avec la croix gammée, noire et blanche chères aux runes et aux uniformes de la SS et enfin pour l’Ukraine, bleu et jaune. Le trident qui orne l’écu des armoiries de l’Ukraine est un des plus anciens symboles pré-héraldiques connus. Relié à la dynastie des Riourikides, les Varègues (Vikings de l’Est) qui fondèrent la Rus’ de Kiev, l’ancêtre commun de la Russie, la Biélorussie et l’Ukraine, nous comprenons mieux pourquoi, les nationalistes ukrainiens et la quasi généralité des partis ukrainiens ont la tentation comme les SS de puiser à la source mère. Selon les spécialistes, le trident représenterait un rapace, peut-être un faucon gerfaut en train de fondre sur sa proie en piqué. Parlons également de la Hache de Peroun également le nom d’un groupe de musique, ultra-nationaliste faisant référence aux anciens dieux slaves, Peroun étant l’équivalent de Thor pour les Varègues, le Dieu de la foudre et du tonnerre. L’insigne de l’unité ukrainienne du Corps Noir, fait également référence à la SS, notamment à la garde personnelle d’Adolf Hitler, la 1ère division de waffen SS Leibstandarte Adolf Hitler qui était surnommée, la Garde noire tandis que le parti nazi ainsi que toute sa nébuleuse, furent désignés comme L’Ordre noir.

Il en va ainsi également du Marteau Blanc, un groupe néo-nazi fondé en Ukraine par Vladislav Goranin, un activiste nationaliste né à Kiev en 1985. Le groupe du Marteau Blanc fut fondé le 4 mai 2013, dans les prémices de l’Euromaïdan. Il se donnait pour objectif : « la destruction de l’administration d’occupation de l’Ukraine, l’élimination [physique] des criminels, hommes d’affaires véreux, mafieux contrôlant les casinos clandestins, le trafic de drogue, le commerce illégal de l’alcool, des Werewolfs [comprendre les agents de la Russie infiltrés et installés en Ukraine] etc. ». Les premières actions du mouvement pour se faire la main, furent des opérations coup de poing contre des tripots clandestins de jeux d’argent et d’alcool en fracassant tout à l’intérieur et en passant à tabac, clients et patrons. Habillés de noirs, portant l’insigne du Marteau Blanc, des cagoules, des treillis et des rangers, les militants du Marteau Blanc prônaient le renouveau et la Révolution sociale, de la même manière que les Camelots du Roi faisaient la chasse aux opposants et « aux métèques » dans les années 20 et 30 en France.

A la manière des groupes nazis qui occupèrent la rue en Allemagne à la même époque, le Marteau Blanc arguant du fait que l’Etat avait failli dans ses missions ; et que cet Etat était de surcroît à solde des « Juifs et des Moskals [insulte ukrainienne pour qualifier les Russes à la manière de notre boche pour les Allemands) » ; a formé très vite des milices et des patrouilles dans l’Ouest de l’Ukraine et à Kiev. Ces patrouilles par une action directe devaient s’attaquer à tous les trafiquants, aux officines et bureaux des organisations jugées contraire à la bonne santé de l’Ukraine, comme les sectes religieuses, mais aussi aux émigrants et aux clochards dans la rue par des pressions « morales et physiques », comprendre par des lynchages et des corrections distribuées par des gros bras à coup de gourdins. Lors du 71e anniversaire de la fondation de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne, le 16 octobre 2013, le Marteau Blanc a organisé à Kiev une manifestation qui a tourné à l’émeute et à la destruction d’un casino de jeux à quelques encablures de l’Hôtel de ville dans le centre historique. Tout naturellement le mouvement a rejoint l’insurrection de l’Euromaïdan en novembre 2013, s’illustrant par la formation de compagnies paramilitaires.

Malgré sa forte implication dans la Révolution, les membres du Marteau Blanc ont toujours clamés haut et fort qu’ils ne combattaient pas pour l’intégration dans l’Union européenne, qu’ils jugeaient décadente et nocive pour l’Ukraine mais pour se libérer de la « colonisation russe », et fonder « Une Grande Ukraine » prônant carrément l’expulsion et la déportation de tous les russophones. Durant toutes les émeutes, les membres du Marteau blanc se sont montrés à l’avant-garde du Maïdan, sagement ignorés par la presse française et occidentale comme nous pouvons l’imaginer. Ils furent pourtant de toutes les violences, n’hésitant pas à tirer avec des armes à feu sur la Police et à violenter au début du Maïdan des étudiants qui réclamaient la fameuse intégration dans l’UE. Le 28 décembre 2013, les forces anti-émeutes du Berkout ont tenté sans succès d’arrêter ces fauteurs de trouble, ayant détruit la veille un autre casino de jeux. Par la suite l’organisation du Marteau Blanc a participé à la fondation du Pravy Sektor, en compagnie du KIP, le Comité de libération des prisonniers politiques (entendre des nationalistes néo-nazis ukrainiens), de l’Association supposée caritative Trident et des supporters ultras du club de football du Dynamo de Kiev.

Vladislav Goranin fut arrêté le 21 mars 2014 sur le soupçon d’un triple assassinat de policiers durant l’insurrection du Maïdan et le vol de leurs armes. Détenus pendant deux mois, Goranin se plaindra par la suite d’avoir été « jeté dans une voiture de police, un sac sur la tête, torturé, des dents arrachées, blessé à la tête, les tympans endommagés et les yeux crevés ». Notre aveugle ouvrait ainsi la voie aux accusations fantaisistes de Caroline Fourest quelques semaines plus tard sur des tortures et des yeux crevés sur la personne de trois agents de la police politique du régime de Kiev, le SBU. Il va de soi qu’il n’eut pas les yeux crevés et qu’il bénéficia bientôt d’une totale liberté suite à une loi votée par la Rada de Kiev qui amnistiait tous les « prisonniers politiques » de tous leurs crimes supposés ou réels avant ou durant la Révolution du Maïdan. Goranin ayant retrouvé soudainement la vue forma avec les anciens membres du Marteau Blanc, un bataillon de miliciens, le fameux bataillon Aydar comprenant une section spéciale à son nom : le Marteau Blanc. Envoyé dans le Donbass dès le mois de juin 2014, Goranin et ses sbires se sont immédiatement livrés à des exactions terribles, pillages, viols, exécutions de prisonniers, de civils, enlèvements et tortures. Le bataillon fut une première fois décimé dans l’été, puis à nouveau dans la bataille de l’aéroport de Donetsk. De retour à Kiev, Goranin n’a pas hésité à déclarer à la presse que « que le fondateur de la prise de conscience nationale de l’Ukraine, c’est moi ! ».

En France, les médias continuent de seriner en boucle qu’il n’y a aucun nazi en Ukraine, malgré les preuves qui débordent de toute part. Selon nos médias, cette propagande viendrait de Russie et chercherait à inverser les valeurs. Pourtant les preuves sont là, il ne s’agit pas que de quelques activistes avinés sur une place d’un obscur village de Galicie. Ces hommes ont fait la Révolution brune du Maïdan. S’ils tenaient les journalistes qui les défendent en Occident, notamment s’ils apprenaient que ceux-là même défendent les salles de shoot, la théorie du genre et la diversité sexuelle, alors nous ne donnerions pas cher de leurs vies. Malgré cela, pour des raisons de realpolitik, l’alliance entre le journaliste français et les énergumènes affublés de symbolique païenne et nazie à un grand avenir en France. Ces journalistes mangent à leur faim, vivent confortablement dans un pays ravagé par la crise économique. L’Ukraine est loin, ils ne peuvent sentir l’odeur infecte de l’ombre de l’Ordre noir en vivant à Paris. Lorsqu’ils se couchent le soir, ils savent qu’à la fin du mois la paye sera dans une quelconque banque. Alors que demande le Peuple ? Un peu plus abruti ou un peu moins, quelle différence pour ces gens ?

Laurent Brayard

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L’OTAN accuse de nouveau la Russie

13 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La nation ., #La République, #La Russie, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La guerre, #Terrorisme

L’OTAN accuse de nouveau la Russie
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C’est devenu une litanie qui se renouvelle régulièrement, les responsables de l’OTAN accuse de nouveau la Russie d’augmenter ses fournitures d’armes aux autorités des deux républiques populaires du Donbass. Le journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung publie que « selon des faits avérés, la Russie soutient les séparatistes en armes et en troupe », le porte-parole de l’OTAN ajoutant que « La Russie envoie des troupes dans le Sud-Est de l’Ukraine et fournit des armes à travers la frontière ouverte avec le Donbass ». Selon le journal allemand, les insurgés seraient désormais encore mieux armés qu’ils ne l’étaient avant les accords de Minsk du 12 février dernier. Ces accusations se poursuivent en indiquant que « les insurgés reçoivent des blindés y compris parmi les plus modernes avec des T-80 et des T-90, des transports blindés de troupes, de l’artillerie et également des armes de défense antiaérienne ». Selon le journal et l’OTAN ceci est une violation des accords de Minsk alors que des ministres occidentaux des Affaires étrangères doivent se réunir demain 13 avril à Berlin.

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Toutefois, cette affirmation a été contrebattue par le général Christophe Gomart, le 11 avril dernier. Ce jeune général est directeur du renseignement militaire français, il intervenait devant la Commission de la défense et des forces armées à l’Assemblée nationale indiquant que « les Américains donnaient de faux renseignements à l’OTAN, forçant la main de leurs alliés et ignorant leur opinion […] les troupes russes n’ont pas envahi l’Ukraine, ils n’ont même pas de tels plans ». Cette voix dissonante pose un réel problème de cohérence et de confiance dans les informations qui sont distillées des Etats-Unis et de l’OTAN à propos de l’Ukraine. Il n’y avait en effet aucune raison valable pour qu’un haut gradé français, à l’encontre de la vague de propagande occidentale qui inonde notre pays et l’Europe, vienne à l’Assemblée pour émettre un tel bémol. Une fois de plus les Etats-Unis démontrent, qu’en Ukraine mais aussi dans d’autres régions du monde, les USA ne jouent que leurs intérêts aux détriments à la fois de leurs alliés et des peuples qu’ils prétendent libérer.

L’Ukraine n’est aujourd’hui pour les Etats-Unis et l’OTAN ; dans lequel le président Nicolas Sarkozy nous avait fait honteusement entrer dans le commandement sous tutelle américaine ; qu’un terrain du grand jeu stratégique que les USA mènent contre la Russie. En poussant les Ukrainiens à l’insurrection, il apparaît bien, qu’au mépris de toutes les lois internationales, y compris celle du respect de l’indépendance des Nations, les Etats-Unis mènent une nouvelle Guerre froide extrêmement agressive contre la Russie. Cette guerre se déroule sur plusieurs fronts et a pour but avéré, d’éjecter la Russie de certaines zones de son pré carré, de s’y installer, d’affaiblir autant que faire se pourra l’influence de la Russie dans le Monde et surtout de maintenir un divorce et une séparation définitive entre l’Europe occidentale et la Russie. L’Ukraine et son peuple, ne sont au final que les marrons de la farce, excuse pour alimenter cette guerre informationnelle et déjà dans bien des domaines presque chaude.

Il est sain qu’en France, des militaires aient encore les réflexes d’indiquer que nos intérêts ne se trouvent pas aux côtés des USA, en ajoutant également de notre opinion de l’Union européenne elle-même. De sa création à nos jours, l’UE n’a cessé de démontrer son assujettissement grandissant aux Etats-Unis que prouvent le prochain traité transatlantique, le TAFTA, honteuse capitulation européenne flouant les intérêts des peuples européens dans les grandes largeurs. Pendant ce temps, les Français en pantoufles dorment d’un profond sommeil, les piqûres de rappel soporifique de la propagande des médias français ne cessant de l’endormir et de le désinformer. Lorsque le Peuple français se rendra compte du filet étroit qui l’enserre et le maintien fermement inactif, il est probablement qu’il se réveille avec une sérieuse gueule de bois et des difficultés à recouvrer ses réflexes qui avaient fait de lui un grand peuple. Mais la « matrone américaine » en position de force ne laissera sans doute pas ce dernier reprendre ses esprits, du moins tant que la classe politique française restera au garde à vous devant le « sauveur américain ».

Le 9 mai prochain, pour la célébration du 70e anniversaire contre l’Allemagne nazie, les dirigeants occidentaux ont décliné l’invitation de la Russie… Je vous laisse méditer sur cette simple information qui en dit long sur l’état démocratique de l’Occident et de la France. Le 8 mai, Français retournez à vos barbecues, l’abrutissement que l’on vous offre est d’ailleurs peut-être à la hauteur de la déconfiture d’une culture et d’une histoire, qui peut-être dans les siècles à venir ne sera plus qu’un seule ligne dans un obscur livre d’histoire : « Français, petit peuple européen occidental aujourd’hui disparu, a laissé dans l’histoire de l’Humanité quelques monuments notables (dont quelques ruines sont visitables) et quelques chefs d’œuvres de la littérature rédigés dans la langue morte française, le Peuple français était un peuple de fermiers fabricants de fromages et producteurs de vins autrefois réputés, les derniers représentants observés dans la nature le furent il y a déjà plusieurs siècles. Les scientifiques et les archéologues recherchent toujours les raisons de sa disparation ».

Laurent Brayard

avril 13th, 2015
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Des symboles nazis sur les télés françaises. Par Slobodan Despot.

13 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Europe supranationale, #La France, #Les média, #Les transnationales, #La guerre, #La Russie, #le nazisme, #Le fascisme, #Politique étrangère

Des symboles nazis sur les télés françaises

Suite au débat sur la Russie du 13 mars dernier à Ce soir ou jamais, une téléspectatrice a attiré mon attention sur un « détail » colossal dont je ne regrette de ne m’être pas rendu compte sur le plateau en direct. Avec sa permission, je reproduis ici son message in extenso.

« Voyant le résumé d'actualités dans l'émission du 13 mars, qui était soit dit en passant très tendancieux, j'ai aperçu une séquence de LCI montrant des "chars russes en Ukraine orientale" sans préciser la source de l'information. Cette information tendancieuse provient en fait de Kiev. En regardant bien, on voit dans l'angle droit l'insigne d'Azov avec une croix gammée stylisée! J'ai vu un résumé vidéo identique sur BFM TV qui diffuse des brèves comme LCI. J'ai revu cette séquence 2-3 fois au cours de la journée. J'ai appelé directement BFMTV en demandant le rédacteur en chef. Etonnamment, il n'était pas là. Etonnamment, il n y avait aucun responsable sur BFM! Je leur ai dit que s'ils n'ôtaient pas cette séquence de leurs programme je porterais plainte pour "apologie des idées nazies". Ils ont donc supprimé la séquence. Je vois à présent que LCI fait la même chose, ce qui ne me surprend pas, car les journalistes sont notoirement des ignares superficiels, et prennent leurs informations, à de rares exceptions près, toujours dans la même cuisine, c.à.d. les agences de presse de préférence américaines ou britanniques. Je m'étonne que Frédéric Taddéi ait laissé passer cela. » (V. B.)

L’apparition visée est à 5:57 sur la vidéo intégrale de l’émission du 13 mars visible sur Youtube.

Le voici encore sur BFMTV:

Ce symbole, décidément, nous poursuit.

Commentant une étonnante opération de « relations publiques » au profit du bataillon Azov parue dans le quotidien suisse Le Matin du 24 juin 2014, je rappelais sur mon blog quelques faits historiques élémentaires :

L'emblème du bataillon Azov, une rune allemande appelée "crochet de loup" (Wolfsangel), est le même que celui de la division SS "Das Reich", connue "pour sa brutalité, ses nombreuses exactions et crimes de guerre en Europe de l'Est et en France". Son utilisation est interdite en Allemagne - n'y font exception que les armoiries municipales et écussons militaires historiques.

La nonchalance des médias francophones et occidentaux vis-à-vis de cette résurgence incontestable du national-socialisme — on se souvient de la jeune nazie mise en vedette par Elle — contraste violemment avec la vigilance quasi paranoïaque de ces mêmes médias vis-à-vis des soupçons d’apologie du nazisme en Europe de l’Ouest.

Le témoignage de V. B. corrobore mes propres expériences et me porte à conclure que les médias occidentaux se fichent complètement du nazisme tant qu’il agit dans leur camp. A ceux qui étudient les techniques de la manipulation des masses, la présence discrète mais fréquente du symbole d’Azov dans les médias audiovisuels pourrait suggérer le soupçon d’une opération de désensibilisation subliminale délibérée.

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Un dialogue se tisse entre les parlementaires russes et français.

12 Avril 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La République, #La Russie, #La nation ., #Europe supranationale, #AMERIQUE, #le nazisme, #La mondialisation, #La finance dérégulée

Un dialogue se tisse entre les parlementaires russes et français.

Un dialogue se tisse entre les parlementaires russes et français

© Flickr/ International Transport Forum
 
Victoria Issaïeva
 
La délégation de parlementaires français invités par le président de la Douma Sergueï Narychkine, est en visite à Moscou depuis le 9 avril.
 

17 députés de tout poil (UMP, PS, UDI, MRC), Thierry Mariani en tête, se rendent, pour la plupart, pour la deuxième fois déjà en Russie. Ils ont beaucoup de dossiers à traiter avec leurs homologues russes: la situation en Ukraine, la politique de sanctions, la vente des Mistral, les perspectives des relations franco-russes. Un voyage qui suscite une polémique en France.

 

La veille du départ de ses collègues pour Moscou, le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone leur a adressé une lettre d'avertissement, geste perçu par les députés comme de l'intimidation. Fidèles à leurs convictions, comme l'a souligné Thierry Mariani, député des Français de l'étranger (UMP), en répondant à M. Bartolone, les parlementaires français se sont tout de même rendus en Russie.

 

Le député de l'Aube (UMP), membre de la Commission de la défense nationale et des forces armées Nicolas Dhuicq, l'un des membres de la délégation que nous avons réussi à contacter, a fait remarquer qu'il essayait de faire son devoir de député de la Nation en effectuant cette visite à Moscou. « C'est l'intérêt de la France et c'est l'intérêt de la Fédération de Russie de travailler ensemble. Parce qu'en dehors de l'amour que je porte à l'âme russe et à ce peuple, j'essaie tout simplement de faire mon devoir. C'est mon devoir d'être présent ici », a-t-il déclaré.

Les enjeux de cette visite sont très profonds, selon M. Dhuicq. « Nous sommes dans un choix civilisationnel entre deux visions de la construction du monde, face à des USA qui veulent dominer totalement la planète mais qui n'offrent que pour seule vision la consommation et un avenir à court terme. Et de l'autre côté, l'Europe qui doit s'unir, qui va de l'Atlantique à l'Oural, comme disait le Général De Gaulle », a rappelé Nicolas Dhuicq.

 

Le 9 mai, la Russie célèbre le 70e anniversaire de la victoire sur le nazisme dans la Seconde Guerre mondiale pendant laquelle quelque 27 millions de Russes ont péri. Plusieurs chefs d'Etat européens ont été invités à Moscou pour commémorer cette date. Pourtant le refus est chez eux une réponse fréquente. Ceux qui ont accepté l'invitation sont « stigmatisés » par leurs collègues européens. M. Dhuicq a fait part de ses sentiments sur ce sujet: « Je n'oublie pas les sacrifices des soldats de tsar en 1914, je n'oublie pas les sacrifices de l'Union soviétique pendant la Grande Guerre patriotique… Je pense que la génération d'élites européens qui est au pouvoir, c'est une génération qui ne connait pas l'histoire. C'est une génération qui a perdu la culture, qui a perdu la connaissance de l'histoire, qui ne comprend pas le sens symbolique de cet énorme sacrifice pour le peuple russe qu'a représenté la Deuxième Guerre mondiale ».

 

 

La situation en Ukraine n'a pas échappé à l'attention des députés français. Marie-Françoise Bechtel, député de l'Aisne (MRC), a salué la dynamique positive qu'on a réussi à atteindre ces derniers temps dans ce dossier, en se référant à l'aboutissement des négociations à Minsk dans le format Normandie. Nicolas Dhuicq a, pour sa part, qualifié la question sur l'Ukraine de « jeu par-dessus les nations européennes que jouent les USA qui utilisent l'Ukraine comme un moyen d'empêcher la Russie de redevenir une puissance… », tout en reconnaissant que les événements en Ukraine sont tragiques.

 

Les parlementaires français ont participé également au colloque « Avenir de l'Europe. Réalités et perspectives ». Plusieurs d'entre eux envisagent d'assister aux services pascaux en la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou ce qui peut être considéré comme encore une preuve d'une profonde amitié entre les Russes et les Français. Les visites comme celle-ci auront sans aucun doute de l'impact positif sur les relations entre les pays. Tant qu'un dialogue constructif existe, la rhétorique de la guerre ne peut pas envahir les esprits.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.



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