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Le blog de Lucien PONS

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Les 10 victoires du Président Maduro, par Ignacio Ramonet

2 Août 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Amérique Latine

Les 10 victoires du Président Maduro, par Ignacio Ramonet

Source : Ignacio Ramonet, Janvier 2017

Depuis l’arrivée au pouvoir de Hugo Chavez, le pays a dû affronter une série d’obstacles politiques, sociaux et économiques aussi bien internes qu’externes, qui se son accentués lors de la présidence de Nicolas Maduro. Ignacio Ramonet analyse ici l’année 2016, l’année la plus compliquée de la révolution bolivarienne.

Début 2016, pour les autorités de Caracas, la situation était très compliquée. Pour principalement trois raisons : 1) L’opposition néo libérale avait gagné les élections législatives de décembre 2015 et contrôlait l’Assemblée Nationale. 2) Le prix du pétrole, principale ressource du Venezuela,  était tombé à son niveau le plus bas depuis longtemps. 3) Le président des Etats Unis, Barack Obama venait de signer un décret où le Venezuela était présenté comme une « menace non usuelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique extérieure des Etats Unis » (1).

Autrement dit, la révolution bolivarienne semblait être à la défensive sur les trois champs décisifs que sont la politique, l’économique et la géopolitique, alors que la contrerévolution, aussi bien interne qu’externe pensait avoir, enfin, à portée de main le pouvoir au Venezuela.

Tout cela dans un contexte de guerre médiatique de longue durée contre Caracas, qui avait commencé avec l’arrivée au pouvoir de Hugo Chavez en 1999 y qui s’est intensifiée à partir d’avril 2013, en atteignant des niveaux inédits de violence depuis l’élection de Maduro.

L’atmosphère de harcèlement agressif et permanent par les media se traduit pas une désinformation insidieuse sur le Venezuela qui jette le trouble même chez de nombreux amis de la révolution bolivarienne. Dans cette ère de la « post-vérité », la pratique du mensonge, de la fraude intellectuelle  et de la tromperie éhontée n’est pas sanctionnée par aucune conséquence négative, que ce soit en termes de crédibilité ou d’image.  Tout se vaut, tout sert dans cette « ère du relativisme post-factuel ». Même les faits et les données les plus objectifs ne sont pas pris en considération. On n’accepte pas non plus l’argument – si évident dans le cas du Venezuela – du complot, de la conjure, de la conspiration. Le nouveau discours médiatique dominant dénonce par avance et ridiculise le « prétendu complotisme » comme reprend un « récit éculé » qui ne peut qu’être rejeté avec mépris.

Début 2016, tout donc semblait très difficile pour le président du Venezuela. Au point que l’opposant acharné, et néolibéral, Henry Ramos Allup, passablement enivré avec sa majorité parlementaire, s’est permis d’affirmer dans son premier discours, en janvier 2016, comme président de l’Assemblée Nationale, qu’il allait enlever Maduro du pouvoir dans « un délai ne dépassant pas six mois ». S’inspirant sans doute du coup d’Etat institutionnel contre Dilma Roussef au Brésil, il pariait sur une victoire à un éventuel référendum qui révoquerait le président.

Les  choses étaient ainsi quand le président Maduro a surpris tout le monde, dans une série magistrale de coups d’échecs que personne n’a vu venir – et qui était parfaitement légale selon la Constitution. Il a rénové, comme celle-ci le lui autorise, les membres du Tribunal Suprême de Justice (TSJ), organe supérieur du pouvoir judiciaire, dont la « Salle Constitutionnelle » a le dernier mot en matière d’interprétation de la Constitution.

Aveuglée par sa superbe, l’opposition a alors commis deux erreurs majeures : elle a décidé d’ignore les avertissements du TSJ, en acceptant que siègent à l’assemblée trois députés de l’Etat d’Amazonie dont l’élection, en décembre 2015, avait été suspendue pour cause d’irrégularités. Face à cet affront, le TSJ n’a pu que décréter que la présence de ces trois députés « non élus régulièrement » enlève toute validité aux décisions de l’assemblée. Le TSJ a en fait jugé que l’Assemblée était en état de désobéissance et que, par conséquent, « toutes ses décisions seront considérées comme étant nulles ».  En raison de ses propres erreurs, non seulement l’Assemblée Nationale n’a pas réussi à légiférer, ni à exercer son contrôle sur le gouvernement, mais, comme le reconnaissent de prestigieux spécialistes de droit constitutionnel, elle s’est elle-même annihilée, elle a dilapidé son pouvoir et s’est, en fait, auto dissoute (2). Telle fut la première grande victoria de Nicolas Maduro en 2016.

Obsédée par son désir de renverser le président, l’opposition a aussi décidé d’ignorer les conditions légales (article 72 de la Constitution) – en l’occurrence, les étapes à suivre, telles qu’elles sont consignées dans la règlementation – lorsqu’elle a voulu lancer, en 2016, un referendum demandant la révocation du président (3). Un autre fracassant échec pour elle. Et une autre victoire de Nicolas Maduro.

Même ainsi, il est arrivé un moment, en mars-avril 2016, où tout s’est énormément compliqué. Aux coups de boutoir habituels des forces hostiles à la révolution bolivarienne est venue s’ajouter une sécheresse exceptionnelle, la deuxième en importance depuis 1950, accompagnée de chaleurs extrêmes, dues au phénomène El Niño. Au Venezuela, 70% de l’énergie électrique est fournie par les barrages, la principale centrale hydroélectrique étant celle du Guri, dont le niveau a été réduit au minimum, faute de pluies.

La contrerévolution a essayé de tirer parti de la situation pour multiplier les sabotages électriques, en cherchant à créer le chaos énergétique, le mécontentement social et susciter des mouvements de protestation. Le danger était particulièrement grand, au problème électrique s’ajoutant, du fait de la sécheresse persistante, le manque d’eau potable.

Le président Maduro a toutefois agi à nouveau avec célérité, en adoptant des mesures drastiques : il décida de substituer des millions de lampes à incandescence par d’autres, beaucoup moins gourmandes en électricité ; il donna l’ordre de remplacer les vieux appareils d’air conditionné par de nouveaux, également moins gourmands ; il décréta la mi-journée de travail dans l’administration publique et un plan spécial de limitation de la consommation électrique et d’eau.

Il parvint ainsi, grâce à ces mesures audacieuses, à éviter une crise énergétique majeure (4), tout en obtenant une de ses victoires les plus populaires de l’année 2016.

Un changement de paradigme

Un autre problème important, peut-être le plus grave, auquel a dû faire face le gouvernement – conséquence en partie de la guerre économique contre la révolution bolivarienne – est celui de l’approvisionnement alimentaire. Il faut se rappeler qu’avant 1999, 65% des vénézuéliens vivaient dans la pauvreté. Sur dix vénézuéliens, seulement trois consommaient régulièrement de la viande, du poulet, du café, du lait,… Pendant les seize dernières années, la consommation alimentaire a littéralement explosé, faisant un bond de 80%, grâce à l’investissement social massif par la révolution.

Ce changement structurel explique, à lui tout seul, pourquoi la production nationale d’aliments, bien plus importante de ce que l’on croit (5), s’est trouvée être insuffisante.

La demande ayant augmenté massivement, la spéculation s’est déchaînée. Face à une offre structurellement limitée, les prix ont augmenté de manière vertigineuse, le marché noir explosant littéralement. Beaucoup de personnes achetaient les produits subventionnés par le gouvernement pour les revendre à des prix bien plus élevés (le « bachaqueo »). Certains allaient même jusqu’à les « exporter » dans les pays voisins (Colombie, Brésil) où ils les revendaient pour le double ou le triple de leur prix subventionné. Privant ainsi de ces produits les plus humbles, et le pays de ses dollars, devenus plus rares avec l’effondrement du prix du pétrole. Une telle situation scandaleuse ne pouvait durer.

Une fois de plus, le président Maduro a décidé d’agir avec fermeté. Il a d’abord – point très important – changé la philosophie de l’aide sociale. Il commença par corriger une erreur majeure qui se commettait au Venezuela depuis des lustres. Il décida que l’Etat, au lieu de subventionner les produits, ne subventionnerait plus que les personnes, de sorte que les pauvres, ceux qui en ont réellement besoin, soient les seuls à avoir accès aux produits subventionnes. Pour tous les autres, les produits se vendent au prix du marché. Ce qui évite la spéculation et le « bachaqueo » (6).

La seconde mesure décisive du président fut l’annonce que tout allait être fait pour changer le caractère économique du pays, pour qu’il passe d’un « modèle de rente » à un « modèle productif ». Il définit à cet effet « quinze moteurs » (7) pour réanimer l’activité économique, aussi bien du secteur privé que du secteur public et de l’économie communautaire.

Ces deux décisions essentielles se sont matérialisées par la création des CLAP (Comités Locaux d’Approvisionnement et de Production), une nouvelle forme d’organisation populaire. Les représentants des communautés organisées fournissent, à un prix réglementé, des colis de biens alimentaires. Beaucoup d’entre eux proviennent d’une nouvelle production nationale.  Les CLAP devraient approvisionner, dans les prochains mois de 2017, environ quatre millions de familles modestes. On peut voir là une autre grande victoire du président Maduro.

L’investissement social

Una autre victoire, non des moindres, de cette année 2016, si difficile, est constituée par le record en matière d’investissement social, qui a atteint 71,4% du budget du pays. Un record mondial. Aucun autre pays de la planète consacre presque les trois quarts de son budget à l’investissement social.

En ce qui concerne la santé, par exemple, le nombre d’établissements hospitaliers a été multiplié par 3,5 depuis 1999. Et l’investissement dans un nouveau modèle humain de santé publique a été multiplié par dix.

La Misión Barrio Adentro (« mission au cœur des quartiers ») – qui a pour objectif de s’occuper des malades dans les aires urbaines les plus humbles – a réalisé presque 800 millions de consultations et sauvé la vie à un million et demi de personnes. Huit Etats ont ainsi été couverts à 100% en 2016, alors que l’objectif était de six.

Une autre victoire sociale fondamentale, non mentionnée par les grands média, concerne les retraites. Avant la révolution, à peine 19% des retraités recevaient une pension, les autres subsistaient souvent dans la misère ou en étant à la charge de leurs familles. En 2016, le pourcentage de retraités qui reçoivent une pension, même s’ils n’ont pas cotisé pendant leur vie active, a atteint les 90%. Un record en Amérique du Sud.

Une autre victoire du même ordre – et que les grands média se gardent bien, aussi, de mentionner – est celle obtenue par la Mission Logement qui est chargé de  construire des logements sociaux, à un prix réglementé, pour les familles modestes.

En 2016, elle a construit 359.000 logements – à titre de comparaison, un pays développé comme la France n’a construit, en 2015, que 109.000 logements sociaux. Se rajoutent à cela les 335.000 logements réhabilités dans le cadre de la Mision Barrio Nuevo  Tricolor , qui a attiré les éloges du célèbre architecte Frank Gehry, auteur entre autres du Musée Guggenheim de Bilbao et du Musée Louis Vuitton de Paris. Au point qu’il a déclaré vouloir  s’y impliquer. Soit presque 700.000 logements sociaux construits ou rénovés  en 2016. Un nombre sans équivalent dans le monde

Depuis le début de son mandat, en 2013, le président Maduro a déjà remis près d’un million et demi de logements à des familles modestes. Un record mondial passé sous silence par tous les médias hostiles à la révolution bolivarienne. Et que beaucoup de ses amis oublient parfois de mentionner.

Des liens internationaux

Rappelons, pour finir, quelques unes des brillantes victoires obtenues sur le plan géopolitique.  Avoir empêché,  par exemple, que l’Organisation des Etats Américains (OEA), dominée par Washington, condamne Caracas comme le prétendait son secrétaire général, Luis Almagro, qui invoquait la « Charte Démocratique » contre le Venezuela.

Ou bien le succès du XVIIème sommet du Mouvement des Pays Non Alignés (MNOAL) réalisé en septembre 2016 dans le Centre de Conventions Hugo Chavez de l’île Margarita, avec la présence de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement, les représentants de cent vingt pays ayant manifesté leur solidarité avec le Venezuela.

Pour finir, rappelons le rôle important du président Maduro, qui a effectué de nombreuses tournée internationales dans ce cadre, dans la réussite inespérée d’un accord entre pays OPEP et non-OPEP pour la réduction concertée des exportations de pétrole. Accord qui, signé fin novembre 2016, a freiné la chute du prix du pétrole qui, de 24 dollars en janvier est passé au-dessus des  45 dollars fin décembre 2015.

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1. Voir Ignacio Ramonet, “Venezuela candente”, Le Monde diplomatique en español, janvier 2016. http://www.monde-diplomatique.es/?url=editorial/0000856412872168186811102294251000/editorial/?articulo=2ebf5b30-e930-4492-971c-2fb37aa6e443

2. Cf. BBC Mundo, 24 octobre 2016 : http://sumarium.com/se-ha-vuelto-irrelevante-la-asamblea-nacional-en-venezuela/

3. “L’article 72 de la Constitution du Vénezuela stipule que le référendum révocatoire peut avoir lieu après la première moitié du mandat présidentiel. Dans le cas de Maduro, le mandat a commencé le  10 janvier 2013, et se finira le 10janvier 2019. La mi-mandat est donc au 10 janvier 2016. La confusion sur la date à laquelle la convocation au référendum peut avoir lieu tient à ce que Hugo Chavez est mort le 5 mars 2013, avant d’être remplacé par Maduro. Mais selon l’article 231 de la Constitution, l’actuelle période présidentielle a commencé le 10janvier 2013 et non le 19 avril. Cf. la déclaration de Tibisay Lucena, présidente du Consejo Nacional Electoral (CNE), le 9 aôut 2016. http://albaciudad.org/2016/08/cne-referendo-revocatorio-para-2017/

4. Avec l’arrivée progressive des pluies, fin mai, le niveau du barrage Guri a monté, et le président a décrété, le 4 juillet, la fin du rationnement électrique.

5. Depuis 1999, le gouvernement bolivarien a investi comme aucun autre dans l’agriculture, avec la priorité d’augmenter la production locale. Le Venezuela est auto suffisant en pommes de terre, poivrons, tomates, oignons, ails, céleri, yuca, auyama, laitues, choux, coriandre, citron, melon, quayaba, bananes entre autres. 80% du riz est de provenance nationale. 85% pour le fromage et la  charcuterie. Concernant le poulet et la viande bovine, les importations ne sont que de 24%. Elles sont de l’ordre de 15% pour les carottes, les lentilles et les pois chiches.

6. Cf. Pasqualina Curcio Curcio, “La Mano visible del Mercado. Guerra económica en Venezuela”, Editorial Nosotros Mismos, Caracas, 2016.

7. Los 15 moteurs sont 1. Agroalimentaire. 2 Pharmacie. 3 Industrie. 4 Exportations. 5 Economie communautaire, sociale et socialiste. 6 Hydrocarbures. 7 Petrochimie. 8 Produits miniers. 9 Tourisme national et international. 10 Construction. 11 Produits forestiers. 12 Industrie militaire. 13 Télécommunications et Informatique. 14 Banque publique et privée. 15 Industrie de base.

Ignacio Ramonet

Directeur de l’édition espagnole  du Monde Diplomatique

Source : Ignacio Ramonet, Janvier 2017

 

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Avec la crise grecque, l'Allemagne a gagné plus d'1,3 milliard d'euros grâce à ses prêts à Athènes

20 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La dette, #Grèce, #Le grand banditisme, #L'Allemagne

Avec la crise grecque, l'Allemagne a gagné plus d'1,3 milliard d'euros grâce à ses prêts à Athènes

Avec la crise grecque, l'Allemagne a gagné plus d'1,3 milliard d'euros grâce à ses prêts à Athènes
Illustration ©Marko Djurica/Reuters
 

A la suite d'une demande des Verts allemands, opposés à la politique intransigeante d'Angela Merkel à l'égard de la Grèce, le ministère des Finances allemand a dû rendre public les gains effectués en prêtant de l'argent à Athènes.

Les Grecs n'ont pas fini de se mordre les doigts d'être entrés dans la zone euro et de payer le maquillage de leurs comptes public que leurs dirigeants ont confié à la banque Goldman Sachs au début des années 2000. Grâce à une demande expresse des Verts allemands, très critiques quant à l'intransigeance de la chancelière allemande Angela Merkel à l'égard de la Grèce, le ministère des Finances allemand a été contraint de livrer les chiffres des intérêts perçus sur les prêts accordés à Athènes. Selon le quotidien Süddeutsche Zeitung, les gains s'élèvent à 1,34 milliard d'euros depuis 2009, année où la Grèce, frappée de plein fouet par la crise financière de 2007, demandait l'aide de l'Union européenne, invoquant la «solidarité» entre les Etats membres.

Aide conditionnée à l'obéissance

Une solidarité sur la base de laquelle, les Européens s'étaient engagés à reverser les intérêts des prêts accordés à la Grèce afin de tenir le pays la tête hors de l'eau. Mais, depuis le bras de fer entre la Troïka européenne et le Premier ministre grec Yanis Varoufakis, et le référendum de 2015, l'Allemagne refuse de les payer. La Kreditanstalt für Wiederbau (KfW), une institution financière publique, a ainsi touché depuis 2009 quelque 393 millions d'euros d'intérêts sur un prêt consenti à Athènes de 15,2 milliards d'euros.La Bundesbank – la Banque centrale allemande – a pour sa part a touché 952 millions d'euros dans le cadre du programme de rachat européen de titres de dette souveraine de pays dont les finances étaient exsangues après le renflouement public de banques privées.

Moyen de pression contre les Grecs

Dans ce qui ressemble fort à un chantage, Berlin conditionne la rétrocession des intérêts à l'assiduité avec laquelle la Grèce se conforme aux recommandations des ministres des Finances européens de l'Eurogroupe, et du Fonds monétaire international (FMI), un autre de ses créanciers dur en affaires. Et pourtant, après le baroud d'honneur de Syriza en 2015, la Grèce se montre bonne élève. En mai 2017, le Parlement grec adopte de nouvelles mesures de rigueur, afin de satisfaire ses créanciers, l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI). Et aussi dans l'espoir d'attendrir Angela Merkel et d'obtenir un allègement de sa dette, plus de 320 milliards d’euros, soit près de 180 % de son produit intérieur brut en 2017.

Sven Christian Kindler, représentant les Verts à la commission budgétaire du Parlement allemand résume ainsi la situation : «L'approche allemande de la crise grecque peut certes sembler légale. [Mais] elle est illégitime d'un point de vue moral et en terme de solidarité.»

Lire aussi : Grèce : accord de la zone euro pour débloquer 8,5 milliards d'euros

 

https://francais.rt.com/economie/41138-crise-grecque-allemagne-interets-dette-gain

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Des Millions d’Italiens s’élèvent contre la nouvelle loi rendant la vaccination obligatoire

20 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Economie, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #L'Italie

11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 21:15

Des Millions d’italiens s’élèvent contre la nouvelle Loi rendant la vaccination obligatoire

Baxter Dimitry News 6 juillet 2017

Des Millions d’Italiens s’élèvent contre la nouvelle loi rendant la vaccination obligatoire

Des millions d’italiens s’élèvent contre un gouvernement déterminé à leur enlever les droits les plus élémentaires en adoptant une loi brutale de vaccination obligatoire. Les rues des grandes villes de tout le pays sont bourrées de monde, alors que les médias traditionnels continuent de taire l’ampleur des événements.

Pendant plus d’un mois, les Italiens ont manifesté dans toutes les grandes villes du pays contre la loi qui devait rendre 53 doses de vaccins obligatoires pour tous les enfants. Les enfants qui ne seraient pas vaccinés ne seraient pas autorisés à fréquenter l’école.

«  En 2014 à Washington, lors de la visite de Morenzin (Ministre Italien de la Santé), l’Italie a été choisie pour être le leader mondial de la stratégie vaccinale.» Cette information a été évoquée à l’occasion de la manifestation de Rome.

Le problème n’est pas le problème des vaccins en eux-mêmes ; le problème est que Glaxo est à l’intérieur de notre Ministère ! »

L’Italie est à l’avant-garde d’une expérience de vaccination menée par un gouvernement italien corrompu par les dollars de Big Pharma. En permettant aux compagnies pharmaceutiques de créer des lois et de forcer toute la gamme de leurs produits sur l’ensemble de la population contre leur consentement, le gouvernement italien a trahi son peuple.

Des Millions d’Italiens s’élèvent contre la nouvelle loi rendant la vaccination obligatoire

Les manifestants en Italie, toutes les personnes de la classe ouvrière unies, se sont mobilisées et résistent à la cupidité de la classe dirigeante et des élites corporatistes. En soutenant activement la loi rendant les vaccinations obligatoires, les médias traditionnels luttent avec acharnement contre ces personnes qui protègent les intérêts de la classe dirigeante.

Le Sénateur Bartolomeo Pepe dit que les italiens se lèvent parce que le gouvernement veut les priver de leurs droits. La souveraineté de l’individu est érodée en faveur des entreprises. La cupidité a dépassé la dignité.

Pepe a dit : « Ce pourquoi nous nous battons maintenant n’est pas uniquement le problème des vaccins, mais ce qui est en jeu, c’est la liberté du peuple, parce que les gens sont mis de côté pour favoriser les intérêts de corporations multinationales, comme les banques, les compagnies pétrolières. Nous aurons bientôt à nous battre sur beaucoup d’autres fronts. »

Cependant, comme le gouvernement et les médias persistent à supprimer cet important mouvement de masse, le peuple ne baisse pas les bras et continue de se soulever, déterminé à résister à la pire fraude médicale de l’histoire.

Gabriele Milani, père d’un enfant handicapé par un vaccin, s’est adressé à la foule mettant en garde les médecins contre la tolérance qui semble de mise par rapport aux pratiques dictatoriales de Big Pharma. Il est possible que les médecins remplissent leurs poches grâce aux compagnies pharmaceutiques, mais demain, ils risquent aussi de perdre leur propre liberté.

« Je m’adresse aussi aux professionnels médicaux qui semblent ignorer que nous sommes aujourd’hui les pionniers d’une bataille qui finalement les concerneront tous. Ils risquent de perdre leur liberté de pensée, ils risquent de ne plus pouvoir choisir les thérapies qu’ils voudraient recommander. Chacun de nous est un individu unique, avec son patrimoine génétique unique. Il est donc évident que le même médicament ne peut convenir à tout un chacun. »

Les médias occidentaux traditionnels continuent de supprimer les informations concernant l’ampleur et l’intensité de la révolution qui est en train de se dérouler dans les rues d’Italie. De ce fait, ils affichent aussi leur refus de défendre les personnes dont les droits constitutionnels sont érodés par un gouvernement corrompu par les dollars de Big Pharma.

« Un mandat est inconstitutionnel. Ce nouveau décret est inconstitutionnel car il n’existe aucune urgence. Il est inconstitutionnel parce qu’il interdit l’accès à l’éducation, il est inconstitutionnel parce qu’il viole l’intégrité du corps ratifiée par la Convention européenne des Droits de l’Homme. Il y a lieu de faire appel à la Cour Européenne de Justice » a déclaré un manifestant.

Des Millions d’Italiens s’élèvent contre la nouvelle loi rendant la vaccination obligatoire

CONNEXION : La Suède a interdit les vaccinations obligatoires

http://yournewswire.com/sweden-mandatory-vaccinations/

Alors que le monde est distrait par le G20, et la menace d’un conflit géopolitique, les élites essaient de retirer les droits du peuple.

Mais une puissante vague de liberté a été générée par la première marche de Rome. D’autres marches de protestation se déroulent à travers tout le pays. Le mouvement ne cesse de prendre de l’ampleur et se poursuivra jusqu’à ce que le gouvernement italien recule et écoute la volonté du peuple.

Des Millions d’Italiens s’élèvent contre la nouvelle loi rendant la vaccination obligatoire

Le rassemblement de toutes ces personnes a démontré que l’unité était une force puissante que l’élite ne pourra plus longtemps ignorer. Suite à la pression du peuple, le gouvernement a annoncé des révisions de la loi, mais il continue à maintenir le caractère obligatoire des vaccinations.

La lutte n’est pas encore terminée. Nous devons tous nous unir pour que cette loi d’obligation vaccinale ne passe jamais en Italie. Et pour qu’aucun autre pays ne tolère que Big Pharma s’infiltre dans leurs institutions d’Etat.

Source : Yournewswire.com

 

Pise : marche au flambeau pour la liberté vaccinale

Des Millions d’Italiens s’élèvent contre la nouvelle loi rendant la vaccination obligatoire

Pise: marche au flambeau dans le centre historique de la cité toscane avec comme slogan unique: “LIBERTE”, “LIBERTE”!

Plusieurs milliers de personnes ont participé à la marche au flambeau pour protester contre l’obligation vaccinale. En tête du cortège, une grande banderole:” On ne badine pas avec la santé – Liberté de Choix et Sécurité”. Les deux mille personnes, dont pludsieurs familles avec des enfants n’arrêtaient pas de scander: LIGBERTE, LIBERTE ! Cette manifestation qui s’est déroulée dans le Centre historique fut entièrement pacifique.

Source: Anteprima.it

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Pétition pour que Macron s'excuse auprès du Général De Villiers qu'il a humilié! Lancée par Guillaume SEVIN

17 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La République, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #L'armée française

Pour que Macron s'excuse auprès du Général De Villiers qu'il a humilié!

 

Guillaume SEVIN France

 

https://assets.change.org/photos/8/eo/ss/OYeoSSIHxVJkgCO-800x450-noPad.jpg?1500043343

 

Guillaume SEVIN

France

 

Soyons au moins 20'000 à rappeler à l'ordre Macron, car un président ne devrait pas faire ça!

Emmanuel Macron a eu un comportement indigne au soir du 13 juillet. Outre le fait qu'il a menti sur le budget des armées, méprisant ce faisant le dur travail des militaires qui depuis 18 mois enchaînent les heures pour assurer la sécurité des français, il a verbalement violemment agressé le Général De Villiers au moment du buffet avec les officiers.

C'est inédit. Un manque de savoir vivre, de tact et de respect d'autrui à la fois!

Face à un chef d'Etat Major des Armées qui a su rester digne, fidèle à son serment et stoïque, Macron a usé d'un ton condescendant et volontairement humiliant.

Nous savions déjà qu'il méprisait les "sans dents", nous apprenons qu'il hait la démocratie. Il refuse en effet tout débat contradictoire et adopte un comportement de dictateur.

Nous, électeurs, exigeons que Macron s'excuse auprès de ce Grand Homme qu'est le Général de Villiers. Nous ne supporterons pas ses colères puériles et ses coups de sang dignes d'un gamin mal élevé!

Monsieur Macron, excusez vous auprès du général que vous avez voulu humilier!
Monsieur Macron, accédez à ses saines doléances: donnez enfin aux militaires les moyens de mener pleinement à bien leurs missions!

http://www.bfmtv.com/politique/les-heures-du-general-de-villiers-a-la-tete-des-armees-sont-elles-comptees-1216599.html

Cette pétition sera remise à:

  • Chef d'Etat Major des Armées
    Général De Villiers
  • President
    Emmanuel Macron
  • Elysée
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Obligation vaccinale : la guerre est déclarée. Par Michelle Rivasi. Signez la pétition!

15 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La République, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #l'horreur économique, #La santé

Obligation vaccinale : la guerre est déclarée. Par Michelle Rivasi. Signez la pétition!

 De : Bernard Astruc / Bio Consom'acteurs <astruc.bioconsomacteurs@gmail.com>
 

Bonsoir.

Voici la tribune de Michèle Rivasi parue ce jour sur le site de Reporterre à propos de l'extension de l'obligation vaccinale demandée par la Ministre de la Santé et confirmée par le Premier Ministre lors de son discours de politique générale https://reporterre.net/Obligation-vaccinale-la-guerre-est-declaree

De nombreuses pétitions circulent contre l'obligation vaccinale, dont celle de l'IPSN http://petitions.ipsn.eu/mobilisation-vaccins-enfants/index.php

A lire, signer, faire suivre très largement !
Cette situation est totalement inacceptable, tant sur le plan de la santé que de la liberté.

Fraternellement,
Bernard Astruc

Obligation vaccinale : la guerre est déclarée

10 juillet 2017 / Michèle Rivasi
 

 

La décision du gouvernement de rendre obligatoire onze vaccins est dangereuse et inacceptable. Il faut protéger la santé des citoyens, pas les chiffres d’affaires des laboratoires, estime l’eurodéputée Michèle Rivasi.

Michèle Rivasi est députée européenne EELV, biologiste agrégée, et coauteure de l’ouvrage Le Racket des laboratoires pharmaceutiques et comment en sortir.


L’annonce soudaine par le gouvernement de sa volonté d’étendre l’obligation vaccinale de 3 à 11 vaccins et de légiférer au plus vite pour mettre en œuvre cette obligation dès janvier 2018 témoigne d’une politique du fait accompli. Ce passage en force, autoritaire et sans équivalent en Europe, remet en cause la liberté de choix thérapeutique consacrée par la loi Kouchner et la déontologie de l’ordre des médecins. Il est contreproductif et témoigne d’une volonté dogmatique, aveugle et sourde à tout dialogue, qui renforce encore la suspicion de la population sur les véritables bénéficiaires de cette volonté vaccinale.

Au contraire de nos voisins qui ont fait de la liberté thérapeutique une véritable valeur sanitaire, le Premier ministre, Édouard Philippe, et sa ministre de la Santé, Agnès Buzyn, s’illustrent par leur volonté de vouloir étendre l’obligation vaccinale de 3 à 11 vaccins. [1]

La France serait le premier pays d’Europe à vouloir imposer avec autant de force la panacée vaccinale. À raison ? Justement pas.

La question de la fiabilité de ces vaccins est tout d’abord posée. La succession des scandales sanitaires et des complications observées après vaccination montre une insécurité vaccinale. En multipliant les injections, et ce dès le plus jeune âge, nous rentrons en zone inconnue.

Par ailleurs, la défiance de la population est considérable depuis les scandales sanitaires liée à la campagne vaccinale contre l’hépatite B initiée en 1994 au prix de plus d’un millier de cas de scléroses en plaques, de maladies de Guillain-Barré, de scléroses latérales amyotrophiques et d’autres affections auto-immunes telles que les myofasciites à macrophages… ; et celui du vaccin contre la grippe H1N1 et ses 94 millions de doses d’un vaccin expérimental, commandés au prix fort, près de 2,2 milliards d’euros payés sur les deniers publics.

Sur la sellette également : le vaccin Gardasil, présenté comme prévenant le cancer du col de l’utérus, alors qu’il ne protège que contre une fraction des papillomavirus pouvant entraîner un cancer. À ce jour, il n’a fait la preuve ni de son efficacité ni de son innocuité alors que « le frottis de dépistage est le meilleur moyen de lutter contre le cancer du col de l’utérus », observait l’Assurance maladie en 2013. Pendant ce temps, les indices inquiétants s’amoncellent sur le Gardasil, avec des dizaines de décès et des milliers de pathologies graves qui pourraient lui être imputables.

D’autres motifs d’inquiétude pèsent sur les vaccins en matière d’adjuvants — ces additifs toxiques ajoutés pour renforcer la réponse immunitaire — à l’instar des sels d’aluminium vaccinaux dont les conséquences sur la santé sont maintenant avérées, comme l’indique la solide jurisprudence établie par le Conseil d’État et la Cour de justice de l’Union européenne.

Enfin, des recherches cofinancés par l’Union européenne alertent également sur la présence inexpliquée d’une vingtaine de nanoparticules métalliques dans des vaccins courants, déjà commercialisés ou en passe de devenir obligatoire selon les vœux de notre gouvernement ! Chrome, tungstène, baryum, silicium, titane, l’effet cocktail de ces nanoparticules inattendues, persistantes et inoxydables, pourraient avoir un rôle actif dans la survenue, outre de cancers, de maladies cardiovasculaires, d’infarctus du myocarde, d’AVC

Pour restaurer la confiance, nous préconisons avec les professeurs Philippe Even et Jacques Testart de fonder la politique vaccinale des enfants sur des données épidémiologiques nationales évaluant les besoins objectifs de chaque vaccination, sur l’analyse objective recensée et démontrée des risques neurologiques, psychiatriques, articulaires et musculaires pouvant être liés aux différents adjuvants utilisés dans les vaccins, et sur l’étude des réponses immunitaires générales et cérébrales des nourrissons soumis de façon croissante à plusieurs vaccinations simultanées.

L’utilité d’associer des vaccins multivalents chez le nourrisson, et l’âge des vaccinations, doit aussi être réévaluée, les uns nécessaires, comme le DTP sans aluminium, et d’autres qui le sont moins, comme l’hépatite B, puisqu’il s’agit d’une maladie sexuellement transmissible, ou le tétanos, qui reste à prouver chez le nourrisson.

Le débat aurait pu être objectif et apaisé. Il ne l’est pas. À qui profite cette frénésie vaccinale ?

Les vaccins sont malheureusement devenus, depuis les années 1980, un produit essentiellement marchand, ce qui a généré de nombreuses dérives alimentant la méfiance de nos concitoyens.

Rappelons que 200 vaccins sont aujourd’hui en voie de développement par les firmes pharmaceutiques alors qu’il n’en existait que quelques dizaines il y a encore quinze ans. Le chiffre d’affaire mondial lié à la vente de vaccins est passé de 6 milliards d’euros en 2006 à 20 milliards en 2012. Et le marché atteindra 56 milliards en 2017.

Par cette décision, la France consacre une fois de plus le mélange des genres. En matière vaccinale, il faut convaincre, plutôt que contraindre !

 

[1Dans la première version de la tribune, cette phrase suivait ce paragraphe : « Appliquer le calendrier des 11 obligations vaccinales envisagées représenterait pas moins de 76 immunisations avant l’âge de 18 mois ! » L’information parait sujette à caution, comme nous l’ont fait remarquer des lecteurs, et en attendant des précisions des auteurs, nous l’avons retirée mardi 12 juillet après-midi de cette tribune.

 


Source : Courriel à Reporterre

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Emmanuel Macron, président des 1% les plus riches. Par Romaric Godin

15 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La République, #La nation ., #Le grand banditisme, #l'horreur économique

Emmanuel Macron, président des 1% les plus riches

Par

Selon une étude de l’OFCE, les mesures fiscales du gouvernement profiteront surtout aux 1 % les plus riches. La preuve de l’attachement de l’exécutif à la théorie, désormais datée, du « ruissellement » de la richesse et de son refus de faire face au creusement des inégalités. 

Depuis quelques jours, la priorité du gouvernement évolue vers une logique alliant la consolidation budgétaire à la baisse de la fiscalité. Ce changement a été confirmé ce mercredi 12 juillet dans l’entretien accordé par le premier ministre Édouard Philippe au quotidien Les Échos. Ce dernier annonce une baisse de la fiscalité de 11 milliards d’euros pour 2018, avec la mise en place, dès la première année budgétaire du quinquennat, des principales mesures fiscales envisagées : transformation de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI), exonération partielle de la taxe d’habitation, transferts des cotisations salariales sur la maladie et le chômage vers la CSG, mise en place d’un prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les revenus du capital (qui, jusqu’ici, était prévu en 2019). À cela s’ajoutent les mesures décidées par le précédent gouvernement : hausse et élargissement du CICE et baisse du taux de l’impôt sur les sociétés (IS) à 28 %.

 

L’idée d’Édouard Philippe, c’est de compenser les effets négatifs de la consolidation budgétaire envisagée, avec une stabilité en volume des dépenses publiques qui sous-entend, de son aveu même, 20 milliards d’euros de baisse de dépenses, par un « effet de souffle fiscal en faveur de l’investissement, de l’emploi et de la croissance ». Tout réside, donc, sur ce présupposé : la croissance française est obérée par la seule fiscalité. Certes, Édouard Philippe évoque d’autres éléments, notamment le plan d’investissement de 50 milliards d’euros sur 5 ans promis par le président de la République, mais ce dernier, de toute façon très faible, pourrait être soumis aux priorités budgétaires. Et c’est bien sur ce « souffle fiscal » que compte l’exécutif pour stimuler la croissance.

 

Aussi est-il intéressant de se pencher sur l’effet de cette fiscalité sur les inégalités. Qui bénéficiera des mesures de baisses d’impôts ? C’est une question essentielle pour déterminer, ensuite, comment ces baisses profiteront, ou non, à l’économie. Ce travail a été réalisé par l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), qui s’est servi du modèle qu’utilisent déjà les administrations pour mesurer l’effet redistributif des mesures fiscales. L’OFCE a intégré dans son modèle des éléments, souvent négligés, des hausses d’impôts annoncées par Édouard Philippe : alourdissement du prix du tabac et renforcement de la fiscalité écologique, notamment sur le diesel.

Les résultats de ces calculs sont sans appel : le grand gagnant des mesures fiscales du gouvernement est le « dernier décile » des ménages, autrement dit les 10 % des ménages les plus riches. Ces derniers capteraient ainsi 46 % des gains fiscaux promis aux ménages. Et même mieux, selon les économistes de l’institut, c’est principalement le dernier centile, autrement dit les 1 % les plus riches, composé de 280 000 ménages, qui occuperait le haut du podium. Selon les calculs de l’OFCE, l’impact fiscal des mesures sur les ménages du dernier décile qui ne font pas partie des 1 % des plus riches serait proche de celui subi par les ménages du neuvième décile. Lesquels seraient les principaux perdants de cette politique, en raison de leur exclusion de l’exonération de la taxe d’habitation. La politique fiscale d’Édouard Philippe est donc une politique de cadeaux fiscaux aux « ultra-riches » qui, selon Xavier Timbaud, économiste à l’OFCE, n’est pas sans rappeler la politique de Nicolas Sarkozy en 2007.

 

Effet redistributif sur les classes de revenus des mesures fiscales du gouvernement © OFCEEffet redistributif sur les classes de revenus des mesures fiscales du gouvernement © OFCE

 

Pourquoi un tel effet ? Principalement en raison de deux mesures : l’exonération des valeurs mobilières de l’ISF et la mise en place du PFU. Deux mesures qui favorisent les ménages dont les revenus dépendent principalement de leurs patrimoines mobiliers, autrement dit, effectivement, les plus riches. Sur ce point, les calculs du gouvernement et de l’OFCE divergent. L’institut économique table sur une masse de mesures fiscales de 9,1 milliards d’euros, le gouvernement sur 11 milliards d’euros. Les différences sont difficiles à évaluer, dans la mesure où le détail des évolutions fiscales reste à définir.

On pourra cependant noter que les mesures fiscales se répartissent sur l’ensemble des classes de revenus. Le gain est faible pour les huitième et neuvième déciles (respectivement 0,7 % et 0,1 % des revenus actuels), il est plus fort pour la classe moyenne. Les septième et troisième déciles peuvent espérer une augmentation de 1,5 % de leurs revenus, le deuxième de 1,4 %, les cinquième et sixième de 1,3 %. Le premier décile ( les ménages les plus pauvres) est cependant pénalisé par l’alourdissement de la fiscalité sur le diesel et le tabac, et verrait ses revenus s’améliorer de 1 %. Globalement, donc, ces mesures creuseront fortement les inégalités, à l’avantage du dernier décile, avec un gain fiscal estimé à 2,6 % de ses revenus actuels, et plutôt au désavantage du premier décile.

Mais pour avoir une vision plus précise de l’impact de ces mesures fiscales, il faut évidemment prendre en compte la participation des ménages à leur financement. L’OFCE a émis deux hypothèses : un financement proportionnel au revenu (par exemple par une hausse de la CSG) ou un financement par une baisse des transferts sociaux. La vérité sera sans doute un mélange des deux formules, mais la volonté affichée de s’attaquer aux dépenses publiques indique une volonté de s’attaquer aux transferts sociaux, notamment ceux de l’aide au logement ou des frais de santé. Et là encore, le dernier décile est celui qui tire le mieux son épingle du jeu.

Dans le scénario d’un financement proportionnel, le premier décile voit ses revenus reculer de 0,4 % et le neuvième de 1,3 %, tandis que le dixième décile affiche un gain de 1,2 %. Dans le second scénario, l’impact sur les deux premiers déciles est très fort : −4,1 % sur les revenus du premier, −2 % sur ceux du deuxième, tandis que le dernier décile est le seul à afficher encore des gains, et plutôt des gains importants, de l’ordre de 2,1 %.

Au-delà des détails qui permettront de clarifier ces impacts, il semble évident que la politique fiscale du gouvernement initie un transfert de richesses vers les plus riches, au détriment de la classe moyenne supérieure et/ou des classes les moins riches. Or, la question de l’impact macroéconomique de ce transfert est très discutable.

Le fondement du « souffle fiscal » évoqué par Édouard Philippe est la théorie du « ruissellement », qui veut que l’augmentation de la richesse des plus riches profite in fine à tous. Cette théorie est désormais très contestée, pour plusieurs raisons. D’abord parce que si, réellement, cet effet d’enrichissement profitait à la croissance et à l’emploi, il est douteux que l’ampleur de cette accélération compenserait les mesures fiscales nettes envisagées. « Il faudrait une très forte baisse du chômage pour compenser un tel transfert fiscal, et c’est peu probable », résume Xavier Timbaud. L’OFCE table sur un recul du chômage de 1,6 point sur cinq ans, soit 0,3 point par an.

 

Calcul des effets nets sur les revenus en incluant le financement des mesures fiscales © OFCECalcul des effets nets sur les revenus en incluant le financement des mesures fiscales © OFCE

 

Mais l’essentiel est ailleurs. L’effet d’enrichissement des 1 % les plus riches profitera-t-il réellement à l’économie ? Rien ne permet de l’affirmer. Les études économiques montrent au contraire que l’effet des baisses d’impôts est plus fort lorsque les mesures portent sur les ménages les moins fortunés. Les plus fortunés, eux, ont tendance à investir ces gains fiscaux sur les marchés financiers, avec des promesses de rendements importants. L’investissement productif risque de ne profiter que marginalement de ces mesures. Ainsi, au Royaume-Uni ou aux États-Unis, où de telles mesures ont été prises dans le passé, l’investissement productif est au plus bas. En revanche, ces cadeaux fiscaux risquent de venir grossir davantage des bulles spéculatives qui sont déjà alimentées par la BCE chaque mois. Alors que l’heure est à la fin du mouvement de régulation financière (voire à la dérégulation), l’attrait des marchés est plus élevé que jamais. Or, aujourd’hui, les marchés financiers sont de plus en plus déconnectés de l’économie réelle, en raison de la prédominance de produits dérivés ou indexés. La bourse ne profite qu’à la marge à l’investissement productif par les introductions en bourse ou les augmentations de capital, éléments devenus parcellaires dans le monde financier. Rien ne dit, donc, que ces 4,2 milliards d’euros offerts aux 1 % les plus riches profiteront à l’économie française.

Par ailleurs, la science économique a souligné depuis plusieurs années les effets négatifs des inégalités sur la croissance potentielle et la productivité. Or, contrairement à ce que laisse entendre la narration des milieux d’affaires, la France n’est pas un pays « plus égalitaire » que les autres. L’indice de Gini français calculé par l’OCDE reste supérieur à celui de l’Allemagne. En revanche, les inégalités se sont moins creusées en France qu’en Allemagne au cours de ces dernières années. Précisément en raison des réformes sur le marché du travail que mène actuellement le gouvernement français, comme vient de le prouver encore une étude du Center for European Reform (CER) sur laquelle on reviendra. Il y a donc ici un vrai risque, à moyen et long terme.

L’étude de l’OCDE montre ainsi la vraie nature de la politique économique du gouvernement. Loin de mener une politique « équilibrée », il s’engage, avec la priorité donnée à la baisse des impôts pour les plus riches, dans un « choc libéral » comparable à ceux qu’ont connus les États-Unis et le Royaume-Uni dans les années 1980. Un choc dont les conséquences négatives sont désormais bien connues. C’est donc une politique datée, fondée sur une théorie datée, celle du « ruissellement », que mène ce gouvernement prétendument « modernisateur ».

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Le journal "RUPTURES" : Coup de chance : les généreux sponsors de Sylvie Goulard étaient américains et non russes…

3 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #Le grand banditisme, #Les média, #L'armée française

Coup de chance : les généreux sponsors de Sylvie Goulard étaient américains et non russes…

Un précédent article rendait compte ici même d’une bien étrange affaire révélée par le Journal du Dimanche : Sylvie Goulard, qui fut membre du gouvernement Philippe I avec le portefeuille des Armées, a touché pendant plus de deux ans de fort substantielles gratifications mensuelles de la part d’un Think tank américain. Ce dernier, le « Council on the Future of Europe », est connu pour son engagement et sa propagande en faveur de l’intégration européenne.

Rien d’illégal dans cette générosité. Et on peut évacuer la question de la morale (sauf tout de même à rappeler que le maître de l’Elysée prévoit de renforcer l’austérité en matière de dépenses publiques, de traitement des fonctionnaires, et plus généralement de salaires pour la masse des manants).

« Européanisation » de la Défense nationale

En revanche, un point mérite d’être noté : si l’ex-eurodéputée n’avait pas été obligée de rendre précipitamment son tablier, ou son treillis, c’est à elle que serait revenue la responsabilité de tenter d’engager l’« européanisation » de la Défense nationale.

Faire progresser « l’Europe de la Défense » – en fait, l’intégration militaire – est en effet le grand résultat espéré et mis en scène par Emmanuel Macron lors du Conseil européen des 22 et 23 juin. Ce sommet a en particulier dégagé deux axes : un « Fonds européen de défense », qui vise à promouvoir et financer la recherche militaire au sein de l’UE, mais aussi à produire des « capacités » (moyens, armements) communes.

L’autre axe est la mise en place d’une procédure (« coopération structurée ») permettant à un groupe de pays volontaires de prendre des initiatives, y compris bottées, sans obtenir l’aval de l’ensemble des vingt-huit pays membres.

Par ailleurs, les « groupements tactiques », composés d’environ 1500 soldats de différentes nationalités déployables en moins de dix jours, seraient désormais finançables par une cagnotte commune, ce qui faciliterait leur engagement.

L’idée, selon les conclusions du Conseil, est que l’UE « contribue à la paix et à la stabilité dans son voisinage et au-delà ». Ce qui signifie en termes clairs : pouvoir se projeter militairement aux quatre coins de la planète. Car, notait précédemment la Commission européenne, « la puissance douce ne suffit pas dans un voisinage de plus en plus dangereux » (Compte-rendu et analyse géopolitique du sommet dans l’édition de Ruptures à paraître le 28 juin).

« Si nous voulons faire l’Europe de la Défense, il va y avoir des restructurations à opérer »

On imagine que Mme Goulard se réjouissait à l’avance de mener à bien ce qui se veut un « pas historique de l’Union européenne ». Sur le plan industriel, elle avait du reste déjà plaidé pour sortir d’« une vision étriquée », et martelé (dans Le Figaro.fr) : « il est souhaitable que nous achetions ensemble des matériels, ce qui oblige de casser certaines routines, certaines facilités industrielles aussi. Je l’assume. Si nous voulons faire l’Europe de la Défense, il va y avoir des restructurations à opérer, faire des choix de compatibilité et, à terme, des choix qui pourraient passer dans un premier temps pour aboutir à privilégier des consortiums dans lesquels les Français ne sont pas toujours leaders ».

On comprend bien, dans ces conditions, que l’inspiration puisée dans le Think tank californien lui aurait été fort utile.

Pourtant, jusqu’à présent, cette révélation du JDD n’a pas ému outre mesure les grands quotidiens.

Si les sponsors de Mme Goulard n’avaient pas été américains, mais – au hasard – russes, on peut se demander si la discrétion de la caste politico-médiatique eût été aussi remarquable.

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La justice donne le feu vert à la ferme des "1.000 vaches"

1 Juillet 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La République, #La nation ., #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Agriculture

La justice donne le feu vert à la ferme des "1.000 vaches"

La ferme picarde dite des "1.000 vaches", exploitation laitière industrielle à Drucat, près de l'aérodrome d'Abbeville, dans la région des Hauts-de-France, le 20 juin 2014 / © AFP/Archives / FRANCOIS LO PRESTI
Dernier épisode d'une lutte entre éleveurs et opposants à l'agriculture "productiviste" autour d'une exploitation de la Somme, la justice administrative a donné jeudi son feu vert à l'augmentation du cheptel de la ferme dite des 1.000 vaches, jusqu'ici limité par l’État à 500.

Le tribunal administratif d'Amiens en a décidé ainsi et annulé les sanctions financières prises par la préfecture à l'encontre de l'exploitant, la SCEA (Société civile d'exploitation agricole) Côte de la justice, financée par le puissant groupe régional Ramery (BTP). "C'est une victoire importante pour l'exploitation, la confirmation de ce que nous disons depuis deux ans alors que tout le monde nous riait au nez", s'est félicité Me Pierre-Étienne Bodard, avocat de la SCEA.

Cette décision ne clôt cependant pas définitivement le dossier, l’État ayant la possibilité de faire appel. La préfecture de la Somme n'a fait aucun commentaire.

Le projet était contesté localement par des détracteurs de l'agriculture industrielle, notamment l'association Novissen, qui revendique 3.000 adhérents, et la Confédération paysanne. Réélue ce mois-ci députée de la Somme, l'ex-secrétaire d’État à la Biodiversité Barbara Pompili fait partie des opposants, qui avaient mené des opérations empêchant l'entrée et la sortie de bovins et de camions.

Cette ferme géante, dont la taille envisagée est sans précédent en France, est située à Drucat, non loin d'Abbeville. Un permis d'exploitation avait été délivrée en 2013 pour un troupeau limité à 500 têtes de bétail. Ouverte en septembre 2014, la ferme compte actuellement près de 800 vaches. "Notre dossier a été construit pour 1.000 vaches, si on nous ramène à 500 vaches, ça peut être compliqué", soulignait Michel Welter, le directeur de l'exploitation.

L'enquête publique sur l'extension du cheptel s'était soldée par un avis favorable. "Face à la suppression des quotas, à la libéralisation du marché, et à la concurrence européenne, ce type de ferme est une réponse pour faire face aux importations de lait (Allemagne, Danemark)", avaient soutenu les enquêteurs.

Mais pour Ségolène Royal, alors ministre de l’Écologie, ce projet entraînait "des modifications et augmentations substantielles de plusieurs sources de pollution, notamment l’augmentation de la quantité d’effluents, l’impact sur les odeurs liées au stockage de fumier et de lisier ou l’impact lié au trafic routier supplémentaire".

La justice ne s'est pas, néanmoins, prononcé sur le fond. Le tribunal d'Amiens s'est borné à estimer que l'absence de réponse dans un délai de deux mois de la préfecture au projet d'accroissement du cheptel valait validation tacite. Il s'est appuyé sur une disposition législative selon laquelle "le silence gardé pendant deux mois par l'autorité administrative sur une demande vaut décision d'acceptation", selon le texte du jugement communiqué à l'AFP.

Or, l’État ne s'est pas manifesté autrement que par la notification en juillet 2015 de sanctions à l'encontre de l'exploitant, qui avait adressé son projet de développement à la préfecture quatre mois plus tôt. Selon le tribunal administratif, ce projet devait s'analyser comme une demande formulée à l'administration.

"La SCEA a bénéficié à l'expiration du délai de deux mois courant à compter du 16 mars 2015, soit le 16 mai 2015, d'une décision implicite d'acceptation de sa demande", écrit le juge.

Conséquence de cette décision, les amendes, sous forme d'astreinte, infligées par l’État à l'exploitant sont nulles, et l’État devra à ce titre lui rembourser 8.580 euros.

Pour Me Grégoire Frison, avocat de Novissen, "la préfecture a saboté le dossier: c'est la première ferme d'élevage et ils loupent le délai? Quand c'est des petits éleveurs, ils le respectent scrupuleusement. Depuis le début nous soupçonnons des collusions entre la préfecture et (le groupe) Ramery".

En mai 2016, Mme Royal avait demandé au préfet de la Somme une nouvelle enquête publique... qui n'a pas commencé, l’État choisissant d'attendre l'issue du contentieux par la justice administrative.



(©AFP / 29 juin 2017 19h42)
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Le projet de réforme du code du travail, fruit d'«une intense campagne du patronat» ?

29 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #La Sécurité Sociale

Le projet de réforme du code du travail, fruit d'«une intense campagne du patronat» ?

Le projet de réforme du code du travail, fruit d'«une intense campagne du patronat» ?© Michel Euler / POOL Source: AFP
Emmanuel Macron et son conseiller Pierre-André Imbert lors d'une discussion préliminaire avec Pierre Gattaz, président du Medef le 23 mai 2017.

La réforme du travail sera le premier grand chantier du quinquennat d'Emmanuel Macron. Alors que l'avant projet de loi a été révélé par la presse, l'économiste Henri Sterdyniak en décortique les points-clé et leurs effets potentiels sur l'emploi.

RT France : Dans l'«avant-projet de loi habilitant le gouvernement à prendre, par ordonnances, des mesures pour l'emploi» daté du 12 mai 2017, la première ordonnance souhaiterait élargir le champs des négociations par accords d'entreprise, notamment et en priorité dans le cadre du contrat de travail. Si une telle ordonnance était passée en ces termes, qu'est-ce que cela pourrait entraîner concrètement pour les salariés ?

Henri Sterdyniak (H. S.) : Actuellement pour un grand nombre de dispositifs, l'entreprise doit se plier à des règles nationales. On autoriserait là l'entreprise à modifier ces règles nationales en particulier les règles de licenciement, de contrats à durée indéterminée ou déterminée. Eventuellement – on ne le sait pas à l'heure actuelle – cela pourrait permettre de toucher à la fixation des salaires ou à des règles de santé et de sécurité.

Une entreprise pourrait décider par exemple qu'elle a le droit de faire des contrats à durée déterminée sans limite de temps ou qu'elle a le droit de préciser dans les contrats d'embauche qu'une personne peut être automatiquement licenciée si l'entreprise perd tel ou tel contrat. Une entreprise pourrait éventuellement dans son accord inscrire que les salaires baissent si le chiffre d'affaire diminue. Les entreprises auraient donc beaucoup plus de libertés qu'elles n'en ont actuellement.

Avec cette flexibilité, il y a un risque que les entreprises se concurrencent par le bas, qu'elles fassent pression sur les salaires et les conditions de travail

 

RT France : Est-ce que ces libertés octroyées au patronat sont de nature à permettre d'augmenter les embauches ?

H. S. : C'est la position du patronat. Il dit aujourd'hui que le salariat en France est trop rigide, qu'il fait peser un poids trop lourd sur les entreprises qui sont contraintes de subir les chocs économiques sans pouvoir licencier ni baisser les salaires. Les entreprises assurent que si on leur donnait plus de liberté, en échange elles embaucheraient plus.

A l'inverse, on peut dire, qu'en principe, une entreprise embauche lorsqu'elle a une demande à satisfaire, quand elle a des travaux à effectuer. Or avec cette flexibilité, il y a un risque que les entreprises se concurrencent par le bas, qu'elles fassent pression sur les salaires et les conditions de travail ce qui dégraderait la situation des travailleurs. Or, des travailleurs avec une situation dégradée entraînent une baisse de la demande. Globalement, l'effet serait négatif. Là est toute la question de l'arbitrage à faire. En ce moment il y a une intense campagne du patronat pour dire : «Atténuez le droit du travail et on va embaucher.» Le gouvernement a promis au patronat de le faire, il le fera.

Le gouvernement a comme contrainte qu'il faut que l'accord soit acceptable pour certains syndicats

RT France : La place des syndicats semble mise à rude épreuve dans ce document de travail. D'un côté un projet d'ordonnance expose l'idée d'une fusion des Institutions représentatives du personnel, de l'autre des concessions importantes comme les «chèques syndicaux» et la prise en compte de la question des administrateurs salariés sont formulées. Les syndicats dans leur forme actuelle sont-ils menacés par ces projets d'ordonnances au profit de représentants sans étiquette ou non rattachés aux organisations classiques ?

H. S. : Il y a de nombreux points à soulever autour de cette question. Tout d'abord, la réforme limite le nombre de représentants du personnel dans les entreprises. Ce qui est bien sûr problématique, car dans le même temps on annonce vouloir améliorer le rôle des accords d'entreprise. Il est difficile de dire à la fois «on veut promouvoir la négociation au sein des entreprises» tout en limitant le nombre de représentants du personnel.

Actuellement les représentants du personnel, les délégués syndicaux doivent être mandatés par des organisations syndicales nationales représentatives. Or l'idée du patronat est de faire apparaître des travailleurs non affiliés à ces postes. Cela comporte le risque de permettre au patronat d'imposer ses vues et de faire ce qu'on appelle des «syndicat maisons», c'est-à-dire des syndicats entièrement contrôlés par le chef d'entreprise.

Néanmoins, le gouvernement a comme contrainte qu'il faut que l'accord soit acceptable pour certains syndicats. Il ne peut se heurter à un front de l'ensemble des syndicats. C'est pour cela qu'il y a tout de même quelques mesures favorables comme l'idée que les syndicats seraient financés par une cotisation des entreprises – le chèque syndical – ou encore celle d'augmenter la part des administrateurs salariés dans certaines entreprises. Le tout est de savoir aujourd'hui si cela suffira pour faire passer la pilule face à l'ensemble des mesures.

Si d'un côté on donne des allocations chômage aux travailleurs non-salariés et aux démissionnaires mais que de l'autre on vide une partie des chômeurs actuellement en leur disant qu'ils ne font pas assez d'efforts pour retrouver un emploi, c'est une politique extrêmement contestable

RT France : La réforme et l'élargissement de l'assurance chômage à tous les actifs dont les salariés démissionnaires – présente dans ce document de travail mais également dans les promesses de campagne d'Emmanuel Macron – devra-t-elle forcément aller de pair avec une baisse des conditions d'indemnisation comme le craint une partie des observateurs ?

H. S. : Je ne sais pas. La réforme actuellement n'est pas cohérente. Il est difficile de dire quoi que ce soit sur ce sujet. Elargir l'accès aux indemnisations du chômage aux salariés démissionnaires ne pose pas un problème très grave puisqu'une partie importante des démissionnaires retrouvent leurs droits un peu plus tard : si vous démissionnez et que vous cherchez un nouvel emploi au bout de trois mois vous retrouvez vos droits à l'assurance-chômage.

L'étendre aux travailleurs non-salariés suppose que ces travailleurs cotisent à l'assurance chômage. Le problème reste que, jusqu'à présent, le gouvernement n'a jamais éclairci ce point. Il parait difficile de dire que les non-salariés seront couverts sans cotiser. S'ils cotisent, il n'y aura que peu de souci. S'ils ne le font pas, cette réforme n'est pas possible. 

Par ailleurs, le gouvernement a dit vouloir réduire les dépenses de l'assurance chômage en contrôlant plus sévèrement la recherche d'emploi des chômeurs. Le problème est qu'aujourd'hui en France il manque 4 millions d'emplois. Les gens peuvent chercher, il y aura toujours ces 4 millions d'emplois manquants. Cela risque d'être un prétexte pour exclure des gens de l'indemnisation. Si d'un côté on donne des allocations chômage aux travailleurs non-salariés et aux démissionnaires mais que de l'autre on prive une partie des chômeurs actuels de leurs indemnisations en leur disant qu'ils ne font pas assez d'efforts pour retrouver un emploi, c'est une politique extrêmement contestable.

 

Lire aussi : Réforme du code du travail : Edouard Philippe veut «aller vite»

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La dernière chance (Tribune collective de militants du PCF)

26 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme

Publié par El Diablo

Siège national du PCF à Paris (source :L'Express)

Siège national du PCF à Paris (source :L'Express)

E. Macron a donc dangereusement les mains libres. Malgré le score porteur d’espoir de JL Mélenchon à la présidentielle et l’excellente nouvelle de l’élection d’une trentaine de député-e-s insoumis et communistes, jamais la gauche n’a été aussi faible, et jamais le Parti communiste n’est tombé si bas : 2,7% aux législatives. C’est un véritable désastre que les plus démunis et les plus précaires vont payer au prix fort. Nous qui avons prétendu ces derniers mois « tenir la gauche debout », nous ne pouvons pas échapper au constat de notre échec. En tirer toutes les conséquences est la condition pour aider notre peuple à résister immédiatement, et entamer un redressement sans lequel nous allons cette fois-ci disparaître complètement de la vie politique.

Il y a presque dix ans déjà, les communistes avaient tiré des deux catastrophes électorales de 2002 et 2007 la conclusion qu’il nous fallait profondément nous transformer : conceptions, projet, organisation. Certes, nous avons élu des « commissions du projet » ou organisé des conférences nationales. Nous avons toiletté nos statuts. Mais reconnaissons-le, nous n’avons rien fait qui puisse faire dire : oui, ces dernières années, les communistes ont vraiment beaucoup changé. La seule innovation qui viendra sans doute à l’esprit des plus attentifs, parce qu’elle a réellement suscité de l’espoir, est la création du Front de gauche, mais pour constater aussitôt que nous n’avons pas su ou pu empêcher sa paralysie et son délitement. Nos décisions n’ont donc pas été mises en œuvre, et nous avons recommencé à prendre du « retard », cette fois-ci avec des conséquences dramatiques. Nous sommes toujours vus comme un parti de militant-e-s courageux et combatifs mais, notre score le dit de façon implacable, comme un parti du passé.

Notre stratégie de rassemblement face aux libéraux de droite et de gauche semblait au moins un acquis : même cela fut sérieusement remis en cause dès les municipales de 2014, puis aux régionales avec des listes à géométrie variable. Et pour l’élection présidentielle, la direction de notre parti a semé la plus grande confusion, au motif de « rassembler la gauche », en envisageant de participer à une primaire avec le PS, puis quand le vote des communistes l’eut définitivement exclu, pour tenter d’obtenir de JL Mélenchon qu’il cédât sa place à B. Hamon. Comme si c’était possible alors que celui-ci demeurait le candidat d’un PS complètement discrédité, et que la question décisive était : comment rompre enfin avec les politiques libérales que la droite et le PS ont menées alternativement depuis des décennies ? Jean-Luc Mélenchon en a fait un des principaux axes de sa campagne, et il a remporté un grand succès. Nous avons à l’inverse tergiversé et cherché jusqu’au bout à louvoyer entre le rejet du PS (y compris par de très nombreux communistes) et un souhait incompréhensible de préserver on ne sait quoi de la vieille union de la gauche. Et finalement, nous avons complètement échoué.

Pour reconquérir les classes populaires, il faut aujourd’hui avoir l’audace d’innover. Il y a eu le 23 avril presque autant de suffrages pour une alternative antilibérale que pour E. Macron. C’est un point d’appui considérable si nous savons rendre durable cet immense rassemblement d’exigences et d’attentes. Cela implique d’inventer les formes pluralistes et démocratiques qui permettront à toutes les forces de transformation sociale de travailler ensemble, dans le respect de leurs diversités, nécessité que la France insoumise doit prendre en compte. Dans cet objectif, il faut avoir l’ambition de faire vivre un projet communiste d’émancipation humaine plus que jamais indispensable. Et il faut pour cela que notre Parti se transforme radicalement, se dépasse pour entrer, enfin, dans le 21ème siècle.

Nous devons travailler à un projet révolutionnaire nouveau qui prenne à bras le corps dans tous les domaines les considérables mutations de notre époque, qui invente avec d’autres une stratégie européenne et mondiale de lutte contre le capitalisme mondialisé, qui relève le défi écologique. Nous devons travailler à un parti aux pratiques et au fonctionnement nouveaux pour faire vivre non seulement la souveraineté réelle des adhérent-e-s, mais aussi une démocratie d’intervention permanente et innovante qui donne toute sa place à la créativité et aux capacités d’initiatives de chacun-e-s. Nous devons travailler à nous saisir de toutes les idées neuves qui émergent du mouvement social, et imaginer comment nous ouvrir à tous les courants et toutes les cultures d’émancipation humaine qui devront impérativement coopérer et se rassembler dans une force politique nouvelle pour être capable de lutter efficacement, résister et l’emporter.

Tout cela suppose évidemment un très grand débat, et que les directions du Parti remettent leurs mandats à la disposition des communistes pour une évaluation sans tabou des actions passées et le renouvellement nécessaire de celles et ceux chargées de mettre en œuvre leurs décisions. Un congrès doit être convoqué rapidement. C’est notre dernière chance.

Alain Bascoulergue, Yannick Bedin, Gérard Billon, Nicole Borvo Cohen-Séat, Marie-Pierre Boursier, Patrice Cohen-Séat, Michel Duffour, Jean-Paul Duparc, Grégory Géminel, Frédérick Génévée, Fabienne Haloui, Robert Ingey, Roland Leroy, Sonia Masson, Claude Mazauric, Anna Meyroune, Frank Mouly, André Perez, Nora Saint-Gal, Vivian Point

Tribune publiée dans l’Humanité du 21 juin 2017

SOURCE :

 

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