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Le blog de Lucien PONS

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COMMUNIQUÉ : L'UPR DEMANDE LA PUBLICATION DE L'ENQUÊTE SUR LE VOL MH17 ET L'ANNULATION DES SANCTIONS PRISES CONTRE LA RUSSIE. Le 25 décembre 2014

25 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Europe supranationale, #La République, #La France, #La nation ., #La Russie, #AMERIQUE, #La guerre, #Le capitalisme;, #La mondialisation

COMMUNIQUÉ : L'UPR DEMANDE LA PUBLICATION DE L'ENQUÊTE SUR LE VOL MH17 ET L'ANNULATION DES SANCTIONS PRISES CONTRE LA RUSSIE.

25 décembre 2014

  COMMUNIQUÉ : L'UPR DEMANDE LA PUBLICATION DE L'ENQUÊTE SUR LE VOL MH17 ET L'ANNULATION DES SANCTIONS PRISES CONTRE LA RUSSIE. Le 25 décembre 2014

OBJET :

 

L’UPR demande au gouvernement français d’exiger la publication des résultats de l’enquête internationale sur le vol MH17 et d’annuler ses sanctions à l’égard de la Russie.

 

TEXTE :

 

L’hebdomadaire néerlandais à grand tirage Elsevierhttp://fr.wikipedia.org/wiki/Elsevier_%28hebdomadaire%29 ) a révélé le 19 novembre 2014 que le gouvernement des Pays-Bas refuse de rendre public l’accord secret relatif aux investigations sur le crash du vol MH17 en Ukraine, conclu entre les quatre pays impliqués dans l’enquête, à savoir la Belgique, l’Australie, l’Ukraine et la Hollande (http://www.elsevier.nl/Politiek/achtergrond/2014/11/Ministerie-weigert-geheime-overeenkomst-MH17-openbaar-te-maken-1647600W/).

 

Ces États constituent le « Joint Investigation Team », JIT, que la Malaisie a été autorisée à rejoindre le 28 novembre 2014 seulement, soit bien après l’enquête. (http://www.thestar.com.my/News/Nation/2014/12/01/mh17-malaysia-to-be-part-of-investigating-team/).

 

Elsevier, repris par une série de médias étrangers, comme l’Express belge (http://www.express.be/business/fr/economy/pourquoi-les-pays-bas-ont-ils-rapatrie-une-partie-de-leur-or-conserve-aux-etats-unis.htm) ou Russia Today (http://rt.com/news/207243-netherlands-mh17-investigation-documents/ ) tend ainsi à confirmer les rumeurs selon lesquelles le résultat des investigations sur le vol MH17 a été classé « secret défense » dès le mois d’août 2014 par les pays membres du JIT. ( http://www.vineyardsaker.fr/2014/08/22/mh17-les-raisons-du-crash-du-boeing-777-classees-secret-defense/)

 

L’attitude embarrassée du JIT, dont les quatre premiers membres sont des pays totalement alignés sur la politique étrangère des États-Unis d’Amérique, laisse penser qu’il possède des éléments disculpant les séparatistes et, à l’inverse, incriminant le gouvernement de Kiev dans le drame du vol MH17. Cette version des faits serait cohérente avec le scénario selon lequel le Boeing de la Malaysia Airlines aurait été abattu par un avion de chasse ukrainien.

 

Plusieurs médias français de grande diffusion ont d’ailleurs évoqué sérieusement cette hypothèse pour la première fois ce 24 décembre 2014 (voir sur France Tv Info : http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/le-vol-mh17-aurait-pu-etre-abattu-par-un-avion-de-chasse-ukrainien-selon-les-enqueteurs-russes_780705.html ou dans Le Figaro : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/12/24/97001-20141224FILWWW00102-crash-du-mh17-pour-moscou-un-avion-militaire-ukrainien-est-implique.php).

 

L’UPR souligne que le Président américain avait déclaré dès le lendemain de la catastrophe, le 18 juillet 2014, que l’avion de la Malaysian Airlines avait été abattu par les séparatistes pro-russes à l’aide d’un missile sol-air, version immédiatement reprise en boucle par tous les médias et responsables politiques euro-atlantistes. (par exemple : http://www.lavoixdunord.fr/france-monde/crash-du-vol-mh-17-obama-met-en-cause-les-separatistes-ia0b0n2278906 )

 

C’est sur la base de cette affirmation – corroborée par aucune preuve et manifestement contredite par une autre version autrement étayée – que l’Union européenne et la France ont adopté, sous pression de Washington ( cf.http://fr.ria.ru/world/20141003/202603035.html ) , un train de sanctions « économiques » l’égard de la Russie. (cf. http://www.metronews.fr/info/conflit-en-ukraine-d-importantes-sanctions-economiques-contre-la-russie/mngC!sxf93AFWIeIE/ )

 

L’UPR rappelle que ces « sanctions » ont entraîné des représailles russes catastrophiques pour l’économie française et notamment pour l’agriculture.

 

L’UPR rappelle également que ces « sanctions » profitent, en définitive, aux intérêts américains dont le poids dans le commerce extérieur de la Russie a progressé en 2014, au détriment des intérêts européens, et particulièrement français. ( http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20141222trib0331e0a4d/poutine-surpris-que-le-commerce-russe-profite-aux-etats-unis-et-non-a-l-europe.html )

 

L’UPR demande au gouvernement français d’exiger la publication exhaustive des résultats de l’enquête internationale du JIT sur le vol MH17 et, en attendant, d’annuler toute sanction à l’égard de la Russie.

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L’Ukraine: un jouet dans les jeux occidentaux

25 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #L'OTAN., #Ukraine, #La Russie, #La guerre, #La paix, #AMERIQUE, #La France

L’Ukraine: un jouet dans les jeux occidentaux

L’Ukraine: un jouet dans les jeux occidentaux

En Ukraine, après le fils de Joe Biden et les ministres-clés aux mains d’étrangers, une autre place forte du pouvoir à Kiev pourrait être administrée directement à la mode « coloniale ».

D’après l’agence de presse APA de Bakou (Azerbaidjian) qui cite la télévision ukrainienne « Canale 112 », le prochain chef de la Banque Nationale d’Ukraine pourrait bien être [le milliardaire américain] George Soros lui-même.

Les sources auxquelles se réfère Canale 112 ne sont pas citées, mais l’information proviendrait de collaborateurs directs du président Petro Porochenko et de sources parlementaires de la Rada ukrainienne.

Soros ne serait cependant pas le seul candidat en lice. Parmi les noms qui circulent figure aussi celui de l’ancien chef du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, qui avait terminé sa carrière à New York après avoir été accusé de violence sexuelle par une femme de chambre de l’hôtel. L’arrestation qui s’était ensuivie l’avait empêché de participer à la campagne présidentielle dont François Hollande est sorti vainqueur.

En tout – toujours selon les indiscrétions de Canale 112 citée par l’APA – pas moins de cinq candidatures auraient été examinées. Les trois noms toujours inconnus à cette heure seraient ceux de représentants du système de la Réserve fédérale américaine.

D’après KyivPost, l’homme d’affaires américain George Soros, âgé de 84 ans, d’origine hongroise et émigré à New York en 1956, a financé à hauteur de 82.000 $ la naissance du nouveau pouvoir exécutif ukrainien à travers un processus de chasseur de têtes. C’est ainsi qu’ont été identifiés pour les postes de ministres et de fonctionnaires hautement qualifiés, 185 candidats potentiels parmi les étrangers présents à Kiev et les membres de la communauté ukrainienne qui travaillent au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Ce même Soros – d’après Fareed Zakaria de CNN -, après avoir financé des groupes et des activités de dissidents dans l’Est de l’Europe, en Pologne et en République tchèque pendant les révolutions de 1989 « a contribué à renverser le précédent gouvernement ukrainien en vue de créer les conditions d’une démocratie filo-Occidentale, et a joué un rôle important dans les événements d’aujourd’hui tout comme dans la révolution orange de 2004. »

Source : italian.ruvr.ru
Traduction : ilFattoQuotidiano.fr

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L’Ukraine: un jouet dans les jeux occidentaux

L’Occident réalise soigneusement en Ukraine son projet antirusse – éloigner Kiev de Moscou. Les experts disent que ce n’est que le début : les autres alliées de la Russie, la Serbie et la Turquie, sont menacées.

« Ce n’est pas Vladimir Poutine qui a détruit l’Ukraine, mais l’Europe, avide et sans scrupules. Elle n’est pas pressée de le reconnaitre. » C’est une citation de l’article publié récemment par le journal britannique important The Telegraph. Son commentateur Christopher Booker indique que dans les médias occidentaux, on ne parle pas des raisons réelles de la crise.

Les experts notent qu’à l’Occident, on réfléchit de plus en plus souvent sur les sources de la crise ukrainienne et on réévalue ses conséquences. Ainsi, le Premier ministre hongrois Victor Orban a accusé dans une interview les Etats-Unis de tentatives d’entrainer l’Union Européenne dans une « guerre froide » contre la Russie. L’Ukraine se transforme en un jouet entre les mains des Occidentaux, dit le professeur de l’Ecole supérieure de l’économie Oleg Matveitchev.

« L’Amérique mène une guerre contre la Russie et l’Europe en même temps. Les Etats-Unis, ce n’est pas un défenseur de l’UE, c’est son ennemi et son concurrent économique. L’Europe, c’est un vassal pour les Américains. La plupart de politiques européens travaillent poureux. Voilà pourquoi Schroeder qui n’a jamais été un ami des Etats-Unis, dit la vérité : on provoque à dessein la confrontation entre la Russie et l’Europe. L’objectif de l’Ukraine est de quereller la Russie avec l’Europe, au grand plaisir des Etats-Unis. »

L’Union Européenne n’a jamais envisagé de voir l’Ukraine se joindre à elle, dit Oleg Matveitchev.

« Initialement, l’UE avait besoin de l’Ukraine en qualité de débouché pour écouler les produits européens bon marché. A son tour, l’Ukraine pourrait livrer les matières premières. Mais lorsqu’il est devenu clair que l’Ukraine était trop pauvre pour être un marché intéressant, les Européens se soucient peu d’elle. Les Américains en avaient besoin pour y produire le gaz de schiste. Mais les compagnies américaines ont jugé ce projet non rentable et l’ont abandonné. »

En même temps, les experts reconnaissent que l’Ukraine n’est pas l’unique projet antirusse pour l’Occident. Les Etats-Unis et l’UE mènent une politique semblable à l’égard de la Serbie. Belgrade subit une pression énorme. A cause de la politique dure de la Commission Européenne, la Russie a renoncé à la construction du gazoduc « South Stream ». La Serbie a perdu des centaines de millions de dollars que le transit lui aurait apporté annuellement.

La Turquie, elle aussi, a ressenti la pression après avoir annoncé l’intention de développer la coopération avec Moscou. Afin qu’Ankara renonce à sa décision, on lui promet de l’admettre au plus vite en UE et de l’aider à lutter contre la Syrie.

 

La Voix de la Russie

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George Soros candidat à la présidence de la Banque Nationale ukrainienne

Georges Soros

Georges Soros

En Ukraine, après le fils de Joe Biden et les ministres-clés aux mains d’étrangers, une autre place forte du pouvoir à Kiev pourrait être administrée directement à la mode « coloniale ».

D’après l’agence de presse APA de Bakou (Azerbaidjian) qui cite la télévision ukrainienne « Canale 112 », le prochain chef de la Banque Nationale d’Ukraine pourrait bien être [le milliardaire américain] George Soros lui-même.

Les sources auxquelles se réfère Canale 112 ne sont pas citées, mais l’information proviendrait de collaborateurs directs du président Petro Porochenko et de sources parlementaires de la Rada ukrainienne.

Soros ne serait cependant pas le seul candidat en lice. Parmi les noms qui circulent figure aussi celui de l’ancien chef du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, qui avait terminé sa carrière à New York après avoir été accusé de violence sexuelle par une femme de chambre de l’hôtel. L’arrestation qui s’était ensuivie l’avait empêché de participer à la campagne présidentielle dont François Hollande est sorti vainqueur.

En tout – toujours selon les indiscrétions de Canale 112 citée par l’APA – pas moins de cinq candidatures auraient été examinées. Les trois noms toujours inconnus à cette heure seraient ceux de représentants du système de la Réserve fédérale américaine.

D’après KyivPost, l’homme d’affaires américain George Soros, âgé de 84 ans, d’origine hongroise et émigré à New York en 1956, a financé à hauteur de 82.000 $ la naissance du nouveau pouvoir exécutif ukrainien à travers un processus de chasseur de têtes. C’est ainsi qu’ont été identifiés pour les postes de ministres et de fonctionnaires hautement qualifiés, 185 candidats potentiels parmi les étrangers présents à Kiev et les membres de la communauté ukrainienne qui travaillent au Canada, aux États-Unis et au Royaume-Uni.

Ce même Soros – d’après Fareed Zakaria de CNN -, après avoir financé des groupes et des activités de dissidents dans l’Est de l’Europe, en Pologne et en République tchèque pendant les révolutions de 1989 « a contribué à renverser le précédent gouvernement ukrainien en vue de créer les conditions d’une démocratie filo-Occidentale, et a joué un rôle important dans les événements d’aujourd’hui tout comme dans la révolution orange de 2004. »

Source : italian.ruvr.ru


Traduction : ilFattoQuotidiano.fr

 
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MH17 : la Russie prete à déposer les preuves de l’implication d’un chasseur ukrainien. Le site du PRCF.

24 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La République, #la nation, #La France, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La guerre, #La paix, #AMERIQUE

MH17 : la Russie prete à déposer les preuves de l’implication d’un chasseur ukrainien

SU-25 de l'armée de l'air ukrainienne.

SU-25 de l'armée de l'air ukrainienne.

Selon une dépêche de l’agence de presse Ria Novosti et à la suite des révélations du journal Komsomolskaya Pravda basé sur le témoignage d’un employé ukrainien de la base aérienne de Viatorskoe près de Dniepropetrovsk, le comité d’enquête russe est prêt à déposer les éléments de preuve de l’implication d’un chasseur ukrainien dans le crash du vol MH17 au dessus de l’Ukraine le 17 juillet dernier.

L’enquête est actuellement conduite par les Pays Bas conjointement avec la Belgique l’Australie et l’Autriche (des pays de l’OTAN !) et sous le contrôle des autorités de Kiev. Alors que la Malaysie (pays propriétaire de l’avion) attendait toujours de pouvoir rejoindre effectivement l’équipe d’enquête conjointe à la mi décembre après que sa demande de rejoindre le collège d’enquêteurs n’a été acceptée par le procureur général des Pays Bas que fin décembre, et qu’aucun résultat tangible de l’enquête (pas même le contenu des boites noires ou les enregistrements du contrôle aérien ukrainien) n’ont été publiés, on ne peut que légitimement s’interroger sur le déroulement de cette drôle « d’enquête ». Les Pays Bas ont refusé que l’enquête soit confiée aux Nations Unies, déboutant la requête de familles de victimes de plusieurs pays constatant les nombreuses défaillances de l’équipe d’enquêteurs conduite par les Pays Bas.

Le Comité d’enquête russe est prêt à remettre ses données sur l’implication de l’armée ukrainienne dans le crash du Boeing malaisien à la commission d’enquête internationale, a annoncé mercredi le porte-parole du Comité Vladimir Markine.

« Si des représentants de la commission internationale qui enquêtent sur cette catastrophe sont intéressés à établir la vérité, ils peuvent s’adresser à nous, et nous leur présenterons tout le matériel nécessaire », a déclaré M. Markine.

Auparavant, le quotidien russe à grand tirage Komsomolskaïa Pravda a publié une interview avec un employé anonyme de la base aérienne de Dniepropetrovsk (Ukraine), qui affirmait que le Boeing 777 de la compagnie aérienne Malaysia Airlines aurait été abattu par un chasseur ukrainien Su-25.

Les spécialistes du Comité d’enquête ont par la suite pris contact avec l’interlocuteur du journal et l’ont interrogé. Selon M. Markine, les enquêteurs ont obtenu des preuves de l’implication d’un avion militaire ukrainien dans le crash du Boeing.

Dès la fin du moi de juillet, la Russie faisait état de données de son contrôle aérien civil indiquant la présence d’avion militaire à proximité immédiate du vol MH17. Les questions posées alors par la Russie sont restées sans réponses et plusieurs spécialistes américains en renseignements ont émis publiquement des doutes sur la version diffusée par l’Axe euro atlantique. On ne peut que s’interroger sur le silence médiatique au sujet du crash tragique du vol MH17.

Selon un article du Figaro le témoignage indiquerait que de manière concordante avec les données du contrôle aérien russe ce serait le pilote d’un avion SU-25 qui aurait pu abattre d’un missile air-air le vol Mh17 :

« Selon ce témoin, l’avion de ligne Boeing-777 du vol MH17 pourrait avoir été abattu le 17 juillet par un avion militaire Su-25 des forces armées ukrainiennes, piloté par le capitaine Volochine »,

Selon les enquêteurs, ce témoin, qui a été soumis à un détecteur de mensonges et qui pourrait être placé sous un programme de protection, a vu l’avion décoller d’une base aérienne où lui même était stationné près de Dnipropetrovsk, dans l’est de l’Ukraine. Il a affirmé avoir vu l’appareil être armé de missiles air-air de type R-60, alors même que les rebelles ne possèdent pas d’aviation.

« Le témoin a immédiatement remarqué qu’au retour de l’avion sur l’aérodrome, les missiles étaient absents et il a alors distinctement entendu les mots du pilote Volochine à un autre soldat: Il — l’avion — s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment »

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[Recommandé] Souverainisme versus suprémacisme, par Philippe Grasset

24 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #Le capitalisme;, #La guerre, #Les Antifafs., #Europe supranationale, #L'OTAN.

24 décembre 2014.

[Recommandé] Souverainisme versus suprémacisme, par Philippe Grasset

Excellent article de Philippe Grasset, de DeDefensa

[Recommandé] Souverainisme versus suprémacisme, par Philippe Grasset

8 décembre 2014 – D’abord, pour nous rafraîchir la mémoire, il y a ce texte d’un juif sioniste, Israélien d’origine ukrainienne dont l’essentiel de sa famille fut massacré pendant la guerre, qui a voulu aller voir sur place, en Ukraine, ce qu’il en était de ce fameux “nazisme ukrainien” sur lequel le bloc BAO (Bloc Américano Occidental), avec un ensemble touchant (“ils parlent en bloc”, dit Lavrov), professe un silence quasi-religieux. Arcady Molev, lui aussi, jugeait les dénonciations russes pour le moins exagérées, et plus certainement comme de la propagande pure et simple. Molev n’aime pas Poutine, il dénonce le régime actuel en Russie, comme le montrent des articles qu’il a publiés. Il a voyagé en Ukraine, du 26 au 29 septembre. Dans son compte-rendu que reprend Russia Insider le 6 décembre 2014, Molev nous rapporte l’épisode de sa visite à Lviv, la grande ville de l’Ukraine occidentale. Il raconte ce qu’il y vit, un immense mémorial à la gloire de Stepan Bandera et de son groupe paramilitaire UPA, des inscriptions sur les murs, des librairies qui mettent en évidence la littérature ultranationaliste et bandériste, avec Mein Kampf bien en évidence, etc… D’où sa conclusion :

«As an Israeli, I have a question to my government, to the Jerusalem Museum, to the Wiesenthal’s Center. You who chase the Nazi criminals all over the world… how can you miss the Lviv Nazi Renaissance? Why do I pay taxes? Don’t you know who Bandera and UPA are? Why didn’t you scream about it all over the world, why didn’t you require the boycott of Ukraine?

»In the year 2000, you recalled our Austrian ambassador, only because some neo Nazi came to power in one region and said that under Hitler it was easier to get a job than under current government. He didn’t erect a 20 meter sculpture to Herring. Didn’t call SS people heroes… And yet, we forced this governor to quit politics. Why are we so blind toward the events in Ukraine? Let me say something heretical here. Maybe for the members of Israeli Establishment, for all these Holocaust officials – all this Holocaust business is just that – profitable business… Maybe the Ukrainian Banderites are good partners, they want to join EU and NATO, they are against Russia. To fight with them means to fight with America. And that’s why their fascism has to be ignored? If that’s the case, I hate you.

»I am convinced that morality should be above politics. No political dividends justify the pact with the Devil. I love my land, my people, my Israel. And this week, when I am in Jerusalem, I will go to Yad Vashem and present them with Mein Kampf and the pictures and the souvenirs from Lviv. And I’ll ask them why are they silent. I have to do it for my people…»

On ne débattra pas ici du contenu de cet article, de la visite de Lviv, des sentiments de Molev, des débats historiques sur Bandera et l’UPA, etc. Ce n’est pas notre propos, puisque notre propos est essentiellement à ce point de signaler cette évidence de la réalité de ce qu’on peut désigner comme le “nazisme ukrainien” face au silence, ou au mieux (ou au pire), à la dénégation des élites-Système et de la presse-Système devant ce qui est un fait avéré. On connaît notre propre sentiment (voir par exemple le 3 octobre 2014 et le 24 novembre2014) devant cette situation qui sacrifie le principal fondement symbolique de la “métaphysique-simulacre” de ce même bloc BAO au soutien à l’Ukraine-Kiev. Il nous paraît intéressant de chercher plus avant pour tenter de trouver une explication plus satisfaisante que le seul argument de l’opportunité politique ; ce thème de l’opportunité politique nous paraît en effet insuffisante, devant le poids et la puissance de ce qui est ainsi sacrifié, et le risque quasiment métaphysique, justement, qui accompagne l’acte.

Pour nourrir ce dossier, nous pouvons nous reporter à une émission de Russia Today qui analysait l’événement du “fameux” vote de l’Assemblée des Nations-Unies sur une résolution condamnant la glorification du nazisme (Canada, Ukraine et USA ayant voté contre, 55 pays s’étant abstenus dont les 27 de l’Europe de l’UE, – voir à nouveau le 24 novembre 2014), – événement symbolique significatif sur lequel, également, les élites-Système et la presse-Système ont opposé leur arme principale, – le silence. Le 26 novembre 2014 était diffusée une émission du programme CrossTalks de RT consacré à cette question du nazisme ukrainien (sous le titre «Whitewashing Fascism»). L’émission de Peter Lavelle est la plus populaire du programme de RT. Elle présente nombre de commentateurs et d’auteurs en général antiSystème mais d’une notoriété affirmée, et les thèmes qui y sont abordés sont le plus souvent d’ordre général et concernant les relations internationales dans un sens large mais, bien sûr, tout aussi largement antiSystème. La question du “nazisme ukrainien” pouvait, de ce point de vue, sortir de la seule catégorie des événements en cours ; d’un autre côté, son traitement était indirectement mais puissamment justifié par le vote de l’Assemblée Générale l’ONU.

On voit, par ces différents points de vue, l’ambiguïté extrême de cette question du “nazisme ukrainien”, où la force du symbole et la bataille de la communication jouent un rôle considérable. Plus encore, il y a cette dimension déjà rappelée de la “métaphysique-simulacre” du Système qui est en jeu (encore notre texte F&C du 3 octobre 2014). Ce caractère très spécifique du sujet choisi rendait encore plus inhabituelle et intéressante l’émission de Peter Lavelle, qui avait comme interlocuteur Dimitri Babich à Moscou, Nebojsa Malic à Washington et Alexander Mercouris à Londres.

Nous notons certains aspects des interventions des trois invités à partir des remarques introductives de Lavelle avouant son incompréhension devant les prises de position officiellement actées à l’ONU sur une question aussi symboliquement délicate, pour une résolution où pas une fois le nom de l’Ukraine n’est mentionné pour en rester à des recommandations d’ordre général sur une approche complètement symbolique du sujet. D’autre part, Lavelle confirma l’absence presque complète du contenu de la presse-Système de cette résolution et des différents votes, sur un sujet où cette même presse-Système est en général d’une sensibilité d’écorché vif puisqu’il s’agit du domaine du nazisme.

• C’est Mercouris qui fit le constat, avec preuve par le “nazisme ukrainien”, qu’aujourd’hui l’antirussisme passait toute autre obligation et faisait pardonner ou, plus facilement, ignorer tout de ce qui aurait été considéré en d’autres cas comme des prise de position et des situations inacceptables. Cette remarque est assez juste et elle nous paraît faire le constat d’une situation assez nouvelle. L’antirussisme n’était pas, il y a dix ans, six ans ni même deux ans, une référence de rejet de cette sorte ; il est devenu à cet égard, dans le code de conduite générale du bloc BAO, la référence absolue de rejet. (… Alors qu’on devrait considérer, selon la “métaphysique-simulacre” mentionnée plus haut, que le nazisme tenait symboliquement et d’une façon inexpugnable cette place.)

• Babich a fait remarquer que nazisme et antinazisme dépendaient de perceptions différentes selon qu’on les considérât de l’Ouest (Europe occidentale, partie intégrante du bloc BAO) ou de l’Est (Europe de l’Est anciennement communiste, Russie). Ainsi, les collaborateurs du nazisme à l’Ouest, pendant la guerre, tinrent une position de principe et d’intérêt à l’intérieur de leurs pays, sans s’impliquer directement dans les aventures nazies (sauf le cas spécifique des unités nationales type LVF en France et divisions SS non-allemandes). Par contre, les collaborateurs du nazisme à l’Est, d’ailleurs parfois pour des raisons de circonstance à considérer (leur opposition au communisme), tinrent très souvent un rôle opérationnel actif, allant jusqu’à des circonstances où ils devancèrent les nazis dans des opérations d’extermination.

• De même y a-t-il une perception différente du nazisme entre Ouest et Est. A l’Ouest, le nazisme est identifié dans son aspect destructeur et maléfique quasi-exclusivement dans le chef de son antisémite. Pour la perception à l’Est, il n’est pas seulement antisémite, il est suprémaciste en affirmant une supériorité raciale et l’infériorité de toutes les autres races, ce suprémacisme englobant alors l’antisémitisme. Cela explique que le Russe, considéré comme un “sous-homme” par les Nazis, se juge aussi menacé par le nazisme que le juif.

Ce dernier point nous arrête parce qu’il est essentiel … Pour nous, le suprémacisme est une attitude à la fois idéologique sinon caricaturalement métaphysique, une attitude intellectuelle impliquant dans le même ordre d’idée une conception du monde, avec un apport psychologique à mesure sans aucun doute, une conception éventuellement raciale mais pas seulement puisque pouvant être également économique et culturelle, avec la politique qui s’ensuit marquée par des excès proprement extraordinaires dans le chef de la logique de l’anéantissement des autres. On voit bien que, dans ce rangement, le racisme n’occupe nullement une place centrale, ni un statut absolu. Notre appréciation a toujours été que le racisme est une situation indirecte, dépendant d’autres facteurs (économiques, politiques, psychologiques), au contrairedu suprémacisme qui est effectivement une conception qui affirme absolument et au-dessus de tout une supériorité donnée. Le racisme est un concept relatif, changeant, amendable, souvent déterminé selon des facteurs extérieurs à lui ; le suprémacisme est un concept absolu, qui ne souffre ni dérogation, ni intrusion quelconque d’une donnée extérieure. Le premier peut conduire à des incidents ou à des crises graves, le second conduit à une logique de l’anéantissement ou, pour employer nos références, à une logique de la déstructuration, de le dissolution jusqu’à l’entropisation (processus dd&e).

Nous avons beaucoup parlé de cette différenciation qui nous semble absolument primordiale. Le suprémacisme anglo-saxon, ou américaniste (qui porte également, dans ce cas, le nom pompeux et plein d’arrogance satisfaite d’“exceptionnalisme”) est, aujourd’hui, ce qui nous occupe le plus dans ce domaine. On sait que nous marions ce suprémacisme avec le système du technologisme, dont le complexe militaro-industriel (US) est l’une des formes les plus puissantes et les mieux organisées, et dont les rapports avec le nazisme sont connus et largement documentés (voir, par exemple, le 26 janvier 2003 et le 19 août 2010).

Nous avons déjà largement exploré ce domaine qui nous paraît essentiel, du suprémacisme de notre contre-civilisation née du “déchaînement de la Matière”. Il est absolument dans la logique de cette hypothèse métahistorique qui est la référence fondamentale de tout notre travail, et il nous paraît que les divers classements idéologiques courants (“fascisme”, “nazisme”, “racisme”, “libéralisme”, etc.), même s’ils renvoient à des épisodes historiques réels ou à des tendances historiques effectives, brouillent aujourd’hui complètement la vérité métahistorique que le suprémacisme, par contre, exprime absolument. Ils sont d’ailleurs maintenus et toujours employés, ces classements, nous en sommes convaincus, pour effectivement brouiller cette vérité métahistorique, et le produit en général de ce que nous nommons la raison-subvertie.

Différents textes ont déjà abordé cette question du suprémacisme du bloc BAO dans le contexte de la crise ukrainienne, notamment le 26 février 2014 et le 28 juin 2014. Ci-dessous, nous donnons deux extraits d’autres textes également consacrés à cette question du suprémacisme considéré de façon plus large et plus haute, avec notamment référence à Arnold Toynbee, de façon à bien fixer, en les rappelant, la notion de suprémacisme, parfois appelé lorsque le speechwriterde Obama-Sain met des gants beurre frais, “exceptionnalisme”…

• Premier extrait, du texte du 15 octobre 2013, avec une approche générale… «La notion de “racisme anglo-saxon” avancée par Toynbee doit être appréciée avec une extrême attention. Pour nous, les Anglo-Saxons ne sont pas racistes, ils sont suprémacistes, le suprémacisme n’étant pas une catégorie du racisme, mais un caractère en soi… Pour nous, le racisme se définit par rapport aux autres, de diverses façons, dans un univers relatif et circonstanciel ; le suprémacisme se définit par rapport à soi, et à soi seul à l’exclusion du reste, comme un caractère identitaire dans un univers absolu. (Le racisme ne conduit pas nécessairement à l’oppression et il peut changer, évoluer, éventuellement disparaître ; le suprémacisme ne peut évoluer par définition et conduit nécessairement à l’oppression.) L’anglosaxonisme, ou panaméricanisme, est suprémaciste, comme le fut le pangermanisme et son rejeton catastrophique que fut le nazisme. (Le même avertissement que dans le point précédent peut être repris pour ce point : “Tout cela selon des jugements métahistoriques objectifs, en écartant la question de la valeur morale des deux termes considérés, valeurs de toutes les façons manipulée à son avantage par le Système… Il n’y a pas de condamnation plus forte du racisme au nom des valeurs morales qu’à l’intérieur du Système, ces mêmes valeurs morales justifiant par contre le suprémacisme occidental, ou ‘anglosaxonisation’/américanisation”.)»

• Second extrait, d’un texte du 4 juin 2014, où la notion de suprémacisme est reprise pour une nouvelle exploration, cette fois par rapport aux usual suspects, principalement l’UE ayant emprunté la même voie que les USA, qui porte aussi et là encore le nom pompeux d’exceptionnalisme… «Ainsi parlons-nous d’exceptionnalisme, et encore plus de suprémacisme, en observant que l’UE, et donc les pays européens, ont endossé cette dialectique prédatrice caractérisant aujourd’hui l’Occident dans son entier, sous l’habit du bloc BAO en mode de surpuissance-autodestruction. On pourrait dire que le suprémacisme est au racisme, dans l’échelle des délits éventuels, ce que l’assassinat prémédité systématique est à un homicide involontaire accidentel, pour ce qui est de l’intensité et de l’orientation de la psychologie gouvernant l’attitude qui en résulte. L’exceptionnalisme-suprémacisme a complètement envahi l’UE, à visage découvert, véritablement comme une doctrine active de fonctionnement, dans tous les cas depuis le coup de force de novembre 2013 (négociations avec l’Ukraine). Ce qui était sur le moment le simple résultat d’une mécanique bureaucratique est devenue une sorte de doctrine activiste, fondée sur l’affirmation d’une sorte de supériorité morale, psychologique et technologique comme un équivalent postmoderniste à la supériorité raciale et ethnique des suprémacismes des XIXème-XXème siècles. Il s’agit du plus récent avatar de l’extension du concept d’“occidentalisation” (que nous nommons plutôt “anglosaxonisation”) identifié par le philosophe de l’histoire et historien des civilisations Arnold Toynbee après 1945, qui s’est très fortement sophistiqué au niveau de la de la communication et de la perception que ceux qui l’éprouvent en ont, jusqu’à changer de nature pour devenir l’actuel et postmoderne exceptionnalisme-suprémacisme…»

Le souverainisme, arme ultime de la résistance

Ces deux dernières années, culminant avec l’Ukraine, s’est développée la thèse d’une “collusion tactique” entre le libéralisme et le fascisme/nazisme dans des occurrences telles que les “révolutions de couleur”, et bien entendu l’Ukraine qui représente une “révolution de couleur” transformée en un processus violent de prise de pouvoir par la coercition, éclairant d’autant plus l’illégalité du processus, par son viol du principe de la souveraineté. (Il serait temps que les excellences qui prétendent nous gouverner comprennent que la souveraineté, qui est un principe qui n’a aucune nécessité géographique, n’a aucun rapport obligé avec l’intangibilité des frontières, comme le montre l’action magistrale de Talleyrand au Congrès de Vienne en 1814-1815. Cette idée serait utile pour l’argumentation du bloc BAO contre la Russie, où tout cela est mélangé dans un désordre qui en dit long sur la fermeté des esprits servis par une psychologie à la faiblesse extraordinaire.) Dans ce cas évoqué de la “collusion tactique” dite également “orange-brune” pour mettre la touche de romantisme de la “révolution orange” d’Ukraine, soi-disant libérale, en 2004, la partie extrémiste (fascisme/nazisme) était considérée comme une sorte de “masse de manœuvre” faite d’“idiots utiles”, au service du libéralisme prédateur et gourmand de regime change.

Nous n’appréhendons nullement la situation en ces termes, beaucoup trop idéologisés pour notre compte, et donc comptable d’innombrables déformations d’interprétation et de conception, au gré des propres engagements idéologiques de ceux qui en jugent. Nous nous référons plutôt, on l’a compris, à l’hypothèse du suprémacisme, qui est par sa nature même déstructurant et dissolvant des “autres“, jusqu’à l’entropisation que constituerait leur anéantissement, parce que ces “autres” sont nécessairement condamnés par la logique poussée à son extrême du concept même de suprématie. Dans ce cas, nous voyons bien que la mouvement du bloc BAO, essentiellement opérationnalisé par les USA, retrouve une ancienne connivence avec le nazisme déjà visible dans le cas du CMI des USA durant la période des années 1940, qui répond par ailleurs à notre thèse sur le “déchaînement de a Matière ” et l’“idéal de puissance” où le mouvement pangermaniste conduisit de la deuxième moitié du XIXème siècle jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale la dynamique avant de le céder au panaméricanisme qui est une version modernisée (ou postmodernisée, comme on dit “postsynchronisée”) de l’anglosaxonisme, de même substance même si le second (le panaméricanisme) liquida le premier (le pangermanisme) comme un grand groupe du corporate power liquide un concurrent pour le monopole du même marché… Nous restons entre suprémacistes, qui se retrouvent en Ukraine un gros demi-siècle plus tard, avec le même but : la bataille contre les “sous-hommes”, comme dit l’idéologie, et plus spécifiquement pour le cas la bataille pour l’élimination du “sous-homme” russe, le fameux Untermensch des nazis. (Seule diffère la méthode, l’extrême violence pour les nazis, la violence indirecte mais non moins extrême sur le terme pour les soi-disant “libéraux” avec des résultats qui ne le cèdent pas à la première formule, sinon la surpassent… Encore que, en Ukraine, on pourrait croire, à voir la façon dont fut menée la campagne contre la Novorussia, que tout le monde admet pour l’occasion, ou finit par reconnaître la vertu expéditive de la méthode nazie, – car le temps presse.)

Qui plus est, pour nous cette hypothèse suprémaciste, cette thèse même, va au cœur des choses. Elle est non seulement utilitariste et opérationnelle, elle est également et décisivement conceptuelle et substantielle. Dans sa version pseudo-libérale, elle proclame l’anéantissement, en commençant par la déstructuration et la dissolution (la dérégulation, en langage de la globalisation), non comme un moyen, comme un outil, mais bien comme un but en soi. Le suprémacisme est de ce point de vue, et comme nous l’identifions, intrinsèquement pervers et maléfique, sinon satanique si l’on veut un qualificatif plus imagé. Bien entendu, il ne concerne pas une seule catégorie, une seule “race”, etc., – il concerne une conception même du monde, où l’Occident (le bloc BAO) s’est engagé sous l’impulsion terrible du Système, d’une façon ou d’une autre, avec entrain ou sous la contrainte. Dans ce cas, notre intuition centrale du “déchaînement de la Matière” est une sauvegarde de nous-mêmes, en retrouvant notre conception qui évite la culpabilité suprême puisque dans ce cas lesapiens succombe simplement par faiblesse de la psychologie à la proximité du Mal…

Mais surtout, pour ce propos, l’intérêt de cette hypothèse est également, – et fondamentalement, – de conduire à l’identification de l’adversaire, du seul adversaire possible de cette dynamique suprémaciste. Une seule force peut opposer une résistance décidée et acharnée, sinon décisive, parce qu’elle retourne (“faire aïkido”) naturellement, puisque constituée par leur contraire, les armes du processus “dd&e” contre la dynamique suprémaciste, – dito le Système. Au niveau politique comme au niveau métahistorique, il ne s’agit de rien moins que le souverainisme, qu’on retrouve aussi bien chez un de Gaulle que chez un Poutine, qui est fondamentalement structurant et complètement principiel si on le considère d’un point de vue métahistorique. Sur le souverainisme, qui renvoie aussi bien à la souveraineté pour son contenu qu’à la légitimité pour sa forme même, nous ne pouvons que réitérer ce que nous écrivions le 4 juin 2013 à propos d’un commentaires des époux Leverett sur l’Iran, – où l’on voit que les concepts embrassent, explicitent et mettent à nu toutes les crises en cours selon les mêmes références : l’équation “suprémacisme versus souverainisme” a pour elle l’avantage de l’universalité, par conséquent l’effet infiniment vertueux de dissiper tous les faux-semblants, faux-nez, etc., qui servent bien sûr de couverture aux suprémacistes mais aussi à nombre de leurs adversaires qui aimeraient protéger leur propre idéologie en réduisant le concept de suprémacisme au “racisme” qui satisfait tout le monde en procurant une belle unanimité de dénonciation . (On ajoutera une ironie que certains sont invités à gouter : selon ce rangement, le souverainisme est la seule tendance conceptuelle forte qui soit, par sa nature évidente et son opérationnalité inévitable, absolument antiraciste.)… Le texte cité avait évidemment comme titre «Considérations sur la souveraineté».

«En vérité, l’exposition que font les Leverett des cas iranien et israélo-américaniste n’a pas besoin de “narrative”. La chose parle d’elle-même, là aussi, et elle est intéressante parce qu’elle n’est pas connue, parce que, justement, les Iraniens n’ont pas de “narrative”. Ils présentent naturellement, selon des comportements et des réflexes qui renvoient à des antécédents historiques fondamentaux, une politique extérieure principielle, donc respectueuse du principe de la souveraineté selon, par exemple, la définition qu’en faisait Talleyrand (voir le 16 août 2007, sur la légitimité qui induit la souveraineté, définie par Talleyrand) : principe qu’on veut respecter pour soi-même, et qu’on respecte nécessairement chez les autres pour ne pas le détruire ; il s’ensuit nécessairement une politique d’équilibre entre les nations et les forces qu’elles représentent. (C’était évidemment le cas de l’axe fondamental du gaullisme : affirmer le principe de souveraineté [d’indépendance] pour soi, donc l’affirmer et le respecter également pour les autres pour ne pas le vider de sa substance.) L’appréciation des Leverett, et de cette politique principielle, a la vertu selon nous, particulièrement dans le cas de l’Iran, de pulvériser toutes les “narrative” (c’est le cas d’employer le mot) sur l’influence irrationnelle et maléfique de la religion, qui est le principal moteur de l’appréciation à connotation sans aucun doute suprémaciste que font les pays du bloc BAO de l’Iran et de nombre de pays musulmans. (Suprémacisme plutôt que racisme, et suprémacisme bien pire que racisme puisque racisme impliquant nécessairement la notion prioritaire de la supériorité à finalité prédatrice qui entre dans la logique oppressive de l’“idéal de puissance”.) Dans d’autres cas qui voient ce jugement suprémaciste, comme pour la Russie et la Chine par exemple, le facteur “religion” est remplacé par le facteur “idéologie”, – mais la démarche suprémaciste demeure bien entendu, puisqu’elle est la maladie même du Système lui-même. (Nous disons bien “Système” et n’employons sur ce point l’expression “bloc BAO” que parce que les exceptions et les singularités historiques ont disparu, étouffées par le Système. Du temps de la France gaulliste, la politique gaullienne était un modèle pour tous les pays du tiers-monde, non-occidentaux, etc., par son refus de l’hégémonie, notamment occidentaliste et américaniste. Alors, il n’y avait pas de bloc BAO. Depuis, la France a comme l’on sait intégré le bloc BAO qui s’est formé dans les conditions qu’on connaît, mais l’essence historique, sinon métahistorique, qui a produit le gaullisme, qui se manifeste régulièrement [Talleyrand], demeure en latence.)»

Il est évident qu’une telle définition désigne le souverainisme comme ennemi principal et même seul véritable ennemi du suprémacisme, – exactement comme la structure principielle est la seule réelle opposition au processus “dd&e” du Système. Et, par conséquent, que fait Kiev sinon attaquer le souverainisme lorsqu’il attaque la Novorussia où une population entend être souveraine sur le sol qui est sien, au nom de ses spécificités mises en cause par le nouveau pouvoir ? Que fait le bloc BAO en mettant la Russie dans la position où elle la met, sinon attaquer le souverainisme de Poutine, sous sa forme d’affirmation nationale, culturelle et spirituelle ? Le simulacre de la morale et le mensonge comme moyen de proclamer la vérité nous confirment sans aucun doute que nous nous trouvons devant des adversaires des principes et du souverainisme, parce que leur bassesse d’esprit, leur faiblesse psychologique, l’inversion de leur raison en sont de très solides garants. La qualité des sapiens ne trompe pas, dans de tels cas.

Entre “libéraux” du bloc BAO et “nazis d’Ukraine”, il n’y a donc pas d’“alliance contre-nature”, d’“entente tactique”, d’“idiots utiles” de l’un par rapport à l’autre ou de l’autre par rapport à l’un, mais bien rencontre et retrouvailles, convergence de conceptions, d’ambitions et d’objectifs opérationnels (l’anéantissement, dans tous les sens du terme, jusqu’au plus terrible qui soit, que ce soit anéantissement par les camps ou anéantissement par entropisation des structures). On retrouve tout cela intégré logiquement dans les concepts du “déchaînement de la Matière”. La pureté de cet agglomérat renvoie à une égale pureté, mais dans un rapport d’inversion évidemment, du discours souverainiste, le seul possible pour tenir l’esprit et la psychologie face au suprémacisme. Nous dirions même qu’il s’agit d’un cas patent d’hygiène mentale : si vous n’appuyez pas votre pensée sur la structure du principe qu’implique le souverainisme, votre pensée s’étiolera à un moment ou l’autre sous la poussée déstructurante/dissolvante du suprémacisme … Avant l’anéantissement physique, le suprémacisme postule l’anéantissement spirituel et psychologique du Untermensch. Dans ce cas, on ne peut hésiter une seconde pour la riposte…

Source : dedefensa.org

Note

(1) ... Molev aborde indirectement un problème fondamental dans son article, lorsqu’il annonce d’ailleurs d’une façon très avisée qui montre qu’il sait de quoi il parle, qu’il va dire “quelque chose d’hérétique”. Lorsqu’on s’attache à l’idéologie officielle, la métaphysique-simulacre de l’Holocauste, on comprend bien vite à quoi et à qui l’on a affaire, juif ou pas juif ... Norman G. Finkelstein, l’un des juifs les plus dénoncés par les juifs-Système pour antisémitisme, avait déjà nommé cela en 2000 Shoah-business ou L’industrie de l’Holocauste... Le juif-sioniste (à la différence de Finkelstein qui serait plutôt un juif antisioniste) Molev ne dit pas autre chose : «Let me say something heretical here. Maybe for the members of Israeli Establishment, for all these Holocaust officials – all this Holocaust business is just that – profitable business...» Voici ce que nous disons de ce cas de la Shoah-business dans La Grâce de l’Histoire, Tome II :

«L’inversionnisme de la Shoah. A ce point, tout de même, [nous dirions] rapidement quelques mots à propos de l’objet dont s’est saisi le Système du déchaînement de la Matière pour tenter de fabriquer une métaphysique postmoderniste. Il s’agit de la Shoah, l’Holocauste comme l’on dit également. Le fait même de l’utilisation de cet événement constitue une manipulation et, au-delà, quand on mesure les résultats, une manipulation pour aboutir à un simulacre qui entache gravement l’événement en question. Pire que cela et à l’exemple inversé de la façon dont les coupables de ce crime intellectuel aiment à accuser les autres de “négationnisme” ou de “révisionnisme”, nous parlerions à leur encontre d’“inversionnisme” qui est évidemment l’intervention la plus basse possible. En étant utilisé comme le simulacre dans la “métaphysique-simulacre”, l’Holocauste est érigé lui-même en Simulacre, ou faux symbole, c’est-à-dire en une idole dans le sens du relaps, ou en événement complètement vidé de son sens, de ses souffrances, de sa tragédie. Il ne s’agit plus, ni de la dimension morale, historique ou tragique, ni de la dimension eschatologique de l’Holocauste, mais de cette fausse dimension métaphysique qui le transforme en simulacre et en une caricature idolâtre de symbole, qui le place dans la logique de “la fin de l’Histoire”, qui accomplit enfin le dessein sous-jacent de la démarche en réduisant effectivement la mémoire qu’on doit en avoir au simulacre de métaphysique qu’on en a fait. Il va sans dire qu’ainsi présentée, et pressurée comme un citron dans sa substance d’événement catastrophique, cette représentation, ce simulacre d’Holocauste est la plus grave insulte qu’on puisse imaginer, qu’on puisse concevoir, qu’on puisse faire enfin aux souffrances et aux morts des victimes. Le Système ne dément pas, à cet égard, son origine du “déchaînement de la Matière” ; le Mal dont cet événement est le représentant pour la période considérée a donc frappé l’Holocauste d’une dimension maléfique supplémentaire. Les contempteurs postmodernistes de l’Holocauste en sont également les fossoyeurs, et bien entendu les fossoyeurs inconscients et manipulés par le Système, – les “idiots utiles” du genre, avec leur psychologie affaiblie en sautoir.» 

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La défaite, c’est la victoire. Texte de Dmitry Orlov, publié par "Le Vineyard Saker France".

24 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La guerre, #La paix, #La Russie, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #Ukraine, #Europe supranationale

La défaite, c’est la victoire. Texte de Dmitry Orlov, publié par "Le Vineyard Saker France".

22 décembre 2014 Jean-Jacques Hector

 Dmitry Orlov,

Dmitry Orlov,

Sur le mur du ministère de la Vérité de George Orwell, dans son roman 1984, il y avait trois slogans : La guerre c’est la paix, La liberté c’est l’esclavage, et l’ignorance c’est la force. Il me semble que ces slogans s’appliquent assez bien à la façon dont fonctionne l’establishment de Washington, D.C .

La guerre c’est la paix, La liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force

La guerre c’est la paix, La liberté c’est l’esclavage, l’ignorance c’est la force

LA GUERRE, C’EST LA PAIX : il suffit de voir à quel point l’Irak, l’Afghanistan, le Yémen, la Libye, la Syrie et l’Ukraine ont été pacifiés grâce aux efforts déployés par cet establishment  pour la paix. Les seuls petites différences visibles, par rapport à ce que serait une pacification absolue dans ces pays,  c’est qu’il y a encore des gens vivants. Mais cette petite anomalie devrait se régler d’elle-même, particulièrement en Ukraine, où la population est maintenant confrontée à la perspective de devoir traverser l’hiver sans chauffage ni électricité.

LA LIBERTÉ, C’EST L’ESCLAVAGE : pour profiter de leur liberté, les Américains passent la plus grande partie de leur vie à travailler pour payer leurs dettes, que ce soit un prêt hypothécaire, une dette médicale résultant d’une maladie, ou des prêts étudiants. Alternativement, ils peuvent également profiter de leur liberté en pourrissant en prison. Ils ont aussi de plus longues heures de travail avec moins de congés et moins d’avantages sociaux que dans les autres pays développés, et leurs salaires n’ont pas augmenté depuis deux générations.

L’IGNORANCE, C’EST LA FORCE : ce qui maintient ce système en place c’est l’ignorance, en effet si ce n’était l’ignorance crasse et délibérée des Américains au sujet de leur situation et du monde en général, ils se seraient déjà rebellés, et tout ce système se serait écroulé comme un château de cartes.

Mais il y a un quatrième slogan qui doit être ajouté sur le mur du ministère de la Vérité de Washington. C’est celui-ci :

LA DÉFAITE, C’EST LA VICTOIRE

Le caractère absurde des trois premiers slogans peut être dénoncé en utilisant différents artifices. Il est embarrassant d’affirmer que les engagements américains en Irak, en Afghanistan, au Yémen, en Libye, en Syrie ou en Ukraine ont apporté réellement la paix, mais plusieurs fonctionnaires menteurs et des teletubbies [émissions TV enfantines de la BBC, NdT] nationaux appropriés peuvent toujours prétendre qu’ils ont ainsi, en quelque sorte, évité  des dangers (totalement imaginaires) encore pires, comme les armes de destruction massive irakiennes ou syriennes. Ce qu’ils ont en réalité produit est une guerre sans fin financée par une dette galopante qui mène à la ruine de l’économie. Mais l’ignorance aide considérablement ici aussi.

De même, il est possible, quoiqu’un peu gênant, de prétendre que l’esclavage est la liberté parce que, voyez-vous, une fois que vous avez accompli vos tâches en tant qu’esclave, vous pouvez rentrer à la maison et lire n’importe quel non-sens extravagant sur un blog quelconque. C’est bien sûr idiot; vous pouvez vous farcir la tête de n’importe quel savoir intéressant, mais si vous essayez de le mettre en pratique, vous découvrirez rapidement que vous n’êtes pas autorisé à le faire. « Retourne à ta place, esclave ! »

Vous pouvez également adopter la position inverse et prétendre que la liberté est pour les fainéants alors que nous, les gens productifs, devons courir d’une activité prévue à l’autre, et entraîner nos enfants partout de la même manière, en évitant les temps libres comme la peste, tout en protestant que ceci n’est pas du tout de l’esclavage. Pas du tout. En aucune façon. Personne ne me dit quoi faire! (Jette un coup d’œil sur le smartphone pour voir quelle est la prochaine activité sur la liste des choses à faire aujourd’hui).

Quant à l’ignorance, vous n’avez en fait rien à prouver : les ignorants sont parmi les personnes les mieux informées sur la terre, selon eux. Je vois cela tout le temps dans les centaines de commentaires que je supprime de mon blog; ceux qui commencent par «Sûrement, vous devez savoir que [quelque chose que je ne sais pas]» ou «Aujourd’hui, il devrait être clair pour tout le monde que [quelque chose qui n'est pas clair]» sont particulièrement amusants. Certains jours, je trouve une telle ignorance presque irrésistible, et en ce sens l’ignorance est en effet une force.

Mais il est très difficile de prétendre que la défaite est la victoire, et c’est là un grand défi pour l’establishment de Washington, D.C. Quand ils sont victorieux, vos dirigeants peuvent imposer leur vision au monde. Quand ils sont vaincus, c’est le monde qui leur impose sa vision. C’est quelque chose qu’il est difficile de cacher : vos dirigeants indiquent ce qu’ils veulent faire, puis, soit ils réussissent, soit ils échouent. Quand ils échouent, ils essaient encore d’appeler cela un succès. Mais si vous comparez les résultats avec l’énoncé de leurs intentions initiales, et si les deux divergent complètement, alors cela ressemble juste un peu à une sorte de machin plus-ou-moins-défaite, peu importe leurs contorsions, leurs pirouettes et leurs simagrées.

C’est une bonne chose, car avec toute la propagande que le ministère de la Vérité diffuse, il est difficile pour l’homme de la rue d’évaluer l’état de la situation réelle. Mais quand il s’agit de la victoire ou de la défaite, vous pouvez habituellement le sentir directement, de source sûre, dans les flatulences sortant de la bouche de l’establishment. Oui, les porte-paroles des relations publiques du ministère peuvent encore prétendre que nous avons forcé l’ennemi à nous faire un massage gratuit des tissus profonds de nos muscles fessiers, mais un écolier précoce pourra facilement traduire cela par On nous a botté le cul.

Alors, permettez-moi d’énumérer quelques victoires américaines. Ou devrais-je dire défaites ? C’est comme vous voulez, car les deux font la paire.

  • Grâce au billion de dollars (1000 milliards) consacré à l’effort de guerre, au 1,5 million de victimes irakiennes, et aux 5000 soldats américains morts, al qaïda n’existe plus en Irak aujourd’hui (pas plus que sous le règne de Saddam Hussein) et le pays est libre et démocratique.
  • Grâce à de nombreuses années d’efforts continus, qui ont coûté plus d’un demi billion de dollars et la vie de 3500 soldats de la coalition, les talibans en Afghanistan ont été vaincus et le pays connaît désormais la paix.
  • Le régime syrien a été renversé et la Syrie est désormais pacifique et démocratique, et pas du tout un cas désespéré déchiré par la guerre, qui a produit plus d’un million de réfugiés, une grande partie de ceux-ci gouvernés par des militants islamistes qui sont trop radicaux même pour al qaïda.
  • Dans l’ensemble, le problème de l’extrémisme islamique a été réglé une fois pour toutes, et les islamo-fascistes de George W. Bush (vous rappelez-vous ce terme ?) ne sont plus qu’un vague souvenir. ISIS ou ISIL ou l’État islamique sont tout autre chose. De plus, en les bombardant de façon sporadique, à grands frais, nous les avons affaiblis un petit peu… peut-être.
  • Grâce à un coup d’État parfaitement légal et absolument nécessaire fomenté par les USA, l’Ukraine est en train de devenir un membre stable et prospère de l’Union européenne et de l’Otan, et les Ukrainiens épris de liberté ne sont plus du tout dépendants du gaz, du charbon et du combustible nucléaire russes, pour pouvoir simplement survivre à l’hiver de 2014-15, ni dépendants de la bonne volonté russe pour envoyer des convois de secours humanitaires, pour héberger et nourrir les réfugiés de la guerre civile, ou pour négocier les accords de paix entre eux.
  • Conformément à notre grande stratégie géopolitique pour la domination éternelle du monde, nous avons expulsé avec succès la Russie de la Crimée, et nous sommes en train d’y construire une énorme base militaire de l’Otan pour nous assurer que la Russie ne redevienne jamais une grande puissance mondiale, et qu’elle soit obligée de se conformer à chacun de nos caprices.
  • Grâce à nos efforts diplomatiques inlassables, la Russie est maintenant complètement isolée, et c’est pourquoi elle ne peut plus signer des accords commerciaux gigantesques à travers le monde, ni défendre la cause des nations non-occidentales qui n’aiment pas être bousculées par l’Occident et n’ont aucun désir de s’occidentaliser.
  • Nos sanctions ont vraiment fait mal à la Russie, et pas du tout à l’Union européenne qui n’a pas perdu un énorme marché d’exportation, et qui ne risque pas de perdre l’accès au gaz naturel russe dont elle n’a pas besoin de toute façon. Nos sanctions n’ont pas offert un énorme avantage protectionniste aux producteurs nationaux russes, ou un grand nouveau marché d’exportation à nos rivaux économiques.
  • Un changement de régime à Moscou est imminent, nos marionnettes politiques russes, qui nous ont coûté si cher, sont plus populaires que jamais et reçoivent  toutes sortes de démonstrations d’amour du peuple russe. Après tout, moins de 90 % des Russes respectent et soutiennent Poutine pour toutes les grandes choses qu’il a faites pour eux, ainsi nos comparses comme Khodorkovski ou Kasparov devraient n’avoir aucune difficulté à obtenir au moins 1% des voix aux prochaines élections présidentielles, ce qui les propulsera directement au Kremlin.
  • Grâce à notre pression politique implacable, Poutine est maintenant un homme mortifié, prêt à être raisonnable et à se plier à notre volonté. Il ne dit plus du tout des choses comme « Cela n’arrivera jamais! » dans un discours annuel adressé aux dirigeants élus de son pays, et diffusé sur les télévisions internationales. De toute façon, personne n’écoute ses discours : notre presse nationale n’a pas besoin de les couvrir, parce qu’ils sont beaucoup trop longs et ennuyeux.

… Et, dernier point mais non des moindres…

  • L’Amérique est la nation indispensable du monde, la (deuxième) plus grande puissance économique mondiale (mais en croissance rapide), et le leadership américain est respecté dans le monde entier. Lorsque le président Obama l’a affirmé dans un récent discours prononcé en Chine, le public ne lui a pas du tout ri au nez, ils n’a pas levé les yeux au ciel, ni fait des grimaces, pas plus que nié de la tête tout en fronçant les sourcils.

Comment peut-on éviter de reconnaître l’importance de ces choses, et le fait qu’ils signifient défaite ? Facile ! L’ignorance à la rescousse ! L’ignorance n’est pas seulement la force : c’est la force la plus formidable dans l’univers. Considérez ceci : la connaissance est toujours limitée et spécifique, mais l’ignorance est infinie et tout à fait générale ; la connaissance est difficile à transmettre, et ne se déplace pas plus vite que la vitesse de la lumière, mais l’ignorance est instantanée en tous les points de l’univers connu et inconnu, y compris les univers parallèles et les dimensions dont nous ignorons complètement l’existence. Bref, il y a une limite à ce qu’on peut savoir, mais il n’y a absolument aucune limite à ce qu’on ne sait pas, tout en croyant le savoir !

Voici quelque chose que vous pensez probablement savoir. L’empire américain est un empire du chaos. Oui, il échoue en quelque sorte à créer la paix, la prospérité, la démocratie, la stabilité, à éviter les crises humanitaires, ou à empêcher beaucoup de crimes horribles. Mais il crée le chaos. Qui plus est, il réalise un nouveau type merveilleux de chaos tout récent, le chaos contrôlé. Celui-ci est beaucoup mieux que l’ancienne version : un peu comme le charbon propre, avec lequel vous pouvez vous enduire le corps en entier. Allez-y, essayez ! Oui, il y a des opposants, systématiquement de mauvaise foi, un peu partout, qui disent des choses comme « Vous récoltez ce que vous semez, et si vous semez le chaos, vous récolterez le chaos ». Je suppose qu’ils n’aiment tout simplement pas le chaos. A chacun ses goûts. Peu importe.

 

Juste une question : combien de temps avez-vous l’intention de rester dans notre pays ?

Juste une question : combien de temps avez-vous l’intention de rester dans notre pays ?

Vous en voulez encore ? Considérez ceci. Si vous vivez aux États-Unis, vous avez probablement célébré l’Action de Grâce [Thanksgiving], il y a quelque temps, en vous gavant de dinde farcie, avec sauce à la canneberge, peut-être accompagnée de tarte à la citrouille. Vous croyez que cette fête est liée aux Pèlerins, qui ont été les premiers à célébrer l’Action de Grâce à Plymouth, dans le Massachusetts, mais je suis sûr que vous ne vous rappelez pas l’année exacte. De plus, je suis sûr que vous croyez que ces Pèlerins ont célébré l’Action de Grâce en se régalant avec les indigènes. Vous pourriez même raconter cette histoire à vos enfants, et croire que vous leur enseignez un peu d’histoire plutôt que d’étendre le champ de leur ignorance.

À présent, voici quelques points factuels. Les Pèlerins n’étaient pas du tout des Pèlerins, mais des colons. Ils ont été rebaptisés Pèlerins au 19ème siècle. Croyez-moi, personne n’est jamais allé en pèlerinage à Plymouth, Massachusetts ! Ces colons ont fini là parce que, étant des marins incompétents, ils ont manqué le port de Boston d’une demi-journée de voile, et se sont retrouvés au port de Plymouth, qui est aujourd’hui aussi exposé,  dangereux et inutile qu’il l’était alors, à cause de ses bas-fonds. Ils n’ont pas célébré l’Action de Grâce. Étant d’étranges fanatiques religieux, ils n’ont même pas fêté Noël. Malgré les fausses preuves des médias sociaux de l’époque, ils n’ont certainement pas festoyé avec les habitants qui, alors, parlaient assez bien l’anglais et commerçaient avec le monde. Les habitants pensaient que ces colons formaient une secte religieuse bizarre (ce qu’ils étaient en fait), qu’ils étaient pouilleux et puants (ils ne se lavaient jamais et ne connaissaient pas les saunas indiens). Et ils avaient des habitudes personnelles répugnantes (comme de trimbaler leur morve enveloppée dans un chiffon). Ils étaient également nuls à la chasse ou à la pêche, et vivaient en pillant les jardins potagers de la population locale, puis mouraient de faim. Pour couronner le tout, la fête nationale a été créée par Abraham Lincoln à l’apogée de la guerre civile, qui (comme vous devez sûrement le savoir !) est survenue beaucoup, beaucoup plus tard. Et il ne l’a pas appelée Action de Grâce mais Jour du Pardon à cause des crimes horribles que les Américains commettaient contre d’autres Américains à l’époque.

Mais c’était avant que l’Association pour la vente des dindons surgelés (Frozen Turkey Marketing Association) ne tente de corriger cette histoire. C’était un plan aussi simple que génial : ils vous noient de Tryptophane [hormone du sommeil, NdT] puis, le lendemain, pendant que vous êtes encore chancelants, ils vous lancent dans une frénésie hystérique de shopping et, bien sûr, vous accumulerez une dette à intérêt élevé qu’il vous faudra bien une partie de l’année pour payer. Réinvestissez une partie de cet intérêt dans les dindons et le battage médiatique des fêtes, et vous avez une industrie nationale qui endette les gens par l’achat de produits importés dont ils n’ont pas besoin (méfiez-vous, s’il n’est pas  Made in China, alors c’est probablement une contrefaçon) jusqu’à ce que tout le monde soit fauché.

La femme : « Poutine dit que les Américains ne sont pas exceptionnels ». L’homme : « Pas maintenant ! tu ne vois pas que je suis en train de regarder Miley Cyrus ? » [chanteuse américaine symbole du star système outrancier et débile]

La femme : « Poutine dit que les Américains ne sont pas exceptionnels ». L’homme : « Pas maintenant ! tu ne vois pas que je suis en train de regarder Miley Cyrus ? » [chanteuse américaine symbole du star système outrancier et débile]

Avec une histoire aussi falsifiée, le ministère américain de la Vérité pourrait bien essayer de la projeter dans l’avenir. Ils peuvent produire un niveau d’ignorance si extraordinairement élevé, que les Américains en général ne sauront pas qu’ils ont été vaincus, croyant que la pluie torrentielle des égouts rances du monde tombant sur leur tête est une pluie divine, qui mérite leur reconnaissance. A moins qu’un nombre suffisant d’Américains ne se réveillent, et commencent à inclure le mot défaite dans leur vocabulaire national. Leur nation n’est pas exceptionnelle, elle n’est pas une nation indispensable, mais une nation vaincue. Vaincue par elle-même, bien entendu, car personne en particulier ne s’est donné beaucoup de mal pour les vaincre. Ils se sont pointés pour être battus, encore et encore, jusqu’à ce qu’ils obtiennent ce qu’ils désiraient.

Or la défaite s’est avérée être une excellente expérience d’apprentissage pour de nombreux pays, qui ont remporté ensuite beaucoup de succès : l’Allemagne (à la seconde tentative), le Japon, la Russie après la guerre froide… Bien sûr, la première étape de ce processus d’apprentissage est d’admettre la défaite. Mais si vous ne voulez pas l’admettre, c’est très bien, car il y a toujours l’ignorance pour vous donner toute la force dont vous avez besoin.

Dmitry Orlov
Traduit par Richard, relu par JJ, pour vineyardsaker.fr

Source: La défaite c’est la victoire (ClubOrlov, anglais, 9/12/2014)

Dmitry Orlov est l’auteur du livre primé « Reinventing Collapse: l’exemple soviétique et les perspectives américaines », et aussi de nombreux essais publiés sur son blog, ClubOrlov.com. Né en Russie, il s’installa aux États-Unis à l’adolescence; et il est retourné en Russie à plusieurs reprises pour observer l’effondrement soviétique à la fin des années quatre-vingts et au milieu des années quatre-vingt-dix. Il est ingénieur et a travaillé dans de nombreux domaines, y compris en physique des hautes énergies, en commerce électronique et sur la sécurité Internet. Récemment, il a fait l’expérience de la vie hors-réseau et des énergies renouvelables en abandonnant maison et auto. Il a vécu sur un voilier, effectuant des va-et-vient le long de la côte Est, et se déplaçant aussi à vélo. Dmitry estime qu’avec la technologie appropriée, nous pourrions réduire considérablement la consommation personnelle des ressources tout en restant tout à fait civilisé.

Déjà publié de Dmitry Orlov

Pour approfondir sur le rôle des médias dans la crise actuelle

  1. Tortures US et manipulation des téléspectateurs : la grosse arnaque de la TV publique allemande, 17-12-2014
  2. [Vidéo + Transcription] La guerre est en cours, elle se fait par les médias et la propagande triomphe, 08-12-2014
  3. La Russie a envahi l’Ukraine à 36 reprises entre le 28 février et le 12 novembre 2014, 23-11-2014
  4. Les médias français ont créé de toutes pièces un enfer parallèle pour détourner l’attention de Gaza, 23-11-2014
  5. [Bibliosaker] Ukraine : Histoires d’une guerre, par Michel Segal, 22-11-2014
  6. [Secret d’État] Le Mythe de la presse libre, par Chris Hedges, 08-11-2014
  7. George Soros Vs Russie, un deal à 20 milliards de dollars, 28-10-2014
  8. Journalistes achetés, journaux achetés : l’exemple de la campagne de dénigrement menée par George Soros contre la Russie, 25-10-2014
  9. Au royaume des aveugles les borgnes sont rois, ou comment les médias angélisent les nationaux-socialistes ukrainiens, 24-10-2014
  10. « Nos élus ne doivent rien aux électeurs » : le Système est nu, la pression monte, 14-10-2014
  11. [Nouvelles du potager] La censure, c’était hier, 06-10-2014
  12. [Nouvelles du potager] Le lièvre et le hérisson, 04-10-2014
  13. [Vidéo] Satire : Le terrorisme au Proche-Orient, 01-10-2014
  14. [Vidéo] Satire : la guerre de l’information autour de l’Ukraine, 29-09-2014
  15. La radio allemande Deutsche Welle en diffuseur anti-Poutine ?, 29-09-2014
  16. Lorsque la guerre éclatera, les patriotes seront accusés d’avoir aidé « l’ennemi », 24-09-2014
  17. L’insidieux pouvoir de la propagande, 17-09-2014
  18. Pouvoir, corruption & mensonges, 12-09-2014
  19. 11 septembre, Journée officielle des « merdias » et du mensonge d’État, 12-09-2014
  20. Les mensonges colportés par certains médias sur l’indice de fécondité russe, 11-09-2014
  21. Mais pourquoi les médias français détestent-ils tant Vladimir Poutine ?, 08-09-2014
  22. L’OSCE n’a aucune preuve d’une invasion russe de l’Ukraine, 08-09-2014
  23. La montagne des Yésides, prétexte pour une intervention militaire étatsunienne en Irak, 03-09-2014
  24. L’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN pourrait déclencher la 3ème Grande Guerre, 02-09-2014
  25. L’Europe politique muselée par Washington commence à se réveiller, 28-08-2014
  26. Les médias, le pouvoir et la manipulation, 26-08-2014
  27. Après l’ivresse, les journalistes (allemands se réveillent, 24-08-2014
  28. L’Ukraine, Le journalisme corrompu, et la foi atlantiste, 24-08-2014
  29. La Pravda américaine : qui a abattu le vol MH17 en Ukraine ?, 22-08-2014
  30. La haute sphère morale, l’État profond et la géopolitique, 05-08-2014
  31. Face aux faiseurs de guerre : l’armée des ombres, 29-07-2014
  32. L’art pas si subtil de la propagande russophobe, 29-07-2014
  33. La catastrophe du vol MH17 : la BBC à la recherche du missile « Bouk » – Le rapport vidéo censuré par la BBC, 27-07-2014
  34. Propagande de guerre : le premier tabloid hollandais demande une intervention de l’OTAN pour protéger le site du MH17, et Feinstein dit à Poutine « Soyez courageux, avouez ! », 22-07-2014
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Je ne suis pas sûr de pouvoir retourner en Ukraine un jour : enquête sur les meurtres de Maïdan. Analyses d'Ivan Katchanovski. Publié par Vineyardsaker France.

23 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La France, #La Russie, #La guerre, #Politique étrangère, #Le capitalisme;, #Les média, #Les transnationales

Je ne suis pas sûr de pouvoir retourner en Ukraine un jour : enquête sur les meurtres de Maïdan. Analyses d'Ivan Katchanovski.

23 décembre 2014 Jean-Jacques Hector

Ivan Katchanovski.

Ivan Katchanovski.

Le 4 novembre, nous avons publié en français l’intégralité de l’étude réalisée par le politologue Ivan Katchanovski sur les meurtres perpétrés à Kiev par des tireurs d’élite, le 20 février 2014. Aujourd’hui, une interview de l’universitaire réalisée par le journal allemand Telepolis ravive le sujet. Dans cette interview, Ivan Katchanovski revient sur son travail. Il explique comment il a analysé des documents accessibles au public sur les meurtres. Il parle de sa méthode et des résultats de son enquête, ainsi que de l’attitude des autorités ukrainiennes. Contrairement à l’enquête officielle réalisée par les nouvelles autorités, il a en effet trouvé des documents prouvant que des tirs sont partis depuis des bâtiments contrôlés par les protestants de Maïdan. Selon Katchanovski, les tireurs ont fait feu sur des policiers, des combattants de Maïdan, des journalistes et sur des passants [1].

Hommage aux héros : les cent divins

Hommage aux héros : les cent divins

« Mais il y eu récemment encore une autre réaction à mon travail, visiblement politique. Il y a quelques jours, une juge est revenue sur la décision qu’elle avait elle-même prise en février. A l’époque, elle m’avait encore reconnu comme propriétaire de la maison de mes parents, dont j’ai hérité. Maintenant, elle a revu sa décision. »

Ivan Katchanovski vient de la ville de Loutsk, en Ukraine occidentale, mais il vit depuis plus de vingt ans en Amérique du Nord. Ce professeur d’université de 47 ans est aujourd’hui citoyen canadien. Il a passé son doctorat à l’Université George-Mason de Fairfax (Virginie), près de Washington, puis a été chargé de recherches et de cours à Toronto et à Harvard, entre autres. Il enseigne depuis plus de quatre ans les sciences politiques à lÉcole d’études politiques de l’Université d’Ottawa. Il a présenté les résultats de son analyse des massacres par des snipers dans la capitale canadienne pour la première fois en octobre, lors d’un séminaire organisé dans le cadre de la Chaire d’études ukrainiennes. Le professeur mène des recherches sur les évolutions et les conflits politiques dans les États post-soviétiques, mais aussi sur les développements politiques en Ukraine, pendant la Deuxième Guerre mondiale. Katchanovski parle l’anglais, l’ukrainien et le russe. Il a écrit trois livres et publié des articles dans des revues scientifiques ainsi que dans des médias nord-américains, britanniques et ukrainiens.

Monsieur Katchanovski, vous avez examiné un grand nombre de documents accessibles au public sur le bain de sang du 20 février à Kiev. Pourquoi avez-vous commencé ce travail ?

Ivan Katchanovski. Les conflits violents en Ukraine sont des aspects importants de mon activité de chercheur en sciences politiques. En outre, il s’agissait là de l’événement décisif de la crise, qui a débouché sur le renversement de Ianoukovitch et le début de la guerre civile au Donbass. Le massacre, et le changement de pouvoir qui lui est lié, ont aussi mené à une escalade du conflit entre l’Occident et la Russie et ont incité la Russie à soutenir les séparatistes ainsi qu’à intervenir militairement de manière directe.

Je me suis cependant occupé du Maïdan dès que cela a commencé, et tout particulièrement lors des épisodes violents. Parmi lesquels, je compte par exemple l’attaque du siège de l’administration présidentielle, le 1er décembre 2013, l’enlèvement de Boulatov, ou encore les tentatives violentes de prendre d’assaut le Parlement, en janvier et février 2014. Ces faits, dont certaines parties des occupants du Maïdan portent la responsabilité, sont très importants pour comprendre le massacre. Car ils montrent que les leaders du Maïdan étaient prêts à imputer aux opposants une violence, qui provenait du Maïdan même et à l’instrumentaliser pour leurs propres objectifs politiques.

Les gouvernements et les médias occidentaux ont immédiatement accepté que le discours selon lequel le massacre perpétré par les snipers avait été accompli par les forces gouvernementales, sur ordre direct de Ianoukovitch. Ces affirmations ne reposent cependant pas sur des éléments de preuve pertinents.

Dans une perspective politologique, ce massacre de masse par Ianoukovitch apparaît comme irrationnel et incompréhensible. Ianoukovitch et ses alliés y ont perdu tout leur pouvoir, de grandes parties de leur fortune et ont été forcés de fuir l’Ukraine. En outre, les tentatives répétées des manifestants de s’emparer d’un petit poste sans importance, dans la rue de l’Institut, restent largement inexplicables. Car ils devaient accéder à cet endroit sous un feu nourri et ont été tués ou blessés par vagues.

Étiez-vous à Kiev ce jour-là ? Quand avez-vous commencé votre enquête ?

Ivan Katchanovski. Le 20 février, je n’étais pas à Kiev. Mais ce matin-là, j’ai suivi la situation au fur et à mesure sur Internet à la télévision, dès le début du massacre. J’ai commencé à l’analyser dès le lendemain.

Et je continue à chercher. Dans quelques jours, je présenterai une étude actualisée et plus complète du massacre des snipers . Elle contiendra des transmissions en direct depuis l’hôtel Ukraina pendant le massacre et totalement inconnues. Une équipe de télévision française a filmé un des tireurs dans l’hôtel et a parlé avec lui pendant le massacre. Autant que je sache, ce matériel n’a encore jamais été diffusé. Dans la nouvelle version, j’examine aussi d’autres cas de violence similaires comme par exemple le massacre d’Odessa .

Tout cela fait partie de mon actuel projet de recherche. Il se focalise sur la manière dont la politique de l’Euromaïdan a changé après que des forces oligarchiques et d’extrême-droite ont transformé des manifestations de masse largement pacifiques en un changement de pouvoir violent.

Quel genre de sources avez-vous utilisé pour votre analyse ?

Ivan Katchanovski. J’ai utilisé toutes les preuves accessibles au public: des vidéos et des photos de tireurs suspects, des déclarations en direct de participants au Maidan, des témoignages oculaires des deux camps, des communications radio de tireurs du Maïdan ainsi que des snipers de l’unité spéciale  Alfa et des forces de sécurité, des déclarations publiques de membres d’anciens et actuels du gouvernement, des balles et des armes, des impacts de tirs ainsi que les types de blessures observées chez les manifestants et les policiers.

J’ai analysé presque 30 Go d’enregistrements de communications radios des unités Alfa, Berkut, Omega, des troupes du ministère de l’Intérieur et d’autres forces de sécurité, pendant le massacre et pendant les manifestations sur le Maïdan. Ces données ont été diffusées en mars sur un forum funk-scanner, par un radioamateur pro-Maïdan. Je suis aussi allé à Kiev, où j’ai photographié les impacts des balles restant sur le lieu du massacre.

Les traces des tirs ont aussi été examinées par le Ministère public ukrainien. Mais ce dernier n’a pu trouver aucune indication sur des tirs provenant du Maïdan. Que pensez-vous de ses enquêtes ?

Ivan Katchanovski. Les éléments de mon étude montrent que le Ministère public et d’autres services gouvernementaux ont intentionnellement falsifié les investigations sur le massacre. Le procureur général dit qu’il n’a recueilli aucune preuve de tirs dans l’hôtel Ukraina et d’autres bâtiments contrôlés par le Maidan.

Des membres d’une unité spéciale du Berkut auraient tué presque tous les manifestants avec des armes AKM (Kalachnikov) et des munitions de chasse. A part quelques vidéos, qui montraient des gens du Berkut en train de tirer avec des AKM, aucune preuve n’a été publiée. Une dépêche de Reuters n’a révélé que tout dernièrement que la plainte contre trois membres du Berkut repose uniquement sur de telles vidéos.

J’ai découvert dans mes recherches que la plupart des manifestants du Maidan qui ont été tués renvoient plutôt à des tirs depuis le cœur du Maidan.  Pour les autres cas, l’analyse n’est pas claire car, soit les preuves manquent, soit les Berkut et les snipers du Maidan ont tiré en même temps. Différentes sources probantes, qui pointent que les tireurs étaient du côté du Maidan, sont ignorées à ce jour par le gouvernement ukrainien.

Quelles preuves avez-vous pour confirmer la falsification des investigations par le ministère public et par le gouvernement ?

Ivan Katchanovski. D’une part le gouvernement n’a pas enquêté jusqu’ici sur les tirs mortels ni sur tous les autres tirs sur des policiers le 20 février et au cours des deux jours précédents. D’autre part, j’ai recensé dans mon analyse de nombreuses preuves de tirs émanant d’au moins douze bâtiments contrôlés par Maïdan. Malgré cela, le bureau du Ministère public persiste à nier le fait qu’il y a eu des tireurs dans ces immeubles. Dans la version actualisée de mon étude, il y aura une annexe vidéo. Elle comprendra des preuves en images de tirs en provenance de bâtiments contrôlés par le Maïdan. Une première vidéo est disponible ici [2].

Ce n’est que tout dernièrement que j’ai découvert des transmissions en direct de l’hôtel. Ces enregistrement très peu connus ne contiennent pas seulement des preuves directes que les combattants du Maïdan contrôlaient l’hôtel Ukraina pendant le massacre, mais aussi qu’ils étaient armés de mitraillettes Kalachnikov (de calibre 7,62 mm), de fusils de chasse et d’autres armes et qu’ils tiraient des munitions de guerre pendant le massacre, depuis les étages supérieurs de l’hôtel. Cela concorde à son tour avec les types d’armes et les calibres des munitions engagées tant contre des manifestants désarmés que contre des policiers. Et les blessures par balle des manifestants ainsi que la direction des impacts des tirs concordent aussi.

La police aussi a beaucoup tiré ce jour-là. N’y a-t-il vraiment aucune preuve que des policiers ont abattu des combattants du Maïdan ?

Ivan Katchanovski. On ne peut pas exclure, sur la base des documents accessibles au public, que des membres du Berkut aient tué des manifestants, en particulier des manifestants armés. Dans quelques cas de manifestants tués, les policiers et les manifestants ont tiré en même temps. Dans quelques autres cas, il n’y absolument aucune information accessible au public sur le lieu et les circonstances de la mort de manifestants.

Et, selon vous, qui a tué des policiers et des combattants du Maïdan ce 20 février ?

Ivan Katchanovski. Tout indique que des membres de l’opposition, sur le Maïdan, notamment des partis d’extrême-droite et de l’oligarchie, étaient impliqués dans le meurtre de manifestants et de policiers. Cela découle de multiples preuves, par exemple les positions des tireurs dans les secteurs contrôlés par le Maïdan, les trajectoires des tirs déduites de leurs impacts, l’utilisation d’AKM et de fusils de chasse, des blessures similaires chez les policiers et les manifestants, les communications radio des forces de sécurité ainsi que l’incapacité des groupes d’autodéfense du Maïdan à l’époque, et du gouvernement aujourd’hui, de retrouver les snipers.

Qu’entendez-vous par partis oligarchiques  impliqués dans le massacre ? Croyez-vous que Porochenko est le coupable qui se cache derrière ?

Ivan Katchanovski. Il y a des indices incitant à penser qu’en plus des extrémistes de droite, des dirigeants du parti Patrie sont impliqués dans le massacre. Mais dans quelle mesure exactement, ce n’est pas clair. Les groupes d’autodéfense du Maidan, au sein desquels se trouvaient aussi de petites unités armées, étaient sous la responsabilité d’un militant du parti Patrie (Andrij Parubij). Mais je n’ai pas enquêté sur la participation de politiciens ou d’oligarques. Le nouveau gouvernement ne l’a pas fait non plus.

Est-ce que les résultats de vos recherches ont été repris dans des médias occidentaux dominants ?

Ivan Katchanovski. En ce qui concerne la crise ukrainienne, y compris le massacre par des snipers, de récentes études ont de nouveau confirmé que les médias mainstream dans les pays occidentaux diffusent souvent une information déformée qui suit largement la ligne politique de leurs gouvernements respectifs. Les médias occidentaux, à de rares exceptions près, ont présenté la version standard du récit du massacre. Ils ne rapportent que rarement des informations qui remettraient cette narrative en question.

De nombreux médias états-uniens, britanniques et canadiens, qui ont publié des interviews de moi ou des articles sur les résultats de mes recherches sur les développements politiques de l’Euromaidan, ne voulaient plus rien publier dans le cas de mon étude sur les tireurs d’élite. Par exemple, la plus grande chaîne de télévision canadienne n’a pas encore diffusé un documentaire comprenant une interview de moi sur ce thème. Un magazine britannique voulait avoir mon étude, mais il ne l’a jusqu’à présent pas publiée, sans en donner les raisons.

Des médias du Danemark, de Pologne et de Tchéquie ont toutefois cité quelques éléments de mon étude, ou publié des interviews avec moi. Et mon analyse a été traduite en français, en russe et en polonais.

Y a-t-il eu des réactions politiques aux résultats de votre enquête ?

Ivan Katchanovski. Je trouve frappant qu’il n’y ait eu jusqu’ici aucune réaction à l’encontre du gouvernement ukrainien par rapport à sa possible participation au massacre et à la falsification des enquêtes. En revanche, il y a bien eu une réaction politique contre moi en tant qu’auteur de cette étude. De manière tout à fait prévisible, j’ai été discrédité comme pro-russe ou comme vendu. Quelques chercheurs ont douté de la scientificité de mon étude. Une de mes interviews dans un magazine polonais en ligne a été retirée sur réquisition du gouvernement ukrainien.

Mais il y eu récemment encore une autre réaction à mon travail, visiblement politique. Il y a quelques jours, une juge est revenue sur la décision qu’elle avait elle-même prise en février. A l’époque, elle m’avait encore reconnu comme propriétaire de la maison de mes parents, dont j’ai hérité. Maintenant, elle a revu sa décision. Pour régler rapidement le cas, la juge a supprimé mon nom du premier jugement, sans m’informer ni informer mon avocat d’une nouvelle procédure. Un autre juge du tribunal de Loutsk m’a en outre privé de mon droit de propriété privée sur la parcelle où est bâtie la maison. Un avocat très lié au nouveau gouvernement participe à cette procédure d’expropriation.

J’ai grandi dans cette maison qui a toujours été mon point d’ancrage lors de mes nombreux séjours en Ukraine occidentale pour mes recherches sur des thèmes actuels et historiques. Les expropriations et les autres réactions politiques signifient d’abord que je ne peux pas poursuivre mes recherches en Ukraine. Elles indiquent aussi qu’il pourrait bien y avoir encore d’autres actes de vengeance contre moi. Je ne suis pas sûr de pouvoir retourner en Ukraine un jour.

Stefan Korinth
Traduit par Diane, relu par JJ, pour vineyardsaker.fr

Notes

[1] Meurtres de Snipers à  Kiev (Stefan Korinth, allemand, 14/12/2014)

[2] Massacres de Snipers au Maidan à Kiev (vidéo youtube, anglais, 15/12/2014)

Source : Aufklärung der Maidan-Morde: « Ich bin nicht sicher, wann ich wieder in die Ukraine reisen kann » (heise.de, allemand, 17/12/2014)

Pour approfondir

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Trois ministres étrangers dans le nouveau gouvernement en Ukraine. Par Benoît Vitkine sur "Le Monde.fr".

23 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La France, #La Russie, #La guerre, #AMERIQUE, #Europe supranationale

Trois ministres étrangers dans le nouveau gouvernement en Ukraine

Le Monde.fr | 02.12.2014 Par Benoît Vitkine

Les membres du Parlement ukrainien applaudissent le premier ministre et ses ministres fraîchement nommés, le 2 décembre à Kiev. | AFP/SERGEI SUPINSKY

Les membres du Parlement ukrainien applaudissent le premier ministre et ses ministres fraîchement nommés, le 2 décembre à Kiev. | AFP/SERGEI SUPINSKY

Plus d'un mois après les élections législatives du 26 octobre, l'Ukraine s'est offert, mardi 2 décembre, une nouvelle équipe gouvernementale. Quand bien même la plupart des ministres importants sont reconduits, ainsi que le premier d'entre eux, Arsenii Iatseniouk, la répartition des portefeuilles a donné lieu à de difficiles tractations entre les cinq partis de la coalition proeuropéenne qui avait dominé le scrutin.

Lire le compte rendu de l'élection : Ecrasante victoire des pro-occidentaux aux législatives en Ukraine

Cette équipe comporte une surprise de taille et une nouveauté : trois étrangers y prennent des responsabilités de premier ordre. Le ministère des finances est attribué à Natalia Iaresko, ressortissante américaine d'origine ukrainienne, qui a fait une partie de sa carrière au département d'Etat, le ministère des affaires étrangères américain, avant de travailler dans le privé. Un Lituanien, Aïvaras Arbomavitchous, ancien champion de basket mais surtout dirigeant de la filiale kiévienne du fonds d'investissement East Capital, est nommé à l'économie. Enfin Sandro Kvitachvili, ancien ministre géorgien de la santé et du travail, prend le ministère de la santé, un poste important tant le système de santé ukrainien est miné par la corruption.

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Ces trois entrées détonnantes sont une initiative du président Porochenko, qui a réservé aux « étrangers », comme les désigne déjà la presse ukrainienne, une partie des postes qui revenaient à son parti. Les décrets de naturalisation ont été pris en urgence, mardi.

« UN TECHNOCRATE ÉLOIGNÉ DES FORCES POLITIQUES »

En fin de semaine passée, en émettant le souhait qu'un étranger prenne la tête du nouveau Bureau anticorruption, M. Porochenko expliquait : « Cette personne aura un avantage : l'absence de liens avec l'élite politique ukrainienne. Cette personne ne sera pas le parrain de l'enfant d'un autre, ou de sa belle-famille, ou le frère d'un autre… Ce sera un technocrate éloigné des forces politiques, à qui nous pouvons tous faire confiance et qui pourra faire preuve d'efficacité. »

L'argument ne traduit pas seulement la méfiance persistante envers les pratiques du personnel politique ukrainien. Il doit aussi sonner doux aux oreilles des partenaires occidentaux de l'Ukraine et de ses bailleurs, qui s'inquiètent de la situation catastrophique des finances du pays et de la lenteur des réformes. « Natalia aura pour mission de nous faire survivre à l'année 2015, et de nous faire repartir en 2016 », a dit M. Iatseniouk en défendant son équipe devant les députés.

La manœuvre n'est sans doute pas tout à fait légale, la loi ukrainienne interdisant d'accorder la double nationalité, mais les responsables ukrainiens ont pour l'heure l'air de peu s'en soucier, et devraient même aller plus loin lors de l'attribution à venir des postes de vices-ministres. Le chef de la Commission de la citoyenneté a confié à des journalistes que sept dossiers de naturalisation étaient en cours.

Un nom prestigieux circule dans les coulisses de la Rada pour prendre la direction du Bureau anticorruption, celui de Mikheïl Saakachvili, qui était à Kiev lundi. L'ancien président géorgien (2008-2013), poursuivi par la justice dans son pays et dont le New York Times a raconté le triste exil américain, est un compagnon de route de la révolution de Maïdan depuis ses débuts. Les réformes radicales prises en Géorgie après la révolution des roses, socialement coûteuses mais d'une efficacité impressionnantes, exercent une certaine fascination sur les nouveaux responsables ukrainiens.

UN « CONTRE-POUVOIR AU PREMIER MINISTRE »

La composition du cabinet a aussi fait l'objet d'âpres tractations, plus habituelles pour la scène politique ukrainienne, jusque dans la nuit de lundi à mardi. Le choix fait par MM. Porochenko et Iatseniouk de bâtir une coalition le plus large possible a rendu d'autant plus difficile la répartition des portefeuilles. Des formations assez disparates s'y côtoient, depuis le Parti radical du populiste Oleh Liachko jusqu'aux réformateurs de Samopomitch, en passant par la formation de la vétérane Ioulia Timochenko.

Mais c'est entre le président et son chef du gouvernement que les premières tensions se sont faites jour. Dès avant le scrutin du 26 octobre, la reconduction au poste de premier ministre de M. Iatseniouk, apprécié des Occidentaux et populaire dans le pays, ne faisait guère de doute. Mais son bon score lors des élections (22,17 % contre 21,81 % au Bloc Petro Porochenko) a compliqué la donne au sein du duo dirigeant.

« Il ne s'agit pas seulement d'une lutte pour le leadership, explique Ioulia Shukan, maître de conférences à l'université Paris Ouest-Nanterre-la Défense. Des désaccords sont déjà apparus quant à la façon de conduire les réformes. Les étrangers du gouvernement, recrutés par M. Porochenko, vont d'ailleurs occuper un large pôle économique qui va servir de contre-pouvoir au premier ministre dans un domaine qui lui était jusque-là réservé. »

Par ailleurs, le jour où l'Ukraine renouait avec les intrigues politiques, une nouvelle trêve semble avoir été négociée dans l'est du pays en guerre, dans un format surprenant associant un général ukrainien, un général russe, les séparatistes locaux et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Un porte-parole militaire à Kiev a assuré ne pas être au courant de cette initiative qui prévoit une cessation des combats le 5 décembre dans les zones les plus disputées des régions de Lougansk et de Donetsk, et notamment l'aéroport de cette ville. L'accord prévoirait aussi la création d'une « zone tampon » entre les deux camps, soit des conditions similaires au cessez-le-feu signé le 5 septembre à Minsk, en Biélorussie, et qui n'avait été que très partiellement respecté.

 

 

 

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Poursuivi par Interpol et pressenti pour lutter contre la corruption. Par Hélène Richard-Favre.

23 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La Russie, #La France, #L'OTAN., #La guerre, #La paix, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La mondialisation, #Le capitalisme;

23/12/2014

Poursuivi par Interpol et pressenti pour lutter contre la corruption
Poursuivi par Interpol et pressenti pour lutter contre la corruption. Par Hélène Richard-Favre.

On a pu lire, ici ou là, certains commentateurs occidentaux comparer la guerre en Ukraine à celle qui a opposé la Géorgie à la Russie en 2008.

Outre le fait qu''il n'y avait rien de comparable entre ces deux situations, relevons que désormais, Tbilissi réagit à la nomination par Kiev de l'un de ses anciens ministres.

Il se trouve, en effet, qu'Irakli Garibachvili, Premier Ministre géorgien, déplore le fait que l'ancien ministre de la Justice de son pays, poursuivi par Interpol pour, entre autre, abus de pouvoir et mauvais traitements infligés à des centaines de milliers de prisonniers, que cet ancien ministre de la Justice, donc, ait été naturalisé ukrainien pour accéder à un poste au nouveau gouvernement démocratique d'Ukraine.

Le premier ministre géorgien, en effet, se demande comment il pourra expliquer à son peuple qu'un ancien ministre de la Justice, principal représentant d'un gouvernement criminel qui a condamné 300.000 personnes, soit désormais candidat au poste de président du Conseil ukrainien pour la lutter contre la corruption.

Tant de personnalités politiques et médiatiques se sont félicitées de l'avènement de la démocratie en Ukraine qu'elles parviendront sans doute à expliquer à qui voudra bien les croire, que la justice des uns n'a absolument rien à voir avec celle des autres.

 

http://fr.ria.ru/presse_russe/20141223/203291708.html
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De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).

23 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #Europe supranationale, #L'OTAN., #La France, #La mondialisation, #AMERIQUE, #La Russie, #La guerre, #La paix, #La gauche

De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).
De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).

Une série de photos éloquentes.

De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).
De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).
De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).
De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).
De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).
De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).
De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).
De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).
De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).
De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).
De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).
De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).
Quelques rappels.
Quelques rappels.Quelques rappels.Quelques rappels.
Quelques rappels.Quelques rappels.Quelques rappels.

Quelques rappels.

Texte repris sur le site: "Faire vivre et renforcer le PCF".

De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).

Exposé de Frédéric Saillot au colloque sur la géopolitique du terrorisme organisé par l’Académie de géopolitique de Paris le 11 décembre 2014 à l’Assemblée nationalemaidan-copie-1.jpg

De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).

- Depuis avril 2014 une opération antiterroriste a été entreprise par les autorités de Kiev dans l’est de l’Ukraine. Selon les chiffres de l’ONU, elle a déjà fait plus de 4000 morts parmi les civils dont plusieurs centaines depuis que des accords de paix ont été signés à Minsk le 5 septembre entre Kiev, les républiques populaires de Donetsk et de Lougansk, l’OSCE et la Fédération de Russie. La presse et la classe politique françaises dans sa majorité font le silence sur ces crimes qui ne sont pas des crimes de guerre mais des crimes contre l’humanité, en fait une véritable entreprise génocidaire.

De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).

 Mesdames et Messieurs, c’est cet étrange silence, ce silence complice, ce silence criminel que je vous propose d’interroger.

- Le récit de la "révolution pro-européenne" à Kiev, tel que le véhicule la doxa mainstream dans les médias, voudrait que le président Yanoukovitch, après sa volte-face sur l’accord d’Association avec l’Union européenne au sommet de Vilnius les 28 et 29 novembre 2013, ait provoqué l’indignation et la mobilisation d’une population lassée par un régime corrompu. Après trois mois d’une confrontation croissante, les morts du Maïdan provoquent sa fuite et son remplacement par un gouvernement provisoire pro-occidental qui remet l’Ukraine sur les rails de l’accord d’association. La Russie annexe alors la Crimée et provoque le soulèvement des populations russophones du Donbass, ce qui oblige le gouvernement provisoire de Kiev à déclencher une opération anti-terroriste, l’OTAN à renforcer sa présence dans l’est de sa zone de déploiement et les Etats occidentaux à décider de sanctions contre la Russie.

- Mais à mon sens il y a une autre raison à ce silence criminel : dans l’inconscient de la classe politico-médiatique française gît également la référence à la révolution française, à la Terreur et à ses victimes, prix à payer pour repousser l’intervention étrangère, mater l’insurrection vendéenne et instaurer la "République" contre la "Tyrannie". Le Donbass serait la Vendée ukrainienne et la terreur qu’y exercent la garde nationale et les bataillons nationalistes s’en trouveraient à ses yeux légitimée. La loi sur les suspects du 17 septembre 1793, qui a fait plusieurs dizaine de milliers de victimes, serait la référence de la chasse aux "séparatistes terroristes", qualificatifs dont sont affublés tous les opposants en Ukraine post-Euromaïdan.

A commencer par les partisans d’une fédéralisation du pays, qui protègerait les droits des russophones dans les régions où ils sont majoritaires. Une fédéralisation qui conviendrait mieux à la nature historiquement multiculturelle, multiconfessionnelle et multi-ethnique de l’Ukraine, qui au reste n’est pas un pays bien défini et qui n’a jamais eu de tradition étatique. Une fédéralisation enfin qui est tout de même le mode d’organisation politique, faut-il le rappeler, de deux grands États européens : la République fédérale d’Allemagne et la Fédération de Russie.

Pour les nationalistes au pouvoir à Kiev actuellement, toute revendication dans ce sens est une menace pour l’intégrité d’un pays qui doit être ukrainisé et ouest-européanisé de force, quitte à éliminer les européens orientaux qui préfèrent envisager leur avenir dans une Union avec la Russie. Il ne faut pas oublier non plus la descendance dans cet espace de la loi sur les suspects de 1793, comme l’article 58 du code pénal soviétique qui définissait les « personnes socialement dangereuse » éliminées dans d’effroyables crimes de masse il n’y a pas si longtemps, ce qui a conduit le président Poutine à déclarer qu’aucun changement non démocratique n’était acceptable dans l’espace de l’ex-URSS, sagesse que l’Union européenne n’a pas entendu, ce qui a conduit à la guerre civile dans laquelle elle porte une très lourde responsabilité. Et l’on ne se pose même pas la question de savoir à quoi rimerait d’être forcé de parler l’ukrainien dans une aire géographique qui va de la Moldavie au Pacifique, où la koïné est le russe.

C’est avec ce genre de préjugés, ajoutés au peu de connaissances et d’informations qu’on en reçoit ici, que les événements d’Ukraine sont perçus dans ce pays et que le « récit » commode rappelé à l’instant, peut si facilement trouver à inonder les médias.

De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).

- Il y a là un grave contresens qui témoigne d’une ignorance tragique et/ou d’œillères idéologiques.

- En réalité, pour avoir jugé que l’intégration à l’Union douanière était préférable pour son pays, et donc pour sa réélection en 2015, le président Yanoukovitch a fait l’objet d’une véritable entreprise de subversion de la part de l’extrême-droite néo-bandériste, et ce dès la première manifestation qui a eu lieu dans la nuit suivant la clôture du sommet de Vilnius, instrumentalisant la mobilisation populaire.

Des commandos venus principalement de l’ouest de l’Ukraine, bien organisés et bien entraînés pendant des années, rétribués et dirigés par les services de l’ambassade américaine à Kiev, ont exercé une pression constante et relancé la mobilisation à chaque fois qu’elle s’essoufflait. J’en veux pour preuve, entre autres, que la SBU, la sécurité ukrainienne, est actuellement dirigée par Valentin Nalivaïtchenko, agent de la CIA comme il le reconnaît lui-même, et proche du chef du Pravy Sektor, Dimitri Yarosh, qui a été son assistant parlementaire.

De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).

Très rapidement l’extrême-droite monopolise le Maïdan avec pour fer de lance le parti Svoboda et le Pravy Sektor. Un animateur du syndicat interprofessionnel Solidarité, que nous avons interviewé avec des journalistes polonais en mai à Kiev, nous a expliqué comment ils avaient essayé d’animer un point de libre expression sur le Maïdan, un genre de Trafalgar square ukrainien, mais qu’ils se sont vite faits expulser manu militari par les nervis d’extrême-droite qui cassaient du syndicaliste et tout ce qui était de gauche. Pendant toute cette période, des dirigeants américains et de l’Union européenne, qui porte une très lourde responsabilité en refusant la négociation tripartite proposée par la Russie, venaient à Kiev attiser et légitimer cette mobilisation, qui a conduit au coup d’État du 22 février, renversant l’ordre constitutionnel.

- Une série de massacres jalonnent la période qui conduit au conflit du Donbass : les tirs des snipers sur le Maïdan le 20 février, permettant le coup d’État dans lequel la France a sa part avec le ministre Fabius venu négocier à ce même moment un accord sur lequel tout le monde s’assoit dès le lendemain, le massacre d’Odessa le 2 mai, celui de Marioupol le 9 mai, sans oublier le crash de la Malaysia Airlines le 17 juillet, qui a fait 298 morts. A chaque fois, les commandos d’extrême-droite et des leaders de la mobilisation sont mis en cause, notamment André Paroubiy, fondateur avec Tiagnibok en 1991 du parti social-nationaliste d’Ukraine, ancêtre de Svoboda, commandant du Maïdan puis secrétaire du Conseil de Sécurité et de Défense d’Ukraine au moment de tous ces faits. Le pogrom des manifestants anti-maïdan à la frontière de Crimée le 19 février, qui aurait fait douze morts, les descentes régulières de commandos néo-nazis venus semer la terreur dans les villes de l’est russophone, la remise en cause de la loi sur la reconnaissance du statut de la langue russe dans les régions par le nouveau pouvoir et le refus hystérique d’envisager la moindre discussion sur une possible fédéralisation, montre clairement qu’il n’y a pas de place pour les russophones dans l’Ukraine telle que la rêvent les néo-bandéristes. Cela a conduit les populations russophones, harassées par 20 années d’ukrainisation brutale, à voter très majoritairement pour leur rattachement à la Fédération de Russie en Crimée le 16 mars, puis le 11 mai pour leur indépendance dans le Donbass où se forment des milices populaires d’autodéfense.

- L’opération anti-terroriste déclenchée par Kiev en avril, dirigée par Paroubiy et confirmée par le président Porochenko après son élection en mai, s’avère donc une véritable entreprise génocidaire. Des armes lourdes interdites par la convention de Genève comme les lance-roquettes multiples Grad, les bombes à sous-munition ou au phosphore visent délibérément les civils et les infrastructures sociales comme l’a récemment déclaré l’ONG internationale Human Rights Watch. Des centaines de milliers de réfugiés ont fui en Russie, délibérément bombardés par les forces de Kiev sur la route qui mène à la frontière. A Slaviansk, Kramatorsk et Schastié occupés par Kiev en juillet, des exécutions sommaires, des incitations à la dénonciation de "séparatistes" et des enlèvements ont eu lieu.

De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).

Dans les zones reprises par les milices populaires après leur contre-offensive d’août, des charniers ont été découverts. Selon la responsable du Comité pour le développement de la société civile et la défense des droits de l’homme de la République populaire de Donetsk, Daria Morozova, des preuves des crimes sont recueillies qui seront rendues publiques dès la fin de la guerre pour des raisons de sécurité dans les zones occupées par Kiev, et qui seront transmises aux tribunaux de Kiev et de l’Union européenne. Le service de presse du mouvement Novorossia a recueilli de son côté un certain nombre de documents qui montrent que l’ATO réalise tous les crimes que la convention de l’ONU du 9 décembre 1948 définit comme un génocide. Aux dernières nouvelles, Kiev prépare une prochaine offensive dans un contexte où la population du Donbass est soumise à un blocus total provoquant un début de famine. Mais une entreprise génocidaire suppose aussi une volonté politique : elle a été exprimée dans une déclaration écrite faite par Yatseniouk sur le site de l’ambassade d’Ukraine aux États-Unis le 15 juin où il traite les combattants de la milice populaire du Donbass de sous-hommes, de "subhumans", dont il faut « nettoyer notre terre » dit-il. Des "subhumans" qu’on appelle également des "Moskales" ou des "Koloradé", les doryphores, parce que c’est un insecte rayé de noir et d’orange, semblable au ruban de Saint-George porté par les combattants de la milice populaire, en mémoire de la victoire de la Grande Guerre patriotique.

Le massacre de Marioupol le 9 mai a d’ailleurs eu lieu le jour de la commémoration de la victoire. Cette symbolique est importante car la guerre civile en Ukraine oppose la descendance politique et même physique des collaborationnistes revanchards de l’Ouest de l’Ukraine aux descendants de ceux qui ont combattu du côté soviétique, c’est-à-dire du côté allié, et qui ont vaincu le nazisme. Ce n’est pas par hasard que les combats les plus acharnés l’été dernier, l’ont été sur les hauteurs du Kourgan de Saur Mogila, un des hauts lieux de la grande guerre patriotique, où se trouve un monument commémoratif que les néo-nazis se sont acharnés à détruire.

- Cette action génocidaire est entreprise par la garde nationale et des bataillons où se sont engagés les éléments les plus radicalisés du Maïdan, imprégnés par l’idéologie nationaliste de l’ouest de l’Ukraine dont la référence majeure est Stepan Bandera, l’un des fondateurs de l’OUN-UPA, collaborationniste pendant la dernière guerre. De l’antisémitisme, l’antipolonisme et l’antirussisme manifestés par ce courant politique ne semble avoir été conservé par ses descendants que l’antirussisme, un antirussisme atavique remontant à la création de l’uniatisme par le Vatican dans ces régions de marche, fer de lance du monde catholique contre l’orthodoxie. Afin d’intégrer l’Ukraine à sa géopolitique régionale, dans laquelle elle a entraîné l’Union européenne qui lui a pratiquement délégué le partenariat oriental, la Pologne a entrepris depuis longtemps une réconciliation à propos des massacres de Volhynie par l’UPA, qui ont fait 80.000 victimes civiles polonaises entre 1942 et 1944. Selon Stanyslav Byshok et Alexey Kochetkov, auteurs du livre « Les néonazis et l’Euromaidan », le mouvement bandériste a abandonné l’antisémitisme au tournant de la guerre en 1943, en décidant d’échanger l’alliance avec l’Allemagne hitlérienne pour une alliance avec la Grande-Bretagne et les États-Unis.

- Ces bataillons de néo-nazis sont financés par des oligarques, dont le tout puissant gouverneur de Dniepropietrovsk, nommé le 3 mars, Igor Kolomoïski. Régnant sur toute la rive gauche du Dniepr, en fait la Nouvelle-Russie, qui produit deux-tiers du PNB ukrainien, on lui prête des ambitions nationales en concurrence avec Porochenko. Sa banque Privat contrôle le commerce du gaz et du pétrole et il règne sur un empire de presse. Paradoxalement président de la Communauté unifiée des Juifs d’Ukraine, il finance l’extrême-droite et les bataillons Dniepr et Azov qui sèment la terreur dans le Donbass. Vice-président de la fédération de football d’Ukraine, il contrôle les principaux clubs et les bandes d’ultras qui ont participé au massacre d’Odessa le 2 mai et qui tabassent les antifascistes dans les villes d’Ukraine. L’anticommunisme affiché par ces bataillons, qui trouve un accueil favorable de la part des libéraux occidentaux, n’est que la couverture de leur racisme antirusse. Outre cet aspect idéologique, l’est de l’Ukraine est riche en réserves de gaz de schiste, auquel est intéressé le propre fils du vice-président américain Biden, très impliqué dans la conduite de l’ATO, qui a été déclenchée à l’occasion de sa visite à Kiev en avril. Le génocide des populations russophones de l’est de l’Ukraine est donc idéologiquement et économiquement motivé : il s’agit d’éliminer d’un territoire riche et stratégique, une population majoritairement favorable à l’intégration à l’Union douanière.

- La poursuite de la guerre et l’installation à Kiev d’un pouvoir nationaliste violant les droits des russophones, en fait la majorité des Ukrainiens, et engageant une confrontation avec la Russie, menace la paix et la sécurité du continent. La désinformation mainstream invoquant que l’extrême-droite ne ferait que 2% aux élections repose sur une vision tronquée des faits. Le parti radical (7,5% aux élections à la Rada en octobre) et Autosuffisance (11%) sont dirigés par les fascistes Liachko et Sadovy. Tiagnibok a été écarté, comme le demandait Nuland à son ambassadeur dans une conversation célèbre où elle envoyait l’UE se faire foutre en nommant Yatseniouk premier ministre. Mais Svoboda n’a pas dit son dernier mot comme l’ont montré les récents événements de Vinnitsa.

Des ministres du nouveau gouvernement viennent de l’extrême-droite néo-nazie comme le ministre de l’éducation et de la Science d’Ukraine, Sergueï Kvit, ou Vyatchslav Kirilenko, ministre de la Culture et vice-premier ministre qui a déposé un projet de loi en 2013 sur la reconnaissance de l’OUN-UPA et qui au lendemain du coup d’État a proposé la suppression de la loi reconnaissant au russe le statut de langue régionale, ce qui a mis le feu aux poudres. L’intolérance, la censure, l’interdiction et l’intimidation de toute opposition pèsent lourdement dans le climat actuel, alors que Porochenko lui-même prétend que « 100% des Ukrainiens sont contre la fédéralisation » et alors qu’il menace la population du Donbass d’une « guerre totale » qui a déjà lieu, se réjouissant que les enfants du Donbass « se cachent dans des caves quand ceux de Kiev vont à l’école ». Je rappelle que le concept de "guerre totale", notamment développé par l’école de guerre américaine, définit la guerre moderne comme étant faite contre les civils pour ruiner le pays et conduire à la démission du gouvernement. Enfin, des chefs de bataillons néo-nazis figuraient sur l’ensemble des listes des différents partis et ont fait leur entrée à la Rada, notamment Dimitri Yarosh, ce chef du Pravy Sektor dont certains membres ont participé à la guérilla islamiste en Tchétchénie.

- Dokou Oumarov, chef du Califat du Caucase et responsable notamment des attentats du métro de Moscou en 2010 et de l’aéroport de Domodedovo en 2011, aurait été appelé par Yarosh début mars à combattre contre la Russie, ce qui a été démenti ensuite par le Pravy Sektor. Le fait est qu’Oumarov a été liquidé début 2014 par le FSB ou par Ramzam Kadyrov, le président de Tchétchénie, qui l’a revendiqué. Aux premières loges du combat contre la pénétration wahhabite dans le Caucase, défenseur de l’islam traditionnel soufi, il suit de près l’évolution de la situation au Moyen-Orient. En septembre il déclare que le leader de l’État islamique, Abou Bakr el Baghdadi a été recruté par le général Petreus, commandant des forces américaines en Irak et en Afghanistan et ancien directeur de la CIA.

Il lance ses services à sa recherche pour l’éliminer car certains de ses associés ont menacé le Caucase et la Russie. « L’Amérique finance de nombreux groupes et les lance les uns contre les autres de façon à ce que dans ce piège meurent des milliers d’hommes » déclare-t-il. El Baghdadi n’est pas retrouvé mais un chef militaire de l’État islamique, qui a menacé la Tchétchénie et tout le Caucase russe, Tarkhtan Batarichvili, dit Omar al Chichani, est liquidé en octobre. L’épisode suivant a lieu il y a tout juste une semaine, le 4 décembre au matin, peu après l’installation du nouveau gouvernement ukrainien et le jour-même du discours annuel du président Poutine devant l’Assemblée fédérale : Grozny est ce jour-là l’objet de la plus forte attaque terroriste de son histoire récente, qui a fait 14 morts chez les policiers et 11 chez les terroristes. Kadyrov révèle la responsabilité du frère d’Oumarov, Akhmad, réfugié en Turquie et bénéficiant du financement de services spéciaux occidentaux. Immédiatement après, les députés néo-nazis Bereza, chef du bataillon Dniepr 1, et Mositchouk, ex-chef du bataillon Azov, déclarent aux journalistes dans les couloirs de la Rada leur soutien aux terroristes tchétchènes qu’ils appellent à ouvrir un deuxième front contre la Russie dans le Caucase. Une action est lancée contre eux par le Comité d’enquête de Russie pour appel public à des actes terroristes. Au même moment, Paroubiy qui vient d’être élu vice-président de la Rada, propose une loi faisant de l’Ukraine un Etat associé de l’OTAN, juste après que le Congrès américain, le 5 septembre, ait très majoritairement voté la résolution 758, accusant la Russie d’agression en Ukraine et autorisant le président Obama à lui déclarer la guerre.

De l’« Euromaïdan » à la guerre civile, terreur et terrorisme en Ukraine (2013-2014).

- Je conclurai sur cette note pessimiste. L’alternative est la suivante pour la France et l’Union européenne : poursuivre la confrontation avec la Russie qui peut mener à une guerre autodestructrice et à des actes terroristes sur leur sol, ou bien reprendre une coopération avec elle pour le plus grand profit de tous, tant sur le plan économique que sur celui de la lutte contre le terrorisme. La confrontation est recherchée par les États-Unis et leurs alliés dans l’Union européenne pour la création d’un bloc occidental dans le cadre du traité de libre-échange transatlantique, en vue du maintien d’une domination globale qui désormais leur échappe par les moyens pacifiques. Pour cela ils créent des foyers de déstabilisation au Moyen-Orient, en Europe et en Asie centrale, et le terrorisme qu’ils y développent est une arme efficace, mais à double-tranchant.

Il n’est pas non plus innocent que pour cela les États-Unis s’appuient sur des forces politiques issues de la collaboration pendant la dernière guerre comme en Croatie, en Bosnie et au Kosovo dans les années 90, et en Ukraine actuellement, avec lesquelles ils ont entamé une collaboration dès la fin de la guerre. C’est sans doute pour cela que le 21 novembre, les États-Unis, le Canada et l’Ukraine ont voté contre la résolution proposée par la Russie d’interdiction de la glorification du nazisme, adoptée par 115 États sur 193. Observons que ni l’Amérique ni le Canada n’ont eu à souffrir dans leur chair l’abomination de l’occupation nazie et le racisme de sa doctrine. Leur engagement militaire n’est intervenu que secondairement sur le théâtre européen, une fois obtenue la promesse de la victoire grâce au courage et aux sacrifices de tous les peuples de l’Union soviétique. Le vote de l’Ukraine ne peut donc signifier qu’une seule chose : ce sont bien des néo-nazis revanchards, héritiers du mouvement collaborationniste de Bandera, qui sont au pouvoir actuellement à Kiev. Quant au vote de la France et du reste des pays de l’Union européenne, qui se sont honteusement abstenus, c’est tout simplement dans la veine de l’attentisme qu’elle a assez majoritairement adoptée et du régime relativement privilégié dont elle a bénéficié à l’époque, à l’exception des Juifs et de la résistance. Résistants que l’occupant nazi et ses collaborateurs nommaient des terroristes.

Frédéric Saillot

Écrivain et journaliste à Eurasie Express

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Etats Unis / Russie : les armes se précisent par Karine Bechet-Golovko.

23 Décembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'OTAN., #AMERIQUE, #Europe supranationale, #La France, #La nation ., #La République, #La mondialisation, #La guerre, #La Russie, #Ukraine

Etats Unis / Russie : les armes se précisent
par Karine Bechet-Golovko

mardi 23 décembre 2014, par Comité Valmy

La standing ovation des membres du Congrès américain au Président ukrainien le 18 septembre 2014

La standing ovation des membres du Congrès américain au Président ukrainien le 18 septembre 2014

Etats Unis / Russie : les armes se précisent

Le Président russe V. Poutine vient de signaler une augmentation de l’activité des services spéciaux étrangers en Russie sur l’année 2014. Cette nouvelle semble être largement confirmée par l’acte que les Etats Unis sont sur le point d’adopter. Selon celui-ci, la représentation américaine en Russie va être augmentée, seuls des américains pourront occuper les postes à responsabilité, si petite soit-elle, dans l’ambassade à Moscou et la guerre cybernétique est déclarée. Dans ce contexte, l’Ukraine reste une pièce maîtresse de la guerre déclarée.

 

Dans le Bill H.R. 4681, les Etats Unis prévoient une modification dans le fonctionnement de l’ambassade américaine à Moscou. Alors que la pratique veut qu’il soit normal de recourir à la participation des résidents locaux pour les postes qui ne sont pas des postes de direction, le projet de loi renforce la présence américaine en obligeant d’employer des citoyens américains, dès que le poste en question contient la moindre part de responsabilité, même si le travail est technique. Par ailleurs, le Congrès oblige à une vérification détaillée des antécédents du candidat.

 

Autrement dit, la présence russe doit être diminuée au maximum dans les structures américaines en Russie, ce qui démontre une méfiance chronique, même envers ces pauvres naïfs qui cherchent leur salut dans la reconnaissance américaine. Toutefois, la "5e colonne" n’y trouvera certainement rien à redire, elle n’est pas formée à critiquer son employeur.

 

Par ailleurs, dans tous les établissements diplomatiques et consulaires en Russie, dans les pays limitrophes et dans l’espace post-soviétique, il est impératif de mettre en place un système spécial de protection des données. La peur de la fuite d’information semble atteindre le niveau de la paranoïa, ou bien ce qui est à cacher renverrait le rapport de la CIA sur les tortures à une lecture pour les enfants le soir.

 

Enfin, toujours dans la suite de ce qui vient d’être précisé, une coopération renforcée se met en place avec l’Ukraine dans le domaine de la lutte contre la cybercriminalité. Il est vrai que l’Ukraine en a besoin aujourd’hui, où l’on compte plusieurs structures comme Cyberberkut, qui luttent contre le régime. Ils ont, par exemple, pu entrer dans le système de l’OTAN, et justement dans leur centre de défense informatique. Ce sont également eux qui ont pris les documents concernant l’aide militaire américaine à l’Ukraine, ou encore ont forcé 37 sites polonais, dont celui de la Bourse ou de la Présidence.

 

Ainsi, pour ceux qui avaient encore des doutes, la guerre est déclarée, même si la bataille des tanks n’est pas encore décidée. Si l’on y ajoute l’aide militaire officielle que les Etats Unis vont apporter à l’Ukraine sous forme d’armes létales et le renforcement des sanctions contre la Russie, on complète le tableau. Et pour l’illustrer, tout autant que pour en comprendre la profondeur, il est intéressant de rappeler les paroles du député André Makarov lors de l’émission hier soir de Soloviev. La panique du début de semaine concernant le rouble a été parfaitement organisée. Les gens recevaient des SMS leur disant de retirer tout de suite leur argent de la banque, que la Sberbank (la plus grosse banque de Russie) était à cours de liquidité etc etc etc. Evidemment cela a contribué à provoquer une certaine panique. Pour A. Makarov, ce n’est pas une simple chute du rouble liée aux sanctions, à l’insuffisance du tissus économique ou à la baisse du prix du baril de pétrole. Tous ces éléments existent et jouent leur rôle, or ils ne peuvent expliquer à eux seuls ce qui se passe avec la monnaie nationale quand les indicateurs économiques du pays ne sont pas dans le rouge.Il s’agit d’une véritable guerre financière, d’une attaque ciblée et profonde sur le système financier russe.

 

Le combat entre les Etats Unis et la Russie se précise et les armes se diversifient tout autant. Nous ne sommes, hélas plus à l’époque de la bataille de Koursk. Il est peu vraisemblable que la Russie fasse entrer ses armées en Ukraine, il est peu vraisemblable qu’elle soit directement attaquée militairement. Ce qui ne signifie pas que la guerre n’a pas déjà commencé. Elle est simplement plus complexe et plus totale.

 

Elle touche le recours aux forces armées, mais sur d’autres territoires, frontaliers.
Elle concerne l’information, avec la mise en place d’une politique de communication de guerre : les gentils c’est nous et les nôtre, quoi qu’ils fassent, car les méchants sont les autres. Cela est fondamental pour remonter le sentiment patriotique surtout quand l’essentiel manque, comme en Ukraine, et que la vie courante ne peut plus être garantie par un Etat en faillite. 

Karine Bechet Golovko.

Karine Bechet Golovko.

Elle est économique et financière, car les populations russes ont prix le   goût de bien être et le but est de leur faire comprendre ce qu’ils peuvent perdre s’ils continuent à soutenir leur Président.

 

Tout cela finit par ressembler à ce vieux film américain Le bon, la brute et le truand. Je vous laisse libre de la distribution des rôles.

 

Karine Bechet-Golovko
lundi 22 décembre 2014

Russie politics

Mise en ligne CV : 22 décembre 2014

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