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Le blog de Lucien PONS

La montée du FN aux européennes, réponse à Raquel Garrido.

30 Mai 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les élections européennes de mai 2014.

Réponse à Raquel Garrido

Chère camarada Garrido,

Que fut grande notre surprise que de découvrir dans un de tes commentaires sur facebook ton analyse contre les intellectuels critiques de l’autre gauche. Pour toi, c’est eux qui portent en grande partie la responsabilité, si ce n’est du score du FN, au moins de l’échec du FdG dans les élections européennes.

Les catastrophes de dimanche soir ne seraient que la conséquence d’une erreur d’analyse des intellectuels Euro-Critiques. Devons-nous te rappeler que, il y a cela cinq ans, beaucoup d’entre eux nous soutenaient massivement ?

Aujourd’hui, ils s’éloignent de nous alors que nous avons tant besoin de leurs travaux pour crédibiliser nos positions. Nous vivons une séparation. Pour toi, les raisons de ce divorce, c’est qu’ils partageraient la tentation de « faire peuple ». Et dans cette ambition discutable, ils n’auraient rien trouvé de mieux que de défendre la sortie de l’euro.

Nous te le disons franchement : ton analyse est navrante. N’as-tu pas l’impression de faire le même procès « en populisme » qui a déjà tant fait de mal à la gauche radicale ?

Nous pensons que ta manière de conforter ton raisonnement en disant qu’en utilisant les mêmes mots que le FN, ils les crédibilisent, est grave. Sans t’en rendre compte, tu te places avec les médias et nos ennemis en avançant l’idée que les extrêmes se retrouvent. Ne penses-tu pas qu’il y a des raisons plus profondes à la catastrophe de dimanche ?

Ceux que tu qualifies de « néo-chevenementistes » n’ont rien à voir avec le FN. Ils défendent comme toi la Gauche. Ils veulent aussi un SMIC qui permet à tous de vivre. Ils rêvent, eux-aussi, d’une démocratie saine et purgée des intérêts d’égos et d’argents. Mais pourtant, aujourd’hui, nous nous retrouvons de moins en moins.

A te lire, nous pourrions croire que la médaille de la vérité à Gauche s’acquiert par les actions militantes sur le terrain. Et, alors, sans aucun doute, tu la détiendrais. Et pourtant, quel est le résultat de ta brillante campagne ?

Un recul ! Un échec ! Un front national jamais aussi fort !

Le militantisme ne peut vaincre, à lui seul, la réalité et encore moins la vérité. Combattre ne fait pas tout. Le peuple est doté d’intelligence. Le rencontrer, l’aimer, ne suffit pas à se le mettre dans son lit. Il est nécessaire de lui apporter les réponses aux questions qu’ils se posent. Et s’il peut y avoir, en politique, plusieurs vérités, elles doivent au moins être crédibles pour être audibles.

Aujourd’hui, le Front de Gauche ne l’ait plus car son attachement à la construction européenne l’assimile aux partis de gouvernements qui ont trop trahis au nom de l’idéal européen. Pourquoi serions-nous différents aux yeux des électeurs ? Un militant socialiste, dans la rue, n’est pas un manipulateur ! Il est comme toi. Il est comme nous. Il pense bien faire. Mais il ne se rend pas compte qu’il ne peut simplement pas faire tant qu’il acceptera les contraintes de Bruxelles et de Francfort. Le peuple l’a compris. Il l’a exprimé en 2005. Les partis de l’autre gauche, eux, continuent à fermer les yeux sur cette réalité.

Et c’est pourquoi, comme nos travaux l’ont déjà prouvé, le Front de Gauche n’a plus aucune crédibilité. Et c’est bien cela, et non la façon de parler de l’Europe par « les néo-chevènementistes », qui est responsable de la disparition du rêve dans le discours politique

Défendre la sortie de l’Euro et revenir à un régime de souveraineté populaire en France peut permettre de redécouvrir le chemin du peuple et du progrès social. Et en le retrouvant, en défendant un programme légalement et politiquement crédible, alors nous pouvons faire fructifier le feu révolutionnaire qui vit en chacun de nous.

Pour te dire la vérité, chez la Gauche d’Opposition, nous avons la sensation de voir chez toi et d’autres qui partagent l’idée de révolutionner l’union européenne, la même bêtise que chez ceux qui croyaient en la monarchie constitutionnelle. Comme eux, tu sais qu’il faut aller de l’avant. Comme eux, tu rêves d’un monde plus juste, meilleur et de prospérité. Pourtant, eux comme toi, vous ne voyez pas que le roi était mort dès le 14 juillet 1789.

Nous, nous ne disons rien d’autre. L’union européenne est morte lors du referendum en 2005. Le peuple attend de la gauche radicale qu’elle fasse tomber la tête. Et aux funérailles, nous danserons une nouvelle carmagnole. Et enfin, en libérant la voix du peuple français, d’autres, partout en Europe et dans le monde, pourront entendre les vibrations de nos cris de désir insatiable de liberté, d’égalité et de fraternité.

La Gauche d’Opposition en réponse à un de tes commentaires sur facebook où tu dis « Ces intellectuels qui parlent au nom du peuple et qui essaient de « faire populaire » en adoptant des positions déprimantes n’aident en rien à la lutte politique. Ils font aujourd’hui sur l’euro ou le reste comme a fait le PS qur l’immigration: tâcher de coller au plus près du FN. Avec le résultat que l’on connait. En effet l’idée qu’il y a un « problème de l’immigration » a largement fait son chemin, on l’a vu.
Ayant, quant à moi, VRAIMENT fait cette campagne (autrement dit j’ai… distribué des tracts, parlé à des compatriotes, et pas seulement dans des colloques savants ou sur france culture), je considère que ce qu’il nous a manqué c’est le rêve, l’enchantement. Sur l’Europe, il est pratiquement impossible de faire rêver, mais une cible de clarté à l’horizon nous aurait bien aidé dans le travail de conviction et de mobilisation. Je trouve la pensée neo-chevenementiste triste à mourir. Elle ne pourra jamais faire rêver personne. Ne comptez pas sur moi pour la porter.
Je ne me battrai que pour un idéal généreux et égalitaire. Je me battrai pour le smic à 1700€, pour le droit de révoquer les élus, pour le droit de vote dès 16 ans, pour le droit de participer à la refondation nationale en concourant à une assemblée constituante. Voilà mon idée de souveraineté populaire. J’ai d’ailleurs la même exigence en Europe. L’Europe, comme création politique, ne peut marcher que fondée sur le consentement populaire. Il n’y aura de refondation européenne que par le biais d’une constituante européenne. Et c’est en prenant le pouvoir réel que nous édicterons enfin les règles écologiques qui sauveront notre écosystème. »

 

http://www.gaucheopposition.fr/2014/05/reponse-a-raquel-garrido/

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C'est la chute finale, sur le blog de Descartes.

30 Mai 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les élections européennes de mai 2014.

Publié le 30 Mai 2014 par Descartes  

Rien ne sera comme avant après ce 25 mai. Non pas parce quelque chose ait radicalement changé. Les fondamentaux qui ont rendu possible la victoire du Front National sont à l’œuvre depuis fort longtemps. Depuis plus de trente ans nous assistons à la dégradation de nos institutions, à la démission de nos élites, à la détérioration – dans la plus grande indifférence des bienpensants – de notre appareil productif, à la marginalisation politique des couches populaires et à la prise du pouvoir par les classes moyennes, à la destruction de l’ascenseur social et à la promotion des « communautés ». C’est dire que tout ce qui a permis au Front National d’arriver en tête dans cinq circonscriptions sur sept et de devenir le premier parti de France ne date pas de dimanche dernier. Trente ans que l’empereur a été progressivement délésté de ses beaux habits devant une foule de courtisans politico-médiatiques qui vantaient en permanence la modernité et la « branchitude » de son costume. Aujourd’hui, l’Empereur est nu et il le sait. Pas étonnant qu’il ait envie de changer de tailleur.

Le résultat du 25 mai dernier n’est donc pas un fait nouveau, mais un symptôme d’une évolution ancienne arrivée à un stade paroxystique. Celui d’une contexte ou les couches populaires sont privées de tout levier efficace leur permettant de contester les évolutions qui leur sont imposées par une alliance entre une bourgeoisie qui s’enrichit chaque fois plus et des classes moyennes hantées par le spectre du déclassement. Quels sont les leviers d’action laissés aux classes populaires ? La grève ? Elle est pratiquement impossible dans un contexte de chômage de masse et de délocalisation. La manifestation ? L’expérience a montré que la manifestation ouvrière – contrairement à celle des classes moyennes, voir CPE – n’aboutit à rien. Le vote ? L’expérience là encore montre que la politique économique et sociale mise en œuvre sert les mêmes intérêts quelque soit la coalition sortie des urnes. L’abstention ? On a bien vu qu’elle ne fait peur à personne, et que nos politiques n’en tiennent aucun compte une fois la victoire emportée, même lorsqu’elle l’est avec 15 % des voix.

Le Front National a profité habilement de cette situation, en tenant un discours qui ouvre une fenêtre dans cette atmosphère étouffante. Non pas un discours « fasciste » - qui dans la France de 2014 n’auraient attiré personne – mais au contraire un discours qui reprend reprend les idées qui ont permis en un temps – hélas, revolu – aux partis « de gauche » de représenter effectivement la classe ouvrière. Des idées simples comme celles de redevenir maître chez soi, de produire chez nous, de renforcer nos institutions, de revaloriser le travail, de rompre avec les discours victimistes et pleurnichards. Et, last but not least, un discours qui dit qu’une autre politique est possible, là où les autres se résignent à quelques aménagements de l’existant. Sarkozy avait réussi en 2007 à attirer le vote populaire avec un discours volontariste et – je reprends ici ses propres termes – en reprenant les drapeaux que la gauche avait laissé tomber. Maintenant que la droite dite « républicaine » est redevenue de droite, c’est le Front National qui capitalise ces mêmes drapeaux. Mais il ne faut pas oublier que lorsque Sarkozy en 2012 a quitté ce discours pour celui nettement plus droitier que lui soufflait Patrick Buisson, les résultats n’ont pas été probants. Ce qui montre bien combien le succès du FN se joue sur sa récupération des thèmes populaires, et non sur une quelconque veine « fasciste ».

Le 25 mai n’est pas, contrairement à ce que les commentateurs bienpensants veulent nous faire croire, le triomphe du « repli sur soi ». Pas plus que la victoire du « fascisme » dont nous rabat les oreilles l’extrême gauche. C’est la réponse de l’électorat populaire à l’autisme d’une élite politique dominée par les classes moyennes et qui, de la droite dite « républicaine » à l’extrême gauche, a renoncé à changer quoi que ce soit sur le fond. Bien sûr, personne n’assume ce renoncement. A droite et au centre on se réfugie qui dans le « il n’y a pas d’alternative », à gauche dans le monde onirique avec des utopies chaleureuses mais totalement déconnectées de la réalité. Cela fait plus de trente ans que nous glissons sur cette pente savonneuse, et au fur et à mesure que les gouvernements se succèdent et se ressemblent, que le fossé entre le langage des campagnes électorales et la pratique des gouvernements devient de plus en plus évident, l’illusion devient chaque fois plus difficile à entretenir. Ce renoncement des élites, dont Maurice Duverger parlait déjà en 1986 dans « la nostalgie de l’impuissance », le peuple français – et c’est tout à son honneur – les accepte de plus en plus mal. Non parce qu’il refuse de regarder la mondialisation en face, mais parce qu’il refuse de se laisser imposer ses choix par cette mondialisation aveugle. Et si les appels à la résignation des libéraux – qu’ils soient « sociaux » ou pas – ne font plus recette, ce ne sont certainement pas les utopies « sociétales » de la « gauche radicale » qui peuvent constituer une alternative. L’électorat populaire a été abandonné, rejeté par des politologues du genre Terra Nova qui l’ont marqué du sceau de l’infamie sous prétexte qu’il n’adhère à l’idée que se font les bobos de la « tolérance », tolérance dont Clemenceau disait fort justement qu’il y a des maisons pour ça. Dans la « gauche radicale », on se prétend défenseur d’un prolétariat « virtuel » qui n’a qu’un rapport lointain avec la classe ouvrière réelle. Cet électorat abandonné était à prendre, le FN l’a pris. La faute à qui ? Si les « djeunes » veulent manifester, ils feraient mieux de le faire sous les fenêtres de Marie-George Buffet et de Robert Hue, de Jospin et de Aubry, de Mélenchon et de Besancenot plutôt que de Marine Le Pen.

Il est difficile de dire jusqu’à quel point les électeurs qui ont voté pour les candidats du FN partagent le projet – ou plutôt l’un des projets, parce qu’il y a plusieurs – défendus par ce parti. Mais tous les sondages montrent que ces électeurs ont une chose en commun : le rejet des fausses alternatives – Schultz ou Junker ? Social-libéralisme ou libéralisme social ? – dans lesquels on prétend les enfermer. Et tout montre aussi que ces électeurs ont compris qu’en votant pour les partis du consensus européiste – qui va de l’UMP au Front de Gauche, hélas ! – ou en s’abstenant ils n’auraient fait que conforter les élites médiatico-politiques dans leur autisme. Imaginez-vous ce qu’auraient été les discours de la soirée électorale si le FN avait fait 5%... on aurait entendu le cœur chanter « vous voyez bien que tout le monde est pour l’Europe de Maastricht moyennant quelques aménagements ». Si le vote de dimanche dernier a fermé la voie à cette autosatisfaction, on aura au moins gagné ça.

En d’autres termes, l’électorat populaire a fait le bon diagnostic et agi en conséquence. Ne pas le comprendre, disqualifier ce vote au nom de la lutte contre le « fascisme » c’est se boucher les yeux et les oreilles au fait que la fracture que révèle le vote FN est une fracture de classe. Après avoir nié ce fait pendant des années, même la « gauche radicale » le reconnaît aujourd’hui. Un sondage publié cette semaine dans l’Humanité montre que des ouvriers et employés qui se sont déplacé pour voter, 41% ont voté pour le FN, et que le vote pour ce parti progresse fortement chez les syndiqués, toutes obédiences confondues. Plutôt que de se déclarer « atterrés » ou de maudire le vote populaire, les progressistes devraient au contraire être stimulés par cette démonstration d’intelligence et de maturité politique de la part du peuple français. « Mieux vaut allumer une chandelle que de maudire l’obscurité », comme disent nos amis anglais. Ce vote montre qu’il y a une demande de changement, et cela est encourageant. Ensuite, si l’on ne veut pas des solutions proposées par le FN, c’est aux progressistes de proposer une réponse alternative qui puisse satisfaire les demandes des couches populaires. Mais les progressistes doivent aussi être conscients que l’Histoire ne les attendra pas. S’ils ne sont pas capables de proposer des solutions aux problèmes, d’autres se chargeront de le faire. Imaginer que les gens continueront sagement à voter pour des gens qui n’ont aucune chance de résoudre leurs difficultés, c’est se bercer de douces illusions.

Le vote du 25 mai est, je suis convaincu, un vote pour le changement. C’est pourquoi j’ai du mal à être catastrophé comme le sont un certain nombre de mes connaissances, y compris celles qui disent sur tous les tons vouloir le changement. Nous cherchions à sortir l’électorat de son indifférence ? Et bien, c’est fait. Pourquoi pleurer alors ? Bien sur, Marine Le Pen ne représente pas l’alternative que je voudrais. Mais le résultat du FN est un grand coup de pied dans la fourmilière politique. Il donne l’opportunité d’amorcer une dynamique d’où peut surgir un programme alternatif que je serais heureux de voter. A nous de saisir cette opportunité.

Malheureusement, personne ne semble prendre ce chemin. On a pu le voir lors de la soirée électorale sur nos médias. Si vous me permettez là encore une considération personnelle, je dois dire que la soirée électorale a été l’une des plus jouissives depuis le soir du 29 mai 2005. Le dicton chinois veut que si l’on s’installe sur le pas de sa porte et qu’on est assez patient, on finit par voir passer le cadavre de son ennemi. Les mines déconfites des européistes de gauche comme de droite, le dépit haineux des commentateurs bienpensants, voilà un spectacle que j’aimerais voir plus souvent. Mais au delà de ces satisfactions fort mesquines, je le reconnais, il y a les comportements politiques. Et en lisant ces comportements, le message ne pouvait être plus clair : c’était « les électeurs aboient, la caravane passe ». Nous avons entendu Valls déclarer qu’il ne changerait rien. Nous avons entendu les « partis de gouvernement » nous expliquer que les électeurs n’avaient rien compris. Nous avons vu des commentateurs faire de gros efforts pour nous démontrer que les français n’ont pas en fait voté ce qu’ils ont voté (1). Nous avons vu un commissaire européen nous expliquer que l’Europe nous protège grâce aux cinquante règlements qu’il avait lui-même impulsé pour mieux contrôler les banques (c’est la spécialité de l’UE de fermer l’écurie une fois que le cheval s’est échappé). Rien qui puisse laisser penser que le message envoyé par un votant sur quatre ait été entendu.

Depuis, ça ne s’est pas arrangé. Le président de la République s’est adressé à nous pour nous expliquer – entre deux fautes de français (2) – qu’il ne changerait rien. La fièvre passée, les commentateurs sont revenus à leurs commentaires habituels. La « gauche radicale », suivant son réflexe pavlovien, manifeste « contre le vote Front National » sans se rendre compte de l’aberration démocratique que contient cette formule. Le texte de l’appel à manifester contre le Front National (3) du jeudi 29 mai est d’ailleurs révélateur. Voici le premier paragraphe de cet appel :

« Les résultats des élections européennes sont un véritable cataclysme politique dans notre pays. Cela ne correspond pas à nos valeurs, celles du mouvement social. Notre camp, c’est celui qui s’indigne et se mobilise contre l’expulsion des sans-papiers, contre les violences, misogynes, homophobes et racistes. C’est celui qui croit en l’égalité et la solidarité, qui rembourse la contraception et l’IVG, qui s’est engagé pour les droits des femmes. Celui qui a su bâtir un modèle social qui garantit à tou-te-s l’accès à la santé et à l’éducation. Cette France qui croit aux idéaux d’égalité et de progrès doit se mobiliser. »

Si « notre camp » est celui-là, à quel « camp » appartiennent ceux qui sont préoccupés par le chômage, par les fins de mois difficiles, par la fermeture de branches industrielles entières, par l’insécurité dans leur quartier ? Notre pays compte bientôt trois millions et demi de chômeurs et des millions de précaires, nos industries disparaissent, et les jeunesses politiques de la gauche ne nous parlent que de l’expulsion de sans papiers et des violences misogynes. Comment dans ces conditions peuvent elles espérer être entendues par l’électorat populaire, qui a d’autres problèmes un peu plus pressants ? Il y a quelque chose d’effrayant dans l’autisme d’une classe politico-médiatique qui confond ses marottes avec l’intérêt général, qui est persuadée de détenir la vérité révélée et se sent investie on ne sait pas par quelle divinité du pouvoir de faire le bonheur des peuples malgré eux. Cet autisme, on l’a vu, n’épargne personne à droite comme à gauche jusqu’à y compris la gauche radicale. Les soi-disant élites n’écoutent plus que les gens comme eux, et sont devenues sourdes aux préoccupations du reste de la société. C’est là où se trouve le véritable danger. Si Marine Le Pen arrive un jour au pouvoir, ce sera portée par les voix de ceux dont on a trop longtemps ignoré les problèmes, et non par un coup d’Etat « fasciste ».

Au fond, le plus surprenant dans la situation que nous vivons est certainement la surprise de nos politiques et de nos commentateurs. On aurait dit que tous ces gens ont été pris au dépourvu par les résultats. Pourtant, ils étaient prévisibles, que dis-je, annoncés depuis plusieurs semaines. Même pour un observateur moyennement informé comme moi. Alors, imaginez pour les Fressoz et les Giesbert, supposés être la crème de la crème de nos analystes politiques, et pour tous ces ministres qui ont à leur disposition les rapports des préfets ? Sans parler des partis politiques, avec leurs réseaux à l’écoute des citoyens. Tous ces gens savaient le résultat à l’avance. Or, le soir de l’élection, l’impréparation était totale. Personne n’avait l’air d’avoir préparé son discours, tout le monde semblait KO debout. On en arrivait à se demander à quels résultats tous ces gens-là s’étaient préparés. S’attendaient jusqu’au bout à un miracle ?

Si je devais garder une image des élections européennes, ce serait celle de l’émotion et de la détresse de Mélenchon à sa conférence de presse (4). Pour une fois, le Petit Timonier n’a pas cherché à minimiser l’ampleur du désastre. Il n’a pas, comme c’est devenu son habitude, cherché à gonfler le score du Front de Gauche. Il a admis, avec des trémolos dans la voix qui n’étaient nullement feints, la défaite et le besoin de revenir sur les erreurs commises (5). Vous remarquerez d’ailleurs que depuis le soir de l’élection le blog de Mélenchon est muet et fermé aux commentaires. Tout cela – vous voyez, je suis optimiste – est de bon augure. La baffe reçue des électeurs ce 25 mai pourra peut-être réussir là ou les amis qui lui veulent du bien – à ne pas confondre avec les sycophantes qui, comme tout flatteur, vivent aux crochets de celui qui les écoute – ont échoué. C'est-à-dire à lui faire comprendre qu’une révision en profondeur du programme, du langage et du positionnement sont indispensables s’il veut pouvoir conquérir et représenter l’électorat populaire, condition sine qua non de tout changement de fond. Permettez-moi donc d’adresser à Jean-Luc un message personnel : Courage ! Rien n’est perdu pour celui qui a le courage d’admettre les erreurs et de les corriger.

Descartes

(1) Efforts qui ont par exemple consisté à remarquer qu’après tout, malgré les 26% du Front National, les partis européistes font encore près de 69 % des voix. Seulement, cet argument oublie un phénomène bien connu des experts en marketing, celui de la rémanence des choix. Pour le dire autrement : si vous arrivez au rayon lessives de votre supermarché en n’ayant jamais acheté une lessive, il y a de grandes chances que votre choix soit guidé par le prix, ou les qualités annoncées du produit ou de l’emballage. Mais si vous avez déjà acheté, la probabilité que vous preniez une marque que vous avez déjà acheté est relativement importante alors même que son prix, son emballage ou ses qualités sont moins attractives. En d’autres termes, pour qu’une nouvelle marque arrive à attirer votre attention, il lui faut offrir beaucoup plus que la marque installée. En politique, le phénomène de « prime au sortant » est une bonne illustration de ce phénomène. Ce phénomène de rémanence limite l’amplitude des évolutions qu’on peut observer d’une élection sur l’autre. Même si la majorité du peuple français était eurosceptique, il serait très difficile pour le camp eurosceptique de passer de 10% à 50% en seulement cinq ans. De tels déplacements du vote sont extrêmement rares.

(2) Quelqu’un devrait expliquer au président que les formules « La France, elle est comme ci » et « le changement, il devrait donner cela » sont incorrectes. Le discours de François Hollande étant bourré de fautes de cette nature, je me suis demandé si ce n’était qu’un tic de langage du président à l’oral. Mais les fautes figurent aussi dans le discours écrit tel qu’il est publié sur le site de l’Elysée… franchement, on ne pourrait pas payer au président un bon correcteur de discours ?

(3) L’appel est signé par l’UNEF, la FIDL, l’UNL, Osez le Féminisme, la Maison des Potes, les Jeunes Socialistes, les Jeunes Communistes, les Jeunes du Parti de Gauche, les Jeunes de la Gauche Unitaire, les Jeunes Ecologistes, les Jeunes Radicaux de Gauche. Le texte, long de plusieurs paragraphes, ne mentionne pas une seule fois les mots « chômage » ou « chômeur ».

(4) consultable ici : http://www.dailymotion.com/video/x1wq06x_conference-de-presse-de-j-l-melenchon-europeennes-2014_news

(5) Dommage qu’il ait ressenti le besoin de rejeter la faute sur les autres – le gouvernement, pour faire court. Dommage aussi qu’il voie dans la résultat du FN le simple fait que « d’aucuns ont réussi à imposer l’idée que c’était les immigrés, que c’était les mœurs, que c’était la nature du mariage, qui posaient problème dans ce pays ». Or, si quelqu’un a martelé que « les mœurs et la nature du mariage posaient problème », c’est bien le Front de Gauche. Comparez la place donnée à ces questions dans le programme du FDG avec celle qui est réservée aux questions économiques… si « la nature du mariage » ne pose pas de problème, pourquoi est-on allé le réformer avec la loi dite « du mariage pour tous » âprement défendue par le Front de Gauche ?

 

http://descartes.over-blog.fr/2014/05/c-est-la-chute-finale.html

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L'Ukraine demande aux USA, à l'UE et à l'OTAN d'aider à protéger ses sites nucléaires (La Voix de la Russie - 3.3.2014)

30 Mai 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine

 

 

L'Ukraine demande aux USA, à lUE et à lOTAN d'aider à protéger ses sites nucléaires

Le gouvernement ukrainien a envoyé des lettres à lUnion européenne, aux Etats-Unis et à lOTAN avec une demande de lui fournir de laide afin de protéger ses sites nucléaires, rapporte lagence ukrainienne UNIAN, en référence au briefing mené par le ministre par intérim des Affaires étrangères Andreï Dechtchitsa.

« Concernant la sécurité des sites nucléaires en Ukraine, nous avons envoyé des lettres à cet égard à l'Union européenne, aux États-Unis et à l'OTAN, précisant quune telle menace existe. Je pense que personne na envie quune catastrophe qui ressemble à Tchernobyl se reproduise », a indiqué M. Dechtchitsa.           N
Lire la suite: http://french.ruvr.ru/news/2014_03_03/LUkraine-demande-l-aide-aux-USA-a-l-UE-et-a-l-OTAN-pour-proteger-ses-sites-nucleaires-9330/

 

 

dimanche 18 mai 2014 - La Voix de la Russie

Ukraine : Des néo-nazis ont voulu s'emparer d'une centrale nucléaire

La police ukrainienne a empêché des hommes armés d'entrer dans la plus grande centrale nucléaire d'Europe dans le sud-est de l'Ukraine. Dans une vidéo où on les voit, semble-t-il, après leur arrestation, ces hommes disent appartenir au Secteur Droit.

Des hommes armés ont été arrêtés jeudi à l'entrée de la ville de Energodar, près de la centrale nucléaire de Zaporizhia, a annoncé vendredi le service de presse de la centrale dans un communiqué sur son site Web.

Les responsables de la centrale indiquent que cet incident n'a pas affecté le fonctionnement de la centrale. Cependant la sécurité a été renforcée sur le site et dans toute la ville de Energodar.

Plusieurs cars pleins d'hommes, disant appartenir au célèbre groupe néo-nazi Secteur Droit, ont été arrêtés à un checkpoint près de Energodar, selon la Komsomolskaya Pravda ukrainienne. Les hommes, qui étaient armés et cagoulés, ont dit qu'ils venaient "protéger la centrale nucléaire et la ville contre une éventuelle attaque," a rapporté le journal.

Nous étions venus protéger la ville mais la police nous a arrêtés et encerclés, a dit un membre du Secteur Droit au journal Ukrainien.

La police locale a dit qu'elle avait confisqué leurs armes et lancé une enquête criminelle.

Dans la vidéo les hommes se présentent comme des membres du Secteur Droit de la région de Zaporizhia (Zaporozhye), et ajoutent qu'ils sont venus protéger la centrale contre les militants qui voudraient "hisser des drapeaux russes" dans la ville.

Le Secteur Droit a appris que des militants pro-russes se préparaient à mettre des drapeaux [ukrainiens] à la place des drapeaux russes au checkpoints de Energodar. Le secteur Droit est venu empêcher cela, a déclaré un homme.

Dans la vidéo les hommes brandissent des drapeaux ukrainiens et scandent des slogans nationalistes comme.
Les héros ne meurent pas! Gloire à l'Ukraine! Gloire aux héros!

Mais sur son site officiel, Secteur Droit a démenti que ses hommes voulaient investir la centrale.

L'information [dans les médias] selon laquelle ce groupe appartiendrait au secteur Droit est erronée, lit-on sur le site du groupe d'extrême-droite. Le Secteur Droit dément officiellement avoir tenté d'investir la centrale nucléaire de Zaporizhia.

La centrale de Zaporizhia est la plus grande centrale nucléaire, non seulement d'Ukraine mais d'Europe, selon la firme en charge des centrales ukrainiennes. Elle est située dans la régions des steppes ukrainiennes au bord du réservoir d'eau de Kakhovka. La centrale fournit 40-42 milliards de kWh par an, ce qui représente un cinquième de la production annuelle de l'Ukraine et presque 47 % de l'électricité produite par toutes les centrales nucléaires ukrainiennes.

Dmitry Yarosh, le leader du Secteur Droit a déjà menacé de détruire les pipelines russes qui amènent le gaz en Europe à travers le territoire ukrainien. Moscou a émis un mandat d'arrêt international contre Yarosh pour incitation au terrorisme après que ce dernier ait incité le leader terroriste tchétchène Doku Umarov à attaquer la Russie.

Les membres du secteur Droit se sont fait remarquer par leur active participation aux violences qui ont conduit au renversement du Président Viktor Ianoukovitch en février. Les combattants du groupe portaient des insignes nazis et utilisaient des bats de baseball, des cocktails Molotov et des armes à feu contre la police ukrainienne.

Le groupe a adopté une position violemment anti-russe et a transféré ses quartiers généraux précédemment installés à Kiev dans la ville de Dnepropetrovsk en avril.

Des membres du Secteur Droit ont été identifiés dans les forces de la Garde Nationale qui se sont constituées après le coup et sont loyales aux autorités de Kiev. Les bataillons de la Garde Nationale ont été impliqués dans les opérations punitives lancées contre les militants fédéralistes du sud-est de l'Ukraine au cours desquelles beaucoup de personnes ont été tuées ou blessées.

On compte au nombre des dernières violences le massacre perpétré dans la ville d'Odessa, au sud de l'Ukraine, où des heurts ont éclaté entre des militants anti-gouvernement et des radicaux qui soutenaient les autorités imposées par les coup d'état de Kiev. 48 personnes ont été tuées et plus de 200 blessées quand les nationalistes ont brûlé le camp des protestataires et mis le feu à la Maison des Syndicats où étaient piégés des militants anti-Kiev. Beaucoup de ceux qui ont réussi à échapper aux flammes ont ensuite été battus à mort par les nationalistes, selon des témoins.


Pour consulter l'original: http://rt.com/news/159640-ukraine-gunmen-nuclear-plant/
 
Traduction: Dominique Muselet

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La colère monte en Allemagne autour de la situation en Ukraine (La Voix de la Russie)

30 Mai 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine

 

JJ LATH <habbah.melh@gmail.com> a écrit :

Par La Voix de la Russie | La colère monte en Allemagne autour de la situation en Ukraine. Les pacifistes allemands de tous les bords politiques se retrouvent dans des villes tous les lundis pour manifester.

La population, des personnalités des médias et des activistes politiques, suivent le modèle des manifestations « wir sind das Volk » (nous sommes le peuple), qui ont fait tomber la RDA, pour prendre le micro et dénoncer l'OTAN et le gouvernement de Berlin qui soutiennent le gouvernement anti-russe. Contrairement à la France les Allemands, par la situation géographique de leur pays et leur histoire, se sentent davantage concernés par le conflit ukrainien. « Les manifestations du lundi », Montagsdemos, ont réussi à réveiller une population qui était encore tenue en laisse par les médias officiels. Avec ces « manifestations du lundi », l'idée de fonder un bataillon international vient aussi d'être lancée autour de vétérans russes et de la ex-RDA pour aller en Ukraine et défendre la population ukrainienne et russe contre ce qu'ils nomment les fascistes de Kiev. La révélation du projet de ce bataillon attire des Allemands, mais aussi des personnes d'autres nationalités, qui militent pour la Russie.

Les manifestations du lundi. Elles sont nées avec les événements en Ukraine, par des rassemblements, dans les villes, de la population qui ne veulent pas de guerre et qui dénonce l'intervention de Berlin avec l'OTAN en Ukraine (Le parti UDAR du boxeur est financé par Berlin. Les soldats ukrainiens reçoivent des uniformes allemands). Les pacifistes allemands, qui rassemblent des personnes de toutes les tendances, mais qui sont boudés par les chefs des Verts et des Linke, se rassemblent de manière inédite dans ces manifestations. Plusieurs éclats ont eu lieu avec les médias officiels, ZDF, ARD, qui ont du mal à cacher la vérité des faits sur l'Ukraine. Contrairement à la France, les Allemands sont beaucoup plus sensibles aux bruits de bottes et aux signaux annonçant une guerre. Eux savent que la situation politique n'est jamais réellement acquise. La fin de la RDA et la réunification ont marqué le peuple et montré que des États peuvent disparaître.

Bataillon allemand. «Les manifestations du lundi » et l'interdiction du parti communiste avec les actes de violences en Ukraine, la non reconnaissance du référendum en Crimée, ont poussé les anti-fascistes allemands, des Russes allemands (trois millions en Allemagne, dont 500 000 Russes venus en Allemagne à la chute de l'URSS) à former le bataillon Thälmann pour l'Ukraine. C'est un journaliste du journal Kultura de Moscou qui le rapporte, dans un article ce 21 mai, après avoir rencontré ces 400 militants qui se sont constitués autour de vétérans russes et allemands dans un défilé en soutien à la Crimée, à Berlin. « C'est en l'honneur du bataillon Thälmann qui fut constitué pour la guerre d'Espagne que nous avons eu l'idée de le fonder pour l'Ukraine. En Allemagne la colère monte chez les anciens citoyens de l'Union Soviétique. Ils condamnent le soutien au gouvernement de transition, la non reconnaissance de la Crimée et veulent des élections pro-russes pour l'autonomie », dit Alexander Kifel vétéran des troupes spéciales de l'ex-RDA. Ernst Thälmann était le chef du parti communiste allemand qui, fidèle au stalinisme, mena la résistance contre le nazisme en Allemagne. Condamnant la mascarade d'élections pseudo-démocratiques en Ukraine organisées par le gouvernement de transition, le nouveau bataillon Thälmann lance aussi un appel international pour intervenir en Ukraine et porter main forte aux populations des nouveaux territoires, la Nouvelle Russie (Novorossia), qui s'est constituée par référendum. Hier, Wilfried, un contact allemand, qui ne cesse de soutenir la Russie et dénoncer la politique de son pays, a exprimé sa joie à la prise de connaissance de ce bataillon : « C'est réellement super. J'attends leur réponse et si ça marche, j'y vais. Il faut bien mourir un jour », dit Wilfried quand on lui rappelle qu'il peut y laisser sa vie. N

 

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La crise ukrainienne pourrait dégénérer en guerre nucléaire de quatre manières différentes (Forbes - 29.4.2014)

30 Mai 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine

Loren Thompson est analyste et lobbyiste du Lexington Institute . Son article est publié dans la revue FORBES

http://www.forbes.com/sites/lorenthompson/2014/04/24/four-ways-the-ukr...

traduit par Dominique Muselet , voir:

:

 

 

29 avril 2014

 

 

La crise ukrainienne pourrait dégénérer en guerre nucléaire de quatre manières différentes (Forbes)

 

Loren Thompson

En 1983 la chaîne de télévision ABC a diffusé un film qui sappelait "Le jour daprès" dans lequel les frappes nucléaires réciproques de deux superpuissances dévastait la vie des Américains moyens de deux villes du Midwest. Le conflit commençait par une concentration de troupes russes en Europe de lEst (selon Moscou il sagissait de simples manœuvres militaires) qui saggravait à tel point que les deux camps finissaient par larguer leurs missiles nucléaires de peur de les perdre dans une attaque préventive. Le film, qui avait été diffusé pendant une période de tensions et de désaccords entre les Etats-Unis et lUnion Soviétique a eu de plus de 100 millions de spectateurs : le plus grand succès daudience de toute lhistoire de la TV.

Les Etasuniens ne pensent plus beaucoup à ce scénario depuis la fin de la Guerre Froide parce que lUnion Soviétique sest dissoute et que la rivalité idéologique entre Washington et Moscou a disparu. Cependant, la crise en cours à propos de lUkraine nous rappelle que la Russie est une puissance nucléaire et que les causes géopolitiques de ses inquiétudes concernant sa sécurité nont pas disparu. En fait, Moscou a sans doute encore plus de raisons de sen faire aujourdhui du fait quelle a perdu la bouclier des pays alliés qui la protégeaient dune attaque occidentale pendant la Guerre Froide et que désormais sa capitale se trouve seulement à quelques minutes de la frontière orientale de lUkraine en jet (et encore moins de temps en missile). Quand on connaît lhistoire de la région on comprend facilement pourquoi Moscou peut craindre une agression.

Bien que lAdministration Obama réponde avec mesure à lannexion de la province de Crimée de lUkraine en mars dernier, sa crédibilité auprès de ses alliés régionaux est en jeu, et le leader russe, Vladimir Poutine, na rien fait pour rassurer ses voisins. Après avoir fomenté la révolte en Ukraine orientale*, Moscou dit maintenant quil pourrait être contraint de venir en aide aux Russes qui y vivent (il a massé 40 000 soldats à la frontière, pour ce quil a dabord appelé des manœuvres). Pendant ce temps, les Etats-Unis ont accru leur présence militaire dans la région pour garantir la sécurité des membres locaux de lOTAN. Petit à petit la tension monte.

Il y a un aspect de léquilibre militaire régional quil ne faut pas oublier cest la présence darmes soi-disant non stratégiques des deux côtés. Ces missiles, bombes et autres armes, quon appelait autrefois armes nucléaires tactiques, ont été achetés pendant la Guerre Froide pour compenser le manque darmes conventionnelles en cas de guerre. Selon Amy Woolf du Service de Recherche du Congrès, les Etats-Unis ont environ 200 armes nucléaires de ce type en Europe, dont une partie se trouve à la disposition des alliés locaux. Woolf dit que la Russie a environ 2 000 têtes nucléaires non stratégiques dans son arsenal opérationnel - la plupart pouvant atteindre lUkraine - et que au fur et à mesure des remises à niveau successives, la stratégie militaire russe semble "compter de plus en plus sur les armes nucléaires" pour faire face à la supériorité des Etats-Unis dans le domaine des armes conventionnelles de haute technologie.

Une étude de 2001 réalisée par la très respectable RAND Corporation est arrivée à peu près à la même conclusion et affirme que la doctrine militaire russe admet explicitement la possibilité dutiliser larme nucléaire pour provoquer lescalade dun conflit régional ou à linverse sa désescalade. Ce ne sont pas seulement des menaces de la part des Russes. Les Etats-Unis et lOTAN envisagent aussi la possibilité de se servir de larme nucléaire dans une guerre européenne. LAdministration Obama a eu lopportunité de renoncer à cette éventualité lors de la Révision de La Politique Nucléaire de 2010 mais elle a au contraire décidé de déployer davantage darmes nucléaires en Europe au titre dune doctrine appelée Dissuasion Elargie. Les nations dEurope de lEst qui ont rejoint lOTAN après leffondrement de lUnion Soviétique étaient particulièrement favorables à lidée davoir des armes atomiques tout près.

Aussi improbable que cela paraisse, il y a dans les deux camps la doctrine et les capacités nucléaires susceptibles de conduire à lutilisation darmes nucléaires en cas de guerre en Ukraine. Voilà quatre façons dont cela pourrait se produire :

Mauvais services secrets. Comme les Etats-Unis ont ricoché déchec en échec au cours des dernières décennies, on a pu se rendre compte que Washington nest pas le champion du décryptage des informations. Même quand il dispose dinformations vitales, leur lecture est tellement biaisée par les préjugés et les processus bureaucratiques quils en tirent de mauvaises conclusions. Cest le même problème à Moscou**. Par exemple, la crise des missiles cubains de 1962 a éclaté en partie parce que Khrouchtchev, le leader soviétique, croyait que le président Kennedy était plus faible quil ne létait en réalité, et la marine étasunienne a presque provoqué le lancement dune torpille nucléaire par un sous-marin russe pendant le blocus parce quelle a sous-évalué la réaction de lennemi à la menace. Il nest pas difficile d’imaginer pareilles erreurs dinterprétation en Ukraine que Washington et Moscou approchent à partir de perspectives très différentes. Un déploiement denvergure des forces étasuniennes dans la région pourrait provoquer une escalade russe.

Mauvais signaux . Quand les tensions sont fortes, des leaders rivaux cherchent souvent à envoyer des signes sur leurs intentions pour influencer lissue des événements. Mais la signification de tels signes peut aisément être brouillée par la nécessité des leaders de sadresser à plusieurs interlocuteurs différents en même temps et par les différentes grilles de lecture utilisées dans chaque camp. Même la traduction peut changer le sens des messages de manière subtile. Alors quand Lavrov, le ministre des Affaires Etrangères russe, a parlé cette semaine dune aide éventuelle aux Russes de lUkraine de lEst, Washington a dû deviner si cela signifiait quil allait envahir lUkraine ou sil envoyait un signal à Kiev au sujet de sa campagne antiterroriste, ou sil voulait dire encore autre chose. La mauvaise interprétation de tels signaux peut entraîner une escalade réciproque si rapide et si forte que la décision dutiliser larme nucléaire finit par sembler logique.

L’approche de la défaite. Si une guerre conventionnelle se déclarait entre la Russie et lOTAN, un des deux camps devrait à moment donné savouer vaincu. La Russie a un avantage numérique indéniable près de lUkraine, mais son armée est composée principalement de conscrits et elle est mal équipée en comparaison de larmée occidentale. Le camp qui sentirait quil est en train de perdre devrait décider sil vaut mieux perdre la guerre ou utiliser des armes nucléaires tactiques. En cas déchec, Moscou se retrouverait avec une présence ennemie à ses portes tandis que Washington devrait accepter leffondrement de lOTAN, son plus important allié. Devant une telle perspective, lutilisation de "seulement" une de ses deux têtes nucléaires tactiques pourrait sembler raisonnable - surtout considérant que la doctrine et les capacités nucléaires des deux camps le permettent.

Commandement défectueux. Les armes nucléaires stratégiques comme les missiles balistiques intercontinentaux sont étroitement contrôlées par les membres les plus haut gradés de larmée en Russie comme aux Etats-Unis, ce qui rend leur déclenchement non autorisé ou accidentel pratiquement impossible. Mais ce nest pas tout à fait le cas des armes nucléaires non stratégiques qui à moment donné dune processus descalade doivent être confiées au contrôle de commandants locaux si elles doivent être de quelque utilité. La politique étasunienne envisage même de permettre à ses alliés de lancer des têtes nucléaires sur des cibles ennemies. Moscou ne fait sans doute pas autant confiance à ses alliés mais comme il a davantage darmes nucléaires tactiques dans davantage dendroits, il y a encore plus de chances quun commandant russe local ait la possibilité dutiliser la première arme nucléaire dans le chaos de la bataille. La doctrine russe permet lusage darmes nucléaires en cas dagression conventionnelle menaçant la patrie et les obstacles aux initiatives locales sautent souvent une fois que les hostilités ont commencé.

Quand on considère tout les éléments qui, en temps de guerre, vont à lencontre de la retenue - un renseignement médiocre, des communications confuses, des revers militaires, un commandement dégradé et quantités dautres choses - il semble raisonnable de penser quune confrontation militaire entre lOTAN et la Russe puisse devenir incontrôlable et quà force descalade on en arrive à utiliser larme nucléaire. Et parce que lUkraine est si proche du coeur de la Russie (environ 350 km de Moscou) Dieu seul sait ce qui se passerait une fois si le "pare-feu" nucléaire sautait. Tous ces termes - pare-feu, échelles descalade, dissuasion élargie - ont été créés pendant la Guerre Froide pour établir différents scénarios possibles de guerre en Europe. Alors, puisque le regain de tensions permet de craindre une guerre en Ukraine (ou dans une autre nation anciennement soviétique) il est peut-être temps de renouer avec la manière de penser de lépoque de la Guerre Froide.

Loren Thompson

Traduction : Dominique Muselet

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Pourquoi la montée du FN? Une partie de la réponse

30 Mai 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les élections européennes de mai 2014.


Pourquoi la montée du FN?  Une partie de la réponse.

Ecoutez, si cela n'est déjà fait, ces trois émissions de "Là-bas si j'y suis"

Bonjour la SOUS-France ...













On s’étonne, on panique, on s’indigne, la marée noire a encore monté. C’était quelques tâches puis quelques nappes, aujourd’hui c’est jusqu’au cou.

Pourquoi ?

Trente ans de mépris, trente ans d’abandon, trente ans de trahison. Du haut des hauts plateaux de télévisions les experts invoquent des causes et des

raisons. Depuis 2008, 300 usines ferment chaque année en France. 150 000 usines en friche dans le pays. Et des femmes et des hommes aussi, méprisés,

abandonnés, trahis.

Marine s’est contentée de voler le constat et le discours de la gauche critique pour les mettre dans la vitrine de sa vieille boutique xénophobe.

Et ça marche. Bien mieux que le train que nous prenons aujourd’hui entre Givet et Charleville, dans les Ardennes, dans cette France en friche, cette SOUS FRANCE.

Seule tâche de couleur, une affiche de Marine Le Pen sur un mur de briques noires.

Reportage : Gaylord Van Wymeersch

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=3007

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=3008

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=3009


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Articles d'Indépendance des Chercheurs : Bilderberg 2014, cette semaine à Copenhague

30 Mai 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La mondialisation

Articles d'Indépendance des Chercheurs :

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2014/05/28/bildeberg-2014-cette-semaine-a-copenhague-49974.html

Bilderberg 2014, cette semaine à Copenhague

Un mois après la réunion annuelle de la Commission Trilatérale, tenue à Washington du 25 au 27 avril, aura lieu à Copenhague du 29 mai au 1er juin la réunion du groupe de Bilderberg sous la présidence du PDG d’AXA Henri de Castries. Si la liste des membres de la Commission Trilatérale en date du mois d’avril est publique, celle des participants à la rencontre de Bilderberg de cette année circule déjà. Sont annoncés parmi les participants français François Baroin, Christine Lagarde, Fleur Pellerin ou encore le secrétaire général adjoint de l’Elysée Emmanuel Macron. Il en est de même du secrétaire général de l’OTAN et du commandant en chef des forces de cette alliance. Ou encore, de la commissaire européenne Viviane Reding et d’un membre du directoire de la Banque Centrale Européenne. Comme d’habitude, les représentants des milieux d’affaires des deux côtés de l’Atlantique constituent la composante dominante. Le communiqué de presse fait également état d’une série de sujets à aborder au cours de cette rencontre. On peut prévoir que la situation en Europe et les projets de mise en place d’une grande zone économique transatlantique occuperont une place importante dans les débats. Précisément, les dernières élections européennes ont mis en évidence une opposition croissante aux projets de grands marchés évoqués dans nos articles « Assemblée Nationale, Traité transatlantique, OMC... (I) » et « L’Accord économique commercial global UE - Canada (I) ». De même, la mobilisation européenne en défense de la liberté de l’internet et de la neutralité du réseau contre les menaces décrites dans nos articles « Parlement Européen, internet : plus que quelques heures », « Avenir de l’internet : lettre aux députés européens » et « Neutralité du net : le vote du Parlement Européen » dérange de toute évidence les grandes multinationales. Quant à la stratégie de démolition progressive des services publics, droits des travailleurs et du niveau de vie de la population dénoncée notamment dans nos articles « Parlement Européen, internet : plus que quelques heures », « Avenir de l’internet : lettre aux députés européens » et « Neutralité du net : le vote du Parlement Européen », elle se heurte de toute évidence à une résistance de plus en plus générale. Autant de problèmes pour les financiers et les représentants des grandes multinationales présents à cette rencontre. Ce qui vient s’ajouter aux nombreuses tensions internationales actuelles, à la montée des pays dits « émergents »... La situation devient de plus en plus complexe pour les « élites » réunies dans cette rencontre de Bilderberg. Où mèneront leurs débats ?

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2014/05/28/bildeberg-2014-cette-semaine-a-copenhague-49974.html]


http://blogs.mediapart.fr/blog/scientia/280514/bilderberg-2014-un-contexte-difficile

Bilderberg 2014 : un contexte difficile

La situation actuelle en Europe rend de plus en plus difficile pour les représentants des milieux dominants européens et nord-américains de définir une stratégie globale sans se heurter à une opposition croissante des populations de leurs propres pays. Les élections de la semaine dernière l’ont largement prouvé. Cette situation est à bien d’égards nouvelle, mais n’a rien d’étonnant vu la logique de la mondialisation du capitalisme. Sont en cause à présent les moyens dont peuvent disposer les stratèges du système pour contrôler malgré tout cette situation. Tel sera sans doute l’un des sujets centraux de la rencontre de Bilderberg qui commence demain à Copenhague deux jours après un Conseil européen de crise.

[la suite, sur le lien http://blogs.mediapart.fr/blog/scientia/280514/bilderberg-2014-un-contexte-difficile]

http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2014/05/29/bildeberg-2014-un-contexte-sous-tension-i-49976.html

Bilderberg 2014 : un contexte sous tension (I)

Le 29 mai 2014 commence à Copenhague la rencontre de Bilderberg de cette année, deux jours après un Conseil européen tenu sous une tension évidente après les dernières élections au Parlement européen. Nos articles d’hier
« Bilderberg 2014, cette semaine à Copenhague » et « Bilderberg 2014 : un contexte difficile » ont entrepris d’analyser cette situation que reflètent très clairement les déclarations de François Hollande avant et après ledit Conseil. La mise en cause de plus en plus explicite, par les citoyens des pays membres de l’Union Européenne, de la politique de cette institution est devenue la source d’un réel souci pour les instances dirigeantes européennes mais aussi de l’Amérique du Nord. Elle inquiète également les milieux d’affaires des deux côtés de l’Atlantique. A propos des rencontres de Bilderberg, Bakchich ironise dans un article intitulé « Les tout petits amis américains de Bilderberg » : «  Bilderberg, conférence au rabais (...) Bilderberg c’est la fable de la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le mammouth ». Même si l’importance des rencontres de Bilderberg n’est plus la même qu’au moment de leur création il y a une soixantaine d’années, nous ne partageons pas l’analyse de Bakchich. Bilderberg reste un lieu de rencontre utile pour les milieux influents de l’Europe occidentale et des Etats-Unis. Il serait également erroné de sous-estimer l’hégémonie mondiale acquise par les financiers et les grandes multinationales des puissances « occidentales ». Mais le maintien et la « gestion » de cette hégémonie deviennent des tâches de plus en plus complexes dans un contexte de mondialisation accélérée du capitalisme, d’exportation de capitaux à la planète entière et de montée des pays « émergents ». De ce point de vue, le développement d’une opposition croissante de la part des citoyens des pays européens à la politique de l’Union Européenne devient un réel souci pour les « élites occidentales ». Déjà en 2013, à propos de la situation en Europe, le « nationalisme » et le « populisme » avaient constitué l’un des sujets de la rencontre de Bilderberg. Comme les déclarationsde François Hollande, le communiquéde Herman van Rompuy à l’issue du Conseil européen de mardi dernier insiste notamment sur « la croissance, la compétivité et l’emploi ». Mais que deviennent les salaires, les prestations sociales, le droit du travail, les services publics, la santé, la stabilité de l’emploi, l’ensemble des acquis de l’après-guerre... ? La rencontre de Bilderberg de cette année ne pourra pas ignorer une telle impasse. Mais jusqu’où se poursuivra la stratégie de forcing des milieux d’affaires et du monde politique à l’égard des « petits citoyens » ?

[la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2014/05/29/bildeberg-2014-un-contexte-sous-tension-i-49976.html]


http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/bilderberg-2014-une-rencontre-sur-152572

Bilderberg 2014 : une rencontre sur fond de crise

La rencontre de Bilderberg de 2014 commence aujourd'hui à Copenhague, d'après le
communiqué de presse officiel. Une liste des participants est également diffusée. Ce n'est donc pas si secret que certains le laissent entendre. Il en est de même de la Commission Trilatérale, qui s'est réunie il y a un peu plus d'un mois en dont la liste officielle des membres en date d'avril 2014 est également publique. On peut ainsi constater que l'actuel milieu gouvernemental français est présent dans les deux cercles. A la Trilatérale, avec la présidente de la Commission des affaires étrangères de l'Assemblée Nationale, Elisabeth Guigou. A la rencontre de Bilderberg, via la secrétaire d'Etat Fleur Pellerin et le secrétaire général adjoint de l'Elysée Emmanuel Macron. Si la Commission Trilatérale est par définition tricontinentale (pour l'essentiel Europe - Amérique du Nord - Asie), Bilderberg incarne un groupe plus restreint autour des milieux dominants de l'Europe et de l'Amérique du Nord. Les résultats des dernières élections européennes feront très certainement l'objet de débats à cette rencontre de Bilderberg qui commence deux jours après un Conseil européen où l'inquiétude des milieux dirigeants s'est clairement exprimée. Quelles que soient les voies par lesquelles elle se soit exprimée, l'attitude de révolte d'une partie croissante de la population européenne constitue un réel souci pour les « élites occidentales » dans l'actuel contexte économique, social et politique. Sans oublier l'Ukraine, la montée en puissance des pays « émergents », les différentes tensions internationales... Une situation qui rend cette rencontre de Bilderberg particulièrement digne d'attention.

[la suite, sur le lien
http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/bilderberg-2014-une-rencontre-sur-152572]

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[Régis Debray & Gabriel Robin 1] À droite des voyous, à gauche des médiocres : la classe dirigeante reçoit la monnaie de sa pièce…

30 Mai 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La nation .

Le 30 mai 2014

[Régis Debray & Gabriel Robin 1] À droite des voyous, à gauche des médiocres : la classe dirigeante reçoit la monnaie de sa pièce…             

 
Un débat de haut vol sur France Culture le 29/05 – ça change tout de suite quand on n’a pas les “experts” médiatiques classiques… Aujourd’hui, la partie sur l’Europe…

 

Marc Voinchet – Après le résultat des élections européennes en France, les commentaires qu’il suscite de par le monde, de la presse internationale, de nos amis étrangers, l’heure est à l’analyse, à l’analyse aussi pour savoir ce qui se passe tout bonnement en Europe aujourd’hui. Une Europe qui serait menacée à l’est par le conflit ukrainien avec toutes ses questions : l’Europe est-elle encore une union ? A-t-elle encore un sens ? La démocratie européenne fonctionne-t-elle encore face à l’épreuve du conflit armé ? Est-elle assez solide ? Pour parler de tout cela aujourd’hui, nous avons décidé en ce jour de l’Ascension de prendre de la hauteur avec Régis Debray.

Bonjour Régis Debray et Bonjour monsieur l’ambassadeur


Régis Debray – Bonjour.

 

Gabriel Robin – Bonjour.


Marc Voinchet – Ambassadeur de France, ancien directeur des affaires politiques au ministère des affaires étrangères, ancien conseiller de Valéry Giscard d’Estaing quand il était président de la République, à l’Elysée, pendant cinq ans et ancien ambassadeur auprès de l’OTAN. Nous vous écouterons, vous avez beaucoup de choses à nous dire et à livrer quelques-unes de vos analyses sur notamment la situation ukrainienne aujourd’hui. Mais peut-être pour commencer, et disais-je prendre et tenter de prendre de la hauteur, avec vous Régis Debray, comme nous aimons le faire dans les Matins de France Culture quand une actualité est riche, est aussi chargé que celle-ci tout de même : les élections européennes, le score du Front National, dans la foulée l’explosion en plein vol, en tout cas l’actualité compliquée autour de l’UMP, du financement de la campagne de Nicolas Sarkozy, l’affaire Bygmalion et puis de l’autre, après tout, un Parti Socialiste qui semble ne pas se porter très bien non plus. Comment analysez-vous ce moment-là dont certains disent qu’il est le signe, peut-être, d’un déclin ? Certains se souviennent de cette phrase de Paul Valéry, au début des années 1930 : « Le corps social perd tout doucement son lendemain ».


Régis Debray – Oui, d’abord ne dramatisons pas trop, le Front National c’est 10% des inscrits et puis n’en faisons pas trop vite, ce serait de la paresse intellectuelle, un repaire de fascistes ou même d’extrême droite, les choses sont plus compliquées. Non, moi je crois que ce qui se passe aujourd’hui, c’est que la classe dirigeante reçoit la monnaie de sa pièce. C’est-à-dire qu’elle a démissionné de ses missions fondamentales et je trouve ça un peu bête de vitupérer les conséquences sans envisager les causes de cette victoire relative du Front National. Je dirais que la classe dirigeante, et j’entends par là la classe politico-médiatique, je devrais d’ailleurs dire la classe médiatico-politique puisqu’en démocratie de l’opinion, c’est l’opinion qui dirige et la fabrication de l’opinion dirige non seulement la perception des choses mais le gouvernement des hommes. En tout cas, il y une classe…

 

Marc Voinchet – Enfin vous nous mettez dans le même sac quoi, si j’ai bien compris…


Régis Debray – Non, je ne vous mets pas dans le même sac, la preuve c’est que vous voulez bien m’écouter et que vous voulez bien écouter Gabriel Robin, ce qui est tout à fait exceptionnel. Non, si vous voulez, c’est vrai que le personnel politique n’est pas très enthousiasmant, c’est lui qui disons, c’est lui qui tient le crachoir, à droite des voyous à gauche des médiocres, je ne parle pas des électeurs. Mais au-delà de ces considérations personnelles, voyons les choses en face, et c’est d’ailleurs pour ne pas se regarder dans un miroir que la classe dirigeante commence à, je dirais brandir le spectre du fascisme etc… La droite a bazardé le gaullisme, avocats d’affaires qui font du business, la gauche elle, elle a bazardé et le socialisme et la République. Qu’est-ce que la gauche ? C’est l’union du populaire et du régalien, le régalien c’est la puissance publique, l’Etat. On sait bien qu’avec l’Europe telle qu’elle est, machine à déréguler, machine à privatiser, la puissance publique est à quia comme on dit. Quant au peuple, écoutez le peuple, en 2005 il vote contre un traité intereuropéen, trois mois après la dite classe dirigeante considère que tout cela est nul et non avenu donc c’est plus en bas que ça se passe…


Marc Voinchet – Vous savez que c’est un anniversaire aujourd’hui ? 29 mai 2014, le 29 mai 2005, à la question : ‘’Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une constitution pour l’Europe ?’’, les français avaient répondu majoritairement non, à 55%.


Régis Debray – Oui mais ça n’a pas empêché…

 

Marc Voinchet – Jour pour jour…


Régis Debray – Oui, c’est intéressant effectivement cet anniversaire. Non, si vous voulez, moi je ne peux pas trop parler de la droite, c’est pas ma boutique. La gauche me navre je dois avouer, elle était mariée avec l’Histoire et avec les idées, elle aujourd’hui est mariée avec Voici et avec la com’, mariée même pacsée au sens conjugal du mot souvent. Alors il faudrait peut-être incriminer le mode de recrutement, le mode de vie, le mode de formation, je ne sais pas mais il est certain qu’elle a perdu ses fondamentaux. Les fondamentaux, tant de la droite que de la gauche, ont été perdus, en sorte qu’on a laissé la Nation, idée de gauche, aux nationalistes et on a laissé le Peuple, idée motrice, aux démagogues. Le Peuple aux deux sens du mot, le peuple comme singularité collective, c’est-à-dire une nation, et le peuple comme classe, en gros exploitée ou déshéritée puisque dès qu’on parle du peuple, on est un populiste. Voilà ! La nature et l’Histoire, les sociétés ont horreur du vide…

 

Marc Voinchet – Est-ce que ça suffit…


Régis Debray – un certain nombre d’emblèmes, de drapeaux, de symboles étaient laissés par terre, vient une formation née à l’extrême droite, qui se développe avec intelligence et qui ramasse tout ça qui était laissé tomber, voilà. Nous n’avons que ce que nous méritons.

 

Marc Voinchet – Mais tout de même, c’est comme ça que vous expliquez donc ce vote Front National. Si je puis me permettre Régis Debray, quand vous dites : ‘’à droite des voyous, à gauche des médiocres’’, ça pourrait être un slogan, une formule qu’emploierait Marine Le Pen ?


Régis Debray – Ecoutez, je ne les mets pas tous dans le même sac et il y a des exceptions. Enfin avouez que ce qui se passe tout de même depuis quelques temps est un peu navrant. Je n’ai jamais vu tant d’inconsistance à la tête de l’Etat, je n’ai jamais vu…

 

Marc Voinchet – Et vous avez bien connu la tête de l’Etat puisqu’à une époque vous aviez vos bureaux, vous avez eu votre badge pour rentrer à l’Elysée.


Régis Debray – Oui mais à l’époque, la gauche était encore la gauche, elle n’était pas francophobe, elle ne craignait pas le peuple, elle avait un mode de vie, elle habitait un peu partout, elle fréquentait les ouvriers, les employés, ce n’était pas encore une fraction de la jetset. Donc effectivement, c’est au nom de ce passé là qu’il m’arrive de regretter cette sorte de trou noir dans laquelle la France se trouve, avec l’Europe d’ailleurs qui est un trou noir dans le monde, et la France est un peu l’homme malade de ce trou noir. Cela ne veut pas dire que l’on ne se reprendra pas ! Mais je voudrais simplement rappeler puisque vous aviez parlé tout à l’heure de (Paul) Valéry, non ? Un autre mot de Valéry : « La pire faute en politique consiste à laisser en l’état ce qui doit disparaître alors même qu’on s’attache à détruire ce dont la permanence est la raison d’être, est la marque d’une civilisation ». Détruire, détruire effectivement le principe d’indépendance d’une politique, détruire l’institution militaire, détruire l’institution scolaire, avoir honte de ce qu’on est, ne plus enseigner l’histoire dans les lycées, les collèges, abandonner la chronologie, se livrer aux sondages d’opinion et obéir aux marchés en tout. Alors voilà, un jour tout ça va reparaître.

 

Marc Voinchet – Mais quand vous dites : ne dramatisons pas, le Front National c’est 10% des inscrits, n’en faisons pas un repaire de fascistes. Le fait que tout de même, les observateurs, notamment étrangers, s’inquiètent et ça ou là, ici et là on s’inquiète tout de même de ce que pourrait devenir au fond une politique menée par le Front National à plus grande échelle. Regardez une des premières décisions du maire de Béziers est de vouloir réintroduire la blouse grise à l’école.

N.B. Amusant, il y a surement plein de choses à reprocher aux nouveaux maires FN, mais enfin, je n’aurais pas cité ça en premier quand même… Mais bon, on ne peut pas non plus attendre d’un présentateur de France Culture un début de réflexion sur “il fait comment le fils d’ouvrier quand il n’a pas les sous pour acheter le polo Nike” ? (sans que ceci soit la meilleure réponse non plus..)

Régis Debray – Ils ont raison de s’inquiéter bien sûr mais je répète que 10% des inscrits, ce n’est pas le Peuple français, voilà. Le Peuple français mérite mieux.

 

Marc Voinchet – Je voudrais avoir le sentiment de Gabriel Robin qui après tout n’est pas sur le même échiquier politique que vous, Régis Debray, qui lui ayant fréquenté l’Elysée beaucoup du temps du Valéry Giscard d’Estaing, comment il observe et partagez-vous l’analyse de Régis Debray sur au fond ce qui serait, vient de dire Régis Debray, une déperdition des élites ?…


Régis Debray – Une démission !…

 

Marc Voinchet – Une démission des élites.


Gabriel Robin – Mon analyse n’est pas tellement éloignée mais moi je constate simplement qu’au cours des dix dernières années, on a eu alternance de gauche, de droite, de gauche et les français constatent que c’est plus ou moins la même chose et qu’en tout cas le résultat est le même. Le résultat étant le même, ils vont chercher une troisième solution qui se trouve être le Front National parce qu’elle est là !


Marc Voinchet – Mais c’est une solution ?


Gabriel Robin – Je n’en sais rien ! Mais elle est là et elle demande ce qui manque. Elle est pour la Nation, et peut-être qu’en effet ils sont mal pour la Nation, mais en tout cas ils disent qu’ils sont pour la Nation et ils commencent à montrer qu’ils sont aussi pour le peuple donc moi je ne sais pas ce qu’ils feraient au gouvernement, on ne les a jamais testés. Mais ce qu’ils disent convient, rempli un manque alors nous verrons bien mais moi je crois à un certain avenir, je ne crois pas que ce soit un feu de paille.


Marc Voinchet – On a le sentiment quand vous parlez de tout cela Régis Debray, que vous parlez peut-être de personnes, de gens, d’un peuple qui serait orphelin de quelque chose ?


Régis Debray – Oui, je crois oui, bien sûr.

 

Marc Voinchet – Mais de quoi ?


Régis Debray – Il est orphelin…

 

Gabriel Robin – De lui-même !…


Régis Debray – de lui-même. Il est orphelin de son histoire, il est orphelin de sa géographie, on l’a privé de ses attributs fondamentaux. Un peuple, c’est une singularité collective, il ne ressemble pas à n’importe quel autre. Quand vous supprimez, encore une fois, toute profondeur de temps, quand vous supprimez…quand vous avez honte d’être ce que vous êtes et quand vous vous alignez systématiquement sur, en l’occurrence les Etats-Unis d’Amérique puisqu’on va parler de politique étrangère avec Gabriel Robin, évidemment vous avez un peuple qui est désillusionné auquel on a vendu dans les années 1980 ce qu’on peut appeler un mythe de substitution qui était la construction européenne, qui pour les socialistes a représenté comme une bouée de sauvetage en renonçant au socialisme. Or il se trouve que cette construction européenne est une déconstruction et de la République et…


Gabriel Robin – Et de la Nation oui…


Régis Debray – des Nations et des Etats et donc reparaissent des féodalités, reparaissent des corporations, des égoïsmes, reparaissent tout un puzzle d’intérêts particuliers qui laissent l’Etat en l’air. Et donc oui, effectivement je crois qu’il faudra réfléchir non pas sur ce qu’on appelle une réorientation de l’Europe, ce qui est un peu comique quand on a simplement la vingt-septième partie d’un capital collectif, on est un tout petit actionnaire, on ne va en tapant du poing sur la table modifier un cours qu’on ne maîtrise pas. Donc il va falloir simplement repenser peut-être ce qu’est l’Europe, moi je crois que le problème actuel…


Marc Voinchet – Est-ce qu’il faut repenser les frontières ? Vous avez écrit Eloge des frontières il n’y a pas si longtemps. Est-ce que c’est cette question-là entre autres qu’il faut résoudre ? C’est la question des frontières de l’Europe ?


Régis Debray – Il va falloir sauver l’idée d’Europe de la fin de l’Union Européenne, pour moi c’est ça le problème. Puisque cette Union Européenne qui n’en finit pas de finir, il ne faut pas qu’elle compromette l’idée de l’Europe, je parle de l’idée d’une Europe européenne. Donc ça, c’est le vrai problème. Quant aux frontières, oui on peut leur faire dire tout ce qu’on veut aux frontières. Qu’est-ce que c’est qu’une frontière ? C’est quelque chose qui distingue mais pour relier car quand vous ne distinguez pas ce que vous reliez, vous annexez. Donc vous n’êtes plus dans une logique de réciprocité, de reconnaissance de l’autre, vous êtes dans une logique impériale. Donc la frontière oui, c’est le maintien des singularités et des reconnaissances mutuelles, c’est ainsi que je l’ai appris et la frontière est un fait vital pour pas la considérer seulement au point de vue spatial, frontière territoriale. La frontière c’est ce qui fait qu’un individu collectif peut exister, que ce soit aussi bien une religion, une région, une nation, qu’une classe…

 

Marc Voinchet – Elle est aussi synonyme de clôture, quand le mot frontière est employé par le Front National, il est question tout de même de dire qu’il faut faire fermer une frontière, c’est la notion de repli et de clôture. Vous écrivez que le mot clôture tire plutôt vers le haut : « Il n’y a pas que les amoureux fervents et les savants austères que la clôture tire vers le haut », mais êtes-vous bien sûr d’avoir la même définition de la clôture et de la frontière que celle de Marine Le Pen, Régis Debray ?


Régis Debray – Non mais celle du cloitre, le cloitre est un lieu fermé qui élève généralement vers le haut, la cellule de prison aussi d’ailleurs mais…ou les cours de lycée, à l’ancienne. Mais ne confondons pas la frontière et le mur, la frontière c’est ce qui empêche le mur, le mur c’est une frontière qui ne reconnaît pas l’autre. La frontière c’est une…c’est l’absence du mur, c’est ce qui permet, je dirais, de vous faire respecter de l’autre et de respecter l’autre, la frontière est le remède au mur. Allez en Palestine et vous comprendrez que la frontière c’est l’antithèse du mur, il y a un mur entre Israël et la Palestine parce qu’il n’y a pas de frontière. Quand il y en aura une, on pourra défaire ce mur, c’est dans ce sens que j’entends l’idée de frontière. Je ne sais pas ce que Gabriel Robin…

 

Gabriel Robin – Oui, moi je partage tout à fait votre sentiment sur les frontières qui n’est pas simplement une séparation, une liaison, mais qui est aussi une limitation opportune. Mais pour revenir à la France, je crois qu’elle est orpheline d’elle-même en ce sens aussi que les français se rendent bien compte qu’il y a une espèce de déclassement de leur pays en ce moment. Ils sont bien obligés de constater qu’ils comptent de moins en moins en Europe, qu’ils comptent de moins en moins en Occident, qu’ils comptent de moins en moins dans le monde.

N.B. lire aussi l’excellente intervention de Gabriel Robin sur l’Europe précédemment reprise sur ce blog.

 

 

http://www.les-crises.fr/debray-robin-europe/

 

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Déclaration des Ministres des Affaires étrangères des pays de l'OTAN

30 Mai 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Ukraine

Déclaration des Ministres des Affaires étrangères des pays de l'OTAN


1.Nous, ministres des Affaires étrangères des pays de l'OTAN, sommes unis dans notre condamnation de l'intervention militaire illégale de la Russie en Ukraine, et de la violation par la Russie de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Nous ne reconnaissons pas la tentative illégale et illégitime d'annexion de la Crimée par la Russie. Nous appelons instamment la Russie à prendre des mesures immédiates, comme énoncé dans la déclaration de la Commission OTAN-Ukraine, à respecter de nouveau le droit international et ses obligations et responsabilités internationales, et à engager immédiatement un véritable dialogue en vue d'une solution politique et diplomatique qui respecte le droit international et les frontières internationalement reconnues de l'Ukraine. Nous soutenons le déploiement en Ukraine d'une mission de surveillance menée par l'OSCE.


2. Notre objectif d'une région euro-atlantique entière, libre et en paix n'a pas changé, mais il a été fondamentalement compromis par la Russie. Nous soutenons la souveraineté, l'indépendance politique et l'intégrité territoriale de tous les États, dans les limites de leurs frontières internationalement reconnues. Une Ukraine indépendante, souveraine et stable, fermement attachée à la démocratie et au respect des droits humains, des minorités et de l'état de droit, est essentielle à la sécurité euro-atlantique.  

3. Afin de témoigner de notre attachement à l'Ukraine, nous allons intensifier notre coopération dans le cadre de notre Partenariat spécifique. Aujourd'hui, l'OTAN et l'Ukraine ont décidé, comme énoncé dans la déclaration de la Commission OTAN-Ukraine, de mettre en oeuvre des mesures immédiates et à plus long terme destinées à renforcer l'aptitude de l'Ukraine à assurer sa propre sécurité. 

 

4. Nous avons également adopté aujourd'hui un ensemble de mesures destinées à approfondir la coopération avec d'autres partenaires de l'OTAN en Europe orientale, en consultation avec eux et dans le cadre de nos programmes bilatéraux existants.


5. Ces vingt dernières années, l'OTAN n'a eu de cesse d'oeuvrer au renforcement de la coopération et de la confiance avec la Russie. Cependant, la Russie a violé le droit international et elle a agi en contradiction avec les principes et les engagements contenus dans le Document de base du Conseil de partenariat euro-atlantique, l'Acte fondateur OTAN-Russie et la Déclaration de Rome. Elle a gravement rompu la confiance sur laquelle doit reposer notre coopération. 


6. Nous avons décidé de suspendre toute coopération civile et militaire pratique entre l'OTAN et la Russie. Notre dialogue politique au sein du Conseil OTAN-Russie peut se poursuivre, selon les besoins, au niveau des ambassadeurs et à un niveau plus élevé, pour nous permettre des échanges de vues, avant tout sur cette crise. Nous réexaminerons les relations de l'OTAN avec la Russie à notre prochaine réunion, en juin.


7. Ainsi que l'ont déclaré nos chefs d'État et de gouvernement au sommet de Chicago en 2012, l'OTAN est fondée sur la solidarité, la cohésion de l'Alliance et l'indivisibilité de notre sécurité. Dans la situation actuelle, l'Alliance a déjà pris des mesures visant à témoigner de sa solidarité et à renforcer sa capacité d'anticiper tout défi pour sa sécurité et d'y répondre rapidement. Nous continuerons de veiller au renforcement approprié et à l'assurance visible de la cohésion de l'OTAN et de sa détermination à assurer la dissuasion et la défense collective face à toute menace d'agression visant l'Alliance.


Déclaration de la Commission OTAN-Ukraine.

 
Nous, ministres des Affaires étrangères des pays de la Commission OTAN-Ukraine (COU), sommes unis dans notre condamnation de l'intervention militaire illégale de la Russie en Ukraine, et de la violation par la Russie de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Nous ne reconnaissons pas l'« annexion » illégale et illégitime de la Crimée par la Russie. Nous continuerons à travailler ensemble à rechercher une solution politique et diplomatique qui respecte le droit international et les frontières internationalement reconnues de l'Ukraine.


Nous appelons la Russie à procéder à une désescalade en ramenant le niveau de ses troupes en Crimée à ceux d'avant la crise et en les repliant sur leurs bases ; à réduire ses activités militaires le long de la frontière ukrainienne ; à revenir sur l'« annexion » illégale et illégitime de la Crimée ; à s'abstenir de tout nouvel acte d'ingérence ou d'actions agressives en Ukraine ; à respecter les droits de la population ukrainienne, et notamment ceux des Tatars de Crimée ; à se conformer à ses obligations internationales et à respecter le droit international.


Nous soutenons le déploiement en Ukraine d'une mission de surveillance menée par l'OSCE.

Nous félicitons les forces armées ukrainiennes pour leur courage, leur discipline et leur retenue face aux provocations.


Afin d'apporter une preuve tangible de l'attachement des Alliés au Partenariat spécifique entre l'OTAN et l'Ukraine, nous sommes convenus de mesures concrètes destinées à renforcer la capacité de l'Ukraine à assurer sa propre sécurité.


L'OTAN et l'Ukraine vont intensifier leur coopération et promouvoir des réformes de la défense par le biais de programmes de renforcement et de développement des capacités. Les pays de l'OTAN renforceront également le Bureau de liaison de l'OTAN à Kiev en y envoyant des experts supplémentaires.


Les Alliés continueront de coopérer avec le gouvernement ukrainien, la Verkhovna Rada et la société civile pour renforcer le contrôle civil des forces armées et du secteur de sécurité s'y rapportant.


Les Alliés soutiennent les mesures prises par le gouvernement ukrainien pour faire progresser les réformes et pour promouvoir un processus politique inclusif, basé sur les valeurs démocratiques, ainsi que le respect des droits humains, des minorités et de l'état de droit.


Nous saluons la signature par l'Ukraine, le 21 mars, des chapitres politiques de l'accord d'association avec l'Union européenne.


Une Ukraine indépendante, souveraine et stable, fermement attachée à la démocratie et à l'état de droit, est essentielle à la sécurité euro-atlantique. Les Alliés soutiennent sans réserve la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Nous appelons la Russie à se conformer à ces principes.

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Résultats des ÉLECTIONS EUROPÉENNES : finalement ce n'est pas très difficile à interpréter ! (Paul JORION)

28 Mai 2014 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les élections européennes de mai 2014.

Résultats des ÉLECTIONS EUROPÉENNES : finalement ce n'est pas très difficile à interpréter ! (Paul JORION)

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Ben non, ce n’est pas très compliqué parce que voyez vous-même : les Italiens sont devenus socialistes et populistes, les Grecs sont devenus communistes, les Britanniques populisto-isolationnistes, et les Français, tout comme les Danois d’ailleurs, sont devenus fascistes.


Quant au parlement européen lui-même, là aussi les choses sont claires : belle victoire pour la droite puisque les socialistes et les libéraux reculent, et belle victoire pour la gauche puisque la droite et les libéraux reculent !


Faut-il continuer le raisonnement pour prouver qu’une interprétation des élections européennes en termes de partis politique n’a aucun sens ?


Alors que s’est-il passé en Europe ? Il y a eu un vote massif (y compris de ceux qui ont voté en restant chez eux) contre l’austérité, contre les gouvernements mondiaux non-élus (Fonds monétaire international, Commission européenne, TAFTA, NSA, transnationales et tutti quanti) et en fait contre l’ultralibéralisme sous toutes ses formes, que celui-ci soit représenté par des libéraux fiers de l’être, par des conservateurs de tout poil ou par des partis socialistes de droite.


Les Européens n’ont pas voté pour des partis : ils ont voté pour des personnalités. Quelles personnalités ? C’est très simple : celles les plus susceptibles dans leur propre pays d’aller taper du poing sur la table et d’aller expliquer pourquoi elles tapent sur la table dans un discours cohérent (les adeptes de la colère pour la colère ont également pris une raclée). Et dans tel pays cette personnalité est d’extrême-droite et dans tel autre d’extrême-gauche, apolitique au sens « gauche / droite », ou que sais-je encore, cela n’a aucune importance : ceux qui sont allés voter sont allés voter pour la capacité à taper du poing sur la table et à dire clairement pourquoi.


Mon influence personnelle dans ce qui s’est passé hier se situe à un endroit difficile à préciser entre le nul et l’insignifiant. Faut-il pour autant que je cache ma satisfaction que les électeurs européens ont fait ce que je leur suggérais de faire ? À savoir envoyer à Strasbourg et à Bruxelles le maximum de parlementaires qui répéteront inlassablement et avec force : « Non et non, et encore non ! » aux prêtres de la religion féroce qui nous gouverne et dont nous ne voulons pas, et ceci, jusqu’à ce que le message passe ! Les électeurs de toute l’Europe l’ont fait, et à leur manière aussi, les abstentionnistes. Bravo !

 

Le 26 mai 2014

Paul JORION

source

 

http://www.communcommune.com/article-resultats-des-elections-europeennes-finalement-ce-n-est-pas-tres-difficile-a-interpreter-paul-j-123748713.html

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