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Le blog de Lucien PONS

Le système Macron mis à nu

14 Mai 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes

 
Le système Macron mis à nu

La sortie concomitante de deux ouvrages sur les réseaux qui ont permis l’accession au pouvoir d’Emmanuel Macron en mai 2017 aurait pu, aurait dû marquer considérablement le débat public. Il n’en est rien. Le décryptage que leurs auteurs proposent va pourtant bien au-delà de l’avènement d’En Marche ! Il éclaire la pratique du pouvoir macronien, ses conflits d’intérêts et ses failles béantes.

Juan Branco et Marc Endeweld. Le premier est un jeune normalien, avocat et essayiste engagé. Le second est journaliste d’investigation indépendant, naguère grand reporter à Marianne. Tous deux ont, à leur manière et avec leur style, pamphlétaire pour l’un, méticuleux pour l’autre, souhaité lever le voile sur le système Macron. Crépuscule (Au Diable Vauvert, Massot Éditions) et Le Grand manipulateur (Stock) ont paru à quelques semaines d’intervalle et se conjuguent dans le même dessein, celui d’expliquer l’ascension de l’actuel Président de la République et les innombrables compromissions que celle-ci implique aujourd’hui encore. À Juan Branco le souffle, l’énergie de la révolte et l’envie de réveiller les consciences citoyennes contre ce qui ressemble à un coup d’État oligarchique, ou selon ses mots à « une souveraineté violée ». À Marc Endeweld la rigueur d’une longue enquête menée auprès de l’entourage d’Emmanuel Macron. Cette lecture parallèle restitue le contexte d’une élection peu ordinaire et façonne le portrait d’un homme politique aussi peu scrupuleux que transparent.

Branco-Endeweld - réseaux Macron

Le vieux monde au pouvoir

Du récit doré du parcours d’Emmanuel Macron, concocté par l’intéressé et repris sans aucun recul critique par les grands médias entre 2014 et 2017, il ne reste plus rien. Le petit génie loué à grand renfort d’éditoriaux s’y est repris à deux fois avant d’obtenir l’ENA, après avoir échoué à trois reprises au concours de Normal Sup’, raille ainsi Juan Branco. Le prétendu « philosophe » n’a jamais écrit une ligne et son travail auprès de Paul Ricoeur a consisté à relire des notes de bas de page… Le jeune loup qui « s’est fait tout seul » ne doit son succès ni à une intelligence hors du commun, ni à son seul mérite… Bien au contraire ! La fable n’aurait jamais dû passer à travers le filtre des rédactions, n’était la connivence du milieu avec ce « monde » des multinationales et de la finance qui poussait, en sous-main, la candidature de l’ancien banquier d’affaires de la banque Rothschild. Les deux auteurs insistent sur le rôle central joué par « Mimi » Marchand, entremetteuse de la presse people, pour lisser l’image du couple Macron. D’innombrables appuis, patiemment obtenus dans le milieu journalistique (Anne Sinclair, Bruno Roger-Petit, Bernard Montiel, Laurent Delahousse, Marc-Olivier Fogiel, Emmanuel Chain, Cyril Hanouna…), ont encore facilité la construction du candidat Macron comme objet médiatique. Le rôle joué par la presse et les principaux éditorialistes dans la campagne 2016-2017 du candidat Macron est le seul angle mort de l’ouvrage pourtant très dense de Marc Endeweld. Il intéresse bien plus Juan Branco, dont toute la démonstration repose sur l’alliance entre Macron et les grands propriétaires des médias français.

Branco et Endeweld se rejoignent parfaitement sur la précocité de la candidature Macron. Officiellement en lice pour la présidentielle en novembre 2016, quelques semaines après sa démission du ministère de l’Économie, Emmanuel Macron a été littéralement préparé à l’échéance par ses soutiens très en amont. Xavier Niel, le premier d’entre eux, le présentait déjà à Juan Branco comme « futur Président » en janvier 2014. Marc Endeweld révèle que c’est à l’automne 2013, dans son bureau de secrétaire adjoint de l’Élysée, qu’ont débuté des consultations (communicants, sondeurs, chefs d’entreprises, lobbyistes) et se sont nouées les alliances qui le porteraient au sommet de l’État. Rien de spontané, pas de percée solitaire, aucun désir macronien dans l’opinion publique. L’homme a été préparé comme on prépare un pur-sang pour le grand-prix de l’Arc de Triomphe.

« Emmanuel Macron s’est entouré de tous ceux qui pouvaient lui servir de marchepied, en mobilisant les tromblons de la giscardie et de la mitterrandie, certains personnages clés de la Françafrique, de vieux lieutenants d’Edouard Balladur, l’arrière-garde fabusienne, les ex-partisans de DSK ainsi que les résidus de la Deuxième gauche »

Brandi comme un slogan marketing pour électeurs-consommateurs, le « nouveau monde » maquillait le recyclage des plus vieux réseaux de la Ve République. « Macron n’a jamais construit un collectif, explique un ancien collègue de l’Élysée, il a bénéficié de réseaux déjà constitués. » Grâce à Jean-Pierre Jouyet, issu comme lui de l’inspection générale des finances, Emmanuel Macron a puisé sans retenu dans les carnets d’adresses socialistes mais aussi sarkozystes. La construction chronologique détaillée de la nébuleuse macroniste montre que le Parti socialiste déliquescent a abondamment alimenté ce courant émergent. « Il ne s’agit pas encore de rompre avec le pouvoir socialiste, résume Juan Branco, mais plutôt d’opérer la conversion finale. Faute de soutien populaire – les trahisons se payent et les militants fuient – le seul enjeu consiste à s’assurer du soutien de l’oligarchie. » Le macronisme est avant tout un social-libéralisme définitivement décomplexé. Mais pour l’emporter, éponger les fuites de Solférino ne pouvait suffire. Alors Emmanuel Macron s’est entouré de tous ceux qui pouvaient lui servir de marchepied, en mobilisant les tromblons de la giscardie et de la mitterrandie, certains personnages clés de la Françafrique, de vieux lieutenants d’Édouard Balladur, l’arrière-garde fabusienne, les ex-partisans de DSK ainsi que les résidus de la Deuxième gauche. Il a séduit aussi, quoique temporairement et partiellement, la franc-maçonnerie… L’entregent et l’indéniable capacité de séduction du ministre ambitieux ont permis de réunir en coulisse des soutiens politiques aux passés contradictoires et de jeunes militants opportunistes, parmi lesquels Gabriel Attal, ce proche de Marisol Touraine portraitisé avec férocité par Juan Branco. Et « ‘‘l’en même-temps’’ proposé comme innovation politique […] n’était que prétexte à une fusion d’élites jusque-là éclatées. »

Macron, marionnette et marionnettiste

Si l’expression de « Grand manipulateur » employée par Marc Endeweld installe l’idée qu’Emmanuel Macron a su habilement tirer profit des réseaux mis à contributions par les uns et les autres, ceux qui l’ont flatté, aidé ou financé n’en attendent pas moins un retour sur investissement. Contrairement à l’idée véhiculée, la campagne de Macron n’a pas soulevé pas une foule de petits donateurs. La part des 913 grands donateurs (dons supérieurs à 5 000 euros) atteint 48 % du total des sommes récoltées par En Marche ! Le marionnettiste Macron manœuvre les tiers pour conquérir le pouvoir mais il en devient lui-même la marionnette du système oligarchique. Comment définir celui-ci ? Juan Branco s’y emploie. C’est « un espace public dominé par des individus dont la fortune, immense, dépend directement ou indirectement de l’État, et qui investissent une part de leurs deniers pour prendre le contrôle de médias, afin de les assécher, en réduire le pouvoir et d’en tirer une influence qui assurera la préservation de leurs intérêts au détriment du bien commun ». On comprend mieux le rapport d’interdépendance qu’entretient dès lors le Président avec ses porteurs de pavois. Derrière Macron, l’auteur de Crépuscule voit à l’œuvre une stratégie dirigée par Niel mais aussi par d’autres grands patrons tels feu Henry Hermand (son premier soutien financier et relai médiatique à travers l’hebdo Le 1), Arnaud Lagardère, Patrick Drahi, auxquels peuvent être ajoutés Serge Weinberg (Sanofi), Thierry Breton (Atos), Claude Bébéar (Axa) et bien sûr l’inévitable Bernard Arnault (LVMH habille d’ailleurs Brigitte Macron de la tête aux pieds). Tous ont attendu de Macron qu’il favorise la prospérité de leurs affaires, comme ministre puis comme Président.

Juan Branco
Juan Branco

Les plus optimistes – nous n’écrirons pas naïfs – proposeront une autre lecture : le marionnettiste Macron a tiré profit des réseaux financiers qui s’offraient à lui pour, une fois arrivé au pouvoir, mettre en œuvre un programme au profit du bien commun… L’ennui, Juan Branco comme Marc Endeweld le soulignent, c’est que la politique menée par le gouvernement montre la porosité du monde des affaires et du pouvoir en place. Édouard Philippe et Emmanuel Macron envisageraient par exemple de scinder EDF afin de vendre au privé la branche électricienne, bénéficiaire, pour que l’État conserve à 100 % les activités nucléaires, déficitaires. La décision de privatiser ADP est à l’avenant. Il s’agirait pour l’État de se séparer d’une « machine à cash » rapportant 170 millions d’euros annuels de dividendes. Absurde, au regard de la préservation de l’intérêt général. Car Emmanuel Macron « continue souvent à se comporter comme un banquier d’affaires » par son action sur des dossiers majeurs (privatisations, énergie, armement…) sans ouvrir le débat public. « Ce jeune président qui promeut les va-et-vient entre public et privé, entre haute fonction publique et grandes multinationales, semble particulièrement ambivalent quant à la notion d’intérêt général » dixit Marc Endeweld.

Pourquoi ces rapports de pouvoir, avec les effluves insistants de conflits d’intérêts qui s’en dégagent, n’ont-ils pas fait l’objet d’enquêtes journalistes beaucoup plus tôt ? Endogamie de la finance et des titres de presse, dira Juan Branco, qui évoque aussi la peur des journalistes d’apparaître comme complotistes. Il y a là, certainement, une large part de vérité. Marc Endeweld propose comme explication possible l’organisation structurelle de la « macronie », faite de cloisonnements, du culte du secret, du brouillage des pistes, d’une pelote de liens cultivés puis rompus et d’un chassé-croisé de personnages incompatibles ou improbables. De quoi donner le tournis et décourager les éventuels limiers.

« Derrière Macron, l’auteur de ‘Crépuscule’ voit à l’œuvre une stratégie dirigée par Xavier Niel mais aussi par d’autres grands patrons… Tous ont attendu de Macron qu’il favorise la prospérité de leurs affaires, comme ministre puis comme Président »

Le Président Macron décide-t-il de tout, tout seul ? Dans Le Grand manipulateur, une ambiguïté frappe : cet homme qui sait si bien tirer les ficelles de réseaux contradictoires est lui-même placé sous influence. Celle de sa femme, bien sûr, qui le conseille, l’accompagne, le sermonne à l’occasion et va jusqu’à réécrire des passages entiers de son livre Révolution. Celle de son inséparable collaborateur Alexis Kohler, avec lequel il travaillait déjà à Bercy : « À Macron, la lumière, l’esbroufe, les effets de communication. À Kohler, la haute main sur les dossiers industriels. » À l’Élysée, rien ne change. « Macron maîtrise la forme, mais quand il entre dans les détails, c’est du pipeau de A à Z ! Au secours ! », confie une personnalité reçue. C’est le fidèle secrétaire général Kohler qui est à la pointe des dossiers et reçoit les patrons que le Président snobe désormais. Enfin, l’hyperprésident Macron serait-il sous l’influence de son Premier ministre ? Dans la guerre que se livrent ses proches, certains, comme le communicant Philippe Grangeon, accusent Édouard Philippe d’être le véritable instigateur de la politique économique du quinquennat.

Macron, tour à tour manipulateur et manipulé.

Le début de la fin ?

Sa couverture en fait foi, le titre du livre de Juan Branco évoque la fin annoncée du macronisme face au soulèvement populaire qu’ont amorcé les Gilets jaunes à l’automne 2018. Les masques sont ôtés. Le monarque est nu et le peuple trahi envahit les rues. Le crépuscule tombe-t-il sur le nouveau pouvoir ? Juan Branco avance par insinuations mais s’avance un peu trop… Il paraît étrangement sous-estimer la capacité de résilience d’un système oligarchique faiseur de rois mais que l’instabilité et la radicalité politiques menacent. Il est en réalité peu probable que les Français « viennent chercher » un Président surprotégé dans les palais de la République.

« Qu’ils soient politiques ou industriels, ceux qui ont fait confiance, soutenu et porté Emmanuel Macron au pouvoir ne goûtent guère l’ingratitude du Président et commencent à s’en détourner »

La démocratie, court-circuitée en 2017, jouera-t-elle à nouveau son rôle de régulatrice des conflits lors des échéances futures ? L’ultime chapitre du Grand manipulateur le laisse entendre. Marc Endeweld rappelle à bon escient qu’en 1995, malgré le soutien d’une bonne partie du patronat et de la presse, Édouard Balladur avait trébuché dans la course à l’Élysée face à Jacques Chirac. Car l’influence du « système » sur les électeurs s’arrête là où l’affect commence à s’exprimer. Emmanuel Macron a perdu son aura et subi le désamour des Français. Il risque aussi de perdre ses troupes. Mais renverser l’ordre établi, comme l’espèce Juan Branco, n’est pas pour demain.

Marc Endeweld
Marc Endeweld

Hypothèse la plus probable enfin, les élites-Pygmalion pourraient finir par lâcher leur président-Galatée. Emmanuel Macron n’est qu’un passeur des grands intérêts privés et des opportunismes politiques, un passeur somme toute substituable. Qu’ils soient politiciens ou industriels, ceux qui ont fait confiance, soutenu et porté Emmanuel Macron au pouvoir ne goûtent guère l’ingratitude du Président et commencent à s’en détourner. Henry Hermand (disparu fin 2016), Jean-Pierre Jouyet ou encore des anonymes, ces helpers de la campagne 2017 qui, pour certains, ont abandonné famille et travail dans l’aventure, ont été laissés sans nouvelles par leur poulain une fois celui-ci sur orbite. Une partie de la presse qui l’avait louangé en est revenue. Ce n’est pas un hasard si l’épisode de la Contrescarpe est parti d’un article paru dans Le Monde… Le quotidien du soir a peu goûté l’interventionnisme agressif des chargés de com’ du candidat Macron lors de la campagne présidentielle. Au fil des mois, le locataire de l’Élysée s’isole. Le doute s’installe. Les fidèles s’éclipsent. La paranoïa gagne le Palais, comme lorsque l’entourage présidentiel se persuade que l’affaire Benalla est un traquenard fomenté par des sarkozystes, sans le moindre commencement de preuve. Les rivalités claniques observées dans son entourage pourraient avoir raison d’Édouard Philippe à l’issue des élections européennes et ouvrir une crise politique.

Les mots d’un déçu du macronisme concluent l’enquête de Marc Endeweld : « Macron est une illusion. Le jour où il n’est plus au pouvoir, il n’a plus aucun réseau. » Plus dure sera la chute.


Références :
– Juan Branco (Préf. Denis Robert), Crépuscule, Vauvert, Au Diable Vauvert & Massot Éditions, 2019, 311 pages. Prix éditeur : 19 EUR.
– Marc Endeweld, Le Grand Manipulateur, Paris, Stock, 2019, 349 pages. Prix éditeur : 20,50 EUR.

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Pétition. GILETS JAUNES : 10 000 CITOYENS ACCUSENT LE GOUVERNEMENT

14 Mai 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes, #Les violences policières

GILETS JAUNES : 10 000 CITOYENS ACCUSENT LE GOUVERNEMENT

« Nous accusons le gouvernement d’employer contre des civils des armes de guerre bannies dans l’ensemble des pays occidentaux. Nous appelons l’ensemble des citoyens à se joindre au mouvement social pour dénoncer la dérive autoritaire du pouvoir et exiger la démission de M. Castaner. »

Signez la pétition sur : https://framaforms.org/nous-accusons-1557004350

Pétition. GILETS JAUNES : 10 000 CITOYENS ACCUSENT LE GOUVERNEMENT
Nous accusons !
 

Nous accusons !


Depuis le 17 novembre 2018, plusieurs centaines de milliers de citoyen·ne·s expriment leur inquiétude face à un pouvoir sourd à leurs revendications. Ils trouvent la force et le courage de prendre la parole en disant haut et clair qu’ils en ont assez et ne subiront plus les effets des politiques néfastes qui depuis plusieurs décennies pillent impunément leur travail et les biens communs.

Les voix des gilets jaunes ont permis de mettre à nu les mensonges et les pseudo-justifications « scientifiques » données par le pouvoir et la meute de ses courtisans pour couvrir l’ampleur et l’importance de la prédation. Leur soulèvement a montré le vrai sens d’une politique qui a sciemment organisé le transfert des biens laborieusement accumulés par 95 % de la population vers les 5 % des couches les plus aisées. Leur force a été de faire prendre conscience de la duplicité d’un pouvoir, osant se féliciter d’avoir multiplié par quatre les énormes richesses détenues par une infime minorité.  

Avec la grande majorité des Français.es, nous nous sommes reconnu.e.s dans la prise de conscience des gilets jaunes. Chacun.e de nous a pu constater que, dans tous les secteurs de la société, nous étions confronté.e.s aux effets des mêmes politiques qui tendent à aggraver constamment les inégalités sociales.  

D’emblée, les demandes et les attentes de changement nées avec ce soulèvement populaire ont été clairement développées. Elles se sont aussitôt heurtées à un pouvoir qui n’a cessé d’en ignorer le contenu pour en affadir la portée déstabilisante. Ce fut d’abord le silence assourdissant d’un président et de sa cour, murés dans leur palais. Ce fut ensuite la tentative de duper la foule avec les fausses promesses et les petites aumônes concédées en faisant encore payer les moins aisés et les services publics. Ce fut aussi la mise en place d’un simulacre de consultation d'où l'on avait très savamment extirpé toute possibilité d’interaction et de débat.  Ce fut, surtout, la décision claire et réfléchie d’empêcher par tous les moyens l’expression publique des demandes et des revendications.

Tout a été fait pour réduire au silence les manifestants. Dès les premiers actes, le pouvoir a choisi la violence en demandant aux forces de l’ordre de dégager les péages d’autoroutes, les ronds-points, de bloquer l’accès aux points de convergence des manifestations et, surtout, d’intervenir avec « fermeté ». Nous avons tou.te.s vu la traduction de ces ordres sur le terrain : nous avons constaté de nos yeux les filtrages et les arrestations arbitraires aux entrées des villes, empêchant les manifestations de se dérouler et la parole de s’exprimer. Nous avons vu les cabanes des ronds-points détruites et toujours courageusement reconstruites. Les techniques d’intervention policière consciemment choisies (nassage, lancement de gaz lacrymogène dès le début des manifestations, tirs de LBD sans sommation) provoquaient elles-mêmes les rares actes de violence en cherchant délibérément l’affrontement avec les manifestants.

Semaine après semaine, cette technique meurtrière et liberticide a été appliquée avec une intensité croissante. Protégées par le pouvoir et couvertes par l’omerta d’une grande partie des médias, des troupes policières épuisées par le travail se laissent aller aux pires exactions. Des centaines d’hommes et de femmes manifestant pacifiquement ont été attaqués.e.s sans aucune raison et très souvent avec un acharnement insensé. Depuis le mois de décembre, le nombre des blessés graves augmente sans cesse : les personnes ayant subi de graves traumatismes se comptent par centaines.  Aucune parole n’a été prononcée par le président de la République ou son gouvernement à l‘égard des victimes, et en particulier de Zineb Redouane, tuée après avoir été atteinte alors même qu’elle fermait sa fenêtre. Rien ne semble plus pouvoir arrêter cette dramatique escalade et nous avons honte de devoir assister à la mise en scène des auto-félicitations du pouvoir censé contenir une « foule haineuse ».

Le choix de la répression violente contre toutes celles et ceux qui osent se lever pour prendre la parole contre ces agissements n’est certes pas nouveau, il a notamment été mis en pratique dans les quartiers populaires et contre des groupes vulnérables comme les migrant.e.s et les roms ou encore contre d’autres mouvements sociaux, mais depuis novembre 2018 un seuil a été franchi. Cette stratégie de la répression violente a trouvé son apogée lors de la manifestation du 1er mai 2019 : non seulement on a assisté au déploiement de tout l’éventail de l’arsenal répressif de l’Etat, mais le gouvernement s’est rendu coupable une fois de plus de mensonge avéré en criant au scandale d’une supposée « attaque » de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière par des manifestant.e.s venu.e.s trouver refuge. Ce mensonge d’État est le mensonge de trop. Il révèle l’état de fébrilité et de panique d’un pouvoir aux abois.

Il faut que s’arrête cette violence d’État !

Nous accusons le ministère de l’Intérieur de provoquer sciemment les réactions de violence dans nos villes, sur les ronds-points et les lieux de discussions publiques, afin de criminaliser toute personne qui s'oppose à ses lois et à ses politiques funestes.

Nous accusons le gouvernement d’employer contre des civils des armes de guerre bannies dans l’ensemble des pays occidentaux en ignorant les mises en garde répétées de plusieurs organismes internationaux.

Nous accusons la hiérarchie de la magistrature d’avoir accepté de couvrir cette politique néfaste en appliquant aveuglément et servilement les ordres donnés par le pouvoir exécutif.

Nous accusons l’Inspection Générale de la Police Nationale d’avoir diligenté des enquêtes de façade et qui, à notre connaissance, n’ont débouché sur l'interpellation d’aucun membre des forces de « maintien de l’ordre ».

Nous accusons celles et ceux de la presse et des médias télévisuels qui ont accepté de se transformer en porte-voix du ministère de l’intérieur et de la préfecture sans accomplir aucun contrôle sur leurs sources.

Nous appelons l’ensemble des citoyens à se joindre au mouvement social pour dénoncer la dérive autoritaire du gouvernement et nous exigeons la démission de M. Castaner ainsi que l’ouverture d’une commission d’enquête indépendante afin de faire la lumière sur les dérives des vrais responsables de sorte qu’ils soient traduits en justice

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Loiseau En Marche dans les égouts de la politique : le clip de trop ? Par Karine Béchet Golovko.

13 Mai 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #LREM, #Europe supranationale

lundi 13 mai 2019

Loiseau En Marche dans les égouts de la politique : le clip de trop ?
 
 
 
Faute d'arguments sur le fond, les macronistes attaquent leurs adversaires dans un jeu vidéo, où Nathalie Loiseau en chute dans les sondages, combat valeureusement Trump (quel est le rapport avec l'UE?) et tous les salauds estampillés insuffisamment mondialistes, no borders ou atlantistes, à savoir Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et même Salvini. Bref, LaRem avec leur dieu Macron sont prêts à sauver les peuples européens, que dis-je, le monde, des Etats qui les protègent trop des ravages de la mondialisation. Et pour cela, un jeu vidéo est lancé, où l'on voit tout le mépris de ces gens pour leurs adversaires, autant que pour leurs électeurs.
 
Nous avions déjà eu droit au clip anxiogène avec la voix off un peu hystérique du leader (inter)national devant galvaniser les foules, qu'il se promet non pas de sauver du naufrage, mais de guider au milieu des débris. Entre mégalomanie et aveu d'incompétence à endiguer les problèmes, puisqu'il y est uniquement proposé de les accepter comme un fait de notre époque. Plus qu'une "renaissance européenne", Macron propose l'enlisement :
 
 
Maintenant, nous baissons encore d'un degré, mais Macron reste toujours sur le terrain de l'affectif. A aucun moment il ne tente de sortir sur le plan rationnel. C'est bien la vision de ces gens qui entourent Jupiter : si les gens ne votent pas pour nous, c'est parce qu'ils ne comprennent pas où sont le bien et le mal. Alors il faut leur expliquer. Et comme ils sont totalement stupides, (c'est le peuple, que faire?), on réduit tout au niveau d'un jeu vidéo basique, où les méchants sont transformés en insectes - là, ils devraient comprendre. Voir ici le clip et absolument écouter les commentaires, c'est simplement incroyable.
 
 
Notre particulièrement charismatique Nathalie Loiseau, afin de sauver les étoiles européennes, y lutte avec une énergie constamment renouvellée contre des cafards et autres bestioles peu ragoûtantes, ayant le visage de ce que la Macronie considère comme les ennemis, car "nationalistes", c'est-à-dire ayant le mauvais goût de ne pas chercher à livrer les peuples et les individus au bon vouloir des transnationales, à les noyer dans une immigration de masse très bien contrôlée, encadrée et financée. Ainsi, Trump, le "grand méchant en chef international", apparaît, sans que le lien entre lui et les élections dans l'UE n'ait été précisé ... Peu importe, nous sommes en Macronie. Nous avons évidemment droit à Marine Le Pen et un Melenchon russisé en Melanrus. N'oublions pas Salvini, le "méchant populiste" qui tient tête à l'UE. Donc, les ennemis de la Macronie sont bien définis : ceux qui empêchent la déstructuration des Etats, ceux qui osent encore affirmer l'existence d'un intérêt national. Autrement dit, ceux qui ne pensent pas "à sauver les étoiles européennes", mais les Européens. Dans tous les cas, que l'on partage ou non leur point de vue n'autorise pas à ramener l'opposition à des bestioles nuisibles qu'il faut écraser. Simplement parce que ce sont des "populistes", qualificatif qui en Novlangue concerne ceux qui écoutent et gouvernent dans l'intérêt du peuple. Avant l'on parlait de démocrates. Mais c'était avant.
 
 
 
Quant à l'analogie avec la Russie (Melanrus), il paraît que c'est une interprétation extensive absolument infondée, c'est juste un hasard, pour trouver un surnom à Mélenchon. Vous pouvez écouter ici les explications totalement stupides de Claire Cussemane, responsable de communication des Jeunes avec Macron, qui sont à l'origine de cette oeuvre d'art politique :
 
 
 
 
 
Que vous avez l'esprit mal tourné d'y avoir pensé, cher ami! Quelle idée de "penser" encore, d'ailleurs ...
 
 
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« Les pleins pouvoirs pour la reconstruction de Notre-Dame votés !!» L’édito de Charles SANNAT

13 Mai 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Notre Dame de Paris

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

J’avais commencé à vous parler dans cet article de ce qui pouvait se tramer sur l’île de la Cité.

Le projet de loi 1881 pour la restauration et la conservation de la cathédrale Notre-Dame de Paris et instituant une souscription nationale à cet effet, en Procédure accélérée, vient d’être adopté.

Cette loi qui a été votée par nos députés donne littéralement les pleins pouvoirs pour la reconstruction de Notre-Dame au gouvernement qui va pouvoir tout décider par ordonnance, sans aucun vote, sans aucune contestation possible et ce à peu près sur tous les domaines directs et indirects de la reconstruction tellement ce texte est large.

Je vous invite à le partager, et à le lire. Il est court, bien rédigé dans le sens où il donne une marge de manœuvre juridique considérable au gouvernement et supprime potentiellement l’ensemble des gardes-fous qui sont indispensables dans tout pays démocratique où la séparation des pouvoirs est une donnée bien ancrée. A croire que non.

Voici copie intégrale des deux articles les plus contestables et inquiétants de ce projet de loi. 

Source Assemblée Nationale ici

Article 8

Dans les conditions prévues à l’article 38 de la Constitution, le Gouvernement est autorisé à prendre par ordonnance, dans un délai de six mois à compter de la publication de la présente loi, toute mesure relevant du domaine de la loi ayant pour objet la création d’un établissement public de l’État aux fins de concevoir, de réaliser et de coordonner les travaux de restauration et de conservation de la cathédrale Notre-Dame de Paris. L’ordonnance fixe les règles d’organisation et d’administration de l’établissement de façon à y associer notamment la Ville de Paris et le diocèse de Paris et peut prévoir que les dirigeants de l’établissement ne sont pas soumis aux règles de limite d’âge applicables à la fonction publique de l’État.

Un projet de loi de ratification est déposé au Parlement dans un délai de trois mois à compter de la publication de l’ordonnance.

Article 9

Dans les conditions prévues à l’article 38 de la Constitution, le Gouvernement est autorisé à prendre, par ordonnances, dans un délai de deux ans à compter de la publication de la présente loi, toutes dispositions relevant du domaine de la loi de nature à faciliter la réalisation, dans les meilleurs délais et dans des conditions de sécurité satisfaisantes, des travaux de restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris et à adapter aux caractéristiques de cette opération les règles applicables à ces travaux et aux opérations connexes, comprenant notamment la réalisation des aménagements, ouvrages, et installations utiles aux travaux de restauration ou à l’accueil du public pendant la durée du chantier, ainsi que les travaux et transports permettant l’approvisionnement de ce chantier et l’évacuation et le traitement de ses déchets.

Dans la mesure strictement nécessaire à l’atteinte de cet objectif, ces ordonnances peuvent prévoir des adaptations ou dérogations :

1° Aux règles en matière d’urbanisme, d’environnement, de construction et de préservation du patrimoine, en particulier en ce qui concerne la mise en conformité des documents de planification, la délivrance des autorisations de travaux et de construction, les modalités de la participation du public à l’élaboration des décisions et de l’évaluation environnementale, ainsi que l’archéologie préventive ;

2° Aux règles en matière de commande publique, de domanialité publique, de voirie et de transport.

Même les règles sur les fouilles archéologiques pourront être contournées!

Lorsque vous construisez une maison neuve, une autoroute ou n’importe quel ouvrage ou bâtiment, lorsque la pelleteuse arrive, fait son trou et tombe sur des vestiges, les travaux s’arrêtent ce qui n’arrange pas franchement les promoteurs. On fait venir les archéologues après avoir suspendu les travaux, puis, on creuse, on passe les petits pinceaux pour récupérer les petits ossements et autres objets ayant la moindre valeur historique, on cartographie le site, bref, on sauve tout ce que l’on peut sauver et on étudie avant éventuellement de détruire les vestiges et reprendre les travaux, mais les travaux peuvent ne jamais être repris si l’intérêt archéologique est majeur.

Or, si l’on commence à creuser autour de Notre-Dame il est évident, que les vestiges seront plus que nombreux, dans toutes les strates, et que les travaux ne pourront tout simplement pas avancer si l’on commence ne serait-ce qu’à répertorier et sauver tous les vestiges sur lesquels nous allons tomber.

Creuser par exemple pour faire un beau parvis en verre avec arrivée des bateaux mouches directement au niveau de la seine et vue imprenable sur la Cathédrale par en-dessous… j’en parlais ici.

Tout le monde sait bien compte-tenu de la position de la Cathédrale que le sujet archéologique sera majeur.

Pas grave.

Ecrasons-tout.

Détruisons-tout.

N’étudions rien.

Faisons passer les bulldozers.

Il faut construire pour les JO de Paris ce « Disney-land » à touristes sur l’île de la Cité pour profiter pleinement de la raisonnance médiatique des JO pour s’offrir une campagne publicitaire mondiale.

Ne jamais donner les pleins pouvoirs.

Donner les pleins pouvoirs n’est jamais une bonne idée, pas parce que c’est Macron ou Edouard Philippe, mais parce que c’est du bon sens, et qu’il ne sert à rien de nous rabâcher à longueur d’année le couplet culculgnangnan sur les heures les plus sombres de notre histoire et de ne retenir aucune des leçons reçues avec grande souffrance de notre histoire.

Nos députés et sénateurs, très courageusement avaient voté les pleins pouvoirs à Pétain avec le succès que l’on sait.

Parce que c’est évidemment du bon sens, on ne donne jamais les pleins pouvoirs à quelqu’un, car les pleins pouvoirs sont le plus court chemins vers les abus. Donnez les pleins pouvoirs à un policier et vous aurez des bavures, et c’est pour cela qu’il y a des règles et des organismes de surveillance, donnez les pleins pouvoirs à un chef d’entreprise et il détournera des sous ou brutalisera plus facilement ses troupes, bref, dans tous les cas, la confiance n’exclut jamais le contrôle, et les pleins pouvoirs en toutes choses sont à proscrire.

Dans le cas de Notre-Dame, c’est encore plus évident, puisque nous ne sommes pas en guerre, et il n’y aucune urgence si ce n’est celle inventée de toute pièce par nos dirigeants.

Ce pays enchaîne les dénis démocratiques à une vitesse vertigineuse.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

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Retour sur la Fake News de Castaner sur l’attaque de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière

13 Mai 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes, #Les violences policières

Bonjour

 

La macronie dans toute sa splendeur !

 

Le 1° mai à Paris a été le théâtre de violences de toutes sortes de la part de ce gouvernement illégitime et de ses chiens de garde habituels : médias, experts bien choisis, etc…

 

Le nouveau mode opératoire semble être le déchainement de violences de la part des forces de l’ordre, la fabrication d’une fausse nouvelle, l’exploitation éhontée de celle-ci par les officiels de toute obédience, la répétition ad nauseam de cette dernière de façon à engorger le cerveau disponible de chacun de nous afin que le mouvement exceptionnel des Gilets Jaunes soit amalgamé à la violence préfabriquée de façon que le fond de la contestation  ne soit jamais abordé.

 

La vidéo ci-dessous décrypte l’imposture macronienne du 1° mai

Retour sur la Fake News de Castaner sur l’attaque de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière, qui a déclenché un emballement médiatique, suivi d’un léchage de cul gouvernemental digne de la Pravda !

Tipeee : https://www.tipeee.com/troublefait
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Emissions:
Grand Angle du mercredi 1er mai 2019
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RTL Matin du 02 mai 2019
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L'Heure des Pros (1ère partie) du 02/05/2019
https://urlz.fr/9KAb
L'Heure des Pros (2ème partie) du 02/05/2019
https://urlz.fr/9KAc
RTL Midi du 02 mai 2019
https://urlz.fr/9KAe
JT de 20h du mercredi 1 mai 2019
https://urlz.fr/9KAf
JT de 13h du jeudi 2 mai 2019
https://urlz.fr/9KAh
JT de 13h du vendredi 3 mai 2019
https://urlz.fr/9KAi
Mickaël Cham - Preuve du mensonge de l'attaque de l'hôpital
https://urlz.fr/9Kzz
Comment le personnel de la Pitié Salpêtrière détruit la fake news de Castaner
https://urlz.fr/9KzA
BFMTV sur Twitter 1er-mai un médecin de la Pitié-Salpêtrière raconte
https://urlz.fr/9KzC
France Culture : 1er mai à Paris les black blocs parasitent le cortège syndical
https://urlz.fr/9KzD

Plus d’infos :

Hôpital Pitié-Salpêtrière désinformation générale et mensonges médiatiques - Acrimed https://urlz.fr/9Kz8
Pitié-Salpêtrière interrogations autour d'une prétendue «attaque» de l'hôpital par des manifestants
https://urlz.fr/9Kz7
Brèves de presse sur Twitter I - #PitiéSalpêtrière
https://urlz.fr/9Kz9
Les casseurs s'en prennent à l'hôpital Necker
https://urlz.fr/9Kzq
La « casse » de l’hôpital Necker histoire d’une manipulation politique
https://urlz.fr/451i
Une journaliste du Parisien découvre en direct l'incendie devant son siège
https://urlz.fr/9Kzf
L'Incendie de voitures devant le siège du Parisien est d'origine accidentelle
https://urlz.fr/9Kzd
L’hôpital de La Pitié-Salpêtrière victime de dégradations, pas de lien avec l’intrusion à ce jour
https://urlz.fr/9Kza
«Intrusion» à la Pitié-Salpêtrière Toutes les gardes à vue ont été levées annonce le parquet de Paris
https://urlz.fr/9Kzb
Pitié-Salpêtrière la blessure à la tête du CRS ne serait pas liée à la tentative d'intrusion
https://urlz.fr/9Kzg
Manifs du 1er mai «Les instructions du préfet sont claires, la police ira au contact»
https://urlz.fr/9Kzk
1er mai à la Pitié-Salpêtrière l'IGPN saisie après la publication d'une vidéo montrant des policiers frappant un étudiant
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Christophe Castaner maintient sa version des faits
https://urlz.fr/9Kzt
EDITO- Intrusion à la Pitié-Salpêtrière « le ministre de l'Intérieur n'aurait pas dû employer le mot 'd'attaque' »
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« Attaque » ou « intrusion » dans la Pitié-Salpêtrière Pour Montchalin, ce n'est que de l'étymologie
https://urlz.fr/9Kzi
Salpêtrière et le nuage d'intox s'arrêta à France Inter !
https://urlz.fr/9Kzp
Pitié-Salpêtrière France Info a-t-il illustré l’«intrusion» avec une photo de casseurs attaquant un commissariat
https://urlz.fr/9Kzj
Salpêtrière : Rioufol dit que sans les médias alternatifs, la presse aurait cru l'intox de Castaner
https://urlz.fr/9Kzo
Arcachon le journaliste Christophe Barbier pris à partie par des gilets jaunes
https://urlz.fr/9Kzr
Budget 2019 3,8 milliards d'économies encore attendues sur les dépenses de santé https://urlz.fr/9Kzl
Comment le gouvernement compte supprimer 50 000 postes de fonctionnaires
https://urlz.fr/9Kzm


Musiques :
Ours Samplus #82 - The Dream Ends There : https://www.youtube.com/watch?v=rCKY3...
Ours Samplus #30 – Toys : https://www.youtube.com/watch?v=ghvak...
Ours Samplus #32 – Badaswing : https://www.youtube.com/watch?v=_4prk...
GTO OST - Cosplay Mania : https://www.youtube.com/watch?v=guZFr...
Ours Samplus #37 - Le Cerveau Carré: https://www.youtube.com/watch?v=MNIVb...
Ours Samplus – Swingapour : https://www.youtube.com/watch?v=qi9SA...
Ours Samplus #22 - Burning Around : https://www.youtube.com/watch?v=K6eL6...
Kevin MacLeod ~ Fluffing a Duck: https://www.youtube.com/watch?v=Sbdut...
Ours Samplus - Deep Inside: https://www.youtube.com/watch?v=gN-FQ...
Pretty Lights - Finally Moving: https://www.youtube.com/watch?v=Sk9XY...
Ours Samplus #29 - Artificier Masqué : https://www.youtube.com/watch?v=836NX...
Ours Samplus - Metal Leaves : https://www.youtube.com/watch?v=LMk1U...
enluv – ein : https://www.youtube.com/watch?v=B054v...

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La Bac, le commissaire, le juge, la presse, les Gilets Jaunes et Pyrrhus. Fiasco d’une machination policière contre un gilet jaune à Toulouse. Maxime Vivas.

12 Mai 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes, #Les violences policières

 
La Bac, le commissaire, le juge, la presse, les Gilets Jaunes et Pyrrhus.
Fiasco d’une machination
policière contre un gilet jaune à
Toulouse

L’expression« victoire à la Pyrrhus » (je donne cette précision indispensable pour être compris des agents de la BAC) fait référence aux pertes subies par l’armée du roi Pyrrhus d’Épire face aux Romains au 3ème siècle avant notre ère, pendant les batailles d’Héraclée et d’Ausculum. Il en sortit vainqueur, mais si affaibli qu’il aurait dit : « Encore une victoire comme celle-là et je rentrerai seul en Épire ! ». Bref, il est des combats qui vous sont coûteux, même quand on les gagne.

Actualisons.
Coluche ironisait sur les grévistes qui, après une longue grève, font annuler des mesures antisociales. « On a gagné !  » s’écrient-ils. « Sauf les 3 semaines qu’on a perdues  », ajoutait l’humoriste.

En avril 2011, le site Le Grand Soir a fait l’objet de la pire attaque possible (accusation de rouge-brunisme=antisémitisme. Et ça, ça tue) sur un site aujourd’hui disparu (j’ai repris deux fois des moules) par une pseudo journaliste que nous avions refusé d’embaucher et qui a, elle aussi disparu, avec le site qu’elle avait créé (j’ai repris trois fois des moules).
Victoire du site Le Grand Soir ! Sauf que nous avons passé des jours à construire un contre-argumentaire, à investiguer (avec d’heureuses trouvailles) sur nos calomniateurs et sur ceux qui colportaient leurs dires sans plus de vérification : Rue89, aujourd’hui vendue à l’Obs et Charlie Hebdo, idéologiquement vendu à l’OTAN (1).

Le lundi 6 mai à Toulouse, la justice a blanchi mon fils cadet, Raphaël, cueilli au petit bonheur la chance dans la manif des Gilets Jaunes le samedi 4. Les coups tordus, les manigances, le cynisme, les mensonges éhontés, l’arrogance des assermentés, vous savez tous que ça existe au cinéma et à la télé, dans les séries policières. Dans les livres aussi, les polars. Ou au Chili de Pinochet. Mais quand on vous en raconte des vrais, dans la France de maintenant, vous soupçonnez illico une part de fiction. Non ?

Bref résumé d’un coup monté (pour ceux qui découvrent aujourd’hui notre site).
Raphaël est à la manif des Gilets Jaunes avec quelques copains. Il est tête nu, il n’a pas de foulard, de cagoule, de masque. Tout juste des lunettes de piscine (aux verres transparents, donc). Pourquoi ces lunettes ? Pour se protéger. Parce que tous les samedis, TOUS, la police gaze la manif toulousaine, n’importe où, n’importe quand, sans qu’on comprenne pourquoi. Parfois, semble-t-il, pour la scinder afin de mieux la contrôler. Tout ce dont on est sûrs, c’est qu’il faut courir et s’échapper par une rue adjacente qui ne serait pas barrée par des policiers. Personnellement, j’ai utilité tous les samedis d’un masque d’infirmerie dont je m’assure toujours qu’il est dans ma poche quand je vais manifester (c’est nouveau, ça date de novembre 2018).

Donc, mon fils court, comme tous les autres, tandis qu’une pluie de grenades s’abat. La rue est blanche. Il donne un coup de pied sur un palet de grenade (un plot résiduel) et l’envoie vers le caniveau. Un nervi de la BAC est là, qui cherche aventure et que la hargne en ces lieux a attiré. Qui te rend si hardi de toucher ce résidu, dit cet animal plein de rage ? Tu seras châtié de ta timidité.
Ces loups sont-ils payés au rendement ? Je l’ignore. Sauraient-ils faire un autre métier ? Je crois que non. Aiment-ils quelqu’un qui ne leur soit soumis ? J’en doute.

Toujours est-il qu’avec le renfort d’autres fauves de son acabit, il se jette sur le pousseur de palet et son pote le plus proche. Curieusement, Raphaël n’est pas castagné, mais son pote subit un étranglement et reçoit une volée de coups de poings. Sans doute parce qu’ils avaient compris qu’ils devaient le relâcher aussitôt, et qu’il ne fallait pas le laisser tout de même partir sans son petit souvenir de la police républicaine du pays des Droits de l’Homme. L’autre proie, elle, avait extériorisé une coupable hostilité envers une rondelle policière en plastique. Avec ça, un baqueux vous monte un dossier, en Macronie.

Raphaël est conduit en voiture au commissariat par les cow-boys qui se croient aux States : menottes dans le dos, sirène hurlante, gymkhana dans les rues. Ils se la pètent. Ils ont tous les droits. Je ne sais pas s’il y a un homme politique qui a dit que, s’il parvient au pouvoir, il leur fera payer ça. Après tout, on a vu en France à la Libération et en Amérique latine, des tortionnaires obligés de rendre des comptes. Mais il n’est pas politiquement payant de dire aujourd’hui que ces abus de pouvoir, ces brutalités gratuites, ces mensonges devront un jour être sanctionnés, afin que la République soit préservée.

J’ai écrit « tortionnaire ». Le mot n’est-il pas trop fort ? Bon, on n’arrache plus les ongles et on ne troue plus les dents saines à la roulette de dentiste dans les prisons françaises. Tout juste enfile-t-on dans la rue un sac en tissu sur la tête d’un môme de 15 ans qui était au mauvais endroit au mauvais moment. Tout juste lance-t-on une mortelle grenade sur une mémé à sa fenêtre. Pas grave. La preuve, il n’y a pas eu de débat là-dessus sur les chaînes de désinfo en continu.

Certes, il y a bien quelques suspects qui meurent au commissariat ou dans un fourgon, mais bon, l’enquête nous dira (pour le procès en 2050) qu’ils avaient un défaut coronarien ou un vaisseau cérébral poreux ou une insuffisance rénale ou du diabète, la rate qui se dilate, le foie qu’est pas droit, le pylore qui se colore, l’estomac bien trop bas, l’épigastre qui s’encastre, les hanches qui se démanchent l’abdomen qui se démène, le thorax qui se désaxe, le coccyx qui se dévisse… ou, tiens, laissons parler un autre comique en uniforme.

Donc, les policiers ne torturent pas : ils crèvent des yeux par douzaines, arrachent des mains, brisent des mâchoires, fracturent des crânes, ouvrent des cuirs chevelus, giflent des vieux, obligent des lycéens à se mettre à genou, tabassent dans les cafés, dans leurs fourgons, dans les commissariats, mais attention, les pinces reliées à des fils électriques sur les parties génitales et sur le bout des seins, c’est interdit, ainsi que la baignoire. Dont acte. Je parle pour ce début 2019, hein !

Je ne sais pas s’il y a des cours de torture psychologique chez les cops ? On pourrait croire que oui. Ou alors c’est inné, c’est dans leurs gènes, comme l’aboiement chez certains clébards. Il y a peut-être des tests de recrutement : « Tu as le choix entre tuer ta mère ou ton adjudant, que fais-tu ? » Ou : « Une touriste canadienne est violée au 36 quai des Orfèvres. A ton avis : A) C’est une belle salope. B) Tu jures que tu étais avec tes collègues, ils n’ont pas bougé du bar. »

Bon, les flics de Toulouse tiennent un jeune qui, parce qu’il est jeune, peu corpulent et parce qu’il présente le visage lisse de l’innocence et de la pureté, devrait craquer dans les 24+20 heures de garde à vue. Si l’on s’y prend bien, il va parler : « Notre-Dame de Paris, c’est moi ». Et encore : « C’est moi qui ai filé tous les documents à Julian Assange » Et encore : «  Les Twin Tow… », « Ta gueule, n’en fais pas trop ! ».

On le met en cellule, seul. Peut-il téléphoner ? Son portable a été saisi, ou, plus exactement et dans l’espoir qu’il aurait un geste inespéré de rébellion qui appelle l’accusation d’outrage à agent et une infusion de phalanges, on lui a fait jeter à terre le contenu de ses poches et on l’oblige ensuite à tout ramasser. Ricanements. On est chez nous, au commissariat, on est plusieurs, en uniforme, la loi est avec nous, on est assermentés. Si une caméra de télé venait à être admise, on se mettrait aussitôt à vouvoyer ce salopard de merde de gilet jaune qui a fait bobo à un palet de grenade et on lui dirait monsieur et encore monsieur. Et vous voulez un café ? La télé nous les montre toujours comme ça, les keufs. Je mens ? Ce sont des poulets de pixels. Dans la vie, tout citoyen libre qui ne cherche pas les coups ou les brimades est un citoyen qui ne s’approche jamais des vrais flics, armés, caparaçonnés, musclés, parfois décérébrés, parfois décérébrés qu’à moitié. Parfois intelligents et pervers. Parfois intelligents, respectables et malheureux, mais bien obligés : la pression des groupes restreints, ça s’appelle, en psycho-sociologie. Voici l’époque on les gens honnêtes ont plus peur des gendarmes que des voleurs.

J’ai écrit keufs ? Hier, c’étaient les gardiens de la paix et Police secours. Aujourd’hui c’est forces de l’ordre et police tout court (j’ten foutrai du secours ! Ta’ar ta gueule). Je les aime un peu moins, du coup.

Bon, le jeune n’a plus son portable, il ne peut pas téléphoner. Ah si, avec un fixe de commissariat. C’est quel numéro qu’il veut appeler ? Celui de ses parents. Il est en mémoire dans son portable, mais pas dans son cerveau. Je peux avoir mon portable pour appeler, hasarde-t-il en sachant la réponse ? Non.

Bon, il est seul en cellule, il ne peut joindre personne, personne ne peut le joindre, pas même une amie avocate dont il a le numéro sur son portable. C’est la quarantaine. Il s’ennuie, il angoisse un peu.

Dès qu’un témoin a averti son frère de l’arrestation, je fonce au commissariat avec lui et la compagne de ce dernier. On avait des invités à dîner. Sa mère reste pour les accueillir. Mais elle est avec eux sans y être. Le téléphone près de l’assiette.

Le restaurant que l’aîné gère avec sa compagne et avec Raphaël a été fermé ce soir-là. Le restaurant ne peut pas fonctionner à deux. Sur la devanture, ils ont collé un écriteau : « Fermé pour cause exceptionnelle ». Un samedi. Mille euros de chiffre d’affaires perdus.

Au commissariat, un jeune policier affable essaie de nous renseigner. A plusieurs reprises, il demandera de patienter pendant qu’il va aux nouvelles. Il en revient chargé de mensonges : « Le prévenu a jeté des projectiles sur les policiers dans la manif, il refuse de téléphoner et de vous parler, il s’est tailladé la main pour écrire sur les murs de la cellule avec son sang ».

Rien de tout cela n’est vrai. Ici commence la torture psychologique de la famille. Je décide de ne pas raconter à la mère l’information sur la sanglante blessure volontaire. Ce que je sais de mon fiston en cellule c’est donc qu’il est dans une rage autodestructrice, un refus de toute aide. Je vis avec ça du samedi au lundi. Le lundi, quand il apparaîtra dans le box des accusés, les premières choses que je regarderai seront les mains : intactes, pas une égratignure.

Retour en arrière. Le prisonnier est seul, sauf quand des OPJ se succèdent pour le faire avouer. En vain. Et puis, il y a la BAC qui menace : « On viendra à 10 au procès pour témoigner contre toi » (il n’y en a eu aucun). Et puis il y a les tentatives de démoralisation : «  Ton père et ton frère t’attendent de pied ferme, et ça va mal aller pour toi ».

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Les trois restaurateurs : Tamaki, Raphaël, Frédéric à la sortie du tribunal

Branle-bas de combat
Son père et sa mère, son frère avec sa compagne ont au contraire sonné le branle-bas de combat. Avec une quarantaine de personnes, des amis, des militants de la France Insoumise, du NPA, de la CGT, du PCF, de France Cuba, de Radio Mon Païs, ils forment un groupe devant le commissariat, dès le dimanche. Des policiers prennent position en haut des marches, matraque à la ceinture et bouclier au pied. Un commissaire croit utile de venir nous parler, de crainte d’un incident qui n’est pas souhaité pour une si petite proie. A chaque question embarrassante il esquive : « Je ne peux pas vous le dire, l’instruction est en cours ». C’est parfois comique. Dialogue :
Vous avez vu mon fils lancer un projectile ?
-  Oui, vers les forces de l’ordre.
-  Le projectile a touché un policier ?
-  Je ne peux pas vous répondre, l’instruction est en cours.

Le commissaire a le droit de dire d’où un projectile est parti, mais pas où il a atterri. C’est écrit en toutes lettres dans la loi anticasseur au chapitre :« Les lieux d’atterrissage des projectiles lancés le samedi à Toulouse à 18 heures sont classés secret défense ». Nous apprendrons par la suite qu’il s’agit d’un policier personnellement motivé pour donner la chasse aux Gilets Jaunes dans les manifs. Castaner, s’il le voyait, lui dirait d’y aller mollo, quand même.

Un comité de soutien s’est créé, deux douzaines de témoins de moralité s’expriment par écrit, la presse est alertée, les militants de la FI de Toulouse avec leur conseiller régional, Jean-Christophe Sellin, s’activent et sont présents en permanence. Des députés de la FI émettent une protestation (Quatennens, Coquerel) ainsi que Manuel Bompard, N° 2 de la liste insoumise aux européennes (et qui, aura ma voix et pas que la mienne parmi ceux que j’ai vu à nos côtés dans cette épreuve), et Simon Berger, co-secrétaire du Parti de Gauche 31. Jean-Luc Mélenchon retweete une protestation.

L’arrestation pépère d’un jeunot isolé et apparemment sans défense a créé une agitation locale, se médiatise et se politise jusqu’à Paris.

Néanmoins, en un baroud de déshonneur, la garde à vue, en général de 24 heures pour des affaires de ce type, est prolongée. Pourquoi ? Réponse du commissaire : « Pour des investigations complémentaires  ». On comprend bien que la police n’a rien, qu’elle veut visionner toutes les vidéos possibles de la manifestation pour y suivre à la trace leur victime et particulièrement éplucher les vidéos prises par les caméras à l’endroit précis où il a été arrêté. Mais 42 heures après l’arrestation, c’est le fiasco, elles n’ont rien montré. Ou plutôt, si elles ont pu être vues, elles innocentent le jeune homme. Parlons d’autre chose, donc.

On ne peut pas mobiliser sans limite une partie des policiers de Toulouse pour visionner des vidéos à s’en faire loucher et tirer, par conséquence, une balle de flash ball dans l’oeil d’un collègue en visant une passante qui porte un pull jaune. De surcroît, on ne peut garder un suspect trois jours en garde à vue, sauf terrorisme. Mais Raphaël est un pacifiste « de type européen ». Ah ! un bon-point pour lui ! Il n’y met pas que de la mauvaise volonté ! On le transfère donc dans une cellule du Tribunal. Une avocate est commise d’office. Elle a l’air de sortir tout juste des écoles. En vérité, elle est plus âgée qu’il n’y paraît et elle inspire rapidement confiance. La famille et les amis savent que la comparution immédiate se traduit presque toujours par des lourdes peines. Nous avons donc envie de demander un renvoi du procès. C’est ce qui est conseillé dans les arrestations des Gilets Jaunes. Mais le risque existe alors que le jugement ait lieu dans 15 jours avec maintien en détention, alors que le dossier est vide. VIDE ! Il faut décider en quelques minutes, devant la salle d’audience où l’on vient tout juste de rencontrer l’avocate. C’est alors que le jeune homme molesté en même temps que Raphaël prévient par téléphone qu’il est en route pour le tribunal et qu’il va témoigner. Va pour la comparution immédiate. Inch’Allah !

Ouverture des audiences.

Comparaissent à tour de rôle devant le tribunal trois jeunes hommes, trois paumés dont deux ne comprennent pas grand-chose, voire ont du mal à aligner deux mots. L’un a essayé d’utiliser une carte bleue volée, un autre a fui devant la police qui a trouvé dans sa voiture de la drogue et 500 euros, le troisième, à quelques mois d’intervalle, a poignardé des proches.

Arrive Raphaël. Droit, sans humilité, ni forfanterie. En même temps (vous n’avez pas oublié les griefs contre les prévenus précédents ?) entrent spécialement pour lui dans la salle trois policiers en tenue. Quelqu’un sait pourquoi ?

D’une voix assurée, Raphaël répond sobrement aux questions : non il n’avait pas de capuche sur la tête, n’avait pas de bonnet, de cagoule, de foulard, de masque. Juste des lunettes de piscine. Ah ! c’est un élément à charge. Le seul, d’ailleurs qui ne soit pas une invention de la police. Son avocate va se planter devant les juges : « Vous voyez, j’ai des lunettes. Je les enlève. Vous me reconnaissez ? » Rires.

Non, il n’a pas saisi un palet de grenade tombée à ses pieds pour le lancer sur les policiers. Son avocate : « S’il l’avait fait, il se serait brûlé ».

L’avocate a dit qu’elle a souhaité faire entendre un témoin. Après un léger et bref flottement du tribunal, c’est accepté.
On le fait entrer. Allan s’exprime également sans emphase ni surplus d’émotion. Il relate calmement les faits. Le président lui demande s’il est « parent ou allié » avec le prévenu. La réponse fuse, franche : « C’est un ami d’enfance ». Le tribunal (c’est son travail) lui fait longuement raconter en détail la scène, cherchant une éventuelle contradiction avec ce qu’en a dit son ami. Mais en vain. Ils ne se sont pas revus ni n’ont pu communiquer depuis samedi et les versions sont identiques.

Maître Clément, l’avocate, fait une plaidoirie éblouissante (alors qu’elle n’a le dossier que depuis quelques heures à peine). Le procureur joue au méchant, comme c’est son rôle et peut-être son plaisir. Mais on l’a vu plus percutant et féroce dans ses interventions contre les malheureux prévenus précédents. Il s’obstine à dire que Raphaël a lancé un projectile sur les policiers. J’ai eu l’impression qu’il faisait exprès de répéter ça, comme pour dire : «  Vous savez tous ici que c’est faux, moi aussi, car cela a été bien démontré, mais je n’ai que ça en rayon ». Il demande 1 mois de prison avec sursis et 1 an d’interdiction de manifester. On sent que le cœur n’y est pas. Je commence à parier sur une peine symbolique.

Le tribunal se retire pour délibérer. Il revient : « Acquittement pour absence d’élément probants. Vous êtes libre. » Tonnerre d’applaudissements dans la salle archicomble (tout le monde n’a pas pu entrer). Le président du tribunal tempête : « Silence ! Sérénité de la Justice, solennité des lieux… ». On se marre et on applaudit encore et encore. Je parie qu’il a fait de même, dans sa tête.

Une fois dehors, une petite foule jubile, Raphaël arrive, c’est à qui l’embrassera. Jaillit alors spontanément la chanson des Gilets jaunes : « On est là, on est là, même si Macron ne veut pas, nous on est là… ». Une équipe de FR3-Occitanie est sur place. Elle filme et interviewe. Raphaël dit calmement ce qu’il pense de tout ça et des emprisonnements des Gilets Jaunes. Le reportage passera au JT de 19/20H (2). Rien à redire. Ces journalistes peuvent venir dans les manifs des GJ sans gardes du corps, eux (compris BFMTV ?).

Fin de cette histoire ?

Non. Les flics à plumes et les flics à matraques n’ont pas aimé que justice soit rendue.

Les flics à plumes
La Dépêche du Midi publie le 7 mai 2019 une photo d’un GJ cagoulé, entièrement masqué, shootant dans une grenade place du Capitole à Toulouse et légendée « Il a été interpellé samedi ». En dessous, l’article commence ainsi : « Cet homme de 25 ans avait été interpellé samedi... ». L’article, signé Claire LAGADIC, rend compte du procès de « Raphaël, un restaurateur de 25 ans. » Tout l’article est à charge et donne l’impression (chère à la faschosphère) que la justice est trop clémente. Les moments du procès qui ont été déterminants sont éludés (en particulier le témoignage). Du coup, pour le lecteur, Raphaël n’est pas forcément innocent. Pour la Justice, il l’est. Pas pour la Dépêche.

Nous avons protesté plusieurs fois auprès de la Dépêche et demandé un rectificatif ou un droit de réponse. Nous n’avons obtenu, ni du journal, ni de la journaliste, la moindre réponse. Rien !
Cependant, mercredi 8 dans la soirée, la Dépêche a remplacé la photo crapuleuse par une autre, montrant la balance de la Justice. Mais, ils n’ont pas changé le début de l’article qui débute donc comiquement, sous la photo de la balance par : «  Cet homme de 25 ans avait été interpellé samedi... ».

Il va de soi que, aussi longtemps que le nécessaire rectificatif ne sera pas publié, nous sommes en position d’attaque (c’est-à-dire, de défense).

Les flics à matraque.
Dans cette affaire, la BAC, le commissaire qui nous a reçus et d’autres policiers hostiles ont un peu mangé leur chapeau. D’autres ont compati et se sont montrés humains. Il vaut mieux pour eux ne rien dire de plus, sauf : merci.

Est-ce que la police, en Macronie, peut se plier à la loi de la chose jugée ? On peut en douter : mercredi à 17h50, trois CRS en tenue, arme à le ceinture, sont venus coller leur visage contre la vitrine du restaurant de mes fils, mettant leurs mains en visière pour voir à l’intérieur, faisant un signe de tête à Raphaël avant de tourner les talons. Plus tard dans la soirée, des voitures de police passant dans la rue firent d’inhabituels ralentissements ostensibles devant le restaurant (3).

Conclusion : Aujourd’hui, samedi, Raphaël a cru plus prudent de ne pas aller manifester. Son frère aussi. Quant à moi, j’ai choisi de rester dans mon bureau pour écrire cet article.

Nous venons de remporter une victoire à la Pyrrhus (4).

Maxime VIVAS

Notes

(1) Le 14 août 2012 à 16 h, au téléphone, un journaliste de Charlie Hebdo m’a avoué qu’ils menaient une enquête sur le site Le Grand Soir, que sur moi ils n’avaient rien trouvé, mais que toute une équipe de journalistes de Charlie, d’autres journaux français et internationaux (!) étaient à la tâche. Depuis 2012, ça m’en fait des gardes à vue symboliques chez ces lascars.

(2) Par coïncidence, s’ouvrait le même jour le procès de Didier Lombard, ex-PDG de France Télécom. J’ai exercé le métier d’ergonome dans cette administration et j’avais écrit naguère un article sur les suicides (republié ces jours-ci par LGS). Des médias m’ont approché pour en parler. A 12h30, je donnais une interview à FR3-Occitanie pour le JT 19/20H. Quelques heures plus tard, une autre équipe de FR3-Occitanie interviewait Raphaël au sortir du tribunal, pour le JT 19/20H ! Je leur ai signalé ça et ils m’ont dit que je passerai donc le lendemain. En fait, ils ont passé les deux en me présentant sobrement comme « un ancien salarié de France Télécom ».

(3) Intimidations qui les desservent. Mon aîné a expliqué au commissaire, que les Gilets Jaunes et la police étaient instrumentalisés par le pouvoir. L’intérêt de la police et des citoyens est de revenir ou de parvenir à des rapports apaisés, sans haine.

(4) C’est juste une pause. On nous reverra ensemble dans les manifs. Entre-temps les choses que nous écrivons, ici et ailleurs, sont des boucliers. Au cas où...

URL de cet article 34907

Commentaire de Pierre P.

Un lien implicite est établi dans le papier de notre ami Maxime Vivas ci-dessous entre la violence des multinationales tel France-Télecom Orange avec celle de sa flicaille. J'ai connu Maxime Vivas quand il était ergonome à la Direction des lignes à grandes distances à Toulouse aprés avoir été agent du centre de Tri postal à Paris Brune...

Coincidence symbolique: il a été interviouvé par FR3 le même jour que celui où son fils avait été libéré suite aux saillies d'individus en uniformes de policier. Une question pertinente est posée: ces "hommes" seront-ils un jour jugés suite à leurs exactions comme ce fut le cas dans un lointain passé?

Citoyens qui regardaient benoîtement les spectacles hebdomabadaires montés par la société de production Castaner pour BFMTV et compagnie,  dans le meilleur des cas en marmonnant votre étonnement continuez bien à roupiller tranquille! Vivas montre que la torture "classique" avec la gégène etc...n'est pas loin, (voir aussi le cas Traoré...), sans parler des lâchetés de nombre de juges. "Justice de classe": vous dîtes Monsieur? l'Etat de droit fout le camp à toute vitesse...et dans tous les domaines.

L'oligarchie est prête à faire payer un prix très lourd l' abolition de ses privilèges: l'Histoire universelle nous le montre...

PP

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La Pitié-Salpêtrière : menteurs c’est sûr, mais délinquants aussi ? Par Régis de Castelnau

12 Mai 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes, #Les violences policières

La Pitié-Salpêtrière : menteurs c’est sûr, mais délinquants aussi ?

 

 

La destruction du mensonge : dimensions politiques

Ce qui s’est passé dans notre pays le 1er mai a livré par un étonnant dévoilement la radiographie d’un système macronien à nu. Se pose maintenant la question des conséquences immédiates, et en particulier celle des suites judiciaires qu’appelle à l’évidence le comportement des gens du pouvoir et ceux qui les soutiennent. Occasion supplémentaire d’interpeller la Justice française sur le fait qu’elle pourrait ainsi et enfin manifester sa volonté de faire respecter l’État de droit.

Nous avons assisté à la production de mensonges d’État relayés par un dispositif de communication hégémonique et qui se sont cependant fracassés sur la réalité et la vérité produite grâce à Internet et aux réseaux, outils que précisément Emmanuel Macron veut faire taire. Révélation irréfutable de plusieurs choses à commencer par la duplicité liberticide d’un pouvoir qui porte atteinte aux libertés d’expression et de manifestation en prétendant les protéger. Cette fois-ci, toutes les ficelles sont à nu.

Comme est désormais irréfutable l’existence d’intolérables violences policières délibérées, depuis que dans ses vœux du nouvel an Emmanuel Macron a annoncé son refus d’une solution politique à la crise. Pour s’en remettre exclusivement aux répressions violentes et punitives telles que les ont déployées police et justice contre une partie du peuple français. Mais cette fois-ci, des secteurs entiers de la société se sont cabrés devant l’énormité du mensonge, et précipités sur les réseaux qui dévoilaient non seulement la fake news d’État, mais étalaient au travers de vidéos et témoignages irréfutables, la réalité d’une violence policière aussi dangereuse et irresponsable que délibérément organisée.

Alors bien sûr, tout ceux, gauche politique en tête, qui avaient appelé en mai 2017 à faire barrage se précipitent à la recherche d’un bouc émissaire. Ce sera la cible facile, du calamiteux et presque toujours grotesque ministre de l’intérieur Christophe Castaner. Il le mérite largement et on ne va pas s’apitoyer sur l’amateur de vodka. En revanche il conviendra de ne pas oublier un Premier ministre dont on a fini par constater l’absence totale de culture démocratique, et tous ces ministres et parlementaires LREM, accompagnés des supplétifs médiatiques du pouvoir macronien qui se sont précipités pour relayer le mensonge. Nous permettant par la suite d’assister au spectacle de leur recul en désordre fait d’éléments de langage standard, de raisonnements tortueux, de contorsions, et d’analyses sémantiques hilarantes. Jamais d’excuses en revanche, il ne faut pas trop en demander.

Menteurs mais aussi délinquants

Alors qu’ont donc fait tous ces braves gens qui devrait connaître des suites judiciaires, si depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron l’État de droit dans notre pays n’était pas à ce point devenu à géométrie variable ? On ne parlera pas des violences policières largement documentées, et qui provoquent le pieux silence de parquets occupés à poursuivre d’ignobles criminels qui ont osé scander « Castaner assassin » dans une manifestation. Ce sera pour une autre fois.

En revanche il y a au moins trois infractions pénales qui devraient encourir les sanctions prévues par la loi, tant pour l’auteur principal du mensonge que pour ceux qui l’ont délibérément relayé ou utilisé.

La première est celle qu’incrimine l’article L 97 du Code électoral, puisque nous sommes à quelques jours d’un scrutin national : «Ceux qui, à l’aide de fausses nouvelles, bruits calomnieux ou autres manœuvres frauduleuses, auront surpris ou détourné des suffrages, déterminé un ou plusieurs électeurs à s’abstenir de voter, seront punis d’un emprisonnement d’un an et d’une amende de 15 000 euros ». L’intention frauduleuse des menteurs est assez évidente au regard de la campagne menée par Nathalie Loiseau. Aucun programme, simplement un appel au barrage des vilains populistes antisémites, homophobes et factieux que sont les gilets jaunes. Mais si on lit bien le Code on constate que l’intention frauduleuse n’est pas nécessaire et qu’il suffit que le mensonge ait eu pour conséquence cette altération de la sincérité du scrutin. La propagande mensongère est sanctionnée. À notre sens, mais nous ne sommes pas le juge, l’infraction est constituée.

Il y a ensuite le droit pénal général qui avec l’article 322-14 du Code n’aime pas trop que l’on crie « au loup ! » de façon injustifiée. « Le fait de communiquer ou de divulguer une fausse information dans le but de faire croire qu’une destruction, une dégradation ou une détérioration dangereuse pour les personnes va être ou a été commise est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. » Laissons de côté tous les relais empressés de la fausse nouvelle qu’il faudra pourtant poursuivre, (n’est-ce pas Monsieur le procureur) pour nous concentrer sur Christophe Castaner. Que nous dit Libération le 2 mai à 7h32 : « en déplacement à l’hôpital, où un CRS a été admis pour une blessure à la tête, le ministre de l’Intérieur a évoqué une «attaque» par des dizaines de militants anticapitalistes d’ultragauche «black blocs». «Des infirmières ont dû préserver le service de réanimation. Nos forces de l’ordre sont immédiatement intervenues pour sauver le service de réanimation ». Mensonge total confirmé dans un tweet du même ministre : « Ici, à la Pitié-Salpêtrière, on a attaqué un hôpital. On a agressé son personnel soignant. Et on a blessé un policier mobilisé pour le protéger. Indéfectible soutien à nos forces de l’ordre : elles sont la fierté de la République ». Franchement, si le parquet faisait son travail républicain, on ne voit pas comment le ministre de l’intérieur pourrait échapper à une saisine de la Cour de justice de la république, à une incrimination bonne et due forme et à une condamnation. Pour les supplétifs ce devrait être les tribunaux ordinaires.

Enfin, tournons-nous à nouveau vers le droit pénal spécial c’est-à-dire vers la loi du 29 juillet 1881 qui organise la liberté d’expression notamment par le droit de la presse. Il y a l’article 27 de cette loi qui dit ceci : « La publication, la diffusion ou la reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers lorsque, faite de mauvaise foi, elle aura troublé la paix publique, ou aura été susceptible de la troubler, sera punie d’une amende de 45 000 euros. » La première observation sera de rappeler que le droit positif permettait très bien de lutter contre les fausses nouvelles, et que la loi fake news avait donc bien pour but exclusif de porter atteinte à la liberté d’expression sur les réseaux au profit du pouvoir macronien. La deuxième observation pour constater que Christophe Castaner est bien entendu concerné comme tous ceux qui se sont précipités pour relayer ses mensonges. Et qu’il n’est pas nécessaire que ces mensonges aient troublé la paix publique mais été seulement susceptibles de le faire. Concernant l’excuse de « bonne foi » qu’avancerait un des hommes les plus informés de France, on se contentera de sourire…

Que doit faire le parquet ?

Pour conclure, on se tournera vers les autorités du parquet et notamment celles du tribunal de grande instance de Paris. On sait les conditions dans lesquelles le successeur de François Molins a été, grande première dans l’histoire de la République française, choisi directement par Emmanuel Macron. Et que celui-ci, face à la mansuétude dont ses amis font l’objet et au zèle déployé dans la répression des gilets jaunes, n’a eu qu’à se féliciter de son choix. Mais il se trouve que la trentaine de gardes à vue consécutives aux incidents de la Pitié-Salpêtrière ont été très rapidement levées face à l’ampleur du mensonge, l’inanité des motifs des arrestations et la violence qui les avait accompagnées.

Sage décision, et il serait peut-être opportun de confirmer ce retour à une certaine rectitude juridique en ouvrant les procédures qu’exige le respect de la loi, contre les policiers gifleurs, lanceurs de pavés, matraqueurs sans raison, jusqu’ici soigneusement préservés. Et surtout en poursuivant tout ceux, ministre de l’intérieur en tête, qui se sont permis de prendre de telles libertés avec les lois qui protègent la paix publique et l’expression démocratique en période électorale.

À ceux qui me disent qu’il ne faut pas rêver, je réponds que l’on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise.

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Qui étaient les deux militaires français tués lors d'une libération d'otages au Burkina Faso

10 Mai 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'armée française

Les maîtres Cédric de Pierrepont (à gauche) et Alain Bertoncello (à droite) ont étés tués dans l'assaut.
Les maîtres Cédric de Pierrepont (à gauche) et Alain Bertoncello (à droite) ont étés tués dans l'assaut. - SIRPA MARINE.
Portraits
Qui étaient les deux militaires français tués lors d'une libération d'otages au Burkina Faso
 
Quatre otages, dont deux Français enlevés la semaine dernière au Bénin, ont été libérés par une opération des Forces Spéciales dans la nuit du 9 à ce vendredi 10 mai. Les maîtres Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello, du commando Hubert, ont étés tués lors de l'assaut. Dans cette région, le soutien aux groupes djihadistes monte en puissance.

Deux commandos marine français ont perdu la vie lors d’un assaut lancé dans la nuit du jeudi 9 à ce vendredi 10 mai, destiné à libérer deux otages enlevés la semaine dernière dans le parc national de la Pendjari, au nord du Bénin, non loin des frontières avec le Burkina Fasso et le Niger. Le maître Cédric de Pierrepont et le maître Alain Bertoncello étaient tous deux membres du commando Hubert, basé à Saint Mandrier. Cette unité de nageurs de combat constitue l’élite des commandos marine, un des fers de lance du Commandement des Opérations Spéciales (COS). Depuis cinq ans, les Forces Spéciales françaises de l’opération « Sabre » basées à Ouagadougou, au Burkina Faso, chassent les djihadistes sans relâche. Dans le cadre de l’opération « Barkhane », c'est à ces hommes que revient la traque quotidienne des GAT (Groupes Armés Terroristes).

Le 1er mai dernier, deux enseignants en vacances avaient disparu alors qu’ils effectuaient un safari dans cette immense région de forêts et de savanes, au relief très accidenté, difficilement contrôlable par les forces de sécurité. Une zone où existent des groupes criminels motivés par une rançon, mais où les réseaux de soutien aux groupes djihadistes se sont fortement développés depuis des mois, avec une multiplication des attaques au sud du Burkina Faso et à l’est du Niger. Le 2 mars 2018, une attaque de ces groupes en plein centre de Ouagadougou, où vingt-huit personnes avaient été tuées, était apparue comme une forme de défi à la France.

opération de vive force

 

Très rapidement après la disparition des touristes, la mobilisation des agents du parc et de la police locale avait permis de découvrir un corps criblé de balles, identifié comme celui du guide, sur les berges de la rivière Pendjari. Le véhicule qui les transportait avait ensuite été découvert dans la commune de Partiaga, au Burkina Faso, à une soixantaine de kilomètres de la frontière. La décision d’intervenir rapidement pour libérer les otages peut être due à des renseignements sur leur possible acheminement par leurs ravisseurs vers le Mali. Dans un tel cas de figure, il est nécessaire d’éviter que les otages ne soient exfiltrés vers les sables du désert, malien, ou libyen, où la récupération aurait été beaucoup plus difficile. Il s’agit aussi de ne pas se laisser faire dans une zone où la présence française est forte. Le raid a visé un campement à proximité de Gorom-Gorom, dans l’angle nord-est entre le Mali, le Niger et le Burkina.

Cette opération de vive force s’est faite avec le concours des forces armées burkinabè, des moyens de Barkhane et du renseignement américain, notamment de leur drone « Reaper ». Depuis l’engagement en Afghanistan, les militaires du COS ont développé un très grand savoir-faire dans leur collaboration avec les FS américaines, notamment leurs homologues des SEAL.

La ministre de la Défense, Florence Parly, a salué « la mémoire des deux militaires des Forces Spéciales de l’opération Barkhane morts pour la France lors de la libération d’otages au Burkina Faso ». Le chef d’état-major des armées, le général François Lecointre, a précisé dans un communiqué que « cette libération d’otages, au prix de la vie de deux commandos marine, démontre la maîtrise technique des Forces Spéciales françaises et leur courage héroïque. L’action précise et déterminée des militaires français a permis de neutraliser les ravisseurs en préservant la vie des otages, au prix de la vie de nos deux camarades. Cette opération audacieuse a permis de sauver les quatre personnes retenues prisonnières sur le campement : les deux otages français ainsi qu’une citoyenne américaine et une ressortissante sud-coréenne. »

« J’admire leur courage, je partage la peine de leur famille et de leurs proches », a pour sa part déclaré l’amiral Prazuck, chef d’Etat-Major de la Marine, qui fut lui-même le commandant de la Forfusco (Force maritime des fusiliers-marins et commandos).

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Éléments de portrait de ces deux héros

Le ministère de la Défense a communiqué différents éléments sur les deux officiers-mariniers du commando Hubert :

Né en 1986, le maître Cédric de Pierrepont est originaire du Morbihan. Il entre dans la Marine nationale en 2004, au sein des équipages de la flotte. Il intègre en 2005 la spécialité de fusilier marin et se distingue en terminant premier sur quarante-sept de son cours de Brevet élémentaire.

Un an et demi plus tard, il réussit le stage commando. Il est ensuite affecté au commando de Penfentenyo où il est promu au grade de second-maître et obtient son brevet d’aptitude technique fusilier marin-commando. En août 2012, il réussit le cours de nageur de combat puis rallie le commando Hubert. Il y occupait les fonctions de chef de groupe commando depuis le 1er avril 2018.

Le maître de Pierrepont était pacsé. Il cumulait 15 ans de service au cours desquels il a plusieurs fois été engagé sur des théâtres d’opérations en Méditerranée, au Levant et au Sahel ; théâtre sur lequel il était déployé depuis le 30 mars dernier.

Il était titulaire de quatre citations (à l’ordre du régiment, de la brigade et de la division) avec attribution de la Croix de la Valeur Militaire et d’une citation à l’ordre de la Brigade avec attribution de la Médaille d’or de la Défense nationale. Il était en outre décoré entre autres de la Médaille d’or de la défense nationale « Nageur de combat – Missions d’opérations extérieures » et de la médaille d’Outre-mer avec agrafes Sahel et Liban.

Le maître Alain Bertoncello, né en 1991, est originaire de Savoie. Il entrée dans la Marine nationale en rejoignant l’école de maistrance le 14 février 2011. Il choisit le 1er mars 2012 la spécialité de fusilier marin et réussit le stage commando la même année. Après 5 ans au commando Jaubert, il obtient le brevet de nageur de combat et rejoint le commando Hubert basé à Saint-Mandrier dans le Var, où il était affecté depuis juillet 2017.

Après son entrée au sein des commandos marine, le maître Bertoncello a participé à des missions de défense des intérêts maritimes français aux Seychelles (protection des thoniers) et à plusieurs opérations extérieures au Qatar, au Levant et au Sahel ; théâtre sur lequel il était engagé depuis le 30 mars dernier. Le maître Bertoncello était pacsé. Il cumulait plus de 7 ans de service au sein de la Marine nationale. Il était titulaire d’une citation à l’ordre du régiment avec attribution de la Médaille d’or de la Défense nationale et était décoré de la Médaille d’Outre-mer pour le Moyen-Orient ainsi que de la Médaille d’argent de la Défense nationale.

Depuis 2004, le commandement des opérations spéciales (COS) a perdu 29 commandos dont 7 appartenaient à la FORFUSCO (force maritime des fusiliers marins et commandos) dont l’état-major est basé à Lorient.

 

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Privatisation des Aéroports de Paris. Chronique de Daniel Schneidermann. Et maintenant, 4 717 396 !

10 Mai 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Privatisation des ADP, #Loi PACTE

 

Chronique
Et maintenant, 4 717 396 !
 

Camarades matinautes, c'est un électeur qui vous parle. Un électeur qui redécouvre, stupéfait, un étrange plaisir, oublié depuis quelques décennies, le plaisir d'aller voter. Un plaisir sans mélange. Et plutôt deux fois qu'une. Et plutôt dix fois, si c'était possible. Vous me verriez, depuis hier, depuis que le Conseil constitutionnel a validé le principe d'un référendum contre la privatisation d'Aéroports de Paris ! Je vibre, je frétille, je vibrionne, j'ai déjà des fourmis dans l'index droit, celui qui appuiera à la première heure sur le bouton, pour dire que oui, je suis l'un des 4 717 396 pétitionnaires qui le réclament, ce référendum. Oui, je me précipite dans la faille, la faille étroite du pauvre petit RIP (référendum d'initiative partagée), vilain petit canard de la démocratie directe, appelé peut-être à devenir un cygne majestueux. Et que ce soit l'excellent Christophe Castaner, qui mette ce bouton à ma disposition, ne fera que décupler mon plaisir. En vrai, je crois que je n'ai jamais été ainsi excité par un événement politique depuis 1981, ce qui ne nous rajeunit pas.

Ô délices d'imaginer, à travers le transistor, la triste figure de mon confrère Dominique Seux, que j'imagine, pour une fois, porter le grand deuil. Le deuil de ces infortunées heures de débat parlementaire, tout ce magnifique travail si démocratique, si magnifiquement respectueux des droits de l'opposition, sous la férule des Ferrand, des Rugy, des Le Gendre, qui passent ainsi au vide-ordures ; le deuil de la "démocratie parlementaire", balayée par la démocratie directe. Ecoutez sa chronique de ce matin. Ecoutez la et ré-écoutez la. Ecoutez la sous la douche, dans votre bain, faites en votre gel douche, vos huiles essentielles. Ah comme c'est bon ! Comme c'est parfumé ! Faites la écouter à vos amis, à vos tontons ronchons, à toute l'armée des "ça marchera jamais". A elle seule, davantage que toute ma propagande à moi, elle convaincra les sceptiques, et guérira les rhumatismes.

Comment je me suis convaincu que la privatisation d'Aéroports de Paris était une catastrophe majeure, pas seulement économique mais surtout écologique, je vous l'ai raconté dans cette réponse à Thomas Legrand, le binôme de Seux. Ce n'est pas seulement pour perturber le banquet des gavés, ce banquet dont la désormais immortelle vidéo versaillaise de Carlos Ghosn nous donne une représentation qui nous laisse sans voix. C'est presque par inadvertance. En lisant cet article magique du Monde, qui expliquait en toute innocence les raisons de Vinci de guigner le beau fruit juteux. Pour le développer, pardi ! Pour enfourner toujours davantage de passagers dans davantage d'avions vers nulle part, en les faisant passer par davantage de duty frees, ces palais de l'inutile. Davantage d'avions, davantage de kérosène, davantage de CO2. Toujours davantage. Une cause moins "large" que la pétition sur l'Affaire du siècle, qui réclame une action en justice contre l'inaction climatique de l'Etat, comme l'estimait Dominique Seux -béni soit son nom- ce matin ? Mais non, Dominique. C'est justement parce qu'elle est moins large, qu'elle est bien plus redoutable. Lutter contre cette privatisation, c'est une manière très concrète de se battre pour la planète. Très concrète, et à portée de bouton (coucou Christophe, il vient, ce bouton ? Tu peux lâcher tes LBD, deux secondes ?)

Camarades matinautes, je ne rêve pas debout. Ce n'est pas gagné. Demeurent de multiples obstacles. Ils vont tout essayer. Par exemple, la culpabilisation : alors quoi, vous n'allez pas mêler vos voix à celles (rayer les mentions selon les bords) de la droite, des socialos, des fachos, des gauchistes ? Ah mais si ! Et comment, nous allons mêler nos voix pour (attention, grand mot) faire peuple ! Et comment, nous allons, ensemble, élargir la brêche ! Car ce référendum, si nous y parvenons, va évidemment créer un précédent. "Demain, une réforme des retraites, de la santé, fiscale, votée par le Parlement mais non encore promulguée pourrait-elle emprunter le même long chemin ?" s'interroge, épouvanté Dominique Seux. Eh oui. C'est exactement ça. Ah, Dominique ! En gel douche. En huiles essentielles.

 

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Gilets jaunes : c’est au peuple qu’il appartient d’écrire la suite de l’histoire

9 Mai 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes

Gilets jaunes : c’est au peuple qu’il appartient d’écrire la suite de l’histoire
Des gilets jaunes marchent à Strasbourg samedi lors de l'acte XXIV du mouvement.
Des gilets jaunes marchent à Strasbourg samedi lors de l'acte XXIV du mouvement. Photo Patrick Hertzog. AFP

Des citoyens engagés dans le mouvement des gilets jaunes, la plupart proches ou membres de La France insoumise, appellent à créer, non un parti ou une association, mais des «cercles constituants» pour lancer une réflexion collective sur les institutions et le partage des richesses.

Tribune. Le 17 novembre 2018 a marqué l’entrée dans une nouvelle ère : celle du retour du peuple sur la scène de ce qui était devenu un théâtre d’ombres. Le mouvement des gilets jaunes a percuté de plein fouet l’atomisation libérale de la société en réouvrant une perspective collective. Les gilets jaunes ont donné à voir la volonté de constitution d’un corps politique refondé par le contrat social. Ce faisant, ils mettaient radicalement en cause l’organisation, ou plutôt la désorganisation de la société par l’émiettement individualiste, qui, depuis plus de trente ans maintenant, laisse les coudées franches à la finance galopante et à la caste qui la sert.

Les conclusions solitaires qui ont été tirées du «grand débat» par le monarque présidentiel n’ont apporté aucune réponse à cette exigence démocratique. Pire, toute proposition en ce sens a été immanquablement rejetée. Il faut dire que le cadre proposé était avant tout un corset : les gens étaient certes appelés à discuter, mais étaient «en même temps» privés de la liberté de décider. Face à l’irruption populaire, le pouvoir n’a proposé qu’un groupe de parole.

Le débouché politique du mouvement des gilets jaunes n’en reste pas moins un enjeu majeur pour l’ensemble du pays. Ce mouvement continue en effet à imprégner l’ensemble de la société. Par sa capacité à muter au fur et à mesure qu’il agrège, il a tiré sa force dynamique en s’affranchissant du cadre institutionnel. C’est donc une matrice nouvelle qu’il convient de fabriquer et qui rassemble le plus grand nombre.

Car si les gilets jaunes ne sont pas le peuple, ils en sont la pointe avancée, celle qui a formulé cet impératif démocratique : «Nous ne nous contentons plus d’être des individus. Nous revendiquons notre droit à la citoyenneté !» Dès lors, le seul débouché politique à la hauteur de cet élan est l’appropriation par l’ensemble du corps social et politique de cette exigence.

Nécessité fait loi : nous pensons que la République doit faire retour à ses commencements et s’engager sans attendre dans un processus constituant afin que la multitude se refonde en un corps politique décidant de son destin. L’élection d’une «assemblée constituante citoyenne» sera bien sûr, le moment venu, l’outil de sa mise en œuvre. Mais si l’on considère que la volonté générale procède du peuple et que c’est au sein de celui-ci que se forge l’intérêt général et non simplement dans la représentation, une assemblée constituante ne peut agir par délégation de souveraineté.

Ce mouvement nous met face à l’urgence d’inventer un modèle démocratique et social juste, respectueux de l’humain et de la planète. Il convient d’investir dès à présent et sans attendre l’étape préalable, celle de la maturation collective, de l’appropriation par le dialogue, de l’émergence dans le peuple de contenus émancipateurs et de droits de l’homme et du citoyen nouveaux : c’est au peuple qu’il appartient d’écrire la suite de l’histoire.

Nous, citoyens engagés dans le mouvement des gilets jaunes pour la Res publica et le bien commun, appelons à initier dès à présent, et partout où il n’existe pas déjà sur le territoire de structures qui puissent se saisir de cette question, des cercles constituants pour lancer la réflexion collective, tant sur le cadre institutionnel futur dont la France devra se doter, que sur les règles de vie collective pour les mettre en partage. Pas un parti, pas un mouvement, pas même une association, ces cercles constituants se retrouveront librement en réseau via une plateforme numérique pour faire circuler les propositions et enrichir la réflexion commune. Le temps constituant ne peut être capté par aucun : il appartient au peuple !

François Cocq auteur de l’Impératif démocratique, Catherine David Confédération paysanne, Nathalie Dinner conseillère départementale (PCF-FDG-LFI) déléguée au logement et à l’habitat, présidente d’un office public de l’habitat, Romain Dureau agroéconomiste, Christophe Gache secrétaire départemental du Mouvement des citoyens, Charlotte Girard universitaire et coresponsable du programme de LFI, Nicolas Guillet juriste, Mickael Idrac doctorant en sociologie des migrations à l’université Paris-Descartes, Manon Le Bretton responsable de l’école de formation de La France insoumise, Jeannick Le Lagadec conseillère départementale (PCF-FDG-LFI) déléguée à la santé, Walter Mancebon militant pour une VIe République, Alphée Roche-Noël auteur de Géographie de l’histoire de France, Jonathan Urbach avocat, Frédéric Viale coauteur de la Gauche à l’épreuve de l’Union européenne.

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