Crimes de guerre au Kosovo : Fatmir Limaj acquitté « faute de preuves ».
Par Nerimane Kamberi
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- Fatmir Limaj
Il n’y aura pas de coupable dans l’affaire Kleçka/Klečka, du nom de ce village situé près de Malisheva. Fatmir Limaj et ses neuf co-accusés, d’anciens combattants de l’Armée de libération du Kosovo (UÇK) ont été acquittés faute de preuves.
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Fatmir Limaj avait déjà été acquitté en mai 2012, mais la Cour suprême du Kosovo avait ordonné un nouveau procès. L’affaire Limaj a été entachée par la mort d’Agim Zogaj, le « témoin X » de l’accusation, que la mission Eulex avait exfiltré en Allemagne, avec le statut de témoin protégé. Zogaj, qui avait été placé sous les ordres directs de Limaj pendant la guerre, a été retrouvé pendu à un arbre dans un parc de Duisbourg, le 27 septembre 2011. Sa famille avait été victime de menaces. La police allemande a néanmoins conclu que sa mort relevait d’un suicide.
Le juge d’Eulex Malcom Simons a déclaré que « même s’il a été établi qu’au moins sept civils serbes ont été tués, le parquet n’a pas pu établir le lien entre ces faits et Limaj ou ses neuf co-accusés ». Selon le juge, certains éléments avancés comme preuves, notamment le journal du défunt témoin clef, ont été en partie « fabriqués », « partiellement rédigés par quelqu’un d’autre », et ne pouvaient servir de preuves.
L’acquittement de Limaj et de ses co-accusés a été accueilli par les applaudissements des membres des familles présents dans la salle d’audience, et par des feux d’artifice et des cris de joie des sympathisants de Fatmir Limaj et des anciens combattants réunis devant le cinéma ABC1, transformé pour le procès en Cour de justice.
Le Premier ministre Hashim Thaqi, dont Limaj est un proche allié, a déclaré que la décision du tribunal prouvait « la pureté de la guerre juste menée par l’Armée de Libération du Kosovo ». Le Tribunal pénal international (TPIY) avait également acquitté Fatmir Limaj en 2005.
Par contre, cet acquittement a été très mal perçu par les Serbes du Kosovo et les autorités de Belgrade, qui rappellent que « des Serbes ont été massacrés à Klečka, sans qu’il existe de coupables pour ce crime ».
