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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la lutte des classes tag

Voter le 23 avril, pour quoi faire ? Par Bruno Guigue.

12 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Economie, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #La dette

 
 
Voter le 23 avril, pour quoi faire ?
 
Voter le 23 avril, pour quoi faire ? Si les élections servaient vraiment à quelque chose, disait Coluche, il y a longtemps qu'on les aurait interdites. Avant d'aborder les enjeux du futur scrutin, il faut sans doute en passer par cette cure de réalisme. Car, on le sait d'expérience, il n'y a pas grand-chose à espérer des élections, elles ont rarement changé le cours des événements, et elles se résument souvent à un rituel où le peuple s'imagine qu'il a le choix. Cette illusion de la démocratie formelle est entretenue par ceux qui en tirent bénéfice, le simulacre électoral ayant pour principal effet de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.
A la limite, le processus électoral pourrait passer pour un acte de souveraineté si les dés du jeu politique n'étaient pas pipés. Il exprimerait la volonté du peuple si cette volonté pouvait se formuler, librement, au terme d'une délibération collective digne de ce nom. On peut toujours rêver qu'il en soit ainsi, mais ce n'est pas le cas. Les médias de masse sont les larbins du capital, le débat démocratique s'apparente aux jeux du cirque et la confrontation des idées est dénaturée par les intrigues politiciennes. Dans ces conditions, la question se pose : faut-il céder, une fois de plus, le 23 avril, au fétichisme du bulletin de vote ?
On dira aussi, à juste titre, que c'est le mouvement populaire, et non le scrutin électoral, qui a arraché les principales avancées collectives qui ont fait de la France un pays doté d’un indice de développement humain élevé. C'est vrai. Sans les grèves massives et les occupations d'usines de 1936 et 1968, la condition des couches populaires serait pire. Sans la démonstration de force de la classe ouvrière organisée, dans ce grand moment fondateur que fut la Libération, nous n'aurions ni sécurité sociale, ni services publics, ni droits des travailleurs.
Or sa puissante volonté de changement, dans ces circonstances historiques, le peuple l'a également manifestée dans les urnes. Avec un PCF à 28%, en 1945, le rapport de forces était favorable. Le patronat collabo rasait les murs, la droite était aux abois, Maurice Thorez était vice-président du conseil et l'ouvrier Ambroise Croizat, ministre communiste, créa la “Sécu”. Présidé par de Gaulle, ce fut le meilleur gouvernement que la France aie connu. Il accomplit les réformes de structure dont le pays avait besoin, ces mêmes réformes qui subissent les assauts des forces réactionnaires depuis un quart de siècle.
En accompagnant le mouvement des masses, il arrive donc que le vote lui donne une traduction politique. On peut toujours vanter les charmes du spontanéisme (il a sa noblesse), on peut dénoncer la mascarade électorale, mais s'abstenir au moment crucial revient à laisser l'adversaire dicter ses conditions. Voter ou ne pas voter, au fond, c'est surtout une affaire de circonstances, de conjoncture politique. La question n'est donc pas : faut-il s'abstenir aux élections ? Elle est plutôt : en s'abstenant le 23 avril, obtiendra-t-on un résultat plus intéressant qu'en allant voter ?
Comme disait Yvon Gattaz, père et prédécesseur de l'actuel président du MEDEF dans les années 70, on ne fait pas la même politique économique et sociale avec un PC à 10% et un PC à 25%. Si nous en doutons parfois, les détenteurs de capitaux, eux, le savent bien. Une élection n'est jamais qu'un moment d'un processus plus vaste, et même si l'essentiel se joue ailleurs, elle contribue à cristalliser un rapport de forces. En appliquant cette maxime patronale à la situation actuelle, on voit bien qu'un vote significatif en faveur de la « France insoumise » ferait peser la balance du bon côté. Car le programme de Jean-Luc Mélenchon, certes, n'a rien de révolutionnaire, sans mouvement social il est voué à l’échec, mais il ouvre des perspectives intéressantes.
A y regarder de près, c'est le seul programme qui entend consolider les défenses immunitaires de ceux qui vivent modestement de leur travail, qu'ils soient ouvriers, employés, artisans, paysans, fonctionnaires, chômeurs ou retraités. Ce n’est pas un programme communiste, loin de là, mais un projet keynésien de gauche, à contenu fortement redistributif, qui associe relance par la demande, investissement public et rétablissement des droits sociaux. Son financement au moyen d'une réforme fiscale audacieuse, à rebours des pratiques libérales, en fait un programme socialement progressiste.
Là où le bât blesse, c'est que ce projet n'est réalisable qu'en dehors de la zone euro, voire de l'UE, et que le candidat ne le dit pas clairement. Selon lui, le plan A consistera à renégocier le contenu des traités européens et on appliquera le plan B (sortie de l'UE) si cette négociation échoue. Or il faudrait parvenir à s'extraire du monde réel pour parier sur le succès d'une telle négociation. Elle supposerait en effet que 26 Etats, subitement, se mettent à satisfaire les demandes françaises. Cette fausse alternative est donc une erreur, car elle brouille le message du candidat et entretient le doute sur ses intentions.
Cette ambiguité est d'autant plus regrettable que Jean-Luc Mélenchon se réclame à juste titre d'un « indépendantisme français » et préconise la rupture de la France avec l'OTAN. Contrairement à MM. Fillon, Macron et Hamon, il prend au sérieux l'héritage gaullien, il milite pour une diplomatie souveraine et stigmatise le suivisme d'un François Hollande qui a mis la France à la remorque des intérêts américains. En refusant de prôner explicitement le Frexit, la « France insoumise », par conséquent, manque de cohérence politique.
Sur ce plan, c'est François Asselineau qui a raison. On ne peut restaurer la souveraineté nationale - condition expresse de la souveraineté populaire - qu'en rompant les amarres avec l'OTAN et avec l'UE. Il faut sortir de l'OTAN, cette machine de guerre dont la raison d'être est de servir les ambitions impérialistes de Washington. Mais il faut aussi rompre avec l'UE, car la fonction de cette instance supranationale est de soustraire la politique économique à la délibération démocratique. Ni plan A, ni plan B. La seule réponse, c'est le Frexit. Et le seul moyen d'y parvenir, c'est le référendum.
Marine Le Pen, dira-t-on, veut aussi restaurer la souveraineté nationale. Mais son programme renoue avec l'ADN droitier du FN dès qu'il s'agit d'expliquer ce qu'on entend faire, une fois au pouvoir, de cette souveraineté rétablie. Son programme n'inclut ni redistribution des revenus, ni nationalisation des banques, ni contrôle des mouvements de capitaux, ni rien qui fâche de près ou de loin les possédants. Le rétablissement du franc ne manque pas de panache, mais ce changement restera purement cosmétique s'il ne s'accompagne de réformes de structure. Mme Le Pen n'en a prévu aucune. Pas plus qu'il ne conteste les hiérarchies sociales, le FN n'entend faire plier les puissances d'argent.
Comme l'expérience l'a montré, le FN prétend défendre les travailleurs, mais il les abandonne en chemin lorsque l'oligarchie s'attaque à leurs droits. Lors des grèves contre la Loi-Travail, Mme Le Pen réclamait l'intervention de la police contre les grévistes. Si elle est élue, le discours à tonalité sociale de Florian Philippot ne résistera pas deux mois. Il est stupide de qualifier ce projet de fasciste. En fait, c'est un projet banalement réactionnaire. On ne peut mener une politique progressiste qu'en sortant de l'UE, c'est vrai. Mais ce n'est pas parce qu'on veut sortir de l'UE qu'on va mener une politique progressiste !
Son discours monomaniaque contre l'immigration, bien sûr, offre au FN une rente de situation électorale. Comme s'il suffisait de mettre fin aux flux migratoires pour créer des emplois, le FN répète cette formule magique comme un mantra. Caresser dans le sens du poil l'islamophobie ou la xénophobie ambiante, toutefois, ne fait pas une politique. On se demande si ses électeurs croient vraiment aux fabuleuses économies que permettrait de réaliser la suppression de la prétendue facture migratoire, tant la ficelle est grosse. Pour séduire l'électorat populaire, en tout cas, le parti a besoin d'entretenir cette mythologie vieille comme le monde.
Du coup, non seulement il oppose les Français entre eux, mais il les berne en leur faisant croire qu'il y a un trésor de guerre, quelque part, dont il suffirait de se saisir. La stratégie du bouc-émissaire, chez Le Pen, est à double emploi. Elle fournit un dérivatif aux hantises et aux frustrations des victimes de la mondialisation. Mais, en même temps, elle masque les incohérences d'un projet qui entend redistribuer aux ouvriers sans toucher aux intérêts des possédants. La mono-causalité immigrée réconcilie tout le monde ! Véritable martingale, elle permettra d'augmenter les salaires tout en baissant les charges, et de financer de nouvelles dépenses régaliennes sans augmenter les impôts sur les riches.
Cette quadrature du cercle lepéniste, au fond, est la figure inversée du cercle carré des eurobéats (Macron, Fillon, Hamon) qui veulent perpétuer à tout prix la tutelle des marchés sur les Etats. Mme Le Pen veut la souveraineté sans la redistribution tout en prétendant le contraire, ce qui est à la fois incohérent et réactionnaire. M. Fillon, lui, ne veut ni la souveraineté ni la redistribution, ce qui est à la fois cohérent et réactionnaire. M. Hamon veut la redistribution mais pas la souveraineté, ce qui est absurde. M. Macron veut tout et son contraire, et d'ailleurs il se moque des programmes. M. Mélenchon veut la redistribution, mais il devra imposer la souveraineté (plan B) pour y parvenir. Car une chose est sûre : les marchés ne lui offriront pas l'opportunité de temporiser.
 
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62 % des jeunes en France prêts à une « révolte de grande ampleur », par Yannis Ladghem.

8 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Terrorisme

 

62 % des jeunes en France prêts à une « révolte de grande ampleur »

 
 

Se considérant comme « sacrifiée » et « perdue », 62% des jeunes en France seraient prêts à se révolter selon l’enquête « Génération What ? »

Plus de six jeunes Français sur dix (62 %) seraient prêts à participer à un mouvement de révolte de grande ampleur dans les prochains mois, selon l’enquête « Génération What ? » réalisée auprès de 210 000 personnes âgées de 18 à 35 ans. Quelle que soit leur situation professionnelle, une majorité de jeunes serait tentée par cette éventualité. Cependant, cette envie de révolte concerne davantage les jeunes intérimaires (66 %), les chômeurs (63 %), les CDD, les stagiaires et les jeunes en contrats aidés (61 %) que les étudiants (60 %) et les jeunes en CDI (54 %).

Pessimisme chez les jeunes

L’enquête révèle des avis plutôt pessimistes quant à leurs perspectives d’avenir. En effet, 33% d’entre eux sont persuadés qu’ils ne connaîtront que la crise économique tout au long de leur vie. La promesse de l’élévation sociale de génération en génération est brisée : 45% des sondés pensent que leur vie sera plus difficile que celle de leurs parents, et que celle de leurs propres enfants sera pire encore (43%). Un pessimisme plus prononcé chez les chômeurs et jeunes intérimaires qui n’arrivent pas à se projeter dans leurs avenirs.« L’état du monde, et de la société française notamment, leur inspirent un certain défaitisme au niveau collectif » déclare Anne Muxel, directrice de recherche au centre de recherches de Science Po. Ce pessimisme est lié à un manque de confiance et même d’une méfiance envers la société, le système et les politiques.

En effet, à l’approche des élections présidentielles 2017, le rejet est total puisque 99 % des jeunes pensent que les hommes politiques sont corrompus, et 63 % « tous corrompus » ! 87 % n’ont pas confiance dans les responsables politiques et les médias de masse qu’ils jugent « manipulateurs ». L’idée que « c’est la finance qui dirige le monde » reçoit l’accord de 93 % des jeunes. Le système éducatif est jugé durement : pour 68 %, il « ne donne pas sa chance à tous » et pour 87 %, il « n’est pas efficace pour entrer sur le marché du travail ».

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Quelques points positifs…

Le pessimisme collectif des jeunes « est tempéré par un optimisme sur leur capacité personnelle à s’en sortir », explique Anne Muxel. En effet, 63 % adhèrent à l’idée que « quand on veut on peut ». « Les jeunes pensent trouver un certain nombre d’échappatoires et de solutions face à cette société bloquée, jusqu’à envisager de partir : 70 % se disent disponibles pour faire leur vie hors de France », souligne la sociologue.

En outre, ils font encore confiance aux organisations humanitaires (à 63 %). Et ils sont 82 % à approuver l’idée d’un service civil obligatoire en lien avec les questions humanitaires, sociales et environnementales. Par conséquent, leur première préoccupation (52 %) est devenue l’environnement et le souci de l’écologie qui a gagné 19 points en trois ans allant même jusqu’à dépasser l’accès à l’emploi (45 %).

Autre point encourageant, les jeunes disent vouloir s’engager et agir pour le futur.

Une envie de révolte

Pas de travail, ou bien sous-qualifié. Difficulté à se loger ou à faire des plans sur le long terme sans l’indispensable CDI. Désillusion envers les études, qui ne sont plus la clef vers l’emploi désiré. Des inégalités qui ne cessent de s’accroître. Ceci explique le pourcentage élevé de personnes prêtes à mener une révolution.

Les jeunes en ont assez des hommes politiques, habités par l’argent et les intérêts plutôt que par le peuple et ses besoins. Les jeunes en ont assez des politiques soumis et dirigés telles des marionnettes par les lobbies et groupuscules financiers. Les jeunes en ont assez de la gérontocratie au pouvoir qui n’est pas en phase avec les attentes de la jeunesse. Les jeunes en ont assez d’être constamment braqués par ces « chaines d’informations » voulant formater l’opinion publique.

La liste est encore longue. Aucune différence entre les différents parties, aucun programme crédible, sincère et réalisable, toujours les mêmes aux pouvoirs, des mensonges à répétition et des politiques corrompus et coupables : le temps passe et la situation ne s’améliore pas et cela pourrait nous conduire tout droit vers un possible « Printemps Français ».

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« Saint-Macron, évidemment… Ah ah ah ah ah ! » L’édito de Charles SANNAT

4 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Macron

 « Saint-Macron, évidemment… Ah ah ah ah ah ! » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Bon, je n’ai pas résisté à ce titre que vous vous devez de chanter sur l’air de la publicité, que dis-je, de la réclame d’antan que les moins de 20 ans n’ont pas pu connaître : « Saint-Macloud, évidemment !! »

En fait si, j’ai hésité parce que la dernière fois que j’ai parlé de sa sainteté Macron, je me suis retrouvé menacé par son équipe de procès… Eh oui… rien que ça.

Bon, d’abord Manu se prend pour le messie… Il a ce petit côté christique tendance « laïcard » et libéral de mœurs tout de même, qu’il ne « renie pas, sans pour autant le vouloir »…

Non, Macron, c’est génial. Il vient même de nous expliquer qu’avoir un programme c’est pas si important que ça… Si, si, je vous assure, il l’a dit. Enfin, pour être précis, avant de me retrouver avec les menottes et sur les bancs des accusés, il a dit très exactement (roulements de tambours) : « C’est une erreur de croire que le programme est au cœur d’une campagne. » Regardez, c’est écrit ici. Ahahahahahahahah, j’en rigole encore et mes zygomatiques sont en pleines crampes !

C’est vous dire que Saint-Macron, évidemment… il nous prend ostensiblement pour des nodocéphales de sans-dents ahuris au ciboulot totalement vide, mais là il se trompe très lourdement, surtout que de toute manière, il pense que les filles à l’usine, ce sont des illettrées qui ne savent pas lire. Si, si, il l’a dit aussi, vous vous en souvenez sans doute.

Saint-Macron le « transparent » !

Bon Saint-Macron, bénit-soit-son-ton-et-me-fait-pas-de-procès-tout-de-suite, nous, les blogueurs, on est un poil fauché, mais tout de même insolents jusqu’à la fin, a décidé d’être « transparent ». C’est important la transparence surtout avec l’Abbé Fillon qui fait des siennes, et notre Méluche national qui se garde bien de parler de son pognon et de son patrimoine qui pourrait ne pas faire franchement très « populaire » ni très front de gauche vu qu’on on en est au grand déballage et que pour être candidat il faut être un raté et ne pas savoir gérer ses finances personnelles. Notre Méluche pourrait payer 10 fois l’ISF que cela ne l’empêcherait pas de vouloir défendre sincèrement la veuve et l’orphelin. Nous sommes donc en absurdie, ce pays magique ou des journalistes sur-payés et bénéficiant d’abattements supplémentaires sur l’impôt sur le revenu donnent des leçon de pauvreté à la terre entière sans que personne ne les fasse taire!

Car oui, sachez-le, il faut faire pleurer pour faire peuple et c’est insupportable de démagogie et de bêtise.

Le peuple ne demande pas à être dirigé par des tocards incapables de gagner leur vie… Voyons, un peu de sérieux tout de même : diriger un pays comme la France demande évidemment un peu d’éducation, de culture, et donc il n’est pas étonnant que nos dirigeants soient même un peu plus riches que la moyenne. Il n’y a rien de scandaleux à cela, et pour tout dire, voir Saint-Macron couvert de Saint-Pognon, c’est pas mal, il n’y a aucun crime là-dedans (vous ne me ferez pas de procès, j’dis un truc sympa là… enfin, uniquement à ce moment du texte parce qu’après, ça va se gâter un poil).

Bref, qu’un candidat soit riche, ça me convient bien. Le problème n’est pas qu’il le soit, c’est comment il l’est devenu et s’il l’est devenu légalement, alors applaudissons-le… Sinon, « pendons-le » haut et court avec du goudron et des plumes… Je précise pour la police de la pensée que c’est de l’humour et du second degré… J’invite tous ceux qui voudraient en pendre haut et court (je parle d’hommes politiques) à ne pas le faire, car pour le moment, et en l’état actuel de la législation en vigueur dans notre pays, l’assassinat n’est pas encore autorisé. Enfin sauf pour le grand chef manitou du palais qui se vante de décider « d’exécutions ciblées », mais vous, vous n’avez pas le droit de faire pareil parce que lui c’est lui et vous c’est vous et que donc c’est pas pareil même si ils dégoulinent tous de l’égalité. Vous savez bien comme disait Coluche qu’il y en a qui sont plus égaux que d’autres!

Franchement, moi aussi j’aimerais avoir les mêmes potes que Saint-Macron…

Je vous passe tous les détails de la belle histoire que l’on taille tel un costard (que seuls ceux qui bossent peuvent se payer, il l’a dit aussi) autour de Saint-Macron, mais le plus savoureux est cette anecdote rapportée par le JDD et sur laquelle personne ne moufte alors que c’est tout de même juste énorme…

Endetté à hauteur de 350 000 euros et de 550 000 prêtés par un « pote » et c’est même pas moi qui le dit c’est le JDD (source tout en bas)

« Visiblement, Macron a toujours cru en son avenir. Jeune haut fonctionnaire, il s’était lourdement endetté en 2007 pour acquérir un appartement de 83 m2 à Paris. Prix : 950 000 euros, alors que son salaire annuel avoisinait 40 000 euros. Pour cela, il a obtenu un prêt de 350 000 euros au Crédit mutuel, et l’homme d’affaires Henry Hermand a avancé le solde : 550 000 euros (avec 3,5 % d’intérêts). « Le prêt a été souscrit devant notaire et entièrement remboursé », affirme l’entourage de Macron. » Bérégovoy disait aussi la même chose. Le pauvre a fini suicidé de plusieurs balles dans la tête.

Ahahahahahahah !

Ouhouhouhouhouhouh !

Hihihihihihihihi !

Esprit de Bérégovoy (il avait eu lui aussi des prêts) sort de ce corps immédiatement, viiiiite, mes amis, un prêtre exorciste pour notre Saint-Macron évidemment, ahahahahah.

Bon, trêve de balivernes, reprenons notre sérieux, sortons notre calculette.

Soit 40 000 euros de revenus par an… qui nous donnent 3 333,33 € par mois… divisés par 1/3 (vous savez, la quotité disponible pour rembourser son crédit à la banque pour que les sans-dents que nous sommes ne finissent pas à la banque de France en commission de surendettement), eh bien ça lui fait 1 111,11 € par mois max de mensualité possible !

Et pour le coup, je sais de quoi je parle, j’en ai rempli des formulaires de crédit comme banquier !!

Comme banquier oui… mais pas de chez Rothschild, c’est sans doute pour ça que certaines techniques de financement m’échappent !

Par exemple, 350 000 euros à taux 0, si on veut les rembourser à hauteur de 1 100 euros par mois, il faudra au moins… 26 ans et demi… Bon, on se fiche du demi. Le problème c’est que le taux d’emprunt était de 3,50 %… Bon, autant dire que même sur 35 ans, avec un tel taux, ce n’est pas évident d’y arriver…

Mais non seulement il semble à peine solvable à l’époque pour son crédit du Crédit Mutuel, dixit le JDD qui a du mal comprendre l’exercice de transparence, mais en plus il emprunte, tenez-vous bien… 550 000 € à un copain qui est tout de même vachement sympa… Pas n’importe quel copain, c’est l’homme d’affaires Henry Hermand qui lui a avancé 550 000 euros… Ahahahahahahah !

C’est chouette d’avoir des « bons copains ». Donc soit 350 000 + 550 000 euros = 900 000 euros.

900 000 euros divisés par 1 100 euros par mois, qui est le montant que l’on peut rembourser avec 40 000 euros de revenus par an (enfin c’est une moyenne couramment admise), le tout sans intérêt parce que quand on est Saint-Macron, on ne paye pas d’intérêt, c’est trivial… cela nous fait tout de même 818 mensualités, soit 68 ans… Et encore, je vous le dis, dans cette hypothèse, on fait un taux zéro à Saint-Macron parce qu’on sait qu’il va devenir président machin-tout-ça et qu’on ne veut pas de procès (hein).

Alors avec un taux à 2 ou 3 %, il lui faut au moins un siècle de remboursement au pépère…

Donc de deux choses l’une : soit ils nous prennent vraiment pour des tanches chez « En Marche ! », soit ils ont dû se faire mal comprendre. J’attends donc avec impatience le communiqué de presse de la voix de son maître qui va m’expliquer, menace de procès à l’appui, le « droit de réponse » que je ne manquerai pas de vous faire suivre conformément à l’usage en vigueur ahahahahahahah !

Haaa…. ma femme me glisse dans l’oreillette que Saint-Macron béni-soit-son nom, faisait déjà du financement participatif avant l’heure et qu’il est vraiment super-méga-très fort. Il a même inventé l’eau chaude, le fil à couper le beurre, l’énergie nucléaire, les fusées qui vont dans l’espace et tout le tintouin.

Comme vous être vraiment des abrutis… heu pardon, des électeurs, sachez que Macron ne vit plus qu’avec la maigre pension de Brigitte !

Je cite toujours et encore les perles du JDD. « Les Macron ont revendu l’appartement pour 980 000 euros. À présent, ils en louent un dans le 7e arrondissement et ont pour seuls revenus la retraite d’enseignante de Madame (2 150 euros par mois) et les droits d’auteur de Monsieur sur son livre Révolution, paru en novembre (les 112 000 exemplaires vendus lui rapporteraient autour de 250 000 euros). »

Ah lala lala…

Vite, lançons un « MacronThon », il a plus une thune notre Manu… Rendez-vous compte, le pauvre bougre, il ne vit que sur la maigre pension de Brigitte sa tendre épouse, un petit montant de 2 100 euros mensuel…

Je suis inquiet.

En fait, j’ai une autre question.

Dis, Manu, comment vas-tu faire pour te payer un nouveau costard ?

Ahahahahahahah…

Reprenons :

1/ Pour une présidentielle, un programme ce n’est pas utile.

2/ Je suis un peu mystique.

3/ J’ai des super potes qui me refilent 550 000 euros contre rien pour mes beaux yeux…

4/ Je ne vis plus qu’avec la petite retraite de ma femme…. en louant une studette dans le 7ème arrondissement qui est le plus pourri et le moins coûteux de la capitale comme chacun le sait.

5/ Et j’ai plein d’autres super potes qui financent ma campagne…

Franchement, là, les gars, chez « En Marche ! », va falloir quand même vous bouger un peu plus si vous voulez qu’on vous croit ahahahahah… parce que là, c’est dur, très dur… Sans même parler de ce qu’il reste du patrimoine du Monsieur après plus de 3 millions de gains. Je vous passe aussi le coup des salaires en baisse par notre Manu qui a accepté pour nous servir, nous, les manants, une modeste paye de ministre de la République à plus de 9 000 balles nets tout de même sans que nous ayons trop à le forcer, mais vous devriez tout de même le bénir pour ses capacités de sacrifice.

Prions ensemble mes frères et mes sœurs

Remercions Saint-Macron de ses sacrifices et pardonnes-nous nos péchés Saint-Macron.

Nous te sanctifions.

Nous te bénissons.

Ô Toi mon Macron…

Récitons donc notre Macron qui êtes aux vieux .

Notre Macron qui est bientôt à l’Élysée,

Que ton nom soit sanctifié,

Que ton règne vienne,

Que tes volontés soient faites,

Que tes bus roulent sur la terre comme dans le ciel.

Pardonnes-nous nos moqueries

Comme nous te pardonnerons tes menaces de procès (ou pas).

Et ne me soumets pas à la tentation de l’impertinence

Et délivre-nous de l’insolence (mais là ça va être très dur).

Amène (moi du pognon)  ahahahahahahahahahahahahaha (rire sardonique).

Cette campagne mes amis, va rester dans les annales de l’histoire de France… Je suis vraiment inquiet…

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT

 

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
Pour m’écrire charles@insolentiae.com
Pour écrire à ma femme helene@insolentiae.com

Vous pouvez également vous abonner à ma lettre mensuelle « STRATÉGIES » qui vous permettra d’aller plus loin et dans laquelle je partage avec vous les solutions concrètes à mettre en œuvre pour vous préparer au monde d’après. Ces solutions sont articulées autour de l’approche PEL – patrimoine, emploi, localisation. L’idée c’est de partager avec vous les moyens et les méthodes pour mettre en place votre résilience personnelle et familiale.

 « À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes » (JFK)

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

Source ici pour vous bidonner de rire en groupe, seul, ou en famille !!

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Merci Macron ! François Ruffin à C Polémique. Macron a laissé tomber ECOPLAT en tant que ministre de l'économie.

4 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #La mondialisation, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Macron

Merci Macron ! François Ruffin à C Polémique - 8 janvier 2017

 

Intervention intégrale de François Ruffin dans l'émission C Polémique consacrée à Emmanuel Macron, le 8 janvier 2017

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Montrer la dette, pour cacher les dividendes. Par Fabrice AUBERT dans Le Grand Soir.

3 Mars 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La République, #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #l'horreur économique, #La dette

 

Montrer la dette, pour cacher les dividendes.

Préambule : C’est suite à une discussion du café du commerce, à Martigues, avec des militants politiques engagés à soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon, qu’un militant, expliquant que celui-ci n’avait pas répondu aux questions sur la dette et surtout fourni de chiffres, que l’idée de ce papier m’est venu. Il ne s’agit pas d’un papier pro ou anti Mélenchon, juste donner des éléments de réflexion pédagogiques sur la question de la dette. Il peut être utile aux militants syndicalistes, politiques, associatifs comme au simple citoyen qui s’interroge sur l’importance, la gravité et la légitimité de la dette dite publique… J’espère qu’il est d’accès et de lecture facile, j’ai en tout cas, comme toujours, cherché à être le plus pédagogique possible, sans pour autant baisser le niveau du conte

UNE ELECTION PRESIDENTIELLE ? A quoi reconnait-on qu’une élection Présidentielle va avoir lieu dans notre Pays ? C’est facile, car les faits se répètent inexorablement à l’identique. A chaque élection présidentielle, le centre du débat des questions sociales, pourtant majoritairement souhaitées par les citoyens, se substitue celui de la dette, présentée à chaque fois comme « insupportable », conduisant la France à la faillite : « Dette, déficit : La France joue sa crédibilité » [1] … Puis après avoir été élu, ne pouvant réduire les politiques sociales, autant que désirées, par peur d’une « Révolution politique » [2], les « élus », continuent la même politique qu’avant, quitte à se couper du réel, du Pays, des citoyens et aggravent de ce fait, la situation du Pays, et pas simplement que d’un point de vue comptable, mais aussi sur l’emploi, les services publics, entraînant « chômage de masse et précarités sociales. Puis on recommence.

C’est pourquoi depuis quelques semaines désormais, pas un jour ne passe sans que les « médias serviles », ne nous récitent le discours sur la dette publique qu’il faut de plus conjuguer à l’impossibilité qu’a eu l’actuel locataire de l’Elysée à inverser la courbe du chômage…

LA FRANCE CHAMPIONNE DES DIVIDENDES : Pourtant et dans le même temps, on apprend que le Pays où les « entreprises » reçoivent le plus de dividendes, est notre doux pays (40, 7 Milliards d’euros et plus 33 % en 2014) devant l’Angleterre et l’Allemagne… Comment expliquer ce paradoxe, d’un « Pays qui s’effondre » et dont pourtant les dividendes n’ont jamais été aussi élevés… La pensée de Victor Hugo peut nous y aider :

« C’est de l’enfer des pauvres qu’est fait le paradis des riches. ’ (Victor Hugo, L’Homme qui rit.)

Il nous faut donc démonter à nouveau le mécanisme de la dette, pour en saisir les dessous cachés…

LA DETTE PUBLIQUE INEXORABLE ? A regarder la courbe de la dette « dite publique », on voit bien que dans son mouvement apparent, celle-ci non seulement ne fait que grimper, mais que de plus son rythme de progression s’accélère à partir de 2007-2008, rendant en apparence celle-ci inexorable…

UN PEU D’APPROCHE SCIENTIFIQUE S’IMPOSE : En règle générale, ce sont les « économistes libéraux », promoteurs du « marché libre et non faussé » qui s’appuyant sur les sciences dites « expérimentales », construisent leur démonstration de la prétendue « supériorité du marché sur l’Etat ». C’est pourquoi ici, la Science ne sera pas « invoquée », comme puissance divine supérieure, juste évoquée pour comprendre ce qu’est une « approche scientifique ». Les Sciences physiques s’intéressent notamment à ce qui est appelé la « résistance des matériaux ». L’expérience consiste à exercer une pression sur un matériau, jusqu’à ce qu’il casse et observer ce qui se passe à ces points de rupture… C’est cette méthode qu’il faut appliquer au graphique.

UN GRAPHIQUE N’EXPLIQUE RIEN : Un graphique ne fait que représenter sous la forme d’une courbe, une suite de données statistiques, c’est pourquoi un graphique n’explique jamais rien en soi. Mais ce qui est important c’est d’appliquer la méthode retenue aux « points de rupture » du graphique, c’est-à-dire, là où les évolutions se modifient (croissance des déficits) et y rapporter des éléments d’informations économiques, sociales et politiques connus. Il nous faut donc regarder ce qui s’est passé en 2000 et en 2007, pour avoir un élément d’explication des ruptures intervenues…

  • En l’an 2000 eut lieu le « Krach Internet », parti des Etats-Unis, qui derrière le scandale Enron [3], provoqua une première récession mondiale.
  • En 2007 débuta le « Krach des subprimes », qui « brula 25.000 milliards de dollars en 10 mois » [4] et qui fut baptisé par le Président Obama lui-même, comme la « pire crise depuis 1929 »…avec nouvelle récession mondiale, dont nous ne sommes toujours pas sorti.

Derrière, ces krachs qui provenaient des marchés, en permanence, c’est l’Etat, les Etats qui sont intervenus pour sauver les marchés de leur propre crise. Comment ? En relançant l’activité des entreprises par des travaux financés par de l’argent emprunté aux marchés générant les déficits publics.

LA SOMME DES DEFICITS (augmenté des intérêts annuels) FONT LA DETTE  : La dette dite publique est le produit d’une histoire de déficits accumulés au cours du temps. Mais il faut de plus, rajouter aux emprunts annuels, le cout des intérêts, qu’appliquent, de manière discrétionnaire, les banques en fonction des Pays, puisque les Etats ne peuvent directement s’adresser à la B.C.E. Les déficits « dits publics » sont donc de fait, des « emprunts publics » réalisés auprès des banques privées, en vue d’opérer le « sauvetage » des marchés financiers en crise, et non la création de postes de fonctionnaires. Et c’est l’ensemble de ces déficits cumulés, qui génère la dette « dite publique ». Les « points de ruptures » ne sont que l’expression régulière et répétés des crises du système, qui s’aggravent de cycle en cycle.

LES RELANCES PUBLIQUES : Juste après le krach financier des « Subprimes » de 2007, [5] que de réunions du G7 et du G 20 pour régler les problèmes générés par la crise…les différents gouvernements d’Europe et les Etats-Unis ont, contre la théorie libérale, décidé d’intervenir à la fois en recapitalisant les banques, les « nationalisant » provisoirement parfois, et ont engagé des plans de relance économique. En d’autres termes, les Etats ont injecté de « l’argent public » dans des plans d’investissements tels qu’ils nécessitaient des emprunts, qui Europe oblige, ont permis aux banques de se « refaire la cerise », sur les « prêts d’Etats ». C’est ainsi qu’en France le plan de sauvetage bancaire a atteint 380 milliards d’euros, soit 18 % du P.I.B nécessitant un emprunt auprès des marchés de 253 milliards en 2009, puis de 212 milliards en 2010, générant les fameux « déficits publics », qui ajoutés les uns aux autres ont généré la dette. Observons que dans ce cadre, les Responsables du Krach (Banques et marchés financiers), ont non seulement été épargnés, mais de fait, ils ont été « sauvés » de leur propre crise par l’argent public (le Notre), qui de plus, du fait de l’obligation d’emprunter sur les marchés financiers, leur ont permis, moyennant intérêt, de se refaire une activité financière lucrative et sure (« emprunts d’Etats »).

LES CONSEQUENCES POUR L’ECONOMIE REELLE : La prétention des économistes libéraux vise à séparer, ce qui serait de l’ordre de la sphère financière, de ce que l’on appelle l’économie réelle. Ils voudraient imposer l’idée que les « marchés financiers » seraient un « marché particulier », déconnecté de l’économie réelle et que les soubresauts de la « Finance mondialisée » [6] n’auraient aucun impact sur l’économie réelle, d’où leur thèse que « l’argent brulé » en bourse, ne serait que de « l’argent virtuel ». Il suffit cependant d’observer ces deux graphiques, pour comprendre l’inanité de cette thèse et qu’à contrario, les soubresauts et comportements erratiques de la « finance dérégulée », ont des conséquences immédiates et de longs termes, dont les effluves se font toujours sentir aujourd’hui. La première conséquence fut la chute de l’activité industrielle (graphique de gauche) entraînant de ce fait la destruction de nombreuses entreprises et de ce fait l’envolée d’un chômage de masse (à droite)…

LA DESTRUCTION CREATRICE  : Prenez un libéral, montrez-lui ces contradictions et comme un chat, il retombera sur ces pieds, car la langue de bois, c’est eux… Ainsi acculé devant ces graphiques et notamment celui sur les défaillances d’entreprises, il vous rétorquera aussitôt : « Destruction créatrice », c’est-à-dire le principe philosophique naturel selon lequel, la « destruction d’entreprises », favoriserait de ce fait, la création d’entreprises dans de nouveaux secteurs, créeront, de ce fait, les emplois nécessaires. Ainsi on passerait d’une économie à « dominante industrielle » à une économie « ubérisée » du fait de la « Révolution numérique » [7] en cours. L’Etat n’ayant plus comme rôle que « d’accompagner » ces mutations irréversibles et non de les réduire. Observons cependant, que la « destruction créatrice », ne génère rien d’autre que de la précarité (graphique de droite). Aujourd’hui plus de 80 % des emplois créés, sont hors C.D.I. La « destruction créatrice » substitue de « l’instabilité à la stabilité » qu’avaient générée les « luttes de classes » des trente glorieuses, obligeant l’Etat à intervenir et même à piloter l’économie. En ayant laissé ce pouvoir aux marchés, l’Etat est de fait devenu « Impuissant » et plus les politiques sont libérales et plus l’Etat est impuissant et sa politique inefficace, que cela soit pour l’emploi ou la dette.

CE SONT LES MARCHES QUI CREENT LA DETTE : Dans la réalité de l’analyse ce sont les marchés privés qui génèrent la dette publique. Au-delà des graphiques déjà perçus et analysés, il y a ce « chef d’œuvre » au titre incontestable qui nous dit : « Dette privée totale transférée aux Etats », et qui atteint en 2009, l’équivalent de 300 % du P.I.B. Soulignons la source, puisque ce graphique n’est pas paru dans « l’Humanité », mais dans « les Echos » en Septembre 2009. Tout ceci montre que les décideurs sont parfaitement au courant que la dette dite publique, n’est pas de la responsabilité des fonctionnaires, mais bien du comportement erratique des marchés qui jouent avec la finance, comme avec des allumettes.

LA FINANCIARISATION DE L’ECONOMIE : Plutôt qu’un long discours, cette caricature permet de visualiser le mécanisme de la financiarisation. Sous pression financière, le « management vertical », de la compétitivité fait pression sur les salaires et l’emploi dans les entreprises, générant des destructions d’entreprises et d’emplois et le « modus operandi » porte le nom de « fusion ». Et la politique libérale de l’Etat (version droite ou sociale-démocrate) consiste, en récupérant l’argent des impôts des salariés, déjà pressurisés, à le redistribuer au marché qui en fait « du beurre et l’argent du beurre », sans jamais investir dans le système économique, au contraire, il s’évapore dans les paradis fiscaux…(« Panama Pappers »).

LE TROU NOIR DE LA FINANCE : Ces graphiques successifs permettent d’approfondir la thèse, que la dette est le produit des « déficits cumulés », qui sont eux-mêmes, le résultat des « chocs du marchés », conséquence des « krachs bancaires successifs ». Hors les banques en difficulté, on l’a vu avec « Lheman Brother », lorsqu’elles ne sont pas immédiatement secourus par les Etats, provoquent des « séismes financiers mondiaux », qui par la suite entraînent des crises économiques et sociales majeures, conséquence de cette « financiarisation de l’économie », c’est-à-dire de la domination de la finance sur l’économie. C’est à ce titre que l’on peut parler de « trou noir de la finance », c’est-à-dire d’un argent perdu en pure perte, pour la société, mais récupéré par les seuls actionnaires du marché.

REVENONS A LA DETTE : Une fois analysée les raisons de la dette, il nous faut aborder son remboursement et ses modalités.

  • La dette d’un ménage ? Quand un ménage s’endette pour acheter une maison, pensez-vous que le banquier calcule le ratio d’endettement, en prenant le montant total emprunté et en le rapportant au revenu annuel ??? Dans ces conditions, il n’y aurait aucun prêt accordé…Non le calcul fait est de prendre le montant emprunté, de le diviser par le nombre d’annuités prévu, et là de le rapporter au revenu annuel.
  • La dette de l’Etat : Et alors que l’Etat a ce pouvoir extraordinaire de lever l’impôt, pour éventuellement augmenter les ressources, pouvoir que n’a pas le salarié isolé (« d’augmenter son salaire »), les marchés financiers imposent, via les agences de notation, un ratio de Dette sur P.I.B annuel, et ce alors que de plus, la durée de remboursement de nos titres de dettes est environ de 7 ans.
  • Jean-Luc MELENCHON a donc raison de rapporter la dette dite publique, non à une seule année mais calculée sur 7 ans et dans ces conditions, le ratio n’est plus de 90 % d’endettement, mais d’environ 12 %... évidemment ça change la donne…

UN ENFANT NAITRAIT AVEC UNE DETTE SUR LA TETE ? C’est d’une « niaiserie absolue »…, pire c’est de l’idéologie pure. La thèse libérale consiste à dire qu’avec le niveau d’endettement public, un enfant naitrait aujourd’hui, avec une dette de 20.000 euros… Une fois de plus, si l’on prend l’exemple du ménage, une banque, pour effectivement calculer le risque pris de vous « prêter » de l’argent, prendra en effet en compte votre niveau d’endettement, mais elle regardera aussi votre patrimoine, et sa valeur estimée, qu’elle traitera comme un actif et défalquera de l’endettement. Il s’agit ici d’une simple règle comptable classique. Hors si l’Etat a des dettes, il a aussi un Patrimoine… que nous célébrons chaque année d’ailleurs (« Journée du patrimoine » : 17 et 18 Septembre 1016), qu’il faut donc défalquer de notre Dette….

  • Appliqué à l’Etat, ce calcul arithmétique simple montre qu’en définitive, loin de naitre avec une dette de 20.000 euros sur sa tête, notre bébé Français, nait avec un crédit de 12.000 euros…Je vous livre ici, les détails de l’analyse effectué par l’O.F.C.E : « Chaque nouveau-né français a une dette de 20.000 euros sur les épaules, s’est inquiété Nicolas Sarkozy jeudi soir. Mais ce calcul ne tient aucun compte des actifs détenus par l’Etat. Au contraire, un bébé français hérite en réalité d’une richesse nette à sa naissance. En cause, le déficit chronique de la France, ininterrompu depuis 1974, « dernier budget en équilibre », a rappelé Nicolas Sarkozy. Tant et si bien que la dette au sens de Maastricht (passif de l’Etat, des collectivités locales et des régimes de sécurité sociale) a atteint 64,2% du PIB en 2007. Soit 1.209.497 milliards d’euros. Selon les chiffres Eurostat, la dette moyenne de la zone euro est en effet de 66,2% du PIB en 2007. Celle de l’Allemagne de 65%. La Belgique affiche une dette de 84,9%, la Grèce, 94,5%, l’Italie, 104%. Et c’est encore loin de la dette du Japon, qui atteignait 159% en 2006. « Il n’y a donc pas de singularité française sur ce point », commente Mathieu Plane.

    Gare au fétichisme des chiffres. Car comme tout compte de patrimoine, celui de l’Etat comporte un passif, la dette, mais il inclut également les actifs qu’il détient. Et en l’occurrence, l’Etat n’est pas nu. D’abord, l’Etat possède des actifs financiers, 742 milliards d’euros en 2006. De l’or, des dépôts ou encore des parts dans des entreprises publiques cotées. Car l’Etat français est un actionnaire, et un gros. Selon l’Agence des participations d’Etat, leur valorisation dépassait 162 milliards d’euros au 24 avril. Dont 100 milliards rien que pour EDF.

    Aussi, la dette financière nette de la France n’était en réalité que de 38,2% du PIB en 2006 (dernier chiffre connu). Soit un niveau proche de 1995, alors que la dette au sens de Maastricht, elle, a augmenté. Mais entre-temps, la valeur du portefeuille boursier de l’Etat a profité de l’euphorie boursière. « On peut à bon droit s’interroger sur la priorité donnée à la réduction de la dette », estime Mathieu Plane. « Car compte tenu des actifs financiers, elle n’est pas si grande que ça. Tout au moins, la France n’est pas du tout le mauvais élève de l’Europe en la matière. Alors qu’elle l’est clairement en matière de chômage », observe l’économiste. Plus encore, l’Etat détient des actifs physiques ou immobiliers. Des terrains, des bâtiments, des infrastructures, dont la valeur est tenue à jour par l’Insee. « Si on comptabilise l’ensemble de ces actifs, les administrations publiques ne présentent plus une dette mais une richesse nette », calcule Mathieu Plane. Elle représentait 37,8% du PIB en 2006. Cette richesse a d’ailleurs augmenté de plus de 22 points de PIB entre 1995 et 2006. Les administrations publiques se sont enrichies dés lors que, boom de l’immobilier aidant, la valeur des terrains détenus par l’Etat a explosé : de plus de 200% en 10 ans ! Autrement dit, « le bébé français ne récupère pas à la naissance une dette publique de 18.700 euros mais il hérite au contraire d’un actif net de 11.000 euros », corrige Mathieu Plane. [8]

ET LES DIVIDENDES ? C’est sur ce plan qu’évidemment les libéraux sont les plus discrets. La théorie libérale stipule qu’en fait les dividendes, sont la rémunération du capital et que dans une « économie de marché », plus les dividendes sont élevés, plus cela signifie que le Capital est efficace. C’est ce qui est appelé la « juste rétribution des facteurs ». Si dans un Pays on assiste à une baisse salariale et à une hausse des dividendes, cela signifie simplement, si l’on applique la théorie, que le facteur travail a une mauvaise productivité et qu’au contraire le capital a une bonne productivité. Hors, selon les informations disponibles, la France serait championne d’Europe de la distribution de dividendes. Le problème, c’est que dans la réalité, le capital est inefficace et c’est notre productivité du travail [9] qui, étant l’une des plus élevée au monde sauve le système de la déroute…

LA DETTE PUBLIQUE UNE IDEOLOGIE AU SERVICE DU CAPITAL : Dire les choses ainsi, peut paraitre exagérée, mais si l’on en revient au titre de l’article et à la caricature, on voit bien qu’entre la réalité de la dette et son analyse effective, il y a bien d’autres problèmes à régler, dont le chômage, forme de « dette sociale », et soulignons ce que ne cesse de répéter Jean-Luc Mélenchon, sur la « dette écologique »… qui elle ne pourra pas s’effacer d’un « trait de plume », au contraire de la dette de « Lheman Brtoher » [10]

Rappelons ici, ce que disait Marx, sur le rapport entre le Capital et la nature, d’une étonnante modernité, en ces temps de « COP 21 » de triste niveau :

« Le capital épuise deux choses, le travailleur et la nature  ».

On mesure bien ainsi, que la dénonciation permanente de la « dette publique », notamment au moment des « campagnes présidentielles », permet d’enfermer le débat sur cette seule question, empêchant de ce fait, de penser une politique globale alternative. Le débat permanent sur la dette dite publique, vise à « enfermer la pensée » de toute possibilité d’émancipation, et de ce fait joue, avec le soutien actif des médias, une idéologie au service du capital, permettant de masquer la réalisation effective des profits, support à la distribution des dividendes. La dette et son discours [11] sont l’outil du capital, dans la « lutte des classes » qui l’oppose au prolétariat, et c’est même une spécificité de la Bourgeoisie Française qu’il est facile de démontrer. Il suffit pour cela de reprendre un texte écrit en 1849 et qui décrit déjà le discours de notre quotidien actuel :

 

« L’endettement de l’Etat était d’un intérêt direct pour la fraction de la bourgeoisie qui gouvernait et légiférait au moyen des Chambres. C’était précisément le déficit de l’Etat qui était l’objet même de ses spéculations et la source principale de son enrichissement. A la fin de chaque année, nouveau déficit. Au bout de quatre ou cinq ans, nouvel emprunt. Or, chaque nouvel emprunt fournissait à l’aristocratie une nouvelle occasion de rançonner l’Etat, qui, maintenu artificiellement au bord de la banqueroute, était obligé de traiter avec les banquiers dans les conditions les plus défavorables. Chaque nouvel emprunt était une nouvelle occasion de dévaliser le public, qui place ses capitaux en rentes sur l’Etat, au moyen d’opérations de Bourse, au secret desquelles gouvernement et majorité de la Chambre étaient initiés. (...)

Du fait que l’aristocratie financière dictait les lois, dirigeait la gestion de l’Etat, disposait de tous les pouvoirs publics constitués, dominait l’opinion publique dans les faits et par la presse, se reproduisaient, dans toutes les sphères, depuis la cour jusqu’au café borgne, la même prostitution, la même tromperie éhontée, la même soif de s’enrichir, non point par la production, mais par l’escamotage de la richesse d’autrui déjà existante, et se déchaînait, notamment aux sommets de la société bourgeoise, la manifestation des convoitises les plus malsaines et les plus déréglées… »

Ce texte de Karl MARX, est tiré d’un ouvrage au titre révélateur : « Les luttes de classes en France ». Nulle part ailleurs dans le Monde, la question de la dette dite publique ne fait l’objet d’un débat aussi tendu, et régulièrement, répété, car il s’agit pour la Bourgeoisie Française, de masquer que l’essentiel de ses profits, et de ce fait de la distribution des dividendes, vient de la « dette publique » et de sa gestion effective par les banques qui se sont substituées à l’Etat, comme avant 1789, les « Fermiers Généraux » étaient les véritables profiteurs des déficits royaux…et se récupéraient sur le peuple…

Terminons par cette proposition que faisait Marx : « Il n’y a qu’une seule façon de tuer le capitalisme : des impôts, des impôts et toujours plus d’impôts. » On comprend mieux, là aussi, la haine de la Bourgeoisie vis-à-vis de l’impôt…

Fabrice AUBERT

[1Les Echos / 14 Février 2017

[2Notre Pays étant « champion du monde des Révolutions » 1789, 1830, 1848, 1871, 1944 (Programme « les jours heureux » du « Conseil National de la Résistance ».

[3Entreprise de « trading d’énergie ». Le « trading » est une activité d’achat et de vente, sans aucune production effective.

[5Que l’ensemble de la doxa libérale n’a pas vu venir là où les marxistes et économistes hétérodoxes, ne cessaient d’alerter.

[6Finance mondialisée et non finance mondiale, car pour que la finance devienne mondialisée, il fallut des décisions politiques des Etats, à partir des années 80, dénommée « libéralisation, dérégulation ».

[7Concept très discutable et contesté. Les marxistes parlent de « Révolution Informationnelle »/ Cf mon papier sur le thème.

[8Source : Alternatives Economiques 2009

[9Je défie quiconque de venir me défier sur cette réalité, que je ne développe pas pour ne pas rallonger le propos..

[10Rappelons, ici que c’est le gouvernement américain qui a repris par un « trait de plume » l’ensemble des dettes de « Lheman Brother », désormais supporté par le « contribuable américain »…

[11A quoi il faut rajouter l’immigration, les musulmans, les chômeurs, les fonctionnaires, l’intervention de l’Etat etc…

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NOUVELLEAKS par Slobodan Despot

12 Février 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La Russie, #La lutte des classes, #Le fascisme, #Les média

NOUVELLEAKS par Slobodan Despot

NOUVELLEAKS par Slobodan Despot

Le cœur du système

«La propagande sert davantage à nous justifier nous-mêmes qu’à convaincre les autres; plus nous avons de raisons de nous sentir coupables, et plus fervente sera notre propagande.»
(Eric Hoffer, The True Believer: Thoughts on the Nature of Mass Movements)

Dans Le Maître et Marguerite, le chef-d’œuvre de Mikhaïl Boulgakov, le Diable apparaît en personne sous la cape du magicien Woland. Le Diable est joueur: il s’amuse à tester la vanité et la crédulité des hommes. Et il sait qu’il n’est d’humains plus crédules que les incrédules de métier. C’est ainsi que son premier interlocuteur, Berlioz, vedette littéraire du Moscou soviétique et athée militant, finira décapité par un tramway, exactement comme le magicien le lui a prédit.
Ah! S’il avait un seul instant pris au sérieux l’existence du Tentateur qui venait, justement, de lui offrir une cigarette…

Des blagues à ne pas faire en société
«Qu’est-ce que le Système ?»
me demandent sans cesse les idiots utiles du Système. (Tweet, 5.2.2017)

Nous sommes témoins d’une plaisanterie semblable lorsque nous parlons du «Système». Il m’arrive ainsi de lancer des aphorismes à ce sujet dont les échos sont connus d’avance: «Complotiste !», me répliquent aussitôt des sceptiques venus de divers horizons culturels et politiques, mais qui ont généralement en commun un binôme de caractéristiques paradoxal: d’un côté, la foi dans le rationalisme et le «fact-checking», et de l’autre des convictions morales et politiques d’une naïveté extrême. Ils s’attribuent à la fois une haute capacité de discernement, une mission de «vigilance citoyenne» et une position critique vis-à-vis du pouvoir.
Dans le langage ras-du-sol des services, ce sont de parfaits idiots utiles.

L’idiot utile est celui qui croit qu’il ne croit pas ce qu’il croit, mais qu’il le sait. Que sa subjectivité n’y est pour rien. Que sa connaissance ne lui vient pas par un quelconque canal d’influence ou d’endoctrinement, mais de la vérité des choses elle-même. Sans filtre. Sans intermédiaire. Sans diable ni système.

Le Système, selon eux, n’existe pas. Ou, s’il existe, il n’a ni malice ni intention particulière. Il fait partie du paysage comme le climat ou la course des astres et obéit aux décrets des institutions comme la charrue au laboureur. Ce qui existe, pour cette catégorie d’esprits, c’est l’«Antisystème», à savoir tous ces milieux étranges et «sulfureux» qui, sous couvert de «résistance» contre un spectre de leur invention, complotent pour renverser la démocratie. Quelquefois, souvent même, ces innocents décrètent que le Système, c’est justement ça: l’Antisystème. Tout comme les étiquettes, les causes et les effets s’intervertissent facilement. Pour que l’«Antisystème» soit moralement condamnable, pour qu’on puisse le censurer et le liquider sans états d’âme, il est nécessaire que sa cause soit une illusion.
Mais entre ces deux termes, lequel découle de l’autre?
La nécessité de bâillonner l’opposition à cause de ses mensonges, ou la nécessité de prouver que ses vues sont des mensonges afin de la bâillonner?

C’est celui qui dit qui est !
Les comploteurs dénoncent les complotistes. Quoi de plus normal? (Tweet, 31.1.2017)

Et de même: où se situe le crime de complot, si complot il y a? La divulgation massive, par WikiLeaks, des e-mails de Mme Clinton et de son entourage montre que la direction du parti Démocrate avait été accaparée par des gens qui, littéralement, passaient leur temps à comploter en coulisses: contre la Libye, pour la destruction de l’enseignement et de la conscience civique, pour les intérêts du complexe militaro-industriel, et j’en passe. Le déchaînement même du milieu médiatico-politique face à cette divulgation montre que les tractations secrètes avec des agents d’influence sans investiture démocratique sont un mode de gouvernement admis et protégé. Ainsi le complot a-t-il été attesté comme une réalité indiscutable et omniprésente par ses protagonistes et défenseurs mêmes! Mais par un extraordinaire renversement rhétorique, le crime de complot a été rejeté sur ceux qui, justement, le dévoilaient au grand jour — ainsi que sur leurs hypothétiques alliés russes (car le mot «russe» est un utile déclencheur réflexe qui associe immédiatement à l’espionnage, à la propagande et à la désinformation). En effet, le seul moyen de berner le public et de détourner son attention du complot indiscutable qu’il avait sous les yeux était de pointer du doigt un complot bien plus menaçant, d’autant plus menaçant qu’on ne pouvait en montrer qu’une ombre: celui liant Poutine à Trump via Julian Assange!

Et voici donc les comploteurs devenus complotistes à leur tour en dénonçant le complot des complotistes visant à faire éclater leur propre complot!

On pourrait étendre ce jeu de miroirs à l’infini. Ce qu’il reflète fondamentalement est très simple et vieux comme le monde: les rapports de force entre l’ordre établi et l’opposition, entre le discours du pouvoir et sa contestation. Selon que vous serez puissant ou misérable,/Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir, résumait sobrement La Fontaine dans «Les Animaux malades de la peste». OU Blaise Pascal, dans ses Provinciales, s’adressant à ses adversaires jésuites d’une mauvaise foi criante: «Vous êtes quatre-vingt docteurs, mes bons Pères, et je suis seul. Vous avez forcément raison!» (Je cite de mémoire.)

Voilà donc le billard à mille bandes réduit à un vulgaire jeu de quilles: celui qui tient en main la grosse boule est en position de faucher les autres, un point c’est tout. Or, quoi qu’il arrive, la main qui tient la boule est celle du Système. Les quilles peuvent être blanches, jaunes, vertes ou rouges, elles peuvent être «de gauche» ou «de droite», mais le choix à l’échelon des existences se ramène à cela: il y a ceux qui lancent la boule et ceux qui attendent d’être fauchés ou épargnés par le projectile.

Pourquoi tous ces faisceaux ?
«Une intelligentsia dominante, que ce soit en Europe, en Asie ou en Afrique, traite les masses comme une matière première qu’on peut soumettre à expérimentation, manipuler et gaspiller à volonté.» (Eric Hoffer, The Temper of Our Time, 1967)

Le mot système vient du verbe grec systeô, qui signifie attacher ensemble, entrelacer. En politique, le système est souvent représenté par des faisceaux: les convergences d’énergies tenues ensemble par le pouvoir central. On pense machinalement à Rome ou au fascisme italien. On oublie que ces mêmes faisceaux sont aussi sur les armoiries de la présidence française. Le Système, c’est le fascisme absolu, l’ordre en soi, tel qu’il se maintient et se perpétue, abstraction faite de l’idéologie et des justifications qu’il se donne. Il prend de plus en plus d’autonomie à mesure que la société humaine se technicise et se complexifie, en cela même qu’il exclut les impondérables du facteur humain tels que le libre arbitre, le bon vouloir, la vindicte ou la clémence.

La meilleure définition du mot tel qu’il nous intéresse ici a été donnée par Pontus de Thyard au XVIe siècle: «Ensemble dont les parties sont coordonnées par une loi». La loi est au centre. Le Système règne quand aucune volonté humaine, aucune loi morale ne peut se hisser publiquement au-dessus de la loi écrite. Sur le plan officieux, il en va tout autrement: plus la loi publique est rigoureuse, et plus les dérogations octroyées aux satrapes sont généreuses. Plus le commun est jugulé, et plus la nomenklatura s’auto-absout. Il suffit d’observer la classe politique pour s’en convaincre.

Encore faut-il que ce que nos yeux voient puisse — ose — remonter jusqu’au cerveau et que celui-ci en tire des conclusions. C’est une étape que le Système s’emploie à désactiver en criblant de tabous le discours public avec l’aide cruciale du dispositif de l’instruction et des médias. Il aura fallu un dressage rigoureux pour enseigner aux consciences contemporaines à craindre l’invocation même du «Système» et à censurer ceux qui en parlent. La crédulité est l’un des éléments clefs de ce dressage. On apprend à admettre n’importe quelle affirmation, pourvu qu’elle vienne d’une source autorisée. Par exemple, qu’une simple grippe saisonnière est une menace pour l’humanité ou qu’un avion de ligne détourné par des pilotes amateurs peut faire crouler un gratte-ciel sans même le toucher. Cette crédulité implique à la fois de l’ignorance (en matière scientifique et logique) et de l’obéissance. Ce qui, à l’aube de la conscience éclairée, était considéré comme des tares à déraciner est devenu aujourd’hui des vertus «démocratiques» que les ingénieurs sociaux entretiennent.

«Nous avons tous été assez satisfaits de dégrader le gouvernement, de laisser tomber le civisme et en général de conspirer à produire des citoyens ignares et obéissants» écrivait ainsi en mars dernier Bill Ivey, le «monsieur Culture» de Bill Clinton, à John Podesta, le chef de campagne de Mme Clinton. Ces agents d’influence étaient encore, en mars 2016, ceux qui tenaient la boule du jeu de quilles. Ils étaient au cœur du système, si certains de leur domination qu’ils se permettaient des aveux écrits qu’une personne avisée hésiterait à livrer même à l’oreille d’un ami. Ils ne pouvaient imaginer que, huit mois plus tard, ils se retrouveraient à la place des quilles.

Ils n’y sont pas du reste, le Système ayant engagé une guerre totale contre ce président indésiré que les médias ne nomment jamais «l’homme le plus puissant du monde» ainsi qu’ils le faisaient avec tous ses prédécesseurs.

Le Système est impersonnel, même s’il a un ample personnel à son service et même s’il confère à l’élite de ce personnel des pouvoirs dont les rois et les tyrans de jadis ne disposaient pas. L’erreur de ceux qui le contestent (et la technique de ceux qui veulent en détourner l’attention) est de le personnaliser: de réduire des lois générales et des mécanismes à des individus et à des traits de personnalité. Les gouvernements combattus par le Système sont systématiquement réduits à des régimes, et les régimes eux-mêmes à la seule figure de leur chef (Kadhafi, Saddam, Assad, Poutine…); cependant que les «Antisystème» s’acharnent à identifier derrière le mécanisme des «tireurs de ficelles» dont l’existence ou non n’a aucune importance.

Lorsque l’action personnelle commence à compter réellement, c’est qu’on se trouve dans un système de pouvoir individualisé et donc, déjà, en marge du Système. La personnalité de l’ivrogne Juncker n’a pas plus de poids dans l’Union soviétique européenne que celle de l’ivrogne Eltsine n’en avait dans l’URSS finissante, deux systèmes inhumains en fin de course. L’opposition sourde et poltronne du pauvre Obama aux agissements de son propre appareil n’a en rien freiné l’emballement général. Mais le fait même que la personnalité de Vladimir Poutine infléchisse le cours de son histoire montre que la Russie est sortie, en partie, de l’orbite du Système.

Une autre erreur courante consiste à prêter au Système une idéologie. Le Système n’a pas d’idéologie: il se sert en opportuniste de celle qui, à un moment donné, le plus à même de consolider et d’étendre son empire. Il optera naturellement de préférence pour des idéologies collectivistes, globalistes et légiférantes. Le Système est en soi un appareil de soumission. Il exige de chaque individu, à tous les échelons, une soumission plus ou moins étendue et accorde en échange la protection, la sécurité et des privilèges. D’où son alliance naturelle avec l’Islam, qui est la Soumission, si l’on peut dire, à l’état natif. D’un côté comme de l’autre, la Loi balaie les particularités humaines, les raisons individuelles et surtout ces «lois non écrites» d’Antigone qui, à travers les siècles, ont toujours dissuadé notre propre civilisation de se transformer en un mécanisme totalitaire.

L’humain contre l’androïde
Ne jamais nommer le Système: c’est le meilleur service à lui rendre. Persée ne pouvait croiser le regard de Méduse. (Tweet, 10.12.2015)

Or ce que nous observons aujourd’hui dans nos aires est un bouleversement tectonique. L’évolution tranquille du Système vers ce mécanisme parfait via le perfectionnement technique couplé à la régression de l’humain a été bouleversée par une série d’événements politiques, mais aussi de prises de conscience psychologiques. Aux États-Unis, pour parler schématiquement, un outsider a réussi à prendre à revers le Système. Certes, M. Trump était une «huile» de premier plan de l’oligarchie américaine, mais le Système n’est pas réductible à l’oligarchie. Dans le cadre du Système, un juge vénal ou un journaliste illettré a la faculté de faire trébucher l’oligarque le plus puissant pour peu que son action serve le Système. Et non seulement Trump a-t-il réussi à enlever la présidence des États-Unis, mais encore s’emploie-t-il, depuis le premier jour de son mandat, à faire passer en force toute une série de mesures aussi perpendiculaires à la marche du Système que les bâtons qu’on met dans une roue.

Pour le dire encore plus schématiquement: l’administration Trump, comme l’État de Poutine, comme nombre d’autres insurrections décriées comme «populistes», s’emploie à enrayer la stratégie du Système dans son cœur même, laquelle consiste à abattre toutes les frontières établies par des communautés humaines conscientes (et donc des souverainetés volontaires) pour les remplacer par de nouveaux cloisonnements hermétiques dont lui seul, le Système, aurait les clefs: systèmes de sécurité et de contrôle total, omnisurveillance, dématérialisation documentaire et monétaire, puçage et traçage. Ce n’est pas un hasard si les milliardaires de la Silicon Valley — qui sont pourtant de sa classe sociale — montent en première ligne contre le nouveau président américain, aux côtés des patrons des médias de masse et des vedettes du show-biz, principaux organisateurs du décervelage et de la régression de masse.

L’enjeu de la lutte qui se développe aujourd’hui sous nos yeux dépasse les visions et la mission de tous les gouvernants de ce siècle et du précédent. Cette lutte est l’aboutissement d’une longue évolution de la civilisation européenne, qui a mis entre les mains de l’humanité les outils de sa libération en même temps que ceux de son anéantissement. L’enjeu est le choix entre une société encore calquée sur des destinées humaines ou une «entité» gérée par un Système anonyme épaulé par la mince élite gérant l’ensemble des banques et des médias et les prêtres informatiques de la post-humanité.

Coda
En ouverture de son ouvrage posthume (inédit en français), La fourmilière globale, Alexandre Zinoviev proposait au tournant du XXIe siècle une «fiction» terrifiante, qui pourtant paraît presque banale aujourd’hui:

«Notre XXe siècle aura peut-être été le siècle le plus dramatique de toute l’histoire humaine du point de vue de la destinée des gens et des nations, des idées, des systèmes sociaux et des civilisations. Mais, toutes ces choses étant posées, ce fut aussi un siècle de passion et d’aventure: siècle d’espoirs et de désespoirs, d’illusions et de visions, d’avancées et de déceptions, de joies et de malheurs, d’amour et de haine… Ç’aura été, peut-être, le dernier siècle humain. A sa suite se profile une masse de siècles d’histoire suprahumaine ou posthumaine, une histoire sans espoirs ni désespoirs, sans illusions ni visions, sans avancées ni déceptions, sans joies ni chagrins, sans amour ni haine…»

Bref, nous voici aux portes d’une masse de siècles où le Système aura éradiqué l’Homme. Ou pas ?

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Nouveau SUICIDE à l’hôpital Georges Pompidou à Paris: le MALAISE et le mal être s’amplifient parmi le personnel infirmier

8 Février 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #La République, #La nation ., #La finance dérégulée, #La lutte des classes, #Le syndicalisme, #Services publics, #La santé

Publié par El Diablo

Hôpital européen Georges Pompidou à Paris

Hôpital européen Georges Pompidou à Paris

Après un nouveau suicide : les infirmières continuent à crier leur malaise

Paris, le lundi 6 février 2017 – Un peu plus d’un an après le suicide d’un cardiologue, le professeur Jean-Louis Mégnien, l’Hôpital européen Georges Pompidou (HEGP) est de nouveau le théâtre d’un drame. Un infirmier (qui n'était pas de service à ce moment) s’y est défenestré, dans la nuit de samedi à dimanche, comme vient de le confirmer l’Assistance publique/hôpitaux de Paris (AP-HP). Un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) doit se tenir aujourd’hui en présence du patron de l’AP-HP. Alors que les conditions de travail et l’influence néfaste des pressions managériales au sein de l’HEGP ont déjà été lourdement dénoncées tout au long de l’année 2016, ce nouveau suicide devrait sonner comme une terrible piqûre de rappel, même si on ignore à cette heure la part de la dimension professionnelle dans le passage à l’acte de cet homme.

Travail à la chaîne

Cette mort fait néanmoins écho aux tristes observations de Charline, infirmière à l’origine du blog C’est l’infirmière qui dans le texte d’un manifeste qui vient d’être lancé remarque amère : « Il y aura toujours des infirmières pour remplacer celles qui se tuent, celles qui s’arrêtent, celles qui s’épuisent » et qui poursuit : « Les récents suicides d’infirmiers en sont la preuve, aujourd’hui on meurt parfois de vous soigner ». Au côté de Charline, trois autres infirmières, Corinne (à l’origine du blog La seringue atomique), Myriam (dont le blog est La petite infirmière) et Peggy (auteur de Les petites histoires de Mlle Peggy), signent le manifeste des 600 000, destiné à mettre en lumière les difficultés quotidiennes des infirmières, quel que soit leur mode d’exercice. Le manifeste met en effet en avant quatre témoignages, d’un étudiant, d’une infirmière dans une petite clinique privée, d’une infirmière libérale et d’une infirmière hospitalière qui toutes partagent la même fatigue et la même inquiétude pour l’avenir.

Le jeune étudiant constate ainsi par exemple que durant sa formation il a « eu le sentiment confus de boucher des trous, de colmater des brèches, de plâtrer du mieux que je pouvais et ce, avec un professionnalisme plus qu’hasardeux ». De son côté, Juliette, infirmière dans une clinique de province marque combien les conditions de travail actuelles mettent en péril la sécurité des patients et attisent les angoisses des infirmières. « Tous les jours, j’ai peur de me tromper, de commettre l’irréparable parce que soigner dans les conditions actuelles ressemble davantage à du travail à la chaîne » indique-t-elle. Pour sa part, Lou, infirmière libérale évoque son activité quasi quotidienne, où le repos est exclu, tandis que sa rémunération ne connaît aucune évolution. « Quinze ans à recevoir des honoraires dont le prix moyen est de cinq euros et qui n’a quasiment pas augmenté depuis trente ans », résume-t-elle.

François Fillon, cible de toutes les colères

Ce manifeste est une nouvelle tentative de sensibilisation de l’opinion publique et plus encore des autorités au malaise destructeur aujourd’hui éprouvé par toutes les infirmières. Il s’inscrit dans une dynamique qui voit les récents soubresauts de la campagne présidentielle utilisés par beaucoup pour dénoncer les écarts abyssaux entre les traitements des uns et des autres. Ainsi, une infirmière a-t-elle fait ce week-end le "buzz" en dénonçant sur Facebook dans une lettre ouverte la différence certaine entre ce qu’elle perçoit chaque mois en soignant les Français et ce que François Fillon et sa famille ont éventuellement gagné indument.

LE MANIFESTE DES 600.000 EST ICI

Aurélie Haroche

SOURCE:

 

Nouveau SUICIDE à l’hôpital Georges Pompidou à Paris:  le MALAISE et le mal être s’amplifient parmi le personnel infirmier

A notre collègue Emmanuel

Communiqué de presse

CGT HEGP (Hôpital Européen Georges Pompidou) / USAP CGT

Notre collègue Emmanuel, infirmier à la suppléance, s’est donné la mort dans la nuit du 5 au 6 février en se jetant du 8ème étage de l’hôpital.

Comme tous les personnels, vos délégués et représentants CGT sont sous le choc. Nos premières pensées vont à sa compagne, ses deux enfants, sa famille. Nous assurons ses collègues proches de notre soutien et de notre disponibilité.

Un suicide est un acte individuel dramatique dont les motivations personnelles s’enchevêtrent et ne peuvent jamais être totalement élucidées.

Mais comme tous les collègues, nous sommes frappés par le fait qu’Emmanuel soit revenu à l’hôpital pour se tuer, en dehors de ses heures de service, et en tenue de travail.

Son acte s’ajoute à plusieurs autres tragiquement similaires à l’AP-HP ces derniers mois. Les enquêtes se poursuivent sur le suicide d’un cardiologue de l’HEGP, il y a à peine un an, et soulignent un lien accablant avec la dégradation de son cadre professionnel. Il faut arrêter l’hécatombe !

Représentants du personnel, nous ne cessons de mobiliser pour s’opposer à la politique de course à la productivité et de réduction des moyens, notamment humains. Après des années de casse du service public de santé, l’Hôpital Pompidou est devenu une usine à soins, une machine à broyer les agents.

La dégradation des conditions de travail au jour le jour, les horaires déstructurés, la diminution des moments d’échanges humains et de fraternité dans les services, entraînent fatigue, stress, souffrance, mal-être aussi bien dans nos vies professionnelles que, en répercussion, dans nos vies familiales.

Ni les alertes, ni les recommandations des instances du personnel (CHSCT, CTE) ne sont prises au sérieux par une direction au fond uniquement préoccupée de « l’efficience » économique dictée par les lois successives de santé (T2A, HPST, loi Touraine). L’intention de bloquer les accès aux terrasses, après le drame, comme nous l’avons entendu hier, illustre le raisonnement technocratique, coupé des réalités humaines, des serviteurs de cette politique.

Instruits par le sinistre exemple de France Télécom, nous refusons le « management » des ressources humaines par la souffrance au travail. Nous appelons, à nouveau, dans chaque service, à alerter, dénoncer et combattre chaque application de cette politique, à créer les rapports de force pour mettre en échec chaque dégradation.

Contre le plan Hirsch, ensemble, nous avons montré que nous pouvions être forts pour résister, pour nous faire entendre aussi des patients et de la population sur des questions vitales.
Syndicalistes CGT, nous refusons le fatalisme et la résignation, nous œuvrons à la transformation de la détresse et de la colère et en riposte collective. Plus que jamais aujourd’hui.

 

Le 7 février 2017

La CGT – USAP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris)

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Parler de souveraineté a plus de sens que jamais. Par Natacha Polony

7 Février 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La République, #La nation ., #La lutte des classes, #l'horreur économique, #Natacha Polony

Parler de souveraineté a plus de sens que jamais

Le texte du colloque du 18 juin du Comité Orwell

Publié le 21 juin 2016 /

 

(Photo : SIPA.00677227_000002)

Je vais vous raconter une histoire1. Une histoire belge. Plus encore, l’histoire d’un symbole national belge, la mayonnaise qui accompagne les frites servies dans les baraques et les brasseries, et dont la recette traditionnelle fait la fierté de nos voisins. Récemment, un arrêté royal a autorisé à dénommer mayonnaise une préparation contenant 70 et non plus 80% d’huile, et 5 et non plus 7,5% de jaune d’œuf. La raison de cette modification est la demande adressée par l’industrie pour pouvoir rester compétitive face à la concurrence étrangère, qui propose des produits moins chers. Tollé chez les Belges qui dénoncent le dumping, la perte de qualité au nom du profit et protestent en invoquant la tradition, l’identité de leur cher pays qui serait menacée par les assauts de la modernité.

Cette histoire est une parabole chimiquement pure des conséquences d’une mondialisation dérégulée sur un corps politique : impression de dépossession et réaffirmation identitaire. Il y a fort à parier que nos amis belges seront considérés par certains faiseurs d’opinion comme de sympathiques ringards, ou, au pire, d’ignobles chauvins en pleine dérive populiste et identitaire. On leur répondra que c’est le marché qui décide, que si le consommateur préfère payer sa mayonnaise moins cher, c’est l’essence même du libéralisme, et qu’ils ne voudraient tout de même pas interdire la mayonnaise sans huile et sans œufs. Bolchéviques, va ! Et puis, si l’on n’y prend garde, avec ces histoires de mayonnaise, on va finir par parler protectionnisme, et autres lubies xénophobes. Le repli l’aura emporté sur l’ouverture, la haine sur la générosité et l’accueil. De quel droit est-ce qu’ils préfèrent leur mayonnaise, ces Belges ?

Alors nous y sommes. Parler de souveraineté a-t-il encore un sens dans un monde globalisé ? C’est la question qui nous rassemble et il n’y a pas de hasard à la poser en un 18 juin, 76 ans après un appel qui prenait justement acte de la dimension mondiale de la guerre pour en appeler à la légitimité face à la légalité qui s’était exprimée la veille à travers la demande d’armistice du Maréchal Pétain. Nous y reviendrons, mais l’homme du 18 juin est aussi celui qui déclarera le 27 mai 1942 : « La démocratie se confond exactement, pour moi, avec la souveraineté nationale. La démocratie, c’est le gouvernement du peuple exerçant la souveraineté sans entrave. »

 

Parler de souveraineté quand le territoire national est occupé, quand l’Etat et ses rouages ont choisi de collaborer avec l’ennemi, voilà qui est compréhensible. Mais aujourd’hui ? Est-ce que ça ne relèverait pas d’une vieille rengaine masquant des obsessions plus coupables ?

Le danger souverainiste selon Joffrin, Attali, FOG, BHL…

Il y a déjà plusieurs années que le qualificatif « souverainistes » est accolé à ces inclassables qui naviguent entre la droite et la gauche et à qui l’on a fait rendre gorge de la tonitruante victoire du 29 mai 2005. Souverainistes, c’est quand on ne dit pas « nationaux-républicains » ou autres joyeusetés. Mais souverainistes, ça ne dit pas grand-chose au plus grand nombre. Seulement le terme a ressurgi. Souvenez-vous, c’était à l’automne dernier. Libération décide de consacrer une une à Michel Onfray après son interview dans le Figaro. Et le philosophe est accusé d’avoir dérivé vers l’extrême droite, de s’abandonner à des idées nauséabondes, rances, et tout autre adjectif cher à nos anti-fascistes au nez sensible. Quelques jours plus tard, après diverses passes d’armes par médias interposés, Laurent Joffrin lâche l’argument ultime : Onfray est sur « la pente glissante du souverainisme ». Une pente qui amène à « défendre la nation au nom de la justice sociale », mais qui, nous dit le débusqueur de déviants, « finit toujours par préférer la nation à la justice sociale ». Qui prétend protéger son peuple pour mieux détester les autres. Qui rêve de frontières quand il faudrait tendre la main, ouvrir le cœur… Amen.

Le souverainisme, voilà l’ennemi. Dans un journal censément de gauche comme Libération, mais aussi dans un journal de droite libérale comme le Point. Il suffit de lire un seul éditorial de Franz-Olivier Giesbert (c’est déjà un effort) pour s’apercevoir qu’il est parti en croisade contre le souverainisme, ce nouveau fléau (parti est bien le terme : on l’a perdu depuis longtemps). Mais on pourrait citer également Bernard-Henri Lévy chez qui la lutte contre le souverainisme relève de l’exorcisme. Jacques Attali, très fier de sa dernière trouvaille, une réplique qu’il ressort dans chaque émission, face à chaque journaliste esbaudi : « Qu’est ce que c’est que cette histoire de racines. Nous ne sommes pas des radis. » Pas des chênes non plus, apparemment.

C’est donc tellement dangereux, le souverainisme, qu’il faille dégainer l’arsenal intellectuel, tout ce que le pays compte de brillants esprits ? Le souverainisme, c’est la guerre, la haine de l’Autre, le repli identitaire. Le souverainisme, ce sont les heures les plus sombres de notre histoire. Bon, le mot n’existait pas, mais on comprend. Le souverainisme occupe dans le vocabulaire politique contemporain la même place que le populisme. Il veut désigner une sorte de manipulation des masses par un discours démagogique et dont ses auteurs sauraient parfaitement combien son application serait soit impossible soit éminemment dangereuse pour l’avenir du pays.

Le libre-échange apporte la paix, bien entendu !

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EXPRESSBUSINESS résume clairement l'analyse que les "croisés de l'Europe" font de la situation nouvelle issue de l'élection de Donald Trump à la tête des Etats-Unis, confirmant ainsi le jugement émis par "canempechepasnicolas"

7 Février 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La nation ., #La finance dérégulée, #Le capitalisme;, #Le grand banditisme, #Economie, #Les transnationales, #La lutte des classes, #Le fascisme, #l'horreur économique

Senior aide to the President, Kellyanne Conway (bottom left), Trump advisor Steve Bannon (bottom center) and others leave with British Prime Minister Theresa May (top left) and US President Donald Trump (top right) after a press conference at the White House January 27, 2017 in Washington, DC. / AFP PHOTO / Brendan Smialowski

Express
Business

Deux semaines à peine après l’inauguration du nouveau président américain, Donald Trump, les relations entre l’UE et les États-Unis semblent entrer dans une nouvelle ère.

« Les défis auxquels l’UE est actuellement confrontée sont les plus dangereux depuis la signature du Traité de Rome il y a 60 ans. Aujourd’hui, nous devons gérer des menaces inédites, en tout cas, qui n’avaient jamais été  d’une telle importance. (…) Une Chine qui s’affirme de plus en plus, la politique agressive de la Russie à l’égard de l’Ukraine et de ses voisins, les guerres, le terrorisme et l’anarchie au Moyen-Orient et en Afrique, avec l’islam radical jouant un rôle destructeur, de même que les déclarations inquiétantes de la nouvelle administration américaine font que notre avenir apparaît hautement incertain », déclaré le président du Conseil de l’UE Donald Tusk vendredi dernier, lors du sommet de Malte. Il s’est inquiété de la montée de l’euroscepticisme et a averti contre le danger accru de dislocation du bloc :

« Il faut souligner de la façon la plus claire qui soit que la désintégration de l’Union Européenne ne mènera pas à la restauration d’une souveraineté totale, mythique de ses Etats-membres, mais à leur dépendance réelle et factuelle aux grandes superpuissances : les Etats-Unis, la Russie et la Chine. Ce n’est qu’ensemble que nous pourront être totalement indépendants ».

Dans le journal économique français Les Echos, l’éditorialiste Eric Le Boucher lui donne raison. Il souligne que l’Occident  a besoin de toute urgence de développer des ressources pour rivaliser avec les Etats-Unis, maintenant Trump a indiqué qu’il avait mis l’UE dans sa ligne de mire :

« Donald Trump est le premier président à ne pas raisonner comme un chef d’Etat, il pense comme le chef d’entreprise qu’il était et qu’il reste. Dans son « America First », tous les autres pays sont des concurrents qu’il convient de battre, à commencer par les deux plus gros, la Chine et l’Europe. […]

L’Europe n’a plus d’amis, elle fait face à des empires, des puissances « nationalistes », qui sont d’une nature opposée à la sienne. Le combat est d’une ampleur nouvelle car existentielle : quel genre d’animaux vont survivre au XXIe siècle ?

Pour Le Boucher, malgré l’incertitude liée aux élections à venir cette année en Allemagne, en France et aux Pays-Bas, l’Europe devrait se doter d’urgence d’instances et d’institutions pour se défendre, mais aussi renforcer sa cohésion. Il rappelle que les ennemis du bloc ne sont pas qu’externes :

« Aux ennemis extérieurs s’ajoute la foule des ennemis intérieurs qui geignent des efforts et nous parlent d’une mauvaise Europe puisqu’elle impose trop de normes sur les fromages. Trump, Xi et Poutine rient beaucoup de nous voir sortir de l’Histoire. »

"canempechepasnicolas"

voit ainsi confirmée l'analyse faite par lui de la situation créée par l'élection de Donald Trump...

POUR LIRE CELLE-CI

CLIQUEZ CI-DESSOUS

http://canempechepasnicolas.over-blog.com/ 2017/02/l-election-de-donald-trump-a-la-presidence-des-etats-unis-provoque-un-bouleversement-majeur-dans-l-ordre-du-monde.html

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