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Le blog de Lucien PONS

La dictature se met en place en Grèce sous nos yeux indifférents.

29 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Pierre VERHAS


 

Jamais dans l’histoire européenne, en dehors de périodes d’occupations étrangères, un pays n’a subi un tel diktat provenant de l’extérieur. Les plans drastiques d’austérité imposés à la Grèce par ce qu’on appelle la « troïka » (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds Monétaire international) sont ratifiés quasi dans l’immédiat par une majorité de parlementaires qui y sont contraints.

Ce phénomène inquiétant ébranle des principes de base de la vie commune. Le premier étant la souveraineté, le second le processus démocratique de décision, le troisième est la solidarité.

Aucun traité ne donnait jusqu’à présent de pouvoirs à la troïka... C’est une sorte de gouvernement supranational né de la crise de la dette souveraine, qui sert en fait d’exécuteur de basses œuvres au remboursement aux créanciers – c’est-à-dire les banques privées – des Etats endettés, aujourd’hui la Grèce. Il impose des plans de remboursements accompagnés de « cures » d’austérité, sans aucun pouvoir de contrôle de l’Etat débiteur, il pratique un chantage à l’aide financière vitale pour ce pays virtuellement en faillite. Il ne tolère aucune discussion. En réalité, ce gouvernement n’a pas d’armée, mais il possède une arme de destruction massive : l’argent.

Ainsi, la souveraineté est tuée et le processus démocratique de décision paralysé. Face au chantage à l’aide financière, les instances démocratiques sont contraintes de s’incliner.

La grande gueule de Daniel Cohn Bendit qui, s’il est très médiatisé, ne représente qu’un groupe minoritaire au Parlement européen, a dénoncé « les talibans néolibéraux qui règnent en Europe ». Très bien ! Il a mis du temps à s’en apercevoir : il oublie qu’il a milité pour le modèle libéral européen figurant dans tous les traités depuis Maastricht. Et puis, il sait bien qu’aucune formation politique importante représentée à cette Assemblée ne le prendra au sérieux. C’est ce genre de contradiction qui affaiblit toute opposition à la doctrine dominante. Le temps n’est plus à la démagogie ! D’autant plus que notre Dany fort dérougi justifiera quelques jours plus tard le fameux MES (Mécanisme Européen de Stabilité, autrement dit, le deuxième volet du traité « Merkozy » )…

Le 12 février, le Parlement grec a adopté le nouveau plan de rigueur préparé par le ministre des Finances Evangélos Vénizelos à la demande de la troïka afin de débloquer un nouveau prêt de 130 milliards d’euros à Athènes. Le plan sera présenté le 15 février à l’Eurogroupe, dont le feu vert est nécessaire pour que la Grèce puisse lancer une offre publique de restructuration de sa dette auprès de ses créanciers privés, le 17. Le plan prévoit une réduction de 22 % du salaire minimum (ramené à 586 euros brut sur 14 mois), la suppression de 15 000 emplois publics en 2012, de nouvelles coupes dans les retraites complémentaires et dans les salaires des fonctionnaires, ainsi que la réduction du budget de la sécurité sociale et de l’armée et la privatisation de quatre entreprises d’Etat.

N’est-ce pas volontaire ? Réduction des salaires, suppression d’emplois publics, privatisation. Ces plans sont appliqués partout où passent les « talibans néolibéraux ». En effet, ce n’est pas nouveau. À chaque fois que des plans de restructuration sont imposés de l’extérieur, ils vont dans le même sens. Cela a commencé en 1973, après le coup d’Etat au Chili. Les « talibans » étaient à l’époque les « golden boys » de l’école de Chicago.

L’austérité imposée par la force à la Grèce, mais aussi, pour bientôt, à tous les Etats de la zone Euro est absurde. L’économiste Jean-Paul Fitoussi dans le « Monde » du 16 février explique : « Ce tête à queue des stratégies européennes - lutter contre une insuffisance de la demande par une politique d’austérité aux fins d’augmenter l’offre – est pour le moins énigmatique. » Pas tellement, M. Fitoussi ! Cette politique absurde, violente, destructrice ne fait-elle partie d’une stratégie bien élaborée ? Difficile de répondre, mais il est clair que tout va dans la même direction et qu’aucune force politique importante n’essaye d’y changer quoi que ce soit.

En tout cas, tous s’accordent pour admettre que le dernier plan infligé à la Grèce est le plus violent d’entre tous. Certains, comme l’Italien Monti, pensent même qu’on est allé trop loin. Logique : nul n’a envie de voir éclater une révolution dans son pays !

Mais, dans une belle unanimité, le mécanisme est adopté par l’Eurogroupe le 21 février.

Ces traités, ces plans, ces nouvelles mesures, de quoi s’agit-il exactement ?

Le plan « Merkozy » était inscrit dans l’évolution européenne depuis longtemps. Il se trouvait déjà dans le pacte dit « de stabilité et de croissance » (PSC) dont le texte a été adopté au Conseil européen d’Amsterdam en 1997, cinq ans après le traité de Maastricht qui fonde l’Euro.

Ce pacte est un instrument de contrainte et de coordination des politiques budgétaires des pays de la zone Euro afin d’éviter des déficits budgétaires excessifs. Il impose aux États de la zone euro d’avoir à terme des budgets proches de l’équilibre ou excédentaires. Le PSC comporte deux types de dispositions :

La surveillance multilatérale, disposition préventive : les États de la zone euro présentent leurs objectifs budgétaires à moyen terme dans un programme de stabilité actualisé chaque année. Un système d’alerte rapide permet au Conseil Ecofin, réunissant les ministres de l’Économie et des Finances de l’Union, d’adresser une recommandation à un État en cas de dérapage budgétaire.

La procédure des déficits excessifs, disposition contraignante, voire répressive. Elle est enclenchée dès qu’un État dépasse le critère de déficit public, c’est-à-dire les soldes budgétaires cumulés des administrations centrales, locales et de sécurité sociale. fixé à 3 % du PIB, sauf circonstances exceptionnelles. Le Conseil Ecofin adresse alors des recommandations pour que l’État mette fin à cette situation. Si tel n’est pas le cas, le Conseil peut prendre des sanctions : dépôt auprès de la BCE qui peut devenir une amende à payer au Trésor Public une somme d’argent fixée par la loi. (de 0,2 à 0,5 % PIB de l’État en question) si le déficit excessif n’est pas comblé.

Une déclaration annexée à l’Acte final du traité de Lisbonne laisse prévoir une réforme du Pacte de stabilité et de croissance, sans préjuger néanmoins du débat futur sur l’avenir de ce Pacte. Ce Pacte de stabilité n’a pas été appliqué jusqu’à la crise grecque à la demande de l’Allemagne et de la France… les deux pays qui l’avaient inspiré ! Cependant, le PSC reste toujours en vigueur selon sa mouture initiale.

La crise de la dette souveraine l’a réveillé. Le 28 septembre 2011, le Parlement européen approuvait six textes – le fameux « six packs » - qui ont été officiellement adoptés le 16 novembre par le Conseil et qui renforcent le pacte de stabilité. On a parlé à ce moment-là de la fondation d’une « gouvernance économique européenne ». Ce « six packs » est composé de six textes qui comportent trois dispositions principales.

1/ renforcement du pacte de stabilité et de croissance ainsi que pour le volet sanctions

Les trois premiers textes cherchent à améliorer le pacte de stabilité et de croissance et de renforcer les sanctions inhérentes à ce pacte.

2/ création de la procédure de déséquilibre macro-économique

Ensuite, deux textes ajoutent de nouveaux instruments car les règles de vie commune dans la zone euro ne couvraient pas les réalités macro-économiques. Par exemple, en ce qui concerne l’Espagne et de l’Irlande qui respectaient très bien la discipline budgétaire imposée par l’Europe et qui ont été mis en difficulté suite à l’endettement privé après l’éclatement d’une bulle immobilière en Espagne et de l’endettement d’une banque en Irlande. Il s’agit du contrôle des déséquilibres macro-économiques.

3/ renforcement des cadres budgétaires nationaux

Le sixième texte est une directive que les Etats membres devront transposer dans leur droit interne. Il les invite à améliorer leur cadre budgétaire national. Par exemple : avoir des instituts statistiques indépendants, des organes de contrôle des finances publiques indépendants pour vérifier que les hypothèses de croissance émises par le gouvernement sont réalistes, etc.

Outre le renforcement des sanctions en matière budgétaire, ces dispositions visent à socialiser les dettes privées. C’est ce qu’il s’était passé avec les dettes des banques en 2008 et qui a eu pour conséquence un accroissement considérable de la dette publique et par conséquent, le service de la dette augmente le déficit de l’Etat.

Tout est d’ailleurs orienté sur la problématique de la dette, donc de l’intérêt du secteur bancaire. Ainsi, il est introduit une notion de « seuil d’alerte » sur certains indicateurs économiques. Ce seuil d’alerte vise à prévenir et à corriger des déséquilibres macroéconomiques susceptibles de nuire à la sacro-sainte stabilité de l’UE.

Ainsi, en matière d’échanges commerciaux, le seuil est fixé à 4% du PIB pour une balance déficitaire, et à 6% du PIB dans le cas contraire, où l’Etat aurait un excédent courant. Donc, il y a une clémence envers les pays exportateurs. Cela concerne évidemment l’Allemagne.

Des seuils sont fixés pour les flux de crédits au secteur privé (15 %), la hausse annuelle du prix de l’immobilier (6 %), le taux de chômage, etc.

Le dernier volet concerne les outils de surveillance économique, comme les instituts de statistique, par exemple, qui doivent être « indépendants », donc privés.

Ce fameux dispositif « six packs » ne fonde pas une politique européenne commune. Il encadre la politique économique de chaque Etat-membre dans des limites qui constituent des garanties dans l’intérêt des seules banques. Il ne constitue en rien un instrument européen de redressement économique. Le PSC renforcé par le « six packs » comporte le mot « croissance ». Ce terme n’apparaît nulle part dans ce nouveau fourre-tout règlementaire. Ce n’est pas un hasard ! D’autre part, les outils de surveillance sont privatisés et seront donc ainsi au service du seul secteur bancaire.

Avec de pareilles dispositions, il est inutile de pousser des cris d’orfraie à l’égard des fameuses agences de notation…

On peut d’ailleurs s’apercevoir ce qu’est cette mentalité bancaire. C’est proprement ahurissant dans cet exemple.

Ahurissant !

Voici la réponse purement technocratique du Français Benoît Cœuré, nouveau membre du directoire de la BCE, à l’interview de Jean Quatremer, correspondant de « Libération » à Bruxelles à la question sur l’injustice de la différence du taux des prêts de la BCE aux Etats et aux banques privées dénoncée il y a quelques semaines par Michel Rocard et l’économiste Pierre Larrouturou : « Les prêts de la BCE aux banques ne sont pas de même nature que ceux que les banques commerciales consentent à l’économie ou aux Etats. Les premiers sont, pour l’essentiel, des prêts à très court terme (…). Surtout, ce sont des prêts parfaitement sécurisés (…). En revanche, les prêts aux Etats sont souvent à beaucoup plus long terme, parfois jusqu’à trente ou cinquante ans. Et ils présentent de plus grands risques… » Quand on voit l’état de certaines banques en Europe, notamment Dexia, il est assez audacieux de parler de « sécurité » ! Il ressort de ces propos une haine viscérale de l’Etat étant considéré comme un facteur à risques. Plus grave, l’intérêt général est absent de cette analyse d’un financier qui ne voit que le court terme.

Le sauvetage ne peut venir de ces gens-là. L’indépendance de la BCE accordée par le traité de Maastricht est une erreur majeure. Ce M. Cœuré parle en banquier du secteur privé, comme si l’Institution qu’il codirige était un organisme financier ordinaire.

En fait, tout cela n’a rien à voir avec la construction européenne. C’est la mise en place d’un pouvoir supranational associé au tout puissant secteur bancaire. Son embryon existe déjà : on l’appelle la « troïka ».

Un traité inutile et dangereux

En plus, cela ne marche pas. Ces nouvelles réglementations n’apportent aucune solution à la crise de la dette souveraine. Elles ne sont là que pour garantir la survie du secteur bancaire et les intérêts de quelques Etats-membres de l’Union. Le refus obstiné de Merkel de mettre en œuvre les euro-obligations, les difficultés de mise en place du Fonds européen de Solidarité financière ont amené le tandem « Merkozy » à imposer l’adoption d’un nouveau traité intitulé Traité sur la stabilité la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire (TSCG) et le « Mécanisme Européen de Solidarité » (MES) qui étaient discutés depuis juillet 2011 et adopté par le Conseil le 2 février 2012.

Ce nouveau traité est inutile et dangereux. Il est inutile car le « six packs » a déjà largement renforcé le pouvoir coercitif de la Commission en matière de « discipline » budgétaire.

Il est dangereux car il met en place un système intergouvernemental et met en pièces la méthode communautaire et tout ce qui est commun au niveau de l’Union européenne. La Commission européenne dont le rôle est d’être la « gardienne des traités » devient à la fois la police et le tribunal des Etats-membres. Il faut dire que cela ne gêne en rien certains commissaires comme le Finnois Olli Rehn, chargé des affaires économiques.

Ce projet de Traité prévoit :

- d’abaisser le plafond du déficit budgétaire à 0.5% du PIB, laissant toutefois la procédure de sanction pour déficit excessif applicable aux seuls déficits supérieurs à 3% du PIB.

- d’obliger les Etats signataires à mettre en place une règle d’or constitutionnelle obligeant ces derniers au respect du plafond des 0,5%,

- la remise à la Commission d’un programme de partenariat économique par les Etats faisant l’objet d’une procédure pour déficit excessif,

- le renforcement de la nouvelle procédure de décision, dite à la "majorité inversée" ([1]), réduite aux seuls membres de la zone euro,

- une procédure visant à ce que toutes les grandes réformes de politique économique envisagées par les États membres de la zone euro soient débattues et coordonnées au niveau de la zone euro.

Le MES est dit : c’est la troïka.

Le second volet est le Mécanisme Européen de Stabilité, ou MES adopté définitivement le 2 février 2012. Il complète le TSCG et pour en faire partie, les Etats doivent appliquer les mesures d’austérité budgétaire inscrite dans le Traité.

Doté de la personnalité juridique, le MES pourra ester en justice. Le MES, dont le siège est fixé à Luxembourg, est doté du statut d’une institution financière internationale bénéficiant des immunités dont jouissent les institutions internationales. Il n’a donc aucun compte à rendre ni au Parlement européen, ni aux parlements nationaux, ni aux citoyens des Etats membres et ne peut en aucun cas faire l’objet de poursuites. Il est exempté de toute obligation imposée par la législation d’un Etat Membre. Le MES, ses biens, fonds et avoirs jouissent de l’immunité de toute forme de procédure judiciaire.

Le but du MES est de « mobiliser des ressources financières et de fournir, sous une stricte conditionnalité, » un soutien à la stabilité d’un de ses Etats membres qui connaît des graves difficultés financières susceptibles de menacer la stabilité financière de la zone euro. A cette fin, il est autorisé à lever des fonds. Son capital est fixé à 700 Milliards d’euros.

Les Etats Membres, par ce traité, s’engagent « de manière irrévocable et inconditionnelle » à fournir leur contribution au capital du MES. Ils s’engagent à verser les fonds demandés par le MES.

Lorsqu’un Etat Membre sollicite une demande de soutien à la stabilité, c’est la Commission européenne en liaison avec la Banque Centrale Européenne (BCE) qui est chargée d’évaluer le risque pour la stabilité de la zone euro, d’évaluer, en collaboration avec le FMI – autrement dit la troïka – la viabilité de l’endettement public du pays demandeur et d’évaluer les besoins réels de financement de ce dernier. On voit ici que, par le biais du MES, la troïka est institutionnalisée.

Lorsque le MES décide d’octroyer un soutien à la stabilité, c’est la Commission européenne, en liaison avec la BCE et le FMI, qui négocie avec l’Etat demandeur les conditions dont est assorti ce soutien. Cette négociation doit s’inscrire dans le respect du Pacte budgétaire (TSCG). La troïka est chargée du respect des conditions imposées.

Les gouvernements signataires de ce traité ont créé un monstre institutionnel contre lequel les Etats eux–mêmes et à fortiori les peuples seront désormais totalement impuissants. Ainsi se poursuit, sous la pression du monde de la finance et des affaires, le démembrement du siège de la souveraineté populaire, l’Etat, au profit d’institutions échappant à tout contrôle.

Ce projet signifie tout simplement la fin du politique. Limiter les déficits à 0,5 % du PIB par une disposition constitutionnelle – la fameuse « règle d’or » - revient à entraver tout pouvoir politique. C’est fondamentalement contraire aux principes démocratiques de base qui veulent qu’une Assemblée élue au suffrage universel – donc, représentant le peuple – puisse décider de toutes les dispositions qu’elle juge nécessaire à sa politique. La limitation des déficits inscrite au niveau des lois fondamentales, revient à exclure tout investissement public, toute disposition nouvelle en matière de sécurité sociale, par exemple.

Ces deux traités MES et TSCG confirment que la construction européenne s’est définitivement éloignée de l’idéal démocratique. Ils instaurent une totale mise sous tutelle financière et budgétaire des Etats et des peuples, sans qu’il y ait pour autant une souveraineté européenne.

Un fédéralisme de contrainte

On n’arrête pas de dire que cette avalanche de nouvelles réglementations renforce le « fédéralisme ». Il faudrait s’entendre sur ce mot. Le « fédéralisme », ce n’est pas simplement le transfert de la souveraineté nationale vers une entité supranationale.

Cette politique renforce le déficit démocratique, notamment par la règle de la « majorité inversée » qui donne à la Commission des pouvoirs exorbitants (voir note 1) sans aucun contrôle. En plus de mettre sous tutelle des Etats membres aux déficits estimés trop élevés, il divise l’Europe en deux, puisque le processus de décision ne sera pas le même pour les Etats membres de la zone Euro et les autres. Enfin, selon de nombreux juristes, ce nouveau traité ne respecte pas les traités européens existants. Cela peut tout simplement signifier la fin de l’Europe.

En réalité, La crise financière débouche sur la perspective d’une Union Européenne à deux niveaux : l’un fédéral (la Communauté) avec les Etats qui choisissent la monnaie unique au prix de la perte d’une part plus grande que jamais de leur souveraineté ; l’autre confédéral (l’Union) avec tous les autres préférant rester dans une simple zone intergouvernementale de libre-échange. Ce pouvoir « fédéral » limité aux Etats de la zone Euro serait en fait un « fédéralisme de contrainte » donnant tout pouvoir aux marchés aidés par une police « eurocrate », sans aucun contrôle parlementaire, ce qui est contraire à l’idée fédéraliste.

Vers la fin de l’Europe ?

Le projet des traités « Merkozy » annonce déjà une division de l’Union puisque deux pays n’y adhérent pas : la Grande Bretagne et la Tchéquie. Le vrai-faux ballon d’oxygène accordé à la Grèce le 20 février ne changera sans doute rien. Les diktats de la « troïka » amèneront sans doute la Grèce à sortir de la zone Euro, le gouvernement allemand le souhaitant manifestement. Cela signifie l’expulsion d’un Etat membre, puisque les dispositions relatives à la monnaie unique sont la base du traité de Maastricht confirmé par les traités suivants jusqu’à celui de Lisbonne. L’absence de deux Etats membres dans le projet de nouveau traité et l’expulsion d’un autre ne peut que signifier la fin de l’Union européenne. D’autres Etats sont menacés d’expulsion de fait comme l’Italie et le Portugal.

Le nouveau « Big Brother » s’appelle « marchés financiers ». Il est bien pire que ses prédécesseurs.

Pierre Verhas http://uranopole.over-blog.com/

[1] Alors qu’auparavant une recommandation de la Commission devait, pour être adoptée, être explicitement appuyée par le Conseil, c’est la logique inverse qui prévaut désormais.

En effet, alors que la majorité qualifiée sert à adopter une position "en faveur de quelque chose", la règle de "majorité inversée" signifie que les sanctions proposées par la Commission ne peuvent être contestées par le Conseil qu’à une majorité qualifiée. Cette nouvelle forme de décision, non prévue par les Traités a été annoncée par Herman Van Rompuy le 27 septembre 2010 :

"Partout où c’est possible, les règles de prise de décision au sujet des sanctions devraient être automatiques et basées sur la règle de la majorité inversée, qui implique qu’une proposition de la Commission est adoptée sauf si elle est rejetée par le Conseil."

Cette automaticité exclut donc toute délibération parlementaire de quelque ordre que ce soit. C’est une négation pure et simple des principes les plus élémentaires du fédéralisme qui prévoit une chambre de représentation des citoyens avec des pouvoirs essentiels.

Cela signifie en outre qu’un recours contre une sanction de la Commission sera quasi impossible. Si les déficits des finances publiques sont interdits, c’est au prix du déficit démocratique !

URL de cet article 15925
http://www.legrandsoir.info/trop.html

 
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Impérialisme humanitaire. Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort ? par Jean Bricmont.
Jean BRICMONT
Jean Bricmont est professeur de physique théorique à l’Université de Louvain (Belgique). Il a notamment publié « Impostures intellectuelles », avec Alan Sokal, (Odile Jacob, 1997 / LGF, 1999) et « À l’ombre des Lumières », avec Régis Debray, (Odile Jacob, 2003). Présentation de l’ouvrage Une des caractéristiques du discours politique, de la droite à la gauche, est qu’il est aujourd’hui entièrement dominé par ce qu’on pourrait appeler l’impératif d’ingérence. Nous sommes constamment appelés à défendre les (...) Lire la suite »
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Syrie - Désinformation massive.

29 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

28362.jpgUn message de Philippe DERUDDER.

Bonjour à tous

Pour le citoyen lambda, dont je fais partie, il est bien difficile de se faire une opinion sur les évènements qui se déroulent dans le monde actuellement. On nous montre de grand méchants dictateurs (enfin que l'on découvre dictateurs aujourd'hui) contre lesquels se soulèvent les peuples asservis, avec l'appui, heureusement, des grandes démocraties dont le seul objectif est de pacifier, et d'aider à libérer les peuples de la tyrannie pour que triomphent les droits de l'homme (Snif c'est beau). C'est ce que je comprends, mais ce n'est que ma compréhension au travers de l'info reçue par les grands média.

Mais si on fouille un peu, si on prend en compte des témoignages moins médiatisés, si on accepte de ne pas voir qu'une mosaïques de faits isolés les uns des autres, et si on relie tout cela aux intérêts des puissances dominantes actuelles, alors ces évènements prennent un tout autre sens, moins glorieux certes et certainement moins porteurs d'un avenir pacifié...

je ne cherche pas ici à prendre position pour ceci ou cela. Je veux juste dire aux citoyens du monde que vous êtes comme moi, que ce que l'on nous dit et ce que l'on nous présente  n'a rien à voir avec la réalité. L'actualité de ces dernières années démontre combien les progrès de la communication sont utilisés pour mieux  conditionner, endormir, manipuler le "bon peuple". Je parle de ces dernières années, mais des historiens, à la lumières d'archives maintenant rendues publiques, sont en train d'écrire une autre version de l'histoire que celle que nous avons reçue. C'est le cas pour les deux grandes guerres. Ce n'est donc pas nouveau. Ce qui est nouveau par contre. C'est qu' aujourd'hui nous avons les moyens d'aller au delà de la version officielle des choses. C'est précieux car c'est annonciateur d'une grande transformation des sociétés. Ainsi  il me semble important, même sans certitude, de s'ouvrir à un autre regard pour relativiser tout cela et ne pas se laisser entrainer malgré nous dans un avenir où une fois encore nous serions les pions de joueurs d Échecs qui ont des objectifs tout autres que d'établir paix, droits de l'homme et justice sociale dans le monde.

Si vous avez peu de temps voici un l'article
d'un journal indépendant basé en Suisse. Une synthèse rapide des enjeux géopolitiques qui échappent à la plupart et qui ne sont pas à négliger si on veut y comprendre quelque chose

http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=3165

Si vous voulez plus mais avec plus de temps je relaye un courriel de Jean Jacques Rey avec de nombreux liens

Bien cordialement
Philippe Derudder

Ambassadeur-Ford-a-Hama--Syrie--en-juillet-2011-jpg
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Il y a une campagne d'enfumage sévère sur la situation en Syrie qui me décide à organiser une petite expédition contre la propagande, et cela fait un moment que cela me démangeait sur ce sujet ; mais j'ai voulu prendre le temps de construire ma réflexion, tant nous sommes tentés de croire plus facilement ce qui conforte nos idéaux que le contraire...
C'est quand même incroyable, après les énormités qui ont favorisé les interventions en Irak, Afghanistan, Libye, etc., les médias "mainstream" (dominants), collaborent jusqu'à la caricature (et je pèse mes mots) aux desseins impérialistes des gouvernements occidentaux, ils replongent tête baissée dans l'intox des services secrets et officines diverses... Je ne suis pas loin de penser que certains reporters : à leur insu, car voulant exercer consciencieusement et courageusement leur métier, ont servi de faire-valoir et de chair à canon pour émouvoir l'opinion publique, internationale, en vue d'une "inéluctable" et énième intervention à caractère "humanitaire" ; tout cela en vue d'isoler l'Iran, partie avancée d'un bloc géopolitique, rival ; ce qui pourrait conduire à un embrassement planétaire...
On se demande à quoi sert l'intelligence (supposée) de certains de nos dirigeants !
Décidément, par ordre de considération générale, je crois que l'information ne doit dépendre d'aucun pouvoir, mais qu'on doit lui en donner les moyens...à commencer par la déconnecter du commerce comme bien d'autres services rendus à la société humaine d'ailleurs.
 
 
 
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Syrie - Désinformation massive
http://www.pierrepiccinin.eu/article-syrie-desinformation-massive-100255439.html
par Pierre PICCININ, en Syrie, décembre - janvier 2011/2012
Au terme d’un nouveau séjour d’observation en Syrie, force est d’admettre que, plus que jamais depuis le début des événements, la réalité du terrain diffère du tableau catastrophiste qu’en proposent les médias en Europe et aux États-Unis.
Très éloignée de la vision simpliste d’une insurrection populaire contre une dictature, la conjoncture syrienne se décline effectivement de manière plus complexe et l’opposition au président al-Assad, bien loin de constituer un bloc solidaire, se révèle fragmentée et très locale. À l’intérieur du pays et dans les grandes villes, le calme règne, et l’armée régulière est fidèle au gouvernement, soutenu, fût-ce par défaut face à l’islamisme radical, par une majorité de la population, à commencer par les communautés alaouite et chrétiennes, mais aussi par la classe moyenne sunnite, favorable aux réformes économiques entreprises depuis 2000.
Seules les villes de Hama et de Homs connaissent des troubles significatifs, et des agglomérations de moindre importance, le long des frontières turque et libanaise, à travers lesquelles s’infiltrent des combattants, armés et soutenus par l’étranger.
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Siège de Homs : à qui la faute ?
http://www.michelcollon.info/Siege-de-Homs-a-qui-la-faute.html
Nul ne peut rester indifférent devant les images effroyables qui nous viennent de Homs. Nul ne peut rester de marbre devant la souffrance de ces familles terrées dans leurs caves, sans pain, sans eau et sans espoir. Les obus pleuvent et s'écrasent dans un bruit assourdissant, fauchant des vies sans demander l'âge ni l'identité de leurs victimes.
Devant le drame de Homs, on ne peut qu'éprouver rage et colère à l'encontre du président syrien, de son parti et de son armée. Mais ce camp aujourd'hui en pleine offensive après avoir été totalement débordé par la violence terroriste, est-il le seul à blâmer ? L'Armée syrienne libre (ASL) qui, depuis des mois, tient des quartiers entiers en otage, entraînant une partie de la population dans une aventure militaire incertaine n'est-elle pas autant responsable de cette tragédie ? Début novembre, le régime de Damas avait promis une amnistie à tous les insurgés qui rendraient leurs armes pour autant qu'ils n’aient pas de sang sur les mains. Si l'on peut légitimement douter de la bonne foi du régime, rappelons-nous tout de même que ce type d'engagement gouvernemental a été respecté et même validé par les observateurs de la Ligue arabe.
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Pour la libération de nos compatriotes et confrères prisonniers à Baba Amr
http://www.voltairenet.org/Pour-la-liberation-de-nos
Plusieurs journalistes sont retenus dans la zone close de Baba Amr. Selon les dirigeants atlantistes, ils sont empêchés d’en sortir par l’armée syrienne qui pilonnerait le bastion rebelle. Présent sur place et témoin privilégié des négociations, Thierry Meyssan rend compte de la réalité : les journalistes sont prisonniers de l’Armée « syrienne » libre qui les utilise comme boucliers humains. Le Croissant Rouge syrien a été empêché par les rebelles de les évacuer.
Nos confrères Marie Colvin (Sunday Times) et Rémi Ochlik (IP3 Presse) ont été tués mercredi 22 février 2012 dans la zone rebelle à l’ intérieur de Homs.
Selon des agences de presse occidentales citant l’Armée « syrienne » libre, ils ont été victimes du pilonnage du quartier par les forces de Damas. Cependant, l’Armée nationale n’a fait usage de lanceurs de roquettes multiples que pendant une très courte période pour détruire des postes de tir, et à aucun moment après le 13 février. En outre, si la ville était pilonnée depuis 21 jours, comme l’indiquent les agences de presse, il y a longtemps qu’elle ne serait plus qu’un tas de ruine sans âme qui vive.
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Syrie : La prochaine guerre « humanitaire » de l’OTAN ?
http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29351
Les mensonges médiatiques et la propagande gouvernementale présentent les événements en Syrie comme un « mouvement de protestation pacifique ».
Les « manifestations » ne sont pas issues de clivages politiques internes tels que décrits par les médias dominants. Depuis le tout début ils sont le résultat d’une opération clandestine du renseignement des États-Unis et de l’OTAN visant à déclencher le chaos social, dans le but de discréditer tôt ou tard le gouvernement de Bachar Al-Assad et de déstabiliser la Syrie en tant qu’État nation.
Depuis la mi-mars 2011, des groupes islamistes armés, appuyés clandestinement par les services de renseignement étasunien et israélien, ont mené des attaques terroristes contre des édifices gouvernementaux, incluant des incendies. Des tireurs professionnels et embusqués, dont des mercenaires, ont ciblé les policiers, les forces armées, ainsi que des civils innocents. Ces faits sont amplement documentés. Tel que souligné dans le rapport de la mission d’observation de la Ligue arabe, il existe des preuves abondantes démontrant que ces groupes armés ont tué des civils.
Alors que l’armée et le gouvernement syriens ont une lourde responsabilité, il convient de souligner le fait que ces actes terroristes, incluant le meurtre délibéré d’hommes, de femmes et d’enfants, font partie d’une initiative des États-Unis de l’OTAN et d’Israël consistant à appuyer, entraîner et financer une « entité armée » opérant en Syrie.Selon des reportages, les preuves confirment que des agents du renseignement étrangers ont intégré les rangs des rebelles.
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A propos de la Syrie
http://blog.mondediplo.net/2012-02-23-A-propos-de-la-Syrie
Dans une conversation téléphonique entre le président russe et le roi saoudien, ce dernier a affirmé à son interlocuteur que tout dialogue sur la Syrie était « maintenant futile » (agence de presse saoudienne, 22 février 2012). Qu’est-ce à dire ? Que la seule voie possible est celle de l’intervention militaire ? Qu’il faut armer l’opposition ? Il semble bien que c’est dans cette direction que s’oriente la réunion des amis de la Syrie qui se tient vendredi 24 février à Tunis.
Le soulèvement en Syrie, qui va bientôt entrer dans sa seconde année, pose des questions dramatiques auxquelles il n’existe pas de réponses simplistes — à moins de jouer la politique du pire. Il faut rappeler ce que le renversement de Saddam Hussein par les Etats-Unis a coûté, coûte et continuera de coûter aux Irakiens dans les prochaines décennies.
Les causes de la révolte :
La révolte en Syrie est née des trois mêmes causes qui ont provoqué, du Maroc à l’Irak, des mouvements de contestation :
— le refus d’un régime autoritaire, de l’arbitraire total de l’Etat et de ses services de répression, de la banalisation de la torture ;
— l’ampleur de la corruption – l’ouverture économique (largement encouragée par l’Occident) ayant abouti à l’accaparement des richesses nationales par une mafia autour du chef de l’Etat –, la richesse ostentatoire d’une petite caste contrastant avec une pauvreté qui accompagne le désengagement de l’Etat (voulu aussi par les conseillers occidentaux) ;
— le poids de la jeunesse. La génération la plus nombreuse de l’histoire qui arrive à l’âge adulte dans les pays arabes et qui, bien que mieux éduquée, ne dispose pas des moyens d’une insertion sociale – du travail, mais pas seulement, également l’exercice des responsabilités – à la hauteur de ses aspirations.
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LA RUSSIE LACHERAIT-ELLE LA SYRIE ? COMMENT NAVIGUER ENTRE DEUX MERS ?
http://www.centpapiers.com/la-russie-lacherait-elle-la-syrie-comment-naviguer-entre-deux-mers/90724
« La Russie lâche Damas et l’ONU s’agite », titrait le journal Libération le samedi 17 décembre (1). Le quotidien jaune – propriété du milliardaire Édouard de Rothschild – s’agite depuis quelques mois, à l’unisson avec quelques autres torchons français, et réclame une agression ‘humanitaire’ contre la Syrie victime d’infiltration d’escadrons de la mort, de snipers et de mercenaires bénéficiaires de l’aide française, turque, israélienne et américaine.
Le journal obéissant à son créancier – officier de l’État-major Sarkozyste – se réjouit vertement du revirement diplomatique russe, qui,  jeudi le 15 décembre 2011 présentait à l’ONU un projet de proposition sur la Syrie coincée entre la Caspienne et la Méditerranée. Le lecteur qui ne lirait que le titre et le chapeau de l’article aurait la fausse impression que le Kremlin capitule complètement et s’apprête à soutenir une résolution à «la libyenne» au Conseil de sécurité de l’ONU. Autant dire que les aviations franco-britannique et israéliennes obtiendraient l’ autorisation de bombarder  la population civile, massacrant des milliers de syriens sous prétexte d’empêcher leur massacre – un ‘remake’ du tragique drame libyen, du « déjà vu », écriraient les scénaristes hollywoodiens.
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Syrie en ébullition, navire de guerre américain en Mer Noire
http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/M_K_Bhadrakumar/Mer_Noire_Etats- Unis_Russie_Syrie_base_navale_changement_de_regime_130611.htm
.../...
Il ne fait aucun doute que les États-Unis accentuent la pression sur la flotte russe en Mer Noire. La provocation des Etats-Unis se déroule dans le contexte de la crise en Syrie. La Russie bloque obstinément les tentatives étasuniennes de racolage pour une intervention en Syrie du style de celle en Libye. Pour Moscou, si les Etats-Unis veulent un changement de régime en Syrie, c’est principalement pour obtenir la liquidation de la base navale russe dans ce pays.
La base syrienne est le seul point d’ancrage de la Russie en Méditerranée. La flotte russe en Mer Noire dépend de sa base en Syrie pour maintenir une présence effective en Méditerranée. Avec la création de bases militaires américaines en Roumanie et l'apparition du navire de guerre américain dans la région de la mer Noire, l'encerclement [de la marine russe] se resserre. C'est un jeu du chat et de souris, où les États-Unis prennent le dessus.
Le régime dirigé par Bechar el-Assad est ostensiblement répressif, puisque des massacres sont rapportés presque quotidiennement. Mais les reportages occidentaux passent totalement sous silence l’aide extérieure apportée à l'opposition syrienne. Personne ne s’intéresse à prouver ou à mettre doute, par exemple, les circonstances dans lesquelles 120 personnes de la sécurité syrienne auraient pu être tuées lors d’un seul « incident ». DSCN2690.JPG
 
Syrie : Prenons le journal Le Monde au Pied de la Lettre
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/syrie-prenons-le-journal-le-monde-111350
Le journal Le Monde, via un de ses blogs, se plaint de la remise en cause légitime de leurs écrits concernant les évènements en Syrie. En effet, depuis le début du conflit, la majeure partie des prétendus crimes attribués à Assad sont communiqués par l'OSDH (Observatoire Syrien des Droits de l'Homme), une organisation très mystérieuse. Face aux commentaires des lecteurs sur Facebook qui accusent Le Monde de mentir, un des blogs du journal a publié un article pour reprendre les mauvais-penseurs et offrir ainsi le chemin de la vérité..
A la lecture de cet article, on peut y voir un signe de victoire : Le Média du pauvre (Internet) dérange le complexe militaro-journalistique jusque dans ses lignes. Mais c'est surtout la conclusion de l'article qui est surprenante puisqu'elle nous apprend poliment que le journal ne se permettrait aucune censure mais au contraire serait dénué d'idéologie et offrirait des observations se basant sur des faits avérés :
 
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A Antioche le 19 février 2012, 6.000 manifestants pour la paix en Syrie.

29 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Syrie - La Libye - l'Iran -

antioche19feb.jpgA Antioche, 6.000 manifestants pour la paix en Syrie


A l'appel de partis et de syndicats de gauche, près de 6.000 personnes ont bravé le gouvernement turc en manifestant le 19 février à Antakya, ville majoritairement arabophone du Sud du pays sous le slogan "Arrêtez l'ingérence impérialiste en Syrie et au Moyen-Orient". Le ministère de l'intérieur et le gouverneur de la ville, tous deux membres du Parti de la justice et du développement (AKP) de Recep Tayyip Erdogan, avaient pourtant interdit ce rassemblement au motif qu'il pourrait entraîner des "provocations" empêchant la police "d'assurer la sécurité", "nuire à l'image de la ville" et donner l'impression que les événements en Syrie "débordent sur notre province" (sic). La police a été jusqu'à intimider les commerçants qui avaient collé sur leur vitrine l'affiche appelant à la manifestation. Dimanche dernier, les protestataires antiochiens étaient donc particulièrement remontés contre le parti au pouvoir qui, non seulement leur imposait la censure mais qui en plus a converti leur province en port franc pour toutes les milices armées anti-Bachar et les barbouzes des pays du Golfe et atlantistes.

Arrivée devant le gouvernorat d'Antioche, la foule a scandé un retentissant "Gouverneur démission". Après un parcours de 2 km, le cortège arborant des drapeaux rouges et des bannières syndicales multicolores est parvenu sur la place Ulus qui n'a pu accueillir tout le monde faute de place. Plusieurs centaines de drapeaux syriens de portraits du président syrien étaient également présents dans le cortège. Au terme de la manifestation, Ayhan Erkal, président régional du syndicat des enseignants Egitim-Sen et membre du comité organisateur, a dénoncé "les forces impérialistes commandées par les USA" qui cherchent "par tous les moyens" à faire de la Syrie "une nouvelle Libye". "En flattant la Turquie pour l'importance qu'elle joue dans la région, ils (les forces impérialistes NDT) exhortent la Turquie à donner au Moyen-Orient un nouveau design qui répond à leurs intérêts." a-t-il ajouté.

Le syndicaliste n'a pas manqué de fustiger le premier ministre Erdogan qui a d'abord "bombé le torse à propos de la Palestine", "posé aux côtés du régime d'El-Assad" et "reçu un prix des droits de l'homme de la part de Kaddhafi" avant de se mettre au service de l'impérialisme.
"Et puis soudain, ceux qui disaient que l'OTAN n'avait rien à faire en Libye ont installé à Izmir le QG de la guerre contre ce pays. Le gouvernement a également accueilli dans notre pays les groupes menant la lutte armée en Syrie pour le compte de forces étrangères. Le volume d'échange commercial entre Israël et la Turquie n'a cessé de croître ces dernières années. En bref, le gouvernement a sacrifié à l'impérialisme toutes les relations qu'il avait réussi à tisser par sa politique du "zéro problème" avec ses voisins. Et comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement AKP s'apprête maintenant à installer à Malatya un bouclier anti-missile dont le seul but est de protéger Israël" a-t-il conclu.

Concernant la solution que prônent son syndicat et ses alliés de gauche comme le Front populaire (HALK CEPHESI), le Parti communiste (TKP) ou encore le Parti du travail (EMEP), Ayhan Erkal a déclaré: "Nous défendons le droit à l'autodétermination du peuple syrien. Nous pensons que la seule voie qui permettra aux peuples de Syrie de faire éclore une démocratie et une économie populaire et révolutionnaires dans leur pays est la lutte. C'est une lutte qu'ils doivent mener d'eux-mêmes. Nous ne défendons pas des Etats mais des peuples opprimés. Mais nous savons qu'en cas d'agressions impérialistes, les peuples perdent toujours."


Depuis l'annexion turque de la province syrienne du Sandjak d'Alexandrette dont Antakya (Antioche) est le chef-lieu, c'est la première fois que cette ville accueille une manifestation de solidarité avec la Syrie d'une telle ampleur. Les dernières grandes manifestations prosyriennes datent de 1938. Elles avaient été organisées par Zaki Al Arsouzi, un activiste de la région et précurseur du baassisme syrien. Partisan d'un rattachement du Sandjak d'Alexandrette à la Syrie, Arsouzi s'opposa à la fois à la France coloniale et aux irrédentistes turcs.




Bahar Kimyongür, auteur de Syriana, la conquête continue, Ed. Couleur Livres et Investig'action, 2011

23 février 2012

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Non à la ratification du Mécanisme européen de solidarité (MES) ! Un article de Gérard Filoche dans Marianne2.

29 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

953335-1125498.jpgNon à la ratification du Mécanisme

 européen de solidarité (MES) !

 Rédigé par Gérard Filoche le Lundi

 20 Février 2012

C'est avec Jean-Jacques Chavigné que le blogueur se dresse contre la signature du MES, qui ne fera que conforter la domination de la finance et renforcer la toute-puissance du duo Sarkozy-Merkel.

 http://www.marianne2.fr/gerardfiloche/Non-a-la-ratification-du-Mecanisme-europeen-de-solidarite-MES-_a37.html

 

(Dessin de Louison)
(Dessin de Louison)
L’article 136 du traité de l’Union Européenne autorise la création d’un Mécanisme européen de solidarité (MES). Il est proposé à la ratification du Parlement français le mardi 21 février. La gauche, dans son ensemble, et en particulier les élus socialistes, devraient voter contre cette ratification pour deux raisons essentielles.

Parce que le MES est un mécanisme de solidarité à l’usage exclusif de la finance

Les « plans d’aides » de l’Union européenne et du FMI se présentent comme des plans d’aide à la Grèce, à l’Irlande et au Portugal. En réalité, les Grecs, les Irlandais, les Portugais n’ont jamais vu la couleur d’un seul euro des aides qui leur ont été soi-disant apportées par l’Union européenne, le Fonds européen de stabilité financière (FESF, dont le MES devrait prendre la succession) et par le FMI.
Les fonds prêtés par ces institutions vont directement rembourser les banques, les assurances et les fonds spéculatifs lorsque les titres des dettes publiques grecques, irlandaises ou portugaises qu’ils détiennent, arrivent à échéance.

Par contre, c’est bien aux peuples grecs, irlandais ou portugais de rembourser les sommes versées directement à la Finance par le Fonds européen de Stabilité financière (FESF). Il en irait de même, demain, pour les sommes directement versées à la Finance par le MES si des pays européens (l’Italie, l’Espagne…) choisissaient de faire appel à l’Union européenne et au FMI.

Par contre, ces sommes versées directement à la Finance seront assorties de conditions, c’est-à-dire de plan de destruction sociale tels que ceux qui ont été imposés à la Grèce, au Portugal ou à l’Irlande. Cette institutionnalisation des pratiques du FMI et de l’Union européenne serait inscrite dans le traité puisque le texte soumis à la ratification du Parlement stipule expressément : « L'octroi au titre du mécanisme de toute assistance financière nécessaire sera subordonné à une stricte conditionnalité. »

Constater les effets économiques, financiers et sociaux de ces « conditionnalités » en Grèce ne peut qu’entrainer le refus de ratifier le MES.

La Grèce subira en 2012 sa cinquième année de récession consécutive. Les plans de destruction sociale qui lui ont été imposés ne lui ont pas permis de sortir de la récession liée à la crise bancaire de 2007-2008. En 2011, son PIB a encore diminué de 6 %. L’année 2012 sera encore pire.

En 2010, la dette publique grecque s’élevait à 140 milliards d’euros. Moins de deux ans plus tard, les conditions imposées à la Grèce ont amené cette dette à 162 milliards d’euro.

Le chômage dépasse les 22 % de la population active et atteint 45 % chez les jeunes (49,5 % chez les jeunes femmes). Les salaires et les retraites ont été amputés de 50 % et même, dans certains cas, de 70 %. La malnutrition fait des ravages parmi les enfants de l’école primaire. La faim fait sa réapparition surtout dans les grandes villes du pays dont le centre est occupé par des dizaines de milliers de SDF, misérables affamés et en haillon. Les hôpitaux ne peuvent plus fournir les médicaments de base. 35 % des grecs font maintenant appel aux hôpitaux de rue pour pouvoir se soigner (5 % avant la crise)…

Le nouveau plan de restructuration sociale que vient de voter le Parlement grec supprimera les conventions collectives, imposera la suppression immédiate de 15 000 emplois dans le secteur privé et abaissera de 22 % le salaire minimum, de 32 % pour les jeunes qui ne percevront plus que 527 euros par mois quand ils auront la chance d’avoir un travail à temps plein. Les retraites complémentaires diminueront de 15 %. Par contre les cotisations sociales patronales diminueront de 2 % en 2012 et de 13 % en 2013 !

Parce que le MES ne va pas sans le traité de Merkozy

Ainsi, le MES est indissociable du traité européen que veulent nous infliger Sarkozy et Merkel : le Traité sur la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire (TSCG).

L’octroi d’une « assistance financière » par le MES sera conditionné à partir du 1er mars 2013 à la ratification du TSCG qui inclut, notamment, la « règle d’or » de Merkozy.

Qui accepte l’un, accepte l’autre.

Pour appuyer la volonté de François Hollande de renégocier le traité de Merkozy, il est nécessaire de ne pas lui entraver les mains en votant pour une ratification du MES et par là-même du TSCG.

En votant contre cette ratification, les élus socialistes aideraient François Hollande à créer un rapport de forces qui lui faciliterait la tâche lorsqu’il ira, comme il l’a annoncé, rencontrer Angela Merkel pour renégocier le TSCG.

 euro-menotte

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Sortir de l'euro ? Impossible pour les journalistes, mais pas pour les prix Nobel d'économie!

29 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

acolognemerkozy2-0e063539e-original.jpgSortir de l'euro ? Impossible pour les journalistes, mais pas pour les

 prix Nobel d'économie!

Mercredi 29 Février 2012

La sortie de l'euro un cataclysme ? Laurent Pinsolle rappelle que 69 pays ont quitté leur union monétaire sans trop de dommages et que cinq prix Nobel d'économie considèrent la sortie de l'euro comme une option réaliste.

 

(Mammal - Flickr - cc)
C’est aujourd’hui la dernière ligne de défense des partisans de l’euro : la fin de la tour de Babel monétaire édifiée à Maastricht provoquerait un cataclysme économique. Pourtant, d’innombrables économistes, dont des prix Nobel, affirment le contraire, comme Jonathan Tepper dans une étude passionnante.

La peur, dernier rempart de défense de l’euro

Il est proprement incroyable d’écouter les éditorialistes ou les politiques évoquer une sortie de la monnaie unique. Au Grand Journal, Nicolas Dupont-Aignan a eu droit à une mise en scène scandaleuse où l’image passait en noir et blanc, histoire de bien signifier que cela serait « passéiste ». D’autres vous regardent comme si vous étiez à moitié fou et n’hésitent pas à prendre à témoin le monde des économistes, pour qui les conséquences seraient catastrophiques.
 
Pourtant, une étude sérieuse démontre que cela est faux. Si on ne peut nier que des économistes sont partisans de la monnaie unique, les critiques de l’euro présentent des rangs suffisamment prestigieux, divers et nombreux pour mériter un vrai débat de fond. Pas moins de quatre « prix Nobel » (Krugman, Stiglitz, Sen, Allais), des dizaines d’autres, de tous les bords (libéraux – Gréau - ou progressistes – Sapir, Lordon) dont quelques uns prophétiques (Lafay, Cotta, Rosa, Todd).
 
D’ailleurs les partisans de l’euro ont trouvé en Marine Le Pen l’avocate idéale de la sortie de l’euro. Ses approximations et son manque impressionnant de culture économique en font une adversaire facile à tourner en dérision tant il est facile de la mettre en difficulté. Tout ceci contribue malheureusement à la stagnation de l’idée de la sortie de l’euro malgré les carences toujours plus évidentes de la monnaie unique, qui pousse l’Europe dans la dépression.

Les unions monétaires finissent bien

Comme d’autres, j’ai déjà fait un dossier assez fouillé sur la fin de l’euro avec les exemples de l’Argentine ou de la Tchécoslovaquie. Mais j’ai reçu récemment une étude très fouillée de Jonathan Tepper, un économiste anglais. Il a étudié pas moins de soixante-neuf pays qui ont quitté une union monétaire au 20ème siècle, « avec un impact économique négatif limité », rendant la sortie de l’euro « faisable », et nous donnant un plan clair pour sa réalisation.
 
Bien sûr, une majorité de ces sorties correspondent à la décolonisation, mais d’autres cas se rapprochent davantage de la zone euro : la fin de l’Empire Austro-Hongrois en 1919, la séparation de l’Inde et du Pakistan en 1947, celle du Pakistan et du Bangladesh en 1971, la séparation de la Tchécoslovaquie ou de l’ancienne URSS en 1992, ou enfin l’Argentine en 2002. Mieux, dans le cas de la zone euro, il s’agit de revenir à une situation existante auparavant, ce qui est plus simple.
 
Pour l’auteur, l’histoire nous donne des réponses à toutes les questions relatives à la fin d’une union monétaire. Le processus pratique est bien connu : surimpression des anciens billets et remplacement par de nouveaux, contrôle des capitaux. Il souligne que « dans presque tous les cas, la transition a été douce », même s’il y a une restructuration des dettes. Pour lui « la sortie est l’outil le plus puissant pour rééquilibrer l’Europe et créer de la croissance ».
 
Selon l’auteur, les pays du Sud sont déjà condamnés du fait de leur endettement et de leur perte de compétitivité. Et il souligne que le défaut est une solution partielle : il faut corriger la surévaluation de la monnaie car l’euro fait peser l’ajustement sur les plus faibles. Et même s’il y a un défaut, l’expérience montre que « les inconvénients de la dévaluation sont brefs et qu’une croissance rapide suivrait » évoquant la crise des pays émergents en 1997-1998 ou l’Argentine.

De la banalité de la sortie d’une union monétaire

L’auteur cite également l’économiste Andrew Rose, professeur à Berkley, qui a étudié une base de données de 130 pays de 1946 à 2005 et pour « le plus frappant, c’est qu’il y a remarquablement peu de mouvements économiques au moment de la dissolution d’une union monétaire ». Selon Volker Nitsch, de l’université de Berlin, « historiquement, les dissolutions d’unions monétaires ne sont pas inhabituelles » et il chiffre le nombre d’unions dissoutes à 128 de 1948 à 1997.
 
Deux économistes de Princeton, Peter Garber et Michael Spencer, qui ont étudié spécifiquement le cas austro-hongrois, soutiennent que « en conclusion, la plupart des sorties d’une union monétaire n’ont provoqué qu’une faible volatilité économique, que leurs dissolutions sont fréquentes et qu’elles peuvent être réalisées rapidement, contrairement à ce qui est avancé par certains ». Le Pakistan et le Bangladesh ont mis fin à leur union monétaire aisément en pleine guerre civile !
 
Il y a un an, les défenseurs de l’euro soutenaient qu’une sortie serait catastrophique, entrainant défaut et effondrement du pouvoir d’achat. La Grèce démontre que c’est le maintien dans cette prison monétaire qui provoque une catastrophe. Mieux, l’histoire montre que la sortie n’est pas si compliquée…

Retrouvez Laurent Pinsolle sur son blog.
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MIKIS THEODORAKIS : La vérité sur la Grèce

29 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Mercredi 29 février 2012 

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Il y a un complot international dont le but est d’achever la destruction de mon pays. Cela a commencé en 1975 et la cible était la civilisation néohellénique, cela a continué avec la falsification de notre histoire contemporaine et de notre identité nationale et maintenant on essaie de nous faire aussi disparaitre biologiquement à travers le chômage, la famine et la paupérisation. Si le peuple grec ne se soulève pas dans son ensemble pour les en empêcher, le danger de voir disparaître la Grèce existe. Je situe cela dans les dix ans à venir. De nous, il ne restera que la mémoire de notre civilisation et de nos luttes pour la liberté.


Jusqu’en 2009, il n’y avait pas de problème économique sérieux. Les grandes plaies de notre économie étaient les dépenses exagérées pour les achats d’armes et la corruption d’une partie du monde de la politique, des finances et du journalisme. Mais pour ces deux plaies, les étrangers étaient coresponsables. C’était le cas des Allemands, des Français, des Anglais et des Américains, qui gagnaient des milliards d’euros au détriment de notre richesse nationale par la vente annuelle d’armes. Cette hémorragie continuelle, nous mettait à genoux et ne nous permettait pas d’aller de l’avant tout en enrichissant les nations étrangères. La même chose se passait avec le problème de la corruption. Par exemple la société allemande Siemens avait une branche spécifique pour « acheter » les Grecs influents, afin qu’elle puisse placer ses produits dans le marché grec. En conséquence, le peuple grec a été la victime de ce duo de voleurs, Grecs et Allemands, qui s’enrichissaient sur son dos.


Il est évident que ces deux grandes plaies auraient pu être évitées, si les leaders des deux partis politiques pro-américains alternativement au pouvoir n’avaient pas été noyautés par des éléments corrompus, qui pour camoufler la fuite des richesses (qui étaient le produit du travail du peuple grec) vers les caisses des pays étrangers, avaient recours à des emprunts exorbitants, avec comme résultat une dette publique de 300 milliards d’euros, c’est-à-dire au 130% du PNB. Avec cette combine les étrangers que j’ai mentionnés auparavant gagnaient sur deux plans. Premièrement avec la vente de leurs armes et de leurs produits. Et deuxièmement, avec les intérêts des sommes qu’ils prêtaient aux gouvernements mais pas au peuple. Car, comme on vient de le voir, le peuple était la victime principale dans les deux cas. Un seulexemple vous convaincra. Les intérêts du prêt d’un milliard de dollars que Andréas Papandréou avait demandé en 1986 à un grand pays européen, ont atteint la somme de 54 milliards d’euros et n’ont été remboursés qu'en... 2010 !

Monsieur Junker a déclaré il y a un an qu’il avait constaté en Grèce une grande hémorragie due aux dépenses exagérées (et obligatoires) en vue de l’achat des armes à l’Allemagne et à la France spécifiquement. Et il a conclu que de cette manière nos vendeurs nous conduisent à une catastrophe certaine. Cependant, il avoue qu’il n’a rien fait afin de ne pas nuire aux intérêts de ses pays amis !

En 2008, la grande crise économique sévissait en Europe. Il était donc logique que l’économie grecque soit également touchée. Pourtant, le niveau de vie, assez élevé pour qu’on soit classé parmi les 30 pays les plus riches au monde, était en principe resté le même. Il y a eu par contre une augmentation de la dette publique. Mais la dette publique ne conduit pas obligatoirement à une crise économique. Les dettes des grands pays, tel que les Etats-Unis et l’Allemagne représentent des billions d’euros. La question est s’il y a ou non un développement économique et de la production. Dans ce cas, on peut emprunter auprès des grandes Banques avec un taux jusqu’à 5%, jusqu’à ce que la crise passe.


Nous étions exactement dans ce cas en novembre 2009, quand il y a eu un changement de gouvernement et que G. Papandréou est devenu Premier Ministre. Pour que ce soit clair ce que le peuple grec pense aujourd’hui de sa politique catastrophique, je donne deux chiffres : aux élections de 2009, le PASOK a obtenu le 44% des votes. Aujourd’hui, les sondages, ne lui accordent que 6%.


M. Papandréou aurait pu affronter la crise économique (qui, comme je viens de le dire, reflétait la crise européenne) en empruntant de l’argent auprès des Banques étrangères avec le taux habituel c’est-à-dire au dessous de 5%. S’il l’avait fait, il n’y aurait pas eu pour notre pays le moindre problème. Exactement le contraire se serait passé, car nous nous trouvions dans une phase de développement économique et ainsi notre niveau de vie aurait sûrement augmenté.

Mais M. Papandreou avait déjà mis en place son complot contre le peuple grec l’été 2009, quand il a rencontré en cachette Strauss-Kahn, afin que la Grèce soit conduite sous la coupe du FMI. L’information concernant cette rencontre a été donnée par l’ex-Président du FMI lui-même.

Mais pour en arriver là, la situation économique réelle de notre pays devait être altérée, afin que les Banques étrangères prennent peur et augmentent les intérêts àdes taux prohibitifs. Cette opération trafiquée a commencé par la montée en flèche mensongère du Déficit Public de 9,2% à 15%. Pour cet acte criminel, le Procureur M. Peponis a renvoyé il y a 20 jours devant la Justice M. Papandréou et M. Papakonstantinou (ex-Ministre des Finances).


Puis, a suivi la campagne méthodique de M. Papandréou et de l’ex-Ministre des Finances en Europe, qui a duré 5 mois et pendant laquelle ils essayaient de convaincre les étrangers que la Grèce est un Titanique prêt à couler, que les Grecs sont corrompus et paresseux et par conséquent, incapables de répondre aux besoins du pays. A chacune de leurs déclarations les taux d’intérêt augmentaient de manière à ce que nous ne puissions plus emprunter et qu’ainsi notre subordination au FMI et à la Banque Centrale Européenne prenne la forme d’un sauvetage, alors qu’en réalité c’était le commencement de notre mort.


En Mai 2010, le fameux ‘Mémorandum’ (« Mnimonio »)- Plan d’Austérité- c’est-à-dire notre soumission totale à nos créanciers, a été signé par un seul Ministre. La législation grecque dans des cas similaires, exige qu’un accord aussi important soit voté par les 3/5 du Parlement. Par conséquent, en réalité le « Mnimonio » et la Troïka qui nous gouvernent aujourd’hui, agissent illégalement non seulement selon la législation grecque mais aussi selon la législation européenne.


Depuis lors, si les marches qui conduisent à notre mort sont au nombre de vingt, nous en avons déjà descendu plus de la moitié. Imaginez qu’avec ce « Mnimonio » nous cédons aux étrangers notre Indépendance Nationale et nos biens publics. C’est-à-dire, les Ports, les Aéroports, les Réseaux Routiers, la compagnie d’Électricité, celle de l’eau, les richesses souterraines et sous-marines etc. Et même nos monuments historiques comme l’Acropole, Delphes, Olympie, Epidaure etc., puisque nous avons renoncé à toutes contestations relatives.


La production s’est arrêtée, le chômage a atteint 18%, 80000 magasins ont fermés, des milliers de petites entreprises et des centaines d’industries. Au total, 432000 entreprises ont mis la clef sous la porte. Des dizaines de milliers de jeunes diplômés quittent le pays qui chaque jour sombre plus profondément dans une obscurité moyenâgeuse. Des milliers de citoyens –ex-aisés, cherchent la nourriture dans les poubelles et dorment sur les trottoirs.


Et pourtant, nous vivons soi-disant grâce à la générosité de nos créanciers, de l’Europe, des Banques et du FMI. En réalité, chaque paquet de ces dizaines de milliards d’euros pour lesquels la Grèce s’endette, est renvoyé dans sa totalité d’où ilvient, alors que nous supportons le poids de nouveaux taux intolérables. Et comme il est nécessaire de conserver l’Etat, les Hôpitaux et les Ecoles, la Troïka charge les classes moyennes et inférieures de la société d’impôts démesurés qui conduisent directement à la famine. Nous avons subit une famine générale au début de l’occupation allemande en 1941 avec 300000 morts en six mois. Et voilà que le spectre de la famine revient dans notre pays diffamé et malheureux.


Si l’on pense que l’occupation allemande nous a coûté un million de morts et la destruction totale du pays, comment est-il possible que nous, les Grecs, nous acceptions les menaces de Mme Merkel et l’intention des Allemands de nous imposer un nouveau gauleiter. Cette fois portant une cravate…


Et pour prouver à quel point la Grèce est un pays riche et à quel point le peuple Grec est travailleur et consciencieux (conscience du Devoir envers la Liberté et l’amour pour la patrie) il faut se référer à la période de l’Occupation Allemande de 1941 jusqu’en octobre 1944. Quand les SS et la famine tuaient un million de citoyens et la Wehrmacht détruisait systématiquement le pays, volait la production agricole et l’or des Banques, les Grecs ont sauvé le Peuple de la famine en créant un Mouvement de Solidarité Nationale et une armée de 100000 partisans qui a immobilisé 20 divisions allemandes dans notre pays.


En même temps, les Grecs non seulement ont réussi à survivre grâce à leur coeur au labeur mais un grand développement de l’art néohellénique a eu lieu, sous l’Occupation, spécialement dans les domaines de la littérature et de la musique. La Grèce a choisi la voie du sacrifice pour la liberté et en même temps celle de la survie.


A ce moment là, aussi, ils nous avaient attaqués sans aucune raison et nous avions répondu par la Solidarité et la Résistance et, nous avons survécu. Nous faisons exactement la même chose maintenant, certains que le vainqueur final sera le peuple grec. C’est ce message que j’envoie à Mme Merkel et à M. Schäuble en déclarant que je reste toujours ami du Peuple Allemand et admirateur de sa grande contribution à la Science, la Philosophie, l’Art et spécialement la Musique ! Et peut-être la meilleure preuve de ceci est le fait que j’ai confié l’ensemble de mon oeuvre musicale à deux Editeurs Allemands, Schott et Breitkopf qui sont parmi les plus grands éditeurs au monde ; ma collaboration avec eux est tout à fait amicale.


Ils menacent de nous expulser de l’Europe. Si l’Europe ne veut pas de nous une fois, nous, cette Europe des Merkel et Sarkozy nous ne la voulons pas dix fois.Aujourd’hui Dimanche 12 Février, je me prépare moi aussi à participer avec Manolis Glezos à la grande manifestation contre le vote du « Mémorandum 2 » ; Manolis Glezos, est le héros qui a descendu la Svastika de l’Acropole en donnant ainsi le signal non seulement au début de la Résistance Grecque mais aussi à celui de la Résistance Européenne contre Hitler. Nos rues et nos places vont être inondées de centaines de milliers de citoyens qui manifesteront leur rage contre le gouvernement et la Troïka.


J’ai écouté hier le Premier Ministre- Banquier dire dans sa déclaration destinée au Peuple Grec que « nous sommes presque arrivés au point zéro ». Qui sait ceux qui nous ont menés en deux ans au point ZERO ? Les mêmes qui, au lieu d’être en prison, ils menacent les députés pour qu’ils signent le Nouveau Mémorandum qui sera pire que le premier et qui sera appliqué par les mêmes personnes et avec les mêmes méthodes qui nous ont mené au point ZERO. Pourquoi ? Parce que ceci est imposé par le FMI et l’Euro-groupe qui exercent un chantage en disant que si nous n’obéissons pas, nous courons à la faillite. C’est le théâtre de l’absurde. Tous ces cercles qui fondamentalement nous haïssent (étrangers et Grecs) et qui sont les seuls responsables de la situation dramatique où ils ont conduit le pays, nous menacent, exercent un chantage avec comme but de continuer leur œuvre destructrice, c’est-à-dire de nous emmener au dessous du point ZERO jusqu’à notre disparition définitive.


Nous avons survécu dans des conditions très difficiles durant les siècles et il est certain que même s’ils nous mènent par la violence à l’avant-dernière marche avant la mort, les Grecs non seulement survivront mais renaîtront aussi. En ce moment je consacre toutes mes forces à la tentative d’unir avec énergie le peuple grec. Je tente de le convaincre que la Troïka et le FMI ne sont pas l’unique voie. Qu’il y a aussi une autre solution. Et celle-ci se résume à changer radicalement de cap et à se tourner vers la Russie pour une collaboration économique et pour la création d’associations qui nous aideront à révéler la richesse naturelle du pays à des conditions qui garantiront notre intérêt national. Quant à l’Europe, je propose de cesser d’acheter des armes à l’Allemagne et à la France. Et que nous fassions tout ce qui est possible, pour que l’Allemagne nous verse les indemnisations de guerre qu’elle nous doit et qui, à l’heure actuelle, peuvent atteindre, avec les intérêts, 500 milliards d’euros.


L’unique force qui peut réaliser ces changements révolutionnaires est le peuple grec uni dans un énorme Mouvement de Résistance et de Solidarité pour que laTroïka (FMI et Banques Européennes) soit chassée du pays. Alors que parallèlement, toutes leurs actions illégales devront être considérées comme caduques (prêts, intérêts, taxes, achats des biens publiques). Bien sûr, leurs collaborateurs grecs qui sont déjà condamnés dans la conscience du peuple en tant que traitres, devront être punis.


Je suis totalement dévoué à ce but (l’union du Peuple en un seul Mouvement) et je crois qu’à la fin on me rendra justice. J’ai lutté les armes à la main contre l’Occupation Hitlérienne. Jai connu les cachots de la Gestapo. J’ai été condamné à mort par les Allemands et j’ai survécu par miracle. En 1967 j’ai créé le Mouvement Panhellénique de Résistance, la première organisation de résistance contre la junte militaire. J’ai lutté dans la clandestinité. J’ai été arrêté et emprisonné à « l’abattoir » au Siège de la Police de la Junte. Et finalement, j’ai encore survécu.

Aujourd’hui, j’ai 87 ans et il est très probable que je ne connaisse pas le sauvetage de mon cher pays. Mais je mourrai, la conscience tranquille, car je continue à faire mon Devoir envers les idéaux de Liberté et de Justice, et cela je le ferai jusqu’à la fin.

Athènes, le 12 février 2012

Mikis Theodorakis

Traduction en français : Dr. Kalliopi Stiga

 

Blog Mediapart

 

Cri du Peuple 1871 : http://www.mleray.info/article-mikis-theodorakis-la-verite-sur-la-grece-100347128.html

 

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Appel aux citoyens et à leurs élus pour s’opposer au « coup d’État » du Mécanisme Européen de Stabilité !

28 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

 respublica_logo02.pngAppel aux citoyens et à leurs élus pour s’opposer au « coup d’État » du Mécanisme Européen de Stabilité !

Lien permanent de la pétition : http://www.gaucherepublicaine.org/petitions/appel-aux-citoyens-et-a-leurs-elus-pour-s-opposer-au-coup-d-etat-du-21-fevrier-2012

 

Texte de l'appel à signer et à faire circuler :

Il y a urgence et il ne s’agit pas seulement de se défendre contre le durcissement des politiques d’austérité. Dans les coulisses d'une campagne électorale où la menace de la crise fait converger les deux principaux candidats vers des mesures bien voisines, se prépare un véritable « coup d'État » qui frappera d'abord la démocratie chère au peuple français. Tous les autres peuples de la zone euro seront ensuite soumis à la même moulinette.

Afin de créer le dispositif en spirale visant à faire payer par les salariés (et surtout les 53 % des couches populaires d'ouvriers et employés et les 24 % des couches moyennes intermédiaires) l'entièreté de la dette créée par la spéculation financière des patrons du capitalisme, l'Assemblée nationale est convoquée en procédure d'urgence le 21 février 2012 pour ratifier le traité instituant le Mécanisme Européen de Stabilité (MES) et pour modifier l'article 136 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE, deuxième partie du Traité de Lisbonne) (1).

Que disent nos « politiques » ? Nicolas Sarkozy propose des référendums dans un prochain quinquennat alors qu'il s'apprête à créer la dictature financière dans les jours qui viennent. C'est donc une imposture.
Tout parlementaire qui ne vote pas contre ces textes participera à une forfaiture. L'hypocrisie de l'abstention ou du refus de vote participera de la même forfaiture.
De quoi s'agit-il ? Ceux qui prônent la concurrence libre et non faussée comme le seul moyen à ce jour de protéger un ordre social « juste » — les ordo-libéraux — sont tout simplement en train d'organiser l'effondrement, le krach de la démocratie et de sonner la fin de la souveraineté populaire.
Nous savons depuis l'intervention de Pierre Mendès-France le 18 janvier 1957 à l'Assemblée nationale (2) que le processus de la construction européenne du Traité de Rome était liberticide et préparait la dictature économique et financière couronnée par le Traité de Lisbonne : nous arrivons à l'achèvement du processus avec les projets de MES (adopté par les dirigeants des États le 2 février) et du Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire (TSCG, adopté par les dirigeants des États le 30 janvier dernier).
Nos dirigeants espèrent ainsi définitivement soumettre les peuples à l'oligarchie financière.
Si ce texte est voté, il faudra, à partir du 1er mars 2013 se soumettre aux diktats austéritaires du TSCG pour avoir un droit d'accès aux 700 milliards d'euros du MES. Doté de la personnalité juridique, le MES n'aura aucun compte à rendre aux citoyens des peuples, aux parlements nationaux, ni même au Parlement européen. Seule la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) sera juridiquement au-dessus de lui. La CJUE et le MES seront installés à Luxembourg, nouvelle capitale (non de droit, mais de fait) de l'Union européenne, regroupant alors les pouvoirs suprêmes des nouveaux dictateurs. Des autres instances de l'Union européenne, seule la Commission européenne de Bruxelles verra ses prérogatives augmenter, tout en étant soumise au pouvoir suprême installé à Luxembourg. Donc après avoir perdu la souveraineté monétaire, voilà que l'on nous propose de perdre la souveraineté budgétaire.

Parce que tout cela est en contradiction avec l'article 14 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 (3), les citoyens auront à coeur de ne pas être bernés comme à l’issue du référendum de 2005.
Signez la pétition ci-dessous, interpellez les forces politiques et vos représentants.
Et exigeons des candidats à l’élection présidentielle qu’ils prennent parti contre ce déni de démocratie !

[Votre Signature]
   
2,610 signatures

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(1) Ajout proposé à l’article 136, paragraphe 1, du TFUE : « Les États membres dont la monnaie est l’euro peuvent établir un mécanisme de stabilité pouvant, si nécessaire, être activé dans le but de préserver la stabilité de la zone euro dans son ensemble. L’octroi de toute aide financière en vertu du mécanisme sera soumis à de strictes conditionnalités.»
Pour en savoir plus.

(2 ) “L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit le recours à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit la délégation de ces pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement « une politique », au sens le plus large du mot, nationale et internationale.”
(3) « Tous les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs Représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée.»

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Cocoricouac ! A propos d’un Oscar empoisonné…

28 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique étrangère

Cocoricouac !

 

 

 A propos d’un Oscar empoisonné…

 

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Mon propos n’est pas de mettre en doute la valeur esthétique de The Artist. De même qu’on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments, il peut arriver qu’un bon film, esthétiquement parlant, soit aussi une mauvaise action sur les plans éthique et politique…

Et c’est peut-être bien le cas de The Artist.

Ce film a été ouvertement conçu pour être plus américain que tous les films américains : son titre est en anglais, son sujet est Hollywood et il est formaté de A à Z pour plaire aux « pros » du cinéma états-unien ; quant au « petit Frenchie » Dujardin, il a participé durant plusieurs mois à une intense campagne d’influençage qui tient plus du marketing que du Paradoxe du comédien...

Et surtout, « The Artist » est muet, ce qui lui permet de flanquer d’emblée aux orties ce « boulet des boulets » : la langue française… Ce choix génial a-t-il été fait pour contourner les lois républicaines qui protègent notre langue et pour briguer les subventions publiques qui, au pays de l’ « exception culturelle » honnie par l’Oncle Sam, permettent encore à des films indigènes en idiome local de braver l’hégémonie mondiale du film « made in USA » ?

A l’arrivée, on est ravi d’apprendre que J. Dujardin, qui jurait encore il y a peu de rester à jamais fidèle à l’hexagone, se débrouille enfin, sinon dans la langue de Shakespeare, du moins dans celle de Donald Duck… Bonne carrière aux States, Mister Gardiner !

Instruit par ce triomphe sous influence, nous ferons donc une suggestion à la patronne de France-Télévision qui, depuis tant d’années, s’efforce de contourner l’ « obstacle » du français en présentant à l’Eurovision des chansons en anglais
(ou même en corse, triste dévoiement de la belle langue de Pascal Paoli !) : que cette dame élise donc cette année une chanson « française » dont le titre sera libellé en américain, dont le sujet sera Lady Di ou Back from Bagdad et dont l’interprète se contentera de simuler le non-texte et de mimer les non-paroles ! Voilà qui serait original, inédit, rigolo et qui plus est, si reposant pour nos tympans martyrisés !

La « Success Story » de The Artist et de John Gardiner aura tout de même eu un grand mérite : celui de révéler combien, dans l’Euro-Frenchland actuel, l’autophobie nationale, - et plus spécialement l’autophobie linguistique de nos « élites » patronales, politiques et « culturelles », fait bon ménage avec le chauvinisme le plus niaiseux. Au point qu’on prend un risque quand on n’applaudit pas à un succès planifié qui
(encore une fois, quels que soient les mérites esthétiques du film !) doit plus au formatage commercial qu’à cette vertu foncière de l’Artiste véritable : l’authenticité, la capacité de nager contre le courant, de « tirer la langue », aux puissants.

Quant à l’auteur de ces lignes, il continuera à railler imperturbablement les victoires de « nos » équipes de mercenaires sportifs et culturels, si teintées de « bleu horizon » qu’elles soient, leurs World Cups, leurs Davis Cups pour millionnaires de la raquette, leurs Oscars, Césars, Nestors, Babars, Zozor et autres grands messes débilitantes et chamarrées que nos petits maîtres en médiacrité destinent à leur autocélébration incestueuse.

Quitte à cultiver la langue de Gavroche et d’Arthur Rimbaud, à défendre les acquis sociaux du CNR et l’héritage de la Commune et du Front popu, et à préférer à jamais ceux qui résistent à ceux qui collaborent à la banalisation et à l’autodestruction du « créer en France et en français ».

C’est l’heure de gloire pour « The Artist » muet et américano-formaté.

Mais quand donc sonnera de nouveau l’heure des Artistes prenant fièrement la parole, LEUR parole, pour « tirer la langue » aux forces de banalisation, d’uniformisation et d’autodestruction ?



Georges Gastaud, président du CO.U.R.R.I.E.L.

·       Collectif Unitaire Républicain pour la Résistance, l’Initiative et l’Emancipation Linguistique.


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[Exclusivité] “Le modèle social européen est mort”, par Mario Draghi.

28 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Ce texte est la traduction d’une interview de Mario Draghi, président de la BCE, et d’un article du Wall Street Journal (WSJ) des 23 et 24 février.

Ces traductions ont été réalisées par Valérie Courteau (que je remercie ! Autres traducteurs bienvenus !) pour www.les-crises.fr.

L’interview de Mario Draghi par le WSJ

Questions & Réponses : au Président de la BCE, Mario Draghi

Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, a accordé une interview à Brian Blackstone, Matthew Karnitschnig et Robert Thomson, du Wall Street Journal, le 22 février, sur l’importance de l’austérité en Europe, le plan de sauvetage de la Grèce et la récente décision de la BCE de refuser toute perte sur son portefeuille obligataire grec.

Wall Street Journal : Combien de tours de batte [O.B. : = image empruntée au baseball ; en français on parlerait de manches ou de mi-temps] faudra-t-il avec la Grèce avant que nous sachions si nous en sommes enfin à la résolution qui mettra fin à toutes les résolutions?

Mario Draghi : Je ne connais pas le baseball. Mais si nous n’avions pas finalisé ce package, on aurait cessé de jouer. Donc, ce pourrait être le début d’un nouveau monde pour la Grèce où les problèmes de financement en suspens ont été réglés. Maintenant, les réformes devront être adoptées. Le gouvernement grec a pris des engagements très sérieux en termes de politique fiscale et dans le domaine des politiques structurelles. Mais il y a des risques concernant leur mise en œuvre et à cause des élections qui approchent. L’Eurogroupe a calculé des probabilités raisonnables de réussite du programme si les mesures, en particulier les mesures structurelles, sont entreprises.

Aussi on peut voir qu’il y a une prise de conscience différente dans l’opinion publique grecque, dans la mesure où ce qui se passe est douloureux, mais nécessaire. Les personnes, qui sont favorables au défaut, à l’inflation ou encore à la sortie de l’euro ne semblent pas largement majoritaires en Grèce.

WSJ. : Pensez-vous que la phase aiguë de la crise est passée? Nous n’avons pas observé cette semaine, lorsque la transaction a été décidée, le genre d’exaltation que nous avions pu remarquer avec les plans précédents.

M.D. : Il est difficile de dire si la crise est terminée. Penchons-nous sur les changements positifs des derniers mois. Il y a une plus grande stabilité des marchés financiers. De nombreux gouvernements ont pris des décisions concernant l’assainissement budgétaire et les réformes structurelles. Nous avons un pacte budgétaire où les gouvernements européens commencent à se libérer de la souveraineté nationale dans l’intention commune d’être ensemble. Le système bancaire semble moins fragile qu’il ne l’était il y a un an. Certains marchés obligataires ont rouvert leurs portes.

Mais la reprise se déroule très lentement et reste sujette aux risques baissiers. Je suis surpris aussi qu’il n’y ait pas d’exaltation après l’adoption du package, ce qui signifie sans doute que les marchés veulent voir la mise en œuvre des mesures politiques.

WSJ. : Quand vous regardez le descriptif des risques du package et l’accord, quel est le plus grand risque ? Celui découlant de la rue grecque, ou celui résultant d’une absence de croissance en Grèce?

M.D. : En fin de compte il semble que le plus grand risque soit le manque de mise en œuvre. Certaines mesures visent directement à améliorer la compétitivité et la création d’emplois. D’autres prévoient une consolidation budgétaire radicale. Les deux sont très complémentaires pour assurer un retour à la croissance après la contraction inévitable de l’activité économique.

WSJ. : Mais certaines personnes [sic.] disent que Grèce souffre vraiment de conditions similaires à la dépression, avec un écart de PIB de 15% ou 16% depuis le pic. Quel est votre point de vue sur ces politiques d’austérité dans la stratégie plus globale du moment, ce qui oblige à l’austérité à tous les niveaux de coûts afin de réduire les déficits budgétaires?

M.D. : C’est effectivement une question d’ordre général sur l’Europe. Existe-t-il une alternative à l’assainissement budgétaire? Dans notre cadre institutionnel, les ratios dette/PIB étaient excessifs. Il n’y avait pas d’alternative à l’assainissement budgétaire, et nous ne devrions pas nier que c’est récessif à court terme. À l’avenir, il y aura ce que l’on appelle la voie de confiance, qui va réactiver la croissance, mais ce n’est pas quelque chose qui se produit immédiatement, et c’est pourquoi les réformes structurelles sont si importantes, parce que la contraction à court terme ne sera remplacée par une croissance durable à long terme que si ces réformes sont en place.

WSJ. : L’austérité signifie des choses différentes, alors qu’est-ce qu’une bonne et qu’est-ce qu’une mauvaise austérité ?

M.D. : Dans le contexte européen, les taux d’imposition sont élevés et les dépenses publiques se concentrent sur les dépenses courantes. Une “bonne” consolidation est celle où les impôts sont plus bas et les dépenses réduites du gouvernement portent sur ​​les infrastructures et autres investissements.

WSJ. : et la mauvaise austérité?

M.D. : La mauvaise consolidation est en fait la plus facile à obtenir, parce que l’on pourrait produire de bons chiffres en augmentant les impôts et réduire les dépenses en capital, ce qui est beaucoup plus facile à faire que de couper dans les dépenses courantes. C’est la voie facile en un sens, mais ce n’est pas une bonne solution. Cela déprime la croissance potentielle.

WSJ. : Quelles sont, selon vous les réformes structurelles les plus importantes?

M.D. : En Europe ce sont d’abord les réformes des marchés des produits et des services. Et la seconde est la réforme du marché du travail qui prend des formes différentes selon les pays. Dans certains d’entre eux il faut rendre les marchés du travail plus flexibles également plus équitables que ce qu’ils le sont aujourd’hui. Dans ces pays, il existe un double marché du travail : très souple pour la partie jeune de la population, où les contrats de travail sont de trois mois, six mois, des contrats qui peuvent être renouvelés pendant des années. Le même marché du travail est très rigide pour la partie protégée de la population, où les salaires suivent l’ancienneté plutôt que la productivité. Dans un sens, les marchés du travail à l’heure actuelle sont injustes dans un tel contexte, car ils mettent tout le poids de la flexibilité sur la partie jeune de la population.

WSJ. : Pensez-vous que l’Europe va devenir moins sociale que le modèle qui l’a définie?

M.D. : Le modèle social européen est déjà mort, quand nous voyons les taux de chômage des jeunes qui prévalent dans certains pays. Ces réformes sont nécessaires pour accroître l’emploi, l’emploi des jeunes en particulier, et donc les dépenses et la consommation.

WSJ. : L’emploi à vie …

M.D. : Vous savez qu’il y a eu une époque où (l’économiste) Rudi Dornbusch avait coutume de dire que les Européens étaient si riches qu’ils pouvaient se permettre de payer tout le monde pour ne pas travailler. Ce temps est révolu.

WSJ. : Avec la Grèce il y a eu beaucoup de concentration sur la réalisation des objectifs numériques. Maintenant, si vous prenez des pays comme le Portugal ou l’Espagne, s’ils parviennent à réaliser ces grandes réformes économiques structurelles, devraient-ils être aussi concentrés sur la satisfaction d’objectifs de déficit spécifiques?

M.D. : Il n’y a pas de compromis possible entre les deux. L’assainissement budgétaire est inévitable dans la présente configuration, et il donne le temps nécessaire aux réformes structurelles. Faire marche arrière sur ​​les objectifs budgétaires serait provoquer une réaction immédiate du marché. Les spreads souverains et le coût du crédit vont augmenter. Nous avons tous connu cela.

WSJ. : Pensez-vous que le Portugal aura besoin d’un autre plan de sauvetage?

M.D. : Non, nous considérons que le programme est sur la bonne voie.

WSJ. : Où voyez-vous le marché interbancaire aujourd’hui? Est-il guéri ? Est-il encore dysfonctionnel?

M.D. : Ce que nous avons vu c’est qu’après la première opération de refinancement à plus long terme, le marché obligataire senior non garanti a rouvert. Dans les deux derniers mois, nous avions quelque chose comme 40 Md€ de nouvelles émissions, ce qui est aussi à peu près autant ou plus que dans les six derniers mois. Nous avons également vu 30 Md€ de nouvelles émissions d’obligations couvertes. Mais pour que les marchés interbancaires fonctionnent, nous avons besoin d’un retour à la pleine confiance en contrepartie. Nous pouvons régler les aspects de liquidité du problème. Mais c’est alors que les perspectives de croissance doivent prendre la relève. Après un quatrième trimestre très faible, l’activité économique dans la zone euro se stabilise progressivement à des niveaux faibles.

WSJ. : Il semble pourtant aussi que le crédit s’est tari en Espagne, en Italie et ailleurs.

M.D.: Notre dernière enquête sur le crédit bancaire a été effectuée entre le moment où la première LTRO (opération de refinancement à plus long terme) a été décidée et le moment où elle a été exécutée, et ne donne donc qu’une image partielle de ce qui se passe. Cette image n’a pas été positive. Le crédit était resserré sur toute la zone euro à des degrés divers d’intensité, et de façon plus spectaculaire dans les régions méridionales. Nous devons nous demander pourquoi il en est ainsi. L’opération LTRO (en décembre) a atteint 490 Md€. Le retour des liquidités à court terme du système bancaire avant la LTRO était d’environ 280 Md€, de sorte que l’injection nette s’est seulement montée à 210 Md€. Et les obligations bancaires venant à échéance au premier trimestre étaient également d’environ 210 Md€. Par conséquent, il est probable que les banques ont tout simplement racheté leurs propres obligations venant à échéance. Nous avons évité un resserrement encore pire du crédit.

WSJ. : Seriez-vous prêt à faire plus, ou plus d’opérations de refinancement en cas de besoin?

M.D. : Vous savez comment nous répondons à ces questions. Nous ne prenons jamais d’engagement précoce.

WSJ. : La BCE a protégé ses avoirs en obligations grecques en échangeant des obligations pour de nouvelles. Des analystes disent que la BCE devrait subir le même sort qu’ont subi les détenteurs d’obligations du secteur privé. Quelle est votre réaction à cela?

M.D. : Le Programme de Marché des Valeurs mobilières (SMP) a acheté ces obligations parce que les canaux de transmission des politiques monétaires ont été brisés. L’achat de ces obligations a été effectué pour des raisons d’intérêt public. Aussi les gens ont tendance à oublier que cet argent de la BCE n’est pas de l’argent privé. C’est de l’argent public, ce sont des capitaux que la BCE s’est engagée à protéger, c’est l’argent des contribuables.

WSJ. : Est-ce que cela réduit l’impact des futurs achats, ou êtes-vous prêts à réduire progressivement le SMP?

M.D. : Le fonds de SMP sont de petite taille si on les compare à la taille des marchés obligataires européens, et les interventions sont devenus de plus en plus rares, ces derniers temps.

WSJ. : Pouvez-vous exclure les restructurations de la dette à venir? Certains analystes disent qu’un pays comme le Portugal pourrait en avoir besoin.

M.D. : Nous sommes confiants sur le fait que les pays de la zone prendront des mesures appropriées et que les objectifs de leurs programmes sont réalisables et réalistes.

WSJ. : Il y a eu de nombreuses discussions quant à savoir si les Chinois vont s’impliquer, si la Chine va acheter des obligations. Que pensez-vous de la participation institutionnelle chinoise sur les marchés financiers européens?

M.D. : Jusqu’ici, je ne vois aucune participation officielle sur les marchés financiers publics européens. Il y a eu beaucoup de discussions et de conversations. J’en entends parler, mais je n’ai vu aucun investissement officiel sur les marchés financiers européens.

WSJ. : Au cours de la dernière année deux hauts responsables allemands de la BCE ont démissionné. Le président actuel de la Bundesbank s’est opposé à l’échange d’obligations et a parlé des risques associés aux opérations de refinancement à trois ans. Y a-t-il un risque que l’Allemagne soit isolée au sein de la BCE?

M.D. : Le vote pour les opérations de refinancement à trois ans a été unanime. Étant donné la nature particulière de la BCE, l’un de mes objectifs est que nous ayons, tant que possible, un consensus. Nous devons faire les bons choix, et nous devons les faire ensemble.

WSJ. : Quand on regarde la crise de la dette depuis l’extérieur, les gens voient toutes ces réunions de crise et même si l’Europe a beaucoup de richesses, elle ne semble pas être en mesure de canaliser l’argent et a s’en remettre trois fois au FMI. Que voulez-vous dire aux non-Européens ? L’Europe semble être un risque majeur et ne semble pas pouvoir résoudre ses problèmes toute seule.

M.D. : Je n’aurai pas un point de vue si négatif. Beaucoup de choses ont eu lieu en Europe depuis un an et demi. L’Europe est composée de différents pays : des pays qui possèdent des conditions initiales de dette forte, des pays à faible croissance et des pays à faible dette et à forte croissance, et se pose alors la question fondamentale de savoir comment nous allons faire une union budgétaire. Nous ne pouvons pas avoir un système qui vous permette de dépenser ce que vous voulez, puis demander d’émettre une dette commune. Vous ne pouvez pas avoir un système où vous dépensez et où je paie pour vous. Avant de passer à une union financière, nous devons avoir en place un système où les pays peuvent montrer qu’ils peuvent se tenir debout seuls. Et c’est la condition sine qua non pour que les pays fassent confiance aux autres. Ce soi-disant traité budgétaire est en fait une réalisation politique majeure, car c’est le premier pas vers une union fiscale. Il s’agit d’un traité par lequel les pays vont se libérer de la souveraineté nationale [sic.] dans le but d’accepter des règles budgétaires communes qui sont particulièrement contraignantes, d’accepter la surveillance et d’accepter d’avoir ces règles inscrites dans leur Constitution afin qu’elles ne soient pas faciles à changer. Donc, c’est le début.

WSJ. : Vous êtes en fonction depuis maintenant quatre mois. Y a-t-il quelque chose qui vous a surpris? Regrettez-vous d’avoir pris ce travail ?

M.D. : Vous le dirais-je si c’était vrai ? Non, je ne regrette pas d’avoir pris ce travail. J’ai été membre du Conseil d’administration pendant six ans, alors certes cette nouvelle partie du poste est axée sur le mécanisme interne de la BCE. Mais des décisions de politique monétaire et les décisions connexes ont fait partie de mes fonctions, même avant, parce que nous avons partagé des décisions qui ont été prises dans le passé.

WSJ. : Vos premiers mois à la tête de la BCE ont été marqués beaucoup d’activité. La BCE peut-elle faire beaucoup plus quand il s’agit de la stabilité financière et la croissance économique? A-t-elle fait à peu près tout ce que faire se peut?

M.D. : Ce que je vais dire ne concerne que les futures décisions de politique monétaire. Par son mandat principal, la BCE fera tout son possible pour assurer la stabilité des prix à moyen terme et il est de la compétence du traité de favoriser la stabilité financière.

WSJ. : Quelle est les premiers chiffres vous regardez le matin?

M.D. : les marchés boursiers.

WSJ. : Vous regardez le taux de change de l’euro?

M.D. : Pas au petit matin.

Source : Wall Street Journal

dessin humour cartoon mario draghi

Retour sur quelques phrases marquantes

Mario Draghi est ce genre de personne qu’on qualifie volontiers de “technocrate”, de “technicien” “apolitique” – un saint homme défenseur du bien public et un partisan des mesures “courageuses” qui vont sauver un pays.

Bien entendu, c’est rarement le cas, et on voit bien aussi le projet qui est défendu – sans grande surprise, les saints sont rarement passés par Goldman Sachs…

Je trouve au passage “étonnant” cet acharnement a détruire nos modèles sociaux. Certes, ils doivent évoluer, mais bon, ils ont accompagné les 30 Glorieuses par la réduction des inégalités qu’ils ont permise. Et quand on a cassé en partie ce modèle, les inégalités ont augmenté, et l’économie est rentrée en crise. Je n’aime pas les conclusions trop faciles et hâtives, mais bon, de là à conclure que le modèle social est un handicap, c’ets faire montre d’une logique singulière…

Verbatim :

M.D. : C’est effectivement une question d’ordre général sur l’Europe. Existe-t-il une alternative à l’assainissement budgétaire? Dans notre cadre institutionnel, les ratios dette/PIB étaient excessifs. Il n’y avait pas d’alternative [O.B : AHHHH, enfin, le fameux TINA, « il n’y a pas d’alternative », circulez] à l’assainissement budgétaire, et nous ne devrions pas nier que c’est récessif à court terme. À l’avenir, il y aura ce que l’on appelle la voie de confiance, qui va réactiver la croissance [O.B. : Théorie classique de la « Lourdes School of Economics », dont Émile Coué et Sainte Rita sont les figures tutélaires], mais ce n’est pas quelque chose qui se produit immédiatement [O.B. : comptez quelques décennies quand même…], et c’est pourquoi les réformes structurelles sont si importantes, parce que la contraction à court terme ne sera remplacée par une croissance durable à long terme que si ces réformes sont en place.

Une “bonne” consolidation est celle où les impôts sont plus bas [O.B. : « apolitique » le technocrate, on a bien dit…]

M.D. : La mauvaise consolidation est en fait la plus facile à obtenir, parce que l’on pourrait produire de bons chiffres en augmentant les impôts et réduire les dépenses en capital, ce qui est beaucoup plus facile à faire que de couper dans les dépenses courantes. C’est la voie facile en un sens, mais ce n’est pas une bonne solution. Cela déprime la croissance potentielle. [O.B. : « apolitique » le technocrate, on a bien dit…]

M.D. : Le modèle social européen est déjà mort [O.B. : il va être urgent de se mettre à croire en la résurrection... Qui ne tient qu'à nous... En revanche, c'est moi où il a oublié de dire que le financiarisme aussi était mort ? À force de fréquenter des banques zombies, il a dû oublier...]

M.D. : En Europe ce sont d’abord les réformes des marchés des produits et des services. Et la seconde est la réforme du marché du travail qui prend des formes différentes selon les pays. Dans certains d’entre eux il faut rendre les marchés du travail plus flexibles [O.B. « flexible » = diminuer les droits des travailleurs, cela va sans dire…] et également plus équitables que ce qu’ils le sont aujourd’hui. Dans ces pays, il existe un double marché du travail : très souple pour la partie jeune de la population, où les contrats de travail sont de trois mois, six mois, des contrats qui peuvent être renouvelés pendant des années. Le même marché du travail est très rigide pour la partie protégée de la population, où les salaires suivent l’ancienneté plutôt que la productivité. Dans un sens, les marchés du travail à l’heure actuelle sont injustes dans un tel contexte, car ils mettent tout le poids de la flexibilité sur la partie jeune de la population. [O.B. heureusement, tout le monde va être flexible bientôt…]

M.D.: Notre dernière enquête sur le crédit bancaire a été effectuée entre le moment où la première LTRO (opération de refinancement à plus long terme) a été décidée et le moment où elle a été exécutée, et ne donne donc qu’une image partielle de ce qui se passe. Cette image n’a pas été positive. Le crédit était resserré sur toute la zone euro à des degrés divers d’intensité, et de façon plus spectaculaire dans les régions méridionales. Nous devons nous demander pourquoi il en est ainsi. [O.B. : = on a injecté en aveugle 200 Md€, et cela ne marche pas. Donc dans le doute, on recommence mercredi, mais en plus grand, pour être sûr…]

dessin humour cartoon mario draghi

L’article du WSJ : Âpres discussions des Banquiers Européens

Draghi déclare que le modèle social du continent européen est « mort » et qu’il ne reviendra pas sur l’austérité

Par Brian BLACKSTONE, Matthew KARNITSCHNIG et Robert THOMSON

FRANCFORT – Le Président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a mis en garde les pays de la zone euro en difficulté au sujet du fait qu’ils ne pourront pas échapper aux mesures d’austérité et que le contrat social traditionnel du continent est obsolète, alors qu’il s’engageait dans un débat de plus en plus conflictuel sur la manière de faire face aux difficultés économiques et financières de la région.

Dans une longue interview au Wall Street Journal, dans son bureau du centre-ville de Francfort, M. Draghi réfléchit à la manière dont les vicissitudes de la région ont poussé l’Europe vers une union plus étroite. Il a dit que le modèle d’Europe sociale tant vantée, qui met l’accent sur la sécurité de l’emploi et de généreux filets de sécurité – est “déjà obsolète”, en citant le chômage élevé chez les jeunes; en Espagne, il dépasse les 50%. Il demande instamment des réformes économiques pour stimuler la création d’emplois pour les jeunes.

Il n’y a pas de solution miracle aux problèmes de l’Europe, a-t-il dit, ajoutant que les attentes de cash chinois, arrivant à notre rescousse, étaient irréalistes. Il a fait valoir au contraire que la poursuite des chocs économiques contraindrait les pays à des changements structurels des marchés du travail et d’autres aspects de l’économie, pour pouvoir retourner à la prospérité à long terme.

“Vous savez qu’il y a eu une époque où [l'économiste] Rudi Dornbusch avait coutume de dire que les Européens étaient si riches qu’ils pouvaient se permettre de payer tout le monde pour ne pas travailler. Ce bon temps est fini», a déclaré M. Draghi.

“Il n’y a pas de compromis possible” entre des réformes économiques et des mesures d’austérité budgétaires, a déclaré M. Draghi au cours de l’interview, sa première depuis que la Grèce a conclu son second plan de sauvetage.

“Un retour arrière sur ​​les objectifs budgétaires provoquerait une réaction immédiate des marchés”, poussant les taux d’intérêt à un niveau plus élevé.

Les commentaires de M. Draghi arrivent au milieu d’un débat s’intensifiant en Europe quant à savoir si une plus forte austérité est la meilleure prescription pour les pays confrontés à une contraction économique substantielle et ils le placent carrément dans le camp de la ligne dure, aux côtés d’Angela Merkel et d’autres responsables allemands.

Ces commentaires arrivent aussi dans un contexte de prévisions moroses au sein l’Union économique européenne qui montre la zone euro en risque de récession. Certains gouvernements, en revanche, ont bien résisté en mettant l’accent sur les réductions des dépenses, en faveur de hausses d’impôts, même si celles-ci peuvent étouffer l’entreprise. Accroître les taxes sur la consommation peut aussi augmenter l’inflation, ce qui rend plus difficile, pour la BCE, de maintenir des taux d’intérêt bas et de stimuler la croissance.

Bien que M. Draghi se soit félicité du calme relatif qui s’est abattu sur les marchés de la dette européenne ces derniers mois, le crédit est demeuré rare, en particulier pour l’Europe du Sud en difficulté.

Malgré l’immense richesse de l’Europe, il est allé demander des aides au Fonds monétaire international à trois reprises -pour la Grèce, le Portugal et l’Irlande et va y retourner pour demander une aide supplémentaire pour la Grèce. Des responsables de la zone euro ont appelé à l’aide les marchés émergents comme la Chine en proposant l’acquisition, par ces pays, de la dette de la zone euro ou des obligations émises par le plan de sauvetage.

“Il y a eu beaucoup de discussions et de conversations. J’en entends parler, mais je n’ai vu aucun investissement officiel [de la Chine] dans les marchés financiers européens», a déclaré M. Draghi.

La Grèce, en dépit de son dernier plan de sauvetage à  130 Md€, demeure un risque majeur, a-t-il dit. Alors qu’Athènes a décidé de réduire son endettement et de réformer son économie, les dirigeants du pays doivent maintenant montrer qu’ils tiendront leurs engagements et mettront les mesures en œuvre.

“Il est difficile de dire si la crise est terminée”, dit-il.

Le point de vue des responsables de la BCE sur les programmes d’austérité sera testé dans l’isoloir au cours des prochains mois. Grèce et France voient la tenue d’élections ce printemps, ce qui peut entraîner l’élection de nouveaux dirigeants moins disposés à embrasser pleinement la position de la banque.

Un certain nombre de dirigeants européens, menés par le Premier ministre italien, Mario Monti, veulent réorienter les priorités de l’Europe loin des réductions de dépenses.

M. Monti  et le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, qu’il a rencontré à Rome jeudi, ont exhorté les pays de l’UE à travailler plus dur, à rendre leurs économies locales plus compétitives, comme moyen de favoriser la croissance et à contrecarrer les mesures d’austérité sévères.

M. Draghi a fait valoir que l’austérité, couplée à un changement structurel, est la seule option pour la relance économique. Alors que les réductions des dépenses publiques nuisent l’activité à court terme, a-t-il dit, les effets négatifs peuvent être compensés par des réformes structurelles.

Son opinion a été appuyée jeudi par la Commission européenne. Malgré la prévision d’une récession pour la zone euro cette année, la commission estime que les gouvernements en difficulté financière « devraient être prêtes à atteindre les objectifs budgétaires.”

Mais les critiques ont fustigé l’objectif d’austérité forte de l’Europe, en disant que cet objectif entraîne la zone euro, laquelle représente environ un cinquième de la production mondiale, à stagner ou à se contracter, menaçant la reprise mondiale.

L’affirmation de M. Draghi, selon laquelle des réformes peuvent compenser les effets négatifs de l’austérité, a également été accueillie avec un certain scepticisme. Éradiquer l’inefficacité des marchés du travail ou couper dans les bureaucraties gouvernementales fait baisser la croissance dans le court terme quels que soient les avantages à long terme, disent certains économistes.

“C’est juste enrober de sucre le message», a déclaré Simon Johnson, ancien économiste en chef au Fonds monétaire international.

“Une grande partie de ce discours sur la réforme structurelle est illusoire, au mieux, dans le court terme… mais c’est mieux que de dire que vous allez avoir environ 10 années terribles”, a-t-il dit.

Dans l’interview, M. Draghi a défendu la décision de la BCE de protéger son portefeuille obligataire grec de 50 Md€ des pertes abruptes du secteur privé face aux porteurs d’obligations, dans le cadre d’un accord séparé entre la Grèce et ses créanciers d’effacer € 107 milliards de dettes. La BCE “s’est engagée à protéger l’argent des contribuables.”

Jeudi,  le chef de la direction de Commerzbank AG, Martin Blessing, a critiqué la décote soi-disant volontaire des investisseurs privés détenant des obligations grecques dans un langage anormalement brutal, la qualifiant “de volontaire comme un aveu pendant l’Inquisition espagnole.”

Sur d’autres questions liées à la crise de la dette de l’Europe qui dure depuis deux ans, M. Draghi – qui a pris la tête de la BCE il y a moins de quatre mois après avoir été à la tête de la Banque d’Italie pendant six ans, était plus optimiste. Après un quatrième trimestre faible, l’économie de l’ensemble de la zone euro se stabilise, a-t-il dit.

Les gouvernements ont fait des progrès sur la réduction du déficit, pour rendre les économies plus compétitives. Les banques se sont stabilisées et les marchés obligataires ont réouvert. Le Portugal, que de nombreux analystes pensent être le suivant sur la liste, après la Grèce, pour un plan de sauvetage, n’aura pas besoin d’être secouru à nouveau, a déclaré M. Draghi.

M. Draghi a reçu des éloges des investisseurs pour sa gestion de la crise ces derniers mois. Il a baissé les taux d’intérêt à des planchers record dos à dos avec des coupes budgétaires.

La BCE a, en décembre, inondé les banques avec 489 Md€ en prêts à trois ans abordables, et a élargi les types de banques collatérales.

Pris dans leur ensemble, les mouvements ont conduit à un rassemblement des marchés boursiers et a contribué à exiger un rendement baissier des obligations d’État de l’Italie et de l’Espagne, pays considérés comme essentiels pour empêcher que la crise de la dette de la Grèce ne se propage dans tout le bloc euro.

Malgré les efforts de la BCE, cependant, le crédit s’est resserré dans toute la zone euro, en particulier dans les régions méridionales de la région. Les banques semblent avoir utilisé une part importante des prêts à trois ans pour racheter leurs propres obligations arrivant à échéance, a dit M. Draghi.

La crise grecque a mis à nu un grand nombre des faiblesses structurelles dans la configuration de l’euro, qui est régi par une politique du taux d’intérêt unique et n’a pas encore de ministère des Finances commun pour orienter l’argent des pays riches vers les pays pauvres.

M. Draghi, dont les commentaires sont intervenus avant la réunion des hauts fonctionnaires des finances du Groupe des 20 plus grandes économies développées et émergentes ce week-end, a rejeté les critiques disant que l’Europe ne peut pas avoir de prise sur la crise de sa dette. Les récentes mesures prises par les gouvernements pour créer des contrôles contraignants des déficits sont “une avancée politique majeure” et la “première étape” vers l’union budgétaire, a-t-il dit.

Il a également fait fi des préoccupations de certains au sujet des mesures agressives de gestion de la crise par la BCE  qui éloigneraient de la banque centrale son membre le plus puissant, l’Allemagne. Deux hauts responsables de l’Allemagne à la BCE qui ont démissionné l’année dernière en opposition aux achats d’obligations d’État par la BCE, craignent que la banque centrale ait été d’une extrême prodigalité. L’actuel président de la Bundesbank, Jens Weidmann, a averti des risques associés aux programmes de la BCE en matière de prêts généreux.

“Un de mes objectifs est que nous ayons un consensus, autant que possible. Nous devons faire les bons choix, et nous devons les faire ensemble”, a déclaré M. Draghi. La décision de la BCE de prêter de l’argent aux banques pendant trois ans a été unanime, ce qui suggère qu’il n’y a pas autant de divisions au sein de la BCE que certains observateurs le pensent.

Source : Wall Street Journal

“Draghi enterre le modèle social européen”, l’analyse de Philippe Mabille pour Presseurop

Alors que la BCE s’apprête à faire un nouveau chèque de 500 milliards d’euros aux banques, son patron a affirmé sans détour que, pour sortir de la crise, les pays surendettés n’ont pas d’autre choix que d’appliquer une politique de rigueur extrême. Des mots choquants, mais nécessaires, estime La Tribune.

“Le modèle social européen est mort” ! Jamais un banquier central n’avait parlé avec autant de brutalité de la crise que nous traversons. Les propos tenus par l’Italien Mario Draghi, le successeur de Jean-Claude Trichet, dans le long entretien qu’il a accordé au Wall Street Journal vendredi 24 février, sont tellement violents, par ce qu’ils impliquent, qu’il n’aurait jamais pu les tenir ailleurs que dans la “bible” de la finance mondiale. Même Jean-Claude Trichet avait plus de précautions de langage quand il tentait d’expliquer aux peuples européens ce qui les attend.

Pour Mario Draghi, ancien banquier de Goldman Sachs et nouvelle statue du Commandeur de la monnaie en Europe, sauver l’euro aura un prix élevé. Selon lui, il n’y a “pas d’échappatoire” possible à la mise en œuvre de politiques d’austérité très dures dans tous les pays surendettés et cela implique de renoncer à un modèle social fondé sur la sécurité de l’emploi et une redistribution sociale généreuse.

Ce modèle sur lequel l’Europe a basé sa prospérité depuis la Seconde guerre mondiale a disparu (“has gone”), estime Mario Draghi qui rappelle aux journalistes du WSJ la formule de l’économiste allemand Rudi Dornbusch : “Les Européens sont si riches qu’ils peuvent se permettre de payer les gens pour ne pas travailler”.

La Margaret Thatcher des temps modernes

L’intervention du patron de la BCE pourrait sembler une provocation, quelques jours avant que la banque centrale ne renouvelle un deuxième chèque de 500 milliards d’euros aux banques qui viendront mercredi 29 février emprunter de l’argent au guichet illimité qu’elle a mis en place pour sauver l’euro. Comment échapper, avec de tels propos, à la critique montante selon laquelle le système est en train de sacrifier les peuples pour sauver les banques ?

Les arguments mis en avant par Mario Draghi sont sans appel : tout recul sur les ambitions des programmes de désendettement publics provoquera une immédiate réaction des marchés qui pousseront les taux d’intérêt payés par les États à la hausse, rendant encore plus difficile, sinon impossible, le rétablissement des finances publiques. C’est ce qui est arrivé à la Grèce et a failli se produire au Portugal, en Espagne, en Italie.

Les propos de Mario Draghi ne sont évidemment pas sans lien avec le calendrier électoral européen. En avril en Grèce, en mai en France, au printemps 2013 en Italie, les peuples vont voter pour choisir leur destin.

En expliquant, à la façon d’une Margaret Thatcher des temps modernes, que quel que soit le résultat du vote, les gouvernements élus n’auront pas d’autre alternative que de poursuivre des politiques de rigueur extrêmes, de mener des réformes structurelles du marché du travail et de démanteler encore un peu plus leur modèle social, le président de la BCE affiche la couleur.

Le choix des anciens de Goldman Sachs

Et qu’on ne vienne pas lui dire que l’accalmie actuelle sur les marchés signifie que la crise est finie. La preuve que ce n’est pas le cas viendra mercredi 29 février, quand les banques viendront chercher auprès de la BCE le soutien sans lequel le système financier ne peut pas tenir.

Sans la perfusion des banques centrales, aux États-Unis avec le Quantitative Easing [QE, réduction à presque zéro du taux directeur] de la Fed, en Europe avec l’opération de financement à long terme [LTRO] de la BCE, tout s’écroulerait ! Même la Chine en est réduite à soutenir ses banques en difficultés. Bienvenue dans le monde cruel du “QE world”.

Par cette prise de position très dure, Mario Draghi appelle à une prise de conscience. Mieux vaut selon lui en passer par une purge sévère et des réformes structurelles tout de suite pour rétablir la confiance des marchés que de vivre dix années terribles sous leur pression.

C’est le choix fait par Mario Monti en Italie, avec succès jusqu’à présent puisqu’en cent jours, cet autre ancien de Goldman Sachs a réussi a sortir son pays de l’œil du cyclone, en changeant comme jamais le visage de l’Italie. La leçon vaut [aussi] pour les autres pays.

Philippe Mabille

RÉACTION : Relancer le modèle social au lieu de l’abandonner

La mort annoncée du modèle social européen est déplorable et vient mettre en péril le système financier et politique européen, écrit Die Wochenzeitung. En laissant les marchés financiers agir à leur guise et les taux d’intérêt à la merci des agences de notation, l’aide accordée à la Grèce est, pour l’hebdomadaire suisse de gauche, vouée à l’échec et “la prochaine aggravation de la crise une question de temps”.

Celui-ci prône comme unique solution le rejet complet des demandes de la Troïka UE-BCE-FMI et le rétablissement de la souveraineté grecque sur son budget :

Les objectifs devront être une pondération des niveaux de productivité et des salaires entre les pays. Une politique industrielle européenne dirigée vers une Europe écologique et solidaire serait nécessaire. La répartition patrimoniale et salariale entre les classes, mais également entre les pays de la zone euro, devrait être nivelée à travers une imposition plus forte des hauts salaires et fortunes. Le résultat serait une plus grande égalité devant l’impôt en Europe plutôt que seulement plus d’efficience en Grèce.

Source : PressEurop

 

Texte pris sur le blog d'Olivier Berruyer

 

 http://www.les-crises.fr:80/modele-social-draghi/

 

 

 

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La Grèce en lutte de 2012 comme l’Espagne de 1936, pour les peuples d’Europe!

28 Février 2012 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

384499_320070614692215_100000678381250_1040634_212-copie-1.jpgLa Grèce en lutte de 2012 comme l’Espagne de 1936  pour les peuples d’Europe !

Par Sonia Mitralia

(Ce discours de Sonia Mitralia, membre du Comite grec contre la Dette et de l’Initiative des Femmes contre la Dette et les Mesures d’Austérité, a été prononcé au meeting de Marseille du 17 février, organisé par la campagne française « pour un audit citoyen de la dette publique »).

Le cours de l’histoire s’accélère et les événements cataclysmiques des derniers jours en Grèce doivent désormais convaincre même les plus hésitants : La Grèce tend à devenir aujourd’hui pour cette Europe de 2012 ce qu’a été l’Espagne pour l’Europe de 1936 ! Cette constatation apparemment osée  n’est pas le fait de quelques romantiques. Non, c’est le fait de nos gouvernants car ceux qui nous l’assènent à longueur de journée depuis bientôt deux ans, ce sont ceux d’en haut, les Merkel et Sarkozy, le FMI et les banquiers, la réaction néolibérale par delà les frontières nationales, ceux qui ont choisi de transformer la Grèce en laboratoire de leurs politiques inhumaines et les grecs en cobayes de leur thérapie de choc.

 Il est plus que temps que nous, ceux et celles d’en bas de toute l’Europe, prenons à la lettre ce que nous disent nos Merkozy et leur Troika, et que nous agissons enfin en conséquence. Acceptons le défi et répondons leur que désormais, sans tarder, la Grèce va devenir un cas/test pour nous aussi, pour le mouvement des travailleurs, pour les mouvements sociaux et féministes, pour les peuples et les exploités de toute l’Europe! Oui, faisons leur comprendre que Oui, nous sommes tous des grecs car, nous sommes pleinement conscients que le combat du peuple grec est plus que jamais notre combat. Que s’ils arrivent à briser les résistances et à soumettre le peuple grec, après ce sera notre tour, le tour de tous les autres peuples européens, l’un après l’autre, de passer à la trappe…

 

Peut être vous vous souvenez qu’au tout début ils nous racontaient des balivernes du genre « c’est un cas unique et spécifiquement grec dû au fait que ces grecs sont des fainéants, rompus à la corruption et au mensonge » Cependant depuis lors, on a appris que le trou noir de la dette n’est pas spécifiquement grec, qu’il n’est pas dû à la prétendue…hypertrophie de l’Etat grec, car il est aussi bien américain que français, italien que japonais. En somme, qu’il est typiquement capitaliste et sa crise tout simplement…systémique.

 Mais, attention aux phrases toutes faites et aux clichés parce qu’ils sont inopérants pour décrire l’actuelle réalité grecque. Peut-on encore parler  d’austérité  même draconienne quand les salaires et les pensions baissent en Grèce de 40, 50 ou même de 60% ? Quand le pouvoir d’achat de l’écrasante majorité de la population est déjà amputé de 50, 60, ou même de 70%  et plus ? Quand la classe moyenne de ce pays est ruinée et en voie de paupérisation galopante ?  Quand les nouveaux salariés ne touchent plus que 417 euros et les nouveaux pensionnés 320 euros ? Est-ce de la simple « rigueur » quand un sur deux jeunes grecs est chômeur et le chômage atteint désormais 25% ?  Comment peut-on parler des simples… « sacrifices passagers » quand la malnutrition fait des ravages parmi les petits élèves de l’école primaire, et la faim pointe le nez dans les quartiers même petit bourgeois des villes grecques ?  Et comment peut-on prétendre que tout ca c’est « nécessaire  pour mettre de l’ordre dans les finances » de la Grèce quand les bourreaux eux-mêmes  admettent cyniquement que leurs politiques imposées de force à la Grèce ont échouées, ne font qu’enfoncer ce pays toujours plus profondément dans une récession monstrueuse et que la dette grecque ne pourra jamais être remboursée ?  Alors, simple sadisme de la tristement célèbre Troïka ou  plutôt guerre ouverte et déclarée du capital contre le monde du travail ? La réalité quotidienne nous oblige à l’admettre : Oui, nous en Grèce nous assistons à une véritable guerre de ceux d’en haut contre ceux d’en bas, des très riches contre tous les autres. Et en même temps, ne l’oublions pas car c’est très grave, nous assistons à la résurrection du pire néocolonialisme quand nous voyons la Grèce humiliée et dépourvue de pratiquement toute souveraineté nationale, traitée pas ses prétendus… partenaires européens comme une véritable colonie, un protectorat sous tutelle, dirigée sur place par un quelconque Gauleiter de Madame Merkel et de Monsieur Schaeuble…

 Et les grecs eux-mêmes, que font-ils ? Attention, ne croyez pas ce qu’on vous raconte des grecs. Vos medias sont comme les nôtres : la réalité qu’ils nous décrivent est totalement irréelle. Nous parlant de la Grèce actuelle, ils insistent sur le fait qu’il y a  à Athènes un gouvernement d’Union Nationale appuyé par les quatre cinquièmes des représentants du peuple grec. Donc, si on les croyait   on arriverait à la conclusion que les grecs sont plutôt maso et adorent être maltraités…

Evidemment, la réalité est toute autre. Une douzaine de grèves générales en moins de deux ans, d’innombrables luttes et grèves très dures dans tout le pays, un climat presque insurrectionnel depuis des mois, un mouvement des Indignés -les Aganaktismeni grecs- qui a balayé toute la Grèce pendant 3 mois, des affrontements très violents avec les forces de répression déchaînées, des ministres et des députés qui n’osent plus sortir de chez eux depuis 10 mois car ils sont hués ou même tabassés  par les passants, un parlement assiégé de plus en plus fréquemment par des centaines des milliers de manifestants qui tôt ou tard vont le prendre d’assaut,… voila un bref aperçu de ce qu’est devenue la routine presque quotidienne en Grèce depuis de longs mois.

 Mais tout ca ne représente que des secousses prémonitoires du très grand séisme social qui est en train de se préparer. En effet, un coup d’œil plus attentif suffirait pour qu’on découvre que la colère populaire bat actuellement des records historiques, que le pays est comme un volcan social prêt à exploser. D’ailleurs, les sondages qui se multiplient sont tous éloquents. L’appui populaire à ce gouvernement dit d’Union Nationale ne dépasse plus le 8% tandis que l’ensemble des partis à la gauche du PASOK social-démocrate font un score dépassant désormais les 50% !  Tout change à une vitesse hallucinante et le paysage politique grec subit un véritable chambardement sans précédent parce que des pans entiers de cette société sont à la recherche des solutions radicales à la crise et à leur paupérisation galopante. Vous voulez un exemple qui illustre parfaitement cette situation tout à fait exceptionnelle, qui ressemble de plus en plus avec ce qui se passait dans un certain entre deux guerres dans notre continent ? Le PASOK qui, il y a deux ans, a fait un triomphe gagnant les élections avec le score-record de 45%, obtient maintenant, selon tous les sondages, moins de 10% tandis qu’un groupuscule de tueurs néonazis atteint depuis peu les 3% !  Oui, la société grecque est déjà en train d’expérimenter sa propre République de Weimar…

 Alors, que faire ? La première chose c’est de crier haut et fort que les grecs ne doivent pas payer cette dette qui les étrangle et qui n’est pas la leur. Qu’on doit suspendre tout de suite son paiement. Pourquoi faire ? Pour faire ce que nous oblige de faire le droit international, l’ONU, nombre de conventions internationales signées d’ailleurs par nos gouvernements : Pour investir les sommes astronomiques consacrées maintenant au service de cette dette, à la satisfaction des besoins élémentaires de la société grecque, à la santé, l’éducation, les infrastructures, les services publics, les chômeurs, les gosses affamés, les familles monoparentales, les malades et les infirmes, les femmes qui sont maintenant contraintes d’assumer gratis  et en famille toutes ces taches assumées par les services publics avant leur démantèlement et leur privatisation.

  Pour combien de temps ? Pour le temps qu’il faudra pour réaliser un audit citoyen de la dette afin d’identifier sa part illégitime qu’il faudra annuler et ne pas payer. Et tout ca en refusant obstinément de tomber dans le piège des chantages de nos bourreaux qui nous répètent à longueur de journée qu’une telle politique radicale mène automatiquement le pays à la sortie de l’euro et  de l’Union Européenne, à un repli national obligatoire…

 Non, non et non. Nous refusons de payer cette dette et en même temps nous restons dans la zone euro. Et la raison principale est simple : parce que nous voulons nous battre avec vous, tous ensembles, la main dans la main avec tous les peuples et tous les travailleurs de ce continent, pour foutre en l’air cette Europe du capital, des Merkel et des Sarkozy. Parce que nous voulons créer et amplifier ce qu’on appelle la « crise systémique » de cette Union Européenne antidémocratique et antisociale des riches. Oui, il n’y a désormais qu’une seule perspective, la seule réaliste et faisable, celle du combat commun de ceux d’en bas partout en Europe. Camarades, c’est maintenant plus que jamais que l’union fait la force. Unissons-nous car tous ensembles nous pouvons toujours changer ce monde qui est en train de pourrir. Avant qu’il ne soit pas trop tard… Et rappelez-vous : Si ce n’est pas nous, alors qui ? Si ce n’est pas maintenant, alors quand ?...

 

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