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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #l'otan. tag

Comment Hitler et le Kaiser créèrent l’Union européenne. Par le Saker Francophone.

30 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La nation ., #Ukraine

Comment Hitler et le Kaiser créèrent l’Union européenne

Note du Saker Francophone

Le texte de Nicolas Bonnal que nous vous présentons est paru sur le site dedefensa.org le 2 mars 2017, nous avons traduit les fragments en anglais

Nicolas BonnalPar Nicolas Bonnal – Le 2 mars 2017 – Source dedefensa

La domination allemande est absolue en Europe : 252 milliards d’euros d’excédent commercial. L’Allemagne contrôle et domine le continent ruiné par son euro (mais pourquoi faire la guerre ? demandait déjà Le Bon), culbute les élections qui ne lui plaisent pas (Portugal, Grèce), les supprime (Italie) ou ordonne pour qui voter (Macron ici).

 

Comme l’a vu Emmanuel Todd, l’Allemagne dirige aussi l’offensive à l’Est contre la Russie, certainement plus que les États-Unis de Trump. Tout cela ne se fait pas dans l’intérêt du peuple allemand, mais le peuple allemand a été programmé depuis Kleist (voyez la fable des marionnettes à laquelle je consacrerais un livre) sur le devenir-animal ou mécanique de l’homme, pour ne pas rigoler. Comme dit mon ami le chanteur-humoriste Pierre Méchanick la différence entre l’humour juif et l’humour allemand, c’est l’humour. Les Allemands font des guerres ou des affaires, pas de l’humour. Et la venue sur leur sol de millions de migrants répond en substance au programme Zimmermann (celui du télégramme !) : le réveil des mahométans aux quatre coins de la planète à l’époque, pour en chasser les infidèles français ou britanniques (nous y sommes sauf qu’on va cette fois être aussi chassés de notre sol). On veut aussi au passage faire baisser les salaires, Car le dumping reste la plus efficace arme secrète allemande. Voyez Gustave Le Bon qui en parle déjà il y a cent-trente ans. Le but final du racisme – anglo-saxon ou germanique –,  comme l’a montré Philippe Grasset dans son dernier livre, c’est de remplacer l’homme – fût-il aryen – par la machine.

Pour ceux qui comme moi pensent que depuis 1815 ou les temps baroques l’histoire moderne est un présent permanent uchronique et dystopique, je recommanderai la lecture de Fritz Fischer sur les buts de guerre allemands en 1914. On l’écoute dans un anglais très simple !

« Les buts de la guerre comprenaient la création d’une grande Mitteleuropa sous le contrôle militaire et économique complet de l’Empire allemand et rendu inattaquable par les annexions dans l’ouest et l’est, ainsi que l’établissement d’un anneau d’États satellites. Dans l’ouest, la Belgique devait être une dépendance allemande et la Lorraine française, riche en fer, annexée. »

À l’est le programme du kaiser est le même que celui des nazis ou du Lebensraum germano-américain de Merkel sous les traits de l’OTAN aujourd’hui (comme dit Angela, on n’est pas un club de vacances !) :

« À l’est, la Lituanie et la Courlande devaient être soumises à la domination allemande, une grande partie de la Pologne centrale devait être annexée, et le reste de la Pologne, avec la Galice autrichienne, devaient former un État polonais qui, malgré quelques liens politiques avec l’Autriche-Hongrie, serait dominé sur le plan économique et militaire par l’Allemagne. La Roumanie aussi devait être maintenue dans la servitude économique. »

Tout le monde s’y fait. Kaiser d’abord !

L’Europe nordique devra suivre (elle se fera même une joie de suivre) :

« On a supposé que les Pays-Bas et les pays scandinaves se sentiraient obligés de se joindre au puissant bloc commercial qui résulterait de la guerre. En outre, le gouvernement allemand avait l’intention d’acquérir la plus grande partie de l’Afrique centrale d’un océan à l’autre. »

La Mitteleuropa sera donc une des maîtresses du monde :

« Faire de la Mitteleuropa une force qui placerait l’Allemagne à égalité avec les puissances mondiales établies et potentielles : l’Empire britannique, la Russie et les États-Unis. »

En septembre 1914, Bethmann-Hollweg dévoile son programme pour la future Europe unifiée façon Bruxelles. Et cela donne :

« En outre : un traité commercial qui rend la France économiquement dépendante de l’Allemagne, assure le marché français pour nos exportations et permet d’exclure le commerce britannique de la France. Ce traité doit nous garantir la liberté de circulation financière et industrielle en France… »

Ensuite, comme l’appétit vient en dévorant (la gula, dit mon génie absolu Balthazar Gracian, c’est le défaut des Allemands, ils ont un appétit dévorant).

« Nous devons créer une association économique européenne centrale au moyen de traités communs, y compris avec le Danemark, l’Autriche-Hongrie, la Pologne [sic] et peut-être l’Italie, la Suède et la Norvège. Cette association n’aura pas d’autorité suprême constitutionnelle commune et tous ses membres seront formellement égaux, mais dans la pratique seront sous la direction de l’Allemagne qui devra stabiliser la domination économique de l’Allemagne sur la Mitteleuropa. »

Le but allemand est de chasser Russie et Grande-Bretagne du continent européen sous dominance allemande. Brexit ? Ruxit ?

« Après avoir éliminé la France comme grande puissance, exclu l’influence britannique du continent et repoussé la Russie, l’Allemagne avait l’intention d’établir sa propre hégémonie sur l’Europe. »

Le chancelier allemand, issu d’une famille proche des Rothschild d’ailleurs (tout ceci pour dire qu’il avait été bien germanisé et que le complot juif me fatigue),  ajoutait :

« La formation d’une grande unité économique européenne centrale sous la direction de l’Allemagne ‘ne pouvait se faire sur la base d’un accord à partir d’intérêts communs. . . Mais seulement sous la pression de la supériorité politique, si nous étions en mesure de dicter les conditions de paix’. »

Quant à la Russie elle était bonne pour retourner chez les Tartares (un peu comme aujourd’hui) :

« En ce qui concerne l’est, Class a écrit ‘le visage de la Russie doit être retourné de force vers l’est et ses frontières doivent être réduites, approximativement, à celles de Pierre le Grand’. »

Fritz Fischer évoque ensuite Erzberger, le bon catholique Erzberger qui signera plus tard la fausse paix à Versailles :

« Pour atteindre ces objectifs, Erzberger (en accord total avec Bethmann Hollweg) a exigé le commandement suprême allemand sur la Belgique et les côtes de la Manche, de Calais à Boulogne ; l’annexion de tout les gisements de minerai de fer de Longwy-Briey ; la libération des peuples non russes du joug moscovite sous le contrôle suprême allemand ; et l’établissement d’un royaume de Pologne sous souveraineté allemande. L’Autriche-Hongrie devait s’étendre en Ukraine, en Roumanie et en Bessarabie. »

Les rêveries africaines (penser à Jünger) sont alors plus fortes que sous le nazisme (qui aura fait une guerre au rabais en fait, par anglophilie et par médiocrité du caporal bohémien. Je le dis d’autant plus que c’est Curd Jurgens qui l’affirme dans l’excellent film de Dick Powell Torpilles sous l’Atlantique (The Enemy below). Curd Jurgens en sous-marinier allemand luttant contre le distrait Mitchum explique que cette guerre est moins pure que la précédente, dont le peuple teutonique était sorti plus fort !

« Lui aussi a rêvé de la création d’une grande Afrique centrale allemande de Dar-es-Salaam à la Sénégambie, pour y incorporer les Congos belge et français, le Nigeria (britannique), le Dahomey et la côte Ouest africaine. »

On a dit que sous la chancelière en fer blanc les industriels allemands ont poussé à l’immigration des migrants. C’est vrai et ils sont traditionnellement plus durs et plus cruels que leurs domestiques politiques (observation d’Engels après la guerre de 1870). Voici ce que le baron Thyssen propose, une génération avant que son fils ne finance le nazisme :

« Plus extrême encore, il y eut un mémorandum d’August Thyssen, que Erzberger transmit au gouvernement le 9 septembre 1914. Ce document demandait l’incorporation de la Belgique et des départements français du Nord et du Pas-de-Calais avec Dunkerque, Calais et Boulogne, le département de Meurthe-et-Moselle avec la ceinture française des forteresses et la Meuse et les départements des Vosges et de Haute-Saône avec Belfort. À l’est, Thyssen voulait les provinces baltes et peut-être le bassin du Don avec Odessa, la Crimée, la région de Lvov et le Caucase. Il a justifié ses revendications par la nécessité de sécuriser les futures réserves de matières premières de l’Allemagne. »

La Crimée objectif allemand ? Mais selon le pangermanisme créé sans le vouloir par la tzarine Catherine, tous les objectifs où l’on parle allemand sont des objectifs allemands, et Thyssen rêve ensuite de tout conquérir dans l’île-monde :

« Les rêves très vastes de Thyssen ont abouti à l’idée d’acquérir une voie de passage terrestre à travers le sud de la Russie, l’Asie Mineure et la Perse, de là le coup décisif contre l’Empire britannique – le véritable ennemi de cette guerre – en Inde et en Égypte. »

Ensuite on rêve de l’Afrique. Ce sont les Jeux africains du jeune Jünger (et si c’était le plus dangereux celui-là, sous sa bonhomie cultivée ?)

« Ce n’est qu’ainsi que Thyssen voit l’assurance, pour l’Allemagne, de s’élever au niveau d’une grande puissance, cela d’autant plus si l’augmentation de sa force économique, par rapport à son dernier concurrent, la Grande-Bretagne, provient de nouveaux marchés dans un empire colonial allemand en Afrique centrale, avec les Congos français et belge et le Maroc. »

Tout cela nous ramène à la prophétie de Balzac que j’explicite dans mon livre Littérature et conspiration.

À la fin de la nouvelle, un jeune nordique nommé Wilfrid fait une déclaration amoureuse et militaire à son aimée ; la guerre, le destin, l’Europe, l’orage (Blitzkrieg), tout annonce le führer allemand, je redonne tout le paragraphe :

« Sachez mon secret. J’ai parcouru tout le Nord, ce grand atelier où se forgent les races nouvelles qui se répandent sur la terre comme des nappes humaines chargées de rafraîchir les civilisations vieillies. Je voulais commencer mon œuvre sur un de ces points, y conquérir l’empire que donnent la force et l’intelligence sur une peuplade, la former aux combats, entamer la guerre, la répandre comme un incendie, dévorer l’Europe en criant liberté à ceux-ci, pillage à ceux-là, gloire à l’un, plaisir à l’autre ; mais en demeurant, moi, comme la figure du Destin, implacable et cruel, en marchant comme l’orage qui s’assimile dans l’atmosphère toutes les particules dont se compose la foudre, en me repaissant d’hommes comme un fléau vorace. »

Tout cela ne sonne pas vraiment comme le message des Lumières. De toute manière Hitler est allé se recueillir sur le tombeau de Napoléon au cours de sa brève escapade parisienne. Wilfrid souligne ensuite son rôle messianique et sanglant. Son Europe messianique a une attente romantique :

« Ainsi j’aurais conquis l’Europe, elle se trouve à une époque où elle attend ce Messie nouveau qui doit ravager le monde pour en refaire les sociétés. L’Europe ne croira plus qu’à celui qui la broiera sous ses pieds. »

Enfin, Wilfrid souligne le rôle eschatologique de son combat contre l’Angleterre et la nécessité de conquérir l’Inde, de recourir au Heartland de McKinder (pas encore nommé ainsi !) et au Caucase comme lieu suprême de ressourcement du monde… C’est l’Elbourz qu’escaladeront les alpinistes nazis, et c’est dans le prométhéen Caucase d’ailleurs que le Troisième Reich ira se perdre. Citons Eschyle et son Prométhée : « Nous voici sur le sol d’une contrée lointaine, sur les confins de la Scythie, au fond d’un désert inaccessible… ».

« Mais, chère Séraphîta, mes observations m’ont dégoûté du Nord, la force y est trop aveugle et j’ai soif des Indes ! Mon duel avec un gouvernement égoïste, lâche et mercantile, me séduit davantage. Puis il est plus facile d’émouvoir l’imagination des peuples assis au pied du Caucase que de convaincre l’esprit des pays glacés où nous sommes. Donc, je suis tenté de traverser les steppes russes, d’arriver au bord de l’Asie, de la couvrir jusqu’au Gange de ma triomphante inondation humaine, et là je renverserai la puissance anglaise. »

On pourrait dire que le jeune personnage joue avec l’aura de Napoléon. Mais je ne le crois pas. On est sur les hauteurs de Haushofer ici. Il termine dans le style enlevé qui marque cette époque de sublime littéraire :

« Sept hommes ont déjà réalisé ce plan à diverses époques. Je renouvellerai l’Art comme l’ont fait les Sarrasins lancés par Mahomet sur l’Europe ! Je ne serai pas un roi mesquin comme ceux qui gouvernent aujourd’hui les anciennes provinces de l’empire romain, en se disputant avec leurs sujets, à propos d’un droit de douane. Non, rien n’arrêtera ni la foudre de mes regards, ni la tempête de mes paroles ! Mes pieds couvriront un tiers du globe, comme ceux de Gengis-Khan ; ma main saisira  l’Asie, comme l’a déjà prise celle d’Aurangzeb. »

Guerre de quatorze, guerre de quarante, Europe de Bruxelles. Les buts de guerre sont les mêmes. Et le butin.

Fritz Fischer confirme aussi deux choses : Lord Grey a beaucoup fait pour éviter la guerre. Wilson a tout fait (cela donne tort aux historiens libertariens, mais pourquoi pas pour une fois ?) pour se concilier la rage allemande qui ne connaît plus de limites (l’Allemagne est plus teigneuse et mondialiste alors qu’en 1942) sur les mers et ailleurs (Zimmermann et la guerre sainte islamiste  pour en finir avec l’Occident !!!). Et en 1916 l’Angleterre qui n’a pas encore fait entrer les USA dans la danse (malgré le Lusitania qui fut et reste un leurre) propose une paix à l’Allemagne. Belgique et France libérées, et main libre (free hand) à l’est contre la Russie. Pauvre Russie ! Wilson acclame la révolution russe qui est plus allemande que russe ou juive (là aussi les antisémites commencent à nous barber, lisez Denikine enfin).

Tout cela me confirme dans ce que j’ai toujours pensé. Aussi faible qu’en 40 la France n’aurait pas attaqué l’Allemagne. Celle-ci n’avait pas besoin de l’attaquer et pouvait dès juin 14 finalement attaquer et découper en rondelles la seule Russie, ce que tout le monde aurait accepté avec enthousiasme (les libéraux, les socialistes, les nationalistes de tous les pays). Vingt divisions à l’ouest pour dissuader la France aurait suffi. Mais comme les automates ou les animaux dont ils s’inspirent (Kleist, toujours, qui évoque les ours), les Allemands ne savent pas s’arrêter.

Fritz Fischer écrit sur cette proposition de paix anglo-saxonne au détriment de la Russie :

« Le colonel House arriva juste d’Angleterre et rapporta que la Grande-Bretagne n’était pas d’humeur avec l’Amérique. Grey et Lloyd George n’étaient pas du tout aussi peu disposés à la paix qu’il s’y attendait. Les conditions de paix britanniques, selon House, étaient l’évacuation par l’Allemagne de la Belgique, du nord de la France et de la Pologne, mais sans indemnité de guerre. Il a dit que Lloyd George avait expressément garanti à l’Allemagne toutes ses possessions coloniales et un blanc-seing contre la Russie..

Tout cela confirme la vision de Veblen-Preparata plusieurs fois recensée par moi : la destruction mutuelle germano-russe est un rêve anglo-saxon. Mais c’est aussi un rêve allemand, malheureusement !

Nicolas Bonnal

Bibliographie :

Balzac – Seraphita

Bonnal – Chroniques sur la Fin de l’Histoire ; Histoire et conspiration (sur Kindle)

Fritz Fischer – Les buts de guerre allemands,  Germany’s aims

In the, first world war by  fritz fischer With Introductions by Hajo Holborn, Norton Company, Inc New York (sur archive.org)

Philippe Grasset – La Grâce de l’histoire, le Deuxième cercle, Éditions mols, pp. 355-366

Kleist – Scènes de la vie des marionnettes (sur ebooksgratuits.com)

Fragments en anglais traduits par jj, relus par M pour le Saker Francophone

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Avec les mineurs du Donetsk sur le front du Donbass - 1ère partie. "Montez de la mine descendez des collines camarades !" Par Erwan Castel.

30 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La République, #La nation ., #Ukraine, #Terrorisme, #le nazisme

jeudi 30 mars 2017

 

Force et honneur (1)

 
"Montez de la mine descendez des collines camarades !"
 
Avec les mineurs du Donetsk sur le front du Donbass - 1ère partie
 
 
Lorsque l'armée ukrainienne arrive aux portes du Donbass, la population qui s'organise d'abord sur les barrages improvisées autour des localités va rapidement donner naissance à des groupes d'autodéfense qui vont évoluer vers des milices locales, embryons de la future armée républicaine.
 
L'ossature de cette milice a été formée par des volontaires étrangers, des déserteurs de l'armée ukrainienne, mais surtout des "gueules noires", ces ouvriers mineurs incarnant le Donbass et qui vont quitter leurs usines et galeries profondes pour s'opposer aux unités d'assaut de Kiev...
 
Cette "Shakhtyor Skaïa" de Donetsk n'est pas une nouveauté, elle perpétue en effet la tradition des "divisions de mineurs" du Donbass pendant la deuxième guerre mondiale, notamment la 383ème Division d’infanterie, cette unité du Donbass composée de bénévoles mineurs qui participa à la défense de la ville de Donetsk, aux combats en Crimée jusqu'à la bataille de Berlin, et qui s'est forgée une réputation exceptionnelle.
 
Aujourd'hui si le temps de l' "Opolcheny" (milice populaire) est terminé, il flotte toujours dans les rangs de l'armée de Donetsk déployée à l'ombre des terrikons (terrils) cet esprit populaire invincible qui entraîne les peuples aux moments critiques de leur Histoire à prendre en main les armes et leur destinée.
 
Ces derniers jours, avec une équipe de Novorossiya Today, je suis allé à la rencontre de la "Division des mineurs", une unité composée principalement de mineurs commandé par Constantin Kouzmin qui est également le vice-ministre des mines de la République Populaire de Donetsk. 
Formée en 2014, cette unité est toujours là, en première ligne, déployée dans le secteur de Luganskoe, sur le front Sud de la ville de Donetsk, à 500 mètres des avant-postes ukrainiens.
 
Partie 1 : Des "gueules noires" devenues "diables noirs"

Dans ce premier reportage nous évoquons l'important rôle joué par ces ouvriers dont la corporation incarne le coeur du Donbass dont elle a façonné par sa sueur et son sang autant le paysage que forgé  son esprit libre et rebelle...
 
Par son histoire, et surtout ses engagements politique et militaire, la corporation des mineurs du Donbass est devenue au fil du XXème siècle une élite de la société de l'URSS, et a conserver jalousement les valeurs d'entraide et de partage forgées dans les labyrinthes de tous les dangers à plus d'1 kilomètre de profondeur, au coeur de cette terre du Donbass. dont une ville minière porte même le nom de Stakhanov, ce "héros soviétique" qui symbolise cette élite ouvrière soviétique. 

Lorsque l'Allemagne nazie attaque l'URSS, le Donbass devient rapidement un enjeu stratégique important tant par ses richesses agricole (Hitler fera venir par trains entiers de la terre Noire du Donbass vers les champs allemands) et industrielle que par le couloir d'entrée vers le Caucase pétrolier qu'il représente. Cette terre est semée de champs de bataille dont les  noms vont resurgir du passé 70 années plus tard pour récrire une nouvelle page de son Histoire héroïque. 

 
"Les vengeurs du Donbass" 1945 pendant la bataille de Berlin
Lors de la "Grande guerre patriotique" de 1941 à 1945, les mineurs du Donbass vont s'illustrer dans les combats par leur courage extrême, leur refus de céder le terrain même lorsqu'ils sont à cours de munitions, continuant à se battre avec leurs baïonnettes et pelles de tranchée comme à Sébastopol en 1941. Leur combativité est telle que consigne est donnée aux forces allemandes de ne jamais faire de prisonnier chez les soldats des "Shakhtyor Skaïa" un ordre qui renforce encore plus encore s'il était encore possible leur ténacité et volonté de se battre jusqu'à la mort !
 
Le souvenir de ces faits d'armes, transmis de génération en génération a donné aux mineurs du Donbass cette conscience historico-politique doublée d'un courage et d'une endurance exceptionnelle forgés par des conditions de travail extrêmes, car au fond des mines de charbon ou de sel ces hommes ont appris à dominer et dépasser leur peur et leur fatigue. Lorsque  nous demandons aux soldats de la Division des mineurs à quel moment ils se sont engagés dans la défense du Donbass, tous nous répondent "pendant le Maïdan" lorsque les manifestations se transforment en coup d'état violent dirigé par des extrémistes aux discours ouvertement russophobes.
 
En ce début 2014, les mineurs sont aux premiers rangs des réunions, des manifestations anti-maïdan qui animent les débats dans les salles et les rues de Donetsk, et rapidement, la contestation devient colère après les massacres de la maison des syndicats d'Odessa (2 mai, près de 200 victimes parmi les manifestants fédéralistes), ou celui de Mariupol (9 mai, plus de 100 morts) pris d'assaut par les blindés le bataillon spécial néo-nazi Azov qui sonnent le temps de la Rébellion. 
 
 
Plus tard, en mai 2014à Slaviansk, quand la population reçoit le premier choc des colonnes blindées de l' ATO ("Opération Spéciale Anti terroriste") lancée par la junte de Kiev, de nombreux mineurs rejoignent la poignée des volontaires d'Igor Strelkov qui mène la résistance. Le 26 mai, la guerre arrive aux portes de Donetsk avec les premiers combats pour le contrôle de l'aéroport, et plus d'un millier de mineurs organisent une manifestation dans les rues de Donetsk. Le 18 juin, lorsque la violence des attaques ukrainiennes fait définitivement basculer la crise ukrainienne dans le gouffre sanglant d'une guerre civile, les mineurs de Donetsk, dont certains ont déjà formé des groupes d'autodéfense sur les barrages improvisés vont lancer un "appel aux mineurs et aux ouvriers de toute l’Europe" (Voir annexe 1).
 
Manifestations des mineurs de Donetsk le 18 juin 2014
 
Au lendemain de cette journée du 18 juin 2014, 200 mineurs se réunissent et ressuscitent l'unité "Shakhtyor Skaïa" sous le commandement de Pavel Shakun, et dont le père avait combattu dans les rangs de son aînée de la seconde guerre mondiale.
 
Pavel Shakun, le 1er commandant de la "Division des mineurs"
Les premiers volontaires ont entre 40 et 60 ans en moyenne, ce sont des mineurs qui ont fait leur service militaire dans les rangs de l'armée rouge, du temps de l'URSS. Beaucoup sont des vétérans d'Afghanistan ou de Tchétchénie, et ils vont entre les combats encadrer les plus jeunes qui commencent à accourir vers les casernes de la milice. 
 
"Baikal" qui commande aujourd'hui la position de l'unité près de Luganskoe sur laquelle nous nous sommes rendus était de ces premiers volontaires, il se souvient des premiers accrochages sur les barrages quand les volontaires étaient seulement armés de fusils de chasse, de barres de fer, de cocktails molotov, au milieu desquels se comptaient sur les doigts de la mains quelques armes de guerre dont certaines portaient gravées dans l'acier usé de leur canons les années héroïques "1941" "1943" etc... (aujourd'hui encore certaines armes de la seconde guerre mondiale continuent à équiper les unités de la DNR comme le fusil antichar PTRD par exemple). 
Rapidement des déserteurs ukrainiens vont rejoindre les rangs des milices, anciens soldats, douaniers et "berkout"  (police anti émeute), mais aussi des jeunes qui eux aussi quittent les usines ou l'université pour rejoindre leurs aînés miliciens qui sont parfois leur propre père, oncle, ou frère 
 
Mineurs du Donbass au combat : au centre un père et son fils et à gauche Baikal, qui chef commandant cette unité de la "Division des mineurs" et pour qui "il n'y a pas de combat plus important qu'un autre : tous les combats sont importants !"
Pendant l'été 2014, c'est l'escalade militaire et les escarmouches et accrochages deviennent alors de véritables batailles modernes et meurtrières. C'est le temps des "chaudrons", au cours desquels la "Division des mineurs" va être engagées 70 ans après sur les traces de son aînée. La "Shakhtyor Skaïa" est de tous les combats qui s’enchaînent semaine après semaine: "Shakhtyorsk", "Iliovaisk" "Aéroport" "Debalsevo"... Pendant toute cette période de 2014 à 2015, tous sont volontaires, bénévoles et ne survivent que grâce aux dons et aux aides de la population de Donetsk et des autres villes minières de la République de Donetsk. Aujourd'hui, l'unité a intégré le "Corpus abarone" l'armée professionnelle que la République a organisée pour homogénéiser des forces de défense, les former les structurer et leur donner équipements et statut socio-professionnel modernes.
 
 
Les mineurs du Donbass, que ce soit dans cette unité d'élite, mais aussi dans d'autres comme la brigade Kalmius par exemple dont ils forment également l'ossature, sont toujours en première ligne depuis maintenant 3 ans !
 
Sur cette position à 500 mètres des avant-postes ukrainiens, malgré des bombardements et des échanges de tirs quotidiens, la bonne humeur autant que la discipline nous accueillent dans des "blindages" impeccablement entretenus. Les hommes sont déterminés et soudés et l'esprit qui les animent semble n'être que le prolongement de celui trouvé au fond des puits de mines et où ils ont écrits sous la menace des "coups de grisou" les premières page d'une fraternité invincible. 
 
Pères et fils, ouvriers mineurs, tous deux enfants du Donbass en première ligne sur le front de Donetsk
Pour ces hommes guettant à l'horizon la menace d'un ennemi qui veut détruire leur identité, leur passé et leur avenir, la guerre est un malheur; un drame mais auquel ils participent par devoir car si la paix est ce rêve qui sommeille dans les coeurs de chacun, la Liberté est là derrière leurs tranchées, dans le secret de leurs foyers, là où une mère, une femme, des enfants les attendent en priant. Pour ces hommes, se battre est un devoir familial autant qu'un engagement politique car il veulent défendre une terre contre l'envahisseur mais aussi "construire une société avec l’esprit de solidarité que l’on trouve à la mine"
 
Ces mineurs de Donetsk que je vous invite à retrouver dans de prochains articles incarnent la rébellion contre le coup d'état du Maïdan, cette terre noire du Donbass qu'ils ont façonné depuis le XIXème siècle avec leur sueur et leur sang, autant que le rêve des peuples européens de vouloir et pouvoir vivre dans leur sanctuaire selon leurs coutumes et cultures. 
Dans cette jeune République de Donetsk dont le drapeau porte fièrement leurs outils, les mineurs représentent bien plus qu'un simple secteur économique régional: ils sont le coeur de ce peuple européen du Donbass, fidèle au passé tout en imaginant un avenir avec audace et humilité et qui sait nous montrer le chemin à suivre pour s'affranchir de l'esclavage de la ploutocratie mondialiste et de sa pensée unique déshumanisante.

 
Erwan Castel, volontaire en Novorossiya


Après cette première présentation de l'unité  "Shakhtyor Skaïa" nous retournerons pour rencontrer quelque uns de ces hommes ayant troqué la pioche contre le fusil d'assaut pour continuer à faire vivre le Donbass !

 
 
Annexe 1 :
 
L'appel des mineurs du Donbass aux mineurs 
et aux ouvriers de toute l’Europe
 
"Frères mineurs!
 
Nous voulons vous expliquer la situation réelle dans le Donbass. Les médias européens faussent ou font le silence sur la véritable image des événements.Nous savons que vous ne pouvez pas obtenir facilement une image fidèle de ce qui se passe ici, c’est pourquoi nous déclarons :
 
Nous, les mineurs, nous sommes obligés de nous battre avec nos armes pour défendre notre vie, pour survivre!
 
Notre objectif dans ce défi auquel nous faisons face est celui-ci: arriver à arrêter l’effusion de sang! La fin de la guerre aura lieu avec le jugement des criminels de guerre qui l’ont provoquée. Nous ne pouvons pas abandonner ce combat, parce que cela signifierait notre anéantissement moral et physique! Dès le début, « l’Euromaïdan » s’est trouvé sous le contrôle de la grande bourgeoisie: les oligarques ukrainiens et leurs commanditaires étrangers. En Février de cette année, s’est produit un coup d’état en Ukraine avec la participation active de groupes néo-nazis. C’est en réaction à cela que s’est formé le mouvement dans le Sud-Est du pays, qui a mis en avant au début des revendications modérées de fédéralisation et de reconnaissance du russe comme deuxième langue d’État, demande auxquelles le pouvoir a répondu par la terreur.
 
 
La situation dans le Donbass prend l’allure d’une véritable guerre dans laquelle des civils sont tués: des personnes âgées, des femmes, des enfants. On vous ment de façon effronté en prétendant qu’il s’agit d’une guerre entre l’Ukraine et la Russie. Ce n’est pas vrai! La guerre se déroule entre le peuple et une poignée d’oligarques soutenus par l’UE et les Etats-Unis. Le malheur de l’Ukraine réside dans le fait que l’exercice de l’autorité est tombé aux mains de pourritures qui ont réussi à infecter par leurs idées fascistes une partie de la société. Nous, le peuple du Donbass, nous luttons contre toutes les manifestations de nazisme et de fascisme. Nous nous battons avec un fusil à la main pour notre vie et celle de nos proches. Nous n’avons pas à nous retirer-c’est notre terre! Nous nous tournons vers vous, travailleurs des pays européens, en vous demandant votre aide solidaire:aidez nous à briser le bastion du fascisme en Ukraine. Ce sera notre victoire commune !"
 
Mikhaïl Krylov, Président du Syndicat indépendant des mineurs de Donetsk, 
 
18 juin 2014
 
 
Sources de l'article : 

Les mineurs dans les armées des Républiques populaires de Donetsk et Lugansk
- Appel des mineurs du Donbass
- Les mineurs du Donbass vont au charbon contre Kiev

 


 
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Que se passerait-il si Washington renonçait au jihad ? par Thierry Meyssan

23 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Terrorisme, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #Daesch

Que se passerait-il si Washington renonçait au jihad ?

La volonté du président Trump de combattre Daesh et d’en finir avec le terrorisme international est extrêmement difficile à mettre en œuvre. En effet, elle porte préjudice aux États qui l’ont organisé et implique une réorientation de la politique internationale. Le nouveau président états-unien ne semble pas en mesure de donner ordre à ses troupes de passer à l’attaque tant qu’il n’a pas trouvé et scellé de nouvelles alliances.

Le 21 mars 2017
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L’opposition que rencontre le président Donald Trump est si forte que le plan de lutte contre Daesh, qui devait être présenté le 22 mars lors d’un sommet de la Coalition à Washington, n’est toujours pas prêt. Sa ligne politique est toujours aussi floue. Seul l’objectif d’éradication du jihadisme a été acté, mais aucune de ses implications n’a été résolue.

Le général Joseph Votel, le patron du CentCom, n’a toujours pas présenté les options sur le terrain. Il devrait le faire uniquement début avril.

Sur le terrain, on se contente donc d’échange d’information entre États-uniens d’un côté, Russes et Iraniens de l’autre. Pour maintenir les choses en l’état, les trois puissances sont convenues de prévenir un affrontement entre Turcs et kurdes. Et des bombardements intenses sont menés contre Al-Qaïda au Yémen et contre Daesh en Irak. Mais rien de décisif. L’attente est de rigueur.

Pour le compte de Londres et de Washington, l’arme du terrorisme international est gérée par la Ligue islamique mondiale depuis 1962. Elle comprend à la fois la Confrérie des Frères musulmans (composée d’arabes) et l’Ordre des Naqchbandis (surtout composé de turco-mongols et de caucasiens).

Jusqu’à la guerre du Yémen, le budget militaire de la Ligue était plus important que celui de l’armée saoudienne, de sorte que la Ligue est la première armée privée au monde, très loin devant Academi/Blackwater. Même s’il s’agit uniquement d’une armée de Terre, elle est d’autant plus efficace que sa logistique dépend directement du Pentagone et qu’elle dispose de nombreux combattants suicides.

C’est la Ligue —c’est-à-dire les Séoud— qui fournit à Londres et à Washington le personnel qui organisa la seconde « Grande Révolte arabe », en 2011, sur le modèle de celle de 1916, mais sous la dénomination de « Printemps arabe ». Dans les deux cas, il s’agissait de s’appuyer sur les wahhabites pour redéfinir les frontières régionales au profit des Anglo-Saxons.

Il ne s’agit donc pas simplement d’abandonner l’arme du terrorisme, mais aussi :
 de rompre l’alliance entre Londres et Washington pour le contrôle du Moyen-Orient élargi ;
 de priver l’Arabie saoudite et la Turquie de l’arme qu’ils développent pour le compte de Londres et de Washington depuis un demi-siècle ;
 de déterminer le futur du Soudan, de la Tunisie et de la Libye.
En outre, il faut également trouver un accord avec l’Allemagne et la France qui ont abrité des dirigeants de la Confrérie depuis 1978 et ont financé le jihad.

D’ores et déjà, nous voyons que le Royaume-Uni ne l’entend pas de cette oreille. Il s’avère que c’est le GCHQ (service d’interception satellitaire britannique) qui a placé la Trump Tower sous écoutes durant la campagne électorale et la période de transition. Tandis que, selon l’Agence jordanienne Petra, l’Arabie saoudite a secrètement financé un tiers de la campagne électorale d’Hillary Clinton contre Donald Trump.

C’est pourquoi le président Trump semble chercher de nouveaux alliés pour lui permettre d’imposer ce changement.

Il organise actuellement une rencontre avec le président Xi Jinping au cours de laquelle il pourrait planifier l’adhésion de son pays à la Banque d’investissement chinoise. Il placerait alors ses alliés devant le fait accompli : si les États-Unis participent à la construction des routes de la soie, il deviendrait impossible au Royaume-Uni, à l’Arabie saoudite et à la Turquie, à l’Allemagne et à la France de poursuivre le jihad en Irak, en Syrie et en Ukraine.

Source
Al-Watan (Syrie)

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L'Eurovision pris en otage par l'Ukraine. Par Karine Bechet Golovko.

23 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #le nazisme, #Ukraine

jeudi 23 mars 2017

 

L'Eurovision pris en otage par l'Ukraine

 
Ioulia Samoïlova, chanteuse russe
 
 
Le concours de l'Eurovision est plus un indicateur social qu'un évènement musical central. Dans le cadre du conflit ukrainien, il est devenu une plateforme politique pour Kiev. Cette année, allant encore plus loin, l'Ukraine interdit à la chanteuse russe, Ioulia Samoïlova, contre l'avis de l'union européenne de radio-télévision qui organise l'évènement. Pourtant, ceci n'est que la conséquence de la politisation de ce concours que les organisateurs ont accepté l'année dernière.
 

 
Lors du précédent concours de l'Eurovision, l'Ukraine a présenté une chanteuse présentant une chanson politique sur les tatars de Crimée, violant ainsi le principe de fonctionnement de l'Eurovision (voir notre article ici). Sans même parler de la question du vote. Peu importe, l'Ukraine a donc eu le droit d'organiser ce concours.
 
Et elle ne peut accepter la participation d'une chanteuse russe. C'est viscérale. C'est une question de principe. Dès l'annonce de la candidature de I. Samoïlova, son nom et ses coordonnées ont été publiées sur le site ukrainien Mirotvorets, à l'origine de l'assassinat d'opposants. Le conseiller Guerashenko, qui justement est en charge du site des ennemis de l'Ukraine Mirotvorets, a tout d'abord expliqué à quelles conditions elle pourrait participer. La chanteuse ne doit plus participer à des évènements anti-ukrainiens et ne doit pas se prononcer pour le rattachement de la Crimée à la Russie. Or, son crime est simplement d'avoir participé, avec beaucoup d'autres artistes internationaux, à un concert en Crimée. 
 
Les réactions sur les réseaux sociaux sont assez choquantes. Alors que l'Ukraine se veut "tolérante" et ait trouvé un slogan on ne peut plus politiquement correct, Celebrate diversity, les ukrainiens se moquent de son invalidité. Toute la distance entre les prétentions de respect de l'autre tel qu'il est et la bassesse des instincts primaires est ici révélée. Les coups volent très bas, mais il est vrai que les réseaux sociaux ne sont, en général, pas réputés pour leur hauteur de vue. 
 
"Comme en raison du dopage, les invalides ont perdus le droit de participer aux Jeux Paralympiques, la Russie a décidé d'envoyer leur représentant au moins à l'Eurovision"
 
Et sa candidature est vécue comme une provocation, en raison de ses concerts en Crimée:
 
 
"Si Kiev permet à la pro-russe Samoïlova d'entrer en Ukraine, ce sera à 100% interprété comme une reconnaissance de fait que la Crimée est un territoire russe".
 
L'Ukraine n'a pas pris ce risque en raison des dangers que pouvaient présenter la chanteuse pour la sécurité nationale. Elle est donc interdite de territoire pendant trois ans. La porte-parole du ministère russe des affaires étrangères, M. Zakharova, a fait une déclaration intéressante mettant la société tolérante occidentale face à son hypocrisie:
"Je pense que maintenant le moment de vérité est arrivé pour la société européenne: est-ce qu'elle va se laisser promener en laisse par le SBU (services de sécurités ukrainiens) et ainsi motiver les radicaux ukrainiens à d'ultérieurs exploits, ceux-là mêmes qui ont enterrés tous les efforts des accords de Minsk, ou bien va-t-elle quand même démontrer que l'Europe et ses valeurs fondamentales, que les politiciens ukrainiens ont soutenus en paroles, est encore bel et bien vivante."
 
L'Ukraine n'en a pas terminé avec les conséquences de son coup d'Etat. Car nombres de chanteurs sont allés se produire en Crimée. Ce qui pose aussi un problème pour la chanteuse arménienne à l'Eurovsion. Comme le déclarent les services spéciaux ukrainiens:
Il n'est physiquement pas possible de contrôler tout le monde, mais le cas de la chanteuse arménienne sera analysé pour voir si elle s'est produite ou non en Crimée.
La réaction de la presse française est significative. Pas un mot pour défendre cette chanteuse handicapée, alors que, parrait-il, l'Europe est particulièrement préoccupée par les droits des handicapés. A moins que, comme pour ce qu'ils considèrent être des minorités - et non plus des humains à part entière - tout ne dépende du contexte politique et non d'une réelle empathie. Car, finalement, personne ne semble choqué.
 
Au contraire, l'on appréciera l'article de l'Express qui semble même trouver ça normal, puisque c'est une provocation. Dans la logique française, la Crimée semble avoir été, d'un coup d'un seul, occupée par la force et des combats sanglants, la population forcée d'être russe, alors que tout était calme à Kiev et que les criméens pleuraient de désespoir en appelant Bandera au secours. Ce mythe, quelque peu pariodié aussi, est devenu un élément de la propagande occidentale. Et comme toute propagande, elle est caricaturale. Autant que les raccourcis historiques en ce qui concerne les tatars de Crimée, dont la déportation n'a pas été due à une crise caractérielle de Staline, comme vous pouvez le lire ici dans notre article.
 
La discussion qui se pose maintenant pour la Russie est de savoir quoi faire, car elle se trouve dans une situation asymétrique avec l'Ukraine. Le pouvoir ukrainien a une haine profonde et solide pour la Russie et les russes et il est prêt à se battre contre civils, femmes et enfants, utilisant même des méthodes de terroriste si elles peuvent être nécessaires. La Russie, elle, ne se bat pas contre les ukrainiens, elle les recueille. L'on compte plus d'un million d'ukrainiens réfugiés en Russie suite à la guerre civile. A part les poussées hytériques de Jirinovsky qui déclarait hier soir, dans l'émission de V. Soloviev, vouloir renvoyer tous les ukrainiens qui sont en Russie en Ukraine, les politiques russes comprennent très bien l'importance de protéger ces gens, et dans un but humanitaire et sur un plan stratégique. Sinon, c'est tout le peuple ukrainien qui peut se retourner contre la Russie.
 
L'idée se fait jour de n'envoyer simplement personne dans ce cas et de boycotter ce concours étrangement populaire en Russie. Ce sera peut être l'occasion, salutaire, de remettre en cause la popularité de ce show, dont le mauvais goût a peu d'égal.
 
 
 
 
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Europe de la défense : saisie de la dissuasion nucléaire de la France par l’Allemagne et des Etats-Unis. (Manlio Dinucci, Initiative Communiste).

21 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La mondialisation, #AMERIQUE

Europe de la défense : saisie de la

dissuasion nucléaire de la France par

l’Allemagne et des Etats-Unis.

 
 
 

 


 

Par Manlio Dinucci, 

Edition du mardi 14 mars 2017 de il manifesto

https://ilmanifesto.it/il-grande-gioco-nucleare-in-europa/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio


 


Cet article est suivi d’un commentaire du journal mensuel « Initiative Communiste » qui ne laisse pas indifférent votre serviteur. Le titre est très évocateur « Europe de la défense : saisie de la dissuasion nucléaire de la France par l’Allemagne et les Etats-Unis. » Autant dire que je partage cette brève analyse et que je vois d’un très mauvais oeil se mettre en place les sombres desseins de l’Union Européenne. //RO


La torpille lancée à travers le New York Times -l’accusation contre Moscou de violer le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI)- a touché son objectif : celui de rendre encore plus tendus les rapports entre Etats-Unis et Russie, en ralentissant ou empêchant l’ouverture de cette négociation annoncée par Trump dès sa campagne électorale. La torpille porte la signature d’Obama, qui en juillet 2014 (immédiatement après le putsch de Place Maïdan et la crise consécutive avec la Russie) accusait Poutine d’avoir testé un missile nucléaire de croisière, dénommé SSC-X-8, violant le Traité FNI de 1987 qui interdit le déploiement de missiles avec base à terre et portée comprise entre 500 et 5500 km.

D’après ce que déclarent des fonctionnaires anonymes du renseignement étasunien, deux bataillons russes en sont déjà armés, chacun doté de 4 lanceurs mobiles et 24 missiles à tête nucléaire.
Avant de quitter l’an dernier sa charge de Commandant suprême allié en Europe, le général Breedlove prévenait que le déploiement de ce nouveau missile russe « ne peut rester sans réponse ». Il taisait par contre le fait que l’Otan garde déployées en Europe contre la Russie environ 700 têtes nucléaires étasuniennes, françaises et britanniques, presque toutes prêtes au lancement vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et au fur et à mesure qu’elle s’est étendue à l’Est jusqu’à l’intérieur de l’ex URSS, l’OTAN a de plus en plus rapproché ses forces nucléaires de la Russie.

C’est dans la cadre de cette stratégie que s’insère la décision, prise par l’administration Obama, de remplacer les 180 bombes nucléaires B-61 -installées en Italie (50 à Aviano et 20 à Ghedi Torre), Allemagne, Belgique, Hollande et Turquie – par les B61-12 : nouvelles armes nucléaires, chacune à quatre options de puissance sélectionnables selon l’objectif à frapper, capables de pénétrer dans le terrain pour détruire les bunkers des centres de commandement. Un programme de 10 milliards de dollars, par lequel chaque B61-12 coûtera plus que son poids en or.

En même temps les USA ont réalisé en Roumanie la première batterie de missiles terrestre de la « défense anti-missile », qui sera suivie d’une autre en Pologne, composée de missiles Aegis, déjà installés à bord de 4 navires de guerre étasuniens déployés en Méditerranée et Mer Noire. C’est le soi-disant « bouclier » dont la fonction est en réalité offensive : s’ils arrivaient à le réaliser, USA et Otan tiendraient la Russie sous la menace d’un first strikenucléaire, en se fiant à la capacité du « bouclier » de neutraliser les représailles. De plus, le système de lancement vertical Mk 41 de Lockheed Martin, installé sur les navires et dans la base en Roumanie, est en mesure de lancer, selon les techniques spécifiques fournies par le même constructeur, « des missiles pour toutes les missions », y compris celles d’ « attaque contre des objectifs terrestres avec missiles de croisière Tomahawk », armables aussi de têtes nucléaires.

Moscou a averti que ces batteries, étant en mesure de lancer aussi des missiles nucléaires, constituent une violation du Traité FNI.

Que fait l’ dans cette situation ? Alors qu’elle déclame son engagement pour le désarmement nucléaire, elle est en train de concevoir dans ses cercles politiques ce que le New York Times définit comme « une idée auparavant impensable : un programme d’armements nucléaires Ue ». Selon ce plan, l’arsenal nucléaire français serait « reprogrammé pour protéger le reste de l’Europe et placé sous un commun commandement européen», qui le financerait par un fonds commun. Cela adviendrait « si l’Europe ne pouvait plus compter sur la protection américaine ». En d’autres termes : dans le cas où Trump, se mettant d’accord avec Poutine, ne déploierait plus les B61-12 en Europe, c’est l’UE qui penserait à poursuivre la confrontation nucléaire avec la Russie.

Dans une tribune parue récemment, Le Grand jeu nucléaire de l’Europe,  Manlio Dinucci fait le bilan des manœuvre de l’ pour doter l’Allemagne d’une réelle capacité nucléaire et renforcer la capacité offensive des Etats Unis. Dans son rapport au Comité Central du PRCF (12 mars 2017), Georges Gastaud a montré que l’enjeu central de la « défense européenne » intégrée à l’ est de mettre l’arme nucléaire française à la disposition de l’Union Eeuropéenne, c’est-à-dire à la fois de l’impérialisme allemand résurgent et de l’impérialisme américain. A la fois pour

  1.  Désarmer définitivement la France en la privant de la , lui interdire tout retour à l’indépendance politique, donc, à une politique de Frexit progressiste orientée vers la rupture anticapitaliste
  2.  faire de l’Allemagne capitaliste, sous masque européen (comme pour le mark et l’euro) une puissance nucléaire mondiale
  3. Permettre à l’Empire européen sous dominance berlinoise de devenir un Etat capable de faire la à la fois à l’Est et, certaines « dérives continentales » restant relativement stables à travers les âges, à l’Ouest si nécessaire.

Alors que le PCF-PGE, qui a renié les principes communistes et qu’il fait même les yeux doux à Hamon (partisan de l’OTAN et du renforcement de l’UE !), il est urgent pour tous les communistes véritables de dénoncer l’OTAN (cf le texte commun de la Coordination communiste Nord et du PRCF), la « défense » européenne, la remilitarisation galopante de l’impérialisme allemand. Déjà dans les années 50, le PCF de Duclos avait fait échec, parallèlement aux députés gaullistes, la Communauté Européenne de Défense (C.E.D.), le faux nez du réarmement allemand.

 

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Vers un nouveau Yalta. Par Karine Bechet Golovko.

20 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #AMERIQUE, #La Russie, #Ukraine, #le nazisme, #le Libéralisme

Lundi 20 mars 2017

 

Vers un nouveau Yalta

 
Comité d'intégration Russie-Donbass


Le 17 mars 2017 a été fondé, en Crimée, le Comité d'intégration Russie-Donbass à l'occasion du 3e anniversaire du rattachement de la Crimée à la Russie. Va-t-on vers un nouveau Yalta?


 
Dans le Palais de Livadia, à Yalta, comme en 1945, s'est tenue l'assemblée constitutive du Forum d'intégration Russie-Donbass, à laquelle ont pris part des députés russes, des membres du Conseil de la Fédération, des représentants des régions, des experts et les dirigeants de DNR et LNR. Si pour l'instant aucune décision politique officielle n'a été prise concernant l'intégration de ces républiques dans la Fédération de Russie, des mécanismes d'intégration sectorielle sont mis en place.
 
 
Le blocus mis en place par l'Ukraine a contraint le Donbass à renforcer ses liens avec la Russie et celle-ci est manifestement prête à assumer ses obligations. Ainsi, le député A. Kozenko a déposé un projet de loi visant, après la reconnaissance des passeports de DNR et LNR, à permettre à leurs titulaires à ne pas avoir besoin d'autorisation de travail en Russie et devant faciliter l'intégration des entreprises dans l'espace russe.
 
V. Konstantinov, premier ministre de Crimée, a insisté sur le fait que l'intégration politique ne devait pas trop tarder, car le retour vers l'Ukraine n'était plus possible. Il est vrai que la Crimée est particulièrement sensible à ces processus, les ayant elle-même vécus il n'y a que trois ans de cela. Et lancer le processus d'intégration du Donbass à l'occasion des cérémonies de commémoration du rattachement de la Crimée est fortement symbolique.
 
Les intervenants ont mis en avant le renforcement prévu de la coopération culturelle, mais aussi dans le domaine médical ou de l'enseignement, des processus d'intégration économique et sociale. A ce jour, la Russie a envoyé 62 convois humanitaires dans le Donbass, mais ce n'est plus suffisant. Pour le membre du Conseil de la Fédération S. Mamedov, si la Russie s'est toujours prononcée pour le respect et l'exécution des accords de Minsk 2, il faut être aveugle pour ne pas voir par la faute de qui ils ne sont pas exécutés et ne le seront pas. Il y a donc une reconnaissance de l'échec de ces accords.
 
Les dirigeants des Républiques de Donetsk et Lugansk ont largement soutenu ce processus qu'ils appellent de leurs voeux, estimant que trois années à verser leur sang pour garder le droit d'appartenir au monde russe légitime leur position.
 
I. Plotnitsky, le dirigeant de LNR, a déclaré que le Donbass était le coeur de la Russie. Il s'est retrouvé en Ukraine à la suite d'une erreur historique qu'il convient de corriger. 
 
Quant à A. Zakharchenko, le dirigeant de DNR, le Donbass a toujours été intégré dans l'économie russe, que ce soit à la période impériale ou soviétique, et il réoriente son activité, à nouveau, vers la Russie. Quant à l'avenir, ils prennent pour exemple la Crimée.
 
A la fin de l'assemblée, les participants ont fondé le Comité d'intégration Russie-Donbass, ayant qualité d'association. Il a officiellement pour but de renforcer le processus d'intégration culturelle, humanitaire, économique et sociale. Officiellement, il ne s'agit pas encore d'intégration politique, mais le processus est lancé.
 
Le choix du lieu pour l'organisation de cet évènement est loin d'être anodin. C'est dans ce Palais qu'en 1945 un nouvel ordre mondial, malgré les résistances des "alliés", fut institué. En lançant le processus d'intégration du Donbass, la Russie se prononce pour un nouvel ordre mondial, multipolaire, dans lequel les Etats sont responsables de leur politique et en assument les conséquences.
 
Il est évident que l'Occident ne va pas prendre la chose à la légère, car il n'est pas prêt de remettre en cause ni ses avantages, ni son impunité. Jusqu'à présent, depuis la chute de l'URSS, les Etats Unis, avec l'OTAN et l'UE, ont pris l'habitude de pouvoir écarter du pouvoir les dirigeants qui dérangent, de faire exploser les pays et les recomposer à leur guise et en fonction de leurs intérêts du moment, de mettre des territoires sous gouvernance internationale et l'Europe de l'Est et la Russie sous "contrôle démocratique". Le tout en se fondant sur sa volonté souveraine et sans avoir à répondre des conséquences de ses politiques, lorsque les Etats sont détruits, la population livrée à elle-même mais les actifs "utilement" répartis entre les sociétés "démocratiques".
 
La Russie a déjà lancé deux alertes. La première avec l'intégration de la Crimée suite au référendum populaire des habitants de la presqu'île, voulant fuire ce chaos fascisant en Ukraine. Ainsi, le message était le suivant: vous pouvez lancer des mouvements révolutionnaires et faire tomber les régimes, mais dans ce cas il y a risque de perte de l'intégrité territoriale, puisque l'Etat a été remis en cause. La seconde alerte a été lancée avec la Syrie. Depuis la chute de l'URSS, la Russie ne se mêlait pas des affaires de l'Occident à l'étranger, même dans son étranger proche. En Yougoslavie, elle a pu réagir diplomatiquement, mais elle était encore trop faible pour pouvoir mettre un frein aux appétits occidentaux. Or, le temps a passé et l'Etat a été rétabli. Elle a ainsi, à la surprise générale, répondu à l'appel du Gouvernement syrien pour l'aider à lutter contre les mouvements islamistes, dont certains, comme Al Quaïda, bénéficient d'un soutien ouvert des pays démocratiques. L'intervention militaire de la Russie en Syrie a permis de renverser le rapport de force, ce que la coalition américaine n'a pu ou voulu faire et de permettre de laisser au peuple syrien la liberté de choisir son avenir politique, la décision prise par la coalition américaine de renverser Assad ayant été reportée sine die. Ici aussi, le message est clair: la communauté internationale n'a pas le droit de retirer aux populations nationales le droit de décider de leurs dirigeants sous couvert d'intervention militaire presqu'humanitaire.
 
Pour autant, à chaque fois que la Russie ne fait montre de force, on la considère comme faible. Lorsqu'elle négocie les accords de Minsk, les "partenaires" la font passer du rôle de garant à celui de partie et justifient ainsi l'adoption de sanctions. Quant au discours, il atteint des sommets de violence - pour l'instant verbale. La guerre de l'information discrédite des médias ayant pourtant très longtemps bénéficié d'une excellente réputation, discrédite un système idéologique, le libéralisme, considéré comme libérant l'homme. Ces crises fondamentales de notre système entraînent une période d'hésitation, de vide. Car les médias ne peuvent être remplacés par d'autres plus sûrs et une sorte de guerre interne a commencé, chacun avaçant sa Vérité, la radicalisation devenant preuve d'objectivité, la partialité remplaçant l'investigation, la description biaisée l'analyse. Crise idéologique aussi suite à la radicalisation du libéralisme discréditant a priori toute contestation, devenant totalitaire en ce qu'il s'est donné pour mission de créer cet homme nouveau sans frontières et sans culture, cet homme mondialisé.  Mais aucune idéologique acceptable ne l'a remplacé et l'on tourne toujours dans une graduation variable autour du paradigme libéralisme/conservatisme. Les Etats étant classés non pas en fonction de leur politique réelle, mais en fonction de l'image que l'on veut donner d'eux, sachant que "libéralisme" est toujours synonyme de "Bien".
 
L'Ukraine est, en ce sens, un bon pays, car elle a choisi la voie "européenne". Elle est contre la Russie, donc elle est démocratique et libérale. Et l'on ne veut pas voir les groupes néonazis, l'on ne veut pas voir la répression de l'opposition, la destruction des mécanismes judiciaires, les dysfonctionnements du Parlement. Elle est du côté du bien. Et l'Occident ne peut réellement voir le blocus. 
 
La Russie a envoyé son troisième signal. Dans ce cas, l'on ne laisse pas les populations souffrir parce que les "valeurs" européennes ne permettent plus de les protéger. Elle lance le processus d'intégration du Donbass.
 
Chaque étape de la radicalisation de la politique menée par ce monde unipolaire arquebouté sur une période révolue a entraîné une réaction asymétrique de la Russie. L'hystérie qui s'empare tant des médias que des politiques occidentaux est surtout le signe de leur faiblesse et de leur démission morale. Ils ne peuvent reconnaître ni leurs actes, ni leur échec et se drapent dans une dignité d'autant plus affichée qu'elle est maltraitée. 
 
Le temps n'est-il pas venu d'en tirer les conséquences? L'ère d'un nouveau Yalta est venue, elle se construira avec ou sans nous.
 
 
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Comment fonctionne la "machine" François Asselineau ? Article d' Europe 1.

20 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN.

Comment fonctionne la "machine" François Asselineau ?

 le 17 mars 2017
 
Comment fonctionne la "machine" François Asselineau ?
François Asselineau, président de l'UPR, s'entoure de militants hyperactifs sur les réseaux sociaux.@ GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

Le fondateur de l'UPR, qui se présente à la présidentielle, peut compter sur un réseau de militants fourni, hyperactifs en ligne. Mais c'est lui qui reste au centre du jeu.

Plus que la gauche et la droite, les "anti-système" et les "purs produits du système", les mondialistes et les protectionnistes, le plus gros clivage en politique est probablement celui qui sépare ceux qui ont les codes de ceux qui ne les possèdent pas (encore). Au 12 avenue de Wagram, vendredi matin, l'équipe de François Asselineau boxait dans la seconde catégorie. Le président de l'Union populaire républicaine (UPR) a beau affirmer que l'obtention des 500 parrainages requis pour être candidat à la présidentielle n'a rien d'une surprise pour quiconque s'intéressait un minimum à sa candidature, lui-même contenait difficilement sa joie étourdie.

Dans une pièce trop petite pour accueillir les nombreux journalistes que le leader du "parti qui monte malgré le silence des médias" ne voyait pas souvent jusqu'à la semaine dernière, François Asselineau a pris le contrepied de l'intégralité de la classe politique bien installée en commençant sa conférence de presse avec trois minutes d'avance. Il a ensuite déroulé son programme, ses idées et sa vision de la France pendant 50 minutes, devant un parterre dans lequel les militants se mêlaient à la presse. Les premiers se distinguant de la seconde par la vigueur de leurs applaudissements et de leurs cris de joie, mais aussi par les sourires flottants de ceux qui ont encore du mal à encaisser le succès.

Au commencement était Asselineau

Il faut dire que l'UPR revient de loin. Fondé il y a dix ans, le parti reposait intégralement, à ses débuts, sur la personnalité de François Asselineau. Et ce dernier n'était jusqu'ici connu que d'un cercle restreint de hauts fonctionnaires et de politiques côtoyés depuis sa sortie de l'ENA, en 1985. Vice-major de la promotion Léonard de Vinci, également diplômé de HEC, celui qui a rejoint l'Inspection générale des finances après l'école d'administration mise avant tout sur son expérience professionnelle pour asseoir sa crédibilité. Conseiller de Gérard Longuet, ministre de l'Industrie et du commerce extérieur en 1993, directeur de cabinet de Françoise de Panafieu, ministre du Tourisme deux ans plus tard, il a ensuite été chargé de mission d'Hervé de Charette, ministre des Affaires étrangères, en 1996. "J'étais considéré comme un bon élément", lâche-t-il. "On portait attention à mes analyses."
 
Jusqu'à ce que, nommé délégué général à l'intelligence économique par Nicolas Sarkozy, en 2004, il soit finalement écarté. "Afficher des positions critiques, même de façon confidentielle, n'a pas été apprécié." Par "positions critiques", il faut entendre une opposition sans appel à la construction européenne. "Une erreur, un anachronisme" pour François Asselineau, qui n'a de cesse de dénoncer cette "prison des peuples ". Autre cheval de bataille : les Etats-Unis, que le fondateur de l'UPR voit tirer les ficelles d'à peu près tous les maux actuels, de l'Union européenne à l'Etat islamique en passant par la réforme territoriale
 
François Asselineau est méticuleux et perfectionniste, mais c'est aussi un brillant analyste.
 
Ces positions valent au leader de l'UPR d'être classé comme conspirationniste par Conspiracy
 
 
Watch, un site web qui repère et décortique les théories du complot. Une critique que François Asselineau a longtemps eu beaucoup de mal à supporter. "J'en ai enduré, des haussements d'épaule. C'est une vraie souffrance, surtout quand vous avez longtemps été considéré comme un très bon élément." Car outre son CV long comme le bras, François Asselineau aime mettre en avant des compétences moins attendues. "Je suis un globe-trotter né", confie-t-il par exemple. "J'ai visité 85 pays." Il cite aussi fièrement un "4/5 en Japonais à l'ENA, en deuxième langue vivante". Il "aime [se] cultiver" et a lu, beaucoup, de Confucius au Coran en passant par les Evangiles et les textes fondamentaux du bouddhisme et de l'hindouisme. "C'est quelqu'un qui a une grosse capacité de travail", se souvient le colonel Régis Chamagne, ancien membre du Bureau national de l'UPR. "Il est méticuleux et perfectionniste, mais c'est aussi un brillant analyste."
Asselineau 2

Puis vinrent les militants

Sur les militants, l'effet est immédiat. "C'est un authentique passionné", raconte Antoine Goblet, militant de l'UPR dans le Nord, qui a rencontré plusieurs fois le premier homme politique qui lui donne réellement envie de voter. "J'étais assez impressionné. Il a une carrure, un parcours et quelque chose qui émane de lui, une stature qui vous fait penser que vous avez un chef de l'État qui se tient devant vous." Comme de nombreux adeptes, ce jeune fonctionnaire territorial a découvert François Asselineau sur Internet. "Un ami m'a dit d'aller voir ses conférences en ligne." 

Ces conférences, nombreuses, François Asselineau leur doit tout. "Je mélange la politique et Power Point pour faire de l'éducation populaire", résume le fondateur de l'UPR. Autrement dit, il expose ses thèses anti-construction européenne, explique comment la CIA finance le Front national ou pourquoi le logo de feu l'UMP est "traîtreusement américain". C'est long, la mise en scène est austère, et cela fait un carton : bien souvent, la barre des 50.000 vues est allègrement dépassée. Régulièrement, cela se compte en plusieurs centaines de milliers. "J'ai découvert ça de prime abord avec méfiance", reconnaît Antoine Goblet. "Et en fait, avec un peu de courage et de curiosité, ces analyses deviennent étonnantes. Au fur et à mesure qu'on découvre, on a le sentiment de récupérer les clefs de compréhension pour repérer le jeu politique français. Cela devient une véritable bouffée d'oxygène."

 

Je mélange la politique et Power Point pour faire de l'éducation populaire.
 

 

Comme lui l'a fait en 2014, près de 18.000 personnes ont adhéré à l'UPR, selon le décompte officiel du parti, qui se targue d'être le plus transparent en la matière. Elles viennent de droite comme de gauche, "majoritairement de gauche" même, précise François Asselineau. Et comme Antoine Goblet, nombreux sont les militants hyperactifs sur Internet. Sur les réseaux sociaux, ils dégainent plus vite que leur ombre lorsqu'un article parlant de leur candidat leur paraît mensonger. Le jeune homme, qui passe plusieurs heures dans les transports chaque jour pour rejoindre son lieu de travail, admet ainsi passer la majorité de ce temps libre sur Internet. "On a l'occasion d'interpeller les journalistes via Twitter, via Facebook. On en discute entre militants quand on tombe sur un article où, effectivement, il y a de la diffamation. On se dit qu'on irait bien contacter l'auteur."

Infatigables, ils tweettent, interpellent et versent parfois dans le harcèlement de journalistes politiques, qui ont tous ou presque reçu au moins une fois des messages très remontés (et très nombreux) d'anonymes excédés par le traitement médiatique réservé à leur champion. Ou, justement, l'absence de traitement médiatique. Mais les militants se défendent de toute stratégie encouragée par les instances dirigeantes du parti. "On s'organise à notre niveau, il n'y a pas de consignes", assure Antoine Goblet. "Je n'ai pas d'armée de l'ombre", confirme François Asselineau. Le colonel Régis Chamagne tempère quelque peu. "S'il se développe surtout de façon virale, le cybermilitantisme de l'UPR est parfois impulsé par le haut."

À l'UPR, tout le monde avance le même argument pour expliquer cette omniprésence sur Internet : c'est bien parce que les médias négligent le parti que ses militants et son président sont obligés d'investir la Toile. "Depuis dix ans, on n'a aucun écho, aucun relais médiatique. Il y a un sentiment d'injustice et beaucoup de militants qui sont agacés", explique Antoine Goblet. Selon lui, ce silence subi a renforcé la motivation des troupes. "Il y a vraiment de la ténacité, de l'envie, de l'enthousiasme à l'idée de faire découvrir les analyses irréfutables de François Asselineau."

 

Depuis dix ans, on n'a aucun écho, aucun relais médiatique. Il y a un sentiment d'injustice et beaucoup de militants qui sont agacés.
 

 

Des amateurs très bien rôdés

Il n'y a pas que sur Internet que les militants sont hyperactifs. Comme leurs collègues d'autres partis, ils tractent sans relâche sur les marchés. Et probablement plus que ceux d'autres partis, ils collent des affiches partout. "Comme on ne passait pas dans les médias, on a eu beaucoup de volontaires", raconte François Asselineau. L'UPR a investi 14.000 euros dans 200.000 affiches "de mauvaise qualité", comme l'admet le président lui-même, pour en recouvrir toutes les surfaces disponibles, notamment à Paris.

Leur nombre et leur engagement expliquent grandement comment François Asselineau a pu obtenir plus de 500 parrainages, lui qui avait plafonné à 17 signatures en 2012. "Je suis allé sur le terrain pour aller voir les maires, leur expliquer la situation", raconte Antoine Goblet, qui convient volontiers que ça n'a pas été facile. "Beaucoup d'élus locaux ne voulaient même pas nous recevoir. Mais quand on arrivait à avoir un rendez-vous, on s'est aperçus que beaucoup voulaient faire émerger des petits candidats pour enrichir le débat, au nom du pluralisme." La motivation des militants joue aussi. "Ce n'est pas pour le candidat que [j'ai donné mon parrainage] mais pour la personne qui est venue me le vendre", confie ainsi Serge Cardonne, maire d'une petite commune dans le Gers, à Franceinfo. "[François Asselineau] sait s'entourer de personnes qui savent convaincre." Jean-Pierre Valette, édile dans la Côte-d'Or, ne dit pas autre chose. "Ils se sont déplacés. C'est plus pour leur énergie que j'ai apporté mon parrainage."

 

Il veut tout contrôler et ne sait pas déléguer. Cela peut s'apparenter à de l'autoritarisme.
 

 

Autant de preuves, pour François Asselineau, que son parti fonctionne bien par la base. "Je ne suis pas derrière tout le monde. Il y a une effervescence collective." Pourtant, le président reste, quoi qu'il en soit, la clef de voûte. Celui par lequel tout passe et auquel il est très difficile de s'opposer. "Il a, comme tout le monde, les défauts de ses qualités. Il veut tout contrôler et ne sait pas déléguer", estime ainsi Régis Chamagne. "Cela peut s'apparenter à de l'autoritarisme." Le colonel s'est mis en retrait du bureau national du parti avant de le quitter définitivement en 2015. Il protestait à l'époque contre l'éviction d'un autre responsable, Yannick Hervé, exclu après avoir diffusé des messages à caractère antisémite sur son compte Facebook. "Il y a eu une campagne à charge d'Asselineau. À aucun moment Yannick Hervé n'a pu se défendre devant le Bureau national", dénonce Régis Chamagne.

Au final, cette verticalité est en totale adéquation avec la vision politique de François Asselineau. Lui qui se présente en nouveau de Gaulle, au-dessus des partis, ni de droite, ni de gauche, présente un programme entièrement centré sur sa personne et les prérogatives régaliennes d'un chef de l'Etat. "L'éducation, la santé, l'écologie, l'environnement, tout ça relève d'un programme pour les législatives, par pour la présidentielle", assène-t-il. Programme que l'UPR devra bien finir par présenter, puisque le parti a prévu d'investir 577 candidats à la députation. 

 
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Arrêtons d’armer des terroristes. Le projet de loi de la Représentante au Congrès Tulsi Gabbard arrive devant le Sénat des USA

18 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La Turquie, #Terrorisme, #Daesch

Arrêtons d’armer des terroristes


Le projet de loi de la Représentante au Congrès Tulsi Gabbard arrive devant le Sénat des USA


Par Tulsi Gabbard– Le 10 Mars 2017 – Gabbard.house.gov via entelekheia.fr

Washington, DC— Le projet de loi « Arrêtons d’armer des terroristes » de la Représentante au Congrès Tulsi Gabbard a été présenté au Sénat par le Sénateur Rand Paul. La législation bipartisane (H.R.608 et S.532) interdirait à toutes les agences fédérales des USA d’utiliser l’argent des contribuables pour fournir des armes, des fonds, des renseignements ou tout autre soutien à al-Qaïda, Daech et autres groupes terroristes, et il interdira au gouvernement d’acheminer des fonds et des armes à travers des pays tiers qui soutiennent directement ou indirectement des terroristes.

 

Le projet de loi est actuellement coparrainé par les Représentants John Conyers (Dém-MI), Scott Perry (Rép-PA), Peter Welch (Dém-VT), Tom Garrett (Rép-VA), Thomas Massie (Rép-KY), Barbara Lee (Dém-CA), Walter Jones (Rép-NC), Ted Yoho (Rép-FL) et Paul Gosar (Rép-AZ), et soutenu par les Démocrates Progressistes d’Amérique (PDA), les Vétérans pour la Paix, et l’US Peace Council.

« Pendant des années, le gouvernement a soutenu des groupes militants armés qui travaillaient directement pour, et étaient souvent sous le commandement de groupes terroristes comme Daech et Al-Qaïda, dans leur combat pour abattre le gouvernement syrien. Plutôt que dépenser des milliards de dollars dans des guerres de changement de régime au Moyen-Orient, nous devrions nous concentrer sur l’éradication de terroristes comme Daech et al-Qaïda, et utiliser nos ressources pour investir dans la reconstruction de nos communautés ici, chez nous », a dit la Représentante au Congrès Tulsi Gabbard. « Le fait que des dollars du contribuable soient utilisés pour renforcer les groupes terroristes mêmes que nous devrions être occupés à combattre devrait alarmer chaque membre du Congrès et chaque Américain. Nous en appelons à nos collègues et à l’Administration présidentielle pour qu’ils se joignent à nos efforts pour faire adopter ce projet de loi. »

« Une des conséquences indésirables des interventions illimitées est que des fonds et des armes américains bénéficient à ceux qui nous haïssent », a dit le Sénateur Rand Paul. « Ce projet de loi renforcera notre politique étrangère, améliorera notre sécurité, et sauvegardera nos ressources. »

Contexte : Le projet de loi « Arrêtons d’armer des terroristes » vise à interdire que des fonds gouvernementaux soient utilisés pour soutenir Al-Qaïda, Daech ou d’autres groupes terroristes. De la même façon que l’amendement Boland a été voté pour interdire le financement et l’assistance aux Contras du Nicaragua soutenus par la CIA au cours des années 80, ce projet de loi interdira la CIA ou d’autres activités gouvernementales fédérales dans des lieux comme la Syrie, en s’assurant que des fonds américains ne pourront pas être utilisés pour soutenir al-Qaïda, le Front al-Nosra, Daech ou d’autres groupes terroristes travaillant avec les précités. Il interdira également au gouvernement fédéral de financer une assistance à des pays qui soutiennent directement ou indirectement ces groupes terroristes. Dans ce but, ce projet de loi se propose de :

  • Rendre illégale toute utilisation de fonds fédéraux gouvernementaux à des fins d’assistance à des groupes terroristes couverts par ce projet de loi. Cette assistance comprend les armes, les munitions, les plate-formes d’armes, les renseignements, la logistique, l’entraînement et les financements.
     
  • Rendre illégal pour le gouvernement des USA d’apporter toute assistance couverte par le projet de loi à tout pays qui a accordé ou qui continue d’accorder cette assistance à des terroristes.
     
  • Demander au Directeur des renseignements nationaux (DNI) 1. de déterminer les groupes et individus qui doivent être considérés comme terroristes, pour servir le dessein de ce projet de loi, en déterminant (a) les individus et groupes associés avec, affiliés à, adhérents de, ou coopérant avec al-Qaïda, le Front al-Nosra, ou Daech ; (b) les pays qui apportent toute assistance couverte par ce projet de loi à ces individus et groupes.
     
  • Demander au DNI d’examiner et de mettre à jour la liste des pays et des groupes interdits d’assistance tous les six mois, en consultation avec le Comité des Affaires étrangères et les Comités des forces armées, ainsi que de la Commission de la Chambre des représentants sur le renseignement.
     
  • Demander au DNI de rapporter ses conclusions au Congrès.
Note du Traducteur

Après être allée en Syrie pour évaluer elle-même la situation sur place et avoir écrit son rapport « Le peuple de Syrie veut désespérément la paix » avec la plus grande honnêteté, la politicienne démocrate, membre du Congrès et vétéran de l’armée des USA anti-guerre Tulsi Gabbard voit l’arrivée de son projet de loi antiterroriste devant le Sénat – un projet de loi dont le texte implique clairement l’existence de financements de groupes terroristes islamistes par les USA. Que dire de plus sinon bravo, Madame !
Note du Saker Francophone

Cela veut dire que la France serait sur la liste des pays avec l'Arabie Saoudite ou encore Israël ...

Traduction entelekheia.fr

Liens

 
  1. NdT, Le DNI, Director of national intelligence, est le bureau directeur qui supervise les 17 agences de renseignements américaines. Il a été créé après les attentats du 11 septembre 2001
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Marche SS à Riga: L'Europe aime les nazis quand les nazis n'aiment pas la Russie. Par Karine Bechet Golovko.

18 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Histoire, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #Ukraine, #Terrorisme, #le nazisme, #Daesch

vendredi 17 mars 2017

 

Marche SS à Riga: L'Europe aime les nazis quand les nazis n'aiment pas la Russie

 
 
 
Alors que chacun jouait à se faire peur avant les élections aux Pays Bas, alors que l'on nous serine avec le danger que représente le Front national en France, l'Europe ne voit rien à redire lorsqu'une Marche célébrant la mémoire des légionnaires SS est organisée à Riga. Bref, comme on peut le lire de plus en plus souvent dans les réseaux sociaux russes: en principe l'Europe est contre les nazis, mais si les nazis sont contre les russes, alors l'Europe n'est pas contre. Toute l'hypocrisie d'une Europe décadente.
 

Riga organise chaque année une Marche en l'honneur de ses morts dans les bataillons SS de légionnaires. Voici en image:
 
 

 
Des manifestants antifascistes se sont fait arrêtés par la police:
 
 
 
Ainsi, environ 2000 personnes, des vétérans et des jeunes, viennent célébrer la mémoire de leurs héros, des SS. Dans le défilé ont pris part également des députés lettoniens, mais également des "collègues" venus d'Ukraine et d'Estonie.
 
Alors que le ministère russe des affaires étrangères est inquiet face à la normalisation dans l'espace européen de mouvements en soutien aux nazis et apelle la communauté internationale à réagir, le silence se fait dans les chancelleries occidentales. Elles sont beaucoup plus préoccupées à célébrer la victoire - sans surprise - de la démocratie européenne sur l'extrême droite aux Pays Bas ou bien à s'inquiéter des tweets de Marine Le Pen. 
 
Il est vrai que ces légions SS lettoniennes ne sont rien comparées à ce danger ... Elles furent simplement constituées sur le territoire lettonien occupé par les nazis et sous leur commandement. Elles comptaient jusqu'à 150 000 personnes, militaires ou policiers. Leurs exactions contre les populations civiles sont telles, qu'elles furent condamnés comme structure au procès de Nuremberg. Pourtant, leur popularité auprès du pouvoir balte est très fort. Ces individus sont reconnus comme ancien combattant et touchent en cette qualité une pension de retraite spéciale, qui n'est pas reconnue aux vétérans qui ont lutté contre le nazisme. Ce n'est pas l'allemand nazi qui est désigné comme occupant, mais le russe. Cette manière de réécrire l'histoire est très en vogue en Europe, ce qui est compréhensible lorsque l'on voit combien de pays se sont réellement battus contre les nazis, et elle est reprise par cette opposition russe dite libérale qui a table ouverte et garnie en Occident.
 
Ainsi, le seul site qui remette en cause le caratère nazi de cette manifestation est Meduza, dont voici le reportage:
 
 
Ils reprennent le discours habituel, ni nazis ni communistes, mettant sur le même pied Hitler et celui qui l'a vaincu, Staline et ainsi l'Allemagne nazie et l'ensemble de l'URSS, même si, étrangement, l'attaque ne vise que la Russie, une de ses composantes. Au fait, Staline était géorgien. Et quid du parti communiste en France alors? Il y a beaucoup d'incohérences dans cette démarche, incohérences qui montrent que le but est ailleurs.
 
Donc ces légionnaires ne seraient pas nazis, d'ailleurs certains le disent devant caméra, ils luttaient pour "la libération"  de leur pays. Et regrettent manifestement encore la défaite des nazis. Pendant ce temps-là, des slogans russophobes fusent et également antisémites. L'on voit des croix gammées, des saluts nazis, etc. Mais évidemment, ce ne sont pas des nazis. Comme nous pouvons le voir ici:
 
 
 
 
Pourquoi Meduza propage ce reportage alors? Parce que Meduza est un site en russe destiné à faire la propagande anti-russe dans les populations russophones. Il a été fondé en 2014 avec le soutien de M. Khodorkovsky et enregistré justement en Lettonie.
 
La boucle est bouclée. L'on retrouve ces individus qui toujours attendaient la "libération" par l'Allemagne civilisée depuis la chute de l'Empire russe, à chaque fois, cette libération d'eux-mêmes, de leur pays qu'ils détestent encore plus qu'ils ne se détestent. D'être nés en Russie et non ... à Paris. A la rigueur en Allemagne. Finalement le temps passe, les gens ne changent pas, n'apprennent pas. Ils n'ont toujours pas compris que sans l'armée rouge, ils ne seraient plus là pour en parler.
 
 
 
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Frexit, classe ouvrière et socialisme – par Georges Gastaud, PRCF.

17 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le socialisme

Frexit, classe ouvrière et socialisme – par Georges Gastaud

par , PRCF

La candidature de François Asselineau aux présidentielles a relancé le débat : faut-il « seulement » sortir de l’ et se fixer cet objectif limité, « raisonnable » et « réaliste », sans se soucier d’engager la rupture avec le capitalisme ? Faut-il au contraire viser « d’abord » la rupture avec le capitalisme, la sortie de l’, de l’euro et de l’OTAN intervenant chemin faisant et par-dessus le marché (si du reste elle intervient : car cela ne figure pas au menu des « Etats-Unis socialistes d’ » chers aux héritiers de Trotski…)? Ou bien encore, faut-il, comme le propose le PRCF, articuler une stratégie de «  progressiste » d’emblée articulée sur la rupture avec le capitalisme, c’est-à-dire en clair, orientée vers la révolution socialiste ? Et pour cela promouvoir à la fois l’objectif minimal d’une sortie de l’euro/UE/OTAN et l’objectif stratégique de la transformation socialiste de la France en les associant l’un à l’autre par le truchement d’un programme de transition révolutionnaire axé sur la défense de la paix, l’antifascisme, la nationalisation démocratique des secteurs-clés de l’économie, l’élargissement de la démocratie populaire et la recherche de coopérations internationales élargie à tous les continents ?

Sortir de l’UE sans rompre avec le capitalisme ?

Il est clair que la première réponse ne peut convenir à des révolutionnaires : le Brexit de droite promu par le parti UKIP et porté par Theresa May ne peut évidemment améliorer durablement le sort des ouvriers britanniques, pas plus que le protectionnisme retors affiché par D. Trump ou par son admiratrice Marine Le Pen n’est susceptible de remettre en selle les millions de cols bleus déclassés par les délocalisations… A moins bien sûr que la classe ouvrière anglaise, dans laquelle les thèmes anticapitalistes refont surface au grand dam des caciques travaillistes, ne réoriente le Brexit dans la bonne direction en retrouvant ses fières traditions combatives : mais dans ce cas, il faut modifier l’hypothèse examinée, car il ne s’agirait plus dès lors d’un Frexit de droite et que l’horizon d’une transformation socialiste de la Grande-Bretagne se dessinerait de nouveau…

Mais surtout, la situation française est telle que le Frexit ne peut être mené jusqu’au bout que sur des bases d’emblée populaires, progressistes et in fine, anticapitalistes. En effet, le MEDEF, le CAC-40, les banques « françaises », en un mot l’impérialisme « français »*, sont unanimement acquis à la « construction » européenne, à l’ « Union transatlantique », à la « reconfiguration du territoire national », tout cela s’opérant dans une « économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée » (comme y oblige le Traité de Maastricht) : ces orientations ont du reste été écrites noir sur blanc et mises en cohérence dans le manifeste-programme du MEDEF toujours en vigueur intitulé Besoin d’aire (déc. 2011). Qu’importe si ces orientations euro-atlantiques flamboyantes, destinées à obtenir aux oligarques « français » une place au soleil de la mondialisation germano-yankee, débouchent sur le déclassement massif des travailleurs industriels, de la paysannerie laborieuse, des artisans « ubérisés », sur l’humiliante éviction du français au profit du tout-anglais, sur les « coopérations renforcées » avec Berlin, voire sur la fusion des armées allemandes et françaises au sein de l’OTAN, en un mot sur le démontage final de l’Etat-nation qui constitue la feuille de route commune de MM. Gattaz, Macron et Fillon** ? Comme en outre le « Frexit » ne peut guère être porté avec esprit de suite par les « couches moyennes », fussent-elles « altermondialistes », qui hésitent toujours par nature entre le camp du capital (donc de l’UE) et celui du travail (72% des ouvriers ont voté non à l’euro-constitution en 2005 !), il ne reste que la classe ouvrière, et plus généralement, que la classe des travailleurs salariés, pour mener le Frexit jusqu’au bout et avec esprit de conséquence. Alors que le Parti Maastrichtien Unique (PS, LR, EM…) et ses satellites « euro-constructifs » (euro-écolos, euro-« communistes », euro-trotskistes***…) conduit (ou accompagnent en geignant) la casse des conventions collectives, des statuts, du code du Travail, des retraites par répartition, de la Sécu, des services publics, du secteur industriel nationalisé (notamment EDF) pilotés par Berlin/Bruxelles (faut-il d’ailleurs dire Bruxlin ou Berxelles ?), c’est bien pour sauver ses acquis sociaux, pour augmenter les revenus du travail, bref, pour vivre mieux, que la classe laborieuse doit, peut et veut de plus en plus s’extraire de ce broyeur d’acquis, de souverainetés, de libertés et de paix mondiale, qu’est depuis toujours l’UE de par l’essence même de ses traités et des forces de classe qui l’ont construite,.

La conclusion inévitable est donc que l’orientation sociale du Frexit, son contenu de classe (en clair, quelle classe sociale pilote-t-elle le Frexit et vers quel objectif socio-économique ?) est capitale pour sa réussite elle-même, qui ne peut évidemment se contenter de demi-mesures : à un moment, il faudra bien que la France ouvre la porte de l’euro-prison… et qu’elle la referme derrière elle ! Bien entendu, la sortie de l’euro-UE-OTAN ne peut suffire pour produire la rupture avec le capitalisme pas plus que l’envol d’une fusée à plusieurs étages ne garantit à lui seul que le satellite qu’elle porte à son faîte soit finalement placé correctement sur orbite. Comme disent les mathématiciens, le Frexit est la condition nécessaire, non la condition suffisante d’une sortie du capitalisme, et c’est bien par la sortie de l’UE qu’il faut commencer, à la fois parce qu’on ne peut pas sortir de son pays sans d’abord sortir de sa maison et parce que, de fait, l’idée de reconstituer conjointement l’indépendance nationale et le progrès social est bien plus rassembleuse pour commencer (mais la soif de liberté croît à mesure qu’on y goûte…) que les idées, aujourd’hui très minoritaires, de socialisation des moyens de production, de dictature du prolétariat et de marche vers la société sans classes (idées sans lesquelles le mot « socialisme » est vide de sens). Mais si ce que nous avons énoncé ci-dessus est exact (et nous attendons avec impatience une réfutation appuyée sur des faits !), la relation entre Frexit et rupture avec le capitalisme est bien plus complexe qu’une simple relation mécanique de condition nécessaire à condition suffisante dans laquelle la première se contenterait d’inclure la seconde comme une possibilité formelle. Car on ne peut tout bonnement pas « allumer » l’intérêt des masses populaires, principal support d’un Frexit véritable, allant au bout des choses, sans lier d’emblée ce Frexit à la renationalisation des entreprises privatisées, à la reconstruction de la protection sociale, à la réduction rapide des inégalités criantes, à la reconstruction résolue, menée tambour battant, du produire en France industriel et agricole, c’est-à-dire sans lier le Frexit à toute une série d’objectifs progressistes, antifascistes, anti-impérialistes, qui ne peuvent que heurter tous azimuts les intérêts capitalistes en accusant crûment la dimension de classe aiguë de la « construction européenne » et en marquant a contrario la dimension de classe révolutionnaire d’une sortie par la gauche de l’euro-prison.

Ce n’est nullement qu’il faille mettre la charrue avant les bœufs, à la manière des gauchistes, en réclamant magiquement, en dehors de tout rapport des forces concrets, « le socialisme tout de suite, sinon rien ! ». En effet, des orientations de ce genre, dans le cadre des rapports de forces idéologiques encore très marqués par le recul de la conscience de classe, ne sont que des incantations, des mots jetés au vent. En réalité, ce babillage « hyper-révolutionnaire » éloigne la classe ouvrière de ce qu’elle doit conquérir de toute nécessité pour effectuer pratiquement la révolution socialiste : le rôle dirigeant dans un vaste rassemblement populaire majoritaire capable d’isoler et de vaincre le grand capital maastrichtien. Au contraire, le babil gauchisant (les mots ne coûtent pas cher et le symbole de la révolution n’est pas le mégaphone impuissant du NPA mais l’alliance des producteurs signifiée par la faucille et par le marteau) isole le prolétariat et abandonne à des fractions de la moyenne bourgeoisie (UPR), voire de la grande (Le Pen), le drapeau de l’union populaire pour tirer la nation des griffes des oligarques. Ce n’est pas la sortie du capitalisme qui est le préalable au Frexit progressiste, car dire cela reviendrait à dire qu’il faut magiquement mettre le satellite sur orbite avant d’avoir fait décoller la « fusée » : mais c’est bien et bien le sens antifasciste, progressiste, ouvrier, populaire, anticapitaliste en un mot, du Frexit qui peut d’emblée allumer l’intérêt de dizaines de millions de « petites gens » ; et pas seulement l’attention de milliers d’intellectuels progressistes, si respectables soient-ils, pour une rupture franche, décidée, « carrée », avec l’UE. En conséquence, la sortie de l’UE/OTAN doit être d’emblée conjuguée à un programme positif et clairement anticapitaliste de progrès social et de nationalisations démocratiques qui permette rapidement aux travailleurs de respirer et de vivre mieux : sans quoi la contre-attaque des adversaires du FREXIT serait terrible, les masses travailleuses ne le défendront pas au moment critique et tout cela aboutira à court terme à atteindre l’objectif mal dissimulé de l’oligarchie : la liquidation pure et simple de la nation (cette dénationalisation ultime de la France figure déjà en filigranes dans le programme de Macron, l’homme du tout-anglais officialisé, de l’hyper-régionalisation, de l’ubérisation générale, du démontage rapide des protections sociales, de la « défense franco-allemande », etc.).

Contre-épreuve de cette démonstration positive : ni Debout la République ni le FN ne vont jusqu’au FREXIT « carré ». Non seulement le programme du FN est fort timide sur le plan social (la proposition-phare de rétablir la retraite à 60 ans est bidon puisque le FN ne supprimerait pas les 42 annuités et les décotes), mais il ne s’agirait même pas d’un Frexit de plein exercice. MLP ne propose en fait que « la sortie concertée de l’euro » (pas de sortie sans le feu vert d’Angela !), qu’un référendum sur l’UE (comme l’a fait David Cameron, et en se gardant de dire à l’avance ce qu’elle voterait elle-même). Dans la réalité, la « sortie de l’euro » servirait surtout de monnaie d’échange avec les LR dans le cas où le FN ayant conquis l’Elysée, il ne pourrait compter d’emblée sur une majorité de députés FN à l’Assemblée ; si bien qu’il aurait grand besoin pour gouverner des députés LR ou du moins, de leur partie la plus fascisante. Qui ne voit qu’alors le maintien (« provisoire », ben voyons !) de la France dans l’UE/euro, serait la condition du soutien au FN des LR du type « droite forte », le vrai but d’un éventuel bloc gouvernemental FNLR étant alors de « remettre la France en ordre », c’est-à-dire de briser la CGT, de mater les quartiers populaires, de renforcer et de militariser l’Etat policier… tout en demeurant bien sagement dans une pseudo-« Europe des nations » criminalisant le communisme, célébrant ses « racines chrétiennes » (et blanches) et trouvant de nouveaux arrangements impérialistes avec les USA (notamment contre la Chine et les Etats arabes).

Rompre avec le capitalisme sans sortir de l’UE ?

affiche du PRCF de 2005 pour le non à toute constitution européenne

Il est besoin de moins de mots pour réfuter la proposition euro-trotskiste, ainsi que les arguties pseudo-léninistes de certains groupes qui n’ont manifestement rien compris au 7ème Congrès de l’Internationale communiste ainsi qu’au rapport qu’y prononça Dimitrov, le secrétaire général de l’IC fraichement arraché aux geôles hitlériennes. Qui ne voit que refuser de faire campagne sur la sortie de l’UE dans la perspective d’emblée proclamée d’une rupture révolutionnaire avec le capitalisme, c’est, de fait, protéger à la fois l’UE… et le capitalisme ? Qu’importe aux capitalistes que de braves Besancenot, Poutou et autre Nathalie Arthaud s’époumonent aux cris de « à bas le capitalisme ! », et « révolution immédiate », « internationale » et même « permanente » (ce que, soit dit en passant, le trotskisme promet depuis 100 ans sans l’esquisse d’un début de réalisation, et pour cause…). Quand on coupe d’emblée l’objectif de la révolution prolétarienne de toutes les luttes démocratiques, patriotiques et antifascistes (car tous ces milieux minimisent, voire nient la fascisation galopante et la nécessité d’une large mobilisation spécifique contre elle), de la défense de la paix contre l’impérialisme (car les mêmes renvoient dos à dos l’impérialisme US agresseur et, qui « le régime russe », qui « la dictature chinoise », qui « le régime de Damas », qui le Venezuela bolivarien…), de la défense du « produire en France » (considéré comme étant d’essence xénophobe alors qu’il est la condition vitale pour que la classe ouvrière, française et immigrée, ne finisse pas massivement déclassée en « plèbe » de type romano-impérial), de la sauvegarde des langues nationales (car sans doute c’est une « ouverture internationaliste » que de laisser l’impérialisme américain imposer partout SA langue et SA « culture » pourrie par le fric !) et de la souveraineté des peuples, comment veut-on que le socialisme puisse prendre corps dans de véritables luttes de masse, comme ce fut invariablement le cas lors des Révolutions chinoise, cubaine, vietnamienne, sans parler de la Révolution d’octobre accomplie sous le drapeau de la paix pour tous et de la terre aux paysans ? Comment veut-on, tout bonnement, catalyser le « tous ensemble » nécessaire pour stopper l’offensive antisociale si l’on nie le cadre national lui-même, ou si l’on refuse de voir combien la « construction européenne » peut – à la manière de critères de convergence au négatif – fédérer les luttes contre les privatisations (travailleurs du public), les délocalisations (travailleurs du privé), l’ubérisation, etc. ? Etranges « matérialistes marxistes » qui, sous couvert de maximalisme verbal, refusent en fait de construire le Front antifasciste, patriotique, populaire et écologique qui peut unir autour des travailleurs l’ensemble des couches populaires et moyennes pour isoler le capital financier, état-major du mode de production capitaliste, et préparer ainsi dans les actes les conditions du renversement général de la classe capitaliste ? Exiger mille fois la lune sans jamais construire la fusée, pire, harceler en permanence ceux qui essaient de construire ladite fusée sans oublier de placer à sa cime le « spoutnik » révolutionnaire, c’est se conduire en mouches du coche, ce meilleur allié, non pas du « petit cheval rouge » qui s’efforce de tracter la charrette, mais de la pente contre-révolutionnaire, qui tire en continu la charrette vers le bas, vers la défaite et le découragement. Pire que pire, abandonner à la réaction le drapeau de la Nation – issu d’une des plus grandes révolutions de l’histoire s’agissant de la France ! -, la Marseillaise (un hymne appelant le peuple à s’armer !), la langue française (porteuse d’un héritage frondeur qui va au minimum de François Villon à Aimé Césaire en passant par Hugo !), voire le produire en France, base d’existence matérielle du prolétariat, c’est abandonner la classe ouvrière au fascisme. C’est ce que n’ont pas craint de faire certains faux communistes qui expliquaient encore il y a peu aux ouvriers raffineurs, épicentre de la lutte contre la Loi Travail, qu’il ne serait pas si grave que certaines raffineries françaises fussent délocalisées dans le tiers-monde « puisque tous les travailleurs sont frères » ? Que dire de ces « généreux » individus qui font de l’internationalisme pseudo-prolétarien sur le dos des ouvriers du « nord » jetés à la rue pour que MM. les capitalistes gagnent encore plus d’argent sur le dos des prolétaires du Sud… tout en aggravant sans cesse les conditions de vie de tout le monde ?

 Le seul « argument », mille fois réfuté déjà – mais il n’est pire sourd que qui refuse d’entendre ! – de l’anti-« frexisme » pseudo-révolutionnaire est alors de dire à ceux qui veulent construire une République sociale rompant avec l’UE et en route vers la révolution : « vous êtes d’affreux « étapistes », vous voulez une « démocratie avancée » éludant la révolution, pis, vous voulez refaire le « honteux » compromis historique de 1945 qui a vu des ministres communistes (Thorez, Croizat, Paul, Tillon, excusez du peu…) intégrer un gouvernement présidé par de Gaulle au lieu de lancer bille en tête les FTP et les « milices patriotiques » à la conquête du pouvoir d’Etat (avec l’armée américaine sur le territoire ? Et en prenant le risque irresponsable d’un affrontement mondial immédiat entre les USA, nouvellement doté de l’arme atomique, et l’URSS, victorieuse de Hitler au prix de trente millions de morts ? Notons d’abord que le bilan des ministres communistes de 45-47 n’a rien de honteux. Au contraire, il est proprement glorieux et il a apporté au peuple français ses plus grandes conquêtes depuis 1793 : nationalisation de Renault, d’EDF-GDF, de l’Aéronautique (SNECMA) et des Charbonnages de France, création comités d’entreprise, fondation du CEA et relance du CNRS, rénovation démocratique de l’école, code du travail, droit de vote des femmes, justice spécifique pour les mineurs, généralisation des conventions collectives, statut du mineur et du fonctionnaire, retraites par répartition et, cerise sur le gâteau, Sécurité sociale remboursant les soins médicaux à 100%… Qui dit mieux en l’espace de deux ans de présence combative au gouvernement ? Et qui ne voit, puisque l’on accuse les défenseurs du CNR de « passéisme », que la défense de tous ces « conquis » est au cœur des luttes actuelles où s’affrontent les défenseurs de l’UE et les partisans de nouveaux « Jours heureux » réconciliant démocratie, progrès social et indépendance nationale ?

Mais surtout, ce sont les sectaires et les dogmatiques du « socialisme tout de suite, sinon rien ! », qui télescopent les époques. En guise d’épouvantail réformiste, ils s’inventent en effet une « étape » démocratique, un « compromis historique », une sorte de « troisième voie » interminable entre capitalisme et socialisme qui résulterait selon eux de la stratégie de Frexit progressiste. L’auteur de ces lignes a cent fois expliqué que, précisément, les époques sont différentes. En 45, un compromis historique était possible à l’international (Yalta) et à l’échelle nationale (France, Italie, Belgique…), non seulement pour des raisons de rapport des forces, non seulement parce qu’un objectif de classe non négligeable était d’empêcher Washington de mettre la France sous tutelle directe (AMGOT, monnaie américaine). C’est déjà pour contrer cet objectif antinational que le PCF clandestin s’était rapproché de de Gaulle, isolant ainsi le général Giraud, la marionnette maladivement anticommuniste et néo-pétainiste que voulaient imposer Londres et Washington. A l’époque, un courant politique de masse comme le gaullisme était encore historiquement possible : ce courant, certes bourgeois et impérialiste, pouvait alors « naviguer » entre les deux Grands issus de la guerre, l’américain et le soviétique, pour permettre à la France capitaliste, sortie très affaiblie de la guerre, de tirer son épingle du jeu sur le plan international (en clair, de tenir en respect les Anglo-Saxons tout en restant dans le camp capitaliste). La mission de classe du gaullisme était aussi de préparer les fusions monopolistes qui, à l’époque, devaient alors encore s’opérer principalement à l’échelle nationale. Bref, la grande bourgeoisie – qui n’a jamais été réellement patriote, ni même gaulliste, et qui ne le sera jamais, sa seule patrie étant son tiroir-caisse – pouvait alors miser conjoncturellement sur un courant bourgeois patriotique légitimé par la « France libre ». Et bien sûr elle était aussi forcée de le faire parce que le courant patronal collabo était sorti discrédité de la défaite commune de Hitler et de Pétain. Et ce fut la mission principale du pouvoir gaullo-pompidolien, entre 1958 et 1974, que de constituer avec l’aide de l’Etat ces géants financiers et industriels nationaux que furent Rhône-Poulenc, la BNP, Péchiney-Ugine-Kulhmann, Schneider-Creusot-Loire, etc.

Or cette ère « nationale » de la grande bourgeoisie hexagonale est pour l’essentiel révolue pour deux raisons.

Parce que l’URSS est tombée, que les nouveaux rapports de forces entre puissances capitalistes ont globalement desservi l’impérialisme français à l’avantage des USA et de l’Allemagne « unifiée », codirigeants de l’UE libre-échangiste, antirusse et re-colonisatrice des pays de l’Est. Il y a donc moins d’espace géopolitique pour un néo-bonapartisme gaullien (au sens que Marx donne au mot « bonapartisme » dans son 18 Brumaire de Louis Bonaparte) naviguant entre l’Est et l’Ouest. Mais il y avait aussi bien moins d’espace « intérieur » pour des fusions monopolistiques purement nationales : à l’heure de la mondialisation américaine et de l’Europe allemande, la concentration capitaliste s’opère en effet au minimum à l’échelle continentale et transcontinentale : Renault-Nissan, PSA/Opel, Alsthom/General Electrics, France-Télécom/ « Orange », etc. D’où le « besoin d’aire » de l’oligarchie patronale « française » (dans le temps on osait dire : « espace vital » ou « Lebensraum »). D’où la germanophilie mâtinée d’atlantisme de « notre » bourgeoisie profondément honteuse de ce qui fait notre fierté, les acquis sociaux, et qu’elle nomme dédaigneusement l’ « exception française ». D’où le basculement des oligarques et de tous les snobs qui la courtisent à l’English Mother Tongue (l’anglais langue maternelle). D’où ce couple morbide que forment la xénophobie d’Etat et de l’auto-phobie nationale dont nous avons révélé les racines de classe dans un autre article. Si bien qu’aujourd’hui, si les bases d’une union du peuple de France formée contre le grand capital et centrée sur la classe travailleuse existent plus que jamais (ce que le PRCF nomme le FR.APPE), les bases d’un compromis historique « national » du type de celui qui se forma très brièvement en 1945, où le rôle dominant était tenu par le Général, et dont le socialisme n’était pas l’objectif à court terme, se sont effilochées. Aujourd’hui, la reconstitution des acquis sociaux du CNR et la sortie connexe de l’UE atlantique qu’impose cette reconstitution ne pourraient conduire qu’à de rapides et brutaux affrontements de classes entre le bloc populaire conduit par la classe ouvrière et le bloc maastrichtien de plus en plus fascisant conduit par l’oligarchie hexagonale et par ses alliés extérieurs (notamment, l’Axe Washington-Berlin). Ainsi, non seulement le Frexit progressiste n’ajournerait pas sine die le socialisme pour la France, mais – si les communistes et les syndicalistes de classe jouent vraiment leur rôle – il rapprocherait au contraire, de manière concrète et sur des bases de masse, la « lutte finale » entre capital et travail, entre capitalisme et socialisme.

En en mot, ceux qui ne voient, à droite « que » la sortie neutre,  « raisonnable », comme dit M. Dupont-Aignan, de l’euro-destruction nationale et ceux qui, « à gauche » refusent d’affronter l’UE sous couvert de « socialisme tout de suite sinon rien », commettent la même erreur antidialectique. Incapables de voir les choses dans leur dynamique et leurs interactions dialectiques, il refusent de voir que :

  • le Frexit lui-même nécessite – pour être mené jusqu’au bout, la rupture effective avec l’euro-UE-OTAN – d’être porté par un programme franchement progressiste de transition révolutionnaire, donc par un parti communiste centré sur le monde du travail et associant le drapeau rouge au drapeau tricolore ; bref le contraire du « ni droite ni gauche » de plusieurs groupes souverainistes actuels qui croient ainsi sortir du « système » alors même que ledit système fait tout pour mettre en place un second tour Le Pen/Macron qui oblitèrerait la vieille opposition du camp réactionnaire et du camp progressiste. Alors que notre tâche est de faire à nouveau coïncider camp progressiste, camp capitaliste et camp anti-UE (comme à l’époque où existait un vrai PCF).
  • la dynamique du Frexit devra, pour gagner, pour ne pas être rapidement balayée par les forces euro-atlantiques internes et externes, s’appuyer sur une dynamique de classe dont le terme sera, soit le socialisme, soit l’euro-dissolution de la France et la fascisation de l’Europe occidentale ; car sans cette orientation violente, la classe dominante ne saurait durablement imposer ce viol sanglant des peuples que serait la création de l’Empire euro-atlantique sur la ruine des Etats-nations nés de la Révolution française, de l’insurrection nationale grecque contre les Ottomans, du Printemps des peuples de 1848 et du Risorgimento italien. Plus que jamais patriotisme républicain et internationalisme prolétarien de nouvelle génération convergent tant il est vrai que, pour parachever la mise en place de l’Empire euro-atlantique ultraréactionnaire, il est nécessaire de liquider le pays de la Révolution jacobine comme a déjà été liquidé l’Etat hérité de la Révolution bolchévique.

C’est pourquoi concrètement les militants communistes doivent tout à la fois saisir les occasions de faire germer « en bas » l’alliance euro-critique, anti-FN et anti-OTAN du drapeau rouge et du drapeau tricolore (tel est le sens de l’appui critique, mais franc et dynamique, que le PRCF apporte à la candidature Mélenchon), de déployer l’unité d’action communiste, de promouvoir un programme communiste commun de Frexit progressiste. Ce pourquoi il faut s’adresser, non aux euro-trotskistes qui protègent « de gauche » la « construction européenne », non aux souverainistes de droite qui combattent les communistes ou qui veulent les mettre à la remorque, mais à la classe ouvrière, aux syndicalistes de classe, aux patriotes antifascistes, à tous ceux qui acceptent les « deux drapeaux » en rejetant catégoriquement l’oriflamme bleu marine et le drapeau impérial de l’UE atlantique. Ainsi remettra-t-on définitivement « le monde du travail au centre de la vie nationale », comme le prescrivait le programme du CNR intitulé Les Jours heureux.


* cette réalité n’en est pas moins une contradiction dans les termes : ce qui ne surprendra pas les dialecticiens !

** Et aussi, en réalité, de B. Hamon, lequel est, soit bien naïf, soit suprêmement rusé…

***nous disons « euro-trotskistes » car apparemment, il existe aussi désormais en France, des militants de tradition trotskiste qui sont opposés à l’UE : tant mieux évidemment.

Georges Gastaud est auteur notamment de

  • Lettre ouverte aux bons français qui assassinent la France, Le Temps des Cerises, 2005
  • Patriotisme et Internationalisme, 2010, edition du CISC
  • Marxisme et Universalisme, Classes, Nations, Humanité, 2015, Delga
  • Lumières Communes, Traité de philosophie à la lumière du matérialisme dialectique, 2016, Delga
  • Mondialisation capitaliste et projet communiste, Le temps des cerises, 1997
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