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Le blog de Lucien PONS

la lutte des classes

Le gouvernement tend la main à la CFDT et humilie la CGT. Par Laurence Dequay

2 Mai 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes, #Le syndicalisme, #La lutte des classes

- Riccardo Milani / Hans Lucas
1er mai : le Le gouvernement tend la main à la CFDT et humilie la CGT
 
 
 
Cette stratégie court-termiste favorisait, dans le cortège de ce 1er mai à Paris marqué par des affrontements, la convergence des gilets rouges et des gilets jaunes.

Ouvrir la porte à la CFDT, tout en humiliant la CGT : telle pourrait se résumer ce mercredi 1er mai la scénographie en deux actes déployée par l'exécutif à l'endroit des mobilisations en hausse qui se sont tenues à Paris. A 11h en effet, devant l'Odéon théâtre de l'Europe, à peine une centaine de militants de la CFDT, de l'UNSA et de la CFTC s'étaient déplacés pour écouter leurs leaders appeler à l'avènement d'une Europe plus sociale qui ferait converger par le haut salaires et services publics des 28 Etats de l'Union.

Sur l'estrade ensoleillée, Laurent Berger (CFDT) annonçait surtout avec des yeux pétillants, son rendez-vous lundi 6 mai à Matignon avec le Premier ministre. L'occasion de discuter de prime transport, de logement, de transition énergétique. "Les détails pratiques ne sont pas encore réglés mais on abordera presque tous les sujets que nous avions listés avec 19 organisations. Enfin, la porte de l'exécutif s'entre-ouvre, à nous d'y glisser le pied", appuyait-il, très satisfait de revenir au centre du jeu, après des mois de mépris. Il avait en effet proposé dès novembre 2018 à Edouard Philippe de tenir avec tous les partenaires sociaux, des élus, des ONG un "Grenelle du pouvoir de vivre" pour répondre aux gilets jaunes. En aparté, Berger glissait même que la CFDT revendiquerait aussi une hausse de toutes les grilles salariales, incluant le Smic. "La mobilisation des gilets jaunes a été utile car elle a mis au premier plan les difficultés de salariés, indépendants précaires que nous représentons mal, saluait-il. La violence cependant n'a pas lieu d'être en démocratie." Dès midi, l'élégante petite place de l'Odéon se vidait rapidement, sans que l'on note la présence appuyée de policiers, ou le moindre gilet jaune...

MARTINEZ PAS INVITÉ

Vers 13h15 en revanche, c'est dans une ambiance extrêmement chaotique et tendue qu'avortait le point presse de Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, à l'angle du boulevard Montparnasse bloqué par des CRS et la rue Vavin investie par des gendarmes. Le carré de tête syndical du défilé du 1er mai (40.000 personnes environ) étant précédé par des gilets jaunes et des black blocs, il se retrouvait rapidement noyé sous des gaz lacrymogènes, puis bousculé par des manifestants se repliant dans le désordre pour échapper aux affrontements. "Tout a été prévu par Monsieur Castaner, le ministre de l'Intérieur, pour que ça se passe mal, accusait plus tard, lors de son retour en tête de cortège Philippe Martinez, les yeux rougis derrière ses lunettes de soleil. La police a chargé la CGT, des tirs de grenade ont même atteint notre camionnette !". Questionné en revanche sur une éventuelle invitation à Matignon, le secrétaire général de la centrale de Montreuil affirmait n'avoir reçu, pour sa part, aucun coup de téléphone...

Dans le reste du cortège, cette différence de traitement manifeste, favorisait à l'épreuve des gaz lacrymogènes, la convergence des gilets rouges et jaunes... "Des gilets jaunes qui au début ne voulaient pas entendre parler des syndicats réalisent qu'ils se trompaient sur la CGT, se félicitait Francis, syndiqué dans la construction. Pour notre part, nous nous reconnaissons pleinement dans leurs revendications salariales et leur appel à un meilleur partage des richesses". Les prémices d'une recomposition à la base? Chez Renault à Lardy dans l'Essonne comme chez PSA à Poissy, des liens se créent entre militants CGT et GJ surtout présents chez les sous-traitants, les intérimaires. "A Lardy, même nos ingénieurs techniques réalisent que la précarité nous rattrape tous", affirmait Florent. "Quand le mouvement des gilets jaunes a démarré nous n'étions pas dans le coup. Cette fois, alors que nos direction nous demandent de travailler aussi les jours fériés, à la base, nous sommes en phase avec les gilets jaunes !", se félicitait Allan, de Poissy. Pas sûr donc que la division aide à moyen terme Emmanuel Macron à sortir d'une crise sociale et politique... D'autant plus que le 9 mai, toutes les organisations se retrouveront pour manifester contre le projet de réforme de la fonction publique du gouvernement.

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Bilan et perspectives autour du mouvement des Gilets Jaunes en tant que manifestation novatrice de la lutte des classes en France sur la période 2018 – 2019…

1 Mai 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Les Gilets Jaunes, #La lutte des classes

Bilan et perspectives autour du mouvement des Gilets Jaunes en tant que manifestation novatrice de la lutte des classes en France sur la période 2018 – 2019…

“Nous reconnaissons notre brave ami…la  vieille taupe qui sait si bien travailler sous terre pour apparaître brusquement: la Révolution.”
Karl Marx,
Les révolutions de 1848 et le prolétariat
 

Bilan et perspectives autour du mouvement des Gilets Jaunes en tant que manifestation novatrice de la lutte des classes en France sur la période 2018 – 2019…

« … le passage de la propriété foncière au travail salarié constitue un véritable mouvement dialectique en tant que processus historique accompli puisque le dernier produit de la propriété foncière moderne est bien l’instauration généralisée du travail salarié qui, ensuite, apparaît comme la base de toute la merde contemporaine ».
Marx à Engels,  2 avril 1858

« L’extension des grandes villes modernes confère au terrain, dans certains quartiers, surtout ceux situés au centre, une valeur artificielle croissant parfois dans d’énormes proportions, les constructions qui y sont édifiées, au lieu de rehausser cette valeur, l’abaisseront plutôt, parce qu’elles ne répondent plus aux conditions nouvelles, on les démolit donc et on les remplace par d’autres. Ceci a lieu surtout pour les logements ouvriers qui sont situés au centre et dont le loyer, même dans les maisons surpeuplées ne peut jamais, ou du moins qu’avec une extrême lenteur dépasser un certain maximum. On les démolit et à leur place on construit des boutiques, des grands magasins, des bâtiments publics… Il en résulte que les travailleurs sont refoulés du centre vers la périphérie, que les logements ouvriers et d’une façon générale les petits appartements deviennent rares et chers et que souvent même ils sont introuvables. Car dans ces conditions, l’industrie du bâtiment, pour qui les appartements à loyer élevé offrent à la spéculation un champ beaucoup plus vaste, ne construira jamais qu’exceptionnellement des logements ouvriers. »

Engels, La question du logement – 1872
 

«  Une révolution est un processus de longue haleine : cf. 1642-1646, et 1789-1793 – et pour que les conditions soient mûres…, encore faut-il  que tous les partis intermédiaires arrivent les uns après les autres au pouvoir, et s’y ruinent. »
Engels à E. Bernstein, 12 – 13 juin 1883.
 

Tenter de faire croire que le prolétariat deviendrait fascisant lorsqu’il cesse de marcher dans les clous de l’organisation totalitaire du mensonge spectaculaire démocratique,  c’est la dernière et piteuse  mystification  mise en œuvre par la classe capitaliste pour tenter d’échapper à la grande correction sociale qui se prépare…

 

Lorsque la coalition des forces sociales et politiques antagoniques au prolétariat se forme et se diffuse intensivement par le biais d’un spectacle médiatique de plus en plus délirant, elle est donc en même temps le signe que l’affrontement décisif est sur le point de se produire et que la crise du fétichisme de la marchandise est bien en train d’atteindre une étape décisive

C’est  la France périphérique prolétarienne des territoires désindustrialisés de la relégation rurale qui est aussi celle de la paupérisation accélérée des artisans, des travailleurs faussement indépendants, des paysans écrasés et des retraités misérables qui fonde le mouvement social indocile des Gilets Jaunes. Ceux qui avaient encore au cœur de la machine économique nationale d’hier une place relativement reconnue en sont aujourd’hui bannis par une mondialisation généralisée de la crise qui en fait les déshérités sociaux de la modernité marchande, toute entière occupée désormais à s’occuper médiatiquement et culturellement des avantagés sociétaux de la tyrannie consommatoire et clientéliste des centres-villes du boboïsme et de ses banlieues immigrées.

 Nous nous trouvons désormais pleinement entrés dans la rationalité historique du  VI° chapitre, dit inédit,  du Capital lorsque la production capitaliste est production et reproduction du rapport de production spécifiquement capitaliste. La logique du Capital est celle de son écroulement logique à mesure que tous les gangs syndicaux et politiques étatiquement financés disparaissent des radars  après avoir saboté méticuleusement toutes les luttes radicales passées… L ‘ouvrier – hier incarcéré par la gauche du Capital –, le paysan – hier cadenassé par sa droite –, l’employé – par les deux – se sont homogénéisés dans un prolétariat collectif de plus en plus universel qui digère les couches moyennes accablées et fait surgir aujourd’hui une perception commune de plus en plus séditieuse de toutes les  Maffias politiciennes de la mondialisation totalitaire du marché. Cette phase historique particulière où la domination pleinement réalisé de la marchandise s’est accomplie fait disparaître à grande vitesse tout ce qui n’était pas encore du prolétariat d’antan pour en faire le nouveau prolétariat moderne de tous les sans réserves qui s’affrontent directement à l’État, à la classe capitaliste et aux couches moyennes bobos, derniers privilégiés du supermarché démocratique de la chosification. Ce qui amène le phénomène Gilets Jaunes à rompre ainsi naturellement avec toutes les chapelles mystificatrices qui ont accompagné et sans cesse légitimé l’intense délabrement généralisé du quotidien.

Comprendre le temps contemporain de la domination pleinement réalisée du fétichisme de la marchandise, c’est correctement saisir le niveau de perception aliénée et abrutie de la classe dominante et de ses valets – journalistiques en premier lieu – à partir  duquel le prolétariat est totalement in-entendu et in-compris dans le pauvre champ d’inculture historique qui génère cette vision immédiatiste et empirique. La crise du logement en tant que métastase de la crise du capitalisme totalement réalisé a expulsé le vieux prolétariat de jadis de toutes les grandes métropoles où il y a été remplacé par des populations issues de l’immigration maghrébine et africaine lesquelles constituent désormais la caractéristique majeure de nombreuses banlieues.  La classe capitaliste et ses supplétifs de toutes les couches moyennes supérieures et intermédiaires qui structurent la boboïtude contemporaine, sont désormais les seules à pouvoir habiter au centre des grandes métropoles, là où à côté se regroupent donc aussi les minorités subventionnées du cosmopolitisme anti-révolutionnaire de la marchandise. Dans ce schéma géographique de l’aliénation, la politique moderniste de la ville a ainsi coûté plus de 100 milliards d’euros de plus-value prolétaire extorquée au cours des 30 dernières années et, à elle seule, la rénovation urbaine des quartiers dits prioritaires, a engagé 48 milliards entre 2005 et 2015. Ainsi, les banlieues prétendument défavorisées, à l’envers des images d’Épinal de la mythologie du Capital se trouvent-elles, en fonction des richesses cumulées de l’économie souterraine et du subventionnisme étatique et para-étatique,  à des annéeslumière des départements paupérisés de Creuse ou de Dordogne…Dans un tel paysage de réclusions et d’opacifications où les visibilités sont toujours aussi des effacements, la pathologie idéologique boboïste n’a dès lors aucune autre visibilité possible du dé-favorisé que celui des quartiers ghettoïques de l’ethnicisme fleurissant avoisinant qui est pourtant énormément plus choyé que l’ouvrier du Cantal ou du paysan prolétarisé de la Creuse… Toute la réalité de l’ancien prolétariat communard  a disparu de l’imaginaire et des représentations des habitants nantis des centres-villes de la conscience réifiée bien lotie. Aujourd’hui, la très grande masse prolétarienne toujours plus appauvrie,  toujours plus au chômage sur-vit ainsi reculée dans la  France périphérique des petites villes, des villes moyennes et des espaces ruraux fondamentalement éloignés du théâtre narcissique urbain de tous les donneurs de leçons de dictature démocratique de la réussite sociale.

Tenter de faire passer les Gilets Jaunes pour d’horribles  réactionnaires en voie de pré-fascisme est évidemment complètement débile mais néanmoins très commode puisque cela permet d’éviter à tout un monde d’hébétés parasitaires, politiques, syndicaux, artistiques, journaleux, magistrats et universitaires de se poser les questions essentielles qui permettent de saisir la logique du temps présent. En effet, lorsque la police mentale  du Capital décrète que quelqu’un est fasciste ou para-fasciste, il en résulte qu’il doit être non seulement condamné mais rééduqué et re-dressé…Cela permet dès lors de s’exonérer  de toute interrogation intelligente sur le sens véridique de l’organisation historique du territoire où les Gilets Jaunes se voient contraints de reproduire l’économie de leur exploitation. L’antifascisme  a toujours été une arme de classe pour faire plier le prolétariat, pour écraser notamment le combat des barricadiers de Barcelone en mai 1937 puis pour justifier la grande boucherie impérialiste du deuxième charnier mondial au nom du progrès totalitaire de la liberté du marché. En prolongement de Rosa Luxemburg assassinée par la social-démocratie du Capital et de la Commune de Kronstadt écrasée par le capitalisme étatique bolchévique, tous les groupes maximalistes du siècle dernier expliquaient déjà dans toutes leurs interventions que depuis que la gauche du Capital a su donner au fétichisme de la marchandise sa forme la plus paranoïaque, il ne lui reste comme le rappelait Bordiga qu’une chose à faire pour dissimuler la puanteur de sa posture : lutter contre un fascisme qui n’existe plus, n’existe pas et n’existera d’ailleurs plus jamais. C’est exactement ce qui est en train de se passer.

 La démocratie actuelle est le stade suprême de la dictature du monothéisme de l’argent actualisé. Elle aboutit  aux contre-vérités les plus gigantesques de l’histoire du capitalisme et à un mépris de classe totalitaire absolu, constamment  véhiculé par les médias, le cinéma, l’éducation et tous les lieux de crétinisation intensive qui depuis 1945 ont créé un ministère obligatoire de la vérité officielle. Au niveau purement élémentaire de la surface première des choses, on l’a bien vu pour le référendum de 2005 comme pour le Brexit, seul le diktat de la liberté despotique du profit  est présenté comme opinion bonne, souhaitable et admissible. Mais l’omniprésence de l’économie de la crise du faux a induit partout la crise de l’économie du faux omniprésent… Dorénavant, tout se retourne dialectiquement et le principe de réalité se restaure à grande vitesse à mesure que tous les bourrages de crânes s’invalident… Ce qui compte le plus dans ce qu’a fait surgir l’indiscipline des Gilets Jaunes, c’est la réalité de classe du prolétariat depuis son point de vue à lui en fonction de son hétérogénéité liminaire qui fait simultanément mouvement vers son homogénéité postérieure. Nous sommes là rendu à un moment très particulier du développement crisique du Capital, celui de la sécession subversive progressive du prolétariat d’avec toutes les règles et normes culturelles qui perpétuent l’économie politique de l’asservissement… C’est cela qui dit le vrai présent de la France périphérique en insoumission qui cherche à protéger ce qui lui reste d’humain et que son combat lui a fait retrouver, en renaissance et dépliement : une dynamique sociale critique, joyeuse et forte qui active l’entraide et le lien humain qui fait communauté de destin possible.

L’ État, la classe capitaliste et tous leurs larbins ont fort bien compris qu’il était inutile aujourd’hui de tenter de s’opposer frontalement au prolétariat. C’est là qu’intervient le cryptage de classe en tant que phénomène idéologique de brouillage et d’inversion accusatoire lequel  permet tout à la fois à l’oppresseur de dissimuler sa position de persécuteur tout en camouflant celle de l’adversaire pour le faire passer pour son contraire… Nous sommes là en pleine présence de ce que Marx a fort bien démontré dans la Première section du Livre premier du Capital lorsqu’il expose la critique du  caractère fétiche de la marchandise et de son secret. En effet, la société spectaculaire de la loi de la valeur ne porte pas écrit sur le front ce qu’elle est. Elle est le mensonge par essence… Elle fait de chaque réalité sociale aliénée un hiéroglyphe. Il convient donc de correctement chercher à dé-chiffrer le sens de chaque hiéroglyphe en pénétrant les secrets de ce qui y œuvre pour en dé-couvrir la tromperie constitutive en saisissant que la vérité s’inscrit toujours en négatif des apparences du spectacle démocratique de la tyrannie mensongère du faux omni-présent qui rend possible la domestication universelle.

Et là, il faut notamment toujours en revenir à ce que  Marx a voulu signifier dans le Chapitre XXV de la VII° section du Livre premier du Capital lorsqu’il parle du remplacement d’un ouvrier d’ici par trois immigrés de là-bas, et de la mise au travail des femmes à un coût historiquement toujours globalementinfériorisé…C’est pour cela que la domination réelle du mode de production capitaliste a tout à la fois valorisé la libération marchande du corps et de la vie des femmes et ardemment promu l’armée de réserve immigrée après que la grande peur patronale de 1968, en ait fait le levier social stratégique choisi pour substituer au vieux prolétariat communard des gauloiseries réfractaires du temps de la grève sauvage, une main- d’œuvre docile et ignorante historiquement de tout combat maximaliste contre l’argent et l’État. De la sorte, il s’est créé une consubstantialité sociale entre le CAC 40 et l’hystérie immigrationniste puisque la Bourse est forcément une adepte forcenée de la diversité colorée du travail promu et obéissant… Simultanément, on a vu se généraliser les banlieues privilégiées de tous les trafics lesquelles correspondent parfaitement aux aspirations de la pègre capitaliste la plus huppée étatiquement. C’est pour cela d’ailleurs que la classe dominante la plus culminante, celle des appropriateurs des quartiers fortunés,  est aussi et toujours très compréhensive et coopératrice avec le lumpenprolétariat des appropriateurs des cités de la carambouille et de la came…

Les Gilets Jaunes, de manières diverses et variées se sont donc évidemment posé la question interdite sur l’immigration en la plaçant aux antipodes des incarcérations compassionnelles de l’humanitarisme de la marchandise… En effet, cette question n’est ni raciale ni démographique, elle est d’abord et exclusivement liée au devenir mondial de la lutte des classes… Tout est évidemment faux dans le soliloque capitaliste obligatoire au sujet des immigrés… Précisément d’ailleurs parce que toute discussion née sur le terrain actuel des intérêts dictatoriaux de la société spectaculaire marchande doit d’abord faire oublier que la morale émotionnelle du marché pour les migrants est comme tout ce que promeut et promet l’ordre commercial de la vie asservie, un simple impératif d’investissement destiné à maximiser le melting-pot de l’hébétude consommatoire. Et pour les mêmes raisons,  à mesure que l’on s’éloigne des centres-villes boboïstes des métropoles capitalistes et que l’on se rend sur les ronds-points de leurs périphéries prolétaires, il est aisé d’y entendre une parole politiquement non-conforme aux dogmes immigrationnistes de l’égalisation de toute la planète dans la misère marchande de la vie-objet… Des commissions sur la diversité du MEDEF aux tracts des derniers fossiles gaucho-libertaires, tout l’arc du proxénétisme de la gestion sociale nouvelle a fait de la religion anti-raciste un outil de classe permettant l’américanisation ghettoïque du salariat et  l’ensevelissement recherché de la tradition communiste de l’histoire européenne.

Les Gilets Jaunes ont compris pour une large part et sans pour cela la théoriser cette évidence : le spectacle de la société de classe a voulu très systématiquement éliminer l’histoire de la conscience radicale en voulant faire migrer le prolétaire communard d’Europe hors de sa propre histoire vers la liberté universelle de la dépossession marchande à mesure que le mouvement des migrations venait, lui, toujours plus consolider le monde du tyrannique déplacement ubiquiste de la valeur d’échange. Pendant que le commerce des passeurs fructifie, les multinationales pillent l’Afrique et en déportent les populations excédentaires. L’Europe et la France quant à elles, déracinent leur propre histoire pour que tout se perde dans la masse indistincte d’une population marchandisée qui n’est plus qu’un déchet de l’industrie de l’équivalent général abstrait. La répression industrielle et massive qui cogne, mutile, éborgne et emprisonne à tours de bras, c’est uniquement bien entendu pour la lutte de classe prolétarienne … Les Médias et les maîtres du spectacle marchand excusent toujours la délinquance exotique qui n’est qu’une variante de la possession aliénatoire…Mais ils haïssent le Gilet Jaune autochtone et irréductible qui, lui,  est la cible ultra-privilégiée du fameux flash ball de la démocratie policière de la liberté friquée..

 L’idéologie boboïste comme expression de toutes les gauches de la marchandise – en tant qu’avant-garde indispensable du mondialisme capitaliste – encourage évidemment l’ouverture à toutes les diversités dociles pour dissoudre l’ancestral terrain historique des dangers de la radicalité communeuse. Ce bavardage incontinent sur l’ouverture à l’autre permet à la classe capitaliste de se maintenir  illusoirement dans une posture de supériorité morale destinée à déguiser sa position de classe et de mépris. L’altruisme du Capital  aspire à la tranquillité générale pour l’ensemble de ses commerces et trafics…C’est pourquoi il raffole des minorités « à bas coût » et à radicalité in-existante, adore la non-discrimination sociétale des balivernes LGBT, des frivolités féministes, des foutaises anti-racistes et sans-papiéristes et de l’investissement écologiste dans la grande et calme fraternité marchande du capitalisme vert qui se veut indépassable. Mais le capitalisme altruiste ressent une haine féroce pour le Gilet Jaune qui,  lui,  fait entrevoir – en anti-thèse – qu’une monumentale tempête sociale se prépare contre toutes les cliques de la servitude perpétuée

Les Gilets Jaunes ce n’est rien d’autre que le retour du prolétariat comme communauté vivante de lutte de classe et tous les analystes de la marchandise pourrie, de l’extrême droite à l’extrême gauche du Capital sont des cadavres qui sont incapables de saisir que derrière l’apparente éternité de ce qui fonde la crasse pauvreté mentale de leur logorrhée capitaliste, il y a le véritable clivage historique  qui dessine le dé-chaînement qui se rapproche…En dernier lieu, la ligne de front s’est avouée elle-même… D’un côté, il y a presque tout le monde dans la prolétarisation illimitée et,  de l’autre, on trouve tous les agrégats, amoncèlements et conglomérats mondialistes des métropoles de la pestilence marchande, conservateurs ou évolutionnistes…

C’est cette réalité in-supportable de la classe prolétarienne enracinée dans la tradition historique de ses profondeurs réfractaires et donc en tant qu’organe essentiel de l’essence de l’histoire séditieuse que la classe capitaliste du  globalisme de la marchandise s’efforce de nier et de réprimer. Alors que l’immondice démocratique parlementaire de la marchandise constitue, depuis deux siècles de mensonges, de servitude, de sang, de larmes et de mort, l’horizon intouchable du bien politique imposé, aujourd’hui il semble évident que  cette fabulation commence bien à arriver à son dénouement. Aujourd’hui, le divorce entre prolétariat et classe gouvernante se gargarisant de ses discours autistes, est bel et bien consommé, et les lignes de fracture qui verront se déployer de manière croissante la lutte de classe deviennent de plus en plus claires.

Les lourds bobards de guerre du fétichisme de la marchandise se suivent et se ressemblent, sur l’Irak, la  Serbie, la Libye puis la Syrie…Et quand les démentis surviennent très doucement, il est évidemment trop tard pour empêcher que les effets dévastateurs de la tromperie du spectacle démocratique du profit aient pu être évités. Les mensonges ont produit leurs effets. Des morts par centaines de milliers. Des millions de vies dévastées ou détruites. Et les médias du spectacle capitaliste passent à la construction et à la diffusion de la manœuvre suivante… au mensonge suivant du capitalisme spectaculaire.

Les bobards antiracistes du fétichisme de la marchandise se reproduisent aussi selon un schéma perfide identique. Dans l’histoire surréaliste de Théo,  immédiatement soutenu par le président de la République et tous les gangs artistiques les plus progressistes,  on retrouve le même processus pathologique. Le discours mythomaniaque de l’anti-racisme du Capital lance un signal de soumission obligatoire et  celui-ci est repris en cœur par tous les médias de l’univers domesticatoire de la liberté aliénatoire.  Sans la moindre vérification, tous les médias officiels se précipitent pour élaborer l’orchestration du bobard total de commande qui correspond aux nécessités de reproduction du dogme immigrationniste du marché qui simultanément vilipende et diabolise la lutte de classe des Gilets Jaunes…En revanche, la mise en examen ultérieure de l’intéressé dans une affaire de fraude aux aides publiques en bande organisée est quasiment passée naturellement aux oubliettes. Parallèlement et au regard d’une violence industrielle de masse étatiquement planifiée contre les Gilets Jaunes, le spectacle de l’empoisonnement médiatique fait, cela s’entend, superbe silence ou ridicules contorsions d’éloge policier et de justification judiciaire…

Du FMI au CRIF en passant par le forum de Davos, Le Siècle et tous les clubs et conventicules où viennent se prosterner les politicailleurs du numéraire, tout ce qui exprime la vérité du Capital est à la fois migrantiste frénétique et toujours grossièrement braqué contre les Gilets Jaunes… Ces derniers ont parfaitement compris ce que cela veut dire et la conscience de classe du prolétariat, à partir de cette incontournable réalité, gagne du terrain et se conforte contre tous les clients coalisés de la conscience fausse

Et c’est ainsi que le spectacle de la marchandise produit le mode de production de la contre-réalité idéologique nécessaire à la reproduction de la domestication en tant que réalité serviliste alternative indispensable au vrai critique : soit pour justifier les aventures guerrières de l’OTAN et du gouvernement mondial de la marchandise  soit pour imposer une guerre de propagande massive contre le prolétariat  pour le culpabiliser, le désarmer moralement et socialement et ainsi tenter de le neutraliser.

Pour la première fois depuis 1968, le mouvement prolétarien s’en est ainsi pris là massivement à toute-puissance du spectacle médiatique de la dictature du Capital et ce de manière bien plus radicale et intensive que jamais il ne l’avait fait…Des actions spontanées significatives ont été engagées contre la merde encrée des réseaux médiatiques régionaux allant jusqu’à bloquer parfois la diffusion de certains d’entre eux lorsqu’ils s’étaient très ostensiblement montré être un lieu de production central du boniment informationnel de défiguration du mouvement social. Désormais et grâce à la radicalité consciente et inconsciente de la perdurance des Gilets Jaunes, une masse croissante de prolétaires se dit d’ores et déjà très distinctement que l’émancipation humaine sera inévitablement un au-delà de tous les parler assujettis qui encensent la vie à l’envers tels que ces derniers articulent tous les  torchons monopolistiques de la tyrannie financière et subventionnés qui diffuse la pourriture marchande en sa déliquescence journalistique.

Ainsi, une parole nouvelle de véritable charpente communautaire a jailli dans la profondeurs humaine de ces Ronds-points vivants où l’on a décidé de plus demeurer ce que le Capital nous a indiqué comme assignation à résidence de discipline infinie. Le mouvement social a compris cette chose essentielle que seuls jusqu’à présent savaient certains groupes maximalistes ultra-minoritaires… Oui, les  forces de l’économie politique de la non-vie qui disposent du vrai pouvoir d’aujourd’hui détiennent simultanément tous les médias lesquels, en tous les rackets gouvernementalistes, entendent exclusivement immortaliser le fétichisme de la marchandise. Le spectacle de la liberté despotique de l’argent exerce ainsi une emprise sans précédent sur les esprits par la propagande démocratique de l’ordre totalitaire réalisé qui fixe les sujets dont on a le droit de parler et ceux qu’il faut taire et qui justifient si l’État doit accepter ou non d’écouter les exigences des manifestants…

Les manifestants flexibles et disciplinés de toutes les causes débiles de la réformation du camp de concentration mercantile sont toujours soutenus par les médias et finissent toujours par obtenir gain de cause pour mieux aménager l’égalisation générale dans le culte consommatoire de la commercialisation sans cesse agrandie. En revanche les manifestants récalcitrants qui n’entendent pas se laisser duper par toutes les abêtissements sociétaux de le la marchandise dans le vent et qui ont revêtus le Gilet Jaune subissent inexorablement l’hostilité des médias. La boboïtude médiatique et artistique du Capital adore la misère quand elle demeure passive et inoffensive puisqu’elle peut  ainsi devenir une préoccupation spectaculaire pour toute une cohorte de charlatans et d’esbroufeurs mais elle l’exècre lorsque brûlante et redoutable, celle-ci se cabre et se soulève… Ainsi pour Les Restos du cœur devenus au fil du temps une simple succursale para-étatique de la misère du monde constamment réactivée par la police musicale et malodorante de ces Enfoirés qui portent là bien leur nom en tant que  regroupement d’artistes et de personnalités publiques de la perfidie généralisée qui fructifient et se divertissent en instrumentalisant  caritativement la détresse d’une population qu’ils détestent en fait quand cette dernière s’insurge contre le système des objets qui l’écrase…

D’ailleurs les violences gouvernementales massives et inédites contre les Gilets Jaunes n’ont été et ne sont possibles que grâce au silence et au déni de toute cette putréfaction médiatique et artistique du Capital qui condamne toute intervention de la police dans ces banlieues si particulières qui la ravitaillent en toutes les matières hallucinogène qui viennent tenter de lui faire oublier le néant existentiel de son délabrement mais qui n’ont cessé d’applaudir et légitimer tous les agents et tous les experts de la violences gouvernementale contre le prolétariat en Gilet Jaune

Véritable police morale de la pensée, la sphère médiatico-artistique de la domination a ainsi  livré une guerre idéologique de propagande continue au prolétariat détesté de cette gauloiserie réfractaire renaissante qui se situe précisément aux antipodes absolus de l’intoxication.  Pas étonnant donc que ce comportement ait massivement produit cette fracture nouvelle et considérable. Dans le monde du fétichisme spectaculaire pathologique qui est celui de l’artiste et du journaliste comme celui du flic ou de l’universitaire, la réalité réelle est partout et toujours renversée, le vrai devient le faux et le faux devient le vrai. Dans le monde du Gilet Jaune, le spectacle fétichiste a commencé de craquer… Le monde de la réalité renversée a de la sorte vu surgir un renversement de la réalité fallacieuse, le vrai a commencé à se montrer pour ce qu’il est à mesure que le faux perdait progressivement toute sa réalité…

Les Gilets Jaunes ont contesté le pouvoir de classe comme on ne l’avait point vu depuis longtemps, il est donc normal qu’ils se soient attaqués à l’apparence première de la mise en spectacle de sa justification, c’est à dire à ce qui élabore les premiers périmètres de la conscience fausse telle que le vrai pouvoir a précisément composé celui de ses métastases médiatiques. Bravo donc à eux pour avoir fait ce premier pas essentiel et d’avoir ainsi posé là un acte authentiquement révolutionnaire vers la remise en cause totale du mode de production capitaliste de la réification universelle. Par cela et sans pour autant en mesurer encore consciemment tous les effets, les Gilets Jaunes ont fait émerger là la tendance communiste concrète du vivant humain qui s’attaque frontalement au cœur du pouvoir du cosmopolitisme de la marchandise et donc de la mort programmée de l’humanité.

Guy Debord écrivait en 1993 que « Les actuels moutons de l’intelligentsia… ne connaissent plus que trois crimes inadmissibles, à l’exclusion de tout le reste : racisme, antimodernisme, homophobie ». Les Gilets Jaunes n’ont pas eu besoin de lire cet auteur pour comprendre leur propre vie mais ils ont fort bien saisi que le mode de production de leur exploitation tel qu’il escompte s’immortaliser tournait bien tout entier autour du spectacle de ces trois machineries qui ordonnancent le panorama imposé de toutes les droites et de toutes les gauches de la valeur d’échange…

La société du spectacle  de la passivité marchande n’avait cessé depuis la défaite de la grève sauvage de 1968, de vouloir nous persuader que la révolution probable était la chose la plus improbable qui puisse être.

Mais le mouvement des Gilets Jaunes nous montre que cette révolution est pourtant de plus en plus possible à mesure que la crise terminale de la marchandise mondiale se fait de plus en plus nécessaire et déjà l’in-soumission prolétarienne irrémédiable se laisse sentir comme de plus en plus présente dans les esprits. Progressivement,  le déclenchement de la nouvelle crise financière planétaire qui est en train de survenir va achever de paupériser intensivement la classe prolétarienne et c’est pourquoi la France des sans réserves s’est levé et c’est la raison pour laquelle elle n’est pas prête de se (re)coucher.

La crise financière complètement réalisée de l’État providence ne va plus permettre de payer la paix sociale par de larges transferts sociaux, comme cela a été le cas dans la dernière moitié du 20e siècle et en particulier au moment des accords de Grenelle. Le capitalisme de la domination réelle mondialisée, en pleine crise insurmontable du taux de profit et dans une situation de saturation incoercible des marchés va déboucher sur une crise financière et bancaire cataclysmique. Pendant que les taux d’intérêt finiront par être obligés de remonter, la dynamique de leur incohérence fera exploser l’incohérence qui a impulsé la dynamique de l’accumulation de dettes.

Cela fait maintenant de très longues semaines que le mouvement de contestation est monté des Ronds-points de la France des profondeurs prolétariennes  pour arriver en surface, sous les yeux écarquillés d’une classe capitaliste apeurée  qui pensait à tort avoir gagné et s’imaginait avoir battu définitivement le prolétariat.

Le gouvernement actuel de la mondialisation totalitaire, en un mot le gouvernement le plus totalitairement antisocial qui se puisse rencontrer depuis longtemps, doit donc dorénavant faire face à une contestation forte, organisée, décidée et surtout inéluctablement in-contrôlable. En choisissant de pilonner et rosser durement cette France prolétaire dédaignée, dont bien plus de la moitié du corps social est cependant demeurée solidaire, le pouvoir a finalement signé son arrêt de mort, même si cela prendra un certain temps pour que les crevures qui le composent ou espèrent le remplacer finissent par toutes succomber d’ignorance et d’ignominie. Ce gouvernement borné, arrogant et de totale inculture historique est donc parfaitement adéquat à la décadence du mode de production qu’il représente. En s’estimant capable de  refuser toute solution de compromis, il s’est mis en situation de devoir en payer un terrible prix, celui qui le fera irréparablement succomber.

Mais l’originalité de cette contestation si tenace réside dans le fait qu’elle est parvenue à signaler que derrière le pouvoir visible de la cinématographie démocratique du mensonge capitaliste, il existe un État profond de la falsification omni-présente qui renvoie, lui-même,  à l’État invisible du fétichisme de la tyrannie marchande.  Le pouvoir profond a ainsi été ébranlé par la secousse sismique déclenchée par le mouvement des Gilets Jaunes qui a soudainement rappelé à tous les abrutis médiatiques, universitaires et policiers qui croyaient à l’enterrement définitif de la fureur prolétaire que l’histoire de toute société jusqu’à nos jours ne peut être que l’histoire des luttes de classes. Ce n’était pas prévu et cela explique la violence de la réponse du système de la crise du taux de profit accrue. Un système qui oblige tous ses commis et auxiliaires à jeter toutes leurs forces fielleuses dans la bataille mais une bataille perdue historiquement d’avance. Même si toutes les puissances du vieux monde de la chosification impérialiste  se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer le cauchemar des Gilets Jaunes, toutes les boutiques et camarillas politiciennes, médiatiques et policières ne pourront pas battre le prolétariat même blessé car lui respire la vie qui se tient dressée alors même que ces dernières puent la mort et sont déjà avachies par le poids de leur décomposition.

Ce sont précisément les calomnies, les blessures ainsi que les déchirements subis et collectionnés qui donnent la force de combattre l’accumulation des attaques du Capital et de lutter, à partir de là,  jusqu’au bout. Une nouvelle époque est ainsi  née, celle du combat de classe prolongé et bouillonnant qui ne s’arrête plus aux voilages et dérivatifs classiques du crétinisme de l’oppression démocratique de la marchandise. Le gouvernement de la crise sans fin du marché terroriste, totalement disqualifié par l’ultraviolence de sa réponse sécuritaire et fanatique a été jusqu’à pesamment mutiler, condamner  et incarcérer des prolétaires débonnaires mais néanmoins jugés comme terriblement dangereux pour ce qu’ils laissaient banalement  entre-voir. Et du même coup, il a admis qu’il était bien le gouvernement terroriste du marché de la crise infinie,  avouant là qu’il ne tolèrerait rien des Gilets Jaunes puisqu’il ne laisse impunis que les racailles et casseurs d’en haut et d’en bas qui font tous  protection solidaire pour le pouvoir profond qui, lui,  couvre l’État invisible.

Aujourd’hui, le mur médiatique du spectacle de la crise est quasiment en miettes, le mur politicien de la crise du spectacle va tout faire pour ne pas s’effondrer mais il s’est déjà puissamment  lézardé.

Les prolétaires sont désormais prévenus : la classe capitaliste ne tombera pas sans se défendre et elle mettra en mouvement tous les moyens ténébreux dont elle dispose. Les Gilets Jaunes l’ont vu, vécu, compris  et ils avancent…Mais ce qui est le plus caractéristique c’est que ces derniers ont désormais grandi et commencé à oeuvrer énergiquement à sortir du dressage ancien pour charpenter leur propre avenir en comprenant qui sont leurs faux amis. L’apparente difficulté à trouver une forme d’organisation n’est là que le premier temps d’une organisation qui se forme dans les difficultés de l’apparence mais qui pourtant ne cesse d’exprimer bien plus que ce qu’elle dit. Et surtout, nous assistons là à un mouvement qui contrairement à celui du  temps de 68 ne risque pas d’être démoli et digéré par les appareils syndicalistes étatiques du Capital…Dans le contexte actuel, CGT, CFDT et consorts tout comme leurs sous-fifres gauchistes n’ont quasiment plus aucune capacité pour faire face à cette demande vu le devenir de la crise capitaliste qui a pulvérisé tous ses modèles antérieurs… 1968 marquait l’entrée dans la crise débutante du Capital au terme de la période de reconstruction qui faisait suite au deuxième charnier impérialiste mondial… 2018 indique l’entrée dans la crise terminale de tous les processus de crédit chimérique qui depuis 50 ans ont tenté de faire illusion pour dissimuler la saturation des marchés.

La com­mu­nauté de lutte écrit son histoire dans la lutte et par la lutte, cons­ciem­ment ou non, et c’est dans cette action communeuse que le mou­ve­ment fait l’expérience pra­ti­que d’un monde passé que soudainement il a l’impression de ne plus totalement subir en raison du fait novateur  qu’il a com­mencé à en trans­for­mer cer­tai­nes condi­tions sociales – même limitées – , tout en per­met­tant à chacun de se dé-cou­vrir en vraie solidarité et donc de se trans­for­mer dans le même mou­ve­ment au  tra­vers de cette action qui permet de perce-voir ce qui en la marchandise est aussi l’indice de l’anti-marchandise qui approche… L’action directe est cons­ti­tu­tive du mou­ve­ment de cette auto-constitution radicale qui se fixe sa propre direction et chaque samedi de mani­fes­ta­tion, du plus calme au plus agité, en mon­tre la nécessité. C’est à ce moment où le mou­ve­ment a épuisé la plus grande partie de sa dyna­mi­que première contre les simples effets fiscaux de la décomposition du système de la marchandise en crise totale qu’il se retrouve en vérité de cette rencontre avec lui-même et qu’il va poser la dynamique deuxième de sa rencontre frontale avec la crise totale de la marchandise systémique en dé-composition en tant que telle. Et ainsi, les rêves du désir comme dialectique historique de l’auto-dépassement vont pouvoir faire surgir le désir de révolu­tion contre l’argent et l’État. Tout ce qui était ini­ma­gi­na­ble au début du mou­ve­ment va ainsi se transmuter en imaginaire du mouvement de la fin… Le pouvoir a toujours de plus en plus peur. Le mouvement va survivre et grandir…Toujours et encore Loin devant !

La fameuse convergence réformiste des luttes par laquelle sempiternellement le Capital s’essaye à torpiller toute radicalité qui pourrait devenir hors de contrôle est une rengaine de l’extrême gauche urbaine boboïste qui a tenté de récupérer le mouvement des Gilets jaunes né en novembre et avec lequel elle n’a  bien sûr rien à voir. Le pouvoir aurait voulu que les véritables Gilets Jaunes disparaissent, remplacés par les habituels gauchistes qui se sont déguisés avec des  gilets jaunes compatibles avec toutes les rengaines écolo-immigrationnistes de la marchandise la plus moderniste … Ainsi, les fantoches auraient dévitalisé le mouvement qu’ils avaient d’abord brocardé. Mais la sauce n’a pas pris et elle ne pouvait prendre même si ici où là la confusion a pu momentanément faire distraction citadine… Lorsque les Gilets Jaunes viennent manifester – en zone de classe ennemie – dans les métropoles parisienne, bordelaise, nantaise ou toulousaine même si toutes les sectes du capitalisme vert, améliorantiste et sans papiériste s’emploient à les polluer de leurs slogans véreux et de leurs drapeaux putrides, ceux-ci s’en moquent et continuent d’avancer par delà leurs propres contradictions vers un horizon enfin dés-emcombré de toute la merde de l’économie politique.   Et là l’écologie se vérifie bien comme la nouvelle morale préférée du capitalisme drogué qui, au nom de l’œcuménisme de tous les esclaves du monde de l’indistinction mercantile, nous convie à prier pour une planète boutiquière propre et surtout nettoyé des embarras de classe en ayant pour seule ambition de camoufler que c’est le capitalisme tout entier qui est la première pollution historique de l’humanité et la source exclusive de toutes les dénaturations et dégradations qui anéantissent l’homme et la terre.

L’État protège les pillards accaparateurs qui sont ses comparses en matière d’acquisition totémiste et ses partenaires sur le terrain de tous les trafics de toutes les camelotes. En revanche, il n’a pas cessé de vouloir  piéger et démobiliser les Gilets Jaunes en recourant à la violence de masse et en laissant faire un maximum de casse spectaculaire dirigé dans l’espoir toujours renouvelé mais constamment impuissant de retourner l’opinion. L’État n’a plus aucune autorité à part celle bien réduite du tir tendu de la matraque et des lacrymos.  En réalité,  il est désemparé et la crise généralisée du taux de profit qui l’a démonétisé matériellement et symboliquement l’a rendu définitivement incapable de pouvoir durablement asseoir l’autorité permanente de sa structure de domination et cela va s’aggraver en relation avec une économie de crise qui va constamment s’afficher à l’avenir comme crise de l’économie en tant que telle jusqu’à ce que la France soit totalement ingouvernable. La crise des Gilets Jaunes, qui est en réalité et surtout le premier mouvement d’insoumission généralisée du prolétariat depuis la grève sauvage de 1968,  est une crise profonde qui signale finalement la crise de toutes les profondeurs du spectacle de la marchandise qui ne pourra jamais trouver de solution au niveau des cénacles ignares et chimériques  de toutes les loges, comptoirs et établissements de la mise à jour du spectacle capitaliste mondial. La crise sociale exprime maintenant toute la puissance de bouleversement potentiel de son indiscipline in-épuisable parce qu’elle se manifeste en une dialectique qui,  née de  manière ambiguë,  produit toutefois elle-même les conditions du surmonter de cette ambiguïté… Le prolétariat  montre au déficient et déprimé Macron, pauvre domestique du FMI et de L’OTAN et de toutes leurs banques, qu’il peut en même temps ne pas être dupe de  la violence manipulatrice des casseurs étatiques et continuer donc à soutenir massivement les Gilets Jaunes tout en dédaignant de  jouer au pitoyable jeu du grand débat pipé et à exprimer de plus en plus sa grandissante défiance à l’égard du gouvernement et de toutes ses fabrications médiatiques.

Qu’est-ce que l’État actuel de la domination totalement réalisée du diktat de la loi de la valeur? C’est le signe achevé de la division pathologique dans la société de la réification aboutie, en tant qu’il est l’organe séparé de la pathologie du pouvoir politique de la marchandise totalitaire… La société est désormais totalement divisée entre la classe capitaliste qui exerce le pouvoir et la classe prolétarienne qui le subit et qui n’a cessé de s’accroître avec cette domination achevée. Toutes les couches sociales héritées de l’avant-capitalisme ont disparu et il ne subsiste plus dorénavant entre ces deux classes que des couches moyennes urbaines privilégiées massivement enrôlées dans la défense de tous les mythes qui forgent l’idéologie de justification du Capital.

La crise de la réalisation accomplie du Capital a mis la France comme tous les capitalismes nationaux en situation de faillite. Ainsi que Marx l’a démontré – du mouvement des Grundrisse vers Le Capital – , avec la domination réelle de la marchandise, l’instance déterminante du procès de reproduction passe de la sphère industrielle à celle de la banque et de la finance puisque l’espace circulatoire du Capital pré-destine toujours plus – par le poids du crédit et de la dette –  l’espace de la production lui-même au regard de l’engorgement du marché causé par la baisse du taux de profit. Ainsi, la France a vu en 2018 son endettement réel avoisiner les 2 400 milliards d’euros, ce qui correspond à la quasi totalité du Produit intérieur brut, autrement dit la totalité de la richesse mercantile produite sur l’année auxquels il convient d’ajouter des engagements dits hors bilan qui dépassent, eux,  très nettement les 4 200 milliards d’euros, ce qui positionne sa dette totale en un mouvement d’extension perpétuel près d’atteindre les 7 000 milliards d’euros.  Et c’est là, la raison historique primordiale pour laquelle en dépit des immanquables refluements, le futur est tracé d’avance dans une lutte des classes implacable puisque ce dernier est déterminé par la réalité crisique qui y voit une majorité de prolétaires être irrévocablement amenée à ne plus croire en l’idéologie gouvernementaliste de la raison marchande.

Voilà des dizaines de semaines que la France des prolétaires oubliés, déconsidérés et vilipendés tient le choc contre toutes les coalitions huppées, haineuses et avariés d’artistes, de médiatiques et de politiques briseurs d’émeute… La stratégie de la tension et l’escalade dans la répression, l’attentat opportun de Strasbourg et les multiples profanations orientées dont les enquêtes demeurent continuellement des voies sans issue, les magouilles électoralistes et carriéristes, le Grand débat des vastes brassées de vent, les boniments de refonte constitutionnelle, les jobardises du scrutin de la foire européenne, l’infection galopante des écrans télévisuels, ne sont pas parvenus à cacher que la crise de la prédation capitaliste ne peut que s’intensifier… Chaos industriel, chaos bancaire, chaos financier, chaos migratoire et chaos terroriste forment une synthèse autocratique explosive qui exprime le sens de la crise accélérée de la loi du profit…Et la crise de ce sens n’en est qu’à ses débuts de combustion… Le chômage de masse, la paupérisation et simultanément la désobéissance et la résistance de vaste ampleur vont s’étendre et s’étoffer en provoquant de la sorte à l’encontre de toutes les privilégiatures de la marchandise, une exaspération considérable. Et ces dernières même si elles sont dépourvues de toute véritable connaissance historique leur permettant de saisir la signification d’intelligence de ce qui ad-vient,  auront néanmoins cette épidermique aptitude d’effroi et de lâcheté qui permet à l’État aux abois d’envisager de donner ordre à la police et à l’armée de tirer sur le prolétariat…

Les dernières semaines, bien loin d’avoir résolu quoique ce soit au bénéfice du pouvoir et de son impuissance, n’auront finalement fait qu’attiser l’exaspération et la prise de conscience croissante que tout dans le monde du faux est effectivement artificiel et spécieux et que pour tendre vers le véridique, il y a bien lieu prioritairement de balayer tous les thuriféraires de l’intelligentsia du progressisme de la marchandise, et en premier lieu tous les prébendiers de la bonne conscience gauchiste du Capital qui ont toujours été les meilleurs exploiteurs et fusilleurs du prolétariat. La Commune de Berlin assassinée par la social-démocratie du marché, les soviets des ouvriers et paysans de Russie exterminés par le capitalisme étatique bolchévique, les collectivités ouvrières et paysannes d’Aragon décimées par l’anti-fascisme démocratico-staliniste de la liberté du profit…

La colère prolétarienne durable ne trouve évidemment pas sa source dans la trivialité des apparences premières du niveau de sur-vie tendanciellement dé-croissant tel qu’il est fixé par la baisse augmentée du taux de profit même si les revendications originelles partent bien sûr d’une telle réalité d’élémentaire perception obligée. Aussi, la radicalité des Gilets Jaunes née de là est fondamentalement en sa longévité et son étendue un au-delà de ce qui engendre un par-delà qui permet de signaler l’horizon d’ontologie de l’être générique d’une véritable révolution communière qui s’emploie à replacer la qualité de l’humain au centre du produire ensemble – dans la perspective d’un refus définitif du règne de la quantité marchande… Les prolétaires de cette France communarde constamment définie par Marx comme le détachement de tête du prolétariat universel, ont bien entrepris de comprendre que la dislocation du monde de la tradition sociale qui avait permis la Commune de Paris puis la grève sauvage de 1968 n’avait qu’un seul but et une unique raison capitalistes, dissoudre la gauloiserie réfractaire des séditions de la temporalité critique la plus éminente dans l’immense inculture du melting-pot globaliste du cosmopolitisme de la marchandise, là où tout s’immobilise dans le culte passif et arrêté des platitudes de la transaction éternelle.

Un mouvement de révolution est en marche, mois après mois, dans une inlassable dynamique de conscientisation et dans l’obstination à ne point céder devant la modernité dissolvante du spectacle de la marchandise et contre la liberté de l’équivalent général et son culte solipsistique de l’individu réifié… Le capitalisme mondial est moribond, il ne le sait pas encore au sommet de sa putréfaction mais à la base, là où survit la grande majorité prolétarienne réduite à un absolu silence ou à une totale contrefaçon médiatique, la nouvelle s’est répandu que les jours du gouvernement du spectacle mondial et de ses valets hexagonaux étaient comptés…

En fragmentant l’histoire du prolétariat de France, en voulant le diviser contre lui-même, en mettant constamment en scène des histoires falsifiées et culpabilisatrices de son passé et de son présent, en promouvant et en attisant les flux conflictuels migratoires, en exacerbant les confessionnalismes les plus rétrogrades, le Capital entend nous précipiter vers la guerre civile ethnique dans le dessein de vouloir échapper à la guerre civile sociale qui frappe à la porte. Les Gilets Jaunes face à cette monumentale escroquerie ont dit NON ! Ils ont exprimé le souhait d’enfin en terminer avec la classe dominante dégénérée et fangeuse en appelant sans toujours le savoir mais en la véhiculant sans désemparer cette idée centrale que plus que jamais l’insurrection théorique et pratique devra être totale puisqu’en face il n’y a que ruine, abîme et pestilence…

Loin des chiffres officiels manipulés et manipulant, des millions de prolétaires ont construit leur mouvement de masse pour ne plus être justement une masse domestiquée mais une force historique active de trans-formation… Actuellement, dans la fatigue et une certaine usure, le chiffre est certes quelque peu retombé et si les urbains boboïstes réformistes  de la gauche et de l’extrême gauche du Capital se pointent maintenant plus souvent dans les manifestations qui déboulent dans les métropoles pour gâter cette France périphérique prolétaire qui vient dire Merde à tous les satellites frénétiques de la consommation marchande de commande, cela ne peut rien modifier quant à l’essentiel… L’économie politique de l’aliénation ne parviendra pas à recycler la sédition des Gilets Jaunes pour la métamorphoser en simple rénovation enjolivée des circuits de maniement de la main-d’œuvre stupide de la démocratie des galeries marchandes. Il est évident que sur le fond, la vérité du prolétariat de France qui se sent historiquement et profondément de France prolétarienne a compris qu’il était le dos au mur face à l’impitoyable prédation du fétichisme de la marchandise… 

Pendant un certain temps, le monde illusoire de la purulence macroniste peut éventuellement tenir, épaulé par toutes les fausses oppositions de toutes les désagrégations gauchardes et droitistes du pourrissement capitaliste intarissable. Mais après ? Lorsque la dialectique de la récession incommensurable se présentera historiquement comme intensité crisique de la baisse du taux de profit sur-activée et inexorable pour faire resurgir cent fois plus de barrages sur cent fois plus de Ronds-points et qu’à partir de là toutes les usines de toutes les mégapoles de la non-vie, se dresseront en radicalité d’aspiration pour la réalisation d’un autre monde… Qu’adviendra t-il ? La révolution sociale se déclenchera lorsque l’inter-action dialectique des implications réciproques entre le Capital qui ne peut plus se capitaliser et le prolétariat qui ne veut plus demeurer du prolétariat se rencontreront comme déterminations historiques inséparables  d’un procès de caducité de la marchandisation qui concomitamment manifestera la mort de la marchandise et la vie de l’humanité émancipée…

Le monde de l’argent est en train de mourir… Celui de la communauté humaine est en gestation… L’heure bientôt sonnera…La répression régulière et progressive qui s’est abattue sur les Gilets jaunes, dans un flux terrible et colossal de gardes à vues, de mutilations, d’intimidations et de recours massif aux comparutions immédiates et à la prison ferme,  ne peut en fin de compte que provoquer le durcissement et la radicalisation de prolétaires de plus en plus intelligents qui comprennent parfaitement que l’arnaque de la démocratie de la crise du Capital les mène en bateau et que leurs insatisfactions motivées y sont destinées à rester lettre morte. Les Gilets Jaunes sont pour la partie visible, celle qui défile et se rassemble chaque samedi, les éclaireurs de conscience radicale du prolétariat de la domination réalisée de la marchandise despotique qui se trouve en voie de paupérisation redoublée  et qui va finir par se heurter violemment non seulement au pouvoir macroniste mais à tous les pouvoirs qui aspirent à le remplacer car désormais tous les gardiens de l’ordre étatique du spectacle de la marchandise en crise sont condamnés à devoir disparaître… Le prolétariat ne veut plus de Macron mais il n’accorde aucune confiance à la classe politique régimiste toute entière du cloaque démocratique de la décadence capitaliste… Il a récusé, d’abord, les conséquences du système mortifère de la baisse du taux de profit qui en même temps exprime le vandalisme du taux d’exploitation qui l’écrase… Puis il a commencé de contester, ensuite, les causes historiques de la finance mondialiste qui est en train de s’effondrer en faisant savoir que la crise terminale du mode de production capitaliste est bien en train de sur-venir…

Au terme dialectique de ce craquement social majeur, il faut bien voir que par-delà la lassitude et l’affaiblissement partiel des Gilets Jaunes dans cette durée qui persiste, seul compte – le travail de l’auto-négation qui, en ouragan de rage immense et montante,  va dire davantage que l’écume des choses en matérialisant l’évolution d’un processus qui approche d’un point de rupture incendiaire et dont les conséquences – emportant tout sur leur passage – , font frémir de joie tout humain sain de conscience et d’espérance de vie et frissonner de peur toute marionnette fétide de calcul et de manigances en rentabilité…

Depuis la révolution capitaliste de 1789, la raison humaine de la marchandise qui est aussi la raison de la marchandisation humaine est devenue la mesure de toute chose dans le processus général de la chosification et le spectacle du fétichisme de la marchandise totalement réalisée repose désormais sur le principe narcissique de l’autonomie absolue du désir aliéné du commerce et donc du commerce de l’aliénation désirante. Le commun de l’Être a ainsi été foulé aux pieds puis reporté à l’envers sur le terrain des représentations du marché de l’Avoir mais de façon maquillée et nuisible dans le messianisme du monothéisme de l’argent qui a tout accaparé… Le moment présent est celui où la contradiction entre le développement des forces productives de la domestication et les rapports sociaux de leur maintenance atteint le moment historique déterminant de leur impossible reproduction engagée… Et cela se manifeste centralement dans l’antagonisme qui oppose le mouvement révolutionnaire qui perce sous les Gilets Jaunes et l’impossibilité matérielle criante de l’enfermer dans une quelconque idéologie opérante à l’heure justement où tous les leurres idéologiques de toutes les droites et de toutes les gauches terminent leur agonie…

Les samedis de mobilisation se suivent et se ressemblent : du côté du pouvoir de l’impuissance capitaliste de plus en plus visible, on minimise, et du côté de l’opiniâtreté des Gilets jaunes, on résiste. On résiste à la pression médiatique du défigurement, on résiste à la répression étatique féroce, et on résiste aux tracas de l’érosion. Chaque samedi ne déroge pas à la règle. Qui donc craquera le premier ? Le pouvoir, ou la rue ?  Ce qui est sûr c’est que le prolétariat a déclaré la lutte de classe en permanence et qu’il sait plus ou moins – mais plutôt plus – qu’il ne s’agit plus d’apprécier si l’ordre marchand est bon ou mauvais mais essentiellement d’expérimenter les procédés qui lui permettront d’en finir avec lui.  Le pouvoir n’a toujours pas trouvé de solution politique à ce soulèvement et il n’en trouvera pas car derrière ce désordre persistant, il y a le mouvement de la radicalité prolétaire qui se solutionne dans le refus de  toute politique.

Tous les bateleurs idéologiques des diverses gauches de la marchandise qui bavassaient régulièrement et savamment sur le prolétariat tant que ce dernier ne se manifestait pas ouvertement sous le Gilet Jaune ont du finalement avouer qu’ils étaient ses pires ennemis dès lors qu’il a osé produire la réapparition historique de son propre mouvement tel que ceux-ci n’avaient cessé de s’employer à l’ensevelir depuis qu’après 1968, ils n’avaient eu de cesse de l’immobiliser dans l’idéologie évolutionnaire de la marchandise remise à neuf. Le mouvement des Gilets Jaunes est allé au plus loin qu’il le pouvait en demeurant sur le terrain des rapports sociaux existants. Ce dont il va faire maintenant l’expérience c’est l’expérimentation possible à partir de ce qu’il a déjà fait en demeurant encore accroché à se ce terrain, de faire s’ébaucher la négation pratique de ce terrain lui-même et la compréhension théorique de ce déjà fait en toutes ses conséquences afin d’en en-tendre historiquement la logique totale pour mieux accéder à la totalité de la logique historique.

Ce qui apparaît comme exemplaire dans la lutte des Gilets Jaunes c’est son aboutir dans un conflit toujours plus dur qui pose à partir même de ses ambigüités et de ses obscurités, la perspective toujours davantage clarifiée des problèmes historiques de la crise du taux de profit. Et en fonction de cette crise du taux de l’exploitation qui indique ce que signifie la lutte prolétarienne en sa véritable vérité de conscience charnelle, s’est constituée une situation pré-insurrectionnelle de total non-retour. Le mouvement des Gilets Jaunes a remporté une immense victoire de classe en obligeant tous les lieux du fétichisme de la marchandise à se dé-couvrir et en contraignant ainsi tous ses adversaires, des plus arrogants aux plus minables, à devoir s’opposer ouvertement à son mal-contentement si insupportable…Le premier et indéniable succès remporté par les Gilets Jaunes est d’avoir engagé une lutte si inattendue qu’elle a pu immédiatement dresser en face d’eux la contre-révolution compacte du capitalisme en putréfaction… Ainsi tous les syndicats, partis, associations, clubs et loges de la défense capitaliste du privilège ont dû combattre le mouvement des Gilets Jaunes soit pour le circonvenir, le contenir et l’adapter, soit pour l’abattre, le broyer ou le tuer…Comme Engels dans sa fameuse correspondance de 1885 avec Bebel l’avait fort bien pressenti ; dans un moment, profondément révolutionnaire comme celui que nous vivons aujourd’hui,  toute la masse réactionnaire se tient derrière le slogan de la démocratie pure  et lui donne une force accrue… Tout ce qui est contre-révolutionnaire se drape alors dans les plus beaux plis capitalistes du drapeau de la démocratie de la marchandise. Malgré son incommensurable anti-intelligence, le pouvoir sait toutefois que le problème central c’est l’auto-mouvement de la conscience pratique prolétarienne qui s’auto-organise contre l’argent… Il voit que s’il peut l’asphyxier dans les méandres jacassiers de la démocratie directe de la modernisation citoyenne, il a gagné car il a deviné que si le prolétariat saisit que les assemblées citoyennistes de la Cité du Capital constituent l’espace-temps majeur de la réalité dominante de l’esclavage, lui, il est alors irrémédiablement perdu…

Le premier temps des Gilets Jaunes fut celui sur le territoire du commun du contre-isolement, de l’élémentaire refus de leurs conditions d’existence opprimées, taxées et moquées… Leur deuxième temps fut la réponse radicale qu’ils surent opposer à l’encontre du mépris journalistique et policier des manipulateurs cyniques de toutes les boutiques du marché de l’aliénation. Le troisième qui sera le plus scandaleux pour les amis du crétinisme de la marchandise et donc aussi pour les faux-amis de l’auto-abolition prolétarienne, sera celui où les Gilets jaunes, laissant tomber leur costume initial de haute visibilité revendicative, rappelleront à tous que la question sociale n’a pas finalement pour objet de faire le ménage dans le personnel politique de la marchandise mais bien d’en balayer révolutionnairement tous les personnels en éradiquant tout ce qui fait obstacle à la communauté sans argent ni État…

Ce sont donc les prolétaires qui à partir du mouvement des Gilets Jaunes en auto-dépassement subversif, imposeront le surgissement du projet communiste qui est la logique immanente du mouvement réel de la vie des hommes qui se dresse contre la mort machinique du Capital. Et ce projet n’est rien d’autre que ce qu’est le prolétariat lui-même en ce qu’il peut et doit faire historiquement selon la dialectique déterministe qui sait que seul est possible ce qui est nécessaire en ce que la nécessité est ce qui ne peut pas ne pas être en tant que détermination de la dialectique de l’histoire…Ce sont donc les prolétaires combattant leurs conditions d’existence chosifiée qui, en dernière instance, décideront du moment objectif où seront atteintes les limites historiques du devenir capitaliste. En d’autres termes, le capitalisme atteint les limites historiques de sa possible reproduction lorsqu’il se révèle comme procès de caducité quand la contradiction valorisation/dé-valorisation qui signale le mouvement dialectique de la baisse du taux de profit touche le point extrême qui rend inévitable l’auto-invalidation de la domination pleinement réalisée de la marchandise mondiale. Il n’y a pas d’un coté, la crise sociale révolutionnaire puis de l’autre, la crise économique finale… Le mode de production capitaliste meurt en tant que totalité déterministe globale devenue incapable de reconduire historiquement la détermination de son auto-présupposition lorsque la logique de son déploiement rend impossible le déploiement de sa logique. A cet instant, les prolétaires entreprennent d’en terminer avec leur situation d’internés salariaux et d’en commencer avec eux-mêmes à titre humain parce que l’implication réciproque qui lie le Travail au Capital cesse de pouvoir travailler sa capitalisation et simultanément de capitaliser le pouvoir de son travail… C’est donc exclusivement, la crise terminale de la matérialité historique pratique de la conscience fausse domesticatoire qui permet le jaillissement de la conscience vraie émancipatoire… Le mouvement de l’une est aussi le mouvement de l’autre… Tant que le prolétariat ne se bat pas sur le terrain de la nécessité advenue du communisme universel, ce qu’il pense et fait même au niveau de ses composantes les plus radicales se trouve obligatoirement, en dernier ressort, en situation d’être neutralisé ou digéré pratiquement par l’idéologie de la domination marchande à qui il reste encore du temps devant elle…  

La crise des Gilets Jaunes ouvre-t-elle à échéance rapprochée la faisabilité d’un agir révolutionnaire qui pourrait dépasser en acte l’infamie de l’économie politique… C’est dans la production de l’explosion de la production des chimères de l’endettement qui déguisent et camouflent la saturation du marché mondial et le crépuscule de la scène politique que l’on trouvera la réponse en examinant si la crise de la sur-production financière et le krach bancaire du système monétaire international qui s’annoncent enclencheront ou pas la crise de l’implication réciproque Prolétariat <-> Capital…

 Les Gilets Jaunes ont commencé à saisir cette réalité essentielle que seule la lutte qui ne prend pas de gants et refuse de marchander est la vraie réalités des hommes qui se tiennent droit en la force du dés-enchaînement. Si les prolétaires ne font pas chuter le capitalisme c’est simplement parce que tant qu’ils s’opposent aux forces réelles de la marchandisation qui possède encore la force de réaliser sa position, la reproduction aliénatoire de la servitude est en incapacité historique de pouvoir tomber… La mort de toutes les idéologies qui ont écrasé le prolétariat en toutes ses luttes depuis des siècles est en train de définitivement faire disparaître l’idéologie démocratique de l’égalisation des hommes dans la valeur d’échange concentrationnaire qui fut, sur les derniers siècles, le grand mensonge central de l’histoire des hommes asservis par la loi du profit.

  Les Gilets Jaunes ont su percevoir la misère du monde même s’ils ne savent pas encore la désigner dans sa dénomination la plus exacte… Mais le monde de cette misère est parlant même quand il se tait… La pire des choses qui aurait pu arriver aux Gilets Jaunes, c’eût été qu’ils ne parviennent pas à trouver leur ennemi et à savoir là où il est et là où il tente d’aller… L’ennemi du prolétariat, c’est à dire toute la clique macroniste des larbins de l’OTAN et de l’axe atlantico-sioniste du pourrissement marchand en toutes ses relèves potentielles incarnent ce que justement le prolétariat ne supporte plus… Dans le monde de la marchandise spectaculaire en crise généralisée, les actes radicaux des Gilets Jaunes ont su contrarier tous les projets cosmopolites du sauvetage pathologique de la dictature de la productivité de l’exploitation des hommes et de la nature… De cette façon, le prolétariat a contraint ses ennemis à se démasquer en montrant tout à la fois ce qu’ils veulent pour perpétuer la réalité excrémentielle contemporaine et ce que lui-même, en acte de sédition sans trêve, désire en joie d’in-subordination illimitée.

Le soutien prolétarien aux Gilets jaunes est dialectiquement territorialisé et il indique très précisément la place et l’identité géographiques de la fracture de classe dans le cadre des derniers réaménagements spatiaux de la rente urbaine de la marchandise : les cadres des grandes métropoles du Capital attachés à la classe capitaliste, mais aussi les habitants clientélisés des banlieues de l’immigration bien-aimée ne pouvaient pas s’en sentir solidaires et – malgré les tentatives de toutes les gauches de la marchandise –  pour étouffer la fièvre prolétaire et la faire affluer dans les marécages boboïstes des sollicitations sociétales du capitalisme vert, LGBTiste, migrantiste et féministe de la marchandise la plus moderniste envisageable, le puant bidouillage n’a pas fonctionné… La bêtise du Gilet Jaune de base le plus ringard sera décidément toujours plus intelligente que le cerveau crevé de tous les plus arrogants professionnels de la merde culturelle marchande au goût du jour de la banque Rothschild et de toutes les autres… Il suffira de se remémorer ici l’important texte de Marx sur  Les luttes de classes en France qui démarre justement sur la dénonciation des aristocraties financières et de cette dictature bien particulière du crédit et de la banque comme émanation symptomatique de la dialectique répétée du fétichisme de la marchandise en mouvement de crise toujours de plus en plus intense et férocement omnipotent.

Aucun mouvement de vraie vie humaine ne pourra jamais s’imposer contre l’industrie capitaliste de la mort s’il ne met point au centre de son combat, la vie totale de la vérité de l’humain en mouvement d’universalité. Tant que le prolétariat ne produit pas l’auto-mouvement universel de cette vie totale assumée, l’idéologie du réformisme peut toujours revenir l’arraisonner sur tel ou tel aspect particulier ainsi abandonné aux charognards … Ici, il convient toujours donc d’en revenir à la dialectique et au déterminisme, ce qui est le même processus ; celui de la rationalité du réel en dia-logue d’insurrection avec la réalité du rationnel comme dynamique de conscience consciente qui sans concession se fait mouvement réel historique d’auto-émancipation des hommes… Le mouvement de l’émancipation contre le Capital et l’État est toujours récupéré par les améliorateurs de la prostitution universelle marchande et ainsi sans cesse maqué  par tous les progressistes de l’aliénation renforcée tant que le prolétariat ne ramène pas tout le sens de l’histoire à sa propre auto-négation, ce qui ne peut paraître que lorsque l’histoire s’amène elle-même à réaliser son sens dans cette ultime destination du prolétariat qui s’auto-abolit dès lors que le Capital peut s’auto-invalider…

L’objectif de l’idéologie demeure toujours la confusion, l’aveuglement, le brouillement, le désarroi et l’amalgame de telle sorte que l’inversion, l’indistinction et l’occultation permettent infiniment au spectacle du fétichisme de la marchandise qui en est le moment historique le plus avancé, de pousser toujours plus en avant ses nécessités de voilement, d’obscurcissement et d’opacification dont les agents les plus provocateurs sont évidemment ceux qui sous le masque de l’extrême gauche du Capital prônent toujours davantage de mouvements de libération pour finalement toujours plus élargir le territoire de la marchandisation de l’humain. La crise de la domination réalisée de la loi de la valeur est le moment où se réalise la crise inexorable de la puissance d’illusion du mode de production capitaliste qui rend là alors parfaitement visible que la classe dominante perd son pouvoir de domination parce que la matérialité pratique de son pouvoir d’intégration et de dressage s’est pleinement dé-couvert à la lumière de la lutte des classes qui a alors obligé tous les ennemis du prolétariat à se dé-masquer contre ce que ce dernier a mis en mouvement comme acte de sa volonté…

Sur ce terrain, le mouvement des Gilets Jaunes,  confronté à la vaste haine de toutes les magasins et officines du vieux monde,  a su prouver que tous les interlocuteurs que cherche le pouvoir doivent toujours répondre à cette unique obligation fonctionnelle qu’ils doivent, en premier lieu, permettre à l’État de ne parler qu’avec lui-même et que de lui-même. Le surgissement des Gilets Jaunes est en soi la première défaite majeure du pouvoir et cela signale la réapparition du mouvement révolutionnaire dés-empêtré de toutes les anciennes illusions et hallucinations qui ont cadenassé le prolétariat depuis la fin de l’agitation de 1968. La lutte des Gilets Jaunes a appris à nombre de prolétaires à se connaître, se parler et à produire eux-mêmes les moyens de transmettre et d’exprimer le contenu de leur combat. Cette lutte est d’autant plus inexorable que sa dynamique est irrémédiable et que son point de départ restreint et réformiste était bien entendu beaucoup plus profond en son essence que son visible initial pouvait le laisser croire. Les Gilets Jaunes ont alors traduit dans les faits ce qu’ils voulaient en commençant à exposer la réalité d’un processus jamais arrêté qui indéfiniment dérange, se déplace, chemine et avance.

Comme toujours, appréhender le mouvement général de l’histoire en ses lois constitutives, c’est donc encore et toujours en saisir la dialectique et le déterminisme qui sont finalement la même réalité au sens où l’effet véritable – de la rationalité de l’histoire – signale évidemment la vérité de la cause – de l’histoire de la rationalité – en ce que le procès de production de tout événement résulte forcément de la dialectique des forces productives telle que ces dernières – de manière déterministe – constituent la matérialité concrète et phénoménologique de tout ce qui se passe au moment où cela survient nécessairement dans les formes logiques qui en découlent. Grâce aux Gilets Jaunes, tout le monde peut dorénavant savoir que le seul critère sûr de la radicalité c’est la dialectique d’auto-compréhension que la pratique historique a de l’histoire de sa pratique…L’importance d’un mouvement social doit exclusivement être envisagée par rapport à la place réelle qu’il indique et qu’il explique au regard du processus effectif de l’histoire des luttes de classes… Les mois derniers ne se sont point passés en vain… Ce qui est en train de faire échouer tout projet gouvernemental qui tenterait de croire qu’il peut durablement gérer la crise approfondie du taux de profit qui avertit de la crise du taux d’exploitation, c’est que la dialectique de phagocytose du Capital industriel par le Capital financier empêche désormais tout pouvoir politique de gérer quoi que ce soit d’autre que l’empirement continu du spectacle de l’effondrement…

Comme la grève sauvage de 1968 en son temps et mieux encore, les Gilets Jaunes ont clarifié la situation des affrontements de classe en mettant en lumière pratique la position fondamentale des forces en présence. Le parti de l’ordre en toutes ses fractions politiques, de l’extrême droite à l’extrême gauche du Capital, ne peut imposer son pouvoir qu’à la condition que la lutte de classe prolétarienne ne puisse pas se donner les moyens d’intervenir de façon autonome. Le mode d’organisation horizontal et anti-hiérarchique a répondu aux exigences de la lutte radicale qui a défendu la substance de sa propre existence en éliminant à chaque fois tous ceux qui recherchaient un emploi de chef de file pour remplacer le commandement de  la merde présente par une merde de commandement à venir. On a ainsi confirmé ce que l’on savait déjà… Pour le prolétariat révolutionnaire, l’organisation ne saurait être autre chose que la conscience pratique de l’auto-défense active du mouvement qui, dans son auto-expérience de perspective d’ensemble, marche vers l’abolition de l’argent et de l’État a contrario de tous les gouvernements du monde réifié…

La partie émergée de l’iceberg social qui montre les côté irrésolus, flous et encore incertains du mouvement des Gilets Jaunes ne doit pas nous égarer… La partie immergée de l’iceberg qui s’inscrit, elle, à rebours et dans l’indication évidente des véritables forces en présence, en déterminant le procès d’auto-dépassement des imprécisions et des indécisions initiales, est la plus importante car c’est elle qui clarifie la situation d’ensemble en fonction de la crise totale de l’économie-monde qui ne peut plus assumer le monde-économie de sa totalité. Les Gilets Jaunes auront appris du présent reflux partiel qu’il entraîne bien sûr le contentement et le dédain de l’ennemi mais surtout qu’il appelle pour être surmonté des actions toujours plus massives et fulgurantes… Il faut en effet en permanence aller plus loin au maximum du maximum car sans cela on perd sa possibilité d’agrandissement et donc on se perd soi-même…

Le Capital ne peut continuer d’imposer le pouvoir de son imposition que dans l’espace-temps de la reproduction sociale où la dialectique des luttes de classes ne rend pas encore possible le mouvement de l’intervention prolétarienne autonome. La théorie révolutionnaire du prolétariat qui avance par son procès d’auto-négation vers la communauté humaine est la conséquence d’une action pratico-théorique qui doit perpétuellement œuvrer à s’entretenir et se renforcer afin d’exprimer toute la cohérence historique du mouvement réel qui caractérise le désir de vie historique authentique. Parler des Gilets Jaunes, c’est parler de la crise de l’économie politique qui en générant une désagrégation historique profonde a posé les bases d’un retour de la révolution sociale. Depuis le surgissement du capitalisme médiéval du XIV° siècle italien jusqu’à la guerre impérialiste mondiale de 1914, la domination formelle de la loi de la valeur a connu de nombreuses  crises  qui constituaient seulement en fin de compte des moments d’adaptation vers un mode de production capitaliste pur, dégagé de toutes ses antériorités digérées et enfin abolies puis à dater de la domination réelle, la marchandise a enfin pu se construire un monde adéquat à sa propre essence. Subséquemment,  les crises du XX° et XXI° siècles et leurs deux charniers planétaires généralisés tels qu’ils ont été nécessaires pour absorber les sur-productions impressionnantes de la baisse du taux de profit, ont signifié que les crises de ce temps là n’étaient, elles, que des instants significatifs par lesquels la contradiction valorisation/dé-valorisation menait peu à peu le capitalisme à sa mort. La crise de 1968 a marqué la fin des chimères de la reconstruction d’après 45 puis elle a créé simultanément le mouvement dévastateur de la domination chimérique du crédit et de la dette impérialistes qui a conduit à l’insubordination générale du prolétariat et à la fin du système de Bretton Woods lorsque la guerre commerciale recommencée imposa que les Etats-Unis mettent fin à la convertibilité du dollar en or pour défendre le suprématisme de leur intérêts économiques vitaux en assurant le règne absolutiste d’un dollar obligatoirement universel…

Comme Marx n’a cessé de le montrer et de l’expliquer, le temps de la domination formelle du Capital marque le moment où le Capital industriel détermine historiquement le Capital financier alors que le temps de sa domination réelle marque le moment où le Capital financier détermine historiquement le Capital industriel…Plus le mouvement de la valeur se développe et plus augmente la composition organique du Capital et simultanément sa productivité qui fait ainsi décroître la valeur contenue en chaque marchandise puisqu’il n’ y a valeur qu’à partir de la force de travail humaine exploitée.  La machine ne pouvant que transmettre par son usure la part de valeur de travail humain cristallisée en elle, la concurrence entre capitaux fait ainsi nécessairement toujours baisser le profit en termes de taux alors même qu’il enfle en masse. C’est pourquoi à mesure que les marchés ne cessent de s’engorger, la question de la circulation, de la vente et de la réalisation des marchandises en argent devient vitale et nécessite des incontinences de crédit et de dettes afin de toujours davantage anticiper des transactions qui pourtant sont toutes plus illusoires les unes que les autres. Cette surdétermination du Capital financier sur le Capital de production induit une dialectique de spéculation forcenée qui va prochainement déboucher en retour sur une contraction brutale des modes de paiement résultant du fictif sur-abondant et ainsi voir un écrasement monétaire mondial. Ainsi, au fur et à mesure que l’on se dirige vers la phase historique où le spectacle du fétichisme de la marchandise n’aura plus aucun avenir, la crise des Gilets Jaunes aura eu ce grand mérite de nous faire entrevoir que d’ores et déjà, le fétichisme de la marchandise spectaculaire n’est même plus assuré du tout d’encore posséder un présent.

L’auto-mouvement des Gilets Jaunes ne fut que le début de cette lutte massive qui va venir tout submerger et s’affirmer ouvertement face à l’écroulement des groupes financiers, la décomposition de toutes les structures sociales et le pourrissement de l’État et de toutes les équipes à prétention  dirigeante. Le nouveau temps qui s’apprête à s’ébaucher sera celui où les Gilets jaunes s’auto-invalideront en tant que prolétaires qui revendiquaient seulement un meilleur statut de taillables et de corvéables en devant conduire le refus de la crise mondialiste de la marchandise à se renverser dialectiquement en projet révolutionnaire contre l’argent et l’État. Et là si le temps déterministe de la nécessité objective du procès de caducité de la loi de la valeur est bien consommé, la dynamique d’auto-organisation des ex-Gilets jaunes à conscience lacunaire et inaboutie deviendra auto-mouvement de la critique radicale du travail et de l’échange, c’est à dire auto-conscience exhaustive du processus de communisation.

Ce qui va être déterminant pour le futur c’est la réponse que l’histoire apportera à la question suivante : quand le combat social des prolétaires cessera t-il de vouloir contrôler le terrain de l’ennemi pour imposer le sien en congédiant tous les chiens de garde de l’intelligentsia de la réification et tous les apôtres de l’aliénation modernisée ? C’est par l’indétermination historique de sa genèse que le prolétariat définira ensuite l’homogénéisation de sa lutte de classe historique. Le propre de l’idéologie démocratique de la pensé totalitaire de la marchandise telle qu’elle est née dans les laboratoires de recherche du gauchisme de marché et ensuite déclinée par toutes les gauches et toutes les droites de l’absence organisée de la vraie vie, est de toujours réinterpréter le mouvement de l’histoire en fonction de son dernier moment ; la tyrannie sans fin du spectacle de la commercialisation globale.

Les couches moyennes du Capital qui sont le lieu par excellence où l’on trouve les  professionnels de l’information et de l’enseignement du conditionnement social veulent nous persuader que les lois pourraient véritablement modifier la réalité historique. En tant que spécialistes du discutailler, elles adorent palabrer et bavarder de ce que la société devrait ne pas être ou pourrait devenir. Ces couches directement dépendantes mentalement de la classe capitaliste, dissertent sans arrêt de l’exemple suisse, américain ou nordique en se persuadant que la gestion politique est le ressort central de toute société. Mais les discussions et les querelles qui nous narrent la société de l’avenir à partir du législatif et du constituant n’ont pour objet que de dissimuler les enjeux historiques véritables de ce qui produit et reproduit la domination. On tente là tout simplement de nous berner en nous envoyant sur les voies de garage des machineries institutionnelles où rien ne se décide en vérité afin d’éviter que survienne de vrais conflits de classe qui poseront d’emblée la négation radicale de toutes les institutions de la division aliénatoire de l’existence et donc de l’État.

De l’ultra-droite à l’ultra-gauche du Capital, tous les partis et tous les syndicats s’entendent sur ce point central : préserver à tout prix l’organisation de la marchandisation en muselant et bâillonnant tout ce qui pourrait produire le développement de la conscience historique radicale. Mais le gauchisme sociétal de l’argent arrangé étant le nec plus ultra du devenir des couches moyennes dans un moment porteur de devenir révolutionnaire, il a pour première attribution d’éviter la généralisation de la lutte des classes. Et c’est toujours en ces instants majeurs où le prolétariat se lève dans l’objectif de combattre la politique que les couches moyennes découvrent, elles,  qu’il faudrait la sauver… C’est parmi elles que l’on trouvait hier l’idéologie de l’auto-gestion de la production existante et c’est encore chez elles que l’on trouve aujourd’hui l’idéologie de la démocratie directe et référendaire de l’auto-constitution de la servitude maintenue…Et évidemment, ces couches se voient là par le type de fétichisation technique attachée à leur fonction, les acteurs prépondérants d’une telle mascarade.

L’émancipation humaine n’est pas une question technique qui additionnerait des mesures constitutionnelles et administratives pour gérer humainement les rapports sociaux de l’in-humanisation marchande. C’est une perspective  historique qui pose révolutionnairement  la question de la fin de la politique et de toute activité séparée. C’est la situation précise de la crise du taux de profit qui détermine les forces et les faiblesses de chaque camp. Et c’est l’absence d’une organisation hiérarchisée qui a fait la force originale des Gilets Jaunes au point de faire trembler l’État quand ces derniers se sont aperçus que les revendications syndicales et politiques dans lesquelles on tentait de les enfermer ne pouvaient que renforcer leurs conditions d’existence dans l’esclavage. C’est le niveau de lutte de classes qui surviendra à partir de cet enseignement qui permettra in fine de voir si l’État peut rétablir durablement l’ordre du racket sur le travail en résorbant la critique radicale montante du salariat. Il ne le pourra pas par ses seules aptitudes et aisances à étouffer, réprimer ou détourner…Ce qui permettra à l’ordre de se ré-ordonner sera exclusivement le seuil de maximalisme dont fera preuve l’autonomie prolétarienne liquidant ou pas toutes les représentations politiques…

Pour l’heure, il est tout a fait infructueux de rabâcher les défaillances du mouvement social. Au regard du comprendre dialectique, il faut positiver le négatif en ce qu’il est le noyau central de tout devenir qui dégage la vérité de la positivité en tant qu’auto-expérience d’un mouvement d’immanence qui rompant avec les mythes de l’économie politique et de ses gestions spécialisées, impulse la véritable tension possible vers l’auto-organisation nécessaire. La production pour être humaine devra quitter le terrain de l’économie et de la politique, sciences obscurantistes de la rentabilité, de  l’exploitation et de la domestication des hommes…Le prolétariat en s’auto-supprimant et en instaurant la production de la Commune universelle, sur la base des seuls besoins génériques de l’espèce, expérimentera alors la véritable satisfaction humaine d’un monde sans argent ni État. Un moment révolutionnaire et nous en vivons un,  n’est pas simplement la réalité du coup qui est porté à l’ennemi de classe, c’est la réalité pratique de l’auto-organisation révolutionnaire du prolétariat qui se dégage des épisodes contradictoires et indécis qu’il traverse afin de faire ressortir la vérité globale de l’action en mouvement.

L’actuel mouvement social a pris la parole et il tiendra parole car il parviendra par l’expérience dépassée de ses incapacités à entrevoir la ligne générale de sa capacité a mesure que le mode de production capitaliste cessera de pouvoir s’organiser comme pouvoir global. Les Gilets Jaunes ont ouvert une nouvelle époque qui refuse de moderniser le système du profit totalitaire et qui leur permet de retrouver le fil du temps radical, celui qui éradique toutes les puissances d’aliénation qui contrecarrent l’auto-négation du prolétariat. Les Gilets Jaunes sont la réaction spontanée et révolutionnaire d’un vrai mouvement anti-capitaliste contre la révolution du cosmopolitisme du marché autocratique. Les Gilets Jaunes du mouvement de novembre 2018 ont dit : Non à toutes les modes obligatoires de la dictature capitaliste des métropoles de la modernité servile et NON à la paupérisation généralisée… Ils savaient pertinemment que les multinationales de la marchandise soutiennent le LGBTisme, le droit des femmes à l’équivalence commerciale, le libre-échangisme des cargaisons, des corps et des sexes, l’armée de réserve immigrée et toutes les farces et taxes de la transaction énergétique marchande… Comme ils étaient un danger immense, tout a été entrepris pour les éliminer par le biais d’une violence policière considérable et de manipulations médiatiques incalculables…

Comme le montre Marx dans Les luttes de classes en France, la marche de la révolution lorsqu’elle mûrit si rapidement, produit une situation très caractéristique qui pousse tous les réformistes de la marchandise à se grouper trompeusement autour de la lutte subversive pour mieux tenter de la gâcher et la défigurer…

 Par conséquent et comme d’habitude, L’État –  à côté de la police –   a fait intervenir les derniers mercenaires de la gauche métropolitaine du Capital qui se sont mis à passer le fameux gilet pour venir insidieusement corrompre chaque cortège de prolétaires péri-urbains de leurs bannières et slogans réformistes extrêmes pour tenter de façonner spectaculairement un nouveau manifestant devenu correct puisque l’altermondialisme dans lequel on s’essaye là à dissoudre le combat prolétaire n’est que la fourberie supérieure du mondialisme…Les Gilets Jaunes de 2019 ne sont pas dupes et quand ils voient leurs aspirations être ainsi corrompues par tout l’opportunisme de la boboïtude syndicalo-politique, ils préfèrent rester chez eux dans ces territoires reculés de la France profonde où l’on a jamais assimilé les progrès de la marchandise à la dignité de l’humain…Le prolétaire des campagnes de l’Eure monte de moins à Paris, celui de Charente-Maritime n’a plus tellement envie de descendre sur Bordeaux …Ils ne voient, l’un et l’autre,  aucun intérêt de classe à aller défiler avec les derniers débris gaucho-libertaires du Capital qui fossilisés dans leurs vieilles lunes sont incapables de voir qu’ils ne sont que les ultimes idiots utiles de l’extrémisme spectaculaire de l’actualisation capitaliste.

Lorsque le Capital a voulu diaboliser les Gilets Jaunes à travers toute une série de manœuvres usant des fameux tabous issus du deuxième charnier capitaliste mondial et que toute les boutiques de l’esthétisme radical du spectacle gauchiste marchand ont applaudi à toutes les dénonciations étatiques ainsi produites, on pouvait instantanément se rappeler que Trotski et Lénine fusillant les marins de Kronstadt les traitaient de gardes blancs pendant que la république espagnole démocratico-staliniste liquidait, avec l’aval des ministres de la CNT, les ouvriers barricadiers de mai 37 à Barcelone en les désignant comme 5° colonne du franquisme…On connaît la chanson, le gauchisme a toujours voulu se faire une place pour systématiquement rejoindre le grand concert de la répression étatique… En fait, le gauchisme est finalement tout ce que peut devenir la contre-révolution dans un moment révolutionnaire… C’est la raison pour laquelle le Gilet Jaune optimiste dans l’intelligence de son mouvement et qui a compris que le temps qui vient sera celui de la grande explication contre la pourriture capitaliste et étatique, n’a que mépris pour les ruines gauchistes… Il sait que c’est encore une simple forme finissante du pouvoir qu’il conteste…

Dans la domination réelle totale du Capital amorcée par la crise de 1968 et aujourd’hui pleinement réalisée, la marchandise se soumet toutes les qualités de l’homme social et l’intégralité des espaces symboliques et matériels… La métropole dont la périphérie est partie intégrante définit ainsi l’usine totale de la réification absolue…L’analyse de la formation sociale métropolitaine conduit à y lire la manière dont s’y agence l’antagonisme social total entre le prolétariat de la périphérie ; la classe capitaliste du centre avec ses alliés des couches moyennes et de la banlieue immigrée clientélisée. Le Capital n’est pas une chose mais un rapport social de production déterminé. Le taux de plus-value ne mesure pas seulement le rapport entre le temps de travail non payé et le temps de travail payé mais d’abord la dialectique du rapport d’exploitation qui fonde l’antagonisme de classe réellement existant. La composition organique n’est pas simplement un rapport entre les machines et les hommes puisque c’est l’expression du rapport de domination de la machine Capital sur l’homme-force de travail. Le mouvement de sa croissance est donc par conséquence l’indicateur d’un redoublement toujours plus despotique du spectacle de cette domination. La baisse du taux de profit n’est pas simplement l’indice d’une baisse du rendement capitaliste, c’est le signe de la perte de capacité historique de développement de la formation sociale marchande toute entière. C’est la mesure déterministe de la mort de la marchandise qui annonce ainsi que le déploiement de la contradiction valeur d’usage/valeur d’échange est en train de complètement s’impossibiliser. C’est pour cela que la crise des Gilets Jaunes en ce qu’elle va déboucher sur toute autre chose est décisive car elle vient marquer le temps de la crise historique générale qui signale que la totalité de la matérialité sociale produite par le mode de production capitaliste a atteint sa masse critique en tant que la domination réelle totale ne saurait être, en durée et finalement, qu’auto-destruction totale de la réalité de la domination.

Le caractère absolu de la contradiction entre le mouvement de la surproduction de la formation sociale et les limites toujours plus pesantes du déterminisme de la plus-value relative telle qu’elle définit la productivité du travail machinique qui vampirise toujours plus la plus-value absolue extraite, elle,  directement du travail humain exploité, va conduire à la grande crise générale historique et terminale… Crise de l’impossible reproduction du Capital, crise finale de l’univers des fétiches et de la cybernétique sociale de la marchandise, voilà vers quoi nous allons et voilà  pourquoi la loi auto-destructrice et explosive du Capital, cette loi qui anime tout, va animer le réveil de la guerre sociale totale, apparue en filigrane dans le mouvement des Gilets Jaunes et qui va se reproduire demain sur une échelle bien plus large et plus solide avec des expressions bien plus dé-chaînées. L’auto-négation de la valeur d’échange en générant l’auto-négation du mode de production capitaliste lui-même obligera le prolétariat à alors s’auto-abolir pour faire émerger une véritable production de la vie, un rapport entre les hommes, la nature et les choses qualitativement et radicalement différent.

Que va t-il donc se passer sur les mois et les années qui viennent ? Comment le mouvement des Gilets Jaunes va t-il s’auto-mouvoir radicalement pour se projeter vers une dynamique approfondie de lutte des classes qui pourra se trouver en situation de briser la dictature sociale de la schizophrénie métropolitaine du Capital ? En domination réelle pleinement réalisée, le Capital est devenu l’Unité du Monde absolument mondialisé, il y a compénétration totale entre la production réifiante et la société chosifiée dans la soumission de tous les rapports sociaux à la production de plus-value qui ne parvient plus à justement socialiser cette production. Dans toutes les crises d’avant la crise terminale, le contenu de la contre-révolution démocratique du Capital est toujours de préparer les conditions de la reprise et de la restructuration supérieure du capital. De façon concrète et sur ce parcours logique, le prolétariat dans sa lutte ne pourra abolir la valeur qu’une fois advenu le procès historique d’auto-abolition de l’histoire de la valeur quand toute restructuration supérieure sera en fait in-accessible.

L’abolition de la névrose propriétarienne et de la soif de domination politique dans la révolution n’est pas une mesure juridique mais résulte du rapport de communisation qui fait surgir la communauté vivante du désir anti-réifié. C’est en approfondissant sa contradiction avec le Capital que la tendance à la révolution détruit en les dépassant toutes,  les manifestations de la crise de la décomposition de la marchandise mondiale lorsque le rapport immédiat entre le prolétariat et le Capital cesse de pouvoir être implication réciproque de cette  reconduction possible et  devient réciproque implication de cette reconduction alors im-possible.

 Dans une perspective historique dia-lectique, il faut comprendre qu’il n’y a pas de rupture de continuité logique entre la lutte de classe telle qu’elle est le développement du Capital et la révolution telle qu’elle est la production du développement de l’anti-Capital produisant ainsi le communisme.  Bien au contraire, il s’agit simplement d’un aboutissement de la logique de cette continuité qui pose de la sorte la nécessité d’une trans-croissance de sa détermin

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Répartition des richesses et vérité des prix… Par Jacques Cotta

3 Avril 2019 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La lutte des classes, #Les Gilets Jaunes, #l'horreur économique

Répartition des richesses et vérité des prix… Par Jacques Cotta

Répartition des richesses et vérité des prix…

Par Jacques Cotta• Mercredi 03/04/2019 

La répartition des richesses, le pouvoir d’achat, la possibilité de finir le mois, la volonté d’une vie digne sont les exigences qui se trouvent au centre du mouvement social des GJ. Les macronistes en général trouvent ces arguments exagérés. Il n’y a qu’un pas pour qualifier de populistes ceux qui les emploient. Macron lui-même à force de long blabla baptisé « grand débat » a tenté de détourner de son véritable objet la signification du mouvement social des GJ. Mais la réalité rattrape tout ce beau monde au galop. Les chiffres sont implacables.
  • 36,8 millions d’euros, c’est le montant des indemnités que touchera le patron d’Airbus, Tom Enders, à compter de son départ à la retraite le 10 avril prochain.
Il n’y aurait rien à dire puisque l’entreprise est basée ailleurs, dans un paradis fiscal bien utile pour l’occasion…
Mais il ne s'agit pas d'un cas isolé. Il n'est que l'illustration du système qui perdure.
  • Thierry Pilenko touchera un paquet global «de 14 millions d’euros» pour son départ en mai 2019, malgré la perte de près de 2 milliards de dollars essuyée en 2018 par le groupe franco-américain d’équipements pétroliers, TechnipFMC.
  • Benjamin Smith à la tête d’Air-France KLM  est concerné par 4,25 millions d’euros par an, dont 900.000 euros de fixe, trois fois plus que son prédécesseur Jean-Marc Janaillac, qui touchait 1,12 million d’euros en 2017, dont 600.000 euros de fixe.
A noter au passage les licenciements, les blocages de salaires, les absences de recrutement au nom de la difficulté de la compagnie aérienne… Ceci expliquant sans doute cela.
En remontant dans le temps, on voit bien que malgré les grands discours moralisateurs les mêmes pratiques perdurent. Les actionnaires bien servis votent d’une seule main des privilèges inouïs aux patrons des boites qui n’ont eu de cesse que de leur verser dividendes sur dividendes…
  • Les actionnaires du groupe carrefour avaient approuvé à une large majorité une rémunération de 13,17 millions d’euros en 2017 pour l’ancien patron de Carrefour, Georges Plassat.
  • Le 29 mars 2016, l’AG du groupe automobile PSA approuve à 76,53% le quasi-doublement du salaire du président du directoire Carlos Tavares, à 5,24 millions d’euros
  • En  août 2015, un parachute doré de 14 millions d’euros sur trois ans est offert à Michel Combes par l’équipementier télécom Alcatel-Lucent à l’occasion de son départ pour la direction de Numéricable-SFR. Après un tollé général il ne touchera que 7 millions d’euros environ, une misère…

Le cas sanofi est particulièrement intéressant. Près de trois millions d’euros sont versés par le groupe pharmaceutique à Chris Viehbacher, comme indemnité après son éviction… Il est remplacé par un nouveau directeur général, Olivier Brandicourt. Et bien en février 2015, syndicats et petits actionnaires s’élèvent contre la prime de bienvenue de 4 millions d’euros qui lui est attribuée. Sans doute le jack pot si on considère qu’il passera par la case départ à un moment ou un autre et que, comme c’est d’usage, il retouchera à l’occasion….

Deux leçons résistent au temps:

1/ Les réactions offusquées ne manquent pas. Les responsables politiques protestent. Le Medef fait de même. L’organe de régulation du CAC 40 s’insurge… Mais la lutte des classes se poursuit, dans un rapport de forces qui voit les uns -une infime minorité- s’enrichir sans vergogne lorsque le plus grand nombre, des millions, subissent, s’appauvrissent.

2/ Stéphane Le Foll, à l’époque porte paroles du gouvernement Hollande-Valls, jugeait « ces pratiques incompréhensibles». Fallait-il vraiment être ministre socialiste pour ne pas comprendre?

La réalité est pourtant assez simple. Malgré toutes les manoeuvres et les incantations, parce qu’il s’agit de questions matérielles précises, de la possibilité de vivre tout simplement pour des millions de français et de familles, parce que l’UE et le système dans lequel s’inscrit Macron, son gouvernement, sa majorité induisent les inégalités, les privilèges de quelques-uns et l’austérité pour les autres, le mouvement des GJ, quel qu’en soit l’issue immédiate, risque bien de n’être que la répétition générale d’affrontements majeurs qui s’annoncent.

Jacques Cotta
Le 3 avril 2019
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MACRON DEMISSION! Voila l’exigence répétée le 1er décembre… … Des champs Elysées à Paris aux villes et aux campagnes de France. Par Jacques Cotta

6 Décembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #La lutte des classes, #Europe supranationale, #Les Gilets Jaunes

MACRON DEMISSION! Voila l’exigence répétée le 1er décembre… … Des champs Elysées à Paris aux villes et aux campagnes de France. Par Jacques Cotta

MACRON DEMISSION! Voila l’exigence répétée le 1er décembre…

… Des champs Elysées à Paris aux villes et aux campagnes de France
Par Jacques Cotta •  Lundi 03/12/2018 • 

La mobilisation des gilets jaunes samedi 1er décembre marque un tournant dans la situation politique du pays. Avec persévérance, voire obstination, sur tout le territoire national, des dizaines et des dizaines de milliers de travailleurs, salariés, retraités ou jeunes se sont rassemblés, ont tenu les barrages, occupé les rond-points, ont manifesté. Comme les samedis et les semaines précédentes, c’est la France du NON au référendum de 2005, la France opposée à Maastricht en 1992, qui relève la tête et fait entendre sa voix. Comme il avait déjà tenté de le faire la semaine précédente, le gouvernement a voulu réduire ces mobilisations à des affrontements qui ont eu lieu entre manifestants et forces de police à Paris, mais aussi à Toulouse, à Marseille, Nantes, Saint-Nazaire, Strasbourg… C’est ne rien comprendre, ou plus exactement ne rien sembler comprendre.

Ces affrontements bien réels ont émaillé toute la journée du samedi. Ils expriment une colère grandissante qui confine à la rage contre le gouvernement qui refuse de reconnaitre l’existence de millions et millions de français qui n’en peuvent plus, et qui pour seule réponse affiche orgueil, morgue, mépris, à l’image du Président de la République qui bat tous les records de détestation.

Le pourrissement que joue le pouvoir, dans sa surdité à la France réelle, est la principale source de violence qui met en lumière l’incapacité et la responsabilité directe du ministre de l’intérieur pour les troubles connus notamment dans la capitale.

De son QG d’où les rues de paris sont observables par caméras interposées, il annonçait la présence de 5000 policiers sur le terrain, soit selon ses propres chiffres 1 policier par manifestant. Et ses propres troupes auraient été débordées? Castaner incompétent, menteur ou les deux à la fois?
L’arc de triomphe dévasté… Mais comment le ministre a t’il pu décider de laisser ouvert le monument situé au centre de la manifestation? Provocation, recherche « d’images fortes » destinées aux chaines « d’info en continu » pour enrayer la lame de fond qui peut tout emporter?

Qu’il s’agisse d’incompétence, d’erreurs, de volonté délibérée, le ministre de l’intérieur est responsable politique de la situation sur le terrain et devrait être démissionné de ses fonctions.

La crise politique qui a franchi un pas supplémentaire et qui approche du point de rupture s’est illustrée dans la visite de Macron avenue Kleber ce 2 décembre, au lendemain des manifestations.
Comme en 1968, le général De Gaulle entrant de l’étranger et s’exclamant à la vue des arbres coupés par « les katangais de la Sorbonne » boulevard Saint Germain, « même les allemands n’avaient pas laissé Paris dans cet état », voila Macron devant les devantures des restaurants dont les vitrines ont été brisées et devant quelques véhicules calcinés, jouant mal, l’air faussement stupéfait et horrifié. Cette répétition comme souvent dans l’histoire se termine en farce. Macron se retrouve hué, sifflé, pris à partie là où il pensait qu’il serait accueilli en sauveur… Le roitelet se trouve rejeté de tous côtés. De la France réelle, de la France profonde, de la France des gilets jaunes, mais aussi des « beaux quartiers » dont il s’avère incapable d’assurer la sécurité, là où quelques habitants apeurés l’invectivent tout en applaudissant les policiers qui l’entourent, comme les bourgeois de 1848 acclamaient l’armée bonapartiste contre les ouvriers.

Le pouvoir est de plus en plus acculé. Macron a annoncé qu’il ne céderait rien. Dans ce contexte, deux possibilités se présentent:
Trouver dans les formations politiques et les organisations syndicales des interlocuteurs qui lui permettraient une issue honorable par un recul de la rue. Tel est l’objectif d’une « grande concertation » dont nul ne peut d’ailleurs dire quel serait le sujet concerté…
se donner les moyens de sa politique à travers l’instauration de tous les outils autoritaires possibles, la réactivation de l’état d’urgence mis en place par François Hollande et Manuel Valls hier, officiellement pour combattre le terrorisme, dans les faits pour affronter le peuple français si nécessaire et faire passer les mesures anti sociales dictées pour l’essentiel par l’UE.

Toutes ces mesures souffrent de temps. Le gouvernement tétanisé est acculé. Sur les barrages, dans les villes et les campagnes, une situation insurrectionnelle s’installe, avec une détermination à la hauteur des revendications qui émergent. Le gasoil, motif initial de la fronde, est aujourd’hui supplanté par la vie chère, les salaires, le travail, les retraites, les services publics… Les modes de délibération et de décision font paraitre un exercice de la démocratie qui voit le peuple se prendre en charge de façon imaginative, responsable, subversive pour un système bloqué, aveugle, destiné à servir les intérêts du capital financier. Contre l’oligarchie qui veut imposer sa loi pour la défense de ses intérêts, la démocratie du mouvement fait face, résiste, se renforce.

C’est aujourd’hui une réponse politique qu’exigent la situation et le peuple mobilisé. Macron jouit de conseils qui convergent. Luc Ferry, Marine Le Pen, mais aussi Jean Luc Mélenchon demeurant dans le cadre institutionnel préconisent une dissolution de l’Assemblée Nationale. Mais ce qui est en cause dépasse de très loin de nouvelles élections législatives, une nouvelle majorité, une cohabitation sans doute avec un nouvel hémicycle. Ce qui se joue ne peut se limiter au cadre profondément anti démocratique de la 5ème république qui garantit la présence contre vents et marées et surtout contre le peuple du président Bonaparte. Ce qui est en cause, comme l’indique fort justement François Ruffin, c’est Macron lui-même. « Macron démission », mot d’ordre spontanément scandé dans toute la France, voila l’exigence! Le peuple veut le départ du monarque sachant que là est la clé de voute d’une politique rejetée, et non une nouvelle assemblée dont tout le monde sait -les partisans d’une 6ème république en tête- qu’elle n’est en réalité dans le cadre de nos institutions qu’une chambre d’enregistrement.

Tele est la voie empruntée par le peuple français. Elle passe par l’exigence de voir satisfaites les revendications concernant taxes et pouvoir d’achat. Elle passe par les cahiers de doléances qui commencent à émerger des rassemblements, barrages, rond-points, carrefours occupés. Elle passe par la constitution d’une assemblée des gilets jaunes qui pourraient ainsi renforcer le mouvement engagé et contraindre le Président à se soumettre, ou se démettre.

Jacques Cotta
Le 3 décembre 2018 
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Que les journalistes des médias de propagande ne soient pas bienvenus parmi les Gilets jaunes est chose logique. Par Pierrick Tillet

25 Novembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR"., #Europe supranationale, #La France, #La lutte des classes, #les Gilets Jaunes

Que les journalistes des médias de propagande ne soient pas bienvenus parmi les Gilets jaunes est chose logique. Par Pierrick Tillet

Ceux qui auront regardé les comptes-rendus des manifestations de Gilets jaunes de ce 24 novembre, donnés par les médias mainstream unanimes, comprendront aisément que les journalistes de ces officines de propagande ne soient pas les bienvenus dans les différents mouvements.

Que l’on cesse de nous faire la leçon sur les distinguos entre les éditocrates de plateau et les malheureux « journalistes de terrains » qui « ne font que leur métier ». La vérité est que ces derniers ne sont là que pour ramener la substance factuelle qui permettra aux premiers de bâtir leur grossière propagande. Et qu’ils ne peuvent l’ignorer.

Question propagande, en ce soir du 24 novembre, c’était proprement du délire sur BFMTV, CNews ou autres LCI, reprenant sans détour les chiffres de participation fantaisistes et les éléments de langage à dormir debout du ministre Castaner : ah, cet « essoufflement » d’un mouvement manipulé par « l’ultra droite »…  même si nul témoin sur place, avenue des Champs-Élysées, n’entendit ce jour-là le moindre slogan raciste ou vaguement homophobe :

Il y a un moment où nos « journalistes de terrain » vont devoir choisir. La situation d’aujourd’hui n’est plus à la rigolade ou à l’hypocrisie. Nous assistons à un soulèvement populaire, c’est-à dire à une insurrection de nature pré-révolutionnaire, qui combat précisément un pouvoir haï et sa cour de propagandistes.

Faut-il s’étonner que ces naïfs “journalistes” en herbe soient reçus de façon un peu rude  [photo : journalistes de BFMTV pris à partie par des Gilets jaunes à Toulouse le 24 novembre] par ceux-là mêmes qui se font copieusement chier dessus par leurs employeurs ? Comment croyez-vous qu’auraient été reçus, lors des manifestations pour la Libération de Paris sur les Champs-Élysées en aout 1944, les « journalistes de terrain » de journaux collabos comme Je suis partout, même dûment munis de leur carte de presse ?

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Quand les Gilets Jaunes font vasciller la Macronie - elle est prête à gazer le pays. Par Karine Bechet Golovko.

25 Novembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR"., #Europe supranationale, #La France, #La lutte des classes, #les Gilets Jaunes

dimanche 25 novembre 2018

Quand les Gilets Jaunes font vasciller la Macronie - elle est prête à gazer le pays
 
 
 
Petit roman d'un dimanche de fin de règne en terre de France ...
 
Après avoir gazé Paris pour préserver la Macronie, le général d'opérette Castaner se présente sur le champs de bataille vidé de la plèbe, surpris que finalement la révolution n'ait pas eu lieu. S'il l'avait fallu, il aurait sorti les chars. Son bon roi, lui, annonce un Haut conseil. Il faut réchauffer le climat populaire.
Le temps est peut-être venu pour les Gilets Jaunes d'habiller le Gilet Tricolore, celui qui fait si peur ... 
 
Dans tout le pays, après une semaine d'action, les périphériques ont revêtu leur Gilet jaune, pris leur courage à deux mains, ceux qui ont pu sont montés à la capitale, à pied, sur leur monture ou par tout autre moyen. 
 
Le bon roi a déterminé un périmètre de sécurité, il savait que le peuple était en colère, mais lui avait d'autres priorités. Il doit s'occuper des violences faites aux femmes, du climat, de l'armée européenne. Il n'a pas de temps à perdre avec ces hommes et ces femmes qui doivent piocher dans leur Livret A pour joindre les deux bouts, pour ceux qui ne comprennent plus très bien dans quel pays ils vivent.
 
Son général d'opérette a pris les choses en main, le responsable est trouvé, pour l'occasion l'on passe de l'habituelle "extrême" droite à l'"ultra" droite, gauche, bref comment peut-on être contre le bon roi sans être un ultra ?
 
A Paris, le peuple de France se regroupe, sur la plus belle avenue du monde, les forces de l'ordre les laissent entrer et ils les applaudissent. 

Le risque est grand pour ceux qui occupent le Royaume de France - il faut dire que ce bon peuple demande le retour de l'Etat et la police est la première porte de cet Etat. Dont les occupants ne veulent surtout pas le retour. Ces deux forces capitales pourraient s'entendre. Ils sont appelés à s'entendre. Les drapeaux sortent, ce qui fait extrêmement peur aux analystes du régime présents sur ses plateaux BFM, stigmatisant drapeau et droite extrême. Le peuple serait autre, celui de France est inquiet pour les migrants, les agressions contre les femmes, il ne s'abaisserait certainement pas au niveau d'un drapeau et d'un hymne national ! Le point de crise est atteint avec la Marseillaise qui retentit. A Paris et ailleurs. Il y a péril en la demeure.

Les casseurs font à point nommé leur entrée - et le gazage peut commencer. L'alliance n'aura pas lieu. Pour l'occasion, la Macronie ressort même les canons à eau, ceux qui avaient été discrédités depuis les manifestations d'infirmières. Le risque est grand, on ne plaisante pas avec le peuple, on l'écrase lorsqu'on ne peut le satisfaire. Les grenades assourdissantes sont aussi employées, il faut dire que dès le milieu de l'après-midi, le gazage de la ville fut à ce point intensif, que les forces de l'ordre risquèrent la rupture de stock. Pendant ce temps sur les plateaux BFM, les spécialistes de se féliciter de l'amélioration des gaz, ils asphyxient beaucoup plus vite. Aucun parallèle ne sera fait ...
 
Les ouvriers journalistiques du régime s'emploient toute la journée, la peur au ventre, à discréditer ce peuple en colère, qui résiste, qui ne se rend pas, qui demande le départ du bon roi, de son régime, de ses protégés. Qui ose demander que l'on s'occupe de lui au lieu de gentiment continuer à se taire, à protéger les migrants, à balancer son porc, à être tolérant en s'oubliant. Cet égocentrisme est absolument déplacé ...
 
Lorsqu'en direct la question est posée de savoir pourquoi l'on ne peut pas laisser finalement, et encadrer, la Marche jaune sur les Champs-Elysées, l'un des responsables d'un syndicat de police affirme tranquillement que l'on ne peut décemment pas laisser la plus belle avenue du monde, à une époque où les gens ont le droit sacré de faire leurs courses de Noel, ... "à ces gens-là" (sic). Business is business, rien de personnel. Et chacun à sa place.
 
Ces gens-là ont fait des barricades, ont occupé le terrain et tout a été lancé contre ces gens-là. S'il l'avait fallu, la Macronie aurait certainement lancé les chars. L'on ne plaisante pas avec ces gens-là.
 
Et les caméras ont été braquées sur les violences, faisant oublier le fond du problème. Faisant oublier que, malheureusement, ce régime n'a tremblé que le temps des barricades, pour ensuite reprendre sa morgue naturelle. Alors il a tenté de diminuer l'importance de cette vague populaire - dont les chiffres sont très en baisse, si si. Mais d'autres contestent, et le nombre et la forme. Qui est restée calme sur l'ensemble du territoire de ce beau Royaume de France. Et la Macronie reconnaît avoir donné des ordres à la justice - la mettant aux ordres d'une politique et non de la loi.
 
 
Le soir, une fois le mouvement populaire gazé et écrasé, le régime respire. Il est toujours là. Les gens sont rentrés chez eux, car à la différence des fausses révolutions populaires, où les manifestants sont professionnels et rémunérés, ici, les gens ont de véritables problèmes et il faut bien aller travailler. Le régime macronien voit avec bonheur l'absence de structure politique apte à capitaliser cette montée populaire. Les syndicats dans leur très grande majorité ont déjà été totalement vidés de leur substance et sont gentiment restés à leur place, à se réchauffer à la gamelle du régime.
 
Le bon roi se fend alors d'une déclaration : rien ne changera, les taxes augmenteront. Car telle est ma volonté.
 
 
La posture les mains écartées devant rappeler un "Je vous ai compris" avant la trahison qui a suivi permet de comprendre quelle sera la ligne choisie: la création d'un Haut Conseil pour le climat. Car finalement la chute du niveau de vie des gens, on s'en fou. La transition écologique ça a quand même plus de gueule !
 
80% des Français qui soutiennent le mouvement. Quel que soit le nombre de personnes dans la rue, ça ne change rien. 80% du bon peuple de France qui veut retrouver un Etat, un Chef d'Etat, une politique nationale. 80% des français qui n'ont pas envie de faire la guerre. Civile. Cette guerre que Ruth Elkrieff sur BFM vers 18h30 nommait déjà en parlant de batailles, de généraux, d'armées ... et de guerre. 
 
C'est donc de cette manière que la Cour voit la situation : le Régime contre le peuple ?
 
Le peuple ne veut pas du conflit physique, a condamné la violence de certains sur les Champs, même si c'est le seul moment où ce régime a tremblé. Car ce que demandent les Gilets Jaunes au régime, c'est de pacifiquement se démettre. Rétablir les priorités nationales, s'occuper de son peuple, c'est aller justement contre les convictions de la Macronie. C'est lui demander de partir sans lutter. Ils ont montré qu'ils sont prêts à tout, car leur existence est en cause. Et elle est beaucoup plus chère à leurs yeux que la qualité de vie des quelques centaines de milliers, de quelques millions de gueux. Tant que ceux-là ne leur feront pas peur.
 
Le moment d'habiller le gilet tricolore se rapproche. Au risque de disparaître.
 
 

dimanche 25 novembre 2018

Quand les Gilets Jaunes font vasciller la Macronie - elle est prête à gazer le pays
 
 
 
Petit roman d'un dimanche de fin de règne en terre de France ...
 
Après avoir gazé Paris pour préserver la Macronie, le général d'opérette Castaner se présente sur le champs de bataille vidé de la plèbe, surpris que finalement la révolution n'ait pas eu lieu. S'il l'avait fallu, il aurait sorti les chars. Son bon roi, lui, annonce un Haut conseil. Il faut réchauffer le climat populaire.
Le temps est peut-être venu pour les Gilets Jaunes d'habiller le Gilet Tricolore, celui qui fait si peur ... 
 

 
Dans tout le pays, après une semaine d'action, les périphériques ont revêtu leur Gilet jaune, pris leur courage à deux mains, ceux qui ont pu sont montés à la capitale, à pied, sur leur monture ou par tout autre moyen. 
 
Le bon roi a déterminé un périmètre de sécurité, il savait que le peuple était en colère, mais lui avait d'autres priorités. Il doit s'occuper des violences faites aux femmes, du climat, de l'armée européenne. Il n'a pas de temps à perdre avec ces hommes et ces femmes qui doivent piocher dans leur Livret A pour joindre les deux bouts, pour ceux qui ne comprennent plus très bien dans quel pays ils vivent.
 
Son général d'opérette a pris les choses en main, le responsable est trouvé, pour l'occasion l'on passe de l'habituelle "extrême" droite à l'"ultra" droite, gauche, bref comment peut-on être contre le bon roi sans être un ultra ?
 
A Paris, le peuple de France se regroupe, sur la plus belle avenue du monde, les forces de l'ordre les laissent entrer et ils les applaudissent. 
 
 
Le risque est grand pour ceux qui occupent le Royaume de France - il faut dire que ce bon peuple demande le retour de l'Etat et la police est la première porte de cet Etat. Dont les occupants ne veulent surtout pas le retour. Ces deux forces capitales pourraient s'entendre. Ils sont appelés à s'entendre. Les drapeaux sortent, ce qui fait extrêmement peur aux analystes du régime présents sur ses plateaux BFM, stigmatisant drapeau et droite extrême. Le peuple serait autre, celui de France est inquiet pour les migrants, les agressions contre les femmes, il ne s'abaisserait certainement pas au niveau d'un drapeau et d'un hymne national ! Le point de crise est atteint avec la Marseillaise qui retentit. A Paris et ailleurs. Il y a péril en la demeure.
 
 
 
Les casseurs font à point nommé leur entrée - et le gazage peut commencer. L'alliance n'aura pas lieu. Pour l'occasion, la Macronie ressort même les canons à eau, ceux qui avaient été discrédités depuis les manifestations d'infirmières. Le risque est grand, on ne plaisante pas avec le peuple, on l'écrase lorsqu'on ne peut le satisfaire. Les grenades assourdissantes sont aussi employées, il faut dire que dès le milieu de l'après-midi, le gazage de la ville fut à ce point intensif, que les forces de l'ordre risquèrent la rupture de stock. Pendant ce temps sur les plateaux BFM, les spécialistes de se féliciter de l'amélioration des gaz, ils asphyxient beaucoup plus vite. Aucun parallèle ne sera fait ...
 
Les ouvriers journalistiques du régime s'emploient toute la journée, la peur au ventre, à discréditer ce peuple en colère, qui résiste, qui ne se rend pas, qui demande le départ du bon roi, de son régime, de ses protégés. Qui ose demander que l'on s'occupe de lui au lieu de gentiment continuer à se taire, à protéger les migrants, à balancer son porc, à être tolérant en s'oubliant. Cet égocentrisme est absolument déplacé ...
 
Lorsqu'en direct la question est posée de savoir pourquoi l'on ne peut pas laisser finalement, et encadrer, la Marche jaune sur les Champs-Elysées, l'un des responsables d'un syndicat de police affirme tranquillement que l'on ne peut décemment pas laisser la plus belle avenue du monde, à une époque où les gens ont le droit sacré de faire leurs courses de Noel, ... "à ces gens-là" (sic). Business is business, rien de personnel. Et chacun à sa place.
 
Ces gens-là ont fait des barricades, ont occupé le terrain et tout a été lancé contre ces gens-là. S'il l'avait fallu, la Macronie aurait certainement lancé les chars. L'on ne plaisante pas avec ces gens-là.
 
Et les caméras ont été braquées sur les violences, faisant oublier le fond du problème. Faisant oublier que, malheureusement, ce régime n'a tremblé que le temps des barricades, pour ensuite reprendre sa morgue naturelle. Alors il a tenté de diminuer l'importance de cette vague populaire - dont les chiffres sont très en baisse, si si. Mais d'autres contestent, et le nombre et la forme. Qui est restée calme sur l'ensemble du territoire de ce beau Royaume de France. Et la Macronie reconnaît avoir donné des ordres à la justice - la mettant aux ordres d'une politique et non de la loi.
 
 
Le soir, une fois le mouvement populaire gazé et écrasé, le régime respire. Il est toujours là. Les gens sont rentrés chez eux, car à la différence des fausses révolutions populaires, où les manifestants sont professionnels et rémunérés, ici, les gens ont de véritables problèmes et il faut bien aller travailler. Le régime macronien voit avec bonheur l'absence de structure politique apte à capitaliser cette montée populaire. Les syndicats dans leur très grande majorité ont déjà été totalement vidés de leur substance et sont gentiment restés à leur place, à se réchauffer à la gamelle du régime.
 
Le bon roi se fend alors d'une déclaration : rien ne changera, les taxes augmenteront. Car telle est ma volonté.
 
 
La posture les mains écartées devant rappeler un "Je vous ai compris" avant la trahison qui a suivi permet de comprendre quelle sera la ligne choisie: la création d'un Haut Conseil pour le climat. Car finalement la chute du niveau de vie des gens, on s'en fou. La transition écologique ça a quand même plus de gueule !
 
80% des Français qui soutiennent le mouvement. Quel que soit le nombre de personnes dans la rue, ça ne change rien. 80% du bon peuple de France qui veut retrouver un Etat, un Chef d'Etat, une politique nationale. 80% des français qui n'ont pas envie de faire la guerre. Civile. Cette guerre que Ruth Elkrieff sur BFM vers 18h30 nommait déjà en parlant de batailles, de généraux, d'armées ... et de guerre. 
 
C'est donc de cette manière que la Cour voit la situation : le Régime contre le peuple ?
 
Le peuple ne veut pas du conflit physique, a condamné la violence de certains sur les Champs, même si c'est le seul moment où ce régime a tremblé. Car ce que demandent les Gilets Jaunes au régime, c'est de pacifiquement se démettre. Rétablir les priorités nationales, s'occuper de son peuple, c'est aller justement contre les convictions de la Macronie. C'est lui demander de partir sans lutter. Ils ont montré qu'ils sont prêts à tout, car leur existence est en cause. Et elle est beaucoup plus chère à leurs yeux que la qualité de vie des quelques centaines de milliers, de quelques millions de gueux. Tant que ceux-là ne leur feront pas peur.
 
Le moment d'habiller le gilet tricolore se rapproche. Au risque de disparaître.
 
 
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« Macron démission »… …mot d’ordre unificateur des gilets jaunes, de la france d’en bas. Par Jacques Cotta •

24 Novembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR"., #Europe supranationale, #La France, #La lutte des classes, #les Gilets jaunes

« Macron démission »… …mot d’ordre unificateur des gilets jaunes, de la france d’en bas. Par Jacques Cotta •

« Macron démission »…

…mot d’ordre unificateur des gilets jaunes, de la france d’en bas.
Par Jacques Cotta •  Dimanche 25/11/2018 • 

 


Comme tout bon joueur de poker qui se respecte, Christophe Castaner, le ministre de l’intérieur, est coutumier du mensonge. Dans les cartes cela peut paraît-il rapporter gros. En politique, l’exercice est plus risqué. Ce 24 novembre, ses services ont dénombré 106 301 manifestants dans les rangs des gilets jaunes. Le trois cent unième laisse rêveur… Pour Paris, dés 12h15, le ministre lui-même annonçait la participation de 5000 personnes sur les champs Elysées… La bataille de chiffres est absurde. Les images parlent d’elles-mêmes et confirment l’impression ressentie sur place. Sur l’avenue elle-même comme dans les rues adjacentes, de l’Etoile au rond-point des champs, plusieurs dizaines de milliers - 25 à 30 000 au moins- se pressaient dès le matin pour converger sur la « plus belle avenue du monde ».

Un contenu renforcé

Chaque jour confirme et renforce un peu plus ce que les jours précédents avaient déjà révélé.
-Le coeur revendicatif se cristallise sur le pouvoir d’achat, la question du gasoil étant la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de l’exaspération.
-Le mot d’ordre centralisateur lancé et repris spontanément met le Président de la République au centre: « Macron démission… »
-Les manifestants représentent une France qui depuis des années est ignorée, méprisée, rejetée. C’est la France du NON au référendum de 2005 qui avait déjoué toutes les manoeuvres -politiques, médiatiques notamment- en rejetant le projet de constitution européenne, qui réapparait sur la scène de l’histoire. Cette France est faite des ouvriers, des salariés, des travailleurs, des retraités, des jeunes... Il suffit d'y aller, de voir, de discuter. C'est en réalité un front de classe qui se constitue contre la politique d'Emmanuel Macron, le front de classe d'une France qui discute, réfléchit, qui fraternise, qui se veut solidaire lorsque sont vantés les mérites de l'individualisme et du chacun pour soi.

Comme en 2005, La France des gilets jaune est la France majoritaire. C’est ce qui excède le pouvoir qui représente l’oligarchie, qui sert le capital financier, qui applique lorsqu’il ne les devance pas les desiderata de l’Union Européenne. Cette France ne s’est pas engagée par hasard. Silencieuse jusque là, elle est aujourd’hui excédée et c’est en profondeur que se trouvent les ressorts des mobilisations, blocages, manifestations…

Basses manoeuvres gouvernementales

Contre cette France toutes les tentatives sont bonnes.
-La provocation sur les Champs-Elysées où quelques palissades brulées sont ridiculement appelées à la rescousse pour tenter de discréditer, dans l’affolement, un mouvement soutenu par plus de 77% des français.
-La mise en cause de gilets jaunes comme Lepénistes, au prétexte que Marine Le Pen a soutenu leur mouvement depuis le début et s’est étonnée que l’avenue des champs-Elysées leur soit interdite.

Marine Le Pen est ainsi dénoncée par le ministre Castaner, et par quelques parlementaires « En Marche » en panne d’arguments, dans la continuité des déclarations d’Emmanuel Macron qui souhaiterait se présenter aux prochaines élections européennes comme chef des « progressistes » opposés aux « nationalistes » ou autres « fascistes ». Voila pourquoi elle est le coeur de cible qui dans d’autres circonstances aurait pu être occupé par Mélenchon par exemple.

La tentative politicienne ne peut avoir aucun effet sur les français, sinon sur les organisations syndicales qui devraient être au coeur des mouvements dont le moteur est le pouvoir d’achat, le droit de se loger, de se nourrir, de se déplacer, de se soigner… Sans doute Martinez et ses semblables trouveront là justification à leur absence, coupant un peu plus le mouvement syndical de la france réelle. 

Macron dans l’impasse

Il existe derrière ces gesticulations gouvernementales une impasse politique qui angoisse à juste titre jusqu’au plus haut niveau de l’état. Le président de la république va tenter de présenter une série de mesures qui toutes vont s’avérer être plus dilatoires et catastrophiques politiquement les unes que les autres. Les centaines de milliers de français qui depuis des jours manifestent et bloquent ne veulent ni d’un saupoudrage d’aides diverses et variées, ni d’une nouvelle grand-messe comme il y en a déjà eu tant sur l’écologie, les « moyens de transports », la « mobilité » lorsque de toute évidence les mesures prises -bus Macron contre service public ferroviaire- ou les mesures prévues -exonération du coût de la carte grise poids lourds- vont à l’encontre des intentions affichées et de la raison minimale.

Selon certains députés "En Marche" qui se risquent à défendre dans le contexte actuel la politique macronienne, il y aurait une contradiction entre la volonté « moins de taxes » et l’exigence « plus de services publics », les unes devant permettre le financement des autres. Il existe pourtant deux solutions immédiates pour régler la question, deux solutions qui posent bien le problème central des manifestations, « Macron démission ».
-Revenir sans hésiter sur la suppression de l’ISF synonime d'un manque à gagner de 5 milliards d’euros, soit le montant attendu des taxes que rejettent les français.
-Refuser les exigences de la Commission européenne en sortant des seuils imposés, quitte à laisser courir les déficits pour permettre les financements demandés. Engager un bras de fer avec Bruxelles comme cela est pour le moment fait en Italie pour les retraites, les investissements et autres engagements pris vis à vis du peuple italien… S'engager dans une voie de rupture avec l'union européenne...

Mais l’une et l’autre montrent bien qu’Emmanuel Macron est coincé. Représentant de l’oligarchie, l’ancien banquier de chez Rothschild ne peut se dédire vis à vis de ses amis qui l’ont porté au pouvoir pour être servis, pas plus qu’il ne peut défier l’UE dont il doit par essence faire respecter les directives et décisions contre l’intérêt du peuple français.

Voila notamment pourquoi ce qui est engagé dans le pays marquera durablement l’avenir. Il ne s’agit d’un feu de paille à aucun point de vue. Ni pour les français qui n’en peuvent plus. Ni pour le pouvoir qui ne peut rien. Il s'agit d'un moment de la lutte des classes que l'idéologie dominante voulait faire croire révolue. Contrairement aux « optimistes » qui veulent se rassurer en pariant sur un essoufflement, ne sommes nous pas à la veille d’une grande confrontation?

Jacques Cotta
Le 25 novembre 2018
« Macron démission »… …mot d’ordre unificateur des gilets jaunes, de la france d’en bas. Par Jacques Cotta •
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Comment faire gagner les Gilets jaunes ? Une analyse théorique, politique et stratégique. Par Jacques Nikonoff,

24 Novembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR"., #Europe supranationale, #La France, #La lutte des classes, #les Gilets Jaunes

Une analyse théorique, politique et stratégique

Par Jacques Nikonoff, Gilet jaune, universitaire, président du Parti de la démondialisation (Pardem)
 

GiletsJauneManif

Le 23 novembre 2018

Après la magnifique mobilisation des « gilets jaunes » du 17 novembre et ses prolongements, un premier bilan s’impose afin de mieux éclairer la suite des évènements. Avec des centaines de milliers de participants et plus de 2 000 points de rassemblements, les Gilets jaunes sont certainement à la veille de devenir un acteur significatif et durable de la vie politique et sociale. C’est une étape décisive dans la reconstitution du peuple comme corps politique autonome. Ce que conteste fondamentalement ce peuple, c’est la mondialisation néolibérale, même si les choses ne sont pas dites en ces termes par les Gilets jaunes.

La mondialisation néolibérale repose sur quatre piliers : la guerre idéologique menée par les grands médias pour défendre les intérêts des classes dominantes ; la libéralisation du commerce international et du marché du travail avec le déchaînement du libre-échange et l’organisation volontaire d’un chômage de masse permanent ; la libéralisation financière pour instaurer la dictature des marchés financiers ; et pour consolider le tout, cerise sur le gâteau, la gouvernance par les traités internationaux, surtout européens, qui élimine la démocratie dans les Etats, c’est-à-dire le libre-choix des citoyens. Face à la mondialisation néolibérale, la démondialisation s’impose. Elle consiste à scier, à l’échelle nationale, de façon unilatérale, chacun de ces quatre piliers.

Ce succès des Gilets jaunes n’était pas gagné d’avance car le pouvoir macronien, les grands médias, l’essentiel de la gauche associative, syndicale et politique s’étaient ligués pour tenter de faire capoter l’initiative. Parallèlement, la droite et l’extrême droite tentaient grossièrement de la préempter. Comment continuer et amplifier ce mouvement, authentiquement révolutionnaire, pour le faire gagner ? Quatre perspectives se dégagent : préserver l’indépendance du mouvement pour l’enraciner et l’amener à la victoire ; rassembler le peuple de France autour de cahiers de doléances et convoquer des états généraux ; faire tomber la Bastille de l’Union européenne et de l’euro pour libérer la France et bâtir une Europe des peuples, boycotter les élections européennes ; s’engager dans une dynamique populaire constituante afin de reconstruire la France par le rétablissement de la démocratie.

 

I.- Malgré les tentatives de récupération orchestrées par la droite et l’extrême droite et l’alliance de fait entre le pouvoir, les grands médias et la gauche pour torpiller la mobilisation, celle-ci a été un grand succès

La journée du 17 novembre a marqué l’échec de la tentative de récupération du mouvement par la droite et l’extrême-droite. La gauche associative, syndicale et politique, quant à elle, a oscillé entre le silence et le dénigrement des Gilets jaunes. La réalité sociale et politique que traduit le mouvement des Gilets jaunes reste toujours incompréhensible aux principales forces syndicales et politiques dont il ne faut définitivement plus rien attendre, sauf le pire.

 

A.- Echec de la tentative de récupération par la droite et l’extrême-droite

Le pouvoir avait donné le ton, Monsieur Macron en tête, en multipliant les références à l’entre-deux guerres, période de montée du fascisme et du national-socialisme. Le but était de faire peur, de diviser et de discréditer le mouvement en le faisant apparaître comme extrémiste. Les grands médias avaient immédiatement embrayé, suivis par l’essentiel de la gauche qui, de plus en plus, s’affirme comme un défenseur zélé et hypocrite du système. A les écouter, nous étions au bord du précipice, la « fascisation » de la société serait en train de tout submerger, elle serait incarnée par les Gilets jaunes.

Evidemment, rien de tout cela, pourtant, n’est advenu. L’échec est cuisant, pour l’instant, pour la droite et l’extrême-droite. L’idéal, pour la droite et l’extrême-droite, aurait été que ses dirigeants soient comme des poissons dans l’eau parmi les Gilets jaunes sur les points de blocage où ils auraient pu prendre la parole et être acclamés par des milliers de manifestants. Leur rêve était également d’imbiber le mouvement des Gilets jaunes par les mots d’ordre de la droite et de l’extrême-droite, par exemple : contre le matraquage fiscal, contre les immigrés, contre les chômeurs et les « profiteurs » des aides publiques, contre les fonctionnaires… Tous ceux qui ont passé du temps sur les barrages peuvent témoigner que les slogans et les pancartes reprenant ces idées nauséabondes ont été très rares.

Ainsi, le 17 novembre, on n’a pas entendu un seul représentant du RN ou de LR s’exprimer devant les Gilets jaunes, même si les médias étaient à l’affût de déclarations faites sur place par tel ou tel dirigeant politique déguisé en jaune. Pas un tract du RN ou de LR n’a été distribué, pas un slogan raciste, xénophobe ou homophobe entendu (sauf dans quelques cas, très rares là aussi, abondamment relayés par les grands médias et la gauche morale). Ainsi, contrairement à ce qui était annoncé, on a pu constater que la droite et l'extrême-droite étaient largement à la remorque et qu'elles ne récupéraient rien du tout. Les manifestants n’ont pas été instrumentalisés.

La notion de « matraquage fiscal » mérite une précision

Ce slogan n’est pas juste car il ne met l’accent que sur un seul aspect du problème : celui des hausses d’impôts et de taxes. Il masque un aspect décisif de la question fiscale qui est son caractère inégalitaire : l’évasion et l’optimisation fiscales qui nous coûtent des dizaines de milliards d’euros par an, les cadeaux aux grandes entreprises et aux plus riches (les « niches », suppression de l’ISF…). C’est pourquoi il vaut mieux revendiquer la justice fiscale.

Un dernier argument doit être avancé pour bien faire comprendre l’échec de la droite et de l’extrême-droite. Beaucoup d’électeurs qui s’en réclament ont participé à la mobilisation des Gilets jaunes et c’est très bien. Ce faisant, au contact d’autres Gilets jaunes n’ayant pas les mêmes orientations politiques, et aussi des nombreux travailleurs immigrés présents, deux phénomènes sont nés et vont mûrir. D’abord, les électeurs LR et RN Gilets jaunes seront moins captifs des partis pour lesquels ils ont plus ou moins de sympathie. Ils vont rencontrer d’autres personnes, d’autres façons de penser, et vont pouvoir évoluer dans leurs convictions. La réciproque est vraie : beaucoup de gens se reconnaissant dans la gauche vont eux aussi évoluer au contact d’autres façons de voir. Ensuite, une nouvelle identité vient de naître, celle de Gilet jaune, qui peut se superposer ou même se substituer aux anciennes identités partisanes. Car il ne fait aucun doute que l’entrée tonitruante des Gilets jaunes dans le paysage politique correspond à un nouveau courant qui a vocation à durer. Tout doit être fait, d’ailleurs, pour y parvenir, ce courant ne devant en aucun cas se recommander de la gauche ou de la droite s’il veut perdurer et gagner.

Des conséquences politiques ont-elles été tirées à la suite du constat de la faiblesse de la droite et de l’extrême-droite qui a mis à nu l’imposture des grands médias et de la gauche ? Aucune ! Tout est comme avant, on peut continuer à raconter n’importe quoi en toute impunité. Alors que des manifestations sont appelées pour le 24 novembre, dont une à Paris et les autres dans chaque préfecture, la gauche associative, syndicale et politique refuse pour le moment d’appeler ses sympathisants à y participer, sans drapeaux ni banderoles. Il est vrai que les Gilets jaunes n’ont qu’un seul drapeau, celui de Valmy et de la Résistance, le drapeau national, qui est haï par la fraction dominante de la gauche mondialiste et européiste.

 

B.- La gauche a oscillé entre le silence et le dénigrement du mouvement des Gilets jaunes, honte à la gauche et aux directions syndicales !

Le silence visait à amoindrir la participation aux initiatives prévues le 17 novembre pour les faire capoter. Comment expliquer cette attitude ? Quant au dénigrement, il a pris plusieurs formes, certaines relevant de l’ignorance, d’autres particulièrement perverses.

 

1.- Un silence qui a deux explications

D’abord, la gauche, dans la totalité de ses composantes, est coupée depuis longtemps de la société et ne comprend plus ce qu’il s’y passe (elle n’est pas la seule concernée !). Elle est dépassée par les événements. Elle adopte alors des formules toutes faites qui tiennent lieu d’explications et qui la confortent dans son magistère moral : « droitisation » ou « fascisation » de la société, « populisme »…

Ensuite, la gauche vivait jusqu’à aujourd’hui sur la croyance qu’elle avait le monopole des mobilisations sociales. Dès lors, toute mobilisation qui pouvait naître en dehors d’elle était nécessairement illégitime ou alors ne pouvait qu’être instrumentalisée par des gremlins (d’extrême droite) qui en tiraient les ficelles en cachette.

A cet égard, la déclaration commune du 15 novembre des partis de gauche est particulièrement symptomatique et pathétique

Ensemble !, Gauche démocratique et sociale, Génération.s, Nouveau parti anticapitaliste, Nouvelle donne, Parti communiste français, Parti de gauche, République et socialisme, ont totalement passé sous silence la journée du 17 novembre. Aucune solidarité n’est ainsi exprimée par ces partis de gauche à l’égard des chômeurs, jeunes précaires, petits agriculteurs et indépendants, smicards… qui se révoltent. Aucune aide ne leur est apportée, qu’ils se débrouillent ! Heureusement, des milliers d’électeurs et même d’adhérents de ces partis de gauche ont bravé les consignes de leurs dirigeants de rester l’arme au pied et ont participé à la journée du 17.

Du côté syndical, le site Internet de Solidaires était désespérément vide avant le 17 novembre, comme celui de la FSU. Quant à Attac, emblème fané de la gauche associative, elle était muette sur la mobilisation dans le communiqué qu’elle diffusait le 13 novembre… Néanmoins, de très nombreux militants syndicaux et d’Attac ont tenté de sauver l’honneur de leurs organisations et ont enfilé leur gilet jaune.

Le silence de ces organisations sur la mobilisation des Gilets jaune n’était pas le signe d’une simple neutralité bienveillante ou d’une distraction de leur part. Car ces organisations ont ajouté le dénigrement à leur silence dans l’objectif parfaitement clair de briser la mobilisation des Gilets jaunes.

 

2.- Un dénigrement multiforme

Soit sous une forme directe, soit de façon hypocrite, plusieurs organisations de gauche ont développé une argumentation anti-Gilets jaunes parfois plus violente que celle du pouvoir.

Le dénigrement le plus grave est celui qui a consisté à assimiler les Gilets jaunes au fascisme et à l’extrême droite

Les manifestations de ces bassesses sont innombrables :

  • L’Humanité des 16, 17 et 18 novembre signale que fin octobre, les cinq confédérations (CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, CFTC) et Solidaires étaient unanimes pour refuser de se joindre à la journée du 17 novembre. Motif : la récupération par « plusieurs partis d’extrême-droite» de cette colère « légitime ». La CGT, dans un communiqué du 30 octobre, écrivait que « de nombreux militants font savoir que c'est une manifestation d'extrême droite. » Philippe Martinez, le 16 novembre sur France Inter, faisait le service après-vente de M. Macron, servilement, en tentant de disqualifier les Gilets jaunes avant la manifestation. De manière odieuse et absurde il affirmait : « impossible pour la CGT de défiler à côté du Rassemblement national ». Personne n’a envie de défiler à côté du RN. Ce n’était de toute façon pas la question puisque le RN n’a jamais envisagé de participer en tant que tel à ces manifestations. Il a tout de suite compris, contrairement à M. Martinez dont le système d’information semble particulièrement déficient, que les Gilets jaunes ne permettraient pas cette récupération.
  • Laurent Berger, le patron de la CFDT, préposé aux trahisons en tout genre, ne pouvait laisser le leadership syndical anti-Gilets jaunes à la direction de la CGT. Il a donc fait de la surenchère en qualifiant ce mouvement de « totalitaire». Il a fait une proposition au gouvernement particulièrement perverse, consistant à réunir « les syndicats, les organisations patronales, les associations pour construire un pacte social ». Evidemment les Gilets jaune ne seraient pas de la partie !

Une deuxième façon de dénigrer les Gilets jaunes a été de les accuser de rejeter l’impôt

Fabrice Angéi, secrétaire confédéral de la CGT, pour ne prendre que lui, affirmait ainsi que « la réponse aux difficultés de pouvoir d’achat ne peut pas être le ras-le-bol fiscal ». Ce commentaire est une grave erreur d’appréciation. Le ras-le-bol fiscal est une réalité pour des millions de gens modestes, parfaitement justifié, et portant surtout sur la fiscalité indirecte, la plus injuste, comme la TVA ou la TICPE.

La juste revendication de l’annulation de la hausse du prix des carburants a été interprétée par la gauche, hormis le caractère jugé anti-écologique de cette revendication, comme une progression inquiétante du non-consentement à l’impôt. Ce serait alors une preuve supplémentaire du caractère de droite et même d’extrême droite de la mobilisation des Gilets jaunes. Toutefois, ce que semble oublier la gauche, consentir à l’impôt ne signifie pas accepter n’importe quoi. Deux conditions doivent être réunies à cet effet. La première est le sentiment d’appartenance à une communauté politique capable de choisir son destin en toute indépendance. Si cette communauté est vraiment libre, le paiement de l’impôt sera l’une des contreparties. La deuxième condition pour consentir à l’impôt est que celui-ci soit juste et que « chacun contribue selon ses facultés ».

Ces deux conditions sont-elles réunies dans notre pays ? Evidemment non. Dans le premier cas, il y a longtemps maintenant que le peuple a compris que la France n’était plus un pays libre. Notre pays est en effet surplombé par le système de l’Union européenne. Dans le second cas, les citoyens ne comprennent pas pourquoi, d’un côté, ils devraient payer toujours davantage d’impôts et de taxes, et d’un autre côté observer avec détresse la dégradation ou la disparition des services que l’Etat doit leur rendre en échange de leur contribution. On peut accepter de payer si les routes sont entretenues, les lignes de chemins de fer organisées dans les territoires enclavés, les hôpitaux pas trop loin de chez soi, les bureaux de poste ouverts, les forces de l’ordre visibles et efficaces….

Un troisième type de dénigrement a été d’accuser les gilets jaunes de limiter leurs revendications au prix des carburants, d’ignorer les impératifs de la lutte contre le réchauffement climatique, de manquer de cohérence avec leurs revendications disparates

Les donneurs de leçons généralement situés à gauche devraient être plus modestes, compte tenu des « brillants » résultats dont ils peuvent se prévaloir. Car celui qui voulait se renseigner honnêtement sur les revendications des Gilets jaunes pouvait constater sans difficulté qu’il n’y avait pas que le prix des carburants dans les revendications. Celles-ci allaient beaucoup plus loin car venant de territoires moins productifs économiquement, où le chômage est très important. Ce sont des zones rurales, des villes petites et moyennes souvent éloignées des métropoles ou des banlieues de ces dernières : la « France périphérique ». Là vivent les petites classes moyennes, les ouvriers, les petits salariés, les indépendants, les retraités. Cette majorité de la population subit depuis 20 à 30 ans une recomposition économique dont elle a fait les frais, abandonnées par la gauche et la droite quand elles étaient au pouvoir.

En réalité, la diversité des causes individuelles et collectives de la mobilisation traduit tous les maux de la société française : injustice fiscale, colère contre le gouvernement et Macron en particulier, domination de la finance, perte de l’indépendance nationale, sentiment d'abandon, chômage, pouvoir d’achat...

Quatrième dénigrement, condescendant et méprisant, celui d’une mobilisation qui ne serait qu’une « jacquerie » ou pire, du « néo-poujadisme »

Non ce n’est pas une « jacquerie » et encore moins un mouvement « néo-poujadiste » car ce mouvement n’est ni marginal ni catégoriel. La mobilisation dépasse le monde rural et touche l’ensemble des catégories modestes : ambulanciers, chauffeurs-routiers, retraités, chômeurs, petits agriculteurs et indépendants, jeunes précaires... Les détracteurs du mouvement, gauche en tête, ont voulu imposer l’image d’un rassemblement hétéroclite de « beaufs » pour le disqualifier. Cela a échoué. Les enquêtes d’opinion indiquent un soutien massif des Français aux Gilets jaunes qui oscille entre 60 et 70 %.

Cinquième dénigrement, prendre les quelques cas de dérapages comme une règle générale

Les grands médias, appuyés par de petits groupes de la gauche radicale et donc prétendument morale, grossissent quelques débordements réels qui sont inacceptables. Le but est de torpiller le mouvement des Gilets jaunes. Il faut comprendre que des débordements sont difficilement évitables. Plus un mouvement est large, plus ce risque existe. Faut-il pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain ? Non bien entendu, il faut continuer, même s’il y a dans les initiatives des individus sexistes, racistes, homophobes, complotistes... Il faut l’accepter et dialoguer avec eux en partant du principe qu’ils sont avant tout des personnes qui souffrent et que la solution n’est pas de trouver des boucs émissaires mais de s’attaquer aux causes des problèmes et à leurs véritables auteurs.

Ajoutons encore la déclaration commune du 15 novembre des partis de gauche, déjà mentionnée, qui lançait un appel : « Tous ensemble, agissons avec les forces de gauche et écologistes, les syndicats, les associations environnementales, les usagers des transports. » Mais pourquoi agir seulement avec la gauche ? Faut-il maintenant, pour faire grève ou manifester, être de gauche ? Depuis quand ? Et pourquoi ? L’annulation de la hausse du prix des carburants, qui est pourtant la revendication principale des Gilets jaunes était passée sous silence. Le message de cet appel n’était pas celui de la solidarité, il visait à tenter de récupérer cette mobilisation (comme le font LR et le RN), qui devait se réaliser sous la conduite exclusive des organisations de gauche.

« Père, gardez-vous à droite ! Père, gardez-vous à gauche ! »

Cette phrase a été prononcée par Philippe, fils du roi de France Jean II le Bon, le 19 septembre 1356 lors de la bataille de Poitiers. On peut l’appliquer intégralement aux Gilets jaunes ! La cause était entendue. Le Monde du 13 novembre confirmait : « Méfiants, les syndicats se tiennent à l’écart du mouvement ». L’Humanité des 16, 17 et 18 novembre confirmait également : « Les syndicats refusent de cautionner le 17 ». Aucune centrale syndicale n’a donc appelé à manifester. Au-delà de leurs désaccords sur le fond, la mobilisation des Gilets jaunes renvoie les centrales syndicales à leur impuissance à mobiliser. Ainsi, pour la CFE-CGC, les syndicats sont toujours « gênés » quand « un mouvement de la société civile prend une forme qu’ils auraient pu organiser ».

C’est bien notamment parce que les syndicats ont du mal à mobiliser que le mouvement des Gilets jaunes s’est développé. A partir du moment où les syndicats ne font rien ou font des choses inadaptées ou inefficaces, d’autres forces apparaissent et tentent de faire mieux. Et le mouvement des Gilets jaunes a montré jusqu’à présent qu’il pouvait se développer sans les syndicats. Il faut maintenant qu’il confirme et qu’il gagne…

On aurait pu croire que l’analyse de la journée du 17 novembre, qui a fait voler en éclat toutes les (mauvaises) raisons avancées par la gauche pour torpiller l’évènement, aurait été faite. Pas du tout ! On en veut pour preuve, en ne prenant que cet exemple, le communiqué mielleux du 19 novembre publié par une coalition d’organisations de gauche du département de Haute-Garonne. Le titre est « Un vent de colère souffle sur notre département comme dans tout le pays ». Les signataires sont CGT31, FSU31, Solidaires31, PCF, PG, FI, Ensemble, Mouvement de la paix, DAL31, GDS31, MJCF31, Copernic31. Il n’y a strictement rien sur les Gilets jaunes qui ne sont pas même évoqués, la revendication principale de l’annulation de la hausse du prix des carburants est ignorée. Aucun encouragement n’est prodigué pour poursuivre le mouvement, appeler aux manifestations du 24 novembre notamment à Paris, ni aucune aide ou solidarité proposée. Ces organisations attendent gentiment que les Gilets jaunes se découragent et abandonnent la partie, et on peut compter sur cette gauche pour les y aider !

La réaction de ces organisations est consternante et démontre qu'elles ne comprennent plus rien aux préoccupations des simples gens, qu’il faut résolument faire sans elles, et même contre elles s’il le faut. En agissant de la sorte, elles confortent l’extrême-droite qu’elles prétendent combattre.

 

C.- Les forces syndicales et politiques ne parviennent toujours pas à appréhender la réalité sociale et politique

Les causes de la mobilisation des Gilets jaunes sont doubles et n’ont rien à voir avec une quelconque « irrationalité » de ses acteurs ou une instrumentalisation de la droite ou de l’extrême-droite. D’une part, les partis politiques traditionnels, de gauche et de droite, ayant tous participé au pouvoir ces trente dernières années, avec les résultats que l’on sait, sont disqualifiés. Ils sont responsables de la situation que dénoncent les Gilets jaunes. Il en va de même des syndicats qui sont allés d’échec en échec, on l’a vu récemment avec les mobilisations avortées contre la loi travail et la réforme de la SNCF. D’autre part, la mobilisation a été particulièrement forte dans les territoires périphériques marqués par le chômage, la désindustrialisation, l’abstention, le vote LFI et RN à l’élection présidentielle.

A cet égard, les travaux du géographe Christophe Guilluy, auteur de la fameuse analyse sur la « France périphérique », ne peuvent être méconnus. Dans deux entretiens accordés à Aujourd’hui en France (17 novembre) et au Figaro (19 novembre), il montre les ressorts profonds de la mobilisation des Gilets jaunes. Sa synthèse : « les gilets jaunes attestent la révolte de la France périphérique ».

Pour lui, la colère vient de loin car cela fait des années que ces Français ne sont plus intégrés politiquement et économiquement. Avec la fermeture des usines, la crise du monde rural et celle des banlieues, l’accès à l’emploi est devenu très compliqué. S’ajoutent la désertification médicale, des services publics et des commerces qui quittent les petites villes. Toutes ces souffrances se sont cristallisées autour de la question centrale du pouvoir d’achat. Le mouvement des Gilets jaunes est une conséquence de tous ces éléments mis bout à bout. Face à cette situation « le monde d’en haut ne parle plus au monde d’en bas. Et le monde d’en bas n’écoute plus le monde d’en haut. » La mobilisation des Gilets jaunes a été à la fois massive et répartie sur tout le territoire.

Les mesures d’accompagnement à la conversion d’un véhicule propre mises en œuvre par le gouvernement pour tenter de calmer les Gilets jaunes sont à côté de la plaque

Ce ne sont pas des solutions techniques pour financer un nouveau véhicule qui sont nécessaires, mais des réponses de fond qui redéfinissent la place occupée par ces catégories dans notre pays.

La France périphérique est ignorée, voire méprisée par la France des métropoles, là où les élites sont rassemblées, où il y a du travail et de l’argent. Pour mieux comprendre ce clivage objectif, prenons l’exemple de la fiscalité sur les carburants. Le bilan carbone de l’aéronautique n’est que rarement évoqué, comme celui du transport maritime et routier puisqu’on nous dit qu’on ne pourrait pas taxer le kérosène dans un contexte de mondialisation des transports. Ainsi la pollution des riches, qui sont très mobiles, est donc moins taxée que celle des pauvres qui sont davantage sédentaires. Christophe Guilluy dénonce les métropoles, « nouvelles citadelles médiévales », avec une bourgeoisie qui se claquemure derrière ses remparts, et qui entend même instituer bientôt des péages urbains, c’est-à-dire le retour de l’octroi ! Dans ces espaces clos, les habitants ont simplement besoin de liaisons pour sortir - avions, TGV - et la voiture est, pour eux, devenue obsolète. Inversement, les catégories populaires des villes, qui sont de plus en plus loin de l’emploi, ont un besoin vital de leur voiture. La fatwa lancée contre la voiture, menée par les élites, traduit une inconscience totale des difficultés réelles de « ceux d’en bas », et même un mépris de classe. La réaction du monde politique d’en haut est d’accuser les classes populaires de ne pas avoir conscience de l’enjeu écologique.

Dans les autres pays occidentaux où existent des mouvements qualifiés de « populistes », c’est exactement la même sociologie : ouvriers, employés, chômeurs, paysans, petits indépendants, c’est-à-dire le socle de la petite classe moyenne et des classes populaires. C’est également la même géographie : territoires ruraux, petites villes et villes moyennes, banlieues subissant l’effet d’aspirateur des métropoles qui vident ces territoires de leurs emplois. Les individus qui y habitent se sentent fragilisés socialement et culturellement. Ils demandent une intégration économique et la préservation de leur capital social et culturel.

Personne ne roule au diesel par plaisir

D’autant que pendant des années les Français ont été incités à acheter du diesel pour faire des économies d’énergie. Tous les Français souhaitent pourtant préserver l’environnement affirme Christophe Guilluy. De la même manière, si l’on considère la question du multiculturalisme, tout le monde souhaite une préservation de son capital culturel et un rapport à l’Autre distancié, en tout cas choisi et non imposé. Mais il faut distinguer les objectifs et les moyens. Si j’ai les moyens de mettre à distance l’Autre, en contournant la carte scolaire par exemple, je peux faire l’apologie de la « société ouverte » sans difficulté. Il en va de même en matière d’écologie. On peut facilement tenir un discours sur la nécessité de préserver l’environnement quand on a les moyens de s’offrir une voiture électrique ou de consommer bio. La défense de l’écologie, comme la promotion de la « société ouverte », sont devenues des outils de distinction sociale. C’est pourquoi certains continuent à présenter le mouvement des Gilets jaunes comme le rassemblement des « ploucs ».

Il faut aussi prendre connaissance des travaux de Jérôme Fourquet et Sylvain Manternach (Le Figaro, 19 novembre 2018). Pour eux, la géographie de la mobilisation des Gilets jaunes semble avoir été structurée selon deux paramètres principaux. Il s’agit d’une part, en cohérence avec l’élément déclencheur de cette mobilisation qui a été la hausse du prix des carburants, du rapport qu’entretiennent les territoires avec la voiture.

On constate ainsi une forte densité de points de rassemblement dans la grande périphérie des principales métropoles, là où résident de nombreux migrants de l’intérieur. Autour de Paris, c’est le cas en Seine-et-Marne, un des berceaux du mouvement, et dans la vallée de la Seine. On retrouve le même phénomène dans la grande couronne lyonnaise avec une forte mobilisation dans le Rhône, mais également dans le nord de l’Isère ou dans le sud de l’Ain. Même configuration dans un rayon de 30 à 40 kilomètres de Bordeaux.

Si le prix des carburants, et donc du degré de dépendance à la voiture, a bien constitué l’un des principaux ressorts du mouvement, l’intensité de la mobilisation a également répondu à une logique plus politique. L’analyse des revendications et des mots d’ordre avant la mobilisation avait indiqué que le mouvement des Gilets jaunes prenait au fil du temps une tonalité antimacronienne. L’électorat présidentiel pouvait donc difficilement s’associer à ce mouvement. On observe d’ailleurs une plus faible densité d’action dans les départements ayant fortement voté Macron au premier tour de la présidentielle. Cette analyse est tout à fait pertinente mais persiste à ignorer l’abstention comme choix politique. Les abstentionnistes sont pourtant le premier parti de France et sont maintenus cachés comme s’ils n’existaient pas.

Or le mouvement des Gilets jaunes est aussi un mouvement massif des abstentionnistes.

Cette réalité rend ailleurs difficile toute récupération politique. Une étude publiée par l’Argus le 17 novembre se demande « Qui sont les utilisateurs de diesel en France ? ». Elle a établi une cartographie comparative des départements en fonction de deux critères : la densité de ménages non imposables et le nombre de particuliers propriétaires d’un diesel. Si les auteurs avaient fait cet effort, ils auraient trouvé à coup sûr un lien avec le taux de l’abstention. La superposition de ces cartes montre que le diesel est directement associé à la fragilité d’un territoire. Les zones où le diesel est le plus répandu sont celles où les populations ont les revenus les plus bas. Les territoires les plus excentrés et les plus fragiles sont marqués par un parc automobile comprenant plus de 72 % de modèles diesel : le Massif central, le Limousin, la Bretagne, les Pays de la Loire, le Poitou, la Somme, l’Aisne, le Calvados, la Haute-Saône ou encore la Haute-Marne.

Elisabeth Borne, la ministre des Transports, a confirmé elle-même, en décembre 2017, qu’en France, une personne sur quatre aurait déjà refusé un emploi ou une offre de formation faute de moyens de transport pour s’y rendre. Le site regionsjob.com a mené lui aussi une enquête, début novembre 2018, sur ce sujet. Elle montre que 81 % des Français en recherche d’emploi pourraient être découragés de postuler à une offre loin de chez eux en raison de la hausse du prix des carburants. L’interdiction de circulation des véhicules diesel planifiée pour 2024 à Paris et en 2030 pour toute l’Île-de-France, va encore accentuer un peu plus la fracture territoriale et sociale.

Dans un sondage Odoxa réalisé entre les 15 et 16 novembre, publié dans Le Figaro des 17 et 18 novembre, la question suivante est posée : « Vous personnellement, trouvez-vous ce mouvement, dit des gilets jaunes, justifié ou pas justifié ? » Le total de ceux qui trouvent le mouvement justifié s’élève à 74 %. Parmi les préférences politiques : RN 92 %, LFI 84 %, PS 82 %, LR 76 %, la REM 32 %.

Question posée uniquement à ceux qui jugent le mouvement justifié : « Et vous personnellement, avez-vous prévu de participer au mouvement des gilets jaunes de ce samedi ? » Ils sont 33 % à répondre « oui certain » et 37 % à répondre « possible », soit un score énorme de 70 %.

Une alliance inédite est en train de se nouer entre une partie des classes populaires et des classes moyennes précarisées. La France périphérique relève la tête. C’est la forme que prend actuellement la lutte des classes…

 

II.- Quatre perspectives se dégagent pour continuer, amplifier et faire gagner le mouvement

La préservation de l’indépendance du mouvement des Gilets jaunes est la première condition pour durer et gagner. Le rassemblement du peuple de France autours de cahiers de doléances, débouchant sur des états généraux, permettrait d’élargir sa force de frappe. De fait, toutes les actions engagées par les Gilets jaunes visent à faire tomber la Bastille de l’Union européenne et de l’euro pour libérer la France et bâtir une Europe des peuples dont une étape sera le boycott citoyens des élections européennes. Comme en 1789, s’engager dans une dynamique populaire constituante afin de reconstruire la France par le rétablissement de la démocratie serait une perspective enthousiasmante. Et efficace !

 

A.- Préserver l’indépendance du mouvement pour durer et gagner

L’apparition des Gilets jaunes bouleverse les formes de la lutte sociale et le rôle des acteurs sociaux. Une partie très majoritaire de la gauche s’est placée en opposition frontale à ce mouvement populaire auquel elle manifeste un profond mépris et qu’elle veut détruire. Cette gauche moderne, prétendument morale, mondialiste et européiste, confirme qu’elle est devenue le flanc gauche de l’oligarchie. Les syndicats, quant à eux, sont en péril, leur mort ne serait pas une bonne nouvelle. Mais il ne sert à rien de se lamenter, il faut imaginer ce qui, ici et maintenant, peut se développer. De profondes ruptures culturelles doivent être acceptées. La gauche morale urbaine et méprisante a montré qu’elle se solidarisait avec l'oligarchie lorsqu'une mobilisation n'était pas assez « propre » à ses yeux. Que ceux qui croient encore à cette gauche l’oublient et considèrent que le sujet le plus important est celui de l’émancipation des classes dominées, avec, sans, ou même contre cette gauche. Si la gauche est moribonde, le peuple, lui, ne l’est pas, pas plus que la lutte des classes. C’est cela le plus important.

Les Gilets jaunes on compris à juste titre qu’ils ne pouvaient compter que sur eux-mêmes. Ils se sont auto-organisés sur les réseaux sociaux et vont nécessairement bâtir un cadre collectif et opérationnel à l’échelle locale et nationale car c’est la condition de l’efficacité. Il faut conserver cet acquis.

Préserver l’indépendance du mouvement des Gilets jaunes nécessite de se prémunir contre les risques d’une double récupération : une récupération politique ou syndicale et une récupération médiatique

Pour éviter les menaces de récupérations politiques et syndicales, d’où qu’elles viennent, des mesures simples peuvent être prises. Lors des initiatives des Gilets jaunes, aucun signe d’appartenance à un syndicat ou un parti politique ne doit être accepté : badge, autocollant, tee-shirt, tract, banderole, pancarte, prise de parole… Cette protection contre les tentatives de récupération, toutefois, ne doit pas déboucher sur un ostracisme vis-à-vis des adhérents ou sympathisants des syndicats et partis, bien au contraire. Il faut les accueillir à bras ouverts. Ceux-ci sont des citoyens comme les autres, éprouvent les mêmes difficultés que les Gilets jaunes, et peuvent (doivent !) participer à la mobilisation des Gilets jaunes, mais à titre individuel comme tout le monde.

Pour éviter les menaces de récupération médiatique, l’absence de leaders est une force. Attention aux leaders autoproclamés et à ceux qui seront désignés par les médias. Ces derniers, par facilité, recherchent des contacts avec un numéro de téléphone aisément joignables, et c’est ainsi que l’on fabrique des personnages publics… Des porte-parole sont indispensables, mais il faut les faire tourner afin d’éviter la captation de la parole par certains.

En tout état de cause, il faut continuer à s’organiser et à agir sans les organisations politiques et syndicales, parfois contre si nécessaire.

 

B.- Rassembler le peuple de France autour de cahiers de doléances et convoquer des états généraux

Le ras-le-bol est général et s’étend. Une étude publiée le 20 novembre 2018 par l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), issue de chiffres de l’INSEE, en donne les explications. Elles sont simples à comprendre, même pour un député LREM. L’études mesure l’impact des « réformes » sociales et fiscales des deux derniers quinquennats. Le résultat est sans appel : le revenu disponible a baissé en moyenne pour chaque foyer de 440 € par an entre 2008 et 2016. Lorsque M. Wauquiez, patron de LR, affirme soutenir les Gilets jaunes, il faudrait lui demander ce qu’il pense de ces mesures prises par le gouvernement de M. Sarkozy, et s’il compte les abroger.

Le début du quinquennat Macron est pire que celui de ses collègues Hollande et Sarkozy : suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune, de la progressivité des impôts sur les gros revenus, doublement de la baisse des cotisations sociales en 2019 avec 40 milliards d’euros sans créer d’emplois, aucune mesure pour empêcher la fraude fiscale massive des grands groupes et grandes fortunes…

La majorité du peuple ne veut plus voir les salaires et allocations bloqués ou même baissés, les impôts et taxes augmenter, les « gens d’en haut » humilier, mépriser, rabaisser systématiquement « les gens d’en bas ».

L’arrogance des puissants, incarnée par M. Macron, est insupportable

Les raisons justifiant le rassemblement du peuple de France sont immenses. Il ne faudrait donc pas que les actions des Gilets jaunes divisent le peuple alors qu’il s’agit de l’unir. Comme le disent les Gilets jaunes de Saint-Nazaire, « les actions ont aussi pour conséquences malheureuses de gêner de simples citoyens dans leurs tâches quotidiennes. Notre objectif n’est pas d’instaurer une gêne durable et prolongée pour les femmes et les hommes qui vivent sur notre territoire. » C’est pourquoi ils veulent privilégier les « relais locaux » du pouvoir exécutif comme les préfectures et sous-préfectures, ainsi que les « actions de blocage économique ».

« Nous sommes tous des gilets jaunes » devrait être le mot d’ordre universel !

Et nous mettrions le gilet jaune pour aller au travail, faire les courses… Les enseignants pourraient faire cours en gilet jaune, et les lycéens et étudiants idem. Les ouvriers mettraient le gilet jaune sur le bleu de travail, comme les médecins et infirmiers-infirmières sur leur blouse… Bien sûr le gilet jaune doit rester sur les pare-brise. Autre façon de faire : porter un ruban jaune – cela commence à apparaître -, accroché à la boutonnière, noué au poignet ou porté façon bandana. Tous ces signes de reconnaissance provoqueront un choc citoyen, un bond de la sociabilité, une invitation permanente au dialogue et aux échanges entre les porteurs de jaune et avec les autres. Le sentiment d’être une force va croître, l’optimisme revenir, les sourires se redéployer…

Il est possible de rassembler le peuple de France. Pour y parvenir il faut des actions, des moyens et une perspective qui nous transcende. Les actions et les moyens pourraient être des cahiers de doléances. La perspective serait la convocation d’états généraux.

Les cahiers de doléances pourraient être lancés à l’échelle de chaque commune

Il se pourrait d’ailleurs que des élus de petites communes, eux aussi malmenés par le pouvoir, se vivent aussi comme des gilets jaunes. Ils pourraient devenir des « maires gilets jaunes » et participer au mouvement, lui apporter un appui politique et logistique. Ces cahiers de doléances devraient contenir ce que veut la population, de l’échelle communale à l’échelle nationale.

Le sens général des décisions à prendre ne peut pas être l’addition de simples dispositifs techniques « d’accompagnement » de la « transition écologique ». Il faut aller beaucoup plus en profondeur tant le mal est profond. Il s’agit ni plus ni moins de redéfinir la place de la France dans la mondialisation néolibérale, et donc sa place dans l’Union européenne. Ce sont des conditions absolument indispensables si l’on veut redéfinir la place des classes populaires et moyennes dans notre société. Cessons de parler de « transition écologique » et parlons de « transition écologique, sociale et démocratique ».

La France, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, est parvenue à se redresser de manière spectaculaire avec le programme du Conseil national de la Résistance que veulent précisément détruire les élites. Pourtant c’est bien la mise en œuvre de ce programme qui a permis les « trente glorieuse » et la mise en place du plein-emploi. Voilà la perspective qui devrait guider les Gilets jaunes

Rassembler le peuple de France autour d’un nouveau programme de la Résistance

C’est ce nouveau programme de résistance que l’on doit aujourd’hui opposer à la mondialisation néolibérale, par la démondialisation, pour que la France redevienne la France.

Les cahiers de doléances pourraient contenir en premier lieu des mesures immédiates pour résoudre les difficultés de pouvoir d’achat. Voilà quelques idées pour l’échelle nationale :

  • Annulation de la hausse du prix des carburants par la baisse du taux de TVA qui leur est appliquée.
  • Augmentation générale des salaires (dont le SMIC à 1 600 euros nets) et égalité hommes-femmes.
  • Augmentation des retraites, des indemnités de chômage, des minima sociaux, création d’une allocation d’autonomie pour les jeunes sans emploi comme en Italie (780 euros par mois), associée dès que c’est possible à une activité professionnelle à temps partiel ou à des formations. Aucun paysan, aucun commerçant, aucun indépendant, aucun auto-entrepreneur ne doit gagner moins du SMIC. L’argent existe car la répartition de la richesse entre le travail et le capital a fait passer en 30 ans 200 milliards d’euros de la poche des salaires dans celle des actionnaires.
  • Baisser fortement la TVA pour tous les produits de première nécessité.

Ces mesures immédiates, pour être crédibles, doivent pouvoir être financées

Nous y parviendrons par la mise en œuvre de mesures structurelles de démondialisation consistant pour la France à reprendre sa liberté par le remplacement du libre-échange par la libre-coopération entre Etats sur des bases mutuellement avantageuses, le démantèlement des marchés financiers, l’émancipation de la France vis-à-vis de l’Union européenne. Les exemples suivants peuvent être pris :

  • Contraindre les constructeurs nationaux à fabriquer des véhicules propres et sécurisés ; limiter l’importation de véhicules pour favoriser les productions nationales, élaborer une politique de la voiture en articulation avec les transports collectifs dans le cadre d’un nouvel aménagement du territoire. Par exemple, dans de nombreuses zones rurales et en montagne, compte tenu de la destruction des services de l’Etat comme les Directions départementales de l’équipement (DDE), les routes et chemins ne sont plus correctement entretenus, deviennent impraticables l’hiver et lors des épisodes de fortes pluies de plus en plus nombreux liés au réchauffement climatique, nécessitant l’usage de 4x4.
  • Arrêt des délocalisations, relocalisation et réindustrialisation, développement des circuits courts en abandonnant le système des appels d’offres imposé par l’Union européenne, afin de favoriser l’activité des artisans, agriculteurs et petits et moyens employeurs de proximité.
  • Protection des productions nationales agricoles et industrielles : produisons et consommons français.
  • Lutter vraiment et efficacement contre l’évasion et l’optimisation fiscales.
  • Taxer les compagnies pétrolières et les grandes entreprises du transport maritime, routier et aérien, les gestionnaires d’infrastructures (autoroutes).
  • Taxer le kérosène (qui ne l’est pas du tout) pour empêcher que l’avion, très pollueur, ne concurrence le train. Supprimer l’exonération des taxes carburant pour le transport routier afin de développer le fret ferroviaire.
  • Arrêter la fermeture des petites lignes de chemins de fer (9 000 kilomètres sont menacés). Investir massivement dans les transports en commun de qualité accessibles à tous.
  • Relancer la construction de logements, rénover en profondeur le parc HLM et les copropriétés en mauvais état (drame de Marseille).
  • Arrêt de la fermeture des services publics, les redévelopper, embaucher des fonctionnaires de l’Etat, des collectivités territoriales et hospitaliers.
  • Arrêt de la casse des départements et communes.
  • Libérer des médias de leur domestication par des groupes financiers ou industriels.
  • Se libérer des contraintes budgétaires et monétaires imposées par l’Union européenne.
  • Organiser un référendum sur le maintien ou non de la France dans l’Union européenne.

Les états généraux se tiendraient dans chaque commune et département et ensuite au niveau national

A l’échelle communale et départementale, ces états généraux devraient être organisés par les Gilets jaunes eux-mêmes. Ils pourraient inviter des élus, le préfet et les représentants des administrations, ceux du patronat, des partis et syndicats, la presse. Ils seraient ouverts au public et devraient durer le temps qu’il faut, à raison par exemple d’un samedi entier par semaine pendant plusieurs mois…

A l’échelle nationale il y a deux solutions : soit le pouvoir accepte d’organiser ces états généraux, soit il refuse. Si le pouvoir accepte, ces états généraux deviennent une négociation sur la reconstruction de la France. Les cahiers de doléances en formeront l’ordre du jour. Les Gilets jaunes y seront représentés en tant que tels, même si les syndicats et organisations patronales devront être présents dès lors qu’ils auront retiré leurs insultes. Si le pouvoir refuse, les Gilets jaunes devront trouver la force de les organiser eux-mêmes. Selon les circonstances, une campagne pour la tenue d’un référendum d’initiative populaire pourrait être organisée sur le contenu des cahiers de doléances.

 

C.- Faire tomber la Bastille de l’Union européenne et de l’euro pour libérer la France et bâtir une Europe des peuples, boycotter les élections européennes

Nous sommes tous en faveur de la paix avec nos voisins européens et tous les autres pays, en faveur d’échanges commerciaux, culturels, touristiques mutuellement profitables. Mais cette Europe est interdite par le système politique de l’Union européenne et de l’euro qui entrave notre liberté et celle de nos voisins. Il faut savoir, pour ne prendre que cet exemple, que la hausse du prix des carburants, via la hausse de la fiscalité qui les concerne, provient directement des « recommandations » de l’Union européenne à la France. Le seul fait de réclamer la baisse de la fiscalité s’appliquant aux carburants est déjà un acte condamné par Bruxelles. Il en va de même dans la plupart des domaines : nous ne sommes plus maîtres chez nous.

 

1.- L’euro est le cas le plus grave car il fonctionne en réalité - et volontairement - comme une arme de destruction massive de l’emploi et des salaires

L'euro, monnaie unique, ne peut s'adapter aux situations variées des différents Etats de l'Union européenne. L'interdiction de toute politique monétaire propre dans quelque pays de l'UE ne permet pas de lutter contre le chômage, d'agir pour le développement, et oblige de fait tous les pays à soutenir l'euro au bénéfice exclusif de l'Allemagne et à leur propre détriment.

Habituellement, les pays connaissant un déficit de leur balance des paiements (différence entre la valeur des marchandises, services et capitaux qui entrent et qui sortent du pays) utilisent l’outil classique de la dévaluation. Cela permet de baisser les prix à l’exportation et de les augmenter à l’importation. On revient alors à l’équilibre entre importations et exportations. Comme la monnaie unique interdit ce mécanisme, les pays ayant un définit de leur balance des paiements (comme la France et tous les autres membres de l’Union européenne, sauf l’Allemagne) organisent la déflation salariale. Autrement dit, ils organisent une énorme pression sur les salaires et la protection sociale pour obtenir un résultat similaire à celui d’une dévaluation : des prix « compétitifs », donc les plus bas possible. C’est pourquoi, structurellement, par nature, l’euro est l’ennemi de l’emploi et des salaires pour les salariés évidemment, mais aussi pour les agriculteurs, artisans et PME.

L’euro « fort » divise l’Allemagne (qui y a intérêt), et les autres pays (qui cherchent à le faire baisser). N’y parvenant pas, ils écrasent les salaires et l’emploi, délocalisent, transforment l’euro en rouleau compresseur de la protection sociale pour être « compétitifs ». Une politique monétaire unique s’est appliquée à des situations nationales différentes. L’euro confirme toutes les tares qui avaient été dénoncées par ceux qui avaient défendu avec justesse le NON à la monnaie unique lors des référendums sur le traité de Maastricht en 1992 et sur la constitution européenne en 2005.

L’euro n’avait pas qu’une vocation monétaire, il était un prétexte pour forcer la main aux États et les contraindre à s’engager dans une voie fédéraliste. Il devait être la pièce centrale de la « dictature » des marchés financiers et de l’instauration d’un ordre monétaire néolibéral. La Banque centrale européenne (BCE) échappant à tout contrôle démocratique, l’euro était conçu comme vecteur de l’accélération de la circulation du capital au service exclusif des intérêts des classes dominantes.

La sortie de l’euro est la condition nécessaire à des politiques favorables au peuple, même si elle n’est pas suffisante

Il ne peut donc y avoir de politique favorable à la population avec l’euro. Avec la monnaie unique, une politique économique répondant aux besoins du peuple n’est pas possible puisque la politique monétaire, via la BCE, est statutairement indépendante de tout pouvoir politique et donc de toute pression démocratique. Si la BCE est hors de tout processus démocratique, elle est en revanche dépendante des puissances financières. Elle est, dirigée uniquement par des agents directs des marchés financiers, tous imbibés de néolibéralisme.

Comment parvenir à mener une politique favorable au peuple, alors que l’élément le plus important de la politique économique – la politique monétaire – resterait aux mains des néolibéraux ? Comment briser ce que certains appellent la dictature des marchés financiers alors qu’ils resteraient maîtres de la Banque centrale ? Sortir de l’euro, c’est sortir de l’ordre monétaire néolibéral. C’est redonner au peuple, dans la nation, le contrôle de la politique monétaire. C’est rendre de nouveau possible une politique économique digne de ce nom. Un gouvernement voulant défendre les intérêts de la population ne pourra pas y parvenir si la politique monétaire reste aux mains de la BCE. Sortir de l’euro de manière unilatérale et immédiate est la condition absolument nécessaire, indispensable, urgente pour pouvoir mener une politique favorable aux classes populaires et moyennes.

La sortie de l’euro permettra d’éviter que les économies européennes continuent à se mener une concurrence destructrice par la baisse des salaires

Dès lors les gains de productivité, particulièrement en France où elle est très forte, pourront être répartis pour toute la société. Cette possibilité retrouvée des dévaluations et du protectionnisme national est systématiquement caricaturée comme un instrument de concurrence, d’autarcie, voire de guerre européenne. C’est pourtant la seule possibilité pour permettre une coopération économique et commerciale internationale, hors de la concurrence obligatoire des traités de « libre-échange ».

Le protectionnisme, diabolisé à droite comme à gauche, est simplement la seule possibilité de maintenir l’autonomie des règles sociales, salariales, sécuritaires, fiscales, environnementales de chaque pays, en dehors de la seule concurrence basée sur les prix les plus bas imposée par le « libre-échange ». C’était la règle avant les traités internationaux et les institutions néolibérales supranationales (surtout européens) qui ont supprimé l’autonomie politique des peuples souverains. La concurrence par le bas est la seule possibilité en régime de « libre-échange » imposé par les institutions supranationales néolibérales. Le libre-échange garantit comme seule liberté celle des actionnaires et des multinationales, et supprime celle des peuples.

Le protectionnisme est en fait le synonyme de retour du politique et des processus démocratiques

Les normes contraignantes, les lois, peuvent ainsi de nouveau aller dans le sens que donne le résultat des débats démocratiques internes aux nations et à leurs élections. Les frontières économiques garantissent alors le résultat de ces débats en rétablissant l’équilibre par rapport aux différentiels de prix provoqués par les différences de situation de chaque pays. Tout ceci sans pour autant supprimer les échanges commerciaux, bien entendu.

Car battre monnaie signifie la possibilité de définir une politique monétaire qui servira à financer la politique économique. Comment un gouvernement favorable au peuple pourrait-il accepter la dictature monétaire exercée actuellement par les marchés financiers qui, en rendant indépendantes les banques centrales des pouvoirs publics, les ont en réalité retirées des mains du peuple ? Refuser de sortir de l’euro, c’est refuser de redonner le pouvoir monétaire au peuple. La monnaie et la politique monétaire font partie d’un ensemble plus vaste qui est celui de la politique économique.

On trouve ainsi, dans la politique économique générale (la macroéconomie), la politique fiscale, celle du commerce international et intérieur, la politique industrielle, la politique budgétaire, l’aménagement du territoire, etc. C’est pourquoi nous devons prendre la Bastille que représente aujourd’hui le système de l’Union européenne. C’est la condition pour redevenir libres et bâtir l’Europe des nations, c’est-à-dire l’Europe des peuples.

Selon Monsieur Macron, les citoyens rejetant son idée de « souveraineté européenne », qui efface les nations, seraient des xénophobes et des fascistes en puissance

Il est soutenu hypocritement par une grande partie de la gauche associative, syndicale et politique. Pour le président de la République, la nation reste en effet l’obstacle à son utopie d’une souveraineté et d’une armée européennes, idée à laquelle Angela Merkel vient de se rallier. Il a pris pour cible la nation en elle-même. Ainsi, pour lui, la culture française n’existerait pas, tandis que la psychologie française serait celle de « gaulois réfractaires ».

L’Europe de M. Macron est celle où le terrain est en train d’être dégagé pour que l’ « overclass » (les 1 %), celle qui est juste en-dessous de l’oligarchie (les 0,1 %), puisse s’épanouir sans entrave. Ce sont les « premiers de cordée », qui seraient les « progressistes » dans la logorrhée macronienne. Ils veulent être délivrés de leurs obligations (notamment fiscales) envers toute communauté politique particulière car ils se considèrent comme une aristocratie planétaire. Ils sont mondialistes et européistes. Ce sont les nouveaux seigneurs féodaux qui rétablissent « l'ancien régime », les Gilets jaunes sont les nouveaux sans-culottes !

Telle est la définition du « progressisme » macronien. C’est une vision de la modernité qui considère la diversité humaine, celle des peuples, des nations, des langues, des religions, des civilisations, comme autant de manifestations archaïques. Le sens de l’histoire, pour ces « progressistes », va vers l’effacement de toutes ces différences. Il est conçu comme un nouvel universalisme, en opposition à celui des Lumières. Toutes les frontières vont et doivent se dissoudre, seul compte pour eux le mouvement.

Ajoutons, avec Mathieu Bock-Côté (Le Figaro, 17-18 novembre 2018), que les nations ne sont pas des constructions artificielles, « bêtement transitoires, toujours déjà périmées, qu’on pourrait démonter à loisir. L’homme a besoin de croire au monde qu’il habite. L’histoire n’accouchera ni demain ni après-demain d’un monde homogène. Les peuples sont en droit de demander à leurs dirigeants de défendre leurs intérêts. »

Il faut une France indépendante, reliée à toutes les nations européennes et les autres, qui souhaitent coopérer sur une base de réciprocité.

 

2.- Organiser le boycott citoyen des élections européennes

L’Union européenne (U.E.) et sa monnaie unique – un véritable sado-monétarisme - martyrisent les peuples sous le talon de fer de l’austérité à perpétuité. En 2019, cette politique et ce système devront être sanctionnés. Le meilleur moyen sera de délégitimer l’U.E., l’euro, les traités, la Commission, la Banque centrale européenne, la Cour de justice et le « Parlement » européen – tout le système - par une abstention massive, une véritable grève du vote. En 2009, l’abstention avait battu en France un record avec 59,4 %, pour retomber à 57,6 % en 2014. En 2019, il faut dépasser les 60 % et même les 70 % !

Le devoir de tout citoyen, lorsqu’une élection est organisée démocratiquement, et que son résultat peut avoir un effet politique réel sur les institutions, est d’utiliser son droit de vote conquis de haute lutte. Ce n’est pas le cas de l’élection au « Parlement » européen.

C’est le principe même de l’élection à un parlement européen qui doit être récusé

Un parlement, à l’échelle européenne, n’a pas lieu d’être car il n’existe aucun peuple européen susceptible, au moyen d’un État européen, de se former en communauté politique à l’échelle du continent et d’y exercer sa souveraineté. Si tel était le cas, les pouvoirs de ce parlement européen s’exerceraient nécessairement au détriment des pouvoirs des parlements nationaux.

Le vote de 2019 sera totalement stérile puisque le « Parlement » européen n’a pas les pouvoirs de faire évoluer l’Union européenne. Il ne possède aucune des prérogatives d’un vrai parlement : il ne peut pas changer les traités qui fondent l’U.E., ne peut pas voter l’impôt, n’a pas l’initiative des lois… En outre, que les libéraux, les socialistes, les Verts, le Parti de la gauche européenne, les « populistes » ou « souverainistes » gagnent des sièges, ne changera rien aux orientations politiques puisque l’eurodroite et la social-démocratie pilotent ensemble les travaux parlementaires comme larrons en foire.

Le boycott des élections européennes servira aussi à dénoncer le double jeu politicien des partis qui adoptent un ton critique vis-à-vis de l’Europe et qui, pourtant, en acceptent le principe en présentant des listes aux élections. On ne peut en effet, d’un côté, prétendre vouloir sortir de l’euro et de l’Union européenne, et d’un autre côté vouloir entrer dans le système – dans lequel certains sont déjà entrés par la présence de députés européens - pour se goberger comme les autres. Ces partis cautionnent ainsi et profitent eux-mêmes de ces institutions qui leur garantissent des revenus substantiels.

L’élection au « Parlement » européen n’est qu’une farce électorale

Elle n’a d’autre but que de simuler un acte démocratique et légitimer ainsi tout le système de l’U.E. C’est un devoir citoyen de voter quand le suffrage sert à la souveraineté du peuple, c’est aussi un devoir civique de refuser de voter quand le suffrage vise à détruire la souveraineté nationale et populaire. D’ailleurs, comment se faire prendre deux fois au même piège ? En refusant de tenir compte du NON français du 29 mai 2005 au référendum sur le traité constitutionnel européen, le système a démontré son caractère tyrannique et dictatorial. Aucune élection juste n’y est possible.

Face à cette entreprise d’effacement national et de régression sociale et démocratique, aucune des forces politiques françaises en lice lors des prochaines élections européennes ne porte de projet alternatif et progressiste. Certaines de ces forces annoncent leur participation à ces élections pour faire parler d’elles. D’autres, espérant obtenir quelques élus, veulent faire du « Parlement » européen une caisse de résonnance à leurs revendications. Ce ne sont qu’illusions et diversions. Illusions, car les grands médias ignorent les petites listes, tandis que l’absence de couverture médiatique des débats de ce « parlement » d’opérette interdit de donner le moindre écho aux mouvements euro-critiques. Diversions, car en participant à ce simulacre électoral, ces forces politiques cautionnent le système européen qu’elles prétendent dénoncer par ailleurs.

Seuls les citoyens qui se seront abstenus auront clairement délégitimé l’U.E.

Leur acte sera un coup de tonnerre politique confirmant l’absence de toute crédibilité à l’Union européenne, la ridiculisant et ouvrant un espace sans précédent aux luttes populaires. Le véritable enjeu de cette mascarade électorale sera donc l’abstention citoyenne. À ce propos, la différence doit être clairement faite avec le vote blanc. Ce dernier est l’acte politique le plus efficace, lors des élections nationales, pour exprimer son rejet des forces politiques en présence lorsque l’on estime qu’il n’existe pas d’offre politique satisfaisante.

L’enjeu des élections européennes n’est pas celui d’un manque d’offre politique, c’est celui du principe même de cette élection à laquelle il ne saurait être question de participer. En 2019, le meilleur choix pour manifester son mécontentement à l’égard de l’U.E. sera de boycotter activement l’élection européenne, c’est-à-dire de faire campagne pour le boycott ! C’est le prolongement naturel de la mobilisation des Gilets jaunes.

Signez l’appel au boycott citoyen des élections européennes

http://www.pardem.org/le-parti/campagnes/europeennes-2019/891-signez-l-appel-au-boycott-citoyen-des-elections-europeennes

Participez à la campagne de boycott

http://www.pardem.org/le-parti/campagnes/europeennes-2019/893-participez-a-la-campagne-de-boycott-des-elections-europeennes

 

D.- S’engager dans une dynamique populaire constituante afin de reconstruire la France par le rétablissement de la démocratie

La situation politique contemporaine accumule les aberrations institutionnelles et démocratiques. Elles génèrent une profonde, croissante et permanente crise de légitimité de toutes les instances représentatives, que l’on peut désormais sans conteste qualifier d’historique. La mobilisation des Gilets jaunes en est actuellement une manifestation emblématique. La cause de ces aberrations et de cette crise de légitimité, quoique complexe, s’explique cependant par deux facteurs essentiels évidents et connus de tous.

Il s’agit avant tout de la dissolution, par l’Union européenne, des souverainetés nationales, principe de légitimité non remplaçable supportant toute notre architecture institutionnelle et support pratique des processus démocratiques. La communauté des citoyens d’un État doit pourtant avoir le monopole de la définition de ses choix publics. Sur tous les sujets. C’est seulement ainsi que cette communauté des citoyens pourra peser, sous une forme directe ou indirecte, de manière décisive, sur le contenu de ses institutions. Telle est « la base de la base » pour définir une démocratie moderne. Sortir de cette logique, avec les meilleurs arguments du monde, nous fait forcément sortir de la logique de la démocratie.

Le deuxième facteur est tout aussi rebattu. Il s’agit de la mondialisation néolibérale. Elle a progressivement étouffé toute possibilité de politique économique nationale un tant soit peu autonome. C’est-à-dire une politique issue d’un processus électoral venant sanctionner un débat public, et exprimant la spécificité de chaque société.

Ces deux causes sont étroitement corrélées, puisque l’intégration européenne constitue la figure de proue de la mondialisation néolibérale, en quelque sorte son chef-d’œuvre institutionnel le plus abouti, le plus radical.

Tout le monde conviendra que nous sommes confrontés à une profonde impasse politique et démocratique, qui ne cesse de s’aggraver et de devenir manifeste pour tout le monde, et pour commencer pour les « citoyens » eux-mêmes. L’abstention électorale massive en est un signe évident.

La communauté des citoyens n’a plus les moyens matériels et institutionnels de sa souveraineté

Les conditions essentielles d’exercice de la souveraineté de la nation ont été dissoutes au profit des institutions européennes sur lesquelles les citoyens n’ont aucune prise politique, et certainement pas via le « Parlement » européen.

La communauté des citoyens reste cependant constitutionnellement souveraine, et aucun principe de légitimité n’est venu remplacer la souveraineté de la nation. Cette contradiction devra être levée, et ne peut trouver d’autre solution légitime que par la restauration pleine et entière de la souveraineté nationale, sous peine de renoncer pour toujours à la démocratie. Il est encore tout à fait possible de construire une dynamique politique majoritaire se fixant cet objectif indispensable. Le seul problème est la construction d’une offre politique à la hauteur de cet enjeu, qui manque encore et qui est donc la priorité absolue du moment que nous vivons.

Il faut reconnaître d’abord que dans le cadre actuel, il n’y a réellement rien à faire d’autre qu’appliquer une politique non réformable. Macron par exemple n’a strictement aucun pouvoir politique. Il ne peut qu’appliquer avec plus ou moins de zèle et de célérité (il fait preuve des deux) une politique qui ne lui appartient en rien. Un Tsipras fait la même chose en Grèce, avec un autre style et un autre logiciel politique. Ces gens-là ont renoncé à exercer tout pouvoir réellement politique, et ne pourraient en avoir que s’ils brisaient le cadre institutionnel et juridique qui les encadre. Les seuls qui semblent vouloir sortir du cadre, avec d’immenses contradictions, sont les Italiens.

Ce cadre institutionnel peut-il être démonté, la souveraineté et la démocratie peuvent-elles être restaurées ? La réponse est oui. Pourquoi ? Parce qu’un énorme déficit de légitimité frappe l’ordre institutionnel actuel, qui est rejeté par la majorité de la population. La Constitution est toujours là, le principe de la souveraineté nationale y est toujours proclamé quoiqu’entièrement bafoué, les élections sont toujours organisées nationalement, etc. Cette contradiction, sur laquelle nous ne pourrons néanmoins miser éternellement (on ne reste libre que lorsqu’on use de cette liberté et que l’on se souvient collectivement que l’on est libre), recèle encore un gigantesque potentiel de redressement démocratique.

Notre société n’est plus politique, elle ne s’auto-institue plus de manière autonome

Nos élites, en effet, ont abandonné la démocratie, elles assument publiquement ce processus antidémocratique et se déclarent ouvertement déliées du principe de souveraineté de la nation qui fondait pourtant la légitimité de tout notre assemblage institutionnel et représentatif. Pour elles le peuple manque de formation, il est inculte et ne comprend pas les enjeux de l’économie et du réchauffement climatique, il vote n’importe comment, la démocratie ne peut plus reposer sur la souveraineté populaire et encore moins nationale.

Cette dérive anti-démocratique radicale des élites remonte à loin, mais s’est accélérée à partir de la séquence 2005-2008. Celle-ci voit ainsi se succéder deux évènements. Le premier est le rejet, par le corps électoral, lors d’un référendum, du Traité constitutionnel européen. Le second est l’adoption, par le Congrès (réunion de l’Assemblée nationale et du Sénat), d’un autre traité qui en reprend l’essentiel. Normalement le premier de ces évènements excluaient la possibilité même du second, surtout sous cette forme (les parlementaires contredisant la sanction du peuple souverain).

En 2005, il fut demandé au peuple français de trancher démocratiquement la question de savoir s’il voulait constitutionnaliser l’intégration européenne avec tous ses traités néolibéraux. Le débat fut d’une richesse et d’une intensité démocratique sans doute inédite.

On le doit pour l’essentiel à l’association Attac, que tous les acteurs, favorables ou non au traité, reconnurent comme ayant contribué de manière décisive à la victoire du NON

La réponse, en effet, fut nette, claire et largement majoritaire, le NON obtenait près de 55% avec 69% de participation. Que firent alors les pouvoirs publics et notamment les parlementaires ? Exécutèrent-ils la décision démocratique solennellement émise par la voie du référendum, comme la logique, le droit, et surtout le principe de légitimité qui fonde leur autorité et leur pouvoir, délégué, constitué, l’exigeaient évidemment ? Non. Le Parlement devint ainsi le lieu de l’invalidation de la volonté populaire exprimée par voie de référendum décisionnaire.

C’est la première fois en France que l’on contournait une décision référendaire, qui de plus est par voie parlementaire. Les parlementaires, dont le pouvoir délégué n’est valide que parce qu’il a été constitué par la nation souveraine, réunis en Congrès, constitutionnalisèrent très officiellement les fameux traités néolibéraux européens le 4 février 2008. Soit moins de trois ans après que la question ait été tranchée directement par la nation dans le sens contraire. Ce faisant, les députés renversèrent en douceur le régime et ses fondements, finirent de dissoudre la souveraineté de la nation qui seule fondait pourtant la légitimité de leur pouvoir. Ils s’établirent ainsi, indûment, illégalement et illégitimement en pouvoir constituant plein et entier, comme s’ils détenaient la souveraineté et non plus la représentaient. Et qui plus est pour la dissoudre, supprimant ainsi, anticonstitutionnellement, le caractère républicain du régime. Ce fut, sans violence et sans proclamation officielle d’aucune sorte, pour ainsi dire en contrebande, un coup d’État parlementaire caractérisé et manifeste. En France, de toutes les aberrations politiques et démocratiques des trois dernières décennies, pourtant riches en la matière, ce fut la plus spectaculaire.

La suite confirma que le processus européen ne souffrait d’aucun « déficit démocratique », mais constituait une entreprise radicalement incompatible avec la démocratie

On assista par exemple au remplacement en 2011 de chefs de gouvernement élus par des technocrates européistes, non élus en Grèce et en Italie, puis les mémorandums européens et la Troïka – Commission, Banque centrale européenne et FMI - envoyés en Grèce pour contredire sur place la volonté populaire sortie des urnes en 2015, etc. Le président luxembourgeois de la Commission, Jean-Claude Juncker, connu pour son manque de diplomatie, l’avoua sans détour lors d’un entretien au Figaro du 28 janvier 2015 faisant suite aux élections grecques : « Il ne peut pas y avoir de choix démocratiques contre les traités européens ». Voilà qui nous change de la langue de bois. Mais là non plus, devant l’évidence de l’incompatibilité du processus d’intégration européenne avec la démocratie, aucun parti politique possédant un vaste accès aux médias ne défendit face aux Français la nécessité de la sortie de cet ordre institutionnel qui déconstruit les bases de notre citoyenneté, le progrès social et la possibilité même de la politique.

Quelles traductions concrètes tirer de cette analyse ? C’est comprendre que ce qui fondait la légitimité de nos institutions, c’est-à-dire la souveraineté de la nation, a été illégitimement renversé par des parlementaires qui ont bafoué la logique de notre Constitution. Ceci ne peut pas nous laisser passifs et indifférents. Le président de la République lui-même, alors Nicolas Sarkozy, dont les fonctions officielles comprennent pourtant la mission de protéger la Constitution et de garantir l’indépendance nationale, a été à l’initiative de ce coup d’État. Des parlementaires, très majoritairement, sont rentrés dans cette logique illégitime. Le Conseil constitutionnel n’a pas fait son devoir. Les juristes, les philosophes politiques, les intellectuels et les médias n’ont pas dénoncé cette forfaiture.

Cette somme de lâchetés explique évidemment ce Munich juridique et politique, l’absence d’un débat public sur la question et d’une réaction collective à la hauteur. Ce sont aussi des facteurs aggravants, et des leçons à tirer pour la suite. Les convictions européistes qui règnent au sein de nos élites les disqualifient pour en faire les acteurs de la réaction démocratique qu’il s’agit de construire.

La question qui surgit immédiatement est donc : construire quoi, comment et avec qui ?

Puisque le régime actuel est illégitime, il faut en reconstruire un autre qui soit légitime, qui remette la souveraineté de la nation au centre de nos institutions. Il ne s’agit pas d’attendre passivement, mais au contraire de s’organiser immédiatement pour démarrer cette dynamique de reconstruction démocratique. Il faudra le faire de manière indépendante des pouvoirs actuels puisque ces derniers ont failli et qu’ils rejettent dans les faits le seul principe démocratique qui fonde leur légitimité : la souveraineté de la nation.

On ne voit pas comment nous pourrons éviter d’établir une assemblée constituante pour remplacer la Constitution actuelle, complètement vidée du principe qui la fondait, et surplombée par des traités néolibéraux officiellement refusés par la nation. Mais il ne s’agit pas de rajouter un énième projet de constituante, placé vaguement dans le futur, et vide des enjeux essentiels et immédiats, à savoir le rétablissement de la souveraineté de la nation et le démantèlement des contraintes néolibérales. Cette constituante doit donc être organisée par les citoyens eux-mêmes.

Il ne s’agit pas non plus d’un simple retour en arrière, au contraire. Restaurer la souveraineté, nationale, certes, mais en tirant les leçons des décennies passées et des innombrables contournements des conséquences démocratiques de ce principe qui constituent une bonne partie de notre histoire politique. Il s’agit donc de démocratiser l’État de manière plus systématique qu’auparavant, et surtout plus efficace. Les partis actuels sont désormais quasi intégralement captés par des notables en réalité apolitiques, des professionnels de la politique politicienne. Ce qu’il est possible de faire pour changer la situation appartient à tous les citoyens, ou plus précisément à tous ceux qui veulent retrouver leur statut de citoyen.

C’est pourquoi il revient aux citoyens de s’organiser immédiatement pour susciter une dynamique populaire constituante et l’imposer aux autorités désormais illégitimes

Il s’agit d’établir un rapport de force politique favorable à cette option. Pour l’ensemble des volontaires, cela passera par la mise en place de manière coordonnée, à l’échelon local puis national, directement avec la population, du débat sur la démocratie dans nos institutions, jusqu’ici systématiquement contourné et même interdit. L’enjeu de la constituante sera d’établir la Constitution dont la France a besoin afin d’assurer sa cohésion nationale, notamment en instituant les processus démocratiques nécessaires au redémarrage du progrès social. Le changement de régime auquel elle doit conduire vise précisément à démocratiser l’État.

Par « dynamique », nous entendons le développement d’un foisonnement d’initiatives de toutes sortes, issues de groupes ou d’individus variés, s’étendant progressivement à l’échelle de tout le territoire métropolitain et aux départements ou régions français d’outre-mer (DROM). Par « populaire », nous entendons la participation croissante des citoyens à ces initiatives leur donnant un caractère de masse. Par « constituante », nous entendons le processus de convergence qui va s’opérer en fusionnant les différentes préoccupations, exigences, revendications en une seule : la nécessité d’établir une assemblée constituante qui permettra de changer de régime politique dans un premier temps, afin d’ouvrir la voie au changement plus global du système politique national en son entier.

Cette « dynamique populaire constituante » doit submerger les partis politiques pour changer de système politique national. Nous reconnaissons le rôle et la nécessité des partis politiques et récusons les thèses sur le caractère prétendument obsolète de la « forme-parti ». Cependant, force est de constater que tous sont englués, d’une manière ou d’une autre, dans un système qui détruit avec cynisme et persévérance le caractère démocratique et politique de notre société.

Toutes les crises partielles dénoncées depuis des années (crise sociale, crise politique, crise de la démocratie, crise de l’euro, crise financière, crise de l’État-providence, crise de la représentation politique, crise de la citoyenneté…) ont une cause commune qui les surplombe toutes : l’élimination du caractère politique et démocratique de nos sociétés. Il est donc nécessaire non seulement de rétablir la démocratie et de redonner à notre société son caractère politique, mais d’aller beaucoup plus loin que là où nous en étions avant d’entamer le cycle de déconstruction démocratique actuel.

Telle est la tâche que pourraient se donner les Gilets jaunes.

 

Conclusion

Nous ne sommes plus en démocratie : la grande propriété industrielle et la finance sont au pouvoir, PAS LE PEUPLE. Les « nouveaux féodaux » sont au pouvoir et il faudra une nouvelle révolution populaire, un nouveau « serment du jeu de paume » pour définir de nouvelles institutions et instituer une vraie démocratie, un vrai pouvoir du peuple. C’est l’objet de la dynamique populaire constituante.

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Gilets Jaunes - L' Appel de Saint Nazaire du 20 novembre 2018

24 Novembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR"., #Europe supranationale, #La France, #La lutte des classes

Gilets Jaunes - L' Appel de Saint Nazaire du 20 novembre 2018 [Complet]

Appel des gilets jaunes de St-Nazaire pour continuer à bloquer l'économie, à manifester jusqu'à l'élysée à Paris samedi 24 novembre, et surtout à tenir des assemblées partout en France et ailleurs...

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[RussEurope-en-Exil] Le mouvement des Gilets Jaunes : de la protestation à la colère, de la colère à la crise politique, par Jacques Sapir

24 Novembre 2018 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #"Comité pour une Nouvelle Résistance-CNR"., #Europe supranationale, #La France, #La lutte des classes, #les Gilets Jaunes

 
24.novembre.2018. Les Crises
 
[RussEurope-en-Exil] Le mouvement des Gilets Jaunes : de la protestation à la colère, de la colère à la crise politique, par Jacques Sapir

Deux sondages, qui viennent d’être publiés, nous disent l’impact de la colère des Gilets Jaunes, mais aussi le désarroi politique d’une grande partie des français. Ce désarroi est, aujourd’hui, la seule chose qui permet au pouvoir, et au Président de la République, de pouvoir surnager. Ce désarroi leur permet de maintenir une apparence de légitimité et d’autorité. Mais, rien ne dit qu’il se maintienne. Ce qui a été pris comme une « revendication catégorielle » est en train de devenir une véritable crise sociale et politique. A travers la question du pouvoir d’achat, elle est en train d’unifier différentes catégories de français. Par son enracinement symbolique dans les territoires périphériques, elle représente la colère des oubliés, colère à laquelle peuvent s’adjoindre de nombreuses catégories de la population, que ce soit pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Mais, c’est une crise dont le rythme de développement reste encore relativement lent. Nul ne sait comment se passera la journée du 24 novembre. Elle peut être perturbée par des incidents qui ne seraient pas de la responsabilité des Gilets Jaunes. Néanmoins, ce qui est d’ores et déjà clair est que cette mobilisation ne sera qu’une étape dans le développement de cette crise politique.

Un mouvement largement soutenu

La première chose qui frappe, dans le sondage IFOP-Fiducial[1], est le soutien dont bénéficient les Gilets Jaunes dans la population, et ce en dépit de campagnes de presses systématiquement haineuses à leur égard. Il est symptomatique que même la mesure la plus controversée de ce mouvement, les actions de blocage des routes et des voies d’accès, rencontre 66% de sympathie et seulement 22% d’opposition.

Tableau 1

Source : sondage Ifop-Fiducial pour CNews et Sud Radio, Novembre 2018[2].

 

De manière assez caractéristique, les taux de sympathie sont les plus élevés chez les sympathisants des mouvements qui se sont opposés de la manière la plus ferme aux politiques du gouvernement et d’Emmanuel Macron, soit le Rassemblement National (ex-FN) avec 88% et la France Insoumise avec 83%. Dans les autres partis d’opposition comme les Républicains ou le PS, ces chiffres atteignent respectivement 66% et 57%, chiffres considérables mais qui sont de plus de 20% inférieurs à ceux de l’opposition la plus radicale. Le point est ici important. Ce mouvement fédère dans son soutien ceux qui sont le plus opposés à la politique d’Emmanuel Macron. Tel est, probablement, l’une des causes de son succès.

Cette sympathie est exprimée avant tout par la France « périphérique » et non celle des « grandes métropoles ». Mais, même au sein des agglomérations « métropolisées » le taux de sympathie apparaît proche de 60%. Il y a donc une dimension transverse dans ce mouvement qui, parti justement de la France « périphérique » semble avoir réussi à ne pas y rester cantonné.

Tableau 2

Répartition par zones géographiques

Sources : Idem Tableau 1

Un autre point intéressant du sondage est qu’il montre que les femmes sont plus sympathisantes que les hommes (ce qui apparaît à priori contre-intuitif pour un mouvement déclenché par un projet de hausse des carburants) avec 67% d’opinion en sympathie contre 62%. Pourtant, si l’on y réfléchit bien, ce mouvement qui correspond à une révolte des pauvres devait logiquement toucher prioritairement les femmes. Ce fut d’ailleurs le cas dans de nombreux mouvements sociaux, de la Révolution de 1789 au prémices de la Révolution de février 1917.

Tableau 3

Répartition des opinions par sexe et par âge

Source : Idem tableau 1.

De la même manière, on constate que les jeunes actifs (entre 25 et 34 ans) fournissent les gros bataillons du soutien à ce mouvement.

Le sondage décrit donc un mouvement populaire, et dont la popularité trouve ses racines essentiellement dans une France qui travaille mais qui se sent de plus en plus marginalisée. La caractéristique cependant majeure est que ce mouvement a su élargir la base de confiance qui était initialement la sienne. C’est sans doute cela qui inquiète tant le gouvernement.

Quelle issue politique ?

Car, dans le même temps, l’issue politique de ce mouvement reste imprécise. Aucun dirigeant d’opposition n’est en mesure de prétendre qu’il « représenterait » ce mouvement avec un quelconque succès.

Bien entendu, ce mouvement a produit une nouvelle baisse de la côte de popularité du Président Emmanuel Macron, comme le montre un autre sondage[3]. Seuls 26% des français ont une bonne opinion du Président, et sur ce nombre seuls 5% ont une « très bonne » opinion de lui. Emmanuel Macron est en train d’être ramené par les événements au score qui était le sien au premier tour de l’élection présidentielle de 2017. Cela n’est pas étonnant. Il paye une politique qui a pris les masses populaires à rebrousse-poil, et un discours de privilégiés, arrogant et méprisant, qui a dressé contre lui même ceux qui auraient pu lui apporter leurs soutiens. Les réactions d’un Ministre en exercice (Le Driant[4]) ou de l’un de ses soutiens lors de l’élection (François Bayrou[5]), en témoignent.

Au-delà, ce que révèle aussi le premier sondage c’est que les préférences des français restent très éclatées. Personne n’émerge comme un adversaire immédiat d’Emmanuel Macron. Ainsi, les deux premiers noms à émerger, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ne sont crédités que de respectivement 26% et 21% d’opinions considérant que face à cette mobilisation ils feraient mieux qu’Emmanuel Macron.

 

Tableau 4

Source : Idem Tableau 1

Néanmoins, on constate que Nicolas Dupont-Aignan fait une percée relative puisqu’il se rapproche de Jean-Luc Mélenchon avec une troisième place et 18% d’opinions favorables.

D’une manière générale, si l’on considére que ce sondage indique des préférences et que, dans cet ordre de préférences, il implique non seulement d’être le meilleur dans son camp mais aussi de ne pas être considéré comme le pire dans les autres camps, la situation s’éclaircit un peu.

Parmi les opposants de première ligne, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, c’est ce dernier qui apparaît en fait le mieux placé car il est relativement moins clivant que la dirigeante du Rassemblement National. On a transcrits les données du sondage en graphique, et la personne la mieux placée est celle dont la surface du quadrilatère est la plus faible et la plus proche du centre.

 

Il convient de noter, aussi, que les trois premières personnes citées (avec Nicolas Dupont-Aignan) ont visiblement des électorats différents.

Mais, si l’on pondère par le poids des électorats aux dernières élections présidentielles, il apparaît alors que l’écart entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon est bien plus faible. Rappelons que la forme du quadrilatère en ce qui le concerne vient d’une 2ème place chez les partisans du Parti Socialiste et que ce parti n’avait fait que 6% des voies lors du 1er tour. Il n’apparaît pas de bonne politique de continuer à courtiser un électorat qui est aussi réduit.

Il convient donc de le rappeler, la « force » d’Emmanuel Macron tient largement à l’éclatement et à la faiblesse de ses adversaires. Tant que ces derniers seront dans cet état la crise politique que connaît la France continuera de couver, nous aurons des bouffées de colère, mais elle ne pourra déboucher. Si Marine le Pen souffre encore d’un grave déficit de crédibilité à la suite de sa lamentable prestation lors du débat du deuxième tour de l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon souffre quant à lui de prises de positions parfois contradictoires qui entachent elles aussi sa crédibilité. La précocité du soutien qu’il a apporté au mouvement des Gilets Jaunes devrait lui permettre de rectifier le tir et d’assumer une ligne politique que l’on qualifiera sans doute de populiste mais qui serait avant tout une ligne visant à unir le peuple en reprenant ses diverses aspirations.

[1] Ifop-Fiducial pour CNews et Sud Radio, « Balises d’opinion », Le regard des Français sur le mouvement des « Gilets jaunes » et sur les alternatives à Emmanuel Macron, Novembre 2018

[2] Références des notes du tableau :

  • 1 Sondage CSA pour Le Parisien – Aujourd’hui en France réalisé le 7 septembre par téléphone auprès d’un échantillon national représentatif de 800 personnes.
  • 2 Sondage Ifop-Fiducial pour Cnews et Sud Radio réalisé du 6 au 7 novembre 2018 par questionnaire auto-administré en ligne auprès d’un échantillon de 1 000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. L’intitulé exact de la question était alors : « Vous savez qu’une mobilisation s’organise autour du mouvement des « Gilets jaunes » qui appellent les automobilistes à bloquer les routes le 17 novembre pour protester contre la hausse des prix des carburants et demander une baisse des taxes. Quelle est votre attitude à l’égard de ce mouvement ? »
  • 3 Sondage Ifop-Fiducial pour Cnews et Sud Radio réalisé du 13 au 14 novembre 2018 par questionnaire auto-administré en ligne auprès d’un échantillon de 1 006 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. L’intitulé exact de la question était alors le même que dans le sondage réalisé du 6 au 7 novembre 2018.

[3] https://gallery.mailchimp.com/9159d767cdbf427eb1c520474/files/b1249d2d-71f7-40b8-98a7-c1a976a9eb4b/Rapport_de_résultats_BVA_Orange_La_Tribune_RTL_Baromètre_politique_Vague_117_Novembre_2018.pdf

[4] http://www.lefigaro.fr/politique/2018/11/20/01002-20181120ARTFIG00318-gilets-jaunes-le-drian-fait-entendre-sa-petite-musique.php

[5] https://www.lejdd.fr/Politique/taxe-sur-les-carburants-bayrou-appelle-macron-a-reflechir-avant-la-hausse-de-janvier-3805457

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