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Le blog de Lucien PONS

Articles avec #la republique tag

Tectonicus orientalis, Rédigé par Observatus geopoliticus .

22 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #Terrorisme

Tectonicus orientalis

22 Juin 2017 , Rédigé par Observatus geopoliticus 

 

Alerte dans les officines du système impérial, la plaque européenne commence à dangereusement se rapprocher de sa consoeur russe et nos hypothèses se voient une nouvelle fois confirmées. Après la réception de Poutine par Macron à Versailles, nous écrivions :

Ces invraisemblables délires [médiatiques] ont toutefois mis la puce à l'oreille de certains observateurs un peu plus sérieux. Quand le roi est nu, on l'habille de dithyrambes, c'est bien connu. Si la journaloperie se vautre dans la louange servile et embellit tous les aspects de la forme, c'est pour mieux cacher le fond. Ficelle vieille comme le monde...

D'abord, pourquoi inviter Poutine, dans les fastes de Versailles qui plus est ? Notons que, mis à part le traditionnel voyage du 15 mai à Berlin pour retrouver Merkel, c'est le premier dirigeant étranger que rencontre Macron dans un format bilatéral (les discussions avec Trump, Trudeau, Erdogan & Co ayant eu lieu en marge des sommets de l'OTAN et du G7). Relevons également que la somptueuse réception du "tsar de toutes les Russie" au château du roi-soleil n'a pas été du goût des habituels thuriféraires du système impérial.

Ainsi, le président français était demandeur, ce que l'enguirlandement médiatique fanfaron tente d'occulter (...)

Un reset franco-russe, qu'évoque également le peu russophile Financial Times, serait donc dans les tuyaux à la demande de Paris. Ceci pourrait expliquer pourquoi, au-delà des pathétiques flonflons médiatiques et du sauvetage de face macronien sur des questions aussi existentielles que les LGBT de Tchétchénie ou les méchants médias russes, on a furieusement l'impression que Bobobankster s'est aligné sur Poutine.

Sur la Syrie, "l'objectif absolu est la lutte contre le terrorisme, l'éradication des groupes terroristes, en particulier Daech". Tiens, il y aurait des modérés pas si modérés que ça finalement et Assad ne doit plus partir... Plus intéressant encore, la fameuse phrase sur les armes chimiques que toute la MSN saoudisée a rapportée, persuadée qu'elle est dirigée contre Damas, mais que personne n'a pris la peine de décrypter :

"J'ai indiqué qu'une ligne rouge très claire existe de notre côté : l'utilisation d'une arme chimique par qui que ce soit fera l'objet de représailles et d'une riposte immédiate."

Les mots importants sont en gras. Ainsi, Assad ne serait pas le seul à disposer et à être susceptible d'utiliser des armes chimiques... Est-ce une reconnaissance en creux du false flag de Khan Cheikhoun ? A noter que le soir même, Vladimirovitch a répété dans une interview destinée au public français qu'il n'y avait aucune preuve de l'implication du gouvernement syrien dans cette attaque. Pour mieux appuyer ce qu'il a dit, voire prouvé, quelques heures plus tôt à Macron sous les lambris versaillais ?

Concernant l'Ukraine, Poutine a pris le bâton, déclarant que c'était une affaire intérieure à ce pays et qu'il fallait tenir Kiev pour responsable des atteintes aux accord de Minsk, le tout sans être contredit par son hôte. Et je ne mentionne pas les formules répétées sur "le rôle indispensable de la Russie"...

Assiste-t-on à un changement de direction de l'euronouillerie, désormais orpheline de son maître américain ? Si Macron dit tout haut ce que Merkel pense tout bas - et il y a de bonnes raisons de croire que le premier est le porte-parole de la seconde -, on est peut-être en train d'assister à un rééquilibrage du Vieux continent. L'avenir nous le dira... Mais on comprendrait mieux alors la flagornerie de la caste médiatique, cachant sous les épithètes dithyrambiques une redirection peu glorieuse pour elle.

On en prend le chemin... Dans la foulée de la visite du réaliste Le Drian à Moscou, c'est en effet une véritable bombe qu'a lancé Macron dans un entretien à huit quotidiens européens paru aujourd'hui. Dans le texte :

Le vrai aggiornamento que j'ai fait sur ce sujet, c'est que je n'ai pas énoncé que la destitution de Bachar el-Assad était un préalable à tout. Personne ne m'a présenté son successeur légitime. Assad est un ennemi de son peuple [tous les éléments de langage n'ont pas disparu du jour au lendemain, ndlr] mais pas de la France. Mes lignes sont claires. Un : la lutte absolue contre tous les groupes terroristes. Ce sont eux, nos ennemis. Deux : la Syrie ne doit pas devenir un Etat failli [failed State]. Nous avons besoin de la coopération de tous pour éradiquer les terroristes, en particulier de la Russie.

Dios mio, McCain, Barack à frites, Flamby, l'hilarante, le Seoud et autres joyeux lurons de la clique impériale doivent s'arracher les cheveux. L'imMonde est vert de rage et la presse israélienne rapporte l'info pour le moins fraîchement.

Le président Macron semble en passe de devenir nettement plus sage que le candidat Macron. Un Trump inversé en quelque sorte... Si le Donald a tout le mal du monde à contrer le Deep State, c'est néanmoins son élection qui a permis le détricotage de l'empire dont les composantes s'égaillent maintenant dans la nature.

Autre exemple récent : les nouvelles sanctions contre la Russie votées presque à l'unanimité par le Sénat US. Elles viennent d'être bloquées en l'état actuel des choses par les Républicains de la Chambre des représentants. Voir les membres d'un même parti se déchirer, selon qu'ils font parti du Sénat ou de la Chambre, sur le cas russe vaut son pesant d'ironie...

Mais c'est surtout d'Allemagne qu'est venue la surprise du chef. Nous avions vu que Berlin et Vienne se sont opposées au vote sénatorial. Les Allemands, particulièrement remontés, vont plus loin et menacent les Etats-Unis de mesures de rétorsion au cas où les sanctions anti-russes (et anti-européennes par ricochet) seraient finalement actées. Quand on se rappelle la soumission enthousiaste de Frau Milka aux divers trains de sanctions décidés par la précédente administration américaine, ça ne manque pas de sel.

Le navire impérial prend l'eau et certains ne manquent pas une miette du spectacle...

 

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Le go uvernement Edouard Philippe (II) est formé. La machine de guerre contre les français est lancée.

22 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #AMERIQUE, #La France, #La République, #La nation ., #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #Le fascisme, #l'horreur économique

Bonjour

 

Après les péripéties croquignolesques liées à l’éviction du Modem du gouvernement, le président à 17% s’apprête à détruire le modèle social français ! Mais plus grave encore, il s’apprête à terminer la destruction de la France pour le plus grand bonheur des élites mondialisées. Ces dernières attendent dans les starting-blocks le signal de la curée finale. Ces prédateurs ne conservant que l’apparence humaine, s’apprêtent à se jeter sur tous les biens, sachant que tout est et sera à vendre ! Par exemple la diplomatie française n’existe plus ; les ambassades à l’étranger sont de précieux trésors à saisir pour ces maniaques du vol en bande organisée. Hélas, ce pillage est permis par les lois actuelles et celles à venir que vont s’empresser de voter cette assemblée si peu nationale et si mal élue. L’ambassade de Vienne est sur la liste, si vous avez quelques connaissances dans la macronie , n’hésitez pas à leur transmettre cette information !

 

  • Pour bien comprendre les joies qui nous attendent, je vous transmets un document dressant un rapide inventaire des régressions programmées. Les huit morts sur ordonnances vont assurer la précarité pour tous, c’est une urgence exigée par la dictature de Bruxelles.

 

  • Pour garder le moral, rien ne vaut l’intelligence de la plume acérée de Georges Gastaud (PRCF). je vous transmets son excellent poème appelé « L’Elysée Tartufié ».

 

  • Pour finir sur une autre note d’humour, je vous propose la vidéo appelée « Zapping n° 4 » du journal mensuel RUPTURES.

 

Le poème et la vidéo sont tous deux jubilatoires.

 

Cordialement

Lucien Pons

 

  1. Le document d’information.

 

 

Le go uvernement Edouard Philippe (II) est formé. La machine de guerre contre les français est lancée.
Le go uvernement Edouard Philippe (II) est formé. La machine de guerre contre les français est lancée.

L’Elysée Tartufié.

Le go uvernement Edouard Philippe (II) est formé. La machine de guerre contre les français est lancée.
Le go uvernement Edouard Philippe (II) est formé. La machine de guerre contre les français est lancée.
  1. La vidéo de « RUPTURES ». Le zapping n°4 : le visage des institutions européennes… et ses dessous !

 

 

Le go uvernement Edouard Philippe (II) est formé. La machine de guerre contre les français est lancée.
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Natacha Polony. Article de Jean-Paul Brighelli.

20 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La République, #La nation ., #Le fascisme, #l'horreur économique, #Les média

Natacha Polony

Après l’arrêt de Polonium, sur Paris Première, je n’ai pas misé cher sur la peau de Polony à Europe 1. L’éviction de Thomas Sotto, dont elle s’était payé le luxe de dire du bien alors même qu’on lui avait collé au dos l’écriteau des bannis, était le prélude. La voici elle-même éjectée de la revue de presse qu’elle faisait trop bien, avec trop d’humour et trop d’audience pour que le nouveau maître de la tranche horaire, Patrick Cohen, n’en prenne pas ombrage avant même toute cohabitation.
Cela faisait une semaine qu’elle en parlait. Elle avait demandé que l’on restât discret, en attendant l’ultime round de négociations. Mais Arnaud Lagardère, que l’on sait si compétent dans la gestion de l’empire de papa, a joué au chef.
Que lui fait-on payer ? Peut-être pas ce qu’elle disait sur Europe, qui était de toute façon tributaire de l’actualité — sauf à penser que le pouvoir politique, qui l’amuse ou qui ne l’amuse pas, ou le pouvoir médiatique, dont elle égratignait parfois les belles plumes si rarement prétentieuses, ont décidé de se tenir par la main et de nettoyer tout ce qui ne « marche » pas à à l’uniçon, comme le « mur du çon » cher au Canard.
Résumons. Pujadas — pourquoi Pujadas, sinon parce que Delphine Ernotte, qui se sentait sur siège éjectable, voulait faire un sacrifice au nouveau pouvoir en espérant dévier la foudre jupitérienne — a été viré de France 2 alors que son Journal progressait nettement, et avait rattrapé celui de TF1. Polony, qui n’aura plus les divans de Paris Première pour y distiller un peu d’intelligence dans un monde de brutes. Moi-même, remercié par le Point.fr pour incompatibilité politique — alors même qu’ils affichaient depuis trois ans, sous mon nom, ma proximité avec NDA. Il y en aura d’autres. La démocratie est en marche. Mais si l’on tente d’éliminer tous les souverainistes de France, de NDA à Mélenchon, cela va faire du monde. Quant à prétendre qu’aimer la langue et la culture françaises c’est entrer dans le point Godwin…

 

Le plus drôle, c’est que l’on fait surtout payer à Polony les gentillesses qu’elle écrit hebdomadairement dans le Figaro. Billard indirect. Que voulez-vous, la bêtise n’est pas son fort, et par les temps qui courent, c’est un défaut capital : la preuve, on va chercher Patrick Cohen, l’homme qui sur France Inter tenait absolument à faire dire à NDA qu’il s’était fâché avec moi. Ou qui avait jadis reproché à Frédéric Taddeï, qui est un vrai homme de télé, lui, d’inviter des « cerveaux malades » — ce qui lui avait valu déjà il y a quatre ans d’être traité de « censeur des ondes officielles d’Etat ». Le même Patrick Cohen a tenté en 2015 de faire virer Yann Moix du Figaro, pour une chronique qui lui déplaisait. Petite pointure.
Mais voilà, au Figaro, pour le moment, ils la gardent — après tout, boulevard Haussmann, ils votaient plutôt Fillon, et ils ne se sont ralliés que du bout des dents à Napoléon IV. Elle aura encore pour quelque temps l’occasion de décrypter la politique. Ce qu’elle fait très bien, au passage, sur Polony.tv — l’essayer, c’est l’adopter. Certains ont les dents longues, elle, elle a la canine aiguisée.
Allez, ma chère, vous voici avec un peu de temps libre — pas trop, j’espère, il faut bien vivre, et de surcroît on a besoin de vous. Il ne vous reste plus qu’à user de votre talent pour écrire ce roman des médias qui sera le Bel-Ami du XXIème siècle, le genre qui se croit beau gosse irrésistible, qui a plus ou moins raté ses études, conquis la radio et la télé au prix de cabotinages ou de vulgarités satisfaites — les modèles sont si nombreux que l’embarras du choix vous guette.

Jean-Paul Brighelli

 

http://blog.causeur.fr/bonnetdane/natacha-polony-2-001703.html

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Jean-Luc MÉLENCHON : «Il n'y a pas de MAJORITÉ POPULAIRE pour DÉTRUIRE le CODE DU TRAVAIL »

20 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La République, #La nation ., #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #Economie, #La lutte des classes, #Le fascisme, #Le syndicalisme, #l'horreur économique, #Les média

Le 13 juin 2017, Jean-Luc Mélenchon était l'invité d'Élizabeth Martichoux. Il a souligné la très forte abstention des élections législatives et a expliqué qu'elle signifiait une absence de majorité populaire pour détruire le code du travail et faire entrer l'état d'urgence dans le droit commun comme souhaite le faire monsieur Macron. Alors que 74 candidat.e.s soutenus par la France insoumise sont au second tour, Jean-Luc Mélenchon à appelé les jeunes et les milieux populaires à se mobiliser pour nous permettre de représenter l'opposition humaniste, écologiste et sociale face au président de la République. 


Cette émission est mise en ligne avec l'accord de la chaîne. Retrouvez le replay officiel ici : https://www.dailymotion.com/video/x5q...

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L’Équateur condamne les médias pour ne pas avoir publié une histoire, par BBC News. "Les crises".

20 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La République, #La nation ., #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #Le fascisme, #l'horreur économique, #Les média

Source : BBC News, le 23.04.2017

La règle s’applique à quelques-unes des plus grandes publications de ce pays.
AFP GETTY images

L’Équateur a condamné à des amendes plusieurs sociétés pour n’avoir pas publié une histoire jugée d’intérêt public.

Le chien de garde officiel des médias a déclaré que la presse avait le devoir de couvrir l’histoire sur les prétendues transactions offshore d’un politicien de l’opposition et du récent candidat à la présidence Guillermo Lasso.

L’enquête a été publiée dans un journal argentin en mars.

Les chiens de garde et les sociétés de presse se sont accusés mutuellement de censure. Un appel est en cours.

La décision a été appliquée contre les journaux El Comercio, La Hora, Expreso et El Universo, et les chaînes de télévision Televicentro, Teleamazonas et Ecuavisa.

Le chien de garde connu sous le nom de Supercom a déclaré avoir condamné les compagnies à une amende de 3 750 dollars ( 3000 livres sterling), l’équivalent du salaire de base de dix journalistes.

Le directeur de Supercom Carlos Ochoa a dit que les amendes étaient à la fois une punition et une motivation pour améliorer les pratiques journalistiques.

Pedro Valverde, un avocat du journal El Universo, a déclaré à la BBC qu’il « utilisera toutes les options administratives et judiciaires possibles pour annuler cette sanction absurde ».

Le rapport « Lasso : le magnat offshore », a d’abord été publié par le journal de gauche argentin Pagina 12 et fut repris par divers autres journaux d’information équatoriens avant les élections nationales du 2 avril.

L’organisation locale de liberté d’expression Fundamedios a déclaré que le gouvernement ne devrait pas infliger d’amendes aux médias.

« C’est un acte de censure destiné à donner au gouvernement le rôle d’éditeur de tous les médias, décidant ainsi de ce qui doit être publié ou non », a dit le directeur Cesar Ricaurte.

L’enquête portait sur les prétendues pratiques bancaires offshore du candidat à la présidence Guillermo Lasso

Supercom agit en vertu de la loi controversée sur les communications.

La loi, introduite par le président Rafael Correa en 2013, donne aux fonctionnaires le pouvoir de sanctionner les médias.

La plainte récente contre les médias a été enregistrée par une organisation appelée l’Observatoire citoyen pour la qualité des communications, le 27 mars, après que le président Correa a déposé une plainte sur son émission de télévision.

L’organisation a déclaré que des sociétés de médias diverses – certaines parmi les plus importantes du pays – ont échoué à publier ou enquêter sur les accusations de transactions bancaires offshore qui « affectent le droit de voter des Équatoriens, alors que quelqu’un qui aspire à devenir président est impliqué dans des crimes potentiels. »

Le président sortant équatorien Rafael Correa et son successeur Lenin Moreno. Image Reuters

Cependant, certains médias affectés ont avancé qu’ils étaient liés par une législation contradictoire.

M. Valverde s’est référé au Code de la Démocratie, qui ne permet pas aux médias de publier des travaux qui pourraient être considérés comme agissant activement pour ou contre un candidat pendant une période électorale.

Les représentants du journal El Comercio ont également déclaré que la loi sur les communications comporte une autre clause – l’article 22 – qui stipule que le journalisme doit être vérifié et qu’il ne peut pas se fier à l’enquête argentine.

Est-ce que la loi va durer ?

M. Lasso a prévu de révoquer les lois sur la communication s’il gagne les élections.

L’ancien banquier a perdu de très peu contre le candidat de gauche Lenin Moreno.

Le nouveau président Moreno a également exprimé des réserves sur la loi, y compris sur l’annonce des sept amendes.

Il a déclaré qu’il aimerait parler à la presse directement sur le sujet, selon des rapports des médias.

Le président Correa a très souvent défendu sa loi, en faisant aussi référence à cet incident récent.

http://www.bbc.com/news/world-latin-america-39682264

Source : BBC News, 23.04.2017

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité,en citant la source.

http://www.les-crises.fr/lequateur-condamne-les-medias-pour-ne-pas-avoir-publie-une-histoire-par-bbc-news/

 

 

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Jérôme Sainte-Marie : Une élection sans le peuple ? Par Alexandre Devecchio

20 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La mondialisation, #La République, #La nation ., #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #La lutte des classes, #Le fascisme, #Le syndicalisme, #l'horreur économique, #Les média

Jérôme Sainte-Marie : Une élection sans le peuple ?

Jérôme Sainte-Marie : Une élection sans le peuple ?

 

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN - Témoignage des fractures du pays, le premier tour des législatives se caractérise par le plus haut taux d'abstention sous la Vème République. Le décryptage de ces élections de Jérôme Sainte-Marie.


Diplômé de Sciences Po Paris et d'une licence d'histoire, Jérôme Sainte-Marie a travaillé au Service d'Information du Gouvernement et à l'Institut Louis Harris. Il a ensuite dirigé BVA Opinion de 1998 à 2008 puis CSA Opinion de 2010 à 2013. Il a fondé en parallèle l'institut iSAMA en 2008. Il dirige actuellement Pollingvox, une société d'études et de conseil spécialisée dans les enjeux d'opinion, fondée en 2013. Il a publié Le nouvel ordre démocratique (éd. du Moment, 2015).


FIGAROVOX. - Le deuxième tour des élections législatives devrait permettre à En Marche d'obtenir une majorité très large. Cependant, l'événement marquant du premier tour a été la très faible participation. Que cela vous inspire-t-il?

Jérôme SAINTE-MARIE. - Les 51% d'abstention du premier tour sont un événement considérable. Il s'agit du premier revers politique d'importance pour Emmanuel Macron depuis son élection. À partir du 11 juin, il est beaucoup plus difficile de parler d'élan populaire en faveur du nouveau pouvoir, puisque les candidats LREM et leurs alliés ont, de fait, recueilli 1,3 million de voix de moins que leur leader au premier tour de la présidentielle. À ce niveau, on peut parler de refus de participer, d'insubordination civique. Il ne s'agit pas à ce stade de dire que cette abstention est une protestation, et pas davantage un consentement. Elle traduit cependant l'inadéquation bien perçue par les citoyens de notre mécanique électorale. Non seulement le résultat de la présidentielle conditionne celui des législatives depuis l'instauration du quinquennat mais cette fois-ci, exactement comme en 2002, les choses étaient réglées dès le soir du premier tour. Jacques Chirac, du haut de ses 19,9% de suffrages exprimés, n'avaient pas eu à faire la moindre concession politique à ses concurrents pour triompher au second tour, puis pour obtenir, avec 365 députés élus, une majorité très large pour l'UMP nouvellement créée. Emmanuel Macron aura fait beaucoup plus d'efforts, avec la constitution d'un gouvernement alliant ministres de gauche, du centre, et de la droite. L'absence de possibilité d'une majorité alternative face à lui, du fait de la quadripartition de l'opposition, aura convaincu la moitié des électeurs de l'inutilité de se déplacer. Sans le savoir, ni forcément le vouloir, ces abstentionnistes ont creusé une mine profonde sous l'édifice du nouveau pouvoir.

Est-ce l'expression d'un fossé qui se creuse entre deux France?

Après le vote de classe du premier tour, nous observons en effet une abstention de classe. Ce qui permet d'ailleurs à certains de dire que les différences sociologiques entre les différents électorats se sont estompées lors des législatives. Certes, mais précisément parce que ce scrutin s'est déroulé non seulement hors sol, car la dimension locale a particulièrement peu compté dans le vote, mais surtout hors peuple. Ainsi, 66% des ouvriers et 61% des employés se sont abstenus, au lieu de 45% des cadres. La jeunesse, si présente dans l'image projetée par le mouvement En Marche!, est en fait restée sur le bord du chemin: 64% des moins de 35 ans se sont abstenus (et encore ce chiffre est minoré par l'importance de la non-inscription parmi eux), au lieu de 35% des plus de 60 ans. Dès lors, les commentaires sur la relative homogénéisation sociologique du vote entre les différents électorats aux législatives sont sans objet. Si l'on s'en tient aux suffrages exprimés, il en manquait plus de treize millions le 12 juin par rapport au 23 avril. Ce qui s'est traduit par un corps électoral effectif totalement distordu par rapport au corps électoral théorique. Donc, oui, les législatives confirment et amplifient l'enseignement de la présidentielle. Entre les Macron-compatibles et les autres, il n'y a pas qu'une différence d'opinions, mais aussi un profond fossé social.

Une note du CEVIPOF montre que la composition de la prochaine Assemblée pourrait être plus homogène socialement que jamais. Parmi les candidats LREM, il n'y aurait que 0,2 % d'ouvrier et 0,9% d'employés. Le renouveau se fait-il par le haut?

Ce travail de Luc Rouban est d'autant plus spectaculaire qu'il montre qu'au même moment la représentation des femmes et des actifs issus du privé s'améliore. On savait que la promotion de la parité et de la diversité pouvait parfaitement s'accommoder d'une aggravation des inégalités sociales, voire en être le paravent. L'offre électorale de ces élections aura été une illustration éloquente de ce phénomène, décrit et expliqué par le chercheur américain Walter Benn Michaels. Nous touchons également à la notion de «société civile». On utilise parfois ce mot comme synonyme d'un «pays réel» qui serait masqué par l'État et le personnel politique. En fait, dans le cadre d'un système représentatif, c'est la politique, et donc les partis, qui permettent parfois la promotion d'élus issus des catégories populaires. Sinon on retombe sans s'en apercevoir, et sans parfois le vouloir, dans un recrutement élitaire. Une entreprise ne se résume pas à sa direction, ni le monde des indépendants aux fondateurs de start-ups. Il est piquant de voir le côté 19e siècle de la situation. On a une participation qui rappelle les grandes heures du suffrage censitaire, et une assemblée qui évoque un peu, mutatis mutandis, les assemblées de notables. Il ne manque même pas les Saint-Simoniens.

Après le premier tour de la présidentielle, vous évoquiez la constitution d'un bloc élitaire? De quoi s'agit-il?

Il convient de s'affranchir des termes porteurs de connotations politiques ou morales, et d'essayer de trouver une manière correcte de nommer le réel. C'est pourquoi l'opposition «peuple» - «élites» ne convient pas, le premier terme étant trop englobant, et le second trop restrictif. Même la notion de «bloc bourgeois» n'est pas simple, car elle tend à assimiler des millions de Français qui le soutiennent à une condition sociale qui n'est pas la leur. À l'inverse, selon moi, le «bloc élitaire» désigne tous ceux qui appartiennent aux élites sociales, ceux bien plus nombreux qui aspirent à en être, et enfin les personnes qui considèrent que l'obéissance aux élites est aussi légitime que naturelle. C'est donc, j'en suis conscient, à la fois une situation objective et une inclination subjective. C'est d'ailleurs pour cela que l'on parle de «blocs» sociaux. Non parce qu'ils sont composés d'une substance homogène, mais parce qu'ils constituent l'agrégation de milieux différents, et cependant solidaires. Un bloc social a vocation à exercer le pouvoir à son profit et au nom de l'intérêt général. En tant que tel, il n'est cependant qu'une construction historique, et peut se désagréger. L'extraordinaire réussite de Macron est d'être devenu l'incarnation de ce bloc élitaire, dont la constitution sur les ruines du clivage gauche-droite avait cependant débuté des années avant l'annonce de sa candidature.

Macron peut-il gouverner uniquement avec ce bloc élitaire?

La réunification des élites de gauche et de droite, sur un fond de convergence idéologique et d'homogénéité sociale, est pour le moment une réussite éclatante. On sent même, dans certains milieux aisés, une forme d'euphorie. On se croirait le 14 juillet 1790. C'est la Fête de la Fédération de la bourgeoisie contemporaine. La force propulsive d'En Marche! lui permet d'être au second tour aussi bien aux législatives qu'à la présidentielle, et ensuite son triomphe est mécanique. L'existence du bloc élitaire renvoie cependant à un problème, celui de l'affaiblissement des forces dites de gouvernement. C'est bien parce que Nicolas Sarkozy d'abord, François Hollande ensuite, ont échoué à réformer le pays autant qu'ils le souhaitaient, les deux acceptant à peu près le cadre de l'Union européenne et les exigences des marchés financiers, qu'il y a eu la dynamique En Marche! Autrement dit, l'épopée macronienne se fonde d'abord sur la volonté de donner aux réformes de structure de notre société une base politique et sociale suffisante. Si l'on considère le score du premier tour de la présidentielle et des législatives en nombre de voix, rapporté à l'ensemble du corps électoral, ce projet n'est pas encore totalement achevé. C'est là où l'on redécouvre, derrière les discours sur la société civile, l'importance du pouvoir de l'État. Le contrôle de celui-ci, exercé par des personnalités qui en maîtrisent parfaitement les rouages, tranche la question.

Face au bloc élitaire, vous évoquez un bloc populaire. Celui-ci est-il représenté actuellement? L'abstention massive traduit-elle la sécession de ce bloc?

Face au bloc élitaire, qui agrège dans sa représentation politique le parti du Président mais aussi le Modem, les UMP dits «constructifs» et les PS dits «compatibles», le bloc populaire demeure virtuel. Face à la politique prônée par Emmanuel Macron et Édouard Philippe, il n'y a pas un «Front du refus», mais un «archipel du refus». C'est là un déséquilibre stratégique majeur. On en voit les effets au second tour des législatives, où dans chaque circonscription, le candidat qui affronte celui de LREM est issu le plus souvent d'une des quatre forces d'opposition, sans alliance possible, et avec en conséquence de très mauvais reports de voix. Cette situation est durable. Elle constitue une chance historique pour l'achèvement des réformes libérales annoncées. Dans la mesure où l'opposition au nouveau pouvoir prendra nécessairement une forme aussi sociale que politique, la position de la France Insoumise est assez favorable, tandis que le Front national sera handicapé par ses ambiguïtés idéologiques sur le libéralisme économique. La situation de l'UMP est certes moins grave que celle du PS, mais leur espérance commune d'une reconstitution du clivage gauche-droite pourrait bien être durablement déçue. Cet ordre politique n'a pas seulement été affaibli, il a été remplacé.

 

http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2017/06/16/31001-20170616ARTFIG00329-jerome-sainte-marie-une-election-sans-le-peuple.php

 

 

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Deuxième tour… par Jacques Sapir · 18 juin 2017

19 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #La République, #La finance dérégulée, #l'horreur économique

Deuxième tour…  par Jacques Sapir  · 18 juin 2017

Deuxième tour…

 

Il semble bien que l’abstention ait atteint un record historique pour le 2ème tour des élections législatives. Avec entre 56% et 57%, l’abstention franchit un seuil historique. Ce niveau met en doute la représentativité de l’Assemblée, alors même que se dessine une large majorité pour La République en Marche, et ce sans compter le MODEM. Il fragilise le pouvoir d’Emmanuel Macron, alors que ce dernier, avec son Premier ministre, entend mettre en œuvre des réformes extrêmement brutales. Ce taux d’abstention montre que la crise politique latente en France depuis le milieu du mandat de François Hollande n’est pas terminée. Même si elle ne peut s’exprimer dans un vote, elle va continuer à corroder la société et elle s’exprimera à la moindre des occasions.

 

Une gigantesque abstention

Il s’agit donc d’un niveau inouï de l’abstention. Ce niveau l’est à deux titres. Tout d’abord par le chiffre atteint, près de 8 points de plus que lors du 2ème tour des élections législatives de juin 2012. Il l’est aussi parce que les électeurs n’ont pas voulu inverser le mouvement du 1er tour, ou l’abstention avait déjà été très importante, atteignant 51,3%. Quand en 1981, en 1988, voire en 1997, le taux d’abstention avait été élevé (pour l’époque) au 1er tour, les électeurs avaient corrigé lors du 2ème tour.

On constate que l’abstention monte régulièrement depuis 2002, c’est à dire depuis qu’est entrée en vigueur la modification constitutionnelle ramenant le mandat du Président de la République à 5 ans, et faisant de lui, en réalité, le chef de la majorité parlementaire. Mais, dans cette tendance, ce 2ème tour du 18 juin 2017 marque une véritable rupture, par le saut quantitatif, tant en général que par rapport aux résultats du 1er tour.

 

Graphique 1

On dira que la démocratie est malade en France, ce qui est une évidence. Le transfert de compétences de plus en plus nombreuses vers l’Union européennes et sa bureaucratie, mouvement que le Président nouvellement élu veut d’ailleurs amplifier, participe de cette crise de la démocratie représentative en France. Il faut être aveugle, ou pétri d’idéologie, pour se refuser à le voir. La perte de la souveraineté de l’Etat se traduit par un processus d’étrangement entre le peuple et les institutions. Il faudra donc traiter cette crise ou être confronté à ses conséquences les plus déplaisantes.

Mais, cette abstention en dit long, aussi, sur le mécontentement des Français confrontés à une offre politique qui leur semble largement insatisfaisante. La constitution d’un « bloc » unissant le centre-gauche et le centre-droit pouvait apparaître comme un coup de maître. Mais, cette manipulation a son revers ; faute d’alternance crédible, les électeurs boudent les élections. D’une certaine manière, cette abstention extraordinaire a valeur de mise en garde tant pour le gouvernement que pour le Président. Elle correspond à une forme de grève de la part des électeurs. Si le parti du Président, La République en Marche, ne tenait pas compte du fait que cette abstention est aussi un vote de défiance à son encontre, il se tromperait lourdement.

 

Les causes d’une grève des citoyens

L’offre politique, ou plus exactement les partis qui concourraient dans cette élection, ne correspondaient pas à ce que les Français espéraient, c’est une évidence.

Si l’on a été confronté à un mouvement contre la classe politique traditionnelle, la manipulation qui a cherché à faire passer La République en Marche pour une nouvelle force n’a pu très longtemps camoufler le fait que ce « nouveau » parti est un assemblage hétéroclite de vieux briscards de la politique française et de « petits nouveaux » sans expérience, soigneusement drivés par des « coachs » dont le passé politique est long comme le bras…Cette prise de conscience s’est aussi traduite par un effondrement de la participation, tout comme elle s’est traduite par le (relatif) repli de LREM entre le 1er et le 2ème tour.

Il aurait pu, aussi, se traduire par une mobilisation en faveur des partis de l’opposition au Président. Mais, sur ce point, il est clair que ces partis n’ont pas réussi à attirer à eux les électeurs. On peut le comprendre avec les « Républicains » dont on ne sait encore aujourd’hui s’ils sont viande ou poisson, dans la majorité présidentielle ou dans l’opposition. D’ailleurs, on peut penser que certains des députés LR vont soutenir le gouvernement, ou a tout le moins approuver ses lois les plus discutables, par exemple dans le domaine social. Mais, ce même phénomène frappe aussi deux partis dont on pouvait penser qu’ils incarnaient une opposition au système politique.

Pour la France Insoumise, et ce en dépit d’un résultat honorable puisque ce mouvement est crédité de 19 députés, l’écart entre son programme et les militants qui le portent dans les circonscriptions a certainement joué, problème inévitable pour un mouvement extrêmement jeune. Ce mouvement, qui avait fait plus de 19% des voix au 1er tour de la présidentielle pouvait en effet escompter mieux. Conscient de ce problème, Jean-Luc Mélenchon s’est rabattu sur une dénonciation violente des réformes promises par Emmanuel Macron. Mais, ce retour à une politique de dénonciation ne convainc pas, et ne peut convaincre, les électeurs qui sentent bien, même si c’est confusément, que les problèmes sont d’une autre ampleur. Il était, et il est toujours, juste de dénoncer une loi travail en pire à venir avec les ordonnances promises par Emmanuel Macron, mais cela ne pouvait suffire. Il y a eu un problème de crédibilité, que ce soit sur les propositions institutionnelles ou sur la politique intérieure, la politique d’intégration, le rapport à l’islamisme radical et la lutte contre le terrorisme.

Pour le Front National, le bilan est à peu près le même. Certes, il augment son nombre de députés. Certes, il réalise une percée dans le bassin minier du nord de la France, percée qui vient équilibrer ses succès dans le sud de la France. Mais, il voit son nombre de voix se contracter fortement du 1er tour de l’élection présidentielle, ou Marine le Pen était en 2ème position avec plus de 21% des voix, et le 1er tour des législatives. Il paye assurément ses errements lors de l’entre-deux tour de la campagne présidentielle, et le débat désastreux, ou sa dirigeante, Marine le Pen, n’a pas su se hisser à la hauteur que ses électeurs attendaient d’elles. Cependant, le mal est plus profond. Le Front National paye son manque de professionnalisme ce qui conduit à un manque évident de crédibilité évident pour gouverner le pays. C’est cela qui explique le retrait vers l’abstention de nombre de ses électeurs de la présidentielle, et non des problèmes de « ligne » politique. Ce manque de professionnalisme, explique aussi pourquoi ce parti n’est pas capable d’articuler une versant positif aux dénonciations de son discours, en dépit d’efforts répétés mais hélas trop tardifs et trop dispersés. Or, pour pouvoir avancer, il faut être capable d’articuler un projet de manière cohérente. C’est ce qu’attendent les électeurs.

 

Crise politique et crise de légitimité

On dira, aussi, que les parti-pris des médias, qui ont porté à bout de bras la campagne d’Emmanuel Macron tout en se déchaînant contre ses adversaires, ont joué leur rôle dans cette abstention. C’est très probable, mais insuffisant comme explication. Que l’on se rappelle l’attitude de ces mêmes médias lors du référendum de 2005. Pourtant, ils avaient été incapables d’influer sur le vote des français.

On dira encore que les haines recuites entre la France Insoumise et le Front National, haines qui peuvent se comprendre et s’expliquer par le passé du FN mais qui aujourd’hui sont bien difficiles à justifier, ont eu leur part. C’est à nouveau probable, mais tout aussi insuffisant comme explication.

La vérité est que Emmanuel Macron et son mouvement étaient prêts, avaient une stratégie de conquête du pouvoir, quand leurs adversaires souverainistes ne l’étaient pas, se sont divisés, et n’ont pas été capables de formuler une véritable stratégie. En particulier, la distinction entre « le » politique et « la » politique n’a pas du tout été maîtrisée. C’est ce qui explique qu’une idée puisse être majoritaire, mais que les forces qui la portent peuvent aussi être défaites en rase campagne.

Mais, cet échec n’est que provisoire, et la victoire d’Emmanuel Macron et de son parti se révèle extrêmement fragile. La crise de légitimité qui découle de l’ampleur de l’abstention pourrait éclater rapidement si ce gouvernement se décidait à passer aux actes avec la brutalité qu’il prévoit.

La crise politique qui ronge la France n’est pas achevée. Nous n’en voyons pas la fin, ni même le début de la fin. Ce qui vient de se clore avec l’élection de l’Assemblée Nationale n’est en réalité que la fin du début.

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Et maintenant… attention à la Marche. Lees résultats aux législatives commentées par le journal "RUPTURES".

19 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La République, #La nation ., #Terrorisme, #La finance dérégulée, #Le grand banditisme, #Les transnationales, #le nazisme, #La lutte des classes, #l'horreur économique

Et maintenant… attention à la Marche

le 19 juin 2017
panneaux électoraux

Un parlement violet, si ce n’est ultra-violet. Une participation en chute libre, constituant même un record absolu dans ce type de scrutin. Un Parti socialiste laminé, une droite classique en déroute et éclatée. Une France insoumise finalement ragaillardie puisque, à défaut de siéger à l’Elysée comme elle en avait fugacement caressé l’espoir, elle disposera d’un groupe au Palais-Bourbon. Et un Front national qui déjoue les pronostics de ses détracteurs en faisant élire, seul contre tous, une petite dizaine de ses représentants.

Mais au-delà de ce tableau largement commenté, le second tour des législatives confirme, voire amplifie, ce que les scrutins précédents ont marqué : un fossé social de plus en plus profond.

Plus encore que d’habitude, ce sont bien les classes populaires qui ont fait massivement la grève de l’isoloir

C’est caricaturalement visible dans l’abstention : plus encore que d’habitude, ce sont bien les classes populaires qui ont fait massivement la grève de l’isoloir. Ces mêmes catégories qui avaient, pour une large part, placé Marine Le Pen au second tour de la présidentielle, et permis à Jean-Luc Mélenchon de créer la surprise au premier tour de celle-ci (même si ce dernier a également rallié beaucoup de bobos des centre-villes, séduits par un discours écologique post-moderne, par ailleurs mortifère au regard de toute espérance de transformation sociale).

Idéologiquement : une France ouverte… à l’ultralibéralisme et à la mondialisation ; contre une France « arc-boutée »… sur sa protection sociale et sa souveraineté.

Les candidats macronistes étaient à 70% issus des classes supérieures et dirigeantes

Ce clivage de classe se reflète dans la sociologie des nouveaux élus. Les candidats macronistes étaient à 70% issus des classes supérieures et dirigeantes. Du coup, En Marche ! est bel et bien en passe de « renouveler » la classe politique. Mais la question est : dans quel sens ? Certes, le Palais-Bourbon ne brillait pas par l’abondance d’ouvriers, de techniciens, de caissières de supermarché ou de chômeurs.

Mais les nouveaux marcheurs se recrutent essentiellement parmi les « entrepreneurs », les patrons de start-up, les conseils en management ou les directeurs de ressources humaines. Ce que le langage bruxellois nomme avec tendresse « la société civile ». Lors de la soirée électorale, il s’est du reste trouvé des invités pour saluer l’entrée en force d’« hommes et de femmes qui connaissent l’entreprise » (privée, de préférence). Autant de nobles représentants du peuple qui, n’en doutons pas, défendront bec et ongles un siècle de conquêtes ouvrières…

Cette loi El Khomry puissance dix répond terme pour terme aux recommandations de Bruxelles

Car l’ordre du jour macronien est connu. Outre la loi dite « de confiance dans la vie démocratique » (un intitulé proprement orwellien…), c’est la loi d’habilitation permettant au futur gouvernement de démonter par ordonnances le code du travail qui tient le haut de l’affiche. Cette loi El Khomry puissance dix répond terme pour terme aux recommandations de Bruxelles. Emmanuel Macron n’a en outre pas caché que ces « réformes » au pas de charge répondaient aux souhaits de Berlin (Angela Merkel n’a pas attendu une heure après la fermeture des bureaux de vote pour envoyer un message de félicitations aux Marcheurs…) et positionnait ainsi la France en bon élève européen.

Non que le nouveau maître de l’Elysée soit un docile adjudant-chef exécutant fidèlement les ordres de l’UE. Il aspire en réalité à être, avec la chancelière, un des décideurs au sein d’un directoire européen. Car l’Union européenne n’est pas une abstraction, mais l’outil indispensable pour tenter d’imposer aux peuples ce que ces derniers auraient eu la force de refuser au niveau national.

A Bruxelles et dans les cénacles politico-médiatiques inspirés, il est désormais de bon ton, après la victoire d’Emmanuel Macron, de fêter le déclin du « populisme ». Entendre par là : les résistances aux projets économiques, sociaux et sociétaux de l’oligarchie.

Les plus lucides, cependant, attendent un peu avant de déboucher le Champagne. Car, après le code du travail, c’est le transfert de la protection sociale vers la CSG qui se profile, ainsi que 60 milliards de coupes dans les dépenses publiques – également un impératif européen.

Il n’est pas certain que le nouveau chef de l’Etat ait devant lui une Marche tranquille.

 

https://ruptures-presse.fr/actu/legislatives-resultats-macron-bruxelles/

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L'homme sans qualités. Par Marc Rameaux

18 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #La nation ., #Europe supranationale, #francais colloque, #La France, #AMERIQUE, #La mondialisation, #La République, #Le grand banditisme, #Le fascisme, #Les média, #l'horreur économique

vendredi 16 juin 2017

 

L'homme sans qualités

 
 
Par ce titre, il ne s’agit pas de dénier tout talent à l’homme qui vient de se faire élire président de la république. Mais de voir en lui ce que le célèbre roman éponyme de Robert Musil dévoile avec tant de lucidité.
 
Tout comme Ulrich - le héros du roman - Emmanuel Macron présente tous les dehors apparents d’atouts personnels. L’on prête ainsi à Ulrich intelligence, volonté et parfois courage. Musil ne cherche pas à faire le portrait d’un médiocre. Son titre révèle un malaise beaucoup plus profond : « l’homme sans qualités » est appelé ainsi non parce qu’il en est dépourvu, mais parce qu’il faudrait parler d’attributs abstraits le concernant, au sens mathématique du terme, plutôt que de qualités personnelles.
 
Dans le roman de Musil, Ulrich possède bien certains talents, mais ils se diluent dans un relativisme généralisé, un regard purement formel sur le monde, faisant de toute conviction ou tout engagement un simple protocole d’usage. Les qualités ne sont pas absentes, mais elles ne sont jamais habitées. Comme s’il ne subsistait plus que la liberté de choix à l’état pur, sans le pilotage de la conscience.
 
Musil parle dans son roman de l’Autriche-Hongrie finissante, sous le sobriquet de « Cacanie », un état qui « ne subsistait plus que par la force de l’habitude ». Les héros de son roman essaient de se donner des causes mais sans y croire. Musil diffuse une ironie perçante et glacée tout au long de son roman, sur le mouvement « d’Action parallèle » que rejoint Ulrich. Ce groupe politique auto-constitué est une dernière tentative de célébrer leur souverain François-Jospeh et leur pays, mais sans que personne ne sache plus ce qu’est leur nation ni ce qui la fonde.
 
 
La détermination à agir pour « l’Action parallèle » est affichée d’autant plus fortement et avec tous les signes extérieurs de la volonté qu’elle ne sait même pas pour quoi elle se bat : la forme véhémente doit masquer l’absence totale de contenu. Du reste dans la logique post-moderne, cette façon de rester toujours à la surface ne pose aucun problème : le fond n’est pas critiqué, il n’existe tout simplement pas. Pour Macron – Ulrich, la culture française n’existe pas. Elle n’est qu’un réceptacle abstrait accueillant tour à tour des tendances interchangeables, sa seule qualité précisément, étant de pouvoir se prêter à toutes les combinaisons.
 
 
L’on frémit en relisant Musil et les déboires de la Cacanie : discussions stériles et sans fin que l’on s’invente pour masquer les vrais problèmes, relativisme moral considérant que pouvoir accueillir tous les possibles devient une fin en soi, projets grandioses pris très au sérieux mais parfaitement creux, présentés comme une renaissance avant l’effondrement de l’Autriche-Hongrie.
 
Le stade terminal du post-modernisme est décrit avec une précision clinique. La France y est aujourd’hui tellement plongée que l’on ne peut même pas accuser Macron d’être post-moderne : il est le post-modernisme. Le reproche de relativisme moral confinant au cynisme le plus complet, comme le montre l’affaire Ferrand, glisse sur lui comme de l’eau sur une matière imperméable : il est le relativisme incarné.
 
Tout jugement moral n’a plus prise, non pas parce qu’il aurait quelque chose à y objecter, mais parce que la morale n’a pour lui aucun sens. Nos politiques traditionnels fautaient mais savaient qu’ils commettaient une faute. Pour Macron-Ulrich, cette notion est simplement dénuée de signification : seul compte le jeu formel des combinaisons car lui seul existe, sans jugement, sans historique, son seul critère d’évaluation étant de savoir s’il atteint ou non le but qu’il s’était fixé.
 
 
Comparatif trop sévère avec le roman de Musil ? L’on pourrait m’objecter que lors de la fameuse séquence où Macron hurlait à la fin de l’un de ses meetings, il n’était plus dans le formalisme neutre et semblait défendre une conviction, qu’elle nous plaise ou non. Pourtant, dans cette séquence comme lors de la poignée de main Trumpienne, ce n’est pas l’outrance qui m’a frappée et qui a attiré les commentaires de surface. C’est de ressentir combien cela sonnait faux, comme un acteur qui surjoue. Même les foucades sont calculées, et font partie du petit jeu de la société post-moderne. Le microcosme que Musil décrit avec cruauté met en scène des personnages qui semblent très concernés par leur cause, jouant la comédie de la détermination. Le génie du roman viennois est de nous faire ressentir sans jamais le dire tous les faux semblants enfouis derrière ces postures.
 
 
Mais ne tombons pas nous-mêmes dans l’abstraction. Je souhaite illustrer par quatre exemples concrets tirés du démarrage du jeune président pourquoi il peut faire irrésistiblement penser au héros de Musil, et à l’ambiance générale d’absurdité, de déliquescence et de convictions vides que le roman viennois met en scène.
 
 
Le partage des postes avec le Modem et la colère de Bayrou :
 
Dès les premiers jours de constitution de l’équipe gouvernementale, une trahison apparaissait. La presse s’en est amusée, et il faut admettre que ce croc en jambe avait un caractère savoureux, car c’est un maître traître qui en faisait les frais.
 
Ce n’est donc pas cette manœuvre obscure qui attirait mon attention, car elle est très classique dans le monde politique. La réaction de Macron et la conclusion qui en est sortie sont en revanche très révélatrices d’un degré supplémentaire de déliquescence. Macron ne chercha pas longtemps à résister aux demandes de Bayrou, qui obtint gain de cause en quelques jours. L’on aurait tort d’y voir un signe de faiblesse ou de manque de caractère du nouveau président. Car son revirement n’était pas fait sous le mode d’une capitulation, mais d’une sorte de cynisme souriant et assumé, affichant clairement « Tiens, cette combinaison-là n’a pas marché, il s’en est aperçu. Tant pis, changeons de combinaison et passons à autre chose. »
 
Pour bien comprendre le mode de fonctionnement de celui qui est maintenant président, il faut préciser que même le qualificatif de cynisme n’aurait aucun effet sur lui. Les combinaisons de facteurs peuvent s’interchanger dans l’instant et autant de fois que nécessaire, de manière parfaitement fluide, parce qu’elles ne portent aucun engagement moral ni aucun sens.
 
Si Bayrou n’avait pas obtenu le respect des engagements pris, cela n’aurait eu aucune sorte d’importance : respect ou non respect des engagements, seul le résultat final compte. Macron n’est pas seulement post-moderne, il est post-moral. Il franchit en cela une étape supplémentaire de la dégradation politique, peut-être l’étape terminale, de ne plus être dans la transgression et la faute, mais de considérer que la transgression et la faute n’existent même plus. Le pire étant qu’il le fait certainement en toute bonne conscience, et ne voit pas en quoi cet hyper opportunisme serait répréhensible. Les français ont élu une sorte d’ange amoral à leur tête.
 
 
L’affaire Richard Ferrand : misère du légalisme :
 
Je ne m’appesantirai pas sur le parallèle de l’affaire Ferrand avec l’affaire Fillon et sur la totale dissymétrie de traitement, aussi bien de la part de la justice que des media : d’autres l’ont déjà très bien relevé et commenté.
 
L’absence quasi-totale de réaction des contre-pouvoirs médiatique et judiciaire pour protéger un ami est plus inquiétante encore que l’acharnement dont ils ont fait preuve pour détruire un adversaire, et confirme clairement la fin de leur indépendance vis-à-vis de l’exécutif.
 
Cette fois c’est par la bouche d’Edouard Philippe que le nouveau président a fait savoir le reflet de sa pensée. Ces deux-là se sont bels et bien trouvés, tant leur mode de fonctionnement totalement amoral se ressemble. Il faudra s’y faire, la démultiplication de Macron à travers des personnages qui partagent son vide moral est un aspect de son Fregolisme politique. Macron n’a pas besoin d’hologrammes, il a déjà ses clones.
 
« Je dis oui, après avoir parfaitement compris, avoir parfaitement conscience de l'exaspération des Français, de leur émotion, de leur agacement. », déclare ainsi le premier ministre pour annoncer le maintien de Ferrand au gouvernement.
 
Le terme « j’ai parfaitement conscience de… », ou « nous avons parfaitement conscience de… » est devenu l’un des plus intéressants cas de dérive sémantique que je connaisse. Il apparaît aussi bien dans les communications des politiques que dans certaines circulaires officielles émanant de l’administration. Sa signification est la suivante : lorsque quelqu’un vous dit qu’il a parfaitement conscience de ce que vous réclamez ou de ce que vous vivez, cela annonce son intention de n’absolument rien faire et de piétiner totalement et sans complexe votre demande.
 
Il faudra un jour créer un dictionnaire des expressions toutes faites dont le sens a été ainsi inversé. Il faut aussi relever que c’est le mot « conscience » qui a été choisi par le détournement post-moderne, c’est-à-dire ce qui exprime normalement la quintessence de la vie intérieure, aujourd’hui contre employée pour signifier son absence totale.
 
Finalement gêné par certaines protestations quant à son silence jupitérien, le jeune président se sent obligé de communiquer sur le sujet, en renchérissant sur les déclarations de son clone barbu :
 
"Un gouvernement doit gouverner, la presse doit faire son travail et ensuite une justice indépendante en France fait son travail. Il ne faut confondre aucun de ces rôles"
 
Le formalisme, encore et toujours, employé comme prétexte s’exonérant de tout devoir moral : l’une des armes préférées du post-modernisme. Ceci permet de faire passer les préoccupations éthiques pour un comportement passionnel et – accusation suprême pour le post-modernisme – non professionnel.
 
Macron confond ici à dessein l’indépendance des pouvoirs, impératif catégorique qui doit être à tout prix préservé et des règles formelles qui l’empêcheraient soi-disant d’exprimer son opinion d’homme. C’est à la seule justice de juger Ferrand. Mais cela n’empêche pas pour autant d’exprimer une opinion sur le caractère éthique, et non légal, de ses agissements : c’est aussi le rôle humain du meneur d’une équipe.
 
En instaurant un tel formalisme des rôles, il faudrait interdire au sein de toute communauté d’hommes au travail, et un gouvernement en est une, toute forme de sentiment humain et d’opinion, de peur qu’il s’agisse d’un jugement. Prétexte bien commode pour celui qui veut s’abstenir de faire la distinction entre le légal et le moral lorsque celle-ci s’avère très gênante. Le légalisme est au politique ce que le vice de forme est à l’avocat.
 
Dans le cas de Fillon, il était absolument nécessaire que le coupable soit trainé en place publique. Dans le cas de Ferrand, ses actions sont bien regrettables mais il est urgent d’oublier le passé, de passer à autre chose afin de se tourner vers un avenir radieux évitant de se poser la moindre question. Ce faisant, Macron comme Philippe commettent une entorse bien plus grave à la justice qu’en exprimant une opinion humaine, puisqu’ils décident du caractère grave ou pardonnable des actes reprochés. Dans un registre « circulez, il n’y a rien à voir », le nouveau gouvernement annonce clairement son intention de se moquer éperdument de toute opinion du peuple français et de s’octroyer tous les droits de faits du prince
 
 
L’ancienne position sur le burkini et l’écho de Castaner :
 
Les récentes déclarations sur l’islamisme de Christophe Castaner – un autre parmi les clones du président - rappellent à notre bon souvenir la position de Macron sur le burkini, et plus généralement sur l’ensemble du communautarisme.
 
Les termes précis qu’employait Macron à l’époque du débat sur le burkini valent la peine d’être analysés. Sa première déclaration semblait aller dans le bon sens, celui du respect des lois de la république et des valeurs sociales et historiques de la France qui les sous-tendent :
 
« Il était justifié à certains endroits, pour des raisons d'ordre public, d'interdire le burkini. Il est indispensable de mener une bataille politique, idéologique, pour dire que ce vêtement est contraire à l'idée que nous nous faisons de la civilité et de l'égalité entre homme et femme. »
 
Mais ce fut pour poursuivre aussitôt de la façon suivante :
 
« Il est en même temps indispensable de défendre la liberté individuelle si certains veulent s'habiller d'une certaine façon. C'est une formidable défaite de voir des policiers arriver sur une plage et demander à une femme, au nom de la laïcité, de ne plus porter un burkini. »
 
 
Il faut à un moment ou à un autre savoir se situer. Une question de société ne peut pas à la fois se placer dans les limites inadmissibles de nos valeurs et relever en même temps de l’exercice du libre arbitre. J’avais produit un article sur le burkini montrant que le considérer comme un simple choix vestimentaire revenait à dire que dans les années 1930, il n’y aurait pas eu lieu d’interdire aux fringants jeunes gens appelés SA de porter ces si jolis brassards à la croix gammée parce que cela relevait du goût personnel pour un accessoire décoratif. Voilà le beau résultat du culte du libre arbitre comme valeur en soi, expurgé de toute conscience.
 
Les choses ont un sens et une symbolique et tous les choix ne sont pas neutres. Macron affirme dans ce domaine tout et son contraire : comme beaucoup de néo-libéraux, il raisonne sur une épure idéale dans laquelle tout est question de choix personnel responsable et d’usage totalement ouvert du libre arbitre.
 
Ce modèle oublie qu’il faut d’abord satisfaire des pré-requis élémentaires de vie en société avant de prétendre rentrer dans le territoire du libre arbitre. Le modèle d’une société libre et ouverte est certainement à préserver, mais il n’est pas acquis qu’il s’étende de façon naturelle à tous les comportements humains existants. Idéalement il suppose des citoyens responsables et respectueux des libertés d’autrui. L’idéologie néo-libérale considère l’emploi du libre arbitre comme un droit sacré, sans lui adjoindre aucun devoir. C’est la raison pour laquelle il est si maladroit dès lors qu’il faut penser les conflits, les rapports de force au sein d’une société, enfin la question de l’usage légitime ou illégitime de la force et de l’autorité.
 
 
Si les choses sont sans signification et qu’elles ne se réduisent qu’à des combinaisons formelles interchangeables au gré des opportunités, le principe de non contradiction n’existe pas non plus. Macron se retrouve pour cette raison abonné aux oxymores : sur le burkini comme sur d’autres sujets, il se retrouve à défendre tout et son contraire. Comme Ulrich, il est homme sans qualités non pas parce qu’il en est potentiellement dépourvu, mais parce qu’il veut indéfiniment conserver ses choix ouverts.
 
 
Le traitement de la radicalisation islamique par Castaner relève de la même logique. Il est très grave de considérer comme il le fait les crimes islamistes comme relevant du droit commun, niant tout lien avec leur religion d’origine.
 
Il y a dans l’équipe Macron un formalisme du cloisonnement, de la séparation étanche, permettant d’évacuer les sujets dérangeants. Des sujets naturellement reliés se retrouvent isolés afin de nier ce qui contredirait l’épure idéale de société. Le formalisme n’est plus employé pour garantir un respect de la règle, mais pour évacuer toute forme d’intelligence des situations considérées comme gênantes.
 
La relégation des actes djihadistes dans une case totalement décorrélée de tout fait religieux - pour ne pas vexer les musulmans – détruit des années de lents et patients travaux de reconstitution et d’explication, ceux des « Territoires perdus de la République » de Georges Bensoussan et Emmanuel Brenner ou « Les nouveaux enfants du siècle » d’Alexandre Devecchio.
 
Comprendre la radicalisation islamique nécessite un travail sociologique fourni, montrant le continuum existant entre le déclassement des banlieues, la démission de l’état ou des élus locaux voire leur complaisance clientéliste, une culture de la revanche aigrie nourrie d’intimidation territoriale, de racisme et d’antisémitisme venant de la gauche d’une indulgence infinie vis-à-vis des dérapages des rapeurs, le tout adoubé par des convictions religieuses.
 
Il n’y a pas une infime minorité de fanatiques et une écrasante majorité de musulmans paisibles et respectueux des lois et du mode de vie français, mais une palette continue de toutes les nuances entre les deux, avec le danger d’un effet d’entrainement faisant basculer une majorité de ce dégradé vers la partie extrême, surtout lorsque la lâche inaction de nos politiques leur envoie un signal de consentement.
 
Castaner ou Macron lui-même n’ont-ils pas lu le rapport de l’institut Montaigne – pourtant une figure de proue du post-modernisme – rapportant l’effrayant chiffre de 28% de musulmans français affirmant de façon décomplexée des convictions qui les précipitent dans une radicalisation et un mépris de la France quasiment irréversibles ?
 
Des sémanticiens de seconde zone sont rentrés dans des distinctions oiseuses, affirmant que ce rigorisme et ce mépris affiché pour les lois et pour le mode de vie français ne prouvaient pas que cette population pourrait passer à l’acte, allant jusqu’à dissocier finement rigoristes islamistes, salafistes et enfin activistes violents.
 
 
Encore et toujours ce cloisonnement formel se réfugiant derrière la sémantique, pour mieux nier ou retarder la réalité : un processus d’évolution similaire à la montée du nazisme ou à n’importe quelle contagion du totalitarisme dans un pays. Pour penser la situation, il ne suffit pas de rentrer dans des distinctions abstraites qui vident les phénomènes de leur substance. Il faut reconstituer l’historique et la temporalité de cette évolution, la lente progression des mille petites démissions face à une force mouvante sentant qu’elle a l’opportunité de prendre les commandes.
 
Il faut pour cela relier les événements apparemment indépendants, avoir de la mémoire, effectuer un travail d’historien, en un mot penser. Les distinctions formelles de Macron et de son équipe ne sont pas des analyses mais une ablation de parties entières du cerveau. Le scalpel n’est pas celui de la distinction de l’esprit mais celui de la lobotomie. Les post-modernes haïssent la mémoire, l’histoire, la temporalité, parce qu’elles reconstituent ce qu’ils ne veulent pas voir, qu’elles contredisent leur société de particules élémentaires dans un gaz parfait, d’entrechocs élastiques et sans mémoire, assimilant la liberté humaine et la liberté de conscience aux degrés de liberté de la mécanique.
 
 
Le discours aux « whirlpool » :
 
S’il faut reconnaître au Macron candidat de s’être lancé au milieu des salariés de Whirpool avec le courage que l’on connaissait à Ulrich, ce fut pour leur conseiller de suivre une formation ou d’aller travailler pour Amazon.
 
Le formalisme vide du post-modernisme se traduit en économie par des habitudes de gestionnaire, non d’entrepreneur comme Macron aimerait pathétiquement faire croire qu’il en fait partie. L’action ne peut être conçue que comme de petites retouches de l’existant. Le mouvement qui nous précipite de manière évidente vers une grande majorité de citoyens vivant dans la précarité et aux limites de la survie, pour une petite minorité d’ultra privilégiés sans rien au milieu – c’est-à-dire un mode d’organisation économique typique d’états totalitaires – ne fait pas douter une seule seconde ceux qui pensent gouverner mais ne font que glisser sur cette pente.
 
Je ne développerai pas ici mes convictions en matière de solution économique car ce n’est pas le lieu, mais qui ne repense pas radicalement le monde du travail est voué à une lente et inéluctable agonie. Les modèles présentés comme exemplaires pour se sortir de l’ornière sont des pays à la réussite en trompe l’œil, dont la précarité nous fait revenir à Zola, ne jouant que sur une compétitivité prix et une baisse du coût du travail ne laissant quasiment aucune marge de manœuvre et d’un simplisme univoque.
 
Il y a dans l’agitation de ceux qui pensent piloter l’économie mais ne font que la subir, la grandiloquence ridicule des habitants de la Cacanie du roman de Musil, une détermination d’opérette, une volonté s’affichant d’autant plus forte qu’elle est de pacotille, un règne de l’absurde déliquescent s’habillant de grands projets.
 
 
 
L’enfer, tous les bons théologiens le savent, n’est pas brûlant de flammes et de vices. L’enfer est froid. Il n’est pas un puits profond de toutes les turpitudes - après tout ceux qui y sont condamnés pourraient s’y complaire - car il est bien pire que l’immoralité : l’amoralité dépasse celle-ci de cent coudées.
 
Georges Bernanos avait déjà fait observer que le pillard qui tue ses victimes à l’arme blanche a encore conscience de son vice, car il ressent la douleur charnelle de sa victime. L’homme post-moderne qui largue une bombe d’un avion en pressant sur un bouton pourra déchiqueter dix fois plus de personnes, mais aura tout loisir de rester décontracté et souriant par la distanciation.
 
 
L’enfer ne dévore pas ses victimes par le feu, il éteint petit à petit leurs forces par le givre de l’indifférence. Il n’est pas un lieu sale et tordu, il est d’une grande beauté formelle, structure de règles vides permettant d’éviscérer le sens en se faisant passer pour des principes, effaçant toute trace qui permettrait à l’homme de retrouver son chemin. Il ne retentit pas des cris des damnés, mais fait comprendre à l’homme que toute révolte est inutile, non pas parce qu’elle sera réprimée, mais étouffée dans une ouate épaisse dont il s’épuisera à sortir. Bienvenue en Cacanie.



 
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Gérard Chaliand : « Le prestige de Daech n’est plus aussi grand »

18 Juin 2017 , Rédigé par lucien-pons Publié dans #Comité pour une Nouvelle résistance, #Europe supranationale, #La France, #AMERIQUE, #L'OTAN., #La Russie, #La République, #La nation ., #La Syrie - La Libye - l'Iran -, #La guerre en Syrie - depuis le 20 août 2013, #La guerre, #Daesch, #Le fascisme

Source : La Croix, Marianne Meunier, 04/04/2017

ENTRETIEN Malgré des attentats hors de sa base en Irak et en Syrie, Daech est affaibli, selon Gérard Chaliand, géostratège et spécialiste de l’étude des conflits armés.

Les pays d’expansion sont rares, excepté l’Afghanistan.

Opération anti-Daech dans la province de Nangarhar en Afghanistan, le 26 juin 2016. / Rahman Safi

Peut-on parler d’expansion de Daech vers de nouveaux territoires, en Asie et en Afrique notamment ?

Gérard Chaliand : Disons qu’il y a une gesticulation dans ce sens, comme l’a très bien illustré récemment la menace de déstabilisation de la Chine par des combattants de Daech issus de la minorité ouïgoure.

Mais ce sont avant tout des opérations de communication. Organiser des attentats spectaculaires à droite et à gauche pour montrer que l’on existe toujours ne revient pas pour autant à constituer de nouveaux fronts. Et dans tous les cas, aucun front n’est possible avant la bataille de Rakka.

Quels pourraient être ces nouveaux territoires en cas de chute de Rakka ?

G. C. : Une expansion au Sahel me paraît peu probable car la région est sous-peuplée. Elle n’offrirait pas à Daech la possibilité d’un contrôle de la population.

Le cas du Nigeria me paraît improbable lui aussi, car ses combattants y seraient des étrangers absolus. Il leur faudrait des acteurs locaux pour faire propagande. En fait, les perspectives sont plutôt en Asie.

À quels pays pensez-vous en particulier ?

G. C. : Il y a eu des attentats à Djakarta, mais ils ne révèlent pas une lame de fond. L’Indonésie se développe et affiche une croissance économique qui constitue une réponse majeure à l’islamisme. Quant à la Malaisie, l’islamisme ne s’y apparente pas à l’islamisme radical de type wah-habite. C’est un islamisme ultranationaliste que les dirigeants utilisent pour marginaliser les minorités chinoises.

C’est surtout en Afghanistan qu’il faut regarder, Daech y fait de nombreux progrès par rapport aux talibans. Plusieurs conditions sont réunies : il y a un gouvernement soutenu par l’étranger, des forces étrangères, qui certes ne combattent pas, un niveau d’instruction très faible, une économie délabrée. Il faut aussi penser au Bangladesh, un pays de plus de 150 millions d’habitants où l’islamisme progresse dans un contexte de croissance économique dérisoire.

Quels sont les liens entre Daech au Levant et Daech en Afghanistan ?

G. C. : Il y a des liens idéologiques et humains, Daech envoyant en Afghanistan un certain nombre de cadres organisateurs. Mais l’essentiel des ressources humaines sont locales. Pour ce qui est des armes, il est possible de s’en procurer sur place. Quant aux fonds, ils viennent en général du Golfe.

Quel est l’avenir de Daech ?

G. C. : Il est loin d’être extraordinaire. En Irak et en Syrie, Daech a démontré les capacités de résistance et la détermination à mourir de ses militants. Il a sauvé son aura, prouvant qu’il n’est pas un tigre de papier. Mais la bataille de Mossoul et celle qui se profile à Rakka sont de sévères défaites qui détruisent deux éléments essentielles : la prétention à la territorialisation, qui était la grande innovation de Daech, et la disparition symbolique de la frontière entre l’Irak et la Syrie, héritée des accords Sykes-Picot (signés entre la France et le Royaume-Uni en 1916, NDLR).

La disparition du « calife », Abou Bakr al-Baghdadi, qui arrivera peut-être un jour, serait aussi une autre défaite. Ainsi, le prestige de Daech n’est plus aussi grand qu’à l’été 2014, où la victoire paraissait au bout du fusil.

Faut-il donc comprendre les actions qu’il mène en Asie comme autant de tentatives de rebond après les revers enregistrés en Irak et en Syrie ?

G. C. : Oui, il cherche à sauter d’un damier sur l’autre pour signifier son ubiquité et la vivacité de son idéologie. Effectivement, cette idéologie n’est pas morte et continue d’animer un certain nombre de personnes, mais c’est une minorité. Et sur le long terme, Daech n’a aucun programme économique. Or, pour venger, comme il le propose, l’humiliation historique faite à ceux qui ont perdu la place qu’ils occupaient, il lui faut produire de la croissance économique.

Recueilli par MARIANNE MEUNIER
 
 
 
 
Source : La Croix, Marianne Meunier, 04/04/2017
 
 
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