La zone de désescalade d’Idleb reste un « point chaud » sur la carte de la Syrie.

Légende :
- -Zone grise occupée par Daech
- -Zone rose sous contrôle du gouvernement syrien ou irakien.
- -Zone verte, zone de désescalade depuis mi-2017 occupée par Al-Qaïda, Daech ou l’ASL
- – zone jaune sous contrôle des USA avec les Forces Démocratiques Syriennes FDS
La majorité de ce territoire est actuellement contrôlée par les terroristes réunis autour du Front al-Nosra au sein de la structure baptisée Hayat Tahrir al-Cham. Même la présence des militaires turcs sur 12 postes d’observation situés le long du périmètre de la zone n’empêche pas ces partisans d’Al-Qaïda de lancer sans cesse des provocations armées visant l’armée régulière, la population civile et la base militaire russe de Hmeimim. Pour mettre fin à ces incursions, les forces aérospatiales russes ont lancé le 4 et le 5 septembre des frappes ciblées contre les sites terroristes qui assuraient les préparatifs et l’organisation des attaques de drones d’assaut contre les militaires russes et syriens. Des informations détaillées sur ce thème ont été présentées par le Ministère russe de la Défense.
Les militaires russes et turcs débattent activement des efforts visant à éliminer la présence terroriste à Idleb en infligeant le minimum de dommages aux civils.
La semaine dernière, des hauts responsables turcs ont confirmé qu’ils considéraient Hayat Tahrir al-Cham comme une organisation terroriste. Ankara a accueilli du 31 août au 4 septembre les négociations entre les groupes de travail russe et turc sur la sécurité régionale et la situation en Syrie. Les deux parties ont confirmé leur volonté de poursuivre leur travail conjoint dans ce domaine.
Parallèlement, les combattants du Front al-Nosra poursuivent la destruction méthodique de l’infrastructure à Idleb:
- ils font sauter les ponts et détériorent les routes, espérant ainsi se préparer à une offensive éventuelle des forces gouvernementales – qu’ils attendent et redoutent.
- On constate l’arrestation de militants de la société civile qui se prononcent pour la signature d’accords d’armistice locaux entre les groupes d’opposition armée non-terroristes et les autorités légitimes de la Syrie.
- Les terroristes empêchent la population civile de quitter Idleb via les corridors humanitaires existants et emmènent les habitants des villages se trouvant près de la ligne de contact à l’intérieur de la province afin d’utiliser ces innocents en tant que bouclier humain. La même tactique a déjà été perfectionnée dans d’autres parties de la Syrie.
Nous appelons nos partenaires internationaux, ceux qui soulignent publiquement leur forte préoccupation face au déclenchement d’une « crise humanitaire » à Idleb en cas d’offensive des forces gouvernementales, à prendre en considération les faits susmentionnés et à en tirer les conclusions nécessaires concernant les responsables réels de cette crise.
Nous voudrions également confirmer notre position de principe sur la nécessité d’éliminer les terroristes de manière complète et définitive sur tout le territoire syrien, ainsi qu’affirmer que la Russie fera tout son possible pour réduire au minimum les pertes humaines et les dégâts subis par les civils d’Idleb. Nous espérons que nos partenaires capables d’influer sur les événements contribueront à ce travail en favorisant la séparation entre les terroristes et les groupes d’opposition armée prêts à participer au règlement politique. |
Je voudrais souligner encore une fois le fait suivant: nous avons à plusieurs reprises annoncé à nos partenaires étrangers à tous les niveaux que la lutte contre le terrorisme serait poursuivie.
| | 6 – Sur la déclaration de James Jeffrey, représentant spécial du Secrétaire d’État américain pour la Syrie |
James Jeffrey,
Les propos de James Jeffrey, représentant spécial du Secrétaire d’État américain pour la Syrie, n’ont pas échappé à notre attention. Je cite:
« Les USA ont demandé plusieurs fois à la Russie l’autorisation de travailler (mener des activités dans le cadre de la lutte contre le terrorisme) dans la province syrienne d’Idleb afin de détruire les derniers bastions du groupe terroriste Daech et d’autres extrémistes. »
Cette déclaration a été relayée par les médias mondiaux, et notamment par l’agence de presse Reuters.
Cette déclaration a suscité de nombreuses questions chez nous. Étant donné qu’elle a été faite publiquement, nous voudrions demander des précisions publiquement.
| | 7 – Sur l’évolution de la situation autour de Kirill Vychinski |
Kirill Vychinski
Hier a été annoncée la décision du tribunal municipal de Kherson de prolonger la détention de Kirill Vychinski, directeur du site RIA Novosti-Ukraine, arrêté à Kiev sur une accusation de haute trahison montée de toutes pièces en mai dernier. Le journaliste restera en détention jusqu’au 4 novembre 2018. Nous répétons qu’il s’agit d’un homme qui exerçait ses fonctions de manière parfaitement ouverte, en respectant les lois du pays d’accueil et l’éthique journalistique.
Nous sommes particulièrement préoccupés par la détérioration continuelle de l’état de santé de Kirill Vychinski, qui a été hospitalisé d’urgence car il se trouvait en état de pré-infarctus dans la salle d’audience. Le journaliste est détenu à l’isolement, où l’on refuse de lui apporter l’aide médicale qualifiée dont il a besoin.
Nous voudrions souligner tout particulièrement qu’il ne s’agit pas d’un homme qui se fait passer pour un journaliste, un scénariste ou un artiste. C’est un journaliste en chair et en os.
C’est un homme connu de vous et de toute la communauté internationale précisément en tant que journaliste. Ce n’est pas un homme qui était le représentant d’un autre métier. A part le journalisme il n’exerçait aucune autre activité sociale. Depuis le départ, Kirill Vychinski faisait du journalisme – et ce de manière professionnelle et compétente. Je voudrais répéter que c’est en cette qualité qu’il était déclaré en Ukraine. Il est également connu de la communauté journalistique mondiale uniquement en tant que journaliste.
Nous exigeons la libération immédiate de Kirill Vychinski, et qu’avant cela lui soient garanties des conditions de détention admissibles et dispensée une aide médicale en temps opportun.
Nous appelons la communauté internationale à influencer l’arbitraire juridique qui règne en Ukraine. La propagation continue de la rhétorique antirusse agressive dans l’espace médiatique ukrainien et la lutte sans scrupule contre toute manifestation de dissidence pourraient emporter une autre vie humaine. La politique des autorités ukrainiennes visant à accuser ses propres journalistes n’incite pas non plus à l’optimisme. Nous partageons les préoccupations du représentant de l’OSCE pour la liberté des médias Harlem Désir suite aux décisions des tribunaux ukrainiens d’accorder aux autorités un accès aux données des téléphones portables de Natalia Sedletskaïa rédactrice en chef de l’émission « Skhemy » sur Radio Liberty, et de Kristina Berdinskikh, journaliste de Novoe Vremia. Il s’agit d’une violation directe de l’un des principes fondamentaux des médias: le droit des journalistes à la non-divulgation de leurs sources d’information. Hier a également été annoncée la décision du Conseil national ukrainien pour la télévision et la radio de restreindre temporairement la diffusion de la chaîne russophone RTVI (dont la licence est britannique) sur le câble du pays. Nous considérons cette décision comme l’un des maillons de la campagne qui se poursuit pour éliminer les sources d’information alternatives de l’espace médiatique du pays. |
La négligence flagrante des principes démocratiques d’assurer la liberté d’expression et des médias en Ukraine dépasse l’entendement.
Cette ligne de Kiev mène manifestement vers la dégradation de la situation concernant la garantie de la liberté d’expression dans ce pays. Il faut sans plus attendre que la communauté journalistique et des droits de l’homme participe au règlement de la situation catastrophique relative à la liberté des médias en Ukraine.
| | 8 – Sur la situation autour de ladite « affaire Skripal » |
Theresa May
Comme vous l’avez vu, ce 5 septembre la Première ministre britannique Theresa May a présenté au Parlement de nouvelles informations fournies par la police britannique concernant l' »affaire Skripal ».
Le moment- clé de ce discours a été la déclaration selon laquelle l’enquête aurait obtenu des photos et des vidéos de deux suspects de l’usage de la substance chimique « Novitchok », leur itinéraire sur le territoire du pays, leur citoyenneté, et leur nom et prénom en lettres latines. Nous ne comprenons toujours pas et ignorons si les informations rendues publiques sont tout ce dont dispose l’enquête ou si ce sont des informations partielles, ni si ces informations ont été traitées par les forces de l’ordre britanniques ou si ce sont des données factuelles.
Je pense que tout le monde a pris connaissance de ces publications. Nous l’avons fait également. J’espère aussi que vous avez consulté nos déclarations à ce sujet, publiées le jour même sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères. De notre point de vue, tout est exposé très clairement et en détail dans ces commentaires russes. Compte tenu des questions que nous avons reçues, nous revenons à ce sujet.
Ainsi, selon la version britannique, les figurants de l' »affaire Skripal », à laquelle a été ajouté l’empoisonnement chimique de deux habitants d’Amesbury, sont de prétendus officiers du renseignement, des citoyens russes qui aurait agi avec l’aval de hauts fonctionnaires de notre pays. Au plus haut niveau, le Royaume-Uni affirme que le crime a été commis par des individus présentés sur les photos diffusées par la police. Les agents de Scotland Yard précisent immédiatement que les noms et prénoms des malfaiteurs sont certainement fictifs, mais qu’on sait qu’ils sont venus de Moscou et que des traces de « Novitchok » ont été retrouvées dans leur chambre d’hôtel.
S’en sont suivies des accusations contre la Russie, devenues habituelles, dans le style « highly likely » (cette fois la formulation s’est changée en « almost certainly », c’est-à-dire « très certainement »).
Tout est aberrant dans cette histoire, mais en particulier les affirmations de la Première ministre britannique Theresa May selon lesquelles seule la Russie disposerait des ressources techniques, de l’expérience d’utilisation et de motifs pour une telle attaque.
On a l’impression que la chef du gouvernement britannique vit dans un vide informationnel et ignore, ou on ne lui rapporte pas, non seulement les nombreuses déclarations des autorités russes, mais également les articles de presse. Peut-être sélectivement. On lui montre l’émission « Informations de la semaine » avec Dmitri Kisselev, mais pas les déclarations du Président russe Vladimir Poutine, du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, des membres du gouvernement, des représentants officiels de l’Administration présidentielle, du Ministère des Affaires étrangères.
Je comprends que l’émission « Informations de la semaine » sur la chaîne Rossiya 1, avec Dmitri Kisselev, est si populaire qu’elle est citée au Parlement britannique en tant que position russe officielle. Mais je voudrais décevoir Theresa May: la position russe officielle a été exprimée à de nombreuses reprises par le Président russe Vladimir Poutine, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et les représentants officiels des structures publiques russes, les représentants officiels de l’Administration du Président de la Fédération de Russie et du Ministère russe des Affaires étrangères.
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De plus, Londres a déclaré que le Royaume-Uni avait exigé plusieurs fois que la Russie rende des comptes concernant ses agissements à Salisbury, et qu’en réponse Moscou aurait menti et essayé de confondre tout le monde.
C’est complètement faux, ce n’est même pas une invention, ce n’est pas une question d’insinuations, c’est tout simplement un flagrant mensonge.
Tout ce qui était exigé de notre part dès le premier jour était de reconnaître deux faits – soit les deux, soit l’un d’entre eux. Il nous était suggéré de reconnaître au choix que la Russie:
Il nous a été dit également qu’il s’agissait de substances toxiques militaires. Le Royaume-Uni n’a proposé aucune autre question ni ordre du jour. Il était uniquement proposé à la Russie de choisir l’une des deux options.
Bien que ces méthodes soient inadmissibles – on a accusé Londres d’ultimatum – la Fédération de Russie a poursuivi le dialogue. Nous le pensions en tout cas. En réalité, le même monologue continue à ce jour avec le Royaume-Uni. Nous espérons au moins qu’à une étape commencera également un dialogue.
La Fédération de Russie a envoyé à Londres un grand nombre de requêtes. Nous avons publié une partie de notre correspondance unilatérale sur le site officiel du Ministère russe des Affaires étrangères.
Il ne s’agit pas seulement de leur liste, mais également des documents qui ont été envoyés par la Fédération de Russie à ses collègues britanniques via les canaux diplomatiques.
Plus encore, je voudrais noter que le Royaume-Uni nous a déclaré plusieurs fois qu’il ne pouvait pas nous fournir d’informations par les canaux diplomatiques, et que l’Ambassade de Russie au Royaume-Uni devait s’adresser aux hôpitaux et aux commissariats de police elle-même pour vérifier et demander les informations nécessaires.
L’Ambassade de Russie au Royaume-Uni a fait ce qui était suggéré par les diplomates britanniques et a commencé à s’adresser aux commissariats et aux hôpitaux. Quand ces commissariats et hôpitaux ont été submergés de requêtes russes, auxquelles ils n’ont pas non plus jugé utile de répondre, une autre « consigne utile » a été donnée.
Il nous a été dit que l’Ambassade de Russie au Royaume-Uni ne devait pas envoyer de requêtes aux hôpitaux et aux commissariats, mais faire appel aux diplomates britanniques via les structures publiques. L’Ambassade de Russie a bien pris note de cette information et a commencé à envoyer des requêtes au Foreign Office. A la plupart de nos requêtes, nous n’avons même pas reçu de réponse bureaucratique.
C’est pourquoi, quand la Première ministre britannique dit qu’il a été proposé à la Russie de répondre à des questions, de rendre des comptes, et que Moscou s’est comporté de manière non constructive – non seulement c’est faux, mais c’est aussi une désinformation concrète. Je répète que la Russie a envoyé plusieurs fois des requêtes aux autorités britanniques. Dans ces requêtes, hormis les questions pratiques sur ce qui s’était réellement passé à Amesbury et Salisbury, hormis la volonté de recevoir et d’obtenir des autorités britanniques des informations concrètes pour aider l’enquête en Fédération de Russie, nous avons également demandé un accès direct à la famille Skripal. Nous avons également proposé au Royaume-Uni que les forces de l’ordre des deux pays travaillent ensemble sur l’enquête.
Nous avons trouvé complètement absurdes les déclarations de plusieurs États hier pendant la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies, qui appelaient la Russie à coopérer avec l’enquête britannique. C’est un autre monde, c’est au-delà du théâtre de l’absurde: c’est une aberration. Je répète: nous avons même dû publier nos requêtes aux autorités britanniques