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Le blog de Lucien PONS

Guerre en Syrie et les Brics face aux impérialistes. La Syrie: Importante interview d'Alain Chouet, ancien chef de la DGSE française à Damas

24 Mars 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Syrie. Importante interview d'Alain Chouet, ancien boss de la DGSE française à Damas
Interview d’Alain Chouet, ancien chef de poste de la DGSE à Damas, puis cadre supérieur des services secrets, très à jour sur le monde arabo-musulman, interview recueillie par Jean Guisnel, pour Le Point.
lités du droit
Alain Chouet

 

Interview d’Alain Chouet, ancien chef de poste de la DGSE à Damas, puis cadre supérieur des services secrets,

 

Il est très à jour sur le monde arabo-musulman, interview recueillie par Jean Guisnel, pour Le Point.

En résumé : le gouvernement français a perdu la boussole...

 

1/Totalement illégal

Hollande annonce ces livraisons d’armes avec une telle tranquillité qu’on peut en venir à penser que c’est légal, et que c’est juste un choix politique. Non, c’est totalement illégal. Aucun doute.

Le Point.fr : « Est-il opportun que la France livre des armes à l'opposition syrienne ? »

Alain Chouet : « Je suis confondu par cette affaire. On se trouverait complètement en dehors de la légalité internationale, dans une situation sans précédent. Pour prendre une comparaison, c'est comme si la France, en 1992, avait décidé unilatéralement d'armer le GIA (Groupe islamique armé) et le FIS (Front islamique du salut) algériens, sous prétexte qu'ils avaient gagné les élections et que les militaires avaient interrompu le processus électoral.

Dans le cas de la Syrie, nous armerions des groupes non représentatifs et reconnus par personne, si ce n'est par nous ! L’ONU n'a pas reconnu l'opposition, et d'ailleurs, de quelle opposition parlons-nous ? Elle est totalement hétéroclite et divisée, les militaires ne reconnaissent pas l'autorité des politiques et, à l'intérieur de la composante militaire, les milices djihadistes ont pris le pas sur les autres. »

Pour Alain Chouet, parler d’armes « défensives » ou « non létales » n’a pas de sens, parce qu’il s’agit d’armes « offensives », et surtout il souligne « Et je ne sais pas à qui on va les donner... » Il explique que l’Armée syrienne libre (ASL) est composée d'officiers et d'hommes de troupe « qui ont déserté vers la Turquie », laissant la place aux groupes salafistes et aux djihadistes.

Et il insiste : « Je repose donc la question : quelles armes allons-nous donner et à qui ? »

 

2/ Aucun mandat pour renverser Assad

Fabius avait appelé à l’élimination physique de Bachar el-Assad, et maintenant il veut le renverser. Alors ?

Alain Chouet : « Nous n'avons aucun mandat de l'ONU ou de qui que ce soit d'autre, ni de légitimité juridique pour renverser le président Assad quels que soient ses torts. Ce n'est pas aux Français ni aux Anglais de le faire, mais aux Syriens ».

Et il poursuit :

« Dès lors qu'un ministre des Affaires étrangères proclame qu'il va apporter une aide militaire à des étrangers désireux de renverser leur gouvernement, on entre dans une forme nouvelle et dangereuse de l'illégalité internationale ». 

 

3/ Quel avenir pour la Syrie ? 

Jean Guisnel l’interroge sur son appréciation globale sur la situation. 

Alain Chouet : « Depuis deux ans, la situation s'est gravement dégradée. On est dans un pays dévasté, ruiné, en proie à des affrontements ethniques et confessionnels, où rien ne sera plus jamais comme avant. On est entré dans une logique de guerre civile semblable à celle qui a ensanglanté le Liban pendant 15 ans. Mais je vous le dis nettement : ce n'est pas en armant des salafistes qu'on va arriver à une solution.

D'une façon hypocrite, la France a appelé à une solution négociée en disqualifiant d'emblée une des parties sommée de ne pas se présenter à la table des discussions, en l'occurrence le pouvoir en place. Que reste-t-il alors à négocier ? Depuis le début de cette affaire, on se trouve dans le flou militaire, juridique, politique ou idéologique. J'ai le plus grand mal à m'y retrouver. On est dans une ambiguïté absolue en soutenant en Syrie ceux contre lesquels on lutte ailleurs ».

Là, on touche le fond. Au Mali, un djihadiste est un ennemi, qu’il faut éliminer. En Syrie, c’est un combattant de la liberté, qu’il faut armer. Il y a vraiment de quoi se poser des questions sur nos choix diplomatiques et militaires.

 

Le sommet des BRICS du 28 mars 2012 : la première pierre d’un nouvel ordre économique mondial. 1/2 enjeux

Le sommet des pays Brésil Russie Inde Chine Afrique-du-Sud qui se tient à New-Delhi va probablement donner son lot de surprises et d'initiatives. Quels sont les enjeux de ce sommet ? Quels seront ses résultats ? Réponse dans quelques jours ; En attendant quelques pistes pour décrypter l'inévitable propagande télévisuelle.

Depuis l'élection de Vladimir Poutine comme président de la Russie jusqu'en 2018, l'empire est arrêté. L'état-major américain reconnaît publiquement que les systèmes sol-air S-300PMU2 Favorit (Précision annoncée de 70% de coups au but contre un missile balistique et de plus de plus 80% contre un avion), ne lui permettent plus d'avoir la suprématie aérienne sans laquelle la machine de guerre américaine s'enraye. Le fameux missile tomahawks qui détruit les systèmes radars avant que le ballet commence serait détruit. Ce système est d'une telle précision qu'une armée hésiterait avant d'y envoyer ses avions à 150 millions d'euros pièce pour une nouvelle no-fly zone. L'attitude très volontariste de Poutine laisse peu de doute sur son intention d'en équiper l'Iran (qui en posséderait déjà) si cette crise devait mener à une guerre. de Poutine montre comment il faut agir face à un empire militariste. L'esprit de Munich, les velléités, l'indécision, les concessions provoquent les guerres. La fermeté les arrête.
 
Le monde de l'OTAN se heurte à un adversaire déterminé et aussi développé que lui. La solution chez les militaires reste l'attaque surprise avec toutes les forces balistiques nucléaires pour rendre la frappe de retour de faible efficacité.
 
La chose la plus probable est la continuation de la guerre de l'information, de la subversion des jeunes générations par des équivalent Facebook (les jeunes arriveront un jour aux postes de responsabilité), les ONG « humanitaires financées par la CIA » et surtout l'exportation du chaos financier exporté de Wall-street-City.
 
C'est là où le sommet du BRICS du 28 mars prend tout son importance. L'affaire de l'embargo dur l'Iran a montré que les États-Unis et l'Union Européenne employaient des moyens économiques à des fins de guerre.
 
Les pays qui ne réduisent pas suffisamment leur importations de pétrole iranien ont été menacés de ne plus pouvoir commercer avec les États-Unis. Les pays européen et le Japon ont reçu un délai de « grâce » avant les sanctions jusqu'à fin juin. Les autres (Chine, Iran, Pakistan, Birmanie, Indonésie, Malaisie Singapour, Taïwan, Corée du Nord, Sri-Lanka) se retrouvent sur la liste non pas de l'axe du mal mais sur celle des mauvais élèves qui seront punis par l'intermédiaire de leurs institutions bancaire ou financières.
 
L’Iran a été coupé du système SWIFT (simple wireless international financial transfer). Il lui devient donc impossible d'envoyer ou de recevoir des virements bancaires via sa banque centrale ou des banques iraniennes. On appréciera l'intelligence de cet embargo qui renchérit le prix du pétrole en France et qui le détourne vers les pays en pleine croissance. Des pays déclinants voudraient accélérer leur déclin qu'ils ne réussiraient pas mieux.
 
Cette politique de terreur économique crée un monde complètement instable ou l'activité économique ordinaire (qui n'est déjà pas facile !! ) peut être détruite sur une simple décision géopolitique ; Des emplois sont détruits en quelques mois. Une version des armes de destruction massive appliquée à la sphère économique.
 
La Chine a violemment protesté. L’inde aussi, ce qui est assez nouveau et sur un ton cassant. 
 
On remarquera que parmi les pays menacés par les États-Unis figurent ses excellents alliés comme la Corée du Sud, Taïwan, les Philippines et l'Inde jusqu'à une date récente. On peut parler de syndrome du blocus continental : la guerre économique en entravant une activité naturelle et pacifique vous crée un nombre incalculable d'ennemis.
 
Maintenant que l'hyperpuissance américaine se casse les dents sur le S300 et 3M-54 (qui est à un missile exocet ce qu'un obus est à une catapulte) russes, les capacités iraniennes en décryptage qui ont permis à l'Iran de faire se poser un drone hyper sophistique prévu pour s'autodétruire au moindre problème et aux capacités en cyber attaques chinoises (plus l'événement historique de voir la marine chinoise en méditerranée rapatrier des Taïwanais) les nations développées non occidentales sont libres d'agir pour détruire ou au moins se protéger du système économique mondial toxique basé sur la suprématie du dollar et créer à terme leur zone économique libérée du cancer des produits dérivés et autres créances pourries qui caractérisent l'Ouest.
 
Entre 1000 et 2000 milliards de milliards de produits dérivés plombent l'économie des pays occidentaux. Depuis 2008 la Chine diminue doucement ses réserves de dollars et les remplace par des roubles, euros, roupies, yen, or. Dans l'éventualité du big krach reporté mais inévitable et prévu par le GEAB pour l'été 2012.
 
Les pays du Brics ont pour ordre du jour la création d'un banque du développement qui puisse régler les échanges internationaux dans cette zone.
 
Il faut attendre l'article prochain pour savoir ce qui sortira de ce sommet. Probablement des bouleversements formidables qui poseront encore aux élites françaises, si elles valent encore quoi que ce soit, la question cruciale : accrochons nous au Titanic qui coule (50 % de la population américaine vit désormais en dessous du seuil de pauvreté).ou jouons nous un grand jeu avec l'Allemagne, la Russie, la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Iran (avec les pays qui produisent autre-chose que des dettes).
 
Encore une fois tout affaiblissement de cet empire militariste-monétariste n'est que bonne nouvelle. Dans l'hypothèse d'un succès du BRICS, la moitié de la population mondiale aurait le droit de vivre et de se développer. L'autre sombrerait et finirait après maintes vicissitudes aux restos du cœur (dévalisés) ou à la soupe populaire.On n'a aucune inquiétude évidemment dans ce scénario pour les 5 % les plus riches.


Afrique du Sud - Le 5ème sommet des BRICS constitue une opportunité de promouvoir le développement du pays

19 Mars 2013 - 10:50

Le 5ème Sommet du groupe BRICS, qui aura lieu les 26 et 27 mars à Durban en Afrique du Sud, sera une opportunité de promouvoir le développement sud-africain, a indiqué un expert dans un article publié lundi dans les médias locaux.
"Les 26 et 27 mars, l'Afrique du Sud accueillera le 5ème sommet du BRICS à Durban, ce qui sera un moment décisif pour le gouvernement sud-africain et le Congrès national africain (ANC) au pouvoir", a rapporté la South African Broadcasting Corporation citant Saliem Fakir, conférencier à l'université de Stellebosch.
Les BRICS regroupent les grandes économies émergentes que sont le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud. Ce sera la première fois que l'Afrique du Sud accueille le sommet du BRICS, depuis son adhésion officielle au sein de ce groupe de pays le 24 décembre 2010.
Depuis la tragédie de Marikana en août 2012, "il y a eu une réaction au capital occidental qui a cherché à diriger et sermonner l'ANC au pouvoir sur la manière de diriger et de mener ses activités de ressources minérales", a indiqué cet expert.
Une fusillade a éclaté le 16 août 2012 alors que la police tentait de disperser plusieurs milliers de mineurs en grève à la mine de Marikana, contrôlée par des capitaux occidentaux, dans la province du Nord-Ouest, dans le nord du pays. Cet incident a fait 34 morts et 78 blessés parmi les mineurs tandis que 270 autres étaient arrêtés, s'imposant ainsi comme le conflit le plus sanglant entre la police et des travailleurs depuis la fin de l' apartheid en 1994.
"Il y a une tendance à évoluer vers un nouvel axe de relations, et la participation au groupe BRICS est capital dans ce changement », a estimé cet expert. « Les politiques anticoloniales et antiimpérialistes passées ont contribué à façonner l'éthique du groupe BRICS".
Il y a quelques semaines, le président sud-africain Zuma a mis en garde les compagnies occidentales qu'elles devaient changer leurs méthodes et cesser d'agir de manière coloniale à l'égard des gouvernements africains sous peine de conséquences graves.
Saliem Fakir a souligné que l'intérêt croissant de trois autres membres des BRICS, l'Inde, la Russie et la Chine, pour les secteurs des mines, des infrastructures et des services en Afrique du Sud au cours des cinq dernières années était un facteur " encourageant cette transformation" et qu'il "gagnera encore en puissance au fur et à mesure que progressera la confiance de ces membres dans l'Afrique comme terrain de croissance future".

 



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