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Le blog de Lucien PONS

Pour la liberté d'expression en Russie, pas ici (Allemagne). Enorme cette vidéo de ZDF! De l’humour qui informe sur une grande chaîne de télévision… On n’a pas ça chez nous!

30 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons

  • Enorme cette vidéo de ZDF! De l’humour qui informe sur une grande chaine de télé… 

 

Ajoutée le 26 sept. 2014

This political satire of the highest quality, thoroughly entertaining and hard hitting at the same time! Kudos to the team responsible for this. /
Cette satire politique est de haute qualité, divertissante et percutante en même temps! Bravo à l'équipe responsable!

Video Details:

Original source: Die Anstalt program.

Transcription, English Translation & Editing: Dagmar (Special Correspondent - The Saker team), French Translation : Patrick, Korean Translation : Choi (Oceania Saker)

(More translations coming soon)!

Production: Augmented Ether (Oceania Saker)

For opinion pieces from around the world:
http://www.vineyardsaker.co.nz/ (English) |
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https://www.youtube.com/watch?v=huoDKg1SBAY

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Discours du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov à l’ONU. Le blog d'Olivier Berruyer.

29 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation, #Economie, #La nation ., #La guerre, #Europe supranationale

 Sergueï Lavrov à l’ONU

Sergueï Lavrov à l’ONU

Dans la série, “la voix de la Russie”, voici la très intéressante intervention du ministre russe à l’ONU – afin que chacun puisse se faire son opinion sans le filtre déformant des médias…

Merci au travail acharné des traducteurs ce week-end, qui nous permet de l’avoir en français avant même la version anglaise

Discours du ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie Sergueï Lavrov à la 69ième session de l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York, le 27 septembre 2014

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

Aujourd’hui apparaît de plus en plus clairement la contradiction entre d’une part, la nécessité d’actions collectives de partenariat dans l’intérêt de l’élaboration de réponses appropriées aux défis communs et, d’autre part, le désir pour un certain nombre de pays de dominer, de restaurer la mentalité archaïque de la confrontation des blocs s’appuyant sur une discipline de caserne et sur une logique préjudiciable : « nous — les autres ». L’alliance occidentale avec, en tête, les États-Unis, qui se posent comme défenseurs de la démocratie, de la primauté de la loi et des droits de l’homme dans des pays tiers, agit directement à l’inverse sur la scène internationale, en rejetant le principe démocratique de l’égalité souveraine des États, tel que fixé par la Charte des Nations Unies, et en essayant de décider pour tout le monde ce qui est bien et ce qui est mal.

Washington a proclamé ouvertement son droit d’utiliser la force militaire de façon unilatérale et n’importe où pour la défense de ses propres intérêts. L’intervention militaire est devenue la norme, même en dépit du fait que toutes les opérations de force menées par les États-Unis au cours de ces dernières années se sont terminées de façon piteuse.

De rudes coups ont été portés à la stabilité internationale : bombardement de la Yougoslavie par l’OTAN, intervention en Irak, attaque de la Libye, échec en Afghanistan. Ce n’est que grâce à des efforts diplomatiques intenses que l’agression contre la Syrie en 2013 n’a pas eu lieu. On ne peut s’empêcher de penser que les diverses « révolutions de couleur » et autres projets visant le remplacement des régimes indésirables n’ont pour but que de provoquer le chaos et l’instabilité.

Aujourd’hui, l’Ukraine est devenue la victime de cette politique. La situation révèle la persistance de défauts profonds, systémiques dans l’architecture existante de la zone euro-atlantique. L’Occident a mis le cap vers une « structuration verticale de l’Humanité » en fonction de ses propres standards, qui sont loin d’être inoffensifs. En proclamant leur victoire dans la « guerre froide » et l’avènement de la prétendue « fin de l’Histoire », les États-Unis et l’Union européenne ont entrepris d’élargir leur espace géopolitique sans prendre en compte l’équilibre des intérêts légitimes de tous les peuples d’Europe. Nos partenaires occidentaux n’ont pas entendu nos avertissements répétés sur l’inacceptabilité de la violation des principes de la Charte des Nations Unies et de l’Acte final d’Helsinki, ils se sont dérobés à chaque occasion de faire en commun un travail sérieux en vue de créer un espace unique de sécurité égal et indivisible et de coopération de l’Atlantique au Pacifique. La proposition russe d’étudier un traité de sécurité européenne a été rejetée. On nous a carrément déclaré que des garanties juridiquement contraignantes en matière de sécurité ne peuvent être obtenues que par les membres de l’Alliance atlantique, qui entre-temps a continué à se déplacer vers l’Est malgré les promesses du contraire données précédemment. Le passage instantané de l’OTAN à une rhétorique hostile, à la réduction de la coopération avec la Russie même au détriment des intérêts propres des pays occidentaux, à l’intensification supplémentaire de l’infrastructure militaire aux frontières russes a mis en évidence l’incapacité de l’alliance à changer son code génétique mis en place à l’époque de la « guerre froide ».

Les États-Unis et l’Union européenne ont soutenu le coup d’État en Ukraine, ils se sont mis à justifier sans discernement toutes les actions des autorités autoproclamées de Kiev, qui avaient choisi comme cap politique d’écraser par la force la partie du peuple ukrainien qui avait rejeté les tentatives d’imposer à l’ensemble du pays un ordre anticonstitutionnel et voulait défendre ses droits à sa langue maternelle, à sa culture et à son histoire. C’est justement cette offensive agressive contre ces droits qui a contraint les habitants de Crimée à prendre leur destin en main et à faire leur choix en faveur de l’autodétermination. Cela a été un choix totalement libre, quoi que puissent inventer ceux qui sont les premiers responsables du conflit interne en Ukraine.

Les tentatives de déformer la vérité, de masquer les faits par des accusations sans fondement ont été entreprises à tous les stades de la crise ukrainienne. Rien n’est fait pour identifier et sanctionner les responsables des événements sanglants de février sur le Maïdan, des massacres de masse à Odessa, Marioupol et dans d’autres régions de l’Ukraine. L’épouvantable catastrophe humanitaire causée par les actions des forces de sécurité ukrainiennes dans le sud-est du pays a été délibérément minimisée. Ces derniers jours ont été révélés de nouveaux faits horribles, quand des charniers ont été découverts près de Donetsk. En contradiction avec la résolution 2166 du Conseil de sécurité des Nations Unies, on tarde à mener une enquête approfondie et indépendante sur le crash de l’avion de ligne de la Malaisie sur le territoire ukrainien. Les coupables de tous ces crimes doivent être identifiés et traduits en justice. Sinon, il sera difficile d’espérer une réconciliation nationale en Ukraine.

La Russie est sincèrement intéressée à la restauration de la paix dans le pays voisin, quiconque connait un peu l’histoire des relations profondes et fraternelles entre les deux pays doit en être conscient. La voie menant à un règlement politique est connue : en avril dernier déjà, Kiev a pris l’engagement dans la déclaration de Genève signée par la Russie, l’Ukraine, les États-Unis et l’Union européenne, d’entamer sans attendre un dialogue national avec toutes les régions et les forces politiques en Ukraine afin de mettre en œuvre la réforme constitutionnelle. La réalisation de cet engagement permettrait à tous les Ukrainiens de se mettre d’accord sur la façon de vivre ensemble en accord avec leurs traditions et leur culture, elle permettrait à l’Ukraine de revenir à son rôle organique de maillon, entre les différentes parties de l’espace européen, ce qui suppose sans conteste la préservation et le respect de son statut de pays non-aligné, neutre. Nous sommes convaincus qu’avec de la bonne volonté, en arrêtant de soutenir le « parti de la guerre » à Kiev, qui essaie de pousser les Ukrainiens dans l’abîme de la catastrophe nationale, la sortie de la crise est à portée de main.

Une voie pour la surmonter a été ouverte avec la conclusion de l’accord de cessez-le-feu dans le sud-est de l’Ukraine sur la base des initiatives des Présidents Petro Porochenko et Vladimir Poutine. Avec la participation de représentants de Kiev, de Donetsk, de Lougansk, de l’OSCE et de la Russie, sont en train d’être décidées les modalités pratiques de la mise en œuvre cohérente de ces accords, y compris la séparation des parties, le retrait des armes lourdes des forces militaires ukrainiennes et de l’organisation de la surveillance par l’OSCE. La Russie est prête à continuer d’aider activement à faire avancer le règlement politique dans le cadre du processus de Minsk, qui a fait ses preuves, et dans le cadre d’autres formats. Mais il doit être clair que nous le faisons au nom de la paix, de la tranquillité et du bien-être du peuple ukrainien, et non pour satisfaire les ambitions de quiconque. Les tentatives de faire pression sur la Russie, de l’obliger à renoncer à ses valeurs, à la vérité et à la justice, n’ont aucune chance d’aboutir.

Je vais me permettre un rappel de faits historiques pas tellement éloignés. Comme condition à l’établissement des relations diplomatiques avec l’Union soviétique en 1933, le gouvernement des États-Unis a exigé de Moscou des garanties de non-ingérence dans les affaires intérieures des États-Unis et l’engagement d’éviter toute action visant à modifier la structure politique et sociale de l’Amérique. À l’époque, Washington redoutait le virus révolutionnaire, et ces garanties ont été mises en place dans les relations entre l’Amérique et l’Union soviétique sur la base de la réciprocité. Il serait peut-être bon de revenir à cette question et de reproduire l’exigence du gouvernement américain de l’époque à l’échelle universelle. Pourquoi ne pas adopter une déclaration de l’Assemblée générale sur l’inadmissibilité de l’ingérence dans les affaires intérieures des États souverains, sur la non-reconnaissance des coups d’État comme méthode de changement de pouvoir ? Il est temps d’exclure complètement des relations internationales les tentatives de pression illégales de certains pays sur d’autres. L’exemple de l’embargo américain contre Cuba démontre de façon évidente l’absurdité et la contre-productivité des sanctions unilatérales.

La politique des ultimatums, la philosophie de la supériorité et de la domination ne répondent pas aux exigences du XXIe siècle : ils entrent en conflit avec les processus objectifs de formation d’un ordre mondial démocratique multipolaire.

La Russie propose un ordre du jour fédérateur et positif. Nous avons toujours été et serons ouverts au dialogue sur les questions les plus difficiles, aussi insolubles qu’elles puissent paraître au premier abord. Nous serons prêts à chercher des compromis et l’équilibre des intérêts, à accepter un échange de concessions, mais seulement si le dialogue est honnête, respectueux et équitable.

Les accords de Minsk en date du 5 et du 19 septembre sur les voies de sortie de la crise ukrainienne, le compromis sur les délais d’entrée en vigueur de l’accord d’association entre Kiev et l’UE sont de bons exemples à suivre, tout comme la volonté enfin déclarée de Bruxelles d’entamer des négociations sur une zone de libre-échange entre l’UE et l’Union Douanière de la Russie, de la Biélorussie et du Kazakhstan, comme proposé par le président Vladimir Poutine en janvier de cette année.

La Russie a toujours préconisé l’harmonisation des projets d’intégration en Europe et en Eurasie. L’harmonisation des orientations politiques et des délais d’une telle « convergence des intégrations » serait une véritable contribution au travail de l’OSCE sur le thème « Helsinki plus 40 » [Référence aux Accords d'Helsinki, signés en 1975, ndt]. Un autre axe important de ce travail devrait être l’instauration d’un dialogue pragmatique et désidéologisé sur l’architecture militaro-politique dans la zone euro-atlantique, afin que non seulement les membres de l’OTAN et l’OTSC [Organisation du Traité de la Sécurité collective, rassemblant la Russie, 5 républiques ex-soviétiques + les observateurs], mais également tous les pays de la région, y compris l’Ukraine, la Moldavie, la Géorgie, se sentent dans un état de sécurité égal et indivisible et ne soient pas placés devant un faux dilemme: « soit avec nous, soit contre nous. »

Nous ne pouvons pas admettre de nouvelles lignes de démarcation en Europe, d’autant plus que dans le contexte de la mondialisation, ces lignes peuvent devenir une ligne de partage entre l’Occident et le reste du monde.

Il faut le dire honnêtement : personne n’a le monopole de la Vérité, personne n’est plus en mesure d’ajuster les processus mondiaux et régionaux à ses besoins propres.

Aujourd’hui, il n’existe pas d’alternative à un consensus sur les règles d’une gouvernance mondiale durable dans les nouvelles conditions historiques, dans le plein respect de la diversité culturelle et civilisationnelle du monde et de la multiplicité des modèles de développement. Parvenir à un tel consensus sur chaque point sera difficile, probablement éprouvant. Mais la reconnaissance de ce que, dans chaque État, la démocratie est « le pire des régimes — à l’exception de tous les autres » a mis également beaucoup de temps à se frayer un chemin jusqu’à ce que Winston Churchill n’émette son jugement. Il est temps de réaliser que cet axiome est incontournable également dans les affaires internationales, aujourd’hui caractérisées par un énorme déficit démocratique.

Bien sûr, certains devront briser des stéréotypes multiséculaires, abandonner leurs prétentions à l’« exceptionnalisme éternel ». Mais il n’y a pas d’autre solution. Les efforts solidaires ne peuvent être construits que sur les principes du respect mutuel et de la considération des intérêts réciproques, comme cela se fait, par exemple, dans le cadre du Conseil de sécurité de l’ONU, du « G 20 » , des BRICS et de l’OCS [Organisation de Coopération de Shanghaï, ndt].

La théorie sur les avantages du travail d’équipe est confirmée dans la pratique : c’est le progrès dans le règlement de la situation autour du PNI [programme nucléaire iranien, ndt], la réussite de la démilitarisation chimique de la Syrie. D’ailleurs, en parlant des armes chimiques, je voudrais obtenir une information honnête sur l’état des arsenaux chimiques en Libye. Nous comprenons que nos collègues de l’OTAN, après avoir bombardé ce pays en violation de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, ne voudraient pas « remuer » le chaos qu’ils ont eux-mêmes créé. Cependant, le problème des arsenaux chimiques libyens hors contrôle est trop grave pour fermer les yeux. Je pense que le Secrétaire général des Nations Unies doit faire preuve de responsabilité dans cette affaire aussi.

L’essentiel aujourd’hui est de considérer les priorités globales et de ne pas les rendre otages d’un ordre du jour unilatéral. La gestion des conflits nécessite urgemment l’abandon du deux poids, deux mesures. En général, tous s’accordent à dire que la tâche principale consiste en une opposition ferme aux terroristes qui tentent de prendre le contrôle de zones de plus en plus vastes en Irak, Syrie, Libye, Afghanistan, dans le Sahara et au Sahel. S’il en est ainsi, alors ce problème ne peut pas être sacrifié à des schémas idéologiques ou à des règlements de compte personnels. Les terroristes, quels que soient les slogans derrière lesquels ils s’abritent, doivent rester hors la loi.

Dans le même temps, bien sûr, la lutte contre le terrorisme doit s’appuyer sur la base solide du droit international. Une étape importante dans cette lutte a été l’adoption unanime d’une série de résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, y compris récemment sur la question des combattants-terroristes étrangers. Au contraire, les tentatives d’agir en contradiction avec la Charte des Nations Unies n’aident pas au succès des efforts conjoints. La lutte contre les terroristes sur le territoire de la Syrie doit être menée en coopération avec le gouvernement syrien, qui a clairement affirmé qu’il était prêt à le faire. Damas a déjà prouvé par son action sa capacité à agir avec la communauté internationale et à respecter ses engagements dans le cadre du programme de l’élimination des armes chimiques.

La Russie a demandé dès le début du « printemps arabe » de ne pas laisser ce dernier à la merci d’extrémistes et de créer un front uni pour lutter contre la menace croissante du terrorisme. Nous avons mis en garde contre la tentation de prendre comme alliés presque tous ceux qui se déclaraient adversaires d’Assad, fussent-ils « Al-Qaïda », « Djebhat an-Nousra » ou autres « compagnons de route » du changement de régime, y compris l’État islamique, qui est maintenant au centre de l’attention générale. Comme on dit, mieux vaut tard que jamais. La Russie n’en est pas à sa première contribution réelle à la lutte contre l’État islamique, ainsi que d’autres formations terroristes de la région. Nous effectuons des livraisons à grande échelle d’armes et de matériel militaire à l’Irak, à la Syrie et à d’autres pays de la région MENA et nous continuerons à soutenir leurs efforts visant à éliminer les terroristes.

La menace du terrorisme nécessite une approche globale, si nous voulons éradiquer ses causes et ne pas être condamnés à réagir uniquement aux symptômes. L’État islamique est seulement une partie du problème. Nous proposons d’organiser, sous les auspices du Conseil de sécurité des Nations Unies, une étude en profondeur des menaces extrémistes et terroristes dans l’espace MENA et dans leur intégralité. Une approche complète implique la prise en compte des conflits de longue date, principalement le conflit arabo-israélien. Le problème palestinien en suspens depuis de nombreuses décennies reste largement reconnu comme l’un des principaux facteurs d’instabilité dans la région, du fait qu’il permet aux extrémistes de recruter de plus en plus de djihadistes.

La mise en commun des efforts pour l’application des décisions de l’AG et du Conseil de Sécurité de l’ONU en ce qui concerne la lutte contre le virus Ebola est une autre nécessité criante. Nos médecins travaillent déjà en Afrique. Nous prévoyons une livraison supplémentaire d’aide humanitaire, d’équipement, de matériel médical, de médicaments, d’équipes d’experts pour aider le programme des Nations Unies en Guinée, au Libéria, en Sierra Leone.

L’Organisation des Nations Unies, créée sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale, entre dans l’année de son soixante-dixième anniversaire. Nous avons tous le devoir de célébrer l’anniversaire de la Grande Victoire, et de rendre hommage à tous ceux qui sont morts au nom de la liberté et du droit de chaque peuple à déterminer son propre destin.

Les leçons de cette terrible guerre, tout comme le cours général des événements dans le monde actuel, exigent d’unir nos efforts, d’oublier les intérêts unilatéraux, les cycles électoraux nationaux quand il s’agit de faire face à des menaces globales pesant sur l’humanité tout entière, il ne faut pas permettre que l’égoïsme national l’emporte sur la responsabilité collective.

Source : Sergueï Lavrov, Ministère russe des Affaires étrangères, 27/09/2014 – Traduction collective par les lecteurs du site www.les-crises.fr (souligné par nous)

http://www.les-crises.fr/discours-du-ministre-des-affaires-etrangeres-russe-a-l-onu/

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Le blog d'Olivier Berruyer. Situation dans le Donbass Il y a eu très peu de changements territoriaux en une semaine. Kiev continue d’amasser des forces.

29 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La mondialisation, #La nation ., #La guerre

27 septembre 2014.

Actu’Ukraine, 27 septembre, par Nicolas.

Situation dans le Donbass

Il y a eu très peu de changements territoriaux en une semaine. Kiev continue d’amasser des forces.

carte au 24 septembre

carte au 24 septembre

RPD

Malgré les annonces de cessez-le-feu sous la surveillance de l’OSCE, les combats se poursuivent, notamment sur le territoire de l’aéroport de Donetsk. Comme depuis des semaines, les troupes qui y sont encerclées bombardent Donetsk : 2 morts et 4 blessés parmi les civils, et des appartements détruits le 24 septembre. Plusieurs mines ont également été bombardées. Crimes ordinaire des gentils libérateurs pro-européens. Les informations concernant l’aéroport se contredisent régulièrement. Il semble que Kiev y ait toujours des centaines de soldats, mais peut-être très peu de blindés encore en état de marche.

Donetsk continue de se préparer à la guerre. J’ai mentionné la semaine dernière que la RPD avait affirmé avoir un important stock d’armes en cours de réparation. On peut constater que c’est vrai sur cette vidéo.

Des combats et tirs d’artillerie ont également lieu régulièrement dans la banlieue de Donetsk à Avdeevka, Marinka et Gorlovka. Les troupes de Kiev ont quitté Marinka le 23 septembre pour s’installer à Kourakhovo, quelques kilomètres à l’ouest.

Les rebelles se renforcent dans les villages de Nijnyaya Krynka et Jdanovka, récemment abandonnés par Kiev. Les soldats de Kiev continuent de détruire l’infrastructure du Donbass, un pont sur la Krynka a notamment été détruit par les troupes qui ont abandonné Nijnyaya Krynka.

À Debaltsevo, toujours occupée par Kiev, les combats se poursuivent. L’intensité des combats aurait diminué pendant quelques jours, mais repris de plus belle le 25, avec des tentatives des soldats de Kiev de briser l’encerclement. Les pertes de Kiev sont inconnues mais probablement importantes. Toujours près de Debaltsevo, le bataillon Aïdar aurait abattu 2 soldats (matelots du 73e Centre marin) qui voulaient quitter leur position et reculer, en accord avec l’ordre de Porochenko.

Près de Marioupol, les rebelles tiennent toujours la banlieue est et sont toujours bombardés à l’artillerie “Grad”.

Le vice premier ministre de la RPD Andreï Pourguine a estimé que la guerre avait fait 4000 morts, mais que ce chiffre pourrait être revu à la hausse car de nombreux enterrements ont été faits sans être déclarés. Environ 600 entreprises sont détruites, c’est à dire qu’elles ont subi des dégâts trop importants pour être réparables rapidement. L’estimation des dégâts n’est pas encore faite mais se compte en milliards de dollars, voire en dizaines de milliards de dollars. Le gouvernement de Donetsk a commencé à payer des retraites et aides sociales aux personnes qui en ont le plus besoin : les blessés de la Seconde Guerre Mondiale, les enfants handicapés et les familles aillant perdu le soutien de famille.

La guerre a au passage anéanti la petite industrie automobile ukrainienne, qui dépendait largement des exportations vers la Russie : 139 voitures produites en août, contre 50 000 pour toute l’année 2013. Ce n’est que le début, des centaines de milliers d’emplois qui dépendent des commandes russes sont menacés par l’accord d’association avec l’UE : les secteurs ferroviaire, métallurgique et de l’armement seront les plus touchés. La Russie subventionnait activement l’industrie ukrainienne, et ses importations (tous secteurs confondus) représentaient 10% du PIB de l’Ukraine en 2012, dont 1,5% pour le seul secteur ferroviaire. Clairement, aucun pays d’Europe n’a besoin de voitures ou wagons ukrainiens, et l’industrie russe est plus que capable de remplacer ces importations.

RPL

Les habitants de Lougansk subissent toujours des coupures d’eau et d’électricité.

Les troupes de Kiev ont quitté Starobelsk et Novoaïdar. Kiev a bombardé les rebelles à Lomovatki, qui ont répondu en détruisant environ 9 “unité techniques” (artillerie, blindés…) et environ 40 soldats de Kiev. Aucun rebelles n’a été blessé lors de ce duel.

On signale que des corps de soldats de Kiev sont abandonnés à la faune, les habitants refusant d’enterrer leurs “libérateurs”. Les rebelles donnent aux soldats de Kiev la possibilité de récupérer leurs corps à chaque fois qu’ils en font la demande et ne comprennent donc pas pourquoi ces corps ne sont pas récupérés.

En Novorossie occupée

60% voire deux tiers des armes lourdes de Kiev sont détruites, Kiev n’a plus de quoi acheter des tanks neufs (l’usine de tanks de Kharkov fait des tanks pour la Thaïlande), et donc plus aucun moyen de lancer une véritable attaque. En conséquence, Kiev prépare 2 lignes de défense, la première allant de Marioupol à Artemovsk, la seconde allant de Slaviansk à Berdyansk en région de Dnepopetrovsk (sur la côte). Porochenko a également affirmé qu’une grande partie de l’armement a été réparé, et que l’Ukraine est de nouveau en mesure de se défendre. Autrement dit, il admet que l’Ukraine était militairement vaincue lorsque le cessez-le-feu a été imposé aux novorusses.

À Marioupol, deux adolescents à vélo ont été visés par des tirs de l’armée de Kiev qui avait là trouvé des adversaires à la mesure de leur courage, l’un des adolescents a été touché à la tête. Un bureau de “volontaires” a été brûlé, sans faire de victime.

Bureau de recrutement, à Kharkov, après une explosion

Bureau de recrutement, à Kharkov, après une explosion

À Kharkov, des maquisards continuent de mener des opérations contre le pouvoir de Kiev. Deux explosions ont eu lieu le 26 septembre à 2h30, puis à 4h. Le premier objectif était le bureau de volontaires dans lequel se trouvaient des munitions et des casques, d’une valeur de 20 000 $, le second était un distributeur de billets de la banque Privatbank, de Kolomoïskiy. Il n’y a eu aucune victime.

De même à Odessa, des maquisards auraient tiré au lance-roquette sur un blindé de transport. Une autre version parle d’un accident, une photo ne montre qu’une petite partie du blindé, sans trace de brûlure, le reste est caché. La version officielle est qu’”il s’est passé quelque chose”.

Marche de la paix, mensonges toujours

En Russie, la 5e colonne a défilé à Moscou, à l’appel du parti Yabloko, de Solidarnost (Kasparov) et des Verts notamment. Leurs revendications sont les suivantes :

  1. Retrait des troupes russes d’Ukraine
  2. Enquêtes judiciaires sur les crimes des soldats russes
  3. Arrêt de la propagande sur les chaînes fédérales
  4. Arrêt et annulation des mesures anti-sanctions (contre les produits agricoles européens etc)
  5. Arrêt de la guerre économique et gazière contre l’Ukraine

Cela correspond très précisément à la propagande américano-kiévienne. Peu importe que Kiev doit plusieurs milliards d’euros à Gazprom pour du gaz déjà livré fin 2013 et début 2014, la marche de la paix affirme vouloir la paix, mais s’adresse pour cela à la Russie plutôt qu’à Kiev qui est en guerre contre le peuple du Donbass et se rend coupable de massacres de façon de plus en plus flagrante. Une dizaine de milliers de personnes ont pris part à cette marche (5000 selon la police, 26000 voire 50 000 selon les organisateurs), dont une part non négligeable de citoyens ukrainiens. Une marche pour le Donbass a eu lieu en même temps et la police a réussi à empêcher les affrontements. Le Monde a filmé la marche pour le Donbass pour illustrer la Marche pour la paix. Pas grave, les lecteurs français ne comprennent pas que les manifestants crient “Donbass, pardon pour la marche des traîtres” et “Donbass, la Russie est avec toi” pendant les ¾ du “reportage”. Les lecteurs du Monde sponsorisent ce genre de désinformation grossière.

Normalement, les drapeaux séparatistes auraient dû alerter le journaliste du Monde qu’il n’était pas à la bonne manifestation

Normalement, les drapeaux séparatistes auraient dû alerter le journaliste du Monde qu’il n’était pas à la bonne manifestation

Des défilés beaucoup moins importants ont eu lieu dans d’autres villes. Quelques centaines de personnes ont défilé à Saint-Petersbourg et des affrontements ont eu lieu avec le défilé pro-Donbass, la police a arrêté des manifestants des deux bords. Le défilé pro-Donbass a continué après la dispersion du défilé pro-ukrainien.

20 personnes ont défilé à Petrozavodsk et Saratov, 50 personnes à Perm, presque 100 personnes à Iekaterinbourg, 10 personnes à Novossibirsk, 15 personnes à Syktyvkar, et une personne à Barnaoul (632000 habitants), dont l’affiche a été détruite par des passants. À Omsk, ville de plus d’un million d’habitants, 4 personnes se sont rassemblées pour prendre des photos avant de se disperser. La 5e colonne a encore des problèmes d’implantation en province. Enfin, une cinquantaine de personnes ont défilé à Rostov s/ Don, mais se sont dispersées en voyant arriver des rebelles blessés qui se soignent dans la ville.

Arrestations de prisonniers politiques

Les échanges de prisonniers se font difficilement en raison de l’attitude de Kiev. Selon un journaliste du New-York Times, une grande partie des prisonniers échangés par Kiev contre leurs soldats sont des civils, arrêtés principalement pour leur activisme. Lors d’un échange “28 contre 28″, seuls 7 prisonniers étaient des rebelles. Cette pratique met en danger tout le processus d’échange de prisonnier. Un adolescent relâché lors d’un échange affirme avoir été arrêté dans une ville du front sous prétexte de participation à une bande de tueurs pro-russes, et battu deux jours avant d’être relâché. D’autres ont été arrêtés il y a plusieurs mois dans d’autres régions pour leur participation à des manifestations ou distribution de propagande.

Kiev

À Kiev, c’est tous les jours la fête du nationalisme et de la désinformation. Pour ceux qui ont raté ce billet, le ministre de la défense a récemment tout simplement affirmé que la Russie avait utilisé des bombes atomiques contre les troupes ukrainiennes. Plus récemment, les médias de Kiev ont repris une information diffusée par une activiste russe (Elena Vassileva) affirmant que les corps de 10 soldats russes d’Orenbourg ont été rapatriés. Les noms et années de naissance des soldats tués correspondent aux membres d’une équipe locale de football, “Gazovik” en 2008. Sur 11 joueurs qui ont pu jouer ensemble (en 3-5-2) pendant le championnat 2008, seul le gardien de but a survécu, probablement parce qu’il était resté à l’arrière. Elena Vassileva n’est pas essoufflée par l’énormité de ses mensonges et en a déjà rajouté une couche : l’aviation russe a selon elle tué 300 prisonniers de nationalité russe. Le fait qu’elle ait encore un public donne une idée de l’hystérie collective anti-russe dans l’opinion publique ukrainienne.

Porochenko est toujours aussi aveuglé par l’ambition et croit qu’il va rester dans l’histoire comme un grand réformateur. Il ne doute vraiment de rien et a accordé un régime économique préférentiel à la Crimée. Rien n’a été fait pour la Crimée de 1991 à 2014, mais ça y est, ils ont commencé à y réfléchir. Si Porochenko pouvait déjà assurer la fourniture d’électricité à ses sujets, ce serait déjà un grand progrès. Entre autres informations récentes, les habitants de Kherson auront des coupures, en cas de nécessité, de 9h à 11h et de 20h à 22h. Face au problème inattendu des températures qui commencent à baisser (sûrement un complot russe), le gouvernement de Kiev s’est rendu compte qu’acheter du charbon à l’Afrique du Sud à 91$ la tonne quand les fournisseurs russes font payer 10% moins cher ne résoudra pas les problèmes du pays. Ils ont donc décidé d’acheter du charbon russe (quantité non spécifiée, de l’ordre de 2 millions de tonnes).

L’Ukraine, la Lituanie et la Pologne ont signé un accord militaire pour la création d’une brigade commune. On retrouve la même alliance qu’au temps de l’Union de Lublin (sauf que le Bélarus ne fait plus partie de la Lituanie).

En attendant, les soldats de Kiev sont enterrés sans être identifiés. Le 23 septembre, 21 soldats inconnus ont été enterrés d’un coup à Dnepropetrovsk. Les autorités ont promis qu’ils ont fait des prélèvements ADN et que les parents des soldats peuvent donner des échantillons pour la comparaison. On verra s’ils acceptent réellement de dépenser cet argent pour des soldats qu’ils n’ont ni formé, ni payé, ni équipés correctement.

Nationalisme

Porochenko a affirmé lors d’une conférence de presse :

«Autrefois la question des guerriers de l’OUN-UPA divisait le pays, c’est pourquoi on ne la mettait pas à l’ordre du jour. Maintenant c’est un très bon moment… maintenant c’est le moment de discuter cette question… Je me souviens des guerriers de l’UPA en tant que héros»

Ça y est, on y est, les guerriers de l’UPA, branche armée de l’OUN (Organisation des nationalistes ukrainiens) sont désormais des héros. C’est ça, les nouvelles valeurs européennes, soutenues militairement, économiquement et politiquement par le Bloc Américano-Occidental. Pour ceux qui ne se souviennent pas de la série de billets sur le sort des Juifs de Galicie, il faut lire ou relire celui sur le massacre de Babi Yar, qui est d’actualité. Des dizaines de milliers de Juifs ont été massacrés par balles, dans un trou, près de Kiev. Les bourreaux étaient 300 soldats allemands et 1200 nationalistes ukrainiens. C’était l’épisode le plus important de la “Shoah par balles”.

Une habitante de Kiev écrivait dans son journal, le 2 octobre 1941 :

Une jeune fille russe a accompagné son amie au cimetière et s’est glissée de l’autre côté de la clôture : elle a vu comment des gens nus ont été poussés vers Babi Yar et a entendu les rafales d’une mitrailleuse. Il y a de plus en plus de rumeurs et de nouvelles. Trop monstrueuses pour y croire. Mais nous sommes obligés d’y donner foi, car le massacre des Juifs est une réalité. Une réalité qui nous rend fous. […] Mes cheveux se dressent sur ma tête. […] Il est impossible de vivre en sachant cela.

Monument aux victimes de Babi Yar
Monument aux victimes de Babi Yar

Monument aux victimes de Babi Yar

En 2014, Biletskiy, néonazi notoire auquel se sont associés entre autres Tourtchinov et Avakov dans le Front Populaire (Cf. billet du 12 septembre) dit dans une interview :

Notre credo : détruire tout ce qui détruit notre nation.

Comme vous le savez, vous pouvez restaurer presque tout: l’économie, l’ordre dans les rues, la démographie, une armée et marine forte, les armes nucléaires, mais la seule chose qui ne peut pas être restaurée – est la pureté du sang.

Si nous nous trouvons en 30 ans dans la minorité absolue dans leur propre pays, nous ne sommes absolument pas intéressés à qui obtient notre économie, notre pays, notre armée.

La première tâche – pour garder tout cela pour nos propres enfants.

Oleg Odnorozhenko, un référent intellectuel du mouvement néonazi ukrainien écrit :

Les mariages et les relations raciales mélangées sont interdits. L’hygiène raciale, l’éducation nationale et les soins de santé pour tous les Ukrainiens sont sous la garde complète et appropriée de l’État.

L’Ukraine doit mener une politique étrangère active, visant à créer l’Empire ukrainien. … Ensuite, l’Ukraine, en tant que noyau superpuissance de l’Empire, réunira autour de lui, sur une base égalitaire et équitable, les États indépendants des peuples aryens blancs dans une confédération.

Le monument commémoratif a été profané cette semaine, à l’occasion du nouvel an juif…

Monument aux victimes de Babi Yar, en septembre 2014

Monument aux victimes de Babi Yar, en septembre 2014

Le blog d'Olivier Berruyer. Situation dans le Donbass  Il y a eu très peu de changements territoriaux en une semaine. Kiev continue d’amasser des forces.
Le blog d'Olivier Berruyer. Situation dans le Donbass  Il y a eu très peu de changements territoriaux en une semaine. Kiev continue d’amasser des forces.
(Autre source ici sur jewishvoiceblog)

(Autre source ici sur jewishvoiceblog)

Torture et massacres

Les prisonniers libérés lors de cet échange de prisonniers ont apparemment eu de la chance, ils étaient enchaînés sur le béton sans possibilité de se coucher pour dormir, mais n’ont apparemment pas été torturé. Une responsable du fond humanitaire récemment relâchée n’a pas eu cette chance. Les témoignages de tortures sur les prisonniers militaires comme civils se multiplient, ainsi que les découvertes de charniers, de civils torturés et abattus, de femmes violées et abattus. On parle maintenant de plusieurs dizaines de charniers. 3 ont été découvertes en une seule journée, dont l’une contenait plus de 30 corps. Des prisonniers libérés parlent de la torture, et d’un grand charnier (“20 mètres par 30″) à Kramatorsk. Stanislav Stankevitch, un rebelle libéré sur lequel les soldats de Kiev ont brûlé une svastika avec une chaîne brûlante raconte la torture à Kramatorsk et affirme que de nombreux civils sont prisonniers dans une vingtaine de trous, enchaînés et régulièrement torturés. Un médecin volontaire parle de sa détention, et de la torture.

Stanislav Stankevitch a eu une svastika brûlée sur la dos et le mot séparatiste sur la poitrine, pendant sa détention.

Stanislav Stankevitch a eu une svastika brûlée sur la dos et le mot séparatiste sur la poitrine, pendant sa détention.

En plus de la torture et des meurtres, certains organes internes manquent dans les corps de certaines victimes découvertes dans les charniers, ce qui relance les rumeurs concernant un trafic d’organes. Ce genre de rumeur est “trop monstrueux pour y croire”, mais en 2010, 4 médecins ukrainiens avaient été arrêtés pour trafic d’organes. L’enquête sur le trafic d’organes de Serbes tués au kosovo est toujours en cours.

Il y a de plus en plus de rumeurs et de nouvelles. Trop monstrueuses pour y croire. Mais nous sommes obligés d’y donner foi, car le massacre est une réalité.

47 réponses à Actu’Ukraine, 27 septembre, par Nicolas

http://www.les-crises.fr/actu-ukraine-27-septembre/

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La menace de guerre et la réponse russe, par Sergei Glaziev. Le blog d'Olivier Berruyer.

29 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine, #L'OTAN., #La mondialisation, #Europe supranationale, #La guerre

La menace de guerre et la réponse russe, par Sergei Glaziev. Le blog d'Olivier Berruyer.

Voici un très récent article de Sergei Glaziev sur la vision russe du problème. À prendre comme toujours avec recul et esprit critique…

Comment mener une coalition et éviter un conflit mondial

Sergei Glaziev est un des conseillers du Président de la Fédération de Russie et membre de l’Académie des Sciences russe.

Résumé : Le monde a besoin d’une coalition de forces solides en faveur de la stabilité – une coalition mondiale anti-guerre avec un projet positif de réorganisation de l’architecture financière et économique internationale, sur les principes du bénéfice mutuel, de l’équité et du respect des souverainetés.

Les actions américaines en Ukraine devraient non seulement être classées comme hostiles pour ce qui concerne la Russie, mais aussi comme visant une déstabilisation mondiale. Les États-Unis provoquent ce qui est essentiellement un conflit international pour sauvegarder leur autorité géopolitique, financière et économique. La réponse doit être systémique et complète, visant à mettre à jour la domination politique des États-Unis et à y mettre fin, et, plus important, à saper leur pouvoir politico-militaire basé sur l’émission du dollar comme monnaie de réserve.

Le monde a besoin d’une coalition de forces solides en faveur de la stabilité – une coalition mondiale anti-guerre avec un projet positif de réorganisation de l’architecture financière et économique internationale, sur les principes du bénéfice mutuel, de l’équité et du respect des souverainetés.

LIMITER L’ARBITRAIRE DES ÉMETTEURS DE MONNAIE DE RÉSERVE

Cette coalition pourrait inclure les grands États indépendants (BRICS) ; les États émergents (la plus grande partie de l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine) contre lesquels le système financier et économique actuel a exercé des discriminations ; les États de la CEI intéressés par un développement équilibré et sans conflits ; et les nations européennes non préparées à obéir au diktat méprisant des États-Unis. La coalition devrait prendre des mesures pour éliminer les causes fondamentales de la crise mondiale, y compris :

  • l’émission incontrôlée des monnaies de réserve mondiales, qui permet aux émetteurs d’abuser de leur position dominante, accroissant ainsi les disproportions et les tendances destructrices du système financier et économique mondial ;

  • l’incapacité des mécanismes existants de régulation des banques et des institutions financières à écarter les risques excessifs et les bulles financières ;

  • un potentiel de croissance épuisé au sein du système économique dominant basé sur la technologie et le manque de conditions pour en créer un nouveau, y compris des investissements insuffisants pour l’utilisation à grande échelle des solutions techniques de base.

Les conditions doivent être créées pour permettre aux autorités fiscales nationales de prêter de l’argent pour construire une économie basée sur les nouvelles technologies et réaliser la modernisation économique et pour encourager l’innovation et les affaires dans les secteurs de croissance potentielle. Les émetteurs des monnaies de réserve doivent garantir leur stabilité en maîtrisant leur dette nationale, leur balance de paiements et leur balance commerciale. Ils devront également employer des mécanismes transparents d’émission monétaire et assurer le libre échange pour tout arbitrage d’actifs dans leurs pays.

Un autre élément important que les émetteurs de monnaies de réserve doivent observer est le respect des lois honnêtes de la concurrence et un accès non discriminatoire aux marchés financiers. D’autres pays respectant ce genre de contraintes devraient être en mesure d’utiliser leur monnaie nationale comme instrument d’échange et en permettre également l’usage comme monnaie de réserve par les pays avec qui ils sont associés. Il serait bon d’envisager le regroupement des monnaies nationales prétendant au statut de réserve régionale ou mondiale en catégories dépendantes du degré de respect de certains standards par les émetteurs.

Au-delà de l’établissement de règles pour les émetteurs de monnaies de réserve mondiales, des mesures devraient être prises pour renforcer le contrôle sur les mouvements de capitaux, afin de prévenir les attaques de la spéculation qui déstabilisent les monnaies nationales et internationales ainsi que le système financier. Il sera nécessaire aux membres de la coalition d’interdire les transactions avec les juridictions off-shore et ne pas permettre l’accès au refinancement aux banques et sociétés créées avec des résidents off-shore. L’usage des monnaies ne respectant pas ces règles ne devrait pas être autorisé pour les règlements internationaux.

Une remise à niveau majeure des institutions financières internationales est nécessaire pour assurer le contrôle des émetteurs de monnaie globale de réserve. Les pays participants doivent être représentés honnêtement suivant des critères objectifs tels que leur part dans la production mondiale, dans les échanges et la finance, leurs ressources naturelles et leur population. Les mêmes critères devraient s’appliquer au panier de monnaies de pays émergents pour le nouveau DTS (Droits de Tirage Spéciaux) qui peut être utilisé comme un étalon permettant de déterminer la valeur des monnaies nationales, incluant les monnaies de réserve. À l’origine, ce panier devrait contenir les monnaies des membres de la coalition d’accord pour observer ces règles.

De telles réformes ambitieuses nécessiteront un support législatif et institutionnel approprié. À ce dessein, les décisions de la coalition devraient avoir le statut d’engagements internationaux et les institutions de l’ONU, d’autres organisations internationales représentatives ainsi que tous les pays intéressés dans la réforme devraient être largement impliqués.

Pour encourager l’application au niveau mondial des réussites socialement importantes de ce nouveau mode technologique, les pays vont devoir concevoir un système international de planification stratégique du développement socio-économique. Il doit inclure des projections à long terme de développement scientifique et technologique ; définir les perspectives pour l’économie mondiale, les associations régionales et les pays phares; s’intéresser aux moyens de surmonter les différences, y compris le fossé entre les développements des économies industrialisées et émergentes et définir les priorités et objectifs pour les organisations internationales.

Les États-Unis. et autres pays du G7 rejetteront probablement ces propositions de réforme du système monétaire et financier international sans discussion, de peur de voir s’ébranler le monopole leur permettant l’émission incontrôlée de monnaie mondiale. Tout en engrangeant d’énormes bénéfices de ce système, les pays occidentaux phares limitent l’accès à leurs propres actifs, technologies et marché du travail en imposant de plus en plus de restrictions.

Si le G7 refuse de « faire de la place » à la coalition anti-guerre dans les agences dont dépendent les organisations financières internationales, celle-ci devra se rendre maîtresse d’une synergie assez grande pour créer des régulateurs mondiaux alternatifs.

Les BRICS pourraient servir de banc d’essai et prendre les mesures suivantes pour maintenir leur sécurité économique :

  • créer un système de paiement universel pour les membres des BRICs et émettre des cartes de paiement rassemblant l’Union Pay Chinoise, l’ELO brésilienne, le RuPay indien ainsi que des systèmes de paiements russes ;
  • construire un système d’informations et d’échanges interbancaires comparable au SWIFT et qui fonctionnerait de manière indépendante des États-Unis et de l’Union Européenne ;
  • fonder ses propres agences de notation.

LA RUSSIE, LEADER MALGRÉ ELLE

La Russie aura un rôle de leader dans la mise en place d’une coalition contre les États-Unis car elle est hautement vulnérable et ne sortira pas vainqueur de la confrontation en cours sans une telle alliance. Si la Russie échoue à faire preuve d’initiative, le bloc anti-russe que les États-Unis sont en train de former absorbera ou neutralisera les alliés potentiels de la Russie. La guerre contre la Russie, à laquelle États-Unis poussent l’Europe, peut bénéficier à la Chine, car l’affaiblissement des États-Unis, de l’Union européenne et de la Russie permettra à Pékin d’atteindre plus facilement un leadership mondial. De même, le Brésil pourrait céder aux pressions des États-Unis tandis que l’Inde se concentrerait davantage sur la résolution de ses problèmes intérieurs.

La Russie a autant d’expérience en matière de direction dans la politique mondiale que les États-Unis. Elle possède la nécessaire autorité morale et culturelle ainsi que des capacités militaires et technologiques suffisantes. Mais l’opinion publique russe doit encore surmonter son complexe d’infériorité, retrouver une fierté historique pour les siècles d’efforts qu’elle a fourni afin de créer une civilisation qui a rassemblé de nombreuses nations et cultures et qui a sauvé de nombreuses fois l’Europe et l’humanité de l’auto-extermination. Elle a besoin de ramener une compréhension du rôle historique que le monde russe a joué en créant une culture universelle, de la Rus kiévienne, héritière spirituelle de l’Empire byzantin jusqu’à la fédération de Russie, qui a succédé à l’Union soviétique et à l’Empire russe. Le processus d’intégration eurasienne devrait être présenté comme un projet global destiné à restaurer et à développer un espace commun pour des nations qui, de Lisbonne à Vladivostok et de Saint-Pétersbourg à Colombo, ont vécu et travaillé ensemble.

UNE SYNTHÈSE SOCIAL-CONSERVATRICE

Un nouvel ordre mondial pourrait être fondé sur un concept de synthèse sociale-conservatrice en tant qu’idéologie qui combinerait les valeurs des religions mondiales avec les acquis de l’État-providence, ainsi que le paradigme scientifique du développement durable. Ce concept devrait servir de programme positif pour construire une coalition anti-guerre et établir des principes universellement compréhensibles destinés à rationaliser et à harmoniser les relations sociales, culturelles, et économiques dans le monde.

Les relations internationales ne peuvent être harmonisées que sur la base de valeurs fondamentales partagées par toutes les cultures et civilisations majeures. Ces valeurs incluent la non-discrimination (égalité) et le fait de s’accepter mutuellement, un principe que déclarent toutes les confessions sans que l’on ait besoin de diviser les gens entre « nous » et « eux ». Ces valeurs peuvent être exprimées à travers des notions de justice et de responsabilité, ainsi qu’en formes légales des droits de l’homme et des libertés.

La valeur fondamentale d’un individu et l’égalité de tous, indépendamment de toute religion, ethnie, classe, ou autre arrière-plan, doit être reconnue par toutes les confessions. Cela découle, du moins dans les religions monothéistes, de la perception de l’unité de Dieu et du fait que chaque type de foi offre son propre chemin vers le salut. Cette vision permet d’éliminer les conflits religieux et ethniques violents tout comme elle permet à chaque individu de faire un libre choix. Mais des mécanismes légaux doivent être en place pour rendre possible cette participation des confessions à la vie publique et à la résolution des conflits sociaux.

Cette approche permettra de neutraliser un des instruments les plus destructeurs de cette guerre mondiale du chaos qu’emploient États-Unis : l’utilisation des luttes religieuses pour pousser à des conflits religieux et ethniques qui se transforment ensuite en guerres civiles et régionales.

Le rôle de la religion, en façonnant la politique internationale, fournira la base morale et idéologique nécessaire à la prévention des conflits ethniques et à la résolution des tensions ethniques, en utilisant des instruments nationaux de politique sociale. De nombreuses religions peuvent être aussi impliquées dans la planification de la politique sociale, fournissant ainsi un cadre moral pour les décisions des gouvernements, restreignant les attitudes de permissivité et de laxisme qui dominent les esprits des élites au pouvoir dans les pays développés, et ramenant une compréhension de la responsabilité sociale des autorités vis à vis de la société. Alors que les valeurs contestées de l’État-providence gagnent un fort soutien idéologique, les partis politiques devront reconnaître l’importance des limites éthiques qui protègent les principes fondamentaux de la vie humaine.

Le concept de synthèse sociale-conservatrice sera la base idéologique de réforme de la monnaie internationale, des relations financières et économiques en se fondant sur les principes de justice, de respect mutuel de la souveraineté nationale et d’échanges mutuellement avantageux. Cela exigera certaines restrictions de la liberté de forces du marché qui pratiquent constamment une discrimination à l’encontre de la plupart des personnes et des pays en limitant leur accès à la richesse.

Le mondialisme libéral a miné la capacité des pays à influencer la distribution du revenu national et des richesses. Les multinationales délocalisent sans contrôle les ressources auparavant contrôlées par des gouvernements nationaux. Ces derniers doivent opérer des coupes dans les prestations sociales pour préserver l’attractivité de leurs économies. Les investissements sociaux publics, dont les bénéficiaires n’ont plus d’identité nationale, ont perdu leur puissance. À mesure que l’oligarchie qui a pour centre les États-Unis capte une part grandissante du revenu généré par l’économie mondiale, le niveau de vie s’érode dans les économies ouvertes et la difficulté d’accès à la richesse publique s’accroît. Pour surmonter ces tendances destructrices, il sera nécessaire de changer toute l’architecture des relations financières et économiques et de restreindre le libre mouvement du capital. Cela devrait être fait pour empêcher les multinationales d’échapper à leur responsabilité sociale d’une part, et pour égaliser les coûts des politiques sociales partagés par les états d’autre part.

La première chose implique d’éliminer les juridictions offshore, qui permettent l’évasion fiscale, et de reconnaître les droits des états à réguler les mouvements de capitaux transfrontaliers. La seconde signifierait établir des critères sociaux minimaux pour assurer l’amélioration accélérée de la sécurité sociale dans les pays relativement pauvres. Cela peut être fait en créant des mécanismes internationaux pour équilibrer les niveaux de vie, ce qui, en retour, demandera un financement approprié.

En travaillant conformément au concept de synthèse sociale-conservatrice, la coalition anti-guerre peut réformer le système de sécurité sociale mondial. Une redevance de 0,01% sur les opérations de changes de devises pourrait financer des mécanismes internationaux prévus pour égaliser les niveaux de vie. Cette redevance (de plus de 15 000 milliards de dollars par an) pourrait être facturée sous un accord international et les législations fiscales nationales et transférée aux organisations internationales comme la Croix-Rouge (prévention et intervention lors des crises humanitaires causées par les catastrophes naturelles, guerres, épidémies etc) ; l’Organisation Mondiale de la Santé (prévention des épidémies, réduction de la mortalité infantile, vaccinations, etc) ; l’Organisation Internationale du Travail (surveillance mondiale des normes de sécurité et du droit du travail, y compris des salaires conformes aux niveaux minima de subsistance, interdiction du travail des enfants et du travail forcé, migrations économiques) ; la Banque mondiale (construction d’infrastructures sociales – réseaux d’approvisionnement en eau, routes, évacuation des eaux usées, etc) ; l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (UNIDO) (transfert de technologies aux pays en développement) et l’UNESCO (soutien à la coopération internationale en sciences, éducation et culture, protection des héritages culturels). Les dépenses devront être faites selon les budgets approuvés par l’Assemblée générale des Nations Unies.

Une autre tâche consisterait dans la création d’un système mondial de protection de l’environnement financé par les pollueurs. Ceci peut être fait par la signature d’un accord international qui établirait des amendes généralisées pour la pollution et affecterait les sommes récoltées à la protection de l’environnement, sous des législations nationales, et sous la supervision d’une organisation internationale autorisée. Une partie de cet argent devrait être allouée à des activités liées aux problématiques environnementales mondiales et à la surveillance. Un mécanisme alternatif peut être fondé sur le marché des quotas de pollution, sous le protocole de Kyoto.

Un aspect important est la création d’un système mondial pour éliminer l’illettrisme et assurer l’accès public à l’information et à une éducation moderne, à travers le monde. Cela demandera la standardisation des exigences minimales pour une éducation primaire et secondaire complètes, et le financement des pays en voie de développement avec des revenus générés par le système de taxes ci-dessus. Il doit y avoir un système universellement accessible d’éducation de troisième cycle fourni par les plus grandes universités des pays industrialisés. Ces dernières peuvent établir des quotas d’admission d’étudiants étrangers sélectionnés sur concours internationaux et financés par la même source. De façon simultanée, les universités participantes pourraient instaurer un système d’enseignement à distance pour toutes les personnes détentrices d’un diplôme de fin d’études secondaires. L’UNESCO et la Banque mondiale pourraient s’engager à créer et à soutenir l’infrastructure d’information nécessaire, en tirant leurs fonds de la même source.

HARMONISATION ANTI-CRISE DE L’ORDRE MONDIAL

Le fossé grandissant entre pays riches et pays pauvres menace le développement et l’existence même de l’humanité. Ce fossé est créé et maintenu par des institutions nationales, aux États-Unis et dans les pays alliés, qui s’arrogent un certain nombre de fonctions sur les échanges économiques internationaux dans leur propre intérêt. Ils ont monopolisé le droit à l’émission de monnaies mondiales et en utilisent les revenus pour leurs propres bénéfices, donnant un accès illimité aux prêts à leurs banques et sociétés. Ils ont monopolisé les droits de définition des standards techniques permettant à leur industrie de maintenir une suprématie technologique. Ils ont imposé au monde leurs propres lois sur les échanges internationaux, imposant aux autres pays l’ouverture de leurs marchés et limitant de manière substantielle leur propre capacité d’action sur la compétitivité de leurs économies nationales. Finalement, ils ont forcé la majorité des pays à ouvrir leurs marchés des capitaux, permettant de ce fait la domination de leur propres nababs financiers, qui ne cessent de multiplier leur richesse en exerçant un monopole sur la monnaie.

Il est impossible d’envisager avec succès un développement socio-économique durable sans élimination de l’usage, pour des intérêts privés ou nationaux, du monopole sur les échanges économiques internationaux. Des restrictions nationales et mondiales peuvent être imposées pour soutenir le développement durable, harmoniser les affaires publiques mondiales, et éliminer les discriminations dans les relations économiques internationales.

Afin d’empêcher une catastrophe financière mondiale, des mesures urgentes doivent être prises pour créer à la fois une nouvelle monnaie sure et efficace ainsi qu’un système financier basé sur un échange mutuellement avantageux des monnaies nationales. Ce nouveau système exclurait l’appropriation par une prééminence mondiale pour des intérêts privés ou nationaux.

Pour égaliser les chances de développement socio-économique, les économies émergentes doivent avoir un accès libre aux nouvelles technologies conditionné à leur promesse de non usage à des fins militaires. Les pays se conformant à ces restrictions et donnant accès aux informations concernant leurs budgets militaires seront exemptes des contraintes de contrôle de leurs exportations et recevront de l’assistance pour l’acquisition de nouvelles technologies de développement.

Un mécanisme international empêchant les multinationales d’abuser de leur monopole sur le marché assurerait une concurrence loyale. L’OMC pourrait assurer un contrôle anti-trust grâce à un accord spécial engageant tous les états membres. Ceci permettrait aux entités économiques de demander l’élimination des abus de monopole commis par les multinationales ainsi que la compensation des pertes résultant de tels abus en imposant des sanctions contres les entités fautives. En plus des prix sur ou sous-facturés, des tromperies sur la qualité ou autres exemples de concurrence déloyale, les salaires inférieurs au niveau régional du minimum de subsistance tel que défini par l’OMT devraient également être considérés comme un abus. De plus, devrait exister une régulation raisonnable des prix pour les produits et services émanant de monopoles régionaux ou mondiaux.

En raison d’échanges économiques inégalitaires, les pays devraient se réserver le droit de réguler leurs propres économies afin de pouvoir égaliser les niveaux de développement socio-économiques. En plus des mécanismes de protection contre la concurrence déloyale des marchés nationaux par l’OMC, cette égalisation pourrait se faire aussi en encourageant le progrès scientifique et technologique et en assurant le soutien de l’État à l’innovation et l’investissement; en établissant un monopole d’État sur l’usage des ressources naturelles; en introduisant le contrôle des monnaies pour limiter la fuite des capitaux et empêcher les attaques spéculatives sur les monnaies nationales; en maintenant le contrôle gouvernemental sur les industries stratégiques; et en utilisant d’autres mécanismes pour renforcer la compétitivité.

Une concurrence loyale dans les technologies de l’information est essentielle. L’accès aux réseaux mondiaux d’informations doit être garanti pour chacun, consommateur ou pourvoyeur. Ce marché peut être maintenu ouvert grâce à de strictes dispositions anti-trust qui ne permettront ni à des groupes ni à des pays d’être en position dominante.

Pour s’assurer du respect des règles nationales et internationales par les participants aux échanges économiques mondiaux, doivent exister des pénalités définies par un code international applicable par la cour sans tenir compte de sa juridiction nationale. Toutefois, faire appel auprès d’une cour internationale dont le jugement serait d’application obligatoire pour tous les états, devrait être possible. Des règles contraignantes et des pénalités pour non-respect des règles (à côté des pénalités infligées pour violation des lois nationales) donneraient aux accords internationaux préséance sur les lois nationales. Les pays ne respectant pas ces principes devraient voir leur participation aux activités économiques internationales limitée par l’exclusion de leur monnaie nationale des règlement internationaux, par des sanctions économiques contre leurs résidents et des limites mises à leurs opérations sur les marchés internationaux.

Pour renforcer tous ces changements fondamentaux dans les relations internationales, une coalition forte devra être créée, capable de surmonter la résistance des États-Unis et des pays du G7, qui recueillent d’énormes bénéfices de leur domination sur les marchés mondiaux et dans les organisations internationales. Cette coalition devrait être prête à utiliser des sanctions contre les États-Unis et les autres pays qui refusent la priorité des obligations internationales sur les règlementations nationales. Rejeter le dollar américain dans les règlements internationaux serait le moyen de pression le plus efficace pour obtenir la collaboration des États-Unis.

La coalition anti-guerre devrait offrir une alternative à la course aux armements, comme un moyen d’encourager une nouvelle ère de développement technologique. Cette alternative conduirait à de larges coopérations internationales tournées vers la résolutions de probèmes mondiaux nécessitant la mise en commun des moyens pour créer des technologies d’avant-garde. Par exemple, il n’y a actuellement pas de solution pour protéger la planète de menaces venant de l’espace profond. Le développement de telles solutions requerra des avancées technologiques qui peuvent être atteintes en combinant les efforts des pays phares et par le partage des coûts.

Le paradigme du développement durable rejette la guerre en tant que tel. Au lieu de la confrontation et de la rivalité, il est basé sur la coopération et la collaboration comme un moyen de mettre en commun les ressources dans les domaines prometteurs de la recherche scientifique et technologique. À la différence de la course aux armements provoquée par la géopolitique, il peut fournir une meilleure base scientifique et organisationnelle pour gérer un nouveau mode technologique. Cela entraînera le développement de la santé, de l’éducation et de la culture, ce qui n’est que rarement stimulé par les dépenses pour la défense. Ces secteurs non-productifs et la science compteront pour au moins la moitié du PIB dans les grands pays industrialisés, dans les années à venir. Par conséquent, une solution d’avenir devrait comprendre le transfert du centre d’attention du gouvernement des dépenses de défense vers des programmes humanitaires, principalement de médecine et de sciences biologiques. Puisque l’état paie plus de la moitié des dépenses de santé, d’éducation, et de travaux scientifiques, un tel changement faciliterait la gestion systématique du développement socio-économique et endiguerait les tendances destructrices.

* * *

Un nouveau cycle d’élection commencera aux États-Unis en 2017, lequel va probablement faire la part belle à une rhétorique anti-russe en tant que base idéologique d’une guerre mondiale que Washington essaye de déclencher dans une tentative pour conserver son pouvoir. À ce moment là, la crise du système financier américain peut avoir abouti à des réductions de ses dépenses budgétaires, à la dévaluation du dollar, et au déclin du niveau de vie.

Des problèmes intérieurs et des crises de politique étrangère conduiront le gouvernement américain à une montée en puissance de ses tactiques agressives, tout en affaiblissant en même temps ses positions. Si la Russie mobilise son potentiel intellectuel, économique et militaire, elle aura une chance de passer à travers les conflits en 2015-2018 du fait que les États-Unis et ses alliés ne seront toujours pas préparés à une agression directe.

La Russie fera face à la période la plus dangereuse au début des années 2020 lorsque les pays industrialisés et la Chine devraient commencer leur modernisation technologique et que les États-Unis et d’autres pays Occidentaux sortiront de la dépression financière et feront un saut technologique en avant. Mais la Russie peut radicalement rester en retard technologique et économique en 2021-2025, ce qui détériorerait ses capacités de défense et conduirait à des conflits sociaux et ethniques internes en grande partie similaires à que ce qui s’est passé en Union soviétique à la fin des années 1980. Ces conflits seraient fomentés aussi bien depuis l’extérieur que l’intérieur, en utilisant les inégalités sociales, les écarts de développement entre des régions, et des problèmes économiques. Pour éviter le pire scénario possible menant à la désintégration du pays, la Russie devra adopter une politique extérieure et domestique systémique pour renforcer la sécurité nationale, assurer l’indépendance économique, améliorer la compétitivité internationale, stimuler le développement économique, mobiliser la société et améliorer l’industrie de défense.

Avant 2017, alors que les États-Unis commencent à menacer la Russie ouvertement et sur tous les fronts, l’armée russe devrait disposer d’armes modernes et efficaces, la société russe devrait être renforcée et être confiante en sa force, les intellectuels devraient maîtriser le nouveau modèle technologique, l’économie devrait se développer et la diplomatie russe devrait réussir à créer une large coalition contre la guerre et capable d’unir leurs efforts en vue d’arrêter l’agression américaine.

Sergei Glaziev

Source : GlobalAffairs.ru, 23/09/2014, traduction collective par les lecteurs du site www.les-crises.fr

http://www.les-crises.fr/la-menace-de-guerre-et-la-reponse-russe/

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L'humour aide à comprendre, excellente vidéo d'un américain comme on les aime! La Vérité Sera Dure À Entendre... Passez Le Message

29 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #La guerre, #L'OTAN.

La Vérité Sera Dure À Entendre... Passez Le Message

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Projection/débat le vendredi 3 octobre 2014 à Nice Garibaldi de 18h à 21h. « La Stratégie du Choc », d’après le livre de Naomi Klein.

28 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR"., #La guerre, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Ukraine, #L'OTAN., #Europe supranationale, #La mondialisation, #La nation ., #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013

L'association "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" organise une projection/débat le vendredi 3 octobre 2014 à Nice Garibaldi

de 18h à 21h.

« La Stratégie du Choc », d’après le livre de Naomi Klein.

 Film sorti en 2009,  réalisé par Michael Winterbottom et Mat Withecross d’après l’œuvre de Naomi Klein.

Film sorti en 2009, réalisé par Michael Winterbottom et Mat Withecross d’après l’œuvre de Naomi Klein.

Bonjour.

Le monde est plongé dans le chaos et la violence. Les guerres économiques et les guerres traditionnelles plongent de nombreux pays dans la misère et parfois dans la barbarie.

Le livre remarquable de Naomi Klein* « La Stratégie du choc. La montée du capitalisme du désastre » sorti en 2008, permet de comprendre un peu mieux le monde où nous vivons. L’analyse de l’auteur permet de voir les liens entre le coup d’état du 11 septembre 1973 au Chili, le massacre de la place Tiananmen en 1989, l’effondrement de l’Union Soviétique, le naufrage de l’épopée Solidarnosc en Pologne, les difficultés rencontrées par Mandela dans l’Afrique du Sud postapartheid, les attentats du 11 septembre 2001, les guerres en Irak, le cyclone « Katrina » qui dévasta la Louisiane et particulièrement la Nouvelle-Orléans en 2005, le naufrage organisé de la Grèce, la destruction de la Libye, la prison à ciel ouvert qu’est Gaza, le terrorisme en Syrie, la guerre civile en Ukraine, la pratique de la torture partout et en tous lieux.

Ce livre remarquable permet d’éveiller les consciences à ces pratiques modernes. Il permet de mieux comprendre l’idéologie du Choc des Civilisations. Cette idée théorisée par Samuel Huntington est toujours d’actualité. Elle est appliquée actuellement par les néoconservateurs. Ils sont très puissants dans les pays occidentaux.

En 2009 est sorti le film éponyme réalisé par Michael Winterbottom et Mat Withecross d’après l’œuvre de Naomi Klein. Cette œuvre fidèle au livre permet de résister à la barbarie et de trouver le chemin de l’espoir.

Il faut le voir et le revoir.

L’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR » organise la projection de ce document suivie d’un débat, le vendredi 3 octobre 2014 de 18h à 21h à la salle Avelanie de la Maison des Associations de Nice Garibaldi.

L’entrée est libre et gratuite.

Pour plus de renseignements, téléphonez au : 06 82 97 97 77.

A bientôt.

Bien cordialement.

Lucien PONS. Président de l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR »

Colloque sur "Le terrorisme comme arme systématique de destruction". Les conférenciers; Robert Charvin, Ayssar Midani et Michel Colon.

https://www.youtube.com/watch?v=yy4hIzcXg7o&feature=youtu.be

*Naomi Klein Journaliste, essayiste et réalisatrice, diplômée de la prestigieuse « London School of Economics ». Elle est l’auteur du best-seller international « No Logo », traduit dans vingt-huit langues et devenu une référence incontournable dans le monde entier. Elle contribue régulièrement à la rubrique internationale de « The Nation » et « The Guardian ». Elle s’est rendue en Irak pendant la deuxième guerre du golfe pour le magazine « Harper’s ». En 2004, elle a réalisé un film documentaire « The Take », sur l’occupation des usines en Argentine, qu’elle a coproduit avec le réalisateur Avi Lewis. En 2008 elle écrit le best-seller « La Stratégie du Choc ». Elle a participé également à l’élaboration du film du même nom.

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La crèche Baby-Loup va déposer le bilan Par Anne Jouan Pour le journal "Le Figaro"

26 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Laïcité, #Services publics, #Politique intérieure, #"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR".

La crèche Baby-Loup va déposer le bilan

  • Par Anne Jouan Pour le journal "Le Figaro". Le 26/09/2014
Un tiers des familles utilisant la crèche Baby-Loup sont monoparentales et deux tiers financièrement fragiles. Crédits photo : François BOUCHON/Le Figaro

Un tiers des familles utilisant la crèche Baby-Loup sont monoparentales et deux tiers financièrement fragiles. Crédits photo : François BOUCHON/Le Figaro

INFO LE FIGARO - La crèche qui est devenue le symbole de la laïcité devait recevoir une enveloppe de 400.000 euros de la municipalité. Mais le nouveau maire UMP de Conflans-Sainte-Honorine ne lui accordera a priori que 90.000 euros.

La crèche dont le budget annuel est de 1,2 million d'euros (financé à 80% par les institutions publiques) est à la veille du dépôt de bilan. L'ancienne municipalité de gauche avait décidé d'allouer un budget de 400.000 euros pour l'association au titre de l'année 2014. Mais le nouveau maire UMP de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), Laurent Brosse ne semble pas disposé à honorer les engagements de son prédécesseur. Diverses personnalités UMP dont Laurent Wauquiez ont été sollicités par des proches de Baby-Loup pour essayer de faire bouger les choses. La Fondation de Carla Bruni a également été approchée.

Ce soir, doit se tenir une réunion entre le maire et les représentants de la crèche avant le comité municipal de lundi soir. Mais selon nos informations, le maire n'a pas l'intention de verser les 400.000 euros à Baby-Loup. «Le vote de lundi portera sur 90.000 euros», explique-t-il. «Entre 90.000 et 120.000 euros, ce ne sera pas possible de survivre, cela signifie que l'on se moque de nous. La somme serait ridicule, estime de son côté Natalia Baleato, la directrice de l'établissement. À moins de 300.000 euros de la part de la mairie, nous ne pourrons plus travailler». Le maire se défend en expliquant que l'engagement de son prédécesseur avait été pris dans un simple courrier adressé à la crèche et non à l'issue d'un vote du conseil municipal. «Cette promesse ne reposait donc sur rien», assure-t-il. Et de conclure: «Le combat pour la laïcité, ce n'est pas mon problème. J'ai des finances à gérer. Pour nous, la question n'est pas la laïcité mais l'équité avec les autres crèches de Conflans, notamment les crèches municipales».

La Cour de cassation avait donné raison à l'association

Après 22 années à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), la crèche avait été contrainte de déménager à la fin de l'année dernière pour s'installer à sept kilomètres de là, à Conflans suite à des revendications communautaires de plus en plus pressantes. Organisation unique en France, Baby-Loup a été crée en 1991. L'établissement est ouvert 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Son objectif était de créer un mode de garde permettant aux parents, surtout aux femmes seules, de travailler, et d'accueillir des enfants dont le père ou la mère travaille en horaires décalés. Le militantisme de Baby-Loup ne concerne donc pas la revendication de la laïcité mais l'insertion sociale. La laïcité s'est imposée pour faire coexister des cultures et des milieux différents: personnel hospitalier, salariés de la restauration et de l'hôtellerie, femme de ménage, pompier, gardien de prison, policier, pilote de ligne, hôtesse de l'air, médecin. Un tiers des familles sont monoparentales et deux tiers financièrement fragiles.

En juin dernier, la Cour de cassation avait mis un point final à la saga judiciaire qui durait depuis six ans. Et elle avait donné raison à Baby-Loup: oui, la crèche était dans son bon droit en licenciant une salariée voilée. L'Assemblée plénière de la Cour avait en effet estimé qu'une personne privée, en l'espèce une association, peut restreindre la liberté de ses salariés de manifester leurs convictions religieuses sur leur lieu de travail. Si l'histoire est devenue le symbole du combat pour la laïcité, il s'agit en réalité au départ d'un banal conflit social. Devenue directrice adjointe, Fatima Afif est absente de la crèche pendant six ans pour congé maternité puis parental. À son retour en 2008, elle fait savoir à son employeur qu'elle ne souhaite plus rester et demande une rupture conventionnelle que la crèche refuse: si elle veut partir, il lui faut démissionner. C'est à la suite de ce refus qu'elle revient travailler voilée alors qu'elle sait, puisqu'elle a participé à la rédaction du règlement intérieur, que les signes religieux sont interdits au sein de la crèche. Elle est licenciée.

Les parents ont organisé un comité de défense de Baby-Loup.

La crèche Baby-Loup va déposer le bilan

INFO LE FIGARO - La crèche qui est devenue le symbole de la laïcité devait recevoir une enveloppe de 400.000 euros de la municipalité. Mais le nouveau maire UMP de Conflans-Sainte-Honorine ne lui accordera a priori que 90.000 euros.

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La rédaction vous conseille :

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/09/26/01016-20140926ARTFIG00108-la-creche-baby-loup-va-deposer-le-bilan.php

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Paris bombarde en Irak et n'exclut plus de frapper en Syrie. Par Alain Barluet sur "Le Figaro".

26 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #Politique étrangère, #L'OTAN.

Paris bombarde en Irak et n'exclut plus de frapper en Syrie

Un des deux avions de chasse Rafale français engagés dans le ciel irakien, jeudi matin. Crédits photo : Etat-major des armées/armée de l'air.

Un des deux avions de chasse Rafale français engagés dans le ciel irakien, jeudi matin. Crédits photo : Etat-major des armées/armée de l'air.

Un Conseil de défense a décidé jeudi d'augmenter l'aide à l'opposition syrienne.

Au lendemain de l'assassinat d'Hervé Gourdel, la France a affiché sa détermination à agir militairement contre le djihadisme. Pour la deuxième fois en une semaine, deux avions Rafale ont mené des frappes dans le nord de l'Irak, près de Faloudja, à 60 km de Bagdad. Partis faire une mission de reconnaissance depuis la base d'al-Dhafra, aux Émirats arabes unis, les avions français, équipés de pods laser, ont largué quatre bombes GBU 12 de 250 kg sur quatre hangars contenant du matériel militaire, qui ont été détruits. L'intervention a été dirigée par l'amiral français commandant les forces situées dans la zone de l'océan Indien, en coordination avec le centre de contrôle des opérations aériennes américain, situé au Qatar.

Rentré de New York, François Hollande a réuni jeudi pendant plus d'une heure un Conseil de défense auquel participaient notamment Jean-Yves Le Drian, son homologue de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et le chef d'état-major des armées (CEMA), le général Pierre de Villiers. Outre un renforcement des mesures de prévention antiterroriste en France, l'Élysée a annoncé que la France «poursuivra son action en soutien des autorités irakiennes dans le cadre qui a été fixé afin d'affaiblir le groupe Daech», terme désignant l'État islamique. En clair, les frappes menées par les avions français en Irak se poursuivront jusqu'à ce que «l'intégrité» de ce pays soit «retrouvée», a déclaré un peu plus tôt le ministre de la Défense sur RTL.

«Le soutien à l'opposition syrienne modérée et sa branche militaire, l'Armée syrienne libre (ASL), va être « intensifié », a annoncé l'Élysée »

Quoique ne figurant pas dans le communiqué de l'Élysée, la question de frappes en Syrie a également été posée. Il n'est pas exclu qu'elle évolue à l'avenir, à défaut d'avoir encore été tranchée. Les Américains sont engagés dans le ciel syrien, ce qui n'est pas le cas des Français jusqu'à présent. Cette semaine, à New York, François Hollande et Laurent Fabius ont répété que la France n'avait pas l'intention de mener des opérations aériennes en Syrie. «On ne peut pas tout faire, il convient de bien faire», dans le cadre d'un «partage des tâches», a notamment souligné le chef de l'État lors d'une conférence de presse à l'ONU. Mais tout en rappelant que la priorité de la France était l'Irak, le ministre de la Défense a reconnu que l'hypothèse n'était pas totalement exclue. «C'est une question qui est posée», a déclaré Jean-Yves Le Drian sur RTL, ajoutant toutefois que «cette opportunité ne se présente pas aujourd'hui». «On verra dans les jours qui viennent comment évolue la situation», a-t-il relevé.

À la pointe depuis des mois pour dénoncer le régime de Bachar el-Assad, considéré comme l'«allié objectif des djihadistes», Paris envisage avec réticence toute initiative qui bénéficierait au dictateur. En revanche, le soutien à l'opposition syrienne modérée et sa branche militaire, l'Armée syrienne libre (ASL), va être «intensifié», a annoncé l'Élysée. La France souhaite également renforcer la coopération internationale avec les États soucieux de lutter contre le phénomène des combattants étrangers, sujet crucial sur lequel une résolution a été adoptée mercredi par le Conseil de sécurité de l'ONU.

http://www.lefigaro.fr/international/2014/09/25/01003-20140925ARTFIG00345-paris-bombarde-en-irak-et-n-exclut-plus-de-frapper-en-syrie.php

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Article repris sur "FIGAROVOX". Un collectif de musulmans de France : «Nous sommes aussi de “sales Français”».

26 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation ., #La guerre, #Israël - palestine - Moyen-Orient, #La Syrie - La Libye - l'Iran -

Un collectif de musulmans de France : «Nous sommes aussi de “sales Français”»

  Crédits photo : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT/AFP

Crédits photo : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT/AFP

FIGAROVOX/TRIBUNE- Ils sont médecins, politiques, avocats, français et musulmans. Ils expriment avec la plus grande force la répulsion que leur inspire l'assassinat d'Hervé Gourdel.

Bariza Khiari (première vice-présidente du Sénat), Madjid Si Hocine (médecin et militant associatif), Saad Khiari (cinéaste-auteur), Ghaleb Bencheikh (président de la conférence mondiale des religions pour la paix), Farid Yaker (président du Forum France Algérie), Kamel Meziti (écrivain), Dounia Bouzar (anthropologue du fait religieux), Said Branine (journaliste rédacteur en chef d'Oumma.com), Humeyra Filiz (représentante de l'EMISCO auprés du conseil de l'Europe), l'ONG COJEP internationale, Anissa Meziti (présidente de l'association Agir contre le racisme), Abderahim Hamdani ( financier), Yasser Khaznadar (gériatre), Marwane Ben Yahmed (directeur de la publication de Jeune Afrique), Elie Melki (traducteur), Majed Nehmé (directeur de la rédaction d'Afrique Asie), Adel Kachermi (courtier en aviation), Kamel Kabtane (recteur de la Mosquée de Lyon), Faycal Megherbi (avocat au barreau de Paris), Kamel Maouche (avocat au barreau de Paris)

Un de nos compatriotes, tombé entre les mains d'un groupe de barbares fanatisés, vient d'être assassiné et a rejoint ainsi la liste des otages qui ont servi d'exutoire au nom d'un prétendu islam dans lequel aucun de nous ne se reconnaît nullement. Nous musulmans de France, ne pouvons qu'exprimer notre répulsion et dénoncer avec la dernière énergie des crimes abominables perpétrés au nom d'une religion dont les fondements mêmes sont la paix, la miséricorde et le respect de la vie.

Nous dénions à ces êtres sauvages le droit de se revendiquer de l'islam et de s'exprimer en notre nom. Les supplices et la mort qu'ils ont infligés à nos frères chrétiens, yazidis ou musulmans, en Syrie, en Irak, au Nigeria et ailleurs, nous ont révulsés et nous ont rendus encore plus malheureux de ne pouvoir faire rien d'autre que d'exprimer notre solidarité et notre immense compassion.

Faut-il pour autant se contenter d'exprimer notre solidarité sans aller plus loin dans l'expression de notre fraternité? Non! Car il est de notre devoir, au nom précisément de cette religion de paix et du véritable islam, d'appeler tous les musulmans qui veulent rester fidèles à ces valeurs cardinales, à exprimer, là où ils sont et quelles que soient les circonstances, leur dégoût devant cette ultime manifestation de la barbarie.

Il est de notre devoir, au nom précisément de cette religion de paix et du véritable islam, d'appeler tous les musulmans qui veulent rester fidèles à ces valeurs cardinales, à exprimer, là où ils sont et quelles que soient les circonstances, leur dégoût devant cette ultime manifestation de la barbarie.

Certes, cette majorité de musulmans n'est pas toujours audible, faute d'avoir accès aux médias, ou dans l'incapacité de créer elle-même ses propres outils de communication, pour rétablir l'image déformée que l'on renvoie d'eux et qui en fait soit des djihadistes, soit des fondamentalistes mais jamais des citoyens ordinaires soucieux de vivre leur foi dans le cadre des lois de la République et de sauvegarder les traditions et les cultures qui constituent chaque citoyen français dans la diversité de ses origines.

Nous, Français de France et de confession musulmane, tenons à exprimer avec force notre totale solidarité avec toutes les victimes de cette horde de barbares, soldats perdus d'un prétendu État islamique, et dénonçons avec la dernière énergie toutes les exactions commises au nom d'une idéologie meurtrière qui se cache derrière la religion islamique en confisquant son vocabulaire.

Personne ne peut s'arroger le droit de s'exprimer en notre nom, et, pour mieux attester de notre solidarité dans les circonstances dramatiques actuelles, nous revendiquons l'honneur de dire que «nous sommes aussi de sales Français».

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/09/25/31003-20140925ARTFIG00105-un-collectif-de-musulmans-de-france-nous-sommes-aussi-de-sales-francais.php

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Pour chercher et construire les fondements d'une école "du peuple"... Par Michel Peyret.

25 Septembre 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ecole, #La nation ., #Politique intérieure

25 sept. 2014

Pour chercher et construire les fondements d'une école "du peuple"...

Dans ce contexte dont on ne sait s’il est favorable ou pas, plusieurs mouvements pédagogiques ont décidé d’initier des rencontres pour chercher et construire les fondements d’une école « du peuple ». Difficile de savoir par où commencer, tant la tâche est immense. La situation est comparable à celle que vivent les Français dans leur ensemble vis-à-vis de la politique générale actuelle : tout le monde s’accorde pour dire que le cap n’est pas le bon, chacun sait bien que les remèdes annoncés ne guériront pas le mal. Les forces dites « radicales » ou révolutionnaires ont beau clamer contre le fantôme de Thatcher et son fameux « There Is No Alternative » (TINA) que cette alternative existe bien, elles ont du mal à en faire la démonstration, ou même à la définir. C’est ce qui a poussé le journaliste Serge Halimi à faire des propositions fort intéressantes dans un récent numéro du Monde diplomatique, précisant que « plus elles paraissent ambitieuses, plus il importe de les acclimater sans tarder, (…) sans jamais oublier que leur rudesse éventuelle doit être rapportée à la violence de l’ordre social qu’elles veulent défaire. »

Une telle alternative existe-t-elle bel et bien ? Peut-elle devenir une réalité concrète ?

Michel Peyret

A quand un Manifeste de la révolution éducative ?

Questions de Classe(S)

3 septembre 2014

Thomas Pagotto

Souvent, en France, quand une manifestation d’enseignants a lieu, on peut lire des pancartes « Jules (Ferry), reviens, ils sont devenus fous ! ». Pourtant, si nous en sommes là aujourd’hui, c’est bien parce que le système mis en place par Ferry dans les années 1880 a réussi à perdurer. Lui, l’apôtre de la colonisation, a aussi prôné une colonisation des esprits en France métropolitaine. Aujourd’hui, le système scolaire qu’il a légué en héritage (avec d’autres, Guizot notamment) fait de plus en plus débat.

Les évaluations internationales PISA et PIRLS, avec toutes les réserves que l’ont peut avoir sur leur pertinence, ont le mérite d’alerter l’opinion sur la médiocrité de notre système. De Telerama au Monde Diplomatique, de nombreux médias interrogent désormais les règles du jeu scolaire. Tous les acteurs, qu’ils soient élèves, parents, ou enseignants, qui vivent chaque jour l’imposture de l’égalité des chances d’un côté, et la réalité de la reproduction sociale, de la violence symbolique et de la fabrique de l’impuissance de l’autre, sentent, savent, que les dés sont pipés, et que quelque chose doit être fait.

Mais ce qui est moins connu, c’est le fait que notre modèle éducatif à été conçu pour être inégalitaire. D’un côté, le lycée destiné aux élites de la Nation. De l’autre, l’école primaire, jusqu’au certificat d’étude, pour « le peuple ». Ce peuple qui à la fin du XIXe siècle commence à déserter les campagnes pour aller travailler en ville, dans l’industrie et les usines. Pour répondre aux besoins de main-d’œuvre créés par la révolution industrielle, il faut donc éduquer suffisamment les paysans pour qu’ils soient capables de se muer en prolétaires urbains, mais pas trop non plus pour éviter qu’ils ne remettent en cause leur condition de classe dominée par la bourgeoisie. Pour ce peuple, pas besoin de trop réfléchir donc : des exercices simples, répétitifs, dénués de sens, de liens, et la méthode de lecture qui va avec : l’écrit est une traduction de l’oral, on part donc des « sons » que font les lettres (!) pour déchiffrer syllabe après syllabes des mots, puis des phrases aussi riches que « la poule appelle ses petits »... On sépare les enfants en classes d’âge, on segmente les disciplines entre elles, pour simplifier... Et éviter de développer une pensée complexe et transversale chez ce peuple, qui pourrait faire des liens entre les choses au point de vouloir les changer !

L’objectif affiché de Jules Ferry, en-dehors de conditionner la future chair à canon qui arrachera l’Alsace et la Lorraine aux griffes des « boches », est de « fermer l’ère des révolutions » : c’est d’ailleurs ce qu’il annonce aux députés monarchistes de l’Assemblée Nationale pour les rassurer et consoler les congrégations religieuses qui perdent leur monopole éducatif.

Dans les années 60, la sociologie critique de Pierre Bourdieu met le doigt sur les conséquences actuelles de ce système à deux vitesses, devenu encore plus pervers avec la mise en place du collège unique : un collège pour tous, mais dont la pédagogie héritée de celle du lycée met en échec sciemment les élèves des classes populaires. Bourdieu explique que l’école républicaine reproduit les inégalités en évaluant sur ce qu’elle n’enseigne pas, qu’elle trompe tout le monde en proclamant une égalité des chances factice, et qu’elle exerce une violence symbolique brutale sur les dominés... Une école « pour le peuple », mais sans lui...

La prise de conscience actuelle n’est qu’un ressenti à grande échelle de ce que Bourdieu a démontré il y a 50 ans.

Mais quelles réponses à ces interrogations, ce sentiment, ce vécu ? Les rares optimistes, qui ont cru que la « Refondation » initiée par le ministère changerait quelque chose, ont pour la plupart déchanté. Beaucoup font ce qu’ils peuvent à leur échelle, dans leur classe, école, quartier, sans pouvoir complètement expérimenter ce qu’ils voudraient, par manque de temps, d’audace, de formation, de travail d’équipe, ou en raison d’une pression de la hiérarchie, des collègues ou des parents d’élèves...

En parallèle, depuis quelques temps, les écoles « alternatives » se multiplient, aussi bien en ville qu’en province. Certaines sont estampillées Montessori, d’autres Steiner, d’autres encore sont un mélange de plusieurs influences. Les publics concernés par ces établissements, les tarifs d’inscription, les relations avec l’Education nationale, et surtout les objectifs pédagogiques et politiques (quand ils sont évoqués) sont très variables, et n’ont souvent rien à voir avec une révolution éducative tendant vers une école « du peuple » (et non « pour lui »)...

Dans ce contexte dont on ne sait s’il est favorable ou pas, plusieurs mouvements pédagogiques ont décidé d’initier des rencontres pour chercher et construire les fondements d’une école « du peuple ». Difficile de savoir par où commencer, tant la tâche est immense. La situation est comparable à celle que vivent les Français dans leur ensemble vis-à-vis de la politique générale actuelle : tout le monde s’accorde pour dire que le cap n’est pas le bon, chacun sait bien que les remèdes annoncés ne guériront pas le mal. Les forces dites « radicales » ou révolutionnaires ont beau clamer contre le fantôme de Thatcher et son fameux « There Is No Alternative » (TINA) que cette alternative existe bien, elles ont du mal à en faire la démonstration, ou même à la définir.

C’est ce qui a poussé le journaliste Serge Halimi à faire des propositions fort intéressantes dans un récent numéro du Monde diplomatique, précisant que « plus elles paraissent ambitieuses, plus il importe de les acclimater sans tarder, (…) sans jamais oublier que leur rudesse éventuelle doit être rapportée à la violence de l’ordre social qu’elles veulent défaire. »

Parmi les idées portées par les forces altermondialistes, antilibérales et révolutionnaires, Halimi en retient trois qui pourraient constituer un socle sur lequel les forces en question pourraient s’appuyer pour « élaborer une stratégie, imaginer son assise sociale et ses conditions de réalisation politiques ». Les voici : la gratuité étendue à tous les besoins fondamentaux, sur le modèle de la sécurité sociale ; la remise à plat de la dette publique (voire son annulation pure et simple) ; et la récupération fiscale des recettes dilapidées en cadeaux fiscaux. L’idée n’est pas ici de juger ces propositions en tant que telles, mais de voir ce que la démarche a d’intéressant et de réfléchir à son application à d’autres domaines, comme par exemple l’éducation.

Définir quelques grandes priorités, reconstruire le combat autour d’elles, cesser de tout compliquer pour mieux prouver sa propre virtuosité » : cette phrase d’Halimi pourrait-elle devenir le début d’un projet éducatif alternatif ?

Le mouvement Freinet, dont le fondateur qualifiait déjà il y a presque cent ans l’école républicaine de « fille et servante du capitalisme », qui a inventé (entre autres !) le journal scolaire, les correspondances entre classes, et la pédagogie coopérative, s’est-il endormi au point de n’avoir plus rien en commun avec l’Association Française pour la Lecture , qui prêche dans le désert depuis trente ans pour faire des élèves des producteurs de savoir plutôt que de simples consommateurs, s’est-elle résignée à laisser l’institutions scolaire produire 15% d’illettrés supplémentaires à force de laisser croire que le « son des lettres »est plus important que le sens des mots ?

La CNT, qui comptait d’excellents pédagogues, a-t-elle finalement baissé les armes après la guerre d’Espagne ? Les syndicats n’ont-ils plus pour objectif que de défendre le rythme des profs au détriment de celui des élèves ?

Avec l’expérience accumulée par ces associations, l’alliance de la recherche et de l’action, le recul acquis sur des pratiques ayant fait leurs preuves à la campagne comme dans les banlieues les plus défavorisées, comment accepter que les enfants du XXIe siècle soient instruits et éduqués selon des principes nés au XIXe dans l’esprit d’un colonisateur revanchard qui voulait par-dessus tout fournir une main d’oeuvre docile aux maîtres des forges et éviter qu’une nouvelle Commune (de Paris ou d’ailleurs) ne voit le jour ?

A l’heure où même les conférenciers du célèbre TED (Technology, Entertainment and Design) dénoncent les origines douteuses du système scolaire hérité du XIXe siècle, où la fondation Bill Gates et l’entreprise Google injectent des millions de dollars dans l’innovation pédagogique aux USA, peut-être est-il temps de mettre concrètement d’autres propositions sur la table ? De les faire connaître au reste du « peuple » dont on se demande si on en fait toujours partie à force d’en parler !

Alors, à quand un Manifeste de la Révolution Éducative, première étape vers une décolonisation des esprits ?

Posté par Michel Peyret

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