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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #ukraine tag

ZDF - "Le Putsch en Ukraine financé par les USA. Une émission humoristique sur la chaîne publique allemande ZDF. Mis en ligne par "Les crises".

3 Octobre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation, #Europe supranationale

ZDF - "Le Putsch en Ukraine financé par les USA. Une émission humoristique sur la chaîne publique allemande ZDF. Mis en ligne par "Les crises".

Excellente émission humoristique de la ZDF du 11/03/2014, sur le Putsch en Ukraine...

www.les-crises.fr

http://www.les-crises.fr/allemands-mieux-informes/

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Discours du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à l’ONU. Le blog d'Olivier Berruyer.

29 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation, #Economie, #La nation ., #La guerre, #Europe supranationale

 Sergueï Lavrov à l’ONU

Sergueï Lavrov à l’ONU

Dans la série, “la voix de la Russie”, voici la très intéressante intervention du ministre russe à l’ONU – afin que chacun puisse se faire son opinion sans le filtre déformant des médias…

Merci au travail acharné des traducteurs ce week-end, qui nous permet de l’avoir en français avant même la version anglaise

Discours du ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie Sergueï Lavrov à la 69ième session de l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York, le 27 septembre 2014

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

Aujourd’hui apparaît de plus en plus clairement la contradiction entre d’une part, la nécessité d’actions collectives de partenariat dans l’intérêt de l’élaboration de réponses appropriées aux défis communs et, d’autre part, le désir pour un certain nombre de pays de dominer, de restaurer la mentalité archaïque de la confrontation des blocs s’appuyant sur une discipline de caserne et sur une logique préjudiciable : « nous — les autres ». L’alliance occidentale avec, en tête, les États-Unis, qui se posent comme défenseurs de la démocratie, de la primauté de la loi et des droits de l’homme dans des pays tiers, agit directement à l’inverse sur la scène internationale, en rejetant le principe démocratique de l’égalité souveraine des États, tel que fixé par la Charte des Nations Unies, et en essayant de décider pour tout le monde ce qui est bien et ce qui est mal.

Washington a proclamé ouvertement son droit d’utiliser la force militaire de façon unilatérale et n’importe où pour la défense de ses propres intérêts. L’intervention militaire est devenue la norme, même en dépit du fait que toutes les opérations de force menées par les États-Unis au cours de ces dernières années se sont terminées de façon piteuse.

De rudes coups ont été portés à la stabilité internationale : bombardement de la Yougoslavie par l’OTAN, intervention en Irak, attaque de la Libye, échec en Afghanistan. Ce n’est que grâce à des efforts diplomatiques intenses que l’agression contre la Syrie en 2013 n’a pas eu lieu. On ne peut s’empêcher de penser que les diverses « révolutions de couleur » et autres projets visant le remplacement des régimes indésirables n’ont pour but que de provoquer le chaos et l’instabilité.

Aujourd’hui, l’Ukraine est devenue la victime de cette politique. La situation révèle la persistance de défauts profonds, systémiques dans l’architecture existante de la zone euro-atlantique. L’Occident a mis le cap vers une « structuration verticale de l’Humanité » en fonction de ses propres standards, qui sont loin d’être inoffensifs. En proclamant leur victoire dans la « guerre froide » et l’avènement de la prétendue « fin de l’Histoire », les États-Unis et l’Union européenne ont entrepris d’élargir leur espace géopolitique sans prendre en compte l’équilibre des intérêts légitimes de tous les peuples d’Europe. Nos partenaires occidentaux n’ont pas entendu nos avertissements répétés sur l’inacceptabilité de la violation des principes de la Charte des Nations Unies et de l’Acte final d’Helsinki, ils se sont dérobés à chaque occasion de faire en commun un travail sérieux en vue de créer un espace unique de sécurité égal et indivisible et de coopération de l’Atlantique au Pacifique. La proposition russe d’étudier un traité de sécurité européenne a été rejetée. On nous a carrément déclaré que des garanties juridiquement contraignantes en matière de sécurité ne peuvent être obtenues que par les membres de l’Alliance atlantique, qui entre-temps a continué à se déplacer vers l’Est malgré les promesses du contraire données précédemment. Le passage instantané de l’OTAN à une rhétorique hostile, à la réduction de la coopération avec la Russie même au détriment des intérêts propres des pays occidentaux, à l’intensification supplémentaire de l’infrastructure militaire aux frontières russes a mis en évidence l’incapacité de l’alliance à changer son code génétique mis en place à l’époque de la « guerre froide ».

Les États-Unis et l’Union européenne ont soutenu le coup d’État en Ukraine, ils se sont mis à justifier sans discernement toutes les actions des autorités autoproclamées de Kiev, qui avaient choisi comme cap politique d’écraser par la force la partie du peuple ukrainien qui avait rejeté les tentatives d’imposer à l’ensemble du pays un ordre anticonstitutionnel et voulait défendre ses droits à sa langue maternelle, à sa culture et à son histoire. C’est justement cette offensive agressive contre ces droits qui a contraint les habitants de Crimée à prendre leur destin en main et à faire leur choix en faveur de l’autodétermination. Cela a été un choix totalement libre, quoi que puissent inventer ceux qui sont les premiers responsables du conflit interne en Ukraine.

Les tentatives de déformer la vérité, de masquer les faits par des accusations sans fondement ont été entreprises à tous les stades de la crise ukrainienne. Rien n’est fait pour identifier et sanctionner les responsables des événements sanglants de février sur le Maïdan, des massacres de masse à Odessa, Marioupol et dans d’autres régions de l’Ukraine. L’épouvantable catastrophe humanitaire causée par les actions des forces de sécurité ukrainiennes dans le sud-est du pays a été délibérément minimisée. Ces derniers jours ont été révélés de nouveaux faits horribles, quand des charniers ont été découverts près de Donetsk. En contradiction avec la résolution 2166 du Conseil de sécurité des Nations Unies, on tarde à mener une enquête approfondie et indépendante sur le crash de l’avion de ligne de la Malaisie sur le territoire ukrainien. Les coupables de tous ces crimes doivent être identifiés et traduits en justice. Sinon, il sera difficile d’espérer une réconciliation nationale en Ukraine.

La Russie est sincèrement intéressée à la restauration de la paix dans le pays voisin, quiconque connait un peu l’histoire des relations profondes et fraternelles entre les deux pays doit en être conscient. La voie menant à un règlement politique est connue : en avril dernier déjà, Kiev a pris l’engagement dans la déclaration de Genève signée par la Russie, l’Ukraine, les États-Unis et l’Union européenne, d’entamer sans attendre un dialogue national avec toutes les régions et les forces politiques en Ukraine afin de mettre en œuvre la réforme constitutionnelle. La réalisation de cet engagement permettrait à tous les Ukrainiens de se mettre d’accord sur la façon de vivre ensemble en accord avec leurs traditions et leur culture, elle permettrait à l’Ukraine de revenir à son rôle organique de maillon, entre les différentes parties de l’espace européen, ce qui suppose sans conteste la préservation et le respect de son statut de pays non-aligné, neutre. Nous sommes convaincus qu’avec de la bonne volonté, en arrêtant de soutenir le « parti de la guerre » à Kiev, qui essaie de pousser les Ukrainiens dans l’abîme de la catastrophe nationale, la sortie de la crise est à portée de main.

Une voie pour la surmonter a été ouverte avec la conclusion de l’accord de cessez-le-feu dans le sud-est de l’Ukraine sur la base des initiatives des Présidents Petro Porochenko et Vladimir Poutine. Avec la participation de représentants de Kiev, de Donetsk, de Lougansk, de l’OSCE et de la Russie, sont en train d’être décidées les modalités pratiques de la mise en œuvre cohérente de ces accords, y compris la séparation des parties, le retrait des armes lourdes des forces militaires ukrainiennes et de l’organisation de la surveillance par l’OSCE. La Russie est prête à continuer d’aider activement à faire avancer le règlement politique dans le cadre du processus de Minsk, qui a fait ses preuves, et dans le cadre d’autres formats. Mais il doit être clair que nous le faisons au nom de la paix, de la tranquillité et du bien-être du peuple ukrainien, et non pour satisfaire les ambitions de quiconque. Les tentatives de faire pression sur la Russie, de l’obliger à renoncer à ses valeurs, à la vérité et à la justice, n’ont aucune chance d’aboutir.

Je vais me permettre un rappel de faits historiques pas tellement éloignés. Comme condition à l’établissement des relations diplomatiques avec l’Union soviétique en 1933, le gouvernement des États-Unis a exigé de Moscou des garanties de non-ingérence dans les affaires intérieures des États-Unis et l’engagement d’éviter toute action visant à modifier la structure politique et sociale de l’Amérique. À l’époque, Washington redoutait le virus révolutionnaire, et ces garanties ont été mises en place dans les relations entre l’Amérique et l’Union soviétique sur la base de la réciprocité. Il serait peut-être bon de revenir à cette question et de reproduire l’exigence du gouvernement américain de l’époque à l’échelle universelle. Pourquoi ne pas adopter une déclaration de l’Assemblée générale sur l’inadmissibilité de l’ingérence dans les affaires intérieures des États souverains, sur la non-reconnaissance des coups d’État comme méthode de changement de pouvoir ? Il est temps d’exclure complètement des relations internationales les tentatives de pression illégales de certains pays sur d’autres. L’exemple de l’embargo américain contre Cuba démontre de façon évidente l’absurdité et la contre-productivité des sanctions unilatérales.

La politique des ultimatums, la philosophie de la supériorité et de la domination ne répondent pas aux exigences du XXIe siècle : ils entrent en conflit avec les processus objectifs de formation d’un ordre mondial démocratique multipolaire.

La Russie propose un ordre du jour fédérateur et positif. Nous avons toujours été et serons ouverts au dialogue sur les questions les plus difficiles, aussi insolubles qu’elles puissent paraître au premier abord. Nous serons prêts à chercher des compromis et l’équilibre des intérêts, à accepter un échange de concessions, mais seulement si le dialogue est honnête, respectueux et équitable.

Les accords de Minsk en date du 5 et du 19 septembre sur les voies de sortie de la crise ukrainienne, le compromis sur les délais d’entrée en vigueur de l’accord d’association entre Kiev et l’UE sont de bons exemples à suivre, tout comme la volonté enfin déclarée de Bruxelles d’entamer des négociations sur une zone de libre-échange entre l’UE et l’Union Douanière de la Russie, de la Biélorussie et du Kazakhstan, comme proposé par le président Vladimir Poutine en janvier de cette année.

La Russie a toujours préconisé l’harmonisation des projets d’intégration en Europe et en Eurasie. L’harmonisation des orientations politiques et des délais d’une telle « convergence des intégrations » serait une véritable contribution au travail de l’OSCE sur le thème « Helsinki plus 40 » [Référence aux Accords d'Helsinki, signés en 1975, ndt]. Un autre axe important de ce travail devrait être l’instauration d’un dialogue pragmatique et désidéologisé sur l’architecture militaro-politique dans la zone euro-atlantique, afin que non seulement les membres de l’OTAN et l’OTSC [Organisation du Traité de la Sécurité collective, rassemblant la Russie, 5 républiques ex-soviétiques + les observateurs], mais également tous les pays de la région, y compris l’Ukraine, la Moldavie, la Géorgie, se sentent dans un état de sécurité égal et indivisible et ne soient pas placés devant un faux dilemme: « soit avec nous, soit contre nous. »

Nous ne pouvons pas admettre de nouvelles lignes de démarcation en Europe, d’autant plus que dans le contexte de la mondialisation, ces lignes peuvent devenir une ligne de partage entre l’Occident et le reste du monde.

Il faut le dire honnêtement : personne n’a le monopole de la Vérité, personne n’est plus en mesure d’ajuster les processus mondiaux et régionaux à ses besoins propres.

Aujourd’hui, il n’existe pas d’alternative à un consensus sur les règles d’une gouvernance mondiale durable dans les nouvelles conditions historiques, dans le plein respect de la diversité culturelle et civilisationnelle du monde et de la multiplicité des modèles de développement. Parvenir à un tel consensus sur chaque point sera difficile, probablement éprouvant. Mais la reconnaissance de ce que, dans chaque État, la démocratie est « le pire des régimes — à l’exception de tous les autres » a mis également beaucoup de temps à se frayer un chemin jusqu’à ce que Winston Churchill n’émette son jugement. Il est temps de réaliser que cet axiome est incontournable également dans les affaires internationales, aujourd’hui caractérisées par un énorme déficit démocratique.

Bien sûr, certains devront briser des stéréotypes multiséculaires, abandonner leurs prétentions à l’« exceptionnalisme éternel ». Mais il n’y a pas d’autre solution. Les efforts solidaires ne peuvent être construits que sur les principes du respect mutuel et de la considération des intérêts réciproques, comme cela se fait, par exemple, dans le cadre du Conseil de sécurité de l’ONU, du « G 20 » , des BRICS et de l’OCS [Organisation de Coopération de Shanghaï, ndt].

La théorie sur les avantages du travail d’équipe est confirmée dans la pratique : c’est le progrès dans le règlement de la situation autour du PNI [programme nucléaire iranien, ndt], la réussite de la démilitarisation chimique de la Syrie. D’ailleurs, en parlant des armes chimiques, je voudrais obtenir une information honnête sur l’état des arsenaux chimiques en Libye. Nous comprenons que nos collègues de l’OTAN, après avoir bombardé ce pays en violation de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, ne voudraient pas « remuer » le chaos qu’ils ont eux-mêmes créé. Cependant, le problème des arsenaux chimiques libyens hors contrôle est trop grave pour fermer les yeux. Je pense que le Secrétaire général des Nations Unies doit faire preuve de responsabilité dans cette affaire aussi.

L’essentiel aujourd’hui est de considérer les priorités globales et de ne pas les rendre otages d’un ordre du jour unilatéral. La gestion des conflits nécessite urgemment l’abandon du deux poids, deux mesures. En général, tous s’accordent à dire que la tâche principale consiste en une opposition ferme aux terroristes qui tentent de prendre le contrôle de zones de plus en plus vastes en Irak, Syrie, Libye, Afghanistan, dans le Sahara et au Sahel. S’il en est ainsi, alors ce problème ne peut pas être sacrifié à des schémas idéologiques ou à des règlements de compte personnels. Les terroristes, quels que soient les slogans derrière lesquels ils s’abritent, doivent rester hors la loi.

Dans le même temps, bien sûr, la lutte contre le terrorisme doit s’appuyer sur la base solide du droit international. Une étape importante dans cette lutte a été l’adoption unanime d’une série de résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, y compris récemment sur la question des combattants-terroristes étrangers. Au contraire, les tentatives d’agir en contradiction avec la Charte des Nations Unies n’aident pas au succès des efforts conjoints. La lutte contre les terroristes sur le territoire de la Syrie doit être menée en coopération avec le gouvernement syrien, qui a clairement affirmé qu’il était prêt à le faire. Damas a déjà prouvé par son action sa capacité à agir avec la communauté internationale et à respecter ses engagements dans le cadre du programme de l’élimination des armes chimiques.

La Russie a demandé dès le début du « printemps arabe » de ne pas laisser ce dernier à la merci d’extrémistes et de créer un front uni pour lutter contre la menace croissante du terrorisme. Nous avons mis en garde contre la tentation de prendre comme alliés presque tous ceux qui se déclaraient adversaires d’Assad, fussent-ils « Al-Qaïda », « Djebhat an-Nousra » ou autres « compagnons de route » du changement de régime, y compris l’État islamique, qui est maintenant au centre de l’attention générale. Comme on dit, mieux vaut tard que jamais. La Russie n’en est pas à sa première contribution réelle à la lutte contre l’État islamique, ainsi que d’autres formations terroristes de la région. Nous effectuons des livraisons à grande échelle d’armes et de matériel militaire à l’Irak, à la Syrie et à d’autres pays de la région MENA et nous continuerons à soutenir leurs efforts visant à éliminer les terroristes.

La menace du terrorisme nécessite une approche globale, si nous voulons éradiquer ses causes et ne pas être condamnés à réagir uniquement aux symptômes. L’État islamique est seulement une partie du problème. Nous proposons d’organiser, sous les auspices du Conseil de sécurité des Nations Unies, une étude en profondeur des menaces extrémistes et terroristes dans l’espace MENA et dans leur intégralité. Une approche complète implique la prise en compte des conflits de longue date, principalement le conflit arabo-israélien. Le problème palestinien en suspens depuis de nombreuses décennies reste largement reconnu comme l’un des principaux facteurs d’instabilité dans la région, du fait qu’il permet aux extrémistes de recruter de plus en plus de djihadistes.

La mise en commun des efforts pour l’application des décisions de l’AG et du Conseil de Sécurité de l’ONU en ce qui concerne la lutte contre le virus Ebola est une autre nécessité criante. Nos médecins travaillent déjà en Afrique. Nous prévoyons une livraison supplémentaire d’aide humanitaire, d’équipement, de matériel médical, de médicaments, d’équipes d’experts pour aider le programme des Nations Unies en Guinée, au Libéria, en Sierra Leone.

L’Organisation des Nations Unies, créée sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale, entre dans l’année de son soixante-dixième anniversaire. Nous avons tous le devoir de célébrer l’anniversaire de la Grande Victoire, et de rendre hommage à tous ceux qui sont morts au nom de la liberté et du droit de chaque peuple à déterminer son propre destin.

Les leçons de cette terrible guerre, tout comme le cours général des événements dans le monde actuel, exigent d’unir nos efforts, d’oublier les intérêts unilatéraux, les cycles électoraux nationaux quand il s’agit de faire face à des menaces globales pesant sur l’humanité tout entière, il ne faut pas permettre que l’égoïsme national l’emporte sur la responsabilité collective.

Source : Sergueï Lavrov, Ministère russe des Affaires étrangères, 27/09/2014 – Traduction collective par les lecteurs du site www.les-crises.fr (souligné par nous)

http://www.les-crises.fr/discours-du-ministre-des-affaires-etrangeres-russe-a-l-onu/

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Le blog d'Olivier Berruyer. Situation dans le Donbass Il y a eu très peu de changements territoriaux en une semaine. Kiev continue d’amasser des forces.

29 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La mondialisation, #La nation ., #La guerre

27 septembre 2014.

Actu’Ukraine, 27 septembre, par Nicolas.

Situation dans le Donbass

Il y a eu très peu de changements territoriaux en une semaine. Kiev continue d’amasser des forces.

carte au 24 septembre

carte au 24 septembre

RPD

Malgré les annonces de cessez-le-feu sous la surveillance de l’OSCE, les combats se poursuivent, notamment sur le territoire de l’aéroport de Donetsk. Comme depuis des semaines, les troupes qui y sont encerclées bombardent Donetsk : 2 morts et 4 blessés parmi les civils, et des appartements détruits le 24 septembre. Plusieurs mines ont également été bombardées. Crimes ordinaire des gentils libérateurs pro-européens. Les informations concernant l’aéroport se contredisent régulièrement. Il semble que Kiev y ait toujours des centaines de soldats, mais peut-être très peu de blindés encore en état de marche.

Donetsk continue de se préparer à la guerre. J’ai mentionné la semaine dernière que la RPD avait affirmé avoir un important stock d’armes en cours de réparation. On peut constater que c’est vrai sur cette vidéo.

Des combats et tirs d’artillerie ont également lieu régulièrement dans la banlieue de Donetsk à Avdeevka, Marinka et Gorlovka. Les troupes de Kiev ont quitté Marinka le 23 septembre pour s’installer à Kourakhovo, quelques kilomètres à l’ouest.

Les rebelles se renforcent dans les villages de Nijnyaya Krynka et Jdanovka, récemment abandonnés par Kiev. Les soldats de Kiev continuent de détruire l’infrastructure du Donbass, un pont sur la Krynka a notamment été détruit par les troupes qui ont abandonné Nijnyaya Krynka.

À Debaltsevo, toujours occupée par Kiev, les combats se poursuivent. L’intensité des combats aurait diminué pendant quelques jours, mais repris de plus belle le 25, avec des tentatives des soldats de Kiev de briser l’encerclement. Les pertes de Kiev sont inconnues mais probablement importantes. Toujours près de Debaltsevo, le bataillon Aïdar aurait abattu 2 soldats (matelots du 73e Centre marin) qui voulaient quitter leur position et reculer, en accord avec l’ordre de Porochenko.

Près de Marioupol, les rebelles tiennent toujours la banlieue est et sont toujours bombardés à l’artillerie “Grad”.

Le vice premier ministre de la RPD Andreï Pourguine a estimé que la guerre avait fait 4000 morts, mais que ce chiffre pourrait être revu à la hausse car de nombreux enterrements ont été faits sans être déclarés. Environ 600 entreprises sont détruites, c’est à dire qu’elles ont subi des dégâts trop importants pour être réparables rapidement. L’estimation des dégâts n’est pas encore faite mais se compte en milliards de dollars, voire en dizaines de milliards de dollars. Le gouvernement de Donetsk a commencé à payer des retraites et aides sociales aux personnes qui en ont le plus besoin : les blessés de la Seconde Guerre Mondiale, les enfants handicapés et les familles aillant perdu le soutien de famille.

La guerre a au passage anéanti la petite industrie automobile ukrainienne, qui dépendait largement des exportations vers la Russie : 139 voitures produites en août, contre 50 000 pour toute l’année 2013. Ce n’est que le début, des centaines de milliers d’emplois qui dépendent des commandes russes sont menacés par l’accord d’association avec l’UE : les secteurs ferroviaire, métallurgique et de l’armement seront les plus touchés. La Russie subventionnait activement l’industrie ukrainienne, et ses importations (tous secteurs confondus) représentaient 10% du PIB de l’Ukraine en 2012, dont 1,5% pour le seul secteur ferroviaire. Clairement, aucun pays d’Europe n’a besoin de voitures ou wagons ukrainiens, et l’industrie russe est plus que capable de remplacer ces importations.

RPL

Les habitants de Lougansk subissent toujours des coupures d’eau et d’électricité.

Les troupes de Kiev ont quitté Starobelsk et Novoaïdar. Kiev a bombardé les rebelles à Lomovatki, qui ont répondu en détruisant environ 9 “unité techniques” (artillerie, blindés…) et environ 40 soldats de Kiev. Aucun rebelles n’a été blessé lors de ce duel.

On signale que des corps de soldats de Kiev sont abandonnés à la faune, les habitants refusant d’enterrer leurs “libérateurs”. Les rebelles donnent aux soldats de Kiev la possibilité de récupérer leurs corps à chaque fois qu’ils en font la demande et ne comprennent donc pas pourquoi ces corps ne sont pas récupérés.

En Novorossie occupée

60% voire deux tiers des armes lourdes de Kiev sont détruites, Kiev n’a plus de quoi acheter des tanks neufs (l’usine de tanks de Kharkov fait des tanks pour la Thaïlande), et donc plus aucun moyen de lancer une véritable attaque. En conséquence, Kiev prépare 2 lignes de défense, la première allant de Marioupol à Artemovsk, la seconde allant de Slaviansk à Berdyansk en région de Dnepopetrovsk (sur la côte). Porochenko a également affirmé qu’une grande partie de l’armement a été réparé, et que l’Ukraine est de nouveau en mesure de se défendre. Autrement dit, il admet que l’Ukraine était militairement vaincue lorsque le cessez-le-feu a été imposé aux novorusses.

À Marioupol, deux adolescents à vélo ont été visés par des tirs de l’armée de Kiev qui avait là trouvé des adversaires à la mesure de leur courage, l’un des adolescents a été touché à la tête. Un bureau de “volontaires” a été brûlé, sans faire de victime.

Bureau de recrutement, à Kharkov, après une explosion

Bureau de recrutement, à Kharkov, après une explosion

À Kharkov, des maquisards continuent de mener des opérations contre le pouvoir de Kiev. Deux explosions ont eu lieu le 26 septembre à 2h30, puis à 4h. Le premier objectif était le bureau de volontaires dans lequel se trouvaient des munitions et des casques, d’une valeur de 20 000 $, le second était un distributeur de billets de la banque Privatbank, de Kolomoïskiy. Il n’y a eu aucune victime.

De même à Odessa, des maquisards auraient tiré au lance-roquette sur un blindé de transport. Une autre version parle d’un accident, une photo ne montre qu’une petite partie du blindé, sans trace de brûlure, le reste est caché. La version officielle est qu’”il s’est passé quelque chose”.

Marche de la paix, mensonges toujours

En Russie, la 5e colonne a défilé à Moscou, à l’appel du parti Yabloko, de Solidarnost (Kasparov) et des Verts notamment. Leurs revendications sont les suivantes :

  1. Retrait des troupes russes d’Ukraine
  2. Enquêtes judiciaires sur les crimes des soldats russes
  3. Arrêt de la propagande sur les chaînes fédérales
  4. Arrêt et annulation des mesures anti-sanctions (contre les produits agricoles européens etc)
  5. Arrêt de la guerre économique et gazière contre l’Ukraine

Cela correspond très précisément à la propagande américano-kiévienne. Peu importe que Kiev doit plusieurs milliards d’euros à Gazprom pour du gaz déjà livré fin 2013 et début 2014, la marche de la paix affirme vouloir la paix, mais s’adresse pour cela à la Russie plutôt qu’à Kiev qui est en guerre contre le peuple du Donbass et se rend coupable de massacres de façon de plus en plus flagrante. Une dizaine de milliers de personnes ont pris part à cette marche (5000 selon la police, 26000 voire 50 000 selon les organisateurs), dont une part non négligeable de citoyens ukrainiens. Une marche pour le Donbass a eu lieu en même temps et la police a réussi à empêcher les affrontements. Le Monde a filmé la marche pour le Donbass pour illustrer la Marche pour la paix. Pas grave, les lecteurs français ne comprennent pas que les manifestants crient “Donbass, pardon pour la marche des traîtres” et “Donbass, la Russie est avec toi” pendant les ¾ du “reportage”. Les lecteurs du Monde sponsorisent ce genre de désinformation grossière.

Normalement, les drapeaux séparatistes auraient dû alerter le journaliste du Monde qu’il n’était pas à la bonne manifestation

Normalement, les drapeaux séparatistes auraient dû alerter le journaliste du Monde qu’il n’était pas à la bonne manifestation

Des défilés beaucoup moins importants ont eu lieu dans d’autres villes. Quelques centaines de personnes ont défilé à Saint-Petersbourg et des affrontements ont eu lieu avec le défilé pro-Donbass, la police a arrêté des manifestants des deux bords. Le défilé pro-Donbass a continué après la dispersion du défilé pro-ukrainien.

20 personnes ont défilé à Petrozavodsk et Saratov, 50 personnes à Perm, presque 100 personnes à Iekaterinbourg, 10 personnes à Novossibirsk, 15 personnes à Syktyvkar, et une personne à Barnaoul (632000 habitants), dont l’affiche a été détruite par des passants. À Omsk, ville de plus d’un million d’habitants, 4 personnes se sont rassemblées pour prendre des photos avant de se disperser. La 5e colonne a encore des problèmes d’implantation en province. Enfin, une cinquantaine de personnes ont défilé à Rostov s/ Don, mais se sont dispersées en voyant arriver des rebelles blessés qui se soignent dans la ville.

Arrestations de prisonniers politiques

Les échanges de prisonniers se font difficilement en raison de l’attitude de Kiev. Selon un journaliste du New-York Times, une grande partie des prisonniers échangés par Kiev contre leurs soldats sont des civils, arrêtés principalement pour leur activisme. Lors d’un échange “28 contre 28″, seuls 7 prisonniers étaient des rebelles. Cette pratique met en danger tout le processus d’échange de prisonnier. Un adolescent relâché lors d’un échange affirme avoir été arrêté dans une ville du front sous prétexte de participation à une bande de tueurs pro-russes, et battu deux jours avant d’être relâché. D’autres ont été arrêtés il y a plusieurs mois dans d’autres régions pour leur participation à des manifestations ou distribution de propagande.

Kiev

À Kiev, c’est tous les jours la fête du nationalisme et de la désinformation. Pour ceux qui ont raté ce billet, le ministre de la défense a récemment tout simplement affirmé que la Russie avait utilisé des bombes atomiques contre les troupes ukrainiennes. Plus récemment, les médias de Kiev ont repris une information diffusée par une activiste russe (Elena Vassileva) affirmant que les corps de 10 soldats russes d’Orenbourg ont été rapatriés. Les noms et années de naissance des soldats tués correspondent aux membres d’une équipe locale de football, “Gazovik” en 2008. Sur 11 joueurs qui ont pu jouer ensemble (en 3-5-2) pendant le championnat 2008, seul le gardien de but a survécu, probablement parce qu’il était resté à l’arrière. Elena Vassileva n’est pas essoufflée par l’énormité de ses mensonges et en a déjà rajouté une couche : l’aviation russe a selon elle tué 300 prisonniers de nationalité russe. Le fait qu’elle ait encore un public donne une idée de l’hystérie collective anti-russe dans l’opinion publique ukrainienne.

Porochenko est toujours aussi aveuglé par l’ambition et croit qu’il va rester dans l’histoire comme un grand réformateur. Il ne doute vraiment de rien et a accordé un régime économique préférentiel à la Crimée. Rien n’a été fait pour la Crimée de 1991 à 2014, mais ça y est, ils ont commencé à y réfléchir. Si Porochenko pouvait déjà assurer la fourniture d’électricité à ses sujets, ce serait déjà un grand progrès. Entre autres informations récentes, les habitants de Kherson auront des coupures, en cas de nécessité, de 9h à 11h et de 20h à 22h. Face au problème inattendu des températures qui commencent à baisser (sûrement un complot russe), le gouvernement de Kiev s’est rendu compte qu’acheter du charbon à l’Afrique du Sud à 91$ la tonne quand les fournisseurs russes font payer 10% moins cher ne résoudra pas les problèmes du pays. Ils ont donc décidé d’acheter du charbon russe (quantité non spécifiée, de l’ordre de 2 millions de tonnes).

L’Ukraine, la Lituanie et la Pologne ont signé un accord militaire pour la création d’une brigade commune. On retrouve la même alliance qu’au temps de l’Union de Lublin (sauf que le Bélarus ne fait plus partie de la Lituanie).

En attendant, les soldats de Kiev sont enterrés sans être identifiés. Le 23 septembre, 21 soldats inconnus ont été enterrés d’un coup à Dnepropetrovsk. Les autorités ont promis qu’ils ont fait des prélèvements ADN et que les parents des soldats peuvent donner des échantillons pour la comparaison. On verra s’ils acceptent réellement de dépenser cet argent pour des soldats qu’ils n’ont ni formé, ni payé, ni équipés correctement.

Nationalisme

Porochenko a affirmé lors d’une conférence de presse :

«Autrefois la question des guerriers de l’OUN-UPA divisait le pays, c’est pourquoi on ne la mettait pas à l’ordre du jour. Maintenant c’est un très bon moment… maintenant c’est le moment de discuter cette question… Je me souviens des guerriers de l’UPA en tant que héros»

Ça y est, on y est, les guerriers de l’UPA, branche armée de l’OUN (Organisation des nationalistes ukrainiens) sont désormais des héros. C’est ça, les nouvelles valeurs européennes, soutenues militairement, économiquement et politiquement par le Bloc Américano-Occidental. Pour ceux qui ne se souviennent pas de la série de billets sur le sort des Juifs de Galicie, il faut lire ou relire celui sur le massacre de Babi Yar, qui est d’actualité. Des dizaines de milliers de Juifs ont été massacrés par balles, dans un trou, près de Kiev. Les bourreaux étaient 300 soldats allemands et 1200 nationalistes ukrainiens. C’était l’épisode le plus important de la “Shoah par balles”.

Une habitante de Kiev écrivait dans son journal, le 2 octobre 1941 :

Une jeune fille russe a accompagné son amie au cimetière et s’est glissée de l’autre côté de la clôture : elle a vu comment des gens nus ont été poussés vers Babi Yar et a entendu les rafales d’une mitrailleuse. Il y a de plus en plus de rumeurs et de nouvelles. Trop monstrueuses pour y croire. Mais nous sommes obligés d’y donner foi, car le massacre des Juifs est une réalité. Une réalité qui nous rend fous. […] Mes cheveux se dressent sur ma tête. […] Il est impossible de vivre en sachant cela.

Monument aux victimes de Babi Yar
Monument aux victimes de Babi Yar

Monument aux victimes de Babi Yar

En 2014, Biletskiy, néonazi notoire auquel se sont associés entre autres Tourtchinov et Avakov dans le Front Populaire (Cf. billet du 12 septembre) dit dans une interview :

Notre credo : détruire tout ce qui détruit notre nation.

Comme vous le savez, vous pouvez restaurer presque tout: l’économie, l’ordre dans les rues, la démographie, une armée et marine forte, les armes nucléaires, mais la seule chose qui ne peut pas être restaurée – est la pureté du sang.

Si nous nous trouvons en 30 ans dans la minorité absolue dans leur propre pays, nous ne sommes absolument pas intéressés à qui obtient notre économie, notre pays, notre armée.

La première tâche – pour garder tout cela pour nos propres enfants.

Oleg Odnorozhenko, un référent intellectuel du mouvement néonazi ukrainien écrit :

Les mariages et les relations raciales mélangées sont interdits. L’hygiène raciale, l’éducation nationale et les soins de santé pour tous les Ukrainiens sont sous la garde complète et appropriée de l’État.

L’Ukraine doit mener une politique étrangère active, visant à créer l’Empire ukrainien. … Ensuite, l’Ukraine, en tant que noyau superpuissance de l’Empire, réunira autour de lui, sur une base égalitaire et équitable, les États indépendants des peuples aryens blancs dans une confédération.

Le monument commémoratif a été profané cette semaine, à l’occasion du nouvel an juif…

Monument aux victimes de Babi Yar, en septembre 2014

Monument aux victimes de Babi Yar, en septembre 2014

Le blog d'Olivier Berruyer. Situation dans le Donbass  Il y a eu très peu de changements territoriaux en une semaine. Kiev continue d’amasser des forces.
Le blog d'Olivier Berruyer. Situation dans le Donbass  Il y a eu très peu de changements territoriaux en une semaine. Kiev continue d’amasser des forces.
(Autre source ici sur jewishvoiceblog)

(Autre source ici sur jewishvoiceblog)

Torture et massacres

Les prisonniers libérés lors de cet échange de prisonniers ont apparemment eu de la chance, ils étaient enchaînés sur le béton sans possibilité de se coucher pour dormir, mais n’ont apparemment pas été torturé. Une responsable du fond humanitaire récemment relâchée n’a pas eu cette chance. Les témoignages de tortures sur les prisonniers militaires comme civils se multiplient, ainsi que les découvertes de charniers, de civils torturés et abattus, de femmes violées et abattus. On parle maintenant de plusieurs dizaines de charniers. 3 ont été découvertes en une seule journée, dont l’une contenait plus de 30 corps. Des prisonniers libérés parlent de la torture, et d’un grand charnier (“20 mètres par 30″) à Kramatorsk. Stanislav Stankevitch, un rebelle libéré sur lequel les soldats de Kiev ont brûlé une svastika avec une chaîne brûlante raconte la torture à Kramatorsk et affirme que de nombreux civils sont prisonniers dans une vingtaine de trous, enchaînés et régulièrement torturés. Un médecin volontaire parle de sa détention, et de la torture.

Stanislav Stankevitch a eu une svastika brûlée sur la dos et le mot séparatiste sur la poitrine, pendant sa détention.

Stanislav Stankevitch a eu une svastika brûlée sur la dos et le mot séparatiste sur la poitrine, pendant sa détention.

En plus de la torture et des meurtres, certains organes internes manquent dans les corps de certaines victimes découvertes dans les charniers, ce qui relance les rumeurs concernant un trafic d’organes. Ce genre de rumeur est “trop monstrueux pour y croire”, mais en 2010, 4 médecins ukrainiens avaient été arrêtés pour trafic d’organes. L’enquête sur le trafic d’organes de Serbes tués au kosovo est toujours en cours.

Il y a de plus en plus de rumeurs et de nouvelles. Trop monstrueuses pour y croire. Mais nous sommes obligés d’y donner foi, car le massacre est une réalité.

47 réponses à Actu’Ukraine, 27 septembre, par Nicolas

http://www.les-crises.fr/actu-ukraine-27-septembre/

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La menace de guerre et la réponse russe, par Sergei Glaziev. Le blog d'Olivier Berruyer.

29 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation, #Europe supranationale, #La guerre

La menace de guerre et la réponse russe, par Sergei Glaziev. Le blog d'Olivier Berruyer.

Voici un très récent article de Sergei Glaziev sur la vision russe du problème. À prendre comme toujours avec recul et esprit critique…

Comment mener une coalition et éviter un conflit mondial

Sergei Glaziev est un des conseillers du Président de la Fédération de Russie et membre de l’Académie des Sciences russe.

Résumé : Le monde a besoin d’une coalition de forces solides en faveur de la stabilité – une coalition mondiale anti-guerre avec un projet positif de réorganisation de l’architecture financière et économique internationale, sur les principes du bénéfice mutuel, de l’équité et du respect des souverainetés.

Les actions américaines en Ukraine devraient non seulement être classées comme hostiles pour ce qui concerne la Russie, mais aussi comme visant une déstabilisation mondiale. Les États-Unis provoquent ce qui est essentiellement un conflit international pour sauvegarder leur autorité géopolitique, financière et économique. La réponse doit être systémique et complète, visant à mettre à jour la domination politique des États-Unis et à y mettre fin, et, plus important, à saper leur pouvoir politico-militaire basé sur l’émission du dollar comme monnaie de réserve.

Le monde a besoin d’une coalition de forces solides en faveur de la stabilité – une coalition mondiale anti-guerre avec un projet positif de réorganisation de l’architecture financière et économique internationale, sur les principes du bénéfice mutuel, de l’équité et du respect des souverainetés.

LIMITER L’ARBITRAIRE DES ÉMETTEURS DE MONNAIE DE RÉSERVE

Cette coalition pourrait inclure les grands États indépendants (BRICS) ; les États émergents (la plus grande partie de l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine) contre lesquels le système financier et économique actuel a exercé des discriminations ; les États de la CEI intéressés par un développement équilibré et sans conflits ; et les nations européennes non préparées à obéir au diktat méprisant des États-Unis. La coalition devrait prendre des mesures pour éliminer les causes fondamentales de la crise mondiale, y compris :

  • l’émission incontrôlée des monnaies de réserve mondiales, qui permet aux émetteurs d’abuser de leur position dominante, accroissant ainsi les disproportions et les tendances destructrices du système financier et économique mondial ;

  • l’incapacité des mécanismes existants de régulation des banques et des institutions financières à écarter les risques excessifs et les bulles financières ;

  • un potentiel de croissance épuisé au sein du système économique dominant basé sur la technologie et le manque de conditions pour en créer un nouveau, y compris des investissements insuffisants pour l’utilisation à grande échelle des solutions techniques de base.

Les conditions doivent être créées pour permettre aux autorités fiscales nationales de prêter de l’argent pour construire une économie basée sur les nouvelles technologies et réaliser la modernisation économique et pour encourager l’innovation et les affaires dans les secteurs de croissance potentielle. Les émetteurs des monnaies de réserve doivent garantir leur stabilité en maîtrisant leur dette nationale, leur balance de paiements et leur balance commerciale. Ils devront également employer des mécanismes transparents d’émission monétaire et assurer le libre échange pour tout arbitrage d’actifs dans leurs pays.

Un autre élément important que les émetteurs de monnaies de réserve doivent observer est le respect des lois honnêtes de la concurrence et un accès non discriminatoire aux marchés financiers. D’autres pays respectant ce genre de contraintes devraient être en mesure d’utiliser leur monnaie nationale comme instrument d’échange et en permettre également l’usage comme monnaie de réserve par les pays avec qui ils sont associés. Il serait bon d’envisager le regroupement des monnaies nationales prétendant au statut de réserve régionale ou mondiale en catégories dépendantes du degré de respect de certains standards par les émetteurs.

Au-delà de l’établissement de règles pour les émetteurs de monnaies de réserve mondiales, des mesures devraient être prises pour renforcer le contrôle sur les mouvements de capitaux, afin de prévenir les attaques de la spéculation qui déstabilisent les monnaies nationales et internationales ainsi que le système financier. Il sera nécessaire aux membres de la coalition d’interdire les transactions avec les juridictions off-shore et ne pas permettre l’accès au refinancement aux banques et sociétés créées avec des résidents off-shore. L’usage des monnaies ne respectant pas ces règles ne devrait pas être autorisé pour les règlements internationaux.

Une remise à niveau majeure des institutions financières internationales est nécessaire pour assurer le contrôle des émetteurs de monnaie globale de réserve. Les pays participants doivent être représentés honnêtement suivant des critères objectifs tels que leur part dans la production mondiale, dans les échanges et la finance, leurs ressources naturelles et leur population. Les mêmes critères devraient s’appliquer au panier de monnaies de pays émergents pour le nouveau DTS (Droits de Tirage Spéciaux) qui peut être utilisé comme un étalon permettant de déterminer la valeur des monnaies nationales, incluant les monnaies de réserve. À l’origine, ce panier devrait contenir les monnaies des membres de la coalition d’accord pour observer ces règles.

De telles réformes ambitieuses nécessiteront un support législatif et institutionnel approprié. À ce dessein, les décisions de la coalition devraient avoir le statut d’engagements internationaux et les institutions de l’ONU, d’autres organisations internationales représentatives ainsi que tous les pays intéressés dans la réforme devraient être largement impliqués.

Pour encourager l’application au niveau mondial des réussites socialement importantes de ce nouveau mode technologique, les pays vont devoir concevoir un système international de planification stratégique du développement socio-économique. Il doit inclure des projections à long terme de développement scientifique et technologique ; définir les perspectives pour l’économie mondiale, les associations régionales et les pays phares; s’intéresser aux moyens de surmonter les différences, y compris le fossé entre les développements des économies industrialisées et émergentes et définir les priorités et objectifs pour les organisations internationales.

Les États-Unis. et autres pays du G7 rejetteront probablement ces propositions de réforme du système monétaire et financier international sans discussion, de peur de voir s’ébranler le monopole leur permettant l’émission incontrôlée de monnaie mondiale. Tout en engrangeant d’énormes bénéfices de ce système, les pays occidentaux phares limitent l’accès à leurs propres actifs, technologies et marché du travail en imposant de plus en plus de restrictions.

Si le G7 refuse de « faire de la place » à la coalition anti-guerre dans les agences dont dépendent les organisations financières internationales, celle-ci devra se rendre maîtresse d’une synergie assez grande pour créer des régulateurs mondiaux alternatifs.

Les BRICS pourraient servir de banc d’essai et prendre les mesures suivantes pour maintenir leur sécurité économique :

  • créer un système de paiement universel pour les membres des BRICs et émettre des cartes de paiement rassemblant l’Union Pay Chinoise, l’ELO brésilienne, le RuPay indien ainsi que des systèmes de paiements russes ;
  • construire un système d’informations et d’échanges interbancaires comparable au SWIFT et qui fonctionnerait de manière indépendante des États-Unis et de l’Union Européenne ;
  • fonder ses propres agences de notation.

LA RUSSIE, LEADER MALGRÉ ELLE

La Russie aura un rôle de leader dans la mise en place d’une coalition contre les États-Unis car elle est hautement vulnérable et ne sortira pas vainqueur de la confrontation en cours sans une telle alliance. Si la Russie échoue à faire preuve d’initiative, le bloc anti-russe que les États-Unis sont en train de former absorbera ou neutralisera les alliés potentiels de la Russie. La guerre contre la Russie, à laquelle États-Unis poussent l’Europe, peut bénéficier à la Chine, car l’affaiblissement des États-Unis, de l’Union européenne et de la Russie permettra à Pékin d’atteindre plus facilement un leadership mondial. De même, le Brésil pourrait céder aux pressions des États-Unis tandis que l’Inde se concentrerait davantage sur la résolution de ses problèmes intérieurs.

La Russie a autant d’expérience en matière de direction dans la politique mondiale que les États-Unis. Elle possède la nécessaire autorité morale et culturelle ainsi que des capacités militaires et technologiques suffisantes. Mais l’opinion publique russe doit encore surmonter son complexe d’infériorité, retrouver une fierté historique pour les siècles d’efforts qu’elle a fourni afin de créer une civilisation qui a rassemblé de nombreuses nations et cultures et qui a sauvé de nombreuses fois l’Europe et l’humanité de l’auto-extermination. Elle a besoin de ramener une compréhension du rôle historique que le monde russe a joué en créant une culture universelle, de la Rus kiévienne, héritière spirituelle de l’Empire byzantin jusqu’à la fédération de Russie, qui a succédé à l’Union soviétique et à l’Empire russe. Le processus d’intégration eurasienne devrait être présenté comme un projet global destiné à restaurer et à développer un espace commun pour des nations qui, de Lisbonne à Vladivostok et de Saint-Pétersbourg à Colombo, ont vécu et travaillé ensemble.

UNE SYNTHÈSE SOCIAL-CONSERVATRICE

Un nouvel ordre mondial pourrait être fondé sur un concept de synthèse sociale-conservatrice en tant qu’idéologie qui combinerait les valeurs des religions mondiales avec les acquis de l’État-providence, ainsi que le paradigme scientifique du développement durable. Ce concept devrait servir de programme positif pour construire une coalition anti-guerre et établir des principes universellement compréhensibles destinés à rationaliser et à harmoniser les relations sociales, culturelles, et économiques dans le monde.

Les relations internationales ne peuvent être harmonisées que sur la base de valeurs fondamentales partagées par toutes les cultures et civilisations majeures. Ces valeurs incluent la non-discrimination (égalité) et le fait de s’accepter mutuellement, un principe que déclarent toutes les confessions sans que l’on ait besoin de diviser les gens entre « nous » et « eux ». Ces valeurs peuvent être exprimées à travers des notions de justice et de responsabilité, ainsi qu’en formes légales des droits de l’homme et des libertés.

La valeur fondamentale d’un individu et l’égalité de tous, indépendamment de toute religion, ethnie, classe, ou autre arrière-plan, doit être reconnue par toutes les confessions. Cela découle, du moins dans les religions monothéistes, de la perception de l’unité de Dieu et du fait que chaque type de foi offre son propre chemin vers le salut. Cette vision permet d’éliminer les conflits religieux et ethniques violents tout comme elle permet à chaque individu de faire un libre choix. Mais des mécanismes légaux doivent être en place pour rendre possible cette participation des confessions à la vie publique et à la résolution des conflits sociaux.

Cette approche permettra de neutraliser un des instruments les plus destructeurs de cette guerre mondiale du chaos qu’emploient États-Unis : l’utilisation des luttes religieuses pour pousser à des conflits religieux et ethniques qui se transforment ensuite en guerres civiles et régionales.

Le rôle de la religion, en façonnant la politique internationale, fournira la base morale et idéologique nécessaire à la prévention des conflits ethniques et à la résolution des tensions ethniques, en utilisant des instruments nationaux de politique sociale. De nombreuses religions peuvent être aussi impliquées dans la planification de la politique sociale, fournissant ainsi un cadre moral pour les décisions des gouvernements, restreignant les attitudes de permissivité et de laxisme qui dominent les esprits des élites au pouvoir dans les pays développés, et ramenant une compréhension de la responsabilité sociale des autorités vis à vis de la société. Alors que les valeurs contestées de l’État-providence gagnent un fort soutien idéologique, les partis politiques devront reconnaître l’importance des limites éthiques qui protègent les principes fondamentaux de la vie humaine.

Le concept de synthèse sociale-conservatrice sera la base idéologique de réforme de la monnaie internationale, des relations financières et économiques en se fondant sur les principes de justice, de respect mutuel de la souveraineté nationale et d’échanges mutuellement avantageux. Cela exigera certaines restrictions de la liberté de forces du marché qui pratiquent constamment une discrimination à l’encontre de la plupart des personnes et des pays en limitant leur accès à la richesse.

Le mondialisme libéral a miné la capacité des pays à influencer la distribution du revenu national et des richesses. Les multinationales délocalisent sans contrôle les ressources auparavant contrôlées par des gouvernements nationaux. Ces derniers doivent opérer des coupes dans les prestations sociales pour préserver l’attractivité de leurs économies. Les investissements sociaux publics, dont les bénéficiaires n’ont plus d’identité nationale, ont perdu leur puissance. À mesure que l’oligarchie qui a pour centre les États-Unis capte une part grandissante du revenu généré par l’économie mondiale, le niveau de vie s’érode dans les économies ouvertes et la difficulté d’accès à la richesse publique s’accroît. Pour surmonter ces tendances destructrices, il sera nécessaire de changer toute l’architecture des relations financières et économiques et de restreindre le libre mouvement du capital. Cela devrait être fait pour empêcher les multinationales d’échapper à leur responsabilité sociale d’une part, et pour égaliser les coûts des politiques sociales partagés par les états d’autre part.

La première chose implique d’éliminer les juridictions offshore, qui permettent l’évasion fiscale, et de reconnaître les droits des états à réguler les mouvements de capitaux transfrontaliers. La seconde signifierait établir des critères sociaux minimaux pour assurer l’amélioration accélérée de la sécurité sociale dans les pays relativement pauvres. Cela peut être fait en créant des mécanismes internationaux pour équilibrer les niveaux de vie, ce qui, en retour, demandera un financement approprié.

En travaillant conformément au concept de synthèse sociale-conservatrice, la coalition anti-guerre peut réformer le système de sécurité sociale mondial. Une redevance de 0,01% sur les opérations de changes de devises pourrait financer des mécanismes internationaux prévus pour égaliser les niveaux de vie. Cette redevance (de plus de 15 000 milliards de dollars par an) pourrait être facturée sous un accord international et les législations fiscales nationales et transférée aux organisations internationales comme la Croix-Rouge (prévention et intervention lors des crises humanitaires causées par les catastrophes naturelles, guerres, épidémies etc) ; l’Organisation Mondiale de la Santé (prévention des épidémies, réduction de la mortalité infantile, vaccinations, etc) ; l’Organisation Internationale du Travail (surveillance mondiale des normes de sécurité et du droit du travail, y compris des salaires conformes aux niveaux minima de subsistance, interdiction du travail des enfants et du travail forcé, migrations économiques) ; la Banque mondiale (construction d’infrastructures sociales – réseaux d’approvisionnement en eau, routes, évacuation des eaux usées, etc) ; l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (UNIDO) (transfert de technologies aux pays en développement) et l’UNESCO (soutien à la coopération internationale en sciences, éducation et culture, protection des héritages culturels). Les dépenses devront être faites selon les budgets approuvés par l’Assemblée générale des Nations Unies.

Une autre tâche consisterait dans la création d’un système mondial de protection de l’environnement financé par les pollueurs. Ceci peut être fait par la signature d’un accord international qui établirait des amendes généralisées pour la pollution et affecterait les sommes récoltées à la protection de l’environnement, sous des législations nationales, et sous la supervision d’une organisation internationale autorisée. Une partie de cet argent devrait être allouée à des activités liées aux problématiques environnementales mondiales et à la surveillance. Un mécanisme alternatif peut être fondé sur le marché des quotas de pollution, sous le protocole de Kyoto.

Un aspect important est la création d’un système mondial pour éliminer l’illettrisme et assurer l’accès public à l’information et à une éducation moderne, à travers le monde. Cela demandera la standardisation des exigences minimales pour une éducation primaire et secondaire complètes, et le financement des pays en voie de développement avec des revenus générés par le système de taxes ci-dessus. Il doit y avoir un système universellement accessible d’éducation de troisième cycle fourni par les plus grandes universités des pays industrialisés. Ces dernières peuvent établir des quotas d’admission d’étudiants étrangers sélectionnés sur concours internationaux et financés par la même source. De façon simultanée, les universités participantes pourraient instaurer un système d’enseignement à distance pour toutes les personnes détentrices d’un diplôme de fin d’études secondaires. L’UNESCO et la Banque mondiale pourraient s’engager à créer et à soutenir l’infrastructure d’information nécessaire, en tirant leurs fonds de la même source.

HARMONISATION ANTI-CRISE DE L’ORDRE MONDIAL

Le fossé grandissant entre pays riches et pays pauvres menace le développement et l’existence même de l’humanité. Ce fossé est créé et maintenu par des institutions nationales, aux États-Unis et dans les pays alliés, qui s’arrogent un certain nombre de fonctions sur les échanges économiques internationaux dans leur propre intérêt. Ils ont monopolisé le droit à l’émission de monnaies mondiales et en utilisent les revenus pour leurs propres bénéfices, donnant un accès illimité aux prêts à leurs banques et sociétés. Ils ont monopolisé les droits de définition des standards techniques permettant à leur industrie de maintenir une suprématie technologique. Ils ont imposé au monde leurs propres lois sur les échanges internationaux, imposant aux autres pays l’ouverture de leurs marchés et limitant de manière substantielle leur propre capacité d’action sur la compétitivité de leurs économies nationales. Finalement, ils ont forcé la majorité des pays à ouvrir leurs marchés des capitaux, permettant de ce fait la domination de leur propres nababs financiers, qui ne cessent de multiplier leur richesse en exerçant un monopole sur la monnaie.

Il est impossible d’envisager avec succès un développement socio-économique durable sans élimination de l’usage, pour des intérêts privés ou nationaux, du monopole sur les échanges économiques internationaux. Des restrictions nationales et mondiales peuvent être imposées pour soutenir le développement durable, harmoniser les affaires publiques mondiales, et éliminer les discriminations dans les relations économiques internationales.

Afin d’empêcher une catastrophe financière mondiale, des mesures urgentes doivent être prises pour créer à la fois une nouvelle monnaie sure et efficace ainsi qu’un système financier basé sur un échange mutuellement avantageux des monnaies nationales. Ce nouveau système exclurait l’appropriation par une prééminence mondiale pour des intérêts privés ou nationaux.

Pour égaliser les chances de développement socio-économique, les économies émergentes doivent avoir un accès libre aux nouvelles technologies conditionné à leur promesse de non usage à des fins militaires. Les pays se conformant à ces restrictions et donnant accès aux informations concernant leurs budgets militaires seront exemptes des contraintes de contrôle de leurs exportations et recevront de l’assistance pour l’acquisition de nouvelles technologies de développement.

Un mécanisme international empêchant les multinationales d’abuser de leur monopole sur le marché assurerait une concurrence loyale. L’OMC pourrait assurer un contrôle anti-trust grâce à un accord spécial engageant tous les états membres. Ceci permettrait aux entités économiques de demander l’élimination des abus de monopole commis par les multinationales ainsi que la compensation des pertes résultant de tels abus en imposant des sanctions contres les entités fautives. En plus des prix sur ou sous-facturés, des tromperies sur la qualité ou autres exemples de concurrence déloyale, les salaires inférieurs au niveau régional du minimum de subsistance tel que défini par l’OMT devraient également être considérés comme un abus. De plus, devrait exister une régulation raisonnable des prix pour les produits et services émanant de monopoles régionaux ou mondiaux.

En raison d’échanges économiques inégalitaires, les pays devraient se réserver le droit de réguler leurs propres économies afin de pouvoir égaliser les niveaux de développement socio-économiques. En plus des mécanismes de protection contre la concurrence déloyale des marchés nationaux par l’OMC, cette égalisation pourrait se faire aussi en encourageant le progrès scientifique et technologique et en assurant le soutien de l’État à l’innovation et l’investissement; en établissant un monopole d’État sur l’usage des ressources naturelles; en introduisant le contrôle des monnaies pour limiter la fuite des capitaux et empêcher les attaques spéculatives sur les monnaies nationales; en maintenant le contrôle gouvernemental sur les industries stratégiques; et en utilisant d’autres mécanismes pour renforcer la compétitivité.

Une concurrence loyale dans les technologies de l’information est essentielle. L’accès aux réseaux mondiaux d’informations doit être garanti pour chacun, consommateur ou pourvoyeur. Ce marché peut être maintenu ouvert grâce à de strictes dispositions anti-trust qui ne permettront ni à des groupes ni à des pays d’être en position dominante.

Pour s’assurer du respect des règles nationales et internationales par les participants aux échanges économiques mondiaux, doivent exister des pénalités définies par un code international applicable par la cour sans tenir compte de sa juridiction nationale. Toutefois, faire appel auprès d’une cour internationale dont le jugement serait d’application obligatoire pour tous les états, devrait être possible. Des règles contraignantes et des pénalités pour non-respect des règles (à côté des pénalités infligées pour violation des lois nationales) donneraient aux accords internationaux préséance sur les lois nationales. Les pays ne respectant pas ces principes devraient voir leur participation aux activités économiques internationales limitée par l’exclusion de leur monnaie nationale des règlement internationaux, par des sanctions économiques contre leurs résidents et des limites mises à leurs opérations sur les marchés internationaux.

Pour renforcer tous ces changements fondamentaux dans les relations internationales, une coalition forte devra être créée, capable de surmonter la résistance des États-Unis et des pays du G7, qui recueillent d’énormes bénéfices de leur domination sur les marchés mondiaux et dans les organisations internationales. Cette coalition devrait être prête à utiliser des sanctions contre les États-Unis et les autres pays qui refusent la priorité des obligations internationales sur les règlementations nationales. Rejeter le dollar américain dans les règlements internationaux serait le moyen de pression le plus efficace pour obtenir la collaboration des États-Unis.

La coalition anti-guerre devrait offrir une alternative à la course aux armements, comme un moyen d’encourager une nouvelle ère de développement technologique. Cette alternative conduirait à de larges coopérations internationales tournées vers la résolutions de probèmes mondiaux nécessitant la mise en commun des moyens pour créer des technologies d’avant-garde. Par exemple, il n’y a actuellement pas de solution pour protéger la planète de menaces venant de l’espace profond. Le développement de telles solutions requerra des avancées technologiques qui peuvent être atteintes en combinant les efforts des pays phares et par le partage des coûts.

Le paradigme du développement durable rejette la guerre en tant que tel. Au lieu de la confrontation et de la rivalité, il est basé sur la coopération et la collaboration comme un moyen de mettre en commun les ressources dans les domaines prometteurs de la recherche scientifique et technologique. À la différence de la course aux armements provoquée par la géopolitique, il peut fournir une meilleure base scientifique et organisationnelle pour gérer un nouveau mode technologique. Cela entraînera le développement de la santé, de l’éducation et de la culture, ce qui n’est que rarement stimulé par les dépenses pour la défense. Ces secteurs non-productifs et la science compteront pour au moins la moitié du PIB dans les grands pays industrialisés, dans les années à venir. Par conséquent, une solution d’avenir devrait comprendre le transfert du centre d’attention du gouvernement des dépenses de défense vers des programmes humanitaires, principalement de médecine et de sciences biologiques. Puisque l’état paie plus de la moitié des dépenses de santé, d’éducation, et de travaux scientifiques, un tel changement faciliterait la gestion systématique du développement socio-économique et endiguerait les tendances destructrices.

* * *

Un nouveau cycle d’élection commencera aux États-Unis en 2017, lequel va probablement faire la part belle à une rhétorique anti-russe en tant que base idéologique d’une guerre mondiale que Washington essaye de déclencher dans une tentative pour conserver son pouvoir. À ce moment là, la crise du système financier américain peut avoir abouti à des réductions de ses dépenses budgétaires, à la dévaluation du dollar, et au déclin du niveau de vie.

Des problèmes intérieurs et des crises de politique étrangère conduiront le gouvernement américain à une montée en puissance de ses tactiques agressives, tout en affaiblissant en même temps ses positions. Si la Russie mobilise son potentiel intellectuel, économique et militaire, elle aura une chance de passer à travers les conflits en 2015-2018 du fait que les États-Unis et ses alliés ne seront toujours pas préparés à une agression directe.

La Russie fera face à la période la plus dangereuse au début des années 2020 lorsque les pays industrialisés et la Chine devraient commencer leur modernisation technologique et que les États-Unis et d’autres pays Occidentaux sortiront de la dépression financière et feront un saut technologique en avant. Mais la Russie peut radicalement rester en retard technologique et économique en 2021-2025, ce qui détériorerait ses capacités de défense et conduirait à des conflits sociaux et ethniques internes en grande partie similaires à que ce qui s’est passé en Union soviétique à la fin des années 1980. Ces conflits seraient fomentés aussi bien depuis l’extérieur que l’intérieur, en utilisant les inégalités sociales, les écarts de développement entre des régions, et des problèmes économiques. Pour éviter le pire scénario possible menant à la désintégration du pays, la Russie devra adopter une politique extérieure et domestique systémique pour renforcer la sécurité nationale, assurer l’indépendance économique, améliorer la compétitivité internationale, stimuler le développement économique, mobiliser la société et améliorer l’industrie de défense.

Avant 2017, alors que les États-Unis commencent à menacer la Russie ouvertement et sur tous les fronts, l’armée russe devrait disposer d’armes modernes et efficaces, la société russe devrait être renforcée et être confiante en sa force, les intellectuels devraient maîtriser le nouveau modèle technologique, l’économie devrait se développer et la diplomatie russe devrait réussir à créer une large coalition contre la guerre et capable d’unir leurs efforts en vue d’arrêter l’agression américaine.

Sergei Glaziev

Source : GlobalAffairs.ru, 23/09/2014, traduction collective par les lecteurs du site www.les-crises.fr

http://www.les-crises.fr/la-menace-de-guerre-et-la-reponse-russe/

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Projection/débat le vendredi 3 octobre 2014 à Nice Garibaldi de 18h à 21h. « La Stratégie du Choc », d’après le livre de Naomi Klein.

28 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR"., #La guerre, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La mondialisation, #La nation ., #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

L'association "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" organise une projection/débat le vendredi 3 octobre 2014 à Nice Garibaldi

de 18h à 21h.

« La Stratégie du Choc », d’après le livre de Naomi Klein.

 Film sorti en 2009,  réalisé par Michael Winterbottom et Mat Withecross d’après l’œuvre de Naomi Klein.

Film sorti en 2009, réalisé par Michael Winterbottom et Mat Withecross d’après l’œuvre de Naomi Klein.

Bonjour.

Le monde est plongé dans le chaos et la violence. Les guerres économiques et les guerres traditionnelles plongent de nombreux pays dans la misère et parfois dans la barbarie.

Le livre remarquable de Naomi Klein* « La Stratégie du choc. La montée du capitalisme du désastre » sorti en 2008, permet de comprendre un peu mieux le monde où nous vivons. L’analyse de l’auteur permet de voir les liens entre le coup d’état du 11 septembre 1973 au Chili, le massacre de la place Tiananmen en 1989, l’effondrement de l’Union Soviétique, le naufrage de l’épopée Solidarnosc en Pologne, les difficultés rencontrées par Mandela dans l’Afrique du Sud postapartheid, les attentats du 11 septembre 2001, les guerres en Irak, le cyclone « Katrina » qui dévasta la Louisiane et particulièrement la Nouvelle-Orléans en 2005, le naufrage organisé de la Grèce, la destruction de la Libye, la prison à ciel ouvert qu’est Gaza, le terrorisme en Syrie, la guerre civile en Ukraine, la pratique de la torture partout et en tous lieux.

Ce livre remarquable permet d’éveiller les consciences à ces pratiques modernes. Il permet de mieux comprendre l’idéologie du Choc des Civilisations. Cette idée théorisée par Samuel Huntington est toujours d’actualité. Elle est appliquée actuellement par les néoconservateurs. Ils sont très puissants dans les pays occidentaux.

En 2009 est sorti le film éponyme réalisé par Michael Winterbottom et Mat Withecross d’après l’œuvre de Naomi Klein. Cette œuvre fidèle au livre permet de résister à la barbarie et de trouver le chemin de l’espoir.

Il faut le voir et le revoir.

L’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR » organise la projection de ce document suivie d’un débat, le vendredi 3 octobre 2014 de 18h à 21h à la salle Avelanie de la Maison des Associations de Nice Garibaldi.

L’entrée est libre et gratuite.

Pour plus de renseignements, téléphonez au : 06 82 97 97 77.

A bientôt.

Bien cordialement.

Lucien PONS. Président de l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR »

Colloque sur "Le terrorisme comme arme systématique de destruction". Les conférenciers; Robert Charvin, Ayssar Midani et Michel Colon.

https://www.youtube.com/watch?v=yy4hIzcXg7o&feature=youtu.be

*Naomi Klein Journaliste, essayiste et réalisatrice, diplômée de la prestigieuse « London School of Economics ». Elle est l’auteur du best-seller international « No Logo », traduit dans vingt-huit langues et devenu une référence incontournable dans le monde entier. Elle contribue régulièrement à la rubrique internationale de « The Nation » et « The Guardian ». Elle s’est rendue en Irak pendant la deuxième guerre du golfe pour le magazine « Harper’s ». En 2004, elle a réalisé un film documentaire « The Take », sur l’occupation des usines en Argentine, qu’elle a coproduit avec le réalisateur Avi Lewis. En 2008 elle écrit le best-seller « La Stratégie du Choc ». Elle a participé également à l’élaboration du film du même nom.

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Le cauchemar de Washington se précise : le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine s’étend. Le 23 septembre 2014. The French Saker. Andrew Korybko (USA).

25 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #Economie, #La guerre, #La mondialisation, #La nation .

Par Andrew Korybko (USA)
Traduit par Na.dan et Pierre pour vineyardsaker.fr

Le cauchemar de Washington se précise : le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine s’étend. Le 23 septembre 2014. The French Saker.

INTRODUCTION

Les drapeux chinois et russe imbriqués

Les drapeux chinois et russe imbriqués

Le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine (Russia-China Strategic Partnership, alias RCSP), dont les bases avaient été jetées en 1996, constitue le point d’ancrage de l’Eurasie dans le 21e siècle. Jamais jusqu’alors les acteurs des deux continents n’avaient entretenu une relation politique si proche, le seul rival du RCSP étant les USA par l’intermédiaire de leurs alliances militaires privilégiées avec l’Otan, les monarchies du Golfe et le Japon. Dans cette lutte du siècle pour le supercontinent, l’interaction entre le RCSP et les États-Unis va définir la politique mondiale.

Détracteurs ou détourneurs ?

Les media occidentaux ont fait beaucoup de bruit autour du RCSP, certains le présentant comme une remise en cause du consensus autour de Washington et d’autres le dépeignant comme rien d’autre qu’une dépendance accrue de Moscou à l’égard de Pékin. Les premiers claironnent souvent leur point de vue dans le but d’effrayer les Américains et de justifier l’agression de leur gouvernement contre la Russie et la Chine, tandis que les seconds alimentent une campagne de désinformation destinée à faire éclater en morceaux l’unité entre la Russie et la Chine. Ce n’est que rarement que le RCSP est mentionné comme une mise en garde à l’égard des États-Unis pour les inviter à mettre de l’eau dans leur vin, ce qui est la voie la plus responsable pour présenter ce développement à l’électeur occidental.

Le but de cet article est de montrer que le RCSP est en train de devenir une réalité à l’échelle du monde entier, la manifestation du cauchemar de Washington, et qu’il s’étend au-delà de l’Eurasie, vers l’Afrique du Nord et l’Amérique Latine.

Le RCSP cherche indiscutablement à remettre en cause l’ordre occidental, mais uniquement dans le but d’aider à passer à un monde multipolaire, un but vers lequel les deux pays avaient déjà affiché leur solidarité dès 1997. La réticence des États-Unis à reconnaître les mouvements tectoniques qui ont eu lieu depuis lors, et leur insistance à prolonger cet état unipolaire dépérissant, sont les principales raisons de la déstabilisation mondiale actuelle. Malgré ce que tentent d’obtenir les détracteurs par la peur et les détourneurs par la tactique de la division, le RCSP est paisible, sur la défensive, et plus uni que jamais. En explorant les confluences de la politique russo-chinoise dans les domaines clés de l’Eurasie et au-delà, cet article prouve que le RCSP est vivant et en pleine croissance, et qu’il contribue activement à orienter le monde vers un état multipolaire.

1ÈRE PARTIE : LES FONDEMENTS POLITIQUES DU PARTENARIAT STRATÉGIQUE ENTRE LA RUSSIE ET LA CHINE

Avant d’entrer dans les détails de l’action géopolitique du partenariat stratégique entre la Russie et la Chine, il faut identifier les fondements politiques sur lequel il repose. Il s’agit d’une définition des rôles respectifs que joueront la Russie et la Chine, les bases de leur coopération et les objectifs institutionnels qu’elles se donneront pour restructurer l’ordre international

 Pourparlers entre la Russie et la Chine à Pékin, en mai 2014

Pourparlers entre la Russie et la Chine à Pékin, en mai 2014

La Russie comme contrepoids politico-militaire, la Chine pour ses perspectives économiques

Dans la division du travail entre les deux partenaires, il a été convenu que la Russie servira de contrepoids militaire et politique à l’influence américaine, permettant aux grandes puissances, États émergents et entités diverses de ne pas être obligés de choisir systématiquement entre influence américaine et influence chinoise. On va montrer comment la Russie travaille en parfaite intelligence avec la Chine de manière à s’assurer qu’elle remplit son rôle de contrepoids dans le sens de leurs objectifs stratégiques communs. La Chine, de son côté, en passe de devenir cette année la première puissance économique du monde pour ce qui est de la Parité de Pouvoir d’Achat (PPA) — au détriment des USA, est l’économie dominante des pays en voie de développement. Ses relations fortes et privilégiées par lesquelles elle développe ses investissements dans l’agriculture et les services en Afrique, en Amérique Latine et dans les états de la ceinture de perles, font d’elle la porte d’entrée offrant d’importants débouchés et d’utiles relations à l’économie russe, particulièrement dans le cadre des récents développements [récentes sanctions]. Ainsi, que la Russie puisse jouer un rôle favorable [pour la Chine] de contrepoids dans les domaines militaires et politiques dans les régions d’importance stratégique, et que réciproquement la Chine puisse jouer un rôle favorable pour assister [la Russie] dans le domaine commercial via ses contacts existants et son réseau de relations [forme la base de ce partenariat].

Le tandem ainsi réalisé est, bien évidemment, loin d’être parfait, pas plus que sa mise en pratique stratégique à travers le monde, mais c’est la théorie générale de leur approche « main dans la main ». La Russie est le contrepoids et la Chine est la porte d’entrée. Plus on s’éloigne de ces deux [états], par exemple au Moyen-Orient et en Amérique Latine, plus les purs objectifs multipolaires et la coordination rapprochée entre ces deux pays sont visibles ; de même plus on se rapproche de ces deux nations clefs eurasiatiques plus la complexité de cette relation apparaît et plus elle peut devenir difficile à comprendre.

Le berceau de la coordination

L’Organisation de coopération de Shanghai [OCS en français, SCO en anglais] constitue le berceau où est né et s’est développé le RCSP. Fondée en 1996 par les Cinq de Shanghai, l’OCS a été refondue en 2001 avec l’intégration de l’Ouzbékistan. Depuis, elle a commencé à coopérer avec cinq autres pays (Mongolie, Inde, Pakistan, Afghanistan, Iran). Et elle dialogue aussi avec le Sri Lanka, la Turquie et la Biélorussie. Tous ces pays sont dans l’orbite immédiate du RCSP, que la Russie ou la Chine y exerce une forte influence à divers niveaux. L’OCS a établi encore les fondations du RCSP en déclinant les objectifs que devait se donner le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine : lutte contre le terrorisme, le séparatisme, l’extrémisme sous toutes leurs formes, incluant les révolutions de couleur impulsées par les USA. Concomitamment, les Américains ont étendu à tous ces pays leurs campagnes de déstabilisation et de domination inaugurées en Eurasie. Les USA représentent donc un risque existentiel pour la Russie et la Chine, mais aussi les autres membres de l’OCS. On notera également que l’OCS organise régulièrement des manœuvres militaires communes entre ses membres.

Le BRICS, bastion institutionnel

La conséquence la plus visible du partenariat stratégique entre la Russie et la Chine est d’avoir conduit les deux pays à se présenter sous forme d’une force intégrée au sein du BRICS [Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud]. Vladimir Poutine a déclaré en mai dernier que « Russie et Chine avaient des priorité communes au plan mondial et régional. Les deux pays ont convenu de coordonner plus étroitement leurs politiques au sein de l’ONU, du BRICS et le la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique [Asia-Pacific Economic Cooperation, alias APEC]. Ils n’ont pas de désaccords. Au contraire, ils ont élaboré des programmes ambitieux, qu’ils sont fermement déterminés à inscrire dans la réalité ».

Cette déclaration d’intention tout à fait nouvelle représente le fondement de ce qui leur a permis d’agir au Sommet du BRICS à Fortaleza, Brésil, en juillet dernier durant lequel les cinq membres ont décidé de fonder la Nouvelle Banque de Développement en vue de se confronter directement à la domination occidentale au sein des organisations économiques et financières. D’importants mémorandums d’accord (MoU) ont aussi été présentés concernant notamment la création d’une monnaie de réserve commune au sein des membres du BRICS. Celui-ci apparaît donc comme un bastion institutionnel pour la coopération russo-chinoise à travers le monde, dans la perspective de la multipolarité.

Résumé des éléments fondamentaux

La Russie et la Chine ont un rôle distinct à jouer dans leur tandem, et ils en sont encore à raffiner leur interaction. L’OCS, quoiqu’étant un cadre multilatéral, fonctionne comme une organisation de coopération bilatérale russo-chinoise plus large, utilisant l’Asie Centrale comme un terrain d’entraînement pour de futurs développements dans d’autres lieux. En observant la coopération institutionnelle de la Russie et de la Chine telle qu’on peut la voir plus clairement au sein du BRICS, très particulièrement lors de leur dernier sommet, vue comme un tout on ne peut que constater que les deux pays combinent leurs forces dans des institutions appropriées de manière à poursuivre leur objectif commun de multipolarité.

2ÈME PARTIE : MISE EN PRATIQUE GÉOPOLITIQUE

Nous pouvons maintenant enchaîner sur les implications géopolitiques du partenariat stratégique entre la Russie et la Chine (RCSP). Cette deuxième partie commence avec l’Asie du Nord-Est, puis, en suivant le sens trigonométrique, dans l’exploration des deux approches pour l’Asie Centrale, l’Asie du Sud, et l’Asie du Sud-Est. Nous irons ensuite en Europe avant de nous pencher sur l’ensemble Moyen-Orient / Afrique du Nord (MENA) et l’Amérique Latine. Il n’y a qu’en Afrique où le RCSP doit encore mûrir, mais il est fort probable que la Chine, à l’avenir, invite la Russie à avoir une influence de rééquilibrage sur le continent et influence les dirigeants régionaux pour développer leurs liens commerciaux avec Moscou. Enfin, la conclusion va montrer l’unité d’ensemble et démontrer que le RCSP est vraiment la relation la plus importante du 21e siècle et le véhicule définitif pour la multipolarité.

Il est recommandé au lecteur, lorsqu’il se plonge dans ces paragraphes, de garder à l’esprit la chose suivante : Chacun des deux partenaires du RCSP est destiné à restaurer l’image et à suppléer aux faiblesses de l’autre, là où celui-ci peut se trouver dans une position de faiblesse relative en comparaison de son homologue, avec pour intention à terme d’établir une véritable multipolarité globale. Cela étant posé, il est possible de commencer l’examen géopolitique du RCSP.

Asie du Nord-Est

Dans son essence, l’action du RCSP en Asie du Nord-Est est de se confronter au « porte-avions US insubmersible » dans une attitude attentive, toute de prudence et de précaution, afin d’en neutraliser la létalité. Russie et Chine avaient toutes les deux des différends territoriaux avec le Japon avant le début de la mise en place du RCSP, mais le Japon ne commença à envenimer ces tensions qu’en 2010. Le problème japonais doit être plus précisément compris comme un problème américain en raison des accords de sécurité mutuelle entre les deux pays qui relèvent plus d’une occupation militaire. Ainsi par procuration, le RCSP, dans ses efforts de pacification de l’Asie du Nord-Est, bute de facto dans la muraille de la mauvaise volonté américaine. Tokyo use constamment de sa « clause de retrait » lorsqu’il s’agit de régulariser ses relations avec Moscou (ce qui serait dans les intérêts des deux nations), mais il ne semble pas que l’on puisse voir cette régularisation sous le gouvernement Abe. L’occupation par les USA est trop forte et trop influente pour que le pays puisse s’en libérer dans un futur proche, mais si par un heureux hasard il advenait que les prémisses d’une véritable politique étrangère indépendante [de Tokyo] apparaissent, cela placerait Moscou en situation de jouer un rôle positif de modération des actions de Tokyo envers Pékin.

Lancement des exercices navals communs Russie – Chine, mai 2014

Lancement des exercices navals communs Russie – Chine, mai 2014

Dans les conditions actuelles, cependant, et la Russie et la Chine considèrent que c’est bien le Japon et non la Corée du Nord (que chacun des deux pays engage dans les pourparlers multilatéraux de dénucléarisation) qui représente le plus grand risque de déstabilisation de l’Asie du Nord-est, en raison de son obstination agressive sur les différends territoriaux. Pour se créer une position optimale de maître du jeu caché derrière sa marionnette, et ainsi saboter la perspective d’une coopération pan-régionale, les États-Unis soutiennent et favorisent cette attitude. Par conséquent, aussi improbable que cela puisse sembler pour le moment, en cas de guerre, la Russie et la Chine pourraient coopérer militairement, ou alors l’un ou l’autre pourrait user des plus puissant moyens diplomatiques et politiques à sa disposition pour tenter d’influencer le Japon, pour qu’il fasse machine arrière et arrête les hostilités au plus vite.

Asie centrale

Beaucoup d’encre a coulé à propos d’une rivalité hypothétique entre la Russie et la Chine en Asie Centrale, mais les faits ne le montrent pas et ces rumeurs ne sont rien de plus qu’un désir de ceux qui ont le dessein de diviser le RCSP et qui espèrent voir la Russie et la Chine se rentrer dedans dans la région. Il faut prendre en considération le processus d’intégration politique et économique de la Russie avec le Kazakhstan et bientôt avec le Kirghizistan sous les auspices de l’Union Eurasiatique, et les engagements de sécurité mutuelle de la Russie avec le Kazakhstan, le Kirghizistan et le Tadjikistan à travers le CSTO (qui, également, participe régulièrement à des manœuvres militaires). D’autre part la Chine a des positions plus commerciales en Asie Centrale ayant établi des relations d’affaires lucratives ces dernières années et ayant conclu des contrats énergétiques d’une extrême importance stratégique avec la plupart des états de la région, en tout premier lieu le Turkménistan, ce qui lui donne une position [politique] moins dominante. En Asie Centrale, la partie se joue de la manière suivante : la Russie consolide son influence là où se trouvait la sphère d’influence soviétique, avec des états qui avaient déjà cultivé avec elle de profondes relations, alors que la Chine agit pour combler un vide dans certains secteurs économiques. Il est de la plus haute importance pour la Chine d’être en mesure de diversifier ses voies d’importations de matières premières de manière à éviter le Détroit de Malacca susceptible de strangulation et occupé par les USA, d’où son intérêt [pour un approvisionnement] énergétique en Asie Centrale. C’est grâce à une acceptation implicite de la participation de la Chine de la part de la Russie, ici via le RCSP, que la Chine est en mesure de procéder sans encombre, car il est aussi dans l’intérêt de la Russie d’avoir dans la Chine un partenaire fort et aussi énergie-indépendant que possible. Egalement, l’expansion fulgurante de l’influence énergétique de la Chine en Asie Centrale produit corolairement un bénéfice pour la Russie. En effet, les liens que la Chine entretient avec l’Ouzbékistan qui s’est éloigné de la Russie ces dernières années (l’Ouzbékistan a quitté le CSTO en 2012 et envisage d’acquérir des équipements militaires délaissés par l’OTAN en Afghanistan) et qui est en passe de devenir l’homme de paille potentiel des USA après le retrait d’Afghanistan, pourraient servir à modérer la politique régionale de Tachkent. Nous n’allons pas jusqu’à dire que la Chine puisse le convaincre de s’abstenir d’accroître sa coopération militaire avec les USA, mais plutôt qu’elle peut exercer sa très efficace influence en matière économique et énergétique pour essayer d’écarter une confrontation militaire catastrophique avec le Tadjikistan qui impliquerait probablement la Russie en raison de ses responsabilités dans le CSTO.

Asie du sud

Vladimir Poutine en entretien avec le premier ministre de l’Inde Narendra Modi, juillet 2014

Vladimir Poutine en entretien avec le premier ministre de l’Inde Narendra Modi, juillet 2014

C’est une région du monde où le RCSP assume un caractère très complexe et peut devenir excessivement difficile à déchiffrer si l’on n’est pas un observateur averti et des plus attentifs. La Russie est le plus proche allié de l’Inde. Le premier ministre indien a déclaré récemment : « Si vous demandez à qui que ce soit parmi les personnes vivant en Inde, au nombre de plus d’un milliard, qui est le meilleur ami de notre pays, chacun, chaque enfant sait que c’est la Russie. Chacun sait que la Russie s’est toujours tenue aux côtés de l’Inde durant les moments les plus pénibles et sans jamais rien demander en retour. » Par elle-même cette relation politique implique des conséquences titanesques de niveau mondial, mais en la réduisant au contexte du RCSP, elle permet à la Russie d’exercer un haut niveau d’influence sur l’Inde pour la maintenir en paix avec la Chine, spécialement puisque cette dernière a, ces dernières années, fait monter d’un cran sa rhétorique sur ses différends frontaliers ironiquement dans un style similaire à celui employé par le Japon vis-à-vis de la Chine. A la différence du Japon cependant, la Chine a signalé voilà deux mois qu’elle désirait enfin régler ce différend, donnant ainsi à la Russie la possibilité de jouer en coulisse un rôle de modérateur pour s’assurer qu’aucune des parties n’agisse imprudemment et ne mette en danger les pourparlers.

Un peu plus loin, la Chine a une relation stratégique très rapprochée avec le Pakistan, l’ennemi juré de l’Inde, et les deux pays coopèrent économiquement et militairement. La Chine a un intérêt particulier à avoir un canal énergétique dans l’océan Indien qui soit fermement sous son contrôle, et le Pakistan a besoin que sa plus grande frontière nord soit tenue par un voisin qui le couvre contre la menace indienne. Cette relation évidemment est une menace pour l’Inde et consiste en l’un des sujets de conversation les plus importants de l’élite diplomatique indienne tout comme la stratégie du collier de perles, stratégie navale chinoise en océan Indien. C’est le nom donné à la politique chinoise qui consiste dans la mise en place de relations navales préférentielles avec le Pakistan, le Sri Lanka, le Bengladesh et la Birmanie (Myanmar) pour accroître la portée de ses moyens à proximité de l’Inde et sécuriser le transit maritime de ses approvisionnements en énergie dans la région. Avec une telle rivalité géopolitique entre l’Inde et la Chine le rôle de la Russie vis-à-vis des deux acteurs prend une importance critique pour assurer la paix et la stabilité ; et, à la différence de l’Asie du Nord-Est avec le Japon, en Asie du Sud, la Russie a de fortes chances d’être capable d’influencer le cours des événements d’une manière étendue et efficace.

En poursuivant l’analyse des effets de la stratégie chinoise du collier de perles, on constate qu’elle est riche en opportunités pour la Russie aussi. En raison de la relation qui lie Pékin et Islamabad et de la sensibilité politique de la fourniture d’armement au Pakistan, la Russie a été en mesure de s’immiscer dans ce processus par procuration et de vendre, sous prétexte d’aide dans la lutte contre le trafic de drogue, des hélicoptères de combat au Pakistan. Bien que cela irrite l’Inde, cela représente un « glissement de paradigme » dans bien plus de directions que celle-là seule : sans se limiter à l’affront que la Russie et le Pakistan infligent à l’Occident, la Russie est capable d’user de la confiance que l’Inde a en elle pour que cette dernière accepte (quoiqu’avec un sentiment de jalousie) cette nouvelle relation client-militaire. Cette vente aide le Pakistan autant qu’elle aide la Chine par compensation indirecte (par procuration) avec l’Inde (si minime soit-elle) et elle aide aussi indirectement la Russie à propos de la situation afghane après le retrait de 2014. Ce développement colossal est entièrement dû à la médiation de la Russie, puisque la Chine pouvait vendre des équipements similaires au Pakistan, ce qui aurait pu induire une crise dans ses relations bilatérales avec l’Inde et saborder les pourparlers potentiels sur le règlement du différend frontalier entre elles deux.

Quoi d’autre ? Un à-côté : la Russie peut dans le futur utiliser les contrats préférentiels que la Chine a établis avec ses alliés dans sa stratégie du collier de perles pour favoriser la diversification économique de ses produits agricoles, un but qu’elle poursuit depuis qu’elle a pris ses contre-sanctions début août. Cela aurait pu simplement être la réciproque de l’autorisation donnée par la Russie à la Chine de se tourner vers l’Asie Centrale pour sa diversification énergétique par exemple, pourtant cela a un sens plus profond : si l’on prend en compte le RCSP, on voit la Chine tendre une main secourable à la Russie pour la diversification de son commerce de faible volume et de son commerce agricole en Asie du Sud. Ainsi qu’il l’a été souligné au début de la deuxième partie de cet article, la Russie et la Chine s’entraident de manière complémentaire et de toutes les façons possibles, car cette aide est l’ossature de leur partenariat stratégique. Si l’une d’elles peut ouvrir une coopération avec un état ou une région à son profit, alors elle laisse l’autre user de cette ouverture également, voire elle l’aide à le faire par une voie dérobée et discrète.

Asie du Sud-Est

Cette région du monde est l’un des points les plus faibles du RCSP, mais conserve un potentiel pour chacun des deux pays. La Chine est actuellement impliquée dans d’amères disputes avec ses voisins en raison de différends territoriaux dans le sud de la mer de Chine, tout particulièrement avec le Vietnam. La Russie trouve ici l’occasion de remplir sa fonction stratégique de contrepoids et d’œuvrer à la promotion de ce partenariat imposant qu’elle a avec la Chine. La Russie et le Vietnam ont des relations cordiales et prolongées depuis l’ère soviétique, et Moscou fournit des sous-marins de grande valeur à Hanoï en ce moment même ce qui a (relativement) apaisé les craintes de Hanoï vis-à-vis de la Chine. Bien qu’elle ne soit pas aussi féroce, la rivalité sino-vietnamienne en Asie du Sud-Est peut être quelque part structurellement comparée à celle qui oppose l’Inde et le Pakistan en Asie du Sud, et, dans les deux cas, en raison de sa position unique, la Russie peut jouer son rôle de médiateur.

Il faut noter l’ironie de l’histoire : la relation entre la Russie et le Vietnam a été bâtie pendant la Guerre Froide pour contrer la Chine, alors qu’aujourd’hui elle est utilisée, certes de manière alambiquée, pour aider Pékin. La Russie et la Chine, comme nous l’avons noté, ont besoin l’une et l’autre que chacune demeure forte et stable de manière à atteindre l’objectif à long terme de la multipolarité globale, ainsi par conséquent la livraison d’armes au Vietnam par la Russie ne doit pas être comprise comme une tentative d’affaiblissement de la Chine, mais plutôt comme un moyen d’ancrer l’influence de Moscou dans un pays qui est déjà une gêne pour Pékin. A travers cette influence grandissante, la Russie peut ainsi fléchir les décisions de l’élite politique vietnamienne pour qu’elle œuvre en direction d’une solution constructive (pour le moins non militaire), même si cela s’enkyste en un « conflit gelé » ou en une prorogation de l’impasse actuelle. Bien sûr d’autres acteurs influent sur le Vietnam (à commencer par les USA), mais l’influence russe à Hanoï ne doit pas être sous-estimée, ainsi les deux pays discutent même d’une coopération économique accrue dans le cadre de l’Union eurasiatique, ce qui montre que le facteur « Russie » conserve toujours un certain poids dans la capitale vietnamienne.

Europe

La route maritime du nord est la principale voie maritime de transport dans l’Arctique, qui longe la côte nord de la Russie et relie l’Europe aux ports de l’Extrême-Orient

La route maritime du nord est la principale voie maritime de transport dans l’Arctique, qui longe la côte nord de la Russie et relie l’Europe aux ports de l’Extrême-Orient

A la lumière de la chute libre que fait en ce moment la relation Russie-Union européenne, la Russie ne peut rien faire dans la cadre du RCSP pour aider la Chine, mais la Chine peut de facto assister la Russie. L’un des grands projets stratégiques de la Chine est, tel qu’il est, de faciliter les échanges accélérés avec l’Union européenne via une approche à trois volets : la Nouvelle Route de la Soie (segment terrestre et segment maritime), le Pont Continental Eurasiatique, et la Route Maritime du Nord. Les deux derniers chemins traversent directement le territoire russe, que ce soit la terre russe ou les eaux territoriales russes, ce qui implique l’accroissement de l’importance géopolitique de la Russie dans les échanges entre la Chine et l’Union européenne, que celle-ci l’apprécie ou non. Il n’importe pas que l’Europe use de la même route en transportant ses marchandises à travers le territoire russe dès lors que la Chine l’envisage avec une forte probabilité de le faire, ce qui donnera à la Russie une position économique plus forte et des gains plus tangibles qu’elle n’en avait avant.

Moyen-Orient / Afrique du Nord (MENA)

Jamais avant les révolutions de couleur du printemps arable de 2011, le MENA n’a été le point focal d’une intense coordination politique entre la Russie et la Chine. Sergueï Lavrov, après un entretien avec le ministre des affaires étrangères chinois, déclarait en mai 2011 : « Nous avons convenu de coordonner nos efforts en nous appuyant sur les compétences des deux états de manière à aider là-bas à la stabilisation rapide et à la prévention de développements négatifs imprévisibles. » Il s’agissait évidemment de la réponse à la violation occidentale de la résolution 1973 des Nations Unies, quand le Conseil de Sécurité a été trompé de manière éhontée pour justifier la guerre de l’OTAN et le changement de régime résultant en Lybie. Clairement la Russie et la Chine comprennent qu’une telle violation peut advenir n’importe quand plus près de leurs frontières, et, si elles sont confrontées à des déstabilisations intérieures et à une fragilisation même modeste de leurs appareils d’état, affecter leurs territoires propres.

Au Moyen-Orient, on peut facilement observer les deux pays remplir leurs rôles particuliers dans le partenariat. Les interactions de la Russie avec la Syrie et l’Iran et plus récemment avec l’Égypte, démontrent visiblement son rôle de contrepoids militaire et politique. La Chine est profondément impliquée dans le commerce énergétique dans le MENA puisque 60% de son pétrole en provient. Elle s’est aussi implantée dans la région dans l’économie hors énergie, particulièrement avec les Émirats Arabes Unis. Si bien que, au-delà de leur coopération politique générale et de leur accord politique incontestable à propos du MENA, la région illustre la répartition [naturelle] des rôles entre la Russie et la Chine ici encore.

Amérique Latine

Sans aucun doute, et plus encore qu’à propos du MENA cette région donne à voir le RCSP en activité comme s’il s’agissait d’une observation de laboratoire. L’Amérique Latine est profondément déconnectée des intrigues géopolitiques d’Eurasie, et ainsi rend la coopération Russie Chine facile à observer même pour un regard peu expérimenté. Durant la dernière décennie la Russie est retournée en Amérique Latine tant dans l’esprit que dans les moyens. Ses navires y ont fait escale et ont effectué un exercice naval conjoint avec le Vénézuela, de même des bombardiers russes y ont patrouillé et s’y sont ravitaillés à cette occasion. Le Nicaragua est même supposé héberger une base russe destinée à protéger le canal financé par la Chine en cours de construction dans ce pays. Gazprom a commencé à investir en Bolivie et en Argentine, et Rosneft est actif au Vénézuela. Medvedev et Poutine sont même allés en visite officielle dans la région, et on spécule sur un accord de la Russie pour la réouverture de sa base d’espionnage cubaine de l’ère soviétique lors de cette dernière visite en juillet. On peut légitimement dire, ainsi, que l’influence de la Russie en Amérique Latine est plus grande maintenant qu’elle ne le fut durant la guerre froide.

Projet majeur d’infrastructure en Amérique Latine d’initiative chinoise — proposition de canal interocéanique au Nicaragua.

Projet majeur d’infrastructure en Amérique Latine d’initiative chinoise — proposition de canal interocéanique au Nicaragua.

Etant le moteur économique qu’elle est, la Chine est l’investisseur dont la croissance est la plus rapide en Amérique Latine et est en passe de devenir son deuxième plus important partenaire commercial. Comme indiqué plus haut elle finance le [projet] révolutionnaire du Canal du Nicaragua qui déroutera le passage interocéanique du Panama, état client des USA s’il en est, et favorisera le commerce et les investissements non-américains dans la région. Ce derniereffet a déjà lieu même en l’absence du canal. La Russie tire profit de la décennie passée pendant laquelle elle a ré-établi ses contacts avec l’Amérique Latine pour détourner son commerce agro-alimentaire de l’Ouest [i.e. de l’Association européenne de libre-échange, du Canada et des États-Unis — NdT] en raison des récentes contre-sanctions. Voilà qui dévoile une stratégie plus large de la part de la Russie qui consiste à briser la domination de l’Ouest [voir note ci-dessus] pour certains marchés agro-alimentaires et de fournir aux producteurs [locaux] une option de rechange attrayante. La Russie veut aussi rehausser sa souveraineté en tant qu’état et par conséquent s’empresse de réduire l’influence économique de l’Occident sur son économie domestique, d’où sa croissance commerciale vers les marchés « non-occidentaux » ces dernières semaines.

Somme toute, l’Amérique Latine est la base arrière la plus appropriée pour faire avancer le Monde Multipolaire dans l’arrière-cour du géant unipolaire faiblissant. La Russie et la Chine ne sont en aucune manière en compétition sur ce théâtre, montrant ainsi incontestablement les grands objectifs stratégiques du RCSP dans un cadre général. L’implication des russes et des chinois dans la région croît à une vitesse spectaculaire et de manière fort variée, ce qui implique la possibilité d’une transformation géopolitique incroyable juste à la porte des USA. Par bien des aspects l’Amérique Latine représente pour les USA ce qu’est l’Europe Occidentale pour la Russie — une région affichant un intense désamour pour son plus grand voisin et par conséquent susceptible d’être régie en souplesse de loin pour participer à des actions encore plus préjudiciables à son ex-tyran.

Réflexions finales

Le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine (RCSP) s’affirme clairement mondiale dans sa portée, parvenant à englober le monde entier à divers degrés. L’axiome posé plus haut doit être réaffirmé pour que son essence demeure dans l’esprit du lecteur :

Chacun des deux partenaires du RCSP est destiné à restaurer l’image et à suppléer aux faiblesses de l’autre, là où celui-ci peut se trouver dans une position de faiblesse relative en comparaison de son homologue, avec pour intention à terme d’établir une véritable multipolarité globale.

La Russie est le contrepoids et la Chine la porte d’entrée. Plus on s’éloigne de ces deux [états], par exemple au Moyen-Orient et en Amérique Latine, plus les purs objectifs multipolaires et la coordination rapprochée entre ces deux pays sont visibles ; de même plus on se rapproche de ces deux nations clefs eurasiatiques plus la complexité de cette relation apparaît et plus elle peut devenir difficile à comprendre.

En gardant cela en permanence à l’esprit, le RCSP devient plus aisément compréhensible et ses ambitions multipolaires deviennent plus lisibles et plus apparentes. Au tout début de cette analyse on évoquait ceux qui dénigraient ou qui détournaient leur attention de cette coopération. Nous avons démontré maintenant que ceux qui en détournent leur attention usent de nuages de fumée et de miroirs pour [en détourner notre attention et nous] cacher l’évidence — le RCSP est une force des plus réelles et tangibles tout autour du monde. Quant à ceux qui la dénigrent [nous avons démontré] qu’ils se trompent quand ils soutiennent que cette coopération a un caractère agressif. Bien sûr elle défie le Consensus de Washington, mais elle le fait à travers des moyens politiques et pacifiques, essentiellement via l’approche « main dans la main » où les contacts diplomatiques et militaires de la Russie font contrepoids alors que l’économie de la Chine joue le rôle de porte d’entrée. Ainsi, il est incontestable que dans le 21ème siècle, le RCSP restera la coopération la plus dynamique dans la construction de la multipolarité partout à travers le monde en contrant les USA dans leurs tentatives désespérées de préserver cette « unipolarité » anachronique.

Andrew Korybko (USA)
Traduit par Na.dan et Pierre pour vineyardsaker.fr

Sources : Part 1 : Washington’s Nightmare Comes True: The Russian-Chinese Strategic Partnership Goes Global (I) et Part 2 : Washington’s Nightmare Comes True: The Russian-Chinese Strategic Partnership Goes Global (II) (orientalreview.org, anglais, 21-22-08-2014)

Andrew Korybko est le correspondant politique américain de La voix de la Russie. Actuellement, il vit et pratique ses analyses à Moscou pour Oriental Review.

vineyardsaker.fr

http://www.vineyardsaker.fr/2014/09/23/cauchemar-washington-se-precise-partenariat-strategique-russie-chine-setend/

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Guerres et la fascisation du capitalisme, à propos de l’Ukraine. Intervention de Danielle Trannoy .

25 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation, #Europe supranationale, #La guerre

Guerres et la fascisation du capitalisme, à propos de l’Ukraine. Intervention de Danielle Trannoy	.

Lundi 22 septembre 2014, par Danielle Trannoy

Intervention à la demande de nombreux camarades qui souhaiteraient que les communistes défendent activement et concrètement la paix et la solidarité entre les peuples. Leurs inquiétudes reposent sur l’accélération des guerres et la fascisation du capitalisme, en Ukraine et dans le monde.

L’attente des communistes est immense : que faire ? Que fait ou fera notre parti pour s’opposer à l’impérialisme ? La paix est un combat de classe qui leur tient à cœur. Les communistes savent que c’est aux peuples de prendre la main et aux plus lucides de les y aider.

Les risques d’extension sont réels. Le monde est au bord de l’abîme.

Après le Moyen-Orient, c’est maintenant en Europe, en Ukraine, que le chaos est organisé par un coup d’État co-orchestré par les USA, l’OTAN, l’Union Européenne, et les gouvernements vassaux dont la France, installant des forces néo-nazies. Là, en Ukraine où les crimes du nazisme ont été combattus pendant la dernière guerre.

Un document récent de la défense américaine recommande au Pentagone de se préparer à mener une demi-douzaine de guerres simultanément, y compris nucléaires. Il cite les dangers auxquels sont confrontés les USA dans leur course à la recolonisation du monde. C’est la Chine, la Russie, le Venezuela, l’Iran, l’Irak, la Syrie, l’Afrique… qui sont visés pour l’instant.

L’Ukraine nous pose la question de la responsabilité des institutions, du rôle de l’OTAN dans l’UE, des USA (de leurs interventions directes dans des pays souverains) et surtout le rôle du gouvernement français qui, en notre nom, a mis en place et cautionne un coup d’État fasciste au cœur de l’Europe.

La France peut-elle restée soumise ? Sans souveraineté ? Appauvrir et diviser encore les salariés, les agriculteurs avec les sanctions imposées à la Russie par cette UE capitaliste ? Quelle riposte pour le PCF ?

L’impérialisme doit passer à un autre cycle. La bataille idéologique, économique s’annonce très dure pour les peuples. Plus que jamais, le PCF doit se désolidariser totalement de l’UE et exiger avec force la sortie de l’OTAN et de l’Alliance Atlantique et soutenir d’abord les travailleurs.

Si les communistes perçoivent les dangers, par contre, les positionnements PCF-PGE les maintiennent dans une désinformation ne permettant pas d’ouvrir des voies des rassemblements pour une vraie solidarité, force de résistance.

Je ne suis pas certaine qu’ils aient eu en main l’évolution de la situation au Donbass où une résistance populaire s’est levée contre les fascistes et les oligarques. Ces résistants ont été dans notre presse traités par le mépris « d’aventuriers armés ».

Nous avons pu à l’aide des sites du réseau « Faire vivre et renforcer le PCF », mais aussi des sites étrangers, donner au jour le jour toutes les informations qui nous parvenaient. Nous avons eu la confirmation de l’entrée dans l’armée ukrainienne de corps nazis comme les Pravy Sektor, Svoboda, le bataillon Azov et le financement par les oligarques de mercenaires, les hommes de main de l’Otan… Nous avons vu au jour le jour, la dignité du peuple du Donbass et ses efforts pour repousser les tanks de l’armée ukrainienne. Mais aussi les atrocités comme celles d’Odessa. Des communistes, des progressistes, sont assassinés voire interdits. Il faut prendre en considération la lutte de classe très dure depuis près de 23 ans, les vols et spoliations des terres, des usines, des logements par les oligarques. A ce jour, le peuple paie très cher : 3000 morts, un million de déplacés, les habitations, les usines détruites… Une pratique de terre-brûlée comme à Gaza. Les mêmes méthodes.

http://lepcf.fr/spip.php?page=article&id_article=2504

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ALERTE ROUGE/CRIMES DE GUERRE DE KIEV AU DONBASS : FOSSES COMMUNES, EXECUTIONS DE PRISONNIERS, DE CIVILS ET DE FEMMES, PRÉLÈVEMENTS D'ORGANES.

25 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La guerre, #La mondialisation

ALERTE ROUGE/CRIMES DE GUERRE DE KIEV AU DONBASS :
FOSSES COMMUNES, EXÉCUTION DE PRISONNIERS, DE CIVILS ET DE FEMMES, PRÉLÈVEMENTS D’ORGANES.
PCN-SPO avec Correspondances au Donbass et à Paris/
2014 09 24/
Alexandre Zakharchenko, président de la DNR, confirme que des indices flagrants de prélèvement d'organes sont visibles sur les cadavres retrouvés dans des fosses communes à Nyzhnia Krynka. Il confirme aussi des rapports existant comprenant des témoignages de soldats ukrainiens concernant les trafics d'organes au sein de l'armée de Kiev.
Comme jadis les maffieux de l’UCK albanaise au Kosovo, eux aussi enfants chéris des USA et de l’OTAN …
Que fait la CPI ?
Pourquoi ‘Amnésie Internationale’, HRW et autres machines de propagande occidentale, agissant sous le masque d’ONG, se taisent-elles ???


Traduction rapide de l’article russe :


« Un examen détaillé des corps retrouvés dans les tombes de civils tués, qui ont été abandonnés au cours de la retraite des soldats ukrainiens, nous avons constaté que certains d'entre eux n'ont plus leurs organes internes. Cela est vrai pour le corps des femmes trouvées non loin de la mine "Kommunarka" près du village de Nyzhnia Krynka, et des civils tués par la Garde nationale trouvés dans les autres tombes.
Nous n'avons pas encore réussi à établir les circonstances dans lesquelles les organes ont été prélevés, mais sérieusement, vous ne pouvez envisager que deux options: soit les corps ont été gravement endommagés à la suite de blessures ou éventuellement sous la torture.
J'ai personnellement vu deux de ces sépultures: la poitrine a été coupé et l'abdomen déchiré. Ce sont les effets de la chirurgie ou de blessure. »
https://www.youtube.com/watch?v=B_IXTihKBD4
PCN-SPO
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L'horreur dans l'est de l'Ukraine! Les pratiques nazies des bataillons du gouvernement putschiste de Kiev sont dévoilées par la découverte de charniers dans le Donbass.

25 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La mondialisation, #La nation ., #La guerre

NOVOROSSIA, dernières nouvelles aujourd'hui 24 Septembre 2014: la Russie exigera une enquête internationales au sujet d'un charnier découvert près de Donetsk. Pendant ce temps, il y a contre Porochenko la préparation d'un procès intenté par la famille d'Allemands qui sont morts dans l'accident d'avion près de Donetsk, et 12 000 Cosaques du Don rejoignent l'armée du Donbass.
- Les miliciens ont trouvé des civils exécutés et enterrés.
Non loin de la mine "Kommunarka" près du village de Basse-Jug, la milice a trouvé plusieurs tombes de civils brutalement assassinés. Beaucoup de cadavres avaient les mains liées derrière le dos, et, selon certaines sources, les rebelles du bataillon «Aydar" ont abattu leurs victimes à bout portant, selon LIFEnews.
"Ici, vous voyez que les mains sont liées, et la tête coupée. Il est possible qu'on trouvera encore des corps qui sont enterrés. Les terrassiers continueront d'effectuer des fouilles. Des criminologues sont maintenant engagés dans ce domaine. Dans une autre fosse, des femmes étaient couchées, "- a déclaré le chef de la police militaire de la République de Donetsk.
Le Ministère russe des Affaires étrangères se dit choqué par les atrocités de la Garde nationale ukrainienne.
Pendant ce temps, la Garde nationale ukrainienne a nié les informations selon lesquelles ,au village de Communar près de Donetsk des civils sont enterrés, dit le"Times" en référence au site de la Garde nationale.
"Cette information n'est pas vraie, car aucune unité n'était stationnée à proximité," - a-t-elle déclaré dans un communiqué.
Notez que le bataillon «Aydar" a quitté la région il y a quelques jours. Avant le départ des forces de sécurité avaient miné la région. Après que les sapeurs ont neutralisé la plupart des munitions explosives abandonnées, les milices étaient en mesure de procéder à un examen détaillé des lieux de sépulture.
Un corps a été retrouvé près de la femme enceinte, une balle dans la tête. Ses mains étaient également liées. À proximité gisait le corps d'un jeune homme. Dans la seconde fosse, sans doute des corps de miliciens prisonniers : avec des signes visibles de torture, assassinés de la même façon: les mains liées derrière le dos, une balle dans la tête.
Pendant ce temps, le délégué au HCR, Mikhaïl Fedotov, a exigé une enquête internationale immédiate sur le site de la découverte d'un charnier dans la région de Donetsk. M. Fedotov a exhorté à tout faire »pour veiller à ce qu'une enquête internationale indépendante ait lieu, pour l'admission sur le site des journalistes et des défenseurs internationaux des droits humains." Assurer le travail de la mission, selon le chef de la CDH, il y a un groupe de travail russo-ukrainien des défenseurs des droits de l'homme, qui doivent être envoyés dans la région de Donetsk.
Ces crimes, a souligné M. Fedotov, «ne doivent pas rester sans conséquences." Il n'a pas exclu la possibilité de découvrir de nouvelles tombes, rappelant que l'assassinat en masse fait partie des " réalités de la guerre moderne," et des crimes similaires ont été commis en ex-Yougoslavie.
Au Ministère des Affaires étrangères, choqué de la découverte de tombes de civils près de Donetsk, Constantin Dolgov ,chargé des questions des droits de l'homme, de la démocratie, et de la primauté du droit, estime que la terrible découverte faite près de Donetsk, aiguise encore plus fort la nécessité d'enquêter sur les crimes humanitaires en Ukraine sous contrôle international.
"La découverte de fosses communes près de Donetsk - marque une nouvelle fois les crimes humanitaires des forces de sécurité ukrainiennes et des nationalistes radicaux ...« Cet assassinat brutal de civils aiguise en outre la nécessité d'une enquête en vertu de crimes humanitaires, de supervision internationale en Ukraine. », - a écrit le diplomate sur Twitter. M. Dolgov a également exhorté la communauté internationale "à insister sur le caractère inévitable de la peine pour les auteurs de ces crimes."
- Un procès est en préparation contre Porochenko par des parents d'Allemands qui sont morts dans l'accident du Boeing malaisien près de Donetsk en Juillet,
préparation du procès fait aux autorités ukrainiennes, y compris le président Porochenko. Les documents seront déposés à la Cour européenne des droits de l'homme dans les deux semaines. Et si Strasbourg reconnaît leur droit à paiement, cela peut être suivi par des dizaines, voire des centaines de procès semblables, explique "Vesti.Ru."
"Bien sûr, ce n'est pas une question d'argent. Les clients vont exiger des millions d'euros des autorités ukrainiennes et du président Porochenko en personne , ce qui n'enlèvera pas le deuil. Les gens ne sont tout simplement pas prêts à accepter le fait que les responsables de la mort de leurs proches ne soient toujours pas punis, "- dit l'avocat Elmar Gimulla.
Spécialiste dans le domaine du droit aérien, Gimulla soutient que la responsabilité du krash du Boeing réside précisément du côté ukrainien.
"Dans les années 90, l'Ukraine a signé la Convention de Chicago relative à l'aviation civile internationale, - a dit l'avocat. - Ainsi, le pays s'est engagé à assurer la sécurité de l'espace aérien. Bien sûr, n'importe quel état n'est pas sûr des opérations militaires sur son territoire . C'est la politique. Et vous n'y pouvez rien faire. Mais depuis que c'est arrivé a commencé une confrontation militaire, et la tâche du gouvernement est de protéger les innocents contre les conséquences du conflit.L' Ukraine devait fermer l'espace aérien au-dessus du Donbass, mais ne l'a pas fait ".
"Je me demande pourquoi une demande n'est pas déposée par les néerlandais? - ils étaient les plus nombreux à bord - a dit Stepan Gavrish, ancien secrétaire adjoint du Conseil de sécurité nationale de l'Ukraine. - Ou, par exemple, les Australiens. Pourquoi tout à coup les Allemands? Je pense qu'il s'agit d'un plan des services de l'intelligence russe. "
À propos des revendications, le gouvernement allemand n'a pas encore donné de commentaire officiel. Mais les avocats disent que si la Cour de Strasbourg se prononce en faveur des proches des victimes, ils sont sûrs d'avoir des dizaines et peut-être des centaines de déclarations nouvelles et similaires.
"Si une indemnité est payée, cela signifie automatiquement que l'Ukraine reconnaît sa culpabilité, - a dit l'avocat Ivan Bodnaruk. - Aujourd'hui, nous parlons de millions de hryvnia, alors nous aurons besoin de milliards ".
- Les cosaques du Don rejoignent l'armée du Donbass.
Dans un proche avenir, l'armée de Novorossia aura en renfort environ 12 000 Cosaques du Don. Il est à noter que cette information a été confirmée par des membres de la mission d'observation spéciale de l'OSCE à Lougansk, après une rencontre avec le chef des Cosaques du Don. En outre, les observateurs ont affirmé que l'armée devrait connaître un sérieux rafraîchissement.
Il est à noter que le 10 Juin la milice du Donbass a été également rejointe par les représentants de l'organisation anti-fasciste italienne "Millennium", qui ont exprimé leur volonté de soutenir la République populaire de Donetsk en opposition avec les autorités de Kiev.
Rappelons que les derniers volontaires de dimanche, venus de Roumanie, ont fait le serment d'allégeance à la nouvelle Russie. On sait que tout un bataillon de Bucarest a rejoint le MRN de l'armée en tant que Roumains, eux-mêmes en faveur de l'indépendance .
Il est également connu que dans la lutte , la milice accueille des volontaires de Bulgarie. Par exemple, un étranger avec l'indicatif de Kaboul a déclaré que les combats dans le Donbass sont contre le diktat américain et ils luttent ainsi pour la liberté de la Bulgarie.
- Pendant ce temps, le nombre des victimes du conflit armé dans l'est de l'Ukraine en comptant les victimes de l'accident du «Boeing» dans la région de Donetsk a atteint 3543 personnes, selon "à Lenta.Ru" citant les données de l'Organisation des Nations Unies, fournies par le Secrétaire général adjoint aux droits de l'homme Ivan Šimonović.
Le nombre de personnes déplacées à l'intérieur enregistrées a augmenté de 275 500 personnes. Selon Simonovits, ce chiffre a doublé entre début Août et début Septembre. Dans le même temps, il a reconnu que le nombre réel est probablement "beaucoup plus important", car beaucoup de gens ne sont pas enregistrés. topnews.ru
http://informaplus.ru/166900-mid-rossii-shokirovan-zverstvami-nacgvardii-ukrainy.html

МИД России шокирован зверствами Нацгвардии Украины

Россия потребует международного расследования захоронений под Донецком. Тем временем против Порошенко

informaplus.ru

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