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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #le capitalisme; tag

Baisse des APL de 60 euros : Macron détruit le logement social

19 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La République, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #Le fascisme, #l'horreur économique, #Le syndicalisme, #Politique intérieure

Bonjour

 

Le règne de jupiter commence sous des bons auspices pour les 0,1% des plus riches, c’est merveilleux !

Cependant ces fainéants, ces illettrés, ces arriérés qui refusent les réformes et n’accordent plus la faveur des sondages à monsieur 17%, sont dans l’œil du cyclone. Les français vont donc être confrontés à une onde de choc sans précédent.

 

La réforme du code du travail, la disparition de la démocratie de proximité (les communes et départements) sont des atteintes graves à notre modèle social.

 

La privatisation de la Sécurité Sociale est En Marche. La publication par la cour des comptes sur la Sécurité Sociale ce 20 septembre 2017, accusée- excusez du peu – de falsifier les comptes !!! C’est vrai que Didier Migaut (socialiste) et ses acolytes sont des experts et ne font pas de politique.

 

 

J’oubliais l’attaque contre les bénéficiaires de l’APL. Tout le monde se souvient de la baisse de 5 euros du montant de l’APL , mais la mesure contre les locataires de HLM est-elle moins médiatisée. Il est vrai que baisser le montant de l’allocation de 60,00 euros est très violent.

 

Il me semble que chaque décision du locataire actuel de l’Elysée est portée par les vents mauvais et porte son lot de régressions.

 

La vidéo ci-après est tout à fait explicite sur ce sujet précis

 

Cordialement

Lucien Pons

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Régis Debray : «L'idée d'un monde réconcilié est parfaitement utopique». Par Vincent Tremolet de Villers

19 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #l'horreur économique


Régis Debray : «L'idée d'un monde réconcilié est parfaitement utopique»

 

 

ENTRETIEN - «Nouveaux pouvoirs et nouvelles servitudes», tel est le sujet du dernier numéro de l'excellente revue Médium que dirige Régis Debray. Il s'agit moins de détailler la dernière élection présidentielle que de décrire, selon les mots de Philippe Guibert, «les transformations silencieuses qui l'ont préparée».

 

Paul Soriano cherche ainsi les nouvelles figures de l'autorité. Régis Debray, lui, tente de saisir ce que peut être le nouveau pouvoir. Interrogation qu'il prolonge dans un court, vif et savoureux «essai d'intervention» publié aux Éditions du Cerf. On y retrouve sa distance moqueuse qui dissimule une véritable profondeur, son œil qui saisit le basculement d'une époque et sa langue plus vivante que jamais. Elle s'amuse, cabriole, mais toujours pour illustrer la cohérence d'une pensée. Les lecteurs du Figaro auront le plaisir de retrouver Régis Debray le 16 octobre à la Salle Gaveau pour une grande rencontre qui promet d'être passionnante.

LE FIGARO-. Votre essai qui succède à Civilisation s'intitule Le Nouveau Pouvoir. En quoi la victoire de Macron est-elle «neuve»? Ne peut-on pas y voir plutôt un succès balzacien ou stendhalien?

Régis DEBRAY-. Rastignac et Julien Sorel, disons le jeune à talents que les scrupules n'étouffent pas est une figure constante. Ce qui m'intéresse, en tant que médiologue, ce sont les variations climatiques de cet invariant romanesque, les voies et moyens de l'ascension. Pour aller vite, en 1910, l'ambitieux sans fortune qui veut narguer et coiffer l'ordre établi fait Normale Sup ; en 1960, il fait l'ENA ou Polytechnique ; en 2010, il fait HEC, lance une start-up et va en stage aux États-Unis. Il n'a plus besoin d'apprendre le latin et le grec ni les causes de la crise de 1929, mais la gestion comptable et financière. C'est cela le nouveau. Le numérique permet tous les raccourcis. Avant, qui voulait parvenir commençait par servir l'État et pantouflait ensuite dans les affaires. Maintenant, on commence par le business et ensuite on devient député ou ministre. C'est le triomphe de ce qu'on appelle pudiquement la société civile. «Nouveau Pouvoir» n'est qu'un article de la revueMédiumsur nos dernières servitudes technologiques. La stratégie de carrière de notre jeune président s'inscrit dans une nouvelle formule de civilisation, où le smartphone et le réseau ont changé les règles du jeu.

Et quelle est cette nouvelle formule?

Une formule où la clé de la réussite, c'est l'argent plus l'image. Le couple indispensable. Le chiffre est sec et froid, l'image réchauffe et sourit. Le calcul célibataire, cela manque d'aura. Trop rebutant. D'où l'importance stratégique de Paris Match et Elle.

Les nouveaux héros, écrivez-vous, nos Bayard, Du Guesclin, la Pérouse, sont Larry Page, Zuckerberg, Jeff Bezos… Quelle vision du monde incarnent-ils?

L'empire de la techno-économie sur la Cité, ce qui venant des empereurs de cette nouvelle économie est tout à fait naturel. Les idées dominantes sont celles de la classe dominante, disait Marx. Nos mythes d'identification viennent logiquement du pays dominant. La gloire n'est plus militaire, elle n'est plus politique, elle est entrepreneuriale.

Quant à leur vision, c'est d'abord celle d'un monde où chaque jour est le dayone. L'innovation est permanente et nous n'avons pas de dette envers un quelconque héritage. C'est un monde fluide, avec primauté des flux sur les stocks, rapide, atomisé où il n'y a pas de place pour la négativité, ou la contradiction, le devoir étant d'être positif et performant. Il ne peut y avoir de groupement que d'intérêts, notamment autour d'une marque, les brand communities. C'est un univers lisse et glissant, où chacun est invité à surfer sur la dernière vague. Le dogme, c'est l'absence de dogme, le consommateur remplace le citoyen, le marché est ouvert à tous, en libre accès. Cela peut donc s'appeler démocratie…

C'est un peu glaçant…

Non. Ces inventeurs, je leur tire mon chapeau, parce qu'ils fabriquent les outils de leur idéal et ils ont l'idéal de leurs outils. Ils intronisent non seulement une vision mais une pratique du monde. Karl Marx serait fier d'eux à double titre: d'abord parce que pour eux c'est l'infrastructure économique qui commande et parce qu'ils appliquent le mot d'ordre: le monde n'est plus à interpréter mais à transformer. Un brin de marxisme, décidément, cela peut aider à comprendre ce qui se passe.

Vous êtes «siliconisé»?

J'aimerais bien, mais ce n'est pas possible. Je suis interdit d'accès aux USA et nul en informatique. Et je n'oublie pas que le monde californien est dur aux faibles et aux perdants. Une entreprise se juge à ses résultats et liquide ceux qui ne rapportent rien. Pascal y chercherait en vain sa distinction des ordres, les corps, les esprits et la charité. Malgré le charity business, un monde-entreprise est sans justice ni charité.

Doit considérer que les GAFA sont d'ores et déjà plus puissants que nos vieilles formes politiques, notamment celle de l'État-nation?

Je l'ignore mais il est probable qu'on sait beaucoup plus de choses sur les Français, leurs désirs et leur conduite chez Google qu'à l'Élysée. Et quasiment tout ce qui vient nous frapper l'œil et l'esprit, à domicile, est issu des GAFA.

La question clé, c'est celle de la transplantation culturelle. Est-ce qu'une personnalité historique comme la France a assez de défenses immunitaires pour maintenir sa différence?

Un pays centraliste qui se fédéralise, une nation façonnée par un État qui se désétatise, une république unitaire qui se morcelle en ethnies et communautés: le socle bouge. Peut-on, cela dit, se refaire un ADN, je ne le pense pas. On va sans doute vers un montage composite que j'appellerais gallo-ricain, comme il y eut des Gallo-Romains. Regardez le Pilier des Nautes qu'on a exhumé sous le chœur de Notre-Dame. C'est une stèle élevée par les bateliers de Lutèce sous le règne de Tibère. Elle est dédiée à la fois aux divinités romaines et gauloises. Une formule mixte, fifty-fifty. On peut se recommander à la fois de Paul Ricœur et de Jeff Bezos, ce n'est pas contradictoire. La force de l'empire américain, comme jadis romain et islamique, c'est l'aptitude au trait d'union. Indo-musulman, italo-américain, gallo-ricain. Un empire mondial sait s'acclimater aux cultures régionales qui s'acclimatent à lui.

Notre société latine, dites-vous en substance, est en train de basculer dans un modèle scandinave. Les Français parviendront-ils à s'acclimater à cette nouvelle morale?

Dans la société latine, la première figure de l'autorité, c'est le père. Chez les catholiques, on dit le Saint-Père, «mon père» au prêtre, et nous avions des Pères de la nation. Dans le modèle scandinave, la figure de l'autorité, c'est le juge et la société protestante est une communauté de frères qui n'a de Père qu'au Ciel. Nous avons perdu le Père et le Juge, vu nos antécédents plutôt fâcheux, ce n'est pas pour demain. Problème. De toute façon, le Scandinave est une feuille de vigne utile pour nous cacher le devenir anglo-saxon d'une culture latine, qui d'ailleurs s'est mise à parler le globish, buzz, task-force et prime time.

En quoi la transparence peut-elle devenir tyrannique?

Est-ce que la société de la transparence ne va pas devenir une société de surveillance? Ne va-t-elle pas abolir la frontière entre le privé et le public qui est le postulat républicain? Va-ton vers la dictature du «On» sur le «moi-je» et sur le «nous»? Les grands opérateurs de la transparence sont soucieux, comme personne, du secret de leurs procédures. Qui va contrôler les contrôleurs? À voir. En tout cas, le centre du panoptique est opaque.

La politique elle-même est menacée?

La comédie, certainement pas, et d'autant moins que la politique n'est plus qu'une comédie. Le grand drame héroïque, lui, a pris congé. Peut-on avoir des héros dans une société toutes tripes à l'air où chacun est le valet de chambre de chacun? L'ivrognerie de Churchill lui aurait été fatale. Prenons une anecdote au hasard: lors d'une réception à Buckingham, il était un peu saoul. Une dame de la cour s'en indigne à haute voix. Churchill lui répond: «Vous avez raison, chère Madame, mais moi demain je serai sobre tandis que vous vous serez toujours aussi moche qu'aujourd'hui.» Imaginez cela en tweet ou sur Facebook. Notre grand homme serait mort.

Est-ce à dire que l'hypocrisie bourgeoise est un facteur de stabilité sociale et politique?

À sa manière oui, mais ne me faites pas plaider pour l'ordre moral victorien. Les mufles et les butors sont des gens sincères et spontanés, c'est-à-dire sauvages, obscènes et pulsionnels. Après tout, la courtoisie vient de la cour et les rituels nous empêchent de nous entre-tuer. La civilisation, c'est aussi éviter ou refréner le premier mouvement (qui, comme disait Talleyrand, est toujours le bon). Si l'hypocrisie, c'est la politesse, le protocole, le savoir-vivre, je vote pour. Si c'est l'inauthentique, le frelaté, la duplicité, je vote contre. C'est une question pour l'écrit du bac. On pourrait y répondre par un dialogue au théâtre entre Jean-Jacques Rousseau et Marc Fumaroli, et je risque d'être d'accord avec les deux…

Le retour des bonnes manières…

Un éloge des bonnes manières serait mal vu, mais j'aime beaucoup le costume de scène. Je trouve très bon que le juge ait une robe, le militaire un uniforme et que chaque lycée en ait un ne me gênerait pas du tout. C'est précieux, le personnel impersonnel. C'est la leçon de l'État et du monde catholique. On ne demande pas à un prêtre ou à un gendarme son nom de famille. Que la fonction dépasse la personne, c'est le début de la civilisation. L'extrême de la transparence, c'est la désublimation: vous n'êtes que ce que vous êtes, c'est-à-dire la liste de vos derniers achats. Triste, non?

À vous lire, tous les chemins mènent au protestantisme. Le pape François participe-t-il de ce mouvement?

L'aggiornamento de l'Église depuis Vatican II se fait dans un sens qu'on peut dire protestant. Déconcentration, désacralisation du prêtre, réduction liturgique, etc. François a tout d'un pape anticlérical, mais je ne vois pas Billy Graham (le pape protestant) épouser l'option préférentielle pour les pauvres, dénoncer l'économie liquide et l'argent comme le premier des terrorismes, prêcher pour l'intégration des exclus. La centralité du pauvre, comme pour Léon Bloy, c'est absolument étranger aux religions de la prospérité et de la réussite. François l'Argentin, le Latin résiste de son mieux à ce moment néo-protestant.

Comment définir «ce moment protestant»?

Je l'appellerais plutôt évangélique, sinon pentecôtiste. Le protestantisme est plastique et multiple et sa diversité est un atout. Et comme il est né au XVIe siècle de la première sécularisation de l'Occident, il se marie mieux que le catholicisme avec un monde pleinement sécularisé. Le protestantisme venu du Nord commercial est passé à l'Ouest américain et nous revient par le Sud afro-antillais, ce qui apporte un certain réchauffement climatique des froidures calvinistes. J'ai longtemps cru que la civilisation de l'image devait donner au catholicisme un avantage sur son rival iconoclaste, mais j'avais sous-estimé le protest-song, la World Music, le retour de l'émotionnel et l'éclatement des institutions.

 

 

 

- Crédits photo : Medium

Sommes-nous définitivement sortis de l'Histoire?

Tout dépend de ce que vous mettez dans ce nous. Si c'est l'Européen de l'euro, oui, il a déjà beaucoup donné au tragique et jouit d'une retraite bien méritée. L'Europe officielle est devenue un Dominion: on peut vaquer à nos affaires intérieures, mais pour les choses sérieuses, la guerre ou la paix, c'est l'Otan qui décide, donc Washington. Quant à la France «en marche», qui rêve d'un pays bien managé, apaisé, sans débat de fond, où une pure gestion technique viendrait dissoudre les contradictions de classe et de convictions, oui, elle a dételé, elle aussi. Mais si le nous, c'est l'humanité, alors non. L'uniformisation techno-économique a provoqué en contrecoup une formidable fragmentation politico-culturelle du monde, où chaque peuple se raccorde à ses racines pour se redonner une appartenance et qui retrouve ses racines, notamment religieuses, a toutes les chances de retrouver ses vieux ennemis. On peut le regretter mais ce phénomène, la post-modernité archaïque, couvre les cinq continents. C'est en quoi l'idée d'un monde réconcilié est parfaitement utopique, tout comme celle des États-Unis d'Europe. Au point qu'on peut se demander si notre marche actuelle vers un État-nation transformé en holding et des responsables en managers ne revient pas à prendre l'air du temps à rebours ou l'autoroute à contresens.

 Vincent Tremolet de Viller

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« Pour l’ONU, les emplois qualifiés sont menacés dans les pays développés » L’édito de Charles SANNAT

19 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Le débat sur les conséquences de la « robolution », c’est-à-dire de la révolution robotique qui en est à ses balbutiements, n’est pas près de se terminer ! Au contraire, il va s’amplifier et devenir de plus en plus violent, entre ceux qui pensent que les robots prennent le boulot, et ceux qui pensent qu’il n’y a rien de grave, que c’est aussi vieux que le monde, qu’il ne faut craindre ni les progrès ni le changement !

Que finalement les Canuts avaient déjà peur pour leur travail… Alors, pensez donc, les robots n’empêcheront pas l’homme d’avoir du travail.

En termes philosophiques, je reste persuadé que depuis que l’homme a été « chassé du paradis » et qu’il a été contraint au travail après avoir mangé une pomme… qu’il n’aurait pas dû croquer ou quelque chose de ce genre d’après quelques légendes partagées, tout le génie humain a été mis au service de son confort, avec à chaque fois comme objectif d’adoucir ses peines.

Il est donc logique, normal, et même souhaitable, qu’à un moment de notre évolution, nous n’ayons plus besoin de travailler pour produire ! C’est cela… le paradis perdu.

Le confort matériel sera assuré inévitablement par les machines. Cela n’est pas un problème, il n’y a pas à le redouter, il y a même à le souhaiter.

La question à mon sens n’est pas de savoir si les robots vont nous supprimer notre travail. Il faut que les robots suppriment le travail, car c’est le sens du progrès humain depuis la nuit des temps.

La véritable question porte sur les modes de partage des richesses quand cela ne peut plus passer par le salaire lié au travail… Voilà la véritable question.

L’une des réponses est le revenu universel. Idée séduisante, mais prématurée pour le moment. Il n’en demeure pas moins qu’un jour, il faudra soit réduire drastiquement la population humaine, soit donner à chacun les moyens de sa subsistance dans la dignité. Et cela passera par des modes de partage très différents.

D’ici-là et de manière plus prosaïque, nous vivons une période transitoire.

L’inconfort de la période transitoire

Durant cette période où l’on voit finir le monde ancien hérité de la révolution industrielle et de ce système de consommation de masse nécessitant des masses de bras pour assurer les productions nécessaires, et le passage au nouveau monde qui verra le règne absolu des machines, de l’intelligence artificielle pour assurer les tâches de production, les choses seront de plus en plus difficiles.

D’ailleurs, le dernier rapport de la CNUCED recommande « qu’une politique industrielle numérique soit mise en œuvre pour veiller à ce que la robotique contribue à un développement inclusif et non à l’entraver »…

Je ne sais pas ce que vous avez compris de cette phrase… Moi, rien !

« Dans son dernier rapport, la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED) plaide en faveur de l’usage de robots collaboratifs dans l’industrie.
Les travailleurs qualifiés vont-ils se faire remplacer par des robots ? À l’heure où une compagnie d’assurance japonaise a remplacé 34 de ses salariés par des robots et des banques américaines testent des agences automatiques sans employés, les emplois qualifiés pourraient être de plus en plus menacés par l’automatisation du travail. Selon le dernier rapport de la CNUCED, ”la menace que fait peser la robotisation sur les bons emplois s’étend à certains pays en développement”. Le secrétaire général de l’organisation Mukhisa Kituyi a ajouté :

”L’utilisation de robots menace les emplois aussi bien dans les pays développés que dans les pays émergents, mais comme pour toute nouvelle technologie, cette situation offre des possibilités autant qu’elle présente des risques.” »

Tout le monde sait que ce sera un carnage sur l’emploi y compris qualifié !

Demain, plus d’ouvriers certes, mais plus non plus d’assureurs du coin ou de banquiers, tout se passera sur Internet, en ligne, et sur ces sujets, nous sommes déjà demain !
Après-demain, les femmes de ménage seront des robottes, les voitures et les camions se piloteront seuls, etc., etc. ; même les pilotes de ligne disparaîtront au profit de machines autonomes, de « drones » et les technologies sont déjà là.

L’agence de l’ONU pointe la notion de répartition

« La CNUCED pointe le risque d’une répartition inégalitaire des revenus issus de la production robotique. ”Si rien n’est fait, les effets distributifs de la robotisation accroîtraient la part du revenu revenant aux propriétaires des robots et aux détenteurs des droits de propriété intellectuelle qui y sont associés, ce qui aggraverait les inégalités existantes.” Elle recommande donc une certaine vigilance.
”Pour éviter cette situation, on pourrait mettre en place des dispositifs par lesquels les revenus des employés seraient liés à la rentabilité de leur entreprise et proviendraient donc pour une part substantielle de la détention de capital et non du travail.” »

Aïe, voici encore un changement de fiscalité qui se profile. Va-t-on taxer les robots ? Et si l’on taxe les robots chez nous, mais pas le voisin et que nous restons dans un monde sans frontière avec la libre circulation des biens… où les entreprises iront-elles produire ?

Il sera donc impossible de taxer unilatéralement les usines de robots dans un monde ouvert…

Il s’agit donc là de redoutables questions, non pas sur les décennies qui viennent mais entre aujourd’hui et demain… La robolution c’est maintenant et le carnage sur l’emploi a déjà commencé, vous en voyez les conséquences tous les jours.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com

Vous pouvez également vous abonner à ma lettre mensuelle « STRATÉGIES » qui vous permettra d’aller plus loin et dans laquelle je partage avec vous les solutions concrètes à mettre en œuvre pour vous préparer au monde d’après. Ces solutions sont articulées autour de l’approche PEL – patrimoine, emploi, localisation. L’idée c’est de partager avec vous les moyens et les méthodes pour mettre en place votre résilience personnelle et familiale.

« À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

Source La Tribune ici

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L'association "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" organise le 22 septembre 2017 uhne projection/débat autour du film "La Sociale".

17 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La République, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #La santé, #Services publics

L'association "Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR" organise le 22 septembre 2017 uhne projection/débat autour du film "La Sociale".

Bonjour

 

Les ordonnances contre le droit du travail provoquent un rejet massif de nos concitoyens pour la politique ultralibérale menée par le pouvoir actuel.

Les lois et projets de ce nouveau gouvernement constituent un véritable fléau social et économique. Tout le monde est concerné : actifs, retraités, chômeurs ou étudiants ; salariés du public ou du privé, urbains ou ruraux, citoyens ou élus des petites communes ...

 

L’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR » poursuit sa mission d’éducation populaire et propose

la projection du film « La Sociale » le vendredi 22 septembre à 18h

à la maison des associations de la place Garibaldi à Nice.

Attention : voir le mode d’inscription dans l’affiche jointe

 

Le modèle social français est très sérieusement attaqué par les  prédateurs autorisés que sont les multinationales*. Les dépenses de santé, les retraites,  etc..., échappent en effet encore partiellement aux convoitises du grand capital.

Le pactole est gigantesque, par exemple 464,5 milliards d’euros de recettes ont été recouvrées en 2014 par la Sécurité Sociale.

 

La Sécurité Sociale est créée à la Libération dans une France ruinée et pillée. Ambroise Croizat trace dès l’été 1943 les moutures de ce qui va devenir l’un des systèmes sociaux les plus enviés au monde. « Dans une France libérée, nous libérerons le peuple des angoisses du lendemain ! » écrit-il le 14 janvier 1944.

"Les Maîtres de Forges", l'ancêtre du "MEDEF", malgré le choix de la défaite et une collaboration active avec l'Allemagne nazie - ils avaient quasi unanimement préféré Hitler au front populaire - ont combattu cette avancée sociale pour les mêmes motifs qu'aujourd'hui à savoir : « l'impossibilité pour l'économie de supporter ces charges ».

 

L'ultralibéralisme ravage tout sur son passage. Le modèle social français hérité de la Résistance est le dernier rempart contre la barbarie. Le plus beau fleuron de cette révolution sociale, la Sécurité Sociale, est sur le point d'être anéanti.

Les maîtres du monde utilisent le fardeau de la dette, et la soumission de notre état nation aux diktats de la finance mondialisée, pour nous dépouiller de ce bien commun. Nous devons donc retrouver le chemin de la dignité et du courage afin de défendre cette conquête majeure sur la précarité et la misère.

 

Bien cordialement

Lucien Pons  Président de l’association « Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR »

 

*Dans un éditorial du journal « Challenge » du 4 octobre 2007 Denis Kessler, ancien vice-président du MEDEF, écrit :

« Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde ! ».

« Le modèle social français est le pur produit du Conseil National de la Résistance. […] Il est grand temps de le réformer. […] La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance. […]

L’architecture de la Libération s’identifie à des conquêtes sociales qui continuent de marquer la société française : la création de la Sécurité Sociale, la nationalisation des ressources énergétiques et de grands secteurs économiques, le droit de vote des femmes, l’instauration de nouveaux pouvoirs pour le monde du travail, est à l’évidence dépassée, complètement dépassée, inefficace et datée. La France doit s’adapter aux exigences internationales nouvelles.»

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Monique Pinçon-Charlot :  « Emmanuel Macron synthétise complètement les intérêts de l'oligarchie »

17 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La République, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #Le fascisme, #l'horreur économique, #Le syndicalisme, #Les média

Monique Pinçon-Charlot :

 « Emmanuel Macron synthétise

complètement les intérêts de l'oligarchie »

 14/09/17 . 17h56 . Mathieu Dejeanhttp://www.lesinrocks.com/img/auteur.png

A

lors qu'Emmanuel Macron va faire face à la contestation de la loi travail pendant tout le mois de septembre, la sociologue spécialiste de la grande richesse Monique Pinçon-Charlot, auteure de livres de référence sur la grande bourgeoisie avec Michel Pinçon, alerte sur la "régression sociale sans pareille qui est en marche".

 

 

Au regard des premiers mois de mandat d’Emmanuel Macron, persistez-vous à dire, en jugeant sur ses actes, qu’il conduit une politique au bénéfice des puissants ?

Monique Pinçon-Charlot Oui, et sans nuances. Michel [son mari, ndlr] et moi avions écrit Le Président des riches à propos de Nicolas Sarkozy, mais là on est passé un cran au-dessus. Les politiques d’Emmanuel Macron sont au service quasi-exclusif de l’oligarchie. Nous ne sommes plus désormais dans le cadre d’une alternance classique à l’intérieur de l’oligarchie entre la droite et la gauche : il synthétise complètement les intérêts des plus riches. Ce phénomène est confirmé par la porosité qui existe entre le public et le privé dans son gouvernement, par la généralisation du pantouflage [le fait pour un haut fonctionnaire d'aller travailler dans une entreprise privée, ndlr], et par le fait que les commissions de déontologie, lorsqu’elles sont saisies, sont toujours au service des puissants.

         Les ordonnances sur la loi travail montrent aussi que le gouvernement peut taper fort sur tous les fronts : contre la démocratie d’une part, avec ce processus intervenu en plein été qui court-circuite le débat parlementaire, et sur les travailleurs en procédant au détricotage des droits sociaux. Cette loi va dans le sens quasi-exclusif des patrons, des actionnaires, des puissants et des riches. On est au cœur de l’antagonisme de classe de notre société, basée sur le système capitaliste. L’oligarchie, qui demeure la classe la plus consciente dans notre société, ne s’y trompe pas.

 

Comment définiriez-vous le macronisme, s’il est un cran au-dessus du sarkozysme ?

         Nicolas Sarkozy était le président des riches, Emmanuel Macron est lui le président maquillé. Au sens propre, puisqu’il est lourdement maquillé - ses frais de maquillage s’élèvent à 26 000 euros pour trois mois de mandat. Mais aussi au sens figuré : il avance maquillé en permanence, avec une priorité donnée de façon constante à la communication et à l’image. Pour cela, il est très bien servi par ses camarades de classe du CAC 40, qui sont propriétaires de la plupart des grands médias, et qui lui offrent des couvertures par dizaines mettant en scène un homme souriant, jeune et bien dans sa peau.

         Son maquillage lui a aussi permis de se faire passer pour un homme neuf, alors que c’est le poids lourd du quinquennat de Hollande. Enfin, on est aussi passé un cran au dessus dans la mesure où il s’est permis de traiter les opposants à la loi travail de"fainéants, de cyniques et d’extrêmes" - dans la continuité de ses précédentes déclarations sur les ouvrières "illettrées" de Gad, ou sur le fait qu’il fallait travailler pour se "payer un costard". C’est très grave dans la bouche d’un président de la République.

 

Bourdieu avait écrit un livre sur la violence symbolique du langage, Ce que parler veut dire. Qu’est-ce que parler de "fainéants, de cyniques, et d’extrêmes" veut dire dans la bouche d’Emmanuel Macron ?

         Ça veut dire qu’aujourd’hui il n’y a plus de frein à la violence de classe. Ce n’est même plus de l’ordre de la violence symbolique. Traiter les travailleurs de fainéants, de cyniques et d’extrêmes, franchement, c’est du jamais vu. C’est une violence de langage qui est profondément corruptrice, qui vous sidère, qui vous rend impuissant, qui vous détruit. Le maquillage du président est tombé à ce moment-là. Avec la loi Pénicaud, c’est une régression sociale sans pareille qui est en marche.

 

« Avec la loi Pénicaud, c’est une régression sociale sans pareille qui est en marche. »

 

Votre dernier livre, qui paraît le 21 septembre, est une enquête sociologique dessinée sur le tollé provoqué par l’ouverture d’un centre d’hébergement d’urgence dans le XVIe arrondissement en 2016. Diriez-vous que nous sommes dans une période de polarisation sociale, et de guerre de classe particulièrement tendue ?

         Oui. Le 14 mars 2016, cette séance de colère de la grande bourgeoisie qui refusait de voir des sans-abris dans le XVIe arrondissement a été révélatrice d’une violence de classe qui ne connaît plus d’obstacle, qui ne se retient plus. Les plus riches ont toujours voulu s’agréger entre eux, car c’est la condition de la reproduction de l’ordre des classes, mais ça n’était jamais allé aussi loin dans le rejet du dissemblable, dans le rejet de l’autre. Nous ne nous y attendions absolument pas. La violence verbale dont nous parlions précédemment s’inscrit dans la même logique.

 

Que pensent les grands bourgeois, dont une partie au moins a soutenu François Fillon, d’Emmanuel Macron ?

         François Fillon a fait de très gros scores dans les quartiers traditionnels de la grande bourgeoisie, mais au second tour, tous ont voté solidairement pour Emmanuel Macron. En travaillant dans l’intimité de ces familles pendant trente ans, grâce à la générosité de leur accueil, nous avons vécu au plus profond de nous-mêmes, Michel et moi, leur solidarité. Cette solidarité de classe n’a pas besoin de chef d’orchestre : chaque membre a pour devoir de défendre les intérêts de tous les représentants de sa classe, quel que soit le front – la presse, la banque, le social, etc. D’ailleurs, au cours de notre enquête sur le centre d’hébergement du Bois de Boulogne, nous avons découvert que Pierre Coppey et Xavier Huillard, respectivement président et vice-président de l’association Aurore, chargée de gérer le site, sont aussi respectivement directeur général adjoint et PDG de la multinationale Vinci [leader mondial de la construction, ndlr]. Ils sont partout, sur tous les fronts et dans tous les instants, il n’y a pas de petit combat pour eux.

 

« Cette solidarité de classe n’a pas besoin de chef d’orchestre : chaque membre a pour devoir de défendre les intérêts de tous les représentants de sa classe, quel que soit le front. »

 

Macron a affronté pour la première fois la rue le 12 septembre. La CGT a réussi à mobiliser à peu près autant que pour la première manifestation contre la loi travail en 2016. Des solidarités entre pauvres et classes moyennes précarisées sont-elles en train de se dessiner contre le gouvernement ?

         Nos hypothèses de sociologues nous poussent à dire qu’il est possible que la solidarité prenne le pas sur les divisions de la gauche. Celles-ci sont d’ailleurs instrumentalisées par Macron, qui reçoit en cachette le président de FO et celui de la CFDT [selon une information du Canard enchaîné dans son édition du 6 septembre, ndlr]. Les divisions sont organisées au plus haut niveau. Il faut rappeler que les gens dont on parle ne représentent pas plus de 1% de la société, et que ce ne sont pas eux qui font fonctionner l’économie réelle.

         Ce sont les travailleurs qui sont les vrais créateurs de richesse. On peut conclure là-dessus : les puissants ont complètement inversé la lutte de classe en leur faveur à partir de la refondation menée par le baron Ernest-Antoine Seillière lorsqu’il a pris la présidence du Medef en 1997. Il avait alors décrété que les riches, les propriétaires des entreprises, des journaux, des valeurs mobilières, des ressources agricoles, étaient les créateurs de richesses et d’emplois. Par ce coup de force, dont on mesure encore les effets aujourd’hui, les ouvriers sont devenus des "coûts" et des "charges". C’est atroce. Alors qu’évidemment, les seuls créateurs de richesse sont ceux qui travaillent.

 

Panique dans le 16e ! Une enquête sociologique et dessinée de Monique Pinçon-Charlot, Michel Pinçon et Etienne Lécroart, éd. La Ville brûle, 96 p., 16€ (sortie le 21 septembre)

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Discours sur l’état de l’Union 2017 : Des vents favorables par Jean-Claude Juncker. (Partie III) FIN.

15 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #Terrorisme, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Le fascisme

Discours sur l’état de l’Union 2017 : Des vents favorables

par Jean-Claude Juncker

 

Réseau Voltaire | Bruxelles (Belgique) | 13 septembre 2017


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En trois parties.

 

[PARTIE III] et FIN.

UNE UNION PLUS DÉMOCRATIQUE

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs les députés,

Notre Union a besoin d’un saut démocratique.

Je souhaiterais que les partis politiques européens lancent leurs campagnes pour les prochaines élections plus tôt que par le passé. Trop souvent, les campagnes électorales européennes ont été réduites à une simple addition des propositions électorales nationales. La démocratie européenne mérite mieux.

Aujourd’hui, la Commission propose de nouvelles règles sur le financement des partis et des fondations politiques. Il s’agit de ne pas renflouer les caisses des extrémistes qui sont contre l’Europe. Il s’agit de permettre aux partis européens de mieux pouvoir s’articuler.

Je n’ignore pas que l’idée est contestée par plus de quelques-uns, mais je dois vous dire que j’ai de la sympathie pour présenter des listes transnationales. De telles listes rendraient les élections au Parlement européen plus européennes et plus démocratiques.

Je pense également qu’au cours des prochains mois, nous devrions associer les parlements nationaux et la société civile au niveau national, régional et local aux travaux sur l’avenir de l’Europe. Au cours des trois dernières années, les membres de la Commission ont rendu visite aux parlements nationaux à plus de 650 reprises. Ils ont également participé à plus de 300 dialogues avec les citoyens dans plus de 80 villes des 27 États membres. Mais nous pouvons encore faire mieux. C’est pourquoi je soutiens l’idée du président Macron d’organiser des conventions démocratiques dans toute l’Europe en 2018.

À mesure que le débat se développera, j’accorderai personnellement une attention particulière à l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la Roumanie en 2018. 2018 est l’année où ces quatre pays célébreront leur 100ème anniversaire. Ceux qui ont pour ambition de façonner l’avenir de notre continent doivent connaître et honorer notre histoire commune et donc l’histoire des quatre pays mentionnés, pays sans lesquels l’Europe ne serait pas complète.

Le besoin de renforcer la démocratie a également des conséquences pour la Commission européenne. Aujourd’hui, je transmets au Parlement européen un nouveau code de conduite des commissaires. Tout d’abord, ce nouveau code précise que les commissaires peuvent se présenter dans des conditions normales comme candidats aux élections européennes. Il est évident que le nouveau code renforcera les obligations des commissaires en matière d’intégrité, pendant et après leur mandat.

Qui veut renforcer la démocratie européenne ne peut pas accepter que le progrès démocratique que constitua l’innovation des têtes de liste – "Spitzenkandidaten" – ne soit pas renouvelé. Je suis convaincu que tout futur Président tirera avantage de cette expérience unique qui consiste à faire campagne dans tous les coins de notre beau continent. Pour comprendre les défis de son poste et la diversité de nos Etats membres, un futur Président doit rencontrer les citoyens dans les mairies à Helsinki comme sur toutes les places d’Athènes. Je sais pour avoir mené une telle campagne que cela vous rend humble, mais cela vous donne aussi plus de poids pendant votre mandat. Et vous pouvez traiter avec les autres dirigeants au Conseil européen fort de la confiance d’avoir été ainsi élu tout comme ils l’ont été. C’est bon pour l’équilibre de notre Union.

Plus de démocratie veut dire plus d’efficacité. L’efficacité européenne gagnerait en force si nous pouvions fusionner les présidences de la Commission européenne et du Conseil européen.

Cette proposition ne vise en rien mon excellent ami Donald, avec qui j’ai collaboré harmonieusement ces trois dernières années. Elle ne vise ni Donald ni moi-même.

Le paysage européen serait plus lisible et plus compréhensible si le navire européen était piloté par un seul capitaine.

Le fait d’avoir un seul président refléterait mieux la véritable nature de notre Union européenne, à la fois comme Union d’États et comme Union de citoyens.

NOTRE FEUILLE DE ROUTE

Mesdames et Messieurs les députés,

La vision d’une Europe plus unie, plus forte et plus démocratique que je présente aujourd’hui associe des éléments de tous les scénarii que j’ai exposés en mars dernier.

Mais notre avenir ne peut rester un scénario, une esquisse, une idée parmi d’autres.

C’est aujourd’hui que nous devons préparer l’Union de demain.

J’ai envoyé ce matin au président Tajani, au président Tusk ainsi qu’aux futures présidences tournantes du Conseil d’ici à mars 2019, une feuille de route indiquant la direction que nous devrions suivre.

Un élément important résidera dans les plans que la Commission présentera en mai 2018, en vue de faire en sorte que le budget de l’UE soit à la hauteur de nos ambitions et que nous puissions tenir toutes nos promesses.

Le 29 mars 2019, le Royaume-Uni quittera l’Union européenne. Ce sera un moment à la fois très triste et tragique. Nous le regretterons toujours. Mais nous devons respecter la volonté du peuple britannique.

Le 30 mars 2019, nous serons une Union à 27. Je propose que nous nous y préparions bien.

Les élections au Parlement européen auront lieu à peine quelques semaines plus tard, en mai 2019.

Ce sera un rendez-vous important avec la démocratie européenne. Il faudra que les citoyens européens se rendent aux urnes en ayant une vision claire de la manière dont l’Union européenne évoluera dans les années à venir.

C’est pourquoi j’en appelle au président Tusk et à la Roumanie, qui exercera la présidence au cours du premier semestre de 2019, pour qu’ils organisent un sommet spécial en Roumanie, le 30 mars 2019. Mon vœu serait que ce sommet se tienne dans la magnifique ville antique de Sibiu, que je connais aussi sous le nom de Hermannstadt. Ceci devrait être le moment de nous réunir pour prendre les décisions nécessaires à la construction d’une Europe plus unie, plus forte et plus démocratique.

Mon espoir est que le 30 mars 2019, les Européens se réveilleront dans une Union où nous défendons tous nos valeurs. Où tous les Etats membres respectent vigoureusement l’état de droit. Où être un membre à part entière de la zone euro, de l’union bancaire, et de l’espace Schengen soit devenu la norme pour chaque Etat membre de l’UE.

Où nous aurons consolidé les fondements de notre Union économique et monétaire afin de pouvoir défendre notre monnaie unique dans toutes les circonstances, bonnes ou mauvaises, sans avoir à recourir à une aide extérieure. Où notre marché unique sera plus équitable pour les travailleurs de l’est comme de l’ouest.

Où nous aurons réussi à nous mettre d’accord sur un solide socle des normes sociales. Où les bénéfices seront imposés là où ils sont réalisés. Où les terroristes ne trouveront aucune faille à exploiter. Et où nous nous serons mis d’accord sur la création d’une véritable union européenne de la défense.

Où un président unique conduira les travaux de la Commission et du Conseil européen, après avoir été élu à l’issue d’une campagne électorale pan-européenne démocratique.

Si, le 30 mars 2019, nos citoyens se réveillent dans cette Union-là, alors ils devraient pouvoir apporter leur vote aux élections du Parlement européen quelques semaines plus tard en ayant la ferme conviction que notre Union travaille pour eux.

CONCLUSION

Mesdames et Messieurs les députés,

L’Europe n’est pas vouée à l’immobilisme. Elle doit le refuser.

Helmut Kohl et Jacques Delors m’ont appris que l’Europe n’avance que quand elle fait preuve d’audace. Avant de devenir réalité, le marché unique, l’espace Schengen et la monnaie unique étaient considérés comme de simples vues d’esprit. Pourtant, ces trois projets ambitieux sont la réalité d’aujourd’hui.

J’entends ceux qui disent qu’il ne faut pas surcharger la barque européenne, maintenant que l’Europe va mieux.

Mais il ne faut pas, à l’heure où nous sommes, pécher par excès de prudence. Il ne suffit pas de réparer le toit. Nous devons commencer à terminer le travail maintenant.

Maintenant qu’il fait beau, et tant qu’il fait encore beau. Parce que, quand les prochains nuages se formeront à l’horizon – et ils se formeront –, il aura été trop tard.

Alors, larguons les amarres.

Mettons les voiles.

Et profitons des vents favorables.

Jean-Claude Juncker

 

FIN

http://www.voltairenet.org/article197879.html

 

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Discours sur l’état de l’Union 2017 : Des vents favorables par Jean-Claude Juncker. (Partie I).

15 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La République, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Le fascisme, #Politique intérieure

Discours sur l’état de l’Union 2017 : Des vents favorables

 
| Bruxelles (Belgique)
 
 
[PARTIE I]
 
 
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INTRODUCTION – DES VENTS FAVORABLES

M. le Président, Mesdames et Messieurs les membres du Parlement européen,

Lorsque je me suis présenté devant vous l’an dernier à la même période, ma tâche était, d’une certaine façon, plus facile.

Il était clair pour tout le monde que l’état de notre Union était pour le moins préoccupant

L’Europe comptait ses blessures et ses égratignures, après une année qui l’avait ébranlée jusque dans ses fondements.

Nous n’avions le choix qu’entre deux possibilités. Soit se rassembler autour d’un programme européen positif, soit se replier chacun sur soi en ignorant les autres.

Face à ce choix, j’ai plaidé pour l’unité.

J’ai proposé un programme positif pour, comme je l’ai dit l’année dernière, contribuer à créer une Europe qui protège, qui se donne les moyens d’agir et qui défend.

Au cours des douze derniers mois, le Parlement européen a contribué à donner vie à ce programme. Chaque jour qui passe, nous continuons à faire des progrès. Pas plus tard qu’hier soir, vous avez encore travaillé à un accord sur les instruments de défense commerciale et le doublement de notre capacité d’investissement européenne.

Je voudrais aussi remercier les 27 dirigeants de nos États membres. Quelques jours après mon discours de l’an dernier, ils ont approuvé mon programme lors de leur sommet de Bratislava. Ils ont ainsi choisi l’unité. Ils ont choisi de se rassembler autour de nos intérêts communs.

Ensemble, nous avons montré que l’Europe peut obtenir des résultats concrets pour ses citoyens, quand et là où c’est nécessaire.

Depuis lors, nous avons réussi des avancées parfois lentes mais irréversibles.

L’amélioration des perspectives économiques a joué en notre faveur.

Nous entrons à présent dans la cinquième année d’une reprise économique qui se fait enfin sentir dans chacun des États membres.

Ces deux dernières années, la croissance a été plus forte dans l’Union européenne qu’aux États-Unis. Elle se chiffre maintenant à plus de 2 % pour toute l’Union et à 2,2 % pour la zone euro.

Le chômage est au plus bas depuis neuf ans. Depuis le début de notre mandat, près de 8 millions d’emplois ont été créés. Et le taux d’emploi en Europe est plus élevé qu’il ne le fut jamais. Nous avons 235 millions d’Européens qui ont un travail.

La Commission européenne ne peut pas s’en attribuer seule tout le mérite. Cela dit, je suis sûr que si 8 millions d’emplois avaient été détruits, pour beaucoup c’eût été notre faute.

En réalité les institutions de l’Europe ont joué leur rôle en contribuant à faire en sorte que le vent tourne.

Nous pouvons nous attribuer le mérite de notre plan d’investissement pour l’Europe, qui a généré jusqu’à présent 225 milliards d’euros d’investissements. Il a accordé des prêts à plus de 445 000 petites entreprises et à plus de 270 projets d’infrastructure.

Nous pouvons nous attribuer le mérite d’une action déterminée, grâce à laquelle les banques européennes ont de nouveau la force de frappe financière nécessaire pour prêter aux entreprises et leur permettre de croître et de créer des emplois.

Et nous avons eu le mérite d’avoir contribué à la baisse des déficits publics qui sont passés d’un niveau de 6,6% à un niveau de 1,6%. Nous le devons à une application intelligente du Pacte de stabilité et de croissance. Nous exigeons une discipline budgétaire mais nous veillons à ce qu’elle ne nuise pas à la croissance. Cela fonctionne en fait très bien dans toute l’Union européenne - en dépit des critiques,

Dix ans après le déclenchement de la crise, l’Europe connaît enfin un rebond économique.

Et avec lui, un regain de confiance.

Les dirigeants de notre Union européenne à 27, le Parlement et la Commission sont en train de remettre le projet européen au cœur de notre Union.

L’an dernier, à Rome, nous avons vu les 27 dirigeants gravir un à un la colline du Capitole pour renouveler leurs vœux d’engagement mutuel et envers l’Union.

Tout cela m’incite à y croire : l’Europe a de nouveau le vent en poupe.

De nouvelles opportunités s’ouvrent à nous, mais elles ne resteront pas ouvertes éternellement.

Mettons cet élan à profit, profitons de ces vents favorables.

Et pour cela nous devons faire deux choses :

Premièrement, nous devons tenir le cap fixé l’an dernier. Il nous reste encore 16 mois durant lesquels le Parlement, le Conseil et la Commission peuvent accomplir de véritables progrès. Nous devons profiter de cette période pour terminer ce que nous avons commencé à Bratislava, et mettre en œuvre notre programme constructif.

Deuxièmement, nous devons nous fixer un objectif ambitieux pour l’avenir. Comme l’a écrit Mark Twain, quand les années auront passé, nous serons plus déçus par les choses que nous n’aurons pas faites que par celles que nous aurons faites. Le moment est venu de bâtir une Europe plus unie, plus forte et plus démocratique d’ici à 2025.

TENIR LE CAP

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés,

Alors que nous regardons vers l’avenir, nous ne pouvons pas nous laisser dévier de notre cap.

Ensemble, nous nous sommes fixés comme objectif de parachever une union de l’énergie, une union de la sécurité, une union des marchés des capitaux, une union bancaire et un marché unique numérique. Ensemble, nous avons déjà fait bien du chemin.

Comme l’a confirmé le Parlement, la Commission a déjà présenté 80% des propositions promises en début de mandat. Nous devons maintenant travailler ensemble pour que ces propositions deviennent des actes législatifs, et que ces actes se concrétisent dans la pratique.

Comme toujours, certaines concessions devront être faites. Les propositions présentées par la Commission pour réformer notre système d’asile commun ou pour établir de nouvelles règles plus solides sur le détachement des travailleurs sont des sujets de controverse. Nous obtiendrons de bons résultats si chacun bâtit sa partie du pont pour que les positions se rejoignent. Et je voudrais dire que la Commission sera ouverte au compromis, du moment que le résultat final est le bon pour l’Union, et équitable pour tous les Etats membres.

Nous sommes maintenant prêts à soumettre les 20% d’initiatives restantes d’ici à mai 2018.

Ce matin, j’ai adressé au président du Parlement européen, Antonio Tajani, et au premier ministre Jüri Ratas une lettre d’intention précisant les priorités pour l’année à venir.

Je ne vais pas vous énumérer ici toutes nos propositions, mais permettez-moi d’en mentionner cinq particulièrement importantes.

Premièrement, je voudrais que nous renforcions encore notre programme commercial européen.L’Europe est ouverte au commerce, oui. Mais réciprocité il doit y avoir. Il faudra que nous obtenions autant que ce que nous donnons.

Le commerce n’est pas un concept abstrait. Le commerce, ce sont des emplois, ce sont de nouvelles opportunités pour les entreprises européennes, grandes ou petites. Chaque milliard d’exportations en plus représente 14 000 emplois supplémentaires en Europe.

Le commerce, c’est l’exportation de nos normes sociales et environnementales, et de nos normes en matière de protection des données ou de sécurité alimentaire.

L’Europe a toujours été un espace économique attirant. Mais depuis l’an dernier, j’observe que nos partenaires du monde entier se pressent à notre porte pour conclure des accords commerciaux avec nous.

Grâce à l’aide du Parlement européen, nous venons de conclure avec le Canada un accord commercial qui s’appliquera de manière provisoire à compter de la semaine prochaine. Nous avons trouvé un accord politique avec le Japon sur un nouveau partenariat économique. D’ici la fin de l’année, nous avons de bonnes chances de faire de même avec le Mexique et les pays d’Amérique du sud.

Et aujourd’hui, nous proposons d’ouvrir des négociations commerciales avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

Je voudrais que tous ces accords soient finalisés d’ici la fin de ce mandat. Et je tiens à ce qu’ils soient négociés dans la plus parfaite transparence.

L’ouverture aux échanges doit aller de pair avec une transparence accrue de nos processus décisionnels.

Le Parlement européen aura le dernier mot sur l’ensemble des accords commerciaux. Donc, ses membres tout comme les parlements nationaux et régionaux doivent être tenus parfaitement informés dès le premier jour des négociations. La Commission y veillera.

Dorénavant, la Commission publiera l’intégralité des projets de mandats de négociation qu’elle présentera au Conseil.

Les citoyens ont le droit de savoir ce que propose la Commission. Fini le manque de transparence, finis les rumeurs et les procès d’intention dont la Commission ne cesse d’être l’objet. J’invite le Conseil à faire de même lorsqu’il adoptera les mandats de négociation définitifs.

Je voudrais dire une fois pour toutes : nous ne sommes pas des partisans naïfs du libre-échange.

L’Europe doit toujours défendre ses intérêts stratégiques.

C’est la raison pour laquelle nous proposons aujourd’hui un nouveau cadre de l’UE sur l’examen des investissements – "Investment Screening" en anglais. Si une entreprise publique étrangère veut faire l’acquisition d’un port européen stratégique, d’une partie de notre infrastructure énergétique ou d’une de nos sociétés dans le domaine des technologies de défense, cela ne peut se faire que dans la transparence, à travers un examen approfondi et un débat. Il est de notre responsabilité politique de savoir ce qui se passe chez nous afin d’être en mesure, si besoin, de protéger notre sécurité collective.

Deuxièmement, je veux rendre notre industrie plus forte et plus compétitive.

C’est en particulier vrai pour ce qui concerne notre base industrielle et les 32 millions de travailleurs qui en constituent la colonne vertébrale. Ce sont eux qui fabriquent les produits de toute première classe -nos voitures, par exemple - auxquels nous devons notre avance par rapport à d’autres.

Je suis fier de notre industrie automobile. Mais je suis choqué quand clients et consommateurs sont sciemment et intentionnellement trompés. J’invite l’industrie automobile à faire amende honorable et à corriger le tir. Au lieu de chercher à tromper et à induire en erreur, les constructeurs devraient investir dans les voitures propres qui sont celles du futur.

Nous présentons aujourd’hui une nouvelle stratégie industrielle pour l’Europe qui permettra à notre industrie de rester ou de devenir le numéro un mondial en matière d’innovation, de numérisation et de décarbonisation.

Troisièmement, je veux que l’Europe soit à l’avant-garde de la lutte contre le changement climatique.

L’année dernière nous avons fixé des normes climatiques globales avec la ratification de l’accord de Paris ici même, dans cette assemblée. Face à l’affaissement des ambitions dont font preuve les Etats-Unis, l’Europe va faire en sorte de rendre grande la planète qui est la patrie indivisible de l’humanité toute entière. La Commission présentera sous peu une proposition de réduction des émissions de carbone dans le secteur des transports.

Quatrième priorité pour l’année à venir : nous protégerons mieux les Européens à l’ère du numérique.

Au cours des trois dernières années, nous avons fait des progrès dans la sécurisation de l’internet. De nouvelles règles, proposées par la Commission, protégeront nos droits de propriété intellectuelle, notre diversité culturelle et nos données à caractère personnel. Nous avons intensifié la lutte contre la propagande terroriste et la radicalisation en ligne. Mais l’Europe reste mal équipée face aux cyberattaques.

Les cyberattaques sont parfois plus dangereuses pour la stabilité des démocraties et des économies que les fusils et les chars. Rien que l’année dernière, on a enregistré plus de 4 000 attaques par rançongiciel et 80% des entreprises européennes ont connu au moins un incident lié à la cybersécurité.

Les cyberattaques ne connaissent pas de frontières et n’épargnent personne. C’est pourquoi la Commission propose aujourd’hui de nouveaux outils, et notamment une Agence européenne de cybersécurité, pour mieux nous défendre contre ces attaques.

Cinquièmement : la migration restera sur notre radar.

Même si les questions gravitant autour de la migration ont souvent suscitées débats et polémiques, nous sommes parvenus à faire des réels progrès sur de nombreux plans.

Aujourd’hui, nous protégeons nos frontières extérieures de façon plus efficace. Plus de 1 700 officiers du nouveau corps de garde-frontières et garde-côtes, soutiennent maintenant les 100 000 garde-frontières nationaux des États membres et patrouillent notamment en Grèce, en Italie, en Bulgarie et en Espagne. Nous avons des frontières communes mais les Etats qui sont en première ligne du fait de leur situation géographique ne doivent pas être les seuls responsables de leur protection. Frontières communes et protection commune doivent aller ensemble.

Nous sommes parvenus à endiguer les flux de migrants irréguliers, sources de grande inquiétude dans de nombreux pays. Nous avons réduit de 97% le nombre des arrivées irrégulières en Méditerranée orientale grâce à l’accord que nous avons conclu avec la Turquie. Et, cet été, nous avons réussi à mieux contrôler la route de la Méditerranée centrale : les arrivées y ont diminué de 81% en août par rapport au même mois de l’année dernière.

De cette manière, nous avons considérablement réduit le nombre des vies humaines perdues en Méditerranée. Près de 2 500 personnes sont mortes cette année, ce qui est une véritable tragédie. Je n’accepterai jamais que des êtres humains trouvent la mort en pleine mer.

Je ne peux pas parler de migration sans rendre un hommage appuyé à l’Italie pour sa persévérance et sa générosité. Cet été, la Commission a encore travaillé en étroite coopération avec le premier ministre Paolo Gentiloni et son gouvernement pour améliorer la situation, notamment en formant les garde-côtes libyens. Nous continuerons à apporter un soutien massif à l’Italie, tant opérationnel que financier. Parce que l’Italie sauve l’honneur de l’Europe en Méditerranée.

Nous devons aussi et de toute urgence améliorer les conditions de vie des réfugiés en Libye. Je suis atterré par les conditions inhumaines qui prévalent dans les centres de rétention ou d’accueil. Ici, l’Europe a une responsabilité collective et la Commission agira de concert avec les Nations Unies pour mettre fin à cette situation scandaleuse qui ne saurait durer.

Même si cela m’attriste de voir que tous nos États membres ne montrent pas encore le même degré de solidarité, l’Europe, dans son ensemble, a continué à faire preuve de solidarité. Rien que l’année passée, nos États membres ont accordé l’asile à plus de 720 000 réfugiés, ou ont pourvu à leur réinstallation. C’est trois fois plus que l’Australie, le Canada et les États-Unis ensemble. L’Europe, contrairement à ce qui est dit, n’est pas une forteresse et ne doit jamais le devenir. L’Europe est, et restera le continent de la solidarité où doivent pouvoir se réfugier ceux qui sont poursuivis pour des raisons inacceptables.

Je suis particulièrement fier des jeunes Européens qui se portent volontaires pour donner des cours de langue aux réfugiés syriens ou de tous ces jeunes qui, par milliers, se sont mis au service de notre nouveau corps européen de solidarité. Ils donnent vie et couleur à la solidarité européenne.

Nous devons aujourd’hui redoubler d’efforts. Avant la fin du mois, la Commission présentera une nouvelle série de propositions centrées sur les retours, la solidarité avec l’Afrique et l’ouverture de voies de migration légales.

Concernant plus particulièrement les retours : les personnes qui ne sont pas en droit de séjourner en Europe doivent regagner leur pays d’origine. Alors que seulement 36% des migrants en situation irrégulière sont renvoyés, il est évident que nous devons considérablement intensifier notre action en la matière. C’est seulement de cette manière que l’Europe pourra faire preuve de solidarité à l’égard des réfugiés qui ont réellement besoin d’une protection.

La solidarité ne peut pas être une solidarité exclusivement intra-européenne. Il s’agit aussi de mettre en place une plus grande solidarité avec l’Afrique : l’Afrique, berceau de l’humanité, est un continent noble et jeune. Notre fonds fiduciaire pour l’Afrique, doté d’une enveloppe de 2,7 milliards d’euros, ouvre des possibilités d’emploi partout sur le continent africain. Mais, alors que le budget de l’UE a assumé le gros du financement, la contribution de tous nos États membres réunis ne s’élève qu’à 150 millions d’euros. Le fonds atteint maintenant ses limites. Nous connaissons les risques d’une pénurie de financement : en 2015, de nombreux migrants ont voulu rejoindre l’Europe quand et parce que les fonds du Programme alimentaire mondial de l’ONU se sont épuisés. J’invite donc les États membres à joindre le geste à la parole et à veiller à ce que le fonds fiduciaire pour l’Afrique ne connaisse pas le même sort.

Nous allons aussi travailler à l’ouverture de voies de migration légales. La migration irrégulière ne s’arrêtera que lorsque les migrants auront une autre option que d’entreprendre un voyage périlleux. Nous sommes sur le point de réinstaller 22 000 réfugiés venant de Turquie, de Jordanie et du Liban et je m’associe à l’appel lancé par le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés Filippo Grandi pour réinstaller 40 000 autres réfugiés originaires de Libye et des pays voisins. Pour le reste, l’Europe est un continent qui vieillit, raison de plus pour le doter d’un système de migration légale qui est une nécessité. C’est la raison pour laquelle la Commission a fait des propositions pour faciliter l’accès des migrants à la carte bleue européenne, et je vous remercie du soutien que le Parlement apporte à notre proposition. Je plaide pour un accord ambitieux et rapide sur ce dossier important.

HISSONS LES VOILES

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, et Mesdames et Messieurs les députés,

Je n’ai mentionné que quelques-unes des initiatives que nous devrions mettre en place au cours des seize prochains mois.

Mais cela ne suffira pas pour regagner le cœur et l’esprit des Européens.

Nous devons maintenant fixer un cap pour l’avenir.

En mars, la Commission a présenté son Livre blanc sur l’avenir de l’Europe, qui décline en cinq scénarii le visage que pourrait prendre l’Europe d’ici à 2025. Ces scénarii ont été débattus, analysés et même parfois complètement décortiqués. Je m’en félicite car c’était exactement le but recherché. J’ai voulu lancer ainsi un processus qui permette aux Européens de déterminer eux-mêmes leur propre voie pour l’avenir.

Parce que l’avenir de l’Europe ne peut pas être dicté par ses seuls dirigeants.Il ne peut être que l’aboutissement d’un débat démocratique débouchant sur un large consensus. Cette assemblée y a activement contribué avec ses trois ambitieuses résolutions sur l’avenir de l’Europe et en participant à de nombreux événements publics parmi les 2000, et plus, que la Commission a organisés depuis mars.

Le moment est venu de tirer les premières conclusions de ce débat. Le moment est venu d’aborder la prochaine étape : passer de la réflexion à l’action, du débat à la décision.

Je voudrais aujourd’hui vous présenter ma vision des choses : mon scénario personnel - si vous voulez – mon "sixième scénario".

Ce scénario est le fruit de dizaines d’années d’expérience personnelle. Toute ma vie, j’ai vécu et travaillé pour le projet européen. J’ai connu de bons et de mauvais moments.

J’ai occupé bon nombre de sièges autour de la table de négociation : en tant que ministre, Premier ministre, président de l’Eurogroupe, et maintenant président de la Commission. J’étais là, à Maastricht, Amsterdam, Nice et Lisbonne, quand notre Union évoluait et s’élargissait. Je me suis toujours battu pour l’Europe. J’ai parfois souffert avec et à cause de l’Europe, et il m’est même arrivé de douter de l’Europe.

Avec l’Union européenne, j’ai aussi traversé des hauts et des bas, mais je n’ai jamais perdu cet amour de l’Europe.

Car il n’y pas d’amour sans déconvenue, en tout cas très rarement.

Alors il faut aimer l’Europe, parce quedans ce monde troublé, l’Europe et l’Union européenne ont réussi une performance unique, imposer la paix à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières. Et la prospérité si ce n’est pour tous, en tout cas pour un grand nombre. Nous devrions méditer sur cela à l’occasion de l’Année européenne du patrimoine culturel qui doit célébrer en 2018 notre diversité culturelle.

UNE UNION DE VALEURS

Etre attaché aux mêmes valeurs, nous apporte un sentiment d’appartenance.

Pour moi, l’Europe est un projet plus vaste que le marché unique, la monnaie, l’euro. Elle a toujours été une question de valeurs.

Dans mon sixième scénario, l’Europe repose sur trois principes fondamentaux, que nous devons toujours défendre et promouvoir : la liberté, l’égalité et l’état de droit.

L’Europe est d’abord une union de la liberté. De la liberté face à l’oppression et à la dictature que notre continent, surtout l’Europe centrale et orientale, ont hélas trop bien connus. Je veux dire la liberté de faire entendre sa voix, en tant que citoyen et en tant que journaliste, cette liberté dont nous pensons bien trop souvent qu’elle relève de l’évidence. Ce sont des valeurs sur lesquelles s’est construite notre Union. Mais la liberté ne tombe pas du ciel. Nous devons nous battre pour qu’elle triomphe. En Europe et dans le monde.

Deuxièmement, l’Europe doit être une union de l’égalité.

Cela veut dire l’égalité entre ses membres, grands ou petits, de l’Est comme de l’Ouest, du Nord comme du Sud.

L’Europe s’étend de Vigo à Varna, de l’Espagne à la Bulgarie.

L’Europe doit respirer avec ses deux poumons, avec celui de l’est et avec celui de l’ouest. Sinon notre continent s’essouffle.

Dans une Union où tous sont égaux, il ne peut y avoir de citoyens de seconde classe. Il est inacceptable qu’en 2017, des enfants meurent encore de maladies qui auraient dû être éradiquées depuis longtemps en Europe. Les enfants de Roumanie ou d’Italie doivent avoir le même accès aux vaccins contre la rougeole que les autres enfants d’Europe. Pas de si, ni de mais qui tiennent. C’est la raison pour laquelle nous travaillons avec tous les États membres pour soutenir leurs efforts de vaccination sur le plan national. En Europe on ne peut pas accepter des morts quand elles peuvent être évitées.

Dans une Union où tous sont égaux, il ne peut y avoir de travailleurs de seconde classe. Ceux qui font le même travail, sur un même lieu, doivent toucher le même salaire. Les propositions de la Commission sur le détachement des travailleurs visent à assurer cet objectif. Nous devrions faire en sorte que toutes les règles de l’UE en matière de mobilité des travailleurs soient mises en œuvre de manière juste, simple et efficace par un nouvel organisme européen d’inspection et d’application des règles. Il y a quelque chose d’absurde à disposer d’une Autorité bancaire pour faire appliquer les normes bancaires, mais pas d’une Autorité commune du travail pour veiller au respect de l’équité dans notre marché unique. Nous devons la créer.

Dans une Union où tous sont égaux, il ne peut y avoir de consommateurs de seconde classe. Je n’accepterai pas que dans certaines régions d’Europe, les gens se voient proposer des produits alimentaires de moindre qualité que dans d’autres pays, sous des marques et des emballages pourtant identiques. Les Slovaques ne méritent pas d’avoir moins de poisson dans leurs poissons panés, les Hongrois moins de viande dans leurs repas, ou les Tchèques moins de cacao dans leur chocolat. La réglementation de l’UE interdit déjà ce genre de pratiques. Il nous reste à renforcer les moyens dont disposent les autorités nationales pour réprimer toute pratique illégale partout où elle est constatée.

Troisièmement : En Europe la force du droit a remplacé la règle du plus fort. Cela signifie que l’autorité de la loi est garantie par un pouvoir judiciaire indépendant.

Appartenir à une Union fondée sur l’état de droit, cela veut dire qu’il faut savoir accepter et respecter un jugement. Les États membres ont accordé à la Cour de justice de l’Union européenne la compétence pour statuer en dernier ressort. Les jugements de la Cour de justice européenne doivent donc être respectés dans tous les cas. Ne pas le faire ou saper l’indépendance des juridictions nationales, revient à déposséder les citoyens de leurs droits fondamentaux.

L’état de droit n’est pas une option dans l’Union européenne. C’est une obligation.

Notre Union n’est pas un Etat, elle est une communauté de droit.

[A suivre]

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Des policiers veulent prendre la tête du cortège le 12 septembre: "Tant pis si on se fait massacrer". BFMTV

13 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La République, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique

En tête du cortège, le 12 septembre, il n'y aura pas que les traditionnels militants encapuchonnés. Un syndicat policier, le VIGI (classé plutôt à gauche), appelle les forces de l'ordre à prendre la tête du défilé. Les policiers entendent manifester contre la "destruction du Code du travail" mais "tout en protégeant [les manifestants] des délinquants et criminels infiltrés". Alexandre Langlois, secrétaire de ce syndicat "de la colère des policiers", témoigne pour RMC.fr.

En tête du cortège, le 12 septembre, il n'y aura pas que les traditionnels militants encapuchonnés. Un syndicat policier, le VIGI (classé plutôt à gauche), appelle les forces de l'ordre à prendre la tête du défilé. Les policiers entendent manifester contre la "destruction du Code du travail" mais "tout en protégeant [les manifestants] des délinquants et criminels infiltrés". Alexandre Langlois, secrétaire de ce syndicat "de la colère des policiers", témoigne pour RMC.fr.

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Plus de 120 millions d'Européens au bord de la pauvreté Par  Damien Durand dans le Figaro

12 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #Terrorisme, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Economie, #Les transnationales, #La lutte des classes, #Le fascisme, #l'horreur économique

Plus de 120 millions d'Européens au bord de la pauvreté

Par  Damien Durand 

 

Publié 

VIDÉO - Signe d'une crise et d'une situation qui ne s'améliore guère, 123 millions d'Européens pourraient rapidement basculer dans la pauvreté, selon un rapport du groupement d'ONG, Oxfam. Parmi eux, onze millions de Français.

123 millions: c'est selon le groupement d'ONG Oxfam, le nombre d'Européens «exposés au risque de pauvreté». C'est la conclusion d'un rapport publié par l'organisation qui estime le nombre de personnes qui, sans être statistiquement pauvres, ont un risque réel de basculer rapidement en-dessous de leur seuil national. Pour rappel, en France, le seuil de pauvreté défini par l'Insee correspond à 60% du revenu médian, soit 977 euros pour 2015. Plus de 8 millions de Français vivent en-dessous de ce seuil.

Et si l'Oxfam tire la sonnette d'alarme sur le nombre, c'est surtout la tendance à la hausse du nombre de personnes flirtant avec la ligne rouge qui inquiète le plus, le chiffre n'était en effet «que» de 116 millions en 2008. Entre 2009 et 2013, plusieurs pays majeurs de l'Union européenne (notamment l'Italie et le Royaume-Uni, mais aussi la Hongrie et bien sûr la Grèce) ont ainsi connu une croissance de 5% de ce chiffre. En France, on compte 11 millions de personnes sur le point de basculer dans la pauvreté, soit 9% du total européen. L'Hexagone n'a jamais réussi à réduire ce chiffre depuis dix ans, quel que soit son contexte de croissance.

Fiscalité peu redistributive

Mais le rapport ne se limite pas qu'au chiffrage de la population proche de la situation de pauvreté. Le groupement d'ONG souligne ce qui est, selon elle, la source de cette situation: l'accroissement des inégalités dans la détention des richesses. Ainsi, souligne le rapport, les 1% des plus riches européens possède environ un tiers de la richesse totale, alors que les 40% les plus modestes, ne détiennent que… 1%. Autrement dit, selon les chiffres de l'Oxfam, 7 millions d'Européens aisés sont aussi riches que 662 millions d'autres.

Le rapport souligne les causes de cette situation en citant notamment l'austérité, qui fait peser l'effort d'amélioration des comptes publics sur les plus modestes, et l'évasion fiscale qui diminue nécessairement le montant des redistributions possibles. Le groupe d'ONG dénonce aussi des choix politiques biaisés, le rapport n'hésitant pas à avancer que «les régimes fiscaux et les politiques des États sont conçus pour profiter à une minorité».

Pour l'Oxfam, en effet, ces chiffres démontrent des orientations fiscales peu performantes et un manque de pertinence des systèmes fiscaux dans de nombreux pays d'Europe, jugés peu redistributifs. Un reproche qui peu d'ailleurs être fait à la France, confirme au Figaro Philippe Crevel, économiste et secrétaire général du Cercle de l'Épargne: «La principale recette fiscale française, c'est la TVA qui n'est pas redistributive, certaines analystes prétendent qu'elle a même l'effet inverse, et dont le poids est bien supérieur à l'impôt sur le revenu. Côté cotisation, on peut citer la CSGqui, hormis les minima sociaux et certaines retraites, n'est pas non plus progressive». Mais la France a un atout pour parer à sa limite fiscale: sa politique de redistribution via des prestations sociales. «Elles représentent tout de même 3% du PIB, et peuvent changer la donne du côté des écarts de revenus. D'ailleurs la France à un rapport de richesses entre le décile le plus élevé et le décile le plus bas parmi les plus faible en Europe». De quoi tempérer les limites de la fiscalité, mais pas de réduire réellement les craintes d'un appauvrissement.

VIDÉO - «Près de 9 Français sur 10 sont inquiets que leurs enfants soient plus pauvres qu'eux», explique Julien Lauprêtre, président du Secours populaire Français.

 

 

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Le post-néolibéralisme et la politique de la souveraineté. Article de Paolo Gerbaudo. (Partie II)

12 Septembre 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #La République, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #l'horreur économique, #Le fascisme

Le post-néolibéralisme et la politique de la souveraineté. Article de Paolo Gerbaudo. (Partie II)

Le post-néolibéralisme et la politique de la souveraineté

(Partie II)

 

La souveraineté populaire contre la souveraineté nationale

 

Ce que les discours sur la souveraineté de Trump et Sanders, de Podemos et des Brexiters, ont en commun, est l’idée selon laquelle, pour construire un nouvel ordre social sur les décombres de la globalisation néolibérale, il est nécessaire de revendiquer le droit des communautés politiques définies sur une base territoriale à gérer leur vie collective de façon relativement autonome vis à vis des interférences extérieures. Cette similitude explique pourquoi, malgré leurs énormes différences, il y a des points de superposition entre les populistes de droite et les populistes de gauche. Par exemple, Trump et Sanders ont tous les deux proposé des formes de protectionnisme économique, et des formes d’intervention de l’État sur l’économie, à travers notamment la construction de nouvelles infrastructures.

Exception faite pour ces éléments de similitude, la gauche populiste et la droite populiste sont en profond désaccord sur ce que signifie vraiment souveraineté, et sur le type de contrôle territorial qui doit être reconstruit. Pour les populistes xénophobes de droite, la souveraineté est d’abord la souveraineté nationale, projetée sur un imaginaire ethnique Blut und Boden (« sang et sol »), qui, hormis quelques exceptions de nations politiques, sont souvent définies par des liens ethnico-culturels mobilisés contre ceux – étrangers et migrants – qui semblent mettre en cause l’homogénéité et la sécurité du peuple. La vision de la souveraineté qui s’associe à cette logique politique relève de la philosophie politique de Thomas Hobbes, pour lequel la souveraineté se fondait sur la garantie et la protection offerte par le souverain à ces sujets.

« Il s’agit de revendiquer la souveraineté comme souveraineté populaire et pas uniquement comme souveraineté nationale. »

Les flux globaux que cette vision réactionnaire de la souveraineté considère comme la menace principale sont évidemment les flux migratoires . La souveraineté dans cette perspective signifie d’abord la fermeture des frontières aux migrants, y compris les réfugiés qui fuient des guerres, mais également la mise à l’écart des minorités internes perçues comme non désirables, notamment les musulmans, suspectés de mettre en danger la sécurité et la cohésion sociale. Cette vision xénophobe de la souveraineté était évidente au cours du débat sur le Brexit, où la campagne « Leave » a aussi gagné en exploitant la peur contre les migrants, notamment polonais, perçus et pointés du doigt comme les responsables de la baisse des salaires et de la dégradation des services publics.

La vision progressiste de la souveraineté, qui est au centre des mouvements populistes de gauche, de Podemos à Bernie Sanders, a un sens très différent différente. Il s’agit de revendiquer la souveraineté comme souveraineté populaire et pas uniquement comme souveraineté nationale. En outre, cette vision promeut la souveraineté comme un moyen d’inclusion plutôt que d’exclusion. Cette demande progressiste de souveraineté tire son origine dans les premières lueurs de la gauche moderne, entre la fin du XVIII siècle et le début du XIX siècle. L’idée de souveraineté populaire a été développée dans les ouvrages de Jean-Jacques Rousseau, dans lesquels l’idée que le pouvoir devait passer des mains du monarque à celles du peuple était centrale. Rousseau a, par ailleurs, profondément influencé les jacobins, la Révolution Française et les insurrections populaires du XIX siècle.

Malgré cela, l’idée de souveraineté est tombée dans le discrédit auprès de nombreux mouvements radicaux pendant l’ère néolibérale. La souveraineté a été vue comme un concept autoritaire, étranger à une politique d’émancipation, ainsi qu’elle était présentée dans la critique au concept de souveraineté développée par Michael Hardt et Antonio Negri dans Empire. Toutefois, la nouvelle gauche populiste qui s’est levée après le krach financier de 2008 a redécouvert la question de la souveraineté, et elle s’est convaincue qu’une vraie démocratie est impossible sans la récupération des formes d’autorité territoriale.

La récupération progressiste de l’idée de souveraineté, comme elle est proposée par des phénomènes tels que ceux de Sanders et Podemos, a comme principal ennemi les banques, les entrepreneurs sans scrupules et les politiciens corrompus à leur solde, et non les étrangers, les réfugiés et les minorités ethniques. Les flux financiers et commerciaux, plutôt que les flux migratoires, sont ceux qui sont vus comme la principale menace au bien-être et à la sécurité des communautés. En ce contexte, la souveraineté est perçue comme une arme qui peut être utilisée par le Peuple contre l’Oligarchie, par le plus grand nombre contre les 1%, par l’ensemble des citoyens contre les élites qui contreviennent à la volonté populaire.

Si les leaders populistes progressistes tels qu’Iglesias et Sanders ont souvent utilisé les sentiments patriotiques et s’ils ont vu l’État-nation comme qu’espace central de mobilisation contre le système néolibérale, leur vision de la souveraineté est certainement plus à multi-échelle et plus inclusive que celle des populistes de droite. Elle comprend le niveau local, régional, national et continental. En effet, la souveraineté a souvent été invoquée au niveau local par les formations « municipalistes » qui ont conquis les mairies de Madrid et de Barcelone. Les administrations de Manuela Carmena et d’Ada Colau ont utilisé le pouvoir des juridictions locales pour soutenir l’économie locale, pour limiter les processus de gentrification, et pour lutter contre la rapacité des entreprises de la pseudo « sharing economy », comme Airbnb et Uber. Par ailleurs, Bernie Sanders a fait appel à la souveraineté des communautés des natifs américains, à l’occasion des manifestations contre la construction de la Dakota Access Pipeline (DAPL).

Il est évident que, dans un monde mondialisé et interconnecté comme celui dans lequel nous vivons, une véritable souveraineté populaire, pour être efficace, doit être exercée également au niveau supranational. Le chaos provoqué au Royaume-Uni par le Brexit, et l’incertitude qu’il a engendré sur le futur économique du pays, démontre que ce n’est pas possible dans l’ère contemporaine d’opérer un simple retour à l’échelle nationale, ou du moins cette option n’est pas possible pour les États-nations européens, qui sont trop petits pour pouvoir exercer un contrôle réel sur les processus économiques à l’échelle planétaire. Une politique progressiste de la souveraineté doit trouver le nécessaire équilibre entre le niveau national et celui supranational. C’est la raison pour laquelle les demandes de démocratiser l’Europe, telles que celles avancées par le mouvement DIEM25 guidé par l’ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis, sont importantes.

 

Des frontières perméables

 

Une vision progressiste de la souveraineté doit admettre que l’État-nation n’est pas le seul espace d’exercice de la souveraineté, et que dans le monde contemporain la souveraineté fonctionne à différentes échelles, toutes également légitimes et utilisables comme des moyens pour poursuivre un programme politique progressiste. Du reste, nous vivons dans une époque dans laquelle le lieu de la souveraineté est incertain et dans laquelle le concept même de souveraineté fait l’objet luttes de définition. En ces temps, nous sommes appelés à repenser et à réinventer la souveraineté pour l’adapter aux contours changeants des territoires, des droits et des institutions. Nous devons construire des nouvelles territorialités, conçues non pas comme des espaces à fermeture étanche, mais plutôt comme un espace délimité par des frontières perméables, qui peuvent être ouvertes aux migrants et aux réfugiés et simultanément fermées sur les flux de capitaux spéculatifs et sur les formes dangereuses de commerce global.

« La gauche a un besoin urgent de construire une vision progressiste de la souveraineté »

Le futur nous dira quelle vision de souveraineté s’imposera dans le panorama post-néolibéral et si ce sont les populistes de droite ou de gauche qui gagneront cette bataille pour l’hégémonie dans cette nouvelle phase. À l’heure actuelle, c’est la droite populiste qui semble prendre de l’avance. Cela est dû d’un coté au fait que la majorité des personnes continue d’associer la politique de la souveraineté avec l’État-nation et le nationalisme, et d’un autre côté aux hésitations des forces de gauche et des mouvements sociaux dans la revendication du principe de souveraineté.

Ce qui est clair est que la gauche ne peut pas se permettre de laisser le discours souverainiste à la droite. La demande de récupération de la souveraineté découle d’une expérience réelle de souffrance et d’humiliation déclenchée par la démolition néolibérale des formes de protection qui étaient offertes par l’État-nation. Pour répondre à la colère et au désordre provoqué par la crise économique, politique et morale du néolibéralisme, la gauche a un besoin urgent de construire une vision progressiste de la souveraineté, dans laquelle le contrôle du territoire n’implique pas l’exclusion des étrangers et des minorités ethniques et religieuses, mais l’inclusion des différentes communautés au niveau local, national et transnational dans tous les processus de décision qui les concernent.

Crédit photo : http://www.senso-comune.it/paolo-gerbaudo/post-neoliberismo-la-politica-della-sovranita/

 

http://lvsl.fr/post-neoliberalisme-politique-de-souverainete

 

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