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Le blog de Lucien PONS

Éric Toussaint à Tunis : «Il faut désobéir aux créanciers et refuser de rembourser des dettes illégitimes!». Repris sur le blog d'Eva.

31 Mars 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Economie

Éric Toussaint à Tunis : «Il faut désobéir aux créanciers et refuser de rembourser des dettes illégitimes!»

Eric Toussaint

Nous sommes face à un moment historique ! La coalition de partis tunisiens de l’opposition de gauche laïque, le Front populaire (qui regroupe 11 formations politiques), a organisé ces 23 et 24 mars 2013 une rencontre avec des représentants des partis politiques progressistes de la région méditerranéenne afin de réclamer conjointement une annulation des dettes odieuses et illégitimes des États du sud et du nord de la Méditerranée. Cette rencontre s’est déroulée sous la forme de deux demi-journées de travail qui ont débouché sur une déclaration finale. Le tout a été suivi d’une grande conférence publique réunissant 1000 participants et l’ensemble des forces de gauche présentes à la rencontre autour d’un combat désormais commun |1|.

Voici un compte rendu de l’intervention d’Éric Toussaint à la rencontre méditerranéenne contre la dette, les politiques d’austérité et la domination étrangère, pour une Méditerranée libre, démocratique, sociale, solidaire, féministe et respectueuse de l’environnement.

Éric Toussaint, président du CADTM Belgique, a souligné que l’alliance politique qui est en train de naître s’inscrit dans la poursuite du combat entamé par Thomas Sankara, président du Burkina Faso, assassiné le 15 octobre 1987, après qu’il a appelé les peuples d’Afrique et du monde à s’unir dans le combat pour le non paiement de la dette illégitime. Le mouvement naissant prolonge aussi le combat entrepris par tous les martyrs du printemps arabe et par Chokry Belaïd, porte parole du Front populaire tunisien, assassiné le 6 février 2013. Sans oublier Ahmed Ben Bella, premier président de l’Algérie indépendante décédé en avril 2012 |2|, qui, à la fin de sa vie, avait fait de la lutte pour l’annulation de la dette illégitime un de ses combats prioritaires.

Les organisations politiques réunies à Tunis à l’invitation du Front populaire sont confrontées à un enjeu de taille. Trop souvent, des partis de gauche se limitent à une dénonciation radicale de la dette au niveau rhétorique sans en faire réellement une de leurs priorités pour le travail quotidien en direction des citoyens et des citoyennes. Certains d’entre eux, une fois proches du pouvoir ou au gouvernement, abandonnent leur promesse de mettre fin à la dette illégitime et finissent par s’accommoder de son remboursement.

Éric Toussaint a énoncé la définition initiale de la dette odieuse, contractée par un régime dictatorial tel que le régime de Ben Ali. Selon le droit international, à la chute d’un tel régime dictatorial, cette part odieuse de la dette est nulle et ne doit donc en aucun cas être remboursée. Certes, il faut souvent se battre pour que le droit international soit pleinement respecté. Dans ce but, seule une forte mobilisation populaire peut convaincre un gouvernement de recourir à un acte de suspension et de répudiation de la dette odieuse. Il est donc fondamental de constituer un rapport de force favorable pour affronter les créanciers.

Au niveau de droit international, une dette odieuse correspond aujourd’hui à 3 critères |3| :
l’absence de consentement de la population de l’État endetté ;
l’absence de bénéfices pour la population de cet État endetté ;
les créanciers savaient que les prêts qu’ils octroyaient ne servaient pas les intérêts de la population et n’avaient pas fait l’objet d’une approbation populaire.

Les dettes de pays comme la Grèce, le Portugal et l’Irlande à l’égard de la Troïka (Banque centrale européenne, Commission européenne, FMI) doivent être dénoncées parce qu’elles correspondent aux trois critères mentionnés plus haut :
1. les populations des pays concernés n’ont pas donné leur accord et nombre de gouvernements élus sur un programme anti-austérité finissent par se plier aux volontés de la Troïka une fois au pouvoir ;
2. ces dettes ne bénéficient pas aux populations, au contraire elles sont liées à des violations de leurs droits économiques, sociaux, civils et politiques (réduction des budgets sociaux et des salaires, licenciements massifs, dégradation de l’accès à la santé et à l’éducation, annulations de conventions collectives, non respect de la volonté des électeurs, soumission du pouvoir législatif au pouvoir exécutif…) ;
3. les créanciers, dont la Troïka et les banquiers, savent parfaitement que les crédits qu’ils octroient ne servent pas les intérêts des populations puisque ces crédits sont accordés afin de rembourser la dette et en échange de plans d’austérité drastiques. C’est la Troïka elle-même qui impose ces violations des droits humains et qui dicte ses conditions aux gouvernements et aux parlements des États endettés.

De leur côté, depuis 2011, les gouvernements qui ont succédé aux dictatures de Ben Ali et de Moubarak ont eux aussi contracté des dettes qui ne servent nullement les intérêts de la population, mais bien ceux des créanciers. Ces gouvernements endettent leur pays pour rembourser les dettes odieuses des dictatures et pour mener des politiques qui augmentent la vulnérabilité de leur pays. Ces dettes sont donc illégitimes.

La Tunisie, tout comme l’Égypte, négocie actuellement un emprunt auprès du FMI |4|. Il n’y a aucune issue possible avec une telle démarche. Mais si ces prêts sont octroyés, ils seront illégitimes pour au moins deux raisons : ils serviront au paiement des anciennes dettes odieuses et ils sont liés à la poursuite de politiques contraires aux intérêts des populations.

D’autres éléments entrent en considération pour déterminer le caractère illégitime de la dette.
D’une part, elles peuvent être des conséquences de politiques fiscales injustes. Concrètement, les États octroient des avantages fiscaux aux grandes entreprises (nationales ou étrangères) et aux ménages les plus fortunés, ce qui a pour effet de diminuer les recettes d’impôts et de creuser le déficit. Cela entraîne donc une augmentation de la dette publique car les États doivent recourir à l’emprunt pour financer leur budget. Des dettes contractées dans ces conditions sont marquées d’illégitimité car elles sont injustes socialement.
D’autre part, elles peuvent provenir du sauvetage des banques. Depuis 2007, les gouvernements des États des pays les plus industrialisés viennent au secours des banques privées responsables de la crise en leur apportant des milliards d’euros sous forme d’injection de capital ou de garanties diverses |5|. Les dettes contractées pour financer ces sauvetages sont également illégitimes.

Les créanciers et les gouvernements affirment qu’il faut toujours rembourser ses dettes sans questionner leur origine, bien qu’elles soient illégitimes, et ils utilisent l’argument de la recherche de l’équilibre budgétaire pour imposer des politiques antisociales d’austérité. C’est dans ce contexte, qu’une partie croissante de la population des pays méditerranéens (et au-delà) rejette le remboursement de la dette illégitime. Dans certains de ces pays (Tunisie, Espagne, Portugal, Grèce, France, etc.), des audits citoyens sont mis en place afin de déterminer la part illégitime des dettes publiques contractées par les États. Ils cherchent à déterminer comment, pourquoi, par qui la dette a été contractée et si elle a réellement servi les intérêts de la population. Ces comités d’audit citoyen visent à convaincre le plus largement possible de la nécessité d’annuler la dette illégitime.

Désobéir face aux créanciers

Il est possible et nécessaire de désobéir aux institutions financières internationales et à la Troïka, de refuser les diktats des créanciers privés afin de retrouver une marge de manœuvre pour améliorer la situation des pays et de leur population. La fermeté paie ! Plusieurs exemples concrets de pays qui ont osé défier leurs créanciers le démontrent.

L’Argentine et la suspension du remboursement de la dette

Ainsi, l’Argentine, après trois années de récession économique (1999-2001) et dans le contexte d’une rébellion populaire massive qui a fait tomber le président De La Rua, a décidé de suspendre, fin décembre 2001, le paiement d’une grande partie de sa dette extérieure publique pour un montant d’environ 90 milliards de dollars.
Une partie des sommes dégagées ont été réinvesties dans les secteurs sociaux, notamment dans des indemnités versées aux chômeurs organisés dans le mouvement des piqueteros. Certains affirment qu’en réalité la récupération économique de l’Argentine à partir de 2003-2004 est uniquement due à l’augmentation du prix de ses produits d’exportation (soja, minerais…). C’est faux car si l’Argentine n’avait pas suspendu le paiement de sa dette à partir de fin 2001, les recettes publiques générées par les exportations auraient été englouties par le remboursement de la dette. Le gouvernement n’aurait pas eu le moyen de relancer l’activité économique. Par ailleurs, grâce à la suspension de paiement des 90 milliards de dettes commerciales qui a duré jusqu’à mars 2005, l’Argentine a pu imposer à ses créanciers une réduction de la moitié de ce montant. Le CADTM ainsi que de nombreux mouvements sociaux et partis de la gauche argentine proposaient à l’époque d’aller plus loin vers l’annulation totale de la dette illégitime, non seulement à l’égard des créanciers privés mais également envers le FMI et d’autres créanciers publics. Le gouvernement argentin a refusé de suivre cette voie.
Il est important d’ajouter que l’Argentine est en suspension totale de paiement de sa dette de 6,5 milliards de dollars envers le Club de Paris depuis 2001. On peut donc constater que depuis 12 ans déjà, ce pays tient tête au Club de Paris. Malgré les 44 procès devant la Banque mondiale auxquels l’Argentine doit faire face et malgré les menaces récentes de se faire expulser du FMI, Buenos Aires s’en tire. Depuis 2001, l’Argentine n’emprunte plus sur les marchés financiers et pourtant le pays continue de fonctionner !
Il est important de ne pas se méprendre sur l’expérience argentine, il faut éviter d’en faire un modèle, il est nécessaire d’adopter un point de vue clairement critique. Le gouvernement argentin a œuvré pour maintenir le pays dans un cadre capitaliste, aucune réforme structurelle n’a été entreprise, la croissance économique argentine est largement fondée sur l’exportation de produits primaires (soja transgénique de surcroît, et minerais). Il s’agit d’un modèle extractiviste-exportateur. Néanmoins, ce que l’Argentine a fait démontre qu’on peut parfaitement désobéir aux créanciers. Sous d’autres cieux, un authentique gouvernement de gauche pourrait s’appuyer sur ce précédent pour aller beaucoup plus loin.

Équateur : audit et suspension

Autre exemple : l’Équateur. Sept mois après avoir été élu, le président équatorien Rafael Correa a décidé en juillet 2007 de faire procéder à un audit de la dette du pays, et des conditions dans lesquelles celle-ci s’était constituée. À cette fin, une commission d’audit de la dette composée de 18 experts, dont le CADTM faisait partie, a été mise en place à partir de juillet 2007. Après 14 mois de travail, un rapport a été remis. Il montrait notamment que de nombreux prêts avaient été accordés en violation des règles élémentaires. En novembre 2008, le nouveau pouvoir, prenant appui sur ce rapport, a décidé de suspendre le remboursement de la dette constituée de titres de la dette venant à échéance les uns en 2012, les autres en 2030. Finalement, le gouvernement de ce petit pays est sorti vainqueur d’une épreuve de force avec les banquiers nord-américains détenteurs des titres de la dette équatorienne. Il a racheté pour moins de 1 milliard de dollars des titres valant 3,2 milliards de dollars. Le trésor public équatorien a ainsi économisé environ 2,2 milliards de dollars de stock de dette auxquels il faut ajouter les 200 millions de dollars d’intérêts par an pour la période 2008-2030. Cela a permis de dégager de nouveaux moyens financiers permettant au gouvernement d’augmenter les dépenses sociales dans la santé, l’éducation, l’aide sociale et dans le développement d’infrastructures de communication. Il a également intégré dans sa constitution l’interdiction de transformer des dettes privées en dettes publiques et l’interdiction de contracter des dettes illégitimes |6|.
Il faut ajouter que l’Équateur ne reconnaît plus la compétence du tribunal de la Banque mondiale. Il a refusé de signer un traité de libre échange avec l’Union européenne et avec les États-Unis. Le président équatorien a annoncé son intention de lancer un audit sur les traités bilatéraux d’investissement. Enfin, les autorités de Quito ont mis fin à la présence de l’armée des États-Unis sur le territoire équatorien.

Dans le cas de l’Équateur, il faut également se garder d’ériger en modèle l’expérience en cours. Un regard critique est indispensable. Il n’en demeure pas moins que l’expérience équatorienne en terme d’audit et de suspension unilatérale du remboursement de la dette démontre qu’il est parfaitement possible de désobéir aux créanciers et d’en tirer avantage pour améliorer les dépenses publiques dans des domaines comme l’éducation et la santé publique.

L’Islande : le refus de payer la dette réclamée par le Royaume-Uni et les Pays-Bas

Enfin, suite à l’effondrement du système bancaire en 2008, l’Islande a refusé d’indemniser les ressortissants des Pays-Bas et du Royaume-Uni qui avaient placé des fonds dans des filiales de banques islandaises privées qui venaient de s’effondrer, pour un total de 3,9 milliards d’euros. Les autorités britanniques et hollandaises ont alors indemnisé leurs ressortissants et ont exigé de l’Islande qu’elle les rembourse. Sous la pression populaire (manifestations, occupations de places, référendums), les autorités de Reykjavik ont refusé. Cela a eu pour conséquence l’inscription de l’Islande sur la liste des organisations terroristes, le gel des avoirs islandais au Royaume-Uni et le dépôt d’une plainte de Londres et de La Haye contre Reykjavik auprès de la Cour de l’Association européenne de libre échange (AELE) |7|. Par ailleurs, l’Islande a bloqué totalement les sorties de capitaux du pays. Finalement elle s’en tire beaucoup mieux que d’autres pays d’Europe qui ont accepté les exigences des créanciers. Ici encore évitons de faire de l’Islande un modèle mais tirons des enseignements de son expérience.

Ces exemples nous démontrent que désobéir aux créanciers n’est pas une catastrophe et n’entraîne en aucun cas l’effondrement du pays.

Soulignons également que ces expériences ont été précédées ou réalisées dans un contexte de mobilisations populaires faisant pression sur le gouvernement. D’où l’importance, comme l’a rappelé Éric Toussaint, de toucher l’ensemble de la population au travers des moyens de vulgarisation de cette question parfois complexe. Le travail d’audit est donc un vrai travail de prise de conscience. Il s’agit de rendre visible l’illégitimité de la dette auprès de la majorité de la population.

En conclusion de cet atelier, Éric Toussaint a répété que les exemples cités ne sont pas des modèles politiques à suivre, mais que ce sont des expériences dont il est tout à fait pertinent de tirer des leçons politiques importantes !

 

Notes

|1| Voir Pauline Imbach, « Tunis : Un front commun d’organisations politiques contre la dette est né », http://cadtm.org/Tunis-Un-front-com…, publié le 25 mars 2013.

|2| Voir Éric Toussaint « En souvenir d’Ahmed Ben Bella, 1er président de l’Algérie indépendante, décédé le 11 avril 2012 à l’âge de 96 ans », http://cadtm.org/En-souvenir-d-Ahme… , publié le 12 avril 2012.

|3| Voir notamment CADTM, http://cadtm.org/Droits-devant, et en particulier Stéphanie Jacquemont, « Que retenir du rapport de l’expert de l’ONU sur la dette et les droits humains ? »,http://cadtm.org/Que-retenir-du-rap… , publié le 25 janvier 2013.

|4http://www.imf.org/external/french/…

|5| Voir Damien Millet, Daniel Munevar et Eric Toussaint, Les Chiffres de la dette 2012, Tableau 28 / Le coût des sauvetages bancaires en Europe, dette émise jusque 2011, en Mds d’euros,http://fr.scribd.com/doc/111894681/…

|6| Voir Eric Toussaint, « La Constitution équatorienne : un modèle en matière d’endettement public », http://cadtm.org/La-constitution-eq… , publié le 27 décembre 2010.

|7| La Cour de l’Association européenne de libre échange (AELE), qui n’a pourtant rien d’une association altermondialiste, a donné raison à l’Islande il y a deux mois. Voir CADTM, « Le tribunal de l’AELE rejette les réclamations « Icesave » contre l’Islande et ses habitants »,http://cadtm.org/Le-tribunal-de-l-A… , publié le 29 janvier 2013.

 

 

Mondialisation.ca, 30 mars 2013
http://www.mondialisation.ca/eric-toussaint-a-tunis-il-faut-desobeir-aux-creanciers-et-refuser-de-rembourser-des-dettes-illegitimes/5329089#.UVdpQN5P3mg.twitter

http://sos-crise.over-blog.com/article-eric-toussaint-il-faut-desobeir-aux-creanciers-et-refuser-de-rembourser-des-dettes-illegitimes-116677676.html

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La France, intégrée dans l'OTAN : Régis Debray face à Hubert Védrine. repris sur le site d'Eva.

31 Mars 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #L'OTAN.

Plus à perdre qu’à gagner en restant dans l’OTAN

 

Chargé par le président François Hollande de tirer le bilan du retour de la France dans le commandement intégré de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), Hubert Védrine a conclu que revenir sur la décision prise par Nicolas Sarkozy en 2009 « ne donnerait à la France aucun nouveau levier d’influence ». Régis Debray conteste cette analyse dans cette lettre à Hubert Védrine (article publié par Le Monde diplomatique, mars 2013). Extraits.

 

Voir aussi La France doit quitter l'OTAN, par Régis Debray (Cercle des Volontaires, 27 mars 2013).

 

La France doit quitter l’OTAN

 

(…) Ce rapport m’a beaucoup appris, tout en me laissant perplexe. Tu donnes indirectement quitus à M. Nicolas Sarkozy, avec une sorte de oui mais, d’avoir fait retour au bercail atlantique. Réintégration que tu n’aurais pas approuvée en son temps, mais qu’il y aurait plus d’inconvénient à remettre en cause qu’à entériner. Dans l’Union européenne, personne ne nous suivrait. Resterait pour la France à y reprendre fermement l’initiative, sans quoi il y aurait « normalisation et banalisation » du pays. Voilà qui me donne l’envie de poursuivre avec toi un dialogue ininterrompu depuis mai 1981, quand nous nous sommes retrouvés à l’Elysée dans deux bureaux voisins et heureusement communicants.

 

Le système pyramidal serait devenu un forum qui n’engage plus à grand-chose, un champ de manoeuvre où chaque membre a ses chances, pourvu qu’il sache parler fort. Bref, cette OTAN affaiblie ne mériterait plus l’opprobre d’antan. Je la jugeais, de loin, plus florissante que cela. Considérablement étendue. Douze pays en 1949, vingt-huit en 2013 (avec neuf cent dix millions d’habitants). Le pasteur a doublé son troupeau. L’Alliance était atlantique, on la retrouve en Irak, dans le Golfe, au large de la Somalie, en Asie centrale, en Libye (où elle a pris en charge les frappes aériennes). Militaire au départ, elle est devenue politico-militaire. Elle était défensive, la voilà privée d’ennemi mais à l’offensive. C’est le nouveau benign neglect des Etats-Unis qui aurait à tes yeux changé la donne. Washington a viré de bord, vers le Pacifique, avec Pékin et non Moscou pour adversaire-partenaire. Changement de portage général. D’où des jeux de scène à la Marivaux : X aime Y, qui aime Z. L’Europe énamourée fixe ses regards vers l’Américain, qui, fasciné, tourne les siens vers l’Asie.

 

Le Vieux Continent a l’air fin, mais le cocu ne s’en fait pas trop. Il demande seulement quelques égards. Nous, Français, devrions nous satisfaire de quelques postes honorifiques ou techniques dans les états-majors, à Norfolk (Etats-Unis), à Mons (Belgique), de vagues espoirs de contrats pour notre industrie, et de quelques centaines d’officiers dans les bureaux, réunions et raouts à foison.

La relation transatlantique a sa dynamique. Evident est le déclin relatif de la puissance américaine dans le système international, mais le nôtre semble être allé encore plus vite. L’OTAN n’est plus ce qu’elle était en 1966 ? Peut-être, mais la France non plus.

Nos compatriotes broient déjà assez du noir pour leur éviter la cruauté d’un avant/après en termes de puissance, de rayonnement international et d’indépendance d’allure (« indépendance », le leitmotiv d’hier, étant désormais gommé par « démocratie »). Emploi, services publics, armée, industrie, francophonie, indice des traductions, grands projets : les chiffres sont connus, mais passons. En taille et en volume, le rapport reste ce qu’il était : de un à cinq. En termes de tonus et de vitalité, il est devenu de un à dix.

 

Une nation normalisée et renfrognée

 

Etats-Unis : une nation convaincue de son exceptionnalité où la bannière étoilée est hissée chaque matin dans les écoles et se promène en pin’s au revers des vestons, et dont le président proclame haut et fort que son seul but est de rétablir le leadership mondial de son pays. « Boosté » par la révolution informatique qui porte ses couleurs et parle sa langue, au coeur, grâce à ses entreprises, du nouvel écosystème numérique, il n’est pas près d’en rabattre. Sans doute, avec ses Latinos et ses Asiatiques, peut-on parler d’un pays posteuropéen dans un monde postoccidental, mais s’il n’est plus seul en piste, avec la moitié des dépenses militaires du monde, il peut garder la tête haute. Et mettre en oeuvre sa nouvelle doctrine : leading from behind (« diriger sans se montrer »).

 

France : une nation normalisée et renfrognée, dont les beaux frontons - Etat, République, justice, armée, université, école - se sont évidés de l’intérieur comme ces nobles édifices délabrés dont on ne garde que la façade. Où la dérégulation libérale a rongé les bases de la puissance publique qui faisait notre force. Où le président doit dérouler le tapis rouge devant le président-directeur général de Google, acteur privé qui jadis eût été reçu par un secrétaire d’Etat. Sidérante diminutio capitis. Nous avons sauvé notre cinéma, par bonheur, mais le reste, le régalien…

Le Français de 1963, s’il était de gauche, espérait en des lendemains chanteurs ; et s’il était de droite, il avait quelque raison de se croire le pivot de la construction européenne, avec les maisons de la culture et la bombe thermonucléaire en plus. Celui de 2013 ne croit en rien ni en personne, bat sa coulpe et a peur autant de son voisin que de lui-même. Son avenir l’angoisse, son passé lui fait honte. Morose, le Français moyen ? C’est sa résilience qui devrait étonner. Pas de suicide collectif : un miracle.  Garder une capacité propre de réflexion et de prévision ? Indispensable, en effet. Quand notre ministre de la défense vient invoquer, pour expliquer l’intervention au Mali, la « lutte contre le terrorisme international », absurdité qui n’a même plus cours outre-Atlantique, force est de constater un état de phagocytose avancée, quoique retardataire. Loger dans le fourre-tout « terrorisme » (un mode d’action universel) les salafistes wahhabites que nous pourchassons au Mali, courtisons en Arabie saoudite et secourons en Syrie conduit à se demander si, à force d’être interopérable, on ne va pas devenir interimbécile.

 

Le défi que tu lances - agir de l’intérieur - exige et des capacités et une volonté.

 

1. Pour montrer « exigence, vigilance et influence », il faut des moyens financiers et des think tanks compétitifs. Il faut surtout des esprits originaux, avec d’autres sources d’inspiration et lieux de rencontre que le Center for Strategic and International Studies (CSIS) de Washington ou l’International Institute for Strategic Studies (IISS) de Londres. Où sont passés les équivalents des maîtres d’oeuvre de la stratégie nucléaire française, les généraux Charles Ailleret, André Beaufre, Pierre Marie Gallois ou Lucien Poirier ? Ces stratèges indépendants, s’ils existent, ont apparemment du mal à se faire connaître.

 

2. Il faut une volonté. Elle peut parfois tirer parti de l’insouciance générale, qui n’a pas que des mauvais côtés. Elle a permis à Pierre Mendès France, dès 1954, et à ses successeurs de lancer et de poursuivre en sous-main la fabrication d’une force de frappe nucléaire. Or l’actuelle démocratie d’opinion porte en première ligne, gauche ou droite, des hommes-baromètres plus sensibles que la moyenne aux pressions atmosphériques. On gouverne à la godille, le dernier sondage en boussole et cap sur les cantonales. En découdre dans les sables avec des gueux isolés et dépourvus d’Etat-sanctuaire, avec un bain de foule à la clé, tous nos présidents, après Georges Pompidou, se sont offert une chevauchée fantastique de ce genre (hausse de la cote garantie). Heurter en revanche la première puissance économique, financière, militaire et médiatique du monde reviendrait à prendre le taureau par les cornes, ce n’est pas dans les habitudes de la maison. La croyance dans le droit et dans la bonté des hommes n’entraîne pas à la virtu, mais débouche régulièrement sur l’obéissance à la loi du plus fort. Le socialiste de 2013 prend l’attache du département d’Etat aussi spontanément qu’en 1936 celui du Foreign Office. Le pli a la vie dure. WikiLeaks nous a appris que, peu après la seconde guerre d’Irak, l’actuel ministre de l’économie et des finances M. Pierre Moscovici, alors chargé des relations internationales au Parti socialiste, s’en est allé rassurer les représentants de l’OTAN sur les bons sentiments de son parti envers les Etats-Unis, jurant que s’il remportait les élections, il ne se conduirait pas comme un Jacques Chirac. M. Michel Rocard avait déjà manifesté auprès de l’ambassadeur américain à Paris, le 24 octobre 2005, sa colère contre le discours de M. Dominique de Villepin à l’Organisation des Nations unies (ONU) en 2003, en précisant que, lui président, il serait resté silencieux. Demander à l’ex-« gauche américaine » de ruer dans les brancards est un pari hasardeux. Napoléon en 1813 n’a pas demandé à ses Saxons de reprendre leur poste sous la mitraille (…).

 

La « famille occidentale », une mystification

 

Rentrer dans le rang pour viabiliser une défense européenne, la grande pensée du règne précédent, témoigne d’un curieux penchant pour les cercles carrés. Neuf Européens sur dix ont pour stratégie l’absence de stratégie. Il n’y a plus d’argent et on ne veut plus risquer sa peau (on a déjà donné). D’où la fumisterie d’un « pilier européen » ou d’un « état-major européen au sein de l’OTAN ». Le seul Etat apte à des accords de défense conséquents avec la France, le Royaume-Uni, conditionne ceux-ci à leur approbation par Washington. Il vient d’ailleurs d’abandonner le porte-avions commun. L’Alliance atlantique ne supplée pas à la faiblesse de l’Union européenne (sa « politique de sécurité et de défense commune »), elle l’entretient et l’accentue. En attendant Godot, nos jeunes et brillants diplomates filent vers un « service diplomatique européen » richement doté, mais chargé d’une tâche surhumaine : assumer l’action extérieure d’une Union sans positions communes, sans armée, sans ambition et sans idéal. Sous l’égide d’une non-personnalité.

 

Quant au langage de l’« influence », il fleure bon la IVe République. « Ceux qui acceptent de devenir piétaille détestent dire qu’ils sont piétaille » (de Gaulle encore, à l’époque). Ils assurent qu’ils ont de l’influence, ou qu’ils en auront demain. Produire des effets sans disposer des causes relève de la pensée magique. Influer veut dire peser sur une décision. Quand avons-nous pesé sur une décision américaine ? Je ne sache pas que M. Barack Obama ait jamais consulté nos influentes autorités nationales avant de décider d’un changement de stratégie ou de tactique en Afghanistan, où nous n’avions rien à faire. Il décide, on aménage.

 

La place du brillant second étant très logiquement occupée par le Royaume-Uni, et l’Allemagne, malgré l’absence d’un siège permanent au Conseil de sécurité, faisant désormais le troisième, nous serons donc le souffleur n° 4 de notre allié n° 1 (et en Afghanistan, nous fûmes bien, avec notre contingent, le quatrième pays contributeur). Evoquer, dans ces conditions,« une influence de premier plan au sein de l’Alliance » revient à faire cocorico sous la table.

 

Nous glissions depuis longtemps le long du toit, me diras-tu, et M. Sarkozy n’a fait que parachever un abandon commencé sous ses prédécesseurs. Certes, mais il lui a donné son point d’orgue symbolique avec cette phrase : « Nous rejoignons notre famille occidentale. » Ce n’est pas d’aujourd’hui qu’un champ clos de rivalités ou un système de domination se déguise en famille. Vieille mystification qu’on croyait réservée à la « grande famille des Etats socialistes ». D’où l’intérêt d’en avoir plusieurs, des familles naturelles et des électives, pour compenser l’une par l’autre.

 

Sentimentalement, j’appartiens à la famille francophone, et me sens autant et plus d’affinités avec un Algérien, un Marocain, un Vietnamien ou un Malgache qu’avec un Albanais, un Danois ou un Turc (tous trois membres de l’OTAN). Culturellement, j’appartiens à la famille latine (Méditerranée et Amérique du Sud). Philosophiquement, à la famille humaine. Pourquoi devrais-je m’enfermer dans une seule ? Pourquoi sortir de la naphtaline la notion chérie de la culture ultraconservatrice (Oswald Spengler, Henri Massis, Maurice Bardèche, les nervis d’Occident, qui ne figure pas, d’ailleurs, dans le traité de l’Atlantique nord de 1949, qui n’apparaît presque jamais sous la plume de de Gaulle et que je ne me souviens pas avoir entendue dans la bouche de Mitterrand ?

 

En réalité, si l’Occident doit aux yeux du monde s’identifier à l’Empire américain, il récoltera plus de haines que d’amour, et suscitera plus de rejet que de respect. Il revenait à la France d’animer un autre Occident, de lui donner un autre visage que Guantánamo, le drone sur les villages, la peine de mort et l’arrogance. Y renoncer, c’est à fois compromettre l’avenir de ce que l’Occident a de meilleur, et déjuger son propre passé. Bref, nous avons raté la marche (…).

 

Et si on prend un peu plus de hauteur, toujours derrière Hegel, il se pourrait bien que l’américanisation des modes de vie et de penser (rouleau compresseur qui n’a pas besoin de l’OTAN pour poursuivre sa course) ne soit que l’autre nom d’une marche en avant de l’individu commencée avec l’avènement du christianisme. Et donc une extension du domaine de la douceur, une bonne nouvelle pour les minorités et dissidences de toutes espèces, sexuelles, religieuses, ethniques et culturelles. Une étape de plus dans le processus de civilisation, comme passage du brut au raffiné, de la rareté à l’abondance, du groupe à la personne, qui vaut bien qu’on en rabatte localement sur la gloriole. Ce qui peut nous rester d’une vision épique de l’histoire, ne devrions-nous pas l’enterrer au plus vite si l’on veut vivre heureux au XXIe siècle de notre ère, et non au XIXe ?

Verdun, Stalingrad, Hiroshima… Alger, Hanoï, Caracas… Des millions de morts, des déluges de souffrances indicibles, dans quel but, finalement ? Il m’arrive de penser que notre indifférence au destin collectif, le repli sur la sphère privée, notre lente sortie de scène ne sont pas qu’un lâche soulagement mais l’épanouissement de la prophétie de Saint-Just, « le bonheur est une idée neuve en Europe ». En conséquence de quoi il y a plus de sens et de dignité dans des luttes pour la qualité de l’air, l’égalité des droits entre homos et hétéros, la sauvegarde des espaces verts et les recherches sur le cancer que dans de sottes et vaines querelles de tabouret sur un théâtre d’ombres (…).

 

La réponse de Hubert Védrine sera publiée dans le Monde Diplomatique d’avril 2013.

  Plus à perdre qu’à gagner en restant dans l’OTAN: Régis Debray face à H Védrine

 

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La boite à outils. Texte d'Yves Cimbolini.

30 Mars 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR".

Samedi 30 mars 2013

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A mon grand regret et suite à la prestation télévisée de notre capitaine, je vous informe du décès malheureusement programmé de la tranche d’imposition à 75%, du moins dans sa version initiale. 


Aussi, c’est avec beaucoup d’émotion que je me joins à la grande famille de la classe ouvrière, afin de partager sa tristesse et surtout ses futures galères.


Après la nationalisation avortée de Florange et la signature d’un accord Flexibilité  Précarité Complicité qui va mettre à mal le Code du Travail, un des acquis du CNR (un de plus), ce gouvernement, qui se dit de gauche, fait preuve d’un grand courage et d’une détermination sans faille dans l’abandon des promesses faites pendant sa campagne électorale, et notamment celle qu’il avait faite en faveur de l’abrogation de la scélérate loi dite NOMÉ.


Cette fameuse loi, que l’on doit au gouvernement précédent, et qui est un véritable holdup sur l’énergie, va continuer à enrichir les actionnaires des distributeurs privés de l’électricité au détriment des ménages qui verront très prochainement leur facture augmenter. 


Le courage, c’est d’abandonner !..... Voilà une devise qui conviendrait bien !

 

Cela étant dit pour être honnête avec vous, et pour être positif, je suis obligé d’avouer que notre cher gouvernement a tout de même pensé à la perte considérable que génère pour notre économie ce recul sur la tranche à 75%.


Pour cela, usant de toutes ses compétences, il a pensé à lui associer une mesure complémentaire qui devrait largement compenser les choses. D’ailleurs, à toutes les mauvaises langues qui l’ont injustement accusé de faire du bricolage, notre cher  Président a répondu lors de son intervention télévisée :

‘’J’ai une boite à outils !’’


Cela devrait à coup sûr effacer leurs inquiétudes. 

 (Après les plombiers du Watergate, et le Plombier polonais, voici venu le plombier de l’Elysée. La trilogie enfin bouclée, sortira prochainement sur les écrans)


Afin quand même de vous rassurer définitivement, je vais vous divulguer en exclusivité la véritable stratégie qui motive les décisions Gouvernementales, dont vous pourrez trouver tous les détails sur le fameux site dédié au bricolage :

WWW. Les idées prennent vie du côté…..de l’Elysée-Matignon.org


- Tout d’abord donc comme on l’a déjà dit, le gouvernement va supprimer l’idée de la tranche à 75% pour les particuliers, dans le but d’encourager le retour en France de notre cher Obélix qui avait choisi boire et conduire, et qui était parti dare-dare sur son scooter délocalisant tous ses menhirs.


- Ensuite par une mesure complémentaire, et toute l’astuce est là, notre gouvernement va augmenter de façon significative la taxe sur les alcools et l’amende pour conduite en état d’ivresse.


Vous l’avez bien compris, ce plan en deux volets absolument génial ne pouvait être imaginé que par des professionnels du bricolage. N’oublions pas que dans le domaine éthylique le compagnon d’Astérix a beaucoup donné. Son départ a causé de grandes pertes tant pour les finances de l’état, que pour le marché des spiritueux qui attendent son retour avec impatience.


Dès demain n’en déplaise à Vladimir, Obélix ‘’zigzaguera’’ pour la France, dès demain notre taux de croissance alcoolique redeviendra positif, dès demain enfin avec Obélix ça sera :

Adieu Vodka et bonjour Pastaga !


Quant à nous alors des deux mains on applaudira, et sur un air de Brassens on 

chantera….


« Mon dieu quel bonheur d’avoir un gouvernement qui bricole »


« Mon dieu quel bonheur d’avoir un gouvernement bricoleur »


« Boite à outils, ….boite à outils…. »


images222.jpg Je transmets toutes mes excuses au grand George Brassens pour avoir plagié sa fameuse et magnifique chanson ‘’le Bricoleur’’, qu’avec insistance, je vous invite à écouter et lire les paroles


 

 

Pour en revenir à des considérations plus sérieuses.

 

Questionné sur Europe 1 par rapport à l’hésitation à mettre en œuvre la tranche d’imposition à 75%, un proche du gouvernement aurait répondu : 

 

« Il s’agit de montrer aux riches qu’on ne veut pas les étrangler »

 

Quelle compassion de la part du gouvernement pour ces, voire ses pauvres riches. Si il en avait autant pour les pauvres tout court, ça irait peut être un peu mieux. Moi je dirais qu’avec tout ce qu’ils prennent sur notre dos, les riches, ils risquent plutôt de s’étouffer.


Enfin bientôt notre gouvernement va reprendre en main le dossier des retraites, là aussi nous comptons sur son courage pour revenir sur les engagements pré-électoraux. 


Au cas où, faudrait peut-être commencer à se mobiliser…. 

 

C’est une autre histoire me direz-vous ?


Bien sûr que non ! C’est notre histoire, c’est notre futur.


Rappelez-vous lorsque face à un certain Nicolas, notre président actuel utilisa la fameuse tirade pleine de promesses du ‘’Moi président…moi président…moi président’’

Et bé, en fait j’ai l’impression qu’à défaut d’engagements, c’était une pub camouflée pour une grande marque de Camembert.

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Pour finir, voici la définition du mot promesse sur le nouveau dictionnaire

‘’le petit Florange’’ :


Une promesse est, un engagement non tenu !


Et comme me disait l’éleveur qui passait du taureau à la vache.

Ben pardi ça va de ‘’mâle en pis !’’

 

Yves Lilou

 

Le 29 mars 2013

 

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http://comite-pour-une-nouvelle-resistance.over-blog.com/article-la-boite-a-outils-116667043.html
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Conseil d'Alsace - La presse qui protège le "oui".

30 Mars 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La réforme territoriale

 

Samedi 30 mars 2013

 

Collectivité Territoriale d'Alsace - Consultation publique du 7 avril

 

 

La presse qui protège le "oui"

 

 

Citoyen soucieux d’éclairer le débat public, sans passion excessive, sans arrogance, par le seul usage de la raison, je ne suis pas un agitateur ni un agité. Tenu par aucune discipline de parti, je ne suis pas un extrémiste, mais un républicain réfléchi et mesuré. Je suis d'ailleurs correspondant de presse pour une agence locale depuis 2008. Mais cette fois, c’en est trop ! Que l’on soit d’accord ou pas avec mes arguments, toujours discutables, que l’on soit pour ou contre la fusion des trois collectivités alsaciennes et le projet qui y est associé, ce qui est raconté ci-dessous, sur fond de restructurations à venir dans la presse, doit interpeller les démocrates soucieux de la liberté d’expression et de l’indépendance de l’information.


Conseil-Alsace-Presse-Richert-inquiet-de-la-place-du-non.jpgComme président du Cercle Républicain 68 et auteur d’un blog très fréquenté et très bien référencé sur la Collectivité territoriale d’Alsace, j'ai envoyé (et renvoyé) dans la plus grande cordialité, un communiqué de presse le 7 mars dernier, jour de la publication du premier sondage sur le Conseil d’Alsace. Ce n’est pas la première fois, et je n’ai jamais eu de problème de publication sur d’autres dossiers. Mais cette fois-ci, il s’agissait de mettre en lumière le grand malentendu des électeurs qui envisagent de voter oui au motif qu’il y aurait économies et simplification.

 

Ce communiqué a été publié en pages Mulhouse-Thann des Dernières Nouvelles d’Alsace (certes tronqué), puis en pages région du même journal (certes doublement tronqué, quinze jours plus tard, et sans lien avec le blog). Rien du côté de L’Alsace, pas même une réponse de politesse à mes messages, toujours civilisés.

J'ai demandé, toujours cordialement, que l'on me transmette les coordonnées du journaliste responsable de ce dossier, des fois que je me sois trompé d'interlocuteur. Aucune réponse de L’Alsace.

Le 12 mars, j'ai envoyé une lettre ouverte à la présidente de l'université de Haute Alsace sur l’inacceptable inégalité de traitement entre le oui et le non dans l’accès à ses locaux. Elle a été mentionnée en pages région des DNA (certes dans un simple filet), puis en pages Mulhouse (certes bien trop tard, car 16 jours plus tard la veille du week-end de pâques, au point même de faire croire à l'amateurisme de son auteur, et surtout quand elle avait déjà indirectement fait effet, puisqu'un débat avait fini par se tenir à l'université, à l'initiative des étudiants et de leurs professeurs). Aucune réaction à l'Alsace.

Ayant récemment appris que Radio Dreyeckland avait vainement tenté de trouver un contradicteur à un partisan du non (le conseiller général Raphaël Nisand), le Cercle Républicain 68 a lancé un appel au débat, afin de permettre aux personnalités du "oui" de sortir de l'espace confiné de leurs réunions publiques où ils sont parfois près d'une dizaine à la tribune, tous du même avis. Les DNA ont certes publié l'appel, mais tronqué et déformé au point d'évacuer les refus essuyés par radio Dreyeckland, mettant entre guillemets des propos non tenus. Rien dans L'Alsace.

"La prochaine fois, je monte un club de maquettes en allumettes…"

Le journaliste Christian Bach, chargé de la campagne sur internet, m'a toutefois contacté au début de l'année. Il a parlé de mon initiative à deux reprises dans les DNA (en pages région et sur le net), qualifiant mon blog de "blog d'expert" qui fait "se dresser les cheveux sur la tête de Philippe Richert" (certes en le renvoyant quasiment aux seules questions autonomistes, mais tout de même). J'ai envoyé aux différents niveaux des rédactions de L'Alsace une information, polie et posée, concernant la progression exponentielle de la fréquentation du blog (parti de rien il y a quelques semaines, il en est à près de 3000 visiteurs uniques par semaine, sans compter les infographies qui se sont autonomisées sur la toile). Je proposais une rencontre afin de parler du succès inattendu et conséquent de ce blog indépendant. Pas même un accusé de réception de L’Alsace.

Référencé par le site Rue89 Strasbourg, j'ai aussi récemment été interviewé par un journaliste espagnol du quotidien El Punt. Mais pas par L’Alsace. J’en passe.

Avec un tel écho, si je m'occupais d'un club de maquettes en allumettes (ou tout                 simplement    d'un blog pour le oui), cela ferait sans doute longtemps qu'on en aurait parlé. Si j'étais le président d'un mouvement autonomiste savoyard, engagé pour le oui en Alsace, on en aurait parlé (la preuve en cliquant ici). Mais la politique, c'est visiblement une chasse gardée. Particulièrement sur cette question « alsacienne ».

Tribunes de presse pour le Oui

Samedi 23 mars, la journaliste Yolande Baldeweck publiait dans L’Alsace une nouvelle demi-page intitulée « Autant que des économies, le conseil d’Alsace devrait permettre plus d’efficacité », un titre très long pour celles et ceux qui ne prendraient pas la peine de lire l’article, dont l'objectif était de lancer des contre-feux aux arguments du non, sans les citer. Des arguments défendus certes sur mon blog, mais aussi par d'autres : l'ancien président du CG68 Constant Georg (excusez du peu, et pour une fois dans l'Alsace), l'ancien député et maire de Saint-Louis Jean Ueberschlag (dont la tribune est parue le 3 mars en pages Colmar des DNA, mais rien dans L'Alsace). Vaut-il vraiment la peine d'envoyer une réaction à cette nouvelle tribune pour le oui (il n’y a pas d’autres mots), et être encore mis sur la touche ?

Gilbert Meyer, maire de Colmar, qui a publié sur son blog une longue argumentation, reprise par les DNA du 23 mars (rien dans L’Alsace) en se positionnant pour le non, se fait tout simplement traiter d'« hypocrite » dans un article signé par trois journalistes de L'Alsace, Yolande Baldeweck, Clément Tonnot et François Fuchs. Son tort serait de laisser libres les électeurs en n'appelant pas explicitement à voter non, mais en laissant à chacun tirer les conséquences de sa tribune. Cela mérite-t-il d'être insulté (tout en évacuant le fond du propos) ?

France 3 Alsace a par ailleurs diffusé une émission ("La voix est libre" du samedi 30 mars) où une journaliste de la chaîne interroge complaisamment d'autres journalistes (Yolande Baldeweck, Claude Keiflin et Alexandre Tendin, rédacteur en chef de France Bleu Alsace, selon qui le fait qu'il y ait des partis pour le "non" et d'autres pour le "oui" relève de la "cacophonie"), tous trois manifestement favorables voire enthousiastes pour le "oui". Sans aucun contradicteur en face. Une scène surréaliste.

Au moment où le principal syndicat de journalistes vient, le 8 mars, de dénoncer l'"information low-cost" du Crédit Mutuel, "propriétaire de neuf quotidiens régionaux dans l'est de la France(*)", au moment aussi où l'annonce d'un seul "rédac'chef" pour les deux quotidiens régionaux alsaciens vient d'être publiée par Rue89 Strasbourg (le 28 mars, mais pas dans la presse locale, comme si cela ne concernait pas les lecteurs !), que reste-t-il aujourd’hui pour lutter contre cette dérive des médias locaux ? En tout cas, la fusion a le vent en poupe !

« La place excessive du non dans les médias » !

Et d’ailleurs, qu’en pense Philippe Richert, ancien ministre des collectivités territoriales, actuel président du conseil régional d’Alsace, à l’initiative de cette consultation ? Le 15 février dernier, dans une dépêche de l’AFP publiée dans le Parisien et dans L'Express (mais pas dans nos quotidiens régionaux pourtant avides de dépêches AFP qui ne coûtent pas cher), il s'inquiétait « de la place excessive à ses yeux accordée aujourd'hui par les médias locaux aux partisans du non ». Il fallait oser le dire. Il fallait aussi oser ne pas le publier dans la presse régionale.

Au fait, rappelez-nous la définition du mot « censure » ? « La censure est la limitation arbitraire ou doctrinale de la liberté d'expression de chacun. Elle passe par l'examen du détenteur d'un pouvoir (étatique ou religieux par exemple) sur des livres, journaux, bulletins d'informations, pièces de théâtre et films, etc. — et ce — avant d'en permettre la diffusion au public ».

Espérons ne pas revoir la réalité avant le mot.

Quoiqu'il en soit, il ne faut pas s'étonner que les ventes s'effondrent dans la presse écrite. Cela continuera. Cela fait partie d'une crise de confiance globale entre les citoyens et des élites (politiques, journalistiques, etc.) toujours plus enfermées dans leur bulle.


 Heureusement, il reste internet.

 

 

(*) Le Dauphiné Libéré, le Progrès, le Journal de Saône-etLoire, le Bien Public, l’Est Républicain, Vosges-Matin, le Républicain Lorrain, l’Alsace, les Dernières Nouvelles d’Alsace

 

Mathieu Lavarenne

Président du Cercle Républicain 68

Conseiller municipal indépendant

Correpondant de presse aux DNA depuis 2008

 

 http://referendum.alsace.over-blog.com/article-conseil-d-alsace-la-presse-qui-protege-le-oui-116661781

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Conseil d'Alsace - La presse qui protège le "oui".

30 Mars 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La réforme territoriale

Samedi 30 mars 2013

 

Collectivité Territoriale d'Alsace - Consultation publique du 7 avril

 

 

La presse qui protège le "oui"

 

 

Citoyen soucieux d’éclairer le débat public, sans passion excessive, sans arrogance, par le seul usage de la raison, je ne suis pas un agitateur ni un agité. Tenu par aucune discipline de parti, je ne suis pas un extrémiste, mais un républicain réfléchi et mesuré. Je suis d'ailleurs correspondant de presse pour une agence locale depuis 2008. Mais cette fois, c’en est trop ! Que l’on soit d’accord ou pas avec mes arguments, toujours discutables, que l’on soit pour ou contre la fusion des trois collectivités alsaciennes et le projet qui y est associé, ce qui est raconté ci-dessous, sur fond de restructurations à venir dans la presse, doit interpeller les démocrates soucieux de la liberté d’expression et de l’indépendance de l’information.


Conseil-Alsace-Presse-Richert-inquiet-de-la-place-du-non.jpgComme président du Cercle Républicain 68 et auteur d’un blog très fréquenté et très bien référencé sur la Collectivité territoriale d’Alsace, j'ai envoyé (et renvoyé) dans la plus grande cordialité, un communiqué de presse le 7 mars dernier, jour de la publication du premier sondage sur le Conseil d’Alsace. Ce n’est pas la première fois, et je n’ai jamais eu de problème de publication sur d’autres dossiers. Mais cette fois-ci, il s’agissait de mettre en lumière le grand malentendu des électeurs qui envisagent de voter oui au motif qu’il y aurait économies et simplification.


Ce communiqué a été publié en pages Mulhouse-Thann des Dernières Nouvelles d’Alsace (certes tronqué), puis en pages région du même journal (certes doublement tronqué, quinze jours plus tard, et sans lien avec le blog). Rien du côté de L’Alsace, pas même une réponse de politesse à mes messages, toujours civilisés.


J'ai demandé, toujours cordialement, que l'on me transmette les coordonnées du journaliste responsable de ce dossier, des fois que je me sois trompé d'interlocuteur. Aucune réponse de L’Alsace.


Le 12 mars, j'ai envoyé une lettre ouverte à la présidente de l'université de Haute Alsace sur l’inacceptable inégalité de traitement entre le oui et le non dans l’accès à ses locaux. Elle a été mentionnée en pages région des DNA (certes dans un simple filet), puis en pages Mulhouse (certes bien trop tard, car 16 jours plus tard la veille du week-end de pâques, au point même de faire croire à l'amateurisme de son auteur, et surtout quand elle avait déjà indirectement fait effet, puisqu'un débat avait fini par se tenir à l'université, à l'initiative des étudiants et de leurs professeurs). Aucune réaction à l'Alsace.

 

Ayant récemment appris que Radio Dreyeckland avait vainement tenté de trouver un contradicteur à un partisan du non (le conseiller général Raphaël Nisand), le Cercle Républicain 68 a lancé un appel au débat, afin de permettre aux personnalités du "oui" de sortir de l'espace confiné de leurs réunions publiques où ils sont parfois près d'une dizaine à la tribune, tous du même avis. Les DNA ont certes publié l'appel, mais tronqué et déformé au point d'évacuer les refus essuyés par radio Dreyeckland, mettant entre guillemets des propos non tenus. Rien dans L'Alsace.

 

"La prochaine fois, je monte un club de maquettes en allumettes…"

 

Le journaliste Christian Bach, chargé de la campagne sur internet, m'a toutefois contacté au début de l'année. Il a parlé de mon initiative à deux reprises dans les DNA (en pages région et sur le net), qualifiant mon blog de "blog d'expert" qui fait "se dresser les cheveux sur la tête de Philippe Richert" (certes en le renvoyant quasiment aux seules questions autonomistes, mais tout de même). J'ai envoyé aux différents niveaux des rédactions de L'Alsace une information, polie et posée, concernant la progression exponentielle de la fréquentation du blog (parti de rien il y a quelques semaines, il en est à près de 3000 visiteurs uniques par semaine, sans compter les infographies qui se sont autonomisées sur la toile). Je proposais une rencontre afin de parler du succès inattendu et conséquent de ce blog indépendant. Pas même un accusé de réception de L’Alsace.


Référencé par le site Rue89 Strasbourg, j'ai aussi récemment été interviewé par un journaliste espagnol du quotidien El Punt. Mais pas par L’Alsace. J’en passe.


Avec un tel écho, si je m'occupais d'un club de maquettes en allumettes (ou tout simplement d'un blog pour le oui), cela ferait sans doute longtemps qu'on en aurait parlé. Si j'étais le président d'un mouvement autonomiste savoyard, engagé pour le oui en Alsace, on en aurait parlé (la preuve en cliquant ici). Mais la politique, c'est visiblement une chasse gardée. Particulièrement sur cette question « alsacienne ».


Tribunes de presse pour le Oui


Samedi 23 mars, la journaliste Yolande Baldeweck publiait dans L’Alsace une nouvelle demi-page intitulée « Autant que des économies, le conseil d’Alsace devrait permettre plus d’efficacité », un titre très long pour celles et ceux qui ne prendraient pas la peine de lire l’article, dont l'objectif était de lancer des contre-feux aux arguments du non, sans les citer. Des arguments défendus certes sur mon blog, mais aussi par d'autres : l'ancien président du CG68 Constant Georg (excusez du peu, et pour une fois dans l'Alsace), l'ancien député et maire de Saint-Louis Jean Ueberschlag (dont la tribune est parue le 3 mars en pages Colmar des DNA, mais rien dans L'Alsace). Vaut-il vraiment la peine d'envoyer une réaction à cette nouvelle tribune pour le oui (il n’y a pas d’autres mots), et être encore mis sur la touche ?


Gilbert Meyer, maire de Colmar, qui a publié sur son blog une longue argumentation, reprise par les DNA du 23 mars (rien dans L’Alsace) en se positionnant pour le non, se fait tout simplement traiter d'« hypocrite » dans un article signé par trois journalistes de L'Alsace, Yolande Baldeweck, Clément Tonnot et François Fuchs. Son tort serait de laisser libres les électeurs en n'appelant pas explicitement à voter non, mais en laissant à chacun tirer les conséquences de sa tribune. Cela mérite-t-il d'être insulté (tout en évacuant le fond du propos) ?


France 3 Alsace a par ailleurs diffusé une émission ("La voix est libre" du samedi 30 mars) où une journaliste de la chaîne interroge complaisamment d'autres journalistes (Yolande Baldeweck, Claude Keiflin et Alexandre Tendin, rédacteur en chef de France Bleu Alsace, selon qui le fait qu'il y ait des partis pour le "non" et d'autres pour le "oui" relève de la "cacophonie"), tous trois manifestement favorables voire enthousiastes pour le "oui". Sans aucun contradicteur en face. Une scène surréaliste.

 

Au moment où le principal syndicat de journalistes vient, le 8 mars, de dénoncer l'"information low-cost" du Crédit Mutuel, "propriétaire de neuf quotidiens régionaux dans l'est de la France(*)", au moment aussi où l'annonce d'un seul "rédac'chef" pour les deux quotidiens régionaux alsaciens vient d'être publiée par Rue89 Strasbourg (le 28 mars, mais pas dans la presse locale, comme si cela ne concernait pas les lecteurs !), que reste-t-il aujourd’hui pour lutter contre cette dérive des médias locaux ? En tout cas, la fusion a le vent en poupe !


« La place excessive du non dans les médias » !


Et d’ailleurs, qu’en pense Philippe Richert, ancien ministre des collectivités territoriales, actuel président du conseil régional d’Alsace, à l’initiative de cette consultation ? Le 15 février dernier, dans une dépêche de l’AFP publiée dans le Parisien et dans L'Express (mais pas dans nos quotidiens régionaux pourtant avides de dépêches AFP qui ne coûtent pas cher), il s'inquiétait « de la place excessive à ses yeux accordée aujourd'hui par les médias locaux aux partisans du non ». Il fallait oser le dire. Il fallait aussi oser ne pas le publier dans la presse régionale.


Au fait, rappelez-nous la définition du mot « censure » ? « La censure est la limitation arbitraire ou doctrinale de la liberté d'expression de chacun. Elle passe par l'examen du détenteur d'un pouvoir (étatique ou religieux par exemple) sur des livres, journaux, bulletins d'informations, pièces de théâtre et films, etc. — et ce — avant d'en permettre la diffusion au public ».

 

Espérons ne pas revoir la réalité avant le mot.

 

Quoiqu'il en soit, il ne faut pas s'étonner que les ventes s'effondrent dans la presse écrite. Cela continuera. Cela fait partie d'une crise de confiance globale entre les citoyens et des élites (politiques, journalistiques, etc.) toujours plus enfermées dans leur bulle.


 Heureusement, il reste internet.

 

 

(*) Le Dauphiné Libéré, le Progrès, le Journal de Saône-et-Loire, le Bien Public, l’Est Républicain, Vosges-Matin, le Républicain Lorrain, l’Alsace, les Dernières Nouvelles d’Alsace

 

 

Mathieu Lavarenne

Président du Cercle Républicain 68

Conseiller municipal indépendant

Correpondant de presse aux DNA depuis 2008

 

 

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Shinzo Abe rebat les cartes. Un article d'André Boyer, repris sur son blog.

30 Mars 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Economie

Mercredi 27 mars 2013

En dévaluant le yen pour relancer les exportations, le Premier ministre japonais a provoqué des répercussions sur l’ensemble de  l'économie mondiale.

 

Shinzo Abe, le Premier ministre japonais, a en effet réussi ce qu'aucun dirigeant politique n'était parvenu à faire depuis le déclenchement de la grande crise japonaise, au début des années 90 : mettre au pas la Banque Centrale du Japon. Cette remise au pas a consisté à remplacer le président de la Banque du Japon, Masaaki Shirakawa, jugé trop mou, par Haruhiko Kuroda, défenseur d’une politique monétaire accommodante.

Kamikase-de-la-finance.jpgShinzo Abe a ainsi détruit le mythe de l’indépendance des Banques Centrales, qu’elles avaient mis tant de soin à entretenir. Car sur le papier, toutes les Banques Centrales sont indépendantes du pouvoir politique, à ceci près qu’elles obtempèrent toutes à la demande des Etats-Unis de racheter des tombereaux de titres de dettes  publiques américaines.

Ce ne sera plus le cas de la Banque du Japon qui obéira plutôt aux injections du gouvernement japonais que de celles du gouvernement américain. À l’avenir, elle devra acheter en quantité illimitée les titres de dette émis par le Trésor nippon. Car elle a désormais pour mission de réinjecter une dose d'inflation dans une économie languissante, minée par une dette publique qui culmine à 240 % du produit intérieur brut.

L'objectif de l'opération est limpide : ranimer la croissance en faisant baisser le yen pour regonfler les profits des entreprises, laminés par deux décennies de déflation. Pour l'instant, la nouvelle stratégie de Shinzo Abe semble réussir : depuis janvier, le yen a perdu plus de 20 % de sa valeur par rapport au dollar et à l'euro et la Bourse de Tokyo s'emballe. C’est ce qui scandalise Ken Courtis, ancien vice-président de Goldman Sachs-Asie, qui estime que « pour les pays concurrents du Japon, c'est une véritable déclaration de guerre, un Pearl Harbor monétaire ».

La dépréciation du yen rebat en effet les cartes au niveau mondial dans les secteurs de l'automobile et du high-tech : les exportateurs japonais  dont les parts de marché ont fortement diminué au cours de la décennie passée, n'attendaient que cela pour regonfler leurs carnets de commande et leurs profits, puisque la baisse de 1 % du yen par rapport au dollar générerait 2,7 milliards de dollars de profits supplémentaires pour les trente plus gros exportateurs nippons.

Les grands perdants sont les groupes coréens, malaisiens ou taïwanais, mais aussi allemands. En effet, les industriels japonais sont de redoutables concurrents du made in Germany dans l'automobile, la machine-outil ou les produits chimiques. Sans surprise, Séoul et Berlin et évidemment Pékin accusent Tokyo de raviver la guerre des monnaies. Mais ils feignent d’oublier que le Japon avait vu auparavant fondre son excédent commercial, en raison de l’appréciation du yen de 50% en cinq ans par rapport au dollar.  Le Japon a en particulier  beaucoup souffert de la dévaluation du won coréen, qui explique grandement la percée extraordinaire de Samsung à partir du milieu des années 2000.

Le Japon devait-il accepter passivement d’être éjecté du marché mondial, comme la France en ce moment, parce que les autres pays, la Chine, la Corée ou les Etats-Unis, entre autres, manipulent leurs propres monnaies, mais se scandalisent qu’il est l'audace d’en faire autant ? 

La contre-attaque du Japon était donc logique. Elle va provoquer des chocs en retour : le Japon va voir ses taux d'intérêt à long terme s'ajuster à la hausse. Les banques et les assureurs-vie vont vendre une partie des obligations d'Etat japonaises, qui seront rachetées  par la Banque du Japon. Du coup, cette dernière achètera moins de bons du Trésor américains, fragilisant le marché obligataire américain.

Il faut se rendre compte des effets mondiaux de la decision de Shinzo Abe. Le Japon est la troisieme puissance économique du monde. S'il rééquilibre ses échanges, ce sera aux dépens du reste du monde, notamment de l'UE et en particulier de l'Allemagne. Si son inflation passe à 2% alors qu'elle est aujourd'hui négative de 0,6%, il fera passer ses taux d'intêrêts, par exemple à 10 ans, de 0,75% à ceux de la France, qui sont de 2,25% pour une inflation de 2%.

Aussitôt il faudra que la France remonte ses taux d'interets pour continuer à se financer. Car les anglais qui financent à 50% la dette française, tandis que nos "amis" allemands n'en financent que 7%, ne prendront la dette française qu'avec un taux plus élevé que le Japon, puisque ils équilibrent aujourdh'ui les deux dettes avec une prime de 1,50% en faveur du Japon. Or 1,50% d'interet en plus obligerait l'État français à trouver trois milliards d'Euros de plus par an: peut être voyez vous mieux les effets mondiaux de la décision logique de Shinzo Abe, sur la France, sur les États-Unis, sur la Chine, sur la Corée, sur tout le monde, hause des taux d'intéret partout et réequilibrage des échanges en faveur du Japon... 

 

On n'a donc pas fini de parler du coup de force de Shinzo Abe, qui a sans doute fait sienne la réflexion de Keynes : « Il est plus grave dans un monde appauvri de provoquer le chômage que d'appauvrir le rentier. »

http://andreboyer.over-blog.com/

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Notre messe quotidienne Cela pourrait surprendre certains d’apprendre que dans notre beau pays laïque, on peut entendre chaque jour sur le service public. Repris sur le bog de Descartes.

30 Mars 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale

Vendredi 29 mars 2013 5 29 /03 /Mars /2013 15:07

Cela pourrait surprendre certains d’apprendre que dans notre beau pays laïque, on peut entendre chaque jour sur le service public de la radiodiffusion un office religieux. Et pourtant c’est vrai. Si vous ne me croyez pas, allumez votre radio vers 8h20 et réglez-là sur France Inter. Vous aurez alors l’occasion d’écouter le Révérend Père Bernard Guetta prononcer les mots rituels : « Credo in Evropa omnipotentis… ».

 

Que le sermon nous appelle à tourner nos espoirs non pas vers un dieu barbu et miséricordieux mais vers une sorte de force de la nature ne changer rien au caractère religieux du message. L’Europe de Guetta est comme le Dieu de mon curé : ses voies sont impénétrables. Et de la même manière que pour mon curé dieu peut permettre Auschwitz tout en étant infiniment bon, pour Guetta le fait que son dieu reste les bras ballants alors que notre continent s’enfonce dans la récession, le chômage de masse et l’insignifiance au niveau internationale n’ébranle nullement sa foi. Pour mon curé, Auschwitz est la manifestation d’une foi insuffisante de la part des hommes, qui n’ont pas assez suivi la voie de leur dieu. Pour Guetta, c’est pareil.

 

La chronique de Guetta ce matin était une illustration jusqu’à la caricature de cette vision mystique du projet européen. Elle commençait par suggérer à François Hollande le message à tenir lors de sa prestation télévisée de jeudi soir : « François Hollande devrait dire que le président de la république française ne peut pas grande chose tout seul ». Sur ce sujet, Guetta brode pendant cinq minutes alors que tout auditeur qui connaît un peu Guetta sait – c’est le propre du rituel de se répéter – quelle sera la chute inévitable : « il faut donc avancer vers l’union de l’Europe ».

 

Que la France ne peut pas grande chose toute seule est une évidence. Mais cela ne date pas d'hier. Contrairement à ce qu’essayent de nous faire croire ceux qui prétendent nous couper de toute référence au passé, cela n'a rien à voir avec la mondialisation. Depuis que la politique existe la question des alliances extérieures, de l'amitié, l’échange, la confrontation ou le combat avec les autres a été un élément essentiel dans les délibérations des gouvernants. Péricles pouvait-il quelque chose « tout seul » ? Non, bien entendu. Il lui fallait tenir compte en permanence des rapports compliqués avec les autres cités grecques, et encore plus avec les puissances non-grecques comme la Perse ou l’Egypte. Louis XIV ou Napoléon ont passé l'essentiel de leur temps à gérer la politique extérieure de la France, laissant tout comme De Gaulle l'essentiel de la politique intérieure à leurs ministres de confiance. Ce n’est pas pour rien que la force armée et la diplomatie sont depuis des temps immémoriaux les attributs de la puissance régalienne. Guetta et consorts font semblant de découvrir une vérité nouvelle – sur le mode du « vous comprenez, le monde n’est plus celui que vous avez connu » - alors qu’elle est vieille de deux mille ans. L’état souverain, que ces gens détestent, n’a jamais été ni agi « seul ». Au contraire: l'Etat nation surgit en grande partie du besoin de gérer les rapports d'amitié ou d'inimitié avec les autres.

 

En partant de cette prémisse vraie mais banale, Guetta nous enferme dans une fausse dichotomie : puisqu’on ne peut pas agir seul, il faut l’unité de l’Europe. Il oublie que l’Europe n’est pas, loin de là, la seule manière de ne plus être seul. Il y a un grand nombre de pays souverains qui arrivent à agir avec d’autres sans pour autant abandonner toute possibilité de politique nationale autonome en cédant des compétences essentielles à une bureaucratie sans visage. La Norvège ne paraît pas être en train de sombrer dans la misère et la récession, et pourtant elle est « seule » au sens que donne à ce mot Bernard Guetta, puisque les norvégiens ont refusé de faire partie de cette « Europe unie » qui semble-t-il est la seule solution aux problèmes économiques. L'Islande a géré une crise gravissime, bien plus grave que la notre, et s'en sort bien grâce au fait qu'elle a gardé le contrôle de ses frontières et de sa monnaie. Il faut croire donc que les premiers ministres norvégien ou islandais peuvent faire beaucoup de choses "tout seuls" - à minima, de restaurer la croissance de leurs économies. Pourquoi le président français aurait-il moins de possibilités ?

 

La prétendue "impuissance du politique" fait partie des « tartes à la crème » dont nos médias eurolâtres ont le secret. C'est d'ailleurs le dernier arguments des partisans de la construction européenne maastrichienne, qui ont vu tous leurs autres arguments être impitoyablement refutés par les faits. Les citoyens peuvent contempler chaque jour les oeuvres de "l'Europe qui protège" et "l'Euro monnaie de croissance" et constater les résultats. C'est pourquoi les eurolâtres en sont réduits à la vieille antienne "devant les puissances émergentes, sans l'Europe nous ne sommes rien". Avec elle non plus, en fait. L'affaire du Mali montre combien l'action d'un Etat décidé vaut mieux que celle de 27 indécis. Le  discours qui présente la puissance européenne en contraste aux impuissances nationales est un dogme sans rapport avec les faits. Dans la pratique, dans les rapports internationaux, les ministres des affaires étrangères de la France, de la Grande Bretagne ou de l'Allemagne pèsent infiniment plus que la baronne Ashton et sa troupe de bras cassés.

 

Le problème, c'est que la doctrine de l'impuissance du politique plaît à l'establishment. Et si elle plaît, c'est parce qu'elle justifie par avance toutes les lâchetés, tous les abandons, tous les opportunismes. Car si le politique est impuissant, il n'est responsable de rien. Comment peut-on reprocher de ne rien faire à celui qui de toute manière n'a aucune influence sur les évènnements ? La doctrine de l'impuissance permet aux politiques de se justifier devant le peuple avec des discours du genre "je veux bien mais je ne peux point". On expliquera alors qu'on avait les meilleures intentions du monde et le meilleur programem qui soit, mais "vous comprenez, les autres gouvernements européens  n'ont pas voulu...". C'est d'ailleurs ce que ce gouvernement nous raconte depuis maintenant neuf mois. Mme Merkel est finalement un alibi bien commode à tous les abandons.

 

Mais le discours de l'impuissance fait le lit du populisme. Face à tous ces partis qui se battent à mort pour s'asseoir dans le fauteuil, et qui une fois assis nous expliquent ensuite qu'ils ne peuvent rien faire - sauf, bien évidement, s'ils arrivent à mettre d'accord la bureaucratie bruxelloise et les 26 autres gouvernements européens, autant dire mission impossible - il y aura d'autres qui affirmeront, à tort ou à raison, avec des idées simplistes ou au contraire en ayant bien réflechi, qu'ils peuvent faire des choses. Qu'ils ne sont pas, eux, touchés par l'impuissance. Comment reprocher au peuple d'aller chaque fois plus écouter ceux qui, à défaut de faire grande chose, au moins proposent une perspective qui rend les gens acteurs de leur avenir, et non ses victimes ?

 

Le préalable à toute politique de redressement, c’est le combat contre cette idéologie poisseuse de l’impuissance. Le politique national, même « seul », peut beaucoup. Pour commencer, il peut choisir avec qui et comment il va travailler pour ne plus être « seul ». Contrairement à ce que prétendent les eurolâtres, la grande majorité des eurosceptiques français ne propose pas le repli frileux à l'intérieur des frontières. L'eurosceptiscisme français - ce n'est pas le cas dans d'autres pays - est généralement plus proche de la vision jacobine d'une France éclairant le monde que de la vision girondine de la "petite France" réduite au village et au "pays". Et pour l'euroscepticisme jacobin, loin de chercher un quelconque repli il s’agit au contraire de sortir du « repli européen » qui prétend faire de l'Europe l'horizon indépassable de notre politique nationale et internationale.

 

L’église catholique a construit son pouvoir sur un discours de résignation. Pendant plus de mille ans, elle a appelé chacun à se résigner à son sort et à se soumettre dans l’espoir d’une récompense hypothétique dans l’au-delà. L’église européenne utilise exactement le même raisonnement, nous enjoignant de nous soumettre à l’ordre bruxellois dans l’espoir d’une récompense le jour où « l’unité européenne » étant achevée, nous aurons franchi les portes du paradis. Dans les deux cas, c’est une imposture. Il est grand temps de faire comme nos grands ancêtres de la Renaissance européenne et des Lumières, et de dire haut et fort que l'homme est maître de son destin et peu se gouverner par la Raison. Et de repousser la pensée religieuse dans le domaine privé.

 

 

Descartes

http://descartes.over-blog.fr/article-notre-messe-quotidienne-116636962.html

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Baby-Loup et la laïcité dans l’entreprise. Article repris sur le blog de Caroleone le samedi 30 mars 2013.

30 Mars 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La Laïcité

Samedi 30 mars 2013

Baby-Loup, une crèche exemplaire


A notre réunion du 23 mars à Vénissieux, beaucoup d’intervenants ont évoqué la nécessité de défendre la laïcité. Si deux lois (contre les signes religieux à l’école et dans les services publics, et la loi contre la burqa) ont été votées, l’absence de loi concernant les entreprises privées ou semi-publiques provoque des tensions et des décisions de justice contradictoires.


La laïcité dans l’entreprise

 


En 2011, la Cour d’appel de Versailles avait confirmé le licenciement d’une employée de la crèche Baby-Loup (Chanteloup-les-Vignes, 78) qui avait refusé de respecter le règlement intérieur : elle était revenue d’un congé portant un voile islamique.

Or cette crèche, ouverte 7 jours sur 7, et 24 heures sur 24 représente un lieu de liberté, d’émancipation pour les femmes qui peuvent travailler avec horaires décalés, celles qui travaillent tôt le matin ou tard le soir, et même la nuit !

La directrice, Natalia Baleato, sage-femme de profession, féministe et laïque, a permis aux femmes sans qualification pour la plupart, de se former aux métiers de la petite enfance : Baby-Loup est un facteur d’intégration.

 


Les attaques de l’islam radical et des salafistes


Mais cela n’est pas du goût des intégristes, ces salafistes qui ont gangrené le quartier. La directrice et l’équipe enseignante se battent avec courage. Les menaces pèsent sur le personnel, insultes, menaces, "cette fois, vous êtes morte !", dégradations de voitures etc.

La Halde (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité) avait d’abord soutenu la licenciée sous la présidence de Louis Schweitzer, mais la nouvelle présidente Jeannette Bougrab avait désavoué la décision de son prédécesseur et soutenu la directrice et son personnel.

En mars 2013, la cour de cassation a invalidé les jugements précédents au motif que "la crèche est privée et la loi laïque ne s’applique pas".

 


Crèche privée mais avec des subventions et des soutiens publics !


Pourtant, cette crèche existe depuis 22 ans, seule en France, c’est une structure unique, d’intérêt général. Ainsi, une employée aurait le droit d’imposer son voile islamique, avec de jeunes enfants, la laïcité serait donc interdite aux citoyens, aux enfants dans des structures privées ? ayant reçu des aides publiques d’ailleurs.

Il faut vraiment que la loi intervienne pour aider les entreprises privées qui "bricolent" avec les pressions des intégristes (de toutes religions, avec les menus différents, les sorties scolaires, les prières dans l’entreprise, les congés accordés pour les fêtes religieuses, ramadan, shabbat etc.).

La justice oscille dans ses décisions (je connais de nombreux cas) :
 Inspection du travail : un employé portant la kippa, condamné ;
 Caisse d’assurance maladie : une employée portant le voile islamique, condamnée.

Si la décision du 19 mars 2013 l’emporte et que l’employée obtient les 100.000 € de dommages et intérêts qu’elle réclame ?



C’est la mort de Baby-Loup !


A la lecture de l’Huma du 25 mars, j’ai été scandalisée : deux avocats soutiennent la décision de la Cour de cassation. Sans que l’Huma s’oppose et soutienne fermement la crèche Baby-Loup !

Je trouve cet appui ostensible scandaleux !

L’Huma dénonce pourtant avec de nombreux articles les dangers du salafisme en Tunisie, dans tous le pays musulmans, mais rien sur le danger des salafistes en France ?

Le recul de la laïcité dans notre pays est dû à la division de la gauche sur la laïcité au sein même du parti communiste gagné par le gauchisme. Indécision, immobilisme, refus de s’engager dans la défense de la laïcité, quand ce n’est pas le compromis, voire les compromissions avec les "différences".


Une loi ou une modification modifiée


Baby-Loup devrait inciter le législateur à combler le vide juridique qui menace la laïcité et compromet l’intégration, le vivre ensemble. J’ai signé la pétition sur Marianne.net.

Parce qu’il ne faut pas que l’intégrisme gagne, parce qu’il faut que Baby-Loup vive ! Une crèche exemplaire, féministe et laïque.


Mireille Popelin

 

Faire vivre le PCF

 

 

Source : Famille des bois

http://cocomagnanville.over-blog.com/article-baby-loup-et-la-laicite-dans-l-entreprise-116654540-comments.html#anchorComment
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Le vendredi 29 mars 2013, Le Nouvel Observateur emploie le titre « Intervention de Hollande : "Sarkozy, sors de ce corps" », à propos de l'entretien télévisé de François Hollande jeudi soir.

30 Mars 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique intérieure

Article d'Indépendance des Chercheurs  :


http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/03/29/cnrs-sciences-citoyennes-associations.html

CNRS, « sciences citoyennes », associations...

Le vendredi 29 mars 2013, Le Nouvel Observateur emploie le titre « Intervention de Hollande : "Sarkozy, sors de ce corps" », à propos de l'entretien télévisé de François Hollande jeudi soir sur France 2. Au même moment, Les Echos rapporte « La dette publique explose à un niveau sans précédent », se référant à une information difusée par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Mais est-ce autre chose que le résultat inévitable de trois décennies de privatisations et de délocalisations sous tous les gouvernements et toutes étiquettes confondues ? Pourtant, on n'a pas vu en temps utile les « experts » et les « spécialistes » prévenir les citoyens de ce danger très grave. Tel n'a jamais été le cas, même sous le gouvernement de « gauche plurielle » de Lionel Jospin qui a battu des records de privatisations, de traités européens, de dispositions de casse sociale... alors que François Hollande était déjà premier secrétaire du Parti Socialiste. Le 29 mars, Phys.org écrit « Citizen science: Volunteers analyze images in crowdsourced scallop research project ». Mais ce type de « science citoyenne » se met en place au détriment de l'emploi scientifique dans une période de restrictions budgétaires croissantes. Que penser, dans ce contexte de plus en plus difficile, de la création récente par le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) français d'une mission « sciences citoyennes » confiée à l'ancien vice-président de la région Île-de-France Marc Lipinski, membre d'Europe Ecologie - Les Verts ? Et que faut-il entendre par « rapprocher les mondes de la science et des citoyens » ? Si le débat transparent à propos d'une telle mission et de l'indépendance des chercheurs du CNRS dans le domaine de l'information scientifique est clairement nécessaire, certaines outrances contre Marc Lipinski nous paraissent totalement inadmissibles. Le vrai problème est ailleurs.

[ la suite, sur le lien http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/03/29/cnrs-sciences-citoyennes-associations.html ]


Pour ne plus recevoir nos messages, prière d'adresser un courrier électronique avec le titre "désabonnement" ou "désinscription" à l'adresse indep_chercheurs@yahoo.fr

Si en revanche vous avez apprécié le contenu de nos articles, nous ne pouvons que vous encourager à rediffuser autour de vous cette lettre d'information. Merci d'avance.


Cordialement

Le Collectif Indépendance des Chercheurs
http://science21.blogs.courrierinternational.com/
http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia

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Le vendredi 29 mars 2013, Le Nouvel Observateur emploie le titre « Intervention de Hollande : "Sarkozy, sors de ce corps" », à propos de l'entretien télévisé de François Hollande jeudi soir.

30 Mars 2013 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Politique intérieure

Article d'Indépendance des Chercheurs  :


http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2013/03/29/cnrs-sciences-citoyennes-associations.html

CNRS, « sciences citoyennes », associations...

Le vendredi 29 mars 2013, Le Nouvel Observateur emploie le titre « Intervention de Hollande : "Sarkozy, sors de ce corps" », à propos de l'entretien télévisé de François Hollande jeudi soir sur France 2. Au même moment, Les Echos rapporte « La dette publique explose à un niveau sans précédent », se référant à une information difusée par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Mais est-ce autre chose que le résultat inévitable de trois décennies de privatisations et de délocalisations sous tous les gouvernements et toutes étiquettes confondues ? Pourtant, on n'a pas vu en temps utile les « experts » et les « spécialistes » prévenir les citoyens de ce danger très grave. Tel n'a jamais été le cas, même sous le gouvernement de « gauche plurielle » de Lionel Jospin qui a battu des records de privatisations, de traités européens, de dispositions de casse sociale... alors que François Hollande était déjà premier secrétaire du Parti Socialiste. Le 29 mars, Phys.org écrit « Citizen science: Volunteers analyze images in crowdsourced scallop research project ». Mais ce type de « science citoyenne » se met en place au détriment de l'emploi scientifique dans une période de restrictions budgétaires croissantes. Que penser, dans ce contexte de plus en plus difficile, de la création récente par le Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) français d'une mission « sciences citoyennes » confiée à l'ancien vice-président de la région Île-de-France Marc Lipinski, membre d'Europe Ecologie - Les Verts ? Et que faut-il entendre par « rapprocher les mondes de la science et des citoyens » ? Si le débat transparent à propos d'une telle mission et de l'indépendance des chercheurs du CNRS dans le domaine de l'information scientifique est clairement nécessaire, certaines outrances contre Marc Lipinski nous paraissent totalement inadmissibles. Le vrai problème est ailleurs.

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Le Collectif Indépendance des Chercheurs
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