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Le blog de Lucien PONS

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Une infirmière française dans le Donbass, courage et altruisme.

9 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #La République, #La nation ., #Europe supranationale, #La Russie, #La guerre

Une infirmière française dans le Donbass, courage et altruisme.
 

Bonjour Cécile, tout d’abord avant de commencer notre entretien, pouvez-vous nous dire quelques mots à propos de vous ?

Je suis infirmière depuis sept ans. J’ai exercé dans de nombreux hôpitaux parisiens et je suis ici parce que je m’y sens plus utile qu’en France. Je suis partie de Paris le 31 janvier en compagnie d’un autre compatriote, volontaire pour le Donbass. Nous sommes passés par Moscou ou une organisation était censée prendre en charge et organiser notre trajet jusqu’à Donetsk. Cette organisation s’est révélée être défectueuse. Je dois donc ma présence ici à mon compatriote qui a davantage l’expérience de ce genre de situations, et qui a su prendre les bonnes décisions aux bons moments, afin que ns arrivions par nos propres moyens. A Donetsk nous avons été rejoints par d’autres volontaires français, présents depuis plusieurs mois dans le Donbass. Deux d’entre eux m’accompagnent en ce moment pour apporter notre aide à l’hôpital, les autres ont rejoint d’autres régiments

Vous êtes arrivée dans le Donbass il y a quelques semaines, pouvez-vous nous dire pourquoi vous-êtes partie et la nature de votre engagement pour les gens qui vivent là-bas ?

Pourquoi le Donbass ? Parce qu’il fait partie de l’Europe et qu’en tant que française je me sens concernée par le sort d’autres Européens. Parce que les medias occidentaux atteignent ici des records de désinformation et de matraquage médiatique. En France on entend un peu parler de l’Ukraine quand il s’agit de l’agitation diplomatique des différents chefs d’Etat, en dehors de cela, rien sur les medias officiels. Les victimes civiles sont ignorées, de même que les populations devant fuir les théâtres d’opérations. Mais aussi parce que j’apprécie la civilisation russe, sa culture très riche, et également son sens du sacré, très développé dans la religion orthodoxe. J’apprécie également la composante slave du peuple du Donbass, cette mentalité qui leur permet d’affronter le quotidien, quel qu’il soit, de manière digne et volontaire, sans lamentation et plaintes excessives. Et ce, d’autant plus que ma mère a des origines slaves.

Hôpital de Donetsk

Hôpital de Donetsk

Vous êtes infirmière, vous travaillez dans un hôpital, quelles sont les conditions de travail et la situation sanitaire dans le Donbass ?

Les conditions de travail à l’hôpital de Donetsk se maintiennent au niveau du personnel comme au niveau des locaux. Et ce malgré le départ de plusieurs membres de l’équipe lors du début du conflit, et des traces d’impact bien présentes dans l’hôpital. C’est au niveau du matériel que le manque se fait ressentir. Plus particulièrement au niveau de l’oxygène. Plusieurs patients auraient pu guérir sous oxygène mais sont décédés à cause de l’absence d’oxygène. Le matériel à usage unique est également très rare et toute intervention de chirurgie ou prise en charge de réanimation devient difficile dans ces conditions.

De quoi manquez-vous particulièrement dans l’hôpital où vous travaillez ? Recevez-vous de l’aide extérieure ?

Des aides extérieures en provenance de la France ou de la Suisse sont en train de s’organiser, ms pour l’instant la seule aide humanitaire constatée est russe.

Quel est l’état d’esprit des populations, des malades et des blessés ?

Je suis arrivée depuis peu donc mon regard reste assez extérieur. Cependant les habitants de Donetsk qui restent semblent résignés sans être désespérés, ils continuent ce qu’ils ont à faire sans se lamenter sur leur sort. De même pour les patients, jusqu’à présent je n’en ai entendu aucun se plaindre, juste jurer sur Porochenko qui assassine ses propres populations civiles.

Comment se passe votre intégration dans l’équipe médicale, êtes-vous par ailleurs russophone ? Aviez-vous une connaissance particulière des pays slaves et de leur culture ?

J’ai reçu un excellent accueil à l’hôpital de Donetsk. La chef de service est très attentionnée et permet une adaptation rapide malgré la barrière de la langue. Les autres personnels sont également chaleureux et généreux, et il règne une bonne ambiance de service. Je n’avais pas cherché à imaginer ce qui m’attendait dans les hôpitaux du Donbass. Cela m’a sans doute permis de m’acclimater relativement rapidement à un matériel auquel je n’étais pas habituée, et a des exigences de soins différentes. D’un cote les soins sont réalisés avec moins de « fioritures » qu’en France car il y a une nécessité d’efficacité face à de gros traumatismes. D’un autre côté les patients peuvent se permettre de refuser ou retarder un soin ici, ce qui en France lui vaudrait une explication sur l’absence de self-service dans les soins. J’espère pouvoir participer à la mise en place d’aides humanitaires pour les hôpitaux, sachant que celui où je me trouve est l’un des mieux doté du Donbass.

Quant à la trêve, est-elle respectée et le calme est-il revenu là où vous vous trouvez ?

La trêve semble respectée dans le sens ou les bombardements sont moindres et éloignés, mais il n’y a pas de cessez-le-feu complet.

Hôpital de Donetsk

Hôpital de Donetsk

Avant votre passage dans le Donbass vous avez fait une halte à Rostov-sur-le-Don, vous avez donné un entretien pour une chaîne télévisée belge passablement manipulé par la suite, que pensez-vous du traitement des médias occidentaux de ce qui se passe dans le Donbass ?

Écœurant, comme tous les médias officiels occidentaux. Les propos ont été recueillis hors antenne et sortis de leur contexte. Que je sois décrite et résumée comme fasciste, intégriste… soit, en France, dès que l’on pense hors du système, on a droit à ces qualificatifs. Mais que ces journalistes, qui ont constaté de leurs propres yeux les souffrances de la population ; qui se sont rendus sur les lieux d’un attentat perpétré le jour même et ayant fait plusieurs victimes ; qui m’ont dit s’être sentis désemparés face à cette femme au regard hagard vivant avec ses deux enfants depuis deux jours dans l’obscurité de sa maison en rampant de pièces en pièces sous les bombardements tout proches ; que ce genre d’individus puissent être qualifiés de journalistes me dégoute. Ces individus font passer leurs propres intérêts matériels ou idéologiques avant le sort d’êtres humains. Cela même permet de douter de leur humanité

Auriez-vous à dire quelque chose à vos compatriotes français ?

Pour mes compatriotes, je leur conseille juste de se renseigner hors des médias officiels pour être au courant de la réalité. Ou si cela ne leur suffit pas, de venir sur place. Ils constateront ainsi par eux même l’absence de l’armée russe à l’Est, les victimes civiles de Porochenko, et le manque de moyens médicaux engendrant des pertes humaines supplémentaires.

Merci à vous d’avoir répondu à nos questions pour Novorossia.Vision, nous vous tirons notre chapeau pour votre engagement courageux et altruiste, bon courage à vous Cécile et à tous les gens du Donbass et d’Ukraine.

Propos recueillis par Laurent Brayard pour Novorossia Vision

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N. Vitrenko. Ukraine - tout comme chez Orwell. Le mensonge avant la vérité. Vidéos.

4 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La guerre, #Le fascisme

La fiction d'Orwell ( "1984") et la réalité ukrainienne.

Femme politique, docteur es sciences, fondatrice et présidente du Parti socialiste progressiste d'Ukraine (1996) Natalia Vitrenko établit un parallèle entre la propagande aujourd'hui en Ukraine et la manipulation de la conscience collective, décrite dans le roman de George Orwell "1984".
Vitrenko a souligné que la communauté internationale n'accorde aucune attention aux violations systémiques et systématiques des engagements de l'Ukraine à mettre en œuvre les normes et les principes du droit international, les garanties de la Constitution et des lois de l'Ukraine sur les droits et libertés fondamentaux de l'homme. Plus exactement le droit à l'information et sa diffusion, la liberté d'expression, l'indépendance des journalistes et des médias, l'activité des partis d'opposition.
Au cœur de ces violations se trouve le conflit entre la civilisation occidentale, dont les représentants sont au pouvoir en l'Ukraine, et la civilisation orthodoxe orientale, qui subit des persécutions en étant dans l'opposition. En plusieurs parties. Partie 1

1 - ère Partie. N. Vitrenko Ministère de la Vérité. https://www.youtube.com/watch?v=7s7exZFMUAI

2-ème Partie.Ukraine - tout comme chez Orwell. Le mensonge avant la vérité. La fiction d'Orwell ( "1984") et la réalité ukrainienne. https://www.youtube.com/watch?v=k2B2dpDcV6o&feature=youtu.be

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ESPAGNE : des brigadistes de retour du Donbass arrêtés par la police ! Le PCE demande leur libération

3 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La France, #La Russie, #L'Espagne., #Le fascisme, #le nazisme

Publié par Michel El Diablo

 

 

ESPAGNE : des brigadistes de retour du Donbass arrêtés par la police ! Le PCE demande leur  libération

Huit communistes espagnols, appartenant à une brigade internationale agissant dans le Donbass, ont été arrêté dans le cadre d’une opération menée par la police espagnole contre les volontaires qui venaient de rentrer du Donbass - Traduction Nicolas Maury

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Les arrestations ont eu lieu à Gijon (Asturies), Madrid, Murcia, Estrémadure, Pays Basque et Barcelone. La majorité des personnes arrêtées appartiennent à la Jeunesse communiste (UJCE) au PCE, à Izquierda Unida (Gauche Unie) et au PCPE (Parti communiste des peuples d’Espagne). Ils sont accusés d’assassinat, d’utilisation d’armes de guerre et "agissements qui mettent en danger les intérêts espagnols". 

Le Parti Communiste d'Espagne (PCE) a demandé la libération des brigadistes 

"Le Parti communiste d'Espagne exprime son rejet total de l'arrestation des huit brigadistes" . Le PCE dans un communiqué soutien les actions des brigadistes communistes "qui ont aidé la résistance contre le gouvernement de Kiev, leurs politiques bellicistes et contre les éléments nazi-fascistes, qui en Ukraine, sont arrivés au pouvoir par un coup d'Etat, paradoxalement soutenu par les gouvernements de l'Union européenne et les États-Unis." 

"Le PCE, fidèle à sa longue histoire refuse de considérer l'internationalisme comme un crime. Le PCE se sentira éternellement reconnaissant à tous les hommes et les femmes qui sont venus en Espagne pour défendre la République contre le fascisme. Le PCE est particulièrement reconnaissant envers les Ukrainiens et les autres peuples de l'ex-URSS pour leur soutien et leur solidarité dans la résistance démocratique au cours de la longue nuit de la dictature de Franco." 

"Le PCE estime qu'il n'existe aucune base légale qui justifie ces arrestations. Il s'agit d'une politique inquiétante qui marque la dérive du gouvernement espagnol, qui lutte contre tous ceux qui refusent l'idéologie des patrons et leur modèle de société." 

Prétendre que ces brigades compromettent la neutralité espagnole dans ce conflit est absurde et faux. La neutralité n'existe tout simplement pas. Le gouvernement espagnol a soutenu le coup d'Etat de Kiev, les sanctions contre la Russie (causant ainsi des dommages considérables à nos agriculteurs), la participation des forces aériennes espagnoles aux opérations de l'OTAN dans la Baltique, le harcèlement et la provocation de la Russie dans ses propres frontières. " 

"Le PCE considère les accords de paix de Minsk de positif et pour cette raison, nous dénonçons, dès le début, les actions du gouvernement de Kiev, et des États-Unis, qui favorisent les groupes d'extrême-droite en Ukraine." 

"Le PCE rappelle que le problème n'est pas un différend territorial entre l'Ukraine et la Russie, mais bien le caractère nazi-fasciste du gouvernement ukrainien. Les communistes espagnols sont à l'affût des anciennes et nouvelles expressions du fascisme. Nous sommes, comme toujours, en première ligne pour défendre des acquis démocratiques et les droits sociaux, contre toutes les forces réactionnaires qui veulent profiter de la crise capitaliste pour introduire leur discours de haine." 

"Le fascisme n'est rien d'autre qu'une forme de capitalisme, dans un état ​​d'urgence. Le but est de condamner les personnes qui se déclarent anti-capitaliste. Nous exigeons la libération immédiate de tous les détenus." 

"Aujourd'hui comme hier, le fascisme ne passera pas !" 

Rappel : http://www.editoweb.eu/nicolas_maury/Rafael-et-Angel-deux-jeunes-communistes-espagnols-partis-combattre-le-fascisme-en-Ukraine_a8238.html

 

SOURCE:

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Le neuf-quinze. Au pied du kremlin, une robe!

2 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Russie, #La France, #Les média, #Ukraine, #Europe supranationale, #La guerre, #AMERIQUE

09h15 le neuf-quinze
Au pied du kremlin, une robe

Alors, la robe, quelle couleur ? Blanche et dorée, ou noire et bleue ? Ne niez pas. Vous aussi, avez employé tout votre week-end à jouer en famille au grand jeu de on-est-tous-daltoniens-et-on-ne-le-savait-même pas. Vous aussi, ou au moins les plus curieux d'entre vous, avez frénétiquement tenté de comprendre les explications scientifiques les plus pointues de l'élite de la colorimétrie mondiale, qui n'avait pas été à pareille fête médiatique depuis longtemps. Vous aussi avez passé en revue les facteurs explicatifs possibles (l'âge, le sexe, le stress, l'hygiène de vie) avancés tous ces spécialistes forcés de convenir, à la fin des fins, qu'ils n'y voient que du bleu comprennent rien.

Toute controverse colorimétrique mise à part, que deux spectateurs différents d'une même photo n'y voient pas la même chose, est pourtant un phénomène courant. La robe, c'est tous les jours. Et pour toutes les photos. Regardons par exemple cette photo, diffusée la presse mondiale, de la scène de l'assassinat de l'opposant russe Boris Nemtsov. Au premier plan, le cadavre de l'opposant. En décor, le Kremin illuminé brille de tous ses feux. A croire que les assassins ont choisi le lieu de l'exécution justement en prévision de ce cadrage, trop éloquent pour être honnête, dans son désir d'illustrer un assassinat "au pied du Kremlin".

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A noter d'ailleurs que ce cadrage ne suffit pas à Libé, qui préfère une photo à l'angle légèrement différent, pour placer mieux encore la victime au centre du décor du Kremlin.

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Mais que voir dans cette photo ? On peut y voir, comme Libé, un meurtre cynique signé par le Kremlin. En décor, le palais illuminé semble avertir tous ceux qui seraient tentés de s'opposer au "maître du Kremlin". "Objectif atteint pour le Kremlin" titre le journal, dont il faut saluer la promptitude à mener l'enquête. On peut aussi y voir un désir tout aussi cynique de faire porter l'accusation sur le Kremlin. J'exagère ? Lisons par exemple l'article du site Palestine-Solidarité (1), au titre également éloquent.

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Faites le test : regardez cette photo avec vos collègues de bureau ou votre belle-soeur. Vous constaterez sans doute que dans ces divergences de lecture, l'âge, le sexe, le stress ou l'hygiène de vie comptent moins que les convictions idéologiques préexistantes à la découverte de la photo. Revenons donc aux choses sérieuses. La robe : quelle couleur, vraiment ?

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Certains clients de courrier électronique bloquent l'accès direct aux liens. Aussi, vous trouverez ci dessous et en clair l'ensemble des adresses web de ce présent message :

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L’ex-patron du MI6 annonce la couleur : la guerre contre la Russie ne fait que commencer

2 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La France, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #La Russie, #La guerre, #Terrorisme

L’ex-patron du MI6 annonce la couleur : la guerre contre la Russie ne fait que commencer

L’ex-patron du MI6 annonce la couleur : la guerre contre la Russie ne fait que commencer

 

 

John Sawers, patron du MI6 jusqu’en Novembre 2014, annonce clairement les choses, sans langue de bois ni faux semblants, avec le cynisme et la morgue qui caractérisent les dirigeants et hauts fonctionnaires britanniques. Pour lui, la Russie représente une menace pour la Grande-Bretagne. « Le danger de la Russie est imminent », dit-il, selon la chaine de télévision al-Arabiya.

Le fait que Moscou soutienne les indépendantistes de Novorussie est, selon Sawers, une preuve claire de « l’ambition de la Russie d’accroître son influence dans les Balkans au détriment des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne ». Notez bien qu’il dit « au détriment des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne ». Ni l’Allemagne, ni la France, ni même l’UE ne sont concernées dans cette histoire. Il s’agit bien de sauvegarder des intérêts extra européens, disons anglo-saxons pour faire court.

« Le gouvernement britannique est prêt à défendre ses intérêts. Il doit se préparer à une guerre par procuration tout comme ce qui se passe actuellement en Ukraine. Londres doit renforcer sa défense électronique, car la Russie essaie de développer son influence par de nouvelles méthodes sans entrer en confrontation frontale avec l’Occident », rajoute-t-il.

Il est à noter plusieurs choses dans ces déclarations faites par quelqu’un qui a dirigé le MI6 pendant 5 ans et qui n’est donc pas n’importe qui, bien plus près de la réelle gouvernance que bien des dirigeants mondiaux.

La première remarque est que Sawers ne parle jamais d’intérêts économiques. Il parle d’influence, donc d’hégémonie, là où tout le monde raisonne en termes économiques. C’est une politique constante des gouvernements britanniques au service de la Couronne, pour laquelle la très grande longévité de la reine actuelle est une bénédiction. Combien de présidents, de premiers ministres ou de chanceliers la Reine Elisabeth a-t-elle vu se succéder dans tous les pays du monde ? Elle les a vu défiler les uns après les autres en un carrousel de ce que les peuples appellent « changements » ou même « révolutions » mais qui n’est que la perpétuation de ce dont elle est la gardienne : le libéralisme triomphant. Chef de l’exécutif de plusieurs pays à travers le monde, elle détient les clés de la planète, au service des banques, ou l’inverse, à moins qu’il ne s’agisse d’un pacte gagnant-gagnant.

La deuxième remarque nous mène au cœur des guerres que subit le monde depuis des décennies. Sawers avoue, sans ambages, que la guerre que la Grande Bretagne doit mener contre la Russie se fera par procuration. C’est bien ce qui s’est passé depuis toujours, et continue de se passer sous nos yeux. Dans toutes les guerres actuelles, qu’elles soient pays contre pays ou par mercenaires interposés, on retrouve l’empreinte de ceux qu’on appelle généralement les anglo-saxons, qui ne sont en fait que les britanniques utilisant au maximum, en les mettant en avant au besoin, leurs premiers proxies qui forment le bloc dit « anglo-saxon ». Rompue à ce jeu depuis des siècles, la Grange Bretagne en est maintenant à créer des proxies de proxies, comme on le voit au Moyen-Orient. Israël lui-même est un de ses proxies.

La dernière remarque est le constat amer de John Sawers selon lequel la Russie refuse de se laisser entrainer dans une confrontation avec l’Occident, et qu’elle semble vouloir jouer le même jeu que la Grande Bretagne, ce qui est inacceptable. Puisque Moscou ne veut pas d’une guerre frontale, il faudra lui imposer une guerre asymétrique par procuration. Autant dire que ce n’est pas demain que l’Ukraine retrouvera la paix. Le tour des pays baltes, de la Pologne et des autres pays voisins ne tardera pas à venir, à moins que la Russie et ses alliés ne trouvent des solutions pour enrayer la machine.

Avic – Réseau International

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Le « prestige » de l’Italie par Manlio Dinucci.

2 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Le fascisme, #La mondialisation, #La guerre, #L'Italie., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #Ukraine, #La Russie, #La paix

« L’art de la guerre »

Le « prestige » de l’Italie

Il appartiendra au nouveau président italien, Sergio Mattarella, de décider si l’Italie poursuivra sa politique d’appui systématique aux projets de l’Alliance atlantique. Pour le moment, Rome n’a manqué aucune opération.

| Rome (Italie)
 
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Le nouveau président italien, Sergio Mattarella, est un démocrate-chrétien.

L’année 2015 ne pouvait mieux s’ouvrir pour cette Italie qui fonde sur les missions militaires « son prestige renouvelé » (comme l’a déclaré le président Napolitano). « Une grande appréciation » pour l’engagement de l’Italie sur les divers fronts de guerre a été exprimée par rien moins que le général Martin Dempsey, la plus haute autorité militaire états-unienne, dans les rencontres avec le chef d’état-major de la Défense, l’amiral Luigi Binelli Mantelli, et avec la ministre de la Défense Roberta Pinotti. Immédiatement après l’amiral Mantelli a pris part à Bruxelles aux rencontres entre les chefs d’état-major de la Défense des 28 États membres de l’Otan, centrés sur les « situations de crise sur les flancs est et sud de l’Alliance », sur l’ « avenir de la mission Resolute Support in Afghanistan » et sur la mise au point du « Readiness Action Plan pour garantir les capacités de riposte rapide et déterminée aux nouvelles menaces contre la sécurité de l’Alliance ».

L’engagement de l’Italie est tous azimuts. Sur le « flanc est », des chasseurs bombardiers italiens Eurofighter 2000 Typhoon (ceux-là mêmes utilisés dans la guerre de l’Otan contre la Yougoslavie ), ont été déployés en Lituanie, d’où ils ont effectué leur première mission en interceptant un avion russe qui volait sur la Baltique. Sur le « flanc sud », après avoir participé à la guerre de l’Otan contre la Libye, l’Italie participe à l’intervention militaire contre la Syrie, effectuée par la coalition internationale sous conduite USA, et à celle en Irak où, dans le cadre de cette même coalition, elle a envoyé des avions, des drones, des armes et des instructeurs. L’Italie est de plus en plus présente aussi dans le Golfe persique, en particulier par le biais du partenariat militaire avec le Qatar et le Koweït, dont les pilotes sont entraînés à Galatina par l’aéronautique italienne. Des navires militaires italiens participent à toutes les opérations de l’Otan, de la Méditerranée (pour « garantir la sécurité ») à l’Océan Indien (pour la « chasse aux pirates »). Sur le « flanc sud » encore, l’Italie s’est projetée en profondeur dans l’Afrique subsaharienne, en participant à l’exercice Flintlock 2015, organisé par les Forces spéciales de l’AfriCom, qui commencera au Tchad le 16 février, et s’étendra jusqu’au Niger, au Nigéria et au Cameroun, et, au nord, en Tunisie. En Afghanistan, où la mission Isaf a été transformée en Resolute Support, l’Italie continuera à opérer militairement avec des avions de transport C-130 J et de guerre électronique EC-27 de la 46ème Brigade aérienne de Pise, engins à pilotage éloigné Predator du 32ème escadron d’Amendola et, encore plus qu’avant, avec des forces spéciales, aujourd’hui potentialisées par la naissance du commandement unifié à Pise. L’Italie participe en même temps au Readiness Action Plan, qui potentialise la capacité Otan de projeter des forces militaires à la fois vers l’est (avec le prétexte de la « menace russe ») et vers le sud (avec le prétexte de la « guerre au terrorisme », alimenté par l’Otan elle-même).

Dans ce contexte, les bases des États-unis et l’Alliance en Italie jouent un rôle d’importance fondamentale. Tout ceci comporte pour l’Italie une dépense militaire croissante, directe et indirecte. Selon l’Otan, elle se monte en moyenne à 52 millions d’euros par jour, selon le Sipri à 72 millions qui, en fonction de l’engagement pris par l’Italie de la porter à 2 % du PIB, devront atteindre quasiment 100 millions d’euros par jour. Pour assurer non pas la défense de l’Italie, mais sa participation à une stratégie agressive.

Étant donné que l’espoir est le dernier à mourir, il ne reste qu’à espérer que le concept de prestige national du nouveau président de la République se fonde non pas sur la guerre, mais sur la répudiation de la guerre comme le garantit notre Constitution.

Traduction
Marie-Ange Patrizio

Source
Il Manifesto (Italie)

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Les Accords de Minsk 2 ne feront pas de miracle, par Andrew Korybko.

2 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La France, #Europe supranationale, #La Russie, #La guerre, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Le fascisme, #le nazisme, #L'Italie.

Les Accords de Minsk 2 ne feront pas de miracle

Même s’ils sont scrupuleusement respectés, les Accords de Minsk ne parviendront pas à la paix en Ukraine. D’abord parce qu’ils n’ont été ni négociés, ni signés, par les Novorossiens (les « séparatistes pro-Russes »), mais uniquement par leur protecteur russe. Ensuite, car ce serait contraire aux intérêts des dirigeants de l’Est de l’Union européenne. Ceux-ci ont fait de la russophobie leur seule ligne politique pour le plus grand bénéfice des États-Unis.

| Moscou (Russie)

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Les nouveaux accords conclus à Minsk le 11 février dernier (Minsk 2) [1] se résument, pour l’essentiel, à la conclusion d’un fragile accord de cessez-le-feu dans un contexte régional extrêmement tendu. On est d’ailleurs en droit de s’interroger sur la sincérité des intentions des deux principaux initiateurs de ces accords, la France et l’Allemagne. Quant aux États-Unis, ils se sont certes abstenus de tout engagement formel de livrer des armes à l’Ukraine, mais se réservent le droit d’en décider autrement si bon leur semble, et d’en décider seuls, qu’ils bénéficient ou non du soutien de l’Union européenne, et que les combats se poursuivent ou pas.

Que cherchent les Européens ?

On fait grand cas de l’intérêt « naturel » de l’Allemagne et de la France à la préservation de la paix en Ukraine, et on évoque même une possible « rupture » avec les États-Unis sur ce point. Par contre, peu d’observateurs s’intéressent aux bénéfices immenses que ces deux États retirent de leur partenariat privilégié avec les États-Unis. Voyons cela d’un peu plus près :

Les ambitions de la France

Au sein de l’Union européenne, la France est, à bien des égards, au plan intérieur, en concurrence avec l’Allemagne. Cependant, dans le domaine des Affaires étrangères, elle appuie la politique extérieure régionale de Berlin, renforçant ainsi sa propre stature sur le dos de son partenaire allemand, tout en glanant au passage une part accessoire de prestige. Cela étant, la France entretient aussi une coopération étroite avec les États-Unis en Afrique occidentale et en Afrique centrale, et n’a aucun intérêt à sacrifier cette relation privilégiée en s’opposant frontalement aux desseins poursuivis par Washington en Ukraine. De toute façon, pour Paris, les affaires ukrainiennes ressortent principalement de la sphère d’influence et de responsabilité de l’Allemagne.

Les ambitions de l’Allemagne

L’ampleur considérable des échanges économiques entre l’Allemagne et la Russie est connue de tous, ou presque. Il n’est donc pas nécessaire d’en refaire ici le tableau détaillé. Intéressons-nous plutôt au rêve onusien que caresserait Angel Merkel, si l’on en croit les rumeurs qui circulent çà et là. Cette ambition d’endosser prochainement les fonctions de Secrétaire générale des Nations unies pourrait bien expliquer, pour une part, les allées et venues diplomatiques presque vaines —outre leur aspect symbolique— récemment effectuées entre Kiev et Moscou, en passant par Munich et Washington. Nonobstant ce petit ballet diplomatique, Berlin ne trouve rien à redire à la campagne de dénonciation, de dénigrement et d’épouvante que les États-Unis mènent contre la Russie. L’Allemagne de Madame Merkel ne déplore pas non plus, au contraire, les conséquences économiques désastreuses que les mesures de rétorsion décidées par Moscou, en réponse aux sanctions occidentales, ont entraînées pour les pays de l’Est et du Sud-Est de l’Union européenne. L’Allemagne est, cyniquement, d’autant moins encline à le faire, que l’impact des contre-sanctions place les économies de ces pays dans une situation de dépendance accrue vis à vis de Berlin. À la faveur de ces événements, l’Allemagne renforce encore plus son ascendant sur les États les plus pauvres et les plus excentrés de l’Union européenne.

Les États-Unis livreront des armes à l’Ukraine, que la guerre se poursuive ou non

Ceux qui prétendent que l’Union européenne va, d’une façon ou d’une autre, trouver le moyen d’empêcher la livraison par Washington d’armes offensives à l’Ukraine, soit en manifestant son opposition résolue à ce projet, soit en le rendant caduc par l’obtention préalable du « retour à la paix », se bercent d’illusions. Ce sont les États-Unis qui dictent à l’Union européenne sa feuille de route, et non l’inverse. Washington armera l’Ukraine sans se soucier aucunement de ce qu’en pense Bruxelles. Les États-uniens viennent d’ailleurs d’afficher leur détermination à ne tenir aucun compte des palabres diplomatiques de l’Union européenne et à faire prévaloir l’accomplissement de leurs plans agressifs, élaborés sans la moindre concertation : vingt-quatre heures avant l’ouverture des discussions à Minsk, le Lt. Gen. Frederick "Ben" Hodges, commandant des GI’s en Europe, trouvait opportun d’annoncer que l’armée de Terre US allait assurer l’entraînement de six cents combattants de l’armée ukrainienne. Il ne pouvait afficher plus magistralement le dédain des États-Unis pour les efforts déployés par l’Union européenne en faveur de « la paix ».

Quand bien même se dessinerait malgré tout un scénario fort peu crédible montrant les dirigeants européens résolus à exercer et à maintenir fermement leur pression sur les États-Unis pour qu’une issue pacifique soit trouvée au conflit ukrainien, il n’y aurait guère, en réalité, que la France, l’Allemagne, et quelques autres, pour s’opposer à Washington. La Pologne, les États Baltes et la Roumanie soutiennent sans la moindre réserve la politique ouvertement anti-russe que les États-Unis conduisent dans cette région. Vu la déchirure nord-sud qui affecte déjà l’Union européenne, il est peu probable qu’Angela Merkel prenne le risque d’y ajouter une fracture supplémentaire opposant les États de l’Est (hostiles à la Russie) à ceux de l’Ouest (favorables à une approche pragmatique des relations avec la Russie).

La Russie, confrontée à des voisins acariâtres et inamicaux

Pour finir, on est bien obligé de constater l’hostilité absurde manifestée par les pays situés aux frontières occidentales de la Russie, à l’égard de leur grand voisin. Ces pays embrassent ouvertement une politique inamicale et russophobe. Les élites polonaises, baltes et roumaines nourrissent des ressentiments envers Moscou et s’ingénient à mêler les États-Unis à leurs querelles. En internationalisant les conflits bilatéraux qui les opposent à la Russie, et en s’efforçant d’obtenir l’appui d’une grande puissance, ces États de second rang et leurs politiques extérieures régionales accèdent ipso-facto à l’arène des grands où se débattent les enjeux majeurs de la politique internationale. Ils élargissent ainsi leur audience sur la scène internationale en favorisant du même coup la réalisation de leurs ambitions particulières. Mais il y a un prix à payer, car ce petit jeu fonctionne dans les deux sens : les États-Unis utilisent ces pays en retour au service de leurs objectifs politiques propres dans la région. Dans le cas présent, ce pourrait bien être la faculté de s’abriter derrière la Pologne et la Roumanie pour livrer discrètement des armes à l’Ukraine.

Aussi longtemps que ces États frontaliers de la Russie perpétueront le climat et les postures farouchement anti-russes qui prévalent actuellement, ils continueront d’entretenir des pommes de discorde avec la Russie et se saisiront encore et encore de ces opportunités pour solliciter l’aide des États-Unis pour résoudre ces conflits.

Traduction
Gérard Jeannesson

Source
Oriental Review (Russie)

[1] « Paquet de mesures en vue de l’application des Accords de Minsk », Réseau Voltaire, 12 février 2015.

 

Andrew Korybko

Andrew Korybko Journaliste et analyste politique de l’agence Spoutnik, il poursuit des études de Relations internationales à l’Université de Moscou (MGIMO).

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La balkanisation de l’Ukraine par Miroslav Lazanski.

2 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #La finance dérégulée, #La guerre, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Le fascisme, #le nazisme

La balkanisation de l’Ukraine

La guerre qui ravage actuellement l’Ukraine s’internationalise. Les clivages qui apparaissent dans les Balkans ne sont pas nouveaux. Ils étaient là durant le démembrement de la Yougoslavie, et auparavant durant la Seconde Guerre mondiale. Pour Miroslav Lazanski, c’est une vieille partition que l’on rejoue.

| Belgrade (Serbie)

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Alors que des volontaires croates rejoignent l’armée ukrainienne pour combattre les Novorossiens, l’Etats-unienne Kolinda Grabar-Kitarović est devenue, le 18 février 2015, présidente de Croatie. Son pays, qui se prépare à faciliter le démembrement de la Serbie en l’amputant de la Voïvodine, devrait logiquement s’impliquer officiellement dans la guerre en Ukraine. Rejouant le passé, les Croates s’allient à l’Empire du moment contre la Russie.

Lav Tolstoï a écrit, dans Guerre et paix, que « La veille de l’année 1812, il y eut une concentration des pouvoirs en Europe occidentale, partie de l’Ouest vers l’Est, vers les frontières de la Russie. » Je ne sais pas ce que ce grand écrivain et penseur dirait aujourd’hui s’il pouvait jeter un coup d’œil sur l’Europe du début du 21ème siècle. C’est comme s’il avait déjà prévu à son époque « l’otanaïsation », l’encerclement de la Russie et les pressions politiques et psychologiques sur les États neutres pour qu’ils rejoignent l’Alliance.

Ce qui a été commencé en Europe en 1999 lors des bombardements de la République fédérale de Yougoslavie, continue aujourd’hui avec la tragédie en Ukraine. Les images des immeubles et ponts détruits sont invraisemblables ; des maisons brûlées, des cadavres dans les rues. Tout cela dans l’Europe du 21ème siècle ! Et ce n’est pas un film, mais la cruelle réalité. L’Europe politique s’est tue à propos des mêmes images en Yougoslavie en 1999, et aujourd’hui elle est indifférente à la souffrance humaine en Ukraine.

L’Europe politique a imposé au peuple d’Ukraine un choix « soit / soit », et par là, la guerre. Après les Accords de Minsk 2 [1], certains pensent encore, en Europe et encore plus aux États Unis, que le fait d’envoyer de l’aide militaire à Kiev pourrait changer la situation militaire sur le terrain. Mais aucun missile antichar occidental ne pourra changer le rapport des forces parce que les soldats de Kiev n’ont pas été formés à les utiliser, ils auraient besoin d’au moins six mois d’entraînement et d’apprentissage. Les systèmes d’artillerie de l’Otan ne sont pas compatibles avec les systèmes en possession de l’armée ukrainienne. L’Occident peut fournir à l’Ukraine de simples véhicules blindés pour transporter l’infanterie, ce que les Britanniques ont déjà fait, de l’électronique pour les communications radio et des radars d’artillerie, ce qui a déjà été livré à Kiev.

Cependant, si l’Otan livrait à Kiev d’autres types d’armement, ou s’il envoyait ses propres spécialistes d’entraînement militaire, on pourrait voir apparaître dans le Donbass des chars T-80 et T-90 au lieu des T-72. On verrait alors quels missiles seraient efficaces. L’entrée d’une unité de l’Otan en Ukraine provoquerait l’entrée de l’armée russe sur le théâtre d’opérations. Dans un conflit conventionnel sur ce terrain, aucune armée occidentale, même pas celle des États-Unis, ne pourrait vaincre l’armée russe, parce que les généraux occidentaux oublient de toute évidence la doctrine du Maréchal Otarkov, toujours actuelle dans l’armée russe : vaincre pendant la première phase d’un conflit conventionnel par la destruction des cibles clés très profondément en territoire ennemi, dès les premiers moments de la guerre, et conquérir rapidement le territoire ennemi par l’avancement de l’armée de terre.

C’est une victoire totale pendant la première phase de la guerre, une victoire sans utilisation de l’armement nucléaire tactique. La stratégie de l’offensive, avec comme but la pénétration profonde dans le territoire ennemi sans utiliser des armes nucléaires, a été l’essence de la vision soviétique de la guerre en Europe. Les États-uniens ont essayé de faire mieux avec la doctrine de la « bataille air-terre 2000 ».

C’est précisément la raison pour laquelle ni les USA ni l’Otan n’enverront leurs forces en Ukraine, parce qu’ils n’ont aucune chance pour vaincre dans une guerre conventionnelle. En effet, si les troupes de l’Otan ou des USA se trouvaient en situation d’échec en Ukraine face à l’armée russe, Bruxelles et Washington devraient décider soit d’admettre la défaite avec toutes ses conséquences politiques et militaires, soit d’utiliser des lanceurs munis d’armes tactiques nucléaires.

Dans cette situation, sachant que des Tomahawks peuvent atteindre des cibles en Russie en cinq ou six minutes, le Kremlin aurait peu de temps pour décider, ordonner et exécuter une riposte nucléaire. Il devrait intervenir au bout de trois minutes maximum, faute de quoi, il ne pourrait pas lancer de contre-offensive, les missiles états-uniens ayant déjà atteint leurs cibles russes.

Autrement dit, la frontière entre l’utilisation tactique et stratégique de l’armement nucléaire est dangereuse. Le risque d’implosion est effrayant, l’une et l’autre partie pourrait interpréter l’utilisation de l’armement nucléaire tactique comme une introduction de l’utilisation de l’armement nucléaire stratégique. Dans ce cas, seul Dieu pourrait aider la planète. Selon l’opinion du professeur Lowell Wood du Laboratoire National de Livermore (États-Unis) datant de 1982, entre 500 millions et 1,5 milliards de personnes périraient. Et comme la technologie nucléaire a entretemps progressé, le nombre de morts serait beaucoup plus important.

Est-ce que ceux qui voudraient internationaliser le conflit ukrainien, pensent à cela ?

L’opinion publique en Russie est ces jours-ci surprise par l’arrivée de citoyens croates en renfort de l’armée de Kiev, du Pravyi Sektor et de la Garde Nationale d’Ukraine. Seuls ceux qui ne connaissent pas l’Histoire sont surpris. Les soldats de l’État indépendant croate se sont battus pendant la Seconde Guerre mondiale au côté d’Hitler à Stalingrad, tandis que sur le Front de l’Est il n’y eut aucun Serbe. L’État indépendant croate avait envoyé sur le Front de l’Est son aviation. Le général Franjo Dzal était l’un des pilotes qui abattait les avions russes. À l’époque de l’ex-Yougoslavie, la Croatie avait d’excellentes relations avec l’Ukraine et la Serbie avec la Russie. Dans quelle mesure la religion a influencé cela (en Ukraine il y a des catholiques et des uniates) est une longue histoire. Quoi qu’il en soit, les Croates se sont mis du côté de l’Ukraine, et les Serbes, d’après les volontaires, du côté de Donbass.

On a balkanisé l’Ukraine. On y continue la guerre que nous avons arrêté en 1945 …

Traduction
Svetlana Maksovic

Source
Politika (Serbie)

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Bonnes nouvelles de Russie. Le Saker original.

1 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La Russie, #La guerre

Bonnes nouvelles de Russie

Le Saker original – le 28 février 2015 – Source thesaker.is

Honnêtement, je n’aurais jamais pensé que le jour viendrait où j’aurais à dire du bien de l’opposition libérale ou non-système russe, mais apparemment, ce jour est venu, c’est aujourd’hui. A ma grande surprise, tous les chefs de cette opposition ont fait jusqu’à maintenant des déclarations très modérées et raisonnables, et tous ceux que j’ai entendus ont apparemment rejeté l’idée que le Kremlin est derrière le meurtre. Maintenant, cela va peut-être de soi pour la plupart d’entre nous, mais pour l’opposition libérale ou démocratique russe, c’est un vrai changement de ton. Beaucoup d’entre eux ont même dit que ce meurtre était une provocation (ce qui, dans ce contexte, signifie coup monté!) pour déstabiliser la Russie et provoquer une crise. Même Irina Khakamada, habituellement une vraie cinglée, a dit que c’était soit une provocation soit l’action d’un petit groupe d’extrémistes.

Peut-être sont-ils conscients que l’opinion publique russe ne l’achètera pas, ou peut-être ont-ils un moment de décence, mais pour autant que je sache, personne n’a pointé le doigt sur Poutine (okay, quelqu’un l’a probablement fait quelque part, mais je ne suis pas au courant). Encore une fois, c’est tout à fait remarquable.

Tout le monde, les pro et les anti-Kremlin, ont convenu qu’il est absolument essentiel que ce crime soit résolu. Comme je crois personnellement que c’était un crime sous fausse bannière organisé par les US/UK (Etats-Unis et Royaume-Uni), je m’attends tout à fait à ce qu’on trouve quelqu’un et, comme nous le disons en russe, que la piste aboutisse dans l’eau, autrement dit qu’il n’y aura aucune preuve d’une implication occidentale. En fait, même si le FSB aboutit à une telle preuve, les Russes ne la rendront très probablement pas publique, mais l’utiliseront en coulisses. Quant à ceux qui ont organisé le coup, ils ont aussi besoin que quelqu’un soit pris, parce que si jamais personne n’est attrapé, cela ressemblera trop à du travail de professionnel; mais si une petite cellule – disons, de nationalistes antisémites enragés – se fait prendre, cela disculpera tous les autres suspects possibles. Si on considère que le crime s’est produit à 200 mètres du Kremlin, et que le centre de la ville est truffé de caméras, je m’attends à une arrestation dans les prochaines 48 heures, une semaine au maximum.

Le résultat est qu’en Russie, cette action sous fausse bannière est déjà clairement un échec, même la célèbre opposition libérale ou démocratique russe ne veut pas toucher à cette chose. C’est en effet une très bonne nouvelle. En Occident, évidemment, c’est une autre histoire, les Anglo-sionistes l’utiliseront à fond, aucun doute à ce propos.

The Saker

PS: Puisque nous parlons de fausses bannières : on me pose souvent la question de savoir pourquoi Poutine ne dit pas que 9/11 était de la cuisine maison, bien qu’il doive le savoir. Bien sûr qu’il le sait, mais posez-vous une question simple: pourquoi dirait-il quelque chose? Qu’est-ce que la Russie aurait à y gagner? Cela ne ferait que le diaboliser davantage, ainsi que la Russie, aux yeux de ceux qui croient au conte de fées officiel et cela n’apporterait rien du tout à Poutine et à la Russie. Quant aux faits, eh bien ils sont tous exposés au grand jour, exactement comme l’assassinat de JFK ou Gladio, 7/7, l’attentat à la gare de Bologne, Charlie Hebdo et tous les autres. Ce n’est tout simplement pas le boulot de Poutine de partager des informations avec le public occidental, son boulot c’est d’être au service du peuple russe. Enfin, bien que j’en doute personnellement, il est possible que certains services de renseignement russes aient été impliqués dans les attentats de Moscou en 1999, donc Poutine pourrait vouloir agir avec prudence ici, de peur de représailles des Etats-Unis s’ils révèlent ce qu’ils savent.

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francophone

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Dynamo-Kiev-Guingamp, Europa ligue. Comment jouer au foot quand on est en guerre?

1 Mars 2015 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La guerre, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La France, #Les média

Dynamo-Kiev-Guingamp, Europa ligue. Comment jouer au foot quand on est en guerre?

                                                                                                              
http://www.franceinter.fr/player/reecouter?play=1058461

A la fin, le journaliste parle de l'insigne que certains supporters, engagés volontaires du bataillon Azov portent:
mais il oublie de dire qu'il est inspiré des emblèmes de la Division SS Panzer Das Reich qui est "célèbre" à cause d'Oradour et de Tulle.

Il aurait pu se rendre célèbre en étant courageux, en rappelant qu'à Odessa le 02 mai dernier, des supporters de foot
de divers clubs ukrainiens ont participé au massacre de 46 civils désarmés, plus 10 disparus, des centaines de blessés.
Toujours pas d'enquête ouverte et environ 60 assiégés toujours en prison: pourquoi? Ils ont blessés ou tués quelques nervis nazis?

Quel courageux journaliste va se lancer dans une enquête approfondie? Je verrais bien un jeune.
Il deviendrait célèbre en sauvant l'honneur de la profession.
  Et le prix Albert Londres en vu.   http://fr.wikipedia.org/wiki/Prix_Albert-Londres


http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9giment_Azov#Les_embl.C3.A8mes

Paragraphe 3

Image illustrative de l'article Régiment Azov    


http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/7/70/SS-Panzer-Division_symbol.svg/110px-SS-Panzer-Division_symbol.svg.png
    





















 


Dynamo-Kiev-Guingamp, Europa ligue. Comment jouer au foot quand on est en guerre?




C'était le bon temps. On massacrait. Et cela est en train de revenir.

http://www.ww2incolor.com/d/26853-8/41_dasreich

Voir l'insigne sur le véhicule:
























Dynamo-Kiev-Guingamp, Europa ligue. Comment jouer au foot quand on est en guerre?
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