Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Lucien PONS

Articles avec #ukraine tag

Projection/débat le vendredi 3 octobre 2014 à Nice Garibaldi de 18h à 21h. « La Stratégie du Choc », d’après le livre de Naomi Klein.

28 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR"., #La guerre, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La mondialisation, #La nation ., #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

L'association "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" organise une projection/débat le vendredi 3 octobre 2014 à Nice Garibaldi

de 18h à 21h.

« La Stratégie du Choc », d’après le livre de Naomi Klein.

 Film sorti en 2009,  réalisé par Michael Winterbottom et Mat Withecross d’après l’œuvre de Naomi Klein.

Film sorti en 2009, réalisé par Michael Winterbottom et Mat Withecross d’après l’œuvre de Naomi Klein.

Bonjour.

Le monde est plongé dans le chaos et la violence. Les guerres économiques et les guerres traditionnelles plongent de nombreux pays dans la misère et parfois dans la barbarie.

Le livre remarquable de Naomi Klein* « La Stratégie du choc. La montée du capitalisme du désastre » sorti en 2008, permet de comprendre un peu mieux le monde où nous vivons. L’analyse de l’auteur permet de voir les liens entre le coup d’état du 11 septembre 1973 au Chili, le massacre de la place Tiananmen en 1989, l’effondrement de l’Union Soviétique, le naufrage de l’épopée Solidarnosc en Pologne, les difficultés rencontrées par Mandela dans l’Afrique du Sud postapartheid, les attentats du 11 septembre 2001, les guerres en Irak, le cyclone « Katrina » qui dévasta la Louisiane et particulièrement la Nouvelle-Orléans en 2005, le naufrage organisé de la Grèce, la destruction de la Libye, la prison à ciel ouvert qu’est Gaza, le terrorisme en Syrie, la guerre civile en Ukraine, la pratique de la torture partout et en tous lieux.

Ce livre remarquable permet d’éveiller les consciences à ces pratiques modernes. Il permet de mieux comprendre l’idéologie du Choc des Civilisations. Cette idée théorisée par Samuel Huntington est toujours d’actualité. Elle est appliquée actuellement par les néoconservateurs. Ils sont très puissants dans les pays occidentaux.

En 2009 est sorti le film éponyme réalisé par Michael Winterbottom et Mat Withecross d’après l’œuvre de Naomi Klein. Cette œuvre fidèle au livre permet de résister à la barbarie et de trouver le chemin de l’espoir.

Il faut le voir et le revoir.

L’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR » organise la projection de ce document suivie d’un débat, le vendredi 3 octobre 2014 de 18h à 21h à la salle Avelanie de la Maison des Associations de Nice Garibaldi.

L’entrée est libre et gratuite.

Pour plus de renseignements, téléphonez au : 06 82 97 97 77.

A bientôt.

Bien cordialement.

Lucien PONS. Président de l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR »

Colloque sur "Le terrorisme comme arme systématique de destruction". Les conférenciers; Robert Charvin, Ayssar Midani et Michel Colon.

https://www.youtube.com/watch?v=yy4hIzcXg7o&feature=youtu.be

*Naomi Klein Journaliste, essayiste et réalisatrice, diplômée de la prestigieuse « London School of Economics ». Elle est l’auteur du best-seller international « No Logo », traduit dans vingt-huit langues et devenu une référence incontournable dans le monde entier. Elle contribue régulièrement à la rubrique internationale de « The Nation » et « The Guardian ». Elle s’est rendue en Irak pendant la deuxième guerre du golfe pour le magazine « Harper’s ». En 2004, elle a réalisé un film documentaire « The Take », sur l’occupation des usines en Argentine, qu’elle a coproduit avec le réalisateur Avi Lewis. En 2008 elle écrit le best-seller « La Stratégie du Choc ». Elle a participé également à l’élaboration du film du même nom.

Lire la suite

Le cauchemar de Washington se précise : le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine s’étend. Le 23 septembre 2014. The French Saker. Andrew Korybko (USA).

25 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #Economie, #La guerre, #La mondialisation, #La nation .

Par Andrew Korybko (USA)
Traduit par Na.dan et Pierre pour vineyardsaker.fr

Le cauchemar de Washington se précise : le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine s’étend. Le 23 septembre 2014. The French Saker.

INTRODUCTION

Les drapeux chinois et russe imbriqués

Les drapeux chinois et russe imbriqués

Le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine (Russia-China Strategic Partnership, alias RCSP), dont les bases avaient été jetées en 1996, constitue le point d’ancrage de l’Eurasie dans le 21e siècle. Jamais jusqu’alors les acteurs des deux continents n’avaient entretenu une relation politique si proche, le seul rival du RCSP étant les USA par l’intermédiaire de leurs alliances militaires privilégiées avec l’Otan, les monarchies du Golfe et le Japon. Dans cette lutte du siècle pour le supercontinent, l’interaction entre le RCSP et les États-Unis va définir la politique mondiale.

Détracteurs ou détourneurs ?

Les media occidentaux ont fait beaucoup de bruit autour du RCSP, certains le présentant comme une remise en cause du consensus autour de Washington et d’autres le dépeignant comme rien d’autre qu’une dépendance accrue de Moscou à l’égard de Pékin. Les premiers claironnent souvent leur point de vue dans le but d’effrayer les Américains et de justifier l’agression de leur gouvernement contre la Russie et la Chine, tandis que les seconds alimentent une campagne de désinformation destinée à faire éclater en morceaux l’unité entre la Russie et la Chine. Ce n’est que rarement que le RCSP est mentionné comme une mise en garde à l’égard des États-Unis pour les inviter à mettre de l’eau dans leur vin, ce qui est la voie la plus responsable pour présenter ce développement à l’électeur occidental.

Le but de cet article est de montrer que le RCSP est en train de devenir une réalité à l’échelle du monde entier, la manifestation du cauchemar de Washington, et qu’il s’étend au-delà de l’Eurasie, vers l’Afrique du Nord et l’Amérique Latine.

Le RCSP cherche indiscutablement à remettre en cause l’ordre occidental, mais uniquement dans le but d’aider à passer à un monde multipolaire, un but vers lequel les deux pays avaient déjà affiché leur solidarité dès 1997. La réticence des États-Unis à reconnaître les mouvements tectoniques qui ont eu lieu depuis lors, et leur insistance à prolonger cet état unipolaire dépérissant, sont les principales raisons de la déstabilisation mondiale actuelle. Malgré ce que tentent d’obtenir les détracteurs par la peur et les détourneurs par la tactique de la division, le RCSP est paisible, sur la défensive, et plus uni que jamais. En explorant les confluences de la politique russo-chinoise dans les domaines clés de l’Eurasie et au-delà, cet article prouve que le RCSP est vivant et en pleine croissance, et qu’il contribue activement à orienter le monde vers un état multipolaire.

1ÈRE PARTIE : LES FONDEMENTS POLITIQUES DU PARTENARIAT STRATÉGIQUE ENTRE LA RUSSIE ET LA CHINE

Avant d’entrer dans les détails de l’action géopolitique du partenariat stratégique entre la Russie et la Chine, il faut identifier les fondements politiques sur lequel il repose. Il s’agit d’une définition des rôles respectifs que joueront la Russie et la Chine, les bases de leur coopération et les objectifs institutionnels qu’elles se donneront pour restructurer l’ordre international

 Pourparlers entre la Russie et la Chine à Pékin, en mai 2014

Pourparlers entre la Russie et la Chine à Pékin, en mai 2014

La Russie comme contrepoids politico-militaire, la Chine pour ses perspectives économiques

Dans la division du travail entre les deux partenaires, il a été convenu que la Russie servira de contrepoids militaire et politique à l’influence américaine, permettant aux grandes puissances, États émergents et entités diverses de ne pas être obligés de choisir systématiquement entre influence américaine et influence chinoise. On va montrer comment la Russie travaille en parfaite intelligence avec la Chine de manière à s’assurer qu’elle remplit son rôle de contrepoids dans le sens de leurs objectifs stratégiques communs. La Chine, de son côté, en passe de devenir cette année la première puissance économique du monde pour ce qui est de la Parité de Pouvoir d’Achat (PPA) — au détriment des USA, est l’économie dominante des pays en voie de développement. Ses relations fortes et privilégiées par lesquelles elle développe ses investissements dans l’agriculture et les services en Afrique, en Amérique Latine et dans les états de la ceinture de perles, font d’elle la porte d’entrée offrant d’importants débouchés et d’utiles relations à l’économie russe, particulièrement dans le cadre des récents développements [récentes sanctions]. Ainsi, que la Russie puisse jouer un rôle favorable [pour la Chine] de contrepoids dans les domaines militaires et politiques dans les régions d’importance stratégique, et que réciproquement la Chine puisse jouer un rôle favorable pour assister [la Russie] dans le domaine commercial via ses contacts existants et son réseau de relations [forme la base de ce partenariat].

Le tandem ainsi réalisé est, bien évidemment, loin d’être parfait, pas plus que sa mise en pratique stratégique à travers le monde, mais c’est la théorie générale de leur approche « main dans la main ». La Russie est le contrepoids et la Chine est la porte d’entrée. Plus on s’éloigne de ces deux [états], par exemple au Moyen-Orient et en Amérique Latine, plus les purs objectifs multipolaires et la coordination rapprochée entre ces deux pays sont visibles ; de même plus on se rapproche de ces deux nations clefs eurasiatiques plus la complexité de cette relation apparaît et plus elle peut devenir difficile à comprendre.

Le berceau de la coordination

L’Organisation de coopération de Shanghai [OCS en français, SCO en anglais] constitue le berceau où est né et s’est développé le RCSP. Fondée en 1996 par les Cinq de Shanghai, l’OCS a été refondue en 2001 avec l’intégration de l’Ouzbékistan. Depuis, elle a commencé à coopérer avec cinq autres pays (Mongolie, Inde, Pakistan, Afghanistan, Iran). Et elle dialogue aussi avec le Sri Lanka, la Turquie et la Biélorussie. Tous ces pays sont dans l’orbite immédiate du RCSP, que la Russie ou la Chine y exerce une forte influence à divers niveaux. L’OCS a établi encore les fondations du RCSP en déclinant les objectifs que devait se donner le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine : lutte contre le terrorisme, le séparatisme, l’extrémisme sous toutes leurs formes, incluant les révolutions de couleur impulsées par les USA. Concomitamment, les Américains ont étendu à tous ces pays leurs campagnes de déstabilisation et de domination inaugurées en Eurasie. Les USA représentent donc un risque existentiel pour la Russie et la Chine, mais aussi les autres membres de l’OCS. On notera également que l’OCS organise régulièrement des manœuvres militaires communes entre ses membres.

Le BRICS, bastion institutionnel

La conséquence la plus visible du partenariat stratégique entre la Russie et la Chine est d’avoir conduit les deux pays à se présenter sous forme d’une force intégrée au sein du BRICS [Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud]. Vladimir Poutine a déclaré en mai dernier que « Russie et Chine avaient des priorité communes au plan mondial et régional. Les deux pays ont convenu de coordonner plus étroitement leurs politiques au sein de l’ONU, du BRICS et le la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique [Asia-Pacific Economic Cooperation, alias APEC]. Ils n’ont pas de désaccords. Au contraire, ils ont élaboré des programmes ambitieux, qu’ils sont fermement déterminés à inscrire dans la réalité ».

Cette déclaration d’intention tout à fait nouvelle représente le fondement de ce qui leur a permis d’agir au Sommet du BRICS à Fortaleza, Brésil, en juillet dernier durant lequel les cinq membres ont décidé de fonder la Nouvelle Banque de Développement en vue de se confronter directement à la domination occidentale au sein des organisations économiques et financières. D’importants mémorandums d’accord (MoU) ont aussi été présentés concernant notamment la création d’une monnaie de réserve commune au sein des membres du BRICS. Celui-ci apparaît donc comme un bastion institutionnel pour la coopération russo-chinoise à travers le monde, dans la perspective de la multipolarité.

Résumé des éléments fondamentaux

La Russie et la Chine ont un rôle distinct à jouer dans leur tandem, et ils en sont encore à raffiner leur interaction. L’OCS, quoiqu’étant un cadre multilatéral, fonctionne comme une organisation de coopération bilatérale russo-chinoise plus large, utilisant l’Asie Centrale comme un terrain d’entraînement pour de futurs développements dans d’autres lieux. En observant la coopération institutionnelle de la Russie et de la Chine telle qu’on peut la voir plus clairement au sein du BRICS, très particulièrement lors de leur dernier sommet, vue comme un tout on ne peut que constater que les deux pays combinent leurs forces dans des institutions appropriées de manière à poursuivre leur objectif commun de multipolarité.

2ÈME PARTIE : MISE EN PRATIQUE GÉOPOLITIQUE

Nous pouvons maintenant enchaîner sur les implications géopolitiques du partenariat stratégique entre la Russie et la Chine (RCSP). Cette deuxième partie commence avec l’Asie du Nord-Est, puis, en suivant le sens trigonométrique, dans l’exploration des deux approches pour l’Asie Centrale, l’Asie du Sud, et l’Asie du Sud-Est. Nous irons ensuite en Europe avant de nous pencher sur l’ensemble Moyen-Orient / Afrique du Nord (MENA) et l’Amérique Latine. Il n’y a qu’en Afrique où le RCSP doit encore mûrir, mais il est fort probable que la Chine, à l’avenir, invite la Russie à avoir une influence de rééquilibrage sur le continent et influence les dirigeants régionaux pour développer leurs liens commerciaux avec Moscou. Enfin, la conclusion va montrer l’unité d’ensemble et démontrer que le RCSP est vraiment la relation la plus importante du 21e siècle et le véhicule définitif pour la multipolarité.

Il est recommandé au lecteur, lorsqu’il se plonge dans ces paragraphes, de garder à l’esprit la chose suivante : Chacun des deux partenaires du RCSP est destiné à restaurer l’image et à suppléer aux faiblesses de l’autre, là où celui-ci peut se trouver dans une position de faiblesse relative en comparaison de son homologue, avec pour intention à terme d’établir une véritable multipolarité globale. Cela étant posé, il est possible de commencer l’examen géopolitique du RCSP.

Asie du Nord-Est

Dans son essence, l’action du RCSP en Asie du Nord-Est est de se confronter au « porte-avions US insubmersible » dans une attitude attentive, toute de prudence et de précaution, afin d’en neutraliser la létalité. Russie et Chine avaient toutes les deux des différends territoriaux avec le Japon avant le début de la mise en place du RCSP, mais le Japon ne commença à envenimer ces tensions qu’en 2010. Le problème japonais doit être plus précisément compris comme un problème américain en raison des accords de sécurité mutuelle entre les deux pays qui relèvent plus d’une occupation militaire. Ainsi par procuration, le RCSP, dans ses efforts de pacification de l’Asie du Nord-Est, bute de facto dans la muraille de la mauvaise volonté américaine. Tokyo use constamment de sa « clause de retrait » lorsqu’il s’agit de régulariser ses relations avec Moscou (ce qui serait dans les intérêts des deux nations), mais il ne semble pas que l’on puisse voir cette régularisation sous le gouvernement Abe. L’occupation par les USA est trop forte et trop influente pour que le pays puisse s’en libérer dans un futur proche, mais si par un heureux hasard il advenait que les prémisses d’une véritable politique étrangère indépendante [de Tokyo] apparaissent, cela placerait Moscou en situation de jouer un rôle positif de modération des actions de Tokyo envers Pékin.

Lancement des exercices navals communs Russie – Chine, mai 2014

Lancement des exercices navals communs Russie – Chine, mai 2014

Dans les conditions actuelles, cependant, et la Russie et la Chine considèrent que c’est bien le Japon et non la Corée du Nord (que chacun des deux pays engage dans les pourparlers multilatéraux de dénucléarisation) qui représente le plus grand risque de déstabilisation de l’Asie du Nord-est, en raison de son obstination agressive sur les différends territoriaux. Pour se créer une position optimale de maître du jeu caché derrière sa marionnette, et ainsi saboter la perspective d’une coopération pan-régionale, les États-Unis soutiennent et favorisent cette attitude. Par conséquent, aussi improbable que cela puisse sembler pour le moment, en cas de guerre, la Russie et la Chine pourraient coopérer militairement, ou alors l’un ou l’autre pourrait user des plus puissant moyens diplomatiques et politiques à sa disposition pour tenter d’influencer le Japon, pour qu’il fasse machine arrière et arrête les hostilités au plus vite.

Asie centrale

Beaucoup d’encre a coulé à propos d’une rivalité hypothétique entre la Russie et la Chine en Asie Centrale, mais les faits ne le montrent pas et ces rumeurs ne sont rien de plus qu’un désir de ceux qui ont le dessein de diviser le RCSP et qui espèrent voir la Russie et la Chine se rentrer dedans dans la région. Il faut prendre en considération le processus d’intégration politique et économique de la Russie avec le Kazakhstan et bientôt avec le Kirghizistan sous les auspices de l’Union Eurasiatique, et les engagements de sécurité mutuelle de la Russie avec le Kazakhstan, le Kirghizistan et le Tadjikistan à travers le CSTO (qui, également, participe régulièrement à des manœuvres militaires). D’autre part la Chine a des positions plus commerciales en Asie Centrale ayant établi des relations d’affaires lucratives ces dernières années et ayant conclu des contrats énergétiques d’une extrême importance stratégique avec la plupart des états de la région, en tout premier lieu le Turkménistan, ce qui lui donne une position [politique] moins dominante. En Asie Centrale, la partie se joue de la manière suivante : la Russie consolide son influence là où se trouvait la sphère d’influence soviétique, avec des états qui avaient déjà cultivé avec elle de profondes relations, alors que la Chine agit pour combler un vide dans certains secteurs économiques. Il est de la plus haute importance pour la Chine d’être en mesure de diversifier ses voies d’importations de matières premières de manière à éviter le Détroit de Malacca susceptible de strangulation et occupé par les USA, d’où son intérêt [pour un approvisionnement] énergétique en Asie Centrale. C’est grâce à une acceptation implicite de la participation de la Chine de la part de la Russie, ici via le RCSP, que la Chine est en mesure de procéder sans encombre, car il est aussi dans l’intérêt de la Russie d’avoir dans la Chine un partenaire fort et aussi énergie-indépendant que possible. Egalement, l’expansion fulgurante de l’influence énergétique de la Chine en Asie Centrale produit corolairement un bénéfice pour la Russie. En effet, les liens que la Chine entretient avec l’Ouzbékistan qui s’est éloigné de la Russie ces dernières années (l’Ouzbékistan a quitté le CSTO en 2012 et envisage d’acquérir des équipements militaires délaissés par l’OTAN en Afghanistan) et qui est en passe de devenir l’homme de paille potentiel des USA après le retrait d’Afghanistan, pourraient servir à modérer la politique régionale de Tachkent. Nous n’allons pas jusqu’à dire que la Chine puisse le convaincre de s’abstenir d’accroître sa coopération militaire avec les USA, mais plutôt qu’elle peut exercer sa très efficace influence en matière économique et énergétique pour essayer d’écarter une confrontation militaire catastrophique avec le Tadjikistan qui impliquerait probablement la Russie en raison de ses responsabilités dans le CSTO.

Asie du sud

Vladimir Poutine en entretien avec le premier ministre de l’Inde Narendra Modi, juillet 2014

Vladimir Poutine en entretien avec le premier ministre de l’Inde Narendra Modi, juillet 2014

C’est une région du monde où le RCSP assume un caractère très complexe et peut devenir excessivement difficile à déchiffrer si l’on n’est pas un observateur averti et des plus attentifs. La Russie est le plus proche allié de l’Inde. Le premier ministre indien a déclaré récemment : « Si vous demandez à qui que ce soit parmi les personnes vivant en Inde, au nombre de plus d’un milliard, qui est le meilleur ami de notre pays, chacun, chaque enfant sait que c’est la Russie. Chacun sait que la Russie s’est toujours tenue aux côtés de l’Inde durant les moments les plus pénibles et sans jamais rien demander en retour. » Par elle-même cette relation politique implique des conséquences titanesques de niveau mondial, mais en la réduisant au contexte du RCSP, elle permet à la Russie d’exercer un haut niveau d’influence sur l’Inde pour la maintenir en paix avec la Chine, spécialement puisque cette dernière a, ces dernières années, fait monter d’un cran sa rhétorique sur ses différends frontaliers ironiquement dans un style similaire à celui employé par le Japon vis-à-vis de la Chine. A la différence du Japon cependant, la Chine a signalé voilà deux mois qu’elle désirait enfin régler ce différend, donnant ainsi à la Russie la possibilité de jouer en coulisse un rôle de modérateur pour s’assurer qu’aucune des parties n’agisse imprudemment et ne mette en danger les pourparlers.

Un peu plus loin, la Chine a une relation stratégique très rapprochée avec le Pakistan, l’ennemi juré de l’Inde, et les deux pays coopèrent économiquement et militairement. La Chine a un intérêt particulier à avoir un canal énergétique dans l’océan Indien qui soit fermement sous son contrôle, et le Pakistan a besoin que sa plus grande frontière nord soit tenue par un voisin qui le couvre contre la menace indienne. Cette relation évidemment est une menace pour l’Inde et consiste en l’un des sujets de conversation les plus importants de l’élite diplomatique indienne tout comme la stratégie du collier de perles, stratégie navale chinoise en océan Indien. C’est le nom donné à la politique chinoise qui consiste dans la mise en place de relations navales préférentielles avec le Pakistan, le Sri Lanka, le Bengladesh et la Birmanie (Myanmar) pour accroître la portée de ses moyens à proximité de l’Inde et sécuriser le transit maritime de ses approvisionnements en énergie dans la région. Avec une telle rivalité géopolitique entre l’Inde et la Chine le rôle de la Russie vis-à-vis des deux acteurs prend une importance critique pour assurer la paix et la stabilité ; et, à la différence de l’Asie du Nord-Est avec le Japon, en Asie du Sud, la Russie a de fortes chances d’être capable d’influencer le cours des événements d’une manière étendue et efficace.

En poursuivant l’analyse des effets de la stratégie chinoise du collier de perles, on constate qu’elle est riche en opportunités pour la Russie aussi. En raison de la relation qui lie Pékin et Islamabad et de la sensibilité politique de la fourniture d’armement au Pakistan, la Russie a été en mesure de s’immiscer dans ce processus par procuration et de vendre, sous prétexte d’aide dans la lutte contre le trafic de drogue, des hélicoptères de combat au Pakistan. Bien que cela irrite l’Inde, cela représente un « glissement de paradigme » dans bien plus de directions que celle-là seule : sans se limiter à l’affront que la Russie et le Pakistan infligent à l’Occident, la Russie est capable d’user de la confiance que l’Inde a en elle pour que cette dernière accepte (quoiqu’avec un sentiment de jalousie) cette nouvelle relation client-militaire. Cette vente aide le Pakistan autant qu’elle aide la Chine par compensation indirecte (par procuration) avec l’Inde (si minime soit-elle) et elle aide aussi indirectement la Russie à propos de la situation afghane après le retrait de 2014. Ce développement colossal est entièrement dû à la médiation de la Russie, puisque la Chine pouvait vendre des équipements similaires au Pakistan, ce qui aurait pu induire une crise dans ses relations bilatérales avec l’Inde et saborder les pourparlers potentiels sur le règlement du différend frontalier entre elles deux.

Quoi d’autre ? Un à-côté : la Russie peut dans le futur utiliser les contrats préférentiels que la Chine a établis avec ses alliés dans sa stratégie du collier de perles pour favoriser la diversification économique de ses produits agricoles, un but qu’elle poursuit depuis qu’elle a pris ses contre-sanctions début août. Cela aurait pu simplement être la réciproque de l’autorisation donnée par la Russie à la Chine de se tourner vers l’Asie Centrale pour sa diversification énergétique par exemple, pourtant cela a un sens plus profond : si l’on prend en compte le RCSP, on voit la Chine tendre une main secourable à la Russie pour la diversification de son commerce de faible volume et de son commerce agricole en Asie du Sud. Ainsi qu’il l’a été souligné au début de la deuxième partie de cet article, la Russie et la Chine s’entraident de manière complémentaire et de toutes les façons possibles, car cette aide est l’ossature de leur partenariat stratégique. Si l’une d’elles peut ouvrir une coopération avec un état ou une région à son profit, alors elle laisse l’autre user de cette ouverture également, voire elle l’aide à le faire par une voie dérobée et discrète.

Asie du Sud-Est

Cette région du monde est l’un des points les plus faibles du RCSP, mais conserve un potentiel pour chacun des deux pays. La Chine est actuellement impliquée dans d’amères disputes avec ses voisins en raison de différends territoriaux dans le sud de la mer de Chine, tout particulièrement avec le Vietnam. La Russie trouve ici l’occasion de remplir sa fonction stratégique de contrepoids et d’œuvrer à la promotion de ce partenariat imposant qu’elle a avec la Chine. La Russie et le Vietnam ont des relations cordiales et prolongées depuis l’ère soviétique, et Moscou fournit des sous-marins de grande valeur à Hanoï en ce moment même ce qui a (relativement) apaisé les craintes de Hanoï vis-à-vis de la Chine. Bien qu’elle ne soit pas aussi féroce, la rivalité sino-vietnamienne en Asie du Sud-Est peut être quelque part structurellement comparée à celle qui oppose l’Inde et le Pakistan en Asie du Sud, et, dans les deux cas, en raison de sa position unique, la Russie peut jouer son rôle de médiateur.

Il faut noter l’ironie de l’histoire : la relation entre la Russie et le Vietnam a été bâtie pendant la Guerre Froide pour contrer la Chine, alors qu’aujourd’hui elle est utilisée, certes de manière alambiquée, pour aider Pékin. La Russie et la Chine, comme nous l’avons noté, ont besoin l’une et l’autre que chacune demeure forte et stable de manière à atteindre l’objectif à long terme de la multipolarité globale, ainsi par conséquent la livraison d’armes au Vietnam par la Russie ne doit pas être comprise comme une tentative d’affaiblissement de la Chine, mais plutôt comme un moyen d’ancrer l’influence de Moscou dans un pays qui est déjà une gêne pour Pékin. A travers cette influence grandissante, la Russie peut ainsi fléchir les décisions de l’élite politique vietnamienne pour qu’elle œuvre en direction d’une solution constructive (pour le moins non militaire), même si cela s’enkyste en un « conflit gelé » ou en une prorogation de l’impasse actuelle. Bien sûr d’autres acteurs influent sur le Vietnam (à commencer par les USA), mais l’influence russe à Hanoï ne doit pas être sous-estimée, ainsi les deux pays discutent même d’une coopération économique accrue dans le cadre de l’Union eurasiatique, ce qui montre que le facteur « Russie » conserve toujours un certain poids dans la capitale vietnamienne.

Europe

La route maritime du nord est la principale voie maritime de transport dans l’Arctique, qui longe la côte nord de la Russie et relie l’Europe aux ports de l’Extrême-Orient

La route maritime du nord est la principale voie maritime de transport dans l’Arctique, qui longe la côte nord de la Russie et relie l’Europe aux ports de l’Extrême-Orient

A la lumière de la chute libre que fait en ce moment la relation Russie-Union européenne, la Russie ne peut rien faire dans la cadre du RCSP pour aider la Chine, mais la Chine peut de facto assister la Russie. L’un des grands projets stratégiques de la Chine est, tel qu’il est, de faciliter les échanges accélérés avec l’Union européenne via une approche à trois volets : la Nouvelle Route de la Soie (segment terrestre et segment maritime), le Pont Continental Eurasiatique, et la Route Maritime du Nord. Les deux derniers chemins traversent directement le territoire russe, que ce soit la terre russe ou les eaux territoriales russes, ce qui implique l’accroissement de l’importance géopolitique de la Russie dans les échanges entre la Chine et l’Union européenne, que celle-ci l’apprécie ou non. Il n’importe pas que l’Europe use de la même route en transportant ses marchandises à travers le territoire russe dès lors que la Chine l’envisage avec une forte probabilité de le faire, ce qui donnera à la Russie une position économique plus forte et des gains plus tangibles qu’elle n’en avait avant.

Moyen-Orient / Afrique du Nord (MENA)

Jamais avant les révolutions de couleur du printemps arable de 2011, le MENA n’a été le point focal d’une intense coordination politique entre la Russie et la Chine. Sergueï Lavrov, après un entretien avec le ministre des affaires étrangères chinois, déclarait en mai 2011 : « Nous avons convenu de coordonner nos efforts en nous appuyant sur les compétences des deux états de manière à aider là-bas à la stabilisation rapide et à la prévention de développements négatifs imprévisibles. » Il s’agissait évidemment de la réponse à la violation occidentale de la résolution 1973 des Nations Unies, quand le Conseil de Sécurité a été trompé de manière éhontée pour justifier la guerre de l’OTAN et le changement de régime résultant en Lybie. Clairement la Russie et la Chine comprennent qu’une telle violation peut advenir n’importe quand plus près de leurs frontières, et, si elles sont confrontées à des déstabilisations intérieures et à une fragilisation même modeste de leurs appareils d’état, affecter leurs territoires propres.

Au Moyen-Orient, on peut facilement observer les deux pays remplir leurs rôles particuliers dans le partenariat. Les interactions de la Russie avec la Syrie et l’Iran et plus récemment avec l’Égypte, démontrent visiblement son rôle de contrepoids militaire et politique. La Chine est profondément impliquée dans le commerce énergétique dans le MENA puisque 60% de son pétrole en provient. Elle s’est aussi implantée dans la région dans l’économie hors énergie, particulièrement avec les Émirats Arabes Unis. Si bien que, au-delà de leur coopération politique générale et de leur accord politique incontestable à propos du MENA, la région illustre la répartition [naturelle] des rôles entre la Russie et la Chine ici encore.

Amérique Latine

Sans aucun doute, et plus encore qu’à propos du MENA cette région donne à voir le RCSP en activité comme s’il s’agissait d’une observation de laboratoire. L’Amérique Latine est profondément déconnectée des intrigues géopolitiques d’Eurasie, et ainsi rend la coopération Russie Chine facile à observer même pour un regard peu expérimenté. Durant la dernière décennie la Russie est retournée en Amérique Latine tant dans l’esprit que dans les moyens. Ses navires y ont fait escale et ont effectué un exercice naval conjoint avec le Vénézuela, de même des bombardiers russes y ont patrouillé et s’y sont ravitaillés à cette occasion. Le Nicaragua est même supposé héberger une base russe destinée à protéger le canal financé par la Chine en cours de construction dans ce pays. Gazprom a commencé à investir en Bolivie et en Argentine, et Rosneft est actif au Vénézuela. Medvedev et Poutine sont même allés en visite officielle dans la région, et on spécule sur un accord de la Russie pour la réouverture de sa base d’espionnage cubaine de l’ère soviétique lors de cette dernière visite en juillet. On peut légitimement dire, ainsi, que l’influence de la Russie en Amérique Latine est plus grande maintenant qu’elle ne le fut durant la guerre froide.

Projet majeur d’infrastructure en Amérique Latine d’initiative chinoise — proposition de canal interocéanique au Nicaragua.

Projet majeur d’infrastructure en Amérique Latine d’initiative chinoise — proposition de canal interocéanique au Nicaragua.

Etant le moteur économique qu’elle est, la Chine est l’investisseur dont la croissance est la plus rapide en Amérique Latine et est en passe de devenir son deuxième plus important partenaire commercial. Comme indiqué plus haut elle finance le [projet] révolutionnaire du Canal du Nicaragua qui déroutera le passage interocéanique du Panama, état client des USA s’il en est, et favorisera le commerce et les investissements non-américains dans la région. Ce derniereffet a déjà lieu même en l’absence du canal. La Russie tire profit de la décennie passée pendant laquelle elle a ré-établi ses contacts avec l’Amérique Latine pour détourner son commerce agro-alimentaire de l’Ouest [i.e. de l’Association européenne de libre-échange, du Canada et des États-Unis — NdT] en raison des récentes contre-sanctions. Voilà qui dévoile une stratégie plus large de la part de la Russie qui consiste à briser la domination de l’Ouest [voir note ci-dessus] pour certains marchés agro-alimentaires et de fournir aux producteurs [locaux] une option de rechange attrayante. La Russie veut aussi rehausser sa souveraineté en tant qu’état et par conséquent s’empresse de réduire l’influence économique de l’Occident sur son économie domestique, d’où sa croissance commerciale vers les marchés « non-occidentaux » ces dernières semaines.

Somme toute, l’Amérique Latine est la base arrière la plus appropriée pour faire avancer le Monde Multipolaire dans l’arrière-cour du géant unipolaire faiblissant. La Russie et la Chine ne sont en aucune manière en compétition sur ce théâtre, montrant ainsi incontestablement les grands objectifs stratégiques du RCSP dans un cadre général. L’implication des russes et des chinois dans la région croît à une vitesse spectaculaire et de manière fort variée, ce qui implique la possibilité d’une transformation géopolitique incroyable juste à la porte des USA. Par bien des aspects l’Amérique Latine représente pour les USA ce qu’est l’Europe Occidentale pour la Russie — une région affichant un intense désamour pour son plus grand voisin et par conséquent susceptible d’être régie en souplesse de loin pour participer à des actions encore plus préjudiciables à son ex-tyran.

Réflexions finales

Le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine (RCSP) s’affirme clairement mondiale dans sa portée, parvenant à englober le monde entier à divers degrés. L’axiome posé plus haut doit être réaffirmé pour que son essence demeure dans l’esprit du lecteur :

Chacun des deux partenaires du RCSP est destiné à restaurer l’image et à suppléer aux faiblesses de l’autre, là où celui-ci peut se trouver dans une position de faiblesse relative en comparaison de son homologue, avec pour intention à terme d’établir une véritable multipolarité globale.

La Russie est le contrepoids et la Chine la porte d’entrée. Plus on s’éloigne de ces deux [états], par exemple au Moyen-Orient et en Amérique Latine, plus les purs objectifs multipolaires et la coordination rapprochée entre ces deux pays sont visibles ; de même plus on se rapproche de ces deux nations clefs eurasiatiques plus la complexité de cette relation apparaît et plus elle peut devenir difficile à comprendre.

En gardant cela en permanence à l’esprit, le RCSP devient plus aisément compréhensible et ses ambitions multipolaires deviennent plus lisibles et plus apparentes. Au tout début de cette analyse on évoquait ceux qui dénigraient ou qui détournaient leur attention de cette coopération. Nous avons démontré maintenant que ceux qui en détournent leur attention usent de nuages de fumée et de miroirs pour [en détourner notre attention et nous] cacher l’évidence — le RCSP est une force des plus réelles et tangibles tout autour du monde. Quant à ceux qui la dénigrent [nous avons démontré] qu’ils se trompent quand ils soutiennent que cette coopération a un caractère agressif. Bien sûr elle défie le Consensus de Washington, mais elle le fait à travers des moyens politiques et pacifiques, essentiellement via l’approche « main dans la main » où les contacts diplomatiques et militaires de la Russie font contrepoids alors que l’économie de la Chine joue le rôle de porte d’entrée. Ainsi, il est incontestable que dans le 21ème siècle, le RCSP restera la coopération la plus dynamique dans la construction de la multipolarité partout à travers le monde en contrant les USA dans leurs tentatives désespérées de préserver cette « unipolarité » anachronique.

Andrew Korybko (USA)
Traduit par Na.dan et Pierre pour vineyardsaker.fr

Sources : Part 1 : Washington’s Nightmare Comes True: The Russian-Chinese Strategic Partnership Goes Global (I) et Part 2 : Washington’s Nightmare Comes True: The Russian-Chinese Strategic Partnership Goes Global (II) (orientalreview.org, anglais, 21-22-08-2014)

Andrew Korybko est le correspondant politique américain de La voix de la Russie. Actuellement, il vit et pratique ses analyses à Moscou pour Oriental Review.

vineyardsaker.fr

http://www.vineyardsaker.fr/2014/09/23/cauchemar-washington-se-precise-partenariat-strategique-russie-chine-setend/

Lire la suite

Guerres et la fascisation du capitalisme, à propos de l’Ukraine. Intervention de Danielle Trannoy .

25 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation, #Europe supranationale, #La guerre

Guerres et la fascisation du capitalisme, à propos de l’Ukraine. Intervention de Danielle Trannoy	.

Lundi 22 septembre 2014, par Danielle Trannoy

Intervention à la demande de nombreux camarades qui souhaiteraient que les communistes défendent activement et concrètement la paix et la solidarité entre les peuples. Leurs inquiétudes reposent sur l’accélération des guerres et la fascisation du capitalisme, en Ukraine et dans le monde.

L’attente des communistes est immense : que faire ? Que fait ou fera notre parti pour s’opposer à l’impérialisme ? La paix est un combat de classe qui leur tient à cœur. Les communistes savent que c’est aux peuples de prendre la main et aux plus lucides de les y aider.

Les risques d’extension sont réels. Le monde est au bord de l’abîme.

Après le Moyen-Orient, c’est maintenant en Europe, en Ukraine, que le chaos est organisé par un coup d’État co-orchestré par les USA, l’OTAN, l’Union Européenne, et les gouvernements vassaux dont la France, installant des forces néo-nazies. Là, en Ukraine où les crimes du nazisme ont été combattus pendant la dernière guerre.

Un document récent de la défense américaine recommande au Pentagone de se préparer à mener une demi-douzaine de guerres simultanément, y compris nucléaires. Il cite les dangers auxquels sont confrontés les USA dans leur course à la recolonisation du monde. C’est la Chine, la Russie, le Venezuela, l’Iran, l’Irak, la Syrie, l’Afrique… qui sont visés pour l’instant.

L’Ukraine nous pose la question de la responsabilité des institutions, du rôle de l’OTAN dans l’UE, des USA (de leurs interventions directes dans des pays souverains) et surtout le rôle du gouvernement français qui, en notre nom, a mis en place et cautionne un coup d’État fasciste au cœur de l’Europe.

La France peut-elle restée soumise ? Sans souveraineté ? Appauvrir et diviser encore les salariés, les agriculteurs avec les sanctions imposées à la Russie par cette UE capitaliste ? Quelle riposte pour le PCF ?

L’impérialisme doit passer à un autre cycle. La bataille idéologique, économique s’annonce très dure pour les peuples. Plus que jamais, le PCF doit se désolidariser totalement de l’UE et exiger avec force la sortie de l’OTAN et de l’Alliance Atlantique et soutenir d’abord les travailleurs.

Si les communistes perçoivent les dangers, par contre, les positionnements PCF-PGE les maintiennent dans une désinformation ne permettant pas d’ouvrir des voies des rassemblements pour une vraie solidarité, force de résistance.

Je ne suis pas certaine qu’ils aient eu en main l’évolution de la situation au Donbass où une résistance populaire s’est levée contre les fascistes et les oligarques. Ces résistants ont été dans notre presse traités par le mépris « d’aventuriers armés ».

Nous avons pu à l’aide des sites du réseau « Faire vivre et renforcer le PCF », mais aussi des sites étrangers, donner au jour le jour toutes les informations qui nous parvenaient. Nous avons eu la confirmation de l’entrée dans l’armée ukrainienne de corps nazis comme les Pravy Sektor, Svoboda, le bataillon Azov et le financement par les oligarques de mercenaires, les hommes de main de l’Otan… Nous avons vu au jour le jour, la dignité du peuple du Donbass et ses efforts pour repousser les tanks de l’armée ukrainienne. Mais aussi les atrocités comme celles d’Odessa. Des communistes, des progressistes, sont assassinés voire interdits. Il faut prendre en considération la lutte de classe très dure depuis près de 23 ans, les vols et spoliations des terres, des usines, des logements par les oligarques. A ce jour, le peuple paie très cher : 3000 morts, un million de déplacés, les habitations, les usines détruites… Une pratique de terre-brûlée comme à Gaza. Les mêmes méthodes.

http://lepcf.fr/spip.php?page=article&id_article=2504

Lire la suite
Lire la suite

ALERTE ROUGE/CRIMES DE GUERRE DE KIEV AU DONBASS : FOSSES COMMUNES, EXECUTIONS DE PRISONNIERS, DE CIVILS ET DE FEMMES, PRÉLÈVEMENTS D'ORGANES.

25 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La guerre, #La mondialisation

ALERTE ROUGE/CRIMES DE GUERRE DE KIEV AU DONBASS :
FOSSES COMMUNES, EXÉCUTION DE PRISONNIERS, DE CIVILS ET DE FEMMES, PRÉLÈVEMENTS D’ORGANES.
PCN-SPO avec Correspondances au Donbass et à Paris/
2014 09 24/
Alexandre Zakharchenko, président de la DNR, confirme que des indices flagrants de prélèvement d'organes sont visibles sur les cadavres retrouvés dans des fosses communes à Nyzhnia Krynka. Il confirme aussi des rapports existant comprenant des témoignages de soldats ukrainiens concernant les trafics d'organes au sein de l'armée de Kiev.
Comme jadis les maffieux de l’UCK albanaise au Kosovo, eux aussi enfants chéris des USA et de l’OTAN …
Que fait la CPI ?
Pourquoi ‘Amnésie Internationale’, HRW et autres machines de propagande occidentale, agissant sous le masque d’ONG, se taisent-elles ???


Traduction rapide de l’article russe :


« Un examen détaillé des corps retrouvés dans les tombes de civils tués, qui ont été abandonnés au cours de la retraite des soldats ukrainiens, nous avons constaté que certains d'entre eux n'ont plus leurs organes internes. Cela est vrai pour le corps des femmes trouvées non loin de la mine "Kommunarka" près du village de Nyzhnia Krynka, et des civils tués par la Garde nationale trouvés dans les autres tombes.
Nous n'avons pas encore réussi à établir les circonstances dans lesquelles les organes ont été prélevés, mais sérieusement, vous ne pouvez envisager que deux options: soit les corps ont été gravement endommagés à la suite de blessures ou éventuellement sous la torture.
J'ai personnellement vu deux de ces sépultures: la poitrine a été coupé et l'abdomen déchiré. Ce sont les effets de la chirurgie ou de blessure. »
https://www.youtube.com/watch?v=B_IXTihKBD4
PCN-SPO
________________________
http://www.scoop.it/t/pcn-spo
https://www.facebook.com/PCN.NCP.press.office

Lire la suite

L'horreur dans l'est de l'Ukraine! Les pratiques nazies des bataillons du gouvernement putschiste de Kiev sont dévoilées par la découverte de charniers dans le Donbass.

25 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La mondialisation, #La nation ., #La guerre

NOVOROSSIA, dernières nouvelles aujourd'hui 24 Septembre 2014: la Russie exigera une enquête internationales au sujet d'un charnier découvert près de Donetsk. Pendant ce temps, il y a contre Porochenko la préparation d'un procès intenté par la famille d'Allemands qui sont morts dans l'accident d'avion près de Donetsk, et 12 000 Cosaques du Don rejoignent l'armée du Donbass.
- Les miliciens ont trouvé des civils exécutés et enterrés.
Non loin de la mine "Kommunarka" près du village de Basse-Jug, la milice a trouvé plusieurs tombes de civils brutalement assassinés. Beaucoup de cadavres avaient les mains liées derrière le dos, et, selon certaines sources, les rebelles du bataillon «Aydar" ont abattu leurs victimes à bout portant, selon LIFEnews.
"Ici, vous voyez que les mains sont liées, et la tête coupée. Il est possible qu'on trouvera encore des corps qui sont enterrés. Les terrassiers continueront d'effectuer des fouilles. Des criminologues sont maintenant engagés dans ce domaine. Dans une autre fosse, des femmes étaient couchées, "- a déclaré le chef de la police militaire de la République de Donetsk.
Le Ministère russe des Affaires étrangères se dit choqué par les atrocités de la Garde nationale ukrainienne.
Pendant ce temps, la Garde nationale ukrainienne a nié les informations selon lesquelles ,au village de Communar près de Donetsk des civils sont enterrés, dit le"Times" en référence au site de la Garde nationale.
"Cette information n'est pas vraie, car aucune unité n'était stationnée à proximité," - a-t-elle déclaré dans un communiqué.
Notez que le bataillon «Aydar" a quitté la région il y a quelques jours. Avant le départ des forces de sécurité avaient miné la région. Après que les sapeurs ont neutralisé la plupart des munitions explosives abandonnées, les milices étaient en mesure de procéder à un examen détaillé des lieux de sépulture.
Un corps a été retrouvé près de la femme enceinte, une balle dans la tête. Ses mains étaient également liées. À proximité gisait le corps d'un jeune homme. Dans la seconde fosse, sans doute des corps de miliciens prisonniers : avec des signes visibles de torture, assassinés de la même façon: les mains liées derrière le dos, une balle dans la tête.
Pendant ce temps, le délégué au HCR, Mikhaïl Fedotov, a exigé une enquête internationale immédiate sur le site de la découverte d'un charnier dans la région de Donetsk. M. Fedotov a exhorté à tout faire »pour veiller à ce qu'une enquête internationale indépendante ait lieu, pour l'admission sur le site des journalistes et des défenseurs internationaux des droits humains." Assurer le travail de la mission, selon le chef de la CDH, il y a un groupe de travail russo-ukrainien des défenseurs des droits de l'homme, qui doivent être envoyés dans la région de Donetsk.
Ces crimes, a souligné M. Fedotov, «ne doivent pas rester sans conséquences." Il n'a pas exclu la possibilité de découvrir de nouvelles tombes, rappelant que l'assassinat en masse fait partie des " réalités de la guerre moderne," et des crimes similaires ont été commis en ex-Yougoslavie.
Au Ministère des Affaires étrangères, choqué de la découverte de tombes de civils près de Donetsk, Constantin Dolgov ,chargé des questions des droits de l'homme, de la démocratie, et de la primauté du droit, estime que la terrible découverte faite près de Donetsk, aiguise encore plus fort la nécessité d'enquêter sur les crimes humanitaires en Ukraine sous contrôle international.
"La découverte de fosses communes près de Donetsk - marque une nouvelle fois les crimes humanitaires des forces de sécurité ukrainiennes et des nationalistes radicaux ...« Cet assassinat brutal de civils aiguise en outre la nécessité d'une enquête en vertu de crimes humanitaires, de supervision internationale en Ukraine. », - a écrit le diplomate sur Twitter. M. Dolgov a également exhorté la communauté internationale "à insister sur le caractère inévitable de la peine pour les auteurs de ces crimes."
- Un procès est en préparation contre Porochenko par des parents d'Allemands qui sont morts dans l'accident du Boeing malaisien près de Donetsk en Juillet,
préparation du procès fait aux autorités ukrainiennes, y compris le président Porochenko. Les documents seront déposés à la Cour européenne des droits de l'homme dans les deux semaines. Et si Strasbourg reconnaît leur droit à paiement, cela peut être suivi par des dizaines, voire des centaines de procès semblables, explique "Vesti.Ru."
"Bien sûr, ce n'est pas une question d'argent. Les clients vont exiger des millions d'euros des autorités ukrainiennes et du président Porochenko en personne , ce qui n'enlèvera pas le deuil. Les gens ne sont tout simplement pas prêts à accepter le fait que les responsables de la mort de leurs proches ne soient toujours pas punis, "- dit l'avocat Elmar Gimulla.
Spécialiste dans le domaine du droit aérien, Gimulla soutient que la responsabilité du krash du Boeing réside précisément du côté ukrainien.
"Dans les années 90, l'Ukraine a signé la Convention de Chicago relative à l'aviation civile internationale, - a dit l'avocat. - Ainsi, le pays s'est engagé à assurer la sécurité de l'espace aérien. Bien sûr, n'importe quel état n'est pas sûr des opérations militaires sur son territoire . C'est la politique. Et vous n'y pouvez rien faire. Mais depuis que c'est arrivé a commencé une confrontation militaire, et la tâche du gouvernement est de protéger les innocents contre les conséquences du conflit.L' Ukraine devait fermer l'espace aérien au-dessus du Donbass, mais ne l'a pas fait ".
"Je me demande pourquoi une demande n'est pas déposée par les néerlandais? - ils étaient les plus nombreux à bord - a dit Stepan Gavrish, ancien secrétaire adjoint du Conseil de sécurité nationale de l'Ukraine. - Ou, par exemple, les Australiens. Pourquoi tout à coup les Allemands? Je pense qu'il s'agit d'un plan des services de l'intelligence russe. "
À propos des revendications, le gouvernement allemand n'a pas encore donné de commentaire officiel. Mais les avocats disent que si la Cour de Strasbourg se prononce en faveur des proches des victimes, ils sont sûrs d'avoir des dizaines et peut-être des centaines de déclarations nouvelles et similaires.
"Si une indemnité est payée, cela signifie automatiquement que l'Ukraine reconnaît sa culpabilité, - a dit l'avocat Ivan Bodnaruk. - Aujourd'hui, nous parlons de millions de hryvnia, alors nous aurons besoin de milliards ".
- Les cosaques du Don rejoignent l'armée du Donbass.
Dans un proche avenir, l'armée de Novorossia aura en renfort environ 12 000 Cosaques du Don. Il est à noter que cette information a été confirmée par des membres de la mission d'observation spéciale de l'OSCE à Lougansk, après une rencontre avec le chef des Cosaques du Don. En outre, les observateurs ont affirmé que l'armée devrait connaître un sérieux rafraîchissement.
Il est à noter que le 10 Juin la milice du Donbass a été également rejointe par les représentants de l'organisation anti-fasciste italienne "Millennium", qui ont exprimé leur volonté de soutenir la République populaire de Donetsk en opposition avec les autorités de Kiev.
Rappelons que les derniers volontaires de dimanche, venus de Roumanie, ont fait le serment d'allégeance à la nouvelle Russie. On sait que tout un bataillon de Bucarest a rejoint le MRN de l'armée en tant que Roumains, eux-mêmes en faveur de l'indépendance .
Il est également connu que dans la lutte , la milice accueille des volontaires de Bulgarie. Par exemple, un étranger avec l'indicatif de Kaboul a déclaré que les combats dans le Donbass sont contre le diktat américain et ils luttent ainsi pour la liberté de la Bulgarie.
- Pendant ce temps, le nombre des victimes du conflit armé dans l'est de l'Ukraine en comptant les victimes de l'accident du «Boeing» dans la région de Donetsk a atteint 3543 personnes, selon "à Lenta.Ru" citant les données de l'Organisation des Nations Unies, fournies par le Secrétaire général adjoint aux droits de l'homme Ivan Šimonović.
Le nombre de personnes déplacées à l'intérieur enregistrées a augmenté de 275 500 personnes. Selon Simonovits, ce chiffre a doublé entre début Août et début Septembre. Dans le même temps, il a reconnu que le nombre réel est probablement "beaucoup plus important", car beaucoup de gens ne sont pas enregistrés. topnews.ru
http://informaplus.ru/166900-mid-rossii-shokirovan-zverstvami-nacgvardii-ukrainy.html

МИД России шокирован зверствами Нацгвардии Украины

Россия потребует международного расследования захоронений под Донецком. Тем временем против Порошенко

informaplus.ru

Lire la suite

Déconnexion Swift de la Russie : les députés européens sont bien devenus fous… Par Olivier Berruyer.

25 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La nation ., #La mondialisation, #La guerre, #Economie

25 septembre 2014

Déconnexion Swift de la Russie : les députés européens sont bien devenus fous…

Nous avions déjà souligné l’incroyable résolution belliqueuse du Parlement européen du 17 juillet dans ce billet.

Ils ont remis ça le 18 septembre – en pire ! En voici le texte.

Le Parlement Européen : une publicité vivante contre le régime parlementaire multinational…

Résolution du Parlement européen du 18 septembre 2014 sur la situation en Ukraine et l’état des relations UE-Russie (2014/2841(RSP))

Le Parlement européen,

  • vu ses résolutions antérieures sur la politique européenne de voisinage, sur le partenariat oriental et sur l’Ukraine, et notamment celles du 27 février 2014 sur la situation en Ukraine(1) , du 13 mars 2014 sur l’invasion de l’Ukraine par la Russie(2) , du 17 avril 2014 sur les pressions exercées par la Russie sur les pays du partenariat oriental, et en particulier les tentatives de déstabilisation dans l’est de l’Ukraine(3) , et du 17 juillet 2014 sur l’Ukraine(4) ,
  • vu les conclusions du Conseil «Affaires étrangères» du 22 juillet et du 15 août 2014 ainsi que les conclusions du Conseil européen du 30 août 2014 sur l’Ukraine,
  • vu la déclaration du porte-parole du SEAE du 11 septembre 2014 sur l’enlèvement d’un officier de police estonien,
  • vu ses résolutions antérieures sur la Russie, et notamment celle du 6 février 2014 sur le sommet UE-Russie(5) ,
  • vu la déclaration de clôture du sommet de l’OTAN au pays de Galles, du 5 septembre 2014,
  • vu les conclusions de la réunion extraordinaire du Conseil européen de l’agriculture du 5 septembre 2014,
  • vu la déclaration ministérielle commune du 12 septembre 2014 sur la mise en œuvre de l’accord d’association et de l’accord de libre-échange approfondi et complet entre l’Union européenne et l’Ukraine,
  • vu l’article 123, paragraphes 2 et 4, de son règlement,

A. considérant la recrudescence du conflit dans l’est de l’Ukraine durant l’été 2014; considérant que, d’après des estimations des Nations unies, au moins 3 000 personnes ont perdu la vie, que plusieurs milliers de personnes ont été blessées et que des centaines de milliers de civils ont fui les zones de conflit; que le coût économique de ce conflit, qui comprendra notamment le coût de la reconstruction des régions orientales du pays, hypothèque sérieusement le développement social et économique de l’Ukraine;

B. considérant que le groupe de contact trilatéral a convenu à Minsk, le 5 septembre 2014, d’un cessez-le-feu qui est entré en vigueur le jour même; que l’accord convenu contenait également un protocole en 12 points couvrant la libération des otages, des mesures visant à améliorer la situation humanitaire, le retrait de tous les groupes armés illégaux, équipements militaires et mercenaires de l’Ukraine ainsi que des mesures sur la décentralisation dans les régions de Donetsk et de Lougansk;

C. considérant que depuis le vendredi 5 septembre 2014, le cessez-le-feu a été violé de manière répétée, principalement par les troupes russes régulières et les séparatistes, dans les zones proches de Mariupol et de l’aéroport de Donetsk, et que des tentatives de tester les défenses de l’Ukraine ont eu lieu dans plusieurs autres localités;

Des troupes russes RÉGULIÈRES ??? Hmm, des preuves solides ?

D. considérant que la Russie a, ces dernières semaines, renforcé sa présence militaire sur le territoire ukrainien et son soutien logistique aux milices séparatistes par un flux constant d’armes, de munitions, de véhicules et appareils blindés ainsi que de mercenaires et de soldats déguisés, malgré les demandes de l’Union européenne de déployer tous les efforts possibles pour apaiser la situation; que, depuis le début de la crise, la Fédération de Russie a concentré des troupes et du matériel militaire le long de la frontière avec l’Ukraine;

E. considérant que l’intervention militaire directe et indirecte de la Russie en Ukraine, y compris l’annexion de la Crimée, constituent une violation du droit international, notamment de la charte des Nations unies, de l’acte final d’Helsinki et du mémorandum de Budapest de 1994; que la Russie continue de refuser la mise en œuvre du traité sur les forces armées conventionnelles en Europe (FCE);

Ils ont de l’humour à propos du Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes…

F. considérant que le Conseil européen du 30 août 2014 a demandé que soient formulées des propositions de renforcement des mesures restrictives de l’Union face aux actions de la Russie déstabilisant l’est de l’Ukraine; que ces propositions sont entrées en vigueur le 12 septembre 2014;

G. considérant qu’après avoir souscrit aux dispositions politiques de l’accord d’association le 21 mars 2014, l’Union européenne et l’Ukraine ont signé officiellement le volet restant de cet accord le 27 juin 2014, qui prévoit notamment la mise en place d’un accord de libre-échange approfondi et complet (ALEAC); que le Parlement européen et le Parlement ukrainien ont ratifié simultanément cet accord d’association; que, le 12 septembre 2014, la Commission a annoncé que l’application provisoire de l’ALEAC serait reportée au 31 décembre 2015; que cela entraînera une prolongation des préférences commerciales unilatérales accordées par l’Union européenne à l’Ukraine, qui devaient prendre fin le 1er novembre 2014;

H. considérant que, le 7 août 2014, le gouvernement russe a adopté une liste de produits provenant de l’Union européenne, des États-Unis, de Norvège, du Canada et d’Australie à exclure du marché russe pendant un an; que l’Union sera d’autant plus touchée que la Russie représente le deuxième marché d’exportation pour les produits agricoles de l’Union et le sixième pour les produits issus de la pêche, et que 73 % des importations frappées par l’interdiction viennent de l’Union; que les restrictions globales appliquées actuellement par la Russie pourraient mettre en péril 5 milliards d’EUR d’échanges commerciaux et affecter les revenus de 9,5 millions de personnes dans l’Union qui travaillent dans les exploitations agricoles les plus touchées;

I. considérant que l’interdiction pesant sur les denrées alimentaires de l’Union sur le marché russe qui a en particulier touché le secteur des fruits et légumes, ainsi que le secteur laitier et celui de la viande, pourrait avoir des répercussions entraînant une surabondance de l’offre sur le marché intérieur, tandis que l’interdiction des produits de l’Union issus de la pêche sur le marché russe pourrait poser de graves problèmes potentiels dans certains États membres; considérant que la valeur des produits de la pêche frappés d’interdiction s’élève à près de 144 millions d’EUR;

J. considérant que la Russie s’attaque à la sécurité de l’Union en violant régulièrement l’espace aérien de la Finlande, des États baltes et de l’Ukraine, ainsi qu’en raison des récentes réductions de l’approvisionnement de la Pologne en gaz, qui représente 45 % des exportations russes vers ce pays;

K. considérant que le sommet de l’OTAN à Newport a réaffirmé que l’OTAN était aux côtés de l’Ukraine face à l’influence déstabilisatrice de la Russie, que l’organisation avait offert son soutien pour renforcer les forces armées ukrainiennes et qu’elle avait prié la Russie de retirer ses troupes d’Ukraine et de mettre fin à l’annexion illégale de la Crimée; considérant, selon ses propres déclarations, que l’OTAN continue d’aspirer à une relation de coopération constructive avec la Russie, notamment à l’établissement d’une confiance mutuelle, et que les voies de communication avec la Russie demeurent ouvertes;

Mais que fait l’OTAN, alliance militaire défensive, dans un pays non membre ? C’est pas l’ONU encore…

L. considérant le crash du vol MH17 de Malaysia Airlines dans la région de Donetsk et la vive indignation que ce drame tragique a provoquée dans l’opinion publique internationale et européenne; que les Nations unies et l’Union européenne ont exigé la conduite d’une enquête internationale approfondie sur les circonstances de cette catastrophe; considérant l’obligation morale et juridique de traduire ses responsables en justice;

M considérant que Mykola Zelenec, consul honoraire de Lituanie à Lougansk, a été enlevé et brutalement tué par les rebelles;

1. se félicite de la signature de l’accord de cessez-le-feu de Minsk et demande à toutes les parties de déployer tous les efforts possibles pour le mettre en œuvre intégralement et de bonne foi afin d’amorcer un véritable processus de paix, y compris le contrôle permanent et réel de la frontière ukrainienne sous la surveillance de l’OSCE, le retrait complet et inconditionnel des troupes, groupes armés illégaux, équipements militaires et mercenaires russes du territoire de l’Ukraine internationalement reconnu, ainsi que la libération des otages; déplore que l’accord de cessez-le-feu soit constamment violé, principalement par les troupes russes et les forces séparatistes, et que leur renforcement actuel se poursuive; souligne avec force qu’il devrait y avoir une solution politique à ce conflit;

2. demande à toutes les parties de respecter le cessez-le-feu et de s’abstenir de toute action ou décision de nature à le compromettre; s’inquiète vivement toutefois du fait que le cessez-le-feu serve de prétexte aux troupes russes pour se regrouper afin de poursuivre leur offensive en vue d’établir un «corridor terrestre» vers la Crimée et, au-delà, vers la Transnistrie;

3. condamne vivement la Fédération de Russie pour la «guerre hybride» non déclarée qu’elle mène contre l’Ukraine à l’aide de forces russes régulières et du soutien qu’elle apporte à des groupes armés illégaux; souligne que, ce faisant, les actions des dirigeants russes font peser une menace, non seulement sur l’unité et l’indépendance de l’Ukraine, mais également sur le continent européen dans son ensemble; demande à la Russie de retirer immédiatement l’ensemble de ses moyens militaires et de ses troupes du territoire ukrainien, d’interdire l’entrée de combattants et d’armes dans l’est de l’Ukraine et de cesser tout soutien direct ou indirect aux actions des forces séparatistes sur le sol ukrainien;

4. rappelle son engagement envers l’indépendance, la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’inviolabilité des frontières de l’Ukraine ainsi que le droit de l’Ukraine à faire le choix de l’Europe; réaffirme que la communauté internationale ne reconnaîtra pas l’annexion illégale de la Crimée et de Sébastopol ni les tentatives de création de quasi-républiques dans le Donbass; salue la décision de l’Union d’interdire les importations en provenance de Crimée qui ne sont pas munies d’un certificat d’origine délivré par les autorités ukrainiennes; condamne par ailleurs la délivrance de passeports russes aux citoyens ukrainiens en Crimée, les persécutions à l’encontre des Ukrainiens et des Tatars de Crimée, et les menaces des dirigeants autoproclamés à l’encontre des citoyens de Crimée qui ont indiqué leur souhait de voter lors des élections législatives prochaines;

Mais le problème c’est que le bout Est de l’Ukraine ne veut pas faire le choix “de l’Europe” = Organisation du Traité de Lisbonne… Et qu’ils en ont me semble t il le droit vu les conséquences dramatiques sur eux…

5. souligne que l’OSCE joue un rôle essentiel dans la résolution de la crise ukrainienne du fait qu’elle possède l’expérience des conflits armés et des situations de crise et que la Fédération de Russie et l’Ukraine sont membres de cette organisation; invite les États membres, la haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et la Commission à consentir tous les efforts possibles pour renforcer et étendre la mission spéciale d’observation de l’OSCE en Ukraine, tant au niveau du personnel expérimenté qu’au niveau de la logistique et du matériel; souligne la nécessité d’envoyer sans plus attendre les observateurs de l’OSCE le long de toutes les parties de la frontière entre l’Ukraine et la Russie actuellement sous le contrôle des séparatistes;

6. souligne que le programme de réforme et d’association doit progresser parallèlement à la poursuite de la lutte pour l’intégrité territoriale et l’unité de l’Ukraine; réaffirme que ces deux objectifs sont intimement liés et en synergie l’un avec l’autre; souligne la nécessité d’un dialogue pacifique et d’une décentralisation garantissant que l’autorité sur l’ensemble du territoire reste entre les mains des autorités centrales, assurant ainsi l’unité de l’Ukraine; souligne la nécessité de rétablir la confiance entre les différentes communautés du pays et appelle à un processus de réconciliation durable; souligne, dans ce contexte, l’importance de la mise en place d’un dialogue national inclusif, évitant la propagande, les discours de haine et la rhétorique qui ne feraient qu’aggraver le conflit; affirme que ce dialogue doit associer les organisations de la société civile et les citoyens de toutes les régions et de toutes les minorités;

7. salue la ratification simultanée de l’AA/ALEAC par le Parlement ukrainien et le Parlement européen; estime qu’il s’agit d’une étape importante qui montre l’engagement des deux parties en faveur de sa bonne mise en œuvre; prend acte du report possible de la mise en œuvre provisoire de l’ALEAC UE-Ukraine jusqu’au 31 décembre 2015, qui sera remplacée par la prolongation de mesures commerciales unilatérales représentant de facto une mise en œuvre asymétrique de l’accord; déplore les mesures extraordinaires et le niveau des pressions exercées par la Russie; déclare que l’accord ne peut pas et ne sera pas modifié et que l’Union européenne l’a indiqué très clairement par cette ratification; demande aux États membres de procéder rapidement à la ratification de l’AA/ALEAC avec l’Ukraine; prend acte des consultations en cours entre l’Ukraine, la Russie et l’Union européenne sur la mise en œuvre de l’AA/ALEAC avec l’Ukraine et espère qu’elles permettront de dissiper les malentendus;

8. souligne que, dans l’attente de la mise en œuvre de l’AA/ALEAC, les mois prochains devraient être mis à profit pour s’attaquer à la transformation et à la modernisation indispensable du régime politique, de l’économie et de la société de l’Ukraine conformément au programme d’association; salue le programme de réformes annoncé par le président Porochenko, qui comporte des lois anti-corruption ainsi que des lois sur la décentralisation et l’amnistie; demande à la Commission et au SEAE d’élaborer de toute urgence un programme d’aide et d’assistance financière à l’Ukraine complet et ambitieux, notamment à destination des populations de l’est de l’Ukraine, afin de soutenir l’élaboration d’une solution politique et la réconciliation nationale;

9. prend acte des lois relatives au statut spécial de certaines parties des régions de Donetsk et de Lougansk et à l’amnistie adoptées par le Parlement ukrainien le 16 septembre 2014, car il s’agit d’une contribution essentielle à la désescalade dans le cadre de la mise en œuvre du plan de paix du président ukrainien;

10. soutient les mesures restrictives que l’Union a adoptées à l’encontre de la Russie cet été suite à l’agression continue de la Russie et prend acte de leur application le 12 septembre 2014; est d’avis que les sanctions doivent être définies de façon à ce que les sociétés liées au Kremlin ne puissent pas les contourner; demande à l’Union européenne de surveiller de près la coopération économique prenant la forme d’échanges d’actions ou d’entreprises communes;

11. souligne le caractère réversible et évolutif des mesures restrictives prises par l’Union européenne, en fonction de la situation en Ukraine;

12. demande aux États membres et au SEAE de définir des critères clairs qui, lorsqu’ils auront été respectés, permettraient de ne pas devoir adopter de nouvelles mesures restrictives à l’égard de la Russie, voire de mener à la levée des sanctions précédentes; estime que ces critères devraient comprendre le retrait intégral des troupes russes et des mercenaires du territoire ukrainien, l’arrêt de la fourniture d’armement et de matériel aux terroristes, le respect intégral du cessez-le-feu par la Russie, la mise en place d’un mécanisme international efficace de contrôle et de vérification du respect du cessez-le-feu ainsi que le retour du contrôle de l’Ukraine sur la totalité de son territoire; demande au Conseil et aux États membres de n’envisager la levée d’aucune sanction avant que ces conditions ne soient remplies et de se tenir prêts à imposer de nouvelles sanctions en réponse à toute action russe destinée à menacer l’accord de cessez-le-feu ou à provoquer de nouvelles tensions dans le pays;

13. rappelle que les mesures de restriction que l’Union a imposées à la Fédération de Russie sont la conséquence directe de la violation du droit international que ce pays a commise en annexant illégalement la Crimée et en déstabilisant l’Ukraine, alors que les mesures commerciales que la Russie a prises, notamment à l’encontre de l’Ukraine et des autres pays du partenariat oriental qui ont récemment conclu des accords d’association avec l’Union européenne, ne se justifient aucunement; demande à l’Union européenne d’envisager l’exclusion de la Russie de la coopération nucléaire civile et du système Swift;

Je parle de ce point central après la fin de ce texte d’anthologie

14. demande à la Commission de suivre attentivement les répercussions des sanctions russes dites de représailles et de prendre rapidement des mesures de soutien aux producteurs touchés par les restrictions commerciales russes; se félicite des mesures que le Conseil européen de l’agriculture a adoptées le 5 septembre 2014 et prie la Commission de réfléchir à la manière dont l’Union pourrait faire face plus efficacement à de semblables crises à l’avenir et de mettre tout en œuvre pour aider utilement et opportunément les producteurs européens affectés; déplore la suspension des mesures urgentes en faveur du marché des fruits et légumes périssables, mais condamne toute fraude aux aides; demande à la Commission de présenter au plus vite un nouveau programme;

15. demande à la Commission de surveiller de près les marchés de l’agriculture, des denrées alimentaires, de la pêche et de l’aquaculture, d’informer le Conseil et le Parlement de toute évolution et d’évaluer l’incidence des mesures prises afin d’étendre éventuellement la liste des produits concernés et d’augmenter l’enveloppe de 125 millions d’EUR; invite instamment la Commission à ne pas se limiter aux mesures de marché mais à prendre également des mesures à moyen terme pour renforcer la présence de l’Union sur les marchés des pays tiers (par exemple via des activités promotionnelles);

16. envisage la possibilité de s’appuyer sur d’autres fonds de l’Union que les fonds pour l’agriculture, puisque la crise est avant tout de nature politique et non le résultat d’une défaillance des marchés ou de conditions climatiques défavorables;

17. souligne que la stabilité et le développement politiques et économiques à moyen et long termes de la Russie passent par la mise en place d’une véritable démocratie et que l’avenir des relations UE-Russie dépendra des efforts entrepris pour renforcer la démocratie, l’état de droit et le respect des droits fondamentaux en Russie;

18. exprime sa satisfaction à la suite de la libération des otages détenus par les groupes armés illégaux dans l’est de l’Ukraine et réclame également celle des prisonniers ukrainiens détenus en Russie; cite tout particulièrement le cas de Nadejda Savtchenko, une volontaire ukrainienne qui a été capturée par les séparatistes en juin 2014, puis transférée en Russie où elle est maintenue en détention; souligne également le cas des cinéastes et des journalistes Oleg Sentsov, Oleskiy Chierny, Gennadiy Afanasiev et Aleksandr Kolchenko, capturés en Crimée;

19. salue la volonté réaffirmée de l’OTAN d’accorder la priorité à la sécurité collective et de respecter l’article 5 du traité de Washington; se félicite des décisions adoptées lors du sommet de l’OTAN à Newport, visant à relever le niveau de sécurité des alliés à l’est et à mettre en place une force commune d’intervention très rapidement mobilisable, une présence militaire tournante permanente de l’OTAN et des infrastructures logistiques, ainsi que des actions visant à renforcer la capacité de l’Ukraine à assurer sa propre sécurité; prend acte du fait que les alliés de l’OTAN peuvent fournir à l’Ukraine, à titre bilatéral, les armes, la technologie et le savoir-faire nécessaires en matière de sécurité et de défense; tient toutefois vivement à souligner qu’il n’existe pas de solution militaire à la crise ukrainienne;

20. souligne l’importance d’une enquête indépendante, rapide et complète sur les causes de la destruction en vol de l’avion MH17 de la Malaysia Airlines, déléguée au Bureau néerlandais de la sécurité, et la nécessité de traduire en justice les responsables de ce crash; relève que le Bureau néerlandais de la sécurité a rendu son rapport préliminaire sur l’enquête relative au crash du MH17 le 9 septembre 2014; souligne que, sur la base des conclusions préliminaires, rien n’indique à ce stade qu’il y ait eu un quelconque problème technique ou opérationnel en rapport avec l’appareil ou l’équipage, et que les dégâts constatés dans la partie avant semblent indiquer que l’appareil a été touché par un grand nombre d’objets extérieurs dotés d’une grande énergie; déplore que les rebelles empêchent toujours les enquêteurs de se rendre sans encombre sur le lieu de l’accident et demande à toutes les parties de leur faciliter sans délai l’accès au site;

21. est convaincu que la seule réponse viable de l’Union aux menaces de la Russie est de faire front ensemble et de parler d’une seule voix; est d’avis que l’Union doit reconsidérer ses relations avec la Russie, abandonner le concept de partenariat stratégique et adopter une nouvelle approche unifiée;

22. fait part de ses vives inquiétudes face à la situation humanitaire catastrophique dans l’est de l’Ukraine, en particulier eu égard à l’hiver à venir; insiste sur l’urgence de fournir une aide humanitaire à la population vivant dans les zones de conflit, aux personnes déplacées et aux réfugiés; relaie le signal d’alarme que l’Organisation mondiale de la santé a lancé dernièrement à propos de la situation d’urgence sanitaire qui règne dans l’est de l’Ukraine, où les hôpitaux ne peuvent être pleinement opérationnels et font face à une pénurie de médicaments et de vaccins; salue la décision récente de la Commission de mobiliser 22 millions d’EUR en faveur de l’aide humanitaire et de l’aide au développement en Ukraine; appelle à une action urgente de plus grande envergure sous l’égide et la supervision de l’Union européenne afin de contribuer à aider les plus défavorisés, notamment au moyen d’un convoi d’aide humanitaire; rappelle que l’aide humanitaire à l’Ukraine doit être octroyée dans le plein respect du droit humanitaire international et des principes d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance, en étroite coordination avec le gouvernement ukrainien, l’ONU et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR); fait part de son plus profond respect à l’égard du travail humanitaire accompli par les groupes de citoyens ukrainiens dans l’est de l’Ukraine, notamment pour évacuer les enfants, donner des soins et acheminer de la nourriture;

23. prie instamment la Commission de s’atteler à la préparation du troisième grand programme d’aide macrofinancière à l’Ukraine, ainsi que de jouer un rôle de premier plan dans l’organisation de la conférence des donateurs pour l’Ukraine, qui devrait avoir lieu avant la fin de l’année 2014 et réunir des organisations internationales, des établissements financiers d’envergure mondiale et des représentants de la société civile; souligne combien il est important que la communauté internationale s’engage à soutenir la stabilisation et les réformes économiques et politiques en Ukraine;

24. salue les efforts constants déployés par les autorités ukrainiennes pour garantir le droit à l’éducation et en particulier pour veiller à ce que tous les enfants soient en mesure de réintégrer dès que possible les écoles touchées par le conflit; rappelle l’importance d’un appui psychosocial à tous les enfants qui ont été directement exposés à des événements violents;

25. condamne fermement l’enlèvement illégal d’un agent estonien des renseignements depuis le territoire estonien vers la Russie et prie les autorités russes de libérer immédiatement M. Kohver et de permettre son retour en Estonie en toute sécurité;

26. estime qu’il est extrêmement important de réduire la dépendance de l’Union vis-à-vis de la Russie et d’autres régimes autoritaires; demande, en outre, au Conseil européen d’octobre 2014 d’adopter un plan d’urgence ambitieux et global pour l’hiver à venir, en y incluant également les pays voisins tels que l’Ukraine;

27. attire l’attention sur les récents témoignages, dignes de foi, de violations des droits de l’homme dans les zones de conflit, qui sont essentiellement le fait des troupes régulières russes et des séparatistes ; se rallie à l’appel lancé au gouvernement ukrainien pour qu’il mette en place un registre unique des signalements d’enlèvements, pour qu’il le tienne à jour et pour qu’il mène des enquêtes approfondies et impartiales sur tous les cas présumés d’usage excessif de la force, de mauvais traitements ou de torture;

28. salue l’adoption par la Commission du quatrième rapport de suivi de la mise en œuvre par l’Ukraine du plan d’action pour la libéralisation du régime des visas ainsi que la décision du Conseil de passer à la deuxième phase de ce plan; insiste pour que le régime d’exemption de visas entre l’Union européenne et l’Ukraine soit finalisé rapidement, étant donné qu’il apportera une réponse concrète aux aspirations européennes des manifestants de la place Maïdan; réitère par ailleurs son appel à la mise en place immédiate de procédures de visas temporaires, très simples et peu onéreuses;

29. demande la poursuite des pourparlers trilatéraux sur l’approvisionnement de l’Ukraine en gaz, suspendu depuis le mois de juin 2014, afin de trouver une solution pour qu’il soit rétabli; réaffirme la nécessité de garantir l’approvisionnement en gaz via un flux inversé de gaz depuis les États de l’Union qui sont voisins de l’Ukraine;

30. invite l’Union européenne à considérer que les dispositifs de stockage du gaz, d’interconnexion et de flux inversé constituent des atouts stratégiques, et donc à réglementer la part des entreprises tierces actives dans ces secteurs vitaux; demande, en outre, aux États membres d’annuler les accords programmés avec la Russie dans le secteur énergétique, notamment le gazoduc South Stream;

Donc n’importe quel enfant de 15 ans comprend que cela serait très utile à la sécurité énergétique de l’Europe pour ne plus dépendre d’un chantage ukrainien.  Or la Parlement demande d’annuler. Pourquoi ?  Réponse probable : car des entreprises comptent bien récupérer le réseau public de gaz ukrainien, que le FMI demande de privatiser. Et qui vaudrait bien moins si le projet aboutissait…

Donc n’importe quel enfant de 15 ans comprend que cela serait très utile à la sécurité énergétique de l’Europe pour ne plus dépendre d’un chantage ukrainien. Or la Parlement demande d’annuler. Pourquoi ? Réponse probable : car des entreprises comptent bien récupérer le réseau public de gaz ukrainien, que le FMI demande de privatiser. Et qui vaudrait bien moins si le projet aboutissait…

31. souligne la nécessité de renforcer radicalement la sécurité et l’indépendance énergétiques de l’Union ainsi que sa résilience aux pressions extérieures via la consolidation des secteurs de l’énergie, le développement plus marqué de l’infrastructure énergétique dans les pays voisins de l’Union et le développement d’interconnexions énergétiques entre ces pays et l’Union, conformément aux objectifs de la Communauté de l’énergie, et de mettre en œuvre ces projets prioritaires d’intérêt commun de toute urgence afin de mettre en place un marché libre du gaz pleinement opérationnel en Europe;

32. se félicite de la décision du gouvernement français de suspendre la livraison des porte-hélicoptères de type Mistral et demande à tous les États membres de suivre une ligne politique similaire en ce qui concerne les exportations non couvertes par les sanctions de l’Union, notamment pour les armes et le matériel à double usage; rappelle que ce marché, dans les circonstances actuelles, serait contraire au code de conduite de l’Union européenne sur les exportations d’armes et à la position commune de 2008 définissant des règles communes régissant le contrôle des exportations de technologie et d’équipements militaires; demande aux États membres de l’Union de se conformer pleinement à l’embargo sur le commerce d’armes et à l’interdiction d’exportation de biens à double usage à des destinataires militaires;

33. salue la décision d’organiser des élections législatives anticipées en Ukraine le 26 octobre 2014 et attend du gouvernement qu’il garantisse des élections libres et équitables; invite l’Ukraine à instaurer la transparence dans le financement des partis et leurs campagnes politiques et à répondre intégralement à toutes les remarques citées dans les résultats et conclusions de la mission d’observation de l’OSCE/BIDDH pour les récentes élections présidentielles; invite tous les partis politiques actuellement représentés au Parlement ukrainien à participer aux élections et demande à l’ensemble des acteurs d’en respecter pleinement les résultats; espère qu’une forte majorité se dégagera pour les défis majeurs et les réformes indispensables à venir; exhorte les rebelles de l’est du pays à ne pas faire obstruction au processus électoral et à garantir le droit fondamental des habitants du Donbass à élire librement leurs représentants; est décidé à envoyer des observateurs électoraux afin de surveiller lesdites élections et demande une mission internationale substantielle d’observation des élections afin de surveiller le scrutin décisif qui aura lieu dans des conditions encore difficiles;

Des élections libres en période de guerre à l’Est ? Sérieusement ?

34. souligne que la Russie a moins de raisons que jamais de critiquer l’accord UE-Ukraine ou de réagir en imposant des restrictions commerciales injustifiées et en procédant à une agression militaire; s’inquiète de ce que cette nouvelle évolution incite la Russie à durcir sa politique d’intimidation vis-à-vis de l’Ukraine et à tenter d’attirer ce pays dans sa sphère d’influence; craint un risque de contagion vers la Géorgie et la Moldavie;

35. regrette que les dirigeants russes considèrent le partenariat oriental de l’Union comme une menace pesant sur leurs intérêts politiques et économiques; souligne que la Russie tirerait au contraire profit d’un accroissement des activités commerciales et économiques et qu’un voisinage stable et prévisible viendrait renforcer sa sécurité; déplore le fait que la Russie utilise les échanges commerciaux comme moyen de déstabilisation de la région en imposant plusieurs interdictions d’importation sur les produits en provenance d’Ukraine et de Moldavie, et, plus récemment, en renonçant aux zones de libre-échange de la Communauté des États indépendants avec l’Ukraine, la Géorgie et la Moldavie et en réinstaurant par la suite les droits accordés à la nation la plus favorisée (droits NPF) pour les produits en provenance de ces pays;

36. réaffirme cependant que cet accord ne peut constituer un aboutissement dans les relations entre l’Union européenne et l’Ukraine; souligne en outre que conformément à l’article 49 du traité sur l’Union européenne, l’Ukraine – au même titre que n’importe quel autre État européen – a une perspective européenne et peut introduire une demande d’adhésion à l’Union européenne, à condition de faire siens les principes démocratiques et de respecter les libertés fondamentales, les droits de l’homme et les droits des minorités ainsi que l’état de droit;

Et les citoyens, ils ont le droit de voter par référendum pour refuser ce délire ?

37. souligne que les relations de partenariat et de coopération avec la Russie devraient être rétablies lorsque la Russie démontrera qu’elle se conforme au droit international, concourra activement et sans ambiguïté à trouver une solution pacifique à la crise ukrainienne et respectera pleinement l’intégrité territoriale, l’indépendance et la souveraineté de ce pays, ainsi que celles des autres pays du partenariat oriental et de ses voisins; invite la nouvelle haute représentante / vice-présidente à s’engager activement pour faciliter le dialogue entre l’Ukraine et la Russie, de même que celui entre l’Union et la Russie, et pour promouvoir des solutions pacifiques aux conflits; estime par ailleurs que la Commission devrait étudier les modalités de la coopération de l’Union avec l’Union économique eurasiatique;

Bah oui. Par exemple, quand la France bombarde la Syrie sans mandat de l’ONU, c’est parfaitement conforme au Droit International… Euh, ah non ?

Sinon, pour la coopération, ils se rendent compte de ce qu’ils écrivent dans un tel document ? À moins que chaque paragraphe soit-il rédigé par une personne différente ?

38. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, aux gouvernements des États membres, au président, au gouvernement et au Parlement ukrainiens, au Conseil de l’Europe, à l’OSCE ainsi qu’au président, au gouvernement et au Parlement de la Fédération de Russie.

Source : Parlement européen

P.S. a propos du vote de cette résolution, on a dit tout et n’importe quoi, à partir du site VoteWatch. Mais encore faut-il savoir l’utiliser, pour se rendre compte qu’il donne le résultat des votes des amendements, mais pas de la résolution elle-même… Le vote final a eu lieu semble t-il à main levée, donc on ne sait pas qui a voté quoi (l’Europe, la Démocratie, tousatousa…).

Alors comme promis, un mot sur Swift.

C’est tout simplement le système reliant entre elles toutes les grandes organisations bancaires et financières mondiales.

Couper Swift en Russie, cela revient à couper tous les liens entre les banques russes et le reste du monde, interdisant donc aux banques de se refinancer à l’étranger et de traiter des devises étrangères. cela revient donc à transformer la Russie en Albanie.

Fait brutalement (et même si c’était fait pas brutalement, à mon avis), cela mettrait le système bancaire russe au tapis, et donc vaporisera une bonne partie de l’épargne des Russes et de ses entreprises.

Bref, ce serait un acte d’agression sauvage, et c’est une menace délirante, de nature à justifier une attaque préventive russe si cette idée faisait son chemin…

Chapeau bas !

Plus d’informations :

Quel risque pour la Russie en cas de déconnexion du système SWIFT ?

Dans le cadre de l’expansion des sanctions liées à la crise ukrainienne, l’Angleterre a proposé de bloquer l’accès de la Russie au système bancaire international SWIFT. Cette proposition a peu de chances d’aboutir, mais si tel était le cas, la Russie s’empresserait de créer un système équivalent conjointement avec la Chine.

Le gouvernement britannique a officiellement annoncé que la Grande-Bretagne exhorterait l’Union européenne à bloquer l’accès de la Russie au réseau bancaire SWIFT dans le cadre de l’expansion des sanctions, informe l’agence Bloomberg.

Actuellement, le réseau SWIFT réunit plus de 10 000 organisations bancaires et financières dans 210 pays du monde, la Russie compte plus de 600 participants, dont la Banque de Russie.

En cas de déconnexion du système SWIFT, les banques russes ne pourront plus gérer leurs comptes de correspondance à l’étranger, les paiements en devises seront également affectés, car toutes les informations sont transmises par SWIFT.

« SWIFT est, essentiellement, un protocole d’interaction entre les banques. Si les codages communs sont interdits en Russie, le système bancaire russe pourrait rapidement plonger dans le chaos et connaître un effondrement partiel », explique Vassili Yakimkine, professeur adjoint de la faculté des finances et de la banque à l’Académie russe de l’économie nationale et analyste de FIBO Group.

Par ailleurs, les dirigeants occidentaux ne cherchent pas à bloquer tous les paiements en provenance et à destination de la Russie car, dans ce cas, ils ne pourront plus payer les ressources énergétiques et ne seront donc, pas livrés. « En outre, cela pourrait stimuler la création par la Russie et par la Chine (ce qui est encore plus dangereux pour l’Occident) de leur propre système de paiement pour les transactions financières entre les banques de différents pays », ajoute Vassili Yakimkine.

Principal risque

Anton Soroko, analyste de la holding d’investissement FINAM, explique que si cette restriction est finalement introduite, la Russie disposera probablement d’un certain délai pour s’adapter à la nouvelle situation.

« Au moins, quand l’Iran a été déconnecté de SWIFT, il en avait été informé à l’avance, pas comme pour l’arrêt récent de fourniture de services aux banques russes par Visa et Mastercard », explique Soroko. En mars 2014, les systèmes de paiement internationaux ont bloqué en un jour les opérations sur les cartes bancaires des banques frappées par les sanctions américaines, et les banques et les clients n’en avaient pas été avertis à l’avance.

L’analyste en chef d’UFS IC Ilya Balakirev explique que la décision de déconnecter la Russie du système SWIFT serait étrange, car l’Union européenne a souligné à plusieurs reprises qu’elle ne souhaitait pas restreindre les transactions privées. « Aujourd’hui, les opérations en devises sont quasiment impossibles sans l’utilisation de SWIFT. Ce protocole, de facto, est une norme », explique l’analyste.

Aussi, la « déconnexion » de la Russie de SWIFT signifie, en réalité, l’arrêt de toutes les opérations bancaires avec les banques étrangères, ainsi que des opérations en devises sur le marché intérieur. « Les entreprises exportatrices pourraient rencontrer des difficultés, de même que les entreprises importatrices. La Russie pourrait, de la même manière, interdire aux entreprises européennes d’utiliser ses pipelines sans interdire l’exportation du gaz », précise Balakirev.

Solutions alternatives

Les sanctions sous forme de déconnexion des banques d’un pays de SWIFT ont déjà été utilisées pour faire pression sur l’Iran. En février 2002, le comité bancaire du Sénat américain a approuvé à l’unanimité la loi visant à interdire à SWIFT de servir les banques iraniennes déjà frappées par les sanctions.

Par ailleurs, SWIFT, société enregistrée en Belgique, n’était pas d’accord avec cette décision. Pourtant, un mois plus tard, en mars 2012, la société a accepté les arguments des autorités américaines et a déconnecté les banques iraniennes. « Les États-Unis peuvent obliger les institutions financières internationales de choisir entre la poursuite de l’activité en Russie et le travail aux États-Unis en excluant la Russie du système en dollars », explique Vassili Yakimkine.

Toutefois, seule la Grande-Bretagne qui a annoncé l’éventuelle déconnexion de SWIFT, pas les États-Unis.

La Banque de Russie étudie déjà la création d’un équivalent de SWIFT en Russie. En août 2014, le vice-ministre des Finances, Alexeï Moïseïev, a déclaré que le ministère des Finances et la Banque centrale préparaient un projet de loi sur la création d’un équivalent de SWIFT en Russie.

Le vice-ministre a expliqué qu’il existait déjà des propositions : par exemple, la société russe CyberPlat a déjà développé des solutions similaires. La Banque centrale, elle, dispose de son propre système protégé d’échange de messages.

« Il est sans doute impossible de créer un équivalent complet de SWIFT, car cela nécessiterait la coopération des banques à travers le monde entier, ce qui paraît peu probable », explique Ilya Balakirev.

Il estime que la solution pourrait consister à créer un centre de traitement SWIFT sur le territoire Russe, ce qui ne serait pas sans conséquences sur ses échanges internationaux.

Source : Rbth.com, 5/9/2014

SWIFT: la déconnexion de la Russie serait perçue comme une agression (VTB)

La déconnexion de la Russie du réseau mondial de communications interbancaires SWIFT serait évaluée comme une agression, et la riposte pourrait être très dure, a déclaré vendredi devant les journalistes à Moscou le président de la Vneshtorgbank (VTB, 2e banque russe) Andreï Kostine.

« Le secteur bancaire russe est stable », a-t-il déclaré.

Auparavant, le Parlement européen a invité les pays membres de l’UE à étudier la possibilité de bloquer l’accès de la Russie au système bancaire international SWIFT. Dans ce cas, les banques russes ne pourraient plus gérer leurs comptes de correspondance à l’étranger ni même effectuer des opérations en devises sur le marché intérieur.

Le réseau mondial SWIFT réunit plus de 10.000 institutions financières de 210 pays. Des mandats pour plus de 6.000 milliards de dollars transitent chaque jour par ce réseau qui assure le transfert de données financières relatives aux paiements.

Source : RIA, 19/9/2014

Expulser la Russie du réseau Swift

Les délégués présents à la conférence Sibos 2014 organisée par Swift (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) à Boston à la fin de ce mois-ci souhaiteront savoir si la question des sanctions économiques contre la Russie est à l’ordre du jour.

Le fournisseur de services de messagerie financière a réagi avec colère à une récente résolution du Parlement européen (PE) appelant l’Union européenne (UE) à expulser la Russie du réseau Swift. Le projet de loi va maintenant être soumis à la Commission européenne (CE), où il aura besoin de la collaboration étroite des Etats membres agissant à l’unisson pour prendre effet.

Voici en réponse un extrait du communiqué publié par Swift : “En vertu des principes fondamentaux du droit européen, consacrés dans la Charte des droits fondamentaux de l’UE, le fait de restreindre Swift de cette manière si disproportionnée interfère avec le droit fondamental de Swift à des affaires et avec son droit de propriété. Il constitue également un traitement discriminatoire et inégal”.

Mentionner explicitement Swift dans une résolution de ce type du Parlement européen sur une question internationale aussi sensible créé également d’immenses dégâts à la réputation de notre entreprise. Notre mission est d’être un fournisseur mondial et neutre au service de l’industrie financière. La fourniture de services de messagerie financière à des entités russes n’est pas affectée par les mesures actuellement en vigueur”.

Bloquer l’accès à la Russie au système SWIFT reviendrait quasiment de facto à couper la Russie du reste du monde puisque l’ensemble des transactions financières et commerciales de la planète passent par ce système ou presque.

La résolution du Parlement européen fait écho à une demande similaire par le Conseil européen (CE) à Swift en 2012, lorsque le CE a ordonné au réseau de déconnecter l’Iran dans le cadre d’une campagne visant à bloquer le programme nucléaire du pays. Bien que la position de Swift soit politiquement neutre, il a, à l’époque, respecté les souhaits du CE.

Une personne de premier plan dans le système bancaire russe a cependant indiqué qu’elle croit que le Parlement est en train de bluffer. S’exprimant cette année lors d’un forum international d’investissement, qui s’est tenue dans la ville russe de Sotchi, Andrei Kostin, PDG du Groupe VTB, deuxième banque de Russie, a déclaré le 19 septembre : “Je pense que cela ne va pas se produire. Je nomme ceci un acte d’agression direct contre le système financier de la Russie avec toutes les conséquences ultérieures possibles. Il s’agit d’une mesure très difficile.”

L’alarme de Swift a sans doute été renforcée par des rapports qui précisent que les autorités russes sont en discussion avec la Chine pour l’établissement d’un système alternatif de transaction interbancaire. La Russie a annoncé publiquement son intention de réduire la dépendance du marché financier russe envers SWIFT depuis l’instant où les Etats-Unis ont commencé le renforcement des sanctions économiques à l’encontre de la Russie.

Source : finyear.com

Moscou et Pékin songent au système de transactions financières commun

Par La Voix de la Russie | La Russie et la Chine sont en train de discuter de la possibilité de créer un analogue du système SWIFT pour les transactions entre les deux pays, a indiqué le vice-premier ministre Igor Chouvalov à l’issue des entretiens à Pékin avec des représentants des entreprises dans le cadre d’une réunion de la commission russo-chinoise sur les investissements.

M. Chouvalov a souligné que le côté chinois avait soutenu l’initiative et les services compétents sont actuellement en train d’étudier la possibilité de sa mise en œuvre.

L’idée de créer un analogue du système SWIFT est survenue après les menaces formulées par les pays de l’UE d’évincer la Russie du système mondial des paiements interbancaires en guise de sanctions suite aux événements en Ukraine. Ce n’est pas sûr que cette menace puisse véritablement être mise en œuvre, car l’interdépendance économique entre la Russie et l’UE est trop grande. Ainsi, la part du gaz russe sur le marché européen a augmenté de 25% à 33% depuis 2010. Et l’Europe sera toujours obligée de régler la facture à la Russie pour le gaz. Donc bloquer l’accès à ce système de paiements internationaux poserait beaucoup de problèmes.

Ces appels de déconnecter le Russie du système SWIFT resteront plutôt des déclarations politiques. Mais un verrouillage d’essai pourrait bien être mis en œuvre. Par exemple, le Royaume-Uni propose de déconnecter la Russie du système SWIFT pendant deux semaines. Il est peu probable que l’exclusion intégrale de la Russie de ce système, comme ce fut le cas pour l’Iran, soit possible.

Toutefois ces « menaces de sanctions » créent un sentiment d’incertitude chez les hommes d’affaires et les investisseurs. Ils sont inquiets d’investir des fonds, alors que de nouvelles limitations pourraient suivre, provoquant le gel de toutes les transactions pendant un certain temps. Pour éviter d’éventuelles restrictions, la Russie a proposé de créer son propre système de sauvegarde des paiements interbancaires, explique l’économiste en chef de Sberbank CIB Evgueni Gavrilenkov.

« Cette idée est logique et réaliste. Il est possible de créer un système indépendant, car la technologie SWIFT n’est pas unique. Tout le processus pourrait prendre environ deux ans. Une autre question c’est à quel point un tel système sera demandé par le marché. Car SWIFT est un système mondial que tout le monde utilise. Ce n’est pas sûr que les banques étrangères qui utilisent activement le système SWIFT, rejoignent ce nouveau système ».

Selon Evgeny Gavrilenkov, la viabilité de ce nouveau système dépend principalement du nombre de banques qui seront intéressées à s’en servir. Mais les banques chinoises ont déjà évoqué leur intérêt dans la création de ce nouveau système. Une alternative au SWIFT est une perspective alléchante pour la Chine, car elle permettra de réduire la dépendance de la volonté politique des pays occidentaux dans le domaine commercial. Et en perspective, l’idée serait d’abandonner progressivement l’utilisation du dollar et renforcer le rôle du yuan chinois dans les transactions internationales.

Une alternative aux systèmes de paiement pour les particuliers

Si l’alternative au système SWIFT est destinée à garantir les paiements interbancaires, il y aura aussi une alternative aux paiements des particuliers russes, sans passer par les systèmes de paiement occidentaux. Il s’agit d’élargir la présence du système de paiement chinois Union Pay sur le marché russe. Pour l’instant ce système de paiement joue un rôle plutôt marginal en Russie avec seulement plusieurs dizaines de cartes du système de paiement chinois émises en Russie. Cependant, au cours des trois ans à venir, le nombre de cartes de Union Pay émises en Russie devrait atteindre deux millions, selon le porte-parole du système chinois Fan Riguang.

Le vice-premier ministre russe Igor Chouvalov a déclaré que le système Union Pay est prêt à coopérer pleinement avec la Russie pour créer un système national des cartes de paiement. La partie chinoise va proposer de se servir de son infrastructure pour les paiements et en yuans et en roubles.

Le système de paiement chinois ne va certes pas évincer du marché russe les systèmes Visa et Master Card. Tout comme nous ne risquons pas abandonner les transactions par le biais de SWIFT du jour au lendemain. Mais les perspectives de ces systèmes alternatifs sur les marchés nationaux et internationaux sont assez prometteuses. Surtout que près de la moitié des échanges bilatéraux entre la Russie et la Chine, pourraient être effectuées en yuans et en rouble, comme l’a déclaré le vice-ministre des Finances, Alexeï Moïsseïev.

Les chefs des deux Etats ont déclaré en mai de cette année à Shanghai leur volonté d’augmenter la part des transactions en yuans et en roubles entre les deux pays. Selon le vice-ministre des Finances de Russie Alexeï Moïsseïev, dans un avenir proche, les parties vont préparer un accord intergouvernemental sur la transition vers les transactions en monnaies nationales.

Source : ruvr.ru, 11/9/2014

Déconnexion Swift de la Russie : les députés européens sont bien devenus fous… Par Olivier Berruyer.

https://www.les-crises.fr/deconnexion-swift-russie/

Lire la suite

Jean-Pierre Chevènement. Interview du Courrier de Russie (18 Sept.2014): Il n'y a pas d'indépendance de la France sans une Russie forte"

23 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La nation ., #Politique étrangère, #L'OTAN., #Ukraine

Interview du Courrier de Russie (18 Sept.2014):

Il n'y a pas d'indépendance de la France sans une Russie forte"

Parlez-nous de votre enfance.

Jean-Pierre Chevènement : Je suis originaire de l’Est de la France, je suis né à Belfort. Mes parents étaient instituteurs, mais j’ai été très tôt attiré par la politique. Peut-être est-ce lié au fait que je suis né en 1939 et que mes premiers souvenirs remontent à la Seconde Guerre mondiale. Mon père avait été fait prisonnier, et l’école où ma mère enseignait a été occupée un moment par les Allemands. A quinze ans, je me suis mis à soutenir Pierre Mendès-France, qui avait mis un terme à la guerre d’Indochine. J’étais « mendésiste », comme on disait alors, mais je n’ai pas adhéré au parti radical. Plus tard, quand j’ai étudié les sciences politiques à Paris, je suis resté sur cette orientation. J’ai cependant regretté que Mendès-France n’aide pas de Gaulle en 1958, puis en 1962, car le Général était seul à pouvoir mettre un terme à la guerre d’Algérie. Au fond, j’étais assez gaulliste. Lorsque j’ai été appelé comme sous-lieutenant en Algérie, en 1961, j’étais déjà convaincu qu’elle devait être indépendante – mais qu’il valait mieux que ce soit avec la France que contre.

Qu’est-ce qu’il vous reste de ce séjour en Algérie ?

Ce fut une période très difficile, qui a constitué une transition à la fois nécessaire et violente et comporté beaucoup de souffrances. J’avais volontairement pris la responsabilité des relations militaires entre les armées française et algérienne au niveau de la préfecture d’Oran [où a eu lieu le massacre du 5 juillet 1962, ndlr]. Il faut rappeler qu’au cours des trois mois qui ont précédé l’indépendance, il y a eu une véritable sédition de l’OAS. J’ai été le premier Français à voir Ben Bella et Boumédiène à Tlemcen, en juillet 1962, et cela a très fortement marqué mon engagement. Je suis retourné en Algérie à la fin de mon service militaire pour faire un stage à l’ENA, jusqu’en juillet 1963. Je reste aujourd’hui président de l’Amitié France-Algérie : pour moi c’est un lien qui demeure, je suis sensible à tout ce qui se passe de l’autre côté de la Méditerranée.

Et ensuite ?

À mon retour en France, j’ai élaboré un projet prospectif : il s’agissait de changer le parti socialiste de l’intérieur en faisant alliance avec le parti communiste – de Gaulle était âgé et je préparais sa succession. Je voulais prolonger ainsi la Vème république en lui assurant des bases de gauche. J’ai créé un mouvement qui s’appelle le CERES (aile gauche du PS) et, en 1971, nous avons mis Mitterrand au pouvoir – après sept ans d’effort. Mitterrand m’avait chargé de rédiger le programme socialiste, que j’ai élaboré avec les communistes. La suite est connue : après avoir été député (la première fois en 1973), j’ai été maire de Belfort, quatre fois ministre [sous Mitterrand, puis Chirac, ndlr], et enfin sénateur – je suis un vieil homme politique !

Quelle fierté tirez-vous de votre carrière politique, et quels regrets ?

On n’est jamais content de ce que la réalité n’est pas conforme à l’idée qu’on s’en faisait. Je ne suis pas particulièrement réjoui par l’évolution de la gauche… Mais en même temps, nous avons assuré une certaine continuité de l’État, dans le domaine de la défense surtout, ce qui est important dans le maintien d’une politique. J’ai été confronté à des choix libéraux, en 1983 [sous Mitterrand, ndlr], qui m’ont poussé à démissionner Je considérais en effet que l’idée d’un « État stratège » devait être maintenue et j’avais été l’homme des grandes entreprises publiques – je n’ai pas approuvé l’orientation de la politique économique du gouvernement Mitterrand. Mais ensuite, j’ai été rappelé pour remettre de l’ordre dans l’éducation nationale, en 1984, puis à la Défense, en 1988. J’ai le souvenir de grandes réalisations.

Mais vous avez à nouveau démissionné du ministère de la défense…

J’ai pu mener la politique que j’entendais mener jusqu’en 1990-1991, date à laquelle j’ai effectivement quitté le gouvernement pour la deuxième fois – afin de protester contre l’engagement de l’armée française en Irak. Enfin, j’ai été ministre de l’intérieur, en 1997, pendant trois ans et demi : j’ai pu y conduire des réformes importantes dans le domaine de l’intercommunalité. Et puis, j’ai démissionné pour la troisième fois, parce que j’étais en désaccord avec le Premier ministre de l’époque, Lionel Jospin, sur l’avenir de la Corse – j’ai toujours été pour une politique nationale unitaire.
Je n’ai démissionné, à chaque fois, que sur des sujets vraiment importants : politique économique et européenne, politique étrangère ou organisation de l’État. Vous le savez peut-être, je me suis également positionné contre le Traité de Maastricht : je pense que l’Europe doit se faire dans le prolongement des nations – je ne suis pas contre l’idée européenne, mais je suis pour une Europe européenne, c’est-à-dire capable de défendre ses intérêts propres et pas inféodée aux États-Unis. Je suis un homme de gauche original, en quelque sorte. On pourrait dire que je suis un « gaulliste de gauche ». Ou alors un socialiste républicain à la forte adhérence gaulliste…

Qu’est-ce que vous n’êtes pas ?

Je ne suis pas de droite, au sens du libéralisme économique mondialisé. Je suis évidemment encore moins d’extrême-droite – je crois en l’égalité des êtres humains. Je ne suis pas communiste non plus, parce que j’appartiens à une tradition plus souple : le communisme ne fait pas la part des choses entre le collectif et l’individu – il y a un équilibre à trouver. Mes parents étaient plutôt socialistes, mais avec un esprit critique, parfois même, ils étaient individualistes. Il leur est arrivé de voter de Gaulle. Donc, je garde un esprit pragmatique. Voilà ce que je ne suis pas. Je pense que je ressemble à beaucoup de Français

Qu’est-ce qui fait la force d’un homme politique ? Son intégrité ?

J’aurais pu démissionner bien plus souvent ! Ce qui me motive, c’est la continuité de notre politique dans des domaines essentiels, parmi lesquels figurent les relations franco-russes.

Pour quelle raison ?

Parce qu’il en va de l’intérêt de la France et de celui de la Russie. Il n’y a pas d’indépendance de la France sans une Russie forte. Et la Russie aussi a besoin d’avoir, à l’ouest de l’Europe, un grand partenaire amical. Au fond, il n’y a pas d’antagonisme fondamental entre la Russie et la France, les deux pays ne se sont jamais heurtés. Bien sûr, il y a eu l’épisode napoléonien, mais c’est plutôt un accident de l’Histoire ! Les guerres napoléoniennes étaient dirigées contre l’Angleterre – Napoléon voulait diriger le blocus continental, il ne souhaitait pas s’en prendre aux Russes. Mais ça s’est trouvé comme ça, et les Russes se sont défendus. Cela n’a pas affecté nos relations et nous célébrons la bataille de Borodino comme une victoire à la fois russe et française. Et je suis très attaché à maintenir ce lien, même dans le moment difficile que nous traversons.

Il y a des responsabilités partagées des deux côtés, beaucoup de malentendus et d’incompréhension. Ce qui est arrivé en Ukraine aurait pu être évité.

Comment ?

Si les institutions européennes avaient, par exemple, négocié l’accord d’association avec l’Ukraine en étroite concertation avec la Russie, afin d’anticiper les problèmes à venir. S’il y avait eu un meilleur climat, au départ, entre la Russie et l’UE, et peut-être un meilleur contrôle sur les agissements des grands pays – Allemagne, France, Italie. Bien sûr, l’Ukraine n’est pas n’importe quel pays pour son voisin russe, et je ne crois pas que l’intention de la France soit de placer l’Ukraine face à un choix impossible entre Russie et UE. Peut-être, en revanche, que l’Ukraine est effectivement un objet politique pour les États-Unis : certains voient dans cette affaire l’occasion de semer la discorde entre l’Europe de l’ouest et la Russie. Mais ça n’a jamais été le dessein de la France ! Ce qui s’est passé à Maïdan a véritablement été une surprise. L’accord conclu ensuite, le 21 février 2014, par les ministres français, allemand et polonais des affaires étrangères aurait pu fournir une porte de sortie, mais il n’a pas été appliqué. Les Russes ont répondu à n’importe quoi par n’importe quoi.

À quel moment ?

L’annexion de la Crimée est une entorse au principe de la souveraineté de l’État. Je crois que les initiatives prises par les habitants de Sébastopol ont placé la Russie devant le fait accompli. Et celle-ci a choisi d’aller dans le sens de leur demande de rattachement, sans mesurer les problèmes qui allaient en découler, ni l’utilisation qu’allaient en faire les partisans d’une nouvelle guerre froide en Europe. Nous sommes alors entrés, malheureusement, dans un processus incontrôlé, malgré les efforts entrepris depuis quelques mois – y compris par le président français. Un cessez-le-feu précaire est en place et des élections régionales sont prévues à Donetsk et Lougansk, mais on est loin des projets évoqués par Angela Merkel et François Hollande. On voit bien, pourtant, quel genre de compromis pourrait se dessiner : une certaine régionalisation de l’Ukraine, une « neutralisation » du territoire, de façon à ce que les Russes n’aient pas le sentiment que l’Ukraine est appelée à devenir un pays de l’OTAN. Il faudrait d’ailleurs écarter définitivement cette perspective et procéder à une remise à niveau économique de l’Ukraine. Aujourd’hui, il y a une mécanique qui s’est mise en mouvement, c’est la mécanique de la bêtise. Il faut savoir l’arrêter, trouver un point de retour. Le processus dit « de Normandie », qui a réuni les présidents russe et ukrainien, ainsi que le président français et la chancelière allemande, le 6 juin dernier, a constitué un premier pas. Mais il faut aussi convaincre les Américains que la Russie ne doit pas être repoussée vers l’Asie.

Vous êtes confiant ?

Je suis inquiet. Je suis inquiet face aux conséquences des sanctions adoptées, à la façon dont elles sont interprétées. La Russie doit convaincre du caractère national de son projet, elle doit convaincre qu’elle veut se moderniser et non reconstituer l’URSS. Je trouve très forte cette citation de Poutine, qu’on connaît trop peu en Occident : « Celui qui ne regrette pas l’URSS n’a pas de cœur, et celui qui souhaite son retour n’a pas de tête. » Naturellement, il y a des problèmes humains à résoudre, et en premier lieu celui des Russes qui vivent hors de Russie. Mais cela doit se faire dans un cadre international stable. Il faut restaurer la confiance entre les parties, trouver des garanties de sécurité. Cette tâche-là est la plus difficile, car, dans un processus d’escalade, le procès d’intention l’emporte toujours. La Russie doit aussi tenter de s’expliquer. Mais je pense que ce qui s’est passé n’était pas délibéré : je ne sous-estime pas la part de l’émotionnel dans toute cette affaire. Il faudrait revenir à un peu plus d’objectivité.

Y compris du côté américain ?

Il faut distinguer le petit noyau de géo-stratèges, où la part d’émotionnel est faible, et l’opinion, qui ne connaît pas vraiment la Russie et pense que l’on va vers une nouvelle guerre froide – alors que les bases mêmes d’un conflit de ce type n’existent plus. Nous sommes dans un système d’économie de marché, la modernisation de l’économie russe implique certains changements, que nous pouvons saluer. En cela, les sanctions sont contre-productives et vont créer un climat irrationnel.

Vous êtes entendu, sur cette question des sanctions ?

L’avenir le dira. En tous cas, je m’exprime. Je suis en contact direct avec les autorités

gouvernementales, et je m’exprime dans la presse.

Quelles ont été les erreurs de la France, dans la crise ukrainienne ?

Il y a eu des soutiens français inconséquents au processus de Maïdan – mais Bernard Henri-Lévy n’est pas la France. Peut-être que, pour des raisons qui tiennent à notre adhésion à l’UE, nous sommes un peu à la remorque d’un certain nombre de pays qui ont sur la crise ukrainienne des positions radicales et obéissent à des impulsions de l’extérieur. J’aimerais que la France ne soit pas à la traîne, qu’elle travaille au succès d’une Europe existant par elle-même – non contre la Russie, mais avec elle. Et, cela n’engage que moi, mais je considère qu’il faut honorer les contrats Mistral.
Comment la Russie peut-elle être « garante de l’indépendance de la France », comme vous le disiez ?

En développant nos relations économiques, notre concertation politique. La Russie est un pays qui compte à l’échelle planétaire, un grand pays, ainsi qu’un acteur majeur de la politique mondiale. Et elle le restera. Elle constitue un contrepoids dans les relations internationales.

Faites-vous confiance à Vladimir Poutine ?

C’est un homme d’État. Il en a les qualités, et probablement aussi les défauts. Mais j’ai eu l’occasion de le rencontrer, et j’ai été impressionné : par sa capacité à argumenter, mais aussi par le fait qu’au-delà de la rationalité, c’est un homme d’une certaine affectivité. Je ne vous dirai pas, comme le président Bush Junior, que j’ai « vu son âme » – je suis un républicain laïc, fondamentalement cartésien. Mais je pense que le président Poutine est un homme avec qui l’on peut discuter. Il faut – comme toujours – éviter les malentendus, comprendre ce que l’autre a à l’esprit, car nous nous racontons tous une histoire. On ne peut pas faire abstraction, en politique, des éléments psychologiques. Et quoiqu’il en soit, M. Poutine est le président de la Russie, il a été élu – et je ne crois pas qu’il y ait d’opposition capable de lui succéder, ni qu’il faille mettre la Russie au ban des nations.
Qu’est-ce qui vous lie à la Russie, personnellement ?

La littérature. Le peuple. Et je ne suis pas de ces gens qui ont perdu la mémoire – je me souviens très bien des deux guerres mondiales et de la contribution importante de la Russie à ces conflits.
Y a-t-il des choses qui vous effraient ?

Beaucoup de choses m’effraient. La bêtise, principalement. Surtout quand elle est au pouvoir. L’irresponsabilité. L’absence de culture.

Vous n’êtes jamais découragé ?

Je surmonte le découragement.

Comment ?

le travail. J’écris des livres.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune homme épris de politique, et qui sortirait tout juste de l’ENA ?

Je lui dirais d’abord qu’il est mal parti ! En 1967, j’ai écrit avec Alain Gomez et Didier Motchane L’Enarchie – je sortais tout juste de l’ENA moi-même, promo 1965. Et c’est un livre qui n’a pas vieilli. Il dresse un tableau assez juste de la haute administration française. Il est amusant – je vous le conseille. Les fonctionnaires ont toujours les mêmes vices.

Savez-vous que de nombreux Français aimeraient vous voir au gouvernement ?
Ah non, j’ai exclu cette perspective ! La ligne politique du gouvernement actuel n’est pas vraiment la mienne, et si je revenais, ce serait donc pour en prendre la tête… Mais je crois que ce n’est pas vraiment la disposition d’esprit de François Hollande, et je veux laisser à Manuel Valls l’espace dont il a besoin – je ne suis pas un concurrent.

La France d’aujourd’hui manque-t-elle d’hommes d’État ?

Ce sont les circonstances qui révèlent les hommes d’État. Donc, il ne faut pas désespérer.

Lire la suite

OTAN en emporte le vent….. Sur le site "Les Moutons Enragés".

23 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #La mondialisation, #Les transnationales, #Europe supranationale

Une analyse de plus me direz vous!.. Mais plus nous en saurons, et mieux nous comprendrons. Cette analyse permet de relier certains points qui ne sont pas forcément connus de tous. Je remercie M. mon correspondant pour la primeur de ce billet. D’accord, pas d’accord, vos avis sont les bienvenus.

Voilà un chef d’état, qui dit exactement ce qui se passe et comment les instances internationales dans tous les domaines ont été détournées au profit d’une élite.
Vous ne perdrez pas votre temps à écouter ce discours, qui ne laisse aucune place à la langue de bois.

https://www.youtube.com/watch?v=bITizUpYMW0

https://www.youtube.com/watch?v=FN0hVt-OTcA

https://www.youtube.com/watch?v=1YCWUdoovOU

Les ventes de blé de l’Ukraine au deuxième trimestre 2014 ont augmenté de 89,4% par rapport à l’année précédente, amenant une baisse sensible des cours sur le CBOT. Au début 2014, la vague de froid aux Etats Unis avaient amené une forte hausse sur les futures, mais cette survente ukrainienne conjuguée à de bonne récoltes canadiennes et européennes ont fait s’écrouler les cours à des niveaux qui n’avaient pas été vus depuis 4 ans.
L’Ukraine n’a pu obtenir de l’aide des financiers internationaux, qu’en hypothéquant ses récoltes. Elle a livré 4 Mt sur les 10 MT anticipées par le Ministère de l’agriculture US.
Les pluies ont fait baisser la qualité du blé ukrainien, dont une grande partie est dégradée comme fourrager. Néanmoins le gouvernement ukrainien considère que la récolte 2014 va permettre d’exporter 30 Mt ou plus, sans besoin de fixer des limites. Le pays a produit 13 MT de blé meunier pour une consommation intérieure de 5,6 MT.
En Euro, sur l’échéance de novembre, le blé a déjà chuté de 210 €/tonne à 160€, avec un graphe très baissier.
Il est probable que l’ukrainien de base va devoir limiter sa consommation de pain cet hiver.

Corruption Massive

Un analyste indépendant, Michael Hudson, de l’Université du Missouri suit de près pour le FMI les devenir des prêts internationaux accordés à l’Ukraine. Ces prêts ont été accordés à un gouvernement de pacotille, soutenu par les groupuscules nazis et le Département d’Etat américain, dont l’objectif est d’isoler la Russie. Sur les 3,2 Milliards de Dollars virés par le FMI au Trésor ukrainien en mai, 3,1Milliards de $ avaient déjà disparu en août sur des comptes offshore au mois d’août. Cela a beau être noir sur blanc dans un rapport interne du FMI, reproduit ici, les fonds continuent à affluer. 500 M$ ont encore été versé le 8 aout
La monnaie ukrainienne a déjà dévalué de 50% cette année, la vie va devenir très chère à Kiev avec de tels requins au sommet de l’état.
On se souvient que le lendemain du coup d’état, une cargaison d’or sortait en douce du pays par un avion privé. On parle de 33 tonnes du Trésor Ukrainien qui ont été ultérieurement confiées à la Fed par la BoU.

La mort au bout du chemin

Vous devriez assister à un nouveau coup d’état en Ukraine, où d’autres prédateurs prendront le contrôle de ce pays en ruine. Ils continueront le pillage à leur manière. Ce sera probablement sous la houlette d’un néo-nazi, Ihor Kolomoyskyy, qui dispose d’une véritable armée privée.
Quant à Poroshenko, certaines sources très informées, affirment qu’un contrat est sur sa tête et qu’il ne va pas survivre très longtemps.

Souvenez vous de la Révolution Française, presque tous ses instigateurs, on finit sur l’échafaud. Relisez « des pions sur l’échiquier » ! Le pouvoir de l’ombre se débarrasse souvent brutalement des idiots utiles. Durant la guerre d’Espagne, les fous et repris de justice qui ont servi à organiser les premiers massacres, notamment de religieux, ont été ensuite brutalement éradiqués. En Ukraine, un des premiers acteurs du coup d’état, petit-chef d’un parti nazi, qui a brièvement fait un buzz sur internet pour avoir maltraité des policiers et des fonctionnaires de la Justice, a été abattu par la Police, sans procès.

Il est probable que la Russie ne sera pas partie prenante dans le « coup d’état » à venir. Poutine va attendre le pourrissement de la situation pendant les deux ans à venir, jusqu’à ce qu’il soit accueilli comme un sauveur.

Soldats de fortune

Les indépendantistes de l’Est de l’Ukraine n’ont pas caché que des soldats étrangers combattaient à leur côté, pas seulement des russes, mais des français, des espagnols, des allemands, des suédois ou des serbes. Ils les ont comparés aux « Brigades Internationales » qui durant la Guerre d’Espagne étaient venues combattre le fascisme. Si vous suivez zerohedge, vous avez du lire plusieurs articles sur le sujet, mais les média mainstream en ont parlé également, comme la BBC, , Russia Today, ou le Wahington Post, , qui dit que des combattants étrangers combattaient des deux côtés, voire Agenfor qui met en avant des serbes.

Certaines sources décrivent même ces soldats étrangers à l’Est comme provenant des forces spéciales de certains pays européens, cherchant à s’opposer à la politique de Washington. Ce sont donc des professionnels aguerris et parfaitement encadrés, qui auraient renversé la situation sur le front ukrainien.

Il est vrai que les fonds secrets américains avaient très tôt engagé les mercenaires de Xe. Ce sont leurs snipers qui ont ensanglanté Maiden, tuant des hommes des deux côtés avec les mêmes armes, comme cela a été démontré, puis dénoncé par la représentante de l’Union Européenne. Information gardée sous le boisseau par les médias dominants, évidemment.
Moins glorieux, j’ai lu ailleurs, sans me souvenir du site, que des agences de voyage spécialisées, offraient aux amateurs de ce genre, de venir guerroyer en Ukraine. Le reporter dénonçait ces recrues interlopes, qui profitaient de ces guerres pour faire beaucoup d’argent, dans le trafic d’armes ou de drogue, comme ce fut le cas avec la Yougoslavie.

Je me souviens de la guerre du Liban, où des snipers de différentes nationalités, allaient faire des séjours pour se faire quelques cartons. Il en est de même avec les musulmans de toutes nationalités, qui vont en Syrie ou en Irak, par plaisir ou conviction religieuse.
Le monde semble assoiffé de sang.

OTAN en emporte le vent

La réunion de l’OTAN au Pays de Galles n’a pas été une lune de miel pour les faucons rangés sous les ordres de Rassmussen.
Il semblerait qu’il y ait eu de très forts tirages. Merkel aurait rué dans les brancards en disant qu’il n’était pas question d’intervenir en Ukraine, sauf pour trouver des solutions pacifiques à la crise. Elle aurait même été très loin en stigmatisant les guerres perpétuelles initiées pas les américains. L’OTAN n’est pas dans ses statuts une armée d’agression, mais de défense. Les statuts interdisent la création de base spécifique de l’OTAN en Europe Centrale ou orientale a t’elle rappelé, renvoyant l’Estonie en touche.
L’OTAN a réussi à créer une force de réaction rapide de 5.000 hommes, se sont félicités les dirigeants occidentaux, mais cela permettrait il d’arrêter une force d’agression extérieure.

Officiellement, même si Poutine considère que ce sommet est une victoire des faucons, la politique agressive américaine de la Russie ne semble pas avoir trouvé un écho favorable chez les gouvernements européens.
Pour mémoire, l’Allemagne a refusé de participer à la nouvelle guerre irakienne poussée par Obama, sachant bien le rôle des agences américaines dans la création, la formation, l’armement et le financement de l’EIL, quel que soit son nom, en Afghanistan, Libye, Syrie ou Irak.

Un autre allié de l’OTAN et non des moindres, la Turquie, a refusé de participer aux attaques de l’EIL et a même interdit aux avions de l’OTAN de bombarder, qui que ce soit à partir des bases sur le territoire ottoman. Ankara sait bien que l’ambassade américaine en Turquie est quasiment le QG politique de l’EIL.

Par ailleurs, une défiance vis à vis des Etats Unis se développe dans toute l’Europe de l’Est. Le Président Hongrois, Viktor Orban, a publiquement déclaré lors d’un discours en juillet que les USA étaient en banqueroute tant sur le point financier que moral. Il a rejeté le droit des Etats Unis de se conduire en suzerain omnipotent en Europe et a refusé de mettre en oeuvre des sanctions contre la Russie ou de se plier aux ordres d’un Empire déclinant ou de ses valets de l’UE. Il a ajouté, que la Hongrie aurait plus à apprendre en suivant l’exemple des BRIC. Pourtant Orban est au départ un pur produit américain, diplômé de l’université John Hopkins, avant de suivre la formation du American Entreprise Institute. Il défie néanmoins l’UE, notamment au sujet du Gazoduc Southstream.

On retrouve ce sentiment et des discours similaires chez les tchèques ou les polonais. Souvenez vous de la déclaration du Ministre des affaires Etrangères polonais disant que la Pologne avait fait une fellation à Washington sans même être payée en retour (ici sur le Guardian ). Quant au Premier Ministre tchèque, il a comparé l’UE au Troisième Reich. On se souvient que le Président a longtemps refusé de signer le Traité avec l’UE.

En Allemagne, un sondage a été réalisé par le Fond allemand Marshal révélant que 57% des personnes interrogées souhaitaient une plus grande indépendance politique et diplomatique vis à vis de la politique des Etats Unis. Une étude plus large en Europe a montré que 50% des personnes interrogées ne veulent plus rester sous la dépendance américaine pour leur sécurité. C’est un vrai schisme, un rejet brutal de la politique de Washington, car la même enquête il y seulement un an, ne comptait que 8% d’américanophobes. En Allemagne, ceux-ci sont passés en douze mois de 56% à 76%.

200 Trillions de Dollars

Le gouvernement français semble toujours complètement totalement asservi aux politiques guerrières Israélo-anglo-américaines. N’accusez pas Hollande ! Sarkozy était pareil, si ce n’est pire. Souvenez vous de son premier voyage après son élection, où on le voyait prendre quelques jours de vacances avec Georges Bush.

Sous Sarkozy, la France a envoyé ses armées en Afghanistan.

Rien d’étonnant à cela. La coalition autour des armées américaines a permis à l’Afghanistan de multiplier la production d’opium par 14 depuis l’invasion. Les professionnels de la branche obscure de la C.I.A. ont installé des laboratoires de transformation pour pouvoir exporter directement de l’héroïne pure, infiniment moins volumineuse. Les bases aériennes de l’OTAN servent de hubs pour l’expédition et la distribution de la drogue en Europe, exactement comme Air America avec la drogue du Triangle d’Or.

Les grands bénéficiaires de ce trafic de drogue à l’échelle planétaire sont les Banques et notamment les « Too Big to Fail », (les banques systémiques) qui servent au blanchiment de l’argent. L’enquête judiciaire américaine contre HSBC a rassemblé 40.000 documents prouvant cette activité de blanchiment, qui porterait sur 200 Trillions de Dollars sur la seule période 2006-2009. La banque n’a pas été condamnée. Le Procureur Général des E.U. a alors déclaré que la Banque était « Too Big To Jail », trop grosse pour être mise en prison. Il en est de même de JPM, Bank of America, Deutsche Bank, … etc.

Etes vous capable d’imaginer les sommes en jeu dans le trafic de drogue, si une seule de ces méga-banques se fait pincer sur 3 ans seulement à blanchir 200 mille milliards de Dollars ? Les liens entre drogue, argent, services secrets et politique sont plus qu’intimes. Trois présidents des Etats Unis sont clairement nommés pour leurs rôles dans ces trafics. Lisez aussi ce qui est écrit entre les lignes dans ce dossier, et en clair dans celui-là en vous rappelant que Pasqua a été le « parrain » de Sarkozy en politique, qui lui a succédé au Conseil Général des Hauts de Seine, puis au Ministère de l’Intérieur.
Si j’évoque ce personnage odieux, c’est que tous les médias font campagne pour son retour comme sauveur.

Si Hollande ne fait pas illusion, Sarkozy, quant à lui, n’est qu’illusions fallacieuses !

L’OTAN est devenue, comme la partie obscure de la C.I.A., une structure mafieuse au service d’une élite d’extrême droite proche des idéaux nazis.

Un terrible constat. Hélas !

Liberté, que de crimes on commet en ton nom !

M pour lesmoutonsenrages

http://lesmoutonsenrages.fr/2014/09/22/otan-en-emporte-le-vent/

Lire la suite

De Kiev à Damas, une même folie. Le site "Les moutons enragés".

23 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'OTAN., #Europe supranationale, #La mondialisation, #La nation ., #La guerre, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #Ukraine

De Kiev à Damas, une même folie.

De Kiev à Damas, une même folie. Le site "Les moutons enragés".

On sentait évidemment le coup venir depuis des semaines. Destinées à émouvoir la ménagère de plus de 50 ans et le militant de base de l’UMPS mondial, les fausses décapitations de citoyens US (1) puaient en effet le casus belli à plein nez. Stopper la barbarie de l’EI/Daech par des frappes forcément chirurgicales en Irak et en Syrie ? Vaste plaisanterie quand nombre de pays de la coalition montée à la hâte par Washington, pour se la jouer « communauté internationale », figurent parmi ses principaux bailleurs de fonds. Vaste fumisterie, lorsque, sous prétexte de sauver des minorités dont on favorise le martyre depuis des années, on cherche surtout à achever la trop résistante légalité syrienne, pour affaiblir la Russie et permettre au Bloc atlantiste de conserver son hégémonie mondiale.

Un instrument aussi

Daech ou EI, ou ISIS comme on veut, c’est d’abord lerésultat de la deuxième guerre d’Irak et de la dissolution de l’armée de Saddam par le proconsul américain Bremer. Une opération accessoirement lancée elle aussi sans l’aval de l’ONU, elle aussi avec une coalition de bouffons et de petits pays clients, à qui on a tordu les bras.

Daech ou EI, ou ISIS comme on veut, c’est ensuite le financement et l’armement durant trois ans de groupuscules terroristes en Syrie sous couvert de pseudo révolution. Et cela sous les acclamations de l’Occident américanisé et de sa machine de propagande bien huilée.
Daech ou EI, ou ISIS comme on veut, c’est enfin, idéologiquement parlant, le résultat de 100 ans de délire wahhabite saoudien. Cette Arabie saoudite si chère au cœur de notre Bloc atlantiste, dépendance à l’or noir oblige, et pourtant matrice idéologique de ce terrorisme sunnite contre lequel on prétend se défendre.

Mais Daech ou EI, ou ISIS comme on veut, et la franchise al-Qaïda avant lui, c’est aussi un instrument pour le Système atlantiste.
Car dans la version ultime de la terreur pseudo-islamiste (2) qui nous est proposée aujourd’hui, l’horreur atteint un tel degré qu’elle permet désormais toutes les guerres, toutes les frappes, tous les assassinats et toutes les opérations de regime change rêvées par le Système atlantiste, et cela au mépris de la légalité internationale et de la souveraineté des nations.

Car avec ce cynisme affolant et cette inculpabilité qui sont aussi sa marque de fabrique, ce Système, bien que totalement dépassé par l’ampleur soudaine du monstre qu’il a contribué à créer, cherche tout de même à tirer profit de la situation.

Un Grand Jeu contre le BRICS

Ce n’est donc pas un hasard si on a largement traîné les pieds en attendant les premiers succès concrets de Daech sur le terrain.
Ce n’est donc pas un hasard si des frappes d’une ampleur sans précédent sont désormais menées en Syrie, un an presque jour pour jour après une première tentative avortée (3) de lancer une guerre dans ce pays.

Ce n’est donc pas un hasard si, au premier jour de ces frappes, Israël, qui devrait pourtant craindre le pire de Daech, a jugé bon d’abattre un avion de chasse syrien qui opérait justement contre la nébuleuse terroriste.

L’idée folle, derrière cette vertueuse campagne atlantiste, est probablement d’y voir l’opportunité d’accélérer l’effondrement du régime de Damas, dans l’espoir d’une recomposition favorable au Système atlantiste. Une recomposition qui permettrait de casser l’axe Iran-Syrie (4) et d’infliger ainsi un sérieux revers à la Russie, qui pourrait perdre le contrôle de sa base maritime de Tartous (5).

Et c’est là que s’opère la jonction entre l’Ukraine et Daech, dans le Grand Jeu du Système américaniste pour casser la Russie, et ce faisant, pour contrer la montée en puissance des pays du BRICS (6).

De Kiev à Damas, une même folie. Le site "Les moutons enragés".

« Guerre contre le terrorisme 2.0 »

Enfin, accessoirement, l’avènement de ce nouveau fléau, et la «guerre perpétuelle contre le terrorisme 2.0» qu’il impose, va nécessairement favoriser l’avènement du totalitarisme que nous redoutions en 2012 déjà, dans notre essai «De la bataille contre le Système» (7). Déjà, la censure d’internet est en marche (8), ne reste plus qu’à attendre les inévitables attentats qui vont survenir ici et là au cœur du Bloc, et sa riposte en matière de restriction des libertés.

Dans sa folle entreprise pour «persévérer dans son être» et maintenir son hégémonie, le Système atlantiste a ainsi allumé partout des incendies qu’il ne contrôle plus.

Des incendies qui vont chaque jour le contraindre à se pervertir lui-même un peu plus, jusqu’à renier et invertir toutes les valeurs qu’il prétend défendre, et dont il se réclame.

Jusqu’à la tyrannie ou l’effondrement.

Notes

(1) Sur les fausses décapitations (même les grands merdias ont dû en parler)
(2) Hassan Nasrallah, sur la nature de Daech
(3) Première tentative avortée de guerre contre la Syrie
(4) Sur l’axe Iran-Syrie
(5) Pourquoi l’Amérique veut-elle toujours la chute de Bashar al Assad ?
(6) Enfumage ukrainien : contre propagande
(7) De la bataille contre le Système
(8) La censure d’internet votée en France

Source : De Kiev à Damas, une même folie (entrefilets.com, 23-09-2014) via VineyardSaker.fr

http://lesmoutonsenrages.fr/2014/09/23/de-kiev-a-damas-une-meme-folie/

Lire la suite